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                  <text>1
l ' 1' Année. — N° 1

Le Numéro : 50 centimes

f&gt;efeWibre 1907

L’EXPANSION GO
B U

L L E T I I s T

I D E

L ’INSTITDT COLONIAL MARSEILLAIS
PARAISSANT

LE

i “r

DE

CHAQUE

MOIS

S O M M A IR E
H AO IÎS

L'Expansion coloniale. Adrien Aiitaud..............

1

L'Institut-C biornal Marseillais

2
2

............................

M. Paul Desbief , président fondateur. . .
Historique.........................................................
Les Installations..............................................
Musée commercial et Bureau de renseigne­
ments .............................................................
Musée colonial et Jardin co lo n ia l..............
Cours coloniaux................. ............................
Bureaux de l’I n s titu t....................................
l.es Institutions connexes. . ....................................

La Société de Géographie..................... ... .

2

4
5

(i
1)
&lt;1
11
11

l'A G C S

Le Comité de l'Alliance fra n ç a ise ..............
Le Syndicat des E xportateurs.....................
Les résultats commerciaux de l'Exposition colo­
niale, d’après le Rapport général de
M. .1 Giiaiu.ks-Hocx.............. '.................
C hronique................................................................
Actes coloniaux o fficie ls........................................
Vie économique des Colonies................................
Travaux publics aux Colonies.............................
Marché des Valeurs coloniales.............. ...
Services maritimes postaux . .
......................

12

18

14
17

1!)
20
21
23
24

�IN STITU T
Fondé

souk

CO LO N IA L

M A R SEILLA IS

le haut patronage de M. le Ministre des Colonies

P résid en ts d'honneur :

MM.
Le Gouverneur général de l'Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le Résident général de la République F rançaise
à Tunis.
Le Général Com m andant en chef le XV' Corps
d’armée.

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le R ecteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, P résident honoraire de la
Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Com missaire général de
l'Exposition Coloniale de M arseille 1906.

M embres fon d ateu rs :

MM.
Desbief , Paul, P résident de la Chambre de Com­
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­ merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
merce. — B ergas.s e . h . et C". — B ohn, Frédéric,
et C". — Gavoty, Charles. — H eckel, E douard (D'),
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Professeur à la Faculté des Sciences, D irecteur du
R oux, Jules, Com missaire général de l’Exposition
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de Saintm ins de fer de P aris à Lyon et à la M éditerranée.
Louis. — S ociété Générale des Transports Mari­
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
pagnie M arseillaise de M adagascar. — Comptoir
Générale pour favoriser le développement du
N ational d’Escompte de P aris. — Crédit Lyon­
Commerce
et de l’Industrie en France.
nais . — Compagnie des M essageries M aritimes. —
»
M embres d on ateu rs :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
mr.FH, C. — Charriëres , Morel et C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compacnie des Docks
e’E ntrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
dé N avigation IFraissinf.t &amp; C"). — Compagnie de
N avigation Mixte (Compagnie Touache). - Compa­
gnie des Vapeurs de Charge F ra n ça is.— Compagnie
G énérale F rançaise de Tram w ays. — Cypbien F abrk &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour M arius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
F éiiaud , Augustin, P résident honoraire de la
Cham bre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem-

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H..
Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon. Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie F rançaise de l’Afrique Occi­
dentale. — Noili.y P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A P avin de Lafyrge. — R astit , Henri. —
Rocca, T assy et De R oux. — E. Rodocanachi. —
R olland, Alex., m em bre de la Chambre de Com­
merce. — R odriguf.s -Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue F rançaise ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube , Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — Velten , E douard. Membre de
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi.

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

President : M. Desbief .' Paul, P résident de la
Chambre de Commerce.
Vice-Présidents : H eckel, E. (D'I. D irecteur-Fonda­
teur du Musée Colonial : P onsinet , A., Chef du
Service Colonial : Delibes , E., P résident de la
Société de G éographie ; Dufay, Henri, Ancien
Vice-Président de la Chambre de Commerce.

Secrétaires : MM. Artaud, Adrien, Membre de la
Chambre de Commerce, P résident du Syndicat
des E xportateurs ; Barlatier , Paul, d irecteur
du « Sém aphore de M arseille ».
Trésorier : M. Armand, Albert, Membre de la
Chambre de Commerce P résident d u S yndicat
M arseillais de la M arine M archande.
Trésorier-Adjoint : M. L api.ane, J., Sous-directeur
du Com ptoir N ational d’Escompte de P aris à
Marseille.

M em bres :

MM.
Allest , J. (D’), A dm inistrateur-D élégué de la Com­
pagnie G énérale T ransatlantique.
Arnaud, Lucien, Minotier.
B erçasse , Alexandre, Négociant.
B esson , L., D irecteur de la Compagnie M arseil­
laise de M adagascar.
Blanc, E., D irecteur de l'E xploitation de la Com­
pagnie des M essageries Maritimes.
Bohn , F., Membre de la Chambre de Commerce,
A dm inistrateur-D irecteur de la Compagnie F ra n ­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Bourdillon, A., Arm ateur.
Dufour, Antonin, Négociant.
Dufour, Jean, P résid en t d u S yndicat des Cuirs et
Peaux.
E strine , Lucien, V ice-Président de la Cham bre de
Commerce.
F ouque, Adolphe, P résident du S yndicat d’in itia ­
tive de Provence.
iel , Paul, P rofesseur à l’Université.
M embre de la Ch. de Commerce.
P résident du S yndicat des
l’Association
de Com-

MM.
J ourdan, Félix, Juge au T ribunal de Commerce.
Léotard , Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.
Masson, Paul, P rofesseur à l’Université et à l'In s­
titu t colonial.
Hastit , Henri, Industriel.
R odrigues -Æly, Amédée, Ancien Membre de laCbam bre de Commerce,
Roux, François (De), Juge au T ribunal de Com­
merce.
T urcat, H., P résident de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
T eisseir e , Raymond, Avoué.
Usslaub, Léonce, Négocient.
Yt ier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
E xportateurs.
Za rifi , Périclès, Banquier.
Coulon, Dominique, Délégué du Conseil Municipal.
Delibes , J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi , Clément, Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
Eug. T alon, Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.
Secrétaire nénèral: E. Moriceau, A dm inistrateur
en chef des Colonies en retraite.

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M A G A S I N S de V E N T E
Ru e V a c o n, 51 e t 5 1 &gt;

P A P E T E R IE M A R S E IL L A IS E
R u e P aradis, 2 9

�Première Année.

N° \

1er Décembre 1907.

L'EXPANSION COLONIAL
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

L’ EXPANSION COLONIALE
Ce titre résume le but de l’Institut Colonial
Marseillais et contient tout son programme.
Coloniser, c’est se répandre. L’expansion
a d’abord été territoriale ; elle est aujourd’hui
économique. La mise en valeur d’immenses
territoires p ur constituer des débouchés de
plus en plus importants ; les échanges de
produits ; l’offre d’horizons nouveaux à ceux
de nos concitoyens que tentent le contact
avec la nature ou l’impulsion à donner aux
groupements indigènes ; l’établissement de
communications toujours plus rapides et
moins coûteuses entre la métropole et les
colonies ; la création de nouvelles industries
transformant les matières premières de nos
possessions d’outre-mer ; l’indication d’em­
plois lointains mais touf de même sûrs et
rémunérateurs aux capitaux français, tout
cela est de l’expansion coloniale, une expan­
sion civilisatrice illimitée et c’est ce que l’Ins­
titut Colonial Marseillais s’applique de tou­
tes ses forces à réaliser.
:k
**
Il a fait appel pour y parvenir à la science
et au travail.
Sans notions sur l’hygiène coloniale, la
législation coloniale, la production coloniale,
le commerçant est condamné à de longs et
stériles tâtonnements.
Faute d’une publicité suffisante de la part
de nos industriels, les Colonies prennent sou­
vent à l’Etranger ce que nous pourrions leur
livrer. De même nous recevons encore, via
Hong-Kong, Londres ou Anvers, bien des
produits de nos propres possessions. Les nat­
tes de Chine sont fabriquées au Tonkin et,
il n’est pas loin le temps où le marché des
raphias de Madagascar se plaçait sur les
bords de la Tamise.
Les leçons de choses sont fort instructives,
mais elles ont quelquefois besoin d’être
commentées pour porter tous leurs fruits.
Enfin, il faut à notre époque de vive pous­

sée et d’active concurrence internationale,
aller au devant des curiosités, provoquer les
vocations coloniales sommeillantes et faire
de la propagande en faveur de l’œuvre à
laquelle on se dévoue.
La genèse de l’Institut Colonial et son
développement depuis qu’il existe répondent
à ces besoins.
Dès 1898, la Chambre de Commerce de
Marseille a secondé les efforts de M. le doc­
teur Heckel, le persuasif apôtre de la cause
coloniale, en créant un enseignement colo­
nial et un jardin botanique colonial qu’elle a
placés sous sa direction.
En 1906, elle a pensé que les Cours colo­
niaux, et le Musée Colonial très antérieure­
ment fondé par M. Heckel, gagneraient à
' être réunis dans un même local au centre de
la ville et elle y a joint un Musée commercial
chargé de faire connaître aux Coloniaux les
produits métropolitains et aux Métropoli­
tains les produits coloniaux, et un bureau
de renseignements ayant pour mission d’ex­
pliquer ce qui resterait obscur, de répondre
aux interrogations et de vulgariser les no­
tions coloniales.
La Société de Géographie, orientée elle
aussi depuis longtemps vers la colonisation,
a accepté de s’installer dans le même local ;
ce qui met à la disposition des chercheurs
plus curieux une bibliothèque très riche et
la documentation la plus complète en matière
géographique et coloniale.
Enfin, il s’agissait d’unir dans une action
méthodique commune tous les membres de
l’Institut Colonial, ses membres métropoli­
tains comme ses membres correspondants
coloniaux, et il fallait répondre au besoin de
propagande qui est un des plus essentiels de
la cause coloniale, c’est pour cela que l’Ins­
titut colonial crée aujourd’hui le Bulletin,
dont voici le premier fascicule, et il donne
à son organe un titre qui synthétise son
action économique et patriotique en l’appe­
lant l'Expansion Coloniale.
Adrien A r t a u d ,
P résident du Comité de rédaction.

1

�L’EXPANSION COLONIALE

2

L’INSTITUT COLONIAL
M A R S E IL L A IS

M. Paul DESBIEF, président fondateur
L’inauguration de l’Institut Colonial
Marseillais sera pour M. Paul Desbief l’en­
tière réalisation d’un rêve ardemment cares­
sé, courageusement poursuivi. Du jour où le
distingué Président de la Chambre de Com­
merce se fut bien persuadé qu’une œuvre de
cette envergure s’imposait à Marseille, il

nir du pays, ce désir incessant de concourir
à son relèvement et à sa prospérité. Dès l’ou­
verture de l’Exposition Coloniale il fut frap­
pé de l’intérêt national qu’il y avait à soute­
nir les efforts de « la plus grande France ».
D’où l’idée créatrice aujourd’hui mise en
pratique.
Nous ne retracerons pas ici la vie commer­
ciale et industrielle de M. Paul Desbief. Son
nom a été associé à toutes les grandes luttes
économiques et humanitaires, entreprises
pour l’honneur et le bien publics. Les centai­
nes d’ouvriers des usines de la Société des
Raffineries de Saint-Louis aux destinées
desquelles il préside se plaisent à attester la
généreuse bienveillance des sentiments
qu’il manifeste à leur égard et les amélio­
rations matérielles qu’ils leur valurent.
Bon sans faiblesse, ferme sans dureté,
libéral convaincu M. Paul Desbief a
apporté à la présidence de la Chambre de
Commerce les hautes qualités d’intelligence
et de cœur, le sens pratique, l’amour pas­
sionné de son pays, l’énergique volonté dont
ses collègues avaient pu apprécier depuis
longues années déjà le mérite très personnel.
L’opinion publique, dès le premier jour,
applaudit à ce choix, convaincue que sous
une impulsion aussi clairvoyante la Chambre
de Commerce ne pouvait que faire grand et
faire bien. La création de l’Institut Colonial,
entre plusieurs autres, lui prouve qu’elle ne
s’était pas trompée.
H is to riq u e

M. P aul Desbief

apporta dans son exécution cette ténacité, cet
esprit de suite, cette ardeur entraînante et
clairvoyante dont il avait déjà donné de si
brillantes preuves dans les diverses affaires
publiques ou privées auxquelles il fut mêlé.
M. Paul Desbief a été l’artisan convaincu et
très puissamment actif de l’organisation ac­
tuelle qui crée à Marseille une véritable pé­
pinière coloniale.
En cherchant à orienter notre commerce
dans le sens d’un plus grand développement
avec les colonies françaises, M. Desbief
obéissait encore aux sentiments patriotiques
qui guidèrent toujours sa conduite. En 1870
il faisait bravement le coup de feu aux
avant-postes sous les forts de Paris. Et dans
les diverses fonctions qu’il a occupées depuis
se retrouvent cette foi profonde dans l’ave­

Au cours de l’Exposition coloniale, frappé
des avantages de cette manifestation écono­
mique et de l’importance qu’elle pouvait
avoir sur les transactions ultérieures de Mars&gt; ille avec les colonies, M. Paul Desbief,
voulut conserver une survivance à l’Ex­
position en donnant à l’Institut colonial déjà
existant sous la direction scientifique de
M. le Dr Heckel, une orientation et une orga­
nisation nouvelles. Déjà l’Institut était, presqu’en totalité, soutenu par la Chambre de
Commerce qui lui consacrait annuellement
une somme de 20.000 francs. Il fallait, en
donnant à cette institution une impulsion
plus spécialement commerciale, augmenter
cette subvention de façon à pouvoir réunir
dans un local unique les divers éléments
épars sur plusieurs points : le Musée colonial
et les Cours coloniaux par exemple, et à les
compléter par un Musée commercial et un
bureau de renseignements appelés à devenir
le trait d’union quotidien entre la science et
le commerce.
Le 12 mai 1906, cette heureuse pensée
ayant pris corps, M. Paul Desbief, dans la
salle d’honneur de la Chambre de Commerce,
put devant un auditoire entre tous éclairé
et compétent jeter les bases de l’organisation
future. Il y avait là notamment tous les
membres de la Chambre de Commerce, MM.
J. Charles-Roux et Heckel, le haut person-

�L’EXPANSION COLONIALE
nel de l’Exposition coloniale, les Commis­
saires des colonies à ladite exposition, M.
Ponsinet, chef du service colonial de Mar­
seille, M. Delibes, président de la Société de
Géographie, et de nombreuses personnalités

3

représentant le Commerce et l’Industrie de
notre ville. L’honorable président de la
Chambre, de Commerce posa, dans un dis­
cours des plus remarqués, les bases de son
programme insistant sur ce fait que l’Ins-

L IN ST IT U T COLONIAL MARSEILLAIS

titut colonial de Marseille devait vivre de sa
vie propre et avoir une administration auto­
nome. Ce qui répondait le mieux à cette con­
ception c’était la constitution d’une associa­
tion déclarée régie par les dispositions de la
loi de juillet 1901 et qui, après reconnaissance
d’utilité publique par l’Etat, aurait capacité
pour recevoir des dons et des legs. C’était

d’ailleurs l’avis de M. Charles-Roux et l’on
ne pouvait avoir de guide plus sûr ni plus
compétent. Un premier projet de budget
fut établi comportant 80.000 francs de dépen­
ses et un chiffre à peu près semblable de
recettes, devant être couvertes par des coti­
sations et des subventions.
Au cours de cette même séance, M. Ad.

�4

L’EXPANSION COLONIALE

Artaud donna lecture d’un projet de statuts
qui fut approuvé à l’unanimité. Les délé­
gués des colonies donnèrent leur approba­
tion à l’organisation exposée par M. le Pré­
sident Desbief, qui fit une fois encore ressor­
tir la nécessité de faire un seul tout de la
nouvelle institution et de n’y laisser subsis­
ter aucune possibilité d’intérêts divergents.
L’assemblée tout entière se rallia à cette
façon de voir. Elle approuva ensuite le choix
du local provisoirement arrêté par M. Des­
bief, rue Noailles, les conditions de location
et le plan d’ensemble de la distribution des
divers services.
Le jeudi 19 juillet une nouvelle réunion
eut lieu à la Chambre de Commerce, à la­
quelle assistaient de nombreuses personna­
lités. M. Paul Desbief donna lecture des let­
tres adressées en exécution des décisions pri­
ses à la réunion précitée à M. le Ministre des
Colonies, à MM. les Gouverneurs généraux
des colonies, à M. le Résident supérieur à
Tunis, etc., pour solliciter leur concours
moral et pécuniaire. Il ajouta qu’il avait reçu
un télégramme de M. Roume, indiquant que
l’Afrique Occidentale française s’inscrivait
pour une subvention annuelle de 5.000
francs. Une commission de propagande fut
nommée, sous la présidence de M. Dufay,
alors vice-président de la Chambre de Com­
merce, et comprit des délégués des syndicats
commerciaux et industriels.
Enfin le 30 juillet, une nouvelle réunion
générale des adhérents, présidée par M. G.
Mastier, préfet des Rouches-du-Rhône, fut
appelée à élire les membres du Conseil d’ad­
ministration. L’Institut fut placé sous le
patronage de M. le Ministre des Colonies et
les présidents d’honneur furent élus à l’una­
nimité.
Le 29 août 1906 eut lieu la première réu­
nion du Conseil d’Administration. M. le Pré­
sident fit connaître les adhésions des prési­
dents d’honneur reçues à ce jour, et informa
que M. le Gouverneur général de l’IndoChine avait laissé espérer une subvention,
subvention qui fut accordée peu après.
Les souscriptions, les cotisations, les
droits d’admission atteignaient à cette épo­
que la somme de 105.000 francs. On pouvait
donc se préoccuper dès ce moment des tra­
vaux d’installation dans l’immeuble loué rue
Noailles, et le 1er octobre 1906, M. L. Estrine,
président de la Commission des installations,
put mettre ses collègues au courant des plans
définitifs. Quelques jours après, les travaux
approuvés par le Conseil d’Administration
furent commencés ; ils consistèrent dans une
transformation totale de l’immeuble, ce qui
prit plusieurs mois. Le 1er avril suivant les
bureaux de l’Institut étaient installés et le
1er juin le Musée commercial put recevoir
les premières installations des exposants. Il
fut définitivement ouvert le 1er juillet.

L es In sta lla tio n s.

Tous ceux qui prennent quelque intérêt
aux questions coloniales, ont rendu et ren­
dront hommage à l’excellent principe dont
s’est inspirée la Chambre de Commerce de
Marseille, quand elle a pris la belle initiative
dont le résultat s’affirme aujourd’hui avec
tant d’utile éclat au centre de la vie et de la
circulation locales. Le même principe avait
déjà présidé à l’organisation de cette Expo­
sition Coloniale dont il semble que le succès
et l’importance économique apparaissent
plus grands et plus profitables encore à
mesure qu’elle s’éloigne de nous. M. CharlesRoux, en effet, avait synthétisé en une formule
typique le but et la portée de son œuvre :
montrer méthodiquement groupés dans le
Parc du Prado, d’une part, les produits que la
France envoie à ses colonies, d’autre part, les
produits que les colonies envoient à la France.
Et si jamais furent de mise ces mots « leçon
de choses » dont on use assez facilement à
cette heure, ce fut bien pour les appliquer au
merveilleux spectacle qui se déroula l’an
dernier en notre ville à la double gloire de la
métropole et des colonies françaises. A vou­
loir considérer l’Institut Colonial Marseillais
comme la survivance naturelle de l’Exposi­
tion coloniale, il était naturel qu’on lui
maintint,toutes proportions gardées,ce double
caractère. Pendant sept mois, il fut l’Evan­
gile de l’Exposition dont il résumait la genèse
et le but, servant de base à toutes les indi­
cations fournies à ses visiteurs. Il affirmera
également, rue Noailles, les efforts parallè­
les dont se prévaut notre politique coloniale
nationale.
Ici, comme au Prado, on a donc cherché à
placer sous les yeux d’un public dont l’éduca­
tion est trop souvent à faire : d’un côté l’en­
semble des matières premières et ceux de
leurs produits dérivés qui nous viennent des
colonies, de l’autre les produits de l’industrie
métropolitaine dont nos maisons de com­
merce et nos usines trouvent l’écoulement
avantageux dans nos possessions d’outre­
mer. Voyons comment ce double résultat a
été atteint.
La Chambre de Commerce de Marseille et
ceux de nos compatriotes qui se groupèrent
autour d’elle pour la réalisation de son projet
d’institut Colonial Marseillais ont très bien
compris, dès le premier jour, qu’à une œuvre
aussi importante, il fallait un cadre digne
de son programme et des destinées qu’on lui
désirait. Ils ont logé l’Institut dans l’un des
immeubles les mieux placés et les plus en
vue de Marseille, en pleine rue Noailles, pres­
que sur la Cannebière, avec pignon et éten­
dard sur cette artère si longtemps unique au
monde et que seuls quelques sots encore igno­
rants de notre antique suprématie mondiale
raillent sur le mode du dicton « très pari­
sien » que vous savez.
Le dit immeuble était occupé autrefois

�5

L’EXPANSION COLONIALE
par la Maison Dorée, un café-restaurant
marseillais qui eut des années de vogue mon­
daine et dont les vastes dimensions ont faci­
lité aux architectes les installations actuel­
les. Six grandes fenêtres de façade, cinq éta­
ges, de larges ouvertures, une élévation de
plafonds peu habituelle, l’air et la lumière
pénétrant partout, tel se présente l’Institut
à l’œil du passant qui, séduit par ce bel
aspect autant que par l’invitation toujours
prisée en une grande ville « Entrée libre »,
n’hésite pas à franchir le seuil de la grande
salle du rez-de-chaussée. Il se trouve de
plein pied dans le Musée commercial.

792 par jour en août ; de 1.159 en septembre,
de 1.500 environ en octobre.
Le Musée Commercial et le bureau de
Renseignements sont si étroitement liés
qu’on peut dire qu’ils constituent un seul et
même rouage de l’Institut colonial. Le Mu­
sée est en quelque sorte le véhicule direct du
bureau de Renseignements avec lequel le té­
léphone et l’ascenseur le mettent en commu­
nication immédiate et constante. C’est, en
effet, au troisième étage que fonctionne le
bureau. C’est de là que partent pour nos
colonies toutes les demandes de renseigne-

M u sée C om m ercial e t B u reau
de r e n s e ig n e m e n ts

En de luxueuses vitrines, sur des gradins
symétriques, sur les panneaux des murs aux
frais coloris, l’industrie métropolitaine, re­
présentée par nos plus impartantes maisons
marseillaises, y fait étalage des marchan­
dises plus particulièrement usitées dans nos
Colonies. C’est comme une réduction du
Grand-Palais. Le même goût a présidé à ces
agencements ; les mêmes grandes marques
locales y voisinent et l’œil en quelques mi­
nutes peut embrasser l’ensemble de notre
production industrielle dont des graphiques
heureusement disposés vulgarisent les in­
cessants progrès et la colossale importance.
Ce ne sera pas pour les membres de l’Insti­
tut une mince récompense de leurs efforts
que d’entendre répéter à leurs côtés par quel­
que visiteur étranger traversant le Musée
Commercial ce propos, qui était devenu lan­
gage courant devant la fameuse « rose des
vents » de la Chambre de Commerce à l’Ex­
position : « Je savais bien que Marseille était
« le premier port de la France, mais j’igno« rais qu’elle était aussi une des capitales du
« monde industriel ! » Vérité trop longtemps
méconnue à Marseille même. A force de la
crier et heureusement pour nous, elle com­
mence enfin à se propager.
A l’entrée du Musée Commercial, le pu­
blic trouve déjà tous les renseignements pra­
tiques sur les articles et la provenance indus­
trielle des produits exposés : brochures, noti­
ces, documents divers sont tenus à la dispo­
sition des visiteurs qui en font la demande.
Des appareils stéréoscopiques les initient
gratuitement aux scènes, paysages, tableaux
de mœurs, des colonies.
Au i er juillet 1907, les locations du Musée
Commercial s’élevaient à fr. 29.907 pour 56
mètres carrés de vitrines de choix et vitrines
ordinaires, et 44 mètres carrés de panneaux.
Il restait à disposer de 2 mètres carrés de vi­
trines de choix, 10m 50 de vitrines ordinai­
res, de 10 mètres carrés de pupitres et de
21m 50 de panneaux, la plupart retenus de­
puis lors.
Le nombre des visiteurs a suivi une pro­
gression constante. Il était en moyenne de

EN TR É E DU MUSÉE COLONIAL

ments, là que sont centralisées les réponses,
groupés les chiffres, classées les statistiques,
cataloguées les marchandises susceptibles
d’intéresser les maisons qui sont ou qui veu­
lent entrer en relations d’affaires avec les
colonies.
Le bureau des renseignements se tient en
effet, constamment en rapport avec les colo­
nies, en reçoit les publications officiel­
les, en retient tout ce qui concerne les mer­
curiales, l’état des récoltes, les stocks exis­
tants, etc., et fournit toutes les indications
pouvant aider au développement des tran­
sactions des colonies avec la France et no­
tamment avec Marseille.
D’autre part, l’outillage économique à
créer, l’exploitation des produits du sol, la
construction des villes, celle des chemins de
fer, des ports, l’exécution des travaux pu2

�6

L ’E X P A N S IO N

blics, l’agriculture, la navigation, nécessitent
l’introduction, dans nos colonies, de capi­
taux dont le rendement peut être très rému­
nérateur et le bureau des renseignements est
à la disposition des personnes voulant s’in­
téresser à la mise en valeur de nos établisse­
ments d’outre-mer.
La correspondance quotidienne y est volu­
mineuse déjà et ce n’est pas seulement de la
Métropole et des Colonies, mais aussi de
l’étranger qu’elle arrive au secrétariat géné­
ral. Du reste on pourra s’en rendre compte
dans les prochains numéros de l'Expansion

M USÉE COMMERCIAL

Coloniale. Moins limités par la place, nous
donnerons régulièrement dans ce bulletin un
aperçu sommaire des renseignements d’inté­
rêt général reçus et transmis par l’Institut
dans le courant du mois.
Nous pouvons cependant indiquer, dès au­
jourd’hui, que le bureau de Renseignements
a reçu depuis le 6 mai à ce jour 138 deman­
des orales importantes de renseignements. Les
colonies qui ont été le plus particulièrement
tirées sont dans l’ordre d’importance des de­
mandes : l’Indo-Chine, l’Algérie, Madagas­
car, l’Afrique Occidentale, ' etc. Plusieurs
étrangers intéressés par ce qu’ils avaient vu
dans le Musée Commercial sont venus de­
mander à lier des transactions dans nos colo­
nies, notamment des maisons d’Alexandrie et
de Tripoli désireuses de faire des affaires de
soieries avec l’Indo-Chine. M. le Consul d’A­

CO LO N IA LE

mérique est venu demander des renseigne­
ments sur les alfa que les maisons de NewYork et de Chicago désirent exporter d’Algé­
rie pour la fabrication de la pâte à papier.
Déjà l’Angleterre était tributaire de l’Algérie
pour ce produit qui peut donner d’excellente
matière première. Son emploi régulier con­
tribuerait certainement à enrayer la destruc­
tion de nos forêts, et parer aux éventualités
résultant des mesures sévères qui s’imposent
pour empêcher l’exploitation intensive de
nos bois en vue de la fabrication du tannin et
de la pâte à papier.
Mentionnons également que depuis sa fon­
dation, l’Institut a écrit à tous les Gouver­
neurs et aux Présidents des Chambres de
Commerce et d’Agriculture des colonies pour
appeler leur attention sur la cherté croissan­
te du jute employé à la fabrication des sacs
et sur les avantages qu’il y aurait à rempla­
cer ce textile de provenance anglaise par des
fibres indigènes qui abondent dans la plu­
part de nos colonies.
Indiquons à ce propos que M. Guilland,
ancien président de la Société de la Défense
du Commerce a bien voulu mettre à la dispo­
sition de l’Institut Colonial pour les essais in­
dustriels de ces fibres, les puissants moyens
dont dispose la Société des Filatures et Tis­
sages de Marseille.
Au chapitre « Correspondance » nous rele­
vons les intéressantes lettres de M. Cavle,
correspondant de l’Institut à Tananarive qui
tient ce dernier au courant des affaires de
Madagascar. Sa dernière lettre signalait une
reprise d’activité des exploitations minières.
Elle mentionnait la découverte sensation­
nelle dans le nord de l’Ile d’un gisement très
important d’or et d’argent. Cette découverte
attire de nouveau l’attention sur la nécessité
de modifier une législation minière qui mé­
connaît les principes de la loi du 21 août 1810
en imposant aux prospecteurs et aux exploi­
tants le paiement de redevances exagérées
au profit du budget local.
Les autres correspondances émanant de
l’Algérie et de la Tunisie montrent quel vas­
te champ est ouvert sur ces pays à l’activité
française et à nos capitaux.
M u sée colon ial.

Le Musée Colonial, dont la création liée
dès le premier jour à l’Institut, est due à
l’infatigable activité de M. le Docteur Heckel
est réinstallé au second étage de la rue Noailles. On retrouve dans son organisation ac­
tuelle la réalisation parfaite du plan longue­
ment étudié par le colonial de vieille date
qui avait présidé à son enfantement, alors
qu’il prenait possession du local du Service
Colonial au boulevard des Dames, où furent
groupées ses premières collections. L’influen­
ce exercée par ce Musée, les développe­
ments qu’il avait pris, les démonstrations
pratiques qui en avaient résulté justifiaient

�L’EXPANSION COLONIALE
bien le souci qu’on a eu de le réinstaller rue
Noailles dans des conditions tout à fait avan­
tageuses.
Il s’y est augmenté de quelques-unes des
collections de l’Exposition de 1906. Mais le
dispositif est absolument le même qu’il était
au boulevard des Dames. Deux sortes de vi­
trines y sont installées : les vitrines plates et
les vitrines murales. Quelques-unes contien­
nent certains produits commerciaux et in­
dustriels des colonies étrangères. Ce sont des
termes de comparaison fort utiles et souvent
utilisés.
Les vitrines verticales ou murales renfer­

7

ment les produits des trois règnes lancés dans
la circulation commerciale et à côté d’eux les
produits qui sont à l’étude et qui peuvent four­
nir matière à une utilisation dont la connais­
sance doit résulter de cette étude. Ce sont les
produits dits d’avenir. Ils sont pour la plu­
part distribués dans des armoires qui por­
tent les désignations géographiques de leur
origine et dans un même compartiment sont
sériés les produits d’une même colonie. C’est
ainsi que nous trouvons au Musée Colonial
les compartiments de l’Annam, ceux du
Tonkin, ceux de l’Afrique Occidentale, etc.
Des vitrines spéciales sont cependant

M USÉE COLONIAL

affectées aux grands produits qui, comme les
sucres, les riz, les cafés, la ramie, les alcools
nécessitent de plus grands développements
et par conséquent de plus grands espaces.
Une vitrine hexagonale renferme tous les
spécimens des corps gras dont l’utilisation
intéresse à un si haut degré le commerce et
l’industrie de notre ville. Ces spécimens sont
accompagnés de tous les composants chimi­
ques de ces corps gras et de leurs dérivés.
Les emplois divers des pailles si intéressant
surtout pour Madagascar et ceux des plu­
mes d’oiseaux donnent lieu à une exposition
spéciale voisine des spécimens divers d’ivoi­
res et de cornes, de peaux d’animaux, de
dépouilles de serpents disposés contre les pa­
rois libres des murailles. Enfin une vitrine
plate longue de dix mètres renferme une col­
lection unique, la plus complète peut-être
du Musée, des minérauxTirovenant des colo­

nies françaises. Tous les échantillons soi­
gneusement étiquetés présentent la matière
première à l’état de gangue et auprès de cha­
cun d’eux est exposé le métal extrait.
A côté sont les produits ethnographiques
de nos colonies françaises, c’est-à-dire tous
les ustensiles anciens et nouveaux, soit d’or­
dre économique, soit d’ordre domestique :
vêtements, chaussures, soiffures, soies, den­
telles pagnes, objets de ménage, vannerie,
modèles de case et de paillottes, céramiques,
instruments agricoles, engins de chasse et de
pêche, armes de guerre, instruments de mu­
sique, pirogues, fétiches et amulettes, etc.
Au fond de la salle se trouve la Bibliothè­
que du Musée qui renferme une collection
importante de livres de fond — notamment
les legs Raoul et Madinier dont les dossiers
sont si précieux pour les bibliophiles colo­
niaux — ainsi que des publications pério-

�L’EXPANSION COLONIALE

8

diques scientifiques ou économiques colo­
niales. Une place d’honneur y est réservée
aux Annales de l'Institut Colonial de Mar­
seille, publication annuelle si prisée par le
monde savant et qui paraît depuis 1893 sans
interruption. Cette publication est alimen­
tée, on le sait, par les principaux travaux de
MM. les Professeurs de l’Institut ; elle est
adressée à titre d’échange aux universités
françaises et étrangères ainsi qu’aux établis­
sements coloniaux similaires de toutes les
nations étrangères.
Le Musée Colonial et sa Bibliothèque sont
ouverts de 9 heures à 11 heures du matin
et de 2 heures à 4 heures de l’après-midi
aux visiteurs et à tous ceux concernant les
colonies. Un catalogue double par ordre
géographique des colonies et par ordre
alphabétique des produits est établi pour le
Musée. Les recherches à la Bibliothèque sont
facilitées par des fiches.
Maintenant que le Musée Colonial est ins­
tallé rue Noailles, on ne pourra plus lui faire
le reproche d’être mal situé, trop éloigné du
centre des affaires, d’accès pénible et loin­
tain. Mises à la portée de tous, les belles col­
lections si patiemment recueillies et grou­
pées par les soins experts de l’apôtre colo­
nial qu’est M. le Dr Heckel, constituent un
ensemble entre tous propice aux enquêtes et
aux recherches qui ne peut manquer de don
ner à tous les points de vue de fructueux ré­
sultats.
Indiquons qu’au 4me étage de l’Institut, se
trouvent les laboratoires contenant les réser­
ves de doubles produits servant aux échan­
ges avec les divers musées coloniaux fran­
çais et étrangers. Un autre laboratoire spé­
cial est destiné exclusivement aux recher­
ches et manipulations en gros à opérer sur
les produits expédiés des colonies aux fins
d’utilisation par l’industrie métropolitaine.
J a r d in co lo n ia l

Nous ne pouvons, en parlant du Musée
Colonial passer sous silence son annexe, si
non immédiat par la distance, du moins très
direct par le caractère des services rendus.
Nous voulons parler du Jardin Colonial, dé­
pendance rationnelle de l’enseignement co­
lonial et situé dans le Jardin Botanique de la
Ville (Parc Borély) où il occupe dans la par­
tie réservée un espace d’un demi-hectare, en
attendant que selon le vœu de tous les tech­
niciens, un emplacement beaucoup plus
vaste et plus rapproché du centre lui soit
attribué dans le Parc du Rond-Point (ancien
emplacement de l’Exposition Coloniale) de­
venu définitivement propriété de la Ville.
C’est d’ailleurs à cette condition et sous cette
réserve officiellement formulée que le Gou­
vernement a accepté d’autoriser la Loterie
organisée par la Ville de Marseille dans le
but d’assurer la survivance des principales

œuvres coloniales qui furent le motif et
firent le succès de l’Exposition.
Tel qu’il est, très abrité, le Jardin Colonial
du Parc Borély permet des essais de cultu­
re de plantes économiques.
Des résultats très intéressants, ont été ob­
tenus, avec les plantes à développement ra­
pide et dont les phases de leur évolution
peuvent s’opérer au cours de nos étés : avrilnovembre. Ces cultures faites à l’air libre
ont porté sur les plantes suivantes : Coton­
niers (plusieurs espèces et variétés), Arachi­
des, Ricins, Indigo, Jute, Canaigre (plante à
tannin), Ramie (plante textile), Riz, Patate
douce (plusieurs espèces), Gombo, Topinam­
bour, Aubergine du Japon (à fruit sphéri­
que), Haricots dragée (à grain volumineux),
Courge patate du Chili, que le Jardin Colo­
nial a fait connaître et que nos colonies fran­
çaises, la Nouvelle-Calédonie entre autres
sont heureuses de posséder aujourd’hui.
C’est dans ce même Jardin que M. le Dr
Heckel a fait ses essais de culture du Solanum Gommersonnii ou Pomme de terre sau­
vage de l'Uruguay, actuellement transformée
en tubercule comestible permettant d’utili­
ser des surfaces de terrain trop humides
pour être consacrées à d’autres cultures.
C’est là aussi que certain nombre d’acquisi­
tions nouvelles ont été faites, telles que l’Endolique du Soudan, le Ouzounifing (pomme
de terre du Soudan), les ignames de Chine
et du Japon, les herbes de Guinée qui peu­
vent prendre chez nous une extension cultu­
rale très appréciable.
Dans deux serres sont installées les cultu­
res de plantes économiques tropicales : Kola,
Coca, arbres à caoutchouc, niantes textiles,
Vanille, arbres à fruits des tropiques, etc.
qui ne peuvent supporter l’air extérieur de
notre climat.
Au 1er étage du Chalet du Lac (Laboratoire
de botanique) se trouve la salle de cours où
M. Davin chargé du cours de cultures de
l’Institut Colonial, donne ses conférences tous
les jeudis de 8 h. 1/2 à 9 1/2 du matin. Des
démonstrations de cultures coloniales sont
faites sur le terrain du Jardin Colonial et
complètent cet enseignement pratique.
En résumé le Jardin Colonial a un triple
but :
1° Montrer aux étudiants les plantes colo­
niales les plus intéressantes cultivées soit en
pleine terre soit en serre chaude ;
2° Expérimenter les produits agricoles co­
loniaux qui peuvent être acclimatés dans le
Midi de l’Europe et être utilisées au point de
vue alimentaire ;
3° Rechercher quelles sont les plantes nou­
velles qui peuvent être introduites dans les
colonies françaises.
On sait avec quel persévérant succès le Jar­
din Colonial a, jusqu’ici, poursuivi la réa­
lisation de ce programme.

�L’EXPANSION COLONIALE
C ours c o lo n ia u x

Revenons à la rue Noailles. Le Musée Com­
mercial qui comme nous l’avons indiqué
occupe la partie du rez-de-chaussée en façade
sur la rue, s’ouvre au fond par de larges
baies sur la salle des Cours coloniaux.
C’est là que pendant toute la durée de
l’année scolaire sont faits, par un groupe d’é­
rudits professeurs de nos Facultés, les cours
institués depuis longtemps déjà par la
Chambfe de Commerce. Ces cours très sui­
vis ont lieu à jour et à heure fixes. Ils sont
portés à la connaissance du public par voie

9

d’affiches et de la presse. Ils ont trait aux
grandes questions coloniales et leur succès
durable s’explique autant par l’attrait des
sujets exposés que par la valeur et la com­
pétence technique des Professeurs.
La salle des Cours coloniaux peut recevoir
plus de deux cents personnes assises. Gran­
de table d’expérience, tableaux, appareils à
projections, matériel d’enseignement com­
plet facilitent aux conférenciers tous les déve­
loppements désirables. Sur le panneau du
fond se détache le remarquable bas-relief de
Delanglade : La Provence recevant les 'pro­
duits des Colonies qui ornait si artistique-

SALLE DES COURS COLONIAUX

ment l’Exposition des Corps Gras au GrandPalais.
De la même Exposition, les deux réduc­
tions en relief d’anciens moulins à huile, re­
constitutions aussi fidèles qu’artistiques qui
ont été dressées de chaque côté du bas-relief.
Pour donner une idée de l’importance des
Cours coloniaux, nous ne pouvons mieux
faire que de publier la nomenclature géné­
rale des sujets traités depuis l’ouverture de
la saison (28 octobre) par MM. les Profes­
seurs :
Dr J. de Cordemoy : Produits des Eaux et
Industries de pêches dans les Colonies.
— Nacres et perles. — Pêcheries de l’O­
céanie française.
Dr R eynaud : Les maladies épidémiques
transmissibles par l’eau. — Épuration
de l’eau potable. — Rôle de l’hygiène

dans la colonisation. — Les climats
chauds, leurs éléments d’actions.
P. Masson : Importance et caractère de la
colonisation au xvme siècle. — Géogra­
phie coloniale : le sol Algérien.
Babled : Causes économiques et politiques
de l’Expansion coloniale de la France.—
Législation coloniale.
J umelle : Plantes à aromates. — La Vanille,
préparation et commerce.
Davin : Etude sur place (Jardin colonial) des
Cultures coloniales.
L aurent : Etude du sol aux colonies. — Géo­
logie et production minérale de l’Algé­
rie.
A d m in istr a tio n de l’I n s titu t

Au troisième étage se trouvent les bureaux
du Secrétariat général, rouage central de
l’Institut Colonial.

�10

L’EXPANSION COLONIALE

SALI E DU

CONSEIL D’ADM INISTRATION

La salle du Conseil d’Administration con­
tiguë à ces bureaux mérite une mention par­
ticulière. Entr’autres attributs décoratifs et
souvenirs coloniaux une place y a été réser­
vée à la maquette de la Massilia monumen­
tale du sculpteur Constant Roux qui trônait,
hiératique souveraine, sous la coupole du
Grand-Palais de l’Exposition. A l’autre
extrémité de la salle l’impressionnant ours
polaire d’Aug. Vimar rappelle les inédites
curiosités du Palais de la Mer, également re­
présenté ici par les deux belles marines du
bon maître Maglione. Aux murs de dis­
tance en distance, sont appendues de lar­
ges carapaces de tortue à l’écaille polie et
moirée, autrefois réservées aux boucliers
d’apparat des chefs indigènes. Des armes et
attributs de pagode, des sièges scuptés dans
la rue d’Hanoi complètent la sobre, mais
caractéristique ornementation de cette salle.
Au même étage est installé la Rédaction
de l'Expansion Coloniale, qui se trouve ainsi
en contact direct avec les services généraux
de l’Institut.
Une grande salle est spécialement affectée
aux archives de l’Institut ; elle abrite déià
celles de l’Exposition de 1906.
Plusieurs projets encore, permettront d’u­
tiliser prochainement les locaux encore
disponibles au 4e étage. Un musée des corps
gras, et aussi des chambres d’échantillons
pourront s’installer à l’exemple de ce qui
existe à Londres et à Hambourg, où vien­
dront figurer à tour de rôle, à leurs époques
■respectives et sur abonnement, des spéci­
mens généraux de toutes marchandises. Nos

négociants importateurs venant mettre leurs
produits sous les yeux du commerce, avec
les indications de prix et de conditions, trou­
veront ainsi un excellent moyen de propagand ;. On peut même prévoir que là germe,
encoi e embryonnaire, la réalisation d’inno­
vations de tout intérêt pour le négoce colonial
et métropolitain. Mais vouloir déjà les énu­
mérer serait téméraire.
Il convient en outre de mentionner l’utili­
sation probable des sous-sols de l’Institut
colonial dont les vastes proportions et la
situation exceptionnelle’ seront sans doute
mises dans un avenir peu éloigné, au service
d’installations particulièrement attractives.
Ainsi tout concourra à ce que l’Institut
colonial avec ses vastes installations, avec
son organisation pratique puisse lutter d’in­
fluence et d’active propagande avec les éta­
blissements similaires de l’Etranger. Il ne
oeut manquer, aussi solidement et sérieuse­
ment constitué de contribuer pour une
large part à un nouvel accroissement d’af­
faires dont Marseille, métropole coloniale,
retirera le maximum d’honneur et de profits.
C’est ce qu’ont si généreusement compris
tous ceux qui, dès la première heure, voulu­
rent s’associer à ce bel effort. C’est ce que
comprendront aussi ceux qui au fur et à
mesure des services rendus, viendront dans
la suite apporter leurs concours à cette insti­
tution qui dans la conception la plus élevée
pourrait se qualifier d’œuvre de mutualité
nationale et coloniale.
A. G.

�L ’E X P A N S IO N

LES INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE

Fondée en 1876. la « Société de Géogra­
phie » avait son siège depuis 1880 rue Montgrand, 21, lorsqu’elle s’est mise d’accord
pour collaborer avec l’Institut colonial en
venant occuper le 2me étage de l’immeuble de
la rue Noailles, où elle a installé à Pâques
1907 sa riche Bibliothèque et ses importantes
collections.
La Société de Géographie a été instituée
pour concourir aux progrès de la géographie
et en encourager l’étude, dans un but essen­
tiellement pratique, celui de mettre à profit,
dans l’intérêt des connaissances géographi­
ques, la position exceptionnellement favora­
ble de Marseille, de recueillir des renseigne­
ments sur le monde entier et de les répan­
dre. Elle s’occupe notamment de tout ce qui
concerne les colonies françaises.
Sous la présidence successive du regretté
Alfred Rabaud, de M. Charles-Roux, et ac­
tuellement de M. Ernest Delibes, avec com­
me vice-présidents MM. Bohn, Heckel et Estrine, et en qualité de secrétaire général
M. Jacques Léotard, la « Société de Géogra­
phie et d’études coloniales » remplit son
vaste programme par les moyens suivants :
Bibliothèque de 10.000 volumes, 3.000 car­
tes, 100 atlas, 250 publications périodiques

CO LO N IA LE

11

du monde entier. Collections photographi­
ques.
Renseignements gratuits au public (com­
merçants, professeurs, colons, etc.), libre­
ment admis à consulter la Bibliothèque et
tous les documents dont dispose la Société.
Bulletin trimestriel, formant un volume
de 500 pages in-8° par an, avec cartes. — Mé­
moires originaux. Etude spéciale de la Fran­
ce, de l’Afrique et de l’Asie. Chronique géo­
graphique et coloniale ; nouvelles des voya­
geurs. Questions économiques. Bibliogra­
phie.
Conférences -publiques : 140 ont été faites,
par de grands explorateurs ou coloniaux et
d’autres personnalités éminentes, générale­
ment avec projections lumineuses ; plusieurs
ont donné lieu à de brillantes solennités et à
l’émission de vœux importants.
Communications : Près de 200 ont été fai­
tes dans les séances de la Société, surtout
relatives aux questions d’actualité et accom­
pagnées de causeries.
Section coloniale, spécialement consacrée
à l’étude de questions coloniales et ouverte à
tous les membres de la Société, sous la prési­
dence du Professeur Gaffarel.
Prix : 60 sont distribués chaque année aux
Etablissements d’instruction publique de
Marseille et du Département ; 1.300 volumes
ont été ainsi répartis depuis la fondation.
Médailles et diplômes décernés aux explo­
rateurs et coloniaux, savants ou publicistes
les plus méritants.

BIB LIO TH ÈQ U E D E LA SO C IÉ TÉ DE G ÉOGRAPHIE

�12

L’EXPANSION COLONIALE

Sociétés Correspondantes : 160 institutions relief de la France et de diverses parties du
géographiques ou coloniales du monde en­ monde, le diplôme et la maquette de la mé­
tier sont en relations avec la Société. Elle a daille de la Société, des diplômes de récom­
été représentée dans les Congrès se rappor­ penses, des panoplies d’armes exotiques et
tant à ses études et a concouru à l’organisa­ de nombreux objets ethnographiques achè­
tion de plusieurs Missions.
vent l’ornementation de cette salle, éclairée
Le XXe anniversaire de la fondation de la par deux grands lustres et au milieu de la­
Société a été célébré en 1896 sous là prési­ quelle, outre les tables de travail et de jolis
dence de M. Lebon, Ministre des Colonies. bancs annamites sculptés, se trouve une vi­
Le XXVe anniversaire a été célébré en 1902, trine renfermant de précieux souvenirs et
sous la présidence de M. Hanotaux, de l’A­ documents extraits des collections de la So­
cadémie Française, ancien Ministre. En 1898, ciété.
A côté se trouve la salle de travail et de
la Société a réuni à Marseille le Congrès na­
tional des Sociétés françaises de Géographie réunion de la Commission administrative,
(XIX0 session), sous la présidence du Prince confortablement meublée, aux fauteuils en
d’Arenberg, député. En 1906, la Société a cuir de Cordoue, décorée de tableaux, de
organisé, à l’occasion de l’Exposition colo­ cartes murales, des photographies de
niale, un Congrès international des Sociétés Brazza, de Stanley et d’autres explorateurs
de Géographie et de l’Alliance Française, ou géographes éminents, et aussi d’objets
sous la présidence de M. Charles-Roux, com­ d’ethnographie ; on y admire une pendule
missaire général. En 1905, la Société a reçu astronomique fort curieuse.
Sur la rue de l’Arbre, sont situées : la Salle
en un Banquet le général Gallieni, gouver­
des Publications périodiques, annexe de la
neur général de Madagascar.
La Société est subventionnée par le Con­ Bibliothèque, avec 340 mètres de longueur
seil général des Bouches-du-Rhône, le Con­ d’étagères ; la salle des Cartes et archives,
seil municipal de Marseille, la Chambre de avec des étagères portant les grandes cartes
Commerce et les grandes Compagnies. Elle murales et les collections du Bulletin de ia
a reçu de hautes récompenses, notamment Société ; et la salle de « YAlliance Françai­
de laVille de Marseille le prix Beaujour, deux se » et des coloniaux ou membres de passage,
Grands-Prix à l’Exposition coloniale de Mar­ agréablement installée comme salle de tra­
seille, ainsi qu’une médaille de vermeil à vail. Dans les vestibules, on remarque de
l’Exposition nationale du Livre à Marseille grandes photographies polaires provenant de
et des médailles d’argent et de bronze aux la Mission Charcot, des armes et objets
ethnographiques, des diplômes de récom­
Expositions universelles de Paris.
penses,
des panneaux annamites et maintes
L'effectif total des Membres de la Société autres curiosités.
dépasse 600, dont 450 membres actifs. La l’éclairage électrique.Tout le local possède
souscription annuelle est de 25 francs pour
les membres titulaires et de 12 francs pour
Ccmité le l’Alliance française
les correspondants coloniaux.
Les Salles et la Bibliothèque de la Société
Le Comité Marseillais de T « Alliance
sont ouvertes tous les jours, excepté les Di­
Française
», association nationale pour la
manches et Fêtes, de 2 à 6 heures ; les livres
peuvent être empruntés par les membres. propagation de la langue française dans les
Les Séances de la Société ont lieu le 1er jeudi colonies et à l’étranger, a été fondé en 1889
de chaque mois, à 3 heures, et le 3° jeudi, à et annexé à la Société de Géographie. Il a eu
pour présidents, depuis son origine, le re­
9 heures du soir, excepté durant l’été.
gretté Louis Arnavon, négociant, et M. Paul
L’installation de la Société de Géographie Desbief, président de l’Institut colonial; il
rue Noailles, 5, au 2me, comprend cinq pièces. est actuellement présidé par M. Adrien Ar­
La principale est une grande Salle de Biblio­ taud, avec MM. E. Delibes et le colonel Fauthèque et de réunion, à 4 fenêtres, de 14 mè­ re-Durif pour vice-présidents et M. Jacques
tres de long sur 10 de large, dont deux côtés Léotard comme secrétaire général. Un Co­
sont occupés par de beaux meubles de bi­ mité de Dames, le premier fondé en France
bliothèque et le troisième par des armoires sous les auspices de l’Alliance, a bien voulu
contenant les collections de cartes et atlas et concourir à la propagande en accordant à
de photographies ; au-dessus de ces derniè­ notre œuvre son précieux appui, sous la pré­
res se trouvent des tableaux représentant sidence de Madame Mastier, la gracieuse
Ferdinand de Lesseps et David Livingstone femme de M. le Préfet, avec Madame E. Laet un superbe panneau décoratif évoquant moureux comme vioe-présidente. Le Con­
un paysage polaire antarctique ; sur le mur seil général des Bouches-du-Rhône, le Con­
de façade se voient les portraits photogra­ seil municipal de Marseille et la Chambre
phiques d’Alfred Rabaud et de M. Charles- de Commerce ont accordé leur patronage.
Roux, la première Carte du Congo en autogra­ Les membres adhérents d'Aix sont rattachés
phe de Stanley, et un tableau explicatif des au Comité de Marseille.
services de la Société. Enfin, des cartes en
Notre Comité, qui compte 300 membres, a

�L’EXPANSION COLONIALE

13

obtenu un Grand-Prix pour l’Alliance Fran­
Syndicat les Exportateurs
çaise à l’Exposition coloniale de Marseille
Le Syndicat des Exportateurs (commerces
en 1906 ; il organise des conférences, généra­
lement illustrées de projections lumineuses. et industries d’exportation) est venu établir
Le Comité Marseillais a pris sous son pa­ son local. — précédemment rue Cannebière,
tronage direct 10 Écoles françaises en Egypte 12, avec la Société pour la Défense du Com­
et au Maroc, auxquelles il fait des envois merce, — dans une belle salle du troisième
annuels d’argent et de livres. Il s’est impo­ étage de l’Institut colonial, pour apporter son
sé la mission de soutenir, dans les pays mé­ concours à cette œuvre.Ayant pour président
diterranéens, l’influence et le commerce honoraire M. Paul Desbief, président de
français, et pour l’aider dans cette œuvre pa­ l’Institut colonial, ce syndicat est présidé par
triotique, il fait appel à tous les habitants M. Adrien Artaud, avec MM. Malien, Mar­
de notre chère cité. L’ « Alliance Française » tin-Laval et Ytier comme vice-présidents et
s’adresse avec confiance aux hommes de A. Fouaue pour secrétaire général. Il a été
bonne volonté de toutes les opinions, de tous fondé en janvier 1901 par un groupe de né­
les partis, à tous ceux qui aiment leur pays gociants et d’industriels, dans le but d’orga­
ou qui considèrent la France comme une se­ niser en commun la défense des intérêts gé­
conde patrie. Le Comité Marseillais possède néraux du Commerce français d’exportation
d’intéressantes archives scolaires et photo­ et de rechercher les moyens propres à favo­
graphiques. La quotité annuelle minimum riser son expansion, et compte actuellement
plus de 500 membres. Parmi les travaux
est de 6 francs.
principaux du Syndicat, il y a lieu de men­
Reconnue d’utilité publique, 1’ « Alliance tionner sa longue et active campagne en
Française », dont le siège central est à Paris, faveur de la Réforme des clauses d ’exonéra­
boulevard Saint-Germain, 186, compte dans tion des connaissements et le « Congrès des
le monde entier 50.000 Adhérents. Elle a été Chargeurs français » qu’il a réuni en 1902.
fondée en 1884 et son président actuel est
Le Syndicat a été officiellement chargé par
M. P. Foncin, inspecteur général de l’Ins­ l'Institut Colonial de l’organisation de début
truction Publique. L’œuvre de 1’ « Alliance du Musée commercial et du Bureau de ren­
Française » est exclusivement patriotique, seignements et a obtenu de nombreuses
étrangère à tout esprit de secte ou de parti : adhésions. A l'Exposition Coloniale de Mar­
elle se propose : 1° De propager la langue seille en 1906 le Syndicat — qui avait mis à
française dans les colonies et à l’étranger, afin la
disposition de ses adhérents un Bureau de
d’étendre nos relations commerciales et de renseignements, pourvu d’un téléphone leur
conquérir pacifiquement les indigènes ; permettant d’entrer en rapports directs avec
2° De grouper à l’étranger les Français et les les visiteurs intéressés par leurs produits, —
amis de la France afin de maintenir chez les s’est vu décerner par le Jury, bien qu’expo­
premiers et de développer chez les autres le sant pour la première fois, une Médaille d'or.
culte de la langue, de la littérature et des
L’adhésion au Syndicat est indispensable
idées françaises.
aux négociants qui désirent faire connaître
L’ « Alliance Française » subventionne à leurs produits à l’étranger, et il a été créé
l’étranger et aux colonies, soit directement, dans ce but un Annuaire comprenant : 1° Le
soit par l’intermédiaire de ses Comités, plus nom de tous les membres du Syndicat clas­
de 300 Ecoles, sans distinction de nationalité, sés par ordre alphabétique, avec leur adresse
de culte et de race, dans les pays de l'Europe, et la nature de leur commerce ou de leur
du Levant, de l’Extrême-Orient, de l’Afrique, industrie : 2° Tous les Commerces et Indusdu Canada, des Etats-Unis et de l’Amérique tries représentés dans le Syndicat et le nom
latine. Elle recrute des professeurs et envoie des membres exerçant ces commerces ou in­
des livres, entretient des cours de vacances dustries ; 3° Une liste des nombreuses villes
pour les étrangers, organise des conférences du monde entier dans lesquelles le Syndicat
et publie un « Bulletin ». L’Alliance a fondé possède des Correspondants (près de 800).
300 Comités en France, aux colonies et à Enfin, il est réservé, hors texte, aux mem­
l’étranger.
bres du Syndicat seulement, des pages d'an­
« Tout client de la langue française devient nonces. à des prix extrêmement réduits.
Cet Annuaire, imprimé au début de chaque
un client des produits français »; la diffusion
de la langue française dans le monde offre année, est adressé gratuitement à tous les
donc un moyen très efficace et très pratique Membres du Syndicat. Il est envoyé aux
d’accroître les relations, de faciliter les expor­ Chambres de Commerce françaises et étran­
tations du commerce français et par consé­ gères, aux Consuls de France, aux Gouver­
quent d’augmenter la production nationale neurs des Colonies et aux principaux syndi­
en même temps que d’étendre le rayonnement cats ou groupements commerciaux de France
de notre civilisation. L’ « Alliance Fran­ et de l’Etranger. Par sa distribution judicieu­
çaise » dépense annuellement en allocations se, l’Annuaire est pour les membres du Syn­
et dons de toutes sortes 400.000 francs ; mais dicat un moyen de réc’ame mondiale et de
ses ressources sont encore insuffisantes pour propagande commerciale d’une efficacité
incontestable.
réaliser partout son vaste programme.

�14

L’EXPANSION COLONIALE

Le Syndicat publie mensuellement un bul­
letin, l'Exporteur, qui est servi gratuitement
aux membres, ainsi qu’aux chambres de
commerce françaises et étrangères, aux gou­
verneurs coloniaux, aux syndicats commer­
ciaux, etc. Ce bulletin traite de toutes les
questions économiques d’intérêt général et
d’exportation, et publie des propositions de
représentation ou autres. Les maisons de
commerce faisant partie du Syndicat ont
seules le privilège de pouvoir y faire insérer
leurs annonces. Le Syndicat est. en outre, à

la disposition de ses membres, et aussi du
public, désirant s’éclairer sur des questions
commerciales peu connues, sur les débou­
chés d’exportation, ou sur les usages com­
merciaux étrangers. Il intervient pour la
défense de leurs intérêts et la solution des
affaires présentant un caractère général. Le
service de la correspondance est d’ailleurs
très chargé, en raison des nombreuses de­
mandes de renseignements reçues.
La quotité annuelle est fixée à fr. 10 pour
la France (plus 2 fr. 50 de frais de poste pour

SYNDICAT DES EX POIiTA TElUlS

les Colonies et l’Etranger). Cette quotité don­
ne droit au service gratuit du Bulletin et de
l’Annuaire et à la communication des nom­
breux Rapports établis par la Chambre
syndicale.
Les membres du Syndicat peuvent faire
leur correspondance dans la salle de réunion
du Syndicat et y consulter les publications
d’ordre économique déposées dans la Biblio­
thèque.
J. L.

Les Résultats commerciaux
DE L’EXPOSITICN GOLONIALE
D'après le Rapport Général de M. Charles-Roux

M. J. Charles-Roux vient de donner le « bon
à tirer » du Rapport général de l’Exposition
Coloniale de Marseille. Dans cet ouvrage qui
restera 1e. document officiel le plus complet

sur cette grande manifestation économique,
l’éminent Commissaire g-nérai passe succes­
sivement en revue les phases diverses de
l’Exposition. Il raconte sa genèse, ses dé­
buts, décrit ses merveilles et ses fastes, rend
compte des réceptions, des cérémonies, des
Congrès qui s’y déroulèrent et finalement ré­
sume ses premiers résultats. Voici à ce sujet
les réconfortantes lignes que M. CharlesPioux a bien voulu nous autoriser à extraire
de ses bonnes feuilles pour en offrir la pri­
meur aux lecteurs de « l’Expansion Colo­
niale » :
Beaucoup de raisons interviennent pour qu’il
soit particulièrement difficile de se rendre
compte des résultats immédiats de l’Exposition
au point de vue des colonies ; cependant, il en
est que l’on peut dégager dès maintenant.
Les bureaux commerciaux installés dans
chaque palais ou pavillon ont fonctionné avec
la plus grande activité, fournissant une quan­
tité de renseignements qui leur étaient deman­
dés de tous côtés.

�L ’E X P A N S IO N

L’Indo-Chine est de toutes les colonies celle
qui fa it le plus gros effort financier. Le but que
se p roposait la D irection de l’A griculture, des
F orêts et du Commerce de cette colonie p a r
l’in stallatio n d’u n g ra n d in v en taire m atériel
de ces nom breux pro d u its placés géographi­
quem ent et logiquem ent dans l’hém icycle du
pavillon central, é ta it trip le :
1° D’enseignem ent général,
2° P lu s spécialem ent scientifique,
3° Commercial.
Nous n ’insisterons pas su r les ré su lta ts obte­
n us dans les deux p rem iers sens, il est im pos­
sible n éanm oins de ne pas s’y a rrê te r u n in s­
ta n t ; rép an d re la connaissance des ressources
actuelles et possibles d’une colonie plus g ra n ­
de que la F ran ce et si adm irablem ent située au
point de vue économique, c’est au gm enter le
nom bre des ad h éren ts au point de vue colonial
et contribuer, p a r conséquent, au succès de la
cause.
Q uant à la répercussion de données scienti­
fiques sérieuses p our la v aleu r com m erciale et
industrielle des p ro d u its n a tu re ls du sol, et p a r
conséquent su r les échanges nossibles entre la
m étropole et l’Indo-Chine, elle n ’a p as besoin
d’être dém ontrée :
1° Au point de vue de l’enseignem ent colonial
et sans p a rle r de la m asse du public, il y a lieu
de sig n aler les visites faites p a r les élèves des
écoles de toutes sortes et que nous avons déjà
relevées, p a r les étu d ian ts des diverses facul­
tés, p a r les élèves des cours coloniaux, etc., etc.,
et p a r des visiteu rs plus h a u t placés, tels que
les m em bres du Congrès colonial et des Socié­
tés fran çaises de Géographie, les P ro fesseurs
fran çais de tous les ordres de l’E nseignem en1
Les é tran g ers n ’ont p as été les d ern iers à p ro ­
fiter de la leçon de choses qui leu r était offerte.
Nous avons d éjà indiqué les plus ém inents p a r­
m i les p rofesseurs allem ands, m exicains, suis­
ses, etc., qui sont venus.
2° Le b u t scientifique a été larg em en t a tte in t :
le M uséum d’histoire n atu relle, les d irecteurs
de l’Inspection générale de l’A griculture colo­
n iale, de l’Ecole supérieu re de p h arm acie de
P a ris, de l’U niversité d’Aix-M arseille, l ’In stitu t
colonial de M arseille, l’U niversité de M ontpel­
lier, l’U niversité de F rib o u rg (Suisse), le direc­
te u r des Ja rd in s botaniques de B erlin et de
B ruxelles, ne se sont p as fa it fau te de dem an­
der des explications, des renseignem ents ou des
échantillons. De nom breux chim istes a p p a rte ­
n a n t à des lab o rato ires officiels ou privés se
sont m is en ra p p o rt avec le C om m issariat de
l’Indo-Chine. qui s’est em pressé de leu r four­
n ir, au cours même de l ’Exposition, des m até­
ria u x d’études. En tête, citons M. le professeur
H aller, m em bre de l’In stitu t. Les p ro d u its qui
ont le plus spécialem ent a ttiré l’atten tio n ont
été les textiles, les g rain es oléagineuses et les
corps g ra s et siccatifs, les résines et oléo-résines, les collections de n ian tes m édicinales et
quelques-unes des p lan tes tan n an tes.
Les études et vérifications com m encées et
dont quelques-unes tém oignent déjà d’u n g ran d
caractère d’u tilité, en nous fixant définitive­
m ent su r l’existence de quelques produits,
p o u rro n t se co n tin u er grâce aux collections
laissées aux in stitu ts coloniaux et in stitu tio n s
scientifiques.

CO LO N IA LE

15

3° Au point de vue com m ercial proprem ent
dit, nous suivrons dans l ’exposé des résu ltats
l’ordre des g ran d s groupes entre lesquels
étaient rép artis les produits. Nous ne m ention­
nerons que les affaires im m édiates et projetées,
dont les fonctionnaires chargés du pavillon
central ont facilité les comm encem ents.
La présence des délégués com m erciaux pour
chacun des pays de l’Indo-Chine allégea, en
effet, beaucoup la tâche du C om m issariat qui,
dans nom bre de cas. s’est borné à m ettre les
dem andeurs en rap p o rt avec ces délégués ou
avec les rep résen tan ts du syndicat des P la n ­
teu rs du Tonkin, ou encore à le u r donner des
adresses d’exportateurs indo-chinois.
Les p articu liers ou sociétés, dem andeurs, ont
été consignés su r un agenda spécial.
a) Alimentaires. — Ont attiré plus spéciale­
m ent l’attention et fa it l’objet de dem andes de
mises en rap p o rt avec des exnortateurs indochinois, les riz, certaines qualités trè s adm irées
du Cambodge (en Cochinchine. le cours com­
m ercial est déjà établi depuis longtem ps) ; les
verm icelles de riz, produit inconnu en F rance
(fabrication du Phu-Yen-Annam) ; certain s a u ­
tres verm icelles et pâtes, notam m ent les verm i­
celles d’un petit harico t vert soécial (phaseobus
radiatus) très substantiel, pour la fabrication
de ratio n s m ilitaires de cam nagne ; certaines
cassonades (l’export vers la F ran ce av an t la
Conférence de B ruxelles av ait a tte in t ju sq u ’à
3.000 tonnes), la noix de caju (fruit de l’annacardium occidentale) comme succédané de l’a­
m ande ; les thés de l’A nnam et du Tonkin ; les
cafés du Tonkin ; certain s h aricots et pois pour
la n o u rritu re des chevaux ; enfin, des fécules
très nom breuses ont intéressé des com m erçants
pour les apprêts.
b) Plantes filamenteuses et textiles. — Le
lul'fa (éponge végétale), le coton, les fibres d’a ­
n a n a s et d’agave, le jute et le kapok, les nom ­
breux ro tins (export de l’A nnam et de la Co­
chinchine, environ 2.000 tonnes) ; les joncs et
leu rs n a tte s dites de Chine ; les chapeaux de
bam bous, tous ces produits ont donné lieu à des
dem andes de tran sactio n s im m édiates ou d’en­
vois d’échantillons d’essais ; les p lan tes à p a ­
pier ont fait l’objet de deux dem andes de re n ­
seignem ents approfondis préalables à l’in sta l­
lation projetée de fab ricatio n de pâte à p ap ier ;
des pongee fabriquées à Lyon avec des soies
grèges tonkinoises pro v en an t de grain es indi­
gènes, sélectionnées p a r les soins du service
séricicole de la D irection de l’A griculture, des
Forêts et du Commerce, et filées p a r des b assi­
nes à feu vu, d’un type prôné p a r ce même ser­
vice, ont ouvert des horizons im prévus à quel­
ques personnes, éta n t donné su rto u t que la séri­
ciculture a, su r un g ran d nom bre de points de
l’Indo-Chine, u n trè s g rande avenir.
c) Oléagineux. — A la suite des explications
fournies su r les chances d’extension de la cul­
tu re du cocotier dans certaines régions bien
choisies de l’Indo-Chine, cette question est à
l’étude sous une form e pratique, dans des m i­
lieux com pétents. Des renseignem ents ont été
donnés de deux côtés différents su r la possibi­
lité de la création d’huileries en Indo-Chine.
L’étude scientifique de cette catégorie de pro­
duits, introduction nécessaire po u r des déci-

�16

L’EXPANSION COLONIALE

sions p ratiques, va pouvoir être poussée, grâce
aux échantillons apportés.
d) Résines, Gommes, Tanins et Tinctoriaux.
■
— D ans cette catégorie, ce sont encore les ré­
su lta ts scientifiques qui prim ent. En dehors de
nos caoutchoucs, lesquels ont donné lieu à des
dem andes de tran sactio n s, une com m ande fer­
me im portante d’oléo-résine a été faite au Cam­
bodge su r le vu d’échantillons présentés p a r le
C om m issariat.
Cette même oléo-résine et les laques ont spé­
cialem ent intéressé des fab rican ts im p o rtateurs
de vernis, au nom bre de trois, qui n ’attendent
que les ré su lta ts de l’étude des échantillons qui
le u r ont été rem is p o u r faire des com m andes
ferm es. Un chim iste p harm acien, fa b rican t de
te in tu re pour cheveux, a trouvé des m atières
lu i convenant p arm i les tin c to ria u x .'
e) Narcotiques, Médicinaux, Essences et P ar­
fum s. — Le cam phre p roprem ent dit (qui
n ’é ta it p as représenté, le cam p h rier n ’existant
q u ’à l’é ta t sporadique en Indo-Chine) et celui
du Blum ea balsamifera ont donné lieu à d’as­
sez nom breuses dem andes de renseignem ents
dont une, en p articu lier, semble devoir être
suivie d’effet. L’in térêt que p résen taien t cer­
ta in s spécim ens de benjoin su rto u t nous a été
prouvé p a r ia d isp aritio n progressive des
beaux échantillons présentés. E n ce qui con( erne les innom brables plantes m édicinales,
c’est n a tu re lle m e n t le côté scientifique qui a do­
m iné ; m ais de nom breux et ém inents spécia­
listes ont rendu hom m age à l’in térêt des collect:ons.
Des m aisons étrangères, une m aison alle­
m ande de Russie, une m aison italienne, et une
m aison suisse, ont envoyé des listes de pro­
duits vus p a r elles à l’Exposition et dont elles
éta ie n t acheteuses, avec leu rs offres.
Nous n ’avons p as eu seulem ent à constater
des négociations d’affaires p our des p roduits
que p eut fo u rn ir la colonie, nous avons reçu,
su rto u t p a r correspondance de nom breuses de­
m andes su r ce q u ’on pouvait y vendre, et le
C om m issariat s’est em pressé d’y répondre.
Deux propositions in téressan tes ont été fa i­
tes p o u r l’in stallatio n de petites in d u stries (bi­
jou ;erie com m une et petite in d u strie à la cor­
ne) en Indo-C hine même, afin de profiter du
bon m arché de la m ain-d’œ uvre d ans certains
centres.
Bien entendu, nous ne pouvons p a rle r ici que
des échanges en vue ou des affaires entam ées à
n o tre connaissance et a y a n t quelque suite ;
m ais il y a u ra it lieu de te n ir compte, en outre,
des nom breux renseignem ents fo u rn is en p as­
s a n t à des v isiteu rs san s qu’il soit resté trace
de ces ra p p o rts avec eux, et aussi, san s doute,
des ré su lta ts issus des notes p rises p a r les visi­
te u rs que l’on re n c o n tra it souvent, les é tra n ­
gers surto u t, le carn et à la m ain, a u p rès de
nos p ro d u its soigneusem ent étiquetés.
Il est à sig n aler que la région m arseillaise
p ro fitera p ra tiq u e m e n t de l’Exposition indo­
chinoise p a r les sem ences de riz h âtifs qui ont
été laissées a u si com pétent nrofesseur dépar­
tem en tal d’a g ric u ltu re p o u r les expériences
q u ’il doit p o u rsu iv re dans les rizières de la
C am argue.
L’ensem ble de ces ré su lta ts ne p o u rra que

s’augm enter du fa it de la diffusion des nom ­
breuses collections de l’Indo-Chine dans les
musées coloniaux et les laboratoires d’études ;
l’abondance des stocks a perm is de faire ces
distributions, à un nom bre respectable d’exem­
plaires, avec étiquetage approprié.
Au Congo, le caoutchouc a attiré to u t p a rti­
culièrem ent l’intérêt des v isiteurs et donné lieu
à de nom breuses dem andes de renseignem ents,
ta n t pour les achats du p ro d u it que po u r des
projets éventuels de culture des essences caoutchouctifères. Les dem andes de renseignem ents
su r l’avenir des m ines de la colonie ont été fort
nom breuses, la p lu p a rt ém an an t d’étrangers.
D ans l’ensemble, le C om m issariat du Congo
a répondu à plus de deux cents dem andes de
renseignem ents ém an an t de colons, de fonc­
tio n n aires et de com m erçants.
M. Tad m in istrateu r-ad jo in t, Baudon, ren tré
en congé en avril 1906, en résidence à M arseille,
s’est m is spontaném ent à la disposition des
C om m issaires : il fu t po u r eux u n collabora­
te u r précieux et fit, à titre de vulgarisation,
trois "conférences très appréciées su r 1’ « Ori­
gine, l’O rganisation et les R essources du Con­
go. »
Le volume de M. Rouget su r l’Exposition co­
loniale au Congo fran çais a eu u n g ran d reten ­
tissem ent, si l’on en juge p a r le nom bre de de­
m andes de cet ouvrage ém an an t du m onde po­
litique ou parlem en taire, ou des m ilieux u n i­
versitaires. Du reste, son a u te u r a obtenu, outre
ia m édaille d’or décernée p a r le ju ry , le prix
Juvénal-D essaigne à la Société de G éographie
de P a ris, et une m édaille à la Société de Géo­
graphie comm erciale. Notons encore que les
cartes établies p a r M. B a rra lie r constituent une
docum entation de prem ier ordre po u r les sa ­
vants, les colons et les fonctionnaires.
Les résu ltats de l’Exposition de M adagascar
figurent p arm i les plus concluants, a u m oins
au point de vue tout-à-fait im m édiat, et il est
perm is d’espérer beaucoup de l’avenir.
S u r plus de cinquante dem andes de rensei­
gnem ents, en rete n a n t exclusivem ent celles qui
visent des produits pouvant donner lieu à un
com m erce im portant, dem andes suivies de cor­
respondances et de dém arches, c’est-à-dire de
résu ltats effectifs, une quinzaine d’affaires sont
p articu lièrem en t in téressantes pour la colonie.
En m ai, les Rizeries de la M éditerranée de­
m andent à être m ises en relations avec les n é­
gociants de M adagascar po u r l’a ch at des riz ;
qualité et prix conviennent. Même m ieux, une
m aison de M arseille dem ande une fo u rn itu re
régulière de dix tonnes de kapok p a r mois. E n
m ai égalem ent, les co u rtiers de M arseille sig n a­
lent que les échantillons de m ah ab ib a (fruits
de l’an acard iu m occidentale), sont au ssi beaux
que ceux des Indes anglaises auxquels la m é­
tropole dem ande annuellem ent p lu s de 500 to n ­
nes, prix rém u n érateu r. P ro d u it assez abon­
d an t à M ajunga et à M aintirano. E n fin m ai,
u n com m erçant de M arseille est m is en ra p p o rt
avec u n exposant d’écorces de palétuvier ; prix
et échantillon conviennent. E n juin, offre d’une
m aison de Fougères po u r cuirs tan n és et peaux.
Même mois, essais n a r une m aison de Lyon des
résines de la côte Ouest po u r la fabrication de
vernis : résu lta ts concluants. E n juillet, offres
d’une m aison de M arseille p o u r la cire anim ale.
Même mois, dem ande d’un négociant de P a ris
po u r l’exportation en g ran d de la paille du m il
de la côte Ouest. E n août, dem ande d’u n négo-

�17

L’EXPANSION COLONIALE
ciant m arseillais p our l’a c h a t de m ica destiné
à servir d’isolant électrique. E n septem bre, une
m aison de brosserie de P a ris dem ande u n cor­
resp o n d an t p our crin végétal et a u tre s fibres.
Même mois, même dem ande p our la cire a n i­
m ale d’une m aison de G rasse. Même mois, de­
m ande de négociants de Londres p o u r l’im por­
ta tio n directe des pois du Cap Blanc.
E n octobre, u n fab rican t de B eaulieu dem an­
de à être m is en ra p p o rt avec les négociants de
Nossi-Bé, Diégo et V ohém ar p our a c h a t su r
place de l’écaille de tortue.
En octobre égalem ent s’engage une affaire
po u r l’exploitation des fécules exotiques. Même
mois, une forte m aison de droguerie-parfum e­
rie de Moscou veut se m ettre en ra p p o rt avec
nos pro d u cteu rs de vanille et de clous de giro­
fle : consom m ation en Russie im portante.
En novem bre, dem ande d’u n négociant de
M arseille d é sira n t être m is en ra p p o rt avec les
éleveurs.
Même mois, essais d’u n négociant de Cannes
su r la fa rin e de banane. L a g rain e de baobab
rén iali, essayée p a r MM. F o u rn ier, est recon­
nu e excellente p our leu r in d u strie : ils sont p re­
n e u rs de toute la production qu’on p eu t éva­
lu er à 5 ou 6.000 tonnes ; et, si la colonie pou­
v a it le fo u rn ir, son exportation se ra it a in si au g ­
m entée de près de 3 m illions de francs.
L a g rain e d’un arb re de la fam ille des P rotéacéa ain si que celle d’u n a rb re de la fam ille des
M yristécéa sont essayées p a r la Savonnerie
M arseillaise, reconnues in téressan tes, et une
dem ande est faite p o u r les essais in d u striels en
grand. L’exportation peut être au ssi im portante
que p o u r le réniali.
Il convient d’ajo u te r à ces ré su lta ts la vente
colossale de chapeaux m algaches dans l’encein­
te, de l’E xposition et les com m andes qui ont été
faites p a r divers com m erçants en vue de l’im ­
po rtation. Le to u t a porté su r 40.000 chapeaux
au moins.
A l’aide de la collection des bois, le répertoire
m éthodique des essences forestières, au nom bre
de 570, a p u être donné à l’im pression. Il a p er­
m is de donner satisfaction à deux dem andes de
fo u rn itu res de bois faites p a r les fa b ric a n ts de
m étiers divers qui ont été adressées à une m ai­
son d’im po rtatio n de M arseille.
Enfin, le même in v en taire a perm is à M. J u ­
m elle de com pléter ses renseignem ents p our
fa ire dans u n article p a ru dans le jo u rn a l le
Caoutchouc, et 1a. Gutta Percha l’é ta t de ré p a r­
titio n dans la G rande Ile des végétaux p roduc­
te u rs de caoutchoucs. Ce p ro d u it a fa it l’objet
de plus de dix dem andes de divers négociants
voulant être en ra p p o rts directs avec des p ro­
ducteurs de M adagascar.

C H R O N IQ U E
Nos câbles sous-marins.

Ce n’est pas à nos concitoyens, clients sou­
vent malheureux des câbles Marseille-Oran
et Marseille-Alger qu’il faut vanter les mer­
veilles de notre réseau télégraphique sousmarin. Ils savent, hélas, à quoi s’en tenir sur
le peu de confiance que méritent les capri­
cieuses interruptions de ces services. Si quel­

que chose, cependant peut atténuer l’amer­
tume de leurs doléances, c’est qu’ils ne sont
pas les seules victimes de pareilles fantai­
sies. Tout dernièrement on signalait que le
câble Réunion-Maurice ne fonctionnait plus.
Et de longues semaines se sont écoulées sans
qu’on se soit préoccupé de la situation déplo­
rable créée par l’arrêt complet de fonction­
nement du câble stratégique français
« Brest-Dakar » que ne pouvait plus même
arriver à suppléer le vénérable câble CadixTénériffe-Saint-Louis.
Ainsi se sont justifiées les critiques provo­
quées lors de la construction du « BrestDakar ». Ces critiques sont encore présentes
à la mémoire de tous ceux qui, à cette épo­
que, avaient constaté l’impéritie notoire qui
présida à son immersion faite au petit
bonheur, à travers des fonds de 5.000 mètres,
tourmentés de pics et de vallées, escarpés
comme les plus impraticables de nos mas­
sifs alpestres. On ne récolta, c’était le cas de
le dire, que ce que l’on avait semé.
La France se voyait privée de communi­
cation rapide et directe avec ses colonies de
l’Afrique Occidentale. Le fait pouvait com­
porter de redoutables conséquences, à certai­
nes heures surtout. L’émotion qu’il causait à
maints esprits avisés ne gagna point aussi
vite l’administration et aux réclamations qui
lui étaient adressées, celle-ci répondait par
un grand geste d’impuissance quasi indiffé­
rente. Elle daignait néanmoins indiquer que
le vieux transport Charente ne pouvant plus
tenir la mer, et sa réserve de câbles de grand
fond étant épuisée, elle attendait des crédits
lui permettant de recourir aux onéreux offi
ces d’une compagnie anglaise mieux outillée
et mieux pourvue. Après de longs atermoie­
ment, les réclamations devenant plus aiguës,
les dits crédits étaient mis d’urgence à la dis­
position de cette compagnie. Les travaux de
réfection du « Dakar-Brest » ont enfin pu
commencer.
Cette leçon comporte des enseignements
divers. Pouvons-nous espérer qu’elle ne sera
pas perdue ?...
—El—
Les Riz cochinchinois.

Les visiteurs qui s’extasiaient à l’Exposi­
tion de Marseille devant la « Maison du Riz »
élevée au centre du Pavillon de la Cochinchine avaient été frappés non seulement, de
la grande variété des qualités exposées par
cette colonie, mais aussi des chiffres attes­
tant l’importance de la production de ses
rizières et du trafic auquel elle donne lieu.
On ne connaissait à ce moment que les chif­
fres de 1905. Or les statistiques officielles éta­
blissent que l’exportation de riz de Cochinchine déjà très accrue en 1906, dépasse, pour
les huit premiers mois de l’année 1907, un
million de tonnes, c’est-à-dire le double du
chiffre constaté en 1906 pendant la période

�18

L’EXPANSION COLONIALE

correspondante. Et si l’on tient compte de
l’apport certain des quatre mois qui res­
taient à courir, la campagne 1907 dépassera,
en exportation de riz, le chiffre de 1,400.000
tonnes. C’est le chiffre le plus élevé qu’on
ait jamais constaté en Gochinchine, même
pendant les années les plus favorisées en
récoltes.
Nous devons nous en réjouir et applaudir
aux efforts qui, la nature aidant, ont amené
ce résultat. Il est d’autant plus satisfaisant
qu’il vient après de mauvaises années et que
sa répercussion sur le commerce général de
la Cochinchine, dont le riz constitue le prin­
cipal élément de prospérité, sera éminem­
ment bienfaisante.
—la­
tin e définition de l’« Expansion coloniale»

« D’avance on se partage, sans façon, entre
« Anglais et Français, Belges et Allemands,
« d’immenses territoires sur lesquels on n’a
« pas d’autres droits que la force..... Tous
« ces envahissements de la force et de la ru« se constituent ce qu’on appelle : « l’expan« sion coloniale ».
Vous croyez sans doute que cette définition
est extraite de quelque discours du Congrès
de Nancy ou de quelque article de M. Hervé.
Point du tout, elle émane d’un Inspecteur
d’académie et elle est tirée d’un livre intitulé
« Manuel du Citoyen » que l’Académie Fran­
çaise a couronné et qui sert de propagande
dans nos colonies !...
M. Aspe-Fleurimont, vice-président de la
Société de Géographie Commerciale de Paris,
qui avait fait cette trouvaille, en a fait part
à ses collègues dans une récente réunion, et
vous pensez si l’on a crié haro ! sur l’Inspec­
teur.
N’empêche que cettç ineptie circule et
s’infuse dans les masses avec toute l’impuni­
té, que dis-je, avec toute l’autorité que lui
confèrent ses investitures officielles. C’est
raide.
Comme compensation, au cours de la mê­
me réunion, l’auditoire avait eu le grand
plaisir d’entendre son président, M. Ga­
belle, directeur de l’Enseignement techni­
que au Ministère du Commerce et de
l’Industrie, ancien Commissaire de l’Afrique
Occidentale à l’Exposition de Marseille, dé­
finir avec autant de méthode que de clarté
l’important service dont il a la direction et
dont l’organisation est malheureusement
encore trop peu connue.
—si—
Nos ancêtres colonisateurs.

Quelques bons esprits ont songé qu’on
pourrait chez nous consacrer les appellations
de rues de tout un quartier à la mémoire des
bons Marseillais qui s’illustrèrent en contri­
buant à la gloire et à la prospérité de notre
cité.

Ce louable projet — déjà réalisé en ce qui
concerne les grands écrivains du Félibrige
dans le quartier Rivet — ne pourrait-il s’ap­
pliquer aux voyageurs et explorateurs pro­
vençaux, devanciers et initiateurs de l’ex­
pansion coloniale actuelle. La rénovation du
quartier de la Bourse, quartier des affaires,
fournirait ample matière à la réalisation de
ce simple vœu. Un des principaux plans
ayant servi de base à cette rénovation men­
tionnait, autant qu’il nous souvient, la Place
des Colonies au centre des constructions nou­
velles. Pourquoi ne pas réserver les rues
adjacentes à quelques-uns de ceux de nos
concitoyens dont l’épopée vient d’être con­
densée dans le beau livre « Voyageurs et Ex­
plorateurs provençaux » de la collection de
l’Exposition Coloniale.
Nous avons déjà les statues d’Euthymènes
et de Pythéas à la Bourse. Nous avons aussi
la rue Vincent-le-Blanc, la place d’Arvieux,
la rue Plumier et quelques autres. A quand
le tour de Fusée Àublet, de Bruni d’Entrecasteaux, de Lazare S'euve, de Georges
Roux, du bon Docteur Bayol, de Hourst et de
tant d’autres pionniers anciens ou contempo­
rains, qui, partis de la côte provençale, fu­
rent aux pays lointains les apôtres et sou­
vent les martyrs de la civilisation française ?
—El—
Un héros de la conquête.

Le général Metzinger, ancien membre du
conseil supérieur de la guerre, vient de pas­
ser au cadre de réserve. Nous ne pouvons
laisser ce très brave officier, ce bon Français
quitter le service actif sans rappeler en quel­
ques mots la longue et belle carrière qu’il a
fournie en plus grande partie aux colonies.
Le général Metzinger ne compte pas
moins de quarante-six ans de services et
quinze campagnes. En Indo-Chine, dans les
premières et dures années de la conquête, il
était à Hué lors du fameux guet-apens, et, à
la tête de ses zouaves, il changeait en victoire
ce qui semblait devoir être un désastre pour
nos troupes. Enfin, en 1895, il commandait
l’avant-garde du corps expéditionnaire de
Madagascar et entrait le premier à Tananarive dont il devint gouverneur.
Entre temps, le général Metzinger fait
campagne en Algérie et commande en second
l’Ecole de Saint-Cyr. Au retour de Madagas­
car, il commande le XVe corps d’armée à
Marseille et devient membre du conseil su­
périeur de la guerre.
Comme l’on voit, le général Metzinger,
pendant près d’un demi-siècle, a bien servi
la France et la cause de l’expansion colo­
niale. Dans sa retraite, il emporte le respec­
tueux souvenir de tous ceux qui, l’ayant
connu, ont pu apprécier et l’homme et le
soldat.
—E l—

�19

L’EXPANSION COLONIALE
S u r le vif.

Une anecdote vécue pour finir :
Dans le parc de la paisible station ther­
male qui nous revoit presque chaque année,
se dresse un élégant pavillon où un indus­
triel fort aimable se livre à un commerce
très actif de bijoux, souvenirs, objets d’art,
et maints autres bibelots. Pendant l’hiver,
notre homme a succursale également acha­
landée dans une ville bien cotée de la Riviera. L’Exposition coloniale était ouverte de­
puis un mois à peine qu’il arrivait au
Prado :
« Vous ne vous doutez pas, nous dit-il, de
l’intérêt que peut avoir pour moi cette visite.
Je fais pour la fabrication de nos bibelots
une grande consommation d’écailles et j’ai
toutes les peines du monde à m’en procurer
des quantités suffisantes. J’ai pensé que je
trouverai ici des indications utiles sur les
colonies d’où nous arrivent les trop faibles
stocks dont il faut se contenter actuelle­
ment. »
Quelques instants après, nous le présen­
tions aux commissaires de ces colonies. Outrey et le regretté Jully le documentaient for­
tement sur les productions de Cochinchine
et de Madagascar et il repartait le soir mê­
me, croyant nous assura-t-il n’avoir pas per­
du sa journée.
Et en effet, l’été dernier, il nous annonçait,
tout heureux, que grâce aux renseignements
donnés à Marseille, il savait désormais où se
procurer toute la matière première néces­
saire à sa fabrication, et il ajoutait en riant :
« Voilà à quoi servent les Expositions... lors­
qu’on sait s’en servir ! »
Nous pourrions, les uns et les autres, mul­
tiplier cet exemple pris sur le vif. Les con­
clusions du Rapport général de M. CharlesRoux en font foi. Constatons simplement
que l’Institut colonial marseillais offre d’une
façon constante, à nos industriels métropoli­
tains, les avantages mis à profit en 1906 par
celui de leurs collègues dont nous venons de
souligner la simule aventure.
A. G.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
Métropole
Adm inistration centrale du ministère des
colonies. — P a r décret du 10 octobre 1907, la
ré p a rtitio n des b u reau x de l’ad m in istratio n
centrale des colonies, telle q u ’elle est déterm i­
née p a r les décrets et arrêtés an térieu rs, est
modifiée ain si q u ’il su it :
« Les b u reau x de l’A frique et de M adagascar
sont ré u n is aux b u reau x des affaires d’Asie,
d’A m érique et d’Océanie p o u r con stitu er la di­
rection des affaires politiques et a d m in istra ti­
ves ; le service géographique et des m issions
est ra tta c h é à cette direction. Les deuxième,
troisièm e et quatrièm e b u reau x du se c ré ta riat

général sont réu n is sous le titre de direction du
personnel ; le service des distinctions honorifi­
ques est rattach é à la direction du personnel. »
Il est à crain d re que ce reto u r à la cen trali­
sation des affaires politiques et adm inistratives
donne lieu à une fâcheuse unification, m algré
la diversité de nos colonies.
Budget des colonies en 1908. — Le pro jet de
budget colonial présenté à la Cham bre des Dé­
putés p a r le G ouvernem ent est arrêté à
107.719.258 francs. M algré la réduction ainsi
apportée su r le total de 1907, la Commission du
budget l’a y a n t trouvé encore trop élevé, l’av ait
ram ené à 96.542.786 francs, l’a b aissan t ainsi
de 11.176.472 francs. C’était de beaucoup la plus
forte des réductions qu’elle faisa it su b ir au
pro jet gouvernem ental et le départem ent m inis­
tériel le plus atte in t était celui des colonies.
D ans ce chiffre de réductions, dix m illions por­
ta ie n t su r les dépenses m ilitaires et p rin cip a­
lem ent su r le ra p a trie m en t d’effectifs de tro u ­
pes de l’Indo-Chine. Notre g ran d e colonie asia ­
tique se serait trouvée ain si trop dégarnie et
insuffisam m ent défendue ; même en ten a n t
compte de l’entente franco-japonaise, une telle
réduction était inoportune et dangereuse. H eu­
reusem ent qu’un accord est intervenu ensuite
entre le gouvernem ent et la Commission du
B udget po u r le rétablissem ent de ces crédits
m ilitaires. L’Algérie, dont le seul budget a ttein t
lui-m êm e 108.500.000 francs, et aussi la Tunisie
ne figurent point dans le budget colonial.
né gim e des spiritueux. — Le Journal Officiel
du 3 novem bre a publié le texte de la loi p o rtan t
approbation de la convention in ternationale,
signée à B ruxelles le 3 novem bre 1906, pour la
révision du régim e des spiritueux en Afrique.
Congo français. — Un décret présidentiel du
6 ju illet 1907, porte approbation du budget du
Congo fran çais et dépendances pour 1907 (Bud­
get g én éral 5.019.000 francs}.
Nouvelles-Hébrides. — Un décret du 4 juillet
in stitue un budget spécial des NouvellesHébrides, comme conséquence de la convention
franco-anglaise du 20 octobre 1906. Une loi du
25 ju illet ouvre un crédit ex trao rd in aire de
240.000 francs comme subvention a u budget
spécial.

Colonies
Algérie. — 14 septem bre 1907, arrêté du Gou­
v erneur général a u to risa n t la m ise en activité
d’un circuit téléphonique Constantine-G uelm a.
Afrique Occidentale. — 2 octobre 1907, arrêté
du G ouverneur général p o rta n t org an isatio n
d’un service de l’étiage et de la n av ig atio n du
Sénégal.
15 octobre, a rrêté p o rta n t création d’u n b u ­
reau des D ouanes à Rayes, pour la colonie du
H aut-Sénégal et Niger.
Congo. — 7 septem bre, arrêté du Com m issaire
général p o rta n t org an isatio n de l’enseignem ent
public indigène.

�20

L’EXPANSION COLONIALE

Madagascar. — 20 septem bre, a rrêté du Gou­
v ern eu r gén éral réglem en tan t l’exploitation des
p ro d u its des forêts dom aniales.
24 septem bre, arrêté p o rta n t création d’un
lab o rato ire officiel de chim ie à T ananarive.
Côle des Somalis. — 20 ju illet, a rrê té du Gou­
v ern eu r réglem en tan t l'em barquem ent et le
débarquem ent des m arch an d ises et établissant
des droits de surveillance.
lndo-Chine. — 8 août, a rrê té érig ean t en en­
trep ô t réel l’entrepôt fictif de la Société des
Docks de T ourane en Annam.
16 août, a rrê té rég lem en tan t à nouveau l’im ­
m ig ratio n asiatiq u e en Cochinchine.
J. L.

VIE ECONOMIQUE DES COLONIES
A g r ic u ltu r e . — C om m erce.
In d u str ie . — M arine.
Le Commerce de la France avec scs colonies
en 1906. — D’ap rès le R apport an n u el de la Com­
m ission p erm an en te des v aleu rs de Douane au
M inistère du Commerce s u r le com m erce exté­
rie u r de la F rance, la p a rt des colonies et pro­
te c to ra ts su r le to tal des échanges en 1906 a été
de 10 %, soit 1.127 m illions de fran cs de com­
m erce colonial su r u n ensem ble de 10.893 m il­
lions. L’au g m en tatio n su r 1905 p our les colo­
nies est de 188 m illions, dans u n accroissem ent
to tal de 1.247 m illions. Les im pprtations colo­
n iales en F ran ce en 1906 s’élèvent à 524 m il­
lions (dont 243 1/2 p o u r l’Algérie) et les exporta­
tions à 603 (dont 355 1/2 pour l’Algérie). Nos
échanges avec les colonies se développent rég u ­
lièrem ent ; la plus-value de la période quin­
quennale 1902-1906 p a r ra p p o rt à la période
1897-1901 est en effet de 22 %.
Les ventes de liège en Algérie. — Il résulte
de l’évaluation de la récolte des lièges des
des forêts dom aniales en 1907 p a r les agents du
service fo restier que les prévisions ont été sen­
siblem ent dépassées. La récolte a a tte in t 100.300
q uintaux, contre 107.000 en 1906 ; m ais le prix
de vente est bien su p érieu r à celui de l’année
précédente. P o u r les tro is départem ents, dans
lesquels celui d’O ran figure p o u r m oins de 1.000
quintaux, le p rix de vente de la récolte ci-des­
sus, en septem bre, a été de 3.728.000 fr., contre
3.366.500 fr. en 1906.
Navigation sur la côte Occidentale d'Afrique.
— P a r u n acte additionnel, approuvé p a r le
G ouverneur g én éral le 1er août 1907, la Société
des M essageries A fricaines, dont le siège social
est à B ordeaux, a été substituée a MM. Delmas
et Cie p our l’exploitation du service de n av ig a­
tio n entre D ak ar et la B aie du L évrier (PortEtienne) d’u n e p a r t et B issao-B oulam d’au tre
p art.

Mission d'études industrielles en Afrique
occidentale. ■— Après la m ission perm anente
confiée p a r le G ouverneur général à M. A. Che­
valier, pour les recherches botaniques, et à M.
Gruvel, nour l’étude des pêcheries, M. Roume
vient d’in stitu er une nouvelle m ission p erm a­
nente, dont le b u t est l’étude des am éliorations
à app o rter dans les productions exploitées et des
m oyens d’u tilisatio n des p roduits non exploi­
tés. Le titu la ire de cette m ission est M. Am m ann,
chef du service chim ique du J a rd in colonial à
P a ris, qui restera attaché à cet établissem ent
m ais ira en Afrique pour les bgsoins des études
entreprises, dont les prem ières p o rtero n t su r le
caoutchouc et le karité.
Industries nouvelles à Madagascar. — On
signale la création de nouvelles in d u stries à
M adagascar. Il vient d’être fondé à T ananarive,
successivem ent, une fabrique d’huile d’a ra c h i­
des, une m an u factu re de tabac à fum er et de
cigarettes, et une usine où l’on trav aille les
peaux de bœufs avec u n procédé p articulier. De
Diégo-Suarez, on annonce qu’une extension
considérable vient d’être donnée aux m ines
au rifères d’A nkatoka, dans le district des Antakaras, province de Nossi-Bé.
Situation économique de la Cochinchine. —
D ans le ra p p o rt qu’il a présenté dernièrem ent
au Conseil colonial su r la situ atio n générale de
la colonie, le L ieutenant-G ouverneur de la
Cochinchine déclare que beaucoup de culti­
vateurs indigènes étaient à bout de ressources
lorsque la dernière récolte leu r a perm is de
ré p a re r les pertes qu’ils av aien t subies, et de
prendre confiance en l’avenir. Ils ont pu p ay er
leurs impôts, acquitter les em prunts qu’ils
av aien t contractés à la B anque de l’Indo-Chine
ou auprès d’u su riers chinois et indiens. Les
cultures accessoires, telles que le m aïs, ont été
d’un bon rendem ent. On ne sa u ra it trop encou­
ra g e r ces cultures, de réussite presque certaine,
qui ap p o rten t à l’ag ricu lteu r un bénéfice sans
aléa.
Le commerce, devenu m fp e u p arto u t la n g u is­
san t p a r suite de la m isère des populations des
cam pagnes, s’est n atu rellem en t ressenti de
l’heureuse situ atio n agricole du pays et les
tran sactio n s ont rep ris avec activité. Le cours
du paddy s’est assez bien m ain ten u ; à cet
égard, les m esures ordonnées pour m ettre les
cultivateurs indigènes en g ard e contre l’agio
des in term éd iaires chinois ont donné de bons
résultats. D’ailleurs, u n m ouvem ent très m a r­
qué vers l’indépendance com m erciale et in d u s­
trielle commence à se m anifester chez les indi­
gènes. Les p ro p riétaires annam ites, m enacés
de l’accaparem ent du riz p a r le commerce chi­
nois, com prennent enfin la foi ce que donne
l’association en m atière com m erciale ; ils son­
gent à créer des sociétés destinées à e n tre r en
concurrence avec ceux qui, ju sq u ’ici, ont mo­
nopolisé le commerce du riz. Le gouvernem ent
a voulu encourager cette heureuse tendance
vers le progrès et l’activité, et u n a rrêté du
G ouverneur général vient d’a u to riser la form a­
tion de Sociétés m utuelles de crédit agricole.

�L’EXPANSION COLONIALE

TRAVAUX PUBLICS AUX CULÜNIES
Algérie. — Le P ré sid e n t du Conseil, m inistre
de l’in térieu r, se re n d a n t aux vœ ux ém is p a r
les Assemblées financières d’A lgérie et sanc­
tionnés p a r le G ouvernem ent G énéral v ient de
déposer à la C ham bre u n p ro jet de loi, te n d an t
à a u to rise r l’Algérie à co n tracter u n em prunt
de 170.354.759 francs, p o u r des tra v a u x d’utilité
publique, com plétant le program m e de 1902.
Les tra v a u x en trep ris à l’aide de cette som ­
me a u ro n t p our ré su lta t de donner à la colonie
941 kilom ètres de voies nouvelles, p o rta n t ain si
à 3.634 kilom ètres la lo n g u eu r totale de ses che­
m ins de fer. Cet effort n ’a certainem ent rien
d’excessif, si l ’on considère que depuis 1903
aucu n e ligne de chem in de fer n ’a été construite
en Algérie. Le vote de la loi du 23 ju ille t 1904
p o rta n t décen tralisatio n ad m in istrativ e et
financière du service des chem ins de fer, a don­
n é à la colonie toute latitu d e p o u r rep ren dre
l’œ uvre in terrom p u e et m ettre d ans la lim ite
de ses ressources, son outillage de voies ferrées
en ra p p o rt avec ses besoins.
L’extension des m oyens de com m unication est
poursuivie au ssi p a r la construction de routes
nouvelles ou l’am élioration des voies existantes;
32.269.860 fran cs sont p révus à cet effet.
Les tra v a u x nécessaires p our m ettre les ports
d’A lgérie en é ta t de répondre aux besoins sans
cesse g ra n d issa n ts du trafic sont évalués à
16.000.000 environ.
Les tra v a u x h y d rau liq u es et la colonisation
reçoivent une dotation globale de plus de 17 m il­
lions, qui p e rm e ttra de m ettre en v a le u r d’im ­
p o rta n ts te rrito ire s et d’a ttire r a in si u n n ou­
veau contingent d’élém ents fra n ç a is d ans la
colonie.
Les tra v a u x en trep ris à l’aide des fonds du
p rem ier em p ru n t dans les forêts d’Algérie ont
d éjà p ro d u it d’excellents résu ltats, non seule­
m ent au poin t de vue de l’exploitation des m as­
sifs, m ais a u ssi de la défense contre l’incendie.
Les sommes prévues p o u r l’am élio ratio n des fo­
rêts de la colonie p erm ettro n t de p arach ever
l’œ uvre commencée.
Tunisie. — Les tra v a u x de chem ins de fer
sont activem ent poursuivis. L a réception offi­
cielle de la nouvelle voie ferrée M oknine-M ahd ia ,.a u sud de Sousse, v ien t d’avoir lieu en p ré­
sence des ing én ieu rs et des e n trep ren eu rs ; la
Voie a été acceptée, a in si que l’ensem ble des
trav au x . L’exploitation officielle a commencé le
dim anche 15 septem bre.
Sénégal. — Les g ra n d s trav au x exécutés dans
la ville et le p o rt de D akar, qui av aien t déjà
p ris une im portance considérable, vont recevoir
p ar-su ite de la loi du 22 ja n v ie r 1907, a u to risa n t
u n em p ru n t de 100 m illions, une nouvelle et
Vigoureuse im pulsion. En effet, les études et
p ro je ts des ouvrages prévus sont assez avancés
p o u r p erm ettre, dès 1908, la m ise en ad ju d ica­
tion d ’u n certain nom bre des tra v a u x ci-après :
1° A dduction d’eau p a r le m oyen d’une
c a n alisatio n de 20 kilom ètres de
long environ et d’ouvrages de cap­
tag e ................................................. F r. 2.000.000

21

2° T ravaux d’assainissem ent com pre­
n a n t des ouvrages de terrassem ents
de m açonneries ................................... 1.500.000
3° C onstruction d’u n hôpital indigène.
500.000
4° Développement de l’hôp ital colonial
500.000
5° C onstruction de casernes a u q u a r­
tie r dit des M adeleines I .................. 2.000.000
6° C onstruction de casernes au q u a r­
tie r dit des M adeleines I I ..................
400.000
T o ta l.............. Fr. 6.900.000
En outre de ces trav au x , exécutés su r les
fonds de la colonie, le service de la m arin e m ili­
taire doit en treprendre en 1908, dans l’arsen al
de D akar, les constructions suivantes :
Logem ents et casernes, ateliers, infir­
m erie ............................................... F r. 2.052.000
Ateliers du b assin de radoub ..........
150.000
B âtim ents de la direction du p o r t ......
150.000
T o ta l ..............F r. 2.352.000
L a p lu p a rt de ces trav au x , tels que ceux con­
cern an t la construction des casernes et des
hôpitaux qui, p a r le u r situ atio n et leu r sim ili­
tude peuvent être groupés, constitueront des
lots d’entreprise d’une g ran d e im portance, pou­
v an t chacun attein d re u n m o n tan t de 400.000 à
2 m illions de francs.
Madagascar. — La seconde p artie du chem in
de fer de la côte Est, entre le M angoro et
T ananarive, se trouve en bonne voie de cons­
tru ctio n su r les lots 13 à 16. Un décret p rési­
dentiel du 5 octobre 1907 a au torisé l’ouverture
des tra v a u x du 17e lot, de S am b aïn a ju sq u ’à la
route entre la capitale et F ia n a ra n tso a , soit à
100 kilom ètres du Mangoro.
Indo-Chiné. — P a r u n décret du 14 août, la
colonie de la Cochinchine est autorisée à em­
p ru n te r à la Caisse n atio n ale des re tra ite s po u r
la vieillesse, au ta u x de 4 fr. 10 %, une somme
de 9.500.000 francs, qui sera consacrée à l’exé­
cution des tra v a u x d’adduction d’eau potable
puisée dans le D onaï, aux chutes de T rian.
— Le M inistre des colonies vient, à la date du
22 juillet, de tra n sm e ttre a u P ré sid e n t de la
République son ra p p o rt an n u el su r les chem ins
de fer de l’Indo-Chine. Du ta b leau d o n n an t la
situ atio n des tra v a u x de construction a u 31
décembre 1906, il résulte qu’il a été co n stru it
■913 kilom ètres de chem ins de fer en exécution
de la loi du 25 décembre 1898, et qu’il reste
à en co n stru ire 611 kilom ètres. Cet ensem ble de
tra v a u x a occasionné u n to tal de dépenses de
130 m illions ; les dépenses prévues s’élevaient
à 196 m illions. En ce qui concerne le chem in de
fer du Y un-N an les 470 kilom ètres sont en cons­
truction, a y a n t déjà occasionné une dépense
de 93 m illions, su r les crédits prévus de 95 m il­
lions.
Le tab leau des résu lta ts de l’exploitation en
1906 est des plus in téressants. Sauf la ligne
Saigon à Bao-Chan, qui accuse u n déchet de
40.000 fran cs environ, tous les a u tre s tronçons
ont donné u n sérieux excédent de recettes. A
elle seule, la ligne H aïphong-H anoï-Laokay p ro ­
duit près de 1.200.000 fran cs d’excédent ; la ligne
H anoï N inh-B inh V inh vient ensuite avec plus
de 200.000 fran cs d’excédent ; le tro nçon T ourane-Hué accuse 7.500 fran cs de recettes, contre
2.000 de dépenses, alors qu’il n ’a été ouvert à
l’exploitation que l e '10 décembre 1906. J. L.

�L’EXPANSION COLONIALE

22

R evue de la P re s s e
Le récent accord franco -jap o n ais p o u r l’Ex­
trêm e-O rient nous offre certain em en t des av an ­
tag es politiques, m ais dans le dom aine écono­
m ique il n ’est p a s sans graves inconvénients.
C’est ce qu’expose la Dépêche Coloniale, en a tti­
ra n t comme su it l’atten tio n su r cette form e du
péril ja u n e en Indo-Chine :
« D epuis le tra ité , les ém issaires japonais
couvrent le Tonkin d’u n réseau serré de voya­
geurs, d’observateurs et de jolies femmes, dont
le p atrio tism e, sentim ent unique et in tra n si­
g ean t de leu r âm e, ne trouve au c u n m oyen ex­
cessif et a u cu n sacrifice re b u ta n t p o u r le bien
de la nation. Sous les p lu s divers prétextes, nos
villes, nos cam pagnes, et nos g arn iso ns sont
inondées de ce flot d’ém igrants so u rian ts et on­
duleux. E t on ne peut plus rie n leu r dire : ce
sont des am is, et le F ra n ç a is supporte to u t de
ses am is.
« Or le Jap o n dem ande d’étendre à l’Indo-Chine le récen t tra ité de com m erce franco-japo­
n a is : cette add itio n va être soum ise à l’appro­
b atio n du P arlem en t. Il fa u t savoir que c’est là
u n gros d an g er p o u r tous ceux, F ra n çais ou
A nnam ites, qui sont établis en Indo-Chine. Car
le Jap o n ais a de trè s g ran d es qualités com m er­
ciales, se contente, comme tous les Jaunes,
d’u n p etit bénéfice et d’une m ain-d’œ uvre m é­
diocrem ent ré m u n ératrice : de plus il est pro­
ducteur, et il in o n d era les m archés indo-chinois
de ses innom brables fabrications, à bon m a r­
ché, et adéquates aux goûts des consom m ateurs
indigènes : l’introduction, à égalité de tra ite ­
m ent, du com m erce et du com m erçant jap o n ais
en Indo-Chine, c’est la ru in e inévitable de l’élé­
m en t français. L’Indo-Chine deviendrait, en dix
ans, ce que deviennent a u jo u rd ’h u i la Corée et
la M andchourie.
« Ce s e ra it faire u n m étier de dupes : ce n ’est
p a s p o u r enfler le com m erce nippon que nos
frères aînés ont donné l ’Indo-C hine à la F ra n ­
ce : à ce point de vue le cri d’a larm e jeté p a r
nos com patriotes du Tonkin m érite d’être rete­
n u avec soin ; et je v o u d rais qu’u n p arlem en­
taire, docum enté et courageux, édifiât les
C ham bres su r la fau te q u ’elles com m ettront,
sans la connaître, si elles la isse n t à nos nou­
veaux am is de là-bas la libre p ratiq u e de l’Indo-Chine p o u r eux leu rs négociants, leu rs ou­
v riers et leu rs m archandises. »
★
* *

L 'Avenir du T onkin constate n on san s raiso n
q u ’u n p ay s exclusivem ent adonné à l ’ag ricu l­
tu re comme l’A nnam est à la m erci d’une diset­
te, en cas de m au v aises récoltes, et q u ’il y a u ­
r a it in té rê t p o u r l’A nnam ite à développer l’in ­
dustrie et le commerce, g râce aux cap itaux et
à l’in stru ctio n que nous pouvons lu i donner :
« L’in d u strie en A nnam est p lu tô t à l’état ru ­
dim entaire. On tra v a ille la soie, m ais la seule
grande filature est une filature européenne. On
trav aille l’or m ais les m ines sont sous la di­

rection européenne. On retire le charbon du
sol m ais les européens dirigent. E t je n ’en fini­
ra is p as d’énum érer les in d u stries où l’a n n a ­
m ite n ’a p p a ra ît guère que comme sim ple m a­
nœ uvre sous la direction de l’européen. E t
quand le directeur d’une en treprise n ’est pas
européen, il est chinois. M ais d’entreprises p u ­
rem ent indigènes et im portantes, je n ’en con­
n ais pas encore en Annam .
&lt;c Au co n traire les petites in d u stries y sont
fort nom breuses et il semble à cause de cela
que la création des grandes serait assez facile.
Nombreux sont les fab rican ts de barques, de
nattes, soie, nom breux les potiers, les cordon­
niers, les sabotiers, etc. ; on rencontre même
quelques fabriques de papier. M ais chaque p a­
tro n n ’a qu’un p etit nom bre d’ouvriers et les
m oyens employés sont souvent des plus p rim i­
tifs et p a rta n t longs, coûteux, et ne don n an t que
d’insignifiants résultats. »
★

* *

C roirait-on que les billets de la B anque de
F rance, le prem ier établissem ent financier du
monde, n ’ont pas régulièrem ent cours dans une
de nos p rincipales colonies ? C’est ce que nous
apprend la Dépêche de Madagascar, en sig n a­
la n t que le Trésor y a dernièrem ent refusé le
dépôt d’une somme assez im p o rtan te en billets
de banque :
« Les billets de la B anque de F ran ce ne cir­
culent pas couram m ent, à M adagascar, et les
coupures de m ille fran cs su rto u t sont trè s r a ­
rem ent dem andées, aux guichets de nos éta­
blissem ents de crédit. L orsqu’il s’a g it de rem i­
ses à faire en F rance, ceux qui ont des envois
de fonds à tra n sm e ttre préfèren t s’ad resser soit
aux banques, soit à la poste, où ils peuvent se
p rocurer des valeu rs à ordre, offrant p o u r la
tran sm issio n plus de sécurité que les billets de
banque.
« Il en résulte que les établissem ents de cré­
dit comme le trésor, qui possèdent déjà u n nom ­
bre assez respectable de billets de la B anque
de F rance, re p résen tan t des sommes im p o rtan ­
tes, sont souvent obligés de les réexpédier en
Europe, lo rsq u ’il veulent les utiliser, d’où p e r­
tes, provoquées p a r les frais d’envoi, d’a s s u ra n ­
ce, etc.
C ependant, nous dira-t-on, est-on fondé à re ­
fuser, à M adagascar, des billets de la B anque
de F ran ce ? Oui, répondrons-nous, encore que
cela puisse, de prim e abord, sem bler éto n n an t.
Le privilège de la B anque de F ran ce, m oins
étendu qu’on ne le croit, ne s’applique pas aux
colonies, où la loi n ’a jam ais été prom ulguée.
Cette pro m u lg atio n eût-elle été faite, le cours
légal des billets n ’a u ra it to u t de m êm e pas
existé, en raiso n de l’absence de toute succur­
sale ou agence de la B anque de F ran ce, p er­
m ettan t la conversion im m édiate des billets en
n u m éraire. C’est donc à bon droit que le tréso r
comme les établissem ents de crédit refusent de
recevoir à leu rs guichets du papier, encore que
ce refus soit susceptible de léser des intérêts. »

�L ’E X P A N S IO N

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N TS COLONIAUX
Fr.
476 25 Oblig. T unisiennes, 3 % 1892
(gar.) .......................................
453 —
Divers G ouvernem ent T unisien, obi.
3 % (1902) r. à 500 f r ..............
421 50
490 — G ouvernem ent T unisien, obi.
3 1/2 % (1903), r. à 500 ......
485 —
87 — P ro t. A nnam -Tonkin, ob. 2 1/2
(gar.) ........................................
77 60
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (gar.).
78 75
94 —
—
Em. 3 % 1903 (gar.)
89 40
450 — Indo-Chine (ch. de fer) obi,
3 1/2 % ......................................................
465 — Indo-C hine (1899) ......................
451 50
----------------obi. 3 % (1902) ......
403 50
480 — E m p ru n t Algérien, 3 % 1902,
obi. r. à 500 t. p ...................... 426 50
1000 — Dép. C onstantine, obi. 3 1/2 %
1897 ...................
960 —
987 50 Ville de C onstantine, 3.30 %
1895 ...........................................
970 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 % 1898 .........................
451 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 % 1901 .........................
460 —
-------Dép. d’Alger 3 1/2 % r. à 5 0 0 . ---------492 50 Col. de la M a rtin iq u e ............
451 —
470 — A frique Occidentale, 3 % 1903,
obi. rem . 500 (gar.) ...............
443 75
642 50 M aroc 5 %1904, rem . à 500,
505 50
BANQUES COLONIALES
&amp; E T A B L IS S E M E N T S F IN A N C IE R S
885 —
Divers CIe A lgérienne, act. de 500 t. p.
500 — Créd. Fonc. et Agric. d’Alg.,
497 —
act. de 500 (250 p. nom .) ......
Divers B anque de l’Algérie, act. de
500 t. p ...................................... 1245 —
500 — B anque de la Guadeloupe,
act. de 500 t. p. (n.) ..............
270 —
500 — B anque de la G uyane, 500
t. p. (n.) ................................. 1100 —
500 — B anque de la M artinique, 500
526 —
t. p. (n.) ..................................
500 — B anque de la R éunion, act. de
505 —
500 t. p. (n.) .........................
Divers B anque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. nom.) .............. 1360 —
500 — B anque de l’A frique Occiden680 —
taie, act. de 500 (125 p. nom.)
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1225 —
500 — Crédit F oncier Colonial, act.
de 500 t. p ..............................
35 50
420 — Crédit F oncier Colonial, obi.
84 50
5 % 420 .....................................
350 — Crédit F oncier Colonial, obi.
5 % 350 ..................................
71 50
CHEMINS DE FER A LG E R IE N S
&amp; COLONIAUX
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600 656
—
o. 3 % r. à 500 423
Divers
710
500 — E st A lgérien, act. r. à 600 ...
Divers
—
obi. 3 % r. à 500 421
647
500 — Ouest A lgérien, act. r. à 600.

Divers

—

obi. 3 % r. à 500

50
—
—
25
—

419 —

CO LO N IA LE

23

-------A ïn-Thizy-M ascara, obi. 3 %
rem . à 500 .............................
412 —
340 — M écheria-Aïn-Sefra, obi. 3 %
rem. à 500 .............................
410 —
— — M ouzbah-M écheria, obi. 3 %
rem. à 500 .............................
413 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 %
rem . à 500 .............................
413 50
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Y unnan, act. 500,
250 fr. nom .............................
——
438 50 Obi. priv. 3 %, rem . à 500 lib.
406 —
500 — D akar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem . à 650 ..............
817 —
417 — Chem, de fer g aran t, des colo­
nies franc., obi. 3 % r. à 500 375 —
443 — Chem, de fer et P o rt de la
Réunion, obi. 500 3 % g a­
ra n tie p a r l’E ta t ..................
418 —
V A LE U R S M IN IE R E S
■
— — Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............................................. 1475 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 %
rem. à 500 .............................
495 50
500 — A lgérie-Tunisie (Omn.), act.
de 500 t. p ..............................
469 50
477 50 A lgérie-Tunisie (Omn.), obi.
4 1/2 % rem . à 500 ..............
446 50
-------K anguet (S. m in. du), act. de
500 t. p ......................................
580 —
500 — M okta el H adid, act. 500 t. p. 1490 —
500 —
—
act. 500 (400
p., n ........................................... 1505 —
Divers Le Nickel, act. de 250t. p ........
610 —
445 —
—
obi. 4 % rem . à 500. 500 —
-------Saint-Elie. act.
de 500,t. p....
67 —
100 — P h o sphates du D yr, act. de
100 t. p ......................................
140 —
454 50 P ho sp h ate du D yr, obi. 4 1/2,
rem . à 500 .............................
474 —
500 — P hosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t. p ....................... 3690 —
— — Phosp. et Ch. de Gafsa, p arts. 3370 —
V A LE U R S COLONIALES F R A N Ç A ISE S
Com pagnie fran çaise de l’A frique Occi­
dentale .............. (actions anciennes). 3200 —
Com pagnie fran çaise de l’A frique Occi­
dentale .............. (actions nouvelles). 2165 —
Ci0 M arseillaise de M adagascar ........
530 —
M essageries Fluviales de Cochinchine.
323 —
A lim a ...........................................................
175 —
A lim aïenne .................................................
320 —
Congo occidental ......................................
430 —
Ekela K adei S angha ...............................
176 —
Haut-Congo (Compagnie française du).
590 —
H aute-S angha ................................
230 —
Haut-Ogôoué ...............................................
830 —
K ouilou-N iari ............................................
180 —
La K o tto .......................................................
750 —
Lobay ...........................................................
750 —
M essageries F luviales du Congo ......
216 —
N’Goko S angha ........................................
345 —
Ongorno .......................................................
180 —
Setté K am a ................................................
280 —
S u ltan ats du H aut-O ubangui, ex-coup. 1150 —
Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Im primerie du “ Sém aphore” Barlatieu.— Marseille.
17-19, rue Venture.

�SERVICE POSTAL MARSEILLE - COLONIES
D é p a rts

de M a rs e ille
DATES DES DEPARTS

DERNIÈRE LEVÉE

DEPARTS

DE MARSEILLE

DE LA BOITE

DES BATEAUX

Lundi, Mercredi, Samedi..........

11 h. m at.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
5 h . 20 mat.
5 h. 20 mat.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
10 h. 30 m .
10 h. 30 m .
3 h. 10 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. m at.
3 h. 10 soir.
10 h. m at.
10 h. soir.
10 h m at.
10 h. m at.
6 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
6 h. 20 soir.
10 h. m at.
10 h. m at.
mat. onsoir.
10 h. m at.
10 h. soir.

A lgérie
Voie de M arseille, Cic Glc T rans.
»
T ransp. Mar.
»
T o u a c h e ___
Voie de Port-V endres.............

Départements d ’A l g e r et d ’O r a n
»

d ’A l g e r

..........

d ’A l g e r et d ’O r a n
d ’O r a n ....................

»
»

...........
...........

Voie doMarseille, O Gle Trans.
»
T ransp. Mar.
»
Cic G,e Trans.

de C onslantine.
»
»

T ransp. Mar.
T o u ach e___
CieGlc Trans.
Cic Touache.

»

»

Tunisie.

»
O1' des M. M.
Voie deB rindisi, paej. Anglais.
Voie deMarseille, CicFraissinet
»
»
Voie de Bordeaux, C i' des Charg. Béun.
Voie deM arseille, T ransp. Mar.

In d o -C h in e.
A frique Occidentale
Française
S é n é g a l........................ j

Dn dim . sur deux à p . du 6 janv.
Vendredi ap. d. de Marseille . .

12 de chaque m ois.
Vers le 2 0 de cbaijue mois.
24 de chaque m ois.
20

»

Voie de Jiordcaux à Lisbonne, C in d e s M . M . Le Jeudi, I. U 1 jours à p. du 4 jam .

Djibouti, Madagascar,j Voie deMarseille,
»
Réunion et M aurice &gt;
»
»
Djibouti, M a ju n g a ....|
»
Cic H avraise.
»
G'0 des M. M.
Nouvelle-Calédonie j
Voie de B rindisi, paq. Anglais.
et Nouvelles-Hébrides
Voie de N ap les,p aq . A llem an d..
Voie de Marseille, Gic des M. M.
Inde Française
Voie deB rindisi, paq. Anglais.
Voie de St-Nazaire, Cic Glc T rans.
Guadeloupe
\
Voiedc Bordeaux,
»
et M artinique
)
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
Voie de St-N azaire, Cie G1'T ra n s .
Voie d’A m sterdam , paq. N é e rl..
Guyane Française
Voie de C herbourg, paq. Anglais.

...j

T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

M ercredi et Samedi.
J e u d i.. ...................
D im anche ................
V endredi...................
Jeudi et S a m e d i.. . .
M ardi.........................
M ardi.........................
S am ed i----- -- -----Dim anche ................
L undi et S am ed i. . .
J e u d i.........................
Lundi et V endredi..
M ercredi...................
S a m e d i.....................

10 de chaque mois
25
»
Vers l e 2 0 de chaqae m ois.
Un dim. sur quatre à p . du 10 janr.

Chaque Vendredi ..

Tous les 28 jours à p. du 9 déc. l’a i.-x c ille iO li.s.
Du Mercredi sur A à p. du 46 jaiu. 10 h. m at.

1 h. soir.
6 h. soir.
6 h. soir
6h. 15 mat
6h. 15 mal
5 h . soir
5 h . soir
5 h . soir
m id i__
m i d i ....
6 h. soir
m id i. . . .
m id i---I h. soir
7 h soir
II h. m at
m id i.
m id i.
m idi.
11 h. m at
11 h. m at
11 h. m at
11 h. 36
11 h . m at.

V endredi ap .-m id i. 10 h. soir,
9 de chaque m o is .. l'avant-veïlle soir.
»
2G
»
Le M ercr.,1.1.14 jours à p.du 4 déc.

»

9 de chaque m o is ..

»

V endr.,1.1.14 jours à p.d u i l janv.
Le M crcr., 1 .1.14 jours àp.du 4 déc.

»

j Voie Le H avre et C herbourg
p a r New-York
|

A r r iv é e s à M a rs e ille
A lgérie :

Alger...........................

Lundi, Mardi, M crcr.,V eu d r., Dim.

C onstantine p a r Philippeville et B ô n e .. . . . . .

Mardi, Jeudi, Samedi.

Oran...........................

lu n d i, Mercredi, Jeudi, Samedi.

T u n is ie ........................
Indo-Chine .
N ouvelle-C alédonie.
Voie de B r in d is i........

M erci'., V end., Dim.
Ligne de lTndo-Cliine,
to u s les 14 jo u rs.
V. de B rindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
T ous les 28 jours.
Chaque Samedi.

R é u n i o n , Madagas­
car et Djibouti . .
Guadeloupe, M a rtin i­
que, Guyane :
Voie de Saint-Nazaire .
Voie de B ordeaux........
Voie d’A n g le te rre ........
Voie de Marseille
Afrique Occidentale :
Voie de B ordeaux........
Voie de L iverpool.......
Voie de Marseille . ___

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les 14 jouis.
Vers le 13 de ch. mois
Tous les 14 jours.
Environ lonles les 2 semaines. .

Dates variables.

�Ancienne Maison MQTTET, Fondée en 1715, Usines à GRASSE et à SÀINT-RÀPHAEL

Parfumerie P. ROQUES &amp; Ce
12, Rue Ccumebière, 12
TOUS ARTICLES CONCERNANT LA TOILETTE —

CONSERVES

MARSEILLE

—

DÉPÔT DES PRINCIPALES MARQUES ÉTRANGÈRES

A LIM E N T A IR ES

B O U C H A R D

F

SU PÉR IEU R ES

A

il s

îné

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opérations de. Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
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Correspondants sur toutes les principales Places du Monde .entier et en particulier sur
celles de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
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seille par :
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Délivre immédiatement des chèques sur les principales Places du monde entier;
Fait toutes opérations de Bourse.
2° S o n s e rv ic e s p é c ia l des C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clientèle, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l'abri des risques de vol et d'incendie.
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P

INSTITUT COLC

Il-

nom»” **

——

EXTRAITS

*‘‘r décem bre 1908

DES S T A T U T S

Art . 2.
Cette association a pour b u t l’étude, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l’extension des rap p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoauer toute m esure d’ordre légis­
latif, ad m in istratif ou économ ique qui lu i p a­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les rap p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A rt . 3.
L’In s titu t colonial M arseillais com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de droit ;
~ Les m em bres sociétaires fo n d a te u rs;
Les m em bres d onateurs ;
Les.m em bres, adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teu rs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In s titu t colonial,
lui donnent un concours financier im portant.
La deuxième catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

seil et lui fournissent, soit spontaném ent soit
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n atu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’In stitu t ^
A r t . 1.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’A ssociation devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande dtidhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p en dant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
fau t payer :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre do n ateu r il fa u t pay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 francs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation an nuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .
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SERVICES DE L’INSTITUT
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Noailles,

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Cours coloniaux

Bez-de-chaussée : Musée Commercial. — Salle
des Cours Coloniaux.
/ cr étage : Musée Colonial.
.S™* étage : S ecrétariat général et B ureaux de
l’In stitu t, B u reau de Renseignem ents. — Ré­
daction de T « E xpansion Coloniale ».
(Syndicat des E xportateurs).
(2me étage : Société de Géographie. — Alliance
Française).
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les.'.iL^Ajinales de l’In s titu t Colonial de
M arseille ».

D irecteur : M. le Dr H eckel .
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle .
P ro d u its anim aux et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M. Jacob BE C.ORBEMOY.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson.
Législation et Economie Coloniales.
M. H. B abled.
Hygiène Coloniale.
M. le Dr R eynaub.
C ultures coloniales.
M. V. Davin.

Comité de rédaction de P « Expansion Coloniale «
MM, Adrien A r t a u d , P résid en t de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnem ents; Louis Y t i e r , Vice-Président. : Jacques Léotard, S ecrétaire; P aul Masson. Professeur
à l’Institut, Membre du Conseil.— M.E. M o r t c e a u , Secrétaire général de l’Institut. — M- Auguste
G i r y , -ancien D irecteur-Adjoint de l’Exposition coloniale.
Marseille. — Imprimerie du Sémaphore,

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Le Num éro : 5 0 centim es

l ,,r Janvier 1908

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Jardins coloniaux, DrE. He c k e l .........................
Inauguration de l'Institut colonial marseillais.

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20

D iscours cle MM. Desbief, M astier. Ponsinet,
Combes, Delibes, Rossi, Charies-Roux.
Musée, com m ercial .....................................................
Cours coloniaux
................................................

37
10

Le Discours de M. Chailleg à la Chambre des
Députés
.................................................................
C hronique ....................................................................
Actes coloniaux o ffic ie ls ..........................................
Vie économique des Colonies ..................................
Institutions connexes. . . ......................................
Marché des Valeurs coloniales ..............................

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25
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D iscours cle MM. Desbief, M astier. Ponsinet,
Combes, Delibes, Rossi, Charies-Roux.
Musée, com m ercial .....................................................
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10

Le Discours de M. Chailleg à la Chambre des
Députés
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�IN STITU T

CO LO N IA L

M A R SEILLA IS

Fondé sous le haut patronage de M. le Minisire des Colonies

P résid en ts

MM.
Le Gouverneur général de l'Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le R ésident général de la République F rançaise
à Tunis.
Le Général C om m andant en chef le XV' Corps
d’année.

d 'h o n n e u r :

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le R ecteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, P résident honoraire de la
Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Com missaire général de
l’Exposition Coloniale de M arseille 1906.

M em bres fo n d a te u rs :

MM.
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — B erçasse . H. et C". — B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles R oux, Jules, Com missaire général de l’Exposition
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
m ins de fer de P aris à Lyon et à la M éditerranée.
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
pagnie M arseillaise de M adagascar. — Comptoir
N ational d’Escompte de P aris. — Crédit L yon­
nais .
Compagnie des M essageries M aritimes. —
M em bres

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Chabrières , Morel et C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et E ntrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
de N avigation IFraissinet &amp; C"). — Compagnie de
N avigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge F rançais.— Compagnie
Générale F rançaise de Tram w ays. — Cypbien F abre &amp; C”. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour M arius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
F éraud, A ugustin, P résident honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem-

Desbief , Paul, P résident de la Chambre de Com­
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C". — Gav.oty, Charles. — H eckei,, E douard (Dr),
P rofesseur à la Faculté des Sciences, D irecteur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des T ransports M ari­
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développem ent du
Commerce et de l’Industrie en France.
d o n a te u rs :

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H.,
Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon. Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie F rançaise de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly. P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —J. et A. P avin df, L afyrge. — R astit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. Rodocanachi. —
R olland, Alex., m em bre de la Cham bre de Com­
merce. — R odrigues -Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue F ran çaise ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Cham bre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslatib, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Zartfi.

CONSEIL D'ADMINISTRATION :

Président : M. Desbief . Paul, P résident de la
Chambre ae Commerce.
Vice-Présidents : H ecjcel, E. tD'l. D irecteur-Fonda­
teur du Musée Colonial ; P onsinet , A., Chef du
Service Colonial : Delibes , E., P résident de la
Société de G éographie ; Dufay, Henri, Ancien
V ice-Président de la Cham bre de Commerce.

Secrétaires : MM. Artaud, Adrien, Membre de la
Chambre de Commerce, P résident du Syndicat
des E xportateurs ; Barlatier , Paul, d irecteur
du « Sém aphore de M arseille ».
Trésorier : M. Armand, Albert, Membre de la
Cham bre de Commerce. P résident du Syndicat
M arseillais de la M arine M archande.
Trésorier-Adjoint : M. L a p l a n e , J., Sous-directeur
d u .C om ptoir National d’Escompte de P aris à
Marseille.

M em bres :

MM.
Allest , J. (Dr), A dm inistrateur-D élégué de la Com­
pagnie G énérale T ransatlantique.
Arnaud, Lucien, Minotier.
B ergasse , Alexandre, Négociant.
B esson , L., D irecteur de la Com pagnie M arseil­
laise de M adagascar.
Blanc, E., D irecteur de l’Exploitation de la Com­
pagnie des Messageries Maritimes.
Bohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
A dm inistrateur-D irecteur de la Compagnie F ra n ­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Rourdii.lon, A., Arm ateur.
Dufour, Antonin, Négociant.
Dufour, Jean, P résident d u Syndicat des Cuirs et
Peaux.
E s t r i ne , Lucien, Vice-Président de la Chambre de
Commerce.
F ouque, Adolphe, P résident du Syndicat d’in itia ­
tive de Provence.
Gaffarei,, Paul, P rofesseur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la C h.de Commerce.
J acquemet, Louis. Président du Syndicat des
N égociant en cafés.
J oannon, A., Avocat, P résident de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.

MM.
J ourdan, Félix, Juge au T ribunal de Commerce.
Léotard , Jacques, S ecrétaire général de la So­
ciété de Géographie.
Masson, Paul, P rofesseur à l’Université et à l'In s­
titu t colonial.
R a s t it , Henri, Industriel.
R odrigues Æ ly, Amédée, Ancien Membre de la
Cham bre de Commerce.
Roux, François (De), Juge au T ribunal de Com­
merce.
T urcat, H., P résid en t de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
T eisseirf ., Raymond, Avoué.
Usslaub. I.éonce. Négociant.
Yt ier , Louis, Vice-Président du S yndicat des
Exportateurs.
Za rifi , Périclès, Banquier.
Coulon, Dominique, Délégué du Conseil M unicipal.
Delibes , J., Délégué du Conseil M unicipal.
R ossi , Clément, Délégué du Conseil M unicipal.
Maurel, Agricol. Délégué du Conseil Général.
Eug. T alon, Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.
Secrétaire oénéral : E. Moriceau, A dm inistrateur
en chef des Colonies en retraite.

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Première Année.

Nn 2

tu

&gt;\

1er Janvier 1908.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
JARDINS COLONIAUX
Dans le premier numéro de cette publica­
tion, il a été question intercurremment, à
propos de l’examen des divers organes com­
posant l’Institut Colonial, du Jardin Colo­
nial de Marseille. Je crois bien que tel que
je veux le faire connaître, avec ses appro­
priations et ses buts multiples, son fonc­
tionnement un peu spécial, il est à peu près
seul en France avec le Hamma d’Alger pour
l’Afrique, pouvant répondre à la définition
de ces créations techniques et à .ce qu’on
peut en attendre au point de vue de l’expan­
sion coloniale d’ordre économique. Le jardin
colonial doit avoir le double but de permettre
dans la mesure du possible (et j’essaierai
de la préciser), un double courant d’intro­
duction de plantes économiques : i° de la
métropole vers les colonies ; 2° des colonies
vers la métropole. Il doit être le réservoir
commun et le milieu de préparation de ce
double courant d’échanges.
A priori, il est évident que nos colonies,
mêmes tropicales, dans divers points bien
choisis et bien localisés de leurs surfaces,
peuvent supporter et nourrir une foule de
nos plantes potagères, fruitières et indus­
trielles européennes (du Midi de l’Europe
surtout); il me suffira de citer par exemple
les régions montagneuses, les arrêtes centra­
les de nos possessions de l’Océan Indien, de
l’Indo-Chine (du Tonkin en particulier), de
Nouvelle-Calédonie, etc., et il importe de les
pourvoir de ces éléments de première néces­
sité. En outre, pour les régions chaudes, il
est bon de faire participer toutes nos colo­
nies de la possession de produits utiles qui
peuvent venir spontanément sur leur sol et
d’assurer entre elles, dès le début de la dé­
couverte de leur utilisation, un courant pri­
mitif de pénétration réciproque de ces riches­
ses. Le commerce viendra avec des multiples
ressources et moyens de tout ordre, dévelop­
per ce premier essor.

Actuellement, par exemole, grâce à la
multiplicité des observateurs que la nou­
veauté et l’intérêt du sujet ont appelé vers
ces études, on peut dire sans exagération
que dans les publications nombreuses consa­
crées aux études coloniales, chaque jour
se révèle la connaissance plus complète de
produits végétaux ignorés jusque-là.
Les progrès rapides qu’ont réalisés récem­
ment la méthodique poursuite des végétaux
spontanés donnant dans telle ou telle colo­
nie des caoutchoucs appréciables, des huiles,
des textiles, des résines, des gommes, etc.,
£pnt désirer de voir se répandre rapidement
dans toutes nos possessions où la culture
pourra en être rémunératrice, les plantes
productives de ces richesses. C’est aux jar­
dins coloniaux qu’incombe ce premier rôle
et il est délicat entre tous, on le comprend
sans peine, car il exige des efforts et des dé­
penses considérables.
Mais il y a plus. Si d’une part les colonies
peuvent créer entre elles, par l’intermédiaire
des jardins coloniaux, un courant continu
d’échanges progressifs, et de l’autre, la mé­
tropole peut doter quelques-unes d’entre
elles et sur des points déterminés, de ses
produits végétaux les plus utiles et les plus
recommandables, la réciproque est possible
dans une certaine mesure, à ce dernier point
de vue. Il ne s’agit nas, bien entendu ici, de
l’introduction dans le Midi de la France ou
en Algérie-Nord (Algeî), de ces végétaux
exigeant pour leur évolution complète une
somme de calorique considérable comme
les cacaos, les caféiers, les arbres fruitiers,
des régions chaudes, qui ne peuvent être, en
raison de la nécessité absolue de les mettre
en serre chaude pendant toute la mauvaise
saison, que des objets de curiosité ou d’étu­
des scientifiques, mais bien de ces plantes à
courte végétation, herbacées ou demi ligneu­
ses qui peuvent parcourir dans nos étés tou­
tes les phases de leur végétation depuis la
germination jusqu’à la fructification, et,
donner, par conséquent, des produits utili­
sables. La démonstration est aujourd’hui
1

�26

L’EXPANSION COLONIALE

faite que, limitée A oette catégorie de plan­
tes en une série assez étendue et qui com­
prend, des végétaux textiles, à tubercules,
ou à graines comestibles, à fleurs recher­
chées pour leur beauté, etc., cet ordre de
plantes peut, avec quelques transitions
bien ménagées, être habitués à notre climat
méditerranéen et cultivé en plein terre. C’est
là on peut le dire sans hésitation, le plus
haut intérêt que présentent les jardins
coloniaux quand ils sont placés de manière
à pouvoir y répondre utilement. Je puis
affirmer aujourd’hui, par exemple, que le
Jute vient dans nos climats et y parcourt
toutes ses phases végétatives, comme le
sésame. Le premier donne des fibres appré­
ciables bien que les tiges y soient moins
hautes que dans l’Inde anglaise ; le se­
cond donne des fruits pourvus d’abon­
dantes graines huileuses. Les Agave divers,
les Sausevières s’acclimatent de plus en plus
et progressivement, les Arachides de Rufisque, donnent abondamment de belles gous­
ses mais moins développées à tous égards
que la variété d’Espagne (Valence) qui, ve­
nue d’Afrique, a fait sur le littoral sud Es­
pagnol une première escale d’acclimatation
et donne des gousses magnifiques. Il en est
de même de VOusounifing (nomme de terre
du Soudan) qui produit un excellent tuber­
cule, plus développé et meilleur même que
celui de son lieu d’origine. Le haricot dragée
de La Réunion donne toute satisfaction et
par sa production et par la valeur de sa
graine bien supérieure à celle de notre clas­
sique haricot de Sois sons. Je m’arrête, les
exemples abondent déjà et se multiplieront
chaque année sous l’effort progressif qu’ins­
pirent les recherches encore nouvelles et à
leur début dont je poursuis l’extension et la
diffusion. Il me suffira, pour aujourd’hui,
d’avoir indiqué cet intérêt et d’avoir démon­
tré que ce dernier courant de réciprocité à
établir, et même déjà esquissé entre les
Colonies et la Métropole, promet et donne
déjà des résultats intéressants au point de
vue agricole.
Dr E. H e c k e l .

INAUGURATION
DE

L’Institut Colonial Marseillais
Le 2 4 N o v e m b r e 1 9 0 7

On peut dire que c’est en présence de l’é­
lite de Marseille qu’a eu lieu la fête de l’i­
nauguration de l’Institut Colonial Marseil­
lais. Tout ce qui compte dans le commerce,
l’industrie, les sciences, les arts et la politi­
que était venu assister à cette cérémonie et
c’est sous les plus brillants auspices qu’officiellement se sont ouvertes les portes du bel
immeuble de la rue Noailles, décoré, pa­
voisé et fleuri à souhait.
Les invités étaient reçus au rez-de-chaus­
sée par M. Paul Desbief, président de la
dent de l’Institut Colonial. Ils visitaient suc­
cessivement le Musée commercial dont ils
admiraient l’ingénieux agencement, la salle
des cours coloniaux d’une installation si
pratique et le Musée Colonial où les remar­
quables collections de M. le
Heckel rete­
naient longuement l’attention.
On arrivait ainsi dans la grande salle de
la Société de Géographie. Une vaste estrade
avait été dressée sur laquelle prenaient place
autour de M. Paul Desbief, M. le Préfet, M.
Ponsinet, chef du Service colonial, repré­
sentant le ministre des Colonies ; M. Combes,
directeur de l’Ecole supérieure de Commer­
ce, délégué du ministre du Commerce ; M.
E. Delibes, président de la Société de Géo­
graphie ; M. Rossi, conseiller municipal, re­
présentant M. le Maire ; M. Peytral, séna­
teur, ancien ministre ; M. Charles-Roux,
président de l’Union Coloniale Française ;
M. le général du Moriez, gouverneur mili­
taire ; M. Chanson, président du Tribunal
civil ; M. le Dr Heckel, vice-président de
l’Institut Colonial et directeur du Musée
colonial ; M. Pénissat, administrateur en
chef de la marine ; le colonel Camper, com­
mandant du 141e de ligne ; M. le Dr Queirel,
directeur de l’École de médecine ; M. Rondel, jugé au Tribunal de commerce ; M. Estier, ancien président du Conseil général ;
les bureaux de l’Institut Colonial, de la
Chambre de Commerce et de la Société de
Géographie.
M. le président Desbief a ouvért la séance
par un discours empreint d’une grande élé­
vation de pensées où il a fait revivre toutes
les phases de la création et de l’organisation
de l’Institut Colonial, n’oubliant de rappeler
que la part personnelle si considérable d’ac­
tivité persévérante et de dévouement éclairé
qu’il a apportée à sa réalisation. Nous repro­
duisons ici ce beau discours ainsi que ceux
des personnalités qu’il a invitées ensuite à
prendre successivement la parole :

�27

L’EXPANSION COLONIALE
D isc o u r s d e M. P a u l D E S B IE F , p r é sid e n t
d e la C ham bre d e C om m erce et de l ’I n s ­
t it u t colon ial.
M e s sie u r s ,

Nous avions espéré que M. le M inistre des
Colonies p o u rra it nous fa ire le trè s g ra n d hon­
n e u r de ven ir p résid er la cérém onie à laquelle
nous vous avons conviés : m ais en ra iso n des
tra v a u x parlem en taires, il n ’a pu se re n d re à
notre invitation.
D ésireux cependant de donner une preuve dg
l’in térêt q u ’il porte à l’In s titu t Colonial M arseil­
lais, M. le M inistre des Colonies a bien voulu

l’Ecole, M. Combes é ta it qualifié po u r rem plir
la m ission qui lu i était confiée et nous ne sau ­
rions trop nous ap p lau d ir de le voir a u m ilieu
de nous.
Je salue M. le sén ateu r P e y tra l, ancien m inis­
tre des finances, ancien vice-président du Sénat,
qui a bien voulu m a rq u e r une fois encore sa
sollicitude éclairée pour les in térêts de notre
départem ent, qu’il a to u jo u rs défendus, depuis
son entrée au P arlem en t avec a u ta n t de com­
pétence que d’au torité et de dévouement.
Je suis certain d’in terp réter fidèlem ent le sen­
tim ent unanim e, en d isan t combien nous lu i
sommes reco n n aissan ts de ce tém oignage de
sym pathie.

INAUGURATION D E L’iN S T IT U T . — L’ARRIVÉE DES IN V ITÉS

désigner p our le rep résen ter M. P onsinet, chef
du Service colonial qui, depuis son arrivée à
M arseille, a su co nquérir l’estim e et la sym pa­
thie de tous ceux qui l’approchent.
P lu s p articu lièrem en t que d’autres, peutêtre, nous avons été à m êm e d’apprécier son
dévouem ent à la cause coloniale, puisque m al­
gré les obligations que lu i im posent des fonc­
tions absorbantes, il a accepté u n siège de viceprésid en t d ans n o tre Conseil d’A dm inistration
et que, dès la prem ière heure, il a été u n de nos
plus ferm es soutiens.
Aussi n u l choix ne pouvait nous être plus
agréable.
De son côté, M. le M inistre du Commerce em­
pêché p our les m êm es motifs, a délégué M. A.
Combes, d irecteu r de notre Ecole supérieu re de
Commerce.
P a r sa situ atio n danâ^ l’enseignem ent, p a r sa
connaissance approfondie des questions qui to u ­
chent à l’aven ir de nos colonies, p a r l’im pulsion

qu’il a su imprimer à la Section coloniale de

Cliché B audouin.

M e s s ie u r s ,

Au nom du Conseil d’A dm inistration de l’In s­
titu t Colonial, je v o u s , rem ercie .d’avoir répondu
à notre appel et je suis to u t particu lièrem en t
heureux de vous souhaiter la bienvenue dans
cette belle salle de la Société de G éographie où
nous recevons nous-m êm es une si gracieuse
hospitalité.
Lorsque la Cham bre de Commerce a form é le
dessein de synthétiser, en une oeuvre durable,
les enseignem ents découlant de n o tre belle Ex­
position coloniale, elle a pensé que la Société de
G éographie qui, depuis 1876, av ait si larg em en t
contribué p a r ses publications, p a r ses confé­
rences, p a r la constitution d’une riche biblio­
thèque, à la diffusion des notions coloniales,
devait avoir sa place au p rès de l’in stitu tio n
projetée.
A cceptant l’offre qui lu i était faite de lu i cé­
der un des étages de l’im m euble que l’on se
proposait d’am énager, la Société de G éographie

�L’EXPANSION COLONIALE

28

s'est installée d ans un local digne d’elle, digne
des services qu’elle ren d au pays.
Mais son ém inent président, M. E rn est Delibes, p our affirm er la solidarité qui doit exister
entre tous ceux qui p oursuivent u n b u t d’intérêt
général, a bien voulu, su r notre dem ande, nous
assu rer, comme vice-président de n o tre Conseil
d’A dm inistration, une collaboration qui nous
est précieuse à tous égards.
E t ce n ’est p as san s une légitim e fierté que
nous voyons s’associer à nos trav au x , nous
guider de ses conseils, le M aître vénéré dont la
h au te éruditio n s’est m anifestée tout récem m ent
encore, dans la présidence de la Commission
des P ublicatio n s et Notices de l’Exposition
coloniale.
Qu’il -nous perm ette de lui adresser, ici, l’ex­
pression de nos sentim ents de respectueuse
ad m iratio n et de profonde reconnaissance.
M e s s ie u r s ,

L’ « In s titu t Colonial M arseillais » a plus
d’u n an d’existence et s’il n ’a p as été in au g u ré
officiellement à une époque n lu s rapprochée de
celle de sa fondation c’est que des circonstan­
ces in d épendantes de la volonté du Conseil
d’A dm inistration ne l’ont pas perm is.
Vous estim erez avec nous qu’on ne sa u ra it
le reg retter, puisque nous avons ain si la bonne
fortune de pouvoir vous entreten ir, non pas
des espérances plus ou m oins justifiées que fait
to u jo u rs concevoir l’éclosion d’une œ uvre nou­
velle, m ais des ré su lta ts déjà obtenus p a r une
o rg an isatio n en pleine activité.
Notre In stitu tio n est — comme l’on sait —
fille de l’Exposition coloniale de 1906, et il peut
p a ra ître in té re ssa n t d’en préciser les origines.
Tout a été dit, semble-t-il, su r cette belle
Exposition qui a m is si b rillam m en t en lu ­
m ière — dans u n harm onieux ensemble — la
p uissance coloniale de la F ran ce, en même
tem ps que la rem arq u ab le v italité de M ar­
seille.
Mais, il n ’est p as tro p ta rd sans doute, pour
ra p p e le r avec quelle conviction, quelle ard eu r,
quelle ténacité, les prom oteurs de l’entreprise
en ont p oursuivi la réalisatio n et avec quel
em pressem ent Colonies, Ville de M arseille,
Conseil gén éral et C ham bre de Commerce ont
offert leu r concours m oral et m atériel.
Il n ’est p as trop ta rd non nlus p o u r répéter
que si toutes les difficultés ont été vaincues,
c’est g râce à la vaillance de tous ces hom m es
de g ra n d m érite qui, sous une habile et ferme
direction, ont assuré le succès.
E t la reconnaissance de M arseille s’est en­
core affirm ée — il v a quelaues heu res — à
l’ég ard de M. Charles-Roux — en une m anifes­
tatio n enthousiaste à laquelle nous nous som ­
mes si cordialem ent associés au nom de l’In s ­
titu t Colonial.
Nous nous en voudrions de ne pas re n d re de
nouveau justice à la h a u te com pétence de ces
C om m issaires g énéraux et A d m in istrateu rs
coloniaux qui n ’av aien t rien négligé p o u r fo u r­
n ir aux v isiteurs, sous une form e a ttra y a n te ,
les élém ents d’inform ation p ro p res à leu r faire
co nnaître la situ atio n exacte de nos colonies :
leu r clim at, leu rs ressources, leu rs besoins,
les m œ urs de leu rs h ab itan ts.
Il nous a été ain si donné d’apprécier to u t ce
qui a été dépensé en in itiativ e hardie, en la ­
beur opiniâtre p a r nos explorateurs, nos co­

lons, nos com m erçants, nos a rm a te u rs et nos
industriels, pour m ettre en v aleu r nos posses­
sions d’outre-m er, et aussi de nous incliner
une fois de plus devant le courage, l’abnéga­
tion, l’héroïsm e de notre Armée et de notre
M arine, dont nous sommes si heureux de sa ­
luer. ici, les chefs respectés.
A côté des superbes édifices où resplendissait
l’œ uvre m agnifique accomplie dans nos Colo­
nies, se dressait le P a la is de l’E xportation.
Là, groupés au to u r de la Cham bre de Com­
merce, les exposants de la région offraient à
l’a d m iratio n des visiteurs l’im posant tab leau
de l’épanouissem ent économique de notre chère
Cité, dont la production industrielle dépasse
annuellem ent un m illiard de francs.
La curieuse et si instructive Exposition des
corps g ras a été la dém onstration la plus fra p ­
p ante qui a it été faite des progrès scientifiques
réalisés dan s cette in d u strie spéciale qui fait
ta n t d’h o nneur à l’esprit d’initiative des M ar­
seillais ; comme la délicieuse Exposition de
l’Art P rovençal était la glorification du génie
artistiq u e de notre antique Provence.
Au cours de la grandiose m an ifestation de
notre activité nationale, qui a p ris fin dans
une véritable apothéose, on ne pouvait se dé­
fendre d’u n sentim ent de reg ret à la pensée
que tous ces beaux p alais tom beraient sous le
pic des dém olisseurs, que ces innom brables
collections / seraien t dispersées aux q u atre
vents,' que les allées om breuses feraient' place
à u n cham p n u et aride, et qu’il ne re ste ra it
plus, de toutes ces m erveilles, qu’u n souvenir
— souvenir exquis, i l est v ra i — souvenir inef­
façable.
Il incom bait à ceux qui ont le souci du bienêtre de n o tre p o pulation comme du développe­
m ent des relatio n s com m erciales de notre
g ran d p o rt avec nos colonies, de songer au len­
dem ain et de sau v eg ard er les fru its de si re ­
m arquables travaux.
Cette préoccupation devait être com m une à
la m unicipalité et à la Cham bre de Commerce.
C’est pourquoi M. le M aire voulut conserver
le P a rc du R ond-Point avec son « GrandP a la is » où p o u rra ie n t être_ tenues des exposi­
tions de p roduits coloniaux ou m étropolitains.
Le P a rc devait être ainsi u n beau ja rd in
public et une annexe de l’In stitu t Colonial et
nous ne sau rio n s trop nous ap p lau d ir que le
prem ier m a g istra t de la Cité et le Conseil m u ­
nicipal aien t surm onté tous les obstacles pour
faire ab o u tir ce projet.
De son côté, la C ham bre de Commerce ne pou­
vait oublier que, fondée en 1599 p a r le Conseil
com m unal d’alors : « po u r ré ta b lir — d isait la
délibération — les relations si riches et si p ro s­
pères autrefois que la ville de M arseille en trete­
n a it avec tous les pays du m onde », elle n ’av ait
cessé au cours des siècles écoulés d’encourager
com m erçants et in d u striels à rechercher des
débouchés to u jo u rs plus étendus, to u jo u rs plus
lointains.
Ses archives tém oignent du rôle prép o n d éran t
qu’elle a joué p en d an t le x v n e et le x v m e siè­
cles dans la protection des in térêts fran çais à
l’étranger.
C’est elle qui désignait, d irig eait et ré trib u a it
les consuls dans les Echelles du Levant et su r
la côte septentrionale d’Afrique.
C’est elle qui a rm a it ou affrétait à l’E tat des
vaisseaux de guerre po u r protéger les nav ires
m arch an d s contre les attaq u es si souvent re-

�L’EXPANSION COLONIALE
nouvelées des p irates qui infestaient la M éditer­
ranée.
C'est elle enfin qui fa isa it entendre sa voix
autorisée pour obtenir toutes les m esures qui
"ou v aien t contribuer à accroître la prospérité
du commerce ou p our com battre celles qui
étaie n t de n a tu re à en en trav er l’essor.
D issoute en 1790 — reconstituée en 1802, — la
Cham bre de Commerce, nous devons le dire à
l'h o n n eu r de nos devanciers, s’est to u jo u rs con­
form ée depuis cette époque — dans la sphère
plus restrein te assignée, à son activité — aux
trad itio n s glorieuses qui lu i avaient été léguées
p a r des hom m es de cœ ur dont tous les actes
étaient dictés p a r le dévouem ent au bien public.
Toujours fidèle aux principes de la liberté
com m erciale dont l’application en 1860, lors de
la conclusion des tra ité s de commerce, fu t si
féconde en résu ltats, la Cham bre de Commerce
s’est appliquée à faciliter p a r tous les m oyens
en son pouvoir l’échange et la circu latio n des
produits.
A grandissem ent de nos ports, am élioration
de l’outillage m aritim e, réduction des ta rifs de
tran sp o rt, elle n ’a rien négligé dans cet ordre
d’idées et il n ’a pas dépendu d’elle dans bien des
cas oue le but proposé ne fû t plus rapidem ent
atteint.
E t l’on trouve dans la conception du p rojet
d’établissem ent du C anal du Rhône — a u jo u r­
d 'hu i en voie d’exécution — une preuve de plus
de cette préoccupation constante de m ettre notre
port en état de lu tte r victorieusem ent contre ses
concu rren ts é tran g ers pour reconquérir la place
qu’il occupait n ag u ère dans l’Europe occiden­
tale.
Comment pouvait-elle dès lors ne p as se ré ­
jo u ir de l’extension prise r&gt;ar notre dom aine
extérieur d ans le d ern ier tiers du siècle passé ?
Aussi, accorda-t-elle sans h ésiter son p a tro ­
nage au Musée colonial fondr en 1893 p a r
l’in itia te u r même de l’enseignem ent colonial en
F ran ce, p a r M. le docteur Heckel.
Et, sous son in sp iratio n , elle créa en 1898 et
en 1900 des cours coloniaux, dont il a conservé
la direction.
Son passé fa isa it donc à la C ham bre de
Commerce une obligation non seulem ent de
p a rtic ip e r au ssi étroitem ent q u ’elle l’a fait, soit
p a r sa co ntribution financière, soit p a r le con­
cours de tous ses m em bres, à l’Exposition
coloniale de 1906 ; m ais encore de p ren d re les
m esures utiles p our en p erp étu er les leçons.
C’est ain si que p rit naissan ce l’idée de ré o r­
gan iser ,et de développer l’In s titu t Colonial
déjà existant.
Le Musée colonial é ta it trop à l’étro it dans
l’hôtel du Service colonial, situé au boulevard
des Daines, et. en raiso n de son éloignem ent,
n ’éta it pas visité comme il m é rita it de l’être.
Q uant aux cours coloniaux auxquels d’ém i­
nen ts professeurs de l’U niversité d’Aix-M ar­
seille co n sacraien t leu r m erveilleux talen t, ils
étaien t ten u s dans une salle du deuxième étage
du P a la is de la B ourse et. p a r suite des diffi­
cultés d’accès', ils ne s’ad re ssa ie n t q u ’à u n
nom bre re stre in t d’au d iteu rs.
C’est dire q u ’au point de vue de la diffusion
des notions coloniales le ré s u lta t n ’é ta it en r a p ­
port ni avec l’effort tenté, n i avec les sacrifices
consentis.
P o u r rem édier à une situ a tio n si re g re tta ­
ble, il fa lla it g rouper dans u n local situé au
centre de la ville le Musée colonial, les cours

29

coloniaux et créer aussi u n Musée com m ercial.
E n outre, u n étage de l’im m euble qui serait
loué devait être réservé à la Société de Géo­
graphie.
Toutefois, la Cham bre de Commerce n ’av ait
nullem ent l’intention de faire de l’o rganisation
projetée une b ranche de ses services.
Elle voulait fonder une In stitu tio n indépen­
dante, qu’elle su b v entionnerait largem ent, m ais
qui, avec une a d m in istratio n autonom e, a u ra it
le caractère d’un établissem ent d’utilité p u ­
blique.
Dans deux réunions tenues le 12 m ai et le
19 juillet et auxquelles assistaien t MM. les Com­
m issaires généraux de l’Exposition, des adm i­
n istra te u rs coloniaux, des m em bres de l’U ni­
versité, des rep résen tan ts de la p lu p a rt des
syndicats locaux, ainsi que des notabilités com­
m erciales, industrielles et m aritim es, le p rin ­
cipe fut adm is de la création projetée.
Une Commission de propagande — à l’activité
de laquelle nous nous plaisons à ren d re hom ­
m age — fut nommée, qui recueillit très ra p id e ­
m ent de nom breuses adhésions.
L’accueil fa it p a r l’opinion à notre initiative,
et les conseils qui nous fu ren t prodigués — p a r
M. Charles-Roux en p artic u lie r — dissipèrent
les dernières hésitations.
Une Association déclarée conform ém ent aux
dispositions de la loi du 1er ju illet 1901 était
fondée le 30 juillet, d an s une assem blée d’adhé­
ren ts dont, M. M astier, préfet des Bouches-duRhône, av ait bien voulu accepter la présidence,
te n a n t à donner une preuve de plus de l’in térêt
qu’il porte à tout ce qui touche à la prospérité
de notre départem ent.
Nous sommes heureux de saisir l’occasion qui
nous est offerte de lu i renouveler l’expression
de nos sentim ents de gratitude.
Placée sous le h au t patro n ag e de M. le M inis­
tre des Colonies et sous la présidence d’honneur
des au to rités coloniales, adm inistratives, m ili­
taires, univ ersitaires et des notabilités com m er­
ciales de la région, notre in stitu tio n a pu, dès
le berceau, com pter su r les plus p u issan ts ap ­
puis.
C’est avec une très vive satisfaction que nous
rappelons ici que M. le P résid en t de la R épubli­
que, dans le discours qu’il a prononcé au b a n ­
quet qui lui était offert au P a la is de la Bourse,
le 16 septem bre 1906, a bien voulu donner à no­
tre initiative sa hau te approbation.
Cette consécration de nos efforts, dont nous
conservons le reco n n aissan t souvenir, consti­
tu a it pour nous le plus précieux des en co u rag e­
ments.
Déjà,, M. R oum e,gouverneur général de l’A fri­
que Occidentale, en a p p re n a n t la création de
l’In stitu t, nous av ait inform és p a r dépêche qu’il
nous a ttrib u a it une allocation de 5.000 fr. pour
l’année 1907.
Puis, M. Beau, gouverneur général de l’IndoChine ; le Conseil G énéral des Bouches-duRhône ; le Conseil M unicipal de M arseille, nous
accordaient des subventions qui, jointes à celle
de la Cham bre de Commerce et aux généreuses
souscriptions de nos m em bres-fondateurs, do­
n a te u rs et adhérents, p erm ettaien t d’envisager
l’av en ir avec confiance.
A tous ceux qui nous ont tém oigné l’in térêt
qu’ils p o rtaien t à notre entreprise, nous disons
encore une fois : Merci.
Nous venons de vous faire connaître, Mes-

�30

L’EXPANSION COLONIALE

sieurs, la genèse de l’In s titu t Colonial M arseil­
lais ; il nous reste m a in te n a n t à vous fo u rn ir
quelques ind icatio n s en ce qui concerne son
fonctionnem ent.
T out d’abord, le Conseil d’A dm inistration
nom m é le 30 ju illet, av a it à fa ire m ettre en état
l’im m euble de la ru e Noailles, p ris à bail, et
qui offrait su r tous les locaux disponibles, cet
av an tag e exceptionnel d’être situé au cœ ur
même de la ville, su r une voie p articu lièrem en t
fréquentée p a r les coloniaux et les é tran g ers
tra v e rs a n t M arseille.
Le p la n adopté co n sistait à p lacer au rez-dechaussée — à portée du g ra n d public — le Mu­
sée com m ercial et les Cours coloniaux ; au 1er
étage, le Musée scientifique de M. le docteur
Heckel ; au 2me étage, la Société de Géographie,
avec u n e salle réservée aux coloniaux de p as­
sage ; au 3me étage, le S yndicat des- E x porta­
te u rs et les b u reau x de l’ad m in istratio n de l’In s­
titu t ; le 4me étage éta n t destiné à être utilisé
ultérieurem ent.
(U n ascenseur devait relier entre elles toutes
les p a rtie s de l’immeuble.
L a visite rap id e que vous venez de faire vous
a perm is, M essieurs, de constater avec quel es­
p rit de m éthode et quelle intelligence des be­
soins des différents services le program m e a été
rem p li p a r nos habiles architectes : MM. Lieutie r et Huot, sous la direction des m em bres de
la Commission d’in stallatio n présidée p a r M.
L ucien E strine, qui av a it déjà donné la m esure
de ses ra re s qualités d’o rg a n isa te u r comme p ré­
sid en t du G ran d P a la is de l’E xposition colo­
niale.
P e n d a n t que s’effectuaient les tra n sfo rm a ­
tions nécessaires : M. Dufay, p résident de la
Commission de p ro p ag an d e ; M. le docteur Hec­
kel, p résid en t de la Commission du règlem ent
in té rie u r ; M. A lbert A rm and, p résid en t de la
Commission des finances, v eillaient — avec le
concours de dévoués collaborateurs, à l’accrois­
sem ent du nom bre de nos ad h éren ts ; aux opé­
ra tio n s de tra n s fe rt des collections m ises si
g racieusem ent à n o tre disposition p a r M. le
M inistre des Colonies ; à la direction des Cours
coloniaux, et aussi à la bonne gestion des de­
n iers de l’Association.
Enfin, M. A drien A rtaud, secrétaire du Con­
seil d’A d m in istratio n ,p résid en t du S yndicat des
E x p o rtateu rs s’é tait chargé de la lourde tâche
de p résid er la Commission du Musée com m er­
cial et du B u re a u des renseignem ents.
S a com pétence en m atière économique et
coloniale ; les p atien tes recherches dont il av ait
condensé les résu ltats, p our l’Exposition de la
Cham bre de Commerce, en saisissan ts g ra p h i­
ques qui m o n tra ie n t le développem ent pro g res­
sif de la fo rtu n e in d u strielle de M arseille ; sa
rem arq u ab le étude su r la re p ré se n ta tio n des
in térêts com m erciaux fra n ç a is à l’étran g er, le
désignaient to u t n a tu re lle m e n t p o u r rem p lir
ces délicates et im p o rtan tes fonctions.
Le. Musée com m ercial co n stitu an t, en effet,
la p a rtie originale de notre In stitu tio n , c’é tait
de son o rg an isatio n que pouvait dépendre l'ef­
ficacité de notre in terv en tio n su r le te rra in co­
lonial.
M ettre sous les yeux des v isiteu rs des types
constam m ent renouvelés des p ro d u its m étropo­
lita in s et coloniaux qui donnent lieu ou qui peu­
vent donner lieu à des échanges ; éclairer soit
l’acheteur, soit le vendeur, su r la possibilité de

se pro cu rer ou d’écouler une m archandise dé­
term inée ; offrir aux m aisons d’arm em ent, de
banque, de commission, de tra n sit, les m oyens
d’étendre leu r clientèle p a r une publicité p e r­
m anente ; rép an d re des connaissances générales
su r nos colonies p a r des affiches, des tableaux,
des inscriptions m urales ; tel était le b u t pro­
posé.
Il va san s dire que le p ro d u it nouvellem ent
découvert ou non entré encore dans la circula­
tion ne pbuvait tro u v er place au Musée com­
m ercial, m ais devait figurer au Musée d’études
de M. le docteur Heckel.
Comme l’a indiqué M. A rtaud dans u n ra p ­
po rt présenté le 1er octobre 1906 au Conseil d’Ad­
m in istratio n , le Musée com m ercial devait bor­
ner son am bition à servir de vestibule au Musée
colonial et à la bibliothèque de la Société de
Géographie.
On peut ajo u ter qu’il devait égalem ent a ttire r
des au d iteu rs dans la salle des cours coloniaux
à laquelle il d o n n erait accès et que MM. les
P rofesseurs tro u v eraien t dans la proxim ité des
deux Musées, la facilité d’avoir à leu r disposi­
tion des échantillons des p roduits fa isa n t l’ob­
jet de leurs conférences.
Il ne suffisait pas cependant d’élaborer un
projet, quelque bien conçu qu’il fût, il fallait
su rto u t le m ettre à exécution.
Grâce aux dispositions adoptées, grâce aux
dém arches faites, les exposants se sont p résen ­
tés en g ran d nom bre et nous ne doutons pas
qu’ils ne trouvent dans l’accroissem ent du chif­
fre de leurs affaires, une larg e com pensation
au sacrifice qu’ils se sont imposé.
Nous les rem ercions bien vivem ent de nous
avoir suivis dans la voie qui leu r était ouverte
et d’avoir ainsi puissam m ent secondé nos ef­
forts.
D’ailleurs, nos prévisions, en ce qui concerne
l’a ttractio n qu’exercerait su r le public cette
Exposition spéciale se sont pleinem ent ré a li­
sées.
Il resso rt de pointages faits avec la plus scru ­
puleuse exactitude que le nom bre des visiteurs
qui av ait été p a r jo u r de 4S5 dans la prem ière
sem aine du mois d’août s’est élevé g raduelle­
m ent ju sq u ’à 1.500 quotidiennem ent po u r la
prem ière sem aine de novembre.
M ais l’In stitu t s’est donné aussi la m ission de
rechercher et de tra n sm e ttre à ses ad hérents
toutes les indications de n a tu re à re te n ir leu r
attention et d an s ce b u t u n b u re a u dg ren sei­
gnem ents a été organisé, qui se tie n t en r a p ­
ports constants avec les gouverneurs généraux
des colonies, l’Office Colonial, l’Union Coloniale
F ran çaise, l’Office N atio n al du com m erce exté­
rieu r, les C ham bres de Commerce et d’A gricul­
tu re des colonies, les m em bres correspondants
de notre In stitu t, les agents que la Com pagnie
des M essageries M aritim es et la Com pagnie
G énérale T ran satlan tiq u e ont bien voulu inviter
à se m ettre en relatio n s avec nous.
C’est a in si que nous avons pu com m uniquer
aux intéressés des docum ents trè s com plets sur
le trafic im p o rtan t qui existe en tre certain s
ports coloniaux et des ports de la m étropole ou
de l’étranger.
Nous avons été égalem ent en m esure de ré ­
pondre à des dem andes de renseignem ents pro­
v en an t de diverses villes de F ran ce su r des
pro d u its coloniaux et au ssi de sig n aler aux co-

�L’EXPANSION COLONIALE
lonies u n emploi av an tag eu x de quelques-uns
de le u rs produits.
Nous ne citerons à ce su jet qu’u n seul exem­
ple.
Nous avons provoqué l’envoi d’échantillons
de fibres indigènes qui p o u rra ie n t rem placer
le jute des Ind es an glaises p our la fab ricatio n
des sacs et, si les ré su lta ts des expériences qui
se pou rsu iv en t dans une filature de notre ville
sont sa tisfaisan ts, la F ran ce s’affran ch ira, en
p a rtie to u t au tm o in s, au g ra n d profit de nos
colonies, du lo u rd trib u t qu’elle paie à l’é tra n ­
ger.
N otre cham p d’action te n d a n t à s’é la rg ir tous
les jo u rs davantage, il nous a p a ru que le m o­
m ent é ta it venu de publier u n B ulletin m ensuel,
tra it d’union qui re lie ra it l’Institut, à ses adhé­
re n ts et à ses correspondants.
Ce b ulletin « L’E xpansion Coloniale », dont le
prem ier num éro vous a été rem is to u t à l’heure,
est rédigé p a r un Comité présidé p a r M. A drien
A rtau d et qui com prend MM. M asson, Ytier,
Léotard, M oriceau et Giry.
Nul doute q u ’entre des m ain s si expertes le
B ulletin ne devienne u n précieux in stru m e n t de
pro p ag an d e en fav eu r du développem ent m até­
riel et m oral de nos colonies.
Voilà, M essieurs, décrite à g ra n d s tra its,
l’œ uvre que nous ten to n s d’accom plir et qui
consacre l’u n io n de la science et du commerce.
Cette union, sans laquelle toute entreprise
com m erciale ou ind u strielle est de nos jo u rs
vouée à l’insuccès, nous la souhaiterio n s plus
étroite encore et nous nous p erm ettons de
com pter su r la bienveillance de M. le R ecteur
de l’Académie d’Aix et de M. le Doyen de la F a ­
culté des Sciences p o u r resserer, si c’est possi­
ble, les liens de cordialité qui se sont noués
en tre l’In stitu t et l’U niversité grâce à la p ré ­
sence d ans notre Conseil d’A dm inistration de
p lu sieu rs de ses m em bres les plus distingués.
Je ne v o u d rais pas term in er sans renouveler
ici mes p lu s sincères rem erciem ents à tous mes
collègues qui, p a r leu r activité, p a r leu r em­
pressem ent à s’acq u itter de leu r m ision, me
ren d en t la tâche-facile et agréable.
Je me fais au ssi u n p la isir de sig n aler le
concours si efficace et si dévoué que.n o u s don­
ne à tous M. M oriceau, a d m in istra te u r en chef
des colonies en retraite, qui fa it bénéficier notre
association des fru its d’une expérience acquise
au cours d’une longue et laborieuse carrière.
J’ai encore u n agréable devoir à rem plir, celui
de rem ercier, au nom du Conseil d’A d m in istra­
tion to u t entier, MM. les re p ré se n ta n ts-d e la
presse m arseillaise et coloniale qui, p a r la p u ­
blicité donnée si obligeam m ent à nos com m u­
nications, nous ont aidé à obtenir le ré su lta t
poursuivi.
C’est en ap p elan t san s cesse l’atten tio n sur
notre im m ense em pire d’outre-m er, su r ses iné­
puisables ressources, su r les débouchés illim ités
ouverts à l’activité des nouvelles g énérations
que l’on y a ttir e r a les hom m es et les capitaux
qui, ju sq u ’ici, se sont m ontrés — il fa u t bien le
reco n n aître — tro p tim ides, les u ns et les a u ­
tres.
E t ce sera l’h o n n eu r de la République de n ’a ­
voir reculé devant au cu n sacrifice, n on pas
seulem ent p o u r étendre notre dom aine exté­
rie u r, m ais su rto u t p our faire p én étrer les bien­
fa its de la civilisation chez les peuples placés
sous n o tre protection.

31

Si, grâce à l’appui des Pouvoirs publics et
des corps constitués, si, grâce à la collabora­
tion de tous les élém ents qui concourent à l’ac­
croissem ent de la propriété nationale, l’avenir
tien t ses prom esses, nous au ro n s tous con­
science d’avoir servi utilem ent les in térêts du
pays tout en tier en c o n trib u an t au ray o n n e­
m ent extérieur de l’influence française.
D isco u rs de M. M A STIER , p réfet d es
B ou ch es-d u -R h ôn e
M e s sie u r s ,

L’adm irable Exposition coloniale de M ar­
seille dont ce m atin même vous avez non loin
d’ici glorifié l’o rg an isateu r, devait, comme
toute exposition, clore un jo u r ses portes. Cet
événem ent qui fut, pour notre cité, une sorte
de deuil en même tem ps qu’une sorte d’apo­
théose, av ait lieu il y a environ une année.
Mais s’il é ta it im possible de prolonger dans sa
m atérialité la féerique vision qui, d u ra n t tout
l’été de 1906, illu m in a nos regards, au m oins
fallait-il préserver d’une d isp aritio n complète
là précieuse leçon de choses que nous avions
eue sous les yeux. Le génie m arseillais a su,
non seulem ent g a ra n tir de la destruction m ais
encore fixer à jam ais d an s u n cadre Im m uable
les trad itio n s fondées dans cette ville p a r
l’Exposition coloniale de 1906.
F a ire connaître à la F ran ce ses propres colo­
nies, la fixer su r l'étendue de son em pire et de
ses richesses, l’in stru ire su r la puissance et la
complexité de ses m oyens d’action, m ettre en
relatio n s constantes des frères que les océans
séparent, m ais que la com m unauté des in térêts
doit ré u n ir sous les plis d’un unique et glorieux
drap eau , telle est, M essieurs, la tâche que
vous vous êtes proposée, tâche bien faite po u r
séduire à la fois et la claire intelligence de
l’homme d’affaires et le cœ ur du patriote. J’ai
le souvenir du g ran d honneur que vous m ’avez
fait lorsque le 30 ju illet 19Q6 vous avez bien
voulu me convier à présid er dans le palais de
/votre Cham bre de Commerce une réu n io n qui
fut féconde en résu ltats. Ce jour-là, nous avons
salué
des espérances,
a u jo u rd ’h u i nous
saluons une réalité. Grâce à l’in itiativ e de
votre Cham bre de Commerce, grâce au zèle de
son P résident, grâce u l’em pressem ent des
in d u striels et des négociants m arseillais, il
nous est perm is ce soir de visiter cet hôtel où
tout p arle à nos yeux de g ra n d e u r et de p ro s­
périté coloniale. A l’in d ustriel, au négociant
soucieux de tro u v er no u r ses pro d u its des
débouchés nouveaux et certains, le Musée com­
m ercial ouvre ses portes. Le Musée colonial,
tém oin de l’infatigable labeur, de l’ingénieuse
et savante patience de M. le docteur Heckel,
prodigue à tous les citoyens curieux d’a p p re n ­
dre la richesse de son enseignem ent. Le tem ps
n ’est plus où la France, ignorante de sa propre
gloire, la issa it s’évanouir infructueux les
plus héroïques et m éconnaissait, hélas, les m eil­
leu rs de ses enfants. A ujourd’hui, ceux qui
lu tten t au-delà des m ers po u r l’in térêt sacré
de la p atrie et p o u r l’h o n n eu r du d rap eau sont
l’objet d’une sollicitude atten d rie, d’u n culte
fervent et passionné ; et l’on peut dire en re n ­
v ersan t les term es d’un dicton populaire, que
plus ils sont éloignés de nos re g a rd s plus ils
sont près de notre cœur. Ce sera l’éternel hon-

�L’EXPANSION COLONIALE

32

n e u r de la F ra n c e c o n te m p o ra in e et de la
R épu b liq u e d ’a v o ir c h e rch é d a n s l’e x p a n sio n
colo n iale la p acifique re v a n c h e et la noble
co n so latio n de ses m a lh e u rs.

Je salue, M essieurs, les hom m es de cœ ur et
de foi qui se font à M arseille, à M arseille si
bien placée p o u r les encourager et les
com prendre, les apôtres de cette idée, et
rêvent to u jo u rs d’une F ra n c e plus grande,
plus digne et plus respectée.
D isc o u r s de M. P O N S IN E T , ch ef du S e r v ic e
colon ial, r e p r é s e m a n t M. le M in istre d es
C olon ies.
M e s sie u r s ,

Le 30 a v ril 1892, très exactem ent, MT. Jam ais,
sous-secrétaire d’E ta t des Colonies, au to risait,
su r l ’in itiativ e de M. le docteur Heckel, la créa­
tio n à M arseille d’u n établissem ent dénommé
« Musée colonial et In s titu t botanico-géologique. »
Le nouveau-né fu t ten u su r les fonts b aptis­
m aux p a r deux personnes de m arq u e qui s’ap ­
pelaien t la F acu lté des Sciences et le D éparte­
m ent des Colonies et qui lu i p rodiguèrent, avec
d’excellentes paroles, quelques m enus subsides.
Il fu t placé ensuite dans le berceau qui conve­
n a it au sérieux de sa destinée. P a s de fan fre­
luches, p as de dentelles, p as de ces colifichets
ou de ces m ille rien s to u t ju ste bons à em bar­
ra s s e r les m ouvem ents ou à gêner la re sp ira ­
tion. Le cadre é ta it au ssi n u que l’en fan t luimême q u an d il n a q u it ! M ais l’u n et l’autre
p rire n t si vite de l’im portance que quelques
années plus ta rd — et non san s une légitim e
fierté — M. le docteur Heckel pouvait p a rle r
à M. le p résid en t de la C ham bre de Commerce
d’u n p ro jet d’alliance avec la plus illu stre et la
plus ancienne m aison de M arseille.
Ainsi g ra n d it et prospère to u t organism e qui
se développe selon son origine et d’après sa
raiso n d’être et qui, p a r la continuité de l’effort
comme p a r ses tendances bien définies, sou­
tie n t sa vitalité.
L’établissem ent fondé p a r M. le docteur
Heckel av a it deux buts bien précis : tout d’a ­
bord d irig er et c en traliser les recherches sur
la flore et la géologie de nos colonies ; de c a ta ­
loguer ensuite les ré su lta ts et les p lacer sous
les yeux de tous.
Œ uvre de science et œ uvre de v u lg arisation,
il ne faillit ja m a is à sa double m ission, et, ce
ne sont p as seulem ent les végétaux ou les m i­
n é rau x qui affluèrent, boulevard des Dames,
m ais les explo rateu rs eux-mêmes qui venaient
p ren d re le contact du m a ître ém inent dont
nous avons célébré récem m ent les services re n ­
dus à la Science et à la Cause Coloniale et
dont l’Académie des Sciences co nsacrait, hier
encore, la gloire scientifique (le m ot n ’est pas
trop fort), en le com prenant p a rm i ses m em ­
bres correspondants.
C’est lestés de son idéal que ces explorateurs
ont p a rc o u ru les continents asiatiq u e et a fri­
cain, dénudé la roche ou disséqué la p lan te et
nous sont revenus chargés d’une b u tin scienti­
fique dont, plus ta rd seulem ent, nous connaî­
tro n s toute la valeur.
J’ai dit : « plus ta rd ! » M ais p ourquoi ne
serait-ce p as dans le plus bref délai. Si nous

savions dem ander au principe le plus vivifiant
qui soit à notre époque — celui de l’associa­
tion — cette puissance d’attractio n , de vie et
de progrès, que ne neuvent attein d re les in d i­
vidus ou les corps isolés, même les m ieux constiutés ; si nous savions u n ir dans une même
com m unauté de vues et d’intérêts, comme le
d isait to u t à l’heure M. le P résident, l’homme
de science et l’homme d’action, le chercheur
p a tie n t et m éthodique et l’homme d’affaires
dont l’intensité d’existence s’en va tout droit
aux réalités tangibles ; si nous parvenions
enfin à soum ettre à une im pulsion commune
toutes les forces vives de cette cité !
Ne sont-ce p as là. M. le P résident, les consi­
dérations qui vous ont déterm iné à jeter, d’un
com m un accord avec M. le docteur Heckel etM .
Charles-Roux, dont la h aute personnalité est
to ujours si accueillante aux œ uvres d’intérêt,
général, les bases de cet In stitu t Colonial
M arseillais que nous in au g u ro n s au jo u rd ’h u i ?
Son objet est clairem ent indiqué -par l’a r ­
ticle 2 de ses statu ts. Il s’ag it — si mes souve­
n irs sont exacts —- d’étudier, de défendre et de
développer les in térêts généraux de la coloni­
sation fran çaise ef spécialem ent d’étendre les
rap p o rts de la région m arseillaise avec nos
colonies.
Le program m e est vaste ; les problèm es qu’il
soulève bien complexes, et nous n ’avons plus
pour les résoudre ces form ules m agiques de
colonisation, dont l’application rigide consistait
à in terd ire toute ind u strie dans nos colonies, ou
dont la sim plicité trop commode se résum ait
dans la tra ite des noirs et dans la balance du
commerce.
Pacte colonial, balance du commerce, tra ite
des noirs, a u ta n t de m éthodes d’asservissem ent
des peuples vaincus que les n atio n s m odernes
ont rejetées définitivem ent !
Mais pour ne dem ander désorm ais qu’au
droit et à la raison la liberté nécessaire à notre
expansion ; pour aborder et vaincre les difficul­
tés inhérentes à la conception même que nous
nous form ons des rap p o rts entre les races et les
besoins les plus divers ; pour trio m p h er enfin
de ce trop long antagonism e que l’histoire de
tous les peuples fait a p p a ra ître entre les m étro­
poles et leurs colonies, nous avons confiance
dans une association puissante comme celle que
nous fêtons au jo u rd ’hui.
P u issan te p a r la variété du concours et p a r la
diversité des activités tendues vers u n même
b u t ; puissante par; sa fonction mêm e-et p a r ses
attrib u tio n s qui ne sont pas — comme celles de
tout au tre groupem ent corporatif — lim itées à
un objet étroit et déterm iné ou circonscrites p ar
l’identité des professions.
Surtout, nous avons confiance, M. le P ré si­
dent, dans votre expérience des affaires, dans
l’énergie, la sûreté de vues et la distinction avec
lesquelles vous exercez, depuis quelque tem ps
déjà, une charge plus im portante.
E ta n t donné d’au tre p a rt le lab eu r et le dé­
vouem ent au bien com m un de vos collabora­
teu rs im m é d ia ts M . G rand-D ufay, M. E strine,
M. A rtaud qui fu ren t les bons ouvriers de cet
in stitu t, M. M oriceau, votre secrétaire général,
qui fit preuve, dans tous les postes ad m in istra ­
tifs qu’il a occupés, d’une intelligence avertie
et, qualité plus ra re encore — d un réel attach e­
m ent à ses fonctions ; étan t donné la h aute
sollicitude dont vous en to u ren t les pouvoirs
publics, nous avons la conviction que vous sau-

�L’EXPANSION COLONIALE
vez g a rd e r in tacte la suprém atie coloniale du
pnrt de M arseille.
J'a i plaisir, M. le P résid en t, à vous exprim er
ce sentim ent de la p a rt de M. le M inistre des
Colonies, et en présence de l’honorable et vé­
néré P résid en t de la Société de Géographie, M.
Delibes, près de qui les idées ou les in stitu tio n s
se ra tta c h a n t à l’extension de notre p atrim oine
n atio n al ont to u jo u rs trouvé, coinmé a u jo u r­
d’hui, l’asile le plus sû r et le plus délicat.
M e s s ie u r s ,

C’é ta it au P ry ta n é e de la m étropole que les
colonies rom aines allu m aien t leu r foyer. Elr
bien, souhaitons que notre In s titu t Colonial
M arseillais pro jette son éclat, su r nos posses­
sions les plus lointaines et qu’il contribue, p a r
ses trav au x , à accroître le rayon n em en t ue
notre p atrie !
D isc o u r s de M. A d rien CO M BES, d ir e c te u r
de l ’E cole s u p é r ie u r e d e C om m erce,
r e p r é s e n ta n t M. le M in istre du C om ­
m erce.
M e s sie u r s ,

M. le M inistre du Commerce et de l’In d u strie
-m’a fa it le g ra n d h o n n eu r de me désigner p our
le rep résen ter à la cérém onie d’in a u g u ra tio n
de l ’In stitu t Colonial M arseillais. Si je n ’avais
écouté que m on propre pench an t, j ’a u ra is cer­
tain em en t désiré me tro u v er ici en sim ple
assistan t, sans a u tre but que d’ap p o rter m on
hom m age silencieux à l’œ uvre en l’h o n n eu r de
laquelle nous sommes réu n is et à ceux qui en
ont été les ouvriers. M ais il m ’a p a ru néces­
saire de su rm o n ter m on e m b arras ap rès avoir
discerné le v éritable m otif qui vous p riv e ra
d’entendre la parole m inistérielle d’une bou­
che plus au torisée et plus éloquente que la
m ienne.
Sans au cu n doute» en nie confiant la m ission
qui me qualifie p our p ren d re la parp le dans
cette assem blée, M onsieur le M inistre a tenu
à perm ettre au directeur de l'Ecole supérieure
de Commerce de M arseille de s’acq u itter d’un
p re ssa n t devoir, p o u r l’accom plissem ent d u­
quel aucune circonstance, m ieux que celle de
l’heure présente, ne pouvait convenir. Voici
sept ans que la généreuse in itiativ e de notre
Cham bre de Commerce fo n d ait les cours colo­
niau x . Cette création, contem poraine de celle
d’une Section coloniale à l’Ecole, a ssu ra it à
nos élèves le bénéfice de l’enseignem ent des
m aîtres ém inents que M. le docteur Heckel a
su g ro u p er au to u r de lui. Ce fu t p our l’Ecole
un av an tag e d’un trè s h a u t prix. Elle en re ­
nouvelle, dans la solennité de ce jour, sa p ro ­
fonde g ra titu d e à la Cham bre de Commerce
de M arseille, dont le h a u t et p u issa n t p a tro ­
nage est p o u r elle une cause de légitim e fierté.
Depuis q u ’il a été tra n sp o rté dans cet im m eu­
ble, le m agnifique Musée colonial de M. le
docteur Heckel a été m is à la dispostiion de
nos jeunes gens, avides d’acq u érir u n solide
com plém ent d’in stru ctio n p a r l’exam en app ro­
fondi des p ro d u its qui s’y tro u v en t exposés.
De le u r côté, les a u tre s organes de l’In stitu t
co n trib u ero n t dans une larg e m esure à l’a v a n ­
cem ent des études de nos élèves. D ans leu r a r ­
deur à les m ener à bien, ils tro u v ero n t dans

33

le Musée com m ercial, la B ibliothèque de la
Société de Géographie, le B ureau de rensei­
gnem ents, d’excellents in stru m en ts de trav ail.
Tout est donc p rêt dans cette m aison pour
accueillir et encourager cette p a rtie de notre
jeunesse qui se sent attirée vers les entreprises
coloniales. D ans l’expression de sa reconnais­
sance, elle né sép a re ra pas les nom s de l’ém i­
nent président de la Cham bre de Commerce
de M arseille, à qui revient l’h o n n eu r de la
conception, au jo u rd 'h u i si heureusem ent ré a ­
lisée p a r ses soins, d’u n foyer d’études colo­
niales au cœ ur même de notre cité et de T ar­
dent apôtre de notre expansion économ ique
que les suffrages de tous désignent comme l’un
des rep résen tan ts les plus autorisés de la
science coloniale française. Que M. le p ré si­
dent Desbief, que M. le docteur Heckel me p er­
m ettent de me faire vis-à-vis d’eux l’interp rète
de la respectueuse et profonde g ratitu d e que
leur garde le cœ ur de nos jeunes élèves.
Je ne sa u ra is oublier, d’au tre p a rt, que la
création de l’Institut, colonial a son origine
dans cette m erveilleuse Exposition à laquelle il
n ’est pas un de nous qui n ’a it apporté le trib u t
de son adm iration, du succès de laquelle il
n ’est p as u n cœ ur de bon m arseillais qui ne se
soit réjoui. Le souvenir de cette grandiose
m anifestation de notre puissance coloniale
évoque un nom, acclam é ce m atin dans une
au tre enceinte, et dont M arseille se réclam e
avec orgueil. Je le salue avec toute la ferveur
que m ’inspire l’éclat des services que M. J.
Charles-Roux a ren d u s à sa ville n a ta le et à
son pays.
M essieurs le problèm e colonial de l’heure
présente doit être su rto u t envisagé au double
point de vue de la m ise en valeu r des richesses
de nos possessions et de la création de n o u ­
veaux débouchés po u r la m étropole, qui sera
la conséquence logique de l’exploitation scien­
tifique de ces richesses. Il atten d en g rande
p artie sa solution d’une étude approfondie de
ces deux objets, intim em ent liés l’un à l’autre.
L’org an isatio n de l’In stitu t rép o n d ra très heu­
reusem ent à ce double besoin. E n ra p p ro c h a n t
m étropolitains et coloniaux, en fa isa n t connaî­
tre aux u n s les ressources de nos colonies, aux
au tres les p roduits de l’in dustrie nationale, en
docum entant ceux qui s’intéressent aux choses
coloniales, en stim u lan t l’esprit d’entreprise
chez nos jeunes compatriotes... l’In stitu t ne sa u ­
ra it m anquer d’ap p o rter une large contribu­
tion à la prospérité de notre dom aine colonial,
en même tem ps qu’au déyeloppem ent des
échanges de la m ère-patrie. Je salue en lu i une
force nouvelle pour notre In d u strie et n o tre
Commerce, et, po u r nos colonies, u n précieux
agent de civilisation et de progrès.
D isco u rs de M. D E L IB E S
p r é sid e n t de la S o c ié té de G éograp h ie.
M e s s ie u r s ,

Il a p p a rte n a it à M. le P résid en t de la C ham ­
bre de Commerce et de l’In stitu t Colonial de sa ­
luer le prem ier l’in a u g u ra tio n de l’In stitu t ;
c’était bien là son privilège de plein droit, p u is­
que c’est à la m unificence de la g rande Com pa­
gnie qu’il représente, comme au généreux con­
cours des N égociants et In d u striels de cette Cité
qu’est due la prem ière idée, p u is la réalisatio n
2

�34

L’EXPANSION COLONIALE

effective de cette belle création. E n réalité, M. le
P résid en t, vous venez d’acq u itte r de votre p a ­
role autorisée, la dette com m une de la ville
to u t entière ; nous devons donc tous vous en
rem ercier.
M aintenant, M essieurs, me permettez-vous,
en m a qualité de P ré sid e n t de la Société de Géo­
graphie, de tra d u ire bien h a u t, à m on tour, la
g ra titu d e p articu lière de notre A ssociation en­
vers l’In stitu t colonial. N ous ne l’oublierons
pas, M. le P résid en t, c’est bien à vous, à votre
généreux p atro n ag e que nous devons, dans une
certain e m esure, d’échanger notre local d’hier
contre cette nouvelle et som ptueuse installation
d’a u jo u rd ’hui, où nous sommes to u t disposés à
nous com plaire. Le m ieux, quoi qu’on dise,
n ’est pas to u jo u rs l’ennem i du bien.
Ici, d an s votre voisinage, M essieurs,— to u t en
conserv an t n o tre vie distincte, notre autonom ie,
to u t en fa isa n t de l’étude de la G éographie u n i­
verselle notre v rai dom aine, — nous pensons
bien co n trib u er encore p a r n o tre collaboration
à l’avancem ent de vos p ropres études coloniales.
N ous nous em pressons donc, su r votre aim a­
ble invitation, de dire adieu à n o tre vieux local,
m ais sa n s in g ratitu d e, en en g a rd a n t au con­
tra ire de précieux souvenirs. N ous nous ra p ­
pellerons to u jo u rs que, depuis l’origine de la
Société, du v iv an t m êm e de notre regretté p ré­
sid en t fondateu r, Alfred R abaud, nous avons
reçu les p lu s flatteuses visites. Ne craignons
p as de les rappeler.
E n 1877 c’est l’illu stre Stanley, qui, dans une
splendide conférence, ouvre la m arche ; puis
vient une glorieuse série : F e rd in a n d de Lesseps,
l'im m ortel c réateu r du can al de Suez ; l’Em pe­
re u r du Brésil, Dom Pedro, passionné pour tou­
tes les découvertes ; le prince H enri d’Orléans,
lui-m êm e infatigable voyageur, enlevé trop tôt
à la science q u ’il h o n o rait ; M gr F avier, le re ­
gretté évêque de P ékin ; le prince d’Arenberg,
p résid en t du Comité de l’A frique F ran çaise ;
puis une suite d’héroïques explorateurs, les
B inger, les M onteil, les F o u reau , les Toutée, les
Ilo u rst, les N ordenskiold, les Charcot, et ta n t
d’a u tre s conférenciers que je regrette de ne pou­
voir nom m er.
Nous n ’oublierons pas non plus que, sous la
présidence de m on très distingué prédécesseur,
M. J. Charles-Roux, présidence si bien rem plie
p en d an t douze années, nous avons dû à sa
h a u te influence la fav eu r de voir des m inistres,
MM. Lebon, H anotaux, p résid er nos an n iv er­
saires; au ssL d es gouverneurs,M M . Gallieni,Doum er, nous éxpo'ser à le u r passage, l’historique
de le u r b rilla n te gestion coloniale. C’étaien t des
tém oignages d’estim e toute p articu lière, dont
n o tre Société ou p lu tô t notre Cité to u t entière
doivent vous savoir gré. Il est vrai. M onsieur,
que vous ne comptez plus avec votre chère ville
n atale : vous avez le d roit de dire que vous lui
prodiguez to u t ce que vous avez d’idées fécondes
d ans la tête et de sentim ents généreux dans le
cœur. Aussi, quoi q u ’elle fasse p our vous hono­
rer, elle re ste ra to u jo u rs votre obligée.
Ainsi, vous l’entendez, M essieurs, je ne crains
p as de le répéter, l’élite de nos plus célèbres
voyageurs et des m aîtres de la science, l’illu s­
tre Elisée Reclus, les professeurs L evasseur et
M arcel Dubois, l’archéologue Guimet, l’ingé­
n ie u r Levât, le géographe S ch rad er n ’ont pas
dédaigné de venir p ren d re la parole parm i
nous, nous a p p o rta n t en quelque sorte p a r leu r

seule présence u n hom m age public de leur
estim e po u r notre Société. Ce sont là des souve­
n irs fidèlem ent restés dans nos m ém oires, fidè.m ent gardés dans nos annales !
Nous espérons bien que la tra d itio n n ’est
pas interrom pue et qu’ici même l’av en ir nous
m énage d’au ssi agréables surprises. P ou rq u o i
en serait-il au trem en t ? Nous sommes a u jo u r­
d'hui ce que nous étions hier. A l’in térieu r
comme à l’ex térieu r de cette enceinte, n o tre p ro ­
gram m e reste le même et s’adapte, su iv an t les
circonstances aux différents m odes d’ap p lica­
tio n .P a r exem ple,qu’il s’agisse d’une conférence
toute d’actu alité qui forcém ent a ttire ra le g ran d
public, nous n ’hésiterons p as à ouvrir largem ent
les portes, et alo rs l’am p h ith éâtre de la F a ­
culté des Sciences g racieusem ent m is à notre
disposition ou telle a u tre grande salle, accueil­
lera comme jad is la foule de nos au d iteu rs et
sa tisfe ra to u jo u rs les curiosités.
D’ailleurs, M essieurs,, il ne fa u t pas nous le
dissim uler, les conférences reten tissan tes vont
devenir plus rares. La dernière m oitié du
xixe siècle nous a donné pour ain si dire la p ri­
m eur des plus vastes explorations. N otre p la ­
nète, fouillée en tous sens, du Nord au Midi, de
l’O rient à l’Occident, semble se rétrécir et n ’of­
fre plus les m êmes im m enses espaces à décou­
vrir. L’heur.e des m erveilleuses épopées des
B razza ou des M archand est passée. N éanm oins
combien d’investigations partielles, combien de
révélations in atten d u es forceront encore n o tre
étonnem ent et n o tre ad m iratio n !
E h bien, M essieurs, s’il s’a g it alors d’une com­
m unication plus sobre, de renseignem ents to u t
aussi intéressan ts, san s être au ssi étendus, cette
belle salle sera certainem ent suffisante po u r la
m ajorité de nos collègues désireux de s’in s tru i­
re. D’ailleurs, à v ra i dire, ce n ’est p as ici une
salle de simple audition ; elle est et doit re ste r
pour nous et nos m em bres une salle de trav ail,
un san ctu aire d’études. Jetons les yeux a u to u r
de nous, tout le dit, to u t l’affirm e, en p a rtic u ­
lier cette m agnifique bibliothèque, qui p a r le
nom bre et le choix de ses 10.000 volum es, p a r
la m ultiplicité et la variété de ses périodiques
occupe le prem ier ra n g p arm i le s B ibliothèques
françaises.
Ces richesses de toute sorte, nous les utilisons
d’abord pour nous-mêmes. C’est ici que notre
secrétaire général, M. Jacques Léotard, avec un
soin et une patience de tra v a il qu’on ne s a u ra it
trop louer, ré u n it et coordonne les élém ents de
ce Bulletin trim estriel réputé pour l’abondance
et l’in térêt de ses docum ents, le p rem ier après
le B ulletin de la Société de G éographie de P a ris.
M ais ces m êm es ressources, nous les m ettons
avec une libéralité san s réserve à la disposition
des hom m es d’étude. N ous ne refusons pas non
plus à la curiosité de certain s visiteu rs la lec­
tu re de volum es plus a ttra y a n ts. Il est to u jo u rs
ici le bienvenu celui q u i vient chercher dans
notre bibliothèque soit u n enseignem ent, soit
même une sim ple et fructueuse distraction.N ous
pensons qu’il y a to u t profit po u r M arseille à
voir s’étendre et se développer, sous toutes les
form es, les élém ents d’éducation géographique
et coloniale.
M arseille, en effet, n ’est pas seulem ent la b ril­
lan te façade de la F ran ce su r la M éditerranée ;
les événem ents accom plis su rto u t depuis un
demi-siècle en ont fa it plus et m ieux encore : la
m étropole de n o tre E m pire colonial. C’est désîrrm ais le rôle, c’est la m ission que n o tre cité

�L’EXPANSION COLONIALE
ne s a u ra it décliner sous peine de déchéance ;
c’est son g ra n d titre de noblesse. Or, M essieurs,
vous le savez, toute noblesse oblige, et voilà
pourquoi je ne crain s p as de form u ler au jo u r­
d’h u i d evant vous, ne dites p as une réclam e (le
m ot s e ra it indigne de n o tre Association), m ais
un chaleureux appel à votre esp rit de p ro p a­
gande. Qu’il me soit perm is de le répéter, s u r­
tou t à la veille d’une année nouvelle ! L a situ a ­
tio n actuelle de la Société est bonne, m ais est
elle v raim en t en ra p p o rt avec le chiffre de notre
population ? Q uatre cents so uscripteurs envi­
ron, est-ce bien la proportion voulue au reg ard
d’une cité de plus de 500.000 h a b ita n ts ? Ah !
M essieurs, si chacun de nous ici présent, s’im ­
posait la tâche de re c ru te r un adhérent^ avec
quelle rap id ité serait comblé l’é c a rt que nous
regrettons. L’effort m érite d’être tenté, il serait
tou t à notre h o n n eu r !
Quoi qu’il advienne de cette espérance, peutêtre tro p am bitieuse, perm ettez-m oi, M essieurs,
d’exprim er en te rm in a n t u n vœu dépourvu de
to u t sentim ent de fatuité, m ais que m on âge
justifiera peut-être au p rès 'd e vous. — Voilà
plus de 30 an s que je suis m êlé à la vie active
de la Société de G éographie ; je l’ai suivie dans
ses diverses étapes. Eh bien, M essieurs, venu
après les rem arq u ab les présidences de M. Alfred
R abaud, si reg retté de nûus tous, de M. J.
Charles-Roux, — dont la personne, Dieu m erci !
et le souvenir sont to u jo u rs plus vivants dans
notre Société — je souhaite en leu r nom , comme
au m ien, que nos fu tu rs successeurs, — plus ou
m oins lointains, — ap rès avoir fo u rn i la même
carriè re de 30 ans, — p u issen t re g a rd e r le passé
avec la mêm e satisfaction que nous a u jo u r­
d’hui, et envisager l’aven ir avec n on m oins de
confiance !
D isco u rs de M R O S S I, c o n se ille r m u n ic ip a l,
r e p r é s e n ta n t M. le M aire d e M a rseille
M e s s ie u r s ,

M. le M aire, re te n u p a r des engagem ents
a n té rie u rs auxquels il n ’a p u se so u straire,
m ’a chargé de l’excuser de ne pouvoir assister
à cette in téressan te cérém onie. Il a bien voulu
me désigner p o u r le rep résen ter ; c’est to u t à
la fois p o u r moi, u n p la isir et u n honneur.
Je suis h eureux et fier, en même tem ps, de
v en ir vous ex prim er a u nom de la m u n icip a­
lité to u t entière les sentim ents qui l’anim ent
po u r l’œ uvre ém inem m ent féconde que vous
avez en treprise. L a ville de M arseille ne pou­
vait re ste r indifférente au m ouvem ent organisé
p a r la C ham bre de Commerce et son h o n o ra­
ble président. C’est dans ce but, que le Conseil
m u n icip al n ’a p a s hésité^ m alg ré les lourdes
charges financières qui pèsent su r la ville, à
p artic ip e r p a r une subvention, qui se ra conti­
nuée, au x efforts fa its p a r les o rg an isateu rs
de l’In s titu t Colonial M arseillais. Elle u n it
aussi, d ans u n sentim ent de g ratitu d e, l’ém i­
n e n t docteur Heckel, d irecteu r du Musée colo­
n ia l et l’u n des p rem iers p rom oteurs de la belle
m an ifestatio n pacifique qui s’est déroulée dans
n o tre ville l ’a n d ern ier et à laquelle nous
avons convié les colonies, qui, désorm ais se­
ro n t ici chez elles. Cette m an ifestatio n pacifi­
que ne doit p as nous fa ire oublier celle arm ée
que nous avons dû faire au M aroc ; c’est p o u r­
quoi, je crois devoir ad resser u n souvenir

35

ém u à ceux qui sont tom bés sous les plis du
d rap eau tricolore et un sa lu t à ceux qui com­
b atten t encore pour la F ran ce et la civilisa­
tion.
Au nom de M. le M aire, au nom de la ville
de M arseille, qu’il me soit perm is de so u h aiter
la plus g rande prospérité à l’In stitu t Colonial
M arseillais, qui est appelé à fav o riser le dé­
v elo p p em en t colonial dans notre chère cité.
A vant de term iner, je tiens à ren d re hom ­
m age à la Société de G éographie de M arseille,
et je souhaite qu’à son agran d issem en t de lo­
cal, corresponde l’augm entation fie ses m em ­
bres et le développem ent auquel elle a droit,
car elle a été l’un des pionniers de la prem ière
heure, à qui nous devons, avec toutes les so­
ciétés de géographie sim ilaires, notre expan­
sion coloniale,
Perm ettez-m oi aussi de féliciter son dévoré
et estim é président, M. E rn est Delibes, de sa
verte vieillesse. Je suis heureux de lui ap por­
te r ici le tém oignage des sentim ents de re s­
pectueuse sym pathie de M. le M aire et du
Conseil m unicipal tout entier.

Chacun de ces discours a été souligné par
les applaudissements et les témoignages
d’approbation répétés de l’auditoire. Les
applaudissements se sont renouvellés aussi
vifs quand M. J. Charles-Roux, en sa qualité
de président de l’Union coloniale française, a
remis, en termes charmants d’affectueux hu­
mour, à M. le Dr Heckel, la médaille d’or de
cette grande association. Cette médaille, frap­
pée à l’Hôtel de la Monnaie sur le fameux
coin de Richelieu, a été exclusivement dévo­
lue par l’Union aux Français de marque qui
ont donné les plus grandes preuves de dé­
vouement à la cause de l’expansion colo­
niale, à savoir : MM. Etienne, général Galliéni, Doumer, Révoil, Roume.
Avant que la séance ne fût levée, M. le
président Desbief a invité les assistants à le
suivre dans la salle du Conseil d’Adminis­
tration de l’Institut où un lunch exquis était
servi. C’est au milieu des souhaits les plus
chaleureux et par d’intimes et sympathi­
ques causeries qu’a pris fin cette réunion
dont la belle ordonnance et le vif éclat ont
produit sur tous ceux qui y prirent part la
plus réconfortante impression. C’est donc
sous ces auspices particulièrement favora­
bles que l’Institut Colonial naît à la vie pu­
blique, encouragé et soutenu par les vœux
pleins de sollicitude qui ont été formulés à
son intention et confiant dans le bel avenir
qu’ils lui présagent.

LA REMISE DU BUSTE
DE M. J. CHARLES-ROUX
Dans la matinée, aux Salons Pain, avait
eu lieu une autre cérémonie qui, dans l’es­
prit de tous, se liait intimement à celle dont
nous venons de rendre compte et dont elle
était en' quelque sorte l’heureuse préface.
En effet, à peu près tous ceux qui se grou-

�36

L’EXPANSION COLONIALE

paient dans l’après-midi autour de M. Des­
bief à l’Institut Colonial s’étaient réunis déjà
à dix heures du matin au Salons Pain où le
Comité gui a réuni, on le sait, plus de
27.000 francs pour offrir à M. J. CharlesRoux un souvenir digne de la reconnaissance
de ses concitoyens, faisait remise à l’éminent
Commissaire général de l’Exposition colo-

quand, devant plus d’un millier de person­
nes, s’est abaissée la toile qui couvrait le mo­
nument exécuté en pur marbre de Carrare.
M. Lucien Estrine, le très dévoué prési­
dent du Comité dont l’œuvre de reconnais­
sance a trouvé dans notre ville un si vibrant
écho, a rappelé en un discours plein de char­
me et de finesse la carrière si magnifique-

y»

Cliché B oissonnas et Détaillé.
LE B U ST E DE M. JU L E S CHARLES-ROU X

niale du beau monument dû à la collabora­
tion de deux grands artistes. Ce monument
se compose du buste remarquablement ex­
pressif de M. J. Charles-Roux par le célèbre
sculpteur Denys Puech et d’une stèle ornée
de deux statues qui portent la noble em­
preinte du talent d’Auguste Carli. L’impres­
sion de l’ensemble est vraiment superbe, et
ce n’a été qu’un cri d’admiration satisfaite

ment remplie, toute vouée au bien public de
M. J. Charles-Roux. Il a dit en termes par­
faits tout ce que Marseille devait à cet hom­
me de cœur et d’énergie, souhaitant que le
souvenir d’art que ses compatriotes offraient
à M. J. Charles-Roux restât comme la dura­
ble attestation de la gratitude qu’ils devaient
à celui qui avait mérité le titre glorieux de
« Grand Marseillais ».

�L’EXPANSION COLONIALE

37

M. le préfet Mastier a su trouver des sons importantes dont les spécimens figu­
termes charmants pour s’associer à cet hom­ raient en bonne place dans nos vitrines.
mage rappelant les heures exquises et inef­
Depuis le 15 décembre et pour donner sa­
façables de l’Exposition coloniale; M. Des­ tisfaction aux exposants nous avons laissé le
bief a indiqué la part que le commerce et musée ouvert au public jusqu’à 7 heures du
l’industrie prenaient à cette manifestation soir et le dimanche matin. Le musée est
exceptionnelle ; M. Félix Baret, en une im­ donc ouvert de 10 heures du matin à midi ;
provisation débordante de cordialité et d’es­ de 2 heures à 7 heures du soir en semaine et
prit, a parlé au nom du Conseil général ; M. le dimanche matin de 9 heures à midi.
de Montricher a éloquemment interprété les
Ceci nous engage à donner à l’intention de
sentiments des membres de l’Académie de ceux de nos lecteurs qui n’habitent pas Mar­
Marseille ; M. Bohn, vice-président, au nom seille les noms des commerçants et indus­
de la Société de Géographie a dit les mérites triels qui ont participé à la création du Mu­
de son ancien Président ; M. le docteur sée commercial et -dont les produits y sont
Heckel enfin a fait un appel ému aux souve­ exposés. En voici la liste dans l’ordre d’ins­
nirs de la collaboration qui l’unissent à cription :
i
M. J. Charles-Roux.
MIVI.
Le héros de cette fête de gratitude mar­ E strine et Cie, ru e Colbert, 18, M arseille. —
seillaise devait se trouver fort embarrassé
Com pagnie de N avigation P én in su laire et
O rientale.
pour répondre à tant de louanges. Surmon­
tant l’émotion visible qui l’avait gagné, M. J.-B. et A., A rtaud frères, ru e P lu m ier prolon­
gée, M arseille. — P ro d u its d'alim entation.
J. Charles-Roux s’est borné à remercier très
Vins et spiritueux. H uiles d’olive. C &gt;nsersimplement, mais avec tout son cœur, les * ves,
amis connus et inconnus qui, groupés au­ M ariusetc.
Blanc (Old England), rue St-Ferréol, 75,
tour de lui pour la plus grande gloire de
M arseille. :— Vêtements.
Marseille, avaient assuré le succès de l’Ex­ M agnan frères, rue P a ra d is, 19, M arseille. —
position coloniale, et qui avaient voulu fêter
Cocose.
aujourd’hui ce succès et reconnaître les quel­ Raffineries de Saint-Louis, rue République, 3,
M arseille. — Sucre.
ques services qu’en sa longue carrière publi­
Tassy, de Roux, ru e M ontgrand, 22,
que il avait pu rendre à la cité phocéenne. Rocca,
M arseille. — G raines oléagineuses et dérivés.
Il a dit que toujours, il resterait fidèle à tou­ Com
pagnie F ixator, ru e de Mondovi, 4, P aris.
tes les causes qui intéressaient la prospérité
— Lait. Chocolat.
de Marseille et que sa seule ambition était, L. R ouquette, rue de la Darse, 20, M arseille. —de transmettre à ses enfants cet amour pas­
B iscuit po u r la m arine.
sionné du sol natal. Une longue ovation a P. Piviotti, ru e de la République, 45, M arseille.
— Lits.
accueilli ces paroles. Puis M, Charles-Roux
a reçu les félicitations personnelles de cha­ B lanc frères, rue P a ra d is ’ 54-56, M arseille. —
Meubles.
cun de-ceux qu’avait réunis cette imposante Place
et F éraud, ru e Saint-Ferréol, 75, M ar­
solen'nité.
seille. — Ganterie.

NOTRE MUSÉE COMMERCIAL
Dans son discours d’inauguration M. le
président Desbief constatait, avec satisfac­
tion, l’empressement que met le public à
visiter le Musée commercial qui occupe, on
le sait, la plus grande partie du rez-de-chaus­
sée de l’Institut. Au reste, les invités avaient
pu se rendre compte de l’heureux effet des
installations diverses de nos exposants et
apprécier la façon pratique dont sont grou­
pés et présentés leurs produits. Les tableaux
*et statistiques inscrits sur les panneaux ont
été aussi favorablement commentés.
Nous avons aujourd’hui le plaisir et le de­
voir de mentionner que pendant tout le mois
de décembre l’affluence a été plus grande
que jamais. A certains jours, dans l’aprèsmidi, il y avait vraiment foule et, détail à
noter, notre bureau de renseignements a
éprouvé le contre-coup de cette animation.
Les demandes ont été nombreuses et ont
porté sur les marchandises de plusieurs mai­

Emile Lom bard, rue Breteuil, 12, M arseille. —
P ro d u its chimiques.
Lejeune frères, Vinh (Annam). — P ro d u its
d’Indo-Chine. Caoutchouc. Thé, etc.
Chocolaterie du P rado, avenue du P rad o , 173,
M arseille. — Chocolats.
H enri R astit (Société), rue Nicolas, 3.3, M ar­
seille. — Raffinerie générale de Corps gras
industriels. H uiles de graissage et Oléonaphtes pour m achines. H uiles végétales et a n i­
males. Valvoléum pour pistons. H uiles « Electra ». G raphites. Savons. D ésincrustants pour
chaudières.
Gros Emile, ru e P arad is, 196, M arseille. —
Minoterie.
J.-B. Pons et Cie, rue Jem napes, 2, M arseille. —
A ppareils sanitaires.
B. Serène et Cle, rue Saint-Bazile, 45, M arseille.
— L iqueurs et Spiritueux.
A. W ilhelm , rue Drouot, 8. P a ris. — A ssuran­
ces accidents.
M arius Serra, boulevard' Madeleine, 32, M ar­
seille. — M achines à coudre et bicyclettes.
S p an jaard Adolf, place Saint-Ferréol, 7, M ar­
seille. — Linoléum . Toilès cirées. Tapis, etc.
Théodore Jean, Dom aine Ventre, 3, M arseille.
— G entiane Théjy.
J.-J. C arnaud, ru e de Village, 36, M arseille. —
Boîtes m étalliques.
Joseph A ckerm ann. ru e G rignan, 2, M arseille.

�88

L’EXPANSION COLONIALE

— M anu factu re d’ap p areils d’éclairage pour
Gaz et Electricité.
Com pagnie G énérale des P étroles, ru e Fongate, 2 M arseille. — H uile de pétrole et déri­
vés.
P a u l G raziani, ru e Noailles, 2, M arseille. —
M utuelle de F ran ce et des Colonies.
E tablissem ents Cauvet, L am bert et Çi0, rue de
la Conception, 201, M arseille. — Capsules
m étalliques et étain s en feuille.

A. R oustant et E. D allaporta, Bourse, côté Est,
M arseille. — Com pagnie d’A ssurances.
B. C harasse, avenue du P rad o , 20, M arseille. —
P ro d u its alim entaires au gluten.
Rivoire et C arret, C arret et ses fils, siège social:
Cours L afayette, 121, Lyon. — M arseille, quai
de la Tourette, 6. P â te s alim entaires.
K arsenty, J. et E. fils et Ci0. rue de Rome, 137,
M arseille. — Tabacs.

uiiim
neeiuiifM
cutissa

Cliché Baudoin.
IN S T IT U T COLONIAL. — L E M USÉE COMMERCIAL.

Ju stin M allet, boulevard d’Accès, 6, M arseille.
— M atériel d’entrep ren eu r.
A. M ontel et Cie, avenue du P ra d o , 94, M ar­
seille. — Modèles de voitures ou Autos.
Tomei et V allet, ru e République, 30, M arseille.
— V anilles. Essences. F ib res et a u tre s m atiè­
res prem ières p o u r p arfu m erie et filature.
S y n d icat d’A ssurances M aritim es. L. Y tier et
,Cle, ru e P avillon, 27, M arseille. — A ssuran­
ces.
Get frères, à Revel. — Pipperm int-G et.
Comte A rm and, p résident de la Société de la
Morue F ran çaise, ru e Lafon, 11, Marseille..,
M olinari, ru e Lafon, 3, M arseille. — E aux 'de
Vais.
Ch. de Q ueylar et fils, ru e des P rinces, 18, M ar­
seille. — V erreries.
Com pagnie F ra n ç a ise de l’A frique Occidentale,
ru e B reteuil, 46, M arseille. — Commerce colo­
nial.

F o rtu n é Nel, ru e de la D arse, 27, M arseille. —
A ppareils san itaires.
C artonnerie et Im prim erie Saint-C harles, rue
G uérin, 9, M arseille. —■Boîtes et articles
divers:
E ntrepôts généraux Rivoire, ru e B reteuil, 154,
M arseille. — Vins et Spiritueux.
A ugusto Cadet, ru e du T erras, 15, M arseille. —
C haussures.
E tienne Boyer, ru e C annebière, 5, M arseille. —&gt;
Chaux et cim ents R om ain Boyer.
J.-B. Pellen, place d’Aix, 1, M arseille. — Q uin­
caillerie.
G ustave Izouard, ru e Noailles, 1, M arseille. —
A rticles pour fum eurs.
Em pereur A. jeune, ru e des Récollettes, 4, M ar­
seille. — Q uincaillerie générale.
Félix Codou, ru e du P arc-à-fourrages, 3, M ar­
seille. — P âtes alim entaires.
Société générale T ran sp o rts M aritim es à va-

�L’EXPANSION COLONIALE
peur, ru e des Tem pliers, 3, M arseille. — Com­
pagnie de navigation.
N. P a q u e t et Cie, place Sadi-C arnot, 4, M ar­
seille. — Com pagnie de N avigation.
H o n n o rat Léon, ru e du B aignoir, 30, M arseille.
— V erreries.
M essageries M aritim es, quai de la Joliette, 2,
M arseille. — Com pagnie de N avigation.
B ouchard fils aîné, ru e Saint-Sépulcre, 19, M ar­
seille. — Conserves.
Joseph G azan, rue Chevalier-Roze, 4 et 6, M ar­
seille. — Essences diverses et ex traits pour
Boissons, Confiserie et P arfum erie.
Veuve Fages, ru e d’O ran, 5, M arseille. — Objets
de pansem ent.
B iétron frères, ru e de l’Arc, 11, M arseille. —
From ages. B eurres. — Salaisons.
D’A rros frères, cours Gouffé, 674. M arseille. —
Conserves.
M aurice N ugue, ru e d’Italie, 76, M arseille. —
Glaces et verres.
Auzière fi’ères, ru e de l’A rbre, 31, M arseille. —
P ro d u its de parfum erie.
V irgitti, ru e P a ra d is , 14, M arseille. — Vins de
Cham pagne.
A rnold E ugster, ru e Nicolas, 24, M arseille. —
Perles. P ro d u its divers p our l’exportation.
J. G u irau d et Cie, q uai du Canal, 7, M arseille.
— Im prim erie.
Chéri T orrès, cours Belsunce, 14, M arseille. —
Chemiserie.
E. S ilvan aîné, boulevard de la P aix, 30, M ar­
seille. — C ourroies. Cuirs.
Félix G iordanengo, rü e du M uguet, 30, M ar­
seille. — A rticles de m énages et d’exporta­
tion.
Chocolat M enier, ru e de C hâteaudun, 50, P a ris.
— Chocolat.
Eugène L aîné, ru e de la République, 33, M ar­
seille. — Chem iserie.
B anque A frique Occidentale F ran çaise, ru e de
Provence, 78, P a ris. — B anque Coloniale.
B eltjens et G uenebaud, ru e G rignan, 84, M ar­
seille.
M iroiterie.
M. M onnier, ru e de Rome, 36, M arseille. —
Corsets.
Rôdel et fils frères, ru e du Jard in -P u b lic, B or­
deaux. — Conserves alim entaires.
H. M aistre, place de la P réfectu re, 1, M arseille.
— P ein tu re.
Ficbet, allées de M eilhan, 19, M arseille.
Cof­
fres-forts.
B oissonnas et D étaillé, ru e de N oailles, 21, M ar­
seille. — P hotographies.
Sève Louis, ru e S aint-F erréol, 62, M arseille. —
L aine Jaëger.
G. S a rro u l et Cie, ru e de la Rotonde, 9, M ar­
seille. — Vins m ousseux.
Eugène Rondon, boulevard de la Corderie, 104,
M arseille. — Kola Excelsior.
H. F enouil et fils, ru e Sainte, 21, M arseille. —
P ein tu re.
Coste-Folcher, à E p ern ay (Marne). — Vins de
Cham pagne.
J. B ertran d e, M ontpellier. — Vins de table.
L. Délia Corte, avenue de la Capelette, 172,
M arseille. — P â te s alim entaires.
P a u l Cassoute, ru e F ried lan d , 16, M arseille. —
D attes et fru its exotiques.
H. A nastay, ru e de l’A rbre, 3, M arseille. — P ro ­
duits p h arm aceu tiq u es p our colonies.
Juvenal aîné, ru e Colbert, .5, M arseille. — F o u r­
n itu re s p o u r m inoteries.

39

Coda Joseph, ru e d’Arcole, 4, M arseille. — Meu­
bles de style.
A. F ougeret (La Phocéenne), ru e de la P alu d ,
25, M arseille. — E n trep rise de nettoyage.
Bodin, ru e de la République, 78, M arseille. —
Vin blanc de Cassis.
Rebon jeune, ru e de la Darse, 11, M arseille. —
A ppareils hydrothérapiques.
F. Fontenille, ru e Cherchell, 19, M arseille. —
C artonnages.
H. P asero et C10, avenue de la Capelette, 18,
M arseille. — G raisses. Huiles. Saindoux.
C asim ir Schm itt (Santi), rue Saint-Ferréol, 3,
M arseille. — Optique. Géodésie.
Chazy, M ulsant, M arduel frères et Polot, à
Villefranche-sur-SaÔne. — P an sem en ts et
Cotons.
Lucien R aphel, ru e P a ra d is, 46, M arseille. —
F iltres G arros en porcelaine d’am iante.
Veuve M assai, ru e de Rome, 50, M arseille. —
G raines et semences.
C. G altier, boulevard Jardin-Zoologique, 2,
M arseille. — D ésinfectants et m èches sou­
frées.
Laffitte, ru e L afayette, 22, Toulouse. — C haus­
sures
Antoine M ariani, Saint-A ntoine (Marseille). —
P ro d u its pharm aceutiques.
V.-Henri M oustier, ru e de Rome, 30 b , M arseille.
Coutellerie. Orfèvrerie. T aillanderie. R asoirS tar.
Georges R adius, place Vendôme, 26, P a ris. —
Essence de rom arin. P ro d u its agricoles.
F. P itt, rue Saint-Ferréol, 56, M arseille. —
F o u rrures.
E tienne E stran g in , rü e M ontgrand, 42, Marn
seille. — E au de Pioule.
B igourdan frères, Luchon (H aute-Garonne). —
Conserves alim entaires.
Leleu, boulevard d’Athènes, 6, M arseille. —
Thé. Café. Cacao.
Jean Latrobe, rue Grande-la-Réal, 41, P e rp i­
gnan. — Vins ch âteau d’Ürtoffa..
Ch. H eudebert (Société l’A lim ent Essentiel) à
N an terre (Seine). — P ro d u its de régim e re­
constituants pour les convalescents et les ané­
m iques re n tra n t des colonies aném iques.

Les résultats que déjà la plupart de oes
maisons peuvent escompter de leur partici­
pation au Musée commercial de l’Institut,
les facilités très grandes qu’elle leur crée visà-vis de la clientèle coloniale, le contact
immédiat et direct que leur vaut leur e^gposition permanente de la rue Noailles avec
la partie de cette clientèle qui traverse Mar­
seille et qui ne manque jamais de s’arrêter à
l’Institut, tout cela constitue un ensemble de
publicité pratique sur l’utilité et l’étendue
de laquelle il serait superflu d’insister.
Le succès complet qu’a obtenu ce ser­
vice spécial de l’Institut Colonial Marseil­
lais fait prévoir d’ailleurs de nouvelles de­
mandes auxquelles il ne pourra être fait
droit que dans l’ordre d’inscription.

/

�-

40

Coups

------------------

L’EXPANSION COLONIALE

C o lo n ia u x

Voici la liste des cours qui ont été professés
à l'Institut Colonial, du 15 novembre au 15
décembre dernier :

11 décembre, M. Babled : B anques coloniales
(suite). — M. Jum elle : Cannelle et cardam ones.
12 décembre, M. D avin : L a culture des p la n ­
tes potagères d’Europe dans les pay s chauds.
13 décembre, M. L au ren t : Le sol et les pro­
ductions m inérales de la Guyane.
Sam edi 14 décembre, Dr R eynaud : Voyage
d’aller aux colonies ; hygiène des passag ers à
bord.

V endredi 15 novem bre, à 5 h eures soir, M.
L a u re n t : Géologie et productions m inérales de
l’Algérie.
16 novembre, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud : Hygiène
coloniale, les clim ats chauds.
L undi 18 novem bre, à 3 h. 3/1 soir, M. M as­
à la Chambre d es Députés
son : Richesses n a tu re lle s d u Tell algérien. —
A 5 heu res soir, Dr J. de Cordemoy : P ro d u c­
tio n de la n acre et des perles en Océanie fra n ­
çaise.
Rarement la question coloniale a été trai­
19 novem bre, à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud :
tée, à la tribune du Parlement, avec autant
F iltre s à sable, constitution, mode d’action. —
A 5 heures soir, M. M asson : R ivalité m aritim e
d’ampleur, de compétence et de sens prati­
et coloniale de la F ran ce et de FA ngleterre au
que que par M. J. Chailley, l’éminent direc­
xv m 6 siècle.
teur de l’Union coloniale française. La dis­
20 novem bre, à 3 h. 3/4 soir, M. B abled : Lé­ cussion du budget des colonies lui fournis­
gislation coloniale. — A 5 heures soir, M. Ju ­ sait motif à passer en revue le fonctionne­
melle : Le poivre.
ment de notre administration coloniale. Il l’a
21 novem bre à 8 h. 1/2 m atin (au p arc Borély), M. D avin : Les bam bous, culture et em­ fait en homme averti et soucieux avant tout
de l’avenir de nos possessions d’outre mer
plois dans les colonies.
22 novem bre, M. L a u re n t : Le sol et les p ro ­ rappelant tout d’abord à l’opinion publique
ductions m inérales do la Tunisie.
que ce domaine qui représente un empire dix
23 novem bre, Dr R eynaud : Les clim ats
fois grand comme la France et qui compté
chauds agents m orbides.
40 millions de sujets, a droit à une sollicitude
L undi 25 novem bre, M. M asson : Le peuple
d’autant plus grande qu’aucune entreprise,
algérien. — Dr J. de Cordemoy : Les n acres et
de quelque nature qu’elle soit, n’a, depuis
perles en Océanie et a u tre s colonies françaises.
trente-sept ans, produit des résultats compa­
26 novem bre, Dr R eynaud : L a peste ; épidé­
rables à ceux que donnent les colonies.
mies. — M. M asson : L a colonisation anglaise
Après avoir démontré, chiffres à l’appui,
au x v iii 6 siècle.
27 novem bre, M. B abled : Les banques colo­ que nous avons dans les colonies françaises
niales. — M. Jum elle : Les divers poivres et les
plus de nationaux qu’il n’y a, toutes pro­
pim ents.
portions gardées de métropolitains dans les
28 novem bre M. D avin : L’o ran g er aux colo­
colonies anglaises et hollandaises, M. J.
nies.
Chailley, indique ce trait particulier et très
29 novem bre, M. L a u re n t : Le sol et les p ro ­
ductions m inérales du Congo et de M adagas­ honorable de la politique française qui a
te n u à mêler les colons a u x indigènes. Cela
car.
n ’a pas été évidemment sans difficulté :
30 novem bre Dr R eynaud : Les m icrobes,
agents des m aladies endém iques.
Tout colon qui arriv e veut ré u ssir vite, et
L u n d i 2 décembre. M. M asson : P op u lations
form ule q u an tité de réclam ations p o rta n t su r
algériennes. — Dr J. de Cordemoy : P ro duction
la terre, su r la m ain-d’œ uvre, su r une foule
des n acres et perles d ans les colonies é tra n ­
d’au tres points, réclam ations, qui, si l’on y fa i­
gères.
sait droit, im p liq u eraien t la spoliation et bien­
3 décem bre, Dr R eynaud : L a peste, com m ent
tôt l’écrasem ent des indigènes. C’est, seulem ent
elle se propage, com m ent on s’en défend. —
après u n long espace de tem ps, alors qu’il a vu
M. M asson : Les A nglais d ans l’Inde au
l’assistance légitim e qu’on peu t tire r des in d i­
gènes, que le colon arrive, comme on le voit
x v iii 0 siècle.
4 décem bre, M. B abled : Les banques colo­
déjà a u jo u rd ’hui en Algérie, p a r exemple, à se
n iales (suite). — M. Jum elle : Le giroflier et le
réconcilier avec les indigènes et à concevoir
m uscadier.
qu’on peut obtenir d’eux une assistance, un
5 décembre, M. D avin : L’o ran g er aux colo­
concours rég u lier p erm ettan t de p ra tiq u e r cette
nies (suite).
politique d’association grâce à laquelle on voit
6 décem bre, M. L a u re n t : Le sol et les p ro ­
à la fois s’en rich ir le colon, et à ses côtés l’in ­
ductions m in érales en Indo-Chine.
digène. Le fait est tout à notre honneur, car
7 décem bre, Dr R eynaud : A ptitudes p h ysi­ nous avons entrep ris la tâche difficile de faire
ques nécessaires p o u r les colonies.
vivre ensem ble deux élém ents qui, dans aucune
L undi 9 décembre, M. M asson : G éographie
au tre colonie, n ’ont p u que très diffibilement
coloniale. — Dr J. de Cordemoy : N acre et per­
coexister : les colons et les indigènes...
les et leu r production étran g ère (suite).
Les Anglais, établis historiquem ent dans
10
décem bre, Dr R eynaud : l’Indo-Chine ; l’Inde depuis 1601 m ais, à la vérité, p ra tiq u e ­
com m ent il fa u t y vivre. — M. M asson : Géo­ m ent depuis le m ilieu du dix-huitièm e siècle,
g rap h ie coloniale (suite).
n ’ont ouvert ce p ay s aux colons qu’en 1833.

LE DISCOURS DE M. J. CHAILLEY

�L’EXPANSION COLONIALE
Jusque-là, il é ta it in te rd it aux p a rtic u lie rs de
pén étrer dans l’Inde, à m oins d’y ven ir sous
le couvert de la toute p u issan te com pagnie des
Indes.
Pourquoi ? P arce que les A nglais red o u ten t la
juxtap o sitio n des colons et des indigènes. L’ex­
périence leu r en av ait révélé les difficultés et
les dangers. C’est nous, F ran çais, qui avons
rom pu avec cette trad itio n . Nous avons abordé
une tâche beaucoup plus difficile ; et le fa it que
nous en sommes sortis à notre h o n n eu r est le
m eilleur arg u m en t en faveur de la m éthode que
nous appliquons actuellem ent.
Je ne dis pas que to u t soit bien, je serai obligé
to u t à l’heure de citer certain s faits qui attes­
te ra ie n t le contraire, m ais je dis que le ju g îm ent d’ensemble à p o rter su r notre politique
coloniale est, somme toute, satisfaisan t. (Très
bien ! très bien !)

M. J. Chailley, aborde ensuite le fond
même de son sujet. Il nous fait pénétrer dans
les arcanes de l’administration centrale et,
tout en rendant un juste hommage au per­
sonnel des bureaux du ministère, personnel
méritant, intègre et recruté parmi de jeunes
hommes de savoir et d’avenir, il regrette
qu’on ne donne point à ces fonctionnaires les
moyens de s’instruire :
Qu’est-ce qu’un personnel colonial, qui ,n 'a
jam a is quitté l’a d m in istra tio n centrale ? Je
p o u rra is citer des jeunes gens d’un ra re m érite
dont l’am bition peut p réten d re à tout, qui de­
m ain seront appelés à être les d irecteurs de
telle ou telle politique, à être p a r conséquent
les conseillers du m in istre et qui, cependant,
n ’ont ja m a is vu une colonie.
C’est p our moi u n truism e de dire que de
quelques talen ts qu ’u n fonctionnaire colonial
soit doué, il ne peut p as bien ren seig n er le
m inistre, le conseiller avec sécurité, s’il n ’a pas
vu au m oins certaines catégories de colonies.
C’est seulem ent q u an d on les a vues q u ’on se
rend compte de l’énorm e différence qui existe
et doit exister entre l’ad m in istratio n m étropo­
litain e et l’ad m in istratio n coloniale ; c’est à ce
m om ent seulem ent $u’on peut com prendre des
faits qui ju sq u ’alors étaien t restés incom pré­
hensibles, à savoir que les lois de la métropole
ne peuvent p as convenir aux colonies et que les
fonctionnaires de la m étropole ne peuvent pas
davan tag e convenir aux colonies.

Ce n’est pas tout, au surplus, que d’en­
voyer les fonctionnaires du ministère aux
colonies. Encore faut-il qu’ils y mettent un
temps assez long Dour s’initier à la pratique
des indigènes, connaître le pays, les langues,
les mœurs, les lois. Alors seulement ils pour­
ront rentrer au pavillon de Flore et rendre
véritablement service au ministère. Et l’ora­
teur cite la réponse qui lui fut faite par un
des plus hauts fonctionnaires de l’Indo-Chine, sir Arthur Godley, qui y est depuis vingt
ans sous-secrétaire d’Etat permanent :
A vant u n voyage aux Indes où j’étais envoyé
en m ission, envoyé p a r le gouvernem ent f ra n ­
çais, je lui fis visite et lu i d em andai à cette
occasion : « Est-ce que vous-même n ’avez pas
l’in ten tio n d’aller quelques jo u rs aux Indes ? »

41

Il me répondit : « Je n ’ira i pas aux Indes ; si
j’y allais pour trois ou six mois, j’a u ra is ensuite
probablement; la vanité de préten d re les connaî­
tre et de vouloir su b stitu er m a propre connais­
sance superficielle à celle de mes fonctionnaires
qui sont là-bas depuis longtem ps et me donnent
toute sécurité. C’est un danger auquel je ne
m ’exposerai pas ; je cro irai ceux que j ’ai là-bas,
su r parole. »
Je cite l’anecdote pour a ttester que je ne
m’élève en rien contre ce fait que les hom m es
qui ne sont pas prép arés à la connaissance des
choses coloniales, aillent au pavillon de F lore ;
à une condition, c’est qu’ils trouvent au to u r
d’eux le m oyen d’être vite et sûrem ent in fo r­
més et conseillés. Or ce moyen, ils ne l’ont pas.
Ils p o u rra ie n t assez facilem ent l’avoir. Aux
affaires étrangères, les agents de l’a d m in istra ­
tion centrale sont obligés de quitter, à u n mo­
m ent déterm iné, ce doux qu ai d’O rsay pour s’en
aller vivre aux pays étran g ers. Quand ils ont
occupé p en d an t u n certain nom bre d’années un
poste au m inistère, le règlem ent veut qu’ils
p a rte n t et aillen t joindre à leu rs connaissances
théoriques et à leu r esp rit m étropolitain des
connaissances acquises su r place. Je vous de­
m ande de faire de même. (Très bien! très bien!)

S’adressant directement au Ministre, il le
conjure de remanier les décrets ud’assimilation qui le gênent dans toutes les circons­
tances de la vie administrative.
Le roulem ent entre fonctionnaires de l’inté­
rieu r et de l’extérieur vous est, en de nom breu­
ses circonstances, indispensable. P a r exemple,
tel gouverneur de colonie *— su rto u t des colo­
nies tropicales qui sont la m ajo rité — peut
q u itter la colonie po u r ré ta b lir sa santé ; il
ren tre en F ran ce avec un congé de six mois,
p a r exemple. Si au bout de ce tem ps sa santé
dem eure chancelante, vous prolongez le congé.
Mais tout a u n term e. Un jo u r vient où vous
êtes obligé ou de le m ettre en disponibilité, ce
qui est une charge pour le budget, ou — ce
qui s’est déjà p ro d u it — de lu i prescrire de
reto u rn er à son poste. Il en est qui y sont
re p a rtis et qui y sont m orts. Si vous aviez eu
la possibilité d’ordonner un roulem ent, si vous
aviez pu dire à tel directeur ou sous-directeur :
« Votre to u r de p a rtir est venu », ce directeur
ou ce sous-directeur serait allé dans la colonie
rem plir les fonctions de gouverneur, y a u ra it
acquis la connaissance p ratiq u e de l’ad m inis­
tratio n coloniale, son d ép art la issa n t libre un
poste où vous auriez installé, p en d an t deux ou
trois ans, le gouverneur fatigué.
Tout le m onde y eût gagné ; vous su rto u t. De
quelle utilité ne vous eût-il pas été ce gouver­
n eu r en un tel poste ! C’est lu i qui vous a u ra it
fourni ces élém ents d’inform ations em pruntés
à la pratiq u e contem poraine, dont vous avez
besoin à chaque in stan t, c’est lui qui a u ra it été
ce dont je p a rla is plus h au t, ce dictionnaire
viv an t que vous pourrez feuilleter avec la cer­
titu d e d’être bien renseigné.
Il est donc indispensable que vous puissiez
o rganiser ce roulem ent qui vous re n d ra ta n t de
services, procédé grâce auquel vous pouvez
vous prom ettre d’avoir, à l’ad m in istratio n cen­
trale, u n personnel com pétent, p o u r le plus
g ran d profit de l’in térêt p a rtic u lie r et de l’in té­
rê t général.

�42

L’EXPANSION COLONIALE

L’orateur émet, en passant, de judicieuses
critiques sur le récent décret du Ministre
réunissant dans une seule main les deux di­
rections de l’Asie et de l’Afrique. Il y a très
peu de problèmes communs à toutes les colo­
nies. Chaque colonie veut être traitée suivant
son mérite, son origine, sa latitude, la qua­
lité de ses populations, et un seul fonction­
naire ne peut, si grande soit sa valeur, sup­
porter le fardeau écrasant d’une direction
générale. Le Conseil supérieur des colonies
lui-même, tel qu’il est constitué, presqu’aussi
nombreux que le Parlement, ne saurait
rendre les services que réclame notre orga­
nisation coloniale actuelle. M. Chailley vou­
drait le voir remplacer par des conseils supé­
rieurs des colonies, par des conseils'spéciaux
à chaque groupe de colonies : un conseil
pour Madagascar, un pour l’Indo-Chine, un
pour l’Afrique Occidentale ; chaque conseil
serait composé d’un très petit nombre d’hom­
mes, ayant une expérience contemporaine,
c’est-à-dire une expériense datant d’hier. On
le bâtirait un peu sur le modèle du cpnseil
de l’Inde à Londres qui comprend très peu
de membres. Ce conseil est investi, par la
constitutiop coloniale même, de certains pou­
voirs ; dans telle question le ministre n’a
pas le droit d’agir avant d’avoir consulté le
conseil, sans être du reste obligé de suivre
l’avis qu’il en reçoit : mais tant qu’il ne l’a
pas consulté — il peut le consulter par le
seul dépôt du dossier de l’affaire — aucune
solution ne peut intervenir.
On p re n d ra it, propose M. Chailley, p o u r cons­
titu e r ces conseils su p érieu rs des colonies, des
hom m es a y a n t séjourné dans les colonies et
a y a n t acquis une expérience, soit dans l’adm i­
n istra tio n , soit dans les en trep rises privées ; il
fa u d ra it que cett'e expérience fû t toute récente,
c a r les gouverneurs g énéraux qui sont ici et
qui m ’entendent vous diront eux-mêmes qu’au
bout de cinq ou six an s les choses sont telle­
m ent modifiées, q u ’u n homme qui e n tre ra it au
conseil su p érieu r des colonies avec une expé­
rience d a ta n t de dix années, ne s e ra it plus en
m esure de conseiller le m in istre convenable­
m ent. Au fu r et à m esure que leu r expérience
vieillirait, ils d isp a ra îtra ie n t, et de nouveaux
venus rem p laceraien t les anciens. V oilà un
organism e qui do n n erait, je crois, de bo us
résu ltats.
Tel qu’il p o u rra it être, d’ap rès ces ind ications
som m aires, il vous re n d ra it à vous comme il
a u ra it ren d u à vos prédécesseurs le service que
voici : il o ffrirait à votre a d m in istra tio n la
possibilité d’accueillir ou de recu eillir tel hom ­
me que vous ne devez p as la isse r échapper.
Si nous avions eu ce conseil su p é rie u r il y a
quelques années, nous n ’a u rio n s p as forcé Ballay à re to u rn e r su r la côte d’Afrique. Nous
l’a u rio n s gardé p a rm i nous, au m in istère des
colonies, avec m ission de d iriger, sous les or­
dres du m in istre, la politique africain e ; et ce
g ra n d g ouverneur gén éral a u ra it p u y achever
tranquillem ent, ses jours. P eut-être v ivrait-il
encore p our le p lu s g ra n d profit de notre poli­
tique coloniale. On n ’av a it p as de com pensa­

tion à lu i offrir, il s’en est reto u rn é à la côte
occidentale d’Afrique, volens nolens, il y est
m ort. Nous lui avons fa it des fu n érailles n a tio ­
nales : la com pensation est insuffisante.
Si vous aviez eu u n conseil 'su p é rie u r des
colonies, vous n ’auriez p as laissé si longtem ps
inutilem ent à P a ris M. de B razza. L’homme qui
a découvert et pacifiquem ent conquis po u r la
F ran ce le Congo français, est dem euré ici des
années inutile et se sen tan t inutile. A la longue
cela a soulevé l’opinion publique à ce point que
le gouvernem ent a trouvé juste de voter à cet
homme une récom pense nationale.
Si vous aviez un conseil su p érieu r des colo­
nies, il vous fa u d ra it bien à sa tête quelque
h a u t fonctionnaire, lien p erm an en t entre ces
ad m in istratio n s et vous ; vous ne laisseriez pas
a u jo u rd ’h u i échapper tel fonctionnaire qu’il
m’est in terd it de nom m er, qui va q u itter la
politique coloniale, qui va priver la F rance
d’une expérience considérable acquise à la tête
soit de l’une de nos directions, soit de l’u n de
nos plus g ran d s gouvernem ents. N’est-ce pas
pitié de voir toute cette expérience s’évaporer
quelque p a rt pour la politique coloniale. (Ap­
plaudissements.)

M. Chailley montre ensuite combien il est
défectueux, hasardeux même selon les cais,
qu’un gouverneur général, dont la puissance
presque absolue s’exerce très loin de la mé­
tropole,puisse agir selon son caprice,agir mê­
me en contrariété avec les lois et les règle­
ments tant que le Ministre n’en est pas ins­
truit. Et parce que nous avons d’excellents
gourverneurs généraux,de la loyauté et de la
conscience desquels on est sûr, est-ce une
raison pour ne pas prendre les précautions
auxquelles ont cru devoir recourir les peu­
ples étrangers. Ce qui nous manque, ce qu’il
nous faut en France, c’est une charte, une
constitution coloniale, une loi de garanties
contre les abus de la colonie à l’égard de la
métropole et les abus de la métropole à
l’égard de la colonie. Et M. Chailley conclut,
aux applaudissements unanime de la Cham­
bre, en demandant à M. le Ministre des Co­
lonies d’être l’homme qui, en nous donnant
cette charte, aura rendu au pays un signalé
service et se sera montré un grand ministre
réformateur.
Par les extraits qui précèdent, nos lecteurs
regretteront que nous n’ayons pu, faute de
place, reproduire in extenso la belle haran­
gue, si digne, si sensée, si française de M.
Chailley.
L’impression qu’elle a produite sur la
Chambre et dans le monde colonial a été telle
que M. Millès-Lacroix, désireux de donner
satisfaction aux vœux exprimés par M.Chail­
ley dans la mesure où la règlementation exis­
tante le permet et en attendant l’élaboration
définitive de nouveaux règlements, a décidé,
presqu’au lendemain de cette séance, que les
sous-chefs de bureau de l’administration cen­
trale ne seraient plus pris désormais que
parmi les rédacteurs ayant au moins deux
ans de service aux colonies. Cette première

�L’EXPANSION COLONIALE

43

réforme témoigne du désir dont est animé
Le dernier courrier de l’Indo-Chine nous
M. Millès-Lacroix de trouver une formule a apporté un compte rendu particulièrement
qui, tout en tenant compte des droits acquis, suggestif.
permette la réalisation des réformes admi­
Le 14 novembre à Hanoï, sous la prési­
nistratives si éloquemment préconisées par dence de M. le gouverneur général Beau, a
M. Chailley.
. eu lieu l’ouverture solennelle de l’assemblée
A. G.
consultative indigène. Cette assemblée, sorte
de petit parlement indigène, n’avait plus été
convoquée depuis la mort de Paul Bert, son
créateur, auquel elle n’avait pas survécu.
M. Beau, fidèle aux prncipes d’administra­
tion qui ont déjà donné de si bons résultats,
a pensé qu’il était sage de ne plus tenir le
Voici que, sous forme de proposition de loi, peuple annamite à l’écart des affaires publi­
revient, devant le Parlement, la question âe ques et que bien des malentendus seraient
l’exonération de tous droits à leur entrée en aisément aplanis lorsqu’on aurait pu s’abou­
France des produits coloniaux, cacaos, cafés, cher avec les représentants élus du peuple
indigène et prendre leur avis sür les ques­
thés, piments, vanilles, etc.
Sera-t-on plus heureux cette fois et nos tions qui les intéressent plus directement.
La liste de ces questions est longue et M. le
représentants voudront-ils comprendre l’a­
nomalie abusive qu’il y a à ne pas accorder Gouverneur général de l’Indo-Chine a eu
la franchise complète à un certain nombre soin d’indiquer dans son discours d’ouverture
de produits de nos colonies alors que le terri­ que ce n’était pourtant qu’une faible partie
toire de ces colonies est, au point de vue de celles dont l’administration française a à
douanier, identifié à celui de la métropole ?... se préoccuper. Il a exhorté les représentants
indigènes à s’associer désormais plus étroi-'
Il s’agit seulement d’un sacrifice de 600.000 tement encore à cette dernière et à mettre
francs—c’est le chiffre auquel se montent les tout en œuvre en vue du maintien de la
droits perçus ; — mais ce sacrifice est bien bonne harmonie qui doit les unir à elle. Enu­
peu de chose si on le compare aux avantages mérant les éléments éssentiels de la civilisa­
économiques qui résulteraient, pour la mé­
que la France s’applique à développer
tropole, de la surproduction de nos denrées tion
Indo-Chine, M. Beau a dit que cette œuvre
coloniales, si celles-ci étaient largement ou­ en
peut atteindre son plein épa­
vertes au marché national.Les bénéfices qu’en de progrès neque
par l’association intime des
retireraient les colonies augmenteraient leurs nouissement
Français
et
des
Annamites,
s’appuyant avec
richesses, multiplieraient les échanges et di­ confiance les uns sur les autres.
minueraient les dépenses que la France est
M. Tran-tapt-Binh, délégué de Hadong, a
obligée de faire, soit pour leur défense mili­ répondu
termes parfaits au discours de
taire, soit pour leurs travaux publics. Au­ M. Beau en
et l’a remercié d’avoir provoqué la
jourd’hui nos colonies achètent beaucoup création de
consultative. Il a fait
plus à la France qu’elles ne le lui vendent, ensuite, au l’assemblée
de tous, des déclarations
c’est-à-dire qu’elles enrichissent la métropole chaleureusesnom
dévouement à la France et
sans s’enrichir elles-mêmes. Bien au contrai­ au bien public.dePuis
l’assemblée a abordé son
re, la loi de 1892, en forçant nos colonies à
ordre
du
jour.
s’adresser à l’industrie métroplitaine, leur
Détail intéressant : ces réunions sont tenues
fait dépenser davantage que si elles s’adres­ dans
vieille demeure de la concession, vé­
saient à l’industrie étrangère. Ne leur doit-on ritablela berceau
de l’influence française d’ou
pas une compensation légitime ? Les demi- Henri Rivière était
pour se faire tuer
détaxes accordées à certains produits ne suf­ au Pont de Papier etparti
où
Paul
Bert et Rous­
fisent pas. Les taxes qui en résultent à l’en­ seau étaient morts.
trée sur le territoire sont supérieures aux
droits de douane que ces mêmes produits
—El—
acquittent à l’entrée dans tous les pays
étrangers. L’avenir de nos exploitations agri­
M. Roume a demandé à être relevé de ses
coles coloniales exige davantage, alors sur­
de gouverneur général de l’Afrique
tout que la répercussion de ces droits doit fonctions
Occidentale
française.
avoir un contre-coup sensible sur la situation
Bien que prévue depuis déjà quelques
générale économique des colonies et sur l’état mois,
cette nouvelle, aujourd’hui officielle, a
de leurs relations commerciales avec la mé­ vivement
peiné tous ceux qui ont pu appré­
tropole.
cier
l’œuvre
en ces dernières an­
Souhaitons que le Parlement accueille fa­ nées, par M. accomplie,
Roume, œuvre si considérable,
vorablement ce projet de loi. Il mettrait fin labeur
si écrasant que c’est pour ne pas com­
à un non sens et à une injustice.
promettre à jamais sa santé très affaiblie déjà
que l’éminent gouverneur général se voit
—s —
dans l’obligation de résigner ses fonctions.

C H R O N IQ U E

�I

44

L’EXPANSION COLONIALE

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------- _

La vibrante allusion que M. Chailley a
faite dans son discours, allusion reproduite
plus haut, montre en quelle haute estime est
tenu ce fonctionnaire et quels regrets laisse
son départ dans les hautes sphères colo­
niales.
Ce n’est pas à Marseille qu’il faut insister
sur la valeur de M. Roume. Ancien élève de
notre Lycée, le distingué gouverneur général
de l’Afrique Occidentale française a pu cons­
tater, lorsqu’il revint dans nôtre ville à l’oc­
casion de l’Exposition Coloniale à l’éclat de
laquelle sa colonie contribua si brillamment,
de quelles ardentes sympathies il était entou­
ré parmi nous.
Peu d’hommes se seront créés plus de titres
à la reconnaissance des coloniaux. Il- a relevé
et établi puissamment le crédit de notre
vaste empire africain, groupant en faisceau
ses forces financières, lui constituant un bud­
get et des disponibilités de premier ordre,
assurant partout la sécurité, faisant des colo­
nies de l’Afrique Occidentale des niches du
travail où chacune d’elles exécute suivant
un programme parfaitement déterminé les
grandes entreprises d’assainissement et d’uti­
lité publique, les œuvres d’assistance et de
mutualité, consolidant partout notre autorité
et faisant régner la paix française.
Plusieurs colonnes de ce bulletin ne suffi­
raient pas à la nomenclature des travaux et
des améliorations accomplis par M. Roume
en ces six dernières années. Les regrets que
cause sa retraite prématurée sont unanimes.
Espérons que l’on continuera à s’inspirer de
la pensée directrice qui le guidait et qu’ainsi
pourra se continuer l’œuvre conçue, amor­
cée et poursuivie par lui dans l’intérêt de
l’immense pays qui lui avait été confié.
—s —

Le Rapport général de M. J. Charles-Roux&gt;
sur l’Exposition Coloniale de Marseille en
1906 vient de paraître. C’est l’historique
complet, précis; très fortement documenté de
cette manifestation économique dont elle
rappelle la genèse, décrit les splendeurs et
résume les résultats. Il compte dix chapitres.
-En voici le sommaire :
L'organisation administrative et financière.
— La période préparatoire. — Les travaux.
— L'organisation. — Description des palais
et pavillons. — Grand Palais et annexes. —•
Palais de VAutomobile. — Les Beaux-Arts.
■
— Les Congrès. — T,es concours agricoles et
horticoles. — Les fêles, les attractions, les
visites officielles et privées.— Jurys et ré­
compenses. — Cérémonies de clôture. —
Considérations générales. — Compte des re­
cettes et dépenses. — Bibliographie.
On voit quel est l’intérêt du Rapport géné­
ral de M. Charles-Roux. Ecrit dans cette lan­
gue claire et robuste qui est la caractéristique
du talent de son auteur, cet ouvrage constitue ■

pour l’avenir un souvenir durable de l’Expo­
sition de 1906, un monument éd'fié à la gloire
de cette œuvre à laquelle, sous une impul­
sion entre toutes active et éclairée, collaborè­
rent, dans chacune de nos colonies et dans la
métropole, tant de bonne volontés et de pa­
triotiques ardeurs.
Le Rapport général est la dernière des
publications et notices officielles parues à
l’occasion de l’Exposition de 1906. La biblio­
graphie qui termine le rapport ne mentionne
pas moins de 200 ouvrages divers traitant de
l’Exposition ou publiés à propos d’elle. Mais
en tête de ces travaux figurent les treize volu­
mes qui sont l’œuvre de la Commission des
publications et notices et qui ont été édités
par la maison Barlatier, avec le concours
financier du Commissariat général. Ces volu­
mes sont les suivants :
Les colonies françaises au début du XXe siè­
cle. (Cinq ans de progrès, 1900-1905), au teu rs
divers, 3 volumes.
Les ressources végétales et la mise en valeur
des produits végétaux dans nos colonies, p a r
M. H. Jum elle, 1 volume.
Les découvertes minérales et Vextension des
exploitations minières, p a r M.' L. L aurent,
1 volume.
L'industrie des pêches aux colonies, p a r
MM. D arboux, Stephan, J. Cotte et F. VanGaver, 2 volumes.
M ouvem ent de législation coloniale dans les
colonies et pays de protectorat, p a r M. Bablod, 1 volume.
L'organisation sanitaire aux colonies, p a r
M. .Treille, 1 volume.
L'enseignement colonial en. France et à
l'Etranger, p a r MM. le Dr Heckel et M andine,
1 volume.
Histoire de l'expansion coloniale de la F ran­
ce, p a r M. P au l Gaffarel. 1 volume.
Voyageurs et explorateurs provençaux, a u ­
teu rs divers, 1 volume.
Marseille et la colonisation française, p a r
M. P a u l Masson, 1 volume.

Si l’on ajoute à ces treize volumes, le Rap­
port général de l’Océanographie, fort de 400
pages et illustré de très nombreuses gravures
et le Rapport général dont nous venons de
parler, c’est une collection de quinze gros
volumes qu’a éditée à ses frais l’Exposition
Coloniale. Les bibliophiles y trouveront
plus tard de précieuses indications sur l’état
actuel de 1a. colonisation française, ses mani­
festations, ses progrès et ses résultats.
Jamais bilan plus complet et plus sérieu­
sement conçu n’avait été établi dans un tel
ordre d’idées.
A. G.

t

�45

L’EXPANSION COLONIALE

ACTES COLONIAUX O FFIC IELS
M é t r o p o le
Conventions postales.— Le Journal Officiel du
27 novem bre 1907 a publié u n décret p o rta n t
prom ulgation d’une convention a y a n t pour
objet l’échange des m a n d a ts de poste entre di­
verses colonies fran çaises et le Royaum e-U ni
de la G rande-B retagne et d’Irla n d e et ses colo­
nies, ain si que d’u n acte additionnel à la con­
vention fran co -b ritan n iq u e du 21 septem bre
1887, con cern an t l’échange des m an d ats de
poste entre la F ran ce et ses colonies et diverses
colonies anglaises, signés à P a ris le 30 ju in 1906.
Un décret du 30 septem bre porte application
dans les colonies fran çaises de la convention
in tern atio n ale de Rome en 1906, relative aux
colis-postaux.
Algérie. — Un décret du 9 novem bre autorise
la C ham bre de Commerce de G onstantine à
em p ru n ter une somme de 256.000 fran cs desti­
née a l’établissem ent des circuits téléphoniques
C onstantine-B atna-B iskra et Constantine-AïnBeïda-K henchela.
Tunisie. —- Un décret du 31 octobre fixe la
q u an tité d’huile d’olive et de grignons d’origine
et de provenance tu n isien n es qui p o u rra être
adm ise en fran ch ise en F ra n c e du 1er novem ­
bre 1907 au 31 octobre 1908. Cette q u an tité est
fixée à 20 m illions de kilogram m es.
Afrique Occidentale. — Un décret du 30 no­
vem bre porte ap p licatio n de la convention de
B ruxelles, du 3 novem bre 1906, au régim e des
spiritu eu x dans l’Afrique O ccidentale française.
Madagascar. — U n décret du 21 août, prom ul­
gué p a r u n a rrêté du 16 octobre dans la colonie,
soum et ju sq u ’au 31 décem bre 1908, à u n droit
de sortie de 40 centim es p a r kilogram m e net,
le caoutchouc exporté de la colonie de M ada­
gascar.
Inde. — U n décret du 8 décembre porte m odi­
fication de la réglem entation des licences des
spiritu eu x indigènes dans les établissem ents de
P o n d ich éry et K arikal.
Un décret du 24 octobre autorise l’ouverture
des trav au x à exécuter pour l’am énagem ent du
p o rt de K arikal (loi du 1er avril 1906).
Indo-Chiné. — Un décret du 30 novem bre
modifie le décret du 29 décem bre 1898, p o rta n t
fixation des exceptions au ta rif général des
D ouanes en ce qui concerne les pro d u its é tra n ­
gers en Indo-Chine. (M achines destinées à
l’extraction de l’or).

C o lo n ie s
Afrique Occidentale. — 11 octobre 1907, arrêté
du g ouverneur du Sénégal fixant les conditions
de location des h a n g a rs du p o rt de commerce
de D akar.
28 octobre, a rrê té du g ouverneur du Sénégal

accordant dans certaines conditions les prises
d’eau dans les villes de Saint-Louis, D akar et
Rufîsque.
26 octobre, a rrêté du gouverneur de la Côte
d’ivoire m odifiant celui du 8 ju in 1907, régle­
m en tan t l’exploitation des essences forestières
de la colonie.
19 septem bre, a rrêté du gouverneur du H autSénégal et N iger a u to risa n t le service de la
navigation du N iger à rem orquer les chalands
du commerce, vides ou chargés, m oyennant le
paiem ent d’une taxe.
Congo. — 17 septem bre, a rrêté du com m is­
saire général p o rta n t prom ulgation du décret
du 16 novem bre 1884 et p rescriv an t q u 'à p a rtir
du 1er jan v ier 1908, les poids et m esures du
systèm e m étrique français- seront seuls em ­
ployés dans les possessions du Congo fran çais
et dépendances.
Madagascar. — 26 octobre, a rrê té du gouver­
n eu r général p rescriv an t le versem ent à la
caisse de réserve du service local de la somme
de 6.443.842 fr. 96, re p résen tan t le m o n tan t des
excédents de recettes su r les dépenses du bu d ­
get local ord in aire, du budget local e x trao rd i­
n aire et du budget annexe du chem in de fer,
exercice 1906.
Indo-Chine. ■
— 2 octobre, a rrêté du gouver­
n eu r général décidant que dans chacune des
villes de H anoï et de H aïphong une sous-comm ission d’hygiène est chargée de contrôler les
boissons et denrées alim entaires, d’inspecter
les logem ents et les établissem ents in salubres
et, d’une m anière générale, de veiller à l’exé­
cution des lois, règlem ents et décisions de l’a u ­
torité ad m inistrative en m atière d’hygiène et de
salubrité.
J. L.

VIE

ECONOMIQUE

DES COLONIES

A g ricu ltu re. — C om m erce.
In d u strie. — M arine.
Le commet ce colonial de 1906. ■
— D’après le
R apport de M. G ervais à la Cham bre des D épu­
tés, su r le budget colonial de 1908, les sta tisti­
ques de l’année 1906 révèlent que le commercé
général- de nos colonies est dem euré à peu près
statio n n aire su r l’année précédente. Le g ra n d
effort qui av ait porté en dix ans le commerce
colonial de 469.601.516 fran cs pour 1896 à
873.936.955 fran cs pour 1905 est, semble-t-il,
interrom pu et se chiffre en 1906 p a r 875.266.466
francs.
Cependant ces résu lta ts ne sont p as aussi
in q u iétan ts qu’il a p p a ra ît à prem ière vue. Cet
a rrê t de l’accroissem ent du commerce to tal
vient seulem ent de l'équilibre qui tend à s’éta ­
b lir entre les im portations et les exportations,
car d u ra n t ces dernières années, les im p o rta­
tions dans nos colonies étaien t sensiblem ent
supérieures aux exportations, conséquence de
la m ise en v aleu r de notre dom aine colonial ;
m ais cet état de choses ne pouvait se produire
sans d an g er d’ap p a u v rir nos colonies. Cette
année, ce sont les im portations seulem ent qui

�46

L’EXPANSION COLONIALE

ont dim inué clans u n e p ro p o rtio n sensible de
489.079.491 f*ancs à 454.935.294 fran cs ; tan d is
que les exportations, au co n traire, se sont ac­
crues d’une m anière im p o rtan te, p a ssa n t de
384.857.464 fran cs à 420.331.172 francs.
M alheureusem ent, si la situ atio n générale de
notre commerce colonial p a ra ît assez bonne, la
p a r t de la F ran ce, qui a tte ig n a it 53 % en 1901,
y com pris les colonies françaises, a dim inué
progressivem ent depuis cette époque ju sq u ’à
n ’a rriv e r en 1906 qu’à 45 %, chiffre le plus bas
depuis dix ans. Si l’on songe que la F ran ce est
trib u ta ire de 500 m illions de fran cs aux colonies
étran g ères p our les p ro d u its exotiques (coton,
cacao, café, bois), on ju g e ra que cette situ atio n
p eut encore être singulièrem ent am éliorée.

fran cs ; les tissus, de 1.140.000 à 1.449.000 francs;
les boissons, de 543.000 à 743.000 francs.

La colonisation européenne au Tonkin. — Il
résulte du d ern ier ra p p o rt officiel su r la situ a ­
tion économique du Tonkin que d an s la pro­
vince de Phu-Tho, les ylang-ylang et la citron­
nelle de la concession Morice et Leroy d’Etiolles ont beaucoup donné. M. C hafanjon procède
à l’in stallatio n d’une usine destinée à la fa b ri­
cation de la théine. M. C ourret, dans la p ro ­
vince de Phuc-Yèn, fa it de sérieux efforts pour
la culture du tab ac ; ce p la n te u r espère récol­
ter, ta n t su r les terres où il a cultivé lui-même
que dans les cham ps de ses m étayers, 20.000
kilogram m es de feuilles de tabac de bonne q u a ­
lité, de l’espèce m anille ou m ary lan d .
M. Gobert, à D a-Phuc, continue la culture du
Le commerce franco-algérien pendant les
riz en m étayage et étend ses p la n ta tio n s de
n euf premiers mois de 1907. — Les im portations
« Ficus élastica ». M. G uillaum e, à Cho-Cha,
en F ran ce de notre gran d e possession de l’Afri­ p o u rsu it de façon m éthodique et intelligente la
que du N ord sont su p érieu res de 33.974.000
m ise en v aleur de sa concession. M. B ellan
fran cs aux chiffres des neuf prem iers mois de
vient d’en treprendre, dans sa concession de
1906, du fait princip alem en t des m outons, des
Nam-Ly, des p lan tatio n s de « Ficus élastica ».
peaux, des poissons, des g ra in s et farines, des
La p lan tatio n de cafés de MM. P e rrin frères à
gru au x , des légum es secs et frais, des vins, etc.
Tuyên-Q uang com prend 100.000 pieds et est en
Les exportations de F ran ce en A lgérie sont en
p a rfa it é ta t ; en outre, chez ces plan teu rs, la
au g m en tatio n de 43.332.000 francs. Les p rin ci­ citronnelle occupe 50 hectares.
p aux articles co n trib u an t à cet accroissem ent
La concession de M. R ém ery com prend une
sont les sucres, les huiles fixes pures, les bois
p la n ta tio n d’ab aca qui, d’ap rès ce p lan teu r,
com m uns, les pro d u its chim iques, les poteries, • co n tien d rait 160.000 pieds, et de 10 à 12.000 ca­
verres, cristaux, les fils et tissu s de toute sorte,
féiers en bon é ta t et en plein rap p o rt. Le do­
les peaux et pelleteries et su rto u t les colis pos­ m aine de Kim-Xuynên, a p p a rte n a n t à la So­
taux.
ciété anonym e de la M anufacture des tabacs
de l’Indo-Chine, est actuellem ent en pleine voie
de succès ; la concession, en 1905, av a it pu li­
M ouvement commercial du Dahomey pendant
vrer à la M anufacture de H anoï 5.000 kilo­
le premier semestre 1907. — Le commerce géné­ gram m es de feuilles de tab ac sec. E n 1906, cette
ra! de la colonie s’est élevé à 11.315.640 francs
quantité s’est élevée à 25.000 kilos, et, en 1907,
p en d an t le p rem ier sem estre de 1907, en a u g ­ le rendem ent a été bien su p é rie u r.
m en tatio n de 2.220.894 fran cs su r le chiffre d’af­
faires des six p rem iers m ois de 1906. Ce p ro ­
La Campagne de Pêche à Saint-Pierre et M i­
grès est dû, p o u r la plus forte p a rt, à l’abon­ quelon. — Tous les nav ires sont m a in te n a n t
dance de la récolte des palm istes et des huiles
ren trés (excepté sept perdus en mer), et on peut
de palm e, dont les ventes ont été favorisées p a r
étab lir les ré su lta ts de la cam pagne. La pêche
la co n tin u atio n des cours élevés enregistrés
a été satisfaisan te pour les arm ateu rs, avec
l’année dernière su r les m archés européens.
4 m illions de fran cs de prises, m ais ce sont les
Les relevés de l’exportation en reg istrent, en
acheteurs qui sont gênés p o u r placer leurs
effet, une au g m en tatio n de 1.000.000 de francs
achats, tous les n av ires a rriv a n t ensem ble à
due aux huiles et aux am andes de palm e, dont
B ordeaux et le m arché se tro u v a n t encombré.
les poids atteig n en t respectivem ent 8.400.000 ki­
D ans la colonie, on trav aille assez activem ent
los et 4.700.000 kilos. Il est à sig n aler que 1.560
à co n stru ire des frigorifiques, destinés à fo u r­
tonnes d’am an d es de palm e ont été dirigées
n ir au printem ps de la boette aux n av ires m é­
cette année su r le p o rt de M arseille, ta n d is que
trop o litain s et aux goélettes locales. On compte
les années précédentes la plus g ran d e p artie
beaucoup su r ces établissem ents po u r ram en er
de ces g rain es é ta it exportée à Liverpool et
dans la colonie les n av ires qui la fréq u en taien t
H am bourg.
autrefois et qui ont cessé de venir depuis que la
m ise en v igueur du « Bait-Act » ne le u r a plus
Les ressources des indigènes ont été accrues
en p ro p o rtio n de la g ran d e q u an tité de leu rs
perm is de tro u v er à S ain t-P ierre la boette qu’ils
récoltes et des bénéfices q u ’il en tira ie n t, et
v enaient y chercher.
l’a c h a t des m arch an d ises d’E urope a suivi, p ar
conséquence n atu relle, la même m arche ascen­
Minerais et Cafés de la Nouvelle-Calédonie.
dante. L’écoulem ent rap id e du stock des m a r­ — D’après la statistique du Service des D oua­
chandises en dépôt d an s les m ag asin s de com­ nes, voici l’éta t des m in erais et des cafés ex­
m erce a motivé l’im p o rtatio n d’approvisionne­ portés de la colonie du 1er jan v ier au 30 sepm ents nouveaux dont les droits d’entrée ont
tem bre 1907 :
donné, à la douane, u n excédent de recettes qui
M inerai de Cobalt, 2.992.904 kil. ; m in erai de
a tte in t 581.812 fran cs p our le p rem ier sem estre
fer, 52.950 kil.; m in erai de nickel, 75.942.702 kil.;
de cette année. Comme il est n a tu re l dans les
m in erai de chrome, 21.466.377 kil. ; m in erai de
péi’iodes de prospérité com m erciale, les a rti­
cuivre, 432.266 kil. ; m in erai de m agnésite,
cles de luxe ont s u rto u t bénéficié de 1 augm en­ 41.600 kil. ; café en fèves, 117.744 kil.
J. L.
ta tio n constatée, qui p o rte n t p rin cipalem ent
su r les m achines qui p assen t de 345.000 à 837.000

1

�L’EXPANSION COLONIALE

LES INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE

Conférence d'inauguration. — L a conférence
in au g u ra le de la « Société de G éographie et
d’études coloniales », dans son nouveau local
de la ru e Noailies, a obtenu, le 25 novem bre, à
9 heu res du soir, u n tel succès que la grande
salle de la Société é ta it trop p etite p o u r conte­
n ir le nom breux au d ito ire d’élite qui s’y p res­
sait. Cette séance solennelle a été présidée p a r
M. E ugène P ierre, p rem ier ad jo in t au M aire,
assisté de M. F. Bohn, p rem ier vice-président
de la Société, m em bre de la Cham bre de Com­
merce, et du g én éral du Moriez, gouverneur
m ilitaire de M arseille. E n d o n n an t la parole
au conférencier, le cap itain e Ch. Cauvin,
com m andant la com pagnie m éh ariste de Tom­
bouctou, su r « la p én é tra tio n sa h arien n e et
les m éh aristes so u d an ais », M. P ierre a
prononcé une éloquente allocution pour féli­
citer la Société de G éographie de son dévelop­
pem ent et des services q u ’elle ren d à la science
et au pays.
Le cap itain e C auvin a fa it u n récit des plus
a ttra y a n ts de ses exp lo ratio n s d ans l’Aïr, l’Ad ra r et s u rto u t à Taodéni, le p ay s légendaire
des m ines de sel, où Tes troupes fran çaises du
Soudan ont opéré, en 1906. une nouvelle jonc­
tion avec celles de l’Algérie, en su rm o n tan t
d’énorm es difficultés à tra v e rs le désert sa h a ­
rien. Le jeu n e et v a illa n t officier a complété sa
n a rra tio n p a r de pittoresques projections lum i­
neuses et il a soulevé, à m aintes reprises, les
applaudissem ents de l’au d ito ire qui ont p a r ti­
culièrem ent éclaté lorsque M. le p rem ier ad ­
jo in t P ierre, ep félicitan t chaleureusem ent le
cap itain e Cauvin, lu i a rem is la m édaille d’a r ­
gent de la Société de Géographie.
Assemblée générale. — L a Société de Géo­
grap h ie a tenu, le 12 décem bre à 3 heures, dans
son local de la ru e Noailies, une Assemblée
générale, sous la présidence de M. E. Delibes,
présid en t de la Société. M. le général Amourel, le nouveau com m andant en chef du XVe
corps d’arm ée, a ssista it à la séance.
Lecture a été donnée p a r le secrétaire géné­
ral, M. Jacques L éotard, du Compte ren d u des
tra v a u x de la Société p e n d a n t l’année écoulée,
co n statan t son activité et sa prospérité. Ce
ra p p o rt a été u n an im em en t approuvé.
Il a été procédé ensuite au renouvellem ent
d’une p artie de la Commission ad m inistrative.
Les m em bres so rtan ts : MM. Fr. Bohn, vicep résid en t ; Ad. F raissin et. tré so rie r ; G. Borelli, colonel Faure-D urif, P. Lecat, H. de
M ontricher, N. P aquet, J. de Pélissot, Ch. Vincens, P. Zarifi, ont été réélus p a r acclam ations.
Une in téressan te conférence su r les Livres
de Vannée, esquisse bibliographique d’ouvrages
rem arq u ab les p a ru s en 1907, a été faite ensuite
p a r MM. Jacques L éotard, pour, les colonies
fran çaises et les régions polaires ; H enri
B arré, B ibliothécaire de la Ville et de la So­
ciété, p o u r les p ays é tran g ers ; Louis L au ren t,
chargé de cours à la F acu lté des .Sciences et
bibliothécaire de la Société, p o u r les g én éra­
lités, la F ra n c e et l’Afrique.
Les tro is distingués o ra te u rs ont présenté un
certain nom bre des ouvrages qui ont enrichi

47

d u ra n t l’année l’im portante bibliothèque de la
Société de Géographie, et leu rs in stru ctifs com­
m en taires ont perm is de ju g er dé la v aleu r des
prin cip au x livres édités. Cet utile exposé a été
vivem ent applaudi.
ALLIANCE FRANÇAISE

La M ission indo-chinoise qui, à son arrivéè
sur le territo ire fran çais, en m ai dernier, av ait
été accueillie p a r le Comité M arseillais de
l’Alliance F ran çaise po u r la p ro p ag atio n de la
langue natio n ale dans les colonies et"à l’é tra n ­
ger, a tenu, av an t son départ, après six mois
de séjour à Nancy, Lyon et P a ris, où elle, s’est
fam iliarisée avec les sciences et la culture
m étropolitaine, à p ren d re congé le 6 décembre,
rue Noailies, du Comité qui lu i av ait souhaité
la bienvenue à son arrivée. MM: F ourès et
H ahn, résidents supérieurs, conduisaient la
m ission dont le chef indigène. M. N guyen Van
Hien, a exprim é les sentim ents reco n n aissan ts
dans une allocution adressée à M. A drien Artaud, président du Comité de l’Alliance F r a n ­
çaise, et dans laquelle il a signalé les progrès
de l’enseignem ent fran çais en Indo-Chine.
MM. IT. Dufay et le Dr ITeckel, vice-présidents
de l’In stitu t Colonial, ont fa it visiter à la m is­
sion, dans le plus g ra n d détail, le Musée Com­
m ercial, le Musée Colonial, la salle des cours
coloniaux et les bureaux de l’In stitu t, et ont
offert u n cham pagne d’honneur à la m ission.
Ainsi s’est trouvé réalisé, une fois de plus, le
but des o rg an isateu rs de l’In stitu t Colonial, qui
groupe dans un local com m un les œ uvres con­
nexes de l’In stitu t Colonial, de l’Alliance F r a n ­
çaise, de. la Société de G éographie et du Syn­
dicat des E xportateurs. L a m ission a égale­
m ent visité les locaux de ces deux derniers
groupem ents et a été particu lièrem en t in té­
ressée p a r les inscriptions an nam ites de 'a
Société de Géographie.
\

SYNDICAT DES EXPORTATEURS

Le « S y n d icat des E x p o rtateu rs » va faire p a ­
ra ître prochainem ent l’édition de 1908 de son
Annuaire. A cette occasion, nous croyons Re­
voir a ttire r l’atten tio n du m onde com m ercial et
in d u striel de notre région su r le continuel déve­
loppem ent et la g rande im portance de cet o r­
gane du Syndicat, qui publie en outre le bulle­
tin m ensuel l'Exporteur.
L’A nnuaire constitue une œ uvre de p ro p a­
gande et de publicité d’une efficacité toute p a r ­
ticulière, en ce sens qu’il est Renvoyé g ra tu ite ­
m ent en F rance, aux colonies et à l’étranger,
aux consuls, aux gouverneurs, à tous les gro u ­
pem ents et à toutes les personnes susceptibles
de s’y intéresser. C’est dire que la publicité
faite p a r le S yndicat des E x p o rtateu rs touche
exactem ent les intéressés, qu’elle est efficace et
p ratiq u e ; elle est de plus exclusivem ent ré se r­
vée aux m em bres du Syndicat.
MM. les m em bres sont invités à faire connaî­
tre, avant le VS janvier dernier délai, à M. le
secrétaire général du Syndicat, ru e Noailies, 5,
toutes les m odifications qu’ils v o u d raien t a p ­
p o rter aux insertions ou aux annonces qui les
concernent.

-------------------- ----------------------- -

(

�48

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d'omission

VALEURS

E M P R U N T S CO LO N IA U X
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 4892
( g a r .) ........................................
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 4/2 o/o 1903, r. à 500..........
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) .........................................
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
465 — Indo-Chine 1899.........................
-------—
obi. 3 o/o 1902.....................
480 — E m prunt Algérien, 3 o/o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 l/2 o /o
1897....................
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1 /2 o /o l8 9 8 ...........................
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 4901 .........................
492 50 Col. de la M artin iq u e.............
470 — A frique O ccidentale,3 o/o 1903,
obi. rem. 500 (g ar.)...............
642 50 Maroc 5 o/o 1904,rem. à 500..

Derniers
cours

Fr.
455 —
423 75
484 —
77 75
78 30
89 25
455 —
406 —
426 50
967 —
965 —
450 —
457 —
46Î 448 —
514 —

B A N Q U E S C O LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Ci0 A lgérienne, act. de 500 t. p.
871 —
500 — Créd. Fonc. et A gric. d 'A lg .,
act. de 500 (250 p. n o m .).. . .
504 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ....................... ■........... 1245 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.)......................
270 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n )............................ 1100 —
500 — Banque de la M artinique, 500
t. p. (n.) .................................
526 —
500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n )................... • . . .
505 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .) .. . . . . . . 1345 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
665 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1225 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
42 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ...................................
84 75
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 357.......................
74
75

340 — M écheria-Aïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500.. .........................
413 —
-------Mouzbab-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
413 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o ’o
rem. à 500............... ...............
418 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n a n , act. 500,
250 fr. nom ................................................
438 50 Obi. priv. 3 o/o, rem. à 501 lib.
410 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650... •..........
875 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500 362 —
443 — Chem, de fer et Port de lu
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.....................
417 V A LE U R S M IN IÈRES
-------Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ................................. 1460
—
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500......................
493
—
500 — Algérie-Tunisie (O m n. ), act.
de 500 t. p ......................
475
—
477 50 A lgérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500...............
459 —
— — K anguet (S. m in. du), act. do
500 t. p ...........................
541
—
500 —
Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1509 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ............................ 1435
—
Divers
Le Nickel, act. de 250 t. p ... .
585 —
445 — —
obi. 4 o/o rem . à 500.
497 —
------ Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
59 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p ..........................
150
—
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.................................
480 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ..........*............ 3810 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ...
3435 —
V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Com pagnie française de l’Afrique Occi­
den tale..................(actions anciennes). 3100 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d e n tale............... (actions-nouvelles).. 2065 —
Cie M arseillaise de M a d a g a s c a r............
530 —
M essageries Fluviales de Cochinchine.
323 —
A im a............................................ .................
175 —
A lim aïenne....................................................
235 —
Congo occidental........................................
430 —
Ekela Kadei Sangha..................................
132 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
590 —
H aute S angha......................... ’..................
146 —
Haut O gôouè...................
830 —
K ouilou-N iari..............................................
180 —
La Kolto........................................................
750 —
Lobav..............................................................
750 —
M essageries Fluviales du Congo....... ...
230 —
N’Goko Sangha............................................
345 —
O ngom o........................................................
180 —
Settè Kam a....................................................
280 —
Sultanats du H aut-O ubangui.................
960 —

CH EM INS D E F E R A L G É R I E N S
E T C O LO NIAU X
500 — Cic Bône-Guelma, a. r. à 600..
66350
Divers
— obi. 3 0/0
r. à 500.
422—
500 — Est A lgérien, act. r. à 600 . . . .
68950 Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
Divers
—
obi. 3 0/0 r. à 500 423 —
A d rien A R T A U D .
500 — Ouest Algérien, act. r. h 600..
644 —
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f r a n ç a i s e s p ou r l’E xp or tation , g a r a n t i e e x e m p t e
d’a n t i s e p t i q u e s , d’une c o n s e r v a t i o n e t d’u n e lim ­
pidité p a r f a it e s . F a b r iq u é e S A N S A D D I T I O N
D’AL COOL a v e c d e s e a u x s t é r i l i s é e s p ar l’ozone,
e lle r é s i s t e à t o u s l e s c li m a t s . T r è s r e c o m ­
m a n d é e d a n s le s p a y s c h a u d s , e lle e s t tonique,
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disposition de sa clienlète, p o u r n ’im porte quelle durée et a u x p r ix les plus réduits, des
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M A R S E IL L E

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES

A rt . 2.
Cette association a pour b u t l’étude, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l’extension des rap p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de c en traliser tous docum ents et ren ­
seignem ents utiles, de rechercher les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
n er et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istratif ou économ ique qui lu i p a ­
r a îtr a it de n a tu re à favoriser les in térêts crue
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A rt . 3.

L’In s titu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d ro it ;
Les m em bres sociétaires fondateurs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le D1' Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teu rs sont ceux qui dans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In s titu t colonial,
lu i donnent un concours financier im portant.
Là deuxièm e catégorie est celle des m em bres
co rrespondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soit
sur sa dem ande, tous renseignem ents de n a tu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’Institut.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande dCidhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P ré ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p endant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
fau t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o nateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 francs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 francs au m inim um .

SERVICES DE L’INSTITUT
5, R u e

Noailles,

liez de-chaussée : Musée Com m ercial. — Salle
des Cours Coloniaux.
1er étaye : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat général et B ureaux de
l’In stitu t, B u reau de Renseignem ents. — Ré­
daction de T « E xpansion Coloniale ».
(Syndicat des E xportateurs).
(2mo étaye : Société de Géographie. — Alliance
F rançaise).
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».

Comité de

5
C ou rs c o lo n ia u x

Directeur : M. le D1 H eckel .
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J u m e l l e .
P ro d u its anim aux et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M. Jacob DE CORDEMOY.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent.
H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson.
Législation et Economie Coloniales.
M. H. B abled.
Hygiène Coloniale.
M. le Dr R eynaud.
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Le régime douanier des colonies, A . A r t a u d . .
Institut colonial m arseillais ................................

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50
50
53
55
56
60
61

Extraits des procès-verbaux.........................
Extraits de la co rresp o n d an ce..................
Bureau de ren seig n em en ts.........................
Rapport sur le karité. . .
Cours coloniaux..............................................
Chronique ................................................................

ABONNEMENT

: F han ce

Rue

et

Noai l les,

Actes coloniaux officiels .........................
. ..
Vie économique des Colonies...............................
Travaux publics aux colonies ..................
,
Institutions connexes..............................................
Avis d’adjudication ....................................
.
Marché des Valeurs coloniales..................
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Services maritimes postaux. . . . . . . .

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�IN STITU T

CO LO N IA L

M A R SEILLA IS

Fondé sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies

P résid en ts d’honneur :

MM.
Le Gouverneur général de l'Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l'A friq u e Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général C om m andant en chef le XV' Corps
d’armée.

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le R ecteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, P résident Duiioraire de la
Chambre de Commerce.
Charles -..oux, Jules, Com m issaire général de
l’Exposition Colouiule de M arseille 1906.

M embres :

MM.
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Bergasse . H. et C". — B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles R oux, Jules. Commissaire générai de TExposiLon
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
m ins de fer de P aris à Lyon et à la M éditerranée.
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
pagnie M arseillaise de M adagascar. — Comptoir
National d’Escompte de P aris. — Crédit L yon­
nais . — Compagnie des M essageries M aritimes. —

Desbief , Paul, P résident de la Chambre de Com­
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Présiuent de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C". — Gavoty, Charles. — H eckel , E douaid (Dr&gt;,
P rofesseur à la Faculté des Sciences, D irecteur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintI ouis. — S ociété Générale des T ransports M ari­
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développem ent du
Commerce et de l’Industrie en France.

M embres d on ateu rs :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Chabrières , Morel et C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compacnie des Docks
et E ntrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
de Navi&gt;.ation 'K raissinet &amp; c”). — Compagnie de
Navigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Char e F ra n ça is.— Compagnie
Générale F rançaise de T ram w ays. — Cyprien F abre &amp; C”. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour M arius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Cham bre de Commerce. —
F éraud, Augustin, P résident honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H.,
Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon. Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie F rançaise de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat à C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A P avin de Lafarge. — R astit , H enri. —
. îouca, T assy et D . Roux. — E. Rodocanachi.
Iioi,i.ami, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odrigues -Ely, Amédée. — S ociété » la
Morue F rançaise ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslatib, Léonce. — Velten , E douard. Membre de
la Chanrbére de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi.

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président : M. Desbief . Paul,

P résident de la
Chambre -e Commerce.
Vice-Présidents : Heckel, E. 'DT D irecteur-Fonda­
teur du Musée Colonial : P onsinet , A., Chef du
Service Colonial : Delibes , E., P résident de la
Société de Géographie ; Dufay, Henri, Ancien
V ice-Président de la Chambre de Commerce.

Secrétaires : MM. A rtaud, Adrien, Membre de la

Chambre de Commerce, P résident du Syndicat
des E xportateurs : Barlatier , Paul, d irecteur
du « Sém aphore de M arseille ».
Trésorier : M. A rmand, Albert, Membre de la
Chambre de Commerce P ré sid en t du Syndicat
M arseillais de la M arine M archande.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane. J., Sous-directeur
du Comptoir National d’Escompte de P aris à
Marseille.

M em bres :

MM.
MM.
Allest , J. (D’), Adm inistrateur-D élégué de la Com­ J ourdan, Félix, Juge au T ribunal de Commerce.
Léotard, Jaurues, S ecrétaire général de la So­
pagnie Générale T ransatlantique.
ciété de Géographie.
Arnaud, Lucien, Minotier.
Bergasse , Alexandre, Négociant.
Masson, u’aul. P rofesseur à l’U niversité et à l’Ins­
titu t colonial.
Besson , L., D irecteur de la Compagnie M arseil­
laise de M adagascar.
R astit , Henri, Industriel.
Blanc, E., D irecteur de l'E xploitation de la Com­ Rodrigues -Ely, Amédée, Ancien Membre de la
pagnie des Messageries Maritimes.
Cham bre de Commerce.
Bohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
Roux. François (De), Juge au T ribunal de Com­
A dm inistrateur-D irecteur de la Compagnie Frnn
merce.
çaise de l’Afrique Occidentale.
T urcat, H., P résident dç la Société pour la Défense
Bourdili .on, A., Arm ateur.
du Commerce et rie l” ndus*.rie de Marseille.
D ufour, Antonin. Négociant.
T eisseir e , Raymond, Avoué.
Dufour, Jean, P résident d u Syndicat des Cuirs et Usslaub , Léonce, Négociant.
Peaux.
Ytier , Louis, Vice-Président du S yndicat des
E strine , Lucien, Vice-Président de la Chambre de
E xportateurs.
Commerce.
Za r ifi , Périclès, Banquier.
F ouque, Adolphe, P résident du Syndicat d’in itia­ Coulon, Dominique, Délégué du Conseil M unicipal.
tive de Provence.
Delibfs . J., Délégué du Conseil M unicipal.
Gaffarel, Paul, P rofesseur à l’Université.
Rossi, Clément, Délégué du Conseil Municipal.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Com nerce.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociant en cafés.
Eug. T alon, Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.
J oannon, A., Avocat, P résident de l’Association
Anjicale des Anciens Elèves de l’Ecole de foui , Secrétaire général: E. Mo t t e ,au, A dm inistrateur
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Deuxième Année.

N° 3

ti

1er Février 1908.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

LeRégime(ionanier Colonial
Il est du devoir de l’Institut Colonial Mar­
seillais de poursuivre Famélioration du Régi­
me douanier de nos possessions lointaines.
Ce régime unitaire, peu en harmonie, dès
son établissement, avec les besoins .si divers
de nos Colonies, est aujourd’hui devenu hor­
riblement caduc.
II résulte de la loi du 11 janvier 1892, anté­
rieure à la constitution de la plus grande par­
tie de notre domaine colonial actuel, puisque
nous n’avions à cette époque, comme territoi­
res et comme organisation, ni l’Indo-Chine
complète ni Madagascar annexé, ni l’Afri­
que Occidentale actuelle.
Il a été voté par une représentation colo­
niale parlementaire dont les collèges électo­
raux ne représentent plus qu’une infime por­
tion de nos possessions.
Enfin, il a duré seize années et c’est plus
qu’il n’en faut à. un régime douanier protec­
tionniste pour devenir anachronique.
La question de la révision du régime doua­
nier de nos possessions, posée au Congrès
Colonial de Marseille en septembre 1906 et
de nouveau étudiée au Congrès de Bordeaux
l’an dernier (1), y a été résolue chaque fois
dans le sens le plus énergiquement affirma­
tif, et l’Institut Colonial.n’attendait pour en
signaler l’urgence que l’occasion que vient de
lui fournir l’initiative prise par la Commis­
sion des Douanes de la Chambre des Députés
et son éminent président M. L. Klotz, au su­
jet de la refonte des. tarifs et de la mise au
point de notre régime douanier.
Nous croyons savoir que le rapporteur de
la question coloniale à la Commission des
Douanes est notre éminent député, M. Joseph
Thierry, vice-président de la Commission et
(1) Nous publierons dans un pro ch ain num éro
la m agnifique étude présentée su r ce su jet au
Congrès de Bordeaux p a r la, Com pagnie F ra n ­
çaise de l’A frique Occidentale et dont les con­
clusions ont été adoptées.

nous nous réjouissons de voir le sort de nos
Colonies placé en d’aussi bonnes mains.
Leur prospérité et leur décadence dépen­
dent en effet avant tout du régime douanier
qui leur sera appliqué. La récente constitu­
tion de l’Afrique Occidentale Française telle
qu’elle existe et l’enchevêtrement des terri­
toires : anglais, portugais, libérien et alle­
mand dont elle est formée, a heureusement
mis à l’abri du tarif général et de ses funes­
tes conséquences, cette vaste région. L’état
de ses finances, les travaux publics qu’elle
accomplit, le développement de son com­
merce général prouvent combien elle a eu à
s’en féliciter.
Il n’y a qu’à comparer la situation écono­
mique de ce Gouvernement général à celle de
nos autres colonies soumises au tarif géné­
ral, pour apprécier dans quel sens doit se
faire la révision.
On pourrait croire que les situations géo­
graphiques différentes comportent des avam
tages inégaux ; mais le Gabon, seule colonie
africaine soumise au tarif général, corro­
bore le raisonnement. L’Afrique Occidentale
Française a les moyens de payer un tribut
à la Métropole et le Gabon ne peut se dispen­
ser de recevoir d’elle une subvention. Cette
antithèse résume les résultats définitifs des
deux régimes.
Ayons des colonies riches, susceptibles de
nous fournir d’utiles débouchés et non des
débouchés exclusifs, mais encore plus res­
treints qu’exclusifs ; permettons-leur de se
développer et de vivre par elles-mêmes.
En un mot, entre la politique douanière
coloniale de l’Espagne qui nous a souvent
inspirés et la politique douanière coloniale de
l’Angleterre, choisissons ; et allons dans le
sens de la liberté économique de nos posses­
sions autant que le permettent nos traditions
et nos mœurs.
Les conclusions du Congrès Colonial de
Marseille paraissent devoir être celles de cet
article.
Il avait constaté que la loi du 11 janvier

�50

L’EXPANSION COLONIALE

1892 n’avait pas atteint son but d’unification
Après la constitution définitive de l’Insti­
au point de vue douanier des territoires mé­ tut Colonial Marseillais, le premier soin du
tropolitain et coloniaux puisque trois publi­ Conseil d’Administrati n a été de procéder
aux travaux nécessaires pour mettre l’im­
cations de l’Office national du Commerce ex­ meuble loué rue Noailles, dans le prolonge­
térieur, d’ensemble 245 pages, signalent les ment de la Cannebière, en état de remplir le
dérogations à la loi, sans arriver cependant but que s’était proposé le Président de la
jusqu’au Congrès dans l’ordre chronologi­ Chambre de Commerce.
Pour réunir dans un local unique tout ce
que ;
qui
pouvait utilement concourir au résultat
Que la part du Commerce National dans
poursuivi par l’Institut Colonial Marseillais,
les échanges coloniaux (Algérie et Tunisie il fallait, en effet, étudier séparément les
exceptées), a sensiblement diminué sous conditions dans lesquelles devait être établie
l’empire de la loi nouvelle : 54 % en 1880, chacune des sections composant l’Institut
Colonial Marseillais ou s’y rattachant, et le
43 % en 1904 ;
1er octobre 1906 une très importante réunion
Que la suppression des recettes locales de du
Conseil d’Administration étudia les devis
douane, due à l’effet prohibitif de l’applica­ qu’avaient dressés les architectes, MM. Huot
tion du tarif général aux colonies, a nécessi­ et Lieutier, sur les indications fournies par
té, pour l’équilibre des budgets coloniaux, M. Estrine, président de la Commission
bien des relèvements de taxes d’octroi de mer d’installation. Le devis des dépenses s’élevait
la somme de 85.000 francs environ, non
et rétablissement d’impôts directs ou de mo­ àcompris
l’établissement de l’ascenseur.
nopoles qui ont profondément troublé l’exis­
Les travaux exécutés ont atteint, y compris
tence économique de nos possessions loin­ l’ascenseur, le chiffre de 98.000 francs et
taines.
n’ont dépassé que peu les prévisions des ar­
Aussi le Congrès conclut-il que le meilleur chitectes.
En même temps, les propositions de M. Ar­
régime douanier à adopter serait celui qui
renoncerait à toute unification et centralisa­ taud concernant le Musée Commercial, sorte
permanente, étaient approuvées
tion systématiques et qui se préoccuperait en d’Exposition
et des mesures étaient prises pour commen­
première ligne des intérêts spéciaux de cha­ cer une propagande active en faveur de son
que colonie ou groupe de colonies, parce que organisation.
le véritable intérêt d'e la Métropole réside
19 JANVIER 1907. — M. A. Artaud, pré­
dans la prospérité des colonies.
sident de la Commission d’organisation du
Le reste visait des mesures de détail et Musée Commercial et du Bureau des rensei­
nous ne saurions mieux faire, en posant à gnements, informe la Commission des dé­
nouveau la question de la révision du régime marches faites auprès des gouverneurs géné­
douanier colonial que de nous reporter à ces raux et gouverneurs de nos colonies, des
des Chambres de Commerce et
conclusions essentielles votées à l’unanimité présidents
d’Agriculture. A la date du 14 novembre 1906,
à Marseille et ratifiées depuis; et après une une lettre a été adressée à MM. les Agents
nouvelle étude, par le Congrès de Bordeaux. des Compagnies de navigation et aux mem­
bres correspondants de l’Institut, contenant
A d rie n A r t a u d .
en substance les instructions générales sui­
vantes : « Fournir des renseignements sur le
« commerce du port et de la région qui
INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS « ressortissent de leur compétence. Faire
« connaître les articles d’origine étrangère
« qui y sont importés, leur quantité, leur
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
« qualité et la voie qu’ils empruntent pour
« y parvenir. En indiquer les prix de vente
Cette rubrique a pour but cle faire connaî­ « et si possible de revient, ainsi que les raitre aux adhérents de l'Institut Colonial les « sons qui font préférer ces articles étrao■principaux actes de gestion du Conseil d'Ad­ « gers aux similaires français ; telles que
ministration. Ce qu'elle signale est extrait « l’aspect, les dimensions ; les conditions de
des procès-verbaux ou de la correspondance. « crédit consenties. Indiquer également les
Nous sommes obligés aujourd'hui, en l'inau­ « produits de leur région que le commerce
gurant, de nous restreindre et de sauter rapi­ « local semble avoir intérêt à vendre à
dement d'un sujet à un autre, en négligeant « l’étranger, ainsi que les raisons pour les­
te quelles les commerçants préfèrent les diritoute transition.
« ger sur d’autres ports que celui de Mar« seille. » Indépendamment de cette enquête

�L’EXPANSION COLONIALE
générale, les membres correspondants étaient
invités à traiter, pour satisfaire aux deman­
dés, de nos adhérents, des questions fort di­
verses telles que la recherche de l’or à la
Guyane, diverses entreprises de travaux pu­
blics, la production de l’alfa, des demandes
d’échantillons de fibres.
En réponse également à une demande d’un
de nos adhérents, l’assurance de retard des
marchandises donna lieu à une communica­
tion, très autorisée en la matière, d’un memrbe du Conseil d’Administration de l’Institut,
M. Louis Ytier, qui indiquait en substance
que l’assurance de cette sorte de risques est à
peu près" irréalisable et n’a, en fait, jamais
été réalisée. L’assurance maritime doit se
borner en principe à garantir un commer­
çant ou un armateur du préjudice résultant
des cas fortuits, c’est-à-dire d’évènements qui
l’intéressé est incapable d’empêcher ou di
causer. L’assurance n’est plus possible lors
que l’intéressé a ou peut avoir une influenci
quelconque sur la bonne fin du risque. Ei
outre, comment l’assureur pourrait-il calcu
1er l’importance maxima du risque et la pri­
me à appliquer ?
Une lettre a été adressée à tous les mem­
bres de l’Institut à l’effet de leur demander
d’indiquer les rubriques de marchandises
ou d’affaires les intéressant particulièrement.
Sitôt que parviendra à l’Institut un rensei­
gnement concernant la catégorie dans la­
quelle ils se seront eux-mêmes classés, il leur
sera transmis sans retard.
M. Artaud mentionne ensuite les dons faits
par M. J. Charles-Roux et M. Bohn, consis­
tant en documents et objets de l’Exposition
Coloniale. H fait l’exposé de la situation ac­
tuelle du Musée Commercial et déclare sa
mise au point définitive.

51

bre correspondant , à Tananarive M. Cavle,
présenté par M. Grand-Dufay.
11 MAI. — M. Desbief, président, remer­
cie M. le docteur Heckel, directeur du Musée
Colonial de l’Institut, pour le don de 5.000
francs qu’il a fait à l'Institut.
25 MAI. — M. Desbief remercie, en séance
du Conseil, M. Dufour, conseiller municipal,
membre du Conseil, de l’avoir avisé de la
décision prise par le Conseil municipal de
la ville de Marseille d’allouer à l’Institut une
subvention annuelle de 5.000 francs. Des
remerciements seront adressés à la munici­
palité ainsi qu’à M. Roume qui vient de faire
parvenir à l’Institut un mandat de 5.000
francs représentant le montant de la subven­
tion annuelle du gouvernement général de
l’Afrique Occidentale française.

13
JUIN. — M. Artaud, président de la
Commission d’organisation du Musée Com­
mercial et du Bureau de Renseignements
fait adopter l’inscription de renseignements
économiques sçimmaires sur les murs du
Musée Commercial au dessus des vitrines ou
panneaux. Il propose ensuite d’adresser une
lettre aux gouverneurs de colonies, aux
Chambres de commerce, pour les entretenir
de la cherté croissante du jute (1) et du
moyen d’y remédier en employant 'des pro­
duits similaires.
20
JUIN. — M. Desbief, président, donne
lecture d’une lettre de M. le Gouverneur gé­
néral de l’Afrique Occidentale française don­
nant des renseignements sur le Karité. Cette
lettre est accompagnée d’une note très détail­
lée sur le Karité par M. Yves Henry, inspec­
teur de l’agriculture (2). Il rend également
compte de la réception d’un mandat de 7.000
9 MARS. — Le Conseil d’Administration francs, partie de la subvention totale de
de l’Institut Colonial Marseillais, sous la pré­ , 12.000 francs du gouvernement général de
sidence de son président, M. Paul Desbief, l’Indo-Chine, subvention qui comprend 7.000
agrée comme membres correspondants de francs pour le Musée Colonial de M. le doc­
l’Institut : à Londres, M. H. Autran présenté teur Heckel et 5.000 francs pour l’Institut
par M. Estrine ; à Saint-Pierre et Miquelon, proprement dit.
l’agent , dans cette dernière colonie de la
4 JUILLET. — M. Desbref, président, rend
« Morue Française », présenté par M. A.
compte
son voyage à Paris et de. son entre­
Armand. Le Président mentionne tout parti­ vue avecdeM.
Ministre des Colonies. Il met
culièrement le concours donné par la Cham­ sous les yeuxle des
membres du Conseil un
bre de Commerce de Nouméa qui s’est ins­ exemplaire du Portefeuille
Commercial dres1
crite comme « membre donateur » de l’Insti­
sé
par.
l’Office
Colonial
à
Paris.
Il est décidé
tut. Il rend compte du succès qu’a obtenu
M. Adrien Artaud dans son organisation du qu’il sera établi pour l’Institut un portefeuille
Musée Commercial qui enregistre déjà 54 identique qui sera placé au Musée Commer­
demandes. Sont ensuite acceptés pour être cial et qui contiendra les catalogues, prixprospectus que fourniront les adhé­
proposés comme membres du Conseil d’Ad­ courants,
rents,
cette
publicité leur étant d’ailleurs
ministration à la prochaine assemblée géné­
rale les noms de MM. D. Coulon, G. Rossi
(1) Voir plus loin la lettre écrite p a r l’In stitu t
et J.-G. Delibes, délégués du Conseil muni­
Colonial M arseillais.
cipal.
4 MAI. — Le Conseil agrée comme mena-

- (2) Voir plus loin la lettre de M. Roum e et la
note de M. H enry.

�52

L’EXPANSION COLONIALE

exclusivement réservée. De nombreuses per­
sonnes s’adressant au Secrétariat général
pour demander des emplois aux colonies,
M. le Président propose au Conseil d’insérer
ces demandes, moyennant une-petite rétribu­
tion, dans le Bulletin que l’Institut publiera
prochainement. Il en est ainsi décidé. Il sera
écrit aux gouverneurs, aux Chambres de
commerce et aux membres correspondants
pour les prier de nous faire parvenir les of­
fres d’emploi qu’ils auraient à nous trans­
mettre.
18 JUILLET. — M. Desbief, président, fait
donner lecture d’une lettre très intéressante
du correspondant de l’Institut à Tananarive.
M. Cavle. Cette lettre contient des renseigne­
ments sur l’industrie des savons, la question
minière et un interview de M. le Gouverneur
Augagneur.
19 SEPTEMBRE. — M. Desbief rend
compte au Conseil d’Administration que plu­
sieurs réponses à la lettre relative au jute
sont parvenues et que des échantillons de
fibres ont été remis à M. Guilland, directeur
des filatures et tissages de Marseille, qui a
bien voulu se mettre à la disposition de l’Ins­
titut pour expérimenter les produits envoyés.
— M. Rastit, au nom du Comité des corps
gras, offre à l'Institut divers objets qui cons­
tituaient l’exposition de ce Comité à l’Expo­
sition Coloniale. — M. Adrien Artaud, prési­
dent de la Commission du bureau des Ren­
seignements, signale les résultats acquis.
L’Institut est entré en rapports officiels avec
les administrations de chacune de nos pos­
sessions et avec les Chambres de Commerce
et d’Agriculture des colonies (1).
Le gouvernement général de l’Algérie a
accordé à l’Institut son appui et lui a assuré
le service des publications officielles algé­
riennes. L’Institut est souvent consulté au
sujet de l’Algérie, et les réponses à nos de­
mandes de renseignements sont régulières.
Le gouvernement général de l’Afrique Oc­
cidentale française a accepté le premier de
donner son concours financier à l’Institut et
lui a accordé une subvention de 5.000 francs
et le service de ses publications.
Le gouvernement général de l’Indo-Chine
accorde à l’Institut une subvention de 12.000
francs dont 7.000 affectés au Musée Colonial.
Il nous fait le service de .ses publications.
Le concours et l’envoi des publications of­
ficielles nous ont été promis et nous sont
maintenant assurés par :
La Résidence de la République Française
à Tunis.
Le gouvernement de la Côte des Somalis.
Le gouvernement de la Réunion.
Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
(1) Ces renseignem ents et les suiv an ts sont
ex traits du ra p p o rt de M. A. A rtaud, de ju illet
1907, lu à cette séance.

Le gouvernement de la Martinique.
Le gouvernement de la Guyane.
Le gouvernement de Saint-Pierre et Mi­
quelon.
Le gouvernement des Etablissements fran­
çais en Océanie.
Nous avons reçu les réponses ci-après des
Chambres de Commerce Coloniales :
Alger. — Adhésion à l’Institut comme
membre adhérent.
Bougie, Oran, Mostaganem, Bizerte. —
Promesse de concours, regrets de ne pouvoir
allouer une subvention, accusé de réception.
Sousse. — Adhésion à l’Institut comme
membre adhérent.
Saint-Louis (Sénégal). — Promesse de
concours.
Saint-Denis (Réunion). — Promesse de
concours.
Saigon. — Adhésion à l’Institut comme
membre adhérent.
Pnom-Penh. — Promesse de concours et
d’une subvention dans l’avenir.
Nouméa. — Adhésion à l’Institut à titre de
membre donateur.
Papeete. — Accusé de réception.
Nous avons reçu les avis ci-après des Cham­
bres d’Agriculture et Syndicats agricoles :
Bône. — Souscription de membre adhé­
rent.
Sétif (Syndicat). — Promesse de concours
et d’adhésion.
Saigon (Chambre d’Agriculture). — Sous­
cription de membre adhérent.
Hanoï (Chambre d’Agriculture). — Regrets
de ne pouvoir allouer une subvention.
La Compagnie des Messageries Maritimes
nous a mis en rapport avec ses agents de :
Djibouti, Pondichéry. Saigon, Quinhon,
Tourane, Haïphong, Mayotte, Majunga,
Nossi-Bé, Diégo-Suarez, Analalava, Namela,
Morundava, Tuléar, Vohemar, Sainte-Marie
de Madagascar, Tamatave, Fort-Dauphin, La
Réunion.
lia Compagnie Transatlantique, avec ses
agents de :
Alger, Arzew, Bizerte, Bône, Bougie, Collo Djidjelli, La Calle, Mostaganem, Oran,
Philippeville, Sfax, Sousse. Tabarka, Tunis,
Cayenne, Fort de France, Pointe à Pitre.
Certains de ces agents nous ont écrit à
plusieurs reprises nous donnant les rensei­
gnements les plus circonstanciés sur le com­
merce de leur résidence, sur les progrès pos­
sibles, sur le développement à espérer de la
part du commerce national soit dans l’impor­
tation soit dans l’exportation, et nous ont
donné ces renseignements sur notre deman­
de ou spontanément.
M. Artaud rend ensuite compte de ses
études en vue de déterminer les meilleures
conditions de création d’un Bulletin de l’Ins­
titut. Il demande que l’on place à la tête de
la Revue M. Aug. Giry, ancien directeur-

�L’EXPANSION COLONIALE
adjoint de l’Exposition Coloniale, et qu’on
lui adjoigne M. Léotard, secrétaire général
de la Société de Géographie, membre du
Conseil d’Administration. Ces conclusions
sont adoptées à l’unanimité et il est décidé
que le premier numéro de ce Bulletin devra
coïncider avec l'inauguration" de l’Institut
Colonial. Ensuite MM. G. Clanis et F. Tanon
sont agréés par le Conseil membres corres­
pondants à Cayenne, sur la proposition de
M. Artaud.
24 OCTOBRE. — M. Dufay, vice-prési­
dent, donne, au bureau du Conseil, lecture
d’une lettre adressée au président de l’Insti­
tut par quatre maisons de Marseille au sujet
d’une adjudication de vins à Madagascar.
Les signataires font remarquer que la mai­
son qui a été déclarée adjudicataire n’a pas
payé les droits de consommation dont le
cahier des charges stipule le paiement, droits
dont les signataires ont.-dû tenir compte dans
rétablissement de leur prix d’adjudication.

53

rendre ainsi qu’à Marseille. La Commission
envisage favorablement ce projet.
EXTRAITS BE LA CORRESPONDANCE
L a C h e r t é du J u te

Lettre adressée par- le Président de l'Institut
Colonial Marseillais aux Gouvernements gé­
néraux, Chambres de Commerce, etc.
M arseille, le 29 ju in 1907.
L’au g m entation continue du prix des sacs de
jute, qui a passé de 40 centim es aux environs
d’un franc, a d’a u ta n t plus attiré l’atten tio n du
commerce français, qu'il est m alheureusem ent
impossible de prévoir l’éventualité d’u n reto u r
à des prix m oins onéreux.
Une im portante revue française « L a Réforme
Econom ique » a signalé, dans son num éro du 3
m ars 1907. l’im portance de cette question, qui
intéresse vivem ent la Métropole et les colonies.
Il est certain que le développem ent de la p ro ­
duction de certaines m atières prem ières, pour
le tra n sp o rt desquelles l’emploi du sac s’impose,
a pour conséquence d’accroître la dem ande et
d’au tre p art, encore qu’elle soit en progrès n o ta ­
ble, la production du ju te ne se développe pas,
en proportion de la consom m ation.
Le jute est fourni à peu près exclusivement,
p a r la province Indienne du Bengale. On peut
se faire une idée du développem ent de cette cul­
tu re et de l’in d u strie annexe, dans cette p ro v in ­
ce, p a r le tab leau su iv an t :
1896-1897
1905-1906

9 NOVEMBRE. — M. Desbief, président,
informe le Conseil que M. le Maire de Mar­
seille a- fait mandater au profit de l’Institut
Colonial la somme de 5.000 francs. M. Lejeu­
ne, négociant à Vinh (Annam), présenté
par M. Grand-Dufay, est agréé comme mem­
bre correspondant. M. Duvau, directeur de
l’Office de Colonisation de Tunisie, est éga­
lement nommé membre correspondant à Tu­
31
39
F ab riques ......................
nis et M. Jo.s. Zawodny, secrétaire perpétuel
522
861
C apitaux (millions) ....
de la Société d’Exportation de la Bohême,
91.600
145.000
O uvriers .......................
Moravie et Silésie, membre correspondant à
453.200
Broches ......................... 266.700
Prague.
M étiers .........................
12.400
22,000
Au
cours
de
l’année
1904-1905,
l’Inde
a
21 NOVEMBRE. — Réunion des adhérents 645.000 tonnes de ju te b ru t, 201 m illions exporté
de sacs
au Musée Commercial pour leur permettre et 575 m illions de y ard s de toile.
d’échanger leurs vues sur les meilleurs
En 1905-1906, l’exportation du ju te b ru t s’est
moyens de tirer tout le projet possible de élevé à 730.000 tonnes, celles des sacs à 233 mil
cette exposition permanente. MM. les Expo­ lions et celle des toiles à 659.000.000 de yards.
sants ont fait connaître leurs desiderata et La v aleu r totale de l’exportation a passé de
après discussion il a été décidé que les heu­ 160.000.000 de francs en 1905, à 200.000.000 en
res d’ouverture doivent, pour rendre le plus 1900.
E n présence des dem andes C onstantes de la
de services, être fixées de 10 heures à midi et consom
m ation, le D épartem ent de l’A gricultur '
de 2 heures à 7 heures du soir en semaine.
aux Indes, s’occupe'activem ent de développer la
L’ouverture du dimanche après-midi, de­ production du jute, notam m ent dans la pro­
mandée, est repoussée après mûr examen de vince de M adras.
P arallèlem ent, on a recherché s’il n ’était pas
la question ; par contre on décide d’ouvrir le
Musée Commercial le dimanche matin de 10 possible de su b stitu er au jute, d’au tres textiles,
d’un prix m oins élevé. Récemment, une M ission
heures à midi en raison des départs de pa­ Allem
ande a été envoyée, dans ce but, au B résil
quebots qui se produisent le dimanche et
Or, il existe dans nos colonies, des quantités
dont les passagers peuvent visiter utilement de textiles p o ussant pour ainsi dire, à l’état
le Musée Commercial. MM. les Exposants sauvage et qui seraient très propres à la fab ri­
émettent le vœu d’être convoqués à nouveau cation des toiles à sacs et à em ballage.
La F ran ce consom m ant 92.000 tonnes de jute
dans un temps donné. Une périodicité de
b ru t ou m an u facturé, il est de notre in térêt
trois mois est proposée.
commun, d’étudier les textiles indigènes,
4 DECEMBRE. — Devant la Commission susceptibles de rem placer le jute et nous nous
de Propagande présidée par M. Grand-Du- m ettons à votre entière disposition, pour faire
exam iner p a r des experts, les échantillons que
fay est posée la question des conférences à vous
bien nous adresser, étab lir leur
faire dans divers centres industriels, afin de v aleurvoudrez
et vous renseigner su r leu r emploi.
faire connaître dans ces régions l’Institut Co­
M. G uflland, a d m in istra te u r de l’im p o rtan t
lonial et les services qu’il est susceptible de E tablissem ent des F ila tu re s et Tissages de Mar-

�L’EXPANSION COLONIALE

54

seille, a bien voulu nous offrir de faire, avec
ces fibres, des essais de tissage, et sa h aute
expérience vous est u n sû r g a ra n t dü soin avec
lequel ils sero n t faits.
Ces échantillons devront être assez im por
tant,s p our que le tissage de quelques sacs en
soit possible, ils devront ëtrè de 200 kilogs au
m oins et être accom pagnés d'une fiche conte­
nant :
1° Le nom indigène ;
2° le nom botanique, si possible, et au cas où
il vous se ra it inconnu, être m unis de fleurs,
grain es, feuilles p ouvant p erm ettre de les dé
te rm in e r ;
3° La q u an tité du textile qui p o u rra it être
p ro d u ite annuellem ent.
Il s e ra it in u tile de nous envoyer des textiles
qui ne se ra ie n t p as très abondants et d’une
exploitation facile : cependant, si la culture de
certain es p lan tes textiles rem arquables, peu
rép an d u es n atu rellem en t, vous p a ra is s a it pou­
voir donner lieu à des exploitations in té re ssan ­
tes, M. le Docteur Heckel étu d ierait les échan­
tillons que vous nous en adresseriez et nous
vous ferions con n aître celles qu’il serait a v an ­
tageux de cultiver.
L’exploitation des textiles co n stitu erait pour
votre région un nouvel élém ent de prospérité :
elle donnerait, en outre, à nos navires qui fré­
q u en ten t vos ports, u n fre t im p o rtan t : cette
question m érite donc de fixer to u t p a rtic u lière­
m ent votre atten tio n et nous serons très heu­
reux de vous seconder de to u t notre pouvoir,
p o u r vous en faciliter la solution.
Veuillez agréer, M onsieur le ........... l’as­
su ran ce de m a considération la plus distinguée.
A f r i q u e O c c i d e n t a le

F r a n ç a is e

D akar, le 6 ju in 1907.
« P a r lettre du 20 av ril dernier, vous m ’avez
exprim é le désir de recevoir des renseignem ents
su r le com m erce du b eu rre de K arité.
» Le G ouvernem ent général se préoccupe de­
puis p lu sieu rs années des possibilités d’exploi­
tatio n de cette m atière prem ière et il a fait
entrep ren d re toute une série d’études relatives
à son utilisation.
Les renseignem ents g énéraux recueillis sur
cette question, ont été réu n is dans la note que
vous trouverez ci-j ointe (1). Ils ne s’appliquent
du reste qu’à dés considérations d’ensem ble et
il ne p a ra ît guère possible de viser plus spécia­
lem ent le beurre.
Il s’ag it en effet, d’u n p ro d u it qui, bien
qu’offrant de larg es débouchés, n ’a p as encore
été régulièrem ent exploité et la question de
savoir, s’il sera exporté de préférence sous
form e de noix brute, d’am ande ou de b eu rre est
à résoudre.
L a note précitée rép o n d ra néanm oins, explici­
tem ent et im plicitem ent à la p lu p a rt des de­
m andes qui p o u rro n t vous être adressées ; elle
ne p o u rra it évidem m ent suffire p our la créa­
tion d’entreprises privées, basées totalem ent ou
en p artie su r l’exploitation du K arité.
D ans ce cas, il y a u ra it lieu d’engager les
intéressés à se liv rer à une étude détaillée de
la question su r place, en te n a n t compte des
(1) Voir plus loin (page 56) sous le titre
le .Karité, la com m unication annoncée p ar
M. le G ouverneur Général.

conditions particu lières dans lesquelles ils
com ptent placer leur entreprise.
En ce qui concerne la culture, il ne semble
pas qu’elle intéresse les p articuliers. Il est fort
probable que le K arité sera, dans bien des cas,
une précieuse essence de reboisem ent ; c’est
donc aux Pouvoirs Publics rru’il ap p a rtie n t plus
spécialem ent de le propager et de veiller à sa
conservation.
Veuillez a g ré e r.....
R oum e ,

Gouverneur Général I
de l'Afrique, Occidentale Française.
N o u v e ll e -C a lé d o n i e

Lettre reçue de M. le Président de la Chambre
de Commerce de Noum éa.
Nouméa, le 26 novem bre 1907.
J’ai l’h o nneur de vous accuser réception de ia
lettre en date du 8 août d ernier et de la note de
VI. le docteur Heckel qui l’accom pagnait, que
vous avez adressée à notre P résident, relativ e­
m ent à la résine de pin colonnaire, et que ce
dernier a com m uniquées à la Cham bre dans sa
dernière réunion.
Afin de donner la plus g ran d e publicité pos­
sible à vos utiles indications, et à celles de M.
le docteur Heckel. la Cham bre a décidé qu’elles
seraien t portées à la connaissance des intéres­
sés au m oyen de leu r insertion dans les jo u r
riaux de la localité.
En vous rem ercian t ainsi que VI. le docteur
Heckel de votre précieux concours qui ne peut
être que profitable aux in térêts des Calédoniens
je vous prie d’agréer, etc.
Le Président de la Chambre de Commerce.
—K —
Lettre de notre correspondant particulier.
Noum éa, le 4 septem bre 1907.
Nous avons besoin de faire connaître nos
produits, nos m in erais surtout. Car la crise qui
sévit su r notre m alheureuse colonie, ne finira
que si nous trouvons des débouchés plus im por­
tants. La détaxe des cafés a u ra it apporté un
petit soulagem ent à notre m isère, m ais la Mé­
tropole ne songe guère à nous aider. Au contraire
la voilà qui m enace de nous faire ferm er les
guichets du Trésor si nous ne voulons pas em­
p ru n te r 700.000 fran cs pour rem bourser des
dettes que nous ne devons pas. C’est la réponse
à la dem ande d’au to risatio n d’u n em p ru n t de
3.300.000 francs, faite au M inistre p a r le Conseil
G énéral, pour nous perm ettre non seulem ent de
liquider nos dettes, m ais même de faire quel­
ques trav au x pour occuper les m alheureux et
continuer le chemin de fer. Il veut bien que
nous em pruntions m ais seulem ent pour que
nous rem boursions l’Etat. D ans ce qu’on nous
réclam e figurent des sommes qui rem ontent à
1870, il y a aussi les dépenses des Iles W allis
avec lesquelles nous n ’avons au cun rapport.
Le déficit devant être, cette année, de 400.000
francs et rien ne faisan t espérer qu’il sera
m oindre l’année prochaine, on peut se dem ander
s’il ne v a u d ra it pas m ieux chercher u n remède
à cette dégringolade du budget. A quoi bon
em p ru n ter cette année 700.000 fran cs pour p ay er
nos dettes si nous devons l’an prochain être au
même niveau !

�L’EXPANSION COLONIALE
Nous payons m a in te n a n t le gaspillage et la
prospérité factice du régim e Feillet. M ais il
fa u t dire aussi que la M étropole a beaucoup
fa it p our notre ru in e avec les déplacem ents de
ses trop nom breux fonctionnaires que nous
payons mêm e q uand ils sont en congé ; ses
dépenses aux W allis et aux Nouvelles Hébrides
qu’elle m et à notre charge ; ses changem ents
d’idée su r notre statio n navale ; ses re tra its de
troupes, etc., son refus d’accepter nos produits
en franchise ; son refus de nous faire taxer,
comme nous le voulons, les m in erais à la sortie,
etc., etc.
On com prend ju sq u ’à u n certain point la
sym pathie que rencontre au jo u rd ’h u i chez
quelques uns l'idée de dem ander qu’on nous
cède à l’A ngleterre. Ces jours-ci on a vu circu­
ler u n p ro jet de pétition b izarre im aginé p a r un
esprit u n peu détraqué, m ais je ne serais pas
su rp ris qu’une pétition sérieuse ne recueille des
sign atu res, ne serait-ce que pour donner un
avertissem ent au P ouvoir C entral !
S a i n t - P i e r r e e t M iq u e lo n

Lettre reçue de notre correspondant particu­
lier.
23 décembre 1907.
... E n ce m om ent, il y a u ra it u n m oyen d’a r­
rê te r lexode de l’A rm em ent colonial : ce serait
le rem an iem en t du ta rif général des douanes
qui p e rm e ttra it aux a rm a te u rs des Iles SaintP ie rre et M iquelon d’acheter des E tats-U nis les
articles d’arm em en t et de les recevoir p lu s r a ­
pidem ent, en m eilleur état et m eilleur m arché.
Les a r m a te u r s m é tro p o lita in s b én éficient des
p riv ilè g es que l e u r a c c o rd e n t les e n tre p ô ts
p o u r l’e m b a rq u e m e n t, s u r les b a te a u x pê­
ch e u rs, des vins, des alcools é tra n g e rs , etc.,
etc...

Les droits d’entrée su r les provisions et les
articles d’arm em en t sont relativ em en t élevés à
S ain t-P ierre et M iquelon ; ce qui y ren d la m a r­
chandise trè s chère quand on y ajoute le tra n s ­
port, l’assurance, etc., etc...
Voilà pourquoi, le re p ré se n ta n t des Iles SaintP ierre et M iquelon au Conseil S upérieur des
colonies a dem andé au m inistère le rem an ie­
m ent du ta rif général si l’on veut em pêcher la
ruine des Iles S ain t-P ierre et Miquelon.
Le p ro jet est à l’étude au P avillon de Flore.
Le M inistre et lés b u reau x p a ra isse n t être favo­
rables à ce projet, m ais il y a lieu de s’atten d re
à des protestatio n s de la p a rt d’un a u tre m in is­
tère qui v ien d ra déclarer qu’il faut, coûte que
coûte, favoriser l’in d u strie française. Les be­
soins des Iles S ain t-P ierre et M iquelon sont
si peu im p o rtan ts com parativem ent au chiffre
d’affaires qui se fa it en F rance, que les in d us­
tries m étropolitaines ne devraien t te n ir aucun
compte de la clientèle S ain t-P ierraise qui n ’est
qu’une goutte d'eau dans l’Océan M étropoli­
tain.
Au point de vue colonial la question a une
im portance capitale. E t les In d u striels F r a n ­
çais (corderies, m an u factu res de m arg arin e,
etc., etc...) devraien t sans h ésiter seconder nos
efforts en ne soulevant aucune p ro testatio n a
ce sujet.
Veuillez agréer, etc...

55

BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Jusqu’ici, 167 personnes se sont présentées
à l’Institut pour demander des renseigne­
ments sur nos colonies et il a été répondu à
62 demandes écrites.
Les questions posées le plus fréquemment
ont pour objet l'ouverture de relations com­
merciales avec nos colonies et des demandes
de renseignements sur divers produits colo­
niaux. A ce sujet, nous devons citer la visite
récente de l’inventeur d'une machine à dé­
cortiquer le riz. De nombreuses demandes
concernant les moyens d'obtenir les conces­
sions domaniales, forestières et minières
ont reçu complète satisfaction et plusieurs
pèrsonnes se sont rendues en Algérie, notam­
ment, après avoir pu trouver à l’Institut
Commercial Marseillais, les renseignements
qui leur étaient nécessaires.
Il convient de mentionner la visite d’un
agriculteur du Midi venant demander qu’on
lui indique les cultures de -plantes coloniales
qu'il serait possible de faire dans la région
du S. O. pour remplacer la vigne, au moins
dans les fonds de vallée. Divers textiles ont
été signalés, ainsi que le camphrier, sur la
culture duquel M. le docteur Heckel a pu
fournir de très utiles indications à ce visi­
teur.
Une personne a demandé les conditions
de la pêche à la sardine à Madagascar et au
Tonkin, où ce poisson fréquente les côtes à
certaines époques de l’année. Des renseigne­
ments complets sur la température, les faci­
lités de se procurer la main-d’œuvre, les
époques de migration, lui ont été fournis.
Un colon de la Nouvelle-Calédonie a de­
mandé des renseignements sur l'élevage de
l'autruche, un autre s’est adressé à l’Institut
Colonial Marseillais pour obtenir des bulbilles de sizal dont il désire entreprendre la
culture dans cette colonie.
Déjà l’Institut Colonial Marseillais, grâce
à la bienveillance de M. le Gouverneur géné­
ral de l’Algérie, a pu expédier de ces bulbilles à Madagascar et aux Comores.
La question minière devient de plus en
plus intéressante à Madagascar. Le bureau
des Renseignements a reçu la visite de M.
Grignon, l’un des heureux possesseurs de la
mine d'Andavühoera, qui a confirmé la pro­
duction de 500 kilos d’or extraits en six mois
et les espérances qu’elle présente pour l’ave­
nir. Des renseignements ont été fournis à
M. Grignon sur des machines très pratiques
pour le traitement des minerais d'or.
La douane de Marseille a demandé des
renseignements sur les graines d'anacardium
occidentale, lesquelles, par leur teneur de
40.5 % d’une huile excellente, intéressant l’in­
dustrie marseillaise. Le bureau a pu lui four­
nir une étude détaillée faite à Majunga sur
cet intéressant produit.

�56

L’EXPANSION COLONIALE

Un avis a été fourni à la Chambre de Com­
merce de Nouméa sur les avantages que pré­
senterait pour la Nouvelle-Calédonie l’exploi­
tation de la résine des pins colonnaires. M. le
docteur Heckel a fourni à cet effet de pré­
cieuses indications pour récolter cette résine,
sans compromettre l’existence des arbres.
De nombreux renseignements ont été de­
mandés sur le commerce des bois au Congo,
en Indo-Chine et à Madagascar, ainsi que sur
la production du caoutchouc dans ces colo­
nies. Il a été aussi fourni à l’un des princi­
paux concessionnaires du Congo des indica­
tions très utiles sur le recrutement de Ict
main-d'œuvre dans les colonies hollandaises
de l’Insulinde et sur le caractère de cette
main-d’œuvre.
Le bureau des Renseignements a été éga­
lement visité par des personnes à la recher­
che de documents sur les colonies étrangères;
une de ces visites mérite d’être signalée par­
ticulièrement, celle d’un habitant de Batavia
qui a fait ressortir Yimportance du marché
de VInsulinde hollandaise pour les produits
français ainsi que les avantages que retire­
rait Marseille de relations étroites avec les
colonies hollandaises.
Les documents officiels enrichissent tous
les jours la bibliothèque de l'Institut Co­
lonial Marseillais, qui ne saurait trop en
remercier les ministères des Colonies et du.
Commerce et les autorités de nos colonies.

L E K A R IT É
Le K arité (B assia P ark ii) a été découvert p ar
le célèbre explorateur écossais, Mungo P a rk ;
c’est une des esences les plus caractéristiq u es
de la gran d e brousse soudanaise du Sénégal
ju sq u ’au Nil.
Comme la goliine, il affectionne les fo rm a­
tions laléritiques, aim e peu les sols siliceux et
redoute les te rra in s hum ides et inondés.
Son aire géographique s’étend entre la zone
dem i-désertique au N ord et la forêt éq uatoriale
au Sud, la densité de ses peuplem ents est des
plus variables, on le rencontre fréquem m ent
dissém iné dans les cham ps de culture et p a r­
fois groupés en v éritables forêts.
Il existe en. boisem ents im p o rtan ts dans les
régions de Ivita. Bam ako, B ougouni, Ségou,
Djenné, Koury, Bobo-Dioulasso, Sikasso, Koutiala, dans le N inianka, le Kissi, le Ouassoulou, le Mossi.
Au Dahomey, il est su rto u t rép an d u d ans le
Borgou, m ais sa lim ite extrêm e sud trav erse
le cercle d’Abomey.
D ans son ensemble il couvre environ u n m il­
lion de kilom ètres carrés. S u r toutes cette
étendue il fo u rnit aux indigènes u n b eu rre ali­
m entaire, dont la p rép aratio n plus ou mo'ins
compliquée a été décrite m aintes fois.
L a possibilité d’exporter ce b eu rre ou plutôt
la g rain e dont il provient se présente su r deux
points de cette’ aire géographique :
1° Au Soudan, p a r le ra il du Sénégal-N iger et
le fleuve Sénégal ;

2° Au Dahom ey, p a r le ra il Cotonou-Savé.
Depuis environ trois ans, l’Inspection de l’A­
gricu ltu re du G ouvernem ent G énéral de l’Afri­
que Occidentale Française, av ait appelé p a r
des com m unications officielles ou privées l’a t­
tention des exportateurs su r cette m atière p re­
m ière possédant des qualités exceptionnelles.
P a r de nom breux envois en F ran ce et en Angletere, ainsi que p a r une enquête su r place
assurée p ar M. Vuillet, elle a cherché succes­
sivem ent à connaître les divers élém ents d’une
exploitation prochaine.
Au cours de l’année 1905, p lusieurs im p o rtan ­
tes m aisons de commerce françaises, achetè­
re n t su r place une certaine quantité de beurre
et de noix pour effectuer des essais d’extrac­
tion. Une p artie de ces envois restèren t en
Douane à B ordeaux et se'd étério rèren t p a r sui­
te de la prétention du Service de tax er ce pro­
duit à l’entrée. '
E n outre, plu sieu rs très im portantes m aisons
de Londres et de Liverpool ont tenté de se m et­
tre en rap p o rt avec les com m erçants locaux,
a ssu ra n t à cette m atière u n débouché indéfini.
A ce sujet, le D épartem ent au début de l’a n ­
née 1905, en même tem ps qu’il nous dem andait
des échantillons pour étude, a ttira notre atten ­
tion su r la nécessité de ne p as éb ru iter les re ­
cherches et enquêtes faites p a r l’A dm inistra­
tion, afin de réserver à nos seules usines et
m anufactures, le bénéfice de l’u tilisatio n de ce
produit.
Outre que les usages de la graisse de K arité
sont connus depuis fo rt longtem ps et qu’à ce
point de vue, il serait puéril de tra v a ille r en
cachette, j’opposerais à cette m anière de voir
deux objections :
1° L’In d u strie française n ’u tilisera jam ais
tout le K arité que peuvent produire le Soudan
et le Dahomey ; e n tre r dans cette voie nous
co n duirait donc à restrein d re notre exploita­
tion au q u antum exportable en F ran ce ;
2° L’Im portation et le commerce des m atières
grasses exotiques est en A ngleterre infinim ent
plus libre qu’en F rance et le m arché anglais
est depuis nom bre d’années déjà ouvert au K a­
rité.
Nous avons donc de ce côté, la perspective de
tran sactio n s faciles et pouvant devenir consi­
dérables ; ce serait un m auvais calcul que cher­
cher à s’en priver.
Du côté m étropolitain, auquel nous devons
certainem ent la préférence, nous n ’avons pas
de bien sérieux encouragem ents.
Le régim e protectionniste a fa it à tous les
produits et denrées exotiques pouvant concur­
rencer les sim ilaires n atio n au x une situation
intenable. Les m atières grasses, n ’ont pas
échappé à cette règle, je n ’en veux pour confir­
m ation que la législation draconienne proposée
ces tem ps derniers, qui ap p o rterait à l’in tro ­
duction et à J a circulation des corps g ra s (l’h u i­
le et le beu rre de coco sont p articu lièrem en t
visés) les plus grosses difficultés.
La graisse de K arité n ’est pas encore connue
de nos producteurs de beu rre et il ne fa it aucun
doute qu’éta n t donné ses qualités exception­
nelles au point de vue de la consom m ation, elle
recevra à son entrée en F rance un accueil p lu ­
tôt froid.
Je ne crois donc pas que nous ayons intérêt
à p a rta g e r au sujet de l’exportation du K arité
des idées aussi p articu laristes, n o tre in térêt
bien entendu nous conseille au co n traire de

�L’EXPANSION COLONIALE
rech erch er tous les débouchés quels qu’ils
soient, pourvu qu’ils nous soient profitables.
Les deux, prin cip au x m otifs de nos enquêtes
v isa n t l’établissem ent d’u n trafic d’exportation
étaien t les suiv an ts :
1° Quels sont les em plois in d u striels et ali­
m en taires de cete g raisse et l ’im portance des
débouchés :
2° Quelles sont les conditions de l’approvi­
sionnem ent su r place. Q uantité disponible.
P rép aratio n . Prix. Moyens de tran sp o rt.
1° EMPLOI DU BEURRE DE KARITE
P o u r nous fixer su r ce point, nous avons
adressé ta n t à M. M illiau, à M arseille, q u ’au
Ja rd in colonial, environ dix ton n es de noix,
d’am andes séchées et de b eurre, en les p ria n t
égalem ent de nous in d iq u er sous quelle forme,
les in d u striels accepteraient plus volontiers la
m atière prem ière, noix entières ou am andes
séchées.
Les essais dem andés à M. M illiau ay an t
porté su r de forts échantillons de chacun des
types, ont été effectués à l’usine et me p a ra is­
sent p o u r ce m otif, plus p articu lièrem en t in té­
ressants.
Les recherches de M. P. A m m ann, au Ja rd in
colonial', en ont de leu r côté, confirmé les con­
clusions.
(Extrait du rapport de M. Milliau).
Cent kilos de g rain es donnent après décorti­
cation de 70 à 72 kilos d’am andes. L’extraction
totale de l'huile au sulfure fo u rn it 35 à 37 % de
corps g ra s su r les am andes, soit 26 à 27 % en­
viron, calculé su r la g rain e en coque. L’h u ­
m idité n atu re lle des g rain es du K arité est d’en­
viron 17 %. Le corps g ras e x tra it des g rain es
du K arité présente des propriétés in té re ssa n ­
tes. Voici ses caractères physiques et chim i­
ques :
917.8 (variable)
Densité ........................................
28°
Saponification sulfurique ......
Action des v a p eu rs nitreuses. Masse dure
15
S a tu ra tio n .................................
63-67
Indice d’iode .............................
Action de Ag. m étallique ......
Rien
»
Az. 03 Ag ..............
»
HCl sucre ..............
R ancidité v ariab le m ais très faible.
P o in t de solidification de l’huile 23° ; des acides
g ras 52°5.
P o in t de fusion de l’h u ile 25°5 ; des acides g ras
56°5.
R endem ent des acides g ras fixes 95,8 %.
»
en glycérine 9 % environ.
Acides g ras fluides 11 %.
Acides g ra s concrets 89 AComestibilité. — Le b eu rre de K arité est un
p ro d u it comestible. Les Indigènes du Soudan
et le colon européen s’en servent couram m ent
po u r leu rs u sages culinaires. Les essais de
lab o rato ire ont fourni, p a r une sim ple filtration
suivie d’une rectification à la chaux et d’une
ép u ra tio n à la vapeur des ré su lta ts assez favo­
rab les p our justifier une opération en grand.
Il é ta it tout indiqué de s’ad resser à la prem ière
m aison de M arseille qui a it tra ité in d u strielle­
m ent et lancé dans le com m erce les beu rres
végétaux alim en taires de coco. L a m atière
g rasse a d’abord été extraite à la presse à tem-

57

avec un soin to u t particulier. Il en est résulté
p ein tu re peu élevée et les opérations conduites
u n beurre blanc, ferm e, débarrassé de toute
âcreté désagréable, g a rd a n t une très légère
odeur de cacao, co n stitu an t un p ro d u it de tout
prem ier ordre, capable de figurer av an tag eu se­
m ent dans la consom m ation européenne, soit
seul, soit m élangé au coco comestible dont il
atténue la trop g rande fluidité à la dégusta­
tion.
Extraction industrielle. — L’extraction in d u s­
trielle du beurre de k arité n ’offre aucune diffi­
culté et est conduite comme pour toutes les
huiles concrètes après décortication préalable.
P a r simple pression, on laisse dans le to u rteau
de 6 à 8 % de corps gras, qu’il est facile de récu­
p érer dans les app areils à sulfure ou tétrach lo ­
ru re de carbone. Une usine particu lièrem en t
outillée à ce point de vue a bien voulu se c h a r­
ger de ces opérations et nous a facilem ent livré
une excellente m atière prem ière po u r les essais
subséquents.
Application à la savonnerie. — Employé seul,
le karité donne un savon sodique n a tu re lle ­
m ent beaucoup trop dur, c assan t et fort peu
soluble. Il p artag e d’ailleu rs cette propriété
avec toutes lés m atières grasses trè s concrètes,
telle que les suifs qui donnent des savons in u ­
tilisables à l’état pur. De plus, pour le k arité
une petite proportion de m atière insaponifiable
se retrouve sous form e de g ra in s do n n an t une
apparence peu agréable.
M ais si on l’incorpore aux savons o rd in aires
dans les proportions usitées pour le suif, on
obtient des produits très fermes. On p o u rra it
ainsi dim inuer la ten eu r en coprah, et p a r suite
le prix de revient, tout en leu r conservant une
bonne apparence.
Les essais ont porté su r les m élanges sui­
vants :
1° Mélange à 15 % de Karité. — Savon ferme,
extrêm em ent onctueux, économique en ce sens
qu’il se dissout m oins facilem ent dans l’eau,
m oussant un peu m oins donnant, une crème
lisse et onctueuse.
2° Même observation pour u n m élange de
25 % de k arité qui donne d’excellents résu ltats
pour la confection des savons de toilette. La
pâte en est souple, ferm e, onctueuse et plus
crém euse encore que celle obtenue avec des
suifs de prem ière qualité.
3° Mélange de 50 %. — P eu t très bien convenir
à la fab ricatio n des savons de m énage, à la
condition de dim inuer la ten eu r en coprah et
d’ajo u ter à sa place des huiles fluides. On peut
même em ployer celles qui donnent habitullem ent des savons trop m ous et rejetés à cause
de cela, telles que les colza, œ illette, etc...
4° Savon de karité pur.— Beaucoup trop fer­
me, cassan t et su rto u t presque insoluble dans
l’eau, ainsi qu’il a été d it plus haut.
5° On p eu t u tiliser le k arité en savonnerie
po u r les savons d’em pâtage dem i-cuits. Ces sa ­
vons contenant une très faible porportion de
m atières grasses sont to u jo u rs additionnés de
talc, silicates et au tres p ro duits d’addition des­
tinés à leu r a ssu re r une certaine ferm eté. Avec
15 % de coprah et 15 % de karité, on p eu t obte­
n ir des savons m i-cuits p u rs qui n ’ont n u lle­
m ent besoin d’une addition de m atières é tra n ­
gères pour avoir 1a. dureté voulue.
F abrication des bougies. — E n stéarin erie, le
*

�AS

L’EXPANSION COLONIALE

karité peut être utilisé ; toutefois, il serait adop­
té plus facilem ent p a r les sté a rin ie rs s’il était
facile de le dépouiller p ratiq u em en t et in d u s­
triellem en t de la m atière insaponifiable qu’il
contient. Cette o p ératio n est l’objet d’une étude
spéciale su r laquelle nous reviendrons si nous
obtenons des ré su lta ts favorables.
Comme conclusion on peut donc tab ler sur
u n débouché presque illim ité pour l’alim en ta­
tion et la savonnerie.
Les recherches tentées de divers côtés pour
isoler p ratiq u em en t le corps insaponifiable que
le b eu rre contient sont en bonne voie si elles ne
sont pas term inées à l’heure actuelle.
Elles ont, à m on sens, u n in térêt cap ital car
j ’entrevois sans crain te l’avenir in d u striel du
beu rre de k arité, m ais je crain s que son usage
alim en taire ne lu i suscite de grosses difficultés
de la p a rt de la Métropole.
Il est évident que dès le début, c’est vers ce
d ern ier que ten d ro n t toutes les tentatives, a t­
ten d u que cette graisse a une place déjà toute
m arquée et que d’a u tre p a rt, elle y obtiendra
les prix les nlus élevés.
Je tiens sim plem ent à dire q u ’il n ’y a u ra pas
lieu de s’ém ouvoir de m esures de rig u e u r pour
l’écoulem ent de notre production.
2° APPROVISIONNEM ENT. — CONDITIONS
DU MARCHE LOCAL. — SOUDAN
E n Afrique Occidentale le nrix du b eu rre de
k a rité est très variable, non seulem ent de colo­
nie à colonie, m ais de province à province et
souvent de village à village. Il s’élève beaucoup
vers les lim ites de Taire de dispersion du karité,
d’une p a rt à cause de la faible densité des p eu­
plem ents, d’a u tre p a rt, p a r le fa it que l’excé­
dent de la production, trouve u n débouché fa ­
cile dans les pays voisins.
C’est ainsi, p a r exemple, qu’au Soudan, il fau t
s’av an cer clans l’in té rie u r ju sq u ’à Koulilcoro,
g a re term in u s du railw ay de Kayes au Niger,
po u r tro u v er du k a rité à u n prix p o u v an t p e r­
m ettre son ex portation vers l’E urope. E n 19011902, un com m erçant en a acheté su r cette place
10.500, kilogs et l’a payé 0.25 centim es le kilog
en m oyenne.
P lu s loin, ce prix s’.abaisse encore. E n ju in
1903, é ta n t de passage à San. l’u n des plus gros
- m archés de k arité du Soudan. M. Vuillet a vu
vendre le b eu rre à ra iso n de 9.840 cauris, la
g ran d e calebasse de 45 kilogs n et soit fr. 0.20 le
kilo environ, plus exactem ent fr. 195 la tonne,
les c au ris v a la n t à ce m om ent à S an 5 fr. les
5:600.D’après le lie u te n a n t Cortade, qui a adm i­
nistré p en d an t près de tro is an s cette circons­
cription, l’offre annuelle s e ra it à San de 80 ton­
nes environ, dont plus de la m oitié p o u r les
mois d’août, septem bre et octobre, et ce chiffre
serait susceptible d’une au g m en tatio n très sèn1
sible.
Au com m encem ent de ja n v ie r 1906, ce b eu rre
se vendait approxim ativem ent fr. 0.20 le kilo
su r les m archés de S an et B aram andougou
(Bani), ce qui le m et à environ fr. 0.25 re n d u à
Koulikoro.
La plus grande p a rtie du b eu rre de K arité
étan t consommée dans les villages producteurs,
il est difficile de d éterm iner la q u an tité p ro ­
\ duite annuellem ent. M. Vuillet estime cepen­
d a n t que celle-ci n ’est p as in férieu re à 50.000
tonnes pour les cercles de Kita, B am ako, Bougouni, Sikasso, Segou. K outiala, Djenné, Kou-

ry, O uahigouya, O uagagougou et Bobo-Diou­
lasso et que Ton p o u rra it a rriv e r à en trouver
dans ces m êmes cercles 10.000 tonnes disponi­
bles po u r l’exportation en stim u lan t l’indigène.
Actuellem ent, une p artie seulem ent, la m oitié
au plus, des fru its des k arités de la brousse est
seule utilisée.
Il y a lieu de faire rem arq u er que les cercles
de K ita et de Bam ako sont trav ersés p a r le ra il­
w ay de K ayes à Koulikoro, que ceux de Ségou
(territoires de S an san d in g compris) et de D jen­
né sont riv erain s du N iger et enfin que celui de
K outiala a une voie de p én étratio n n aturelle, le
B ani, rivière qui av an t de se jeter dans le N iger
se divise en p lusieurs bras, couvrant, d’u n ré ­
seau de m arigots navigables le p ay s de Djenné
à la saison où m û rissen t les dern iers fru its du
K arité, au m om ent ou peuvent être faits les
gros ach ats de beurre ou de noix, en août, sep­
tem bre et octobre.
MODE DE PREPARATION
Comment ce produit, sera-t-il exporté ? Sous
form e de beurre, de noix ou d’am andes sé­
chées ?
Dès à p résen t et san s qu’il soit nécessaire de
le dém ontrer longuem ent, il p a ra ît ratio n n el
d’écarter l’exportation sous form e de noix pour
deux raisons :
La prem ière réside dans le tau x élevé des
frais de tra n sp o rt à la tonne, éta n t donné que
Ton exporte à la fois le résid u du traitem en t
fo rm an t le to u rteau , la coque et l’eau contenue
dans l’am ande. ~
La seconde tie n t à la facilité avec laquelle les
m oisissures s’em parent de ces noix qui n ’ont
presque rien perdu de' leur hum idité en cours
de route, la coque se rom pt ou se fendille et l’a ­
m ande verte se décompose avec une g rande r a ­
pidité.
R estent donc le beurre et les am andes séchées.
A. •— Beurre.
Deux voies : l’ach at du beurre indigène ou
l’extraction directe dans des usines installées
su r place.
1° B eurre indigène. L a/prix de revient à B or­
deaux, d’une tonne de K arité serait approxim a­
tivem ent le suivant, en se b a sa n t su r un prix
de revient de fr. 0,25 le kilog à Koulikoro.
A chat ......................................'................... F r. 250
F ra is d’achat, m agasinage 10 % ......
25
V aleur des récipients ...........
120
Frais de Transport :
Koulikoro, Kayes .....................................
27
Kayes, B ordeaux .....................................
70
M anutention, Divers .................
8
Au to tal .................. F r. 500
M alheureusem ent au point de vue de l’intérêt
g énéral de la production, on doit faire de sé­
rieux reproches à ce genre d’exploitation.
a) Il occupe une m a in d'œuvre considérable,
femmes et enfants, qui serait infinim ent plus
utile à la récolte des noix. La p ré p a ra tio n de
4 kilogs de beurre dem ande une journée de tr a ­
vail et si nous désirons tab ler su r l’utilisatio n
de toute la production de fruits, il y a lieu de
libérer une g ran d e p artie de la m ain d’œ uvre
employée à cette p rép aratio n .
b) Il donne un faible rendem ent et fournit un
produit im pur. Une g rande p a rtie de la m atière
grasse reste en effet dans les résidus. Rende-

�L’EXPANSION COLONIALE
m en t de noix sèches en b eurre 18 %, et pend an t
la décantation, il ,se développe une odeur spé­
ciale bien connue, qui oblige à une purification
ultérieure.
2° Extraction mécanique. — A ce point de vue
seul, une extraction m écanique su r place a u ra it
l’av an tag e de donner u n p ro d u it exem pt de
m auvaise odeur.
M ais, indépendam m ent de cela* il y a lieu de
tenir-com pte que le prix du b eu rre indigène est
fonction du faible rendem ent obtenu, et su rto u t
du tem ps et du tra v a il pénible qu’exige sa p ré­
p ara tio n .
E t le problèm e peut ratio n n ellem en t se-poser
de la fab ricatio n dans des ateliers installés su r
place.
S ans p ré ju g e r des facilités d’in stallatio n , il
p a ra ît au p rem ier abord, que l’opération serait
sensiblem ent nlus av an tag eu se que le trafic d u
beu rre indigène.
Un étude p ré p a ra to ire s’im pose évidem m ent
et il y. a u ra it lieu, à m on sens, de la faire
a ss u re r le plus tôt possible.
B. — Amandes sèches
Les chiffres les plus in téressan ts des essais de
M. Vuillet, qui ont porté su r p lu sieu rs tonnes,
son t les su iv an ts :
R endem ent des noix fraîches en noix sèches :
4-7.5 %.
R endem ent des noix .sèches en am andes : 60 %.
E n chiffres ronds, il fa u t com pter que 4 ton­
nes de noix fraîches donnent une tonne d 'a ­
m andes sèches.
Les envois opérés p a r M. Vuillet, ont été p ré ­
p aré s p a r une m ain d’œ uvre salariée (récolte et
séchage des am andes), c’est-à-dire que les prix
indiqués sont sensiblem ent plus élevés que ceux
auxquels on p o u rra it obtenir la même m atière
des indigènes, même en su p p o san t que les
a ch a ts de noix vertes se fassen t au volume à la
facto rerie et que l’on assu re le séchage de ces
noix p a r des jo u rn aliers.
D ans le p rem ier cas, la tonne d’am an d es sé­
chées rev en ait à Koulikoro à fr. 50, en procé­
d a n t p a r l’ach at aux indigènes, ce prix descen­
d ra it au m oins à fr. 40.
Supposons q u ’u n com m erçant, in stallé à Niafadié (400 kil. de Kayes) en pleine région du
K arité, fasse une expédition su r B ordeaux, la
tonne d’am andes séchées re v ie n d ra it appro x i­
m ativem ent à :
P rix de revient ...'....................... F r.
E m ballage ..................................
Transport ■
N afadié, K ayes ......
Kayes, B ordeaux ........................
M anutention ................................

50
10
23
70
7

Au to tal .............. F r. 160
E ta n t donnée la richesse en b eu rre de l’a ­
m ande séchée, l’opération semble d éjà a v a n ta ­
geuse ; d’a u tre p a rt, il est à re m a rq u e r que le
prix indiqué de fr. 70 p our le tra n sp o rt en
F ra n c e est u n prix m axim um .
Il se ra it possible d’obtenir des prix bien plus
avantageux, é ta n t donné que la m atière est dis­
ponible p our l’exportation au m om ent des h a u ­
tes eaux du Sénégal (la m a tu rité des fru its est
successive et dure de ju in à fin août).
Les g ran d es m aisons établies en Afrique qui
sont à la fois des Sociétés de Commerce et de

59

N avigation, tro u v eraien t un double avantage à
s’occuper du k arité qui peut leu r fo u rn ir un fret
considérable po u r leu rs navires.
DAHOMEY
Au Dahomev on trouve le k arité dans le cercle
d’Abomey, m ais seulem ent en petite quantité
dans les parties nord -et ouest de ce cercle, s u r­
tout dans les te rra in s silico-argileux situés n
bordure du p lateau d’argile rouge ferru g in eu ­
se, su r lequel poussent des palm iers à huile.
Il y est d’ailleurs bien m oins vigoureux que
plus au nord.
Ce n ’est qu’à p a rtir d’une ligne a lla n t de Savalou à Savé qu’il commence à devenir fré­
quent dans la brousse et il est de plus en plus
abondant au fu r et à m esure que l’on s’avance
vers le nord. A Cabolé et B assila, au nord de
Savalou ainsi que dans la p artie nord-est du
cercle de Djougou, les pieds sont déjà nom ­
breux, m ais ce n ’est en p artic u lie r que dans le
secteur de K ouandé que les peuplem ents com­
m encent à devenir denses san s cependant être
jam ais riches. Ainsi dans les points les plus
favorisés aux environs de Kouandé, on ne
compte guère de 4 à 5 k arités à l’hectare. Le
Gourm a, dans ses parties les m oins sèches,pré­
sente plusieurs centres possédant d’assez g ra n ­
des quan tités de karité. Au fu r et à m esure que
l'on se rapproche de la zone semi désertique, il
d isp arait progressivem ent.
D ans le cercle de Say, la production ne suffit
pas aux besoins de la population : les m archés
en sont surto u t approvisionnés p a r le Borgou,
le Mossi et le Gourm a. Seule la région de Botou
possède quelques arbres.
Au nord de Savé il fa u t a rriv e r ju squ’à Kilibo et même Tchaourou p o u r trouver le k arité
largem ent représenté dans la brousse. Les en­
virons cle P a ra k o u possèdent à ce point de vue
des ressources certainem ent im portantes, m ais
là, ainsi que dans bon nom bre de régions, le
k arité est souvent m élangé au Méné qui souvent
même est l’essence dom inante. Au nord de P a ­
rakou, dans les régions de la N inaragourou,
P éréré, des peuplem ents relativem ent denses
couvrent des surfaces étendues. Cette zone est
probablem ent la plus riche du Dahomey.
Le beu rre de k arité se trouve su r tous les
m archés du h a u t Dahomey il sert aux indigè­
nes pour l’alim entation, la fab ricatio n des sa ­
vons et même l’éclairage.
Le beurre y est prép aré p a r un procédé a n a ­
logue à celui usité au Soudan et sa v aleu r sur
place varie de frs 0.20 à 0.25 selon île lieu.
Les conditions d’exploitation se présentent
donc d’une façon sem blable à celles du m ilieu
so u danais et ii fa u t s’atten d re à en voir expor­
te r une cartain e q u an tité dès l’arrivée du ra il
à Savé. C ependant le trafic n ’en deviendra réel­
lem ent im p o rtan t que p a r la prolongation du
rg ilw ay vers le H aut-D ahom ey.
L'Inspecteur de VAgriculture de VA. O. F.
Signé : Y. H e n r y .

�60

L’EXPANSION COLONIALE

C o u rs Coloniaux
V oici la liste des c o u rs q u i o n t été p ro fessés
à l’I n s titu t C o lo n ial d u 1er au 31 ja n v ie r 1908:
Vendredi, 3 jan v ier, à 5 heures, M. L a u re n t :
Le Fluor, le Brom e et l’Iode.
I jan v ier, à 3 h . 1/4, M. le Dr R ey n au d : L’h a ­
b itatio n coloniale, choix du lieu, p ré p a ra tio n
du sol.
L undi 6 jan v ier, à 3 h. 3/4, M. M asson : Géo­
g rap h ie coloniale : In d u strie s A lgériennes. —
A 5 heures, Dr J. de Cordemoy : Les éponges
aux colonies.
7 jan v ier, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud : Les villes
de l’Indo-Chine, leu r o rg an isatio n san itaire. —
A 5 heures, M. M asson : H istoire Coloniale : Co­
lonisatio n anglaise a u xvm ° siècle (suite).
8 jan v ier, à 3 h. 3/4, M. Babled : Les banques
coloniales (suite). — A 5 heures. M. Jum elle :
Les p lan tes féculentes ; p ré p a ra tio n des fécules.
9 jan v ier, à 8 h. 1/2 m atin (au p arc Borély),
M. D avin : E tude su r place des plantes colo­
niales.
10 jan v ier, M. L a u re n t : Le soufre.
II jan v ier, Dr R eynaud : L’h ab itatio n colo­
niale (suite) ; types d’h ab itatio n , construction,
am énagem ents.
L undi 13 jan v ier, M. M asson : H auts p lateaux
et steppes algériennes. — Dr J. de Cordemoy :
P ro d u ctio n et com m erce des éponges en T u ni­
sie.
14 jan v ier, D1' R eynaud : Le choléra ; épidé­
mies. — M. M asson : C olonisation fran çaise au
x v m e siècle.
15 jan v ier, M. B abled : Le crédit agricole aux
colonies. — M. Jum elle : L’in d u strie féculière.
16 ja n v ie r M. D avin : La culture de l’olivier
en Algérie et Tunisie.
17 jan v ier, M. L au ren t : N itrate de soude.
18 jan v ier, Dr R eynaud : L’h ab ita tio n colo­
n iale (suite), ventilation, aératio n .
L u n d i 20 jan v ier, M. M asson : Le S a h a ra
algérien. — Dr J. de Cordemoy : Les éponges
(suite); l’Ecaille dans les colonies.
21 jan v ier, Dr R eynaud : Le choléra ; com­
m ent il se propage ; com m ent on s’en préserve.
— M. M asson : Les colonies fran çaises et la
Révolution.
22 jan v ier. M. B abled : Le crédit agricole aux
colonies. — M. Jum elle : Ignam es, patates,
plan tes à arro w root, etc.
23 jan v ier. M. D avin : L’olivier en AlgérieTunisie (suite).
26 jan v ier, M. L a u re n t : Le phosphate de
chaux.
25 jan v ier, Dr R eynaud : L’h a b ita tio n colo­
niale (suite) : E clairage ; E loignem ent des im ­
m ondices : H abitations tem poraires.
Lundi 27 jan v ier. M. M asson : Le S a h a ra a l­
gérien (suite). — Dr J. de Cordemoy : Le corail
su r les côtes de l’A lgérie-Tunisie.
28 janvier, Dr R eynaud : L a dyssenterie épi­
démique. — M. M asson : Les colonies f ra n ­
çaises et la Révolution (suite).
29 janvier. M. Babled : Le crédit agricole aux
colonies (suite). — M. Jum elle : Les m aniocs.
30 jan v ier : M. D avin : Les différents modes
de reproduction des p lan tes d ans les cultures
coloniales.
31 jan v ier. M. L a u re n t : Le p hosphate de
chaux (suite).

On trouvera ci-dessous l’indication des
sujets qui seront traités par M M . les profes­
seurs des Cours Coloniaux durant le mois de
février :
M. le Dr R eynaud. — Hygiène coloniale (sa­
medi) : Costumes des E uropéens ; alim entation
dans les pays, chauds ; Boissons : E au potable
(collection, épuration). — Epidémiologie (m ar­
di) : D yssenterie épidém ique ; fièvre jau n e ; dé­
fense contre les m aladies épidém iques (police
sanitaire).
M. Masson. — G éographie (lundi) : A lgérie
j(fin) Tunisie. — H istoire ( m a r d i ) l a coloni­
satio n anglaise (1815-1850) ; la politique colo
niale, des deux R estaurations (1815-1848) ; Indes
néerlan d aises (système van der Bosch) ; colo­
nies espagnoles (ém ancipation des colonies
d’Amérique, Cuba, les Philippines), 1815-50.
M. le Dr Jacob de Cordemoy. — P ro d u its
anim aux. Les pêcheries et l’ind u strie m o ru tière
fran çaise à Terre-N euve : Les îles S ain t-P ierre
et M iquelon; leur rôle et leu r im portance com
nie centre de la pêche fran çaise su r les B ancs
et dans les eaux de Terre-Neuve. —1 La m orue ;
sa biologie et ses m igrations. G rande pêche et
petite pêche. Les B ancs de Terre-Neuve ; origi­
ne et topographie. A rm em ents pour la g ra n d e
pêche. La pêche su r les Bancs. Q uestion de la
boette. Accord franco-anglais de 1904 ; des con
séquences pour l’in d ustrie m orutière française
à Terre-Neuve. E ssais de pêche fran çaise s u r
le « T reaty Shore » d’après les dispositions de
la nouvelle convention. Tentatives de ch alutage
à v apeur su r les Bancs. — L a petite pêche dans
les eaux de S aint-P ierre et M iquelon. — La
produits des pêcheries terre-neuviennes : la m o ­
rue et sa p rép aratio n ; produits secondaires .
huile de foie et rogue, le u r p rép aratio n . — Ré­
glem entation générale ; les prim es. — R ésul­
tats com paratifs et récents de l’in d ustrie m oru­
tière française à Terre-Neuve.
M. Babled. — Législation coloniale : Le cré­
dit agricole aux colonies, 1° à l’usage des co­
lons : crédit réel. Crédit personnel réalisé
p a r une banque unique ou p a r la m utualité ; 2°
à l’usage des indigènes s Crédit réel. Crédit
personnel réalisé p a r une banque centrale ou
p a r la m utualité. — Caisses agricoles indigè­
nes du type européen. — Sociétés indigènes du
type européen. — Sociétés indigènes de p ré­
voyance, secours et p rêts m utuels. — Conclu­
sion.
M. Jum elle. — P ro d u its végétaux : Tapioca
et sagous ; le riz. culture, récolte et p ré p a ra ­
tion ; la canne à sucre.
M. Davin. — C ultures coloniales : Des diffé­
ren ts modes de reproduction des plantes d an s
les cultures coloniales : Semis, bouturage, m a r­
cottage, greffage, etc...
M. L aurent. - P ro d u its m in érau x : P h ospha­
tes de chaux, argiles et kaolins.

�61

L’EXPANSION COLONIALE

CHRONIQUE
P a s de M a l g a c h e s au T r a n s v a a l !

Nous n’avions pas été peu surpris de von
reproduit, par les journaux français, un’té­
légramme adressé de Johannesbourg au
Daily Telegraph de Londres, d’après lequel
on considérait comme probable et prochaine
l’utilisation de la main d’œuvre malgache
dans les mines du Transvaal. On parlait de
contrats en vertu desquels de 15.000 à 20.000
malgaches iraient tout de suite remplacer les
Chinois rapatriés et on affirmait aussi que
le gouvernement français avait donné un
avis favorable aux propositions faites aux
indigènes par les représentants du groupe
ouvrier.
C’était, en vérité, aller un peu loin. Dépeu­
pler Madagascar qui, pour une superficie
égale à celle de la France et des Pays-Bas
réunis, ne compte que 2 millions et demi
d’habitants, et la dépeupler méthodiquement
et administrativement au profit des mines
d’or du Sud Africain cela nous paraissait
assez invraisemblable.
Il y a lieu de se rassurer et ce n’est là
qu’une fausse alerte. L’Institut Colonial
Marseillais, où l’on s’est à bon droit ému de
cette nouvelle à sensation, s’est mis en con­
tact immédiat avec le Ministère des Colonies
et l'Expansion Coloniale est aujourd’hui au­
torisée à démentir l’information du journal
anglais. La main d’œuvre malgache, si né­
cessaire à la vie propre de la grande île,
n’émigrera pas au Transvaal et il faut s’en
féliciter. C’eut été tout de rhême pousser un
peu loin l’entente cordiale, qui, jusqu’à ce
jour, ne nous a pas fait participer à la sura­
bondance de la population indienne.
—s —
L e s avis d’a d ju d ic a tio n .

L’intérêt qu’ont les maisons de commerce
de la Métropole à connaître les dates et con­
ditions des adjudications des colonies est
loin d’être pris en considération comme il
conviendrait par certaines administrations
française d’outre-mecr. Nous pourrions citer
le cas d’une toute récente adjudication — il
s’agissait de 600.000 francs de fournitures
.pour Madagascar — qui avait été fixée au
10 décembre. Or, on n’en a eu connaissance
à Marseille, où les concurrents pouvaient
être nombreux, que par le .Journal Officiel
de la colonie du 21 septembre, arrivé dans
notre ville le 25 octobre, délai tout à fait
insuffisant pour permettre aux intéressés de
se mettre sur les rangs et de faire leurs offres
de service à la clientèle de Tananarive.
Un fait semblable et plus anormal encore,

s’est produit au sujet d’une adjudication de
vins en Nouvelle-Calédonie, fixée au 21 jan­
vier et dont le cahier des charges n’a été
connu à Marseille que le 15 janvier! La
correspondance télégraphique est vraiment
trop onéreuse, trop laconique et trop incer­
taine pour permettre une participation nor­
male à de telles adjudications.
Tout en reconnaissant l’intérêt qu’ont les
commerçants des colonies à se réserver ces
adjudications, il est indispensable qu’on ne
mette pas les maisons métropolitaines dans
l’impossibilité matérielle de faire leurs offres.
L’administration, d’ailleurs, n’a qu’à gagner
à la multiplicité de ces dernières.
Il suffirait d’une façon générale, de pré­
voir un peu plus à l’avance et d’annoncer
dans des délais moins restreints les adjudi­
cations assez importantes pour motiver l’in­
tervention,. en temps utile, des négociants
français.
—s i L ^ s C o t o n s a lg é r ie n s .

La dernière séance de la Société des Agri­
culteurs d’Algérie a été presque entièrement
consacrée à l’étude de la question cotonnière.
Ceci indique le mouvement très net qui se
produit de l’autre côté de la Méditerranée
en faveur de cette culture que naguère on
considérait comme négligeable et qui, très
rapidement, a conquis une place prépondé­
rante dans les préoccupations d’avenir des
planteurs algériens.
Les premières expériences, dont les résul­
tats ont été soumis à la Société, sont partculièrement favorables. Dans la région d’Orléansville, on a atteint à peu près 2.000 kilogs par hectare, représentant une valeur
de 12 à 1500 francs, environ 800 francs
net. Une usine d’égrenage va se monter
sous les auspices d’une société coopérative.
Dans la Mitidja, une vingtaine d’hectares
ont été cultivés avec succès. A Marengo, des
essais réussis ont déterminé un planteur
à étendre dans de notables proportions la
culture du coton. Celle-ci ira d’ailleurs en
progressant dans le département d’Alger tant
que les prix,actuels élevés se maintiendront.
Le prix du coton qui est actuellement le
double de ce qu’il était il y a quelques années
pourra baisser assurément. Nos colons peu­
vent se préparer d’ores et déjà à cette baisse
en créant des races adaptées au sol et au
climat qui leur permettraient de produire à
moins de frais;
Attendons-nous' à voir le légendaire bonnet
de coton qui connut, dit-on, avec le maréchal
Bugeaud les gloires des champs de bataille
d’Afrique revendiquer bientôt une place
d’honneur dans les attributs de l’agriculture
algérienne.
—Kl—

�62

L’EXPANSION COLONIALE

L e s th é s de nos C o lo n ie s .

On ne sait généralement pas assez combien
les thés récoltés dans les colonies françaises
sont supérieurs en qualités aux thés étran­
gers. Une note de M. Dybowski, présentée
par Mi. Muntz à l’Académie des Sciences,
vient d’affirmer à nouveau cette supériorité.
Elle établit, avec des chiffres probants, que
les thés d’Indo-Chine ont, au degré voulu,
toutes les qualités du thé le plus recomman­
dable, c’est-à-dire qu’ils sont suffisamment
riches en caféine et pauvres en tannin. Ils
ont donc les propriétés excitantes exigées et
la plus minime profportion de principes
astringants.
Si on compare notamment les thés d’IndoChine aux thés de Ceylan, on constate qu’ils
ont une teneur en caféine légèrement supé­
rieure. Mais le fait qui milite le plus en
faveur des premiers, c’est leur faible teneur
en tannin qui est, dans toutes les variétés
analysées, moitié moindre que dans les thés
de Ceylan.
A Madagascar, des essais de culture de thé
ont été entrepris dans les stations du service
de l'agriculture. Les résultats permettent
d’entrevoir la possibilité d’utiliser pour cëtte
culture les terrains des territoires d’altitude
moyenne. Ils donnent des produits dont les
qualités se rapprochent de très près de celles
des thés de l’Indo-Chine.
Il y a donc là pour nos -deux grandes colo­
nies matière à transactions ultérieures impor­
tantes avec la Métropole. Mais il .serait peutêtre bon, s’ils veulent accaparer le marché
français, et rien de plus juste, que nos plan­
teurs se préoccupent de recherche r les
moyens de donner à leurs produits, au mo­
ment de la préparation, l’aromatisation qui,
combinée avec le parfum naturel du thé, ont
valu aux qualités concurrentes la vogue dont
ejles ont bénéficié chez nous. Rien n’est à
négliger pour assurer aux thés de nos colo­
nies le monopole de la consommation fran­
çaise.
—K —

L e s P r o g r è s de l’A. O. F.

C’est M. Merlin, gouverneur général par
intérim de l’Afrique Occidentale, qui a ou­
vert la session du Conseil de gouvernement
qui s’est tenu à Dakar à la fin de l’année.
Son discours constitue le bilan le plus com­
plet et le plus détaillé des ressources actuelles
de la grande colonie qu’il administre, et le
tableau le plus réconfortant de ses progrès.
C’est ainsi qu’il nous permet de constater
que le commerce extérieur total qui attei­
gnait 131 millions en 1902 atteindra, après
une marche aceendante régulière, 190 mil­
lions en 1907. Le progrès est de 10 millions
par an et il n’est nullement fictif ni dû par
exemple aux importations de matériaux
payés avec les fonds d’emprunt.

Le gouvernement général, tenant compte
de l’excellente situation de la colonie et de
la crise industrielle qui sévit sur le monde
entier, a abaissé le taux de la mercuriale du
caoutchouc, ce qui représente pour lui une
perte de 2 à 300.000 francs. Il a supprimé
également les droits d’ancrage perçus au
Sénégal.
Malgré ces sacrifices, malgré les nouvelles
dépenses prévues, malgré l ’inscription de
crédits s’élevant à 6.500.000 francs en vue
d’exercer le service des intérêts et d’amortis­
sement des emprunts et d’autres dettes exigi­
bles, le budget prévoit encore 800.000 francs
pour travaux publics d’intérêt général. Enfin
on prévoit que le chemin de fer de Rayes au
Niger dont les excédents de recettes sont cha­
que année plus importants pourra prendre
bientôt à sa charge tout ou partie des 917.000
francs représentant l’amortissement de l’a­
vance consentie par le trésor pour sa cons­
truction. On aura ainsi de quoi faire large­
ment face aux charges prévues par l’exécu­
tion du grand programme de travaux en
cours d’exécution.
M. Merlin a conclu en payant un éloquent
tribut de louanges à l’administration sage et
prévoyante de M. Roume à qui revient l’hon­
neur d’une situation aussi satisfaisante. Le
Conseil du gouvernement tout entier s’est
associé à cet hommage. Il y a de quoi.
A. G.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M é tro p o le
Algérie. — Un décret d u 29 décem bre autorise
la perception en Algérie de l’octroi de m er de
1908 à 2912 inclusivem ent.
Un décret du 29 décembre ren d aipplicable en
Algérie les form alités relatifs à la circulation
dès vins.
Un décret dlu 10 jan v ier 1908 au torise le dé­
partem en t de C onstantine à racheter le chemin
de fer d’intérêt local d ’Aïn-Beïda à Kenchela.
Côte d'ivoire. — Un décret du 17 jan v ier fixe
à 60.000 kilogram m es la quantité de café oriein aire de la Côte d’ivoire qui p o u rra être adm ise
en France, p endant l’année 1908, dans les con­
ditions prévues p a r les décrets des 30 ju in 1892
et 25 août 1900.
Madagascar. — U n décret du 31 décembre
accorde la franchise de la taxe de consom m a­
tion aux sels neufs dén atu rés destinés à l’in d u s­
trie de la p rép aratio n des peaux fraîches.
Un décret du 31 décem bre proroge ju sq u ’au
31 décembre 1908 l’interdiction d’exporter des
vaches et génisses hors de la oolonies, sous r é ­
serve de pouvoir en so rtir u n nom bre égal au
10° de celui des bœufs exportés.
Un décret du 15 jan v ier au torise l’o u v erture
des trav au x du 18e lot du chem in de fer de Tan an ariv e à la côte orientale de M adagascar et

�L’EXPANSION COLONIALE
des trav au x d’in fra stru c tu re de la g are de Tanan ariv e.

63

deux, réservées aux Algériens, a été vendue.
E n résum é, su r cent dix propriétés m ises en
vente dans les tro is départem ents algériens,
Inde. —* Un décret du 15 décembre au to rise1 soixante-uinze ont trouvé acquéreurs. On ra p ­
l'ouverture des trav au x à exécuter pour l’adduc­ pelle que la vente doit d u rer une année, ju s­
qu’en septem bre 1908.
tion et la distribution d’eau à Pondichéry.
On peut acq u érir personnellem ent ou p a r
m andataire. La propriété est attrib u ée le jo u r
C o lo n ie s
même à la prem ière personne qui s’est pré­
sentée rem plissant les conditions, sous réserve
Tunisie. — 31 décembre, arrêté du Piésident
qu’aucune au tre dem ande n ’a été form ée dans
gén éral in stitu a n t u n Comité d’organisation
d’un Concours agricole, com m ercial et ind u s­ la fournée.
triel à Bizerte en 1908.
La récolte des vins en Algérie en 1907. — La
31 décem bre, décret beylical créant u n office
du trav ail.
centralisation des déclarations de récolte pres­
crites p a r l’article prem ier de la loi du 29 ju in
dernier vient d’être term inée dans les bureaux
Congo. — 3 décembre, arrê té du Com m issaire
général sou m ettan t au régim e du bassin con­ du gouvernem ent général. E n voici les résu l­
ta ts pour les trois départem ents algériens :
ventionnel les m arch an d ises p én étran t p a r la
Superficie des vignes en production, Alger,
frontière du Cam eroun dans les territo ires si­
59.511 hectares ; O ran, 76.490 hectares ; Constués au nord de la lim ite du dit bassin.
tantine, 10.944 hectares territo ires du sud et
4 décembre, arrêté du Com m issaire général
de com m andem ent, 40 hectares. Total, 146.985
ra p p o rta n t celui du 13 février 1907 et fixant
hectares.
pouir l’année 1908 la taxe de récolte à percevoir
Q uantité de vin nouveau récoltée en 1907 :
su r le caoutchouc p ro v en an t des territoires
Alger, 4.768.248 hectolitres ; O ran, 3.175.473 hec­
dom aniaux n on concédés.
to litres ; C onstantine, 657.180 hectolitres ; te rri­
29 novem bre, a rrê té s du Com m issaire général
toires du sud et de com m andem ent, 327 hecto­
p o rta n t de 180 fran cs à 200 fran cs p a r hectoli­ litres. Total, 8.601.228 hectolitres.
tre d’alcool p u r le d ro it d’im portation su r les
Stock en vins vieux des récoltes an térieu res ;
spiriîueux ; le droit d’accise s u r les eaux-deAlger, 342.466 hectolitres ; O ran, 125.454 hecto­
vie, spiritueux et liqueurs obtenus p a r d istilla­ litres ; Constantine, 103.650 hectolitres ; te rri­
tion ; la taxe de consom m ation su r tes alcools,
toires du sud et de com m andem ent, 36 hecto­
sp iritu eu x et boissons distillées.
litres. Total, 571.606 hectolitres.
Total des quan tités de vins déclarées : Alger,
lndo-CMne. — 4 décembre, arrêté du Gouver­ 5.110.174 h ecto litres; O ran,3.300.927 hectolitres;
n e u r général au to isan t MM. Noël P ard o n et
Constantine, 760.830 hectolitres ; territo ires du
Georges Degoy à o u v rir des m agasins généraux
sud et de com m andem ent, 363 hectolitres.Total,
à Saigon.
9.172.834 hectolitres.
•J. L.
Essais cotonniers dans la vallée du Sénégal.
— Des échantillons de cotons a p p a rte n a n t aux
variétés égyptiennes Mit-Afifi, Abassi et Yanovitch, récoltés à la station de Richard-Toll dans
des cultures irriguées, ont été soum is à l’exa­
men des experts du H avre. L eur rendem ent à
A g r ic u ltu re . — C om m erce.
l’égrenage a été- de 30 % de fibres et 70 % de
In d u str ie . — M arine.
graines, c’est-à-dire norm al. L’attention des
é
experts a surto u t été attirée su r la qualité des
types Mit-Afifi et Tanovitch. Il y a donc lieu
La vente des terrains en Algérie. — Le B ul­ de développer la culture du coton au Sénégal
letin de l'Office du gouvernement général de
comme déjà dans la vallée du Niger.
l'Algérie donne les renseignem ents suivants
su r la colonisation en Algérie.
L'Exportation Algérienne, — Les statistiques
D ans le départem ent d’O ran, su r vingt-huit
officielles du commerce de l’Algérie pour 1907
propriétés du groupe W aldeck-Rousseau, 25 viennent de p a ra ître ; elles apportent une p re u ­
sont déjà vendues ; aucune propriété ne reste
ve nouvelle de l’essor de notre belle colonie
disponible au titre algérien. Seize propriétés
nord-africaine. On ne se dit pas assez en
su r dix-neuf, qui éta ie n t réservées aux im m i­ France, ni même en Algérie, que le commerce
g ra n ts ont été acquises p a r ces derniers. Aux
algérien est celui d’une puissance m ondiale ; il
Abdellys, les A lgériens ont acheté les six pro­ atteignit, en 1907, le chiffre im posant de 774
priétés qui leu r étaien t attribuées. Aucun ac­ m illions, plus des tro is q u arts d'u n m illiard de
q u éreu r m étropolitain ne s’est encore présenté;
francs. Si de plus or&gt; tient compte du commerce
vin g t propriétés sont réservées aux im m i­ dit général, c’est-à-dire de celui qui porte su r des
gran ts.
m archandises non consommées dans la colonie
D ans le d épartem ent d’Alger, tous les lots de
ou provenant d’elle, cette addition élève à 820
B u rd eau et B ourlier sont vendus. Ceux de
m illions de francs le total général, dont 461
M oudjebeur sont réservés pour une vente ulté­ m illions pour lès im portations et 359 m illions
rieu re. Les deux lots réservés aux A lgériens,
pour les exportations. P a rm i celles-ci, les cé­
à M asqueray, ont été vendus. Il reste les q u a­ réales figurent pour 79 m illions ; les vins, pour
tre lots réservés aux im m igrants. A F rom entin,
61 ; les bestiaux, pour 28 et les m inerais, pour
tro is propriétés su r cinq, réservées aux im m i­ 28 égalem ent. Ce sont là des chiffrés réconfor­
g ra n ts, ont été vendues. Une propriété su r
tan ts, qui prouvent le développement, la vita-

VIE ECONOMIQUE DES COLONIES

�64

L’EXPANSION COLONIALE

lité qu’aq u iert, chaque année, notre belle pos­
session de TA frique du Nord.
Le commerce de la laine au Soudan. — Le
centre du m arché de la laine est Mopti. C’est
le point où est réu n ie toute la lain e achetée
dans les divers centres pro d u cteu rs pour y être
m anutentionnée, pressée et em ballée av an t
d’être tran sp o rtée en F rance. Des stocks assez
im p o rtan ts y sont p arv en u s de D iafarabé, Hourom ody et K ouakourou, centres im p o rtan ts des
rives du N iger en am ont de Mopti, ain si que
de quelcrues centres des bords du Bani. La
cam pagne lain ière de 1907 s’est term inée avec
la saison sèche et les m outons sont p a rtis aux
prem ières pluies p our la tran sh u m an ce.
Sept m aisons se sont livrées, au commerce de
la laine et tous les stocks achetés p a r elles sont
constitués de laine m élangée de poils. Ce mé­
lange est d’ailleu rs accepté p a r l’in d u strie fra n ­
çaise et la vente semble en être suffisam m ent
rém u n ératrice.
La culture du maïs au Dahomey. — Le m aïs
a acquis au Dahomey, p en d an t l’année 1906,
une im portance économ ique considérable, dont
on peut ju g er p a r les chiffres suivants, relevés
su r les statistiq u es officielles du service des
douanes.
En 1904, cette céréale a donné lieu à une ex­
po rtatio n de 207.367 kilogram m es qui s’est éle­
vée à 2.059.C6S kilogram m es en 1905, et 7.281.774
en 1906.' La progression suivie m ontre avec
quelle rap id ité s’est développé un commerce
qui n ’existait pas encore il y a tro is a n s et
donne une ju ste m esure de la facilité avec
laquelle les indigènes ont accru leurs cultures
de maïs.
Cet accroissem ent si rap id e de la production
m ontre to u t l’in térêt q u ’il convient d’attach er
actuellem ent à la question du m aïs en Afrique
Occidentale.
Champs d'essais au Gabon. — Le lieu ten ant
gouverneur p a r intérim du Gabon, M. Telle,
vient d’ordonner aux chefs de "poste la création
de cham ps di’essais, co m p ren an t des carrés
ensem encés de m aïs, de riz, de m il, de sorgho ;
des sem ences leu r seront données dans ce but.
Il s ’ag it de m o ntrer aux indigènes com m ent on
cultive ces gram inées et de développer ain si la
production agricole q u i est insuffisante au
Congo.
L'industrie séricicole au Tonkin. — Depuis
la création à Phu-lang-T huong de la station
séricicole, les h ab itan ts de la province, grâce
à l’exonération de l’impôt s u r les te rra in s cu lti­
vés en m û riers et à la distribution g ra tu ite des
graines, com m encent à s’adonner su r une vaste
échelle à l’élevage des vers à soie.
Des expériences ont été entreprises au su jet
du croisem ent de races diverses de vers à soie
et l’élevage de races étrangères. Les vers de la
race blanche cantonnaise, au dire d'es sérici­
culteurs de la région, sont plus robustes que
les vers indigènes quoique leu r éducation dure
deux jo u rs de moins. La race produite p a r des
m étissages fran çais-an n am ites exige trop de
soins p our qu’elle soit répandue utilem ent chez
les sériciculteurs indigènes.
Les dem andes de graines se font de plus en

plus nom breuses et les sériciculteurs viennent
de 20 à 30 kilom ètres à la ronde chercher de
la g raine sélectionnée et vendre leurs cocons.
L’Ecole de sériciculture de Nam -Dinh prend
de jo u r en jo u r plus d’extension. Les dem andes
d’adm ission affluent et l’on est obligé de faire
une sélection. L’élevage du ver à soie, dans
cette province, est en très grande progression.
Le commerce des bois en Indo-Chine. —
L’am énagem ent et l’exploitation rationnelle
d’une p artie encore restreinte des forêts de
l’Indo-Chine com m encent à donner, notam m ent
en Cochinchine où l’on peut considérer le do­
m aine forestier comme à peu près inventorié,
des résu ltats assez satisfaisan ts pour que les
besoins des pays de l’Union une fois pourvus,
il reste un uisponible reltivem ent considérable
d’essences exportables p a r l’excellence de leur
espèce.
Les chiffres de l’exportation des bois, soit sur
France, soit su r les divers pays d’Extrêm eOrient, avec lesquels l’Indo-Chine est en re la ­
tions actives d’échange, vont de ce fait chaque
année Croissant en p articu lier pour les essen­
ces de choix, que leurs ra re s qualités font ap­
précier en Europe à l’égal, sinon de préférence,
de nos essences m étropolitaines les plus rech er­
chées.
Le L im notam m ent, que sa n atu re im putres­
cible et l’extrêm e dureté de sa fibre rendent
propre à divers usages mieux que toutes a u ­
tres essences couram m ent employées, est ac­
tuellem ent considéré p a r certaines industries
m étropolitaines comme une essence u u ’il serait
précieux de pouvoir se pro cu rer en plus grande
quantité et à m eilleur compte.
D’après le rap p o rt des douanes et régies su r
le commerce de l’Indo-Chine, les bois divers,
bois à b rû ler et charbon de bois se sont élevées
en 1906 à l’exportation à 11.058.794 kilogram m es
a y a n t une valeur, globale de 1.021.323 francs.
Ces chiffres m éritent de fixer l’attention, car
notre colonie p assait ju sq u ’à présent pour suf­
fire seulem ent à ses propres besoins.
Si on exam ine le détail des envois, on cons­
tate l’im portance déjà prise p a r le « lim » :
292.000 kilogram m es su r la France, et 700.000
kilogram m es vers les po rts de Chine. A signa­
ler ensuite, le bois à b rûler, 1.750.000 kilogram ­
mes environ ; le charbon de bois, 3.740.000 ki­
logram m es environ ; plus de 100.000 kilogram ­
mes d’écorce de palétuviers ; 450.000 kilogram ­
m es de bam bous et 3.866.000 kilogram m es de
rotins, to tal no n négligeable.
Commerce des dix premiers mois de 1907 à
la Martinique. — Voici, d’a p rè s'le s statistiques
dressées p ar la douane de la colonie, les chiffres
du commerce ex térieu r du 1er ja n v ie r au
1er novem bre 1907 et 1906 :
1907
1906
Im portations ............
E xportations ............

h'vo nno
12.733.084 11.958.948
16.829.103 17.110.618

29.562.187 29.069.566
P e n d a n t cette période, les exportations de
sucre d’usine se sont élevées à 36.762 tonnes,
contre 42.202 tonnes en 1906 et celles de m élasse
à 252 tonnes, contre 277 tonnes. P a r contre, le

�L’EXPANSION COLONIALE
rh u m et le tafia ont progressé de 9.074 hectoli­
tr e s ,4 10.592 hectolitres. Les expéditions de
cacao so n t inférieures à celles de l’an dernier :
264.526 kilogram m es, contre 304.232 kilogram ­
mes.

TRAVAUX PUBLICS AUX COLONIES
Le total des dépenses annuelles. — Le relevé
des dépenses de trav au x publics inscipts dans
les budgets locaux des colonies, p o u r l’exercice
1907, donne u n to tal de 25 m illions de francs,
san s l’A lgérie-Tunisie. Les prin cip ales colonies
figurent p our les chiffres su iv an ts : Afrique
occidentale, 10.223.000 fran cs ; Indo-Chine,
6.433.000 fran cs ; M adagascar, 4.465.000 fran cs ;
M artinique, 820.000 francs. ; Congo, 716.000
fran cs ; G uyane, 688.000 fran cs ; Nouvelle-Calé­
donie, 527.000 fran cs ; G uadeloupe, 507.000
francs. Les subventions m étropolitaines aux
chem ins de fer du Sénégal, du Soudan, de la
R éunion et de la côte des Som alis sont à ajo u ­
te r à ces chiffres, qui ne com prennent p as les
g ra n d s trav au x de chem ins de fer et a u tres ef­
fectués su r fonds d’em p ru n t ; le to tal de ces
em p ru n ts a tte in t 525 m illions de francs.
Algérie. — Les tra v a u x de construction du
chem in de fer de Tlem cen à la frontière m aro ­
caine sont poursuivis assez activem ent. Le
gouvern eu r général a auto risé l’ouverture à
l’exploitation en novem bre, de la section de
Tiem cen à T urenne, et a homologué une pro­
position de la Com pagnie de l’Ouest-Algérien
a y a n t p our objet l’application, su r la section
Tlem cen à T urenne des ta rifs généraux, spé­
ciaux et com m uns de g ran d e et de petite vi­
tesse en vigueur su r les lignes en exploitation
de la Compagnie.
Tunisie. — L a D irection des trav au x publics
a donné de gré à gré les trav au x de construc­
tion provisoire du tronçon ferré devant relier
Bir-K assa à L a Goulette, pour le tra n sp o rt des
m in erais de fer des Djebels S lata et D jerissa.
Les trav au x , co n sistan t en l’établissem ent d’une
voie à l’am éricaine, ne com porteront que très
peu de terrassem en ts puisque les ra ils sont
sim plem ent fixés aux trav erses ; il fa u d ra seu­
lem ent que les tra in s m arch en t à petite vi­
tesse p o u r éviter les accidents.
D’a u tre p a rt, une drag u e a commencé les
tra v a u x d’approfondissem ent du p o rt de La
Goulette, qui p e rm e ttra aux n av ires de fort
ton n ag e d’accoster à l’appontem ent où seront
em barqués ces m inerais, dont les expéditions
p o u rro n t ain si com m encer dans les p rem iers
jo u rs de février. L’ad m in istratio n m e ttra p ro ­
chainem ent en ad ju d icatio n les tra v a u x de
construction définitifs du tronçon B ir-K assa à
L a Goulette.
D ahom ey.— La construction de la ligne ferrée
de Porto-N ovo à Saketé, su r la fro n tière du
Lagos b ritan n iq u e, continue à av ancer ; en
octobre a été ouverte à l’exploitation la p artie
du tra m w a y de Saketé com prise entre Couti et
Lagbé.
L’h o ra ire actuel est m ain ten u poui le p a r ­
cours des tra in s entre Porto-Novo et Couti ;

65

entre Couti et Lagbé. les tra in s s’a rrê te n t aux
haltes de Kô et Baiiigbé.
M adagascar. — Au cours de son séjo u r, en
France le G ouverneur général a déclaré que
son p ian de trav au x publics com prenait n o tam ­
m ent la route d’A ntsirane (Diégo-Suarez) à
Ambato, 200 kilom ètres ; la route du lac Alaotra à. la m er, 197 kilom ètres ; la réfection de la
route de l’Ouest, 346 kilom ètres ; des trav au x
u rb ain s à T an an ariv e ; des adductions d’eau
(Tulear, M aevatanana) ; des achats et tra n s ­
ports de ponts m étalliques ; u n w h arf à Analalava.
Ce program m e, qui sera commencé en 1908,
com porte une dépense totale de 9.255.000 francs
et sera exécuté en trois ou q u atre années, au
m axim um . S ur l'ex ercirj prochain, il lui sera
consacré une somme de 3.415.000 francs.
Au program m e qui précède, il fa u t ajo u ter le
prolongem ent du chem in de fer de Brickaville
à Tam atave, dont le coût ne dépassera pas
6.500.000 francs. Tous les trav au x , routes et
chem ins de fer, feront l’objet d’adjudications
publiques.
Indo-Chine. — La ligne ferrée de Hué à
Q uang-Tri est term inée et a été livrée à la c ir­
culation en fin octobre ; la voie s’avance ju s­
qu’à six kilom ètres au-dessus de Quang-Tri.
P a r a rrêté du gouverneur général du 30 sep­
tem bre 1907, des études seront entreprises pour
la construction d’une ligne de chem in de fer
jo ig n an t au Mékong la ligne T ourane à Hué et
Q uang-Tri ; le point de d ép art sera près du
term in u s de ladite ligne et le point d’arrivée
près de S avanaket.
E n date du 1er octobre a été m is en vigueur
le service d’exploitation de la ligne ferrée de
Pilot de l’observatoire de' T ourane à Païfoo.
D’a u tre p art, en octobre, l’ad m in istratio n su­
périeure a autorisé l’exécution en régie des tr a ­
vaux de creusem ent du chenal re lia n t la r i ­
vière de T ourane au m ouillage de l’observa­
toire.
Guadeloupe. — Au cours de sa dernière ses­
sion, le Conseil général de la G uadeloupe a
adopfé un projet d’em prunt de 4.730.000 francs.
Une g rande p artie de cette somme sera affec­
tée à des trav au x publics, p arm i lesquels on
tro u v e .: A m élioration des services h o sp ita­
liers 400.000 fran cs ; P o rt de la P ointe-à-P ître
455.000 francs j Conduite d’eau de Pointe-àP itre 225.000 francs ; Conduite d’eau de BasseTerre 100.000 fran cs ; Chemin de pén étratio n
dans les com m unes de la G uadeloupe 60.000
francs ; A ppontcm ents à Deshaies, PointeNoire, B ouillante et Trois-Rivières 60.000
fran cs ; Routes de M arie-G alante 50.000 fran cs ;
Chemins et in stallatio n du Nez-Cassé et dé Sofaïa 60.500 francs.
Si la m étropole consent à ne p as réclam er le
rem boursem ent de l’avance d’un m illion con­
sentie à la colonie pour ré p a re r les dégâts occa­
sionnés p a r le trem blem ent de terre de 1897,
cette somme sera affectée à la création d’un
service des eaux dans les com m unes de la
G rande-Terre. E n outre, su r le to tal de l’em ­
p ru n t, 1.000.000 serv irait à créer une banque de
crédit agricole.
J. L.

�66

L’EXPANSION COLONIALE

LES INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE

! ce solennelle 1’ « Alliance française »' assisté de
S Mme M astier, la gracieuse femme de M. le P ré ­
fet, et de M. Jacques Léotard, secrétaire généI ra l des deux sociétés. Cette conférence av ait
attiré une énorm e affluence et a été des plus
intéressantes.

L a Société de G éographie et d’études colonia­
SYNDICAT DES EXPORTATEURS
les vient de voter une souscription à la nouvelle
m ission fran çaise au Pôle Sud, organisée p ar
Au cours de l’audition des intéressés qui a
le Dr Charcot, sous le p atro n ag e de l’Académie ; suivi la conférence faite à la Cham bre de Com­
des sciences. Elle a, en outre, décerné une mé­ m erce p a r M. Klotz, président de la Commis­
daille de bronze à la collection des « Guides
sion des douanes de la Cham bre des Députés,
Pol » d u sud-est de la F rance. Comme co n tri­ le 8 janVier M. A. A rtaud, président du Syndi­
b ution au Congrès des Sociétés savantes à la
cat, a présenté des dépositions écrites au nom
Sorbonne en 1908, la Société a envoyé au m i­ du S yndicat des E xportateurs.
n istère de l’In stru c tio n P ublique u n mémoire
M. le M inistre des Colonies a y a n t bien voulu
de M. B arré, bibliothécaire, s u r l’im m igration
répondre à la réclam ation du S yndicat contre
française dans les Bouches-du-Rhône et l’ém i­ l’arrêté du G ouverneur général de M adagascar
gration de ce départem ent dans les a u tre s cir­
réglem entant les débits de bçissons, p a r une
conscriptions m étropolitaines.
lettre d éclaran t qu’il n ’y a u ra it pas d’effet
Le 10 janvier, une délégation du b u reau de
rétroactif et fo u rn issan t divers éclaircisse­
la société, a y a n t à sa tête M. Bohn, vice-prési­ m ents, le P résid en t du S yndicat a rem ercié p ar
dent, a salué à son débarquem ent le général
une lettre du 21 jan v ier le m inistre des colo­
Drude, com m andant des troupes fran çaises à
nies et lui a renouvelé le désir de voir favoriser
C asablanca, revenant du Maroc.
dans la colonie la consom m ation du vin, qui
Le jeudi 16 janvier, à 9 h eures du soir, la So­ am ène p a rto u t la dim inution de l’alcoolisme,
ciété a tenu une séance générale dans sa g ra n ­
précisém ent recherchée p a r le gouverneur géné­
de salle de bibliothèque sous la présidence du
ral. M. A rtaud et M. Fouque, secrétaire géné­
professeur Gaffarel, président de la section co­ ra l du Syndicat, ont d’ailleu rs en tretenu de la
loniale, pour entendre deux intéressan tes con­ question M. A ugagneur à son em barquem ent
férences de MM. A. M eynard, publiciste, ex
de M arseille le 10 janvier.
chargé de m ission du gouvernem ent général de
rindo-C hine, su r « la vie européenne au Tonkin », et Ch. Berchon, explorateur, m em bre de
la Société de P a ris, su r « six mois à Cuba »,
avec projections lum ineuses.
Le dim anche 26 jan v ier, à 5 h. 1/2, d an s l’am ­
p h ith éâtre de la F aculté des sciences, une con­
férence publique avec projections a été donnée
Le 11 février 1908, il se ra procédé, dans la
p a r la Société de G éographie de concert avec
salle des séances de la Commission P e rm a ­
l’Alliance française, su r « l’Am érique uu Sud »,
p a r M. Eug. Gallois, l’explorateur et publi­ nente des M archés, à l’Office Colonial (Galeries
ciste bien connu, qui a obtenu le plus vif suc­ d ’Orléans, P a la is Royal), â deux h eures et de­
cès. M. Gaffarel rep résen tait la société à la p ré­ mie du soir, à l’ad judication p a r voie de sou­
m issions cachetées de la fo u rn itu re des : A rti­
sidence de cette b rillan te séance.
cles de bureau, de dessin et scolaires nécessai­
res aux différents services des colonies pendant
ALLIANCE FRANÇAISE
trois années.

Avis d’Adjudications

Le Comité m arseillais de 1’ « Alliance F ra n ­
çaise p our la p ropagation de la langue n atio ­
n ale dans les colonies et à l’é tra n g e r » a tenu
son assem blée générale annuelle le sam edi 25
jan v ier, à 4 heures, à la Société de Géographie.
M. A drien A rtaud, p résid en t du Comité m a r­
seillais, au p rès duquel se tro u v ait Mme Mastier, présidente du Comité de Dames, a ra p ­
pelé le tra n s fe rt dans le nouveau local de la
rue N oailles et a signalé les tra v a u x de l’a n ­
née écoulée. Le com pte-rendu financier de M.
L. Bortoli, tréso rier du Comité, p o u r l’exer­
cice 1907, com prenant les subventions h ab i­
tuelles à dix écoles fran çaises en Egypte et au
Maroc, a été approuvé à l’unanim ité. M. Houllevigue, professeur à la F aculté des sciences, a
été désigné comme délégué régional pour la
propagande extérieure en fav eu r de l’œuvre. Il
a été procédé ensuite au renouvellem ent des
pouvoirs du B ureau du Comité.
Le lendem ain, à la F aculté des sciences, a eu
lieu la conférence précitée de M. Gallois sur
l ’Am érique du sud, organisée avec la Société
de Géographie. M. A rtaud p résid ait cette séan-

Le 12 février 1908, à neuf heures d u m atin,
a u ra lieu à P a ris (Office Colonial) et à trois
heures de l’après-m idi, à Noum éa, une a d ju d i­
cation de la fourniture des farines nécessaires
aux services militaires et à l'administration
pénitentiaire de la Nouvelle-Calédonie, mis^
une prem ière fois en adjudication le 23 décem ­
bre 1907.
Le 15 février 1908, à trois heures de l’aprèsmidi, iL «era procédé à M arseille, dans les b u ­
reaux du chef du Service Colonial, 63, boule­
vard des Dames, p a r voie de soum issions cache­
tées su r p ap ier tim bré, à l’ad ju d icatio n du foin
pressé destiné au service des subsistances m i­
litaires de la Cochinchine pendant Vannée 1908.
Les personnes q u i a u ra ie n t l’intention dte
concourir, p o u rro n t prendre connaissance des
cahiers des charges à l’In stitu t Colonial M ar­
seillais.

�L’EXPANSION COLONIALE

#■

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ..............................
456
—
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r , ..........
428 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o./o 1903, r. à 500..........
485 —
87 — Prot. Annam-Tonkin. obi. 2 1/2
( g a r .) ..............................
77
50
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
79 25
94 — — Em. 3 o/o 1903 (gar.)
91 —
465 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
458 50
3 1/2 o/o, 1 8 9 9 ....'.................
-------—
obi. 3 o/o 1902......................
410 —
480 — E m prunt Algérien, 3 o/o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
431 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897.................................
975
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895.................................
971
—
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898......................... ..
450 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
460 —
492 50 Col. de la M artin iq u e.......... .
470 —
470 — Afrique Occidentale, o/o 1903,
obi. rem. 500 (g ar.)........ . . .
451 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
504-25
B A N Q U E S C O LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cil! A lgérienne, act. de 500 t. p.
880 —
500 — Créd. Fonc. et A gric. d 'A lg .,
act. de 500 (250 p. n o m .).. . .
510 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
. 500 t. p .........................■........... 1320 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.).....................
270 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
( n i .............................................. 1100 —
500 — Banque de la M artinique, 500
t. p. (n.) ................................
526 —
500 — Banque de la Bèunion, act. de
500 t. p. (n ) ................... ■ ...
505 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .)............. 1344 —
500 —: Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
665 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1225 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
43 75
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ...................................
99 75
350 — Crédit F’oneier Colonial, obi.
5 o/o 350...................................
88 50
CH E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T COLONIAUX
500 — Cio Bône-Guelma, a. r. à 600..
671 —
Divers
— - obi. 3 o/o r. à 500.
430 —
500 — Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
715 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
420 —
500 — Ouest A lgérien, act. r . à 600..
648 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 424 —
------ Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500..................... ...........
420 —

67

340 — M écheria-Aïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500... .........................
420 —
-------Mouzbah-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
418 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
420 —
500 — Cliem. de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n an , act. 500,
250 fr. nom ............................... .................
438 50 Obi. priv. 3 o/o, rem. à 500 lib. 410 50
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650.................
870 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500 369 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.....................
423 50
V A L E U R S M IN IÈ R E S
-------Cbarb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............................................ 1540 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500...............................
500 50
500 — Algérie-Tunisie (O m n. ), act.
de 500 t. p ................................
477 —■
477 50 A lgérie-Tunisie ( Omn. ), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500...............
467 50
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .....................................
560 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1570 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ...................................... 1435 —
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p ........
626 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem. à 500.
497 —
— — Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
55 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p ................... .................
154 —
454 50 Pho: phate du Dyr, obi. 4 1/2,
&gt; rem, à 500.................................
480 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3880 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ... 3350 —
V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Com pagnie française de l’Afrique Occi­
dentale..................(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d e n ta le ............... (actions nouvelles).. 2165 —
C*« M arseillaise de M adagascar ............
771 —
M essageries Fluviales de Cochinchine.
323 —
Alima..............................................................
196 —
Alim aïenne....................................................
230 —
Congo occidental..............
435 —
Ekela Kadei Sangha..................................
160 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
450 —
Haute Sangha......................... ‘....................
147 —
H aut-O gôoué................................................
650 —
K ouilou-N iari..............................................
110 —
La Kotto.......................................................
600 —
Lobay..................................................: .........
125 —
M essageries Fluviales du Congo...........
235 —
N’Goko Sangha............................................
300 —
Ongomo.........................................................
170 —
Settè K am a.................................................
283 —
Sultanats du H aut-O ubangui................
925 —
Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Imprimerie du “ Sém aphore” B a r l a t ie r . — Marseille.
17-19, rue Venture.

«

�SER VICE POSTA L M ARSEI L L E - COLONIES
D é p a rts

de M a rs e ille
DATES DES DEPARTS

DERNIÈRE LEVÉE

DEPARTS

D E M A R S E IL L E

D E LA UOITE

DE S BATEAU X

A lg é rie

Voie de M arseille, O G ll!Trans.
»
T ransp.M ar.
»
Touache
Voie de Port-V endres.............

Départements d ’À lg e r et d ’O ra n
»
d ’A lg e r . . . ,

»
»
»

»

. ...

d ’A lg er et d ’O ra n
d ’O r a n .................

Voie de M arseille, O G leTrans.
»
T ransp.M ar.
».
CinGlp Trans.

de Constantine

T ransp. Mar.
T o u a c h e .. ..
CieG1'- Trans.
Cic Touache.

T u n i s ie .

Lundi, Mercredi, Sam edi.........

Mercredi et Samedi.
J e u d i.. ....................
Dim anche .............
V endredi...................
Jeudi et Sam edi___
M ardi.........................
M ardi.........................
S a m e d i.......... ........
Dimanche ...............
Lundi et Samedi . . .
J e u d i.........................
Lundi et V endredi..
M ercredi............
S a m e d i...................

»
C'? des M. M.
Voie deB rin d isi,p aq. Anglais.
Voie dcMarseille,CieF raissinet
A f r i q u e O c c id e n t a le
»
»
F r a n ç a is e
Voie de Bordeaux, Cin des Charg. Itéuu.
Voie de Marseille, T ransp. Mar.
S é n é g a l ............................
Voie de Dorcicaui àLisbonne, Cio des M. M.
D jib o u ti, M a d a g a s c a r , Voie dcMarseille,
»
»
»
R é u n io n e t M a u r i c e
D jib o u t i, M a j u n g a . . . . |
»
Cic Havraise.
»
Cic des M. M.
N o u v e ll e - C a lé d o n i e (
Voie de B rindisi, paq. Anglais.
e t N o u v e ll e s - H é b r id e s /
Voie de N ap les,p aq. A llem and..
Voie deM arseille, Cio des M. M.
In d e F r a n ç a i s e ............j
Voie d eB rin d isi,p aq. Anglais.
Voie de St-Nazairc, CicGln Trans.
G u a d e lo u p e
j
Voiedc Bordeaux,
»
et M a rtin iq u e
)
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
Voie de St-N azaire, C‘" Gle T rans.
G u y a n e F r a n ç a i s e ...J Voie d’A m sterdam , paq. N éerl..
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
In d o -C h in e .

T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

Un dim . sur déni à p. du 6 janr.
Vendredi ap. d. de Marseille . .

12 de chaque mois.
V e r s l e 2 0 de chaque mois.

24 de chaque mois.
20

»

Le Jeudi, I. L i t jours à p. du 4 janr.

10 d é chaque mois
25

»

Vers le 20 de chaque m ois.
Du dim. sur quatre à p. du 20 jan r.

Chaque Vendredi .

11 h. m at. 1 h. s o i r ..
3 h. 10 soir. 6 h. s o ir ..
3 h. 10 soir. 6 h. soir .
5 h. 20 mat. 6h. 15 mat.
5 h. 20 mat. 6 h. 15 mat.
3 h. 10 soir. 5 h . s o i r ..
3 h. 10 soir. 5 h . s o ir..
3 h. 10 soir. 5 h . s o i r ..
10 h .30 m m id i.........
10 h. 30 m . m i d i ....
3 h. 10 soir. 6 h. s o i r ..
10 h. 30 m. midi .......
10 h . 30 m . m id i.........
11 h. m at 1 h. s o i r ..
3 h. 10 soir. 7 h s o i r ..
10 h. mat i l h. m at...
10 h. soir
10 h m at. m id i..
10 h. m at. m id i..
6 h. 20 soir.
10 h. 30 m. m id i..
6 h .20 soir.
10 h. m at. 11 h. mat..
10 h. m at. 11 h. mat..
mat. ou soir.
10 h. m at 11 h. mat..
10 h. soir. 11 h. 36 s,

Tous les 28 jours à p. du il déc. l’a i.-T e ille lO h .s.
Cn Mercredi siir 4 à p. du J6 janr. 10 h. m at.

11 h . m at.

Vendredi ap .-m id i. 10 h. soir,
9 de chaque m o is .. l’avant—veille soir,
26

»
Le M erci.,1.1.14 jours à p .du 4 déc.
9 de chaque m o is ..
V cndr.,1.1.14 jo u rs à p .d u d l janr.
L e M c rc r.,ts l.l4 jnursà p.du 4 déc.

j Voie Le H avre et C herbourg

j

p a r New-York

A r riv é e s à M a rs e ille
A lg é rie :

Alger................................
C onstantine p a r Philippeville et B ône. . . . .
O ra n .................................
T u n i s i e ...........................
I n d o - C h i n e ...................
N o u v e ll e - C a lé d o n i e ..

Voie de B rin d is i..........

Lundi, Mardi, lle rc r., V endr., Dim.

Mardi, Jeudi, Samedi.
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

M ercr., V end., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jo u rs.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
Tous les 28 jo u rs.
Chaque Samedi.

R é u n i o n , M adagas­
c a r et Dj ib o u ti. .
G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
q ue , G u y a n e :

Voie
Voie
Voie
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de Saint-Nazaire
de B ordeaux........
d’A n g le te rre ........
de Marseille ___

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le V endr. tous les 11 jouis.
Vers le 13 de ch. mois

A f r i q u e O c c i d e n t a le :

Voie de B ordeaux ........
Voie de L iv e rp o o l,.. . .
Voie de M arseille........

Tous les 14 jo u rs.
Environ toulus les 2 semaines.

Dates variables.

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de l'E xp o sitio n Coloniale

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é l é p h o n e

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Photographie des Célébrités contemporaines
et de la haute Société Française et Étrangère
SEMAPHORE -

U A H L A T IE R -

IV lA H S L IL u c

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
E X T R A IT S

DES S T A T U T S

A rt . 2.

Cette association a p our b u t l’étude, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l’extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cu eillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rechercher les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
n e r et de provouuer toute m esure d’ordre légis­
latif, ad m in istratif ou économ ique qui lu i nara îtra it de n a tu re à favoriser Iss intérêts nue
m ettent en jeu les rap p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A rt . 3.

L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d roit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
C ham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
te u rs sont ceux qui dans le but de se-onder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In s titu t colonial,
Lui donnent un concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
corresp o n d an ts ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soit
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n a tu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’Institu t.
A

r t

. i.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande dtidhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée a u P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p en d an t
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 francs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o n ateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2" Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

SERVICES DE L’ INSTITUT
5, R u e

Noailles.

5
C o u rs

liez de-chaussée : Musée Com m ercial. •— Salle
des Cours Coloniaux.
1er étage : Musée Colonial.
3m0 étage : S ecrétariat général et B ureaux de
P In stitu t, B u reau de Renseignem ents. — R é­
daction de 1’ « Expansion Coloniale ».
(Syndicat des Exportateurs).
f2mo étage : Société de Géographie. — Alliance
Française).
M. le Dr Ileckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».

c o lo n ia u x

D irecteur : M. le D! H eckel.
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle.
P roduits anim aux et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M. Jacob de Cordemoy .
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson .
Législation et Économie Coloniales.
M. H. B abled.

Hygiène Coloniale.
M. le Dr R eynaud .

C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. D avin.

Comité de rédaction de 1’ « Expansion Coloniale »
MM. Adrien Artaud , P résident de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnem ents ; Louis Y t ier , Vice-Président ; .Jacques Léotard, Secrétaire ; P au l Masson, Professeur
à l’Institut, Membre du Conseil.— M. E. Moriceau, Secrétaire général de l’Institut. — M. Auguste
Giry , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.
Marseille. — Im prim erie du Sémaphore,

B

a r t .a t i r r

,

rue Verdure, 19.

�SAVON
de

la

BONNE MÈRE

�2in0 Année. — N" 4

Le Numéro : 5 0 centimes

l'-r Mars 1908

L'ËXMSIOE COLONIALE
B IT L L E T I3 S T

ID E

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
P A R A IS S A N T

LE

1er

DE

CHAQUE

M O IS

S O M M A IR E
P A O ES

PAG E S

Politique d’Association, Paul M a s s o n ..............
Institut colonial m arseillais.............................
Extraits des procès-verbaux......................
Extraits de la correspondance................
Bureau de renseignements......................
Musée c o lo n ia l..........................................
Cours coloniaux. .......................................
Mémoire présenté, en août 1901. au Congrès colo­
nial de Bordeaux, sur la Compagnie française

ABONNEMENT : F r a n c e

Rue

69

71
71
71
74
76
77

de l’Afrique occidentale, au sujet du Régime
économique et douanier des C olon ies.............
C h ron iqu e..........................................................
Les plantes coloniales et l'a lc o o l...................
Actes coloniaux o ffic ie ls .............................
17e économique des Colonies.............................
Institutions connexes..........................................
Avis d’a d ju d ica tion ..........................................
Marché des Valeurs coloniales..........................
Services maritimes jiostaux. . . • ...................

C o l o n ie s ,

et

N o a ille s ,

5

—

6

francs;

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8 Fr a n c s .

78
81
83
84
83
86
86
87
88

�IN S T IT U T C O L O N IA L M A R S E IL L A IS
Fondé sons le haut patronage de M. le Ministre des Colonies

Présidents d'honneur :

MM.
Le Gouverneur
Le

général
Gouverneur général
Gouverneur général

de l'Algérie.
de l'Indo-Chine.
de l’Afrique Occidentale

Le
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée.

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le Recteur de l’Université d’Aix-Marceille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
i-ÉHAGD, Augustin, Président Honoraire de la
Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

Membres fondateurs :

MM.
A rmand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Bergassk. H. et C‘\ — B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce.. — Charles R oux, Jules, Commissaire générai dé l’Exposition
Coloniale de Marseille 190G. — Compagnie des Che­
mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit L yon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Desbief, Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et c". — Gavoty , Charles. — Heckel, Edouard (1T),

Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — So­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — Société Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — Société Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — Société
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

Memlres donateurs :

MM.
J.-B. et A. A rtaud Frères.
Barlatier , Paul. —
Berger, C. — C.habrièhes, M orel et C". — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compacnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraissinet &amp; C"). — Compagnie de
Navigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français.— Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien Fabre &amp; C“. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils. — Estrine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraud, Augustin. Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailh at , H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon . Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A P avin de L afarge. — Ras tit , Henri. —
Rocca, T assy et D.: Roux. — E. Rodocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — Rodrigues-Ely , Amédée. — Société « la
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — V elten , Edouard. Membre de
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Za r if i .

CONSEIL D'ADMINISTRATION :

President : M. Desbif.f. Paul, Président de la
Chambre ue Commerce.
Vice-Présidents : H eckel, E. i'D’I. Directeur-Fonda­
teur du Musée Colonial ; P onsinet, A., Chef du
Service Colonial : Delibes , E., Président de la
Société de Géographie ; Dufay , Henri, Ancien
Vice-Président de la Chambre de Commerce.

Secrétaires : MM. A rtaud , Adrien, Membre de la
Chambre de Commerce, Président du Syndicat
des Exportateurs ; Barlatier , Paul, directeur
du « Sémaphore de Marseille ».
Trésorier : M. A rmand , Albert, Membre de la
Chambre de Commerce Président du Syndicat
Marseillais de la Marine Marchande.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane , J., Sous-directeur
du Comptoir National d’Escompte de Paris à
Marseille.

Membres :

MM.
A llest , J. (Dr), Administrateur-Délégué de la Com­

pagnie Générale Transatlantique.

A rnaud, Lucien, Minotier.
Bergasse, Alexandre, Négociant.
Besson, I,., Directeur de la Compagnie Marseil­

laise de Madagascar.
Blanc, E., Directeur de l'Exploitation de la Com­
pagnie des Messageries Maritimes.
Bohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
Administrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise dè l’Afrique Occidentale.
Bourdii.lon, A., Armateur.
Dufour, Antonin, Négociant.
Dufour, Jean, Président du Syndicat des Cuirs et
Peaux.
Estrine , Lucien, Vice-Président de la Chambre de
Commerce.
F ouque. Adolphe, Président du Syndicat d'initia­
tive de Provence.
Gaffarfl , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
Jacquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociant en cafés.
Toannon, A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.

MM'.
Jourdan, Félix, Juge au Tribunal de Commerce.
L éotard , Jacques, Secrétaire général de la So­

ciété de Géographie.

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

titut colonial.

R a s t it , Henri, Industriel.
Rodrigues-Ely , Amédée, Ancien

Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux. François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
T eisseire . Raymond, Avoué.
Usslaub, Léonce, Négociant.
Y tier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Za r if i , Périclès, Banquier.
Coui.on, Dominique, Délégué du Conseil Municipal
Delibes. J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément, Délégué du Conseil Municipal.
Maurel , Agricol, Délégué du Conseil Général.
Eug. T alon , Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.
Secrétaire aéaéral : E. V ooiceau, Administrateur

en cht-f dés Colonies en retraite.

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P A P E T E R I E M A R S E IL L A IS E
R u e P a r a d is , 2 9

�Deuxième Année.

N° 4

1er Mars 1908.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

thodes une révolution ; la réforme sera pour­
tant plus profonde et plus difficile qu’il ne
paraît; M. Chailley aura fait faire un grand
h 'U n io n co lo nia le fra n ç a is e , présidée par
pas à cette évolution décisive en demandant
notre éminent concitoyen M. Jules Charlesà la Chambre de sanctionner par un vote les
Houx, cette puissante- association qui exerce
déclarations de nos publicistes qui n’enga­
une si heureuse influence sur notre coloni­ geaient en somme que leurs auteurs. Comme
sation, a été des premières à prôner cette
conclusion à une interpellation déposée uni­
nouvelle méthode désignée couramment sous
quement dans ce but, au cours de la discus­
le nom de politique d’association. Celle-ci,
sion du budget, il a présenté l’ordre du jourvantée depuis quelques années par les plus
suivant : « La Chambre, confiante dans le
notoires des publicistes coloniaux, proclamée
gouvernement pour in tro d u ire e n fin dans la
nécessaire par tous les ministres qui se sont
p ra tiq u e , à l’égard des populations indigè­
succédé au pavillon de Flore, en passe de
nes, la théorie juste et féconde de la politi­
que d’association, passe à l’ordre du jour. »
devenir à la mode dans notre pays prompt
aux engouements, vient d’être, pour la pre­ La Chambre, qui semble quelquefois prendre
mière fois, l ’objet d’une imposante manifes­ à tâche de se déprécier elle-même, sait aussi
se relever parfois aux yeux de l’opinion fran­
tation à la Chambre des Députés. Le mérite
en revient à M. Joseph Chailley, directeur de çaise et de celle du monde. Elle a saisi l’une
l 'U n io n et député de la Vendée, qui s’est fait
de ces occasions et s’est honorée par un vote
en peu de temps au Parlement la place dis­ unanime en même temps qu’elle a honoré
tinguée qu’il méritait par sa longue expé­ notre pays. Voilà donc l’association devenue
rience, par sa rectitude de jugement, son la'politique officielle de la France dans ses
esprit pratique, son talent d’orateur net et
colonies.
incisif.
Nous attacher nos sujets par d’autres liens
Rapporteur du budget de l ’Algérie, M.
que par ceux de la crainte et fortifier par là
Chailley avait affirmé puis soutenu brillam­ notre domination, tel est le bénéfice que ses
ment, dans la discussion soulevée à ce sujet,
partisans font ordinairement valoir. Chez
que notre colonisation n’avait pas appauvri
nous, nous en recueillerons un autre, non
les indigènes, même, qu’au contact de nos
moins utile pour assurer l ’avenir. Les adver­
colons, iis avaient sensiblement amélioré leur
saires-les plus redoutables de la colonisation,
situation économique. Cela revenait à dire
les seuls qui comptent à l’heure actuelle, de­
que, plus ou moins consciemment, nous vront renoncer à l’argument humanitaire,
avons depuis longtemps pratiqué la politique
leur arme favorite, qui a toujours tant de
d’association sur cette terre d’Afrique. Et, à prise en France. Bien plus, s’ils sont consé­
ce propos, il n’est pas inutile de rappeler
quents avec eux-mêmes, ils -devront devenir
que, dans aucune portion de notre nouvel
les plus chauds partisans d’une expansion
empire colonial, la colonisation française
européenne qui peut être un puissant moyen
d’hier ne pouvait être qualifié d’oppressive.
d’amélioration sociale dans nos vieux pays,
Même les expédients momentanés suggérés
le plus actif ferment de progrès chez des
par d’impérieuses nécessités dans quelques
humanités arriérées.
districts du Congo ne constituent pas, sur ces
Mais, comme le dit l’ordre du jour, il s’agit
coins d’Afrique, un système ni une politi­ e n fin de faire passèr la théorie dans la prati­
que. Mais, entre l’oppression voulue, systé­ que. lié quoi ! la chose est-elle donc si d iffi­
matique, et la véritable association la dis­ cile ? Oui, malheureusement. D’abord, dans
tance est grande. Pratiquer sincèrement
notre pays, plus qu’ailleurs, nous sommes
celle-ci ce ne sera pas opérer dans nos mé­ coutumiers de belles déclarations qui restent

POLITIQUE DISSOCIATION

�70

L ’EXPANSION COLONIALE

trop souvent platoniques. Il ne serait pas dif­
ficile d’en trouver des exemples dans notre
colonisation même. Mais, pour pratiquer la
politique d’association, il ne s’agit pas seule­
ment de sortir de l’inertie, de rompre avec la
routine des vieux errements, il faut; avoir
l ’énergie de briser un obstacle puissant
l’opposition des vues, sinon des intérêts, en­
tre la métropole et ceux de ses enfants, colons
ou fonctionnaires, établis aux colonies. Toute
l’histoire coloniale est là pour en témoigner ;
bien avant la Révolution, il est arrivé fré­
quemment que les gouvernements métropo­
litains aient voulu sincèrement favoriser les
indigènes. Aucune colonisation ne passe, à
tort ou à raison, pour avoir été plus oppres­
sive que celle des Espagnols en Amérique au
xvie siècle. Qu’on relise les déclarations, les
ordonnances, les instructions du gouverne­
ment de Charles-Quint on y trouvera maintes
prescriptions ou maximes dont s’honore­
raient nos coloniaux les plus épris d’associa­
tion.
Qu’est-ce à dire ? C’est aue les Européens,
colons ou fonctionnaires, dépaysés sur une
terre lointaine, éprouvés par un climat dé­
primant et par une nature inaccoutumée,
noyés au milieu d’une population plus ou
moins hostile, penchent naturellement pour
l ’emploi de la manière forte, vis-à-vis des
indigènes. D’autre part, comme l ’a dit fort
justement M. Chailley dans la discussion du
budget, « quand les colons et les indigènes
sont en présence il faut aux colons un temps
très long pour se rendre compte que leurs
intérêts sont identiques à ceux des indigènes.
Au début ils les considèrent tous comme
contradictoires. »
Un pareil état d’esprit règne-t-il encore
dans nos colonies parmi nos compatriotes ?
Trop d’exemples le prouveraient surabon­
damment. En Algérie, en Indo-CÎiine, à Ma­
dagascar, pour ne citer que celles dont les
habitants sont le moins éloignés de nous par
leur civilisation, les indigènes sont trop sou­
vent habitués à être traités avec un mépris
ou un sans-gêne grossier que ne vient pas
atténuer la vieille politesse française en train
de passer, disent les esprits chagrins, à l ’état
de légende. On a même signalé l’attitude de
hauts fonctionnaires, qui devraient être plus
éclairés, vis-à-vis de hauts mandarins anna­
mites, leurs égaux dans la hiérarchie indi­
gène, habitués entre eux à des égards raffi­

nés. Ce tutoiement puéril dont la plupart
des Français, coloniaux ou métropolitains,
croient devoir user uniformément en pré­
sence de Noirs, d’Arabes, de Malgaches ou
d’Annamites, n’est que le signe le plus visi­
ble d’un état d’esprit, trop répandu.
Il y a plus, les premiers essais de politi­
que d’association ont déjà suscité des mécon­
tentements èt des protestations. En novembre
dernier s’est réunie pour la première fois la
commission consultative indigène du Tonkin, création de M. Beau. L ’institution n’a
pas donné immédiatement tous les résultats
qu’on en peut attendre dans l’avenir. A cela
quoi d’étonnant ? Pourtant la presse locale
s’est empressée d’exagérer les fautes commi­
ses par ces indigènes, conviés à une tâche
absolument nouvelle,' pour attaquer et con­
damner l’innovation.
Au même moment les Français de Tunisie
faisaient une manifestation plus nette. M.
Pichon, avant de quitter le protectorat,
avait préparé la réforme de la conférence
consultative. Seize indigènes choisis par
l’administration y ont été introduits. De là
un mécontentement v if et non dissimulé.
Dans la session de novembre dernier, les in­
digènes se sont montrés dignes de siéger à
côté des délégués français par leurs disposi­
tions conciliantes et leurs discours très mesu­
rés. Pourtant la majorité a repoussé le vœu
auquel ils tenaient le plus, demandant la
multiplication des écoles franco-arabes. Elle
en a adopté un autre tendant, au contraire,
à ce que les enfants européens et indigènes
fussent absolument séparés dans les écoles
du protectorat. Voilà quel était l’état d’esprit
des colons tunisiens au moment où M. Chail­
ley faisait voter son fameux ordre du jour,
au moment où M. Colin, le distingué député
d’Alger, montrait, dans son rapport sur le
budget de la Tunisie, la nécessité de dévelop­
per l’enseignement indigène.
Donc, qu’on ne se le dissimule pas, il fau­
dra beaucoup d’esprit de suite et d’énergie
pour faire accepter dans nos colonies les me­
sures inspirées par la politique d’association.
Il en faudra davantage encore pour les faire
exécuter loyalement. Il faudra plus, un véri­
table apostolat, longtemps prolongé, pour
transformer du tout au tout l’état d’esprit et
des moeurs de la majorité des Français qui
sont aux colonies.
Certes, nous sommes de ceux qui redou-

�L ’EXPANSION COLONIALE
t'ent toutes les exagérations surtout pelles des
théoriciens. Il importe, si l’on veut réussir,
de rassurer tout d’abord nos colons et nos
fonctionnaires coloniaux sur ce que doit être
l’association. Il ne peut être question de sa­
crifier inconsidérément aux billevesées hu­
manitaires. Il faut tenir compte des différen­
ces de pays, de races, de circonstances ; il
faut rester pratiques, ré a liste s , dans l’inté­
rêt des indigènes, autant que dans celui de
nos colons. Qu’il soit bien entendu que la po­
litique d’association ne consiste pas du tout
dans l ’abandon des entreprises agricoles,
industrielles, commerciales des Européens
aux colonies. Par définition même elle doit
assurer, grâce à l’activité heureusement com­
binée des Européens et des indigènes, la
prospérité économique de notre domaine
colonial et contribuer par là à la richesse en
même temps qu’à la grandeur de la métro­
pole.
Paul M a s s o n .

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
Le Conseil d’Administration de l ’Institut
Colonial Marseillais s’est réuni le 20 février,
dans la salle de ses séances.
L ’assemblée était particulièrement nom­
breuse.
Il a été procédé à la nomination de trois
membres correspondants :
MM. le docteur Vidal, à Alger ; Rouquerol,
à Tunis ; et le chérif Ahmed Drïcï, à Rabat.
Le Conseil a été mis au courant par son
Président des modifications apportées sur
la demande des Exposants, aux heures d’ou­
verture du Musée commercial dont les visi­
teurs se composent actuellement plutôt de
personnes intéressées aux affaires, que de
simples curieux. Les visiteurs se mettent
.journellement par le téléphone en contact
avec les exposants.
Le succès des Cours coloniaux s’accentue
tous les jours. Le nombre des auditeurs s’ac­
croît constamment. Le Conseil constate avec
une vive satisfaction cet heureux résultat dû
à l’excellent système d’enseignement employé
dans ces cours et à la grande compétence des
spécialistes qui les professent.il a voté l ’achat
de chaises supplémentaires exigées par l ’af­
fluence du public.
M. le Président prie le Directeur des Cours
et Je Comité de rédaction de demander à
MM. les Professeurs, des commentaires sur
les matières professées par eux, à publier

71

dans « l’Expansion Coloniale « pour étendre
au dehors les bienfaits de cet enseignement.

EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
C o to n s . — C r i n s de F lo r e n c e ( I n d o - C h i n e )

Le Président de l'Institut colonial
Marseillais à M. le Gouverneur
général de Vlndo-Chine.
Marseille, le 14 octobre 1907.
J’ai l’honneur de vous informer que M. Muss,
de l’importante maison d’objets de pansements
de Villefranche-sur-Saône (Rhône), est disposé
à acheter dans nos colonies le coton dont elle a
besoin pour la fabrication des ouates hydro­
philes, etc., etc...
Je m’empresse de porter ce renseignement à
votre connaissance et de vous prier de bien vou­
loir aviser vos administrés de cet important
débouché pour leur production.
Il serait utile d’envoyer à M. Muss quelques
échantillons du coton obtenu par les planteurs
de votre colonie afin qu’il puisse en fixer le
prix.
Il achèterait également des crins de Florence
dont il a examiné des échantillons dans la v i­
trine de l’Indo-Chine à notre Musée commer­
cial.
Veuillez agréer.....
— H —
Le Gouverneur général de l'Indo-Chine à M. le Président de l'Institut
colonial Marseillais.
Saigon, le 28 décembre 1907.
J’ai l’honneur de vous remercier des rensei­
gnements que vous voulez bien me communi­
quer par votre lettre du 14 octobre dernier.
J’ai fait part aux chambres de commerce et
d’agriculture de cette intéressante indication
qui a été transmise par elles aux colons et né­
gociants intéressés.
Les personnes désireuses d’entrer en rela­
tion avec M. Muss lui feront parvenir tous
échantillons et renseignements utiles sur les
quantités, prix et conditions de vente.
Votre Musée commercial possède, sous le
nom de crins de Florence, des échantillons
d’une sorte de soie que les indigènes du YenThé (province de Bae-Giang) tirent, d’un ver,
de la famille du Bombyx, appelé « cuoc » en
annamite.
Ce crin est employé par eux pour les lignes
de pêche, les cordes d’instruments de musique
et se vend environ 0 $ 02 (0 fr. 05) l’un. Le
« cuoc » vit avec prédilection sur le « cay sâo »
(Liquidambar formosana).
Cette soie sauvage n’est produite qu’en infi­
me quantité et ne se trouve que sur les mar­
chés locaux de la région du Yen-Thé.
Si l’on croyait intéressant de nous pousser à
encourager les indigènes à la production de ce
crin soit par le « cuoc », soit par le ver à soie
du Tonkin, il serait tout d’abord nécessaire de
nous faire connaître approximativement l’im­
portance que pourrait prendre l’exportation de
cet article.
Le seul coton qui fasse l’objet d’une exporta­
tion suivie est le coton du Cambodge dont le

�72

L ’EXPANSION COLONIALE

Japon est le principal acheteur. Ce textile, à
fibres très soyeuses et longues, peut avantageu­
sement être utilisé dans la fabrication des filés
n° 40 et au-dessus. Il est peu employé dans les
filatures tonkinoises, qui ne produisent pour
leur clientèle, que des filés de numéros infé­
rieurs, 10, 16 et 20, pour lesquels les cotons or­
dinaires indiens, chinois et annamites sont de
qualité suffisante.
On peut estimer à 3.000 tonnes l’exportation
annuelle du coton du Cambodge. Le prix en Indo-Chine, varie entre 28 et 32 $ 00 le picul de 60
kilos, soit de 122 à 141 francs les cent kilos.
Le coton de l’Annam et du Tonkin (provin­
ces de Thanh-Hoa, Nghè-An, Ninh-Binh, NamDinh, Thai-Binh, Sontay), est presque en tota­
lité consommé par les filatures locales et les
indigènes des hautes régions.
La production annuelle peut être estimée à
10.000 tonnes. Les cours dtir le marché de
Nam-Dinh, oscillent entre 16 et 25 $ 00 le picul
(71 fr. 50 à 109 francs les 100 kilos).
Les prix s’entendent pour coton égrené.
Certains colons ont entrepris des essais de
Culture du coton « caravonica ». Aucune indi­
cation de prix, de qualité, de rendement de ce
textile n’a pu encore être établie, car la pro­
duction, relativement minime, ne constitue
qu’une première expérience.
Je vous communique ces renseignements en
vous confiant le soin d’en faire part, de la façon
qui vous paraîtra la plus convenable, aux né­
gociants qui s’intéressent à ces produits de la
colonie et je vous en adresse, par avance mes
remerciements.
Agréez, Monsieur le Président....
B eau .
G ra in e s

d ’a n a c a r d iu m

Le Président de l'Institut colonial
Marseillais à M. le Dr E. Hechel,
directeur du Musée colonial de Mar­
seille.
Marseille, S février 1908.
J’ai l’honneur de vous faire connaître que
deux négociants de notre ville, ayant reçu de
Bombay des graines d’anacardium, ont avisé la
Chambre de Commerce qu’ils devaient payer
un droit de fr. 35.00 par 100 kilogrammes, con­
formément au tarif douanier applicable aux
provenances de l’Inde anglaise.
Par sa richesse en huile, elle peut être in­
contestablement placée dans la catégorie des
graines oléagineuses et, si la finesse de son
goût la fait rechercher par les confiseurs elle
n’en est pas moins, avant tout, une matière
oléagineuse et peut, dans ces conditions, être
comparée aux arachides et à la noix de coco
elle-même, qui sont très souvent employées
dans la confiserie.
La Douane a le droit incontestable de taxer
ce produit dans la catégorie des amandes, des
noisettes des provenances auxquelles s’applicrue
le tarif général, mais, si — ce que je suis tout
disposé à faire valoir — ces graines ont sur­
tout une valeur au point de vue de la produc­
tion de l’huile, il est nécessaire qu’un avis aus­
si autorisé que le vôtre, vienne appuyer mon
opinion auprès de la Commission des Douanes.
S’il est admis que l’amande d’anacardium
est un produit oléagineux, comme le péricaroe
de cette amande contient une proportion d’hui­

le vésicante de 29 % environ, il y aurait peutêtre lieu de demander à la Douane que l’entrée
en franchise ne soit accordée qu’à l’amande
pourvue dè son péricarpe, et de réserver alors,
la qualité d’amande pour confiserie à l’amande
elle-même dépourvue de ce péricarpe.
Il est possible à nos colonies, notamment à
Madagascar, de fournir à notre Industrie une
très grande quantité de ces graines ; il importe
donc, au point de vue colonial, que leur valeur
soit nettement déterminée.
Veuillez agréer....
Le ür Heckel à M. le Président de
l'Institut colonial Marseillais.
Marseille, 10 février 1908.
Au sujet des droits d’entrée de la graine
d’anacardium (graine d’acajou), pour laquelle
vous voulez bien me consulter, voici mon avis
basé sur l’état de 1a, question d’introduction en
France et de- la nature de la graine.
C’est incontestablement une graine oléagi­
neuse et elle doit être assimilée, à mon sens, à
toutes les autres graines grasses quelles qu’el­
les soient, c’est-à-dire, exemptes de tous droits
de douane. En vain on objectera pour la sou­
mettre aux droits de douane qui frappent les
amandes et noisettes, qu’elle est actuellement
employée aux seuls usages de la confiserie. Il
en a été de même de la graine d’arachide, oui
d’abord vendue comme alimentaire et torréfiée
sous le nom de “ Cacaouette », n’a jamais été
soumise, de ce fait, à aucun droit, elle est de­
venue, par ce fait même, ensuite, une graine
industrielle au premier chef à raison des mul­
tiples emplois de son huile. L ’amande de coco
(coprah)' a subi la même loi. Quand les huiles
de ces graines .ont été mieux étudiées et mieux
connues, leur pénétration dans la grande in­
dustrie a suivi la progression du stock amené
sur les marchés européens. Tout permet de
supposer qu’il en sera de même pour l’huile
d’anacarde, dont la graine aujourd’hui ali­
mentaire exclusivement,. sera demain indus­
trielle quand les arrivages clans nos ports en
seront plus abondants et que l’huile aura pu
être assez largement manipulée et expérimen­
tée pour recevoir de multiples applications. Il
serait donc regrettable que l’essor commercial
et industriel de cette graine grasse coloniale
encore à ses débuts fût arrêté par des droits
réellement prohibitifs. Je ne crois pas que la
question de cette graine puisse être envisagée
autrement et qu’il faille même distinguer, au
point de vue fiscal, entre la graine décortiquée
et la graine naturelle pourvue de sa coque :
l’une et l’autre forme doivent être en droit et en
fait exemptes de tout impôt douanier ; l’intérêt
du pays l ’exige.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes
sentiments dévoués.
E. H eckel .
N o u v e ll e C a lé d o n ie .
C h a n v r e sisal e t P r o d u i t s d iv e rs .

M. Albert B u s o,C o l d'Amieu (Nou­
velle-Calédonie), à M. le Président
de l'Institut colonial Marseillais.
Col d’Amieu, 9 décembre 1907.
Je reçois votre lettre du 26 octobre dernier

�L ’EXPANSION COLONIALE
et je suis heureux de l’attention que vous avez
eue pour des renseignements que je vous.don­
nais ; en même temps ie recevais de Hanoï la
réponse d’une lettre que j ’avais adressée un
peu au hasard à M. Duchemin, le constructeur
de la petite machine dont je vous parlais dans
ma lettre du 25 août dernier. Son correspon­
dant en France, seul chargé de la vente des
machines, est M. L. Delignon, 15, avenue de
l’Opéra, Paris ; il me -recommande son défibreur Duchemin n° 3 et ses accessoires dont le
prix est de 45 francs. Sa machine a été à l’Ex­
position de Marseille l'année dernière, il a été
hors concours, membre du Jury ; il faut donc
qu’elle ait une réelle valeur ; si les propositions
que j ’ai faites dans ma lettre du 25 août sont
acceptées et que cette machine me parvienne
très rapidement, je me mettrai à l’œuvre immé­
diatement et ma- démonstration pratique en­
traînera certainement beaucoup d’hésitants, je
pourrai donc envoyer des fibres avant peu.
Pour les plants de chanvre de sisal, si vous
en obtenez du consul du Mexique, je les rece­
vrai avec un bien grand plaisir, mais je crois
savoir que leur exportation officielle est inter­
dite au Yucatan.
Dans tous les cas, si vous les obtenez, veuillez
à leur arrivée à Marseille les donner à un jar­
dinier un peu spécialiste pour qu’il leur fasse
subir le traitement suivant : les débarrasser
des parties mortes ou pourries et les bien faire
sécher à l’air à l’abri de l’humidité ; les embal­
ler dans une caisse à claire-voie bien solide et
les mettre par couches séparées par de la paille;
ne faire cette dernière opération que la veille
du départ du courrier et faire mettre la caisse
sur le pont. Adresse : Buso, Nouméa. Dans ces
conditions ils devront m’arriver en bon état.
Je crois savoir qu’il existe 10.000 plants de
sisal à vendre à Alger, au Jardin d’essai, à 20
ou 25 francs le cent, ce qui mettrait le prix du
cent à 35 francs environ ici. Mes moyens ne me
permettent pas d’en commander, mais si vous
pouviez m’en obtenir et m’en faire adresser
quelques milliers, je n’insiste pas sur l’impor­
tance du service que vous me rendriez à moi
d’abord, mais surtout à cette malheureuse co­
lonie et je ne l’oublierai pas.
Je vais m’occuper des plantes à tanin, nous
en avons beaucoup, je vous en adresserai quel­
ques échantillons avant peu.
Pour la pâte à papier, nous avons ici quel­
ques échantillons qui ont déjà attiré mon
attention, je vous en enverrai.
Je vais tâcher d’obtenir du Gouverneur la
gratuité de mes envois pour me permettre de
vous adresser des échantillons d’un certain
poids permettant de bien se rendre compte de
la valeur de ces produits.
Permettez-moi de vous assurer, Monsieur de
tout mon concours pour favoriser l’exportation
de produits nouveaux de notre colonie, pour le
moment ce sera le seul moyen pour moi de vous
remercier de ce que vous voudrez bien faire
pour m oi,,surtout pour mes plants de sisal qui
peuvent me faire gagner plusieurs années.
Veuillez agréer....
Le Directeur de VA aviculture de l’Al­
gérie à M. le Président de l'Institut
colonial Marseillais.
Alger, 7 février 1908.
En réponse à votre lettre du 27 janvier der­

73

nier, j ’ai l’honneur de vous informer que le
Service Botanique du Gouvernement général
vous expédiera prochainement une corbeille de
deux mille sisals.
Veuillez agréer....

A

la

suite de la lettre

qui

précède,

M. le Gouverneur général de l’Algérie a
bien voulu faire parvenir des bulbilles de
sisal à l’Institut qui l’en remercie bien vive­
ment et qui les a expédiés à MM. Le­
jeune, à Vinh (Annam), à M. Buso, Col d’Amieu (Nouvelle-Calédonie, à M. Legros, à la
Grànde-Comore, et à M. Vuilterme, à Majunga.
N o u v e ll e - C a lé d o n i e . — É c o r c e s de nia o u li

M. Albert Buso, Col d'Amieu (Nou­
velle-Calédonie), à M. le Président
l'Institut colonial Marseillais.
Col d’Amieu, 16 décembre 1907.
Je vous envoie un échantillon d’une écorce
d’arbre dont je pourrais fournir une grosse
quantité annuellement. Ce produit ne pourraitil pas servir pour faire de la pâte à papier ? il
est imputrescible, mauvais conducteur de la
chaleur.
A cause des frais de transport il faudrait, je
crois, pouvoir transformer sur place ce produit
en pâte dans le genre des pâtes de bois venant
des pays du Nord.
Si un industriel s’intéressait à ce produit, je
me mets à son entière disposition pour lui four
nir des renseignements.
—si—
M. le D' Heckel, directeur du Musée
colonial de Marseille, à M. le Pré­
sident de l'Institut colonial Mar­
seillais.
Marseille, 1Ü février 1908.
L ’écorce de niaouli (.Melaleuca viridiflora),au
sujet de laquelle vous me demandez mon avis,
ne me paraît susceptible d’aucune utilisation
en Europe.
Comme pâte à papier, elle pourrait être em­
ployée utilement, mais la distance de NouvelleCalédonie en Europe la grèverait d’un fret trop
élevé. Comme poudre capable de remplacer la
poudre de liège dans l’emballage des fruits
(raisins frais surtout), même objection.
On l’a utilisée il y a quelques années, en
Australie, comme plaque isolante, sur les tubes
de machines à vapeur ; mais en Europe, le prix
en serait trop élevé encore.
Donc, rien à faire, à mon avis, à cause des
distances, dans l’état actuel des applications
connues.
N.-B. — Le Niaouli n’existe qu’en Australie,
Nouvelle-Calédonie, Nouvelles-Hébrides, etc...
Il n’a pas encore été introduit avec succès que
je sache dans nos CQlonies chaudes plus rap­
prochées de la France. S’il était cultivé sur la
Côte Occidentale d’Afrique, peut-être les condi­
tions de fret changeraient et l’utilisation en Eu­
rope de son écorce deviendrait possible à envi­
sager.

�74

L ’EXPANSION COLONIALE
A lg é r ie . — N o t e s u r le s c u lt u r e s .

M. Troc, correspondant de l'Institut
colonial Marseillais, A Bougie, A
M. le Président de l'Institut.
Bougie, 31 janvier 1908.
J’ai l’honneur de vous accuser réception de
votre lettre-circulaire du 5 courant et vous don­
ne ci-après quelques notes intéressant la cul­
ture de notre région.
Les labours et ensemencements se sont pour­
suivis dans d’excellentes conditions et par beau
temps, mais, pour hâter la germinaison des cé­
réales ensemencées de bonne heure cette année,
il faudrait et cela dès à présent de la pluie. La
sécheresse persistante de la première partie de
cet hiver a limité la culture indigène. L ’outil­
lage des indigènes reste toujours des plus pri­
mitifs quels que soient les efforts tentés poul­
ies faire sortir de la routine et il faut que le
temps se présente à souhait pour qu’ils^ par­
viennent à faire produire quelque chose à leur
terre.
La récolte des olives aura été particulière­
ment bonne cette année, aussi de très impor­
tants envois d’huile ont-ils lieu sur France et
principalement sur Marseille.
— la ­
ie

Président de l'Institut colonial
aux Présidents des Chambres de
Commerce des Colonies françaises.

Marseille, le 22 février 1908.
J’ai l’honneur d’appeler votre attention sur
l’importance que présente pour la'Métropole,
la question des matières premières propres à
la fabrication du papier.
La consommation de cet article augmente
dans des proportions considérables, non seule­
ment à cause de l’énorme dépense qu’en font les
journaux et les livres, mais encore à cause de
l’emploi de plus en plus répandu, du papier,
dans de nombreuses applications industrielles.
Les forêts de France ne peuvent fournir la
quantité de pâte de bois nécessaire à la consom­
mation française ; aussi, notre pays importe-til annuellement 300.000 tonnes de cette pâte
pour une valeur de 50.000.000 de francs.
Cette importation elle-même, ne va pas tar­
der à devenir difficile, car. dans tous les pays
encore possesseurs de grandes masses fores­
tières : la Suède, la Norvège, la Finlande, les
Etats-Unis, le Canada, des mesures de protec­
tion des forêts sont imminentes pour parer
aux dangers dont les menace l’exploitation in­
tensive à laquelle se livrent les producteurs de
pâte de bois.
L ’Angleterre, l’Allemagne, les Etats-Unis,
sont également sur le point de manquer pro­
chainement de cette marchandise ; il devient
donc indispensable de chercher d’autres ma­
tières premières et nos colonies peuvent en
fournir une très grande rruantité.
Nous nous mettons à votre entière disposition
pour étudier les pailles, bois, écorces, que vous
jugeriez susceptibles d’être utilisés pour la fa­
brication du papier et vous ferons connaître
ceux de ces matériaux, qu’il serait avantageux
d’exploiter.
Il
ne saurait être question que de produits
végétaux très abondants, d’une exploitation

facile et pouvant être fournis en très grandes
quantités ; il serait donc inutile de nous en­
voyer des échantillons, si intéressants qu’ils
puissent être ne répondant pas à -ces condi­
tions.
Je vous serais très obligé de joindre aux
échantillons les renseignements faisant con­
naître la quantité que votre région pourrait
fournir actuellement ainsi que le prix de 1.000
kilos rendus à la mer et toutes autres particu­
larités que vous jugeriez utile d’ajouter pour
déterminer exactement le caractère des plantes
envoyées.
La faible valeur de ces matières, en ren­
drait probablement impossible le transport,
sous leur forme brute, en France, à cause de
la cherté des frets, mais nous pensons qu’il se­
rait possible de monter, dans la colonie même,
des usines pour leur transformation en pâte à
papier, dont la valeur plus élevée et le volume
moindre permettraient alors le transport par
mer.
Il ne vous échappera pas que cette question
intéresse également notre marine marchande
qui trouvera dans le transport de ce produit un
fret appréciable grâce auquel elle pourra dimi­
nuer dans une proportion sensible, ses tarifs
actuels.
La fabrication de la pâte à napier, sur place,
présente donc pour votre région, un sérieux in­
térêt et l’Institut Colonial Marseillais sera
très heureux de vous faciliter les moyens de
l’installer chez vous.
Veuillez agréer. Monsieur le Président, l’as­
surance de ma considération la plus distinguée.

BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
Le Bureau a reçu dans le courant de fé­
vrier, en dehors des personnes venant s’en­
quérir d’un emploi aux colonies, de nom­
breux visiteurs désireux d’avoir des rensei­
gnements sur les affaires coloniales, parmi
lesquels nous citerons particulièrement :
1° Une personne en quête de renseigne­
ments sur l’emploi des écorces de palétu­
viers, provenant de l’Afrique Occidentale,
sur les quantités qu’on en pourrait placer et
sur les prix qu’on en offrirait.
L ’usage, en grand, de ces écorces assez
riches en tanin, est subordonné à la déco­
loration du tanin qu’elles contiennent ; des
études récentes permettent d’affirmer que
cette décoloration est relativement facile à
obtenir. La couleur rouge, très tenace, des
extraits et tanins de palétuvier en limitait
l’emploi au tannage des courroies, par
exemple, et l’interdisait pour les cuirs de
chaussures.
Il n’est pas douteux que nos colonies
pourront fournir une grande quantité de
tanin de palétuvier utilisable pour tous les
besoins de la tannerie lorsqu’une usine si­
tuée, de préférence, à Marseille, aura pu
traiter les extraits en vue de leur décolora­
tion. Il est nécessaire en effet de fabriquer
sur place aux colonies des extraits avec ces
écorces dont la richesse est très variable en

�L ’EXPANSION COLONIALE
tanin, selon l ’âge des arbres, selon qu’elles
sont prises sur les branches, sur le tronc ou
les racines. Le prix du fret des écorces serait
trop élevé par rapport à leur valeur et n’en
permettrait pas la vente sur les marchés
d’Europe à des prix convenables pour le
producteur, tandis que les extraits peuvent
aisément supporter le transport. La ques­
tion est d’autant plus intéressante que nos
forêts de châtaigniers s’épuisent rapidement
et q.ue la tannerie française va être bientôt
réduite à n’employer que des tanins et des
extraits exotiques, au nombre desquels le
palétuvier tient par sa richesse en tanin,
une des premières places.
2° Un ancien capitaine du génie, ayant
habité l ’Indo-Chine pendant plusieurs an­
nées, est venu faire part au Bureau des Ren­
seignements d’un projet d’établissement
d’une verrerie dans notre colonie d’ExtrêmeOrient. Tl désirait connaître l ’importance
du commerce de la verrerie dans le pays et
les provenances de cet article.
L ’importation en Indo-Chine des verres,
cristaux, bouteilles, glaces, verres à vitre,
etc., est considérable ; elle a atteint en 1905,
le chiffre de 1.591.302 francs dont 847.000
francs pour la métropole et 744.282 francs
pour l’étranger.
L ’établissement d’une verrerie serait donc
assuré d’un écoulement avantageux de ses
produits.
Les articles fins tels que verres de montre,
lampes électriques, cristaux, etc., seraient,
pour le moment, difficiles à fabriquer sur
place, mais les articles ordinaires peuvent
être aisément produits dans la colonie. De
nombreux endroits contiennent en abon­
dance la matière première nécessaire et cette
usine, pourrait au bout de peu de temps,
diriger une partie de sa production sur les
pays voisins.
La baie de Kam ran paraît désignée pour
un établissement de ce genre.
3° M. le Consul d’Espagne a fait demander
des renseignements sur le manioc, sa! pro­
venance, ses prix.
Actuellement, le manioc est demandé dans
plusieurs industries, fabrication de l ’alcool,
de la bière, de l ’amidon, etc. Sa teneur en
matières fermentescibles, 87 % le rend très
intéressant.
Nos colonies pourraient en fournir d’im­
menses quantités ; cependant les colonies
hollandaises de l ’Insulinde sont seules au­
jourd’hui à fournir des racines de manioc
séchées et coupées en rondelles dont le prix
oscille entre 10 et 13 francs les 100 kilos caf
Europe. En estimant la production d’un hec­
tare à 2-.000 kilos,ces prix seraient suffisam­
ment rémunérateurs pour nos colons, si le
fret sur nos vapeurs était moins élevé. Les
navires du Rotterdamsche Lloyd demandent
28 francs par tonne de 700 kilos de Batavia
à Dunkerque ; il ne faudrait pas, pour que

75

nos colons puissent s’en tirer, que le trans­
port de Madagascar ou de l’Indo-Chine par
exemple, en France, dépassât ce chiffre.
La farine de manioc très fine entrerait
avantageusement dans la fabrication des
biscuits et à ce titre intéresse l’industrie
marseillaise.
D’ailleurs, on trouvera plus loin une étu­
de sur les P la nte s C oloniales et l 'a lc o o l où
cet important sujet est traité avec une com­
pétence toute particulière.
4° Le Directeur général de la Java, Suma­
tra Haendel’ &amp; Cie, de Bandoeung (Java), so­
ciété nouvellement formée pour la planta­
tion du caoutchouc, du cacao, du tabac, du
cocotier dans ces deux îles, a visité l’Institut
et se tiendra en rapport avec le Bureau des
Renseignements.
La Société fondée avec des capitaux fran­
çais a, devant elle, un très bel avenir. Les
hautes personnalités commerciales et indus­
trielles qui composent son Conseil sauront le
lui assurer.*''
5° Le propriétaire d’une importante plan­
tation de cacao au Gabon s’est mis en rapport
par l’intermédiaire de l’Institut colonial
marseillais avec un constructeur de notre
ville, adhérent au Musée commercial, pour
lui commander un hangar et une maison
démontables pour son exploitation.
L ’œuvre de ce propriétaire est des plus
intéressantes et doit être signalée. Posses­
seur d’une belle fortune M. de B.... qui a
passé plusieurs années au Gabon dans une
situation lui permettant de tout voir et de
bien connaître le pays, a consacré 60.000
francs à sa plantation. Il a voulu prouver
qu’un jeune Français énergique disposant
de ce capital, insuffisant pour monter en
France une entreprise de quelque envergure,
et prêt à mener pendant six ou sept ans une
existence de travail dur et pénible,, dénuée
en tout cas, de toute distraction, pouvait se
faire, à l’expiration de ce délai un revenu
annuel d’une douzaine de mille francs. La
main-d’œuvre au Gabon est assez facile, à la
condition d’être bien traitée ; le sol y est
d’une grande fertilité, mais le climat est pé­
nible, fort chaud, on est exposé pendant
l’hivernage à de violentes tornades et les
fourmis blanches et les rats sont des enne­
mis contre lesquels il faut constamment
lutter. Néanmoins le résultat que l’on peut
obtenir est assez tentant pour que l’on puisse
dédaigner ces petites misères.

�7(i

i

MUSÉE

L ’EXPANSION

COLONIAL

L e s C u lt u r e s au C o n g o

La lettre qui va suivre et dont l'intérêt
agricole n’échappera pas à nos lecteurs, est
émanée de M. Baudon, administrateur des
Colonies, commandant le cercle de Boula
N’Tangou, au.Congo Français.
Ce cercle est une région à peu près incon­
nue encore et qui a besoin d’être reconnue
au point de vue géographique et économi
que. C’est un travail confié à M. Baudon,
dont l’administration connaît bien le zèle
éclairé, et qu’il accomplira certainement
avec bonheur étant donné ses hautes apti­
tudes.
Le Boula N’Tangou est la région des hauts
plateaux situés au Nord de Brazzaville et où
prennent leur source YOgooué , le N ia ri,
ÏA lim a , la L é fin i et le D jon é ; c’est la Savane
bien irriguée souvent inondée qui y domine,
avec une bordure auprès des ruisseaux et des
rivières. La principale et même l’unique res­
source agricole du pays est le caoutchouc de j
h erbes, qui est excessivement abondant dans
les savanes ; les lianes qui donnent le même
produit ne se trouvent guère que dans l’ouest
de cette région. Ce pays est pauvre et a b e­
soin d’êlre relevé par l’agriculture : de là les
efforts louables de M. Baudon dont on va lire
l ’exposé dans sa fort intéressante lettre.
E. H e c k e l .
Pangala, lü janvier 1908.
Monsieur,
J’ai l’honneur de vous accuser réception des
graines de coton et. de tabac que vous avez bien
voulu m’envoyer et que j ’ai déjà utilisées, car
ici nous nous trouvons en pleine saison des
pluies, moment des plantations.
J’entreprends ces essais de culture, afin de
voir ce qu’est susceptible de produire la région
que je suis chargé d’administrer, région qui est
une des plus pauvres du Congo. En effet, je me
trouve dans les vastes savanes de la région
comprise entre le fleuve Congo et le Gabon. La
seule ressource de ce pays est le caoutchouc dit
« des- herbes », extrait uniquement (bien que
l’on en dise) du « Landolphia Tholloni », lequel
devant une exploitation de plus en plus intense
diminue rapidement, la façon défectueuse de
procéder des indigènes amenant la destruction
de tout pied exploité. J’étudie bien les moyens
d’arrêter cette destruction, ainsi que la façon
la plus pratique de faire des plantations pour
assurer la conservation de cette plante ; mais je
ne me fais pas d’illusions sur le résultat, qui
sera négatif. Pour réussir il faudrait que l’Ad­
ministration locale prenne des mesures pour
obliger l’indigène à faire ces plantations.
J’ai créé ici, par mes seuls moyens, un petit
jardin d’essais où j ’étudie la culture des plan­
tes indigènes ; arachides, pour lesquelles j ’ai
obtenu des résultats que ie considère comme
très satisfaisants, car je compte sur un rende­
ment au moins triple de celui qu’obtiennent les
indigènes ; mais, peu cultivé par ici et qui pous­

COLONIALE
se très bien. Mes essais portent aussi sur le
gros mil qui réussit bien et le riz, qui ne donne­
ra pas de brillants résultats, car il est mangé
par les insectes à mesure qu’il sort de terre. J’ai
aussi des plantes à tubercules, ignames, pata­
tes, taros, toutes plantes qu’il y aurait intérêt à
cultiver, ne serait-ce que pour assurer le ravi­
taillement de Brazzaville, où la vie matérielle
est toujours difficile, tant pour les Européens
que pour les indigènes.
A côté de ces cultures vivrières, j’ai voulu en
essayer d’autres tout aussi intéressantes ; faute
de moyens, j’ai dû me borner pour le moment à
celles du tabac et du coton. La production du
tabac, à l’heure actuelle, est insuffisante pour
répondre aux besoins locaux ; aussi se vend-il
sur les marchés à un prix excessif. Il est vrai de
dire qu’à proprement parler il n’est pas cultivé,
que l’on n’en trouve que quelques pieds poussar;
un peu au hasard aux alentours des villages, et
que les feuilles sont mal préparées. Une cul­
ture rationnelle faite par l’indigène lui rappor­
terait certainement beaucoup. J’ai d’abord
planté de cé tabac pour essayer de l’améliorer
par la culture et les engrais ; et maintenant,
grâce à votre amabilité, je vais essayer du ta.
bac de France, ce qui me permettra de compa­
rer les résultats.
A côté, j ’ai essayé la culture du coton, non
pas que je pense que pour cette région ce soit
un produit exploitable, au moins pour le mo­
ment, son éloignement de la mer d’une part, du
Congo de l’autre, ne permettant pas (étant don­
né le taux élevé des transports) de songer à en
faire un commerce, mais des essais de cette cul­
ture étant tentés partout, il m’a paru intéres­
sant de l’essayer aussi, ne serait-ce que pour
servir d’indication pour la possibilité ou non
de la faire dans les savanes. Mes essais portent
sur un coton indigène qui pousse autour des
villages et qui est inexploité avec des graines
que j ’ai reçues de Brazzaville et dont j’ignore
encore le nom de l’espèce, enfin sur les graines
que vous avez bien voulu m’envoyer. Je verrai
quels seront ceux qui réussiront le mieux et je
vous ferai connaître les résultats de cette cul­
ture.
J’aurais été heureux de pouvoir faire des
essais de culture de plantes à caoutchouc :Manihot,qui donnerait peut-être quelques résultats
étant donné la nature du terrain et le climat
qui est assez particulier, Funtumia, Hevea,
etc. ; mais je n’ai pas pu me procurer des grai­
nes, même de Funtumia, ce qui vous étonnera
peut-être, puisque cet arbre abonde dans l’Oubangui et la Sangha.
En dehors de ces cultures d’essai, inutile de
vous dire que j ’ai un jardin potager où les lé­
gumes d’Europe poussent assez bien et en ce
moment j ’ai des fraisiers en pleine production,
ce dont je suis très content, car il y a quatre
mois l’endroit où je suis installé était encore la
savane.
Au point de vue botanique, je ne reste pas
non plus inactif et je commence à avoir un
assez joli herbier de la flore des savanes qui est
peu variée, mais que je parcours dans tous les
sens et sur des centaines de kilomètres, ce rrui
me permet d’espérer que j ’arriverai à avoir des
documents assez complets sur ce pays. Je nrépare en ce moment une étude sur le caoutchouc
des herbes très abondant ici, et une autre sur
les bananiers de la région, les espèces y étant
nombreuses.

�L ’EXPANSION COLONIALE

77

Voilà résumés les quelques travaux que j’ai
A n n a le s du M u s é e c o lo n ia l
entrepris depuis que je suis ici, les nombreuses
et longues tournées (20 à 25 jours) que je suis
Le 5e volume (1907) de la 2e série des
obligé de faire dans un pays inconnu, et, au re­
A nnales fondées en 1893 par M. le Dr Heckel
tour, les rapports, cartes, correspondances ad­ vient cle paraître en un gros fascicule in-8°
ministratives, etc., ne me laissant pas grand
avec de nombreuses planches. En voici le
temps.
sommaire :
A mon départ de France, vous m’aviez confié
1° Recherches morphologiques et anatomiques
des boutures de ramie afin d’essayer cette cul­
sur une Rubiacée nouvelle de Madagascar :
ture au Gabon. Ainsi que j ’ai déjà e u 'l’hon­
DiriclUelia princei nova sp., par M. Paul
neur de vous le dire, les circonstances ne m’ont
Dop, docteur ès sciences, chargé d’un cours
pas permis de m’en occuper moi-même, et j ’a­
de botanique à la Faculté des Sciences de
vais chargé de cela un de mes amis planteur à
Toulouse.
Libreville. Bien que n’ayant reçu de lui que des
2° Sur quelques plantes nouvelles de Mada­
renseignements incomplets, je puis vous faire
gascar au point de vue morphologique et
connaître les résultats. Les boutures ont été
anatomique, par M. Dubard, maître de confé­
plantées en mai dans un terrain humide, près
rence de botanique coloniale à la Sorbonne,
d’un ruisseau et en bordure d’une vanillerie ;
et P. Dop, chargé de cours à la Faculté des
ce terrain composé d’humus de sable avait été
Sciences de Toulouse.
soigneusement débroussé et drainé. Le dévelop
3° Sur le protorhus Perriéri nov. sp. de Mada­
peinent a été rapide et depuis cette épocrue trois
gascar, par M. le profeseur L. Courchet.
coupes ont été faites et une quatrième aura lieu
4° Le Kitsongo vrai de Madagascar, Rourea
prochainement, ce qui portera à quatre le nom­
(Byrsocarpus) orientalis H. Bn., par M. le
bre des coupes pouvant être faites dans une an­
professeur L. Courchet.
née. Ainsi que vous pouvez voir, les résultats
5° Le Kino des Myristicacées, recherches sur
sont satisfaisants et ce serait peut-être une cul­
l’appareil sécréteur de Kino chez ces plantes,
ture intéressante pour le Gabon, où les terrains
qui y sont propres abondent. J’ai demandé de
par M. H. Jacob de Cordemoy, professeur à
plus amples détails sur les résultats et lors­
l’école de médecine et à l’Institut colonial,
qu’ils me parviendront je m’empresserai de
chef de travaux à la Faculté des Sciences de
vous les faire connaître.
Marseille.
6° Examen chimique du Kino de Bourgoni, par
C’est un de mes amis, M. G. de Bruchard, qui
M. Ribaut. chargé de cours à la Faculté de
s’est chargé de ces essais et qui est tout disposé
Médecine et de pharmacie de Toulouse.
à en tenter d’autres, s’il est des plantes dont la
7° Recherches sur les Erythrophleum et en par­
culture puisse réussir au Gabon. Il est à Libre­
ticulier sur l’E. Couminga H. Bn., par le doc­
ville depuis 1901, comme planteur ; d’abord di­
teur Louis Planchon, professeur à l’Ecole
recteur de la 'vanillerie de la Peyrie, il en est
Supérieure de Pharmacie de Montpellier.
devenu propriétaire et est arrivé à l’heure
8° Etude chimique de l’écorce d’Erythroactuelle à une production de plusieurs centai­
phleum Couminga, par M. le docteur
nes de kilos ; en dehors de cela, il s’occune
Laborde, professeur agrégé à la Faculté de
d’élevage et c’est grâce à lui que Libreville neut
avoir de la viande fraîche plusieurs fois par
Médecine et de Pharmacie de Toulouse, phar­
semaine.
macien en chef des Hospices civils.
9° Sur quelques plantes utiles où intéressan
En partant de Marseille, j ’avais emporté de
tes du Nord-Ouest de Madagascar, par M.
nombreux documents et adresses, de nature à
Henri Jumelle, professeur à la Faculté des
développer le commerce du Gabon, la seule co­
Sciences de Marseille.
lonie du Congo susceptible à l’heure actuelle de
10° Notes sur la Flore du Nord-Ouest de Mada
rapporter. A mon passage, j ’ai vu les commer­
gascar, par MM. H. Jumelle et H. Perrier de
çants intéressés et n’ai pas trouvé l’accueil que
la Bathie.
j ’attendais. D’autre part, de nouveaux nroduits
seraient exploitables à l’heure actuelle, mais il
est à craindre que de longtemps encore ce soit
les seuls Okoumés (1) (ils commencent à devenir
rares) qui alimentent le commerce de cette co­
lonie. Aussi en présence de l’accueil qu’ont reçu
mes propositions, j ’ai renoncé à m’occuper de
Voici la liste des Cours qui ont été profes­
ces affaires, ce qui est regrettable, car M. Four­
nier était disposé à entrer en pourparler pour
sés du 1er au 29 février 1908 à l’Institut
les graines grasses avec le Gabon, ainsi que
colonial :
plusieurs autres maisons de Marseille.
Samedi, 1er février, à 3 h. 1/2, Dr Reynaud :
Vous remerciant encore pour l’envoi que vous
Les vêtements de l’Européen dans les pays
avez bien voulu me faire et me tenant toujours
chauds ; soin de la peau.
à votre disposition pour vous procurer tout ce
Lundi, 3 février, à 3 h. 3/4 soir, M. Masson :
que vous pourriez désirer du Congo, veuillez
Situation économique et politique de l’Algérie.
agréer, Monsieur, l’expression de mes senti­
— A 5 heures soir Dr J. de Cordemoy : Saintments les meilleurs.
Pierre-et-Miquelon et la pêche sur les bancs de
A. B a u d o n .
Terre-Neuve.
4 février, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud : Epidé­
(1) C’est un grand et bel arbre qui donne un
mies de fièvre jaune. — A 5 heures soir, M.
bois d’ébenisterie très recherché.
Masson : Colonies anglaises de 1815 à 1850.
E. H.
5 février, à 3 h. 3/4 soir, M. Babled : Caisses
de prévoyance indigènes en Algérie et Tunisie.

Cours Coloniaux

�78

L ’EXPANSION COLONIALE

— A 5 heures soir, M. Jumelle : La prépara­
tion du tapioca ; les sagous.
6 février, à 8 h. 1/2 matin, au parc Borély, M.
Davin : Les divers modes de reproduction des
plantes dans les cultures coloniales (suite).
7 février, à 5 heures soir, M. Laurent : L ’An­
timoine.
8 février, Dr Reynaud : L ’alimentation dans
les pays chauds ; principes généraux.
Lundi, 10 février. M. Masson : Tunisie. — Dr
J. de Cordemoy : La pèche française dans les
parages de Terre-Neuve.
11 février, Dr Reynaud : La fièvre jaune ;
causes, propagation, prophylaxie. — M. Mas­
son : Politique coloniale de la Restauration.
12 février, M. Babled : Le Crédit Foncier colo­
nial. — M. Jumelle : Le riz. sa culture.
13 février, M. Davin : Etude des plantes colo­
niales.
14 février, M. Laurent : L ’industrie de l’Ar­
gile aux colonies.
15 février, Dr Reynaud : L ’alimentation dans
les pays chauds : quantités nécessaires, qua­
lités des viandes.
Lundi 17 février. M. Masson : Cultures tuni­
siennes. — Dr J. de Cordemoy : Pêche de la
morue à Terre-Neuve, produits secondaires,
huile de foie et rogue.
18 février. Dr Reynaud : La fièvre jaune, cau­
ses, protection. •— M. Masson : L ’expansion
coloniale et la Restauration (1815-48).
19 février. M. Babled : Le Crédit Foncier en
Algérie et en Tunisie. —- M. Jumelle : Méthode
d’outillage pour la préparation du riz.
20 février, M. Davin : Etude des plantes colo­
niales (suite).
21 février. M. Laurent : L ’industrie de l’ar­
gile aux colonies (suite).
22 février, Dr Reynaud : Aliments végétaux ;
conserves.
Lundi 24 février, M. Masson : Cultures de la
Tunisie (suite). — D1' J. de Cordemoy : Pêche
française dans les parages de Terre-Neuve (fin).
25 février. Dr Reynaud : La maladie du som­
meil. — M. Masson : Colonies espagnoles et
Indes néerlandaises (1815-1850).
26 février, M. Babled : Crédit Foncier aux
colonies. — M. Jumelle : La canne à sucre.
27 février. M. Davin : Cultures coloniales
(suite).
28 février, M. Laurent : Pierres précieuses.
29 février, Dr Reynaud : Les conserves ali­
mentaires : Accidents provoqués par les con­
serves, intoxications.

On trouvera ci-dessous l’indication des su­
jet qui seront traités par MM. les Professeurs
des Cours coloniaux durant le mois de mars :
M. Masson. — Géographie Coloniale (lundi) :
Tunisie : Mines et industries ; voies de commu­
nication, routes et chemins de fer ; travaux des
ports ; commerce ; organisation du protectorat.
Afrique Occidentale : le Sénégal. — Histoire
de la colonisation (mardi) : La colonisation eu­
ropéenne au milieu du xix" siècle (1850-1880) :
La colonisation anglaise ; essor colonial dans
l’Inde et à Ceylan, en Australie, en NouvelleZélande, en Afrique Australe ; évolution dans
l’organisation des colonies anglaises. — La
colonisation française : la colonisation de l’Al­
gérie.
Dr Jacob de Cordemoy. — Produits coloniaux
d'origine animale : Les pêcheries de la Côte

occidentale d’Afrique. Lieux de pêche ; géogra­
phie et hydrographie. Espèces économiques :
poissons et crustacés. Procédés de pêche ; in­
dustrie canarienne. Création d’un centre de pê­
che et installations industrielles à la baie du
Lévrier : Port-Etienne. Produits et sous-pro­
duits ; leur, oréparation ; débouchés. — Les
pêcheries de l ’Algérie ; principaux centres de
pêche. Population maritime : procédés et en­
gins de pêche. Produits ; utilisation industrielle
et débouchés.
M. Babled. — Economie et Législation colo­
niales : Le Crédit Foncier colonial : 1° Ses di­
vers aspects. Crédit d’outillage agricole. Mobili­
sation du Crédit foncier. Crédit foncier des
indigènes. Limitation du Crédit foncier d&lt;
Homestead colonial. — 2° Les organes du Cré
dit foncier colonial. — Algérie : Société d&lt;&gt;
crédit foncier et agricole. Prêts en participa­
tion avec le Crédit foncier de France. Prêts
avec les capitaux personnels de la société. —
Tunisie : Société du Crédit foncier de Tunisie,
sa fondation en 1906. Conditions des emprunts,
participation éventuelles du Crédit foncier de
France. — Antilles et Réunion : Société du
Crédit foncier colonial. Caractère actuel de
cette institution. Déviation complète du but
primitif. — 3° Autres réalisations possibles de
Crédit foncier colonial. Conclusion. — Le ré­
gime douanier des colonies : Exposé et criti­
que de la loi du 11 janvier 1892.
M. Jumelle. — Produits végétaux : La pré­
paration du sucre de canne ; les caféiers, la
préparation du café ; la préparation du café
dans les pavs de production.
M. Davin. — Etude des cultures coloniales au
jardin colonial.
M. Laurent. — Produits minéraux : Le dia­
mant, gisements, taille. — Les combustibles
minéraux : L ’anthracite, la houille, le lignite ;
les charbons en Indo-Chine et en Nouvelle-Calé­
donie. — Le nétrole. gisements, extraction ; le
pétrole en Algérie.
M. le Dr Reynaud. — 1° Le mardi : Le béri­
béri, le paludisme, la police sanitaire maritime.
— 2° le samedi : les boissons alcooliques et aro­
matiques, l’eau potable, l ’épuration des eaux.

MÉMOIRE
présenté en Août 1907 au Congrès Colonial de Bordeaux
par la Cie française de l ’Afrique Occidentale
au sujet du

M

ÉCOMME ET WMI’ R DES COLONIES

En acquérant de vastes possessions colonia­
les dans les diverses parties du Monde, un
grand et généreux pays comme la France ne
peut pas s’être proposé pour but unique de se
procurer un nombre plus ou moins considérable
de consommateurs destinés à absorber exclusi­
vement les produits que la Métropole est à
même de leur offrir quels qu’en soient la qua­
lité et le prix de revient.
Sans perdre de' vue les avantages qui, au
point de vue industriel, commercial et finan­
cier, doivent découler de la possession de colo­
nies prospères, un pays éclairé et à traditions
libérales ne saurait manquer de mettre au pre-

�L ’EXPANSION COLONIALE
mier rang parmi les obligations qui lui incom­
bent, celle de protéger, de pacifier, de conduire
vers des destinées plus heureuses les popula­
tions que les circonstances l’ont amené à con­
quérir ou qui ont accepté volontairement d’être
soumises à son protectorat. Ce rôle de la Fran­
ce vis-à-vis de ses Colonies a été défini et com­
menté dans d’innombrables discours de la part
des personnages les plus autorisés dans le
monde politique et administratif de notre pays ;
tous ceux qui s’intéressent à leur prospérité
matérielle et morale ont été unanimes à
applaudir à ces déclarations qui, d’ailleurs,
n'ont jamais publiquement fait l’objet d’au­
cune réfutation.
L ’on ne saurait, sans faillir à la parole don­
née, se départir du programme qui a été ainsi
tracé et admis sans contestation.
L ’exécution de ce programme comporte, en
première ligne, au point de vue spécial qui nous
occupe, un système de taxation sagement me­
suré d’après les besoins et les ressources des
différentes colonies et devant avoir pour résul­
tat principal, sinon exclusif, de pourvoir, avec
le plus de ménagements possibles, aux frais
d’administration de ces Colonies et au paie­
ment des sommes nécessaires pour l’exécution
des Travaux publics de pénétration, d’assainis­
sement et autres, destinés à la mise en valeur
de leurs territoires.
Il convient donc, en établissant l’assiette des
taxes ou impôts que supporteront les popula­
tions, de frapper le plus faiblement possible les
objets de première nécessité, notamment ceux
qui se rapportent à la nourriture, à l’habille­
ment et à l’habitation. Par contre, il n’v a au­
cun inconvénient, il y a même tout avantage, à
taxer lourdement les objets ou denrées qui peu­
vent être dangereux ou simplement nuisibles :
alcool, poudre, tabacs, etc...
L ’obligation morale de ne taxer que légère­
ment les objets ou denrées nécessaires à la vie
s’impose d’autant plus dans nos Colonies, et
spécialement dans nos Colonies africaines, nue
les populations y sont généralement pauvres et
ne disposent que de ressources restreintes, in­
certaines et précaires.
Leur demander plus que la contribution
strictement nécessaire aux besoins de la colo­
nisation, frapper lourdement les objets de pre­
mière nécessité, c’est leur imposer, on peut le
dire, une taxe sur leur existence même, c’est
compromettre imprudemment et dans certains
cas; d’une manière irrémédiable, les destinées
de ces Colonies.
Loin d’entraver ainsi par des mesures fisca­
les fâcheuses le développement des ressources
des indigènes et de leur bien-être, il semble que
nous devions plutôt chercher, dans l’intérêt
même de la Métropole, à augmenter la richesse
générale de nos Colonies et en première ligne,
leur population elle-même de manière à éten­
dre, dans une proportion toujours croissante,
leur pouvoir de consommation.
Il est bien évident, en effet, que l’exportation
française, même privée de protection spéciale,
sera sûrement beaucoup plus importante dans
une Colonie riche et prospère, où la population
augmentera régulièrement, que dans une Colo­
nie, où par suite de droits prohibitifs, le nom­
bre des habitants restera stationnaire ou dimi­
nuera même en raison de la misère générale, et
de l’émigration qui se produit alors, vers les
pays où les centres plus favorisés.

79

Il ne faut pas non plus perdre de vue que
d’autres raisons nous contraignent, pour ainsi
dire, à ouvrir nos Colonies au commerce étran­
ger et à y laisser pénétrer les produits que la
Métropole est impuissante ou inhabile à leur
fournir à des conditions égales.
La principale de ces raisons, c’est que fata­
lement, nos Colonies se trouveront, de plus en
plus, dans l’obligation de diriger vers l’étranger
une grande partie des produits de leur sol. Il
est bien certain que les pays étrangers seront
d’autant mieux disposés à accueillir librement
les produits de nos Colonies qu’ils y trouveront
des débouchés plus largement ouverts à leurs
marchandises d’exportation.
Cette manière de voir, libérale et sage, s’im­
pose de plus en plus. Elle tend, de plus en plus,
à sortir du domaine de la doctrine pure, pour
entrer dans celui de l’économie pratique ra­
tionnelle par suite de ce fait que, depuis quel­
ques années, nos Colonies s’organisent et s’ou­
tillent avec diligence en vue d’une plus large
production. Non seulement la pacification et la
confiance y font partout de rapides progrès,
mais, de toutes parts aussi, se créent des voies
de pénétration : ports, chemins de fer, routes.
Il n’est pas douteux que ces progrès moraux
et matériels n’aient pour résultat prochain une
production de plus en plus large et intensive
que notre pays, par suite de la stagnation de la
natalité, sera tout à fait insuffisant à absorber.
C’est donc une question vitale, pour la plu­
part de nos Colonies, que de s’assurer, grâce à
un régime douanier libéral, un traitement de
faveur ou de réciprocité, de la part des nations
qui peuvent contribuer, le plus largement, à
l’écoulement de leur production.
Il serait de la n]us grande imprudence de ne
pas tenir grand compte des considérations qui
précèdent.
Signalons également que pendant de longues
années encore les populations de la plupart de
nos Colonies, par suite de leur pauvreté, de leur
état de civilisation, des conditions climatéri­
ques même, ne pourront consommer que des
articles de peu de valeur, par conséquent des
articles dont l’industrie française s’est de tout
temps désintéressée et se désintéresse encore
aujourd’hui.
L ’industrie française produit surtout des
marchandises de valeur relativement élevée
destinées à une clientèle riche qui n’est pas
précisément celle qui nous occupe ; elle ne pour­
rait imposer ces articles à nos Colonies, qu’en
prohibant les objets de basse qualité produits
par nos concurrents étrangers, objets corres­
pondant beaucoup mieux aux goûts et surtout
aux ressources de nos Indigènes.
Peut-on admettre sans contrainte l’idée que
les populations de nos Colonies doivent être
asservies aux intérêts de telle ou telle indus­
trie, de tel ou tel commerce de la Métropole et,
en conséquence, pressurées par un système
douanier tendant à surtaxer artificiellement les
objets importés, nécessaires à la vie ?
Ce renchérissement factice constituerait une
lourde charge, un véritable impôt indirect dont
ne profiteraient, en aucune façon, ni les indivi­
dus, ni les familles, ni les pays même qui au­
raient à le subir.
Bien au contraire, il rendrait pour chacun
l’existence plus difficile et plus précaire... Ce
serait, en un mot, la négation même d’une sage
et productive politique coloniale.

�80

L ’EXPANSION COLONIALE

Nos Industriels sont-ils d’ailleurs à plaindre
autant qu’on veut bien le prétendre dans cer­
tains milieux ? Si nous nous basons sur les sta­
tistiques publiées par l’Office Colonial,, nous
voyons que la part de la France est en moyenne
de 50 % des marchandises importées dans l'en­
semble de nos Colonies ; cette part est sensible­
ment plus élevée dans quelques unes d’entre
elles. Elle atteint 76 % au Sénégal. Ce chiffre
important est attribuable, à notre avis, moins
à l'a protection modérée dont bénéficie l’impor­
tation française qu’à la proximité de cette Colo­
nie, et au fait que la France y est représentée
par de nombreuses et puissantes maisons de
commerce et d’armement.
Encore convient-il de tenir compte dans l’ap­
préciation des pourcentages ci-dessus indiqués
de contingences inévitables.
La France, fût-elle productive d’articles à bas
prix, n’est pas en mesure de fournir à ses Colo­
nies tout ce dont elles ont besoin, même parmi
les objets de première nécessité. Celles-ci doi­
vent s’adresser à l’étranger pour des denrées
que la France ne produit pas, ou dont sa pro­
duction est si insuffisante qu’elle doit en impor­
ter elle-même pour sa consommation inté­
rieure ; c’est le cas de la houille, du pétrole, des
bois de construction, du tabac, etc... tous ob­
jets qui se consomment en grandes quantités
dans nos Colonies.
D’autre part, il se fait entre nos Colonies et
les pays qui les avoisinent, un commerce très
considérable auquel la Métropole ne peut pré­
tendre en aucun cas.
Elle ne saurait par exemple fournir à nos Co­
lonies d’Asie les denrées que celles-ci se procu­
rent en Chine ou au Japon, pas plus qu’à nos
Colonies d’Afrique les colahs, l’huile de palme,
etc... qui font l’objet d’un commerce intercolo­
nial très actif.
L ’importance du mouvement commercial de
la France avec ses Colonies sera donc, semblet-il plus exactement appréciée,'si l’on base la
comparaison sur les chiffres des importations
dans ces mêmes Colonies, de tous les pays d’Eu­
rope.
En l’année 1905, les pays d’Europe ont fourni
ensemble aux diverses Colonies françaises,
pour ..................................... 310.000.000 de Fr.
Sur ce chiffre, la part de la France a été
de ........................................ 240.000.000 de Fr.
soit 78 %.
Celle des autres pays d’Europe a été
de ........................................
70.000.000 de Fr.
soit 22 %.
Il faut ajouter que, sur ces 70.000.000 de mar­
chandises étrangères, 10.000.000 ont emprunté
les voies françaises et ont profité au trafic de
nos ports et éventuellement de notre flotte com­
merciale.
Les chiffres qui précèdent permettent d’affiriner que la part qui revient à la France est dès
à présent tout à fait raisonnable et qu’il n’y a
pas lieu, pour tenter de l’accroître, de surtaxer
et de mécontenter les populations qui lui sont
soumises.
Il est encore à remarquer que nos Colonies
offrent d’autres avantages à la Métropole que
de favoriser certains débouchés industriels. Le
Commerce colonial donne lieu à l’emploi de ca­
pitaux considérables lesquels sont en très gran­
de majorité des capitaux français, alors même
qu’ils s’emploient ou qu’ils sont utilisés pour
l’importation de marchandises étrangères ou

l’expédition sur l’étranger de marchandises
coloniales.
C’est de la P’rance aussi que viennent la plu­
part des Agents préposés à la Direction et à la
surveillance des entreprises coloniales et qui
retirent de ces occupations des avantages
appréciables.
L ’organisation administrative de nos Colo­
nies comporte de son côté l’utilisation de nom­
breux fonctionnaires coloniaux provenant de la
Métropole qui y trouvent généralement une ré­
munération très large et très enviée.
La Métropole profite directement de l’emploi
de ces capitaux et de toutes les dépenses, de
personnel ou autre, que les Colonies sont obli­
gées de faire sur leurs propres ressources.
En tenant compte de ces diverses considéra­
tions, l’on ne peut faire autrement que d’arri­
ver aux conclusions suivantes :
Tout peuple colonisateur a, non seulement
comme devoir, mais encore comme intérêt pri­
mordial, d’assurer dans ses Colonies la créa­
tion et le développement de la richesse géné­
rale, le bien-être et, par suite, l’augmentation
de la population. Ce résultat ne peut être
atteint, qu’en accordant aux habitants la plus
grande liberté dans leurs transactions commer&gt;ciales, en leur laissant avant tout le droit d’im­
porter aux plus bas prix ce qui leur convient le
mieux et d’exporter aux plus hauts prix ce
qu’ils sont le mieux en état de produire.
Avec l’accrossement de la population et de la
richesse, non seulement la consommation géné­
rale et par suite la consommation des produits
provenant de la Métropole est appelée à aug­
menter, mais encore l ’on est fondé à penser
qu’avec le temps, le bien-être aidant, les popu­
lations prendront de plus en plus le goût d’arti­
cles plus fins, plus délicats, plus riches et, pour
le satisfaire, s’adresseront de plus en plus aux
industriels de la Métropole.
Nous ne pouvons qu’attendre des résultats
tout différents de la politique opposée, vers la­
quelle certains esprits rétrogrades tendent, de
loin en loin, à nous entraîner.
En effet, comme nous l’avons déjà dit, une
taxation mal avisée, injuste, frappant les indi­
gènes dans les objets les plus nécessaires à leur
existence et à leurs progrès ne peut qu'amener
un arrêt dans le développement de la popula­
tion, une diminution même du nombre des lia
bitants et, dans certains cas, leur exode vers des
pays plus favorisés.
Ce cas est particulièrement à redouter pour
nos Colonies africaines, à cause des conditions
géographiques qui leur sont spéciales ; en effet,
un grand nombre de territoires étrangers sont
enclavés dans nos possessions ou les limitent ;
il en est ainsi de la Gambie, de la Guinée Poriu
gaise, de Sierra-Leone, du Libéria, du Go’ d
Coast, du Togo, de Lagos, de la Nigéria. D'a .1tre part, les populations indigènes sont très
mobiles : peu attachées au sol à raison même
de leur pauvreté, elles passent, avec la plus
grande facilité, d’un pays à un autre dès qu’el
les y trouvent avantage ; ce fait a été constaté
à maintes reprises et encore récemment. Il se
produirait plus fréquemment et avec plus d’im­
portance encore, si les partisans d’une politiciue
douanière exagérément protectionniste parve­
naient à faire triompher leurs idées.
Une politique pareille, si elle était admise et
si les résultats en étaient envisagés d’avance
avec quelque attention devrait avoir pour con-

�L ’EXPANSION COLONIALE
séquence logique de faire arrêter les travaux
publics entrepris dans, la plupart de nos Col v
nies, car, nous l’avons dit plus haut, du mo­
ment que l’on voudra prohiber ou rendre très
difficiles les importations de l’étranger, il faut
s’attendre à ce qu’à leur tour les étrangers re­
poussent les produits de notre sol colonial.
Dans ces conditions, à quoi bon pousser nos
indigènes à produire des denrées qu’ils ne pour­
ront pas écouler dans la Métropole ? Pourquoi
construire des chemins de fer qui, faute de dé­
bouchés à l’étranger, n’auront pas à transpor­
ter des produits en quantités suffisantes ?
Une autre conséquence de cette funeste poli­
tique serait de créer dans ces Colonies des cri­
ses financières telles qu’il en a toujours existé
dans les pays auxquels on a refusé le bénéfice
de la libre concurrence, dans nos vieilles colo­
nies par exemple, et dans les anciennes colo­
nies espagnoles et portugaises, ces crises doi­
vent nécessairement aboutir à l’aggravation
continue des charges et impôts. Cette situation
ne peut qu’amener, en fin de compte, le mécon­
tentement des populations, des révoltes, et par­
fois l’abandon des Colonies. Dans le cas le plus
favorable, elle nécessite l’intervention constan­
te de la Métropole, sous forme de subsides et de
subventions pour soutenir des pays qu’elle a
rendus impuissants à vivre sur leurs propres
ressources.
Le Congrès colonial qui s’est réuni en 1906 à
Marseille et auquel ont pris part les coloniaux
les plus notables de notre pays, s’est inspiré de
ces principes et nous sommes persuadés que
vous n’hésiterez pas à vous rallier aux conclu­
sions qu’il a formulées.
Nous proposons en conséquence au Congrès
de Bordeaux de déclarer à son tour :
I. — Que le premier, le véritable intérêt, ma­
tériel et moral de la Métropole réside dans la
prospérité de ses Colonies ;
II. — Que chaque Colonie ou groupe de Colo­
nies doit pouvoir formuler et adopter en toute
liberté le régime douanier qui convient le
mieux à scs intérêts;
III. — Qu'il convient d'empêcher toute mesu­
re fiscale qui soit de nature à diminuer les res­
sources des indigènes, à les appauvrir, à res­
treindre la population, à porter atteinte au créidit financier des Colonies, et, par voie de con­
séquence, à entraver Vexécution des travaux
publics et à nécessiter le recours au Trésor mé­
tropolitain, soit pour fournir les arrérages des
emprunts garantis, soit pour parfaire l'insuffi­
sance des budgets locaux.
N.-B. — Les vœux qui précèdent ont été adop­
tés par le Congrès colonial de Bordeaux.

CHRONIQUE
H a u t e s d is tin c tio n s .

C’est avec un plaisir tout particulier, on le
comprendra, que nous enregistrons les hau­
tes distinctions qui en quelques semaines
viennent d’honorer notre savant concitoyen
M. le docteur Heckel. C’est d’abord la Fédé­
ration des pharmaciens et médecins natura­
listes allemands qui lui a attribué la grande
médaille d’or de Fluckiger 'réservée tous les

81

cinq ans au savant éminent quelle que soit
sa nationalité qui a le plus contribué aux pro­
grès des sciences naturelles appliquées à la
médecine et à la pharmacie. Presque au
même moment la Société nationale de phar­
macie de Paris l’appelait par acclamations
au fauteuil laissé vacant par Berthelot. Enfin
l’Académie des Sciences vient de l’élire
comme correspondant pour la section d’éco­
nomie rurale en remplacement de M. Lau­
rent du Gembloux, décédé. Nous félicitons
autant M. le docteur Heckel que les grands
corps scientifiques qui viennent de s’assurer
la précieuse collaboration de notre éminent
ami.
—13—
L e d e r n ie r m o uvem ent.

,

11 n’y a, chose rare, qu’une voix dans les
milieux coloniaux pour se réjouir de l’heu­
reuse tendance affirmée par le dernier mou­
vement que nous reproduirons plus loin et
qui vient d’appeler M. Merlaux-Ponty à la
succession de M. Roume, M. Merlin à celle
de M. Gentil et plusieurs autres hauts fonc­
tionnaires à des gouvernements dignes de
leurs services et de leur valeur.
On saura grand gré à M. Milliès-Lacroix
d’avoir eu recours à des gens de carrière et
non à des parlementaires incompétents. Et
n’en déplaise aux critiques gouailleuses que
firent entendre quelques humoristes faciles
ou quelques ambitieux déçus lors de l’appli­
cation des premières réformes appliquées
par le ministre actuel, il nous est très agréa­
ble de constater que les ardentes compéti­
tions de politiciens prompts à la curée n’ont
pas trouvé grâce devant un souci constant de
l’intérêt bien entendu de nos colonies. Dans
un même ordre d’idées, M. Milliès-Lacroix
a coupé court à un abus qui consistait à mul­
tiplier les nominations de gouverneurs et de
secrétaires-généraux des colonies. Dans pas
mal de colonies il y avait à la fois un gou­
verneur en congé et un gouverneur en fonc­
tion. Tous deux, naturellement, étaient rétri­
bués. La disponibilité, d’exception, était de­
venue situation normale. En 1906 il y avait
16 gouverneurs et 10 secrétaires-généraux en
sus des effectifs normaux. M. Milliès-Lacroix
a réussi à faire disparaître cet excédent.
Actuellement il n’y a plus une seule de nos
colonies qui en soit grevée. Autant de res­
sources dont pourront, plus utilement, pro­
fiter les budgets coloniaux. Le ministre doit
en être loué d’autant plus qu’il a dû, c’est
certain, vaincre plus de protestations et plus
de difficultés matérielles. Il a donné là un
exemple heureux de ténacité et de courage.
—Kl—
L e r é g i m e d o u a n i e r c o lo n ia l.

Le dernier article sur le R égim e d o u a n ie r
c o lo n ia l dans l 'E x p a n s io n co lo n ia le sous la

�82

L ’EXPANSION COLONIALE

signature autorisée de M. Adrien Artaud a
èu, dans toute la presse coloniale, les hon­
neurs de la reproduction et de commentaires
on ne peut plus flatteurs. La question est à
l’ordre du jour. On sent qu’elle passionne
tous ceux qui s’intéressent à l’avenir écono­
mique de nos possessions d’outre-mer ; et
c’est de toute justice. Nous avons reçu com­
munication des nombreux développements
que nos confrères ont consacré à l'examen
— presque tous à l’appui — de la thèse que
mous défendions dans notre dernier numéro
et le tarif général actuel, si opposé, si con­
traire aux intérêts de la presque unanimité
de nos possessions d’outre-mer est, il
faut bien le dire, sérieusement, battu en
brèche par ceux qui ont quelque souci de
la prospérité future de notre domaine colo­
nial.On a, à ce propos, rappelé très judicieu­
sement les arguments développés pai M.
Eug. Etienne alors qu’il était sous-secréi rire
d’Etat aux Colonies et qu’il démontrait déjà
le danger qu’il y avait à continuer à appli­
quer des droits que les indigènes éludaient
en transportant tout simplement leurs péna­
tes, si aisément mobiles, sur des territoires
non français. Notre compatriote M. Matton,
dans son remarquable rapport sur le régime
commercial de l’Afrique Occidentale, a in­
sisté, aussi, faits probants à l ’appui, sur
le danger qu’il y avait à mettre en fuite noi re
clientèle indigène à coup de tarifs. Char/je
colonie, en un mot, doit être traitée selon . es
besoins et son tempérament économique. Et
là-dessus les quelques protestations aigredouces formulées dans certains centres pro­
tectionnistes ne sauraient prévaloir contre le
bon sens et l’intérêt général, aussi bien celui
de la métropole que celui de nos colonies.
Le gouvernement et le Parlement semblent
d’ailleurs décidés à considérer désormais
sous son jour véritable, cette question capi­
tale. La convention de commerce qui vient
d’être passée entre la France et le Canada,
assimile très heureusement à la France,
l’ Algérie, les colonies françaises et les pays
de protectorat, et toute réduction ou toute
exemption de choix leur sera indifféremment
appliquée. Tous les articles de la convention
mentionnent cette particularité qui constitue
un premier pas en avant dans la voie que
nous souhaitons ardemment voir se généra­
liser, désormais. Il n’y a que le premier pas
qui coûte. Le voici fait.
—Kl—
P o lit iq u e de r é s u lt a t s .

On dit que M. Beau va être rappelé en
France et pourvu d’un poste élevé dans la
dinlomatie. C’est tant mieux pour M. Beau
et tant pis pour l ’Indo-Chine. Celle-ci, en
effet, n’a eu qu’à se louer de l'impulsion acti­
ve et pratique que M. Beau a donnée à son
•essor. Mais les intérêts généraux de la colo­
nie n’ont pas seulement trouvé en lui un dé­

fenseur entre tous averti : sous son adminis­
tration, les indigènes ont bénéficié d’avanta­
ges peu communs. Le dernier rapport lu à
Pnom-Penh par le gouverneur général de
l’Indo-Chine établit que les charges qu’ils
ont à supporter sont inférieures à celles des
pays voisins. Et cette diminution de charges
correspond à un accroissement notoire de
bien-être et de facilités de tous genres : liber­
té, compatibles avec la sécurité de notre do­
mination, instruction appropriée partout à
leurs besoins intellectuels, protection contre
la piraterie, les épidémies et les disettes,
améliorations sociales et politiques, partici­
pation aux services généraux ou locaux,
développement de l’assistance médicale, dé­
veloppement des institutions d’assistance...
Et tout cela en favorisant la diffusion des
idées françaises dans la population indigène
et l’association, chaque jour plus grande sur
le terrain des affaires entre l’élément fran­
çais et l’élément indigène... ,
M. Beau laissera en Indo-Chine, si les
bruits de son retour en France sont exacts,
mieux que de bons souvenirs. Son œuvre
laissera dans l’histoire de la colonisation
française en Extrême-Orient une durable et
féconde empreinte.
- S i-

C o n g r è s de l’A f r i q u e du N o r d .

L ’idée très pratique qui avait germé lors
du Congrès colonial de Marseille, d’organiser
'des Congrès coloniaux quinquennaux par
colonie vient de prendre corps. On va com­
mencer, à Pâques 1908, par grouper à Paris
en un Congrès dit de l’Afrique du Nord, les
personnalités qui s’intéressent plus spéciale­
ment aux questions relatives à l’Algérie, à la
Tunisie et au Maroc. Une commission dont
font partie MM. de Lanessan, Eugène Etien­
ne, René Millet, Guillain, Chailley, etc., pré­
pare le programme et l’organisation de ce
congrès appelé, croyons-nous, à donner d’ex­
cellents résultats. On part,en effet,de ce prin­
cipe, que les précédents congrès coloniaux
s’occupant de toutes les colonies ne pouvaient
que difficilement aboutir à des solutions
applicables à l’ensemble de ces colonies. En
sélectionnant, comme on va le faire, ces étu­
des et en n’étudiant, sous le jour qui leur est
propre, que les questions qui ont trait à une
région bien déterminée, on ne court pas le
même risque. On sait, au contraire, que les
conditions géographiques et climatériques,
l’origine et les mœurs des habitants étant
semblables,des solutions identiques peuvent
être envisagées et appliquées. Aussi le monde
colonial voit-il d’un œil très favorable ce
congrès, patronné d’ailleurs comme nous ve­
nons de le dire par nos sommités .coloniales
et africaines. Ajoutons que dès à présent
Y U n io n C o lo n ia le , 44, rue Chaussée-d’Antin,
donne tous renseignements et reçoit les adhé­
sions dont le montant a été fixé à 10 francs.
—Kl—

�L ’EXPANSION COLONIALE
L a vie é c o n o m i q u e des colo nies.

Notre excellent confrère M. J.-P. Trouillet
a, on le sait, donné à la Dépêche. C oloniale
un supplément illustré qui, grâce à sa rédac­
tion on ne peut plus soignée et à l ’art con­
sommé qui préside à sa présentation, a rapi­
dement, pris place à la tête des premiers
m agazines coloniaux du monde. Le numéro
de janvier de la Dépêche C oloniale illu s tré e
rappelle, en joignant aux commentaires, de
fort belles photogravures, les progrès accom­
plis par chacune de nos colonies dans les dif­
férentes branches de leur activité économi­
que : agriculture, commerce, industrie, tra­
vaux publics et transports. C’est un travail
fort intéressant. 11 comprend 44 pages de
texte et plus de cent belles gravures inédites.
— Si—

A p ro p o s d 'A d ju d ic a tio n s .

Voici qui confirme les plaintes dont nous
avons déjà eu l ’occasion de nous faire l ’écho
à propos des adjudications qui sont, géné­
ralement, connues dans la métropole à une
date trop tardive pour que nos commerçants
et industriels puissent y participer.
Une adjudication de fournitures de fils de
fer et de consoles destinés au service des
Postes et Télégraphes de bl-ndo-Chine n’a été
notifiée à l ’Institut colonial marseillais que
le 13 fé v rie r. Elle était fixée au 25 fé v rie r et
l’article 3 du cahier des charges indiquait
que ;
« Pour être admis à l ’adjudication, les
« concurrents devront adresser une demande
« q u i n z e j o u r s au moins à l ’avance au mi« nistre (Direction de la Comptabilité 2me
Bureau. &gt;&gt;,
Les demandes devaient donc arriver au
ministère le 10 fé v rie r au plus tard. Com­
ment les intéressés auraient-ils pu le faire
puisque ce n’est que trois jours après, c’està-dire le 13 février, qu’ils pouvaient être in­
formés de cette adjudication.
L ’Institut colonial marseilais, a aussitôt
signalé cette anomalie à M. le Ministre des
Colonies en appelant toute son attention sur
l’importance qu’il y avait à mettre le Com­
merce de Marseille à même de faire utile­
ment ses propositions.
A. G.

LES PLANTES COLONIALES
ET L’ALCOOL
Il est extrêmement regrettable que pour des
raisons très complexes de nature fiscale sur­
tout, il soit à peu près impossible d’obtenir
chez nous à un prix raisonnable l’alcool indus­
triel.
Plus heureuses que les nôtres, les colonies
Anglaises, Allemandes, Hollandaises, Améri­

83

caines peuvent concourir largement à la pro­
duction d’une matière de plus en plus deman­
dée ; sans avoir trop d’espoir dans la modifica­
tion d’une réglementation fiscale presque
prohibitive, nous croyons utile cependant de
signaler une étude entreprise par l’Impérial
JnsUtute.de Londres, sur les plantes coloniales
pouvant fournir de l’alcool à bon marché poul­
ies usages de l’industrie, plantes que nos colo­
nies pourraient fournir en grandes quantités et
dont l'utilisation serait pour nos établissements
une source de très importants profits.
Voici de quelle manière le Bulletin de Ylmpérial Institute traite cet intéressant sujet :

Depuis ces dernières années, l’attention
s’est portée sur l’emploi de l’alcool dans l’in­
dustrie : en Allemagne, notamment de nom­
breux essais ont été faits pour utiliser l’al­
cool comme source de lumière, de chaleur et
de puissance.
L ’usage de plus en plus répandu des mo­
teurs utilisant les combustibles liquides, a
stimulé les recherches dans ce but et d’autre
-part de nombreux industries chimiques em­
ploient de grandes quantités d’alcool ; il de­
vient donc indispensable de trouver des
moyens de se procurer de l’alcool, à bon
marché, pour les usages industriels.
Deux facteurs importants commandent
l’ utilisation de l’alcool industriel ; d’une
part, ses difficultés de son emploi comme
source d’énergie ne sont pas encore tout à
fait résolues ; de l’autre, son prix est trop
élevé.
Il ne peuLy avoir aucun doute que les in­
génieurs trouveront les moyens de surmon­
tés les obstacles qui empêchent encore l’usa­
ge de l’alcool comme combustible dans les
machines, de sorte qu’il faut se préoccuper
d’ores et déjà de réduire le coût de la pro­
duction de l’alcool par l’emploi des matières
premières peu coûteuses et par l’organisa­
tion de grandes usines pouvant fabriquer
dans les meilleures conditions de bon mar­
ché.
Le sujet est d’une importance sérieuse
pour les colonies françaises où les matières
amylacées propres à la fabrication de l’al­
cool peuvent devenir l’objet de cultures ré­
munératrices.
11 n’est donc pas sans intérêt de signaler
quelques produits coloniaux pouvant être
utilisés avec profit.
Tout le monde sait que l’alcool est dû à
la fermentation des matières contenant de
l’amidon, du sucre ou de la cellulose, l’al­
cool provenant de cette dernière source,
n’ayant d’ailleurs à présent aucune impor­
tance commerciale.
Les plantes produisant de l’amidon sont
les céréales, les pommes de terre, le manioc,
les patates, les ignames, les plantes à sucre
sont la canne à sucre et la betterave.
Les plantes connues sous le nom d’arrow
root donnent une grande quantité d’amidon
pouvant être transformé en sucre, mais ces

�84

L ’EXPANSION COLONIALE

amidons étant employés à des usages spé­
ciaux, on ne saurait les utiliser comme sour­
ces d’alcool.
Le topinambour est largement cultivé en
Allemagne pour la production de l ’alcool ;
11 a l’avantage de pouvoir être conservé
pendant longtemps sans perdre ses facultés
de fermentation : on calcule crue 100 kilo:: de
topinambour fournissent environ 8 kil. 1/2
d’alcool industriel.
Les bananes contiennent u. e grande
quantité d’amidon et de sucre ; 20 à 25 % des
fruits sont fermentescibles, de sorte que la
banane serait, dans les colonies, pour la pro­
duction de l ’alcool, une matière première de
prix peu élevé.
In manioc est, à cet égard, une plante des
plus utiles. De nombreuses analyses prou­
vent que la racine fraîche de manioc con­
tient un peu plus de 30 % d’amidon et l’on
peut estimer à 35 % la part fermentescible
de ces racines.
Ces chiffres ne s’appliquent, il est vrai,
qu’à des maniocs bien choisis, mais on peut,
sans exagération, compter sur une moyenne
de 25 % de matières utilisables.
Dans ,1a racine desséchée, telle qu’elle arri­
ve des Indes Néerlandaises, on trouve 72 %
d’amidon et 15 % de sucre, de sorte que la
racine desséchée contient 87 % de matières
pouvant fournir de l ’alcool.
Le manioc est donc, au point de vue qui
nous occupe, une des plantes les plus inté­
ressantes et comme sa culture est des plus
faciles, son rendement considérable, on ne
saurait trop appeler sur elle l’attention de
nos colons.
Le manioc est employé actuellement à la
fabrication des pâtes alimentaires, de l ’ami­
don, des apprêts pour étoffes, on l’a essayé
avec succès dans l’industrie de la bière et
son usage se répand de plus en plus.
Le prix de la racine coupée en rondelles
et bien desséchée, varie entre 11 et 13 francs
les 100 kilos; au point de vue du fret,la tonne
est comptée pour 700 kilos, soit 40 francs les
1000 kilos. Il y a donc une marge de 71 à 73
francs par 1000 kilos pour la culture, la ré­
colte et la préparation du produit : or, le
rendement par hectare étant très- élevé, de
12 à 15.000 kilos de racines sèches, nos co­
lons peuvent trouver avantage à entrepren­
dre cette culture, si toutefois le fret se main­
tient dans les prix indiqués ci-dessus.
Le riz est également très intéressant au
point de vue de la fabrication de l ’alcool : il
est déjà employé dans ce but, dans certains
pays tropicaux. Le pourcentage des matières
fermentescibles est d’environ 78 %.
' La patate douce fournit un alcool excellent
employé, paraît-il, pour l’alcoolisation des
vins en Amérique.
Dans la Caroline du Sud, on a obtenu
12 kil. 500 de tubercules à l’hectare, fournis­
sant 20 % d’amidon et 5 % de sucre. On

compte qu’un boisseau de patates pesant 25
kilos, fournissant un quart de matières fer­
mentescibles, donnerait environ 4 litres d’al­
cool.
Aux Etats-Unis, on a également utilisé le
caroubier.
En résumé, l’alcool est employé pour l’é­
clairage, la production de chaleur et de force
motrice, dans la fabrication des laques, ver­
nis, de la poudre sans fumée, du vinaigre,
de l’éther, du chloroforme, dans la prépara­
tion des teintures et des parfums.
On peut utiliser l’alcool dans tous les usa­
ges auxquels on emploie actuellement le pé­
trole ; dans plusieurs pays, les prix relatifs
de l’alcool et du pétrole ne donnent aucun
avantage à l’emploi du premier, mais ainsi
qu’il est probable, lorsque les prix du pétro­
le auront augmenté et que ceux de l’alcool
auront diminué, ce dernier deviendra très
probablement une source très importante de
puissance.
E. M.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M é tro p o le
Gouverneurs des colonies. — Par décret pré­
sidentiel du 18 février 1908, M. Merlin, gouver­
neur des colonies, secrétaire général du gou­
vernement général de l’Afrique occidentale, est
nommé commissaire général du Congo, en
remplacement de M. Gentil, oui, en raison de
son état de santé, a demandé à faire valoir ses
droits à la retraite ; M. Merleaux-Ponty, gou­
verneur du Haut-Sénégal et Niger, est nommé
gouverneur général de l’Afrique occidentale, en
remplacement de M. Roume, mis en dis­
ponibilité sur sa demande ; M. Clozel, gou­
verneur de la Côte-d’Ivoire, est nommé gou­
verneur du Haut-Sénégal et Niger ; M. Angoulvant, gouverneur de l’Inde, est nommé gouver­
neur de la Côte-d’Ivoire ; M. Bonhoure, gouver­
neur de la Réunion est nommé gouverneur de
l’Inde ; M. Guy, gouverneur de Sénégal est
nommé gouverneur de La Réunion ; M. Gourbeil, gouverneur des colonies, adjoint au gou­
verneur général de l’Indo-Chine, est nommé
gouverneur du Sénégal ; M. Richard, gouver­
neur de la Guinée, est nommé gouverneur de
la Nouvelle-Calédonie : M. Liotard, gouverneur
de la Nouvelle-Calédonie, est nommé gouver­
neur de la Guinée ; M. Telle, secrétaire général
du Gabon, est nommé gouverneur du Gabon.
Légion d'honneur. — Par décret en date du
22 février 1908, rendu sur le rapport du minis­
tre des colonies, a été nommé au grade de Com­
mandeur (au titre civil) M. Gentil (Emile), gou­
verneur de l r0 classe des colonies, commissaire
général du gouvernement dans le Congo fran­
çais et dépendances.
Algérie. — Un décret du 30 janvier 1908 porte
application à l’Algérie de l’article 5 de la loi de

�85

L ’EXPANSION COLONIALE
finances du 30 janvier 1907 (au sujet des for­
malités auxquelles sont assujetties, en France,
l'émission, l’exposition, la mise en vente, l’in­
troduction sur le marché d’actions, d’obliga­
tions ou de titres, de quelque nature qu’ils
soient, de Sociétés françaises ou étrangères).
Guinée. — Un décret du 21 janvier autorise
l’ouverture des travaux à exécuter pour la cons­
truction de la dernière section du chemin de fer
de la Guinée comprise entre le col de Coumi et
le Niger.
Nouvelle-Calédonie. — Un décret du 17 jan­
vier porte réorganisation du régime des terres
domaniales en Nouvelle-Calédonie.

C olonies
Algérie. — Arrêté du gouverneur général du
24 décembre 1907, créant un service du reboise­
ment en Algérie.
Tunisie. — 4 février 1908, décrets beylicaux
approuvant les conventions entre le directeur
général des Travaux publics et la Compagnie
de Bône-Guelma pour l'exploitation : 1° de la
ligne projetée de moteur à Béja et Nébeur (136
kilomètres) ; 2° de la ligne projetée de Sfax au
réseau de Sousse (113 kilomètres).
Guinée. — 27 décembre 1907, arrêté du lieute­
nant-gouverneur ouvrant le cercle de Siguiri à
la recherche et l’exploitation des mines.
Congo. — 2 décembre, arrêté du commissaire
général accordant un permis d’exploration mi­
nière à la Société française de pétrole.
7 décembre, arrêté promulguant dans les co­
lonies constituant l’ensemble des possessions
du Congo français" le décret du 7 octobre 1907,
modifiant celui du 19 juin 1904 sur le régime
des terres domaniales au Congo français.
Madagascar. — 30 décembre, arrêté du gou­
verneur général fixant pour l’année 1908 la
base de calcul de la taxe ad valorem à perce­
voir sur le produit des mines d’or, des mé­
taux précieux et des pierres précieuses. — Ar­
rêté. portant nouvelle fixation des tarifs géné­
raux, des conditions de transport et des frais
accessoires sur le chemin de fer de Brickaville
à Tananarive.
Indo-Chine. — 4 décembre, arrêté du gou­
verneur général divisant le domaine communal
des villes de Saigon et de Cholon en domaine
public et domaine privé. — Arrêté autorisant
l’exécution des travaux d’agrandissements du
canal de dérivation de l’arroyo chinois.
18 décembre, arrêté ouvrant la section de
Dong-dang à Namquan (5 kilomètres), de la li­
gne ferrée de Hanoï à la frontière du Quang-si
au service des voyageurs et des . bagages non
manutentionnés par le service des chemins de
fer, à partir du 1er janvier 1908.
J. L.

VIE ECONOMIQUE DES COLONIES
A g r ic u lt u re . — C o m m e rc e .
In d u s t r ie . — M a rin e .

La colonisation de l’Algérie. — Le gouver­
neur général vient d’accorder des concessions
de terres à 42 émigrants, provenant de 21 dé­
partements différents ; ces émigrants seront
répartis entre 22 centres déjà formés.
Les départements de provenance sont les sui­
vants : Hautes-Alpes (8 émigrants) ; Ardèche
(6) ; Isère (4) • Gard (3) ; Puy-de-Dôme, Corse,
Dordogne, Vaucluse. Aveyron (chacun 2) ; Mor­
bihan, Charente-Inférieure, Allier, Vosges,
Tarn, Bouches-du-Rhône, Haute-Savoie, Loire,
Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Seine (cha­
cun 1).
L ’adjudication des cèdres de l’Aurès. — Le
15 janvier a eu lieu, à Constantine. la mise en
adjudication de l’importante coupe de cèdres de
l’Aurès, qui ne comprenait pas moins de
100.000 mètres cubes de bois exploitable et pour
laquelle une publicité étendue aux principaux
marchés d’Europe et d’Amérique avait été faite
par le gouvernement général de l’Algérie. Cette
coupe a été adjugée au prix de 650.000 francs
à une Société française qui compte donner à
l’exploitation et à l’utilisation du bois de cèdre
une grande extension dont la colonie ne peut
manquer de profiter.
La production des salines du Iief. — Les
sources salées du centre des Salines, sur la
ligne du Kef, en Tunisie, exploitées par les Mo­
nopoles, ont produit près d’un million de kilo­
grammes de sel dans le cours de l’année 1907.
Bon an, mal an, les Monopoles tirent de cette
exploitation 50.000 francs de bénéfices nets.
Les phosphates de Tunisie. — La production
phosphatière de la Tunisie continue à se déve­
lopper très rapidement. La Régence a exporté
1.040.000 tonnes en 1907, ce qui représente les
deux cinquièmes de la consommation euro­
péenne. Par rapport à l’année précédente, l'aug­
mentation atteint près de 300.000 tonnes.
Travaux du port de Tunis. — La première
partie des travaux d’agrandissement du port
de Tunis vers le Djebel-Djelloud sera entre­
prise incessamment. Ils consistent dans le pro­
longement des ouvrages actuels sur 150 mètres
et comportent le dragage de 4 hectares don­
nant un cube de 600.000 mètres, le remblaie­
ment de 5 hectares de terre-pleins et la cons­
truction de 150 mètres de quai. L’ensemble de
ces travaux s’élèvera à 600.000 francs environ.
. Les ressources industrielles de l'Afrique
Occidentale. — . M. Paul Ammann, ingénieur
agronome, avait été engagé par le gouverneur
général pour étudier les matières que l’Afrique
Occidentale peut fournir à l’industrie française.
Il vient de rentrer à Paris d'un premier voyage
au cours duquel il a visité la vallée du Niger
entre Koulikoro et Niafonké et la partie infé­
rieure de la vallée du Bani. Ses impressions

�86

L ’EXPANSION COLONIALE

sur la valeur du pays sont franchement opti­
mistes. Il est vrai qu’il s’est tenu dans les par­
ties inondables du Soudan, lesquelles sont, en
effet, très fertiles ; mais il convient de remar­
quer aussi que ces parties inondables sont très
étendues.
Dans ce premier voyage, il a étudié spéciale­
ment trois sortes de produits : la laine, les fibres
et le karité. M. Annnann a été frappé de l’acti­
vité qui règne sur le Niger : des relations com­
merciales de plus en plus suivies s’établissent
entre les diverses parties du Soudan. L ’année
dernière, la récolte ayant manqué dans le sud
de la colonie, c’est le nord qui y a suppléé en
expédiant en grandes quantités du miel et du
riz.
Le chemin de fer de la Guinée. — L ’ouverture
des travaux de 'a troisième section du chemin
de fer, sous l’impulsion de M. le directeur Sa1esses; s’est faite avec le succès prévu. Le chan­
tier de Kouroussa, point d’aboutissement sur le
Niger, a déjà commencé à fonctionner avec
1.000 ouvriers ; 6.000 manœuvres sont employés
dans le Fonta-Djallon et 2.000 sur le reste du
parcours, soit au total 9.000 hommes. Et cette
petite armée très disciplinée quoique traitée
avec humanité, s’acquittera de la tâche imposée
dans les délais déterminés. c’estTà-dire que la
locomotive ira de Konakry au grand fleuve à la
fin de 1910.
La frontière Congo-Cameroun. — M. Albert
Duchêne, sous-directeur des affaires d’Afrique
au ministère des colonies, est désigné pour
prendre la direction de la mission, française
chargée de tracer, d’accord avec la mission
allemande, la frontière Congo-Cameroun.
Cette mission pai’tira la semaine prochaine
pour Berlin. Elle comprend, outre M. Duchêne,
MM. le commandant Moll, le capitaine Cottes,
Brussaud et Michel.
J. L.

L E S IN S T IT U T IO N S C O N N E X E S
ALLIANCE FRANÇAISE
Nous apprenons avec grand plaisir nue M.
Lé Quang-Hien (Auguste), préfet indigène de
Sadek (Cochinchine), chef de la mission IndoChinoise qui a récemment visité la France a
reçu de l’Alliance française, sur la prooosition
de son Comité de Marseille, une- médaille d’ar­
gent pour services rendus à cette association
dans l’Indo-Chine.

Avis d’Adjudications
A PPE L A LA CONCURRENCE. — Des offres
sur papier libre pour la fourniture de 4.700 li­
tres de pétrole raffiné nécessaires au Service
des phares de Madagascar, à Majunga, seront
reçues par le chef du Service Colonial, 63, bou­
levard des Dames, jusqu’au 2 mars 1908, avant
5 heures du soir.
Les personnes désireuses de faire des offres,
pourront prendre connaissance du cahier des
conditions particulières relatives à cette four­

niture dans les bureaux du dit service tous les
jours (dimanches exceptés), le matin de 9 heu­
res à midi et de 3 heures à 5 heures du soir.
Il sera procédé le 6 mars 1908, dans la salle
des séances de 1a. Commission permanente des
marchés, à Paris, salle des commissions de
l'Office Colonial (Palais Royal), à 3 heures du
soir, à l’adjudication par voies de soumissions
cachetées des fournitures ci-après désignées :
1° Boulons d'Eclisses, boulons de crœpaud;
2° Rails; 3° Traverses métalliques ; 4° Matériel
pour voie de 0mH0 ; 5° Eclisses ; 6° Crapauds ;
7° Rondelles Grower ; 8° wagons d'entrepre­
neur ; 9° Matériel roulant pour voie de 0mS0 ;
10° Poteaux et métalliques.
Le 10 mars- 1908, il sera procédé à Paris, à
l’adjudication de la fourniture de profilés et
barres destinés au service du chemin de fer de
la Côte d'ivoire.
Le cahier des charges de cette adjudication
peut être consulté au secrétariat de la Chambre
de Commerce à Marseille.
Le 17 mars 1908, il sera procédé dans la salle
des séances de la Commission permanente des
marchés, à Paris, à l’Office Colonial (Palais
Royal), à trois heures du soir, à l’adjudication
par voie de soumissions cachetées de la fourni­
ture d’un
Appontement métallique
destiné au Service des Travaux publics de la
Guyane.
Le 28 avril 1908, il sera procédé dans la salle
des séances de la Commission des marchés à
l’Office Colonial (Palais Royal), à trois heures
du soir, à l’adjudication sur conéours par voie
de soumissions cachetées des
Travaux d'adduction des eaux du Douai à
Saigon.
Le troisième jour (ou le quatrième si le troi­
sième est férié) après l’arrivée à Haïphong du
courrier des Messageries Maritimes porté au
tableau des mouvements des paquebots comme
devant partir de Marseille le dernier diman­
che de mars 1908 (29 mars), il sera procédé en
séance publique par une Commission spéciale
composée de : 1° l’Ingénieur en chef de la
circonscription des Travaux publics ou de
son délégué, président ; 2° l’Ingénieur en chef
de la circonscription des Travaujx publics de
l’Annam ; 3° Un Administrateur, à la désigna­
tion du Résident supérieur de l’Annam ; 4° Un
Ingénieur à la désignation du Directeur géné­
ral des Travaux publics ; 5° Un contrôleur des
Mines à la désignation du Directeur général
des Travaux publics.
A l’adjudication sur concours des travaux
ayant pour objet : la construction, la fourni­
ture et l'installation à Hué, de tous les bâti­
ments et de tout le matériel nécessaires pour
puiser dans la rivière de Hué, et élever dans
un réservoir précédé d'un filtre et distribuer
en ville, deux mille cinq cents mètres cubes
d'eau par vingt-quatre heures.
Les personnes qui auraient l’intention de con­
courir, pourront prendre connaissance du ca­
hier des charges à l’Institut Colonial Marseil­
lais.

�L ’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

Fr.
E M P R U N T S CO LON IAU X
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
462 —
(g a r .)................................
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
427 3 o/o 1902, r. à 500 fr .........
490 — Gouvernement Tunisien, obi
485 —
3 1/2 o/o 1903, r. à 500........
87 —
Prot. Annam-Tonkin obi. 2 1/2
78 65
(g a r.)..................................
81 25
90 50 Madagascar, obi. 2 1/2 (gar.).
—
Em. 3 o/o 1903 (gar.
95 —
94 —
467 —
Indo-Chine, chem. de fer obi
465 —
3 1/2 o/o, 1899 .....................
—
—
413 75
—
obi. 3 o/o 1902........
480 —
Emprunt Algérien, 3 o/o 1902
435 obi. r. à 500 t. p...................
Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1000 —
969 1897.....................................
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
986 1895....................................
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
450 —
3 1/2 o/o 1898......................
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
459 —
■3 1/2 o/o 1901.....................
470 492 50 Col. de la Martinique...........
Afrique Occidentale, 3 o/o 1903,
470 —
457 obi. rem. 500 (gar.).............
505 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. â 500..
BANQUES COLONIALES
E T E T A B L IS S E M E N T S FINAN CIERS
Divers
Cic Algérienne, act. de 500 t. p.
910 —
500 Créd. Fonc. et Agric. d’A lg .,
497 act. de 500 (250 p. nom.)....
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ................... •......... 1350 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
260 —
de 500 t. p. (n.)..................
Banque de la Guyane, 500 t. p.
500 -

(n -). . . . . . . . . . . . . . . '•. . . . . . . . . . .

Banque de la Martinique, 500
550
t. p. (n.) ...........................
Banque de la Bèunion, act. de
500 505
500 t. p. (n ) . ............... •...
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p nom .)........... 1370
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
050
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
500 Crédit Algérien, a. de 500 t p. 1225
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
42
de 500 L p ..........................
420 Crédit Foncier Colonial, obi.
97
5 o_/o 420 .............................
350
Crédit Foncier Colonial, obi.
85
5 o/o 359.............................
CHEMINS D E FER ALG ÉRIEN S
E T CO LON IAU X
685
500 — Cic Bône-Guelma, a. r. à 600..
— obi. 3 o/o r à 500.
428
Divers
707
500 — Est Algérien, act. r. à 600.. .
—
obi. 3 o/o r. à 500 425
Divers
648
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
—
obi. 3 o/o r. à 500 425
Divers
Aïn Thizy-Mascara, obi. 3 o/o
rem. à 500...........................
500 —

50
—
—

50

Mécheria-Aïn Sefra obi. 3 o/o
rem. à 500...........................
Mouzbab-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500........... ............
330 — Mostaganem-Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500..........................
500
Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan , act. 500,
250 fr. nom..........................
438 50 Obi. priv. 3 o/o, rem. à 500 lib.
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650..............
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies fràuç , obi 3 o/o r. 500
443 — Chem, de fer et Port de la
Bèunion. obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’Etat..................

87

340 —

420 —
428 —
423 50
.......
420 75
910 —
372 —
420 75

V A LE U R S M IN IÈ R E S

_ Cliarb. du Tonkin, act. de 250
t. p ..................................... 1525 —
430 _ Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500.............................
500—
500 _ Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p.............................
466—
477 50 Algérie-Tunisie (Omn.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500.............
465 25
_ _ Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ..................................
569—
500 _ Mokta el Hadid,act. 500 t. p. 1560 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ................................ 1522 Divers Le Nickel, act. de250 t. p ... .
648 —
445 _
—
obi. 4 o/o rem. à 500- 502 —
—
Saint-Elie, act. de 500, t. p ...
84 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .................................
149—
454 50 Pho phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500..............................
480—
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ................... 3930 —
------Phosp. et Ch. de Gafsa, parts... 3728 —
V ALEURS COLONIALES FRANÇAISES ■
Compagnie française de i’Afrique Occi­
dentale...............(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale............. (actions nouvelles).
2150 —
Cic Marseillaise de Madagascar........
549 50
Messageries Fluviales de Cochinchine.
323 —
Alima............................................... *..
196 —
Alimaïenne..............................
230 —
Congo occidental..........................
435
—
Haut-Congo (Compagnie française du)..
450 —
Haute -Sangha...............................
122
—
Haut Ogôoué.................................
650
—
La Kolto.......................................
600
—
Lobav............................................
120
—
Messageries Fluviales du Congo.......
235 —
Sultanats du Haut-Oubangui.............
925 —
Sociétés des mines de la Haute Guinée :
act. 329 ; parts..............
147 —
Compagnie minière de Guinée : act. 490 ;
parts.......................................
300 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
311 ; parts ........................................
129 —
Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
A d rie n A R T A U D .
Imprimerie du “ Sémaphore ” Baiu.atif.k.— Marseille.
17-19, rue Veuture.

�SER VICE POSTA L M ARSEIL L E - COLONIES
D é p a rts

de M a rs e ille
DATES DES DEPARTS OERNIERE LEVEE
DE M ARSEILLE

A lg é rie

DE LA BOITE

Départements d’Alger et d’Oran. Voie deMarseille, C'e G|cTrans. Lundi, M ercredi, S am edi. . . . . . . 11 11 . mal.
))
d’Alger ...........
))
Transp. Mar. Mercredi et Samedi. 3 h. 10 soir.
))
Û
.............
»
Tnnnr.lio .... Jeudi..................... 3 h. 10 soir.
))
d’Alger et d’Oran. Voie de Port-Vendres........... Dimanche...... ... 5 h .20mat.
))
d’Oran..............
Vendredi............... 5 h.20 mat.
»
))
............. Voie îleMarseille CicGleTrans. Jeudi et Samedi___ 3 h. 10 soir.
))
»
.............
))
Transp. Mar. Mardi.................... 3 h. 10 soir.
»
» *
CP Glc Trans. Mardi..................... 3 h. 10 soir.
de Constantine..
»
»
»
Samedi.................. 10 h .30 m
))
•.
»
))
»
))
Dimanche ............. 10 h. 30 m.
))
»
))
Transp. Mar. Lundi et Samedi... 3 h. 10 soir.
D
»
»
Touaclie.... Jeudi..................... 10 h. 30 m.
))
GieG'o Trans. Lundi et Vendredi.. 10 h. 30 m.
T u n i s i e ..............................
O
Touaclie. Mercredi..........
11 h. mat
»
»
Samedi................ 3 h. 10 soir.
»
('Je des M. M. U n d im . sur d én i à p . du C ja n r. 10 h. mat
»
i n d o - U h i n e .....................
Voie de Brindisi, paq. Anglais. V endredi a p . d . de M arseille . . 10 h. soir
Voie dcMarseille,GioFraissinet 12 de chaque mois. 10 h mat.
A f r i q ue O c c i d e n t a le
Vers le 20 de chaque m ois. 10 h. mat.
))
))
F ra n ç a is e
Voie deBordeaux, C‘ 0 (lesCliarg. Itéiin. 24 de chaque mois. 6 h. 20 soir.
»
10 b 30 m.
Voie île Marseille, Transp. Mar. 20
S é n é g a l ............................
Voie de B ord caiiï àLisbonne, C'0des M. M. Le Jeudi, I. M 4 jou rs à p. du 4 janv. Oh. 20 soir.
D jib o u ti, M a d a g a s c a r , Voie déMarseille,
10 de chaque mois 10 h. mal.
»
R é u n io n e t M a u r i c e
25
»
10 h. mat.
»
»
D jib o u t i, M a j u n g a . . .
»
Cic Havraise Vers le 20 de chaque m o is. mat. ousoir.
»
Cic des M. M. Un dim . sur quatre à p . du 20 jan v. 10 h. mat
N o u v e ll e - C a lé d o n i e |
VoiedeBrindisi, paq. Anglais. Chaque Vendredi . 10 h. soir.
e t N o u v e ll e s -H é b r id e s /
Voie de Naples,paq. A lle m a n d .. Tous los 28 jou rs à p. du 9 déc. l’ a v .-v e iilc iO h .s .
Voie de Marseille, Cic des M. M. Un M ercredi sur 4 à p . du1G ja m . 10 h. mat.
In d e F r a n ç a i s e
Voie deBrindisi, paq. Anglais. Vendredi ap.-midi. 10 li. soir,
Voie de St-Nazaire, CicGl1' Trans. 9 de chaque m ois.. l’a v a n t-ie ille soir.
G u a d e lo u p e
^
»
20
»
Voie de Bordeaux,
»
et M a rtin iq u e
j
»
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le M ercr.,1 .1 .1 4 jours a p .d u 4 déc.
»
V oie de St-Nazaire, C'cG1" Trans. 9 de chaque mois..
V oie d’Amsterdam, paq. N é c rl.. V ern ir.,1 .1 .4 4 jo u r s à p .d u ll janv.
Guyane F ra n ç a is e .
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le lle r c r ., 1.1.14 jou rs à p.du 4 déc.
T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

DEPARTS
DES BATEAUX

1 li. so ir..
6 h. so ir..
6 h. soir .
6h. 15 mat
6h. 15 mat
5 h. soir
5 il. soir
5 h . soir
m idi__
m id i....
6 h. soir
midi ...
m idi....
I il. soir
7 h soir
II h. mat
m idi..
m idi... .
m idi.
11 h. mal..
11 h. mat..
11 h. mat..
11 h. 36 s.
11 h. mat.

j Voie Le Havre et Cherbourg
par New-York
/

A r r iv é e s à M a rs e ille
A lg é rie :

Alger...........................
Constantine par Philippeville et Bone. . . . .
Oran...........................
T u n i s i e ............................
In d o - C h i n e .
N o u v e lle -C a lé d o n ie .

Voie de B rindisi......

Lundi, M a rd i, le r c r . , V e n i r . , D im .

Mardi, Jeudi, Samedi.
lu n d i, M ercredi, Jeudi, Sam edi.

Merci'., Vend., Dim.
Ligne de l'Indo-Cliine,
tous les 14 jours.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 semaines.
Tous les 28 jours.
Chaque Samedi.

R é u n i o n , Madagas­
c a r et D jib o u ti. .
G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
que, G u y a n e :

Voie
Voie
Voie
Voie

de Saint-Nazaire
de Bordeaux......
d’Angleterre .. ..
de Marseille .. . .

Vers ics 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. ions les 11 jou is.
Vers le 13 de ch. mois

A f r i q u e O c c i d e n t a le :

Voie de Bordeaux... ..
Voie de Liverpool......
Voie de Marseille . . . . .

Tous les 14 jours.
Environ toutes les 2 sem aines.

Dates variables.

L ’E X P A N S I O N C O L O N I A L E e s t e n l e c t u r e s u r les p a q u e b o ts -p o s te .

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�Ancienne Maison M0TTET, Fondée en 1715, Usines à G RASSE et à S À IN T -R À P H A E L

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12, Rue Cannebière, 12

TOUS ARTICLES CONCERNANT LA TOILETTE —

MARSEILLE

—

DÉPÔT DES PRINCIPALES MARQUES ÉTRANGÈRES

C O N SERV ES

A L IM E N T A IR E S S U P E R IE U R E S
BOUCHARD F i l s A î n é

Hors-Concours, MEMBRE DU JURY, Exposition Coloniale Marseille 1906
PAINS DE GRAISSE -

BEURRE.ARABE PURE GRAISSE DE MOUTON

î ’ r o d . 'u i t s

R e c o m

m

a n d é s

;

PIEDS et PAQUETS, GRAS-DOUBLE, PÂTÉS de FOIE, JAMBONNEAU
NAVARIN, CASSOULET, LANGUES et toutes CONSERVES de VIANDES
B u r e a u . RU E S A IN T -S É P U L C R E , 19
U s in e a V a p e u r : B O U LE VAR D DE L A M É D ITE R R A N É E , 10-12-14

M A R S E I.L 3L E

HORS CONCOURS, MEMBRE

IMPRIMERIE

DU JURY

O

Q A L'EXPOSITION COLONIALE

O

Q

Q

®'

MAR SEILLE 1906

00

SÉMAPHORE

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Catalogues industriels
Thèses, Brochures, Rapports et Statuts
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opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
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Correspondants sur toutes les principales Places du Monde entier et en particulier sur
celles de l ’Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C I É T É
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billets de tous pays ;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur les principales Places du monde entier;
Fait toutes opérations de Bourse.

2° S o n s e r v i c e s p é c i a l d e s C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clientèle, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
3° S o n s e r v i c e c o m m e r c i a l traitant toutes opérations sur marchandises,
et sur documents, consignations, etc., etc.

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�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAI
EXTRAITS

DES S T A T U T S

A r t . 2.

Cette association a pour but l’étuùe, la dé­
fense et le développement des intérêts généraux
de la colonisation française et spécialement
l’extension des rapports de la région marseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notamment de re­
cueillir et de centraliser tous documents et ren­
seignements utiles, de rechercher les principes
à observer, les méthodes à appliquer, d’exami­
ner et de provocruer toute mesure d’ordre légis­
latif, administratif ou économique qui lui uaraîtrait de nature à favoriser les intérêts crue
mettent en jeu les rapports de la métropole avec
les colonies.
Aux. 3.
L ’Institut colonial Marseillais
comprend
deux catégories de membres.
La première catégorie est celle des membres
titulaires et comprend :
Les membres de droit ;
Les membres sociétaires fondateurs ;
Les membres donateurs ;
Les membres adhérents.
Les membres de droit sont les délégués de la
Chambre de Commerce de Marseille, dont le
nombre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les membres sociétaires fondateurs et dona­
teurs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œuvre de l’Institut colonial,
lui donnent un concours financier important.
La deuxième catégorie est celle des membres
correspondants ; ceux-ci sont agréés par le Con­

seil et lui fournissent, soit spontanément, soit
sur sa demande, tous renseignements de nature
à seconder l’œuvre coloniale de l’Institut.
A rt.

Toute personne qui voudra faire partie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa demande au Président.
La demande d«adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le Pré­
sident soumet la demande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a­
vance et acquises à la Société, en cas de démis­
sion en cours d’exercice.
Toute démission devra être adressée au Pré­
sident par écrit.
Le non paiement de la cotisation, pendant
deux années consécutives, entraîne de droit la
radiation.
Pour être membre sociétaire fondateur, il
faut payer :
T Un droit d’admission de 1.000 francs au
minimum ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
minimum.
Pour être membre donateur il faut payer :
1° Un droit d’admission de 500 francs au mi­
nimum ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
minimum.
Pour être membre adhérent, il faut payer une
cotisation annuelle de 30 francs au minimum.

SERVICES DE L’INSTITUT
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Noailles,

5
Cours c o lo n ia u x

Bez de-chaussée : Musée Commercial. — Salle
des Cours Coloniaux.
I er étage : Musée Colonial.
3™ étage : Secrétariat général et Bureaux de
l’Institut, Bureau de Renseignements. — Ré­
daction de T « Expansion Coloniale ».
(Syndicat des Exportateurs).
(2me étage : Société de Géographie. — Alliance
Française).
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’Institut Colonial de
Marseille ».

Directeur : M. le D1 H eckel .
Produits végétaux coloniaux.
M. H. Ju m elle .

Produits animaux et parasitologie des plantes
et des animaux.
M . J a c o b DE C.ORDEMOY.

Minéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L au rent .

Histoire et Géographie Coloniales.
M. P. M asson .
Législation et Economie Coloniales.
M. II. B abled .
Hygiène Coloniale.
M. le D r R e y n a u r .
Cultures coloniales. — Jardin colonial.
M, V . R a v i n .

Comité de rédaction de 1’ « Expansion Coloniale »
MM. Adrien A rtaud , Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Y tier , Vice-Président ; Jacques L éotard. Secrétaire ; Paul Masson , Professeur
à l’Institut, Membre du Conseil. — M.E. Moriceau, Secrétaire général de l’ Institut. — M. Auguste
Gir y , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.
Marseille. — Imprimerie clu Sémaphore, Bar i .atier , rufe Tenture, 19.

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2... Année. -

N» 5

L e'N um éro :

50 centim es

l&lt;‘r Avril 1908

L'EXPANSION COLONIALE
BULLETIN

IDIE

L’INSTITDT COLONIAL MARSEILLAIS

S O M M A I R E
Mutualité coloniale, Henri B a i s l e d ....................
Institut colonial marseillais..............................
Bureau de renseignements........................
Extraits de la correspondance
.............
Musée colon ial...........................................
Cours coloniaux...........................................
Institutions connexes...........................................
L’Institut colonial marseillais et l'Industrie fran­
çaise ...............................................................

ABONNEMENT : F rance
R ue

89
91
91
93
99
99
100
101

et

N o a ille s ,

Renaissance de Sainl-Pierre-Martinique . . . .
Chronique.........................................................
Actes coloniaux officiels.............
...
.
Vie économique des Colonies..........................
Travaux publics aux colonies.......................
Avis d’adjudication...........................................
Marché des Valeurs coloniales...........................
Services maritimes postaux.

Colonies ,
5

—

6

francs

T é lé p h o n e

MARSEILLE

; É tranger ,
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francs .

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M A R SE IL L A IS

Fondii sous le haut patronage de M. le Minisire des Colonies

P ré s id e n ts

d 'h o n n e u r :

MM.

MM.
Le Gouverneur général de l'Algérie.
L.e Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’aimée.

Le
Le
Le
Le

P réfet des Bouches-du-Rhône.
Maire de Marseille.
P résident du Conseil général.
R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de la

Chambre de Commerce.
Commissaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

Charles -Roux, Jules,

M em b res fo n d a te u rs :

MM.
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — B erçasse . H. et C V — B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles R oux, Jules, Coipmissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­
mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit L yon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —
M em b re s

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères.
Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Chaiirières , Morel et C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compacnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.—• Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraissinet &amp; C ). — Compagnie de
Navigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français.— Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien F abre &amp; C“. — Crédit F’oncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour . Marius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
F éraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre.de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­
CONSEIL

Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C“. — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (D'),

Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.
d o n a te u rs :

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon. Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A P avin de Lafarge. — R astit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub , Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi.

D 'A D M IN IS T R A T IO N :

President : M. Desbief . Paul, Président de la
Chambre ue Commerce.
Vice-Présidents : H eckel, E. fD’l. Directeur-Fonda­
teur du Musée Colonial ; P onsinet , A., Chef du
Service Colonial: Delibes , E., Président de la
Société de Géographie : Dufay, Henri, Ancien
Vice-Président de la Chambre de Commerce.

Secrétaires : MM. Artaud , Adrien, Membre de la
Chambre de Commerce, Président du Syndicat
des Exportateurs ; Barlatier , Paul, directeur
du « Sémaphore de Marseille ».
Trésorier : M. Armand, Albert, Membre de la
Chambre de Commerce. Président d u Syndicat
Marseillais de la Marine Marchande.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane, J., Sous-directeur
du Comptoir National d’Escompte de P aris à
Marseille.

M em b re s :

MM.
Allest , J. (Dr), Administrateur-Délégué de la Com­

pagnie Générale Transatlantique.

Arnaud, Lucien, Minotier.
B erçasse , Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie Marseil­

laise de Madagascar.
Blanc, E., Directeur de l’Exploitation de la Com­
pagnie des Messageries Maritimes.
Bohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
Administrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Bourdii.lon, A., Armateur.
Dufour , Antonin, Négociant.
Dufour, J., Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
E strine , L., Vice-Président de la Ch. de Commerce.
F ouque. Adolphe, Président du Syndicat d’initia­
tive de Provence.
Gaffarel, Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociant en cafés.
J oannon, A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.

MM.
J ourdan, Félix, Juge au Tribunal de Commerce.
Léotard , Jacques, Secrétaire général de la So­

ciété de Géographie.

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

titut colonial.

R astit , Henri, Industriel.
R odrigues»Ely, Amédée, Ancien

Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux, François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
T eisseirf ., Raymond, Avoué.
Usslaub , Léonce, Négociant.
Yt ieii , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Zarifi , Périclès, Banquier.
Coulon, Dominique, Délégué du Conseil Municipal.
D elibes , J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément, Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
Eug. T alon, Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.

Secrétaire qéacral : E. Moriceau, Administrateur
en chef des Colonies en retraite.

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�Deuxième Année.

Nu 5

1er Avril 1908.

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

M utualité C oloniale
Par un vœu bénévole autant que platoni­
que, le Parlement Français demandait il y a
quelques mois la création d’une politique
d’association avec les indigènes de nos colo­
nies.
Des esprits bien informés auraient pu lui
répondre que cette politique est déjà prati­
quée depuis nombre d’années, dans celles de
nos possessions où La mentalité des indigènes
en comporte l’essai : en Algérie, en Tunisie,
et même en Indo-Chine.
Nulle association d’intérêts n’est plus fra­
ternelle et plus féconde que celle de la mu­
tualité. Nos fonctionnaires et nos colons se
sont ingéniés, chaque fois qu’ils le pou­
vaient, à en développer l’essor et à en amé­
liorer le fonctionnement. Le premier stade a
été la création par nos fonctionnaires d’insti­
tutions de mutualité purement indigène : le
second stade a été la création par nos colons
d ’institutions mixtes où ils fraternisent avec
les indigènes, initiés aux procédés et aux
méthodes mutualistes, dans une commune
solidarité.
1° Sociétés indigènes de prévoyance, de
secours mutuels et de prêts. — Nous avions
trouvé en Algérie, lors de notre conquête,
chez les tribus indigènes l’usage d ’emmaga­
siner des réserves de grains dans des silos
collectifs, afin de parer aux écarts très va­
riables de la production agricole. Après les
famines de 1867 et de 1868, les officiers de
nos bureaux arabes perfectionnèrent cette
organisation rudimentaire, et leur ingénieuse
initiative fut imitée par les administrateurs
civils des communes mixtes.
Enfin depuis 1882 ont été créées de vérita­
bles sociétés indigènes de secours et de cré­
dit, appliquant leurs cotisations annuelles à
des prêts ou à des subventions temporaires.
Leur nombre est passé de deux en 1882 à
44 en 1886, 79 en 1896, 186 en 1906.et 189

en 1907 (non compris celles des territoires
du Sud). Le nombre de leurs adhérents
atteint près de 500.000 el leur actif au 30
septembre 1907 dépasse 15 millions et demi
de francs, soit une plus-value de dix mi'le
membres et de deux millions et demi de
francs par rapport aux chiffres de 1905 (1).
Dans la seule campagne agricole de 1005 à
1906 les sociétaires ont bénéficié de près de
huit millions de francs d’avances.
Entre temps, une loi du 14 avril 1893 avait
reconnu ces fondations comme établissements
d ’utilité publique. Aujourd’hui dans chaque
commune mixte ou indigène de l’Algérie fonc­
tionne une Société de prévoyance indigène,
présidée par l’administrateur et dirigée par
un conseil d’administration local qui fixe
annuellement les cotisations en argent et en
nature des adhérents.
Les progrès inespérés de ces bienfaisantes
institutions sont manifestement dus à notre
administration algérienne : elle a su les créer
et les maintenir en parfaite concordance
avec les préceptes de: la loi Coranique, hostile
au prêt à intérêt, favorable à l’aumône : Aus­
si a-t-on écarté de ces Sociétés toute idée do
spéculation et de lucre. Elles perçoivent des
cotisations régulières,mais ne distribuent au­
cun dividende, et l’intérêt modique de 5 %
assigné aux prêts est versé intégralement au
fonds social qui est impartageable. La colo­
nie, les départements et les communes de
l’Algérie leur allouent, pour l'augmentation
de ce fonds, d’importantes subventions
annuelles.
Les Sociétés de prévoyance indigène em­
ploient leurs ressources : à venir en aide par
des secours temporaires aux indigènes de la
classe agricole gravement atteints par des
maladies ou des accidents ; à leur distribuer
des semences remboursables après la ré­
colte; à faciliter par dos avances annuelles
l’amélioration de leur outillage ou de leurs
troupeaux.
(1) C.f. Situation officielle de l’Algérie pour 190V.
— Alger, février 1908.

�90

L’EXPANSION COLONIALE

Telles sont, en abrégé, ces utiles institu­
tions qu’un publiciste allemand, le docteur
Zimmermann, signalait en 1905 à l’Institut
colonial international, comme réalisant le
type le plus souple et le mieux approprié aux
principaux besoins du crédit indigène. Notre
administration coloniale s’efforce actuelle­
ment d’en faire bénéficier nos autres posses­
sions.
C’est ainsi qu’un décret beylical du 20
mai 1906 vient d ’étendre à la Tunisie l’insti­
tution des Sociétés indigènes de prévoyance ;
il s’inspire de la loi algérienne et la complète
sur quelques points : indépendamment des
secours et des avances temporaires à leurs
adhérents, ces sociétés pourront leur prêter
les sommes nécessaires pour éteindre leurs
dettes usuraires, leur faciliter les moyens de
contracter des assurances collectives contre
la grêle et l’incendie, et les aider à créer
des coopératives d’achat et de vente.
A titre d’encouragement le gouvernement
Tunisien met à leur disposition une avance
gratuite de 500.000 francs ; la création d’une
Société indigène de prévoyance est prévue
dans chaque caïdat, sous le contrôle de la
Direction des Finances.
D’autre part une circulaire du ministre
des colonies en date du 20 août 1905 a si­
gnalé aux gouverneurs de l’Afrique Occiden­
tale, de Madagascar et de l’Indo-Chine les
services précieux rendus aux indigènes par
les Sociétés de prévoyance algérienne, et
préconisé leur introduction à titre d’essai
dans nos diverses colonies, en appropriant
leur combinaisons aux usages locaux.
En conformité de ces instructions, une cir­
culaire du gouverneur général de l’IndoChine, du mois d’août 1906, a prescrit la
reconstitution des anciens greniers régionaux
chargés de faire des avances en nature aux
indigènes, moyennant un intérêt modique et
la garantie collective des villages.
En outre un arrêté du 14 juillet 1907, ren­
du sur avis conforme d ’une commission spé­
ciale, vient d’organiser en Indo-Chine des
Sociétés indigènes de prévoyance et de prêts
d’après le type algérien, destinées à consen­
tir soit des secours, soit des prêts individuels
ou collectifs, et à garantir à leurs membres
ces funérailles honorables qui constituent
l'une des plus graves préoccupations de nos
sujets d’Extrême-Orient.
Les traditions de solidarité collective en

honneur dans les villages annamites les
avaient d’ailleurs préparés de longue date
au développement de nos institutions de mu­
tualité indigène. D y a quelques années, en
1903, M. Prêtre, administrateur de la pro­
vince de Phu-liên, créait une Société coopé­
rative indigène de vente de produits agrico­
les (Dông-loi), dans le but de soustraire ses
administrés à l’exploitation des intermédiai­
res chinois. Le sucés rapide de cette Société
a provoqué le développement d’un grand
nombre de Sociétés similaires à la fois agri­
coles, industrielles et commerciales, placées
sous le contrôle des résident locaux. Elles
servent en outre de caisses de crédit foncier
et agricole (1).
Tels ont été dans leurs grandes lignes les
résultats de la propagande de nos adminis­
trateurs coloniaux pour le développement
de nos principes mutualistes, de nos métho­
des coopératives dans les milieux indigènes
les plus différents. Leurs efforts ont eu le
mérite de transformer d’une manière aussi
remarquable que rapide, la mentalité écono­
mique et sociale de nos sujets d’outre-mer,
de combattre efficacement les fléaux de la
famine et de l’usure, d’augmenter leur sécu­
rité et leur bien-être, de les associer aux
bienfaits d’une civilisation supérieure. Mais
il y a mieux encore ; car cette action féconde
a permis d’élever l’élite de nos sujets indi­
gènes jusqu’à nous; et d’associer directement
leurs intérêts, par le lien d’une solidarité
toute nouvelle, à ceux de nos propres colons.
2° Sociétés mixtes de prévoyance et de cré­
dit mutuel entre colons et indigènes. — En
étudiant le fonctionnement des Sociétés de
prévoyance indigènes, il est impossible de ne
pas être frappé de leur ressemblance avec les
caisses rurales de crédit mutuel des types
Raiffeisen et Schulze-Delitsch si heureuse­
ment adaptées à l’Algérie (loi du 8 juillet
1901) et à la Tunisie (décret beylical du 25
mai 1905).
Aussi, dès la première heure, nos caisses
algériennes de crédit mutuel, notamment
dans la province d’Oran, n’ont fait aucune
difficulté pour admettre les indigènes parmi
leurs sociétaires au même titre que les co­
lons. Une caisse locale, celle de Sidi-Messaoud est même presque entièrement com(1) Cf. Sur ces Sociétés le remarquable rapport
de M. Prêtre au Gouverneur général de l’Indo
Ghine en date du 19 juillet 1906. (Congrès colonial
de Marseille, c. r., p. 573).

�L’EXPANSION COLONIALE
posée d’indigènes. An reste la Caisse régio­
nale d’Oran, à laquelle est due cette heureuse
initiative, n’a eu qu’à s’en louer jusqu’ici.
Les indigènes admis au bénéfice des em­
prunts ont remboursé leurs échéances avec
une ponctualité exemplaire.
D’autre part quatre caisses régionales
viennent d’être constituées en 1907 à Berrouaghia, Aïn-Bounif, Boghari et Chellala,
avec des adhérents recrutés panni les indi­
gènes appartenant aux communes mixtes du
même nom. Elles ont été dotées par le gou­
vernement algérien d’un chiffre d’avances
gratuites se montant à la somme globale de
242.870 francs (1).
En ce qui concerne la Tunisie, le décret
beylical du 25 mai 1905 prévoit et autorise
formellement l’adhésion des indigènes à nos
caisses locales et régionales de crédit agri­
cole. La proportion des adhérents indigènes
semble même être plus considérable à l’heure
actuelle qu’en Algérie : elle atteindrait d ’a ­
près des documents récents (2) un sixième
du chiffre total des sociétaires. Ajoutons que
l’extension du crédit mutuel agricole dans
la Régence a été particulièrement rapide. On
y compte actuellement une caisse régionale
et dix-huit caisses locales. Sans doute en
Tunisie comme en Algérie nos caisses agri­
coles, si libéralement ouvertes soient-elles,
ne sont accessibles qu’à 'l’élite des indigènes.
La grand masse des fellahs ne pourra de
longtemps encore en faire partie, faute soit
d’une éducation sociale suffisante, soit d’un
contrôle permanent et effectif. Mais les cais­
ses locales de prévoyance et de prêts indigè­
nes leur donneront graduellement l’initia­
tion nécessaire. Et dans un avenir peut-être
prochain, ces dernières pourront s’allier aux
Caisses européennes pour constituer des
assurances mutuelles agricoles, des comp­
toirs coopératifs de vente et d ’exportation,
d’achats d’outillage agricole et de matières
premières.
Ainsi lieu à peu, sous toutes leurs formes
ingénieuses, les notions de prévoyance et de
mutuelle solidarité finiront par pénétrer chez
les indigènes : ils pourront faire appel à
l’emprunt sans rencontrer l’usure : ils pour­
ront rendre réalisables les vœux généreux et
fraternels du congrès de crédit agricole d ’O(1) Cf. Situation officielle de l’Algérie pour 1907,
p. 300 et suiv.
(2) Bulletin du Crédit Populaire 1906, p. 71.

91

ran (avril 1906) qui a demandé l’admission
des indigènes aux bénéfices du crédit mutuel
de nos caisses locales, et la création de cais­
ses indigènes sur le modèle des noires, do­
tées comme les nôtres des avances gratuites
de nos colonies. &lt;( Faire luire le flambeau de
la prévoyance parmi les pauvres fellahs, ra­
cheter par la mutualité agricole, tant de
misères e,t d’oppression, quelle admirable
tâche, s’écriait M. Luzzatti à l’issue du con­
grès. » Comme nous venons de le voir cette
‘tâche est en bonne voie de réalisation. Elle
est due à la collaboration volontaire de l’élite
de nos indigènes et de celle de nos colons.
Grâce à eux, grâce aussi à nos fonction­
naires coloniaux de tous ordres, nous réali­
sons aujourd’hui un cycle complet d’éduca­
tion mutualiste au profit de nos collabora­
teurs indigènes : et il a pour couronnement
leur association économique avec nous, dans
la solidarité féconde des mêmes efforts et des
mêmes sacrifices. Rendons, pour finir, la jus­
tice qui convient au zèle inlassable de nos
parlementaires en matière de vœux colo­
niaux. Ce zèle n ’a d’égal que celui des mou­
ches du coche.
Henri B ableb .

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Le bureau a eu à répondre, dans le cou­
rant du mois de mars, à un nombre impor­
tant de demandes parmi lesquelles nous si­
gnalerons particulièrement les suivantes :
1° Sériciculture à Madagascar.
L’industrie des soieries françaises nécessite
chaque année, l’introduction de 4.500 tonnes
de matières premières, alors que la produc­
tion nationale ne dépasse pas 800 tonnes.
Tout le reste doit être acheté à l’étranger et
vient principalement d’Italie et de l’ExtrêmeOrient.
La production des soies Européennes sem­
ble rester à peu près stationnaire, mais la
consommation augmentant sans cesse, le dé­
bouché offert aux autres pays séricicoles est
en voie d’accroissement.
A part lTndo-Chine française où la sérici­
culture est en honneur depuis 2.000 ans, au­
cune colonie française n’envoie à la métro­
pole, une quantité appréciable de soies ou de
cocons.
Madagascar, en raison de la rusticité du
mûrier, de la facilité avec laquelle s’élève,
le seriearia mori, la vigueur des végétaux
dont se nourrissent les nombreuses espèces

�92

L’EXPANSION COLONIALE

P a r kilo
fournissant des soies sauvages, semble appelé
do cocons
frais
à être un pays producteur de soie.
L’Administration a fait de grands efforts
kil.
pour mettre sérieusement cette importante Grège ......................
0.092
question à l’étude et les résultats qu’elle a Frisons .................................. ........................ 0.0165
obtenu, sont des plus encourageants.
Bassinés .......................................................
0.009
Les plus grandes facilités sont données Bourres .........................................................
0.003
aux personnes désireuses d’entreprendre la Poids de cocons frais nécessaires pour
sériciculture à Madagascar, pour acquérir
fier 1 kil. de soie grège .........................
10.869
des plants de mûriers de diverses sortes, et Poids des feuilles consommées par kil de
des graines de vers à soie soigneusement sé­
soie grège obtenus ............................
12C1956
lectionnées, ainsi que les renseignements les Poids de soie grège obtenu par 100 kil.
de feuilles .................................................
0.787
plus précis sur le résultat des expériences,
faites au jardin d’essai de Masinana sur les
11 suffit de rapprocher les bulletins de dé­
époques auxquelles les éducations doivent vidage
de ceux d’éducation pour avoir, sous
être entreprises.
une forme simple et condensée, les princi­
Il est utile de faire remarquer que les paux renseignements intéressant l’éleveur et
cellules fournies aux éleveurs proviennent le fllateur. Dans le centre de Madagascar,
d’éducations saines, ne présentant aucune l’élevage est très facile, à la condition de
trace de maladie et offrant en conséquence, prendre quelques précautions mais la cul­
un maximum de garanties.
ture du mûrier nécessite des soins attentifs.
Nous reproduisons ci-dessous, un bulletin
Dans les régions basses et d’altitude
d’éducation faite à Nanisana, lequel donnera moyenne la culture du mûrier est facile,
une idée des résultats obtenus.
mais l’élevage est assez délicat.
Un des points de la grande île où l’élevage
Température maxima ........ 27°
des vers à soie, présente les plus grandes
—
minima .......... 20°
chances de succès, paraît être le massif d’Ambre dont le régime météorologique et les
Moyenne diurne ................ 21° à 25°2
Durée de l’éducation du 16 mars au 16 terres semblent parfaitement répondre aux
principales exigences de la sériciculture.
avril, 32 jours.
Le rendement des mûriers en feuilles est
Graine employée, 5 grammes jaune mat, assez variable et dépend surtout des soins
école professionnelle E.
donnés à la culture de cet arbre et de la va­
leur de la terre. Ainsi dans une plantation
Feuilles
de 135 mûriers de 18 mois à 32 mois faite en
consommées
Durée
juillet, dans un terrain assez médiocre on a
en kil.
obtenu en février suivant 324 kil. de feuilles
triées, soit 2 kil. 400 par plant et une produc­
1" âge, lemp. moy. 24°7
0.695
»
tion de 2.400 kil. à l’hectare.
2”’ »
23"0 ....
4
1.510
n
On peut faire, à Madagascar cinq élevages
3"’ »
21"8 ....
5
G.193
»
4'“* »
successifs par année, la période convenant le
22°7 ....
7
17.045
»
11
mieux à l’élevage correspond naturellement
5™
* »
21°7 ....
119.130
à celle dè production des feuilles de mûrier
119.130
et s’étend approximativement pour les plan­
tations non irriguées, depuis la fin d’octobre
Rendement
jusqu’aux derniers jours d’avril et depuis le
kil.
10 » 93.64 % 1er septembre jusqu’au 1er mai, pour celles
Cocons frais de bonne qualité
))
J)
doules
0.410 3.85 % qui peuvent être arrosées, mais il est néces­
»
))
fondues
0.175 1.63 % saire, dans ce dernier cas, de pouvoir chauf­
fer la première éducation si l’on désire réel­
»
» •
0.095 0.88%
faibles
lement obtenir une bonne réussite.
Divers défectueux .........................
»
»
2° Elevage à Madagascar.
Nombre de cocons frais par kil... 520
Un jeune français disposant d’un certain
Rendement en cocops frais par
capital est venu exposer son proj et de s’éta10 gr. de graines ....................... 21.360
blir comme éleveur à Madagascar.
Quantité de feuilles nécessaires
Les troupeaux sont nombreux à Madagas­
par 10 gr. de graines ................ 238.200
car, mais dans leur état actuel, il semble dif­
Quantité de feuilles nécessaires
ficile de trouver, pour les bœufs en raison de
par kil. de cocons frais ............
11.150
leur faible poids, du peu de soin dont ils sont
Quantité de feuilles nécessaires
»
l'objet, un débouché rémunérateur dans
par kil. de soie grège ...............
»
l’Afrique du Sud.
Voici également un bulletin de dévidage.
Les Anglais n’apprécient que les grosses
Nombre de cocons frais, 525. Cocons de pièces et n’acceptent que très difficilement
belle qualité, bien réguliers et de belle ferme. les animaux ayant l’apparence de taureaux ;
Système employé. Dévidage à la tavelette. or, les Malgaches castrent les mâles beau-

�L’EXPANSION COLONIALE
coup trop tard et la forme extérieure de leurs
bœufs s’en ressent.
Il serait facile de remédier à ces inconvé­
nients en faisant d’abord une sélection rigou­
reuse dans la race elle-même, en divisant
rationnellement les troupeaux de façon à
empêcher les génisses trop jeunes de pren­
dre le mâle, en limitant le nombre des gesta­
tions, à quatre ou cinq au maximum, enfin
en castrant les jeunes veaux, six semaines au
plus tard, après leur naissance.
Au bout de trois ou quatre ans, on obtien­
drait ainsi un premier troupeau bien amé­
lioré ; l’on pourrait en même temps introdui­
re d’abord quelques femelles d’Europe, les­
quelles saillies par de beaux taureaux mal­
gaches, donneraient des produits excellents
que l’on pourrait croiser ensuite avec des
taureaux d’Europe.
On constituerait ainsi, au bout d’une di­
zaine d’années, une race supérieure, de bon
poids, dont l’écoulement serait assuré dans
l’Afrique du Sud, car elle remplirait toutes
les conditions exigées par les Anglais. On
pourrait également fabriquer d’excellentes
conserves avec les animaux actuels, à condi­
tion toutefois de choisir des bêtes de quatre à
sept ans, bien en point. Le ministère de la
guerre vient de passer un contrat de
300.000 kilos de conserves à 1 fr. 94 le kilo
avec, une usine en Nouvelle-Calédonie : la
consommation de l’armée étant, annuellement
de trois millions de kilos environ dont le tiers
peut-être pris dans les colonies, il y aurait
un sérieux avantage pour Madagascar, à
s’outiller pour fournir le complément. La
consommation de conserves bien faites serait
importante dans la colonie même et dans les
pays voisins ; d’autre part rien n’est perdu
dans une usine convenablement montée, les
peaux, suifs, cornes, poils, donnent d’impor­
tants bénéfices et trouvent de bons débou­
chés partout.
La .guerre exige que les boîtes de conserves
contiennent 850 grammes de viande en trois
morceaux au plus, et 150 grammes de bouil­
lon ou gellé, sans graisse ni sel ; il reste donc
une assez grande quantité de viande que l’on
peut transformer en conserves assaisonnées,
en pâtés, hachis, etc., dont l’écoulement est
facile, car les conserves françaises sont très
estimées.
Il y a donc un bel avenir pour des jeunes
gens, disposant de capitaux sérieux et qui
voudraient entreprendre dans ces conditions
l'élevage et. la fabrication des conserves à
Madagascar.
La grande île est une terre d’élection pour
l’élevage bien compris, les bonnes herbes
sont très abondantes et l’eau ne manque pas,
les maladies sont très rares en choisissant bien
les stations de façon à avoir du pâturage en
toutes saisons, en gardant bien son bétail,
on a les plus grandes chances de réussir.
On peut trouver d’excellents gardiens
parmi les indigènes, les Sakalavas surtout ;

93

ils apprendraient vite les bonnes méthodes
car ils aiment l’élevage et apprécient beau­
coup la vie au grand air. Il ne serait pas dif­
ficile de leur donner le goût du cheval, il ne
faut pas, en effet, compter garder à pied
d’importants troupeaux ; en les divisant
comme en Australie ou aux Etats-Unis par
groupes de 500 têtes environ, un stockman
Européen, avec trois Malgaches, disposant
ensemble de cinq à six chevaux, suffirait
pour tous les soins ordinaires à donner à ce
nombre de têtes.
3° Des renseignements ont. été demandés
par un colon de la République Argentine sur
le kapok et le manioc.
4" Un ingénieur, au service d’une Compa­
gnie Anglaise, s’est enquis des possibilités
d’établir une tannerie en Indo-Chine.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
A l g é r i e . — T u n i s ie . — P â t e à p a p ie r.

Réponses à notre circulaire du 22 février
(Expansion coloniale, n° 4, page 74).
De la Chambre de Commerce de Bône.
Bône, 10 m a rs 1908.
J ’ai l’h o n n eu r de vous accuser réception de
votre très in téressante lettre du 22 courant,
num éro 1125, que j ’ai com m uniquée aux per­
sonnes susceptibles de répondre à votre appel.
On me dem ande divers renseignem ents su r
la n atu re, la form e et la quantité des envois
des échantillons.
D’au tre p a rt on me signale les produits
com m uns végétaux du pays :
P aille de blé et d’orge (29 francs la tonne).
Diss ; bois de lentisque, de bruyère, de m y r­
te, de laurier-rose, de genêt, etc.; tiges et feuil­
les de figuier de B arbarie, sciure de bois, etc.
(25 à 30 francs la tonne).
Alfa, en balle (60 à 70 francs).
Quels sont, parm i ces p ro duits pauvres, ceux
qui p a ra isse n t les plus favorables à la fa b ri­
cation des pâtes à papier ?
Je vous serais obligé, M onsieur le P résident,
de vouloir bien me docum enter.
—

El —

De la Chambre de Commerce de Constantine.
Constantine, 6 m ars 1908.
J'a i l’h o n neur de répondre à votre très in té­
ressante com m unication du 22 courant. Tout
d’abord je vous en exprim e tous m es rem ercie­
ments. La région voisine im m édiatem ent de
C onstantine, dans un rayon de 30 kilom ètres,
et celle pourvue de voies ferrées dans u n ray o n
plus étendu, p ay an t po u r la paille ju sq u ’à m ê­
me 1 fr. 50 les 100 kilos, trouve p ren eu r à la
papeterie du H am a (près C onstantine) de cette
m archandise à 3 fran cs les 100 kilos pour belle
paille propre et blanche et de 2 à 2 fr. 50 pour
paille noire, m oisie et im propre à l’alim en ta­
tion du bétail. Nous avons donc su r place l’u ­
sine pour l’ach at des pailles dans un ray o n
déterm iné.

Beaucoup d’agriculteurs préfèrent ne pas

�94

L’EXPANSION COLONIALE

les vendre p o u r les tra n sfo rm e r en engrais,
é ta n t donné les prix élevés des en g rais chim i­
ques _et les ré su lta ts peu p ro b an ts de ces der­
n iers vu le peu d’hum idité de certaines années,
celle-ci p a r exemple.
D’a u tre p a rt, vu les prix élevés des tra n s ­
p o rts parafer et p a r colliers j ’estim e qu’une fa ­
brique dé p âte de papier, située à distance
convenable d’u n p o rt de m er, pour l’expédition
de ses produits, et p a r conséquent éloignée de
la m asse des agglom érations agricoles, ne
tro u v era p as des approvisionnem ents suffi­
sa n ts p o u r sa fab ricatio n à prix de revient
norm al. De plus notre région ne produit presq u ’exclusivem ent que des blés d urs dont la
paille est peu appréciée en papeterie.
Je ne p arle que de la région de G onstantine.
Le S yndicat de Sétif p o u rra it vous docum en­
te r en ce qui le concerne.
—ia —
Du Syndicat agricole de Sétif.
Sétif, le 14 m a rs 1808.
Je viens me m ettre à votre disposition pour
vous donner tous les renseignem ents relatifs à
la création d’une usine de p âte à p ap ier dans
notre région.
Tout d’abord laissez moi vous dire que les
h a u te s assem blées algériennes s’opposent de
toute leu r force à l’exploitâtion des forêts qui
ten d en t de jo u r en jo u r à d isp a ra ître ; le reboi­
sem ent ne se fa isa n t p as ici comme en France.
Seule la paille que fo u rn it en abondance nos
IT auts-Plateaux p o u rra it être utilisée. N éan­
m oins j ’a i fa it au p rès du service forestier une
dém arche personnelle et me suis en tretenu de
cette question avec l’Insp ecteu r de cette Admi­
n istratio n .
Voici le ré su lta t de notre entretien.
Chaque année l’A d m inistration des forêts m et
en ad ju d icatio n p lu sieu rs coupes de p in s d’alep
chênes, genévriers, m ais l’essence qui domine
et dont les coupes ne sont ja m a is ou presque
ja m à is adjugées sont celles des pins.
Si cette esssence pouvait être utilisée pour la
fab ricatio n de la pâte à papier, l’A dm inistra­
tion m et en ad ju d icatio n chaque année une
coupe de 300 hectares. L’h ectare donne une
m oyenne de 20 m ètres cubes à la densité de 750
= 15.000 kilos x 300 h ectares = 4.500.000 kilos
ou 4.500 tonnes.
La tonne re v ie n d ra it su r pied au prix m oyen
de '6 fr. 50 ; les dépenses su p plém entaires con­
sisteraien t d ans l’a b attag e des a rb re s et de
le u r tra n s p o rt de la forêt au p o rt de charrette.
Sous ce pli je vous donne u n croquis à peu
p rès exact de la situ atio n de la forêt p a r ra p ­
p ort à Sétif et à la ligne ferrée.
Indépendam m ent de ces pins, les forêts po u r­
ra ie n t céder de gré à gré des trem bles et cer­
tain es p a rtie s d’a u tres essences désignées c idessus.
P lu sie u rs lots d’alfa assez im p o rtan ts po u r­
ra ie n t aussi vous être attrib u és. Il y au ssi des
q u antités de genêt com m un qui p a ra ît-il peu­
vent servir à la fab ricatio n de la pâte. Ces der­
n iers ne C om porteraient que le prix de l’a r r a ­
chage.
L’usine située à l’end ro it que je vous indique
p o u rra it aussi jo u ir de l’eau d’une riv ière qui
p a sse ra it à ses pieds. A cet endroit existe aussi
une ind u strie m inière et au m om ent du chô­
mage les tra n sp o rte u rs de m in erai p o u rra ie n t

être utilisés à bon compte au tra n sp o rt des bois
et autres.
P ersonnellem ent je connais très p arfaitem en t
la région que j ’ai parcourue p en d an t de lon­
gues années et dans laquelle je possède un p e r­
m is de recherche de m ines et j ’estim e qu’il y
a u ra it beaucoup à faire si le pin pouvait être
employé.
Les forêts du Bon-thalele ont une superficie
de 30.000 hectares dont 15.000 sont com plantés
en pins ; je puis m ettre à votre disposition un
plan général de cette région que je possède. Si,
co n trairem en t à ce que je suppose, le pin ne
peut servir, il fa u d ra it avoir recours à la paille
que j ’estim e pouvoir être achetée au prix de 3
et 4 fran cs le q u in tal et même m oins avec pro­
duction annuelle de 30.000 à 40.000 quintaux.
Je m e m ets personnellem ent à votre entière
disposition, M onsieur le P résid en t po u r vous
donner tous au tres renseignem ents utiles et
pour me m ettre en relations, avec une Société
quelconque qui d ésirerait in staller ce genre
d’in d ustrie dans notre région.
Nous p o urrions avec cette dernière étudier
ensemble les p arties les plus susceptibles de
fo u rn ir la m atière prem ière qui lu i serait né­
cessaire.
A. Henriot
Directeur du Syndicat Agricole de Sétif.
—13—
Du m êm e :
P o u r faire suite à m a lettre du 14 co u ran t j ’ai
l’h o nneur de vous donner ci-après quelques re n ­
seignem ents com plém entaires.
P rix de revient du pin d’alep dans le cas où
il p o u rra it être utilisé pour la fabrication de la
pâte à papier.
La tonne de bois su r pied ............................
A battage ...........................................................
T ran sp o rt de la forêt à l’usine ..................
T ran sp o rt de l’usine à la gare du Meslong.
T ran sp o rt du Meslong à Bougie .................
T ran sp o rt de Bougie à M arseille ..............

6.50
15.00
10.00
7.00
16.00
10.00

La tonne ..........................................................

64.50

Reste à com pter le coût de la fab ricatio n que
je ne connais pas. E n supposant qu’il soit de
40 francs, cela fe ra it 104 fr. 50.
Comme dans votre circu laire vous indiquez
que la tonne im portée en F ran ce revient à 177
francs, il re ste ra it un bénéfice de 72 fr. 50, béné­
fice relativem ent beau, si la production est de
7 à 8.000 tonnes p a r an.
Il nie semble que la bary te entre po u r une
large p a rt dans la fabrication de la pâte à p a­
pier. Si cela était vrai, l’usine installée à l’en­
droit que je vous ai indiqué c’est-à-dire au pied
de la forêt p o u rra it se p ro cu rer cette m atière à
très bon compte (il en existe une m ontagne en­
tière).
Si le* pin ne pouvait être utilisé et que l’on
puisse em ployer la paille de blé ou d’orge,
l’usine d ev rait être installée ’à Sétif.
On p o u rra it obtenir cette m atière rendue à
l’usine à raiso n de la tonne ..................... 30.00
T ran sp o rt de Sétif à Bougie ..................... 16.00
T ran sp o rt de Bougie à M arseille .............. 10.00

56.00

�L’EXPANSION COLONIALE

&gt;

*
i

Ce d ern ier prix de revient la isse ra it u n béné­
fice plus g ra n d m ais d ans le cas où la b ary te
dev rait être utilisée, il y a u ra it lieu d’ajo u te r le
tra n sp o rt de cette m atière de la forêt à Sétif.
Si des échantillons de pins, a u tre s bois et
pailles vous étaien t nécessaires, je m ’em pres­
serai de vous les adresser.
L’inspecteur des forêts m ’a dit aussi que dans
le cas où une usine se créerait à l’endroit que je
vous ai indiqué, il céderait aux p ro p riétaires
de cette d ernière et ce à bon compte, l’em place­
m ent où est élevé une m aison forestière dont le
poste doit être supprim é.
Je dois ajo u te r au ssi que le com bustible p our
le chauffage des locomobiles nécessaires à faire
fonctionner les m achines se tro u v e ra it dans les
bois m orts dont on au to rise les ram assag es (et
il y en a des quantités).
Je vous serai très obligé de me dire à combien
on estim e le prix de la tran sfo rm atio n du bois
ou de la paille-en pâte à papier.
A. H en rjo t .
—IS—
De la Compagnie genevoise des Produits Suisses
de Sétif.
Sétif, le 10 m ars 1908.
J ’a i p ris connaissance à notre Syndicat a g ri­
cole de votre lettre circulaire en date du 22 fé­
v rie r d ern ier relative à la pâte à papier.
D ans notre région nous ne voyons que les
pailles de blé d u r et tendre, que nous avons en
abondance, qui p o u rra ie n t peut être utilisées à
cet usage, et comme vous le faites judicieuse­
m ent rem arq u er, p our éviter le coût onéreux du
tra n sp o rt des m atières prem ières, des usines
po u rraien t, si nos pailles donn aien t u n ré su ltat
satisfaisan t, s’in staller su r place.
Si donc vous pensez que nos pailles p o u r­
ra ie n t être susceptibles d’être employées, nous
vous en enverrions des échantillons.N ous avons
égalem ent des bois de trem ble que l’on p o u rra it
essayer.
Le Directeur en Algérie.
—13—
De la Chambre de commerce d'Oran.
O ran, 13 m ars.
Comme suite à votre lettre du 22 février der­
nier n° 1125 j ’ai l’hon n eu r de vous faire connaî­
tre qu’en dehors de l’alfa dont l’emploi en pape­
terie est bien connu et dont l’u tilisatio n p our la
fab ricatio n des p ap iers o rd in aires est im possi­
ble, nous ne possédons dans le départem ent
d’O ran, que la p aille o rd in aire de blé, orge ou
avoine, dont le prix quai-O ran est d’environ
3 fran cs les 100 kilos.
Comme cette paille n ’a rien de p articu lier, je
crois in utile de vous en ad resser u n échantillon.
Je suis du reste à votre entière disposition au
cas où d’a u tre renseignem ents vous seraient
utiles à ce sujet.
—IS—
De la Chambre de commerce de Tunis.
Tunis, le 10 m a rs 1908.
P a r lettre n° 1125 du 22 février dernier, vous
avez bien voulu appeler m on atten tio n su r l’im ­
portance que présente p our la m étropole la ques­
tion des m atières prem ières p ropres à la fa b ri­
cation du papier.
Nous nous sommes livrés, à ce sujet, à une

95

enquête trè s approfondie, m ais nous avons eu
le reg ret de constater qu’il n ’existe en Tunisie
en dehors de l’alfa aucu n végétal susceptible
d’être utilisé pour la fab ricatio n de la pâte à
papier.
Le Président,

—H —

A lg é r ie . — N o t e s u r le s r é c o lte s .

De notre correspondant de Bougie M. Tros.
Notes de février 1908.
Céréales. — La pluie et aussi la neige si im ­
patiem m ent attendues p a r la culture, p a rtic u ­
lièrem ent pour les céréales des H au ts-P la­
teaux, étan t tombées assez fortem ent au com­
m encem ent de ce mois, la situ atio n se présente
fort bien et cela d’a u ta n t plus, qu’à la pluie et
à la neige, a succédé un très beau tem ps sans
élévation exagérée de la tem pérature.
Huiles. — Les huiles comestibles continuent
à s’exporter et pour la m ajeure p artie su r M ar­
seille, m ais cette exportation touche' à sa fin.
Elle a u ra été avantageuse cette année comme
qualité et prix pour les acheteurs m arseillais.
Les huiles lam pantes com m encent à s’expé­
dier, m ais elles sont su rto u t dirigées s u r le
Nord. Il y en a u ra , prévoit-on, de bonnes qu an ­
tités cédées à prix trè s raisonnables.
Caroubes. ■
— La récolte de ce fru it n ”a pas
été très satisfaisan te cette année. Les expédi­
tions touchent à le u r fin égalem ent. P a ris et
Londres en ont absorbé la plus grande p artie
pour la n o u rritu re des chevaux des entreprises
de tra n sp o rt principalem ent.
Figues. — L'a cam pagne des figues est à peu
près term inée. Elle a u ra causé bien des décep­
tions. Les fru its qui se présen taien t nom breux
et d’assez belle venue au m om ent de la cueil­
lette ont été en grande p a rtie perdus p a r les
pluies survenues quelques jo u rs après.
Cette culture des figues qui est su rto u t entre
les m ains des indigènes, voit souvent ses résu l­
tats com prom is ou même perdus en g rande
partie, comme encore cette année, p a r le m an ­
que d’in stallatio n des récoltants.
Le séchage notam m ent qui constitué une des
phases les plus délicates p a r lesquelles doit
passer le fru it se fa it de la façon la p lu s ru d i­
m entaire et apparem m ent san s au cun progrès
su r ce qui pouvait se faire il y a u n dem i siè­
cle.
—El—

T u n i s ie . — E s s o r m i n i e r .

Notre correspondant inaugure par l'intéres­
sante lettre qui suit la correspondance régu­
lière qu'il nous promet.
Tunis, 6 m ars 1908.
Lors de l’occupation de la Tunisie et, même,
daits les années qui suivirent, l’opinion de la
généralité des coloniaux était que la Régence
co nstituait su rto u t un splendide dom aine a g ri­
cole et le souvenir de l’ancienne abondance du
« g ren ier de Rome » aid an t, c’est vers l’a g ri­
culture que se p o rtèrent les nouveaux arrivés.
P ersonne ne soupçonnait, alors, les innom ­
brables et riches gisem ents, de n a tu re s trè s di­
verses, que renferm e le sol de la Régence, ta n ­
dis que c’est dans l’exploitation de ces rich es­
ses que tous voient, au jo u rd ’hui, sa fortune.

�flfi

L’EXPANSION COLONIALE

La région de G afsa et M etlaoui fournit, à
elle seule, des phosphates en q u an tité si consi­
dérable que 700.OÔÜ tonnes de ce m in erai ont
pu être exportées au cours de l’a n dernier et
que les personnes autorisées affirm ent pour
1908 une exportation de 900.000 tonnes.
Toute cette m asse em barquée à Sfax procure
à ce port, u n tra n s it que les plus optim istes
n ’av aien t pas même entrevu.
P in s au Nord, les exploitations de phospha­
tes de K alaa-D jerdah et de K alaa-S enan expé­
dient à leu r p o rt d’em barquem ent qui est T u­
nis, environ 35.000 tonnes p a r mois, ensemble —
ta n d is que d’a u tre s sociétés de m oindre enver­
gure p ré p a re n t la m ise en valeu r d’a u tres gisesem ents, .peut-être au ssi considérables.
Aux phosphates il fa u t join d re les m inerais
de zinc, de plom b et de fer.
Les m ines du K anguet (de Béja) ont, déjà,
servi de point de d ép art à des fortunes consi­
dérables. L a calam ine découverte dans la ré­
gion de Kérouan, près de M ateur, de Souk ,el
A rba, de M oham edia et su r divers au tres
points perm et d’en trevoir de p rochaines et
fructueuses exploitations.
L a Société du Djebel Ressas a donné un dé­
veloppem ent énorm e à l’extraction et au tr a i­
tem ent des m in erais de plom b argentifère
presque com plètem ent délaissés au début de
l'occupation française, et dans les environs de
G hardim aou de riches filons du même m étal
d onnent de sérieuses espérances.
Q uant aux m in erais de fer si abon d an ts dans
les m ontagnes de Z érissa, ils arriv en t, depuis
quelques jo u rs, à la Goulette et sous peu four­
n iro n t u n tonnage inespéré.
Les exploitations m inières constituent une
fortune, p our la Tunisie, non pas seulem ent
parce que les inventeurs réalisent, comme pei­
ne de leu rs recherches une larg e rém u n ération,
ce qui, en somme, n ’a tte in t que quelques heu­
reuses individualités, m ais parce que l’extrac­
tion im plique l’emploi d’un g ra n d nom bre d’ou­
vriers, dont beaucoup a ttiré s p a r le trav ail
nous a rriv e n t d’Italie avec leurs fam illes, au g ­
m en tan t ain si la consom m ation de tous les a r­
ticles d ’alim entation.
Les tra n sp o rts à q u ai m u ltip lien t le nom bre
des tra in s et p a r suite le personnel du chem in
de fer ; la consom m ation de ch arbon s’au g ­
m ente et tou tes les in d u strie s accessoires se
développent ; c’est p o u r le Bône-Guelm a et à
raiso n des phosphates seuls, u n e recette a n ­
nuelle de p rès de q u atre m illions.
Il est difficile en présence de ce m ouvem ent
et de la fièvre m inière qu’il a engendrée, de ne
pas con stater qu’une phase nouvelle s’est ou­
verte p our la Tunisie.
Au surplus, ce n ’est pas, en quelques lignes
que cette situ atio n p eut être résum ée ; elle m é­
rite -une étude approfondie ; je me propose de
la rep ren d re -prochainem ent, et de vous en­
voyer, en même tem ps, une esquisse des r i­
chesses agricoles de la Régence qui, bien que
passan t, actuellem ent, au second ran g , ont
une im portance trè s appréciable.
J. R ouqüerol .
—s i —

In d o -C h in é . — L a C r i s e c o m m e r c i a l e

De notre correspondant de Vinh (Annam ) (1)
La crise com m erciale que traverse en ce
m om ent l’Indo-Chine a, comme to u t évène­
m ent de cette im portance, une cause principale
et dom inante à côté de laquelle, plus ou m oins
nom breuses et concom itantes, des causes se­
condaires ont concouru .....
Il est v raim en t curieux que dans une con­
trée aussi neuve, aussi éloignée de la m étro­
pole et aussi privée de m oyens de tra n sp o rt
qu’est l’U nion Indo-Chinoise, 1a concurrence,
une concurrence acharnée et disons le mot, fu ­
rieuse, règne en m aîtresse depuis quelques
années.
B eaucoup de ceux qui ne connaissent pas
ITndo-Chine peuvent s’im aginer qu’à cpiinze
m ille kilom ètres de P a ris, dans des régions
couvertes d’im m enses étendues encore vierges,
presque sans route, dont les indigènes, h ab ita n t
d’hum bles m aisons de bam bous, vont pieds
nus, vêtus de haillons, il doit certe être facile
de faire des affaires d’échange, sinon telles
qu’autrefois en praticruaient les explorateurs
de l’époque de la navigation à voiles, qui, p a r­
ta n t avec quelques pacotilles, cotonnades,bim ­
beloterie, articles de bazar, revenaient, les
flancs de leu r nav ire débordant de riches es­
sences, épices, ivoire, plum es, dont la vente
rapide su r les m archés d’Europe leu r prom et­
tait de fabuleux bénéfices ; m ais du m oins de
lucratives et faciles tran sactio n s. E rre u r pro­
fonde, rêve creux ! Depuis quelque tem ps déjà
les prix des m archandises d”exportation, des
produits b ru ts, du sol de l’Indo-Chine, su r les
m archés de H anoï, H aïphong et mêm e dans
les petits centres éloignés de plus de quatre
cents et six cents kilom ètres de ces grandès
villes, sont parfois supérieurs aux prix de ven­
te des produits sim ilaires su r les m archés eu­
ropéens.
Quelle est la raiso n principale, la raison
prem ière, puis les raiso n s secondaires de cette
au g m entation excessive des cours : C’est ce que
je me propose d’exposer icB
A m on avis, la cause prem ière gît dans l’es­
sence même, si j’ose m ’exprim er ainsi, de la
m asse des négociants établis en Indo-Chine.
Les h u it dixièmes de ces com m erçants sont des
hom m es sans aucune in tru ctio n ou presque,
so rta n t des bataillons de l’in fanterie coloniale
ou de la Légion étrangère, la n lu p a rt d’une in ­
capacité com m erciale flagrante, qui, tentés
p a r la clémence relative du clim at, du Tonkin
notam m ent, la douceur de caractère des in d i­
gènes et la richesse app aren te du sol, ont, à
l’heure de le u r libération, abandonné toute
idée de reto u r im m édiat en F ran ce et se sont
étab lis su r les lieux qu’ils avaient fréquentés.
D’abord cafetiers, ten an ciers de buvettes, m er­
ciers, quelquefois en trep ren eu rs de travaqx,
ils ont, quelques u n s du m oins, am assé pen­
dant, les prem iers tem ps u n petit pécule. Cer­
tain s, après six ou sept ans, ont enfin effectué
un reto u r en F ran ce et là, v a n ta n t la richesse
de leur pays d’adoption et le u r connaissance
p arfaite de ce pays, fini p a r obtenir quelques
(1) Nous croyons devoir rap peler que nous
laissons à nos correspondants toute la respon­
sabilité de leurs appréciations.

�L'EXPANSION COLONIALE
capitaux, quelques faibles com m andites. A
leu r reto u r d ans la colonie, devant la concur­
rence g ran d issan te sévissant su r les affaires
d’im portation, iis n ’ont pas hésité à se lan cer
à corps p erdu dans ' l’exportation générale. Il
est aisé de prévoir d’avance ce qu'il est alors
advenu : Incapables d’étab lir un p rix de revient
norm al, ne ta b la n t nullem ent, p a r ignorance,
su r la qualité de la m archandise, les pertes de
poids et les déchets subis en cours de route
p a r leu rs envois, n ’a y a n t en outre personne
po u r défendre leu rs in térêts d’une façon effec­
tive su r les m archés de m étropole, ils ont
payé aux indigènes, dès les débuts, des prix
beaucoup trop élevés, dans le but d’a ttire r à
eux lé m axim um de la production n aissan te,
et finalem ent ru in és, aigris, fatigués p a r le cli­
m at, ap rès avoir épuisé tous les expédients
plus ou m oins avouables p our se raccrocher
désespérém ent dans leu r chute, ils ont tout
abandonné : Les uns, plus courageux et ne
pouvant se décider à q u itter leu rs habitudes
coloniales et, souvent, la fam ille b â ta rd e q u ’ils
av aien t fondée, se sont em bauchés dans les
services ad m in istratifs, Douanes, T ravaux P u ­
blics, etc. D’au tres, g ém issan t à la porte des
Résidences, ont enfin obtenu leu r repatrieraent à titre d’indigents et rejo in t le vieux
foyer fam ilial q u ’ils ont trouvé, parfois hélas,
désert après une si longue absence. Ceux-là
tombés, ceux-ci -partis, d’a u tre s sont venus,
plus confiants dans leurs forces et leu rs sa­
voirs au ssi illusoires et précaires, et cela m e­
nace de ne pas finir de sitôt. E n atten d an t,
pour me serv ir d’une expression v ulgaire, les
prix sont « gâchés »; c a r comme les indigènes,
que nous m o ntrions plus h a u t vêtus de h a il­
lons et h a b ita n t de m odestes cases couvertes
de chaum e, n ’ont presque au cu n besoin, res­
ta n t encore un peuple de p rim itifs et de sim ­
ples, il est im possible de leu r faire accepter
une baisse quelconque su r tel p ro d u it qui leu r
fut payé, h ier encore, s u r des bases fa n ta isis­
tes, à des prix ne la issa n t au cu n bénéfice à la
vente. Telle région qui p ro d u isait autrefois
quinze à vingt tonnes de caoutchouc m ensuel­
les, alors que ce p ro d u it b ru t é tait acheté p a r
nos m alad ro its et im provisés exportateurs
ju s q u ’à 140 et 150 p ia stre s le picul de 60 kilos,
ne p ro d u it à ce jo u r plus un gram m e de gom ­
me ; les indigènes nullem en t pressés p a r les
besoins d’argent, refusent de céder leu r m a r­
chandise' aux bas prix auxquels la baisse su r­
venue su r ce p ro d u it oblige les négociants sa ­
ges d’acheter a u io u rd ’liui. Les forêts sont dé­
laissées et, te rré s dans leu rs cases, g relo ttan t
stoïquem ent, d u ra n t l’hiver, sous leurs hardes,
les indigènes atten d en t, d ans l’inaction, des
jo u rs m eilleurs qui ne viendront pas.
Tel n ’eut pas été cependant le ré su lta t obtenu
si, dès les débuts, des négociants sérieux, m unis
de capitaux, m odestés mêmes, m ais -judicieuse­
m ent employés, av aien t peu à peu encouragé la
production indigène en offrant des p rix en ra p ­
p o rt avec la v a le u r intrinsèque de la m a rc h a n ­
dise, en ten an t exactem ent compte des pertes de
poids et déchets subis p a r des envois d’essai.
M alheureusem ent quand cette classe de v ra is
négociants a p p a ru t en Indo-Chine le m al é ta it
fait. A ujourd’hui il existe quelques m aisons sé­
rieuses, possédant de forts capitaux ; m ais elles
n ’ont pu et ne peuvent encore que difficilem ent
lu tte r contre l’in ertie de l’indigène et so n t p a r­

97

fois co n train tes de suivre le fa ta l courant. Cer­
tain es ont cru qu’en offrant de nouveau des prix
élevés ne la issa n t au cun bénéfice à la vente ou
même une légère perte, il le u r serait possible,
en consentant à un assez lourd sacrifice p en ­
dant nn certain tem ps, d'élim iner les faibles, les
petits et d’accap arer presque to talem ent la p ro ­
duction indigène. M alheureusem ent un trio m ­
phe m êm e au pidx de p areil sacrifice n 'e st p as
possible, chacune des prem ières m aisons te n a n t
vis à vis de ses voisines le même raiso n n em en t :
chacune croit à sa victoire prochaine et toutes
en a tten d an t se ru in en t ou végètent lam en ta­
blement.
Un tel état de choses est v raim en t désastreux
pour la colonie. Si la triste vérité n ’a p p a ra it
aussi nettem ent qu’au jo u rd ’h u i la cause en est
au fam eux em prunt de deux cents m illions ré a ­
lisé p a r M. le G ouverneur G énéral D oum er et
dont une bonne p artie était dem eurée dans les
poches ou les bas de laine.de nom bre de petits
en trep ren eu rs que les trav au x des lignes de
chem in de fer d u Tonkin et du Nord-Annam
avaient plus ou m oins enrichis rapidem ent. Les
trav au x term inés, la p lu p a rt de ces en trep re­
n eu rs cherchèrent .à placer leu rs économies, ou,
mieux, à les faire valoir eux-mêmes en Indo­
chine. Ils se liv rèren t avec rage aux affaires
d’exportation su rto u t et p e rd ire n t en peu de
tem ps ce qu’ils av aien t am assé avec peine,
n ’étan t nullem ent préparés p o u r ce genre de
commerce. A ujourd’hui tout est liquidé, plus
rien ne reste de ces richeses, de ces débris, po u r
ainsi dire, de l’em prunt de 200 millions.
E n outre, tous ceux qui, av an t d ’abandonner
le m ètre et l'equerre du ch arp en tier ou du
m açon ou de l’entrep ren eu r po u r la balance du
négociant, avaient à la fin des trav au x de che­
m in de fer, une petite fortune devant eux, se
m iren t à vivre avec u n luxe relatif et quelques
fois réel : d ’où augm entation des affaires d’im ­
p o rtation ; après le u r ru in e, le m arasm e qui
su rv in t de p a r la suppression fatale de tout ce
luxe factice obligea ou p o rta les g ran d s im por­
tateu rs à s’occuper alors d’exportation et la lutte
dans cette b ranche n ’en devint que plus âpre et
plus ardue. L’état de prospérité si vanté du
Commerce du Tonkin n ’était qu’un état p assa­
ger une très sensible m ais courte am élioration
de l’état d'un maln.de après une injection de
'sérum .
La cause p rin cip ale de la crise com m erciale
indiquée, voyons s’il était et s’il est, possible, de
la supprim er on d’en atté n u e r tout au m oins les
effets.
Pouvait-on et peut-on em pêcher les soldats
libérés de s ’étab lir librem ent en Indo-Chine,
comme ils en avaient et en ont le d ro it? Non.
Mais on aiirait pu to u t au m oins ne pas fav o ri­
ser cet établissem ent en ne les lib éran t pas su r
le territo ire de la colonie. Si, à l’expiration de
leur congé, nos tro u p iers avaient été de droit
rap atriés, et, comme cela se p ratique du reste
en France, accom pagnés jusque chez eux et en
somme rendus à leurs fam illes a qui on les av ait
p ris, bien petit eut été le nom bre de ceux qui
a u ra ie n t songé, après avoir revu leur pays et
le u r'fo y e r, à lès ab an d o n n er de nouveau po u r
aller ten ter la fortune en Indo-Chine.
Mais, sous le prétexte fallacieux, d’abord que
notre colonie n aissan te m an q u ait de colons, en­
suite qu’il était juste et équitable de faire prote r nos braves tro u p iers des richesses qu’ils

*

�98

L’EXPANSION COLONIALE

avaient u n /peu conquises ou défendues, on s’é­ le u r foyer et leur belle France, po u r co u rir les
v ertu a et on s’évertue encore, à favoriser leur
m ers, s’établir au loin et exploiter les richesses
établissem ent en Indo-Chine. Bien m ieux, des
de notre vaste dom aine colonial.
perm issions spéciales sont accordées aux hom ­
Louis L eje u n e .
(A suivre)
m es et su rto u t aux sous-officiers n ’a y a n t plus
que quelques mois de service actif à îa ire , pour
le u r p erm ettre de s’engager dans l’engrenage
Guyane
qui doit infailliblem ent les broyer. Nous ne vou­
lons pas n ie r qu’au début, alors du reste que,
De nos correspondants, MM. Clanis et Tanon.
vu le p e tit nom bre de colons existants, les affai­
Cayenne, 30 ja n v ie r 1908.
re s étaien t faciles et lucratives encore, on a it eu
Nous sommes heureux d’ap p ren d re que votre
ra iso n d’a g ir ain si ; m ais il y a longtem ps qu’on
Conseil d’ad m in istra t’on nous a agréés, à l’u n a ­
eût dû, devant les résu ltats lam entables obtenus
nim ité, s u r la proposition de il. A. A rtaud,
et constatés, changer de m anière de faire. Qu’on
comme m em bres correspondants de l’In stitu t
n ’objecte pas le droit que chacun de tous les
colonial m arseillais, à la Guyane ; nous nous
citoyens a. de g la n e r la richesse d’un pays, et
attacherons à vous ap p o rter le concours le plus
• qu'il serait vraim ent in h u m a in d’em pêcher les
dévoué.
soldats, qui ont com battu v aillam m en t p o u r la
La situ atio n de la G uyane est, en ce m om ent,
conquête ou le m ain tien de la paix' de l’Union
fort intéressante parce que nous avons enfin un
Indo-Chinoise, d’y ré a lise r ensuite leu r fortune.
Les pousser à re ste r dans se pays, sa n s capi­ G ouverneur qui semble se préoccuper des v rais
in térêts de la colonie; vous avez dû avoir con­
taux, n i p rép aratio n d’aucune sorte à la lutte
naissance de son discours d’ouverture à la
com m erciale, faco riser le u r lib ération au Tonkin ou en Cochinchine, ce n ’est pas leu r p erm et­ dernière session du Conseil général qui m al­
heureusem ent ne semble pas apprécier, comme
tre d’v acq uérir la fortune ou même le bien-être.
il le devrait, le program m e qui lui a été soum is.
■Bien au contraire c’est uniquem ent leu r donner
Le peu de tem ps que nous avons p o u r n o tre
l’occasion de faire fausse route, de se ru in er,
courrier, particu lièrem en t chargé, ce mois-ci,
c’est leu r octroyer la m isère, sim plem ent !
nous empêche de vous ad resser im m édiatem ent
Nous p o urrions hélas citer des centaines et
les notes que vous dem andez ; nous nous ferons
des m illiers (?) même de nom s de m alheureux,
u n devoir de vous les envoyer p a r le co urrier
s a n s aucune situation a u jo u rd ’hui, dont les
p lain tes assaillen t quotidiennem ent les Rési­ hollandais.
dences et dont nous recevons trop souvent les
lettres de dem ande d’emploi. Si on excepte les
N o u v e lle -C a lé d o n ie . — C r i s e c o m m e r c i a l e .
anciens, ceux qui, libérés il y a 15 ou 20 .ans, ont
pu, à l’époque facile (et non pa.s difficile, com ­ L'extrait qui suit est une nouvelle preuve de la
gravité de la crise qui sévit dans notre m a l­
me on le dit si souvent) des débuts de la colonie,
heureuse colonie, à la suite de l'échec de la
se créer u n e situ atio n ou am asser u n e petite
colonisation agricole, si inconsidérément prô­
fo rtu n e ; nous n ’en connaissons p as u n qui ait
née par le gouverneur Feillet.
réussi ou soit en passe de réussir. Ce sont des
faits indéniables qui v alen t tous les discours et
La Foa, 10 jan v ier 1908.
les g randes p h rases sonores et creuses des
J’habite la Calédonie depuis le com m encem ent
beaux p arleurs.
de 1897; je su is venu dans *ce pays avec u n
Le m anque de capitaux et d’in stru ctio n em­ capital de 60.000 francs, à l’époque où la colonie
pêche au jo u rd ’hui quiconque, si courageux soitp a ra issa it prospère, sous l’im pulsion donnée
il, de faire fortune en Indo-Chine.
p a r M. le gouverneur Feillet.M es m auvais dé­
N ous ne dirons rien à dessein de ce que peut
buts comme p lan teu r, les te rra in s é ta n t très,
avoir en o ù tre de désastreux p o u r l’avenir d’un
ingrats, m ’obligèrent à q u itter les p la n ta tio n s et
pa.ys tel que l’U nion Indo-Chinoise la façon dont
à chercher une branche de salut, qui fut le com­
sont en général tra ité s les indigènes p a r nos
merce. J ’achetai donc u n hôtel dans u n centre
colons. Le caractère de l’A nnam ite en fait un
où les affaires ont prospéré environ q u a tre a n ­
être dont la conduite est excessivem ent déli­ nées ; les bénéfices servaient à faire des a g ra n ­
cate ; sans vouloir p réten d re q u ’il ne se trouve
dissem ents qui au jo u rd ’hui ne serv en t à rien et
pas p arm i nos soldats des b ataillo n s coloniaux
sont plutôt devenus u n em b arras c a r les im m eu­
des sujets p a rfa its et possédant une excellente
bles n ’b n t plus aucune valeur, p a r suite de
éducation, nous n o u s p erm ettro n s cependant de
l’abandon général de la colonie.
faire, re m a rq u e r qu’en gén éral la vie decaserne
Je cite u n exemple : P e n d a n t les bonnes a n ­
aux colonies n ’est pas p o u r form er les jeunes
nées citées les recettes se sont élevées à h u it et
gens à la d ouceur ou à la m odération. Njqus ne
neuf cents francs de com ptant p a r jour. A ujour­
voulons pas in sister davantage. Ceux qui ont
d ’hui hélas ! la mêm e m aison a vu ses recettes
habité l’Indo-Chine com prennent hélas trè s b ie n
réduites à 1 fr., 2, 5, 10 francs au plus, sans a u ­
ce que je veux dire.
cune exagération. R ares sont les jo u rs où 4-0 et
50 fran cs sont attein ts, et cependant les m êmes
E n te rm in a n t la prem ière p a rtie de cette
charges en ta n t qu’im pôts existent, le person­
étude, nous ferons enfin re m a rq u e r que, si dès
nel est presque to u jo u rs le même dans l’attente
les débuts des jeunes gens sérieux et in stru its,
des affaires qui ne vien n en t pas.
possédant des capitaux, n ’av aien t pas c ra in t de
Le gros négociant de Noum éa, lui, n ’y perd
s’ex p atrier alors p o u r a lle r fonder des com ptoirs
en Indo-Chine, nul doute que les choses se se­ rien; si les com m andes ne sont pas payées, il
n ’expédie pas, et bien souvent n o u s sommes
ra ie n t passées to u t au tre m e n t p our le plus
obligés de vendre à crédit, et d’atten d re po u r le
gran d bien eï le plus g ran d av an tag e de tous.
Mais, à cette époque, les jeunes F ra n ç a is quel­ règlem ent les m aigres récoltes des p la n te u rs ou
que peu fortunés ne se souciaient de q u itter
concessionnaires.

�L’EXPANSION COLONIALE
Quel en est le résultat : obligation d’hypothéquar les propriétés. La crise continuant tou­
jours finalement les grosses m aisons vous
exécutent, si je puis employer ce mot, et il ne
vous reste plus rien.
Enfin voilà près de cinq, années de misère
atroce. Combien comme moi en sont réduits à
se demander s’ils auront de la farine pour la
prochaine fournée.

MUSÉE

COLONIAL

B a o b a b s , F r o m a g e r s e t I V I im o s a s

Je n’avais pas l’intention de prendre la
plume dans ce numéro de l’Expansion
Coloniale, mais la lecture d’un article de tête
de la Politique- Coloniale du 13 mars m’y
oblige. Il y a vraiment des faits qu’on ne peut
qu’on ne doit pas laisser passer sans com­
mentaires surtout quand ils tendent à répan­
dre dans le public, par l’organe de voix
autorisées, des appréciations hasardées.
En premier article de ce journal, figure le
résumé de la huitième leçon du Cours colo­
nial que professe M. Lucien Hubert à la Sor­
bonne, et, au cours de son exposition, le pro­
fesseur cite sans réserve spéciale, une longue
lettre d’un sous-officier en garnison au Séné­
gal, donnant l’impression pénible qu’il
éprouva au débarquement sur'cette terre
désolée d’Afrique, sur les plages désertes et
sablonneuses de Dakar. '« La plaine, dit-il,
« est couverte de mil et d’arachides, le tout
« piqué d’arbres d’essences diverses, mais
« sans emploi (baobabs, fromagers, et mi­
mosas)... »
Et le conférencier se borne, sans relever
cette appréciation, au modeste palliatif sui­
vant : « L’Afrique Occidentale française est
toutefois plus riche que cette première im­
pression ne. la dépeint ». Je veux ajouter,
puisque M. Hubert ne l’a pas fait, que juste­
ment les trois arbres cités ont reçu des em­
plois de premier ordre dans l’industrie fran­
çaise : le baobab dont la graine grass'e qui
luttera bientôt avantageusement soit par son
espèce de la Côte Occidentale d’Afrique, soit
par celles propres à Madagascar avec les
meilleures -graines à huile concrète que tri­
ture notre industrie actuelle de la savonnerie
et de la stéarinerie ; bien plus celle de Mada­
gascar, le Fony sera, tout le fait présager, la
rivale de la pistache et de l’anacarde dont
l’emploi n’est un mystère pour personne, et,
son amande, comme celle de toutes les espè­
ces de baobab, est d’une saveur gustative qui
laisse loin derrière elle comme finesse, celle
de nos meilleures avelines.
Pour le fromager il est presque oiseux de
rappeler que c’est par les poils soyeux et dé­
licats qui tapissent son fruit et enveloppent
ses graines que se constitue le kapok qui sert
à faire des édredons, des matelas imperméa­
bles, enfin des ceintures de sauvetage. Cette

soie de kapok jouit en effet, outre sa légèreté,
de la propriété de ne pas se laisser mouiller
par l’eau, et c’est cette double supériorité sur
le coton et le liège qu’on exploite dans la fa­
brication de ceintures de sauvetage et de
bouées insubmersibles. Quant à la graine de
kapokier elle est en pleine période d’expéri­
mentation pour prendre place à raison de
l’huile qu’elle renferme, tout au moins dans
l’industrie de la savonnerie.
Enfin les mimosas d’Afrique ont par leur
écorce un emploi déjà marqué depuis long­
temps pour désincruster les chaudières de
navire, et jusqu’ici on n’a rien trouvé de plus
rapidement efficace pour assurer cette opé­
ration indispensable à la sécurité de la navi­
gation à vapeur.
Voilà pourtant des végétaux réputés inuti­
les, et sacrés tels, en pleine Sorbonne par la
parole autorisée d’un conférencier colonial
connue n’ayant d’autre application que l’or­
nement, cependant saisissant, apporté par
leur masse végétative à une région désolée.
Et le conférencier en lisant cette lettre don­
nant appui à sa thèse, n’a ni protesté ni rele­
vé l’erreur qui se produisait ainsi au grand
jour dans ce temple admirable de la Sorbon­
ne, élevé à la glorification de la vérité et de
la science. Est-ce bien la peine, après de tels
incidents, de créer des Instituts coloniaux d’y
appeler des travailleurs aussi savants que
modestes à la mise en valeur de notre do­
maine colonial pour que leur œuvre soit mé­
connue ou profit du racontar incolore d’un
sous-officier déçu !
Il n’y a rien d’inutile dans la nature. Il suf­
fit de chercher des applications pour les
trouver. Et on les cherche activement.
Docteur E. H e c k e l .

Coups Coloniaux
Voici la liste des cours coloniaux qui ont
été professés du 9 au 28 mars 1908 à l’Insti­
tut Colonial :
Lundi, 9 m ars, à 3 h. 3/4, M. M asson : T uni­
sie ; industries, voies de com m unication. — A
5 heures, Dr 3. de Cordemoy : Les pêcheries de
l’Afrique occidentale française.
M ardi, 10 m ars, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud : La
défense contre la m aladie du sommeil ; Epidé­
mie de B éribéri. — A 5 heures, M. M asson :
Les Colonies anglaises (1850-1880).
M ercredi, 11 m ars, à 3 h. 3/4, M. B âbled : Ré­
gime douanier des colonies françaises. — A
5 heures, M. Jum elle : Le sucre de canne ; le
café.
Jeudi, 12 m ars, à 8 h, 1/2 m atin, au P a rc Borély, M. D avin : T orréfaction du café et fa b ri­
cation du chocolat ; visite de la chocolaterie du
Prado.
Vendredi, 13 m ars, à 5 heu res, M. L a u re n t :
Le diam ant.
Sam edi, 14 m ars, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud :
Boissons alcooliques et alcoolisme.

�100

L’EXPANSION COLONIALE

Lundi, 16 m ars, à 3 h. 3/4, M. M asson : Le
p ro tecto rat tunisien. — A 5 h eures, Dr J. de
Cordemoy : Les pêcheries m au ritan ien n es.
M ardi, 17 m ars, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud : Les
causes du B éribéri et m oyens de défense;
P rin cip es généraux de la police sa n ita ire m a­
ritim e m oderne. — A 5 heures, M. M asson :
Les colonies an glaises (1850-1880).
M ercredi, 18 m ars, à 3 h. 3/4, M. Babled :
Régim e d o u an ier de l ’Algérie et de la Tunisie.
A 5 heures, M. Jum elle : L a p ré p a ra tio n des
cafés vert.
Jeudi, 19 m ars, à 8'h. 1/2 m atin, au P a rc Borély, M. Ravin : L a culture du cocotier.
Vendredi, 20 m ars, à 5 heures, M. L au rent :
Le g rap h ite et les charbons.
Sam edi, 21 m ars, à 'S h. 1/2, Dr R eynaud :
L ’enii potable et les m aladies q u ’elle véhicule.
Lundi, 23 m ars, à 3 h. 3/4, M. M asson : Le
Sénégal. ---'A 5 heures, Dr J. de Cordemoy : Les
pêcheries m a u rita n ie n n e s ; éta t actuel, pro­
duits et sous-produits.
M ardi, 24 m ars, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud : P o ­
lice sa n ita ire m aritim e n atio n ale et in te rn a tio ­
nale.
A 5 heures, M. M asson : La colonisa­
tion de l’Algérie.
M ercredi, 25 m ars, à 3 h. 3/4, M. B abled : Ré­
gim e dou an ier des colonies assim ilées. — A
5 heures, M. Jum elle : L a p ré p a ra tio n des cafés
d’A rabie et des cafés de Libéria.
Jeudi, 20 m ars, à 8 h. 1/2 m atin, au P arc Bol'ély, M. R avin : L’arachide, sa cu ltu re dans les
colonies françaises.
Vendredi, 27 m ars, à 5 heures, M. L au ren t :
Le charbon.
Sam edi, 28 m ars, à . 3 h. 1/2, Rr R eynaud :
Comment ren d re l’eau pure.

Voici l’indication des sujets qui seront
traités par MM. les Professeurs des Cours
coloniaux durant le mois d’avril :
M. Babled. — Législation coloniale. Régime
douanier des colonies.
O bservations générales. Régime de la loi du
11 ja n v ie r 1892. Colonies assim ilées et non assi­
milées.
1. Régime d ouanier de l’Algérie. — Bispositions spéciales.
2. Régime douan ier de la Tunisie. •— a) Régi­
me des exportations de T unisie en F ran ce (loi
du 19 ju illet 1890). — M odification au régim e
d’exportation en F ran ce des céréales et produits
dérivés (Bécret beylical du 9 ju illet 1904 et loi
fran çaise du 19 ju ille t 1904. — b) Régime des
im po rtatio n s de F ran ce en T unisie (Bécret beÿlical du 2 m ai 1898. — c) P ro je t d’union doua­
nière entre la F rance et la Tunisie.
3. Régime d o u an ier des colonies assim ilés à
la m étropole : a) Im p o rtatio n s de l’é tra n g e r : b)
Im p o rtatio n s de la m étropole ; c) E xportations
vers la m étropole.— P ro d u its non dénom m és —
P ro d u its dénom m és coloniaux — P a rtic u la rité s
co ncernant le régim e des cafés, poivres, sucres.
— P ro d u its d’origine étran g ère. - Monopole
de fa it du pavillon fran çais d a n s l’inter-course
coloniale. — S ta tu t actuel de la m arin e m a r­
chande coloniale.
4. Régime douan ier des colonies non assim i­
lées à la m étropole : a) Im p o rtatio n s de l’é tra n ­
ger ; b) Im p o rtatio n s de la m étropole ; e) E xpor­
tatio n s vers la métropole ; d) E xportations vers
les colonies assim ilées. •— Question des guinées
de l’Inde F rançaise.

5. Appendice. — Régime d o uanier des Nou­
velles-Hébrides (Bécret du 12 novem bre 1901).
M. Masson. — Géographie coloniale : L undi :
Afrique occidentale française, Guinée française,
Côte d’ivoire.
Histoire de. la colonisation : Mardi- : E xpan­
sion coloniale et colonisation française (18501880) : M adagascar, Indo-Chine, Océanie.
M. Jacob de Cordemoy. — P ro d u its coloniaux
d’origine anim ale. — L a pêche et les produitsde la pêche en Algérie (suite).
J)■' Reynaud. — H ygiène coloniale : Hygiène
des tra v a ille u rs dans les pay s ch a u d s; les pro­
fessions ; hygiène urbaine.
Epidémiologie' : La fièvre paludéenne ; épi­
démies ; prophylaxie.

LES INSTITU TIO NS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE

La Société de Géographie de Marseille a
reçu en séance solennelle, dans les salons
Pain, le célèbre explorateur anglais Henry
Savage-Landor,— jadis martyrisé au Thibet,
devant Lhassa, — qui a fait une brillante
conférence, avec projections électriques,
sur sa magnifique exploration de 1906 « A
travers la plus large Afrique, de Djibouti à
Dakar. » M. P. Bohn. vice-président de la
Société, administrateur-directeur de la Com­
pagnie française de l’Afrique occidentale,
qui présidait, a remis la médaille d’or de la.
Société de Géographie à M. Savage-Landor,
au milieu des chaleureux applaudissements
du nombreux auditoire d’élite qui se pres­
sait dans la vaste salle. Parmi les notabilités
présentes se trouvaient MM. les consuls
d’Angleterre et des Etats-Unis et M. Pierre,
premier adjoint ap maire de Marseille.
Une autre intéressante, conférence, orga­
nisée avec succès par la Société d$ Géogra­
phie, de concert avec le Comité Marseillais
de la Ligue Maritime, a été donnée dans
l'amphithéâtre de la Faculté des Sciences,
par M. le docteur Reynès, professeur à
l’Ecole de médecine, sur une « Croisière en
No/wège et au Spitzberg. ». avec projections
lumineuses. Cette attrayante séance publi­
que étpit présidée par M. H. Giraud, prési­
dent de la section de la Ligue Maritime et
l’un des secrétaires de la Société de Géogra­
phie, et M. Ch. Bénard, directeur-adjoint
de la Ligue, qui y- assistait, a pris la parole
pour donner de nouveaux renseignements
sur la prochaine Expédition arctique fran­
çaise dont il est le chef. Les distingués ora­
teurs ont été vivement applaudis.
La Société de Géographie a tenu, en outre,,
son Assemblée générale de mars, dans son
local, de la rue Noailles, sous la présidence
de M. Bohn. premier vice-président. D’inté­
ressantes conférences ont été faites à cetteoccasion par M. le professeur Gaffarel, sur
une « Excursion en Dalmatie », et par M. le

�L’EXPANSION COLONIALE
professeur Piepelin, sur la « Nouvelle carte
géologique de la France au millionnième ».
Ces deux instructives communications ont
été fort appréciées par la savante assistance.
Ajoutons que le Bulletin de la Société vient
de paraître en un gros fascicule, pour le 2°
et 3® trimestres 1907, et qu’il renferme des
études du plus haut intérêt, notamment un
mémoire documenté du major Lahache, inti­
tulé : « Le dessèchement de l’Afrique fran­
çaise est-il démontré ? »
LE SYNDICAT DES EXPORTATEURS

Le Syndicat des Exportateurs a tenu son
Assemblée générale annuelle, dans son As­
semblée générale annuelle, dans son local de
la rue Noailles, sous la présidence de M.
Adrien Artaud, son président, membre de la
Chambre de Commerce, assisté de MM.
Martin-Laval et L. Ytier, vice-présidents.
Dans son discours présidentiel, M. Ar­
taud a constaté la prospérité du Syndicat,
qui compte plus de 500 membres, et a re­
mercié ses collaborateurs du Bureau de leur
dévoué concours. M. Fouque, secrétaire gé­
néral, a présenté son rapport annuel, signa­
lant le grand développement de la corres­
pondance et des services rendus au com­
merce, ainsi que les nombreuses questions
économiques dont s’est occupé le syndicat
en 1907 et pour lesquelles il a obtenu plu­
sieurs solutions favorables. Le compte
rendu financier a également permis de cons­
tater l’excellente situation de la caisse syn­
dicale.
Ces intéressants discours ont été unani­
mement applaudis et approuvés. L’Assem­
blée s’est ensuite entretenue du projet,
exposé par M. Martin-Laval, de la création
d’un marché aux enchères publiques, mis à
l’étude par le Syndicat.
L’Annuaire. si précieux au commerce et à
l’industrie, que le Syndicat des Exportateurs
publie en outre de son bulletin mensuel
VExporteur, vient de paraître pour 1908. Ce
nouveau volume renferme comme les pré­
cédents la liste des membres du syndicat et
la classification de leurs commerces ou in­
dustries, ainsi que la liste des nombreuses
villes du monde entier où le syndicat pos­
sède des correspondants ; les pages d’annon­
ces demeurent réservées aux membres. Cet
annuaire est largement distribué aux Cham­
bres de Commerce en France et à l’Etranger,
aux corps consulaires français et étranger,
aux gouverneurs des colonies et aux syndi­
cats commerciaux. Il constitue Un excellent
moyen de réclame mondiale et de propa­
gande commerciale.
J . L.

101

L'Institut Colonial Marseillais

ot l’Industrie française
A LYON
On nous écrit de Lyon le 27 mars :
M. Moriceau, secrétaire général de l’Ins­
titut Colonial Marseillais a donné, hier soir
une intéressante conférence au Palais de la
Bourse, sous la présidence de M. Lignon,
membre de la Chambre de Commerce de
Lyon, président de la Commission de colo­
nisation.
M. Moriceau était assisté de M. H. Dufay,
ancien vice-président de la Chambre de
Commerce de Marseille, vice-président de
l’Institut Colonial Marseillais.
M. Moriceau a fait ressortir les nombreux
avantages que présente pour le commerce
d’exportation de notre région, la nouvelle
organisation créée par la Chambre de Com­
merce de Marseille, à la suite de la remar­
quable-exposition coloniale de 1906.
L’Institut Colonial Marseillais a établi, 5,
rue Noailles, un musée commercial dans le­
quel sont exposés d’une part les produits
coloniaux utilisés par notre commerce et
notre industrie, de l’autre, les produits mé­
tropolitains vendus aux colonies et à l’étran­
ger. Ce musée est fréquenté par de très
nombreux visiteurs, notamment par une
grande partie des étrangers qui viennent
s’embarquer à Marseille, soit pour l’Egypte,
soit pour l’Inde et l’Extrême-Orient ; l’indus­
trie lyonnaise aurait intérêt à montrer à ces
étrangers les remarquables produits qu’elle
fournit. Le musée commercial est très bien
agencé, il comprend des vitrines dont la lo­
cation annuelle est de 300 à 500 francs le
mètre carré, avec minimum de 75 à 125 fr.
et des panneaux dont la location annuelle
est de 200 francs, avec minimum de
50 francs.
Un bureau de renseignements est adjoint
à ce musée et fournit toutes sortes d’indica­
tions précises sur le commerce des colonies
et sur le. commerce d’exploitation.
L’Institut Colonial Marseillais publie
sous le titre L'Expansion Coloniale, un
bulletin très répandu dans toutes les Com­
pagnies de navigation et dont la publicité
est très efficace.
M. Moriceau a exposé dans un langage
très sobre les admirables ressources que
présente notre domaine colonial et dont il
est nécessaire de développer la production,
il a montré quel vaste champ d’action ce do­
maine, auiourd’hui complètement pacifié,
que de nombreux chemins de fer ouvrent au
commerce, offrent à nos capitaux et à notre
activité.
Il a montré dans un tableau qui a fait sen­
sation, la petite part des produits exotiques

�L’EXPANSION COLONIALE

102

que nos colonies fournissent à la France ;
sur le caoutchouc dont nous importons pour
une valeur de 100 millions, nos colonies ne
fournissent que 24 % ; 5.60 % seulement du
cacao que nous recevons, vient de nos colo­
nies. Nous recevons d’elles 1.65 % seulement
du café que nous consommons.
M. Moriceau a indiqué un certain nombre
de questions dont l’Institut Colonial Marseil­
lais s’occupe actuellement celle du jute dont
le prix augmente constamment et qui peut
être remplacé par des textiles indigènes dont
nous possédons de très grandes quantités,
celle des matières premières nécessaires.à la
fabrication du papier, lesquelles menacent
de manquer dans un avenir prochain et que
nos colonies peuvent fournir en abondance,
'celle des tannins, celle du coton.
11 a fait ressortir enfin les avantages d’une
union. intime entre les Chambres de Com­
merce de France, dans le but d’apporter
dans le régime économique de nos colonies,
les modificàtions nécessaires pour y dévelop­
per l’initiative, il a montré également l’in­
térêt pour les mines coloniales, dont l’ave­
nir est plein de promesses d’être régies par
des-dispositions plus libérales au point de
vue des taxes sur le produit brut dont elles
s nt frappées actuellement.
Le succès du conférencier a été vif et, à
l’issue de sa conférence, M. Lignon a rendu
hommage à la Chambre de Commerce de
Marseille et à son éminent président pour
l’œuvre si utile pour notre commerce
d’exportation dont ils ont pris l’initiative ; il
a félicité M. Morcieau au nom de la Cham­
bre de Commerce de Lyon et, au nom de
l’industrie et du commerce de la région de
son exposé très clair et très précis des nom­
breuses questions dont il a fait une étude
appronfondie. — D.
A S A IN T -E T IE N N E

On nous écrit de Saint-Etienne, 28 mars :
C’est devant une très nombreuse assistance
réunie à la Chambre de Commerce que M.
Moriceau, secrétaire général de l’Institut
Marseillais, a développé le but et l’avantage
de cette organisation dont notre industrie
peut retirer de si précieux résultats. La
féussite a été complète. L’auditoire a fait
au conférencier l’accueil le plus chaleureux
et à l’issue de la réunion, de nombreuses de­
mandes de renseignements lui ont été adres­
sées par nos plus importants producteurs
désireux de trouver, grâce à l’Institut Colo­
nial Marseillais, de nouveaux et sérieux dé­
bouchés dans les possessions françaises
d’outre-mer. Nous remercions l’Institut.et
son honorable représentant de nous avoir
mis à même de tirer tout le profit possible
de leur patriotique initiative. — T.

/

Renaissance de Saint-Pierre-Martinique
L’opinion du monde colonial n’est en gé­
néral pas favorable à nos anciennes colonies
qu’on regarde un peu comme des quantités
négligeables. On reviendrait de cette erreur
si l’on prenait pour critérium de la valeur,
l’endurance des crises et la facilité des réac­
tions.
Nos anciennes possessions ont tout subi
depuis la suppression de l’esclavage : baisse
effroyable du sucre, leur unique production;
démonétisation dans certaines colonies ; in­
cendies ; cataclysmes ; application du régi­
me douanier métropolitain ; ravages de la
politique, etc....
Aucune de oés épreuves n ’a pu les abat­
tre. Un an après le cyclone qui a
enlevé à la Réunion la moitié de sa produc­
tion en sucres (quelque chose comme la sup­
pression de quinze millions d’hectolitres de
vin dans les quatre départements grands
producteurs du Midi à la veille de la récolte)
la situation était rétablie et le pays soldait
ses dettes.
La plus belle, manifestation de vitalité a
été donnée par la Martinique. En cinq mi­
nutes, le 8 mai 1902, une ville entière et ses
trente-cinq mille habitants disparurent ; les
éruptions se succédant, il fallut ensuite éva­
cuer les agglomérations importantes et
abandonner tout le nord de l’Ile. Quel pays
de l’ancien continent aurait supporté sans
faiblir une pareille épreuve ? On attend en­
core la renaissance d’Herculanum et de
Pompei et déjà le réveil de Saint-Pierre est
un fait accompli.
L'Almanach-Martinique Illustré de 1908
publié à Fort-de-France: par M. Titi, vérifi­
cateur des douanes fait connaître, par une
élégante photographie, la première maison
réédifiée à Saint-Pierre. C’est l’hôtel, avec
écuries et remises, créé par M. Morin à titre
de halte à la fin de la première étape vers le
nord de l’Ile, vers les pentes du Mont Pe­
lé !... MM. Duplan et Caminade étudient la
construction de vastes magasins de quincail­
lerie et mercerie qu’ils se proposent d’ex­
ploiter en commun.
L'Union Sociale; journal martiniquais du
27 février dernier donne le compte rendu
d’une tournée à Saint-Pierre du gouverneur
Lepireux effectuée le 17 du même mois. Le
Gouverneur, parti de Fort-de-France à
6 h. 1/2 du. matin, arrivait à Saint-Pierre,
sur le yach de la Compagnie Transatlanti­
que l'Hermine, à 8 h. 1/2 du matin. Il était
reçu à l’appontement par M. Louis Ernoult,
ex-premier adjoint de Saint-Pierre et seul
survivant de l’édilité en fonction au moment
de'la catastrophe.
M. Ernoult pouvait indiquer dans son dis­
cours de réception au chef de la colonie que

�L’EXPANSION COLONIALE
cinq mille personnes groupées autour de
Saint-Pierre appelaient de leurs vœux la re­
constitution de la commune. En attendant
un centre industriel est formé : Saint-James,
Morne des Cadets, Beauregard, Anse Céron,
Morne étoile donnent déjà des produits assez
abondants pour que la Compagnie Transat­
lantique reprenne l’escale de Saint-Pierre.
Le 21 du même mois de février son vapeur
mensuel devait y toucher pour la première
fois depuis la catastrophe.
La colonie et tous les intérêts qui s’y ratta­
chent doivent être particulièrement recon­
naissants à la Compagnie Générale Transat­
lantique et à son chef actuel M. J. 'CharlesRoux de leurs efforts pour seconder son dé­
veloppement. La Compagnie Transatlanti­
que n’a jamais abandonné les Antilles et
s’applique, aujourd’hui où une concurrence
lui rend ce service moins rémunérateur, à
mettre sur cette ligne de plus beaux vapeurs
que jamais, avec les types Guadeloupe et
Guyane et des cargo-boats qui comme îe
Viking feront le tour de la Martinique pour
recevoir directement de chaque usine, les
lots de marchandises qu’elle produit.
Si nos lecteurs veulent se rendre compte
du chemin parcouru par Saint-Pierre dans
la voie du retour à la vie, ils n’ont qu’à rap­
procher les indications que nous venons de
donner de la toile exposée dans le local du
Musée Commercial et qui représente SainiPierre, encore sous les cendres du volcan.
Ce tableau, dû au pinceau de M. F. Bailly,
artiste amateur local, est accompagné de
deux toiles très intéressantes, représentant
deux vues de la baie de la Trinité ; une sous
un grain, l’autre par un temps couvert qui
contraste avec l’aspect ordinaire de la natu *
re tropicale. Nous devons à la maison Em.
Bourdillon et Cie dont on connaît les origi­
nes martiniquaises et dont le chef, M. Al­
bert Bourdillon est membre de notre Conseil
d’administration, la possibilité de faire con­
naître au public de notre musée commercial
ces très intéressants tableaux.
IifAlmanach-Martinique Illustré, sur le­
quel nous revenons avec plaisir, insiste sur
l’utilité de présenter notre colonie américai­
ne sous son véritable aspect de travail et non
sous le jour exclusivement pittoresque, de­
venu banal à force de répétition. Toute la
Martinique ne tient pas dans l’arrangement
d’un madras sur la tête d’une mulâtresse, et
c’est ce que font connaître aussi les tableaux
exposés.
Les curiosités, les monuments,.les chiffres
du commerce et de l’industrie de la Martini­
que, sa production agricole passent sous les
yeux du lecteur dans les 167 pages de cette
très instructive brochure qui fait parfaite­
ment connaître la ruche d’incessant travail
et de courageuse initiative que constitue la
perle de nos possessions antilloises.
A. A.

103

CHRONIQUE
L ’A g e n c e g é n é r a l e des C o lo n ie s .

Nous allons voir un de ces jours, la Cham­
bre, déjà saisie, discuter le projet de loi de
M. Milliès-Lacroix relatif à la réorganisation
de l’administration centrale du ministère des
colonies.
Le ministre, on le sait, désire créer, dans
Je sein de l’administration centrale, une
agence générale qui représenterait toutes les
colonies à Paris ; celles-ci y auraient des re­
présentants, accrédités et payés par elles, qui
s’occuperaient de tous leurs intérêts.
D’autres projets seront présentés lors de la
discussion qui s’ouvrira devant la Chambre
et les organes coloniaux quotidiens ont lancé
leurs rédacteurs dans toutes les directions
d’où pouvait provenir une idée nouvelle.
Tous, il faut l’indiquer, rendent d’ailleurs,
hommage à l’esprit d’initiative et de réforme
pratique qui a inspiré le ministre des colo­
nies.
M. Lucien Hubert, député des Ardennes,
membre de la Commission des affaires colo­
niales, a préconisé clans une interview très
documentée un contre-projet aux termes du­
quel l’agence générale qui sera le « commis­
sionnaire des colonies » en France, serait
tout tu fait distincte de l’organisation admi­
nistrative actuelle. Et il a été amené à cette
conclusion que l’Office Colonial pourrait
bien, sous condition d’une réorganisation
mieux appropriée, rendre le service qu’on
attend de la nouvelle création.
« Pourquoi, a-t-il dit, ne le chargerait-on
pas désormais, d’administrer le personnel
en congé, de faire les achats des colonies, de
recevoir les demandes du public, de lui
transmettre les réponses faites par le gouver­
neur ou en leur nom ? — Fournissons-lui, à
titre consultatif, ces corps techniques qui
encombrent le ministère actuel : commission
des marchés, inspection générale du service
de santé, inspection générale des travaux
publics, etc. ; faisons-le surveiller, enfin,
par un délégué du ministre qui sera le ga­
rant de la régularité, le gardien de la probité
générale : nous aurons constitué ainsi l’Agence générale... »
Un de nos confrères a consulté à ce sujet
M. Auricoste. Mais celui, qui est on le sait
l’homme le plus aimable du monde, s’est
énergiquement refusé à dire ce qu’il pensait
du contre-projet... et du projet lui-même.
Cela se conçoit de reste. Il a cependant déclaré qu’à ses yeux, il ne saurait y avoir un
doute sur la nécessité de séparer la future
agence de l’actuel office et il a été amené à
résumer en quelques mots fort intéressants
le rôle de ce dernier :
« C’est tous les jours que défilent ici nom­
bre de personnes en quête de conseils et de
renseignements qui leur sont nécessaires.

�i

104

|

V

L’EXPANSION COLONIALE

Celui-là cherche un emploi aux Colonies. Cet
autre voudrait y aller fonder un. établisse^
ment agricole commercial, industriel. Cet
autre encore a besoin de capitaux ou désire,
au contraire, engager des capitaux dans une
affaire coloniale. D’autre part, des renseigne­
ments nous sont journellement demandés
des colonies en ce qui touche le personnel
dont on peut avoir besoin.
« Oui, c’est tous les jours que nous faisons
œuvre utile, soit en éclairant bien des gens
sur les difficultés de tout ordre qu’ils ren­
contreront aux colonies, soit, au contraire,
en les encourageant, en les favorisant quand
leurs projets nous semblent dignes d’atten­
tion.
« Ne possédons-nous pas sur toutes nos
colonies, les renseignements les plus com­
plets, les plus minutieux, les mieux contrô­
lés ? N’est-ce pas ici, en quelques heures, en
quelques instants, qu’on peut se rendre
compte des chances d’une entreprise, des
concours qui peuvent s’offrir à elle, des dif­
ficultés ou des avantages qu’elle peut présen­
ter ? »
On ne pouvait mieux définir le rôle d’un
organisme dont l’Institut Marseillais s’ho­
nore de suivre, dans la métropole coloniale,
les louables traditions.
Il y a quelques présomptions pour que le
projet de M. Milliès-Lacroix soit adopté dans
son entier et on cite même le nom du futur
agent général des colonies, qui serait bien
pour donner à ce nouveau service tout le
relief et toute l’utilité désirables.
-1 2 1 L e s C o lo n ie s p r o f it e n t du p rix N ob e l.

Nos savants français se distinguent entre
tous, on le sait, par la délicatesse de leur dé­
sintéressement. C’est ainsi que M. le docteur
Laveran, le titulaire du prix Nobel de deux
cent mille francs, qui avait spontanément
attribué la moitié de cette somme à l’Institut
Pasteur, vient de consacrer les cent autres
mille francs à la fondation de la Société de
Pathologie exotique, destinée, comme l’indi­
que son titre, à l’étude des maladies spéciales
aux colonies.
Cette Société, composée des membres les
plus éminents du cor'ps médical français,
compte déjà soixante membres, parmi les­
quels MM. le docteur Chantemesse, chef de
service général d’hygiène ; Liard, membre, de
l’Institut ; Perricr,, directeur du Muséum ;
Achalme, directeur du Laboratoire colonial ;
Blanchard, professeur de parasitologie ;
Boudier Surcoût, etc., etc.
Le but de ces savants réunis dans une
même pensée de dévouement scientifique est
de parvenir à triompher des terribles mala­
dies exotiques qui déciment les coloniaux et
entravent fâcheusement l'expansion de la
France dans ses possessions d’outre-mer.
—H —

L a q u e s tio n du coton en A fr i q u e .

La culture du coton dans nos colonies afri­
caines présente un double intérêt d’actua­
lité : un intérêt métropolitain et un intérêt
colonial. Il ne faut donc pas s’étonner que
l'Association cotonière coloniale ait demandé
à un africain militant, à M. Julien Le Cesne,
administrateur de la Compagnie de l’Afrique
Occidentale française de présider la dernière
conférence de M. Esnauli-Pelterie.
M. Le Cesne a prononcé à cette occasion
une allocution remarquable par la forme au­
tant que par le fond. Il a rappelé d’abord
combieivétait fâcheuse la situation qui ren­
dait la France tributaire presque exclusive­
ment du marché ^des Etats-Unis et l’intérêt
puissant qui "doit pousser les pays transfor­
mateurs du coton, à s’affranchir de la lourde
tutelle qui pèse sur eux. L’intérêt n’est pas
moindre pour nos colonies où, bien que le
coton soit un produit jeune, sa culture peut
être considérée comme l’un des plus sûrs
moyens d’enrichissement et de civilisation.
Et pour prouver que la culture crée la riches­
se, qu’elle fixe l’indigène au sol, édifie la
maison, fait La famille, M. Le Cesne a excellement rappelé dans les termes ci-après ce
que le Sénégal a retire de la culture de l’ara­
chide qui a constituté jusqu’ici son seul ali­
ment commercial :
« Malgré des mauvaises récoltes, des épidé­
mies de fièvre jaune qui ont désolé le pays,
malgré des variations considérables dans les
cours de la graine, malgré la concurrence de
l’Inde qui vient parfois inonder nos marchés
de ses arachides décortiquées, le Sénégal est
devenu et est resté prospère. Grâce à ce seul
produit du sol, toute une population vit et
augmente, des affaires régulières et perma­
nentes se sont constituées* bon an, mal an,
tout le monde s’en tire, cultivateurs, trai­
tants, commerçants noirs et blancs ; le che­
min de fer Dakar-Saint-Louis prospère, les
ports de la colonie sont en pleine activité.
C’est qu’en effet, la production annuelle
moyenne du Sénégal est d’environ 100.000
tonnes de graines d’arachides qui représen­
tent un volume de 350.000 mètres cubes que
chaque année le noir fait sortir de terre. Vous
vous rendez compte de l’activité qu’il faut
déployer pour récolter, transporter, manipu­
ler et embarquer pour l’Europe 300.000 mè­
tres cubes de graine, surtout si vous songez
que toutes ces opérations se font dans une
période de quatre à cinq mois, »
Aussi M. Le Cesne, au nom de tous ceux
qui ont le souci de doter nos colonies d’Afri­
que d’une nouvelle culture bienfaisante
qui acroît.rait considérablement le mouve­
ment de navigation dans nos ports africains,
a-t-il rendu un hommage applaudi à l’œuvre
poursuivie avec tant de zèle par M. EsnaultPelterie et ses collaborateurs.
A. G.

�L’EXPANSION COLONIALE

105

ACTES COLONIAUX OFFICIELS

VIE ECONOMIQUE DES COLONIES

M é tro p o le

A g r ic u ltu r e . — C o m m e rc e .
I n d u s tr ie . — M a rin e .

Gouverneurs des Colonies. — M. Nouffard,
secrétaire général des colonies, est nom m é gou­
v ern eu r des colonies et com m issaire résident
de F ran ce aux Nouvelles-Hébrides; M. G audart,
secrétaire général des colonies,est désigné pour
rem p lir p a r in térim les fonctions de lieutenantgouverneur du Dahomey.
— M. R ichard ancien g ouverneur de Guinée,
récem m ent nom m ée gouverneur de la Nou­
velle-Calédonie re jo in d ra son poste p a r le p a­
quebot du 8 avril. Nous espérons pouvoir profi­
ter du p assage de ce h a u t fo n ctionnaire pour ,
lui faire les h o n n eu rs de l’In stitu t Colonial
M arseillais.
- M. B eau revient en F ran ce p a r le Japon et
l ’Amérique. M. Bonhome a p ris aussitô t l’inté­
rim de g ouverneur gén éral et M. Outrey, ins­
pecteur des services civils, ancien com m issaire
de la Cochinchine à l’Exposition de M arseille,
l’intérim de lieuten an t-g o u v ern eu r de la Co­
chinchine.
Algérie. — Un décret auto rise le départem ent
de C onstantine à opérer le ra c h a t du chem in de
fer d’in térêt local d’Aïn-Beida à Khenchela.
Une décision approuve Tin p ro jet présenté p ar
la Com pagnie des chem ins de fer de BôneGuelma.
Un décret applique à l’Algérie le décret du
9 novem bre 1907 relatif à la vérification des
poids et m esures.
Un décret p o rta n t application à l’Algérie des
lois des 5 m a rs 1890 .et 27 m a rs 1906 et des dé­
crets des 23 novem bre 1886, 3 ju in 1890 et 13 no­
vem bre 1907 su r les réquisitions m ilitaires.

C o S o siîe s
Tunisie. — Un décret charge la Com pagnie
des ports de T unis, Sousse et Sfax de la liqui­
dation de la taxe n° IV, dans le p o rt de T unis
et modifie les articles 2, 3 et 38 du règlem ent
p a rtic u lie r de ce port.
U n a rrê té crée u n réseau télégraphique à
G hardim aou.
Afrique occidentale française. — Un arrêté
porte convocation, en 1908, de réservistes in di­
gènes d an s la colonie du H aut-Sénégal et Niger.
U n a rrê té porte interd ictio n de saig n er les
lian es à caoutchouc dans le cercle de Koury,
p en d an t une période de deux ans.
La Guadeloupe.— U n a rrêté tran sfo rm e l ’hô­
p ita l m ilitaire du Camp-Jacob en h ô p ital civil
autonom e.
Un arrê té porte suppression de l’am bulance
m ilita ire de B asse-Terre.
Nouvelles-Hébrides. — Un décret règle la si­
tu atio n , le ra n g et les allocations du com m is­
saire résid en t de F ran ce aux Nouvelles-Hébri­
des.

Etablissements français de l'Océanie. Gise­
m ents de phosphate. — On a constaté dans l’île
M akatéa, qui ap p a rtie n t à l’archipel de T ua­
motu. d’im m enses gisem ents de phosphate.
L’exploitation de ce gisem ent p o u rrait, à ce
qu’on affirm e,donner annuellem ent 200.000 ton­
nes d’engrais.
Budget général de l'Indo-Chine. •— Les recet­
tes des six prem iers articles du budget général
de l’Indo-Chine, savoir : douanes, contribu­
tions indirectes et 'régies, enregistrem ent, do­
m aines et tim bre, postes, télégraphes et télépho­
nes, chem ins de fer et forêts, ont a ttein t pour
les deux prem iers mois de 1908 le chiffre de
5.556.500 p iastres, en excédent de 358.500 p ias­
tres su r les prévisions budgétaires, et de 927.000
su r les recettes correspondantes de 1907.
Les budgets de l'Afrique Occidentale. — Lès
divers budgets des colonies et territo ires de
l’Afrique occidentale française, pour l’exercice
1908,sont arrê té s en recettes et en dépenses aux
chiffrés suivants :
Budget général, 17.148.000 francs.
Budget annexe du T erritoire civil de la M au­
ritan ie (annexe du budget général) 1.189.000
francs.
Budget annexe de l’exploitation du chem in
de fer de la Guinée (annexe du budget général),
1.700.000 francs.
Budget annexe de l’exploitation du chem in de
fer de la Côte d’ivoire (annexe du budget gé­
néral) 500.000 francs.
Budget annexe de l’exploitation du chem in de
fer de Kayes-Niger (annexe du budget général)
3.950.000 francs.
Budget du Sénégal (adm inistration directe),
1.700.000 francs.
Budget du Sénégal (pays de protectorat),
4.584.000 francs.
Budget de la Guinée, 6.225.000 francs.
Budget de la Côte d’ivoire, 3.800.000 francs.
Budget du Dahomey, 3.090.000 francs.
Budget du H aut-Sénégal et Niger, 6.360.000
francs.
Budget annexe du T erritoire m ilitaire du
N iger (annexe du budget du H aut-Sénégal et
Niger), 1.346.000 francs.
Le budget de la Guyane française. — Le bud­
get pour 1908 s’élève en recettes et en dépenses
à la somme de 218.000 francs.
liecetles :
Redevances au rifères .............................. 176.820
Droits d’inscription au rifères et au tres
1.000
P hosphates du G rand-Connétable .......... 33.430
Vente de te rra in s ......................................
4.000
Ferm ages ...............................
500
P ro d u its divers et accidentels ...............
2.250
Total des recettes

218.000

�106

L’EXPANSION COLONIALE

Dépenses :
R edevances dues &amp; l’E ta t.........................
P ersonnel ....................................................
M atériel .....................................................
Colonisation ................................................
Dépenses diverses et im prévues ............

5.000
127.000
12.316
52.200
21.484

Total des dépenses ..................

218.000

Le v in à Madagascar. — L ’a d m in istra teu r de
la province de V ohem ar a y a n t cru devoir in ter­
dire la vente du vin d ans son district, le Syn­
dicat des vins de la Gironde a protesté auprès
de M. M illiès-Lacroix contre pareille ipesure.
Le m in istre des colonies lui a répondu que si
M. A ugagneur a v a it jugé nécessaire de lim iter
le nom bre des débits à M adagascar, il n ’avait
n ullem ent entendu p ro scrire dans cette colonie
la. vente de nos vins de France. Il a an nulé la
circu laire du chef de la province de Vohemar.
La colonisation européenne au Tonkin. — Il
a été beaucoup parlé, dans ces derniers tem ps,
de la condition ju rid iq u e des concessionnaires
au Tonkin. Il y a in térêt à donner le chiffre
exact de ces concessions. On en compte actuel-,
lem ent 244, ta n t provisoires que définitives, ré ­
p arties d’ap rès le tab leau ci-dessous :
B ac-G iang ............................. 36
N inh-B inh ............................. 25
Phu-Tho ................................. 25
T hai-N guyen ........................... 19
Bac-N inh ....... , ...................... 15
H aiduong .................................. 14
Quang-Yên ............................... 12
Yên-Bay ................................. 10
Kiêif-An ....................................
7
Lang-Son ...................................
6
H oa-Binh .................................. 14
Nam -D inh .................................
9
Lao-Kay .....................................
8
Vinh-Yên ...................................
8
S ontay ........................................
7
H anam ...................................
5
Hung-Yên ..............................
2
H a-G iang ...................................
3

TRAVAUX PUBLICS AUX COLONIES
Nouvelle-Calédonie. — L a Ville de N oum éa
dem ande à co n tracter u n em p ru n t qui a u ra it
p our base Tuniflcation de la dette de la com­
m une constituée p a r divers em p ru n ts à des
tau x différents en u n seul em p ru n t au ta u x de
4.25 % et qui se rv ira it au ssi à couvrir les fra is
des tra v a u x suiv an ts : 1* la réfection de la ca­
n alisatio n d’eau potable d ans les p a rtie s basses
de la ville ; 2° rem blaiem ent de la p a rtie de
la baie de la Moselle que le reflux laisse à dé­
couvert.
lndo-Chine. — Tonkin.— Le D épartem ent des
Colonies va faire co n stru ire au Tonkin des b a t­
teries flottantes de rivière, arm ées les unes de
canons de cam pagne et les a u tre s de canons de
siège ; la caractéristiq u e de ces b atteries flot­
tan tes, destinées à opérer conjointem ent avec
les troupes, en p ro fitan t du m erveilleux déve-

loppem ent des voies d’eau du delta tonkinois,
réside dans le fa it que tout y est sacrifié à l’a r ­
m em ent et à la protection et que l’équipage bi­
vouaque à te rre comme les troupes. Des canots
autom obiles « patro u illeu rs » m arch ero n t éga­
lem ent avec les colonnes d’opérations, si cette
org an isatio n est adoptée.
L'ouverture du port de Pnom -Penh à la n a ­
vigation maritime. — On sait que, dans sa der­
nière session, le Conseil su p érieur de l’IndoChine a, conform ém ent aux propositions de
l’ad m in istratio n , ém is u n avis favorable à l’ou­
v ertu re du p o rt de Pnom -Penh à la navigation
m aritim e. L’obligation gênante po u r le com­
m erce d’im portation et d’exportation de cette
ville de su b ir les form alités douanières à Sai­
gon sera ain si supprim ée.
Des études faites depuis p lu sieurs années ont
dém ontré que le po rt fluvial de P nom -P enh
réu n issa it toutes les conditions requises pour
être ouvert à la nav ig atio n m aritim e. D’une
p art, l’influence de la m arée se fa it sen tir sur
le Mékong bien au-dessus de Pnom -Penh. D’a u ­
tre p art, l’étude hydrographique de l’embou­
chure du g ra n d fleuve appelée Cua-Tien et de
son cours ju sq u ’au-dessus de Pnom -Penh, les
voyages fréquents dans cette zone, à toutes les
époques de l’année, de b âtim en ts de m er de
tonnages différents, les services réguliers ou
occasionnels qui relient Saigon à P nom -P enh
et qui sont effectués p a r des n av ires im m atricu ­
lés dans la colonie comme longs-courriers
g ran d s ou petits caboteurs, enfin le nom bre con­
sidérable des jonques de m er qui rem ontent le
fleuve ju sq u ’au-delà de la capitale cam bod­
gienne, prouvent incontestablem ent que la n a ­
vigation su r le Mékong est non seulem ent pos­
sible, m ais encore relativem ent aisée p o u r les
nav ires de m er d’un tonnage moyen. R ien ne
s’oppose d’ailleu rs à l’am élioration de cette n a ­
vigation p a r l’éclairage ou le balisage des p a s­
ses du Cua-Tien et de certaines p arties du
fleuve.
—

---------------------------------------------------------------------------------------

A D J U D IC A T IO N S
11 sera procédé :
Le 7 av ril 1908 à 3 heures du soir, à P a ris,
salle des Séances de la Com m ission des M ar­
chés, Office Colonial, Palais-R oyal, à l’a d ju d i­
cation de la fo u rn itu re de : Isolateurs scellés
destinés au service du chemin de fer de la Gui­
née.
Le 14 av ril 1908, à 3 h eures du soir, à P a ris,
salle de la Commission des M archés, Office Co­
lonial, P alais-R oyal, à l’ad ju d icatio n de la
fo u rn itu re de : 1" fil bi-métallique ; 2* Isola­
teurs scellés ; 3° Poteaux métalliques et bou­
lons destinés au Service du chemin de fer de
Thiés à Rayes.
Les personnes qui a u ra ie n t l’intention de
concourir p o u rro n t p rendre connaissance du
cahier des charges à l’In stitu t Colonial M ar­
seillais.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S CO LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ......... ............................
454 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r . ..........
426 50
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
472 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
(gar.) r ............................
78
—
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2(g a r.)..
80 —
94 —
— Em. 3o/o 1903
(gar.)
90 —
465 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
465 —
3 1/2 o/o, 1899 .........................
-------—
obi. 3 o/o 1902.....................
414 —
480 — E m prunt xLlgèrien, 3 o/o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
437 —
1000 — Dép. Constantine, obi. 3 1 /2 o/o
1897....................
960 —
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895.................................
970
492 50 Coi. de la Guadeloupe, obi.
3 1 /2 o /o l8 9 8 .................
458
—
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
459 50
492 50 Col. de la M artin iq u e.............
460 —
470 — A frique Occidentale, 9 o/o 1903,
obi. rem. 500 (g ar.).,.........
459 75
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
510 —
B A N Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cic A lgérienne, act. de 500 t. p.
915 —
500 — Créd. Fonc. et A gric. d 'A lg ,,
act. de 500 (250 p. nom .)___
488 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ......................... • ........... 1360 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p . (n.).....................
260 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
("■)•■•••......................................
500 — Banque de la M artinique, 500
t- P- (n.) .................................
500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n ) ...................
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .).............. 1350 —
500, — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
670 —
500 - Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1225 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
48 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ....................................................
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350...................................
87 —
CH E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T CO LO NIAU X
685 50
500 — Cic Bône-Guelma, a. r. à 600..
426 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
700 —
500 Est Algérien, act. r. à 6 0 0 ....
426 50
—
obi. 3 o/o r. à 500
Divers
655 —
500 — O icst Algérien, act. r. à 600..
—
obi. 3 o/o r. à 500 421 15
Divers
—
A in Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
427 —
rem. à 500.......................

340 — M écheria-A ïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
— — Mouzbah-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500............................... 1
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500..............................
500 — Cliem. de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n a n , act. 500,
250 fr. nom ...............................
438 50 Obi. priv. 3 o/o, rem. à 500 lib.
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650... ..............
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500
443 — Chem, de 1er et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.....................

10 7

429 —
428 —
425 50
— —
422 —
900 —
370 50
418 25

V A LE U R S M IN IÈRES
— — Cbarb. du Tonkin, act. de 250
t. p ..................................... 1500
—
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500.........................
507
—
500 — Algérie-Tunisie (O m n. ), act.
de 500 t. p ........................
480 —
477 50 Algérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500...............
466 25
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .. ................... ...............
530 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1540 —
—
act- 500 (400
p , n . ) ...................................... 451b —
Divers
Le Nickel, act. de 250t. p ......
635 —
445 ——
obi. 4 o/o rem. à 500.
500 —
-------Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
75 —
100 — Phosphates du Dvr, act. de
100 t. p .............................
140
—
454 50 Pho-phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500................................
480 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3830 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ...
3625 —
V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Com pagnie française de l’Afrique Occi­
d e n ta le ................(actions anciennes). 3150 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale ............... (actions nouvelles).. 2196 —
Cie M arseillaise de M adagascar ............
549 50
M essageries Fluviales de Côchipchine.
— —
A ihna.............................................. ’. ..........
180 —
Alimaïenne. ................................................
230 —
Congo occidental........................................
— —
Haut-Congo (Compagnie française d u )..
480 —
Haute S a n g h a ...........................................
116 —
H aut-O gôouè................................................
600 —
La Kolto.......................................................
500 —•
Lobav.............................................................
175 —
M essageries Fluviales du Congo...........
224 —
S ultanats du H aut-O ubangui................
925 —
Sociétés des mines de la Haute Guinée :
act. 329; p a r t s ........................................
330 —
Compagnie minière de Guinée : act. 490 ;
parts . . . . . . . . . . . .......................................
450 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
311; parts . . . ..........................................
306 —
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Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
A d r ie n A R T A U D .
Imprimerie du “ Sémaphore” Barlatier.— Marseille.
17-19, rue Venture.

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D é p a rts

de

M a rs e ille
DEPARTS

DATES DES DEPARTS DERNIERE LEVEE
de

A lg é rie
Départements d ’A l g e r e id ’O r a n
»
d ’A l g e r . . .

d’Alger et d’Oran
d’O ran.............

»
»

............
............

de Conslanline
»
»
»

»

T u n i s ie .
In d o - C h i n e .
A f r i q u e O c c id e n t a le
F r a n ç a is e
S é n é g a l ............................
D jib o u ti, M a d a g a s c a r ,
R é u n io n e t M a u r i c e
D jib o u t i, M a j u n g a . . . .
N o u v e ll e - C a lé d o n i e
e t N o u v e ll e s - H é b r id e s
In d e F r a n ç a i s e ............
G u a d e lo u p e
et M a rtin iq u e

j

j

G u y a n e F r a n ç a i s e . . .I

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T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

in d o - C h i n e
N o u v e ll e - C a lé d o n i e .

Voie de B rin d is i........

DES BATEAUX

1 11. soir.
6 h. soir.
6 h. soir
6h. 15 mat
6h. 15 mal
5 h . soir.
5 h . soir.
5 h . soir.
m id i.......
m i d i ....
6 h. soir,
midi . . . .
m id i........
I h. soir.
7 h soir.
II h. mat..
m id i........
m id i... .
m id i.........
11 h. m at..
11 h. m at..
11 h. m at..
11 h. 36 s.
11 h . m al.

(, Voie Le H avre et Cherbourg

j

p a r N ew -York

A rriv é e s

T u n i s i e ............................

DE EA BOITE

Voie deM arseille, G' -G11’ Trans. Lundi, Mercredi, Samedi.
Il h. m at.
»
T rausp.M ar. Mercredi et Samedi. 3 h. 10 soir.
»
T o u aclie___ |.Teudi............. ........... 3 h. 10 soir.
Voie de P ort-V endres............. jD im a n c h e ............... 5 h . 20mat.
V endredi................... 5 h. 20 mat.
Voie de M arseille, CinGloTrans. Jeudi et S a m e d i.. . . 3 h. 10soir.
»
T ransp.M ar. M ardi......................... 3 h. 10 soir.
»
C*r G'° Trans. M ardi......................... 3 h. 10 soir.
» ».
S a m e d i..................... 10 h 30 m
»
»
Dim anche ............... 10 h. 30 m.
»
T ransp. Mar. Lundi et S am ed i. . . 3 h. 10soir.
T ouaclie. . . . J e u d i....................... 10 h. 30 m.
CioG,c Trans. Lundi et V endredi.. 10 h. 30 m.
Cil! Touaclie. M ercredi................... 11 h. m at
»
S a m e d i................... 3 h. 10 soir.
G*° des M. M. Undim. sur deux à p. du Gjanv. 10 h. mat
Voie deB rin d isi,paq. Anglais. Vendredi ap. d. de Marseille . . 10 h. soir
Voie deMarseille, GinF raissinet 12 de chaque m ois. 10 h m at.
Vers le 20 de chaque mois. 10 h. m at.
»
»
Voie deBordeaux, O des Cluirg. Iténu. 2-1 de chaque mois. 6 h . 20 soir.
»
Voie de Marseille, Transp. Mar. 20
10 h 30 m.
VoiedeBordeauxàLisbonne, Cin des M. M. LeJeudi, 1.1.11joursàp. du4janv. 6 h. 20 soir.
Voie deMarseille,
»
10 de chaque mois 10 h. m at.
»
»
25
»
10 h. mat.
»
Cic H avraise Vers le 20 de chaque mois. mat. ousoir.
»
Cio des M. M. Undim.surquatre àp. du211janv. 10 h. mat
Voie deB rindisi, paq. Anglais. Chaque V endredi . 10 h. soir,
Voie de N ap les,paq. Allemand.. Tous les 28 jours à p. du !) déc l’av.-vcille 10 II.s.
Voie deM arseille, Ci0 des M. M. UnMercredi suri àp. du10 janv. 10 h. m at.
Voie deB rindisi, paq. Anglais. Vendredi a p .-m id i. 10 h. soir.
Voie de St-Nazaire, CicG,c Trans. 9 de chaque m ois. . Tavant-veillc soir.
Voiede Bordeaux,
»
26
»
Voie de C herbourg, paq. Anglais. LeMercr.,U.44joursàp.duIdée.
Voie de St-N azaire, CicG'° T rans. 9 de chaque m o is..
Voie d’A m sterdam , paq. N é e rl.. Vende,1.1.1i joursàp.du11janv.
Voie de C herbourg, paq. Anglais. LeItérer., I. !.11joursàp.du4déc.

A lg é rie :

Alger.................................
C onstantine p ar Philippeville et B ù n e .. . . .
O ra n .................................

MAnsEri.ï.rc

Lundi, Mardi, Mercr., Vcndr., Ilim.
Mardi, Jeudi, Samedi.
lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.
M ercr., V end., Dim.
Ligne de lTndo-Chine,
j tous les 14 jo u rs.
V. de B rindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
Tous les 28 jo u rs.
Chaque Samedi.

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de Saint-Nazaire
de B ordeaux........
d’A n g le te rre ........
de Marseille

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les 11 jouis.
Vers le 13 de ch. mois

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de l ’E xp o sitio n Coloniale

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T élép hone : 8 . 2 3

L a plus p u re e t la m e ille u re des b iè re s
fra n ç a is e s p o u r l’E x p o rta tio n , g a ra n tie exem p te
d ’a n tis e p tiq u e s , d ’une c o n s e rv a tio n e t d’une lim ­
p id ité p a rfa ite s . F a b riq u é e S A N S A D D I T I O N
D ' i L C O O L a vec des e au x s té rilis é e s p a r l’ozone,
elle ré s is te à tous les c lim a ts . T r è s re c o m ­
m andée dans les pays chauds, e lle est to n iq u e,
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« A R L A T IE R -

lïlA M S t li

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES S T A T U T S

A r t . 2.

Cette association a p o u r b u t l’étuùe, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l’extension des rap p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de c en traliser tous docum ents et ren ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
n er et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istratif ou économ ique qui lu i p a ­
ra îtr a it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les rap p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d ro it ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres donateurs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
te u rs sont ceux qui dans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent un concours financier im portant.
L a deuxièm e catégorie est celle des m em bres
co rrespondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soit
sur sa dem ande, tous renseignem ents de n atu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’Institut.
A r t . -4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande d'txdhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’a.dhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, pendant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 francs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o nateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 francs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fau t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

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Bez de-chaussée : Musée Com m ercial. — Salle
des Cours Coloniaux.
1ar étage : Musée Colonial.
3me étage : S e c ré ta riat général et B ureaux de
l’In stitu t, B u reau de Renseignem ents. — Ré­
daction de T « E xpansion Coloniale ».
(Syndicat des E xportateurs).
fâme étage : Société de Géographie. — Alliance
F rançaise).
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».

Directeur : M. le Dr H eck ei ..
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J u m e l l e .
P ro d u its anim aux et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M. JaCOb DE CORDEMOY.

M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .
H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson .
Législation et Économie Coloniales.
M. H. B abled .
Hygiène Coloniale.
M. le Dr R eynaud .

C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. D avin .

Comité de rédaction de T « Expansion Coloniale »
MM. Adrien Artaud , Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Y t i e b , Vice-Président ; Jacques L éotard , Secrétaire; Paul Masson , Professeui
à l’Institut, Membre du Conseil.— M.E. M oriceau , Secrétaire général de l’Institut. — M. Auguste
Gir y , ancien Directeur-Adjoint de l’F.xposition coloniale.
M arseille. — Im p rim erie du Sémaphore. F Aüt.a t ie r , rue V enture, 19.

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l f Mai 1908

L’EXPANSION COLONIALE
B U

L L E T I I T

D E

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
P A R A ISSA N T

LE

1 er D E

CHAQUE

M O IS

S O M M A I R E
Assemblée générale de l'Institut colonial marseil­
lais, le 30 Mars 1908............................................
Institut colonial m arseillais................................
Bureau de renseig n em en ts.........................
Extraits de la corresp o n d an ce..................
Cours coloniaux..............................................
La Mort de M. Ernest Delibes................................

ABONNEMENT

: F rance

Rue

109
116
116
117
119
119

Le Dégrèvement des Produits coloniaux . . . .
C hronique.............................................................
Actes coloniaux o fficie ls........................................
Vie économique des Colonies.............................
Avis d ’a d ju d ic a tio n ...............................................
Marché des Valeurs coloniales......................... .
Services maritimes postaux. . .■ .......................

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M A R SEILLA IS

Fondé sons le haut patronage de M. le Ministre des Colonies

Présidents d’honneur :

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le R ésident général de la République Française
à Tunis.
Le Général C om m andant en chef le XV' Corps
d’armée.

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le R ecteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Com missaire général de
l'Exposition Coloniale de M arseille 1906.

Membres i

MM.
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Bergasse . H. et C“. — B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles R oux, Jules, Com missaire général de l’Exposition
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
m ins de fer de P aris à Lyon et à la M éditerranée.
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
pagnie M arseillaise de M adagascar.
Comptoir
N ational d’Escompte de P aris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des M essageries M aritimes. —

Desrief , Paul, P résident de la Chambre de Com­
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — D ufay, Gigandet
et C". — Gavoty, Charles. — H eckel, E douard (Dr),
Professeur à la Faculté des Sciences, D irecteur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintI.ouis. — S ociété Générale des T ransports M ari­
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

Membres donateurs :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Chabrières , Morel et C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compacnie des Docks
et E ntrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
de N avigation IFraissinet &amp; C“). — Compagnie de
Navigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge F rançais.— Compagnie
G énérale F rançaise de T ram w ays. — Cyprien F abre &amp; C“. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour M arius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
F éraud, A ugustin, P résident honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.,
Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon. Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie F rançaise de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C“. — N. P aquet &amp; C". —
J. et A P avin de Lafarge. — R astit , Henri. —
Rocca, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odeigues -E ly, Amédée. — S ociété « la
Morue F rançaise ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président : M. Desbief . Paul, P résident de la
Chambre ue Commerce.
Vice-Présidents : H eckel, E. fD'l. D irecteur-Fonda­
teur du Musée Colonial ; P onsinet , A., Chef du
Service Colonial : Delibes , E., P résident de la
Société de Géographie ; Dufay, H enri, Ancien
V ice-Président de la Chambre de Commerce.

Secrétaires : MM. Artaud, Adrien, Membre de la
Chambre de Commerce, P résident du Syndicat
des E xportateurs ; Barlatier , Paul, d irecteu r
du « Sém aphore de M arseille ».
Trésorier : M. Armand, Albert, Membre de la
Chambre de Commerce. P résident d u S yndicat
M arseillais de la M arine M archande.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane, J., Sous-directeur
du Com ptoir National d’Espompte de P aris à
Marseille.

Membres :

MM.
Allest , J. (Dr), Adm inistrateur-D élégué de la Com­
pagnie Générale T ransatlantique.
Arnaud, Lucien, Minotier.
B ergasse , Alexandre, Négociant.
Besson , L,, D irecteur de la Compagnie M arseil­
laise de M adagascar.
Blanc, E., D irecteur de l ’Exploitation d e -la Com­
pagnie des Messageries Maritimes.
Bohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
A dm inistrateur-D irecteur de la Compagnie F ran ­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Bourdillon, A., Arm ateur.
Dufour, Antonin. Négociant.
Dufour , J., Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
Es t ie r , Nicolas, ancien P résident du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
E strine , L., Vice-Président de la Ch. ue Commerce.
F ouque, Adolphe, P résident du Syndicat d’in itia ­
tive de Provence.
Gaffarei., Pau!, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet, Louis, P résident du Syndicat des
Négociant en cafés.
J oannon, A., Avocat, P résident de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.

MM.
J ourdan, Félix, Juge au T ribunal de Commerce.
Léotard, Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.
Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l'In s­
titut colonial.
Rastit , Henri, Industriel.
Rodrigues-Ely, Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux, François (De), Juge au T rib u n al de Com­
merce.
T urcat, H., P résident de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub , Léonce, Négociant.
Ytier , I.ouis, Vice-Président du S yndicat des
E xportateurs.
Za rifi , Périclès, Banquier.
Coulon, Dominique, Délégué du Conseil Municipal.
Delibes , J., Délégué du Conseil Municipal:
Rossi, Clément, Délégué du Conseil M unicipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
Eug. T alon, Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.
Secrétaire général: E. Moriceau, A dm inistrateur
en chef des Colonies en retraite.

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Deuxième Année.

N° 6

B -U

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1er Mai 1908.

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
au Musée Colonial aussi bien qu’au Musée
Commercial, la salle des Cours Coloniaux
DE
est devenue trop petite pour contenir les au­
diteurs désireux d’acquérir des notions pré­
cises sur notre vaste Empire d’Outre-Mer.
30 M a rs 19 0 8
« C’est la preuve la plus manifeste de
notre intervention et du souci constant de
nos savants professeurs de rendre leur ensei­
L’Assemblée générale de l’Institut* Colo­ gnement aussi attrayant qu’instructif.
nial Marseillais s’est réunie le 30 mars à
« Nous sommes heureux de leur renouve­
3 h. 1/4 de l’après-midi, dans la salle du ler ici nos bien vives félicitations.
Conseil d’administration de l’Institut, sous
« Mais nous, tenons également à- appeler
la présidence de M. Paul Desbief, président une fois de plus votre attention sur les deux
de l’Institut Colonial.
branches de notre activité que constituent le
Etaient présents :
Musée Colonial et le Musée Commercial avec
MM. Desbief, président ; Heckel, vice- son bureau de renseignements.
président ; Dufay, vice-président ; Artaud,
Vous savez avec quel esprit de méthode
secrétaire ; Barlatier, secrétaire ; Armand, et «quelle
persévérance le docteur Heckel
trésorier.
poursuit
ses
sur les produits
MM. Arnaud, Bergasse, Blanc, Bohn, coloniaux qui recherches
ne
sont
pas
encore entrés dans
Coulon, J. Delibes, Dufour, Estier, Fouque, le 'commerce et qui, grâce
à lui, pourront
Joannon, Masson, Rossi, Teisseire, Ytier, devenir une nouvelle source de richesse
Zarifi, membres du Conseil d’administra­ pour nos colonies.
tion, et de nombreux membres de l’Institut.
« Il en est parmi ces produits qui, en 1907,
Le Président déclare l’Assemblée générale
ont
été de la part de M. Heckel l’objet d’é­
ouverte et prononce le discours suivant :
tudes spéciales et nous lui avons demandé
RAPPO RT de M. Peul BESBIEF, président, d’en consigner les résultats 'dans une note
dont il voudra bien vous donner lecture.
au nom du Conseil d’administration.
« Comme nous, Messieurs, vous serez cer­
« Conformément à l’article 13 des Statuts, tainement d’avis que nous ne saurions tous
votre Conseil d’administration vous a invités être trop reconnaissants à M. le docteur
à vous réunir en Assemblée générale ordi­ Heckel d’explorer, sans se lasser, le domaine
naire pour'vous rendre compte de sa gestion de la science avèc la seule ambition de ser­
vir la cause coloniale.
pendant l’année 1907.
« De son côté, notre collègue M. Artaud,
« Au cours de la fête d’inauguration du
24 novembre dernier, dont vous avez tous dont vous connaissez la prodigieuse activité
conservé le souvenir, nous avons eu l’occa­ vous communiquera tout à l’heure le rap­
sion de rappeler les origines de l’Institut port qu’il a rédigé sur le fonctionnement du
Colonial Marseillais, d’en indiquer l’organi­ Musée Commercial, du Bureau de rensei­
sation, de faire connaître les efforts déployés gnements et aussi sur l'Expansion Coloniale.
« Cette publication, qui ne devait être
pour atteindre le but proposé, de nous ré­
jouir des puissants appuis assurés à la créa­ qu’un simple Bulletin destiné à servir de
tion nouvelle, comme aussi de mettre en évi­ lien entre nos adhérents et l’Institut, prend
les proportions d’une véritable revue, grâce
dence les résultats déjà obtenus.
« Comment pourrions-nous, aujourd’hui, à la fécondité des membres de son Comité
définir plus complètement que nous ne de rédaction.
« Et nous interpréterons fidèlement votre
l’avons fait alors la situation morale de notre
pensée en disant combien nous leur savons
institution ?
« Notre tâche se trouve donc singulière­ gré d’aider ainsi au rayonnement de l’œuvre
ment simplifiée et vous reconnaîtrez, Mes­ de vulgarisation que nous avons entreprise.
« En ce qui touche notre situation finan- .
sieurs, que sous peine de tomber dans des
redites l’exposé que nous avons à vous pré­ cière nous laissons à notre trésorier, M. le
comte Armand, qui veut bien continuer à
senter ne peut être que très succinct.
« Permettez-nous cependant, de constater remplir ses délicates fonctions avec la com­
avec satisfaction que si les visiteurs affluent pétence que vous savez, le soin de vous préASSEMBLÉE GÉNÉRALE

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

�110

L’EXPANSION COLONIALE

senter les comptes de 1907 et le projet de
budget pour 1908.
« J’ai grand plaisir, Messieurs, à remer­
cier tous mes collègues du Conseil d’admi­
nistration et ën particulier les membres du
Bureau de leur concours aussi efficace
qu’empressé.
« Vous aurez à ratifier la nomination des
nouveaux membres qui ont été appelés à sié­
ger parmi nous depuis la dernière Assem­
blée générale et vous apprécierez, sans au­
cun doute, qu’il ne pouvait être fait de meil­
leurs choix.
« Nous voulons aussi porter témoignage
devant vous du zèle et de l’assiduité de notre
personnel administratif placé sous les ordres
de notre Secrétaire Général, M. Moriceau,
qui est pour nous un précieux collaborateur.
« Enfin nous tenons à vous signaler que
l’Institut compte actuellement 318 membres ;
il semble que ce nombre devrait s’accroître
très sensiblement dans une ville telle que
Marseille qui a un intérêt vital à voir son
influence s’étendre tous les jours davantage
sur le terrain économique.
«Aussi,vous adressons-nous un chaleureux
appel à vous, Messieurs, qui n’avez pas hési­
té à approuver notre initiative en nous ap­
portant, dès la/première heure, votre appui
moral et matériel, pour que vous fassiez en
vue de nous amener de nouveaux adhérents
une utile propagande auprès de tous ceux
que ne doivent pas laisser indifférents l’ave­
nir et la prospérité du domaine extérieur de
la France. » (Applaudissements).
M. le Président donne ensuite la parole à
M. le docteur Heckel qui donne lecture du
rapport ci-dessous :
RAPPORT de M. HECKEL, directeur,
sur les Cours coloniaux
et les Travaux des Professeurs en 1907.
C o u rs coloniaux
Les cours coloniaux, de plus en plus suivis,
sont fréquentés p a r u n au d ito ire qui s’in té­
resse réellem ent au x choses coloniales. N otre
salle comble ne sert plus de refuge aux désœ u­
vrés qui foiunaient une p a rtie de n o tre clientèle
des prem ières années. On sent que cet enseigne­
m ent, essentiellem ent concret et re n d u a ttra y a n t
soit p a r des projections m ultiples, soit p a r la
p résen tatio n de la m atière traitée, pén ètre p ro ­
fondém ent d an s la m asse de la popu latio n m a r­
seillaise. Je crain s seulem ent que la salle ne
devienne rap id em en t (elle l’est déjà p our .a
plus grande p a rtie des cours) to u t à fait insuffi­
sante à répondre aux exigences de l’a u d i­
toire. Les professeurs ont, non seulem ent fait
face, avec une gran d e ponctualité aux devoirs
de leu r enseignem ent, m ais ils ont tra v a illé en
1907, comme d ans le passé à l’accroissem ent de
la conquête pacifique du dom aine m atériel de
nos Colonies en d o n n an t tous le u rs soins à l’é­
tude des prod u its nouveaux ou peu connus ou
à une m eilleure connaissance des lois ou de

l’H istoire Econom ique des Colonies, ou enfin
des règles d’hygiène qui doivent présider à
l’am élioration de la vie du colon ou de l’in d i­
gène.
C’est dan s cet esprit que M. le professeur
M asson a publié en 1907 une étude, re m a rq u a ­
ble de docum entation et d’exposition, su r les
Sociétés d’exploitation du corail ; M. Babled a
publié un tra ité su r le m ouvem ent de la légis­
lation coloniale qui est u n véritable m onu­
m ent et restera comme l’expression la plus
p arfaite et la plus complète des liens ju rid i­
ques qui u n issent la Métropole et ses Colonies
à tous les points de vue.
E t si je pénètre, dans u n ordre de trav au x
plus concrets et qui, p a r conséquent touchent
de plus près aux in térêts com m erciaux, je d irai
que M. Jum elle a, d u ra n t cette année, en de­
hors de recherches m onographiques spéciales
dont je vais donner le détail, résum é dans un
volume de 450 pages in titu lé : « Les ressources
Agricoles et F orestières des Colonies F ra n ­
çaises », tout ce que le dom aine colonial a ré ­
vélé de richesses applicables à l’In d u strie et au
Commerce d u ra n t ces dix dernières années et
il l’a fait avec cette compétence qui résulte
d’une longue étude de la m atière a u la b o ra ­
toire. E n dehors de cette synthèse, M. Jum elle
a porté son atten tio n spéciale su r les caout­
choucs de M adagascar et les p lan tes nouvelles
qui en produisent. Il a p u ain si ajo u ter a u
catalogue des p lantes m algaches (arbres ou
lianes), exploitées ju sq u ’à ce jo u r toute une
série nouvelle de végétaux p ro ducteurs de cette
précieuse m atière. M ais son esp rit de m ise en
valeur de notre dom aine colonial ne s’est pas
borné à s’exercer utilem ent su r cette gomme si
avidem ent recherchée p a r notre in d u strie à
cette heure, il a avec le même bonheur décou­
vert et m is en lum ière u n bon nom bre de textiles
nouveaux au prem ier ra n g desquels il fa u t p la ­
cer le Bontaka et le Lombiro dont il a étudié
avec soin toutes les propriétés, la résistance des
fibres, le u r p ré p a ra tio n et le u r constitution
chim ique. Le Lombiro (Cryptostegia Madagascariensis) s’est révélé au ssi comme lian e p ro ­
d u isan t u n excellent caoutchouc. M. Jum elle
enfin, p a r ses études su r les bois a dém ontré .a
n a tu re botanique et la valeu r des ébènes et
des p alissan d res de M adagascar, to u t à fa it
distincts de ceux de nos a u tre s colonies d’Afri­
que et a m ontré que ces p ro d u its de n o tre p lu s ,
récente colonie ne le cèdent en rien, comme
valeur, à ceux de nos plus anciennes où leu r
exploitation continue et déjà longue, ten d à en
ta r ir la source. Si ce commerce se tro u v a it m e­
nacé p a r une exploitation à ou tran ce qui date
des temps, les plus reculés, on p eu t affirm er
que les découvertes récentes de ce bois p ré­
cieux et de le u r v aleu r à M ad ag ascar vient
faire d isp a ra ître toute crain te à cet égard, les
forêts de notre g ran d e île p résen tan t, en la
m atière, des ressources qui seront in é p u isa ­
bles si une sage règlem entation forestière en
am ène l’exploitation m éthodique et fructueuse
inspirée p a r u n sage esp rit de reboisem ent. Il
en se ra de même po u r l’exploitation des lianes
à caoutchouc.
M. Jacob de Cordemoy a fa it connaître
les arb res à gommes tannoides et leu r sécré­
tion à la G uyane F ran çaise. On sa it combien
la question des m atières ta n n a n te s intéresse
l’in dustrie et le commerce de la M étropole très

�111

L’EXPANSION COLONIALE
préoccupé de tro u v er en dehors du chêne, du
ch âtaig n ier et du sum ac qui s’épuisent, des
sources nouvelles de m atières ta n n a n te s. Il
xfa u t savoir gré à M. Jacob de Cordemoy d’avoir
révélé la n a tu re du Burgony de la Guyane.
Enfin, le même au teu r, a décrit et fa it con­
n a ître une nouvelle laque couleur de rose de
M adagascar, fournie p a r le Gascardia Perrieri
et qui s’ajoute à la laque blanche d éjà étudiée
p a r M. de Cordemoy il y a dix ans. Elle com­
plète, avec la laque noire, de l’Indo-Chine,
connue depuis longtem ps pour l’usage im m é­
m orial qu’en font les O rientaux, la série des
p ro d u its de ce genre. On sa it la h au te valeu r
in d u strielle et com m erciale des laques. Il en
existe m a in te n a n t de trois couleurs : noire,
blanche, rose. E n te rm in a n t ce résum é des
trav au x des professeurs -de l’In s titu t Colonial,
j ’éprouve une satisfaction toute p articu lière à
con stater que leu r valeu r a été consacrée p a r
des suffrages très enviés. M. M asson a vu son
étude m ag istrale de Marseille et la Colonisa­
tion française couronnée p a r l’In stitu t, il en a
été de même p our les tra v a u x de géologie et de
paléontologie de M. L aurent.
Enfin, M. L au ren t, en dehors de ses études
su r la flore pliocène du Y unnam , d’ordre p u re­
m ent scientifique (Mission L antenois), a publié
un beau livre d’u n h a u t in té rê t orné de nom ­
breuses figures in titu lé : « Les p ro d u its miné-,
ra u x et les exploitations m inières aux Colonies
F ran çaises ». C’est le résum é de nos richesses
telluriques et de la m ise en v aleu r du sous-sol
dans notre dom aine colonial en 1907. Ce tra v a il
vient très h arm onieusem ent com pléter celui de
M. Jum elle spécialem ent consacré aux res­
sources végétales de nos Colonies.
Enfin, puisque je dois me citer moi-même, '1
fa u t bien p our com pléter la liste de ces re ­
cherches p ropres à la ru ch e en pleine activité
qu’est l’In stitu t Colonial, dire que j’ai fa it con­
n a ître au Congo une nouvelle g ra in e grasse
très riche le Bounzi qu’on cro y ait discrètem ent
localisée au Z anzibar et é tran g ère à la p artie
Occidentale de l’Afrique. Cette g rain e est supé­
rieu re comme rendem ent à celle que j’ai révé­
lée en 1898. il y a dix ans. au Gabon, sous le
nom de Bouanzo et elle p a ra ît rép an d u e dans
tout le Congo, soit fran çais, soit belge, pour
attein d re la côte Est, de l’A frique du Sud. C’est
un g ra n d arb re (15 m ètres) qui ré g n e ra it donc
dans tous les Congos et son entrée dans le com­
merce se ra it d’a u ta n t plus à so u h aiter que sa
richesse en huile concrète se ra it de 60 % et que
l’arb re fo u rn it toute l’année une récolte très
abondante et continue de gros fru its pyriform es rem plis de ces g rain es grasses. L a stéarinerie, d’après les essais que j ’ai dem andés à
l’usine lde M. F o u rn ier, fera le m eilleur accueil
à ce produit.
Je cite p our m ém oire u n nouvel arb re de
M ad ag ascar (Tuléar); p ro d u cteu r d’encens,
m atière très recherchée dans l’Inde et encore
employée dans le culte catholique, qui, je crois,
présente u n in térêt réel ; enfin u n végétal indochinois et nommé lay-tu-mul d o n n an t une huile
liquide p a r sa graine, qui a les propriétés de
celle du ricin si exploitée a u jo u rd ’hui. Celle-là
ne se ra it qu’à récolter sans culture préalable,
la p lan te éta n t spontanée (arbre) d ans toute
l’Inde Anglaise et dans toute l’Indo-Chine.
L’huile a été étudiée p a r MM. R ivais et B im ar.

J a rd in

c o lo n ia l

E n 1907, des expériences heureuses et com­
plém entaires ont pu être réalisées pour assu ­
re r l’obtention de variétés plus productives de
diverses p lantes d’exploitation agricole cou­
ra n te dans nos colonies tropicales. Ces ré su l­
ta ts sont le couronnem ent d’une série de
recherches et d’expériences persévérantes p o u r­
suivies p en d an t plusieurs années en vue de
cette am élioration qui n ’a été obtenue définiti­
vem ent et considérée comme fixée qu’en 1907,1
et, c’est d u ra n t cette année même que nous
avons pu les in tro d u ire dans les colonies fra n ­
çaises pour venir en aide à l’ag ricu ltu re colo­
niale. Toutes ces expériences ont été faites en
pleine terre sous m a direction, p a r M. Davin.
chef de culture, chargé de conférences de cuï
tu res coloniales, dont je ne sa u ra is trop loue:
le zèle.
Maïs nain hâtif.
Au prem ier ran g , il fau t placer le m aïs n a in
hâtif qui s’est révélé en 1907 comme très p ro ­
ductif en donnant deux récoltes dans n o tre ré ­
gion m éditerranéenne. Semé le 15 avril, T
donne sa prem ière récolte du 1er au 15 ao û t et
la seconde leÿ sem ailles étan t faites le 15 août,
en fin octobre. L’épi de g rain s ainsi obtenu est
bien homogène, bien plein, et form é de graines
bien saines quoique petites. Il sera d’u n p ré­
cieux secours pour l’élevage de. la volaille 'et
de tous les anim aux de ferm e qui l’apprécient
beaucoup. On peut prévoir que ce m aïs h âtif
donnera qu atre récoltes p a r a n dons nos colo­
nies tropicales en com ptant trois mois pour
chaque culture en m oyenne. Le rendem ent de
cette plante dont chaque pied porte trois ou
q u atre épis de grain es sera appréciable et nos
colonies qui sont très intéressées à la récolte
du m aïs, pour elles objet d’un commerce im ­
po rtan t, en tire ro n t g ran d profit, d’a u ta n t que
la plante ne dem ande pas d’au tres soins cultu­
rau x que le m aïs o rdinaire et donne m oins de
tiges et de feuilles. E n ce mom ent, cette plante
deviendra, en dehors de la production du
g rain , d’un h a u t intérêt p a r la découverte ré­
cente de l’emploi de la tige pour la fabrication
de la pâte à papier, ind u strie que m enace la
destruction des forêts dans l’ancien comme
dans le nouveau monde, à raiso n de la de­
m ande sans cesse croissante dont la pâte à
p apier est l’objet pour les. besoins de l’in d u s­
trie et de l’im prim erie.
C’est donc une culture à recom m ander à nos
colonies qui viendront ainsi en aide très effi­
cacem ent à l’un des besoins les plus p ressan ts
de notre in dustrie m étropolitaine et résolvant
peut être un des problèm es les plus angoissants
de notre économie industrielle et sociale.
La Ramie.
La Ramie s’affirme sous le titre de china gras.
comme le textile de l’avenir. Déjà, elle sert à la
fabrication de tous nos billets de banque et dès
m anchons de becs incandescents ; aussi les
usines de p ré p a ra tio n de ce textile, qui, en
F rance, com ptaient il y a vingt ans u n seul
centre à E n traig u es (Vaucluse) sont au nom ­
bre de six dans notre pays et il en existe en Au­
triche, en A llem agne et en A ngletrre.
Cette plante qui réussit d an s nos colonies
chaudes, trouve là seulem ent les conditions
qui assu ren t au p la n te u r les q u atre réeoltes

�112

L’EXPANSION COLONIALE

annuelles nécessaires à la ré m u n ératio n des
efforts de l’ag ricu ltu re. Le J a rd in B otanique
Colonial en a m ultiplié les deux variétés les plus
recom m andables, les a am éliorées en tem ps que
productives de tiges droites san s ram ifications,
condition indispensable p o u r l’extraction facile
de la fibre, et, ré p an d ces deux v ariétés verte
et blanche avec une continuité stim ulée du
reste p a r les dem andes des colons.
A ujourd’hui, la culture de ce précieux textile
est assurée a u Gabon, au Congo et en IndoChiné. D ans cette dernière colonie, afin de
p a re r aux progrès de l’accap arem en t des m a r­
chés chinois p a r les Japonais, une société de
cu ltu re est en voie de form atio n p our l’occupa­
tion de vastes surfaces en ram ie soit en Gochinchine soit au Tonkin, p a trie de cette p lante. Si
les efforts des colons sont secondés p a r les p er­
fectionnem ents m écaniques qu’exige encore la
décortication du vert à opérer su r place avec
une m achine peu encom branté, il n ’est p as dou­
teux que dans quelques années le prix de ce
textile au jo u rd ’h u i encore trop élevé p our de­
venir populaire a u ra baissé suffisam m ent pour
q u ’il puisse lu tte r av antageusem ent contre le
lin et le chanvre voire même Vabaca dont il a
la résistance. E t alors, la préém inence d ésira­
ble de la ram ie, à cause de son incom parable
sup ério rité su r tous les textiles connus, sera
assurée. Le Jardin, Colonial de M arseille n ’y
a u ra p as peu contribué.
La Canaigre.
A propos des recherches de M. Jacob de Cordemoy su r les tannoïdes de la G uyane, je dois
re la te r les recherches faites dans le même es­
p rit en vue de l’acclim atation de la C anaigre
dans nos colonies françaises. C’est une plante
très riche en ta n n in p a r l’écorce de sa forte
racine qui en co n tien t de 20 à 30 %. Elle est de
l’Am érique du N ord et s’est bien acclim atée à
M arseille. In tro d u ite dans nos Colonies où son
acclim atem ent provoquera peut-être u n plus
g ra n d développem ent de sa racin e (partie
utile), elle p o u rra peut-être devenir une res­
source contre la p énurie m enaçante en m atière
ta n n a n te . C’est encore à l’éta t d’essai, m ais
avec de g ran d es espérances de succès.
Nous continuons à cultiver et à in tro d u ire
dans toutes nos colonies le vois dragée de la
Réunion, h arico t succulent bien su p érieu r au
Soisson dont il a la taille et très apprécié ; le
blé de Miracle à tro is épis, l'igname de Chine
et celle du Japon que nous avons sélectionnée,
enfin le topinambour amélioré dont le tubercule
cuit, dépourvu de fibres, rappelle p a r sa succu­
lence le fond d’artich au d .
Arachides.
Nous avons depuis p lu sieu rs années, entre
pris l’am élioration de deux v arités d’arach ides
dans nos cultures en plein a ir : la prem ière
celle de Valence (Espagne) et l’a u tre p ro v en ant
des g rain es de Rufisque, variété très appréciée
dans le commerce. La prem ière, très re m a r­
quable déjà p a r le développem ent des p arties
foliacées de la p lan te et sa g ran d e productivité
en gousses souterraines, a répondu à nos espé­
rances. L a seconde plus hum ble, à feuillage
m oins développé et à productivité m oindre
comme gousses, a continué à dem eurer ce
qu’elle é ta it au début, bien que nous ayons
procédé p en d an t h u it années p a r la sélection
continue des graines.

La prem ière, p a r contre, la variété de V a­
lence, a m ontré progressivem ent, grâce à la
m éthode rigoureuse de la sélection des graines,
une au g m entation de productivité qui semble
parvenue actuellem ent à son m axim um . Non
seulem ent les p lan ts d u ra n t plu sieu rs années
ont m ontré une g ran d e vigueur dans le u r sys­
tème végétatif, m ais les gousses très dévelop­
pées tendent à p o rter toutes tro is belles grain es
contenues dans une belle gousse. Les fru its sont
ram assés au pied de la plan te en une touffe
dense qui augm ente chaque année et a été p o r­
tée de 20 à 40 et même 50, toutes bien dévelop­
pées. Les g rain es elles-mêmes, ont une saveur
très agréable et une richesse en huile très ap ­
préciable.
Il semble que nous soyons en possession
d’une v ariété am éliorée sous l’influence cultu­
rale (engrais chimiques) qui, non seulem ent
p o u rra être cultivée avec succès dans to u t le
m idi de la F ran ce et de l’Europe, en te rra in s
sablonneux, m ais m érite d’être in tro d u ite dans
nos colonies où elle sera plus productive et com­
parable, comme valeu r de g raine, à l’arachide
. de Rufisque.
Cotonnier.
Nos cultures en plein a ir des m eilleures v a­
riétés de cotonnier d’Am érique et d’Egypte, se
poursuivent depuis près de dix ans m ais sans
résu ltat avouable. Une seule année (très chaude
et sèche 1906) nous a perm is, su r les cotonniers
de V irginie, un sem blant de récolte. D u ran t les
au tres années, la fructification ne s’est pas faite
faute de chaleur. Il n ’y a donc, bien qu’en a it
dit tout récem m ent quelques jo u rn au x , rie n à
tenter comme cultu re d an s notre région du
m idi de la F ran ce po u r ce qui touche aux co­
tonniers.
x^a nécessité des irrig a tio n s m ultiples et con­
tinues qu’exigerait, d u ra n t les années très
chaudes, cette culture la rend, du reste, im p ra ­
ticable dans notre région. Il n ’y a rien, n i à
tenter, ni à espérer de ce côté ; l’expérience est
faite, elle dure depuis de nom breuses années et
n ’est que trop probante.

M. le Président remercie le Dr Heckel de
son intéressant exposé des travaux scientifi
ques de. l’Institut au cours de l’année 1907.
M. le Dr Heckel remercie le Président de
ses paroles bienveillantes et demande de re­
porter sur ses collaborateurs les éloges qu’d
vient de lui adresser.
M. le Président demande à M. le Tréso­
rier de donner lecture de son rapport sur la
situation financière de l’Institut.
RAPPO RT de M. A ller: ARM ANB, trésorier,
sur la Situation financière de l’Institut.
M. Albert Armand, Trésorier, lit un rap­
port comptable très étudié sur la situation
financière de l’Institut dans les deux exer­
cices 1907 et 1908.
Il en ressort que, la période d’organisa­
tion franchie, les recettes courantes s’élève­
ront, essentiellement à environ 78.000 francs
de cotisations, subventions, locations d’em­
placement au Musée Commercial, sous-loca| tions, etc., etc., et que les dépenses couran-

�L’EXPANSION COLONIALE
tes peuvent se chiffrer à environ 65.000
francs de loyer, impôts, assurances, frais
généraux et coût du Bulletin.
Cela donnerait une marge annuelle d’en­
viron 13.000 francs gui sera utilisée pour
achever le paiement des réparations et per­
mettre ensuite à l’Institut de consacrer les
sommes qu’elle exige à la propagande utile,
dont l’instrument le plus efficace et malheu­
reusement le plus coûteux est le Bulletin
l'Expansion Coloniale.
Tout en souhaitant que de nouvelles adhé­
sions augmentent, le budget des recettes,
M. Albert Armand constate que : « Notre
« Institut Colonial paraît assuré du succès
« et qu’il a été l’objet des manifestations
«. les plus flatteuses et les plus sympathi« ques, non seulement au point de vue mo« ral, mais aussi, ce qui est une constatation
« fort agréable pour un Trésorier, au point
« de vue financier ».
M. le Président remercie M. Armand de
son exposé, l’en félicite et le met aux voix.
Il est adopté à l’unanimité.
M. le Président donne la parole à M. Ar­
taud qui lit le rapport suivant sur le fonc­
tionnement du Musée Commercial et du
Bureau de renseignements.
RAPPO RT de M. Adrien A R T A UB, président,
eu nom de la Commission du Musée commer­
cial et du Bureau de renseignements.
M e s sie u r s ,

N otre P résid en t a bien voulu me confier la
très honorable et très agréable m ission de vous
en treten ir en d étail du Musée Commercial, du
B u reau de R enseignem ents et du B ulletin de
l’In stitu t : l'Expansion Coloniale.
Nos sta tu ts prévoient, à l’article 2, comme
moyens d’action p ro p res à ré a lise r le b u t de
pén étratio n réciproque plus complète des Colo­
nies et de la M étropole, que s’est assigné l’In s­
titu t Colonial, la « constitution et am énagem ent
« d’u n Musée C om m ercial d’im portation et d’ex« p o rtatio n (Exposition perm anente de pro« duits coloniaux et m étropolitains). C réation
« d’u n B u reau de R enseignem ents su r tous su ­
it jets coloniaux et statistiq u es p o u r to u t ce qui
« concerne le commerce extérieur. »
Dès sa prem ière réunion, le Conseil d’Admin istra tio n a nom m é une Commission qu’il a
chargée de p ré p a re r u n p ro jet d’établissem ent
et de gestion d’u n B u reau de R enseignem ents
et d’u n Musée C om m ercial à l’In s titu t Colonial.
Le Conseil a donné une gran d e preuve de
l’in té rê t qu’il a tta c h a it à cette création en com­
p re n a n t dans la Commission, M. P onsinet, no­
tre V ice-Président, Chef du Service Colonial à
M arseille.
M. P o n sin et é tait to u t désigné p o u r pren d re
la présidence de cette Commission, m ais il
s’est récusé vu ses g ran d es occupations et les
obligations q u ’elles lui im posent à certain s
jo u rs et heu res fixes. Il a bien voulu cependant
nous m a in te n ir son concours et la Commission
lui est on ne p eut plus reco n n aissan te des avis
éclairés et de l’aide qu’il lui a to u jo u rs p ro d i­
gués sans com pter.

113

Les au tres m em bres de la Commission sont :
MM. Blanc, directeur des M essageries M ariti­
mes ; Bohn, ad m in istrateu r-d irecteu r de la
Com pagnie F ran çaise de l’Afrique Occidentale;
B ourdillon, négociant ; L éotard, secrétaire-gé­
n éral de la Société de G éographie ; H. R astit,
m em bre du B ureau de la Société po u r la Dé­
fense du Commerce ; De Roux, juge au T ribu­
n a l de Commerce ; T urcat, président de la So­
ciété pour la Défense du Commerce; Ytier, viceprésident du Syndicat des E xportateurs.
La Commission s’est m ise à l’œ uvre sans re ­
ta rd et le 1er octobre 1906, elle a soum is au
Conseil le projet d’établissem ent et de gestion
qu’elle avait reçu m an d at de p ré p a re r; ce p ro ­
jet ay an t reçu l’approbation du Conseil dans la
même séance, la Commission s’est im m édiate­
m ent appliquée à le réaliser.
B u r e a u de re n s e ig n e m e n ts

La très grande compétence et l’expérience
coloniales de notre Secrétaire-G énéral, M. Moriceau, lui perm ettent de répondre au pied levé
à bien des questions qui lui sont adressées p a r
nos visiteurs et il co n stituait à lu i seul l’organe
Je plus essentiel du B ureau de Renseignem ents;
m ais il était nécessaire de nous ten ir inform és
et à cet effet, nous sommes entrés en rap p o rt
avec les G ouverneurs G énéraux et les Gouver­
neu rs de nos Colonies qui ont toujours fa it l’ac­
cueil le plus empressé à nos dem andes de re n ­
seignem ents et qui nous ont consenti, dès le
début, le service des publications officielles de
leurs régions.
Nous sommes ■très heureux de saisir cette
occasion pour leu r en exprim er une fois de
plus tous nos rem ercîm ents.
La Com pagnie des M essageries M aritim es et
la Com pagnie T ran satlan tiq u e, si bien re p ré ­
sentées toutes deux dans notre Conseil, ont
accepté avec le plus g ra n d em pressem ent de
nous m ettre en rap p o rts avec leu rs Agents Co­
loniaux qu’elles ont priés de répondre à nos
dem andes et de nous tran sm ettre spontané­
m ent tous avis qui leur p a ra îtra ie n t de n a tu re
à in téresser l’In stitu t Colonial et ses adhérents.
Nos sta tu ts ont créé une classe spéciale de
Membres : celle des M embres C orrespondants ;
ces adhérents, pour qui la quotité est fac u lta ­
tive, s’engagent lorsqu’ils nous font leur de­
m ande d’adm ission à nous p rêter le u r con­
cours su r les points où ils sont installés et à
nous écrire au m oins une fois p a r mois.
Dès l’in stallatio n de notre B ureau de R en­
seignem ents, nous nous sommes préoccupés du
recrutem ent de nos M embres C orrespondants
et nous avons le p laisir de constater a u jo u r­
d’hui que leur nom bre s’accroît rapidem ent.
ic S ur l’invitation du Conseil, est-il dit dans
nos S tatu ts (Art. III). lesM embres C orrespon­
dants ém ettent des avis, rédigent des m ém oires
et in terv ien n en t auprès des Com pagnies et
A dm inistrations ou pouvoirs locaux », Nous
avons, tout d’abord, dem andé à ceux qui nous
p riaien t de diriger leurs investigations, de nous
renseigner a u ta n t que possible, dans chacune
de leurs lettres, su r les sujets suivants, ay an t
u n in térêt perm an en t :
•— Prévisions des récoltes p en d an t la période
de culture.
— Chiffres statistiq u es après la récolte.
— T rav au x publics (projets et, en cas d’exé­
cution, état d’avancem ent des travaux).

�114

i

L’EXPANSION COLONIALE

— C hanges (fluctuations do la v aleur des
m onnaies, prim e ou perte au change).
Nous ne pouvons que nous féliciter de la
façon dont nous avons été renseignés p a r tous
ceux qui ont bien voulu concourir ain si à notre
œ uvre ; les Agents des deux Com pagnies : Mes­
sageries M aritim es, et T ran satlan tiq u e, nous
ont fo u rn i les avis les plus précieux et les let­
tres de nos M embres C orrespondants sont plei­
nes d’in térêt. Nous ne nous sommes pas con­
tentés des avis qui p ouvaient nous être passés
et nous avons provoqué, ain si que cela vous a
été indiqué dans d’a u tre s circonstances, une
enquête générale su r les textiles p erm ettan t de
rem p lacer le jute et su r les m atières prem ières
coloniales se p rê ta n t à la confection de la pâte
à papier.
Les résu ltats, de ces enquêtes se poursuivent
de la façon la plus satisfaisante.
N otre B ureau de R enseignem ents fa it con­
n a ître à ceux de nos adh éren ts qui lui
p a ra isse n t intéressés dans la question, les
ad ju d icatio n s annoncées à P a ris, dans les ports
ou dans les diverses colonies et leu r tran sm et,
de même, spontaném ent, tous les renseigne­
m ents qui lui p a ra isse n t susceptibles d’a rrê te r
avec profit leu r attention.
Nous nous perm ettons à cet égard de p rier
nos ad h éren ts de faciliter notre tâche en nous
in d iq u a n t eux-mêmes ce qui les intéresse le
plus à tous égards, m ais spécialem ent au triple
point de vue de la Svécialité d’affaires :
B anque — A ssurance — N avigation.
Produits : (Caoutchouc, Café, G raines oléa­
gineuses ou autres, etc.....).
Pays : Indo-Chine, M adagascar, Guyane, etc.
etc.).
Nous avons dem andé, p a r une circulaire à
tous nos adhérents, de nous indiquer la ru b ri­
que sous laquelle ou les ru b riq u es sous lesquelles, ils d ésiraien t figurer p our recevoir ces re n ­
seignem ents.
Un nom bre re stre in t de réponses seulem ent
nous est p arv en u et nous le reg retto n s c a r cela
nous m et dans l’em b arras p o u r faire p a rv en ir
rapidem ent à sa destination, to u t renseigne­
m ent qui nous p a rv ie n t : nous craignons de
d éran g er inutilem ent nos ad h éren ts en leur p as­
sa n t des renseignem ents qui ne les intéressent
pas, ou, si nous ne les m ettons p a s au co urant
de ce que nous savons, de ne pas leu r rendre
les services su r lesquels ils o n t d ro it de com pter
de la p a rt de l’In s titu t ; d’a u tre p art, il est
impossible, comme tra v a il m atériel, de donner
à tous nos ad h éren ts tous renseignem ents p a r­
venus à l ’In stitu t et ce se ra it aussi trop onéreux
comme fra is de b u reau x et de correspondance
pour notre budget.

«E xpansion

colo n ia le »

Dès le début, nous avons considéré néces­
saire p our l’In stitu t Colonial, d’avoir un
Bulletin résu m an t ses trav au x , re p ro d u isan t
les renseignem ents reçus ou dem andés ; te­
n a n t le public au co u ran t du fonctionne­
m ent des In stitu tio n s groupées p a r l’In s­
titu t Colonial : Musée Colonial et Ja rd in Colo­
n ial, Cours Coloniaux ; serv an t à la v u lg arisa­
tion des questions coloniales à l’étude, enfin
. une Revue nous p erm ettan t d’étab lir et de
m ain ten ir u n contact avec nos ad h éren ts de
tous pays, les m ettan t au co u ran t de ce que

nous faisons et en même temps, encourageant
nos aim ables inform ateurs à nous continuer
les renseignem ents donnés, p a r la preuve m a ­
térielle de l’usage avantageux que nous en fa i­
sons.
L a Commission du Musée Comm ercial et du
B ureau de R enseignem ents a reçu du Conseil
la m ission d’étudier les m oyens de réaliser ce
projet. D ans sa séance du 13 ju in 1907, elle a
accepté les gran d es lignes de la com binaison et
elle a donné m a n d a t 'à son P résid en t d’établir
le R apport et de le présenter au Conseil. Celuici a bien voulu hom ologuer ce R apport dans sa
séance du 19 septem bre dernier.
E n conséquence, u n Comité de rédaction a été
form é pour p ré p a re r le prem ier num éro dont
l’ap p aritio n devait coïncider avec l’in a u g u ra ­
tion solennelle de l’Institu t.
Il était composé du B ureau de la Commission
du Musée Commercial, de MM. P a u l Masson,
professeur à l’In stitu t Colonial, rep résen tan t
dans le Comité le corps enseignant de l’In stitu t;
M oriceau, secrétaire général de l’In stitu t ; et A.
Giry, ancien d irecteur-adjoint de l’Exposition
Coloniale, dont to u t le m onde connaît la com­
pétence en m atière de journalism e.
Vous avez tous reçu l'Expansion Coloniale, il
serait donc inutile de vous en p a rle r si ce n ’é­
ta it pour vous indiquer le caractère général de
sa rédaction et les m odifications que les c ir­
constances ont imposées m om entaném ent.
Notre prem ier num éro, dont la coïncidence
avec l’in au g u ratio n de l’In stitu t a été voulue,
a fa it connaître l’historique de cette création ;
le deuxième fascicule a été plus spécialem ent
consacré à la solennité de l’in a u g u ra tio n et
enfin les troisièm e et quatrièm e num éros ont
peu à peu p ris leu r form e définitive ; cependant
dès le début, nous avons suivi u n ordre de
classem ent que nous prenons la liberté de vous
indiquer : to u t d’abord, u n article de tête su r
une question coloniale à l’étude, puis ce qui
concerne la vie propre de l’In stitu t : des ex­
tra its des délibérations de son Conseil, la com­
m unication des p rincipaux renseignem ents de­
m andés au B u reau de R enseignem ents et de
ceux donnés, les lettres de nos correspondants
officiels ou adhérents, des avis concernant le
Musée Commercial, des indications ém an an t
du Musée Colonial, la nom enclature des cours
professés p en d an t le m ois et l’indication de ceux
du m ois suivant. Après ces m anifestations du
fonctionnem ent de l’In stitu t et de ses divers
organes, vient une p artie consacrée aux ques­
tions de la Vie Coloniale : généralem ent une
étude approfondie su r u n sujet d’actualité com­
mence cette p artie, suit, une Chronique, p assan t
en revue les évènem ents coloniaux ; puis des
ru b riq u es dont les titres disent les objets : Ac­
tes Coloniaux Officiels, Vie économique des Co­
lonies, T ravaux publics aux Colonies. Enfin les
In stitu tio n s connexes : Société de Géographie,
Alliance F ran çaise et S yndicat des E x p o rta­
teu rs ont leu r place dans ce m oniteur de l’In s­
titu t Colonial et de tous les Corps qu’il groupe.
Vous le voyez, notre Revue prend to u rn u re,
m ais nous arriv o n s au m om ent ou au tra v a il
concentré du début, doit succéder le tra v a il
d’un plus g ran d nom bre de collaborateurs dans
le but de com pléter la variété des inform ations
de notre organe et de lui faire ren d re le plus
possible p a r la publicité.
Il était absolum ent nécessaire de créer entre

�L’EXPANSION COLONIALE
l’A d m inistration de l’In stitu t Colonial et ses
adhérents, le lien, le tr a it d’union que constitue
l'Expansion Coloniale ; m ais cela est trè s oné­
reux !
A insi que vous avez p u vous en re n d re compte
p a r l’exposé financier qui vient de vous être
soumis, les recettes de l’E xpansion Coloniale
doivent être cette année-ci de fr. 4.500 et ses dé­
penses sont prévues p our fr. 8.500.
Nous ne négligeons rien p our que les recet­
tes augm entent et que les dépenses dim inuent,
m ais nous ne pouvons p as espérer des change­
m ents notables dans les ré su lta ts définitifs car
nous sommes chaque m ois talonnés p a r l’abon­
dance des m atières d’une telle façon que notre
b ulletin conçu p our p a ra ître à 16 pages en
contient plus souvent 20 et 24. Notre tirag e qui
devait être seulem ent de 600 exem plaires est
de 1200 p o u r répondre à des besoins variés qui
épuisent nos réserves de num éros anciens, si
l’on p eu t em ployer cet adjectif p our une revue
qui en est seulem ent à son cinquièm e mois
d’existence.
Enfin, il p a ra ît à notre P résid en t et au Con­
seil qu’il se ra it souhaitable que l'Expansion
Coloniale p a ru t deux fois p a r mois, et nous
sommes du m êm e avis ; nous ne reculons p our
le m om ent que devant le tra v a il m atériel, qui
dem ande encore u n peu d’organ isatio n , et la
dépense qui fe ra it plus que doubler. M ais il est
facile d’app récier qu’av an t peu, si le nom bre de
nos co rrespondants su it sa progression ac­
tuelle, nous ne p o u rro n s atten d re u n m ois p our
p o rter à la connaissance de nos adhérents, les
trè s in téressan ts renseignem ents recueillis.
M oyennant le concours de tous et spécialem ent
des M embres du Conseil d’A d m inistration,nous
p o u rro n s cependant a rriv e r assez rap id em ent
à la ré a lisa tio n m atérielle des vœux du Conseil.
L a publicité de l'Expansion Coloniale peut don­
n er le double de son rendem ent actuel si le p u ­
blic se pénètre bien des av an tag es qu’elle offre.
Les Com pagnies de N avigation qui ont M ar­
seille p o u r p o rt d’attach e ont bien voulu ac­
cepter de recevoir d ans leu rs escales m éd iter­
ranéennes, assez de num éros de l'Expansion
p o u r qu’elles p u issen t en m ettre à bord de leurs
steam ers dès leu r entrée en M éditerranée ou
dès leu r d ép art à d estination de M arseille.D ans
les longues heures de traversée, ce B ulletin
a p p a ra it aux p assag ers comme u n com plim ent
de bienvenue m arseillais ; ils le lisent, le feuillètent et exam inent ses feuilles d’annonces p our
ne rien perdre, en courses inutiles, du court dé­
la i.d e leu r séjour à M arseille.
E n outre, d ans les Colonies, d’où ém ane, p ar
nos M embres correspondants, l’inform ation
locale la plus abondante, notre Revue sera
au ssi très lue et consultée, ce qui ren d très effi­
cace à M arseille et au loin la publicité faite
d ans ses colonnes.
l^lus notre œ uvre com ptera de collaborateurs,
m eilleure elle sera ; aussi avons-nous envoyé
une circu laire à tous les M embres du Conseil
p our leu r an noncer que les séances' du Comité
de R édaction ont lieu tous les vendredis de
11 h eures 1/2 à m idi et que tous ceux qui vou­
d ra ie n t les h o norer de leu r présence, y seraient
les bienvenus.
Notre P résid en t et M. le docteur Heckel, ViceP résident, ont bien voulu nous faire le p la isir
de se ren d re à notre appel et nous espérons que
cet exemple v e n a n t de h au t, se ra suivi.
Nous ne disposons p our ce tra v a il que d’un

115

tem ps qui est très court, il ne se prête p a r con­
séquent qu’à la p ré p a ra tio n générale du num é­
ro ou à des m esures de détail à p ren d re rap id e­
m ent et dans l’intervalle, toute com m unication
sera accueillie avec le plus g ran d p laisir p ar
M. M oriceau, S ecrétaire G énéral, p a r M. Giry,
chargé de la Direction, et p a r le P résid en t du
Comité de Rédaction.
Nous faisons particu lièrem en t appfel. pour
notre Revue, au concours au torisé de MM. les
P rofesseurs des Cours Coloniaux qui ont déjà
bien voulu nous donner plu sieu rs articles ; je
suis heureux de citer ici une fois de plus le doc­
te u r Heckel à qui, ses divers titre s n ’enlèvent,
pas celui de D irecteur des Cours Coloniaux ; de
M. M asson, de M. B abled qui ont étudié dans
VExpansion Coloniale les questions les plus
intéressantes.
Je tiens à rem ercier d’une façon toute spé­
ciale mes Collègues du Comité de R édaction de
leur très g ran d et efficace trav ail. M. Ytier,
notre V ice-Président, veut bien, en dehors de
sa coopération à l’organe lui-m êm e se préoccu­
per de tous les détails de coût et de vente et
nous donner une liquidation de chaque num éro
p a r crédit et débit car c’est hélas le doit qui a,
po u r le mom ent, le d ern ier mot.
M. Léotard apporte à la rédaction des r u ­
briques : actes coloniaux officiels, vie économi­
que des Colonies, trav au x publics, in stitu tio n s
connexes et à la révision générale des num éros
la compétence que lui v a u t sa science géogra­
phique et la to u rn u re précise de sa vive in tel­
ligence.
M. M asson a accepté la charge de dé­
pouiller les lettres de nos divers correspon­
dants et d’en ex traire ce que nous* devons p u ­
blier sans crainte de double emploi ou d’er­
reu rs m atérielles ; c’est u n tra v a il fort délicat,
qui exige les connaissances profondes et variées
de notre Collègue et tous ses soins ; au rebours
du p an ier au p ain d’Esope, le fard eau de notre
Collègue s’au g m en tera san s cesse, heureuse­
m ent que ses ressources de tra v a il seront to u ­
jo u rs à la h a u te u r de la lourde tâche qu’il a
bien voulu assum er.
M. M oriceau s’occupe de toute la p artie offi­
cielle et rédige les com m unications concernant
le B ureau de R enseignem ents. M. Giry, in d é­
pendam m ent de to u s les détails de rédaction,
de publicité, de m ise au point du jo u rn a l et de
trav au x su r des sujets coloniaux, rédige la
« Chronique » qui, sous une form e vive et alerte,
p a sse 1en revue les évènem ents coloniaux du
mois, d isant su r chacun le mot qui convient.
Je souhaite d’avoir à acquitter à la prochaine
Assemblée G énérale, la même dette de recon­
naissance vis à vis de nom breux collaborateurs
spontanés de l'Expansion Coloniale a y a n t bien
voulu répondre à l’invitation que je viens de
leur réitérer au nom du Comité de Rédaction.
M usée

c o m m e rc ia l

C’est, la dernière p artie de m on R ap p o rt ; il
n ’y a rien à dire su r le Musée Com m ercial lo rs­
qu’on l’a vu, si ce n ’est de résum er en quelques
chiffres ce qu’il donne, ce qu’il est susceptible
de donner, les services qu’il re n d et l’intérêt
qu’il inspire aux visiteurs.
La surface totale en v itrin es actuellem ent
louée est de 56 mq 25.
Il reste à louer 7 mq.
La surface totale en p anneaux actuellem ent
louée est de 49 mq. E t il reste à louer 20 mq.

�116

L’EXPANSION COLONIALE

Le local du Musée Com m ercial ren d actuelle­
m ent fr. 31.065.50 p our u n an.
La fréq u en tatio n du Musée est très variable
su iv an t les saisons, les heures et les occasions ;
nos v isiteurs ont a tte in t ju sq u ’à ce jo u r un
chiffre quotidien m axim um de 1.500 visiteurs.
Le pointage en a été fait.
Le Musée Com m ercial a su rto u t été utilisé
p a r le commerce local. Nous espérons q u ’av an t
p e u p le s services qu’il p eut re n d re seront con­
n u s en F ran ce et que les différentes Sociétés
In d u strielles et de B anque susceptibles de béné­
ficier de ces services s’en p rév au d ro n t. Nous
espérons aussi que les in term éd iaires : Agents,
C ourtiers, R eprésentants, T ran sitaires, A ssu­
reu rs, T ran sp o rteu rs, B anquiers, se re n d ro n t
de plus en plus compte de l’in té rê t qu’ils p eu­
vent tro u v er à p o rter à la connaissance de nos
visiteurs, p a r le m oyen de nos panneaux, les
services qu’ils peuvent leu r rendre.
Nous nous proposons d’accentuer à la fois la
p a rt des Colonies d ans notre Exposition p er­
m anente, et l’a ttr a it in stru ctif de ses vitrines
en o rg a n isa n t dans le Musée Com m ercial des
E xpositions spéciales, ta n tô t d’u n article p ro ­
v en an t de p lu sieu rs de nos Colonies, ta n tô t de
fous les prod u its d’une de nos possessions.
Nous avons eu une réunion des ad h éren ts du
Musée Com m ercial dans laquelle nous avons
constaté avec p la isir que le public av ait ap p ré­
cié les services de Mme V ernet qui donne aux
v isiteurs les prem iers renseignem ents dem an­
dés p a r eux, qui leu r rem et des catalogues ou
prix-courants, les m u n it su r leu r dem ande
d’échantillons susceptibles de les fixer mieux
su r la production des exposants et q u i'le u r offre
en cas de Besoin d’être m is en ra p p o rt télépho­
nique avec les in d u striels dont les prod u its ont
reten u leu r attention. De très nom breuse^ affai­
res ont été faites de cette façon et non seule­
m ent à destination de nos Colonies m ais pour
tous pays, car c’est au g ran d public que s’a ­
dresse notre Musée et sa p ropagande profite à
to u t le commerce extérieur.
Enfin, sous le nom de Portefeuille Commer­
cial. il existe au Musée du Rez-de-Cbaussée un
répertoire des catalogues ou prix-co u ran ts de
tous ceux de nos ad h éren ts qui trouvent in térêt
à faire ain si co nnaître au public ce qu’ils p ro ­
duisent et cette réunion d’articles divers est
quelquefois fo rt suggestive p o u r le client qui
se ren d compte ain si d’un coup d’œil, q u’il
peut tro u v er su r place bien des articjes qu’il
cro y ait avoir besoin de chercher très loin.
Je crain s de vous avoir fatigué p a r trop de
détails, m ais il était essentiel que vous connais­
siez ceux que nous vous avons donnés et il fa u t
espérer que l’an prochain, nous au ro n s plus et
irriedx à vous dire car il ne s’ag it p our le mo­
m ent, de la .p a rt de la Commission du Musée
Com m ercial et du B u reau de R enseignem ents
que de tentatives dont to u t le succès est dû à
l’appui de notre P ré sid e n t et du Conseil d’Adm inistration.

M. le Président adresse tous ses remercie­
ments à M. Artaud pour son exposé clair et
précis du fonctionnement des importants
services qu’il dirige avec une compétence
parfaite.
M. le Président soumet au vote de
l’Assemblée générale la confirmation de la
nomination de MM. Dufour Antonin, Jac-

quemet Louis, Fouque Adolphe, Dufour
Jean, Teisseire Raymond, Arnaud Lucien,
Rastit Henri. Estier Nicolas, comme mem­
bres du Conseil d’administration et propose
de donner un siège dans le Conseil à M. Bry,
doyen de la Faculté de droit d’Aix. Ces
nominations sont approuvées à l’unanimité.
M. le Président demande à M. Moriceau
de rendre compte du résultat de ses confé­
rences à Lyon et à Saint-Etienne.
M. Moriceau fait part à l’Assemblée de
l’excellent à accueil que les Chambres de
Commerce de ces deux grandes villes ont
fait au Secrétaire Général de l’Institut. Il a
indiqué dans ses conférences le but de l'Ins­
titut Colonial Marseillais, fait' ressortir les
avantages que peut retirer le commerce
français de l’exposition de ses produits au
Musée Commercial de l’Institut et montré
l’utilité d’adhérer à une œuvre qui a pour
but de développer les relations commer­
ciales entre la Métropole et les Colonies.
Plusieurs adhésions ont été recueillies et
il y a tout lieu d’espérer que les industriels
et commerçants lyonnais et stéphanois ne
resteront pas indifférents à la patriotique
entreprise de YInslitut Colonial Marseillais,
lais.
M. le Président termine la séance en fai­
sant connaître à l’Assemblée qu’il a tenu a
la mettre au courant de tout ce que fait
l’Institut Colonial Marseillais pour réussir
dans l’œuvre qu’il a entreprise et demande
aux membres présents de redoubler d’efforts
auprès de leurs amis pour amener à' l’Insti­
tut le plus grand nombre possible d’adhé­
rents.
Plus rien n’étant à l’ordre du jour l’As­
semblée a été levée à 4 h. 1/2.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Entr’autres visites, le Bureau a reçu, le 30
mars, celle de M. Jacques, ingénieur des
mines, le très distingué directeur des mines
de charbon de la Nondoué en Nouyelle-Calédonie.
M. Jacques a terminé' les études des gise­
ments qui occupent une superficie considé­
rable et a reconnu l’existence de trente-deux
couches distinctes dont huit de houille grasse
pouvant fournir d’excellent coke. Les impor­
tants travaux qu’il a entrepris et qui com­
prennent 3.000 mètres de galerie ont prouvé
la richesse de ces mines où 200.000 tonnes de
charbon sont actuellement en vue.
Il est vivement à souhaiter que la persévé­
rance de M. Jacques, qui a dû surmonter des
difficultés sans nombre pour mener à bien la
rude tâche qu’il avait assumée, soit récom-

�L'EXPANSION COLONIALE

117

pensée et qu’il réussisse à fonder une société
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
pour l’exploitation de c.es mines.
La Nouvelle-Calédonie traverse, -en ce mo­
A l g é r i e . — P â t e à pap ier.
ment, une crise très pénible ; elle a tciut à ga­
(Voir
les
num éros 4 et 5 de l'Expansion Colo­
gner à traiter sur place les minerais de
nickel, de chrome, de cobalt, de teneur trop niale, p. 74 et 93).
faible pour être exportés en Europe. La. val­ De M. Monnet, vice-président du Comice de
l'arrondissement de Miliana.
lée de la Nondoué se prêterait remarquable­
ment bien à l’établissement d’un-e industrie
D uperré, le 2 av ril 1908.
métallurgique en raison de sa proximité de
P a r lettre adressée au Comice vous appelez
la mer, de la présence des fendants, de l’attention de ses m em bres su r les m atières
fabondance de l’eau, de sa situation au mi­ prem ières destinées à la fab rication du p apier.
Vous serait-il agréable de me m ettre en re la ­
lieu des gisements reconnus de nickel de
tions avec les fab rican ts en m ’in d iq u an t si pos­
Païta, de la Dumb-ea, etc...
la n a tu re des m atières recherchées ?
En dehors die la consommation locale oui sible
J ’ai dans mon usine des résidus végétaux de
n’est r&gt;as très importante aujourd’hui, mais p alm ier n ain. J ’exploite des bois de chêne et
qui pourrait s’accroître si les navires de d’olivier ou d’eucalyptus que je puis livrer p a r
guerre et les paquebots prenaient leur com­ m illiers de quintaux. D’une p artie du chêne je
bustible -dans la Colonie même, l'exportation retire de l’écorce à ta n ; de l’autre, dont l’écor­
du charbon peut être intéressante, sur l’A­ ce est vieille, je fais du charbon.
S’il vous était, possible de me donner des re n ­
mérique du Sud et sur la Californie : avec
seignem ents rapides afin que je puisse vous
une industrie métallurgique établie en Nou­ soum
ettre des échantillons, je vous en serai
velle-Calédonie, un très .bel avenir serait très obligé,
car la période d’écorçage et d’a b a t­
assuré aux charbonnages de la No-ndoué.
tage va com m encer sous peu.
D’après les calculs fai-ts par M. Jacques, la.
tonne de -charbon trié ne reviendrait nas à
plus de 6 francs, sur le carreau de la mine ; De M. Roux, maire de Carnot, arrondissement
d’Orléansville.
îi ce prix, il y aurait tout avantage- à ne plus
se servir, dans le pays, de-s charbons austra­
Carnot, 6 av ril 1908.
liens qui varient de prix dans des conditions
J’ai l’h o nneur de vous inform er qu’il serait
extrêmes. Ces prix ont varié en 1907 de 12 à possible de créer à C arnot une usine po u r la
30 shillings la tonne, sans compter que elles fab ricatio n de la pâte à papier. Dans cette
grèves toujours menaçantes, ne donnent au­ p artie du Chéliff où se trouve ce centre, l’on
cune sécurité à l’exécution des contrats de p o u rra it trouver annuellem ent environ 10.000
tonnes de .paille de prem ier choix et plusieurs
fourniture de combustible.
m illiers de tonnes de p alm ier nain très abon­
Nous ne pouvons que faire des vœux p-our dant. Il existe no n loin de gran d es forêts de
qu-e le succès couronne les efforts de M. Jac­ pins très résineux dont il serait possible de
ques ; il aura, dans la plus large mesure con­ tire r un p a rti avantageux.
S ur le Chéliff, il y a des points où des chutes
tribué à faire sortir la Nouvelle-Calédonie de
la triste situation dans laquelle -elle se débat d’eau assu reraien t la force suffisante po u r ac­
tio n n er le m oteur nécessaire à cette industrie.
avec tant d’énergie.
Si vous pensez que m on idée puisse avoir
L’utilisation du nickel pur dépend unique­ quelque suite, je vous serai très obligé de la
ment du prix auquel ce métal peut être- four­ com m uniquer aux personnes susceptibles de
ni ; tant que son prix demeurera bien supé­ l’utiliser.
Je suis à votre disposition pour tous rensei­
rieur à celui du cuivre, l’accroissement de sa
consommation ne peut se faire que très len­ gnem ents dont vous pourriez avoir besoin.
tement ; or, l’avenir de la Nouvelle-Calédo­
nie dépend, en grande partie de l’exploita­ De M. Larcher, maire de Condé-Smeudon, dé­
tion de s-es mines -de nickel et nous ne pou­
partem ent de Constantine.
vons mieux faire que de c-it-er la conclusion
Condé-Smeudon, le 17 m ars 1908.
suivante formulée par M. Classer dans son
Je
lis
dans
le jo u rn al le Tell, de Blida, une
remarquable rapport au Ministre des Colo­
note in form ant les colons d’Algérie que vous
nie, sur les richesses minéral-es de la Nou­ vous
à leu r entière disposition pour
velle-Calédonie : « Nous n’hésitons pas à con- ‘étudiermettez
les pailles, bois, écorces jugés suscep­
« dure qu’un essor considérable sera po-s-si- tibles d’être utilisés pour la fab ricatio n du p a ­
« ble peur l’industrie d;u nic-kel -en Nouvelle- pier, et que vous ferez connaître ceux de ces
« Calédonie, le jour où, par la première fu- m atériau x qu’il serait avantageux d’exploiter.
J’ai l’avantage de vous expédier, ce même
« sion sur place du minerai on résoudra la
« double question d’un abaissement no-tabl-e jour, un colis branches de broussailles, vous
ria n t de me faire savoir si ce bois ré u n it les
« du prix de revient et d’une utilisation bien pconditions
exigées pour la fab ricatio n du p a ­
« meilleure des gisements. »
pier. Ces broussailles se tro u v en t en très g ra n ­
de q u an tité dans n o tre région. Si vous les re ­
connaissez utilisables, ayez l’obligeance de me
donner quelques renseignem ents généraux sur

�I
118

L’EXPANSION COLONIALE

la fab ricatio n de la p âte à p ap ier p o u r me
perm ettre d’étudier la question.
De M. Mario Vivarez, A M ustapha (Alger).
M ustapha, 23 m ars 1908.
J’ai p ris connaissance de la note que vous
avez adressée à divers jo u rn au x au sujet des
m atières prem ières destinées à la fab rication
du papier.
L’Algérie compte 12 m illions d'hectares pro­
d u isan t à l’état sauvage une plante re m a rq u a ­
blem ent pro p re à cet usage : l’alfa.
J’ai publié su r cette question, vers 1886, une
étude intitu lé : YHalfd, étude ind u strielle et bo­
tanique.
Je n ’en possède plus aucu n exem plaire. De­
puis, j ’a i vainem ent cherché des cap itau x pour
créer une fabrique de pâte en Algérie. Je me
suis heu rté à des négations intéressées. Cepen­
dant, une usine, prospère, fonctionne cjppuis
quelques mois à Medjez (départem ent de Constantine).
Cet exemple p o u rra it être suivi. Les conditions à rem p lir — p o u r l’in sta lla ­
tion et l’exploitation rém u n ératrice d’une u si­
ne — sont assez délicates et exigent une con­
naissan ce serrée de la question.
Je serais très disposé à docum enter u n g ro u ­
pe qui, à prio ri, se ra it disposé à o rien ter ses
capitaux dans cette direction.
P o u r fixer les idées, pareille entrep rise exige
u n capital in itia l de fr. 400.000.
L’opération peut être scindée en deux phases
successives :
1° Simple commerce d’ex portation de l’h alfa.
D u ran t cette période on étudie à fond la
question d’in sta lla tio n et de fonctionnem ent de
l’usine.
2° F a b ric a tio n de la p âte à p ap ier et s’il y a
lieu du papier.
L a question est très complexe dans sa ré a li­
sation alors que, à p riori, elle a p p a ra it comme
trè s simple. Elle com porte une série d’équa­
tions de conditions qu’il n ’est p as facile de
grouper.
On se h eurte de plus à des renseignem ents
contradictoires, etc., etc., et c’est, ce qui expli­
que l’h ésitatio n des capitaux. E n to u t cas, il
y a deux faits économ iques certain s :
a) Le débit de la pâte à papier cVhalfa est
illimité, au prix de fr. 355 la tonne, q uai M ar­
seille.
b) La tonne d’h alfa (prix m oyen trien n al)
v a u t à B ristol £ 3. 6. 1. = 83 fr. 25.
Le prix actu el : 87 fr. 29.
Peut-on p ro d u ire ou fo u rn ir plus b as que ces
prix de vente, c’est-à-dire avec une m arge béné­
ficiaire ? Je réponds oui et je fixe respective­
m ent à 250 fran cs et 71 fran cs les prix de re ­
vient qu’il y a lieu de p lacer en face des prix
d’écoulem ent précités.
De la Société
d'Alfa.

Franco-Africaine

des

Pâtes

P a ris, le 6 avril.
Nous lisons, dans le num éro du 2 co u ran t du
Journal général de l’Algérie et de la Tunisie,
sous le titre « In d u stries à créer en Algérie »,
la lettre que. vous avez adressée au P résid en t
du Comice Agricole de Bône.
Nous sommes heureux de vous inform er que
depuis deux ans nous nous efforçons de m ettre

en pratique, en Algérie et en Tunisie, les théo­
ries que vous développez dans , cette lettre.
Nous avons été les preniiers à construire à
Sousse d’abord puis à Medjez (par Bordj-bou
A rréridj, départem ent de C onstantine) une
usine tra ita n t l’alfa su r place po u r l’obtention
de la pâte à papier. Nos efforts ont été couron­
nés de succès et nous songeons non seulem ent
à a g ra n d ir et à am éliorer notre usine de Med­
jez m ais encore à construire une au tre établis­
sem ent en Tunisie.
Nous vous serions donc reco n n aissan ts de
nous faire savoir sous quelle form e p o u rra it
se m anifester en notre faveur, l’aide dont parle
le d ern ier p a ra g ra p h e de votre lettre et dont
nous pouvons avoir besoin.
Nous nous tenons à votre disposition po u r
vous fo u rn ir de plus am ples explications.
S a in t-P ie rre -e t-M iq u e lo n

De la Société : La Morue Française.
Saint-Pierre-M iquelon, le 14- m ars.
Vous avez bien voulu nous nom m er corres­
p o n dants -de votre In stitu t, nous nous faisons
un p laisir et u n devoir de vous renseigner sili­
ce qui peut in téresser la colonie.
La pêche à la m orue, ain si que vous le savez
certainem ent, se pratiq u e su r les bancs de T er­
re-Neuve d’av ril à octobre, nous touchons donc
à la fin de cette longue période de chômage
qu’u n rigoureux hiver impose à nos vaillan ts
m arins.
S ain t-P ierre a arm é autrefois ju sq u ’à 220
goélettes, m alheureusem ent, depuis que TerreNeuve a défendu à ses n atio n au x de nous fo u r­
n ir l’ap p ât qui abonde dans ses baies, c’est-àdire depuis 1886, l’arm em ent local a été cons­
tam m ent en déclinant et au jo u rd ’hui il est ré ­
duit pour la cam pagne de 1908, à 53 goélettes
seulem ent.
Il est g ran d tem ps d’aviser aux m esures u r ­
gentes à p rendre pour em pêcher la ru in e com­
plète de la colonie.
Nous n ’en trerons pas au jo u rd ’h u i dans le
détail de ce qu’il y a u ra it à faire pour a rriv e r
à ce but, m ais si vous le désirez, nous p o u r­
rons une au tre fois vous donner tous les ren sei­
gnem ents nécessaires à ce sujet.
Les équipages qui arm en t les goélettes à
S ain t-P ierre sont presque exclusivem ent re c ru ­
tés en F ran ce et viennent ce p rin tem p s p a r le
v apeur de la Com pagnie G énérale T ra n sa tla n ­
tique la Louisiane, affrété p a r la Société « La
Morue F ran çaise ». Ce n avire est p arti, hier,
le 13 'm ars de B ordeaux, après avojr touché à
Saint-M alo ; il a à bord de 1.000 à 1.100 p a ssa ­
gers, il est atten d u à S ain t-P ierre yers le
23 m ars et, du 15 au 20 avril, toutes les goélet­
tes seront p arties en pêche.
L’hiver a été beau, peu de neige et peu de
froid, m ais comme d’habitude beaucoup de
vent, la tem p ératu re n ’est ja m a is descendue,
sauf une seule fois, au-dessous de 10° cen tig ra­
de ; il y a donc lieu de supposer qu’il y a u ra
peu de glaces, ces dangers si redoutés des m a­
rin s n av ig u an t dans nos parages.
On dit égalem ent qu’u n hiver peu rigoureux
est un indice de bonne pèche, et cette hypo­
thèse est basée su r ce que. m oins les eaux sont
froides, plus l’encornet fréquente les bancs et
les environs de S ain t-P ierre ; or. l'encornet est.
l’ap p ât p a r excellence que préfère la morue.

�L’EXPANSION COLONIALE

119

L’état sa n ita ire de la colonie p en d an t cet h i­
ver a été bon. il n ’y a eu aucune épidémie de
grippe, ni de rougeole comme cela arriv e p res­
que chaque hiver.
E n ce m om ent notre p o rt ne contient que
trois n av ires dont deux, la Maric-Alfrecl et le
Président-Armand, sont destinés à tra n sp o rte r
en F ran ce des m orues vertes p rovenant de la
cam pagne 1907 et conservées en m agasin ; le
troisièm e navire, le Saint-Pierre, doit p a r tir
po u r les Antilles avec des m orues sèches.
Le 12 avril p ro ch ain a u ro n t lieu les élections
pour le renouvellem ent du Conseil m unicipal ;
ees élections, comme en F ran ce, se font tous
les q u atre ans.
M. Ant.onetti, a d m in istra te u r de la colonie,
q u i était en congé en F rance, vient de re jo in ­
dre son poste.

et du Mékong. P ro d u its et sous-produits : pré­
p aratio n de l’huile et des engrais de poisson.
M. L aurent. — P ro d u its m inéraux des colo­
nies.
M. Babled. — Econom ie-et L égislation colo­
niales.
M. le Dr R eynaud. — 1° Hygiène coloniale :
Hygiène urb ain e ; voirie ; d estination définitive
des m atières usées. — 2° Epidém iologie, géogra­
phie m édicale : La fièvre paludéenne ; épidé­
mie ; prophylaxie ; Les clim ats de M adagascar.
M. Davin. — C ultures coloniales, a u / Ja rd in
colonial.

Cours Coloniaux

La Société de Géographie et d’études colo­
niales de Marseille vient d ’éprouver une
grande perte en la personne de son éminent
Président, M. Ernest Dëlifoes, agrégé de l’U­
niversité et professeur honoraire au Lycée,
ancien conseiller général, président de la
Caisse de retraite la « Marseillaise », officier
de la Légion d’honneur et de l'Instruction
Publique, décédé à l’âge de 83 ans le 7 avril
dernier. L’Institut Colonial Marseillais et le
Comité de l’Alliance Française, dans les­
quels M. Delibes occupait dignement les
fonctions de Vice-Président, ont été doulou­
reusement frappés aussi par sa disparition.
Le regretté défunt, qui était entouré des
sympathies et de la vénération de la popula­
tion marseillaise, avait rendu à notre cité les
plus signalés services au cours de sa longue
et noble carrière, toute consacrée au bien,
soit- pour la science, soit pourries œuvres
mutualistes, humanitaires et patriotiques.
L’admirable éloquence de M. Delibes, inter­
prète d’une âme supérieure, servait brillam­
ment son dévoûment aux nombreuses œu­
vres d’intérêt public auxquelles il donna gé­
néreusement son précieux concours jusqu’à
la fin de sa vie exemplaire.
Les obsèques de ce grand citoyen, dont le
souvenir sera, durable parmi les Marseillais,
ont été l’occasion d’une touchante manifes­
tation des regrets émus de l’élite de notre
ville et des mutualistes reconnaissants, ainsi
que des sympathies unanimes pour la fa­
mille Delibes ; une foule énorme a conduit le
regretté défunt au champ du repos et on y
remarquait un grand nombre de délégations
et de notabilités, ayant, à leur tête M. Chanot,
maire de Marseille. Quatorze discours ont
été prononcés au cimetière.
M. L. Estrine, vice-président de la Société
de Géographie, a prononcé le discours sui­
vant ;
\

Voici la liste des cours qui ont ôté profes­
sés-à l’Institut Colonial du 30 mars au 4 avril
et le 29 avril, après les vacances de Pâques :
Lundi, 30 m ars, à 3 h. 3/4, M. M asson : Séné­
gal (fin). — A 5 heures, Dr J. de Cordemoy : Les
pêcheries sénégalaises et fluviales de l'Ouest
africain .
M ardi, 31 m ars, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud : P ro ­
cédés de désinfection usités contre les m ala­
dies pestilentielles exotiques. — A 5 heures, M.
M asson : La colonisation fran çaise en Algérie.
M ercredi, 1er avril, à 3 h. 3/4, M. Babled : Ré­
gim e douan ier des colonies assim ilées. — A
5 heures, M. Jum elle : Cacaoyers et cacaos.
Jeudi, 2 avril, à 8 h. 1/2 m atin (au P a rc Borély), M. D avin : L’A rachide, sa culture dans
les colonies françaises.
Vendredi, 3 avril, à 5 heures, M. L a u re n t :
Le Sel.
Sam edi, 4 avril, ■%. 3 h. 1/2, Dr R eynaud : Hy­
giène des tra v a ille u rs dans les pays chauds.
M ercredi, 29 avril, à 3 h. 3/4, M. Babled : Le
régim e d o u an ier des colonies non assim ilées.—
A 5 heures, M. Jum elle : Cacao et thé.

Nous donnons ci-dessous l’indication des
sujets qui seront traités par MM. les Profes­
seurs des Cours coloniaux durant le mois de
mai :
M. Masson. — L undi : L’A frique Occidentale
fran çaise (suite) : Guinée française, Côte d 'i­
voire, Dahomey. — M ardi : Le second Em pire
et la Colonisation française. L’E xpansion co­
lon iale fran çaise sous la troisièm e République
(1880-1900).
M. Jum elle. — P ré p a ra tio n du cacao. Le thé,
la p ré p a ra tio n des thés. Le caoutchouc, procé­
dés de p ré p a ra tio n des caoutchoucs.
M. Jacob de Cordemoy. — Les pêcheries de la
Tunisie. D escription des Côtes ; régions m a ri­
tim es ; zones de pêche. Les poissons m ig ra ­
teu rs. In d u strie des thonaires. L a pêche clans
les Lacs. Pêcheries indigènes du Sud. Régle­
m entation générale des pêches m aritim es de la
Régence. R ésultats com parés des dernières a n ­
nées. Les pêcheries de l’Indo-Chine. La pêche
m aritim e en Cochinchine, en A nnam , au
Tonkin. Les pêcheries des Lacs du Cambodge

LA MORT DE M. ERNEST DELIBES

M e s s ie u r s ,

Au nom de la Société de G éographie, j’ai le
devoir de ren d re u n solennel hom m age à notre
président, qui fu t aussi notre m aître, et que m a
tendre am itié v o u d rait p leu rer en silence.

�120

L'EXPANSION COLONIALE

Des liens anciens et très étro its m ’u n issaient
à M. Delibes, lorsque la fond atio n de la So­
ciété de G éographie me p erm it de devenir son
collaborateur dans cette œ uvre de patriotism e
éclairé.
Dès sa constitution en 1876, notre Société le
força presque à accepter la vice-présidence.
L’exquise m odestie de M. Delibes é ta it à la m e­
sure de son savoir profond. M ais une fois en­
gagé dans l’action, n u l n ’av a it p lu s que lui
l’initiative ard en te et la volonté opiniâtre.
Vice^président, il devait, en 1889, suppléer
p a r intérim M. Jules Charles-Roux, reten u à
P a ris p a r son m a n d a t législatif, et il n ’y eut
rie n de changé que le titre, lorsque, en 1898,
M. Delibes fu t élevé à la présidence effective.
D’une exactitude m inutieuse, to u jo u rs su r la
brèche, a g issan t de sa foi, p a y a n t de sa p e r­
sonne, insoucieux trop souvent des fatigues et
des veilles, il nous d o n n ait san s cesse le bel
exemple de sa verte et féconde vieillesse.
Il a p p a rtin t à ce g ra n d citoyen de d irig er les
destinées de notre Société p e n d a n t les années
qui ont laissé les souvenirs les plus m ém ora­
bles d ans l’histoire de l’expansion coloniale,
non seulem ent de la F rance, m ais de l’Europe
entière.
L a situ atio n de M arseille veut que tous les
pionniers, tous les héros de la civilisation,
soient nos hôtes ; notre reg retté p résid en t a eu
ain si le privilège envié de salu er ceux que p ré­
cédait l’universelle renom m ée, et d’être le pre­
m ier à célébrer leu rs pacifiques conquêtes.
C’est ain si que les H enri d’O rléans, les Favier, les N ordenskiold, les Charcot, les B inger,
les Monteil, les F o u reau , les H ourst, les Dou­
tée, bien d’a u tre s gloires encore, ray o n n èren t
au sein de notre Société.
Il fallait, p our salu er dignem ent ces âmes
fortes, l’esprit vigoureux et la parole vibrante
de M. Delibes. E t vous n ’avez p as perd u le sou­
venir du Congrès des Sociétés de G éographie
dont la belle o rg an isatio n lu i fu t si larg em ent
due. E t vous entendez encore le discours fré:
m issan t de patriotism e auquel le général Galliéni, ém u ju sq u ’aux larm es, répondait, de re­
connaissante effusion, en d o n n an t l’accolade à
notre cher président.
M ais un a u tre souvenir est resté viv an t dans
m a m ém oire, et révèle avec plus encore de
p oignante intensité, le g ra n d caractère de M.
Delibes. C’é ta it à l’h eure grave de Fachoda,
le même paquebot, b a tta n t pavillon fran çais,
av a it à bord le cap itain e B a ra tie r et le général
K itchener ; tous deux p re n a ie n t le même tra in
p our aller exposer à leu rs gouvernem ents res­
pectifs les faits d’où d épendait la paix du
monde. Nous étions à la g are avec notre p rési­
dent, h a le ta n ts d’angoisse p atrio tiq u e devant
les deux héros dont la riv alité courtoise pouvait
abo u tir à d'irréconciliables h ain es entre les
deux g ran d es nations.
M. Delibes av ait eu p our le capitain e B a ra ­
tier les com plim ents chaleureux que lui in sp i­
r a it to u jo u rs le culte fervent de la p atrie. Son
devoir de F ra n ç a is accompli, il se to u rn a vers
le général K itchener, ennem i du lendem ain
peut-être, et salu a le v ain q u eu r du M aiidi au
nom de la science et de la civilisation.
Ses paroles étaien t si nobles et si hères, que
K itchener, incliné respectueusem ent, lui se rra
les deux m ains en une vigoureuse étreinte.
Ce iour-là, elles se relevaient de toute la g ra ­

vité de l’heure, les idées de paix et de civilisa­
tion, de justice et de sagesse, qui font de M. De­
libes une g ran d e figure française.
A vant d’être le collaborateur, j’étais le disci­
ple du m aître, qui me co n tin u an t son affec­
tueuse sollicitude, me g a rd a to ujours ce titre
qui m ’était si doux : « Mon enfant ». Je lu i dois
beaucoup du peu que je sais, et de revoir ici
ta n t d’anciens cam arades de tous âges, form és
à ses claires et saines leçons, je sens les larm es
prêtes à ja illir de m on cœur. O vous, qui vous
êtes inspirés des idées d’honneur, de tolérance
et de patriotism e su r lesquelles se-fondait son
enseignem ent, n ’est-ce p as que la parole forte
de M. Delibes a rm a it l’esprit et trem p ait l’âme.?
Heureuse et douce influence qui, pour la p lu ­
p a rt d ’entre nous, est restée fortifiante a tr a ­
vers les h a sa rd s et les lu ttes de la vie.
Dans un discours inoubliable qui devait être,
hélas ! le dernier, et qu’il prononçait au nom
de la Société de Géographie, à l’in au g u ratio n
de l’In stitu t Colonial. M. Delibes p u isa it d a n s
les ann ales de notre Société des raiso n s de
joie souriante pour le passé, de sereine con­
fiance pour l’avenir.
Vos légitim es espoirs, très reg retté m aître,
servent les nôtres ; votre souvenir sera n o tre
force comme votre vie agissante nous a été un
exemple, et votre âm e im m ortelle, to u jours a s­
sociée aux pensées de nos âm es, sera p a rtic i­
pante de nos efforts. E t si nos volontés peuvent
réaliser encore quelque bien et se rap p ro ch er
davantage du but que vous m ontriez, ce sera
p a r la collaboration intim e de votre im péris­
sable souvenir.

M. P. Desbief. président de la Chambre de
Commerce et de l’Institut Colonial, président
honoraire de l’Alliance Française, s’est
exprimé comme suit :
M e s sie u r s ,

Au nom de la Cham bre de Commerce, au nom
de l’In stitu t Colonial et de l’A lliance française,
je viens, le cœ ur serré, rendre u n suprêm e
hom m age à la m ém oire de M. E rn est Delibes,
dont la m ort m et en deuil la cité to u t entière.
La h aute personnalité qui d isp a ra ît s’im po­
sait à l’estim e et à l’a d m iratio n de tous p a r la
d roiture de son caractère, p a r la ferm eté et le
libéralism e de ses convictions comme p a r son
culte passionné po u r le v rai et pour le bien.
Ce,que fut le b rillan t u n iv ersitaire, le g ran d
p hilanthrope, le fervent m utualiste, d’au tres le
diront.
t
M ais l’obligation échoit à un denses anciens
élèves — qui conservera le souvenir reconnais­
sant des tém oignages d’am itié qu’il a bien
voulu lui donner — de proclam er ici que le
M aître vénéré était, av an t tout, l’homme du
devoir.
Le devoir ! M. E rn est Delibes en av ait une
conception si élevée qu’il n ’h ésitait jam ais à
m ettre sa vaste érudition, sa chaude éloquence,
son activité inlassable, au service de toute œ u­
vre a y a n t pour but, soit de reculer les lim ites
des connaissances hum aines, soit d’e n tra în e r
les esprits et les cœ urs vers un idéal de fra ­
ternité, soit enfin d’accroître le patrim oine n a ­
tional.
Aussi, fût-il des prem iers à donner son con­
cours à la fondation de l’In stitu t Colonial, où
sa place était m arquée d’avance, ainsi qu’il

�L’EXPANSION COLONIALE
av ait fa it an térieu rem en t p our l’Alliance F r a n ­
çaise et l’Œ uvre A nti-Tuberculeuse.
D ans ces assem blées, M. E rn est Delibes p re ­
n a it à nos trav au x une p a r t assidue, avec cette
expérience consommée des hommes et des cho­
ses, avec cette sûreté de jugem ent, qui don­
n aie n t à ses conseils une au to rité incontestée.
E t nous perdons en lu i u n guide p ru d e n t et
éclairé dont l’accueil é ta it to u jo u rs em preint
de la plus exquise courtoisie.
Toutefois, s’il a dirigé les efforts de tous ceux
qui, d ans n o tre ville, se sont proposé de faire
ray o n n e r au dehors l’influence française, il
s’est au ssi constitué des droits à la g ratitu d e
de nos com m erçants et de nos indu striels, p a r
sa persévérance à rép an d re, avec une compé­
tence sans égale, toutes les notions p ropres à
faire co nnaître •— au point de vue économique
— les ressources comme les besoins de l’U ni­
vers entier.
E n o rie n ta n t notre activité vers les m archés
extérieurs, il a contribué très efficacement, p a r
l’essor im prim é à nos échanges au ssi bien avec
les p ays étran g ers q u ’avec notre em pire colo­
n ial, au développem ent de la prospérité de
M arseille et l’on peut affirm er, dès lors, que
M. E rn e st Delibes a p u issam m ent aidé la C ham ­
bre de Commerce dans l’accom plissem ent du
m an d a t qui lui est confié.
Je m ’incline, M essieurs, respectueusem ent,
au nom de notre Compagnie, devant la tombe
du g ra n d citoyen qui nous a donné d ans sa vie
publique et d ans sa vie privée l’exemple de
toutes les vertus.
Que ses proches si cruellem ent éprouvés re ­
çoivent la nouvelle expression de nos profonds
regrets.
S’il peut être une attén u atio n à leu r gran d e
douleur, ils la tro u v ero n t dans l’ém ouvante
m an ifestatio n de sym pathie qui se déroule dans
ce cham p du repos et au ssi dans la consolante
espérance de l’éternel au-delà.

L E

Dégrèvement des Produits coloniaux
Lorsque fut connue la proposition de loi de
M. Paul Guieysse tendant au dégrèvement
à l’entrée en France des cafés en provenance
de nos colonies, la cinquième tendant au
même but mais la première après l’adhésion
de principe donnée par la Chambre des Dé­
putés à cette mesure le 7 mars 1905, on se
félicita de voir les représentants des intérêts
coloniaux au Parlement entrer dans une voie
de taxation saine et logique et chercher à ré­
parer dans une certaine mesure l’injustice
flagrante dont souffraient nos possessions
d’outre-mer.
Ce bon exemple devait être suivi et l’ini­
tiative de M. Guieysse n’a pas tardé à trouver
des imitateurs. M. Archambaud, député de la
Réunion, et plusieurs de ses collègues, esti­
mant que les caca s, les thés, les vanilles et
les épices de nos colonies devaient être traités
s u r le m ê m e pied que les cafés, ont rédigé un

121

projèt de loi tendant à ce que tous ces pro­
duits soient exemptés de tous droits à leur
entrée en France.
Cette exemption s’appliquerait à la quan­
tité de produits qui, pour chaque colonie,
serait déterminée annuellement par décret,
et, bien entendu,.cette quantité serait calcu­
lée sur la production totale, déduction faite
de la consommation locale. Dans la pensée,
des auteurs du projet, on éviterait ainsi d’ac­
corder la franchise à des denrées coloniales
étrangères qui, importées dans nos colonies,
pourraient être ensuite expédiées en France.
D’ailleurs, l’article 4 de la proposition décide
que « les colonies bénéficiaires ne pourront
importer chez elles des denrées pour lesquel­
les elles jouiront de l’exemption de droit à
leur entrée en France », clause, à notre sens,
fort discutable ; car le système des crédits
permettrait de ne pas y recourir. Rappe­
lons, enfin, qu’un très léger droit de statisti­
que (0 fr. 50 par 100 kilos) serait établi sur
les produits dégrevés.
Telle est la base de ce projet. Il ne s’appli­
que pas au poivre, qui a donné lieu, on le
sait, à certaines difficultés, d’où sa mise hors
détaxe.
Constatons tout d’abord que les denrées
dont il s’agit (elles sont mentionnées au ta­
bleau E du tarif général des Douanes) sont
soumises depuis 1892 au régime du demidroit. Les cafés coloniaux paient actuelle­
ment à leur entrée en France 58 francs, alors
qu’ils ne paient que 50 francs en Allemagne,
35 fr. 55 en Angleterre, 10 francs en Belgique
et 3 fr. 50 en Suisse. Les vanilles, qui sont
frappées en France d’un droit de 208 francs
ne paient en Allemagne que 62 fr. 50, en
Suisse 15 francs et rien en Angleterre. Sur
les cacaos, les proportions sont à peu près les
mêmes sauf- pour la Suisse ou le droit n’est
que de un franc par cent kilos. ,
De sorte que le Français ne consomme à
peu près que 2 kilos par tête de cafés, tandis
que le Hollandais en consomme 13. C’est
nous priver bénévolement d’un aliment de
première nécessité, d’un stimulant entre tous
recherché et recommandable. Nous sommes
inondés de chocolats suisses'et c’est dans les
Etats-Unis — où elles entrent en franchise, ■
—
que les vanilles françaises trouvent leur plus
importants débouchés. Quant aux cacaos,
leurs prix élevés de revient mettent en valeur
des résidus dont la consommation est plutôt
nuisible et, de ce côté encore, nous aurions
tout à gagner à l’entrée en franchise de la
production coloniale.
On pourrait à l’infini multiplier les exem­
ples établissant la disproportion qui existe
entre les droits dont nous frappons les pro­
duits de nos colonies et ceux qu’ils acquittent
à l’entrée sur les territoires . étrangers.
C’est ce qu’a fort clairement établi M.
Archambaud dans son exposé des motifs.
Résumons brièvement les . arguments qui
viennent à l’appui de sa proposition.

�122

L’EXPANSION COLONIALE

Le dégrèvement ouvrant à nos colonies le
marché national, serait pour elles une source
de bénéfices qui augmenteraient leur richesse
et leur faculté d’achat et diminueraient les
sacrifices que nous sommes obligés de faire
pour leur administration ou leur défense mi­
litaire. La diminution qui .résulterait pour le
budget de ce dégrèvement se trouverait de ce
fait presque compensée.
Actuellement, les colonies ne fournissent
qu’une faible portion des produits exotiques
qui entrent dans la consommation métropo­
litaine ; et c’est à l’étranger que la France
achète le 98 1/2 % de certaines des denrées
que son territoire colonial, mis en valeur,
serait à même de lui fournir.
C’est là une autre conséquence de la loi
douanière de 1892 : les colonies achètent beau­
coup plus à la France qu’elles ne lui vendent.
Et, bien plus, certaines d’entre elles se sont
appauvries et la cherté de la vie y a augmenté
du 10 % au moins. Exemple : par le fait de
ce renchérissement, conséquence du même
régime douanier, nous avons accordé aux
quatre colonies de la Martinique et de la
Guadeloupe, de La Réunion et de la NouvelleCalédonie, une détaxe de 1 million, quand
elles ont eu à supporter une majoration de
prix de plus de 4 millions sur leurs achats s’é­
levant à 45.840.950 francs.
‘Nous disions plus haut qu’il y avait injus­
tice à continuer de traiter les colonies sur le
pied actuel. Cette injustice est flagrante. On
a paru vouloir leur faire payer en 1871, lors­
que le régime actuel a succédé à la taxation
raisonnable de l’Empire (20 fr. par 100 kilos
de cacaos) la faculté dont elles usaient lar­
gement de se livrer ,à d’importantes transac­
tions avec l’Etranger, ce qui était en somme
leur droit indiscutable. Et d’ailleurs, pou­
vait-on empêcher le commerce colonial de se
développer en raison d’affinités géographi­
ques ou économiques beaucoup plus que se­
lon des règles tracées de loin ? Les tarifs
susceptibles de comprimer un développement
sont impuissants à le provoquer et à l’orien­
ter dans un sens déterminé.
Mais, il faut bien le constater, la question
du dégrèvement des produits coloniaux est
surtout une question budgétaire. Or le sacri­
fice que ferait la métropole en abandonnant
les droits actuellements perçus serait loin
d’être aussi considérable que l’avancent les
adversaires du projet. On s’est livré à
des calculs très exagérés à ce sujet. Et
puis, qu’est ce sacrifice si on le compare
à l’amélioration très notable du marché
colonial et par conséquent à l’augmentation
du trafic avec la- métropole qu’entraîne­
rait le dégrèvement? En effet, la con­
sommation de certaines des denrées dégre­
vées s’accroîtrait très rapidement en Fran­
ce, et le dégrèvement permettrait aux colo­
nies de vendre des quantités beaucoup plus
importantes de produits et d’enrichir par no­

tre commerce, des marchés qui, en l’état, ten­
dent à s’appauvrir. Ce serait pour nos colo­
nies la réparation d’un injustice, le remède
à des misères imméritées et la certitude d’une
honorable prospérité.
Puisque nos colonies sont soumises au
tarif général, elles sont considérées comme
des départements français et, comme tels,
elles doivent bénéficier des avantages dont
jouissent tous les départements français.
Même, comme nous venons de le dire, s’il
doit en résulter une perte pour le Trésor, car
cette perte sera rapidement compensée par
le surplus de prospérité que nos colonies y
trouveront, surplus de prospérité qui aura
son contre-coup immédiat et efficace dans la
prospérité générale du pays.
Il suffit de parcourir les divers rapports et
articles envoyés des colonies, depuis que cette
question capitale est à l’étüde, pour se rendre
compte de l’intérêt avec laquelle on la suit et
des vœux que l’on forme pour qu’elle soit
solutionnée dans un sens favorable à la cul­
ture coloniale.
Les colonies françaises, aujourd’hui, de­
mandent à être exonérées de tous droits, sauf
un droit de statistique sur-leurs cafés, parce
que, disent-elles, le régime douanier actuel
assimile celles de nos possessions qui pro­
duisent du café au territoire national ; et que
payant toutes choses au taux renchéri où les
met le tarif général, il est équitable qu’elles
profitent, par leur production, de l’avantage
réservé à ce qui naît sur le territoire natio­
nal : la franchise des droits de Douane. Cette
thèse a été admise par le Congrès colonial de
Marseille. Cette décision prise par une
assemblée comprenant les autorités les plus
qualifiées en matière coloniale, mérite d’être
citée.
Mentionnons plus particulièrement un
vœu de la Chambre de Commerce de Nouméa
et une pétition des habitants de la NouvelleCalédonie demandant la détaxe des cafés
coloniaux français. Dans la Nouvelle-Calé­
donie 47.000 hectares pourraient être affectés
à cette plantation. Le café calédonien com­
mençant à être avantageusement connu sur
les marchés de France, si la métropole vou­
lait aider les colons en leur accordant la dé­
taxe, les plantations prendraient rapidement
une extension dont profiteraient la colonie
et par suite la France son principal fournis­
seur.
« Français comme nos frères de la métro« pôle, disent les pétitionnaires, nous deman« dons à jouir des mêmes avantages qu’eux.
« Car, en effet, si nous nous sommes volon« tairement expatriés pour aider par nos
« efforts au développement du prestige et de
« la richesse de la France, si nous n’avons
« pas hésité à sacrifier nos capitaux, notre
« temps et souvent notre santé, c’est que nous
« avons cru pouvoir compter comme nous y
« comptons encore, malgré tout, sur l’appui

�123

L’EXPANSION COLONIALE

« de notre gouvernement et sur celui des
« Pouvoirs publics, repoussant par cela
« même toute idée d’être traités en demi« étranger comme on le fait, en taxant nos
« cafés à demi-droit.
« La France peut compter sur le loyalisme
« de ses colonies. Ne doit-elle pas de son côté
« faire tous ses efforts pour renforcer le lien
« qui les rattache à*elle, et supprimer les
« mesures qui, comme celle qui nous occupe,
« ont incontestablement un caractère flagrant
« d’injustice. »
Cette injustice est d’autant plus, pénible
aux Néo-Calédoniens que la population blan­
che libre dans cette colonie s’est accrue dans
des proportions inusitées et par contre coup
s’est accru aussi le chiffre des électeurs. De
3.700 en 1885, les colons français étaient 12.253
en 1901 et les électeurs, de 1.562 en 1890, ont
atteint le nombre de 2.760 en 1906. Et cette
proportion ira en augmentant, si l’on s’en
rapporte à là liste de recrutement militaire
des jeunes Calédoniens. Ces chiffres ont été
donnés au moment du dépôt de la proposi­
tion Guieysse. Depuis ils ont peut-être fléchi
par suite de la crise que traverse la Nou­
velle-Calédonie et il ne serait que temps
d’aviser. C’est surtout la culture du café
qui avait déterminé ce.tte augmentation
de population, et si l’on veut assurer l’a­
venir de cette génération, il faut lui offrir les
moyens de trouver dans la culture la sub­
sistance nécessaire aux nouvelles familles
qui se créent.
Ce qui précède peut, avec des variantes de
détail, s’appliquer à toutes nos colonies. L’u­
nanimité des sentiments manifestés par les
Chambres consultatives tend à ce que la
France cesse de traiter en étrangers ceux de
ses enfants qui s’expatrient pour augmenter
son prestige et sa richesse.
Concluons donc avec M. Archambaud et
ses collègues que si les raisons d’ordre budgé­
taire qui ont fait jusqu’ici maintenir ce régi­
me ont leui; importance, elles ne doivent pas
prévaloir contre la nécessité de plus en plus
pressante de favoriser l’exploitation agricole
de nos colonies et le développement de leurs
relations commerciales avec la métropole..
Souhaitons que cette réforme d ’une partie
de notre régime douanier colonial aboutisse
le plus tôt possible. N’est-elle pas soule­
vée depuis longtemps ? N’a-t-elle pas fait na­
guère — et nous pourrions encore remonter
plus loin — l’objet d’une proposition de M.
Le Myre de Villers ? M. J. Charles-Roux,
dans son rapport sur la participation du mi­
nistère des Colonies à l’Exposition de 1900,
ne lui a-t-il pas consacré des pages remar­
quables :
« La France, nous disait-il, en substance,
« ne trouve dans ses colonies qu’un débouché
« très médiocre ; d’autre part nos colonies
« ne fournissent à la métropole qu’une fai« ble portion de son approvisionnement en

« produits exotiques, alors qu’elles en ex« portent une grande quantité sur les mar« chés étrangers. Certes, il ne faut pas que
k nos colonies voient dans la France un dé« bouché unique et obligatoire. Mais il fau« drait, au moins, que ce débouché soit com« plétement ouvert à leurs produits. Il faut
« aussi augmenter la faculté d’achat de nos
« colonies, c’est-à-dire développer à la fois
« leur production et leur exportation. En
« établissant les rapports commerciaux de
« la France avec ses colonies sur la base de
« la réciprocité, les colonies nous vendront
« davantage et, du même coup, nous achète« ront davantage. »
Nous ne pourions terminer cet exposé for­
cément succint d’une question aussi com­
plexe et aussi brûlante sur une affirmation
plus décisive et un témoignage plus autorisé.
A. G.

C H R O N IQ U E
I n t é r e s s a n t e s visites.

Le 6 avril, M. Richard, ancien gouverneur
de la Guinée, gouverneur de la Nouvelle-Ca­
lédonie et haut-commissaire de la Républi­
que Française dans les établissements du
Pacifique et M. Noufflard. gouverneur des
Colonies, commissaire-résident de la Répu­
blique Française aux Nouvelles-Hébrides, à
la veille de s’embarquer pour rejoindre
leurs postes respectifs, ri’u nt pas voulu quit­
ter Marseille sans faire une visite à l’Insti­
tut Colonial Marseillais.
Accueillis par M. le Président Desbief,
par M. le Dr Heekel et par M. Dufay, viceprésidents, ainsi que par M. Bohn et
M. Artaud pour les institutions connexes, ils
ont parcouru très minutieusement les mu­
sées commercial et colonial dont ils ont loué
la parfaite ordonnance ; ils ont visité tour à
tour les divers services de l’Institut, puis la
Société de Géographie, l'Alliance française
et le Syndiçat des Exportateurs, recueillant
sur place nombre de renseignements inté­
ressants pour eux. Ils ont témoigné à diver­
ses reprises l’agréable surprise que leur cau­
sait le développement de l’Institut et félicité
M. le Président de cette organisation si com­
plète et si intéressante. Ils se sont retirés en
nous assurant de leur concours absolu.
—IS—
B a o b a b s , f r o m a g e r s et m i m o s a s .

Nous avons reçu de M. Lucien Hubert,
avec prière de l’insérer, la lettre suivante
qu’il a adressée à M. le Dr Heekel, en répon­
se à la note parue dans notre dernier nu­
méro :
Cher M onsieur,
Je lis à l’in sta n t votre article du 1er av ril

�124

L’EXPANSION COLONIALE

dans l'Expansion Coloniale. Je ne sais p as du
villon de Flore. L’Afrique Occidentale de
to u t ce que signifie cette histoire. Je n ’ai jam ais
son côté, n’aura qu’à gagner à un déplace­
lu à la Sorbonne la lettre dont vous parlez. Je
ment accompli dans un esprit d’initiative et
n ’y ai jam ais ten u le lan g ag e que vous me
de méthode à tous égards louable,
prêtez. Et je regrette que vous n ’ayez p as p ris
-ia soin av an t d’écrire les lignes un peu vives doht i
il s’agit de me consulter su r les faits incrim inés.
A la m é m o i r e d ’un g r a n d p r é c u r s e u r .
J ’a u ra is été heureux de ra s s u re r p lein em en t
l’homme de v aleu r que vous êtes, et à l’opinion
En la petite ville de Vauvert (Gard) un
duquel j’attache la plus g ran d e im portance.
monument va être prochainement élevé au
Recevez, cher M onsieur, l’assu ran ce de mes
Marquis de Montcalm une des plus belles
m eilleurs sentim ents.
figures de notre histoire, l’héroïque défen­
Lucien H u b e r t .

M. le Dr Heckel a répondu à son tour à
M. L. Hubert en le priant de se reporter à
l’article de la Politique Coloniale du 13
mars, auquel il avait emprunté les déclara­
tions prêtées à l’honorable député. Il eut été
à souhaiter que le désaveu de M. Hubert,
dont on connaît la compétence étendue et le
haut dévouement à la cause coloniale, se
produisant plus tôt. eut évité a M. le Dr
Heckel le désagrément d’attribuer au distin­
gué député des appréciations q u i, contras­
taient vraiment par trop avec ses connais­
sances techniques et son souci bien connu
de l’exactitude.
— s

—

L e M i n i s t r e d e s C o lo n ie s... a u x C o l o n ie s .

C’est le 18 avril que M. Milliès-Lacroix
'accompagné de MM. Garpot, député du
Sénégal ; Bordeaux, directeur de son cabi­
net, et Despax, chef du secrétariat particu­
lier, est arrivé à Dakar pour visiter diverses
villes et régions de no-s grandes colonies de
l’Afrique Occidentale.
Bien que le Ministre des Colonies ait ma­
nifesté l’intention de voyager sans le moin­
dre apparat, la réception très chaleureuse
qui lui a été faite au moment où il mettait le
pied sur la terre africaine a pu. le fixer sur la
satisfaction que causait son voyage et sur les
conditions particulièrement intéressantes
dans lesquelles il allait s’accomplir. Fonc­
tionnaires, colons et, indigènes ont rivalisé
d'empressement et de respectueuses sympa­
thies envers le représentant autorisé du Gou­
vernement et c’est, malgré le peu die goût
qu’il a pour de semblables manifestations,
au milieu de véritables ovations que s’est
effectuée la première partie du programme.
Le 20 avril, le Ministre a quitté Dakar pour
Saint-Louis où il posait, le lendemain, la
première pierre de la nouvelle gare ; puis
successivement il inaugurait le premier
tronçon Thiés-Kayes à Khombol, visitait Rufisque, s’embarquait pour la Côte d’ivoire, le
Dahomey et la Guinée. Déjà, il a été reçu à
Bingerville et on l’attend ces jours-ci à Porto-Novo, Cotonou et Ouidah. De là il se ren­
dra à Conakry, au Mamon et à Kindia ©t re­
viendra le 21 mai à Dakar où il s’embar­
quera pour la France.
On voit que M. Milliès-Lacroix n’aura pas
perdu son temps, lorsqu’il réintégrera le Pa­

seur du Canada. Son inauguration coïncide­
ra avec les fêtes qui seront données, cette
année, en France et au Canada pour commé­
morer le tricentenaire de la fondation de
Québec. Aux fêtes de Québec qui auront lieu
en août, le prince de Galles représentera
l’Angleterre. A Paris, le Comité Dupleix don­
nera le 14 juin une imposante réunion à la
Sorbonne. Le Canada y sera officiellement
représenté. Le Comité Dupleix qui a pris
l’initiative de cette patriotique manifestation
y a convié les municipalités de toutes les
villes de France qui ont. joué un rôle impor­
tant dans la colonisation du Canada.
Indiquons que sur la proposition de
M. Claude Brun, le Conseil Municipal de
Marseille a voté une importante souscription
pour le monument de Montcalm.
Nous notons très volontiers ces hommages
rendus aussi bien par la France que par nos
( amis de 1’ « Entente cordiale &gt;&gt;qui ont asso­
cié dans le même tribut d'admiration Wolfe
et Montcalm, réunis par la mort au cours de
la même bataille et par l’histoire dans la
même renommée. Pouvons-nous oublier
qu’il y a au Canada deux millions de
citoyens qui ont jalousement, conservé-notre
langue, nos mœurs, nos vieilles traditions et
pourrions-nous mieux leur marquer notre
reconnaissance pour leur affection si pro­
fonde et leur mieux prouver la nôtre qu’en
immortalisant par le bronze, le héros uu’à
juste titre ils considèrent comme le leur ?
—El—

H e u r e u s e s c o n s t a t a t io n s .

Au cours de la tournée qu’il a entreprise
dans les trois provinces, M. Jonnart a été
amené, dans un discours officiel prononcé à
Constantin©, à constater quelle progression
satisfaisante accusaient les derniers chiffres
recueillis par le Gouvernement général de
l’Algérie.
Notons les plus concluants :
En 1831, le commerce général de l’Algérie
n’atteignait pas 8 millions. En 1860, il s'éle­
vait à 237.687.000 francs. En 1880, à 426 mil­
lions 326.000 francs. En 1900, il atteignait
556 millions de francs, et en 1907, 820 mil­
lions de francs.
Dans ce dernier total. Fimportation repré­
sente 461 millions ©t l’exportation 359 mil­
lions.

�125

L’EXPANSION COLONIALE
Les exportations par rapport aux constata­
tions correspondantes de l’année 1906, pré­
sentent une augmentation de 55.813.000
francs.
En remontant seulement à dix ans, pour
les recettes des chemins de fer, alors que
toutes les lignes actuelles étaient ouvertes,
sauf celle d’Aïn-Sefra à Beohar, l’ensemble
donnait comme recettes, 23.260.000 francs.
En 1906, elles atteignaient 38.706.000 francs.
En 1907, elles dépassent 40.000.000 accusant
ainsi une augmentation de plus de 72 % en
dix ans, bien que l’unification des tarifs de
petite vitesse, réalisée depuis dix-huit mois
à l'exception d’un réseau, se traduise par un
bénéfice pour le public de 1.100.000 francs.
Tout commentaire affaiblirait cette cons­
tatation. Au moment même où M. Jonnart
en tirait, à Constantine, les conclusions na­
turelles, un article très remarqué du Temps
faisait ressortir que le montant dès affaires
de notre Afrique du Nord atteignait cette an­
née, à peu de chose près le milliard. Notre
confrère saluait dans ce chiffre la réalisation
des espérances que Prévost-Paradol expri­
mait il y a quarante ans, quand il parlait de
la possibilité de créer une « autre France '»
de l’autre côté de la Méditerranée. Nous ne
sommes pas allés à ce .but d’un pas bien dé­
cidé. Que de tâtonnements, que d’hésita­
tions et que de périodes de découragement
dans la marche de notre établissement en
Afrique ! Que de gens ont déclaré l’œuvre
impossible, et que de fois l’opinion a été
près de les écouter ! Grâce aux trésors d’ini­
tiative — si méconnus — qui existent dans
notre race, elle ne s’en accomplit pas moins.
Et maintenant, les faits commencent à en
montrer la, portée. Avec ce commerce annuel
d’un milliard, nos possessions d ’Afrique vont
prendre rang parmi les grands pays produc­
teurs du monde.
D’autre part., 800.000 Européens, sinon tous
Français, du moins parlant tous notre lan­
gue y vivent sous nos lois. C’est un complé­
ment d’hommes et de richesses considéra­
bles- que l’Afrique du Nord peut aujour­
d’hui fournir à la France. Le rêv-e est devenu
réalisation et oe-tt-e réalisation apporte dans
la vie nationale un appoint nouveau de gran­
deur et de prospérité.
A. G.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M é tro p o le
D élimitations.-- Loi du 28 février 1908 p o rta n t
approbation d’un a rra n g e m en t conclu à P a ris
le 18 septem bre 1907 entre la République f r a n ­
çaise et la République de L ibéria p our fixer
définitivem ent les lim ites des possessions fra n ­
çaises et des te rrito ire s de Libéria.
Protocole franco-allem and signé à B erlin le
9 avril 1908, délim itant à nouveau les posses­

sions françaises du Congo et la colonie alle­
m ande du Cameroun.
Algérie. ----- Loi du 28 février 1908, au to risan t
l’Algérie à contracter un em p ru n t de 175 m il­
lions de francs, destiné p rin cipalem ent aux
trav au x publics.
Loi du 21 m ars in corporant au réseau d’inté­
rêt général la ligne de chem in de fer d’intérêt
local d’O ran à Arzew.
Décret du 10 a v ril ap prouvant les conven­
tions accordant l’am odiation, à la Société d’é­
tudes de l’Ouenza, du canton de Djebel-Ouenza
de la forêt dom aniale des Ouled-Sidi-Yahiaben-Thaleb (D épartem ent de C onstantine), avec
faculté d’exploiter les richesses m inières que
renferm e ce canton, sous réserve de la conces-i
sion d’un chem in de fer de Bône-Ouenza.
Décret du 10 février, p o rta n t concession des
m ines de fer de B aroud, com m une de Beni-Saf
(Oran).
Congo. — Décret du I e*' av ril fixant à 50.000
kit. la quantité de café et à 25.000 kil. la q u an ­
tité de cacao, originaires de la colonie (Bassin
conventionnel du Congo) à adm ettre en F r a n ­
ce au bénéfice de la détaxe p en d an t l’année
1908.
Madagascar. — Décret du 9 avril, ra tta c h a n t
la colonie de M ayotte et les îles et protectorats
qui en dépendent au G ouvernem ent général de
M adagascar en conservant son autonom ie ad­
m inistrative et financière.
Nouvelle-Calédonie. — D écret du 25 m ars
m odifiant le régim e des m ines de la colonie.
Saint-Pierre eti Miquelon. — Décret du 1er
m a rs re n d a n t applicable à la colonie le décret
du 13 jan v ier 1908, relatif aux m esures de sé­
curité et d’hygiène auxquelles est subordonné
le droit aux prim es d’arm em ent à la grande
pêche.

Colonies
Tunisie. — Décret beylical de m ars 1908 con­
cédant à la Cham bre de commerce de Bizerte
le droit d’ouverture et d’exploitation de M aga­
sins généraux dans cette ville.
Afrique Occidentale. —- A rrêtés du Gouver­
n eu r général, du 2i février, in te rd isa n t la
coupe des arbres dans les forêts et bois de la
colonie du Sénégal et du territo ire de la M au­
ritan ie, sans un perm is d’exploitation du lieu­
tenant-gouverneur ou du com m issaire du Gou­
vernem ent.
A rrêté du 23 février créant, à la Côte d’ivoire,
un bureau des douanes à A bidjan, ouvert, à
com pter du 1er jan v ier 1908, à toutes les opé­
rations d’entrée et de sortie, d’entrepôt et de
tran sit.
Madagascar. — A rrêté du G ouverneur géné­
ral, du 28 janvier, réglem entant la circulation
des substances m inérales au tres que les m étaux
précieux et les p ierres précieuses.
A rrêté du 15 février p o rta n t réo rg an isatio n
des services de l’exploitation du chem in de fer
de T an an ariv e à la Côte Est.
A rrêté du 21 février p o rta n t o rg an isatio n du
service de la colonisation, sous la direction de
M. Carie, ingénieur agronom e, agent technique
| des am éliorations agricoles du M inistère de

�126

L’EXPANSION COLONIALE

l’A griculture m is à la disposition du gouverne­
m ent de M adagascar, avec au to rité su r : 1° Les
services de culture ; 2° Le service vétérin aire,
des h a ra s et de l’élevage ; 3° Les forêts ; 4° Les
statio n s agronom iques et ja rd in s d’essai ;
5° L a statio n de séricicu ltu re et de filature ;
6° L’atelier-école de ta n n e rie ; 7° Les services
placés dans les a ttrib u tio n s du troisièm e bu­
re a u (2e section), à l’exception de la police sa ­
n ita ire et de l’in scrip tio n m aritim e ; 8° L a mé­
téorologie agricole.
A rrêté du 24 février définissant les sept cir­
conscription m inières.
A rrêté du 26 février fixant les règles de déli­
m itation et de bornage du dom aine public à
M adagascar.
A rrêté du 7 m ars acco rd an t la concession du
monopole de la pêche des h u ître s perlières,
perles, nacre, am bre, corail, éponges, su r les
côtes de M adagascar, s’éten d an t depuis l’em­
bouchure du M angoky, a u Sud, ju sq u ’à l’em ­
bouchure de la Sofia exclusivem ent, au Nord.
Saint-Pierre et Miquelon. — A rrêté de l’Ad­
m in istra te u r des Iles, du 7 m ars, d écidant que
to u t vapeur affecté au tra n s p o rt des m arin s
pécheurs de F ra n c e à S ain t-P ierre et M iquelon
a u ra à acq u itter p a r to n n eau de jauge nette,
u n d roit de n av ig atio n ré d u it de 3 fran cs à 0.50,
lorsqu’il rem p lira les conditions suivantes :
&lt;i Le prix du passage de chaque pécheur ne
devra p as excéder 90 fran cs. Le v ap eu r ne
p o u rra faire aucune opération com m erciale
dans les eaux te rrito ria le s de la colonie. Il
devra tra n sp o rte r g ratu item en t tous les b a g a ­
ges des p assagers, et, p a r équipage rég u lière­
m ent constitué au départ, q u atre tonneaux de
provisions au m axim um . La taxe é ta n t an n u el­
le. la Compagnie qui a u ra it effectué, à l’aller,
un voyage dans ces conditions, se ra it exonérée,
au reto u r, de to u t droit si le v ap eu r affecté à
cet emploi, s’é ta it conform é aux mêmes obliga­
tions. Les a rm a te u rs qui a ssu re ra ie n t le tra n s ­
p o rt de re to u r bénéficieraient de la taxe réduite
de 0 fr. 50 comme ils en a u ra ie n t profité p our
l'opération inverse. »
J. L.

b u lan t de p lan tatio n s d’essences à caoutchouc,
qui sera assuré p a r un agent hors cadre du per­
sonnel des affaires indigènes, désigné p a r le
Lieutenant-G ouverneur de la colonie. L’agent
chargé du service se tra n sp o rte ra au p rès des
chefs les plus expérim entés en fa it de cultures,
leu r p o rte ra des graines, boutures ou m arcottes
d’essences à caoutchouc, exam inera avec eux
le m oyen le m eilleur d’en assu re r la réussite et
suivra leu rs tentatives.
Les indigènes qui au ro n t réussi à p lan ter des
essences à caoutchouc disposeront à le u r gré
des produits de leurs p lan tatio n s et conserve­
ro n t en toute propriété les te rra in s ain si m is
en valeur, à raiso n d’une superficie quintuple
de celle plantée, celle-ci y comprise. Le L ieute­
nant-G ouverneur po u rra, dans la lim ite des
prévisions budgétaires, accorder des prim es
aux chefs qui a u ro n t le m ieux réussi des p lan ­
tations d’essences à caoutchouc.

VIE ECONOMIQUE DES COLONIES

Le 5 m ai 1908, à P a ris, à 3 heures du soir
(salle des séances de la Commission des m a r­
chés. Office Colonial, Palais-R oyal), il sera
procédé à l’ad ju d icatio n de la fo u rn itu re de
W agons destinés an Chemin de fer de la Gui­
née française.

A g r ic u ltu r e . — C om m erce.
In d u str ie . — M arine.
La colonisation en Tunisie. — Le dom aine de
Sidi-bou-Hadid, situé à quinze kilom ètres de
Bizerte su r la route de M ateur, vient d’être ac­
quis p a r la D irection de l’A griculture p o u r être
m orcelé au profit de la colonisation. On procè­
de au lotissem ent de l’enchir en six lots de cha­
cun cent hectares environ, su r lesquels s’in sta l­
leront bientôt six colons fran çais. De plus en
plus nom breux sont les colons ag ric u lte u rs qui
s'établissent dans la région bornée p a r Bizerte,
F erryville et le Sedjenan.
Le caoutchouc dans l'Oubanghi.— M. le Com­
m issaire général du Congo a décidé la création
dans l ’O ubanghi-C hari-Tchad d’u n service am ­

Les céréales à Madagascar. — C oncernant la
culture des céréales, les régions d’A ntsirabé et
de Bétafo donnent à leu rs p ro duits une r i­
chesse alim entaire supérieure à ceux des terre%
les m eilleures. Dix h ectares livrés en 1906, dans
le district de Bétafo, à la culture du blé ont
donné 15 tonnes d’excellents grains, consom­
més presque exclusivem ent p a r les boulangers
d’A ntsirabé. Or, T an an ariv e reçoit sa farin e de
la Métropole et en consomme journellem ent 650
à 700 kilos. La farin e su iv an t le cours et la
qualité, v au t de 75 à 90 fran cs les 100 kilos. Le
cours du blé à Bétafo varie de 17 à 20 francs.
De source autorisée, on peut dire qu’il est pos­
sible d’affecter, dès a u jo u rd ’hui, à la culture
des céréales dans cette région, 450 à 500 h ecta­
res. Les cours b aisseraien t devant une produc­
tion plus abondante, et si les efforts des colons
encouragés p a r l’A dm inistration s’o rientaient
dans cette voie, il en ré su lte ra it u n progrès
économique très favorable à la colonisation.

A v is

d ’A d j u d i c a t i o n s

— Le 26 m ai 1908, à P a ris, à 3 heures du soir
(salle des séances de la Commission des M ar­
chés. Office Colonial. Palais-R oyal), il sera p ro ­
cédé à l’ad ju d icatio n de la fo u rn itu re d’un
Bateau Baliseur destiné au service du Gouver­
nem ent Général de l'Afrique Occidentale.
Les personnes qui a u ra ie n t l’intention de
concourir p o u rro n t p ren d re connaissance du
cahier des charges à l’In stitu t Colonial M arseil­
lais.
— Le public est prévenu que le concours qui
devait avoir lieu le 28 av ril 1908 pour l’en tre­
prise de l’adduction, à Saigon, des eaux du
Donaï est ajournée.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

Fr.
E M P R U N T S C O LO NIAU X
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
462 50
( g a r .) ...............................
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
426 50
3 o/o 1902, r. à 500 f r . .
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
472 —
3 1/2 o/o 1903, r. à 500.
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
78 50
( g a r .) ...............................
81 —
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
90 70
— Em. 3 o/o 1903 gar.)
94 —
465 — Indo-Chine, cliem. de fei o b i. 473 —
3 1/2 o/o, 1899................
—
—
418 75
—
obi. 3 o/o 1902.
480 — E m prunt Algérien, 3 o/o 1902,
437 50
obi. r. à 500 t. p .............
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 l/2 o /o
968 —
1897................... ...............
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
965 —
1895..................................
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
458 —
3 1/2 o/o 1898................
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
461 50
3 1/2 o/o 1901 ...............
460 —
492 50 Col. de la Martinique . . .
Afrique Occidentale, 3 o/o 1903,
470 —
454 —
obi. rem. 500 (g a r.)___
515 —
G42 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
B A N Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Ci0 A lgérienne, act. de 500 t. p.
939 —
500 — Créd. Fonc. et A gric. d A lg .,
acl. de 500 (250 p. n o m .).. . .
485 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p .........................• ........... 1388 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.)......................
255 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.

( n ) ......................................... ...............

500 — Banque de la M artinique, 500
t- P- (n.) ..................................................
500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n )............... ---------------------Divers Banque de l’Indo-Ghine, act.
de 500 (125 p.
500 — Banque de l’Afrique Occiden670 taie, act. de 500 (125 p. nom.).
500 Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1225 —
500 Crédit Foncier Colonial, act.
45 —
de 500 t. p ...............................
Crédit Foncier Colonial, obi.
420 —
5 o/o 420 ...................................
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
85
5 o/o 350...................................
CH E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T COLONIAUX
068 —
Cic Bône-Guelma, a. r. à 600..
500 421 /--— o b i. 3 o/o i’. à 500.
Divers
714 —
Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
500 —
obi. 3 o/o r.. à 500 428 50
Divers
650 —
Ouest Algérien, act. r. à 600..
500 obi. 3 o/o r. à 500 421 —
Divers
- — Ain Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
520 50
rem . à 500

127

340 — M écheria-A ïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500.. .............................
416 —
— — Mouzbah-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
428 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
420 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan , act. 500,
250 fr. nom ................................................
438 50 Obi. priv. 3 o/o, rem. à 500 lib.
417 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650.................
901 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi. 3 o/o r. à 500 365 50
413 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.........................
422—
V A L E U R S M IN IÈ R E S

_ _ Charb. du Tonkin, act. de 250
430 _
500 _
477 50
— —
500 —
Dive ■s

445 —
— —

100 —
454 50
500 —
------

t. p ..................
1505 —
Charb. du Tonkin, obi, 5 o/o
rem à 500....................................
500—
Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ................................
465 50
Algérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500...........
459 75
Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .......... ..............................
518—
Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1590 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ...................................... 4515 —
Le Nickel, act. de 250 t. p .........
637 —
—
obi. 4 o/o rem. à 500. 503 —
Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
75 —
Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p ........................................
126Pho phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500....................................
496—
Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3900 —
Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ... 3692 —

V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale................. (actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale............... (actions nouvelles).. 2200 —
C*&lt;= M arseillaise de M adagascar ............
465 —
M essageries Fluviales de C o c h i n c h i n e . -----Alim a.............................................................
130 —
Alimnienne....................................................
230 —
Congo occidental........................................
250 —
H aut Congo (Compagnie française du)..
496 —
Haute Sangha..............................................
106 50
Haut-Ogôo u é ................................................
830 —
La Kolto.................................. * ..................
750 —
Lobay................................
85 —
M essageries Fluviales du Congo...........
219 —
Sultanats du H aut-O ubangui................
925 —
Sociétés des mines de la Haute Guinée :
act. 329; parts .........................................
330 —
Compagnie minière de Guinée : act. 490 ;
p a r t s ..........................................................
450 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
311 ; p a rts ..................................................
306 —
Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Imprimerie du “ Sémaphore” Barlatier.— Marseille.
17-19, rue Venture.

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D é p a rts

de M a r s e ille
DATES DES D ÉPA R TS

DE MARSEILLE

A lgé rie
Départements

»
»

d’Alger et d’Oran. Voie do Marseille, Cic Gln Trans.
»
T ransp.M ar.
d’Alger .............
»
T o u a c h c ....
d’Alger et d ’Oran. Voie de Port-V endrès.............
))

»
«

..........

Voie deM arseille, Cic Gl8Trans.
»
T ransp.M ar.
»
Cip G,c T rans.
de C o n stan lin e..
...............

))

0
»
»

))
))
»

))
»
))

T u n i s i e ......................
I n d o - C h i n e .....................
A f r i q u e O c c i d e n t a le
F ra n ç a ise
S é n é g a l ...........................
D jibouti, M a d a g a s c a r ,
R é u n i o n et M a u r i c e
D jib o u ti, M a j u n g a . . . .
N o u ve lle -C alé d o n ie
et N o u v e l l e s - H é b r i d e s
In d e F r a n ç a i s e ...........
G u ad e lo u p e
et M a r t i n i q u e
G u y a n e F r a n ç a i s e ...

(
T ah iti
St-P ie rre -M iq u e lo n

»
))

T ransp.M ar.
T o u ach e. . . .
»
CieGle Trans.
»
Cie Touache.
.
.
.»
Ciu des M. M.
Voie de B rindisi, paq. Anglais.
Voie deMarseille, G1'F ra is s inet
))
))
Voie de Bordeaux, Cie des Cliarg. Itéiiu.
Voie deMarseille, T ransp. Mar.
Voie deBordeaux à Lisbonne, Ci" des M.\ M.
Voie deM arseille,
»
»
»
»
Cic H avraise
»
Cic des M. M.
Voie de B rindisi, paq. Anglais.
Voie de N ap les,p aq. A llem an d..
Voie de Marseille, C!e des M. M.
Voie de B rindisi, paq. Anglais.
Voie de St-Nazaire, CieGle Trans.
Voie de Bordeaux,
»
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
Voie de St-Nazaire, C'1'Glc T rans.
Voie d’A m sterdam , paq. N é e r l..
Voie de C herbourg, paq. Anglais.

Mercredi, Sam edi.........
M ercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Dim anche ................
V endredi...................
Jeudi et Sam edi___
M ardi.........................
M ardi.........................
S am ed i................... •.
Dim anche ...............
Lundi et S am ed i. . .
J e u d i.........................
Lundi et V endredi..
M ercredi...................
S am ed i.....................
Lundi,

Un dim . sur dent à p. du 6 janr.
Vendredi ap. d, de Marseille . .

12 de chaque mois.
V e r s l e 2 0 (le chaque mois.

24 de chaque m ois.
20
»
te Jeudi, 1.1.1 i jours à p . du 4 janr.

10 de chaque mois
25
»
V e r s l e 2 0 de chaque m ois.
On dim. sur quatre à p. du 20 janv.

Chaque Vendredi .

DERNIÈRE LEV ÉE

DÉPA RTS

DE LA BOITE DES BATEAUX
11 h. m at.
31i. 10 soir.
3 h. 10 soir.
5 h. 20 mat.
5 h. 20 mat.
3 h. 10 soir.
3 li. 10 soir.
3 h. 10 soir.
10 li 30 m
10 h. 30 m.
3 h. 10 soir.
10 h. 30 m.
10 h . 30 m.
11 h. m at.
3 h. 10 soir.
10 h. mat.
10 h. soir.
10 h m at.
10 h. m al.
6 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
6 h. 20 soir.
10 h. m at.
10 h. mat.
mat. ousoir.
10 h. m at.
10 h. soir.

Tous les 28 jours à p. du !) déc. l’a r.-re ille lO li.s.
On Mercredi s u r i à p. du 16 janr. 10 h. m at.

Vendredi a p .-m id i. 10 h. soir.
9 de chaque m o is .. l’aTant-Teille soir.
»
26
»
Le Mercr., 1.1.14 jours à p .du 4 déc.
»
9 de chaque m o is ..
. »
V e n d r.,t.l.14 jours à p .d u H jan r.
»
Le M ercr., 1 .1.14 jours àp.du 4 déc.
))

1 h. s o i r ..
6 h. s o i r ..
6 h. soir .
6 h .l5 m a t.
6h. 15 mat.
5 h. s o i r ..
5 h . s o ir..
5 h . s o i r ..
m id i.........
m id i....
6 h. s o i r ..
midi .......
m id i.........
1 h. s o i r ..
7 h s o ir..
11 h. m at...
—
m id i.........
m id i... .
—
m id i.........
—
11 h. m at..
11 h. mat..
—
11 h. mat..
1 1 h. 36 s.
—
11 h . m at.
—
—
—

—
—
—

1 Voie Le H avre et C herbourg
p a r N ew -Y ork
J

A r r i v é e s à M a r s e il l e
A lgé rie :

Alger.................................
Constanline p ar Philippcville et B onc......... ..
O ra n .................................

Lundi, Mardi, M e rc r.,V e n d r., Dira.

T u n i s i e .....................

M ercr., V end., D im .
Ligne de l’Indo-Chine,
tous lès 14 jo u rs.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
Tous les 28 jo u rs.
Chaque Samedi.

Ind o-C h ine
N o u v e l l e - C a l é d o n i e ..

Voie de B rin d is i..........

Mardi, Jeudi, Samedi,
lu n d i, Mercredi, Jeudi, Samedi.

R é u n io n , M adagas­
c a r et D j i b o u t i . .
G u ad e lo u p e, M a r t in i­
que, G u y a n e :

Voie
Voie
Voie
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de Saint-Nazaire
de B ordeaux........
d’A n g le te rre ........
de Marseille

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les U jouis.
Vers le 13 de ch. mois

A fr iq u e O cc id e n tale :

Voie de B o rd e a u x ......
Voie de L iverpool........
Voie de M arseille........

Tous les 14 jours.
Environ toutes les 5 semaines.

Dates variables.

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MARSEILLE 1906

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S p é c i a li t é d ’A e t i o n s p o u r S o c ié t é s

SÉMAPHORE

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L a p lu s p u r e et la m e ille u r e d e s b iè r e s
f r a n ç a i s e s p o u r l’E x p o r t a t io n , g a r a n t ie e x e m p te
d ’a n t is e p tiq u e s, d ’u n e c o n s e r v a t io n et d ’u n e lim ­
p id ité p a rfa it e s . F a b r iq u é e S A N S A D D I T I O N
D’ALCOOL a v e c d e s e a u x s t é r ilis é e s p a r l’ozone,
eile r é s is t e à t o u s le s c lim a t s . T r è s r e c o m ­
m a n d é e d a n s le s p a y s c h a u d s , elle e s t to n iq u e ,
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j celles de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C I É T É G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° S o n se rv ic e spécial des c h a n g e s qui achète et vend des monnaies ou
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Émet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
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2° S o n s e rv ic e spécial des C o ffre s - F o r ts lui permettant de mettre à la
disposition de sa clienlète, pour n ’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-l'orls F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
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(Légum es)
(Légumes, Cèpes)

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(Sardines, Thon, Poissons)

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8.

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et de la haute Société Française et Étrangère
IM P. DU S ÉM APH O R E -

B A R LA T IE R -

M AR SE ILLE

15 -4 7

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
E X T R A IT S

DES S T A T U T S

Art . 2.
Cette association a pour b u t l’étuûe, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l’extension des rap p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rechercher les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provocruer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économ ique qui lu i p a ­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les in térêts crue
m ettent en jeu les rap p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A rt . 3.
L’In s titu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d ro it ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teu rs sont ceux qui d an s le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In s titu t colonial,
lui donnent un concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soii
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n atu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’Institu t.
A rt . 4.
Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande d'*a,dbésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, pendant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
fau t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o nateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fau t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

SERVICES DE L’ INSTITUT
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N o aille s,

liez de-cliaussée : Musée Commercial. — Salle
des Cours Coloniaux.
1er étage : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat général et B ureaux de
l’In stitu t, B u reau de R enseignem ents. — Ré­
daction de T « E xpansion Coloniale ».
(Syndicat des E xportateurs).
(2me étage : Société de Géographie. — Alliance
Française).
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In s titu t Colonial de
M arseille ».

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Cours coloniaux

Directeur : M. le Dr H eckel.
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle.
P ro d u its anim aux et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M. Jacob de Cordemoy.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent.
H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson.
L égislation et Economie Coloniales.
M. H. B abled.
Hygiène Coloniale.
M. le Dr R f.ynaud.
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. Davin.

Comité de rédaction de 1’ «Expansion Coloniale»
MM. Adrien Artaud, P résident de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnem ents ; Louis Y t ie r , Vice-Président : Jacques Léotard, S ecrétaire; P au l Masson, Professeur
à l’Institut, Membre du Conseil.— M.E. Moriceau, Secrétaire général de l’Institut. — M. Auguste
Giry , ancien D irecteur-Adjoint de l’Exposition coloniale.
Marseille. — Imprimerie du Séviaphore, B arlatieu , rue Yeniüre,

19.

�ProMion

Proâuetion

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par jour

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2m(’ Année. -

N» 7

Le Num éro : 50 centim es

s.
* S £ \\

l - r Juin 1908

L’EXPANSION COLONIALE
B ULLETIN

IDE

L’INSTITÜT COLONIAL MARSEILLAIS
P A R A IS S A N T

LE

1 er DE

CHAQUE

MOIS

S O M M A I R E
Pêcheries d’Afrique et débouchés méditerranéens,
D1' Jacob d e C o r d e m o y ......................................
Institut colonial m arseillais .........................
Extraits des procès-veVbaux.........................
Bureau de renseignem ents.........................
Extraits de la correspondance..................
Musée c o lo n ia l..............................................
Cours coloniaux..............................................
L’In stitut colonial marseillais à Grenoble. . . .

ABONNEMENT : F rance

et

Ru e N o a i l l e s ,

129
132
132
133
135
139
140
141

C hronique ............................1^.'
Actes coloniaux officiels . . . .
Les Institutions connexes ........... f
Avis d 'a d ju d ica tio n ...................... .
Marché des Valeurs coloniales ..............
Services maritimes postaux. . . . . . . .

C o l o n ie s , 6

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Fonde sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies

P r é s i d e n t s d ’h o n n e u r :

MM.

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée.

Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le Recteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de la

Chambre de Commerce.
Commissaire général
l’Exposition Coloniale de Marseille 1900.

Charle s -R oux , Jules,

de

M em b res f o n d a t e u r s :

MM.
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Berçasse . H. et C“. — B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles R oux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­
mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de M adagascar.'— Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit L yon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — D ufay, Gigandet
et C". — Gavoty, Charles. - Heckel , Edouard (Ur),

Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

M e m b re s d o n a t e u r s :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères.
Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Chabrières , Morel et C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compacnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation IFraissinet &amp; C“). — Compagnie de
Navigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français.— Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien F abre &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
F éraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C“. — N. P aquet &amp; C*. —
J. et A PAvin de Lafarge. — R astit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. —• E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

President : M. Desbief . Paul, Président de la
Chambre ue Commerce.
Vice-Présidents : H eckel, E. tD’l. Directeur-Fonda­
teur du Musée Colonial ; P onsinet , A., Chef du
Service Colonial : Dufay, Henri, Ancien VicePrésident de la Chambre de Commerce.

Secrétaires : MM. Artaud, Adrien, Membre de la
Chambre de Commerce, Président du Syndicat
des Exportateurs ; Barlatier , Paul, directeur
du « Sémaphore de Marseille ».
Trésorier : M. Armand, Albert, Membre de la
Chambre de Commerce. Président du Syndicat
Marseillais de la Marine Marchande.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane, J., Sous-directeur
du Comptoir National d’Escompte de Paris à
Marseille.

M e m b re s :

MM.
Allest , J. (D’), Administrateur-Délégué de la Com­

pagnie Générale Transatlantique.

Arnaud, Lucien, Minotier)
B ergasse , Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie Marseil­

laise de Madagascar.

Blanc, E., Directeur de l’Exploitation de la Com­

pagnie des Messageries Maritimes.
Bohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
Administrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Bourdillon, A., Armateur.
Dufour , Antonin, Négoc., Juge au Trih. de Comm.
Dufour , J., Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
E strine , L., Vice-Président de la Ch. de Commerce.
F ouque, Adolphe, Président du Syndicat d’initia­
tive de Provence.
Gaffarel, Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch.de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociant en cafés.
J oannon, A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.

MM.
J ourdan, Félix, Juge au Tribunal de Commerce.
Léotard, Jacques, Secrétaire général de la So­

ciété de Géographie.

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

titut colonial.

R a s t i t , Henri,
R odrigues-.Ely,

Industriel.
Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce. ,
Roux, François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub, Léonce, Négociant.
Ytieii, Louis, Vice-Président du. Syndicat .des
Exportateurs.
Zarifi, Périclès, Banquier.
Coulon, Dominique, Délégué du Conseil Municipal
Delibes , J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément, Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
Eug. Talon, Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.
Secrétaire général: E. Moriceau, A dm inistrateur
en chef des Colonies en retraite.

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R u e V a c o n , 5 1 et 5 1 “

P A P E T E R IE M A R S E IL L A IS E
R u e P a r a d is , 2 9

�Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

PÊC H ER IES D’AFR IQ U E
ET

Débouchés

Méditerranéens

La question est de celles qui intéressent
aussi bien nos grandes colonies africaines
que Marseille elle-même, son négoce et sa
flotte.commerciale.
Nos possessions d’Afrique ne sont pas ri­
ches seulement de ressources variées four­
nies par le sol, précieuses matières pre­
mières drainées par le commerce et large­
ment utilisées aujourd’hui par l’industrie.
Abondants et multiples sont aussi les pro­
duits des eaux, et surtout des eaux marines
qui baignent les côtes de ces vastes territoi­
res sur lesquels désormais flotte notre dra­
peau national. Ces eaux fourmillent — des
enquêtes récentes l’ont montré une fois de
plus — d’espèces animales dont la valeur
économique est considérable, et qui pai cou­
rent parfois en troupes innombrables les
« pâturages de la mer », selon une expres­
sion pittoresque, très juste du reste, par l’i­
dée qu’elle exprime et par les faits qu’elle
résume.
Cependant, tandis que les ressources du
sol donnent lieu depuis longtemps, dans nos
colonies, à un trafic important et lucratif,.
parce que sans doute elles sont de récolte re­
lativement aisée, comme à la portée de tous,
les autres, celles que recèlent les mers, ont
été jusqu’ici beaucoup moins recherchées,
car elles sont par leur nature même infini­
ment moins accessibles, et partant exigent
des procédés d’exploitation assez complexes,
tout en n’assurant parfois que des profits
aléatoires.
Rien pourtant qui soit de nature à décou­
rager les initiatives et à rebuter les énergies.
Tout au contraire, les regards se sont défini­
tivement tournés, principalement dans nos
colonies d’Afrique, vers ces champs si peu­
plés de la mer, et, ce qui vaut mieux encore

que les proclamations -enthousiastes des pu­
blicistes, les capitaux s’y portent avec à la
fois plus d’empressement et plus d’assu­
rance.
Mais, pratiquement, il est bien évident que
toutes les industries basées sur l’exploita­
tion des eaux coloniales ne peuvent prospé­
rer qu’en raison de l’importance et de,
l’extension toujours plus grande des mar­
chés ouverts à leurs produits. Et pourtant, il
ne semble pas que, dans les milieux intéres­
sés, on ait toujours l’attention suffisamment
éveillée sur cette question essentielle des dé­
bouchés, sur les concurrences qui surgissent,
et qu’on ait bien conscience aussi des efforts
incessants qu’il faudrait déployer pour lutter
efficacement contre ces compétitions étran­
gères qui, parfois, se montrent singulière­
ment actives et industrieuses.
A cet égard, les quelques faits que je vais
noter m’ont paru dignes d’intéresser nos
principaux centres de pêches algéro-tunisiens et aussi sans doute les nouvelles pêche­
ries qui s’organisent actuellement dans notre
Ouest africain, en Mauritanie et au Sénégal.
En Tunisie, grâce à l’énergique impulsion
donnée par la Direction générale des travaux
publics, l’industrie des pêches maritimes est
florissante et constitue une importante
source de revenus pour le trésor beylical.
-Sous le régime du protectorat, l’exploitation
des eaux de la Régence est largement ou­
verte aux marins et aux capitaux étrangers.
Les Italiens surtout y déploient une très
grande activité ; en conséquence, si la Tuni­
sie exporte en France, par Marseille, une
notable quantité de poisson frais^ provenant
surtout de ses lacs littoraux si poissonneux,
ce sont les marchés italiens qui absorbent
en majeure partie les produits conservés :
salaisons de sardines, anchois, allaches ;
thons à l’huile ou salés fournis par les thonaires, etc. Mais nous allons voir que te
Tunisie, comme l’Algérie, pourrait trouver
des débouchés nouveaux et plus nombreux
pour ses produits de pêche.

�130

L’EXPANSION COLONIALE

L’Algérie, dont la puissante évolution éco­
nomique est si remarquable par ailleurs, n’a
pu encore réaliser pour l’exploitation de ses
eaux marines l’organisation sérieuse qui pa­
raît désirable. C’est qu’elle se heurte, dans
cette voie, à un gros obstacle, à une diffi­
culté primordiale qui réside dans la pénurie
de la main d’œuvre, car chacun sait ce qu’est
la population maritime algérienne : tout le
long de la côte elle apparaît clairsemée, flot­
tante, et parfois d’une mentalité déplorable.
Et il est à éraindre que cet état de choses ne
subsiste longtemps encore, gênant ou entra­
vant l’essor de l’armement à la pêche hautu­
rière dans la colonie. Cependant, quel que
soit leur degré de prospérité, les industries
maritimes ayant pour base la pêche côtière
existent depuis bien des années en Algérie,
et rien ne doit être négligé qui peut amélio­
rer leur productivité et leur développement.
Aussi est-il regrettable de constater que les
producteurs ou exportateurs algériens ne
paraissent pas toujours faire le nécessaire,
non seulement pour chercher des débouchés
nouveaux, mais même pour retenir ou
mieux élargir leur clientèle dans une région
donnée où leurs produits ont une fois péné­
tré.
Les statistiques indiquent que c’est prin­
cipalement sous forme de « poissons secs,
salés ou fumés » que l’Algérie exporte ’es
produits conservés provenant de ses pêches
maritimes (25.000 quintaux, en moyenne,
pendant la période triennale 1905-1907).
Cette rubrique comprend sûrtout, sinon
exclusivement, les petits poissons migra­
teurs, sardines, allaches, anchois, qui sont
chaque année capturés en plus ou moins
grande abondance sur le littoral algérien.
Or, ces poissons secs, salés ou fumés peu­
vent trouver un écoulement considérable
dans tout l’Orient, notamment parmi les
populations de la Turquie et de l’Asie-Mineure quj en font une consommation très
grande, soit que ces conserves entrent dans
leur alimentàtion générale, soit qu’elles ser­
vent de « mézés », mets plus ou moins déli­
cats qui, on le sait, accompagnent habituel­
lement le verre de raki et aident à absoi'ber
cette boisson.
L’Algérie n’a pas méconnu ces marchés du
Levant, et nous voyons que, en 1905, par
exemple, elle a expédié, en Turquie, par
voie directe, 2.200 kilos de ses poissons secs,

salés ou fumés, sans doute par la seule ligne
de navigation qui relie directenment notre
colonie à Constantinople, et qui est malheu­
reusement une ligne allemande, la « Deuts­
che Levante Linie ». Mais le chiffre de cette
exportation est certainement inférieur à la
réalité, et beaucoup de ces produits ayant
même destination passent sans aucun doute
par Marseille, dans la catégorie des produits
du commerce entre l’Algérie et la Métro­
pole.
Ces conserves algériennes sont donc bien
connues dans le Levant, particulièrement
sur les places de Constantinople et de Smyrne, d’où elles pourraient être réexpédiées en
quantité importante vers les districts de
l’intérieur. Mais y sont-elles toujours esti­
mées ? Cela n’est pas sûr ; c’est du moins ce
qui résulte d’enquêtes faites dans ces der­
nières années par la Chambre de Commerce
française de Constantinople et qui ont paru
dans la Revue Commerciale du Levant.
Constantinople, par exemple, reçoit
annuellement d’Algérie environ 500 barils
d’allaches salées (barils de 60 kilos valant
30 francs sur place). Or, il arrive souvent
que ce poisson n’est pas de grosseur uni­
forme dans un même baril, que seules les
premières couches visibles, coiffant le baril,
sont formées de gros poissons, le reste étant
de qualité moindre. D’où mécontentement du
commerce local qui pourtant affirme qu’en
procédant autrement les Algériens pour­
raient aisément doubler leurs ventes de sa­
laisons d’allaches, produit à bon marché
convenant parfaitement au milieu.
Il serait préférable d’établir plusieurs caté­
gories, chacune bien uniforme, et de prix un
peu différents.
Mêmes observations pour les sardines sa­
lées préparées dans les ateliers de salaisons
installés dans les quartiers maritimes
d’Oran, d’Alger, de Philippeville, de Bône.
« Si, dit la Revue Commerciale du Levant, si
les saleurs d’Algérie pouvaient livrer des
sardines salées, ils en vendraient facilement
2.000 barils par an sur notre marché, à la
condition expresse que tous les poissons
fussent gros. Quelques gros poissons coiffant
le baril ne suffisent pas. »
Actuellement ce sont l’Italie, surtout Trapani (Sicile), et l’Espagne qui livrent des sar­
dines salées au marché de Constantinople :

�L’EXPANSION COLONIALE
2.500 barils par an (barils de 60 kilos valant
de 30 à 35 francs).
Les anchois, pêchés certaines années en
abondance sur les côtes d’Algérie et préparés
au sel dans ces mêmes ateliers de salaisons
pourraient aussi faire l’objet d’un trafic plus
actif avec le Levant. L’anchois, nommé
hamsi en pays turc, est, à la vérité, pêché en
grandes quantités sur les côtes de la mer
Noire, dans le Bosphore, et parfois aussi
dans la Marmara, mais il s’agit d’une espèce
ou plutôt d’une variété différente de celle de
la Méditerranée occidentale, et qui, généra­
lement plus maigre et de chair moins fine,
lui est inférieure en qualité. Aussi, l’Italie
trouve-t-elle à écouler chaque année de 20 à
25.000 kilos d’anchois sur la seule place .de
Constantinople. Ce produit, lorsqu’il.est le
premier choix, est logé en boîtes de fer blanc
de 1, 2, 5, 8, 10 et 16 kilps, et vaut 1 fr. 50 et
1 fr. 60 le kilo. Les anchois de qualité secon­
daire sont expédiés en barils de 80 kilos ven­
dus 70 à 80 francs le baril. Mais l’emballage
en boîtes est préféré, et c’est à peine si 100
barils sont importés par an.
Or, comme l’Italie reçoit beaucoup d’an­
chois de l’Algérie et de la Tunisie, il est pro­
bable que ce produit de notre Afrique du
Nord constitue au moins une partie de ses
expéditions en Orient.
La sardine sé montre en abondance aussi,
en Afrique occidentale, notamment sur les
côtes de la Mauritanie. Les faits précédents
peuvent donc intéresser aussi notre nouvel
établissement de Port-Etienne, récemment
créé à la baie du Lévrier. De plus, on a si­
gnalé dans ces mêmes parages et au Séné­
gal, des poissons migrateurs formant, à cer­
tains moments de l’année, des bancs d’une
richesse extraordinaire : ce sont les muges
ou mulets, lesquels remontent même le
fleuve Sénégal. Or, le mulet fumé et salé,
vendu sous le nom de licourinos ou licourinis, venant du £olfe d’Enoé, ou encore de
Russie et de Roumanie, est très recherché
sur tous les marchés du Levant. Peut-être y
a-t-il là un débouché pour ce poisson de no's
pêcheries d’Afrique ; mais il serait bon de
s’inspirer du mode de préparation usité en
Orient.
Il faut remarquer, d’ailleurs, que tout ce
poisson sec, salé ou fumé est estimé et con­
sommé, non seulement en Turquie et en
Asie-Mineure, mais aussi en Grèce, en Ser­

131

bie, en Roumanie, en Bulgarie, où nos pro­
duits coloniaux d’Afrique ne pénétrent
guère encore et où ils pourraient être vendus
facilement.
Enfin, dans tout l'Orient il se fait un com­
merce important de sardines à l’huile. Or,
l’Algérie possède des fabriques de conserves
de ce genre à Aïn-Taya, à Castiglione, à
Philippeville, à Stora, à Collo, etc. Cette
industrie est loin d’être prospère partout,
non seulement parce que les conditions loca­
les ne permettent pas toujours des approvi­
sionnements réguliers en matière première,
mais aussi parce que les produits fabriqués
laissent souvent à désirer. On a reproché, en
effet, aux usines d’Algérie de livrer des boî­
tes remplies d’un mélange de sardines et
d’allaches, deux formes de qualité très iné­
gale, et même d’employer de l’huile de mau­
vaise qualité, ce qui est assez suprenant
dans un pays producteur d’huile d’olives.
Cependant, il semble que l’Algérie et la
Tunisie auraient, avec leurs conserves de
poisson à l’huile, une place à prendre sur les
marchés orientaux, malgré les concurrences
avec lesquelles il faut compter. Voici, à cet
égard, quelques indications.
On estime que, en Turquie et dans les di­
vers ports du Levant il se vend annuelle­
ment de 6 à 7.000 caisses de sardines à
l’huile, composées chacune de 100 boîtes d’un
quart (1).
Or, sur ce total, la France fournit les con­
serves de tout premier choix mais d’un prix
élevé, la caisse de 100 quarts valant 40 à
45 francs, en moyenne. Par suite, les impor­
tations de ces excellentes marques françaises
ne dépassent pas 1.000 caisses. Restent donc
5 à 6.000 caisses qui proviennent maintenant
à peu près exclusivement de l’Espagne et du
Portugal.-Ces deux pays qui, depuis la crise
sardinière qui sévit en Bretagne il y a vingt
ans, ont développé énormément leur indus­
trie des pêches maritimes, et qui disposent,
en outre, d’une main d’œuvre abondante et
à bon marché, arrivent à produire aujour­
d’hui des sardines à l’huile de,qualité cou­
rante, qui se vendent en Orient au prix
moyen de 25 francs la caisse de 100 quarts.
fl) La boîte d’un q u art, modèle le plus ap p ré­
cié, est rectan g u laire, à coins arro n d is, a y a n t
comme dim ensions : longueur. 10 centim ètres ;
larg eu r, 7 centim ètres ; h a u te u r. 25 m illim è­
tres. La boîte de choix, dite « club » est ferméep a r une bande m étallique, m unie d’une clé.

�132

L’EXPANSION COLONIALE

Dans ces conditions, il ne s’agit nullement
pour l’Algérie et la Tunisie d’entrer en con­
currence avec la Métropole en imitant plus
ou moins grossièrement les marques fran­
çaises supérieures, reconnues partout comme
telles, et qui doivent être, au contraire, res­
pectées, afin d’éviter toute dépréciation
fâcheuse. Notre production coloniale doit
s’efforcer plutôt de lutter contre les concur­
rences étrangères qui, elles, s’imposent avec
leurs produits de qualité courante, mais de
préparation soignée, tout en étant d’un in­
contestable bon marché.
Et que l’on ne s’y trompe pas. Les concur­
rents étrangers deviennent légion. Il s’en
montre même déjà en Extrême-Orient. Le
Japon est du nombre. L’industrie des pêches
maritimes, bien organisée, y est en plein
développement. Le besoin de débouchés exté­
rieurs pour les produits qui en proviennent
se fait naturellement sentir. Dès lors, l’ini­
tiative japonaise devient ingénieuse. Qu’on
en juge. A l’Exposition de Milan, en 1906, le
Japon avait institué une section piscicole où
l’on distribuait, à titre de publicité, des boî­
tes de sardines à l’huile que le fabricant
anonyme avait ornées... d’inscription en
français: On lisait sur le couvercle : « Sar­
dines à l’huile « ; sur un des côtés : « Qualité
supérieure », « sardines des gastronomes » ;
et sur l’autre : « Toujours mieux », ces deux
mots séparés par un petit dessin. Sachant
que les marques françaises sont les plus esti­
mées, l’industriel nippon n’avait pas hésité
un seul instant à se servir de notre langue.
Il est' vrai que la création de ces usines de
sardines à l’huile au Japon a ouvert un dé­
bouché intéressant pour nos producteurs
d’huile d’olives ; et tout serait pour le mieux
si les Japonais se contentaient d’écouler
leurs conserves sur les marchés d’ExtrêmeOrient : Chine, Siam, Philippines, etc. Mais
que penser de leur prétention, manifestée ré­
cemment à Milan, de vouloir introduire dans
les pays méditerranéens, et revêtus de faus­
ses marques françaises, leurs médiocres
produits, préparés avec un poisson nommé
sardine au Japon, et qui n’est pas la vérita­
ble sardine, mais une espèce voisine, à
chair maigre et sans saveur ? Voilà un as­
pect très spécial et un peu inattendu, sans
doute, du « péril jaune », qu’il n’était peutêtre pas inutile de signaler.
Dr H . J a c o b

de

Cordem oy.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS” DES PROCES-VERBAUX

Le Conseil d’Administration de l’Institut
Colonial Marseillais s’est réuni le 14 mai,
sous la présidence de M. Grand-Dufay, en
l’absence de M. Desbief, président, empêché.
M. le Président renouvelle l’expression
des bien sincères regrets de l’Institut à l’oc­
casion de la mort de M. De-libes, président
de la Société de Géographie, vice-président
de l’Institut Colonial Marseillais, dont la
perte a été très vivement ressentie par tous
ceux qui avaient pu apprécier son extrême
délicatesse de cœur, sa haute culture et l’in­
térêt qu’il portait à toutes les grandes œu­
vres marseillaises. L’Institut Colonial Mar­
seillais exprime à sa famille ses bien sincè­
res condoléances.
M. Dufay souhaite la bienvenue à M. Bry,
l’éminent doyen de la Faculté de Droit d’Aix,
nouvellement entré dans le Conseil d’Administration de l’Institut Colonial.
M. le Président soumet à l’agrément du
Conseil la nomination de membres corres­
pondants que M. Mathon, membre donateur
de l’Institut, Inspecteur de la Compagnie
Française de l’Afrique Occidentale, a décidés
au cours de sa tournée actuelle d’inspection
en Afrique Occidentale à seconder sur placé
l’œuvre de l’Institut. Il l’a. fait sur la deman­
de de M. Artaud. Président de la Commsision du Musée Commercial et du Bureau des
Renseignements, et le lui a annoncé dans
une lettre transmise à l’Institut.
Le Conseil, à l’unanimité, nomme MM.
Sabathié, président de la Chambre de Com­
merce à Bamako ; Crespin, avocat à Kotonou ; Clément, avocat à Grand-Bassam,
membres correspondants de l’Institut, et
vote des remerciements à M. Mathon pour
sa sollicitude à l’égard de l’Institut.
M. Artaud expose que dans le but de faire
mieux connaître l’Institut, l’idée a été émise
de placer dans les gares des affiches indi­
quant l’existence et les services de l’Institut,
ainsi que son emplacement. Des démarches
ont été faites auprès de M. l’Inspecteur prin­
cipal du P.-L.-M. pour obtenir la gratuité de
cet affichage. Ces démarches sont en bonne
voie et l’on attend prochainement une ré­
ponse favorable. Le crédit pour le tirage des
affiches est alloué.
M. Artaud fait ensuite connaître qu’il se­
rait utile de placer au Musée Commercial un
ventilateur, plusieurs visiteurs craignant
l’on n’y subisse une trop grande chaleur
en été. La dépense est approuvée.
M. Vasselle, Directeur des Affaires politi­
ques et administratives des Colonies informe
l’Institut que par décision ministérielle, M.
Gaston Clanis, notre correspondant à la
Guyane, a été nommé membre du Conseil
privé de la Guyane française.

�133

L’EXPANSION COLONIALE

La Commission du Musée Commercial et
du Bureau de Renseignements s’était -réunie
le 8 mai, sous la présidence de son président,
M. A. Artaud.
M. le Président indique à la Commission
que les contrats d’abonnement au Musée
Commercial approchent de leur terme et
que déjà un grand nombre de renouvelle­
ments a eu lieu. Rien n’a- été négligé pour
donner satisfaction aux désirs des ad-hérenia. Il importe également dje mettre le Mu­
sée en état de répondre complètement à la
curiosité des nombreux^ visiteurs. Des car­
tes se rapportant à des événements colo­
niaux d’actualité seront affichées par les
soins de la Société de Géographie. C’est ainsi
que le public a pu suivre, au jour le jour,
le voyage de M. Milliès-Lacroix en Afrique
Occidentale.
Des numéros de l'Expansion Coloniale se­
ront mis en vente ; et tous les mois le dernier
exemplaire sera affiché.
M. Artaud a fait dresser un tableau per­
mettant de suivre la correspondance men­
suelle à entretenir avec les membres corres­
pondants et dont les résultats sont grande­
ment appréciés de nos lecteurs.
Enfin, Mi. Artaud propose de faire voter
par le Conseil d’Administration les fonds
nécessaires au tirage et à l’apposition
d’affiches dans les gares et les Compagnies
de navigation. Ces affiches, en outre de ren­
seignements sommaires, contiendront un
pian de l’Institut et de sa situation au centre
de la ville.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
L ’o r à A n j o u a n

Le Bureau a reçu dans le courant du mois
de mai un nombre important de visiteurs,
parmi lesquels nous citerons :
M. P..., possesseur d’une grande planta­
tion de vanille à Anjouan, qui a découvert
dans une partie de sa propriété des indices
d’or dont il veut poursuivre l’étude. Il a de­
mandé à se documenter sur les moyens pra­
tiques' de faire, avec un minimum de frais,
des recherches suffisantes pour connaître la
valeur de ce gisement ; ces documents lui
ont été fournis.
Les îles Comores dont Anjouan fait partie
sont volcaniques ; cependant les terrains pri­
mitifs se rencontrent sur plusieurs points de
cette île et leur analogie avec les terrains de
même nature, à Madagascar, rend très inté­
ressantes les recherches que- M. P... va entre­
prendre.
Le

ÏV Îa n io c

Le manioc continue à appeler l’attention
de plusieurs industriels et le Bureau de

Renseignements leur a communiqué un tra­
vail très complet fait par M. Prudhomme,
ingénieur-agronome, ancien Directeur de
l’Agriculture à Madagascar, qui a fait une
étude spéciale de cette plante. Nos lecteurs y
trouveront de très utiles renseignements.
Ministère des Colonies, Jardin Colonial.
P a ris, le 25 av ril 1908.
P o u r répondre aux questions que vous me
posez, je vous donne ci-après les résu ltats don­
nés p a r divers essais in d u striels auxquels a fait
procéder le service chim ique du Ja rd in Colo­
nial.
1° Manioc sec épluché en morceaux :
a 100 kilogs ont donné 41 litres d’alcool à
'« 100° en flegmes et il reste dans la vinasse
(( 7 kilogs de glucose non ferm enté.
2° Manioc sec en lamelles:
t&lt; 100 kilogs ont donné 40 litres 500 d’alcool à
« 100° en flegmes, et il reste dans la vinasse
« 5 kilogs de glucose non ferm eté.
3° Manioc sec en rondelles: (ce m anioc en­
core avec son écorce) :
» 100 kilogs ont donné 39 litres d’alcool à 100"
« en flegmes et il reste dans la vinasse 4 kilogs
« de glucose non ferm enté.
« Le m anioc a été employé tel que, san s ten ir
a compte de sa plus ou m oins g ran d e hum i« dit.é.
« Il est probable' que lorsqu’on a u ra it tr a ­
it vaillé le m anioc quelque tem ps dans l’usine,
« on a rriv e ra it à dim inuer notablem ent la
« q u an tité de glucose non transform é.
u A la rectification, on a constaté qu’il n ’y
« av ait pas d’aldéhydes, ou seulem ent en q u a n ­
ti tité insignifiante, un peu d’éther acétique et,
« en fin de rectification, u n peu de fusel. »
E n ce qui concerne l’utilisatio n des déchets
de distillation, je n ’ai m alheureusem ent p as
encore de renseignem ents précis à vous fo u r­
n ir ; m ais je pense qu’on p o u rra en tire r un
p a rti bien avantageux, même pour l’alim en ta­
tion du bétail, à cause de la pauvreté de ces
résidus en m atières azotées. Toutefois, je tiens
à faire rem arq u er que cette question n ’est pas
encore tranchée d’une m anière définitive, du
m oins à m a connaissance.
Je sais que de plus en plus, on songe en
F rance à l’u tilisatio n industrielle du m anioc ;
un négociant im p o rtateu r de P a ris me sig n a­
lait tout dernièrem ent encore qu’il en avait
vendu une assez grosse q u an tité pro v en an t de
Java, pour distillerie et glucoserie, à u n prix,
dépassant 130 francs la tonne, p araît-il.
P o u r com pléter ces indications, je joins à
cette lettre des extraits d'une note que j’ai déjà
eu l’occasion de rédiger, iî y. a quelques tem ps, &gt;
au sujet du m anioc.
Vous pourrez vous pro cu rer en vous a d re s­
san t à la lib rairie Challam el, 17, ru e Jacob,
P aris, une brochure in téressante su r la cul­
ture du m anioc à La Réunion. Cette brochure
est intitulée : « Le Manioc », p a r Colson et
Châtel. Elle a été publiée il y a environ deux
ans, dans le B ulletin du Ja rd in Colonial.
NOTE. — Ju sq u ’à ce jo u r, le m anioc consti­
tue l’une des prin cip ales p lan tes vivrières de la
zone équatoriale, il est même passé dan s cer-

�134

L’EXPANSION COLONIALE

lain es régions (Strait.s settleinents, R éunion et
Brésil, p a r exemple) au ra n g de p la n té . in dus­
trielle p our la production du tap io ca ou de la
fécule. Le m anioc se m ontre p a rto u t d’une
rusticité absolum ent rem arq u ab le, d’au tre
p a rt, on ne connaît p as encore de m aladies ou
d’insectes capables cie lu i cau ser u n préjudice
sérieux ; enfin, dans presque toutes les colonies,
cette cu ltu re a fait ses preuves, c’est-à-dire
q u ’elle est p arfa ite m en t connue des indigènes
et que l'on peut, sans trop d’aléas, désigner les
terrain s, susceptibles de lui convenir, puis éva­
lu er d’une m anière approxim ative le rendem ent
p a r hectare, le tem ps à a tten d re p our une p re­
m ière récolte, etc.', etc. E n u n mot, on peut
assu rer, je crois, au poin t de vue cu ltu ral, que
le problèm e de la production du m anioc est
résolu c’est-à-dire c’est-à-dire que, q u an d on le
voudra, on p o u rra dans les régions ou le te r­
ra in convient à cette p lante, et où la m aind’œ uvre est suffisam m ent abondante, p roduire
une très im portante q u an tité de m anioc. De ce
côté il n ’y a guère de mécom pte possible à la
condition de faire d irig er les o pérations de cul­
tu re d’une m anière convenable. On sa it m al­
heureusem ent que le problèm e cu ltu ra l p ré ­
sente de bien plus sérieuses difficultés, et des
aléas très im p o rtan ts p our d’a u tre s p la n ta ­
tions équatoriales, notam m ent p our les cultu­
res arbustives, à cause de leu rs exigences en­
core insuffisam m ent connues d ans toutes les'
colonies ou des m aladies très graves qui com­
p rom ettent p arfois l’av en ir des entreprises
agricoles coloniales les p lu s sérieusem ent étu­
diées. La culture du m anioc possède donc, sous
ce rap p o rt, des av an tag es incontestables qui la
p laceront peut-être u n jo u r p a rm i les entre­
p rises tropicales les plus recom m andables, soit
p our nos possessions asiatiques, soit p o u r celles
de l’A frique ou d’Amérique.
Au poin t de vue in d u s tr:el, la question de son
u tilisatio n a fait, depuis quelque tem ps des
progrès im po rtan ts. Il a été employé ju sq u ’à
ce jour, en dehors de son rôle de p lan te vivrière
uniquem ent p o u r pro d u ire de la fécule et du
tapioca ; on prévoit m ain ten an t, grâce aux
recherches du J a rd in Colonial, la possibilité de
s’en serv ir comme p ro d u cteu r d’alcool p a r
exemple. Les nom breux essais auxquels on a
procédés, soit dans les lab o rato ires de Nogentsur-M arne, soit avec le concours d’in d u striels
qui se sont intéressés à cette question, ont en
effet dém ontré que 100 kilogs de m anioc sec,
pouvaient p ro d u ire 39 à il litres d’alcool, de
bonne qualité, ne re n fe rm a n t qu’une très petite
q u an tité d’aldéhydes, et trè s peu de fusel. C ha­
que essai / a laissé d ans les vinasses environ
cinq kilogs de glucose p a r 100 kilogs de m a ­
nioc, m ais il est probable qu’on a rriv e ra à di­
m inuer cette propo rtio n d’h y d rate de carbone
non tran sfo rm é lorsqu’on sera m ieux habitué
au tra v a il in d u striel du m anioc.
Ces renseignem ents suffisent p our m ontrer
l’in térêt présenté p a r le m anioc comme pro­
ducteur d’alcool.
Tel est, le point auquel se trouve actuellem ent
cette im portante question. Il reste m ain ten an t
à étudier la possibilité de pro d u ire cette m a­
tière prem ière à un prix raisonnable pour l’in­
dustriel et le producteur, car p our donner lieu
à u n m ouvem ent com m ercial d’une certaine
im portance, il fau t que le m anioc puisse laisser
u n certain bénéfice, aussi bien au p lan teu r

indigène ou européen, qu’au fab rican t d’alcool
installé en Europe.
A vant toute chose, il ne fa u t pas oublier que
le m anioc est un p ro d u it de v aleur relativ e­
m ent peu élevée ; les cultivateurs de la R éu­
nion, le livrent en effet aux usines à raiso n de
20 à 25 francs la to n n e . à l’état frais, ce qui
rem et su r place, le prix de la tonne de m anioc
sec à environ 65#francs ; d’un au tre côté, il est
certain qu’en F ran ce le prix de vente du m a­
nioc à l’in d u s trie . m étropolitaine ne peut dé­
passer un certain chiffre réglé p a r le cours de
l’alcool.
L’écart existant entre ces deux chiffres doit
servir à couvrir le fret, le tra n sp o rt ju sq u ’au
navire, les m anipulations diverses et doit la is­
ser, en sus, un certain bénéfice au producteur
pour les opérations de dessication, etc...
La dépense ré su lta n t du tra n sp o rt p a r mer,
et celle provoquée p a r l’expédition au port
d’em barquem ent rep résen tan t certainem ent
les fra is les plus élevés, la réussite de la culture
du m anioc en vue d’approvisonner les in d u s­
triels fran çais dépendra su rto u t des condi­
tions faites p a r les Compagnies de tran sp o rt.
Il est évident d’au tre p a rt qu’il y a intérêt,
toutes choses égales d’ailleurs, à p o rter son
choix su r les colonies' les mieux desservies, et
les m oins, éloignées et à se préoccuper d’une
m anière toute spéciale des m oyens de tra n sp o rt
utilisables (cours d’eau, etc., etc.) depuis le
lieu de production ju sq u ’au p o rt d’em barque­
ment.
Le Ja rd in Colonial n ’a pas m anqué de s’ef­
forcer de résoudre cette question au m ieux des
intérêts en jeu, en sig n alan t aux Compagnies
de navigation la nécessité d’adopter pour le
m anioc un ta rif aussi réd u it que possible. E n ­
tra n t dans les vues du Ja rd in Colonial, la
Com pagnie F raissin et, a bien voulu fixer il y
a environ deux ans, le fret du m anioc sec à 23
francs p a r tonne pour, toute la Côte Occidentale
d’Afrique.
Il fa u t espérer que les au tres Com pagnies
consentiront égalem ent à adopter un ta rif ré ­
duit pour le m anioc et espérons que dans ces
conditions la p lu p a rt de nos Colonies et la Mé­
tropole arriv ero n t à en tire r un p a rti a v a n ta ­
geux.
Signé : P rudhom m e .

—* —
L ’é le v a g e a u S é n é g a l

M. D..., commerçant au Soudan français,
est venu demander des renseignements sur
les bois de Caïcédrat dont l’écoulement serait
avantageux en France.
M. D... se trouvait à Dakar au moment du
passage de M. Milliès-Lacroix, ministre dés
Colonies, qui s’est vivement intéressé .aux
réclamations que lui ont adressées plusieurs
négociants du Sénégal, au sujet des tarifs
douaniers.
Le Ministre a, notamment, été frappé par
les difficultés que présente l’entrée en Fran­
ce du bétail de Sénégal. Notre Afrique Occi­
dentale française posséderait près de
1.500.000 têtes dont une partie s’écoule dans
la colonie même et dans les colonies anglai­
ses voisines, mais une quantité importante

�135

L’EXPANSION COLONIALE

de .ces animaux reste sans emploi et pourrait
être dirigée sur la France, si les bœufs n’a­
vaient pas à payer un droit de douane très
élevé, ce qui rend leur exportation impossi­
ble.
Le Sénégal est, en effet, compris dans le
tableau E, et à ce titre, l’importation en
France de ses animaux de race bovine est
frappée du droit minimum prévu par le ta­
rif de 1892, à savoir 20 francs les 100 kilos
poids vif. C’est une situation fort regrettable
et il faut espérer qu’à son retour' en France
le Ministre saisira le Gouvernement ainsi
que la Commission des douanes de cette
question et qu’il sera possible de trouver un
moyen de faire bénéficier les animaux pour
lesquels la colonie du Sénégal recherche un
débouché des avantages dont jouissent les
bestiaux d’Algérie, de Madagascar, etc.
Nous tiendrons nos lecteurs au courant de
la solution qui sera donnée à cette question
qui intéresse vivement notre colonie,du Sé­
négal.
R e sso u rc e s

n o u v e lle s

L’Institut Colonial Marseillais s’est effor­
cé, pour arriver à créer un nouveau courant
d’affaires important entre la France et les co­
lonies, de rechercher des produits intéres­
sant à la fois la main-d’œuvre indigène, le
commerce local de nos possessions, le com­
merce et l’industrie de la métropole et les
Compagnies de navigation.
C’est dans cet ordre d"idées qu’il a appelé
l’attention des colonies :
1° Sur les textiles indigènes pouvant rem­
placer le jute ;
2° Sur les matières premières propres; à la
fabrication de la pâte à papier.
Il prépare un travail sur le manioc, survies
matières tannantes que l’on peut- trouver
dans nos colonies et s’occupera ensuite dies
bois.
Ainsi que nos lecteurs peuvent s’en rendre
compte, les colonies trouveraient rapide­
ment dans le commerce de ces produits des
ressources considérables. Leur récolte et leur
préparation intéressent tout particulière­
ment nos indigènes et si, comme il est per­
mis de l’espérer, les colonies veulent bien en­
trer dans cette voie, tous ces produits que
la France est obligée d’acheter à. l’étran­
ger apporteront un appoint sérieux au déve­
loppement de leurs affaires et donneront à
notre marine marchande un élément de fret
très appréciable.
—* —
P o r t - S o u d a n ( S o u d a n égyp tien}.

Nous devons à l’obligeance bien connue de
l’honorable M. Cécil Gurney, consul général
de S. M. Britannique à Marseille, des rensei­
gnements inédits sur le commerce de PortSoudan en 1907. Ce port créé'de toutes piè­
ces, bien éclairé et balisé, remplace avanta­

geusement l’ancien port égyptien de Souakim, situé à peu de distance.
Le Port-Soudan a été ouvert récemment ;
il est la tête de ligne sur la mer Rouge du
chemin de fer de Khartoum, capitale de la
riche région du Soudan égyptien ; il est des­
servi régulièrement par les vapeurs de la
Compagnie anglaise qui a p risja suite de la
Société Khédiviale de navigation.
Son commerce en 1907 a atteint le chiffre
de 20.653.225 francs dont 15.557.325 francs
aux importations et 5.195.900 aux exporta­
tions.
Parmi les marchandises intéressant plus
spécialement le commerce de Marseille,
nous citerons à l’importation ;
F r.

Chaussures ..'.......................
Matériaux de construction ...
Bière ....................................
Café ........................................
Bougies ........
Ciment ...................................
Epiceries provisions .............
Sucre .....................................
Savon ....................................
Tabacs ...................................
Vins et Liqueurs .................
A l’exportation ;

176.000
288.775
187.500
134.575
82.575
859.250
540.250
988.950
43.400
230.610
437.500
Fr.

2.935.600
Gommes ............
177.950
Sésame ..............
. 108.500
Peaux d’agneaux
111.325
Cire d’abeilles ...
552.050
Ivoire ................
Nous tenons la statistique complète à la
disposition de nos adhérents.
Espérons que notre colonie de la mer Rou­
ge atteindra bientôt, elle aussi, un dévelop­
pement rapide et important.
EXTRAITS SE LA CORRESPONDANCE
PATE

A

PAPIER

Suite de'notre enquêté.

{Voir les num éros 4, 5, 6 de l'Expansion Colo­
niale, p. 74, 93, 117).
A l g é r ie .

De M. Nielli, président du Comice agricole de
Philippevüle.
Pliilippeville, le 9 av ril 1908.
J’ai l’h o nneur de vous inform er que •votre
lettre du 22 février a été soum ise à l’assemblée
de notre Comice, dans sa séance du 8 m ars d er­
nier, qui a décidé de ^prendre en sérieuse con­
sidération la question des m atières prem ières
propres à la fab ricatio n du papier.
A cette intention, elle vous prie de vouloir
bien nous indiquer d’une façon plus précise si
les écorces de bois de toute essence, les brous­
sailles, pailles, sarm ents, diss, .etc., etc, p o u r­
ra ie n t être utilisés à la confection de pâte à p a ­
pier p a r u n appareil et u n traitement uniques,

�L’EXPANSION COLONIALE
---------------------------------------------------------------s:

p o u r toutes ces m atières prem ières sans dis­
tinction. D ans l’affirm ative la question devien­
d ra it des plus in téressan tes : m ais, dans la
négative, il n ’y a u ra it rie n à faire, chacune
des espèces ete m atières prem ières, prise indivi­
duellem ent, ne p o u v an t être fournie en qu an ­
tité suffisam m ent abondante.
E n ce qui concerne les bois de toutes essen­
ces, il n ’y- fa u t p as songer, la vente trouvant
su r place, des prix Sûrem ent plus rén u m éra­
teurs. L’Algérie, m algré l’étendue considérable
de ses forêts, reçoit à l’im p o rtatio n des qu an ­
tités jrès considérables de bois.
De M. Cochol, à Cannes
Cannes, le 1er av ril 1908.
J ’ai fait moi-même et à mes frais des essais
in d u striels danà le centre de 'la F rance, avec
une m atière .très répandue en Algérie et peu
coûteuse
elle rev ien d rait à m eilleur m arché
que l’Alfa.
Je vous adresse ci-joint à titre d’échantillon
la p âte et le p ap ier obtenus avec.
Les essais n ’ont pas été poursuivis à cause de
la mort, d’un de mes bons am is, h a b ita n t l’Al­
gérie, et qui se c h arg eait de la p a rtie locale de
la question.
Du même
Cannes, le 17 avril 1908.
L’utilisation de la p âte dont je vous ai adres­
sé l’échantillon a été prouvée su rab o n d am ­
m ent dans les usines à p ap ier d’Angoulême.
Toutefois, je ne d em anderais p as m ieux de re ­
com m encer une étude industrielle, à Grenoble,
si l’affaire p re n a it corps.
Si je me suis adressé à l’In stitu t Colonial,
c’est que j ’ai pensé que ce groupem ent po u r­
ra it utilem ent intervenir, au p rès des pouvoirs
publics algériens, p our que ceux-ci, au lieu de
l’entraver, facilitent la création d’une in d u strie
nouvelle en Algérie en lu i d o n n an t une protec­
tion effective.
Vous n ’ignorez certes p as que p o u r créer une
usine de- pâ.te à papier, c’est une affaire de 3 à
4-00.000 fran cs (c’est le p rix de celle de Fos, près
M arseille).
Or, la m atière prem ière qui m ’a servi d’expé­
rience, pousse en q u an tité considérable dans
toute l’Algérie ; et il n ’est pas douteux, que du
jo u r où une usine se ra it m ontée su r place, il
s’en c ré e rait de suite d’a u tre s co ncurrentes et
qui tu e ra ie n t au début une in d u strie n aissan te,
et ioas encore assez forte p o u r résister.
C’est la cause, p o u r laquelle les différents
groupes de cette in d u strie auxquels je me suis
adressé déjà, n ’ont p as voulu d onner suite à
cette affaire qui a été classée.
11 fa u d ra it au m oins obtenir du gouverne­
m ent général certaine protection (dont toutes
les in d u stries n a issan tes ont besoin) telle p a r
exemple qu’une ad ju d icatio n de la m atière
prem ière à long term e e't le droit de regazonnem ent avec la m atière prem ière dont il s’agit,
et. qui s'y p rê te ra it adm irablem ent dans toutes
les p a rtie s déboisées, a p p a rte n a n t aux forêts.
Ce qui serait une com pensation p our l’E tat, et
rép o n d rait en m êm e tem ps aux besoins de re ­
boisem ents et de défense des m ontagnes.

De M. Rondon, H, place d’Aix, Marseille.
M arseille, le 4 m ai 1908.
Je lis avec beaucoup d’intérêt dans l'Expan­
sion Coloniale, l’exposé de vos trav au x et de
vos recherches et je p o u rrais peut-être ap p o r­
ter quelques élém ents utiles à votre enquête
relative à l’installatio n de fabriques de pâte à
p apier en Algérie. Je connais très bien ce pays
que j ’ai p arco u ru en tous sens et où je fais
chaque année u n séjour d’un ou deux mois.
La Kabylie est la région que j’ai le plus étu­
diée et j’y connais un centre qui me p a ra ît très
favorablem ent situé pour l’in stallatio n de
l’industrie qui vous intéresse. Cette région pro­
duit en grande abondance le p alm ier-nain déjà
utilisé pour la fabrication du crin végétal, le
diss, le chêne-Khermès, l’E ucalyptus et enfin
des broussailles de toutes sortes dont on ne tire
aucun p arti. Les Indigènes, qui vivent là en
tribus rép arties dans la m ontagne sont très
nom breux (4.800 environ) et très m isérables et
ils ne d em an d eraien t certainem ent pas mieux
que de ram asser ces m atières prem ières
m oyennant une faible rétrib u tio n , comme
quelques-uns le font déjà pour le palm ier-nam .
On p o u rra it sans doute aussi u tiliser la maind’œuvre indigène pour les gros trav au x de l'u ­
sine : un homme robuste se paye à raiso n de
1 fr. 50 p a r jo u r et, bien surveillé, peut fou rn ir
u n bon travail.
Je suis fout à votre disposition pour vous
donner tous au tres renseignem ents qui p o u r­
raien t vous être utiles ou pour les dem ander à.
mes am is de Kabylie.
T u n is ie .

De M. Barrion, ingénieur-agronome
L’A riana, le 26 av ril 1908.
Un article de « La Tunisie In d u strielle » me
fait connaître l’enquête à laquelle vous voule»
bien vous livrer su r l’emploi de diverses p la n ­
tes, spontanées africaines dans la fabrication
de la pâte à papier.
Cette in d u strie est appelée dans un avenir
très rapproché à ne plus trouver de m atières
prem ières dans les forêts de l’Europe, soit p ar
leu r disparition, soit p a r l’interdiction de leur
exploication abusive.
V ice-Président de la Société des Amis des
A rbres de Tunisie, ag ricu lteu r d’a u tre p a rt, je
suis depuis longtem ps préoccupé de ce gros
problème, et je lui cherche une solution dans
une-voie différente de celle qu’indique votre
article. Je m’autorise de votre appel pour vous
soum ettre l’esprit de mes recherches, ou mieux
leu r direction, et vous dem ander quelques re n ­
seignem ents qui me m anquent.
La nécessité po u r les ag ricu lteu rs africains
de tro u v er une plante re n tra n t dans les asso­
lem ents et qui soit une plante utilisable pour
l’in d ustrie m ’a fait rechercher la possibilité de
trouver une plan te pouvant fo u rn ir une fibre
même grossière, m ais pouvant convenir pour
ia pâte à papier.
Les légum ineuses, en ab so rb an t l'azote de
l’a ir et u tilisa n t les phosphates plus facilem ent
que les céréales, sont les plantes indiquées
pour fo u rn ir la m atière organique au m eilleur
compte ; dans l’assolem ent elles am éliorent la
terre, au lieu de l’épuiser, et si elles pouvaient

�L’EXPANSION COLONIALE
jo u er le rôle de p lan tes industrielles elles ne
nécessiteraien t p as p our les colons le capital
considérable qu’exige le b étail nécessaire à
l’u tilisatio n complète des p ra irie s artificielles.
Deux légum ineuses au m oins sont citées
comme d o n n an t des fibres in d u strielles :
1° Le C ro ta la ria Juncea se ra it exploité en Cochinchine et p o u rra it être cultivé dans nos te r­
res irrig u ées ; cette production probablem ent
l a m eilleure serait forcém ent lim itée à des te r­
res de peu d’étendue ;
2° Le M élilot de Sibérie. Cette p lan te est in d i­
qué dans de nom breux catalogues comme don­
n a n t u n bon textile.Ce serait de plus une plante
d’hiver en Afrique et v en an t en te rra in s non
irrig u és. Les essais que j’a i voulu faire cette
année ne m ’ont rien donné p a r suite de la
m auvaise qualité des g rain es que j’ai reçues.
J ’ai voulu vérifier la qualité des fibres, on n ’a
p u m ’indiquer aucune usine les utilisant.
J ’ignore donc leur v aleu r industrielle, m ais il
me semble que beaucoup de fibres in férieures
p o u r l’in d u strie textile doivent être très bonnes
p o u r la. fab ricatio n des p ap iers ordinaires.
Je ne sais si les deux p lan tes que je vous cite,
p o u rra ie n t convenir réellem ent aux besoins de
l’in d u strie du p ap ier ; m ais il est, en tous cas,
possible de pro d u ire à très bas p rix les plantes
de la fam ille des légum ineuses, su rto u t en terre
non irriguée. La possibilité de ta ille r les tiges
en sec et de laisser à la ferm e, ou d an s une
usine du voisinage, de g ran d es q u an tités de
m atières organiques p e rm e ttra it d’en ab aisser
considérablem ent le prix. Seule la richesse de
la p lan te en fibres p e rm e ttra de fixer le prix
que l’in d u strie du p ap ier p o u rra en donner.
Je vous serai, M onsieur, trè s obligé de me
faire p a rt des renseignem ents que vous pouvez
posséder su r ces diverses questions, et très re ­
co n n aissan t de m ’aid er d an s la recherche d’une
question qui nous intéresse à divers titre s et
que je p o u rra i fo rm u ler : Em ploi des plantes
de la fam ille des légum ineuses comme textiles
ou p lan tes à papier.
Réponse du DT Heckel, directeur du Musée Co­
lonial, à M. Barrion.
M arseille, le 3 m ai 1908.
M onsieur, Il n ’est p as possible de songer à
une culture même de Légum ineuses p o u r assu ­
re r l’approvisionnem ent en m atières végétales
destinées à la pâte à papier. Il fa u d ra it vendre
trop cher cette m atière à F 'n d u strie. Ou bien,
si on en trep ren d des cultu res il fau t que la m a ­
tière' destinée à la pâte à pap ier soit u n p ro duit
secondaire : c’est ce qui a rriv e ra it p a r exemple
avec la cu ltu re du m aïs dont o n réco lterait le
p ain comme m atière prem ière et les tiges
comme produits secondaires. E t j ’indique in ­
tentionnellem ent le m aïs parce ce que les Amé­
ric a in s viennent d’étab lir que les tiges de cette
g ram inée donnent p a r l’œ uvre (partie exté­
rieure) un p ap ier grossier et p a r la moelle de la
tige u n pap ier su périeur. Si cette donnée est
exacte, comme to u t porte à le croire, c’est vers
la cu ltu re du m aïs que l’effort doit se porter.
L a T unisie 7ans certaines de ses p arties serait
indiquée p our cette culture rém u n ératrice, s u r­
to u t si on y cultive les v ariétés hâtives, car
alors on p o u rra it chaque année avoir d a n s le
pays deux et peut-être trois récoltes. Avec le
m aïs nain hâtif on obtient déjà deux récoltes

137

régulièrem ent dans le m idi de la Eranee, une
en sem ant au 1er avril et récoltant au 1er août,
une au tre en sem ant le 1er août et réco ltan t eii
fin octobre. Nous tenons a votre disposition des
graines de maïs nain hâtif.
É t a b l is s e m e n t s f r a n ç a i s d a n s l’In d e .

ü u Président de la Chambre d'agriculture.
P ondichéry, le 1er avril 1908.
J ’ai l’h o nneur de vous accuser réception de
votre lettré du 28 février, qui m ’a fortem ent
intéressé.
J'ai im m édiatem ent fait des recherches, m ais
j’ai le reg ret de vous dire, que dans le sud de
l’Inde, il n ’v a. pas de m atières à bon m arché,
qu’on p o u rra it utiliser à la fabrication de la
pâte à papier.
En effet, les pailles de riz et au tres sont très
chères, il n ’y a pas d ’essence de bois approprié
à être convertie en pâte. Le filao est le seul
arbre qui est planté en quantité assez im por­
tante, m ais il ne p o u rra it être utilisé, étan t
très résineux. Son prix de revient rendu au
po rt serait de 20 à 25 francs la tonne.
Comme fibre, il y a le b an anier, m ais encore
ne le trouve-t-on pas en quantité assez im por­
tan te à proxim ité des ports.
D ans le no rd de l’Inde on p o u rra it peut-être
utiliser la tige du lin. J ’ai dem andé des rensei­
gnem ents et vous les com m uniquerai dès récep­
tion.
LETTRES DE NOS CORRESPONDANTS
A f r i q u e o c c id e n ta le .

Ainsi qu’on a pru le voir dans le résumé
dés délibérations du Conseil d’Administra­
tion de l’Institut, notre ami M. Eugène Ma­
thon, en tournée d’inspection dans nos colo­
nies de l’Afrique Occidentale pour le compte
de la Compagnie Française, a bien voulu se
charger de nous recruter des correspondants.
Il nous écrit de Lagos à ce sujet à la date du
20 avril :
A Bam ako M. Sabathié qui est P ré sid e n t de
la Cham bre de Commerce a bien voulu se ch ar­
ger d’être le co rrespondant de l’In stitu t Colo­
n ia l de M arseille.
A Conakry la personne su r laquelle je com p­
tais était m om entaném ent absente, m ais j ’es­
père app ren d re prochainem ent _son acceptation
et je vous en ferai p a rt san s retard.
A Grancl-Bassam, j’ai dem andé et obtenu le
concours de Me Clément, avocat, qui est bieu
au c o u ran t de tout ce qui concerne cette colonie
où il réside depuis p lusieurs années.
Au D ahom ey c ’est Me Crespin, avocat, très
renseigné su r tout ce qui se passe dans le
pays, qui a bien voulu accepter le rôle de cor­
respondant.
L’enquête du M inistre sur le Régim e écono­
m ique préféré p a r les Colonies se p o u r­
suit actuellem ent en Afrique Occidentale.
Je crois fo rt que tous les personnages et tous
les Corps constitués invités à form uler leur
avis, concilieront à peu près dans le sens des
idées et des vœux adoptées p a r le Congrès de
M arseille.

�L’EXPANSION COLONIALE

138

Ce concours ne se ra p as superflu c a r je vois
p a r les jo u rn a u x que la discussion s ’engage et
que les p rotectionnistes ne cachent p as leur
in ten tio n d'e fa ire des colonies leu r « chasse
réservée » et de faire p ro tég er leu rs in d u stries
débiles p a r les braves n o irs q u i ont accepté le
p ro tecto rat de la F rance.
C’est le renversem ent des rôles !
T o n k in .

H aï-Phong, le 3 m ars 1908.
Récoltes et productions locales. — L a culture
p rin cip ale du Tonkin est le riz dont u n e g ran d e
p a rtie est consommée s u r place ; le su rp lu s de
la p roduction est utilisé p a r les distilleries in d i­
gènes ou s’exporte su r la Chine ; quelques lots
de faible im portance sont dirigés s u r l’Europe,
m ais cette exportation ne m érite p a s encore de
reten ir l’attention.
Le m aïs qui ne s’exporte que depuis peu de
tem ps p a ra ît appelé à fo u rn ir u n ap p o in t con­
sidérable au trafic local ; de nom breux déboires
ont été essuyés en 1906 à 1a. suite d’inondations
qui avaient noyé les récoltes et aussi, il faut
l’avouer, à cause du défaut de connaissances
que les négociants locaux av aien t des affaires
de ce genre. L’année d ernière a prouvé que
l’expérience av ait été utile, puisque l’exporta­
tion est passée de 4.262 tonnes à 29.277. Les
prévisions p o u r la prochaine cam pagne p e r­
m ettent d’espérer des résu ltats au ssi bons sinon
m eilleurs. Il fa u t te n ir compte de ce que ie
m aïs est consom m é su r place p a r les indigènes
concurrem m ent avec le riz.
Après le riz et le m aïs, les m in erais m éritent
une m ention spéciale.
On a ex trait ju sq u ’à p résent du sol tonkinois
des m in erais de zinc, calam ine, blende, a n ti­
m oine, w olfram , etc., et on p eut ju g er de la
faveur dont jouissent depuis quelque tem ps les
m ines en c o n statan t que l’exportation des m i­
n erais qui n ”êtait que de 5 tonnes en 1904 s ’est
élevée à 35 en 1.905, 1870 en 1906 et 4.109 l’année
dernière et que de différents côtés de nouvelles
recherches sont faites.
Je ne p a rle ra i que p o u r m ém oire du ch arbon
des m ines de H ongay d’exploitation déjà a n ­
cienne et connue de tous.
P lu sie u rs a u tre s m ines dissém inées dans
l’in té rie u r du Tonkin sont exploitées, p a r des
Chinois surtout, su iv an t les besoins de lieu et
du m om ent ; cette exploitation p o u rra it deve­
n ir très in téressan te si elle é tait poursuivie ie
façon plus active.
Les au tres alim ents d’exportation sont, p ar
o rd re d’im portance : les bois de construction,
le coton, les gommes et résines, peaux, g raines
oléagineuses, le caoutchouc, la badiane, les
plum es, la soie, le café, etc...
Travaux publics. — L a construction des che­
m ins de fer a été le seul tra v a il d’in té rê t géné­
ra l im p o rtan t accom pli au Tonkin depuis quel­
ques années. On peut la con sid érer comme
term inée p o u r notre région puisque la ligne de
Yuiiman a m a in te n a n t quitté le sol tonkinois
de même que la ligne du sud.
Le dragage du p o rt et des abords de Ha'iphong se pou rsu iv en t régulièrem ent. L a Cham ­
bre de commerce vient en outre de décider de
prolonger de 150 m ètres les appontem ents de

ce p o rt qui p o u rro n t ainsi recevoir sim u ltan é­
m ent 4 navires au lieu de 2.
Il est à craindre que l’état précaire des finan­
ces indo-chinoises ne perm ette p as de longtem ps
d’au tres travaux, quoique certains comme ceux
nécessaires p o u r l’irrig a tio n du delta ©oient
appelés à augm enter considérablem ent la r i­
chesse du pays.
Change. — Le taux de change de la p iastre
qui av ait attein t vers le m ilieu de l’année der­
nière 2 fr. 95 a baissé régulièrem ent ju sq u ”en
décembre pour rester statio n n aire quelque
tem ps aux environs de 2 fr. 30 et rem onter à
2 fr. 50 actuellem ent. La hausse p a ra ît devoir
continuer, m ais très lentem ent toutefois (1).

G uyane.

Cayenne, le 13 avril 1908.
A insi que j ’ai eu l’occasion de vous le dire, la
Guyane est un pays d’une richesse inco m p ara­
ble, m ais le m anque de bras, l’ap ath ie des
C ayennais. a rrê te n t.to u t m ouvem ent ag ricole;
tout le m onde se dirige vers l’or.
E n ce m om ent des hom m es com pétents rech er­
chent l’exploitation de la gomme de B alata. On
p o u rra it en obtenir de fortes quantités, m ais les
moyens de com m unications sont si difficiles que
l’élan est arrêté.
La question du chem in de fer, agitée si acti­
vem ent à un m om ent donnée est abandonnée.
Les divisions politiques en so n t la cause. Com­
bien se ra it utile en G uyane cette im portante
création.
Un au tre projet est à l’étude, celui de la con­
fection d’un Wanf. L’atterissage des quais à
Cayenne est devenu presque impossible. L’en­
vasem ent augm ente journellem ent, et l’on est
oblige po u r a tte rrir de p asser su r des rad eau x
qui sont plus ou m oins pratiques. Aussi c’est
avec les plu§ grandes difficultés que la m a r­
chandise destinée à Cayenne; y est débarquée
et l’on est obligé de laisser u n ch alan d quelque
fois trois ou qu atre jo u rs po u r atten d re la forte
m arée. On a p a rlé dans le tem ps de faire v enir
une com m ission, composée d’hom m es compé­
tents, d’ingénieurs hydrographes ; to u t est en­
core dans les cartons.
Le pro jet de faire p asser à Cayenne les car­
gos de la Com pagnie Générale T ran satlan tiq u e
est attendu avec une très grande im patience
p a r le commerce ; on espère pouvoir recevoir
p a r plus petite q u an tité et plus souvent de la
m archandise fraîche ; la question du taux du
fret est la plus grande préoccupation.
Le change à Cayenne est peu élevé. Les tr a i­
tes de la Banque se délivrent : 1 % à 60 jours,
à 2 % à vue, les chèques à vue à 1 fr. 70 ; p lu ­
sieurs m aisons qui expédient de l’or en Europe
délivrent des chèques à vue à 1 %, quelquefois
à 1/2 %. Les p rincipales m aisons qui expédient
de l’or sont : La m aison C lanis et Tanon, Comp­
toir Hesse, H. D idier, les placers Elisée et enfin,
Com pagnie M inière des D ragages à Cayenne ;
la m aison Melkior.
Je su iv rai de très p rè s les publications des
différentes statistiq u es publiées p a r le Gouver­
nem ent local pour vous les faire p arv en ir. Ci(1) Ces prévisions ne se sont pas réalisées et
c’est la baisse qui a prévalu.

�L'EXPANSION COLONIALE
j-oint je vous rem ets celles oubliées concern an t
les exportations de p ro d u its agricoles et de l’or
ju s q u ’à ce jour.
S a in t - P ie r r e - e t - M iq u e lo n

Sairrt-Pierre-ïÆ iquelon, le 9 m ai 1908.
L a cam pagne de pêciie s’est ouvorte p a r l’a r ­
rivée su r notre rad e le 26 m a rs du vapeur Loui­
siane a y a n t à bord 1.077 passagers.
Le tem ps a été très m auvais en av ril ce qui
a re ta rd é l’arm em en t des goélettes et causé
su r m er de nom breux sinistres que vous con­
naissez sans doute p a r les jo u rn au x .
Le 20 av ril il y a eu une tombée de neige
comme il est ra re d’en voir même au cœ ur de
l’hiver, la circu latio n dans les ru es a été p res­
que interrom pue p en d an t trois jours.
L a pêche est m a in te n a n t commencée, m ais
on n ’a p as encore de nouvelles des bancs,
q u a n t au p rix de la m orue on n ’en p arle pas
encore.
Lé G ouvernem ent a envoyé il y a quinze
jours, un inspecteur qui a m ission d’étu d ier ce
qii'il y a u ra it à faire p our aid er au relèvem ent
du pays. Nous espérons sincèrem ent qu’il a r r i­
vera à o u v rir les yeux du m in istre su r la n é­
cessité de faire d’urgence quelque chose p our
la colonie qui v éritablem ent ne peut plus vivre
sous le régim e dou an ier actuel.
La C ham bre de Commerce vient de fo u rn ir
un ra p p o rt très détaillé qui conclut au re m a ­
niem ent du T arif général des douanes, là est
le rem ède.
L’établissem ent frigorifique destiné à conser­
ver l’a p p â t nécessaire aux pêcheurs est p rêt
et fonctionne depuis quelque tem ps ; dès que
le h a re n g d o n n era on en fera provision.
Nous sommes p ersu ad és que la réu ssite de
cette opération a u r a pour ré su lta t d’am éliorer
la situ atio n . Si la Société 'des frigorifiques
peut a rriv e r à avoir u n approvisionnem ent
d’a p p â t tel q u ’elle ne soit plus exposée à en
m anquer, les pêcheurs fra n ç a is et les pêcheurs
étra n g e rs vien d ro n t fréq u en ter notre p o rt et
forcém ent fero n t du commerce.
Les élections m unicipales ont eu lieu le 12
avril. Tous les anciens conseillers ont été
réélus.

MUSÉE

COLONIAL

M. Heckel nous transmet la lettre ci-des­
sous qu’il vient de recevoir de M. Baudon,
administrateur dü Boula-Ntangou, au Con­
go français. L’intérêt que présente cette let­
tre au point de vue cultural nous incite à la
reproduire en entier. On y verra l’extension
que prend au Congo la culture de la Ramie
et les promesses que l'introduction de ce pré­
cieux textile font naître après ces premières
tentatives au point de vue de la mise en va­
leur culturale de l’estuaire du Gabon. Il est
inutile d’ajouter que M. Baudon, dont le zèle
à titre de correspondant de notre Institut ne
se dément pas, peut être assuré de remplir
le vœu de M. Heckel et de ses collaborateurs
en adressant le plus tôt qu’il le pourra des
échantillons en bon état des trois espèces de

139

Cola qu’il a trouvées au Boula-Ntangou et des
trois lianes à caoutchouc dont le lait est uti­
lisable. Il est bien entendu que cet envoi
doit être composé de rameaux à fleurs et à
fruits conservés dans l’alcool ou le formol et
de photographies des plantes si possible.
B razzaville, 15 avril 1908.
M onsieur,
J ’ai l’h o n n e u r cio ^ o u s accuser réception de
votre aim able lettre et de l’échantillon de maïs
nain hâtif que vous avez bien voulu m ’ad res­
ser, échantillon que je p arta g e avec des p e r­
sonnes que cette cultu re peut intéresser. Je
vous tie n d ra i au co u ran t des résu lta ts obtenus.
P a r ce même courrier, j’écris p o u r qu’il soit
aussitôt que possible fait un envoi de ram ie à
M. F avier, d’E n traig u es (Vaucluse) et je de­
m ande ces renseignem ents su r la longueur et
le degré de ram ification des tiges. A m on re ­
to u r en France, je compte en ram en er u n lot
im portant.
J’ai recom m andé aux p lan teu rs du Gabon
que je connais la culture de la ram ie dans les
p arties trop hum ides po u r le cacaoyer et qui
conviennent p arfaitem en t à cette plante textile.
Je leu r ai fait resso rtir l’avantage qu’ils a u ­
raien t à s’occuper de cette culture qui dem ande
peu de m ain-d’œ uvre et peu de soins, et j’es­
père sous peu pouvoir vous annoncer que de
nouveaux essais sont tentés. L’estu aire du
Gabon, convient adm irablem ent pour cette
ram ie et je reg rette de ne pas être su r place
po u r m’en occuper, car je suis persuadé que
j ’a u ra is obtenu de bons résu ltats avec le con­
cours des indigènes eux-mêmes.
Je continue à m’occuper de cultures au BoulaN tangou ; m alheureusem ent cette région p a u ­
vre p a r elle-même ne me p a ra ît appelée à a u ­
cun av en ir à cause de son éloignem ent de tout
centre et de toute voie de com m unication. Le
Lanclolphia Tholloni, pro d u cteu r du caout­
chouc des herbes, d isp a ra ît rapidem ent devant
Une exploitation intensive, et, d’ici quelques
années ce pays sera entièrem ent ruiné, car les
lianes o rd in aires sont trop peu abondantes
pour donner une production appréciable. J ’ai
dem andé à Tad m in istratio n des grain es de
F u n tu m ia po u r en essayer la culture, m ais n ’ai
rien reçu et je crains fort de ne pas en rece­
voir.
Les grain es de coton que vous avez bien
voulu m ’envoyer ont très bien levé et les p la n ­
tes sont vigoureuses, j’espère m algré la m au ­
vaise qualité relative du sol (sol ai’gileux) obte­
n ir de bons résultats. Cette culture, une des
seules pouvant réu ssir ici, reste ra m alh eu reu ­
sem ent à l’éta t d’essai, to u jo u rs à cause du
m anque de m oyens de com m unications et ju s­
qu’à ce qu’il s’en établisse.
Je ne suis p as très satisfait de mes essais de
tabac, qui p o u rta n t végète bien ici, puisqu’il
pousse même là où il n ’y a que du sable.
Une plante avec laquelle j’ai obtenu d’excel­
lents résu lta ts est le Luffa cylindrica (torchon
végétal), qui rend énorm ém ent et dont la cul­
tu re est très facile. A la côte, l’on p o u rra it fa ­
cilem ent exporter ces éponges végétales, les
fra is de tra n sp o rt éta n t peu élevés. Le m il m ’a
donné de bons ré su lta ts contrairem en t au riz
qui n ’a rien donné.
Au Gabon, où la m ain-d’œ uvre quoique ra re

�MO

L’EXPANSION COLONIALE

existe, il serait possible de faire beaucoup,
su rto u t en eete période de crise du caoutchouc,
en cultiv an t les p ro d u its n a tu re ls ou en se
liv ra n t à l’exploitation de plan tes d’un bon
rendem ent et ne nécessitan t que peu de trav ail ,
m ais tout le m onde se désintéresse de ces ques­
tions et en dehors du cacao l’on ne fa it rien.
A p a rt ces questions de culture, j'a i recueilli
de nom breux renseignem ents su r la flore in d i­
gène et p articu lièrem en t su r les p lan tes spon­
tanées utiles de la contrée. J 'a i trouvé trois
espèces de colaiier, non com pris le Cola digitala non utilisable, et je compte en ra p p o rter
des g rain es en q u an tité suffisante p o u r en p e r­
m ettre l’analyse. Les lian es caoutchouctifères
dont le latex est utilisable ne sont au nom bre
que de trois, ce qui explique, éta n t donné la ré ­
pulsion qu’éprouvent les indigènes p our cette
exploitation, la petite q u an tité de ce produit
exporté de la région. E n u n mot j ’ai étudié tout
ce qui m ’a p a ru in téressan t et je me tiens à
votre entière disposition p our vous fou rn ir
tous renseignem ents ou échantillons que vous
pourriez désirer.

C ou rs

C o lo n ia u x

Pour compléter la liste des travaux scien­
tifiques publiés p&lt;jr MM. les professeurs de
l’Institut colonial Marseillais, il convient
d’ajouter à l’énumération présentée par M.
le docteur Heckel en assemblée générale,
les publications suivantes faites par le doc­
teur Gustave Reynaud, médecin en chef des
colonies, -en retraite, dans divers recueils :
T&gt; Boutons du Nil. (Annales d’hygiène et de
m édecine coloniales).
2° A lim entation des Indigènes des pays
chauds. (Annales d’hygiène et de m édecine lé­
gales).
3° E ta t sa n ita ire des Indigènes de l’Exposi­
tion Coloniale. (Caducée).
4° Compte ren d u du Congrès de Clim atothérapie. (A nnales d’hygiène et de m édecine lé­
gales).
5° Un cas de tach y card ie paroxystique sym p­
tom atique. (Revue de médecine).
6° et 7° : I H ygiène m ilita ire ; II H ygiène u r ­
baine en Indo-Chine. (Caducée).
8° R ap p o rt su r l’a p titu d e au service d an s les
p ay s chauds. (Congrès In te rn a tio n a l de B er­
lin, 1907).

Voici la liste des cours qui ont été profes­
sés à l’Institut colonial durant le mois de
mai
Sam edi 2 m ai, à 3 h. 1/2. Dr R ey n au d : H y­
giène des tra v a ille u rs dans les p ays chauds.
L undi 4 m ai, à 3 h. 3/4, M. M asson : Guinée
F ran çaise. — A 5 h eu res Dr J. de Cordernoy :
L a pêche et les p ro d u its de la pêche en Algérie.
M ardi 5 m ai, à 3 1/2. Dr R eynaud : L a fièvre
paludéenne ; épidém ies. — A 5 heures, M. M as­
son : L’expansion fran çaise en Asie et en A fri­
que, 1850-1870.
M ercredi 6 m ai, à 3 h. 3/4, M. B abled : R égi­
me douan ier des colonies françaises. — A 5
heures, M. Jum elle : Le thé. culture, récolte et
p rép aratio n .

Jeudi 7 m ai, à 8 h. 1/2 m atin (au P a rc Borély), M. D avin : E tude des cultures coloniales.
Vendredi 8 m ai à 5 heures, M. L a u re n t : Le
sel.
Sam edi 9 m ai, à 3 li. 1/2, Dr R eynaud : Le
tra v a il dans les pay s chauds, hygiène.
L undi 11 m ai, M. M asson : Guinée F ran çaise
(fin). — Dr J. de Cordernoy : Les p ro d u its de
la pêche en Algérie.
M ardi 12 m ai, Dr R eynaud : La fièvre p a lu ­
déenne, les agents de transm ission. — m. M as­
son : L’expansion coloniale française sous la
troisièm e République.
M ercredi 13 m ai, M. Babled : P o rts francs.
Octroi de m er. — M. Jum elle : P ré p a ra tio n dea
thés noirs et verts.
Jeudi 14 m ai, M. D avin : La vanille, sa cul­
ture.
V endredi 15 m ai, M. L au ren t : Le m arbre.
Sam edi 16 m ai. Dr R eynaud : Hygiène des
villes coloniales; traitem en t des m atières usées.
L undi 18 m ai, M. M asson : Côte d’ivoire. —
Dr J. de Cordernoy : Les pêches m aritim es de
la Tunisie.
M ardi 19 m ai. Dr R eynaud : La défense
contre les fièvres paludéennes des pays chaude.
— M. M asson : L’expansion coloniale fran çaise
sous la troisièm e République (suite) : IndoChine, M adagascar.
M ercredi 20 m ai, M. Babled : M éthodes poli­
tiques de la F ran ce à l’égard de ses colonies.
— M. Jum elle : Les caoutchoucs, m éthodes de
récolte et de p rép aratio n .
Jeudi 21 m ai, M. D avin : La vanille (suite).
V endredi 22 m ai, M. L a u re n t : Le fer.
Sam edi 23 m ai, Dr R eynaud : A ssainissem ent
des villes coloniales ; destruction des im m on­
dices.
L undi 25 m ai, M. M asson : Dahom ey. — Dr J.
de Cordernoy : La pêche côtière et ses p ro d u its
en Tunisie.
M ardi 26 m ai, Dr R eynaud : Les m aladies
épidém iques des pay s chauds, voies de p ro p a­
gation. — M. M asson : Les F ra n ç a is dans la
boucle drj N iger et dans l’Afrique C entrale
(1893-1906).
M ercredi 27 mai, M. Babled : Législation
coloniale. — M. Jum elle : La récolte du cao u t­
chouc en Amérique.
V endredi 29 m ai, M. L au ren t : Le fer.
Sam edi 30 m ai, Dr R eynaud : L’assain isse­
m ent des villes coloniales. L a défense contre
les m aladies transm issibles.

Nous donnons ci-dessous l’indication des
sujets qui seront traités par MM. les profes­
seurs des cours coloniaux durant le mois de
juin :
M. M asson. — Lundi, 3 h. 45. A frique Occi­
dentale (suite) : H aut-Sénégal, Niger, M auri­
tanie, généralités. — Congo fran çais. — Mardi,
5 heures. L’expansion coloniale européenne à
la fin du XIXe siècle (suite) : E xpansions a n ­
glaise, allem ande, belge, italienne, am éricaine.
M. Jacob de Cordernoy. — Les pro d u its des
pêches dans les colonies de l’Océan Indien et
du Pacifique.
M. Jum elle. — Le caoutchouc de P a r a et les
au tres caoutchoucs am éricains. Les caout­
choucs d’Asie et d’Afrique. Les caoutchoucs
d’Afrique et la gutta-percha.
Dr R eynaud. — I. Hygiène coloniale : L’h y ­
giène des villes ; la prophylaxie des m aladies
infectieuses ; la désinfection. — II. Epidémio-

�L’EXPANSION COLONIALE
logie : L a défense contre les g ran d es m aladies
épidém iques exotiques ; la police sa n ita ire n a ­
tionale et in tern atio n ale.
M. Babled. — Législation coloniale.
M. L aurent.
P ro d u its m inéraux dés colo­
nies : le nickel, le plomb, le cuivre.

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
A GRENOBLE

M. Moriceau, secrétaire-général de l’Insti­
tut Colonial Marseillais, poursuit sa cam­
pagne de conférences dans les principales
villes -commerciales et industrielles qui sont
en rapports d’affaires avec Marseille et avec
les colonies.
Pendant le mois -de mai, il a parlé de l’Ins­
titut ' dans une réunion organisée par la
Chambre de Commerce de Grenoble. Un
nombreux public se pressait à cette confé­
rence. On remarquait d’abord, sur l’estrade,
les membres de la Chambre de Commerce :
MM. Brenier, président ; Cornier, vice-pré­
sident ; Viallet, secrétaire ; Bouchayer, tré­
sorier; Bondit, David, Gontard, membres ;
et dans l’assistance : MM. Leborgne, ancien
membre de la Chambre de Commerce ; Barbillion, directeur de l’Institut électrotechni­
que près l’Université de Grenoble ; Vallier
Jules, directeur de la Société Générale ;
Porte, avocat ; Repelin, directeur de la So­
ciété des Ciments de la Porte de France ; Nicollet J., de la maison Allard-Nicollet, fabri­
cants de ciments, à Voreppe ; Audebrand,
ingénieur, chef d’escadron d’artillerie en re­
traite ; Le Roy, percepteur à Grenoble ; Mouchan, commissaire de surveillance adminis­
trative des chemins de fer à la gare de Gre­
noble ; Berthuin, directeur de l’Ecole Natio­
nale professionnelle de Voiron ; Caillard, di­
recteur de l’Ecole pratique de Commerce et
d’industrie (Ecole Vaucanson), avec ses élè­
ves.
Un grand nombre de notabilités de Greno­
ble et des environs, assistaient également à
la conférence.
M. Moriceau, en un exposé simple et pra­
tique, a fait connaître les avantages que tout
Français, tant soit peu audacieux, peut reti­
rer, pour la richesse du pays, des transac­
tions entre la Métropole et ses colonies,avan­
tages provenant du commerce de la soie, du
coton, du caoutchouc, des matières nécessai­
res à la pâte à papier, des denrées alimentai­
res, etc. Il a ensuite fourni de nombreux ren­
seignements complémentaires et répondu
aux questions qui lui ont été posées par de
nombreux commerçants ou industriels gre­
noblois. désireux de se créer de nouveaux
débouchés.
La presse dauphinoise a été unanime à
enregistrer l’intérêt et le succès de la visite
de M. Moriceau à Grenoble.
-------------------------- ---------- -

141

LE RÉGIME DOUANIER COLONIAL
U ne déclaration du M in is tr e à D a k a r

Le courrier du Sénégal nous a apporté,
avec les détails -du voyage de M. Milliès-Lacroix en Afrique Occidentale, le texte inté­
gral des discours prononcés à Dakar et à
Saint-Louis par M. le Ministre des Colonies.
Des réclamations énergiques avaient été
formulées en présence du ministre par diver­
ses personnalités et notamment par M. Fau­
re, président de la Chambre de Commerce
de Saint-Louis, relativement aux modifica­
tions au régime douanier actuellement en
vigueur en Afrique Occidentale.
Le ministre a paru se ranger à l’avis de
nos colons de l’Afrique Occidentale. Il est
intéressant de citer le passage de son dis­
cours où il a traité de ces graves questions :
« J’ai écouté avec atten tio n et avec p laisir
l’exposé des d esiderata qui ont été form ulés en
votre nom p a r vos rep résen tan ts autorisés ;
Je suis p a rti de F rance pour voir et entendre
p a r moi-même. J ’ai vu, j’ai entendu et je puis
vous donner l’assurance que lorsque je serai
'appelé à p rendre des décisions sur les questions
qui vous intéressent, je n ’oublierai p as les dé­
sirs qui ont été exprim és ici au nom du Com­
merce, au nom de la cité Saint-Louisienne et au
nom de la Colonie du Sénégal.
a Vous savez cependant que, si autorisée que
puisse être m a voix au sein du Gouvernem ent,
pour p a rle r en votre nom, ie ne' suis pas seul
à p ren d re des résolutions et qu’il me fa u d ra
com pter avec tous les in térêts en présence et
dont m es.collègues et moi avons collectivement
la g ard e.' Aussi com prendrez-vous m a p ru ­
dence dans les, prom esses que je puis faire.
M ais vous dem eurez persuadés que m a pre
m ière préoccupation, lors de mon retour, sera
de solutionner aussi avantageusem ent que pos­
sible pour vous les questions qui m ’ont été si­
gnalées. La visite que i’ai faite ce m atin dans
quelques-unes des m aisons de Saint-Louis, vous
donne 'la preuve de toute m a sollicitude. J’ai
pu, au cours de ces visites, me ren d re compte
de la consistance et de l’im portance du com­
merce du Sénégal et je ne m an q u erai pas de
présenter devant la Commission des Douanes
tous les argum ents qui peuvent m iliter en votre
faveur.
« Les in térêts fran çais de cette^ colonie ne
peuvent pas, ne doivent pas recevoir des tra ite ­
m ents différents et risq u er de se trouver en
conflit. Ils form ent un tout où chacun doit con­
server ses droits et obéir aux m êmes obliga­
tions.

Voici maintenant le bref commentaire
qu’en donne le Journal Officiel de la Colo­
nie 1 Les questions in téressan t la localité ont
été, pour la p lu p a rt solutionnées p a r le Gou­
vernem ent général ; d’au tres sont à l’étude. Le
m inistre s’engage à faire pousser activem ent
ees études. P o u r le régim e douanier le Gou­
vernem ent n ’en a y a n t pas encore délibéré,
il doit se m o ntrer très réservé ; m ais il a enten-

�142

L’EXPANSION COLONIALE

du l’appel qui lui est fa it et, à titre personnel,
il peut dire qu’il n ’est p as éloigné d’étre en
com m union d’idées avec les com m erçants de
Hufisque et du Sénégal tout entier. »

Tonkin et le Mékong, de façon à utilise? les
richesses forestières et minières du Laos ;
enfin l’achèvement des ports de Saïgon, de
Ha'i'phong et de Tourane.
Si ces travaux sont indispensables, il n’en
existe pas moins d’autres mesures, qui, sans
C H R O N IQ U E
entraîner de grandes dépenses, seraient éga­
lement utiles à la prospérité de la Colonie.
L ’e sso r* In d o - C h in o is .
M- Dauphinot cite parmi elles l’augmen­
tation
des crédits attribués à l’institution des
Après la période absolument anormale au
point de vue climatérique qui, de 1902 à attachés commerciaux, qui renseigneraient
négociants sur les besoins et les ressour­
1906, a éprouvé fortement TIndo-Chine, ses nos
détracteurs en avaient déduit que la colonie ces des pays voisins de l’Indo-Chine ; l’exten­
ne pouvait se suffire à elle-même. Ils préten­ sion des écoles professionnelles destinées à
daient même qu’elle serait toujours une créer des contremaîtres et des ouvriers d’art ;
l’organisation de l’immigration agricole dont,
charge pour la métropole.
croitrait, si de nouveaux terrains
L’éclatante participation de l’Indo-Chine à l’urgence
étaient
mis
en valeur par suite de travaux
la grande manifestation coloniale de Mar­
d’irrigation
et
si une voie ferrée de pénétra­
seille en 1906, les produits qu’elle y avait
tion était dirigée sur le Laos ; puis, la mise
exposés, les statistiques qu’elle y avait four­ en
des moyens propres à protéger
nies avaient déjà répondu victorieusement les pratique
indigènes contre les exploiteurs, Chettis
à ces insinuations.
Les comptes de l’exercice de 1907 leur don­ ou autres et qui consisterait dans les encou­
nent un nouveau démenti. Les chiffres du ragements à donner à la création de banques
prêts agricoles, de sociétés mutuelles,d’en­
commerce extérieur indiquent, en effet, un de
trepôts de paddy et de petites rizeries dans
progrès notable, d’abord dans les exporta­ l’intérieur.
tions, puisque, à part le riz, tous les produits
Ce programme économique ne paraît pas
signalés auparavant sont en plus-value et
représenter
un effort exagéré pour les res­
que de nouveaux articles apparaissent cha­
que année, et ensuite dans les importations, sources de la colonie ; car ses résultats con­
dont l’examen montre que la population in­ tribueraient puissamment au développement
digène apprécie de plus en plus les marchan­ de l’agriculture, du commerce et de l’indus­
trie et les dépenses qu’il entraînerait seraient
dises européennes.
Une Colonie dont le commerce extérieur rapidement couvertes par l’accroissement de
a augmenté de 29 pour cent et le commerce recettes qui résulterait de son exécution.
—El—
général de 38 pour cent, pendant une période
très défavorable au point de vue des récoltes, U n c o n f r è r e d e s a n t ip o d e s .
est assuré d’un bel avenir et mérite la con­
Nous avons reçu les premiers numéros du
fiance de la Métropole, à qui elle achète cha­
Mois
Hébridais, bulletin des Nouvelles Hé­
que année pour cent millions de francs de
brides, aussi bien présenté que rédigé. II va
produits.
L’Indo-Chine rembourse déjà à la France nous apporter régulièrement les nouvelles
la plus forte partie des dépenses militaires de cet archipel néo-bébridais que le louable
qu’elle lui occasionne et, si les capitalistes et effort accompli pendant ce3 dernières années
le Parlement l’aident à développer la mise par les colons français a enfin appris à con­
en valeur de ses ressources, elle subviendra naître. Grâce au labeur incessant de nos na­
bientôt à ses propres besoins, tout en restant tionaux fixés dans ces pays lointains, les pro­
un important débouché pour les industriels duits hébridais ont acquis droit de cité en
Europe et se sont fait une place enviée sur
français.
le
marché mondial. Tous nos compliments
M. G. Dauphinot, chef par intérim du Ser­
vice Commercial de la Direction de l’Agricul­ à' notre actif et érudit compatriote M. G.
ture. des Forêts et du Commerce de l’Indo- Bourge, commandant le stationnaire des
Chine,vient dans un rapport très documenté, Messageries et agent général des Nouvelles
de démontrer toute la portée des progrès Hébrides pour la part personnelle qu’il a
réalisés et de résumer les dépenses qui se­ prise à la création du Mois Hébridais.
raient nécessaires pour les rendre plus profi­
—Kl—
tables encore : travaux d’irrigation qui amè­ L ’é d u c a t io n c o lo n ia le e n A lle m a g n e .
neraient à la. Cochinchine une bonne récolte
On vient de,créer un Institut Colonial au
moyenne et livreraient à. la culture des su­
perficies nouvelles ; achèvement de la ligne Havre. Nous en parlerons plus longuement
du Yunnam qui nous donnera l’accès dans dans notre prochain numéro.
Voici que, par un mouvement similaire,
une région où nos concurrents ne pourront
pas être d’ici de longues années ; construc­ on se préoccupe beaucoup en Allemagne, se­
tion d’un chemin de fer entre le Golfe du lon les conseils de M. Dernbourg, de l’édu-

�L’EXPANSION COLONIALE

i

cation coloniale. Et des libéralités importan­
tes, officielles ou particulières, n’ont pas
tardé à consacrer de façon pratique les ten­
tatives faites dans ce but. Déjà des subsides
considérables étaient dévolus aux écoles co­
loniales de Witzenhausen et de Engelport.
Aujourd’hui à la suite de négociations entre
le ministre et le Sénat de Hambourg, il vient
d’être décidé qu’un Institut Colonial sera
créé dans la Métropole commerciale de l’Al­
lemagne.
Les Etablissements scientifiques de Ham­
bourg fourniront leurs meilleurs profes­
seurs. La Hambourg-Amérika Line a pris à
sa charge des cours spéciaux sur la naviga­
tion et le service des ports. Le propriétaire
d’un vaste parc y donnera des leçons sur
l’élevage des animaux domesticables des tro­
piques. Le ministère des Colonies enverra
chaque année vingt boursiers, élèves-admi­
nistrateurs, suivre tous ces cours, auxquels
seront admis des auditeurs libres.
L’Institut Colonial de Hambourg sera di. rigé par un commissaire investi des pouvoirs
clu Sénat, assisté par un conseiller nommé
par le ministre. Il aura un budget autonome
et devra être un centre d’études coloniales
pourvu de toutes sortes de documents aussi
bien sur les colonies allemandes que sur les
colonies étrangères, en même temps qu’un
bureau d’informations destiné à favoriser les
explorations et les travaux scientifiques de
ces colonies. Il ouvrira le 1er octobre pro­
chain.
Cette création marque un pas décisif dans
l’expansion coloniale de l’Allemagne. Elle ne
peut et ne doit pas manquer de suggérer aux
coloniaux français d’utiles et judicieuses ré­
flexions.
Déjà un savant allemand, entre les plus
réputés, a été envoyé en France par le Gou­
vernement Impérial pour étudier les institu­
tions similaires à l’étranger.
— E l—

L e s e x p é r ie n c e s d e M . L e v â t.

'

On a, ce mois-ci, à Lyon, procédé à d’intéres­
sants essais de traitement d’écorces et rhizo­
mes caoutchoutifères du Congo au moyen
des appareils mécaniques brevetés par M.
Léon Guiguet .
Cette machine, dont l’idée première a pris
corps au cours de la mission dont M. l’Ingé­
nieur D. Levât a été chargé au Congo fran­
çais en 1906 par le ministère des colonies,
mission dont faisait partie M. Guignet, a été
mise au point à la suite d’études et d’essais
qui n’ont pas’ demandé moins de dix-huit
mois. Elle a opéré sur des rhizomes à l’état
de vert, importés directement de la colonie
du Congo. La chaudière qui est aussi de
construction spéciale était chauffée au bois,
de façon à reproduire dans cet essai public,
les conditions dans lesquelles fonctionnera
l’appareil dans la brousse.

143

Le lavage et l’agglomération de la gomme
sont basés, dans ces machines, sur des prin­
cipes entièrement nouveaux et toutes les piè­
ces qui les composent s nt étudiées, non seu­
lement de façon à être portatives à dos
d’hommes, mais aussi très faciles à monter
et à démonter sur un châssis unique.
Le modèle qui, à Lyon, a fonctionné pèse
en tout, chaudière et machine motrice com­
prises. 2.800 kilogrammes, divisibles en co­
lis pesant pour la plupart, 25 à 30 kilogram­
mes. Tel qu'il se comporte, il peut produire
200 kilogrammes de caoutchouc par journée
gros filaments très faciles à sécher.
Bref le succès de ces essais a été complet
et les personnes qualifiées qui y assistaient
en ont vivement complimenté les promo­
teurs.
M. l’ingénieur Levât, 174, boulevard Malesherbes à Paris, nous prie d’indiquer qu’il
se tient à la disposition des personnes qui
s’intéressent à ce genre de traitement, pour
leur donner tous renseignements complé­
mentaires et leur montrer du caoutchouc
épuré, produit dans ces derniers jours par la
machine en question.
— El —
L ’Exposition franco-bpitam ique.

Elle a été ouverte, il y a trois semaines,
par un de ces temps épouvantables comme
le printemps anglais en a trop souvent. Tout
ce que l’on a pu voir, c’est que l’Exposition
est très vaste, bien disposée, les jardins bien
dessinés et les bâtiments pittoresques ; mais
c’est tout, sauf pourtant qu’il faudra encore
pas mal de- temps avant que tout soit ter­
miné. Encore a-t-on donné un formidable
coup de collier avant et depuis le jour de
l’ouverture ; et, le 26, quand le Roi et M. Fallières l’ont visitée, on avait beaucoup fait
sans aucun doute, mais tout n’était pas en­
core complètement achevé. Il est vrai que la
besogne à accomplir était colossale.
L’Exposition franco-britannique nous in­
téresse surtout au point de vue colonial. La
contribution de nos possessions, d’outre-mer
qui n’égale cependant pas et de beaucoup
celle qu’on admira à Marseille y est cepen­
dant très intéressante. Rien dè surprenant à
cela puisque le Comité colonial français qui
a assumé çe concours était présidé par M, le
sénateur Saint-Germain qui a fourni maintes
preuves de sa compétence et de son dévoue­
ment en pareilles occurences, vaillamment
secondé par ses vice-présidents en tête des­
quels figure M. P. Desbief, président de la
Ghembre de Commerce et de l’Institut
Colonial de Marseille. Le secrétaire-général
est M. J.-L. Brunet qui fut délégué de
l’Exposition de Marseille à Paris et au nom­
bre des collaborateurs actifs du Comité,
nous trouvons MM. Gérard, ancien com­
missaire de l’Algérie, ainsi que son com-

.
I

___________________________

�144

L’EXPANSION COLONIAL:

missaire-adjoint M. Roger-Martin et M.
Max-Robert, ancien commissaire de l’Afri­
que Occidentale à Marseille. M. Dybowski
représente l’Indo-Chine et Madagascar, La
Tunisie a confié ses intérêts à M. Maurice
Ordinaire, ancign député, directeur de l’Of­
fice du Gouvernement Tunisien à Paris.
— E l—
L e « S o n t a y ».

L’ « Expansion Coloniale » était fort aima­
blement conviée et dignement représentée le
22 mai à la visite du nouveau cargo des Mes­
sageries, le « Sontay », qui vient d’entrer en
service sur Saigon, Tourane et Haïphong.
Ce nouveau paquebot est plus remarquable
encore que ceux de même type qui l’ont pré­
cédé. Il tonne brut 7.236 tonneaux et mesure
135 mètres de long sur 16 m. 66 de large. Il
possède une double machine à triple expan­
sion actionnant deux hélices avec une force
totale de 3.800 chevaux. Sa vitesse aux es­
sais a été de 13 nœuds et elle sera en service
de 12 nœuds 50. Les aménagements sont con­
fortables et, spacieux. Les superstructures
du navire qui donne à sa silhouette un aspect
vraiment majestueux, — la hauteur des ponts
superposés dépasse 20 mètres — abritent des
installations spéciales fort avantageuses
pour les officiers et les sous-officiers. La
Compagnie a été vivement complimentée
sur les heureuses dispositions de la nouvelle
unité qui vient renforcer sa flotte coloniale.
Ces félicitations ont été ensuite exprimées
de façon très sympathique au cours de l’ex­
cellent déjeuner qui réunissait à bord du
« Sontay » les amis et invités des Messageries.
A. G.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
Métropole
Tunisie. — D écret p résidentiel du 30 avril,
a u to risa n t le gouvernem ent tu n isien à réaliser
p a r voie d’em prunt, à valoir su r la somme de
75 m illions prévue p a r la loi du 10 ja n v ier 1907,
une deuxième somme de 20 m illions à affecter
a des tra v a u x de chem ins de fer et à des t r a ­
vaux de routes.
Afrique Occidentale. — D écret du 8 m ai, por­
ta n t suppression, à com pter du 1er ju illet 1908,
des droits d’an crage perçus su r les n av ires ta n t
fran çais qu’é tra n g e rs to u ch an t dans les ports
de l’Afrique O ccidentale française.
Indo-Chinc. — D écret du 29 février, ap p ro u ­
v an t le Budget général (32.805.000 piastres) et
les budgets des p ays de pro tecto rats de l’IndoChine (12.408.000 piastres) pour l’exercice 1908.
La Réunion. — Décret du 18 février, établis­
san t des droits de consom m ation su r divers
pro d u its de toute provenance.

/

Colonies
Tunisie. - Décret beylical du 2 m ars, por­
ta n t révision du régim e fiscal de l’alcool.
Algérie. — A rrêté du 10 m ars, ex propriant
des te rra in s nécessaires à la création du centre
de colonisation d’A ïn-Tsarès.— A rrêté du 5 mai,
fixant pour 1908 le ta rif de la taxe spéciale et
tem poraire su r les vignes imposables.
Côte d’Ivoirc. — A rrêté du 14 m ars, p o rta n t
réouverture des bureaux télégraphiques de
Tabou et de Kong.
Dahomey. — A rrêté du 17 jan v ier ouvrant à
l’exploitation le chem in de fer ju squ’à Agouagon, à 235 kilom ètres de Cotonou. — A rrêté du
24 février o u v ran t à l’exploitation le tram w ay
à vapeur de Porto-Novo à Sakété, 38 kilomè­
tres.
—
—
Congo. — A rrêté du 30 jan v ier o u v ran t le
bassin diT Coino aux recherches m inières.
Madagascar. — A rrêté du 8 avril, o u v rant à
l’exploitation la section de M oram anga à Anjiro (38 kilom ètres) du -chemin de fer de B ricka­
ville à T ananarive, ain si en service su r 185
kilom ètres. — A rrêté du 27 m ars, déclaran t d’u ­
tilité publique les trav au x projetés à T a n a n a ­
rive en vue de la construction d'un can al de
navigation et d’irrig a tio n dans la traversée du
q u a rtie r d’Isotry. — Arrêté du 27 m ars, régle­
m en tan t les cessions de m ain-d’œ uvre pénale
indigène.
Indo-Chine. — A rrêté du 27 février, ouvrant
le P o rt de P nom -P enh à toutes les opérations
de douane, ta n t à l’im portation qu’à l’exporta­
tion, pour les navires et vapeurs de tout to n ­
nage et de toutes nationalités. — A rrêté du 27
février, a u to risa n t la substitution de la Com­
pagnie des M essageries canton aises à la Com­
pagnie française des Indes et de l’ExtrêmeO rient dans l’exécution du service p o stal sub­
ventionné Hongkong-Canton et Canton-Outchéou. — A rrêté du 10 m ars, réglem entant la
création et la m odification des ta rifs de che­
m ins de fer de l’Indo-Chine. — A rrêté du 10
février, o u v ran t à l’exploitation la section de
B aochanh à Song-Dinh (kilomètre 134) du che­
m in de fer de Saigon à K hanhoa. — A rrêté du
3 avril, ouvrant à l’exploitation la section du
chem in de fer de Tourane-H ué-Q uangtri-D ong b a com prise entre Hué et Yensi (125 kilom è­
tres). — A rrêté du 27 m ars, ord o n n an t que des
études soient entreprises pour la construction
d’un chem in de fer re lia n t Pnom penh à Battam bang.
Guyane. — A rrêté du 27 février, p o rta n t pro­
m ulgation de divers lois et décrets modificatifs
de la loi du 11 jan v ier 1892 (Tarif général des
douanes).
J. L.

LES INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE
La Société de G éographie et d’études colonia­
les de M arseille a tenu, le jeudi 7 m ai, dans sa
g ran d e salle de la rue Noailles, une séance
générale pour l’intéressante conférence an n u el­
le des S ecrétaires de la Société su r « les Evé­
nem ents géographiques et coloniaux de 1907 ».

�L’EXPANSION COLONIALE
M. F. Bohn, p rem ier vice-président de la So­
ciété, ad m in istrateu r-d irecteu r de la Compa­
gnie F ran çaise de l’Afrique Occidentale, qui
occupait Je fauteuil, a ren d u un public hom m a­
ge à la m ém oire d u ' si regretté P résid en t de la
Société, le vénéré M. Delibes, à l’occasion de
cette prem ière séance tenue depuis son décès.
Dans la nom breuse assistance d’élite, on re ­
m a rq u a it la présence de M. Desbief, président
de la Cham bre de Commerce et de l’In stitu t
colonial.
Un exposé docum enté des plus in stru ctifs a
été présenté n a r M. Jacques Léotard, secrétai­
re général, p our l’Afrique ; M. R aym ond Teisseire, avocat, p our l’Asie (traités), et M. Hippolyte B ardon, assu reu r, p our l’Asie (explora­
tions) ; M. Joseph F o u rn ier, archiviste dépaiv
tem ental, p o u r l’Am érique. Cette a ttra y a n te
conférence d’actu alités, appuyée p a r la vue de
m agnifiques cartes m urales, a obtenu u n vif
succès et les distingués o ra te u rs ont été fort
applau d is. L a séance a été complétée p a r un
pittoresque défilé de projections lum ineuses,
rattach ées avec h u m o u r p a r le secrétaire géné­
ra l aux divers sujets traités.
Le jeu d i 21 m ai, la Société de Géographie,
dans une a u tre séance générale sous la prési­
dence de M. P a u l Gaffarel, professeur de l’U ni­
versité, p résid en t de la section coloniale de la
Société, assisté du secrétaire général, M. Jac­
ques L éotard, a entendu deux conférences du
plus h a u t in té rê t pratiq u e, faites p a r deux o ra ­
teu rs éloquents et convaincus, qui ont obtenu
u n vif succès au p rès de leu r auditoire d’élite,
com prenant de nom breuses dames.
M. le docteur H enry Reboul, m édecin-m ajor
de Ire classe des troupes coloniales, professeur
à l’Ecole d’application du Service de Santé des
Colonies, m em bre de la Société, a fa it une re ­
m arquable conférence su r La Santé facteur de
l'expansion coloniale.
On a cru trop longtem ps que les colonies de
peuplem ent, capables de recevoir le laboureur,
ses enfants, ses in stru m en ts arato ires, et la
form ule m agique « croissez et m ultipliez », p e r­
m ettaien t seules les vastes espoirs. L’exemple
nous prouve q u ’il est des colonies — et non des
m oindres, — où la prospérité de l’indigène est
l’élém ent essentiel du développem ent général.
Or, la défense sa n ita ire est plus im portante
aux colonies qu’en Europe, parce que là-bas
les unités p roductrices sont m oins nom breuses,
p a rta n t plus précieuses à conserver ; parce que,
d’a u tre p a rt, to u t leu r est hostile et les m enace,
les airs, le sol, les eaux. Comment a-t-on dé­
fendu aux colonies la santé, ce facteu r essen­
tiel de notre expansion ? E n a ssista n t l’homme
m alade ; en p réserv an t l’homme sain.
Depuis les prem ières heures de la conquête,
l’assistance à l’homme m alade, européen ou
indigène, a été p ratiquée. Les ressources d’a ­
bord p récaires, se sont accrues peu à peu. On
peu t affirm er q u ’actuellem ent to u s . ceux qui
souffrent peuvent être soulagés ; néanm oins,
ce service m érite d’être doté plus largem ent en
m atériel et en personnel. C’est ain si que le
nom bre des m édecins reste bien in férieu r aux
besoins. Un exemple le p ro u v era : en In d o ­
ch in e, ils sont 150 à peine Dour une population
de près de 18 m illions d’h ab itan ts.
P o u r protéger l’homme sain, on a développé
notam m ent les services de la vaccine, en o rg a­
n isa n t des m issions mobiles, en créan t des cen­
tre s vaccinogènes, fa b riq u a n t su r place le vac­

145

cin qui ne se conserve pas s’il vient de loin. Le
résu lta t est consolant, car en u n an, en 19041905, 930,000 vaccinations ont pu être opérées
en Indo-Chine. C’est grâce à la vaccine que la
Cochinchine en 20 ans a vu p asser sa p o p u la­
tion de 1.800.000 h ab ita n ts à 3.000.000, c’est-àdire doublée.
Que fau d rait-il pour g énéraliser les excel­
lentes m esures déjà prises. Une m éthode,
d’abord, calquée su r celle des gens d’affaires,
réu n issan t dans les m ains d’un directeur re s­
ponsable tous les crédits concernant la santé,
pour qu’on puisse en faire le bilan et constater
les heureux effets des avances faites, fl fa u ­
d ra it ensuite un personnel plus nom breux,
spécialisé, centralisé. La pathologie exotique
ne com m ande pas seule cette spécialisation ;
elle est aus'si nécessaire pour conquérir l’adhé­
sion volontaire de l’indigène. Enfin des crédits
sont indispensables : ceux-ci seront trouvés en
condensant ceux qui existent dans divers cha­
pitres, en fa isa n t état de certaines recettes tel­
les que droit des pauvres su r les th éâtres, les
courses, p a rt dans les am endes judiciaires,
taxes sa n itaires ; en p erm ettan t les générosités
privées p a r la création d’une assistance p u bli­
que capable de recevoir et de posséder.
Il fa u t avoir foi en l’avenir des colonies p a r •
la santé. Les sacrifices ne seront jam ais trop
gran d s ; ce n ’est, qu’une avance rem boursée au
centuple. E t que les économistes ne protestent
pas au nom de le u r économie ! Car selon le
mot de Ruskin, « l’a rg en t est une semence qui
doit fructifier en vie. »
M. le Dr E. Grom ier, de la Société de G éogra­
phie de Lyon et de la Société des « Amis de
l’E léphant », de P a ris, a fa it ensuite une confé­
rence avec projections lum ineuses su r La P ro ­
tection de la Faune des Colonies, la Domesti­
cation de l'Eléphant d'Afrique, et a été égale­
m ent fort applaudi.
Le docteur G rom ier s’est élevé avec véhé­
mence contre la coupable indifférence de ceux
qui laissent m assacrer dans nos belles colonies
françaises leur si in téressante faune. Alors que
les Anglais, les Allem ands, les Belges mêmes
ont p ris des m esures de protection sérieuses,
que l’o rateu r a énum érées, en F rance, nous
nous obstinons à ne rien faire dans ce sens. Il
semble même que la destruction des anim aux
fasse p artie d’une m éthode systém atique.
E t cependant l’homme civilisé a u n au tre
rôle à jouer que celui de ses ancêtres p rim itifs ;
il a un rôle de prévoyance, d’exploitation sage
et m éthodique de toute les richesses que la n a ­
tu re lui a si libéralem ent distribuées, et quand
une ad m in istratio n reste indifférente à des p ro ­
cédés dignes d’un au tre âge elle faillit à son
rôle.
Le docteur G rom ier est un chaud p a rtisa n
de la dom estication de l’E lép h an t d’Afrique,
qu’on m assacre inconsidérém ent dans nos colo­
nies fran çaises po u r son ivoire, au lieu d’en
m énager "la source et d’utiliser, comme on le
fait depuis longtem ps aux Indes, a u jo u rd ’h u i
au Congo Belge, le p u issan t an im al p o rteur.
L’o rateu r a com battu et réfuté toutes ies objec­
tions ; il a dém ontré pérem toirem erit la possi­
bilité de la dom estication de l’éléphant d’Afri­
que, réalisée à m aintes rep rises et affirm ée p a r
des hom m es com pétents tels que Hagenbeck,
de H am bourg ; il a prouvé au ssi-F u tilité de
cette dom estication dans des p ay s où l’odieux
portage est le seul mode de locomotion et où il

�146

L’EXPANSION COLONIALE

n ’existe pas d’anim aux de b â t ; enfin il a in ­ nouveau m inistre du Commerce, M. Cruppi, a
dique les m oyens p ropres à réaliser la protec­ déposé, de concert avec M. le M inistre des Af­
tion de l’espèce des éléphants africains dans
faires E trangères, un projet de loi p o rta n t
nos colonies.
création de six attachés com m erciaux à l’é tra n ­
A la suite de cet exposé docum enté, la Société
ger au près de grandes am bassades. S u r un
de G éographie a renouvelé son vœu de 1896 en
rap p o rt favorable de M. Deschanel, la Cham ­
faveur de la protection et de la dom estication
bre des Députés a voté san s retard , le 28 m ars,
de l’E lép h an t d’Afrique, et a, émis le nouveau
cet excellent pro jet de loi en faveur du déve­
vœu su iv an t :
loppem ent du commerce extérieur de la F r a n ­
« C o n sid é ra n t'q u ’il est nécessaire de conser­ ce et le S énat l’a égalem ent voté le 10 avril,
ver à l’éta t de liberté et de vie norm ale les
m ais sous réserve d’une seconde délibération.
p rin cip au x ty p es de la faune africaine, afin
Les six attachés au ro n t po u r circonscriptions :
d’em pêcher une d isp aritio n qui serait in évita­ 1° l’A ngleterre ; 2° les E tats-U nis ; 3° l’A m éri­
ble si des m esures protectrices n ’étaient pas
que du Sud ; 4° C onstantinople ; 5° la Chine et
le Japon ; 6° l’Europe, m oins l’A ngleterre. En
prises en tem ps utile ;
« C onsidérant qu’il v a lieu dans ce but de
réalité, les trois prem iers attachés existent déjà
suivre l’exemple de l’ad m in istratio n anglaise, . dans les personnes de MM. P érier, Velten et
W iener, qui ren d en t les m eilleurs services, et
notam m ent dans l’Afrique O rientale ;
« La Société de G éographie et d’études colo­ il n ’y a u ra que trois véritables créations de
niales de M arseille ém et le vœu : que soit cons­ postes.
L’intervention de M. le M inistre des Affaires
tituée le plus tôt possible, dans l’Afrique Occi­
dentale française, une réserve te rrito ria le de
E tran g ères et de M. le M inistre du Commerce
av ait été sollicitée p a r le S yndicat des Expor­
vaste étendue où seraien t ré u n is et protégés les
tateurs, en faveur des intérêts fran çais com­
différents types de la faune africain e dont la
prom is p a r les récents incidents révolution­
conservation est in téressan te au point de vue
n aires d’H aïti. Un m em bre du Syndicat, M. Al­
scientifique ou économique et que ce territo ire
soit choisi de façon à a ssu re r d ans les m eilleu­ fieri, chef d’une dés plus im portantes m aisons
fran çaises établies . à Cap-H aïtien, consul de
res conditions l’existence et la reproduction des
F rance, agent général de la Compagnie
espèces protégées ».
T ran satlan tiq u e à C ap-H aïtien et Port-auPrince, a y a n t dû re n tre r en F ran ce pour y
ALLIANCE FRANÇAISE
rétab lir sa santé, av ait confié ses pouvoirs à
Le Comité M arseillais de 1’ « Alliance F r a n ­ M. Carducci, agent consulaire in térim aire de
çaise p our la p ro p ag atio n de la langue n a tio ­ France, m ais une dépêche a récem m ent infor­
mé M. A ltieri que son fondé de pouvoirs était
nale dans les colonies et , à l’é tra n g e r », qui
m enacé d’u n décret d’expulsion. ; Des lettres
siège à la Société de Géographie, a tenu, le
29 m ai, la réu n io n générale annuelle du Co­ m inistérielles ont heureusem ent inform é, de­
puis lors, le S yndicat que cette grave m esure
m ité de Dames de l ’A lliance F ran çaise, dans
av ait été rapportée.
les salons de la P réfecture, sous la présidence
J. L.
de Mme M astier. M. A drien A rtau d ; p résident
du Comité M arseillais, a fa it aux nom breuses
dam es présentes u n in té re ssa n t com pte-rendu
an n u el de l’activité de l’œ uvre et a résum é les
divers ra p p o rts reçus des; Ecoles subvention­
nées p a r le Comité. Une b rillan te conférence a
Le 9 ju in il sera procédé à P aris, Office Co­
été faite ensuite p a r M. George F o u cart, p ro ­
fesseur à la F acu lté des L ettres, ancien conser­ lonial. à 2 heures et demie du soir à l’a d ju d i­
cation p a r voie de soum issions cachetées de la
v ateur-inspecteur du service des an tiq u ités en
Egypte, su r « La F am ille d ans l’Egypte Ancien­ fo u rn itu re des Paniers nécessaires à l'A dm i­
nistration Centrale du Ministère des Colonies
ne et M oderne. »
pendant trois années.
Comme chaque année à la même époque, le
se c ré ta riat g én éral vient d’envoyer le prix du
Comité de M arseille aux dix Ecoles F ran çaises
Tl sera procédé, le m a rd i 30 juin, dans
qu’il p atro n e directem ent en EgvM e et au M a­
la salle des séances de la Commission p erm a­
roc. C’est le joli album de P ie rre Legendre
« Nos Colonies en Im ages ». dont le texte h isto ­ nente dès M archés Coloniaux, à l’Office Colo­
rique et géographique est accom pagné de 250 nial, galerie d’O rléans du P a la is Royal, à P a ­
ris, à l’adjudication, p a r voie de soum issions
reproductions photographiques, qui a été choisi
cachetées, de la fo u rn itu re des Instrum ents de
p o u r les la u ré a ts au p rès desquels il com plétera
la p ropagande p atrio tiq u e des Ecoles en fa ­ chirurgie nécessaires aux différents services
des Colonies pendant, trois années.
veur de la F rance.

A v is

LE SYNDICAT DES EXPORTATEURS
L a Cham bre Syndicale, réu n ie sous la p rési­
dence de M. A drien A rtaud, ru e Nouilles, 5, a
procédé à l’élection de M. Ch. B ortoli (de B or­
toli frères) en qualité de tréso rier, en rem p la­
cem ent du reg retté M. M eynadier, et de M. Ant.
D ufour (de JVL D ufour et fils) en qualité de
secrétaire, en rem placem ent de M. Ch. Bortoli.
Le S yndicat vient de voir ab o u tir une de ses
revendications, pour laquelle M. A drien Ar­
tau d est l’a u te u r d’u n ra p p o rt rem arqué. Le

Adjudications

Le 21 ju illet sim ultaném ent à P a ris, Office
Colonial, et à D akar, il sera procédé à l’a d ju ­
dication des .trav au x de construction de l'h ô ­
p ita l indigène de D akar.
Les personnes qui a u ra ie n t l’intention de
concourir p o u rro n t p rendre connaissance des
cahiers des charges à l’In stitu t Colonial M ar­
seillais.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS GOLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S CO LO NIA U X
Fr.
476 2J5 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ..............................
461
—
Divers
Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ...........
43175
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500.
472
—
87 — Prot. Annam-Tonkin. obi. 2 1/2
( g a r .) ..............................
79
10
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
80 —
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
90 25
465 — Indo-Chine, chem. de fer obi. 458 —
3 1/2 o/o, 1899 .........................
-------—
obi. 3 o/o 1902.....................
410 —
480 — E m prunt Algérien, 3 o/o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
435 50
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2 o/o
1897....................
979 987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
969 492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898...........................
458 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
462 —
492 50 Col. de la M a r tin iq u e ...... . 455 —
470 — Afrique Occidentale, 3 o/o 1903,
obi. rem. 500 (g ar.)...............
469 —
642 50' Maroc 5 o/o 1904, rem. â 500..
518 —
B A R Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cic Algérienne, act. de 500 t. p.
940 50
500 — Créd. Fonc. et Agric. d 'A lg .,
act. de 500 (250 p. n o m .).. ..
480 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ....................... • ........... 1375 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.)................. .. . 255 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
("•)...................... ”.........................

.........

500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) ................................
600 -500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n ) ................... • . . .
505 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p n o m .)............. 1375 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
650 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1225 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
47 —
420 — Crédit Foncier C olonial, obi.
5 o/o 420 ..................................
101 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350...................................
85 50
CH E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T COLONIAUX
500 — C'° Bône-Guèlma, a. r. à 600..
666 —
Divers
— obi. 3 o/o r à 600.
427 —
500 — Est A lgérien, act. r. 5 600.. ..
694 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. 5 500 424 —
500 — Ouest Algérien, act. r. 5 600..
657 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. 5 500 420 —
------ Aïn Thlzy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
425 —

340 — M écheria-Aïn Sefra. obi. 3 o/o
rem. 5 500................................
— — Mouzbàh-Mécheria, obi. 3 o/o
rem'. 5 500...............................
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. 5 500...............................
500 — Chem, de fer de lTndo-Chine
et du Y u nnan, act. 500,
250 fr. nom ...............................
438 50 Obi. priv. 3 o/o, rem. à 500 lib.
500 — Dakar 5 Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. 5 650... ..........
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies frariç , obi 3 o/o r. 5 500
413 — Chem. île fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E t a t . . . ...............

147

424 —
420 —
424 —
— —
415 —
960 —
380 —
428 —

V A L E U R S M IN IÈ R E S
Cliarb. dp Tonkin, act. de 250
t. p ............................................ 1500 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem 5 500........................
594
25
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ................................
464 —
477 50 Algérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. 5 500...............
459 —
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ..............................
489
—
500 —
Mokta el Hadirt, act. 500 t. p. 1590 —
! —
act. 500 (400
p., n . ) ............................... 1515
—
Divers
Le Nickel, act. de 250 t. p ....
611 —
445 ——
obi. 4 o/o rem. à 600.
505 —
------ - Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
75 —
100 — Phosphates du Dvr, act. de
100 t. p ............... "....................
120 —
454 50 Pho pliate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.........................
480
—
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3899 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ... 3680 —
------ -

V A L E U R S CO LONIALES F R A N Ç A IS E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale..................(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d e n tale ............... (actions nouvelles).. 2185 —
Oiu M arseillaise de M adagascar . . . . . . .
470 —
M essageries Fluviales de C o c h i n c h i n e . -----AO m a.............................................................
130 —
Alimaïenne....................................................
230 —
Congo occidental...........................................
435—
Haut-Congo (Compagnie française du)..
496 —
Haute Sanglai......................... ’....................
120 —
H aut-O gôoué................................................
830 —
La Kotto.....................................
510 —
Lobay.............................................................
80 —
M essageries Fluviales du Congo...........
212 —
Sultanats du H aut-O ubangui................
900 —
Sociétés des mines de la Haute Guinée :
act. 174 ; p a r t s ............................................
119—
Compagnie minière de Guinée : act. 220 ;
p a r t s ..........................................................
144 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
295 ; parts ..........................................
129—
Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Imprimerie

(lu

“ Sémaphore 7 B a r l a t i e r . — Marseille.
17-19, rue Venture.

�SE R V IC E POSTA L M A R SE IL L E - COLONIES
Départs de Marseille
DATES DES DÉPARTS DERNIÈRE LEVÉE
IDE MARSEILLE

A lg é rie
D épartem ents

»

Voie deM arseille, O Gln Trans.
»
T rànsp.M ar.
»
T o u ach e
Voie de Port-V endres.............

d ’Alger c l d’Oran
d’Alger ........
d’Alger ci d’Oran
d’O ran..........

.....
.......

»

»

')
»
O

»

Voie île M arseille, CicGIeTrans.
»
T ransp.M ar.
»
Ci-- Glc Trans.

de C onstantinc
»
))

»

»

»

»

T ransp. Mar.
T ouache'.. . .
Ci0Gl&lt;' Trans.
Cie Touache.

T u n is ie .

»
C'e des M. M.
Voie deB rin disi,paq. Anglais.
Voie deMarseille, CicF raissinet
»
»

In d o - C h in e ,

L undi. M ercredi, S am ed i.........

M ercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Dim anche ...............
V endredi...................
Jeudi et Sam edi___
M ardi.........................
M ardi.........................
S am ed i.....................
Dim anche ...................
Lundi et S am ed i . . .
J e u d i ............................
Lundi et V endredi. .
M ercredi .......................
S am ed i ........................
Un d im . su r d én i à p . du G janv.
V endredi a p . d. de M arseille . .

12 de chaque m ois.
A f r i q u e O c c id e n t a le
Vers le 20 (le chaque mois.
F r a n ç a is e
V o ie de B o r d e a u x , C'c des Cliarg. Iléuo. 24 de chaque m ois.
Voie deM arseille, Transp. Mar. 20
»
S é n é g a l .....................
Voie de B ordeaux à L isbonne, Cio des M . M . Le Je u d i, 1. l.i \ jours à p . du 4 janv.
»
10 de chaque mois
D jib o u ti, SV3adagascar,j Voie deMarseille,
»
»
25
»
R é u n i o n et M a u r i c e (
»
Cic H avraise Vers le 20 do chaque mois.
D jib o u ti, M a j u n g a . . . . |
»
Cio des M. M. Un dim . su r qu atre à p . du 20 janv.
N o u v e lle - C a lé d o n ie (
Voie dcB rindisi, paq. Anglais. Chaque Vendredi .
et N o u v e lle s - H é b r id e s ;
Voie de N ap les,paq. A lle m a n d .. Tous les 2 8 jo u rs à p . du 0 déc
Voie deMarseille, C&gt;° des M. M. Un M ercredi su r 4 à p . du JG janv.
In d e F r a n ç a i s e ......
Voie de B rindisi, paq. Anglais. V endredi a p .-m id i.
Voie de St-N azaire,CicGlc Trans. 9 de chaque m o is ..
G u a d e lo u p e
Voie deBordeaux,
»
26
»
et M a r t in iq u e
Voie de C herbourg, paq. Anglais. Le M ercr., 1 .1 . \ 4 jours à p .d u 4 déc.
Voie de St-N azaire, C‘"Glc T rans. 9 de chaque m o is ..
G u y a n e F r a n ç a i s e . . . ' Voie d’A m sterdam , paq. N é e rl.. V endr. ,1 .1 .1 4 jours à p .d u 44 janv.
Voie de C herbourg, paq. Anglais. Le M ercr., 1 .1.11 jo u rsà p.4u ! déc.
T a h it i
S t -P ie r r e -M iq u e lo n

DE LA BOITE

DÉPARTS
DES BATEAUX

1 h. s o i r . .
6 h. s o i r . .
6 h. soir .
6 h. 15 mat.
Oh. 15 mat.
5 h. s o ir..
5 h. s o ir..
5 h . soir.
midi .......
10 h. 30 m. m id i ___
3 h. 10 soir. 6 h. s o i r . .
11 h. m at.
3 li. 10 soir.
3 h. 10 soir.
5 h . 20 mat.
5 li . 20 mat.
3 h . 10 soir.
3 h. 10 soir.

10 h. 30 m,
11 h. m at
3 h. 10 soir.
10 h. m at.
10 h. soir
10 h m at.
10 h. mat.
Gh. 20 soir.
10 li. 30 m,
6 h. 20 soir.
10 h. m at.
10 h. m at.
mat. on soir
10 h. mat
10 h. soir.

m id i.........
1 h. s o i r . .
7 h s o ir..
11 h. m at...
—

m id i.........
m id i.......
—

m id i.........
—

11 h. mat..
11 h. mat..
—
11 h. mat..
11 h. 36 s.
—
l’a v .- v e illc lO li.s .
10 h. m at. 11 h. m at.
—
10 h. soir.

l’av an l-v eillc so ir.

—
—

»
))
»
))

—

—
—

j Voie Le H avre et C herbourg

p a r N ew-York

j

Arrivées à Marseille
A lg é r ie :

A lg e r ............................. 1 u n d i, H a rd i, M e rc r.,Y o n d r., D im .
C onstantine p ar Philippeville et B ô n e . . . . . . Mardi, Jeudi, Samedi.
O ra n ................................. Lundi, M ercredi, Jeu d i, Sam edi.
T u n i s i e .....................
M ercr., V end., Dim.
Ligne de l’Indo-Ghine,
I n d o - C h i n e ...............)

N o u v e lle - C a lé d o n ie . .

Voie de B rin d is i---- - -

' es 1j4. j ° u r s -

V. de B rindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
Tous les 28 jours.
c h a q u e Sam edi.

L ’E X P A N S I O N

R é u n i o n , M ad agas­
c a r et D j ib o u t i
G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
q u e, G u y a n e :

Voie
Voie
Voie
Voie

de S aint-N azaire.
de B ordeaux........
d’A n g le te rre ........
de Marseille

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vende, ions les G jo u is.
Vers le 13 de ch. mois

A f r i q u e O c c id e n t a le :

Voie de B ordeaux........
Voie de L iverpool.......
Voie de M arseille ........

Tous les 14 jo u rs.
Environ loules le s ? sem aine!.

Dates variables.

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f r a n ç a i s e s p o u r l’E x p o r t a t io n , g a r a n t ie e x e m p te
d’a n t is e p tiq u e s, d ’u n e c o n s e r v a t io n et d ’u n e lim ­
pid ité p a rfa it e s . F a b r iq u é e S A N S A D D I T I O N
D' ALCOOL a v e c d e s e a u x s t é r ilis é e s p a r l'o zo n e ,
elle r é s is t e à t o u s le s c lim a t s. T r è s r e c o m ­
m a n d é e d a n s le s p a y s c h a u d s , elle e s t to n iq u e ,
r a f r a îc h is s a n t e et fo rtifia n te .

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En relations directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur toutes les principales Places du Monde entier et en particulier sur
celles de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C I E T E G E N E R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° S o n se rv ic e spécial des c h a n g e s qui achète et vend des monnaies ou
billets de tous pays ;
innet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur les principales Places du monde entier;
Fait toutes opérations de Bourse.
2° S o n s e rv ic e spécial des C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clienlète, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
3° S o n se rv ic e c o m m e r c ia l traitant toutes opérations sur marchandises,
et sur documents, consignations, etc., etc.

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IM P. DU SEMAPHORE - tlARLATlEB -

MARSEILLE

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES

A rt . 2.

Cette association a p our b u t l'étude, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de c en traliser tous docum ents et ren ­
seignem ents utiles, de rechercher les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
n er et de provonuer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istratif ou économ ique qui lu i p a­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les intérêts que
m ettent en jeu les rap p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A rt . 3.

L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de droit ;
Les m em bres sociétaires fondateurs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de d roit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teu rs sont ceux qui d ans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In s titu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
co rrespondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

STATUTS

seil et lu i fournissent, soit spontaném ent, soit
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n a tu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’Institu t.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande d'iidhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p endant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
fa u t pay er :
T Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre donateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 francs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

SERVICES DE L’ INSTITUT
5, R u e

N o a i lle s ,

5
C o u rs co lo n ia u x

Bezde-chausséc : Musée Com m ercial. — Salle
des Cours Coloniaux.
I er étage : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat gén éral et B ureaux de
l’In stitu t, B u reau de Renseignem ents. -— Ré­
daction de T « E xpansion Coloniale ».
(Syndicat des E xportateurs).
f2mB étage : Société de Géographie. — Alliance
F rançaise).
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In s titu t Colonial de
M arseille ».

Directeur : M. le Dr H eckel .
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J um elle .
P ro d u its anim aux et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M. Jacob de Cordemoy .
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. M asson .
Législation et Économie Coloniales.
M. II. B abled .

Hygiène Coloniale.
M. le Dr R eynaud .

C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. D avin .

Comité de rédaction de 1’ « Expansion Coloniale »
MM. Adrien Artaud, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Y t ier , Vice-Président ; Jacques Léotard, Secrétaire ; Paul Masson, Professeui
à l’Institut, Membre du Conseil.— M.E. Moriceau, Secrétaire général de l’Institut.— M. Auguste
Giry , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.
Marseille. — Im prim erie du Sémaphore, B a r l a t ie iî , rue Tenture, 19.

�SAVON
de la

BONNE MÈRE

tmp du Sémaphore - Bar/atier - Marseille

�2,nc Année. — N» 8

L’EXPANSION
B

U

L

L

E

T

I 1

T

D

SX
M

A

Le Numéro : 50 centim es

f

1er Juillet 1908

IALE

E

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
PA R A IS S A N T

LE

1 er

S O M
La Maladie da Sommeil, Dr G. R eynaud . . . .
Institut colonial m arseillais ...............
. . . .

149
152

E x traits des procès-verbaux............
152
B ureau de re n s e ig n e m e n ts .............
153
E xtraits d e là correspondance . . . . . .
Musée c o l o n i a l ...................................
162
Cours coloniaux...................................
162

154

L'Institut colonial marseillais au Congrès colo­
nial français de 1908 .........................................

ABONNEMENT : F rance
Rue

et

Noailles,

M

163

DE

—

MOIS

A I R E
Un Institut colonial au Havre, Dr Ed. H ec k k i . .
Le Régime douanier colonial, Adrien A r t a u d . .
Rapport de la Chambre de commerce de Nou­
m éa .............................................................................
C hronique ................................................................
Actes coloniaux o fficie ls ..........................................
Avis d ’adjudication : ......................
. . . .
Marché des Valeurs coloniales ..............................
Services maritimes postaux. . . • ......................

C o l o n ie s ,
5

C H A Q U E

6

francs

Téléphone

M A R S EILLE

; É tranger,
36-90

S

fr ancs .

164
165
167
168
170
170
171
172

�IN STITU T

CO LO N IA L

M A R SEILLA IS

Fondé sous le luml patronage de M. le Ministre des Colonies

P ré s id e n ts

d 'h o n n e u r :

MM.

MM. .
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique OccidentaleFrançaise.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le R ésident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XVe Corps
d’armée.

Le
Le
Le
Le
Le

P réfet des Bouches-du-Rhône.
Maire de Marseille.
P résident du Conseil général.
R ecteur de l’Université d ’Aix-Marseille.

Doyen de la Faculté des Sciences.
Président honoraire de la
Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.
F éraud, Augustin,

M em b res f o n d a te u r s :

MM.
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — B ergasse , H. et C“. — B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles R oux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­
mins de fer de Paris, à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit L yon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C". — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (Dr),

Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.
ciété

M em b res d o n a te u r s :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Chaiirières , Morel et C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compacnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation IFraissinet &amp; C“). — Compagnie de
Navigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français.— Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien F abre &amp; C“. — Crédit Foncier et Agricole d’Algéi
rie. — Dufour . Marius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
F éraijd, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon. Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — NOILLY PRAT &amp; C“. — N. PAQUET &amp; C“. —
J. et A. P avin de Lafarge. — R astit , Henri. —
R occa, T assy et D e R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube , Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub , Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi.

CONSEIL D'ADMINISTRATION :

Président : M. Desbief . Paul, Président de la
Chambre ue Commerce.
Vice-Présidents : H eckel, E. i’D'1. Directeur-Fonda­
teur du Musée Colonial ; P onsinet , A., Chef du
Service Colonial : Dufay, Henri, Ancien VicePrésident de la Chambre de Commerce.

Secrétaires : MM. Artaud, Adrien, Membre de la
Chambre de Commerce, Président du Syndicat
des Exportateurs ; Barlatier , Paul, directeur
du « Sémaphore de Marseille ».
Trésorier : M. Armand, Albert, Membre de la
Chambre de Commerce. Président du Syndicat
Marseillais de la Marine Marchande.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane, J., Sous-directeur
du Comptoir National d’Escompte de Paris à
Marseille.

M em b res :

MM.

MM.

Allest , J. (Dr), Administrateur-Délégué de la Com­

J ourdan, Félix, Juge au Tribunal de Commerce.
Léotard , Jacques, Secrétaire général de la So­

Arnaud, Lucien, Minotier.
Bergasse , Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie Marseil­

Masson , Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

pagnie Générale Transatlantique.

laise de Madagascar.
Blanc, E., Directeur de l’Exploitation de la Com­
pagnie des Messageries Maritimes.
Bohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
Administrateur-Directeur de la Compagnie F ran­
çaise de l’Afrique Occidentale.

Bourdili.on, A.. Arm ateur.
Dufour, Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour , J., Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­

ral des Bouches-du-Rhône.

E strine , L., Vice-Président de la Ch. de Commerce.
F ouque, Adolphe, P résident du S yndicat d’in itia ­
tive de Provence.
Gaffarel, Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. dé Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des

Négociant en cafés.

J oannon, A., Avocat,

Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.

ciété de Géographie.
titut colonial.

R astit , Henri, Industriel.
R odriguesÆ ly, Amédée, Ancien

Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux, François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T ukcat, H., Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
T eisseir e , Raymond, Avoué.
Usslaub, Léonce, Négociant.
Ytieii , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Zarifi , Périclès, Banquier.
Coulon, Dominique, Délégué du Conseil Municipal.
Delibes . J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément, Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
Eug. T alon, Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.
Secrétaire général: E. Moriceau, Administrateur
en chef des Colonies en retraite.

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P A P E T E R I E M A R S E IL L A IS E
R u e P a ra d is , 2 9

�Deuxième Année.

N° 8

Jer

Juillet 1908.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
qui comptait 1.000 habitants est aujourd’hui
anéanti. Nantoulé qui possédait jadis une
population de 3.000 habitants n’en compte
pas plus de 50 aujourd’hui. Dans l’Ouganda
La maladie du Sommeil (Hypnosie, mala­ 200.000 habitants sur 300.000 en ont été vic­
die des dormeurs, Ani-Anchorine des Gabo-'
times.
nais, Nalavan des Wolofs, Souna-Dimi ou
Ces chiffres en disent assez sur la gravité'
Souna-Bana (dormir mal) des Bambaras,
de
ce fléau qui menace de faire un désert de
maladie du tremblement des Kos), connue
cette
Afrique que les nations européennes se
depuis un siècle (quelques uns disent depuis
disputent
avec tant d’âpreté. La pénétration
trois siècles) sur la côte occidentale d’Afri­
qui
s’est
faite
de tous les côtés avec tant de
que, où on la croyait localisée, décrite
hâte
a
été
la
cause
déterminante de la propa­
depuis 1803, fait actuellement de terribles
gation
de
la
maladie
du sommeil autrefois
ravages dans toute la partie centrale du Con­
cantonnée
dans
quelques
tribus côtières.
tinent noir. Dans sa marche rapidement en­
Jusque-là
les
indigènes
s’éloignaient
peu de
vahissante, elle a débordé hors des limites
leurs
foyers,
retenus
par
les
différences
d’i­
du Centre Africain, atteignant le protectorat
diome,
l’absence
de
voies
de
communication,
britannique de. l’Ouganda, les bords des
grands lacs, faisant son apparition sur la les dangers de mort.
Les Africains transportés aux Antilles
côte de l’Océan Indien, envahissant au Nord
comme
esclaves à l’époque de la traite, ou
la boucle du Niger, et descendant sur des
comme
engagés après la suppression de la
centaines de milles la vallée du Nil d’où elle
traite,
avaient
présenté fréquemment des
menace le Soudan et l’Egypte, se montrant
cas
de
maladie
du
sommeil. Les médecins de
au Sud dans l’Angola et sur les confins de
la
Marine,
en
service
aux Antilles ou con­
la Rhodesia.
Cette maladie est non moins terrifiante voyeurs des navires qui transportaient les
par sa gravité que par la puissance d’expan­ immigrants, eurent ainsi l’occasion de l’obsion. Le nombre des victimes de ce nouveau servèr et de la décrire. Mais l’hynopsie, dési­
fléau est si grand partout où il se montre gnée parmi les colons sous le nom de « ma­
que le continent noir serait bientôt dépeuplé ladie des barracons » (hangars de traite),
si des mesures n’étaient pas prises pour pré­ n’étant représentée que par des cas importés
server les régions et les populations encore ne se répandit pas aux Antilles et n’y forma
indemnes et supprimer les foyers existants. pas de foyers parce que l’agent de propaga­
Des localités du Congo Belge, encore in­ tion faisait défaut.
En Afrique, par contre, la maladie du
demnes en juillet 1902, se trouvaient en­
vahies et à moitié dépeuplées en 1905. A Sommeil, suivant les voies tracées et par­
l’école des Jésuites de Berge Sainte-Marie courues par les explorateurs, les commer­
(embouchure du Kassaï) 850 enfants sur çants, les expéditions militaires, remonta
1100 sont morts en 18 mois. Près d’Entebbe, le long des fleuves, dans les vallées du Con­
(Est Africain Britannique) dans les Iles Seze go, de la Volta, autour des grands lacs. Les
du lac Victoria Nyanza, la maladie apparut blancs, en effet, se faisaient suivre, dans
il y a six ans. En quatre ans la population a leurs expéditions, de caravanes qui nécessi­
taient la mobilisation de bandes nombreuses
été réduite de 30.000 à 12.000.
Dans le gouvernement du Haut Sénégal de porteurs, de domestiques, de pagayeurs,
Niger, sur les bords de la haute Volta, le vil­ de soldats indigènes, recrutés dans les tribus
lage de Bouma a perdu les deux tiers de sa côtières. Ceux de ces noirs qui étaient déjà
population en trois ans. Le village de Kaho atteints d’hypnosie semaient la maladie à leur

LA MALADIE DU SOMMEIL

�150

L’EXPANSION COLONIALE

passage dans les tribus de l’intérieur que tra­
versaient les caravanes. Ainsi la maladie
s’avança de la côte Occidentale vers la côte
Orientale, menaçant à la fois le littoral de
l’Océan indien, l’Egypte, nos possessions du
Haut-Sénégal et du Niger, les possessions
Anglaises du sud Africain.
Les bandes de Samory, dans leurs courses
dévastatrices à travers les tribus qui peu­
plent l’Afrique occidentale française avaient
contribué à disséminer la maladie du som­
meil.
Contrairement à l’opinion reçue pendant
très longtemps, cette redoutable maladie
atteint aussi les blancs. De nombreux Euro­
péens, atteints en Afrique, sont venus mou­
rir dans ces dernières années à Londres, à
Anvers, à New-York, après des souffrances
endurées pendant plusieurs mois.
L’évoluti' n de l’hypnosie est en effet très
longue : elle se compte par mois et plus sou­
vent par années (de quatre mois à quatre an­
nées, non comprise la période de latence).
Elle est partagée en trois périodes ; une d’in­
cubation durant plusieurs mois ; une deuxiè­
me, fébrile, confondue fréquemment avec
des manifestations de paludisme dont elle
diffère par l’irrégularité des accès, les érup­
tions cutanées, des douleurs très vives au
moindre choc, et surtout, symptôme carac­
téristique et précoce, par des engorgements
ganglionnaires du cou, de l’aisselle, de l’aine,
des glandes salivaires ; enfin une troisième
période de léthargie, la seule connue et dé­
crite jusqu’à ces dernières années, dans
laquelle le malade offre successivement de
l’hébétude, de l’affaiblissement de la parole,
une salivation abondante, du tremblement,
de la titubation, de la somnolence, puis un
sommeil profond pendant les actes les plus
divers de l’existence, à table, au bain, en fu­
mant la pipe, au cours de la conversa­
tion ; la somnolence devient plus fré­
quente et plus profonde ; enfin le malade,
insensible, fébricitant, meurt dans le coma
ou dans les convulsions, fréquemment en­
vahi par des légions de fourmis dévorantes.
Les blancs, plus sensibles à l’infection,
succombent souvent avant la période de
léthargie. Cette particularité, jointe à leur
petit nombre en Afrique, a contribué à faire
méconnaître la susceptibilité des Blancs à la
maladie du sommeil.

La cause de cette si curieuse et redoutable
affection est un petit parasite du sang et du
liquide céphalo-rachidien, un Trypanosome
qui n’est connu que depuis la première
année du xxe siècle.
En 1901, Dutton avait découvert l’existence
d’un Trypanosome dans le sang d’un blanc
atteint d ’une fièvre pseudo-palustre en Gam­
bie. C’est Castellani qui, en 1903, découvrit
ce même Trypanosome dans le liquide cé­
phalo-rachidien des noirs de l’Ouganda.
Ces deux phases de la découverte de
l’agent spécifique correspondent précisément
aux deux phases de son existence dans le
corps des malades et aux deux périodes prin­
cipales de la maladie. Dans la période fébrile
le Trypanosome vit dans le sang, dans la
deuxième période il pénètre dans le liquide
céphalo-rachidien et alors apparaissent les
phénomènes de léthargie.
Ce parasite, ce trypanosome, est représenté
par un petit corps renflé en fuseau, vermiforme, uni cellulaire, ayant deux ou trois fois
le diamètre d’un globule sanguin, pourvu
d’un flagelle et d’une membrane ondulante
et animé de mouvements très vifs dans le
sérum du sang. On le trouve en très grande
quantité dans les ganglions hypertrophiés.
Si jusqu’à la découverte de Dutton et de
Castellani on croyait l’homme réfractaire
aux maladies à trypanosomes il n’en était
pas de même des animaux que l’on sait de­
puis longtemps être décimés par des épizôoties dues à des protozoaires de cette espèce :
le Nagana, maladie de la Tsé-Tsé (désignée
par les indigènes du Niger : Souma des
bœufs ou maladie de l'humiditéJ, frappant
les bœufs, les chevaux, etc., etc., le Surra,
le Caderas, la Dourine des chevaux. Les rats
sont atteints de trypanosomiose dans la pro­
portion de 30 % dans tous les pays.
Les trypanosomes de l’homme et des ani­
maux sont différenciés par des caractères
morphologiques et biologiques très nets.
Un caractère commun à toutes les Trypanosomioses animales, à l’exception de la
Dourine, c’est d’être transmises par des in­
sectes piqueqrs : Tsé-Tsé, Stomoxys, Taon,
Hippoboscus, puces, poux, chacune d’elles
ayant son véhicule spécifique.
C’est aussi par des insectes piqueurs que la
maladie du sommeil paraît transmise d’hom­
me à homme et aux animaux sensibles. Cer-

�L’EXPANSION COLONIALE
tains indigènes de la Guinée française ont,
depuis longtemps, incriminé des diptères. Ils
appelaient l’hypnosie : la « Maladie de la
Mouche ». Il paraît établi aujourd’hui que
les agents de transmission sont des glossines
de la même famille que la Tsé-Tsé du Nagana. La Glossina palpalis, ou mouche des pa­
létuviers, à tête jaune, au corps gris taché
de brun, aux ailés brunes, paraît être l’agent
principal, sinon unique, de la transmission.
Il y a lieu cependant de tenir pour suspects,
tous les insectes piqueurs y compris les mous­
tiques.
Les glossines (Niofa ou Tsé-Tsé) pullulent
dans le voisinage immédiat des cours d’eau
et des marigots dont elles ne s’éloignent pas
à plus de 500 mètres. Elles harcèlent et dé­
ciment les troupeaux et les animaux qui fré­
quentent ces nappes d’eau. Les indigènes
connaissent bien ce rôle néfaste des mouches
piqueuses.
Les études faites depuis 1903 ont permis
de constater que la maladie du sommeil sévit
là où pullule la mouche Tsé-Tsé, c’est-à-dire
dans les vallons humides, dans les fourrés
épais surtout dans les mimosas, les palétu­
viers, les euphorbes, les plantations de ba­
naniers, sur les bords des fleuves, des lacs,
des îles, dans les localités non ventilées.
L’éloignement à petite distance de ces foyers
suffit pour se préserver de la contagion. Les
enfants, les vieillards, les infirmes qui ne
vont pas au fleuve sont les moins atteints.
Les plus valides qui vont au fleuve seront
atteints s’il existe des Tsé-Tsés dans la ré­
gion. Les glossines voyagent par essaims le
long des berges sans s’écarter à plus de 500
mètres à partir du cours d’eau.
La glossine est-elle un simple véhicule du
trypanosome de l’hypnosie qu’elle inocule à
un sujet sain avec son dard à la manière
d’une lancette après s’être infectée ellemême en piquant un sujet malade? Ou bien
est-elle aussi un hôte spécifique du Trypano­
some qui accomplirait dans son corps un
cycle de son existence ? Cette dernière hypo­
thèse n’a pas encore reçu confirmation. Seul
le rôle de véhicule spécifique paraît définiti­
vement acquis.
Si la maladie du sommeil n’a pas pris
pied aux Antilles où les esclaves africains
l’avaient importée, c’est que l’insecte propa­
gateur ne s’y trouve pas.

151

En sorte qu’on est conduit à établir la for­
mule suivante :
Pour la propagation de la maladie du
sommeil, il faut :
. 1° Des malades atteints de Trypanosomiose,
servant de source ;
2° Des Tsé-Tsé pour inoculer le parasite.
Il importe de tenir compte de la récepti­
vité de beaucoup de mammifères pour le
trypanosome de l’homme ; les macaques, les
ouistitis, les chiens, les chats, les rats, les
chevaux, les buffles, les antilopes, les rhi­
nocéros, les girafes, les éléphants, etc., sont
dans ce cas ; les crocodiles, certains oiseaux
de mer sont reconnus aussi susceptibles. Il
en réulte que le gros bétail peut être une
réserve vivante de Trypanosomes.
Il ne faut pas négliger non plus les croyan­
ces des indigènes et les observations des an­
ciens médecins qui attribuaient une grande
part à la contagion, notamment à la conta­
mination par la salive des malades dans la
propagation de la maladie du sommeil.
La pratique de l’échange du sang, si répan­
due en Afrique, contribue à l’extension de la
maladie.
C’est sur l’ensemble de ces données qu’il
faut établir la prophylaxie de la maladie du
sommeil.
Les règles fondamentales sont :
1° La destruction de l’agent propagateur
ou de ses gîtes ;
2° La protection des individus sains ;
3° L’isolement et le traitement des mala­
des ;
4° La surveillance des communications ;
5° L’instruction des colons et des indigènes.
I.
— Destruction de l'agent propagateur et
de ses gîtes : Détruire les broussailles (eu­
phorbes, mimosas, palétuviers, etc.) où habi­
tent ces mouches jusqu’à une distance de 500
mètres de la berge des cours d’eau ou mari­
gots ; le débroussaillement sera partiel, par
coupures limitées aux endroits fréquentés
par les habitants qui vont y laver, pêcher ou
faire boire le Détail ; mêmes dispositions aux
lieux de passage des caravanes et des trou­
peaux. Le débroussaillement aura lieu avant
les pluies de l’hivernage ; la Tsé-Tsé ne pi­
quant que le jour, il y aurait avantage à
à débroussailler la nuit.
Le débroussaillement aura pour effet la
mort de la pupe, produit de la ponte de la.

�152

L'EXPANSION COLONIALE

glossine qui vit sous le sol à une petite pro­
fondeur et qui est tuée par la simple exposi­
tion au soleil pendant quelques heures sous
une couche de terre de 5 centimètres (Roubaud).
L’insecte parfait pourra être pourchassé le
matin quand il est encore engourdi par la
fraîcheur de la nuit et qu’il’ est alourdi par
le sang dont il s’est gorgé la veille.
Il faut écarter les troupeaux ou détruire les
fauves dont le sang sert d’aliments aux glossines. Le professeur Koch conseille même la
destruction des œufs de caïman.
IL — Protection des individus sains: En
premier lieu, protéger contre les piqûres des
insectes qui inoculent la maladie. Suivant
les règles générales de la construction de la
maison coloniale, l’édifier loin des bas-fonds
humides, sur des plateaux ventilés, éloignée
des cases indigènes ; garnir toutes ouvertu­
res de cadres de toiles métalliques (mailles
de 1 mlm 1/2) ; creuser des puits où les indigè­
nes pourront se procurer l’eau nécessaire
sans aller jusqu’au fleuve ou au marigot ;
déplacer les villages indigènes construits
dans des bas-fonds où se trouvent des glossines.
Disposer des moustiquaires autour des
tables de travail et des tables à manger ;
porter des voiles en tulle de moustiquaire,
des gants et des jambières pour le travail de
jour hors de la maison.
III. — Isoler les malades et les suspects et
les protéger par des moustiquaires aux lits
dans les lazarets aux ouvertures grillagées,
contre les piqûres des glossines qui s’appro­
visionnent de trypanosomes en suçant leur
sang ; sont suspects tous les indigènes ou
blancs porteurs d’engorgements ganglion­
naires, d’éruptions, de sensibilité cutanée
exagérée ; les soumettre à des injections souscutanées répétées d’atoxyl (0 gr. 50 centigr.
par jour) qui f nt disparaître les trypanoso­
mes de la circulation cutanée et reconsti­
tuent le sang.
IV. — Sur les routes principales, à l’en­
trée des zones non infectées, installer des
postes médicaux où des agents spécialement
instruits examineront tous les passants : les
suspects seront renvoyés dans leurs villages
ou trait’s dans un lazaret.
Ces mesures, d’une application délicate,
pourront être cl’abord imposées aux élèves

des écoles, aux recrues militaires, aux tra­
vailleurs des chantiers publics, aux porteurs,
aux pagayeurs, aux employés de commerce,
aux domestiques d’Européens. Progressive­
ment, par persuasion, avec du tact et par
l’entremise des chefs indigènes on les fera
accepter des indigènes.
VL — Il est indispensable d’instruire les
Européens des dangers, des caractères et de
la prophylaxie de la. maladie du sommeil,
•des mœurs des glossines ; des instructions
sommaires seront répandues dans toutes les
possessions africaines menacées par le fléau ;
les colons et fonctionnaires qui se destinent
à habiter l’Afrique seront instruits spéciale­
ment à cet effet avant leur départ. La coloni­
sation de cette partie de la zone intertropi­
cale ne pourra être continuée que si on arrête
par cet ensemble de mesures la marche ter­
rifiante de la maladie du sommeil.
Dr G. R e y n a u d .
Médecin en chef du Corps de
Santé des Colonies, en re­
traite, professeur à l'Insti­
tut colonial et à l'Ecole de
Médecine de Marseille.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
D o n à l’In s titu t c o lo n ia l.

M. J. Charles-Roux, commissaire général
de l’Exposition coloniale de Marseille en
1906, a bien voulu donner à notre Institut
colonial une nouvelle preuve de sympathie
en lui attribuant le reliquat de la souscrip­
tion ouverte pour lui offrir son buste en
témoignage de reconnaissance de ses conci­
toyens. M. Paul Desbief, président de l’Ins­
titut colonial, a adressé à cette occasion les
deux lettres suivantes :
M arseille, le 3 ju in 1908.
A Monsieur Joseph Gazelle, tréso­
rier du Comité Charles-Roux.
M onsieur le T résorier,
J'a i reçu de vous, avec le plus g ran d p laisir,
pour le compte de l’In stitu t Colonial M arseil­
lais, la somme de 3.572 fr. 15, reliquat de la
souscription qui av ait pour but d’offrir à
M. Jules Charles-Roux un tém oignage durable
de la reconnaissance de ses concitoyens, à
l’occasion de l’Exposition coloniale de 1906.
Je vous rem ercie de ce versem ent et je vous
prie d'être m on interp rète au p rès du Comité et
su rto u t au près des souscripteurs dont le géné­
reux em pressem ent a créé le reliq u at que notre
ém inent concitoyen affecte à une œuvre-fille de

�■

L’EXPANSION COLONIALE
l’Exposition coloniale et destinée à en p erpé­
tu er les avan tag es à M arseille.
Veuillez agréer, M onsieur le T résorier, l’ex­
pression de mes sentim ents les plus sincère­
m ent dévoués.
P. D e s b ie f .
M arseille, le 3 ju in 1903.
Monsieur Jules Charles-houx,
commissaire général de l'Expo­
sition coloniale de Marseille.
M onsieur le Com m issaire Général,
M. J. Gazelle, tréso rier du Comité J. CharlesRoux, a bien voulu me rem ettre la somme de
3.572 fr. 15, reliq u at de la souscription ouverte
à M arseille, p our p erm ettre à la reconnaissan-,
ce de nos concitoyens de se m anifester à votre
égard ét qui a, en quelques jours, a tte in t un
chiffre d ép assan t toutes les prévisions.
Je suis profondém ent touché de la nouvelle
m arque d’attach em en t que vous donnez à l’In s­
titu t Colonial M arseillais, à la fondation d u ­
quel vous avez si p uissam m ent contribué et
donc vous avez accepté une Présidence d’hon­
neu r. Notre In s titu t s’est tou jo u rs proposé de
rend re p erm an en ts p our M arseille les a v a n ta ­
ges de la gran d e m anifestation coloniale à
laquelle vous avez si b rillam m en t présidé : le
don généreux qu’il vous doit facilitera l’accom­
plissem ent de la m ission p atrio tiq u e qu’il s’est
donnée et je vous prie d’ag réer l’expression
de sa p lu s sincère g ratitu d e.
J ’y joins celle de mes sentim ents de profond
attach em en t et de h au te considération.
P. D e s b ie f .
A

La

m is s io n in d o -c h in o is e .

Le 6 juin, une partie de la mission perma­
nente Indo-Chinoise, arrivant à Marseille,
est venue visiter l’Institut, sous la conduite
de son chef, M. Fourès, ancien résident supé­
rieur au Tonkin et de M. Boujat, adminis­
trateur des services civils de l’Indo-Chine.
Après avoir parcouru le Musée commercial,
où toutes les explications désirables sur
l’importance et le fonctionnement de cette
Exposition permanente, ont été fournies aux
visiteurs par le secrétaire général de l’Insti­
tut, la mission s’est rendue dans la salle des
cours coloniaux et s’est très vivement inté­
ressée au programme de l’enseignement pra­
tique donné aux auditeurs.
Après une visite au Musée colonial, dont
ils ont admiré les remarquables collections
et où M. Moriceau les a particulièrement
renseignés sur les applications des produits
de l’Indo-Chine, notamment de la ramie, les
délégués annamites ont eu, dans la salle du
conseil du 3me étage, les honneurs d’une ré­
ception particulière ; une coupe de cham­
pagne leur ai été offerte.
M. Moriceau leur exposé tout le profit
que l’intelligente population Indo-Chinoise
peut tirer de son active collaboration avec les
colons et les négociants métropolitains. Il a
souhaité aux visiteurs une cordiale bienve­
nue et formé le vœu que leur passage à Mar­
seille leur donne une idée exacte de la gran­

153

deur, de la beauté et de la richesse de la
France.
M. le résident supérieur Fourès a exprimé,
en excellents termes, l’assurance que la mis­
sion remporterait de sa visite à l’Institut, un
durable et instructif souvenir. Un interprète
annamite a ensuite remercié l’Institut de sa
cordiale réception, dans une langue impec­
cable et avec des sentiments fort bien tra­
duits.
Une photographie du groupe franco-anna­
mite a été prise à la fin de la réception, par
M. Détaillé. La mission est partie le lende­
main pour Paris, où elle va faire un séjour
de deux mois, et se rendra de là à Lyon et
à Nancy.
En terminant, émettons le vœu que Mar­
seille soit désormais comprise au nombre
des villes admises à l’honneur d’initier les
Annamites à notre civilisation économique •
elle le mérite à tous égards.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Au nombre des visites reçues pendant le
mois écoulé, nous devons signaler les sui­
vantes :
T’ M. de J.-P.-G., négociant à Barcelone,
est venu chercher des renseignements, sur
le commerce du raphia, dont on pourrait
placer des quantités importantes en Espa­
gne. Tous les documents nécessaires lui ont
été fournis ;
2° M. Quang, de la mission Indo-Chinoise,
a fait une longue visite au secrétaire général,
il s’est enquis du but et du fonctionnement
de l’Institut auquel il s’est empressé de se
faire inscrire comme membre adhérent. Il
a promis d’employer toute son influence au'près de ses amis d’Hanoi pour faire ressortir
à leurs yeux l’importance et l’utilité de notre
Société ;
3° M. l’ingénieur italien. M. M..., employé
aux travaux de Port-Soudan et du chemin
de fer de Khartoum. a donné des renseigne­
ments fort intéressants sur les travaux exé­
cutés et sur le développement rapide du Sou­
dan égyptien. Le commerce de Khartoum
est presqu’entièrement entre les mains de
négociants grecs, égyptiens et italiens. On
n’y rencontre que très peu de maisons an­
glaises ou allemandes. Aucun Français ne
s’y est établi.
Une ligne italienne de navigation dessert
Port-Soudan, concurremment avec une ligne
anglaise ; on consomme dans le pays un
grand nombre de marchandises françaises
et il serait désirable que le commerce de
Marseille s’implantât dans un pays dont l’a­
venir est certain.
La température à Port-Soudan est extrê­
mement chaude : il n’est pas rare d’y voir le
thermomètre atteindre et même dépasser 50°;
cependant le climat p’est pas trop malsain.

�154

L’EXPANSION COLONIALE

Au Soudan Egyptien, le climat est très
pénible ; les garnisons anglaises en souffrent
beaucoup malgré le grand confortable qui
leur est donné. Cependant l’extrême richesse
du Soudan est digne d’attirer l’attention du
.commerce qui peut être très facilement mis
en communication rapide avec Port-Soudan,
par une des lignes de navigation qui desser­
vent la mer Rouge. Le port est très bien ba­
lisé et éclairé et ce ne serait pas une grande
perte de temps que d’y faire escale avant
Dj ibouti ou Aden ;
4° M. le correspondant du Musée commer­
cial de Rio-de-Janeiro est venu demander les
conditions de location d’une grande vitrine
dans notre Musée, pour y exposer des échan­
tillons de cafés Brésiliens. Le gouvernement
du Brésil fait les plus louables efforts pour
développer en Europe la consommation des
cafés brésiliens ; il ne saurait trouver un
meilleur moyen de les présenter au public
que de les placer dans notre musée commer­
cial et nos colonies ne peuvent que gagner à
gagner à voir de près les procédés et les pro­
duits du grand pays qui s’est spécialisé dans
la production du café ;
5° La maison A. L.. de notre ville, a de­
mandé des renseignements sur l’impor­
tance des exportations de laines des colonies
françaises. Les établissements qui en four­
nissent une certaine quantité sont : la Nou­
velle-Calédonie qui. en 1906, en a exporté
9.850 kilogs en Australie, pour une valeur de
14.578 francs, et le Soudan français, qui en
a exporté une quantité de 500 tonnes en
1907. M. A. L. a donné de très utiles rensei­
gnements sur le Mohair Angora qui inté­
resse une maison de la Nouvelle-Calédonie,
disposée à entreprendre l’élevage de la chè­
vre Angora ;
6° Le directeur du Crédit Foncier et A g ri­
cole d’Algérie a fait remarquer que, dans la
cote que nous publions des valeurs colonia­
les, nous avions omis de signaler la valeur
des actions au porteur de cet important
établissement, laquelle a dépassé le pair et
atteint le chiffre de 511 francs. Nous nous
empressons de combler cette lacune, toute
involontaire.
Au cours de sa conversation, M. le direc­
teur a offert le concours des agents de sa So­
ciété en Algérie et en Tunisie pour faire
mieux connaître l’Institut Colonial et faire
apprécier son œuvre par les colons algériens
et tunisiens. Cette offre a été acceptée avec re­
connaissance et nous ne pouvons que nous
féliciter de la part que veut bien prendre
au succès de notre propagande, un établisse­
ment aussi connu que le Crédit Foncier et
Agricole d’Algérie.
— Nous avons reçu de M. G. Bourge, com­
mandant des Messageries Maritimes, des
fibres d’aloës des Nouvelles-Hébrides. Ces
fibres assez fines, bien préparées, sont inté­
ressantes.

— Notre correspondant de Tananarive nous
a expédié un échantillon de fibres « d’hafotra besofina », qui a été examiné par M. le
directeur des filatures et tissages de Mar­
seille, qui leur a reconnu d’excellentes qua­
lités. Un essai de fabrication de sacs sera
fait prochainement sur une quantité impor­
tante et s’il réussit, comme il y a tout lieu de
l’espérer. Madagascar pourra trouver, dans
l’exportation de cette fibre extrêmement
abondante, un courant d’affaires très inté­
ressant.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
PATE

A

P APIER

Suite de notre enquête.

(Voir les num éros 4, 5, 6, 7 de l'Expansion
Coloniale, p. 74, 93, 117, 135).
L a R é u n io n .

l)u Président de la Chambre de Commerce de
Saint-Denis.
Saint-Denis, le 15 avril 1908.
P a r votre lettre en, date du 22 février dernier,
n° 1125, vous avez bien voulu appeler m on
attention su r la question des m atières prem iè­
res, propres à La fabrication du papier.
Convaincu de l’im portance qu’elle présente
pour notre colonie, j’ai fait faire trois copies
de la dite lettre pour les trois quotidiens de
File, qui se sont em pressés de la reproduire. Il
y a donc lieu d'esp érer que cette publicité pro­
voquera, de tous côtés, la recherche des pro­
duits susceptibles d’être utilisés pour cet usage,
et vous pouvez être assuré du concours le plus
dévoué de notre Compagnie dans cette œuvre
d’utilité publique.
De M. G. Dard, industriel à Saint-Denis.
Saint-Denis, le 10 avril 1908.
Selon moi, il n ’y a à la R éunion que deux
produits avec lesquels on peut faire de la pâte
à papier, que l’on expédierait en F ran ce après
l’avoir pressée à la presse hydraulique. Il suf­
firait ensuite de la délayer dans de l’eau pour
la tran sfo rm er en p ap ier à l’aide de m achines
ad hoc.
1° L a bagasse provenant des usines à sucre.
Cette m atière prem ière p o u rra it être expédiée
p ar n ’im porte quelle quantité.
L a colonie p ro d u it 40.000 tonnes de sucre.
Je n ’estime p a s à m oins de 100.000 tonnes la
q u an tité de bagasse que l’on p o u rra it se pro­
curer.
On l’emploie actuellem ent po u r chauffer les
g én érateu rs des usines à sucre.
L a pâte à p apier p o u rra it s ’expédier après
que les sucres ont été em barqués. On obtien­
d ra it ainsi u n fret réduit (25 fran cs p a r tonne
a u m axim um ). La bagasse v a u d ra it environ 40
à 50 francs la tonne rendue gare d’expédition.
A jouter les frais de tran sfo rm atio n en pâte à
p ap ier et 25 à 30 fran cs p a r tonne de tra n sp o rt
et d’em barquem ent le fret en plus.
L’île voisine M aurice p ro d u isan t 200.000 ton-

�L’EXPANSION COLONIALE
nés de sucre c’est 400.000 tonnes de pâte à p a ­
pier que l’on p o u rra it encore trouver.
2° Les étoupes de fibre d’aloès sont égalem ent
susceptibles de faire d’excellente p âte à papier.
La R éunion p ro d u it environ 2 à 300 tonnes
d’étoupes p a r an d'une v aleu r m oyenne de 100
francs la tonne. L’île M aurice en p ro d u it le
double.
Enfin il y a u ra it tous les vieux chiffons, c a r­
tons, papiers, etc., que l’on p o u rra it avoir éga­
lem ent à 100 francs la tonne.
Comme vous le voyez, ce n ’est pas la m atière
prem ière qui m anque ; elle a même l’avantage
de se présenter sous une form e à demi indus­
trialisée. qui p erm ettrait l’u tilisatio n de m a c h i­
nes à g ran d rendem ent quoique de faible p u is­
sance. L a R éunion ne possède pas de forêt qui
soit susceptible d’être transform ée en pâte à
papier. Le bois y est relativem ent ra re et ne
suffit pas p o u r la consom m ation locale.
In d o -C h in e .

Du Président du Conseil colonial de la Cochinchine.
Saigon, le 3 avril 1908.
Gomme tous les pays tropicaux, la Cochinchine présente d’im m enses ressources végéta­
les inutilisées. Nombre de plantes contiennent
des fibres, trop courtes, trop cassantes et trop
rèches p our pouvoir être employées comme tex­
tiles. Je pense que p arm i ces végétaux, il en
est qui p o u rra ie n t être transform és en pâtes,
plus ou m oins grossière (pour les emplois in d u s­
triels : cartons, p ap iers d’em ballage, fab rica­
tion des produits à base de cellulose) d’autres
qui tra ité s avec tous les Soins requis p o u rra ie n t
serv ir à la fab ricatio n des p apiers de luxe. Il
ne fau t en effet p erdre de vue que depuis des
siècles, la fab ricatio n du p a p ie r est connue des
indigènes : au Tonkin même, cette ind u strie est
le seul gagne-pain de tout u n village de la b a n ­
lieue hanoïenne.
Toutefois, les débouchés locaux, à l’heure
présente, me p a ra is s a n t assez restrein t, la réu s­
site d’une entreprise industrielle de ce genre me
p a ra ît être subordonnée à l’écoulem ent assuré
de ces produits su r le m arché m étropolitain.
Le m a n d a t oui m ’a été conféré me m ettan t peu
à même de vous fo u rn ir les renseignem ents et
échantillons dem andés j ’ai tra n sm is copie de
votre com m unication à M. le Lieutenant-G ou­
vern eu r ain si q u ’à MM. les P résidents des
Cham bres de Commerce et d’A griculture en
les p ria n t de vouloir bien donner suite à vos
dem andes.
Joints à cette lettre deux extraits du Siam
Free Press (1er avril et 24 m ars 1908) où on lit
les passages suivants :
Depuis longtem ps l’on voit les prodrom es
d’une « fam ine de p ap ier » qui p o u rra it surv e­
n ir assez proche. I_.es p ro p riétaires de jo u r­
naux, ta n t en A ngleterre qu’en Am érique se
h e u rte n t à d’extrêm es difficultés p our am ener
les fab rican ts de p ap ier à p asser avec eux de
nouveaux co n trats p o u r la fo u rn itu re des p a ­
piers nécessaires à leu rs publications, même
dans l’année en cours, si bien que l’on ne peut,
ni peu ni prou, deviner com m ent les choses
to u rn ero n t dans la suite.
Les H arm sw orths, avec une prévoyance ca­

155

ractéristique ont acheté en bloc les forêts de
Terre-Neuve où ils in stallen t toute une m achi­
nerie pour la production de la pulpe de bois
dont ils fab riq u ero n t du papier.
A ce propos, il n ’est pas sans in térêt d’a p ­
p rendre p a r le rap p o rt qui vient d’être publié
p a r le service des forêts de B irm anie que bien
que l’on n ’a it attein t aucu n ré su lta t précis à la
suite des expériences auxquelles on s’est livré
des dem andes de renseignem ents se sont p ro ­
duites au cours de l’année. Un envoi de bam ­
bous a été fa it à la m étropole et l’on en a ré ­
clamé un second de vingt tonnes. Ce fa it est
significatif. Sans être p a r trop optim iste, il est
perm is de célébrer h a u t la n aissance et l’ex­
tension d’une nouvelle ind u strie dans ce pay s
qui est le nôtre. Le fait que l’on dem ande l’en­
voi d’un nouvel approvisionnem ent de bam ­
bous semble indiquer le succès des prem ières
expériences. Le ra p p o rt établit que les m aisons
p articu lières sont hostiles à l’idée de se liv rer
à un nouveau commerce dont les résu lta ts ne
sont pas g aran tis. Au point de vue des risques
com m erciaux, la chose n ’est que toute n a tu ­
relle, et il y a lieu de se réjo u ir de voir le Gou­
vernem ent p rendre u n in térêt aussi vif à ce su ­
je t............
Que la citronnelle et le lemon g rass puissent
être utilisés pour la papeterie s’ils sont fournis
en abondance suffisante c’est un fait hors de
conteste : m ais ce quj est aussi certain c’est que
précisém ent il n ’y en a pas assez dans to u t la
péninsule (de M alacca) pour que cela vaille la
peine d’en faire du papier.
Du même.
Saigon, 23 avril 1908.
Comme suite à mes com m unications précé­
dentes au sujet des plantes susceptibles d’être
transform ées en pâte à papier, j’ai l’h o n neur
de vous faire connaître que le service local de
l’A griculture s'occupe activem ent de ré u n ir des
collections des m atières dem andées.
D’ores et déjà, je puis vous dire qu-’en dehors
de plantes cultivées (les bornbax, kapok, jute,
etc.) l’on trouvé en abondance différentes m a ­
tières prem ières : paille de riz, tra n h (cette
plante étan t celle à laquelle fa it allusion la
com m unication de M. Ridley dont je vous ai
envoyé traduction). Cây lô ô, petite espèce de
bambou.
Toutefois, en raiso n de l’im possibilité d’ex­
porter avec chance de gain ces produits po u r
lesquels les frets mêm e les p lu s réduits consti­
tu eraien t une charge hors de proportion avec
leu r valeur, il dem eure établi qu’il ne p o u rra
en être fait usage que .par des usines de tr a i­
tem ent établies su r place.
Du Gouverneur général de VIndo-Chinc par
intérim.
H anoï, 8 m ai 1908.
En réponse à votre lettre du 22 février der­
nier, j ’ai l’h o nneur de vous faire connaître que
l’attention du G ouvernem ent g én éral et des
colons de l’Indo-Chine s’est portée depuis fort
longtem ps su r les m atières prem ières propres
à la fab ricatio n du papier.
Les indigènes de Cochinchine, de l’A nnam et
du Tonkin se sont to ujours adonnés à la fabri-

�156

L’EXPANSION COLONIALE

cation du papier et ils en p ro d u isen t des q u a n ­ crois q u ’à ce point de vue notre docum entation
tités appréciables q u i sont utilisées dans le
est aussi com plète que possible ; la Direction
pays même. L’étude des p lan tes à p a p ie r fut
de l’A griculture, des B’orêts et du Commerce
l’une des prem ières à laquelle la direction de
continue d’ailleu rs son étude de la question.
l'A griculture, des F orêts ét d u Commerce de
C’est en aid a n t nos colons désireux de créer
l’Indo-Chine s’est livrée. Les ré su lta ts de ces
des usines d an s les centres intéressants et en
études ont été publiés, dès 1901, dans le B ulle­ a ttira n t sur cette question l’atten tio n des capi­
tin Econom ique. Je vous adresse p a r ce même
talistes fran çais que l’In stitu t Colonial de M ar­
co u rrie r une brochure form ée d’extraits' des
seille p o u rra nous faciliter les moyens de dé­
B ulletins 24, 25 et 27 et le B ulletin Economique
velopper une industrie qui, ainsi que vçus le
67 dans lesquels vous trouverez le résum é de
dites dans votre lettre, est à la fois intéressante
ce qui a p a ru su r cette question.
pour notre colonie, pour l’industrie française et
Nos colons ont été loin de s ’en désintéresser.
pour la m arine m archande qui tro u v erait un
E n 1890, M. F.-H. Schneider, im prim eur à H a­ fret appréciable dans ces exportations.
noï, fondait une usine pour la fabrication des
p ap iers et cartons. Cette u sine fonctionne en­
De M. Richard Bourdet, avocat défenseur à
core au jo u rd ’hui, m ais, placée à proxim ité d’un
Pnom-Penh.
centre de fab ricatio n indigène qui lui enlève
une p a rtie de la m atière prem ière et dotée d ’un
Pnoin-Penh, le 12 av ril 1908.
outillage peu homogène, elle ne donne p as un
J’ai l’h o n n eu r de vous adresser, p ar ce m ê­
bénéfice n o rm a l à son p ro p riétaire et n ’a pas
me courrier, p a r colis postal, une botte de
g randes chances de se développer.
Depuis quelques années de.nouvelles te n ta ti­ paille de riz.
Je crois que cette m atière serait p arfaitem ent
ves ont été faites :
apte à la fabrication du p ap ier dont la lettre
M. B erthoin a fondé, en 1905, une Société
circulaire que vous ayez adressée à M. le P ré ­
anonym e au ca p ita l de 750.000 francs en vue
sident de la Cham bre de Commerce et d’Agrid’étab lir à Dap-Cau, dans u n centre où l’on
p eut tro u v e r toute la m atière prem ière désira­ culture du Cambodge est l’objet.
N éanm oins je vous soum ets cet échantillon
ble, une im portante usine de pâtes à papier.
et vous serais obligé de me donner votre opi­
Les p ro p riétaires ont l’intention d ’y p roduire
nion.
concu rrem m en t le pap ier p our l’usage indigène
La paille de riz est ici d’une abondance
et la pâte à papier p our l’expédition su r la
extrêm e ; on p o u rra it p arfaitem en t alim enter
F rance. P a r suite de difficultés d'installation,
une usine avec la production de n o tre pays.
l’usine n ’a pas encore pu m arch er d’une façon
La papeterie p o u rra it se créer à Pnom -Penh ;
norm ale.
notre po rt est ouvert à la navigation m aritim e
Ces tem ps derniers, MM. Bouvier et C arré
et les cargos y rem ontent facilem ent.
sont venus étudier, dans la province ^.e
Il y a longtem ps que j’ai eu l’idée de fonder
B acgiang, la possibilité d’in sta lle r la même
ici une usine à papier. Les m atières prem ières
in d u strie à proxim ité de la ligne de chem in de
pullulent, et outre celle que je vous soum ets
fer de H anoï-Langson. Ces m essieurs sont
au jo u rd ’hui nous avons l’herbe des pampas,
rep artis, satisfaits avec l’espoir de fonder en
qui,
je le crois, do n n erait un excellent produit.
F ran ce une société im portante.
Je me tiens à votre disposition pour tous re n ­
Un groupe de fab rican ts de p a p ie r Japonais
seignem ents que vous aurez à me dem ander à
a exploré la région de Yên-Bay dans le b u t d’y
ce sujet.
m onter la mêm e industrie.
La m atière prem ière fournie p a r les diffé­
rents arb res ou plantes énum érés dans les bro­
Guyane.
chures que je vous envoie est assez im po rtante
Du Président de la Chambre de Commerce
p o u r alim enter ces usines et les usines sim i­
laires qui p ourront encore se m o n ter en AnCayenne, le 2 av ril 1908.
n am et dans le H aut-Tonkin.
J ’ai l’h o nneur de vous accuser réception de
Elles se créeront au fu r et à m esure que les
votre lettre du 22 février, n° 1125, me dem an­
facilités de m ain-d’œ uvre, la dim inution des
d an t des renseignem ents su r les pailles, bois
frais de tra n sp o rt de l’usine au p o rt d’em bar­
et écorces de la G uyane, que je ju g erais sus­
quem ent et l’am élioration d u prix de vente
ceptibles d’être utilisées po u r la fab ricatio n du
p erm ettro n t d’a ssu re r u n bénéfice ré m u n é ra ­ p ap ier et dont l’exploitation p o u rra it être
te u r aux cap itau x engagés ; ce sera le cas to u t
avantageuse.
d’abo rd p o u r les usines placées à proxim ité des
Jusq u ’ici, je ne crois pas qu’aucune étude a it
fleuves ou des voies ferrées.
été faite su r cette utilisatio n des ressources
Il m ’est im possible de vous fixer s u r le prix
forestières de n o tre colonie, lesquelles sont
de la m atière prem ière c ar il v arie dans d’énor­ énorm es. Seules, quelques essences recherchées
mes proportions su iv an t les facilités de coupe,
p a r l’ébénisterie ont été faiblem ent exploitées ;
d'exploitation et les ressources en m ain-d’œ u­ aussi vous m’excuserez de ne pas vous répondre
vre, il en est de mêm e pour les frais de tra n s ­ d’une façon formelle. Personnellem ent, je suis
port au p ort d’em barquem ent c a r les lieux de
persuadé que nom hre de nos bois qui sont inex­
production sont trop divers.
ploités p o u rra ie n t convenir à la fabrication de
Il n ’y a d’ailleurs aucune possibilité d’expé­ la pâte de papier, et qu’une in dustrie qui leur
dier la m atière prem ière brute, seule l’exporta­ fe ra it subir cette tran sfo rm atio n su r place a u ­
tion de la pâte à p ap ier deviendra possible.
ra it g rande chance de donner de bons ré su l­
Je rem ercie l’In stitu t Colonial de vouloir bien
tats ; m ais comme ju sq u ’à présent au cun essai
se m ettre à notre disposition p our étudier les
n ’a été tenté, je ne sa u ra is vous fo u rn ir de re n ­
pailles, bois, écorces, etc... susceptibles d’être
seignement. plus précis.
• utilisés pour la fabrication du p ap ier m ais je
Le peu de bois qui arriv e à Cayenne, quel-

�L’EXPANSION COLONIALE
ques bois de ch arpentes exceptés, est destiné
au chauffage et est vendu 10 fran cs le stère ;
il est certain qu’une' exploitation ratio n elle ré­
d u ira it ce prix considérablem ent.
M a rtin iq u e .

De M. Blondet, président de la Chambre de
commerce.
Fort-de-France, le 23 av ril 1908.
11 n ’existe actuellem ent, à la M artinique, ciue
la paille de canne à sucre et la bagasse, qui est
le résidu de la canne dont on a ex tra it le sucre,
p o u v an t être fournis en très g ran d e q u an tité
p o u r la fab ricatio n de la pâte à papier.
M ais la bagasse est actuellem ent employée
au chauffage des usines et la paille de canne
est rendue au sol, soit en couverture, soit com­
me fum ier.
On peut estim er à 100.000.000 de k ilo g ram ­
mes la q u an tité de bagasse que les usines p o u r­
ra ie n t fo u rn ir chaque année et la paille de
cannes peut être évaluée à environ 50.000.000
de kilos.
M ais la suppression de l’emploi de la bagasse
comme chauffage exigerait son rem placem ent
p a r le charbon de terre. L a q u an tité q u ’il fau ­
d ra it en échange co rresp o n d rait à environ
40.000 tonnes de charbon qui. à raiso n de
35 fran cs la tonne, d o n n erait une dépense de
plus de 1.400.000 francs.
En dehors de la bagasse et de la paille de
cannes à sucre, nom bre de plantes, herbes,
arb risseau x ou arb res p o u rra ie n t être recueil­
lis ou cultivés dans des te rra in s a u jo u rd ’hui
abandonnés, et fo u rn ir les m atières p rem ières
nécessaires à la fab ricatio n de la pâte à papier.
Les agaves et les aloès ré u ssira ie n t dans tou­
tes les te rre s arid es et incultes du sud de l’île,
les Yucca d ans les te rre s élevées et hum ides.
Les gram inées d o n n eraien t plu sieu rs espèces
d’agrostidées, de stipacées et l ’a lfa in tro d u it
p o u rra ie n t être cultivé presque p a rto u t.
Les bam bous sont de croissance rapide, exis­
ten t ou p o u rra ie n t exister aux abords de tous
les cours d’eau.
Les tiliacées, les m alvacées ont ici de nom ­
breux rep résen tan ts croissant abondam m ent
dans divers points de la colonie.
Les brom éliacées fo u rn ira ie n t p lu sieu rs es­
pèces.
D’un a u tre côté, il est u rg en t d’opérer le re ­
boisem ent de nom breux te rra in s, le choix des
espèces p o u rra it en certain s lieux favorables
se p o rter su r les arb res p ropres à la fabrication
du papier.
Les buettnériacées, les bom bacées, les araliacées, les ui’ticées, les m yrtacées la isse ra ie n t le
choix entre u n certain nom bre d’espèces.
G u a d e lo u p e .

De M. Octave Garel, maire de Grand-Bourg
(Marie-Galante), conseiller général de la
Guadeloupe.
Grand-Bourg, le 21 m ai 1908.
Je vous ad resserai p ro ch ain em en t p a r l’un
des cargo-hoats dé la Com pagnie G énérale
T ran satlan tiq u e ou de la Compagnie Aust.roA m ericana deux caisses co n ten an t de la b a ­
gasse ou résidu de la canne à sucre ap rès que

157

le ju s en a été extrait et des feuilles sèches de
cannes à sucre.
J ’ai l’idée que ces m atières sont utilisables
pour la fabrication de la pâte à papier.
Si m on idée devient u n e réalité, en l’état
actuel des plan tatio n s de cannes à sucre, la
G uadeloupe p o u rra it fo u rn ir de 100 à 125 m ille
tonnes de pâte à papier.
E n effet, notre,récolte m oyenne est de 40 m il­
lions de kilos de sucre. Il fa u t pour cette pro­
duction environ 500.090.000 de kilos de cannes.
Ces 500 m illions de kilos de cannes don­
n en t environ 125.000.000 de kilos de bagasse.
En ad m ettan t que 100 kilos de bagasse don­
n en t 80 kilos de p âte à papier, ce serait donc
une production de 100.000.030 de kilos de pâte
à papier. D ans ce calcul, je n ’ai pas fa it état
des feuilles sèches de cannes qui pourraient,
peut-être, fo u rn ir aussi un certain contingent.
Cette production ne p o u rra it qu’augm enter
d’année en année. Les p la n te u rs de cannes
voyant augm enter le prix de cette denrée aug­
m en teraien t aussi leurs plantations.
LETTRES DE NOS CORRESPONDANTS
A lg é r ie .

Sotes sur les récoltes
Avril. — D ans la prem ière quinzaine, nous
avons eu de gros m auvais tem ps qui ont re ta r­
dé nos prim eurs. Il a grêlé en plusieurs en­
droits et la vigne aussi bien que le haricot vert
en ont souffert. On prévoit cependant une bon­
ne récolte de chasselas, m ais sa m âtu rité sera
tardive.
P en d an t le m ois d’avril, le prim euriste a
arrach é la pom m e de terre hollandaise et p la n ­
té le h arico t m angetout qui se vend bien sur
le m arché de M arseille.
Vers la fim d u mois, on a récolté u n peu de
haricots verts dans la région de Guyotville,
m ais cette région donnera très peu dar son h a ­
ricot est a ttein t de la rouille.
H ussein Dey, au contraire, en p ro d u ira beau­
coup m ais un peu plus tard , il a commencé le
1er mai. Son h arico t est bien su p érieu r à celui
de Guyotville cette année.
On a expédié p e n d a n t le mois d’avril :
375 caisses de 25 kilos et 14.933 b arils de
pommes de terre hollandaise.
19.513 P an iers d’artichauts.
324 P a n ie rs de haricots verts.
Le prim euriste n ’a, en général, p a s gagné
pendant ce mois. La pom m e de te rre s ’est ven­
due à vil prix su r toutes les places de France.
Une seule sem aine, la sem aine Sainte, a été
avantageuse, m ais on n ’a pas p u cependant
en ex p é d ie r de grandes q u antités p a r suite des
pluies qui en em pêchaient l’arrachage.
Le harico t vert fin n ’a fa it que perd re de l’a r ­
gent c a r il v alait ici 3 fran cs et il se v en d ait à
P a ris de 24Q à 280 fran cs les 100 kilos. Vers la
fin du mois, le beau tem ps éta n t revenu, nous
prévoyons un mois de m ai abondant en h a ri­
cots vert frais pour l’exportation.
Mai. — Dès le com m encem ent du m ois une
tem p ératu re douce a favorisé le développem ent
des p lan ts de haricots verts qui avaient eu à
souffrir d u ra n t les m ois précédents. L a p rin c i­
pale récolte du m ois est le harico t vert.
Le ja rd in ie r a été obligé d’arro ser à dater du
*

�158

L’EXPANSION COLONIALE

6 m ai. Le siroco du 11 m ai a fa it du m al aux
h arico ts semés en te rre non irrigable. L a ré ­
gion de Guyotville a été bien éprouvée.
Les te rre s irrigables, au co n tra ire , ont bien
profité sous Faction de la chaleur et de l’a r ro ­
sage. On m ’a signalé u n ja rd in q u i dans la der­
n ière sem aine de m ai a donné 5.100 kilos de
h arico ts verts ; « la contenance de ce ja rd in est
de 2 hectares ».
E n m oyenne, ja rd in ie rs et expéditeurs ont
gagné de Tarèrent p e n d a n t le mois. Le prix
m oyen d u h arico t v ert a été à Alger, pour la
prem ière quinzaine de m ai, de 1 fr. 25 le kilo
et, p our la deuxièm e quinzaine, de 0 fr. 96 le
kilo.
On a expédié, pendant ce mois-ci, 85.431 p a ­
n iers de h aricots verts p e sa n t en m oyenne 13
kilos, ce qui fa it q u ’Alger a expédié s u r les
m archés de F ran ce 1.110.603 kilos de haricots
verts.
On a expédié, en outre, 9.710 p a n ie rs d’a rti­
chauts, 940 p an iers de petits pois « c’est la fin »
et une petite q u a n tité d ’am andes vertes prove­
n a n t de la propriété B ern ard de Guyotville.
Vers la fin du mois, nous avons eu à com ­
b a ttre les sauterelles qui ont fa it beaucoup de
m al aux p rim eu rs. Les régions de Guyotville
et de Staouli ont été ravagées. On. compte
com m e perd u e la m oitié d-e la récolte de h a ri­
cots verts. Les vignes de ch asselas n ’ont pas
souffert et on espère avoir u n e bonne récolte.
Edm ond Vidal.
T u n is ie .

Essor minier. (Suite de la lettre du 6 m ars,
voir n ” 5, p. 95).
Sous la dom ination P un iq u e to u t laisse sup­
poser que les richesses m inérales de la Tunisie
ont été sérieusem ent exploitées.
L’ingénieur allem and Haupt, dans le num éro
du 22 ju in 1883 (page 290) du Berg un d hatlersm.annischc- Zeitung étudie les procédés d’ex­
ploitation, fort im p arfaits du reste qui furent,
à cette époque, m is en usage, au Djebel Ressas,
près de Tunis, p a r les C arthaginois.
Si insuffisants que fussent les moyens em ­
ployés, il est certain que l’exploitation était
considérable, puisque M. H au p t évalue à 66.000
tonnes, les ‘s cories abandonnées, dans lesquel­
les il a trouvé, eir m oyenne, 32, 64 % de plomb.
D ans la vallée de la M edjerda, à D jebba on
trouve égalem ent, des traces d’une exploitation
punique, m ais c’est su rto u t, sous les empe­
reu rs R om ains après la destruction de C ar­
thage, que les m ines de la T unisie fu ren t l ’objet
de la préoccupation des g ouvernants et des en­
trep rises des p articu liers.
Nous trouvons, en effet, dans le Code Théodo­
sien une. loi datée du 10 décembre 365 de notre
ère qui perm et l’exploitation des m ines d’or.
Une au tre loi du 29 août 382 déterm ine les r e ­
devances à payer p a r les exploitants de cer­
tain es carrières.
S ur p lu sieu rs points, du reste, dans la région
de B éja dans les environs de F erian a, au Djebel
bou H eudm a, dans le Sud, on relève des restes
d ’exploitation.
Tout cet essor, cependant, devait bientôt être
arrêté p a r les invasions des barb ares, puis p ar
la dom ination arabe et peu à peu l’oubli se fit
de toutes ces industries. Onze siècles s’écoulè­
rent, pendant lesquels les beys et leu r peuple

cherchèrent, dans la conquête, les moyens
d’existence, que les prem iers m aîtres de ces
pays voyaient surto u t dans l’ag ricu ltu re et
dans l’in d ustrie ; il fa u t arriv er enfin ju sq u ’en
1873 po u r trouver dans les annales de la T uni­
sie la prepiière trace du réveil de l’esprit de
recherches m inières, à l’épanouissem ent duquel
nous assistons au jo u rd ’hui.
A cette époque, l'ingénieur des m ines Fuchs,
devenu plus ta rd inspecteur général de ce corps,
fut chargé d’étu-dier les g !sem ents aurifères de
Bou-FIeudma, petite chaîne de m ontagnes, s i­
tuée à peu de distance du nord de l’isthm e de
M ettouia, près Gabès.
Cette m ission fut un véritable événem ent.
L’ém inent m inistre du Bey, K heredine, homme
de progrès et d’initiative, profita de la présence
de M. Fuischs pour lui donner un m an d at plus
étendu ; bref, l’attention était éveillée, m ais
n u l n ’avait foi aux richesses cachées dans ce
sol devenu en m aints endroits si aride, et ce fut
une réelle surprise q u a n d en 1885, M. Thom as
v étérinaire m ilitaire, chargé de m issions dans
le Sud, révéla l’existence de riches gisem ents
phosphatés dans la région de Gafsa et, bien
qu’il n ’y eut pas mis les pieds, d an s celle de
Tebessa.
Les plus incrédules du ren t s’in cliner devant
l’évidence et cependant, personne ne se ren ­
c o n tra qui voulut en treprendre l’exploitation
du m in erai décôuvert ; vainem ent l’a d m in istra ­
tion des trav au x publics m u ltiplia ses d ém ar­
ches et ses invites : un M. P atin , seul, eut l’a u ­
dace de ten ter l’aventure, m ais il d u t y renon­
cer bientôt en présence de l’indifférence des
capitaux sollicités.
A trois reprises en 1893, en 1894, en 1895 le
gouvernem ent Beylical s’efforça, sous des fo r­
mes diverses, dans les conditions les plus va­
riées et les plus séduisantes de provoquer des
offres. Bien peu de capitalistes se présentèrent •
leurs conditions du reste, étalent inacceptables,
enfin M. de Robert et M. Molinos, de P aris,
arriv è re n t et p u ren t établir le 25 ju in 1895 les
ba.ses de la concession dont voici l’analyse :
Durée de la concession des phosphates : 60
ans.
Redevance servie p a r le concessionnaire au
G ouvernem ent Tunisien, un fran c p a r tonne
ju sq u ’à 150.000 tonnes.
0 fr. 65 p a r tonne, de 150 à 250.000 tonnes.
0 fr. 30 p a r tonne, au-dessus de 250.000 ton­
nes.
M inim um de l’exploitation annuelle, après
sept ans, 150.000 tonnes.
Ces taxes sont augm entées dans deux cas :
1° Si p en d an t la durée de la concession, le
gouvernem ent fran çais venait à im poser les
phosphates algériens, cette taxe deviendrait
applicable aux phosphates de G afsa et le con­
cessionnaire devrait verser au gouvernem ent
T unisien une prem ière redevance supplém en­
taire, calculée à raiso n d’une taxe p a r tonne
exportée, égale à la différence entre la taxe
algérienne et la redevance norm ale indiquée
plus h a u t ; 2° si le p ro d u it b ru t annuel de la
vente des phosphates fa isa it resso rtir le prix
de vente à plus de 35 fran cs sous p alan, à Sfax,
le concessionnaire devrait verser au gouverne­
m ent T unisien une taxe p a r tonne égale au
q u a rt de la différence entre le prix de vente
et 35 francs. Aucun au tre im pôt fra p p a n t l’ex­
traction des phosphates ne peut attein d re le
concessionnaire.

�109

L’EXPANSION COLONIALE
Concession de chem in de fer de M etlaoui à
Sfax. D roit de préem ption su r tous les phos­
p h ates qui p o u rra ie n t être découverts d a n s les
te rra in s dom aniaux, d ans une zone déter­
minée.
(Décrets des 1er ju in 1895 ; 20 août 1896 ; 18
décem bre 1896 ; 22 m ai 1897).
L’ère des tâtonnem ents fu t courte, bientôt
on découvrit des bancs dont la ten eu r en phos­
p h ate tri-basique est de 60, elle est même de 63
à ltedeyet.
Un événem ent m alheureux, inséparable des
g ran d es entreprises, suivi de la m ort de
l’ém inent ingénieur qui d irig eait les trav au x
vint, seul, a ttris te r ces h eureux débuts.
L’exploitation commencée e n 1899 p a r 63.000
tonnes a tte ig n a it. cinq an s ap rès 450.000 ton­
nes, en progression constante. E n 1907, on ex­
p o rta it près de 800.000 tonnes et en 1908, on
espère dépasser u n m illion de tonnes.
N’avions-nous donc p as raiso n de dire au
début de cette étude que l’exploitation de Gafsa
est à elle seule une fortune p our la Régence.
Elle a motivé aux m ines de la Société et à son
p o rt d’em barquem ent, Sfax, une affluence con­
sidérable.
Un m illion de tonnes à exporter, c’est un
m illier de n av ires a ttiré s à Sfax chaque année ;
se sont des m illions de sa laires rép an d u s dans
le pays et les actio n n aires de la Compagnie
eux-mêmes, sont loin de re g re tte r leu r p a rti­
cipation à pareille affaire, quand ils voient
leurs actions de 500 fr. g rav iter, depuis long­
tem ps, a u to u r du prix de 4.000, qui p lusieurs
fois même, a été larg em en t dépassé.
Aussi les fortunes rap id es qui se sont édi­
fiées, d ans ces circonstances ont-elles d éterm i­
né u n v ra i em ballem ent su r les phosphates
Tunisiens.
Qu’il me soit perm is d’exprim er, seulem ent,
un re g re t c’est qu’au m ilieu de ce débordem ent
de m illions dont G afsa est la source, on ait
com plètem ent oublié le sa v a n t m odeste qui en
fu t l’inventeur. L a T unisie du chef de la seule
affaire de G afsa fait, chaque année, des recet­
tes considérables, m ais nous n ’avons jam ais
ouï dire q u ’elle en a it a ttrib u é une p a rtie quel­
conque à titre d’inventeur, à M. T hom as : Sic
vos non vobis.
Les p rin cip au x gisem ents découverts après
ceux de G afsa sont ceux de :
Aïn M oularès.
K alaa D jerda.
K alaa Senaam .
M ajouba.
Aïn T ag a et Gamouche.
B ir Lafou.
Djebel A yata et Fedjerich.
Les O u artaris (Baten S ultan — Aïn Kanfous) Ebba.
Q uelques-uns ont déjà été m is en exploitation,
d’a u tre s vont suivre.
&gt;
Le gisem ent d’Aïn M oularès est au N. O. de
M ettlaoui ; il titre, en m oyenne, 63 ; la p uis­
sance du gite p a ra ît être de 70 m illions de to n ­
nes. E ta n t situé en te rra in s dom aniaux, son
exploitation dut être mise en adjudication. Ce
fu t le C rédit foncier d’Algérie qui obtint l’ad ­
ju d icatio n avec une redevance de 1 fr. 52 p a r
tonne, m ais la Com pagnie de G afsa exerça
son d ro it de préem ption. Un chem in de fer est
en construction, qui ab o u tira au port de Sous- I

se. On estim e que l’exploitation com m encera
dans un an, environ.
Le gisem ent de .K alaa D jerha com porte une
surface considérable... Sa puissance n ’est pas
encore entièrem ent déterm inée ; elle n ’est pas
inférieure à quinze m illions de tonnes. Ce
gisem ent com prend outre le gîte p rin cip al de
K alaa D jerda, ceux de Souetir et du Sif.
La ten eu r en phosphate tribasique varie de
60 à 65 ; elle est régulière ; l’exploitation est
facile. L’o rg anisation de cette affaire a donné
lieu à de nom breux procès, heureusem ent te r­
m inés p a r la sentence arb itra le du 29 juillet
1902 qui a fixé les droits des p arties en cause.
Un industriel italien, aussi h a rd i que compé­
tent, M. M agno M agni de Vicence a, en peu
de tem ps, rnis l’affaire en excellente m arche et
l’exploitation attein d ra, s a n ^ doute, 300.000
tonnes en 1908, p a r le port de T unis. Indépen­
dam m ent d’une somme dé 1.100.000 fran cs en
espèces et 400.000 d’actions do la Société dite
des phosphates T unisiens, les anciens pro p rié­
taires et inventeurs ont droit à une redevance
de 1 fr. 25 p a r tonne su r les 100.000 prem ières
tonnes et 1 franc p a r tonne su r le su rp lu s avec
un m inim um annuel de cent m ille tonnes.
(A suivre).
G. R ouquerol .
Du mêm e
T unis, le 22 m ai 1908.
La g rande préoccupation du moment est l’in ­
vasion des sauterelles qui s’est étendue su r la
totalité du territo ire de la Régence.
L’ad m in istratio n et la population ont ré u n i
leu rs efforts pour com battre le fléau ; l’arm ée
des acridiens est tellem ent considérable qu’il a
été néanm oins impossible, en p lusieurs en­
droits, d’em pêcher la ponte.
On ram asse et on d étru it les œufs, a u ta n t
qu’on le peut, m ais on c ra in t qu’il n ’en reste
encore bien assez po u r dévaster toutes les ré­
coltes. Ce fléau ven an t se jo indre à la ch aleur
intensive et précoce on doit red o u ter une
m isère effrayante chez les indigènes surtout.
La vigne se présente bien, m ais les cours des
vins sont toujours dérisoires. On a vendu de
très bons vins titra n t 10° à environ 10 francs
pour la consom m ation locale et p a r petites
quantités.
P rès de la frontière à Soukarras, une vente
de quelque im portance de bon vin de m ontagne
de 13°, couverts, a été faite à 8 fr. 55 l’hecto,
gare S oukarras.
La récolte est encore trop éloignée po u r que
les céréales aien t u n m arché actif.
On a coté cette sem aine :
Orge, fr. 15.50 ; blés, fr. 24.30 ; avoine, fr.
14.70, tran sactio n s insignifiantes, les 100 k il.,
quai Tunis, livrables dans un mois environ.
Du même
T unis, 20 ju in 1908.
On est très effrayé de l’intensité de l’invasion
des sauterelles qui s’affirm e, toujours, d a v a n ­
tage et étend ses ravages, m alg ré les efforts
louables prodigués pour la com battre.
Les céréales ont souffert, en outre, beaucoup
de la sécheresse et de la chaleur.

�160

L’EXPANSION COLONIALE

On cote, en disponible :
Orge, fr. 15.60 ; blé dur, fr. 27.50 ; avoine,
fr. 14.30, q uai Tunis.
Il s’est fa it quelques ventes de vin, ces joursci, à 0 fr. 60 le degré, bon vin de 12°.
Annam

Commerce d'exportation
(Voir n° 5 de l'Expansion coloniale, p. 96).
Vinh, le 18 avril 1908.
L a baisse considérable que subissent depuis
quelques tem ps su r les m archés de la métropole
la p lu p a rt des articles d’exportation indo-chi­
nois a eu comme conséquence im m édiate une
dim in u tio n trè s notable du chiffre d’affaires.
Le caoutchouc noir, p a r exemple, qui se ven­
d a it 10 francs et 11 fran cs le kilogram m e en
ju in 1907, ne trouve plus au jo u rd ’h u i acheteur
à 6 francs.
Les indigènes, dont le mode d’extraction du
latex des plus prim itifs est cause de la m ort des
végétaux lactifères, ont saccagé, toutes les
forêts voisines des cours d’eau ët des grandes
voies de com m unication : ils sont a u jo u rd ’hui
co n train ts de s’enfoncer très av an t dans les
régions sauvages et désertes de la Chaîne annam itique p o u r y saig n er quelques lianes encore
vierges.
Les difficultés d’exploitation cro issan t de
jo u r en jo u r et les prix offerts p our les produits
su b issan t une baisse continue, les indigènes
ont peu à peu abandonné la partie. A ujour­
d’hui c’est à peine si quelques kilos de cao ut­
chouc sont apportés au chef-lieu de la province,
alo rs q u ’en m ai-ju in 1905 l’exportation m en­
suelle s’élevait à environ 25 tonnes p our la
seule province du Nghe-An. Même rem arque
p our la gomme laque dont les p rix ont subi une
baisse plus considérable encore. Toute la p ro ­
duction de ce d ern ier produit é ta it achetée en
février d ern ier p a r la Chine au prix m oyen de
30 p iastres le picul de 60 kilos, soit, au taux de
2 fr. 50 p our la p iastre, 116 à 120 fran cs les 100
kilos de gomme non déboisée. Ne pas oublier
que les pertes de poids au triag e et p e n d a n t la
trav ersée s’élèvent à près de 15, et 20 % même
p en d an t la saison des pluies. A ces prix, a u c u ­
ne exportation su r la m étropole n ’est possible.
Du reste les négociants chinois, tr a ita n t u n i­
quem ent avec Hong-Kong ou Shang-H aï, ne
tien n en t ja m a is compte des fluctuations de
cours subies p a r les articles d’ex portation sur
les m archés d’E urope et em pêchent ain si toute
baisse correspondante su r nos m arch és indochinois.
Un com m erce qui p o u rra it devenir de quelqu’im portance et qui a été jusqjTici accap aré
p a r la Chine est celui des « Cannes de L a u ­
riers » dites « Cav Lui » en indigène. (Ces can ­
nes sont les troncs rigides de p alm iers nains,
de la fam ille des « P alm iers-C oryphinés » ;
Cham œ rops Cocincinensis, trè s com m uns dans
les régions forestières du N ord A nnam ). Ces
palm iers sont exclusivem ent propres à la flore
de la P éninsule indo-chinoise, et, depuis de
nom breuses années, les Chinois établis en An­
nam en exportent des quan tités considérables
su r Hong-Kong et Shang-H aï. Une gran d e p a r­
tie de ces cannes, sectionnées en tronçons de
25 à 30 centim ètres de longueur, est employée
à la fabrication des éventails chinois, et l’au tre

com prenant les cannes entières avec leu rs ra c i­
nes, traitées p a r le feu, dressées, polies, est
exportée en Europe (en Allemagne surtout) où
elle est utilisée p a r les fabriques de cannes et
m anches de p arap lu ies et d’ombrelles. Nous
avons tenté; à une époque, d’exporter directe­
m ent en F ran ce ces cannes qu’un spécialiste
chinois, venu de Hong-Konk, à notre service,
p ré p a ra it à la mode chinoise. Nous avons eu
beaucoup de difficultés à convaincre nos ra re s
acheteurs p arisien s de l'identité du produit
offert p a r nous et de celui qu’ils avaient coutu­
me de recevoir de Chine ou d’Allemagne. Après
plusieurs essais in fru c tu e u x , nous avons
depuis abandonné m om entaném ent l’article.
On s’occupe très activem ent en ce mom ent,
au Tonkin et en Annam , de recherches m iniè­
res. De tous tem ps, en effet, l’Indo-Chine a lité
considérée comme riche en gisem ents de toutes
sortes et c’est, su rto u t pour la richesse de son
sous-sol que la Chine av ait autrefois fait un
fief vassal de l’Annam -Tonkin.
De nom breux gisem ents de charbon viennent
d'être découverts tout récem m ent. Nous avons
pour notre p a rt obtenu la concession de deux
périm ètres de recherches et possédons de fort
beaux et copieux échantillons de houille qui en
ont été ex traits et sont en ce m om ent soum is à
l’analyse, au service des mines, à Hanoï.
L’or a été égalem ent découvert en placers
dans une région de notre province dont nous
avons au ssi obtenu la concession. Nous en
possédons des échantillons.
A notre avis la question m inière offre un
g ra n d in térêt po u r la colonie dont l’exploita­
tion du sous-sol peut devenir une source de
richesses im portante.
Les affaires étaient déjà assez difficiles, il ne
m an q u ait v raim en t plus que l’in stitu tio n d’un
nouveau droit forestier fra p p a n t de dix pour
écrit ad valorem, à leur em barquem ent à desti­
natio n de la m étropole, tous les produits fores­
tiers tels que caoutchouc, stick-laque et ben­
join, voire même les caisses d’em ballage !
II p a ra it invraisem blable qu’un a rrêté de ce
genre qui e n tra în e rait fatalem ent la ru ine du
commerce d’exportation déjà, si peu florissant,
puisse avoir été signé p a r le G ouverneur
g énéral qui doit ne pas ignorer que les affaires
devenues de plus en plus difficiles ont un p res­
san t besoin d’encouragem ent et que c’est d’elles
que dépend 1’av.enir de la colonie. Comme nous
l’avons m ontré dans un ra p p o rt précédent, la
baisse survenue e n ’E urope su r les divers a r ti­
cles tels que caoutchouc, stick-laque, etc., ainsi
qu’une concurrence ach arn ée et croissante,
ont ren d u l’exportation excessivem ent ardue.
Les indigènes, nous l’avons déjà dit, ne peuvent,
liv rer leu rs pro d u its forestiers à des lim ites de
prix inférieures à celles auxquelles les expor­
ta te u rs sont co n train ts d’acheter pour réaliser
des bénéfices m a x im a de deux à quatre pour
cent. On voit donc çe qu’a d’exorbitant le tau x
de la taxe nouvelle a tte ig n a n t dix pour cent
ad valorem , et combien m al choisi est le m o­
m ent de son in stitu tio n !
Il est à noter qu’il s’ag it ici d’u n droit d-it :
Forestier et qu’on co m p ren d rait p a r là une
taxe fra p p a n t les p ro duits du sol à leur sortie
des forêts et perçue n a r des agents établis dans
les régions forestières. Or il n ’en est rien ! Le
service forestier de Vinh a la prétention de
faire acquitter ces droits nouveaux, exorbitants
et écrasants, au m om ent de l’em barquem ent de

�L’EXPANSION COLONIALE
la m arch an d ise à destination de la m étropole.
Vu la difficulté d’étab lir dans les divers et
nom breux centres forestiers, à l’in té rie u r des
provinces annam ites, des postes, p our la p e r­
ception des taxes fra p p a n t les p ro d u its à leu r
sortie même des centres d’exploitation, l’Admi­
nistratio n n ’a rien trouvé de p lu s sim ple que
d’in stitu e r que ces droits seraien t acquittés p a r
les négociants exportateurs, au lieu d’em bar­
quem ent, au m om ent de le u r expédition en
F rance. Une telle com binaison supprim e bien
des difficultés et bien des dépenses. Il suffit, en
effet, pour la perception de ces droits d’u n seul
agent établi au p o rt d’em barquem ent chef-lieu
de la province, san s com pter qu’il est bien plus
aisé d’exiger le p aiem ent d’u n droit de négo­
ciants auropéens, connus, sérieux et solvables,
que d’indigènes reto rs et ne p ré se n ta n t aucune
g ara n tie . M alheureusem ent les droits ainsi
perçus ne sont plus des droits forestiers, m ais
bien de nouveaux droits de douanes m ons­
trueu sem en t élevés.
D evant l’attitude, des indigènes qui, lassés des
m ultiples et variab les taxes dont on ne cesse
de les accabler depuis quelques tem ps, com­
m encent à donner des signes n on équivoques
de vif m écontentem ent, le G ouvernem ent a cru
en outre p ru d e n t et habile de faire su p p o rter
uniquem ent aux négociants européens exporta­
teu rs le poids de ces nouveaux droits.
L ejeu n e.

L a R é u n io n .

Notes sur l'état du marché
Saint-D enis, le 1er m ai 1908.
Sucres. — L a cam pagne peut être considérée
ocmme term inée, l^s derniers petits lots dispo­
nibles a y a n t été vendus ces jo u rs d ern iers à
25 fr. 50 et 26 fr. (argent local) les 100 kil. su i­
v an t fab ricatio n et lieu d’em barquem ent. Les
derniers chargem ents s’élevant à environ 5.500
tonnes seront chargés en grande p a rtie ce mois
et le solde en m ai. P o u r les sucres de la n o u ­
velle cam pagne on m ’assure que certaines affai­
res ont été traitées su r la base de 26 fr. 25
(argent local). Les prévisions p our la prochaine
récolte sont bonnes, aucu n cyclone n ’étan t
venu com prom ettre la récolte, m ais il est diffi­
cile de p réciser dès m a in te n a n t le tonnage qui
se ra exporté en 1908-1909.
Le change qui av ait de to u t tem ps subi ici
d’im p o rtan tes v ariatio n s oscillant entre 2 et
20 % s’est stabilisé d ans les environs de 3 1/2 %
à vue et 2 1/2 % à 90 jours, et su iv an t toutes
probabilités il se m a in tie n d ra à ce ta u x p en ­
d an t assez longtem ps, nos im po rtatio n s ay an t
dim in u é-et la B anque de la R éunion ay an t
groupé au to u r d’elle la p lu p a rt des acheteurs
de tra ite s dans le but d’éviter les fluctuations
trop brusques.
Vanilles. — P eu de ventes à 25 fr. le kilog
m oyenne 50 % de 17 1/2 cent. Les exportations
à ce jo u r se sont élevées à 26.500 kilogs contre
25.000 kilogs l’année dernière.
Essence de ç/éranium. — P eu d’affaires, les
vendeurs a tte n d a n t des cours m eilleurs, quel­
ques petites ventes à 17 fr. et 17 fr. 25 le kilog.
L’exportation à ce jo u r s’élève à 15.700 kilogs.
Essence de vétyver. — Le cours actuel 23 fr.
le kilog logé, a a rrêté la distillation.
Paille de chouchou. — E n hausse depuis
quelques sem aines et trè s dem andée à 8 fr. 25

161

le kilog. Exporté à ce jo u r 22.800 kilogs contre
ld.700 kilogs en 1907.
Tapiocas et Fécules. — Le prem ier envoi de
la cam pagne s’em barque su r le « N atal ». Aux
trois usines de la colonie rem ises en état est
venu s’ajo u ter une quatrièm e qui se ra sous
peu en m arche.
R h u m . — P eu de dem andes ; quelques ventes
à fr. 20 et 21 l’hectolitre à 54° ; fr. 60 pour les
ports de M adagascar et 2 fr. 30 pour la consom­
m ation locale. Les exportations fin m ars se sont
élevées à 901.500 litres po u r F ran ce contre
400.200 litres en 1907.
D umonteil -L agrèze .

De la Société française des Nouvelles-Hébrides
Nouvelles-Hébrides, le 25 m ars 1908.
L’essor m agnifique pris p a r la colonisation
française aux- Nouvelles-Hébrides a été la con­
séquence im m édiate du dégrèvem ent p artiel
(demi-détaxe coloniale) accordé p a r la F ran ce
à nos com patriotes établis dans cet archipel.
Cette faveur a ouvert de nouveaux horizons
à nos colons et les a déterm inés à développer
leurs p lan tatio n s su r une échelle, qu’ab andon­
nés à eux-mêmes ils n ’a u ra ie n t jam ais osé
envisager.
Avec cette base et pleins de confiance po u r la
suite dans les prom esses de la m ère-patrie, nos
p lan teu rs.so n t allés de l’av an t avec une énergie
adm irable. E scom ptant l’av enir avec audace,
quelques uns se sont endettés profondém ent
pour élarg ir to ujours leurs défrichem ents et
créer des propriétés de g ran d rap p o rt, d u ra ­
bles et à l’ab ri des crises économiques a u ta n t
que peuvent l’être des entreprises purem ent
agricoles. Toute leu r fortune, c’est-à-dire l’exis­
tence même de la colonisation française aux
Nouvelles-Hébrides repose donc su r la détaxe
de leurs produits, quelle que soit leur augm en­
tation. Aussi, g ran d e a été l’ém otion dans toutes
les îles lorsqu’on a ap p ris la résistance opposée
p a r M. le M inistre des F inances aux dem andes
d’augm entation des quan tités des p roduits à
détaxer.
— « Vous me dem andez l’au g m entation du
crédit d’im portation, a u ra it dit M. Caillaux, —
et les produits expédiés des H ébrides n ’a tte i­
gnent pas le chiffre figurant au décret ! »
L’argum ent de M. le M inistre se ra it irré fu ­
table s ’il reposait su r u n e vérité de fait. M ais
en re g a rd a n t de près les choses il n ’en est pas
ainsi. Prenons, p a r exemple, le cacao. Le dé­
cret du 21 ju illet 1907, fixant les q u antités des
p ro duits originaires des exploitations fra n ­
çaises des Nouvelles-Hébrides qui p o u rro n t être
adm is en F ran ce et en Nouvelle-Calédonie du
10 ju illet 1907 au 30 ju in 1908 porte à 3.000 k i­
los la quantité de cacao adm ise au bénéfice de
la demi-détaxe.
E n tre tem ps, la pro p riété de C hevillard qui,
p a r l’arrêté de M. le G ouverneur de la NouvelleCalédonie en date du 22 septem bre 1907, était
inscrite po u r 1.950 kilos, p a ssa it entre les m ains
de MM. C olardeau et Cie. Il en résu ltait une
suractivité dont n ’é ta it plus capable Chevillard,
et à elle seule cette propriété exportait près de
7 tonnes de cacao. E n revanche, Bourdois,
Bouyer, T ristan i, etc... in scrits pour des q u a n ­
tités variables, aband o n n aien t p o u r différentes
causes, ain si que la -S. F. N. H., la récolte
entrevue et confirm aient p a r leu r abstention

�i62

l ’e x p a n s io n

l’e rre u r que le quan tu m co ncernant le cacao
n ’était p as atteint.
.
E tan t donné les soins apportés dernièrem ent
à cette culture, M. le H a u t Com m issaire Liota rd est d’avis que la q u an tité à adm ettre à la
détaxe d ev rait être de 15 tonnes au moins.
P o u r le café, la position est différente.
Si les 250 tonnes accordées p o u r la cam pagne
1907-1908' n ’ont p as été attein tes (la rép artitio n
se to ta lise ra p a r 240 tonnes), cela tie n t :
1° A ce que tous les colons n ’ont p as dem andé
la détaxe de leu r récolte totale. P lu sieu rs d’en­
tre eux ont .c ra in t que cette m esure n ’ait, été
accordée que pour m asq u er l’arrivée d’un
im pôt ;
2° Quand il s’agit d ’u n e’récolte aussi délicate
que celle du café, une d éclaratio n p réalable ne
p eu t être qu’approxim ative. E n confrontant
l’état de rép artitio n étab li p a r M. le H aut
Com m issaire et les statistiques de l’exporta­
tion, on ne m a n q u e ra it p a s de constater que
certain s p lan teu rs ont dépassé la quantité qui
leu r a été allouée, tan d is que d’autrps sont
restés au-dessous. Tel a été le cas p o u r la
S. F. N. H. p a r exemple, qui, faute de m aind’œ uvre, a p erd u environ le dixièm e de sa
récolte.
3° Quelques m illiers de jeunes caféiers qui
p ro m ettaien t beaucoup au m om ent -de l’enquête
du com m issaire délégué n ’ont pas abondé dans
la p roportion espérée.
E nsuite, il y a les virem ents en n a tu re de
colon; à colon am enés p a r des contingences
d’exploitation. Ces virem ents troublent les p ré ­
visions officielles dans une certaine m esure, et
il y a lieu d’en te n ir compte.
Le systèm e adopté p o u r apprécier la quantité
de p ro d u its à détaxer semble donc avoir m an ­
qué d ’élasticité.
Une chose dont on n ’a p a s ten u compte, c’est
que d’une année à l’au tre l’au g m en tation des
pro d u its en ce qui concerne le café surtout, va
suivre une progression difficile à im ag in er par
ceux qui n ’ont pu se rendre com pte de visu du
tra v a il fourni p a r nos com patriotes des Nou­
velles-Hébrides su r le sol.
T out prouve à l’évidence q u ’une a u g m en ta­
tio n des .produits à ad m ettre au bénéfice de la
détaxe s’impose. L a re fu se r se ra it affoler les
tra v a ille u rs néo-hébridais et a rrê te r n et leur
effort. De plus, il s e ra it bon d’en fixer larg e­
m ent le m axim um afin de calm er toute inquié­
tude et d’éviter des form alités de détaxe su p ­
plém entaire très g ênantes pour le com m erce et
l’évacuation des prod u its en tem ps opportun.
On a d it de la détaxe : « Elle est la clé des
N ouvelles-Hébrides ». R ien de plus vrai. A cette
sage m esure est d û l’effort de nos p lan teu rs,
qui seul p eu t ren d re fran çaises ces belles îles.
Elle appelle à nous les élém ents étrangers, que
l’in térêt seul guide ; les dem andes de n a tu ra li­
satio n d éjà en cours en font foi. Elle suscite
un co u ran t de forces nouvelles, actuellem ent
sans, emploi en Nouvelle-Calédonie, qui apporte
chaque mois, peut-on dire, de nouveaux élé­
m ents de vig u eu r là l’influence française. C’est
grâce à elle que notre possession deviendra
effective et que nous p o u rro n s .reprendre à nos
rivaux la .part trop large que leu r hab ileté di­
plom atique et leu r ténacité presque indom pta­
ble ont su nous rav ir.

c o l o n ia le

MUSÉE

COLONIAL

M. Cor, gouverneur P. I. de File die la Réu­
nion, a écrit la lettre suivante à M. le Dr
Heckel, directeur du Musée colonial à Mar­
seille :
Saint-D enis, le 16 m ai 1908.
M onsieur le D irecteur,
J ’ai l’honneur de vous accuser réception du
lot. de semences de m aïs précoce et n a in que
vous avez bien voulu adresser au service de
l’A griculture de la Réunion. Ces graines sont,
arrivées en bon état, et ont été im m édiatem ent
semées dans les cham ps d’expérience de l’Ecole
d’A griculture de la Providence, bien que l’épo­
que de la p lan tatio n du m aïs fût très avancée.
Je vous tien d rai au courant, des ré su lta ts obte­
nus dès cette année même.
La culture du m aïs est très développée à la
Réunion. Dans les régions basses, de 0 à 400
m ètres, les cu ltiv ateu rs font deux et trois ré ­
coltes avec u n rendem ent v a ria n t de 1.000 à
1500 kilogs à l’hectare ; dans les p arties élevées
de Tlle. la p la n tatio n ne se fa it qu’une fois p a r
an, vers les mois de décembre et janvier, et
les rendem ents s’abaissen t de 1000 à 750 kilogs
à 1’liectare. Cette culture est faite soit en plein
cham p, soit intercalée dans les cultures de
cannes et de m anioc. P e n d a n t une g rande p a r ­
tie de l’année nos cu ltivateurs se n o u rrissen t de
m aïs dont le prix varie de 8 francs à 20 francs
les 100 kilogs ; déjà plu sieu rs p ro p riétaires ont
pu faire accepter à leur personnel la dem i-ra­
tion en m aïs. Deux usines im p o rtan tes de m ou­
tu re fonctionnent à S ain t-P ierre et Saint-D enis
et ont du tra v a il toute l’année. Si la question
du m aïs vous intéresse, je p o u rrai vous faire
adresser p a r le*service de l’A griculture les di­
vers types cultivés dans nos cham ps.
La culture du m anioc a aussi pris beaucoup
d’extension dans la colonie. Q uatre féculeries
fonctionnent actuellem ent et tran sfo rm en t en
tapioca et en fécule plus de 12 m illions de
kilogs de m anioc. Une cinquièm e féculerie se
m onte en ce m om ent et sera prête vers le mois
de juillet ou août ; elle est outillée pour t r a ­
vailler 3 m illions de kilogs environ.
La question du m anioc desséché a égalem ent
a rrê té l’attpntion de nos usiniers, et depuis
cette année une usine assez im p o rtan te tr a ­
vaille de 15 à 20 tonnes de m anioc p a r jour.
Cette in d u strie progresse donc à la Réunion.
Veuillez agréer, M onsieur le D irecteur, l’as­
su ran ce de m a considération distinguée.
C or .

Coups

C o lo n ia u x

Voici la liste des Cours qui ont été profes­
sés à l’Institut colonial durant le mois de
juin :
L undi 1er ju in , à 3 b. 3/4, M. M asson : H autSénégal et N iger. — A 5 heures, Dr J. de Cordemoy : Les pêcheries de l’Indo-Chine.
M ardi 2 juin, à 3 b. 1/2, Dr R eynaud : La
défense contre les gran d es m aladies épidém i­
ques des pays chauds. — A 5 heures, M. Mas-

�L’EXPANSION COLONIALE
son : L’expansion coloniale anglaise, 1880-1900.
M ercredi 3 ju in , à 3 h. 3/4, M. B abled : Les
protectorats Indo-C hinois et T unisien. — A
5 heures, M. Jum elle : Les caoutchoucs d’Amé­
rique et d’Asie.
(Vacances de la Pentecôte)
M ercredi 10 juin, à 3 h. 3/4, M. Babled : Les
p ro tecto rats coloniaux de l’Afrique O ccidentale
F ran çaise. — A 5 heures, M. Jum elle : Les
caoutchoucs d’Asie et d’Afrique.
Jeudi 11 ju in , à 8 h. 1/2 m atin (au P a rc Borély), M. Davin : C ultures coloniales (suite).
V endredi 12 ju in , à 5 heures, M. L au ren t :
Le nickel.
Sam edi 13 ju in , à 3 h. 1/2, Dr R eynaud : La
santé publique et les m aladies infectieuses
transm issib les dans les villes coloniales.
L undi 15 ju in , M. M asson : G éographie colo­
niale. — Dr J. de Cordemoy : P roduits de la
pêche dans les colonies de l’Océan Indien.
M ardi 16 ju in , Dr R eynaud : L a défense in ­
tern atio n ale contre les épidém ies exotiques. —
M. M asson : H istoire coloniale.
M ercredi 17 ju in M. B abled : Le condom i­
nium des Nouvelles H ébrides. — M. Jum elle :
Les p lan tes à g u tta-percha.
Jeudi 18 ju in , M. D a v in : C ultures coloniales
(suite).
V endredi 19 ju in , M. L a u re n t : Le cobalt et le
chrome.
Sam edi 20 ju in , Dr R eynaud : L a désinfection
et l’hygiène u rb ain e coloniale.
L undi 22 ju in , M. M asson : Congo français.
— Dr J. de Cordemoy : Sous-produits des pêcheriês coloniales ; espèces toxiques des m ers
tropicales.
M ardi 23 ju in , Dr R eynaud : Défense n a tio ­
nale contre les épidém ies exotiques. — M. M as­
son : Les nouvelles puissances coloniales à la
fin du xix° siècle (fin).
M ercredi 24 ju in , M. Babled : Les droits civils
et politiques des indigènes dans les colonies
françaises.
Jeudi 25 ju in , M. D avin : C ultures coloniales
(fin).
Sam edi 27 juin, Dr R eynaud : Les clim ate de
l'Indo-C hine et le san a to riu m de Lang-B ian.
(Grandes vacances annuelles).

Voici le sommaire dé,taillé du cours d’Economie et Législation coloniales qui a été fait
par M. Babled durant le mois de juin :
Les diverses conceptions de la politique colo­
niale. — A ssujettissem ent, autonom ie, assim i­
lation, association. Différences qui en résu lten t
au point de vue du sta tu t ju rid iq u e des a u to ri­
tés locales, des indigènes et des colons.
Etude des protectorats créés par la France.
— P ro tecto rats de d ro it in te rn a tio n a l et p ro ­
tectorats intern es ou de colonisation. L eurs dif­
férences fondam entales. P rin cip es de d ro it pu­
blic applicables aux pro tecto rats in te rn a tio ­
naux. R elations entre l’E ta t protecteur, l’E tat
protégé et les P uissances tierces. — Les appli­
cations pratiques. A nciens p rotectorats de la
F rance en Océanie. P ro tecto rats de l’Indo-Chine, Tunisie, M adagascar av an t l’annexion.
H istorique de leu r établissem ent. L eurs résu l­
tats actuels au point de vue ad m in istratif, fi­
n an cie r et ju d iciaire. —- Les protecto rats de
droit interne, leurs diverses catégories : protec­

163

to rats à titre d’occupation incom plète et p ro ­
tectorats adm inistratifs. Leurs effets à l’égard
de la P uissance occupante, des indigènes et des
P uissances tierces. — Les applications p r a ti­
ques : P rotectorats fran çais de la Côte Occiden­
tale d’Afrique et de la Côte des Som alis. Causes
et effets de leur établissem ent.
Droits et devoirs de la France à l'égard des
indigènes des colonies. — 1° Condition politique
dies indigènes. Mécomptes et dangers de l’assi­
m ilation. — 2° Condition juridique. S ta tu t p e r­
sonnel. Juridictions civiles et pénales. Système
répressif des infractions de l’indigénat. — 3°
Condition m atérielle et m orale. La politique
d’association substituée à celle de l’assim ila­
tion. Ses méthodes. Ses résu ltats futurs.

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
Au Congrès Colonial français de 1908

Dans sa séance du 6 juin, la XI0 section du
Congrès (Presse) a entendu une intéressante
communication de M. Roui 1and de l’Escale,
sur « la Publicité commerciale par les Ins­
tituts coloniaux », et a émis à l’unanimité un
vœu à ce sujet. Nous nous faisons un plaisir
de reproduire ci-dessous le compte-rendu
qui a été donné de cette séance par notre
excellent confrère parisien, la Dépêche Colo­
niale :
M. Boulland de l ’Escale résume son rap­
port sur la Publicité par les Instituts colo'niaux. Il montre l’importance qu’ont prise,
dans la vie coloniale métropolitaine, certai­
nes de ces créations. D'Institut Colonial de,
Marseille notamment, grâce à l’initiative in­
telligente et hardie de la Chambre de com­
merce de cette ville, rend déjà de grands ser­
vices. Situé dans un magnifique immeuble,
rue de Noailles, sur le prolongement de la
fameuse Cannebière, il offre un pas de porte
forcé. Tous les coloniaux qui débarquent à
Marseille ou qui viennent s’y embarquer s’y
arrêtent presque forcément. Ils y trouvent
tous les renseignements dont ils peuvent
avoir besoin. Son Musée Commercial offre
un moyen de publicité de tout premier ordre,
non seulement au commerce local qui vient
y examiner les produits de nos colonies qu’il
peut utiliser, mais encore aux coloniaux qui
y trouvent immédiatement tous les types de
marchandises, d’outillage industriel ou agri­
cole et d’approvisionnements de toute na­
ture dont ils ont besoin. Le commerce et l’in­
dustrie française sont, intéressés à empiloyer#
cet excellent moyen de publicité. Aussi les
vitrines de l’Institut Colonial Marseillais,
louées au mois ou à l’année, à des prix très
abordables, sont-elles fort disputées. Les
raisons sociales et les spécialités d’affaires
sont en outre inscrites sur des panneaux de
dimensions variables qui frappent l’œil des
visiteurs, dont on peut évaluer le nombre à
environ 1.500 personnes par jour.

�1C4

L’EXPANSION COLONIALE

Comme on trouve en outre à l'Institut Co­
lonial Marseillais tous les renseignements
utiles sur les produits coloniaux et métro­
politains donnant lieu à des échanges, ache­
teurs, vendeurs et intermédiaires ont un égal
intérêt à fréquenter le Musée Commercial et
d’innombrables affaires s’y engagent et s’y
traitent quotidiennement. Les adhérents de
l’Institut sont naturellement les premiers
servis, l’Institut organise pour eux des con­
sultations et les renseigne d’office sur les
prix, les cours, la nature, la qualité, les pos­
sibilités commerciales des marchandises qui
les intéressent. Son bureau de Renseigne­
ments met à leur disposition et à celle des
visiteurs les catalogues, prospectus, prixcourants, échantillons, etc... pour tous les
produits importés ou exportés. Sous ce titre
excellent L'Expansion coloniale, un bulletin,
admirablement rédigé, sert de .lien à tous
les adhérents et au public déjà très nom­
breux de ses lecteurs et abonnés.
Ce n’est pas tout : l’Institut procède par
les soins de l’éminent docteur Heekel aux
travaux de laboratoire et d’étude en pleine
terre ou en serre de toutes les plantes colo­
niales, de leurs fruits, grains, graines et de
toutes les parties utiles de leur composHion.
On est ainsi arrivé à des découvertes d’une
importance considérable dont certaines sont
appelées à révolutionner ou à modifier utile­
ment quelques industries. La publicité dont
dispose l’Institut tient au courant les intéres­
sés des progrès incessants réalisés dans cet
' ordre d’idées. Les résultats des travaux scien­
tifiques sont d’ailleurs exposés dans Je Mu­
sée colonial sis au premier étage et vulgari­
sés par les Cours coloniaux fondés par la
Chambre de Commerce.
Le Syndicat des Exportateurs, qui a trouvé
place dans l’immeuble à côté de la Société
de Géographie et du Comité de l'Alliance
Française, les répand pratiquement à l’étran­
ger et dans nos colonies. Ce faisceau de pu­
blicités de nature si diverses rend des servi­
ces qui doivent valoir à ces Instituts tous les
encouragements. Il serait à souhaiter que
tous nos grands ports en relations avec les
colonies fussent dotés d’institutions sembla­
bles et M. Roulland) de l’Escale estime que
VInstitut Colonial Marseillais peut leur ser­
vir de modèle. Sans nier l’importance ni la
valeur de l’Institut de Bordeaux, ni même
de celui de Nancy, il croit que celui de Mar­
seille a réalisé un ensemble de progrès qui
le mettent absolument hors de pair et font
'de lui l’un des meilleurs organismes de pu­
blicité coloniale.
La section adopte ensuite le vœu suivant de
M. Boulland de l’Escale, comme conclusion
à ce rapport :
« Considérant que les Instituts coloniaux
en général et celui de Marseille en particu­
lier rendent à la cause coloniale les plus
grands services et offrent, pour la mise en

valeur des colonies, la vulgarisation et l’é­
change de leurs produits, l’un des meilleurs
moyens de publicité.
&lt;; Le Congrès colonial français de 1908
émet le vœu que les pouvoirs publics et no­
tamment le ministère des colonies et les gou­
vernements coloniaux qui y sont si directe­
ment intéressés, encouragent, dans une très
large mesure, l’entretien et le développement
des Instituts coloniaux particulièrement dans
les ports en relations avec les colonies. »

UN INSTITUT COLONIAL AU HAVRE
L’Institut Colonial Marseillais est heureux
de souhaiter la bienvenue à une nouvelle
création similaire qui fonctionne déjà par­
tiellement au Havre et qui, progressivement,
va bientôt se constituer sur un plan réduit
de celui de Marseille au moins en ce qui tou­
che à l’enseignement tel qu’il a été réalisé
par la Chambre de Commerce de cette ville
en 1900 sur mes indications.
Depuis cette époque, à l’image de la créa­
tion marseillaise, il s’est formé, sur des ty­
pes divers, mais tous inspirés par le même
désir de diffuser en France l’idée coloniale
et une connaissance vraiment scientifique
du domaine d’outre-mer, enfin de former
des colons prêts à l’âpre lutte coloniale, un
nombre imposant d’instituts coloniaux ca­
pables de répondre au développement ma­
jestueux et rapide de notre vaste France tro­
picale. Par ordre de date, on peut inscrire,
après l’Institut de Marseille qui fut l’initia­
teur et quelquefois l’inspirateur de ces créa­
tions : Bordeaux, Lyon, Nantes, Nancy, Pa­
ris, et enfin Le Havre. Et c’est ainsi que, par
une louable fécondité née elle-même de be­
soins commerciaux et industriels bien réels,
notre Institut a servi, grâce à un heureux
esprit d’initiative, de centre de formation à
des établissements dont tous, à divers de­
grés, ont leur raison d’être bien établie et
sont en pleine puissance de leur productivité
régionale. Il n’est pas douteux que les créa­
teurs, inspirés par des exigences locales,
ont donné à ces établissements didactiques
des bases un peu différentes, mais tous font
converger leurs efforts vers ce double but :
1° Mieux faire connaître à nos colonies les
ressources et la plasticité de nos industries
métropolitaines, en vue de fonder dans nos
possessions d’outre-mer des marchés assu­
rés à nos produits ;
2° Procurer à la métropole la connaissance
exacte et par suite une meilleure possession
des richesses coloniales çt de leurs transfor­
mations industrielles possibles par les
moyens perfectionnés dont dispose l’outil­
lage manufacturier national.
C’est ainsi que, si Bordeaux avec son plein
enseignement supérieur colonial, s’oriente

�L’EXPANSION COLONIALE

à grands pas vers la possession d’un vaste
marché de caoutchouc que lui réservent ses
relations avec le Brésil et toute la Côte occi­
dentale d’Afrique : si Lyon est également
pourvue d’un haut enseignement complet à
caractère indoasiatique dominant, où on
peut dire que la question des soies orientales
et celles de Madagascar tiennent le plus
haut rang ; si Nancy, déjà pourvue d’une
Ecole forestière, laisse dans son vaste pro­
gramme d’enseignement la prédominance â
la science des forêts coloniales en vue de
préparer une section spéciale de forestiers
coloniaux ; si Nantes particulièrement dotée
et outillée à tous égards grâce aux royales
libéralités d’un Mécène colonial, tourne ses
vues et ses efforts vers son domaine naturel
qui est l’exploitation des Guyanes et du cen­
tre Amérique en face duquel elle est placée,
et. de ce fait, a dû étendre son action éduca­
trice à tous les produits de cette région ; Le
Havre, déjà marché colonial très important,
grâce à la louable initiative de l’Association
Cotonnière Coloniale dresse très naturelle­
ment les premières assises d’un enseigne­
ment essentiellement pratique sur la techni­
que du coton, pour enseigner ensuite et pro­
gressivement l’étude de tous les autres pro­
duits coloniaux qui alimentent son vaste
port. C’est, là une conception méthodique et
logique qui donne toute assurance de succès
aux esprits prévoyants auxquels est due
l’initiative de cette conception et qui la réa­
liseront certainement avec le bonheur que
nous leur souhaitons de grand cœur.
C’est après cet examen et sous l’empire de
ces convictions, que j’ai été particulièrement
heureux de pouvoir répondre à l’appel de la
Société Cotohnière. Par l’organe de son viceprésident, elle a bien voulu me demander de
lui donner dans le menu le mécanisme de
notre organisation toute spéciale à Marseil­
le. Notre ville, en effet, devait réaliser dans
l’ensemble de cet enseignement qui s’est
multiplié en France, un prototype à part en
raison même de ses rapports multiples et
continus avec toute nos colonies françaises,
l’Algérie comprise. Le caractère local devait
en être soigneusement écarté, parce que vé­
ritable métropole coloniale, notre grande
cité n’a pas de marché spécial en dehors de
celui des graines oléagineuses coloniales.
Elle devait donc dans ‘ son encyclopédique
enseignement, embrasser l’ensemble de toutes
les productions d’outre-mer qui, ou se fixent
dans son enceinte, ou y transitent commercia­
lement pour gagner d’autres marchés ou d’au­
tres centres manufacturiers. Elle est le point
de convergence de toutes les lignes de paque­
bots qui visitent nos colonies dont elle est
l'emporium, donc son enseignement devait
être aussi large, aussi élevé que sa sphère
d’actiôn. D’où le caractère obligatoire d’ensei­
gnement d’université colonial qui s’imposait
à son Institut et c’est ce qui fut réalisé dès le

165

début, en prévision même des créations ul­
térieures qui devaient fatalement se produi­
re dans d’autres centres plus pratiquement
particularisés, et pour établir comme un or­
gane central de circulation et de vie pour ces
organismes nouveaux qui tous devaient
s’inspirer plus ou moins d’un plan primitif
sans l’imiter servilement. Ces prévisions se
sont réalisées.
Si les Instituts en général sont appelés,
dans une émulation qui ne laisse place à au­
cune rivalité, à propager, sous l’influence de
la diffusion sans cesse progressante de l’idée
coloniale, à donner et à répandre la science
des Colonies, on peut dire que Marseille par
la nature l’ampleur et la généralité de son
enseignements, par les recherches continues
qui s’effectuent dans ses laboratoires sur les
produits inconnus ou mal connus des Colonies
françaises, en vue d’assurer une meilleure
mise en valeur de leurs richesses dans les
trois règnes, fait la science coloniale ellemême et la répand en des mémoires qu’elle
diffuse dans le monde entier sous le titre
d’ « Annales de l’Institut et du Musée Colo­
nial de Marseille ».
Cette publication, pour atteindre son
maximum d’utilité (et c’est ce qui a été réa­
lisé) n’est pas seulement distribuée dans tou­
tes nos Colonies françaises, mais elle va jus­
qu’au fond des Colonies du monde entier,
porter cette vie scientifique sans laquelle
rien d’utile ne peut être édifié dans quelque
domaine que ce soit, et plus particulièrement
dans celui qui est propre à l’industrie et au
commerce des matières coloniales connues
où même inconnues jusqu’ici.
Au moment où nous saluons la création
d’un nouveau centre scientifique et d’appli­
cation pratique coloniale, il était bon de
rappeler brièvement ces données historiques
et de remettre en lumière les conditions, les
principes et les idées premières qui ont pré­
sidé aux créations similaires antérieures.
Dr E. H e c k e l .

E n q u ête g é n é r a le .— A v is d e là G uadeloupe
e t de la N o u v elle-C a léd o n ie

Nos lecteurs ont remarqué que cette rubri­
que est permanente dans l'Expansion Colo­
niale. Cela est justifié par l’importance et
aussi l’actualité de cette question, qui met en
jeu la vie même de nos Colonies.
Le très remarquable rapport présenté au
Congrès Colonial de Bordeaux de l’an der­
nier par M. Milhe Poutingon, délégué des
Chambres de Commerce du Sénégal au Con­
seil Consultatif des Colonies et l’un des se­
crétaires généraux de l’Union Coloniale, con-

�1G6

L’EXPANSION COLONIALE

cluait à une enquête aussi générale que pos­
sible auprès des Administrations, des Corps
élus et des Associations professionnelles des
Colonies, à l’effet de rechercher quels ont été
les résultats de l’application du régime insti­
tué par la loi du 11 janvier 1802 et de déter­
miner les bases du régime douanier qui se­
rait le plus favorable au développement
économique des Colonies.
Cette enquête se poursuit et l’enregistre­
ment de ses résultats dans YExpansion Colo­
niale peut lui donner, par le rapprochement
des réponses, un maximum d’efficacité.
Nous faisons donc appel à nos amis colo­
niaux pour nous faire parvenir les avis émis
à leur connaissance et qui ne nous auraient
pas été envoyés.
— La meilleure enquête vient d’être menée
sur place par M. Millies-Lacroix en Afrique
Occidentale et nous croyons que notre Minis­
tre des Colonies rentre de voyage pleinement
édifié, ce qui, étant donné sa sincérité et sa
ténacité bien connues — deux grandes qua­
lités — sera d’un secours considérable à la
cause coloniale.
— Il n’est pas trop tard pour parler du
rapport adressé à M. Klotz, président de la
Commission des Douanes de la Chambre des
Députés par les Chambres d’Agriculture et
de Commerce de la Pointe-à-Pitre (Guade­
loupe).
Il en ressort la démonstration par des
chiffres de ce que nous avions dit au Congrès
de Marseille, que la loi du 11 janvier 1892 a
renchéri les conditions de la vie dans les Co­
lonies, nuit à leur mouvement et trouble leur
existence économique par les relèvements de
taxe qui ont supplée aux défauts de rentrées
inhérents à l’établissement de droits prohibi­
tifs sur les marchandises étrangères, et aussi
qu’il vaut mieux avoir dans les Colonies des
clients libres et riches que des clients as­
treints à ne se servir que dans la Métropole
mais dépourvus de moyen d’achat.
La Guadeloupe prouve par des chiffres
que bien que sa production se soit, de 1893
à 1907 maintenue pour les sucres malgré la
concurrence métropolitaine, et développée,
dans la proportion de 100 % pour les rhums
et tafias (3.659.763 litres en 1893 contre
7.957.352 en 1907) et les cafés (476.972 kilos
en 1893 contre 1.047.503 en 1907), de 110 %
pour les cacaos (337.438 kilos en 1893 contre
779.636 kilos en 1907) et de 800 % pour les
vanilles (1.488 kilos en 1893 contre 15.361 en
1907), ses facultés d’achat ont baissé de 23 %.
En 1892,elle importait pour 21.066.285 francs
dont 8.723.545 francs en articles français et
12.742.738 francs en articles étrangers ; en
1902, elle n’importe plus que 17.118.811
francs. L’importation des articles étrangers
a baissé d’environ 5 millions et demi en tom­
bant à 7.094.444 mais l’importation des arti­
cles français ne s’est élevée que d’un million
à 9.724.367 francs. Le résultat est maigre !

Cette, statistique est terriblement confir­
mée par les résultats de deux autres exerci­
ces à dix années également d’intervalle.
En 1894, l’importation totale avait été de
22.635.948 francs dont 11.081.722 francs de
marchandises françaises et 10.741.279 de
marchandises étrangères, le reste importé
par les Colonies ; en 1904, l’importation to­
tale tombe à 13.438.419 francs subissant une
diminution jle plus de 40 % ! Comme dans
les statistiques précédentes, l’importation
étrangère a baissé et passe de 10.741.279
francs à 6.204.161 francs, mais l’importation
des articles français baisse aussi et tombe de
11.081.722 francs à 6.418.096!
Ces chiffres sont éloquents, dit la Chambre
de Commerce. En effet et tout commentaire
les affaiblirait !
Nous regrettons de ne pas pouvoir re­
produire in-extenso ce rapport mais il y a
des chiffres encore à citer. Pour compenser
les rentrées de douane supprimées par la
guerre aux articles étrangers, on a établi une
taxe sur les pétroles, que la France ne pro­
duit pas, égale au 120 %. de la valeur de la
marchandise. Toutes les ressources des Co­
lons sont absorbées par leurs charges fis­
cales.
— Le rapport de la Chambre de Commerce
de Nouméa est aussi des plus saisissants. En
attendant de le reproduire en entier,donnonsen le sens général. Avant 1892, l’importation
en Nouvelle-Calédonie se faisait pour le
45 % en marchandises françaises et pour le
55 % en marchandises étrangères. Le résul­
tat de l’institution du tarif général en Nou­
velle-Calédonie a été d’intervertir la propor­
tion, les marchandises françaises atteignent
le 55 % des importations mais à la condition
de faire porter le calcul sur 15 années. Si
nous faisons une simple comparaison entre
1892 et 1907 nous verrons que le protection­
nisme a encore remporté là une victoire à la
Pyrrhus. Il a été importé en 1892, 14.266.654
francs dont 5.754.035 de marchandises fran­
çaises et 8.512.619 de marchandises étrangè­
res ; en 1907 l’importation des marchandises
étrangères est bien tombée à 4.156.938 francs
mais celle des marchandises françaises a
tout de même diminué de cinq millions de
francs en s’arrêtant au chiffre de 5.253.547
francs ce qui donne un total d’importation
de 9.410.485, inférieur de plus de 50 % au
chiffre de 1892 : 14.266.654,
Et pour arriver à cela on a écrasé sous les
charges les Néo-Calédoniens qui paient fr.
129 50 d’impôt par tête et par an, ce qui est
probablement l’impôt le plus élevé qui soit
au monde, ainsi que le fait remarquer la
Chambre de Commerce de Nouméa et son
dévoué président M. A. Barrau.
Le rapport s’étend sur bien d’autres points;
notamment la détaxe des cafés. Nous en
commençons ci-après la publication. Nous

�L’EXPANSION COLONIALE
espérons que les Colonies qui n’ont pas en­
core répondu nous fourniront des données
aussi convaincantes pour les pouvoirs et
nous les feront connaître pour nous permet­
tre de les défendre.
Adrien A r t a u d .

R A PPO R T
de la Chambre de Commerce de Nouméa
(Nouvelle-Calédonie)

Nouméa, le 19 avril 1908.
Réponse aux deux questions posées par M.
le Ministre des Colonies dans la dépêche du
18 janvier 1908.
I. — Résultat de Vapplication en NouvelleCalédonie du régime institué par la loi du
11 janvier 1892.
Lorsqu’en 1890 la Chambre de Commerce
de Nouméa fut appelée pour la première fois
à donner son avis sur l’exécution en Nou­
velle-Calédonie de la loi douanière du 11 jan­
vier 1892, alors que l’on avait négligé de la
consulter préalablement sur l’opportunité
de ce nouveau régime, elle demanda simple­
ment le maintien du statu quo pour les rai­
sons suivantes :
I. — Cette loi était de nature à porter
atteinte à la liberté commerciale ;
IL —- L’assimilation économique de la
Nouvelle-Calédonie à la Métropole est im­
possible, en raison de l’éloignement, de l’iso­
lement, des différences de climat, de moeurs,
d’usages de besoins, etc...
III. ■
— L’établissement de la Douane dans
la colonie créerait des charges nouvelles dis­
proportionnées avec l’augmentation des
achats dans la Métropole ;
IV. — L’appaication de la loi augmenterait
le prix des denrées de première nécesssité,
et celui des marchandises que la France ne
produit pas, ou qu’elle est dans l’impossibi­
lité de fournir, à cause de son éloignement
et de l’élévation du prix du fret entre la
France et Nouméa ;
V. •— Enfin il en résulterait un renchéris­
sement sensible du prix de la vie en Nou­
velle-Calédonie.
Les arguments de la Chambre de Com­
merce, lesquels étaient accompagnés d’une
statistique très étudiée indiquant les exemp­
tions et les réductions de tarif à la loi du II
janvier 1892, furent adoptés par le Conseil
Général et le Chef de la Colonie ; et le Dépar­
tement, les ayant, admis en partie, fît paraî­
tre successivement à cet effet différents dé­
crets dont le premier et le plus important
porte la date du 26 novembre 1892.
La plupart de ces actes ont édicté des taxes

167

spéciales sur un certain nombre de produits
et ont apporté de ce fait un adoucissement
aux Tarifs prévus par la loi. Ces taxes ont
formé une tarification qui s’est, substituée
aux droits du Tarif général et du Tarif
minimum.
La loi douanière du 11 janvier 1892, même
avec les tempéraments qui y ont été appor­
tés, a-t-elle produit les résultats que les par­
tisans du régime protectionniste avaient
escomptés? La Chambre de Commerce ne le
pense pas et si, comme on le verra dans le
tableau ci-annexé (pièce n° 1), les achats de
la colonie dans la Métropole ont augmenté,
la proportion de cette augmentation a été
insuffisante pour justifier les charges écra­
santes qui en sont résultées pour les habi­
tants de la Nouvelle-Calédonie. Les appréhen­
sions émises en 1890 par la Chambre de Com­
merce se sont donc malheureusement réa­
lisées.
Aujourd’hui elles conservent toute leur
force, et la Chambre estime que le régime
douanier qui nous a été imposé en 1892 a été
très nuisible au développement de notre colo­
nie, a été une erreur économique sans profit
pour la Métropole.
En effet, si nous examinons les statistiques,
nous voyons que dans la période écoulée en­
tre les années 1885 (1) à 1892, la moyenne
des importations a été de 45 % pour les mar­
chandises provenant de la France et de ses
colonies, et dç 55 % pour celles venant de
l’étranger.
Depuis l’application du tarif douanier,
c’est-à-dire de 1893 à 1907 inclus, la moyenne
des importations s’est déplacée au bénéfice
de la Métropole. Elle a été de 55 % pour les
marchandises provenant de la France et de
ses colonies et de 45 % seulement pour celles
venant de l’étranger.
Cependant le tarif douanier protège plus
que suffisamment la Métropole, puisque son
application a entraîné l’augmentation des
importations françaises sur la Nouvelle-Calé­
donie de 1.500.000 francs par année, soit
près de 28 %, malgré les difficultés que ren­
contre le commerce à s’approvisionner en
France, à cause de la distance et du crédit
plus facile qu’il trouve en Australie.
Mais si l’on tient compte de diverses inci­
dences résultant de l’importation, avant 1893,
de marchandises françaises sous pavillons
étrangers et d’une période de prospérité pas­
sagère de la colonie, si l’on ne veut s’appuyer
que sur sa vie normale, il est prudent de
ramener le chiffre de l’augmentation préci­
tée de 1.500.000 francs à 1 million.
Et c’est pour assurer à l’industrie et au
commerce métropolitain une augmentation
annuelle d’affaires de un million que la
(1) Les statistiques établies p a r la colonie
n ’ont fait de distinction entre les im portations
françaises et étrangères qu’à p a rtir de 1885 ;
a u p a ra v a n t elles étaient globales.

�168

L’EXPANSION COLONIALE

Métropole n’a pas hésité à nous doter d’un
service douanier gui coûte aux contribuables
calédoniens 500.000 francs par an, comme
nous allons le démontrer.
Lorsque nous aurons rappelé que nos
achats en France sont de 82 % pour les tis­
sus, de 93 % pour les vêtements et lingerie,
de 83 % pour la papeterie et ses applications,
de 70 % pour les peaux et pelleteries ouvrées,
de 81 % pour les ciments, de 70 % pour les
ouvrages en matières diverses, la Métropole
sera bien forcée de reconnaître qu’en raison
de notre éloignement nous ne pouvons faire
mieux, et que la différence entre ces pour­
centages et le maximum représente des arti­
cles spéciaux que l’on ne trouve pas en
France, ou que les besoins urgents nous obli­
gent à demander en Australie.
Si nous prenons la moyenne des cinq an­
nées 1901 à 1905 inclus des comptes définitifs
du Service Local, le Service des Douanes et
Contributions coûte à la colonie 177.000
francs. La moyenne des dépenses du Service
des Contributions seul, pour les années 1888
à 1892, c’est-à-dire avant l’application de la
loi douanière ayant été de 70.000 francs, on
peut en déduire que le Service des Douanes,,
seul, coûte annuellement à la colonie 100.000
francs en chiffres ronds, non compris les
frais accessoires de voyages et d’hospitalisa­
tion.
D’un autre côté les recettes de Douane en­
caissées pendant les 10 années 1896 à 1905,
se sont élevées en moyenne à 400.000 francs
par an ; donc :
Recettes douanières ......... 400.000 »»
Frais de personnel et de
matériel du Service des
Douanes .......................... 100.000 »»
Total .............

500.000 »»

que nous avons à supporter. Ne vaudrait-il
pas mieux pour la Métropole avoir un client
volontaires, riche,- pouvant acheter beau­
coup, qu’un client forcé, tenu dans un état
de misère permanent qui rend sa faculté
d’achat presque nulle.
« Ayons des colonies riches, susceptibles
« de nous fournir d’utiles débouchés et non
« des débouchés exclusifs, mais encore plus
« restreints qu’exclusifs ; permetto-ns-leur de
« se développer et de vvre par elles-mêmes.
« En un mot, entre la politique douanière
« et coloniale de l’Espagne, qui nous a si
« souvent inspiré, et la politique douanière
« coloniale de l’Angleterre, choisissons, et
« allons dans le sens de la liberté écono-mi« que de nos possessions, autant que le per­
ce mettent nos traditions et nos mœurs ».
(A suivre).
(Adrien A r t a u d ).

C H R O N IQ U E
U n n ou veau C o m i t é colo n ial.

On sait quels services appréciés rendent à
la cause coloniale française les comités déjà
constitués en vue d’ap-puyer d’une action
incessante dans la métropole les efforts pri
vés qui se manifestent dans nos diverses
possessions. 11 est inutile d’insister sur l’œu­
vre heureusement accomplie déjà par le
Comité de l’Afrique, par celui de l’Asie et
par celui de Madagascar, pour ne citer que
les plus importants. Aussi ne pouvons-nous
que nous réjouir de la création d’un Comité
de l'Amérique française qui vient de se
constituer, sous les sympathiques auspices
de l’Action Coloniale et Maritime. M. Pierre
Baudin, -ancien ministre, en a accepté la
présidence. C’est assez dire l’excellent esprit
qui animera ce nouveau groupement sous
l’égide duquel vont se placer d’une manière
effective et efficace les intérêts français de
nos colonies atlantiques. Le nouveau Comité
aidera d'autre part au développement de
notre commerce dans l’Amérique l.atine et
dans l’Amérique centrale. Le siège du Comi­
té de l’Amérique française est à Paris, 47,
rue Bonaparte.

Si l’on vient nous dire que c’est la Colonie
qui encaisse les recettes de Douane et, qu’à
défaut, il faudrait bien trouver des recettes
par ailleurs pour assurer l’équilibre du bud­
get, nous pouvons répondre que l’impôt
pourrait ne pas frapper aussi lourdement
que le droit de douane la consommation,
c’est-à-dire la classe ouvrière ; il pourrait
être choisi de façon à ce qu’il ne frappe que
les gens aisés c’est-à-dire la catégorie de
contribuables la plus en mesure de payer,
sans grande gêne ; ce serait beaucoup plus
—ca—
équitable.
Comme nous venons de le démontrer, les L e G o u v e r n e u r g é n é r a l de l’In d o -C h in e .
résultats obtenus, deuis l’application du ré­
gime douanilr métropolitain à la NouvelleLe Journal Officiel vient d’enregistrer la
Calédonie. même avec ses atténuations, ont nomination de M. Klobukowski, ministre
été insignifiants pour l’Industrie et le Com­ plénipotentiaire chargé du consulat général
merce français.
de France au Caire, aux fonctions de gou­
Car si quelques industries spéciales en ont verneur général de l'Indo-Chine. M. Klobu­
profité, on peut dire que l’ensemble des kowski venait à peine de rentrer d’une mis­
affaires n’est pas en rapport avec les charges sion extraordinaire dont il avait été chargé

�169

L ’E X P A N S Î O N C O L O N IA L E
en Abyssinie auprès de Ménélik, lorsque le
président du Conseil lui a annoncé que le
choix du gouvernement- lui confiait la suc­
cession de M. Beau. On indique dans les
milieux bien informés que ce choix était
basé sur l’accord complet entre le président
du Conseil et le ministre des Colonies. Il faut
s’en féliciter sans réserves. Une fois de plus,
le ministre des Colonies, suivant la bonne
voie administrative où il n’a pas craint de
s’engager, montre dans les nominations qu’il
propose au gouvernement un souci très
louable d.e doter nos possessions de gouver­
neurs expérimentés et désignés uniquement
aux fonctions auxquelles ils sont élevés par
les plus éminents services rendus au cours
d’une carrière brillamment remplie. Comme
M. Merlaux-Ponty, M. Klobukowski arrivé
à la tête du gouvernement de notre grande
colonie d’Extrême-Orient, après avoir suc­
cessivement franchi — et de quelle façon —.
les divers échelons qui séparent un poste de
début des fonctions suprêmes.
Né en 1855, M. Klobukowski après avoir
été chef de c-abinet de préfet, est allé en 1882
en Cochinchine comme chef de cabinet du
gouverneur Paul Bert dont il épousa une
fille : puis, nommé consul hors cadres, il fut
chargé des fonctions de directeur du cabinet
du résident général en Annam et au To-nkin
en 1886, enfin il devint secrétaire général du
gouvernement général de- l’Indo-Chinç en
1887. Depuis, comme consul ou comme mi­
nistre plénipotentiaire, il a occupé certains
postes qui pouvaient parfaire son éducation
coloniale, notamment Calcutta et Bangkok
où il était encore en 1902.
On voit, par cet aperçu, que le choix du
successeur de M. Beau ne pouvait , être
mieux inspiré. La valeur personnelle du fin
diplomate qu’est M. Klobukowski mise à
part, il est évident que parmi les fonction­
naires qui pouvaient aspirer à aller prendre
la direction des affaires de l’Indo-C-hine, il
en est bien peu qui y aient été aussi bien pré­
parés par 'es situations qu’ils ont -occupées
en Extrême-Orient.

progrès de 165 millions en 1906 a atteint le
chiffre de un milliard quarantè-deux mil­
lions. L’Algérie et la Tunisie ne sont pas
comprises dans ce chiffre. En les y compre­
nant on dépasserait celui de deux milliards.
Voilà à quel résultat ont abouti vingt-cinq
ans de politique suivie et de labeur assidu.
Il justifie, et au delà, les tributs de gratitude
dent la France s’est montré et se montrera
certainemjent prodigue envers les pionniers
de la première œuvre auxquels nous devons
ce développement économique sans précé­
dent. Avant eux, le domaine colonial occu­
pait une superficie d’environ 1.150.000 kilo­
mètres carrés avec cinq millions d’habitants.
Il occupe actuellement 5.557.259 kilomètres
carrés peuplés de 40 millions d’habitants
(toujours sans l’Algérie et la Tunisie).
Et à considérer l’augmentation chaque
jour croissante des moyens d’action, mis au
service des développements futurs, il est
bien permis de prévoir que cette belle florai­
son n’est que le prélude des moissons fécon­
des qui lèveront à l’heure prochaine où grâce
aux travaux publics en cours d’exécution, la
puissance productrice et consommatrice de
nos colonies aura atteint toute son intensité.
—El—
P r o g r a m m e d ’a c tio n en In d o -C h in e .

Avec toute l’-autorité que lui vaut une in­
discutable compétence M. Cap-us, directeur
de l’Agriculture en Indo-Chiné vient de pu­
blier dans le Bulletin économique un rap­
port raisonné des plus intéressants dont les
conclusions gagneront encore à être mises en
pratique par l’administration su-p-érieure.
M. Ca-pus, après avoir indiqué les disponi­
bilités du domaine agricole indo-chinois qui
comprend 25 millions d’hectares de forêt
proprement dite et 57 millions en brousse ou
à découvert, montre le danger qu’il y a à
laisser à l’initiative et aux efforts privés la
conquête des sols nouveaux pour la colonisa­
tion agricole. 11 voudrait que, plus qu’elle ne
saurait le faire actuellement, l’administra­
tion éclaire le choix du futur colon dans ce
—
la—
’
pays et cela aux moyens des renseignements
fournis par des agents techniques et d’une
N o t r e c o m m e r c e co lo n ial
carie agrologique à une échelle suffisante,
d é p a s s e le m i llia r d .
qui servirait de base rationnelle à l’exten­
sion des cultures dans toute la colonie.
Qui de nous a oublié de quels sarcasmes
C’est là, M. Cap-us ne se dissimule pas,
et de quelles attaques furent assaillis en 1871 une tache d’autant plus ardue que l’indigène
de la part d’adversaires alors puissants, les autant que notre paysan européen, est routi­
promoteurs de notre expansion coloniale. Il nier et qu’il sera plus difficile de lui faire
leur fallut une patience, une ténacité et une abandonner ses errements actuels.
foi robuste dans l’œuvre dont ils devinaient
On comprend que nous ne puissions en­
la patriotique portée et la colossale ampleur trer ici dans le détail des améliorations ré­
pour aborder la mise en œuvre des premiè­ clamées par M. Cap-us en vue de la consti­
res parties du programme que nous voyons tution d-’un programme d’ensemb-le d’action
aujourd’hui si magnifiquement réalisé.
agricole, forestière et commerciale en IndoL’année qui vient de s’écouler marquera en Chine. Ce programme est, en résumé, basé
effet une date mémorable dans les annales . sur l’union très étroite de l’action adminis­
des colonies françaises. Leur commerce en . trative et de l’action scientifique, celle-ci

�L’EXPANSION COLONIALE

170

inspirant celle-là. Il laisse en taras casi la forte
impression morale d’un effort, du plus haut
intérêt et il prouve qu’il faut, en somme, bien
peu de chose encore pour doter notre IndoChiné d’un organisme de premier ordre
appelé à accroître encore le nombre et la va­
leur de ses produits naturels.
— E l—

Le « C h a rle s -R o u x » .

C’est avec une double et légitime satisfac­
tion que nous enregistrons l'arrivée à Mar­
seille, où il va prendre place en tête des
grandes unités de la Compagnie Générale
Transatlantique, su superbe steamer le
Charles-Roux. Ce paquebot est le premier
dans la mftriné marchande française qui
soit mû par des turbines à vapeur et la
Compiagnie Transatlantique, en lui donnant
le nom de son éminent président a voulu,
reconnaître la part si considérable prise par
lui dans l’essor du mouvement maritime
contemporain. Celui-ci doit à M. CharlesRoux une impulsion dont les heureux effets
ont été ressentis par tout l’armement français.
Faut-il ajouter que ce n’est pas sans quelque
fierté que nous avons vu aborder dans les
eaux de Marseille un bâtiment dont le nom
rappelle un de nos concitoyens dont le grand
objectif fut toujours le relèvement et la pros­
périté de sa ville natale.
Mais l’entrée en ligne du Charles-Roux
nous cause encore une autre joie. Elle mar­
que un progrès nouveau dans l’extension
des eommuications rapides entre Marseille
et notre belle Algérie. La durée de la traver­
sée, va se trouver réduite à vingt heures et
elle s’effectuera dans des conditions de con­
fort à nulles autres encore comparables.
Nous croyons inutile d'e reproduire ici tous
les renseignements que la presse local© a
donnés sur les aménagements et les instal­
lations du Charles-Roux. Indiquons simple­
ment que sa longueur est de 121 mètres et sa
largeur de 13 m. 90 et que la puissance de
son appareil moteur est de 9.000 chevaux,
c’est-à-dire qu’à ce point de vue le CharlesRoux se classe dans la flotte de la Compagnie
Transatlantique immédiatement après la
Touraine et avant la Champagne. Il pourra
porter 205 passagers de première classe, 70
de seconde et 54 de troisième classe.
Les essais ont établi une marche normale
de 20 à 21 nœuds, et les passagers qui ont
pris part à la croisière d’inauguration diu
paquebot ont déclaré qu’il était impossible
de voyager dans des conditions plus agréa­
bles à tous égards et plus compatibles avec
les exigences modernes.
Le Charles-Roux va donc réaliser une
amélioration notable des relations entre
Marseille et Alger. Il fera grand honneur à
notre port et à la Compagnie Transatlan­
tique.
A. G.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
Métropole
Tunisie. — Décret du 30 m ai fixant les q u an ­
tités de produits d’origine et de provenance
tunisiennes, qui p o u rro n t être adm ises en fra n ­
chise à leu r entrée en F ran ce du 1er ju in 1908
au 31 m ai 1909, dans les conditions de la loi
douanière.
Algérie. — Décret présidentiel du 3 ju in
a u to risa n t la Cham bre de Commerce de Constan tin e à em p ru n ter une somme de 38.200 francs
destinée à l’établissem ent d’u n second circuit
téléphonique de C onstantine à Philippeville.
Afrique Occidentale. — Décret du 10 avril a u ­
to risa n t l’ouverture des tra v a u x pour la créa­
tion de diverses in stallatio n s à la baie du Lé­
vrier, selon devis de 360.000 francs. — D écret
du 24 m ars, a u to risa n t l’ouverture des trav au x
d’assainissem ent de D akar, selon devis de
1.500.000 fra n c s.— Décret du 21 m ai a u to risa n t
l’ouverture des tra v a u x de prolongem ent du
chem in de fer de la Côte d’ivoire, au-delà du
kilom. 160.

Colonies
Afrique Ociclentale. — A rrêté du G ouverneur
G énéral du 29 m ai, p o rta n t org an isatio n adm i­
nistrativ e du chem in de fer de Kayes au Niger.
— Arrêté du L ieutenant-G ouverneur de la Gui­
née, du 13 avril, p o rta n t interdiction de saigner
les lianes à caoutchouc p en d an t les m ois de
juin, juillet ët août de chaque année.
Madagascar. — A rrêté du 27 av ril concernant
la réglem entation des usines de conserves a li­
m entaires.
Indo-Chine. — A rrêté du 16 av ril ap prouvant
le projet de construction d’un quai su r la rive
droite de la rivière de Saigon, selon devis de
2.500.000 piastres.

A vis d’Adjudications
Il sera procédé à'* P a ris dans la salle des
séances de la Commission des M archés à l’a d ­
ju d icatio n de la fo u rn itu re :
Le 7 juillet 1908 : de ra ils et éclisses destiné
au chem in de fer et au p o rt de la Réunion.
Le 7 juillet : d’effets d’habillem ent destinés
au M agasin C entral de D akar.
Le 21 juillet : d’iso lateu rs scellés destinés au
chem in de fer de la Côte d’ivoire.
Le 21 juillet : de pavillons m étalliques desti­
nés au chem in de fer de la Guinée.
Le 21 juillet : sim ultaném ent à P a ris, à l’Of­
fice Colonial et à D akar.
A djudication des trav au x de construction de
l’hôpital indigène de Dakar.
Le 1er août : sim ultaném ent à P a ris et à D a­
k ar, à l’ad ju d icatio n de la fo u rn itu re en deux
lots des trav au x de la construction de casern e­
m ents aux M adeleines I et II.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d ’é m is s io n

VALEURS

D e r n ie r s
co u rs

Fr.
E M P R U N T S CO LO NIA U X
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
460 ( g a r .) .......................................
Divers Gouvernement Tunisien, obi
437 3 o/o 1902, r. à 500 f r ..........
490 — Gouvernement Tunisien, obi
3 1/2 o/o 1903, r. à 500........
488 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
78 95
( g a r .) ..........................................................
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (gar.).
79 95
94 —
—
Em. 3 o/o 1903 (gar.)
90 85
459 75
465 — Indo-Chine, c h e m . de fer obi
3 1/2 o/o, 1899.......................
---- —
407 50
obi. 3 o/o 1902.. ..
480 — Em prunt A lgérien, 3 o/o 1902,
obi. r. à 500 t. p .....................
441 1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
974 1897..........................................
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
976 1895........................................
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi
458 —
3 1/2 o/o 1898.........................
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi
457 —
3 1/2 o/o 1901 .......................
492 50 Col. de la M artin iq u e...........
457 470 — Afrique Occidentale, 3 o/o 1903,
obi. rem. 500 (g ar.)___ _ ..
453 75
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500.
515 25
B A N Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cie A lgérienne, a e t.d e 500 t. p.
913 —
500 — Créd. Fonc. et A grie. d ’A lg .,
act. de 500 ............ ...............
511 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p .........................• ........... 4373 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p . (n.).....................
255 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)................................................ 1100500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. ( n .) ..................................
700 —
500 — Banque de la Bèunion, act. de
500 t. p. (n )................... ' . . .
350 —

Divers

Banque de l’Indo-Chine, act.

de 500 (125 p. n o m .)............... 1400—
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
645 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1225 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
50 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ...................................
105 50
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350...................................
981 50
CH E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
' E T COLONIAUX
500 — Cic Bône-Guelma, a. r. à 600..
671 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
436 50
500 — Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
689 50
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
438 75
500 — Ouest A lgérien, act. r. à 000..
656 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 428 —
-------Ain Th izy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500. »............ ..............
423 —

171

340 — M écheria-Aïn S efra, obi. 3 o/o
rem. à 500................................
423 —
-------Mouzbah-Mècheria, Obi. 3. o/o
rem. à 500...............................
421 50
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
425 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnaft-, act. 500,
250 fr. nom ................................................
438 50 Obi. priv. 3 o/o, rem. à 500 lib. 420 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650.................
945 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500 375 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Bèunion. obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.....................
428 50
V A L E U R S M IN IÈ R E S
------ Cbarb. du Tonkin, act. de 250
t. p ........................................... 1510 —
430
Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500............. .................. ................. ■
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ................................
472 —
477 50 Algérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. à 500...............
.........
------ Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .....................................
485 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1633 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ............. ..................... .. 1610 —
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p __ _
610 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem . à 5 0 0 . ------------Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
75 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .....................................
89 —
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.................................
480 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 4050 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ... 3821 —
V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale..................(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale ............... (actions nouvelles).. 2177 —
Cie M arseillaise de M adagascar ............
500 —
M essageries Fluviales de C o c h i n c h i n e . ------A lim a.............................................................
175 —
Alim aïenne.....................................................................
Congo occidental........................................
435 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
500 —
H aute Sangha..............................................
114 —
H aut-O gôouè..............................
830 —
La Kotto.......................................................
500 —
Lobay.............................................................
80 —
M essageries Fluviales du Congo...........
210 —
Sultanats du H aut-O ubangui................
890 —
Sociétés des mines de la Haute Guinée :
act. 174 ; p a r t s ........................................ .................
Compagnie minière de Guinée : act. 240 ;
p a r t s ...............................
150 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
220 ; p a r ts ..................................................
112 —
Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Im p rim erie du “ S ém ap h o re” Barlatier. — M arseille.
17-19, ru e V enture.

�S E R V IC E POSTA L

M A R S E I L L E - COLONIE

D é p a rts de M a rs e ille
DATES DES DÉPARTS DERNIÈRE LEVÉE
D E M A R S E IL L E

D E L A B O IT E

L undi, M ercredi, S am ed i ........

11 h. m at.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
5 h. 20 mat.
5 ih. 20 mat.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
3 h lOsoir.
10 h 30 m
10 h. 30 m.
3 h. lOsoir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. m at.
3 h. 10 soir.
10 h. m at.
10 h. soir.
10 h m at.
10 h. m at.
6 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
6 h. 20 soir.
10 h. m at.
10 h. m at.
mat. ousoir10 h. m at.
10 h. soir.

A lg é rie

»

d ’Alger el d’Oran
d’Alger ............

»
»

d’Alger cl d’Oran
d’O ran................

D éparlcm enls

»

»

»

»

»
■&gt;

........
....................

de C onstantine.
»

»

»

»
ï

»
»

T u n i s ie .
In d o -C h in e .
A f r i q u e O c c id e n t a le
F r a n ç a is e
S é n é g a l ............................
D jib o u ti, M a d a g a s c a r ,
R é u n io n e t M a u r i c e
D jib o u t i, M a j u n g a . . . . |
N o u v e ll e - C a lé d o n i e \
e t N o u v e lle s -H é b r id e s )
In d e F r a n ç a is e
G u a d e lo u p e
et M a rtin iq u e
G u y a n e F r a n ç a is e ..
T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

Voie de Marseille, Cic Glc Trans.
»
Transp.M ar.
»
T o u a c h c ....
Voie de Port-V endres.............
Voie de Marseille, C'°GleTrans.
»
T ransp.M ar.
»
Ci- G'i Trans.
))
»

»
T ransp.M ar.

»
CicG'&lt;' Trans.
»
Ci0Touache.
))
»
»
C&gt;° des M. M.
Voie de Brindisi, paq. Anglais.
Voie deM arseille,C^Fraissinet
))
»
Voie de Bordeaux, Cic (|es Cliarg. lléun.
Voie deM arseille,Transp. Mar.
Voie d e B o rd e a u x à L is b o n n e , C io des M . M .
Voie deMarseille,
»
))
»
»
Cie H avraise.
»
Cie des M. M.
Voie de Brindisi, paq. Anglais.
Voie de N ap les,paq. A lle m a n d ..
Voie d e M arseille, Cic des M . M .
Voie de Brindisi, paq. Anglais.
Voie de St-Nazairc, Cic Gle Trans.
Voiede Bordeaux,
»
Voie doC herbourg, paq. Anglais.
Voie de St-N azaire, CicGle T rans.
Voie d’A m sterdam , paq. N é e rl..
Voie de C herbourg, paq. Anglais.

Mercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Dimanche ...............
V endredi...................
Jeudi et S am ed i.. . .
M ardi.........................
M ardi.........................
S am ed i.....................
Dimanche ...............
Lundi et S am ed i. . .
J e u d i.........................
Lundi et V endredi..
M ercredi...................
S am ed i.....................
l i n d i m . s u r d é n i à p . d u (i ja n v .

Vcmireili a p . il.

de

M arseille . .

12 de chaque m ois.
Vers le 2 0 d e c h a q u e m o is .
24 de chaque m ois.
20
»
l e J e u d i , 1 .1 .1 i j o u r s à p . d u kja n v .
10 de chaque m ois.
25
»
Vers le 2 0 d e c h a q u e m o is .
Un d im . s u r q u a tr e à p . du 2 0 ja n v .

Chaque Vendredi ..

Tous le s 2 8 jo u rs à p . du 9 déc. l’a v .- v e ille lO li.s .
Cn M ercredi su r k à p . du 4 6 janv. 10 h. m at.

Vendredi a p .-m id i. 10 h. soir.
de chaque m o is .. l’aT anl-T eille so ir.
»
2 6
»
Le M e r c r .,I .l.li jo u rs à p .d u 4 déc.
»
9 de chaque m o is..
»
V e n d r. , t . l . H jo u rs à p .d n H janv.
»
Le M ercr., 1 . 1.11jo u r s à p . d u J déc.
»
9

DÉPARTS
DES

BATEAUX

1 h. s o i r ..
6 h. s o i r ..
6 h. soir .
Oh. 15 mat.
6h. 15 mat.
5 h . s o i r ..
5 h . s o ir..
5 h . s o i r ..
m id i.........
m id i__
6 h. s o i r ..
midi .......
m id i.........
1 h. s o i r ..
7 h s o i r ..
11 h. m at...
—
m id i.........
m id i... .
—
m id i.........
—
11 h. mat..
11 h. mat..
—
11 h. m at..
11 h. 36 s.
—
11 h . m at.
—
—
—
—
—
—

Voie Le H avre et Cherbourg
p a r New -York

A rriv é e s à M a rs e ille
A lg é rie :

A lger................................ 1 u ad i, M ardi, M e rc r., V e n ir ., D im .
Constantine p ar P h ilip pevillc et B ù n e . . . . . . Mardi, Jeudi, Samedi.
O ra n ................................. Lundi, M ercredi, Jeu d i, Sam edi.
T u n i s i e ............................ Merci-., V end., Dim.
Ligne de l'Indo-Chine,
tous les 14 jo u rs.
I n d o - C h i n e ...................
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
N o u v e lle -C a lé d o n ie .
Tous les 28 jo u rs.
Voie de B rin d is i........
Chaque Samedi.

R é u n i o n , Madagas­
c a r et D jib o u ti. .
G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
que, G u y a n e :

Voie
Voie
Voie
Voie

de S aint-N azaire.
de B ordeaux........
d’A ngleterre
de Marseille ----

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les 11 jo u is.
Vers le 13 de ch. mois

A f r i q u e O c c i d e n t a le :

Voie de B ordeaux........
Voie de L iverpool.......
Voie de M arseille........

Tous les 14 jo u rs.
Environ (m iles les 2 sem aines.

Dates variables.

L ’E X P A N S I O N C O L O N I A L E e s t en le c t u r e s u r les p a q u e b o ts -p o s te .

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V a p e u r : B O U LEV A R D D E LA M É D IT E R R A N É E ,

10-12-14

M A R S E I L L E
HORS CONCOURS, MEMBRE DU JURY

IMPRIMERIE

®
Q

Q

A L’ EXPOSITION COLONIALE

Q

0

Q

MARSEILLE 1906

Oü

TYPOGRAPHIE
Modèles A rtistiques style Art Français
Catalogues industriels
Thèses, B rochures, R apports et Statuts
F abrique de Registres
Spécialité d'Actions pour Sociétés

SÉMAPHORE

LITHOGRAPHIE

B a r la tie r

G ravure, Taille-douce et Chromos
F actu res, M andats, Têtes de Lettres
Program m es et Menus illustrés
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DES S T A T U T S

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seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soit
Cette association a pour but l'étude, la dé­ su r sa dem ande, tous renseignem ents de n a tu re
a seconder l’œ uvre coloniale de l’Institu t.
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
Art. T
l’extension des rap p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
Toute personne qui voudra faire p artie de
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­ l’Association devra être présentée et ad resser
cueillir et de cen traliser tous docum ents et ren ­ sa dem ande au Président.
seignem ents utiles, de rechercher les principes
La dem ande d’adhésion devra être faite p ar
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­ écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le Pren er et de provoquer toute m esure d’ordre légis­ , sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
latif, ad m in istratif ou économ ique qui lui namine et prononce.
r a îtra it de n a tu re à favoriser les intérêts nue
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
A r t . 3.
sident p a r écrit.
I.’In stitu t colonial M arseillais
com prend
Le non paiem ent de la cotisation, pendant
deux catégories de m em bres.
deux années consécutives, en traîn e de droit la
La prem ière catégorie est celle des m em bres
radiation.
titu la ire s et com prend :
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
Les m em bres de d roit ;
fau t p ay er :
Les m em bres sociétaires fondateurs ;
T Un droit d'adm ission de 1.000 francs au
Les m em bres d o n ateu rs ;
m inim um ;
Les m em bres adhérents.
2° Une cotisation annuelle du 200 francs au
Les m em bres de droit sont les délégués de la
m inim um .
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
P o u r être m em bre donateur il fa u t p ay er :
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
1° Un droit d’adm ission de 500 francs au m i­
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
nim um ;
teu rs sont ceux qui dans le b u t de seconder,
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
plus efficacem ent, l’œ uvre de l ’In stitu t colonial,
m inim um .
lui donnent un concours financier im portant.
L a deuxièm e catégorie est celle des m em bres
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
co rrespondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­ cotisation annuelle de 30 francs au m inim um .

SERVICES DE L’INSTITUT
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N o a ille s .

Bez-de-chaussée : Musée Com m ercial. — Salle
des Cours Coloniaux.
Ier étage : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat général et B ureaux de
l’In stitu t, B u reau de Renseignem ents. — Ré­
daction de 1’ « E xpansion Coloniale ».
(Syndicat des E xportateurs).
(2me étage : Société de Géographie. — Alliance
Française).
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des p rofesseurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».

5
Cours coloniaux

Directeur : M. le Dr H eckel .
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J um elle .

P ro d u its anim aux et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M. Jacob DE CORDEMOY.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. M asson .
Législation et Economie Coloniales.
M. H. B abled .

Hygiène Coloniale.
M. le Dr R eynaud .

C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. D avin .

Comité de rédaction de P « Expansion Coloniale »
MM. Adrien Artaud, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Ilenseignements ; Louis Y t ier , Vice-Président : Jacques Léotard. Secrétaire ; Paul Masson, Professeur
à l’Institut, Membre du Conseil.— M.E. Moriceau, Secrétaire général de l’Institut. — M. Auguste
Giry , ancien Directeur-Adjoint de l'Exposition coloniale.
Marseille. — Imprimerie du Sémaphore. B akt.a t i e iî . rue Ventura. 19

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1 er DE

CHAQUE

MOIS

S O M M A IR E
PAG E S

Le deuxième milliard de holre commerce coloniul, M. Paul Masson .......................................
Institut colonial marseillais................................
Actes officiels..................................................
Bureau de ren seig n em en ts.........................
Extraits de la corresp o n d an ce..................
Musée commercial (Exposition des corps
g r a s ) .............................................................

ABONNEMENT

: F rance

Rue

et

N o a ille s ,

173
176
176
177
179
182

Le Régime douanier colonial : Rapport de la
Chambre de Commerce de N o u m éa..............
Chronique.......................................
Actes coloniaux officiels.......................................
Vie économique des Colonies................................
Institutions connexes................................... . . .
Marché des Valeurs coloniales.............................
Services maritimes postaux. . . * ..................

C o l o n ie s ,
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M A R SE IL L A IS

Fondé sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
P résid en ts d’h o n n eu r :
MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Maire de Marseille.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le P résident du Conseil général.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Le Recteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
fra n ça ise.
Le gouverneur général de M adagascar.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, P résident honoraire de la
Le Résident général de la République Française
Chambre de Commerce.
à Tunis.
C
harles -Roux, Jules, Com missaire général de
Le Général C om m andant en chef le XV' Corps
l’Exposition Coloniale de M arseille 190(1.
d’armée.

MM.

M embres fo n d ate u rs :
MM.
Desbief , Paul, P résident de la Chambre de Com­
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
Armand, Albert, Membre de la Cham bre de Com­
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
merce. — Bergassk. H. et C”. — B ohn, Frédéric,
et C". — Gavoty, Charles. — H eckel , E douard (Dr),
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Roux, Jules, Com missaire général de l’Exposition
Professeur à la Faculté des Sciences, D irecteur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de Saintm ins de fer de P aris à Lyon et à la M éditerranée.
Louis. — S ociété Générale des T ran sp o rts M ari­
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
Industriel et Com mercial et de Dépôts. — S ociété
pagnie M arseillaise de M adagascar. — Comptoir
Générale pour favoriser le développem ent du
N ational d’Escompte de P aris. — Crédit Lyon­
Commerce et de l’Industrie en France.
nais. — Compagnie des M essageries M aritimes. —
Membres

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Charrières , Morel et C". — Chambrk de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compacnie des Docks
et Entrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
de N avigation IFraissinet &amp; CM. — Compagnie de
N avigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge F rançais.— Compagnie
Générale F rançaise de Tram w ays. — Cyprien Fabrf. &amp; C“. — C rédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour . M arias et Fils. — E strine , Lucien,
V ice-Président de la Chambre de Commerce. —
F éraud, A ugustin, P résident honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem-

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H.,
Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon. Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie F rançaise de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C“. —
J. et A P avin de L afa.rge . — R astit , H enri. —
Rocca, T assy et D e R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., m em bre de la Chambre de Com­
merce. — R odrigues-E ly, Amédée. — S ociété « la
Morue F rançaise ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslattb, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi.

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Secrétaires : MM. Artaud, Adrien, Membre de la

Président : M. Desbief . Paul,

Président

de

la

Chambre c.e Commerce.
Vice-Présidents : H eckel, E. (D'I. D irecteur-Fonda­
teur du Musée Colonial ; P onsinet , A., Chef du
Service Colonial : Dufay, Henri, Ancien ViceP résident de la Chambre de C-ommeroe.

Chambre de Commerce, P résident du Syndicat
des E xportateurs ; Barlatier , Paul, directeur
du « Sém aphore de M arseille ».
Trésorier : M. Armand, Albert, Membre de la
Chambre de Commerce. P résid en t du Syndicat
M arseillais de la M arine M archande.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane, J., Sous-directeur
du Com ptoir N ational d’Escompte de P aris à
Marseille.

Membres :

MM.
Alle.s t , J. (Dr), Adm inistrateur-D élégué de la Com­
pagnie Générale T ransatlantique.
A rnaud, Lucien, Minotier.
Bergasse , Alexandre, Négociant.
Besson , L., D irecteur de la Com pagnie M arseil­
laise de M adagascar.
Blanc, E., D irecteur de l’E xploitation de la Com­
pagnie des Messageries M aritimes;
Bohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
A dm inistrateur-D irecteur de la Com pagnie F ra n ­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Bourdillon, A., Arm ateur.
Bry, G., Doyen de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufour , Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, J., P résid. du S yndicat des Cuirs et Peaux.
E stier , Nicolas, ancien P résident du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
E strine , L., Vice-Président de la Ch. ue Commerce.
F ouque, Adolphe, P résident du Syndicat d’in itia ­
tive de Provence.
Gaffarel, P aul, P rofesseur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la C h.de Commerce.
J acquemet, Louis, P résident du Syndicat des
Négociant en cafés.
J oannon, A., Avocat, P résid en t de l’Association
Amical": des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
J ourdan, Félix, Juge au T ribunal de Commerce.

MM.
Léotard , Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.
L ombard, Emile, Membre de la Ch. de Commerce.
Martin -Laval F., V ice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Masson, Paul, P rofesseur à l’Université et à l’Ins­
titu t colonial.
Ra stit , Henri, Industriel.
Rodrigues-Ely, Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux, François (De), Juge au T ribunal de Com­
merce.
T urcat, H., P résident de la Société pour la Défense
du Commerce et dé l’Industrie de Marseille.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaur, Léonce, Négociant.
Vflten , Edouard, M embre-Secrétaire de la Cham ­
bre de Commerce.
Yt ier , Louis, Vice-Président du S yndicat des
E xportateurs.
Zarifi , Périclès, Banquier.
Obliges , .7., Délégué du Conseil M unicipal.
Bossi, Clément, Délégué du Conseil M unicipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
Eug. T alon, Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.
Secrétaire général: E. Moiuceau, A dm inistrateur
en chef des Colonies en retraite.

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�Deuxième Année.

1er Août 1908.

N° 9

L’EXPANSION COLONIALE
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[Z fca

Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

LE DEUXIÈME MILLIARD
De notre Commerce colonial
La publication des chiffres du mouvement
commercial de 1907 par le ministère des Co­
lonies a rempli de joie les coloniaux. Pour
la première fois, le chiffre fatidique de un
milliard a été dépassé. Les journaux se sont
empressés de célébrer ce succès inattendu
car c’est un véritable bond de 165 millions
qui a été accompli dans cette année excep­
tionnellement favorisée. Mais ce n’était pas
le premier milliard du commerce colonial
qu’il fallait ainsi saluer comme un événe­
ment ; proclamons tout haut que nous ve­
nons d’atteindre le deuxième. S’il y a des
raisons qui maintiendront longtemps encore,
peut-être, nos colonies sous la dépendance
de trois ministères différents, il n’en est au­
cune pour ne pas joindre en un seul bloc les
statistiques qu’ils publient séparément et
dont l’ensemble seul permet de mesurer
notre effort colonial. Il y a de gros inconvé­
nients à les maintenir séparés. Par les gens
non avertis, c’est-à-dire par l’immense ma­
jorité, ce chiffre de 1 milliard qu’on vient
de présenter dans un grand nombre de jour­
naux comme celui de notre commerce colo­
nial, sera accepté tel quel. Un milliard
d’échanges tel sera pour eux le résultat de
notre politique coloniale des vingt-cinq der­
nières années, résultat qualifié de brillant.
Et les auteurs d’articles enthousiastes ris­
quent ainsi, bien à leur insu, de susciter des
jugements faux, des comparaisons erronées
et des impressions plutôt pessimistes. N’ou­
blions pas que, jusqu’à présent, c’est en Al­
gérie et en Tunisie que notre colonisation a
donné les plus beaux résultats. Or, tandis
que nos autres possessions portaient tout
d’un coup leurs échanges à 1.042 millions,
par une heureuse rencontre le commerce de
notre Afrique du Nord faisait un bond analo­
gue et s’élevait à 1.026 millions.

liieh n’est plus dangereux que d’égarer
l’opinion en suscitant des espérances qui se
changent ensuite en d’amères désillusions.
Dans l’Afrique du Nord et dans nos autres
colonies le milliard n’a été atteint que par un
concours heureux de circonstances et spécia­
lement la coïncidence de belles récoltes. Il
faut s’attendre à ce que le double milliard
ne soit plus dépassé, ni même atteint d’ici
quelques années. Même en 1907 il est quel­
que peu illusoire puisqu’il n’est atteint
qu’avec les chiffres du commerce général.
Ceux du commerce spécial, qui traduisent
vraiment l’activité propre d’un pays, donne­
raient un sensible déchet. Pour l’Afrique du
Nord le total serait abaissé de 1.026 millions
à 970 environ.
Quoiqu’il en soit, le tableau ci-dessous
montre les progrès accomplis en dix ans par
chacune de nos possessions. Si l’on n’oublie
pas combien il serait faux de tirer des
déductions trop précises de la comparaison
de deux années ainsi prises au hasard, les
chiffres sont intéressants à confronter.
COMMERCE DES COLONIES FRANÇAISES
(milliers de francs)

1897
1 Algérie ................................
2 Indo-Chine ..........................
3 Afrique Occidentale .........
4 T u n isie ................................
5 M artinique .........................
6 R éunion ..............................
7 Guadeloupe ........................
S M adagascar ........................
9 Saint-Piœrre-'Miquelon ....
10 Inde ......................................
11 Guyane ................................
12 Nouvelle-Calédonie ...........
13 Congo ..................................
14 E tablissem ents d’Océanie.
15 Mayotte .et Comores .........
16 Somalis ................................
Total ...........................

591.740
205.417
88.109
90.500
40.804
40.143
34.751
22.701
20.082
18.719
16.659
15.724 .
8.850
6.895
1.650
»
1.202.000

1907
820.000
548.334
174.562
206,221
34.937
28.467
29.694
52.993
12.287
33.153
26.315
17.914
35.950
6.971
1.487
38.946
2.068.000

Ainsi l’Indo-Chine a progressé plus rapi­
dement que l’Algérie (349 millions et 228).
Il est normal qu’avec sa population trois fois

�174

L’EXPANSION COLONIALE

plus nombreuse, avec la mise en valeur des
multiples richesses de Son sol et de son soussol, elle prenne la tête dans un avenir plus
où moins éloigné. Le progrès de la Tunisie
(116 millions), qui n’a pas l’importante po­
pulation européenne de sa voisine, est très
remarquable. Plus encore, peut-être, nous
pouvons nous féliciter de l’accroissement de
86 millions des échanges de l’Afrique Occi­
dentale à peine conquise, en pleine période
de pacification et d’organisation. Le gain de
Madagascar (30 millions) ne justifie ni les
anciens enthousiasmes, ni, moins encore, les
récents dénigrements. Celui du Congo, tout
récent, légitime les plus grandes espérances.
Quant au trafic de la côte des Somalis, cons­
titué presque en entier par les marchandises
en transit sortant de l’Abyssinie ou y entrant,
il n’indique pas les progrès d’une colonie,
mais le rôle économique croissant du che­
min de fer de pénétration qui part de Dji­
bouti. A côté des colonies qui se développent,
le tableau commercial des années 1897 et
1907 montre malheureusement celles qui dé­
clinent, nos vieilles colonies de plantations,
Réunion, Martinique, Guadeloupe et nos
pêcheries de Terre-Neuve.
■*
**
En examinant de plus près les statistiques,
les coloniaux trouveront d’autres raisons de
se réjouir. L’augmentation du commerce atj
teste bien le développement économique de
nos colonies parce que les exportations se
sont accrues parallèlement aux importations.
En dépit de l’apparence des chiffres qui
accusent pour les premières un gain de 378
millions’et de 488 pour les secondes, les ha­
bitants de nos colonies, des indigènes sur­
tout, ont augmenté plus vite leurs ventes que
leurs achats. Le chiffre des importations est,
en effet, grossi de toute la quantité de pro­
duits européens de toutes sortes que con­
somment nos corps d’occupation et nos fonc­
tionnaires, qui ne produisent rien en com­
pensation, et par les fournitures considéra­
bles de matériel pour les travaux publics de
toutes sortes. N’est-ce pas un résultat dont
nous pouvons être fiers que nos indigènes ou
colons aient pu vendre 378 millions de pro­
duits de plus en 1907 qu’en 1897, dont 135
pour la seule Indo-Chine ?
Le tableau qui suit permet de se rendre
compte de la part de chaque colonie dans
«

cette progression des exportations. On y re­
marquera que le progrès a été général et
qu’il a été à peu' près le même que pour l’en­
semble du commerce.
EXPORTATIONS UES COLONIES FRANÇAISES
(milliers de francs).

1 Algérie ....................................
,2 Indu-Chine .........................
3 Afrique Occidentale .......
4 T unisie j. .............................
5 M artinique ........................
6 Réunion ...............................
7 Guadeloupe ........................
8 Inde .....................................
9 Saint-Pierre-JMiquelon ....
10 Guyane ................................
11 Nouvelle-Calédonie ......... ,
12 Congo ..................................
13 M adagascar ........................
14 E tablissem ents d’Océanie.
15 M ayotte et Comores .........
IG Somalie •...............................
Total ...........................
¥

1897

1907

295.727
117.962
38.357
36.730
19.1116
18.482
16.807
15.011
10.733
7.232
7.045
5.278
4.342
3.150
1.196
J)

359.000
253.357
79.763
103.361
18.997
13.976
16.268
26.268
7.255
12.302
8.504
20.298
27.863
3.639
1.023
23.091

596.888 •

974.971

¥

Le commerce des colonies françaises n’est
malheureusement pas le commerce de la
France avec ses colonies. Les pays étrangers
profitent pour une bonne part de ces échan­
ges. Mais les adversaires de la politique co­
loniale ont toujours exagéré cette part. A
cet égard, l’examen des statistiques n’est pas
trop déplaisant. Nous avons maintenu nos
positions depuis dix ans. Même, tandis que
le gain du commerce étranger atteint 444
millions, celui du commerce métropolitain
s’élève à 484. L’avantage conquis pourrait
être plus considérable ; il convient néan­
moins de le signaler. Il serait beaucoup plus
fort sans le cas tout spécial de l’Indo-Chine.
Pour des .raisons de voisinage, de traditions
et aussi par suite de la nature des produits
d’échanges, notre grande colonie asiatique
fait les 4/5e de son trafic avec la Chine,
l’Inde, Hong-Kong, Singapour et il en sera
longtemps ainsi. Quant à l’Afrique Occiden­
tale, qui, pour d’autres raisons, a des rela­
tions très actives avec l’Angleterre et l’Alle­
magne, les échanges avec la métropole y ont
progressé de 51 millions contre 35 seulement
gagnés par l’étranger.
Le tableau ci-dessous mériterait d’être
accompagné de plus amples commentaires.

�L’EXPANSION COLONIALE
COMMERCE DES COLONIES FRANÇAISES
AVEC LA -FRANCE ET SES COLONIES
(milliers de fianes).
1897
1907
1 Algérie .................................
2 Indo Chine .....j ...................
3 Tunisie .................................
4 Afrique Occidentale ........
5 Réunion ...............................
6 M artinique ..........................
7 Guadeloupe .........................
8 Guyane .................................
9 Saint-Pierre-M iquelon .....
10 M adagascar .......................
11 Nouvelle-Calédonie ...........
12 Inde .......................................
13 Congo ...................................
14 M ayotte et Comores ........
15 Etablissem ents d’Océanie.
16 Som-alis ................................

488.761
51.928
56.6GÏ
42.260
33.113
29.131
25.204
13.405
12.485
11.965
8.038
4.886
1.847
1.489
701
))

650.000
149.612
125.000
93.010
26.097
27.256
24.453
19.424
9.053
41.604
7.886
17.994
16.700
1.397
861
6.398

Total ............................

781.877

1.216.745

En somme, plus de 1.200 millions'd’échan­
ges entre la France et ses possessions
ce n’est déjà pas un chiffre à dédaigner à
l’heure où tant de débouchés se ferment de­
vant nous.
*
-¥■ *

S’il y a de bonnes raisons de se réjouir
dés résultats de l’année 1907, il ne faut pas
exagérer l’optimisme. Il ne faut pas parler
de succès brillant, tout au plus d’heureux
débuts. Nos échange^ coloniaux ne sont en­
core en rapport ni avec l’immensité de notre
empire, ni avec le chiffre de sa population,
ni' avec l’étendue des sacrifices accomplis.
Qu’un ministre ait pu dire, il y a quelques
années déjà, que nos colonies commençaient
à nous payer de nos efforts, c’est une de ces
affirmations pompeuses permises même à
la tribune parlementaire mais qui ne sup­
portent guère un examen sérieux.
Nous devons espérer une augmentation
rapide de ce commerce colonial et, encore
plus, une modification de ses éléments. En
dehors des produits agricoles de l’AlgérieTunisie, du riz indo-chinois et de l’arachide
sénégalaise les exportations de nos colonies
consistent trop en produits de cueillette et
pas assez en produits de culture. Or, les ri­
chesses naturelles qui alimentent d’abon­
dantes cueillettes risquent d’être gaspillées
et de s’épuiser rapidement. Tel est le cas
pour le caoutchouc qui explique presque à
lui seul l’augmentation des exportations de

175

notre Afrique Occidentale dans les dix der­
nières années.
La véritable' prospérité des colonies ne
peut être assurée que par la culture. Il faut
substituer partout la culture à la cueillette
des populations primitives. Il y a quelques
années on aurait parlé de colonisation agri­
cole ; aujourd’hui le colon n’est, plus à la
mode dans nos colonies tropicales. La terre
et les cultures aux indigènes, telle est la for­
mule du. jour. On cite comme exemples les
Indes anglaises et néerlandaises. Ne soyons
pas trop exclusifs; le colon agricole a son rôle
marqué pour servir d’exemple et d’entraî­
neur aux indigènes dans nos colonies tropi­
cales, là où les conditions 'économiques le
permettent. A côté de l’Inde, où les planta­
tions européennes ne sont pas totalement
absentes, n’y a-t-il' pas Ceylan qui exporte
en grande quantité les produits de ces plan­
tations ?
Il faut que les plantations indigènes ou
européennes de nos colonies nous fournis­
sent ces produits tropicaux que nous ache­
tons en quantités énormes aux pays étran­
gers pour notre alimentation ou pour notre
industrie. Prenons les denrées coloniales,
café, sucre, cacao, vanille, poivre, etc. Nos
colonies en ont exporté pour 44.220.000
francs en 1897, pour 43.870.000 en 1905 en
produits de leur cru (1). La diminution de
production de nos Antilles et de la Réunion
n’a pas été compensée par les résultats de
notre effort agricole dans nos colonies nou­
velles.
Prenons les fibres textiles, aliment d’une
de nos plus grosses industries. Nos posses­
sions en ont fourni pour moins de 4 millions
en 1897, pour moins de 7 millions en 1905.
On ne ressent pas encore le résultat des trop
récents efforts de l’Association cotonnière
coloniale ou de nos gouvernements colo­
niaux ; le gain est, en effet, constitué en
grande partie par -près -de deux millions et
demi d’exportations de lafia de Madagascar.
Prenons encore les graines et fruits oléagi­
neux qui intéressent spécialement Marseille.
Tous les coprahs, sésames, arachides, pal
mistes, ricins, etc., de nos colonies n’ont at­
teint qu’une valeur de 14.700.000 francs en
1897, de 25 millions environ en 1905 (1). Le
(1) Le com m erce général, qui com prend le tra n ­
sit, donne un chiffre trom peur de 52.697.000 fr.

�176

L’EXPANSION COLONIALE

progrès est ici plus marqué ; il est dû pour
près des trois quarts (7 millions) à l’arachide
sénégalaise.
Or, personne n’ignore que pour ces trois
catégories de produits, pris comme exemples
typiques, nous payons un énorme tribut an­
nuel à l’étranger. En 1897 notre importa­
tion a été de 407 millions pour les denrées
coloniales, de 320 pour les textiles, de 149
pour les produits oléagineux, au commerce
général ; en 1905 de 321, 498 et 201 milbons (2). Ainsi, sur une masse de produits
exotiques de 876 et 1.020 millions entrés en
France en 1897 et 1905, 53 et 76 seulement
étaient originaires de nos possessions.
Les protectionnistes émettent même un
autre vœu relatif à notre Afrique du Nord.
Ici l’agriculture est très développée mais
elle exporte en France des produits simi­
laires à ceux de notre agriculture. Il est
excessif de parler de concurrence dange­
reuse puisque, sans les céréales et les vignes
d’Algérie, nous achèterions plus de blés à la
Russie ou à l’Argentine, plus de vins à
l’Espagne ou au Portugal. Néanmoins on
peut désirer une orientation nouvelle des
progrès agricoles de notre Algérie-Tunisie,
en même temps qu’une canalisation plus
active de ses vins vers les pays étrangers.
Quand les éléments du commerce colonial
auront été ainsi modifiés on pourra se ré­
jouir sans aucune réserve de son rapide
accroissement. Quel avenir est-il permis
d’envisager pour lui ? Les possibilités sont
très grandes et l’optimisme n’est pas dérai­
sonnable. N’invoquons pas l’exemple de
l’Angleterre. Depuis le début du xix° siècle,
commencement de sa prépondérance colo­
niale, elle n’a jamais cessé de faire avec ses
possessions environ le quart de son immense
commerce. A l’heure actuelle la proportion
est encore sensiblement la même bien que
l’ensemble du trafic ait dépassé 20 milliards.
Mais on pourrait dire que nous sommes in­
capables d’imiter nos. voisins. Cherchons
donc un exemple consolant dans notre passé.
En 1789, le plus important commerce colo­
nial n’était ni celui de l’Angleterre, ni celui
(1) Près de 35 au com merce général. Mais nos
établissem ents de l'Inde ont exporté pour 10 m il­
lions de graines qui n ’étaie n t p as de leur cm .
(2) AU commerce spécial les im portations ont été
de 209i 308, 144 m illions pour ces m êm es produits
en 1897, de 208, 484 et 193 m illions en 1905.

de l’Espagne, ni celui de la Hollande, mais
bien celui de la France. Et pourtant notre
empire colonial avait été démembré à la
suite des premières guerres coloniales fran­
co-anglaises et réduit à quelques îles et à
quelques comptoirs sans importance. C’est
Saint-Domingue, la Martinique, la Guade­
loupe, Bourbon et l’île de France qui fai­
saient alors la presque totalité des 350 ou
400 millions de notre trafic colonial. Or, 350
ou 400 millions c’était plus du tiers de l’en­
semble des échanges de la France. Quelques
îles rapportaient à la France beaucoup plus
que notre immense empire d’aujourd’hui.
Mais nous étions aux Antilles depuis plus
de 150 ans. Les Anglais travaillent aussi
dans l’Inde depuis un siècle et demi, en
Australie depuis 120 ans. Attendons que
l’Indo-Chine, que l’Afrique occidentale, que
Madagascar soient à nous depuis un siècle.
Alors quel sera, vers la fin du xx° siècle, le
chiffre des milliards du commerce colonial
de la France ?
Paul M a s s o n .

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
ACTES OFFICIELS

Une réunion du Bureau du Conseil d’Administration de l’I. G. M. a eu lieu le 29 juin
sous la présidence de M. P. Desbief, prési­
dent de l’I. C. M.
Diverses questions intéressantes ont été
examinées, notamment la publicité à faire
dans les gares de chemins de fer, les Compa­
gnies de navigation, les hôtels, etc., afin
de mieux signaler au grand public l’exis­
tence et le but de l’I. C. M.
Le bureau a décidé de compléter au chif­
fre statutaire, les membres du Conseil d’Ad­
ministration et a arrêté les noms des trois
personnes qui seront présentées à l’agrément
du Conseil, à sa prochaine séance.
— [S —

Le Conseil d’Administration de l’I. C. M.
s’est réuni le 2 juillet, sous la présidence de
M. P. Desbief.
L’assemblée était particulièrement nom­
breuse.^
L’exposé de la situation financière de l’Ins­
titut à la date de la réunion, a été présenté
par M. le comte Albert Armand, trésorier
de la Société. M. le Président a remercié
le trésorier et fait un nouvel et pressant
appel aux membres présents, pour leur
demander de faire une active propagande

�L’EXPANSION COLONIALE
en faveur d’une œuvre qui a besoin d’être
mieux-connue.
Le Conseil a nommé, à l’unanimité, sur la
proposition du bureau :
MM. Lombard Emile, directeur de l’usine
de produits chimiques de Mareeillel’Estaque.
Martin-Laval Fernand, commission­
naire.
Velten Edouard, administrateur des
Brasseries d'e la Méditerranée.
Membres du Conseil d’Administration.
Ces messieurs étaient désignés au choix
du Conseil, non seulement par leur notoriété,
mais encore par les services rendus par eux
à l’I. C. M.
M. le Président a fait part au Conseil des
résultats, très satisfaisants, obtenus par M.
Guilland, administrateur des filatures et tis­
sages de Marseille, avec une fibre de Mada­
gascar, pouvant remplacer le jute dans la
fabrication des sacs et toiles d’emballage.
M. A. Artaud met sous les yeux du Conseil
le spécimen de l’affiche, qui sera apposée
dans les gares et les halls des Compagnies
de navigation. Le Conseil approuve la ma­
quette et vote le crédit nécessaire à l’affi­
chage.
— E l—

La Commission du Musée Commercial et
du Bureau de Renseignements s’est réunie
le 10 juillet, sous la présidence de M. A.
Artaud.
Elle a pris des mesures pour l’apposition
des affiches de propagande dans les gares,
les Chambres de commercé françaises et co­
loniales, les banques, les Compagnies de na­
vigation ; -elle a décidé d’en adresser aux
Gouverneurs de nos colonies, aux Chambres
d’agriculture coloniales, aux exposants au
Musée Commercial, aux hôtels ; elle en de­
mandera l’apposition dans les gares de l’Al­
gérie, des chemins de fer coloniaux, enfin
elle ne négligera rien pour qu’une très active
propagande en faveur, du 'Musée Commer­
cial récompense les efforts des exposants.
La Commission propose, pour attirer un
plus grand nombre de visiteurs au Musée
Commercial, d’installer tous les ans, pen­
dant les vacances, une ou plusieurs exposi­
tions partielles, comprenant soit des produits
coloniaux déterminés, soit l’ensemble des
produits caractérisant une colonie donnée.
Elle décide de réaliser son projet cette an­
née même, en ouvrant une exposition des
corps gras, dont les matériaux seront fournis
par l’admirable collection de corps gras réu­
nie par un comité de commerçants et indus­
triels marseillais à l’occasion de l'Exposition
Coloniale.
Des mesures sont prises pour donner à
cette première exposition le plus d’éclat pos­
sible ; M. Rastit. vice-président du Comité

177

des corps gras, lui promet son concours et il
sera demandé à. M. Rivais, professeur de
chimie industrielle à la Faculté des Sciences,
de faire aux visiteurs, au moment de l’inau­
guration, une causerie conférence, sur l’ori­
gine des corps gras, leur provenance et leur
utilisation.
Il est décidé enfin que cette inauguration
sera annoncée dans les journaux locaux.
— S

i -

D is tin c tio n s a c c o r d é e s à l’occasio n
de l’E x p o s itio n c o lo n ia le de M a r s e i l l e .

L’Institut Colonial Marseillais est heureux
d’adresser ses bien vives félicitations à ceux
de ses membres qui ont été l’objet de promo­
tions ou de nominations dans l’ordre de la
Légion d’honneur, à l’occasion de l’Exposi­
tion Coloniale de 1906.
Les deux croix de commandeur ont été
données, l’une à M. J. Charles-Roux, prési­
dent d’honneur de l’Institut, membre fonda­
teur de notre Société ; l’autre à M. le Dr
Heckel, vice-président de l’Institut et mem­
bre fondateur.
Parmi les officiers, nous comptons : MM.
Ponsinet, vice-président de l’Institut ; Bohn,
membre du Conseil d’Administration ; Fraissinet, directeur de la Compagnie de naviga­
tion membre donateur ; J.-M. Cantini, in­
dustriel, membre adhérent.
Au nombre des chevaliers, nous remar­
quons : MM. Henri Dufay, vice-président de
l’Institut ; Blanc, directeur des Messageries
Maritimes, à Marseille, membre du Conseil
d’Administration de l’Institut- ; Stapfer, in­
génieur-constructeur. membre donateur ; Armandon, négociant, membre adhérent.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Le bureau a été l’objet de-très nombreuses
visites pendant le mois -écoulé. En dehors des
personnes à la recherche d’un emploi aux
colonies et auxquelles il a été fourni d’utiles
avis, nous devons citer particulièrement les
visites suivantes :
1° Une des principales rizeries de Marseille
a obtenu les renseignements qu’elle deman­
dait sur l’exportation des riz du Tonkin,
pendant les dernières années.
2° Un employé du cable anglais de la Mar­
tinique a demandé des renseignements sur le
climat de cette colonie, sur les moyens df-existenee que l’on y trouve, sur les Compagnies
de navigation française qui la desservent, etc.
3° Une des plus importantes fabriques hol­
landaises de produits oléagineux a demandé
à être mise en relation avec les principales
maisons de Marseille, s’occupant de l’impor­
tation de ces produits, en provenance de nos
colonies.
4° Des renseignements ont été demandés

�178

L’EXPANSION COLONIALE

sur les prix et provenances de fibres de coco.
5° Le 11 juillet, M. le Consul général d’Ita­
lie, à Marseille, est venu visiter l’Institut. Le
Secrétaire général l’a conduit dans les divers
senùces, lui a expliqué le but et le fonction­
nement de la Société. Au cours de la visite
au Musée Commercial, M. le Consul général
a été vivement frappé par la diversité et
l’importance des produits exposés et il a été
extrêmement intéressé par les. collections du
Musée Colonial, dont les honneurs lui ont
été faits par M. le Dr Heckel.
M. le comte Pio de Savoia, à son départ, a
exprimé tous ses remerciements pour l’ac­
cueil qui lui était fait, ainsi que ses félicita­
tions pour l’œuvre si pratique de la Cham­
bre de commerce de Marseille. M. le Consul
général était accompagné, dans sa visite,
par son secrétaire particulier.
6° M. S., au nom d’un négociant de Bor­
deaux, a çemis des échantillons d’écorces de
palétuviers, provenant de la Côte Occiden­
tale d’Afrique, afin d’en connaître la richesse
en tannin. Nos lecteurs seront mis au cou­
rant du résultat de l’analyse, qui a été confiée
à M. Mnntz. l’éminent chimiste de l’Institut
agronomique de Paris.
7° M. le Consul des Etats-Unis a fait de­
mander des renseignements sur la prove­
nance et les prix des noix de corozzo, dont
Marseille recevait autrefois d’assez grandes
quantités.
Le corozzo ou ivoire végétal, provient prin­
cipalement de la Colombie: il se rencontre
en grande abondance, dans certains archi­
pels océaniens, notamment aux Salomons.
Il est très employé pour la fabrication des
boutons et il est à souhaiter que la NouvelleCalédonie, qui a des relations fréquentes
avec les archipels voisins, s’occupe de ce
produit, très intéressant pour l’industrie
française.
8° M. F. St F., directeur et propriétaire
d’un grand établissement de sériciculture, à
Valence-s.-Rhône, s’est enquis de la situation
de l’élevage des vers à soie dans nos colonies.
Il a gracieusement offert ses services à l’Ins­
titut, pour lui fournir tous les renseigne­
ments nécessaires au choix judicieux des
graines à introduire en Algérie et en Tunisie,
où la sériciculture pourrait devenir très im­
portante.
Il serait à désirer qu’il put être adjoint au
Jardin colonial du parc Borély, un élevage
spécial pour les vers à soie à répandre dans
toutes nos colonies, ainsi qu’un jardin consa­
cré à l’étude des diverses sortes de mûriers.
Il faut espérer que ce projet si utile/pour
Marseille, qui reçoit une énorme quantité de
soies grèges d’Extrême-Orient et qui est en
relation avec toutes les colonies françaises,
où la sériciculture est appelée à un avenir
certain, se réalisera prochainement. Un éta­
blissement de ce genre pourrait être installé
avec tous les développements nécessaires

\

dans l’admirable parc de l’Exposition, dont
la vraie destination est de servir à la création
d’un grand jardin colonial, où toutes nos co­
lonies pourront se procurer, mieux que sur
aucun point du territoire français, les plan­
tes de. toutes sortes qu’elles ne savent où trou­
ver actuellement.
Par son climat, par ses relations avec l’ex­
térieur, par les installations déjà faites, par
l’esprit pratique avec lequel les études bota­
niques spéciales sont conduites au parc Bo-.
, rély, par sa volonté de devenir la vraie mé­
tropole coloniale de la France, Marseille est
merveilleusement apte à remplir ce rôle.
9° Une maison de Marseille a cherché des
renseignements sur les graines de garcinia
et d’abrazin que l’on peut se procurer en
Indo-Chine.
Le garcinia tonkinensis, de la famille des
guttifèrés, fournit une huile employée pour
l’éclairage et le graissage des véhicules et des
machines ; mais il est à présumer que cette
huile pourrait recevoir d’autres utilisations.
Le panier de 25 kilos de graines se vend
ordinairement à raison de 4 fr. 80 les 100
kilos sur les marchés du Tonkin.
La valeur de l’huile, cotée en Indo-Chine
au-dessus de celle de l’huile de ricin, suit
les cours de cette dernière, les prix oscillent
entre 0 fr. 36 et 0 fr. 84 le litre.
Les indigènes extraient l’huile par des
moyens très primitifs, le rendement en huile
varie suivant les années, le plus ou moins
d’humidité de la saison chaude, qui influe
sur la teneur en matière grasse. La propor­
tion normale admise comme base des
transactions comrperciales. serait la suivan­
te : le rendement en poids d’huile est égal
au tiers du poids des fruits et à la moitié dû
poids des graines.
L’abrazin ou faux bancoulier. aleurites
cordata, est un bel arbre de la famille des
Euphorbiacées, rappelant un peu le figuier
de France : son port gracieux et le parfum
agréable de ses fleurs lui donnent droit à une
place privilégiée dans la catégorie des végé­
taux d’ornement. Il appartient plus spécia­
lement à l’Asie Orientale : son aire géogra­
phique est très étendue en Chine où son pro­
duit donne lieu à un commerce très impor­
tant. En Indo-Chine, l’abrazin se rencontre
dans presque toutes les forêts, à Tétât spon­
tané.
Le rendement en huile peut êti^ fixé entre
45 et 50 % du poids net des amandes et à
20 % seulement du poids des graines pour­
vues de leur enveloppe. L’huile d’abrazin est
une oléo-margarine, jaunâtre, visqueuse,
combustible, beaucoup plus siccative que
l’huile de lin et que l’huile de bancoulier,
avec laquelle elle est souvent confondue.
L’huile d’abrazin vaut, au Tonkin, 50
francs les 100 kilos, les graines de 10 à 12
francs les 100 kilos.
10° Des renseignements ont été demandés

�179

L’EXPANSION COLONIALE
sur le commerce de Port-Soudan par une
personne gui projette l’ouverture de relations
entre ce port d’avenir et Marseille.
11° Nous devons citer enfin la visite de
M. Charles Bihot, docteur ès-sciences géo­
graphiques, chargé par le go-uvernementbelge- de la mission d’étudier dans les princi­
paux pays d’Europe les modes d’enseigne­
ment de la géographie.
Il a été très vivement intéressé par le ca­
ractère pratique de l’enseignement donné à
l’I. C. M., dans toutes les branches des scien­
ces coloniales, notamment dans celle de la
géographie, dont le cours, fait par M. Mas­
son, réunit toujours de très' nombreux audi­
teurs.
—El—

Nous avons le regret de constater à nou­
veau ,que les adjudications de fournitures
destinées aux colonies ne parviennent pas
à l’Institut et ne reçoivent pas la publicité
nécessaire. Ainsi une adjudication de 600.000
litres de vin destinés à l’Indo-Chine et de­
vant avoir lieu à Paris le 28 juillet ne
nous a été signalée qu’indirectement le 24.
Or le cahier des charges prévoit, pour les
soumissionnaires, une autorisation préala­
ble à demander au Ministre des Colonies dix
jours avant là date de l’adjudication.
Il en résulte un très grave préjudice pour
nos adhérents qui sont forclos du jour mê­
me où ils sont avisés de l’adjudication. Nous
ne nous expliquons pas qu’une publicité
aussi tardive et aussi restreinte soit donnée
à une opération de cette importance.

pour la plus forte p artie, p a r la voie de M ar­
seille. Toutefois, Bougie reçoit en quantités
appréciables et, via Alger, de la m étallurgie,
des tissus et des- toiles ven an t du N ord de la
France.
Comme produits étran g ers im portés, v alan t
d’être cités, nous indiquerons les bois de N or­
vège pour la construction, et les charbons a n ­
glais - en briquettes exclusivem ent — p arv e­
n a n t directem ent p a r vapeurs étrangers.
L’outillage agricole ne semble pas être fourni
p a r l’étran g er et provient généralem ent de
constructeurs du Midi de la France.
M arseille et quelques au tres villes de F rance,
connues pour leurs spécialités, fournissent gé­
néralem ent les articles d’alim entation tels que :
légum es secs, denrées coloniales, sucres, con­
serves, liqueurs,, etc...
D’Italie nous recevons des p âtes et, de Suis­
se,1 des broderies à la m écanique, du from age
et des absinthes.
L’E xportation constitue le p rin cip al alim ent
de tonnage et com prend les vins, céréales, h u i­
les, figues, lièges, caroubes, olives, et quelques
laines et enfin des m inerais de fer, zinc et
plomb, et des phosphates.
La production des vins de Kabylie lesquels ti­
tren t de 10 à 13 degrés au « salleron » est, dans
les bonnes années comme l’au ro n t été celles de
1905 et. 1906, de plus de 200.000 hectolitres. Ces
vins sont consommés presque exclusivem ent en
F rance et pour la plus g rande p artie p a r le
m arché parisien.
Nous passerons en revue dans nos notes u lté ­
rieu res chacun des p rincipaux articles d’im por­
tation et d’exportation en sig n alan t, pour les
prem iers, ceux qui, actuellem ent fournis p ar
l'étran g er, devraient pouvoir l’être p a r nos
m aisons françaises.
H. Trqs.

T u n i s ie . — E s s o r m i n i e r .

(Voir n° 5 p. 95 et 8 p. 158)
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE •
Le gisem ent de phosphate de K alaa-Senam
est situé à quelques kilom ètres de la frontière
LETTRES DE NOS CORRESPONDANTS
algérienne au nord-ouest de K alaa-D jerdah ;
il a été découvert, en te rra in s dom aniaux, p a r
A lg é r ie .
M. Vieuvignon, de Sousse (associé- avec M. Lecove de Tunis) qui, en conform ité du "décret du
Notes sur Bougie
1er décembre 1898 qui régit la m atière a été
P rin c ip a l p o rt de la K abylie en relatio n s avec
déclaré inventeur, ce qui lui assure u n droit
M arseille p a r les.deux services hebdom adaires
du dixième du produit de la m ise en ad ju d ica­
de la Com pagnie G énérale T ra n sa tla n tiq u e et
tion.
avec les ports de Côte Ouest, direction Alger,
Celle-ci a été faite le 24 décembre 1900 au
O ran, et Côte Est, direction Philippev.ille, Bône; profit de la Com pagnie du Dyr, dirigé p a r le
et T unis p a r les services réguliers, hebdom a­
colonel Crokstron, de Glasgow (Ecosse),
daires égalem ent de cette même Compagnie.
m oyennant une redevance de 1 fr. 71 p a r tonne,
Enfin relié à l’in té rie u r algérien p a r la ligne
m inim um annuel 100.000 tonnes.
ferrée : Bougie'-Beni-M ansour, v en an t aboutir
Le titre de ces phosphates était, au début,
su r ce d ern ier point à 1a, grande ligne Algerun peu in férieu r à celui de Kalaa-D.jerdâh ; il
C onstantinc p a ssa n t à Sétif, entrepôt com m er­ p a ra ît avoir augm enté, et -ce qui est certain,
cial le plus im p o rtan t des H auts-P lateaux.
c'est que l’exploitation est devenue très active,
A l’Im po rtatio n , le trafic de Bougie porte
j! est perm is de supposer qu’en 1908, elle
princip alem en t su r les articles d’alim entation,
atte in d ra 150.000 tonnes, m ais nos données
d’habillem ent, d’in térieu r, etc... et aussi d’ou­ d’évaluation n ’ont d’au tres bases que le nom ­
tillage agricole, m atériau x de construction, cé­
bre des vagons arrivés en gare de T unis, pen­
ram iques, chaux, cim ent, fer et. à p a rt l’exploi­ d an t le prem ier trim estre de l’année, car c’est
tatio n des m ines et quelques huileries non sans
p ar Tunis, seulem ent, qu’a lieu l ’exportation
im portance, la région ne compte p as d’en tre­ 'et. à ce sujet qu’il nous soit perm is d’exprim er
prises in d u strielles un peu conséquentes sus­ incidem m ent u n regret, c’est que la Compagnie
ceptibles de s’approvisionner à l’é tra n g e r en
du chem in de fer ne soit pas outillée pour se­
conder le trafic considérable qui se fait et ce­
m atières prem ières ou outillage. P resque tous
les articles im portés proviennent de F ran ce et,
lui plus considérable encore, qui se fe ra p a r

�180

L’EXPANSION COLONIALE

ses lignes à voie unique et étroite ; les vagons
m an q u en t to u jo u rs et le personnel su rchargé
p a r u n tra v a il excessif est absolum ent insuffi­
sa n t à la g are de Salines. S ur la ligne du Kef
on voit, quelquefois, p asser plus de vingt
tra in s p a r jo u r ; au ssi les p lain tes de c h a r­
geurs m al servis et des em ployés exténués sont
elles générales.
Majouba
P rè s de la g a re de K alaa-Senam se trouve le
gisem ent de M ajouba exploité p a r la « Floridienne « ; l’exploitation peu im p o rtan te ju s­
qu’à présent, se développe peu à peu et atte in ­
dra, sans doute, 30.000 tonnes en 1908.
Ai'n Taga et Gamouclie
Ce gisem ent est, aussi, voisin de la g are de
K alaa Senam . Le phosphate y a une ten eu r de
58 à 62. Il est en te rra in Melk, im m atriculé, au
profit de M. Vieuvignon, d éjà cité, qui l’a cédé,
l’a n dern ier, à une société Ita lie n n e dont les
o rg an isateu rs ont été M. Louis Besi, de Corgonuovo (Italie), M. Louis Rey, en trep ren eu r, à
T unis et M. A ttia, p ro p riétaire, à Tunis.
L a puissance du gisem ent est évaluée à
400.000 tonnes, son _ exploitation commence à
peine.
Bir la Fou
Ces phosphates sont situés dans la région de
T adjerouine. Ils titre n t, dit-on, de 58 à 63. On
évalue le u r tonnage à u n m illion de tonnes.
Les p ro p riétaires se sont, dès le début, heurtés
à de graves difficultés p rovenant de l’exhibition
p a r u n groupe d’indigènes de titre s de p roprié­
té, en v ertu desquels ces déten teu rs p réten­
d aien t s’opposer à l’im m atriculation. M ais la
Cour crim inelle a reconnu ces titre s faux. A la
suite de cette sentence une société a été cons­
tituée à P a ris p our m ettre cette m ine en œuvre.
Les o rg an isateu rs de cette affaire sont : Si
S alah Rachid, M. Sam am a, fils ue l’honorable
caïd, M. Moïse Sebag. Ils affirm ent avoir réso­
lu les difficultés qu’ils ren c o n tra ien t de la p a rt
du gouvernem ent et être p rêts à exploiter pro­
chainem ent.
Gisement du Djebel A yata
Le Djebel A yata s’étend d ans le sens N.-O.
S.-E., à quatorze kilom ètres S.-O. du village
arab e de K sour voisin de la g are d’Ebba. Ces
form ations phosphatées s’étendent su r u ne su r­
face d’environ tro is cents hectares, la richesse
de m in e ra i p a ra ît être de 56, m ais nous ne
croyons p as que les fouilles, en cours, aien t urt
leu r d ern ier mot. Cette m ontagne ap p artien t,
en p artie, à l’E ta t T un isien qui l’a fa it reven­
diquer p a r le dom aine^ en p a rtie à p lu sieurs
p ro p riétaires français, israélites, tu n isien s et
arab es ; aucune exploitation n ’est commencée.
Gisements des Ouartani
On peut, sans chance d’e rre u r, dire que tout
le te rrito ire au Sud et su rto u t au Sud-O uest de
K sour com portant une surface de q u atre à
cinq m ille h ectares est phosphaté.
C’est là le m assif des O u artani, qui p rend son
nom du village placé au centre de m ontagnés
h au tes et dénudées, fo rm an t a u to u r de lu i un
cirque im m ense, dont la m ajeu re p artie est
stérile.

Aussi, le gouvernem ent T unisien, invoquant
la théorie su rran n ée des terres m ortes, c’est-àdire non cultivées, a-t-il d’abord revendiqué la
p lu p a rt des te rra in s su r lesquels on a cru tro u ­
ver des phosphates ; m ais cette théorie fondée
su r le droit T unisien, co n traire à nos idées mo­
dernes, p a ra it ne pas avoir trouvé faveur a u ­
près de l’autorité supérieure qui est im bue
d’idées plus larges, p a r suite, plus favorables
à l’initiative individuelle et les prétentions p re­
m ières p araissen t, au jo u rd ’hui, abandonnées.
Dans cette région les phosphates, à la surface
du m oins, sont peu riches, 50. 52, 55. L’exploita­
tion est facile. La couche phosuhatée varie de
2 m. 60 à 3 m ètres, en général ; elle attein t, à
certain s endroits, 6 m ètres.
P lu sieu rs gisem ents ont été achetés p a r des
F ran çais, dès T unisiens et en d ernier lieu, une
m aison belge qui organise, en ce moment, une
société d’exploitation à Bruxelles.
Des ingénieurs italiens font "aussi des fouilles
dans la région Sud-Ouest.
Les points les plus exploitables sont : le Dje­
bel S ultan ; Aïn K anfous ; Sidi B arket.
Gisement d'Ebba
L a m ontagne d’Ebba représente u n énorm e
m assif de phosphate à 1 kilom ètre 1/2 de la
gare d’Ebba Ksour. La h a u te u r de la m o n ta­
gne, l’étendue de la chaîne, la régu larité du
m assif, le voisinage de la voie ferrée perm et­
tra ie n t d’y in staller une exploitation peut-être
aussi considérable que celle de M etlaoui et
Gafsa.
M alheureusem ent le titre de m in erai est très
faible, trop-faible pour être exploité, ta n t qu’on
n ’a u ra pas trouvé des lits de phosphates à te­
n eu r plus élevée.
Au Nord, on a trouvé 30-31, au Sud 45, d’a u ­
tres disent même 51. Si ce d ern ier chiffre est
exact, on peut espérer que les fouilles que l’on
continue donneront le ré su lta t souhaité. j_,a
m ontagne est presque en totalité habbous, c’està-dire inaliénable.
J ’ai, dans cette rapide et insuffisante esquisse,
volontairem ent omis un g ran d nom bre de gise­
m ents présum és, actuellem ent, trop pauvres
pour être exploités et cependant, ce qui s’est
passé déjà, su r plu sieu rs points, est de n a tu re
à encourager les prospecteurs.
A K alaa D jerdah. qui donne, au jo u rd ’hui, de
si beaux résu ltats, les prem iers échantillons
prélevés ont révélé une ten eu r insuffisante. Le
Kef S ouitir seul donnait 60. Le gouvernem ent
T unisien av ait envoyé su r place un ingénieur
distingué du corps des m ines. M. P rost, celuilà même qui devait trouver à .Gafsa une m ort
si triste et M. P rost, après exam en, av ait ra p ­
porté une im pression défavorable à l’entreprise.
Qui, a u jo u rd ’hui, peut dire si la rép u tatio n
qu’on fa it au m assif des O u artan i de n ’avoir
que du m in erai pauvre est fondée, alors que leê
fouilles ne sont que superficielles et qu’il est
m atériellem ent impossible que ces m illiers
d’hectares aien t été sondés sérieusem ent.
Ne rem arque-t-on pas, dès à présent, qu’à
m esure qu’on s’éloigne de K sour dans le SudOuest, le titre augm ente ? La m ontagne, ellemême’ de K sour qui entoure la ville est phos­
phatée, très faiblem ent, il est vrai, m ais elle
est phosphatée.
P lu s au Sud, la ten eu r augm ente progressi1 veinent ; elle est appréciable à El B erka, à El

�L’EXPANSION COLONIALE
Belda, elle s’affirm e d’une m anière évidente à
B aten S ultan, à Aïn K anfous, Sidi B ark et et
au Djebel Ayata.
L’in té rê t du gouvernem ent T unisien est de
favoriser toutes les recherches, non seulem ent
parce que l’in d u strie m inière développe le com­
merce, augm ente l’im m igration, donne à nos.
ports u n m ouvem ent inconnu ju sq u ’ici, m ais
parce q u ’il perçoit un droit de sortie de 0 fr. 50
p a r tonne de phosphates.
A cette heure, c’est près d’un m illion de re­
venus directs qu’il s’assu re chaque année.
METAUX
Il existe, en Tunisie, trente-sept concessions
de m ines :
T rente de zinc et plomb.
Cinq de fer.
Une de m anganèse.
Une de cuivre.
Le nom bre des perm is de recherches délivrés
depuis 1881 est énorme. D ans la seule année
1906, il en a été délivré 1.106.
Quelques-uns ont été accom pagné de perm is
d’exploitation et de vente.
M alheureusem ent il s’est rencontré des pros­
pecteurs sans scrupule et des capitalistes im ­
prudents, qui ont trafiqué de perm is dont la
v aleu r est plus qu ’incertaine.
L’ad m in istratio n des m ines s’est ém ue de
cette situ atio n et, • d ans u n but de m oralité
qu'on ne p eut q u ’approuver, elle ne délivre plus
les perm is avec a u ta n t de facilité qu’autrefois.
Les p rincipales de ces concessions sont celles
de Djebel R esas ; D jebba ; K onghuet ; Sidi
Ahmed ;,F edj Adoum ; Bou Jab er ; Sidi Youssef ; Djebel A m ar : Djebel C houichia ; Aïn Kam ouda ; G an a ra ; T am era : D jerissa ; S lata ;
H am eim a ; N ebeur : Bezzina, à 2 kilom ètres de
l’A ouana et la m ine de plomb de .Sidi Driss.
(à suivre]G. R ouquerol .

S a in t-P ie rre -M iq u e lo n . — La Pêche.

Saint-Pierre-M iquelon, le 5 juin.
D ans notre com m unication du 14 m a rs nous
vous disions que l’arm em ent local ne fo u rn i­
ra it cefté année que 53 goélettes. A l’ap p u i de
ce dire nous vous envoyons sous ce pli la copie
des goélettes arm ées en 1908 avec l’éta t com pa­
ra tif du même arm em ent depuis 1901. Vous
verrez p a r là que la décadence est complète.
1901.
1902.
1903.
1904.
1905.
1906.
1907.
1908.

Etat comparatif des yoëlettes
201 goélettes m ontées p a r
))
))
»
207
))
))
»
182
))
»
))
148
))
))
»
101
))
»
))
104
))
))
»
71
))
))
»
53

armées
3.531 m arin s
3.724 »
3.180 • »
2.609 »
1.821 )&gt;
1.872 »
1.277 »
948 »

Les rem è d es à a p p o r te r à cet é tat de choses,
ré s id e n t su rto u t, a in s i que n o u s vous l’avons
d é jà é c rit d a n s le re m a n ie m e n t du ta r if g é n é ra l
des d o u an e s, d o n t l’ap p lic a tio n à n o tre colonie
a eu un effet fu n este s u r le com m erce et l’a rm e ­
m ent.

L’établissem ent du

frigorifique

est

181

appelé à ren d re de g ra n d s services. Comme la
boëtte n ’est pas to ujours facile à tro u v er aux
environs de S aint-P ierre, la Société « La Morue
F ran çaise » vient d’étab lir à bord de son vapeur
postal le Saint-Pierre-Miquelon, des cham bres
frigorifiques au m oyen desquelles on p o u rra
tra n sp o rte r à S ain t-P ierre la boëtte achetée à
la Nouvelle-Ecosse.
D ans quelques jo u rs les pêcheurs vont a r r i­
ver de leur prem ier voyage. C’est l’époque, dite
du « capelan » (petit poisson serv an t d’appât).
Les nouvelles qui sont parvenues ju sq u ’à p ré­
sent semblent- in d iq u er une pêche assez fru c­
tueuse, m ais il n ’est nas encore possible de se
prononcer.

ou ve Il e -C a lé d o n ie

Nouméa, le 10 ju in 1908.
Hauts fourneaux. — On va in staller des
h au ts fourneaux à Nouméa. Cette industrie,
ta n t désirée p a r tout le monde, est, plus que
tout au tre chose, de n a tu re à relever le niveau
des affaires car elle m ettra les exploitations
de Nickel à la portée des petits m ineurs, exploi­
tations qui étaient ju sq u ’ici l’ap anage des
grosses sociétés à cause des frais considérables
qu’e n tra în a ie n t ces opérations p a r la grosse
production qu’il fa lla it obtenir. Avec les h au ts
fourneaux, au contraire, les petits m ineurs
p o u rro n t expédier des 10, 15, 20 et 50 'Tonnes
de m in erai su r Noum éa p o u r v être fondu et
p a rta n t les petites exploitations se m ultiplie­
ront et o u v riront des débouchés aux gens sans
tra v a il a u jo u rd ’hui. Le pays était très p ro s­
père lorsque le cobalt offrait des débouchés et
valait u n prix raisonnable, parce que son
exploitation é tait à la portée des petits mi­
neurs.
Situation. L ’emprunt. — Ju sq u ’ici je n ’avais
que des notes tristes à vous donner su r ce ch a­
pitre, m ais au jo u rd ’h u i je crois pouvoir vous
faire p a rta g e r mon espoir à une am élioration
prochaine.
Notre nouveau G ouverneur, que je connais­
sais déjà pour l’avoir suivi dans son œ uvre en
Guinée F ran çaise, p ay s auquel je continuais
Ù m ’intéresser de loin parce je i’avais habité
pendant deux ans et dans lequel j’ai laissé des
intérêts, a fait rep aître l’espoir dans tous les
cœurs. Il a produit la m eilleure im pression à
tous, ceux qui l’ont approché et il nous a -surfoîit donné une preuve éclatante de son esprit
d’initiative et de sa valeur en nous obtenant
l’em p ru n t de 5 m illions que la colonie dem an­
de depuis trois ans sans succès et qu’il nous a
apporté comme don de joyeux avènem ent.
C’est grâce à son influence nersonnelle que
nous avons obtenu cet em prunt, personne ne
l’ignore et n u l doute qu’il ne sache l’em ployer
sagem ent à créer l’outillage nécessaire au dé­
veloppem ent de la colonie.
L’em prunt, les h a u ts fourneaux, un gouver­
n eu r actif et plein d’initiative, voilà certes
nlus qu’il n ’en fa u t po u r donner une nouvelle
im pulsion aux affaires et donner le jo u r à une
ère de prospérité. — L.

aussi

*

�182

L’EXPANSION COLONIALE

MUSÉE COMMERCIAL

Aussi M. Adrien Artaud a-t-il été chaleu­
reusement applaudi quand par quelques pa­
roles, d’une aménité charmante, il a remer­
L ’EXPOSITION DES CORPS GRAS
cié les invités de l’Institut et tout spéciale­
ment la Chambre de Commerce, si digne­
Mettant à profit la période des vacances qui ment représentée dans une réunion qui
laisse disponible la salle des cours coloniaux, intéressait à tant de titres ces deux gran­
l’Institut Colonial Marseillais a pensé qu’il des institutions. Il a eu un mot aimable
serait intéressant d’affecter ce spacieux local pour la municipalité, dont les serres
à des expositions spéciales. C’est ainsi que contribuaient à l’ornementation de la salle.
depuis cette semaine, les visiteurs du Musée- Puis il a dit quel but, évidemment
Commercial pourront employer utilement pratique, poursuivait l’Institut Colonial en
une bonne heure à l’examen des corps gras organisant des expositions partielles et pour­
et de leurs -dérivés qui constituent le fond quoi il avait commencé par les corps gras, si
de ce premier essai de vulgarisation scienti­ souvent et si injustement menacés par les
fique et industrielle.
tentatives protectionnistes. Un nouveau débat
On n’a pas oublié le succès si complet de parlementaire est peut-être encore ci la veille
l’exposition des corps gras qui occupait une de s’engager et il est bon que la population
des principales galeries du grâncl palais de marseillaise se rende bien compte de ce que
l’Exposition Coloniale. Les efforts méritoires la fortune de notre cité doit aux corps gras
et désintéressés qui contribuèrent à la réus­ et à leurs dérivés. Enfin, M. Adrien Artaud
site de cet inventaire sans précédent de la est heureux de remercier M. Rivais, dont la
matière grasse ne devaient pas être perdus, haute-compétence scientifique fait autorité
même après l’Exposition. Il en est resté un en ces questions et qui a bien voulu accepter
ensemble de documents, de spécimens, de d’en causer devant les invités de l’Institut.
travaux de tous genres que l’Institut a soi­ Il lui dorme immédiatement la parole.
gneusement recueilli et qu’il a voulu repla­
En une causerie pleine d’à-propos et d’hu­
cer dans un cadre plus intime, plus concret mour, autant que très instructive et' docu­
sous les yeux du public. Marseille doit trop mentée. M. Rivais dit ce .qu’est en substance
de sa prospérité aux industries nées de l’uti­ cette exposition destinée à reconstituer et à
lisation des matières grasses pour que celles- réunir, avec quelques éléments nouveaux,
ci n’aient pas droit à la première place dans une partie de la grande Exposition de 1906.
la série des expositions partielles qui entrent
Nous ne saurions mieux faire que de re­
dans les projets de l’Institut.
produire ci-après la substance de cet exposé :
L’inauguration a eu lieu le samedi 18 juil­
..... Je ne puis songer à p asser en revue la
let, en présence d’un grand nombre de mem­ variété
infinie des m atières grasses anim ales
bres de l’Institut. Elle était présidée par et végétales,
rs origines, leu rs caractères
M. Adrien Artaud, président de la Commis­ divers et leu rsleuapplications...
Ce sont des m a­
sion du Musée Commercial. M. Lucien tières de prem ière nécessité et il n ’est pas de
Estrine. vice-président,représentait la Cham­ pays au m onde qui n ’en produise et n ’en con­
bre de Commerce, avec M. Rocca et M. Lom­ somme des q u antités considérables éch ap p an t
bard. M. Gouin.» l’ancien comité des corps à toute évaluation. C ependant, il est des ré ­
gras de l’Exposition, M. Charve, doyen ; gions* dont la. production dépasse la consom ­
ation ; il en est d’au tres dont la consom m a­
MM. Rivais et Houllevigue, professeurs à la m
tion
dépasse la production ou bien qui pour
Faculté des Sciences.
certaines applications industrielles ont besoin
On a fort apprécié l’arrangement méth'o- de certaines huiles exotiques : a i n s i , n a ît le
dique de l’Exposition et revu avec plaisir les Commerce In te rn a tio n a l des oléagineux.
toiles de Valère Bernard, -retraçant l’histoire
Tous les peuples trouvent, sur place les m a­
de la matière grasse sous une forme aussi tières grasses nécessaires à leu rs besoins, m ais
simple qu’artistique, ainsi que le beau haut- en règle générale les oléagineux sont plutôt
relief de Delanglade synthétisant l’union des p ro duits exotiques.
L’huilerie, la savonnerie, la stéarinerie, les
féconde de l’industrie marseillaise et de la industries
b eu rres végétaux épurés sont
matière première coloniale’. On s’est succes­ donc trib u des
ta ire s des divers dom aines colo­
sivement" arrêté devant les matières grasses niaux et n ’ont
que faire des huiles du Nord
animales,- les Huiles marines, les graines bonnes tout juste à l’éclairage, à la pein tu re et
oléagineuses, les huiles concrètes, etc., cha­ à la fab rication des savons mous.
L’in dustrie m arseillaise réclam e donc des
cun -die ces importants produits présenté sous'
les aspects les plus divers, la matière pre­ grain es exotiques ; elle a besoin pour soutenir
mière voisinant partout avec ses utilisations la rude concurrence qui lui est faite de rece­
ces graines en franchise et ce serait pour
les plus variées. Les visiteurs qui vont exa­ voir
un coup fatal si la, Commission des do u a­
miner pendant le mois d’août cette exposi­ elle
nes in stitu a it des droits d’entrée pour protéger
tion confirmèrent certainement l'excellente le colza, dont l’emploi dim inue tous les ans en
impression qu’elle a causée aux personnes &lt; raison de la concurrence que lui font pour
auxquelles M. Artaud et ses collègues de la l’éclairage, le pétrole, le gaz et l’électricité.
Commission du Musée en ont fait samedi les
..... Vous voyez su r ces tables et ces étagères
honneurs.
de bien nom breux flacons de graines, de grais-

�L’EXPANSION COLONIALE
p ay s de production : la Provence et l’olivier, le
Sénégal et l’arachide, l’Inde et le sésame, les
troup eau x de bœufs du F ar-W est, les grandes
pêches et les huiles m arines. M ais je ne puis
vous faire exam iner u n à u n ces m illiers de
produits.
P a rm i les m atières g rasses d’origine anim ale
je vous sig n alerai seulem ent :
1° Les suifs de bœuf et de m outon dont les'
q u alités supérieures sont employées dans
l’alim entation. Les suifs in d u striels sont re ­
cherchés p a r la stéarin erie et la savonnerie
su rto u t allem ande ;
2° Le saindoux ou g raisse de la panne du
porc, article de production universelle ; m ais
les E tats-U nis se liv ren t en g ra n d à l’élevage
des porcs. L’ex portation am éricaine de sain ­
doux ou soi-disant tel dépasse 50 m illions de
dollars ;
3° Les huiles de pied de bœuf et de m outon
sont em ployées comme lubrifiants. On les mé­
lange souvent avec des huiles de saindoux ou
de suif ; car les m atières grasses n a tu re lles ne
sont p as sim ples ; ce sont des m élanges qui
soum is à une congélation fractionnée ou à une
fusion progressive se dédoublent en une por­
tion fluide ou huile et une portion concrète ou
stéarin e ;
4° Les g raissés d’os ou petits suifs, d’a b a t­
toirs, de cuisines, de gadoues d’une réelle v a ­
leu r industrielle ;
5° Le b eu rre de vache qui est u n m élange
re n fe rm a n t 87 % environ de m atière grasse.
Le g ra n d ach eteu r de b eu rre est l’A ngleterre.
P asso n s aux huiles m arin es :
1° Nous avons d’abord les huiles de poissons
p ro p rem en t dites : huiles de M enhaden, sorte
de gros h a re n g que l’on pêche su r les côtes de
l’A tlantique, de N ew -Jersey spécialem ent, les
huiles de poissons de l’Indo-Chine, de la Chine
et du Japon, de qualités très diverses su iv an t
leu r mode de p ré p a ra tio n . Elles sont su rto u t
employées en cham oiserie et aussi mêlées aux
huiles siccatives, aux huiles de g raissage, en
stéarin erie et en savonnerie. Les g ra n d s m a r­
chés de ces huiles sont Bergen, C openhague,
H am bourg, New-York et aussi D unkerque..
Les m atières g rasses végétales sont extrêm e­
m ent nom breuses. On en a étudié plus de deux
■cents. Le docteur Heckel à lui seul en a étudié
cinquante. On peut ltss classer en tro is gro u ­
pes :
1° Les g ra n d s oléagineux : lin, colza, sésa­
me, olivier, etc... ;
2° Les oléagineux p a ra is s a n t susceptibles de
p ren d re dans u n aven ir p ro ch ain une certaine
■extension en raiso n de leu r abondance et de
le u r réelle v aleu r ind u strielle : Te k arité du
Soudan, les joalmiers à huile de la G uyane et
du B résil, les oléagineux du Congo su r lesquels
M. le docteur Heckel a depuis longtem ps attiré
l’attention, le B aobab de M adagascar, les a r ­
b res à suif et l’arb re à huile de l’Indo-Cliine.
Tl suffirait de créer à ces divers p ro d u its un
co u ran t com m ercial et de développer les dé­
bouchés et les voies de com m unication ;
3° Les oléagineux qui ju sq u ’à p résen t n ’ont
q u ’un in té rê t scientifique ou de docum entation.
Graine de lin. — Elle a été ju sq u ’à ces der­
nières années le plus im p o rta n t des oléagineux
végétaux : L a Russie en p ro d u it 5 à 600 mille
ton n es et les E tats-U nis 6 à 700 mille. Les
g ra n d s pays d’exportation sont l’Inde anglaise
avec 400 m ille tonnes et la République A rgen­

/

183

tine qui en 1905 en a envoyé 940 m ille tonnes.
Cette culture est en décroissance. M arseille en
tra n site très peu. L’huile de lin 'e s t une huile
siccative ; les qualitées supérieures ajoutées à
l’huile de noix vont à l’alim entation.
Le Colza. — La culture en est en décrois­
sance sauf en Russie. La seule exportation im ­
po rtan te est celle de l’Inde qui dépasse 200
m ille tonnes.
Je ne peux abandonner, les huilés siccatives
sans sig naler l’huile d’ab rasin de l’Indo-Chine.
Il est bien fâcheux que M arseille et l’Indo-Chine ne s’entendent pas pour lan cer cette huile
que je crois susceptible d’applications nom ­
breuses et tout à fa it rem arquable.
Graine de coton.— Les E tats-U nis d’Am érique
tritu re n t p a r an 3 m illions 300 m ille tonnes de
grain es de coton dont M arseille reçoit 15 à 20
m ille tonnes ? L’exportation des Etats-U nis est
des plus variables, p a r exemple 200 m ille ton­
nes en 1901 et 80 m ille en 1902 ; ils répandent,
en effet, su r le m arché européen leur surplus
de production p ro d u isan t ainsi dans l’industrie
huilière des p ertu rb atio n s dont les M arseillais
savent quelque chose. Les p ay s exportateurs de
graines de coton sont l’Egypte 400 m ille to n ­
nes, l’Inde Anglaise 200 m ille tonnes en 1903.
L’unique acheteur est l’A ngleterre, m ais les
A llem ands com m encent à faire des achats de
coton p a r Brême notam m ent. L’in dustrie fra n ­
çaise des huiles de coton est devenue presque
insignifiante, m ais p a r contre les huiles de co­
ton m arseillaises jouissent d’une renom m ée et
de prix avantageux.
La grain e de Sésame nous vient du Levant,
un peu de l’A. O. F., de la Chine, de l’IndoChine, du Golfe P ersique et su rto u t de l’Inde
Anglaise. Les grain es de sésam e qui étaient
autrefois m onopolisées p a r M arseille sont de
plus en plus dem andées p a r l’A utriche et la
H ongrie et p a r l’Allemagne qui en quelques a n ­
nées à trip lé ses achats.
V A ra c h id e est la richesse fondam entale de
l’A. O. F ., C’est u n article presque exclusive­
m ent fran çais d’origine. P e n d a n t longtem ps
M arseille et B ordeaux ont été les seuls ache­
teurs, m ais la H ollande e t l’Allem agne nous
concurrencent sérieusem ent su r le m arché du
Sénégal. E spérons que bientôt le développe­
m ent des voies de pén étratio n du Soudan
am èneront à la côte des m oissons suffisantes
pour contenter tout le monde. Q uant aux a r a ­
chides décortiquées de l’Inde, M arseille en im ­
porte 100 m ille tonnes environ.
Citons po u r m ém oire l’huile de ricin, l’huile
d’olive, bien que la reconstitution des forêts d’o­
liviers de la Tunisie due à l’initiative de M.
P a u l Bourde et qui est un beau chapitre de co­
lonisation m érite m iéux qu’une m ention.
J’arrive aux huiles concrètes.
Je laisse de côté les suifs végétaux de la Chi­
ne et de l’Indo-Chine pour m ’occuper de l’huile
de palm e dont notre A. O. F. envoie à nos stéarin iers 20 à 25 m ille tonnes. C’estr là seulem ent
le tiers de la production de nos colonies d’A.
O. F. dont le surplus va en A ngleterre et à
H am bourg.
Enfin j ’arriv e au coprah, ce viel am i de l'in ­
dustrie m arseillaise. Des îles de l’Océan Indien
et de l’Océan Pacifique, l’E urope en reçoit 3 ou
400 m ille tonnes.
ses et d’huiles ainsi que les beaux tableaux dus
au ta le n t de M. V alère B ernard qui vous r a p ­
pellent les g ran d s oléagineux et les prin cip au x

�184

L’EXPANSION COLONIAL:

Je term ine p a r l’huile de coco qui joue un
rôle fondam ental dans la savonnerie m arseil­
laise: L’in d u strie de ces huiles épurées re p ré ­
senté pour M arseille une production annuelle
de 10 à 15 m illions de francs.
..... Je viens de vous m o n trer rapidem ent
quelle est l’im portance m ondiale de l’in d u strie
des Corps g ra s et vous avez pu voir la place
enviable qu’y tien t la Ville de M arseille, m ais
il im porte à la fin de ce rap id e com m entaire
d’in sister su r la o uissance et la variété de cette
in d u strie m arseillaise.
Sans doute l’im portation m arseillaise de m a­
tières g rasses ne représente que le septièm e
de l’im portation européenne et M arseille vient
ap rès H am bourg et Hull, m ais H am bourg et
H ull sont su rto u t des p orts de com m erce et
M arseille avec ses huileries, ses savonneries et
stéarin eries, ses in stallatio n s p our le raffinage
des huiles reste encore la m étropole des Corps
gras.
M ais il im porte p our conserver cette su p ré­
m atie que M arseille s’outille m ieux a u point
de vue scientifique, et crée u n enseignem ent
technique et industriel. Une ville qui fa it p a r
an un m illiard d’affaires p eut et doit tro uver
les fonds nécessaires p our créer une Ecole
P ra tiq u e des In d u stries de la m atière grasse.

COURS

C O L O N IA U X

Les cours coloniaux sont interrompus pen­
dant la période des vacances. Ils reprendront
le 1er novembre.

RÉGIME DOUANIER COLONIAL
RAPPORT

de la Chambre de Commerce de Nouméa
(Suite)

D’autre part, ce régime a été désastreux
pour les consommateurs calédoniens, puis­
qu’il leur a imposé une charge annuelle de
500.000 francs sur un budget qui atteint à
peine 3.500.000 francs Pour 1908. N’est-ce pas
écrasant !
Maintenant si nous examinons brièvement
les compensations qui nous ont été accor­
dées par la Métropole, nous trouvons un seul
de nos produits, le café, pour lequel elle nous
accorde la soi-disant faveur de la demi-dé­
taxe, soit actuellement 0 fr. 78 par kilo.
L’état annexé à ce rapport nous donne
une moyenne annuelle de 249.300 francs
de 1893 à 1907 au profit des cultivateurs calé­
doniens : c’est maigre, pour les 500.000
francs de charges annuelles.
Mais cette demi-taxe elle-même est injus­
tifiable, car si la Métropole nous impose ses

produits, elle doit accepter aussi les nôtres,
quels qu’ils soient, sur le même pied. Ainsi
le veulent le bon sens, l’équité et la justice.
En ce qui concerne une surélévation de ta­
rif à laquelle travaille la Commission des
Douanes de la Chambre, nous ne pensons
pas qu’elle augmente notre chiffre d’achats
en France. En voici la raison :
Par notre éloignement de la Mère-Patrie
(43 jours de paquebot), par la cherté des
frets ; par sa position géographique qui la
place à trois iours de paquebot du continent
australien, producteur abondant- de toutes
les denrées des pays tempérés ; par les res­
sources considérables des grandes villes aus­
traliennes, la Nouvelle-Calédonie s’y appro­
visionne de tout, rapidement, à bon compte
et avec des facilités de crédit que le Commer­
ce Métropolitain lui refuse. Et quelles que
soient les nouvelles barrières économiques
qu’on édifiera la Nouvelle-Calédonie sera
quand même obligée de s’y ravitailler très
largement.
La première barrière, élevée par la loi de
1892, a fait ses preuves, et les colons calédo­
niens savent ce que cette expérience leur a
coûté. L’application de cette loi a contribué à
les appauvrir, on est obligé de le reconnaître
loyalement.
La Chambre de Commerce estime donc
que le mieux serait de renoncer désormais
i\ la protection et de revenir au régime lib'ral d’avant 1892. Ce serait la meilleure fa­
çon d’aider au développement et au peuple­
ment de notre colonie.
Cependant, si malgré nos revendications
le Parlement modifiait le régime douanier
dans un sens plus protectionniste, nous ne
pourrions que demander des adoucissements
au nouveau régime et la détaxe entière de
nos cafés à leur entrée en France.
Dans un état ci-annexé, la Chambre a
examiné les articles du Tarif Douanier sur
lesquels elle désirerait appeler la bienveil­
lance des Pouvoirs publics métropolitains.
D’autre part, dans un état qui figure égale­
ment au dossier, la Chambre a fait ressor­
tir la catégorie des articles importés de
France, sur lesquels a porté son augmenta­
tion d’achats de 1.000.000 par an, indiquée
dans le présent rapport.
R ésum é

sur

la

p r e m iè r e

Q u e s t io n

En résumé. 1’application en Nouvelle-Calé­
donie de la loi douanière du 11 janvier 1892,
même avec les tempéraments qui y ont été
apportés, a eu un effet fâcheux sur la pros­
périté économique de la colonie. La moyenne
de nos importations de marchandises étran­
gères, qui a été de 4.700.000 francs démon­
tre. malgré son fléchissement annuel de
1.000.000 depuis l’application de la Douane,
que la Nouvelle-Calédonie ne saurait se dis­
penser d’acheter sur les marchés australiens
des articles de première nécessité, et ceux

�L’EXPANSION COLONIALE
que la France ne produit pas ou ne peut
nous fournir pour les raisons précitées.
D’autre part, les chiffres indiqués sur
une pièce annexée démontrent surabondam­
ment que le Commerce calédonien n’a pas
hésité à faire venir de France tous les pro­
duits qu’il lui a été possible d’y acheter.
Ce serait donc, nous le répétons, une
erreur'grave de supposer qu’en nous appli­
quant le tarif général dans toute sa rigueur,
la Nouvelle-Calédonie pourrait devenir un
meilleur client pour la Métropole.
Mais cette augmentation de l.OOb.OOO de
francs dans les importations françaises, coûte
annuellement, nous l’avons dit, 500.000
francs aux contribuables calédoniens.
Qu’il nous soit permis de rappeler ici que
ces charges, ajoutées à d’autres, écrasent lit­
téralement notre colonie. Ses habitants de
race blanche, qui paient l’impôt le plus élevé
qui soit au monde, probablement, soit
129 fr. 50 par tête et par an, ne songent même
plus à l’éventualité d’un bien être quelcon­
que ; leur seul désir est de pouvoir quitter
cette colonie dès qu’ils le pourront, malgré
son magnifique climat et ses richesses natu­
relles. Cela est si vrai, qu’en l’espace de 4 an­
nées (1903-1907), sur une population blanche
de 22X)00 personnes, il a été constaté un
excédent de départs sur les arrivées de 1.325
fonctionnaires et troupes, et de 1.131 colons,
commerçants, ouvriers et employés, et
l’exode continue !
Que les natalités compensent les départs,
soit ! mais combien d’années s’écouleront en­
core avant que ces générations ne soient
aptes à contribuer par leur travail à la pros­
périté du pays.
Et si, comme cela existe jusqu’à présent,
la majeure partie des recetttes locales sert
au paiement des dépenses administratives et
qu’il ne reste presque plus rien pour l’exé­
cution des travaux neufs et d’entretien, où
ces enfants trouveront-ils du travail ? —
Dans le Commerce ? il diminue tous les jours
son personnel. — Dans les mines ? on n’y
emploie que de la main-d’œuvre libérée ou
de couleur. — Dans l’Industrie ? elle est
nulke — Dans l’Agriculture ? oui, mais à
condition que la terre nourrisse son homme,
et ce n’est pas le cas avec le demi-droit im­
posé sur les cafés.
Il est absolument certain que si la Colonie
jouissait de son autonomie financière, l’ave­
nir de ses habitants apparaîtrait moins som­
bre et l’espérance renaîtrait rapidement.
II. — Déterminer les bases du régime doua­
nier qui serait le plus favorable au déve­
loppement économique de la NouvelleCalédonie.
Ainsi que nous l’avons dit plus haut, pour
que la Colonie puisse reprendre son essor,
pour qu’elle puisse vivre par ses propres
moyens et se passer des subventions de la

185

Métropole, deux choses lui sont nécessaires :
son autonomie financière et la liberté com­
plète de ses transactions -commerciales. Jus­
que là 1a, Colonie ne pourra que végéter.
Mais si l’on ne peut songer quant à pré­
sent à. lui octroyer ces deux libertés, tout au
moins convicnt-il de ne pas resserrer davan­
tage le collier douanier qui l’étrangle, de ne
pas le resserrer jusqu’au point de provoquer
une hostilité franchement déclarée contre
des procédés tyranniques, pour ne pas ame­
ner les habitants de cette malheureuse colo­
nie, dans un moment de suprême détresse,
à dire bien haut ce que beaucoup d’eux pen­
sent déjà tout bas, à savoir qu’ils seraient
mieux traités sous le régime de tout autre
pays que sous celui de la France.
Ces sentiments seront jugés_ sévèrement,
peut-être ; qu’importe ! Les élus du Com­
merce calédonien, soucieux des intérêts
qu’ils représentent, pénétrés des sentiments
des colons, qu’ils coudoient journellement,’
n’hésitent pas à affirmer que ce qu’ils avan­
cent ici est l’exacte expression de la vérité.
Les conclusions de la Chambre de Com­
merce sont donc les suivantes :
La liberté commerciale pleine et entière
pour la Colonie.
A défaut :
1“ Le maintien du statu quo pour les droits
de douane à l’importation.
£° La détaxe des cafés coloniaux français
à leur entrée dans la Métropole.
3° Si un nouveau tarif douanier était mis
en vigueur, qu’il soit réservé au Ministre
des Colonies le droit d’y apporter des modi­
fications par voie de décret.
4° Enfin la Chambre s’associe pleinement
aux conclusions émises par les Congrès de
Marseille 1906 et Bordeaux 1907, en ce qui
concerne le régime douanier des colonies.
Pour la Chambre de Commerce,
Le Président,
A. BARRAU.

C H R O N IQ U E
H a m b o u r g e t les C o lo n ie s a lle m a n d e s .

La ville de Hambourg vient de prouver
une fois de plus l’importance considérable
qu’elle attache au développement des posses­
sions allemandes. Nous avons indiqué der­
nièrement qu’elle avait décidé la création
d’un Institut Colonial. Les actes ont suivi de
très près les paroles. L’Institut ouvrira défi­
nitivement le 1er octobre et le ministre des
colonies s’occupe déjà du choix entre les
nombreux postulants des élèves à admettre
pour suivre les cours. Quant au budget de
l’Institut, il est, pour ses débuts, des plus
honorables.

�186

L’EXPANSION COLONIALE

La municipalité a voté un crédit supplé­
mentaire de 30.800 marks sur le budget
de 1908.
Il est curieux de voir comment se décom­
pose cette somme : achat de mobilier (3.800
marks) et création de bibliothèques (12.500
marks) pour les sections de droit public et
de.géographie ; accruisition de matériel car­
tographique (théodolites, sextants, boussoles,
baromètres, chronomètres, podomètres, etc.),
destiné à l’enseignement pratique de la géo­
graphie (5.000 marks), création d’une chaire
d’histoire- et de civilisation de l’Orient (2.000
marks pour 1908. 8.000 marks pour les an­
nées complètes ultérieures) motivée par l’im­
portance du chiffre de la population musul­
mane des colonies allemandes ; supplément
de 6.500 mai'ks pour compenser l’insuffisan­
ce du crédit alloué pour conférences à faire
sur l’administration, le droit indigène, les
questions maritimes etc. : supplément de
fonctions au président du Conseil des pro­
fesseurs (1.000 marks pour 1908, 2.000 marks
pour les années subséquentes).
Et ce n’est qu’un commencement !
— si —

rent de ces pièces niellées jusqu’alors à peu
près, introuvables.
Dans le vestibules d’entrée, se dressait, sur
une estrade drapée de jaune, la statue en
pied de S. M. Duy Tân, modelée en Kaolin,
par M. Tôn-thât-Sa. élève de l’Ecole profes­
sionnelle.
Voilà qui nous change un peu — et com­
bien agréablement — des chroniques où l’on
nous représente avec tant de facilité l’Annam
en proie aux affres de problématiques soulè­
vements.
—13—
De D unkerque
à la C ô t e o c c id e n ta le d ’A f r i q u e .

Parmi les documents parlementaires figu­
rant aux derniers « bordereaux « de la ses­
sion, nous relevons un projet de loi portant
approbation de la convention conclue le 30
mai 1908. entre l’Etat et la Compagnie des
Chargeurs Réunis pour l’exécution du Servi­
ce maritime postal entre la France et la Côte
Occidentale d'Afrique.
Le gouvernement expose que la loi du 5
mai 1906, en substituant Dunkerque au
Havre comme tête de ligne d’un service sub­
L ’a r t p ro fe s s io n n e l d à n s i ’A n n a m .
ventionné prévu par ladite loi, a voulu doter
le premier de ces deux ports) débouché natu­
Il existe déjà en Indo-Chine, notamment rel de la région industrielle du Nord, de
à Saigon, des sociétés de Beaux-Arts qui or­ communications
maritimes régnlières avec la
ganisent, non sans succès, des expositions de Côte Occidentale d’Afrique. Or, ce résultat
tableaux et d’œuvres d’art. Les artistes indi­ est assuré dans les conditions les plus favo­
gènes y participent quelquefois et l’ensemble rables avec l’organisation proposée par ' la
eh est généralement satisfaisant. Mais on Compagnie des Chargeurs Réunis. Cette or­
n’avait pas jusqu’ici mis en valeur les œu­ ganisation présente, en effet, pour le port de
vres d’art professionnel des indigènes. Il se Dunkerque, des avantages supérieurs à ceux
fabrique pourtant un peu partout au fond que lui procurerait l’application stricte du
des quartiers annamites, une quantité de pe­ régime créé par la loi du '5 mai 1906, puis­
tits objets d’art et on a pu voir à Marseille, que, au lieu d’un service postal tous les deux
en 1906, quelle sûreté de goût et quel fini de mois, ce port serait obligatoirement pourvu
travail apportaient dans leurs œuvres les d’un service mensuel commercial, miéux ap­
sculpteurs, graveurs, ciseleurs, etc-, des rues proprié à ses besoins.
de Hanoï et de Saigon.
D’autre part, la proposition de la Compa­
C’est, à Hué qu’a été, cette année, réalisé le gnie des Chargeurs Réunis tend à garantir,
projet de mettre le public en présence des malgré le résultat négatif de l’adjudication
œuvres des artistes-ouvriers annamites et de du 16 mars 1907 en ce qui concerne le ser­
les encourager par une libérale distribution vice du deuxième lot (ligne de Marseillede diplômeset de récompenses officielles. M. Matadi), l’exécution du nombre de voyages
Levecque, résident supérieur en Annàm et postaux rapides sur la côte occidentale d’A­
S. E. Nguyen-hu-Baï. ministre des travaux frique, -prévu par ladité loi, soit douze par
publies, avaient organisé cette exposition an.
avec le concours d’un Comité local qui a
Ces considérations ont déterminé le gou­
groupé des spécimens remarquables :
vernement à conclure avec la Compagnie des
Précieuses enluminures peintes sur verre, .Chargeurs Réunis, sur les bases qui vien­
coffrets en bois de cyprès miraculeusement nent d’être indiquées, la convention en ques­
polis et fleuris d’incrustation de « nacre ci tion en la subordonnant au maintien des ser­
neuf reflets » ; cornes de rhinocéros rehaus­ vices libres établis par le concessionnaire
sées d’or émaillé, sabres à fourreau d’écaille entre la France et la Côte occidentale d’Afri­
sertis d’argent ajouré et dont la lame da­ que :
1° Ligne, commerciale mensuelle partant
masquinée d’or pénétrait une poignée taillée
dans une molaire d’éléphant. On a beaucoup de Dunkerque.
apprécié le travail de certains artistes qui,
2° Six voyages par an du Havre à Matadi
insérant dans le cuivre martelé et embouti doublant la ligne subventionnée.
—ia—
l’argent, le laiton et le cuivre noir présenté- *

�L’EXPANSION COLONIALE
F o n c t i o n n a i r e s e t colons.

187

leurs passages, ainsi que sur le fret net des
produits exposés. Et pou’r témoigner plus
directement l’intérêt qu’elle porte à cette œu­
vre, la même Compagnie a décidé de lui
accorder une allocation de mille francs.
On suivra avec un sympathique intérêt le
mouvement que va créer ce concours, issu
des efforts coloniaux locaux.

Une circulaire récente de M. Morel, rési­
dent supérieur au Tonkin, adressée aux
chefs de province, sort trop de la banalité
courante de la plupart des documents de
cette espèce pour n’être p&gt;as relevé avecjnen^
tion élogieuse. M. Morel croit devoir rappe­
ler aux fonctionnaires placés sous ses ordres
— es —
—• ils en avaient donc besoin — que l’administratidn, aujourd’hui plus que jamais, a le L e s c o lo n ia u x à ta b le .
devoir de suivre de très près l’œuvre de la
La fin de la saison a été marquée par deux
colonisation européenne sur laquelle se fon­
dent légitimement de grandes espérances banquets coloniaux qui peuvent compter
dans les annales de 1908.
pour l’avenir économique du pays.
C’est par elle, en effet, que l’Annamite s’i­
Ce fut d’abord celui offert par l’Union Co­
nitie peu à peu à des méthodes rationnelles loniale Française à M. Merlaud-Pontv, le
d’exploitation du sol et apprend la culture de nouveau gouverneur de l’Afrique Occidenta­
plantes nouvelles insoupçonnées par lui".
le. Répondant aux souhaits qui lui Ont été
La mise en valeur de vastes territoires ne exprimés, M. Merlaud-Ponty a très heureu­
se prêtant pas à la production du riz à la­ sement défini la part qui revient à chacun
quelle l’indigène semble exclusivement atta­ des trois éléments appelés à concourir à la
ché, ne sera possible que par le développe­ mise en valeur de l’Afrique Occidentale. A
ment des grandes concessions agricoles pour­ l’administration incombe la tâche d’ouvrir le
vues d’un outillage moderne.
pays, de faciliter les échanges par la création
Il faut donc que le colon trouve auprès des de voies de communications nouvelles,, de
fonctionnaires un appui moral aux heures préparer le terrain où doit s’exercer l’activité
difficiles et ceux-ci doivent employer leur des indigènes, les vrais colons dans un pays
autorité à aplanir les difficultés qui pour­ qui ne saurait se prêter aux exploitations
raient surgir entre le colon et les Annamites agricoles européennes ; quant aux Euro­
avec lesquels il est en rapport.
péens, leur rôle est de .servir d’intermédiaire
D’une façon générale, M. Morel recom­ entre la colonie et l’Europe.
mande à ses subordonnés d’accueillir avec
Mais on a.surtout remarqué et applaudi la
une extrême bienveillance les corons qui se fermeté avec laquelle M. Merlaud-Ponty a
présentent à eux et les affaires de leur com­ combattu les fâcheuses tendances de nos
pétence dont il les saisissent ne doivent pas protectionnistes parlementaires, qui, repre­
subir de retard sans qu’il v ait des motifs nant la partie perdue par eux en 1892, pré­
sérieux.
tendent faire appliquer à l’Afrique Occiden­
« Je répéterai à ce sujet ce que j’ai souvent tale les tarifs douaniers de la métropole.
Sur une côte ou les possessions européen­
dit, ajoute même M. Morel, il faut vous ap­
pliquer à tirer dés textes les argument^ qui nes s’enchevêtrent au point de former six
leur sont favorables, non vous ingénier à en juridictions successives sur le littoral qui s’é­
tend de l’embouchure du Sénégal à Sierradécouvrir pour repousser leurs desiderata.
« Ce que j’ai dit des grandes cultures s’ap­ Leone, cette mesure éminemment injpolitiplique également aux diverses entreprises que aurait pour résultat inévitable l’aug­
industrielles et minières dont l’avenir ne mentation irrépressible de la contrebande et,
saurait être1 évalué : les unes et les autres par suite, une diminution sensible des reve­
doivent concourir à la prospérité du pays et nus sur lesquels sont justement gagés les
emprunts de l’Afrique Occidentale.
' méritent d’attirer toute votre attention. »
Le dernier déjeuner de la Société de Géo­
On ne saurait mieux penser, ni mieux dire.
graphie commerciale de Paris a suivi de
—l a quelques jours. Le général Dodds présidait.
On a beaucoup applaudi M. Paul Boyer qui
U n c o n c o u r s a g r ic o l e à M a y o tt e .
a dit tout l’intérêt qui doit s’attacher à
Une manifestation agricole de sérieuse im­ l’Ecole des langues orientales et M. l’abbé
portance se prépare à Mavotte pour le mois Cros, qui a parlé de l’œuvre philanthropique
de décembre prochain. Il s’agit d’un con­ 'de relèvement des enfants abandonnés et qui
cours destiné à mettre en relief l’œuvre des Se propose de mettre à la disposition des colo­
colons des Comores. M. Victor Augagneur nies des éléments jeunes, actifs, vigoureux,
en a accepté la présidence en exprimant le qui contribueront à leur mise en valeur et
plaisir qu’il avait de participer à cette initia­ qui y constitueront des familles nombreuses.
On voit que les coloniaux ne perdent pas
tive intéressante. La Compagnie des Messa­
leur
temps quand ils se réunissent . autour
geries Maritimes, désireuse de s’associer éga­
lement à sa réussite, a consenti une réduction d’une table... même bien servie.
de 30 % aux exposants sur le prix net de

�L’EXPANHION COLONIALE

188
C a n t a t e de b ie n v e n u e .

M. le gouverneur par intérim Bonhoure a
été favorisé au cours de sa récente tournée,
à Pondichéry d’un accueil peu banal. On lui
a fait les honneurs d’une cantate en tamoul
due à la verve d’un poète du cru, l’honora­
ble M. Savarayaboudayagac, qui même sous
couvertHe traduction, garde toute son origi­
nale saveur.
Qu’on en juge par le passage suivant :

Sénégal. — Décret du 30 m ai, a u to risa n t l’ou­
verture des trav au x de réfection et d’am éliora­
tion des w harfs du p o rt de Ruflsque, selon de­
vis de 180.000 francs.
Côte d'ivoire. — Décret du 17 juillet au to ri­
sa n t l'ouverture des trav au x de la 3e section
du chemin de fer de la Côte d’ivoire com prise
entre les kilom ètres 180 et 255, évalués à 7 m il­
lions 500.000 francs.
Océanie. — Décret du 31 m ai, fixant à 20.000
kilogram m es la quantité de vanilles originaires
des Etablissem ents fran çais de l’Océanie qui
p o u rro n t être adm ises en F ran ce du 1er juillet,
1908 au 30 ju in 1909 dans les conditions établies
p ar décret du 30 ju in 1892.

Au b ru it de ta renom m ée, nous avons désiré
ardem m ent ta venue dans notre ville. Nous
avons donc adressé au Ciel de ferventes p riè­
res ; nous soupirions après le jo u r de ton en­
trée au m ilieu de nous ; te voilà arriv é avec
p la isir p our nous gouverner à, P ondichéry.
Puisses-tu y vivre longtem ps !
C olonies
H onneur à toi, doué des v ertus dignes d’être
Tunisie.
—
Des
décrets beylicaux ouvrent de
appréciées p a r les princes, rois et au tres per­
nouveaux crédits de 30.000 francs et de bu.000
sonnages ém inents ! H onneur à. toi, qui a su
fran cs pour la cam pagne contre les sauterelles
m ériter l’estim e des sén ateu rs et des députés,
comme aussi le choix distingué du président de 'e t les criquets.
la République ! H onneur à toi ! sois notre gou­
Côte d'ivoire. — Un a rrê té du G ouverneur
v e rn e u r ; sois to u jo u rs heureux !
général de l’Afrique Occidentale ouvre au bud­
Et le bon poète indique en terminant get local de la Côte d’ivoire, exercice 1908, un
qu’ayant déjà célébré sur sa lyre vingt gou­ crédit supplém entaire de 80.000 fran cs destiné
verneurs, huit rajahs, plusieurs pages (! !) il aux trav au x d’am élioration du w harf de G randBassam .
a été décoré déjà de plusieurs médailles...

M. Bonhoure vaincu a dû certainement lui
promettre les palmes académiques. Ça "vaut
bien cela.
A. G.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
HlétrCpoSe
Conventions. ■
— Une loi prom ulguée au Jour­
nal Officiel du 18 ju illet porte approbation de
la convention signée à B erlin le 18 av ril 1908,
p a r l’A m bassadeur de la République F ra n ç a i­
se et le S ecrétaire d’E ta t des affaires étrangères
de l’E m pire alem an d p our délim iter la fro n ­
tière entre le Congo fra n ç a is et le Cam eroun.
Une a u tre loi Dorte approbation de la con­
vention" conclue le 30 m ai 1908, entre l’E tat et
la Com pagnie des C harg eu rs R éunis pour
l’exécution du service m aritim e postal entre
la F ran ce et la Côte O ccidentale d’Afrique.
Gouverneurs: — Un décret du 26 ju in a nom ­
mé G ouverneur g én éral
de l’Indo-Chine
M. K lobukow ski, m in istre p lén ip o ten tiaire de
Ire classe au Caire, en rem placem ent de
M. Beau, nom m é m in istre de F ra n c e à B ru ­
xelles et g ouverneur g én éral honoraire.
Un décret du 26 ju in a changé en celui de
gouverneur g én éral du Congo fra n ç a is le titre
de com m issaire-général, et a confirmé la nom i­
nation à ces fonctions de M. M erlin, gouver­
n eu r de Ire classe des colonies.
P a r décret en date du 2 juillet, M. F oureau,
gouverneur de Ire classe des colonies, ancien
gouverneur de M avotte, a été chargé des fonc­
tions in térim aires de gouverneur de la M arti­
nique.
Algérie. ■
—• D écret du 16 m ai, p o rta n t orga­
nisatio n en Algérie du service de l’en registre­
m ent et des dom aines.

Congo. — Un a rrêté réglem ente l’exploita­
tion des carrières au Congo français.
’ Côte des Somalis. — Un arrêté supprim e le
droit de sortie sur les coquillages et le droit de
consom m ation de 4 % ad valorem sur les tissus
de coton et leur substitue u n droit dê quai
sup érieu r à celui actuellem ent en vigueur.
Indo-Chine. — Un arrêté approuve le projet
d’ouverture d’un nouveau canal entre le Songcai-lon et Carnau et en autorise l’exécution
im m édiate à l’entreprise, suivant un devis de
718.000 piastres.
Un a rrêté approuve le p ro jet de construction
d’une route d’accès au Tam -dao et fixe à 36.000
p iastres le m ontant des dépenses autorisées à
cet effet.
Un arrêté du G ouverneur g énéral autorise
la Com pagnie française dés Chem ins de fer de
rindo-C hine et du Y unnan à ouvrir à l’exploi­
tation la section de la ligne de Laokay à Yunnan-Sen com prise entre Laokay et L ah ati (71°
kilomètre).
J. L.

m ECONOMIQUE DES COLONIES
Agriculture. — Commerce.
Industrie. — Marine.
Production coloniale française du caout­
chouc. — D’ap rès une étude de M. .Ch. Duffart,
c’est grâce su rto u t à l’appoint africain que la
production caoutchoutière a pu satisfaire aux
besoins in d u striels nés du développem ent des
industries du cycle et de l’autom obile. Sans cet
appoint on peut dire que ces dernières n ’a u ­
raien t pu p rendre le vertigineux essor qu’elles

�L’EXPANSION COLONIALE
ont p ris au com m encem ent du XXe siècle. Leur
progrès a été une conséquence des découvertes
de sources nouvelles du caoutchouc dans les
grand es zones forestières in tertro p icales de
l’Afrique.
Les productions am éricaines (en dehors du
Brésil), africain e et asiatique réu n ies n ’a tte i­
g n aien t pas 8.000 tonnes il y a douze à quinze'
ans. Elles p assaien t à 9.700 tonnes en 1897 et
progressaien t avec des sautes régulières. Elles
a rriv a ie n t enfin à 26.000 tonnes en 1905. Le B ré­
sil re s ta it le g ra n d producteur, m ais l’Afrique
p assa it im m édiatem ent après lui en ra n g ho­
norable avec. 18.000 tonnes de production a n ­
nuelle dans laquelle la p a rt de la F ran ce re p ré ­
sen tait le tiers ou G.000 tonnes. C’est u n beau
chiffre qui égale le dixième de la production
totale et qui place la F ran ce au deuxième ra n g
des p ay s p ro d u cteu rs de caoutchouc b ru t dans
le monde.
P a rm i les possessions fran çaises p ro d u c tri­
ces de caoutchouc, le Congo fra n ç a is m arche
en tète avec plus de 1.600 tonnes l’an ; puis
la Guinée avec plus de 1.400 tonnes et certain e­
m ent une valeu r de la production supérieure
à celle du Congo ; enfin la Côte d’ivoire avec
environ 1.200 tonnes, le Sénégal et M adagas­
car avec 1.000 tonnes chacun, l’Indo-Chine près
de 400 tonnes, pius le D ahom ey et la NouvelleCalédonie com plètent la production coloniale
française du caoutchouc.
E ncouragem ent à la colonisation Algérien­
ne. — Le G ouvernem ent g éh éral de l’Algérie
est fréquem m ent saisi de dem andes form ulées
p a r des jeunes gens so rta n t d’écoles d’ag ricu l­
tu re de la m étropole, qui d ésireraien t accom ­
p lir u n stage d ans une exploitation agricole
de la colonie p o u r se fa m ilia rise r avec les cul­
tu res et les m éthodes agricoles algériennes et
faire leu r appren tissag e de colons av an t d’ex­
ploiter p our leu r propre compte.
D ésireux d’en co u rag er cette tendance, M.
Jo n n a rt vient d’o rg an iser à la direction de
l'ag ric u ltu re d’Alger, u n service spécial de re n ­
seignem ents, qui a u ra p our m ission de m ettre
les jeunes gens de la m étropole et de la colonie
en ra p p o rts avec les p ro p riétaires algériens
qui seraien t disposés à recevoir des stagiaires.
A cet effet, il ce n tra lise ra les dem andes ém a­
n a n t des p rem iers,ain si que les offres qui p o u r­
ra ie n t être faites p a r les chefs d’exploitations
agricoles.
Les Chemins de fer en Tunisie. — L a ligne
en construction de Sousse aux gisem ents de
phosphates d’Aïn-M oularès vient d’être prolon­
gée ju sq u ’à Sbeitla le 1er ju in . A peine ouvert
au trafic, ce d ern ier s’est dessiné si actif que
des tra in s supplém entaires sont nécessaires
pour a ssu re r les tran sactio n s. On compte que
déjà p lu s de 12.000 tonnes d’alfa ont em prunté
le nouveau ra il a llan t, soit su r Tunis, soit à
Sousse, où des v ap eu rs spéciaux sont venus
a ssu re r leu r chargem ent. On estime qu’il exis­
te en ce m om ent, ta n t à Hadjeb-el-Aioum q u ’à
D jilm a-gare et à Sbeitla, centre alfatier p a r
excellence, plus de 10.000 tonnes qui atten d en t
leu r m ise en w agon.
D’a u tre p art, la D irection générale des t r a ­
vaux publics en T unisie vient de faire com­
m encer les tra v a u x du g ra n d viaduc de la ligne
en construction de B éja à M ateur. C’est un
tra v a il d’une grande h ardiesse qui ne sera

189

achevé que l’année prochaine. Ce viaduc a une
longueur de 350 m ètres et une élévation de 60
m ètres aux piles centrales. Il coûtera près
d’un m illion, et la ligne com portera u n au tre
trav ail d’a rt d’une im portance à peu près égale.
Pour la création d'un Hôtel à Dakar. — Le
Journal officiel de l'Afrique Occidentale fra n ­
çaise a publié dans son num éro du 11 juillet,
un avis dont nous extrayons les renseignem ents
suivants susceptibles d’intéresser les en trep re­
n eurs fran çais :
« Le Gouvernem ent général de l’Afrique. Occi cidentale française est disposé à faciliter la
(( construction et l’exploitation à D akar d’un
« hôtel de voyageurs de prem ier ordre, com­
te p re n a n t au m inim um 60 cham bres avec ou
« sans cabinet de toilette, des salles de bains
« et douches et des w ater-closet en nom bre suf« lisant, salles de re sta u ra n t, de café et de bil&lt;. lard , salons de lecture et de correspondance,
« ainsi que tous les locaux nécessaires à la
« bonne exploitation de l’hôtel, le to u t cons« tru it dans de bonnes conditions d’hygiène et
« de confort ».
Voici en résum é les facilités qu’offre le gou­
vernem ent général :
L a Colonie céd era au concessionnaire u n
te rra in de 6.000 à 7.000rm ètres à u n prix m in i­
m um de dix francs le m ètre carré, payable en
six annuités sans intérêts, à p a rtir du 1er ja n ­
vier 1909. Elle g a ra n tit p en d an t dix ans, à l’ex­
ploitant, à dater du jo u r d’ouverture de l’ex­
ploitation de l’hôtel, une recette brute corres­
pondant à 5 % des sommes dépensées, ta n t
pour l’ach at du te rra in que po u r les construc­
tions, cette g a ra n tie ne pouvant dépasser
30.000 francs, même si les capitaux engagés
dépassaient 600.000 francs. L’A dm inistration
tien t à la disposition de toutes les personnes
qui en feront la dem ande u n p lan du te rra in
où p o u rra être élevé l’hôtel en question.
E n échange, les concurrents éventuels sont
invités à dresser des projets de co n trat sem bla­
bles, a u ta n t que possible, aux dispositions dont
le détail est énum éré dans le « Jo u rn a l offi­
ciel ». Les concurrents devront verser ü n cau­
tionnem ent provisoire de 5.000 francs av an t le
15 octobre 1908, en même tem ps que le u r p ro ­
jet de c o n tra t, entre les m ains du T résorier
p articu lier dé D akar. D ans le délai d’u n mois,
après notification p a r lettre recom m andée de
l’acceptation de la soum ission, le soum ission­
n aire favorisé devra tran sfo rm er son cau tio n ­
nem ent provisoire de 5.000 francs en u n cau ­
tionnem ent définitif équivalent à 10 % du devis
de la construction. Ce cautionnem ent sera
rem boursé, capital et intérêt com pris, après
vérification p a r l’A dm inistration de la bonne
exécution des constructions su iv an t les p lan s
et devis.
Les trav au x devront être achevés le 1er ja n ­
vier 1910.
La fixation du prix de location des cham bres,
appartem ents et tous au tres locaux est laissée
à la disposition du concessionnaire.
Il nous a p a ru in téressan t de sig n aler cet
avis du G ouvernem ent général de l’Afrique oc­
cidentale et on doit le féliciter du concours
qu’il offre ainsi à l’in itiativ e privée.
La navigation de l'Indo-Chine en 1907. —
L’A dm inistration des douanes et régies de l’Indo-Chine vient d’établir u n trè s in té re ssa n t

�190

L’EXPANSION COLONIALE

ra p p o rt su r la n avigation et le m ouvem ent
com m ercial de l’Indo-Chine, p en d an t l’année
1907. De ce docum ent considérable nous
extrayons a u jo u rd ’hui les quelques co n stata­
tions su ivantes :
« Les ré su lta ts de la n avigation française,
dans les p o rts d’Indo-Chine, représentés p ar
u n m ouvem ent de 560 unités et u n tonnage de
1,310,675 tonnes, m arq u en t, au re g a rd de la pé­
riode an térieu re, une dim inution de 46 unités
et de 96.253 tonneaux.
D ans le m ouvem ent gén éral de la navigation
la p a rt du pavillon n a tio n a l n ’est plus que du
1/9 ; du p rem ier ra n g qu’il occupait avec a v an ­
tage p a r le nom bre de ses unités, a u ta n t que
p a r son tonnage, il passe au deuxième, consi­
dérablem ent distancé p a r le pavillon anglais.
L’A ngleterre arriv e donc en tète avec 607 va­
peurs, c’est-à-dire avec une supério rité de 47
unités su r la m arin e fran çaise : sa situation
prép o n d éran te est due à l’am élioration géné­
rale de la situ atio n économique et, en p a rtic u ­
lier, à la p rospérité de la p roduction cochinchinoise, qui a ren d u au p o rt de Saigon, long­
tem ps délaissé p a r la n av ig atio n étran g ère une
activité exceptionnelle et soutenue p en d an t to u ­
te la période.du p rem ier sem estre 1907.
P o u r les mêmes raisons, les unités allem an­
des, qui p assen t de 385 à. 538, ré a lise n t une a u g ­
m en tatio n de 150 n avires et viennent sensible­
m ent Se rap p ro ch er du nom bre des unités n a ­
tionales.
Les couleurs norvégiennes a rriv e n t au 4e
ra n g avec Une àusSi re m a rq u a b le .progression.
Enfin, la n avigation jap o n aise m érite une
m ention spéciale, sinon à cause du nom bre de
sés Unités com m erciales, du m oins à raiso n de
la rap id ité d’extension de son trafic : de 6 n a ­
vires, accidentellem ent venus d an nos eaux en
1906, le nom bre des unités japonaises passe en
1907. à 133. Les conditions avan tag euses de
tra n sp o rt, les facilités de fret, les accoinodem énts qiie lés com pagnies nippones consentent
aux ch arg eu rs, nous p a ra isse n t a u ta n t d’élé­
m ents susceptibles de leu r réserver, dans un
aven ir p rochain, Une place m arq u a n te dans le
m ouvem ent m aritim e indo-chinois.
De plus, i ouverture au tra n s it in tern atio n al
de la voie ferrée du Y unnan, ap p ellera b ien t” t,
à tra v e rs le Tonkin, u n m ouvem ent direct
d’échanges entre le Japon et les provinces chi­
noises lim itrophes de nos possessions.
Il convient de re m a rq u e r que nous conti­
nuons à dem eurer trib u ta ire s de la n avigation
étran g ère dans nos relatio n s avec l’ExtrêmeOrient, la m a rin e n atio n ale lim ita n t son trafic
aux échanges avec la m étropole et à l’exploita­
tion des lignés subventionnées.
L’expérience a dém ontré que les conditions
de l’arm em ent fra n ç a is sont trop onéreuses
p o u r p erm ettre, vis-à-vis de l’élém ent é tra n ­
ger, une concurrence avantageuse. Si quelques
courageuses ten tativ es sê m an ifesten t depuis
quelque tem ps, l’insuffisance des ré su lta ts dé­
m ontre que nous nous m ain ten o n s d ans la pé­
riode de tâtonnem ent et que la form ule défini­
tive est encore à rechercher. »
t
-------------------Le riz en Cochinchine. — Le « B ulletin de la
Cham bre d’ag ric u ltu re de la Cochinchine » a
publié u n tab leau duquel il resso rt qu’en 19061907 la superficie des te rre s cultivées en riz
dans les vin g t provinces de notre colonie indo­
chinoise a été de 1,249.879 hect. 80 ares, et que

les évaluations pour 1907-1908 com portent une
superficie de 1.166.620 hect. 80 ares, en dim i­
nution de 83.259 hectares.
Ce sont les provinces de Soctrang, T ravinh,
R achgia et B entré qui, pour les deux périodes,
ont les plus vastes superficies sous culture de
riz.
J. L.

LES INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE

La Société de G éographie vient de d istri­
buer, comme les années précédentes, 60 livres
de prix aux la u ré a ts des lycées et écoles de
M arseille et de la réeion afin de m ain ten ir
l’ém ulation dans les établissem ents d’in stru c­
tion publique pour les études géographiques.
La p lu p a rt des beaux ouvrages décernés sont
consacrés aux colonies françaises.
D’au tre p art, la Société de G éographie est
représentée au g ra n d Congrès in te rn a tio n a l de
Géographie, réuni pour sa IXe session à Genè­
ve, du 27 juillet' au 6 août, p a r M. P a u l Masson,
professeur de l’Ü niversité, vice-président de la
section coloniale de la Société.
ALLIANCE FRANÇAISE

Le Comité m arseillais de « i’A lliance fra n ­
çaise pour la pro p ag atio n de la langue n atio ­
nale dans les colonies et à l’étran g er », a reçu,
le lu n d i 27 juillet, dans son local, à la Société
de G éographie, un groupe de dix-huit jeunes
étu d ian ts an nam ites am enés en France, pour
com pléter leur instruction pratiq u e et profes­
sionnelle, p a r M. Salles, inspecteur des
colonies en retraite, secrétaire du Comité de
p atronage indo-chinois et m em bre du conseil
d’ad m in istratio n de l’Alliance française à P a ­
ris. M. A drien A rtaud, président du Comité
m arseillais et M. Salles ont prononcé de b ril­
lan ts discours. Mme M astier, la gracieuse fem ­
me de M. le Préfet, présidente du Comité de
Dames de l’A lliance française, a ssistait à cette
in téressante réception.
M. Salles et les étu d ian ts an nam ites ont vi­
sité ensuite le Musée colonial et le Musée com­
m ercial de l’In stitu t colonial.
LE SYNDICAT DES EXPORTATEURS

Le S yndicat des E x p o rtateurs, réu n i sous la
présidence de M. Adrien A rtaud, m em bre de
îa Cham bre de Commerce, a émis u n vœ u én er­
gique en faveur de la ratification p a r le S énat
de l’accord com m ercial franco-canadien du 19
septem bre 1907 déjà voté p a r la C ham bre des
Députés.
Le syndicat étudie la création d’un B ureau
public à la B ourse de M arseille, de concert
avec la C ham bre de Commerce, afin de p ro ­
cu rer aux négociants un local confortable de
correspondance et de rendez-vous, depuis longuem ps réclam é. Il espère ab o u tir jgour la re n ­
trée d’octobre. Le S yndicat s’occupe aussi de
la création d’un m arché aux enchères p u b li­
ques, notam m ent pour les produits coloniaux.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

V ALE U R S

Derniers
cours

E M P R U N T S CO LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ........................................
460 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
442 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
478 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, Obi. 2 1/2
( g a r .) ........................................
79 40
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2(g a r.)..
80 10
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
91
85
465 — Indo-Chine, chem .-de fer o b i.
3 1/2 o/o, 1899 ............................
40375
-------—
obi. 3 o/o
1902...............
408—
480 — E m prunt Algérien, 3 o/o 1902,
obi. r. à 500 t. p ....................... N 433 50
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897....... ....................................
952 50
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
960 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898..............................
460—
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901............................
461—
492 50Col. de la M artinique..................
468—
470 — A frique Occidentale, 3 o/o 1903,
obi. rem. 500 (g a r.).............
452 50
. 642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
514 —
B A R Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Ci0 A lgérienne, act. de 500 t. p.
910 —
500 — Créd. Fone. et A gric. d 'A lg .,
acl. de 500 ..............................
480 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ......................... • ........... 1362 —
500 — Banque de la Guadeloupe, acl.
de 500 t. p. (n.).....................
250 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)................................................ 1100—
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) ................................
703 500 — Banque de la Bèunion, act. de
500 t. p. (n ) ................... ■ ...
300 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .)............... 1360—
500 — Banque de l’Afrique Obcidentale, act. de 500 (125 p. nom.).
645 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1150 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
46 50
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ...................................
105 50
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/O 350...................................
91 50
CH E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
■ E T CO LO NIA U X
500 - - Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
671 —
Divers
— o b i; 3 o/o r. à 500.
447 —
500 — Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
685 50
Divers
—
obi. 3 o/o r. ;’i 500
428 75
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
660 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
433 —
------ Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
*
rem. à 500.................................
433 —

191

340 — M écheria-Aïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500................. ..............
433 —
— — Mouzbab-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
429 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
428 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Y u nnan, act. 500,
250 fr. nom ................................................
438 50 Obi. priv. 3 o/o, rem. à 500 lib.
425 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650... ............
920 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi. 3 o/o r. à 500 378 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t...............
431
—
V A L E U R S M IN IÈ R E S
— — Cbarb. du Tonkin, act. de 250
t. p ..................................... 1495
—
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500.........................
498
—
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p .........................
467
50
477 50 A lgérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500..............
459 50
------ Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ..............................
525
—
500 — Molcta el Hadid,act. 500 t. p. 1630 —
500 —
act. 500 (400
p., n .) ..................................... 1610 —
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p .......
665 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem . â 500.
496 —
-------Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
75 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p ................... .................
98 50
454 50 Pho-phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 5Q0.........................
470
—
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3975 —
------- Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ...
3788 —
V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale..................(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d e n tale ............... (actions nouvelles). 2055 —
Ciu M arseillaise de M adagascar ............
485 —
M essageries Fluviales de Cochinchine.
——
Alim a.............................................................
175 —
Alim aïenne.....................................................................
Congo occidental........................................
250 —
LIaut-Congo (Compagnie française du)..
494 —
Haute S angha............................................ .'
127 —
Haut-Ogôoué................................................
600 —
La Kolto.......................................................
510 —
Lobav.........................................................
75 —
M essageries Fluviales du Congo...........
215 —
Sultanats du H au t-O ubangui................
890 —
Sociétés des mines .de la Haute Guinée :
act. 174 ......................................................
140 —
Compagnie minière de Guinée: act. 240.
202 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
220...............................................................
202 —
Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
Adrien ARTAUD.
Imprimerie du “ Sémaphore” B a r l a t i e r . — Marseille.
17-19, rue Venture.

�SERVICE POSTAL MARSEILLE - COLONIE
D é p a rts

de

M a rs e ille
DEPARTS

DATES DES DEPARTS DERNIÈRE LEVÉ E
D E M A R S E IL L E

A lg é rie
Départem ents

»
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Û
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i)
»
0
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»

d ’Alger ei d’Oran. Voie doMarseille, C'PGlc Trans
))
d’Alger .............
T ransp. Mar.
1)
..............
Tonnelle. . . .
d’Alger cl d ’Oran. Voie de Dort-Vendrcs.............
d’O ni n ...............
»
........ . . . Voie de Marseille, O GleTrans.
»
................
))
Transp. Mar.
))
G'° Glr Trans.
de C onstantine..
»
))
))

L undi, M ercredi, S am ed i.........

Mercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Dim anche ...............
V endredi...................
Jeudi et S am ed i.. . .
M ardi.........................
M ardi.........................
S am ed i.......... T___
))
))
Dim anche ...............
)&gt;
i
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»
Transp. Mar. L undi,et S am ed i. . .
J) T o u a c h e ... J e u d i.........................
)&gt;
))
C’PG*p Trans. Lundi et V endredi..
»
CiP Touache. M ercredi...............
T u n i s i e .............................
»
S a m e d i...................
))
))
Ci* des M. M. Un d im . su r d én i à p . dn 6 ja m .
In d o -C h in e
Voie deBrindisi,paq. Anglais. Vendredi a p . il. de M arseille . .
Voie deMarseille, C^Fraissinet 12 de chaque mois.
A f r i q u e O c c id e n t a le
Vers le 20 de chaque mois.
»
»
F r a n ç a is e
VoiedcBordeaux,c&gt;e des Charg. liéim. 24 de chaque m ois.
»
Voie de Marseille, Transp. Mar. 20
S é n é g a l .. .. ...........
Voie deBordeaux àL isbonne, G'*1des M. M. Le Je u d i, I. I l î jours à p . du -S janv.
10 de chaque mois
»
D jib o u ti, M a d a g a s c a r , Voie dcMarseille,
»
»
25
»
R é u n io n e t M a u r i c e
»
O Ffavraise Vers le 20 de chaque mois.
D jib o u ti, M a j u n g a . . . .
»
Cic des M. M. Dn dim . su r quatre à p . du 20 jo u r.
N o u v e ll e - C a lé d o n i e
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Chaque Vendredi .
e t N o u v e lle s -H é b r id e s f
Voie de Naples, paq. A lle m a n d .. Tous les 28 jo u rs à p . du 9 déc
Voie dcMarseille, CiP des M. M. Du M ercredi su r 1 à p . du tO ja m .
Inde F r a n ç a i s e ........
Voie deBrindisi, paq. Anglais. Vendredi ap .-m id i.
Voie dc'St-Nazaire, O C 10 Trans. 9 de chaque m o is ..
G u a d e lo u p e
\
26
»
Voiedc Bordeaux,
»
et M a rtin iq u e
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le Me rc r.,1 .1 M jo u rs à p .d u 4 déc.
Voie de SDNazaire, ( &gt; G l0 Trans. 9 de chaque m o is ..
G u y a n e F r a n ç a i s e . . . ( Voie d’Amsterdam, paq. N é e r l.. V ernir. ,1 .1 . I l jours à p .d u H ja m .
( Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le M crcr., 1.1.1 ! jours à p.du 1 déc.
T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

A lg é rie :

T u n i s i e ............................

11 h. mat.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir
5 h. 20 mat.
5 h. 20 mat.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
10 h . 30 m
10 h. 30m.
3 h. 10 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. mat
3 h. 10 soir.
10 h. mat
10 h. soir
10 h. mat.
10 h. mat.
Gh. 20 soir.
10 h. 30 m.
6 h. 20 soir.
10 h. mat.
10 h. mat.
mat. ou soir
10 h. mat
10 h. soir,

1 h. s o i r . .
6 h. s o i r . .
6 h. soir .
6 h. 15 mat.
Oh. 15 mat.
5 h. soir. ;
5 h . so ir..
5 h. s o i r . .
m id i.........
m id i....
6 h. soir. .
midi .......
m idi.........
I h. s o i r . .
7 h so ir..
II h. mat...
m id i........
m id i... .
midi.
11 h. mat..
11 h. mat..
11 h. mat..
11 h. 36 s.

l’ai.-TeilletO h.s.

10 h. mal. 11 h. mat.
10 h. soir,
l’avant-ieille soir.

| Voie Le Havre et Cherbourg
p a r New-York
)

A rriv é e s
Alger................................ L
Constanline p a r Philippeville et B o n e . .. . .
O r a n .................................

D E S BATEA U X

D E LA B O IT E

undi, M ardi, M c rc r., V e u d r., Ilim .

Mardi, Jeudi, Samedi.
L undi, M ercredi, Jeu d i, Sam edi.

Mcrcr., Vend., Dim.
Ligne de lTndo-Ghine,
tous les 14 jours.
In d o - C h i n e
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de 2 en 2 semaines.
N o u v e ll e - C a lé d o n i e .. Tous les 28 jours.
Voie de B r in d is i .......... Chaque Samedi.

à

M a rs e ille
R é u n i o n , Madagas­
c a r e t D jib o u ti . .
G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
que, G u y a n e :

Voie
Voie
Voie
Voie

de Saint-Nazaire'
de B ordeaux........
d’Angleterre
de Marseille

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Veudr. ions les 11 jo u is.
Vers le 13 de ch. mois

A f r i q u e O c c i d e n t a le :

Voie de Bordeaux........
Voie de Liverpool........
Voie de M arseille........

Tous les 14 jours.
E n iiro n toutes les 2 sem aines.

Dates variables.

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d 'a n tis ep tiq u e s , d'une c o n s e rv a tio n e t d’une lim ­
p id ité p a rfa ite s . F a b riq u é e S A N S A DD I T I O N
D’ALCOOL avec des eaux s té rilis é e s p a r l’ozone,
e lle ré s is te à tous les c lim a ts . T r è s re c o m ­
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celles de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
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seille par :
1° Son service spécial des changes qui achète et vend des monnaies ou
billets de tous pays ;
l'.mel et paie toutes lettres de crédit circulaires;
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Fait toutes opérations de Bourse.
2" Son s ervice spécial des C o f fr e s -F o r t s lui permettant de mettre à la
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V I L L E N E U V E - S U R - L G T (Légumes)
S A I N T - Y R I E I X (Légumes, Cèpes)
ARCACHOM, CONCARNEAU, ETEL &amp; QUIBEROW (Sardines, Thon, Poissons)
DÉPÔT : 8, R

u e

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Photographie des Célébrités contem poraines
et de la haute Société Française et Etrangère
IM P . DU S É M A P H O R E -

B A R L A T IE R -

M A R S E IL L E

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EX TR A ITS

DES

STATUTS

------ ---------A r t . 2.

Cette association a p our b u t l'étude, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de c en traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économ ique qui lu i p a­
ra îtr a it de n a tu re à favoriser les intérêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In s titu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de droit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teurs sont ceux qui dans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent un concours financier im portant.
La deuxième catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­
----------------------------------—

seil et lu i fournissent, soit spontaném ent, soit
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n a tu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’Institu t.
Art.

i.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’A ssociation devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande d'fe.dhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p en dant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
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fau t p ay er :
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1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
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M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».

Directeur : M. le Dr H eckel.
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle .
P ro d u its anim aux et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M. Jacob de Cordemoy.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent.
H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson.
Législation et Economie Coloniales.
M. H. B abled.
Hygiène Coloniale.
M. le Dr R eynaud.
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. Davin.

Comité de rédaction de 1’ « Expansion Coloniale »
MM. Adrien A r t a u d , P résident de la Commission du Musée Commercial et du Rureau de Rensei­
g nem ents; Louis Y t i e r , Vice-Président : Jacques L é o t a r d . S ecrétaire; P au l M a s s o n , Professeur
à l’Institut, Membre du C onseil.— M.E. M o r i c e a u , S ecrétaire général de l’Institut. — M. Auguste
Giry , ancien D irecteur-Adjoint de 1’F.xposition coloniale.
Marseille — Imprimerie du Sém aphore,

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�2inp Année. — N° 10

1er Septem bre 1908

Le Numéro : 5 0 centim es

L’EXPANSION COLONIALE
B U L L E T IN

IDE

L'INSTITOT COLONIAL MARSEILLAIS
P A R A IS S A N T

LE

1er DE

CHAQUE

MOIS

S O M M A IR E
PAGES

Le Charbon dans nos Colonies, M.L. Laurent.
Institut colonial m arseillais ..................................

193
196
196
197
197
200

Actes officiels....................................................
E x traits des procès-verbaux..........................
Bureau de renseignem ents
....................
E xtraits de la c o rre s p o n d a n c e ...................
Musée com m ercial (Exposition des corps
g r a s ) ................................................................

ABONNEMENT

206

Le Régime douanier colonial..............................
C hronique ...................................................................
Actes coloniaux o fficie ls ..........................................
Institutions connexes .................................................
Avis d ’a d ju d ic a tio n .................................................
Marché des Valeurs coloniales ...............................
Services maritimes postaux. . . ■ .......................

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36-90

fra n cs.

207
208
209
210
210
211
212

�IN ST IT U T

C O LO NIAL

M A R SE IL L A IS

Fonde sous le haut patronage de M. le M inistre des Colonies
P résid en ts

d 'h o n n e u r :

MM.

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Cliine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée.

Le
Le
Le
Le
Le

P réfet des Bouches-du-Rhône.
Maire de Marseille.
P résident du Conseil général.
R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de

la

Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

M em bres fo n d a te u rs :

MM.
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Bergasse . H. et C“. — B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — CharlesRoux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­
mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit L yon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C”. — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (Dr),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

M em bres

MM.

J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger , C. — C habrières , Morel et C“. - Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compacnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation IFraissinet &amp; C“). — Compagnie de
Navigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français.— Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien F abre &amp; C". — Crédit F’oncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour . Marius et Fils. — E strine , Lucien,

Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
F éraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem-

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — NOILLY PRAT &amp; C”. — N. PAQUET &amp; C". —
J. et A P avin de Lafarge. — R astit , Henri. —
Rocca, T assy et De Roux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi.

CONSEIL D'ADMINISTRATION :

Secrétaires : MM. Artaud, Adrien, Membre de la
Président : M. Desbief . Paul,

Président de la

Chambre ue Commerce.
Vice-Présidents : H eckel, E. fD'l. Directeur-Fonda­
teur du Musée Colonial; P onsinet , A., Chef du
Service Colonial : Dufay, Henri, Ancien VicePrésident de la Chambre de Commerce.

Chambre de Commerce, Président du Syndicat
des Exportateurs ; Barlatier , Paul, directeur
du « Sémaphore de Marseille ».
Trésorier : M. Armand, Albert, Membre de la
Chambre de Commerce. Président du Syndicat
Marseillais de la Marine Marchande.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane. J., Sous-directeur
du Comptoir National d’Escq.mpte de Paris à
Marseille.

M em bres :

MM.

MM.

Allest , J. (Dr), Administrateur-Délégué de la Com­

Léotard , Jacques, Secrétaire général de la So­

Arnaud, Lucien, Minotier.
Bergasse , Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie Marseil­

L ombard, Emiie, Membre de la Ch. de Commerce.
Martin -Laval F., Vice-Président du Syndicat des

pagnie Générale Transatlantique.

laise de Madagascar.
Blanc, E., Directeur de l’Exploitation de la Com­
pagnie des Messageries Maritimes.
Bohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
Administrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Rourdillon, A., Animateur.
Bry , G., Doyen de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufour , Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, J., Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
Estrine, L.. Vice-Président de la Ch. ue Commerce.
Fouque, Adolphe, Président honoraire du Syndicat
d’initiative de Provence.
Gaffarel, Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociant en cafés.
Joannon, A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
J ourdan, Félix, Juge au Tribunal de Commerce.

ciété de Géographie.

Exportateurs.

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

titut’colonial.

R astit , Henri, Industriel.
R odrigues-E ly, Amédée, Ancien

Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux. François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.

T e isseir e , Raymond, Avoué.
Usslaub , Léonce. Négociant.
Velten , Edouard, Membre-Secrétaire de la Cham­

bre de Commerce.
Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.

Yt ier , Louis,

Zarifi, Périclès, Banquier.
Délires . .)., Délégué du Conseil Municipal.

Rossi, Clément, Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol. Délégué du Conseil Général.
Eug. T alon, Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.

Secrétaire général: E. Moriceau, A dm inistrateur
en chef des Colonies en retraite.

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�N° 10

Deuxième Année.

1er Septembre 1908.

L'EXPANSION C O LO N IA LE^
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
____________________________________________________________________

Le Charbon dans nos Colonies
Les découvertes se'font si nombreuses de
jour en jour, dans notre domaine colonial,
qu’à peine un inventaire est-il dressé, qu’il
est déjà presque vieux ; et cela est d’autant
plus vrai qu’on s’adresse à des matières pre­
mières importantes par leur valeur ou par
leur utilité.
Certaines de nos colonies, déjà bien pour­
vues en métaux précieux,, s’efforcent d’éten­
dre de plus en plus le champ d’action de
leur industrie aurifère ; d’autres moins spé­
cialisées cherchent à compléter la liste de
leur inventaire minier, dans l’espoir que les
découvertes purement scientifiques les met­
tront sur la voie d’une utilisation pratique ;
d’autres enfin déjà largement exploitées lut­
tent tous les jours avec plus d’avantages
dans la concurrence du commerce mondial.
Or parmi les productions minérales qui se
placent an premier rang se trouve le char­
bon, l’un des facteurs essentiels de notre in­
dustrie et de notre civilisation modernes. Par
lui les chemins de fer créent des voies nou­
velles, percent la brousse et la forêt, avec lui
les usines s’ouvrent et transforment le mine­
rai en métal ; grâce à lui la colonie pourra
ne plus être considérée comme un produc­
teur de matières premières, mais comme
un producteur de produits manufacturés.
:k
¥

¥

La recherche du charbon a toujours été à
juste titre l’objet de la sollicitude des pros­
pecteurs. Quelques unes de nos colonies en
sont abondamment pourvues, quelques au­
tres n’ont pour l’heure que des espérances,
et une grande partie semble en être complè­
tement privée. C’est un résumé succinct de
cette importante question mais aussi com­
plet que possible dans son exiguité, que nous
désirons mettre sous les yeux des lecteurs de
l'Expansion Coloniale, en envisageant la

f
V * " ,- ?

question au triple point de vue : Dans quelle
colonie exploite-t-on le charbon ? Où devraiton l’exploiter ? Où faut-il le rechercher ?
Trois groupes correspondent à ces trois ques­
tions : l’Indo-Chine, la 'Nouvelle-Calédonie,
Madagascar-Algérie.
Depuis 1903, époque à laquelle nous avions
pour les Cours professés à l’Institut colonial,
dressé un inventaire des produits coloniaux
d’origine minérale, depuis 1906 même, où
nous résumions, dans un ouvrage fait à l’oc­
casion de l’Exposition coloniale, les efforts
faits dans notre empire, les découvertes ont
fait do grands progrès et si en réalité les
choses n’ont pas sensiblement changé pour
certaines colonies, les recherches ont été cou­
ronnées de succès pour notre domaine colo­
nial africain.
•*

**
L’Indo-Chine possède des mines de char­
bon importantes, qui d’après les documents
officiels de l’ancien gouvernement annamite
paraissent avoir été jadis ignorées ; mais de­
puis une trentaine d’années, les différentes
missions qui se sont succédées ont donné lieu
à des découvertes, dont quelques unes, en­
trées dans la voie de la réalisation pratique,
tiennent une des premières places dans le
commerce de la colonie.
Le Tonkin est la province dans laquelle
le charbon paraît pour l’heure actuelle être
le plus abondant, mais l’Annam possède
également des gîtes charbonniers impor­
tants dans les environs du port de Tourane.
Les bassins charbonniers du Tonkin sont
situés le long du fleuve Rouge, et sont bien
différents comme âge, qualité et cubage,
suivant qu’on considère ceux qui se trouvent
dans le bas Tonkin et ceux qui sont situés
plus haut dans la vallée. Bien que géologiqüement parlant ces charbons soient tous
des lignites, ceux qui sont situés dans les
bassins de Hong-Gay, Kébao, Dong-Trieu,
c’est-à-dire ceux de l’Est, sont des lignites
d’âge secondaire, appartenant à l’étage rhé-

�194

L’EXPANSION COLONIALE

tien, et peuvent être considérés comme de
véritables houilles en ce qui concerne leur
composition chimique ; elles contiennent en
effet :
Carbone .................................... 75 à 88 %
Matières volatiles .....................
7 à 15 %
Cendres des charbons en roche. 3 à 4 %
Cendres des charbons menus... 6 à 8 %
La moyenne calorifique est de 7.700 calo­
ries, celle du Cardiff étant 8.100.
Au contraire, les charbons du haut fleuve
Rouge sont des lignites d’âge beaucoup plus
récent, comme l’atteste la flore fossile qu’on
y rencontre ; ils appartiennent au tertiaire ;
leur composition est bien différente de celle
des charbons des gîtes situés plus à l’est et
leur qualité est sensiblement inférieure. Ils
peuvent être néanmoins d’une utilisation
pratique avantageuse, soit pour la fabrica­
tion du gaz, soit pour actionner les machines
des chaloupes à vapeur.
La puissance des couches de charbon ex­
ploitées par la Société française de charbon­
nages du Tonkin à Hong-Gay, dans la baie
d’Along, est de plus de 50 mètres, et leur cu­
bage permet une exploitation de très longue
durée ; les couches sont réparties en deux
systèmes superposés, celui de Nagotna et
celui de Hatou. Le personnel dirigeant est
uniquement composé d’Européens, mais la
main-d’œuvre est exclusivement indigène ;
elle se compose à la fois de coolies annami­
tes et chinois, les premiers plus dociles et
plus adroits sont plus spécialement affectés
aux travaux d’abattage de la houille, tandis
que les travaux de découvert proprement
dit, qui nécessitent plus de vigueur, sont ré­
servés aux Chinois.
La marche des affaires qui ressort des
'statistiques que nous fournissons plus loin,
indique non seulement la puissance de la
Compagnie mais sa bonne administration.
Les premiers travaux commencèrent, il y a
à peine une vingtaine d’années et ce n’est
que depuis 1893 que l’exploitation est sortie
de la période des installations, car il n’a pas
fallu moins de cinq années pour mettre au
point cette mine, dans une région où tout
était à créer pour l’extraction, le traitement,
le transport et l’embarquement des produits.
Malgré ces difficultés, et tandis que des
sociétés similaires suspendaient leurs paye­
ments, la production de Hong-Gay allait ra­

pidement en augmentant. Les chiffres d’ex­
traction depuis 17 ans sont les suivants :
Tonnes
2.212
1890 .............. ...........
7.411
1891 .............. ...........
18.772
1892 .............. ............
112.240
1893 .............. ...........
1894 .............. ...........
111.252
62.232
1895 .............. ............
103.519
1896 .............. ...........
1897 ..........................
117.713
1898 ..........................
204.024
'1899 ..........................
276.175
1900 ..........................
194.441
1901 ..........................
248.622
1902 ..........................
316.618
1903 ............... ..........
267.333
1904 ............... ..........
230.962
1905 ............... ..........
242.963
1906 ............... ..........
261.650
La Société ne se contente pas de la vente
du charbon ; elle a établi à Hong-Gay une
usine à briquettes, qui est installée suivant
les derniers perfectionnements de l’outillage
moderne. L’usine est munie de quatre pres­
ses, deux presses à double compression sys­
tème Bietri-Couffinhall, donnant des bri­
quettes de 5 k. 1/2, et deux presses à double
compression du système Middleton donnant
également des produits du même poids. Il
existe en outre une presse à boulets donnant
des ovoïdes de 40 à 150 grammes.
Les .briquettes ainsi fabriquées avec le
charbon de Hong-Gay sont de qualités sensi­
blement égales à celles de Cardiff et sont
utilisées par les bateaux à vapeur apparte­
nant tant à la marine de guerre qu’à la ma­
rine marchande. Les escadres françaises et
étrangères de l’Extrême-Orient, les Messa­
geries Maritimes, les Chargeurs-Réunis et
d’autres Compagnies de navigation font une
consommation importante de ce charbon,
qu’emploient également avec succès les che­
mins de fer indo-chinois.
Leur fabrication a suivi une marche crois­
sante depuis 1894 et s’élève aujourd’hui,
ainsi que la vente, à un chiffre annuel de
100.000 tonnes environ.
Jusque dans ces dernières années la vente
était limitée au Tonkin et à Hongkong, au­
jourd’hui la consommation de ces charbons
tend à prendre de l’extension et les chemins
de fer exploités, aussi bien que ceux en

�L’EXPANSION COLONIALE

195

construction et en projet, leur assureront un militeraient en faveur de la mise en exploi­
débouché d’années en années plus important. tation de ces couches.
Aujourd’hui, les charbons du Tonkin sont
La Nouvelle-Calédonie, bien qu’en majeure
appréciés depuis les détroits de la Sonde partie constituée par des roches anciennes
jusqu’au Japon et aux Philippines, malgré au N.-O.et par des serpentines au S.-E. (mas­
la concurrence qu’ils ont à supporter de la sif renfermant les riches gisements de ni­
part des charbons japonais, autrichiens, et ckel), n’est pas dépourvue de terrains sédide ceux d’Angleterre qui pénètrent dans les mentaires localisés dans le centre et occu­
mers de l’Extrême-Orient.
pant une grande étendue sur la côte Ouést.
Les principaux centres de vente sont : Pe- C’est dans les terrains sédimentaires, dont la
nang, Saigon, Hong-Kong, Canton, Swatow, série est loin d’être encore débrouillée, que
Fou-Tcheou, Shanghaï, Nagasaki.
se trouvent les bassins charbonniers, qui ap­
Comparées aux charbonnages du Tonkin, partiennent probablement au crétacé et cons­
les autres mines de Kébaofet du Dong-Trieu tituent desr amas alignés le long de la côte
ne représente qu’un bien faible tonnage, au nombre de sept, depuis Voh jusqu’à Nou­
mais ce n’en sont pas moins des mines extrê­ méa. Les plus considérables et les mieux
mement intéressantes, placées dans une ré­ connus sont ceux de Moindou, de la Nougion riche en métaux divers. Elles pourront doué et de Nouméa.
plus tard, quand la colonie sera assez déveSignalés en 1846 par le R. P. Montrouzier,
lopée pour devenir un centre industriel, lui ces charbons ne furent l’objet d’aucune re­
fournir un des éléments indispensables à la cherche sérieuse, puis, après diverses ex­
grande industrie.
ploitations effectuées en 1864 et en 1873, des
*
travaux de recherches furent exécutés ; dans
**
ces dernières années seulement ils ont été
L’Annam est, au point de vue des combus­ poussés activement, et les aménagements,
tibles, certainement moins bien partagé que notamment, dans le bassin proche de Nou­
le Tonkin ; les gisements reconnus à l'heure méa laissent bien augurer d’une exploitation
actuelle et présentant quelque intérêt, sont future. La réalité des charbons' néo-calédo­
situés dans la province du Quang-Nam ; ce niens ne peut plus dès lors être mise en
sont : les gisements de Nong-Son et de Vinh- doute et il ressort des travaux très sérieux
Phuoc. Situés sur la rivière de Tourane, les exécutés que les possibilités d’avenir se pré­
frais de transport jusqujà ce port se faisant sentent sous un jour tout à fait favorable au
par voie d’eau sont le plus réduit possible. double point de vue de l’exportation et de
Il existe à Vinh-Phuoc des charbons qui l’utilisation sur place.
tout en étant géologiquement des lignites
Comme on le sait, le minerai de nickel est
peuvent être considérés comme des houilles la principale richesse minière de l’île, qui en
qui auraient pu, pensait-on, remplacer dans exporte une moyenne annuelle de 120.000
les briquettes du Tonkin les charbons im­ tonnes ; or à l’heure actuelle ces minerais,
portés du Japon. Ce charbon avait en effet qui ne contiennent qu’une faible proportion
attiré l’attention par sa haute teneur en ma­ de métal, sont envoyés en Europe pour être
tières volatiles, comme l’attestaient les ana­ traités et de ce fait doivent payer un lourd
lyses effectuées sur des produits provenant fret pour une matière stérile qui sera rejetée.
de la surface, mais les travaux subséquents
Les conclusions de M. Glasser sont tou­
ont montré qu’il ne s’agissait là que d’un jours d’actualité, quand cet auteur ne voit
simple accident et que le charbon devenait un essor possible pour l’industrie du nickel
franchement maigre en profondeur.
en Nouvelle-Calédonie « que le jour où par
★
la « première fusion sur place du minerai,
**
« on résoudra la double question d’un abaisLa Nouvelle-Calédonie, comme nous l’a­ « sement notable du prix de revient et d’une
vons dit au début de cet article, est une co­ utilisation bien meilleure des gisements. »
lonie dans laquelle le charbon existe mais La présence du charbon rend possible la
dont les gisements n’ont pas reçu d’exploi­ mise en action de ces conclusions et on ne
tation, et pourtant de nombreuses raisons peut vraiment que souhaiter de voir s’établir

�196

L’EXPANSION COLONIAL:

■)

des fonderies, qui permettraient, en renver­ que la houille a été découverte (couches
sant le pourcentage, de n’envoyer en Eu­ de Gherassa et couches d’Haci-Ratma).
rope que des mattes riches titrant 97 et 98 % Ce système, caractérisé par lepidodende métal. On peut même entrevoir pour cette drons et calamites, que surmontent des
industrie vitale de notre France du Pacifi­ espèces caractéristiques Sphenopleris Bouque un avenir encore meilleur, du jour, où layi, etc., est d’un haut intérêt, car il
grâce à l’autre houille, la houille blanche montre, de l’autre côté de la grande fosse
formée par les chutes d’eau si abondantes méditerranéenne, la présence de dépôts ayant
dans l’île, ces mattes pourront être affinées une très grande analogie avec le terrain car­
sur place par les nouvelles méthodes élec­ boniférien d’Angleterre.
Tout en conservant une énorme part d’hy­
trolytiques. La colonie trouvera en elle-mê­
me, avec la matière première, tous les pothèse et d’inconnu, ces découvertes n’en
moyens de fournir au commerce mondial un constituent pas moins un fait d’un intérêt
métal qu’elle est presque seule à posséder.
capital, qui pourrait en Algérie transformer
la face des choses.
★
* •¥■

Madagascar et l’Algérie sont deux colonies
dans lesquelles la présence de la houille ex­
ploitable est encore dans le domaine hypo­
thétique, surtout en ce qui concerne la pre­
mière.
On ne doit guère fonder d’espérances sur
les couches de lignite qu’on a rencontrées
dans le nord de l’île, mais des découvertes
d’un grand intérêt ont été faites dernière­
ment dans le Sud, où on aurait rencontré
une empreinte de glossopteris, fougère très
abondante dans la flore fossile de l’hémis­
phère sud, et qui accompagne les gisements
de charbons australiens. Si la flore à Glos­
sopteris et à gangamopleris se rencontrait à
i Madagascar, on pourrait certainement fon­
der sur' elle de grandes espérances en ce
qui concerne la présence des charbons dans
l'île.
Enfin l’Algérie a été l’objet de découver­
tes extrêmement intéressantes, dues aux re­
cherches géologiques et paléontologiques
considérées à tort par le grand public com­
me une branche des sciences purement
spéculatives et presque sans portée pratique.
Les premières données de la présence de la
houille dans le Sud-Oranais remontent déjà
à quelques années, mais ont donné lieu dans
ces derniers mois à une étude plus appro­
fondie et à une note des plus importantes de
MM. Douville et ZeiHer (1).
Il est possible de distinguer dans le SudOranais quatre systèmes de couches appar­
tenant au carboniférien ; c’est dans l’étage
supérieur, appartenant au westphalien,
(1) Com ptes-rendus de l’Académie des Scien­
ces, 6, av ril 1908.

L. L a u r e n t ,
Docteur ès sciences,
Professeur à l'Institut Colonial.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
ACTES OFFICIELS

M. Klobukowski, gouverneur général de
l’Indo-Chine, a tenu, avant de rejoin­
dre le poste auquel vient de l’appeler la con­
fiance du gou/vernement, à visiter l’Institut
Colonial Marseillais.
Après avoir assisté à une séance extraor­
dinaire de la Chambre de Commerce, le
nouveau Gouverneur Général de l’Indo-Chine, accompagné de M. Paul Desbief, prési­
dent, de MM. Estrine et Sube, vice-prési­
dents et de MM. les Membres de la Chambre
s’est rendu rue Noailles, où M. Paul Desbief
lui a présenté M. Moriceau, secrétaire géné­
ral de l’Institut Colonial Marseillais et les
personnalités présentes.
M. Klobukowskt a successivement par­
couru le MuséeCommercial et l’Exposition
des Corps gras, dont il a fort loué l’excellente
présentation, puis le Musée Colonial et la
Société de Géographie, témoignant à main­
tes reprises l’intérêt qu’il prenait à cette
visite.
Un lunch était servi dans la salle du Con­
seil d’administration. M. Paul Desbief a re­
mercié M. Klobukowski de la précieuse
marque de sympathie qu’il voulait bien
donner à l’Institut Colonial Marseillais et
M. le Gouverneur Général s’est déclaré très
heureux d’avoir pu apprécier, dans ses dé­
tails, une œuvre dont il connaissait déjà la
haute et louable portée. Il a exprimé en ter­
minant le plaisir qu’il aurait toujours à faci­
liter dans la plus large mesure les efforts de
l’Institut.
Des gerbes de fleurs ont été offertes au
gouverneur général à l’intention de Mme et

�L’EXPANSION COLONIALE
de Mlle Klobukowski et l’éminent visiteur
s’est retiré en remerciant encore M. Paul
Desbief et le Conseil d’administration de
l’Institut Colonial pour la réception qui ve­
nait de lui être faite et dont il s’est montré
cordialement touché.
L’Institut Colonial Marseillais est heureux
d’offrir ses bien sincères félicitations à M. N.
Paquet, l’armateur marseillais, bien connu,
à l’occasion de sa promotion au grade d’Officier de la Légion d’honneur qui vient récom­
penser les grands services qu’il a rendus à la
cause française au Maroc.
M. N. Paquet est une des personnalités lés
plus sympathiques de l’armement marseil­
lais dont il dirige, avec la plus grande habi­
leté, une des principales compagnies.
Vice-Président honoraire de la Chambre
de Commerce, il avait tenu à s’inscrire, com­
me membre fondateur de l’Institut, dès sa
fondation ; par sa longue existence de travail
et d’honneur, M. N. Paquet a acquis la res­
pectueuse affection de tous ceux qui ont à
cœur le développement de l’influence fran­
çaise à l’extérieur.
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX

Le bureau du Conseil d’administration de
l’Institut Colonial Marseillais a tenu le 13
août, sa séance mensuelle, sous la Présidence
de M. P. Desbief.
Le bureau s’est occupé des affaires cou­
rantes ; il a pris connaissance de la corres­
pondance reçue et expédiée, il a adopté la
forme et le texte des affiches concernant
l’Institut expédiées le 22 août, dans cin­
quante-une gares de chemins de fer de Fran­
ce et d’Algérie ; il a égâlement pris des me­
sures pour adresser des exemplaires de ces
affiches aux Chambres de commerce de
France, à celles des colonies, aux Chambres
d’agriculture, aux agences des Compagnies
de Navigation, afin de les informer qu’il
existe à Marseille un organe de centralisa­
tion d’études coloniales et de répandre dans
la plus large mesure possible, la connais­
sance des services que peut rendre l’Institut
aussi bien au commerce métropolitain, qu’au
commerce colonial.
Nous tenons à ajouter à ce qui précède que
cette affiche a été accueillie avec la plus
grande faveur et que de nombreuses lettres
de remerciements nous sont déjà parvenues
au sujet de leur envoi.
Voici la liste des gares où elles sont en
cours d’affichage :
Dunkerque ; Le Havre ; Cherbourg ; Nan­
tes : Saint-Nazaire ; Bayonne ; BordeauxSaint-Jean ; Grenoble ; Guloz ; Valence ; Ro­
mans ; Salon ; Carpentras ; Lille ; Roubaix ;
Tourcoing ; Dijon ; Pontarlier ; Lyon-Perrache ; Besançon-Ville ; Orléans ; Toulouse-

197

Matabiau ; Cette ; Nîmes ; Perpignan ; Nar­
bonne ; Avignon ; Cavaillon ; Tarascon ;
Pertuis,; Apt ; Miramas ; Marseille; Ambagne ; Toulon ; Grasse ; Monte-Carlo ; Salernes Sud-France ; Draguignan ; Les Arcs ;
Cannes ; Nice ; Menton ; Roquevaire ; Alger ;
Oran ; Philippeville ; Bougie ; Bône ; Tunis.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Du 24 juillet au 7 août, le Bureau de Ren­
seignements a reçu notamment les visites
suivantes :
1° M. A. M., représentant de la Sociéié
anonyme du Mas de la Ville, à Arles, a de­
mandé les débouchés que pourrait trouver à
l’étranger ou dans nos colonies, le vin sans
alcool que produit cette société.
Il ne paraît pas que ce produit puisse
s’écouler avantageusement dans nos colo­
nies; mais il y aurait lieu de le proposer, soit
dans les pays musulmans, soit aux sociétés
de tempérance, assez nombreuses en Angle­
terre, en Amérique et dans certains pays du
Nord de l’Europe ;
2° M. E., de Marseille, a demandé des ren­
seignements sur la soie du Betsiléo.
Les bombyx (Borocera madagascariensis,
landibé landikely en malgache) qui produi­
sent cette soie,très employée pour la fabrica­
tion des lambas de funérailles et même des
vêtements Européens, vivent sur plusieurs
plantes de Madagascar, notamment sur l’ambrevade (Cajanus Indica) et le Tsitoavina
(Dodonea Madagascariensis).
On en trouve une espèce vivant sur les
afiafis, qui poussent comme les palétuviers,
dans les terrains salés des bords de la Betsiboka.
La récolte des cocons d’afiafi est affermée
tous les ans, à Majunga, en adjudication pu­
blique et fournit à la colonie, un revenu
d’environ 7.000 francs ; le commerce en est
fait par des Indiens qui dirigent les cocons
récoltés sur Tananarive, où ils sont estimés,
presqu’autant, sinon plus, que les cocons
récoltés sur l’ambrevade.
La soie fournie par ces divers cocons est
d’un gris brun sale, prend bien la teinture ;
elle fournit des fils très solides : le prix
moyen des cocons est à Majunga de ,3 à 4
francs le kilo.
Le Musée commercial de l’Institut Colo­
nial Marseillais en possède plusieurs bo­
caux dans la vitrine de Madagascar.
La chrysalide de ces bombyx est d’un brun
rouge assez foncé et constitue pour les indi­
gènes. un mets fort délicat.
3° Le 30 juillet un groupe important de
membres de la « Semaine Sociale » est venu
visiter l’Institut, sous la conduite de M. Ré­
né Pinon, l’éminent écrivain de la Revue des
Deux-Mondes. Le secrétaire général a con­
duit les visiteurs .dans les divers servioes. de
l’Institut, ainsi qu’à la Société de Géogra-

�198

L’EXPANSION COLONIALE

phie dont M. Léotard leur a fait les hon­
neurs.
Le groupe a été fort intéressé par les ren­
seignements très complets que lui a fournis
le Secrétaire général sur le but et le fonc­
tionnement de l’Institut Colonial Marseil­
lais.
M. Moriceau s’est particulièrement atta­
ché à lui signaler l’utilité de faire connaître
dans toute la France l’existence d'une société
dont le but essentiellement patriotique est de
développer de plus en plus les relations éco­
nomiques entre la France et ses Colonies,
par la divulgation de la connaissance des
immenses ressources de toutes sortes, que
possèdent nos établissements, dont la popu­
lation de 40 millions d’âmes doit être un de
nos plus importants débouchés. Par l’enseignement pratique donné aux
cours coloniaux, fondés par la Chambre de
Commerce, par son Musée Colonial, par son
Musée commercial, par les Expositions spé­
ciales qu’il organise et dont l’Exposition ac­
tuelle des corps gras donne une heureuse
idée, l’Institut Colonial Marseillais est cer­
tes, au premier rang des établissements si­
milaires en France et deviendra très rapide­
ment, lorsqu’il sera mieux connu, lorsque
ses ressources lui permettront de posséder
un grand jardin colonial, des laboratoires
d’études des produits coloniaux, des collec­
tions mises à jour de toutes les productions
utilisables de nos colonies, une bibliothèque
coloniale pratique, un des premiers de l’Eu­
rope. M. Réné Pinon a remercié le secré­
taire général de ses explications et a rendu
hautement hommage à la clairvoyance et à
l’initiative de la Chambre de Commerce de
Marseille et de son Président, qui ont su
créer en aussi peu de temps une institu­
tion dont l’utilité est incontestable et qui
aidera puissamment le commerce français
lorsqu’on se décidera enfin chez nous à tirer
un parti avantageux de notre admirable
domaine colonial.
4° Le lendemain. M. H. G., professeur à
l’école de la Salle à Lyon, qui avait fait par­
tie du groupe de la Semaine Sociale,cité plus
haut, est venu demander au secrétaire géné­
ral, les indications sur le placement dans nos
colonies, des jeunes gens sortis de son école.
L’instruction qui y est donnée est essen­
tiellement pratique, les élèves appartiennent
pour la plus grande partie à des familles
de commerçants ou industriels aisés et pour­
raient fournir un élément très intéressant de
colonisation.
M. Moriceau lui a fait observer que les
situations d'’employés de commerce aux co­
lonies, sont assez rares, la tendance des né­
gociants étant de plus en plus portée, au re­
crutement sur place de leur personnel; c’est
donc vers la création d’affaires nouvelles
que ces jeunes gens devraient être orientés,

vers la culture, l’élevage, l’exploitation des
mines, des forêts...
C’est mettre la charrue devant les boeufs
que de chercher des emplois dans des pays
neufs, où le commerce naît à peine et où il
est di’autant plus restreint qu’il s’est pour
ainsi dire, borné à satisfaire aux besoins des
administrations et des troupes, à acheter et
revendre des produits naturels préparés par
les indigènes dans la mesure où ils ont be­
soin de travailler, pour payer leurs impôts et
acheter les quelques objets qui leur sont
indispensables. Or, toutes ces affaires sont
limitées, les bénéfices quelles peuvent pro­
curer sont en outre bien diminués par la
concurrence que les négociants se font entr’-eux, car il faut reconnaître que leur nom­
bre est parfois exagéré. Pour qu’il y ait des
emplois, il faut qu’il y ait des affaires et il
appartient aux jeunes gens de la classe aisée
qui se font si difficilement une carrière en
France de les créer.
Il y aurait donc intérêt à engager ces jeu­
nes gens à former, avec l’appui de leurs pa­
rents et de leurs amis, de petites sociétés
amicales pour entreprendre des cultures ou
des exploitations industrielles dans nos
colonies. Il importe toutefois de compléter
leur instruction technique en France d’a­
bord, chez un colon ensuite et de les armer
sérieusement à tous les points de vue avant
de les lancer dans des créations toujours dif­
ficiles et qui exigent beaucoup de qua­
lités intellectuelles et morales car elles ne
sont pas une œuvre de tradition.
Tant de cultures sont à entreprendre aux
colonies : celles du coton, de la ramie, de la
soie, du café, du cacao, du caoutchouc,que le
champ ouvert à leur activité est immense !
Ces petites sociétés n’ayant que des frais gé­
néraux insignifiants, le propriétaire mettant
lui-même la main à la pâte sont assurées du
succès, si elles sont menées avec économie,
avec persévérance. Peu à peu s’établira ain­
si, dans nos colonies, un puissant élément
d’ordre et*de travail.
Le commerce augmentera naturellement
avec le développe,ment des cultures et des in­
dustries locales et alors des situations seront
possibles pour les jeunes gens moins favo­
risés de la fortune. Mais envoyer ces der­
niers, sans argent, aux colonies, avec l’es­
poir qu’ils s’y débrouilleront toujours, sui­
vant un mot bien français c’est les condam­
ner à y trouver un sort pire que celui auquel
ils voulaient se soustraire.
C’est ainsi qu’ont procédé autrefois de
jeunes Marseillais qui ont créé, en Orient,
aux Antilles, sur la côte occidentale d’Afri­
que, d’admirables établissements ; ils s’ap­
puyaient sur leurs familles et leurs amis
restés en France ; ils créaient à leur tour,soit
dans leur résidence, soit plus loin, de nou­
velles maisons qui propageaient-, de la façon
la plus efficace, l’influence française, au

�L’EXPANSION COLONIALE

199

grand profit de notre commerce et pouvaient encore par les troupes en campagne, aux­
alors offrir des situations à leurs camarades quelles elle fournirait, sous un volume très
moins fortunés.
réduit, et sous une forme agréable, des res­
C’est ainsi que les Anglais ont fait l’Aus­ sources précieuses ;
tralie et la Nouvelle-Zélande, c’est ainsi que
6° M. M., propriétaire d’un important do­
les Allemands ont créé leurs remarquables maine sur la frontière oranaise du Maroc, a
plantations du Venezuela, du Centre Améri­ demandé des renseignements sur les cultu­
que, du Brésil, etc. L’esprit de méthode^ si res de grand rendement qu’il y pourrait en­
caractérisé chez les Allemands, a donné treprendre. Son terrain est riche, facilement
toute sa mesure dans cette expansion an irrigable, la main-d’œuvre se recrute aisé­
dehors de la bourgeoisie allemande : il a ment, mais est, à tout prendre, assez irrégu­
abouti à un admirable résultat et cependant lière ; il lui a été recommandé de faire des
.c’est un français qui a écrit le Discours sur essais de ricin, de coton, de sizal, de cam­
phriers, de mûriers, pour l’élevage des
la Méthode.
La belle vie coloniale, au grand air, avec vers à soie ; plusieurs machines agricoles
la confiance en soi que donne la responsabi- * d’un usage courant aux Etats-Unis lui ont été
lité de son avenir, avec la satisfaction que indiquées, dans ce but de suppléer, le cas
l’on éprouve à faire œuvre utile et person­ échéant, à la pénurie de main-d’œuvre ;
7° M. G., à Toulon, désirait connaître si
nelle, est à coup sûr, mille fois préférable à
la monotonie de l’existence dans un bureau l’apiculture aurait des chances de succès
quelconque si doré qu’il soit.
dans nos colonies.
Jusqu’à ce jour, l’éleyage des abeilles n’y
Si la faible natalité française ne nous per­
met pas de fournir un fort contingent à l’é­ a été pratiqué que très accidentellement et
migration, nous pouvons cependant diriger sans but commercial. Cependant, les ruches
sur nos colonies un élément dont la qualité sauvages abondent dans la plupart de nos
n’est inférieure à aucune autre : d’ailleurs, colonies ; la Nouvelle-Calédonie, en raison
la certitude que les enfants des familles ai­ de l’abondanice des fleurs de lantana de
sées pourront trouver dans nos colonies de cassie, de niaouli et autres que l’on rencon­
larges moyens d’existence, si leurs parents tre partout, pourrait offrir des avantages à
les aident dans une mesure convenable, un apiculteur, car le miel qu’elle produit est
n’est-elle pas de nature à accroître cette na­ délicieux, mais le débouché qu’il pourrait
talité, et à mettre un terme à des calculs que trouver, en Australie, semble assez restreint.
En cherchant surtout à produire de la cire,
semble malheureusement justifier, la diffi­
il y aurait lieu d’y acclimater une espèce re­
culté de la vie en France ?
5° M. D., propriétaire à Oriol-les-Eaux marquable, Tapis dorsata,que l’on rencontre
(Isère) a cherché des renseignements sur le. dans toutes les îles de la Sonde. Cette abeille
fromage fabriqué en Chine avec les graines vivrait certainement en Nouvelle-Calédonie
des haricots fournis par le soja hispida. mais elle est extrêmement farouche, difficile
Ce fromage,connu sous le nom de tofou, for­ à manier et ce n’est pas sans de cruelles pi­
me en Chine et au Japon, la base de la nour­ qûres qu’elle permet de disposer de son tra­
riture du petit peuple, tant à cause de.sa va­ vail ;
8° M. Moinard, le négociant bien connu de
leur réelle comme aliment qu’à cause de la
Diego-Suarez (Madagascar), débarqué du
modicité de son prix d’achat.
Il,est extrêmement facile à fabriquer. Six Natal, le 14 août, s’est rendu à l’Institut dès
kilogs de haricots donnent de 20 à 25 kilos de son arrivée à Marseille-; il a donné de très im­
fromage et 13 kilogs de tourteaux. Le mor­ portants renseignements sur la situation des
ceau de fromage pesant environ 100 gram­ mines d’or du Nord de l’île. Les travaux de
mes se vend 2 sapèques (il faut 80 sapèques recherches donnent de beaux résultats, l’é­
pour faire 25 centimes) soit 0 fr. 06 le kilo. tendue des gisements est considérable. Leur
Le soja est très oeu cultivé dans nos colo­ régularité semble s’affirmer. On se trouverait
nies : l’importance de sa culture et de son en présence d’un système de filons bien défi­
emploi sera suffisamment démontrée, si l’on nis. Un daim de recherches a été vendu, der­
sait qu’en 1903 'le seul port de Newtchwang, nièrement, 100.000 francs, à un ingénieur an­
principal exportateur de Mandchourie, a glais ; la production d’or augmente tous les
exporté, d’après les statistiques des douanes jours, mais il importe aujourd’hui de sup­
impériales chinoises, 196.680 tonnes de grai­ pléer par des machines à l’insuffisance de la
nes de soja, 273.000 tonnes de tourteaux, main-d’œuvre, trop peu abondante pour
6.000 tonnes d’huile et que la production satisfaire à une exploitation sérieuse des
moyenne annuelle du Japon est de 5 à 7 mil­ gisements reconnus.
Il est fort à souhaiter, pour l’avenir de Ma­
lions d’hectolitres.
Il serait à désirer que la culture de cette dagascar, que M. Moinard réussisse à fonder
plante se répandît dans nos colonies et même la Société d’études et d’exploitation-qu’il se
en France, car elle fournit un aliment des propose de créer et qu’il y trouve lui-même
plus substantiels, qui pourrait être utilisé la récompense des longs efforts qu’il a faits
non seulement par les pauvres gens, mais . pour développer les affaires de notre colonie.

�200

L’EXPANSION COLONIALE

9° M. F. W. S., planteur à Mombassa (Est
Africain Anglais) a demandé à se procurer
des bulbilles de sizal. Il s’était adressé pour
en avoir à Daar-es-salam, mais le Gouverne­
ment allemand frappe d’un droit extrême­
ment élevé la soptie de chaque bulbille ; il
lui a été recommandé de faire une demande
au Gouvernement général de l’Algérie. M.
F. W. S. s’est décidé à se rendre lui-même à
Alger pour visiter d’abord notre belle colo­
nie et ne serait pas éloigné de s’y fixer, pour
entreprendre la culture de ce textile, les dif­
ficultés de transport, celles de la main-d’œu­
vre, rendant très aléatoires les chances de
succès des cultures à Mombassa ;
10° M. M., négociant à Alexandrie (Egyp­
te) s’est renseigné sur les huiles d'abrazzin
de Chine, dont le Bulletin a déjà entretenu
ses lecteurs : il a été fort intéressé par les
soieries indo-chinoises exposées au Musée
commercial et dont les couleurs et les qua­
lités conviennent, en tous points, au marché
égyptien. Des noms de négociants en soieries
lui ont été fournis et il est possible qu’un
courant d’affaires assez important s’établisse
pour cet article entre notre grande colonie
d’Extrême-Orient et l’Egypte ;
11° M. E. M., entrepreneur de travaux du
chemin de fer du Yunnan, ayant terminé
son contrat, a demandé des renseignements
sur les travaux de chemins de fer dans nos
colonies. Il se dispose à s’occuper de travaux
sur la voie ferrée en construction en Abys­
sinie.
— La ramie fournit une des meilleures
fibres connues ; jusqu’à ce jour la filasse, dé­
signée sous le nom de China grass, était pré­
parée à la main par les Chinois et aucune
machine n’avait encore été trouvée pour
décortiquer les tiges de façon à fournir une
filasse marchande.
D’innombrables essais avaient été tentés,
qui tous ont à peu près échoué, la filasse
fournie était écrasée et ne donnait après le
dégommage des fibres que des produits inu­
tilisables.
M. Michel, propriétaire en Indo-Chine, a
fait à l’Exposition d’Electricité, en présence
de représentants de divers ministères, des
essais de décortiquage avec une machine de
son invention qui constitue un réel progrès
sur ses devancières.
La fibre obtenue n’a pas la valeur des
fibres décortiquées à la main, mais M. F., le
très distingué propriétaire des filatures de
ramie d’Entraigues, le fondateur de l’indus­
trie de la ramie en France, s’est offert à
acheter, moyennant une réduction de 10 %
sur le prix de la fibre décortiquée à la main
toute la fibre qui lui serait présentée, décor­
tiquée par les machines Michel.
L’importance des produits obtenus avec
les fibres de ramie est très grande, on en fait
des étoffes remarquables, des dentelles très
fines, etc. ; la ramie est la matière première

des manchons à incandescence. Cette plante
dont on peut obtenir, dans nos colonies jus­
qu’à quatre coupes par an, mériterait d’y
être cultivée en grand.
#
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
E x p o s itio n de C a o u tc h o u c

Lettre adressée par le Président de l'Institut
Colonial à MM. les Gouverneurs généraux,
Gouverneurs, Présidents de Chambre de
Commerce et d'Agriculture aux Colonies.
« Marseille le 31 août 1908.
« Monsieur le......
« Notre grande salle des Cours Coloniaux
est affectée pendant les périodes de vacances,
à dés Expositions Coloniales spéciales, fai­
sant ainsi entrer les leçons de choses, dans
notre enseignement colonial.
« En ce moment, période des grandes va­
cances, ce sont les Corps gras, qui occupent
notre salle : toutes les graines oléagineuses,
les matières grasses animales, les huiles con­
crètes, les plantes exotiques ou indigènes,
fournissant des fruits oléagineux, s’y trou­
vent réunies et mettent une fois de plus en
lumière, l’extrême importance de la produc­
tion coloniale française en matières grasses,
et l’utilité qu’il y a, de défendre l’importance
de notre marché de graines oléagineuses
rayonnant sur l'Europe entière, contre les
attaques incessamment renouvelées d’une
protection exagérée.
« Nous vous envoyons un numéro du Jour­
nal des Colonies, contenant un cliché, qui
vous donnera une idée de cette Exposition,
dont des tableaux, des graphiques, des plan­
tes vivantes et des conférences, permettent
au public de tirer tous les enseignements.
« L’Institut Colonial Marseillais cherche
à éveiller l’attention de nos colonies sur des
matières premières abondantes, d’exploita­
tion facile, et susceptibles de donner aux
populations les ressources dont elles ont be­
soin, et en conséquence de développer le
commerce local.
« il cherche à seconder les vues des Admi­
nistrations coloniales, qui considèrent, a
bon droit, dans nos colonies nouvelles l’in­
digène, comme un colon tout trouvé, plus
apte que l’Européen à tirer parti, sans inter­
vention de capitaux, de l’immense quantité
de matières premières utiles à l’industrie
que l’on rencontre dans nos établissements,
mais auxquelles il est nécessaire d’offrir un
débouché avantageux.
« Les matières premières coloniales sont
très nombreuses ; il nous a paru que nous
devions aujourd’hui la préférence au caout­
chouc et à la gutta, auxquels notre prochai­
ne Exposition sera- consacrée.
. « Notre pays a reçu en 1906, 12.372.642

�L’EXPANSION COLONIALE
kilos de caoutchouc pour une valeur de
142.285.383 francs. Sur ce chiffre la part de
nos colonies s’élève à 3.709.525 kilos pour
une valeur de 37.540.393 francs.
« L’Afrique Occidentale, qui, il y a vingt
ans, ne produisait pour ainsi dire pas de
Caoutchouc est aujourd’hui, Congo compris,
le second fournisseur de la France, dans
l’ordre de l’importance et deviendra bientôt
le premier, grâce à la continuation des
efforts qui ont déjà donné de si heureux
résultats.
« Le débouché ne peut que s’accroître,
étant donnés le développement de l’indus­
trie automobile, l’extension de celle des appa­
reils électriques et les innombrables articles
pour lesquels le caoutchouc est employé. La
place à prendre est donc très belle pour
toutes nos colonies productrices de caout­
chouc.
« Non seulement nous espérons, des leçons
de choses données par nos Expositions, un
enseignement général profitable à la produc­
tion coloniale et à l’industrie nationale, mais
encore une indication très suggestive, pour
les capitaux métropolitains, auxquels il
importe de montrer d’une façon constante,
combien ils fructifieraient aux colonies et
les beaux revenus que peuvent leur offrir
nos possessions.
« Toutes nos branches d’activité : arme­
ment, constructions mécaniques, commis­
sion, etc. seront édifiées par nos Expositions
spéciales, consacrées, soit à un produit tiré
de la plupart de nos colonies, soit à l’entière
production de l’une de nos possessions, sur
l’intérêt qu’elles peuvent trouver au trafic
de ce produit ou de ce pays.
« Nous vous serions très vivement recon­
naissants de nous faire parvenir des échan­
tillons d’un kilo environ, de toutes les varié­
tés de caoutchouc et de gutta, produites par
votre colonie ainsi que :
« 1° Des cartes sur lesquelles seront mar­
quées d’une façon apparente les régions
caou te h ou t ifèr es.
« 2° Des graphiques montrant le dévelop­
pement de la production et de l’exportation.
«3° Les relevés de douane, indiquant les
' dirèctions prises par le caoutchouc produit.
« 4° Les ouvrages et monographies rela­
tifs au caoutchouc et à la gutta, aux planta­
tions, aux essais de culture de nouvelles
espèces.
« 5° Quelques photographies faisant con­
naître les diverses manipulations du latex.
« 6° Enfin nous désirerions pouvoir mon­
trer des échantillons des diverses fraudes,
que l’Administration s’emploie à empêcher,
dans l’intérêt de la provenance, à savoir :
mélange de terre au latex, incorporation aux
boules de caoutchouc de cailloux, de bois,
terre, etc.
« Nous attacherions le plus grand prix à
avoir également, en vue de frapper davan­

201

tage les yeux de nos visiteurs, des plantes
' caoutchoutifères vivantes, ou en cas d’im­
possibilité, des reproductions photographi­
ques, ou des aquarelles de vos diverses va­
riétés à chaque période de culture ; avant,
pendant et après les saignées.
« Nous avons déjà réuni dans nos vitrines
coloniales un très grand nombre d’échantil­
lons de caoutchouc et de guttas, provenant
de l’Exposition Coloniale de 1906 ; mais nous
tenons à présenter un ensemble mis à jour
et aussi complet que possible.
« Cette Exposition sera entièrement gra­
tuite. L’Institut Colonial en prend l’initiative
et en assume la dépense, bien qu’il n’ait en­
core été honoré que de deux subventions
qu’ont bien voulu lui accorder les Gouverne­
ments généraux de lTndo-Chine et de l’Afri­
que Occidentale. Nous nous permettons de
vous demander de nous adresser franco
quai'Marseille, les différents objets destinés
à notre Exposition ; nous ne doutons pas que
les Compagnies de Navigation ne vous accor­
dent une large réduction des frais de trans­
port, d’ailleurs assez réduits, car il ne s’agit
pas là d’objets encombrants.
« Nous vous serions extrêmement obligés
de nous faire connaître, le plus tôt qu’il vous
sera possible, si vous voulez bien nous don­
ner votre concours. Nous avons à prendre
plusieurs dispositions pour organiser notre
Exposition car nous tenons essentiellement
à ce qu’elle réponde en tous points, au but
que nous poursuivons et qu’elle porte tous
ses fruits.
« En conséquence les objets destinés à
l’Exposition devraient nous parvenir avant
le 31 mars prochain.
« Nous nous attacherons à donner à cette
Exposition le plus grand retentissement dans
le monde colonial industriel, commercial
et financier ; aussi nous espérons que vous
voudrez bien collaborer à notre oeuvre toute
patriotique et désintéressée de vulgarisation
continue et progressive de tout ce qui con­
cerne nos colonies, leurs ressources et .leur
avenir économique.
« Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance
de notre haute considération.
« Signé : Paul D e s b i e f . »
—E3—
Lettre adressée à M. Rouquerol,
Membre correspondant de l'I. C. M.
à Tunis.
Cher M onsieur,
J ’ai appris, avec g ra n d plaisir, que vous
aviez obtenu g ain de cause po u r l’introducitpn
des m aniocs en Tunisie ; cette plante vous
donnera d’excellents résu ltats ; elle est su rto u t
in téressan te a u point de vue de la production
de l’alcool industriel, qui rem p lacerait a v a n ta ­
geusem ent en F ran ce et chez vous les c h a r­
bons, pétroles et essences diverses que nous
tiro n s presqu’entièrem ent de l’étran g er.
Il fau t espérer que les règlem ents perm et­
tro n t u n jo u r aux F ra n ç a is de p ro d u ire Ta!

�L’EXPANSION COLONIALE

202

cool in d u striel à bon m arché, car c’est seule­
m en t s’il est à u n p rix in férieu r au pétrole
q u ’on, p o u rra l’em ployer p o u r le chauffage et
l’éclairage.
Le m anioc donne un rendem ent considéra­
ble eh alcool : 100 kilos de racin es desséchées
donnent 4-0 litres d’alcool à 90° et comme on
peut com pter su r une production m oyenne de
10.000 kilos de racines sèches à l’hectare vous
voyez quels av an tag es présente cette culture.
S ouhaitons q u ’elle ajoute un n o u v e a u . fleu­
ro n à la couronne des richesses tunisiennes.
Il est une au tre plante su r laquelle j’appelle
toute votre atten tio n : c’est le soja hispida,
h arico t dont les Jap o n ais et Chinois tire n t une
p artie de leu r n o u rritu re , qui fo u rn it une huile
comestible, enfin des to u rteau x serv an t à l'en­
g raissem en t du bétail et aussi d’engrais.
On fabrique en Chine avec le soja u n fromge dit Tofou qui est la n o u rritu re de la classe
pau v re en Chine et au Japon. C’est u n alim ent
très riche en azote et son p rix de 0 fr. 06 le
kilo le rend accessible à tous les pauvres gens.
II fa it p a rtie de la ra tio n dés arm ées jap o ­
naise 'et chinoise et en F rance, où les pauvres
ont ta n t de difficultés à se p ro cu rer de la
viande ou des alim ents substantiels, le tofou
re n d ra it certainem ent d’utiles services.
On a appelé le soja la viande végétale et
cette g rain e m érite son titre!
. Une sorte de biscuit faite avec des to u r­
teaux de soja et diverses substances a été es­
sayée p o u r l’alim en tatio n des chevaux de no­
tre cavalerie et a donné de bons résu ltats.
Il y a u ra it donc in térêt à p ro p ag er une cul­
tu re qui a ssu re ra it à vos indigènes une excel­
lente n o u rrritu re , à vos bestiaux u n bon ali­
m ent et enfin, tro u v e ra certain em en t u n débou
ché en F ran ce le jo u r où les q u alités incontes­
tables du soja sero n t m ieux appréciées.^
Veuillez agréer, cher M onsieur, l’assu rance
de mes sentim ents très distinguées et dévoués.
Signé : P a u l D e s b ie f .

—13—

Lettre adressée à M. Cavle,
Membre correspondant de VI. C. M.
à T an an ariv e.
• M onsieur,
Le d ern ier m anifeste du Natal porte 97 cais­
ses-d e cristal de roche à destin atio n de Lon­
dres. .
A utrefois, M ad ag ascar exportait une q u a n ­
tité im p o rtan te de q u artz h y a lin et tous les
m usées d’Europe possèdent, u n ou plusieurs
trè s gros échantillons de ce m in e ra i p ro v en an t
de notre colonie.
Il se ra it utile de con n aître si' cette dernière
expédition est sim plem ent u n essai ou si elle
doit être suivie d’une exportation régulière.
La F ran ce consomme une q u an tité im portante
de cristal de roche p o u r la lu n etterie, la fa b ri­
cation de p ierres fausses, etc. ; le c rista l de
M adagascar a g énéralem ent une teinte b leu â­
tre qui dim inue sa valeur, néanm oins les cris­
taux de roche de cette provenance, atteig nent
:des prix de 2 fr. 50 à 3 fr. 50 le kilo, su ivant
grosseur et pureté. Je Vous se ra i très-o b lig é
de' bien vouloir nous ren seig n er su r cet envoi
et -sur l’avenir que vous croyez réservé aux
cristaux de roche de M adagascar, ,
Veuillez agréer, M onsieur, avec mes rem er­
ciem ents, l'assu ran ce de m a considération très
distinguée.
Signé : P a u l D e s b i e f .-

LETTRES DE NOS CORRESPONDANTS
A lg é rie .

De M. Tros, agent de la Compagnie Générale
Transatlantique, à Bougie.
Bougie, le 22 ao û t 1908.
L’arro ndissem ent de Bougie p ro d u it en
quan tités très im portantes des huiles d’olives
comestibles et lam pantes. La. q u an tité expor­
tée en 1907 dépasse 1.769.000 kiiogs.
Les. vins, figues, caroubes, lièges en balles,
alfas et m in erais ont été exportés dans les
conditions suivantes :

Vins ................... .....
Figues ................ .....
Caroubes ..................
Lièges .......................
Alfas ................... .....
Minerais :
Phosphates ........ .....
F er ...................... .....
Cuivre .................
Zinc .................... .....
Plomb .................

99.588 hectolitres
- 6.346 tonnes.
J)
1.522
2.224
».
»
1.138
39.339
52.535
173
22.152
98

)) •
))
))
))
»

La plus g ran d e p artie du commerce extérieur
se fa it su rto u t avec M arseille et Cette. Les
ports de Bordeaux, Nantes, La Pallice, Rouen,
Le H avre, D unkerque, sont en relations m oin­
dres ; m ais le trafic tend à devenir plus im por­
tan t, su rto u t avec N antes, en raiso n des confi­
series de poisson que l’on y p rép are, les huiles
de Kabylie étan t très appréciées et les négo­
ciants les p référan t de plus en plus aux huiles
d’origine italienne.
Avec Je Nord, et notam m ent D unkerque, le
trafic a augm enté sensiblem ent,/ les produc­
teu rs trouvant, p araît-il, u n m eilleur placem ent
po u r leurs huiles lam pantes et ue graissage.
D u ran t toute la cam pagne écoulée les huiles
comestibles ont été vendues à des prix v a ria n t
entre 105 et 110 fran cs et. les huiles lam pantes
entre 80 et 85 francs.
L’année 1908 s’annonce productive dans toute
la région et, à p a rt quelques exceptions où les
récoltes ont été quelque peu endom m agées p a r
une récente invasion de sauterelles, on peut
prévoir une bonne exportation pour 1908 pour
tous les produits.
La construction,actuellem ent à l’étude, d’une
voie ferrée desservant les localités situées entre
Sétif et B o u g ie , fa c ilitera de beaucoup les
tra n sa c tio n s avec l’in té rie u r et la Métropole
et ne fe ra qu’aug m en ter considérablem ent, en
même tem ps qu’il le facilitera, le trafic de toute
la région.

"V

T u n is ie . — E s s o r m in ie r.

METAUX (suite)
De M. G. Rouquerol, m em bre correspondant
de VI. C. M.. à Tunis
Djebel Ressas
Le Djebel R essas ou m ontagne de plomb, à
28 kilom ètres de T unis, est ain si que je l’ai
déjà indiqué, exploitée depuis la plus h au te
antiquité, m ais l’exploitation, après des oscil­
lations fréquentes, é tait presque tombée à
n éant, quand, en 1868, u n Ita lie n fo rt in telli­
gent et influent à la Cour du bey, M. le b aron
de Castelnuovo, qui fu t ensuite député au par-

\

�L’EXPANSION COLONIALE

203

lem ent italien , obtint la concession de cette
L’exploitation actuelle a donné, ju sq u ’au 1er
mine.
jan v ier 1906, 60.000 tonnes de calam ine, 33.000
Les bénéfices devaient être p artag és entre le
tonnes de terres calam in aires et 11.000 tonnes
bey et le concessionnaire. Cette clause fo rt oné­ de galène.
reuse fu t atténuée p a r la convention du 24 avril
L’exportation se fait p a r la ligne : P o n t da
1877 qui réd u isit à 10 % du p ro d u it b ru t, p a y a­ T rajan-T unis et l'em barquem ent à Tunis.
ble en n a tu re la redevance due au gouverne­
Sidi Ahm ed
m ent T unisien ; néanm oins, dé 1890 à 1896, je
crois, l’exploitation fu t abandonnée.
Le gisem ent de Sidi Ahmed est concédé à la
Mais, en 1899, u n F ra n ç a is, M. Octave Che­ Com pagnie Royale A sturienne de Bruxelles, il
m in, acquit les droits du baro n de Castelnuovo
est situé à 40 kilom ètres au Nord de Béjà.
et p u t faire réd u ire à cinq p our cent la reder
Les trav au x d’in stallatio n qui ont été faits
vance à payer.
i sont considérables.
D’a u tre p a rt, m oyennant le paiem ent d’une
L’exploitation a donné ju sq u ’à ce jo u r :
som m e de 62.500 francs, nortée plus t a r d ; à
25.000 tonnes de calam ine calcinée et 12.500 to n ­
100.000, la direction des trav au x publics s’en­ nes de m in erai de plomb.
gag eait à relier l’usine avec le chem in de fer
L’arriv ag e à T unis a lieu p a r l a ligne de la
du M ornag à Tunis.
M edjerdah et l’em barquem ent se fa it à Tunis.
C’est d ans ces conditions qu’a été créée la
A ctuellem ent le tra je t de la m ine à la gare de
société anonym e du Djebel Ressas, dont le siège
Béjà se fait p a r ch arrette (38 kilomètres).
est boulevard H aussm an, à P a ris ; cette société
s’est substituée à M. Chemin et a donné un
Fedj el Adoilm
élan considérable à l’exploitation, bien conduite
Ce
gisem
ent
—
zinc et plomb — a été. con­
désorm ais.
cédé à M. F a u re déjà cité, le 14 m ai 1894 —
Le m in erai se compose de plom b et de cala­
11 est situé à 14 kilom ètres de Teboursouk. A
m ine ; des tra v a u x considérables ont été effec­
la date du 1er jan v ier 1906, il av a it p ro d u it
tués pour pousser l’exploitation.
21.600 tonnes de calam ine calcinée.
P lu sie u rs g aleries ont été creusées.
30.000 tonnes de terres calam inaires de 2e
Un atelier d’enrichissem ent du m in erai a été
qualité.
établi, u n b a rra g e co n stru it p our alim en ter la
34.000 tonnes de galène.
laverie. E n u n mot, on n ’a rien m énagé p o u r
165 tonnes de blende.
perfectionner les procédés précédem m ent em­
Le tra n sp o rt se fa it p a r ch arrettes ju squ’à la
ployés.
gare de Medjez-el-Bab — ligne de la M edjer­
On est arriv é, ainsi, à ex traire 500 tonnes de
dah ; — le p o rt d’em barquem ent est Tunis.
déblais p a r jo u r, d o n n an t 200 tonnes de m in e­
ra i de laverie.
Bou Jaber
P u is p our l’expédition à T unis, on charge à
Le Bou Jab er est à cheval su r la frontière
la g are de la laverie qui est d an s l’usine, elleAlgérienne entre le Kef et Tebessa, il donne de
même, et on em barque à Tunis.
la calam ine et du plomb.
T out cela est bien agencé et fonctionne fo rt
Au 1er jan v ier 1906, il av ait fo u rn i 6.000
bien. On est loin du tem ps où le baro n de Cas­ tonnes de calam ine roche, 2.500 tonnes de
telnuovo ne disposait que de procédés ru d im en ­ terres calam in aires, 1.150 tonnes de galène.
taire s p o u r m ettre à jo u r ces ricbessses ; aussi,
On charge à la gare de K alaa-Senan, dis­
considère-t-on que cette exploitation est une
tan te de 9 kilom ètres, on em barque à Tunis.
des plus im p o rtan tes et probablem ent des plus
Cette m ine a été concédée le 13 avril 1897 à
fru ctu eu ses de la Régence ; elle en est au ssi la
M. C harpin, de Lyon, lequel l’a cédée, deux
doyenne. Depuis la rep rise des tra v a u x ju s­
ans après-, à la société dite de Bou Jab er — on
qu’au 31 décem bre 1905, la production a été de
dit, actuellem ent, que cette société la rétrocède
89.000 tonnes, savoir :
à M; C harpin.
C alam ine roche calcinée...... 21.500 tonnes.
Sidi Moussef
T erres calam in aires ........... 30.000
»
Galène ...................................... 37.500
»
Ce gisem ent est situé entre le Kef (Tunisie) et
S o u k arras (Algérie) ; il a ap p arten u , d’abord,
Djebba
à u n jeune et distingué prospecteur M. DarL a m ine de D jebba est située dans la plaine
gent, de P a ris et à son aide M. P ascal, m aître
de la Dakla, p rès Teboursouk, à peu de d ista n ­ m in eu r modeste, m ais très expérim enté qui
ce du chem in de fer de Bône à Tunis.
l’ont vendu, à de bonnes conditions, à la com­
On en ex tra it de la calam ine. D’ap rès u n acte
pagnie M inière Tunisienne, société belge.
du 27 ja n v ie r 1900. elle a été cédée à la société
Les R om ains ont exploité ce gisem ent, il
de la vieille m ontagne, qui l’exploite actuelle­ donne de la calam ine très plom bleuse et de la
m ent.
galène.
Le p ort d’em barquem ent est Tunis.
A la date du 1er jan v ier 1906, il av ait fo u rn i :
15.200 tonnes de calam ine ;
K anghuet
1.200 tonnes de carbonate de plomb et galène.
Le tra n sp o rt a lieu p a r ch a rre tte ju sq u ’à la
Comme la précédente, la m ine du K anghuet
est une m ine de calam ine. Elle est située à 28 gare de S oukarras, distante de 45 kilom ètres,
kilom ètres de Béja, au lieu dit K anghuet Kcff p a r m auvaise route ; le p o rt d’em barquem ent
est Bône.
Tout.
Elle a été découverte p a r M. Joseph F au re,
Djebel ben Amcir
ing én ieu r des m ines, d em eu ran t à P a ris.
Les R om ains l’ont exploitée et ont laissé su r
La concession a été donnée à M. Elconide
place de nom breuses scories, dont une bonne
Nani, d em eu ran t à T unis, le 27 jan v ier 1900 ;
p artie a été utilisée p a r M. F au re.
il l’a tran sférée à la Société du Djebel-ben-

�204

L'EXPANSION COLONIALE

A œ ar, la g are la plus rapprochée est Béja, à
28 kilom ètres où le p ortage sé fa it p a r c h a r­
rettes ou p a r cham eaux, le p o rt d’em barque­
m ent est Tunis.
. L’exploitation a donné ju sq u ’au 1er janvier
19UG :
21.000 tonnes de calam in es calcinées ;
9.000 tonnes de te rre s calam in aires.
Djebel Chouichia
Nous avons énum éré u n g ra n d nom bre de
m ines de plom b et de zinc qui abondent en
T unisie ; ne p ouvant les citer toutes, nous en
avons omis p lu s encore.
M ais nous n ’y connaissons qu’une seule mine
de cuivre, m é rita n t ju sq u ’à présent, du moins,
d’être exploitée, c’est celle du Djebel-Chouichia,
à 13 kilom ètres Nord de Souk-el-Arba, dans la
vallée de la Dakla.
Le concessionnaire est M. P a u l David, ch â­
teau de Joncquier (Gard), le m in e ra i-n ’est pas
trè s riche, m ais il p a ra ît être en m asse, assez
im portante, — il est p resq u ’exclusivem ent c a r­
bonate aux affleurem ents (azurite et m alachite).
La production a été ju sq u ’au 2 jan v ier 1906,
de :
345 tonnes de M attes
508 tonnes de Spéiss
L’exportation a lieu p a r la g are de l’OuedMeliz et l’em barquem ent à Tunis.
Ain Kamouda
A 12 kilom ètres de la fu tu re g are de Kasserin e (Tunisie) et à 55 kilom ètres sud-ouest de
Tebessa, m ine de calam ine, p ropriété de
M. A uguste G altier, de Bône, actuellem ent
inexploitée.
Ras cl Radjel
Mines de Ganara — T armera — Oued bou Zenna
Depuis l’année même de l’occupation (1881),
la Société du M okta el H adid et le comité
d’études des m ines de fer de T ab arca ont en­
tre p ris l’étude des im m enses gisem ents de fer
, qui s’étendent dans la région de T a b a rk a et
des Nefza su r une surface de près de six mille
hectares.
D 'après les évaluations les plus sérieuses, le
gite co m porterait :
à R as er R adjel .............. 1.800.000 tonnes
T am era ........................... 1.600.000
—
Djebel Bellif ...................
600.000
—
S ur p lu sieu rs a u tre s p oints m inéralisés, les
évaluations n ’ont p as été faites.
D’ap rès l’analyse on p eut estim er que le
m in erai renferm e 55 % de fer.
P a r ces chiffres, il est facile d’ap p récier l’im ­
portance de trafic que .p o u rra it d onner cette
exploitation.
M alheureusem ent les charges imposées à la
concession p a r le G ouvernem ent ont été trop
lourdes et les concessionnaires n ’ont p u les
réaliser. On leu r im posait, en effet, de faire un
p o rt à T abarca, u n a u tre au cap S e rrâ t et de
construire deux chem ises de fer re lia n t les
m ines à ces ports, il a fallu, ch an g er to u t cela,
on s’est lim ité à la redevance o rd in aire de
0 fr. 10 p a r hectares et 5 % du p ro d u it net. Le
Gouvernem ent a p ris à sa charge la construc­
tion du chem in de fer et l’exportation a u ra lieu
p a r Bizerte. On co nstruit, en ce m om ent, le
chemin de fer et on p ré p a re l’exploitation.
Mine du Djebel Djerissa
A 50 kilom ètres du Kef, dans la p laine de
l’Oued S a rra th .

Munie de-fer fort riche : 52 % de fer, 2 % de
m anganèse.
Tonnage dém ontré, environ quinze m illions
de tonnes.
P roduction annuelle prévue : 300.000 tonnes,
concédée à la société des m ines de Bou-Jabeur.
L’exportation a u ra lieu p a r la ligne de KolaaD jerdah qui sera reliée à la mine.
P o u r éviter l’encom brem ent du po rt — déjà
bien trop restrein t — de Tunis, l’em barquem ent
a u ra lieu à la Goulette.
Mine du Djebel Slata
A 12 kilom ètres de M ajouba, près T hala, voi­
sine de la précédente, m ine de fer concédée à
M. Léon Van der Rest, représenté p a r M. Dessi
à Tunis, le m in erai est très riche : 58 % de fer,
la puissance reconnue du gisem ent est de six
m illions de tonnes.
La production annuelle prévue est de 200.000
tonnes.
Comme po u r la précédente, l’exportation
a u ra lieu p a r la ligne de K olaa-D jerdah et
rem b arq u em en t sera fa it à la Gouletté.
Mine du Djebel H am eim a
Le bénéficiaire de la concession est M. Léon
Van der Rest, lequel ré u n issa n t cette conces­
sion à celle de Djebel-Olata a form é, le 26 m ai
1906, une société anonym e, dite du D jebel-Ilata
et du Djebel-Ham einia.
Le périm ètre concédé est voisin de celui du
D jebei-llata, la richesse du m inerai sensible­
m ent la même, la puissance du gisem ent à peu
près égal ; environ cinq m illions de tonnes,
l’extraction annuelle est prévue po u r 200.000
tonnes, l’exportation a u ra lieu p a r la voie de
K olaa-D jerdah et l’em barquem ent se fe ra à la
Goulette.
(A suivre).
— E l—
In d o -C h in e

De M. Aug. Pruche, agent des Messageries
Maritimes, à Haïjjhong.
H aïphong, le 17 jullet.
J’ai l’h o n neur d’accuser réception de votre
lettre du 7 m ai et vous confirme la m ienne du
27 m ars.
Depuis cette époque la récolte du m aïs a été
faite et les prévisions optim istes que j’ém ettais
dans m a dernière com m unication se sont réa
Usées ; l’exportation a u 1er courant, c’est-à-dire
un mois et dem i seulem ent après le début de la
cam pagne, s’élevait à 12.000 tonnes environ
et les m agasins S aint-E tienne a p p a rte n a n t à
l’en trep rise B... contiennent en ce m om ent près
de 10.000 tonnes.

Des jonques et des wagons arrivent en outre
constamment chargés de grains et les nouvelles
de l’intérieur font prévoir que ce mouvement
persistera assez longtemps encore.

Le riz de la récolte du cinquièm e m ois (juin)
a égalem ent bien donné et si l’exportation su r
l’E urope n ’en a p as été ju sq u ’à présen t consi­
dérable c’est que nos négociants se sont su r­
tout to urnés du côté des m aïs ; le repiquage du
riz du dixième mois (novembre) est déjà com­
mencé.
Le m in erai de calam ine ex trait su rto u t des
m ines de T rang-D a continue à être po u r notre
trafic u n élém ent précieux ; la blende, le
w olfram et l’u ran ite sont égalem ent exploités
su r différents points.

�L’EXPANSION COLONIALE
Un in d u striel local, M. B..., étudie en ce
m om ent la possibilité de fab riq u er des b riq u et­
tes avec le charbon des m ines de T rang-B ach,
localité située non loin de H aïphong su r u n
affluent du Cua N am T rieu ; il compte établir
une voie D ecauville qui ap p o rte ra it le charbon
au bord du fleuve et p o u rra it ain si co n cu rren ­
cer les pro d u its de H ongay. M. B... espère
être en m esure d’effectuer ses prem ières livraidans 5 à 6 mois. Je vous tie n d ra i au courant
des ré su lta ts obtenus.
Je vous adresse sous ce pli, une brochure ré ­
su m a n t les opérations d’exportgtion èt d’im ­
p o rtatio n de notre p o rt p our l’année 1907. Ce
tra v a il in téressan t publié p a r la Cham bre de
'C om m erce d’après des docum ents fournis p a r
le D irecteur des Docks, vous d o n n era une idée
aussi exacte que possible du trafic de l’année
écoulée. L’im portation p a ra ît devoir rester sta ­
tion n aire, l’absence »de g ran d s tra v a u x ne né­
cessitant pas de tra n sp o rts im po rtan ts, m ais
l’ex portation semble appelée à p ren d re u n dé
veloppem ent considérable.
Il v ient m alheureusem ent de.se pro d u ire ces
tem ps d erniers des évènem ents de n a tu re à
en tra v e r l’essor com m ercial de notre colonie si
les pouvoirs publics ne p ren n en t p as prom pte­
m ent les m esures que com porte la situ atio n ; je
veux p a rle r des troubles qui ont p ris naissance
en A nnara et ont m a in te n a n t gagné le Tonkin.
E n A nnam , il s’ag issait d’une simpfe p rotes­
tatio n contre l’im pôt m ais ici les p ira te s ont
re p a ru et les quelques troupes que la m étro­
pole nous a laissées sont insuffisantes pour
frap p er le g ra n d coup qui serait indispensable
pour a ssu re r la pacification complète du pays.
Si on ajoute à l’ag itatio n in térieu re la crain te
constante de voir p asser la frontière à des
bandes de réform istes chinois en arm es, on
s’explique que bien des cu ltiv ateu rs indigènes
hésitent à se liv rer à leurs trav au x et il est
indispensable que le G ouvernem ent se décide
à au g m en ter sensiblem ent et à bref délai les
effectifs des troupes blanches.
Cette nécessité est ap p aru e nettem ent ces
jo u rs d ern iers q u an d on a ap p ris l’em poison­
nem ent à H anoï p a r des soldats indigènes de
150 a rtille u rs dont u n est décédé. La cour c ri­
m inelle fonctionne depuis lors et plu sieu rs des
coupables ont été exécutés après u n jugem ent
som m aire.
Il y a lieu d’espérer qu’une décision sera
prise à bref délai p our perm ettre au Tonkin
de continuer à acq u érir la prospérité à laquelle
il a droit dê prétendre.

—la M adagascar

De M. Cavle, membre correspondant
à Tananarive.
RAPPORT COMMERCIAL SUR 1907
Les caractéristiq u es de l’année com m erciale
1907 à M ad ag ascar ont été une dim inution su r
les im p o rtatio n s et un état statip n n aire su r les
exportations.
Le Commerce G énéral p our 1907 présente im ­
portatio n s et exportations réu n ies le to tal de
52.593:382 fran cs soit une dim inution de
12.122.959 fran cs su r 1906. La différence en
m oins est de 11.204.364 p o u r les im portations
et de 918.595 p our les exportations.

205

P resque tous les articles à l’im portation sont
en dim inution ; de l'ensem ble des chiffres, il
ressort que les tissus sont en baisse de 4.739.910,
les farin eu x alim entaires 1.004.589, les bois­
sons 844.948, les denrées coloniales de consom­
m ation 378.728 m ais d’un au tre côté on constate
que les riz de la côte de M adagascar p rin cip a­
lem ent ont com plètem ent supplantés les rix
étrangers.
L’im portation de n u m éraire p a r le T résor a
presque cessé, la dim inution est 2.066.834. A
l’exportation l’or, les bœ ufs.,1a vanille, le cacao
et le riz sont en augm entation m ais il y a forte
perte su r le caoutchouc et le ra p h ia , ensemble
3.516.998. L’or ay an t une avance de 1.276.743
sur Fan dernier, a contribué p a r les placera
du Nord et du Nord-Ouest à ce que la différence
totale de l’exportation en 1907 su r 1906 en v a­
leurs ne soit que de 918.695.
Si nous com parons les résu ltats d’ensemble
et la m arche des affaires depuis 1906 nous
avons en

1896
1897
1898
1899
1900
1901
1902
1903
1904
1905
1906
1907

.................
..................
............. ,...
.................
..................
.................
&gt;.................
'.................
.................
.................
.................
.................

17 millions
22
»
1/2
27
»
1/2
35
»
51
55
55.433.476
49.578.299
45.776.848
53.753.404
64.716.441
52.593.382

Mais ces chiffres de commerce global ne
perm ettent pas d’en déduire un enseignem ent ;
en les d étaillan t on voit pour les années p ré­
cédentes u n écart considérable entre les im ­
p o rtatio n s et les exportations.
Les im portations de la çolonie en 1901 ont
a tte in t 46 m illions et p résen taien t un écart de
37 m illions avec les exportations.
A ctuellem ent la situation est toute différente,
M adagascar en 1907 a 25.223.1333 à l’im porta­
tion et 27.270.124 à l’exportation soit une diffé­
rence de 2.046.991 en faveur des exportations.
De 3 m illions 1/2 en 1896 elles sont arrivées à
plus de 27 m illions en 1907, cette m arche a s ­
cendante à l’exportation indique nettem ent la
m ise en v aleur du nays et on est en droit d’es
com pter avec confiance -l’avenir com m ercial
de la G rande Ile.
Si les im portations ont dim inué cela pro­
vient de causes tout à fait indépendantes des
richesses natu relles du pays et de la faculté
d’ach at des indigènes. E n effet, sur 11 m illions
de m oins p a r ra p p o rt à 1906 il y a déjà 2 m il­
lions provenant de la m oins value en im p o r­
tation de m onnaies p a r le Trésor de la Colonie.
Le re tra it d’une grande p artie des troupes a
fait descendre le budget m ilitaire, les ap p ro ­
visionnem ents étan t en excédent la troupe a,
vécu sur le stock existant ; aussi la baisse poul­
ies farineux alim entaires, les denrées de consom ation et les boissons a ttein t pour l’ensem
ble 2.228.265.
D’un au tre côté, les tissus a y a n t augm enté
considérablem ent de prix en Europe, le com­
merce a vécu su r le stock a n té rie u r et attendu
une baisse ; les com m andes passées en 1907 ne
figureront qu’aux entrées de 1908. d’où une
différence po u r cette année ’de 4.739.910.

�206

L’EXPANSION COLONIAL:

Les exportations ont augm enté de 8.211 ton­
nes su r 1906, m ais la v aleu r a légèrem ent fléchi
de 918.695 fran cs ; la cause v ient de la baisse
des cours de vente en E urope notam m ent pour
les caoutchoucs, les peaux, le ra p h ia .
M adagascar ne possédant p as de fabriques
tra n sfo rm a n t des m atières prem ières im por­
tées, la balance com m erciale p our 1907 se p ré ­
sente à son avantage.
L a colonie a, en somme, san s e n tre r dans
les détails, 2 m illions de vente de plus que d’àchats. D ans l’avenir, cette situ atio n ir a én
progression c ar l’écart deviendra forcém ent
plus g ran d entre les im p o rtatio n s et les expor­
tatio n s à l’avantage de ces dernières. Le che­
m in de fer se ra achevé, à la fin de cette année ;
donc plus d’importati-on de m atériel p o u r la
construction. La dim inution du corps d’occu­
p ation et de la population européenne ré d u ira
encore l’im portation des articles de consom m a­
tion. La population européenne civile dim inue
p a r suite de la d isp aritio n des fonctionnaires
inutiles et de m aisons de com m erce en sur
nom bre pour la capacité com m erciale actuelle
de l’île. A ctuellem ent nous assistons à u n ta s ­
sem ent, aussi bien dans les ro uages adm inis­
tra tifs que com m erciaux qui fera a rriv e r Ma­
d ag a sc a r à une situ atio n s’a d a p ta n t p a rfaite­
m ent à ses ressources.
En résum é, il est fort probable que les im ­
p o rtatio n s p our 1908 b aissero n t encore p ar
suite de la dim inution de la population euro­
péennes, m ais il y a u ra com pensation p a r l’af­
flux de capitaux de sociétés se co n stituant
p our l’exploitation des richesses n atu relles du
sol et n on p o u r des affaires com m erciales n ’em­
p lo y an t leurs fonds que p o u r faire tra n site r
dans l’île d’une m ain à une a u tre dés p roduits
im portés (1).
Le ré su lta t forcém ent se fera sen tir aux
exportations.

(1) Il va de soi que nous laissons à nos Correspon­
dants toute liberté d’appréciation sans que l’in­
sertion de leurs avis engage notre opinion. Le v-pai
juge est le public intéressé aux affaires coloniales
et dont le plus grand avantage est d’entendre tous
les sons de cloche. La théorie d’après laquelle
les importations sont des achats et les exporta­
tions des ventes et en raison de laquelle u:n pays
s’appauvrit en important est, malheureusement
pour Madagscar, assez discutable. La production
d’un pays est le signe de sa richesse et des fonc­
tionnaires ou des troupes en surnombre occasion­
nant un surcroit d’importation ne constituent pas
un avantage, mais le développement d’un pays
aussi grand et relativement aussi peu peuplé que
Madagascar ne peut pas aller sans une immigra­
tion, européenne, sinon seulement française, con­
sidérable, oui. elle aussi, aurait une influence sur
les importations. La mise en valeur -’o Madagascar
comme routes voies ferrées,navigabilité ues cours
d’èau, outillage minier, utilisation de la force
hydraulique ne peut pas se faine sans de fortes
importations et la réduction de ces dernières est
un signe de stagnation. De même l’excès des
exportations peut être un moyen de payer les co­
lons désillusionnés de Madagascar rentrant en
France et rapatriant leurs capitaux ou leurs gains.
Il serait, en pareil cas, nlus avantageux pour 'la
Grande Ile de conserver ceux qu'elle a attirés.
Ni notre aimable correspondant, M. Gavle, dont
nous sommes toujours heureux de publier les avis
documentés, ni nos lecteurs ne peuvent nous sa­
voir mauvais gré d’ajouter quelques ombres au ta­
bleau. Il appartient à nos lecteurs de bien étudier
la situation et de conclure. (Note du Comité de
Bédaction).

De M. Cavle (Deuxième lettre)
T an an ariv e, le 17 juillet.
J’ai l’honneur de vous accuser réception de
votre lettre du 9 juin, je fais le nécessaire
actuellem ent p o u r trouver 100 kilos d’H afotra
besofina. Je les ai com m andés dans deux en­
droits différents et en suivant les indications
que vous m 'avez écrites et en o rd o n n an t de
fo u rn ir 50 kilos de la couleur blanche et a u ­
ta n t de rouge ; je prélèverai un échantillon
que je g a rd e ra i à titre de référence po u r
l’av enir au cas où une nouvelle com m ande
a u ra it lieu.
11 y a des presses à ra p h ia qui p o u rraien t
presser ces fibres. Q uand au prix de revient
su r place et les quantités que l’on peut fo u rn ir,
j’espère pouvoir vous donner ces indications
au prochain courrier.

M U S É E C O M M E R C IA L

L'Exposition des Corps Gras
L’Exposition spéciale des corps gras ins­
tallée dans la salle des cours coloniaux, au
rez-de-chaussée de l'Institut, continue à atti­
rer un grand nombre de visiteurs français et
étrangers, leur nombre du 27 juillet au 24
août a été de 9.302.
Nous donnons ci-desous un cliché de cette
Exposition, gui en fera ressortir l’ingénieux
agencement.
Toutes les matières grasses végétales et
animales y sont représentées dans leur infi­
nie variété.
On peut v étudier les échantillons les plus
divers, l’olive, le colza, le lin, etc., représen­
tant là grosse production nationale, les ara­
chides, les cocos, les noix palmistes, etc., qui
constituant le principal appoint de la produc­
tion coloniale ; les suifs, graisses animales,
enfin toutes les huiles de poissons utilisées
par l’industrie des peaux et la médecine.
Les applications industrielles de tous ces
corps gras, sont des plus intéressantes ; les
grandes fabriques marseillaises s’efforcent,
par des travaux constants, de maintenir leur
supériorité, dans les innombrables produits
que l’on tire de matières grasses, dont la
liste s’allonge tous les jours par les décou­
vertes de nouveaux oléagineux aux colonies.
Le karité, l’abrazzm, le bancoul,.le soja et
des quantités d’autres graines sont étudiées
actuellement par les principaux laboratoires
de nos fabricants et viendront ajouter un
nouvel appoint au développement des af­
faires coloniales.
Nous engageons nos lecteurs à visiter cette
Exposition et à ne pas laisser passer l’excel­
lente occasion qui leur est offerte de se ren­
dre un compte exact de l’importance consi­
dérable que présente pour le Commerce de
la Métrople et spécialement pour celui de
notre ville, la production des matières gras­
ses.

�L’EXPANSION COLONIALE

Le Régime douanier Colonial
Nous empruntons à la Quinzaine Coloniale
l’article ci-après pour tenir au courant nos
lecteurs des résultats de l’enquête ouverte
par M. Milliès-Lacroix sur le Régime doua­
nier auprès de chaque colonie. La situation
de Tahiti est tout à fait spéciale et sa répon­
se est, par suite, particulièrement intéres­
sante :
L a Cham bre de Commerce de P apeete, con­
sultée au su jet de la révision du régim e doua­
n ier colonial et, en p articu lier, de celui qui est

207

ne réclam e pas, c’est qu’elle a le sentim ent
que ce serait donner un coup d’épée dans l’eau
et qu’elle trouve m oins d’in térêt à ém ettre u n
vœu qu’elle sait purem ent platonique qu’à évi­
ter l’ag g ravation de charges dont le p ro jet de
révision dip régim e douanier colonial m enace
le commerce de la colonie. Cette révision ne
p ro cu rerait d’ailleurs au cun avantage au
commerce français. La proxim ité de San-F rancisco et d’A uckland rend, en effet, qu’on le
veuille ou non, nos établissem ents d’Océanie
trib u taires de ces ports pour la p lu p a rt des
denrées de consom m ation et pour quelques
m atières prem ières indispensables telles que le
bois. La protection des m archandises fra n ç a i­
ses sim ilaires ne p o u rra it donc être assurée
qu’au m oyen d’une élévation de droits telle

l ’e x p o s i t i o n d e s c o r p s gras
P hot. B oissonnas et Détaillé, suce, de N adar, M arseille.

appliqué aux établissem ents fra n ç a is de l’Océa­
nie, s’est récem m ent prononcée en faveur du
m ain tien du sta tu quo en ce qui concerne tout
au m oins cette colonie. C’est peut-être la seule
de nos possessions d’outre-m er où le com m er­
ce, p a r l’organe de ses rep résen tan ts autorisés,
a it exprim é le désir de continuer à être tra ité
p a r la m étropole comme il l’est actuellem ent.
Les protectionnistes, d’ailleurs, a u ra ie n t g ran d
to rt de trio m p h er de cette m anifestation. Ce
n ’est poin t p a r ad m iratio n p our le régim e ac­
tuel que le com m erce de T ah iti se déclare sa­
tisfa it de son so rt à ce point de vue, c’est
uniquem ent p a r crain te d’u n sort pire. Les
établissem ents fra n ç a is de l’Océanie sont d’ail­
leurs privilégiés, com parativem ent à ia p lu ­
p a rt de nos a u tres colonies ; le ta rif général
qui, dans celles-ci, est la règle, est, en effet, à
T ahiti, l’exception. E t cependant le commerce
local trouve encore le régim e auquel il est
soum is trop lourd, et la Cham bre de Commerce
ne cache p as qu’elle lui p ré fé re ra it celui de la
liberté com m erciale nleine et entière. Si elle

que le prix de la vie m atérielle serait décuplé
pour les h ab itan ts de Tahiti, et qu’il ne leur
resterait d’au tre ressource que d’ém igrer vers
des contrées plus favorisées. Au résultat, ce
serait l’im portation frrn ç a ise qui y p e rd ra it
au lieu d’y gagner. L’expérience du passé est
d’ailleurs concluante à cet égard. D ans les cinq
années qui ont précédé l’in stitu tio n du régim e
actuellem ent en vigueur, la valeur de l’im por­
tation totale de F rance a été de 3.638.065 trancs;
dans les cinq années qui ont suivi elle est,
descendue à 2.111.678 francs. C’est-à-dire que
l’industrie et le commerce m étropolitains ont
été les prem iers à p â tir de la protection qu’on
av ait entendu leu r assu rer. Il en serait certai­
nem ent de même cette fois encore, si cette prœ
tection était généralisée et augm entée. Il faut
que lès protectionnistes en n ren n en t leu r p arti:
aucun systèm e douanier, quel qu’il soit, ne
p o u rra, av an t l’ouverture du canal de P a n a m a
à la navigation, aug m en ter l’im portance du
m ouvem ent com m ercial entre T ah iti et la m é­
tropole. D’ici là toute ag g rav atio n de la pro-

�208

L’EXPANSION COLONIALE

tection actuelle ne p o u rra avoir d’a u tre effet
que de réd u ire cette im portance en ap p a u v ris­
sa n t la colonie et en ré d u isa n t son pouvoir
d’achat. 11 est v ra i que si elle achète m oins à
la m étropole, elle ach ètera au ssi m oins aux
a u tre s pays, ce que d’au cu n s peuvent considé­
re r comme une com pensation suffisante. On
nous p e rm e ttra de ne point p a rta g e r leu r opi­
nion su r ce point et de lui p référer celle de la
Cham bre de Commerce de P apeete.

des dépenses du programme d’établissement
des points d’appui de la flotte.
C’est à peu près tout ce que nous relevons
de saillant dans les procès-verbaux de la
Commission.
—El—
C e q u e M . K lo b u k o w s k i
va f a ir e en In d o -C h in e

Nous mentionnons plus haut le départ de
M. Klobukowski. Le nouveau gouverneur gé­
C H R O N IQ U E
néral de l’Indo-Chine ne pourra pas se plain­
dre qu’on l’ait envoyé à l’aveuglette, prendre
L e b u d g e t des C o lo n ie s
possession du poste délicat qu’il va occuper.
La Commission du budget a examiné ces- Rarement, en effet, haut fonctionnaire part
jours-ci le budget des colonies. Le projet pré­ avec un bagage aussi copieux d’instructions,
senté par le département pour l’exercice 1909 recommandations et observations de tous
s’élève à la somme de 92.369.689 francs, soit genres. C’est un vrai programme qu’on lui a
environ six millions de moins que pour tracé par avance, un programme où rien
l’exercice précédent. On voit que M. Milliès- ne paraît avoir été omis ou négligé. Nos
Lacroix se montre partisan, jusqu’au résul­ confrères parisiens ont obtenu de M. le Mi­
tat, d’une sérieuse compression de dépenses. nistre lui-même des interviews détaillées sur
La discussion de ce projet, n’a pas donné l’ensemble des recherches, enquêtes, réfor­
lieu, au sein de la commission à des débats mes, travaux et améliorations jugés néces­
bien mouvementés. Il est vrai qu’on a réser­ saires au relèvement de notre colonie.
vé l’article premier, celui relatif à l’organi­
Tout d’abord une plus grande décentrali­
sation intérieure de l’administration centrale sation administrative laissera aux gouver­
des colonies, pour entendre les explications neurs et résidents de provineè le souci des
du ministre, et qu’on a opéré une réduction intérêts qui concernent plus exclusivement
indicative de 5.000 francs au chapitre 3 pour leurs régions respectives. Ils auront charge
marquer le désir du Parlement de voir au de démontrer, par tous moyens en leur pou­
plus tôt les bureaux du ministère déménager voir, aux indigènes, que les contributions et
du Pavillon de Flore à la rue Oudinot.
impôts sont exclusivement affectés à des dé­
La Commission s’est montrée favorable en penses d’hygiène, d’assistance et de travaux
principe à la transformation en direction du publics dont ils sont les premiers à bénéfi­
bureau militaire des colonies, à condition cier. Des économies notables seront réalisées
que cela n’entraîne aucune dépense supplé­ dans le personnel des administrations, qui
mentaire. Elle a relevé de 50.000 francs le sera soumis à une discipline plus .absolue et
chapitre relatif aux subventions aux So­ aussi à la pratique de la langue annamite.
ciétés et œuvres coloniales, dans le but d’ai­ Ce sera même mie condition d’avancement.
der surtout au développement de l’industrie
Les instructions de M. Milliès-Lacroix em­
cotonière dans nos possessions. Elle a affir­ brassent encore d’autres sujets. C’est ainsi
mé, à propos de certaines propositions, son qu’il préconise le développement de l’assis­
désir de se conformer au principe qui con­ tance médicale et un accueil toujours atten­
duit la Métropole à mettre à la charge des tif aux réclamations des colons, commer­
colonies l’ensemble de leurs dépenses, sauf çants et industriels. Quant aux projets d’em­
à les aider sous forme de subventions. Dans prunt, ils sont ajournés tant que M. Koblucet ordre d’idée, les Nouvelles-Hébrides bé­ kowski n’aura pas. examiné l’urgence et
néficient d’une augmentation de subvention l’importance des travaux que cet emprunt
de 100.000 francs, la Martinique et la Gua­ était destiné'à payer.
deloupe chacune de 25.000 francs et la Réu­
En somme,le nouveau Gouverneur général
nion de 100.000 francs. En ce qui concerne peut avec une mission aussi large que bien
ces trois dernières colonies, la Commission a définie. Mais si complet que soit le pro­
accepté l’insertion dans la loi de finances gramme qu’on lui a tracé, bien des questions
d’un article donnant au ministre la possibi­ nouvelles surgissent qui resteront livrées à
lité de modifier par décret l’organisation de son initiative et à sa grande compétence... Il
nos vieilles colonies actuellement régies par n’est pas douteux qu’avec une main ferme et
le sénatus-consulte de 1854, qui a encore un esprit bienveillant, il saura certainement
force de.loi.
ramener le calme dans l’esprit d’une popu­
Le rapport sur le budget des troupes colo­ lation qu’ont cherché à égarer les meneurs.
niales présenté par M. Le Hérissé a motivé
—E l —
une décision intéressante. La Commission a L ’A lg é r ie à l’E x p o s itio n de L o n d re s
repoussé la proposition du gouvernement de
Les journaux anglais ne tarissent pas d’é­
mettre à la charge de l’Indo-Chine et de
l’Afrique Occidentale française le reliquat loges sur l’intérêt qu’offre le pavillon de l’Al-

�L’EXPANSION COLONIALE

209

gérie à l'Exposition franco-britannique. Nous U u e ro u te a lg é ro -tu n is ie n n e .
avions vu à l’œuvre à Mareille MM. Gérard
Alors que tant d’intérêts communs doivent
et Roger Martin et constaté la méthodique et unir
l’Algérie et la Tunisie, se doute-t-on
attrayante présentation qu’ils avaient faite que jusqu’à
présent elles sont privées com­
chez nous des produits Algériens. Pareilles plètement
entr’elles
de communications rou­
louanges ne sont donc pas pour nous sur­ tières. On ne pouvait
aller de Tunisie en
prendre. Le pavillon de l’Algérie à Londres Algérie,
et
réciproquement,
que pair voie fer­
est l’un des clous de la section française. Et rée ou par mer. Cette lacune
particulière­
c’est tant mieux, car aucune de nos colonies ment nuisible par ce temps d’automobilisme
n’avait plus de raisons sérieuses d’offrir à la à outrance va enfin être comblée ; et les
vue du public anglais cette nouvelle et impo­ communications routières de la Tunisie avec
sante manifestation de sa puissance finan­ l’Algérie
par Souk-Ahras seront bientôt une
cière et de ses forces productives.
réalité.
L’Angleterre qui est déjà une excellente
Souk-el-Arba, le premier tronçon de
cliente de l’Algérie peut et doit devenir l’un la Par
route
reliant ce centre à Ghardimaou sur
des marchés les plus importants de ses pro­ la frontière
été mis en adjudication. Il ne
duits, de même qu’elle offre au tourisme an­ restera plus aque
22 kilomètres à faire et un
glais un terrain d’élection dont il était bon pont de 35 mètres
d’ouverture sur l’Ouedqu’elle soulignât l’attrait. L’Algérie offre à Méliz.
la fois le spectacle d’un pays de culture et
le Kef, deux 'grands ouvrages de
de travail et d’un lieu de repos et de délasse­ 50Par
mètres et 100 mètres d’ouverture sur di­
ment. Parée de l’éclat et des souvenirs des vers
oueds sont en construction. Le dé­
terres méditerranéennes, pittoresque à la partement
fois par les peuples qui l’habitent, par la les travaux.de Constantin^ pousse activement
diversité de ses climats, de son relief et de
—El—
ses sites, elle exerce d’irrésistibles attraits
sur Les visiteurs et ce serait la priver délibé­ U n e e x p o s itio n c h e v a lin e à M a d a g a s c a r.
rément d’un large profit que' d’y renoncer à
Le mois dernier la Société d’Encouragel’organisation du tourisme.
ment
de Tananarive a organisé une exposi­
C’est cette synthèse qui a été réalisée à tion chevaline.
Plus de Ç00 chevaux ont été
Londres et les Anglais se déclarent très frap­ présentés à l’appréciation
Jury. La plu­
pés du tableau suggestif qu’on a placé sous part des lauréats auxquels du
42.000
francs de
leurs yeux.
prix furent distribués sont des produits des
— ta —
haras de la colonie, élevés par des proprié­
taires indigènes. Cette exposition, la pre­
C h an g e m e n t de cap itale
mière qui ait été organisée à Madagascar, a
On a les meilleures nouvelles du transfert permis de constater les progrès réalisés dans
à Bamako du gouvernement du Haut-Séné­ l’élevage du cheval çar les Malgaches.Quand
gal et Niger qui siégeait auparavant à nous sommes arrives dans la colonie, au
Kayes. Tout s’est passé sans encombre et les moment de la cpnquête, il n’y avait, pour
différents bureaux et services du gouverne­ ainsi dire, pas un cheval et les transports
ment ont repris leur cours régulier dans la étaient impossibles. Aujourd’hui, un seul
nouvelle résidence.
concours en réunit 600. Ce résultat permet
Ce simple déplacement est tout un indice. d’espérer que la population chevaline de a
Bamako est, on le sait, situé sur le Niger à d’espérer que la population chevaline de la
500 kilomètres de Kayes, l’ancien chef-lieu colonie sans qu’il soit nécessaire de recourir
de la colonie qui par suite de la mise en va­ à l’importation étrangère, autrement que
leur de nouveaux territoires ne se trouvait pour améliorer la race par des croissements
plus à son centre. Pour que nous ayons pu judicieux.
avancer ainsi de 500 kilomètres plus avant
A. G.
à l’intérieur le siège de notre administration,
il a fallu d’abord que l’accroissement des
affaires l’exige et ensuite que les progrès
ACTES COLONIAUX OFFICIELS
réalisés dans les voies de communication le
permettent. Et, en suivant 1a. marche progres­
Métropole
sive des centres administratifs de nos pos­
Algérie. — Une loi du 16 juillet 1908 porte
sessions de l’Afrique Occidentale, et leurs
étapes successives de Saint-Louis à Kayes déclaration d'utilité publique de rétab lissem en t
chem in de fer d’intérêt général de Beniet de Kayes à Bamako, on peut presque pré­ d’un
Saf à Tlemcen. — Un a rrêté m inistériel du 12
voir le moment où ils atteindront Tombouc­ ju
in porte adm ission à la libre p ratiq u e en
tou, qui n’est déjà plus beaucoup — et qui F ran ce des bêtes bovines pro v en an t du d é p a r­
cessera bientôt tout à fait pour nous de jus­ tem ent d’Oran.
tifier ce titre : Tombouctou la mysté­
Tunisie. — Un décret présidentiel du 5 août
rieuse,
fixe à 200.000 hectolitres la q u an tité de vins de
—El—

ra isin s frais, d’origine et de provenance tuni-

�L’EXPANSION COLONIALE

210

sienne qui p o u rra être adm ise en F ran ce du
1er août 1908 a u 31 ju illet 1909, dans les condi­
tions de la loi douanière.
Guinée. — Un décret du 28 ju ille t fixe à 3.000
kilogram m es de calé et 100.000 kilogram m es de
b an an es les q u an tités de ces p ro d u its o rig in ai­
res de la Guinée fran çaise qui p o u rro n t être
adm ises au régim e de faveur du 1er ju illet
1908 au 30 ju in 1909,
Congo. — Un décret du 5 août 1908 autorise,
en exécution d’une convention du 14 m ai 1906,
le G ouverneur G énéral du Congo fran çais à
accorder en p lu sieu rs lots en toute propriété,
m ines exceptées, à MM. John H olt et Cie, 30.000
hectares de te rre s à choisir, dans u n délai de
cinq ans, d’accord avec l’ad m in istratio n , dans
les te rrito ire s non concédés.
Guyane. — Un décret du 19 m ai 1908 ap p ro u ­
ve la délibération du Conseil g én éral de la
G uyane, p o rta n t règlem entation du régim e des
spiritueux dans la colonie.

Colonies
Tunisie. — D écret beylical du 18 ju illet 1908,
a p p ro u v an t la convention passée entre le di­
recteu r gén éral des trav au x publics et le direc­
te u r g én éral de la Compagnie des phosphates
et du chem in de fer de Gafsa, pour l’exploita­
tion de la ligne de Sfax à Bou-Thadi et de son
prolongem ent éventuel.
Afrique Occidentale. — A rrêté du Gouver­
n e u r général, du 25 juin, in stitu a n t une com­
m ission consultative des mines.
Guinée. •— A rrêté du G ouverneur, du 25 ju il­
let, o u v ran t à l’exploitation définitive, le 1er
août, le tronçon de S onguéta à M amou (296e
kilom .), du chem in de fer de C onakry au Niger.
Dahomey. — A rrêté du G ouverneur générai,
du 31 juillet, p o rta n t réception définitive des
tra v a u x de su p erstru ctu re exécutés p a r la
Com pagnie du chem in de fer du Dahom ey en­
tre Cotonou et P ao u ig n an et su r l’em branche­
m ent du lac Alterné, et en fixant le m o n tan t à
9.143.000 francs.
Haut-Sénégal et Niger. — Un a rrê té du Gou­
v ern eu r in te rd it la saignée des essences à
caoutchouc dans la colonie, en 1908, p en d an t
les m ois de ju illet à octobre inclus.
Madagascar. — Un a rrê té du G ouverneur
général réglem ente la fabrication, la vente,
l’im po rtatio n et la circulation des explosifs.
Indo-Chine. — A rrêté du G ouverneur géné­
ra l, du 27 ju in , fixant la com position et les
conditions de fonctionnem ent du Comité des
trav au x publics de l’Indo-Chine.
A rrêté du 4 ju illet rég lem en tan t le commerce
des arm es et des m unitions au Tonkin. — A r­
rêté du 18 ju in o u v ran t à l’exploitation, le 15
ju in , la section de Yen-Si à M y-Chanh (144e
kilom.), du chem in de fer de T ourane à QuangTsi. — A rrêté du 11 ju in au to risa n t les trav au x
de construction d’un établissem ent de g ra in a ­
ge de vers à soie à Phu-L ang-T huong, au Ton­
kin. — A rrêté du 2 ju illet a u to risa n t l’exécu­
tion des trav au x de creusem ent d’un can al du
Thot-Not au Cai-Bé, en vue de l’am énagem ent
de la région du T rans-B assac, en Cochinchine.
Océanie. — Un arrê té du gouverneur in te r­

dit la fab ricatio n de toute boissoli ferm en­
tée, afin d’en traver les progrès de l’alcoolisme
parm i la population indigène.
Martinique. — A rrêté du G ouverneur, du
1er juillet, réglem entant le déboisem ent des
forêts de la colonie.

LES INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉ0BRAPHIE
La bibliothèque de la Société de G éographie
et d’Etudes Coloniales de M arseille, la plus r i­
che de province en ces m atières, ne compte pas
m oins de 10.000 volumes, 3.000 cartes, 100 atlas
et 250 publications périodiques du m onde en­
tier. Elle est ouverte au public tous les jours,
de 2 h e u re s à 6 heures.
P e n d a n t cet été, cette superbe bibliothèque
s’est enrichie de nom breux ouvrages nouveaux,
p a rm i lesquels on p eu t citer, a u -seu l p o in t de
vue colonial :
L’av en ir économique de nos colonies, p a r
M. Eug. Jung ; Comment on devient colon, p a r
M. Ch. Géniaux ; La vie aux colonies, p a r M.
R. Vigne ; Le S a h a ra algérien, p a r MM. G au­
tier et C hudeau ; La m ise en v aleu r de l’A fri­
que Occidentale F ran çaise, p a r M. H. Chevans;
D akar, son origine et son avenir, p a r MM. Ribot et Lafon ; L’Afrique Centrale F ran çaise
(mission Chari-Tchad), p a r M. Aug. Chevalier ;
Notes su r le Laos, p a r M. L. de R einach ; Les
provinces cam bodgiennes rétrocédées, p a r M.
P. de la Brosse ; Le régim e in tern atio n al des
Nouvelles-Hébrides, p a r M. A. B runet.
D ans les au tres sections de la bibliothèque,
sont entrés notam m ent des ouvrages nouveaux
tou ch an t les questions coloniales, su r les p rin ­
cipales puissances du monde, p a r MM. Dubois
et K ergom ard ; l’Afrique aux Européens, p a r
le docteur R ouire ; l’E ta t du Congo, p a r M.
C astelain ; la R hodesia, p a r M. de R enty ; la
question d’Extrêm e-O rient, p a r M. E. D riau lt ;
les colonies allem andes, ra p p o rt au R eischtag ;
les F ra n ç a is au C anada, p a r M. Lionnet. A
signaler enfin des livres nouvellem ent p aru s
su r la F rance, l’Allemagne, la Suisse, l’E sp a­
gne et P o rtu g al, l’A utriche, la T urquie, la Chi­
ne, le Japon, l’Asie russe et anglaise, l’A m éri­
que du Nord et du Sud, etc... a ssu ra n t la m ise
à jo u r de la bibliothèque.

Avis d5Adjudications
Le 8 septem bre, il sera procédé à P a ris, salle
des séances de la Commission des M archés, à
l’Office Colonial, à l’ad ju d icatio n de la
fo u rn itu re de M étaux divers destinés au servi­
ce du chem in de fer de K onakry au Niger.
E t à l'ad ju d icatio n de la fo u rn itu re de Mé­
taux divers destinés au service p én iten tiaire he
de la G uyane et de la Nouvelle-Calédonie.
Les personnes désireuses de p rendre p a rt à
ces adju d icatio n s p o u rro n t en consulter les
cahiers des charges dans les bureaux du Se­
c ré ta ria t de l’In stitu t Colonial M arseillais, 5,
rue Noailles, au 3e étage.
\

�/

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S CO LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ........................................
464 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
440 50
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
478 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) .................................. ..
78 25
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
81 55
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
92 80
465 — Indo-Chine, cliem. de fer obi.
3 1/2o/o,1899 .........................
459 60
-------—
obi. 3 o/o 1902.....................
410 50
480 — E m prunt A lgérien, 3 o/o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
442 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 l/2 o /o
1897............................................
969 987 50 Ville de Constantine, 3.30 t&gt;/o
1895................................
960 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1 /2 o /o l8 9 8 ...........................
466 50
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
461 —
492 50 Col. de la M artin iq u e.............
468 50
470 — A frique Occidentale, 3 o/o 1903,
obi. rem. 500 (g ar.)............... '458 50
642 50 Maroc 5 o'/o 1904, rem. à 500.. 512 —
B A R Q U E S CO LO NIA LE S
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Ci0 A lgérienne, act. de 500 t. p.
912 —
500 Créd. Fonc. et A gric. d ’A lg .,
act. de 500 ..............................
481 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ......................... • ........... 1380 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p . (n.)................\ ..
251 —
500 Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)............................................... 1100 —
500 Banque de la M artinique, 500
703 t- P- (n.) ................................
500 — Banque d e là Réunion, act. de
500 t. p. (n ) ................... • . . .
300 Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .)............. 1375 500 — Banque de l’Afrique Occiden645 taie, act. de 500 (125 p. nom.).
500 Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1175 —
500 Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
53 420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
124 50
5 o/o 420 ...................................
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350...................................
105 —
C H E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T CO LO NIAU X
679 50
500 — Cie Bône-Guelma, a. r . à 600..
434 —
— obi. 3 o/o r. à 500.
Divers
500 693 —
Est A lgérien, act. r. à 600---—
obi. 3 o/o r. à 500 430 50
Divers
Ouest A lgérien, act. r. à 600..
653 —
500 —
. obi. 3 o/o r. à 500 434 50
Divers
—
Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500................................. 423 -

340 — M écheria-Aïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500.. ...........................
-------Mouzbah-Mècheria, Obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
500 — Cliem. de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n a n , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650.................
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l'E ta t................. . .

211

430 50
435 —
430 —
422 —
967 —
382 —
426 50

V A LE U R S M IN IÈRES
— — Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p .................................... 1480
—
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500.........................
497
*50
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p .........................
487
—
477 50 Algèri'e-Tunisie ( Omn. ), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500...............
455 50
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ..............................
551
—
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1649 —
500 —
act. 500 (400
p., n . ) ............................... 1610
—
Divers
Le Nickel, act.de 250 t. p .......
675 —
445 —
—
obi. 4o/o rem. à 500. 497 —
-------Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
75 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .............................
99
—
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.........................
481
—
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 4065 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts... 3836 —
V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Com pagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale..................(actions anciennes).
3200
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale ............... (actions nouvelles).. 2105
485
Ciu M arseillaise de M adagascar ............
M essageries Fluviales de Cochinchine.
A 'im a.............................................. ............
175
Alim aïenne....................................................
Congo occidental........................................
235
475
Haut-Congo (Compagnie française du)..
120
Haute Sangha..............................................
510
Haut-Ogôoué...........................■....................
500
La Kotto.......................................................
75
Lobay.............................................................
220
M essageries Fluviales du Congo...........
Sultanats du H aut-O ubangui................ - 900
Sociétés des m ines de la Haute Guinée :
a c t...............................................................
140
141
Compagnie minière de Guinée : act. 199,
Compagnie des mines de Siguiri : act.
202 ......................................................
109

—
—
—
—
—
-

—
—
—
—

—
—
—
-

Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Im p rim erie du “ S ém ap h o re” B a r l a t i e r . — M arseille.
17-19, ru e V enture.

�SERVICE POSTA L M ARSEILLE - COLONIES
D é p a rts

de M a rs e ille
DATES DES D E P A R T S DERNIÈRE LEVÉ E
D E M A R S E IL L E

A lg é r ie

Départements d ’Alger et d’Oran
»
d’Alger . . . .
»
»

Voie île Marseille, O G1" Trans.
»
T ransp.M ar.
»
T o u a c h e ....
Voie de Port-V endres.............
»
.............
Voie de M arseille, CioGleT rans.
»
T ransp.M ar.
Ci&lt;' Glc Trans.

d’Alger et d ’Oran
d’O ran.................

»

»

...........

»

»

................

»
»

de Constantine.
»

»
»
B

»
»
))

Lundi, Mercredi, Sam edi.........

Mercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Dim anche ...............
Vendredi. ...............
Jeudi et Sam edi___
M ardi.........................
M ardi.........................
S am ed i................
Dim anche ...............
Lundi et S am ed i. . .
J e u d i.......................
Lundi et V endredi..
M ercredi...................
S am ed i...................

»

»
T ransp. Mar.
T o u a c h e ....
CieGlc Trans.
C!c Touache.

T u n is ie .

»
Cic des M. M.
Voie de Brindisi, paq. Anglais.
Voie dcMarseille,CicFraissinet
A fr iq u e O c c id e n ta le
»
»
F ra n ç a is e
Voie deBordeaux, Cic des Cliarg. Ilcun.
Voie doM arseille, Transp. Mar.
S é n é g a l............................
VoiedeKordcauxàLisbonne, Cir! des M. M.
D jib o u ti, M a d a g a s c a r, Voie dcMarseille,
»

lin dim .

sur déni à p. du fi janv.
Vendredi ap. d. do Marseille . .

In d o -C h in e .

»

R é u n io n e t M a u r ic e
D jib o u ti, M a ju n g a ___
N o u v e lle -C a lé d o n ie
e t N o u v e lle s -H é b rid e s ,

Le Jeudi, 1 .1 J I jours ii p. du i janv.

10 de chaque mois

»

25

»
Vers le 2 0 de chaque m ois.
On dim. sur quatre à p. du 20 janv.

»
Cic H avraise
»
Cic des M. M.
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Chaque Vendredi .

11 h. m at.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
5 h. 20 mat.
5 h. 20 mat.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
10 h. 30 m
10 h. 30 m .
3 h. 10 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. m at.
3 h. 10 soir.
10 h. m at.
10 h. soir
10 h m at.
10 h. m al.
6 h. 20 soir.
10 h, 30 m.
6 h. 20 soir.
10 h. m at.
10 h. m at.
mat. ousoir
10 h. m at.
10 h. soir.

DE PAR TS
D E S B A TEA U X

1 h. s o i r ..
6 h. s o i r ..
6 h. soir .
61a. 15 mat.
61i. 15 mat.
5 h . s o i r ..
5 h . s o ir..
5 h . s o i r ..
m id i.........
m i d i ....
6 h. s o i r ..
midi .......
m id i.........
I h. s o i r ..
7 h s o i r ..
II h. m at...
m id i........
m id i... .
m idi.
11 li. m at..
11 h. m at..
11 h. m at..
11 h. 36 s.

Voie de N a p le s ,p a q . Allemand.. Tous les 28 jours à p. du II déc l’a i.-te ille lO li.s .

Voie de Marseille, Cic des M. M.
Voie de B rindisi, paq. Anglais.
Voie de St-Nazaire, CicGlc Trans.
G u a d e lo u p e
^
Voiedc Bordeaux,
»
e t M a r tin iq u e
)
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
Voie de St-N azaire, CioG,c Trans.
G u y a n e F r a n ç a is e . . . | Voie d’A m sterdam , paq. N é e rl..
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
In d e F r a n ç a is e ........

T a h it i
S t- P ie r r e - M iq u e lo n

12 de chaque m ois.
Vers le 2 0 de chaque mois.
24 de chaque m ois.
20
»

DE LA BOITE

Du Mercredi sur t à p. du i(i janr. 10 h. m at. 11 h . m at.
Vendredi ap .-m id i. 10 h. soir,
9 de chaque m o is .. l’avanl—veille soir.
26
»
L eH ercr.,1.1.11 jo u rsà p .d u Idée.

9 de chaque m o is..
V endr.,1.1 .1 1 jours à p.du 1 1 janv.
Le M crcr., 1.1.11 jours à p.du 1 déc.

j Voie Le H avre et C herbourg
p a r N ew -York
|

A r riv é e s à M a rs e ille
A lg é r ie :

A lger................................ l
C onstantine par P hilip peville et B o n e . . . . . .
O ra n .................................
T u n i s i e ............................
In d o -C h in e . ................
N o u v e lle -C a lé d o n ie ..

Voie de B rin d is i..........

undi, Mardi, M c rc r.,V e n d r., Dim.

Mardi, Jeudi, Samedi.
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15-47

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES S T A T U T S
I—

A r t . 2.

Cette association a p our b u t l’étuâe, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l’extension des rap p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rechercher les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, ad m in istratif ou économ ique qui lui nara îtra it de n a tu re à favoriser les intérêts nue
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de droit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres donateurs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués dé la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont lç
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Efèckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teurs sont ceux qui d ans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œuvre' de l’In s titu t colonial,
lui donnent un concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont’ agréés p a r le Con­

I

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soit
sur sa dem ande, tous renseignem ents de n a tu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’Institu t.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande d’fedhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p endant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o nateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 francs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

SERVICES DE L’ INSTITUT
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liez de-chaussée : Musée Com m ercial. -— Salle
des Cours Coloniaux.
/ or étage : Musée Colonial.
3me étage : S e c ré ta riat général et B ureaux de
l’In stitu t, B u reau de Renseignem ents. —• Ré­
dactio n 'd e T « E xpansion Coloniale ».
(Syndicat des E xportateurs).
(2mo étage : Société de Géographie. — Alliance
Française).
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».

5
C ours colo n iau x

Directeur : M. le Dr H eckel .
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J um elle .

P ro d u its anim aux et parasitologie des plantes
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M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .
H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson .
Législation et Economie Coloniales.
M. H. B abled .

Hygiène Coloniale.
M. le Dr R eynaud .
C ultures coloniales. — Jard in colonial.
M. V. D avin .

C om ité de r é d a c tio n d e 1’ « E x p a n sio n C o lo n ia le »
MM. A drien Artaud, P ré s id e n t de la C om m ission du M usée C o m m ercial et du B u reau de R e n se i­
g n em en ts ; L ouis Y t ier , V ice-P résid en t : Ja c q u es Léotard, S e c ré ta ire ; P a u l Masson, P ro fe sse u r
à l’In stitu t, M em bre d u C o n se il.— M.E. Moriceau , S e c ré ta ire g é n éral de l’I n s titu t.— M. A uguste
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par M. Adrien A r t a u d ...................................
Institut colonial m arseillais.............................
Bureau de renseignem ents......................
Extraits de la correspondance................
Le Régime douanier colonial. Rapport de
M. L e m i r e ...................................................................

ABONNEMENT

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216
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218
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C h ron iqu e .................................................. .. .
Actes coloniaux: o ffic ie ls ......................... X . .
Vie économique des Colonies............ ...
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La culture des céréales en Algérie
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Services maritimes postaux. . .
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�IN S TITU T

C O LO N IA L

M A R S E IL L A IS

Fondé sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
Présidents d’honneur :

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale

Française.

Le Gouverneur général de Madagascar.
Le Résident général de la République Française

à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée.

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.

Le P résident du Conseil général.
Le Recteur de l’Université d’Aix-Marseille.

Le Doyen de la Faculté des Sciences.
Féraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce.
Charles-Roux, Jules, Commissaire général de
l'Exposition Coloniale de Marseille 1906.

Membres

MM.
A rmand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — B eugas.se. H. et C". — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Roux, Jules, Commissaire général de l'Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie, des Che­
mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit L yon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Desrief, Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay , Gigandet
et C". — Gavoty , Charles. — Heckel, Edouard (D’),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « N ouvelles Galeries ». — So­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — Société Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — Société Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — Société
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

Membres donateurs :

MM.
J.-B. et A. A rtaud F’rères. — Barlatier , Paul. —
Berger, C. — Chabrières , M orel et C". — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compacnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation IFraissinet &amp; C"). — Compagnie de
Navigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français.— Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien Fabre &amp; C". — Crédit l’oncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour. Marius et Fils. — Estrine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Ma ilh at , H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon . Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A P avin de Lafarge . — R a s tit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odrigues-El y , Amédée. — Société « la
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Za r if i .

CONSEIL D'ADMINISTRATION :

Président : M. Desbief, Paul, Président de la
Chambre ne Commerce.
Vice-Présidents : H eckel, E. ID'l. Directeur-Fonda­
teur du Musée Colonial ; P onsinet, A., Chef du
Service Colonial : Dufay , Henri, Ancien VicePrésident de la Chambre de Commerce.

Secrétaires : MM. A rtaud , Adrien, Membre de la
Chambre de Commerce, Président du Syndicat
des Exportateurs : Barlatier , Paul, directeur
du k Sémaphore de Marseille ».
Trésorier : M. A rmand , Albert, Membre de la
Chambre de Commerce. Président du Syndicat
Marseillais de la Marine Marchande.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane , J., Sous-directeur
du Comptoir National d’Escompte de Paris à
Marseille

Membres :

MM.

MM.

A llest , J. (Dr), Administrateur-Délégué de la Com­

L éotard , Jacques, Secrétaire général de la So­

A rnaud, Lucien, Minotier.
Bergasse, Alexandre, Négociant.
Besson, L., Directeur de la Compagnie Marseil­

L ombard, Emile, Membre de la Ch. de Commerce.
Martin -Laval F., Vice-Président du Syndicat des

pagnie Générale Transatlantique.

laise de Madagascar.

Blanc, E., Directeur de l'Exploitation de la Com­

pagnie des Messageries Maritimes.
Bohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
Administrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.

Bourdillon, A., Armateur.
Bry , G., Doyen de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufour, Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, .1., Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
Estier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­

ral des Bouches-du-Rhône.

Estrine , L., Vice-Président de la Ch. ue Commerce.
F ouque, Adolphe, Président honoraire du Syndicat

d’initiative de Provence.

Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
Jacquemet, Louis. Président du Syndicat des

Négociant en cafés.

Joannon, A., Avocat,

Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
Jourdan, Félix, Juge au Tribunal de Commerce.

ciété de Géographie.
Exportateurs.

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

titut colonial.

R a s tit , Henri, Industriel.

Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux, François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T ukcat, H., Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub, Léonce. Négociant.
V elten , Edouard, Membre-Secrétaire de la Cham­
bre de Commerce.
Y tier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Zarifi , Périclès. Banquier.
Delibes , .1., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément, Délégué du Conseil Municipal.
Maurel , Agricol, Délégué du Conseil Général.
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Eug. T alon , Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.
Secrétaire qènéral : E. M oriceau , Administrateur

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R u e V a c o n , 5 1 et 5 1 »

P A P E T E R I E M A R S E IL L A IS E
R u e P a r a d is , 2 9

�f a b 'J
I4r fc**** « il

Deuxième Année.

N° H

^°r ^ (‘-l°^1'e J908.

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
depuis qu’ils ont adopté l'étalon d’or ? L ’In­
de, que l’on disait favorisée pour l’exporta­
EN INDO-CHINE
tion de ses céréales et de ses graines par les
(fluctuations de la Roupie, a-t-elle vu se fer­
Dans le rapport par lequel notre Prési­ mer ses débouchés depuis qu’elle a fixé à
dent, alors Vice-Président de la Chambre de 1 sh. 4 pence la valeur de sa Roupie?
La vérité.est qu’on prend une marchan­
Commerce de Marseille, concluait, en avril
dise
lorsqu’on en a besoin, que des fluctua­
1903, pour cette Compagnie, à la stabilisa­
tions
monétaires peuvent en certains cas faci­
tion de la piastre, se trouve cette phrase dont
liter
une opération comme dans d’autres
tous les hommes d’action approuveront l’im­
moments
— et plus souvent — l’entraver ;
patience :
mais
qu’il
y a toujours avantage à tabler sur
« Pourquoi faut-il que nous ayons à redes
unités
invariables et que la monnaie est
« gretter que, tandis qü’on agissait à l’étranpeut-être,
de
toutes les mesures, celle qui a
« ger, on ait perdu en France, en discusle
plus
besoin
de fixité.
« sions académiques, un temps précieux
La
stabilisation
ne se fera pas sans appor­
« qu’on aurait utilement employé à prépa­
ter
quelques
perturbations
superficielles
ie rer l ’évolution économique- de nos colodans
les
transactions,
comme
la
fixation tan­
« nies » (p. 12).
tôt
en
francs
tantôt
en
piastres
du budget
Hélas cinq ans et demi se-sont écoulés de­
indo-chinois,
a
occasionné
quelques
mé­
puis le vote de ces conclusions et toujours
comptes
lorsque
ces
décisions
sont
interve­
on discute !
ka Chambre de Commercé de Marseille a nues ; mais ce sont des choses auxquelles il
faut s’attendre. On a successivement fixé en
fait part de ses vœux à M. Klobukowski,
piastres
et en francs le budget de l’Indol’éminent gouverneur général de l ’IndoChine
parce
que, dans le premier cas, ses
Chine, au cours de la séance à laquelle il a
bien voulu assister pour prendre avec notre prévisions de dépenses en francs étaient dif­
Compagnie un contact qu’il a la bienveil­ ficiles à ajuster avec des perceptions en
lance 'de souhaiter désormais permanent et piastres à valeur variable ; et parce que,
M. Klobukowski, à qui cette question est dans le second cas, ses stipulations en pias­
loin d’être étrangère, a promis de l ’exami­ tres ne pouvaient pas concorder avec les
chiffres en francs du budget métropolitain.
ner pour la résoudre, lorsque sa religion
Mais le plus curieux est qu’on se soit
serait à tous égards pleinement édifiée.
En homme pratique, il est retenu par les étonné d’un mécompte inévitable dans ces
appréhensions de ceux qui voient les affai­ occasions. Il faut réformer entièrement ou
res de l’Indo-Chine avec la Chine courir le pas du tout et notre tempérament français,
épris du merveilleux au point de le considé­
risque d’être entravées par la substitution
rer comme tout naturel et de ne s’étonner que
d’un étalon monétaire différent à l ’actuel, en
de ce qui est normal, peut seul expliquer
usage à Hong-Kong.
Il est très naturel qu’un homme d’Etat se qu’ayant adopté des demi-mesures ne pou­
vant remédier à rien, nous en ayons atten­
préoccupe de ces craintes lorsqu'elles lui
sont exprimées, mais il est incompréhensi­ du un succès complet.
Il faut stabiliser parce que la monnaie,
ble que des financiers, que des économistes
voient sérieusement là un écueil. Ne traite- comme toutes les mesures, doit se rappor­
ter à un étalon invariable.
t-on qu’avec des pays à étalon monétaire
M. Marcel Détieux dans un excellent ou­
idehtique? Le Japon, les Philippines, Je
Siarn ont-ils cessé de travailler avec la Chine vrage intitulé La Question monétaire en

Là STABILISATION DE LA PIASTRE

�214

L ’EXPANSION COLONIALE

lndo-C hine.[ 1) dit que la piastre variable
équivaut à un mètre élastique.
C’-est de cela que viennent les abus et
les confusions intéressées. Il est évident que
les vendeurs qui auront trouvé des ache­
teurs assez bénévoles pour accepter des m i­
tres de 0m80 centimètres et d’autres ven­
deurs assez peu au courant de leurs droits
pour accepter de livrer l m20 pour un mètre,
répugneront à l ’idée de mesurer dorénavant
ce qu’ils reçoivent et ce qu’ils vendent avec
un mètre de cent centimètres ; mais ne sontils pas eux-mêmes dupes de l’erreur dans
laquelle ils croient que sont tombés leurs oocontractants ? Et s’il n’en est pas ainsi, pour­
quoi vérifier les poids et mesures en France,
et ne pas admettre que le Commerce ne peut
s’exercer sans la liberté de peser à faux
poids ?
Il n’y a pas d’autres obstacles sérieux à la
stabilisation de la piastre que les abus faci­
lités par ses variations et tellement ancrés
que leurs bénéficiaires les considèrent com­
me des droits acquis.
La raison. pour marcher n’a qu’une voie
comme dit Boileau et l ’on ne peut en sortir
sans que le sens moral ne soit atrophié. La
variabilité de là piastre devenue un dogme
en lndo-Chine peut faire le pendant du
privilège des bouilleurs de cru en France,
en raison duquel certains citoyens sont af­
franchis de l ’impôt le plus onéreux et ont
toute licence d’aider à la propagation d’une
consommation à laquelle on fait cependant
en apparence une guerre acharnée.
Ce sont là de ces fléaux qui tuent plus
sûrement une nation que les plus grands
cataclysmes, car ils désorientent complète­
ment ceux chez qui ils sévissent.
Heureusement le commerce international
ne s’accommode pas de ces chères erreurs et
il faut, sous peine de s’exposer à la déca(1) M. Marcel Detieux a eu l’amabilité de
nous offrir son volume la Question monétaire
en lndo-Chine et nous sommes désolés que les
exigences de l’actualité coloniale ne nous aient
pas encore permis d’en rendre compte, car cet
ouvrage est un des plus complets et des pluè
judicieux parus sur la question. Il renseigne
sur ses origines, sur les diverses décisions pri­
ses chez nous, sur les études des mesures de
stabilisation, sur ce qu’ont fait les Anglais aux
Indes, les Siamois et les Japonais chez eux, et
les Américains aux Philippines et il termine par
les conclusions les plus nettes en faveur de la
stabilisation.

dence ou de comprimer une prospérité qui
ne demande comme en lndo-Chine qu’à se
développer, s’en tenir à ce qu’enseignent la
morale et la correction commerciale : autant
dire la simple et vulgaire honnêteté.
★
* *

Partout où l’on a une monnaie variable, il
faut stabiliser, mais en lndo-Chine plus
qu’ailleurs, car la monnaie que nous res­
pectons est une monnaie importée qui se su­
perpose à une monnaie indigène et fait in­
tervenir dans les transactions intérieures
une question de change très irritante et mê­
me insoluble, tant que la piastre n’est pas
stabilisée.
L ’Annamite compte en sapèques et paie
en sapèques, il est à peu près entendu que
5 ligatures de 600 sapèques c’est-à-dire 3000
sapèques valent une piastre, mais une pias­
tre de combien ? Une piastre de 2 francs ou
une piastre de 3 francs, suivant son taux du
moment ? Trente-trois pour cent de variation
possible et même avec le temps certaine
dans la valeur d’une monnaie, en rendent
l’usage bien difficile et bien compliqué.
L ’agriculteur au Tonkin paie les salaires
en sapèques et vend en piastres le produit ;
si les deux monnaies ne s’ajustent pas, l’o u ­
vrier agricole ou le patron sont lésés suivant
qu’il y a baisse ou hausse de la piastre.
Avec la stabilisation, le taux de la sapèque
est fixé, elle représente le 1/3000 de la valeur
de la piastre stabilisée.
Tant qu’il n’en est pas ainsi, l’indigène est
dans la situation de l’administration qui s’est
rendu compte par la pratique des mécomp­
tes qu’occasionnaient deux monnaies dont
le rapport est variable,et il appartient à cette
administration de prendre souci des intérêts
de l’indigène dont elle a charge, solidaires
d’ailleurs de ses propres intérêts, car le ren­
dement des impôts de ceux qui vivent en
sapèques et qui paient les taxes en piastres
est lié à l’interchangeabilité, permanente et
au pair, des deux monnaies.
Cette considération1 devrait suffire à un
moment où on se rend compte de l’utilité de
ménager les indigènes, mais il y en a bien
'd’autres.
La piastre sans fluctuations, à un taux
moyen de 2.40, vaut 2 fr. 38 pour celui qui
reçoit et 2 fr. 42 pour celui qui paie lorsqu’il

�I

L ’EXPANSION COLONIALE
y a entre les deux un intermédiaire qui cer­
tainement ne peut pas travailler sans rému­
nération, mais une rémunération aussi élas­
tique devient vite exagérée et sujette à con­
testations, ou tout au moins productive de
mécontentements.
Un gros reproche que l’on peut faire à la
variabilité de la piastre et qui échappe au
Vulgum pecus, c’est qu’elle supprime pour
les hommes d’Etat et les économistes une
indication tout à fait nécessaire et suggestive,
celle qui indique .l’état de débit ou de crédit
du pays dans lequel elle existe, vis-à-vis de
l’extérieur.
Lorsqu’un pays est débiteur les moyens de
remise dans ce pays font prime. Cette prime,
plus ou moins élevée, indique, d’une façon
certaine, à la fois l’importance de la dette
et les moyens qu’a le pays dé la payer. La
région endettée, dans la productivité de la
quelle le créancier n’a pas confiance et qui a
très grand intérêt à se faire maintenir les
crédits, paie très cher les remises qui sont
des moyens de libération partielle.
Ce change, qui n’a rien à voir avec celui
qui résulte des fluctuations de l’argent en
barre, éclaire par un seul chiffre : celui du
taux de la prime ou de la perte, sur la situa­
tion d’un pays, comme le manomètre ren­
seigne sur la tension de la vapeur. Il est très
intéressant, pour tous ceux qui ont charge
d’orienter un pays dans la voie des travaux
eu de l’attente, d’avoir ainsi sous les yeux un
dynamomètre accusant en chiffres connus
l’état d’énergie ou de dépresssion économique
de ce pays.
Avec la piastre à fluctuations, cette indica­
tion si utile disparaît, car les variations de
la piastre constituent la seule expression du
change et cette expression est confuse. Le
taux officiel peut aussi bien résulter d’une
prime sur les remises ajoutée au cours, occa­
sionné par la hausse de l ’argent que de la
compensation d’une perte avec la même élé­
vation des cours de l’argent. Il peut en être
t de même pour une perte sur les remises et
une baisse sur le métal. Les deux peuvent
s’additionner ou se compenser. Dans ces
conditions, il n’y a aucune indication cer­
taine à tirer de fluctuations qui partout ail­
leurs sont significatives.
Les discussions à perte de vue qui ont lieu
sur la balance débitrice ou créditrice des

215

Comptes de l’Indo-Chine est une des preu­
ves de cette confusion. Avec la piastre stabi­
lisée, une prime ou une perte exprimerait
nettement la situation.
- Toute personne qui, ayant à faire avec
l’extérieur, convertit ses piastres en francs
ou ne les convertit pas, devient un spécula­
teur involontaire à la hausse ou à la baisse
du change si l’opération avec l’extérieur,
contrairement à ses prévisions, est retardée
ou ne s’opère pas.
— La variabilité de la piastre est vraiment
pour l’Indo-Chine un fléau auquel son com­
merce. ne résiste que par suite d’une vitalité
dont il y a lieu de la féliciter, mais franche­
ment il serait aussi téméraire qu’injuste de
la laisser indéfiniment à cette épreuve.
*
¥ ¥
Les raisons de stabilisation sont donc pé­
remptoires. Il y a lieu d’ajouter que l’opéra­
tion est relativement facile ; elle n’exige que
de la volonté et de la suite dans les idées.
Il a fallu beaucoup de hardiesse et de jus­
tesse de vues au gouvernement anglaisi pour
faire la stabilisation de la roupie dans l’Inde
car il n’existait alors aucun précédent de
cette opération- Àus=i la fixité de la valeur
de la roupie a-t-elle été mise en question
pendant cinq- années entières et le Gouver­
nement de l’Inde a-t-il dû, par empirisme,
trouver successivement toutes les mesures
transitoires susceptibles d’assurer le triom­
phe de son intervention.
Mais la situation est loin d’être la même
pour nous. Indépendamment des leçons que
nous a données l’Inde, nous pouvons tirer
des enseignements de l’établissement de
l’é'talén d ’or au Siam, au Japon, au Mexique,
aux Philippines ; or adopter l’étalon d’or ou
stabiliser l’argent e'st à peu p-rès exactement
la même chose.
Partout il y a eu des difficultés, sur cer­
tains points il y en a encore car on ne change
pas les habitudes d’un pays sans quelques
perturbations ; de même le morphinomane
a besoin de ménagements pour s’affranchir
de sa funeste passion, mais aucun n’est re­
venu en arrière et le temps s’approche où
nous serons les seuls à compter en monnaie
variable, c’est-à-dire à imposer la spécula­
tion à ceux qui n ’en veulent pas.
Il est inutile de s’appesantir sur les me-

i

/

�216

L ’EXPANSION COLONIAL:

i

sures de détail : prohibition des importa­
L ’Etat fournisseur exclusif de monnaie
tions. de monnaies étrangères, frappe réduite
n’a qu’à attendre ce moment-là pour rempla­
aux besoins de la circulation, etc... mais ce
cer dans la circulation les piastres qui en
qui est essentiel, c’est de constater que l’opé­ sont sorties, et à ce moment il fera frapper
ration est de tout repos pour le gouverne­ avec de l’argent- à 2 framès ou 2 fr. 15 les
ment qui la déciderait.
27 grammes à 9/10 de métal fin des piastres
Des fluctuations dans la valeur de l’argent
qu’il livrera à la circulation à 3 francs, en
sont inévitables et doivent même être assez
attendant qu’une hausse de l’argent les lui
fréquentes. Ce extrait de l’argent soit du
fassent prendre par l’étranger à ce même
sol, soit d’autres métaux, le bon marché lui
taux de fr. 3. Il n’y a qu’à ne pas gaspiller
trouve des emplois nouveaux ; tout cela le
le bénéfice, à le mettre de'côté pour complé­
fait tantôt monter, tantôt baisser ; mais un
ter la réserve d’er destinée à parer à toutes
autre facteur qui n’est pas près de cesser de
les éventualités et l’opération, parfaitement
jouer influe sur la valeur de l’argent. Selon
en équilibre, rend service à la colonie sans
que les extractions d’or sont plus ou moins
coûter un sou ni à la métropole ni à l’Indoimportantes tcut renchérit eu diminue de
Chine et même, si elle se répète souvent, en
valeur, ce qui est le seul moyen pour l’or
lui assurant quelques ressources.
étalon de monter ou de baisser, et l’argent
Si la stabilisation avait été faite sur ces
est le premier objet qui subit ces fluctuations
bases en 1904, les deux opérations de vente
réflexes.
des piastres et de frappe auraient pu se
Cm doit donc prévoir la continuation des
faire (ou bien près) et auraient, en pareil cas,
variations du cours de l ’argent comme de
laissé un gros bénéfice.
toute marchandise et cela met bien à l’aise
Il est impossible qu’un Gouverneur géné­
l’Etat fournisseur exclusif de monnaie.
ral aussi avisé que M. Klobukowski et doué
comme lui de coup d’œil et d’esprit pratique
Supposons, an effet, que la piastre soit
ne voie pas combien la stabilisation de la
stabilisée de fr. 2.80 à 3, taux qui paraît
piastre en Indo-Chine est nécessaire et rela­
le plus normal dans son élévation voulue et
tivement
facile pour quelqu’un' qui a de
que la piastre augmente de valeur à Hongl’énergie
et
de la suite dans les idées.
Kong de façon à dépasser le taux de la sta­
Mais
surtout
qu’on ne nomme plus de
bilisation. Que se passera-t-il ? On drainera
Commission
à
ce
sujet, il y en a assez eu !
hors de l'Indc-Chine les piastres que l’on se
Les
Commissions
sont excellentes pour élu­
procurera à 3 francs minimum,c’est-à-dire un
cider
urne
question,
elles sont impuissantes
- peu au-dessous de leur valeur momentanée.
à
la
résoudre.
Si
Moïse
dans la M er Rouge,
Je sais bien qu’cin considère cette éventua­
entre deux murailles de flots prêtes à s’é­
lité comme une des pierres d’achoppement
de la stabilisation, mais je me permets de la
crouler, engloutissant le cheval el le cava­
voir sous un jour tout à fait contraire et de
lie r, avait demandé son avis à une Commis­
considérer que cette conséquence de la sta­ sion, elle se serait proninoeée j» u r le statubilisation en constitue un avantage.
quo, dans la crainte de se compromettre.
Pour acheter ces piastres à l ’Indo^Chine,
Adrien A r t a u d
on lui versera au moins 3 francs d’or et les
piastres seront remplacées par de l’or dans
la circulation. Où voit-on à cela un inconvé­
nient ?
C’est ce qui s’est passé au Mexique en 1907
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
et il s’en est largement félicité. La stabilisa­
tion a besoin pour s’établir de se doubler
Le Bureau de Renseignements a eu à
d’ume réserve d’or et si l’étranger contribue
répondre à de nombreuses demandes parmi
à créer cette réserve en en fournissant une lesquelles nous signalerons :
i" MM. A. S. et F. B., d’Alexandrie (Egyp­
partie, il n’y a pas de quoi se désoler.
te), ont demandé à être mis en relations avec
Mais, après les jours de hausse de l’argent,
des maisons de Marseille, pouvant leur
viennent les jours de baisse, cela s’est déjà
fournir une quantité importante de jaune
produit et se reproduira fatalement.
de chrome.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

!

�L ’EXPANSION COLONIALE
Ils ont remarqué, dans notre Musée Com­
mercial, les échantillons exposés de soieries
Indo-Chinoises, et croient que leur écoule­
ment serait assuré an Egypte ; ils ont expri­
mé le désir d’être mis en rapport avec des
maisons françaises d’Indo-Chine, suscepti­
bles de leur fournir ces étoffes ; les rensei­
gnements demandés leur ont été fournis.
2° La Chambre de Commerce française de
Barcelone a demandé les noms de maisons
de Marseille, important du Congo les noix
de dika.
Les indigènes fabriquent avec ces noix un
beurre qui est consommé dans le pays mê­
me ; la faible odeur de cacao qu’elles pos­
sèdent les a signalées à l'attention des fabri­
cants espagnols qui les mélangent au cacao
dans la fabrication des chocolats à bon
marché. Marseille a reçu autrefois du Daho­
mey une certaine/ quantité de ces noix dont
l’écoulement a été très difflcrle en France.
Le Dika a été l’objet d’une étude très com­
plète de M. le Dr Heckel qui en a publié le
résultat dans les « Annales du Musée Colo­
nial de Marseille ».
3° M. le Dr B..., le distingué administra­
teur des colonies, qui vient de diriger la pro­
vince de Sainte-Ma.rie-de-Madagascar, a fait
connaître que cette colonie fournirait dans
la campagne actuelle, 100 tonnes de clous de
girofle ;
4b M. J. F..., de' Beaum-ont-Monteux (Drô­
me) a demandé des renseignements sur cer­
tains textiles coloniaux, notamment les
fibres de bananier, de sisal, etc...
Nos colonies ne produisent encore que des
quantités insignifiantes de fibres de toutes
sortes ; il -est regrettable que la culture de
l’abaca ne soit pas entreprise en Indo-Chine,
à Madagascar, aux Antilles, à la Réunion et
en Nouvelle-Calédonie. '
L ’abaca ou chanvre de Manille est exporté
des Philippines ; cet archipel, fournit an­
nuellement plus de 150.000 tonnes de cette
fibre, qui entre dans la fabrication des cor­
dages de marine pour 44 % et le chanvre
pour 56 % ; on l’emploi aussi pour la fabri­
cation des étoffes, des chapeaux de dames,
des tapisseries, 'des brosses et du papier.
L ’Angleterre, les Etats-Unis, la Chine,
l’Australie et le Japon, importent à eux
seuls, pour 40 millions de francs d’abaca. la
France pour 6 millions environ.
Le rendement peut être, d’après les expé­
riences faites, de 2.000 kilos à l ’hectare, les
prix varient de 43 fr. 55 à 69 fr. 20 le picul
de 61 kil. 86 suivant les qualités.
L ’abaca commence à produire au bout de
trois ans et l’on estime aux Philippines
(Rapport de M. T. Edwards, expert en
fibres au bureau de T Agriculture des liés
Philippines)- qu’une plantation de 250 hec­
tares, ayante coûté en huit, ans, 131.114
francs rapporterait au bout de la 8me année
75.270 francs.

217

Le sisal est entièrement de provenance
mexicaine, les Allemands en ont commencé
en grand la culture en Afrique Orientale,
l’Algérie -crée des pépinières. C’est encore
une culture très rénumératrice qu’il’ serait
utile de propager dans nos colonies ;
5° M. P..., à Toulon, est venu se rensei­
gner sur l’industrie dentellière à Madagas­
car.
Cette industrie a été fondée en Imerina,
un peu ayant notre prise de possession et a
été considérablement développée sous le
gouvernement de M. le général Galliéni qui
avait créé diverses écoles dans lesquelles les
.jeunes filles Malgaches apprenaient à con­
fectionner des dentelles.
Les ouvrières Malgaches faisaient d’abord
de la dentelle au fuseau et parmi les diffé­
rents types de ce genre, pratiquaient surtout
celui des passements, qui, en France s’est
à peu près localisé dans la Haute-Loire et
dans les Vosges.
Peu à peu, elles se sont mises à produire
plusieurs variétés de points à l’aiguille ou
au fuseau, imitant les spécialités des diver­
ses régions dentellières de France, cle Belgique, d’Angleterre et d’Italie.
Pendant longtemps, les dentelles de soie,
dont la matière première est fournie par le
pays même, ont été les seules fabriquées et
les seules en usage à Madagascar. Aujour­
d’hui, suivant les conseils qui leur ont été
donnés, les 2.500 ou 3.000 femmes Malga­
ches cle l’Imerina et du Retsileo, qui font de
la dentelle, n’emploient plus guère que le
fil.
Certaines ont commencé à garnir leurs
carreaux de divers textiles indigènes qui,
employés seuls ou mêlés à d’autres fils, don­
nent un cachet original à lçurs dentelles.
Du reste, tout ce qui concerne la partie tech­
nique, le maniement des fuseaux, leur est
très familier.
Les perfectionnements apportés à cette
branche de l’industrie indigène, par la créa­
tion, sur divers points de Pile d’un ensei­
gnement. artistique, d’un ordre plus élevé
que le travail de l’atelier, auront pour objet
de développer le goût des élèves et de leur
faire connaître et apprécier les nuances et
les styles ; tout porte à croire que les fem­
mes Hovas et Betsileos profiteront de ces
leçons et arriveront à fournir de très beaux
articles ;
6° M. M. B.... de Marseille, après avoir
examiné au Musée Commercial les échantil­
lons de papiers de couleur indo-chinois, qui
y sont exposés, a demandé les noms dés mai­
sons avec 'lesquelles il pourrait entrer, en re­
lation.
Diverses maisons lui ont été signaléas.
Ces papiers de très belles nuances, de
grande solidité, trouveraient un emploi
avantageux dans la garniture des boîtes à
thé ainsi que dans la bimbeloterie.

�218

L ’EXPANSION COLONIALE

La bibliothèque de l ’Institut a été consul­
tée par plusieurs personnes, aü sujet de la
Guinée française, du Soudan et de Madagas­
car.
—12—

L ’Institut- a été honoré dans le courant de
septembre de la visite de M. le général Galliéni, ancien gouverneur général de Mada­
gascar, qui a profité d’un séjour de quelques
heures à Marseille, pour se rendre compte
du fonctionnement des divers services de
l’Institut.
Reçu par M. H. Dufay, vice-président-, par
M. le Dr Heckel, vice-président et par
M. Moriceau,secrétaire général, il a été vive­
ment intéressé par les divers musées, par
l ’Exposition des corps gras et a rendu hau­
tement hommage à l’heureuse initiative de
M. P. Desbief, Président de la Chambre de
commerce de Marseille, qui retenu par des
obligations antérieures n’avait pu à son
grand regret lui faire les honneurs de l ’Ins­
titut.
Le Général a également visité la Société de
Géographie où il a été reçu par M. Léotard,
secrétaire général.
M. le Syndic de Gênes, après la char­
mante journée qu’il avait passée à bord de
1’ « Ile de France » est venu visiter l ’Institut
avec une partie des délégués de la presse gé­
noise.
M. Moriceau lui a fait visiter le Musée et
l ’ Exposition du rez-de-chaussée, le Musée
Colonial où M. le Marquis de Passano a
examiné avec un très v if intérêt, la vitrine
des ramies, puis il a conduit les visiteurs à
la Société de Géographie dont M. Léotard a
fait les honneurs aux distingués représen­
tants de la ville de Gênes.
M. le Syndic, les délégués de la presse ont
exprimé tous leurs remerciements de l’ac­
cueil qu’ils ont reçu et sé sont retirés en­
thousiasmés de leur visite.

EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
N o u v e lle -C a lé d o n ie .

L'Institut Colonial à M. Auguste Lévy, S, rue
de la Guette, Saint-Cloud.
Monsieur,
Par lettre du 7 septembre, vous avez bien
voulu me demander, sous les auspices de mon
ami, M. Cherouvrier, sous-directeur de l’Office
Colonial, des indications sur quelques cultures
à entreprendre dans les anciennes propriétés de
M. Jouve à Thio, Narkety et Canala. Je connais
très bien ces n-r-opriétés que j ’ai souvent visitées
et dont j'ai toujours apprécié la grande valeur ,
elles fournissent un café excellent et je crois
encore que c’est une des meilleures cultures à
y pratiquer.
Je ne pense pas que le giroflier puisse vous
donner de bons résultats, car il faut à cet arbre,

beaucoup de chaleur et pendant la saison fraî­
che, il souffrirait certainement en NouvelleCalédonie.
Le cocotier est comme vous le faites remar­
quer, d’un très bon rendement. Mais contraire­
ment à une opinion générale en Nouvelle-Calé­
donie, il ne pousse bien que sur le littoral,
et là seulement où la décomposition des matiè
res organiques provenant de coquillages four­
nit un humus assez riche ; quelques espèces
vivent bien dans l’intérieur, à des altitudes
assez élevées, mais leur rendement est très
faible.
Pour que les cocotiers donnent leur rende­
ment maximum, il est indispensable de les
planter à 10 mètres les uns des autres, soit
100 par arbres à l’hectare. Dans ces condi­
tions, il est possible, lorsque l’arbre a atteint
5 ou 6 mètres, d’utiliser le terrain comme pâtu­
rage et l’herbe très fine qui pousse a ses. pieds,
est très appréciée par les moutons.
Cependant la Nouvelle-Calédohie, en général,
ne fournit pas de noix de grandes dimensions ;
l’on ne saurait y conseiller, à mon avis, la cul­
ture, du cocotier, autrement que pour utiliser
les terrains sablonneux du bord de la mer, et
encore à la condition d’y dépenser très peu
d’argent, car on ne peut espérer avoir de ré­
colte sérieuse avant dix ou douze ans.
La vanille vient assez bien dans la colo­
nie, j ’en ai vu une jolie plantation à Nakety, chez M. Fullet, mais vous n’ignorez pas
que le marché Européen est encombré des
vanilles de La Réunion et des Comores, que le
prix de vente de cet article est à peine rému­
nérateur et je ne crois pas que l’on puisse pré­
coniser la culture en grand, de cette orchidée,
en Nouvelle-Calédonie. Il est plusieurs autres
cultures que l’on peut recommander à savoir,
celles du coton, de la ramie, du sizal.
Le pays a fourni au début de notre occupa­
tion de très beau coton- ; il est vrai qu’à cette
époque, on était à la fin de la guerre de séces­
sion et que le prix de ce textile'était très élevé ;
les autres archipels océaniens, les Loyaltys
Tahiti, les Samoas, les Fiijis ont produit des
cotons de toute première qualité ; il semble
que l’attention de certains côlons se porte à
nouveau vers cette culture et les propriétés
Jouve contiennent de nombreuses parties où
elle pourrait être entreprise, avec avantage.
J’ai vu, dans le Nord de l’île, des essais de
ramie qui ont donné d’excellents résultats ;
autant qu’il m’en souvient, on pouvait faire
trois coupes à l’hçctare, donnant ohaeûne
30.000 kilos de tiges vertes fournissant 6.000 kil.
de tiges sèches rendant 1200 kilos de fibres pro­
pres, soit 3.600 kilos de fibres par an, au prix
de 50 fr. les 100 kilos, c’est un rendement brut
de 2.160 fr. à l’hectare. Pendant longtemps, la
culture de la ramie a été arrêtée, par suite de
l’impossibilité de la décortiquer avec des ma­
chines, mais tout récemment, un constructeur
de Marseille, M. Est.ienne, a inventé un appa­
reil très simple qui n’est pas encore, il est vrai,
la perfection, mais qui donne des fibres très uti­
lisables, dont la valeur est inférieure à 10 %
seulement à celle des fibres de China-grass,
décortiquées à la main. Cette machine peut fa­
briquer 120 kilos de filasse par jour, elle met­
trait donc 10 jours à décortiquer le rendement
d’un hectare ; son prix est de 1.500 francs, son
maniement est des plus faciles et peut être
confié à des femmes indigènes.

�L ’EXPANSION COLONIALE
La ramie exige des terres fraîches, perméa­
bles, légères et il serait facile de trouver d’ex­
cellents emplacements pour sa culture dans la
grande quantité de terrains que possèdent
MM. Jouve. Vous connaissez toutes les qualités
de la ramie, ce textile fournit un fil d’une ex­
trême solidité, qui est employé dans la fabri­
cation des chaussures, des manchons à incan­
descence, des courroies de transmission, etc.,
on en fait des étoffes excellentes durant trois
fois plus que les tissus de lin et tout porte à
croire que lorsque nos colonies se mettront à
produire de la ramie, son usage se répandra
de plus en plus.
La maison Favier dont les usines sont situées
à Valorbe, près Entraigues (Vaucluse), est dis­
posée à acheter de très grandes quantités de
fibres de ramie.
Le sizal du Mexique vient remarquablement
en Nouvelle-Calédonie, comme d’ailleurs toutes
les espèces d’aloès, le prix de la fibre est assez
élevé et je crois que sa culture serait très avan­
tageuse.
Permettez-moi d’ajouter aux indications qui
précèdent, quelques réflexions qu’un vieux co­
lonial comme vous ne trouvera pas déplacées.
La Nouvelle-Calédonie, en raison de sa situa­
tion à l’ autre bout du monde, ne peut faire
parvenir ses productions en Europe qu’en
payant des frets généralement élevés ; elle est
donc condamnée à ne faire que des articles
chers, et encore doit-elle s’efforcer de les pro­
duire avec la plus grande économie.
Toute société agricole ou autre, n’utilisant
pas tous ses moyens d’action dans la colonie
même, s’expose à des mécomptes ; c’est vous
dire que les frais d’administration doivent être
réduits au plus strict minimum et que cette
société ne saurait supporter à la fois des frais
d’administration à Paris et dans la colonie.
C’est parce qu’elles entretenaient à grands frais
un siège social à Paris, que la plupart des entre­
prises calédoniennes ont périclité, je pourrais
vous en citer divers exemples.
Les conditions de la production en NouvelleCalédonie. sont onéreuses ; le régime douanier
sous lequel, vit notre colonie, a pour effet d’aug­
menter le prix de la main-d’œuvre et par suite
de majorer dans une mesure très appréciable,
le prix du produit obtenu.
Si à cette cause, se joint la dépense d’une
administration en France, quel que soient les
avantages que présente la colonie pour la pro­
duction de certains articles, il est bien évident
qu’il faut s’attendre à des déboires. Si je me
suis permis de Vous signaler ces inconvénients
c’est que la colonie supporte actuellement une
crise redoutable et qu’un nouvel insuccès agri­
cole compromettrait gravement son avenir.
En remettant leurs destinées entre les maimj
d’un homme qui a fait ses preuves pendant de
longs séjours aux colonies, les propriétaires des
domaines de M. Jouve ont fait un excellent
choix ; votre expérience saura trouver rapide­
ment les moyens d’utiliser au mieux de leurs
intérêts, des propriétés de réelle valeur. Puis­
sent-ils comprendre aussi qu’on n’administre
ou qu’on ne gère réellement et efficacement que
sur place et que toute dépense qu'ils feraient
à Paris pour entretenir un personnel dont l’uti­
lité est à coup sûr contestable, est une perte
sèche pour la mise en valeur réelle et pratique
de leurs propriétés.

219

Un bon gérant, pratique et économe, un pro­
gramme bien défini après études sérieuses des
moyens suffisants pour l’exécuter (sufficient
witliout waste, disent les Anglais), pas de dé­
penses somptuaires et inutiles, la vente à peu
près assurée à l’avance des produits obtenus,
ce sont les meilleures conditions du succès
dans les entreprises coloniales.
. E. MORICF.AU,
Secrétaire général, de l'Institut Colonial.
Au Même
Je suis très heureux que les renseignements
que contenait ma lettre du 12 sept., aient pu
vous être de quelque utilité.
Je ies complète en vous donnant mon avis
sur la question du bétail qui vous intéresse
particulièrement, puisque le troupeau de MM.
Jouve constitue la plus grande partie de leur
actif.
L ’écoulement du bétail était assuré, il y a
quelques années par l’Etat lui-même qui entre­
tenait dans la colonie, un grand nombre de
rationnaires, condamnés, rélégués» etc....
Par suite de la disparition de cet élément
consommateur, lequel n’a pas été remplacé
par les colons libres que l’on a voulu attirer
en Nouvelle-Calédonie, par suite aussi du chô­
mage de nombreuses mines, le bétail reste pour
compte aux é’ eveurs et son prix est descendu
si bas qu’il 11 e couvre plus les frais d’un gar­
diennage sérieux.
Quelques colons ont pensé â ouvrir une usine
de conserves pour les besoins du ministère de
la guerre, mais d’après une lettre que j’ai reçue
par le dernier courrier, ’d’un de mes amis, très
important éleveur, il serait possible que l’ar­
mée refusât les conserves calédoniennes, en rai­
son de certaines défectuosités de fabrication.
De ce côté, i! faut donc s’attendre à de sé­
rieuses difficultés, cependant la qualité du bé­
tail est excellente et la personne qui dirige la
fabrication des conserves, possède une expé­
rience complète de cette industrie.
Faut-il y voir encore une manifestation de ce
désolant parti-pris que l’on observe partout en
France, contre les industries des colonies, nos
établissements ne devant servir d’après quel­
ques-uns, qu’à fournir à un prix aussi bas que
possible, les matières premières que consomme
l'industrie métropolitaine ?
Chercher des débouchés pour les animaux
sur pied dans les pays voisins (à part l’Austra­
lie et la Nouvelle-Zélande, bien entendu) serait
possible si la Nouvelle-Calédonie entretenait
avec eux des relations régulières et économi­
ques ; il faut espérer que l’on comprendra un
jour que la Nouvelle-Calédonie a tout intérêt
à être en. communication avec l’Indo-Chine et
les archipels Océaniens.
Je crois cependant que l’on pourrait écouler
en France même, notamment par le Havre
pour le marché de Paris les viandes calédo­
niennes, si des vapeurs munis d’appareils fri­
gorifiques venaient deux fois par an par exem­
ple, apporter des marchandises à Nouméa et
en exportaient de la viande abattue.
En estimant à 6.000 têtes le nombre d’ani
maux que l'on pourrait exporter ainsi, ce serait
environ 1500 à 1600 tonnes de viande que l’on
pourrait aisément fournir tous les six mois
tout en maintenant une souche suffisante pour

�220

L ’EXPANSION COLONIALE

subvenir à la fois aux besoins de la consom­
mation loçale et à ceux de l’exportation.
Si d’autre part, les communications réguliè­
res s’établissent entre l’Indo-Chine et la Nou­
velle-Calédonie, il est très probable que cette
dernière colonie pourra écouler dans la pre­
mière une centaine de têtes par mois, si enfin,
le service que l’on doit établir entre Nouméa
et Papeete- dessert aussi les Tongas, les Samoas. et les archipels sur la route, on pourra
encore écouler une certaine quantité d’animaux
vivants : à ces conditions seulement, le prix du
bétail pourra permettre d’entretenir les sta­
tions actuelles qui regorgent d’animaux et qui
sont en raison du bas prix de la viaride 0 fr. 30
le kilog., incapables de se maintenir convena­
blement. La Nouvelle-Calédonie supporte pour son
bétail une crise qui s’est manifestée très cruel­
lement, dans tous les pays d’élevage, l’-Australie, le Texas, l’Argentine ; ce n’est qu’en cherci unit des débouchés au dehors qu’elle en
pourra sortir, car il est à peu près certain que
l’agriculture n’étant possible qu’avec de gros
capitaux et ceux-ci préférant se placer ailleurs
qiie dans un pays où l’éloignement rend diffi­
ciles toutes les entreprises, le nombre des co­
lons Européens, consommateurs de viande ne
s’accroîtra pas, les troupeaux continueront à
s’augmenter et si l’on ne porte pas un prompt
remède à cette triste situation, les animaux
deviendront sauvages, détruiront les forêts et
rendront inhabitable une terre qui peut cepen­
dant nourrir deux ou trois centaines de mil­
liers d’habitants. .Te serai heureux, Monsieur,
de causer plus longuement avec vous de ces
questions, lorsque vous passerez par Marseille
et vous prie d’agréer l’assurance, de mes senti­
ments très distingués.
E. M oriceau .

LETTRES DE NOS CORRESPONDANTS
A lg é rie .

AOUT AGRICOLE
De M. Ed. Vidal, délégué de la Ligue Coloniale
française, à Alger.
Pendant le mois d’août, Tagriculteur algé­
rien a préparé ses terres pour recevoir les se­
mences dès les premières pluies d’octobre. Le
primeuriste a arrosé activement artichauts et
choux-fleurs : son jardin est en pleine activité.
Il a semé ses haricots Ans, qu’il expédiera en
octobre et novembre, aussitôt que les mauvais
temps arrêteront les expéditions des primeuristes du Midi.
Le chasselas a été expédié jusque vers le 20
août, date à laquelle plus de 240.280 colis de
raisin avaient été embarqués. Or si pendant le
mois de juillet le bénéfice des expéditeurs avait
été élevé, le mois d’août au contraire a entraîné
un déficit, les prix n’ayant pas été rémunéra­
teurs. Comme toujours, la production a été
bonne, mais la vente a manqué, faute de dé­
bouchés sur les principaux marchés de l’Eu­
rope. La progression des ventes reste toujours
soumise à la question des transports ; nos pro­
duits ne seront appréciés que s’ils arrivent en
parfait état de fraîcheur, et ils ne peuvent par­
venir frais qu’en voyageant rapidement et sans
arrêt en cours de route.
Les premières semences de pommes de terre

sont arrivées, venant du Nord. Les acheteurs
n’en sont pas satisfaits, car elles sont trop ten­
dres et fortement échauffées, et ne paraissent
pas devoir rendre grand chose. Toute pomme
de terré de-semence devant être bien grenée et
saine pour être productive, l’agriculteur avisé
devra attendre de nouveaux arrivages pour
faire ses achats.
Les vendanges commencent vers le 15 sep­
tembre ; la récolte sera bonne là où les ravages
faits par les criquets n’ont pas été trop importants.
Le tabac arrive sur les marchés à prix très
élevés, la récolte ayant été en partie détruite par­
les criquets.
W lad ag ascar

De M. le Gouverneur général de Madagascar.
Tananarive, le 17 août.
J’ai l’honneur de vous accuser réception de
votre lettre du 26 mai dernier, par laquelle vous
me signalez la présence, dans la province de
Tuléar, d’un arbre dont l’écorce renferme une
résine très rapprochée de celle de l’encens.
Je me suis empressé de transmettre votre com­
munication au chef de cette circonscription, en
,1e priant de faciliter, à M. Le Barbier, 'commis
des Services civils, l’étude dont M. Heckel Ta
chargé.
In d o -C h in e . — P â te à p a p ie r

De M. L. Cazeau, directeur de la Société Géné­
rale des Tramways a Saigon.
Saigon, le 21 août 1908.
J’ai l’honneur de voüs adresser :
1° Sous ce pli, un rapport sur la cellulose
pour la fabrication de la pâte à papier.
2° Sous pli séparé trois échantillons de cette
cellulose.
La matière première couvre d’immenses su­
perficies et est d’une exploitation des plus faci­
les sans grands frais, dans tous les cas moins
onéreux de beaucoup que ceux nécessités pour
la coupe du bambou ou du bois.
Dans la région que je suis seul à connaître,
existe de l’eau douce en abondance et du bois
de chauffage.
Ces essais sont dûs entièrement à mon initia­
tive et je serais heureux s’ils pouvaient pré­
senter quelque intérêt.
De la Société Dauphinoise des Pâtes à Papier
d'Extrême-Orient.
Fures, le 10 septembre 1908.
Je viens û’apprendre qu’il y a- quelques
temps, la Chambre de Commerce de Marseille
avait ouvert une enquête à l’effet de savoir si
les végétaux que produisent nos colonies sont
-susceptibles d’être transformés en papier. Je
no sais s’il vous a été parlé du Bambou. Dans
tous les cas, nous sommes un groupe de fabri­
cants de papiers qui venons de faire des études
très sérieuses sur cette graminée qui est appe­
lée à rendre à notre industrie d’immenses ser­
vices.
Je me permets de vous adresser par ce coùrrier quelques notices dans lesquelles vous trou­
verez tous renseignements concernant cette af­
faire.
Je vous serais obligé, au cas où cette affaire

�\

L ’EXPANSION COLONIALE
pourrait intéresser quelques personnes, de
vouloir bien leur communiquer une notice et
leur dire que je me tiens à leur entière disposi­
tion pour tous renseignements complémen­
taires dont elles auraient besoin.
Nos statuts sont -à l’heure actuelle à l’im­
pression. Je les tiendrai d’ici quelques jours, à
la disposition des personnes qui voudraient en
posséder un exemplaire.
Le capital de notre Société à souscrire en
numéraire est de 600.000 francs se divisant en
1200 actions de 500 francs. Sur ces 1200 actions,
600 sont prises par les fabricants dé papier,
membres fondateurs. Il ne reste donc que 600
actions, soit 300.000 francs à souscrire.
La souscription ne sera ouverte qu’après l’im­
pression des statuts.
S a in t - P i e r r e e t M iq u e lo n .
R é g im e d o u a n ie r

De M. Daynaud, président de la Chambre de
Commerce.
Saint-Pierre le 4 septembre 1908.
J’ai l’honneur de vous adresser sous pli sé­
paré quelques brochures (1) d’un rapport de
notre Chambre de Commerce sur le régime
douanier et la situation économique de la
colonie.
Votre intéressant organe l'Expansion Colo­
niale m’ayant été procuré par notre ami com­
mun M. André, chef du service de l’inscrip­
tion maritime, j’ose espérer comme lui que
vous voudrez bien nous réserver une place
dans ses colonnes, et concourir par votre in­
fluence à la réalisation des vœux que nous
avons émis en yue du relèvement de la colo­
nie.
S o ja

h is p id a

Newclrwang, le 16 août 1908.
J’ai reçu votre lettre du 25 juillet à laquelle
je m’empresse de répondre.
Hier sont partis à votre adresse (via Sibérie)
deux petits colis : un échantillon de tourteau;
et un échantillon de haricots.
Le prix du fret est : De Newchwang, ou de
Dalny à Marseille (sans transbordement) 30
shellings par tonne (lbs 2240) en plus 2 1/2
shellings si il y a transbordement.
L ’assurance serait de 0.75 %.
Ces prix sont fait pour la marchandise déli­
vrée le long du bord (F. O. B.) nous aurions à
payer, coolies et gabarre, si il a lieu.
Je n’ai pu obtenir aucun renseignement à
l’agence de la « Nippon Yusen Kaisha » que
vous me recommandez. Du reste, son service ici
n’est assuré que par des petits bateaux, ce qui
rend le transbordement inévitable.
Au contraire la Compagnie anglaise « Océan
Steam Ship Co ■» avec laquelle je suis en rela­
tion, et dont MM. Savon sont les agents ià Mar­
seille, se'chargerait de faire venir ici un de ses
gros bateaux, chargerait une de ses cales com­
plètement et délivrerait à Marseille sans autre
transbordement.
Bien entendu cette Compagnie ne oonsenti(1) Des extraits de cette brochure paraîtront
dans le prochain numéro de l'Expansion Colo­
niale.

221

rait à cela, que si il y avait 1.000 tonnes au
moins, peut être me dit l’agent que pour plus
de 500 tonnes, et comme essai la Compagnie sa­
crifierait un voyage à Newchwang.
En réponse à votre . dernier paragraphe,
je vous dirais que si vous voulez une petite
quantité, il serait préférable d’ensacher les
tourteaux, tandis qu’au contraire si vous en
prenez beaucoup-, il est inutile de faire .cette
opération qui est assez coûteuse, il faut comp­
ter sur une dépense de 60 cents de dollars par
tonne. —■ X...
G a b o n . — N o ix de D ik a .

De la Chambre cle Commerce de Barcelone.
Barcelone, 1er septembre.
Nous vous serions reconnaissants de vouloir
Lien noqs faire savoir s’il existe à Marseille
une ou plusieurs maisons important du Gabon
des noix de Dika en quantités importantes.
Ce renseignement nous est demandé par une
maison espagnole qui serait acheteur de.ce pro­
duit, mais qui voudrait être fixée le plus tôt
possible.
T u n is ie . — E s s o r m in ie r.

(SuHe)
De M. G. Rouquerol, membre correspondant de
l’Institut Colonial, à Tunis.
Miné de Nabeur
Propriétaire actuel : la Société des mines de
fer de Nebeur. représentée par M. Donegani,
dans le voisinage de Nebeur, près le Kef, mine­
rai de fer. titrant suivant la masse considérée
de 50 à 60 % de fer.
.A rechercher, dit-on, pour la fabrication des
aciers Bessemer.
On évalue la richesse du gisement à'six ou
huit millions de tonnes.
L ’exportation doit se faire par la ligne de
chemin de fer projetée par Béja, Mateur et
Bizerte.
L ’embarquement aura lieu à Bizerte.
L ’énumération sommaire qui précède ne
donne qu’une approximation insuffisante des
richesses minières de la Tunisie. Car, il con­
vient de remarquer qué des trente-sept mines
concédées je n’en ai cité que quelques-unes,
que parmi les vingt-neuf permis" d’exploitation
les huit permis de vente, qui existent, il s’en
trouvera certainement plusieurs qui donne­
ront lieu à des entreprises sérieuses, que des
cinq cent quinze permis de recherches, en état
de validité, au 1er janvier 1906. un nombre
encore indéterminé, mais, à coup sûr impor­
tant amènera la découverte de gisements riches
et exploitables.
Le mouvement minier s’est dessiné en 1892 ;
les exportations ont été, durant cette année, de
2.700 tonnes- de minerai de zinc.
Cinq ans après, durant l’année 1897, on enre­
gistrait la sortie de 12.000 tonnes de minerai de
zinc et de 800 tonnes de minerai de plomb.
Cinq ans plus tard encore, en 1902, la sortie
était de 26.900 tonnes de minerai de zinc et de
11.400 tonnes de minerai de plomb.
En 1905. on atteignait 34.400 tonnes de mine­
rai de zinc et 23.U00 tonnes de minerai de
plomb.

�222

L ’EXPANSION COLONIAL:

Ces chiffres augmentent, sans cesse, les arri­
vages à quai sont formidables, mais l’écoule­
ment du minerai est toujours facile.
Quel chiffre atteindra-t-on en 1910 ? Le chiffre
de 50.000 tonnes par an, pour-chacun de ces
minerai, plomb et zinc, n’a rien d’excessif.
Ainsi que je l'ai dit plus haut, l’exportation
de la mine de fer de Djebel-Hameinia est éva­
luée, par an, à 200.000 tonnes ; celle du DjebelDjerissa à 300.000 tonnes ; celle de Djebel-Slata
à 200.000 tonnes, soit 700.000 tonnes qu’on devra
transporter à Tunis, en même temps que les
500.000 tonnes de phosphates actuellement pro­
duits par les gisements de Kalaa-Djerdah et de
Kalaa-Senam; jé ne m’occupe pas,en ce moment,
de l’expédition par la voie en construction sur
Bizerte des produits des mines de fer du Ilas-elIîadjel et de Ta niera, et à ce chiffre formidable,
déjà, de 1.200.000 tonnes viendra s'ajouter le
produit des phosphates de Bir-Lafou, des Ouartani, du Djebel-Ayata et de tant d’autres gise­
ments, qui, successivement, s’organisent et
sont mis en exploitation.
Comment la Compagnie du chemin de fer
avec sa voie unique, un matériel déjà, à cette
heure, insuffisant, un personnel surmené et en
nombre vraiment trop restreint pourra-t-elle
faire face aux besoins d’une pareille clientèle ?
Elle a là en perspective une recette annuelle
de quinze millions au moins ; en retour, elle
doit se mettre en mesure de parer à toutes les
nécessités et i! importe à l’administration des
travaux publics de veiller à ce que rien ne soit
négligé dans ce but.

Le Régime douanier Colonial
Par suite d’une injustifiable anomalie, le
régime douanier colonial, qui ne devrait
comporter que la franchise pour les produits
métropolitains et des taxes plus ou moins
élevées pour les produits étrangers à leur
arrivée dans les colonies, se complique des
droits dont sont frappées à leur entrée en
France les denrées coloniales. On travaille
depuis neuf ou dix ans à supprimer cette ini­
quité, mais jusqu’à présent les doléances
des coloniaux, reçues avec sympathie, n’ont
pas eu satisfaction. Voici un travail tout à
fait remarquable sur la question, dû à M.
Ch. Lemire.' résidant honoraire de France'
vice-président du Comité des conseillers du
commerce extérieur de la France. Ses con­
clusions ont été condensées en un vœu
adopté à l ’unainimité par le Comité des con­
seillers du commerce extérieur qui siège au
ministère du Commerce, dont le président
effectif est M. Jacques Siegfried (à la compé­
tence en matière ■coloniale de qui tout le
monde rend hommage) et dont les sept der­
niers ministres du Commerce sont tous pré­
sidents d’honneur.
Nous souhaitons que le vœu émis par ce
groupe important, qui revendique l ’honneur
d’avoir pris l ’initiative de la question, la
fasse avancer rapidement vers une heureuse
solution.

R A P P O R T de M . C h . L e m ir e , v ic e -p r é s i­
d e n t du C o m ité des C o n s e ille r s
du
C o m m e rc e e x t é r ie u r de la F ra n c e , s u r
l’E n t r é e en fra n c h is e des P ro d u its d ’a li­
m e n ta tio n p ro v e n a n t de nos C o lo n ie s
sans s im ila ir e s en F ra n c e .

Origine historique de la Question. - La fran­
chise des produits de consommation provenant
de nos colonies est une question de fait et de
raison, de logique et de justice. Son impor­
tance a été négligée parce qu’on l’a, dans un
objectif étroit, subordonnée et limitée à un in­
térêt budgétaire métropolitain, sans équiva­
lence avec les avantages économiques de tout
ordre et même financiers à retirer de cette ré­
forme.
On a voulu oublier qu’il y avait en cause
deux parties qui ne doivent en faire qu’une :
la métropole et les colonies.
On a fait valoir des objections spécieuses,
des inconvénients faciles à éviter. On a opposé :
1° L ’intérêt du Trésor, celui de la métropole
à l’intérêt des colonies, autrement important
comme charges imposées et comme trafic à dé­
velopper.
2° On a même fait valoir que l’intérêt des
consommateurs (la France entière) était con­
traire à celui des producteurs (une trop rare
poignée de colons).
Nous envisagerons ces conditidns et montre­
rons qu’elles n’ont rien de contradictoire et que
ces intérêts sont solidaires et connexes.
Les faits parlent d’eux-mêmes avec tant de
force que la question s’est posée d’elle-même
devant le Parlement et le pays depuis neuf ans.
Systématiquement ajournée chaque année,
pour la même exclusive raison d’une recette de
3 millions en moins, dont on refusait de voir
les plus amples compensations, la question se
représente avec une force grandissante chaque
année, ayant pour elle une grande majorité
d’opinion.
L'initiative de la Proposition. — Il appar­
tient au Comité des Conseillers du Commerce
extérieur de la faire prévaloir parce que c’est
à ce Comité que revient l'initiative de la pro­
position.
Ses travaux commencent le 20 juin 1899 et
dès le 3 octobre une proposition est déposée
par MM. Henrique et Lemire en vue de la fran­
chise des cafés coloniaux ; un vœu est délibéré,
adopté et transmis au ministre compétent.
Le 8 novembre 1900, le Comité, sur la propo­
sition de MM. Lemire et Depincé, examine le
projet de M. Le Myre de Vilers relatif à la
franchise des produits coloniaux qui, depuis
l’application de la loi douanière de 1899, jouis­
sent d’une détaxe.
Il appuie ce projet et, en attendant son adop­
tion légale, il émet le 2 juillet 1901 un autre
vœu sur la diffusion en France des denrées de
nos-colonies nécessaires à notre consommation.
Projet de M. Le Myre de Vilers.— Le Comité,
qui avait soulevé la question, la maintient à
Tordre du jour, telle qu’elle avait été posée au
Parlement en 1900 par M. Le Myre de Vilers,
rapporteur du budget des Colonies. Il est inté­
ressant, puisque le Comité s’était joint au pro­
moteur de la question, d’en rappeler l’histori­
que.

�L ’EXPANSION COLONIALE
M. Caillaux était ministre des Finances nom­
me aujourd’hui. Le rapporteur à la Chambre
l ’avait informé du prochain dépôt de son pro­
jet et croyait l’avoir rallié à sa cause.
Dès le 17 octobre, le ministre des Finances
écrit à l’auteur de la proposition pour l’inviter
à s’en désister pour-les raisons suivantes :
1° Les taxes sur les denrées coloniales de
consommation, disait le ministre, ne sont pas
des droits de douane mais d’accise. C’est une
prime indirecte.
2° Le dégrèvement ne profiterait pas au con­
sommateur, mais au seul producteur.
3° Le Trésor perdrait une recette fiscale de
3.340.000 francs.
4° La fraude se développerait du fait de l’in­
troduction de ces denrées d’origine étrangère.
M. Le Myre de Vilers répondit le 21 octobre :
Réponse aux objections. — 1° Si la taxe d’en­
trée sur les denrées coloniales, sans similaires,
est un droit d’accise, les taxes douanières sur
le fer, les vins, les tissus entrant aux colonies,
où les produits n’ont pas de similaires, sont
des droits d’accise ; ils doivent être diminués
de moitié. Ce serait, pour la France, la ruine.
2° Dire que 38 millions de consommateurs
français ne trouveront pas avantage à l’entrée
en franchise et par suite à la diffusion des pro­
duits coloniaux dont ils ont besoin, et qu’ils
achètent à l’étranger dans la proportion de
90 %, semble un paradoxe qu’il serait presque
inutile de réfuter. Si nous avons besoin de ces
denrées, si la consommation augmente, si nous
les achetons à l’étranger, si nos nationaux peu­
vent nous les fournir, si les colonies sont aptes
à le faire et créées dans ce but, commenttne
donnerions-nous pas à nos filiales le privilège
d’alimenter la mère patrie ?
3° La perte à gagner pour le Trésor serait
non de 3.340.000 francs, mais de 3 millions seu­
lement. Or. sur un budget colonial de 112 mil­
lions. la métropole subventionne les colonies de
8 millions et demi. Mais les contingents des
colonies s’élèvent à 11 millions, donc il
a
presque équilibre. Elles sont d’ailleurs prêtes à
combler la différence, si la moins-value invo­
quée par le Trésor était le seul obstacle à la
réforme.
4° On a invoqué les fraudes ; or, des mesures
efficaces ont' été prises pour les éviter.
Malgré ces raisons probantes, le projet a été
renvoyé à la Commission des douanes et l’on
a peconnu ainsi implicitement que ce sont des
droits de douane et non d’accise.
Les deux Groupes de Colonies. — Chaque fois
que la proposition s’est représentée, le minis­
tère n’y a vu qu’une seule question fiscale.
Les colonies soumises à la loi de 1892 sont au
nombre de onze. Ce sont :
La Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la
Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon, la NouvelleCalédonie, Madagascar, Mayotte, les Comores,
le Gabon, l’Indo-Chine.
Celles qui conservent la liberté douanière
sont en Afrique Occidentale Française :
Le Sénégal, la Guinée, la Côte d’ivoire, le
Dahomey, le Congo moins le Gabon, puis Ta­
hiti, l’Inde et la Côte des Somalis.
Profits au pertes des Colonies douanières. —
Les Colonies soumises à la loi de 1892 subissent
&lt;le ce fait une charge de 60 millions et bientôt

2211

de 80 millions, près du quart de leur exporta­
tion totale à cause de l’augmentation du prix
des 170 millions de produits français importés
dans les colonies au tarif général. Ces colonies
ont dû établir à leurs frais un réseau douanier
qui a coûté 10 millions, les frets se sont suré­
levés ; le change, la main-d’œuvre ont aug­
menté ainsi que les frais généraux de la vie.
De la Métropole. — La métropole a vu, grâce
à la loi de 1892, ses exportations passer de 104
à 228 millions de francs en huit ans. L ’augmen­
tation était de 120 % en 1899.
Des Colonies libres. — Les colonies jouissant
de la liberté douanière-ont vu leur mouvement
■commercial tripler.
Tel est le bilan des profits de la métropole et
des colonies libres et la perte des colonies sou­
mises à la loi de 1892.
Nous nous garderions bien de demander le
retrait de cette loi. Nous la reconnaissons" tou­
jours comme nécessaire et salutaire et nous ne
demandons sa modification que pour quelques
produits français et quelques pays français.
L'intérêt des Colonies. ■— Nos. colonies doi­
vent-elles se développer ou non ? Devons-nous
sacrifier à un intérêt métropolitain, limité à
3 millions, nos colons nationaux si vaillants et
si dignes d’encouragement et nos 30 millions de
sujets ou protégés indigènes, qui subissent
comme nos compatriotes ces lourdes charges,
dans l’intérêt du Trésor et des producteurs
français ?
Traitement du Brésil. — Pour acheter, il faut
vendre. Le même ministre, M. Caillaux, s’en
rendait bien compte, puisque, pour conserver
notre clientèle brésilienne, il accordait de 16 à
20 millions de dégrèvement aux cafés importés
du Brésil en France, en compensation de nos
ventes à ce pays. Comment dès lors refuser un
sacrifice de 3 .millions en faveur des pays qui
ne sont qu’un prolongement de la France ?
Comparaison d.cs provenances coloniales et
étrangères. — L ’étranger nous fournit 638 mil­
lions de produits coloniaux sur lesquels les
droits perçus sont de 157 millions. Nous n’en
achetons à nos colonies que pour une soixan­
taine de millions alors qu’elles pourraient nous
fourqir en grande partie tous ces produits.
Nous consommons 100.000 tonnes de café va­
lant 100 millions et nous n’en demandons que
1.500 tonnes valant 2 millions à nos colonies,
qui comptent développer cette production. De
même pour le thé, nous en demandons 900 ton­
nes à l’étranger et le tiers à nos colonies. Nous
prenons à l’étranger 26.000 tonnes de cacao et
1.400 tonnes à nos nationaux. Ce sont des faits
irréfragables.
Donc, d’un côté, intérêt budgétaire infime ;
de l’autre : droit à la vie, à la réciprocité, à
l’équité, à la prospérité ; droit d’autant plus
Impérieux que, parmi ces colonies, les ancien­
nes sont devenues plus malheureuses et crient
leur détresse et que les autres, plus récentes,
entreprennent des cultures nouvelles,des essais
dispendieux exigeant de grands efforts person­
nels en pays nouveaux et de grands sacrifices
d’argent, de temps et de santé.
Programme bilatéral. — La protection de nos
exportations métropolitaines est indispensable;

�224

L ’EXPANSION COLONIALE

mais la protection des exportations coloniales
doit en être la contre-partie. Le Président Félix
Faure en avait formulé le programme :
« Protection des intérêts métropolitains dans
les colonies. Protection des intérêts coloniaux
dans la métropole ».
Charges, imposées aux Colonies. — Or, la mé­
tropole exporte aux colonies 200 millions de
produits ; notre tarif douanier les leur fait
payer 80 millions en plus et 10 millions pour
frais de surveillance douanière soit 90 à 100 mil­
lions, alors qu’elles n’exportent en France que
170 millions. Tout y est plus cher : fret, maga­
sinage, manipulation, transit, change ; mais
nos produits y entrent en franchise et ceux des
colonies sont taxés chez nous à leur entrée. Estce équitable ?
.&gt;
Nous faisons payer à nos. colonies 64 % en
plus sur les fers, 110 % sur les cotonnades.Nous
refusons de dégréver ces produits de 45 à
60 % en les affranchissant (soit 136 francs au
lieu de 78 francs, sur du café, par exempt,
vendu au Havre 250 à 300 francs dont nos colo­
nies importeraient 10.000 tonnes au lieu de 1.000
sur les 80.000 nécessaires.)
—Ministères intéressés à la réforme. —, Ce sont
des faits sur lesquels les départements des Co­
lonies ét du Commerce, ainsi que lés offices qui
en dépendent, devraient insister. C’est une cau­
se que les ministres des Colonies n’ont peutêtre pas suffisamment prise en mains si l’on
en excepte toutefois une proposition de M. Dou
i.nergue, dont nous parlerons plus loin. C’est un
colonial anglais, Lord Âmpthill, qui nous a rap­
pelé en 1907 devant la Ligue Coloniale, et à pro­
pos de revendications identiques des colonies
britanniques, le principe suivant adopté en
1791 par l'Assemblée constituante : « Le com­
merce colonial doit être une affaire de famille
et se faire connue entre deux régions d’un mê­
me pays. )&gt;
Propositions successives 1901-1902. — En
1901, la question est présentée à nouveau par
M. Chaumet et par M. Gerville-Réache qui ont
poussé un cri d’alarme en faveur de nos ancien­
nes colonies..
Le 9 février 1902, c’est M. Noël, rapporteur,
qui demandait le dégrèvement progressif et la
franchise au bout de dix ans. Ce dégrèvement
qui devait être accompli par étapes, en 1912,
n’a pas commencé : « C’est, dit M. Noël, une
lamentable histoire que celle des entraves à
notre production coloniale ! »
« La Société pour la défense du Commerce
de Marseile » se rallie à ce projet ; mais, mal­
gré les efforts de MM. Le'M yre de Vilers et Ger­
ville-Réache, et leurs collègues, dans la séance
du 9 mars 1902, le projet est renvoyé aux ca­
lendes, par M. Caillaux et le président de la
Commission du Budget. —
M. le Ministre des Finances invoquait à nou­
veau l’intérêt des consommateurs.
1.903. — La riposte lui fut adressée le 18 juin
1903 et 27 janvier 1907 dans un exposé des mo­
tifs, signé par 51 députés et suivi d’une propo­
sition de loi demandant la suppression de tout
droit pour nos colonies et un dégrèvement des
9 10 pour les provenances étrangères.
1906. — En 1905, M. Louis Brunet, sénateur,
avait discuté la question avec le ministre des

Colonies, M. Doumergue. Un projet de loi avait
été préparé par cet excellent ministre affran­
chissant complètement les denrées coloniales
dites secondaires, par échelle, en un délai de
cinq ans.
1906. — En 1906, M. Guieysse demanda ins­
tamment que la franchise soit immédiatement
appliquée aux cafés coloniaux (voir les péti­
tions de la Nouvelle-Calédonie).
Enfin, un projet de loi concernant la fran­
chise des denrées coloniales de consommation
a été de nouveau déposé sur le bureau de la
Chambre le 18 novembre- 1907 par MM. Aug.
Archambaud, Lemaire, François Deloncle,
Sevère, Louis Martin et Gasparin, députés.
Dans la présente législature, M. Saint-Ger­
main a-soutenu dans son Rapport au Sénat le
même projet, avec la haute autorité qui s’atta­
che à son nom ; M. Gervais, raporteur du Bud­
get des Colonies, a fait de même à la Chambre.
Il y a lieu de se reporter à ces deux documents
qui sont accompagnés de tableaux très démons­
tratifs. (Journal Officiel 1907 et 1908).
Modifications successives. — La loi du 11 jan­
vier 1892 avait été remaniée le 24 février 1900(dégrèvement de moitié pour nos colonies); puis,
le 17 juillet 1900 et le 29 mars 1903 : ces rema­
niements gênaient singulièrement le commerce
international et intercolonial.
Pour y remédier, et en présence de l’insis­
tance des promoteurs de la réforme. M. MillièsLacroix promit qu’une consultation serait ou­
verte dans les colonies sur le régime douanier
par l’intermédiaire, des gouverneurs. C’est pour
préciser nos revendications qu’a été formulé et
déposé le projet du 18 novembre 1907.
Réfutation des objections au projet de no­
vembre 1907. — Ce projet insiste, avec preuves
à l’appui, sur la nécessité de développer les
échanges entre la métropole et nos colonies, ce
qui permetrait à la France de supprimer les
subventions qu’elle leur verse.
1° Cette suppression, dit-on, se fera attendre
parce que l’augmentation des revenus colo­
niaux sera lente. Nous répondons que l’ache­
minement à la franchise se ferait, par étapes,
en cinq ans ou à la rigueur en dix ans.
2° On craint les fraudes.
Nous répondons que, dans le rapport Noël
du 16 janvier 1902, la quantité des produits en
franchise serait limitée et fixée chaque année
par un décret et que les colonies ne pourraient
importer chez elles les denrées affranchies.
On a cité le poivre, produit dont l’exportation
en France par l’Indo-Chine dépasse notre con­
sommation (4 millions 900.000 kilos importés en
1904, 2.224.000 kilos consommés).
Laissons de côté, si l’on veut, le poivre, la
vanille, et tenons-nous en aux boissons hygié­
niques, qui sont d’ intérêt national. Donc, on ne
saurait négliger le thé dont nous avons con­
sommé 11 millions 110.000 kilos en 1904 en
France alors que l’Indo-Chine n’en a fourni que
325.000 kilos et peut en fournir beaucoun plus,
de qualité bien supérieure à celles de la Chine
et de Ceylan, où un Syndicat dépense chaque
année 500.000 francs pour la propagation de
son produit.
La prime en partie double. — La taxe des
produits coloniaux diminuée de 50 % c’est, dit

�L ’EXPANSION COLONIALE
le ministre des Finances, une prime indirecte
au producteur colonial. La franchise des pro­
duits métropolitains entrant aux colonies, c’est
répond M. Gervais, une prime indirecte et dé­
tournée en, faveur du producteur métropolitain.
Pourquoi cette prime n’est-elle pas égale
pour l’un comme pour l’autre, alors que l’étran­
ger a presque le monopole des fournitures à la
France. Les Anglais comprennent beaucoup
mieux que la marchandise suit le pavillon.
Trafic d'échange. — Puisque nos nationaux
se fournissent en France, pourquoi ne pas fa­
ciliter les échanges en leur facilitant la vente
de leurs produits. Or, nous avons vu que si les
exportations de France aux colonies ont dou­
blé, celles des colonies en France n’.ont aug­
menté que d’un tiers.
Politique d'Association. — On a reconnu que
la politique d’association vis-à-vis des indigè­
nes déjà entrés dans la voie de la civilisation
était la meilleure des politiques. Si nous som­
mes décidés à l’appliquer à nos sujets ou à nos
protégés indigènes, pourquoi ne pas l’appliquer
en même temps à nos nationaux ? C’est cette
différence de traitement qui a provoqué le pro­
jet ci-dessus du 25 janvier 1907, demandant la
réduction des 9/10 des droits sur les denrées
étrangères introduites chez nous. Voilà où nous
conduit l’ajournement indéfini du projet de
franchise.
Le texte que nous appuyons, c’est celui dépo­
sé le 18 novembre 1907 par M. Archambaud et
ses collègues.
Si le Comité aprouve les considérations de ce
rapport, un vœu sera formulé en faveur de la
proposition précitée ; la délibération sera trans­
mise à M. le Ministre du Commerce en le priant
de la communiquer au ministre des Finances
et au ministre des Colonies et de la recomman­
der à la sollicitude éclairée de la Commission
parlementaire des Douanes et de son très dis­
tingué président, M. le député Klotz.
On a adressé cette boutade à la Chambre que
« les colons et'les indigènes auraient dû mettre
leurs députés et leurs délégués à leur tête et
envahir le Pavillon de Flore et même le PalaisBourbon pouf y plaider eux-mêmes leur cause.»
Les ministres intéressés et les gouverneurs, les
corps consulaires, les .associations électives n’y
ont peut-être pas apporté jusqu’ici assez
d’énergie.
Nous espérons que les groupements colo­
niaux, donnant plus de force à leurs efforts,
finiront par faire triompher au Parlement leurs
justes revendications et par faire aboutir dans
cette législature un projet renouvelé chaque
année depuis huit ans et resté sans solution.
Time is money, aux colonies surtout, succur­
sales et filiales de la mère-patrie, qui ne doit
les traiter ni en marâtre, ni en pays conquis.
Ch. L e m ir e .

Comme conclusion à l’étude de M. Ch. Le­
mire sur l’admission en franchise totale des
produits d’alimentation provenant de nos Co­
lonies sans similaires en France, M. Aspe-Fleuriimont a présenté le vœu suivant :
La Commission des Questions Coloniales du
Comité des Conseillers du Commerce extérieur
de la France :
« Considérant que la majeure partie de nos

225

colonies est soumise aux droits du Tarif de
1892 ; que, de ce chef, les colonies dont s’agit,
supportent inconstestablement des charges qui,
si elles peuvent être légitimes, les autorisent,
par vqie de réciprocité de franchise, à deman­
der à la métropole, pour leurs produits d’expor­
tation, un régime ne les grevant pas, à leur en­
trée en France ; que le contraire serait inéqui­
table, puisqu’elles se verraient chargées des
deux côtés : à l’entrée, pour les marchandises
provenant de l’étranger, à la sortie, pour leurs
propres produits entrant dans la métropole,qui
en a besoin et n’a pas de similaires ;
« Considérant que, s’il est vrai de reconnaître
qu’un certain nombre de denrées coloniales
bénéficient déjà de la remise du demi-droit d’en­
trée, il est non moins certain que cette remise
est insuffisante et illogique, ‘et que, pour etre
équitable, elle doit être totale ;
« Considérant qu’îi convient d’étendre le ré­
gime de libre accès, dont s’agit, à nos divers
produits coloniaux non manufacturés ;
« Considérant que les raisons d’ordre fiscal,
qui, jusqu’ici» du moins, ont servi d’unique
obstacle à la réforme proposée, sont d’une im­
portance trop secondaire, en l’espèce, pour qu’il
y ait lieu de s’y arrêter ;
« Emet le vœu. :
» Que le législateur exonère en totalité, à
leur entrée en France, les divers produits non
manufacturés venant des colonies et sans simi­
laires en France. »
Ce vœu fut adopté à l’unanimité parole Co­
mité jles Conseillers du Commerce extérieur de
la France.

C H R O N IQ U E
L ’E x p o s itio n de c a o u tc h o u c à L o n d re s .

Jamais, jusqu’ici, paraît-il, le caoutchouc
et. ses dérivés n’avaient été présentés d’une
façon aussi complète. Un de nos amis qui
assistait ces jours derniers, à Londres, à
l’Exposition du caoutchouc nous en a appor­
té des nouvelles on ne' peut plus intéressan­
tes. On sait que c’est à sir Henry A. Blacke,
président du Comité de cette Exposition,
que l’on doit l’initiative d’une entreprise qui
permet de s’initier aux diverses phases de
l’industrie du caoutchouc depuis la germi­
nation des graines jusqu’aux multiples
transformations du produit comme oljjet fa­
briqué. Depuis l’ouverture, des conférences,
études, meetings et expertises ont eu lieu et
c’est comme un Institut de caoutchouc qui
vient de fonctionner à Londres, donnant des
résultats très appréciables.
Seule —• disons-le bien vite — la section
française n’était pas prête à temps. Quand
les organisateurs de nos participations offi­
cielles aux grandes expositions se décide­
ront-ils à .faire comme leurs voisins... et
concurrents ? C’est vraiment un pli trop
aisément pris et l’on n’a pas oublié à Mar­
seille, la tête que fit M. Thomson quand,

____

�22(5

L ’EXPANSION

COLONIALE

inaugurant, en 1906, le Palais de la Mer, il
reprises, élever toutes les constructions et
constata, alors qu’Anglais, Allemands. Por­ pourvoir les visiteurs nationaux et étrangers,
tugais, etc. étaient tout
à fait prêts,
quelle que soit leur affluence, de toutes les
que le ministère de la Marine française commodités et de tout le confort souhaita­
n’avait pas même commencé ses installa­ bles. Il s’est de plus rendu aux desiderata
de l’industrie japonaise qui tout absorbée
tions...
par tes commandes présentes, ne pouvait se
L ’attention des visiteurs de l’Exposition
du Caoutchouc a été particulièrement attirée préparer comme elle l’eût voulu, dans les
délais donnés, à cette grande manifestation
par les envois du Brésil, des Pays-Bas, et de
plusieurs colonies britanniques. La collec­ économique, sans porter sérieusement attein­
tion française, une grande partie de la col­ te à l’activité manufacturière du pays.
lection mexicaine, n’étaient pas encore arri­
Dans ces circonstances, il lui a paru plus
sage d’ajourner dès maintenant cette oeuvre
vées.
de haute importance plutôt que d’attendre
Dans la section brésilienne, on a admiré
le jour où un ajournement inévitable devien­
de nombreux échantillons de Para de la
drait préjudiciable aux intérêts de tous.
plus fine qualité et plus particulièrement
Et cela est très bien pensé.
une balle de caoutchouc de dimensions ex­
traordinaires, qui ne pèse pas moins de 262
—la—
kilogrammes i Le poids total des envois de.
M a d a g a s c a r en p ro g r è s a g ric o le .
caoutchouc brésiliens était évalué à 4.500
kilogrammes.
Le développement économique de Mada­
La collection, des plus variées, provenant
gascar fournit, depuis quelque temps, à la
des Indes orientales et de la colonie de Suri­
presse coloniale de précieuses constatations.
nam, organisée par le docteur W . R. Tromp
11 est certain que l’effort réalisé, en treize
de Haas, chef du laboratoire de chimie agri­
années, dans l’œuvre de colonisation dont le
cole de Java, par ordre du gouvernement
général Galliéni a porté le principal poids,
néerlandais, a été également très remarquée,
porte aujourd’hui tous ses fruits. Cette œu­
ainsi que les spécimens exposés par les
vre de pacification et de progrès est poursui­
« Straits Settlements » dans une maison d’ar­
vie énergiquement par M. Augagneur qui,
chitecture malaise.
suivant les vues si élevés de son prédéces­
Cette Exposition mérite d’attirer davanta­
seur, s’attache surtout à doter la colonie d’un
ge encore l ’attention dès importateurs fran­
çais de caoutchouc au moment où un ralen­ outillage économique complet.
Le programme de routes et de voies navi­
tissement sérieux se fait sentir dans les
gables se réalise avec rapidité. Le canal de
envois. Les statistiques douanières établis­
Vatomandry est ouvert à la circulation. Des
sent, en effet, une diminution sensible d’im­
lignes
maritimes desservent les divers ports
portations pour les six premiers mois de
de l’île, La route de Tananarive à Majunga,
1908 sur lès périodes correspondantes des
en grande partie refaite, est sillonnée d’au­
années précédentes. Ce fléchissement est
tomobiles qui font le service postal. Les nouattribué en grande partie à la décroissance
vèiles routes permettant aux indigènes d’ex­
des expéditions de notre colonie du Sénégal
pédier plus facilement leur riz, les rizières
qui n’a. expédié en France, cette année, que
augmentent partout et les exportations de
le tiers de ce qu’elle envoyait en 1907. Raison
riz, qui atteignaient déjà en 1907 plus de
de plus pour les intéressés de rechercher et
350.000 francs, vont créer aux cultivateurs
mettre à profit toutes les occasions qui se
des ressources nouvelles. Les plantations de
présentent de réagir.
vanille et de café sont également plus nom­
— Kl —
breuse. La culture du girofle et du cacao
continuent de progresser et le nombre des
U n sag e a jo u r n e m e n t.
plantations de cocotiers s’est accru de près
Ne quittons pas le chapitre des Exposi­ de 500.000 pieds en dix ans. Cette situation
tions, sans constater une fois de plus que les
agricole, déjà excellente, pour'rait bien se
Japonais joignent, à d ’autres mérites, un
doubler bientôt des résultats des exploita­
sens pratique qui nous manque parfois en
tions houillères que permettent d’espérer les
pareille conjoncture.
découvertes récentes du capitaine Colcamap,
On n'a pas oublié que le gouvernement ja­ et les recherches qu’il va entreprendre à nou­
ponais avait mis à l’étude un projet de gran­ veau, dit-on, en vue de fixer l’existence et
de . Exposition internationale en 1912. Or,
l’importance d’un vaste bassin houiller qui
voici que le même gouvernement, convaincu
existerait sur la côte Ouest.
des difficultés que l ’on rencontrerait pour
Tout cela sans parler de l’or et’ des filons
ouvrir à la date fixée, sans compromettre
sur lesquels on fonde encore des espérances
gravement le succès réel de l’entreprise, la
telles qu’un matériel nouveau et perfectionné
reporte en 1917. Il a reconnu que les trois
vient de débarquer à Diégo-Suarez pour
ans et demi qui le séparaient de l’ouverture
remplacer les procédés rudimentaires ac­
étaient loin d’être suffisants pour livrer le
tuels.
terrain, qui s’est trouvé accru à plusieurs
—s —

�227

L ’EXPANSION COLONIALE
L ’A lh a m b ra de H a m m a d .

Le général de Beylié jouit, dans le monde
colonial, d’une haute réputation. Déjà, il
avait mis à profit de précédents loisirs pour
doter le service géographique de l’armée et
l’état-major général de cartes de Madagascar
et de dessins du plus haut intérêt.
Cette année, il s’est mis en tête, et il y a
réussi,\de rechercher, pendant ses vacances,
les vestiges de la capitale que le sultan ber­
bère Hammad construisit vers l’an mil sur
le territoire des Beni-Hammad. Cette ville,
qui, paraît-il. était magnifique fut prise,
mise à sac et pillée par les Marocains de la
fin du X le siècle. Abandonnée par ses habi­
tants vaincus, elle tomba dans l’oubli et,
portés par le vent, les sables peu à peu la
couvrirent d’un épais linceul.
Depuis- longtemps les archéologues dési­
raient connaître cette vieille cité berbère de­
venue en quelque sorte fabuleuse, et dont
l’histoire m'apparaissait qu’à travers des lé­
gendes.
M. le général de Beylié vient de satisfaire
à leur vœu. L ’antique métropole des guer­
riers blonds qui régnèrent sur l’Afrique du
Nord, est sortie des profondeurs où elle. dor­
mait. Elle a révélé quelques-unes de ses
splendeurs. Le terme n’est pas exagéré puis­
que le palais de Hammad est dit-on, le pro­
totype de l’Alhambra :
« Délices des rois Maures ! »

Ce qui prouve, entr’autres choses, que ces
potentats « barbares » prisaient bien avant
le X lV e siècle les beautés de l ’art architectu­
ral et qu’ils savaient en tirer un merveilleux
parti.
A quand la reconstitution de la cité des
Hammad. digne et curieux pendant à celles
de Timgad et de Douga ?

L e s C o n g rè s c o lo n ia u x .

Le Congrès colonial de Marseille en 1908
marque une date mémorable dans l’étude des
questions coloniales. En quatre volumes,
magistralement documentés, M. Ch. Depince, secrétaire général de l ’Union coloniale, en
a fixé les travaux avec une science et une
érudition pratique qui met au point la plu­
part des questions coloniales à l’ordre du
jour et présente ou préconise presque toutes
leurs solutions. Mais l’Union Coloniale a tiré
de ce travail considérable le projet et la pré­
paration du Congrès de l’Afrique du Nord
qui inaugure une méthode de travail nouvel­
le destinée à compléter, en les spécialisant
à l’Algérie, à la Tunisie et successivement au
Maroc, les études poussées si loin déjà en
1906. Ce Congrès va s’ouvrir le 6 octobre
à Paris. Le concours des plus hautes capaci­
tés et des meilleures volontés lui est assuré
dans cette voie infiniment louable et prati­

que et il n’est pas douteux que les résultats
sagement localisés de ces grandes assises co­
loniales ne portent rapidement leurs fruits.
—la—
L a m u tu a lité c h e z nos A ra b e s .

Les mutualistes français n’apprendront pas
sans quelque satisfaction que les idées qui
leur sont chères font des progrès aussi ex­
traordinaires qu’inattendus parmi les indi­
gènes algériens. Le rapport du Gouverneur
général constate les heureux résultats obte­
nus par cette œuvre philanthropique et de
préservation sociale, étant donné l’élément
bénéficiaire.
Le nombre des sociétés de prévoyance in­
digènes existant aujourd’hui est dè 184 com­
prenant 488.699 membres, possédant un ca­
pital social de 16.742.243 fr. 80. C’est un joli
chiffre.
Pendant l’année 1907, il y a. eu une aug­
mentation de 22.542 membres et de 1.533.346
fr. 75 etn capital.
Les avances pour secours consenties pen­
dant la période 1906-1907 n’ont été que de
47.130 freines alors due pendant la période
précédente elles avaient été de 147.541 francs.
—Kl—
« S e non e v e ro » .

Un de nos confrères parisiens raeointe que
lors du. départ de M. Klobukowski il vit, à
bord dm paquebot qui allait emporter vers
Saïgon le nouveau gouverneur général, deux
énormes caisses que l’on transportait dans
la cabine du secrétaire particulier du gou­
verneur. « Elles, pèsent plus de 50 kilogram­
mes, lui souffla un voisin, ancien haut fonc­
tionnaire indo-chinois, qui avait l’air d’être
des mieux renseignés, et on en a laissé une
autre à Marseille qui sera expédiée par le
prochain courrier. Elles contiennent toutes
les trois des demandes d’emploi ou d’avance­
ment ou des recommandations de parlemen­
taires. Le gouverneur général a promis d’exa­
miner les demandes avec la plus grande
bienveillance. Si jamais, ajoute en riant
l'ancien fonctionnaire, ce malheureux gou­
verneur tenait sa promesse, il serait fichu !»
Le récit, même avec la conclusion que le
journaliste prête à . son facétieux interlocu­
teur, est tout-à-fait vraisemblable. Et il est
malheureusement exact que chez nous tout
changement de direction gouvernementale
est accompagné et suivi d’une avalanche de
sollicitations et, do recommandations. Mais
ce qui serait curieux, autant que difficile, à
connaître en pareil cas, c’est le nombre de
ces demandes émanant de candidats probes,
consciencieux et travailleurs... Quel pour­
centage instructif il y aurait là à établir !...
- K l—

�228

L ’EXPANSION COLONIALE

A n a s ta s ie è S a ig o n .

Ein France on a aboli la censure. Aux colo­
nies on réclame son intervention. Il paraît
qu’en Indo-Chine (notamment les musichalls et autres établissements d’importation
métropolitaine, hélas, offrent au public, en
grande partie composé d’iindigènes un ré­
pertoire qui scandalise les Européens. Et
ceux-ci demandent a l’administration qu’elle
veuille bien rappeler directeurs et artistes au
respect des convenances. A Saigon, des inci­
dents assez vifs se sont ‘produits. C’est bon
signe et il ne nous déplaît pas trop de voir
des Français s’indigner de spectacles et de
chansons qu’ils trouvaient acceptables chez
eux. mais dont ils ne veulent pas rougir devent les indigènes de nos possessions. La
correction et 1a. pudeur sont donc devenus
articles d’exportation aux colonies. Il faut
s’en réiouir.
A. G.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
N SétropoIe
Gouverneurs.
M. Peuvergne, administra­
teur en chef de l ro classe, est nommé gouver­
neur du Dahomey, en remplacement de M.
Marchai, admis à la retraite. — M. Rognon,
secrétaire général, est nommé gouverneur de
3° classe, en remplacement de M. Tell, admis à
la retraite ; M. Rognon remplira les fonctions
de secrétaire général du gouvernement général
du Congo. — M? Martineau, chargé de l’inté­
rim de Gouverneur Général du Congo, est éle­
vé à la 2® classe de son grade. — M. François,
gouverneur en disponibilité, est nommé à
Tahiti, en remplacement de M. Jullien, mis en
disponibilité sur sa demande.
Algérie. — Un décret du 8 septembre 1908
porte application en Algérie du décret du 3 sep­
tembre 1907 sur la répression des fraudes et
falsifications de vins et spiritueux.
Congo. — Un décret du 8 septembre porte
réorganisation du contrôle près les Sociétés
concessionnaires du Congo français.
Indo-Chine. — Un décret du 11 juillet porte
réorganisation des municipalités de Saigon,
Hanoï et Haïphong.
Nouvelle-Calédonie. — Un décret du 17 juil­
let prononce le déclassement de la place de
guerre de Nouméa, point d’appui de la flotte.

CoSoraïes
Tunisie. — Décret beylical du 15 juillet 1908
expropriant pour cause d’utilité publique les
terrains nécessaires à la construction d’un
tronçon du chemin de 1er de Bizerte aux
Nefzas. — Décret du 29 juillet créant à Sbeitla
un marché spécial d’alfa.
Côte d'ivoire. — Arrêté du 9 juillet autori­
sant le service du chemin de fer à exploiter
provisoirement la ligne entre les kilomètres 82

et 124. — Arrêté du 9 juillet réglementant l’éta­
blissement des pêcheries et le transport des
bois en lagunes.
Dahomey. — Arrêté du 23 juillet fixant, les
tarifs de transport en chemin de fer pour diffé­
rentes marchandises en provenance ou à des­
tination de Cotonou.
io-Cliine. — Par arrêté du Gouverneur gé1, des concessions de terrains ruraux libres
ront être au Laos accordées aux citoyens
Français, aux Annamites originaires de Cochinchine, aux protégés français de l’Annam,
du Cambodge et du Tonkin, ainsi qu’aux Lao­
tiens, qui en feront la demande en vue de créer
des exploitations agricoles ou de s’adonner à
l’élevage du bétail. — Arrêté du 25 juillet,
créant une station séricicole à Tan-Chau pro­
vince de Chau-doc, en Cochincliine. — Arrêté
du 4 août autorisant l’exécution en régie des
travaux de déboisement, débroussaillement,
kilométrage et abornement du canal du Cailon à Carnau.
J. L.

S

VIE ECONOMIQUE DES COLONIES
Répartition par port des exportations de l'Al­
gérie en France en 1907. — Les statistiques
douanières sur le commerce de l’Algérie en
1907 font ressortir que l’ensemble des envois de
l’Algérie à destination dé la Métropole repré­
sente un tonnage de 14.192.424 quintaux. Le
port d’Alger a participé à ce trafic pour 37 cen­
tièmes du total et le port d’Oran pour 31 cen­
tièmes. Viennent ensuite : Bône, avec 10 cen­
tièmes ; Philippeville, avec 8 centièmes ; Mostaganem, avec 5 centièmes ; Arzew, avec 4 cen­
tièmes ; Bougie, 3 centièmes, etc.
Pour les « vins, mistelles et alcools », le rang
d’exportation s’établit ainsi : 1° Alger, d’où
s’expédient les 61 centièmes ; 2° Oran (31 cen­
tièmes) ; 3° Mostaganem (4 centièmes), etc.
Pour les céréales, Oran occupe de très loin la
première place avec 43 centièmes de l’expor­
tation totale. Philippeville^,
Mostaganem,
Arzew, Bône et Alger figurent ensuite pour des
tonnages représentant respectivement 18, 10 9,
8 et 7 centièmes.
Les phosphates et minerais s’expédient pour
plus de moitié par le port de Bôrfe, pour 18
centièmes par celui de Béni-Saf, pour 12 cen­
tièmes par le port d’Arzew, pour 8 centièmes
par le port de Bougie, etc.
Ajoutons enfin que si le commerce des pri­
meurs (légumes, pommes de terre et raisins de
table) est à peu près monopolisé par les ports
d’A lger,(73 % de l’exportation totale) et d’Oran
(24 %), celui des animaux vivants se répartit
ainsi qu’il suit entre les centres d’expédition :
1° Oran (43 %) ; 2° Alger (29 %) ; 3° Philippeville (16 %) ; 4° Bône (8 %) ; 5° Arzew (4 %).
Le commerce extérieur de l'Algérie pendant
le 1er semestre 1908. — Tandis qu’une crise gé­
nérale sévit en Europe, les opérations com­
merciales de l’Algérie pendant cette période se
résument ainsi :
Importations : Matières animales, 15.078.000
francs ; matières végétales, 32.270.000 francs ;

�229

L ’EXPANSION COLONIALE
matières minérales, 15.379.000 francs ; fabrica­
tion, 158.152.000 francs ; total, 220.879.000
francs. L ’augmentation, par rapport à la pé­
riode correspondante de 1907, est de 4.581.000
francs.
Exportations : Matières animales, 28.987.000
francs ; matières végétales, 108.394.000 francs ;
matières minérales, 18.979.000 francs ; fabrica­
tions,
6.914.000 francs ; total, 163.274.000
francs. L ’augmentation, par rapport à la pé­
riode correspondante de 1907, est de 15.085.000
francs.
Ces augmentations se répartissent à l’impor­
tation sur un grand nombre d’articles de la
nomenclature douanière ; à l’exportation, les
principales sources d’accroissement ont été :
les vins (+ 20 millions de francs), les animaux
vivants (bœufs et moutons), les poissons,
l’huile d’olive, etc. ; il y a eu, par contre, des
réductions importantes sur les céréales et la
laine.
L'industrie aurifère à Madagascar. — On
écrit de Diégo-Suarez à la Iievue de Madagas­
car, à Paris, qu’il est maintenant acquis que
l’or existe en abondance dans toute la partie
nord de la Grande-Ile et que les gisements ac­
tuellement exploités ne forment qu’une faible
partie de ceux qui existent. Un groupe de capi­
taliste métropolitains vient de se constituer en
vue de l’envoi à Diégo d’une mission technique
qui étudiera les terrains aurifères au fur et à
mesure de leur découverte.
Le nord de Madagascar paraît être la région
aurifère la plus riche de l’île actuellement con­
nue. Le bureau des douanes de Diégo-Suarez,
qui avait enregistré en 1907 l’exportation de
617 kil. 429 gr. 04 cent, d’or, a enregistré la sor­
tie de 447 kil. 049 fr. 24 cent, d’or pendant les
cinq premiers mois de 1908. L ’exploitation men­
suelle qui n’atteignait pas 8 kilos de janvier à
juin 1907, s’est brusquement élevée à 205 kilos
en août, 220 kilos en décembre 1907, 136 kilos en
février 1908 ; les chiffres des autres mois ont
varié de 31 kilos 1/2 en octobre dernier a
88 kilos en mai 1908.
Les travaux du port de Haïphong. — La
Commission officielle des travaux du, ~ort de
Haïphong a accepté dans l’ordre suivant les
travaux à exécuter pour compléter l’outillase
du port, suivant les besoins du commerce ët de
la navigation : 1° Prolongement de l’appontement actuel des docks et son renforcement,
pour recevoir la voie d’un mètre ; 2° l ’établisse­
ment de la gare maritime dans les docks ; 3° la
construction d’une forme de radoub de 140 mè­
tres de longueur.
Les dépenses résultant de ces travaux ont été
évaluées, pour l’ensemble, à sept millions de
francs. La Chambre de commerce, dans sa
séance du 1er juin, a adopté toutes les taxes
proposées, et elle a demandé au gouvernement
l'autorisation de contracter un emprunt, gagé
sur ces taxes cle péage, pour les travaux d’amé­
lioration du port. Ce programme a été accepté
par le gouvernement et l’exécution en est com­
mencée. S’il ne répond pas encore à l’exten­
sion qu’on est en droit d’espérer du mouvement
du port d’Haïphong quand le chemin de fer
atteindra Yunnan Sen, c’est un acheminement
vers l’exécution des installations que nécessi­

tera la période de prospérité
alors à notre colonie.

qui

s’ouvrira

Les exportations de riz du 1CT semestre 1908
à Saigon. — Sans atteindre le chiffre formida­
ble réalisé par les exportations des six pre­
miers mois de 1907, les sorties de riz et dérivés
du port de Saïgon pendant le 1er semestre 1908
sont cependant bien supérieures à celles des
périodes correspondantes des années antérieu­
res, comme le montre le relevé suivant :
Tonnes exportées
1er semestre de :
1904
1905
1906
1907
1908

.......................
.......................
.......................
.......................
.......................

425.886
331.523
361.923
721.058
586.560

Les expéditions des six premiers mois de l’an­
née courante se répartissent comme suit par
pays de destination, d’après le Bulletin de. la
Chambre de commerce de Saïgon : Hong-Kong
164.910 tonnes, France 95.399 tonnes, Japon
80.602 tonnes, Europe 55.289 tonnes, etc... Par
rapport à 1907, il y a accroissement dans la di­
rection de l’Europe et de la plupart des pavs
d’Orient ; la Chine, par contre, ressort en dimi­
nution considérable.
Les travaux de construction des chemins de
fer de l'Indo-Chine et du Yunnan. —- L ’article
5 de la loi du 30 mars 1907 prescrit la publica­
tion au Journal Officiel, chaque année, d’un
rapport faisant ressortir pour les chemins de
fer de l’Indo-Chine et du Yunnan la situation
au 31 décembre précédent des travaux de
construction des lignes ou portions de lignes
non achevées, ainsi que les résultats de l’ex­
ploitation pendant l’année précédente des li­
gnes ou portions de lignes terminées. Un ta­
bleau, publié au Journal Officiel du 22 août 1908,
vient d’être établi conformément aux prescrip­
tions de la loi.
Concernant les chemins de fer en construc­
tion, pour la ligne de Laokay à Yunnanéen, le
chiffre des dépenses au 31 décembre 1907 indi­
que au tableau 130.642.494 fr. 71 et représente
le montant des travaux exécutés et des appro­
visionnements faits tant en France qu’en Chine
à la date précitée. La sentence arbitrale du 13
avril 1908 fixe à 165.467.000 francs, somme à
valoir de 7 millions comprise, l’ensemble des
ressources à affecter définitivement à la cons­
truction du chemin de fer, La section LaokayMongtzeu sera vraisemblablement terminée et
prête à être livrée à l’exploitation dans le cou­
rant de l’année 1909, la Jigne entière jusqu’à
Yunnansen en 1910.
Pour la ligne de Hué-Quang-Tri, les travaux
de cette portion de ligne sont poussés active­
ment et seront terminés fin 1908. Une première
section de 20 kilomètres a été livrée à l’exploi­
tation le 15 avril 1908. Une dépense de 6.760.000
francs a été prévue pour la construction de cette
section.
Pour la ligne de Saïgon-Khanhoa-Langbian,
la partie comprise entre le kilomètre 89 et le
kilomètre 134 a été livrée à l'exploitation en
février dernier. Une .comme de 13.200.000 francs
avait été prévue pour la construction de cette

�230

L ’EXPANSION COLONIALE

partie. Il a été dépensé 15.510.599 fr. 39. Le
dépassement de 2.310.599 fr. 39 pour cette partie
de ligne provient de diverses causes, parmi les­
quelles nous citerons la grande difficulté pour
se procurer de la main-d’œuvre à la suite d’une
grande mortalité parmi les indigènes et les
Européens. Il est résulté de cette difficulté une
élévation notable des prix de la main-d’œuvre.
Les travaux de la ligne de Mytho à Cantho
ne sont pas commencés.
J. L.

La Culture des Céréales en Algérie01
Pour ne pas trop élargir le cadre de ce tra­
vail, nous n’avons envisagé, le plus-souvent,
que la céréale par excellence, le blé, sur la
production duquel se portent, du reste, la plu­
part des efforts des colons. Les observations
relatives aux conditions économiques de sa
culture s’appliquent aux autres céréales qui en
différent surtout au point de vue physiolo­
gique.
Pendant la période de 16 ans qui s’étend de
l’année 1890-1891, à l’année 1906-1907, les éten­
dues consacrées à la culture du blé en Algérie
ont peu progressé. Afin de soustraire les chif­
fres aux fluctuations annuelles qui en dirinnueraient encore l’augmentation, nous avons
comparé la moyenne quinquennale de 1891 à
1895 et celle de 1903 à 1907, et nous avons cons­
taté que les étendues cultivées en blé dur et
en blé tendre sont passées de 1.290.000 à
1.350.000 hectares, soit une différence de 60.000
hectares, qui représente, pour la période en­
tière, 4.65 %, tandis que la population de l’A l­
gérie est passée de 4.124.000 à 5.153.000 âmes,
soit une augmentation de 24 % environ pendant
ce laps de temps. Si d’autre part, on examine
le rendement du blé durant ces mêmes pério­
des quinquennales, qui comportent, chacune,
deux années exceptionnelles, on constate que
leur production passe de 6.917.000 quintaux à
7.983.000, soit une augmentation de 1.066.000
quintaux, qui correspond à une moyenne an­
nuelle de 66.000 quintaux, représentant 15.4 %
pour toute la période et près de 1 % annuel­
lement.
Ces chiffres expriment donc une progression
dans les rendements qui sont passés de 5 quin­
taux 36 kilos à l’hectare à 5 quintaux 90 kilos,
soit plus d’un demi-quintal par hectare.
Cette différence, loin d’être fortuite, est le
résultat des améliorations constantes que les
colons apportent à la culture du blé, et aussi
des progrès réalisés par les indigènes instruits
par les exemples qui/ s’offrent à eux, sous l’im­
pulsion de leurs administrateurs.
Ceci nous amène à étudier ce qu’était la cul­
ture des céréales il y a peu de temps encore,
ce qu’elle est devenue, et ce qui lui reste à
faire.
Il y a quelques années, colons et indigènes
de l’Oranie, il y a moins longtemps, ceux du
département de Constantine en dernier lieu
(1) Extrait d'une communication faite à l’Of­
fice du Gouvernement général de l'Algérie, à
Paris, par M. Roger Marès, professeur dépar­
temental d’agriculture d’Alger.

ceux d’Alger, cultivaient leurs céréales d’après
des méthodes à peu près identiques. On atten­
dait que les pluies aient suffisamment détrempé
le sol pour faire germer les graines sauvages,
et pour permettre au soc de rompre facilement
la couche arable. Sur le littoral, il arrivait
alors fréquemment, en raison des pluies per
sistantes de l’hiver, que les labours étaient re­
portés à une saison si avancée que la récohe
devenait problématique.
Dans tous les cas, les indigènes semaient sur
le sol nu et se contentaient de racler la surfa­
ce du bout de leur araire pour recouvrir tant
bien que mal de quelques mottes le grain
qu’ils abandonnaient ensuite à lui-même jus­
qu’à la moisson.
Quant aux colons, lorsqu’ils ne faisaient pas
appliquer à la terre ces procédés primitifs de
culture par leur khammès, ils exécutaient un
labour plus complet et plus profond, mais tou­
jours tard, sur des terres tassées, jamais fu­
mées, rarement en repos, et, comme les indigè­
nes, ils étaient à la merci des intempéries, de
l’envahissement par les mauvaises herbes, du
manque d’éléments fertilisants assimilables.
La culture des céréales fut un instant consi­
dérée comme ruineuse. Heureusement, l’esprit
d’initiative du colon devait bientôt vaincre les
difficultés qu’amoncelait sur sa terre un climat
réellement difficile par ses irrégularités et ses
écarts.
C’est à ce moment qu’apparaît bien claire­
ment la division de l’Algérie en deux régions à
céréales, nettement tranchées par la quantité
de pluie qu’elles reçoivent et par les procédés
de culture qui en dérivent. L ’une s’étend sur
toute la région où il tombe plus de 600 millimè­
tres de pluie : c’est celle que nous appellerons
la zone littorale ou humide. Elle englobe, com­
me un îlot, le massif de Tlemcen, puis borde le
littoral, repart de Ténès, évite la vallée du
Cheliff, comprend Tiaret. Teniet-el-Haâd, Médéah, longe le versant Nord du Djurjura, du
massif de Bougie où elle se rétrécit et passe par
Constantine. Guelma Aïn-Draham, Béja et Bizerte. Ll’une façon générale, ^elle ne présente
qu’une étroite bande littorale, presque toute
montagneuse, recevant des masses d’eau qui
dépassent parfois 1 mètre et dont l’abondance
s’accroît à mesure que l’on avance vers l’Ouest.
Entrecoupée de vallées étroites, elle ne comp­
te que deux plaines importantes, celle de Bône
et surtout la Mitidja qui donne en ce moment
l’exemple du progrès cultural que nous cite­
rons plus loin.
La seconde zone, ou zone sèche et intérieure,
est située à l’ouest et au sud de la première.
Formée par les territoires qui reçoivent moins
de 600 et plus de 350 millimètres de pluie, elle
englobe la plus grande partie du département
d’Oran jusqu’à Aïn-Sefra et Géryville, une
partie du littoral occidental de celui d’Alger, la
vallée du Chéliff,1le Sersou jusqu’à Chellala,
tous les hauts plateaux du département de
Constantine jusqu’à Batna et Tébessa. Sur les
localités privilégiées de cette zone, il tombe
de 400 à 550 millimètres de nluie (Sidi-bel-Abbès, 398 millim. — Sétif, 453 millim. ‘— Masca­
ra, 553 millim.).

�L ’EXPANSION COLONIALE
340 —

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
. Taux
d’émission

VALEURS

E M P R U N T S CO LO N IAU X
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
(gar.)
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 fr ..........
Gouvernement Tunisien, obi.
490 3 1/2 o/o 1903, r. à 500........
Prot. Annam-Tonkin obi. 2 1/2
87 -

— —

Derniers
cours

330 —

Fr.

500 —

465 75

500 —

441 -

417 —

490 —

443 —

78 70
(gai’- ) ................................
81 75
90 50 Madagascar, obi. 2 1/2 (g a r .)..
91 80
—
Em. 3 o/o 1903 (gar.)
94 —
465 — Indo-Chine, chem. de 1er obi.
461
3 1/2 o/o, 1899 .....................
—
obi. 3 o/o 1902........
410
Emprunt Algérien, 3 o/o 1902,
480 441 25
obi. r. à 500 t. p...................
Dép. Constantine, obi. 3 l/2o/o
1000 —
1897.....................................
970 987 50 T ille de Constantine, 3.30 o/o
960 1895....................................
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
466 50
3 1/2 o/o 1898......................
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
461
3 1/2 o/o 1901 .....................
473
492 50 Col. de la Martinique........
470 — Afrique Occidentale^ o/o 1903,
461
obi. rem. 500 (gar.).............
513
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
BANQUES COLONIALES
E T E T A B L IS S E M E N T S FINAN CIERS
Divers Cic Algérienne, act. de 500 t. p.
93'i 50
500 — Créd. Fonc. et Agric. d 'A lg .,
500 —
act. de 500 .........................
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ................... •......... 1140 —
500 — Banque de la Guadeloupe, acl.
de 500 t*. p. (n.)..................
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)............................................. 1100 500 — Banque de la Martinique, 500
703 -■
t. p. (ri.) ...........................
500 — Banque de la Réunion, act. de
300 500 t. p. (n ) ................
Divers Banque de l’Indo -Chine, act.
de 500 (125 p. nom .)........... 1370 500 — Banque de l’Afrique Occiden­
640 tale, act. de 500 (125 p. nom.).
Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1190 —
500 500 — Crédit Foncier Colonial, act.
67 de 500 t. p .........................
Crédit Foncier Colonial, obi.
420 142 —
5 o/o 420 ........................... \
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
121 5 o/o 35'1.........................
CHEMINS D E FER ALG ÉRIEN S
E T COLONIAUX
689
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
432
Divers
—
ohl. 3 o/o r à 500.
096
500 — Est Algérien, act. r. à 600.. .
—
obi. 3 o/o r. à 500 426
Divers
658
500 Ouest Algérien, act. r. à 600..
Divars
—
obi. 3 o/o r. à 500 424
Aïn Thizy-Mascara, obi. 3 o/o
—
423
rem. à 500.

60
50
50
50
-

Mécheria-Aïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500...........................
Mouzbah-Mécheria, O b i . 3 o/o
rem. à 500.........................
Mostaganem-Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500.........................
Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan, act. 500,
250 fr. nom..........................
Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. â 650..............
Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500
Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’Etat..................

231

435 —
438 —
434 —
423 —
970 —
— —
426 —

V A LE U R S M IN IÈ R E S
— — Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............................ ........
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 599...........................
500 — A'gôrie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p...........................
477 50 Algérie-Tunisie (Omn.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500......... ..
------Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ...............................
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p.
500 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ................................
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p... .
445 —
—
obi. 4 o/o rem. à 500.
— — Saint-Elie, act. de 500, t. p ...
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p..............................
454 50 Pho-phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem. à 500...........................
5)0 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ...................
— — Phosp. et Ch. de Gafsa, parts...

1435 —
499 75
488 —
468 50
560 —
1735 —
1610
669
508
75

—
—
—
—

112 481 —
4170 —
3935 —

VALEURS COLONIALES FRANÇAISES
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale ........... (actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale............. (actions nouvelles).
2053 —
Ciu Marseillaise de Madagascar ..........
490 —
Messageries Fluviales de C o c h in c h in e . -----A im a......................................................
150—
Alimaïenne..............................................
150—
Cong i occidental....................................
175—
Haut Congo (Compagnie française du)..
475 —
Haute Sangha...................................... ■ 130 —
Haut Ogôoué.............................
550—
La Kolto.................................................
500—
Lobav...................................................
75 —
Messageries Fluviales du Congo. .........
249—
Sultanats du Haut-Oubangui..... .............
950—
Sociétés des mines de la Haute Guinée :
act................................................
140—
Compagnie minière de Guinée :act.......
190 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
195 —
Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
A d rie n A R T A U D .
Imprimerie du “ Sémaphore” Barlatier.— Marseille.
17-19, rue Venture.

�SERVICE POSTAL MARSEILLE - COLONIES
D é p a rts

de M a rs e ille
DATES DES DEPARTS DERNIERE LEVEE
DE M ARSEILLE

A lg é r ie
Départem ents d’Alger c l d’Oran

»
»
»

»

Voie deMarseille, CicG'cTrans.
»
Transp.Mar.
»
Touache....
d’Alger et d’Oran Voie de Port-Vendres...........
d’Oran...........
» ...........
Voie deMarseille, CioGleTrans.
»
Transp.Mar.
» .
CipGl0Trans.
de Constantine.
d’Alger .......

»
»
»
»

T u n is ie .

Transp.Mar.
Touache....
CieGle Trans.
Cin Touache.

»

»

»
Cie des M. M.
In d o -C h in e .
Voie de Brindisi, paq. Anglais.
Voie dcMarseille, CicFraissinet
A fr iq u e O c c id e n ta le
»
»
F ra n ç a is e
Voie deBordeaux, C&gt;° des Cliarg. Réun.
Voie de Marseille, Transp: Mar.
S é n é g a l........................
Voie deBordeaux àLisbonne, Cindes M. M.
D jib o u ti, M a d a g a s c a r, Voie dcMarseille,
»
R é u n io n e t M a u r ic e
D jib o u ti, M a j u n g a .. ..
N o u v e lle -C a lé d o n ie j
e t N o u v e lle s -H é b rid e s )
In d e F ra n ç a is e
G u a d e lo u p e
e t M a r tin iq u e

l
j

G u y a n e F ra n ç a is e . . . |
T a h iti
S t - P ie r r e - M iq u e lo n

Lundi, M ercredi, S am edi. . . . . . .

Mercredi et Samedi.
Jeudi....................
Dimanche .............
Vendredi___.'.........
Jeudi et Samedi___
Mardi....................
Mardi....................
Samedi.................
Dimanche .............
Lundi et Samedi...
Jeudi.....................
Lundi et Vendredi..
Mercredi................
Samedi.................
Un d im . sur d én i à p . du C jan v.
Vendredi a p . d. de M arseille . .

12 de chaque mois.
Vers le 20 de chaque m ois.
24 de chaque mois.
20
»
Le Jeudi, !. U i jours à p. du 4 janv.

10 de chaque mois
25
»
»
Cil! Havraise. Vers le 20 de chaque m ois,
»
Cic des M. M. lin dim . sur quatre à p . du 20 jan v.
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Chaque Vendredi ..
Voie de Naples,paq. A lle m a n d .. Tous les 28 jou rs à p. du 9 de'c.
Voie de Marseille, Cio des M. M. On M ercredi sur 1 à p . du 1 6 janv.
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi ap.-midi.
Voie de St-Nazaire,CioGlc Trans. 9 de chaque m ois..
Voie de Bordeaux,
»
26
»
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. l e M ercr.,1 .1 .1 1 jours à p .du 4 déc.
V oie de St-Nazaire,CicGlc Trans. 9 de chaque m ois..
V oie d’Amsterdam, paq. N ée rl.. Vendr. ,1 .1 .1 1 jours à p .d u H janv.
Voie de Cherbourg,paq. Anglais. Le M crcr., 1 .1.11 jou rsà p.dn 1 déc.

DE L A BOITE

11 h. mat.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
5 h. 20 mat.
5 h. 20 mat.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
10 h .30 m
10 h. 30 m.
3 h. 10soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. mat.
3 h. 10 soir.
10 h. mat.
10 h. soir.
10 h mat.
10 h. mat.
6 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
6 h. 20 soir.
10 h. mat.
10 h. mat.
mat. ousoir
10 h. mat.
10 h. soir.

DEPARTS
DES BATEAUX

1 h. so ir.,
6 h..soir..
6 h. soir .
6 h. 15 mat
6h. 15 mat
5 h. soir
5 h. soir
5 h . soir
m idi___
m idi__
6 h. soir
midi ...
m idi....
I li. soir
7 h soir
II h. mat
m idi...
m idi...
m idi.
11 h. ma
11 h. mat
11 h. mat..
11 h. 36 s.

l’a v .-T c ille lO li.s .

10 h. mat. 11 h . mat.
10 h. soir,
l’ a va n t-vcillc soir.
»
»

»
»

j Voie Le Havre et Cherbourg
par New-York
|

A r riv é e s à M a rs e ille
A lg é r ie :

A lger..........................•»
Constantine par Philippeville et Bone........
Oran..........................
T u n i s i e ..........................
In d o -C h in e
N o u v e lle -C a lé d o n ie .

Voie de Brindisi......

u n d i, M a rd i, M c rc r .,V e n d r ., Dim .

Mardi, Jeudi, Samedi.
Lundi, M ercredi, Jeudi, Sam edi.

Mercr., Vend., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jours.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 semaines.
Tous les 28 jours.
Chaque Samedi.

R é u n i o n , M adagas­
c a r e t D jib o u ti
G u a d e lo u p e , M a r t in i­
q u e, G u y a n e :

Voie
Voie
Voie
Voie

de Saint-Nazaire .
de Bordeaux......
d’Angleterre......
de Marseille . . . .

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les G jou is.
Vers le 13 de ch. mois

A fr iq u e O c c id e n ta le :

Voie de Bordeaux......
Voie de Liverpool......
Voie de Marseille......

Tous les 14 jours.
Environ lon les les 2 sem aines.

Dates variables.

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Thèses, Brochures, Rapports et Statuts
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S p é c ia lit é d ’A c t io n s p o u r S o c ié té s

HORS CONCOURS, MEMBRE DU JURY
Q

Q

Q

Q

A L'EXPOSITION COLONIALE
Q

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MARSEILLE 1906

DU

SEMAPHORE

LITHOGRAPHIE

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de i ’Exposition Coloniale

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é l é p h o n e

: 8 .2 3

L a plus p u re e t la m e ille u re des b iè re s
fra n ç a is e s p o u r l’E x p o rta tio n , g a ra n tie exem p te
d ’a n tis e p tiq u e s, d’une c o n s e rv a tio n e t d’une lim ­
p id ité p a rfa ite s . F a b riq u é e SAKS A D D I T I O N
D' i L C OOL avec des e au x s té rilis é e s p a r l’ozone,
elle ré s is te à tcu s les c lim a ts . T r è s re c o m ­
m an dée dans les pays chau ds, elle est to n iq u e,
ra fra îc h is s a n te e t fo r tifia n te .

��SOCIÉTÉ

GÉNÉRALE

Pour favoriser le développement du Commerce et de l’Industrie en France
S O C IÉ T É

ANONYM E

:

C

a p it a l

3 0 0 .0 0 0 .0 0 0 d e

2 2 -2 4 , e u e Noailfies, 2 2 -2 4

-

F

s a k c s

M A R S E IL L E

La S O C I É T É G É N É R A L E , A g e n c e d e M a r s e i l l e , siiuée au centre de la
Ville, à proximité de la Cannebière, de la Bourse et des grands hôtels, se charge de toutes
opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
En rela ons directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur toutes les principales Places du Monde entier et en particulier sur
celles de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C I É T É
seille par :

G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­

1° S o n s e r v i c e s p é c i a l d e s c h a n g e s

qui achète et vend des monnaies ou

billets de tous pays ;
J^met et paie toutes lettres de crédit circulaires ;

Délivre immédiatement des chèques sur les principales Places du monde entier;
Fait toutes opérations de Bourse.
2° S o n s e r v i c e s p é c i a l d e s C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clientèle, pour n’im porte quelle durée et aux p rix les plus réduits, des
compartim ents de coffres-forts F ic h e t à l’abri des risques de vol et d’incendie.

3“ S o n s e r v i c e c o m m e r c i a l traitant toutes opérations sur marchandises,
et sur documents, consignations, etc., etc.

Exposition lnternl?deUÈGE 1905
G R A N D P R IX

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Exp0_n|ntemL«deSftlHT-LOUIS([.1111904
G R A N D P R IX

�lirtl . Uü ÜEMAHHORE -

O AH LA TIEK -

iiU n J t iL L E

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
E X T R A IT S

DES

A rt . 2.
Cette association a pour but l'étude, la dé­
fense et le développement des intérêts généraux
de la colonisation française et spécialement
l’extension des rapports de la région marseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notamment de re­
cueillir et de centraliser tous documents et ren­
seignements utiles, de rechercher les principes
à observer, les méthodes à appliquer, d’exami­
ner et de provocruer toute mesure d’ordre légis­
latif, administratif ou économique qui lui pa­
raîtrait de nature à favoriser les intérêts crue
mettent en jeu les rapports de la métropole avec
les colonies.
A rt . 3.
L ’Institut colonial Marseillais
comprend
deux catégories de membres.
La première catégorie est celle des membres
titulaires et comprend :
Les membres de droit ;
Les membres sociétaires fondateurs ;
Les membres donateurs ;
Les membres adhérents.
Les membres de droit sont les délégués de la
Chambre de Commerce de Marseille, dont le
nombre est fixé à quatre, et M. le Dr HeckeL
Les membres sociétaires fondateurs et dona­
teurs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œuvre de l’Institut colonial,
lui donnent un concours financier important.
La deuxième catégorie est celle des membres
correspondants ; ceux-ci sont agréés par le Con-

Serviees de l'In s titu t :

Rez-de-Chaussée : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
I er étage : Musée Colonial.
3me étage : Secrétariat général et Bureaux de
l’Institut, Bureau de Benseignements.
Rédaction de 1’ « Expansion Coloniale ».
Cours coloniaux

Directeur : M. le Dr H eckel.
Produits végétaux coloniaux.
M. H. J u m e l l e .
Produits animaux et parasitologie des plantes
et des animaux.
M . JaCOb DE CORDEMOY.

Minéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L au r e n t .

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontanément, soit
sur sa demande, tous renseignements de nature
à seconder l’œuvre coloniale de l’Institut.
A rt.

i.

Toute personne qui voudra faire partie de
l ’Association devra être présentée et adresser
sa demande au Président.
La demande d'bdhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le Pre­
sident soumet la demande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a­
vance et acquises à la Société, en cas de démis­
sion en cours d’exercice.
Toute démission devra être adressée au Pré­
sident par écrit.
Le non paiement de la cotisation, pendant
deux années consécutives, entraîne de droit la
radiation.
Pour être membre sociétaire fondateur, il
faut payer :
1° Un droit d’admission de 1.000 francs au
minimum ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
minimum.
Pour être membre donateur il faut payer :
1° Un droit d’admission de 500 francs au mi­
nimum ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
minimum.
Pour être membre adhérent, il faut payer une
cotisation annuelle de 30 francs au minimum.

Histoire et Géographie Coloniales.
M. P. M asson .

Législation et Economie Coloniales.
M. H. B abled .

Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud .

Cultures coloniales. — Jardin colonial.
M. V. D a v in .

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’Institut Colonial de
Marseille ».
In s titu tio n s connexes :

2me étage : Société de Géographie.
Comité de l’Alliance Française.
3mo étage : Syndicat des Exportateurs.

Comité de rédaction de 1’ « Expansion Coloniale »
MM. Adrien A rtaud , Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Y tier , Vice-Président ; Jacques Léotard, Secrétaire; Paul Masson, Professeur
à l’Institut, Membre du Conseil.— M.E. Moriceau, Secrétaire général de l’Institut.— M. Auguste
Gir y , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale. .

Marseille — Imprimerie du Sèmavhore, B ar la t ie r , rue Venture, 19.

�SAVON
de la
&lt; 6

BONNE MÈRE

* 9

Production

Production

50.000

50.000

par joor

par jour

-*r

C

h a r l e s

M O R E L

SEfTAP/tJRE OXAÏXTU?* ÏZ A R fE S Z lE

�2»"' Année. — Nu 12

Le Numéro : 5 0 centime:

!&lt;"■ N ovem bre 1908

L’EXPANSION COLONIALE
B U L L E T IIS T

D E

L’INSTITDT COLONIAL MARSEILLAIS

S O M M A I R E
En Nouvetle-Caléclonie, E. Mo r ic e a u ..............
Institut colonial marseillais.
Extraits des Procès-verbaux.....................
Bureau de Renseignements..........................
Extraits de la Correspondance..................
Musée com m ercial........................................
Cours coloniaux
....................................
La Chambre de Commerce et l’Exposition colo­
niale, Jacques L éo t a r d .................

ABONNEMENT : F rance
Rue

et

N o a ille s ,

233
236
236
236
240
240
241

Le Régime douanier colonial. Rapport de la
Chambre de Commerce de Saint-Pierre-etMiquelon .............................................................
Chronique.............................................................
Actes coloniaux officiels........................................
Vie économique des Colonies.............................
Aois d ’a d ju dication ...............................................
Marché des Valeurs coloniales.............................
Services maritimes postaux................................

C o l o n ie s , 6

5

—

fra ncs

T é lé p h o n e

MARSEILLE

; É tranger, 8

3 6 -9 0

fra ncs.

242
247
248
249
250
251
252

�IN STIT U T

C O LO N IA L

M A R SE IL L A IS

Fondé sons le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
P ré sid en ts d’h o n n eu r :

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar,
Le Résident général de ia République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée. .

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.

Le P résident du C onseil général.
Le R ecteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Le D oyen de la Faculté des Sciences.
Féraud , Augustin, Président honoraire de

la

Charles-Roux,

de

Chambre de Commerce,
Jules, Commissaire général
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

M em bres fo n d ate u rs :

MM.
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — B erçasse . II. et C". — B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Roux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­
mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — Dufay , Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — D ufay, Gigandet
et C”. — Gavoty, Charles. — Heckel, Edouard (Dr),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

M em bres d o n ateu rs :

MM.
J.-B. et A. A rtaud Frères. — B arlatier , Paul. —
Berger , C. — Chaiîrières , Morel et C”. — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie):
— Compagnie Algérienne. — Compacnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraissinet &amp; C“). — Compagnie de
Navigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français.— Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien Fabre &amp; C“. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraud , Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — Lombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon. Eug.. Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C”. — N. P aquet &amp; C”. —
J. et A P avin de Lafarge . - R astit , Henri. —
Rocca, Tassy et Di-: Roux. — E. Rodocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — Rodrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube , Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub , Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président : M. D esbief . Paul, Président de la
Chambre ue Commerce.
Vice-Présidents : H eckel, E. fD'l. Directeur-Fonda­
teur du Musée Colonial ; P onsinet , A., Chef du
Service Colonial : Dufay, Henri, Ancien VicePrésident de la Chambre de -Commerce.

Secrétaires : MM. Artaud , Adrien, Membre de la
Chambre de Commerce, Président du Syndicat
des Exportateurs ; B arlatier , Paul, directeur
du « Sémaphore de Marseille ».
Trésorier : M. A rmand , Albert, Membre de la
Chambre de Commerce. Président du Syndicat
Marseillais de la Marine Marchande.
Trésorier-Adjoint : M. Laplane , J., Sous-directeur
du Comptoir National d’Escompte de Paris à
Marseille

M embres :

MM.

MM.

Allest , J. (D'), Administrateur-Délégué de la Com­

Léotard, Jacques, Secrétaire général de la So­

Arnaud , Lucien, Minotier.
B ergasse , Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie Marseil­

Lombard, Emile, Membre de la Ch. de Commerce.
Martin -Laval F., Vice-Président du Syndicat des

pagnie Générale Transatlantique.

laise de Madagascar.
Blanc, E., Directeur de l’Exploitation de la Com­
pagnie des Messageries Maritimes.
Bohn, 1-’:, Membre de la Chambre dé Commerce,
Administrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Bourdillon, A., Armateur.
Bry , G., Doyen de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufour , Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Connu.
Dufour , J.. Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
Estrine, L., Vice-Président de la Ch. ae Commerce.
F ouque, Adolphe, Président, honoraire du Syndicat
d ’initiative de Provence.
Gaffarel, Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
Jacquemft, Louis, Président du Syndicat des
.Négociant en cafés.
Joannon, A., Avocat, Président de l’Association
Amical t des Anciens Flèves de l’Ecole de Com­
m erc e

J o urdan ,

Félix, Juge au T ribunal de Commerce.

ciété de Géographie.

Exportateurs.

Masson , Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­
titut colon ial.
Rastit , Henri, Industriel.
Rodrigues-E ly, Amédée, Ancien Membre de la

Chambre de Commerce.
Roux. François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’industrie de Marseille.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usrlaur, Léonce. Négociant.
Velten , Edouard, Membre-Secrétaire de la Cham­
bre de Commerce.
Ytier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Zarifi , Périclès, Banquier.
D elibf .s , J., Délégué du C-onseil Municipal.
Rossi, Clément, Délégué du Conseil Municipal.
Maurel , Agricol, Délégué du Conseil Général.
Eug. T alon, Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.

Secrétaire général : E. Moriceau, Adm inistrateur
en chef des Colonies en retraite.

�MACARONS» •
V ER M IC ELLE

RIVOIRE
ET

CARRET
•

•

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�Deuxième Année.

1er Novembre 1908.

N° 12

- ti-tiwnr -

l ’e x p a n s i o n

c o l o n ia l e

Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

EN NOUVELLE CALEDONIE
Notre colonie du Pacifique vient de subir
une nouvelle épreuve. Un syndicat des éle­
veurs calédoniens s’était constitué l’année
dernière dans le but de tirer parti du sur­
croît de leurs troupeaux, dont l’importance
était devenue de beaucoup supérieure aux
besoins de la consommation locale, de plus
en plus réduite par la disparition progres­
sive de l’élément pénal, par les effets d’une
crise minière intense, par l’exode d’une par­
tie de la population libre, obligée par la
misère à quitter le pays. Ce syndicat avait
fait de très grands sacrifices pour réunir le
capital nécessaire à l’établissement d’une
usine de conserves à Nouméa et avait obtenu
du ministère de la guerre une commande de
300.000 kilos de viande conservée, à un prix
rémunérateur, bien qu’inférieur à celui des
conserves de fabrication française.
Tous les journaux coloniaux ont parlé de
l'arrivée inopinée à Nouméa, d’un vétéri­
naire de l’armée, chargé par le ministère de
faire une inspection de l’usine et se sont fait
l’écho de l’étonnement de la population ca­
lédonienne voyant débarquer cet inspecteur,
sous la forme d’un botaniste portant un nom
d’emprunt. Les visites de ce genre sont ce­
pendant, prévues par le cahier des charges
et pouvaient être attendues à tout moment.
Quoi qu’il en soit, au retour en France de
M. Dassonville, l’examen des conserves
calédoniennes, dans les laboratoires de Bil­
lancourt, fit ressortir quelques défectuosités;
■on reconnut que la viande provenait d’ani­
maux fatigués par de longs voyages, que le
fer blanc des boîtes n’avait pas les dimen- sions exigées, que les soudures laissaient à
désirer, bref la fourniture d’un premier lot
a été refusée et il faut s’attendre à ce que le
même sort soit réservé aux lots actuellement
en route.
M. Dassonville a pu se rendre compte,

cependant, dans une tournée qu’il fit dans
les stations de bétail, en compagnie de l’un
des principaux éleveurs de la colonie, que le
bétail abondait, qu’il était de bonne qualité
et qu’il n’était pas besoin de recourir au
bétail australien pour exécuter la commande
de la guerre, ainsi qu’on le prétend dans
certains milieux intéressés de la métropole.
Mais voici qu’un nouveau bruit circule ;
l’emprunt que la colonie demandait de con­
tracter pour continuer les travaux nécessai­
res à l’ouverture du pays, aurait été rejeté
par le Conseil d’Etat qui a renvoyé le projet
au ministère des colonies.
Cette dernière nouvelle, arrivant après
celle relative aux conserves, va certainement
causer en Nouvelle-Calédonie une véritable
exaspération et raviver la triste campagne
de séparatisme que l’arrivée de M. Piichard
avait apaisée.
La Nouvelle-Calédonie est à bout de res­
sources ; il ne lui est plus possible de suppor­
ter les charges d’un budget destiné à payer
une organisation administrative et judiciaire
qui n’est plus à sa taille, depuis que la trans­
portation a cessé ses convois et qu’elle laisse
à la charge du budget local, sans aucune
contre-partie, la lourde dépense de la sur­
veillance et de l ’entretien de plusieurs mil­
liers de libérés.
Il semble que l’autonomie financière de la
colonie s’impose, qu’il est juste de la laisser
maîtresse de fixer, au mieux de ses intérêts,
une organisation plus modeste et propor­
tionnée à sa capacité financière.
Le même sentiment se fait jour dans plu­
sieurs de nos possessions ; il serait puéril de
nier le mécontentement qui s’y manifeste
plus ou moins ouvertement à l’égard du
régime économique qui leur est imposé et
M. Milliès-Lacroix a pu entendre, lors de
son voyage en Afrique occidentale, des do­
léances légitimes auxquelles il a d’ailleurs
prêté toute son attention.
La colonisation actuelle ne supporte plus
la tutelle étroite d’autrefois, elle rejette tout

�234

L’EXPANSION COLONIALE

fa d e colonial et le jour semble venu d’accor­
der à nos colonies plus de liberté.
Si l’autonomie financière peut être donnée
sans crainte à une colonie, c’est certainement
à la Nouvelle-Calédonie, qui est de toutes nos
colonies tropicales, la seule qui puisse être
développée par la race blanche ; elle possède
un climat merveilleux, l’Européen peut y
travailler impunément, même pendant les
fortes chaleurs de l’été, il y peut constituer
une famille saine et vigoureuse et il suffit
de visiter une des écoles de l’île, pour cons­
tater que les enfants y sont aussi roses et
aussi bien portants que dans les villes les
plus saines de France.
Les Européens, français d’origine, pour le
plus grand nombre, s’y sont parfaitement
acclimatés et aujourd’hui la population
blanche de plus de 13.000 âmes, ne le cède
à aucune autre, en énergie morale et physi­
que. "
Affecter un pays aussi bien doué à des
essais de régénération pénale a été une véri­
table folie, qui peut trouver, il est vrai, son
excuse dans le peu d’intérêt que le pays
accordait, il y a 50 ans, à la question colo­
niale et dans l’ignorance où l’on était de
l’échec complet et absolu que les Anglais
avaient éprouvé en Australie, avec la trans­
portation de leurs criminels.
Quelques braves cœurs (l’espèce en existe
toujours, paraît-il), croyaient à l’influence
de la belle nature sur les âmes endurcies :
en fait, au point de vue moral, le résultat a
été aussi nul que possible ; au point de vue
matériel, le bagne n’a rien fait en Calédonie,
pour préparer l’avenir économique de la co­
lonie : il n’a servi qu’à alimenter un com­
merce qui a eu tort de'croire à la permanen­
ce d’un état de choses illogique au premier
chef et qui s’est trouvé très compromis, à
partir du jour où la transportation a com­
mencé son déménagement et sa liquidation.
C’était une idée très louable que de cher­
cher à peupler la Nouvelle-Calédonie de fa­
milles de cultivateurs disposant d’un certain
capital, d’encourager cette immigration par
certains avantages et de faire rentrer ainsi
la colonie dans le sens commun. Il est fâ­
cheux que ce mouvement n’ait pas été plus
accentué et n’ait $as été étendu à des émi­
grants d’autres nationalités ; ces nouveaux
consommateurs eussent maintenu l’impor­
tance du commerce local ; il est certain que

ce mouvement n’a pas donné le résultat
espéré et toutes les entreprises que l’admi­
nistration avait constamment encouragées,
pour assurer la subsistance de ses nombreux
rationnaires, l’élevage, notamment, sont
aujourd’hui dans une situation très difficile.
Il faut dire que, dès les débuts mêmes de
la transportation, elle a été déviée de son
but : la loi de 1854 stipulait qu’elle devait
être employée aux travaux pénibles de la
colonisation, c’était la seule tâche à laquelle
elle devait logiquement être affectée ; c’eût
été la justification de l’énorme dépense
qu’elle a entraînée pour la métropole et que
l’on peut chiffrer à plus de 300 millions.
On peut en chercher vainement la contre­
partie et que n’eût-on pas pu faire en Calé­
donie si cette sômme avait été consacrée à la
construction de routes, de chemins de fer, de
ports, à l’étude des mines, etc.
Mais, la transportation était une arche
sainte, elle vivait sur le budget de l’Etat, elle
traitait de haut cette colonie qui devait vivre
à -son ombre, nul n’y pouvait toucher, c’est
à peine si l’on y tolérait des colons capables,
paraît-il, de démoraliser le bagne et c’est tout
j uste si l’on autorisait ces colons à passer sur
les routes qui traversaient les centres de co­
lonisation pénale et à prendre leurs repas
dans les auberges tenues dans les villages
pénitentiaires, par quelques forçats bien
notés.
Quant à l’employer pour les travaux inté­
ressant la colonie, on a bien fait voir aux
Gouverneurs qui ont osé affecter quelques
chantiers à la construction de sentiers mule­
tiers ou à des recherches de charbon qu’ « af­
faires cabris n’étaient pas affaires moutons.»
Il y eut, dans les débuts de la colonie des
luttes incroyables entre la colonisation libre,
qui voulait être chez elle, et la transporta­
tion ornais le bon sens a tout de même fini
par triompher, au grand désespoir de ceux
qui s’étaient imaginé que'la Nouvelle-Calé­
donie était une chasse gardée, pour le seul
profit des bandits de la métropole.
La transportation, la relégation ont obligé
la colonie à entretenir une police, une gen­
darmerie, un appareil judiciaire, hors de
proportion avec le chiffre de la population
libre, car c’est encore une des anomalies du
singulier régime sous lequel vit cette colo­
nie, que d’imposer au budget local la charge

�L’EXPANSION COLONIALE
do la surveillance et de l’entretien de tous
les libérés qui ont fini leur peine et qui n’ont
pas le droit de quitter le pays. Ils devien­
nent alors des citoyens et comme tels, n’ont
plus rien à démêler avec le service qui les a
introduits, nourris, soignés, pendant l’exé­
cution de leur peine, mais qui ne les con­
naît plus, quand ils ont, comme ils disent,
purgé leur condamnation. C’est peut-être,
très juridique, mais onjpeut trouver le pro­
cédé un peu sans gêne.
On a bien pensé, pour remédier à cette
crise du commerce, à rétablir la transporta­
tion en Nouvelle-Calédonie ; quelques per­
sonnes l’ont demandé et en ont même fait
un tremplin politique, mais ce rétablisse­
ment est devenu impossible, car l’arrêt des
convois de condamnés a été une des con­
séquences de l’accord franco-anglais et
c’est en échange de notre abandon de la
transportation en Océanie, que nous avons
eu les mains plus libres aux NouvellesHébrides.
^
Il est superflu de récriminer, il faut voir
les choses bien en face et se servir des leçons
du passé pour assurer l’avenir de la Nou­
velle-Calédonie, qui peut, malgré tout, être
très brillant, si l’on veut tenir compte de la
remarquable situation de cette colonie.
Tout d’abord, il est nécessaire de lui lais­
ser la gestion de ses affaires ; elle seule peut
et doit fixer l’organisation qu’elle réclame ;
elle a besoin de son autonomie financière la
plus complète et si l’on craint que son Con­
seil général, élu sur un programme politi­
que, n’abuse1de son initiative, rien n’empê­
che de créer, au-dessus de lui, un conseil su­
périeur, sorte de Sénat, élu au suffrage res­
treint, composé de membres des Chambres
de Commerce et d’agriculture, de membres
des municipalités et dont l’approbation se­
rait indispensable pour l’établissement du
budget, dont le chef de la colonie serait
chargé de surveiller l’exécutidn. Alors qu’un
tel système fonctionne au mieux des intérêts
de tous, dans tous les pays à Parlement, il
n’y a pas de raison pour supposer qu’il n’en
sera pas de même en Calédonie.
On ne peut ‘comparer la Nouvelle-Calédo­
nie à aucune autre de nos colonies ; d’abord
la question indigène ou celle des races, n’y
existe pas, l’esprit de ses habitants ne res­
semble en rien à celui de nos autres possesV -.

I

235

sions, vieilles ou jeunes ; son voisinage de
l’Australie et de la Nouvelle-Zélande lui a
donné une idée très nette et très juste des
nécessités de la colonisation moderne, elle
possède des caractères avisés et énergiques,
qui ne seraient déplacés nulle part, des
hommes d’affaires très avertis .et il n’est pas
permis de douter qu’elle ne sache très bien
faire ses affaires. Elle mérite, à tous égards,
d’être la première de nos possessions à être
délivrée d’une tutelle trbp étroite, car elle
n’est pas seulement une colonie d’une rare
richesse, mais elle est aussi le point d’appui
du commerce français, dans cette Océanie,
qui s’ouvre à peine et qui est destinée au
plus bel avenir.
Il suffit de voir ce que les Calédoniens ont
su faire aux Nouvelles-Hébrides, pour se
rendre compte de leur force d’expansion; une
Calédonie riche et prospère dirigera peu à
peu quelques-uns de ses nombreux enfants
vers les archipels voisins, les y installera et
-.formera ainsi un puissant faisceau d’intérêts
français. Avec la Nouvelle-Calédonie à
l’Ouest, Tahiti à l’Est, la France occupe
l’entrée et la sortie de l’une des grandes
routeg de l’avenir et si dans notre pays de
France, on apportait plus de souci aux ques­
tions maritimes, nous aurions depuis long­
temps tiré parti de cette admirable position.
A la Nouvelle-Calédonie et à Tahiti, il y a
14.000 français ; nous sommes donc, en
Océanie, plus nombreux que toutes les au­
tres races européennes réunies.
Ces Français veulent y tenir dignement
leur place ; ils aiment tous leur vieux pays
et si quelques rares voix discordantes se sont
fait entendre pour demander à être séparés
de la France, ces voix sont encore sans écho
et nous devons leur pardonner, car la misère
est mauvaise conseillère et il faudrait leur
enlever ces arguments. Un sentiment aussi
déplorable ne peut que réjouir nos concur­
rents, que jeter le plus désolant discrédit sur
notre valeur coloniale, il faut tout faire pour
l’écarter du cœur de nos compatriotes.
L’autonomie financière est un moyen de
rétablir la situation de la Nouvelle-Calé­
donie, c’est aussi le moyen de lui inculquer
une idée exacte de sa responsabilité, c’est la
traiter en enfant émancipé, c’est enfin satis­
faire un de ses plus ardents désirs.
Si nous ne pouvons plus jouer le premier

�236

L’EXPANSION COLONIALE

rôle dans cette Océanie qui eût pu être à
La Réunion est à peu près seule -à fournir
nous, il y a 50 ans ; que nos marins, nos mis­ une exportation intéressante soit sous forme
tapioca, soit en racines desséchées. D’a­
sionnaires ont explorée et civilisée : conser­ de
près le Bulletin commercial de l’île de la
vons au moins ce que nous y possédons, ne Réunion du 31 juillet 1908 les diverses usine-s
laissons pas aller au découragement et peut- de tapiocais et fécules y sont en pleine mar­
être, qui sait ?... à la désaffection complète, che, elles paient le manioc des planteurs
unè population bien française, qui ne de­ 25 francs la tonne, livrable sur les lieux ou
à la gare la plus voisine.
mande, en somme, que de se charger, elleLes prix de détail pour la consommation
même, de ses propres intérêts, et qui saura locale, assez restreinte du reste, sont fixés à
Fr 90 les 100 kilos pour tapioc-a granulé
trouver, dans ses épreuves mêmes, dans le
Fr.
45 les 100 kilofe p-our fécule.
poste d’avant-garde qu’elle occupe, l’énergie
L’exportation s’élevait au 31 juillet der­
et les résolutions nécessaires pour tenir un
nier à 641.314 kilos contre 432.427 kilos, à.
rang très honorable, dans une des plus ri­ pareille époqu-e, l’année dernière.
ches parties du monde.
Le chiffre de 641,314 kilos est ainsi conistitué :
E. Moriceau.
Fécule ...................»...
55.691 kilos
Tapioca ..................... 585.653 »
INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
L’exportation d-es racines desséchées de
manioc, s’est élevé au 31 juillet 1908 à 304.934
kilos contre néant à pareille époque de Tan­
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
née dernière.
La consommation croissante du manioc en
Le bureau du Conseil d’administration de France
devrait engager nos colonies à déve­
l’Institut Colonial Marseillais, s’est réuni le
cette culture ; le manioc -est de plus
1er octoîjre, sous la présidence de M. P. Des?- lopper
en plus employé dans la brasserie, danis la
bief, président de l’Institut.
production
de l’alcool industriel, dans les
Après l’examen de la correspondance
pour étoffes, etc.; le manioc étranger
reçue et expédiée, M. le Président a rendu aapprêts
été frappé récemment d’un droit d’entrée
Compte au Bureau de la visite faite à l’Insti­
7 francs les % ; celui de nos colonie® est
tut Colonial Marseillais, par M. Klofou- de
encore
indemne ; il est vivement à souhaiter
kowski, gouverneur général de l’Indo-Chine, que ce privilège
soit maintenu, car ce se­
ainsi que des bonnes dispositions que ce haut rait la fin d’une luiculture
très intéressante,
fonctionnaire a témoigné à l’Institut.
pratiquée
surtout
par
les
petits
colons, si un
M. le Président a examiné ensuite le bud­
d’entrée quelconque était imposé au
get en cours et prescrit l’établissement du droit
de nos possessions ;
budget de 1909, qui sera soumis au prochain manioc
2°
Deux
jeunes gens robustes et décidés,
Conseil d’administration. .
possesseurs
d’un petit capital, MM. E...,
M. Artaud, président de la Commission du capitaine marin,
B..., cultivateur, sont‘ve­
Musée Commercial -et du Bureau des Rensei­ nus^-exposer leuret projet
de s’établir avec
gnements, a exposé au Bureau la situation quelques uns de leurs amie
cultivateurs et
du Musée commercial et proposé diverses leurs familles, en Algérie o-u en
Tunisie, ou
mesuras pour faire bénéficier la région des au Maroc.
avantages du Musée commercial.
Tous les renseignements utiles leur ont été ■
Le Bureau a approuvé enfin une demande
de l’Administration de l’Exposition d’El-ectri- fournis sur les moyens d’acquérir des pro­
cité tendant à autoriser la délivrance gratuite priétés, sur la pêche, l’élevage, etc...
Des entreprises de ce genre, sous forme de
de brochures concernant l’Expositicm. -par le
personnel du Musée commercial. Le Bureau petites sociétés amicales-, sans frais de ges­
a été heureux, dans cette circonstance de tion, dont chacun des membres s’occupe
donner une preuve d’intérêt à la grande ma­ d’une spécialité bien connue de lui, sont très
intéressantes et méritent d’être -encouragées ;
nifestation scientifique du parc du Prado.
3° Des renseignements ont été demandés
par une maison dé Marseille sur Tutilisati-on
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
des graines de Telfairea. pedat-a ou thal-e-r
seed. Ces grain-es ont été étudiées par M. le
Dans le'courant d’octobre, le Bureau a été Dr Heckel qui, dans le tome XI de la Revue
appelé à fournir un assez grand nombre de des cultures coloniales, a publié le résultat
renseignements sur les questions suivantes : de ses intéressants travaux dont nous
1° Le représentant à Marseille d’une im­ extrayons les renseignements ci-dessous.
Le Telfairea pedata est une magnifique cuportante société suisse, établie à Lisbonne, a
désiré connaître l’importance de ta -produc­ curbitacé-e, aujourd’hui cultivée dans toute
tion du manioc dans nos colonies.
la région du Mozambique, aux Seychelles,

�/

L’EXPANSION COLONIALE
Madagascar, aux Comores et même au Ga­
bon, etc... 1
La culture de cette plante est d'une extrê­
me simplicité et la preuve en est dans sa
facile propagation et dams son développe­
ment, même dans nos terres européennes ;
cependant cette plante puissante a besoin de
grimper très haut et d’être soutenue par de
solides appuis.
Bien que la chair du fruit soit filandreuse,
elle n’en est pas moins un aliment pour les
indigènes, mais ils l’emploient surtout com­
me remède contre la colique et les rhumatis­
mes.
La graine de l’amande est comestible et
constitue une source très importante de
corps gras.
L’amande pressée à froid donne 40 %
d’une huile jaune verdâtre, i très limpide,
rappelant beaucoup l’huile d’olive, sans
goût spécial bien manifeste autre que celui
très léger de légumine crue, qui se retrouve
dans l’huile d’arachide.
Du tourteau de cette pression, on peut re­
tirer, par le sulfure de carbone, encore 20 %
d’une huile rouge par transparence et verte
par réflexion qui ne rappelle plus la pre­
mière que de loin. Ces deux huiles de prove­
nance différente, étant réunies, donnent
une densité de 0.915 à 15°. Le rendement en
acides gras de saponification est de 95.55 et
en glycérine de 10.23 %. Ni l’huile obtenue
par pression ni celle qui résulte de l’emploi
du sulfure de carbone, ne sont siccatives.
Cette huile constitue un produit comesti­
ble et pourrait servir également à l’industrie
de la savonnerie ; elle est donc intéressante
à la fois pour les colonies et pour Marseille.
4° La maison V., de Marseille, a demandé
l’examen d’un échantillon de pailles à cha­
peaux provenant de Java.
Les lanières de couleur brun pâle ont été
reconnues comme provenant de l’écorce in­
térieure de l’Hibiscus Tiliaceus. Leur em­
ploi est assez limité ; on en fait de petits
rubans généralement imprimés, à l’usage
des confiseurs ou des charcutiers et qui ser­
vent à attacher de petits paquets ; on l’utilise
également dans la fabrication des chapeaux
à bon marché, ainsi que dans celle des fleurs
artificielles très communes.
5° M. L. P. J..., négociant à Paris, a désiré
connaître l’importance de la production de
l’essence d’Ylang-Ylang à la Réunion.
Cette essence est obtenue par la distillation
des fleurs du Cananga odorata, de la famille
des Anonacées, arbre indigène dans les îles
de l’archipel Malais, principalement aux
Philippines, ainsi que dans toute l’Asie mé­
ridionale. Cette plante a été introduite à la
Réunion, depuis assez longtemps, mais n’a
donné lieu à un commerce intéressant que
depuis un petit nombre d’années.
Ce fut à l’Exposition Universelle de Paris
en 1878, que parut cette essence pour la pre­

237

mière fois en Europe, parmi les produits des
industriels Oscar Reymann et Adolphe
llousch, de Manille.
L’essence produite à la Réunion est d’une
qualité supérieure à celle des Philippines,
son prix atteint 450 francs le kilo.
L’exportation du 1er janvier au 31 juillet
1908 a atteint 862 kilos contre 486 kilos pen­
dant la même période de l’année dernière.
La distillation de l’ylang-ylang se pratique
à Luçon et a Java ; les fleurs des arbres qui
croissent dans les forêts épaisses, sont moins
odorantes et plus pauvres en essence que
celles des arbres isolés ou cultivés.
Dans la distillation des fleurs du Cananga,
les principes oxygénés et éthérés étant plus
volatils, passent en premier lieu ; ils consti­
tuent les portions odorantes, tandis que cel­
les qui passent après, consistent principale­
ment en sesquiterpène.
Les premières fractions de la distillation
sont l’ecueillies séparément et versées dans
le commerce comme essence d’ylang-ylang.
Les produits subséquents sont vendus
comme essence de Cananga et sont d’un prix
bien inférieur.
La récolte des fleurs et leur distillation
exigent, vu la finesse de leur parfum, de
grands soins et une' expérience consommée ;
aussi un petit nombre seulement de distilla­
teurs ont-ils réussi à obtenir de l’essence
d’ylang-ylang de qualité toujours supérieure
et de composition uniforme.
Les distillateurs de la Réunion ont acquis,
à cet égard, une réputation très méritée.
6° M. M. Ov courtier à Marseille, a fait
connaître qu’il était acheteur d’une quantité
importante de tungstène ou wolfram.
Ce minerai existe au Tonkin et en Nou­
velle-Calédonie ; il est employé dans la mé­
tallurgie de l’acier auquel il communique
une dureté exceptionnelle.
Les gisements de l’Indo-Chine sont situés
dans la province de Cao Bang au sud du
poste de N’guyen Binh, où l’on signale les
gisements importants de Binh Duong, Beausite et Ganymède.
L’exploitation de la mine Beausite, entre­
prise en 1902, s’est poursuivie avec succès
depuiscette époque. Elle a produit :
En 1903 ......................... 2.200kil.
En 1904 .........................
7.800 »
En 1905
11.600 »
En 1906 ......................... 19.300 »
A l’Exposition Coloniale de Marseille, on
pouvait voir de très remarquables échantil­
lons de wolfram et d’étain provenant de Cao
Bang.
En Nouvelle-Calédonie, le tungstène, sous
forme de sheelite ou tungstate de chaux, a
été rencontré dans la vallée de Kouaoua ; il
doit en exister dans d’autres points dé la
colonie, car on trouve assez souvent, entre

�I

238

L’EXPANSION COLONIAL!!

les mains des Kanaks, des pierres de fronde
faites de ce minéral, particulièrement dense.
Ce gisement de Kouaoua est associé à un
gisement de mercure et se présente dans un
filon de datholite (boro silicate de chaux).
Ce gisement a été à peine reconnu ; il ne
paraît pas, au premier abord, exploitable
pour la sheelite, malgré la valeur élevée de
ce minerai (800 à 900 francs la tonne) ; peutêtre, pourrait-on exploiter la datholite pour
en retirer les 21 /o d’acide borique qu’elle
contient, mais cette question n’a pas encore
été suffisamment étudiée et il-est douteux
que cette industrie puisse s’établir dans la
colonie.
7° M. S., avocat, a demandé des rensei­
gnements sur la situation économique de
Libreville et de Brazzaville, au point de vue
de l’exercice de sa profession.
8° M. F., de Marseille, a soumis à l’examen
du Bureau des Renseignements un échantil­
lon de fish wax, provenant du Japon.
Cette graisse solide, jaune, est appelée cire
de poisson, suif de poisson, stéarine de pois­
son et provient de la préparation de l’huile
extraite des sardines ou des clupidées qu’on
désigne sous ce nom au Japon.
Cette cire est employée au Japon dans la
stéarinerie et pourrait trouver son, emploi
dans l’industrie des bougies, à Marseille.
Le même produit est exporté de l’IndoChine, sous le nom de graisse de poisson ; il
provient des pêcheries de la Cochinchine,
de l’Annam et du Cambodge,
Des indications à ce sujet se trouvent dans
le Bulletin économique de l’Indo-Chine (jan­
vier-février 1908). Elles établissent que de­
puis 1902 les exportations de cette graisse de
poisson ont plus que doublé : la moyenne,
dans la période 1902-1906, a été de 1.020 ton­
nes, d’une valeur de 194.000 piastres, sur les
marchés de l’Indo-Chine et de l’ExtrêmeOrient.
9° M. B., membre de la Chambre de Com­
merce de Phom Penh (Cambodge),' a fait
connaître l’importance que peut avoir pour
Marseille le commerce des peaux de bœufs
au Cambodge. 500.000 peaux sont exportées
tous les ans, au prix moyen de 19 piastres
le picul de 67 kilos.
Il a indiqué également le développement
continu du commerce du coton et du Kapok.
Une usine de coton, fondée autrefois par un
Français et achetée par un Chinois, emploie
600 ouvriers.
Le Kapok est, en grande partie, acheté par
les Japonais et se paie sur place 1 piastre les
600 gousses.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
S o ja

h is p id a

L 'Institut Colonial à M. Turcàt, président de

la Société pour la Défense du Commerce de
Marseille.
'
A la suite d’une dem ande faite p a r RI. Turcat, président de la Société pour la Défense du
Commerce de M arseille, au sujet de la teneur
en huile, des grain es de soja hispida, M. le
P résid en t de l’In stitu t Colonial M arseillais
a écrit à M. le P résident de la Société ^o u r la
Défense la lettre ci-dessous :
« M onsieur le P résident,
« Vous avez bien voulu me dem ander d’a p ­
puyer au près de l’A dm inistration des Douanes
la réclam ation que vous lui adressez au sujet
des grain es de soja hispida, qu’elle ne veut
classer que dans les légum es secs, bien que sa
richesse en huile doive la nlacer dans les g ra i­
nes oléagineuses.
« J’ai l’honneur de vous faire connaître que
je suis très heureux de saisir cette occasion de
pouvoir être utile à une des p rincipales in d u s­
tries de notre ville et je m ’em presse de vous
adresser les renseignem ents très précis que
nous possédons su r la com position de cette
graine.
« Ces renseignem ents sont ex traits de la s a ­
vante étude su r le soja faite p ar M. Bloch,
p h arm acien m ajo r des troupes coloniales, et
insérée dans le tome xi, n° 1 des A nnales d’hy­
giène et de médecine coloniales (P aris. Im p ri­
merie N ationale 1908). Le soja hispida, ou p lu ­
tôt le glycina hispida, ap p a rtie n t à la fam ille
des légum ineuses papillonacées, il est cultivé
en Chine et au Japon, denuis les tem ps les plus
reculés, son ap p aritio n en Europe ne date que
de la fin du x v m e siècle ; on en compte une
tren tain e de variétés. In tro d u ite en 1888 aux
Etats-U nis, et essayée dans un g rand nom bre
de stations d’expérim entation, sa culture -"fit.,
de suite, une grande extension, p articu lière­
m ent dans les E tats du Sud où on le considère
comme un fo u rrage p a rfa it et u n très bon a li­
m ent po u r les bestiaux, étant donnée sa ri­
chesse en huile; on l’a essayé pour ces derniers,
en rem placem ent de la farin e de grain e de
coton et on a obtenu d’excellents résultats.
« La g raine de glycina. hispida se différencie
nettem ent des au tres légum ineuses p a r sa r i­
chesse en m atière azotée (27 à 44 %) et en huile
(l3.3 à 21.8 %) et p a r l’absence d’am idon dans
la graine. De nom breux trav au x ont été faits
su r la com position chim ique de cette -ra in e :
on doit citer p arm i les p rincipaux, Stenff en
Allemagne ; C apan à Vienne ; P illet en F ran ce ;
Goessmann, K ellner au Japon ; P rin te r à Ja v a ;
N ikitni, G iljarouski, et les différentes stations
d’ag ricu ltu re des Etats-U nis.
« D’après ces trav au x , la com position centé­
sim ale de la grain e est la suivante : .
E au ......................................
11.8
Huile ..................................
18.5
M atières protéiques ......
34.8
L igneux ...............................
0.8
Sucres .................... î ...........
12
Substances non azotées
solubles dans l’eau .....
4.7
Corps pectiques ...............
2.4
Cellulose ............................
10.9
Cendres ..............................
5.4
101.3

�L’EXPANSION COLONIALE
« L’huile de soja existe dans la graine, dans
la proportion de 13 à 22 %. Elle a été étudiée
p a r Meissl et Bocker, Stingl et M orawski, de
N igri et F abris, N ikitin, Konig ; elle est jau ne
rouge, a une odeur p articu lière non désag réa­
ble. Abandonnée longtem ps à l’air, elle se re ­
couvre d’une pellicule à la surface, m ais sans
s’épaissir totalem ent. Ce fa it la classe dans les
huiles mi-siccatives.
((' Cette huile est neutre, ne contient presque
pas d’acides libres ; elle est constituée en m a­
jeu re p a rtie p a r des p alm itates et stéarates
faciles à sép arer ; son point de solidification et
son indice d’iode la re n d ra ie n t facile à décéler
si elle é tait employée à la falsification d’huiles
d’un p rix plus élevé.
« L’huile de soja, p a r ses propriétés, se ra p ­
proche des huiles de sésam e et de courge.
« Il ne me p a ra ît p as utile d’insister su r les
a u tres propriétés de cette draine, sa richesse
en huile in téressan t seulem ent l’in d u strie m a r­
seillaise.
« Le soja est incontestablem ent une graine
oléagineuse et, à ce titre, il ne s a u ra it être
confondu avec les légum es secs.
« Il se ra it profondém ent regrettable que notre
indu strie fu t privée des avantages que présente
le soja au point de vue de la production de
l’huile et que nous en laissions encore le béné­
fice aux étrangers.
J’ai tQut lieu d’espérer que l’A dm inistration
des Douanes, mieux inform ée, ne v o u d ra pas
im poser le droit de 3 fran cs p a r 100 kilos à une
m atière prem ière au ssi intéressan te p our nos
fab rican ts m arseillais et l’In stitu t Colonial
M arseillais se m et entièrem ent à votre disposi­
tio n si vous aviez besoin de renseignem ents
com plém entaires.
« Veuillez agréer...
&lt;( P. D e s b ie f . »

239

l’échantillon de paille de Ja v a que vous avez
soum is à M. le Dr Heckel est fo u rn i p a r l’écorce
intérieure de l’Hibiscus Tiliaceus.
Son emploi est assez lim ité ; on en fa it de
petits ru b an s généralem ent im prim és à l’usage
des confiseurs, des ch arcu tiers et qui servent à
attach er des paquets légers ; on l’utilise p rin c i­
palem ent dans la fabrication des chapeaux.
L’A nnuaire du Cdmmerce F ra n ç a is contient,
aux pages 185 et 186, de nom breuses adresses
de fab rican ts fran çais de chapeaux de paille,
qui seraien t peut-être intéressés n a r l’article
que vous désirez placer.
N o u v e lle -C a lé d o n ie . — E c o r c e de
p a lé tu v ie r.

De M. Ch. Marülier fils à l'Institut Colonial
N oum éa, le 31 Août 1908.
P a r lettre du 15 av ril dernier, vous avez
bien voulu ad resser à M. Antoine Farge, a g ri­
culteur à La Foa, Nouvelle Calédonie, divers
renseignem ents concernant l’écorce de p alétu ­
vier.
:
Je vous envoie a u jo u rd ’hui p a r colis postal,
'7 à 8 kil. d’écorce ainsi que deux échantillons
d-’extrait de tan in , prép arés su iv an t les in d ica­
tions contenues dans votre lettre précitée du 15
avril 1908, m ais d’une façon tout à fa it ru d i­
m entaire qu’il se ra it très facile d’am éliorer, si
cet ex trait tro u v ait placem ent à un prix av an ­
tageux.
E n conséquence,.! e vous serais très reco n n ais­
san t de vouloir bien me faire connaître la te­
n eu r en ta n in de l’échantillon d’écorce et ce
que vous pensez des échantillons d’extrait.
Comme j ’ai écrit à MM. E. Raoul-D uval et
C° au H avre, que je leu r ferais connaître la
teneur de nos écorces, je vous dem ande de
m ettre encore votre com plaisance à contribu­
tion, en voulant bien écrire à ces M essieurs le
résu lta t de votre analyse.
Réponse de M. Turcat
Je profite de l’occasion po u r me m ettre, à
titre gracieux, à la disposition de l’In stitu t Co­
M arseille, le 5 Octobre 1908.
lonial M arseillais po u r tous renseignem ents
J’ai l’hon n eu r de vous accuser réception de
p articu liers ou généraux su r les questions calé­
la très savante et trè s intéressan te lettre que
doniennes qui p o u rra ie n t l’intéresser, en dehors
vous avez bien voulu m ’adresser, le 26 septem ­ des corps constitués, Cham bre de Commerce,
bre dernier, relativem ent à la grain e de soja/ Cham bre d’A griculture, etc., avec lesquels il
hispida au su jet de laquelle j’avais eu recours
est déjà en correspondance.
aux lum ières de l’In s titu t Colonial.
Je m ’em presse de vous en adresser mes plus
N o u v e lle -C a lé d o n ie . — C o n s e r v e s
sincères rem erciem ents.
Cet im p o rta n t docum ent nous a perm is d’ap ­
de v ia n d e s .
puy er su r les bases scientifiques les plus sérieu­
P a ris, le 'l2 Octobre 1908.
ses la réclam ation que nous avons fait p arv e­
Votre correspondant ne se tro m p ait pas
n ir à M. le D irecteur général des D ouanes pour
obtenir que la g rain e de soja h isp id a soit dé­ quand il vous an n o n çait comme possible le
refus des conserves faites à N oum éa p o u r la
sorm ais classée p a rm i les g rain es oléagineuses
Guerre.
et non plus p a rm i les légum es secs, ce qui
C’est un fait accompli pour le prem ier lot
en p e rm e ttra it d o rén av an t l’u tilisatio n in d u s­
com prenant plus de 20.000 kilos et je m ’attends
trielle.
à ce que le même sort soit réservé aux lots qui
E t nous nous {liaisons à reco n n aître que si
sont actuellem ent en route et qui form ent u n
nous obtenons satisfaction, nous le devons, pour
total d’environ 130.000 kilos. Ce sera un v ra i
la plus gran d e p artie, à l’aide précieuse que
désastre, car il ne s’a g it p as seulem ent du p ré ­
vous avez bien voulu nous fournir.
sent, m ais aussi de l’avenir. L’A ssociation des
Eleveurs Calédoniens est condam née, et je
P a ille de Java
doute qu’on arriv e à form er une nouvelle So­
ciété pour ten ter une seconde fois la même
L 'Institut Colonial à M. Valensi
aventure, car cette nouvelle Société dev rait
M arseille.
oréer une usine hors de N oum éa dans u n en­
J’ai l’h o n n eu r de vous faire connaître que
droit où le bétail puisse être am ené en bon état

\

�240

L’EXPANSION COLONIALE

et conservé su r des p â tu ra g e s suffisants p our
l’entretien ju sq u ’à ce que vienne son tour
d’abatage, c’est-à-dire qu’il fa u d ra it réaliser
to u t ce qui m anque à N oum éa et alors on se
tro u v e ra it en présence des mômes difficultés
qu’à Ouaco au point de vue du personnel, des
approvisionnem ents et des tran sp o rts.
Ce que le « délégué spécial du Ministre de la
Guerre » reproche su rto u t à l’in stallatio n de
l’usine de l’o rphelinat, c’est qu’il est absolu­
m ent im possible que le b étail qu’on y emploie
soit d ans l’état exigé p a r le cahier des charges,
et de plus, que les locaux sont insuffisants
pour q u ’une production a u ssi im portante que
celle qui a' été entreprise puisse être conduite
en resp ectan t toutes les p rescriptions relatives
aux diverses opérations successives. Il affirme,
en outre, que la surveillance fa isa it défaut.
Les d irecteurs devaient cependant savoir tous
deux, s’ils av aien t lu le cahier des charges, que
la visite d’un « délégué snécial » pouvait avoir
lieu à to u t m om ent et qu’ils devaient se p rép a­
re r à le recevoir, d’a u ta n t plus qu’ils n ’igno­
ra ie n t p as que la soum ission faite il y a un
an, au nom de l’A ssociation des Eleveurs Calé­
doniens, a v a it causé u n g ran d émoi dans le
m onde des fab rican ts m étropolitains qui sont
nom breux et form ent u n S yndicat p u issan t
soutenu o a r de nom breux députés. Il n ’est dou­
teux p our personne que c’est à leu r instigation
q u ’a été décidée la m ission donnée à M .Dassonville, c a r ce n ’est pas M. Chéron, quelles que
soient ses dispositions hostiles aux fo u rn isseu rs
de l’arm ée, qui a u ra it inventé to u t ce qu’on
av a it dit et, en p articu lier, que les conserves
calédoniennes étaien t fabriquées avec du bétail
au stra lie n débarqué clandestinem ent su r les
côtes de l’île !
C’est idiot, p uisqu’en ce m om ent le bétail a
plus de v aleu r en A ustralie qu’en NouvelleCalédonie, m ais .c’est ^ar des m oyens de ce
genre qu’on a décidé M. Chéron à envover
M. D assonville à N oum éa et q u ’on est arriv é à
se d é b a rra sse r d’une concurrence g ênante av ant
que n ’a it lieu la p rochaine adju d icatio n pour
la fo u rn itu re à effectuer en 1909.
D ans tous les cas, le ré su lta t est n a v ra n t non
seulem ent p o u r les éleveurs dont le bétail va
encore b aisser de valeur, m ais aussi nour la
Colonie toute entière qui n ’av ait p as besoin de
cet échec d’une in d u strie ren a issa n te d’a u ta n t
plus qu’une au tre déception la m enace encore.
Ce m atin mêm e on m ’a dit que le Conseil
d’E ta t av ait renvoyé le p ro je t d’em p ru n t de la
Colonie au M inistre des Colonies. Comme le
pro jet é ta it com plet et av a it été bien étudié ce
renvoi doit être considéré, sinon comme un
en terrem ent, au m oins comme un ajourn em ent
aux calendes grecques — et cette nouvelle,
a rriv a n t ap rès celles relativ es aux conserves,
va certain em en t ca u se r en Nouvelle-Calédonie
une exaspération qui re n d ra bien difficile la
situation de M. R ich ard qui av a it annoncé en
débarquant, il y a cinq ou six mois, qu’il ap p o r­
ta it les em prunts. Aussi je m ’atten d s à a p p re n ­
dre u n de ces jo u rs q u ’il a u ra dem andé son
rappel.
Il n ’a p as été question de l’em p ru n t de la
ville de Noum éa, je suppose que celui-là p asse­
ra , car c’est su rto u t u n em p ru n t de conversion.
X...

In d o -C h in e . — T u n g s tè n e .

De.M. Auricoste, directeur de l'Office Colonial
P a ris, 1-4 Octobre 1908.
P a r votre lettre en date du 6 octobre courant,
vous m’avez fait p a rt du désir qu’a u ra it un
courtier en m inerais, de M arseille, de se p ro ­
curer, en Indo-Chine, du Tungstène.
J’ai l’- honneur de vous inform er que, ne pos­
sédant aucune indication su r la production du
tungstène en Indo-Chine, je viens de p rier M. le
G ouverneur généra P de vouloir bien me faire
p arv en ir les renseignem ents qu’il p o u rra re ­
cueillir su r l’existence de ce m inerai dans la
colonie et. s’il y av ait lieu, su r son exploitation.
Dès que je serai en possession de la réponse
de ce h a u t fonctionnaire, je m ’em presserai de
vous la com m uniquer. Dès à présent, je tiens à
vous signaler qu’il me p a ra ît peu probable que
notre possession de l’Indo-Chine soit en m esure
de p ro curer à votre correspondaant une q u a n ­
tité appréciable de tungstène. Ce m étal ne sem­
ble avoir été, en effet, jusfju’à présent l’objet
d’aucune exportation de nos établissem ents
d’outre-m er ; les statistiques m inières n ’en font
pas mention.

Musée Commercial
E x p o s itio n des C o r p s g ra s

Ainsi que l’Institut Colonial l’avait an­
noncé, l’Exposition des corps gras, qui a eu'
lieu dans la salle des Cours coloniaux, a été
close le 17 octobre.
Le nombre des visiteurs s’est élevé à
36.600, soit une moyenne de 480 pendant les
soixante-dix-sept jours que cette Exposition
a duré.
Ce résultat montre bien l’intérêt que cette
remarquable collection de toutes les matières
grasses a inspiré au public, qui a pu y voir
à la fois la grande importance de la produc­
tion coloniale et l'admirable emploi qu’a su
en faire l’industrie marseillaise.
L’année prochaine, l’Institut organisera
une Exposition, des caoutchoucs et guttas de
nos colonies ; le succès de celle des corps
gras est un sûr garant de celui qui attend
la future Exposition qui aura, il y a tout lieu
de l’espérer, pour l’industrie française et
pour nos colonies, productrices de caout­
choucs et de guttas, les plus heureuses consé­
quences.

C o u p s C o lo n ia u x
Les cours coloniaux professés à l’Institut
Colonial, dans la grande salle du rez-dechaussée de la rue Noailles, ont repris le
lundi 26 octobre et se continueront en no­
vembre-dans l’ordre suivant :

�L’EXPANSION COLONIALE
Lundi, à 3 h. 45. — M. Masson : Géogra­
phie coloniale.
A 5 heures. —; M. Jacob de Cordemoy :
Produits animaux des colonies.
Mardi, à 3 h. 1/2. — M. le Dr Reynaud :
Epidémiologie coloniale.
A 5 heures. — M. Masson : Histoire colo­
niale.
Mercredi, à 3 h. 45. — M. Babled : Légis­
lation et économie coloniales.
•A 5 heures. — M. Jumelle : Produits végé­
taux des colonies.
Jeudi, à 8 h. 1/2 du matin. — M. Davin
(au Parc Borély) : Cultures coloniales.
Vendredi, à 5 heures. •— M. Laurent :
Minéralogie et géologie coloniales.
Samedi, à 3 h. 1/2. — M. le Dr Reynaud :
Hygiène coloniale.

La Chambre de Commerce
et VExposition Coloniale
L’Institut Colonial Marseillais, ayant été
fondé par la Chambre de Commerce comme
une sorte de continuation de la magnifique
Exposition Coloniale de 1906, ne peut man­
quer de s’intéresser à un nouveau livre que
nous tenons à signaler ici. Les nombreuses
et importantes publications de la Chambre
de Commerce de Marseille viennent, en
effet, de s’augmenter d’un remarquable ou­
vrage, qui permettra de se rendre compte de
la collaboration considérable de notre grand
corps commercial à l’Exposition Coloniale,
au brillant succès de laquelle il eut une large
part. On sait que non seulement la Chambre
de Commerce contribua à la dotation finan­
cière de l’Exposition et figura dignement
parmi les exposants, mais qu’elle organisa
des réceptions et prit part à des manifesta­
tions confirmant son rôle capital dans notre
cité.
Dans un superbe livre de près de 400 pages
in-8°, orné de photographies et de cartes
sous le titre Lu C h a m b r e de C o m m e r c e de
M arseille et /.' E t p o sition Coloniale de 1906.

un- tableau fidèle et' intéressant a- été dressé
de l’activité spéciale de la Chambre à l’oc­
casion de l’Exposition, et l’imprimerie du
S é m a p h o r e peut se faire honneur du bel as­
pect de ce nouveau volume.
L’éminent président de la Chambre de
Commerce, M. Paul Desbief, président de
l’Institut Colonial, dans une lettre ouverte
à M. le Ministre des Colonies qui sert de pré­
face à l’ouvrage, a tenu à le présenter com­
me un résumé des constants efforts de cette
compagnie en faveur de l’expansion colo­
niale de la France. Aussi la Chambre de
Commerce s’associa-t-elle avec empresse­
ment aux promoteurs de l’Exposition, pour
que fut établie la synthèse harmonieuse et

241

vivante des éléments épars de notre vaste
empire colonial, le second du monde après
celui' de l’Angleterre. Une telle œuvre répon­
dait pleinement à sa préoccupation d’accroî­
tre toujours la large part du port de Mar­
seille dans le trafic colonial, et de concourir
patriotiquement à l’essor économique de la
France d’outre-mer, où le but civilisateur de
notre politique coloniale a donné de si splen­
dides résultats.
L’ouvrage dont il s’agit peut être divisé en
trois parties principales. La première est
consacrée à un exposé historique du rôle de
Marseille dans l’expansion commerciale
française. Les archives de la Chambre de
Commerce, fondée en 1599, renferment l’his­
toire même de la colonisation française de­
puis les Croisades et montrent son rôle actif
dans ce mouvement ininterrompu qui porta
pendant plusieurs siècles l’expansion natio­
nale à un si haut degré de gloire et de gran­
deur, dans le Levant, en Barbarie, sur les
côtes Ouest et Est de l’Afrique et dans les îles
d’Amérique.
La partie essentielle du livre vient ensuite,
affectée à l’Exposition Coloniale : prépara­
tion et inauguration, description illustrée
des Palais et Pavillons ; étude statistique de
M. Adrien Artaud sur Marseille industriel
(avec reproduction du remarquable graphi­
que qui figura à l'Exposition de la Chambre
de Commerce, dans le Grand-Palais). Le
chapitre des fêtes, réceptions, et Congrès de
l’Exposition Coloniale, démontre notamment
l’initiative de la Chambre de Commerce, qui.
convoqua à Marseille l’Assemblée des Prési­
dents des Chambres de Commerce de Fran­
ce, et reçut en outre au Palais de la Bourse
la Fédération des. industriels et commerçants
français ; des . banquets solennels furent
offerts au Président de la République, aux
gouverneurs généraux Beau et Roume. Le
Président de la Chambre de Commerce, M.
Desbief, fut vice-président du Congrès colo­
nial et y présida une section ; il fut égale­
ment vice-président du Jury supérieur des
récompenses. M. Desbief était d’ailleurs
vice-président du Comité supérieur de l’Èxposition, et il prononça dans les circonstan­
ces ci-dessus des discours très remarqués,
dont on trouvera le texte dans le livre de la
Chambre de Commerce. Les chapitres sui­
vants de celui-ci sont intitulés : Clôture de
l’Exposition (Jury, réception du Ministre) et
Après l’Exposition, avec le récit des fêtes en
l’honneur de M. Charles-Roux et du Dr Heckel, et de celles de l’inauguration de notre
Institut Colonial Marseillais, fondé par la
Chambre de Commerce pour faire suite 4
l’Exposition.
La troisième partie de l’ouvrage est préci­
sément affectée, en annexe, à un exposé sur
l’organisation de l’Institut Colonial, qui rend
déjà tant de services au commerce et à la

�242

L’EXPANSION COLONIALE

science, et à une série d’excellentes Notices
coloniales, avec cartes et statistiques jus­
qu’en 1907, appelées à être lues et consultées
avec grand profit.
Après cette intéressante démonstration de
son activité si éclairée et si féconde à propos
de l’Exposition Coloniale, la Chambre de
Commerce a le droit de se montrer plus que
jamais itère de son œuvre. Les habitudes de
discrétion de l’illustre compagnie font que
le public ignore souvent l’importance des
services qu’elle rend à la prospérité de notre
cité. Aussi doit-on féliciter la Chambre de
Commerce de la belle publication qu’elle
vient de consacrer à la gloire de Marseille,
port colonial de la France.
Jacciùes Léotard.

Le Régime douanier Colonial
CHAMBRE DE COMMERCE DES ILES SAINT-PIERRE
E T MIQUELON

RAPPORT do la Commission de la Chambre de Com­
merce des Iles Saint-Pierre et Miquelon sur le Régime
douanier et la situation économique de la Colonie.

Grâce à sa situ atio n géographique, les a u ­
te u rs sont unan im es à la reco n n aître excep­
tionnelle, S ain t-P ierre é ta it av an t l’application
du Tarif général, u n centre im p o rtan t de
com m erce d’échange avec les nom breux bateaux
-fréq u en tan t les bancs de Terre-Neuve et avec
les vastes et riches colonies de l’Am érique du
Nord dont il est entouré.
Les n av ires faisan t le tra n s it entre ces der­
nières et la pêche su r les bancs, v enaient fré-'
quem m ent à S ain t-P ierre et provoquaient de
fructueuses tran sactio n s com m erciales tout en
alim en tan t, p en d an t la belle saison, les divers
corps de m étiers établis dans u n p o rt bien fré­
quenté et dont le tem ps é tait employé, re n d a n t
l’hiver, à l’en tretien des goélettes de pêche
locale.
C’é ta it l’âge d’or, le commerce était florissant,
la pêche productive, les ouvriers ne chôm aient
ja m a is et les budgets de la colonie, larg em ent
p ourvus p a r cette prospérité générale, se sol­
d aien t régulièrem ent p a r des excédents de re ­
cettes im p o rtan ts qui p erm iren t à l’A d m in istra­
tion sage de l’époque de con stitu er en peu d’a n ­
nées une Caisse de réserve.
L a colonie était et est encore trib u ta ire de
ses voisins p our tous les articles d’a lim en ta­
tio n et de prem ière nécessité, faute de relations
directes et régulières avec la M étropole.
Elle fo u rn issa it à tous ces navires, non seule­
m ent les objets d’approvisionnem ent et d’arm e­
m ent qu’elle tir a it d’Am érique m oyennant un
d roit ad-valorem de 4 fr. 50 % et auxquels ils
étaien t habitués, m ais encore, et p our un chif­
fre considérable, les m arch an d ises de prove­
n an ce fran çaise : lainages, cotonnades,’soieries,
tissu s de toutes sortes, confections, articles de
consom m ation, vins, eau-de-vie, liqueurs, bim ­
beloterie, p arfum erie, etc., tous les articles de

P a ris e t en général, une g ran d e p artie des
objets m anufacturés.
Hélas ! c e tte ,situ a t'o n était trop belle pour
durer.
En 1888, jaloux de notre situation florissante,
et. com ptant ru in e r nos arm em ents à la g rande
pêche, qui concurrençaient leu rs pro d u its su r
tous les m archés du monde, nos voisins de
T erre£Neïive im aginèrent le Bait-Acl qui in te r­
d isait la vente à nos n ationaux, de la boette
nécessaire à cette in d ustrie et o rg an isaien t en
même tem ps une espèce de blocus de la colonie,
défendant toutes sortes de tran sactio n s com­
m erciales entre les deux pays voisins.
Nous nous abstenons de com m entaires su r ces
procédés anticordiaux.
Il en résu lta une gêne évidente et pour la
pêche et po u r le commerce.
Ces difficultés fu ren t en p artie surm ontées
p a r les bateaux-pêcheurs grâce à l’emploi com­
me boette du bigornea'u ou bulot. qu’ils se p ro ­
cu rèren t su r les bancs mêmes, et grâce à la
ressource qui leu r re sta it to ujours de s’ap p ro ­
visionner d’ap p âts su r les côtes du French
Slioré.
Cette dernière ressource leur m an q u a en 1904.
à la suite de l’accord intervenu avec l'A ngle­
terre et p a r lequel la F rance a b a n d o n n ait ses
droits su r la côte Ouest de Terre-Neuve.
La population se soum it, sans m urm u rer, à
cette m esure nécessaire à la politique extérieu­
re de la M ère-Patrie et accepta patriotiquem ent
et sans aucune com pensation, la perte de droits
qui lui étaient cependant bien précieux.
Nous espérons qu’a u jo u rd ’hui on lu i tie n d ra
compte de cette attitu d e en a d h é ra n t à ses dé­
sirs bien légitim es et qui font l’objet du nrésent
rapport.
Le commerce, a ttein t égalem ent, le fu t ce­
p en dant d’une façon m oins sensible que l’on
n ’espérqit ; les statistiques nous dém ontrent
que p en d an t les q u atre années qui su ivirent la
prom ulgation du liait-Ad, le chiffre des im por­
tations fléchissait de 3 m illions de fran cs seule­
m ent et se. m aintenait, lors de l’application du
régim e de 1892, à ICI m illions 1/2, chiffre qui
p erm ettait encore à la colonie de vivre aisé­
ment.
C’est l’application du Tarif général des Doua­
nes qui en 1892 a porté un coup fata l à cette
situ atio n encore bonne et qui eût pu redevenir
excellente grâce aux qualités d’énergie, d’acti­
vité, de persévérance des colons S a in t-P ierrais
qui tous, possèdent une éducation com m erciale
rem arquable.
Cette m esure n ’a u ra it ja m a is dû être appli­
quée à une colonie située à 800 lieues de la Mé­
tropole, n ’a y a n t avec elle aucuns m oyens de
com m unications directs et réguliers, qui est en­
tièrem ent à la m erci de ses voisins po u r son
rav itaillem en t et dont le clim at et les h a b itu ­
des im posent des besoins que l’in d u strie m étro­
politaine est souvent dans l’im possibilité de
satisfaire.
Elle eût p o u r prem ier ré su lta t im m édiat
d’éloigner de n o tre p o rt les bateaux qui, ju s­
qu’alors l’av aien t fréquenté assidûm ent, en
m ettan t le commerce local d an s l’im possibilité
de le u r fo u rn ir, à des prix raisonnables, les
objets d’approvisonnem ent et d’arm em ent dfe
provenance étran g ère qu’ils avaient l’habitude
de se p ro cu rer chez nous et qui profitaient la r ­
gem ent de l’occasion, pour s’approvisionner
J

�L’EXPANSION COLONIALE
au ssi des m ille objets de fab ricatio n fran çaise
qui leu r étaien t offerts, et qui av aien t p our cette
clientèle une v aleu r inestim able, éta n t donné
la ré p u tatio n de supériorité, de cachet et de
bon goût dont jouissent les produits n atio n aux
d ans notre entourage.
Le b u t poursuivi, qui é ta it d’accorder une
plus larg e protection aux p roduits français,
non seulem ent ne fu t pas atteint, m ais to u t le
co n traire se produisit. A p a rt quelques in d u s­
tries spéciales, fo rt peu nom breuses, qui profi­
tèren t dans une m esure plus ou m oins grande
de ce nouvel éta t de choses, le commerce lo­
cal, privé de ce débouché im p o rtan t, déclina
avec une rapid ité effrayante, le chiffre des im ­
po rtatio n s de m arch an d ises diverses, qui s’était
m aintenu, p en d an t les 10 années qui précédè­
re n t le régim e de 1892 à une m oyenne annuelle
de 13 m illions de fra n c s et qui se m ain ten ait
encore, comme il est dit plus h a u t, à 10 m il­
lions et demi en 1892, q u atre années après la
m ise en vigueur du Bait-Act, tom ba dès 1893 à
6.179.000 fran cs et en 1894 à 6.749.000 francs, soit
une différence en m oins de 7 m illions.
L’écart, fu t supporté p a r les p roduis n a tio ­
n a u x au ssi bien que p a r ceux p ro v en an t de
l’é tra n g e r et d ans une p roportion à peu près
égale.
Les im portations fran çaises qui se chiffraient
en m oyenne en 1891 et 1892 à 4 m illions de
fran cs tom baient en 1893 et 1894 à 2.500.000
fran cs et les im p o rtàttio n s étran g ères fléchis­
saien t p en d an t la même période de 6 m illions
à 3 m illions et demi.
Les h a b ita n ts obligés de s’approvisionner
comme p a r le passé, su p p o rtèren t des charges
plus lourdes, seule, la clientèle é tran g ère s’en
affran ch it en ab a n d o n n a n t notre m arché.
Il est donc évident que le Tarif général a
m anqué son b u t aux Iles S t-P ierre et M iquelon :
il a ferm é aux p ro d u its ra n ç a is, le débouché
qui leu r é tait ouvert p a r l’in term éd iaire de la
colonie tout en p o rta n t à cette dernière u n coup
fa ta l à sa prospérité com m erciale et à son
développem ent économique.
Cette m esure a tte ig n it égalem ent l ’arm em ent
local à la g ran d e pêche en au g m en tan t encore
les charges qu’il a v a it à supporter et auxquel­
les échappe l'arm em en t m étropolitain.
Le sel, cette m atière d’une im portance essen­
tielle d ans la question de la pèche, revient à
ce d ern ier 50 à 60. % m eilleur m arché ; les frais
de passage, qui s’élèvent aller et re to u r à en­
viron 200 fran cs p our chaque hom m e d’équipa­
ge n 'ex isten t p as p our lu i ; enfin, tous les ob­
je ts . d’arm em ent et d’approvisionnem ent sont
grevés dans la colonie, de frais de tra n s p o rt et
de tra n s it dont il est égalem ent allégé.
^L’application du Tarif général accentua en­
core cet é ta t d’infériorité.
Les n av ires m étropolitains s ’approvisionnè­
re n t dans les entrepôts en F rance, des m a r­
chandises étran g ères nécessaires à leu r in d u s­
trie sans être astre in ts au paiem ent de droits
de douane très lourds que l’a rm a te u r local fut
tenu de supporter à S aint-P ierre.
P e n d a n t les quelques années oui su iv iren t la
m ise en vigu eu r du nouveau régim e, il ne sem­
ble pas, à prem ière vu'e, que l’arm em en t local
eût beaucoup à en souffrir, le nom bre des b a­
te a u x arm és dans la colonie fu t sensiblem ent
le même que précédem m ent ; m ais ce ré su lta t
fu t dû uniquem ent aux cam pagnes de pêche
p articu lièrem en t fructueuses qui su iv iren t son

243

application et à la population qui se lan ça da­
vantage dans les arm em ents à la pêche, afin
de com penser les ressources que le commerce
étran g er lu i av ait procuré jusque là et qui dis­
p a ra issa it peu à peu.
Alors que les p roduits de la pêche locale se
chiffraient annuellem ent p a r une m oyenne de
26.000.U0Ü de kilogs av an t 1892, ils m ontaient
à 32.U0Ü.0UÜ de kilogs eij m oyenne pour les a n ­
nées qui suiv iren t ; m ais, su rv in ren t les années
m édiocres 1903 avec 21.000.000 de kilogs, l’a t­
teinte fut plus vivem ent ressentie, l’arm em ent
dim inua de 30 goélettes, et cette augm entation
de charges contribua, avec les cam pagnes de
pêche franchem ent m auvaises nui- suivirent,
à rendre cette ind u strie im possible et désas­
treuse ; la colonie n ’a arm é que “71 bateaux
pêcheurs en 1907 contre 207 en 1902 ; on peut en
prévoir 50 à 55 pour 1908.
On a reproché à nos a rm a te u rs locaux (T’ex­
pédier en F rance à l’autom ne, dan s un esprit
de lucre, les plus grandes de leu rs goélettes,
avec des passagers.
C’est un toi’t, jam ais les â rm a te u rs de la co­
lonie n ’a u ra ie n t songé à se serv ir de leu rs goë-lettes pour le reto u r des m arins.- Ils ont pris
des passagers, parce qu’il n ’y av ait pas, certai­
nes années, de gran d s n av ires en quantité suf­
fisante pour ra p a trie r les équipages qui vou­
laien t re n tre r à tout prix ; et, c’est bien plutôt
pour faire profiter leu rs bateaux, a rm a n t en
F ran ce le printem ps suivant, de tous les av an ­
tages de l’arm em ent m étropolitain, qu’ils se
sont, nous pouvons dire, résignés à les faire
re n tre r à l’autom ne, m esure qui n ’a po u r eux
au cu n au tre avantage.
En 1900, dans sa notice su r les Iles S t-Pierre
et Miquelon, le Délégué de la colonie, frappé
de l’extension que p ren a ie n t les arm em ents m é­
tropolitains, extension provoquée p a r les av an ­
ta g e s considérables que nous venons d’énu­
m érer, pouvait écrire :
L 'arm em ent local est-il appelé à prospérer ?
C'est là la question que quelques esprits sou­
cieux de son avenir se sont posée et c'est aussi
une question qui doit intéresser la colonie au
plus haut point puisque de sa solution, dépend
peut-être l'avenir de lies St-Pierre et Miquelon
elles-mêmes.
Nous croyons, quant à nous, que la prospé­
rité de l'armement local est. assuré, le passé ré­
pond de l'avenir, et, au~surplus. ce genre d'ar­
m e m e nt est rendu indispensable par une né­
cessité économique absolue ; il nous perm et
seul de lutter contre la concurrence étrangère
en alim entant l'important marché de Bordeaux
de m ai à octobre, alors que les produits de l'ar­
m e m e nt métropolitain n'arrivent en France
que vers la deuxième quinzaine d'octobre et
m êm e plus tard.
A notre g ra n d regret, nous sommes obligés de
constater que les nécessités économ iques n ’ont
pas tenu contre les m auvaises cam pagnes de
pêche et les conditions plus onéreuses faites à
cet arm em ent. Les esprits soucieux de son ave­
n ir peuvent m ain ten an t, san s se trom per ré­
pondre : Non, il n ’est p as appelé à prospérer,
il est même appelé à d isp araître d’une façon
à peu près complète ; à m oins, qu’on ne lu i ac­
corde les m êm es av antages et les m êm es faci­
lités qu’à l’arm em ent m étropolitain qui, lui,
s’est m ain ten u san s aucune dim inution m algré
les m auvaises pêches de ces dernières années.

�L’EXPANSION COLONIALE

244
-

Nous com prenons que la M étropole tienne à
protéger l’in d u strie n atio n ale et qu’elle oppose
une b a rriè re de ta rifs à l’envahissem ent de ses
m archés p a r les p ro d u its étran g ers.
Nous com prenons aussi, à la rig u e u r, quoi­
que nous estim ons que les colonies en général
d ev iendraient plus prospères sous u n régim e
libre-échangiste, qu’elle étende cette m esure à
celles de ses colonies qui sont assez vastes, assez
productives et dont l’in d u strie est assez déve­
loppée p our suffire aux besoins de prem ière
nécessité Me leu rs h ab itan ts.
Qu’elle l’étende même à celles qui sont desser­
vies directem ent et régulièrem ent p a r les g ra n ­
des Com pagnies de N avigation qu’elle subven­
tionne à cet effet.
Mais, les- Iles S t-P ierre et M iquelon ne p eu­
vent être assim ilées ni être traitées su r le même
pied que ces colonies , privilégiées.
P erd u dans l’Océan A tlantique, à environ
3.700 kilom ètres du p o rt de B rest, S ain t-P ierre
n ’est qu’u n ro ch er de 2.600 hectares, aride, sté­
rile, im propre à toute culture, dont le clim at
est rude et rigoureux, n ’a y a n t aucune ind u strie
a u tre que celle de la pêche, dont le com m erce
ne peut être .alimenté r-ue p a r ses voisins é tra n ­
gers.
Le service postal in te rn a tio n a l qui lu i est im ­
posé, dont il supporte seul la charge et qui g rè­
ve son budget de près du q u a rt de ses resso u r­
ces totales, le m et en com m unication bi-mensuelle avec les ports étran g ers les plus ra p p ro ­
chés, ceux de Sydney et de H alifax.
Ce n ’est que p en d an t la belle saison que la
colonie est rattach ée à la M étropole p a r des
b ateau x à voiles, dont les voyages trè s irré g u ­
liers, so u m is-au x nécessités du tra n sp o rt des
p roduits de pêclie, sont absolum ent insuffisants
p our a ssu re r son approvisionnem ent et son r a ­
vitaillem ent.
Le Tarif général ne s a u ra it y être m aintenu,
à m oins que la M étropole ne fasse le sacrifice
d’une subvention à une Compagnie de n av ig a­
tion à vapeur le re lia n t à la M ère-Patrie de fa ­
çon à a ssu re r l'existence de ses habitants. Nous
ne prétendons aucunem ent envisager cette so­
lution qui serait trop onéreuse, le plus sim ple
serait le reto u r à l’aricien systèm e de d roit ad
valorem su r les m arch an d ises étrangères, sys­
tèm e qui a fait ses preuves et sous le régim e
..duquel la colonie s’est vue riche et prospère.
Le total des im p o rtatio n s de m arch an d ises
étran g ères s’est élevé en m oyenne p our ces
deux dernières années à 2.600.000 francs. En
fixant à 5 &gt;
/0 ad-va.lorem le d roit à percevoir sili­
ces im portations, en ta x a n t à 2 % les objets de
prem ière nécessité, soit les œufs frais, les fa ri­
nes, tous les bois de construction, l'a n th ra c ite,
le sel m arin , le ham eçon, et en exonérant de
tous droits les articles les plus indispensables à
la vie soit : les an im au x vxivants, les viandes
fraîches, volailles et gibiers m orts, les poissons
frais, les h u îtres, hom ards, pom m es de terre,
les fru its e légum es frais, le bois en bûches à
brûler, le charbon de terre, les b âtim en ts gréés
et arm és, qui jo u issep ty léjà de l’entrée en f ra n ­
chise et que l’on ne s a u ra it tax er d’aucune fa ­
çon ; le budget de la colonie serait assu ré de re n ­
tre r une somme sensiblem ent pareille à celle
qui lui revenait p a r le fa it de L’application du
Tarif général et p o u rra it certainem ent comp­
ter, dans u n aven ir très rapproché, su r des re­
cettes beaucoup plus considérables, p a r suite
du trafic qui rev ien d rait à St-P ierre, en consé­

quence de ce nouveau régim e dont bénéficierait
égalem ent tes produits nationaux.
Tout en co n tin u an t à protéger les produits de
fabrication française, com plètem ent exempts,
de droits, ce droit ré p a rti uniform ém ent su r
tous les objets im portés de l’étran g er, d’une fa ­
çon trè s supportable, ne to u ch erait plus tro p
lourdem ent, comme' p ar le passé, nos prin ci­
paux articles d’arm em ent et d’exportation,
ceux qui a ttira ie n t surto u t la cientèle é tra n ­
gère.
' Afin de protéger les quelques in d u stries qui
essaient péniblem ent de se développer dans la
colonie, il y a u ra it lieu de frap p er d’une taxe
de 25 % les doris, les biscuits de m er, les pein­
tu res sous-m arines, les habillem ents cirés.
Enfin, et pour com penser l’écart en m oins q u a
p ro d u ira it au début, pour les finances locales,
les exceptions et le droit de 2 % su r les objets de
prem ière nécessité énum éras pus h au t, il fau ­
d ra it étendre cette taxe de 25 % aux tabacs et.
aux huiles des chiste et de pétrole qui consti­
tu en t actuellem ent les principales recettes de;
douane et qui seraien t encore, m algré cette
m ajoration, exonérés de la m oitié des d ro its
qu’ils ont à su p p o rter actuellem ent, et frap p er
d’une taxe de 1Ü % les cordages de toutes so rtes
à titre d’encouragem ent à cette in d u strie m é­
tropolitaine largem ent représentée à SaintP ierre.
Cette prem ière réform e que nous vous propo­
sons d’appuyer de tous nos vœux, ne s e ra it
complète et ne p o u rra it produire tous' ses effets
si elle n ’était accom pagnée d’une deuxième dont.
dépend égalem ent l’avenir du pays.
Nous voulons p a rle r de la réduction d’une
façon très sensible, du droit de navigation,
presque prohibitif, de 3 francs p a r to n n eau ,
auquel sont soum is les bateaux fréq u en tân t nos
eaux et qui fut la conséquence de l’application
du Tarif général.
A la suite du régim e de 1892, le budget local,
privé des ressources qu’il alim en taien t larg e­
m ent devenant insuffisant èt po u r satisfaire
aux exigences to u jours croissantes de nos gou­
v ernants, l’on fut am ené à p rendre cette n o u ­
velle m esure, non m oins im prévoyante, et qui
consistait à taxer les bateaux de toutes sortes
qui venaient alim en ter notre com m erce et tr a ­
fiquer avec nous.
Ainsi, au m om ent où, grâce aux nouvelles
b a rriè re s de douane, la clientèle à qui la colonie
av ait dû sa prospérité, ten d ait déjà à s’éloigner,
on achevait de lu i ferm er la porte, en p o rta n t à
dés tau x excessifs les droits de nav ig atio n dont
jusque-là elle av ait été affranchie.
Ce droit fixé à 1 fran c en 1893, à 1 fr. 35 en
1895 et à 2 fran cs en 1901 fut porté à 3 francs
en 1902.
Le résu ltat fu t décisif au point de vue des
financés locales : les recettes d im inuèrent de
plus en plus, les provisions de la Caisse de ré ­
serve d isp a ru re n t peu à peu et un gouvernem ent
inconséquent, au lieu de restrein d re ses dé­
penses en proportion de ses recettes m oindres,
engagea., au co n traire les finances du pays en
au g m en tan t ses frais d’ad m in istratio n , en sous­
criv an t un em p ru n t onéreux et parfaitem en t
inutile ,en p o rta n t de 67.000 à 100.000 fran cs la
subvention du service postal.
Les derniers exercices, m algré les d im inu­
tions de dépenses et les économies réalisées p ar
l’ad m in istratio n actuelle, se sont tous soldés
p ar des différences considérables en m oins, su r

�ltëxpan sîo n

les prévisions budgétaires, et n ’ont été équili­
brés que grâce au reliq u at de cet em p ru n t qui
n ’a p u être affecté à sa destination prim itive,
reconnue inutile, et qui actuellem ent a, à peu
près, d isp aru lui aussi.
D’une population éprouvée p a r des années
désastreuses, déjà imposée à l’excès et qui ne
sa u ra it l’être davanage, il ne p eut être ques­
tion de re tire r de nouvelles ressources ; notre
ad m in istratio n se trouve actuellem ent dans
l’im possibilité de faire face à sês engagem ents
et voit se dresser devant elle le problèm e de
l’équilibre des budgets à venir.
Le tiers de la population a. en quelques a n ­
nées, p ris le chem in de l’étran g er pour y tro u ­
ver des m oyens d'existence.
L a flotte des n avires pêcheurs locaux a dim i­
nué des tro is q u a rts p a r le fait des m auvaises
pêciies et des charges d’arm em ent trop onéreux.
Les pouvoirs publics, p a r suite de la d isp ari­
tion de ces consom m ateurs, ne peuvent escomp­
te r qu’une dim inution de recettes fiscales, qui
sont déjà insuffisantes.
Il est u rg en t de pren d re des m esures énergi­
ques pour rem édier à cette situation. A notre
avis, les droits excessifs de navigation, ont
puissam m ent contribués à la gêne générale.
Non seulem ent au point de vue des recettes
publiques, ils n ’ont p as donné ce que l’on avait
espéré ; m ais, ils ont au ssi p aralysé les affaires
en gén éral et su rto u t modifié les conditions
d’existence, en em pêchant de plus en plus, les
bateaux qui v en aien t trafiq u er avec nous et r a ­
v itailler la colonie, de fréquenter notre port.
Les vivres et approvisionnem ents de toutes
sortes se fa isa n t plus rares, leu rs prix a u g ­
m entèren t d’une façon inquiétante ; la vie de­
vint de beaucoup plus chère et notre pays, situé
à deux pas de vastes contrées productrices, les
Etas-U nis, le C anada, que l’on appelle avec
juste ra iso n les g ren iers du Monde, se v it con-''
tra in t de su p p o rter u n renchérissem ent consi­
dérable des denrées de consom ation, au m o­
m ent où la situ atio n économ ique d im in u ait les
ressources de ses h ab itan ts.
N
L’exode, en quelques années, de 1714 d’entre
eux en fu t la conséquence.
A l’appui de ce que nous avançons, il nous
.suffira de rap p eler l’a rrêté du 31 décembre
1907, p a r lequel l’A dm inistration de la colonie
se voyait obligé de ram en er, p o u r u n tem ps li­
mité, de 3 fran cs à 1 fr. 35 p a r tonneau, le droit
de navigation p our les n av ires a p p o rta n t du
charbon de te rre dans la colonie. L’approvision­
nem ent de ce p ro d u it était insuffisant au début
de l’hiver, très rigoureux à St-Pierre. Cette exo­
n ératio n dém ontre que le droit de navigation
trop élevé en av a it empêché l’im p o rtatio n en
quantité suffisante.
La réduction de cette taxe s’im pose donc, et
doit com pléter la réform e du Tarif des Doua­
nes, si l’on veut p erm ettre à la colonie et de
ré ta b lir ses finances com prom ises et de releve
sa situ atio n économique ; m ais, une demi-me­
sure ne s a u ra it suffire ; cette réduction pour
être efficace doit être faite très larg em en t ; il
est plus facile de chasser une clientèle de chez
soi que de la faire revenir.
Nous vous proposons d’ém ettre le vœu que
ces droits soient ram enés annuellem ent : à
1 fr. 35 p a r tonneau, p our tous n av ires fa isa n t
opération de commerce, à 0 fr. 50 p a r tonneau,
pour ceux e n tra n t en relâche et ne d éb arq u an t
pas de m arch an d ises ; à u n d ro it fixe de 20
fran cs p o u r tous les b âtim en ts ja u g e a n t m oins

c o lo n ia le

245

de 40 tonneaux et plus de 25 tonnes, les petits
bateaux de m oins de 25 tonneaux devant être
com plètem ent exonérés de tout droit de nav ig a­
tion.
A l’aide des chiffres que nous devons à l’obl i
geance de M. le Chef du service des Douanes,
nous avons établi un tableau qui dém ontre que
la tarification que nous vous proposons la in
serait u n déficit budgétaire de 50.000 francs
sur les recettes réalisées en 1907.
P o u r combler cette différence, nous faisons
appel à l’esprit de justice et d’équité de la MèreP atrie. Elle nous alloue chaque année une
subvention de 70.000 francs pour com penser la
mise à notre charge des dépenses de souverai­
neté, m ais elle nous fait payer p a r contre, des
dépenses d’un intérêt essentiellem ent in te rn a ­
tional : nous faisons allusion au Service postal
qui nous coûte 100.000 francs et à l’entretien
du P h are et du Sifflet de brum e de G alantry
qui grèvent notre budget d’environ 18.000 francs
p ar an.
Que la Métropole veuille bien prendre à sa
charge ces dépenses internationales, qui, équi­
tablem ent ne devraient incom ber qu’à elle seu­
le, qu’elle nous supprim e la subvention de
70.000 francs que le P arlem en t a voté à notre
profit, si elle le juge utile, et, à 2.000 francs
près, le déficit produit p ar la. réduction des
droits de navigation serait comblé, sans ten ir
compte du m ouvem ent m aritim e beaucoup plus
considérable dont notre port plus largem ent
ouvert bénéficierait certainem ent, n i du trafic
plus im portant qui rev ien d rait à brève échéan. ce et qui en se ra it la conséquence.
Les personnes les plus com pétentes et les
plus autorisées sont d’accord à reconnaître la
nécessité absolue des réform es que nous de­
m andons.
L’A d m inistrateur de la colonie, dans un re ­
m arquable rap p o rt qui date de 1906, le Chef du
service des D ouanes, adm ettent que l’existence
même de la colonie, dépend de le u r solution.
X e Délégué de Saint-Pierre-M iquelon, le M aire
de S aint-P ierre, le Conseil m unicipal, la Cham­
bre de commerce, ne cessent depuis fo rt long­
tem ps déjà de dem ander à g ran d s cris la m o­
dification du régim e douanier, la dim inution
des droits de navigation ; tous reconnaissent
et déclarent que ces réform es sont des plus
urgentes, peuvent seules sauver le pays d’une
ru in e complète et. peut-être, y ram en er une
ère de prospérité. Nous espérons que la M étro­
pole exaucera enfin les vœux si unanim es de
la plus française de ses anciennes colonies.
Le m ouvem ent protectionniste qui se dessine
en F rance et dont le but. reconnu p ar le P ré si­
dent de la Commission des Douanes, est de re ­
lever dans une proportion de 50 % les taux
actuels du tarif, serait, s’il était appliqué à StP ierre, la destruction complète du peu de liber­
té com m erciale qui lui reste et l’im possibilité
absolue d’f vivre ; la Métropole p o u rra it envi­
sager, à bref délai, l’abandon de ce pays, où
nous avions su cependant nous créer, su r ce
sol aride, sous ce ciel brum eux, que nous ai­
m ons quand même, une vie facile et des affai­
res prospères, m algré notre isolem ent, sans
aide ni protection, m algré la perte de droits
précieux et m algré l’hostilité de voisins riches
et puissam m ent soutenus, auxquels nous p o r­
tions om brage et qui ont fa it to u t au m onde
po u r nous fa ire d isparaîre.
La situ atio n générale est devenue, nous pou-

�246

L’EXPANSION COLONIALE

vons presque dire, désespérée. On a rarem en t
vu dans une période si courte, u n pays tom ber
si bas.
E n l’espace de quelques années, le m ouve­
m ent com m ercial est tom bé de 33 à 12 m illions,
la population a dim inué de 6.482 à 4.708 hab i­
ta n ts, les arm em ents locaux se so n t réd u its de
220 à 55 goélettes, la propriété im m obilière a
fléchi des tro is q u a rts de sa v aleu r ; c’est un
pays qui se vide, qui se m eurt, alors que de­
puis 1816 S ain t-P ierre et Miquelon av ait vu
son commerce, ses ressources, sa population
se développer d’une façon m odeste m ais conti­
nue, d’une façon au ssi rapide crue le p erm ettait
l’exiguité de son territoire.
Cette situ atio n est d’a u ta n t plus pénible pour
nous que nous pouvons, m ieux que tous autres,
étab lir une com paraison, qui n ’est p as exempte
de tristesse, avec l’éta t florissant des colonies
voisines avec lesquelles nous sommes obligés
d’être en relatio n s journalières.
Le C anada, la Nouvelle-Ecosse, le NouveauB runsw ick, Terre-Neuve, l’îie du PrinceE do u ard sont des colonies qui font la richesse
et la gloire de l’A ngleterre et qui doivent leur
prospérité au systèm e extrêm em ent libéral qui
préside à le u rs destinées ; leu r développement
est considérable, leu r commerce im m ense.
N otre situation géographique nous perm et­
tr a it de p réten d re à une p a rt, quelque m inim e
q u ’elle fut, d ans le trafic qu’elles occasionnent
si le régim e auquel nous sommes soum is vou­
la it bien y consentir.
C’est une utopie de p rétendre que n o tre colo­
nie peut vivre seulem ent de pêche et d’arm e­
m ent ; u n pays qui n ’a comme ressource q u ’une
seule in d u strie est fatalem en t condam née à su­
b ir des crises économ iques „en proportion des
aléas que toute in d u strie com porte et ceux de
1a. pêche su rto u t sont im portants.
C’est une crise de ce genre qui sévit en ce mo­
m en t à S ain t-P ierre et M iquelon où to u t a m an ­
qué à la fois à la suite de p lu sieu rs années de
m auvaise pêche, alors que le commerce d’échan­
ge que nous avons perd u nous a u ra it perm is
de su p p o rter plus facilem ent les pertes de l’a r­
m em ent local.
A vant de term iner, nous nous perm ettrons de
reproduire, du ra p p o rt de M. Jullien Le Cesne
présenté au Congrès colonial de B ordeaux, les
passages suivants, si logiques, si expressifs, et
qui sem blent si bien faits p our nous :
Loin d'entraver par des mesures fiscales fâ ­
cheuses, le développement des ressources des
colons, et leur bien-être, il semble que nous de­
vions plutôt rechercher, dons l'intérêt m êm e de
la Métropole, à augm enter la richesse générale
de nos colonies et en première ligne, leur po­
pulation elle-même, de m anière à étendre dans
une proportion toujours croissante, leur pou­
voir de consommation.
Il est bien évident, en effet, que l'exportation
française, m êm e privée de protection spéciale,
sera sûrem ent beaucoup plus im portante dans
une colonie riche et prospère, où la population
augmentera régulièrement que dans une co­
lonie où, par suite de droits prohibitifs, le n o m ­
bre des habitants restera stationnaire, où di­
m inuera m êm e en raison de la misère générale
et de l'émigration gui se prod.uit alors vers les
pays les plus favorisés.
Si la Cham bre de Commerce adopte les con­
clusions que nous venons de lui soum ettre,

nous lui dem anderons d’ém ettre les vœux su i­
vants :
'
a) Que le ta rif général des D ouanes soit sup­
prim é aux Iles St-Pierre et Miquelon et rem ­
placé p a r un droit ad-valorem su r l’im porta­
tion des produits étran g ers qui devraient être
classés en cinq catégories et taxés su iv an t les
besoins du pays soit :
1° Exem pts de tous droits,- les objets les plus
indispensables de la vie ;
2° Taxés à raiso n de 2 %, les articles de p re­
m ière nécessité ;
3° A raison de 10 %, les cordages de toutes
sortes ;
4” Taxés à 25 %, les articles dont il y a lieu
de protéger la fabrication dans le p ay s même
et ceux de luxe qui doivent contribuer à m ain ­
ten ir l’équilibre du budget ;
, 5° Taxés à 5 %, tous les au tres p roduits oui
ne sont pas touchés p ar une des 4 prem ières
catégories dont la liste se trouve déjà dans le
corps du présent rapport.
b) Que la Métropole veuille bien p rendre à
sa charge les services in tern atio n au x qu’elle
nous fa it payer actuellem ent : la subvention
au service postal et l’entretien des p h are et
sifflet de brum e de G alan try et qu’elle su p p ri­
me, si elle le juge utile, la subvention de 70.000
fran cs qu’elle nous fa it actuellem ent.
c) Que les droits de navigation soient réduits
d’une façon très sensible et ram enés an nuelle­
m ent à 1 fr. 35 p a r tonneau pour tous les n av i­
res faisa n t opération de commerce, chargem ent
et déchargem ent de m archandises de produits
et d’appâts de pêche ; à 0 fr. 50 p a r tonneau
pour ceux e n tra n t en relâche et ne débarq u an t
nas de m archandises ; à u n droit fixe de 20
fran cs pour tous les bâtim ents jau g ean t' m oins
de 40 tonneaux et plus de 25 ; les petits bateaux
✓ ja u g e a n t m oins de 25 tonneaux devant être
exonérés de tous droits.
d) Que les Chambres de Commerce de France
veuillent bien appuyer de leu r h au te autorité
,1a réalisatiofi de ces vœux si légitim es, consi­
dérer que l’im portance de notre clientèle ne
p o u rra croître qu’en proportion directe de notre
prospérité et accepter dans un esprit généreux
et libéral l’obligation où nous sommes de tire r
certains de nos produits de chez nos voisins
étrangers.
Les m em bres de la Commission : A.-M. B ré ; A. G randais ; A. P aturel ; E. G loanec .

h ie r

A l’unanim ité, la Cham bre de Commerce des
Iles S ain t-P ierre et M iquelon adopte le rap p o rt
de sa Commission tel qu’il est soum is et vote
les qu atre vœux qui lu i sont proposés.
Elle décide ensuite de p rie r instam m en t l’Ad­
m in istratio n de la colonie et les pouvoirs p u ­
blics de la Métropole de vouloir bien les p ren ­
dre en considération et de les faire ab outir
dans le plus bref délai possible.
Saint-Pierre-Miauelon, le 30 m ars 1908.
Le Président p. i-,
E. Gloanec .

�247

L’EXPANSION COLONIALE

CHRONIQUE
L e C o n g o b elg e .

L’annexion de l’Etat indépendant du Con­
go à la Belgique est un fait de grande impor­
tance, qui offre un intérêt considérable pour
la France. Une loi du 18 octobre dernier vo­
tée par la Chambre belge et sanctionnée par
le roi Léopold II vient d’ordonner cette
annexion, désormais effective. Elle a ratifié
le traité pour lequel, en date du 28 novembre
1907. le Roi-Souverain du Congo (également
Léopold II) faisait cession à la Belgique des
territoires de l’Etat indépendant, avec les
droits et obligations qui y sont attachée, et
dont les détails figurent dans des annexes.
C’est un cadeau magnifique qui est fait dès
maintenant à la Belgique, à laquelle le Con­
go ne devait sans cela revenir que par le
testament du Roi. Ce vaste pays africain,
80 fois plus étendu que sa métropole et peu­
plé de 16 millions environ d’habitants, est
doté d’un superbe réseau de voies navigables
et de chemins de fer assurant déjà une péné­
tration facile au cœur du continent noir ; le
mouvement du commerce général extérieur
du Congo belge s’est élevé à 106 millions 1/2
en 1906, et les richesses naturelles de cette
contrée sont immenses.
Aussi comprend-on difficilement l’oppo­
sition des partis extrêmes du Parlement
belge, soutenus d’ailleurs par les compéti­
tions de l’Angleterre, et les discussions interminables qu’ils ont soulevées au sujet de cette
cession, qui va concourir grandement à la
prospérité de la Belgique. L’avenir montre­
ra quelle reconnaissance sera due au Roi
•pour son œuvre grandiose au Congo, qu’il a
ouvert à la civilisation. Certes, des réformes
et des progrès restent à accomplir dans ce
pays, et la Belgique saura les réaliser, mais
il faut reconnaître que d’ores et déjà l’organi­
sation et la mise, ën valeur du Congo se trou­
vent en excellente voie.
Cette annexion fait naturellement dispa­
raître le droit de préemption de la France
pour le cas où la Belgique elle-même n’au­
rait pas acquis le Congo. Mais nous ne pou­
vons que nous féliciter de voir nos bons voi­
sins d’Europe devenir plus que jamais nos
voisins d’Afrique. La collaboration amicale
des deux Congo, dont le nôtre est malheu­
reusement le plus en retard, ne peut man­
quer de donner toujours d’excellents résul­
tats.
—El—

L e c o m m e r c e c o lo n ia l fr a n c o -a n g la is .

M. Jean Périer, attaché commercial à
l’ambassade de la République à Londres,
vient de publier dans la collection des Rap­
ports commerciaux des agents diplomati­
ques et consulaires de France un rapport

particulièrement substantiel sur notre
Exportation en Angleterre, qui est un véri­
table modèle du genre. Ce travail considéra­
ble renferme, sur l’état actuel de nos ventes
et sur les moyens de les développer, des sta­
tistiques et des conseils qui ne peuvent man­
quer de rendre les plus grands services au
commerce français avec l’Angleterre, qui
est sa meilleure cliente.
Nous y trouvons notamment des chiffres
intéressants sur le commerce colonial. Les
ventes de nos colonies au Royaume-Uni sont
évaluées à 50 millions de francs pour 1906 et
celles du Royaume-Uni aux colonies fran­
çaises à 40 millions. A remarquer, en outre,
que les colonies britanniques ont vendu à la
France pour 500 millions de francs de pro­
duits eh 1906 : Inde 300, Australie 150, colo­
nies d’Afrique 21 et Canada 7. Il y a certaine­
ment là bien des marchandises que nos pro­
pres colonies pourraient s’occuper, davan­
tage de nous fournir.
D’autre part, l’Algérie et la Tunisie sont
indiquées dans ce rapport comme ayant
exporté en Angleterre pour 20 millions
d’alfa, phosphates, minerai de^fer, orge, pri­
meurs, liège, vins, huile d’olive, foin et
peaux brutes.
M. Périer déclare que pour augmenter
nos exportations il convient, à l’exemple de
nos rivaux, d’organiser systématiquement
notre production et notre commerce et, no­
tamment, de nous faire représenter en An­
gleterre par de nombreux agents français,
car le commerce suit ses nationaux.

—ca—
L ’Im p o r ta tio n du b é ta il s é n é g a la is .

Le ministre de l’Agriculture a reçu il y a
quelques jours une délégation du syndicat
des patrons-bouchers et des importateurs de
bétail de Marseille,— présentée par M. le dé­
puté Thierry, — qui a sollicité l’admission
en franchise des bœufs du Sénégal et du
Soudan, actuellement frappés d’un droit de
douane de 20 francs par tête.
Cette mesure aurait pour effet d’augmen­
ter l’approvisionnement du marché français
et de déterminer ainsi l’abaissement du prix
de la viande, qui est arrivé dans le Sud-Est,
à un taux tel que ce produit indispensable
à l’alimentation n’entre presque plus dans
la consommation des petits ménages.
M. Thierry et les représentants du syndi­
cat ont fait valoir au Ministre que cette in­
troduction en franchise des bœufs africains
(déjà pratiquée pour l’Algérie) ne causerait
aucun préjudice au Trésor, car il n’entre
actuellement en France que très peu de bé­
tail à cause des frais qui grèvent le trans­
port. M. Ruau a promis à la délégation d’é­
tudier, dans le plus bref délai, cette ques­
tion, qui offre à la fois un caractère d’intérêt
local et d’intérêt général. Cette importation
serait excellente à la fois pour notre Afrique

�248

L’EXPANSION COLONIALE

occidentale, où l’élevage possède un vaste
champ, et pour la métropole, où la viande
devient vraiment hors de prix. Il faut espé­
rer que satisfaction sera obtenue.
—Kl—
L ’A c tio n fr a n ç a is e aux N o u v e lle s -H é b rid e s .

Il y a plus qu’ailleurs grand mérite pour
ceux de nos compatriotes qui luttent en fa­
veur de l’influence française aux NouvellesHébrides, car ils sont presque aux antipodes
ét on peut bien leur appliquer le proverbe :
« Loin des yeux, loin du cœur. »
C’est ainsi que quelques vaillants Français
avaient réussi à créer au début de cette
année à Villa-Franceville un organe périodi­
que intitulé Le Mois hébridais, agricole, com­
mercial et maritime. Notre ami M. Georges
Bourge, agent général de la société des Nou­
velles-Hébrides et commandant du paquebot
annexe des Messageries Maritimes, avait
pris une large part à cétte utile tentative de
décentralisation.
Malheureusement le protecteur de la colo­
nisation française dans ce bel archipel, où
grandit notre prépondérance malgré la riva­
lité anglaise, était M. Mercet, président du
Conseil de la Société en même temps que
du Comptoir National d’Escompte. Et la
mort prématurée, de ce grand colonial et de
ce bon Français, en privant le Mois hébridais
du seul bienfaiteur sur lequel il pût comp­
ter, entraîne la disparition de cette modeste
revue, qui jouait cependant un excellent rôle
dans notre action coloniale au sein du loin­
tain archipel. C’est ce que l’administration
annonce avec une tristesse bien naturelle
dans son dernier numéro imprimé en août
dernier à Nouméa.
Espérons malgré tout que de nouveaux
concours permettront à nos dévoués compa­
triotes des Hébrides de poursuivre avec suc­
cès l’œuvre entreprise, qui fait honneur à la
colonisation française.
i. L.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
Métropole
Algérie. — Un décret présidentiel du 24 sep­
tem bre 1908 déclare d’utilité publique l’étab lis­
sem ent dans le d épartem ent d’Alger, d’une
ligne de tram w ay de M iliana-M argueritte (exAdelia), à M iliana.
Côte d'ivoire. — U n décret du 10 ju ille t re ­
porte, à une date qui se ra u ltérieu rem en t fixée,
l’origine de la validité des perm is m iniers
accordés dans le Baoulé.
Haut-Sénégal et Niger. — Un décret d u 2 ju il­
let fixe au 1er ju illet 1907 l’origine de la validité
des perm is d’exploration m inière délivrés a n ­
térieu rem en t dans le Lobi.
Indo-Chiné. — Un décret du 10 octobre m odi­
fie le décret a n té rie u r relatif aux ta rifs doua­

niers d'im portation et d’exportation spéciaux à
l’Indo-Chine.
Inde. — Un décret du 10 octobre autorise
l’ouverture de trav au x su r l’em prunt contracté
pour l’adduction et la distribution d’eau à
C handernagor.

Colonies
Algérie. — A rrêté du G ouverneur général du
16 septem bre 1908, créan t u n service spécial des
études et tra v a u x des lignes nouvelles de che­
mins de fer à construire p a r l’Algérie.
Arrêté o u vrant à l’exploitation la ligne ferrée
de la M acta à M ostagânem le 20 septem bre.
—Tunisie. — Décret beylical du 31 août p o r­
ta n t règlem ent général du personnel des tr a ­
vaux publics.
Sénégal. — A rrêté du 21 septem bre p o rta n t
règlem entation provisoire de la police des ports
et rades et de leurs dépendances.
Haut-Sénégal et Niger. — A rrêté du 21 ju il­
let modifiant les conditions d’aliénation des
concessions u rb aines de terrain s.
Guinée. — A rrêté du 10 septem bre o u vrant
tout le territo ire de la Guinée française, y
com pris les îles de Loos, sauf le Cercle de Kadé
et la région m ilitaire, à la recherche et à l’ex­
ploitation des mines.
■Côte d'ivoire. — A rrêté du 22 août p o rtan t
ouverture de routes re lia n t au ra il les cercles
voisins du chem in de fer.
A rrêtés du 31 ab û t a u to risa n t la construc­
tion d’appontem ents à Dabou et à Jacqueville.
Congo. — A rrêté du 22 ao û t créant, à L ibre­
ville, une conservation de la propriété foncière.
A rrêté du 11 juillet o u v rant aux recherches
et à l’exploitation m inières le territo ire borné
au Nord, p a r le fleuve N iari ; à l’Est, p a r la
L oudim a ; à l’Ouest, p a r la rivière L uvaku et
la frontière Est du Cabinda, et au Sud, p a r la
Tchiloango.
Somalie.
Arrêté du 29 ju in rég lem entant
la contribution des patentes.
Cambodge. — A rrêté du 21 juillet po u r la p ro ­
tection de la santé publique.
A nnam . —• A rrêtés a u to risa n t l’exploitation
de la ligne ferrée de Saïgon à K hanhoa su r la
section ab outissant à P h an tiet, et l’exécution
des trav au x d’in fra stru c tu re de la section de
cette ligne com prise entre les kilom ètres 288
et 295.
Arrêté du 25 août o u vrant à l’exploitation la
section du chem in de fer de T ourane-H ué à
Q uangtri-D ongha, com prise entre M ychanh et
Q uangtri, au 161e kilom ètre.
A rrêté du 13 août re n d a n t applicable en
A nnam l’arrêté réglem entant le commerce des
arm es et m unitions au Tonkin.
Tonkin. — A rrêté du 31 ju illet relatif à l’exé­
cution de la convention passée avec la Compa­
gnie du chem in de fèr du Y unnan.
J. L.

�L’EXPANSION COLONIALE

VIE ECONOMIQUE DES COLONIES
A g r ic u ltu r e . — C om m erce. — In d u strie.
M arine. — T r a v a u x p u b lics.
Le commerce cle l'Algérie pendant les trois
premiers trimestres de 190S. — Au commerce
spécial, les im portations totales faites en Algé­
rie se sont élevées à 323.531.000 fran cs, en ac­
croissem ent de 2.930.000 fran cs su r les résu ltats
de la période correspondante de 1907. Les
exportations ont a tte in t 251.020.000 francs, en
recul de 5.710.000 fran cs im putables aux m a­
tières végétales.
Le m ouvem ent m aritim e, en ce qui concerne
les n av ires chargés seulem ent, a compté 3.131
n av ires et 3.285.751 tonneaux à l’entrée et 3.284
n av ires et 3.484.119 tonneaux à la sortie. Les
n av ires entrés en relâche dans le p o rt d’Alger
p o u r rav itaillem en t ont été au nom bre de 1.290
ja u g e a n t 2.750.002 tonneaux.
Le corail en Algérie. — Au cours de récentes
recherches, u n sc a p h a n d rie r du p o rt d’Alger a
découvert à M ansouriah èt à A zianra de riches
bancs de corail à une profondeur d’environ 47
m ètres. Quelques plongées ont perm is de re ­
cueillir 99 kilogram m es de m agnifique corail
et, vu ce résu ltat, la pêche va continuer, sérieu­
sem ent organisée. Le contre-am iral Arago,
com m andant la m arin e en Algérie, a bien
voulu s’intéresser d’une façon toute p articu lière
à cette tentative. E n effet, un a rrê té du Gou­
v ern eu r gén éral du 31 décem bre 1904 m et à la
disposition de l’a d m in istra tio n de la m arin e un
crédit an n u el de 4.000 fran cs comme prim es à
d istrib u er aux pêcheurs de corail ; m ais depuis
1905, ce crédit n ’a ja m a is été utilisé ; il a subi
une affectation quelconque p a r suite du désin­
téressem ent des pêcheurs eux-mêmes à la ré ­
colte du corail. Le co n tre-am iral Arago a fait
les dem andes nécessaires p o u r que ce crédit
reçoive sa prem ière destination.
Les travaux des ports de Sfax et de Soussc.
Des agran d issem en ts considérables sont exé­
cutés d ans ces p o rts en vue de le s m ieux outil­
ler p o u r l’exportation des phosphates. A Sfax,
les tra v a u x d’u n nouveau quai touchent à leur
fin e,t, avec les bouées d’a m arrag e, on p eut
com pter que le p o rt de Sfax p o u rra facilem ent
recevoir dix-sept v ap eu rs de 3.000 tonnes, sans
que l’on soit obligé de p lacer les n av ires en
double. A Sousse, on vient de com m encer les
tra v a u x d’ag ran d issem en t et d’am énagem ent
du port, en vue de la rem ise p rochaine des
te rra in s et terre-pleins nécessaires p our les
constru ctio n s à édifier en vue de l’exportation
des p hosphates devant em p ru n ter la ligne fer­
rée d’Aïn-M oulafès. P rè s de 600 m ètres cubes
de p ierres ont été déjà noyés p our renforcer le
brise-lam es co u ran t le long du q uai ouest ainsi
que la digue sud qui se ra rem ise en entier au
Sfax-Gafsa. Les trav au x com plém entaires de
dragage, qui p o rtero n t su r une surface de près
de h u it kilom ètres, seront à leu r tour, com men­
cés incessam m ent.
Le commerce du Dahomey pendant le pre­

249

mier semestre 1908. — Le m ouvem ent com m er­
cial de la colonie s’est élevé, n u m éraire non
compris, p endant le prem ier sem estre 1908, à
12.005.400 francs. 11 av ait été p en d an t le p re ­
m ier sem estre 1907 de 11.415.640 francs. Soit,
pour le prem ier sem estre 1908, une différence
en plus de 689.760 francs. Cette augm entation
est entièrem ent due aux exportations, qui don­
nent lieu à un dépassem ent de 1.003.663 francs,
tandis que les im portations fléchissent au con­
tr a i r e de 313.903 francs.
Les dim inutions à' l’im portation p o rtent su r
les boissons (451.424 francs) et sur les m achines
et m écaniques (608.975 francs). Elles s’expli­
quent aisém ent. Le relèvem ent des droits sur
les spiritueux effectué à la fin de î-année der­
nière conform ém ent à la Convention de B ruxel­
les av ait am ené le commerce à constituer des
stocks q u ’il a fallu écouler dans le prem ier se­
m estre. Q uant aux m achines et m écaniques, le
chem in de fer av ait renouvelé son outillage
l'année dernière, de là la dim inution constatée.
P a r contre, presque tous les au tres articles sont
en sérieuse augm entation. Il fa u t citer notam ­
m ent les augm entations de 203.207 fran cs su r
les tabacs, de 122.174 francs su r les tissus de
coton, de 40.967 fran cs su r les tissus autres,
de 31.423 francs su r les sels, de 50.680 francs
su r les fils, de 12.023 fran cs su r les vêtem ents,
de 23.572 francs su r les fusils de tra ite et de
159.778 fran cs su r les ouvrages en m atières
diverses.
A l’exportation, on constate une aug m en ta­
tion su r les am andes de palm e m algré la baisse
des cours en Europe su r cet article, p en d an t
le prem ier sem estre. Mais l’augm entation la
plus forte porte su r le m aïs dont l'exportation
a été de 5.114 tonnes, contre 215 en 1907 ; la
presque totalité de ces sorties est dirigée sur
les m archés d’Europe. Enfin les relations avec
l’in dustrie m étropolitaine, dont nous avons si­
gnalé dernièrem ent les prem ières ouvertures,
sont définitivem ent établies et les sorties à des­
tination de F rance, sont, pour le prem ier se­
m estre 1908, supérieures au chiffre de toute
l’année 1907. L a culture du m aïs est, comme
on le voit, en pleine prospérité ; les sorties
augm enteront avec les nouvelles réductions qui
viennent d’être apportées aux ta rifs de tra n s ­
port su r le chem in de fer et d’em barquem ent
sur le warf.
Le commerce et l'agriculture à la côte des
Somalis. — D’après u n ra p p o rt de M. A. G.
Rozis, chargé de m issions, il est désirable que
les com m issionnaires fran çais rétablissent le
m arché du café su r la place de D jibouti ; ils y
tro uveraient d’abord plus de bénéfices, c a r ils
seraien t déchargés des fra is d’em barquem ent et
de débarquem ent qu’occasionne le tra n sp o rt
actuel p a r boutres ou p a r vapeurs entre D ji­
bouti, Zeila et Aden. D’au tre p art, ils relève­
ra ie n t la v aleur de leu r m arque, car il est à
signaler que le café ven an t d’Abyssinie, tra n s ­
porté comme m oka avec la m arque d’origine
d’Aden, se vend su r nos m archés 10 fran cs de
plus p ar 100 kilogram m es que le même café en
provenance de D jibouti et qui p o rte ra it la vraie
m arque « I la r r a r i ».
Signalons égalem ent que Djibouti, en ta n t
que po rt de tra n s it de l’Abyssinie, a le plus
g ran d avan tag e à bénéficier du régim e extrê-

�250

L’EXPANSION COLONIALE

m em ent libéral qui est appliqué aux im p o rta­
tions et aux exportations. Il ne fa u t pas, en
effet, p erd re de vue que la richesse d’u n port
de tra n s it «st solidaire de tous ffes avantages
qui sont généralem ent octroyés à u n p o rt franc
dans le v rai sens du mot.
S’il est v rai de dire que la valeu r même de
la Côte des Som alie' a p o u r élém ent principal,
com m ercialem ent p a rla n t, la p rospérité de
D jibouti, il ne fa u t p as p our cela négliger
d’étudier la mise en valeu r des terres et de
s’efforcer d’y am éliorer les conditions d’exis­
tence. Si le désert de 300 kilom ètres qui entoure
D jibouti ne présente aucune ressource propre
à la culture, en revanche, d ans la p a rtie com­
prise entre la frontière et la côte, on p o u rra it
étudier un m oyen d’irrig a tio n p erm ettan t à ce
désert de p ro d u ire p a r exemple : le coton le
ricin et le dattier. Des essais ont été tëntés et
ont donné de bons résu ltats.
Le chemin de fer de Madagascar. — Les t r a ­
vaux d’achèvem ent du chem in de fer de la côte
orientale à T an an ariv e avancent rap id em en t ;
la M an d rak a est fran ch ie et les tra v a u x de
pose du ra il seront vraisem blablem ent te rm i­
nés au 1er jan v ier, date officiellement indiquée
p a r M. A ugagneur, lors de son séjour en
France. Il n ’en fa u t peut-être pas déduire q u ’à
ce m om ent la ligne p o u rra être mise en service
ju sq u ’à la capitale, c a r avec la saison des
pluies, des éboulem ents et les re ta rd consécu­
tifs sont à prévoir dans la p artie de la voie
non encore ballastée ; la M an d rak a est le point
délicat de l’ouvrage et les ingénieurs ne sont
pas sans inquiétude. M ais l’on p eut espérer
qu’au début de la saison sèche, fin m a rs ou
m i-avril, la ligne sera in au g u rée et que le
p arco u rs B rickaville-T ananarive s’accom plira
norm alem en t en une journée. L a p a rtie du
chem in de fer com prise entre Brickaville et
M oram anga, exploitée depuis u n certain tem ps
déjà, donne entière satisfaction ; l’en tretien
p arfa it, la bonne tenue de la voie indiquent une
surveillance constante et beaucoup de dévoue­
m ent de la p a rt du personnel. D’a u tre p art,
une m ission dirigée p a r des officiers d’étatm a jo r a procédé aux études du tracé du che­
m in de fer entre B rickaville, le term in u s ac­
tuel, et le p o rt de Tam atave.
Le développement de Saigon. — La capitale
de la Cochinchine, p a r son activité com m er­
ciale et sa prospérité san s cesse croissantes,
est, de toutes les créations du génie colonisa­
te u r de n o tre pays, u n e de celles qui lu i font le
plus honneur. Chaque année u n p rogrès n ou­
veau vient a tte ste r sa vitalité : les statistiques
dressées p a r la m unicip alité p o u r 1907 en ap ­
p o rten t de m ultiples et éloquents tém oignages.
C’est d’abord le chiffre de la popu latio n eu ro ­
péenne, passé de 3.147 unités en 1902 à 3.915
en 1907 et celui de la population totale, in d i­
gènes com pris, passé, dans la même période
de 49.704 h ab itan ts à 53.995. C’est ensuite le
nom bre des constructions neuves : depuis 1902
ju sq u ’à 1907 inclusivem ent il a été bâti à
Saïgon, 215 m aisons à étage et 1.177 m aisons à
rez-de-chaussée, soit, au total, 1.392 m aisons
neuves, dont 47 à étage et 270 à rez-de-chaus­
sée p o u r la seule année 1907.
E n 1902, il é tait en tré d ans le p o rt de Saïgon

630 navires re p résen tan t ensemble u n tonnage
de 834.340 tonnes, dont, pour la p a rt du pavil­
lon n ational, 182 navires avec 301.240 tonnes ;
en 1907, le po rt de Saïgon a reçu 704 navires,
re p résen tan t un tonnage de 1.695.515 tonnes,
dont 175 navires avec 572.060 tonnes po u r le
pavillon n ational. La v aleur des im portations
s’était élevée en 1902 à 114.071.367 fran cs ; en
1907, elle a attein t le chiffre de 209.225.164
francs. Celle des exportations, de 145.541.520
fran cs en 1902, a passé à 182.295.780 francs en
1907, ce qui donne pour chacune des deux a n ­
nées envisagées u n chiffre to tal d’affaires, im ­
portations et exportations réunies, de 259.612.887
francs en 1902 et de 391.550.844 francs en 1907.
Ces chiffres m ériten t d’être m is en lum ière :
ils m ontrent que dans les éloges qu’on adresse
volontiers à l’activité dont tém oignent nos pos­
sessions d’outre-m er, on ne fait peut-être pas
à la Cochinchine et à Saïgon la p a rt qui leu r
est due.
Le commerce de la. Martinique pendant le
1er semestre de 1908. — Le relevé suivant, ex­
tra it des statistiques des douanes de la colonie,
résum e le m ouvem ent com m ercial de la M arti­
nique p en d an t le 1er sem estre des années 1907
et 1908 :
1er sem estre 1907 : Im portations, 8.455.641 fr. ;
exportations 13.707.165 fr., soit u n to ta l de
22.162.806.
1er sem estre 1908 : Im portations, 8.979.304 fr.;
e x p o rta tio n s,'15.758.727 fr., -so it u n to ta l de
24.738.031 francs. L’aug m en tatio n en faveur de
l’année en cours est ain si de plus de 2 m illions
et demi, dont les 4/5 sont à l’actif des sorties.
Les p rincipaux p ro duits d’exportation ont été :
sucre d’usine, 35.171.656 kilogram m es ; m élas­
se. 283.304 kilogram m es ; rh u m et tafia, 6.807.345
kilogram m es ; cacao, 321.115 kilogram m es ;
vanille, 1.718 kilogram m es. P a r ra p p o rt à 1907,
il y a accroissem ent de 4.000 tonnes dans les
expéditions de sucre et de 120 tonnes pour le
cacao.
J. L.

Avis d’Adjudication
Le 24 novem bre 1908, il sera procédé, à P a ris,
salle des séances de la Commission des M ar­
chés, à l’Office Colonial, à l’adjtidication de la
fo u rn itu re de :
11 locomotives-tenders de 34 tonnes à vide,
destinées a u service du ra ilw a y de la Guinée,
E t à l’ad judication de la fo u rn itu re de :
1° 10 locomotives-tenders de 27 tonnes à vide ;
2° 4 locomotives de 30 tonnes à vide et de
4 tenders destinées au service :
1° des railw ay s de K ayes à Ambidédi et de la ,
Côte d’ivoire ; '
2" du ra ilw a y de Thies à Kayes.
Les personnes désireuses de p ren d re p a rt à
ces adju d icatio n s p o u rro n t en consulter les
cahiers des charges d an s les bureau x du se­
c ré ta ria t de l’In stitu t Colonial M arseillais, 5,
ru e Noaillles, au 3me étage.

\

___

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

r

1

/

427 50
438 -

427 50
E M P R U N T S CO LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
428 —
( g a r .) ........................................
460 75
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
970 3 o/o 1902, r. à 500 f r ...........
438 —
-- -490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
490 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) ............................... .. ..
78 70
426 25
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
82 40
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
90 95
V A L E U R S M IN IÈ R E S
465 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
_ _ Charb. du Tonkin, act. de ^50
3 1/2 o/o, 1899 ............................
464—
-------—
obi. 3 o/o 1902...........
410
— 4
t- P ............................................ 1470 —
Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
480 — E m prunt Algérien, 3 o/o 1902,
430 rem à 500..............................
491 75
obi. r. à 500 t. p .......................
437 50
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
500 v - Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
471 de 500 t. p ................................
1897..................................
970
—
477 50 A lgérie-Tunisie ( Omn. ), obi.
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
4 1/2 o/o rem. h 500...............
477 75
1895............................................
960 —
—
Kanguet (S. min. du), act. de
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
595 —
500 t. p .....................................
3 1/2 o/o 1898...........................
471 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1793 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
500 —
act. 500 (400
3 1/2 o/o 1901 ............................
475—
P-, n . ) ...................................... 1610 492 50
Col. de la M artin iq u e.
473
—
662 Divers Le Nickel, act. de 250 t. p . . . .
470 — Afrique Occidentale, .7 o/o 1903,
502 50
—
obi. 4 o/o rem. à 500.
445 —
obi. rem. 500 (g ar.)...............
455 50
—
Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
75 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
512 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
B A N Q U E S CO LO NIALES
100 t. p ...........................................................................
110 —
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 4/2,
rem, à 500....................................................................
485 —
Divers Cie Algérienne, a c t.d e 500 t. p.
915 —
Phosphates et Ch. de Gafsa,
500 500 — Créd. Fonc. et A gric. d 'A lg .,
act. de 500 t, p ................................................ 4210 act. de 500 ..............................
480 —
Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts .. . 3995 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p .........................• ........... 1425 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
VALEURS COLONIALES F R A N Ç A IS E S
de 500 t. p. (n.)................... ;
251 —
Compagnie
française de l’Afrique Occi­
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
dentale..................(actions anciennes). 3200 —
(n.)............................................. 1100 —
Compagnie française de l’Afrique OcciJ
500 — Banque de la M artinique, 500
d en tale............... (actions nouvelles).. 2075 —
t. p. (n.) .................................
705 —
Cil! M arseillaise de M adagascar ............
485 —
500 — Banque de la Réunion, act. de
——
500 t. p. (n ) ................................ 300 — M essageries Fluviales de Cochinchine.
■Alima..................................
150 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
140 —
de 500 (125 p, n o m .).............. 1370 — Alim aïenne....................................................
Congo occidental........................................
150 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
470 —
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
640 — Haut-Congo (Compagnie française du)..
124 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1190 — Haute S angha..............................................
Haut-Ogôoué................................................
550 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
518 —
de 500 t. p ...............................
60 50 La Kotto.......................................................
Lobay.............................................................
60 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
237 50
5 o/o 420 ...................................
144 50 M essageries Fluviales du Congo............
Sultanats du H aut-O ubangui...................
950 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350............................. '. . .
124 50 Sociétés des mines de la Haute Guinée :
a c t...V ........................................................
140 —
C H EM INS D E F E R A L G É R IE N S
Compagnie minière de Guinée : act........
190 —
E T CO LO NIA U X
Compagnie des mines de Siguiri : act.
195 —
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
669 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
432 —
Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
500 — Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
690 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
430 —
A d r ie n A R T A U D .
500 — Ouest A lgérien, act. r. à 600..
665 —
Divors
—
obi. 3 o/o r. à 500 428 —
-------Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
Imprimerie du “ Sémaphore” B a r l a t ie r . — Marseille.
17-19, rue Venture.
rem. à 500.................................
423 —
htC
O

f

VALEURS

Derniers
cours

340 — M écheria-A ïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
—
Mouzbah-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
330 M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
500 - Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n a n , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500 Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650.................
417 — Chem, de fer garant, des colonies franç , obi 3 o/o r. à 500
Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o garantie par l’E t a t .. ; ...............

251

T
x

'

�SERVICE POSTAL MARSEILLE - COLONIES
D é p a rts de M a rs e ille
D A TES D ES D E P A R T S DERNIÈRE LEVÉE
D E M A R S E IL L E

A lg é r ie
Départements

»

d ’Alger et d’Oran
d ’Alger ............

Voie de Marseille, O G ln Trans.
»
T ransp. Mar.
»
T ouache.
Voie de Port-V endres___

d’Alger et d ’Oran
d’O ran............

Voie de M arseille, CicGle Trans.
»
T ransp. Mar.
»
C^G 1*T rans.

de C onstantine.

é

»
»
»

(

»
»

T u n is ie ........ .....................

T ransp. Mar.
T ou ach e___
CieGlc Trans.
CicTouache.
»

.

(
»
Cie des M. M.
In d o -C h in e .....................
. . .
( Voie de B n n d isi,p aq . Anglais.
...
Voie dcMarseille, CieF raissinet
A f r i q u e O c c i d e n t a le

_

.

V

»

»

( Voie de Bordeaux, C'e des Cliarg. Iléun.
| Voie de M arseille, T ransp. Mar.

a|
"

&lt;

..........................

( Voie delîordeaux à Lisbonne, C il! d e s M . M .

D jib o u ti, M a d a g a s c a r, ( Voie dcMarseille,
»
R é u n io n e t M a u r ic e (
»
»
D jib o u ti, M a ju n g a ___j
»
Cic Havraise.
N o u v e lle -C a lé d o n ie (
”.
. ^ clc!s
e t N o u v e lle s -H é b r id e s Voie deB rin d isi.p aq . Anglais.

[ voie de Naples, paq. Allemand. .
( Voie dcMarseille, Cic des M. M.
( Voie d e B n n d isi,p a q . Anglais.
_
. .
[ Voie de St-N azaire,C ieGle Trans.
G u a d e lo u p e
\ ,r . ,
,
&lt; Voie de Bordeaux,
»
et M a rtin iq u e
) Ir. . __ ,
.
. .
( lo ie de C herbourg, paq. Anglais.
( Voie de St-N azaire, Cic G,c Trans.
G u y a n e F r a n ç a is e . . . ) Voie d’A m sterdam , paq.. N é e rl..
( Voie de C herbourg, paq. Anglais.
.

.

_

.

T a h it i
S t- P ie r r e - M iq u e lo n

D E LA B O IT E

Lundi, Mercredi, Samedi........ 11 11. m at.
M ercredi et Sam edi. 3 h. 10 soir.
J e u d i ........................... 3 h. 10 soir.
D im an ch e ................ 5 h. 20 mat.
V en d red i.................... 5 h. 20 mat.
Je u d i et S a m e d i.. . . 3 h. 10 soir.
M a rd i.......................... 3 h. 10 soir.
M a rd i.......................... 3 h. 10 soir.
S a m e d i....................... 10 h. 30 m
D im an ch e ................ 10 h. 30 m .
L undi et S a m e d i. . . 3 h. 10 soir.
J e u d i ......................... 10 h. 30 m.
L u n d i et V e n d re d i.. 10 h. 30 m.
M ercred i..................... 11 h. mat.
S a m e d i..................... 3 h. 10 soir.
tin dim. sur déni à p. du 6 jam. 10 h. mat.
Vendredi ap. d. de Marseille . . 10 h. soir
12 de c h a q u e m o is. 10 h m at.
V ers le 20 de chaque mois. 10 h. m at.
24 de c h a q u e m o is. 6 h. 20 soir.
20
»
10 h. 30 m.
le Jeudi, 1.1J 4joursàp. du4janr. 6 h. 20 soir.
10 de c h a q u e m ois 10 h. m at.
10 h. m at.
25
»
V ers le 20 de chaque mois. mat. onsoir
Dndim. sur qoatre à p. du20 jam. 10 h. mat
C haque V en d red i . 10 h. soir.
Tous les 28 jours à p. du 9 déc. l’aT.-ieillelOh.s.
On Mercredi sur 4 à p. du 16 janr. 10 h. m at.
V endredi a p .- m id i. 10 h. soir.
9 de c h a q u e m o i s . . Taianl-ieille soir.
26
»
LeMercr.,t.U4joursàp.du4déc.
9 de c h a q u e m o is ..
Vendr.,t.l.14joursàp.dult jam.
LeMercr., 1.1.14joursàp.du4déc.

DEPARTS
D E S B ATEAU X

1 h. s o i r ..
6 h. s o i r ..
6 h. soir .
6h. 15 mat.
6 h .l5 mat.
5 h . s o i r ..
5 h . s o i r ..
5 h . s o i r ..
m id i.........
m id i__
6 h. s o i r ..
midi .......
m id i..........
I h. s o i r ..
7 h s o i r ..
II h. m at...
m id i.........
m id i.........
m id i.........
11 h. mat..
11 h. mat..
11 h. m at..
11 h. 36 s.
11 h . m at.

j Voie Le H avre et C herbourg
p a r N ew -York
^

A r riv é e s à M a rs e ille
A lg é r ie :

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p id ité p a r fa ite s . F a b r iq u é e S A N S ADDI T I ON
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A r t . 2.

seil et lu i fournissent, soit spontaném ent, soit
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n a tu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’Institu t.

Cette association a p our b u t l’étude, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l’extension des rap p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rechercher les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, ad m in istratif ou économ ique qui lu i nara îtra it de n a tu re à favoriser les intérêts que
m ettent en jeu les rap p o rts de la m étropole avec
les colonies.

A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée a u P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, pendant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
fau t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o nateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 francs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation an n uelle de 100 fran cs au
m inim um .

A r t . 3.

L’In s titu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de droit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d onateurs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teu rs sont ceux qui dans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In s titu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

S e r v ic e s de l’In stitu t :

Rez-de-Chanssce : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
Ier étage : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat général et B ureaux de
l’In stitu t, B ureau de Renseignem ents.
R édaction de 1’ « E xpansion Coloniale ».
C ours co lo n ia u x

Directeur : M. le Dr H eckel.
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle.
P ro d u its an im au x et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M. Jacob DE CO RD EMO Y. .
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent.

P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 francs au m inim um .

j

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson.
Législation et Economie Coloniales.
M. II. B abled.
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud.
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. Davin.
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».
In stitu tio n s c o n n e x e s :

2mo étage : Société de Géographie.
Comité de l’Alliance Française.
Smo étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de P « Expansion Coloniale »
MM. Adrien Artaud , P résident de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de R ensei­
gnem ents; Louis Y tier , Vice-Président : Jacques Léotard . S ecrétaire; P au l Masson . P rofesseur
à l’Institut, Membre du C onseil.— M. E. Moriceau, Secrétaire général de l’Institut. — M. Auguste
Giry , ancien Directeur-Adjoint de l'Exposition coloniale.

M ar se il le .

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Institut colonial marseillais.
Actes officiels..................................................
Extraits des Procès-verbaux.....................
Bureau de Renseignements..........................
Extraits de la Correspondance..................
Musée com m ercial........................................
Cours colon iau x...........................................

253
253
258
259
261
263
264

Le Régime douanier colonial. Rapport de la
Chambre de Commerce de IUifisquc (Sénégal)
Chronique.............................................................
Actes coloniaux o/ficiets.......................................
A vis d ’ad ju d ica tio n ..............................................
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Fondé sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
Présidents d 'h o n n eu r :
MM.
MM.
I
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Maire de Marseille.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le P résident du Conseil général.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Le R ecteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Française.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
Féraud, A ugustin, Président honoraire de la
Le R ésident général de la République Française
Chambre de Commerce.
à Tunis.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de
Le Général Com m andant en chef le XV' Corps
l’Exposition Coloniale de M arseille 190G.
d’armée.
Membres f o n d ate u rs :
Desbief , Paul, P résident de la Chambre de Com­
MM.
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­ merce. — Dufay, H enri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
merce. — Bergasse . H. et C". — B ohn, Frédéric,
et C1'. — Gavoty, Charles. — H eckel, E douard (Dr),
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Professeur à la Faculté des Sciences, D irecteur du
R oux, Jules, com m issaire général de l’Exposition
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
ciété
Nouvelle des Raffineries de Sucre de Saintm ins de fer de P aris à Lyon et à la M éditerranée.
Louis. — S ociété Générale des T ransports M ari­
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
Industriel et Com mercial et de Dépôts. — S ociété
pagnie M arseillaise de M adagascar. — Comptoir
Générale pour favoriser le développement du
National d’Escompte de P aris. — Crédit L yon­
Commerce et de l’Industrie en France.
nais . — Compagnie des M essageries M aritimes. —
Membres don ateu rs :
bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.,
MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. — Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug.. Agent géné­
Berger , C. — Chabrières , Morel et C". — Cham­
ral de la Compagnie F ran çaise de l’Afrique Occi­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle Calédonie).
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
— Compagnie Algérienne. — Compacnik des Docks
J. et A. P avin de Lafarge. — R astit , H enri. —
et E ntrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
Rocca, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
de N avigation (Fraissinet &amp; C“). — Compagnie de
R olland, Alex., m em bre de la Chambre de Com­
Navigation Mixte (Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge F rançais.— Compagnie
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue F rançaise ». — S tapfer , Daniel, Membre
Générale F rançaise de T ram w ays. — Cyprien F abre &amp; C“. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
de la Chambre de Commerce. — Sube , Ludovic,
rie. — Dufour . M arius et Fils. — E strine , Lucien,
V ice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslatjb, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
V ice-Président de la Cham bre ■de Commerce. —
F éraud, A ugustin, P résident honoraire de la
la Chambére de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi .
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­
CONSEIL D’ADMINISTRATION :
Secrétaires : MM. Artaud, Adrien, Membre de la
Chambre de Commerce, P résident du Syndicat
Président : M. Desbief . Paul, Président de la
des E xportateurs ; Barlatier , Paul, directeur
Chambre
Commerce.
du « Sém anhore de M arseille ».
Vice-Présidents : H eckel, E. 'DT D irecteur-Fonda­
Trésorier : M. A rmand, Albert, Membre de la
teur d u Musée Colonial : P onsinet , A., Chef du
Chambre de Commerce. P résident du Syndicat
Service Colonial : Dufay, Henri, Ancien ViceM arseillais de la M arine M archande.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane, J., Sous-dlrecteur
P résident de la Chambre de Commerce.
du Com ptoir N ational d’Escompte de P aris à
Marseille
Membres :
MM.
MM.
Allest , J. (D'), Adm inistrateur-D élégué de la Com­
Léotard , Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.
pagnie Générale T ransatlantique.
L ombard, Emile, Membre de la Ch. de Commerce.
Arnaud, Lucien, Minotier.
Berçasse , Alexandre, Négociant.
Martin -Laval F., V ice-Président du Syndicat des
E xportateurs.
Besson , L., D irecteur de la Com pagnie M arseil­
laise de M adagascar.
Masson, Paul, P rofesseur à l’Université et à l’Ins­
Blanc, E., D irecteur de l’E xploitation de la Com­
titu t colonial.
R astit , Henri, Industriel.
pagnie des M essageries M aritimes.
R odrigues-E ly, Amédée, Ancien Membre de la
Bohn , F., Membre de la Cham bre de Commerce,
A dm inistrateur-D irecteur de la Compagnie F ra n ­
Cham bre de Commerce.
Roux, François (De), Juge au T rib u n al de Com­
çaise de l’Afrique Occidentale.
merce.
Bourdillon, A., Arm ateur.
T urcat, H., P résid en t de la Société pour la Défense
Bry , G., Doyen de la Faculté de Droit d’Aix.
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
D ufour, Antonin, Négoc., Juge au Trih. de Comm.
Dufour , .1., P résid. du S yndicat des Cuirs et Peaux.
T eisseir e , Raymond, Avoué.
E stier , Nicolas, ancien P ré sid en t du Conseil géné­
Usslaub , Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, M em bre-Secrétaire de la Cham ­
ra l des Bouches-du-Rhône.
E strine , L., Vice-Président de la Ch. ue Commerce.
bre de Commerce.
F ouque, Adolphe, P résident honoraire d u S yndicat
Yt ier , Louis, Vice-Président du S yndicat des
d ’initiative de Provence.
E xportateurs.
Gaffarel, Paul, P rofesseur à l’Université.
Za rifi , Périclès, Banquier.
Giraud , H ubert, M em bre de la Ch. de Commerce.
Delibes , J., Délégué du Conseil M unicipal.
J acquemet, Louis, Président d u Syndicat des
Rossi , Clément, Délégué du Conseil M unicipal.
Négociant en cafés.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
J oannon, A., Ayocat, P résident de l’Association
Eug. T alon, Ancien bâtonnier, Avocat-Conseil.
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
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Secrétaire g én é ra l : E. Moriceau, A dm inistrateur
J ourdan, Félix, Juge au trib u n al de Commerce.
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�Deuxième Année.

N° 13

1er Décembre 1908.

L’EXPANSION C ONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

Peut-on vivre en bonne santé
dans les Pays chauds ?
Depuis l’ère des grandes navigations et des
découvertes maritimes la vie a été considé­
rée comme impossible ou, au moins, très
difficile dans les zones torrides et l’appella­
tion de climat chaud fut et est encore syno­
nyme de climat insalubre.On doit et on peut
en appeler de ce jugement trop sommaire, si
funeste à l’œuvre de colonisation. En France
notamment la perspective, non pas même
d’une longue carrière, mais d’un simple sé­
jour « aux colonies » inspire de la terreur
aux familles qui en éloignent leurs enfants.
Nous en ressentons les effets jusque dans
nos écoles de commerce où les effectifs de
la section coloniale ne sont pas aussi consi'dérables qu’ils devraient l’être.
Il n’est pas vrai que les pays chauds
soient fatalement et irrémédiablement insa­
lubres ! D’un pays chaud insalubre l’hom­
me, par sa science et ses travaux, peut faire
un pays salubre et, inversement, par son
incurie, créer l’insalubrité dans une contrée
saine.
De ces affirmations nous pouvons donner
des preuves convaincantes. En premier lieu
il doit être admis que dans l’immense bande
de terre comprise entre les tropiques, géné­
ralement inhospitalière pour les Européens,
il y a des régions où la salubrité est par­
faite. Il suffit de citer les îles de Saint-Bar­
thélemy (Antilles), de la Nouvelle-Calédonie,
du Cap-Vert. D’autre part le séjour en mer
sous les Tropiques est inoffensif pour les
marins originaires des pays tempérés. Le
bon état de santé des équipages de navires
de guerre faisant de longues croisières dans
les mers des pays chauds, celle des passa•gers et des équipages des paquebots transat­
lantiques sont des preuves de cette inno­
cuité. Que signifient ces faits ? Ceci : le cli­
mat de la zone intertropicale, dépouillé de

tous les contingents qui l’altèrent sur
terre, en d’autres termes, l’action climatéri­
que pure, composante des seuls agents mé­
téoriques, chaleur humide et o nstante,
tension de la vapeur d’eau et électrique, lu­
minosité, pression barométrique, vents,
pluie, ne crée pas l’insalubrité. Elle n’en­
gendre aucune des maladies endémiques des
pays chauds.
Est-ce à dire que l’action du climat météo­
rique soit nulle? Les perturbations occa­
sionnées par les seuls changements de sai­
son dans les régions méditerranéennes sont
assez prononcées pour qu’on admette facile­
ment que la transplantation dans les pays
chauds soit l’occasion de perturbations en­
core plus accentuées. Mais ces troubles phy­
siologiques, caractérisés par la dépression
du système nerveux, le ralentissement des
fonctions digestives, de la nutrition, de la
respiration, l’augmentation des fonctions de
la peau, du foie, l’équilibre instable de la
température, ne produisent point de mala­
dies proprement dites si l’hygiène de l'Euro­
péen est modifiée et sa vie conduite suivant
les .exigences du nouveau milieu.
L’excès de ces troubles peut provoquer des
mouvements fébriles légers et passagers, de
l'hypersécrétion biliaire, des éruptions cuu
tanées, des coups de chaleur en tout sem­
blables à ceux des régions tempérées, et
enfin une anémie dite essentielle dont l’ori­
gine climatérique est le plus souvent con­
testable (un homme sain, observé au Brésil,
a 5.542.000 globules rouges et 7.887 leuco­
cytes par millimètre cube de sang et 74 %
d’hémoglobine, chiffres égaux à ceux que
donnent les observations faites en Europe).
Tels sont les méfaits du climat si nous ne
mettons pas à son compte les désastreux
effets de l’alcoolisme.
Il convient d’ajouter toutefois que l’action
climatérique, si elle est prolongée, excessive
et non compensée par des règles hygiéni­
ques, peut préparer l’organisme humain à

; niMÉüi

�254

L’EXPANSION COLONIALE

l’invasion des maladies, si les germes de ces
maladies préexistent ou sont apportés dans
le pays, sinon l’adaptation ou la tolérance
s’établit et la vie est possible sous certaines
conditions d’alimentation, d’habitation, de
vêtement, de travail, de coutumes, notam­
ment de sobriété que nous ne pouvons que
signaler.
Les maladies qu’on rencontre sous ies tro­
piques ne sont donc pas des fatalités inhé­
rentes au climat. Elles, ne sont pas climaté­
riques. Elles sont engendrées par des agents
spécifiques, charriés par des véhicules di­
vers (eau, aliments, objets souillés, air, in­
sectes), et pénétrant dans l’organisme hu­
main par des voies diverses et spéciales.
Nous connaissons aujourd’hui les micro­
bes du choléra, de la peste, de la dysente­
rie, du tétanos, de la lèpre, du paludisme,
de la maladie du sommeil, les parasites de
l’ankylostomiase, de la bilharziose, de la
filariose, etc. ; nous avons des notions pré­
cises sur leur biologie, les cycles de leur
existence, leurs modes de pullulation et de
propagation. Si les germes de la fièvre jaune
et du béribéri nous sont encore .inconnus,
cependant nous avons sur les conditions de
leur production, leurs hôtes intermédiaires,
leurs véhicules, des notions assez précises
pour entrer en lutte avec eux. Ces diverses
maladies, pour la plupart cosmopolites,sont
évitables. Nous pouvons, en effet, détruire
leurs foyers de production, les arrêter en
route, supprimer ou stériliser les agents vec­
teurs, enfin rendre l’organisme humain ré­
fractaire par une médication préventive ou
par le renforcement de ses moyens de résis­
tance. En un mot, par la prophylaxie spéci­
fique, par la désinfection, par la bonification
des terres où sont les foyers de ces maladies
l’homme peut arriver à supprimer les ma­
ladies endémiques et rendre ces terres salu­
bres quoique sous un climat tropical.
On peut donner aujourd’hui les preuves
irrécusables de la possibilité et de l’efficacité
de cette transformation lorsque la lutte est
entreprise avec science et constance.
Lorsque les Américains du Nord, inter­
venant dans les affaires du Mende, se sont
emparés de Cuba et dés Philippines, foyers
intensifs de fièvre paludéenne et de fièvre
jaune, ils apportèrent dans leurs nouvelles
possessions les principes salutaires de la

prophylaxie moderne et sont parvenus à en
bannir les épidémies qui y avaient élu domi­
cile. depuis des siècles.
A Cuba, tout d’abord, la destruction des
moustiques anophèles, véhicules du palu­
disme, des moustiques stegomya, véhicules
de la fièvre jaune, fut entreprise et énergi­
quement poursuivie. Les rues, les cours, les
jardins des maisons furent débarrassés des
tas d’oirdures, des cloaques, des flaques d’eau
stagnantes, des puits où ces insectes pou­
vaient pulluler. Le résultat ne s’est pas fait
attendre.
A la Havane, au lieu de 838 décès par fiè­
vre jaune qu’il y eut en 1893, il n’y en a plus
que 3 en 1901 et 0 en 1902, trois ans après
l’occupation américaine. Avant 1901 (pre­
mière année d’assainissement) il y avait une
moyenne annuelle de 350 décès par malaria ;
à partir de 1902 la moyenne n’est plus que
de 40 à 50.
En arrivant aux Philippines les Améri­
cains ont trouvé partout, mais avec prédo­
minance à Manille, des maladies redouta­
bles, comme le choléra, la variole, la dysen­
terie, les entérites, le béribéri que le peuple
regardait comme des fléaux inévitables, dus
aux puissances surnaturelles. Les pouvoirs
publics n’intervenaient pas ; les moines fai­
saient des neuvaines et des processions.
Les Américains firent appel à la science et
à la loi. Des laboratoires multiples furent
installés, et mis en fonctions. Un code sani­
taire parfait fut mis entre les mains d’un di­
recteur de la Santé ayant des attributions
très étendues, un personnel instruit et la
disposition d’un budget permettant de dé­
penser jusqu’à 850.000 francs en 4 mois (du
1er juillet au 31 octobre 1905) (1). Les délé­
gués médicaux des nations au Congrès an­
nuel de Manille réuni en 1908 ont pu cons­
tater que le choléra, la peste et la variole ont
presque entièrement disparu, les affections
intestinales ont beaucoup diminué, les fu­
meries d’opium ont été supprimées (les fu­
meurs ont eu 4 mois pour guérir ou partir).
La mortalité des troupes n’est pas plus éle­
vée que dans les garnisons de la métropole.
Cinq ans après l'occupation, de vastes hô­
pitaux, une école de médecine, un bureau
(1) Dr Vassal, Congrès de Manille en 1908. —
Revue d'hgg. et de vol. sanitaire, ju in 1908.

�255

L’EXPANSION COLONIALE

de la science réunissant tous les laboratoi­
res, un sanatorium d’altitude étaient créés
par les Américains.
Des travaux non moins remarquables ont
été accomplis par eux dans l’isthme de Pa­
nama où ils avaient à combattre la fièvre in­
termittente et la fièvre jaune, causes premiè­
res de l’échec des Français dans 1a. tentative
de percement qui leur a coûté environ
50.000 existences. Dès la prise de possession
des travaux les Américains dirigèrent leurs
premiers et plus grands efforts sur les servi­
ces d’hygiène à la tête desquels fut placé le
colonel-médecin Gorgas, déjà célèbre par ses
travaux à la Havane et qui reçut pleins pou­
voirs.
Les travaux d’assainissement (dessèche­
ment des marais, désinfection des endroits
humides qui étaient des gîtes à moustiques,
etc.), furent entrepris à la fois le long du
tracé du canal et dans les villes de Colon et
de Panama, fameuses par leur saleté et leur
insalubrité.
Des brigades de désinfecteurs, dirigées par
le service sanitaire, n’ont pas cessé pendant
toute l’année de travailler à l’assainissement
de la zone américaine, exerçant leur surveil­
lance dans tous les campements ouvriers.
Les noirs étaient tenus de prendre leurs re­
pas dans des cantines où ils trouvaient à bon
marché une nourriture reconstituante. Des
maisons hygiéniques, des hôpitaux, des in­
firmeries furent créés.
Plus de 20 millions de litres d’eau saturée
de pétrole furent distribués pour détruire
les moustiques dans les emplacements maré­
cageux aux environs des deux villes : 239
maisons ont été fumigées ; 323 maisons et
1.563 chambres ont été désinfectées. 113.601
personnes ont été inspectées à leur débar­
quement dans les ports ; 34.589 voyageurs
ont été vaccinés à leur départ ou à leur arri­
vée. Des amendes et la prison punissent les
manquements au Code sanitaire qui a été
édicté.
Depuis le commencement des travaux
(mai 1903), une somme de 27.751.000 francs
a été dépensée pour le service sanitaire de
la zone du canal. Les sommes prévues pour
les dépenses du service sanitaire de l’isthme,
dans l’exercice 1907-1908, s’élèvent à
10.875.950 francs.

Les résultats sont remarquables : aucun
cas de fièvre jaune ne s’est produit pendant
l’année fiscale 1906-1907. Le dernier cas date
de mai 1906. Les employés blancs.au nombre
de 7.727, ont eu une moyenne de mortalité
de 15.95 pour mille. Les noirs, au nombre
de 24.587, une moyenne de 45.94 pour mille.
C’est avec ces mesures, ces sacrifices, cette
volonté et cette science que l’on peut obtenir
de si admirables résultats.
Les Brésiliens,s’inspirant des mêmes prin­
cipes, se sont délivrés en moins de trois ans
de la fièvre jaune qui, depuis un demi-siè­
cle, ravageait le pays. A Rio-de-Janeiro la
chasse aux moustiques fut organisée et la
voirie mise en bon état sous la direction du
docteur Oswaldo Cruz, ayant sous ses or­
dres 1200 désinfecteurs et disposant d’un
budget de 7.500.000 francs pour trois années
(1 million par an après cette période). Com­
mencée le 20 avril 1903, la lutte contre la
fièvre jaune, fixée depuis 1849 dans le pays,
avait donné des résultats remarquables dès
l’année 1904.
1" ap p aritio n en 1826 ... 2.929 victimes.
—
1906 ...
42 décès (3 pour mille
de m ortalité générale).
l ar Semestre Janvier
—

Moyenne décennale ....
1903 ...................................
1904 ....................................

_
469
39

Février

—

—

129
133
33

272
142
8

La malaria et le béribéri diminuaient pro­
gressivement dans les v ill^ du littoral les
plus contaminées.
Villes

Population
totale

Mortalité
générale

Recife (1904) ......................
B ahia (1900-1906) ...............
Rio-de-Janeiro (1900-1906) .
Saô-Paulo (1900-1906) .......
Porto-Alegro (1903-1904) ....

186.000
265.000
811.000
286.000
100.000

9.768
4.367
15.768
5.226
1.980

Paludisme

Villes

—
Recife (1904) ...........................
B ahia (1900-1906) ..................
Rio-de-Janeiro (1900-1906) ...
Saô-Paulo (1900-1906) ..........
Porto-Alegro (1903-1904) ......

Total
des
décès

Coefficient
pour 100
décès
généraux

—

—

613
295
707
76

62
67
44
14

0

0

�L’EXPANSION COLONIALE

256

Béribéri
Coefficient
pour 100
décès
généraux
—

Total
des
décès
—

Villes

80
112
101
13
0

Recife (1904) .........................
B ahia (1900-1906) ..................
Rio-de-Janeiro (1900-1906) ...
Saô-PauLo (1900-1906) .........
Porto-Alegro (1903-1904) ......

Parties drainées

8
25

6
0.2
0

L a c o m p a r a is o n d u c o e ffic ie n t m o r tu a ir e
d e s p r in c i p a le s v ille s d e s a u t r e s p a r ti e s d u
m o n d e e st d é m o n s tr a tiv e :

Europe.
Décès

Athènes .....................
Saint-P étersbourg ..
Naples ........................
Lisbonne ...................
Gênes ..............
M arseille ..................
Rome .........................
Vienne .......................
P a ris ..........................
B erlin ........................
Londres ....................

30.9 p.
30.5
25.2
23.1
21.5
21.4
20.8
19.3
17.6
17.1
15.6

mille habit.
—
—
—
—
—
—
—
—

Décès

34.6 p / m ille habit.
30.1
18.9
18.3
—

Le Caire ...
A lexandrie
Tokio ......
New-York

Brésil.
Décès

Porto-Alegro
Saô-Paulo ..
Rio-Janeiro
B ahia .........
Curytiba .....

24.3 p. m ille habit.
20.8

—

20.7
18.1
14.9

—
—
—

Avant l’assainissement
i 900
1901

Cas de fièvre ....
Autres m aladies

259
215

368
214

Après l'assainissement
1902
1905

Cas de fièvre ..........................
Autres m aladies ...................

59
85

1904 .............
1905 .............

45
68

L a p r o p o r tio n d e s e n f a n ts a y a n t le s a n g
in fe c té , q u i d o n n e la v é r ita b le m e s u r e d e
l ’e n d é m ic ité p a l u s tr e d ’u n p a y s , é t a it :

33.89p. cent
23.8
—

en fan ts examinés.
—
—

La ville d'Ismaïlia, située en Egypte, sur
les bords du Canal de Suez, pouvait être
considérée comme un foyer de paludisme,
peu intense, il est vrai, et d’origine récente.
Où à l’arrivée de quelques ouvriers italiens
en 1877, le paludisme avait résisté à des ten­
tatives de destruction faites de 1886 à 1901.
— A partir de 1902, la méthode, désormais
classique, de la suppression de la malaria,
fut appliquée partiellement en 1902 et en
entier en 1903 (destruction des moustiques,
bonification du sol, quinine préventive). Les
résultats furent conformes à ceux que nous
venons de constater.
....................
....................
....................
....................

2.500
1.550
200,
50,

cas.
cas.
aucun cas nouveau.
aucun cas nouveau.

Parmi les pays d’Europe dont les popula­
tions sont encore décimées par la malaria,
Yltalie tient un des premiers rangs, mais
elle occupe aussi la’première place pour la
vigueur, la méthode et la science avec la­
quelle la lutte a été entreprise sous la direc­
tion de mon éminent ami M. le professeur
Celli, de l’Université de Rome. Les chiffres
qui sont réunis dans le tableau suivant sont
assez significatifs.
Année

D a n s u n e a u t r e p a r ti e d u m o n d e , à K l a n g
e t P o r t S w e t e n h a m (E ta ts m a la is ), l ’a s s a in i s ­
s e m e n t d u so l a é té p r a t i q u é e t v o ic i le s r é ­
s u lt a ts im m é d ia ts :

0.76 p. cent enfants examinés.
0.51
—
—
—
Parties non drainées

1891
1901
1903
1905

Autres Pays.
.

1904 .............
1905 .............

Décès par fièvre intermittente.
Décès
1

1887 .................................
1897 ................................
1906 .................................
1907 .................................
Prophylaxie quiniquie commencée en
Quinine vendue par l'Etat.
Années

1902-1903
1903-1904
1904-1905
1905-1906
1906-1907
1907-1908

....................
....................
....................
....................
....................
....................

21.033
11.378
4.871
4.160
1901.

Kilogs

Lires

2.242
7.234
14.071
18.712
20.723
24.351

34.000
183.000
183.382
296.295
462.280
600.000

La malaria a diminué des trois quarts.
Nous ne pouvons signaler que de rares et
timides tentatives d’assainissement dans nos
colonies.

�L’EXPANSION COLONIALE

A Madagascar, où le paludisme, si sévère
sur le littoral, a envahi les hauts plateaux,
après quelques essais infructueux pour la
destruction des moustiques dans l’Imerina,
région couverte de rizières à eau stagnante,
on s’est borné à appliquer la prophylaxie
quinique suivant ln, méthode italienne. Les,
sels quiniques ont été vendus à bas prix.
Mais l’effort accompli est encore hors de
proportion avec la gravité et l’étendue du
mal, car dans ce pays d’une superficie égale
à celle de la France, les dépenses totales de
l’assistance publique, comprenant à la fois
les hôpitaux, les infirmeries, les maternités,
l’Ecole de médecine, le service de vaccina­
tion, ne s’élèvent qu’à 1.439.340 francs en
1906. Nous sommes loin des dix millions dé­
pensés au Canal de Panama par les Améri­
cains.
La ville de Rufisque, au Sénégal, a fourni
l’exemple de ce que peut faire, avec de fai­
bles ressources, une municipalité dévouée
aux intérêts publics. Après d’épidémie de
fièvre jaune de 1900, et l’application à la
colonie de la loi de 1902 (décret du 14 avril
1904) les édiles et les habitants, se réunissant
dans un commun effort, entreprirent l’assai­
nissement de leur ville bâtie sur le sable,
traversée par un grand marigot à niveau
variable, n’ayant que de l’eau de citerne ou
de puits de mauvaise qualité. Le programme
d’action comprenait la création d’un service
d’hygiène et de brigades de moustiques, la
macadamisation du sol des rues, le balayage
des flaques d’eau, le pétrolage des mares, la
suppression de eaux stagnantes et de tous
les gîtes à moustiques, le comblement du
marigot, le creusement de canaux de dériva­
tion, la construction d’égouts.
Les bénéfices immédiats de ces efforts fu­
rent l’abaissement de la mortalité qui n'est
plus que de 21,5 décès par mille habitants en
1905 au lieu de 38.6 par mille en 1903, la di­
minution du nombre des moustiques et la
diminution parallèle des cas de paludisme
dans la proportion de 60 %. Quelques cas de
paludisme exotique furent seuls observés.
Pour la première fois en douze années d’ob­
servation (Dr Ninaud) il n’y eut ni cas de fiè­
vre bilieuse hématurique, ni fièvre perni­
cieuse. Le nombre des naissances augmenta
aussitôt ; le pourcentage qui était de 2.45 en
1903 s’élève à 3.40 en 1905 ; la population qui

257

n’était que de 12.000 habitants en 1903,
compte déjà 13.000 habitants en 1905. Tels
sont les résultats qu’ont donné des mesures
d’assainissement, encore imparfaites, dans
cette ville qui ne dispose cependant que de
17.000 francs pour son budget de l’assistance
publique. C’est beaucoup de bénéfices pour
peu de dépenses et c’est un bon exemple
pour les autres agglomérations coloniales.
Nous pouvons nous borner à ces preuves
de la possibilité d’assainir un pays chaud :
elles sont suffisamment démonstratives. Si
les efforts sont partout dirigés principale­
ment contre le paludisme c’est qu’il repré­
sente l’endémicité la plus répandue (environ
60 à 70 pour cent de la morbidité générale)
et qu’il constitue le principal obstacle à la
colonisation. D’ailleurs la bonification du
sol et des eaux potables, la réglementation
de la voirie, les mesures d’hygiène générale,
pratiquées en même temps que la chasse aux
moustiques et la prophylaxie quinique, con­
tribuent à abaisser le taux de mortalité des
autres maladies ; nous l’avons vu à Klang et
Port Swetenham. Les mesures spéciales pri­
ses contre la fièvre jaune produisent le mê­
me effet général.
Il nous reste à établir par un exemple
qu’un pays sain peut devenir insalubre.Nous
le trouverons dans les îles die Maurice et de
la Réunion, unies dans une même infortune.
Ces deux îles, autrefois si justement répu­
tées pour leur salubrité, étaient absolument
exemptes de malaria. Après deux siècles
d’occupation,des cas isolés s’étaient manifes­
tés en Maurice en 1858 et 1862. C’est seule­
ment en 1867, après un cyclone, après de
nombreuses importations de paludéens ve­
nus des Indes et de Madagascar et à la suite
de perturbations économiques qui appauvri­
rent la population blanche, que le fléau
commença à sévir à Maurice, puis à la Réu­
nion avec une rare violence, concurrem­
ment avec une épidémie de fièvre typhoïde.
Dans l’île de Maurice, sur 360.378 habitants,
il y eut 31.920 décès causés par la fièvre seu­
lement. La proportion des décès s’éleva de
32 par mille en 1866, à 120.5 par mille en
1867. Depuis cette époque la malaria s’est
implantée dans toute l’île. Pour 384.676 ha­
bitants la proportion annuelle des décès est
de 37.4 par mille, la fièvre fournit 31 % de
la mortalité totale. Sur 31.022 enfants exa-

�258

L’EXPANSION COLONIALE

minés, plus d’un tiers a été reconnu atteint
de splénite. La maladie représentait une dé­
pense annuelle de 650.000 roupies en pertes
de travail et coûtait 150.000 roupies en perte
de salaires aux travailleurs. Les dépenses
pour les travaux d’assainissement jugés né­
cessaires par le docteur major Ross (examen
périodique des enfants des écoles ; traite­
ment des malades, distribution de quinine ;
drainage, destruction des moustiques, de
leurs larves et de leurs gîtes) sont évaluées à
225.000 roupies, chiffre bien inférieur aux
800.000 roupies que coûte actuellement et
chaque année la maladie.
La situation est non moins grave et non
moins ruineuse à la Réunion où le paludis­
me date de la même époque, çrocède des
mêmes causes et a suivi l’abandon des cul­
tures dans les jardins des villes, l’obstruc­
tion des ruisseaux, des fossés, la formation
d’eaux stagnantes et de fourrés humides,
l’élévation de la nappe d’eau souterraine.
Les gîtes à moustiques ont été multipliés.
Les hauteurs telles que le cirque de Cilaos,
sont assaillies par le paludisme qui monte
lentement jusqu’à 1200 mètres. Si un plan
d’assainissement analogue à celui que Ross
propose pour Maurice et à celui que j’ai déjà
proposé en 1901 dans un mémoire adressé
au Gouverneur de la colonie, pouvait être
adopté et mis en œuvre sérieusement à la
Réunion, il n’y a pas à douter qu’il donnerait
plus facilement qu’ailleurs les meilleurs ré­
sultats en raison du climat et de la topogra­
phie de ce pays qui retrouverait sa prospé­
rité perdue.
Après cet exposé nous sommes en droit de
dire avec le colonel-médecin Gorgas que la
population blanche des colonies peut se pro­
téger contre la fièvre jaune et la malaria et,
par surcroît, contre d’autres maladies endé­
miques par des mesures à la fois simples et
peu coûteuses. Mais, en dépit de la décou­
verte et de l’enseignement des causes des
principales maladies des pays chauds, bien
que les moyens de les prévenir soient con­
nus et efficaces, il apparaît que les progrès
de la science n’ont été suivis que trop rare­
ment d’application. C’est que cette mise en
pratique est une sorte de guerre exigeant de
l’argent, de la discipline, de l’organisation,
de la réflexion, de la persistance et qu’il ap­
partient aux pouvoirs publics plus qu’aux

particuliers d’organiser la lutte, de réunir et
de coordonner les moyens, d’en poursuivre
méthodiquement l’exécution. Mais l’opinion
publique éclairée pourra exiger ces mesu­
res des gouvernements si ceux-ci, ignorants
ou dédaigneux des progrès de la science, ne
savent pas reconnaître que des maladies gé­
nérales, établies à demeure, frappant à la
fois un grand nombre de personnes sont les
plus grands obstacles à la prospérité et à la
colonisation. Si l’économie des deniers pu­
blics peut empêcher les gouvernements de
souscrire à des dépenses qui ne peuvent
aboutir à aucun résultat appréciable, par
contre ils ont le devoir impérieux, après
avoir mesuré l’étendue des dommages cau­
sés par les maladies, des pertes subies par
les populations placées sous leur égide,
d’engager sans plus tarder les dépenses qui
rendront ou donneront à un pays la salu­
brité inséparable de la prospérité.
Dr G. Reynaud,
Médecin en chef des Colonies
en retraite, professeur à
l’Ecole de Médecine et à
l'Institut Colonial de Mar­
seille.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
ACTES OFFICIELS
D i s t i n c t i o n h o n o r if iq u e

L’Institut Colonial Marseillais est heureux
d’enregistrer la haute distinction que vient
de décernera son Président M. Paul Desbief
S. M. le Roi d’Italie en le nommant officier
de l’ordre royal de la Couronne d’Italie et lui
offre à cette occasion ses plus vives félicita­
tions.
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX

Le Conseil d’Administration de l’Institut
s’est réuni le 19 novembre sous la prési­
dence die M. P. Desibief.
Après avoir souhaité la bienvenue à M. Ed1.
Velten, élu à l’unanimité Membre 'du Con­
seil dans la dernière réunion de cette assem­
blée, M. le Président le remercie d’avoir
accepté de donner à l’Institut son concours
éclairé et efficace.
M. Velten lui répond qu’il est très honoré
du choix de l’Institut et assure le Président
de son concours le plus dévoué.

�L’EXPANSION COLONIALE

Le Conseil procède à la nomination' de
M. René-Leclerc comme Membre Correspon­
dant de l’Institut à Tanger.
Après examen des affaires en cours, de la
situation financière, de la volumineuse cor­
respondance' reçue et expédiée, M. le Prési­
dent annonce que son mandat de Président
de la Chambre de Commerce expire le 31
décembre et qu’il aura le très vif regret de
ne plus présider l’Institut Colonial Marseil­
lais à partir du 1er janvier. Il adresse ses cha­
leureux remercîments à tous ses collègues
pour les marques de sympathie qu’il en a
reçues. Il fait, en quelques mots l’histoire de
l’Institut qui a déjà beaucoup fait et qui est
appelé, grâce à l’aide de nos concitoyens, à
rendre au commerce métropolitain et aux
colonies, les plus grands services. Il assure
l’Institut qu’il suivra ses travaux avec le plus
vif intérêt et qu’il restera toujours de tout
cœur avec lui.
M. le Vice-Président Dufay exprime les re­
grets de tous, de voir M. P. Desbief quitter
la présidence d’une œuvre qu’il avait créée et
à laquelle il avait su donner une grandie im­
portance. Sa haute situation personnelle, ses
éminentes qualités d’administrateur avaient
contribué à* donner à son œuvre une situa­
tion privilégiée parmi les institutions simi­
laires en France et l’avenir prouvera qu’il
avait su choisir le moment et le terrain favo­
rables pour fonder un établissement dont la
nécessité était évidente pour tirer au profit
de tous, le meilleur parti de notre remarqua­
ble domaine colonial.
En terminant son allocution, M. Dufay se
fait l'interprète dé tous ses Collègues en
exprimant le vœu que le Gouvernement
saura récompenser les éminents services
rendus par M. Desbief au commerce de Mar­
seille et à la cause coloniale.
M. Turcat, prenant la parole exprime à
Mi. Desbief le désir de tous de le voir conti­
nuer la belle tâche qu’il a entreprise tant à
la Chambre die Commerce qu’à l’Institut.
M. le Président le remercie, mais il fait
ressortir que depuis douze ans, il siège à la
Chambre de Commerce et que le temps est
venu de rentrer dans le rang. Il eut été heu­
reux de mener à banne fin les travaux qu’il a
commencés et amorcés, mais le mandat qu’il
doit à la confiance et à l’affection de ses con­
citoyens n’aurait jamais de terme, s’il ne
devait expirer qu’apirès l’accomptissement
des travaux entrepris pour donner à cette
grande ville de Marseille', la place qu’elle
doit tenir dans le commerce du monde.
Il est fier d’emporter sans sa retraite tant
de sincères et cordiales symoathies et remer­
cie M. Turcat de sa'bienveillante insistance.
Devant la résolution bien arrêtée de M.
Desbief de quitter la Présidence de la Cham­
bre de Commerce et par conséquent celle die
l’Institut, M. Dufay se fait à nouveau l’in­
terprète de tous ses collègues pour offrir à

259

M. Desbief la Présidence' honoraire die l’Ins­
titut, de manière à conserver à l’institution
qu’il a créée son précieux concours.
Cette proposition est accueillie par des
applaudissements unanimes.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Au nombre des visiteurs qui se sont adres­
sés au Bureau des Renseignements depuis le
dernier compte-rendu nous devons citer :
1°) M. E. du B... qui a désiré connaître la
valeur de certains bois de Madagascar au
point de vue de leur importation en France.
La grande île peut fournir une importante
quantité de bois d’excellentes essences, no­
tamment :
A. — Pour l’ébénisterie :
1° Le harachara, très belle variété de palis­
sandre à fond brun chocolat, veiné de noir
et de jaune orangé ;
2“ L’hazomainty ou ébène noir ;
3° l’hazovola, autre variété de palissandre,
fournissant un bois rouge veiné de noir et de
violet ;
4° Le mango, bois lourd, d’un très beau
rouge, devenant couleur groseille sous une
légère couche de vernis, son grain est très
fin, on en peut tirer des placages d’un très
bel effet ;
B. — Plcfur la construction :
1° L’ambavy bois blanc, très employé par
les indigènes ;
2° Le bougo, d’un rouge foncé, dur et diffi­
cile à travailler mais imputrescible ;
3° Le fotona. bois blanc, sans aubier ;
4° rhajomalama, bois blanc violacé léger,
demi dur, très recherché ;
5° L’imjômalama, boiisi blanc violacé lé­
ger, 'demi-dur, très recherché.
6° L’hazomena, de très bonne qualité, bois
rouge dur ;
7° L’hazomby, bois blanc gris, lourd très
dur, presque imputrescible ;
8° L’hintsy. essence très commune, fournis­
sant un bois rouge clair, dur et d’excellente
qualité ;
9° Le merana, l’un des meilleurs bois de
l’île, malheureusement il n’est jamais de fil
droit, il peut fournit d’excellentes traverses
de chemin de fer ;
10° Le nato, bois rouge vif ou brun clair,
un des plus employés, se prête particulière­
ment bien à la fente, grâce à son fil droit,
et fournit d’excellents bardeaux.
L’exploitation des forêts n’est guère possi­
ble actuellement à Madagascar que sur les
points très voisins de la mer et encore seu­
lement dans les parties facilement accessi­
bles aux petits navires, lesquelles sont assez
rares sur la côte Est, notamment. Quant aux

�260

L’EXPANSION COLONIALE

forêts de l’intérieur, l’absence de moyens de
communication rend leur exploitation im­
possible économiquement.
Sur la plus grande partie «de la côte Ouest,
ces inconvénients disparaissent en partie et
le commerce de l’ébène, pa.r exemple, y est
assez important.
2° M. Ch. L..., de Moscou, a signalé la
valeur du marché russe pour plusieurs pro­
duits de nos colonies, tels que les thés, cafés,
vanilles, soies, tabacs, beurres de coco, ca­
caos, raflas, cires végétales, chapeaux de
paille de Madagascar. Kapoks. Il croit que
certains vins très corsés et sucrés d’Algérie
trouveraient un grand débouché dans le
pays, où ils pourraient concurrencer les por­
tos dont on fait une grande consommation
dans les classes moyennes de la société russe.
3° M. D..., a demandé la valeur d’une sorte
d’indigo naturel, préparé en grande quan­
tité par les indigènes de la frontière du
Tonkin.
Les échantillons réunis par M. D... ont
paru intéresser une maison de notre place
qui a «bien voulu se charger d’en faire l’ana­
lyse et d’en déterminer la valeur.
De rares maisons françaises sont intéres­
sées au commerce de l’indigo, c’est à Ham­
bourg et à Londres que l’on trouve les mar­
chés les plus importants de cet article et il
serait-à souhaiter que les maisons françaises
utilisant cette teinture se missent en rapport
avec M. D...
4° M. le Chancelier du consulat d’AutricheHongrie a demandé les noms des maisons de
Marseille important les b-ois d’acajou.
Les renseignements nécessaires lui ont été
fournis.
5° M. E. Lepla, professeur à l’Université de
Louvain (Belgique) a désiré connaître le
fonctionnement de l’I.-C.-M. et le pro­
gramme des cours coloniaux.
Le Gouvernement belge a l’intention de
créer à Bruxelles, un Institut Colonial e«t M.
Lepla a été chargé de visiter les divers Insti­
tuts de France et de l’étranger, en vue de
tracer un programme pratique de l’instruc­
tion à donner aux futurs colons et fonction­
naires de l’Etat du Congo.
M. Lepla a reconnu que le programme des
cours de l’I.-C.-M. était très complet, em­
brassait toutes les connaissances utiles aux
personnes s’intéressant aux choses coloniales
et il en tiendra grand compte dans l’élabora­
tion du programme du nouvel Institut au­
quel son aîné de Marseille souhaite plein
succès.
6° M. E. F. a demandé des renseignements
sur l’élevage à Madagascar. Il compte avec
un certain nombre de ses amis, ayant habité,
longtemps, la République Argentine, se ren­
dre prochainement à Madagascar pour y
fonder une grande station d’élevage. Toutes
les indications utiles lui ont été fourmes sur

la race des bestiaux indigènes qui a besoin
d’être grandement améliorée pour être écou­
lée avantageusement sur les marchés du sud
africain. Les consommateurs anglais repro­
chent aux animaux de Madagascar d’être
trop petits et de ne pas donner les beaux
quartiers de viande qu’ils apprécient gran­
dement.
Il y aurait lieu tout d’abord de constituer
le troupeau de souche avec le plus grand
soin, die n’ y admettre que des vaches de
3 à 4 ans, bien conformées et des taureaux
de la plus grande taille possible. Avec du
temps, on peut facilement former un thés
beau troupeau. Mais ce ne sera qu’avec des
croisements successifs, d’abord de'vaches de
bonne race rustique étrangère avec des tau­
reaux indigènes, puis «des mâles provenant
de ces croisements avec les vaches du pays,
enfin de croisements de taureaux importés
avec les femelles provenant des croisements
déjà obtenus, qu’on arrivera à créer une belle
race d’exportation.
Bien entendu, les précautions nécessaires
à l’élévage des troupeaux élevés en plein air
devront être' prises, les séparations entre
vaches-mères, génisses, d’une p,art, «de l’au­
tre, le troupeau ordinaire avec parc pour
boeufs à l'engrais, «devront être assurées par
des barrières en fiil de fer.La castration devra
être faite sur des animaux très jeunes et non
ainsi qu’elle se fait actuellement sur des bêtes
de 3 à 4 ans, qui conservent leur forme de
taureaux et nui, dans cet état, sont difficile­
ment acceptées sur les marchés anglais. Il est
nécessaire aussi de limiter les portées des
vaches, de les réduire à 4 ou 5 au maximum,
de façon à ne pas avoir de bêtes chétives,
poussant mal et donnant à leur tour, de
mauvais produits.
C’est, on le voit, une œuvre de longue ha­
leine, il faut, à vrai dire, créer une nouvelle
race et faire les mêmes «efforts que les Aus­
traliens et les Argentins qui ont su obtenir
des animaux parfaitement adaptés aux con­
ditions du pays et fournissant d’admirables
produits pour l’exportation.
La vente dans la colonie de reproducteurs
de choix sera une source très importante de
bénéfices, car les éleveurs indigènes ne man­
queront pas de s’en procurer pour améliorer
leurs troupeaux. Madagascar est une admi­
rable terre d’élevage, les pâturages en géné­
ral, y sont excellents, les maladies qui frap­
pent les animaux sont très rares et disparaî­
traient rapidement avec quelques soins bien
simples, notamment celui de leur assurer
dans des abreuvoirs, une eau propre, au lieu
de les laisser boire, pendant la saison sèche,
dans des mares infectes, pleines d’insectes
de toutes sortes.
Les capitaux dont disposent M. F... et ses
amis, peuvent leur permettre de créer une

�L’EXPANSION COLONIALE
belle station, leur expérience acquise- pen­
dant un long séjour dans l’Argentine leur
sera d’un grand profit et on ne peut que leur
souhaiter plein succès.
7° Un médecin colonial, récemment sorti
de l’Ecole d’application de Marseille, a de­
mandé des renseignements sur les conditions
de l’existence au Soudan français.
8° M. M..., de Marseille, a désiré connaître
l’importance et les conditions du commerce
des fruits frais, ananas et bananes dans la
Guinée française.
De. très importantes ' plantations put été
crées depuis 1901 dans toute la banlieue de
Komakry, les foananeries -rapportent en
moyenne 150.000 régimes par an de 30 à 35
kilos donnant 60 à 65 % en poidls de fruits,
certaines d’entr’elles rapportent jusqu’à 2.000
régimes à l'hectare.
Les ananas des plantations Dubar et Grimaud ont obtenu une haute récompense à
l’Exposition Coloniale de Marseille et sont
réputés sur le marché de Paris.
Un bel avenir est assuré aux plantations
de la Guinée française, car la consommation
des bananes et des ananas augmente, dans
toute l’Europe, dans de grandes proportions
et la facilité des communications entre cette
colonie et les ports de Marseille, Bordeaux,
Anvers et Hambourg, lui permet l'écoule­
ment de ses produits, dans les meilleures
conditions.
— Le jeudi &lt;26 novembre les membres ide lia.
mission annamite envoyée en France par le
Gouvernement Général de l’Indo-Chine, de
retour de leur période de séjour à Paris,
Lyon et Nancy, sont arrivés à’Marseille, afin
de terminer leur long voyage d’assimilation
économique par quelques jours dans notre
ville. Sous la conduite de MM. les Résidents
supérieurs Fourès et Hahn, directeurs de la
mission indo-chinoise en France, les Anna­
mites et les Cambodgiens qui la composent
se sont rendus à l’Institut Colonial, où ils
avaient déjà été reçus à leur arrivée en
France. En l’absence de M. Desbief, prési­
dent de l’Institut Colonial, de M. Dufay et
de M. Artaud, M. Moriceau, secrétaire géné­
ral a reçu les membres de la, Mission, aux­
quels un verre de champagne fut offert dans
la grande salle de l’Institut Colonial.
M. Moribeau, en leur souhaitant de.nou­
veau la bienvenue, leur a parlé de l’impres­
sion qu’ils avaient dû éprouver au spectacle
de cette immense ruche travailleuse qu’est la
France, de la perfection de l’outillage de nos
usines et de l’ingéniosité de nos ouvriers. Il
leur a signalé plusieurs questions intéressant
l’Indo-Chine, des matières premières pour la
fabrication de la pâte à papier,des nombreux
textiles que leur pays pourrait fournir : ra­
mie, jute, etc... Il leur a fait ressortir l’ex­
trême importance actuelle des plantations
de caoutchouc ainsi que la nécessité d’amé­

261

liorer les races des bestiaux indigènes ; il
leur a donné des renseignements très com­
plets sur l’importance du commerce de tous
ces produits et les a encouragés à s’y adonner
activement.
En terminant, M. Moriceau a indiqué aux
membres de la Mission le but de l’Institut
Colonial, les -a engagés à se tenir en contact,
avec cette « maison coloniale » par excellence
en les assurant que tout y serait fait pour
aider leurs initiatives.
Après un visite à la Société de Géographie,
dont les honneurs ont -été faits par M. Jac­
ques Léotard, secrétaire général,et une assez
longue station au Musée colonial du docteur
H-eckel, la mission annamite s’est retirée,
emportant une ample moisson de renseigne­
ments précieux pour leurs relations futures
avec la Métropole.
Notons avec plaisir que certains membres
de la Mission, négociants en Indo-Chine, dé­
sireux d’entreprendre des affaires avec la
Métropole, se sont fait inscrire comme adhé­
rents à l’Institut.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
I n d o - C h i n e . — P â t e à p a p ie r

De M. Doceul, Adm inistrateur de la province
de Soctrang (transmise par le Président de
la Chambre consultative m ixte de commerce
et d'agriculture du Cambodge).
S o c tra n g , le 28 a o û t 1908.
J ’a i lu d a n s u n des jo u r n a u x de S aig o n à la
d a te du 19 c o u ra n t « L a C och in ch in e fra n ç a is e »,
u n a rtic le d a n s leq u el est p u b lié u n ap p el
de l’I n s titu t C olonial de M arseille à la h a u te
co m pétence de v o tre co m p ag n ie p o u r lu i a d re s ­
se r u n relevé des bois, p aille s, écorces, su sc ep ­
tib les d’ê tre em ployée à l a confection du p a ­
p ier.
Je s e ra is h e u re u x d’a p p o rte r m o n tr ib u t a u
tr a v a il qu e vous allez f o u rn ir c a r j ’estim e que
cette q u e stio n est des p lu s in té re s s a n te s p o u r
l ’a v e n ir éco n o m iq u e de n o tre belle colonie et,
il y a lo n g u e s an n é es, q ue j ’av a is, d a n s u n e
co n v e rsatio n à b o rd d u c o u rrie r, so u m is m es
id ées à M. S ch n eid er, u n v ieil a m i de C ochin­
ch in e q u i r e n tr a i t avec m o i s u r le m êm e p a q u e ­
bot. P erm ettez -m o i donc, M o n sieu r le P r é s i­
den t, de vo u s in d iq u e r ces id^es.
T o u t d’a b o rd p u is q u ’on p a r le de p aille s, n e
se ra it-il p as. o u tre les p a ille s de riz et de m a ïs
q u i so n t en g r a n d n o m b re en ce p a y s p o ssib le
d’u tilis e r les ro se a u x sa u v a g e s q u i e n c o m b ren t
n o tre p la in e , d ite des joncs.
E n d eh o rs de ces g ra m in é e s et p la n te s le
b am b o u p o u r r a it d o n n e r d u p a p ie r de p re m iè re
q u alité , com m e a u Ja p o n , et la c u ltu re en se­
r a i t des p lu s fac iles d a n s to u te l’In do-C hine.
Les A n n am ites d a n s les n ro v in e s de l’O uest
p la n te n t en m êm e te m p s qu e le riz, d a n s le u rs
riz iè re s, des câ y d iên d iên q u i p o u sse n t avec
r a p id ité ; ces b o is n e p o u rra ie n t-ils ê tre em ­
p lo y és avec f r u it d a n s l’in d u s trie d u p a p ie r ?

�2(52

L’EXPANSION COLONIALE

Les écorces de tr a m et le tr a m lui-m êm e m e
p a r a is s e n t ég a le m en t a p te s à d o n n e r s a tis fa c ­
tio n au x d e s id e ra ta de l’I n s titu t.
E nfin le gon n h a (ouatier) p o u r r a it avec la
p u lp e de ses fru its, tro p co u rte p o u r être filée
d o n n e r u n p ro d u it de p re m iè re q u alité , je
cro is p o u r le s p a p ie rs de luxe : le tr o n c et les
b r a n d ie s s e ra ie n t em ployés à la fa b ric a tio n des
p a p ie rs com m uns.
Je s e ra is h e u re u x d’a v o ir p u a p p o rte r m a
p ie rre b ien m odeste à l’édifice f u tu r de la p ro s ­
p é rité de l’in d u s trie du p a p ie r en ce p ay s, si
j ’a i p u s ig n a le r une espèce à la q u elle v o tre
co m p ag n ie n ’a u r a it p a s songé.
De M. M arquié, Président, d u Conseil colonial
de la Cochincliine.
S aigon, le 9 octobre 1908.
Com m e su ite à m es p réc éd en tes c o n trib u tio n s
à l’enq u ête que vous avez o u v erte s u r l a p o ssi­
b ilité de la c ré a tio n de l’in d u s trie p a p e tiè re
d a n s les d iv erses colonies fra n ç a ise s , j ’a i l’h o n ­
n e u r de vous fa ire p a r v e n ir so u s ce p li et à
titre d o c u m e n ta ire copie d ’u n e x tra it du S ia m
F ree Press.
L es in d ic a tio n s q u i v so n t c o n ten u e s m e p a ­
r a is s e n t de n a tu r e à in té re s s e r l’in d u s trie f r a n ­
çaise ; j ’a i donc p en sé que ce d o cu m en t p o u r­
r a i t être u tile m e n t v ersé a u d o ssier de cette en ­
quête. J ’a jo u te in c id e m m e n t que, ju s q u ’à ce
jo u r, si la b alle de riz est, en C ochinchine,
em ployée a u ch a u ffa g e des rize ries, la p a ille
de riz est s a n s em ploi et que^ s u r to u t d a n s les
p ro v in c e s de l’O uest, il ést^ h o rs de doute
q u ’u n e én o rm e q u a n tité de cette m a tiè re est
p erd u e.
( E x tra it du S iam F re e P re ss. 28 se ptem bre 1908)
J u s q u ’ic i,à n o tre co n n a issa n c e , p e rs o n n e ,ta n t
a u S ia m que d a n s le re ste de l’E x trêm e -O rie n t
n ’a fa it cas de la p a ille de riz a u p o in t de vue
in d u s trie l ou co m m ercial.
A v r a i dire, l’on e m p lo y a it b ien la b a lle de
p a d d y et la p a ille de riz h ac h é e com m e com ­
b u stib le d a n s b ea u co u p de rize ries, m a is il
é ta it ré se rv é à nos am is d ’A m érique de tir e r de
la p a ille u n x’éel p ro fit en en e x tra y a n t le
« T o u t-P u is s a n t D o lla r » m êm e a p rè s a v o ir d is­
posé du g ra in .
N ous liso n s d a n s le F a r E a ste rn R e v ie w que
les c a p ita liste s a m é ric a in s s’in té re s s e n t à la
tr a n s f o r m a tio n de la p a ille de riz en p a p ie r.
Les ex p érien ces d é jà fa ite s se m b le n t p ro m e ttre
de b o n s re v e n u s a u riz ic u lte u r qui, ju s q u ’ici
n ’a v a it p a s c ru q u ’il e u t d a n s la p a ille u n p r o ­
d u it de q u elq u e v a le u r. M. W . D. W in g , c a p i­
ta lis te de B a n g o r (M aine), s’est liv ré à d iv erses
ex p é rien c es s u r I4 p a ille et estim e que le riz i­
c u lte u r p eu t a tte n d r e 2 $ p a r to n n e (1) de ce
p ro d u it ju s q u ’ici s a n s em ploi. Il s e ra it d a n s
ses in te n tio n s de fo n d er u n e fa b riq u e de p â te
à p a p ie r de n a ille de riz et d’en en v o y e r les
p ro d u its au x p a p e te rie s de la N ouvelle-A ngle­
te rre .
O u tre la v a le u r de la p â te à p a p ie r e x tra ite
de la p a ille de riz. M. W in g a f a it la r e m a rq u e
q u ’il re ste d a n s la p a ille de riz u n e im p o rta n te
(1) Le jo u r n a l cité ne spécifie p a s s’il s’a g it
du d o lla r or (= 5 fra n c s) ou d u d o lla r a r g e n t
co m m ercial (= 2 fr. 50).

q u a n tité de g r a in et il en co n c lu t que l’on en
p o u r r a it tir e r d iv e rs p ro d u its co m m erciau x ,
tels que l’alcool ou des p ro d u its a lim e n ta ire s.
E n fa it, M. W in g p en se q u ’il en est de la
p aille de riz com m e des g ra in e s de co ton :
p e n d a n t des an n é es, elles fu re n t je tée s a u r a n ­
c a rt, com m e d u re ste p e u v e n t en té m o ig n e r
n o m b re de c u ltiv a te u rs a c tu e lle m e n t en co re en
vie.
De la Société D auphinoise des p âte s à p apier
d'E xtrêm e-O rient.
F u re s , 8 n o v em b re 1908.
Com m e vo u s m e le d ites d a n s v o tre le ttre ,
n o tre affaire p ré se n te , u n trè s g ro s in té r ê t p o u r
l’In do-C hine. D’ici q u elq u es a n n é e s n o tre u sin e
est ap p elé à p r e n d re u n d év elo p p em en t p ro d i­
g ieux to u t a u bénéfice de la colonie to u t d’a ­
bord, et de la M étropole ég a lem en t, q u i p e u t
a rriv e r, p a r su ite des re sso u rc e s im m en ses
que re n fe rm e IT ndo-C hine a u n o in t de vu e m a ­
tiè re s p re m iè re s p ro p re s à la fa b ric a tio n du
p a p ie r, à se lib é re r d’u n im p ô t fo rm id a b le
q u ’elle se v o it d a n s l’o b lig a tio n de p a y e r a u x
n a tio n s é tra n g è re s p o u r se p ro c u r e r des p â te s
de bois, de p a ille .etc., etc.
Si n o u s n o u s som m es b o rn és p o u r l’in s ta n t à
l’é tu d e d u b am b o u , n o u s n ’o u b lio n s p a s les re s ­
so u rces qu e p e u t n o u s o ffrir la p a ille de riz.
Avec, en m o y en n e, ses d eux réc o ltes de riz p a r
an . l’Indo-Chitae p e u t a p p ro v isio n n e r de n o m ­
b reu se s u sin es. Or. la p â te de p aille, vu ses
q u alité s sp éciales, est rec h e rc h é e p a r les p a p e ­
tie rs q u i fa b riq u e n t des p a p ie rs b la n c s fins. A
l’h e u re a c tu e lle n o u s som m es tr ib u ta ir e s de
l’A llem ag n e p o u r u n e g ro sse p a rtie de xces
p â te s. P o u rq u o i n o u s se rv ir à l’é tra n g e r q u a n d
n o u s p o u rrio n s -n o u s p ro é u r e r chez n o u s to u t
ce d o n t n o u s av o n s b eso in ?
Je cro is donc q u ’à to u s n o in ts de v u e n o tre
affaire m é rite des e n c o u ra g e m e n ts et je re m e r ­
cie l’I n s titu t C olonial M a rse illa is d’a v o ir b ie n
v o u lu n o u s a id e r d a n s la lim ite de ses m oyens.
N o u v e ll e - C a l é d o n i e . — F i b r e s du s i d a r e t u s a

F e rm e d’Y ahoué, 25 se p tem b re 1908.
L o rs de m o n p a s sa g e à M arseille, a u m ois
de m a rs d e rn ie r, j ’eu s l'h o n n e u r de vous c a u ­
se r assez lo n g u e m en t des p la n te s sp o n ta n é e s de
N ouvelle-C alédonie, su sc ep tib les d é p ro d u ire
des fibres a y a n t u n e c e rta in e v a le u r co m m er­
ciale et n o ta m m e n t de celle d u S id a re tu s a ,
m ieu x co n n u e ici sous le n om d’h e rb e à b alai.
Afin de f a ire des essa is s u r la m a n iè re de dé­
fib re r cette p la n te et s u r la v a le u r de so n p ro ­
d u it, vous m ’aviez d em an d é de vo u s fa ire u n
envoi d ’u n e ce n ta in e de k ilo s de cette p la n te
telle q u ’on la tro u v e à l’é ta t n a tu r e l d a n s
l’île.
J ’ai l’h o n n e u r de vo u s in fo rm e r que je p ro ­
fite de la d em an d e de M. le d o cteu r H eckel
c o n c e rn a n t les feu illes de c a fé ie rs de N ouvelleC alédonie, a in s i que de la b ie n v e illa n te a m i­
tié de la C o m p ag n ie des M e ssa g e rie s'M a ritim e s,
p o u r v o u s f a ire p a r v e n ir à l ’I n s titu t C olonial
u n e b alle de 180 k ilos e n v iro n de s id a r e tu s a .
J ’egpère M o n sieu r, q u ’elle vo u s a r r iv e r a en
bon é tat. Je v o u s p rie de v o u lo ir b ien m e fa ire
sa v o ir, à q u elle su ite d’ex p érien ces cet envoi
a u r a d o n n é lieu, et je m e p e rm e ts d’a t tir e r to u t

�L’EXPANSION COLONIALE
spécialem ent votre attention, su r le prix de
revient probable de l’obtention de la fibre, sur
les m achines les plus aptes à faire ce tra v a il et
su r la q u an tité d’eau nécessai e pour l’effectuer.
Les plantes qui vous ont été envoyées ont été
cueillies après m a tu rité de la graine. Vous
pourrez donc trou v er dans la balle, une q u an ­
tité assez considérable de graines, qui p o u r­
ra ie n t vous p erm ettre d’obtenir des p lan ts
pour des essais futurs.
Le Chef du Service de l'Agriculture,
M. E tesse.

LETTRES DE NOS CORRESPONDATS
T u n isie

Tunis, 21 octobre.
L a récolte des vins a été faible, bien m oindre
que l’an dernier. Aucune affaire, aucu n cours,
on a p arlé de 6 fr. 50 l’hecto, d’a u tres p ro p rié­
taires p rétendent qu’on leu r a offert 1 fr. le
degré, m ais ce sont-Ià, Croyons-nous, de sim ­
ples conversations, sans conclusion.
En avoine on a coté ......................... 15.95 16.00
E n orge ................................................ 17.90 18.00
E n blé ................................................. 27.50 27.90
P a s d’affaires.
Les huiles d'olive sont en baisse énorme. P re ­
m ière pression 125.
S ur p lu sieu rs points de la Tunisie, il n ’v a
pas d’olives.
J. R o u q u e r o l .

263

m ent encore, de nos propres yeux, dans la
haute région, des lianes lactifères intactes
totalem ent abandonnées, personne ne s’occu­
p an t d’en extraire le latex.
Un tel a rrêt, aussi brusque, et aussi persis­
ta n t a n aturellem ent des causes a u tre s encore
que celles que nous signalions dans notre note
su r la Crise com m erciale générale en Indor
Chine.
Certes, je m aintiens cependant ce que j ’ai
avancé dans cette trop courte étude, qu’un a r ti­
cle de M. de Lanessan, p aru dans le jo u rn al Le
Matin a complétée mieux que je ne sa u ra is le
faire. C’est pourquoi du reste je n ’ai pas cru,
en te rm in an t mon étude, devoir faiblem ent ré ­
péter ce que M. de L anessan avait si m ag istra ­
lem ent exposé.
(A suivre).
J. L e je u n e .

-------------------- ----------------------- -

M u sée C om m ercial

Nos adhérents et nos lecteurs connaissent
les efforts que ne cesse de faire l’Institut
pour attirer l’attention du public sur les ser­
vices qu’il est capable de rendre au com­
merce métropolitain et au commerce colo­
nial.
Des -affiches mentionnant l’existence et le
but de l’Institut ont été réparties sur divers
points du territoire et il n’est pas sans intérêt
de faire connaître la façon dont ces affiches
L a R é u n io n
ont été réparties.
L a cam pagne sucrière b a t son plein et les
Les Chambres de Commerce de France ont
chargem ents se fo u rn issen t san s in terru p tio n
accueilli avec empressement la proposition
et au fu r et à m esure de la production, ce sera
de l’Institut de faire apposer des affiches
la caractéristiq ue de cette cam pagne, les lots
dans l’intérieur de leurs bureaux et dans
réservés d ans u n b u t de spéculation et l’espoir
ceux des divers Syndicats appartenant à
de cou rs plus élevés seront nuis. Les dernières
leurs ressorts ; de même, les Compagnies de
ventes de sucre su r place se sont tra ité e s à
Navigation, nos Membres Correspondants,
fr. 23.75 a rg en t local les 100 kg.
Im p o rtatio n s to u jo u rs faibles et la place
les adhérents au Musée Commercial, etc...
approvisionnée p o u r p lu sieu rs mois. Change
ont bien voulu coopérer à notre œuvre de
entre 3 et 3 1/2 à vue. Les actions de la B anque
propagande. L’Institut leur en adresse ses
de L a R éunion de 375 fran cs se sont vendues à
bien
vifs remercîments.
fr. 425 et 429 ces jo u rs derniers.
Nous donnonts ci-dessous le détail de la
Le câble qui relie La R éunion à M adagascar
est brisé depuis une quinzaine de jours. Les* répartition des affiches expédiées :
com m unications avec l’E urope et M adagascar
ne peuvent plus p a sse r que p a r M aurice.
D.
In d o-C h in e

Situation commerciale.
Vinli (Annam), le 7 octobre 1908.
Si je suis resté si longtem ps sa n s vous ad res­
ser aucune note su r nos régions, c’est que v ra i­
m ent n u l fa it sa illa n t ne m ’a p a ru devoir être
relaté. Le ta u x de la p ia stre a peu v arié et les
affaires persistent à re ste r presque m illes.
Des quan tités assez im po rtan tes de riz et de
m aïs ont seules été exportées s u r le Tonkin ;
m ais pas la plus petite parcelle d’u n produit
forestier n ’a été signalée su r les m archés de la
province ! C’est à croire qu’u n cataclysm e a rasé
toutes les forêts de H atinh et du Nghe-An ; il
n ’en est rien, et nous avons pu v oir d ernière­

1 E xem plaire a été rem is à tous les
E xposants du Musée Com m ercial ... 103
1 Exem plaire a été adressé a toutes les
Cham bres de Commerce de F rance,
des Colonies et aux Cham bres de
Commerce F ran çaises à l’E tra n g e r... 245
Expédié à la Société de Publicité diurne
et nocturne ................................................ 100
qui ont été placées dans les gares suivantes :
D unkerque. Cherbourg, Grenoble, Roubaix,
Cette. P o n tarlier, N antes, Rom ans, Tourcoing,
P erp ig n an , Toulon. Culoz, Salon, Dijon.Nîm es,
Le H avre, Valence, Lille, O rléans, P ertuis,
Lyon-Perrache, Saint-N azaire, C arpentras, Be­
sançon. N arbonne, Grasse, B ayonne. Bordeaux,
Toulouse, Avignon. Cavaillon, Aubagne. C an­
nes, O ran, Tarascon, Monte-Carlo, Nice, Philippeville, Apt. Salernes. Menton. Bougie, M iramas, D raguignan, Roquevaire, T unis, M ar­
seille, Les Arcs, Alger, Bône.

�264

L’EXPANSION COLONIALE

1 E xem plaire a été adressé à tous les
Membres C orrespondants de l’In stitu t
. Colonial (m em bres,.correspondants et
Agents des Com nagnies de N aviga­
tion) ...........................................................
6 E xem plaires ont été rem is à l’Exposi­
tion d’Electricité ....................................
10 E xem plaires ont été d istribués p a r
l’agent de publicité au cours de sa
tournée su r le litto ra l .........................
Rem is à la Com pagnie des M essageries
M aritim es ........................................................
Rem is à la Com pagnie C vnrien-Fabre
et Cic ................................................................
Rem is à la Com pagnie des T ran sp o rts
M aritim es .......................................................
Rem is à la Compagnie des C hargeurs
R éunis ........................
Rem is à la Compagnie de N avigation
Mixte ................................................................
Rem is à la Compagnie de N avigation
F ra issin e t ............................................... :.....
Rem is à la Com pagnie G énérale T ra n sa ­
tlan tiq u e .........................................................
Rem is à la Com pagnie P a q u e t ....................
Rem is à divers a rm a te u rs et consigna­
ta ire s de n av ires deM arseille ................

3 ; cle Roubaix 10 (2) ; de Rouen 5 ; de SaintE tienne 5 ; de Toulouse 5 ; de Tourcoing 5 ; de
Valenciennes 2 ; de V ersailles 2.
65

Sur leur demande, nous avons adressé à
nos Membres Correspondants, à nouveau, à :

6

Alger 30 affiches ; D jidjelli 5 ; Bône 30 ; Bizerte 10 ; T unis 20 ; a u docteur R ouquerol à
T u n is,10 ; à M. A. D uveau à T unis 10.

10
5
5
5
5
3
3
6
3
14

Des envois supplémentaires d’affiches ont,
en outre, été faits sur leur demande aux
Chambres de Commerce suivantes :
D’Am iens 20 ; de B elfort 6 ; de Calais 4 ; de
D unkerque 4 ; du H avre 4 ; de Grenoble 6 ; de
Lyon 12 (1) ; de'N ice 3 ; de P a ris 4 ; de R oanne
(1) Les 12 affiches expédiées à la Cham bre de
Commerce de Lyon ont été p ar ses soins, rem ises
aux S yndicats suivants :
S yndicat Com mercial et Industriel, 9, rue Constantine.
Chambre Syndicale de la F abrique, 1, rue du
Bat-d’Argent.
Association de la Soierie Lyonnaise, 19, rue
Puits-Gaillot.
Chambre Syndicale des Négociants, 2, rue de la
Poulaillerie.
Association M étallurgique du Rhône, 72, rue
Pierre-Corneille.
Alliance des Chambres Syndicales, 6, rue Thom assin.
Syndicat des Liqueurs et Alcools, 147 bis, rue
Moncey.
Syndicat des F abricants de P roduits p h arm a­
ceutiques, 36, place Bellecour.
Chambre Syndicale de l'Ameublement, 8, rue
des Archers.
Chambre Syndicale de l’Automobile, 9, rue
Boissac.
Chambre Syndicale des F abricants de Chaus­
sures, 99, rue Ney.
Syndicat de l’Industrie des cu irs et peaux, 65,
rue des Maisons-Neuves, à Lyon-Villeurbanne.
(2) Les 10 affiches expédiées à la Chambre de
Commerce de Roubaix ont été, p a r ses soins, re ­
m ises aux organisations suivantes :
Société Industrielle et Com m erciale de Roubaix.
Syndicat des P eigneurs de Laines.
S yndicat des F ilateurs de Laines.
S yndicat des F ilateurs de Coton.
S yndicat des Fabricants.
Union des Teinturiers-A pprêteurs.
S yndicat des Négociants en Tissus.
Société de Géographie.
Cercle Polyglotte.
Nous remerciions les deux Cham bres de Com­
merce rte Lyon et Roubaix de cette aim able et
utile propagande.

Les affiches expédiées à la Chambre de
Commerce de Belfort ont été, par ses soins,
réparties entre les Groupements suivants :
1 S ecrétariat de. la Cham bre de Commerce.
1 A l’Association des Com m erçants de Bel­
fort.
1 Au S yndicat du Commerce en gros des
Vins et Spiritueux du T erritoire de Belfort.
1 Au S yndicat des M aîtres d’Hôtels, R estau­
ra te u rs et L im onadiers de Belfort.
1 A la section de Befort du Comité Républi­
cain du Commerce, de l’In d u strie et de l’A gri­
culture.

Celles expédiées à M. le docteur Rouquerol,
membre correspondant de l’Institut Colonial
à Tunis ont été remises aux Etablissements
suivants :
La Banque de l’Algérie.
Crédit Foncier de Tunisie.
Crédit Foncier et Agricole d’Algérie.
Com pagnie Algérienne.
B a n q u e C o m m erciale T u n isie n n e.
C om p ag n ie de N a v ig a tio n M ixte.

P résid en t de la Cham bre d’A griculture.
« Dépêche Tunisienne ».
« T u n isie F ra n ç a is e ».

« C ourrier de Tunisie ».

Parmi celles expédiées à l’Agent de la
Compagnie Générale Transatlantique à Tu­
nis :
8 ont été
et agences
4 ont été
4 ont été

apposées dans les p rincipaux hôtels
de voyage de Tunis.
expédiées à Bizerte.
expédiées à Sousse.

4 o n t été expédiées à Sfax.

,C

oups

C o lo n ia u x

Les Cours d’enseignement colonial ont re­
pris le 26 octobre 1908, à l’Institut colonial,
dans l’ordre suivant :
L undi 26 octobre, à 3 h. 3/4, M. M asson : Géo­
graphie coloniale, M adagascar. — A 5 heures,
Dr J. de Cordemoy : Les races bovines des colo­
nies.
M ardi 27 octobre, à 5 heures, M. M asson :
H istoire du commerce de la colonisation.
M ercredi 28 octobre, à 3 h. 3/4, M. Babled :
L égislation coloniale.
Sam edi 31 octobre, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud :
Est-il possible de vivre en bonne santé dans les
pays chauds ?
M ardi 3 novem bre, à 5 heures, M. M asson :
L a colonisation phénicienne.
M ercredi 4 novem bre, à 3 h. 3/4, M. Babled :
Condition ju rid iq u e des indigènes. — A 5 heu-

�265

L’EXPANSION COLONIALE
res, M. Jum elle : P ro d u its végétaux des colo­
nies.
Jeudi 5 novem bre, à 8 h. 1/2 m a tin (au P a rc
Borély), M. Davin : C ultures coloniales.
Vendredi 6 novembre, à 5 h eures, M. L au ­
ren t : Le Zinc.
Sam edi 7 novem bre, à 3 h. 1/2, D' R eynaud :
Les clim ats des pays chauds.
L undi 9 novem bre, M. M asson : M adagascar :
Le sol. — Dr J. de Cordemoy : Races bovines et
élevage dans les colonies dAfrique.
10 novem bre, Dr R eynaud : Le choléra. —
M. M asson : La colonisation grecque.
11 novem bre, M. Babled : Condition ju rid i­
que des indigènes dans les colonies françaises.
— M. Jum elle : Les gommes arab iq u es ; p ro ­
duction et récolte.
12 novem bre, M. D avin : C ultures coloniales.
13 novembre', M. L au ren t : Le plomb.
14 novem bre, Dr R eynaud : L’acclim atem ent
des E uropéens dans les pays chauds.
L undi 16 novem bre, M. M asson : M adagas­
car : population. — Dr J. de Cordemoy : Elevage
bovin en Afrique occidentale et M adagascar.
17 novem bre, Dr R eynaud : Com m ent on se
défend contre le choléra. — M. M asson : La
colonisation grecque.
18 novem bre, M. Babled : Condition jurid iq u e
des indigènes dans les colonies françaises. —
M. Jum elle : Gommes arabiques ; production et
récolte (suite).'
19 novembre,M . D avin : Le coton et sa culture.
20 novem bre, M. L a u re n t : Le cuivre.
21 novem bre, Dr R eynaud : Microbes et m a­
ladies des régions tropicales.
L undi 23 novem bre, M. M asson : Les M alga­
ches et la dom ination française. —■ Dr J. de
Cordemoy : Commerce des bovins à M adagas­
car ; élevage en Nouvelle-Calédonie.
24 novem bre, Dr R eynaud : Les m aladies
propagées p a r l’eau. — M. M asson : Colonisa­
tion grecque et carthaginoise.
25 novem bre, M. Babled : Condition ju rid iq u e
des indigènes des colonies françaises. — M. Ju ­
melle : Les a rb re s à gomme d’Afrique.
26 novem bre, M. Davin : Le coton et sa cul­
tu re (suite).
27 novem bre, M. L au ren t : Le m ercure et l’a r ­
gent.
28 novem bre, Dr R eynaud : A ptitudes phvsiques nécessaires p our être colon. Epoques de
d ép art pour les colonies.
L undi 30 novem bre, M. M asson : M adagascar
agricole. — Dr J. de Cordemoy : Races bo­
vines en Indo-Chine.

Voici les sujets qui seront traités par les
Professeurs des Cours coloniaux pendant le
mois de décembre :
M. M asson : Les m ines, les in d u stries, voies
de com m unication, commerce à M adagascar.
(Lundi). — La colonisation au m oyen âge :
B yzantins et Arabes. (Mardi).
Dr J. de Cordem oy : Races bovines et leur
élevage d ans les colonies.
Dr R eynaud : H ygiène et énidémiologie colo­
niales. — M. Babed : Economie et législation
coloniales. — M. Jum elle : P ro d u its végétaux
des colonies. — M. L a u re n t : P ro d u its m iné­
rau x des colonies. — M. Davin C ultures colo­
niales.

Le Régime douanier Colonial
Chambre de Commerce de Rufisque
('Sénégal)

Procès-verbal de la Séance du 11 mars 190%
Sur la convocation de son Président, la
Chambre de Commerce s’est réunie le mer­
credi 11 mars, dans la. salle delà Mairie, sons
la présidence de M. Escarpit. Président.
Régime douanier à appliquer aux Colo­
nies. — M. le Président fait donner lecture
d’une lettre de M. le Gouverneur du Séné­
gal en date du 29 février, annonçant l’envoi
à la Chambre de Commerce d’une lettre de
M. le Gouverneur Général, d’une dépêche
ministérielle et d’une lettre de l’Union Colo­
niale, au sujet du régime douanier à appli­
quer aux colonies. Lecture est donnée die tous
ces documents qui traitent une question du
plus haut intérêt pour tout le commerce sé­
négalais.
Après un échange de vues, la Chambre
rédige le rapport suivant sur la question :
« La Commission des Douanes et la Cham« bre des Députés ont mis à l’étude la ques« lion de la révision du Tarif général métro« politain des Douanes.
&lt;' Il appartiendra aux Chambres de Com« merce de la métropole de dire si cette révi« si on est une œuvre indispensable ou non.
« Nous ferons seulement remarquer que les
« circonstances qui n’ont-pas permis l’appli« cation au Sénégal du Tarif métropolitain
'&lt; établi par la loi du 11 janvier 1892, subsis­
te tent toujours : les colonies de la Gambie
« anglaise et de la Guinée portugaise qui en­
te clavent notre Casamance (le plus riche des
« territoires du Sénégal), continuent à perce« voir des droits modérés et à traiter sur le
« pied de l’égalité toutes les nationalités et
« toutes les provenances. En sorte que toute
« mesure qui renchérirait encore le coût des
« marchandises dans la Garamance serait
« profitable aux colonies étrangères conti« gués qui ne manqueraient pas de drainer
i' chez elles une partie plus ou moins impor« tante de nos affaires actuelles.
« Les faits ont démontré l’exactitude de no­
ce tre assertion : un décret est en effet inter­
et venu le 31 janvier 1907, pour abaisser les
te taxes qui étaient perçues en Casamance
et sur le tabac, les colas et la poudre, en ver­
te tu. du décret du 14 avril 1905. ces taxes
et ayant été reconnues beaucoup trop élevées
« par rapport à celles perçues dans les colott nies étrangères limitrophes.

�266

L’EXPANSION COLONIAL:

« Nous rappellerons aussi que nos popula­
ce tions indigènes sont excessivement mobi«.les': elles se transportent aisément à des
« distances très éloignées quand elles y trou« vent des avantages. Elles ont vite fait de
« reconstruire leurs cases et de - fonder de
« nouveaux villages.
« A maintes reprises, les taxes exagérées,
« la rémunération insuffisante du travail ou
« le coût trop élevé de la vie, ont amené
« l’exode des indigènes vers des colonies
« plus favorisées. Or, plus que jamais le
« Sénégal a besoin d’attirer à lui les popula­
ce tions indigènes, de les conserver et les faire
« prospérer sur ses territoires.
cc C’est pour' développer le pouvoir de pro­
ie duction de ces populations que nous avons
« entrepris de grands travaux, notamment
« la construction du chemin de fer de Thiès
« à Rayes. Le moment serait donc bien mal
« choisi pour mécontenter les indigènes en
« augmentant leurs charges par suite d’une
« élévation des taxes de douane existantes.
« Il nous faut au contraire, leur faire des
cc conditions d’existence qui les incitent au
cc travail, en leur permettant, d’une part, de
cc retirer de leurs produits des prix rémuné« rateurs, et d’autre part, d’assurer leurs
« besoins en marchandises d’importation à
cc des taux en rapport avec leurs faibles res­
ec sources.
« Ces conditions impliquent un système de
cc taxation qui ne frappe que légèrement les
cc objets ou denrées nécessaires à la vie :
« nourriture, habillement et habitation,
« quitte à frapper plus lourdement tous les
« articles dangereux ou nuisibles, tels que
cc la poudre, le tabac, l’alcool, etc., etc...
« Il faut aussi que notre tarif douanier
« laisse francs de tous droits les produits
cc d’exportation et facilite les échanges intercc coloniaux.
« Dans une assez large mesure, c’est la
« conception libérale que nous venons d’excc poser, qui a prévalu, lors de l’élaboration
« du Tarif douanier qui a été appliqué aux
« colonies du groupe de l’Afrique Occiden­
te taie française, a partir du 14 avril 1905.
« Il est bon de remarquer que la colonie
« du Sénégal, bien avant le décret du
« 14 avril 1905, possédait déjà son autonocc mie douanière et jouissait d’un tarif douaec nier modéré.
« Sous l’empire de ce régime, les importacc tions sont passées de 35.870.000 francs, en
ce 1902, à 53.990.000 francs et les exporta« tions de 25.560.000 francs à 43.800.000
« francs. »
Le tableau ci-dessous donne le mouvement
commercial du Sénégal pendant les années
1902 à 1907 et présente les coefficients du
commerce français :

MOUVEMENT GENERAL DU COMMERCE
DE IA COLONIE DU SÉNÉGAL
(SINE-SALOUM et CAS AMAN CE compris)
Importations
totales
—

Années

—
1902
1903
1904
1905
1906
1907

Francs
35.770.037
51.602.996
49.846.739
53.314.778
54.K55.G70
53.892,754

......
......
......
......
......
......

Exportations
totales

Années

Importations Coefficient
de France du commerce
français
ou Colonies
—
—

Francs
20.443.738
28.609.444
28.8lf.569
30.4d4.467
31.242.982
34.354.807

Coefficient
Exportations
en France du commerce
ou aux Colonies
français

Francs
Francs
19.766.925
25.562.781
40.630.012
29.276.445
29.920.893
20.127.337
24.564.355
17.280.035
35.718.741
26.045.527
43.814.050
32.947.091
(Num éraire non compris).

190-2 ...... ....*
1903 ......
ISO! .......

1965 ......
1906 ......
1907 ......

57 %
55
58
57
57
64

77 %
72
67
70
73
75

La part du commerce français dans nos
importations a été de 57 % en 1905 et en
1906 ; mais, dans les 43 % représentant la
part de l’étranger, figurent de nombreux
articles que la métropole ne peut fournir.
Les principaux sont :
1905

1906

Les Colas .............
Tabacs en feuilles.
H uiles coton .........
La Houille ............
Le Café .................

Francs
2.300.000
1.042.000
1.015.000
2.100.000
435.000

F rancs
2.040.000
1.200.000
850.000
2.600.000
))
))

Total ......

6.892.000

G.690.000

« Si l’on déduit ces divers articles, la part
de la France en 1905 et 1906 remonte à 66 %.
Notre tableau faisant ressortir à 64 % le coef­
ficient du commerce français en 1907, on
peut estimer, pour les mêmes raisons, que la
part de la France sur nos importations de
1907 a été en réalité de 70 à 75 %. La même
année, à l’exportation, la part des produits
français s’élève à 33.000.000 dé francs sur
43.800.000 francs, soit 75 %.
« Des résultats aussi favorables aux tran­
sactions de la métropole démontrent que ce
n’est pas dans l’application du régime doua­
nier métropolitain à toutes nos colonies que
se trouve la solution du problème des dé­
bouchés pour la France. Ce régime ne peut
convenir aux conditions politiques, économi­
ques et sociales particulières à chacune de
nos colonies.
« Il compromettrait le bel avenir du Séné­
gal et des autres colonies de l’Afrique Occi­
dentale française, au grand détriment, du
Trésor métropolitain et de l’industrie fran­
çaise elle-même.
« Les résultats constatés dans notre colonie
sont dûs au nombre et à l’importance des
maisons françaises établies au Sénégal, à la

�L’EXPANSION COLONIALE

fréquence des communications maritimes de
notre colonie avec les ports français, enfin
aux fortes attaches qu’ont de nombreux né­
gociants sénégalais avec l’industrie et le
commerce métropolitains.
« Nous évoquions tout à l’heure le bel ave­
nir réservé au Sénégal : cet avenir est lié à
une production toujours de plus en plus lar­
ge. Actuellement, le quart de nos produits
qui ne sont pas consommés par la, France
(arachides, gommes, caoutchoucs) vont en
Angleterre, en Allemagne, en Hollande, en
Belgique, en Danemark, et, en petite quan­
tité au Portugal.
« La France, à cause de sa natalité sta­
gnante, a un pouvoir de consommation limi­
té. Ce sont donc les pays que nous venons
d’énumérer qui absorberont le surplus de la
production que nous escomptons. Puisqu’il
n’est pas douteux que nous nous trouverons
de plus en plus dans l’obligation de diriger
vers l’étranger les produits de notre sol, il ne
faut pas lui enlever les débouchés qu’il trou­
ve dans notre colonie. C’est, à coup sûr, le
maintien de notre régime douanier libéral,
qui nous assurera, à l’étranger, la continua­
tion d’un traitement favorable au développe­
ment de notre production.
« Comme dernier argument en faveur du
régime douanier institué par le décret du
10 mars 1906 et par celui du 31 janvier 1907,
nous deyons rappeler que c’est sur lui que
repose l’édifice financier qui a permis à l’A­
frique Occidentale française de contracter
deux emprunts se totalisant par 165 millions
de francs.
« Toucher à cet édifice, moins de trois ans
après sa création, serait de la dernière im­
prudence.
« Comme conclusion, la Chambre de Com­
merce de Rufisque émet le vœu que le statu
quo soit maintenu, et, qu’en aucun cas, il ne
soit modifié dans le sens d’une aggravation
des charges.

C H R O N IQ U E
L e C o n g o e m p ru n te 21

m illio n s .

Le Parlement vient d’être saisi d’un pro­
jet dl’emprumt demandé par le gouvernement
dû. Congo', pour pourvoir à des dépenses dont
la colonie doit retirer un indiscutable profit.
Indiquons d’abord que la somme à emprun­
ter est de 21 millions, que le taux d’intérêt
n’excédera pas 4 % et que le gouvernement
de la République- garantit le paiement de
l’arunuité et de l’amortissement, dans d'es
conditions considérées comme avantageuses.
Cet emprunt est la conséquence de l’étude
complète des besoins de la dolonie à la-&gt;
quelle M. Merlin a.procédé aussitôt après sa
nomination comme gouverneur du Congo
français. Il s’agissait surtout de procurer à

267

celui-ci le premier outillage économique qui
lui était indispensable et dont la nécessité
apparaissait encore plus, impérieuse en
voyant l’essor croissant du Congo belge.
Mentionnons aussi sommairement que
possible les principaux objectifs que l’em­
prunt permettra de poursuivre -et de réaliser :
Etablissement d’un câble télégraphique
reliant Libreville et Loango, avec atterris­
sage sur les principaux points de la côte ;
Mise en communication télégraphique en­
tre eux des postes principaux de la colonie ;
Création de routes et de- pistes nombreuses
sur lesquelles les transports pourront s’effec­
tuer par la traction animale ou automobile,
pour arriver à la suppression du portage ;
Aménagement et reconnaissance des cours
d’eau ;
Installations pour les compléments d’effec­
tifs que le Parlement a décidé d’envoyer au
Congo, pour les administrations publiques,
les œuvres d’assistance, les dispensaires, les
hôpitaux, et pour la création d’écoles pro­
fessionnelles et primaires :
Etude définitive des divers réseaux pro­
jetés et détermination de leur mérite respec­
tif au point de vue de l’intérêt général de la
colonie, en vue de leur construction et de
leur exploitation- futures.
L’ensemble de ces travaux et études en­
traîne une dépense de 19.500.000 francs, aux­
quels il y a lieu d’ajouter une somme de
1.500.000 francs affectée en remboursement
de l’emprunt de 1900, ce qui donne un total
de 21 millions.
—Kl—
L 'E x p o s itio n de cao utcho uc.

Nous avons, en scn temps, signalé l’ouver­
ture de l’Exposition internationale du caout­
chouc Londres et le succès die oette mani­
festation qui a permis de saisir sur le vif pour
la première fois, en un raccourci hautement
instructif,toute l’ingéniosité des procédés em­
ployés tant pour la culture et la récolte que
pour l’utilisation industrielle du précieux
produit.
L’Exposition vient de fermer ses portes et
M. Auzepy, consul général de France, vient
de publier un rapport qui en donne une idée
très exacte. Notons-en les lignes principales,
avec l’espoir que, dans un avenir plus ou
moins lointain, Marseille mettra à son tour
en relief un aussi brillant inventaire des ri­
chesses oaoufchoutières de nos colonies.
L’Expôsition de Londres était divisée en
quatre sections.
La première montrait le- caoutchouc au
moment précis où il sort de l’arb-re, ainsi que
les préparations qu’il doit préalablement su­
bir avant d’être admis sur le marché. Les
pays producteurs ont rivalisé d’initiative. A
signaler la très belle série diéchantillons en­
voyée par le gouvernement brésilien. Les

�268

L’EXPANSION COLONIALE

stand-s de la Malaisie,, de Ceylan, des Dé­
troits, de l’Ouganda et du Mexique étaient
très remarqués. Madagascar s’était désinté­
ressé de l’Exposition... En revanche le gou­
vernement néerlandais n’a reculé devant au­
cun effort pour mettre en valeur la produc­
tion des Indes hollandaises.
La deuxième section comprenait tout ce
qui touche aux .opérations du laboratoire,
qui joue, comme on le sait, dans la fabrica­
tion du caoutchouc, un rôle si important.
C’était là que s’ouvrait le cabinet de physi­
que et de chimie, confié aux soins du doc­
teur Fritz Frank, de Berlin ainsi que du
docteur Markwald.
Les applications industrielles multiple-s du
caoutchouc formaient la troisième section,
d’autant mieux remplie que l’imagination
semblait s’être donnée libre cours pour étaler
les mille et une f-oirmes que peut revêtir c-e
produit, notamment les pneumatiques, avec
une véritable exposition rétrospective de cet
article depuis son invention et un parquet en
caoutchouc durci, d’une solidité à toute
épreuve.
La quatrième et dernière section était ré­
servée aux machines servant à manipuler et
manufacturer le caoutchouc, à l’épurer et le
sécher, telles qu’on les emploie dans les
plantations, aux pompes, presses hydrauli­
ques et tout ce que la mécanique a créé pour
venir en aidé à la main-d’œuvre, depuis l’ex­
tension prise par cette culture et cette indus­
trie.
Dix-huit gouvernements étaient représen­
tés, ainsi que trois iournaux spéciaux, la
G'ummi 7 ritu n g , de Berlin, Y India Rubber
World, d-e Londres. YIndia Rubber WorId.éo
New-York et le Caoutchouc et la Gutta-Percha. de Paris.
M. Auzépy termine cet aperçu en commen­
tant très heureusement la question que se
posait un grand journal anglais en sortant
de l’Olympia :
— « Comment l’humanité a-t-elle bien pu
être privée de caoutchouc dans le passé et
comment pourrait-elle continuer à vivre si
ce produit venait, dans l’avenir, à lui man­
quer ? »
—si—
L e p a y s d e la pâte à pap ie r.

La population parisienne vient de faire à
S. M. le Roi de Suède un accueil particuliè­
rement chaleureux. Et la presse française
tout entière a salué en termes très sympa­
thiques la venue de ce monarque dans notre
pays. C’est justice... Et d’ailleurs la Suède,
en fournissant à la France des quantités cha­
que année plus considérables de pâte à pa­
pier, n’alimente-t-elle pas la majeure partie
de nos journaux ? Pendant le dernier mois
du dernier semestre, 8 millions de kilogr.ont
été importés de Suède en France... Et ceci
nous amène à cette constatation pénible,

mais sur laquelle il est toujours bon d’insis­
ter, que nous aurons à quelques heures de
Marseille la plus merveilleuse et la plus
féconde mine de pâte à papier, lorsqu’on se
sera décidé à développer, en Algérie, en vue
de cette utilisation, la culture die l’alfa...
Attendons-nous, pour y songer sérieuse­
ment, que le trust américain dont il était ré­
cemment question l’ait accaparée ?
—la—
L e s é t e r n e l l e s s a c r ifié e s .

Avons-nous besoin d’indiquer qu’il s’agit
de celles de nos malheureuses colonies pour
lesquelles on ne fait rien et on ne semble
vouloir rien faire... Chaque fois qu’on s’oc­
cupe d’elles dans la métropole c’est, semblet-il, pour leur imposer une charge nouvelle
ou leur enlever un de leurs rares moyens
d’existence. Et c’est surtout, en ce moment,
les colonies peuplées de blancs, de Français
d’origine par conséquent, qui subissent
les plus rudes atteintes de l’indifférence
ou du mauvais vouloir de la métropole.
Sait-on cependant tout ce qu’il faut d’ab­
négation et de courage aux blancs des An­
tilles, de la Nouvelle-Calédonie, de SaintPierre-et-Miquelon pour accepter les consé­
quences d’un abandon qui doit leur paraître
d’autant plus pénible que leur vie est plus
dure et qu’elles voient, non loin d’elles, des
colonies étrangères bénéficier d’avantages
économiques et de facilités matérielles en­
viables. Faut-il s’étonner que oes comparai­
sons leur soient mauvaises conseillères et
qu’après avoir aimé et servi la France jus­
qu’à l’héroïsme, sans avoir reçu jamais le
moindre encouragement, leur dévouement
s’émousse et leurs svmpathie9 s’affaiblissent.
Ce qui se passe à Saint-Pierre-et-Miquelon
en est un indice navrant. Certes, il n’est pas
prouvé encore que nos colons aient planté le
pavillon américain sur l’hôtel du gouver­
neur. mais nul ne conteste qu’ils ont mani­
festé leur mécontentement avec quelque ai­
greur non point à propos d’une question
d’enseignement dans les écoles, mais parce
que ces pauvres gens sont menacés, voilà
trop longtemps, dans leurs intérêts vitaux.
En effet : 1° de 1895 à 1900, le commerce
de Saint-Pierre, déjà en décadence, s’élevait
encore, annuellement, au chiffre de 35 mil­
lions d'affaires. Fort péniblement, l’an der­
nier. il a atteint 13 millions.
2° Le nombre des goélettes qui, en 1901,
était de 216, est tombé aujourd’hui à 6é ou
63.
3° Depuis deux ans, le tiers de la popula­
tion des îles, fuyant la misère, s’est expa­
triée. La plupart des ouvriers charpentiers,
menuisiers, voiliers, forgerons et calfats, ont
déserté à l’étranger. Plus de la moitié des
maisons de commerce ont fermé leurs maga­
sins. Une grande partie des maisons d’habi-

�L’ËXPANSION COLONIALE

2(59

tation tombent en ruines ou sont complète­ .5 kilomètres sur 4 qui peut devenir un géant
Adamastor lilliputien, doit" attirer notre
ment abandonnées.
Ce lamentable état de choses tient d’abord attention et mérite la sollicitude nationale.
an Baït Bill qui interdit l’exportation de Un seul anneau brisé rend inutile la chaîne
Terre-Neuve de l’appât à morue (bo'ètle) et de nos possessions^
des mesures douanières de Terre-Neuve. En­
Mais pourquoi cette sollicitude est-elle si
suite à l’abandon du jrench shore, dont les tardive et ne s’est-elle pas manifestée plus
homarderies étaient occupées autrefois par tôt par l’agrandissement des passes de cette
plus de 2.000 pêcheurs français, dont 150 à île, par l’établissement d’un port accessible,
200 des îles Saint-Pierre-et-Miquelon.
voire même par l’érection d’un phare pour
A l’aggravation progressive des impôts que Clipperton devienne l’escale obligée des
qui pèsent sur la colonie, impôts qui, d’une navires faisant route pour Panama ou en
somme totale de 40.000 francs en 1850 ont, provenant ?
par augmentations constantes, atteint un
Craignons que si. sur notre invitation, les
chiffre de plus de 650.000 francs (plus de 130 Mexicains se retirent de l’île qu’ils ont indû­
francs par tête !)
ment occupée, personne dans six mois, en
Aux droits quasi prohibitifs en ce qui con­ France, ne pense plus à Clipperton.
cerne l’entrée du port de Saint-Pierre !3
—ki—
francs par tonneau de jauge : plus que dans
n’importe quel port du monde). Il est à -e
marquer que dans le port anglais vois' • L e s S o u k s d ’A l g e r .
Sidney (Cap Breton), les navires ne -paient
Le Comité qui fait à Alger fonctions de
aucun droit d'entrée.
Syndicat d’initiative a déployé, en ces der­
La colonie française de Saint-Pierre et nières années, d’intelligents efforts pour
Miquelon a droit à des compensations. On faire de.la capitale de la France africaine
n’a jamais songé jusqu’ici à les lui donner. une station d’hivernage accueillante et hos­
M. Milliès-Lacroix vient d’envoyer, là-bas, pitalière. Un autre groupe d’algérois amou­
un gouverneur muni des instructions les reux de leur ville, le Comité du vieil Alger,
plus larges. Il n’est que temps de réagir si vient de son côté de concevoir le projet de
l’on veut ramener à nous les « colonies qui créer au cœur même de la ville tout près de
s’en vont ».
la zaouïa de sida Ahmed ben Cherif, dans
— K l—
les rues Kléber et d’Anfreville si pittores­
ques, dès smrks, c’est-à-dire des marchés
O n re p a r le de C lip p e rto n .
indigènes où seront groupées les, boutiques
Ce petit îlot situé en plein Pacifique et à des marchands de soieries indigènes, des
la possession duquel la France n’avait jus­ fabricants de tapis, les échoppes de bijou­
qu’ici paru attacher qu’un intérêt secon­ tiers arabes ; on y trouvera les merveilles
daire, vient d’entrer en pleine actualité à créées par les dentellières et les brodeuses
la suite d’une tentative d’emprise attribuée mauresques. ■.
aux Mexicains. C’est à qui, maintenant, pro­
Le Comité du vieil Alger se propose un
testera contre cette incursion encore mal dé­ triple but : rendre à une partie des plus inté­
finie, à qui vantera les avantages déclarés ressantes de la vieille ville un peu d’anima­
aujourd’hui inappréciables de cette île ro­ tion, de vie, tout en l’épurant et en la débar­
cheuse.
rassant des tares qui la déshonorent ; conser­
Il n’est pas douteux que tandis que Clip­ ver à la cité son originalité, rendre ainsi aux
perton, se dresse devant l’ouverture de Pa­ étrangers qui la visitent le séjour plus capti­
nama, à l’autre extrémité du Pacifique, le vant ; enfin, sauver de la déchéance certai­
groupe des Hébrides est notre trouée de Bel­ nes industries locales, certains arts indigè­
fort, par laquelle nous devons échapper à nes, qui faisaient autrefois la gloire de toute
l’investissement des Anglais et des Alle­ une lignée d’artistes et la fortune d’une mul­
mands.
titude d’ouvriers. Ce projet — en voie de
Or, le rival qui prendrait les Hébrides réalisation -— vient donc compléter l’œuvre
nous couperait la route ; celui qui occupe­ déjà commencée par renseignement profes­
rait Clipperton l’entraverait pareillement en sionnel des indigènes qu’encourage avec tant
nous privant d’un port de relâche indispen­ de sollicitude le gouverneur général. Les
sable. Nous pourrions être ainsi bloqués et souks d’Alger vont, en effet, en organisant en
immobilisés d’un côté, aux deux extrémités quelque sorte, dans le cadre qu’il convient,
d’une route dont les étapes intermédiaires une exposition permanente de l’art et de
nous appartiennent, alors que de l’autre l’industrie indigène dont nous eûmes à Mar­
côté du canal, l’entrée du passage est reliée seille en 1906 de si beaux spécimens,permet­
à nos ports par les Antilles françaises et les tre aux artisans que forment les écoles,
lignes de paquebots desservant l’Atlantique. d’écouler facilement le produit de leur tra­
Voici comment un petit point perdu dans vail.
l’Océan, invisible sur les cartes vulgaires,
—Kl—
presque inconnu, un rocher micronésien de

�270

L’EXPANSION COLONIALE

L e s d r o i t s du m a r i au L a o s .

Algérie. — Un décret du 22 septem bre régle­
m ente la fab ricatio n et le com m erce cie l’essence
ou huile essentielle d’absinthe et pro d u its assi­
milés en Algérie.
Madagascar. — Un décret du 7 novem bre
supprim e l’article 43 (perm ettant le paiem ent
en or b ru t des taxes am endes, etc.), du décret
du 23 m ai 1907, réglem entant la recherche et
l’exploitation de l’or, des m étaux précieux et
des pierres précieuses à M adagascar.
Un décret du 7 septem bre, approuve une
convention passée entre le m inistre des colo­
nies, ag issan t au nom de la colonie de M ada
gascar et Dépendances, et la Société anonym e
F rançaise du Sam birano, dans laquelle cette
Com pagnie a renoncé aux droits que lu i confé­
ra it un décret antérieu r, m oyennant l’a ttrib u ­
tion en toute propriété d’une superficie de te r­
ra in égale à 1.874 hectares.
Guadeloupe. — Un décret du 9 octobre a u to ­
rise la colonie à em prunter une somme de 1 m il­
lion de francs rem boursable et destinée à po u r­
voir à la réalisation d’une tran sactio n avec le
Crédit F oncier colonial.
Guyane. — Un décret du 27 août porte régle­
m entation nouvelle de la législation m inière
de l’or de cette colonie.

Jusqu’ici la justice n’était rendue à nos
sujets et protégés laotiens que d’après un
amas assez confus de traditions et de coutu­
mes pour la plupart non écrites et dans les­
quelles les juges avaient toutes les peines du
monde à se reconnaître.
Le Gouvernement général de l’Indo-Chine
vient de combler cette lacune en faisant pu­
blier un code des lois laotiennes. M. Salli,
président du tribunal de Saigon qui a pré­
sidé à la tâche délicate d’établir cette codifi­
cation précise, s’en est acquitté avec un soin
louable. Aidé par le Résident supérieur du
Laos, familiarisé de longue date avec les
mœurs du pays, il a évité d’apporter par des
innovations imprudemment inspirées de
nos lois aucun trouble dans la vie indigène.
On en aura une preuve dans l’article 135
relatif au mariage :
« Il n’y a pas culpabilité pénale, dit cet
article, lorsqu’un mari qui ne veut pas ré­
pudier sa femme use de son droit de correc­
tion dans les six cas suivants : 1° si elle s’eni­
vre ; 2° si elle ne s’occupe pas de son ména­
Colonies
ge ; 3° si elle se rend coupable d’adultère;
— A rrêté du 14 septem bre ouvrant
4° si elle manque de respect à son époux ou unTunisie.
de 550.000 fr. p o u r l’ach at de sem en­
à ses beaux-parents ; 5° si elle a bavardé chez ces crédit
de céréales.
les voisins ; 6° si, contrairement aux usages,
Sénégal. — A rrêté du 18 septem bre, a u to ri­
elle reste assise toute la journée, devant la san t le service du chem in de fer de Thiès à
porte de sa maison, sans travailler. »
Kayes à occuper les te rra in s nécessaires à la
Pareille disposition légale n’aurait qu’un construction de la ligne.
Congo. — A rrêté du 24 septem bre, p o rtan t
médiocre succès en France où nous n’admet­
tons pas qu’on puisse frapper une femme, interdiction au commerce des vins et spiritueux
fût elle la sienne, même avec une fleur. 11 titra n t 15° ou plus dans la colonie du Moyenparaît pourtant que les maris laotiens s’en Congo.
Indo-Chine. — A rrêtés du 28 juillet pour la
trouvent fort bien, et que leurs ménages sont protection
de la santé publique dans les villes
rarement troublés ou désunis. Le regretté de Saigon et de Cholon, de H anoï et de HaïRaquez, ses amis s’en souviennent, en avait phong en A nnam et au Laos. — A rrêté du
2 octobre, réo rg an isan t la Commission consul­
souvent témoigné.
tative indigène au Tonkin. — A rrêté du 5
A. G.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS

octobre, réo rg an isan t le service des trav au x
( publics. — A rrêté du 7 octobre,^instituant une
1 Commission à l’effet de rechercher les m oyens
de faciliter l’introduction de m ain-d’œuvre
étrangère en Cochinchinne, au Cambodge et au
Laos.
J. L.

Métropole

-------------------- ------------------------

Protocole international. — Un protocole a été
signé à B ruxelles, le 22 ju illet 1908, en vue de
la suspension tem p o raire de l’im portation et de
la vente des armes, à feu, des m unitions et de
la pou d re ,p a r application de l’acte de B ruxelles
du 2 ju illet 1890, dans l’A frique éq uatoriale.
Gouverneurs. — P a r décret du 24 novem bre,
M. F o u reau . g ouverneur de Ire classe des colo­
nies, est nom m é g ouverneur de la M artinique
en rem placem ent de M. Lepreux, adm is à ’a
re tra ite .
Tunisie. — Un décret du 9 novem bre 1908
fixe à 10 m illions de kilogram m es la q u an tité
d’huiles d’olive et de grignon. d’origine et de
provenance tunisiennes, qui p o u rra être ad ­
m ise en F ran ce du 1er novem bre 1908 au 31
octobre 1909. dans les conditions de la loi du
19 ju illet 1890.

A v is d’A d ju d ic a tio n
Le 7 décembre 1908, à 2 heures du soir,
à Nantes, dans les bureaux du Chef du Ser­
vice Colonial :
Sucre turbiné, 42.780 kilogrammes ; café
vert, 42.210 kiï.; haricots blancs, 34.000 kil. ;
haricots rouges, 33.000 kil.; pois verts, 33.000
kil.; lentilles, 33.000 kil.; barils en bois
blanc, 3.000 kil.; et enveloppes en fer blanc
pour emballage, 400 kil.
Pour renseignements, s’adresser au Secré­
tariat général d:e l’Institut Colonial Marseil­
lais.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

271

340 — M écheria-Aïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500................................
430 —
— — Mouzbab-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
438 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
428 75
500 — Chem, de fer de l’Indo-Cbine
et du Y u n n an , act. 500,
250 fr. nom ................................................
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650. :. ............ 1010 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi. 3 o/o r. à 500
— —
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t..............
431
—

E M P R U N T S CO LO NIA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ............................................. 457 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ...........
44150
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
490 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) .................................. ..
78 70
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
82 50
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
90 40
V A L E U R S M IN IÈ R E S
465 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
-------Cliarb. du Tonkin, act. de 250
►3
1/2 o/o, 1899 ......................
457—
t. p ..................................... 1435
—
-------—
obi. 3 o/o
1902.
406
50
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
480 — E m prunt Algérien, 3 o/o 1902,
rem. à 500.........................
494
50
obi. r. à 500 t. p .. ............. ..
439 25
■500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 l/2 o /o
de 500 t. p .........................
500
—
1897............................................
968 477 50 Algérie-Tunisie (O m n.), obi.
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
4 1/2 o/o rem. h 500...............
457 -—
1895............................................
960 —
— — Kanguet (S. m in . du), act. de
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
500 t. p ..............................
499
—
3 1 /2 o /o l8 9 8 ...........................
471 —
500 — Mokta el Hadiri, act. 500 t. p. 1746 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
500 —
—
act. 500 (400
3 1/2 o/o 1901 .........................
472 50
p., n . ) ............................... 1610
—
492 50 Col. de la M artin iq u e......... ...
471 25
Divers
Le Nickel, act. de 250t. p ......
665 —
470 — A frique Occidentale, 3 o/o 1903,
445 — —
obi. 4 o/o rem. à 500.
513 —
obi. rem. 500 (g ar.)..............
449 50
-------Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
75 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
517 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
B A N Q U E S C O LO NIALES
100 t. p .............................
111
—
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500..........................
4S5
—
Divers
Cic A lgérienne, a c t.d e 500 t. p.
935 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
500 — Créd. Fonc. et A gric. d 'A lg ..
480 —
act. de 500 t, p ....................... 4135 —
—
—
—
lib.
505 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ... 3945 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ......................... • ........... 1418 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A ISE S
de 500 t. p . (n.)......................
260 —
Compagnie
française de l’Afrique Occi­
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
dentale..................(actions anciennes). 3200 —
(n.).............................................. 1100 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
500 — Banque de la M artinique, 500
d e n tale................ (actions nouvelles).. 2095 —
t. p. ( n .) ..............\ ..................
705 —
Cic M arseillaise de M adagascar ............
470 —
500 — Banque de la Réunion, act. de
——
500 t. p. (n ).....................• . . .
300 — M essageries Fluviales de Cochinchine.
Alim a................................................
150 —
Divers
Banque de l’Indo-Cliine, act.
140 —
de 500 (125 p. n o m .).............. 1363 — Alim aïenne....................................................
Congo occidental........................................
150 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
470 —
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
630 — Haut-Congo (Compagnie française du)..
124 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1180 — Haute S angha...........................
H aut-O gôoué................................................
550 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
518 —
de 500 t. p ...............................
64 75 La Kotto........................
Lobay.............................................................
60 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
245 —
5 o/o 420 ...................................
150 — M essageries Fluviales du Congo...........
Sultanats du H aut-O ubangui...................
925 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350...................................
129 — Sociétés des mines de la Haute Guinée :
a c t...............................................................
140 —
CH EM INS D E E E R A L G É R IE N S
Compagnie minière de Guinée: act........
120 —
E T CO LO NIAU X
Compagnie des mines de Siguiri : act.
195 —
500 — Cle Bône-Guelma, a. r. à 600..
674 —
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— obi. 3 o/o r. à 500.
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500 — Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
687 50
Divers
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obi. 3 o/o r. à 500
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500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
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Liiüdi, M ercredi, S am ed i.........

11 h. m at.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
5 h . 20 mat.
5 h. 20 mat.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
10 h . 30 m
10 h. 30m .
3 h. 10 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. m at.
3 h. 10 soir.
10 h. m at.
10 h. soir.
10 h m at.
10 h. m at.
6 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
6 h. 20 soir.
10 h. m at.
10 h. m at.
mat. ou soir
10 h. m at.
10 h. soir.

A lgé rie

»

d ’Alger et d’Oran
d’Alger ............

»

d’Alger et d’Oran
d’O ran...........

D épartem ents

»
»
»

»
»

Voie de Marseille, Cie Glp Trans.
»
T ransp.M ar.
»
T o u a c h e ....
Voie de P ort-V endres.............

-

...........
..........

»

...........

Voie de M arseille, Cil' GleTrans.
))
T ransp.M ar.
))
CB Glc Trans.
»
»
))
»
»
T ransp. Mar.
»
T o u a c h e .. . .
))
C^Gie Trans.
))
Cie Touache.
D
»
.»
Cie des M. M.
Voie de Brindisi, paq. Anglais.
Voie deMârseille, CieFraissinet
))
))
Voie de Bordeaux, Cie d es Charg. Réun.
Voie de Marseille, T ransp. Mar.
Voie de B ordeaux àLisbonne, Cic des M. M.
»
Voie de Marseille
))
))
G*c H avraise
))
))
Cic des M. M.
Voie de B rindisi, paq. Anglais.

de C onstantine.

T u n isie .
I n d o - C h i n e ................
A fr iq u e O ccid e ntale
F ra n ç a ise
S é n é g a l .....................
D jibouti, M a d a g a s c a r ,
R é u n i o n et M a u r i c e
D jib o u ti, M a j u n g a ___j
N ou velle-C alédo n ie j
et N o u v e l l e s - H é b r i d e s )

----

1

7X

- X

Voie deM arseille, Ct° des M. M.
In d e F r a n ç a i s e
Voie d eB rin d isi,p aq . Anglais.
Voie de St-Nazaire, Ci0Gle Trans.
G u ad e lo u p e
l
Voie de Bordeaux,
»
et M a r t i n i q u e
1
Vuic de C herbourg, paq. Anglais.
{ Voie de St-N azaire, CicGl0 T rans.
G u y a n e F r a n ç a i s e ...j Voie d’A m sterdam , paq. N éerl..
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
T ah iti
St-P ie rre -M iq u e lo n

j

)

Mercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Dim anche ...............
V endredi...................
Jeudi et S am ed i.. . .
M ardi.........................
M ardi.........................
S am ed i.....................
Dimanche ...............
Lundi et S am ed i. . .
J e u d i.........................
Lundi et V endredi..
M ercredi............
S am ed i.....................
Ou d im . s u r doux à p . du 6 ja m .
V endredi a p . d . de M arseille . .

12 de chaque mois.
Vers le 20 de chaque m ois.
24 de chaque m ois.
20

»

U Je u d i, 1.1.B jo u rs à p . du 4 ja n r.

10 de chaque mois
25
»
Vers le 20 de chaque mois.
Du dim . su r qu atre à p . d u 2 0 ja n r.

Chaque V endredi .

Tous les 28 jo u rs à p . du 9 déc. l’a v .-r e ille lO li.s .
Du M ercredi su r 4 à p . du 1 6 ja n r. 10 h. m at.

DEPARTS
DES

BATEAUX

1 11. s o i r ..
6 h. s o i r ..
6 h. so ir .
6 h. 15 mat.
6 h. 15 mat.
5 li. s o i r ..
5 h . s o i r ..
5 h . s o ir..
m id i.........
m id i__
6 h. s o i r ..
m idi .......
m id i.........
I h. s o i r ..
7 h s o ir ..
II h. m at...
m id i.........
m id i.......
m id i..
11 h. mat..
11 h. m at..
11 h. m at..
11 h. 36 s.
11 h . m at.

Vendredi a p .-m id i. 10 h. soir.
9 de chaque m o is .. PaTant-Tcille soir.
»
26
»
Le M e rc r.,t. 1.1 4 jours à p . du 4 déc.

»

9 de chaque m o is ..

»
»

V e n d r.,t. 1.1 J jours à p .d u H janv.
Le M e rc i., t. 1.14 jo u rsà p .d u 4 déc.

Voie Le H avre et C herbourg
p a r N ew -York

A rriv é e s à M a rs e ille
A lgé rie :

A lger................................ 1 undi, M ardi, M c r c r .,V e n d r ., D im .
C onstantine p ar P h ilip Mardi, Jeudi, Samedi.
peville et B ù n c ........
O ra n .................................
L undi, M ercredi, Jeu d i, Sam edi.
T u n i s i e .....................
Merci-., V end., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
. .
\ tous les 14 jo u rs.
V. de B rindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
N o u v e l l e - C a l é d o n i e .. Tous les 28 jo u rs.
Voie de B rin d is i.........
Chaque Samedi.
L ’E X P A N S I O N

R é u n io n , M adagas­
c a r et D j i b o u t i . ..
G u ad e lo u p e , M a r t in i­
que, G u y a n e :

Voie
Voie
Voie
Voie

de Saint-Nazaire .
de B ordeaux____
d’A n g le te rre ........
de Marseille ___

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les 1 4 jo u is.
Vers le 13 de ch. mois

A fr iq u e O ccid en tale :

Voie de B ord eau x ........
Voie de L iverpool........
Voie de M arseille ........

Tous les 14 jo u rs.
Environ toutes les 2 sem aines.

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p id ité p a rfa it e s . F a b r iq u é e S A N S A D D I T I O N
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elle r é s is t e à t o u s le s c lim a t s. T r è s r e c o m ­
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En relations directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur toutes les principales Places du Monde entiér et en particulier sur
celles de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C I É T É G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° S o n se rv ic e spécial des c h a n g e s qui achète et vend des monnaies ou
billets de tous pays ;
muet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur les principales Places du monde entier;
Fait toutes opérations de Bourse.
2° S o n s e rv ic e spécial des C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clientèle, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-i’orts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
3° S o n se rvice c o m m e r c ia l traitant toutes opérations sur marchandises,
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fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l’extension des rap p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose no tam m en t de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rechercher les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, ad m in istratif ou économ ique qui lu i p a ­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les rap p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de droit ;
Les m em bres sociétaires fo n d a te u rs;
Les m em bres d on ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teurs sont ceux qui dans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent un concours financier im portant.
La deuxième catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

S e r v ic e s d e l’In stitu t :

Rez-de-Chaussée : Musée Com m ercial.
Salle des Cours Coloniaux.
for étage : Musée Colonial.
3mc étage : S ecrétariat général et B ureaux de
l’In stitu t, B ureau de Renseignem ents.
Pvédaction de V « E xpansion Coloniale ».
C o u r s c o lo n ia u x :

Directeur : M. le Dr H eckel.
P rod u its végétaux coloniaux.

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soit
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n atu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’Institu t.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’A ssociation devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande d'%dbésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p endant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
fau t pay er :
1° Un droit d'adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle do 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o n ateu r il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 francs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs an
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson .

Législation et Économie Coloniales.
M. II. B abled .

Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud .

C ultures coloniales. — Jard in colonial.
M. V. D avin .

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».

M. H. J umelle .

P rod u its anim aux et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M . Jacob DE CORDEMOY.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .

In stitu tio n s c o n n e x e s :

2mo étage : Société de Géographie.
Comité de l’Alliance F rançaise.
3mc étage : S yndicat des E xportateurs.

C om ité d e r é d a c tio n d e 1’ « E x p a n sio n C o lo n ia le »
MM. Adrien Artaud, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnem ents; Louis Y t ier , Vice-Président ; Jacques Léotard. S ecrétaire; P aul Masson, Professeur
à l’Institut, Membre du Conseil.— M.F.. Moriceau, Secrétaire général de l’Institut. - M. Auguste
Giry , ancien Directeur-Adjoint de l'Exposition coloniale.

M a r s e ille

— I m p r i m e r i e d u Sêmavhore, B a r l a t i e r , r u e V e n t u r e . 19.

�SAVON
de la

BONNE MÈRE

'I

50.000

kilos

Ch a r l e s M OREL
---EtApjsTr/".* prArtrjr;zi

�</text>
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                  <text>érecWS7 7 1 )s y
3'“1’ A nnée. — Nu 14

l 'r Ja n v ie r 1909

Le N um éro : 5 0 cen tim es

L'EXPANSION COLONIALE
B U

L L E T I N

ID E

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

1909
S O M M A I R E
PA G ES

Conscription indigène et la Naturalisation
en Algérie, H. B a b l e d ................................................
Institut colonial marseillais.

273

Une culture auxiliaire au Gabon : La farine de
bananes. A. B a u d o n ...............................................
Le Hégime douanier colonial. R apport de la

N om ination .....................................................
N é c ro lo g ie ........................................................
B ureau de R enseignem ents...........................
E x traits de la C o rre sp o n d a n c e ...................
Cours c o lo n ia u x .............................................

276
276
277
279
283

C hronique ................................................................
Actes coloniaux officiels .........................................
Institutions connexes.................................................
Marché des Valeurs coloniales ..............................
Services maritimes postaux ....................... . . .

ABONNEMENT

C ham bre de Commerce de Rufisque (Sénégal)

: F r a n c e e t C o l o n ie s ,

Rue

N o a ille s ,

5

—

6

francs

T é lé p h o n e

M ARSEILLE

; É tranger,

3 6 -9 0

8

fra n cs.

284
285
286
289

290
291
292

�érecWS7 7 1 )s y
3'“1’ A nnée. — Nu 14

l 'r Ja n v ie r 1909

Le N um éro : 5 0 cen tim es

L'EXPANSION COLONIALE
B U

L L E T I N

ID E

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

S O M M A I R E
PA G ES

Conscription indigène et la Naturalisation
en Algérie, H. B a b l e d ................................................
Institut colonial marseillais.

273

Une culture auxiliaire au Gabon : La farine de
bananes. A. B a u d o n ...............................................
Le Hégime douanier colonial. R apport de la

N om ination .....................................................
N é c ro lo g ie ........................................................
B ureau de R enseignem ents...........................
E x traits de la C o rre sp o n d a n c e ...................
Cours c o lo n ia u x .............................................

276
276
277
279
283

C hronique ................................................................
Actes coloniaux officiels .........................................
Institutions connexes.................................................
Marché des Valeurs coloniales ..............................
Services maritimes postaux ....................... . . .

ABONNEMENT

C ham bre de Commerce de Rufisque (Sénégal)

: F r a n c e e t C o l o n ie s ,

Rue

N o a ille s ,

5

—

6

francs

T é lé p h o n e

M ARSEILLE

; É tranger,

3 6 -9 0

8

fra n cs.

284
285
286
289

290
291
292

�IN STIT U T

C O LO N IA L

M A R SE IL L A IS

Fondé sous le haut patronage, de, M. le Ministre, des. Colonies

MM.

Présidents d ' h o n n e u r :.
MM.

Le Gouverneur général de l’A lgérie..
Le Gouverneur général de l’Inda-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général C om m andant en • chef le- XV* Corps
d ’arm ée.
Membres

MM.
Armand. Albert, Membre de la Cham bre de Com­
merce. — B ergassè . H. e t.€ “. — B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Roux, Jules, Com missaire général de l’Exposition
Coloniale de M arseille 19C6: — COMPAGNiE des Che­
m ins dé fer de P aris à Lyon et à la M éditerranée.
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
pagnie M arseillaise de M adagascar. — Comptoir
National d’Escompte de P aris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des M essageries M aritimes. —

Le P réfet des Bouclies-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le Recteur de l'U niversité d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud , Augustin, Président honoraire de

Chambre de Commerce.
Jules, Commissaire général
l’Exposition Coloniale de M arseille 1906;

Charles -Roux,

la .

de,.

1

Desbief , Paul, P résident de la Chambre de Com­
merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de.
la Chambre de Commerce. — Dufay , Gigandet
et C]\ — Gavoty, Charles. — Heckel, Edouard (Dr),
P rofesseur à la Faculté des Sciences, D irecteur du ■
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des T ransports M ari­
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Com mercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser te développem ent du
Commerce et de l’Industrie en France.

Membres donateurs :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier, Paul. —
B erger, C. — Chabrières , Morel et C“. — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et E ntrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
de Navigation (Fraissinet &amp; C1'). — Compagnie de
N avigation Mixte Com pagnie Touache). — Compa­
gnie des V apeurs de Charge F rançais. — Compagnie
Générale F rançaise de Tram w ays. — Cyprien F abp.e &amp; C . — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — D ufour M arius et Fils. — E strine , Lucien,
V ice-Président de la Chambre de Commerce. —
F éraud , A ugustin, P résident honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.,
Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon , Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie F rançaise de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly’ P hat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. P avin de L afarge. — Rastit , Henri. —
R occa, T assy et De Roux. — E. Rodocanachi. —
Rolland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — Rodrigues-E ly, Amédée. — S ociété « la
Morue F rançaise ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube , Ludovic,
V ice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub , Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :
Secrétaire : MM. Artaud , Adrien, Membre de la
Président : M. D esbief , Paul, P résident de la
Chambre de Commerce, Président du Svndicat
Chambre de Commerce.
des E xportateurs ; Barlatier , Paul, directeur
Vice-Présidents : H eckel, E. (Dr), D irecteur-Fonda­
du « Sém aphore de Marseille ».
teu r du Musée Colonial ; P onsinet , A., Chef du
Trésorier : M. Armand, Albert, Membre de la.
Service Colonial ; Dufay, H enri, Ancien ViceChambre de Commerce, P résident du Syndicat
P résident de la Chambre de Commerce.
M arseillais' de la M arine M archande.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane , J., Sous-directeur
d u Com ptoir N ational d’Escompte de P aris à
Marseille.
Membres :

MM.

A llest , J. (D’)t A dm inistrateur-D élégué de la Com­

pagnie G énérale T ransatlantique.
Arnaud . Lucien, Minotier.
B ergasse , Alexandre, Négociant.
B esson . L.. D irecteur de la Compagnie M arseil­
laise de M adagascar.
B lanc, E.. D irecteur de l’Exploitation de la Com­
pagnie des Messageries. M aritimes.
B ohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
A dm inistrateur-D irecteur de la Com pagnie F ra n ­
çaise de l’Afrique Occidentale.
B ourdillon, A., Arm ateur.
Bry , G., Doven de la Faculté de Droit d ’Aix.
Dufour , Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour , .L.Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
E strine , L., Vice-Président de la Ch. de Commerce.
F oijque, Adolphe, P résident honoraire du Syndicat
d’initiative de Provence.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’IIniversité.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
Jacquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociants en cafés.
Joannon. A., Avocat, P résident de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
Jourdan, Félix, Juge au Tribunal de Commerce.

MM.

Léotard, Jacques,

S ecrétaire général de la So­
ciété de Géographie.

Lombard, Emile, Membre de la Ch. de Commerce.
Martin -Laval, F., Vice-Président du S vndicat des

E xportateurs.

Masson , Paul, P rofesseur à l’Université et à l’Ins­

titu t colonial.

Rastit , Henri. Industriel.
Rodrigues-Ely, Amédée,

Ancien M embre de la
Cham bre de Commerce.
Roux. François (De), Ju&lt;m au T rib u n al de Com­
me roe.
T urcat , H., P résident de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
T eisseire , Raymond, Avoué.
U sslaub , Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, M embre-Secrétaire de la Cham­
bre de Commerce.
Ytier , Louis, V ice-Président du Syndicat des
E xportateurs.
Zarifi . Périclès, R a n im er.
D f.i.ibes . J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi , Clément. Délégué du Conseil Municinal.
Maurel, Agricol, Délégué d u Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire général : E. Moriceau, A dm inistrateur
en chef des Colonies en retraite.

��A n c ie n n e

M a is o n

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R u e V a c o n , 51 e t 5 1 1

P A P E T E R I E M A R S E IL L A IS E
R u e P a r a d is , 2 9

—9

�Troisième Année.

N° 14

X t a*— ^

1er J a n v ie r 1909.

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
3-.YV

Conscription Indigène et la Naturalisation
EN

ALGÉRIE

indigènes algériens, si complexe et si déli­
cate par elle-même, a mis à l’ordre du jour
un certain nombre de questions connexes
non moins délicates : la principale est celle
de la naturalisation éventuelle de nos soldats
indigènes après leur libération du service
militaire.
On comptait sur cette perspective pour
créer chez nos sujets musulmans un courant
d’opinion favorable aux mesures projetées.
La naturalisation n’est-elle pas l’unique
moyen de se soustraire au régime arbitraire
de l’indigénat, aux juridictions indigènes
d’exception, aux impôts indigènes ; l’unique
moyen aussi d’avoir accès, sur le même pied
que les colons eux-mêmes, à toutes les fonc­
tions publiques, aux droits d’électorat et
d'éligibilité ?
Aussi ne fut-on pas médiocrement surpris
d’apprendre que non seulement les indigè­
nes algériens n’appréciaient pas cette faveur
de la naturalisation française au prix qu’elle
mérite, mais encore qu’ils la repoussaient
avec la dernière énergie.
Cette surprise générale de nos publicistes
montre qu’on ne s’est pas fait jusqu’ici en
France une idée suffisamment précise des
conséquences juridiques de notre régime
actuel de naturalisation algérïènne et des ré­
formes urgentes que la situation faite à nos
indigènes, en cette matière, paraît devoir
impérieusement réclamer.
Tels sont les deux points que nous nous
proposons d’étudier brièvement.

Une des questions de politique coloniale
les plus épineuses et les plus discutées à
l’heure actuelle est celle de la conscription
éventuelle de nos indigènes algériens.
Afin de parer aux dangers qui naissent de
l’état stationnaire de notre population, et de
la disproportion croissante de nos effectifs
militaires par rapport à ceux de l’Allemagne,
M. Messimy, rapporteur du budget de l’Al­
gérie pour 1909, a préconisé l’incorporation
dans nos contingents d’un certain nombre
d’indigènes de l’Algérie. En effet la popula­
tion arabe de notre seconde France a doublé
depuis cinquante ans ; elle dépasse 4 mil­
lions d’âmes à l’heure actuelle, et pourrait
nous fournir progressivement les éléments
de deux corps d’armée, d’une valeur mili­
taire de premier ordre, si l’on en juge par la
magnifique allure de nos troupes d’Algérie
dans les récentes opérations marocaines.
Mais si la proposition Messimy, très soi­
gneusement documentée, a trouvé auprès
du gouvernement Français l’accueil le plus
empressé, elle a soulevé et soulève actuelle­
ment encore en Algérie, pour des raisons
contraires, les protestations les plus énergi­
ques des intéressés (1). Le recensement
ordonné par le gouverneur de l’Algérie des
classes éventuelles de la conscription indi­
gène a failli provoquer de graves désordres ;
Le seul texte qui régisse à l’heure actuelle
tout fait prévoir que nous devrons nous
la
naturalisation des indigènes musulmans
borner à encourager, par de fortes primes et
de
l’Algérie est le Sénatus-Consulte du
par des avantages accessoires importants,
14
juillet
1865. Aux termes de son article l 6r,
les engagements volontaires de nos indigè­
nes, ce qui permettrait de les élever du chif­ « tout indigène âgé de 21 ans peut être admis
fre actuel de 2.000 à celui de 10.000 environ. « sur sa demande à jouir des droits du ciTel paraît devoir être le maximum actuelle­ « toyen Français : dans ce cas il est régi par
« les lois civiles et politiques de la France.»
ment réalisable par voie d’engagements.
Mais cette question de la conscription des La naturalisation est accordée par décret en
conseil d’Etat après une enquête préalable
(1) Cf. Bulletin du Comité de l'Afrique Fran­ sur la situation de famille, les antécédents
çaise, octobre et novembre 1906, p. 340 et 385.

�274

L’EXPANSION COLONIALE

et la moralité du demandeur. Elle est dis­
pensée des droits ordinaires de sceau exigés
des étrangers.
Les formalités sont donc réduites au mini­
mum. Mais en fait les demandes de natura­
lisation sont demeurées depuis le SénatusConsulte de 1865 à peu près négligeables.
C’est à peine s’il y a en moyenne une trentai­
ne de naturalisations par année sur une po­
pulation indigène qui dépasse actuellement
4 millions d’âmes. De 1865 à 1907 elles n’ont
pas dépassé le chiffre total de 1300. Presque
toutes sont formulées par des sous-officiers
ou officiers au titre indigène qui désirent
passer dans le cadre français.
On peut donc affirmer que malgré tous
les avantages qu’ils pourraient retirer de la
naturalisation française, nos indigènes algé­
riens n’ont rien fait et ne font rien aujour­
d’hui encore pour l’acquérir. Quelles sont les
causes de cette universelle abstention ?
Sans doute, pour un certain nombre en­
core, c’est la haine atavique et irréductible
du Musulman dompté par la force, contre le
Roumi plus fort que lui ; et il n’a pas suffi
pour désarmer cette haine de nous proclamer
grande puissance musulmane, comme l’ont
cru puérilement certains politiciens colo­
niaux qui n’ont jamais quitté Paris.
Mais si pour la majorité des indigènes ces
sentiments hostiles ne sont pas aussi effacés
que nous sommes portés à le croire, ils sont
néanmoins atténués par une résignation fata­
liste à leur situation présente. Nous sommes
pour eux « les maîtres de l’heure », acceptés
comme tels jusqu’à ce qu’il plaise à Allah et
à son Prophète de désigner aux heures futu­
res des maîtres nouveaux.
Pour une minorité enfin, pour une élite
intellectuelle plus tolérante, plus directe­
ment intéressée par sa fortune ou par ses
fonctions au magnifique essor économique
dont nous avons doté l’Algérie, l’hostilité de
jadis a fait place à la reconnaissance et à la
sympathie. Ils nous savent gré de les avoir
associés à notre administration, de leur avoir
fait place dans nos conseils municipaux,
dans nos conseils généraux, dans nos déléga­
tions financières, voire même au Conseil su­
périeur de l’Algérie. Ils aiment cette France
dont le rayonnement et le génie ont vivifié la
terre algérienne ; ils mettent à son service les
vertus guerrières de leur race ; ils n’hésitent

pas à mourir pour elle, et le font joyeuse­
ment, héroïquement, comme hier encore le
fils du colonel Ben Daoud qui tombait com­
me Bayard en s’écriant : « Je meurs pour la
patrie. » Et pourtant, même dans cette fière
et brillante élite de la race indigène, bien
rares sont ceux qui sollicitent la naturalisa­
tion française, si magnifiquement méritée
par leur vaillance et leur loyalisme.
Ainsi parmi les indigènes, quelle que soit
la catégorie considérée par nous, la règle à
peu près universelle est restée en 1908 comme
en 1865, l’abstention. Il est facile d’en trou­
ver la raison déterminante, La naturalisa­
tion, telle que nous la leur offrons, équivaut
pour tout fidèle musulman à une apostasie
véritable.
Par une.des clauses de la capitulation d’Al­
ger en 1830, nous nous sommes formellement
engagés à respecter la religion et les coutu­
mes des indigènes qui allaient passer sous
notre domination. Cet engagement nous
l’avons fidèlement exécuté ; et si nous avons
dépouillé les cadis de leur juridiction tradi­
tionnelle, au profit de nos tribunaux fran­
çais, ces derniers appliquent en Algérie aux
questions de statut personnel des indigènes
la loi coranique dont le caractère est à la fois
religieux et civil. La cour d’appel d’Alger et
la Cour de cassation de Paris l’interprètent
comme pourraient le faire des juges musul­
mans, d’après les doctrines des commenta­
teurs orthodoxes du Livre Sacré.
Or la conséquence de notre naturalisation
française telle que nous l’offrons à nos sujets
algériens est précisément de les contraindre
à renoncer pour l’avenir à ce statut person­
nel dont le caractère est religieux en même
temps que civil, puisqu’il est fixé par le
Coran ; de les assujettir au contraire d’une
manière complète et incommutable aux rè­
gles de notre Code civil. A l’indigène natu­
ralisé, la polygamie sera interdite ; en ma­
tière de conventions matrimoniales,de pater­
nité légitime ou adoptive, de filiation, de
droits successoraux, il lui faudra se soumet­
tre à des règles qui seront en contradiction
presque constante avec la loi du Prophète. Il
devra en un mot se résigner, comme nous le
disions plus haut, à une apostasie journa­
lière.
C’est là un résultat dont nos indigènes,
même ceux qui sont loyalement ralliés à

�L’EXPANSION COLONIALE

275

notre cause, ne veulent à aucun prix. Ils en française plus de soixante mille concitoyens
veulent d’autant moins que ce serait à leurs de couleur plus ou moins foncée. Les uns et
yeux descendre à la même condition légale les autres se virent investis, dans leurs colo­
que les juifs des anciens ghettos algériens nies respectives, de la plénitude des droits
auxquels le Décret Crémieux a ouvert en civils et politiques. On en fit des électeurs
1870 avec une libéralité imprudente les por­ et des éligibles.
tes de la cité française. La plupart, il faut
Il est d’ailleurs juste de reconnaître que ai
bien le reconnaître, avaient beaucoup moins les uns ni les autres ne se sont montrés très
de titres à cette faveur que nos sujets musul­ dignes jusqu’ici de cette double faveur.
mans.
A Pondichéry notamment, l’ingénieux brahIl importerait donc avant tout de ménager mine Chânemougan, dont la mort vient à
soit les croyances, soit même les préjugés peine d’interrompre la lucrative industrie, a
souvent plus forts que les croyances, de nos tenu pendant plus de vingt-cinq ans boutique
indigènes algériens ; de les amener à ambi­ ouverte de suffrages électoraux, a fait et dé­
tionner la naturalisation française, à la solli­ fait à son gré gouverneurs et magistrats,
citer plus fréquemment, à la considérer députés et sénateurs, et payé grassement sur
comme une précieuse récompense de leur ses bénéfices les complicités vénales qui l’ap­
loyalisme à notre égard. Mais nous ne pour­ puyaient en France.
rons arriver à ce résultat qu’en leur laissant
Mais cet honneur à. coup sûr immérité que
toujours, et en tout état de cause, le droit nous leur faisions, nos sujets indigènes l’au­
d’opter entre le maintien de leur statut per­ raient pour la plupart décliné, si nous n’a­
sonnel musulman et l’adoption du statut per­ vions pris soin de stipuler que leur accession
sonnel de notre code. Dans le premier cas, on au rang de citoyens Français n’excluerait
pourrait stipuler par une disposition acces­ pas le maintien de leur statut personnel.
soire, que l’exercice de leurs droits politiques Leur naturalisation n’a donc pas eu pour
serait limité à l’Algérie et cantonné dans une effet de les soumettre à nos lois civiles sur
liste électorale spéciale. Dans le second cas l’état des personnes.
ils acquerraient, grâce à une assimilation
Cette dérogation est d’ailleurs conforme
complète avec nous, la plénitude de nos
aux
engagements que nous avions pris dès le
droits politiques, et les conserveraient même
début
de notre domination. Nous avions pro­
au cas d’un transfert de domicile soit dans
mis
de
respecter les « mœurs, coutumes et
la métropole, soit dans une autre colonie
lois
malabares
&gt;&gt; et d’appliquer ces lois et
Mais ce régime dualiste que nous préconi­
coutumes
à
nos
indigènes, chrétiens, maures
sons n’est-il pas incompatible avec les prin­
et
gentils
(règlement
du 30 décembre 1769 et
cipes ordinaires de notre droit public ? Et
arrêté
du
6
janvier
1819).
d’une manière plus générale, pouvons-nous
Le statut personnel des Indous est réglé en­
permettre aux indigènes de nos colonies de
core
à l’heure actuelle par la loi sacrée de
conserver leur statut personnel, tout en
Manou
qui institue la divisibn fondamentale
acquérant le titre de citoyens français et les
et
intangible
des castes, et fixe pour chacune
droits politiques attachés à cette qualité ?
d’elles
des
règles
spéciales concernant le ma­
L’affirmative ne saurait faire aucun doute.
riage,
la
paternité,
la filiation légitime ou
Car sans sortir de nos possessions, nous pou­
adoptive
et
les
droits
successoraux. Toutes
vons invoquer des précédents qui remontent
contestations
relatives
à ces questions sont
à 1848. A cette époque la politique d’assimi­
dénommées
affaires
de
caste
et jugées par un
lation à outrance qui avait fini par prévaloir
tribunal
spécial
(assemblées
de caste ou gou­
amena nos assemblées parlementaires à con­
verneur
de
la
colonie);
seules
les questions
férer la nationalité française à tous les sujets
relatives
à
la
propriété
et
aux
contrats
relè­
de notre empire colonial, l’Algérie exceptée.
vent
du
droit
civil
français
et
des
tribunaux
Comme conséquence (et sans parler des
Antilles et de La Réunion), nos possessions ordinaires.
du Sénégal nous donnèrent d’un seul coup
De même que nous continuons à appliquer
près de dix mille nouveaux concitoyens de dans l’Inde en matière de statut personnel à
couleur noire, et nos établissements de l’Inde nos concitoyens gentils les lois de Manou, de

�276

L’EXPANSION COLONIALE

même nous appliquons à nos concitoyens ceux de nos musulmans de l’Algérie qui vou­
musulmans les règles du Coran.
draient solliciter, ou à qui nous voudrions
De même encore au Sénégal nos conci­ conférer l’honneur de devenir nos conci­
toyens musulmans se voient appliquer la loi toyens ? Pourquoi ne pas leur laisser l’option
de l’Islam par les tribunaux des cadis de dont bénéficient actuellement leurs coreli­
Saint-Louis, de Dakar et de Rayes, et nos gionnaires de l’Inde ou du Sénégal ? Les
concitoyens fétichistes leurs coutumes loca­ raisons de décider sont absolument les mê­
les par les tribunaux dont relèvent les com­ mes : et les principes de notre droit public
munes de plein exercice.
seraient également sauvegardés.
Sans doute par cette réforme de notre loi
En échange de cette faveur spéciale, la
naturalisation qui leur est accordée n’est pas sur la naturalisation algérienne on n’aurait
la naturalisation pleine et complète ; car elle pas écarté toutes les difficultés d’application
ne leur confère les droits de vote et d’éligibi­ que soulève la question de la conscription
lité que dans la colonie elle-mêmè, de telle indigène. Mais nous pourrions tout au moins
sorte qu’ils ne peuvent être exercés ni par un proposer aux loyaux soldats de la France,
Indou en dehors de l’Inde, ni par un Sénéga- volontaires ou conscrits, une récompense
que leur conscience religieuse leur permet­
' lais en dehors du Sénégal.
trait
d’accepter. Notre naturalisation de fa­
Pour bénéficier de la naturalisation com­
veur
deviendrait
compatible avec les précep­
plète, avec jouissance des dioits électoraux
tes
de
la
loi
coranique
; elle cesserait d’être
en dehors de la colonie, nos concitoyens de
considérée
par
le
plus
grand
nombre comme
couleur doivent faire une renonciation entiè­
re et explicite à leur statut personnel, et se l’équivalent fâcheux d’une apostasie vérita­
soumettre à toutes les lois civiles de la mé­ ble.
H. B a b l e d .
tropole qui s’appliquent aux Français d’ori­
gine en résidence dans les colonies. La
renonciation ainsi faite est définitive et irré•\ocable. Un décret du 21 septembre 1881 en INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
réglemente pour les natifs de l’Inde Fran­
çaise la forme et les effets. Elle est immé­
NOMINATION
diatement transcrite sur les registres de
Nous enregistrons avec plaisir la nomina­
l’Etat-Civil et place pour l’avenir sous la ju­ tion par le Ministre des Colonies sur la pro­
ridiction intégrale de la loi française, en position de M. Klobukowski, gouverneur
outre de la personne même du renonçant général de l'Indo-Chine, de M. Alfred Meynard, en qualité d’Assistant de l re classe des
celles de sa femme et de ses enfants mineurs. Musées Commerciaux de l’Indo-Chine, dé­
C’est donc pour les renonçants et pour eux taché à l’Institut Colonial de Marseille pour
seuls que se vérifie cette formule classique : y représenter les intérêts économiques de
« sur toute terre française la nationalité notre grande colonie d’Extrême-Orient.
Nous remercions vivement l’éminent Gou­
« doit être une comme la patrie ». Seuls des verneur
général de cette nouvelle marque
renonçants, s’ils viennent à s’établir dans une d’intérêt en faveur de notre Institut et nous
autre colonie que l’Inde, la Cochinchine par sommes heureux de nous voir assurer, pour
exemple, peuvent y réclamer comme les cette grande colonie, la collaboration d’un
Français d’origine l’inscription de leurs homme très sympathique et très colonial.
noms sur les listes électorales.
NÉCROLOGIE
La faculté de renoncer à leur statut per­
Nous avons appris, avec un vif regret, la
sonnel n’a été explicitement prévue et régle­
mentée que pour les natifs de l’Inde Fran­ mort de M. Lucien Brun, membre adhérent
çaise. Mais il est clair que les mêmes raisons de l’Institut Colonial Marseillais, décédé à
Paris, le 3 décembre.
de décider et les mêmes conditions seraient
M. Lucien Brun, chef de l’importante mai­
valables pour nos Maoris de Tahiti et nos son établie 19, rue des Halles, à Paris, était
Sénégalais de l’Afrique Occidentale Fran­ conseiller du Commerce extérieur et occu­
pait une place importante dans le monde des
çaise.
Pourquoi dès lors ne pas appliquer les affaires.
Nous adressons à Madame et à Mademoimêmes règles et les mêmes distinctions à | selle Brun, ainsi qu’à leur famille, l’expres-

�L’EXPANSION COLONIALE
sion de nos bien sincères condoléances, à
l’occasion de la perte douloureuse qu’elles
viennent d’éprouver.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

1° M. H... a demandé des renseignements
sur le commerce de la cire d’abeilles à Ma­
dagascar ; il a signalé l’importance du mar­
ché russe pour cet article.
Madagascar est très riche en ruches sau­
vages, on les rencontre en grande abondance
dans toutes les forêts de l’île et cette colonie
exporte annuellement environ 260.000 kilo­
grammes de cire pour une somme d’environ
700.000 francs.
Les indigènes préparent la cire d’une fa­
çon très primitive et ne connaissent aucun
moyen pratique pour l’épurer.
La cire vaut communément sur place de
1.55 à 1.58 le kilo, suivant qualité.
Il n’est pas douteux que l’élevage des
abeilles ne donne à Madagascar de beaux
bénéfices, les fleurs abondent dans toutes les
forêts et le miel y est d’excellente qualité.
La cire de rafla peut devenir intéressante,
son prix serait à peu près le même que celui
de la cire de cardauba, laquelle elle ressem­
ble beaucoup et qui a un cours sur les mar­
chés européens.
2° M. A..., ingénieur des mines, se propo­
se d’exploiter le cristal de roche à Madagas­
car et a demandé des renseignements sur les
chances' de succès de son entreprise. *
Le cristal de roche se rencontre fréquem­
ment dans l’île et a été autrefois l’objet d’un
commerce important.
On en trouve notamment dans la région
du Vanikantaratra où il est l’objet d'une
exploitation. Il v aurait lieu, ainsi que le fait
très justement observer notre correspondant
à Tananarive, dans sa lettre du 30 septem­
bre de procéder sur place à un triage minitieux, de façon à n’envoyer en Europe que
des cristaux de première qualité.
L’exploitation du cristal de- roche est diffi­
cile dans la colonie en raison des difficultés
de transport, mais le prix assez élevé que
peuvent atteindre les belles qualités, permet
cependant d’en faire avantageusement l’ex­
portation.
3° M. D... a demandé les facilités que peu­
vent trouver les touristes au Maroc, où il se
propose également de faire un voyage d’étu­
des.
A Tanger, les bons hôtels sont nombreux ;
à Casablanca, on trouve un bon hôtel fran­
çais ; les voyages à cheval dans l’intérieur
sont parfois dangereux tant dans le voisi­
nage de Casablanca, que dans celui des au­
tres ports et il y a lieu d’être très prudent,
d’être muni d’une pièce émanant des auto­
rités locales et d’être accompagné par un
agent du Maghzen.
4° Le 10 décembre, M. Isaïe Préfontaine,

277

l’éminent président de la Chambre de com­
merce de Montréal, de passage à Marseille,
est venu visiter l’Institut et a fait part de
l’intention du gouvernement canadien de
créer à Montréal une école supérieure du
commerce ; il a demandé au Secrétaire gé­
néral quelques renseignements sur le pro­
gramme des cours coloniaux professés à
l’Institut et a accepté l’échange des publica­
tions de la Chambre de Commerce qu’il pré­
side avec tant de distinction et d’autorité,
avec le Bulletin de l’Institut Colonial Mar­
seillais.
5° M. Gustave Imhaus, Directeur de l’im­
portante maison de librairie Berger Levrault, de Nancy, et Commissaire de la sec­
tion coloniale de la future Exposition de
Nancy s’est rencontré au Bureau, avec M. le
Vice-Président Dufay avec lequel il s’est en­
tretenu du concours que l’Institut Colonial
Marseillais pourrait apporter à cette Expo­
sition.
Il serait très intéressant de faire apprécier
à une région industrielle par excellence,
comme la région de l’Est, les services que
peut rendre une Société qui a pour but de
développer les relations commerciales en­
tre la France et ses colonies, de signaler
aux industriels de cette région les avantages
qu’ils retireront de l’Exposition de leurs pro­
duits dans les vitrines du Musée commercial
et de les mettre à même de trouver à l’Insti­
tut les moyens d’être exactement renseignés
sur les affaires coloniales.
M. Dufay a fait connaître à M. Imhaus
qu’il saisirait le conseil d’administration de
celte question dont il reconnaît toute l’im­
portance en ce qui concerne à, la fois, l’Insti­
tut Colonial Marseillais et la région de l’Est.
6° M. H.-M. W..., négociant à Melbourne,
après avoir visité le Musée commercial, a
demandé des adresses de maisons fournis­
sant certains des produits exposés. Il a re­
connu que les soieries indo-chinoises pour­
raient trouver en Australie un débouché im­
portant et s’est enquis des conditions dans
lesquelles il pourrait entrer en relation avec
les producteurs. Il a été frappé de l’excelienfe qualité des cotons d’Indo-Chine et d’Al­
gérie et exprimé le vœu que ces colonies
fournissent dans un avenir prochain, de très
grandes quantités de ce textile.
7° M. A .. a demandé des renseignements
sur le commerce des tamarins dans l’Inde.
Les gousses de tamarins sont très emnloyées en Italie pour la fabrication de cer­
taines boissons rafraîchissantes et économinues. elles proviennent en grande partie de
la côte du Malabar ; Bombay commence à en
exporte_r, mais les qualités de cette dernière
provenance sont inférieures à l’article ve­
nant de Madras ou de Pondichéry.
Le tamarin est également employé en
pharmacie.
8° M. B .. s’est informé si l’on pouvait
trouver dans nos colonies, les terres rares

�278

L'EXPANSION COLONIALE

ou les métaux fournissant les produits cou­
ramment employés aujourd’hui dans les
nouveaux procédés d’éclairage.
Cette question bien que présentant un très
grand intérêt pour l’industrie française, qui
■est obligée dl’acihèter à l'étranger tous ces
produits, n’a pas encore attiré l’attention de
nos colonies.
On sait que les lampes à incadescence
avec filament de charbon ne sont pas sans
inconvénients, le charbon brûle et noircit
les verres, aussi a-t-on constamment cher­
ché à le remplacer par des filaments métal­
liques pouvant supporter des températures
très élevées.
Après de nombreux essais, qui avaient
presque tous échoué devant la difficulté d’é­
tirer ces métaux en fils d’un diamètre très
petit, afin de réduire la conductibilité élec­
trique, on est cependant arrivé à construire
des lampes dont lesquelles on utilise des fils
d’osmium, de tantale, de wolfram, de zircon
et d’autres où l’on emploie des oxydes de
thorium, de zircon, etc.
Ces lampes ont en outre, l’avantage de
consommer moins de courant que les lam ­
pes à filament de charbon ; ainsi, la consom­
mation de ces dernières étant de 3.5 watts,
celle des lampes à filaments métallisés n’est
que 2.5,1a lampe tantale consomme 1.7 watt,
la lampe osmium 1.5 et la lampe Nernst 1.3.
Parmi ces métaux, il en est plusieurs dont
la présence a été constatée dans nos colonies,
le wolfram existe en Ïndo-Chine et en Nou­
velle-Calédonie, ainsi que nous l’avons fait
connaître dans notre numéro du 1er novem­
bre et l’on a trouvé à Madagascar dans une
syénite très abondante dans la province de
Nossi-Bé, des traces de pyrochlore, minerai
complexe contenant du tantale et du tho­
rium (1). Les analogies déjà signalées entre
les syénites de Madagascar et celles du SudEst de la Norwège, des monts Illmène en
Russie, de la Nouvelle-Zélande, du Texas,
de la Caroline du Nord, etc..., d’où l’on ex­
trait le zircon, semblent faire prévoir la pos­
sibilité de-trouver ce minerai dans notre co­
lonie de l’Océan Indien.
L’Institut Colonial Marseillais écrit aux
gouverneurs généraux de l’Indo-Chine et de
Madagascar et au Gouverneur de la NouvelleCalédonie de bien vouloir demander au ser­
vice des mines dans ces colonies, de s’occu­
per de cette très intéressante question et il a
également prié M. Lacroix, le savant géolo­
que du Muséum, de lui donner des indica­
tions utiles sur les points où il serait possible
de faire organiser des recherches.
9° M. M. a demandé des renseignements
sur les mines d’or de Madagascar et sur leurs
chances d’avenir.
Madagascar a fourni de 1900 à 1905, une
(1) Le Musée colonial contient un échantillon
de- cette syénite avec cristaux de pyrochlore.

quantité d’or considérable que l’on peut
évaluer à 30 millions, sans compter l’or
exporté clandestinement ; cet or a été entiè­
rement produit par l’exploitation d’alluvions au moyen de la main-d’œuvre indi­
gène.
Jusqu’à ce jour, les quelques recherches
entreprises ne semblent pas avoir révélé
d’une façon bien précise, la présence de vé­
ritables filons, cependant dans le placer
Mortages et Grignon, tout semble faire sup­
poser que l’on est sur un filon de galène
probablement, dont la partie supérieure est
très riche en métaux précieux, La produc­
tion d’or de ce seul placer a été de 1.500 kilos
depuis le commencement de l’exploitation.
Ce remarquable gisement est d’ailleurs,
dans une formation sédimentaire apparte­
nant au lias, alors que tous les autres gise­
ments découverts jusqu’à ce jour sont situés
dans des terrains primitifs où la présence de
l’or ne semble due qu’à l’action de l’éro­
sion d’une infinité de veinules qui se croisent
et s’entrecroisent dans les gneiss, sans qu’on
ait encore rencontré nulle part un gite de
véritable importance industrielle.
De temps en temps, ces veinules se réu­
nissent pour former une lentille d’un certain
volume et d’une assez belle teneur ; on croit
alors tenir un filon et c’est à cette illusion
qu’il faut attribuer les nombreuses décep­
tions qui ont été signalées et qu’on ne man­
quera pas de signaler encore dans l’avenir.
En ce qui concerne les alluvions, il n’est
pour ainsi dire, pas de rivière à Madagascar,
qui ne donne des traces d’or ; certaines
d’entre elles sont exploitées depuis plusieurs
années et fournissent assez régulièrement
une quantité d’or importante. Il faut recon­
naître que l’on n’a entrepris nulle part de
travaux sérieux de recherche, les prospec­
teurs sont en général très peu expérimentés
et l’industrie minière à" Madagascar se borne
à peu près, à l’achat aux ouvriers indigènes,
à un taux déterminé, de l’or qu’il recueillent
à la. bâtée sur les concessions appartenant
aux Européens. On se heurte à Madagascar
à des difficultés sans nombre pour le trans­
port du personnel, du matériel, des vivres et
comme si ces difficultés inhérentes à tout
pays manquant de voies de communication et
d’animaux de transport, n’étaient pas suffi­
santes, on doit encore subir les conséquen­
ces d’une législation minière dépourvue de
toute bienveillance à l’égard de ceux qui
voudraient exploiter sérieusement leurs con­
cessions. Sans parler des frais considérables
qu’entraîne une demande de concession mi­
nière, dès formalités excessives qui décou­
lent de la tenue minutieuse de registres
qu’on oserait à peine imposer à des exploi­
tations dans la métropole, des cartes qu'il
faut fournir à l’appui de sa demande dans
un pays où les déplacements de géomètres
sont- très onéreux, etc., etc., le concession-

�L’EXPANSION COLONIALE
naire est tenu de donner à la colonie, 7 % de
son produit brut.
Si l’on consulte la statistique publiée par
le ministère des colonies pour 1905 (dernière
statistique publiée) on voit que 10 sociétés
ont produit à elles seules 871 kilos d’or, que
six particuliers ont obtenu 355 kilos, douze
autres, 305.
Sur 94 exploitants, détenteurs de 310 per­
mis d’exploitation, on trouve donc que ces 28
mineurs ont fait 1531 kilos sur les 1875 kilos
produits en exploitation en 1905.
L’or produit en permis de recherches s'é­
levait à 495 kilos pour 196 prospecteurs. Si
l’on tient compte que, dans ce nombre figu­
rent, pour une très grande proportion, les
détenteurs rie permis d’exploitation, on peut
affirmer :
1° Que 30 exploitants ont fait un bénéfice
global de 750.000 fr.
2° Que 25 exploitants ont eu un bénéfice
global de 100.000 francs ;
3° Que 10 autres prospecteurs sont arrivés
à couvrir leurs dépenses ;
4° Que les 130 mineurs restant, ont perdu
ensemble 200.000 francs.
L’industrie aurifère laisse à la main-d’œu­
vre locale, plus de 6 millions de francs, elle
paie 750.000 francs de redevances et rapporte
aux exploitants un maximum de 650.000
francs (1) !
Il devient urgent de modifier la réglemen­
tation minière si l’on veut que des capitaux
soient encouragés à s’intéresser aux exploi­
tations aurifères de Madagascar. La loi du 21
août 1810 est tout indiquée pour remplacer
une législation qui semble n’avoir pour but
que de créer des ressources au Trésor, et ne
tient aucun compte des innombrables aléas
de toutes sortes qu’entraînent la recherche
et l’exploitation des mines, dans un pays
sans routes, sans cartes, sans personnel vrai­
ment technique, où il faut que l’exploitant
fasse, sans possibilité de recourir à des ate­
liers voisins, toutes les dépenses d’installa­
tions de son matériel, celles de construction
de routes, celles de nombreuses études préa­
lables et doit disposer par conséquent, d’un
capital bien plus élevé que celui qui lui se­
rait nécessaire en France. Qu’on y ajoute les
frais de transport de ses machines, les droits
d’entrée qu’il devra payer pour elles, car la
France n’en produit pas et l’on verra à quel­
les difficultés on se heurte : aussi tant que la
législation actuelle sera en vigueur, tant que
le pays ne sera pas mieux connu, il sera dif­
ficile d’engager des capitalistes à placer leur
argent dans les entreprises minières.
El cependant de nombreux gites alluvionaires de très grande étendue, d’une capacité
de plusieurs millions de mètres cubes, d’une
teneur rarement inférieure à 0 gr. 7 et allant
assez fréquemment à 2 et 3 grammes au
(1) Revue économique et financière de Madagas­
car, article de M. F. Elié.

279

mètre cube, seraient exploitables industriel­
lement ; enfin, bien qu’à part le gisement
Mortages et Grignon, on n’a.it pas encore
reconnu de véritables filons aurifères,-il n’est
pas impossible qu’on en rencontre dans cer­
taines parties de l’île, où des filons de diorite bien définis et- très minéralisés ont été
observés par plusieurs explorateurs.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
T u n is ie . — A p ic u ltu r e

De M. Bourgeois, ex-aviculteur de l'Ecole
Coloniale d'apiculture de Tunis, apiculteur à
Bir-Bou-Rekba (Tunisie).
Les abeilles pour p ro sp érer ont besoin de
beaucoup de nectar et de nollen. Q uand on
veut faire de l’apiculture p a r spéculation et
s’éviter des insuccès et des déboires, il est in ­
dispensable de bien connaître la flore et la r i­
chesse m ellifère de la région que l’on
exploite.
Les ressources m ellifères sont considérables
en Tunisie, la prem ière floraison commence en
octobre avec les pluies d’autom ne, su r les
caroubiers, les rom arin s, les bruyères et les
arbousiers et pour beaucoun de régions se con­
tinue tout l’hiver. La deuxième floraison a lieu
au printem ps, su r les arb res fru itie rs et d’or­
nem ent, su r les plantes fo u rragères, in d u s­
trielles et sauvages. E n été. juin, juillet, il y a
une forte miellée su r les thym s, les eucalyptus,
et les faux poivriers, et quelquefois du m iellet
su r les arb res verts.
E n résum é p a r suite des te rra in s et cli­
m ats divers, la flore nectarifère est excessive­
m ent longue et variée, il y a tro is éopques
d’activité abeillère, chaque saison fo u rn it de
10 à 12 kilos de miel, soit po u r l’année plus de
30 kilos p a r colonie.
Les vignobles et les gran d es cu ltu res de cé­
réales sont sans profit aux abeilles, d’u n au tre
côté les vignerons ig n o ran ts sont assez portés
à croire que les abeilles dévorent les ra isin s
sains.
» P a rm i les régions favorables à l’ap icu l­
tu re form ant, pour la p lu p art, des centres de
production, on peut citer : P ont-de-T rajan,
Oudien-al-Khil, Bes-Chouk.. Douémis, Makhechbia, Sid;-M ahmoud, les environs de KsarTyr, Medjez-el-Bab Testour, O ued-Zarga. le
Goubellat dans le contrôle de B éja ; Arab-Majour. les Kroub, le djebel K hopta et D jaziretBizerte, dans le contrôle de Bizerte ; G henini,
Menzel dans le contrôle de Gabès ; le djebel
Triff, le djebel Douela les m ontagnes du Takelsa et Bir-Bou-Rekba dans le contrôle de
G rom balia ; en général, toute la p artie nordouest du contrôle K heirouan ; la plaine d’ElMor, 1° te r r ;toire des Ouern-ha d an s le contrôle
du Kef ; K halifalik de la R essers, le B argou,
le djebel B eliola dans le contrôle de M actar,
les territo ires des O ulad-Thrif. des Oulad-Abdessem ia, des O ulad-K houalgina, des OuladDebala, le djebel G ham bi et le djebel Selloum,
d an s le contrôle de T hala, toutes les régions en
u n m ot où le sol se couvre spontaném ent de
plantes arom atiques telles que thym , ro m arin ,
géranium , passerine. etc., et celles où l’on en-

�280

L’EXPANSION COLONIALE

tre tie n t des ja rd in s et des vergers im portants.»
(P. R obinet et F ondrevay).
Nous avons déjà visité et contrôlé un g rand
nom bre de régions indiquées n a r MM. P. Ro­
binet, p ro fesseur à l’école d’a ericu ltu re colo­
n iale et Fondrevay, du b u reau du Commerce
de la Régence, nous continuerons dans nos
m odestes ressources l’étude su r le vif p our pré­
p a re r la carte apicole de la Tunisie. Les p er­
sonnes qui h ab iten t les régions ci-dessus, nous
a id e ra ie n t énorm ém ent en nous com m uni­
q u a n t leu rs observations et leu rs avis su r la
floraison et su r l’exploitation des abeilles dans
leu r entourage, au besoin nous pourrions-nous
ren d re s u r place p our u n e étude complète.
P o u r exploiter d’une façon com plète, toutes
ces m iellées successives, l’apiculteur industriel
d evra fa ire de l'apiculture pastorale. P o u r ce
genre d’exploitation, ” fa u t une ruche et des
tra v a u x appropriés. Après de coûteux essais et
de nom breuses com paraisons, la ruche colo­
niale p asto rale nous p a ra ît la plus sim ple et la
p lu s lucrative. Nous avons rem arq u é ce mo­
dèle à l’Ecole Coloniale d’A griculture de Tu­
n is ; les a u tre s modèles réussissent, m ais sont
tro p coûteux et trop encom brants p our une
exploitation intensive et industrielle de l’a ­
beille.
,
L a vente du m iel a lieu su r les principaux
m archés de la Régence : Béja. Medjez-El-Bab,
Testour, Bou-A rada. M ateur. Bizerte, MenzelBou-Zelfa, K airouan, Sousse, T ébourba et Tu­
nis.
Le p rix en est relativ em en t élevé : 70 fran cs
environ p o u r des m iels de presse souvent m al
épurés. Les m iels blancs surfins d’ex tracteurs
v alen t de 130 à 150 fra n c s le q u in tal en demigros. Les m iels en ray o n s v alen t dans les cen­
tres E uropéens de 150 à 200 fran cs et souvent
plus. Les m iels puniques en rav o n s se conser­
v ent trè s longtem ps sans se c rista llise r su rto u t
ceux de labiées.
Le m iel b ru t indigène avec la cire, to u t ve­
n a n t se vend environ s u r place 80 fr. les 100
kilos.
L a consom m ation en est trè s g ran d e, su rto u t
chez les indigènes A rabes et Israélites, qui
l’em ploient en grande q u an tité les jours do
fêtes, en p âtisserie et comme rem ède général
d ans toutes les m aladies.
L a consom m ation locale v arie avec la pro­
duction, elle est d’environ 300 tonnes, elle est
apte à doubler et l’exportation p o u rra it prendre
une grande extension. Les m iels puniques sont
recherchés p a r l’Algérie et p a r les négociants
du Nord, p our leu rs p arfu m s délicats, accen­
tués, et p our faire des coupaees.
Les pâtissiers indigènes em ploient en q u an ­
tité les m iels parfum és d’été ; les fabriques
fran çaises de p ain s d’épices et de nougat,
p o u rra ie n t l’em ployer avantageusem ent, comme
prix et qualité en rem placem ent des m iels du
Chili san s goût et toujo u rs m élangés. Nos m iels
p uniques sont si forts et si n o u rrissa n ts qu’un
litre équivaut à 3 litres d’une au tre provenance,
p o u r la chocolaterie, la bonbonnerie et la p âtis­
serie au miel.
Le m iel de T unisie varie de couleur suivant
son origine ; celui qui provient des Labiées,
telles que thym s, rom arin, serpolet est géné­
ralem en t très blanc, arom atique et agréable.
Quelle que soit le u r origine, les m iels de Tu­

/

nisie deviennent très lentem ent et même diffici­
lem ent grenus.
Deux échantillons de miel prélevés aux ruches
de la Ferm e d’Expérience et analysés p ar iM.
P. Robinet au laboratoire de l’Ecole coloniale
d’A griculture, ont donnés les ré su lta ts suivants :
N° 1
N° 2
E au ........................... .. 22.85 %
Cendres .................... .. 0.06
Sucres réducteurs ... 72.64
Saccharose .............. .. 4.45
Totaux ......

100.00 %

23.00 %
0.07
70.68
6.25
100.00 %

D’après les savantes recherches de M. Albin
Caillas les m iels de Tunisie co n tiendraient du
radium .
Les cires puniques sont de prem eir choix,
elles blanchissent très facilem ent, aussi sontelles recherchées p a r les ciriers blanchisseurs
et les fabriques de cire gaufrée ; elles le seront
encore davantage quand elles seront plus con­
nues et mieux présentées.
De ce côté, les débouchés sont nom breux : la
France, la Russie, l’Allemagne et l’A utriche
sont les principaux acquéreurs. A notre arrivée,
dans ce pays, on cotait les cires 250 fr., elles
valent actuellem ent 330 fr. ; la dem ande étan t
constante, le prix de 350 fr. ne ta rd e ra pas.
D’après MM. B ertainchand et M acille la den­
sité des cires puniques v arieraien t entre 0°965
et ü°9705 ; la /n o y e n n e du point de fusion serait
com prise efflre 61° et 64°, l’acidité libre (acide
cérotique) entre 17°4 et 20°5 et les acides com ­
binés (myrcine) entre 69°7 et 81°2.
M. Robinet précité suppose que les abeilles
puniques peuvent récolter de la cire végétale.
Nous avons rem arqué cette récolte, au rucher
de M. Bordier, député, les jo u rs chauds ou les
abeilles n ’ont rien de mieux à faire. C’est p ro ­
bablem ent cet ap p o rt qui d o n n erait aux cires
puniques une com position un peu spéciale.
(A suivre.)
LETTRES DE NOS CORRESPONDANTS
T u nisie

Essor m in ier (Suite)
Le décret du 10 m ai 1893 déterm ine le régime
légal des m ines en Tunisie ; il réglem ente les
trav au x de recherches, ainsi que les conditions
de l’occupation tem poraire, à laquelle ceux-ci
peuvent donner lieu.
Il distingue les m ines p ro p re m e n t dites des
carrières.
Les m ines sont propriétés dom aniales.
Les carrières resten t la propriété des pro­
p riétaires du sol.
Sont déclarées m ines : les houilles et leurs
dérivés le bitum e, le pétrole, les au tres huiles
m inérales, les substances m étallifères, le sel
gemme, les sources salées.
Sont considérés comme carrières : les gîtes
non classés comme m ines, tels que : ardoises,
argiles, grès, m arbres, p ierres à chaux, à p lâ ­
tre, à fusil à foulon, à poteries, les engrais, etc.
La législation propre aux phosphates de
chaux (classés p arm i les carrières) a été établie

�L’EXPANSION COLONIALE
p a r les décrets des l or décem bre 1898 — 2 dé­
cembre 1898 — 22 août 1900 et le réglem ent du
2 décembre 1898.
Le pro p riétaire, en toute propriété c'est-àdire en lan g u e a rab e « Melk » d’un te rra in
phosphate a le droit de faire dans son dom aine
tou te recherché de phosphates ; il a l a Pleine
propriété des gisem ents découverts, m ais si le
te rra in est « habbous » c’est-à-dire grevé d’une
fondation pieuse, ou dom anial. le p rospecteur
ne p eut en trep ren d re dés fouilles sans dem an­
der le perm is dé les faire et en- cas de succès
ses droits se lim itent au dixième du prix a u ­
quel l’exploitation se ra adjugée, l’a d m in istra ­
tion re s ta n t libre de procéder quand elle vou­
d ra à cette adjudication.
L a différence entre les droits des inventeurs
des m ines et ceux des inventeurs dé phosphates
en te rra in habbous ou dom aniaux réside donc
Surtout en ceci, q u ’en m atière de m ines la
p rio rité de la dem ande de perm is donne u n
droit de prio rité su r l’obtention de la conces­
sion, tan d is que quand il s’a g it de phosphates
habbous ou dom aniaux l’in v en teu r n ’a au cu n
droit de préférence pour obtenir la concession
de l’exploitation, celle-ci est donnée p a r a d ju d i­
cation, m ais il a droit à dix pour cent du m on­
ta n t de l’ad ju d icatio n et ce p en d an t toute la
durée de l’exploitation.
Tel est le systèm e actuellem ent en vigueur
dont je n ’énonce que les g ran d es lignes e t,'sa n s
aller plus loin, je tiens à en sig n aler les incon­
vénients, m ais je tiens au ssi à d éclarer que je
me reconnais incapable d’indiquer les m oyens
de rem édier à ceux-ci, sans froisser les intérêts
d’u n certain nom bre de détenteurs actuels.
Je n ’ap p re n d ra i rien à personne, en effet, en
d isan t q u ’en général les phosphates se tro u v en t
dans des te rre s peu fertiles, souvent même
com plètem ent stériles, des te rre s m ortes, en u n
m ot ; or, il existe de foute an tiquité en Tunisie
un usage qui fa isa it considérer les terres in ­
cultes comme « res n u lliu s ».
C’est là, que le fellah, dépourvu de to u t bien,
pouvait librem ent conduire son m aigre tro u ­
peau £ t de.m êm e que les récits bibliques, nous
m on tren t la pauvre glaneuse suivant, sans être
inquiétée, les m oisonneurs du riche, l’arab e
p au v re pouvait d ans les anfractu o sités des ro­
ches dénudées sem er quelques grain s, dont la
récolte lui ap p a rte n a it, puisque d’après son la n ­
gage im agé, il la recu eillait dans le cham p de
Dieu.
Il en é ta it ainsi, il y a peu d’années encore,
m ais au ssitô t que la fièvre des p hosphates s’est
allum ée le besoin, la pauvreté, d'une p a rt, la
perspective des richesses entrevues dans les
rêves des trib u s, d’a u tre p a rt, p o rtèren t b eau ­
coup d’arab es à englober dans leu rs propriétés
les m ontagnes incultes b o rd a n t leurs cham ps,
c’est alors que les Beys estim èrent que puisque
la m ontagne est « res n u lliu s », ils pouvaient
s’en em p arer et p assan t, aussitôt, à l’exécution
ils p ro m u lg u èren t le décret du 13, ja n v ie r 1896
p a r lesquels ils se déclarèren t les m a ître s des
terre s non cultivées, dites terres m ortes ; de
plus, ils in te rd ire n t aux n o taires indigènes de
dresser tous actes d’ach at v isan t des propriétés
phosphatées.
Sans aucu n doute, l ’idée qui, d ans la suite
des siècles, a présidé à l’in stitu tio n du dom aine
des terres m ortes qui é ta it celui des m iséreux

281

est généreuse, m ais' l ’a ttrib u tio n de cet im ­
mense dom aine aux beys est, tout sim plem ent
arb itraire.
On né peut l’expliquer qu’en a d m ettan t quç
les beys sont, en principe, les m aîtres de là
terre (et de l’air) de tout lé te rrito ire de la Ré1
gence et que tous les p ro p riétaires tien n en t
leurs dom aines de la générosité du souverain)
Conception bien su rran ée, il me semble et
contraire aux idées m odernes : j ’estime que si
elle a prévalu c’est qu’on à cru — si moyennageuSe qu’elle soit —- qu’en l’ap p liq u an t oil
d o n n erait d e s'a ssise s solides au droit de prcn
priété su r une fraction considérable du te rri­
toire — c’est là, la seule excuse adm issible,
m alheureusem ent cet espoir a été déçu et le
nom bre des procès nés des affaires de phos­
phates est v raim en t -extraordinaire. Des titre s
n ’a y a n t au cun caractère d’authenticité circu­
len t en g ran d nom bre, des fabriques .de titres
faux ont .été découvertes, principalem ent dans
trois localités bien -connues de nous, où la fa l­
sification est p arfaite ; la vétusté du p apier qui
p a ra ît rem onter à plus de cent ans quelquefois,
l’encre décolorée p a r les années, les sig n atu res
adm irablem ent im itées trom pent les experts les
plus com pétents ; les débats b ru y an ts et pro­
longés d’un procès récent solutionné en Cour
d’assises p a r plusieurs sévères condam nations
ont révélé à ce sujet des dessous fort in stru c­
tifs pour tous : m ag istrats ,et intéressés.
On peut, nous dit-on, avec raison, po u r ren ­
dre certaine la p ropriété des te rra in s phospha­
tes reco u rir comme pour les au tres à l’im m a­
tricu latio n , s’ils sont melk. c’est exact. Mais,
cette im m atricu latio n ne p eu t être prononcée
que p a r le T rib u n al mixte, s o rte 'd e T ribunal
terrien qui vérifié et consacre les titres. Or lè
T rib u n al m ixte qui jugé en dernier ressort, a
été. effrayé p a r Je nom bre prodigieux de titres
faux qui lui ont été présentés et soucieux, avec
raison, de sa responsabilité, il hésite, souvent
à se prononcer ; les décisions se font atten d re
les dossiers s’accum ulent et les. affaires souf­
frent.
Ainsi, a-t-on préconisé l’attrib u tio n au "Tri­
bunal civil fran çais de toutes les questions
d’im m atriculation parce que, en ce cas. les ju ­
gem ents rendus, eh ces m atières, ne seraien t
plus, comme au jo u rd ’hui, en d ernier resso rt :
ainsi la responsabilité de la décision serait p a r­
tagée p a r les deux degrés de juridiction, désidératum fort sage et qui est, je crois, conforme
au vœu général ; m ais si ce mode de procéder
présente l ’avantage d’attén u er la responsabilité
des juges et de donner plus de lum ière aux
débats, il laisse subsister les com pétitions aux­
quelles donne lieu l’attrib u tio n de propriété des
phosphates.
Aussi, des esprits sérieux frappés de ce fa it
que les affaires de m ines proprem ent dites ne
donnent presque jam ais lieu à des procès se
sont dem andés s’il ne
conviendrait pas
d’appliquer aux carrières de phosphates la lé­
gislation des m ines qui a fa it ses preuves.
M alheureusem ent, on se h eu rte aux décrets
de 1898 su r les phosphates qui déclarent que
ceux-ci a p p artien n en t aux p ro p rié ta ire s du sol.
Les déposséder, a u jo u rd ’h u i est chose fo rt dif­
ficile et nous ne nous ch arg ero n s p as .d’en
indiquer le moyen.
P eut-être p o urrait-on faire décréter que les

�L’EXPANSION COLONIALE

282

p ro p riétaires qui découvriront et m ettro n t en
exploitation dans u n délai déterm iné des gise­
m ents de phosphate découverts dans leu r do­
m aine en seront les p ro p riétaires définitifs,
m ais q u ’après u n c e rta in délai les phosphates
seront régis Dar la loi su r les m ines et concé­
dés d’après les mêmes règles que celles-ci. Ce
qui est certain c’est qu’il fa u t q u ’on fasse quel­
que chose p o u r que cette p a rtie si im p o rtante
de la fortune publique entre dans le commerce,
sans atten d re p en d an t de nom breuses années,
les décisions du trib u n a l m ixte trop souvent te­
nues en susnens p a r la production de titres
faux et fabriqués p our les besoins de la cause.
(A suivre).
Jean R ouquerol .
In d o -C h in e

S itu a tio n com m erciale (Suite)
L a baisse survenue en Europe su r les articles
caoutchouc et gomme laque, et la concurrence
acharnée qui avait poussé les exportateurs indochinois à su rp a y e r les pro d u its forestiers, ont
n atu rellem en t été causes, comme nous l’avons
m ontré, d’un a rrê t dans la production ; m ais
devant la persistance de la baisse, les indigènes
a u ra ie n t dû, semble-t-il, depuis longtm ps déjà,
com prendre qu’il leu r é ta it trop préjudiciable
de refu ser avec obstination de « tra v a ille r » des
articles riches tels, que caoutchouc et gommelaque, su r de nouvelles bases ; et qu’il était au
c o n traire de leu r in térêt de se livrer de nouveau
à l’extraction du latex et à la culture du Carter ia lacca. P o in t du to u t 1
Il est vraim ent éto n n an t que les h ab itan ts
des régions forestières n ’aie n t p as to u t au
m oins tenté de faire aux négociants des centres
tels que Vinh, H atinh ou Thanh-H oa, des offres
qui les a u ra ie n t fixés su r la nouvelle « cote » de
ces articles : nous le répétons de nouveau, il y
a de longs m ois q u ’aucu n rra m m e de gomme
ou de laque n ’a été offert su r a u cu n m arché.
Nous avouons fran ch em en t que nous étions
loin de nous atten d re à u n abandon au ssi com­
plet, et définitif semble-t-il. du caoutchouc èt du
Stick laque qui fu ren t en 1905-1906 les p rin ci­
paux articles d’export du Nord-Annam.
Nous avons donc opiniâtrem en t cherché
quelle pouvait être la véritable cause de cet
abandon. Il ré su lte ra it du renseignem ent qpe
nous avons p u recu eillir que l’a rrê t d ans l’ex­
p lo itation des forêts se ra it dû en g ran d e p artie
aux nouveaux règlem ents que l’a d m in istratio n
a cru devoir élaborer, la sécurité du pays se
tro u v a n t com prom ise (?).
Sous les in stig atio n s secrètes du Dê-Thâm et
de ses p a rtisa n s, les indigènes, comme on le
sait, se sont m utinés au Tonkin et en Annam .
L ’A dm inistration a cru sage de p ren d re ra p id e­
m en t des m esures sévères destinées à e n ray er
ce m ouvem ent de révolte n aissan t. Il a donc été
in terd it aux h ab itan ts de q u itter leu rs villages
sa n s une au to risatio n spéciale signée du chef
de la province. Nombre d’in d irm e s ont été déjà
arrêtés p o u r avoir circulé sans u n perm is de ce
genre, et condam nés à réintégrer leu r domicile.
Or il fa u t connaître toute la répugnance et la
te rre u r qu’éprouvent nos protégés à approcher
les autorités, et la crainte qu’ils ont de ne jam ais
être en règle avec les arrêtés nouveaux dès
qu’ils en ont une vague connaissance, pour
sa isir les conséquences im m édiates et fatales

d'une pareille m esure : Les indigènes ont pour
la p lu p a rt im m édiatem ent abandonné l’idée de
so rtir de le u r village pour s’av en tu rer dans les
régions forestières de l’in térieu r et s’y livrer à
la récolte des produits d é p o r ta tio n . Certes
nous sommes loin de reprocher à l’A dm inis­
tra tio n d’avoir pris sans ta rd e r les m essures
q u ’elle croyait propres à enrav er le m ouve­
m ent de révolte q u i se précisait de jo u r en
jo u r ; m ais nous noqs perm ettons de faire
rem arq u er que le fait d’em pêcher les indigènes
de q u itte r leu rs villages sans un perm is de cir­
cu latio n visé p a r les autorités, nous p a ra ît être
une m esure m aladroite. Le b u t poursuivi ne
nous semble pas a ttein t ainsi, et le m ouvem ent
com m ercial p a r contre très gravem ent enrayé
Je n ’hésite pas à déclarer m a p arfaite incom pé­
tence en m atière ad m in istrativ e m ais je crois
pouvoir avancer que d’au tres m esures sévères
d’u n genre tout différent a u ra ie n t pu et dû être
prises il y a longtem ps déjà qui eussent assu ré
au pays une tran q u illité absolue.
On ne conçoit pas com m ent nos gouvernants
ont pu tolérer si longtem ps les agissem ents du
Dê-Tham, fom entant de sourdes m enées con­
tre nous, san s a e ir envers lui avec les dernières
rigueurs. Les lourds im pôts indirects et les
vexations sans nom bre auxquelles ont donné
lieu la création de^ monopoles de l’alcool et du
sel a u ra ie n t pu être évités ; une surveillance et
u n contrôle plus actifs a u ra ie n t pu être opérés
su r les agissem ents des collecteurs des im pôts,
et surto u t enfin une justice plus sévère et
m ieux adaptée à la m entalité du peuple a n n a ­
m ite a u ra it dû être appliquée qui nous a u ­
raien t certainem ent évité bien des erreu rs et
dés déboires.Le fa it d’em pêcher les indigènes de
se déplacer san s au to risatio n et laisser-passer
ne ré p a re ra pas le m al causé p a r p lusieurs
aim ées d’A dm inistration faible ou m aladroite ;
de telles m esures b âtard es et tardives ne peu­
vent que n u ire au développem ent du com m erce
qui a u ra it hélas plus que jam ais besoin de sé­
rieux encouragem ents de toutes sortes.
On nous a déjà accusés d’effrayer les capi­
taux et de les d étourner de l’Indo-Chine p a r
nos articles aux tendances pessim istes et nos
plaintes continuelles ; nous reg retto n s vive­
m ent de desservir ainsi la cause de ceux
qui ont intérêt à m o n trer le présen t et l’avenir
sous de ria n te s couleurs ; m ais, loin de nous
dédire, nous persistons hélas à affirm er, sans
c rain te d’être réfutés d’une façon sérieuse, et
tout prêts à prouver irréfu tab lem en t ce que
nous avançons, que les affaires deviennent de
plus en plus difficiles et finiront p a r devenir
im possibles en A nnam et a u Tonkin, si nos
gouvernants ne p ren n en t pas, sans plus ta rd e r,
des m esures sévères et habiles po u r en empê­
cher la ru in e complète et fatale.
Il nous semble que les m esures u rgentes à
p ren d re se ra ie n t l’établissem ent de lois spé­
ciales sagem ent adaptées à la m entalité de la
race annam ite et nous pro tég ean t d’une façon
v raim en t efficace contre sa duplicité avérée ;
la suppression des m onopoles de l’alcool et du
sel su rto u t, l'au g m en tatio n insensible et pro­
gressive des im pôts directs, etc., etc.
Il n ’entre p as dans le cadre de cette courte
note d’exposer un program m e même succint
des réform es à faire ; nous avons seulem ent
voulu, en ré ité ra n t nos plaintes, affirm er de
nouveau la triste assu ran ce que nous avons de

�L’EXPANSION COLONIALE
la ru in e totale prochaine du Commerce en
A nnam et au Tonkin si l’é ta t de choses actuel
persiste, et si on néglige encore peu de tem ps
de p ren d re les m esures sévères que nécessite la
Situation critique d ans laquelle se tro u v en t les
affaires.
Les négociants chinois, si nom breux au Ton­
k in et en A nnam , ont, depuis longtem ps déjà,
établi la coutum e, à notre avis néfaste, des
avances.
Les indigènes ne consentent à lier aucune af­
faire sérieuse que m unis de fortes sommes,
avan cées p a r les négociants ex portateurs, à
valo ir su r les fo u rn itu res des pro d u its dem an­
dés. R efuser de consentir ces avances, c’est vou­
loir s ’alién er fatalem en t les indigènes et se
m ettre dans l’im possibilité de lier aucune af­
faire de quelque im portance. M alheureusem ent
ce systèm e des « avances » a o our conséquence,
e n tr’au tres, de m ettre l’acheteur à la m erci de
ses fournisseurs. Le prem ier se voit en effet,
p o u r ain si dire, dans l’obligation soit d’accep­
te r les prix plus ou m oins fan taisistes de son
vendeur, soit de résilier le m arché. S’il préfère
résilier, il réclam era en v ain la restitu tio n des
som m es ‘prêtées. L’indigène reto rs et peu scru ­
puleux, n ’offrant la p lu p a rt du tem ps aucune
g a ra n tie sérieuse, p ré te n d ra to u jo u rs être dans
l’im possibilité absolue de rem bourser les som­
mes qu’on lui a avancées, esp éran t ain si con­
tra in d re son ach eteu r à accepter sa m a rc h a n ­
dise à des prix trè s élevés.
D’au tre p art, refuser énergiquem ent de tr a i­
te r ain si les affaires et de consentir des a v a n ­
ces, c’est vouloir se p lacer dans un éta t d’infé­
rio rité flag ran te vis-à-vis des « tra ita n ti » chi­
nois ; que dis-je ? C'est vouloir leu r a b an d o n ­
n e r com plètem ent le m arché. Le Chinois, en
effet, a to u t av an tag e à a v an cer de fortes
sommes au x indigènes et il les a depuis long­
tem ps h abitués à ne p as concevoir au trem en t
les affaires ; que lui im porte de consentir à des
p rêts im p o rtan ts ; le soir même du jo u r où la
som m e a été avancée, il a ttire ra habilem ent
l ’indigène chez lui, le fe ra jou er et lui volera
aisém ent tout ce qu’il p eut posséder.
L’A nnam ite est jo u eu r d ans l’âme ; il ne p eut
pas ne pas jouer ; il a joué il joue, il jo u era !
S’il soupçonne enfin son p a rte n a ire chinois, où
le ten an cier chinois, de trich erie et s’il fa it
m ine de réclam er ou de faire du tapage, le
céleste n ’a u ra p as de peine à lu i m o n trer le
d an g er q u ’il y a u ra it p o u r eux deux, p o u r eux
tous, à m ettre la police ou la justice au cou­
r a n t de leurs affaires. En effet les jeux sont
sévèrem ent interd its en In d o c h in e ; l’A nna­
m ite le sachant, préfère se laisser dépouiller
de tem ps à au tre et ne rien dire, ne p as se
p lain d re, in u tilem en t du reste.
Tous les Chinois tien p en t des m aisons de
jeu, envers et contre tous les règlem ents et cette
facu lté q u ’ils ont de pouvoir im puném ent dé­
pouiller l’indigène constitue to u t le u r a v an ­
tage su r les négociants européens. Voilà dans
une larg e m esure, à quoi se ré d u it le fam eux
génie des affaires que l’on se p la ît à reco n n aî­
tre aux Chinois en A nnam .
Les T rib u n au x fran çais a u ra ie n t dû, sem­
ble-t-il, se m o n trer des plus sévères envers les
indigènes qui refu saien t énergiquem ent de
rem bourser les avances q u ’on le u r av a it faites
e t p rétex taien t ne p as être en m esure de les

283

restitu er au trem en t qu’en m archandises, à des
tau x honteusem ent élevés. Tout a u co n traire
nos juges se sont to u jo u rs m ontrés pleins d’in ­
dulgence, ont puni beaucoup trop légèrem ent
et, parfois même et trop souvent, acquitté les
coupables, faute de preuves (?)
L’effet m o ral p ro d u it p a r de-telles faiblesses
a été désastreux. L’asiatique, qu’on le com­
prenne bien enfin, n ’a au cune espèce de bonne
foi, aucune p u d eu r ; il ne c ra in t, ne redoute
que la Force, ne s’incline que devant elle. Il ne
com prendra jam ais la bonté et l’indulgence ;
en faire preuve à son égard, c’est uniquem ent
l’encourager au m al, c’est se m o ntrer faible,
hésitant, incapable !
A ujourd’hui, grâce à nos lois françaises, il
est devenu pour ainsi dire im possible de tr a i­
te r en A nnam des affaires sérieuses san s ris ­
quer des sommes im portantes, dont la perte
sans reto u r serait sûrem ent consommée, si une
baisse quelconque obligeait l’acheteur à dim i­
n u er ses lim ites d’achat. Les A nnam ites con­
n aissen t tous au jo u rd ’h u i l’im possibilité dans
laquelle nous sommes, de leu r fqire re stitu e r
les avances que nous le u r avons consenties et
ils abusent de la situation en bons asiatiques
qu’ils sont.
Voilà la triste vérité ; il est. je le reconnais,
pénible de la dire, m ais j’estim e qu’il serait
coupable de la déguiser : A m icus Plato, sed
m aqis arnica Veritas.
Il y a longtem ps qu’on ne cesse de répéter
que l’application de nos codes aux indigènes de
notre colonie d’Indo-Chine est une e rre u r m ons­
tru eu se ; les conséquences en sont sans nom bre,
la ru in e presque complète du commerce d’ex­
portatio n en est une. Nous nous dem andons ce
qu’on peut bien atten d re po u r le reconnaître et
m ettre fin à un état de choses aussi lam en­
table. .
Louis L eje u n e .

C o u p s C o lo n ia u x
Voici la liste des Cours d’Enseignement
colonial qui ont été professés en décembre à
l’Institut colonial :

M ardi 1er décembre, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud :
Comment se p ro cu rer de l’eau pure ?. — A
5 heures, M. M asson : La colonisation ro ­
m aine.
M ercredi, à 3 h. 3/4, M. R abled : Du régim e
pénal applicable aux indigènes. — A 5 heures,
M. Jum elle : Les gommes arabiques d’Afrique
et de l’Inde.
Jeudi, à 8 1/2 m atin, au P a rc Rorély. M. Davin : Le coton et s a culture (suite).
Vendredi, à 5 heures, M. L au ren t : L’o r dans
les colonies.
Sam edi, à 3 h. 1/2,’ Dr R eynaud : Ce que doit
faire le colon p assag er su r les navires.
L undi 7 décembre à 3 h. 3/4, M. M asson : La
colonisation agricole à M adagascar. — A 5 h.,
Dr J. de Cordemoy : Bovidés de l’Indo-Chine
(suite) ; sous p ro duits de l’élevage bovin.
M ardi 8 décem bre, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud :
L’ép u ratio n de l’eau d’alim en tatio n dans les
villes. — A 5 heu res. M. M asson : L a colonisa­
tion rom aine (fin).
M ercredi 9 décembre, à 3 h. 3/4, M. Babled :
D roits politiques des' indigènes des colonies

�284

L’EXPANSION COLONIALE

françaises. — A 5 heures, M. Jum elle : Les
gom m es arab iq u es de l’Inde et les gommes
adrag an tes.
Jeudi 10 décembre, à 8 h. 1/2 m atin, au P a rc
Borély, M. Davin : C ultures coloniales.
Vendredi, 11 déceinbre, à 5 h. M. L a u re n t :
L’or.
Sam edi 12.décem bre, à 3 h. i/2, Dr R eynaud :
L’h ab itatio n coloniale ; prélim in aires de la
construction.
L undi 14 décembre, à 3 h. 3/4, M. M asson :
Les in d u stries à M adagascar. — A 5 heures,
Dr J. de Çordemoy : R acines ovines et in d u strie
p astorale. .
'
M ardi 15 décembre, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud :
S a n a to ria ,en Indo-Chine. — A 5 heures, M.
M asson : La colonisation byzantine.
M ercredi 16 décembre, à 3 h. 3/4, M. Babled :
N atu ra lisa tio n des indigènes dans les. colonies
françaises. — A 5 heures, M. Jum elle : Kinos,
résines et vernis.
Jeudi 17 décem bre, à 8 1/2, au P a rc Borély,
M. Davin : C ultures coloniales (suite).

Les vacances de la Noël ont eu lieu ensuite.
Les Cours coloniaux reprendront le lundi 4
janvier 1909, avec le programme suivant
pour le mois :
,
M. Masson. — L undi : M ad ag ascar : les in ­
dustries, les voies de com m unication, le com­
m erce. M ayotte et les Comores. L a R éunion. —
M ardi : La colonisation du m oyen-âge ; les By­
zantins, les Arabes, les N orm ands.'
Dr Jacob de Çordemoy. — P ro d u its anim aux
des colonies : Les Races ovines et les produits
de leu r élevage.
Dr R eynaud. — Hygiène et épidém iologie co­
loniale. ■
—■_M. Babled : Economie et législation
coloniale.— M. Jum elle : P ro d u its végétaux. —
M. L a u re n t : P ro d u its m inéraux. — M. 'D avin :
C ultures coloniales.

UNE CULTURE AUXILIAIRE AU GABON
La Farine de Bananes

Dans le groupe de colonies formant le
Congo Français, une seule par sa position
privilégiée près de la côte peut permettre de
faire des plantations dans des conditions
avantageuses, c’est le Gabon; et l’on peut dire
sans crainte que l’on en use largement et
que l’initiative privée a fait beaucoup dans
ce sens.
Bien que presque toute la côte se prête aux
cultures, tous les points ne sont pas égale­
ment favorables. C’est dans l’estuaire du
Gabon proprement dit que les plantations
sont de beaucoup les plus nombreuses. En
effet, ses rives d’origine alluvionnaires, ri­
ches en humus et son climat humide sont
éminemment propices. Les plantations de
cacaoyers y sont nombreuses et la plupart
sont déjà en rapport ou le seront bientôt.
Toutes appartiennent à des particuliers tra­
vaillant avec leurs capitaux et les dirigeant
eux-mêmes. Aussi peut-on constater que pla­

cées entre les mains de gens actifs et écono­
mes, y apportant tous leurs soins, elles sont
prospères et que de beaux bénéfices, récom­
pensent leurs efforts. Jusqu’à ces,dernières
années le cacaoyer avait été la seule plante
cultivée dans cette région, fnais on redoute
avec raison les. dangers de la monoculture
qui par suite de circonstances imprévues,
(maladie ravageant les plantations ou crise
commerciale) peut amener une mévente deâ
produits, et par contre coup la ruine, et les
planteurs ont cherché une autre .essence
donnant un produit avantageux et suscepti­
ble de vivre là où vient le cacao. Leur choix
s’est porté sur le Funtunia. elastica-, arbre à
croissance .rapide donnant un excellent
caoutchouc. Originaire de ces régions, le
Funtunia elastica présente plus de chance de
réussite qu’une autre espèce importée, car
des conditions climatériques en apparence
semblables peuvent quelquefois causer de
graves déconvenues. A l’heure actuelle, tou­
tes les parties du Como et de ses affluents
propres à la culture sont plantées en ca­
caoyers et Funtunia et. si les plantations ne
sont pas plus vastes c’est que la rareté de la
main-d’œuvre et sa défectuosité ne permet
pas de les augmenter.
v
La plantation de cacaoyers exige lors de la
mise en terre des jeunes plantes et pour les
ombrager durant les premières années de
leur développement, la présence de plantes
plus hautes, dont il est facile de se débarasser lorsque l’on n’en a plus besoin. Pour cet
usage sont partout utilisés des bananiers. Ces
plantes qui croissent rapidement répondent
parfaitement à ce but et de plus elles ont
l’avantage de fournir des fruits qui peuvent
être utilisés. Il serait avantageux si la colonie
n’était pas aussi éloignée de l’Europe de faire
choix d’espèces de bonne qualité afin de pou­
voir y expédier les régimes, ce qui serait une
source de revenus permettant de couvrir ou
tout au moins d’atténuer les frais généraux,
mais comme il ne faut pas y songer, les plan­
teurs se préoccupent peu de ce choix et pren­
nent ce qu’ils trouvent, c’est-à-dire des es­
pèces très ordinaires. Le nombre des bana­
niers est relativement important dans cha­
que plantation^ car si au début, l’on ne met
dans chaque trou qu’un seul plant, celui-ci
ne tarde pas à rejetonner avec une telle abon­
dance qu’en peu de teihps il y en a quatre,
cinq ou six au lieu d’un. Et ce chiffre se
maintient toujours à peu près le même, puis­
que l’on coupe la plante en même temps que
le régime et qu’en outre l’on empêche cette
multiplication de devenir gênante.
L’exportation des fruits ne pouvant se faire
ainsi que nous venons de le dire, la vente
sur place n’étant guère possible aux Euro­
péens trop peu nombreux, les indigènes con­
sommant assez peu de bananes sucrées et

�L’EXPANSION COLONIALE
préférant les plantains dont on ne se sert
pas dans les plantations parce que l’on leur
reproche de trop épuiser le sol, il reste donc
aux planteurs pour les utiliser une seule
ressource, celle d’en donner en ration à leurs
travailleurs et de s’en servir pour la nourri­
ture des animaux de basse cour. Cette con­
sommation, ne représente évidemment
qu’une faible partie de la production et il se
perd des quantités importantes de régimes
que l’on néglige même de cueillir.
Il y a un an environ, M. Blot, un des plus
anciens planteurs du Gabon, songea qu’il se­
rait peut être possible de tirer partir de ces
bananes en les utilisant pour faire de la fa­
rine de banane. Ce produit se fabriquait
déjà dans d’autres pays, entr’ autre à la Ja­
maïque. Il n’y avait donc pas de raisons pour
qu’il ne réussisse pas aussi bien au Gabon.
S’étant procuré des couteaux à lame d’ar­
gent, ce qui est absolument nécessaire pour
découper les fruits, il fit quelques essais sa­
tisfaisants avec une installation sommaire.
Encouragé, il envoya des échantill ns de son
produit aux différentes maisons susceptibles
de l’utiliser mais il se heurta alors à de nom­
breuses difficultés, par suite d’un esprit rou­
tinier qui veut que l’on ne change en tien ses
habitudes, lesquelles en la circonstance con­
sistaient à acheter les farines de bananes à
un prix beaucoup plus élevé que celui au­
quel l’on pourrait les trouver en France.
M. Blot n’a pas renoncé à son idée et il vient
de se munir de l’outillage nécessaire pour
traiter des quantités importantes de fruits et
atteindre une production de trente à qua­
rante tonnes par an. Il est à croire que si
cette entreprise réussit ce qu’il faut espérer,
(grâce à de nouveaux débouchés et, l’Angle­
terre étant disposée à faire des achats), les
autres planteurs de la colonie voudront faire
de même et une source nouvelle de bénéfices
en résultera pour eux.
L’écoulement de la farine de banane n’est
pas encore très facile, ce produit n’étant pas
d’une consommation courante. On va tenter
simultanément la vente des bananes sèches
qui peuvent être paraît-il utilisées plus faci­
lement dans certains cas et dont la prépara­
tion se fait dans les mêmes conditions.
Cet essai mérite d’autant plus d’attention
que cette farine a été reconnue comme un
produit nutritif de premier ordre convenant
parfaitement à la nourriture des enfants, des
vieillards et des convalescents. Elle a l’avan­
tage de se préparer de différentes façons,
d’être un mets appétissant puisqu’elle peut
être présentée sous forme d’entremêts, de
gâteaux, voir même de chocolat en la mélan­
geant avec du cacao et du sucre, ce qui doit
faciliter la vente. En dépit de ces qualités qui
semblent admises par tout le monde, elle a
des détracteurs et cela pour des causes aux­
quelles il est facile de remédier, car il suffit

285

de soins dans la préparation et du choix judi­
cieux du degré de maturité des fruits pour
y rémédier. En effet, si ces fruits sont trop
verts la farine conserve une certaine acidité
qui la rend désagréable, s’ils sont trop mûrs
elle laisse aussi à désirer, et dans l’un et
l’autre cas sa teneur en produits nutritifs
est variable. Mais lorsque la préparation est
faite avec soin avec des fruits convenables
on obtient un excellent produit d’une réelle
valeur, qui peut servir aussi bien dans la
biscuiterie fine que dans les divers cas où
une alimentation spéciale est ordonnée.
La farine de banane en provenance du
Congo analysée en Angleterre a été reconnue
comme possédant 90,5 % d’éléments nutri­
tifs, alors que celle de la Jamaïque qui est
la plus employée en contient 94,5 ; la diffé­
rence est donc peu sensible, d’autre part elle
a été trouvée plus fine et plus agréable au
goût ce qui est appréciable. Il semble que
dans ces conditions ce produit devrait trou­
ver facilement des débouchés dans la métro­
pole, surtout si l’on considère qu’il vaut 0.70
à 0,75 le kilo en Angleterre et qu’il est re­
vendu en France 1 fr. 20. En admettant que
notre compatriote ne puisse la fournir au
même prix que nos voisins, il est probable
qu’en le vendant à raison de un franc le kilo,
chacun y trouverait son compte : une indus­
trie nouvelle viendrait contribuer au déve­
loppement de notre belle colonie de l’Afrique
Equatoriale.
A. B a u d o n .

Le Régime douanier Colonial
Chambre de Commerce de Rufisque
(Sénégal)

Procès-verbal de la séance du 11 mars 1908
(Suite)

« Après avoir donné son opinion sur le ré­
gime douanier qui convient à la colonie du
Sénégal, la Chambre de Commerce de Rufisque a le devoir de relever les fausses accu­
sations portées contre les négociants français
sénégalais par le Syndicat cotonnier de l’Est.
« Rappelons brièvement les faits : les sta­
tistiques des Douanes du Sénégal ont fait
ressortir les prix des tissus de coton teints à
l’indigo, autres que les guinées, à 4 fr. 17 le
kilo pour les provenances de la France, et à
1 fr. 62 le kilo pour les provenances de l’An­
gleterre. Pour cette dernière provenance, le
redressement d’une erreur d’un million de
kilos, commise en 1904 par le bureau de
douane de Rufisque, a élevé le prix à 2 fr. 61
le kilo.
« Ces statistiques font donc ressortir un

�286

L’EXPANSION COLONIALE

écart de 1 fr. 56 par kilo en faveur des coton­
nades de Manchester.
« Cet écart s’explique par l’infériorité de la
qualité des tissus anglais sur leurs similai­
res français ; le tissu anglais est alourdi par
un apprêt très bien combiné. Par suite, il
contient au kilog. moins de coton que le tis­
su similaire français. De plus, les manufac­
turiers de Manchester sont arrivés à produi­
re à de très bas prix la teinture en nuance
claire ou faux teint qui est la plus appréciée
des indigènes du Sénégal.
« Cela dit, et si l’on considère que la colo­
nie du Sénégal donne déjà 70 % de ses im­
portations à la France, il n’est pas douteux
que c’est réellement le bon marché des co­
tonnades de Manchester qui contraint les
négociants sénégalais à passer leurs com­
mandes en Angleterre au lieu de les donner
à la France.
« Les fabricants français ont d’ailleurs été,
à maintes reprises, dans l’impossibilité d’ef­
fectuer à temps voulu les livraisons des tis­
sus dont ils avaient accepté la commande
ferme pour une époque déterminée. Jusqu’à
ce jour, leur outillage ne leur a pas permis
de satisfaire aux demandes des cotonnades à
bas prix, qui sont spécialement demandées
par les indigènes du Sénégal et en général de
toute l’Afrique Occidentale.
« Ces solides raisons sont méconnues par
le Syndicat cotonnier de l’Est qui continue à
insinuer que les négociants français du Séné­
gal font de fausses déclarations, en valeur et
en quantité, des tissus importés dans notre
colonie. Ainsi, selon lui, s’expliquerait
l’écart de 1 fr. 56 par kilo dont nous venons
de parler.
« La Chambre de Commerce de Rufisque
exprime son profond étonnement de pareils
procédés de discussion et proteste énergique­
ment contre ces accusations.
« Elle proclame hautement l’honnêteté et
la loyauté du commerce sénégalais. »
Emigration habitants Saloum. — « Il est
notoire que la population du Saloum a dimi­
nué depuis peu, dans une proportion inquié­
tante. Cela est dû à l’émigration vers la
Gambie des cultivateurs qui trouvent plus
d'avantages sur le sol anglais. La raison, que
l’Administration doit connaître, paraît être
dans l’exagération des impôts qu’elle fait
payer à ces indigènes, et aussi dans la spo­
liation du fait de certains chefs qui ne se
privent pas de leur réclamer deux et trois
fois l’impôt de capitation.
« La production en arachides, dans cette
région, qui a atteint 12 à 14.000 tonnes, est
tombée l’an dernier à 8.000 et cette année
atteindra à peine 3.500 tonnes. Ces chiffres
sont suffisamment éloquents.
« La Chambre émet le vœu que l’Adminis­
tration prenne d’urgence toutes les mesures
en son pouvoir pour faire rentrer les indigè­

nes dans le Saloum avant la période de cul­
ture, afin que l’ensemencement puisse se
faire à temps et sur la plus grande échelle
possible. »

CHRONIQUE
L e B u d g e t des C o lo n ie s .

Le Sénat a adopté sans grandes modifica­
tion le budget des Colonies tel que le lui a
présenté la Chambre des Députés et nous
n’aurions même pas à mentionner cette for­
malité si elle ne nous avait très heureuse­
ment fourni l’occasi n d’examiner une fois
de plus avec M. Marcel Saint-Germain, rap­
porteur général, la situation générale des co­
lonies françaises.
On sait que chaque année M. Saint-Ger­
main donne à ce travail l’importance d’un
document définitif sur bien des points et qui
pourrait servir de base à toutes les réformes
que peut nécessiter dans le présent et dans
l’avenir notre essor colonial.
Cette année, M. Saint-Germain a traité
avec son habituelle compétence et son grand
sens pratique, la question des troupes colo­
niales et il s’est résolûment proclamé parti­
san convaincu de la création d’une direction
ilitaire au ministère des colonies, prélude
d’une réforme plus importante : le rattache­
ment intégral de l’armée coloniale au Minis­
tère des Colonies.
M. Saint-Germain se félicite ensuite de
l’importance des économies réalisées cette
année sur le budget de ce déoartement.
Mais il faut insister surtout sur la magis­
trale étude par laquelle débute ce rapport.
Rarement on avait montré avec plus de pré­
cision et plus de bonheur l’importance crois­
sante de notre colonisation au point de vue
agricole. Il faut savoir gré à M. Saint-Ger­
main d’avoir prouvé aussi péremptoirement
aux détracteurs de la politique coloniale tout
ce qu’elle a de sain et de profitable au dou­
ble point de vue humain et patriotique. Cette
démonstration irréfutable est l’œuvre d’un
bon citoyen et d’un homme d’Etat averti et
perspicace. Et elle accroit nos regrets de ne
pouvoir, faute de place, qu’indiqiuer tes
grandes lignes de ce rapport en tous points
digne de ses devanciers.
—03—
L e s g ra n d e s ru in e s de l’In d o -C h in e .

Depuis la rétrocession des trois provinces
au Cambodge par le Siam, les célèbres rui­
nes d’Angkor font partie de notre domaine
artistique. On n’a pas perdu de temps pour
les placer sous la coupe d’une Commission et
ce sera bien fait si la commission prend son
rôle au sérieux. Elle semble n’y pas vouloir
manquer. Pour marquer son désir d’assurer

�L’EXPANSION COLONIALE
la conservation de ce trésor artistique le gou­
verneur général de l’Indo-Chine a créé un
poste de conservateur des ruines d’Angkor
et rendu applicable dans les trois provin­
ces les règlements relatifs à la conservation
des monuments historiques.
Les monuments kmers occupent d’ailleurs
autour de Siemreap, une surface considéra­
ble. En dehors du temple ou palais d’Angkor-wat et du Sanctuaire du Bayon, il exis­
te encore, disséminés dans la forêt, un grand
nombre de constructions de dimensions co­
lossales.
Le premier soin du Gouvernement géné­
ral devait donc être, dès leur prise de posses­
sion,non seulement de tout sauvegarder,mais
aussi d’établir un programme méthodique
de préservation et de consolidation, de facili­
ter l’accès des monuments aux touristes et
aux savants. On ajoute qu’il est question d’é­
tablir une route permettant de se rendre du
Grand-Lac à Siemreap et à Angkor et de
construire une hôtellerie à proximité des
ruines., Il faudrait également dégager les
abords des temples et enlever la mousse qui
envahit les constructions et disjoint les
pierres. Il est néanmoins urgent et indispen­
sable d’empêcher par une surveillance ac­
tive, la continuation de l’œuvre de destruc­
tion ; il faut interdire résolument, aux indi­
gènes et aux services publics (!) de considé­
rer les monuments comme des carrières, et
de s’y approvisionner en matériaux, comme
celà a été trop souvent fait, par exemple à
Tourane, à Ouinhon et à Vientiane.
M. Klobukowski paraît disposé à consentir
les sacrifices nécessaires pour la réalisation
de ce programme.
—H—
L a p a r t du fe u en A lg é r ie .

On se plaint, et avec raison, dans le SudEst de la France des ravages causés pour les
incendies de bois et de forêts. Nos sinistres
sont loin cependant d’atteindre, en impor­
tance, ceux qui chaque année dévorent des
forêts domaniales, communales ou particu­
lières de l’Algérie. En 1908, on n’a pas signa­
lé moins de 924 incendies.
La surface parcourue par le feu s’est éle­
vée à 6.588 hectares et les dommages causés
à 155.715 francs,dont 4.402 hectares et 116.630
francs pour les forêts de l’Etat.
Les sinistres les plus importants se sont
produits :
Le 8 mai, dans la forêt de Taouria (Télagh), 176 hectares (8.150 francs de domma­
ges).
Le 7 août, dans la forêt de Zerdeb (Sebdou), 621 hectares 10.800 francs de domma­
ges).
Le 13 août, dans la forêt de Toumiet (Télagh), 210 hectares (8.610 francs de domma­
ges).

287

Le 23 juillet, dans la forêt de Bou-Thaleb
(commune des Rhira), 600 hectares (35.500
francs de dommages).
Ce dernier incendie a été en outre marqué
par la mort de trois indigènes du douar Hamma (commune mixte des Rhira), qui ont été
surpris par les flammes au cours des travaux
d’extinction.
Ce bilan, en ce qui concerne l’étendue des
boisements détruits et l’importance des per­
tes, classe la campagne de 1908 parmi les
moins mauvaises pour l’Algérie bien qu’elle
accuse une légère augmentation sur celle de
1907. Mais il y a lieu de tenir compte que la
température moyenne de l’été a été, cette an­
née, plus élevée que celle des années précé­
dentes et que les périodes de siroco ont été
plus fréquentes.
En 1902 et en 1903 les dégâts atteignirent
plusieurs millions. La situation, on le voit,
s’est beaucoup améliorée depuis. On doit ce
résultat, d’une part, à la surveillance étroite
exercée de jour et de nuit pendant toute la
saison chaude par le personnel de l’adminis­
tration et par les indigènes requis à cet effet,
d’autre part, à l’excellente organisation du
service de défense et au concours générale­
ment empressé des indigènes.
—a —
L e s c h e m in s de f e r é th io p ie n s .

Le ministre des colonies a signé un arrêté
portant déchéance de la Compagnie impé­
riale des chemins de fer éthiopiens. Il n’est
pas sans intérêt de connaître les motifs qui
ont dicté cette décision, laquelle a produit
une certaine impression dans nos milieux
financiers.
Ce n’est un secret pour personne que la
situation de la compagnie impériale des che­
mins de fer éthiopiens a été sans cesse en
s’aggravant, au cours de ces dernières an­
nées. Bien que la Convention du 6 février
1902, approuvée par la loi du 6 avTil 1902,
ait alloué à cette compagnie une subvention
annuelle de 500.000 francs à l’effet de la dé­
gager de ses embarras pécuniaires et de lui
permettre d’achever la ligne jusqu’à AddisHarrar, la compagnie a dû. depuis lors, re­
courir à des emprunts répétés, en vue de
faire' face à ses obligations financières.
Saisi par la Compagnie de demandes d’au­
torisation en vue de nouveaux emprunts, M.
Georges Leygues, alors ministre des Colo­
nies, avait interdit à la Compagnie, par let­
tres en date des 23 août et 5 septembre 1906,
d’accroître le chiffre de son passif. La Com­
pagnie crut devoir passer outre à cette in­
terdiction et contracta de nouveaux emprunts
sans avoir reçu l’approbation nécessaire.
En outre, la Compagnie donna en gage à
son prêteur, pour garantir le remboursement
des emprunte, les biens meubles et immeu­
bles qu’elle possède à Dirré-Daoua, ainsi que

�L’EXPANSION COLONIALE

288

la ligne elle-même, sur une longueur de 60
kilomètres, partant de Cette gare sur Dji­
bouti. Cet engagement constituait une viola­
tion de l’article 5 paragraphe 8, de la con­
vention de 1902.
M. Millès-Lacroix n’a pas voulu endosser
la responsabilité de couvrir ces manque­
ments et il a sévi.
Que va-t-il en résulter ?...
— s i—

L a g a rd e m a lg a c h e .

La garde civile indigène de Madagascar ne
va plus rien avoir à envier aux agents de
M. Lépine ou de M. Pélatant. Nous avons
eu, en effet, sous les yeux, ces jours-ci le
texte des petites brochures destinées à assu­
rer la réglementation de détail qui va donner
à cette police sa forme définitive. Tout est
prévu dans ces petits manuels. La première
renferme tout ce qui a trait au service de
l’administration, aux retraites et à la consti­
tution des réserves de la garde indigène. Le
second est un manuel d’instruction militaire
et professionnelle, embrassant l’ensemble
des connaissances que doivent posséder les
gardes à ce double point de vue.
Tout ce qui concerne les règles de moralité
et le service de police : maintien de l’ordre,
exécution des lois, garde des prisonniers,
service des escortes, police des voies de
communication, etc., est défini avec préci­
sion et en termes remarquablement adaptés
à la mentalité malgache. Les gardes indi­
gènes, aussi bien que leurs chefs européens,
y trouveront des règles simples et sûres pour
les guider dans l’accomplissement d’une
tâche qui ne laisse pas d’être délicate.
Grâce à ses instructions, la garde indigène
de Madagascar, dont la composition a été no­
tablement améliorée par une série de me­
sures qui en ont éliminé les éléments d’une
valeur douteuse, va se trouver en mesure de
concourir plus utilement et olus efficacement
encore que par le passé à l’affermissement
de la tranquillité publique dans notre colo­
nie de l’océan Indien.
—Kl—
F in a n c e s c o lo n ia le s a lle m a n d e s .

Nous parlions plus haut du budget des
colonies françaises. Presque en même temps
que le nôtre le Parlement Allemand était
saisi des projets de budgets coloniaux pour
1909.
Leur caractéristique c’est que Samoa et
les autres archipels allemands du Pacifique
« doivent couvrir leurs dépenses à l’aide de
leurs ressources propres ». Jusqu’ici, seul, le
budget du Togo s’équilibrait sans allocation.
L’équilibre du budget des Samoa est dû à
l'accroissement de recettes, à provenir des
nouveaux impôts et droits de douane qui

viennent d’être établis d’accord avec la po­
pulation.
11 n’en est pas de même pour le tarif doua­
nier récemment appliqué en Nouvelle-Gui­
née. malgré l’avis de tous les intéressés.
Comme on ne connaît pas encore les résul­
tats que réaliseront les entreprises de phos­
phate. il se pourrait qu’il y ait des mécomp­
tes, que la plus-value escomptée de 320.000
marks sur les recettes ne se relève pas et que
l'intervention des caisses métropolitaines
devienne finalement nécessaire pour cou­
vrir les dépenses de l’exercice.
Dans le budget de l’Afrique orientale, on
remarque la suppression des organisations
communales et la création de cinq postes de
commissaires des indigènes dont la princi­
pale fonction sera la réglementation du tra­
vail des indigènes.
L’importance des crédits demandés pour la
lutte contre la maladie du sommeil au Togo,
indique que cette maladie a dû faire dans
cette colonie des progrès sérieux dont cepen­
dant on n’avait, rien appris jusqu’ici.
A noter dans le budget du Sud-Ouest-Afri­
cain un accroissement de deux millions de
marks dans les évaluations des recettes et
une diminution considérable de la subven­
tion par suite principalement d’une réduc­
tion de cinq cents hommes de l’effectif des
troupes de police.
Cette réduction a donné lieu à de nom­
breuses critiques. Elle contraste en tous cas
avec les accroissements d’effectifs qui sont
la base de tous les autres budgets allemands.
—si—
L e s bocks ch in o is .

Quoique cela puisse paraître extraordi­
naire, il ne s’agit pas ici du cercueil dont
tout céleste ne saurait se séparer, mais bien
du breuvage cher au bon roi Gambrinus.
Les Chinois vont-ils devenir buveurs de
bière ? Une brasserie vient de s’ouvrir a
Hong-Kong et elle fait, à peine installée,
d’excellentes affaires. On l’a créée au moyen
d’un capital local, européen et chinois. La
boisson débitée est une blonde légère ; on la
vend en tonneaux et en bouteilles, et on peut
en fournir autant qu’on en demande.
Si bien que la création d’une seconde
brasserie non seulement a été décidée aussi­
tôt, mais est déjà en voie d’exécution. A
Hong-Kong, dès que la possibilité d’un profit
se manifeste, on la saisit aux cheveux. Et l’on
dit qu’on ne s’arrêtera pas en si bon chemin,
que si ce goût germanique se répand en Chi­
ne, ce n’est pas une seconde brasserie qu’il
faudra .créer, mais dix, vingt, cent.
Nous mentionnons le fait sans commentai­
res. Mais nos concitoyens agiront pratique­
ment en envisageant, dès à présent, les éven­
tualités que peut leur créer cette industrie
naissante de l’Empire du Milieu.
A. G.

�L’EXPANSION COLONIALE

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
Métropole
Gouverneurs. — P a r décret du 2 décembre
1908, M. V. Ballot, gouverneur de Ire classe des
colonies à la G uadeloupe, est adm is à la re­
tra ite et nom m é gouverneur général honoraire.
M. Cor, secrétaire général de Ire classe des
colonies, est nom m é gouvern eu r de 3e classe à
la Guadeloupe.
Algérie. — Un décret du 15 novem bre porte
ap plication à l’Algérie des lois du 2 août 1884
et du 23 février 1905 relativ es aux ventes et
échanges d’an im au x dom estiques.
A frique occidentale. — Un décret du 5 décem­
bre porte réo rg an isatio n des services financiers
en A frique Occidentale française.
Côte des Som alis. — Un décret du 8 décembre
prononce la déchéance de la Com pagnie Im pé­
riale des Chem ins de fer éthiopiens.
Indo-C hine.— Un décret du 4 décem bre porte
règlem entation des explosifs en Indo-Chine.
Guyane. — Un décret du 11 décembre m odi­
fie le régim e du dom aine de l'E ta t à la Guyane
française.
Nouvelles-H ébrides. — Un décret du 27 sep­
tem bre fixe comme su it les q u antités de p ro­
duits o rig in aires des exploitations françaises
des N ouvelles-H ébrides qui p o u rro n t être ad ­
mises en F ran ce et en Nouvelle-Calédonie, du
1er ju illet 1908 au 30 ju in 1909, dans les con­
ditions établies p a r le décret du 12 novem bre
1901 : Café, 250.000 kilog.; Cacao, 3.000 kil. ;
Vanille, 4.000 kil. Un au tre décret, en date
du 9 octobre, fixe à 3.500.000 kilogram m es de
m aïs, 50.000 kilog. de café, 2.000 kilog. de cacao,
1.000 kilog. de vanille, les pro d u its orig in aires
des exploitations fran çaises des Nouvelles-Hé­
brides qui p o u rro n t être adm is en franchise de
droit en Nouvelle-Calédonie p o u r les m aïs et
dans les colonies françaises a u tres que la Nou­
velle-Calédonie p our les cafés, cacaos et v an il­
les, du 1er ju illet 1908 au 30 ju in 1909.
Iles Saint-P aul et A m sterdam . — Un décret
du 28 novem bre autorise l’in stallatio n p a r M.
Bossière de divers établissem ents aux îles
S ain t-P au l et A m sterdam .

289

Algérie. — A rrêté du G ouverneur G énéral du
1er décembre, décidant que le lieu dit M ara­
bout de Sidi-Am ar, ou Gué des Beni-Snassen,
cesse d’être un point régulier de sortie po u r les
m archandises expédiées au Maroc dans les
conditions déterm inées p a r le décret du 17 dé­
cembre 1896 ; p a r contre, l’exportation de ces
m archandises p o u rra s’effectuer p a r Martimprey. — A rrêté du 1er décembre déclaran t
d’utilité publique les trav au x de rétablissem ent
du canal de dessèchem ent des plaines d’AssiAmeur, d’Assi-ben-Okba et de F leurus. et nrononçant l’expropriation, avec prise de posses­
sion d’urgence, des te rra in s nécessaires à l’exé­
cution de ces travaux.
Sénégal. — A rrêtç du G ouverneur G énéral du
3 novembre, in stitu a n t une Cham bre de Com­
m erce à Z iguinchor pour la Casam ance. — Ar­
rêté du 5 décembre, établissant qu’à com pter
du 7 il sera effectué su r la section Thiès-Diourbef (78 kilom.) du chem in de fer en construc­
tion de Thiès à Kayes des tra n sp o rts de voya­
geurs et de marchandises.®

Côte d’ivoire. — A rrêté du 7 décembre fixant
les conditions du ra c h a t p a r la colonie de la
concession des appontem ents de G rand-Bassam.
Congo. — A rrêté du G ouverneur G énéral du
26 septem bre, prorogeant de deux ans et demi
les délais fixés p a r la convention du 31 juillet
1905 entre la colonie et le syndicat m inier de
Lyon, pour la construction d’un chem in de fer
entre M indouli et Brazzaville.
Côte des Som alis. — A rrêté du 18 août créant
un service des colis-postaux de 3 kilos entre
D jibouti et les bureaux de poste éthiopiens.
M adagascar. — A rrêté du G ouverneur Géné­
ra l du 10 novem bre, p o rta n t réo rg an isatio n des
com m unes à M adagascar ; du 23 et du 30 octo­
bre, relatifs à la recherche, à l’exploitation et
à la circulation de fo r, des m étaux précieux et
des pierres précieuses.
Indo-Chine. — A rrêtés du G ouverneur Géné­
ra l du 5 octobre, p laçan t les circonscriptions
territo riales du service des trav au x publics
sous les ordres des chefs des ad m in istratio n s
locales ; du 24 octobre, créan t 3 régions fores­
tières (1.140 hectares) dans la province de PhuTho, au Tonkin ; a u to risa n t l’établissem ent de
4 em branchem ents fluviaux su r la ligne ferrée
de H anoï à B en-thuy; a u to risan t l’exécution en
régie des trav au x de creusem ent d’un chenal
Colonies
relia n t la rivière de T ourane au poste de
m ouillage de T ourane ; du 31 octobre, ré o rg a n i­
Tunisie. — Décrets beylicaux, nrom ulgués
p a r le R ésident général, du 25 octobre, a u to ri­ sa n t la m ission perm anente de l’Indo-Chine en
F ran ce ; du 16 novem bre, su p p rim an t la direc­
sa n t la réalisatio n de la d ernière tran ch e de
tion des routes et de la nav ig atio n (le service
l’em p ru n t de 1902 et des Ire et 2e tran ch es de
du Mékong a été ra ttach é au Laos); du 1er dé­
l’em p ru n t de 1907 p our les tra v a u x publics ; du
cembre, réo rg an isan t les directions générales
5 décembre, décidant qu’il sera procédé aux
de l’ag ricu ltu re et du commerce, de l’in stru c ­
opérations de délim itation des terres collectives
de trib u s dans le c aïd at des Zlass, aux o p éra­ tion publique, des postes et télégraphes.
tions de délim itation des te rre s collectives de
Nouvelle-Calédonie. — A rrêté du 1er octobre
trib u s d ans le caïd at des Souassi, p rescrites p a r
décidant que N oum éa est le seul p o rt de la
le décret du 15 août 1906, su r les te rrito ires
colonie ouvert au com m erce extérieur, sauf
restés ju sq u ’à ce jo u r en dehors des opérations ; exception déterm inée.
du 10 décembre, o rd o n n an t que le centre de
M artinique. — A rrêté du 26 ao û t révlem enM etlaoui-gare (caïdat de Gafsa) p o rte ra désor­
m ais le nom de P hilippe-T hom as, qui a décou­ ta n t le tra n sp o rt p a r m er des sp iritu eu x dans
la colonie,
vert les gisem ents de phosphate de chaux de
J. L.
l’Afrique du Nord.

�2&amp;)

L’EXPANSION COLONIALE

LES INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉQuRAPHIE
L a réo u v erture des conférences de la Société
a eu lieu avec succès le jeu d i 22 octobre 1908,
à 9 heures du soir, dans son local de la rue
Noailles, sous la présidence de M. F. Bohn,
l or vice-président, ad m in istrateu r-d irecteu r de
la Com pagnie F ran çaise de l’Afrique Occiden­
tale. Les deux conférences suivantes, accom pa­
gnées de projections lum ineuses ont été fai­
tes : Chez les Slaves du Sud, Bosnie-H erzégo­
vine, p a r M. L. Borelli, avocat, et A travers
l'Inde anglaise, de Ceylan au B engale et au
P an d jab , p a r M. A. M eynard, ancien délégué
du G ouverneur général de l’Indo-Chine.
Le jeudi 19 novem bre, d ans u ne-seconde
séance générale, les in téressan tes Conférences
suivantes fu re n t faites su r Le Congo Français
(avec projections lum ineuses) : I. Au P a y s des
P ah o u in s : Du Gabon au Cam eroun, p a r M. le
C om m andant J.-B. Roche, d irecteu r de l’Ecole
d’in g én ieu rs, ancien m em bre de la Commis­
sion de délim itation franco-espagnole au Con­
go ; II. De B razzaville à F ranceville. à trav ers
les p lateau x B atékés, p a r M. A. B audon, adm i­
n is tra te u r des Colonies, ancien délégué du
Congo à l’Exposition Coloniale.
Le dim anche, 6 décembre, à 3 heures, la So­
ciété de G éographie a tenu une Assem blée gé­
nérale, égalem ent sous la présidence de M.
Bohn, assisté de M. Gaffarel, vice-président,
professeur à la F aculté des lettres. Lecture a
•été donnée p a r le secrétaire général de la So­
ciété, M. Jacques L éotard, du 32e ra p p o rt a n ­
nuel su r les T rav au x de la Société, constatant
son activité et sa prospérité. Il a été procédé
ensuite a u renouvellem ent d’une p a rtie de la
com m ission adm inistrative. Ont été réélus :
MM. F. A bram , A. A rtaud, H. B arré, Ed. Barthelet, L. F ab ry , Alf. F ra issin e t, Fritsch-Estra n g in ; et q u atre nouveaux m em bres propo­
sés : MM. Fr. B arry , A. Delibes, A R am pai, A.
V ayssière, ont été nom m és à l ’unanim ité.
Une in téressan te séance publique a eu lieu
ensuite, à 4 heures, sous la présidence de M.
B ohn, a y a n t a u p rès de lu i le gén éral Colle,
g o u v ern eu r m ilitaire de M arseille, p o u r la con­
férence périodique su r les Livres de Vannée,
esquisse bibliographique d’ouvrages re m a r­
quables p a ru s en 1908, p a r MM. le Secrétaire
g én éral (généralités), H. B arré (Europe et Amé­
rique), et L. L a u re n t (Afrique et Asie), biblio­
thécaires de la Société. Les tro is conférenciers
ont v raim en t intéressé le u r au d ito ire d’élite,
p a r leu rs judicieux com m entaires su r une 30°
d’ouvrages, et ont été chaleu reu sem en t a p p la u ­
dis. On a p u ju g e r ain si de la richesse de la
Bibliothèque de la Société de G éographie, la
plus considérable de province en son genre,
qui s’est accrue en 1908 de 250 ouvrages, sans
com pter les collections de 250 publications pé­
riodiques. Cette bibliothèque est d’ailleu rs libé­
ralem en t ouverte au public tous les jo u rs de
2 heures à 6 heures.
Le jeudi 17 décembre, à 9 heures, une b ril­
lante conférence a été donnée, sous le p a tro ­
nage de la « Société de G éographie », dans
l'am p h ith éâtre de la F aculté des sciences, p a r
un explorateur réputé doublé d 'un éloquent
o ra te u r, M. Lucien Tignol, chargé de m issions,
sous le titre : « A trav ers la Chine » (m œ urs et

coutum es, sites et m onum ents) avec de nom ­
breuses projections lum ineuses, Cette séance
publique é ta it présidée p a r M. R. Teisseire,
avoué, secrétaire de la Société.
Le volume des Comptes-Rendus du Congrès
in tern atio n al de l’Alliance française et des So­
ciétés de Géographie, tenu à M arseille à l’Ex­
position coloniale de 1906, vient de n araître. Il
sera lu avec p laisir non seulem ent p a r les
Congressistes, m ais au ssi p a r toutes le s -p e r­
sonnes qui s’intéressent au rayonnem ent de la
F ran ce dans le monde. On se rappelle que ce
b rillan t Congrès, réu n i sous la présidence de
M. Charles-Roux et le p atronage du M inistre
des Colonies, entendit des conférences de MM.
M artel, le Dr Charcot, l’am iral W andel et le
professeur von D rygalski, ain si qu’un gran d
nom bre d’im portantes com m unications de no­
tabilités fran çaises et étrangères. On trouvera,
dans le volume des Comptes-Rendus, le texte
des discours prononcés et des trav au x p résen­
tés devant le Congrès. P a rm i les rem arquables
m ém oires publiés, signalons les études su r la
langue et l’influence française dans de nom ­
breux pays et colonies ;pour la réform e de la
géographie ad m inistrative de la F ran ce ; su r les
irrig atio n s en Provence • en faveur du chem in
de fer tm n ssa h a rie n orano-nigérien et de l’a rrê t
du déboisem ent en Afrique occidentale ; su r la
nav ig atio n du C ongo, l’ethnographie du
Tonkin et m aintes au tres questions in téressan ­
tes.
ALLIANCE FRANÇAISE
Le Comité M arseillais de « l’Alliance F r a n ­
çaise po u r la propagation de la langue n atio ­
nale dans 1 s colonies et à l’étran g er ». — dont
nous signalons ci-dessus la publication faite
avec la Société de G éographie pour rendre
compte du Congrès de l’Exposition Coloniale,
— s’est réu n i le 5 novem bre, au siège social,
rue Noailles. sous la présidence de M. A drien
A rtaud, négociant, m em bre de la Cham bre de
Commerce. Le Comité a décidé l’envoi de leurs
subventions annuelles aux dix Ecoles F ra n ­
çaises q u ’il patro n n e en Egypte et Syrie et au
Maroc ; u n envoi de livres a été voté en outre
po u r les cours de TA lliance F ran çaise à Chy­
pre. D’in téressan ts ra p p o rts ont été reçus de ses
écoles p a r le comité.
SYNDICAT DES EXPORTATEURS
L a Cham bre Syndicale, réunie le 16 décem­
bre, dans son local de la rue Noailles, sous la
présidence de M. A drien A rtaud, m em bre de la
Cham bre de Commerce, a voté, à l’unanim ité,
à la suite d’un lum ineux ra p p o rt de son
président, une résolution en faveur d’un projet
de constitution d’une « Société anonym e syndi­
cale des ex portateurs po u r le m àintien et le
développem ent du tonnage m aritim e m arseil­
lais. »
Le S yndicat continue à répondre à un g ran d
nom bre de dem andes de renseignem ents com ­
m erciaux pro v en an t de la place, des d éparte­
m ents et de l'étran g er. Il a reçu notam m ent de
précieuses inform ations p articu lières au sujet
de l’exportation française en T urquie et au Ca­
nada, des groupes d’expansion com m erciale à
l’étran g er, de la création d’un m usée com m er­
cial fran çais au Siam ,

�L’EXPANSÎON COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
T aux
d ’é m is s io n

V A LEU RS

D e r n ie r s
co u rs

E M P R U N T S COLONIAUX
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ........................................
460 75
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ...........
44175
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
491 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) ........................... . .. ..
79 50
90 50M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
82 20
94 —
— Bm. 3 o/o 1903 (gar.)
91 465 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o, 1899 ............................
45875
-------—
obi. 3 o/o 1902...........
407
50
480 — E m prunt A lgérien, 3 o/o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
446 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897.................................
960
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
970 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898................
471
—
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
466 —
492 50 Col. de la M artin iq u e..............
473 —
470 — A frique Occidentale, 3 o/o 1903,
obi. rem. 500 (g ar.)...............
452 —.
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
522 50
BANQUES COLONIALES
E T ETABLI SSEMENTS FINANCIERS
Divers C'« A lgérienne, act. de 500 t. p.
932 —
500 — Créd. Fonc. et A gric. d’A l g ..
495 —
—
—
—
lib.
505 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ......................... ■........... 1405 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p . (n.).....................
305 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).............................................. 1100 500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) .................................
705 —
500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n )................... • . . .
325 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .)............ 1380 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
615 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1180 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
73 420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ................................
185 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350...................................
154 —
CHEMINS D E FER ALGÉRIENS
E T COLONIAUX
500 — C'8Bône-Guelma, a. r. à 600..
675 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
432 50
500 — Est A lgérien, act. r. à 600___
692 50
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 433 50
500 — Ouest A lgérien, act. r. 4 600..
672 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 430 —
-------Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
423 —

291

340 — M écheria-Aïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
430 —
— — Mouzbah-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
439 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
429 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n a n , act. 500,
250 fr. nom ................................................
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650... .......... 1050 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500 369 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t...............
438
50
VALEURS MINIÈRES
-------Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ..................................... 1425
—
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem. à 500..........................
494
—
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ..........................
477
—
477 50 Algérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500...............
457 50
-------Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ..............................
480
—
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1670 —
500 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ............................... 1610
—
Divers
Le Nickel, act. de 250t. p .......
637 —
445 — —
obi. 4 o/o rem. à 500.
500 —
-------Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
75 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p ................... .................
83 —
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500........’........................
485 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3810 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p arts... 3650 —
VALEURS COLONIALES FRANÇAISES
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale..................(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de i’Afrique Occi­
d en tale ............... (actions nouvelles).. 2107 —
C‘» M arseillaise de M a d a g a s c a r............
467 —
M essageries Fluviales de C o c h i n c h i n e . -----A lim a.............................................
Alimaïenne.......................................................
120—
Congo occidental...........................................
150—
Haut-Congo (Compagnie française du)..
470 —
Haute S angha.................................................
139—
H aut-O gôoué...................................................
550—
La Kotto...........................................................
518—
Lobay.................................................................
60—
M essageries Fluviales du Congo............
248 —
Sultanats du H aut-O ubangui......................
925—
Sociétés des mines de la Haute Guinée :
a c t...................................................................
110—
Compagnie m inière de Guinée : act.........
110 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
160 —
Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Imprimerie du “ Sémaphore” Bàrlatier. — Marseille*
17-19* rue Venture.

150—

�SER VICE POSTA L M ARSEIL L E - COLONIES
D é p a rts de M a rs e ille

A lg é r ie
Départements

»

d’Alger et d’Oran
d’Alger . . . .
d’Alger et d ’Oran
d’Oran. ...........

»

«
»

.........

»

de Constanline.
»

»

»

»

»

»

»

T u n is ie .

Voie de M arseille, O Glc T rans
»
Transp.M ar.
»
T o n a c h e ___
Voie de P ort-V endres.............
Voie de M arseille, O GloTrans.
»
T ransp.M ar.
».
Ci&lt;!G ''T rans.

»
»
»
»

T ransp.M ar.
T ou ach e___
Ci'G 1&gt;'Trans.
Cie Touache.

»

»

DATES DES DÉPARTS

D ER N IÈR E LE V ÉE

DÉPARTS

DE MARSEILLE

DE LA BOITE

DES BATEAUX

Lundi, Mercredi, Sam edi ........

11 h. m at.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
5 h. 20 mat.
5 h. 20 mat.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
3 h. 10 soir.
10 h 30 m
10 h. 30 m.
3 h. 10 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. m at.
3 h. 10 soir.
Du dim . sur déni à p . du 6 jan r. 10 h. m at.
Vendredi ap. d. de Marseille . . 10 h. soir.
Mercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Dimanche ...............
V endredi...................
Jeudi et Sam edi___
M ardi.........................
M ardi.........................
S a m e d i.....................
Dimanche ...............
Lundi et S am ed i. . .
J e u d i.........................
Lundi et V endredi..
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�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES

A r t . 2.

Cette association a p o u r but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des rap p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et ren ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
n er et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istratif ou économique qui lui p a ­
ra îtr a it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In stitu t colonial M arseillais com prend
deux catégories de membres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m erhbres de droit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres donateurs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de d roit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et d ona­
teu rs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
corresp o n d an ts ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soit
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n atu re
à seconder l’œuvre coloniale de l’Institu t.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p en d an t
deux années consécutives, entraîne de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2” Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre donateur il fau t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t payer une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

S e r v ic e s de l’In stitu t :

H istoire et G éographie Coloniales.

liez-de-Chaussée : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
1er étage : Musée Colonial.
3“ ® étage : S ecrétariat général et B u re m x de
l’In stitu t, B ureau de Renseignem ents.
Rédaction de T « E xpansion Coloniale ».

Législation et Economie Coloniales.

M. P . M asson .
M. H. B abled .

Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud .

C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. D avin .

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
C ours co lo n ia u x :
collaboration des professeurs des Cours Colo­
D irecteur : M. le Dr H eckel .
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
P ro d u its végétaux coloniaux.
M arseille ».
M. H. J um elle .
P ro d u its an im aux et parasitologie des plantes
In stitu tio n s c o n n e x e s :
et des anim aux.
M. Jacob de Cordemoy .
J 2mo étage : Société de G éographie.
M inéralogie et Géologie coloniales.
1
Comité de l’Alliance F rançaise.
M. L. L aurent .
I 3™ étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de l’« Expansion Coloniale »
MM. Adrien Artaud , Président de la Commission du Musée Com mercial et du Bureau de Rensei­
gnem ents ; Louis Ytier , Vice-Président ; Jacques Léotard , S ecrétaire ; P a u l Masson , P ro ­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. E. M oriceau, S ecrétaire g énéral de l’In stitu t.—
M. Auguste Giry , ancien Directeur-Adjoint, dé l’E xposition coloniale.

M arseille.

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Chambre de Commerce. . . . . . . . . .
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Bureau de R enseignem ents.......................
Extraits de la Correspondance . . . . . .
Musée com m ercial................................. .. .
Cours colon iau x...........................................

ABONNEMENT

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Rue

et

Noailies,

293

295
295
296
298
303
304

PAOKS

Le développement économique de nos posses­
sions, d’après le rapport de M. Mkssimy. . .
Le Régime douanier colonial................................
Chronique.............................................................
Actes coloniaux officiels.......................................
Institutions connexes..............................................
Avis d ’adjudication...............................................
Marché des Valeurs coloniales.............................
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307
309
310
310
311
312

�IN STITU T

CO LO N IA L

M A R SEILLA IS

Fondé sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
Présidents d’honneur :

MM.
Le Gouverneur
Le Gouverneur
Le Gouverneur

MM.
général de l’Algérie.
général de l’Indo-Chine.
général de l’Afrique Occidentale

Française.
Le Gouverneur général de-Madagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d ’armée.

Le P réfet des Bouches-du-Ilhône.
Le Maire de Marseille.
Le Président du Conseil général.
Le R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de

Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

la
de

Membres fondateurs :
Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
Armand. Albert, Membre de la Chambre de Com­ merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
merce. - B ergassë. H. et C \ — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles - et C". — Gavoty, Charles. — Hf.ckel, Edouard (1)'),
Professeur à ta Faculté des Sciences, Directeur du
Roux, Jules, Commissaire générai de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­ Musée Colonial. -• .&lt; Nouvelles Galeries ». — S o­

MM.

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’E,acompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.
ciété

Membres donateurs :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Bercer , C. — Citabriëres, Morel et C". — Chamrre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraissinet &amp; C”). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touaehe). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale. Française de Tramways. — Cyprien F abre &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commercé. —
F éraiid, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem-

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly’ P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. P avin de L afarge. — Rastit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de l.a Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de -la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Za rifi .

CONSEIL D'ADMINISTRATION :
Secrétaire : MM. Artaud, Adrien, Membre de la
Président : M. D esbief , Paul, Président de la

Chambre de Commerce.
Vice-Présidents : H eckel, E. (Dr), Directeur-Fonda­
teur du Musée Colonial ; P onsinet, A., Chef du
Service Colonial ; Dufay, Henri, Ancien VicePrésident de la Chambre de Commerce.

Chambre de Commerce, Président du Syndicat
des Exportateurs ; Barlatier , Paul, directeur
du « Sémaphore de Marseille ».
Trésorier : M. Armand, Albert, Membre de la
Chambre de Commerce, Président du Syndicat
Marseillais de la Marine Marchande.
Trésorier-Adjoint .- M. L aplaniî, J., Sous-directeur
du Comptoir National d’Escompte de Paris à
Marseille.

Membres :

MM.

Allest , J. (D!). Administrateur-Délégué de la Com­

pagnie Générale Transatlantique.
Arnaud Lucien, Minotier.
Bergasse, Alexandre, Négociant.
Besson . L., Directeur de la Compagnie Marseil­
laise de Madagascar.
B lanc, E.. Directeur de l’Exploitation de la Com­
pagnie des Messageries Maritimes.
Bohn, F., Membre de la Chambre de Commerce,
Administrateur-Directeur de la Compagnie F ran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Rourdillon, A., Armateur.
Rry, G., Doven de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufour, Antonin, Négoe., Juge au Trib. de C.omm.
Dufour, .L.Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stter. Nicolas, ancien Président du Conseil géné­

ral des Bouches-du-Rhône.

E strine , L.. Vice-Président de la Ch.de Commerce.

Adolphe, Président honoraire d u Syndicat
d’initiative de Provence.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet. Louis, Président du Syndicat des
Négociants en cafés.
J oannon. A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
J ourdan, Félix. Juge au Tribunal de Commerce.
F o iiq iie ,

MM.

Léotard, Jacques, Secrétaire général de la So­

ciété de Géographie.
L ombard, Emile, Membre de la Ch. de Commerce.
Martin -Laval, F., Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­
titut colonial.

Rastit , Henri, Industriel.
R odrigtjes-E ly, Amédée,

Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux, François (De), Juce au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub, Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, Membre-Secrétaire de la Cham­
bre de Commerce.
Ytier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Za rifi , Périclès, Banquier.
Dei .tbes. J., Délégué du Conseil Municipal.
R ossi, Clément. Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire nénéral : E. Moriceaü, Administrateur
en chef des Colonies en retraite.

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R u e P a r a d is , 2 9

�Troisième Année.

N° 15

1er Février 1909.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

Le Caoutchouc de
Il y a cinq ans à peine que,venu de Ceylan
et des Etablissements des Détroits, il appa­
rut pour la première fois, / t timidement,
sur les marchés européens. On remarqua
peu, tout d’abord, un concurrent qui ne se
présentait pas sous des allures bien redou­
tables. Et voilà pourtant que rapidement la
toute petite place qu’avait demandée, dans
les premières années, le nouveau venu s’est
élargie ! Les vieux maîtres du marché com­
mencent à suivre d’un œil inquiet ses em­
piètements progressifs et se demandent an­
xieux s’ils ne devront pas demain s’effacer
devant cet inconnu de la veille.
Les chiffres, avec leur précision brutale,
justifient ces appréhensions.
En 1903, les premières expéditions de
caoutchouc d’Hevea faites par Ceylan
étaient de 19.000 kilos environ. En 1906, la
même île exportait 148.000 kilos, et en 1907
252.000 kilos.
Puisqu’on admet que l’exploitation des
Hevea peut commencer à la fin de la sixième
année, les 252.000 kilos de 1907 correspon­
dent aux plantations de 1901, qui occupaient
une superficie de 3.000 hectares.
Et en 1907 ces plantations étaient de
60.000 hectares, c’est-à-dire vingt fois plus
étendues.
Dans quatre ans, en 1913, les exportations
seront donc, au moins, en ne tenant même
pas compte de l’augmentation du rendement
annuel des premières plantations, vingt fois
plus fortes que celles de 1907, c’est-à-dire
s’élèveront à un minimum de 5 millions de
kilos.
En péninsule malaise d’autre part, il y
avait en 1897, dans les Etats fédérés malais,
140 hectares à peine de caoutchoutiers de
Para ; mais en dix ans la surface de ces cul­
tures est devenue 360 fois plus grande, car
en 1902 elle n’était encore que de 3.000 hec­
tares, mais en 1907 elle était de 50.500 hec­

tares. Et à Malacca, à Johor, dans la pro­
vince de Wellesley, la progression a été sen­
siblement la même. Au total, dans la pénin­
sule malaise, les plantations d’Hevea étaient
en 1907, 17 fois plus étendues qu’en 1902.
Or, en cette année 1907, les exportations
de caoutchouc de la péninsule ont été de
1.017.000 kilos de caoutchouc. En 1903, d’a­
près le même calcul que pour Ceylan —
elles seront de 20 millions de kilos.
Ainsi en 1913 deux pays qui, il y a dix
ans, n’exportaient à peu près pas de caout­
chouc en jetteront sur les marchés au moins
2“ millions de kilos !
Et la consommation mondiale actuelle de
la substance est de 70 millions de kilos au
plus !
Les plantations s’étendant sans cesse, on
voit que mathématiquement il est parfaite­
ment permis et il n’est ni ridicule ni exagéré
de supposer une époque prochaine où l’Asie
méridionale serait, en somme, en mesure
d’approvisionner entièrement, par elle seule,
tous les marchés de caoutchouc du monde.
Selon le « Ceylon Observer » ces prévi­
sions pourraient presque être réalisées dès
1920, car le journal de l’île anglaise admet
pour l’année 1914 les chiffres suivants, en
ajoutant aux récoltes de Ceylan et de la pé­
ninsule malaise celles de Java, de Sumatra
et de Birmanie, où commence la même
culture que dans les contrées précédentes.
Ceylan et la péninsule livreront au com­
merce en 1914 : 26 milions de kilos, et la Bir­
manie et les Indes néerlandaises 6 millions.
Soit un total de 32 millions de kilos, mais
qui, d’après le « Ceylon Observer », doit
être doublé six ans plus tard. C’est donc
pour cette année 1920 : 64 millions de kilos.
Et qu’on considère qu’il ne s’agit pas d’un
caoutchouc quelconque, mais du meilleur
de tous, de celui qui est toujours le plus
haut coté et dont les prix règlent ceux des
autres.
Puis remarquons encore que, loin d’être
inférieur aux sortes brésiliennes, il est, au

�294

L’EXPANSION COLONIALE

contraire, présenté sous des formes qui non
seulement excluent toute fraude mais ne
peuvent qu’élever sa valeur propre.
A quatre mois de distance nous revoyons
ces magnifiques échantillons, bien ambrés
ou d’un jaune faible, qu’exposaient à profu­
sion, en septembre dernier, à la « Rubber
Exhibition », de Londres, les stands de
Ceylan. et de la péninsule malaise. Qui eut
soupçonné, s’il n’eût été prévenu, que ces
crêpes, ces biscuits, ces blocs et ces worms
aux teintes claires étaient, de par leur ori­
gine botanique, cette même borracha que
l’Amazone nous a habitués à ne voir qu’en
énormes boules noires ? La différence serait,
au surplus, de faible importance si elle n’a­
vait d’autre conséquence que d’offrir à l’a­
cheteur des sortes d’un aspect plus agréable
à l’œil ; mais on sait qu’elle est due à ce que
dans le caoutchouc de plantation, les oxyda­
ses ont été détruites par la chaleur humide
de l’autoclave. Elle peut donc correspondre
à une meilleure qualité du produit.
Et ce ne sera pas là un des moindres avan­
tages de la culture que de permettre d’ap­
porter dans la préparation des caoutchoucs
des perfectionnements découlant des recher­
ches scientifiques les plus récentes, et qu’on
ne pouvait évidemment songer à obtenir des
récolteurs exploitant en forêt les arbres sau­
vages.
Aussi déjà actuellement, quand le « Hard
Fine » de Para vaut 11 fr. 35, les crêpes pâles
de Ceylan ou de Malaisie valent 11 fr. 85.
En faut-il conclure que c’est à brève
échéance la faillite du commerce du bassin
amazonien? Nous répétons ici ce que nous
avons déjà dit ailleurs : nous ne le croyons
pas. Sans doute une baisse momentanée
pourra se produire dans la production de
l’Amazone ; mais le caoutchouc de cueillette
n’en conserve pas moins sa valeur incontes­
table, qui le fera peut-être même encore
longtemps préférer par certaines industries
au caoutchouc de plantation ; il a aussi sur
ce dernier cet avantage que ses prix ne se­
ront jamais influencés par certaines éven­
tualités qui, comme les maladies, sont une
menace continuelle pour les arbres cultivés;
enfin il faut admettre que les demandes de
caoutchouc sur les marchés continueront à
augmenter. La principale conséquence que
peut avoir, à notre avis, en ces prochaines

années, pour le Brésil l’apparition des pro­
duits d’Asie, c’est un abaissement des prix ;
car les sortes asiatiques nous arriveront cer­
tainement en Europe, quand elles seront en
quantité suffisante, dans des conditions
moins onéreuses que les récoltes de l’Ama­
zonie. Mais que sont au juste ces conditions
onéreuses pour le caoutchouc brésilien ? La
principale est bien connue ; c’est le nombre
des intermédiaires qui viennent s’interposer
entre le récolteur et le fabricant. Des mains
du seringueiro, la boule de borracha passe
entre les mains du patron seringueiro, qui
la cède aux casas aviadores, lesquelles ne la
transmettent encore qu’aux maisons d’ex­
ploitation qui l’adressent aux courtiers euro­
péens ; et ce sont ceux-ci qui la vendent à
leur tour aux industriels. Après que chacun
de ces intermédiaires a, comme il est natu­
rel, prélevé son bénéfice, une substance dont
la récolte est, en somme peu coûteuse atteint
finalement des prix élevés. C’est donc une
modification dans les habitudes commer­
ciales actuelles qui pourrait permettre seule
l’abaissement de ces prix. Mais cette modi­
fication n’est pas impossible. La situation
nouvelle la provoquera peut-être, et le caout­
chouc du Brésil pourra alors soutenir la con­
currence de ses similaires de l’Asie méridio­
nale.
Pour quelques autres sortes, notamment
le caoutchouc de Java, l’avenir peut rester
assuré par ce fait que tous les caoutchoucs
n’ont pas exactement les mêmes propriétés,
et qu’il est des industries auxquelles, en
raison de certaines particularités de fabrica­
tion et du résultat à atteindre — résultat qui
n’est pas toujours la très grande élasticité ni
une forte résistance — d’autres caoutchoucs
conviennent mieux que celui des Hevea.
C’est pour certaines gommes telles que la
plupart des gommes africaines que l’on est
en droit de concevoir quelques inquiétudes.
Nous croyons que, à cet égard, pour nos co­
lonies d’Afrique, le seul remède est l’exten­
sion la plus prompte possible des planta­
tions, non pas d’Hevea dont la réussite est
douteuse, mais d’espèces indigènes — des
arbres de préférence — comme le Funtumia
(’lastica. Les tentatives déjà nombreuses de
cultures du Funtumia au Congo par exem­
ple, autorisent à fonder quelque espoir sur
ces plantations.

�L’EXPANSION COLONIALE

295

T

Le latex obtenu devra, d’ailleurs, êtreiraité
c mme l’est aujourd’hui celui des Heyea en
Asie.
/
Nous avons dit plus haut que Cey/an et la
péninsule préparent des -crêpes, des biscuits,
des blocs et des worms.
Les crêpes sont de larges bandes enrou­
lées ; on les obtient en coagulant le lait par
l’acide acétique et en laminant le coagulât, en
présence de l’eau entre deux cylindres, dans
les machines à laver.
Les biscuits — qui sont ce que, en France,
nous nommerions plus volontiers des crê­
pes — sont des plaques discoïdes extrême­
ment minces, de 25 à 30 centimètres de dia­
mètre. Le lait a été coagulé dans des plats à
bord circulaire très bas ; on presse le coagu­
lât pour le débarrasser de la plus grande
partie de son eau, et on achève la dessication
dans des séchoirs à air chaud, ou bien à l’air
libre, dans des greniers, sur des barres en
bois.
Les blocs sont des sortes de pavés rectan­
gulaires, plus ou moins larges et épais, fa­
briqués en soumettant le caoutchouc à la
presse hydraulique ou à des presses à vis.
Les « worms », ou vers, sont de petits
cylindres de quelques centimètres de lon­
gueur découpés au moyen de machines spé­
ciales.
C’est par des procédés analogues — modi­
fiés seulement dans les limites et dans le sens
que peuvent nécessiter les propriétés spécia­
les des latex employés — que le caoutchouc
de plantation devra être préparé en Afrique,
pour ne pas paraître inférieur au caoutchouc
d’Hevea.
Et pourquoi alors ces sortes africaines,
ainsi que les sortes données par le Ficus
elastica ou quelques autres arbres ou lianes,
ne conserveraient-elles pas sur les marchés
une place plus ou moins importante, comme
réussissent bien à la conserver, en somme,
tant d’autres produits, malgré les énormes
récoltes de certains pays? La grande pro­
duction du cacao dans l’Amérique du Sud
ne nous empêche pas et n’empêche pas les
Anglais de chercher à établir des cacaoyères
en Afrique occidentale ; malgré les exporta­
tions depuis longtemps considérables des
cafés du Brésil, tous les autres&gt;pays où la
culture du caféier est possible ne l’ont ja­
mais négligée ; la production cotonnier» des

Etats-Unis ne diminue pas le désir que nous
avons que les efforts de l’Association coton­
nière aboutissent.
Pour ce coton, ce que nous cherchons sur­
tout, il est vrai, c’est à nous mettre à l’abri
d’un trust étranger ; mais est-ce qu’une rai­
son du même ordre ne suffirait pas déjà
pour nous interdire de nous désintéresser
de la récolte du caoutchouc dans nos colo­
nies? Il n’est pas bon et il est toujours à re­
douter qu’un pays aie le monopole d’un pro­
duit.
En fait, une perturbation profonde se pro­
duira peut-être plus ou moins prochaine­
ment dans le commerce mondial des caout­
choucs ; mais, ce moment de trouble passé,
il est à prévoir qu’un nouvel équilibre s’éta­
blira, sur d’autres bases que précédemment;
et ce sera alors vraisemblablement la cul­
ture, dans les diverses régions caoutchoutières, des arbres adéquats aux conditions de
climat et de sol de ces contrées qui contri­
buera principalement à ramener cet équili­
bre. Pour nos possessions tropicales, il est
urgent d’y songer et d’agir.
H e n ri J u m e l l e ,
P rofesseur à la Faculté des
Sciences et à l'In stitu t
Colonial.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
CHAMBRE DE COMMERCE
La Chambre de Commerce de Marseille
nouvellement élue s’est réunie le 4 janvier,
sous la présidence de M. le Préfet, pour
élire son bureau. M. L. Estrine a été élu
président ; MM. A. Armand et E. Lom­
bard ont été choisis par leurs collègues
pour remplir les fonctions de vice-prési­
dents, et M. A. Artaud, celle de membre se­
crétaire.
Nous n’avons pas besoin, dans cet organe,
de faire l’éloge de nos très distingués conci­
toyens, qui auront désormais la charge des
hautes destinées économiques de Marseille.
Nous nous contenterons de les féliciter, en
espérant que l’Institut Colonial, continuera
sous leur direction l’essor que lui avait im­
primé son ancien président, aujourd’hui
Président honoraire, M. Paul Desbief.
DISTINCTIONS HONORIFIQUES
Nous avons appris avec un vif plaisir, la
promotion au grade d’officier de la Légion
d’henneur, do M. le docteur G. Reynaud,

�296

L’EXPANSION COLONIALE

médecin en chef des colonies en retraite,
.professeur à l’Institut colonial Marseillais et
à l’Ecole de Médecine. Cette haute distinc­
tion, bien méritée par une longue et labo­
rieuse carrière, a été accueillie à Marseille
avec la plus grande satisfaction, tant par les
amis que compte dans notre ville le nouvel
officier, que par tous ceux qui ont pu appré­
cier ses hautes qualités de cœur et sa pro­
fonde érudition. M. le Dr Reynaud, qui a été
promu sur la proposition du ministère de la
guerre, est l’auteur d’ouvrages appréciés,
notamment d’une « Hygiène coloniale » qui
fait autorité dans le monde médical.
Par un autre décret, M. Paul Masson, pro­
fesseur d’histoire et de géographie économi­
ques à l’Université d’Aix-Marseille, est nom­
mé chevalier de la Légion d’Honneur. sur la
proposition du Ministre des Colonies, à l’oc­
casion de l’Exposition coloniale de Mar­
seille. C’est avec une véritable satisfaction
que cette nomination de l’éminent et sympa­
thique professeur a été accueillie dans le
monde universitaire, colonial et commer­
cial de Marseille, où M. Masson compte de
nombreux amis. Professeur à l’Institut colo­
nial, le nouveau chevalier de la Légion
d’Honneur, prit une part très remarquée à
l’Exposition coloniale de Marseille, dont il
était un des secrétaires généraux et où il fut
rapporteur général du iury des récompen­
ses. Vice-président de la Commission des
notices de l’Exposition coloniale c’est lui
qui dirigea la publication de la superbe col­
lection de 13 ouvrages parue à cette occa­
sion. M. Masson est président de la section
coloniale de la Société de Géographie. Son
talent d’écrivain égale ses mérites d’orateur :
M. Masson a publié plusieurs ouvrages, qui
ont été couronnés par l’Académie Française,
parmi lesquels on remarque surtout celui
sur « Marseille et la colonisation française »
et son « Histoire du commerce des pays barbaresques ». Nous lui adressons les plus sin­
cères félicitations.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

1° M. F., de Marseille, a demandé l’impor­
tance que pourrait atteindre en France, le
commerce des produits coloniaux, tels que
viandes, poissons, volailles, fruits, etc., si
des installations frigorifiques convenables
étaient établies à bord des paquebots qui
desservent nos colonies.
Cette question, extrêmement intéressante
pour nos colonies et pour Marseille, n’a pas
encore été,chez nous,aussi sérieusement étu­
diée que dans d’autres pays d’Europe. En
France d’ailleurs, l’introduction des viandes
congelées a été retardée par le parti-pris des
éleveurs français de s’opposer à l’importa­

tion de produits exotiques venant faire con­
currence sur le marché national à leurs pro­
pres produits.
Ainsi que le dit très justement M. de
Loverdo, secrétairé général du premier Con­
grès du froid, tenu l’année dernière à Paris,
le froid n’est pas pour nos compatriotes l’ou­
til qui conserve et développe, mais une épée
de Damoclès, toujours menaçante. Aussi,
alors qu’en Angleterre, en Allemagne, en
Danemark, aux Etats-Unis, etc., l’industrie
frigorifique se développait dans de très
grandes proportions et, en ce qui concerne
la viande, a permis à la population ouvrière
de se procurer à des prix raisonnables un
aliment dont les ouvriers français sont sou­
vent obligés de se priver, en France on s’en
est à peine occupé. D’après les documents
de la Société royale des Statistiques, de Lon­
dres, la consommation de la viande en Angle­
terre est de 51 k. 245 par habitant et par an,
elle est de 52 k. 500 en Danemark,de 46 k. 500
en Allemagne,de 40 k. aux Etats-Unis et seu­
lement de 35 k. 500 en France.
La consommation de la viande en France
est on le voit, inférieure à celle des pays civi­
lisés se trouvant dans des conditions clima­
tériques analogues ; et, comme nous ne con­
sommons en France que des viandes indi­
gènes et très peu de viandes importées, il en
faut conclure que notre production est bien
au dessous des besoins de la consommation ;
ce déficit est d’autant plus inquiétant que le
prix de la viande ne fait que s’élever cons­
tamment.
Sans rechercher les raisons d’une situa­
tion anormale en apparence, puisque, d’un
côté l’accroissement de la demande est suffi­
sant pour provoquer la hausse constante du
prix et que de l’autre, l’offre ne paraît pas
empressée de répondre à cet appel, la pro­
duction restant stationnaire, il faut bien re­
connaître, cependant, que depuis de longues
années, les intérêts des éleveurs et des con­
sommateurs sont tenus en échec par l’accord
des intermédiaires qui maintiennent une
différence de 100 p. % entre le prix de vente
du bétail et le prix d’achat de la viande.
Si la France pouvait recevoir dans de bon­
nes conditions des viandes de bœuf et de
mouton de l’Algérie, de Madagascar, de l’A­
frique occidentale, de la Nouvelle-Calédonie,
des poissons, des volailles, du gibier de Tuni­
sie, de la côte d’Afrique ; des fruits tropi­
caux, notamment des bananes et des ananas
dont la consommation augmente sans cesse,
et que les Antilles, la Guinée française, La
Réunion fourniraient en ■abondance, il est
hors de doute que des transactions extrême­
ment importantes s’en suivraient.
Mais une entreprise semblable exige toute
une organisation ; d’abord l’installation de
frigorifiques, dans les colonies mêmes, celle
de cales frigorifiques à bord des navires,
celle des magasins appropriés dans les ports

�L’EXPANSION COLONIALE
et dans les centres de consommation ; les
capitaux à affecter à une semblable organi­
sation devront être considérables.
On estime qu’aux Etats-Unis, les capitaux
engagés dans les entreprises étroitement,
liées à la réfrigération artificielle s’élèvent à
2 milliards de francs et que la valeur des
produits réfrigérés et de la glace produite par
ces entreprises, s’élève à plus de 13 milliards
de francs !
J
On ne se rend pas compte eri France du
merveilleux développmnt de la production
de toutes les denrées alimntaires qui a suivi
l’emploi des procédés d econservation par
le froid, dans les pays qui les ont employés.
L’exportation des œufs de/ftussie passe de
238 fr.en 1855 à 148 mlliions'de francs en 1906
L’Angleterre reçoit d’Australie et de la Nou­
velle-Zélande 300.000 tonnes de viande de
bœuf, 240.000 tonnes de'viande de mouton,
30.000 tonnes de viande de porc, 34.000 ton­
nes de lapins ; plus de 10 millions de mou­
tons ont été importés en 1907 représentant le
tiers des troupeaux de l’Angleterre, 173 navi­
res sont employés à ces transports.
La récolte des oranges, citrons, etc., de la
Californie du Nord et du Sud se monte à plus
de 30.000 wagons complets par an.
Costa-Rica a exporté en 1907 : 4.500.000 ré­
gimes de bananes ! Des milliers d’hectares
sont consacrés à la culture des fruits en Aus­
tralie, en Nouvelle-Zélande, à la Jamaïque,
etc.; ce sont là des résultats dont nous devons
faire notre profit, mais que de préjugés il y
a encore à combattre en France pour amener
le consommateur de la métropole à se servir
des produits réfrigérés ! Il faut souhaiter
qu’ils disparaîtront peu à „peu,et que l’on
ocmprendra chez nous que la viande con­
gelée est à»bon marché, ce n’est pas parce
qu’elle ne vaut rien, mais c’est parce qu’elle
a été achetée à très bas prix dans le pays
producteur.
Quoiqu’il en soit, il est de toute nécessité,
pour l’avenir de nos colonies, qu’elles puis­
sent être mises à même de contribuer à ce
grand mouvement de production de denrées
alimentaires qui se manifeste partout et il se­
rait à désirer que dans les nouveaux contrats
qui lieront les Compagnies de navigation,
la création de cales frigorifiques leur fût
imposée.
D’autre part, le congrès international du
froid tenu à Paris du 5 au 12 octobre dernier
a émis divers vœux qui devront être réalisés,
avant que l’on puisse songer à créer dans nos
colonies les installations frigorifiques indisnensables à la conservation des produits
cru’elles peuvent diriger sur la métropole ou
inversement de ceux que la métropole peut
leur vendre.
Marseille est remarquablement placée
pour recevoir et écouler les produits réfrigé­
rés de nos colonies, la création d’établisse­
ment frigorifiques y est sérieusement étudiée

297

et il faut espérer que leur construction ne
tardera pas à être entreprise.
La Chambre de Commerce, les Compagnies
de navigation, celles des chemins de fer ne
peuvent manquer de s’intéresser à une ques­
tion de toute première importance.
2° M. M. a demandé des renseignements
sur la culture du cacaoyer qu'il se propose
d’entreprendre au Gabon.
Cette culture exige un capital assez impor­
tant car elle ne commence à donner de pro­
duits qu’au bout de cinq années ; elle devient
rapidement très rémunératrice, car dans les
bonnes terres, elle donne de 600 à 800 kilos à
l’hectare vers la 10e année. La durée d’une
plantation varie entre 15 et 40 ans, suivant
la nature du terrain et les soins.
Les ennemis du cacaoyer sont relativement
nombreux, termites, rats, borers, champi­
gnons de la tige ou des racines et il faut cons­
tamment lutter contre eux.
Il a été recommandé à M. M. de faire un
stage dans une des plantations de l’île de
San-Thomé où les Portugais ont su créer
des exploitations très remarquables : il y
apprendrait la culture du cacaoyer, les soins
à donner aux arbres,la préparation du cacao,
toutes choses qu’il est indispensable de
savoir avant de se lancer dans une entreprise
toujours difficile.
3° M. et Mme A., ont exprimé leur inten­
tion de monter un hôtel à Dakar.
La population européenne de Dakar, co­
lons et, fonctionnaires, est aujourd’hui assez
nombreuse pour justifier la création d’un
et même de plusieurs hôtels et restaurants ;
d’autre part, les navires qui font escale dans
ce port y amènent un certain nombre de pas­
sagers qui séjournent à terre pendant les
escales : on peut donc compter sur une
clientèle assez suivie, mais il est nécessaire
de maintenir les prix des chambres et de la
pension à un taux raisonnable, car les soldes
de la plupart, des fonctionnaires et des offi­
ciers ne leur permettent pas de dépenser pour
leur logement et leur table, plus de 150 à 175
fr. par mois, 200 fr. au maximum. Un hôtel
bien tenu, clans un pays où les vivres ne sont
pas chers, peut en somme faire d’excellentes
affaires.
4° M. L.... fabricant de produits chimiques
à Lyon, a demandé des renseignements sur
les cires de rafla et autres cires végétales
produites dans nos colonies.
5° M. P... a soumis quelques échantillons
d’une écorce provenant d’un arbre assez
commun aux Seychelles et qu’il estimait
pouvoir être utilisée en raison de son parfum
très prononcé de cannelle.
Les essais entrepris par M. le Dr Heckel,
n’ont pas donné le résultat qu’en attendait
M. P... ; cette essence, déjà connue en Alle­
magne, est loin d’avoir 1a. valeur de celle de
la cannelle et n’y a pu trouver aucun emploi
rémunérateur.

�298

L’EXPANSION COLONIALE

6° M. de T..., propriétaire dans le Var, s’est
enquis des moyens d’acheter des terres en
Tunisie, où il compte s’établir prochaine­
ment.
Tous les renseignements nécessaires lui
ont été fournis.
7° M. B. a été documenté sur les conditions
climatériques et les facilités d’existence que
l’on peut trouver à Bingerville.
8° Des échantillons de pailles de latanier
de Madagascar, parvenues par le dernier
courrier, ont été remis à des personnes adhé­
rentes à l’L C. M. et qui s’occupent du com­
merce des pailles à chapeaux.
9° Mme de P... est venue chercher des
renseignements sur les conditions de l’exis­
tence à La Réunion.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
T u n isie. — A p ic u ltu re

U n professionnel cirier-blanchisseur avec une
in sta lla tio n m oderne p o u rra it s’a ssu re r un bé­
néfice n et annuel de 10.000 fran cs ; tous les fon­
deu rs actuels tra v a ille n t prim itivem ent, sans
connaissances spéciales et sans capitaux, Une
m an u factu re cirière serait une bonne in dustrie
à créer en Tunisie. Des q u an tités de m arcs sont
jettés et p o u rta n t ils contiennent encore de 8
à 12 % de cire. Avec le développem ent de l’ap i­
cultu re m oderne une fabrique de feuilles g a u ­
frées et d’articles apicoles y tro u v e ra it son
affaire.
Avec le clim at trè s variable, les ennem is et le
caractère u n peu spécial de l’abeille punique,
il fa u t que l’ap icu lteu r donne des soins app ro ­
p rié s aux exigences du p ay s et de l’abeille.
L a T unisie possède ra re m e n t de fortes et fou­
gueuses miellées, la m iellée est généralem ent
m oyenne m ais très longue, a u m oins h u it m ois
de l’année. Les abeilles resten t ra re m e n t quinze
jo u rs sans s o rtir butiner.
Les apicu lteu rs européens concentrent leurs
forces productives p our une époque fixée d’a ­
vance, au ssi les m agasins se rem plissent-ils en
m oins de quinze jo u rs et souvent en une se­
m aine.
L’ap icu lteu r tu n isie n oui c o n d u ira it son r u ­
cher d an s cette atten te ir a it au-devant d’u n
échec to u t p a sse ra it en élevage intem pestif.
Tous les insuccès p ro v ien n en t du m anque de
connaissance de la miellée tu n isien n e qui est
excessivem ent riche ; c’est même cette richesse
qui déroute et ru in e l’ap icu lteu r qui ne sait
s’affran ch ir des procédés enseignés en Europe
et dans les traités.
D’u n a u tre côté, les m iels de p rin tem p s sont
blancs et fins et se vendent souvent le double
de ceux d’été et d’autom ne. A la miellée du p rin ­
tem ps, l’apiculteur punique cherch era à faire
une cu ltu re intensive p a r les ray o n s bâtis. Aux
m iellées secondaires, il fera une cu ltu re in te n ­
sive dans la m ultiplication, dans la p roduc­
tion du m iel en rayons et dans l ’édification des
ray o n s (production de la cire), sans oublier la
sélection et le renouvellem ent des mèreB.
P o u r les soins à donner aux abeilles con­
sultez le « Guide d’A piculture Coloniale »
édité p a r la D irection de l’A griculture à T unis

ou le « Mémento du Colon », édité p a r M. Chanevard.
L ’abeille punique est trè s laborieuse, ru s ti­
que bonne butineuse, elle est légèrem ent plus
petite que les abeilles d’Europe, qualité qui lu i
perm et de b u tin e r avec succès s u r les fleurs
à corolles étroites et profondes.
Sélectionnée et conduite selon son tem p éra­
m ent, elle est très m aniable et su rto u t peu
essaimeuse, contrairem ent à ce qu’affirm ent des
observateurs superficiels. L ’esssaim age com ­
mencé se continue ju sq u ’à épuisem ent die la
souche si l’apiculteur ne sait y m ettre un frein.
La même souche essaim e six ou sept fois et
plus, ce qui prouve sa force reproductive.
Elle élève p a r centaines des cellules royales ;
p o u r ce fait, elle est très recherchée des éle­
veurs reines et d’essaim s, elle se conserve et
prospère en nucleï, ce qui fait l’affaire du dé­
b u ta n t et de l’exploitant.
Aux pluies d’autom ne et de printem ps, le fer­
vent ap icu lteu r sèm era su r les te rra in s incultes
et vagues des plantes m ellifères. L’agriculteurap icu lteu r sèm era en quantité, de préférence,
sulla, sainfoin, tréfiles divers, excellents fo u r­
rages, m iel en quantité et de bonne qualité. Le
colza, la navette et le sa rra sin sont à recom ­
m ander comme engrais et fourrage. Le s a r r a ­
sin peut se sem er au printem ps ou en autom ne,
il fo u rn it deux récoltes de g rain s et u n vaste
pacage aux abeilles. Il peu t rem placer av an ­
tageusem ent les céréales m anquées en année
sèche et en te rra in sec.
INSTALLATION D’UN RUCHER MODERNE
Frais d'installation.
F r.
Achat de 300 ruches à cadres à 12 fr. 50. 3.750
»
300 djébas à 6 fr.............. 1.800
»
m atériel apicole et accessoires.
700
»
outillage de m enuiserie ...........
100
A chat de tentes, baraq u em en t et cam pe­
m ent ............................................................... 1.300
E tudes ................................................. ?............
350
Total ..................
Frais annuels d'exploitation.

8.000
F r.

In térêts de 8.000 fr., à 6 % .........................
480
A m ortissem ent ................................................
480
T ran sp o rt et déplacem ent ......................... 1.300
Locations de t e r r a i n s .....................................
370
Allocation de l’ap icu lteu r et des aides ... 3.000
Total ..................
P roduits annuels.

5.630
F r.

300 ruches à 30 kg. p a r ruche et 1 fr. le kg.
160 kilog. de cire à 3 fr....................................
Essaim s et p ro g re s s io n .................................
Total
Balance.

9.000
480
150
9.630
F r.

P ro d u its an nuels ...........................................
F ra is an nuels ................................................

9.630
5.630

Bénéfices n e t s ..................

4.000

�L’EXPANSION COLONIALE
R épartition des bénéfices.
F r.
Au c o m m a n d ita ire ................................... . u 3.000
A la direction ................................................
700
A la réserve ...................................................
300
T o t a l .................

4.000

P a r les détails ci-dessus, avec u n modeste c a ­
p ital de 8.000 fr., on obtient u n bénéfice annuel
de 4.000 fr., soit du 50 % du capital engagé.
Aucune opération de jeu ou de .bourse ne donne
pareils ré su lta ts et d’aussi sérieuses garan ties,
puisque le cap ital « abeilles » augm ente annuel­
lem ent et ne s'use jam ais. Les essaim s plus
nom breux v au d ro n t a u ta n t à la liquidation
q u ’à la création. Sauf les caisses, les abeilles et
la cire v au d ro n t au m oins le prix d’ach at ; c’est
à-dire que l’on retro u v e ra les débours (8.000 fr.)
de prem ière installation.
Les professionnels trou v ero n t que nous re s­
tons bien au dessous de la réalité p our une
exploitation abeillère industrielle. Notre propre
expérience d ans ce tra v a il donne des bénéfices
au trem en t supérieurs. Nous tenons ce mém oire
comme la m oyenne des ap icu lteu rs tunisiens et
non des v rais spécialistes.
Quoi q u ’il en soit, nous estim ons que l’on peut
faire de l’ap icu ltu re coloniale v raim en t lu c ra ­
tive et bien su périeurem ent à toutes les autres
branches agricoles, qui, m alheureusem ent de
nos jours, p a r suite de m ain-d’œ uvre élevée et
de mévente, tra v a ille n t presque toutes sans bé­
néfices et quelquefois à perte.
Une exploitation apicole ne dem ande n i tr a ­
vaux bien pénibles, n i études bien longues ;
elle ne nécessite d’a u tre s fra is que ceux d’ach at
de colonies et ne dem ande n i engrais, n i la ­
bours, n i sem ences annuels, comme l’exploitad’une ferm e, ni des tra v a u x quotidiens comme
l’exploitation d’u n tro u p eau ou d ’une bassecour.
La cu ltu re des abeilles convient à tout le
monde, l’hom m e de lab eu r et de loisirs, le p a s­
teu r des âm es comme l’industriel, le citad in luimême, peuvent avoir des ruches ; les soins
qu’elles dem andent ne p a ra ly se n t aucu n au tre
trav ail. C’est une culture, c’est une récolte qui
dem ande si peu de tem ps, si peu de sacrifices,
qu’on p eut dire qu’elle se fa it seule et san s
frais.
Nous serions heureux si ce m odeste m ém oire
pouvait encourager l’ap icu ltu re dans nos colo­
nies de l’Afrique du Nord qui s’y p rê te n t adm i­
rablem ent bien, ta n t p a r le clim at, la flore va­
riée et l’abondance en n e c ta r délicieux.
Le p ro p rié ta ire -a g ric u lte u r sera largem ent
récom pensé, si les abeilles du voisin v isitent
les fleurs de ses cham ps et de ses vergers, p a r
u n m eilleure fructification de ses récoltes. L’a ­
beille é ta n t l’agen t p a r excellence de la fécon­
dation des fleurs, san s l'interv en tio n de l’abeille
beaucoup de plantes re ste ra ie n t stériles ou peu
productives. Beaucoup d'abeilles, beaucoup de
fru its et de beaux fru its.
Si nous ne parvenons p as à re te n ir l’atte n ­
tion des personnes susceptibles de s’intéresser,
de près o u de loin, au développem ent de nos
richesses n atu relles coloniales, nous au ro n s au
m oins la satisfactio n du devoir accompli.
B o ur g eo is,

A piculteur à Bir-Bou-Rekba.

299

T u n isie. — In s ta lla tio n s frig o rifiq u e s

De la Chambre M ixte
de Commerce et d’A griculture
Sousse, le 4 jan v ier 1909.
Nous avons l’h o n neur de vous adresser, sous
ce pli, copie d’un vœ u émis p a r la Cham bre
Mixte du Centre, dans sa séance du 19 décem­
bre dernier, ten d an t à obtenir la création de
cales frigorifiques à bord des Com pagnies de
navigation desservant la Tunisie.
C onnaissant tout l’attacherqent que l’In stitu t
Colonial M arseillais porte auSc questions in té­
ressan t la Régence, nous sommes en droit d’es­
p érer que, grâce à l’appui de sa h au te auto­
rité, satisfaction sera donnée à n o tre désir très
légitime.
G u i l l e m a r d , président.
EXTRAIT DU PROCÈS-VERBAL

de la séance du 19 décembre 1908.
Présidence de M. Guillemard, Président. — Se­
crétaire : M. Canton, Secrétaire. — Etaient pré­
sents : MM. Guillemard, Président; Canton, Se­
crétaire,- Lefront, Trésorier; Démangé Massenet,
Mauras, Refalo, Rictmann, Membres.
M. le Président donne lecture de la lettre de
M. le Président de la Chambre de Commerce de
Rizerie du 17 novembre adressant le vœu émis -ar
sa Compagnie relativement à la création de cales
frigorifiques à bord des navires des Compagnies
de navigation, vœu ainsi çonçu :
« La Chambre de Commerce de Bizerte.
« Au courant des progrès réalisés par l'industrie
« du froid, convaincue de la facilité de faire par
« ce moyen d'importantes réserves d’approvision« nements sains et peu encombrants pour l’entre« tien des armées et de la population.
« Emet le vœu que des magasins frigorifiques
« soient créés à Bizerte ainsi que dans les autres
« Ports de la Régence et que les Compagnies de
« Navigation veuillent bien mettre à l'étude, le
« plus promptement possible, la création de cales
n réfrigérées devant concourir à l’approvisione« ment de ces magasins.
La Chambre se rallie entièrement à la demande
de la Chambre de Commerce de Bizerte et décide
de faire sien ce vœu.
Elle décide, en outre, sur la proposition de M.
Guillemard, qu'une ampliation de cette délibéra­
tion sera adressée à ' l ’Institut Colonial de Mar­
seille afin d'appuyer les démarches ne cet Ins­
titut fait en vue d'obtenir la création par les
Comvnanics subventionnées qui desservent la
Tunisie, de cales frigorifiques.
Réponse de l’In stitu t Colonial
à la lettre précédente
M onsieur le P résident,
J ’ai l’h o nneur de vous accuser réception de
votre lettre du 4 jan v ier, p a r laquelle vous
voulez bien faire anpel à l’In stitu t Colonial
M arseillais pour app u y er le vœ u de votre Com­
pagnie ten d a n t à obtenir la création de cales
frigorifiques à bord des nav ires desservant la
Tunisie.
Cette in téressan te question des frigorifiques
soit à bord des paquebots, soit dan s le p o rt de
M arseille a déjà depuis longtem ps vivem ent
préoccupé n o tre In stitu t. Le com m erce des
fru its tropicaux, dont l’im portance augm ente
de jo u r an jo u r ne peut être avantageux que

�L’EXPANSION COLONIALE

300

si ces fru its sont conservés à bord dans des
conditions p o u v an t a ssu re r leu r conservation
et s’ils peuvent être em m agasinés à leu r a rri­
vée dans des établissem ents spéciaux d’où ils
seraien t dirigés su r les lieux de consom m ation.
Les viandes que certaines de nos colonies, la
Nouvelle-Calédonie, M adagascar, la côte occi­
dentale d’A frique peuvent fo u rn ir en grandes
q u an tités dans des conditions exceptionnelles
de bon m arché les m e tta n t à la portée d’une
classe très nom breuse de nos com patriotes,
p o u r ain si dire privée d’u n alim en t de p re­
m ier ordre, ont égalem ent besoin de frigorifi­
ques p o u r être tran sp o rtées économ iquem ent.
D’a u tre p a rt, les colonies qui ne produisent
n i légum es, n i fru its d’E urope, n i beurre,
n i from age ont égalem ent besoin de frigorifi­
ques à bord des n av ires qui les desservent
p o u r recevoir ces denrées en bon é ta t de
conservation.
E n to u t éta t de cause, la question des frigo­
rifiques nous p a ra ît tellem ent im portante à ré ­
soudre dans u n bref délai que vous pouvez
com pter, M. le P résid en t, que nous serons heu­
reu x de vous donner to u t notre appui.
Veuillez aerréer, etc.
M o ricea u ,

Secrétaire général de VI. C. M.
T u n isie. — N o te C o m m e rc ia le

Tunis, 18 ja n v ie r 1909.
On cote quai T unis :
Blé, fr. 28.75 à fr. 30.50 ; orge, fr. 19.25,
calm e ; avoine, fr. 15.40.
A rrivages, nuis, fèves dem andées, ventes
trè s peu im po rtan tes à fr. 23 ; l’huile d’olive est
to u jo u rs en trè s forte h au sse à raiso n des m i­
nim es q u an tités récoltées.
C och in chin e

P lantations de caoutchouc (Hevea B r.)
Saïgon, 20 décem bre 1908.
L a Cham bre de Commerce de Saïgon me
com m unique une note d’après laquelle l’In sti­
tu t Colonial de M arseille a u ra it décidé de
faire, p o u r a v ril prochain, une E xposition con­
c e rn a n t princip alem en t la culture des p la n ­
tes à caoutchouc. Ceci m ’intéresse d’a u ta n t
p lu s que je suis venu moi-même, en Cochin­
chine, p o u r étu d ier de plus près ce genre de
culture. Depuis tro is mois que j’étudie su r p la ­
ce et en d étail cette question elle me p a ra ît des
p lu s intéressan tes, é ta n t donné s u rto u t les ré ­
su lta ts très sa tisfa isa n ts obtenus ju sq u ’à p ré ­
sent, j’avoue même être très su rp ris que la cul­
tu re de l’H evea B rasiliensis n ’a it p as p ris plus
d’extension dans la colonie. Car à to u t bien
considérer il n ’existe ici que deux en trep rises
sérieuses qui ont m is à profit les expériences
faites, depuis nom bre d’années, d ans les diffé­
re n ts cham ps d’essais du service de l’ag ricu l­
tu re de Cochinchine, ce sont : la Société des
P la n ta tio n s d’Hevea de Da-Grach et la Société
agricole de S uzannah, lesquelles, bien que
n ’a y a n t p as encore commencé à p roduire, sont
en p a rfa it éta t de prospérité. Une troisièm e
p la n ta tio n assez restrein te, p uisqu’elle ne con­
tie n t que 15.000 arbres, et a p p a rte n a n t à M.
B elland, est en plein rendem ent. P o u r m a part,
je me propose d’org an iser une entreprise de ce

genre et dans ce but, je dem ande au gouverne­
m ent de la colonie une concessions de 200 à 250
hectares.
Je rédige actuellem ent une étude s u r « l’Hevea B., son avenir, sa culture et son exploita­
tion en Cochinchine », étude dont je m e ferai
un p laisir de vous ad resser quelques exem plai­
res aussitôt achevée.
E n ce qui concerne votre Exposition j’avais
songé tout d’abord à vous envoyer des a g ra n ­
dissem ents de photographies prises p a r moimême dans les p lan tatio n s citées plus h a u t ;
m alheureusem ent les photographes saïgonnais
ne disposent pas du m atériel voulu po u r l’exé­
cution de ce genre de tra v a u x ; d’au tre p art,
peut-être vaudrait-il m ieux que je vous adresse
directem ent les clichés dont je dispose, ce qui
vous p erm ettrait de faire exécuter des a g ra n ­
dissem ents rép o n d an t à la superficie de m u ­
raille dont vous disposez.
E n outre, je me propose de dresser une carte
des p lan tatio n s actuelles que je jo in d ra i à mon
envoi de clichés. Peut-être d’ici là verrai-je à
vous ad resser au tre chose ; de toute façon je
me m ets à votre entière disposition p o u r vous
p ro cu rer renseignem ents et pièces dont vous
pourriez avoir besoin.
Dans l’attente de vous lire, croyez, M onsieur,
à l’assurance de m a p a rfa ite considération.
P . L edreuf,

Ancien agent principal de la
Société agricole et com m er­
ciale de VAlima (Congo F.).
Sénégal. — U tilis atio n du M il p o u r la P â te
à p ap ier

P a ris, 6 décembre 1908.
Depuis longtem ps déjà on recherche de tous
côtés les m atières filam enteuses feutrables pro­
pres à la fabrication du pap ier pour venir en
aide à l’insuffisance de la production fores­
tière. E t dès 1892 M. H enry Boucher, député des
Vosges et ancien m inistre du Commerce, a n ­
nonçait dans ses rap p o rts à la Commission des
D ouanes l’utilisation certaine des végétaux tro ­
picaux.
D’au tre p a rt M. V. U rbain, dans son in téres­
sa n t ouvrage su r les « Succédanés du chiffon
en paneterie », écrit ce qui su it : « Le bois com ­
m ençant à se faire rare, force sera de revenir
à l’utilisation des végétaux à croissance rapide.
Il faudra s'ingénier à trouver des traitem ents
économiques applicables sur les lieux m êm es
de récolte de ces végétaux. L à est l’avenir de la
papeterie. »
M ais, ain si que l’ont ju stem en t indiqué MM.
R ostang et du S ert dans le u r tra v a il su r « les
vée-étaux propres à la fabrication du pan ier »,il
ne fa u t pas nerdre de vue que l’ind u strie papetière ne peut baser une fabrication su r un végé­
tal, s’il n ’est pas rig o ureusem ent dém ontré que
la récolte de ce végétal se fa it d’une façon très
régùlière, à des époques fixes, p ar quantités
abondantes su r une superficie déterm inée et
sous un clim at favorable, qu’il est enfin facile à
tra n sp o rte r et à ré u n ir en approvisionnem ent.
Tous les techniciens de la papeterie sont
aussi d’accord su r cet au tre point, à savoir que
les végétaux qui réu n issen t les conditions cidessus indiquées, doivent être transform és sur

�301

L’EXPANSION COLONIALE
place en pâte brute. « E n effet, dit M. U rbain,
dans le livre précédem m ent cité, les végétaux
de rap id e croissance, une fois desséchés, ne
produisent pas, d ans les m illeures conditions,
plus de 50 °4 de leu r poids en fibres lorsqu’ils
son t tran sfo rm és en papier. Les faire voyager à
distance, c’est donc tra n sp o rte r inutilem ent
50 % i de poids m o rt ». Les végétaux en balles
trè s pressées ne d ép assan t guère 400 kilos au
m ètre cube, ne peuvent donc être transportées
qu’à l’encom brem ent si bien q u ’pfi a rriv e ra it
à p ay er p our 200 kilos de m atières utilem ent
employées u n prix beaucoup trop élevé. Les
A nglais le font cependant p o u r l’alfa, m ais la
pâte d’alfa est coûteuse et ne s’emploie p a r
conséquent que dans les p apiers de luxe ; de
plus les A nglais ont le fret et les p roduits chi­
m iques à bien m eilleur m arché que nous.
Il en résu lte donc que pour em ployer les vé­
gétaux à croissance rap id e dans la fabrication
des p ap iers com m uns, il fa u t les tran sfo rm er
en pâte su r le lieu de leu r récolte.
M ais p o u r o pérer cette tran sfo rm atio n su r
place, faut-il encore avo ir à la disnosition de
l’eau en suffisance et u n tra ite m e n t économi­
que.
Il s’ensu it u n problèm e dont les term es p o u r­
ra ie n t être a in si posés :
*•
T rouver dans u n lieu déterm iné des végétaux
à croissance rapide, extrêm em ent bon m arché,
dont la récolte se fa it d’une façon très régulière,
à des époques fixes, p a r q u an tités abondantes,
su r une superficie déterm inée ; tran sfo rm er ces
végétaux en oâte à p ap ier su r place p a r un
procédé économique ; tra n sp o rte r cette pâte
très pressée de façon qu’elle a it une densité
d’environ 1.000 kilos a u m ètre cube, afin que
le coût du fre t ri’augm ente pas le p rix de re ­
vient de la n âtê au poin t de la m ettre en éta t
d’infériorité p a r ra p p o rt aux produits qu’elle
est appelée à concurrencer.
Ce problèm e, nous l’avons résolu en u tilisan t
les tiges de m il du Sénégal et en les tr a ita n t
p ar u n nouveau procédé de fab ricatio n appelé
à révolutionner la papeterie.
P a rlo n s d’abord de la m atière prem ière.
Le m il ou sorgho est cultivé su r d’im m enses
étendues au Sénégal où il est la base de la
n o u rritu re des indigènes.
Il en existe deux espèces, le sorghum vulnare
et le p en n isetu m spicatum (gros m il et petit
mil). C hacune de ces espèces com porte plu­
sieu rs variétés. Les unes sont tardives et les
au tre s hâtives. L a récolte a lieu de fin octobre
à fin décembre.
Le m il se présente sous la form e de longues
tiges d’u n diam ètre v a ria n t de 0.01 à 0.03 centi­
m ètres et d’une h a u te u r de l m80 à 2 m ètres.
A l’extrém ité des tiges se trouve la panicule
qui renferm e le grain. Les indigènes coupent
cette panicule et laissen t les tiges plantées en
te rre ju sq u ’au m om ent où l’approche de l’épo­
que des sem ailles les obligent à les b rû ler pour
s’en d éb arrasser.
Le m il est cultivé au Sénégal u n peu p arto u t,
pu isq u ’il constitue le p rin cip al élém ent de la
n o u rritu re des indigènes, m ais les centres p rin ­
cipaux où on le récolte en abondance sont les
rives du fleuve et les environs de Rufisrrue.
Le m il réalise donc, a u poin t de vue récolte
et approvisionnem ent facile et régulier, les con­
ditions indispensables p o u r son emploi en p a ­
peterie. Il reste à exam iner sa v aleu r en ta n t
que m atière prem ière.

D ans l’ouvrage de M M .Rostang et du Sert que
nous avons déjà m entionné, nous trouvons le
sorghum vulgare p arm i la nom enclature des
végétaux pronres à la fabrication du papier. Il
s’agit ici du m illet à b alai cultivé en L angue­
doc et en Provence. Voici ce nue MM. R ostang
et du S ert écrivent à son su jet : « L a tige,
« employée p ar quelques fab rican ts de papiers
» du Midi à la production des sortes com« m unes, ne donne pas des résu ltats bien en« courageants, le résu lta t en cellulose fibreuse
« étan t très faible. Elle offre en outre le grave
« inconvénient de recéler une notable quantité
« de sucre qui rend le traitem en t difficile su r­
it to u t au point de vue du lessivage. »
Nos expériences personnelles et celles qui ont
été faites su r notre dem ande p a r la g rande
fabrique D arblay, à Essonnes, avec les tiges
des différentes espèces de sorgho du Sénégal,
ne nous ont procuré aucune difficulté au lessi­
vage, m ais le blanchim ent exige trop de chlo­
ru re de chaux ; en outre le rendem ent n ’a a t­
tein t que 35 % to u t au plus soit avec la soude,
soit avec les bisulfits. Dans ces conditons la
tran sfo rm atio n du sorgho en pâte à p ap ier n ’of­
fra it aucun avantage et nous au rio n s ab an ­
donné to u t projet basé su r l’emploi de ce végé­
ta l si nous n ’avions eu à notre disposition que
les procédés employés en papeterie et les seuls
connus ju sq u ’à ce jour.
Chérion &amp; Serres , 14, rue Nélaton, P aris.
(A suivre.)
LETTRES DE NOS CORRESPONDANTS
Guyane

De MM. Clanis et Tanon, correspondants de
l’In stitu t Commercial M arseillais
Cayenne, le 21 novem bre 1908.
Nous avons l’h o n n eu r de vous ad resser les
inform ations suivantes, et commençons ainsi
la série des lettres m ensuelles que nous nous
sommes engagés à écrire comme m em bre cor­
resp o n d an ts de l’In stitu t Colonial M arseillais.
Actes officiels
Jo u rn al officiel de la Colonie
1er août. — Décision rég lem entant la vente
de l’or pro v en an t des recettes perçues en n a ­
tu re p a r les postes de Douane de la colonie.
Aux term es de cette décision l’or pro v en an t
des recettes perçues p a r les postes de Douane
sera vendu aux enchères publiques p a r les
soins du Chef de Service des D ouanes ou de
son délégué p a r lots de u n kilogram m e envi­
ron.
8 août. — A rrêté a u to risa n t le re tra it de la
caisse de réserve et la vente de tro is titre s de
rente de 3.000 fran cs chacun, nom inatifs (3 %)
a p p a rte n a n t à la colonie, con sid éran t que le
n u m éraire déposé dans la caisse de Réserve du
Service Local est insuffisant pour faire face
aux prélèvem ents à effectuer à ladite caisse.
5 septem bre. — A rrêté a b aissan t le ta u x su r
la taxe additionnelle su r les m an d ats d’articles
d’a rg en t m étropolitains.
Aux term es de cet article, la taxe, notam *

�302

L’EXPANSION COLONIALE

m ent du m andat-poste fixée à 2 % p a r l’arrêté
àu 30 m a rs 1906 est abaissée au tau x de 1.1/2 %.
26 septem bre. — A rrêté p o rta n t ta rif des
d ro its à percevoir p a r les cou rtiers m aritim es
su r la place de Cayenne.
Aux term es de cet article, les droits à p e r­
cevoir p a r les co u rtiers su r la place de C ayen­
ne seront réglés conform ém ent au ta rif ciap rès :
F r.
1 ° N égociation d’effets de. commerce
et de lettres de change su r la
F ran ce et su r l’é tra n g e r :
P o u r n ’im porte quelle somme ........
1.— %
2° C hange de m onnaie (annulé).
3° Vente et ach at d’objets m obiliers ... 5.— %
4° Vente et ach at de denrées colonia­
les et de m arch an d ises :
De 1 à 1.000 fran cs .............................
1.— %
De 1001 à 5.000 fran cs .......................
0.75 %
De 5001 et au-dessus ..........................
0.50 %
5° A ssurances de toute n a tu re :
De 1 à 1.000 fran cs (valeur assurée) 0.50 %
De 1001 fran cs et au-dessus ..............
0.25 %
6° Conduite de n a v ire s en douane :
. S u r n av ires de 1 à 150 to nneaux de
jau g e ....................................................
0.50 %
S u r n av ires de 151 tonneaux de
jau g e et au-dessus ..........................
0.25 %
(P ar to n n eau de jauge, ta rif ap p li­
cable ta n t à l’entrée qu’à la sortie).
7° A ffrètem ent :
S ur n av ires de 1 à 10 tonneaux de
jauge .......................................................
2.—%
S u r n av ires de 11 à 25 to n n eau x de
jau g e .......................................................
1.25%
S u r n av ires de 26 tonnes et audessus ..................................................
1.— %
(P ar ton n eau de jauge ou p a r tonne
de m arch an d ises en cas de fret à
la cueillette).
8° Vente et a c h a t de v aleu rs :
Actions, titres, etc .............................
1.— %
3 octobre. — Décision ra tta c h a n t p rovisoire­
m ent au S ecrétariat gén éral le Service de la
colonisation.
24 octobre. — Voici les q u an tités d’or décla­
rées en Douane p en d an t le m ois de septem bre
1908 :
M aroni ......
M ana .........
S in n a m a ry
A pprouague
OyaDok '.....
R o u ra .......
Inco n n u ...

50 k.
180 k.
60 k.
53 k.
6 k.
43 k.

427.820
533.450
992.000
476.960
164.330
244.740
007.000

364 k. 776.300
Les neuf p rem iers mois de
1907 avaien donné .......... 2.851 k. 427.294
Le to tal au 30 septembde
1908 éta n t de ................... 3.134 k. 206.714
L 'augm entation en faveur de 1908 est donc de
282 kg. 719.420.
24 octobre. — Budget. — Le to tal général des
prévisions b u dgétaires pour 1908 est de fr.

__

3.497.394.64. S u r cette somme fr. 141.610 sont
prévus
po u r les T ravaux publics ; fr.
145.836.80 po u r même cause sous la ru brique
« plan de cam pagne » ; 156.500 fran cs po u r sub­
ventions aux communes.
Au 30 septem bre 1908, 162.550 fran cs de cré­
dits supplém entaires ont dû être ouverts.
Chambre de Commerce
E n sa séance du 6 novem bre, la Cham bre de
Commerce émet une protestation contre la nonexécution du co n trat de la Com pagnie du NordAmazone.
Le rep résen tan t du G ouvernem ent répond
que des pénalités ont été infligées à la Compa­
gnie du Nord-Amazone et que le contrat, s’il
n ’est pas exécuté, sera résilié dans les délais
stipulés au dit contrat.
Cette Com pagnie qui a obtenu l’ad ju d icatio n
des services côtier et postaux de la G uyane le
18 ju in 1907 devait com m encer à fonctionner le
10 août 1908. Ju squ’à présen t non seulem ent ses
vap eu rs ne sont pas arriv és m ais rien ne fa it
présum er qu’ills a rriv ero n t de sitôt, puisqu’elle
n ’a encore installé ni m ag asin , n i m oyens
d’em barquem ent, ni dépôt de charbon, rien
enfin de ce qui est indispensable au fonction­
nem ent d’une affaire de ce genre.
N ouvelles diverses
Le calm e le plus p a rfa it n ’a cessé de régnèr
p en d an t les élections, nui constituent au Con­
seil général, avec les élections des Communes,
une m ajo rité favorable au développem ent éco­
nom ique et com m ercial de la colonie.
Le budget de 1909 sera soum is au Conseil
général en ‘ sa prochaine session ordinaire,
nous avons toutes raiso n s de penser que nous
au ro n s enfin un budget sincère qui ne donnera
pas lieu à ouverture de crédits supplém entai­
res en cours d’exercice. Notre gouverneur, M.
Rodier, a été vivem ent ému du m auvais état
des finances, leur m auvaise adm in istratio n , et
la faible p a rt réservée aux tra v a u x dans un
p ay s où tout est à faire ; il a en trep ris la lutte
de toutes ses forces contre le gaspillage des
deniers publics et v ien d ra avec un budget d’éco­
nom ie,espérant arriv e r progressivem ent à affec­
te r un m illion aux T rav au x publics dont le be­
soin se fait si im périeusem ent sentir : car nous
n ’avons rien, absolum ent rien, pas même un
appontem ent pour débarquer san s risq u er une
chute. Un p a re il program m e ne v a pas san s
faire des m écontents : tous ceux accoutum és à
vivre grassem ent et faire vivre leu rs créatu res
de la Colonie-Providence lu i ont voué une
guerre acharnée alla n t ju sq u ’à l’in ju re la plus
grossière ; ils sont heureusem ent le petit nom ­
bre : la population to u t entière, su rto u t celle
qui travaille, si durem ent exploitée a u p a ra ­
vant, est heureuse de pouvoir enfin espérer
que la G uyane deviendra une colonie p ro s­
père au lieu de la ru in e que l’on sait. Nous
avons u n budget de 3.400.000 fran cs po u r une
population de 32,000 h ab itan ts, nos ressources
m inières, forestières sont im m enses, sans p a r ­
ler de l’ag ricu ltu re ; une A dm inistration éclai­
rée nous m anquait, nous avons enfin la bonne
fortune de la posséder, et espérons tout des

�L’EXPANSION COLONIALE
efforts de M. Rodier, ad m irab lem en t secondé
p a r son secrétaire général, M. W. F aw tier.
Nous espérons que notre m inistre, M. MillièsLacroix, si clairv o y an t et si com pétent en m a­
tiè re coloniale, les co m p ren d ra et leu r p rê te ra
son concours et son ap p u i le p lu s large, contri­
b u a n t ain si p o u r la p a rt qui lui incombe au
relèvem ent de notre colonie.
Cayenne, 3 décembre.
Nous vous adressons p a r ce même cou rrier
u n exem plaire du discours prononcé p a r notre
gouverneur, M. R odier, à l’occasion de l’ouver­
tu re de la session o rd in aire du Conseil général.
L a h au te portée économ ique de ce discours
ne vous éch ap p era p as ; nous le recom m andons
à votre lecture attentive et espérons que, a tta ­
chés et dévoués à la cause coloniale française,
vous voudrez bien lui donner toute la publicité
possible : vous aurez fa it beaucoup pour notre
p au v re colonie (*)■

--------------------- ------------------------

Musée Commercial
Exposition de Caoutchoucs des Colonies

On sait que l’Institut Colonial Marseillais
-organise pour cette année une Exposition de
caoutchouc et que nous avons adressé ,à
MM. les Gouverneurs des colonies une lettre
sollicitant leur concours. Des adhésions pré­
cieuses nous sont déjà parvenues et nous
trouvons dans le Journal Officiel du Congo
Français une circulaire qu’a bien voulu
adresser à ce sujet aux Sociétées concession­
naires M. le lieutenant-gouverneur du
Moyen-Congo, que nous remercions de son
bienveillant appui. Voici le texte de cette
lettre :
Le

Lieutenant-G ouverneur du Moyen-Congo,
Chevalier de la Légion d'H onneur à MM. les
D irecteurs des Sociétés concessionnaires.
12 décem bre 1908.

M onsieur le D irecteur,
P o u rsu iv a n t son œ uvre de vulgarisation,
l ’In s titu t Colonial M arseillais organise p our le
prin tem p s prochain, une exnosition des diffé­
ren tes v ariétés de caoutchouc et de gutta-percha, p roduites p a r nos possessions d’outre-m er.
Je n ’ai p as besoin de faire l'essortir le h a u t
in té rê t que présente, p articu lièrem en t pour le
Congo français, l’entrep rise dont il s’agit. Les
chiffres sont suffisam m ent in stru ctifs à cet
ég a rd :
Au Moven-Congo, la production du caout­
chouc alim ente les tro is q u a rts du commerce
d’exportation (4.668.965 fran cs su r 6.261.472
francs); et si à un a u tre point de vu'e, l’on con(*) Nous regrettons vivem ent de ne pas pouvoir
publier in-extenso faute de place ce rem arquable
discours, que nos lecteurs trouveront d’ailleurs
g rand intérêt à lire dans la Dépêche Coloniale.

303

sidère la p a rt de l’ensem ble de nos colonies
dans les q u antités in troduites en F rance, on
constate qu’en 1906, elle s’est élevée à 3.709.525
kilogram m es et 37.540.393 fran cs su r un to tal
de 12.372.642 kilogram m es et 142.285.385 francs.
Nos colonies riveraines de la Côte occidentale
de l’Afrique, dont la production était pour ainsi
dire nulle il y a vingt ans. se classént a u jo u r­
d’hui, Congo com pris, au second ra n g comme
fo u rn isseu rs de la métropole.
Le m om ent était donc venu de faire connaî­
tre au public fran çais l’essor rem arquable nris
p a r cette branche de l’activité coloniale et de
lui m ontrer les perspectives de développement
et d’expansion économique que l’avenir réserve
à la m ise en valeur rationnelle de richesses
encore incom plètem ent inexploitées. Les pro­
grès incessants de l’ind u strie et les applications
nouvelles qu’elle fa it tous les jo u rs du caout­
chouc, peuvent g a ra n tir un accroissem ent de
débouchés suffisant pour absorber l’au g m en ta­
tion de la production.
J ’ai donc pensé que les Compagnies conces­
sionnaires de la Colonie, auxquelles incombe
u n rôle si im p o rtan t dans la vie de nos posses­
sions congolaises, seraien t susceptibles de p rê­
ter, p a r leu r p articip atio n et leur collaboration
effective, un concours des plus précieux à
l’œ uvre ém inem m ent utile que s’attache à ré a ­
liser avec succès l’In stitu t Colonial M arseillais.
D ans l’espoir que vous voudrez bien p a rta ­
ger cette m anière de voir, je crois devoir vous
donner ci-après les indications fournies p a r le
P résid en t de l’In stitu t, su r la n a tu re des échan­
tillons et renseignem ents qu’il serait heureux
de recevoir.
Je me borne à citer les passages de sa lettre
qu’il peut être bon de consulter à ce sujet.

((.........................................................................
« Nous vous serions très vivem ent reconnais« san ts de nous faire p arv e n ir des échantillons
« d’un kilogram m e environ, de toutes les va- '
« riétés de caoutchouc, de gutta, produite p ar
« votre Colonie, ain si que :
« 1° Des cartes su r lesquelles seront m ar« quées, d’une façon apporente, les régions
caoutchoutifères.

((.........................................................................

« 4° Quelques photographies faisa n t connaî(( tre les différentes m an ipulatiions du latex.

((.........................................................................

« 6° Enfin, nous désirerions pouvoir m ontrer
« des échantillons des diverses fraudes que
(&lt; l’A dm inistration s’emploie à em pêrher dans
&lt;c l’intérêt de la provenance à savoir : m élange
« de terre au latex, incorporation aux boules
« de caoutchouc de cailloux, de bois, terre, etc.
« Nous attacherions le plus g ran d prix à re« cevoir égalem ent en vue de frap p er davan■&lt;&lt; tage les yeux de nos visiteurs, des plantes
« caoutchoutifères vivantes, ou, en cas d’im« possibilité, des reproductions photographi« ques, ou des aq uarelles de vos diverses va« riétés, à chaque époque de culture, et avant,
« p en d an t et après la saignée.
« Nous avons déjà réuni, dans nos vitrines
i&lt; coloniales, un très g ran d nom bre d’échantil« ions de caoutchouc pro v en an t de l’Exposi« tion Coloniale de 1906 ; m ais nous tenons à
i&lt; présen ter u n ensem ble très à jo u r et aussi
« com plet que possible.
« Cette Exposition se ra entièrem ent gra-

�L’EXPANSION COLONIALE

304

« tuite. L’In s titu t Colonial en pren d l’initiative
(( et en assu re la dépense...

« ......................................................................... »
Afin de perm ettre à l’In s titu t Colonial de
p ren d re ses dispositions p our o rg an iser l’Expo­
sition, je vous serais obligé de vouloir bien me
faire connaître, le plus tô t -u’il vous s e ra pos­
sible, s’il p eut com pter su r votre particip atio n ;
dans l’affirm ative, il y a u ra it lieu de joindre
à votre réponse la n om enclature des articles
que vous com pter pouvoir envoyer.
Si vous voulez bien reco u rir à m on in term é­
diaire, je vous p rie ra is de m ’ad resser les collec­
tions de m anière qu’elles me p arv ien n en t av an t
le 10 fév rier pro ch ain ; la Colonie p re n d ra à sa
charge, dans ce cas, les fra is de tra n sp o rt de­
puis B razzaville ju sq u ’à M arseille. Mais vous
pouvez, si vous le préférez, adresser directe­
m ent, à vos frais, vos échantillons à l’In stitu t
Colonial M arseillais et vous m ettre d’accord
avec lui p our l’o rg an isatio n de l’Exposition
spéciale de votre Société.
Le plus g ran d soin d evra être apporté aux
em ballages et étiquetages ; les caisses, solides
et bien ferm ées, p o rtero n t à l’extérieur, outre
l’adresse de l’In stitu t Colonial M arseillais, u n
num éro d’ordre, le nom de la Société conces­
sionnaire, et la m ention « Exposition caoutchoutière de 1909. »
Chaque colis re n fe rm e ra une liste-inventaire
de tous les objets qui y sero n t co n ten u s; cette
pièce sera m ise dans u n flacon bouché, u n étui
ou a u tre récipient im perm éable afin d’a ssu re r
son arriv ée en oon état-: u n double en se ra
adressé a u G ouvernem ent du Moyen-Congo.
Enfin, chaque échantillon lui-m êm e sera
identifié au m oyen d’une fiche de renseig n e­
m ents, qui devra y être fixée, et sera conforme
au modèle ci-après :
Congo français
et
Dépendances
Colonie
du
Moyen-Congo
E xposition caoutchoutière de M arseille
(année 1909)
FICHE DE RENSEIGNEMENTS
Nom et adresse de l’exposant :
indigène :
Nom du p la n t
com m ercial :
botanique :
P ro d u it de culture ou produit n a tu re l :
Lieu de provenance :
Superficie et production m oyenne annuelle
de la concession :
Q uantité p o u v an t être livrée actuellem ent au
com m erce d’exportation :
P rix du kilogram m e ou au tre unité :
P rix du tra n sp o rt de B razzaville à Bordeaux,
le H avre, M arseille.
A utres renseignem ents :

Agréez, M onsieur le D irecteur, l’a ssu ra n c e
de m a considération très distinguée.
Cureau .

Cours C oloniaux
Voici la liste des Cours d’enseignement,
colonial qui ont été professés pendant le
mois de janvier 1909 à l’Institut Colonial :
Lundi, 4 janvier, à 3 h. 3/4 s., M. M asson :
Les industries_à M adagascar. — A 5 heures s.,
Dr J. de Cordemoy : L’élevage ovin en Algérie.
M ardi, 5 janvier, à 3 h. 1/2 s., Dr R eynaud :
La dysenterie épidém ique. — A 5 heures s.,
M. M asson : L a colonisation byzantine.
M ercredi, 6 janvier, à 3 h. 3/4 s., M. Babled :
N atu ralisatio n des E tra n g e rs dans les colo­
nies françaises.
Jeudi, 7 jan v ier, à 8 h. 1/2 m atin, au P a rc
Borély, M. D avin : C ultures coloniales.
V endredi, 8 janvier, à 5 h. s., M. L au ren t :
L’or (suite).
Samedi, 9 janvier, à 3 h. 1/2 s., Dr R eynaud :
C onstruction de l’h ab itatio n coloniale.
Lundi, 11 janvier, à 3 h. 3/4 s., M. M asson :
Voies de com m unications à M adagascar. — A
5 h. s., Dr J. de Cordemoy : Elevage ovin en
Tunisie et Afrique occidentale.
M ardi, 12 janvier, à 3 h. 1/2 s., Dr R eynaud :
Epidém ies de fièvre jaune. — A h eures s., M.
M asson : La colonisation et les croisades.
M ercredi, 13 janvier, à 3 h. 3/4 s., M. Babled :
Droits civiques et politiques des F ra n ç a is aux
Colonies. — A 5 heures s., M. Jum elle : Copals
et dam ars.
Jeudi, 14 janvier, à 8 h. 1/2 m atin, au P a rc
Borély, M. Davin : C ultures coloniales.
V endredi, 15 jan v ier, à 5 h. s., M. L a u re n t :
L’or (suite).
Sam edi, 16 jan v ier, à 3 h. 1/2 s., Dr R eynaud :
L à m aison coloniale : V entilation, éclairage.
Lundi, 18 janvier, à 3 h. 3/4 s., M. M asson :
M ayotte et les Comores. — A 5 heu res s., Dr J.
de Cordemoy : Les laines exotiques ; production
coloniale.
iVlardi, 19 janvier, à 3 h. 1/2 s., Dr R aynaud :
Epidém ies de fièvre jaune. — A 5 heures s., M.
M asson : Les colonies fran q u es du L evant au
tem ps des croisades.
M ercredi, 20 janvier, à 3 h. 3/4 s., M. B abled :
Les droits politiques des F ra n ç a is aux colo­
nies. — A 5 heures s., M. Jum elle : Les K aoris.
Jeudi, 21 janvier, à 8 h. 1/2 m atin, au P a rc
Borély, M. Davin : Les b a n a n ie r et sa culture.
V endredi. 22 jan vier, à 5 h., M. L a u re n t : L’or
(suite).
Sam edi, 23 jan v ier, à 3 h. 1/2 s., Dr R eynaud :
L’hab itatio n : P rotection et assainissem ent.
Lundi, 25 jan vier, à 3 h. 3/4 s., M. M asson :
L a R éunion. — A 5 heures s., Dr J. de Corde­
moy : In d u strie ovine et production lainière en
A ustralie et à la P la ta .
M ardi, 26 jan vier, à 3 h. 1/2 s., Dr R eynaud :
La fièvre jau n e : Causes, propagation et pro­
phylaxie. — A 5 heures s., M. M asson : Les ori-

�L’EXPANSION COLONIALE

305

l'exemption totale dont bénéficient les pro­
duits français importés aux colonies. La
destination essentielle de nos possessions
n’est-elle pas de nous fournir le plus large­
ment possible, les denrées de consommation
et les matières premières que le sol national
ne nous donne pas ? Depuis deux ans le Par­
lement a marqué son désir d’encourager le
développement des cultures coloniales en ins­
crivant à ce titre, une subvention spéciale
au budget du ministère des colonies. La me­
sure est excellente, mais combien plus effi­
cace encore serait la détaxe complète de ces
denrées de provenance exclusivement tropi­
cale, cafés, cacaos, thés, vanilles, poivres,
Le Développement Économique
épices, etc..., qui ont actuellement à acquit­
lorsqu’ils proviennent de nos colonies, la
de nos Possessions ter,
moitié des droits fort lourds du tarif mini­
mum.
Il ne saurait évidemment entrer dans le
Extraits du Rapport de M. Messimy, député,
sur le Budget de 1900 du ministère des cadre restreint de ce rapport d’examiner les
multiples points de vue, desquels peut-être
Colonies.
envisagée la réforme du régime douanier
Les résultats de l’œuvre accomplie sont actuel ; quelques observations générales pa­
considérables. Un simple coup d’œil fait raissent cependant nécessaires.
voir l’énormité des progrès réalisés depuis
La protection du commerce métropolitain,
trente ans. Notre domaine colonial passe de but du législateur de 1892, a été édictée dans
576.608 km. en 1877 à 2.299.572 en 1887, à les colonies, on le sait, sous une formule très
8.372,097 en 1897, à 10.293.401 en 1907.
simple et très générale : les produits étran­
Sa population qui n’atteignait pas cinq gers y acquittent les mêmes droits que s'ils
millions et demi en 1877, s’élève successive­ entraient en France. Cette formule a le défaut
ment à 26 millions et demi en 1887, à 33 mil­ de toutes les règles trop absolues : elle man­
lions et demi en 1897 et approche aujour­ que de souplesse et a entraîné des conséquen­
d’hui de 41 millions.
ces imprévues.
Le commerce total de cet empire s’est, dans
Transporter en bloc les tarifs de la métro­
le même temps, accru de plus d’un milliard, pole aux colonies, ne suffit évidemment pas
alors que le commerce total de la France pour régler d’une façon réellement équita­
augmentait d’à peu près 2 milliards et demi ble et satisfaisante les conditions des mar­
et si l’on considère que le commerce parti­ chés locaux, régis par des circonstances sou­
culier des colonies avec la métropole repré­ vent fort complexes. Telle tarification, suffi­
sente plus de la moitié de leurs échanges sante pour protéger en France, l’industrie
généraux, on doit conclure que plus d’un nationale, pourra, dans certaines de nos pos­
cinquième de l’accroissement de notre pro­ sessions, se trouver insuffisante ou exagérée.
pre mouvement commercial est dû à ces Sans doute, on a autorisé eu égard à ces mo­
pays nés d’hier à la vie économique.
dalités différentes, les « exceptions » au tarif
Régime économique, — Ces résultats géné­ métropolitain ; mais ces exceptions, accor­
raux montrent que la mise en valeur a dées par le pouvoir exécutif, n’ont été dis­
immédiatement suivi la conquête.
pensées qu’avec une extrême parcimonie ; le
Ils prouvent aussi que le régime économi­ délégué du législateur s’est trouvé plus lié
que protectionniste, appliqué par la loi du par les intentions générales du Parlement
11 janvier 1892 n’a pas donné de mauvais que ne l’eussent été les Chambres elles-mê­
résultats et peut, dans son ensemble, être mes. De plus, ces exceptions ne sont décidées
maintenu.
en général que sur la demande des pouvoirs
II n’en est pas moins vrai qu’il est suscep­ locoux, c’est-à-dire dans le sens de la modé­
tible de plusieurs améliorations de détail. ration des tarifs, alors que le contraire eût
La question vaut la peine d’être envisagée, parfois pu être nécessaire (1).
au moment précisément où la commission
Mais ce ne sont pas seulement les tarifs de
des Douanes procède à une enquête générale la métropole qui ont été transportés aux colo­
en vue de la refonte des tarifs de 1892.
nies, ce sont encore toutes les règles accesLa mesure la plus utile, la plus légitime,
celle que réclament vainement depuis 15 ans,
(1) Il est à rem a rq u e r que le m inistère des
tous les corps autorisés, consisterait à accor­ Colonies n ’est jam ais consulté su r les projets
der aux produits de nos colonies, la franchise de m odification du ta rif m étropolitain, qui doi­
complète de tous droits de douanes à leur vent p o u rta n t a ttein d re p a r contre-coup les
entrée en France, à titre de réciprocité pour colonies.
gines des g ran d es découvertes m aritim es du
xxe siècle.
M ercredi, 27 jan v ier, à 3 h. 3/4 s., M. Babled :
D roits politiques des F ra n ç a is des colonies. —
A 5 h eures s., M. Jum elle : Les élémis et l’huile
de bois.
Jeudi, 28 jan v ier, à 8 h. 1/2 m atin, au P a rc
Borély, M. D avin : Le b a n a n ie r et sa culture
(fin).
V endredi, 29 jan v ier, à 5 heures s., M. L au­
re n t : L’or (suite).
Sam edi, 30 jan v ier, à 3 h. 1/2 s., Dr R eynaud :
Le costum e des E uropéens aux colonies.

�306

L’EXPANSION COLONIALE

soires de perception, conçues souvent dans
une pensée exclusivement métropolitaine ou
dérivant de textes archaïques ; ce sont, enfin,
— chose plus grave encore — toutes les con­
ventions commerciales de la France avec les
pays étrangers. Ces pays, qui ont traité avec
nous pour obtenir, moyennant des conces­
sions réciproques, les avantages de notre
marché, reçoivent, par surcroît, les avan­
tages des marchés coloniaux. Quant à
nos possessions, il n’est pas d’exemple
que le gouvernement ait eu à négocier
pour une quelconque d’entre elles, des con­
ventions particulières qu’elles auraient pu
avoir intérêt à conclure avec les pays voi­
sins.
Cette rapide analyse, qui pourrait être
complétée par bien d’autres considérations,
faveurs abusives accordées à l’admission
temporaire, bizarreries du régime intercoio
niai, injustes précautions contre le transit co­
lonial, oubli trop fréquent des intérêts de
nos possessions dans la fixation de nos pro­
pres tarifs, etc., prouve bien que le législa­
teur de 1892 a négligé la plupart des problè
mes que soulevait l’assuj etissement, du régi­
me douanier colonial à son contrôle. Nous
ne porterons aucune atteinte au principe
même de la protection du commerce français
en observant que des questions si complexes
ne peuvent être réglées par une disposition
législative de deux lignes ; bien au contraire,
nous songeons ici tout autant aux intérêts du
producteur national qu’à ceux de son client
colonial.
Les colonies ont pu être dotées d’une per­
sonnalité administrative et financière sans
que le contrôle central en fût atteint. Ne
pourraient-elles avoir aussi leur personna­
lité douanière, ce qui n’implique nullement
autonomie ? En d’autres termès, n’est-il pas
pas possible de demander au Parlement,
maître des tarifs des colonies, de ne pas ou­
blier qu’il a en face de lui, non un « empire
colonial » unifié et- centralisé, mais des pays
distincts, placés dans des conditions diver­
ses, pourvus de besoins différents ? Sous la
règle générale de la protection efficace de
toute la production française, susceptible
d’être utilement protégée et de la juste réci­
procité pour la production coloniale destinée
au marché métropolitain, il serait désirable
,que chacune de nos possessions eût ses tarifs,
ses modalités de perception, ses conventions.
Si c’est trop demander au Parlement, si sur­
chargé déjà, que d’établir lui-même cés ta­
rifs, ne peut-il en donner la délégation au
pouvoir exécutif assisté du Conseil d’Etat,
après avoir fixé, dans des tableaux d’ensem­
ble la liste des produits métropolitains qui
doivent jouir, dans nos possessions, d’une
protection au moins équivalente à celle dont
ils bénéficient sur le marché intérieur ?
Donner plus de souplesse à l'armature
douanière de nos colonies, c’est leur assurer

une prospérité qui se répercutera naturelle­
ment sur celle de la métropole.

Le Régime douanier Colonial
Indo-Chine

La Chambre de Commerce de Saigon vient
d’être appelée à donner son avis sur les mo­
difications à apporter au régime de l’IndoChine.
Voici en quels termes s’exprimait M.
Boundal, directeur des douanes, dans la
conclusion du rapport qu’il a présenté à la
Chambre de Commerce :
« En résumé, le régime douanier de l’Indo-Chine pourrait être basé sur les données
suivantes :
« lm/portation. — 1° Exemption des droits
à l’entrée des marchandises provenant de la
France ;
2° Application aux marchandises prove­
nant de l’étranger et des colonies françaises
des droits déterminés à un tarif officiel indochinois, qui se subdiviserait : 1° en un tarif
général très étendu, très spécialisé, et beau­
coup plus modéré que celui de 1892 ; 2° en
un tarif minimum dans lequel serait incor­
poré le tarif spécial actuel avec les modifica­
tions soumises à l’examen du département ;
ce tarif minimum comprendrait, en outre,
certains articles pour lesquels un taux très
réduit serait accordé aux colonies françaises
et à certains pays étrangers, à la suite d’a­
vantages réciproques concédés à l’IndoChine.
« Exportation. — Suppression des droits
de sortie.
« Transit. — Les marchandises étrangères
transitant à travers l’Indo-Chine qui bénéfi­
cient actuellement d’une détaxe de 80 % sur
les droits d’importation seraient exemptes
des dits droits de transit.
« Régimes spéciaux. — Aucune modifica­
tion ne serait apportée aux régimes spéciaux
de l’entrepôt et de l’admission temporaire.
« L’autonomie douanière de l’Indo-Chine
créée sur ces bases ne pourrait constituer
aucun danger pour la métropole. La colonie
ne serait maîtresse de ces tarifs que sous con­
trôle du pouvoir central. L’avenir économi­
que de l’Indo-Chine dépend essentiellement
du régime douanier qui lui sera appliqué :
sa situation géographique en Extrême-Orient,
ses besoins spéciaux exigent qu’elle bénéficie
d’qn tarif autonome fait spécialement pour
elle et qui pourra être remanié, suivant les
circonstances, sous le contrôle des pouvoirs
publics. »
Après un sérieux examen de la question,

�L’EXPANSION COLONIALE

la Chambre de Commerce a unanimement
approuvé les conclusions suivantes présen­
tées par MM. Jacque et Garriguenc, rappor­
teurs :
« ...Il est de notre devoir de proclamer que
le lourd sacrifice fait aux intérêts de la mère
patrie est contraire aux intérêts commer­
ciaux de l’Indo-Chine, nous ne saurions trop
le rappeler à la Commission des douanes de
la Chambre des députés, en insistant auprès
d’elle pour obtenir, en échange et comme
conséquence logique, une suppression plus
ou moins complète des droits à l’entrée en
France des produits d’origine de notre colo­
nie et aussi la certitude que l’évolution indus­
trielle, qui tend à se développer chez nous,
puisse se poursuivre avec tranquillité, à
l’abri des revendications injustifiées des pro­
ducteurs métropolitains.
« Nous nous associons pleinement aux
conclusions du rapport des douanes et régies,
en ce qui concerne la suppression des droits
de transit et le statu • quo pour les régimes
spéciaux. Les droits de sortie gênent le déve­
loppement commercial et économique du
pays, en empêchant l’accès de nos produits
sur des marchés où ils sont déjà concurrencés
par les bas prix.
Pour les droits de transit, leur suppression
s’impose, le développement de nos chemins
de fer et autres organes de transport est inti­
mement lié à cette suppression et comme
ces droits de 20 % du plein droit n’empê­
chent pas les marchandises étrangères de
concurrencer avantageusement les nôtres
dans les pays voisins, mieux vaut encore les
voir utiliser nos organes de transport pour
s’y rendre que de constater qu’elles s’en pas­
sent. »
Congrès des anciennes Colonies

Au Congrès de l’Afrique du Nord qui a si
brillamment réussi l’an dernier et qui a ou­
vert la série quinquennale des congrès con­
sacrés à un Groupe déterminé de nos posses­
sions coloniales, doit succéder cette année
à Paris, du 11 au 16 octobre prochain, le
Congrès des « Anciennes colonies et pays
assimilés ».
La réunion d’organisation a été tenue le
samedi 16 janvier dernier, au siège de
l’« Union Coloniale », 44, rue de la Chaus­
sée d’Antin, sur la convocation de M. Cou­
turier, président de la section des Anciennes
Colonies à l’Union Coloniale et sous la pré­
sidence de M. Paul Deschanel, l’éminent
parlementaire, dont il est superflu de faire
connaître les titres.
M. Paul Deschanel qui doit prendre la
présidence effective du Congrès, dont la pré­
sidence d’honneur a été acceptée par M. le
Ministre des Colonies, a donné une grande
preuve de sollicitude à la manifestation en

307

perspective en présidant lui-même la réu­
nion d’organisation.
Nous n’avons à parler, sous la rubrique
actuelle, que de la deuxième section, celle
du Régime douanier. Elle sera présidée par
notre éminent député, M. Joseph Thierry,
rapporteur du Régime douanier colonial
auprès de la Commission des Douanes de la
Chambre des Députés dans l’œuvre géné­
rale de révision douanière, aux études de
laquelle procède actuellement cette Com­
mission.
Voici le programme de cette section :
« Ancien pacte colonial et libre échange.
« Régime de la Loi du 11 février 1892. —
Tarif métropolitain et tarif spécial — Dé­
taxe partielle des produits coloniaux im­
portés dans la métropole — Conséquences
de ce régime au point de vue de la produc­
tion et du mouvement commercial des Colo­
nies.
« Projet de révision du régime douanier
colonial.
« Quelles sont les modifications au régime
actuel à demander dans l’intérêt des consom­
mateurs et des producteurs des Colonies. »
Une vice-présidence de la section a été
attribuée au secrétaire de notre Institut, M.
Adrien Artaud, rapporteur du Régime éco­
nomique et de l’Organisation commerciale
des colonies au Congrès colonial tenu à
Marseille en 1906.
La première section, « Les Institutions
politiques et administratives », sera présidée
par M. Clémentel, ancien ministre des Co­
lonies ; la deuxième, « Le Régime Doua­
nier », par M. Joseph Thierry; la troisième,
« L'Agricuature, L'Industrie, Le Crédit»,par
M. Jules Siegfried, et la quatrième « Hygiè­
ne Assainissement », par M. le docteur Roux,
directeur de l’Institut Pasteur.
La Nouvelle-Calédonie et les Etablisse­
ments français du Pacifique, non compris au
début, dans le Groupe des Colonies dont
s’occupera le Congrès y ont été rattachés,
car leurs institutions sont très semblables à
celles des anciennes Colonies et ces posses­
sions lointaines seraient restées en l’air si
cette décision n’avait pas été prise, car le
Congrès de 1910 sera consacré à Madagas­
car, et les deux suivants, pour achever le
cycle quinquennal, à l’Afrique ocidentale
française et à l’Indo-Chine.

CHRONIQUE
M.

K o blu ko w ski

au

C onseil

S u p é rie u r

de l’In d o -C h in e .

En ouvrant la session du Conseil Supé­
rieur de l’Indo-Chine, M. Koblukowski a
prononcé un discours programme qui a pro-

�308

L’EXPANSION COLONIALE

duit dians la colonie une impression particu­
lièrement favorable. Après avoir déclaré
qu’il n’entendait point, par dè brusques
transformations, se priver du fruit des tra­
vaux de ses prédécesseurs, Le nouveau' gou­
verneur général a ramené à leurs véritables
proportions les incidents qui ont troublé en
1908 diverses provinces de notre grande
colonie asiatique. Il en dégage les conclu­
sions nécessaires : en Annam la masse labo­
rieuse de la nation est restée étrangère à une
innovation que seuls ont fomentée quelques
ambitieux fanatiques ; au Tonkin la rébel­
lion suscitée par les réformistes chinois n’a
pris sa force que du dehors et c’est chez les
montagnards de la frontière que nous avons
trouvé nos meilleurs auxilliairés. Il n’en
reste pas moins que les Annamites ont pré­
senté pacifiquement des vœux respectables
concernant certains impôts, certaines règle­
mentations dont les abus vont cesser. Ein
Cochinchine les désordres ne proviennent
guère que des Sociétés secrètes vivant d’é­
meutes et de villages et pour lesquelles l’ex­
tension du régime de l’indigénat, en vigueur
en Annam et en Tonkin, sera la meilleure
impreisssion.
Et à ce propos, il faut retenir de la profes­
sion de foi de M. Koblukowski en matière de
politique indigène son désir de donner aux
indigènes une administration amicale, de
respecter leurs traditions, de les associer à
nos progrès en réduisant le plus possible les
charges que fait peser sur eux le fonction­
nement de notre régime.
A mentionner aussi la partie de son dis­
cours où M. Koblukowski expose la situation
économique de la colonie. Il reconnaît les
progrès accomplis, le bon vouloir des colons
à éduquer pratiquement les indigènes. Il
exprime le désir que désormais les conces­
sionnaires des terres Indo-Chinoise© s’y
installent avec des ressources appropriées à
l’exploitation projetée. Il appellera l’attention
des capitalistes vers les grands progrès que
l’industrie a faits, au Tonkin surtout. ±1
s’emploiera à la faciliter par le creusement
des canaux, l'amélioration des routes et des
ports, l’achèvement des voies ferrée© proje­
tées, etc.
Ces déclarations empreintes à la fois d’une
grande précision et d’une sage prudence ont
été accueillies par le Comité supérieur de
l'Indo-Chine avec une très sympathique
f veur.
—ta —
Le S é n a te u r m a lg ré lui.

On a lu, déjà, par ailleurs la réjouissante
aventure de M. Flandin, élu sénateur de
l’Inde sans avoir été consulté, contre M. Godin, — l’homme-lige de feu Chanemougan.
—• Tout cela c’est de la politique, et nous
n’en parlerions pas si cette élection n’avait

provoqué dans certains milieux d’ardentes
polémiques sur la représentation coloniale.
Comme toujours on est allé du mal au pire
et on a pris prétexte de cette élection peu
banale pour demander que nos colonies
soient désormais, privées de députés et de
sénateurs. Elles ne s’en porteraient peut être
pas plus mal, mais c’est excessif tout de
même. Ajoutons que. tandis que tous ergo­
tait, avec aigreur, dans un sens ou dans
l’autre, M. Godin, le blakboulé de la veille
ne s’endormait pas dans les tristesses de la
défaite et se faisait pourvoir d’un siège plus
confortable et plus sûr de conseiller à la
Cdur de Paris. Les électeurs sénatoriaux de
Mahé et de Pondichéry n’avaient certes, pas
prévu que leur accès de mauvaise humeur
contre M. Godin aurait pour ce dernier
d’aussi favorables conséquences.
—la—
Sous pavillon fra n ç a is !

Au cours d’une étude du renouvellement
des contrats de transport sur la Côte Occi­
dentale d’Afrique, le ministre des Colonies
a été saisi du fait de rembarquement à bord
de navires de nationalité étrangère d’offi­
ciers et fonctionnaires français et non des
moindres. Il est évident que ces messieurs
alors que les nations étrangères mettent tout
en œuvre pour développer leur commerce
maritime, devraient être les premiers à sou­
tenir par t us les moyens le pavillon natio­
nal au lieu de favoriser les efforts de nos
concurrents. Une lettre adressée au Gouver­
neur Général de l’Afrique Occidentale prie
ce dernier d’indiquer à ses subordonnés
qu’en apportant leur concours même éloigné
et indirect à l’étranger au détriment de la
marine marchande française, ces fonction­
naires manquent à leur devoir profes­
sionnel.
Conclusion : l’autorisation de prendre pas­
sage sur des navires étrangers ne sera ac­
cordée qu’en cas d’urgence extrême et dû­
ment constatée.
—ta —
Un D ép u té colonial fra n ç a is à B e rlin .

M. J. Chailley vient de faire à Berlin, de­
vant une assemblée de coloniaux allemands
une conférence sur l’expansion coloniale
française. Le distingué député a dignement
continué la série d’échanges de conférences
coloniales entre les deux nations, en vue de
l’œuvre commune de colonisation et de civi­
lisation des peuples nrimitifs qu’elles ont,
l’une et l’autre entreprise. Toutes les som­
mités coloniales allemandes et de nombreux
officiers assistaient à cette réunion, grou­
pés autour de M. Dernbourg, Secrétaire
d’Etat aux colonies et de M. Von Holbein,
président de la Société Coloniale allemande.

�L’EXPANSION COLONIALE

309

Après avoir examiné les divers procédés mobiles on a fait valoir auprès de lui pour
M. Ghailley a fait un éloquent éloge de l’œu­ le persuader de renoncer à l’existence heu­
vre colonisatrice inventée par Richelieu qui reuse et paisible qui lui faisait la France,
consistait à envoyer les cadets de famille, les pour courir à nouveau les périlleux aélas du
gens non classés dans les pays d’au-delà des pouvoir éphémère auquel il avait renoncé.
mers pour y créer une sorte de nouvelle
— E l—
France. C’est ce que l’orateur appelle la
L
’a
rriv
é
e
du
ra
il
à T a n a n a riv e .
grande colonisation. C’est ce système que,
finalement, l’orateur recommande à l’Alle­
M. Augagneur a inauguré le 1er janvier
magne, car ce qu’il faut à cette dernière, ce le chemin de fer de Brickaville à Tanana­
sont des débouchés pour son industrie et rive. C’est un événement qui ne peut passer
son commerce, et des émigrants qui produi­ inaperçu, car l’arrivée du rail reliant à la
ront les matières premières que la mère- côte Est de la grande île la capitale de notre
patrie travaillera pour les réexporter en­ colonie malgache ne manquera pas d’avoir,
suite.
au point de vue économique les plus heu­
L’orateur a terminé en faisant l’éloge des reuses répercussions.
jeunes employés de commerce allemands
La construction de cette ligne a passé par
qu’il a r ncontrés dans nos colonies et dont d’assez difficiles péripéties.
il a fort apprécié l’intelligence et l’activité.
Il n’est pas nécessaire de rappeler par le
Son discours a été très applaudi.
détail à la suite de quels ennuis on dût rési­
M. Von Holbein a remercié l’orateur et fait lier les premiers contrats passés avec les
ressortir que la politique coloniale, en ren­ entrepreneurs et continuer les travaux en
dant les peuples solidaires les uns des au­ régie.
tres, est susceptible d’amener un rappro­
Si l’on ajoute à cela les difficultés que
chement entre eux.
l’on rencontrait à se procurer de la maind’œuvre, les cyclones ou les orages qui ve­
—K l—
naient détruire les travaux commencés, et
E n c o re S a ïd -A li
les difficultés de la construction même de la
Croirait-on que ce que l’on avait appelé, voie à travers des régions accidentées où de
jadis « l’affaire Saïd-Ali » dure toujours. Le nombreux travaux d’art étaient nécessaires,
Sénat vient de nommer une commission on comprendra les difficultés de la tâche en­
chargée d’étudier le projet d’annexion de la treprise.
Combien a coûté la ligne qui vient d’être
Grande Comore et les amis de l’ancien Sul­
tan demandent à cette Commission d’auto­ inaugurée. C’est ce qu’on ne peut dire en­
riser Saïd-Ali à venir à Paris afin que l’on core. Mais il est très certain que les prévi­
ne décide rien sans l’avoir entendu. Pen­ sions auront été sensiblement dépassées.
dant ce temps, certains journaux, coloniaux Nous ne parlons pas des prévisions établies
ou pas, échangent polémiques et invectives avant le commencement des travaux, et qui,
pidement, furent reconnues notoirement
sur ce sujet, sans arriver à y intéresser beau­
indifférentes.
La loi du 14 avril 1900 avait
coup le public.
Nous avons dans l’idée que le débat ne autorisé un emprunt de 60.000.000 de francs;
passionne pas beaucoup plus Saïd-Ali lui- il fallut, en mars 1905, que le Parlement
même et qu’il n’a signé que d’une main dis­ votât un emprunt supplémentaire de 15 mil­
traite, pour ne pas dire indifférente, les re­ lions.
Quant au trafic de la ligne, le tronçon
quêtes et protestations que lui ont suggé­
rées ses avocats. Celui qui écrit ces lignes exploité en 1908 a rapporté 158.954 fr. 25,
fut, en effet, il y a quelques dix ans, en re­ soit environ 800 francs par kilomètre.
Quoi qu’il en soit, la première ligne ferrée
lations assez suivies avec le sultan de la
construite
à Madagascar est aujourd’hui ter­
Grande Comore. Il eut même, par l’intermé­
diaire d’un ami commun,l’occasion de lui être minée et le rail arrive à Tananarive.
A. G.
agréable et Saïd Ali lui en exprima sa gra­
titude par l’envoi d’une très belle photogra­
phie et... d’un paysage peint par lui-même
ACTES COLONIAUX OFFICIELS
et représentant sa calme et poétique retraite
de la rivière des Dauphins, à Saint-Denis.
Les lettres qui accompagnaient cet envoi ne
M étrop ole
1 issaient pas prévoir les revendications
Services m ilitaires. — P a r décret du 28 dé­
d’ordre politique qu’on prête aujourd’hui au cembre 1908, le b u reau des services m ilitaires
Sultan. Il se contentait d’exprimer le vœu à l’a d m in istratio n centrale du m inistère des
que la justice française le ferait rentrer en colonies est tran sfo rm é en direction. Le
possession de certains biens matériels dont général de brigade L asserre a été nom m é di­
il se plaignait d’avoir été dépouillé. Qui dira recteu r de ce nouveau service.
Gouverneurs. — P a r décrets du 11 jan v ier
à quelles interventions, à quelles intrigues ce
brave homme a dû céder depuis lors et quels 1909, M. Levecque (Fernand-E rnest), résident

�310

L’EXPANSION COLONIALE

su p érieu r en Indo-Chine a été nommé gouver­
n e u r de l ro classe des colonies et chargé des
fonctions in térim aires de gouvern eu r des E ta ­
blissem ents fra n ç a is dans l ’Inde. — M. Groleau, nom m é résident su p érieu r en Indo-Chine
p a r décret du 9 m a rs 1907, a été nom m é ré si­
dent su p érieu r en A nnam . — M. Mahé, inspec­
te u r des services civils de l’Indo-Chine, a été
nom m é résid en t su p érieu r en Indo-Chine, en
rem placem ent de M. Leveccrue et affecté à la
résidence sup érieu re du Laos.
Algérie. — Une loi du 22 décem bre 1908,
poi’te o u verture au B udget de l ’exercice 1908
d’un crédit ex trao rd in aire de 325.000 francs, en
vue du payem ent de la g a ra n tie à la Compa­
gnie de l'Ouest-Algérien p our la ligne ferrée de
Tlemcen à L alla-M aghnia et à la fro n tière du
Maroc.
Côtes des Som alis. — Un décret du 26 décem­
bre 1908 au to rise l’exploitation provisoire du
chem in de fer de D jibouti à Diré-Daoua, à la
suite de la déchéance de la Compagnie.
M adagascar. — Un décret du 4 octobre 1908
autorise l’ouverture des trav au x à exécuter sur
le chem in de fer p our la construction des gares
de l’E m yrne.
E tablissem ents de l'Océanie. — U n décret du
28 octobre 1908 porte interd ictio n de fab riq u er
et de m ettre en vente des boissons ferm entées
dans la colonie.

Colonies
Algérie. — A rrêté du g ouverneur général du
14 novem bre p o rta n t in stitu tio n à A lger d’une
Com m ission supérieu re d’hygiène.
T unisie. ■
— D écret beylical du 8 décembre,
su p p rim a n t p o u r 1909 l’interdiction de la cueil­
lette de l’alfa.
Côte d'ivoire. —■A rrêté du gouverneur géné­
ra l du 23 décem bre in s titu a n t une Cham bre
de Commerce à G rand-B assam .
M adagascar. — A rrêté du gouverneur géné­
ra l du 7 décem bre, n o rtan t déclaration d’ou­
v ertu re à l’exploitation publique de la voie
ferrée en tre B rickaville et S o an ieran a (ban­
lieue de T an an ariv e), à d ater du 1er jan v ier
1909. — A rrêté du 18 décembre, p o rta n t fixation
des ta rifs généraux, des conditions de tra n s ­
po rt et des fra is accessoires su r le chem in de
fer de B rickaville à T ananarive.
Indo-Chine. — A rrêté du g ouverneur général
du 24 octobre, fixant les p rescriptions au x­
quelles sont soum ises toûtes les adjudications
publiques relatives à des m archés régis p a r les
clauses et conditions générales du 20 jan v ier
1899.
Cochinchine. — A rrêté du g ouverneur géné­
ra l du 17 novem bre, a u to risa n t l’exécution du
projet d’am élioration du can al D uperré ou
Chogao et de creusem ent de deux coupures du
Bacli-La (850.000 p iastres).—A rrêté du 9 décem­
bre, créan t une réserve forestière de 10.500 hec­
tare s dans la province de Bien-Hoa.
A nnam . ■
— A rrêté du 12 décembre, o u v ran t à
l’exploitation la section de Q uang-Tri à Dongh à de la ligne ferrée Tourane-H ué à QuangT ri et prolongem ent, (kilom. 161 à 175).
Tonhin. — A rrêté du 9 décembre, fixant le
ta rif des droits sa n ita ire s m aritim es à perce­
voir a u Tonkin.
J. L.

LES INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE
La Commission ad m in istrativ e de la « So­
ciété de G éographie » s’est réunie le 21 janvier,
po u r procéder à l’élection du nouveau p rési­
dent, en rem placem ent du reg retté M. Delibes.
C’est M. le Dr E. Heckel, vice-président de la
Société de G éographie et de l’In stitu t Colonial,
professeur à la F aculté des sciences, et ancien
com m issaire-général adjo in t de l’Exposition
Coloniale, com m andeur de la Légion d’Honneur, qui a ré u n i les suffrages de la Commis­
sion. Nous adressons à l’ém inent sav an t m a r­
seillais nos bien sincères félicitations.
A joutons qu’en outre M. P a u l Gaffarel, doyen
honoraire, professeur à la F aculté des lettres,
président de la section coloniale de la Société
de Géographie, a été élu vice-président de la
Société en rem placem ent de M. le Dr Heckel,
et que M. P a u l M asson, professeur à la F aculté
des lettres et à l’In stitu t colonial, a été élu p ré ­
sident de la section coloniale, à la place de M.
Gaffarel. Cette séance était présidée p a r M. F.
Bohn, ad m in istrateu r-d irecteu r de la Compa­
gnie F ran çaise de l’Afrique Occidentale, l ,r
vice-président de la Société, qui av ait décliné
les fonctions présidentielles.
Le dim anche 31 jan v ier dans l’am p h ithéâtre
de la F aculté des Sciences, une b rillan te confé­
rence a été faite, sous le patro n ag e com m un de
la Société de G éographie et de l’Alliance F ra n ­
çaise, p a r M. J. Lionnet, président de « La Ca­
nadienne » à P aris, su r les F rançais du Cana­
da, de Québec à Vancouver. Cette intéressante
conférence, accom pagnée de projections lum i­
neuses, a obtenu u n g ra n d succès.
ALLIANCE FRANÇAISE
Le Comité m arseillais de T « A lliance F ra n ­
çaise pour la pro p ag atio n de la lan g u e n a tio ­
nale dans les colonies et à l’étran g er », a tenu
son Assemblée générale annuelle le 30 jan vier,
à la Société de G éographie, sous la présidence
de M. A drien A rtaud, m em bre-secrétaire de la
Cham bre de Commerce. Lt com pte-rendu des
tra v a u x du Comité a été présenté, ain si que
l’état financier de l’exercice écoulé. Les subven­
tions annuelles à douze Ecoles fran çaises en
Egypte et Syrie et au M aroc ont été renouve­
lées en principe. Il a été procédé ensuite à la
réélection du B ureau, auquel a été appelé com­
me vice-président M. Istria , In specteur d’Académie. Le lendem ain a eu lieu à la F aculté des
sciences une g ran d e conférence su r le C anada
p a r M. Lionnet, dont il a été question ci-des­
sus.
J. L.

Avis d’Adjudication
Le 16 février 1909, à tro is heures du soir, il
sera procédé à P a ris, dans la salle des séances
de la Commission perm anente des m archés, à
l’ad judication de ponts tournants de 17 m ètres
dé long pour voie de 1 m ètre, destinés au che­
m in de fer de Thiès à Rayes.
Le cahier des charges est déposé au S ecréta­
ria t général de l’In stitu t Colonial, 5, ru e Noailles, au 3mo étage.

�311

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEUR^

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ..............................
465
50
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
440 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
498 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) ..............................
79
90
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 ( g a r .) ..
80 75
94 —
. — Em. 3 o/o 1903 (gar.)
92 —
465 — Indo-Chine, chem. de fer o b i.
3 1/2 o/o, 1899 ............................
46175
-------—
obi. 3 o/o 1902...........
408
75
480 — E m prunt A lgérien, 3 o/o 1902,
obi. r. à 500 t. p . . ..................
441 —
1000 — Dép. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897............................................
955 —
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
975 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2.0/0.1898...........................
471 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
467 —
492 50 Col. de la M artinique..............
470 —
470 — A frique Occidentale, 3 o/o 1903,
obi. rem. 500 (g ar.)...............
450 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
513 —
B A N Q U E S C O LO N IA LE S
E T E T A B L IS S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cie A lgérienne, act. de 500 t. p.
931 —
500 — Créd. Fonc. et A gric. d ’A lg ..
489 —
—
—
lib.
505 Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ......................... • ........... 1402 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.)......................
305 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).............................................. 1100 —
500 — Banque de la M artinique, 500
t. p. (n.) .................................
705 —
500 — Banque de la Bèunion, act. de
500 t. p. (n ) ................... • . . .
325 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .)............. 1370 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
615 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1180 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
69 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ......................... .
171 50
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350......................................
148—
C H E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T CO LO NIAU X
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
680 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
439 —
500 — Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
692 50
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 429 50
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
600 —
Divors
—
obi. 3 o/o r. à 500 436 —
-------Aïn Thizy-M ascara, çibl. 3 o/o,
rem . à 500............... .................
423 —

340 — M écheria-Aïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
438 —
-------Mouzbab-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
438 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
440 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Cbine
et du Y u n n a n , act. 500,
250 fr. nom ...............................
420 25
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650... ____
1045 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500 370 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t......................
435 —
V A L E U R S M IN IÈ R E S
-------Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p .................................... 1425
—
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500........................
499
50
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p .........................
470
—
477 50 Algérie-Tunisie ( Omn. ), obi.
4 1/2 o/o rem. à 500...............
460 75
------ Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ..............................
477
—
500 —Mokta el Hadid, act.
500 t. p. 1620 —
500 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ............................... 1610
—
Divers
Le Nickel, act. de 250 t. p .......
647 —
445 —
—
obi.4 o/o rem. à 500.
501 —
-------Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
45 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .............................
84
—
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500..........................
490
—
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p . . ................... 3560 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p arts... 3340 —
V A L E U R S C O LO NIALES F R A N Ç A ISE S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale..................(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale............... (actions nouvelles).
2198 —
Cie M arseillaise de M adagascar ............
467 —
M essageries Fluviales de C o c h i n c h i n e . -----Aiim a.................................................................
150—
Alim aïenne.......................................................
120—
Congo occidental........................................
150 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
470 —
Haute S angha............, ...............................
132 50
Haut-Ogôoué...................................................
550—
La Kolto.................................................
518—
Lobay.............................................................
60 —
M essageries Fluviales du Congo...........
245 —
Sultanats du H aut-O ubangui......................
860—
Sociétés des mines de la Haute Guinée :
a c t...................................................................
110—
Compagnie minière de G uinée: act........
108 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
160 —
Le Président du Comité de rédaction, Gérant :
A d r ie n A R T A U D .
Imprimerie d u “ Sémaphore” B a r la t ier . — Marseille.

17-19, rue Venture.

�SER VICE POSTA L M ARSEIL L E - COLONIES
D é p a rts de M a rs e ille
DATES DES DEPARTS DERNIÈRE LEVÉE
D E M A R S E IL L E

A lg é rie

»

d’Alger et d’Oran
d’Alger . . .

»
»

d’Alger et d’Oran
d’Oran..........

Départements

Voie deMarseille, O G1»Trans.
»
Transp.Mar.
&gt;
Touache
Voie de Port-Vendres.............

D E LA B O IT E

Lundi, Mercredi, Sam edi.........

In d o -C h in e .

»
C'e des M. M.
Voie deBrindisi,paq. Anglais.

11 h . m a t .
3 h . 10 s o i r .
3 h . 10 s o ir.
5 h . 20 m a t .
5 h . 20 m a t .
3 h. 10 s o i r .
3 h . 10 s o i r .
3 h .l0 s o ir .
10 h . 30 m
10 h . 30 m .
3 h . 10 so ir .
10 h . 30 m .
10 h . 30 m .
11 h . m a t .
3 h . 10 so ir.
On dim . sur déni à p . du C jan r. 10 h . m a t .
Vendredi a p . d. de M arseille. . 10 h . s o i r .

A friq u e O cciden tale
F ra n ç aise

V o i e de B o r d e a u x , Cie des Cbirg. Réuu.

24 de chaque mois. 6 h . 20 s o ir .

»

»

Voie deMarseille, Cic GleTrans.
»
Transp.Mar.
»
O G ,eTrans.
»
»
»
»
»
Transp. Mar.
»
Touache___
»
C'eG*pTrans.
O1' Touache.

..........

»
»

de Constantine
»

»

»

»
a

»
»

T u n is ie .

\ Voie de Marseille, Transp. Mar.

S é n é g a l.................

Mercredi et Samedi.
Jeudi.........................
Dimanche ...............
Vendredi...................
Jeudi et Samedi___
Mardi...................
Mardi.........................
Sam edi.....................
Dimanche ...............
Lundi et Sam edi. . .
J e u d i.. ................. .
Lundi et Vendredi..
Mercredi...................
Sam edi...................

20

»

DÉPARTS
D E S B A TEA U X

1 h. s o i r . .
6 h. s o i r . .
6 h. s o ir .
6 h . 15 m a t .
6 h . 15 m a t .
5 h. so ir ..
5 h. so ir ..
5 h. so ir ..
m i d i ...........
m i d i ___
6 h. s o ir ..
m i d i .........
m i d i ............
1 h. s o i r . .
7 h s o ir ..
l l h . m at...

—

—

10 h . 30 m . m i d i ............

Voie deBordeaux àLiibanse, C*'des

—
M. M. le Jeudi, I. U 1 jours à p. du 4 jan r. 6 h . 20 so ir .
»
10 de chaque mois 10 h . m a t . 11 h . m a t ..

D jib o u ti, M ad agascar, Voie deMarseille,
10 h . m a t . 11 h . m a t ..
R éunion et M a u ric e
25
»
—
D jib o u ti, M a ju n g a ....
»
Cie Havraise Vers le 2 0 de chaque m ois. m a t . ou s o i r

»

Cie des M. M. Du dim. sur quatre à p . du ÎO jan r. 10 h . m a t . 11 h . m a t ..

N o u velle-C aléd o n ie j
Voie deBrindisi, paq. Anglais. Chaque Vendredi . 10 h . s o i r . 11 h . 36 s.
et N o uvelles-H éb rid es)
Inde F ra n ç a is e ..
Guadeloupe
e t M a rtin iq u e
G uyane F ra n ç aise

Voie de Naples,paq. A llem and..
Voie deMarseille, Cie des M. M.
Voie deBrindisi,paq. Anglais.
Voie de St-Nazaire,C&gt;'Gle Trans.
I
Voie deBordeaux,
»
Voie de Cherbourg, paq. Anglais.
Voie de St-Nazaire, CioG,e Trans.
Voie d’Amsterdam, paq. N éerl..
Voie de Cherbourg, paq. Anglais.

—
Tous les 88 jours à p. du 9 déc. l’ar.-ieilledOh.s.
On Mercredi sur 1 à p. du &lt;6 janr. 10 h . m a t . 11 h . m a t .
—
Vendredi ap.-m idi. 10 h . s o i r .
—
9 de chaque m o is .. l’a ia n t-te ille soir.
—
»
26
»
L eH ercr.,1.1 .'U jo u rs ip .d u id é e .
—
»
»
9 de chaque m o is..
Vendr. ,t. 1.44 jours à p . d u d t jan i.
»
Æj * . u v
»
Le H ercr., t. I .G joursà p.du 4 déc.

T a h iti
I Voie Le Havre et Cherbourg
par New-York
S t-P ie rre -M iq u e lo n '

A rriv é e s
A lg é rie :

A lger................................
Constantine par Philippeville et B ône............
Oran.................................

Lundi, M ardi, H e rc r.,V e n d r., Dim.

T u n is ie ..........................

Mercr., Vend., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jours.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 semaines.
Tous les 28 jours.
Chaque Samedi.

In d o -C h in e .
N o u v e lle -C a lé d o n ie .

Voie de B rin d isi........

Mardi, Jeudi, Samedi.
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

à

V A çsvy

M a rs e ille
R é u n io n , M ad agas­
c a r e t D jib o u ti. ..
G u adelo u p e, M a r tin i­
que, Guyane :

Voie
Voie
Voie
Voie

de Saint-Nazaire
de Bordeaux........
d’A ngleterre........
de Marseille ___

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les tt jouis.
Vers le 13 de ch. mois

A friq u e O c cid e n ta le :

Voie de Bordeaux........
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Tous les 14 jours.
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SEMAPHORE

LITHOGRAPHIE

B a r l a t ie r

G ravure, Taille-douce et Chrom os
F actu res, M andats, U'ctes de Lettres
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Lettres de Mariage et de Naissance

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Affiches illustrées et en couleurs
E d ite u r des P ublications et N otices
de l ’E xp o sitio n Coloniale

Bière V e t o

T

é l é p h o n e

: 8.23

L a plus p u re e t la m e ille u re des b iè re s
fra n ç a is e s p o u r l’E x p o rta tio n , g a r a n tie exe m p te
d ’a n tis e p tiq u e s , d ’une c o n s e rv a tio n e t d’une lim ­
p id ité p a rfa ite s . F a b riq u é e S A N S A D D I T I O N
D ' i L C O O L a vec des ea u x s té rilis é e s p a r l’ozone,
e lle ré s is te à tous les c lim a ts . T r è s re c o m ­
m an dée dans les pays chau ds, elle est to n iq u e,
ra fra îc h is s a n te e t fo r tifia n te .

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La S O C IÉ T É G É N É R A L E , Agence de M a rs e ille , siluée au centre de la
Ville, à proximité de la Cannebière, de la Bourse el des grands hôtels, se charge de loules
opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étrang,er.
En rela ions directes et continues avec l’Algérie el la Tunisie, possédant des
Correspondants sur toutes les principales Places du Monde entier et en particulier sur
celles de l'Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C IÉ T É G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° Son service spécial des changes qui achète et vend des monnaies ou
billets de tous pays ;
'muet cl paie toutes lettres de crédit circulaires;
Délivre immédiatement des chèques sur les principales Places du monde entier;
Fait loules opérations de Bourse.
2° Son s e rv ic e spécial des C o ffre s -F o rts lui permettant de mettre à la
disposition de sa clientèle, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-l'orls F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
3° Son service c o m m erc ial traitant toutes opérations sur marchandises,
et sur documents, consignations, etc., etc.

ExpositionUniverselle*LYON1894
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SOCIETE

Expositionlnteml*deLIÉGEI905

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tiA R L A T I ER -

1*1A H S t lL L E

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES

A r t . 2.

Cette association a p o u r but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rechercher les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
n er et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économique qui lui p a ­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de membres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de droit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fondateu rs et dona­
teu rs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
I,a deuxièm e catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soit
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n atu re
à seconder l’œuvre coloniale de l’In stitu t.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l'exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p endant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 francs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o n ateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t pay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs a u -m inim um .

S ervices de l'Institut :
Ttez-de-Chaussée : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
for étage : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat général et B ureaux de
l’In stitu t, B u reau de R enseignem ents.
R édaction de T « E xpansion Coloniale ».

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson .
Législation et Économie Coloniales.
M. H. B abled.
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.

Cours coloniaux :
D irecteur ; M. le Dr H ecket.
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle.
P ro d u its an im aux et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M. Jacob de Cordemoy.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. !.. L a u r e n t .

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».

M. le Dr R eynaud .

C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. D avin .

Institutions con n exes :
2mo étage : Société de G éographie.
Comité de l’A lliance F rançaise.
3™ étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de 1'« Expansion Coloniale »
MM. Adrien Artaud, Président de la Commission du Musée Commercial et. du Bureau de. Rensei­
gnements ; Louis Ytier , Vice-Président ; Jacques Léotard, Secrétaire ; Paul Masson, Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. E. M oriceau, Secrétaire général de l’Institut.—
M. Auguste Giry, ancien Directeur-Adjoint, dé l’Exposition coloniale.

Marseille. — I m p rim e r ie d u Sémaphore. B a r l a t i e r , r u e V tn tu r e , 17-19.

�IM P . OU S E M A P H O R E . - B A R L A T tE R -M A R S E IL L E

�S O M M A IR E
PA G ES

Elevage Ovin et Colonisation, p a r le D' J acob
DK COBDEMOŸ........................ I ................................

313

Extraits des procès-verbaux..........................
Bureau de Renseignem ents...........................
Extraits de la Correspondance . . . . . .
Cours coloniaux
..........................................
Plantations de Cocotiers à Madagascar, par le
l)r Louis C a t a t ....................................................

316
319
320
323

Institut colonial marseillais.

ABONNEMENT : F rance
Rue

323

et

Noailles,

PAGES

Le Régime douanier colonial.
Première Journée M aritim e, ......................
Chronique ......................
Actes coloniaux officiels . ..................................
Institutions connexes. .
. ...........................
Avis d ’adjudication .................................................
Marché des Valeurs coloniales..............................
Services maritimes postaux. ...................................

Colonies, 6 francs ; Étranger, 8 francs.
5

—

Téléphone

MARSEILLE

36-90

325
326
326
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330
330
331
332

�IN S T IT U T

C O L O N IA L , M A R S E I L L A I S

Fondé sous le haul palronagé de M. le Ministre des Colonies
P ré s id e n ts d 'h o n n e u r :

MM.
Le Gouverneur
Le Gouverneur
Le Gouverneur

général de l’Algérie.
général de l’Indo-Chine.
général de l’Afrique Occidentale

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.

Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le R ecteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de

Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
la
Le Résident général de la République Française
Chambre de Commerce.
à Tunis.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de
Le Général Commandant en chef le XV" Corps
,1 l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.
d’armée.
Membres f o n d a t e u r s :
Desrief , Paul, Président de la Chambre de Com­
MM.
merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
la Chambre de Commerce. — Dueay, Gigandet
merce. — Bergassè. H. et C . — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles- et C”. — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (!)'),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Roux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1966. — Compagnie des Che­ Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété
Nouvelle des Raffineries de Sucre de Saintmins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
Louis. — S ociété Générale des Transports Mari­
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­ Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.
nais. — Compagnie des Messageries Maritimes. —
M e m b r e s donateurs :
bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H.,
MM.
J.-B. et A. Artaud Frères.
Baiilatier , Paul. — Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug:, Agent géné­
Berger , C. — Chap.rières , Morel et C1". — Cham­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
dentale. — Noilly P rat &amp; C*. — N. P aquet &amp; C”. —
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
J. et A. P avin de L afarge. - Rastit , Henri. —
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
Rocca, T assy et De Roux. — E. R odocanaghi. —
de Navigation (Fra i - sinet &amp; C'"). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­ R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R ôdrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
gnie des Vapeurs de Charge F rançais.— Compagnie
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
Générale Française de Tramways. — Cyprien de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
F abre &amp; C*. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
rie. — Dufour Marius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. — Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropui.o et
Féraud , Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­ 7.ARIFT.
CONSEIL

D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul,
M. E strine , Lucien, Président
Président : M. Artaud, Adrien, Membre-Secrétaire
de la Chambre de Commerce.
Vice-Présidents : MM. le Dr H eckel , DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
Chef du Service Colonial ; le C” Armand,
Albert, premier Vice-Président de la Chambre
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
lais de la Marine Marchande : Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.

Président honoraire de la Chambre de Commerce,
de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
Sémaphore ,- F ouqite, Adolphe, Président hono­
raire du Syndicat d ’initiative de Provence.
Trésorier : M. Allemand, I., Membre de la Cham­
bre de Commerce.
Trésorier-Adjoint : M. Laplane, .1.. DirecteurAdjoint du Comptoir National d’Escompte de
Paris à Marseille.

Heir,

MM.

MM.

Allest , J. (D’). Administrateur-Délégué de la Com­

Martin -Laval, F., Vice-Président du Syndicat des

Arnaud Lucien, Minotier.
B ergasse, Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie Marseil­

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

pagnie Générale Transatlantique.

laise de Madagascar.

Blanc, E.. Directeur de l’Exploitation de la Com­

pagnie des Messageries Maritimes.

Bourdillon, A., Armateur.
Bry, G., Do'-en de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufour , Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, .L.Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­

ral des Bouches-du-Rhône.

Gaffarei., Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des

Négociants en cafés.

J oannon. A., Avocat, Président de l’Association

Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.

J ourdan. Félix. Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn , Membre de la Chambre de Commerce.
Léotard. Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.
L ombard, Emile, Vice-Président de la Chambre

de Commerce.

Exportateurs.

titut colonial.
R astit , Henri. Industriel.
Rastoin , Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
R odrigues-E ly, Amédée, Ancien 'Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux, François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
T fisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub , Léonce, Négociant.
Velten , Edouard. Ancien Membre de la Cham­
bre de Commerce.
Ytier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Zarifi, Périclès, Banquier.
I,évy, Clément, 1" Adjoint au Maire de Marseille.
Delibes , .7., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément. Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire Général : E. Moriceau, A dm inistrateur
en chef des Colonies en retraite.

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

AVIS
L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant lous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y l’aire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3me étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

�A n c ie n n e

M

T A IL L E U R S C O U T U R IE R S

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R u e V a c o n , 51 et 5 1 »

P A P E T E R I E M A R S E IL L A IS E
R u e P a r a d is , 2 9

�Troisième Année.

N° 16

« Dü Vr*i
S !,air* 4 /

1er Mars 1909.

--------- --------------------

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
Élevage ovin et Colonisation
%
Nos vieux pays de haute civilisation ne
comportent plus guère l’élevage de l’espèce
ovine, chassée en quelque sorte par les con­
ditions inéluctables du progrès : valeur
croissante de la terre, morcellement de la
propriété, agriculture intensive. L'industrie
du mouton est aujourd’hui surtout exotique ;
elle convient tout particulièrement aux
pays neufs, à ces territoires nouveaux ac­
quis par lçs nations colonisatrices, où les
troupeaux trouvent, pour se nourrir et se
multiplier, de larges espaces libres, de
grands pâturages, de vastes parcours sur des
terres de faible valeur encore. Piétinant sans
cesse ce sol, et y déposant constamment un
engrais fertilisant, ce petit bétail l’améli- re
à la longue par sa seule présence, par des
passages continuels ; il le met en état de re­
cevoir un peu plus tard et utilement des cul­
tures. C’est ainsi qu’en pays neufs l’industrie
pastorale précède et prépare l’ère agricole
véritable. Tout a été dit, du reste, sur ce
rôle important du bétail, et surtout du bétail
ovin, comme auxiliaire de la colonisation,
j’entends de la mise en valeur des terres
nouvelles ; et, par suite, comme agent créa­
teur de la richesse future.
Il est facile d’établir que c’est l’industrie
ovine que l’on trouve à la base du /dévelop­
pement économique et de la prospérité de
bon nombre de colonies étrangères ou de
pajs exotiques. N’est-ce pas, en effet, l’éle­
vage du mouton qui a fait de l’Australie,
primitivement destinée à n’être qu’une
« terre à convicts », l’une des plus riches
possessions anglaises ? Si l’on en doutait, il
suffirait de citer des chiffres : 360 millions
d’hectares de terres sont occupés aujour­
d’hui, par vente ou location, sur le continent
austral ; or la centième partie seulement de
cette superficie est livrée à la culture ; tout
le reste est réservé à l’élevage. Et c’est bien
l’élevage ovin qui domine, puisqu’il est ad­
mis que la laine représente les 56 % de la

totalité des produits de l’élevage austra­
lien (1).
v
Ne sait-on pas que la Nouvelle-Zélande
n’est, en somme, qu’une vaste bergerie au
service de la Grande-Bretagne (2).
Dans ce même genre d’industrie, on voit
encore la colonie du Cap rivaliser d’activité
avec la Confédération australienne.
L’exemple de l’Argentine est particulière­
ment frappant. Sa belle prospérité actuelle
a bien eu incontestablement pour point de
départ la constitution, au siècle dernier, de
ces immenses troupeaux de bêtes à laine qui
se développaient librement à travers les
vastes étendues du « campo », avant de faire
place, tout au moins dans les Etats du Nord,
aux estances modernes.
Comme autre et remarquable exemple de'
colonisation par l’industrie pastorale et
ovine exclusive, il convient encore de citer
celle des îles Falkland ou Malouines, et
aussi, dans ces mêmes parages du détroit de
Magellan, celle du territoire de PuntaArenas. Toute l’activité économique de ces
contrées assez ingrates consiste dans l’ex­
ploitation rationnelle du mouton (3).
Mais celle-ci n’est évidemment possible et
pratique que si elle est favorisée par tout un
ensemble de conditions bien déterminées :
climat, sol, etc. Notre domaine colonial ne
manque pas de ces territoires neufs, de
grande étendue, si propres à l’essor de l’in­
dustrie ovine ; mais encore faut-il que les
conditions de milieu qui y sont réalisées per­
mettent l’existence et la multiplication des
bêtes à laine. Ces régions favorables doivent
être recherchées et utilisées. Pour une dou­
ble raison, nous avons le plus grand intérêt
à voir se développer dans nos possessions
l’élevage des ovins : d’abord, notre troupeau
national reste, depuis plusieurs années, sta(1)
Nombreux documents sur ce sujet rapportés
récemment de la mission en Australie, par M. P.
Privat-Deschanel.
(2.) Economiste français, 11 août 1906.
(3) E. Lefèvre. Histoire économique de la laine,
Paris, 1906.

I

�314

L’EXPANSION COLONIALE

tionnaire avec 20 millions de têtes, et il ne
peut que décroître ; or, comme la consom­
mation de la viande augmente, quoique dans
une proportion moindre chez nous que chez
les peuples voisins, ce pays est forcé d’in­
troduire de l’extérieur du bétail ovin ; et,
comme d’autre part des tarifs protecteurs
mettent obstacle à l’apport des produits
étrangers, c’est à l’élevage colonial que nous
devons demander l’appoint nécessaire. En
second lieu, pour les besoins de son indus­
trie des* lainages ou du délainage des peaux,
la France importe annuellement la quantité
respectable de 250.000 tonnes de laines
(laines en masse et laines de peaux) de pro­
venances diverses, mais en majorité des
grands pays d’élevage dont nous parlions
tout à l’heure. Presqu’entièrement tributaire
de l’étranger pour ces importantes matières
premières (laines et cuirots), la métropole
verrait sans doute avec satisfaction s’accroî­
tre la contribution coloniale.
Il faut surtout faire appel ici à nos gran­
des colonies, à celles où peuvent se rencon­
trer à la fois et les vastes pâturages indis­
pensables et les conditions de milieu spé­
ciales. Quelles sont, en conséquence, celles
d’entre elles qui ont tenté de donner quelque
impulsion à l’industrie ovine ?
En Indo-Chine on ne constate encore, dans
cette voie, aucune entreprise sérieuse, bien
qu’il semble y avoir dans les hautes régions
de l’Annam et du Tonkin des territoires
appropriés. C’est à peine même, paraît-il, si
l’on est fixé sur la race de moutons suscep­
tible de s’adapter au climat de la colonie. On
a parlé tout récemment, pour les premiers
essais d’élevage, des races ovines de la
Malaisie et des Indes Néerlandaises (1).
A Madagascar, il existe bien une race lo­
cale de mouton, mais sans toison. Ce mou­
ton, dit indigène, appartient en réalité à
une race bien connue, celle de Syrie ; il n’est
donc qu’importé ! Il est sans doute parfai­
tement adapté au milieu malgache ; mais
sa valeur, à tous égards, est fort médiocre.
Des tentatives ont déjà été faites pour amé­
liorer le bétail ovin de la colonie : le méri­
nos de Rambouillet, introduit il y a quel­
ques années, a nécessairement vite succombé

dans le milieu tropical « qui n’est pas fait
pour lui » ; résultat qu’il eût été, par con­
séquent, facile de prévoir. Plus récemment,
on a entrepris des essais de croisement entre
le mouton indigène et des reproducteurs so­
lognots ou de la race arabe d’Algérie, im­
portés à cet effet. Les premiers résultats ob­
tenus ont paru satisfaisants. Mais en admet­
tant même que de grands troupeaux d’ovins
puissent être constitués et vivre sur le p’ateau central de la grande île, ils ne peuvent
guère être exploités que pour la laine, ce
qui indique la nécessité de tenir grand
compte de la qualité de la toison chez les
produits de croisement ; car il semble assez
difficile de découvrir à proximité, pour le
moment du moins, des débouchés de quel­
que importance pour le bétail lui-même,
l’Afrique Australe étant déjà grand pays d’él#vage ovin. L’exportation vers l’Europe est
un problème que le facteur distance rend
singulièrement complexe ; à moins de pro­
céder comme à la Nouvelle-Zélande et à &gt;a
Plata et d’effectuer le transport des animaux
sous forme de viande frigorifiée ou conge­
lée. Mais,. jusqu’à plus ample informé, il
n’est pas téméraire de penser que tout pro­
duit de ce genre ne recevrait dans notre pays
— en dépit de toute logique du reste —■
qu’un accueil plutôt réservé.
Nos grandes possessions du Nord de l’A­
frique sont mieux partagées et manifestent
même des progrès assez sensibles au point
de vue qui nous occupe. En Algérie, un trou­
peau ovin de plus de 6 millions de têtes vit
sur les Hauts-Plateaux, c’est-à-dire dans ce
vaste territoire qui s’étend entre les deux
plissements tellien et saharien de l’Atlas, de­
puis la frontière du Maroc jusqu’à celle de la
Tunisie. C’est la véritable région pastorale
algérienne renfermant les deux tiers de son
cheptel ovin qui comprend environ 9 mil­
lions de têtes. Aussi est-ce l’Algérie qui est
devenue le principal fournisseur de la
métropole, où elle importe annuellement
environ l.tOO.OOO moutons.

Les importations de la Tunisie sont en
augmentation notable, ayant passé de 8.000,
en 1906, à près de 70.000 têtes de bétail ovin
en 1907, « c’est-à-dire que les importateurs
.tunisiens ont fait usage jusqu’à concurrence
(1)
Rapport de M. F. Lepinte sur le Service vété­ des 7/10 du crédit d’importation en franchise
rinaire, etc. in Bulletin économique de l'Incloqui leur est ouvert annuellement par appliGhine, n° 75, novembre-décembre 1908.

i

�L’EXPANSION COLONIALE

315

cation de la loi du 19 juillet 1890 » (1). Mais
en réalité les exportations totales des mou­
tons de la Tunisie, se sont élevées, en 1907,
à 113.319 têtes, d’une valeur de 2.272.688
francs (2). Et il est infiniment probable que
ce commerce est appelé à prendre une exten­
sion beaucoup plus grande dans la Régence,
avec les progrès de la colonisation dans le
centre tunisien où se trouvent réunies les
conditions les plus favorables, à l’industrie
pastorale.
En ce qui concerne l’Algérie, il faut bien
reconnaître que la production ovine, presqu’entièrement encore entre les mains des
Arabes, s’accroît peu. Cela tient surtout aux
conditions précaires de l’existence des trou­
peaux sur les Hauts-Plateaux, dues à des
causes diverses : sécheresse de l’été et de l’au­
tomne,avec absence alors de pâturages et de
réserves fourragères ; hiver rigoureux et
humide, avec défaut d’abris pour les trou­
peaux. Cette dernière cause agit sans doute
peu sur les adultes, mais provoque chez les
jeunes agneaux une mortalité considérable,
qui va parfois jusqu’à 60 et 70 %.
La rareté des points d’eau pour abreuver
les troupeaux et l’obligation qui en résulte
pour les pasteurs indigènes de ne pas trop
s’éloigner de ceux qui existent, ont pour con­
séquence la réduction de la superficie des
pâturages actuellement utilisée. Un impor-'
tant problème se pose donc ici, à la solution
duquel l’administration a déjà du reste con­
sacré de louables efforts (3) : la création de
points d’eau, puits et abreuvoirs toujours
plus nombreux. Et quand on sait les mer­
veilleux services rendus, en Australie (4), à
l’industrie pastorale et à la colonisation par
les puits artésiens créés tant par l’action
officielle que par l’initiative privée, on ne
peut qu’être convaincu de la nécessité de
multiplier les forages dans notre Algérie.
L’Afrique Occidentale enfin manifeste la
légitime prétention de développer chez elle
l’industrie du mouton. De toutes les races
ovines qu’elle possède, en effet, il en est
une vraiment remarquable : c’est un mou­
ton à laine, cantonné actuellement sur les

bords du Niger moyen, dans le Macina. Ce
mouton à toison du Macina n’est pas
autochtone, il a été introduit très vraisem­
blablement par les Foulbés pasteurs immi­
grés, venus de l’Est, de l’Egypte, dit-on.
Quoi qu’il en «soit, jusqu’à ces dernières
années, il passa, semble-t-il, inaperçu ; car,
dans un travail datant de quatre ans à peine,
M. Dechambre (1) n’en fait pas même men­
tion. C’est M. le vétérinaire Pierre qui eut le
mérite, dans son ouvrage sur l’élevage en
Afrique Occidentale, en 1906, de décrire
cette intéressante race ovine et d’appeler l’at­
tention sur sa valeur économique. Dans une
étude plus récente, M. Yves Henry (2) com­
pléta utilement ces premières données.
Mais n’est-ce pas singulier que ce mouton
du Macina, introduit certainement depuis
une époque reculée dans le pays situé entre
le 14“ et le 16e degrés de latitude nord, ait
conservé ainsi, en pleine Afrique tropicale,
sa toison ? C’est un fait qui, a priori, semble
paradoxal, puisqu’il est de notion classique
que la laine disparaît chez le mouton en
pays chauds.
Les particularités climatologiques du Ma­
cina expliquent aisément l’adaptation inté­
grale de ces bêtes à laine dans la région. Ce
climat est tropical, avec deux saisons bien
tranchées ; l’une sèche et l’autre pluvieuse ;
mais, si des températures élevées s’observent
en juin et juillet, par contre, pendant la sai­
son sèche, le refroidissement de la tempéra­
ture est très sensible : « dès novembre, la
température s’abaisse ; en décembre et jan­
vier, il fait réellement froid (3). Le main­
tien de la toison, couverture de protection
naturelle du mouton, est la conséquence de
ces grandes variations atmosphériques du
milieu. Et c’est pour n’avoir pas suffisam­
ment réfléchi à ces raisons biologiques et
éthologiques, que se réservent très proba­
blement des déboires, les promoteurs des
essais faits actuellement en vue d’acclimater
le même mouton à laine du Macina dans le
Bas-Sénégal, dont le climat est trop unifor­
mément chaud pour comporter des races
ovines à toison.

(1) Rapport spécial de la Commission perm a­
nente des valeurs de Douanes pour 1907.
(2) Rapport sur la situation de la Tunisie en
1907.
(3) Forages artésiens en Algérie. (Supplément n*
24 du Bulletin de l’office du gouvernement géné­
ral,, 1904).
(4) Génie civil, 15 septembre 1906.

(1) Moutons de l'Afrique occidentale. (Revue
Coloniale, 1905).
(2) Agriculture pratique des pays chauds, sep­
tembre-octobre 1908.
(3) D' Verdier. Notes sur la région du Macina.
(Annales d ’hygiène et de médecine coloniales
n’ 1, 1907).

�316

L’EXPANSION COLONIALE

Ajoutons que, en outre, cette même région
du Niger-Moyen offre des conditions par­
ticulièrement favorables à l’existence des
troupeaux, qui y trouvent pendant toute
l’année des pâturages au moins suffisants.
Cela encore, s’explique facilement. En saison
pluvieuse, par suite des crues du Niger et de
son affluent le Bani, les plaines sont inon­
dées sur une immense étendue ; et les trou­
peaux transhument alors vers les plateaux
émergés où les pluies ont fait pousser
l’herbe, notamment dans la,, direction du
Sud, vers les territoires de la boucle. D’au­
tre part, pendant la saison sèche, les eaux
fluviales en se retirant laissent à découvert
les plaines imprégnées d’humidité qui bien­
tôt se revêtent d'un tapis verdoyant dont les
troupeaux reprennent possession. Et c’est
ainsi, par ces mouvements périodiques de
transhumance, réglés eux-mêmes par le ré­
gime fluvial du Niger-Moyen, que les Foulbès entretiennent dans le Macina le million
de mouton dont ils monopolisent actuelle­
ment l’élevage.
Il en résulte que le Macina est devenu le
premier centre producteur de laine de l’A­
frique Occidentale ; c’est un nouvel élément
qui s’est ajouté aux autres produits d’expor­
tation de notre grande colonie. Cette laine,
commune sans doute, mais non sans valeur,
s’exporte, en effet, depuis 1905, où le com­
merce put bénéficier de la voie ferrée KayesKoulikoro, reliant le Sénégal au Niger.
En somme, ce n’est là qu’un début ; il faut
espérer que nous assistons à l’origine de
toute une industrie nouvelle et bienfaisante
pour notre Nigérie française. Et s’il en est
ainsi, une fois de plus l’humble bête à laine
aura rempli son rôle séculaire et contribué
aux progrès de la colonisation.
H. J a c o b d e C o r d e m o y .
Processeur à l’Institut Colonial.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX

Compte rendu des séances du Conseil d'Ad­
ministration des 4 et. 18 février et de la réu­
nion du Bureau du 11 février.
Le ConseiJ d’Administration de l’I. C. M.
s’est réuni le 4 février 1909, à 3 heures de
l'après-midi sous la présidence de M. L.
Estrine, président de la Chambre de Com­
merce de Marseille. Après lecture et appro­

bation du procès-verbal de la séance précé­
dente, M. le Président donne connaissance de
la lettre par laquelle M. H. Dufay donne sa
démission de vice-président de l’Institut.
Après avoir rendu un juste hommage aux
éminentes qualités que M. P. Desbief déploya
dans l’exercice de la présidence, M. Estrine
propose de déléguer à son collègue et ami
M. Adrien Artaud, membre secrétaire de la
Chambre de Commerce de Marseille, la pré­
sidence de l’I C. M. Cette proposition est
agréée à l’unanimité. Il souhaite la bienve­
nue aux. nouveaux délégués de la Chambre
de Commerce, MM. Allemand et Kahn qui
seront d’excellents collaborateurs pour l’Ins­
titut.
M. Artaud, très ému, remercie M. Estrine
et les membres du Conseil de la grande mar­
que de confiance et de sympathie qu’ils vien­
nent de lui donner ; il dit combien il eût été
téméraire à lui, d’accepter une aussi lourde
charge s’il n’avait pas eu l’espoir de compter
sur le concours dévoué de tous les membres
du Conseil. Il regrette, que les fonctions si
absorbantes de la Présidence de la Chambre
de Commerce empêchent M. Estrine- de con­
server la direction effective de l’Institut et lui
exprime tous les remerciements de ses collè­
gues et les siens pour la part qu’il a prise à
l’installation de l’immeuble de l’Institut. Il
a fallu à M. Estrine beaucoup de temps et de
peine pour faire exécuter les travaux qui
sont, aujourd’hui complètement achevés.
M. Artaud espère que, malgré ses occupa­
tions, M. Estrine voudra bien continuer à
l’Institut, son précieux concours et qu’il
viendra le plus souvent possible, présider
les réunions du Conseil.
M. Artaud fait le plus grand éloge de
M. Paul Desbief. Il déclare qu’il suivra la
voie tracée par son prédécesseur dont il est
heureux de pouvoir s’être assuré les excel­
lents conseils pour la direction de l’Institut.
M. Artaud exprime à M. Dufay ses vifs re­
grets de lui voir quitter une des vices-prési­
dences de l’Institut, il espère qu’il continue­
ra à siéger au Conseil et à lui donner son
concours.
. Le Président fait un rapide inventaire de
là situation de l’Institut ; il compte sur de
nouvelles adhésions au Musée commercial et
a l’associaion ; il espère que le Conseil géné­
ral appréciant les services que rend l’Insti­
tut au commerce de la région, redonnera
l’appui qu’il avait accordé à la fondation de
ldnstitut et aussi, que les colonies ne mar­
chanderont pas leurs subventions. Il désigne
quelques ressources dont on pourrait tirer
parti, notamment la location d’une partie des
4e et 5e étages de l’immeuble.
M. Estrine propose au Conseil de complé­
ter le bureau : deux-vices-présidences, celles
de M. H. Dufay et de M. E. Delibes. le regret­
té président de la Société.de Géographie, sont
vacantes. Il propose d’y nommer MM.

�L’EXPANSION COLONIALE

317

Armand, 1er vice-président de la Chambre de diverses compagnies de navigation, au syndi­
commerce, trésorier de l’I. C. M. et-M. F. cat de la Pressé, à la Ligue Maritime, au Syn­
Bohn, membre de la Chambre de Commerce dicat d’initiative-de Provence, au Cercle Nau­
et administrateur directeur de la Compagnie tique, etc... La première journée débuterait
française de f Afrique Occidentale.
par une visite à l’Institut colonial, à ses mu­
Cette proposition est agréée à l’unanimité. sées et continuerait par une visite des ports,
La place de secrétaire vacante par suite de des môles outillés de la Chambre de Com­
la nomination à la présidence de M. A. Ar­ merce et des Docks, etc. Le Bureau remercie
taud est attribuée à M. A. Fouque. M. Alle­ M. Artaud de cette très intéressante proposi­
mand, délégué de la Chambre de Commerce tion et reconnaît que l’initiation à la vie colo­
est nommé trésorier, M. Laplane, trésorier- niale ne saurait être mieux préparée que par
adjoint, ayant décliné cette fonction qui lui la connaissance et l’appréciation des travaux
revenait de droit. M. Artaud se félicite de considérables exécutés ou entreprise Mar­
s’être assuré la collaboration de MM. Alle­ seille pour constituer un port de premier
mand et Fouque et remercie MM. Armand et ordre. Ces journées auraient pour effet de
Bohn d’avoir bien voulu accepter de travail­ familiariser ceux qui y prendront part avec
ler avec lui à la prospérité et au développe­ les infinis détails de la vie et du commerce
ment de l’Institut. M. Turcat, fait remarquer maritimes et contribueraient efficacement à
qu'il siégeait au Conseil d’Administration en répandre dans le public le goût des choses
qualité de Président de la Société pour la Dé­ maritimes d’abord et coloniales ensuite. Un
fense de Commerce, situation qu’il a quittée échange de vues très intéressant a lieu aù
aujourd’hui et demande à être remplacé au sujet des heureuses conséquences de l’initia­
Conseil par M. Rastoin président actuel de tive que prend l’Institut à cette occasion et
cette Société. M. Estrine propose au Conseil divers membres expriment le désir de fixer
de donner son siège à M. Turcat et de nom­ par des vues cinématographiques, les divers
mer M. Rastoin, membre du Conseil. Cette incidents de ces journées, enfin de chercher à
proposition est agréée a l’unanimité.
établir dans le.sous-sol de l’Institut, une en­
Avant de lever la séance, M. Estrine félicite treprise de cinématographe qui ferait défiler
M. Masson de sa récente promotion dans la aux yeux des visiteurs, les vues de ces visi­
Légion d’honneur Celui-ci exprime tous ses tes, des vues coloniales, des vues de travaux
remerciements pour les marques nombreuses ’d’usine, en un mot des films se rapportant à
de sympathie qu’il a reçues à cette occasion.
des sujets maritimes, industriels et colo­
M. Dufay informe le Conseil que la sous- niaux.
cri ption ouverte en vue d’offrir un souvenir
M. Artaud expose que la commission
à M. Paul Desbief, président honoraire de parlementaire des Douanes ayant commencé
l'Institut, est close et que son produit sera ses travaux de révision du régime douanier,
employé à l’achat d’un moulage en bronze il appartient à l’Institut Colonial Mar­
d’une réduction du bas-relief de M. Delan- seillais d’apporter son concours à la pré­
glade qui orne la salle des cours coloniaux. paration des tarifs applicables à nos colonies.
L’avenir même de nos établissements résul­
tera de l'application des nouveaux tarifs pro­
Séance du Bureau du 1i février.
Le. Bureau s’est réuni le 11 février sous la jetés. Des divers travaux des Chambres de
présidence de M. Artaud et s’est occupé de commerce des colonies, des- enquêtes faites
dans de nombreux milieux, du rapport
plusieurs questions importantes.
La non réélection de M. Coulon, laissant même de M. Messimy sur le budget des colo­
vacante une des trois places réservées dans le nies, il ressort que l’unification des tarifs a
Conseil d’Administraiion à l’assemblée mu­ été nuisible à nos colonies et qu’il devient
nicipale, M. Artaud propose de demander au nécessaire dç spécialiser chacun de nos éta
Conseil de prier M. le Maire de Marseille de blissements/de ne plus subordonner étroite­
désigner M. Clément Lévy, 1er adjoint au ment les colonies à la métropole, mais au
contraire de les affranchir d’une sujétion
maire, pour occuper ce siège vacant.
ruineuse et de permettre leur développement
Cette proposition rallie tous les suffrages.
M. Girard est agréé comme agent com­ suivant leurs éléments propres.
Dans ce but, M. Artaud proposerait de
mercial de l’L C. M., sur la proposition de
créer une grande commission à cinq sec­
M. A. Artaud.
Le Conseil d’Administration étant renou­ tions :
'Une pour l’Afrique du Nord.
velé par tiers tous les deux ans, M. A.
Une pour les anciennes colonies.
Artaud propose de demander au prochain
Une pour l’Afrique Occidentale.
conseil de tirer au sort les noms des mem­
Une pour Madagascar.
bres dont le mandat devra expirer en 1910Une pour l’Indo-Chine.
1912-1914. L’assemblée générale annuelle est
Chacune de ces sections, qui compren­
fixée au mois de mars.
M. Artaud expose le projet d’organiser le draient toutes les compétences spéciales, étu­
premier samedi de chaque mois, une journée dierait- toutes les questions de tarifs et autres
maritime, en demandant leur concours aux concernant chaque groupe ou chaque colonie

�318

L’EXPANSION COLONIALE

et un rapport général réunirait les diverses
conclusions préconisées.
Le bureau se range à l’unanimité à l’avis
de son Président.
Séance du Conseil d'Administration
du 18 février.
Le Conseil d’Admimstration de l’I. C. M.
s’est réuni le 18 février à 3 heures de l’aprèsmidi, sous la présidence de M. Artaud.
Après lecture et approbation du procèsverbal de la séance précédente, M. le Prési­
dent fait part, au Conseil d’un projet de bud­
get, établi pour l’Exposition 1909.
Après un échange de vues entre le Prési­
dent, M. Armand et M. Allemand, trésorier,
il est décidé qu’un projet de budget définitif
sera présenté au prochain conseil. Le Conseil
approuve à l’unanimité les nominations de
M. C. Lévy et Rastoin ; elles devront être,
conformément aux statuts, ratifiées par la
prochaine assemblée générale. M. le Prési­
dent fait agréer par le Conseil la proposition
de réunir le Bureau de l’Institut, le 1er jeudi
et le Conseil d’Administration le 3e jeudi de
chaque mois.
11 est procédé ensuite au tirage au sort des
noms des membres du Conseil dont le man­
dat doit expirer en 1910.
Les noms sortants sont ceux de MM. Agriool Maurel, Masson, Fouque, Ytier, Blanc,
Bry, Ilodrigues, Zarifi, Besson, Teisseire,
Gaffarel, Rossi, Velten, Usslaub.
Le tirage au sort des membres du Conseil
dont le mandat doit expirer en 1912 donne le
résultat suivant : MM. de Roux, A. Bergasse, Bourdillon, Jourdan, Joannon, Martin
Laval, J. Dufour, H. Giraud, N. Estier, H.
Dufay, d’Allest, H. Turcat, A. Dufour.
Les membres du Conseil dont le mandat
•expirera en 1914, sont MM. L. Arnaud, Barlatier, Delibes, Jacquemet, Léotard, Laplane,
Lombard,-Ponsinet, H. Rastit, Rastoin, C.
Lévy et les deux conseillers généraux non
encore désignés.
M. le Président expose au Conseil le projet
élaboré par le Bureau dans la séance du 11
février d’organiser, comme il a été dit plus
haut, le premier samedi de'chaque mois, une
journée maritime. Pour la première journée
qui aurait lieu le samedi 6 mars. l’Institut
colonial marseillais auquel revient l’initiative
de ce projet, prendrait la présidence ; pour
les journées suivantes, les divers syndicats,
associations auxquels il est fait appel, prési­
deraient à leur tour les visites projetées. On
créerait ainsi une émulation des plus profita­
bles au succès de ces manifestations qui ont
pour but de bien faire ressortir, d’une part
l’importance de notre grand port et des ins­
titutions si variées qu’entraîne la vie com­
merciale d’une cité travailleuse, comme l’est
la nôtre;et d’autre part, d’amener notre popu­
lation à s’intéresser davantage aux choses
coloniales et maritimes. M. Artaud indique

l’utilité de cet admirable mode de propagan de
qu’est le cinématographe pour fixer l’atten­
tion du public sur les travaux de Marseille,
les usines de la ville, les scènes de la vie co­
loniale, etc. Il propose de délibérer sur le
principe de ces journées qui seraient évidem­
ment placées sous le haut patronage de la
Chambre de Commerce de Marseille.
Cette proposition est agrée à l’unanimité.
M. Artaud prie le Conseil de donner man­
dat à MM. P. Barlatier et Fouque, d’organi­
ser la journée du 6 mars.
Le Conseil approuve.
M. le Président fait part au Conseil de la
nécessité d’associer l’Institut colonial Mar­
seillais aux études préparatoires à l’établis­
sement du nouveau régime douanier auquel
vont être soumises nos colonies. Il fait ressor­
tir combien un régime égalitaire et unitaire
pour l’ensemble de nos possessions, est im­
praticable. De toutes parts, l’idée s’est affir­
mée de revendiquer pour nos possessions, des
mesures fiscales en rapport avec leur situa­
tion, leur richesse et la nature de leur pro­
duction.
Il propose de nommer une commission qui
se diviserait en cinq sections s’occupant cha­
cune d’un des groupes de nos colonies, à
savoir ;
1° L’Afrique du Nord ;
2° Les anciennes colonies ;
3° Madagascar ;
4° L’Afrique Occidentale française ;
5° L’Indo-Chine.
M. Bohn ne peut que donner son approba­
tion à cette proposition, mais il craint que le
travail de l’Institut ne fasse double emploi
avec celui que prépare sur cette importante
question, la Chambre de Commerce de Mar­
seille.
Après un échange de vues entre le Prési­
dent, MM. Ytier, Bourdillon et Bohn, celuici estime que l’Institut pourrait plus facile­
ment que la Chambre de Commerce, provo­
quer les avis des Chambres de Commerce et
des intéressés des colonies sur le régime doua­
nier colonial et se faire plutôt l’avocat du
commerce colonial que celui du commerce
métropolitain dont la Chambre de Com­
merce de Marseille est plus spécialement
l’interprète autorisé. Une fois en possession
de ces avis, l’Institut les présenterait à la
Chambre de Commerce et deviendrait ainsi
un très utile auxiiaire pour un travail d’en­
semble qui réunirait des documents très
autorisés de part et d’autre.
M. Artaud répond que l’opinion publique
est très insuffisamment éclairée sur les sujets
relatifs aux colonies et que l’avis de l’Institut
sur une question aussi importante que la
question douanière aux colonies, ainsi que
celui de la Chambre de Commerce de Mar­
seille, si compétente pour les affaires du
commerce colonial seront tous deux extrê­
mement utiles. Il rappelle qu’au Congrès
/

�L’EXPANSION COLONIALE
colonial de 1906, plusieurs membres de la
Chambre de Commerce, dont son Président,
faisaient partie de la section du régime éco­
nomique aux colonies, il ne saurait donc',
venir à sa pensée d’entrer en conflit avec la
Chambre, mais il croit que l’Institut est tout
désigné pour collaborer avec elle au travau
de révision qui s’impose.
M. Bohn pense qu’il serait préférable que
l’Institut se bornât à provoquer les vœux que
les colonies ont à exprimer sur la question
douanière. Il peut, mieux que la Chambre
de Commerce, aller à la source même des
renseignements, solliciter l’expression de l'o­
pinion coloniale, la soutenir et la défend”.;
partout où il sera nécessaire.
M. Artaud ajoute que l’Institut doit se fairj
une opinion, non seulement sur la question
douanière, mais encore sur les questions
domaniales, minières, agricoles et qu il
‘appartiendra aux diverses sections de îa
commission de les étudier.
La proposition de M. Artaud est approuvée
à l’unanimité.
M. le Président demande au Conseil de
désigner M. Fouque comme Président de la
Commission du Musée commercial et du Bu­
reau des Renseignements, ainsi que pour la
présidence du Comité de rédaction de
l’Expansion coloniale. Le Conseil approuve.
M. Artaud demande au Conseil d’approu­
ver l’installation au 3e étage d’une salle de
réunion pour les coloniaux de passage ; il y
a intérêt à ce que l’Institut devienne la mai­
son commune des nombreux habitants de
nos colonies qui séjournent ou passent à Mar­
seille. il faut qu’ils y puissent trouver les
journaux, qu’ils y puissent faire et recevoir
leurs correspondances,qu’ils y trouvent tous
les renseignements nécessaires à leurs achats
ou a leur installation.
La salle de « l’Expansion Coloniale » pour­
rait facilement être aménagée dans ce but; les
coloniaux seraient avisés des facilités que
leur offre l’Institut par des avis insérés dans
l’Expansion et que l’on demanderait aux
.journaux coloniaux de reproduire.
Cette proposition est approuvée à l’unani­
mité.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Notre bulletin a fait connaître l’intérêt
manifesté par plusieurs personnes, au sujet
de la cire de raphia.
Le dernier numéro du Bulletin de l’impé­
rial Institute de. Londres contient une étude
sur cet intéressant produit qui a été décou­
vert en 1904 par le distingué botaniste M. Périer de la Bathie, si connu pour ses beaux
travaux sur les caoutchoucs de Madagascar.
M. Périer de la Bathie avait expédié des
échantillons de cette cire à M. H. Jumelle, le
savant professeur de nos cours coloniaux et
celui-ci dans une communication faite en dé­

319

cembre 1905 à l’Académie des sciences, avait
appelé l’attention sur les qualités de ce pro­
duit.
Le palmier raphia, extrêmement abon­
dant à Madagascar, fournit les liens avec
lesquels les jardiniers attachent les plants
de vignes et fournit de ce chef un appoint
très important aux exportations de la grande
île. Ces liens plus connus sous le nom de
fibres de raphia sont constitués par l’épi­
derme de jeunes feuilles de ce palmier ; sous
cet épiderme, on trouve une poussière blan­
châtre que l’on peut détacher très facilement,
et que l’on récolte sur un drap en secouant
les feuilles.
En jetant cette poussière dans l’eau bouil­
lante, elle, s’agglutine, la cire fondue reste à
la surface, et les impuretés tombent au fond
du vase : il ne reste plus qu’à recueillir cette
cire, la mettre dans des moules où elle se
refroidit.
Le produit ainsi préparé est d’une couleur
variant du jaune au brun foncé, il est un
peu plus dur et plus cassant que la cire
d’abeilles.
Le rendement en fibres et en cire est le
suivant : Si l’on prend 10 feuilles de raphia
d’une longueur moyenne, soit de 3 1/2 à
4 m. 1/2 on obtient :
Poids des feuilles, 104 kilos.
Poids de la fibre marchande, 4 k. 6.
Poids de la cire fondue, 0 78.
D’après cette expérience, la teneur en cire
serait de 0.75 % du poids des feuilles et de
17 % du poids de la fibre. Il est probable que
dans la pratique cette teneur de 17 % sera
réduite à 10 % environ.
M. Jumelle avait démontré que la cire de
raphia ressemblait, à beaucoup de points de
vue, à la cire de carnauba du commerce ;
elle a à peu près le même point de fusion et
se comporte de la même manière, en pré­
sence de divers réactifs.
Le professeur Haller et M. Descude ont
procédé à un examen plus complet de ce pro­
duit et ont établi que si les propriétés physi­
ques des deux cires ont de nombreuses ana­
logies, elles diffèrent considérablement dans
leur composition.
La cire de raphia peut être employée dans
la fabrication des vernis et des bougies.
Une importante fabrique anglaise de ci­
rages était disposée à l’utiliser en grand,
mais n’ayant pu s’en procurer les quantités
voulues, elle y a momentanément renoncé.
Le prix actuel de la qire de carnauba est de
3 fr. 20 à 3 fr. 50 le kilo et s’il était possible
d’obtenir la cire de raphia au prix de 2 fr. 50
celle-ci pourtait trouver un emploi très im­
portant.
2° M. A... a demandé l’importance des
plantations de caoutchouc dans la Péninsule
Malaise.
D’après les dernières statistiques, la super-

�320

L’EXPANSION COLONIALE

ficie des terrains plantés en hévéas est de de se porter rapidement secours en cas de
126.235 acres, soit 50.500 hectares dont 61.552 besoin.
acres (24.621 hect.) à Selangor ; 46.167 acres
7° M. C..., de Marseille a fait connaître
(18.466 hect.) à Pérak ; 17.656 acres . (7.082 'qu’il serait acheteur d’œufs provenant de nos
hect.) à Negri Sembilan et 860 acres (344 colonies de (('Afrique Occidentale.
hect.) à Pahang. Les surfaces cultivées aug­
Il y aurait, en effet, à Marseille qui con­
mentent tous les ans et de nombreux capi­ somme pour 12 millions de francs d’œufs par
taux se portent vers les plantations de caout­ an, un très important marché pour cet arti­
chouc.
cle, si l’élevage de la volaille se développait
A Java, les résultats obtenus sont excellents au Sénégal et en Guinée française.
et certaines plantations ont donné des divi­
Il serait également très intéressant de dé­
dendes très élevés.
velopper cet élevage en Algérie et en Tuni­
Il est à souhaitér que nos colonies, l’Indo- sie ; les œufs consommés à Marseille pro­
Chine notamment, entreprennent à leur viennent en grande partie du Levant, de l’E­
tour, cette riche culture et que nous puissions gypte, de, la mer Noire et dans ces pays les
trouver dans nos établissement, tout le caout­ conditions de l’élevage des volaillds ne sont
chouc consommé par notre industrie.
certainement pas plus avantageuses que cel­
3° M. P..., administrateur des colonies, au les que présentent les diverses colonies que
cours d’une visite qu’il a faite au secrétaire nous venons de citer. Plusieurs villes de l’in­
général, lui a fait connaître les difficultés térieur de la France sont également pour les
qu’éprouvent les coloniaux à se procurer à œufs, tributaires des pays d’Orient et de là
Marseille, divers objets de campement qu’ils Russie, il y aurait pour les colons des pos­
seraient très heureux de pouvoir y acheter, sessions ci-dessus un intérêt considérable à
au moment de leur départ. Il y aurait, en voir s’ouvrir le marché français.
effet avantage pour les magasins d’articles
Depuis quelque temps, Gênes expédie à
de voyage, à être constamment approvision­ Paris, par l’intermédiaire de Rerne, de très
nés des nombreux objets d’un usage courant grandes quantités d’œufs arrivant de Tri­
dans nos colonies e t'l’I. C. M. se met très poli, d’Egypte, etc., par des paquebots alle­
volontiers à la disposition de leurs proprié­ mands ; Marseille est incontestablement
taires pour leur fournir toutes indications mieux placée que Gênes pour s’assurer ün
utiles.
trafic auquel nos colonies peuvent prendre
4° M. L., de Marseille a demandé des ren­ une part des plus importantes. Il a été con­
seignements sur l’état actuel des affaires au seillé à M. C..., de faire connaître les modes
Maroc.
d’emballages employés dans les pays d’O­
5° M. E. R., de Marseille, s’est enquis des rient, les dimensions courantes les plus de­
provenances et des prix des cires végétales mandées. enfin les prix moyens que l’on
du camphre.
peut donner aux diverses époques de l’année.
6° M. G. H..., le très distingué ingénieur
8° M. H... qui se dispose à partir pour le
de la Compagnie française de télégraphie Dahomey, a demandé et obtenu les rensei­
sans fil et d’applications électriques, 21, place gnements qu’il désirait sur le climat et le
de la Madeleine, à Paris, a désiré connaître modç d’existence de cette colonie.
les colonies françaises s’occupant actuelle­
9° M. Magon, de Saigon, s’est offert à entrer
ment de l’installation de la télégraphie sans en relation avec une maison de Marseille
fil, sur leur territoire.
pour lui expédier de très importantes quan­
Plusieurs de nos établissements étudient tités de plumes de canards, poules, dindes,
la question et il est à désirer que cette mer­ pintades et de toutes espèces de gibier. Il
veilleuse invention trouve le plus rapidement expédierait les plumes soit sans être triées,
possible, son application dans nos colonies.
soit en trois qualités, grosses, moyennes et
Grâce aux immenses progrès réalisés dans petites.
ces derniers temps, il devient facile de faire
Il pourrait également expédier du poivre
communiquer entr’elles nos colonies des An­ en grain, du thé, des arachides, des peaux
tilles. De même des communications peu­ brutes de bœufs et de chevaux, du maïs, du
vent s’établir entre Madagascar, les Comores riz, des noix d’arec, des bambous de toutes
et La Réunion, enfin une entente interna­ grosseurs, des rotins, etc...
tionale permettrait, de mettre en relation les
divers archipels océaniens avec les îles qui
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
possèdent déjà des câbles ; en tous cas, la
Nouvelle-Calédonie, les Loyaltys et les Nou­
velles- Débrides pourraient d’ores et déjà être
M a d a g a s c a r . — C a f é du C o n g o .
réunies entre elles par la télégraphie sans fil,
P a ris, 17 février.
de même Tahiti, les Marquises, les PornoLe « Coffea Congensis » dont on p arle en ce
tous.
m om ent, a été in tro d u it à M adagascar p ar
Ces communications permettraient aux mes soins.
habitants de nos possessions Océaniennes, de
Les grain es m ’av aien t été envoyées p a r M.
ne plus rester éloignés du reste du monde et Dybowski. C’est donc au Ja rd in Colonial et à

�L’EXPANSION COLONIALE
la D irection de l’A griculture m algache que
l’on doit, l’introduction de ce caféier que les
pépinières de l’Ivoloïna d istrib u en t m a in te­
n a n t p a r rnilh’ers d’exem plaires. E n effet, en
1907, cette statio n n ’a p as livré m oins de 20.000
caféiers du Congo.
Les p rem iers spécim ens m is en place à la
statio n de l’Ivoloïna av aien t été p lan tés entre
deux c a rré s de cultu res m e su ra n t chacun 25 à
50 ares de superficie et consacrés à l’essai de
deux v ariétés de « coffea ara b ic a » orig in aires
de Jav a et de S u m atra. Ces deux petites p la n ­
tations ont été tellem ent ravagées p a r « l’Hem ileia v astatrix » qu’il a fallu les d étruire
alors que les quelques rangées de « coffea congensis » placées entre elles ont victorieusem ent
résisté à l'attaq u e du m al et n ’ont présenté a u ­
cune tache de cette redoutable m aladie. E tant
donnée l’im portance des deux foyers d'infec­
tion se tro u v a n t à proxim ité cette résistance
du « coffea congensis » à « l’hem ileia » était
déjà fort rem arquable ; m ais il est su rto u t in­
tére ssa n t de constater, qu’à l’heure actuelle
cette sorte de coffea se com porte to u jo u rs
aussi bien et que sa végétation ain si que sa
fructification s’effectuent dans les m eilleures
conditions.
La preuve de la résistance du « coeffo con­
gensis' » au m al de Ceylan preuve qui a pu
être faite grâce aux statio n s d’essais créées p a r
le général Galliéni. semble donc faite. Cela
m ontre bien que ces établissem ents peuvent
ren d re de très réels services et cpie nous n ’a ­
vons p as fait fausse route en m ettan t toutes
cos questions à l’étude à M adagascar, car vous
pensez bien que la station de l’Ivoloïna ne s’est
pas bornée à cette expérience. Elle a en trepris
de très nom breux a u tres essais qui, peu à peu.
se feront con n aître si on lui nerm et de v'vre
et si on la dirige^ d’une m anière intelligente
et active.
Peut-être enfin n ’est-il pas inutile, à cç p ro ­
pos. de rap p eler que la résistance du « coffea
congensis » à « l’hem ileia » a été signalée pour
la prem ière fois p a r moi.
A-t-on raiso n , à cause de cette résistance, de
m u ltip lier le « coffea congensis » à outrance et
de se liv rer à cette culture sans poursuivre
l’enquête commencée.' Certes il fau t étendre
les essais, m ais il fa u d ra it m ain te n a n t se pré
occuper sérieusem ent de la v aleur m arch an d e
du café du Congo. C’est ce mie je n ’a u ra is pas
m anqué de faire si j’étais resté à M adagascar
II ne fa u t p a s oublier, en effet, qu’il s’ag it ici.
d’un- café sauvage, d’une découverte toute r é ­
cente et à peine connu su r le m arché,
A cause de sa form e, le g ra in du « coffea
congensis » semble appeler à jo u ir d’une cer­
tain e faveur ; m ais il ne fa u t pas oublier qu’i1
n ’a pas, à beaucoup près, la même finesse et.
le même p arfum que le véritable « arab ica ». Il
fa u d ra it donc av an t de tron s’av en tu rer dans
la cu ltu re de cette plante, si rem arq u ab le sous
certain s rap p o rts, procéder à une m inutieuse
enquête com m erciale qui doit être aisée, m a in ­
ten an t que les p la n ts de l’Tvoloïna sont en
pleine production. Sans cette précaution, les
p la n te u rs et l’A dm inistration locale risq u ero n t
des déceptions dues à une étude négligée
après avoir été bien commencée à une époque
à laquelle on ne pouvait rien dire su r le
« coffea. congensis. »
Quoiqu’il en soit, si cette sorte de café donne

IS21

un jo u r des résu lta ts v raim en t satisfaisan ts à
M adagascar, c’est grâce au service agricole
créé p a r le général G alliéni et un peu à moi
qu’on le devra. Il fa u t bien le dire puisque
personne ne semble vouloir en convenir à
M adagascar.
E. P.
C o n s o m m a t io n d e v i n r o u g e à S t e - M a r i e

Année 1907 : 491 hectolitres 64 litres.
Année 1908 ; 195 hectolitres 71 litres.
Soit une dim inution très im portante en
m oins de 295 hectolitres 93 litres su r 1907.
La cause unique de cette situation est l’a p ­
plication du décret du 13 décembre 1902, p ro ­
mulgué à M adagascar le 1er février 1903, por­
ta n t règlem ent général de la vente des boissons
alcooliques ou spiritueuses dans la colonie do
M adagascar et dépendances et fixations des
licences applicables au commerce de ces bois­
sons.
Cette dim inution s’accentuera graduellem ent
si une modification n’intervient pas en excep­
ta n t les vins de cette réglem entation ci-dessus,
et en les com prenant form ellem ent sous la dé­
nom ination « boisson hygiénique ».

T o n k i n . — M i n e s de T u n g s tè n e .

Hanoï. 12 décembre 1908.
R apport de l'Ingénieur, en Chef des Mines
(en réponse à une demande de l'Institut du
G octobre 1.907J.
Des m inerais de cette n atu re existent dans la
région de Cao-Bang (massif m ontagneux du
Pia-Ouac). Ils constituent :
1° Des filons parfaitem en t caractérisés dont
le rem plissage est form é p a r du quartz dans
lequel est dissém iné du W olfram (tungstate
de fer et de M anganèse).'
2° Des alluvions m ixtes contenant cassitérite
(oxyde d’étain) et Wolfram.
Les gisem ents filoniens sont actuellem ent re ­
connus dans deux concessions :
1° Concession Saint-Alexandre (concédée en
1917 à la Société des M ines d’E tain de CaoBang. Siège social : 8 ru e Halévy, P aris).
2° Concession Camille (concédée en 1908 à la
Société précitée!.
Les gisem ents alluvionnaires ^nixtes ont été
reconnus dans la concession Beau-Site (concé­
dée en 1902. P ro p riété de la Société des Mines
d’E tain du H aut-Tonkin. Siège Social : 49, rue
du Faubourg-Poissonnière, P aris).
L a concèssion Saint-Alexandre de gîtes filo­
niens est en pleine voie de production.
L’exportation s’est élevée en 1907 à 57 tonnes
de m in erai p a ssa n t pour presque p u r (70 %
d’acide tungstique).
La production attein t actuellem ent 20 tonnes
environ p a r mois.
Le D irecteur de la Mine compte pouvoir la
p o rter assez prochainem ent à 500 tonnes par.
année.
La concession Camille est en voie de rech er;
che et de p rép aratio n .
La concession B eau-Site de gîtes alluvion­
n aires est exploitée depuis 1904. Depuis cette
époque la production a été la suivante :

*

�L’EXPANSION COLONIALE

322
Produit exporté
Anuée

Minerai
mixte

Scorie

Teneur
Acide
Tungstique

Étain
métallique

k.
k.
%
%
7.811
1904 ...
1905
11.600 33.375 20 à 28 7 à 12
1906 .... 19.300
15
45
1907 .... 30.200
15
45
Les gisem ents de T ungstène figurent dans ’a
statistiq u e de 1906 sous la qualification de gi­
sem ents de W olfram qui est, je le rappelle, le
nom du m inerai.
D ans la statistiq u e de 1907 la substance
exploitée a été indiquée comme T ungstène et
elle co n tin u era à l ’être sous ce nom dans
l’a v e n ir.'

L antenois .
S é n é g a l. — U tilis a tio n du M i l p o u r la P â t e
à p a p ie r .

(Suite)
Avec le procédé W alter R obert le ré su l­
ta t a été to u t autre. Le rendem ent des tiges de
m il p a r ce procédé est de 70 %. E t sans un
atom e de produits chim iques nous avons
obtenu aes p apiers de pliage b ru n s ou colorés,
ain si que du carton-cuir m ince de très bonne
qualité. B lanche, la pâte convient aux papiers
de ten tu res, d’affiches, de jo u rn a l et d’m pression.
Procès-verbal. — Le 17 novem bre 1908, les
sous-signés :
« M. Jules Chalm et, industriel, d em eu rant à
« P a ris . 14. ru e Dieu :
« M. René F ailliot. fa b ric a n t de papiers, de« m e u ra n t à P a ris, 145, ru e de la Chapelle ;
« M. Edm ond M essmer. in g én ieu r en pape&lt;( terie, d em eu ran t à P a ris, 12, ru e F ontaine ;
« M. L. Chérion, chim iste, d em eu ran t à Pa« ris, 14, ru e N élaton ;
« M. G. Serres, p ro p riétaire, ancien no taire,
« m aire de la S evalassière (Cantal), d em eurant
« à P a ris, 9, rue de F lan d req
« Ont, les 16 et 17 novem bre, assisté à l’usine
« de Golzem (Saxe), dirigée p a r M. R. Kron, au
« tra ite m e n t du sorgho proven an t du Sénégal,
« p o u r la fab ricatio n de la nâte p a r le procédé
« W alter Robert, qui ne com porte n i l’emploi
a ni l’adjonction de p ro d u its chim iques pour
a la désagrégation des fibres. Ils ont constaté
a que la tran sfo rm atio n du sorgho en pâte à
a p an ier s’o p érait exactem ent su iv an t les indi« cations fournies au brevet et que l’on obte» liait dudit sorgho avec u n rendem ent de
« soixante vonr cent une bonne pâté à p apier
a une fois bien lavée.
« D evant les soussignés la pâte a été tran s« formée en p ap iér de couleur n a tu re lle et
h teinté ain si qu’en font foi les échantillons
« joints au p résent procès-verbal. En outre le
« sorgho a été tra ité égalem ent avec l’eau salée
« à 4 % et le ré su lta t a été aussi favorable que
a celui indiqué ci-dessus.
«• Golzem, le 17 novem bre 1908.
» Ont signé :
« MM. C halm et, René F ailliot, M essmer, L.
» Chérion, Serres. »

Tout com m entaire ne p o u rra it qu’am oindrir
la portée de ce procès-verbal, rrui établit d’une
façon indiscutable la supériorité du procédé
W alter R obert su r tous les procédés en usage
dans les papeteries et qui perm et de tra n sfo r­
m er su r place aux colonies, et très économ ique­
m ent, les végétaux à croissance rapide, même
en em ployant l’eau de mer.
Nous pouvons donc dire que, dans ces condi­
tions, le problèm e de la tran sfo rm atio n sur
place des végétaux a p p a rte n a n t à la flore de
nos1colonies est résolu. M ais il nous reste à in ­
diquer com m ent nous l’avons résolu p ratiq u e­
ment.
Nous avons expliqué précédem m ent que le
mil rem plissait toutes les conditions pour être
employé comine m atière prem ière en papeterie.
Il a un au tre avantage très appréciable, c’est
q u ’il ne coûte rien.
P a r des concessions et p a r des tra ité s établis
a.vec les indigènes cu ltiv ateu rs sous la g aran tie
des chefs de canton et du gouvernem ent du
Sénégal, nous nous sommes assurés la posses­
sion annuelle pendant vingt années de toute la
récolte de tiges de m il su r une superficie de
p lu sieurs m illiers d’hectares, ta n t su r le fleuve
qu’à Rufisque et dans les environs. E n outre,
les indigènes se sont engagés à couper les tiges
de sorgho et à les p o rter à un endroit désigné,
m oyennant 1 franc la tonne.
Le rendem ent du sorgho, en poids, est de 30
tonnes à l’hectare en gros mil et de 15 tonnes
environ en petit mil. On voit p a r là qu’une
fabrique située au centre des cultures, en opé­
ra n t seulem ent su r m ille hectares (ce qui don­
n e ra it une distance m axim a Dour le tra n sp o rt
des tiges de 2 k. 500) p o u rra it produire an n u el­
lem ent la quantité énorm e de 20.000 tonnes de
pâte. Or, nous sommes loin, au m oins q u an t à
p résent,d’envisager une pareille production, et
nous avons p o u rta n t à n o tre disposition, en vue
de l’avenir, p lusieurs m illiers d’hectares situés
adm irablem ent.
A Rufisque, au centre d’une de nos conces­
sions, se trouve une rivière qui a de l’eau en
toute saison, le P a n ’tior, et dont le débit est
suffisant po u r alim enter la fabrique de pâte
que nous projetons de crée'’, dans les conditions
que nous allons expliquer.
Nous possédons donc la m atière prem ière en
quantité pour ainsi dire inépuisable et nous
avons le monopole (pour l’Afrique) du procédé
qui perm et de la tra ite r d’une façon p a rtic u ­
lièrem ent économique. Le p ro d u it nue nous ob­
tenons avec le sorgho transform é p a r le pro­
cédé W alter R obert est équivalent comme q u a ­
lité,au dire des experts,à la pâte de bois brune,
dite dem i-chim ique, avec laquelle on fabrique
le carton-cuir et les papiers de pliage exigeant
une certaine souplesse en même tem ps qu’une
assez g ran d e résistance. La nâte de sorgho se
colore même beaucoup mieux que la pâte demichim ique en raison de la résine et des bûchettes
nui se trouvent dans cette dernière ; elle est en
outre plus souple et m oins cassante, ce qui est
très im p o rtan t dans les papiers de pliage.
Notre intention est de fabriquer, p en d en t un
an au moins, exclusivem ent de la pâte b rrn e .
U ltérieurem ent nous tra ite ro n s une au tre
niante très abondante égalem ent au Sénégal et
qui se blanchit plus facilem ent (c’est-à-dire à
un prix inférieur) que le sorgho. L a pâte pour
les paniers de pliage ou d’em ballage et le c a r­
ton est d’une vente aussi im portante que la

�L’EXPANSION COLONIALE
pâte blanche. Rien que pour la fab ricatio n du
carton-cuir m ince du type dit « boîte à sucre»,
il s’en consomme an nuellem ent plus de 20.000
tonnes en F rance. L’emploi du carton dans ses
innom brables applications industrielles et celle
du p ap ier d’em ballage est olus considérable
encore que l’emploi des p ap iers blancs.
Chérion et Serres, 14, ru e N élaton, à P a ris.

Coups

C o lo n ia u x

Voici la liste des cours d’enseignement colo­
nial qui ont été professés à l’Institut colonial
pendant le mois de février 1909 :

L undi 1er février, à 3 h. 3/4 soir, M. M asson :
Le Tonkin. — A 5 heures soir. Dr J. de Coydemoy : Races cap rin es et leurs p roduits, le m o­
hair.
M ardi 2 février à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud :
Epidém ies de peste. — A 5 heures soir, M. M as­
son : L a découverte de l’Amérique.
M ercredi 3 février, à 3 h. 3/4 soir, M. Babled :
R eprésentation p arlem en taire des Colonies. —
A 5 heures soir, M. Jum elle : Le sang-dragon,
les accroïdes et le benjoin.
Jeudi 4 février (au p arc Borély), à 8 h. 1/2
m atin, M. Davin : A pplication des en g rais aux
cultu res coloniales.
Vendredi 5 février, à 5 heu res soir, M. L au ­
ren t : L’or (suite). '
Sam edi 6 février, à 3 h. 1/2 s., Dr R eynaud :
Hygiène du tra v a il aux colonies.
Lundi 8 février à 3 h. 3/4 soir, M. Masson :
Le Tonkin, population. — A 5 heures soir, Dr
J. de Cordemoy : Les soies, généralités.
M ardi 9 février, à 3 b. 1/2 soir, Dr R eynaud :
La peste, ses causes ; p ropagation et p ro p h y ­
laxie. — A 5 h eures soir, M. M asson : La colo­
n isatio n au xve siècle.
M ercredi 10 février, à 3 h. 3/4 soir, M. B a­
bled : R eprésentation p arlem en taire des colo­
nies (suite). — A 5 heu res soir, M. Jum elle :
Gomme-résine ; la laque.
Jeudi 11 février, à 8 h. 1/2 m atin M. Davin :
A pplication des en g rais aux cultures colonia­
les (suite).
Vendredi 12 février, à 5 heures soir, M.
L au ren t : L’or (fin) ; l’étain.
Sam edi 13 fév rier à 3 h. 1/2 soir. Dr R eynaud:
H ygiène du tra v a il dans les colonies (suite).
L undi 15 février, à 3 h. 3/4 soir, M. M asson :
L’ag ricu ltu re tonkinoise. —■A 5 heures soir, Dr
J. de Cordemoy : Les soies, les sericigènes.
M ardi 16 février à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud :
Epidém ies de paludism e. — A 5 heures soir,
M. M asson : Colonisation espagnole au xvi6
siècle.
M ercredi 17 février à 3 h. 3/4 soir, M. B a­
bled : Régime b udgétaire et fiscal des colonies
françaises. — A 5 h. soir, M. Jum elle : Le t r a ­
vail de la laque au Japon ; laques chinoises et
indo-chinoises.
Jeudi 18 février, à 8 b. 1/2 m atin, M. D avin :
C ultures coloniales.
V endredi 19 février, à 5 heures soir, M. L au ­
ren t : Les te rre s rares, leu r application à l’é­
clairage p a r l’incandescence ; géologie de l’Al­
gérie.
Sam edi 20 février, à 3 h. 1/2 soir, Dr

23

R eynaud : Hygiène du travail dftns les colonies
(fin).
Du 22 au 25 : Vacances.
V endredi 26 février, à 5 heures soir, M. L a u ­
ren t : Géologie de la Tunisie ; richesses m iné­
rales.
Sam edi 27 février à 3 h. 1/2 soir, Dr
R eynaud : A lim entation dans les pays chauds.

Plantations de Cocotiers à Madagascar
PROJET ET DEVIS

Parmi toutes les entreprises humaines, les
exploitations agricoles bien conduites, bien
assises sur des données indiscutables, sont
celles qui présentent le moins d’aléa. Si leur
rendement, leurs bénéfices, par conséquent,
ne sont pas immédiats, hâtifs, ils n’en sont
que plus certains.
C’est dans cet ordre d’idées que guidés
par notre expérience irarticulière de Mada­
gascar et des côtes de l’Océan Indien, nous
voulons exposer brièvement une affaire
agricole dans ces parages, affaire basée sur
l'établissement d’une cocoterie à Madagascar
et répondant bien à ce que nous disions plus
haut, c’est-à-dire, étant une entreprise colo­
niale agricole qui s’appuie sur des données
précises et sérieuses et qui offre, non pas des
bénéfices extraordinaires et quelquefois
trompeurs dès la première année, mais qui
donne plus-tard d’une façon certaine des ré­
sultats tangibles, des recettes sans aléas.
La culture du cocotier, ce roi des pal­
miers, fournit des produits de première né­
cessité dont notre industrie européenne aura
toujours besoin. Il n’y a pas à craindre une
mévente possible de ces nroduits, toujours
's matières grasses, les matières textiles et
autres produits dérivés du coc tier auront
des débouchés assurés.
Il n’y a-pas non plus à redouter la ques­
tion de la main-d’œuvre, qui vient si souvent
compliquer de nos jours les affaires agri­
coles et industrielles. Au bout de trois à cinq
ans, selon l’importance, la plantation étant
en cours d’achèvement, une surveillance et
un entretien qui ne demanderont que quel­
ques hommes suffiront, jusqu’au jour de la
récolte, qui, ayant lieu toute l’année, ne né­
cessite qu’un nombre restreint d’ouvriers
indigènes employés à des travaux qu’ils con­
naissent déjà et qui ne changent ni leurs
mœurs, ni leurs habitudes.
Ces avantages sont très grands et nous les
apprécions d’autant plus que, ayant vécu de
longues années au milieu des Malgaches,
sur les lieux mêmes où nous comptons éta­
blir les plantations, nous savons comment
il faut mener ces indigènes, ce que l’on peut
exiger d’eux dans certains cas, ce dont il
faut se contenter de leur demander dans

�324

L’EXPANSION COLONIALE

d’autres, si l’on veut obtenir de ces travail­ rêts à 5 % de ces sommes, chiffres à détermi­
leurs un maximum de rendement dans de ner par le Conseil d’Administration. Le ca­
pital total nécessaire peut être évalué à
bonnes conditions.
En nous basant, tant sur nos travaux 500.000 francs environ.
personnels concernant les terrains de- la
Recettes. — Dès la 6e année, les cocotiers
grande île, ses peuplades, ses cultures, et produiront, mais nous ne voulons compter
principalement celle du cocotier que nous qu'à partir de la T année ; en prenant
avons surtout étudiée, tant en tenant compte comme base un rendement très ordinaire de
également des travaux spéciaux de M. E. 20 noix par arbre à 150 grammes de coprah
Prudhomme. ingénieur agronome, directeur par noix, cela fait un total de 300.000 kilog.
de l’Agriculture à Madagascar, de M. P. de coprah pour la nlantation.
Hubert, de M. Davillé et ceux contenus dans
Les 100 kilos de coprah valaient à Marle Bulletin économique de l’Indo-Chine et .aille :
dans le Journal Officiel de Madagascar, an­
En 1903 ......... Fr. 34.50 à 37.50
née 1905, -e£c., etc., sur le coc lier, nous
» 1904 .........
38.50 à 40.75
avons établi un devis de recettes et de dé­
»" 1905 .........
36.00 à 43,00
penses pour une plantation type de 100.000
cocotiers à Madagascar.
Prenons un cours moyen de 300 francs la
tonne
prise à Madagascar ; nos 100.000 coco­
Dépenses. — D’après les coloniaux, offi­ tiers nous
rapporteront donc en coprah 300
ciels ou non, qui se sont occupés de la ques­
tion et d’après notre expérience personnelle, tonnes, desquelles il restera 285 tonnes mar­
à Marseille, par suite de la réfac­
il ne faut pas compter la journée de travail chandes
de-5 %, soit un produit de 85.500 francs.
des indigènes, comme on l’a fait souvent à tion
Goïr, un rendement moyen de 3 kgs.
1 franc mais bien à 1 fr. 50 pour s’éviter des parEnarbre,
nous donne encore 300 tonnes,
mécomptes. En résumé, nous avons en par­ qu’il
faut diviser d’après des expériences
tant de cette base une somme globale de concluantes
Brestle fiber » dont le
82.160 francs de frais de premier établisse­ prix varie de :15enà 20« livres
sterling la tonne ;
ment, se décomposant comme suit :
en « mattress fiber » de 4 à 8 livres sterling
Achat des terrains (1.000
la tonne,- en « Ballot fiber » de 2 à 4 livres la
hectares) .......................... Fr. 5.500,00 tonne, soit une moyenne de 250 francs la
Débroussailleraient et net­
tonne, nous aurons donc en coïr un rende­
toyage (22.000 journées!...
33.000,00 ment annuel de 75.000 francs. '
Arrosage ............... ,............
2.000,00
Il nous resterait à envisager des produits
Achat des graines ..............
30.000,00 secondaires qui ont leur importance, tels
Traçage, piquetage, trouaique alcool et vin de palme, les bois des noix,
son (3.440 journées) .........
5.160,00 déchets de coprah, de coïr. etc., etc., mais
Mise en place (1.000 jonrn.).
. 1.500,00 nous ne voulons-mous en tenir qu’au seul
rendement en matières grasses et fibres tex
Fr. 77.160,00 tiles, au chiffre respectable de : 160.500 fr.
Les recettes que nous venons d’établir
Il faut enfin ajouter, pour ne rien ou­
concernent des arbres jeunes-encore de 6, 7,
blier : 5.000 francs pour achat d’outillage
maison du Directeur, mobilier, etc., ce qui 8 ans d’âge ; mais, en réalité, à mesure que
nous donne le total général de : 82.160 francs le cocotier grandit, le nombre des frui’s
En résumé, nous aurons d’autre part, en qu’il rapporte augmente et à 9, 10 ans tout
dépenses annuelles, ou éventuelles ou cons­ au plus, ce n’est- plus 20 noix par arbre qu’il
faut compter, mais bien 50 et quelquefois
tantes :
davantage, de sorte que, si nous avons éta­
Frais d’administration, dé­
bli consciencieusement les recettes pour un
penses sociales ................
Mémoire
ogre rapport de 20 noix et s’il est juste de
Direction générale à Paris...
»
dire que la 6e, 7e et 8e année on aura envi­
Direction à Madagascar ......
»
ron 160.000 francs de rapport, il est non
Frais d’entretien :
moins exact de compter dans les environs de
Personnel indigèqe, ou­
la 10e année sur un rapport deux fois et de­
vriers 20 ........................... Fr. 10.800,00 mie supérieur au précédent, c’est-à-dire de
Personnel indigène, contre­
401.250 francs.
maîtres 2 ...........................
3.600,00
Il suffit de mettre le chiffre des dépenses,
Imprévu ...............................
2.000,00 en l’augmentant înêhie, à côté du chiffre des
Intérêts à 5 % de 82.150 ...
4.105,80 recettes pour être suffisamment édifié sur la
Intérêts à .5 % des sommes
solidité et la valeur de l’affaire que nous
mémoire ...........................
Mémoire présentons. Sans aucun doute, on va de suite
Bref, en comptant 6 années d’attente, nous objecter qu’il faut six ans pour attendre un
arrivons à un total général de 205.194 fr. 80, ■endement. Cette objection est sérieuse,
sommé qu’il faut augmenter des dépenses paais nous y ’ répond ns de la façon sui­
d’administration et de direction et des inté­ vante :

�L’EXPANSION COLONIALE
1° L’affaire prise dans son ensemble, indi­
que une entreprise agricole présentant si
peu d’aléas et offrant des bénéfices si rému­
nérateurs que cette objection de retard est
forcément amoindrie dans sa valeur ;
2° On pourrait parer dans une certaine
mesure à ce défaut de rendement immédiat
en annexant à la plantation de cocotiers,
base de l’affaire, après achèvement des plan­
tations, des travaux secondaires tels que par
exemple : Elevage d’animaux domestiques,
bœufs principalement, commerce local avec
les indigènes, achat de denrées coloniales,
caoutchouc, raphia, or, bois précieux, etc.,
etc., cultures intercalaires : mais l’examen
de ces différentes parties nous entraînerait
trop loin.
Nous avons voulu seulement montrer une
affaire coloniale de tout premier ordre, qui,
sans nécessiter immédiatement de gros-capi­
taux. assurera cependant à ceux qui l’entre­
prendront un bon placement d’abord et de
jolis bénéfices ensuite.
Dr Louis C a t a t ,
'Explorateur de Madagascar,
ancien Vice-Résident à Majunga, Membre de la So­
ciété de Géograpliie de
Marseille.

Le Régime douanier Colonial
Le Ministre des colonies vient de consti­
tuer une commission chargée de dégager les
conclusions des réponses que lui ont adres­
sées les colonies comme suite a l’enquête
qu’il avait prescrite le 28 janvier 1908 afin
de fixer les bases sur lesquelles devrait être
établi le régime douanier colonial le plus
propre à favoriser le développement écono­
mique de nos possessions.
Cette Commission examinera, en outre, ’a
répercussion éventuelle sur les colonies de
la proposition de loi soumise à la Chambre
des députés apportant diverses modifications
aux tarifs annexés à la loi du 11 janvier 1892.
Cette commission se compose de :
MM. Jagerschm idt, conseiller d’E tat, p ré si­
dent ; Vasselle, directeur des affaires p oliti­
ques et ad m in istrativ es du m inistère des colo­
nies et à son défaut M. Schm idt, sous-direc­
te u r ; Picquié, conseiller d’E tat, directeur du
contrôle au m inistère des colonies ; Coutard,
inspecteur des finances, d irecteu r de la com p­
tabilité au m inistère des colonies ; T irard . chef
de cabinet du m in istre des colonies ; M aljean,
a d m in istra te u r des douanes, au m inistère des
finances ; Chapsal, conseiller d’E tat, directeur
des affaires com m erciales et in d u strielles au
m inistère du commerce et à son défaut, M.
D rouets, chef de b u re a u au m in istère du com­
merce.
MM. V assilière, directeur de l’A griculture,
au m in istère de l’ag ricu ltu re ; Roume, Gouver­
n eu r G énéral h o n o raire des colonies ; Michel

325

T ardit, m aître des requêtes au Conseil d’E ta t ;
Rouïïselier, au d iteu r au Conseil d’E ta t; W e­
ber, sous-chef de bureau, au m inistère des co­
lonies, m em bres ; Michel, réd acteu r au m inis­
tère des colonies, secrétaire ; Cachelot, R édac­
teu r au m inistère des colonies, secrétaireadjoint.

La « Renaissance Economique » a publié
récemment sous la signature "de M. J. Harmand, ambassadeur de France, une étude
sur le régime douanier des colonies qui, outre
l'intérêt qu'elle emprunte à la personnalité
cle son auteur, a le mérite de venir très oppor­
tunément, à l’heure où le régime commercial
cle nos possessions d’outre-mer est remis en
question. On sait que les Chambres de Com­
merce des Colonies ont été récemment appe­
lées à donner leur avis sur le régime actuel
et sur les modifications qu’il conviendrait d’y
apporter. Les résultats de cette consultation
vont être soumis à l’examen dé la commis­
sion spéciale instituée par le ministre des
Colonies. L’étude de M. J. Harmand se re­
commande à l’attention de cette commis­
sion. Elle y trouvera réunies, dans un rac­
courci d’une rare vigueur, toutes les raisons
qui militent en faveur de l'autonomie doua­
nière coloniale.
M. J. Harmand conclut en réclamant pour
nos colonies non pas même le libre-échange
intégral, impossible à réaliser dans l’état
présent du monde, mais une personnalité
d uanière telle qu’aucune taxe ne puisse être
projetée décidée et appliquée par la métro­
pole dans nos possessions sans le consente­
ment librement et sincèrement débattu du
gouvernement local, après consultation de
ses conseils et des compétences qui l’entou­
rent.
Le régime commercial des colonies inté­
resse non seulement l’efficacité de la mission
qui leur incombe en tant que soutiens de
l’influence française, mais ausjsi — et très
directement — l’existence même de la domi­
nation de la métropole.Dominer uniquement
par la force et par la contrainte des popula­
tions indigènes qui s’accroissent chaque jour
en nombre et qui.à notre contact,prennent de
plus en plus conscience d’elles-mêmes, est
une conception qui, quand bien même elle
ne serait pas en contradiction flagrante avec
nos sentiments et nos devoirs d’humanité,
est devenue pratiquement inapplicable.
Notre armée continentale tout entière n’y
suffirait pas. Notre domination n’a donc
chances de se maintenir et de durer qu’à la
condition de se faire accepter, c’est-à-dire
d’être aussi peu lourde et aussi bienveillante
que possible à nos protégés et à nos sujets,
« de faire à ceux-ci, un sort meilleur, de di-,
minuer leurs maux, leurs misères, les injus­
tices dont ils souffrent et d’augmenter leur
bien-être. Si, dans la balance .longtemps
instable des maux et des biens, le plateau des

�326

L’EXPANSION COLONIALE

maux vient à l’emporter sur les biens » c’est
la désaffection, le mécontentement, la ran­
cune inexpdable et, vienne une occasion favo­
rable, la révolte. Or, tout cela est en germe
dans le régime protectionniste, qui est un
régime d'exploitation, aboutissant à une fis­
calité excessive qui, elle-même, se traduit
pour les indigènes par l’aggravation de leurs
misères et nous donne vis-à-vis d’eux figure
de maîtres sans pitié, dont l’égoïsme est la
seule règle et l’unique mobile.
Ce sont là des conséquences dont il n’est
pas permis à des hommes d’Etat de se désin­
téresser quand ils ont a fixer le régime com­
mercial des colonies. M. J. Harmand expri­
me le désir qu’à l’avenir on les fasse entrer
en ligne de compte un peu plus qu’on ne l’a
fait jusqu’ici.

La Première Journée Maritime
Ainsi qu’il ressort des délibérations du
Conseil d’administration, l’Institut Colonial
Marseillais organise pour le samedi 6 mars
sa première journée maritime.
Le programme en a été arrêté comme suit :
A 2 heures réunion à l’Institut Colonial et
visite de l’Institut et des institutions con­
nexes ; à 3 heures, départ du pavillon de la
Société Nautique pour la visite des Ports et
Docks. Visite d’un grand paquebot. Tra­
versée des différents bassins et promenade à
l’Estaque, pointe de la Lave (Canal du
Rhône). Le prix de l’inscription a été fixé à
1 franc. Les dames sont admises. On peut
s’inscrire au Musée Commercial, rez-dechaussée de l’Institut Colonial Marseillais.
Nul doute que nombre de nos concitoyens
ne profitent de cette occasion exceptionnelle
de se familiariser avec l’organisation et l’ou­
tillage de nos ports que beaucoup ne con­
naissent encore que très imparfaitement.

CHRONIQUE
L e c h e m in de f e r de l’O u e n z a .

A l’heure où nous écrivons ces lignes, M.
Jonnart est en route pour Paris où il va dé­
fendre devant le Parlement le projet de che­
min de fer de l’Ouenza.
Ce projet est certainement un de ceux qui
intéresse au plus haut degré l’avenir et la
prospérité minière de l’Algérie. Le DjebelOuenza, en effet, est une montagne de mi­
nerai de fer située dans la province de Constantine à 30 kilomètres environ de la fron­
tière tunisienne, distante environ de 200
kilomètres du port de Bône et de 260 kilo­
mètres de celui de Bizerte. Le gouvernement
a concédé cette région minière à un consor­
tium international en échange de redevances

importantes et de la construction d’un che­
min de fer d’intérêt général reliant le Djebel-Ouenza au port de Bône.
Or, on assure que quelques députés
ont l’intention de s’opposer au vote du pro­
jet et d’émettre à ce sujet de violentes criti­
ques. Ils trouveront à qui parler, c’est cer­
tain, M. Jonnart n’étant pas homme à laisser
sacrifier les intérêts les plus immédiats de
l’Algérie à des attaques où la passion et le
parti pris ont malheureusement plus de
place que la saine notion des besoins de
notre grande colonie.
— Kl —
L ’A f r i q u e O c c id e n ta le en 1 9 0 8 .

Nous indiquions dans un de nos précédents
numéros les progrès économiques réalisés
dans certaines de nos grandes colonies en
cette dernière période. Aujourd’hui, un rap­
port de M. Merlaud-Ponty nous fixe sur la
prospérité croissante de l’Afrique Occiden­
tale en 1908.
La production augmente. Le commerce a
pu résister aux effets désastreux de la dé­
pression qui a sévi sur le monde entier ; s’il
ne s’est pas accru, du moins n’a-t-il pas flé­
chi : les trois premiers trimestres de 1908
accusent, comme les trois premiers de 1907,
un chiffre de 129 millions, avec des progrès
égaux à l’exportation et à l’importation.
Autre promesse de prospérité prochaine :
la pénétration vers l’intérieur des diverses
voies ferrées.
Naturellement les finances se ressentent
de ces conditions satisfaisantes : les recettes
nettes qui, en 1906, étaient de 38 millions de
francs, se sont élevées, en 1907, à plus de 42
millions ; et les caisses de réserves qui, au
30 juin 1907, renfermaient déjà 10.700.000
francs sont riches, au 30 juin 1908, de
12.300.000 francs. Le budget général de 1907
a constaté un excédent de 1.300.000 francs et
les budgets locaux sont ou bien en équilibre,
comme celui de la Côte d’ivoire ou du Daho­
mey, ou bien en excédent, comme celui de
Guinée ou des pays de protectorat.
La continuité des vues et méthodes de M.
Roume, suivie par le nouveau gouverneur
général, doit compter pour belucoup dans
ce bilan favorable.
—Kl—
U n M o n u m e n t à H a n o ï.

On a inauguré tout dernièrement à Hanoï
un monument à la France dû au ciseau répu­
té du sculpteur Théodpre Rivière. Ce monu-,
ment quelque peu massif d’après les photo­
graphies que nous avons sous les yeux, re­
présente des femmes des provinces indo-chi­
noises, une Laotienne, une Cambodgienne et
une Cochinchinoise venant apporter leurs
hommages à la E'rance. Celle-ci est figurée
sous l’aspect d’une petite femme élégante et
mièvre, vêtue à l’avant-dernière mode dont

�327

L’EXPANSION COLONIALE
la silhouette rappelle assez celle d’un manne­
quin de grand couturier. Et sa taille svelte
et menue contraste davantage encore avec
deux énormes et informes congaï, allégories
du fleuve Rouge et du Mékong dont la facture
rappelle les plus imprécises fantaisies de
Rodin.
Des particularités curieuses ont marqué la
construction du soubassement. On a dû for­
mer un bloc de briques et de -mortier de
chaux sur lequel les ouvriers indigènes diri­
gés par M. Lacollong-e — un ancien archi­
tecte de l’Exposition de Marseille — ont serti
les briquettes de grès, assemblant ainsi près
de trois milles pièces avec des outils micros­
copiques.
Mais tout ceci n’est que détail. L’idée de
ce monument est excellente et son inaugu­
ration a donné lieu à une imposante cérémo­
nie.
WI. de

P e lle rin

—KI­
de la T o u c h e

à

l'Office

C o lo n ia l.

Le public d’élite qui se presse aux confé­
rences organisées à l’Office colonial à Paris
a eu, ces jours derniers, l’agréable occa­
sion d’entendre M. de Pellerin de la Touche
qui a parlé des Antilles françaises. Nul choix
ne pouvait être plus heureux, M. Pellerin de
la Touche a dernièrement visité en détail ces
vieilles colonies dont il est originaire et il a
eu le plaisir, en sa qualité d’administrateur
de la Compagnie Générale Transatlantique,
de contribuer à améliorer leurs rapports avec
la métropole. Il a décrit les beautés de ces
îles si pittoresques, si attirantes ; il a détaillé
leurs richesses naturelles et réussi à faire
partager par son auditoire toute l’admiration
qu’il professe, à bon droit, pour ces pays
charmeurs, si étroitement unis à la mèrepatrie, et aussi si douloureusement éprouvés.
Le public a chaleureusement marqué à M. de
Pelleyin de la Touche tout l’intérêt qu’il avait
eu à l’entendre et M. Marcel Saint-Germain,
au nom de l’Office colonial, a félicité le dis­
tingué conférencier d’avoir apporté sur nos
colonies des Antilles une étude si complète
et de l’avoir si brillamment exposée.
—E l—

Les

c o lo n s de d e m a in à S a i n t - M i c h e l de
F r ig o le t .

Un partisan ardent autant que convaincu
de l’Expansion française donne non loin de
nous — beaucoup de Marseillais l’ignorent
— un concours particulièrement intéressant
à l’œuvre de colonisation. M. l’abbé Cros,
c’est son nom, a créé à Saint-Michel de Fri­
golet — la fameuse et ancienne abbaye de la
Montagnette provençale — une société de
patronage des orphelins colonisateurs qui a
reçu déjà de hauts témoignages de sollici­
tude. Le président d’honneur du Comité de

patronage de l’œuvre est M. Etienne,vice-pré­
sident de la Chambre ; le Président M. le sé­
nateur Saint-Germain. De nombreuses nota­
bilités coloniales en font partie. Arracher les
enfants voués par le malheur aux pires dé­
chéances, utiliser ces forces de l’avenir en les
dirigeant vers la colonisation, tel est le but
patriotique qui a tenté la bonne volonté de
l’abbé Gros. Nous reviendrons quelques
jours avec plus de détails, sur les orphelins
colonisateurs de Saint-Michel de Frigolet.
Cela en vaut la peine.
— El—

L ’a lp i n i s m e en A lg é r ie .

Tartarin s’était contenté d’aller chasser le
lion en Algérie. Mais il avait réservé pour la
Jungfrau toutes ses ardeurs d’alpiniste. Le
cher homme serait bien surpris, s’il revenait
chez les leurs de l’Atlas,d’y trouver une sec­
tion fort bien organisée du C. A. F. et d’ap­
prendre que les plus hauts sommets de ce
massif par lui si redouté ont été gravi par les
alpinistes algériens, avec autant de facilité
que s’il s’agissait des Sept-Laus, du lac d’Allos ou de la Mer de Glace.Nous relevons dans
une brochure de la section de l’Atlas les
ascensions faites par les membres de ce grou­
pe dans le Djurjura. Ces ascensions ont eu
pour objectif les montagnes les plus élevées
de ce massif et des pics de 2 à 2.300 mètres.
De ces points culminants les alpinistes algé­
riens ont soigneusement relevé tout le relief
de la chaîne et établi une documentation
topographique et touristique très apprécia­
ble.
—ei—
S i n g u l i e r in c id e n t d ip lo m a t iq u e .

Une correspondance particulière adressée
d’Abyssinie à la « Presse Coloniale » relate
un curieux incident. On sait que la police
abyssine est assez rudimentaire. Les gens
auxquels on a volé quelque objet s’en re­
mettent au soin d’une confrérie spéciale dite
« lie-bachai » du soin de découvrir leurs vo­
leurs. Le chef de la corporation prend un
enfant, lui fait absorber un breuvage spé­
cial et lui commande, tel Donato ou Pickmann d’aller vers l’endroit où se trouve l’au­
teur du larcin. Il paraît que cela réussit
quelquefois.
On conçoit cependant que cette procédure
expéditive laisse fort à désirer au regard de
la justice. L’enfant est guidé par le chef de
la confrérie, qui touche des émoluments
proportionnés à l’importance du vol.
Or, il est arrivé tout récemment que l’un
de ces chercheurs de voleurs fit irruption
sur le terrain d’une légation européenne et
que la foule qui le suivait brisa la clôture.
Le chef du « liebachai » prétendit même
faire arrêter un interprète. Il en est résulté
une protestation du corps diplomatique, à

�328

L’EXPANSION COLONIALE

laquelle, bien entendu, notre ministre, M.
Brice s’est associé. L’affaire est piquante.
—Kl—
T o u t a rriv e .

Qui aurait dit, alors que nous poursuivions
par les armes la conquête de l'Indo-Chine
que nous serions un jour obligés de rappeler
les Annamites au respect de leur roi. Des rap­
ports les moins suspects, il résulte en effet
que les derniers évènements et le trouble
dans les esprits qu’ils dénotent viennent de
ce que les indigènes se sont déshabitués de
toute vénération et de toute obéissance envers
léur Pmi. Notre influence a été atteinte dans
la mesure même où l’était le prestige royal.
C’est de là que date également l’opposition
plus ou moins ouverte, la résistance plus ou
moins sourde rencontrées par les mandarins
en qui leurs administrés ne voyaient plus que
les mandataires d’un pouvoir discrédité. On
réagit maintenant contre cet état d’esprit et
M. Koblukowski aurait, assure-t-on, déclaré
que ce sont là des ruines qu’il nous importe
de réparer à tout prix. Et pour cela faire,
il ne manquera aucune occasion d’affirmer
l’union étroite et l’entière communauté de
vues qui régnent aujourd’hui entre le/gou­
vernement royal d’Annam et l’autorité fran­
çaise, toutes réformes proposées devant être
considérées comme le résultat de leur entente
et de leur collaboration.
—[S—
!

D u V a u d e v i ll e au D r a m e .

La rentrée sur le théâtre de la ComédieParlementaire du député noir de la Guade­
loupe nous a valu ce mois-ci une amusante
reprise d’un vieux vaudeville. L’affiche, par­
don,l’ordre du jour,portait ce jour-là : Légitimus embêté, par Gérault-Richard, et l’éton­
nement n’a pas été mince lorsqu’on eutcorïstaté que c’était peut-être tout le contraire
et que M. Gérault-Richard eût été mieux ins­
piré en se confinant dans les questions con­
cernant l’Opéra qui le préoccupent si grave­
ment... sans doute parce qu’il est député des
Antilles. A moins cependant que les intérêts
de la Guadeloupe soient sérieusement enga­
gés dans la crise artistique et financière qui
sévit sur notre première scène lyrique...
Mais à défaut d’une lutte à mains plates à
la Tribune, M. Légitimus jusqu’ici député in
parti bus de la Guadeloupe et son collègue ont
échangé maintes « interviews » aigres-dou­
ces, le premier ne se contentant pas de se
défendre, mais attaquant à fond son ancien
ami et les amis de cet ami... Or, et voici où
cela devient intéressant, M. Légitimus, en
cours de ces plaidoyers pro domo, a été ame­
né à révéler des incidents et des faits qui nous
édifient sur les procédés singuliers de la ma­
gistrature coloniale... La politique règne
dans les prétoires et dans les parquçts en sou­
veraine maîtresse et les irrégularités dévoi­

lées par Légitimus, à bout de patience, vont
amener à Paris, aux fins d’explication, tous
les fonctionnaires de l’ordre judiciaire dont
le despotisme et les intrigues ont fini, paraîtil, par lasser ndn seulement ce malheureux
Légitimus, mais les Français des Antilles
auxquels n’est plus garanti depuis belle lu­
rette le minimum de justice et de liberté aux­
quels ils ont droit...
On s’attend à des surprises... si la Commis­
sion d’enquête instituée se montre sérieuse­
ment résolue à instruire le procès de la ma­
gistrature coloniale et aussi celui de la repré­
sentation coloniale.
Les dernières nouvelles de la Guadeloupe
montrent nos colons comme très surexcités
et l’incident Légitimus, plutôt amusant au
début, peut avoir là-bas, la patience humaine
ayant des limites, les plus sérieuses consé­
quences.!. Ce ne serait pas le moment pour
M.Gérault-Richard,que passionnent les ques­
tions théâtrales, d’engager un imprésario à
aller chez ses électeurs avec une tournée de
la Robe rouge.
—

Kl—

U n lapsus te n a c e .

A propos des dernières exécutions capita­
les, on a beaucoup parlé de la déportation et
des travaux forcés. Maints journaux et non
des moins importants n’ont pas hésité, en
pariant des Camajore et autres bénéficiaires
de la clémence présidentielle, à déclarer
qu’ils allaient être, par un prochain envoi,
dirigés sur : « La Nouvelle ».
Certes que celui de nous qui n’a jamais
fauté jette à ces confrères la première pierre,
mais nous ne pouvons nous empêcher de
rappeler que la suppression de la transpor­
tation dans notre colonie du Pacifique est un
fait acquis.
C’est en novembre 1894 que M. Delcassé,
ministre des colonies, déclara, aux applau­
dissements de la Chambre : « On n’enverra
plus de condamnés en Nouvelle-Calédonie :
c’est décidé ! » Le dernier convoi est arrivé à
Nouméa en février 1897 ; depuis_ cette date,
tous les criminels chassés de France sont di­
rigés .sur la Guyane. La liquidation du bagne
calédonien est très avancée ; les derniers
effectifs sont concentrés à l’île Nou. Le der­
nier courrier nous apportait la nouvelle de
l’évacuation de Bourail, le grand fief péni­
tentiaire. Le 16 novembre dernier encore,
M. Milliès-Lacroix, faisant écho, à quatorze
ans d’intervalle, à M. Delcassé, répétait à la
Chambre qu’on n’envoyait plus de forçats à
la Nouvelle-Calédonie.
« La Nouvelle » est donc un terme à rayer
du vocabulaire en usage dans le monde spé­
cial que vous savez... R lui aura bientôt trou­
vé un synonyme et la Guyane n’en sera pas
plus itère pour cela.
— Kl —

�329

L’EXPANSION COLONIALE
C e d a n t a r m a togæ .

M. Milliès-Lacroix vient d’ouvrir un dé­
bouché assez inattendu aux jeunes gens qui.
se destinant au barreau, ne voient pas assez
vite à leur gré poindre une clientèle. Le mi­
nistre préoccupé de réorganiser la police de
l’Inde française a décidé que, seuls, les licen­
ciés en droit pourraient concourir aux fonc­
tions d’inspecteurs de police. Les sous-ins­
pecteurs devront être au moins bacheliers.
N’oublions pas qu’ils ont à commander des
agents indigènes, des cipayes. Envions le sort
des habitants de Pondichéry. Quelle que soit
l’effervescence et les tragi-comédies aux­
quelles donnent lieu là-bas les manifes­
tations électorales — même après le décès
de Ghanemougan,—ils ne risquent pas d’être
passés à tabac. M. le ministre exige de ises
policiers trop d'humanité pour cela et il n’est
pas douteux que l’éloquence de MM. les Ins­
pecteurs produira sur leurs administrés plus
d’effet que les bourrades des brigades cen­
trales.
A. G.

ACTES
COLONIAUX OFFICIELS
t__ *_________ __________________
M é tr o p o le
Gouverneurs. — P a r décrets présidentiels du
9 février 1909, -d. Gourbeil (Jules), gouverneur
de 2° classe des colonies, lieutenant-gouver­
n e u r du Sénégal, a été nom m é lieutenantgouverneur Se la Cochinchine. en rem place­
m ent de M. B onlioure. décédé.
M. O utrey (Ernest), inspecteu r des services
civils de l’Indo-Chine, a été désigné p our rem ­
plir, p a r intérim , les fonctions de lieutenantgouverneur de la Cochinchine p e n d a n t la du­
rée de l’absence du titu la ire .
M. Peuvergne (Jean), gouverneur de 3e classe
des colonies, a été nom m é lieutenant-gouver­
n e u r du Sénégal, en rem placem ent de M. G our­
beil, nom m é lieu tenant-gouverneur de la Cochiuchine. *
31. M alan (Henri), gouverneur de 3e classe
des colonies, h ors cadres, secrétaire général
du gouvernem ent général de l’Afrique Occiden­
tale française, a été réin tég ré dans les cadres
et nom m é lieutenant-gouvereneur du Dahomey,
en rem placem ent de M. Peuvergne, nom mé
lieuten an t-g o u v ern eu r du Sénégal.
Afrique Occidentale. — Un décret du 3 fé­
v rier auto rise le gouvernem ent général de
l’Afrique Occidentale fran çaise à réaliser p a r
voie- d’em p ru n t une nouvelle somme de 30 m il­
lions qui. ajoutée a celle de 40 m illions, porte
ë. 70 m illions le m on tan t des sommes réalisées
su r l’em p ru n t de 100 m illions, p o u r les trav au x
publics, prévu p a r la loi du 22 ja n v ie r 1907.
Sénégal. — Un décret du 19 ja n v ie r autorise
l’ouverture des tra v a u x d’am élioration de l’é­
clairag e des abords du p o rt de D akar. — Un
décret du 29 jan v ier auto rise l’o uverture des
tra v a u x de construction d’un troisièm e w h arf
à Rufisque.

Côte-d'Ivoire. — Un décret du 10 février fixe
à 60.000 kilogram m es la q u an tité de café origi­
naire de la Côte-d’Ivoire qui p o u rra être a d ­
mise en France, pendant l’année 1909, dans les
conditons prévues p a r les décrets des 30 ju in
1392 et 25 août 1900.
Dahomey. — Un décert du 10 février fixe à
10.000 kilogram m es la quantité de cacao en
fèves- et en pellicules o rig in aire du Dahomey,
qui p o u rra être adm ise en F rance p en d an t l’a n ­
née 1909 dans les conditions prévues au décret
du 17 août 1907.
Congo. — Un décret du 10 février fixe comme
suit les q u antités de café et de cacao en-fèves
o riginaires du Congo fran çais (bassin conven­
tionnel) qui p o u rro n t être adm ises en F rance
p endant l’année 1909, dans les conditions p ré­
vues p a r les décrets des 22 av ril 1899 et 25
août 1900 : Café, 50.000 kilogram m es ; cacao,
25.000 kilogr.
Côtes des Somalis. — Un a rrêté m inistériel
du 15 jan v ier institue une régie provisoire pour
assu re r l’exploitation du chem in de fer de D ji­
bouti à Diré-Daoua.
Inclo-Chinc. - Un décret du 23 décembre
1908 rap p o rte le décret du 24 septem bre 1897,
ren d an t applicables en Indo-Chine les lois des
15 juillet 1845 et du 26 m ars 1897 su r la police
des chem ins de fer ; et décide que la loi du 15
juillet 1845 est rendue applicable à l’Indo-Chine
à l’exception de l’article 4, qui est rem placé
p a r des dispositions spéciales.
Nouvelle-Calédonie. — Un décret du 18 fé­
vrier autorise la Colonie à em p ru n ter une
somme de 3.400.000 francs, avec l’emploi su i­
vant :
Règlem ent des restes à p ay er du service lo­
cal jusques et y com pris ceux de l’exercice
1907 ; raccordem ent du prem ier tronçon du
chem in de fer de N oum éa à B ourail avec le
quai de N oum éa ; in stallatio n s com plém en­
taires dans la gare de Noum éa ; construction
du chem in de fer de N oum éa à B ourail entre
l’entrée de la station de la D um béa et la
sortie de la station de P a ïta ; ach at de m até­
riel com plém entaire pour l’exploitation du
chem in de for.

C o lo n ie s
Algérie. —&gt;'A rrêté du gouverneur g én éral du
11 jan v ier 1909, créan t un emploi d’inspecteur
technique des pêches m aritim es.
Tunisie. — Décret beylical du 28 décembre
1908 p o rtan t ouverture à la D irection de l’A gri­
culture d’un crédit de 400.000 fran cs po u r sol­
der les dépenses occasionnées p a r la lutte con­
tre les sauterelles. — A rrêté du 4 jan v ier au to ­
risan t la pêche dans une p a rtie de l’avant-port
de Bizerte.
Sénégal. — A rrêté du gouverneur général
du 23 décembre étendant aux p ay s de protec­
to ra t de la colonie du Sénégal les dispositions
dé l’arrêté du 28 septem bre 1906 qui porte régle­
m entation des p atentes de colportage dan s les
colonies de la Guinée, de la Côte d’ivoire, du
Dahomey, du H aut-Sénégal et N iger. — A rrêté

�330

L’EXPANSION COLONIALE

du 31 décembre o rd o n n an t la rem ise provisoire
à la colonie du Sénégal de l’exploitation du
p o rt de commerce de D akar.
Congo. — A rrêté du gouverneur général ac­
co rd an t à M. de Lam othe, gouvern eu r des co­
lonies en retraite, une concession de te rra in de
10.000 hectares au Gabon. — A rrêté du 24 dé­
cem bre acco rd an t à la Société française pour
l’in d u strie et les m ines, un perm is d’explora­
tion m inière su r 10.000 hectares au Gabon. —
A rrêté du 31 décem bre fixant à 0 fr. 40 p a r
kilogram m e la taxe de récolte à percevoir sur
le caoutchouc p ro v en an t des territo ires dom a­
n iau x non concédés de l’ensemble des posses­
sions du Congo français.
Indo-Chine. — A rrêté du gouverneur gé­
n é ra l du 7 ja n v ie r m odifiant les a rrê té s du 20
décem bre 1902 et du 30 octobre 1906, relatifs
au régim e des alcools en Indo-Chine.
Madagascar. — A rrêté du 23 jan v ier, p o r­
ta n t que le droit de sortie fixé p a r le décret du
21 a o û t 1907 su r le caoutchouc récolté à M ada­
g a sc a r co n tin u era d’être appliqué en 1909.
A rrêté du 25 jan v ier, p o rta n t o rg an isation
du service de la construction du chem in de fer
en ce qui concerne le prolongem ent Brickaville-Tam atave.
J. L.

LES INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉ0 3RAPHIE
L a « Société de G éographie » et d’Etudes co­
loniales de M arseille a ten u le 5 février, à 7
h eures du soir, d ans sa g ran d e salle de la rue
N oailles, u n e in téressan te séance générale,
sous la présidence de M. le professeur Dr E.
Heckel, assisté de MM. P a u l M asson, p rési­
dent de la section coloniale.et Jacques Léotard,
secrétaire général de la Société. P a rm i les p e r­
sonnalités présentes, on re m a rq u a it M. H ubert
G irau d consul du Chili à M arseille.
Une in stru ctiv e conférence a été faite, avec
p rojections lum ineuses, p a r M. J. Repelin, doc­
te u r ès sciences n atu relles chargé d’un cours
de géographie physique à la F acu lté des
Sciences, su r les » Trem blem ents de te rre en
Italie. » Le sav an t géologue a exposé les con­
ditions de form ation de la péninsule, avec une
carte géologique dé l’Ita lie à l’appui, et a cons­
ta té l’instabilité de cette région m é d ite rra n é­
enne. Il a rappelé les catastro p h es précéden­
tes et résum é les in fo rm atio n s scientifiques sur
celle du 28 décem bre d ern ier a u to u r du détroit
de Messine. M. Repelin a ém is en te rm in a n t le
vœu qu’un sism ographe soit in stallé à M ar­
seille p o u r y perm ettre l’étude des m ouvem ents
de l’écorce te rre stre d ans le Sud de la F rance.
Une a u tre conférence fo rt a ttra y a n te a été
faite ensuite p a r M. F. L astarria-C avero, agent
du gouvernem ent chilien, su r le « Chili ac­
tuel ». Le distingué o rateu r a m o n tré la divi­
sion du te rrito ire de cette grande R épublique
sud-am éricaine en tro is régions : p asto rale au
Sud. agricole au Centre et m inière au Nord. Il
a décrit avec éloquence le p ays, ses h a b ita n ts
et ses ressources, a constaté ses p rogrès re m a r­
quables et son u n io n intellectuelle avec la

France. M. L astarria-C avero a complété son
exposé p a r d’intéressantes projections lum i­
neuses, et une jolie plaquette illustrée s u r le
Chili a été distribuée aux nom breux assistants.
Les deux conférenciers ont obtenu un succès
m érité et ont été app lau d is vivement.
— La « Société de G éographie » a tenu le 20
février, à 9 heures du soir, rue Noailles, sous 'a
présidence de M. le Dr Heckel une a u tre séance
générale, à laquelle a ssistait un nom breux a u ­
ditoire d’élite, pour la conférence annuelle des
secrétaires de la Société, M il. Jacques Léotard,
R aym ond leisseire, Élippolyte B ardon et
Joseph F o u rn ie r su r les E vénem ents géogra­
phiques et coloniaux de 1908.
Cet exposé des actu alités de l’année écoulée,
qui obtient to u jo u rs un vif succès, a été p ré­
senté de façon a ttra y a n te et docum entée, suc­
cessivem ent p a r M. Jacques Léotard, réd acteu r
au Sém aphore,pour l'Europe (in au g u ratio n des
chem ins de fer tran sp y rén éen s, trem blem ent
de terre de Sicile et de Calabre, avènem ent du
régim e constitutionnel en Turquie, pro clam a­
tion de l’indépendance de la B ulgarie et de
l’annexion de la Bosnie-Herzégovine à l’Autriche-Hongrie. expédition arctique française du
Jacques-Cartier, élévation à deux m illiard s de
francs du commerce extérieur de l’em pire colo­
nial français) ; p a r M. R . Teisseire, avoué,
pour F Afrique (occupation française de la
Chaouïa et changem ent de Sultan au Maroc,
mission Tilho pour l’abordem ent de la fro n ­
tière franco-anglaise du N iger au Tchad, con­
vention de délim itation entre le Congo fra n ­
çais et le C am eroun allem and, annexion à la
Belgique de l’E tat indépendant du Congo, con­
ventions de délim itation de l’Ethiopie avec
l’A ngleterre et l’Italie) ; p a r M. H. B ardon,
assu reu r, pour l’Asie (crise indo-chinoise et no­
m ination de M. Klobukowski comme gouver­
neur général, tra ité nippo-am éricain, explora­
tions de MM. d’Ollone et P elliot et du docteur
Sven-Hedm dans l’Asie centrale) ; p a r M. J.
F ournier, archiviste hon o raire du départem ent
po u r F Amérique (.tour du m onde de la flotte des
Etats-U nis, achèvem ent du tronçon nord du
chem in de fer pan am éricain , exploration
M ylius E richsen au Groenland).
De g ran d es cartes m u rales augm entaient
l’in térêt de cette instructive conférence de v u l­
g arisatio n , a in s; que de nom breuses projec­
tions lum ineuses de photographies, com m en­
tées avec hum our p a r le secrétaire général, M.
L éotard. Les q u atre distingués o rateu rs ont été
chaleureusem ent applaudis.

Avis d’Adjudication
Le 16 m ars, il sera procédé, à P a ris, dans
la salle des séances de la Commission p erm a­
nente des m archés (galerie d’Or’.éans-P alais
Royal) à l’adjudication, p a r voie de soum is­
sions cachetées, des fou rn itu res ci-après :
Fil de cuivre de haute conductibilité destiné
aux P. et T. de la Côte d'ivoire.
Fogers complets et plaques tubulaires pour
locomotives destinés au service des chem ins de
fer de l'Indo-Chine.
R enseignem ents au S ecrétariat G énéral de
l’In stitu t Colonial.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d'émission

VALEURS

Derniers
cours

' E M P R U N T S CO LO NIA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
467 —
( g a r .) .......................................
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ..........
430 490 — Gouvernement Tunisien, obi
3 1/2 o/o 1903, r. à 500........
500 —
87 — Prot. Annam-Tonkin obi. 2 1/2
79 40
(g a r-) .........................................
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g ar.).
81 50
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
92 50
465 — Indo-Chine, chem. de fer obi
3 1/2 o/o. 1899 .......................
473 -- -—
obi. 3 o/o 1902.. ..
420 —
480 ïm p ru n t Algérien, 3. o/o 1902
obi. r. à 500 t. p .....................
444 1000 — Dép. Constantine, obi. 3 1/2o/o
972 1897................... ......................
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
970 1895........................................
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi
471 —
3 1/2 o/o 1898.......................
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi
458 —
3 1/2 o/o 1901 .......................
492 50 Col. de la M artinique____
470 470 — Afrique Occidentale,.^ o/o 1903,
500 obi. rem. 500 (g ar.).............
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500.
530 B A N Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cis Algérienne, act. de 500 t. p
970 —
500 Créd. Fonc. et A gric. d ’Alg.
486 —
—
—
—
1ih. 499 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ....................... • .........
1440 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p . (n.)................... . 305 500 Banque de la Guyane, 500 t. p
(n.)............................................ . 1100 500 — Banque de la Martinique, 500
705 t- P- (n.) .............................. .
500 — Banque de la Réunion, act. de
325 500 t. p. (n )................... ’ .. .
Divers Banque de l’Indo-Cliine, act.
de 500 (125 p n o m .)............ . 1380 500 — Banque de l'Afrique Occidentaie, act. de 500 (125 p. mmi. . 010 500 Crédit Algérien, a. de 500 t r . 1200 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
80 de 500 t. p .............................
420 — Crédit Foncier Colonial, obi
189 5 o/o 420 ................................. .
350 Crédit Foncier Colonial, obi
5 o/o 350................ , ..............
180 —
CH E M IN S D E E E R A L G É R IE N S
E T COLONIAUX
688 —
500 — Cip Bône-Guelma, a. r. à 600..
— obi. 3 o/o r. à 500. 435 —
Divers
696 500 Est A lgérien, act. r . à 600---—
obi. 3 o/o r. à 500 439 50
Divers
667 Ouest A lgérien, act. r. à 600..
500 —
obi. 3 o/o r. à 500 439 50
Divers
-- -- Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
440 —
rem . à 500.................................

331

340 — M écheria-Aïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500................................
435 —
— — Mouzbab-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
430 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
434 50
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650................. 1045 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500 385 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.....................
439 —
V A L E U R S M IN IÈ R E S
-------Charb. du Tonkin, act. de 250„
t. p . .......................................... 1445 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500...............................
506 —
500 — A lgérie Tunisie ( Omn. ), act.
de 5110 t. p ................................
468 —
477 50 Algérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 12 o/o rem. â 500...............
471 —
------ Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .....................................
465 —
500 — Mokta elHadid, act. 500 t. p. 1605 —
500 —
—
act 500 (400
p., n . ) ............................ 1610
—
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p ... . 655 —
445 —
obi. 4 o/o rem. à 500.
506 —
— — Saint Elie, act. de 500, t. p . . .
44 —
100 — Phosphates du Dyr., act. de
100 t. p .....................................
77 50
454 50 Pho phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500......................
495
—
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
aet. de 500 t, p ....................... 3565 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p arts... 3195 —
V A L E U R S C O L O SIA L E S F R A N Ç A IS E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale ................(actions anciennes).
3200 Compagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale ............... (actions nouvelles).
2350 —
Cie M arseillaise de M a d a g a s c a r............
4ti9 —
M essageries Eluviales de Cochinohine.
A ima. . ....................................................
100 —
150 —
Alimaïenne................. ...............................
Congo occidental........................................
150 —
440 —
Haut Congo (Compagnie française du)..
Haute Sanglia..............................................
138 —
H aut-O gôoué................................................
550 —
La Kotto.......................................................
518 —
60 —
Lobav.............................................................
M essageries E’luviales du Congo...........
253 —
840 —
Su tanats du H aut-O ubangui...................
Société» des mines de la Haute Guinée :
a c t...............................................................
140 —
Compagnie minière de Guinée : act........
105 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
130 —
Gérant : Le Président de l’Institut,
A d r ie n A R T A U D .
Imprimerie du “ Sémaphore” B a h l a t i e r . — Marseille.
17-19, rue Venture.

�R VICE POSTAL MARSEILLE - COLONIES
D é p a rts de M a rs e ille
D A T E S D E S D É P A R T S DERNIÈRE LEVÉE
DE MARSEILLE

A lg é rie
Départements

»

d ’Alger et d’Oran
d’Alger .........

))
»
»

a

»
»
&gt;&gt;
»
»
»
»

........

d’Alger et d’Oran
d’O ran................

»
»

...........
..........

de Constanline.
»
»
»
»

Voie de Marseille, CinGln Trans.
»
Transp.M ar.
»
T o u a c h e ....
Voie de Port-V endres.............
Voie de Marseille, O GleTrans.
»
T ransp.M ar.
»
O Gle Trans.

T ransp. Mar.
T o u aclie.. .
CicG10 Trans.
Cic Touache.

T u n is ie .

DE LA BOITE

11 li. m at. 1 h. s o i r ..
3 h. 10 soir. 6 h. s o i r ..
3 h. 10 soir. 6 h. so ir .
5 h . 20 mat. 6 h. 15 mat.
5 h. 20 mat. 6h. 15 mat.
3 h. 10 soir. 5 h . s o i r ..
3 h. 10 soir. 5 h . s o i r ..
3 h. 10 soir. 5 h . soir.
10 h 30 m m id i.........
10 h. 30m . m id i__
3 h. 10soir. 6 h. s o i r ..
10 h. 30 m. m idi .......
10 h . 30 m . m id i.........
11 h. m at 1 h. s o i r ..
3 h. 10 soir. 7 h s o i r ..
Un diin. sur déni à p . du G janv. 10 h. m at l l h . m at...
Vendredi ap. d. de M arseille . . 10 h. soir.
—
Lundi. Mercredi, Sam edi ........

Mercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Dimanche ...............
Vendredi. ...............
Jeudi et S am ed i.. . .
M ardi.........................
M ardi........................
S am ed i.....................
D im a n c h e ........... ...
Lundi et S am ed i. . .
J e u d i.......................
Lundi et V endredi..
M ercredi...................
S a m e d i...................

In d o -C h in e .

»
Ci® des M. M.
Voie deB rin d isi,paq. Anglais.

A f r i q u e O c c id e n t a le
F r a n ç a is e

Voie de Bordeaux, Cin des Charg. Iléon. 24 de chaque m ois. 6 h. 20 soir.

»
Voie deM arseille, T ransp. Mar. 2 0
Voie deBordeaux àLisbonne, C'" des M. M. l e Jeudi, 1. l.G jours à p. du 4 janv.
D jib o u ti, M a d a g a s c a r , Voie deMarseille,
»
10 de chaque mois
»
»
R é u n io n e t M a u r i c e
25
»
D jib o u t i, M a j u n g a . . . . |
»
C'n H avraise. Vers le 2 0 de chaque m ois.
»
C'e des M. M. Un dim . sur quatre à p . du 20 janv.
N o u v e ll e - C a lé d o n i e \
Voie de B rindisi, paq. Anglais. Chaque Vendredi .
e t N o u v e lle s -H é b r id e s !
Voie de N ap les,paq. A llem a n d .. Tous les 28 jours à p. du 9 déc
Voie deM arseille, Cic des M. M. l'n Mercredi sur 4 à p. du 4G janr.
In d e F r a n ç a i s e
Voie de B rindisi, paq. Anglais. Vendredi ap .-m id i.
Voie de St-Nazaire, CieGle Trans. 9 de chaque m ois. .
G u a d e lo u p e
26
»
VoiedcBordeaux,
»
e t M a rtin iq u e
Voie de C herbourg, paq. Anglais. Le M ercr., t. M 4 jours à p .du 4 d ce.
Voie de St-N azaire, Ci&lt;lGl[ T rans. 9 de chaque m o is ..

S é n é g a l ............................

Guyane F ra n ç a is e ...

V om ir., 1 .1 .G jours à p . du 11 janv.
Voie

T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

de C herbourg, paq. Anglais. Le M ercr.,t. l .G joursà p.du t déc.

j Voie Le H avre et Cherbourg
p a r New -York
)

A r riv é e s
A lg é rie :

A lg er......... .......................
C onstanline par Pliilippeville et B ô n e............
O ra n .................................
T u n i s i e ............................
In d o -C h ine
N o u v e ll e - C a lé d o n i e ..

Voie de B rin d is i.........

Lundi, Mardi, M crcr.,V en d r., Dim.

Mardi, Jeudi, Samedi.
Lundi, Mercredi, Jeudi, Sam edi.

M ercr., V end., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
to u s les 14 jo u rs.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
Tous les 28 jo u rs.
Chaque Samedi.

à

DÉPARTS
DES BATEAUX

10 h. 30 m.
6 h. 20 soir.
10 h. m at.
10 h. m at.
mat. ousoir
10 h. mat
10 h. soir.
l’a v .-v e ille J O h .s.

10 h. m at.
10 h. soir.
raYant-Yeille soir.

»
»
»
»
»

—
m id i.........
—
11 h. m at..
11 h. m at..
—
11 h. m at..
1 1 h. 30 s.
—
11 h. m at.
—
—
—
—
—
—

j

M a rs e ille
R é u n io n , Madagas­
c a r e t D j ib outi . .
G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
que, G u y a n e :

Voie
Voie
Voie
Voie

de Saint-Nazaire
de B ordeaux........
d ’A ngleterre
de Marseille

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque m ois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les G jou is.
Vers le 13 de ch. mois

A f r i q u e O c c i d e n t a le :

Voie de B o rd e a u x ...'..
Voie de Liverpool........

Tous les L
gniiron toutes le

L ' E X P A N S I O N C O L O N I A L E e s t e n l e c t u r e s u r les p a q u e b o ts -p o s te .

�Ancienne Maison MOTTET, Fondée en 1715, Usines à GRASSE et à SAINT-RAPHAEL

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MARSEILLE

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TOUS ARTICLES CONCERNANT LA TO ILETTE — DÉPÔT DES PRINCIPALES MARQUES ÉTRANGÈRES

CONSERVES

A L IM E N T A IR E S

BOUCHARD

F

S U P É R IE U R E S

A

il s

în é

H ors-C oncours, MEMBRE DU JURY, E xposition Coloniale M arseille 1 9 0 6
PAINS DE GRAISSE -

BEURRE ARABE PURE GRAISSE DE MOUTON

Produits

Recommandés ;

PIEDS et PAQUETS, GRAS-DOUBLE, PÂTÉS de FOIE, JAMBONNEAU
NAVARIN, CASSOULET, LANGUES et to u tes CONSERVES de VIANDES
B u r e a u . R U E S A IN T -S É P U L C R E , 19
U s i n e a V a p e u r : B O U L E V A R D D E LA M É D IT E R R A N É E , 10-12-14

M A R SEILLE
HORS CONCOURS, MEMBRE DU JURY

9 9 A L'EXPOSITION COLONIALE
&amp;

9 9 9

MARSEILLE 1906

Modèles A rtistiques style Art Français
Catalogues industriels
Thèses, B rochures, R apports et Statuts
Fabrique de Registres
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disposition de sa clientète, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
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O A H L A T IE H -

lilA H S E I*.U E

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES S T A T U T S

A r t . 2.

Cette association a p o u r but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
n e r et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économique qui lui p a ­
ra îtr a it de n a tu re à favoriser les intérêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de membres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d ro it ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teu rs sont ceux qui d an s le but de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxième catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con-

S e r v i e e s d e l ’I n s t i t u t :

Tlez-de-Chaussée : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
Ier étaçje : Musée Colonial.
3me étaçje : S ecrétariat général et B ureaux de
l’In stitu t, B ureau de R enseignem ents.
R édaction de 1’ « E xpansion Coloniale ».
C ours c o lo n ia u x •

Directeur : M. le Dr H eckel .
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle .
P ro d u its anim aux et parasitologie des p lan tes
et des anim aux.
M. JaCOb UE CORDEMOY.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soit
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n atu re
à seconder l’œuvre coloniale de l’Institu t.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p en d an t
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o nateur il fau t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson .
Législation et Economie Coloniales.
~ M. H. B abled.
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynauil
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. Davin.
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».
In stitu tion s c o n n e x e s :

2” e étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance F rançaise.
3rae étage : S yndicat des E xportateurs.

Com ité de ré d a c tio n de « l’E x p a n s io n C o lo n ia le »
MM Ad. F ouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Yt ier , Vice-Président : Jacques L éotard , Secrétaire ; Paul Masson , Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. E. Moriceau, Secrétaire général de l'Institut.—
M. Auguste Giry , ancien Directeur-Adjoint, de l’Exposition coloniale.

Marseille. — Im prim erie (lu Sémaphore,

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In stitu t colonial m arseilla is.
E x traits des procès-verbaux...............' . . .
La Journée m aritim e, p a r M. A. F o r q u e .
Visites à l’In s titu t.............................................
B ureau de H enseignem ents...........................
E x traits de la C o rre s p o n d a n c e ...................
Cours coloniaux
.........................................
Musée colonial....................................................

ABONNEMENT

333
337
339
340
341
342
343
343

Le Régime douanier colonial..................................
C h r o n iq u e ................................................................
Actes coloniaux o ffic ie ls .........................................
In stitu tio n s connexes.................................................
Marché des produits co lo n ia u x ..............................
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345
346
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M A R SE ILL A IS

Fondé sons le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
P ré s id e n ts d ’h o n n e u r :

MM.

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de Tlndo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée.

Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de

la

Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

M em b res fo n d a te u rs :

MM.

Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — B ergassè. H. et C \ — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — CharlesRoux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.

— Compagnie Française de l’Afrique-Occidentale.

— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C". — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (ü1),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. —■« Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — Société Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

M em b res d o n a te u r s :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Bahlatier, Paul. —
Berger , C. — Chabrières , Morel et C“. — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraissinet &amp; C"). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien F abre &amp; C“. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly’ P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C1'. —
J. et A. P avin de Laearge. — Rastit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de La Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube , Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Za rifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.

M. E strine , Lucien, Président de La Chambre de
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
Sémaphore ; F ouqiie, Adolphe, Président hono­

Président : M. Artaud, Adrien, Membre-Secrétaire
•de la Chambre de Commerce.
Vice-Présidents : MM. le D' H eckel , Directeur-

Fondateur du Musée Colonial, Président
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
Chef du Service Colonial : le C” Armand,
Albert, premier Vice-Président de la Chambre
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
lais de la Marine Marchande ; B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
MM.

raire du Syndicat d’initiative de Provence.

Trésorier : M. Allemand, I., Membre de la Cham­
bre de Commerce.

Trésorier-Adjoint : M. Lablane, J.. Directeur-

Adjoint du Comptoir National d’Escompte de
Paris à Marseille.

MM.

Allest , J. (D’). Administrateur-Délégué de la Com­

Martin -Laval, F., Vice-Président du Svndicat des

Arnaud Lucien, Minotier.
Bergasse , Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie Marseil­

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

pagnie Générale Transatlantique.

laise de Madagascar.

B lanc, E.. Directeur de l’Exploitation de la Com­

pagnie des Messageries Maritimes.
Bourdillon, A., Armateur.
Rry, G.. Dcu-en de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufay, H., Ancien Vice-Président de la Ch-de Coin.
Dufour, Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour , J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
F-stier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffa REt., Paul, Professeur à l’Université.
Giraud, Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociants en cafés.
J onnnon. A.. Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
mercé.
J ourdan. Félix. Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.
Léotard, Jacques. Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.
L ombard, Emile, Vice-Président de la Ch.de Com.

Exportateurs.

titut colonial.

Rastit , Henri. Industriel.
Rastoin , Président de la Société p o u r la Défense

du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux. François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub, Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, Ancien Membre de la Cham­
bre de Commerce.
Ytier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Rodrigijes-E ly, Amédée,

Za r ifi , Périclès, Banquier.
Lévy, Clément, 1" Adjoint au Maire de Marseille.
Delibes , J., Délégué du Conseil Municipal.

Rossi, Clément. Délégué du Conseil Municipal.

Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire général : E. M oriceau, Administrateur

en chef des Colonies en retraite.

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désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
il a installé, au 3nic étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à luire, ou leur installation dans
notre ville et dans Sa région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l'Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
1INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

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Anesthésies — Appareils dentaires et tous travaux de Prothèse

�Troisième Année.

N° 17

1er Avril 1909.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

L’AFFAIRE DE L’OUENZA
L’affaire de l’Ouenza est actuellement la
grande question coloniale à l’ordre du jour.
Des polémiques passionnées ont jeté sur elle
tant d’obscurité qu’il n’est pas inutile de
résumer brièvement les faits à l’usage des
lecteurs de l'Expansion.
Le massif du Dj ebel Ouenza (1272m)se dres­
se sur les plateaux du département de Constantine, non loin die la frontière tunisienne,
entre Soukh Arras et Tebessa. Il domine im­
médiatement au sud la vallée de l’Oued Mellègue, affluent principal de la Medjerda, le
grand fleuve tunisien. Ce massif renferme
divers métaux, cuivre, antimoine et surtout
un excellent minerai de fer très riche, d’une
teneur de 53% (minerais de Meurthe-et-Mo­
selle, 37%). La masse du gisement est évaluée
au minimum à 30 millions de tonnes, à 60
millions et au delà par d’autres. Comme pour
beaucoup de mines algériennes, l’exploitation
en est impossible sans une voie ferrée unis­
sant la mine à un port, le minerai ne pou­
vant être traité sur place faute de charbon
et devant être exporté vers les hauts four­
neaux d’Europe. De plus, ce minerai de
l’Ouenza, non phosphoreux, comme celui de
Mokta el Hadid, ne convient qu’à un petit
nombre d’usines métallurgiques employant
des procédés perfectionnés (procédé acide,
Besisemer), tandis que la plupart des usines
emploient des minerais phosphoreux tels que
ceux de Meurthe-et-Moselle. Or les mines qui
fournissent cette qualité spéciale sont peu
nombreuses ; les grands fournisseurs sont la
Suède et la Biscaye (Bilbao, Santander) en
Espagne ; Mokta el Hadid, en Algérie,com­
mence à être épuisé.
Chacun sait combien la concurrence est
ardente dans l’industrie métallurgique. Pour
la soutenir et produire à bon marché, les usi­
nes ont besoin de s’assurer à très bas prix
leurs matières premières, minerais et char­
bons. Les compagnies métallurgiques sont

donc devenues propriétaires de mines de fer
et de charbon. Aux Etats-Unis elles possèdent
souvent aussi leurs lignes de chemin de fer
pour transporter le minerai ou le charbon
vers les hauts fourneaux. La métallurgie
européenne ne peut lutter avec les Améri­
cains qu’en imitant le plus possible leurs
procédés de production économique. C’est
ainsi que la compagnie du Creusot a songé
à acquérir et exploiter les mines de l’Ouenza.
Mais l’exploitation ne peut en être économi­
que que si elle est faite sur une grande
échelle. Or, les usines françaises trouvent
chez nous en abondance le minerai de fer et
ne consomment que de faibles quantités de
minerais non phosphoreux d’Algérie. C’est
pourquoi, jusqu’ici, 91% des minerais algé­
riens s’en vont à l’étranger, surtout en Angle­
terre et en Allemagne. Les besoins du Creu­
sot. et des autres usines françaises étaient
donc restreints, ceux; de l’étranger considé­
rables. De là est née naturellement une
entente, la formation du groupe ou consor­
tium Schneider qui comprend 9 usines (3
française^ anglaises) 2 allemandes, 1 belge)
représentant 95 hauts fourneaux. Ce groupe
a constitué la Société d'études de VOuenza
qui, par une convention signée avec le gou­
verneur général de l’Algérie, le 12 juillet
1905, obtenait la conoessi n de l’Ouenza et de
la construction d’un chemin de fer. Le même
jour un projet de 1 à, signé par les quatre
ministres de l’intérieur, des travaux publics,
des finances et de l’agriculture, proposait à
la Chambre l’approbation de cette conven­
tion.
Malheureusement la situation n’était pas
intacte. Il existait une Société concession­
naire des mines de l'Ouenza, constituée en
1903, propriétaire d’une concession accordée
dès 1896. Cette concession était relative aux
mines (exploitations souterraines), celle de
1905 était restreinte aux minières (exploita­
tions de surface) .Une lutte s’engagea entre les
deux sociétés concessionnaires devant les
tribunaux administratifs et le conseil d’Etat.

�334

L’EXPANSION COLONIALE

La discussion portait sur la distinction in­
suffisamment précisée par la législation, en­
tre mines et minières. Le résultat de cette
querelle fut que la Chambre ajourna succes­
sivement à deux reprises l’approbation &gt;de ’a
convention, en 1905 et en 1907, malgré les
efforts de M. Jonnart et malgré les conclu­
sions favorables des rapporteurs. Enfin, le 9
avril 1908, une entente était signée : ’a
Société concessionnaire des mines renonçait
à tous ses droits on faveur de la Société
d'études, moyennant le paiement d’une rede­
vance de 1 franc par tonne de minerai ex­
ploité.
Cette fâcheuse querelle terminée il sem­
blait que l’ère des difficultés était enfin close
pour l’affaire de l’Ouenza. La Société d'études
se préparait à céder la place à une Société
d’exploitation. Les Algériens attendaient im­
patiemment l’exécution d’un contrat qu’ils
considéraient comme très favorable au déve­
loppement économique de leur pays.
Par la convention du 12 juillet 1905 la So­
ciété a obtenu ta concession d’un terrain
minier d’environ 6500 hectares, moyennant
une redevance payée à la colonie par tonne
de minerai exploité, redevance décroissante
avec la progression de l’exploitation : 0 fr.75
jusqu’à 600.000 tonnes, 0 fr. 60 pour les
400.000 suivantes, 0 fr. 40 au delà de
1 million. Après les cinq premières années
la redevance ne pourra être inférieure à
650.000 francs.
La Société a en outre la concession d’un
chemin de fer à voie étroite de 1 mètre, de 193
kilomètres de long, entre l’Ouenza et Bône.
Cette ligne suivra un parcours sinueux à
l’est de la ligne Tebessa-Souk-Arrhas-Bône,
à une distance maximum de 30 kilomètres
à vol d’oiseau. La dépense en est évaluée à
40 millions, soit un chiffre très élevé de plus
de 200.000 fr. par kilomètre à cause de l’im­
portance des travaux d’art : deux cols fran­
chis à 748m pour atteindre la vallée de la
Medjerda puis celle du Mellègue, avec un
tunnel important de 1450m, deux viaducs
pour franchir ces deux rivières, dont un de
547m sur la première. Ce chemin de fer, ou­
vert, dès son achèvement, à l’usage du pu­
blic, est rachetable dans 30 ans par la
colonie. Au bout de 60 ans, il fera retour à
celle-ci sans autre obligation que celle de
rembourser la valeur du matériel roulant.

Il sera construit et exploité par une compa­
gnie différente de la société minière.
Théoriquement la concession de la mine
est définitive. Seul, le contrat relatif au
chemin de fer a besoin d’être ratifié par le
Parlement. En fait, la mine et le chemin de
fer étant étroitement liés dans la convention
de 1905, c’est celle-ci tout entière qui est mise
en j eu dans la discussion parlementaire tant
attendue.
Il semblerait en vérité, pour ceux qui ne
connaissent pas les mœurs et l’état d’esprit
parlementaires, que la convention dut être
approuvée sans l’ombre de discussion. Ja­
mais, peut-être, contrat n’a été présenté à
nos assemblées avec autant de garanties. Le
gouverneur général de l’Algérie l’appuie de
toute son autorité ; il a derrière lui ses
services techniques, son conseil supérieur,
les Délégations financières ; il a l’opinion
algérienne, unanime pour une fois. L’appro­
bation des services techniques de quatre
ministères et 'du conseil d’état semble de
nature à rassurer ceux qui pourraient crain­
dre que les intérêts métropolitains aient été
sacrifiés à ceux de la colonie. Aussi presque
tous les coloniaux de la Chambre et du
dehors sont-ils chauds partisans de la co.i
vention. Enfin le député Périer, vient de de
poser au nom de la commission de la Cham­
bre un rapport favorable, comme l’avait déjà
fait le rapporteur socialiste Devèze en
novembre 1907.
C’est que la convention de 1905 est sédui­
sante par de multiples avantages. A i point
de vue national, les trois grandes usines
françaises engagées (Creusot, Châtillon-Commentry, Marine-Homecourt) y trouveront
des facilités d’approvisionnement en mine­
rais. Quand aux facilités, plus nécessaires ou
plus utiles pour elles, données aux six mai­
sons étrangères engagées, elles nous procu­
rent l’occasion utile de prouver à l’Europe
défiante que nous avons le désir de renoncer
dans nos colonies au système de la porte fer­
mée qui nous a valu tant d’inimitiés et qui a
grandement gêné notre politique au Maroc.
L’occasion est heureuse à propos d’une in­
dustrie qui précisément nous force à recou­
rir aux bons offices de l’étranger. Si des
usines métallurgiques étrangères participent
à l’exploitation de minerais algériens, nos
grandes usines lorraines ont dû acquérir des

�L’EXPANSION COLONIALE
mines die charbon dans la Lorraine alle­
mande. Quant à l’Algérie, elle envisage
d’abord une redevance annuelle minima de
900.000 francs correspondant aune extraction
de 1.500.000 tonnes qui, sans doute, sera vite
dépassée. C’est là une ressource appréciable
pour son budget. Le port de Bône, devenu
premier port minier de la Méditerranée,
percevra, en outre, une redevance de 0 fr.35
par tonne. Le chemin de fer ouvrira à la
colonisation une région à peine ouverte au
nord de la Medjerda, complètement délaissée
jusqu’ici au sud de ce fleuve. Déjà un pro­
gramme de colonisation a été étudié. Au
bout de 60 ans la colonie deviendra, sans
bourse déliée, propriétaire de la ligne, fait
unique dans l’histoire de son réseau. La
construction de ce chemin de fer assurera le
paiement de salaires évalués à 30 millions ;
son exploitation et celle des mines le paie­
ment de 8 millions au moins annuellement.
Enfin le budget algérien percevra un supplé­
ment appréciable d’impôts clans une région
transformée qui, jusqu’à présent, ne lui
donne rien. Au total, les Délégations finan­
cières évaluent, tant en bénéfices directs
qu’indirects, l’augmentation de richesse de
l’Algérie à plus de 200 millions, du fait de
l’exécution de la convention de 1905. En
retour de tous ces avantages on a calculé,
d’après les prix du minerai des dix dernières
années, que les concessionnaires ne retire­
raient qu’un bénéfice modéré de 0 fr.50 par
tonne.
Pourtant la convention a des adversaires
passionnés. Il en est parmi eux de très-sin­
cères et il serait peut-être naïf de croire que,
parmi les défenseurs, tous sont absolument
désintéressés. Il faut prendre les polémiques
de presse pour ce qu’elles sont trop souvent.
Laissons donc là les accusations de mauvaise
foi et de vénalité et enregistrons les argu­
ments.
1° D’abord, et c’est un de ceux auxquels les
adversaires tiennent le plus, il faut regretter
que le minerai algérien aille favoriser des
usines étrangères et, peut-être, contribuer à
fabriquer des armes contre nous. S’il faut
admettre la nécessité d’échanger des mine­
rais français ou algériens contre des char­
bons étrangers on aurait dû, tout au moins,
réserver aux capitaux français les bénéfices
de l’exploitation et de la vente.

335

2° Les intérêts algériens ont été sacrifiés
à ceux du groupe des acheteurs de
minerais. La redevance moyenne de 0 fr 60
environ par tonne est insuffisante, car les ap­
porteurs du premier syndicat recevront 1 fr.
en vertu cle l’accord d’avril 1908 et les béné­
fices des exploitants seront bien supérieurs
au chiffre indiqué de 0 fr.50 par tonne. Mê­
me la redevance estimée à 900.000 fr. ne sera
pas un bénéfice net pour la colonie à cause
des travaux qu’elle s’engage à exécuter à
l’embouchure de la Seybouse. D’autre part,
il eût fallu établir une redevance progres­
sive, croissant avec les bénéfices de la com­
pagnie, au lieu d’un taux décroissant.
3° Les conditions qui lieront les exploi­
tants à la compagnie du chemin de fer et à
la colonie sont telles qu’elles se rapprochent
fort de celles d’une régie bien réglée, La
mise en régie, l’exploitation de la mine et du
chemin de fer par la colonie, voilà l’idéal, la
vraie source de richesse pour l’Algérie.
4“ Les intérêts algériens ont encore été sa­
crifiés à la compagnie du chemin de fer, no­
minalement distincte de celle de la mine,
qui fera des bénéfices énormes avec le tarif
de 6 francs par tonne admis entre l’Ouenza
et Bône.
5° Sans la dépense de constrution du
chemin de fer, l’exploitation minière serait
beaucoup plus fructueuse et la redevance
aurait pu être plus forte. Or, cette dépense
n’est pas indispensable. Il suffirait de raccor­
der l’Ouenza à la ligne de Tebessa à Bône,
soit avant Soukh-Arras par un(embranche­
ment très court, soit vers Medjes-Sfas.
Sans doute, dans le premier cas, un trans­
bordement serait aujourd’hui nécessaire à
Soukh-Arras, de la ligne à voie étroite sur la
voie normale, mais la transformation de la
ligne Tebessa-Soukh-Arras est comprise
dans le récent programme de travaux algé­
riens. Dans les deux cas, outre l’avantage de
rendre l’exploitation minière moins coûteu­
se, on procurerait un trafic bien utile à la
Compagnie Bône-Guelma ; on diminuerait,
on supprimerait peut-être de coûteuses
garanties d’intérêts ; même il y aurait à en­
visager un partage de bénéfices avec cette
compagnie. Enfin, pourquoi n’avoir pas en­
visagé une troisième combinaison, le raccord
de l’Ouenza avec le réseau tunisien en sui­
vant l’Oued-Mellègue, Bizerte devenant ’e

�336

L’EXPANSION COLONIALE

port d’embarquement ? La longueur du
transport serait compensée par les facilités
d’exploitation. En dernière analyse, si on
admettait la nécessité de la ligne, la colonie
aurait tout avantage à la construire et à l’ex­
ploiter.
6° D’autre part, la construction du chemin
de fer, onéreuse pour la mine, est sans utili­
té générale. Il n’aura aucune influence sur
la colonisation d’une région qui n’a pour
ressources que des forêts et des mines et que
la ligne de Bône-Tebessa n’a pu vivifier jus­
qu’ici. Il en résulte que le retour final du
chemin de fer à la colonie ne sera pas avan­
tageux. Les mines une fois épuisées, l’ex­
ploitation en deviendra onéreuse.
Il ne peut être question ici d’examiner à
fond toutes ces objections. Mais elles n’em­
barrassent pas les partisans de la conven­
tion. Le premier argument soulève une fois
de plus un point de doctrine coloniale main­
tes fois discuté. Il s’inspire de ces idées étroi­
tes du x v i i 6 siècle, de ces doctrines mercan­
tilistes qui conduisirent au pacte colonial.
C’est le système, funeste pour les colonies,
dangereux pour la métropole, de la porte
fermée. D’ailleurs, on a grossi à plaisir le
rôle laissé aux étrangers (1). Toutes les pré­
cautions ont été prises pour que la prépon­
dérance reste aux Français et aux intérêts
français dans l’exploitation de l’Ouenza. Les
actions françaises représenteront plus de
72 % du capital initial. La société du chemin
de fer aura un conseil d’administration en­
tièrement français, un personnel d’exploita­
tion entièrement français. La société d’ex­
ploitation des mines aura seulement sept
administrateurs étrangers et onze français ;
le président du conseil d’administration et
l’administrateur délégué seront Français.
Soutenir qu’une convention pourrait être
plus favorable à l’un des contractants c’est
chose toujours possible. Mais la Société d’é­
tudes n’eût pas demandé mieux que de
payer moins de I franc aux premiers conces­
sionnaires et l’administration algérienne ne
pouvait avoir d’autre objectif que d’obtenir
le plus possible. Faut-il donc l’accuser d’in­
capacité, de légèreté ou de malhonnêteté ?
Ou ne semble-t-il pas plus juste de se souve(1) La maison Krupp, d’Essen, ne fait nlus partie
de la combinaison et, parmi les usines engagées,

seule celle du Crèusot fabrique du matériel de
guerre.

nir qu’un accord ne peut être conclu que
grâce à des concessions mutuelles ?
Les exploitants feront de trop beaux béné­
fices ? Qui pourrait les calculer avec exac­
titude ? Mais, si les calculs sont vrais, tant
mieux. Il faut bien, pour compenser de trop
fréquents déboires, que les entreprises colo­
niales donnent parfois de brillants résultats.
Nos capitaux ne sont pas assez entrepre­
nants pour n’avoir pas besoin de pareils en­
couragements. Est-ce qu’on regrette en Tu­
nisie le magnifique succès de la compagnie
des phosphates de Gafsa ? Il a donné un v !&gt;•
ritable coup de fouet aux entreprises miniè­
res dans cette colonie.
Les beautés de la régie ? Thème et varia­
tions qui peuvent faire pâmer d’aise les so­
cialistes mais qui laissent plutôt froids des
auditeurs plus pratiques.
Quant au chemin de fer, le plus attaqué
puisqu’il est nominalement seul soumis à
l’approbation de la Chambre, la Société d’é­
tudes en a fait une condition sine qua non
de la convention. Elle a argué de la nécessité
pour elle d’être assurée à la fois des tarifs et de
la régularité des transports. Or la ligne Tebessa-Bône est encombrée par les phosphates;
si On a décidé la réfection du tronçon Tebessa
Soukh-Arras, c’est précisément pour leur as­
surer un écoulement plus économique. Pour
ce qui est du raccord de l’Ouenza avec le ré­
seau tunisien et Bizerte, pourrait-on repro­
cher aux Algériens de n’y avoir pas songé,
même si l’itinéraire eût été manifestement
avantageux ? Or, si l’Ouenza est a 110 kilo­
mètres environ de Bône à vol d’oiseau, Bi­
zerte est à 220.
Enfin, soutenir que la ligne nouvelle sera
sans influence sur la colonisation de la ré­
gion est une affirmation bien difficile à sou­
tenir. Si celle de Tebessa n’a pas déterminé
jusqu’ici la création de fermes ou de villa­
ges, c’est précisément qu’elle est trop éloi­
gnée de la zone frontière de Tunisie.
Tels étaient les éléments de discussion
quand, au mois de janvier dernier, M.
Jonnart -est venu à Paris pour défendre son
projet. Contre toute attente, la Chambre,
dans sa séance du 13 janvier, en ajournait
la discussion après le vote de l’impôt sur le
revenu. Le désappointement fut grand en
Algérie et les Délégations financières, dans
une réunion du 1er février, décidaient par

�337

L’EXPANSION COLONIALE

un vote unanime, l’envoi d’une lettre aux
députés, qui est un nouvel appel pressant
en faveur du projet.
L’affaire était de nouveau inscrite a l’ordre
du jour de la Chambre et M.Jonnart était re­
venu à Paris, au milieu de mars, quand un
véritable coup de théâtre s’est produit. Le
gouvernement a soumis au gouverneur gé­
néral l’examen d’une modification au projet:
rOuenza serait relié à la fois à Bône et à Bi­
zerte qui bénéficierait d’une partie de l’em­
barquement des minerais. Il a pu voir là
une solution élégante à cet autre problème
dont on cherche depuis longtemps la solu­
tion : attirer à Bizerte un fret important ;
assurer par là son avenir comme port d’en­
trepôt et indirectement l’activité de son ar­
senal maritime. Sans doute le développe­
ment de Bizerte n’intéresse pas seulement
la prospérité de la Tunisie, mai i la sécurité
de notre Afrique du nord tout entière. Tou­
tefois il intéresse surtout la métropole et le
mécontentement des Algériens, particulière­
ment des Bônois, menacés d’être frustrés en
partie de ce qu’ils considèrent comme leur
bien, est fort compréhensible. L’Algérie et la
Tunisie ne sont ni des ennemies ni des riva­
les, mais ce sont deux voisins, deux parents
si l’on veut, qui ont des intérêts bien dis­
tincts. Que diraient les Tunisiens si l’on pro­
posait de raccorder à la ligne de Tebessa
leurs phosphates de Kalaa es Senam ou
d’autres régions voisines de la frontière Al­
gérienne ?
Voilà donc maintenant la question de
l’Ouenza compliquée par un conflit délicat
entre les intérêts métropolitains et colo­
niaux. Les adversaires de la société d’études
de l’Ouenza doivent être satisfaits, car ils dé­
sirent par dessus tout un nouvel ajourne­
ment de la discussion. Ils ne se sont pas fait
faute de mettre en avant des arguments di­
latoires. Il faudrait, par exemple, attendre
la réforme de la loi de 1810 sur les mines
proposée par MM. Barthou et Viviani. Eh
bien ! quelles que puissent être les opinions
au sujet de la convention du 12 juillet 1905,
un nouvel atermoiement est inadmissible
pour la solution, si ardemment attendue par
les Algériens, d’une affaire qui traîne depuis
des années. De la part du Parlement ce se­
rait un véritable aveu d’impuissance, bien
fait pour décourager les initiatives aux colo­

nies. Ce serait la condamnation du régime
de dépendance étroite auquel l’Algérie est
soumise encore, malgré les efforts heureux
poursuivis depuis quinze ans pour lui accor­
der un peu d’autonomie (1).
Paul M asson ,

Professeur à la Faculté des lettres
et à l'Institut Colonial.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCES-VERBAUX

Réunion du Bureau du 4 mars 1909
Le Bureau du Conseil d’Administration
s’est réuni le 4 mars, sous la présidence de
M. A. Artaud, Président de l’Institut Colo­
nial Marseillais.
Après lecture et approbation du procès
verbal de la dernière séance, M. le Prési­
dent fait part de la réception de nouvelles
adhésions, celles de :
MM. Pilad frères, à Grasse ;
Lautier fils, à Grasse ;
Jeanoard Paul, à Cannes ;
Robert Payet, à Marseille ;
E. Kahn, à Marseille ;
Guillaume Gatzert, à Marseille ;
Lucien Laubreaux, à Marseille ;
Matteï &amp; Rivoire, à Marseille ;
comme membres de l’Institut ; celles de :
MM. Charles L. (Marbrerie Nouvelle du
Midi),_ à Marseille ;
Pellegrin, Grand Hôtel, à Sabletteles-Bains ;
pour des locations au Musée Commer­
cial ; et celles de :
MM. G. Jourdan &amp; H. Jouise, à Toulon ;
Velten (Brasseries de la Méditerra­
née), à Marseille ;•
*Plauchut-Linder, à Marseille, pour la
publicité dans l'Expansion Colo­
niale.
M. le Président rend compte des mesures
prises pour assurer le succès de la Journée
Maritime du 6 Mars.
L’examen du budget pour 1909 est repor­
té à une date ultérieure, en raison de l’in­
disposition de M. Allemand, trésorier de
l’Institut.
Le bureau, en ce qui le concerne, donne
un avis favorable à la demande de M. Léon
Magnan, concernant la mise à sa disposition
de l’un des tableaux de M. Valère Bernard
qui ont figuré à l’Exposition des corps gras.
'1) Parmi les récents articles de revues voir : Ttevu*
politique et parlem entaire, 10 janvier 1909 (favorable) ; —
Tievue de Paris, 15 février 1909
(défavorable) ; —
L ’A ction nationale, janvier et février 1909 (défavorable) .

�338

L’EXPANSION COLONIALE

La date de l’Assemblée Générale est fixée supérieure de Commerce, 10 places à bord
au 31 Mars.
du vapeur ; l’école en a profité et nous con­
M. Bohn, Vice-Président, demande à M. tinuerons ainsi dans l’avenir. La promenade,
le Président la forme sous laquelle il pour­ très intéressante dans les Docks de Marseille
rait contribuer au succès de l’Exposition de et à bord du Formosa et du Moréa, a été un
caoutchouc préparée pour la période des va­ peu gâtée par le mauvais temps, mais a
cances des Cours Coloniaux. Il exprime son néanmoins été très appréciée par les parti­
désir d’apporter tout son concours à cette cipants. Cette initiative prise par l’Institut
manifestation, dont l’intérêt pour Marseille est appelée à un réel succès.
est considérable.
Après avoir remercié M. Fouque, M. le
Après un échange de vues entre les mem­ Président fait connaître que M. Lombard, le
bres du Bureau, il est reconnu qu’en dehors très distingué Ingénieur-Directeur des Usi­
de l’Exposition des Caoutchoucs et des ta­ nes de l’Estaque, membre du Conseil d’Adbleaux, graphiques, photographies, etc., re­ ministration, a proposé pour la Journée Ma­
latifs aux récoltes, préparation et mouve­ ritime du 3 Avril, de visiter le port de la La­
ments de l’article brut, il serait désirable ve, où aboutira le Canal de Marseille au
que les fabricants d’objets en caoutchoucs Rhône, et l’emplacement de l’excavation
participassent à l’Exposition.
marquée sur le roc à l’occasion de la venue
M. le Président remercie très vivement à Marseille de MM. Janet et Aimond, Prési­
M.Bohn du précieux concours qu’il veut bien dent et Rapporteur de la Commission des
promettre et de l’intérêt que prend sa gran­ Travaux publics de la Chambre des Députés,
de Compagnie au succès de cette Exposition. de visiter également son grand Etablisse­
M. Armand, Vice-Président, rend compte ment de Rio-Tinto, qui ne peut manquer
d’une proposition qui lui a été faite de mo­ d’intéresser très vivement les personnes qui
difier la publication du Bulletin de l’Insti­ y prendront part.
tut ; la question est réservée pour un exa­
M. Allemand, trésorier, expose le projet
men plus complet.
de budget pour 1909 ; il propose quelques
M. le Président estime qu’il n’y a pas iù u diminutions de dépenses, mesures qu’ap­
d’attendre davantage pour mettre -en recou­ prouve M. Armand, qui-est d’accord avec le
vrement les cotisations en commençant par Président pour rechercher quelques recettes
celles des membres donateurs et fondateurs. nouvelles dans les subventions que de­
vraient fournir les Colonies et dans la loca­
tion des parties inoccupées de l’immeuble.
Un échange de vues a lieu entre divers
Conseil d'Administration du 18 Mars
membres au sujet de la présentation du
Le Conseil d’Administration a tenu sa budget à l’Assemblée Générale du 31 mars
séance ordinaire du troisième jeudi de cha­ et le Conseil se met d’accord pour que dans
que mois, sous la présidence de M. A. Ar­ ce document, il soit fait un départ entre le-s
taud.
dépenses courantes qui s’équilibrent et les
Le procès-verbal de la dernière réunion dépenses extraordinaires ; ces dernières ré­
ayant été lu et approuvé, M. le Président sultent de l'installation, dont le reliquat à
rend compte de la réception de huit adhé­ amortir ne dépasse pas les réserves capitali­
sions nouvelles, qui sont, conformément sées par des achats de titres en conformité
aux Statuts, approuvées par le Conseil.
de l’article. 19 des Statuts. Ce sont ces*dépen­
M. Artaud fait connaître que certaines ses extraordinaires que permettrait d’a­
de ces adhésions ont été données sans peine; mortir beaucoup plus rapidement, sans tou­
il croit qu’il y en a encore beaucoup à re­ cher à la réserve, la création de ressources
cueillir et prie ses collègues de vouloir bien nouvelles.
accepter deux formules d’adhésion chacun,
M. le Président de la Chambre de Com­
qu’ils rempliront certainement dans le mois, merce, ayant transmis à l’Institut une de­
si au cours de cette période ils veulent bien mande pour que la salle des Cours fut mise
y penser et insister auprès de ceux de leurs à la disposition de M. Rigois, pour y faire
amis qu’intéresse le mouvement Colonial. Il une conférence sur l’Espéranto, le Conseil
indique au Conseil que l’Institut a reçu de­ accepte, heureux de donner à la Chambre
puis la dernière réunion 107 lettres et en a de Commerce une marque de sa vive sym­
expédié 197.
pathie.
Sur la prière du Président, M. Fo-uque
M. le Président rend compte de la visite
secrétaire du Conseil, rend compte du résul­ faite à l’Institut par M. Périer, Attaché Com­
tat de la première Journée Maritime organi­ mercial à Londres et M. Le feur e-Méaul le,
sée par l’Institut ; il dit qu’elle a réuni 150 Attaché Commercial en Orient. Ces Mes­
personnes et que les inscriptions à 1 franc ont sieurs ont été très heureusement impres­
suffi pour payer tous les frais de la journée. sionnés par l'importance des Musées de
Nous avons eu cependant quelques, invités ; l’Institut, par l’excellent enseignement qui
ainsi il a paru conforme au but de vulgari­ y est donné et par les services rendus par le
sation de ces visites de mettre à la disposi­ Bureau des Renseignements.
tion de M. Combes, directeur de l’Ecole
M.Artaud fait connaître les mesures pri-

�L’EXPANSION COLONIALE
ses pour assurer le succès de l’Exposition de
caoutchouc que prépare l’Institut ; il propo­
se d’inviter tes fabricants d’objets en caout­
chouc à y participer et pense qu’il serait
utile de pouvoir décerner quelques récom­
penses ; il demande enfin de placer cette Ex­
position soins le patronage de la Chambre de
Commerce de Marseille et du Ministre des
Colonies.
M. Ponsinet émet l’avis de demander h
M. le Ministre des Colonies de bien
vouloir insister auprès des Gouverneurs de
nos Colonies pour les prier de participer
dans la plus large mesure possible à cette
Exposition, dont les résultats peuvent être
fort avantageux pour nos Colonies. 11 s’offre
de transmettre, avec son avis très favorable,
une lettre que l’Institut lui écrirait à ce
sujet.
M. le Président, en le remerciant, expri­
me l’espoir que l’appel du Ministre sera en­
tendu.
LA JOURNÉE MARITIME

Que l’on vienne dire encore des Marseil­
lais qu’ils sont indifférents aux choses mari­
times et n’aiment pas la mer ! Il a suffi à
notre Président d’émettre une idée heureuse,
ce qui lui arrive fréquemment, pour que 150
personnes, dont un grand nombre de dames,
répondissent à l’appel, malgré un temps
pluvieux. Il s’agissait pour l’Institut Colo­
nial Marseillais de vulgariser la route des
Colonies, de familiariser les métropolitains
des deux sexes avec le chemin qui mène aux
possessions françaises d’Outre-Mer, et com­
me la voie de l’air n’est pas encore pratica­
ble, c’est sur l’élément liquide que se faisait
l'excursion utile pour réaliser l’idée.
La première Journée Maritime, organisée
le samedi 6 Mars, obtint donc un légitime
succès, et le bateau de promenade de la
Compagnie Côtière suffit t ut juste à rece­
voir les nombreux passagers, qui furent d’a­
bord réunis à 2 heures à l’Institut Colonial,
où une conférence-promenade, devant servir
de préface, fut dirigée par M. Moriceau, Se­
crétaire Général, à travers le Musée Com­
mercial, la salle des Cours et le Musée Colo­
nial, ainsi que le magnifique local de la So­
ciété de Géographie. Le cicerone, quoique
documenté, ne retint que très discrètement
son auditoire, et l’on se trouva à 3 heures au
Pavillon Flottant de la Société Nautique,
servant de gracieux embarcadère pour le
départ du bateau, orné du grand pavois.
Une gracieuse attention permit aux da­
mes de trouver à bord un léger réconfort,
sous forme de biscuits arrosés d’un peu de
champagne, efficace, dit-on, contre la peur
du mal de mer...
La traversée de l’avant-port se fit sans trop
de tangage et le public à bord porta son at­
tention dès l’entrée du bassin de la Joliette

339

sur le navire échoué Ville d'Alger (numéro
hors programme).Le côtier glissa rapidement
au milieu d’un embarras de navires pour
arriver au bassin du Lazaret, où l’attendait
M.de Pélissot, directeur des Docks et Entre­
pôts, entouré du haut personnel de la Compa­
gnie. La caravane, divisée en trois groupes,
put examiner la merveilleuse installation de
déchargement et de transport mécaniques
pour les graines oléagineuses en sacs.
La pluie à ce moment se mit de la partie
et l’on dut bien à regret regagner le bord à
la hâte, pour se diriger vers le beau navire
Formosa, de la Société Générale des Trans­
ports Maritimes, ancré aux quais des An­
glais ; entre temps, la pluie cessa et M. Gi­
raud, Administrateur délégué, fit .les hon­
neurs du bord avec cette urbanité aimable
dont il est coutumier : le Formosa a deux
hélices et fait le service de la Plata ; sa jauge
brute est de 5.000 tonnes, sa force de 5.000
chevaux ; il a été lancé en 1306.
A ce point de la journée, la promenade de­
vait se continuer par l’examen des nou­
veaux quais et hangars en cours d’achève­
ment, l'explication sur place du projet de bas­
sin à la Madrague,récemment voté par le Par­
lement, et enfin la visite du port de la Lave à
l’Estaque : ces explications devaient être don­
nées par M.Guyoit,callaborateiuTde l’ingénieur
en chef des Ponts et Chaussées Maritimes
qui accompagnait l’excursion. Nous re­
trouverons à la prochaine occasion son éru­
dition et sa technique si intéressantes, mais
le temps était décidément trop incertain
pour cela et ce fut par le paquebot Moréa,
que la caravane poursuivit ses pérégrina­
tions entre deux averses. M. Brenier, Agent
Général adjoint de la Compagnie Péninsu­
laire et Orientale, reçut les visiteurs et leur
facilita l’examen de cette belle unité : le
Moréa jauge 11.000 tonnes et a 15.000 che­
vaux ; il fut lancé en 1908, porte 330 passa­
gers de première classe et 290 de seconde
classe ; il a 165 mètres de long et 22 mètres
de large.
En quittant le Moréa, la sortie se fit par la
Jetée Nord, en exécution du programme de
vulgariser la relation entre Marseille et les
Colonies ; à cet instant, les excursionnistes
se trouvèrent légèrement émotionnés. La
mer, houleuse par vent d’Est, entraînait ses
vagues écumantes sur les blocs de la Gran­
de Jetée • ce fut une courte sensation, que
supportèrent du reste vaillemment les dames
voyant leur journée si bien remplie ; tous
les passagers du côtier eussent regretté l’ab­
sence de cette sensation inséparable de la vie
maritime. A 6 heures, tout le monde repre­
nait possession de la terre ferme, emportant
le souvenir de nombreuses choses nouvelles,
inédites pour la plupart d’entre eux, et le
désir de recommencer.
Le résultat était acquis ; désormais Mar­
seille aura sa Journée Maritime mensuelle,

�340

L ’EXPANSION COLONIALE

organisée chaque premier samedi du mois
par l’Institut Colonial, avec le concours de
l’une de® associations qualifiées et dans l’oirdre suivant : le 3 avril, la Société Nautique
le Syndicat d’initiative le l emai, la Ligue Ma­
ritime le 5 juin, le Syndicat de la Presse Mar­
seillaise le 3 juillet.
Nous somme® certains que cette organisa­
tion permettra d’établir des programmes va­
riés et intéressants et nos concitoyens au­
ront à cœur de faciliter par leur présence,
ou celles de leurs amis de l’intérieur, sem­
blable manifestation, destinée à grandir aux
yeux de tous l’influence de notre Cité, en lui
confirmant une nouvelle fois son véritable
titre de Métropole Coloniale.
VISITES A L'INSTITUT

ces, de l’esprit -qui dirige l’enseignement
donné, de l’importance d’une institution
dont il eût bien volontiers présidé l’inaugu­
ration,, si des devoirs pressants ne l’en
avaient empêché. Il a promis tout son con­
cours auprès de M. le Gouverneur général
de l’Algérie, afin de faire accorder une sub­
vention à l’Institut et a bien voulu promettre
de faire part au Ministre de la très bonne
impression qu’il conservera de la visite qu’il
vient de faire et qui l’a très vivement intéres­
sé. M. Paul Vivien, président du syndicat de
la presse coloniale à Paris, en quelques
mots pleins d’humour, a félicité lTnsL'ut
d’avoir organisé des Journées maritimes -t a
bu à leur succès. M. Saint-Germain et ses
amis se sont retirés enchantés de leu" visite,
dont l’Institut les remercie et dont il gardera
le précieux souvenir.

Visite de M. i,e Sénateur Saint-Germain
M. Saint-Germain, l’honorable sénateur
d’Oran, l’un des chefs les plus écoutés du
parti colonial français, est venu dans l’aprèsmidi du jeudi 25 mars, accompagné de nom­
breuses notabilités, visiter l’Institut colonial
Marseillais. Reçu au musée commercial par
M. Moriceau, secrétaire général, il a parcou­
ru successivement les divers service de l’Ins­
titut. Il a visité d’abord le Musée commer­
cial dont il a reconnu la grande utilité, la
salle des Cours coloniaux, où M. Moriceau
lui a donné toutes les explications nécessai­
res sur l’esprit pratique de l’enseignement
professé par des maîtres de l’université.
M. Saint-Germain a examiné, ensuite,
avec beaucoup d’intérêt, les admirables col­
lections réunies par M. le docteur Heckel,
dans le Musée colohial du 1er étage, puis a
visité la Société de Géographie, dont les hon­
neurs lui ont été faits par M. le docteur Hec­
kel, président de la Société. M.Léotard, secré­
taire général, et les membres du bureau. Il
s’est enfin rendu dans la salle du Conseil
d’administration de l’Institut, où M. Fouque,
président de la Commission du Musée
commercial et secrétaire du Conseil de l’Ins­
titut, a offert aux visiteurs une coupe de
champagne.
En portant la santé de M. Saint-Germain,
M. Fouque a appelé son attention sur l’im­
portance de l’œuvre créée par la Chambre de
Commerce de Marseille et sur le devoir de
l’Etat et des colonies, de donner leur appui à
une Société formée pour aider au dévelop­
pement économique de nos possessions et
pour donner gratuitement aux élèves de no­
tre Ecole supérieure de commerce et à de
nombreux auditeurs, un enseignement co­
lonial pratique qu’il est impossible de trou­
ver dans les établissements de l’Etat. M.
Saint-Germain, remerciant l’Institut de son
bon accueil, a dit combien il était frappé de
l’excellent fonctionnement de tous les servi­

Visite de MM. Périer et Lefeuvre-Méaulle.
M. Périer, le très distingué attaché com­
mercial de France à Londres, de passage à
Marseille, après un très intéressant voyage
en Turquie, a bien voulu accepter l’invita­
tion qui lui a été faite de visiter l’Institut co­
lonial et s’y est rendu le 4 Mars, avec M. Lefeure - MéauILe, attaché
commercial en
Orient. Ces messieurs ont été reçus au Musée
commercial par M. A. Artaud, président de
l’institut, M. Fouque, secrétaire du Conseil,
et par M. Moriceau secrétaire général.Ils ont
visité en détail les diverses vitrines, deman­
dant de nombreux renseignements sur les
prix de locations, le nombre de personnes
visitant journellement le Musée, etc.
Ils ont reconnu la parfaite installation du
Musée commercial et de la salle des Cours
coloniaux, puis se sont rendus au Musée
colonial, où ils ont pu admirer la remarqua­
ble collection de produits de toutes sortes,
réunie au prix de très grands efforts par le
savant directeur du Musée et des Cours
coloniaux, M. le docteur Heckel, qui leur
a fourni toutes les explications désirables.
MM. Périer et Lefeuvre-Méaulle ont été
frappés de la beauté des applications si di­
verses de la ramie et de l’abondance des ri­
chesses minières dans nos colonies, ainsi
que de la méthode qui a présidé au classe­
ment des produits coloniaux d’étude.
Après une visite à la Société de Géographie
et à la salle de l’Alliance française, où ils
ont été reçus par M. Léotard, secrétaire gé­
néral, ils ont parcouru les bureaux de l’Insti­
tut, la salle du conseil et celle du Syndicat
des Exportateurs.
M. Artaud a fourni à ces messieurs des
indications très utiles sur le fonctionnement
du service des Renseignements de l’Institut
qui est à même de documenter les personnes
qui s’adressent à lui sur toutes les affaires
coloniales.

A. FOUQUE.

I

�L’EXPANSION COLONIALE

M. Lefeure-Méaulle a fait connaître son
intention de repasser prochainement par
Marseille, au moment de prendre son pos­
te à Constantinople, et de se renseigner à
l’Institut colonial, fondé par la Chambre de
Commerce sur les divers articles notamment
ceux dlei l’Indio-Chine, dont l’écoulement
pourrait être avantageux ©n Orient.
En quittant l’Institut MM. Périer et Lefeure-Méaulle ont exprimé à M. Artaud' leur
grande satisfaction d’avoir pu constater
combien le commerce colonial peut-être fa­
cilité par la création si bien comprise de
l’Institut colonial fondé par la Chambre de
Commerce de Marseille et qui fait le plus
grand honneur à M. Desbief qui en a con­
çu la pensée et qui en a assuré l’exécution,
avec le précieux concours de la Chambre
d’abord, ainsi que du commerce, de l’arme­
ment et de l’industrie de notre ville.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Le bureau des renseignements de l’Insti­
tut a reçu en mars de très nombreuses visi­
tes ,au nombre desquelles se trouvent celles
de :
1° M. C., de Paris, qui possède de très im­
portants établissements en Nouvelles-Calé­
donie : il a commencé de grandes cultures
de coton, qui promettent d’excellents résul­
tats. M. C... a rétabli l’usine de conserves
de viande fondée autrefois par MM. P. à
Ouaco ; les produits qu’il obtient avec le re­
marquable troupeau de 12000 têtes que nour­
rit la station, sont parfaits et comparables
aux meilleures conserves françaises.
Ouaco est devenu un grand centre indus­
triel ; on y fabrique des conserves, des es­
sences de cassie et autres, et M. C. se propo­
se de ’e développer encore par des cultures
de coton, de maïs, par les pêcheries, l’ex­
ploitation des mines de nickel et de cobalt,
l’établissement de ruchers etc.
2° M. P. a demandé des renseignements
sur l’exploitation des forêts et des pêcheries
au Cambodge.
D’après un intéressant rapport de M.
Guesde, administrateur des services civile,
les forêts du Cambodge seraient très riches
©n essences de toutes sortes et fourniraient
également de nombreux produits industriels,
notamment une variété de gutta désignée
par les indigènes sous le nom de Chor,mais
l’exploitation des forêts se heurte à de telles
difficultés, provenant du manque de commu­
nications et de l’absence de main-d’œuvre,
que les résultats obtenus jusqu’à ce jour ne
sont guère encourageants.
Les pêcheries constituent l’une des princi­
pales ressources de la province ; elles four­
nissent tous les ans plus de 20.000 tonnes de
poissons secs ou salés, représentant une

341

valeur de 2.500.000 francs ; il faut compter
en outre, une consommation de 10.000 ton­
nes environ de poissons frais, consommés
dans le pays ou exportés en Cochin chine.
Cette industrie peut-être appelée à un très
grand développement, car la quantité de
poissons que l’on rencontre à certaines épo­
ques de l’année, dans les grands lacs et dans
les fleuves, est vraiment prodigieuse.Des ca­
pitalistes français auraient intérêt à fournir
aux indigènes les moyens de perfectionner
leur outillage, par trop rudimentaire, et à
installer de petites usines pour la fabrica­
tion de l’huile et de la colle de poisson. Ajou­
tons que les pêcheries ont payé en 1904 au
budget une redevance de 360.000 piastres.
3° M. F., administrateur des services civi­
ls au Cambodge, a indiqué les avantages que
pourraient obtenir des capitalistes français,
en augmentant par une- irrigation ra
tionnelle la surface des terres cultivées dans
la partie inférieure de la vallée du Mékong.
Cette vallée renferme en effet d’immenses
superficies d’une très grande fertilité, qui
restent en partie incultes.
Ces plaines, recouvertes chaque année par
les inondations du fleuve, sont sans cesse
fertilisées par des dépôts de limon.
En saison sèche, les eaux du fleuve sont
très basses et coulent loin de la surface du
sol ; les indigènes ne possèdent pour les ar­
roser que des instruments très primitifs en
bois, qu’il serait nécessaire de remplacer
par des machines élévatoires.
La culture des terres présente, dans cette
partie du Cambodge, de grandes analogies
avec celle des bords du Nil, où la surface
cultivable a été, grâce à de très beaux tra­
vaux, augmentée d’une façon considérable.
Le coton, dont le Cambodge fournit une
quantité très estimée, pourrait être aurù coltivé avec grand avantage, de même le riz,
le maïs, le caoutchouc, etc.
4° M. B;.., a demandé l’importance du
troupeau bovin à Madagascar.
D’après les renseignements officiels, ce
troupeau comprenait au 1er janvier 1908 :
3.706.230 têtes, ainsi réparties :
Région centrale.............
791.722 têtes
« de l’Ouest...........
1.102.106 »
« du Sud................
1.198.683 »
« de l’Est................
613.718 «
La région de Fort-Dauphin est la plus ri­
che en bétail ; elle comprend 600.000 bêtes.
5° M. Grignon, l’heureux propriétaire des
riches mines d’or d’Andavakoera, à Mada­
gascar, a fait connaître que la production du
mois de janvier avait été de 300 kilos d’or
et que l’ouverture prochaine de son usine de
traitement des minerais permettra d’aug­
menter cette production dans une très nota­
ble proportion.

�342

L’EXPANSION COLONIALE

EXTRAITS DE

LA CORRESPONDANCE

M a r tin iq u e . — C e r t i f ic a t d ’o rig in e
des R h u m s

Le Gouverneur de la Martinique, à
Monsieur le Directeur de « l’Expan­
sion Coloniale », Marseille.

Fort-de-France, 27 Février 1909
La Chambre de Commerce de la Martinique,
dans sa séance du 4 février courant, a deman­
dé à l’Administration de faire insérer dans les
principaux journaux coloniaux de la Métro­
pole, l’arrêté en date du 4 août 1908 portant
création d’un certificat spécial d’origine pour
les rhums exportés de la Colonie, ainsi que le
fac-similé de ce certificat.
Ces documents 'que vous trouverez, sous se
pli, ont été créés pour permettre aux acheteurs
métropolitains d’avoir une preuve authentique
du produit qui leur est vendu. Ils sont très ap
préciés en France. Malheureusement leur exis­
tence n’est pas suffisamment répandue, et j’es­
time qu’il y a lieu dans l’intérêt tant du pro­
duit exporté que de l’acheteur métropolitain
de donner de la publicité à ce certificat spécial
d’origine.
En conséquence, j’ai l’honneur de vous
prier, Monsieur le Directeur, de vouloir bien
témoigner votre sollicitude au commerce mar­
tiniquais, en faisant insérer dans votre organe
si répandu l’acte précité du 4 août lo08 ainsi
que le fac-similé qui l’accompagne.
Avec nos remerciements anticipés, je vous
prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’assu­
rance de ma haute considération.
Le Gouverneur,
F. F oureau.

A r r ê t é a u to r is a n t la d é liv ra n c e p a r
la C h a m b r e de C o m m e rc e d ’un c e r t ific a t
s p é c ia l d’o rig in e ( 4 A o û t 1 9 0 8 )

Le Gouverneur P-I. de la Martinique, Offi­
cier de la Légion d’honneur,
Considérant qu’en l’état actuel de la législa­
tion en vigueur tant en France qu’à la Marti­
nique, les certificats d’origine délivrés par le
service de la douane pour permettre l’entrée
en France des produits coloniaux, sont retenus
par le bureau de douane du port de débarque­
ment.
Vu la demande formée par la Chambre de
Commerce de Foirt-de-France tendant à obte­
nir l’autorisation 'de délivrer un certificat spé­
cial d’origine qui accompagne la marchandise
exportée jusqu’à l’acheteur et au consomma­
teur.
Considérant que l’intérêt des producteurs-ex­
portateurs de denrées coloniales commandé
d’accueillir favorablement la demande de la
Chambre de Commerce de Fort-de-France,
Sur la proposition du Secrétaire Général,
Arrête :
Art. l 6r.— La Chambre de Commerce de Fortde-France est autorisée à délivrer à ceux qui en
feront la demande, un certificat spécial d'ori­
gine qui permettra aux exportateurs de den­

rées coloniales de faire suivre leurs produits,
du lieu de production au lieu de destination.
Art. 2 — Ce certificat sur papier timbré, et
extrait d’un registre à souche, coté et parafé
par 1-e -Secrétaire Général, sera délivré moyen­
nant le prix de 1 fr. 50 centimes, qui sera versé
à (La caisse du -Receveur de la Chambre d;e Com­
merce dans les formes réglementaires.
Art. 3.— Le Secrétaire Général est chargé du
présent arrêté qui sera inséré au Journal et au
Bulletin officiels de la Colonie et communiqué
partout où besoin sera. .
Fort-cle-France, le 4 Août 1908.
Signé .■ F o u r e a u
Ajoutons que l’Institut colonial tient à la
disposition des intéressés, dans ses bureaux,
le fac-similé du certificat d’origine.
G u y a n e . — G o m m e de B a la ta

Cayenne, 22 février 1909.
Monsieur le Président de l'Institut colo­
nial Marseillais, Marseille.

Par l’entremise de M. Poulet, agent de la
Compagnie générale Transatlantique à Cayen­
ne, j’ai l’avantage de vous faire parvenir des
échantillons de notre production Guyanaise de
Gutta Balata.
Cette gomme vous est bien connue, puisque
c’est dans vos Annales que parut le rapport
de la mission Guffroy.
C’est malheureusement tout ce que nous
avons ici comme production guttifère.
Nous avons d’autres arbres à lait, en parti­
culier en quantités considérables des coumiers
mais jusqu’à présent, on n’a pas su tirer parti
du lait, qui donne si on le traite comme le bala­
ta une gomme résine, cassante, non marchan­
de. Si nous avions un procédé de dessiccation
donnant une gomme utilisable, ce serait une
vraie richesse pour le pays car il y a des con­
trées peuplées de ces -arbres qui se présentent
beaucoup plus denses que les balatas.
Sur plusieurs points ôn peut rencontrer quel­
ques Hévéas isolés, mais l’exploitation ne peut
en être faite avec profit et la Guyane ne pro­
duit pas de caoutchouc.
Il y a quelques essais de plantation au Ma­
roni sur le domaine de l’Administration Pé­
nitentiaire et chez M. Collomb à l’île Bart ou
Portai ; c’est récent on ne connaîtra les résul­
tats que plus tard d’ici trois ou quatre ans.
Vous voyez que nous sommes pauvres, puis­
que nous n’avons fait cette année que 23.000 kilogs gutta balata, soit environ une valeur de
150.000 francs de gomme.
Je crois que cette gomme avec un séchage
soigné serait plus prisée et mieux payée si ellla
était plus connue.
Je ne puis donc que vous remercier de votre
louable entreprise et suis à votre disposition
pour tous renseignements. Le temps me man­
que actuellement pour terminer un rapport
complet sur ce que l’on peut faire en Guyane
comme gommes industrielles. Je pense pouvoir
vous l’adresser plus tard.
Pour répondre à quelques unes de vos ques­
tions, j-e vous dirai que les régions actuelle­
ment exploitées sont proches de la mer ou des
grandes rivières : les basses Terres du Maroni

�L’EXPANSION COLONIALE
(Administration Pénitentiaire) les Hattes, la li­
gne télégraphique Ouganuba-Gracomba-Kourou présentent de bonnes régions.
Le bassin de la Mana est riche et j’ai exploi­
té une bonne région à 12 murs de canotage. De
divers renseignements il résulte que l'inté­
rieur est très riche en arbres à lait, il est peu
connu sous ce rapport d’une façon certaine.
Je vous remets un petit travail personnel
sur le développement de la production de balata. J’ai produit en 1908 10.000 kilogs et pense
dépasser cette quantité. La production paraît
vouloir se développer, malheureusement nous
n’avons pas de lois, ni d’arrêtés réglementant
la main-d’œuvre, ce qui contribue à paralyser
les efforts.
Je n’ai pas sous la main de photographies.
Je tâcherai de vous les adresser plus tard, avec
quelques spécimens de petits travaux en balata
faits par les forçats, et de plus complets ren­
seignements.
Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations
empressées.
P. L acroix &amp; C°

Coups

C o lo n ia u x

Voici la liste des Cours d’enseignement
colonial qui ont été professés à l’Institut
colonial pendant le mois de mars 1909 :
Lundi 1er mars, à 3 h. 3/4 soir, M. Masson : La
colonnisation française au Tonkin. — A 5
heures soir, Dr J. de Cordemoy : Les soies
asiatiques.
Mardi 2 mars à 3 h. 1/2 soir, Dr. Reynaud : Le
paludisme, ses causes. — A 5' heures soir,
M. Masson : L’empire colonial portugais au
xvie siècle.
Mercredi 3 mars à 3 h. 8/4. soir, M. Babled :
Régime budgétaire et fiscal des colonies fran­
çaises. — A 5 heures soir, M. Jumelle : Myrrhe
et encens ; Les pilantes oléagineuses.
Jeudi 4 mars, à 8 h. 1/2 matin, M. pavin :
Visite des Rizeries méridionales.
Vendredi 5 mars, à 5 heures soir, M. Laurent:
Géologie de l’Algérie. Richesses minérales.
Samedi 6 mars, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud :
Les aliments solides dans les pays chauds.
Lundi 8 mars, à 3 h.3/4 soir, M.Masson : Voies
de communications et commerce du Tonkin. —
A 5, heures soir, Dr J. de Cordemoy : Les soies
d’Extrême-Orient.
Mardi 9 mars, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud :
Le paludisme, prophylaxie. — A 5 heures soir,
M. Masson : L’exploitation des colonies espa­
gnoles au xvie siècle.
Mercredi 10 maxs, à 3 h. 3/4 soir, M. Babled :
Les impôts aux colonies. — A 5 heures soir,
M. Jurqelle : Les plantes oléagineuses ; l’ara­
chide.
Jeudi 11 mars, à 8 h. 1/2 matin, M. Davin :
Visite des Rizeries méridionales.
Vendredi 12 mars, à 5 heures sokr, M. Laurent:
Les vents alizés et les moussons.
Samedi 13 mars, à 3h. 1/2 soir, Dr Reynaud :
L’alimentation dans les pays chauds.
Lundi 15 mars, à 3 h. 3/4 soir, M. Masson :
L’Annam. — A 5 heures soir, Dr J. de Cordemoy:
Production de la soie en Indo-Chine.
Mardi 16 mars, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud :

343

Maladie du sommeil. — A 5 heures soir, M.
Masson : Les premières tentatives coloniales de
la France et de l’Angleterre au xvis siècle.
Mercredi 17 mars, à 3 h. 3/4 soir, M. Babled :
Les impôts aux colonies. — A 5 heures soir,
M. Jumelle : L’Arachide et le Sésame.
Jeudi 18 mars, à 8 h. 1/2 matin, M. Davin :
Visite de la Manufacture des Tabacs.
Vendredi 19 mars, à5heures soir, M.Laurent:
Les cyclones ; - Effet de l’érosion des eaux sur
les terrains.
Samedi 20 mars, à 3h. 1/2 soir, Dr Reynaud :
Boissons alcooliques dans les colonies ; boissons
hygiéniques.
Lundi 22 mars, à 3 h. 3/4 soir, M. Masson :
La Cochinchine. — A 5 heures soir, Dr J. de
Cordemoy : Les sericigènes et les soies à Mada­
gascar.
Mardi 23 mars à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud :
Maladie du sommeil ; ses causes ; sa propaga­
tion ; comment on s’en préserve. — A 5 heures
soir, M. Masson : La colonisation au xvi6 siècle.
Mercredi 24 mars, à 3 h. 3/4 soir,M. Babled :
Les emprunts coloniaux. — A 5 heures soir, M.
Jumelle : Les sésames ; l’huile de coton.
Jeudi 25 mars, à 8 h. 1/2 matin, ( au Parc
Borély), M. Davin : La canne à sucre.
Vendredi 26 mars, à 5 heures soir, M. Laurent:
Effets de l’érosion des eaux sur les terrains.
Samedi 27 mars, à 3h. 1/2 soir, Dr Reynaud :
Les boissons alcooliques et les boissons hygiéni­
ques dans les pays chauds.
Lundi 29 mars à 3 h. 3/4 soir, M. Masson : Le
Cambodge. — A 5 heures soir, Dr Jacob de Cor­
demoy : Les soies coloniales ( suite ).
Mardi 30 mars, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud :
Hygiène coloniale. — A 5 heures soir, M. Mas­
son : Histoire die la colonisation.
Mercredi 31 mars, à 3 h. 3/4 soir, M. Babled :
Législation coloniale. — A 5 heures soir, M.
J mnelle : Produits végétaux des colonies.

MUSÉE COLONIAL
Un nouveau volume des Annales du Musée
colonial de l’Institut vient de paraître, ren­
fermant d’intéressantes études originales
dont voici la liste :
Annales du Musée Colonial de Marseille, fon­
dées en 1893 par M. le professeur docteur
Edouard Heckel et publiées sous sa direction.
Publication subventionnée par le Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône. Seizième année. 2e
série. 6° volume (1908):
1° Esquisse sur la pêche dans la province de
Tuléar, par M. Camille Le Barbier, commis des
services civils à Tuléar, et revue par M. le pro­
fesseur Darboux.
2° Le genre Plectaneia de Madagascer, par
MM. Henri Jumelle et H. Perrier de la Bathie.
3° Contribution à l’étude des Fécules de l’Indo
Chine, par E. Decrock, professeur adjoint à la
Faculté des sciences de Marseille.
4° Notes biologiques sur la végétation du
Nord-Ouest de Madagascar : Les Asclépiadées,
par MM. Henri Jumelle et H. Perrier de la
Ba.thie.
5° Le caoutchouc des herbes au Congo Fran­
çais, par M. A. Baudon, administrateur des
Colonies.

�344

L’EXPANSION COLONIALE

6° Sur quelques plantes à graines grasses
nouvelles ou peu connues des Colonies fran­
çaises et en particulier de Madagascar et sur
l’appareil sécréteur résinifère de quelques Symphonia malgaches, par M. Edouard Heckel.

Le Régime douanier Colonial
CHAMBRE DE COMMERCE DE LA
GUINEE FRANÇAISE
Procès-verbal de la séance du S Avril 1908
au sujet du régime douanier applicable en
Guinée française.
Il est donné lecture de plusieurs documents
émanant du Ministre des Colonies, du Gouver­
neur Général et de l’Union Coloniale, faisant
connaître que la Commission des Douanes de
la Chambre des Députés a entrepris l’étude du
tarif général des Douanes.— Le Ministre pres­
crit une enquête auprès des Chambres de Com­
merce et diverses Assemblées Coloniales, en­
quête qui permettra d’éclairer la Commission
parlementaire des Douanes sur le régime qui
serait le plus favorable au développement éco­
nomique de nos Colonies.
Le Président expose la question et fait res­
sortir les dangers qui existeraient pour la Gui­
née si le tarif métropolitain y é;tait appliqué
comm le demande le groupe protectionniste :
ce serait, dit-il, ]a ruine de notre Colonie qui
se trouve dans des conditions spéciales l’obli­
geant. à conserver son régime douanier actuel
résultant de l’application du décret du 14 avril
1905.
Ce régime, comme le font si bien ressortir les
rapports de Miu.. Milhe-Poutingon, Le Cesne et
Mathon, aux congrès de Marseille et de Bor­
deaux, tout en protégeant dans une large me­
sure l’industrie française, convient en même
temps au groupe des Colonies de l’A. O. F.
La Chambre de Commerce de Conakry parta­
ge entièrement cet avis.
M. de Lahitolle lit le rapport suivant qu’il a
établi et qui sera adressé à M. le Gouverneur,
si la Chambre de Commerce en admet les ter­
mes et conclusions.
Messieurs,
M. le Lieutenant-Gouverneur vous a commu­
niqué la circulaire de M. le Ministre des Colo­
nies prescrivant auprès des diverses Assembleés Coloniales une enquête à l’effet d’éclairer
la commission parlementaire des Douanes qui
a mis à l’étude la révision du tarif général mé­
tropolitain.
Subsidiairement au relèvement des tarifs,
devra se poser la question de l’extension du ta­
rif métropolitain à celles des Colonies qui en
ont été exclues.
C’est cette question subsidiaire qui doit plus
particulièrement retenir votre attention devant
les menées du parti protectionniste qui ne ten­
dent à rien moins qu’à imposer aux indigènes
pauvres 1a. consommation à un prix élevé, et au
bénéfice d’un petit groupe d’industriels riches,
d’objets que ceux-ci voudraient bien condes­
cendre à fabriquer.— On ne se préoccupe nulle­
ment de savoir si l’objet ainsi imposé répondra
aux besoins de l’acheteur, non, on nous dit
« Vous consommerez ce que nous produirons et
c’est là tout... »

Voilà des pays dans lesquels nous venons de
faire naître la paix : l’effroyable mortalité qui,
sous forme de guerres ou d’épidémies, fauchait
annuellement des dizaines de milliers de victi­
mes, fait place à la sécurité d’où naîtra la vie.
Des déserts se peuplent, se défrichent, l’accrois­
sement de la population se constate de la façon
la plus heureuse.— Cependant, grande est en­
core la misère...— Les besoins s’y trouvent li­
mités aux strictes nécessités d’une existence
précaire. Doit-on se borner à laisser végétir
ces peuples dans ce stade inférieur de civilisa­
tion ? N’est-il pas du devoir du civilisateur
leur tuteur naturel, réalisant la mise en vaiî îr
des terres nouvelles, de leur apporter plus de
vie, plus de santé, plus de bien-être ? l.'etfo t
qu’il convient de demander aux énergies endirmies, mais pourtant latentes, de peuplades abbêties par des siècles de misère, sera mince.
Offrons aux désirs de l’indigène des objets ma­
nufacturés de faible valeur en rapport avec l’ef­
fort qu’il peut donner au début, objets de
première nécessité, notamment tout ce qui con­
cerne la nourriture et l’habillement. — Un be­
soin en entraîne un autre, à mesure que la
somme de travail de chacun augmente, la pro­
duction siaccroît, avec elle la demande se fait
plus importante, le courant d’échanges s’éta­
blit, importation et exportation s’enflent, c’est
bientôt la prospérité du pays qui s’affirme.
Nous sommes donc amenés à introduire en
Afrique occidentale française des objets manu­
facturés du meilleur marché possible, et à cet
effet, à éviter soigneusement les charges aggra­
vant le prix de la marchandise, parmi lesquel­
les les droits d’entrée de toute nature.
De là, nous concluons logiquement à l’entrée
en franchise de tout ce qui constitue les articles
de première nécessité (vivres, vêtements, habi­
tation). — Corollairement, nos produits colo­
niaux doivent être exempts de droits de sortie,
de même qu’ils peuvent prétendre entrer en
.franchise au port de destination.
Cette nécessité de fournir du bon marché à
l’indigène s’impose plus que partout ailleurs
en Afrique occidentale française, où notre
groupe de colonies africaines compte un cer­
tain nombre d’enclaves étrangères : Gambie,
Guinée portugaise, Sierra-Leone, Gold Coast,
Togo, etc., qui convergent vers notre hinter­
land et dont les frontières, lignes généralement
conventionnelles, présentent un tel développe­
ment que la surveillance douanière est en fait
rendue impossible.
Les personnes tant soit peu au courant des
choses d’Afrique savent avec quelle facilité les
indigènes accomplissent plusieurs journées de
marche pour atteindre un point où ils bénificieront d’une légère différence de prix.— L’exode
de villages entiers pour de moindres prétextes,
n’est pas chose rare. —■Il y a plusieurs mois,
l’on constatait le passage de plusieurs centai­
nes d’individus de la Mellacorée dans la colo­
nie voisine de Sierra-Leone.— Il n’est pas de
saison où les Foulahs de la région de Kadé ne
passent de chez nous en Guinée portugaise ou
réciproquement. — Enfin, vient de nous parve­
nir la nouvelle que dix mille indigènes du Haut
Saloum ont franchi la frontière de Gambie
pour échapper à la perception des impôts de
capitation que de mauvaises récoltes antérieu­
res leur rend difficile à payer.
(A suivre)

�345

L’EXPANSION COLONIALE

CHRONIQUE
T r a in s de p la is ir c o lo n ia u x .

Nous n’y sommes pas encore, mais ça ne
tardera pas. En attendant l’organisation de
caravanes à prix réduits pour Angkor ou
Tombouctou, c’est Madagascar qui va béné­
ficier d’une initiative intéressante.
Le Comité de Madagascar, secondant les
vues du gouverneur général de l’île, se pro­
pose d’organiser un voyage de vacances à
Madagascar dans des conditions tout à fait
exceptionnelles de bon marché et d’utilisa­
tion du temps. Le voyage, du jour du départ
de Marseille à celui du retour dans ce même
port, durerait onze semaines. Le séjour à Ma­
dagascar serait d’un mois. Les touristes tra­
verseraient toute l’île, de Tamatave à
Majunga avec un séjour de 15 jours à Tananarive, pendant lequel de belles excursions
seraient organisées au lac Itasi, à Antsirabé,
dans le massif de l’Ankaratra. On leur ferait
visiter les tombeaux royaux, les palais, les
exploitations agricoles, une ou plusieurs
exploitations aurifères ; on organiserait en
leur honneur des fêtes indigènes à Tananarive, aux Comores, à Nossi-Bé,à Diégo-Suarez
ainsi qu’une ou plusieurs chasses, dont une
au crocodile, etc.
La modicité du prix indiquera suffisam­
ment que toute idée de spéculation est
étrangère à cette œuvre très intéressante et
très pratique de propagande et de vulgari­
sation.
L’invitation à se mettre en route pour une
telle excursion s’adresse à tous : aux touristes
pour leur procurer des sensations toujours
renouvelées par la diversité des sites traver­
sés, par la variété des peuples entrevus ; aux
jeunes gens pour donner satisfaction à leur
besoin d’étudier et d’apprendre ; aux hom­
mes d’affaires pour leur permettre de se
rendre compte, par eux-mêmes, de ce que
promet à leurs efforts la connaissance d’un
pays neuf dont on a beaucoup dit de mal et
qui réserve certainement pour l’avenir des
surprises à ceux-là mêmes qui, ne l’ayant
jamais exploré, se sont plu à le plus décrier.
L’utilité d’un pareil voyage ressort, à n’en
pas douter, au triple point de vue commer­
cial, industriel et touriste.
Qui n’a pas son billet pour Tananarive ?...
—H—
L e s P . T . T . au d é s e rt.

Tandis que postiers et télégraphistes lâ­
chant leurs guichets et leurs appareils
mettaient la métropole dans le bel embarras
que l’on sait, se doutaient-ils que leurs col­
lègues africains travaillaient avec un redou­
blement d’ardeur à la pose du nouveau fil
algérien qui doit relier bientôt la côte médi­
terranéenne au Niger, à travers l’Adrar et le
Sahara.

•

La pose des poteaux s’est déjà fada jus­
qu’à Beni-Abbès. La ligne n’est toutefois ac­
cessible, de Taghit à Beni-Abbès, qu’aux
seules communications militaires. De ce der­
nier point, le fil gagnera Adrar, puis Bouroum, terminus provisoire.
Les travaux sont cependant difficiles à
conduire et à exécuter dans le désert. Là-bas
tout fait défaut ; le combustible, l’eau même
manquent et le matériel n’arrive que très
lentement aux points où il devra être uti­
lisé.
Dans cette zone stérile, on ne place que
des poteaux en acier creux, dans la crainte
qu’en bois, ils ne soient employés par les
nomades comme moyen de chauffage. Plan­
tés très profondément pour en rendre l'ar­
rachement malaisé, ils portent des fils qui
ont au moins cinq* mètres d’élévation audessus du sol et cela pour que ces fils ne
puissent pas être arraches ou coupés par les
chameaux.
Les frais de ces travaux dans le désert —
sans jeu de mots — sont évalués à deux milions. On a l’intention, paraît-il, de raccor­
der ultérieurement cette ligne avec la
Sénégambie par Tombouctou.
Nous aimerions à connaître l’impression
qu’a dû causer sur les ouvriers télégraphi­
que du Sahara, la nouvelle, si elle est par­
venue au bout du fil, de la désertion de leurs
camarades...
— K l—

L a m is s io n fr a n c o -lib é r ie n n e .

La mission de délimitation de la frontière
franco-libérienne, dirigée par M. le Gouver­
neur Richaud, n’aura pas atteint son but
sans encombre. Alors que ses débuts s’an­
nonçaient comme fort pacifiques, elle a
rencontré une vigoureuse résistance au vil­
lage du N’Zappa où les indigènes, au nom­
bre de plusieurs milliers, s’étaient rassem­
blés et fortifiés. On a dû employer l’artille­
rie et enlever à l’assaut, pied à pied, les ou­
vrages de la défense. Le tata a été pris mais
nous avons à déplorer des pertes relative­
ment sérieuses. Le docteur Marcotte a été
tué. Le commandant Ruef a été blasé griè­
vement d’une flèche dans la tempe, et le ca­
pitaine Lionnel, gravement atteint d’un coup
de feu. De plus, nous avons eu une vingtai­
ne de tirailleurs tués ou blessés.
On sait que M. Richaud, sous les ordres
duquel opère la mission, est notre compatrio­
te, étant le fils de M. Richaud l’un des pre­
miers gouverneurs de l’Indo-Chine, né à
Martigues où le buste de ce pionnier de l’ex­
pansion coloniale s’élève sur une place pu­
blique.
Notre ami Richaud a on le voit de qui te­
nir et le voici en train de ceindre vaillamles lauriers paternels.
A. G.

�346

L’EXPANSION COLONIALE

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
Métropole
Sénégal. — Un décret présidentiel du 11 mars
19U9 autorise l’ouverture des travaux à exécuter
pour la construction des bâtiments des services
du port de commerce de Dakar.
Congo. — Un décret modifie celui du 26 mai
1903, portant organisation du groupement des
forces militaires stationnées aux colonies, en
créant un 6e groupe dit du Congo français.
Madagascar. — Un décret autorise jusqu’au
31 décembre 1909 la perception du droit de
sortie de 2 fr. 50 par tête sur les bovidés expor­
tés hors de la colonie.
Indo-Chine. — Un décret porte rectifications
à l’article premier du décret du 10 octobre 1908,
modifiant les droits d’entrée spéciaux à l’IndoChine. Un autre décret porte rectifications à
l’article premier du décret du 10 octobre 1908,
modifiant les tarifs des droits de sortie spé­
ciaux à l’Indo-Chine.

Colonies
Tunisie. — Par décrets beylicaux du 19 dé­
cembre 1908 et du 26 janvier 1909, deux crédits
de 100.000 francs ont été ouverts pour prêts et
secours aux indigènes nécessiteux. Un autre
décret réglemente la police sanitaire maritime.
Afrique Occidentale. — Un arrêté du Gouver­
neur Général porte organisation des forces de
police locale en Mauritanie. Un autre arrêté
porte réorganisation des circonscriptions ad­
ministratives de la Côte d’ivoire.
Madagascar. — Un arrêté du Gouverneur Gé­
néral réglemente la vente des autruches et des
œufs d’autruches en surnombre au parc de Tuléar, et détermine les régions de la colonie
dans lesquelles l’élevage de cet animal pourra
être effectué par des particuliers.
Indo-Chine. — Un arrêté du Gouverneur Gé­
néral prescrit que le terme Indo-Chine soit écrit
désormais en un seul mot et non en deux mots
réunis, comme jusqu’à ce jour, par un trait
d’union. Un autre arrêté porte réorganisation
du service et du personnel de la circonscription
des mines.
Guyane. — Un arrêté supprime le budget de
la colonisation. — Un autre arrêté crée et ré­
glemente le personnel du service des mines.
Martinique. — Un arrêté autorise un nou­
veau prélèvement de 200.000 francs à la Caisse
de réserve pour les travaux d’assainissement
que se propose d’effectuer la mission de la fiè­
vre jaune.
J. L.

LES INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE

La Société de Géographie et d’études colonia­
les de Marseille a tenu plusieurs séances inté­
ressantes durant le mois de mars. Le 4 mars,
à 9 heures du soir, dans la grande salle de la
Société, rue Noailles, une brillante conférence
avec projections lumineuses a été faite, sous
la présidence de M. le professeur Gaffarel, viceprésident, sur « les Derniers Peaux-Rouges de
l’Amérique du Nord », par Mlle de Harven, mem­
bre de la Société royale de Géographie d’An­
vers.
Le 8 mars, à 9 heures du soir, dans l’amphitheàtre de la Faculté des Sciences, une instruc­
tive conférence avec projections, présidée par
M. le professeur Masson, Président de la sec­
tion coloniale, a été donnée par M. Eugène Gal­
lois, explorateur chargé de missions, sur la
«Turquie d’Asie », vestiges du passé, excursion
en Syrie, l’influence française. La médaille d’ar­
gent a été décernée à M. Gallois à cette occa­
sion.
Une assemblée générale statutaire a été te­
nue le 11 mars, à 3 heures, au siège de la So­
ciété, sous la présidence de M. le professeur
docteur Heckel. Après l’approbation du compte
rendu financier annuel de M. Adrien Fraissinet, trésorier de la Société, une intéressante
conférence intitulée « Excursion au Yunnan »
a été faite par M. le docteur A. Chopard, an­
cien médecm principal de la Compagnie des
chemins de fer-de l’Indo-Chine.
D’autre part; les deux vœux suivants ont été
adoptés par la Société et transmis aux minis­
tres compétents :
I. — « Considérant qu’il y aurait intérêt pour
la Provence à prendre part au mouvement d’é­
tudes sismologiques qui se développe dans les
pays voisins ;
« Considérant que les stations sismographiques les plus proches de Marseille, seconde vil­
le de France et premier port méditerranéen, se
trouvent à Grenoble, à Nice et à Perpignan ;
« La Société de Géographie de Marseille émet
le vœu qu’un sismographe soit établi à Mar­
seille pour l’enregistrement des secousses de
l’écorce terrestre. »
II. — « A l’occasion de l’envoi projeté d’une
Commission de délimitation en Guyane, la So­
ciété de Géographie et d’études coloniales de
Marseille émet le vœu qu’il y soit adjoint une
mission scientifique, pour l’inventaire des res­
sources naturelles du pays et sa reconnaissan­
ce géographique définitive. »
Le 19 mars, à 9 heures du soir, dans la gran­
de salle de la Société, une attrayante conféren­
ce d’actualité, a été faite avec projections, sous
la présidence de M. le professeur Masson, par
M. Francis Mury, o--p!orat'"ir, membre du
Conseil supérieur des Colonies, sur « les Trou­
bles dans les Indes et l’Indo-Chine », les fautes
des Anglais et des Français, les réformes né­
cessaires.
Enfin le 30 mars, dans la salle de la Société
de Géographie, a eu lieu, sous le patronage du
« Club Alpin-Français , » une conférence sur
le Massif de Belledone, avec projections lumi­
neuses, faites par M. le Docteur Boël.

�347

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHE DES PRODUITS COLONIAUX
H V L a i-s e ille

TEXTILES
les 100 k
Raphias de Madagascar. — Tamatave

l r0qualité.............................................. F. 50
Majunga blanc........................................
60
Analalave blanc......................................
55
Tare d'usage,escompte il o/o comptant,
marchandise prise à quai ou magasin
Marseille.
Fibres d’Aloës. — Bourbon 1er choix__
55
Bourbon ordinaire.................................. 40 à 50
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar..........................
80
ESSENCES
le kilo.
De Géranium Bourbonbien tenue........
20
De Vétyver Bourbon............ ...............
26
De Lemon-Grass (Verveine)..................
10
De Ylang-Ylang .................................
300/400
VANILLES
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Entrepôt, escompte 3 o/o
comptant................................................ 23/24
Vanilles ordinaires saines....................... 19 20
»
inférieures » ....................... 16/17
»
Tahiti l re qualité.......................
9
CAFÉ LIBÉRIA
les 50 k.
Madagascar ou Mayotte, entrepôt............. 76/78
CUIRS DE MADAGASCAR
les 100 k.
Majunga 8/10 kilos................................ 118/120
Tamatave » »
110/112
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tamatave rosé,
l*r choix.................... .............. 9.75 à 10 »
Tamatave Guidroa 1er choix........
7.50 7.75
Majunga 1er choix.......................
7.50 7.75
Nossi-Bè......................................
4.75 5.25
Diègo-Suarez 1" choix................. 8.75 9 »
Tulléar......................................... 4 » 7.50
Tonkin rouges 1er choix............... 10.40 10.50
Nouméa, bon courant..................
9.50 10 »
Soudan-Niggers blancs .............
8.75 8.90
Sénégal-Gambie A...................... 8.25 8 30
Oes prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable comptant
consommation.
CIRES D’ABEILLES
Madagascar............................
320 à 322.50
Algérie...............
330 335 »
Tonkin.................................
3£5 330 »

Sénégal................................... F. 325 330 »
Ces prix s’entendent aux
100 kilos, escompte 4 o/o, paya­
ble comptant à tout entrepôt.
GIROFLES de Sainte-Marie (Madagas­
car)...................................... les 100 k. 180 »
Escompte 4 o/o, payable comptant à
tont entrepôt.
(C. Honnorat.)
CAFÉS
Guadeloupe bonifieur__ .. les 100 k. 118 à 123
Guadeloupe habitant__ .................. 111 113
Nouméa......................... _________ 90 115
Bourbon pointu............... .................. 125 135
95
Nouvelles-Hébrides........ ..................
85
Libéria de Madagascar... ..................
80
90
Marchandises à l’entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et Blanc.)
Le

H avre

CAOUTCHOUC Madagascar. -

Tamatave Pinky I..................... F. 8 » à 9 »
»
Pinky II.................... 7 »
8.50
Majunga.......... ......... ...............
6.50
7 »
Farafangana.................... ...........
4.50
6.50
Mananzary................................. 6.75
9 »
Tonkin.......................................... 6 » 11 »
Congo Haut Oubanghi................ 11 50 11.90
N’Djolé.........................................
6.05
6.20
(Le tout au kilog, Le Havre.)
TEXTILES. —Sisal Afrique__ 72» à 75
»
Aloès Réunion.............................. 43 » 45 »
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)
BOIS acajou Gabon...................... 8 » à 14 »
»
»
Okoumi............... .
6.50
7 »
» ébène Gabon..................... 18 » 35 »
»
» Madagascar.............. 20 » 30 »
(Le tout aux 100 kilos.)
le kilo.
CIRES Madagascar............................
3 10
les 100 k.
GOMME Copale Afrique....................
50 à 100
»
Madagascar................ ..... 100 400
(Vaquin et Schweitzer, Le Havre.)
B o r d e a u x

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont

cotées :
Conakry Niggers.................. . .. .
Soudan Niggers rouges........ . ...
Soudan Niggers blancs........ . ...
Lahou Niggers-----•............. . ...
Gambie A."............................ . . . .
Gambie AM........................... ....
Gambie B.............................. . . . .
Bassam Lumps..................... . .. .

10.50 à
1025
9.10
9 »
8 »
7 »
6 »
4.60

10.60
10 50
9.60
9.75
8.10
7.10
6.10
4.71

�348

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

EM PRUNTS COLONIAUX
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
(gar.).............
467 25
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 fr.......... 430 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500........
500 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
(gar.)...................................
79 55
90 50 Madagascar, obi. 2 1/2 (gar.)..
81 45
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
91 50
465 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o, 1899 ................... .'. 474 —
------— obi. .3 o/o 1902./ ...
419 —
480 — Emprunt Algérien, 3 o/o 1902,
obi. r. à 500 t. p.................... 440 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897......................................
974 —
987 50 Yille de Constantine, 3.30 o/o
1895......................................
974 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898........................ 461 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 ...................... 458 —
492 50 Col. de la Martinique............ 470 —
470 — Afrique Occidentale, 3 o/o 1903,
obi. rem. 500 (gar.).............
499 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500.. 523 —
BANQUES COLONIALES
E T ETABLISSEM ENTS FINANCIERS
Divers Cie Algérienne, act. de 500 t. p. 989 —
500 — Créd. Fonc. et Agric. d’A lg.. 490 —
— —
—
lib. 499—
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p .................... •......... 1470 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.)..................
305 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)........................................ 1100 —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) ............................ 705 —
500 — Banque de la Béunion, act. de
500 t. p. (n.).................■...
325 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p nom.)........... 1396 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.). 654 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1207 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...........................
76 50
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ..............................
192 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350................................. 160—
CHEMINS DE FER ALGÉRIENS
E T COLONIAUX
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600.. 690 50
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500. 435 —
500 — Est Algérien, act. r. à 600.... 698 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 435 50
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600.. 663 —
Divors
—
obi. 3 o/o r. à 500 429 50
----- Aïn Thizy-Mascara, obi. 3 o/o
rem. à 500............................
438 —

340 — Mécheria-Aïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500............................
------Mouzbab-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500..........................
330 — Mostaganem-Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...........................
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan, act. 500,
250 fr. nom...........................
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650...............
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500
443 — Chem, de fer et Port de la
Béunion. obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’Etat...................

433 —
433 440 500 —
1100

—

388 437 50

VALEURS MINIÈRES

------Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............................. 1455
—
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500........... ........... .
506 50
500 — Algérie-Tunisie (Omn. ), act.
de 500 t. p............................ 463 —
477 50 Algérie-Tunisie (Omn.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500.............
472 —
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ........................ 421
—
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1607 —
500 —
— act. 500 (400
p., n . ) ........................ 1610
—
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p----- 650 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem. à 500. 507 —
----- Saint-Elie, act. de 500, t. p ...
44 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p.......................
75
—
454 50 Pho'phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.................... 485
—
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p .................... 3595 —
----- Phosp. et Ch. de Gafsa, parts... 3170 —
VALEURS COLONIALES FRANÇAISES
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale............... (actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Af-ique Occi­
dentale............. (actions nouvelles). 2375 —
Cie Marseillaise de Madagascar ..........
500 —
Messageries Fluviales de C o c h in c h in e .-----Atima........................................
100 —
Alimaïenne............................................. 150 —
Congo occidental..................................
150 —
Haut-Congo (Compagnie française du).. 440 —
Haute Sangha........................................ 128 50
Haut-Ogôoué.........................................
550 —
La Kolto................................................ 518 —
Lobay.....................................................
60 —
Messageries Fluviales du Congo.......... 263 —
Sultanats du Haut-Oubangui................
840 —
Sociétés des mines de la Haute Guinée :
act....................................................... 140 —
Compagnie minière de Guinée : act.......
100 —
Compagnie des mines de Siguiri : act. 130 —
Le Président de l’Institut, Gérant :
A d rien A R T A U D .

Imprimerie du “ Sémaphore” Barlatier.—Marseille.
17-19, rue Venture.

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D é p a rts

de M a rs e ille
DATES DES D ÉPA R TS
D E M A R S E IL L E

A lg é r ie
IWpartemi&gt;nts

»

d’Alger et d’Oran Voie de Marseille, C‘"G|0Trans.
»
Transp. Mar.
d’Alger ... .
»
Touache....
.
d’Alger et d’Oran Voie de Port-Vendres....
»
..........
d’Oran..........
Voie deMarseille, CirGieTrans.
»
Transp. Mar.
»
O G1' Trans.
de Constantine.
»
))

»
»
»
»

T u n is ie .

»

)

)

.

Transp. Mar.
Touache...
C^G'0Trans.
Cic Touache.

»
»

»

In d o - C h in e .

Cie des M. M.
Voie de Brindisi, paq. Anglais.

A fr iq u e O c c id e n ta le
F r a n ç a is e

V o i e de B o r d e a u x , Cie des Cliarg. Itéuu.

DE

Lundi, Mercredi, Sam edi .......

Mercredi et Samedi.
Jeudi.....................
Dimanche ............
Vendredi................
Jeudi et Samedi....
Mardi.....................
Mardi.....................
Samedi..................
Dimanche .............
Lundi et Samedi...
Jeudi....................
Lundi et Vendredi..
Mercredi................
Samedi.................
Un dim . sur déni à p. du 6 jan r.
Vendredi ap. il. de Marseille . .

Voie de Marseille, Transp. Mar. 20
»
lo ied e lîo rd e a u i àLisbonne, Ci" des M. M. Le Jeudi, 1. l.d 4 jours à p. du 4 jan r.
»
10 de chaque mois
D jib o u ti, M a d a g a s c a r, Voie de Marseille,
»
))
25
»
R é u n io n e t M a u r ic e
D j ib o u ti, M a ju n g a . . . . |
»
Cil! Havraise. Vers le 2 0 do chaque m ois.
»
Cic des M. M. Un dim. sur quatre à p. du 20 janv.
N o u v e lle -C a lé d o n ie (
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Chaque Vendredi .
e t N o u v e lle s -H é b rid e s ;
Voie de Naples,paq. A llem and.. Tous les 28 jours à' p. du 9 déc.
Voie de Marseille, Cic des M. M. Un Mercredi sur 1 à p. du Ri janr.
In d e F r a n ç a is e ..........
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi ap.-midi.
Voie de St-Nazaire, CicG&gt;" Trans. 9 de chaque mois. .
G u a d e lo u p e
Voie de Bordeaux,
»
26
»
e t M a r tin iq u e
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le M ercr., 1. M 4 jours à p.du id é e .
Voie de St-Nazaire, CinGlc Trans. 9 de chaque mois..
Voie d’Amsterdam, paq. Néerl.. V endr., 1 . 1.44 jours à p . du 44 janr.
G u y a n e F ra n ç a is e ..
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le M ercr., 1 .1.11 jours à p.du déc.
T a h iti
j Voie Le Havre et Cherbourg
par New-York
S t- P ie r r e - M iq u e lo n
k

A lg é r ie :

Alger............................ Lundi, Mardi, M ercr.,V end r., Diiu.
Constantine par Philippeville et Bône.. . . . Mardi, Jeudi, Samedi.
Oran............................ Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.
T u n i s i e ............................ Mercr., Vend., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jours.
In d o -C h in e
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 semaines.
Tous les 28 jours.
N o u v e lle -C a lé d o n ie .
Voie de Brindisi.......
Chaque Samedi.

à

LA B O IT E

DÉPA RTS
DES

BATEAUX

11 h. mat. 1 h. soir..
3 h. 10 soir. 6 h. soir..
3 h. 10 soir. 6 h. soir .
5 h. 20 mat. 6h. 15 mat.
5 h.20 mat. 6h. 15 mat.
3 h. 10 soir. 5 h. soir..
3 h. 10 soir. 5 h. soir..
3 h. 10 soir. 5 h. soir..
10 h .30 m midi ......
10 h. 30 m. m idi....
3 h. 10 soir. 6 h. soir..
10 h. 30 m . midi ......
10 h . 30 m. midi........
11 h. mat 1 h. soir..
3 h. 10 soir. 7 h soir..
10 h. mat. 11 h. mat...
10 h. soir.
—

24 de chaque mois. 6 h 20 soir.

S é n é g a l.. ......................

A r riv é e s

D E R N IÈ R E L E V É E

—

10 h 30 m.
6 h. 20 soir.
10 h. mat.
10 h. mat.
mat. ou soir
10 h. mat
10 h. soir.

midi........

l’a i.-ie ille R M i.s .

—

—

11 h. mat..
11 h. mat..
—

11 h. mat..
11 h. 36 s.

10 h. mat. 11 h. mat.
—
10 h. soir.
l’avanl-ycille soir.

—

»

—

»

—

»

—

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—

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M a rs e ille
R é u n io n , M adagas­
c a r e t D j ib o u t i. .
G u a d e lo u p e , M a r t in i­
q u e, G u y a n e :

Voie
Voie
Voie
Voie

de Saint-Nazaire .
de Bordeaux.......
d’Angleterre __
de Marseille __

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les 11 jouis.
Vers le 13 de ch. mois

A fr iq u e O c c id e n ta le :

Voie de Bordeaux.......
Voie de Liverpool......

Tous les 14 jours.
Em iron toutes les 2 semaines.

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2° Son s e rv ic e spécial des C o ffre s -F o rts lui permettant de mettre à la
disposition de sa clientèle, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-torts F i c h e t à l’abri des risques de vol eL d’incendie.
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et sur documents, consignations, etc., etc.

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P h otograp h ie des C élébrités contem poraines
et de la haute Société Française et Etrangère
IMP. DU S EM APH O R E -

B A R LA T IE R -

M AR SE ILLE

15 -4 7

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
—-

EXTRAITS

"

----------

DES

A r t . 2.
Cette association a pour but l’étude, la dé­
fense et le développement des intérêts généraux
de la colonisation française et spécialement
l'extension des rapports de la région marseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notamment de re­
cueillir et de centraliser tous documents et ren­
seignements utiles, de rechercher les principe.;
à observer, les méthodes à appliquer, d’exami­
ner et de provoquer toute mesure d’ordre légis­
latif, administratif ou économique qui lui pa­
raîtrait de nature à favoriser les intérêts que
mettent en jeu les rapports de la métropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’Institut colonial Marseillais comprend
deux catégories de membres.
La première catégorie est celle des membres
titulaires et comprend :
Les membres de droit ;
Les membres sociétaires fondateurs ;
Les membres donateurs ;
Les membres adhérents.

Les membres de droit sont les délégués de la
Chambre de Commerce de Marseille, dont le
nombre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les membres sociétaires fondateurs et dona­
teurs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œuvre de l’Institut colonial,
iui donnent un concours financier important.
La deuxième catégorie est celle des membres
correspondants ; ceux-ci sont agréés par le Con­

S ervices de l'Institut :

llez-dc-Chaussée : Musée Commercial.

Salle des Cours Coloniaux.
1er étagé : Musée Colonial.
3me étage : Secrétariat général et Bureaux de
l’Institut, Bureau de Renseignements.
Rédaction de T « Expansion Coloniale ».
Cours coloniaux :

Directeur : M. le Dr H e c k e l .
Produits végétaux coloniaux.
M. H . J u m e l l e .

Produits animaux et parasitologie des plantes
et des animaux.
M. J a c o b de Cor d em o y .
Minéralogie et Géologie coloniales.
M. !.. L a u r e n t .

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontanément, soit
sur sa demande, tous renseignements de nature
à seconder l’œuvre coloniale de l’Institut.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire partie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa demande au Président.
La demande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le Pre­
sident soumet la demande, au Conseil, qui l'exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a­
vance et acquises à la Société, en cas de démis­
sion en cours d’exercice.
Toute démission devra être adressée au Pré­
sident par écrit.
Le non paiement de la cotisation, pendant
deux années consécutives, entraîne de droit la
radiation.
Pour être membre sociétaire fondateur, il
faut payer •
1° Un droit d’admission de 1.000 francs au
minimum ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
minimum.
Pour être membre donateur il faut payer :
1° Un droit d’admission de 500 francs au mi­
nimum ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
minimum.
Pour être membre adhérent, il faut payer une
cotisation annuelle de 30 francs au minimum.

Histoire et Géographie Coloniales.
M. P . M a sson .

Législation et Économie Coloniales.
M. H . B ab led .

Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R e y n a u d .-

Cultures coloniales. — Jardin colonial.
M. V. Davin.

| M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
i collaboration des professeurs des Cours Coloj niaux, les « Annales de l’Institut Colonial de
j Marseille ».
Institutions con n exes :

2rae étage : Société de Géographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l'Alliance Française.
3me étage : Syndicat des Exportateurs.

Com ité d e r é d a c tio n d e « l’E x p a n s io n C o lo n ia le »
MM. Ad. F ouque , Président de la Commission d u Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Yt ie r , Vice-Président : Jacques L éo tard , Secrétaire ; Paul Ma sson , Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. E. M oriceau , Secrétaire général de l’Institut.—
M. Auguste Gir y , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

M arseille. — Im p rim e rie û u S ém aphore, B a h l a t ie b . r u e V en tu re, 17-19.

_____

�SAVON
&lt;6

BONNE MÈRE

!M P . DU S E M A P H O R E .- B A R L A T IE R - M A R S E IL L E -

9 9

�3»ie Année. — Nü 18

1 M'ai 1909

Le Numéro : SO centimes

LEÎPAISIOIGOLOIIALE
B U L L E T U sT

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
P A R A IS S A N T

LE

S O
Assemblée générale
31 Mars 1909.

de l’Institut colonial,

1er

M

M

le

Exposé du Secrétaire g é n é r a l.....................
Discours de M. A rtaud , président . . . .
Rapport de M. le Docteur Heckel .
. .

349
350
356

Institut colonial marseillais.
Musée c o m m e r c ia l......................................

ABONNEMENT

:

F

rance

357

DE

A I R

Rue Noailles,

5 —

M O IS

"

E

Deuxième Journée m aritim e........................
Bureau de Renseignem ents.........................
Le Régime douanier colonial ...............................
Marché des produits coloniaux ...........................
Marché des valeurs coloniales ............................
Services postaux Marseille-Colonies....................

C o l o n ie s ,

et

CHAQUE

6

francs

;

É trang er,

Tél éphone 3 6 - 9 0

MARSEI LLE

8

francs.

358
359
361
362
363
364

�IN S T IT U T

C O L O N IA L

M A R S E IL L A IS

Fondé sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
Présidents d'honneur :

MM.
Le Gouverneur
Le Gouverneur
Le Gouverneur
Française.
Le Gouverneur

MM.
général de l’Algérie.
général de l’Indo-Chine.
général de l’Afrique Occidentale
général

de Madagascar.

Le Résident général de la République Française

à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XVe Corps
d’armée.

Le
Le
Le
Le
Le

P réfet des Bouches-du-Rhône.
Maire de Marseille.
P résident du Conseil général.
R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Doyen de la Faculté des Sciences.
Féraud, Augustin, Président honoraire de

Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général
l’Exposition Coloniale de Marseille- 1906.

la
de

Membres fondateurs :

MM.

A rmand , Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — B ergassè. H. et C". — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — CharlesRoux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.

— Compagnie Française de l’Afrique -Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit L yon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

; Desbief, Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — D üfay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay , Gigandet
et C". — Gavoty , Charles. — Heckel, Edouard (D),

Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — So­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — Société Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — Société Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — Société
Générale pour favoriser 1e développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

Membres donateurs :

MM.
J.-B. et A. A rtaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger, C. — Chabrières , Morel et C". — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation ;Fr a i =sinet &amp; C ). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprièn Fabp.e &amp; C1*. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils. — Estrine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraijd, Augustin, Président, honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailh at , H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon , Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C”. — N. P aquet &amp; C”. —
J. et A. P avin de L afarge. — Ra s tit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de La Chambre de Com­
merce. — Rodiügues-El y , Amédée. — Société « la
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
UssLaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropui.o et
Zarifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief, Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.
M. Estrine , Lucien, Président de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Bart.atier . Paul, Directeur du
Président : M. A rtaud , Adrien, Membre-Secrétaire
Sémaphore ; F ocque, Adolphe, Président hono­
de la Chambre de Commerce.
raire du Syndicat d’initiative de Provence.
Vice-Présidents : MM. le D’ Heckel , DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président
Trésorier : M. A llemand , I., Membre de la Cham­
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
bre de Commerce.
Chef du Service Colonial : le C” A rmand ,
Trésorier-Aajoint : M. L aplane , J.. DirecteurAlbert, premier Vice-Président de la Chambre
Adjoint du Comptoir National d’Escompte de
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
Paris à Marseille.
lais de la Marine Marchande : Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Membres :

MM.

MM.

A llest , J. (D’i. Administrateur-Délégué de la Com­

Martin -Laval , F., Vice-Président du Svndicat des

Arnaud Lucien, Minotier.
Bf.rgasse, Alexandre, Négociant.
Besson. L.. Directeur de la Compagnie Marseil­

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

pagnie Générale Transatlantique.

laise de ■Madagascar.

Blanc, E.. Directeur de l’Exploitation de la Com­

pagnie des Messageries Maritimes.

Rourdillon , à ., Armateur.

Rry, G., Doven de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufay , H., Ancien Vice-Président de la Ch-de ComDufour, Antonln, N-égoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
F sttf.r . Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône,
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
Jacquemet, Louis, Président du Svndicat des
Négociants en cafés.
Joannon. A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
Jourdan . Félix. Juge au Tribunal de Commerce.
K ah n , Membre de la Chambre de Commerce.
L éotard, Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géogranhie.
L ombard . Emile, Vice-Président de la Ch.de Com-

Exportateurs.

titut colonial.
R a s tit , Henri. Industriel.
R astoin , Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
R odrigtjes-Ely , Amédée, Ancien Membre de la
• Chambre de Commerce.
Roux. François (De), Ju°e au Tribunal de Com­
merce.
T urcat , H., Membre de la Chambre de Commerce.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub, Léonce, Négociant.
Velten , Edouard. Ancien Membre de la Cham­
bre de Commerce.
Y tier , Louis, Vice-Président au Syndicat des
Exportateurs.
Za r if i , Périclès. Banquier.
L évy , Clément, V’ Adjoint au Maire de Marseille.
Deltbes, J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi. Clément. Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire Général : E. M oriceau , Administrateur
en chef des Colonies en retraite.

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L ’IN S T IT U T C O LO N IAL M A R S E IL L A IS ,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3me étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
1TNSTTTUT C O LO N IAL M A R S E IL L A IS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

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�N° i8

Troisième Année.

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1er Mai 1909.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DE

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
3 1 M a rs 19 0 9

L ’Assemblée générale statutaire des mem­
bres de l ’Institut Colonial Marseillais s’est
réunie le 31 mars, à 2 heures de l ’après-midi,
dans la salle du Conseil d’administration,,
sous la présidence de M. Adrien Artaud.
Président de l’Institut, assisté de MM.
Heekel et Ponsinet, Vice-Présidents ; Barlatier et Fouque, Secrétaires ; Laplane, Tréso­
rier. De nombreux membres étaient pré­
sents.
M. le Président annonce qu’il a reçu 88
pouvoirs et constate que l’Assamblé.e est ain­
si en nombre pour délibérer valablement.
Le procès-verbal de la dernière Assemblée
générale est lu et approuvé.
Le Président donne la parole à M. M on ­
ceau, Secrétaire général, pour porter à la
connaissance de l’Assemblée le détail des tra­
vaux faits à l’Institut au cours de l ’exercice
écoulé et les questions mises à l’ordre du
jour :
Exposé du Secrétaire général
Messieurs,
M. le Président a bien voulu m’autoriser à
vous exposer en peu de mots, les travaux faits
au Secrétariat général et à vous faire connaî­
tre le détail de l’ordre du jour de notre Assem­
blée générale.
A l’origine, l’Institut colonial Marseillais
comptait 201 membres dont:
18 membres fondateurs
23
»
donateurs
170
»
adhérents
Il en compte à ce jour 327 dont :
21 membres fondateurs
30
»
donateurs
276
»
adhérents
Il faut espérer que ce mouvement ascension­
nel se continuera et qu’au fur et à mesure que
l’on appréciera mieux en France et aux colo­
nies, les services que peut rendre l’Institut, le
nombre de nos membres atteindra un chiffre
beaucoup plus élevé.
L ’année dernière, une Exposition des corps
gras avait attiré l’attention sur l’extrême im­
portance de nos colonies, au point de vue de la
production des matières oléagineuses ; cette
année, l’Exposition de caoutchoucs et guttas
que l’Instnut organisera pendant la période des
vacances, prouvera également à nos commer­

çants et à nos industriels que nos colonies sont
en mesure de participer pour une forte part, à
leur approvisionnement en oes matières.
Les Expositions successives des produits co­
loniaux que l’Institut se propose de faire cha­
que année , ne peuvent manquer de montrer à
tous le souci qu’il apporte à faire connaître,
soit au public métropolitain, soit aux habitants
de nos Colonies, toutes les ressources de nos
établissements et à développer ainsi, suivant
la pensée de notre éminent fondateur, les rela­
tions commerciales entre Marseille et nos colo­
nies.
Votre Musée commercial est destiné à mettre
sous les yeux des visiteurs les marchandises
et objets d’échange les plus intéresants et
contribue ainsi pour une large part à assurer
le développement de ces affaires.
Le Bureau de Renseignements répond à
toutes les demandes qui lui sont faites sur les
affaires coloniales les plus diverses. Il a reçu
depuis le 6 mai 1907 jusqu’à ce jour, sans comp­
ter les très nombreuses personnes en quête
d’un emploi aux colonies, 453 visiteurs qui ont
demandé et obtenu des renseignements sur les
questions les plus variées. Il faut noter qu’un
nombre assez important d’étrangers se trouve
compris dans le chiffre ci-dessus et que les
Consuls de plusieurs puissances ont également
eu recours au bureau.
Le service de la correspondance est considé­
rable : il a été reçu 1551 lettres et l’Institut en
a expédié 3035, c’est la preuve d’une activité
double de celle de nos correspondants. Dans lé
chiffre des correspondances expédiées, ne se
trouve pas compris celui des avis d’adjudica­
tion, des convocations et autres lettres peu im­
portantes.
L ’accueil fait à tous a toujours été empreint
de la plus grande complaisance ; l’Institut a re­
çu tous ses visiteurs avec une extrême bienveil­
lance et n’a. manqué aucune occasion de té­
moigner son intérêt à tous ceux qui se sont
adressés à lui.
Au nombre des grandes questions dont l’Ins­
titut s’ëst plus particulièrement occupé dans
l’intérêt des colonies et dans celui de la mé­
tropole, il faut citer : 1° la recherche des fibres
indigènes pouvant remplacer les textiles que
nous achetons à l’étranger ; 2° la recherche des
matières premières propres à la fabrication de
la pâte à papier ; 3° les moyens de développer
dans nos colonies, la culture du caoutchouc,
celle de divers textiles, ramie, coton, sizal,etc.
Si nos efforts sont couronnés de succès, le
commerce de la métropole avec nos établisse­
ments augmentera dans des proportions consi­
dérables, car l’indigène enrichi deviendra un
client important, et les négociants des colonies
feront avec iui des transactions plus nombreu­
ses, notre marine marchande trouvera un élémentde fret des plus intéressants, et la riches­
se publique s’en accroîtra rapidement.

�350

L ’EXPANSION COLONIALE

C’est un axiome dont l’Institut s’est toujours
inspiré, que les colonies riches font les métro­
poles riches : anssi faut-il souhaiter que l’Ins­
titut Colonial Marseillais soit suivi dans la
voie qu’il ouvre à l’avenir de nos possessions,
et que les encouragements des pouvoirs publics,
des Assemblées locales, des commerçants, des
industriels français, des colonies, lui permet­
tront de remplir sa grande tâche, au mieux des
intérêts bien compris de notre vieux pays.
Messieurs, l’ordre du jour porte votre confir­
mation, conformément à l’article 7 des statuts,
des nominations faites, au cours de 1908, de
membres nommés par le Conseil d’Administration, celles de MM. Lombard, Martin-Laval,
Velten, Clément Lévy et Rastoin.
Il porte aussi la confirmation du titre de Pré­
sident honoraire, décerné à l’unanimité, dans
la séance du 19 novembre 1908, par le Conseil
d’Administration, à M. Paul uesbiei, notre
fondateur.
L ’article 8 des statuts stipule que l’honorariat n’est accordé qu’au bout de quatre ans,
mais notre Président vous dira que ce titre
n’est qu’un légitime hommage rendu à l’homme
de cœur et d’action qui a conçu la pensée de
l’Institut Colonial Marseillais et qui l’a mise
à exécution. Il vous dira que dans cette cir­
constance exceptionnelle, il s’impose de s ins­
pirer plus de l’esprit des statuts que de leur
lettre.

La ratification des nominations de M.
Paul Desbief. Président fondateur de l’Ins­
titut Colonial Marseillais, comme Président
honoraire ; et de MM. Martin-Laval, Lom­
bard, Rastoin, Velten, Clément Lévy, com­
me membres du Conseil d’Administration,
est agréée par l ’unanimité des membres pré­
sents.
M. le Président est heureux! de rappeler le
don généreux fait à l’Institut par M. J.
Charles-Roux de la somme de fr. 3.572,15,
reliquat de la souscription si rapidement et
si abondamment couverte pour lui offrir un
souvenir à l’occasion de l’Exposition Colo­
niale de 1906. L'Assemblée applaudit à cette
communication et enregistre avec plaisir le
don de M. Charles Ronx. Le Président est
heureux de saisir une occasion nouvelle de
remercier chaleureusement l’un de nos plus
éminents Présidents d’Honneu-r.
M. le Président prend ensuite la parole
pour le compte rendu matériel et moral sta­
tutaire de l ’exercice écoulé, qui comprend les
diverses questions concernant la gestion et
l ’avenir de l ’Institut :
R A P P O R T de M . Adrien A R T A UB, président,
au nom du Conseil d’administration.
Messieurs,
Aux termes de l’article 13 des statuts, nous
vous avons convoqués en Assemblée générale
annuelle et j ’ai à vous rendre compte de la si­
tuation matérielle et morale de l ’Institut. Je le
ferai die mon mieux, bien que mes fonctions
soient très nouvelles pour moi et que je me sen­
te par suite peu qualifié pour la mission qui
m’échoit. Cependant, fidèle observateur des rè­
glements, je ferai de mon mieux car ces sortes

d’examens de conscience annuels sont de la
plus haute utilité.
Je dois commencer celui-ci par un nouvel
hommage de nos profonds regrets adressé à la
mémoire de notre Vice-Président fondateur M.
Ernest Delibes, enlevé au début de l’exercice,
huit jours après la dernière assemblée générale,
à notre respectueuse affection. Près d’une année
entière s’est écoulée depuis sa mort et la place
laissée vacante par cç grand homme de bien
dans tous les groupements où s’exerçait son in­
lassable activité est à peine remplie. Son sou­
venir restera éternellement parmi mous.
Nous venons de clôturer une période i celle de
la fondation ; et d’en ouvrir une autre : celle de
la vie normale et courante. Examinons la pé­
riode clôturée, elle en vaut la peine et mérite
que l’Institut s’en glorifie, dans la personne
des premiers ouvriers de l’œuvre et particuliè­
rement die son éminent Président-Fondateur
M. Paul Desbief.
De quoi s’agissait-il au début. Messieurs ?
Nous avions un Institut Colonial ; Monsieur le
Docteur Heckel, avec l’autorisation de M. le
Sous-Secrétaire d’Etat aux Colonies, — nos pos­
sessions n’ùvaient pas encore de ministre à elle
— et le concours de la Faculté des Sciences et
du Département des Colonies, puis avec celui
de la Chambre de Commerce avait créé un Ins­
titut botanico-géologique et un Musée Colonial,
celui du Boulevard des Dames, auxquels
avaient été joints le Jardin Colonial et les Cours
professés à la Chambre de Commerce. La So­
ciété de Géographie était Société d’Etudes
Coloniales, le Syndicat des Exportateurs exis­
tait, la Société pour la Défense diu Commerce
accordait une large part de sa sollicitude aux
intérêts engagés dans notre domaine d’outre­
mer. De tout cela, de la poussée déterminée par
l ’effort de tou-s était née l’Exposition Coloniale,
glorieux épanouissement d’une idée qui n’a be­
soin que d’être mieux connue pour entraîner
toutes les adhésions.
Qu’allait-on faire au lendemain de l’Exposi­
tion Coloniale ? Les Elèves devaient-ils repren­
dre l'ascension de la petite salle dlu palais de la
Bourse ? Le Musée Colonial rester d-ans un im­
meuble à désaffectation prochaine et l’œuvre
coloniale de la Société dp Géographie et du
Syndicat des Exportateurs se poursuivre, isolé­
ment, au mieux des efforts d'e chacun ? ou bien
fallait-il profiter de l’élan donné pour unir tou­
tes ces œuvres, pour les grouper, en plein cœur
de\la Ville, dans un immeuble vaste et merveil­
leusement placé, die façon à tirer de tous ces or­
ganismes leur rendement maximum en y ajou­
tant un Musée commercial, exposition perma­
nente des produits échangés entre les Colonies
et 1a, Métropole et un Bureau de renseigne­
ments vulgarisant toutes les notions colonia­
les et -permettant de faire du premier venu, du
passant, un appelé colonial et, si ses disposi­
tions y répondent, un élu ? C’est affirmative­
ment qu’a répondu M. Paul Desbief et il
s’est mis résolument à l’œuvre de propagande
constante en faveur de l’idée coloniale, de pé­
nétration mutuelle de nos Colonies et de la Mé­
tropole. qu’il s’agissait de réaliser.
Le moyen matériel, c’est-à-dire le local dans
lequel on réunirait ces institutions était plus
que difficile à trouver. Rappelez vos souvenirs,

�L ’EXPANSION

COLONIALE

351

Messieurs, et voyez si, depuis trente ans, un im­ pour faire de la propagande à l’idée coloniale
il fallait, à Marseille, la faire en pleine route
meuble se prêtant comme celui de l’ancienne
des Indes, comme Méry appelait la Cannebière
Maison Dorée à donner à l’Institut Colonial son
depuis lors prolongée vers l’intérieur du pays.
maximum d’efficacité s’est présenté ? Pas un
Est-ce que le Crédit Lyonnais n’a pas eu rai­
qui ait pu nous être offert dans son intégralité,
c’est-à-dire sans un café au bas et au prix de lo­ son de s’installer à Paris en plein Boulevard
des Italiens, est-ce que la valeur de son immeu­
cation qui a été consenti à notre fondateur.
ble est une valeur morte ? Est-ce qu’elle ne lui
Il a justement considéré comme la première
condition de réorganisation de l’Institut Colo­ vaut pas en rayonnement ce qu’il dépense de
nial, de lui assurer un pareil local, et avec l’es­ plus en argent par rapport à une installation
prit de décision qui le caractérise, il n’a pas hé­ plus écartée ? A Marseille, le Comptoir National
d’Escompte n’a-t-il pas estimé insuffisamment
sité à se faire concéder, pour la période de ges­
centrale la position qu’il occupe Place Sainttation, une promesse de bail qui, en cas de non
réalisation, eut laissé à sa charge personnelle, .Ferréol pour le dispenser d’avoir un bureau
Rue Noailles ? La Société Générale n’a-t-elle
une somme importante.
Messieurs, c’est une question qui a été sou­ pas quitté la rue Grignan pour venir presque
en face de l’emplacement que nous occupons ?
vent agitée parmi nous dans ces temps derniers
Les commerçants particuliers n’affrontent-ils
que la charge annuelle représentée par notre lo­
pas le risque de gros loyers sur la Cannebière
yer de Quarante Mille francs. N ’est-elle pas
et n’y ont-ils pas avantage ? Il en est de même
trop considérable ? N ’est-elle pas écrasante ? Le
pour nous. Messieurs, et ici je m’inspire encore
sentiment de prudence qui vous anime est des
d’une maxime que j ’ai souvent entendue déve­
plus louables mais perinettez-moi de répondre
lopper à notre cher président-fondateur : L'ef­
en toute franchise aux appréhensions qu’il peut
fort inutile est haïssable, faites ce qu’il faut ou
dicter.
ne faites rien du tout, et si l ’Institut devait
Il y a des immeubles pour lesquels une rede­
chercher pour y faire la propagande coloniale
vance de dix à quinze mille francs est une char­
un quartier tant soit peu écarté il vaudrait
ge plus lourde qu’un loyer de quarante mille
mieux pour lui que son abdication fût totale
francs sur la Rue Noailles ou la Cannebière.
et qu’il disparut ! Tous ceux qui le composent
Certes Monsieur Desbief ne pensait pas le
ont die nombreux buts à leur activité et il vau­
moins dp monde à faire u/ne spéculation immo­
drait mieux qu’il la leur réservassent entière.
bilière le jour où il a acquis la promesse de bail
Mais, Messieurs, après avoir rendu justice
qui nous vaut ce local unique, mais ce côté ma­
au chef, il faut apprécier, pour en tirer un
tériel de la question n’a ,pas été oublié par
exemple, les mérites de ses collaborateurs pen­
l’éminent administrateur qu’est notre ancien
dant la période de fondation.
Président et il se trouve que le bail de l’Insti­
En quelques jours les marchands de Marseil­
tut Colonial n’est une charge que tant que nous
le comme l’es a appelés l’un des plus généreux
lie voudrons bien ; et que, demain, si nous re­
et l’un des moins marchands parmi ceux pour
nonçons à l’idée maîtresse à laquelle je ne sau­
qui il revendiquait ce titre, ont réuni une som­
rais trop vous recommander de maintenir votre
me de 66.600 francs de dons indépendante des
approbation,idée maîtresse qui nous a fait nous
dons à redevances et l’ont généreusement af­
installer ici, cette location constituera non pas
fectée aux réparations que nécessitait l’immeu­
une charge mars une ressource. Nous n’avions
ble pour le mettre en état de répondre à sa nou­
pas encore commencé les réparations qu’une
velle destination.
proposition nous était faite de passer la main
Tout cela, Messieurs, ne sera pas perdu. Il
pour notre bail avec un bénéfice de dix mille
est impossible que l’Etat, que le Département,
francs par an pour son entière durée de vingt
que les Collectivités, que les Colonies n’appréquatre ans. Depuis la proposition s’est renouve­ ' cient pas la coopération qu’ils doivent à notre
lée et chaque fois plutôt avec une perspective
œuvre.
d’augmentation de la prime annuelle. Allons
En premier lieu notre Chambre de Commer­
jusqu’au bout de ce détail matériel ; la valeur
ce subventionne à concurrence de fr. 25.750
locative des immeubles de la rue Saint-Ferréol,
pour les professeurs ; et l'Institut Colonial, à
qui, seule, pourrait être mise en parallèle avec
concurrence de fr. 10.000. — pour le local et
notre grande artère Cannebière-Noailles. perd
les frais d’administration, un enseignement qui
tous les jours paraît-il et la dernière gagne
devrait être tout entier à la charge de l’Etat.
constamment ; nous détenons sur cette voie un
Certes, il est intéressant pour ...arseille qu’il
immeuble unique, très visé, et nous pouvons
y existe un centre d’études tel que celui des
être tranquilles au point de vue des charges
Cours coloniaux, mais cependant n'apparqu’il représente. Un immeuble de quinze mille
tient-il pas éminemment à l’Etat de distribuer
francs de loyer pour lequel on ne trouverait pas
l’enseignement, surtout l’enseignement supé­
de sous-locataires en cas d’abandon serait bien
rieur et surtout l’enseignement sur des matières
plus onéreux qu’un immeuble de quarante mil­ lointaines, comme les produits végétaux, ani­
le francs de loyer qui serait disputé à cinquan­ maux et minéraux des colonies, sur l’histoire,
te et plus.
la géographie et la législation de nos posses­
Mais ici la question se pose : Si ce bénéfice
sions ? L ’hygiène et les cultures coloniales ne
est réalisable, pourquoi ne pas le prendre ?
relèvent-elles pas immédiatement de ses préoc­
cupations ? Cependant nous ne demandons rien
Mais, Messieurs, pour être fidèle à l’ildée qui
à l’Etat pour cette dépense annuelle de trentenous l’a fait abandonner le premier jour où il
cinq mille francs qui ne pourra pas être com­
nous a été offert, à 1idée qui a conduit notre
fondateur à se procurer la disposition d’un im­ plète sans atteindre un chiffre de cinquante
mille francs ; car il y a pas mal encore de ma­
meuble en pleine rue Noailles avant d’aborder
tières à étudier et par suite de cours à créer.
la réorganisation de l’Institut Colonial, estimant
Mais nos autres services, notre bureau de
que l’une ne pouvait pas aller sans l’autre et que

�352

L ’EXPANSION

renseignements qui fonctionne constamment,
qui renseigne tous les intéressés coloniaux ou
métropolitains sur les sujets s’imposant mo­
mentanément à leurs préoccupations ; notre
Expansion Coloniale, qui est le renseignement
écrit adressé à tous nos adhérents, qui dans le
premier article reprend souvent pour le vulga­
riser, un cours professé devant un auditoire
forcément restreint, qui, par les correspondan­
ces, établit un interéchange colonial très inté­
ressant de communications, ne sont-ils pas
aussi intéressants pour l’Etat ? Il est facile
d’en mesurer l’utilité aux nombreuses repro­
ductions, avec ou sans citation de la source, qui
sont faites de nos articles, renseignements et
correspondances. On voit bien par là l’utime
de notre œuvre pour le grand public et cette
utilité serait sensiblement moins grande si nous
n’avions pas notre large façade sur la rue
Noailles, si nous n’étions pas en constant con­
tact avec le public : notre loyer est fonction
des services que nous rendons.
Si nous le retranchons de notre budget avec
les sommes qu’il entraîne : nettoiement, assuiances, contribution, téléphone, éclairage et
chauffage, concierge, gardien, il reste nien peu
de chose, fr. 12.000 environ pour le personnel,
les frais de bureau, imprimés, etc....
Il ne faut pas se dissimuler que nous sommes
à cet égard les prisonniers d’un budget bien
étroit. Notre Secrétaire-Général M. ivioriceau
répond par des prodiges de dévouement aux
exigences de son mandat ; notré employé M.
Vallon se multiplie ; mais vraiment il n’est pas
juste de la part des intérêts en cause d’exiger
qu’on dépasse à leur service -la mesure ordi­
naire des travaux et ce n’est pas avantageux,
car un personnel nombreux permettrait d’a­
border beaucoup de choses qu’il faut laisser de
coté à cause de la faiblesse numérique de notre
personnel et malgré son dévouement.
Si nous disposions de cinquante mille francs
de plus par an, nous rendrions à la cause colo­
niale des services dont la valeur annuelle se­
rait de beaucoup supérieure à cette somme ;
mais en attendant ces recettes, il est stricte­
ment nécessaire que nos ressources courantes
s’augmentent de vingt mille francs. Nous ver­
rons plus loin, en examinant notre budget, ce
que nous espérons comme recettes supplémen­
taires ; mais il ne s’agit là que de petites som­
mes nous permettant de conserver nos réser­
ves et de parer à l’équilibre un peii précaire de
notre budget, et les vraies ressources doivent
nous venir de contributions de l’Etat, du Dépar­
tement et des Colonies.
L ’Etat, à qui nous payons des contributions,
que nous allégeons de soins d’enseignement et
de propagande qui lui incombent incontesta­
blement, devrait nous subventionner. Il a crée
à Paris un Office Colonial, cet office n’appellet-il pas pour sa propagande une succursale
dans la Métropole coloniale, où circulent an­
nuellement plus de métropolitains se rendant
aux Colonies, ou susceptibles de s’y rendre, et
de coloniaux allant ou venant que dans la ca­
pitale ? Et la moindre succursale de l’Office
Colonial à Marseille ne coûterait-elle pas
à l’Etat de grosses sommes ? Nous les lui écono­
misons mais à la condition que nous existions
et si l’on ne vient pas à notre secours, si ce sont
les marchands de Marseille et les pouvoirs lo­
caux qui doivent toujours tout payer ; il est à

COLONIALE
craindre que cet effort non soutenu se lasse !
n'Etat demande, dans les grands travaux, le
concours des pouvoirs locaux à concurrence de
la moitié des dépenses ; ici, nous ne lui deman­
dons ni la moitié, ni le quart ; mais il nous
semble impossible que l’Etat ne se rende pas
compte que son véritable intérêt lui commande
de nous soutenir. M. Saint-Germain, l’émi­
nent sénateur d’Oran, Président de l’Office Co­
lonial, de passage à Marseille ces jours der­
niers, est venu nous rendre visite et nous n’exagèrerons pas en disant que ce grand Colonial a
été émerveillé de notre installation et des ser­
vices que nous rendons. Son témoignage nous
sera certainement favorable en haut lieu et
nous l’invoquons en toute confiance. M. Jean
Périer. et M. Lefeuvre-JVIeaulle, nos attachés
commerciaux en Angleterre et dans le Levant,
bons juges en matière de propagande pour le
commerce extérieur, ont rendu le même hom­
mage tout récemment à notre organisation.
Si notre commerce extérieur se soutient,
n’est ce pas surtout en raison de l’accroisse­
ment constant du mouvement colonial et pour­
rait-on sans effroi du vide que cela y laisse­
rait en retrancher les deux milliards auxquels
ce commerce s’est élevé l’an dernier ?
&lt;Une subvention qui seconderait la propagan­
de active faite pouf le développement constant
de ce commerce, serait un bon placement pour
l’Etat.
Le Conseil général a souvent reconnu que le
département des Bouches-du-Rhône avait les
mêmes intérêts que Marseille, et il est indubita­
ble que Marseille a des intérêts coloniaux de
premier ordre. Cette thèse n’a pas besoin d’être
défendue, elle a triomphé lors de l’Exposition
Coloniale, et la première année de notre fonda­
tion
l’Assemblée
départementale nous a
accordé une subvention de cinq mille francs.
L'exiguïté des ressources du Conseil général
l’a, seule, empêché de nous maintenir cette sub­
vention : mais cette exiguïté ne doit pas empê­
cher l'Assemblée départementale de continuer
à apprécier les services que nous rendons et à
nous comprendre dans la liste de ses subven­
tions pour ce qu’elle pourra nous donner.
Il s’agit pour le département et pour Marseil­
le d’un intérêt de premier ordre, et le Conseil
général ne saurait y être indifférent ni se dis­
penser, en appréciant comme il les apprécie
nos titres à sa bienveillance, de donner à notre
Institut l’encouragement matériel dont il a
strictement besoin pour exister.
La municipalité a bien voulu dès le début
nous venir en aide, et nous lui en sommes pro­
fondément reconnaissants. Nous espérions une
subvention de dix mille francs, et elle nous eut
été nécessaire, elle était comprise dans l’état
schématique des ressources sur lesquelles nous
comptions lors de la fondation et nous conser­
vons l’espoir d’obtenir ce chiffre dans un temps
donné ; mais en attendant cet heureux jour,
nous sommes très satisfaits de voir notre oeuvre
comprise et soutenue par la municipalité si
brillamment représentée dans notre Conseil par
MM. Lévy, premier adjoint, Delibes, adjoint, et
Rossi, conseiller municipal.
La Chambre de Commerce a agi à notre
égard comme une bonne Mère et nous ne de­
vons rien lui demander de plus que ce qu’elle

�L ’EXPANSION
nous donne tant que cela n’est pas strictement
indispensable. Elle consacre quarante mille lr.
par an à l’enseignement que nous l’aidons à ré­
pandre, et à nous subventionner. Nous ne de­
vons pas lui demander un plus grand effort
tant que d’autres pouvoirs aussi intéressés
qu’elle dans l’œuvre commune restent à sol­
liciter.
Les .Gouvernements Généraux des Colonies
n'ont pas été insensibles à l’utilité die notre ac­
tion et c’est par câble que l’Afrique Occiden­
tale, avant même que notre organisation fut
complète, nous a dotés d’une subvention de
cinq mille francs. Peu après l’Indo-Chine nous
en a accordé autant ; nous devons remercier
hautement ces Colonies et les éminents Gou­
verneurs qui, dirigeaient alors leurs destinées,
MM. Boume et Beau, ainsi que' leur non moins
distingués successeurs MM. Klobukowski et
Merlaud-Bonty, de nous avoir donné ces sub­
ventions et d.e nous les continuer.
Mais, Messieurs, qu’est-ce que ces sommes en
regard de l’immensité de, notre domaine colo­
nial, des services que nous lui rendons et de
ceux que plus d’aisance dans nos mouvements
financiers nous permettrait de lui rendre ?
Quand on voit le Musée Commercial die Buda­
pest, qui est l’ Institut Colonial hongrois, être
doté de 1.600.000 francs et agir aussi puissam
ment spr le développement du commerce hon
grois, on est confondu de voir la riche France
tout demander à ses enfants et ne consacrer
pour ainsi dire aucune ressource à les aider
dans leur initiative personnelle. Mais à défaut
de la Métropole n’avons-nous pas de l’autre co­
té dé la Méditerranée une France d’outre-mejr
aux ressources considérables, jouissant d’un
budget de 127 millions à laquelle la proximité
nous permet de rendre toutes sortes de services.
Tous les jours nous avons des demandes con­
cernant l’Algérie ; les correspondances de
l’Afrique du Nord tiennent une ■large place
dans notre bulletin et nous en sommes très heu­
reux ; mais nous pourrions faire bien plus si
nous étions honorés du concours officiel de l’A l­
gérie se traduisant par la manifestation tangi­
ble de l’octroi d’une subvention. Nous sommes
heureux de reconnaître toute 1a, bienveillance
du gouvernement général dp l’Algérie qui nous
fait régulièrement le service de ses publica­
tions, qui nous envoie des cartes, ses offres dé
concessions, qui dernièrement encore nous a
remis sur notre première demande un lot im­
portant de buibilles de sisal pour répondre à
une requête émanant de la Nouvelle-Calédo­
nie où prospèrent maintenant ces 'Semences,
mais une subvention en rapport de l’importan­
ce des trois départements algériens, de leur
production agricole, minière et industrielle se­
rait un témoignage encore plus direct et plus
utile à tous les intérêts en cause d‘e ses bonnes
dispositions et nous nous permettons de la sol­
liciter.
L ’Afrique Occidentale est vaste Messieurs,
le Congo vient d’être érigé en gouvernement
général, ses produits intéressent tout particuliè­
rement Marseille et cependant les transports en­
tre Marseille et le Congo sont, tellement ralen­
tis et esoacés qu’on peut les considérer comme
virtuellement sunnrimés.Jamais une propagan
de active n’ a été plus utile pour faire reprendre
les relations. Notre exposition projetée de
Caoutchouc pour la période des Vacances

COLONIALE

353

d’Août portant sur le principal article d’expor­
tation du Congo est une manifestation de plus
de l’intérêt que nous prenons à cette vaste Co­
lonie, et-nous croyons vraiment qu’une subven­
tion ■proportionnée aux ressources die cette im­
mense possession aiderait considérablement
notre action dans Je sens du développement des
transactions et des transports.
Nous avons toujours donné une attention
spéciale aux intérêts de Madagascar. Le cris­
tal de roche, les gisements aurifères, les texti­
les qui abondent dans la brousse malgache
sont les sujets les plus fréquents de notre cor­
respondance et de nos renseignements. Il a
suffi que nous apprenions que M. Augagneur avait pensé à organiser des voyages cir­
culaires de France à Madagascar et retour
pour que nous écrivions à M. le Com­
mandant Garbit pour mettre nos services à son
entière disposition et nous continuerons à
n’épargner ni notre temps ni notre peine pour
aider à la prospérité de la grande Ile, recher­
chant sans nous préoccuper outre-mesure des
subsides, les intérêts coloniaux à défendre et
à soutenir.; mais tout cela ne nous crée-t-il pas
des titres à la bienveillance de M. le
Gouverneur Général Augagneur ? Il est vrair
ment fâcheux d’avoir toujours à tendre la main,
mais nous croyons faire ce geste ingrat dans
l’intérêt de l’expansion commerciale française,
dans l’intérêt du développement de nos Colo­
nies ; et à Madagascar aussi, nous demandons
une subvention, certains d’avance que nous la
méritons et que nous la revaudrons largement
a la grande Ile africaine.
Les petites Colonies devraient aussi nous ai­
der : la Martinique, la Guadeloupe, le Gabon, à
rrui leur régime douanier est si onéreux ; la
Guyane qui, si elle veut suivre son nouveau
Gouverneur, M.
B odier, verra
renaître
sa prospérité ; Saint-Pierre et Miquelon qui
sont les plus éprouvées de nos Colonies et à qui
il ne faudrait qu’un peu d’élasticité dans les.
tarifs, un régime d’entrepôt approprié et une li­
gne de navigation pour voir leur situation sen­
siblement s’améliorer ; la Réunion, productrice
de vanille, de café, de girofle, de cacao pour
lesquels nous demandons la franchise complè­
te à l’entrée en France ; les Etablissements- de
l’Inde oui ont besoin de se défendre contre une
nrotection aveugle qui allait jusqu’à réglemen­
te’’ le nombre de nièces de cotonnades que peut
produire Pondichéry; la Nouvelle-Calédonie si
abandonnée, si obérée et si vivace ; les Etablis­
sement^ français du Pacifique que l ’on laisse
à in, remorque des Etats-Unis sans communi­
cations directes avec la Métropole, toutes ces
Colonies auraient le plus grand intérêt à nous
soutenir de leurs avis sur leur situation parti­
culière et fie leur argent,. La, plus malheureuse
dp foutes leur a, donné l’evpmnle : nar la. &lt;~"hamî-o*'-* ria r.ommprpp de Vonméa qui -n’a, nas hésité
à (■’încjoi-jyo.pomme Mnmhre donateur de l'Insti­
tut Colnn-’qi et nar 1a uronosi+ion au Conseil
çrénérol d’une subvention de mille francs. L'as­
semblée calédonienne a ■cru devoir décliner la
nronosîtion nour des raisons oui nous sont
étrangères, mais la nronosîtion honore l ’Insti­
tut Colonial autant que M. le Gouverneur
Biebard oui’ à son déport, de Marseille,
avait visité l'Institut avec M. le Gouverneur
Nouffiard. administrateur des Nouvelles-Hébri­
des.
/

�354

L’EXPANSION COLONIALE

A côté de l’Algérie, la riche Régence de Tuni­
sie dont la production agricole, minéralogique
et animale est si importante et si intéressante
pour notre port et à qui notre ^région ne saurait
être indifférente, a de grandes raisons aussi
pour nous soutenir et nous avons la plus ferme
confiance dans la bienveillance à cet égard du
Résident Général, le distingué M. Alapetite.
La révision à l’ordre du jour du Régime
douanier va nous permettre de rendre de
grands services à nos possessions, en nous fai­
sant l’avocat de leurs revendications si diver­
ses par suite de leurs différences de situation
géographique ; de densité et d’origine de po­
pulation ; de production ; et de facilités ou de
difficultés de communications avec la Métro­
pole.
Quelle est la colonie qui n’a pas besoin que la
Métropole s’intéresse chez elle à des -travaux
publics ? Quelle est celle qui n’a pas avantage
à attirer l’attention des Capitalistes français
sur les taux d’intérêt qu’elle paie et sur les ga­
ranties qu’elle peut offrir ?
Tout cela nous le ferons avec joie, d’abord
parce que cela est d’accbrd avec notre but de
vulgarisation des notions coloniales et de péné­
tration mutuelle toujours plus grande de nos
possessions et de la Métropole et aussi parce
que ce n’est qu’en rendant des services qu’on se
fait aider et si nous ne sommes pas soutenus
par les Colonies, nous le serons par un nom­
bre plus grand d’adhérents Métropolitains et
Coloniaux.
L ’heure est passée des sollicitations pure­
ment amicales, il faut rendre des services et
dans ces conditions le nombre des membres n’n’est pas limité aux groupes auprès desquels on
a plus ou moins accès, mais à la totalité des
négociants" français, ce qui est autrement con­
sidérable.
Je me suis un peu étendu sur le rôle de Tlris.titut et ses titres à la bienveillance et au con­
cours de tous, je crois que ce n’était pas inutile,
dans un compte rendu matériel et moral, mais
j ’ai, hâté de revenir à mon sujet c’est-à-dire à
ce que nous ayons fait dans l’exercice écoulé et
à sa fin.
Il n’est que temps que je vous explique à quoi
je dois l’honneur très inattendu il y a trois
mois et très immérité toujours de vous présen­
ter ce compte-rendu.
M. Paul Desbief que nous
sollicitions
tous de rester à la tête de l’Institut Colonial,
après avoir quitté, par un respect absolu des
traditions, la présidence de la Chambre de
Commerce s’est absolument refusé à conserver
celle de l’Institut, estimant que les liens établis
par lui-même entre la Chambre de Commerce
et notre Société exigeaient que le Président de
l’Institut Colonial fût en exercice à la Chambre
de Commerce.
Le raisonnement était juste, sauf pour lui
dont l’influence et l’autorité auprès de 1a.
Chambre de Commerce ne sont pas près de
s’effacer ; mais M. Desbief s’est refusé à
admettre que l’exception confirmât la règle et
il a prêché d’exemple nour le mieux établir.
Le successeur de M. Paul Desbief à la
Présidence de la Chambre de Commerce,
M. Lucien Estrine, était tout désigné pour
prendre la Présidence de l’Institut Colonial au­
quel il a donné son concours dès la première

heure. M. Estrine a présidé la Commission
u installation de l ’Immeuble, il est le premier
adhérent au Musée Commercial et il a donné
à l’Institut Colonial toute sorte d’appui. Son re­
fus de la présidence a été la première fin de
non-recevoir qu’il a opposéeà une sollicitation
venant de notre Société. M. Estrine pense que
la présidence de la Chambre de Commerce exi­
ge toute l’activité du commerçant investi de
ces hautes fonctions et je crois qu’il a raison.
Il était nécessaire pour la fondation ,pour l’éta­
blissement des rapports entre la Chambre de
Commerce et l ’Institut que les deux présidences
eussent le même titulaire ; mais cette première
période passée, il n’est pas mauvais que l’Insti­
tut, enfant de la Chambre de Commerce, tâche
de vivre par lui-même et de faire honneur à sa
mère par ses propres moyens.
Ceci, Messieurs, vous explique oourquoi le
Président de cette séance n’est ni M. P. Desbief
ni M. Estrine. Ouant à vous dire pour­
quoi c’est moi, cela dépasse mes moyens de
compréhension et d’expression et je ne vois à
cela pas d’autres motifs que ma collaboration
avec M. le Président Desbief, mes fonctions
à la Chambre de Commerce et ma grande bonne
volonté. Cela seul serait insuffisant; mais les ap­
puis les plus puissants m’ont été promis et vous
en avez le gage par la continuation du con­
cours de M. le Docteur Heckel, qui a joint par
la Présidence de la Société de Géographie un
titre de plus à ceux en raison desquels il est
membre de droit et Vice-Président de l’Institut
Colonial ; de M. Ponsinet dont la haute
situation administrative est le moindre mérite
car il y ajoute les qualités de l’esprit et du
cœur et l’expérience coloniale la plus consom­
mée, et par l’acceptation des deux Vices-Prési­
dences vacantes, par M. Albert Armand, pre­
mier vice-président de la Chambre de Commer­
ce, notre Trésorier de la première heure et
M. F. Rohn, mon collègue à la Chambre de
de Commerce, que Monsieur J. Charles-Roux
bon juge en la matière a appelé le premier co­
lonial de France. Tous deux ont été des cham­
pions de l’idée et ont aidé à sa réalisation par
les dons les plus généreux. M.
Laplane
et M. Barlatier ont bien voulu conserver
leurs fonctions par attachement à l’Institut et
par amitié pour moi et MM. Adolphe Fouque
et Irénée Allemand, anciens présidents l’un
du Syndicat) d’initiative, et l’autre de la Socié­
té des Magasiniers, indépendamment des titrps
du dernier comme ancien juve au Tribunal de
Commerce et membre de la Chambre de Com­
merce, ont bien voulu accepter, les fonctions
vacantes de Secrétaire et de Trésorier.
Tous deux ont déjà donné à l’Institut et au
bureau des preuves de dévouement dont je suis
heureux de les remercier en même temps que
tous les membres du Bureau et du Conseil.

Quelques lignes, Messieurs, sur 1a, situation
actuelle de l’Institut et sur notre programme
et j’aurai fini.
Sans usurper sur les prérogatives de notre
trésorier j ’.estime que la situation financière,
mérite de trouver place dans ce compte rendu.
Le projet de budget ^-ue nous allons vous
soumettre comporte trois ordres de dépenses et
de ressources.

�L ’EXPANSION COLONIALE
Le premier, sous la rubrique Dépenses extra­
ordinaires, se compose de trois sommes.
Déficit au 31 décembre 1908 ............... 7.507.23
Mobilier et matériel à amortir ........ 1.990.87
Deuxième terme de l’ascenseur ........ 4.000 »
Ensemble ............... F. 13.498.10
Pour être complet ce chapitre devrait indi­
quer que nous sommes engagés à payer l’an
prochain le troisième et dernier terme de l'as­
censeur fr. 4.000, mais comme nous tenons à
vous présenter un budget portant seulement
sur l’année actuelle, nous n’avons pas cru de­
voir y inscrire une dépense de l’an prochain
et je ne l’indique pour vous faire connaître
l’étendue totale de nos engagements.
Si vous n’aviez pas, denuis le début, donné
votre assidu concours à l’Institut et si vous n’­
étiez pas par suite au courant de sa situation
nous vous aurions présenté les chiffres sous un
jour, peut-être plus vrai dans son apparence,
et nous vous aurions dit que,sur... F. 110.594 45
de dépenses totales de réparations,
d’installation et de mobilier il
nous restait à amortir cette an­
née .......................... F. 13.498 10
et
l’an
prochain,
(troisième et dernier
terme de l’ascenseur)
4.000 »
17.498 10
et vous auriez conclu avec nous
qu’un groupement qui a amorti
en 2 ans 1/2................................. F. 93.096 35
de ses frais d’installation peut espérer payer
dans deux ans la solde de ces frais c’est-à-di­
re Fr. 17 498.10.
En regard des amortissements à faire dans
l’année, fr.13.498.10, nous avons porté la va­
leur de nos titres en portefeuille àfr. 13.634.80.
Cette réserve, formée conformément à l’arti­
cle 19 de nos statuts, avec les cotisations rache­
tées dépassant 500 fr. n’est pas 'destinée à pa­
yer les amortissements restant à faire, mais
bien à alimenter annuellement notre budget
par tranches d’un vingtième de la somme ini­
tiale, à moins qu’elle ne constitue le commence­
ment d’une épargne que tous nos soins contri­
bueront à augmenter de façon à parer à un
mauvais moment s’il se présente jamais.
Nous avons tenu cependant en face de ce qu’on
peut appeler notre passif à vous présenter ce qui
serait certainement un actif au, cas. que j ’entre­
vois seulement dans un but comptable,de disso­
lution d,e notre Société et à vous montrer que les
deux se balancent à peu de choses près si cette
éventualité invraisemblable était envisagée.
Quant aü troisième terme de l’ascenseur il se­
rait excessif de ne pas le considérer comme ga.ranti par l’ascenseur lui-même,par notre mobi­
lier, etc... diont il ne nous convient pas de gon­
fler notre actif mais qui pourrait tout de même
y figurer si, ainsi que cela se pratique couram­
ment à très juste titre, au lieu de vous mon­
trer sons le nom de dépenses extraordinaires
fr. 13498.10, nous portions à l’actif le total de
nos frais fr. 110.594.45 et au passif les amor­
tissements faits en deux ans et demi fr. 93.096.35
La deuxième rubrique est relative aux som­
mes que nous encaissons de la Chambre de
Commerce pour les Cours Coloniaux et nue
nous payons, suivant les dispositions prises
pa.r elle, sans rien prélever pour nos frais gé­
néraux de gestion, de nettoiement, d’éclairage,

355

d’assurances et spéciaux de concierge et de
gardien.
La troisième rubrique est à proprement par­
ler notre budget de l’année. Nous y faisons fi­
gurer comme recettes les subventions encais­
sées l’an dernier .......................... F. 30.000 »
les cotisations annuelles pour......
15.000 »
bien que les adhésions actuellement
recueillies donnent un total à en­
caisser de fr. 15.380.
Le 1/15 des cotisations rachetées
prélevé sur la réserve, dont le
chiffre est réduit d’autant..........
1.180 »
les emplacements au Musée Com­
mercial pour ...............................
18.000 »
bien que les engagements actuel­
lement signés donnent droit à un
encaissement total de F. 18.-205.
Rien à dire pour les trois derniè­
res recettes, loyers Société de Géo­
graphie et' Exportateurs, et agios.
3.900 »
le chiffre des recettes est ainsi porté
à ................................................... F. 68.080 »
Pour les dépenses nous nous sommes basés
sur celles du dernier exercice pour chaque cha­
pitre.
Frais généraux............................. F. 19.900 »
Loyer, impôts, assurances...........
42.238 35
Commission sur les redevances du
Musée Commercial .......................
1.800 »
Déficit de l’Expansion coloniale....
3.200 »
Ensemble ................................ F. 67.138 35
c’est-à-dire une somme inférieure de fr. 941.65
à celle des recettes courantes.
Il faut en réalité que nous obtenions un tout
autre excédent car notre intention est de payer
non seulement les dépenses courantes mais en­
core une grosse partie sinon la totalité des
sommes restant à amortir :
fr. 13.498.10, qui, ajoutés aux dépenses cou­
rantes :
fr. 67.138.35 atteignent le chiffre total de :
fr. 80.636.45 et exigent que nous trouvions dans
l’année, en plus des recettes escomptées, fr.
12.556.45.
Nous l’espérons vivement par l’augmentation
des adhésions et des redevances du Musée Com­
mercial qui a donné plus de 30.000 fr. pendant
l’exercice 1907-1908, mais nous l’espérons aussi
des ressources extraordinaires telles que la lo­
cation des étages non encore complètement oc­
cupés, que nous avons décidé de mettre en loca­
tion à la dernière séance du Conseil et pour les­
quels nous avons déjà des propositions qui
nous font entrevoir la possibilité d’effectuer
une recette de 3 à 4.000 francs.
Il faudrait que nous obtenions ainsi de quoi
payer dans l’année : les dépenses courantes et
les dépenses extraordinaires, de façon à affec­
ter au développement de notre action, de notre
influence et des services qu’exige la cause colo­
niale les subventions nouvelles que nous espé­
rons bien obtenir.
C’est aussi pour le développement de notre
action que nous avons institué les Journées ma­
ritimes dont la première qui a eu lieu le 6 mars,
un mois après notre installation, a brillamment
réussi et dont la seconde consacrée au Canal
du Rhône, doit avoir lieu dans 3 jours,samedi
prochain. Tous les intérêts marseillais conver-

�356

L ’EXPANSION

gent vers le port et les choses maritimes, la
Chambre de Commerce qui nous a institués,
donne à l’outillage de nos ports et aux travaux
maritimes la plus grosse part de ses ressources
et de son attention ; l’armement nous a comblés
dès notre fondation, la mer est la grande Voie
de communication entre les Colonies et la Métropode, il était donc naturel que nous allions
de ce côté. Nous avons tout de suite trouvé au­
près de la Ligue maritime, du Syndicat d’initia­
tive, du Syndicat de la Presse et de la Société
nautique les concours les plus empressés et les
plus utiles. Grâce à leur appui et à la bienveilrance de la Chambre- de Commerce nous espé­
rons que nos journées maritimes vulgariseront
bien des problèmes relevant de la mer, et con­
cilieront l’opinion publique aux solutions pro­
posées après la plus mûre et la plus- conscien­
cieuse étude.
Enfin, nous rappelant que nous sommes is­
sus de l’Exposition Coloniale et le brillant suctès de notre exposition des Corps gras, qui n’a
pas été visitée par moins de 35.000 visiteurs l’an
dernier, nous organiserons cette année, pen­
dant la période des vacances, une exposition de
caoutchoucs bruts et nous demanderons d’y fi­
gurer aux fabricants d’objets en caoutchouc.
Pour intéresser davantage notre concours,
nous nous proposons de distribuer quelques ré­
compenses aux exposants les nlus méritants et
nous demanderons à la Chambre de Commerce
son patronage spécial pour cette entreprise et
pour la désignation des membres du Jury qui
donnera les récompenses.
Je limite à ces deux objets l’exposé de notre
programme, car l’Expansion Coloniale vous
tient au courant de nos efforts qui auront pour
but pebdant tout l’exercice de justifier votre
confiance et celle de la Chambre de Commerce.
Il s’agit d’aider notre pays à réaliser aussi ra­
pidement que possible les magnifiques espéran­
ces que lui permet de concevoir notre splendide
domaine colonial et personne parmi nous ne
faillira à cette tâche patriotique.

J
. Le ddiscouirs du Président est approuvé par
dles applaudissements unanimes.
M. le Président donne ensuite la parole à
M. Laplane, Trésorier-adljoint, pour donner
à l'Assemblée lecture des recettes et dépen­
ses de 1908 et du projet du budget pour l ’ex­
ercice 1909.
,
Ces comptes, mis aux voix, sont adoptés
à l ’unanimité.
M. le Président prie alors M. le Docteur
Heckel de fournir des renseignements sur les
Cours coloniaux professés en 1908. Le Dr
Bec-kel prononce l ’allocution suivante :
R A P P O R T de M. le docteur H E C K E L
Directeur des Cours Coloniaux.
Les professeurs des Cours Coloniaux ont
continué avec le même succès et le même soin
leur tâche annuelle. Leur succès s’affirme par
le grand nombre d’auditeurs qui viennent sui­
vre leurs savantes leçons, à ce point que la sal­
le des Conférences, d’ailleurs inextensible, de­
vient de jour en jour plus insuffisante à conte­
nir Je nombreux auditoire qui se presse dans son
enceinte. Il y a là un état de choses qui s’impo­
se a l’attention de l’Administration.

COLONIALE
Cos Cours toujours empreints d’un caractère
essentiellement pratique sont plus particulière­
ment développés dans tous les ordres quand il
s’agit de matières qui intéressent spécialement
le port de Marseille et sa vaste sphère d’action
coloniale. C’est un point de vue que ne négli­
gent jamais les professeurs chargés de cet en­
seignement et il faut les en féliciter, d’autant
plus que nos élèves de l’Ecole de Commerce n’y
perdent rien et connaissent plus particulière­
ment ce qui touche dans l’ordre Colonial à la
Métropole Coloniale de la France .
De nombreux travaux de tout ordre ont vu le
jour sous la plume diserte et diligente de nos
professeurs coloniaux et ont été insérés dans
divers périodiques. En dehors des articles de
première page qui ont été insérés dans l'Expan­
sion Coloniale, il faut signaler un volume des
Annales du Musée Colonial (1908) qui a été dis­
tribué dans le monde colonial tout entier pour y
porter la renommée de notre Institut et la con­
naissance approfondie et rigoureusement scien
tifique des matières premières des trois règnes
appelées à prendre peut-être une place dans
l’industrie et le commerce du monde.
Ces travaux ont fixé l’attention du Gouverne­
ment Qui a jugé devoir récompenser quelques
uns de leurs auteurs. Nous eûmes, en effet, le
grand plaisir d’enregistrer
cette année deux
hautes distinctions gouvernementales accordées
l’une à M.le professeur Docteur G.Reynaud, qui
a reçu la croix d’officier de la Légion d’honneur
et l’autre à M.le Professeur Masson qui a été fait
Chevalier du même ordre. L ’opinion publique
a dans un mouvement de haute satisfaction
sanctionné l’attribution de ces hautes distinc­
tions à des hommes dont le passé laborieux et /
le dévouement quotidien à l ’enseignement pu­
blic fait l’objet de l’admiration publique.
A côté de nos joies, il faut bien hélas,parler de
nos tristesses*et de nos deuils dont nous portons
encore le poids. Les Cours Coloniaux ont perdu
dans la personne de M. Pascal Claverie le plus
modeste mais aussi le plus dévoué des colla­
borateurs, dans les fonctions de préparateur de
ces Cours.M.Claverie,tout jeune encore,24 ans,
avait conquis avec le plus grand succès ses gra­
des universitaires et avait, en utilisant les res­
sources du Musée Colonial sous la direction de
son maître aussi savant que dévoué, M .le pro­
fesseur Jumelle,achevé une thèse de doctorat ès
sciences sur une des questions les plus délicates
et plus obscures de botanique appliquée : les tex­
tiles végétaux des colonies françaises. Cet im­
portant travail allait recevoir la haute distinc­
tion des juges de la Sorbonne, auand après une
maladie de quelques jours M. Claverie fut enle­
vé d’une manière foudroyante à l’affection de
ses amis de ses parents et de la Science. Mais
si nous perdons irrémédiablement un serviteur
bien préparé aux grands travaux d’avenir, et
au seuil même de sa carrière un travailleur
aussi zélé qu’armé pour les conquêtes scientifi­
ques, du moins son travail, qui sera inséré dans
nos Annales, restera comme un monument
d’une vie hélas trop courte mais bien remplie.
M. Jumelle, mû par un pieux sentiment auquel
il faut applaudir et auquel tous les actes de sa
vie sont subordonnés, a rassemblé les pages
éparses de ce gros travail les a cimentées par
ses propres additions, de manière à en faire un
tout capable de jeter du jour sur une question

�L ’EXPANSION COLONIALE
jusqu’ici restée très obscure et cependant de pre­
mière utilité à éclaircir dans l’intérêt de la pros­
périté commerciale et agricole de nos colonies.
Tel est le bilan de ces cours qui sont toujours
inspirés par le désir de répandre la bon­
ne parole, la connaisance plus approfondie
d’un domaine dont Marseille réclame à bon
droit sinon la possession du moins la haute
gestion, au point de vue des intérêts matériels
si intimement liés aux siens propres et dont la
Chambre de Commerce, créatrice et protectrice
de ces cours,a toujours compris et apprécié la
haute portée et la grande importance.

ï
!

M. le Président remercie M. la Dr. Hecked de son intéressant exposé, et dit que les
Cours coloniaux empruntent la plus grandie
partie de leur valeur à la savante direction
qu’à su leur donner M. Heckal dont l’érur
dation et les études ont encore en lu08 rendu
de grandis services à notre commerce et à
notre industrie par leurs applications prati­
ques.
Plus rien n’étant à délibérer, la séance est
levée à 3 heures 1/4.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
M U S É E C O M M E R C IA L

Exposition de Caoutchoucs
L ’Exposition des caoutchoucs et guttas des
Colonies Françaises que l ’Institut Colonial
Marseillais prépare, pour la période des va­
cances des Cours coloniaux, promet d’être
extrêmement intéressante.
De nombreux échantillons de ces produits
nous ont déjà été adressés, ainsi que des do­
cuments très précieux, sur les statistiques de
production et les modes de préparation.
Cette Exposition fera connaître, à nos
commerçants et industriels, l ’importance de
notre domaine colonial, au point de vue de
la production d’articles de plus en plus de­
mandés. M. le Ministre des Colonies a bien
voulu appeler l ’attention des Gouverneurs
coloniaux sur les avantages que peuvent re­
tirer les possessions placées sous leur autorité
de l ’exposition à Marseille, des caoutchoucs
qu’elles produisent.
Les principaux industriels manufacturant
le caoutchouc ont déjà répondu favorable­
ment à l ’appel de l ’Institut : ils ont reconnu
pour eux l ’utilité de semblable manifesta­
tion, mettant sous les yeux du public toute la
genèse de .leur industrie, depuis la plante
jusqu’à l ’instrument de chirurgie et le pneu­
matique d’automobile.
La section des caoutchoucs à l ’Exposition
Franco-Britannique de Londres eût un suc­
cès si considérable, non seulement auprès
du public en général, mais aussi au point

357

de vue des transactions commerciales de cet
article, que nous augurons pour celle de
Marseille un résultat au moins égal.
Voici à ce sujet le texte de la lettre que
nous avons adressée à M. le Directeur Ponsinet, et celui des lettres que nous avons re­
çues de M. le Ministre des Colonies et de
M. le Gouverneur général de l’Indo-Chine :
L'Institut colonial Marseillais à Monsieur A.
Ponsinet sous-directeur au Ministère des Co­
lonies, chef du service colonial à Marseille.
Monsieur le Directeur,
L ’Exposition des caoutchoucs et guttas de nos
colonies que nous avons organisée pour la pé­
riode des vacances de nos Cours coloniaux, a
déjà reçu les plus flatteuses adhésions Ue la plu­
part de nos colonies, notamment de MM. les
Gouverneurs généraux de l’Indo-Chine, et de
l’Afrique Occidentale ; nous leur en avons ex­
primé notre vive gratitude et les
échan­
tillons et documents qu’ils nous ont adressés
mettront nos visiteurs à même d’apprécier les
ressources que ces deux grandes possessions
offrent à l’industrie française des caoutchoucs.
D’autres colonies n’ont pas encore répondu à
notre appel ; notre Exposition n’entraînait ce­
pendant pour elles, aucune àépense autre que
celle d’un envoi d’échantillons, d’un kilo au
plus et de quelques documents et leur offrait
en tous cas, un moyen efficace de faire connaî­
tre au commerce et à l’industrie de la métropole
des produits de^ plus en plus demandés.
Le Congo, dont le caoutchouc constitue le
principal objet d’exportation, avait intérêt à
nous mettre à même de répandre la connaissan­
ce des diverses variétés de caoutchouc qu’il pro­
duit ; de même, Madagascar et la Guyane, et je
me permets de vous prier de demander à Mon­
sieur le Ministre des Colonies, qui a bien voulu
accepter le patronage de l’I. C. M., d’insister
auprès des chefs ue ees Colonies pour qu’ils
profitent de l’occasion que nous leur offrons de
faire valoir une des meilleures sources de
leur sol.
Vous pouvez témoigner , Monsieur le Direc­
teur, des efforts incessants de l’I. C. M., en vue
de développer de plus en plus les relations com­
merciales entre la métropole et les colonies ;
vous connaissez les sacrifices que l’Institut s’est
imposés dans ce but et nous vous serons très
vivement reconnaissants de bien vouloir ap­
puyer de votre haute et légitime autorité, au­
près de Monsieur le Ministre des Colonies, notre
désir de présenter au public un ensemble aussi
complet que possible de la production coloniale
française en caoutchoucs et guttas.
Toutes les colonies productives de ces arti­
cles y trouveront leur avantage et l’intérêt dont
M.
Milliès-Lacroix a témoigné en toutes
occasions, aux questions économiques colonia­
les, nous est un sûr garant qu’il voudra bien ac­
cueillir avec sa bienveillance habituelle la re­
quête que j’ai l’honneur de vous adresser.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, etc...
Le Président,
A. A rtau d .

�358

L ’EXPANSION COLONIALE

Le Ministre des Colonies à Monsieur le Prési­
dent de l'Institut Colonial Marseillais.
Paris le 21 avril 1909.
Monsieur le Président,
Vous m’avez fait part de votre projet d’orga­
niser, pour le mois.de juillet prochain, une ex­
position des caoutchoucs et guttas provenant des
colonies françaises et vous m’avez demandé
d’appuyer la demande que vous m’avez faite
auprès des administrations locales pour obtenir
leur concours.
J’ai l’honneur de vous informer que, par
une circulaire du 21 avril courant, en appelant
l’attention des Gouverneurs Généraux et Gou­
verneurs sur l’intérêt que présentent les mani­
festations de ce genre, je n’ai pas manqué de
leur signaler l’importance que j’attache à voir
leur administration seconder les efforts de i ins­
titut Colonial Marseillais, dans la limite des
crédits budgétaires disponibles.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’as­
surance de ma considération la plus distinguée.
Le Ministre des Colonies,
M il l ié s -L acroix .

Le Gouverneur Général de VIndo-Chine à
Monsieur le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
Saigon 18 mars 1909.
Monsieur le Président,
Comme suite à la lettre N" 1066 du 2 décembre
dernier, j ’ai l’honneur de vous informer de l’en­
voi, par ce courrier, à votre adresse, de six
échantillons de caoutchoucs de l’Indochine,des­
tinés à l’Exposition Spéciale de caoutchoucs et
gutta-percha de Marseille.
Cet envoi, selon toutes prévisions, sera com­
plété par une expédition directe sur Marseille
par MM. Raynaud &amp;Blanc, planteurs à ThayNguyen (Tonkin), qui ont déclaré leur intention
de participer directement à cette Exposition.
En outre, M. le Résident supérieur au Cam­
bodge me fait savoir qu’il vous a adressé, par
colis postal, un échantillon de 2 k. 600 de guttapercha brute, du Dichopsis Krantziana, de la
provenance de Kampot.
J’ai donc tout lieu de croire qu’à l’aide de
ces envois et surtout des collections laissées à
l’Institut Colonial Marseillais, à l’issue de l’Ex­
position Coloniale de Marseille, votre Institut
pourra présenter les produits indochinois de
cette nature dans des conditions suffisamment
démonstratives.
Agréer, Monsieur le Président, l’assurance de
ma haute considération.
K lobukow ski

DEUXIÈME JOURNÉE MARITIME
Le succès obtenu le 3 avril par cette deu­
xième manifestation n’a été que la consé­
cration de celui quiavait couronné la "Jour­
née” du 6 mars.
Quoique moins mouvementée au point de
vue émotion, cette journée ne manqua ni
d’attraits, ni d’attractions. Le programme,
donc l ’exécution fut favorisée par un temps

merveilleux, avait attiré le concours de 200
personnes.
Le mistral, compagnon trop souvent insé­
parable de notre soleil de Provence, tenta
bien de se mettre de la partie, mais ses des­
seins furent déjoués, car le "Seynois” gagna
les bassins par le canal St-Jean. L ’allure
modérée du vapeur permet d’apprécier toute
la richesse de l’outillage de nos ports : pontstournants, grues à vapeur, grues hydrauli­
ques, etc... L ’activité déployée dans tous les
bassins fait l’admiration des nombreux
étrangers participant à l’excursion. On passe
devant l’épave de la Ville d'Alger qui attend
son renflouement ; plus loin, c’est l'Orléa­
nais, avec son avant éventré, puis le JulesHenry,'vers lequel vont tous les regards et
où neuf de nos concitoyens trouvèrent la
mort il y a quelques jours...
Ce deuil public fut d’ailleurs la cause de
l’absence du Président de l’Institut Colonial,
M. A. Artaud, Membre-Secrétaire de la
Chambre de Commercé, qui devait diriger
la promenade.
La première station, dans l’avant-port
Nord, se fit à l’occasion du renversement
d’un chaland chargé de blocs de rochers
destinés au prolongement de la digue : opé­
ration émotionnante, qui consiste à jeter à
la mer 3ou 400 tonnes de pierre en déséqui­
librant le chargement. L ’habileté des ou­
vriers attachés à ce travail fut fort remar­
quée de tous les passagers : au moment où
tout semble s’effondrer dans les flots, sous
un fracas formidable et un déplacement
d’eau écumante considérable, ils se main­
tiennent en équilibre sur le frêle plat-bord
que le mouvement de renversement laisse
à peine hors de l’eau.
Lorsque l ’on reprend la route vers le Nord,
les échos de ”la Marseillaise” retentissent ;
un majestueux vapeur de la ” Norddeutsche,r
LLoyd” sort 'du bassin et s’éloigne vers la
haute mer ; les nombreux passagers saluent
le modeste bateau d’excursion de leurs v i­
vats, cette délicate attention est chaleureuse­
ment accueillie et saluée de bravos unani­
mes. Tandis que l’imposante masse s’estom­
pe à l’horizon, on approche des collines de
l’Estaque ; malgré le vent et la mer mouton­
neuse, passagers et passagères firent vail­
lamment et gaiement la traversée jusqu’au
port de la Lave, en suivant le rivage illu­
miné par le soleil, notant au passage le
développement merveilleux de cette région
devenue totalement industrielle. Jadis la
verdure et l ’ombrage en faisaient un coin de
villégiature recherché : ce ne sont plus qu’u­
sines et constructions de toutes sortes, for­
mant une ligne ininterrompue continuant la
cité.
Une véritable ruche en travail attendait
les visiteurs au port de la Lave : chalands,
remorqueurs, trains en circulation entre la

�L ’EXPANSION COLONIALE
carrière et les appontements, mus par une
armée d’ouvriers, donnaient l ’impression
d’une grande activité, que dirige avec la
compétence que l ’on sait M. Vaccaro qui fit
les honneurs de ses chantiers d’entrepreneur.
M.Gassier, Ingénieur Délégué par M. l ’In­
génieur en chef empêché, donna les expli­
cations intéressant les travaux en cours et
percement du tunnel du canal de jonction
au Rhône ; une charpente en 1/2 cercle dres­
sée devant la paroi de la montagne indiquait
1 adirection et la place de l ’entrée du tunnel.
Les ouvriers mettaient la dernière main à
la préparation de la mine, qu’un courant
électrique allait faire exploser à distance par
la main d’une des jeunes filles qui faisaient
l’ornement de l ’excursion maritime : Mlle
Laure Chassen, plus courageuse, eut les
honneurs du contact fourni par une magné­
to : la trompe retentit, la montagne tremble,
des quartiers de rocher sont projetés au loin
au milieu d’un tourbillon de fumée et de
poussière !
Mais le soleil baisse à l ’horizon ; il faut
songer au retour. Le "Seynois” sous pression
attend ses passagers, la sirène ébranle l ’air,
on part......
Entouré d’une flottille de plaisance que les
Membres de la "Société Nautique” avaient
tenu à honneur de former, le Seynois rega­
gne le Port-Vieux • les yachts et canots pavoisés décrivent autour de lui de gracieuses
arabesques ; au fond, vers le large, le soleil
se couche jetant ses flamboyantes et derniè­
res lueurs sur les dentelures du rivage.
Le charme de cette Journée se termina par
de chaleureux et unanimes remerciements
adressés aux organisateurs, plus particulièrment à MM. A. Fouque et L. Arnaud, et à
l’Institut Colonial dont le programme d’en­
seignement et de vulgarisation emprunte à
cette occasion plus d’influence sur les esprits.
On sera reconnaissant à cette œuvre d’initia­
tive privée d’avoir ainsi compris son rôle
et de s’employer généreusement à la vulgari­
sation de l’idée maritime, premier élément
de fortune et d’avenir de notre cité et des
colonies.
Et maintenant, rendez-vous pour la "Jour­
née Maritime” du 1er Mai !

BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
M. L. B., propriétaire des riches mines de
chrome de la Nouvelle Calédonie, a fait part
à l’Institut des difficultés qu’il éprouve à
diriger des minerais sur Marseille. La Com­
pagnie des Messagerie^ Maritimes a bien
consenti à réduire considérablement son
fret pour cet article, mais elle exige que les
minerais soient mis en sacs. C’est là une dé­
pense considérable, que n’ont pas à suppor­
ter les minerais en Turquie dont l’embarque­
ment peut se faire en vrac.

359

Il serait àdésirer que la Compagnie des
Messageries Maritimes, qui fait les plus
grands efforts pour attirer en France les
minerais Calédoniens, consentit à les traiter
aussi favorablement que les minerais Turcs.
La Nouvelle Calédonie exporte annuelle­
ment 45.000 tonnes de chrome, environ ; il
s’agit donc pour notre grande Compagnie de
navigation d’un fret très intéressant.
M. L. B. étudie actuellement l’établisse­
ment d’une grande usine de traitement par
l’électrolyse des minerais de nickel, de man­
ganèse, de fer et de chrôme de la Nouvelle
Calédonie ; il s’est assuré dans ce but la pro­
priété des grands lacs du Sud de l’île, qui se
déversant dans la rivière de Yaté sont capa­
bles de fournir une force considérable. Il
est à souhaiter que ce projet grandiose abou­
tisse pour le grand profit de notre malheu­
reuse colonie, si éprouvée depuis quelques
années.
D’ailleurs les recherches d’Héroult sur la
réduction directe des silicates de nickel en
ferro-nickel ont donné de très bons résultats
et il y aurait un intérêt évident à fabriquer
sur place le ferro-nickel ou le nickel, ou tout
au moins à préparer un produit de concen­
tration convenable, évitant le transport des
matières inertes en Europe pesant 15 ou
19 fois le poids du nickel réellement contenu.
2° M. M., ancien Directeur de l ’usine de
conserves de viande de Nouvelle Calédonie,
vient de rentrer en France pour essayer de
faire revenir le Ministère de la guerre sur la
décision qu’il a prise, un peu légèrement,
de refuser les conserves fabriquées a Nou­
méa.
Cette décision a été une véritable ruine
pour l’élevage Calédonien, qui avait fait les
les plus grands sacrifices pour trouver un
débouché à ses produits et qui a été traité,
dans cette circonstance, avec une rigueur
extrême.
L ’usine qui employait 85 personnes a été
fermée et vendue. Malgré la vigoureuse in­
tervention du Gouverneur de la colonie au­
près de M. le Ministre des colonies, le Minis­
tère de laguerre s’est montré impitoyable
pour quelques défectuosités qui n’altéraient
en rien la valeur même des conserves.
Au nombre des reproches adressés aux
fabricants calédoniens, il faut relever celui
concernant la provenance des fers blancs qui
ont dû, pour une petite partie, être achetés
en Australie, parce qu’une commande faite
en France avait subi quelques retards de li­
vraison.
Nous avons déjà eu l’occasion de signaler
les conséquences de l’ostracisme dont les
conserves Calédoniennes ont été l’objet. Nous
ne pouvons que regretter une fois de plus la
singulière façon dont nos colonies sont trai­
tées dans leurs relations avec la métropole.
M. M. a fait le voyage d’Auckland (Nou­
velle Zélande) à Buenos-Ayres (où il a pris

�360

L ’EXPANSION

COLONIALE

M. Lacroix a trouvé dans une pegmatite
ctj mont Bandahiély, en face du village
d’Ambaliha, sur la rive droite du Maivorana,
au Sùd-Est d’Andranosamoutsa (le nom pré­
cis du lieu est Antranotsiritra), un minéral
noir brunâtre, à l’éclat très vif, qu’il a recon­
nu pour être de l ’euxénite ou une espèce
voisine. Ce minerai contient de l’urane du
niobium et du titane.
M. Lacroix a également étudié un minerai
trouvé dans la région comprise entre Tamatave et Beforona, par un prospecteur qui n’a
pas voulu indiquer le gisement.
L ’analyse faite par M. Pisanï a prouvé
que la composition de ce minerai est analo­
gue à celle de la fergusonite, mais elle est
remarquable par la teneur élevée en ura­
nium et en thorium et à ce point de vue se
rapprocherait des fergusonites du comté de
Llano, dans le Texas.
Enfin, la présence de la dauburite a été
reconnue dans des pegmatites de Maharitra.
Ce beau minerai, par son éclat, dû à la va­
leur assez élevée de sa réfringence, sa lim pi­
dité et sa couleur, peut être utilisé comme
pierre précieuse : il est impossible, en effet,
de le distinguer de la topaze par ses carac­
tères extérieures et même par ses indices de
réfraction : il faut faire appel à la dureté
(7 au lieu de 8) et à la densité (3,1 au lieu de
3,4 à 3,6) pour distinguer l’une de l’autre
ces deux pierres, lorsqu’elles sont taillées.
6° M. B... a désiré connaître l’importance
des expéditions de fruits frais de nos Antil­
les en France.
La culture des fruits frais pour l’exporta­
tion est loin d ’avoir atteint, dans les Antilles
françaises, l’importance de celles des Antil­
Europe :
tonnes
les anglaises, et cependant il y aurait dans
France .......................................
191.000 le commerce des fruits une source de très
Angleterre .....................................
68.000 grands profits pour nos colonies, surtout de­
Allemagne .....................................
36.000 puis que la Compagnie Transatlantique qui
Autres pays .................................
50.000 les dessert .a'installé, conformément aux ins­
tructions de son éminent Président, M. J.
345.000 Charles-Roux, des frigorifiques à bord de ses
Japon ............................................
79.000 navires et s’est faite elle-même acheteuse
Indes Néerlandaises .... ...... '...........
44.000 'd e fruits, afin d’encourager les planteurs à
Philippines .................................... 108.000 en produire.
Les opérations effectuées jusqu’à ce jour
Chine. .............................................
88.000
Hong-Kong .................................... 547.000 ne doivent être considérées que comme des
Singapour .....................................
47.000 essais ; élis sont représentées par les chiffres
Océanie ..........................................
1.000 suivant :
Exportation des bananes
914.000
Martinique
Guadeloupe
On voit que la Chine absorbe la moitié en­ 1905.. . 553 kil.
78 fr. 5.842 kil. 1.121 fr.
viron de toute l’exportation des riz de notre 1906.. . 566 kil.
91 fr. 1510 kil.
302 fr.
grande colonie.
1907. . 20.529 kil. 1.519 fr. 3.109 kil.
632 fr.
5° Nous avions signalé, dans plusieurs nu­
Ananas conservés
méros du Bulletin, la possibilité de trouver
1005. 177 kil. 188 fr. 49.338 kil. 34.529 fr.
à Madagascar des minerais radioactifs. M.
1906. 125 kil. 109 fr. 121.128 kil. 64.803 fr.
Lacroix, le savant professeur du Muséum a
1907. 125 kil. 109 fr. 160.581 kil. 77.018 fr.
bien voulu adresser à M le Docteur Heckel le
Nous sommes loin des chiffres obtenus
résultat des études qu’il vient de faire sur
dans les Antilles anglaises ; ainsi les Iles
des échantillons provenant de la grande île.

un paquebot de la Société Générale des
Transports maritimes à vapeur) sur un
cargo-boat qui transportait d’Aukland à Liverpool 10.000 tonnes de viande congelée et
1.000 tonnes de beurre. La Nouvelle Zélande
exporte actuellement sur l ’Angleterre 30.000
tonnes de viande congelée et 3.000 tonnes de
beurre, par mois ! Les ouvriers Anglais peu­
vent ainsi consommer d’excellente viande à
1 fr. le kilo, de très bon beurre à lfr.50 ; les
nôtres ne sont pas aussi favorisés.
Quand pourrons-nous espérer fournir dans
d’ ausi bonnes conditions à nos compatriotes
les viandes de Madagascar de l ’Afrique Occi­
dentale, de la Nouvelle Calédonie ?
3° M. A. B., de Martigues un des-promo/teurs de l ’aviation en France, a demandé des
renseignements sur les espèces et qualités derotin et de bambou que l ’on pourrait trouver
dans nos colonies e
'U ont d un ernn
courant aujourd’hui dans la fabrication des
aviateurs. Il a été très intéressé
par les
échantillon de provenance indo-chinoise
que possède M. le Docteur Heckel au musée
colonial ; il a pris note également des quali­
tés de légèreté et de résistance que peuvent
offrir les étoffes de ramie pour la construc­
tion des tissus des appareils d’aviation.
4° M. R. a désiré connaître comment se
répartissait l ’exportation des riz de l’IndoChine.
Pendant l’année 1907 :150.000 tonnes de
paddy ont été dirigées des ports du Tonkin,
sur Hong-Kong, d’où elles ont été réexpédiées
selon les besoins sur la Chine ou le Japon.
Les 1.258.000 tonnes de riz sorties de Sai­
gon en 1907 se sont réparties ainsi :

�L ’EXPANSION

COLONIALE

361

bie et la Guinée portugaise, la Cazamance avait
dû à sa situation, de se trouver avant 1905, ex­
empte de droits d’importation et de douanes.
Des droits de sortie et des taxes de consomma­
tion y étaient seuls appliqués : et cela donnait
à cette région la possibilité de voir son commer­
ce en progression constante, de la façon la plus
manifeste, vis-àvis de ses voisines.— ne décret
du 14 avril 1905 la fait rentrer sous le régime
commun.— Résultat immédiat : abaissement
notable des importations de tabac, poudre, co­
CHAMBRE DE COMMERCE DE LA
las..., réduction consécutive des recettes doua­
GUINEE FRANÇAISE
nières à la suite de l’infiltration par fraude des
mêmes marchandises venant des enclaves
(suite)
étrangères voisines, si bien qu’il fallait, une
Ces considérations, jointes à la nécessité de
année plus tard, abaisser d’environ 50 % les
couvrir des dépenses d’ordre public, en créant
malencontreux droits spécifiques, pour établir
des recettes au Trésor, ont amené l’établisse­ la rentrée normale des recettes douanières.
ment de droits d’importation relativement fai­
L ’extension à nos colonies de l’Afrique Occi­
bles : 5 % ad valorem sur les importations de
dentale Française du tarif métropolitain pro­
toute origine. — Se trouvant dans des condi­
duirait des résultats tout-à-fait identiques au
tions à peu près égales à celles des colonies
point de vue fiscal. — Or, il ne faut pas oublier
voisines, la Guinée Française a rapidement
que les recettes douanières contribuent à ali­
prospéré, puisque de 4.332.uu0 francs qu’étaient
menter le budget général dans une notable
en 1890 ses importations, elles ont passé en
proportion. — Elles constituent par là le ga­
1899 par 9.461.Ü00 francs, pour atteindre en 1904
ge de nos 165 millions d’emprunt dont elles as­
14.802.000 francs.
surent le paiement d’intérêts et amortissement.
Le décret du 14 avril 1905, pris sous l’empire
En réduire l’importance serait ébranler sin­
de certaines tendances centralisatrices, visait à
gulièrement le crédit de l’Afrique Occidentale
unifier les systèmes douaniers des différentes
colonies de la fédération.—Il taxe les marchan­ française et porter un coup terrible au déve­
loppement poursuivi de notre outillage écono­
dises françaises à 6,25 % de leur valeur.—
mique.
Les importations étrangères supportent en ou­
Les taxes indirectes faisant défaut, ne se
tre un droit différentiel de 8,75 %.— Il établit,
trouverait-on pas, d’autre part, tenté de recou­
de plus, certaines taxes spécifiques sur diffé­
rir pour combler les déficits, à l’élévation des
rents articles.
taxes directes ? — On sait quelles difficultés
Le mouvement ascensionnel de l’importation
présente la rentrée de cet impôt de capHation
en Guinée française continue cependant, quoidans l ’état actuel des choses ou la quotité per­
qu’avec moins de régularité ; la courbe en est
sonnelle ne dépasse pas 3 francs. — On sait
moins tendue. — Elle se maintient en 1906 et
combien, tel quel, il charge lourdement nos
1907 dans les environs de 16.u00.000 après avoir
populations indigènes et de quels graves mé­
atteint pendant l’année 1905, exceptionnelle­
comptes s’accompagnerait la plus légère aug­
ment productrice,le chiffre de i8.924.000 francs.
mentation.
Les droits spécifiques frappent lourdement cer­
D’ailleurs, la situation peu enviable de Ma­
taines marchandises d’importation, tabacs en
dagascar, où l’application du- tarif métropoli­
feuilles, armes, poudre, sel, etc...— Le résultat
tain a supprimé, en fait, les recettes doua­
de ce relèvement de droit spécifique ne s’est pas
nières, et ou, par contre, les impôts de capita­
fait attendre.— Les importations de tabac en
tion ont été démesurément grossis, jusqu’à at­
feuilles, qui atteignent en 1905 la somme de
teindre une quotité de 20 francs par tête, est d’un
267.000 francs, après s’être maintenues pen­ trop lamentable exemple pour que l'on puisse
dant les années précédentes à la moyenne de
envisager de gaîté de cœur une semblable éven­
250.000 francs, tombent brusquement en 1906 à
tualité.
219.000 francs. — Même constatation en ce qui
Ne doit-on pas, enfin, admettre qu’à une élé­
concerne les importations de poudre :
vation de droits différentiels dans nos Colonies,
En 1904 ............................. 203.076 francs
il serait répondu à l’étranger par une taxation,
En 1905 .............................. 359.054 »
à titre de représailles, sur l’admission de nos
En 1906 .............................. 177.384 »
produits coloniaux ?
En 1907 .............................. 250.000 »
Or, il est une loi d’économie coloniale dont
nous sommes à même de constater chaque jour
environ, et cela au grand profit de la Guinée
les effets : on peut la formuler ainsi :
portugaise voisine, où les droits sur le tabac
a L ’importance de la production s’accroît en
restés à 0,30 le kilo, alors qu’ils sont passés
raison directe de l’élévation du prix d’achat
chez nous de 0,60 à 1 franc le kilo, permettent
du produit ».
une différence de prix de vente telle que les ca­
« La consommation vqrie en raison inverse
ravanes qui se dirigaient naguère vers nos es­
du prix de vente de l’objet consommé ».
cales côtières, les abandonnent pour la Guinée
De sorte que, les conséquences immédiates de
portugaise.
l’extension aux Colonies du tarif métropolitain,
Les augmentations qui apparaissent en 1907
seraient, outre les moins-values dans les recet­
sur la poudre proviennent du fait que par suite
tes douanières signalées plus haut, un abais­
de l’état de guerre en Guinée portugaise, la
sement du prix d’achat des produits d’exporta­
vente de la poudre a été interdite dans le Riotion, d’où diminution du pouvoir d’achat de
Géba.
l’indigène, coïncidant avec un renchérissement
Il n’est pas inutile de rappeler ce qui, dans ce
général des articles d’importation.
même ordre d’idées, s’est, à cette même époque
fA suivre.)
produit au Sénégal.— Resserrée entre la Gam­

sous le Vent ont exporté en 1905 près de
1.500.000 fr. de citrons. La Barbade a exporté
en 1905 40.000 régimes de bananes, la Trinidad pour plus d’un million de francs de
noix de coco !

Le Régime douanier Colonial

�362

L ’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX

G IR O FLE S de Sainte-Marie (Madagas­
ca r)..................................... les 100 k. 170 »
Escompte 2 o/o, payable comptant à tout
entrepôt.

3VE a , o s e i l l e

O R S E ILLE Madagascar
30 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat)-

T E X T IL E S

les 100 k.

Raphias de Madagascar. — Tamatave
l roqualité........................................... F.
Majunga blanc ........ ..........................
Analalave blanc.....................................
Tare d'usage,escompte Ho/o comptant,
marchandise prise à quai ou magasin
Marseille.
Fibres d’Aines. — Bourbon 1er choix....
Bourbon ordinaire................................ 40 à
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar......................... »
ESSE N C ES
De
De
De
De

CAFÉS
50
62
56

55
50
80

le kilo.

Géranium Bourbon bien tenue......
Vètyner Bourbon... .....................
Lemon-Grass (Verveine)................
Ylang-Ylang............................

V A N ILLE S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Ëntrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k ilo ..................................
Vanilles ordinaires saines.......................
»
inferieures
» .......................
»
Tahiti l ro qualité........................

20
2b
10
300/400

25/26
19 20
16/17
11

CUIRS DE MADAGASCAR
les 100 k.
Majunga 8/10 kilos............................... 118/120
Tamatave »
»
105/106
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tamatave rosé,
1,T choix...................................
Tamatave Guidroa 1er choix ......
Majunga l 8r choix.......................
Nossi-Bé.....................................
Diègo-Suarez 1" choix................
T u lléa r........................ ..............
Tonkin rouges 1er choix..............
Nouméa, bon courant..................
Soudan-Niggers blancs .............
Sénégal-Gambie A .....................
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable comptant
consommation.

10. » à 10.25
7.50
7.75
7.50
7 75
4.75
5.25
9. »
9 25
4. »
7.50
10.50
10.75
9.50
10 »
8.75
8.90
8.25
8 30

CIRES D ’AB E ILLE S
Madagascar...........................
322.50 à 325 »
Algérie...................................
330
335 »
Tonkin...................................
325
330 »
Sénégal.................................. F. 325 330 »
Ces prix s'entendent aux 100kilos, escompte 4 o/o,
payable comptant à tout entrepôt.

Guadeloupe bonifieur___
Guadeloupe habitant___ .................
Nouméa......................... ..................
Bourbon pointu.............. ..................
Nouvelles-Hébrides........ ...................
Libéria de Madagascar... ..................
Marchandises à l’entrepôt, comptant
(Gaillard et
escompte 2 o/o.
L e

à 135
118 122
90 115
125 135
95
85
90
80
85
75
Blanc.)

H a vre

CAOUTCHOUC Madagascar.
Tamatave Pinky I ................
»
Pinky II ...........
Majunga................................
Farafangana..........................
Mananzary.............................
Tonkin...................................
Congo Haut-Oubanghi ..........
N’Djolé...................................
(Le tout au kilog, Le Havre.)

F .8 » à 9 »
7 »
8.50
6 50
7 »
4 50
6.50
6.75
9 »
6 #
11 »
11 20 11.60
6. »
6.50

T E X T IL E S . — Sisal Afrique....
Aloès Réunion.......................
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)

71
43

BOIS acajou Gabon.....................
»
»
Okoumé..................
»
ébène Gabon.....................
»
» Madagascar.............
(Le tout aux 100 kilos.)

10 » à 14 »
7 »
8 »
18 »
35 »
15, »
30 »

CIRES Madagascar...........................

» à 74 »
»
45 »

le kilo.
3 10

les 100 k.
GOMM E Copale Afrique...................
50 à 100
»
Madagascar........................ 100 400
(Vaquin et Schweitzer,)

B ord eau x
CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N iggers........................ 10.60 à 10.70
Soudan Niggers rouges..............
10 20 10 50
Soudan Niggers blancs..............
9.10
9.50
Lahou Niggers .. . ...................
9 »
9.75
Gambie A ...................................
7.80
7 90
Gambie A M ................................
6 80
6.90
Gambie B..................i . . . .........
5.80
5.90
Bassam Lumps...........................
4.80
»
(R. Henry.)
RHUMS
Martinique ordinaire..................
Guadeloupe........................... .
Réunion........................i ...........

45 » à 49 »
44 »
45 »
41 50 44 »

�L ’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

V ALE U R S

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
(g a r .)..................................
461 —
Di vers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 fr ..........
431 50
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500........
500 —
87 — Prot. Annam-Tonkin obi. 2 1/2
(g a r .).............................
79
55
90 50 Madagascar, obi. 2 1/2(gar.)..
82 —
94 —
—
Em. 3 o/o 1903 (gar.)
91 30
450 — Indo-Chine, chem. de 1er obi.
3 1/2 o/o, 1899-1905 .............
473 75
------—
obi. 3 o/o 1902..................
421 —
480 — Emprunt Algérien, 3 o/o 1902,
obi. r. à 500 t. p...................
444 —
1000 — Dép. Conslantine, obi. 3 l/2o/o
1897.............
974 —
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895.....................................
974 492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898..................
460
—
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .....................
465 —
492 50 Col. de la Martinique.....
457
—
470 — AfriqueOccident.,3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (gar.)...........
454 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
523 —
BANQUES CO LONIALES
E T E T A B L IS S E M E N T S FIN A N C IE R S
Divers Ci0 Algérienne, act. de 500 t. p.
999 —
500 — Créd. Fonc. et Agric. d’A l g . .
487 50
—
—
—
lib.
499 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ..................... •......... 1485 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p .'(n .)...s.............
305 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)...................................... 1100 —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) ...........................
720 —
500 — Banque de la Béunion, act. de
500 t. p. (n ) ................ •...
350 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p nom .).......... 1399 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125/p. nom.).
644 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1485 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ..........................
77 50
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 .............................
183 —
350 — Crédit Foncier Colonial, qbl.
5 o/o 350.............................
154 —
CH EM INS D E FE R ALG É R IE N S
E T C O LO N IAU X
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
676 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500.
435 —
500 — Est Algérien, act. r. à 600....
715 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 434 —
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600.. ■ 660 —
Divors
—
obi. 3 o/o r. à 500 429 —
------Ain Thizy-Mascara, obi. 3 o/o
rem. à 500.............. ............
427 —

363

340 —

Mécheria-Aïn-Sefra obi. 3 o/o
rem. à 500...........................
426 —
— — Mouzbah-Mécheria, Obi. 3 o/o
rem. à 500.........................
430 —
330 — Mostaganem-Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500..........................
425 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan , act. 500,
250 fr. nom..........................
500 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650..............
1182 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500 385 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Béunion. obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’Etat..................
434 —
V A LE U R S M IN IÈ R E S
------Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ..................................
1515 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500.........................
498 50
500 — Algérie-Tunisie (O m n.), act.
de 500 t. p...........................
460 —
477 50 Algérie-Tunisie (Omn.), obi.
4 L2 o/o rem. h 500.............
465 —
------Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ...............................
448 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t p. 1619 —
500 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ................................ 1610 —
Divers
Le
Nickel, act. de 250 t. p... .655—
445 —
—
obi. 4 o/o rem. à 500.
508 —
------Saint-Elie, act. de 500, t. p ...
44 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p..............................
90 —
454 50 Pho-phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500...........................
478 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ................... 3720 —
------Phosp. et Ch. de Gafsa, parts... 3410 —
V A LE U R S COLONIALES FRANÇAISES
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale ..............(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­

dentale............. (actions nouvelles).
Cio Marseillaise de Madagascar ..........
A ima...................................................
Alimaïenne...........................................
Congo occidental.................................
Haut Congo (Compagnie française du)..
Haute Sangha......................................
Haut Ogôoué........................................
La Kotto..............................................
Messageries Fluviales du Congo.........
Sutanats du Haut-Ouhangui...............
Compagnie minière de Guinée : act.......
Compagnie des mines de Siguiri : act.
Compagnie de l’Ouest africain français,
act.....................................................

2125
495
100
150
150
440
132
550
518
241
840
100
130

—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—

560 —

Lç Président de l’Institut, Gérant :

Adrien ARTAUD.
Im prim erie du “ Sém aphore” Barlatier . — Marseille.
17-19, rue Venture.

�SERVICES POSTAUX MARSEILLE-CO
D é p a rts

de M a rs e ille

A lg é r ie

DATES DES DEPARTS

DERNIÈRE LEVÉE

DEPARTS

D E M A R S E IL L E

D E L A B O IT E

DES BATEAUX

_. rT,
Hardi, Mercredi, Vendredi, DiDépartements d’Alger, d’Oranel Voie de Marseille
.
C^G'eTrans
manche. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 h. mat. 1 h. soir
et d A lg e r ...)
de Constantine
»

Voie deMarseille, Transp. Mar.
»
C'^Touache.
»
Cic GleTrans.
»
Transp. Mar.
»
C'0G1' Trans.
»
»
»
»
»
CicTouache.
»
CieGle Trans.
»
CieTouache.
»
»
»
Cie des M. M.
Voie de Brindisi,paq. Anglais.

d’Alger ...
d’Oran.
de Constantine
D
»

»
T u n is ie .
In d o -C h in e .
A fr iq u e O c c id e n ta le
F r a n ç a is e

Mercredi et Samedi.
Jeudi.....................
Jeudi et Samedi___
Mardi....................
Mardi....................
Mardi.....................
Samedi..................
Jeudi.. ................
Lundi, Jeudi et Vendredi. . . . . . .

Mercredi................
Samedi................
Ondim. sur déni à p. du 3 janr.
Vendredi ap. d. de Marseille . .

V o i e de B o r d e a u x , C‘ e des Charg. Iléun. 24 de chaque mois. 6 h. 35 soir.

Voie de Marseille, Transp. Mar. 10, 20 et 30 de chaque m ois..
Voie de Rordeaui àLisbonne, Cindes M. M. Le Jeudi, l . l . l i j . à p .d u V ja n v .
D jib o u ti, M a d a g a s c a r,! Voie de Marseille,
»
10 de chaque mois
R é u n io n e t M a u r ic e 1
25
»
D jib o u ti, M a j u n g a . . . . |
»
C ic Havraise. Vers le 2 0 de chaqoe mois.
Voie de Marseille, C ie desM. M . On dim. sur quatre à p. du 17 janr.
N o u v e lle -C a lé d o n ie \
Voie de Brindisi
e t N o u v e lle s -H é b rid e s )
î paq. Anglais. Chaque Vendredi .
ou Naples..
Voie de Marseille, Cil! qes j\p m . Du Mercredi sur 1 à p. du 13 janr.
In d e F r a n ç a is e ........
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi ap.-midi.
Voie de St-Nazaire, Ci0Glc Trans. 9 de chaque m ois..
G u a d e lo u p e
\
VoiedcBordeaux,
»
26
»
e t M a r tin iq u e
j
Voie deCherbourg, paq. Anglais. Le Mener., 1 .1.14 j. àp. du 6 jaitT.
Voie de St-Nazaire, CioG'° Trans. 9 de chaque m ois..
G u y a n e F r a n ç a is e . . . | Voie d’Amsterdam, paq. N é e rl.. Vendr., 1.1. l ljoursàp.duSjauv
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le H o r c r.,t.l.l4 j.à p .d u 6 ja n v
S é n é g a l .. ................

T a h iti
S t - P ie r r e - M iq u e lo n

3 h. 20 soir. 6 h. soir
10 h. 30 m. m idi....
3 h. 20 soir. 5 h . soir
3 h. 20 soir. 5 h . soir
10 h . 30 m midi---3 h. 20 soir. 5 h . soir
10 h. 30 m . m idi....
10 h. 30 m. midi ...
10 h . 30 m. m id i....
11 h. mat. I h. soir
10 h. 30 ni. m idi___
10 h. mat. II h. mat..
10 h. soir.

j
^

10 h. 30m.
6 h. 35 soir.
10 h. mat.
10 h. mat.
mat. ousoir
10 h. mat.

midi.
11 h. mat..
11 h. mat..
11 h. mat..

10 h. soir. 11 h. 30 s.
10 h. mat. 11 h. mat.
10 h. soir, 11 h. 30 s.
l’arant-ieille soir,
la veille au s o ir ..
l’av.-veille matin,
l’avant-veille soir,
la veille au soir,
l’av.-vcille matin.

Vçie Le Havre et Cherbourg
par New-York

A rriv é e s à M a rs e ille
A lg é r ie :

A lger...........................
Constantine par Philippeville et Bùne..........
Oran...........................
T u n i s i e ............................
In d o -C h in e
N o u v e lle -C a lé d o n ie .

Voie de B rindisi......

Lundi, Mercredi, Vendredi, Samedi.
Lundi, Mardi, Jeudi, Samedi. . . .
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

Merci'., Vend., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jours.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 semaines.
Tous les 28 jours.
Chaque Samedi.

R é u n i o n , M adagas­
c a r e t D j ib o u t i. ..

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

G u a d e lo u p e , M a r t in i­
q u e, G u y a n e :

Voie de Saint-Nazaire
Voie de Bordeaux.......
Voie d’Angleterre

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les 11 jouis.

A fr iq u e O c c id e n ta le :

Voie de Bordeaux.......
Voie de Liverpool......

Tous les 14 jours.
Environ toutes les 2 semaines.

^ 'E X P A N S IO N C O L O N IA L E e s t e n le c t u r e s u r le s p a q u e b o ts -p o s te .

�MACARONI *
VERMICELLE

R IV O IR E
ET

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U S IN E S

LYON-

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P A R IS

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opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
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Fait toutes opérations de Bourse.

2° Son s e r v ic e sp é c ia l des C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clienlète, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
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EXTRAITS

DES

A r t . 2.

Cette association a pour but l’étude, la dé­
fense et le développement des intérêts généraux
de la colonisation française et spécialement
l'extension des rapports de la région marseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notamment de re­
cueillir et de centraliser tous documents et ren­
seignements utiles, de rechercher les principes
à observer, les méthodes à appliquer, d’exami­
ner et de provoquer toute mesure d’ordre légis­
latif, administratif ou économique qui lui pa­
raîtrait de nature à favoriser les intérêts que
mettent en jeu les rapports de la métropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L ’Institut colonial Marseillais
comprend
deux catégories de membres.
La première catégorie est celle des membres
titulaires et comprend :
Les membres de droit ;
Les membres sociétaires fondateurs ;
Les membres donateurs ;
Les membres adhérents.
Les membres de droit sont les délégués de la
Chambre de Commerce de Marseille, dont le
nombre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les membres sociétaires fondateurs et dona­
teurs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œuvre de l’Institut colonial,
lui donnent pn concours financier important.
La deuxième catégorie est celle des membres
correspondants ; ceux-ci sont agréés par le Cor;-

Services de l'Institut :
Iiez-de-Chaussée : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
I er étage : Musée Colonial.
3me étage : Secrétariat général et Bureaux de
l’Institut, Bureau de Renseignements.
Rédaction de 1’ « Expansion Coloniale ».
C

o u p s

c o lo n ia u x

Directeur : M. le Dr H ecket,.
Produits végétaux coloniaux.
M. H. Jümelt.e .

Produits animaux et parasitologie des plantes
et des animaux.
M. Jacob de Cordemoy .

Minéralogie et Géologie coloniales.
M. L? L a u r en t .

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontanément, soit
sur sa demande, tous renseignements de nature
à seconder l’œuvre coloniale de l’Institut.
A r t . 4.
Toute personne qui voudra faire partie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa demande au Président.
La demande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le Pré­
sident soumet la demande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a­
vance et acquises à la Société, en cas de démis­
sion en cours d’exercice.
Toute démission devra être adressée au Pré­
sident par écrit.
Le non paiement de la cotisation, pendant
deux années consécutives, entraîne de droit la
radiation.
Pour être membre sociétaire fondateur, il
faut payer :
T Un droit d’admission de 1.000 francs au
minimum ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
minimum.
Pour être membre donateur il faut payer :
1° Un droit d’admission de 500 francs au mi­
nimum ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
minimum.
Pour être membre adhérent, il faut payer une
cotisation annuelle de 30 francs au minimum.

Histoire et Géographie Coloniales.
M. P. M asson .
Législation et Economie Coloniales.
M. H. Babled.
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud .
Cultures coloniales. — Jardin colonial.
M. V. Davin .
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’Institut Colonial de
Marseille ».

Institutions connexes :
2me étage : Société de Géographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance Française.
3me étage : Syndicat des Exportateurs.

Comité de rédaction de « l'Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Y tier , Vice-Président : Jacques L éotard , Secrétaire ; Paul M asson, Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. E. M oriceau, Secrétaire général de l’Institut.—
M. Auguste Gir y , ancien Directeur-Adjoint, dé l’Exposition coloniale.

Marseille. — Imprimerie du Sémaphore, R a r l a t i e r , rue Venture, 17-19.

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1909

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B U L L E T I N '

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L'INSTITDT COLONIAL MARSEILLAIS

S O M

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A I R E
PAGES

P our sauver la Guyane, D octeur H eckel . . . .
La Réform e du régime douanier colonial.
Conférence de M. Adrien Artaud, à P aris.
In s titu t colonial m arseillais.
E x traits des procès-verbaux..........................
T roisièm e Journée m a ritim e ..........................
B ureau de R enseignem ents...........................

ABONNEMENT

305
367
374
374
374

E x traits de la C orrespondance . . . . . .
Cours c o lo n i a u x .............................................
In stitu tio n s connexes.................................................
A vis d 'a d ju d ic a tio n .................................................
Marché des produits co lo n ia u x..............................
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Fondé sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
P r é s i d e n t s d ’h o n n e u r :

MM.

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l'Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée.
M em bres

MM.

Armand . Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — B ergassè . H. et C”. — B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — CharlesRoux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. —■Compagnie des Che­

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Le
Le
Le
Le
Le

P réfet des Bouches-du-Rhône.
Maire de Marseille.
P résident du Conseil général.
R ecteur de l'Université d’Aix-Marseille.
D oyen de la Faculté des Sciences.
Féraud , Augustin, Président honoraire de

la

Charles -Roux,

de

Chambre de Commerce.
Jules, Commissaire général
l-’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

fo n d a te u rs :

Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay , Gigandet
et C".
Gavoty, Charles. - Hecicel, Edouard (Dr),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. —■« Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

M em bres d o n a te u rs :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
B erger , C. — Chabriéres , Morel et C’\ — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraissinet &amp; C”). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien F abp.e &amp; C1'. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraud , Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — Lombard, Emile, Mem­
CONSEIL

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H..
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C1'. — N. P aquet &amp; C1'. —
J . et A. P avin d e Lafarge. — Rastit , Henri. —
Rocca, Tassy et De R oux. — E. Rodocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub , Léonce. - Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi .

D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. D esbief , Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.
i la Chambre de Commerce.
M. Estrine , Lucien, Président
Secrétaires : MM. B arlatier . Paul, Directeur du
Président : M. Artaud , Adrien, Membre-Secrétaire
Sémaphore F ouque, Adolphe, Président hono­
de la Chambre de Commerce.
raire du Syndicat d’initiative de Provence.
Vice-Présidents : MM. le D’ H eckel, DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président
Trésorier : M. Allemand, I., Membre de la Cham­
de la Société de Géographie ; P onsinet , A.,
bre de Commerce.
Chef du Service Colonial : le C" Armand ,
Trésorier-Adjoint : M. Laplane , J.. Directeur
Albert, premier Vice-Président de la Chambre
Adjoint du Comptoir National d’Escompte de
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
Paris à Marseille.
lais de la Marine Marchande ; B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie. Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
MM.
Allest , J. (D’), Administrateur-Délégué de la Com­

pagnie Générale Transatlantique.

Arnaud Lucien, Minotier.
B ergasse , Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie M arseil­
laise de M adagascar.
Blanc, E.. Directeur de l’E xploitation de la Com­
pagnie des M essageries M aritimes.
Rourdillon, A., Armateur.
Bry , G., Doven de la Faculté de Droit d ’Aix.
Dufay, H., Ancien Vice-Président de la C lid e CoinDufour, Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour , .L.Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­

ral des Bouches-du-Rhône.

Gaffabel , Pauil, Professeur à TUniversité.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
Jacquemet-, Louis, Président du Syndicat des

Négociants en cafés.

Joannon. A., Avocat, -Président de l’Association

Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.

Jourdan. Félix, Juge nu Tribunal de Commerce.
Kahn , Membre de la Chambre de Commerce.
Léotard , Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.
Lombard. F,mile,'Vice-Président, de. la Ch .de Corn-

MM.

Martin -Laval, F., Vice-Président du Syndicat des

Exportateurs.

Masson , Paul, Professeur à TUniversité et à l’Ins­

titut colonial.

Rastit , Henri. Industriel.
Rastoin , Président de la Société pour la Défense

du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux, François (De), Ju"e au Tribunal de Com­
merce.
T urcat , H., Membre de la Chambre de Commerce.
Roobigtjes-E ly,

T fisse ire , Raymond, Avoué.
Usslaub , Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, Ancien Membre de la Cham­

bre de Commerce.
Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Zarifi , Périclès, Banquier.
Lévy , Clément, t" Adjoint au Maire de Marseille.
Dei .ibes , .T., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi , Clément. DMémié du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire aénéral : E. Moriceau, Adm inistrateur
Ytier ,

en chef des Colonies en retraite.

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L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS,
désireux d’offrir-à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant lous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3me étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

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fuge p o u r les s a lle s d ’h ô p ita u x et é ta b lisse m e n ts p u b lic s,

L A V A B L E a u s a v o n , à la p o ta sse ot a u x d é sin fe c ta n ts
IN A L T É R A B L E a u x in te m p é rie s et a u x v a p e u rs s u lfu re u s e s
IM IT A T IO N p a rfa ite de to u s m a rb re s p e rm e tta n t les a p p li­
c a tio n s d é c o ra tiv e s les p lu s v a rié e s.

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ne-bière.
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fra n ç a is e s p o u r l’E x p o rta tio n , g a ra n tie exem p te
d ’a n tis e p tiq u e s , d ’une c o n s e rv a tio n e t d’une lim ­
p id ité p a rfa ite s . F a b riq u é e S A N S ADDITIOND' ALCOOL a vec des e au x s té rilis é e s p a r l’ozone,
e lle ré s is te à tops les c lim a ts . T r è s re c o m ­
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Amaldi, F., 11, Place St-Ferréol, Art. Exotiques et
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Artaud, frères (J.-B et A.), rue Plumier-Prolongée,
Produits d’Alimentation, Vins, Spiritueux, etc.
Augusto cadet, 15, rue du Terras, Chaussures.
Banque de l'Afrique Occidentale, 78, rue de
Provence, (Paris), 'Banque Coloniale.
Baron, E. et Ch., 386, Boulevard National, Huiles
Minérales.
Beltjens et GuenebaudM, rue Grignan, Miroiterie.
Biélron, E., 9, rue de l’Arc, Fromages, Beurre»,
Salaisons.
Bigourdan, frères, Luchon (Haute-Garonne) Cons.
Alimentaires.
Boissonnas et Détaillé, 21, rue Nouilles, Photo­
graphies.
Bouchard, fils aîné, 19, rue S'-Sêpulcre, Conserves.
Carret, J. et ses fils, 6, Quai de là Tourette, Pâtes
Alimentaires.
Carlonneie St-Charles, 9, rue Guérin, Boîtes et
Articles divers.
Cauvet, Lambert et Cie, 20, rue de la Conception,
Capsules métalliques et Etains en feuilles.
Cassante, P., 16, rue Friedland, Dattes, Alimen­
tation.
Chazy, Mulzant et Ciù (Viltefranche-sur-Saône),
Pansements et Cotons.
Carnaud, J., 36, rue de Village, Boîtes métalliques.
Coda, J., 4, rue d’Arcole, Meubles de Style.
Cie Française de l'Afrique Occidentale, 46, rue
Breteuil, Commerce Colonial.
Cie Générale des Pétroles, 2, rue Fongate, Huile de
Pétrole .et- Dérivés,
Cie du Gaz et de l’Electricité, rue Montgrand.
Ci# des Messageries Maritimes,- Place SadFCarnot,
Compagnie de Navigation.
Ci0 N. Paquet, et. G'ie, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
gnie de Navigation.
Ci0 de Produits Fixator, rue de Mondovi (Paris),
Lait, Chocolat.
De Queylar et fils, 18, rue des Princes, Verreries.
Ecole de ' Provence, 15, rue des Princes, Ensei­
gnement.
Empereur, A., 4, rue des Récolettes, Quincaillerie
générale.
Eugsler, A., rue Nicolas, 24, Perles, produits divers
pour l’exportation.
Estrangin, 42, rue Montgrand, Eau de Pioule.
Estrine et Cio, 18, rue Colbert, Compagnie de
Navigation Péninsulaire et Orientale.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, Peinture.
Fichet, 19, Allées de Meilhan, Coffres-forts.
Fougeret, A., 25, rue de la Palud, Entreprise de
nettoyage.
Folique, .1 ., 1 , Allées de Meilhan, Tuileries,
Etablissements P. Sacoman,.
Gct. frères, Ilevel (Haute-Garonne), iPippermint
Get.
Got et. David, 3 et 5, Quai de la Fraternité,
Restaurant Basso.
Gros, E., 196, rue Paradis, Minoterie.
Guiraud et Cic, 7, Quai du Canal, Imprimerie.
Heudebert, Ch.. 85, Boulevard Saint Germain
(Nanterre), Produits Alimentaires de Régime.

llonnoral, L., 30, rue du Bnignoir, Verrerie.
Karsenty fils et. C°, 137, rue de Rome, Tabacs.
La/fit a, .1. N., -22, rue Cànnebière, Chaussures.
Lalrillc, ]., fils, Bordeaux, Vins de Bordeaux.
Lejeune frères (Vinli, AimarnT, chez MM. Dufay,
31, rue Saint Jacques, Produits d'Indo-Chine,
Caoutchouc, etc.
Loin baril, E., 12, rue Breteuil. Produits Chimiques.
Magnan frères, 19, rue Paradis, Gocose.
Mallet, h, Boulevard d’Accès, Matériel d’Entrepreneur.
Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Sakakini.
Massai (veuve), 50, rue de Rome, Graines et
Semences.
Monnier, iW„ 36, rue de Rome, Corsets.
Montai et G'le, 94, Avenue du Prado, Modèles de
Voitures ou Auto.
Mossc, A., 2, rue Cànnebière, Optique.
Mourlés frères, 15, rue Breteuil, Lièges et Caout­
choucs.
Mutuelle, de France et des Colonies, 1, rue Stella,
(Lyon).
Ncl, Fortuné, 27, rue de la Darse, Appareils
sanitaires.
\ugiic, M., 14, rue d’Italie, Glaces et verres.
Pascal et. Baldy, 21, rue Grignan, Casques
insolaires &amp; chapellerie.
Posera, H. et. G'ie, 18, Avenue de la Capelette,
Graisses, Huiles et Saindoux.
Pellegrin, Sablette-les-Bains, Casino et Hôtel.
Pcllen, J.-B., 1, Plaée a Aix, Quincaillerie
Pitt, F., 56, rue Saint-FerféOl, Fourrures.
Pons, J.-B. et G’iL‘, 2, rue Jemmapes, Appareils
Sanitaires.
Radius, G., 26, Place Vendôme (Paris), Essence
de Romarin, Produits Agricoles.
Bastit, H., 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
des Corps Gras, etc.
Rocca, Tassy 'et de Roux, 26, rue Montgrand,
Graines Oléagineuses et Dérivés.
Bôdel cl fils frères, rue du Jardin Public,
(Bordeaux), Conserves Alimentaires.
Rouquette, L., 20, rue de la Darse, Biscuits pour
la Marine.
Rousseau, J. M., 83, rue de la Darse, Broderie et
Lingerie confectionnées, de Madère.
Société Anonyme des Chaux et Ciments RomainBoyer, 5, rue Cànnebière.
Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue
de la République, Compagnie de Navigation.
Société Générale îles Peintures Sous Marines,
2, rue Corneille.
Société Nouvelle des Raffineries Saint-Louis, 3, rue
République, Sucre.
Syndicat de Garantie des Industriels Français,
(Girard, 167, rue de Rome), Assurances, Acci­
dents.
Spanjaard, A., 7, Place Saint-Ferréol, Linoléum,
Toiles Cirées, etc.
Serène et Cle, 45, rue Saint-Bazile, Liqueurs et
Spiritueux.
Siluan, aîné, 30, Boulevard cle la Paix, Courroies,
Cuirs!
Vrnatié, 102, rue d’Italie, Boîtes métalliques.
Virgilli, 14, rue Paradis, t ins de Champagne.
Ylier, L. et G1', 27, rue Pavillon, Assurances
Maritimes.

�Troisième Année.

N° 19

1er Juin 1909.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
livrée sans résistance aux mille causes dépri­
mantes de ce climat brûlant et de ce pays
neuf. Les convicts blancs qui, par exception,
Enfin, la Guyane, ce pays merveilleux résistent à ce milieu ne sauraient s’attacher
abandonné depuis trop longtemps à ses pro­ au sol : ils rêvent de retour en Europe après
pres moyens, vient de fixer l’attention de libération ou par évasion. Et ce beau rêve se
la presse, des pouvoirs publics et des parle­ réalise souvent.
L’Annamite déporté à Poulo-Condor, par
mentaires !
On attendait dans le monde colonial ce contre, ainsi que l’indique M. de Lanessan,
mouvement avec quelque impatience et, ce soumis à un régime de quasi-liberté et suivi
n’est pas sans un sentiment de satisfaction de sa famille, est seul capable d’offrir à ce
qu’on a pu lire, d’une part, l’article si inté­ pays si intéressant et si peu différent du sien,
ressant et trop peu reproduit de M. de rattachement nécessaire pour en faire un
Lanessan, dans le Siècle, sous le titre que colon définitif et producteur tout à la fois.
nous lui empruntons ; et de l’autre, cette Voilà la véritable et unique source de recru­
décision prise par M. le Ministre des Colo­ te] lient de l’ouvrier colon pour la Guyane. Et
nies d’organiser une mission en vue de déli­ il ne nous occasionnera aucune difficulté
miter d’avec le Brésil cette colonie dont les diplomatique, puisqu’il se fera chez nous et
profondeurs sont encore si peu connues à en mettant en valeur des forces .humaines
jusqu’ici laissées, au grand détriment de la
tous égards.
11 n’y a pas à se faire illusion, le double colonisation, sans emploi utile. En outre,
mouvement dont on sent que l’initiative est M. Rodier qui connait bien, pour les avoir
due au zèle et à l’intelligence très appréciés administrés , les Annamites, serait mieux
du Gouverneur actuel de la Guyane, M. que personne en situation d’en tirer le meil­
leur rendement possible.
Rodier, a une importance capitale.
L’article de M. de Lanessan a mis en évi­
Cette idée mérite donc de fixer au plus
dence le mal dont souffre incurablement tôt l’attention de nos gouvernants et nous
depuis de longues années notre grande et ne saurions trop ia recommander à leurs
belle colonie de l’Amérique équatoriale.
méditations, au moment où la question an­
Sa situation précaire jure profondément goissante de la main-d’œuvre préoccupe
avec la prospérité, accablante" pour notre toutes les nations colonisatrices. Elle est en
amour-propre, des deux Guyanes voisines : outre de réalisation aisée : un simple décret
Hollandaise et Anglaise. Il convenait d’y por­ de transfert du pénitencier de Poulo-Condor
ter un prompt remède, et c’est un colonial de à la Guyane y suffira. L’organisation de ce
haute'envergure qui l’indique avec une pré­ transfert viendrait ensuite.
cision très nette.
Allons au plus pressé. La. main-d’œuvre
Il faut de la main-d’œuvre à notre Guyane pénale blanche serait en entier concentrée
et une main-d’œuvre appropriée au climat et sur la Nouvelle-Calédonie, et, sous ce climat
au but à atteindre. Celle qu’on lui a donnée privilégié, on saura bien l’utiliser, puisque
jusqu’ici, empruntée à la race eurppéenne, la colonie réclame son bagne, qu’on lui
ne saurait convenir ni à ses besoins, ni aux enlève peu à peu et qui lui est nécessaire,
exigences de cette zone torride. Examinée paraît-il, pour assurer une prospérité dont
sans parti-pris, cette main-d’œuvre pénale elle a bien besoin et qu’elle mérite, du reste,
était frappée d’avance de stérilité, au si j ’en juge par les persévérants efforts des
- point de vue de l'effort colonisateur, parce colons néo-calédoniens, en vue de sortir de
que l’Européen condamné et même libre ne leurs difficultés actuelles.
peut se livrer aux travaux de défrichement
La seconde mesure prise dans l’intérêt
nécessaires sur cette terre vierge, sans en de la Guyane exige aussi quelque examen,
souffrir profondément. A plus forte raison parce que ses conséquences immédiates ou
quand cette main-d’œuvre est tant morale­ médiates peuvent avoir une répercussion pro­
ment que physiquement fatiguée, c’est-à-dire fonde sur la prospérité de notre colonie,

POUR SAUVER LA GUYANE

�366

L’EXPANSION COLONIALE

selon la façon dont, elle sera comprise dans
son exécution. Jusqu’ici les journaux nous
annoncent que le Ministère des Colonies se
prépare à organiser une mission de délimi­
tation de-notre Guyane avec la Guyane bré­
silienne. On désigne même le chef de cette
mission.
Il est certain qu’il faut enfin connaître où
s’arrête notre domaine, dont on indique
vaguement les frontières. Cet état d’indivi­
sion ne saurait se perpétuer ; il pourrait ame­
ner dans l’avenir des conflits de voisinage
qu’il faut prévoir dès aujourd’hui, pour évi­
ter tout empiètement possible sur une zone
où les questions aurifères peuvent .amener,
comme au Carsewène, des compétitions san­
glantes.
Mais assurément M. Milliès-Lacroix, dont
l’esprit pratique et hautement éclairé est
universellement apprécié, ne se bornera pas
à prescrire l’organisation d’une mission fran­
çaise dont le mandat serait strictement res­
treint à des travaux de topographie limita­
tive entrepris de concert avec le Brésil. Ins­
piré par son intuition profonde des intérêts
coloniaux, il voudra joindre à cette mission
des explorateurs capables de dresser le bilan
de notre possession américaine.
Après avoir été bien délimitée, la Guyane
aura besoin d’être une bonne fois connue
dans ses ressources naturelles. Ni la flore,, ni
la faune, ni la géologie, ni la pétrographie
de la Guyane ne sont connues aujourd’hui
comme il conviendrait pour une colonie dont
la possession remonte à trois siècles. Cet état
d’ignorance relative est d’autant plus regret­
table que, d’après ce que nous en savons
déjà par les explorateurs Aublet, Sagot, Crevaux, Geoffroy, Coudreau, Veillard, Galmot,
Levât, Brousseau, Bordeaux et Dangoise, ces
régions profondes sont à tous égards d’une
grande richesse.
Il y a, selon toute probabilité, à dégager de
cet inconnu des ressources qui feront la for­
tune de la Colonie et augmenteront même
celles de la Métropole. Je puis apporter sur ce
point le témoignage que me permet la con­
naissance du pays littoral aux alentours de
Cayenne, et des publications que j ’ai faites
sur des productions végétales de premier
ordre utilisées ou non dans cette région
côtière» jusqu’au Maroni. Que ne peut-on
prévoir dans les forêts profondes ? Il y a là
une question de haute importance à résoudre.
La Guyane ne donne pas seulement de l’or
par son sol, elle porte un domaine forestier
de grande valeur comme producteur de ma­
tières premières très recherchées par les in­
dustries métropolitaines : essences, bois, ba­

laie, résines (copals et autres), caoutchouc,
textiles, graines grasses in é p u isa b le s, fé ­
cules, etc. Il faut, en vue de l’organisation de

ces exploitations un bilan bien net de ces
richesses. Les monts Tumuc-Humac, de for­
mation ancienne, doivent être métallifères,
il importe de le savoir. Rien de plus simple
pour y arriver : joindre à la mission de déli­
mitation quelques savants appelés à dresser
cet inventaire tant scientifique que d’appli­
cation.
Nous avons actuellement, soit à Paris,
soit en Province, une jeune pléiade de cher­
cheurs coloniaux qui, bien préparés par de
longues études spéciales, et doués d’une foi
et d’un tempérament robustes, ne demande­
ront pas mieux que d’attacher leur nom à
cette œuvre d’intérêt national. Ils suivront
les traces et partageront la gloire de l’intré­
pide et savant explorateur français A. Che­
valier, qui parcourt si fructueusement depuis
quelques années notre Soudan pour en dres­
ser l’inventaire.
Que M. le Ministre des Colonies fasse un
signe et j’ai la certitude qu’il sera imité par
M. le Ministre de l’Instruction Publique
comme par les différentes Sociétés savantes
qui, en France se font un devoir d’encoura­
ger, et même de subventionner comme celles
de Paris pour la mission d’Ollone, des
■explorations désintéressées et purement
scientifiques. Leur intervention ne fera pas
défaut quand il s’agira d’une œuvre ayant
le but de servir cumulativement les intérêts
de la science et ceux d’une cblonie française
en mal de mort faute d’être assez connue.
Je suis plein de confiance maintenant dans
l’avenir de la Guyane : son-cri de détresse a
été entendu et toutes les forces du pays se
ligueront pour en faire ‘ce qu’elle aurait dû
être depuis longtemps déjà, c’est-à-dire une
colonie, non seulement se suffisant à ellemême, mais déversant sur l’Europe indus­
trielle et en particulier la France, le trop
plein de ses richesses naturelles et culturales.
Au moment où va se réunir le Congrès des
vieilles colonies, il ne paraîtra pas inoppor­
tun de Soulever cette question, ne serait-ce
que pour démontrer à quel point certaines
de nos possessions très anciennes sont, en
fait, encore jeunes comme exploitation et à
peine nées à la connaissance de l’ancien
monde.
D1 Ed. H e c k e l ,
P résid en t de la Société de Géographie
de Marseille,
V ice-Président de l’In s titu t Colonial
M arseillais.

�L’EXPANSION COLONIALE

LA RÉFORME
du Régime douanier colonial
Conférence de M. Adrien ARTAUD, -président
de l’Institut colonial marseillais, à VUnion
coloniale française à Paris.

L’« Union coloniale française », qui dirige
si bien la défense des intérêts coloniaux
devenus considérables dans notre empiré
d’outre-mer, sous la présidence de M. Char­
les-Roux, ancien député de Marseille, avec
M. le député Chailley comme directeur, se
réunit en un déjeuner mensuel où sont exa­
minés ensuite tour à tour les grands problè­
mes coloniaux, dont la discussion se trouve
amorcée par un exposé dû à une personnalité
éminente du monde des affaires ou de la
politique.
Pour le déjeuner du samedi 22 mai der­
nier, donné au Cercle militaire, l’Union colo­
niale avait convié de nombreux adhérent:;
pour l’étude de la réform e du régim e doua­
n ie r , et la conférence sur cette importante
guestion économique avait été confiée à M.
Adrien Artaud, président de l’Institut Colo­
nial Marseillais, membre-secrétaire de la
Chambre de Commerce de Marseille. M.
Artaud a développé le sujet choisi dans un
remarquable discours, dont nous tenons à
publier ici le texte complet.
Cette conférence a valu à l’orateur un suc­
cès mérité auprès de son auditoire d’élite et
les chaleureuses félicitations de MM. Charles
Roux et J. Chailley. Nous enregistrons avec
une légitime satisfaction cet accueil des plus
flatteurs pour notre Président et l’Institut
Colonial, d’autant plus que l’adhésion una­
nime aux conclusions de M. Artaud a été
témoignée, en outre, par l’absence de toute
discussion.
Parmi les nombreux convives qui s’étaient
rendus à l’appel de l'U nion Coloniale Fran­
çaise, on remarquait :
MM. Auricoste, directeur de l'Office Colonial ;
Em ile B érr, réd acteu r au Figaro ; B e rrù t (Om­
nium L yonnais) ; B rally, directeur de la Com­
pagnie des C hargeurs R éiinis ; Charles-Roux,
ancien député, président de la Com pagnie T ra n ­
satlan tiq u e ; Chautem ps, député, ancien m in is­
tre.
MM. J. Chailley, député ; C outurier, directeur
du Crédit F oncier Colonial ; P a u l CliailleyB ert ; Depincé, chef de service à l’Union Colo­
niale ; Duchêne, sous-directeur de la B anque
de l’Indochine à S han g h aï ; Graëte, avocat,
conseiller général de la M a rtin iq u e ; Yves
Guyot, ancien m in istre ; G érard, directeur de
l’Office de l’A lgérie ; W. G uvnet délégué du
Congo au Conseil su p érieu r des colonies.
MM. Jules H arm an d , am b assad eu r honoraire;
Le Cesne, adm in istrateu r-d élég u é de la Com pa­
gnie F ran çaise de l’Afrique Occidentale ; Madrolle, explorateur ; M essimy, député ; MilheP outingon, chef de service à l'Union Coloniale

367

Française ; M athon, de la Compagnie F ra n '
çaise de l’Afrique Occidentale ; Nouvion, direc­
te u r de la Banque de l’Afrique O ccidentale ;
colonel m arq u is de N adaillac ; N audot, adm i­
nistrateur-délégué de la Société anonym e de
Sparw ine ; l’Ouest A fricain ; Noguès, directeur
général de la Société de la H aute-S angha ;
P etithuguenin, vice-consul de France.
MM. le lieutenant-colonel Boulet ;' B runoR ostand, directeur de la Société de P ort-S aintLouis du Rhône ; Louis Simon, délégué de la
Nouvelle-Calédonie, au Conseil su p érieur des
colonies ; Séguin, adm inistrateur-délégué de
la Com pagnie de l’Ouest-Africain. ; de Traz,
président de la Com pagnie des chem ins
de fer de D akar à Saint-Louis ; Vigne, a d ­
m in istrateu r-d irecteu r de l’Union com m erciale
indochinoise ; Louis Vignon, professeur à
l’Ecole coloniale.

Voici le texte
Adrien Artaud :

de la conférence de M.

M essieurs,
Je ne sa u ra is trop rem ercier M onsieur le P ré ­
sident Charles-Roux des éloges qu’il vient de
m’adresser. Il a rappelé m a p a rticip atio n à
son œuvre coloniale m arseillaise de 1906. Ce
souvenir a été droit à m on cœur. C’est d an s ces
occasions,qu’au contact d’hom m es de sa valeur,
on se form e et cela perm et quelquefois de re n ­
dre service à une cause qui nous est chère à
tous.
Ses éloges augm entent m a confusion d'appor­
ter à cette réunion habituée à entendre les la n g a ­
ges les plus diserts et les plus harm onieux un©
rude parole provinciale rebelle à toutes les p a ru ­
res. Je n ’ai qu’une excuse, M essieurs,.pour avoir
cédé à ia très grande insistance de l’Union
Coloniale,“c'est que vivant constam m ent p ar
nies occupations le régim e douanier colo­
nial et constam m ent en ra p p o rt avec ceux qui
le rive ni. je liai étudié expérim entalem ent, ce
qui est plutôt ra re de la p a rt d’un Colonial,
pour l’ensemble de nos possessions, et il me
semble que cela m ’im posait le devoir de ne pas
me dérober dans une circonstance où l’on vou­
lait bien faire appel à mon concours.
Mais la difficulté n ’est pas seulem ent pour
moi dans la com paraison nue vous ferez fa ta ­
lem ent entre mon m anque de ressources et le
charm e o rd inaire de vos causeries, elle réside
aussi dans le sujet.
Quelqu’un disait u n jo u r : « la question des
sucres n ’est pas inextricable, accordez-moi
seulem ent q u atre ou cinq heures d’attention
soutenue et je me fais fort de vous l’expliquer
entièrem ent. »
Il en est à peu près de même de la question
douanière coloniale si l’on veut m o ntrer colo­
nie p a r colonie, article p a r article, commerce
p ar commerce, combien le régim e u n ita ir e .
in stau ré p a r la loi de douane de 1892, blesse nos
possessions et entrave leu r développem ent
économique
H eureusem ent, M essieurs, que votre grande
compétence en ces m atières me dispense d’en­
tre r dans le détail, et je crois pouvoir p a rtir
des conclusions du Congrès Colonial de M ar­
seille en 1906, confirmées à B ordeaux en 1907,
et qui sont au jo u rd ’h u i à peu près universelle­
m ent adm ises dans le m onde colonial, car on
en retrouve l’écho trè s n et d an s le m agnifique

�368

L’EXPANSION COLONIALE

ra p p o rt de M. Messimy, su r le budget des
Colonies p our l’exercice 1909.
D ans ces conditions, notre form ule devient
trè s synthétique, .elle s ’exprim e en quelques
m ots :
A utonom ie douanière ou plus_ exactem ent
p ersonnalité douanière de chaque colonie, re­
v en d iq u an t de la M étropole les taxes qui p a ­
ra isse n t les plus av an tageuses au développe­
m ent de la richesse de la Colonie, octroi de ce
régim e p a r la M étropole qui tien t compte dans
rétab lissem en t des taxes de ses intérêts géné­
rau x , m ais su rto u t des intérêts de la Colonie
à laquelle son p ropre in térêt est lié, fixation
d’une d u rée aux accords de façon à perm ettre
aux intéressés de s’en prévaloir et à en faciliter
la révision à l’échéance.
E n p re n a n t ain si m on su jet au point où l’ont
m ené nos tra v a u x à tous, de ces dernières
années, m a tâche est singulièrem ent facilitée,
et il ne me reste qu’à discuter les objections
faites à cette form ule depuis son apparition.
Les m ots « autonomie douanière » ont s u r­
to u t été critiqués. « Il serait absurde, a-t-on
« dit, de concéder à nos colonies, après les .sa­
it orifices q u ’elles nous ont coûtés, une autono« m ie qui les d éliât de toutes obligations, ne
« leu r la issa n t que les avantages de ce dont
« nous avons assum é les charges.»
— Qui tien t ce langage, M essieurs ? Les
M étropolitains qui consacrent leur fortune et
leu r activité aux colonies ou les M étropolitains
qui ne veulent y av en tu rer n i une parcelle de
le u r tem ps, ni u n écu ? En un mot, ceux qui
les co n n aissen t ou ceux qui ne les connaissent
p as ?
On doit to u jo u rs ren d re justice à ses adver­
saires et je ne v oudrais pas qu’on donnât à
m es p aroles u n sens trop général, m ais il fa u t
bien reco n n aître que le p a rti de la su b ordina­
tio n économ ique des colonies à la M étropole
est su rto u t formé, dans ses m asses profondes,
de gens qui ne savent pas ce que sont les colo­
nies. Je ne v oudrais faire in ju re à personne,
m ais il est nécessaire de co nstater que beau­
coup de ceux qui en p a rle n t ne se font aucune
idée de l’im portance économ ique si différente
de nos possessions, p a r suite de leu r position
géographique, de la densité plus ou m oins
g ran d e de leu r population européenne ou in ­
digène, de leu r puissance de production et d’ab­
so rp tio n et s u rto u t de la sphère d’influence
étran g ère dans lesquelles les place leu r position
dans le m onde. P o u r beaucoup de gens les
colonies con stitu en t une région vague, des
pays à épices où Singapore voisine avec P on­
dichéry. P a s plus ta rd q u ’il y a dix jours,
quelqu’un nous écrivait à l’In s titu t Colonial,
qu’éta n t disposé à aller aux colonies il nous
p ria it de lui dire ce qu’il pouvait aller faire
d’avantageux en Abyssinie.
Cette confusion dans les idées nie rappelle le
chaos duquel nous sommes sortis, grâce su r­
to u t à notre adm irable Union Coloniale, qui,
fondée en 1893, a groupé les hom m es de valeur
et de bonne volonté et véritablem ent créé en
F ran ce le p a rti économique colonial. Il existait
bien autrefois quelques p a rtisa n s politiques de
la colonisation, m ais la discussion économique
relative à l’exploitation des colonies é tait loca­
lisée su r le te rra in doctrinal du pacte colonial
ou du p u r libre échange.
En 1892, je puis dire que personne ou à peu

près, dans les anciennes colonies, ne com prit
la portée et les conséquences de l’assim ilation
douanière qui venait d’être faite. Elles virent
dans cette incorporation une sorte de seconde
n atu ra lisa tio n , et désireuses de prouver leur
loyalism e ad h érèren t à peu près unanim em ent
avec tra n sp o rt à la m esure prise. En F rance
le silence fut à peu près complet.
Quel chem in fait depuis ! A un dom aine plus
historique que te rrito ria l a été substitué un
véritable em pire d’outre-m er. L’exploitation
d’im m enses contrées, quelqu’unes très voisines,
a fait su rg ir des hom m es de tout prem ier ordre
répondant aux besoins divers créés. A. des solu­
tions toutes faites, inapplicables, a succédé une
étude rationnelle des systèm es possibles et en­
fin, grâce à la satisfaction obtenue p a r le voeu
qui te rm in a it le rem arquable rap p o rt de M.
M iihe-Poutingon au Congrès de Bordeaux, les
colonies, interrogées p a r lé M inistre des colo­
nies, ont p ris conscience de leurs intérêts, ont
répondu et se sont fait une opinion. Les m uet­
tes, les léthargiques de jadis soht devenues des
personnes agissantes et p arla n te s et tout cela,
coïncidant avec la révision générale douanière
à l’étude, devra nous am ener à l'établissem ent
d'un régim e colonial en rap p o rt avec les be­
soins si divers de nos possessions.
Il fau t cependant constater que de 1892 à ce
jo u r le p a rti protectionniste, dont la règle em ­
pruntée au pacte colonial est restée la subordfnation économique des colonies de la Métropole,
a peu progressé. M algré la décision bien a rrê ­
tée de ses rep résen tan ts de ne rien risquer
dans nos possessions, il sent très fortem ent le
prix des sacrifices faits p a r la natio n pour les
colonies et m et constam m ent ces sacrifices en
avant.
11 fa u t s’expliquer su r ce point, car les sacri­
fices qu’a u ra it fait la Métropole pour ses goIonies pèsent lourdem ent su r tout débat colonial.
Nous p o u rrions répondre, si ces sacrifices
étaient prouvés, qu’aucune province de l’a n ­
cienne F rance n ’a été acquise et conservée sans
sacrifices et qu’il est peu aim able de rap p eler
constam m ent à ses obligés les services qu’on
leur a rendus, m ais la question mêm e des sacri­
fices n ’est pas tranchée. Nous pouvons affir­
m er h ard im en t que dans la balance des sacri­
fices réciproques, les colonies l’em portent h a u t
la,m ain. Sans rem onter a Louis XV et à la paix
qui a term iné la guerre de sept ans sans perte
territo riale, grâce à l’ab andon du C anada, ni
à la vente p a r Napoléon de la Louisiane aux
E tats-U nis, à beaux deniers com ptants, nous
n ’avons pas besoin de so rtir de la période
contem poraine po u r voir la F ran ce consolée
de ses revers p a r son développem ent colonial
et pour m o ntrer dans l’accord Franco-A nglais,
les intérêts de S ain t P ierre et M iquelon jouer
le rôle de m onnaie libératoire, vis-à-vis de nos
am is d'outre-M anche. Je ne critique pas, Mes­
sieurs, je constate. On appelle la loi de l’hom ­
me, celle qui règle les droits respectifs des
époux, on peut appeler la loi du M étropolitain
celle qui est imposée aux colonies, et cependant
la m oitié au m oins de notre dom aine colonial
d’au jo u rd ’hui a été acquise p a r des cessions
spontannées.
Si l’on fait en tre r en ligne de compte les ex­
péditions, j ’a u ra i vite fait de vous m o n trer qu’a u ­
cune guerre historique n ’a eu pour nous des
avantages aussi im m édiats que les expéditions

�L’EXPANSION COLONIALE
de Tunisie, du Tonkin, de M adagascar et du Da­
homey. La plus im populaire, celle du Tonkin,
nous a perm is d’acq u érir plus tard , sans tire r
un coup de fusil, le Laos, et d’obtenir avec l’U­
nion Indo-Chinoise une p én étratio n com m er­
ciale en Chine dont il ne tien t qu’à nous de
recueillir tous les avantages. Les m isères les
plus dures de nos guerres coloniales sont u n i­
quem ent à im puter à nos hésitations en cette
m atière. Pourquoi avons-nous m is deux siècles
à co nquérir M adagascar ? La situ atio n é ta it la
même sous Louis XIV qu’à la veille de la der­
nière expédition et nous au rio n s pu nous in sta l­
ler au centre de Pile av a n t les Hovas ! Mais
sans en trer d ans le détail des expéditions mê­
mes dans quel in té rê t les avons-nous faites ?
Dans l’in térêt de 1a, colonie, qui n ’existait pas
encore ou dans un in térêt M étropolitain ?
Nous som m es actuellem ent engagés dans une
action de longue haleine au Maroc. Il ne m ’ap­
p a rtie n t pas d’exam iner les causes de notre
intervention n i ses ré su lta ts fu tu rs, m ais enfin,
nous pouvons bien constater entre nous, que
pas m al de régions appelées à devenir des colo­
nies fran çaises sont passées p a r la p h ase dans
laquelle se trouve le Maroc. A dm ettons que
dans un tem ps donné, cette riche région com­
plète notre dom aine de l’Afrique du Nord,
serons-nous v raim en t bien qualifiés p our lui
reprocher les sacrifices actuels et pourronsnous lui dire que nous les avons faits dans son
in térê t de colonie qui n ’existe pas ?
L’A ngleterre ne passe pas son. tem ps à re­
procher au T ran sv aal les sacrifices qu’il lui a
coûtés, et elle lui a concédé san s hésiter le
régim e le plus libéral.
Inspirons-nous de cet exemple, M essieurs. Ne
p arlo n s pas ta n t de sacrifices qu’on ne retrouve
plus quand on veut les préciser. Tenons-nous
en à u n t question d’in térêt et exposons-la a
l’opinion publique française.
Le point s u r lequel nous sommes d’accord
avec nos ad v ersaires est celui-ci : N ous dési­
rons que les colonies soient p our nous des
clientes et p a r suite nous offrent des débouchés.
Ce ré su lta t a-t-il été a tte in t p a r le régim e
créé en 1892 ?
M. Messimy le laisse entendre d ans le ra p p o rt
auquel j ’ai d éjà fait allusion et auquel je re ­
viendrai souvent, car il a réjoui, p a r bien des
passages, les cœ urs coloniaux, m ais qui m é­
rite p a r sa v aleu r même d’être discuté dans
toutes ses affirm ations. Le distingué ra p p o r­
teur, m o n tra n t les chiffres du développem ent
de nos possessions, nous dit : « le com m erce
colonial é ta it de 899 m illions en 1887 ; il é tait
en 1907 de 1.897 m illions : le régim e de 1892 n ’a
donc pas nui aux colonies.»
V entilons ces chiffres et voyons ce qui, su r
les deux totaux de 1.897 m illions et de 899 m il­
lions, concerne l’Algérie, dont l’unification
douanière avec la M étropole é tait faite depuis
1884- et su r le développem ent de laquelle le rég i­
me économique a beaucoup m oins d’influence,
l’Afrique Occidentale, l’Indo-Chine, M adagas­
car, la côte des Som alis qui n ’existaient pas
ou à peu près en T892. D ans tous les cas, é car­
tons to u t cela pour 1887 et 1907 et nous isolerons
ainsi les colonies soum ises au ta rif général,
que l’application du régim e de 1892 a trouvées
à l’éta t adulte.
Après ces défalcations, le to tal de 1907 tombe
à 150 m illions et celui de 1887 reste à 178 m il­

369

lions, ce qui signifie que le m ouvem ent com­
m ercial des colonies soum ises au ta rif général,
et qui ne sont pas passées de 1887 à 1907 de
l’état de non-existence à la vie économique,
ont subi une dim inution de m ouvem ent annuel
m oyenne de 28 m illions, c’est-à-dire d’environ
16 %. C’est considérable.
Voulons-nous e n trer dans le détail ; les ré su l­
tats de l’enquête dem andée p a r le Congrès de
B ordeaux sont bien plus effrayants, car dans
les chiffres globaux ci-dessus certain es prospé­
rités, comme celle ré su lta n t de l’exploitation
aurifère d^ la G uyane, se com pensent.
En 1892, la Nouvelle-Calédonie av ait im porté
14.266.654 francs de m archandises ; en 1907,^
elle n ’a pu en acheter que 9.410.485. E n dix
ans, la Guadeloupe a perdu plus de neuf m il­
lions d’im portations annuelles, p a ssa n t de
22.685.948 francs en 1894 à 13.438.419 en 1904. A
Saint P ie rre et M iquelon le m ouvem ent com ­
m ercial est tombé en quelques années de 33 à
12 m illions et la population de 6.482 à 4.708
h abitants. La p a rt de la Métropole dans les im ­
portations a bien pu augm enter, p ar ci p a r là,
de quelques pour cent, m ais en v aleu r absolue
elle a dim inué. Elle faisait autrefois le 48 % de
20 m illions, elle fait a u jo u rd ’h u i le 52 % de
12 m illions : où est le profit ?
Et qu’on ne m’oppose pas l’arg u m en t tiré de
la baisse des sucres. D’abord en 1887, la baisse
des sucres était faite, ensuite le groupe de co­
lonies isolé des nouvelles possessions et de l’Al­
gérie com prend la G uyane, Saint-Pierre-et-M i­
quelon et la Nouvelle-Calédonie, dont le m ou­
vem ent com m ercial, nettem ent influencé p a r
les tarifs, n ’a rien à voir avec les fluctuations
des sucres.
Ce ré su lta t fut-il le seul, il suffirait à con­
dam ner le régim e, au m oins pour les colonies
en cause, m ais j ’ai le droit de conclure du con­
nu .à l’inconnu, su rto u t lorsque je vois M ada­
gascar passer de 36.527.497 fran cs comme im ­
p o rtatio n s de 1906, à 25.223,133 fran cs en 1907,
et sans me rep o rter au 'détail dans lequel nous
sommes entrés en 1906 p a r des rap p o rts spé­
ciaux consacrés à nos grandes colonies de l’ïndo-Chine et de M adagascar, je puis affirmer
que dans toutes les possessions où il a joué, le
tarif de 1892 a eu un effet dép rim an t ; que le
but du législateur de 1892 n ’a pas été a ttein t et
que son œ uvre est à reprendre.
Voyons-en les plus grandes défectuosités,
&gt;our y rem édier si possible dans le régim e à
adopter en rem placem ent de l’ancien.
Le prem ier et le plus g ran d inconvénient est
la suppression des recettes de douane aux co­
lonies, où le ta rif m étropolitain empêche l’im ­
portation des. p ro duits étran g ers et où les a rti­
cles n ationaux en tren t en franchise. Or l’arg en t
est p a rto u t le nerf de la guerre. D ans les colo­
nies, connue ailleurs, sans argent, on ne fait
rien : ni trav au x publics, ni assainissem ent, ni
œ uvres d’assistance. Rien. R ien ! !
l ’entends bien que les recettes de douane ne
sont pas les seules susceptibles d’alim enter les
budgets coloniaux et qu’on peu t rem édier à
leur suppression p a r des taxes d’octroi de m er,
p a r des im pôts directs, p a r des monopoles et
des droits de sortie,
*
On ne s’en est pas privé, m ais une expérience
de dix-sept années a prouvé qu’aucune de ces
ressources ne vau t les droits d’im portation, et
n ’est d’une perception aussi facile.

�370

L’EXPANSION COLONIALE

Si vous adm ettez des droits d’octroi de mer,
pourquoi ne p as ad m ettre une taxe su r les pro­
duits m étropolitains ? Notez que dans cer­
taines colonies, l’octroi de m er faible su r les pro­
duits é tra n g e rs et forts su r les p roduits n atio ­
naux nivelle le droit de douane et en supprim e
l’incidence.
L’im pôt direct est d’une b ru ta lité qui révolte
nos nouveaux sujets, les m onopoles 'sont fé­
conds en vexations et les droits de sortie vont
directem ent à l’encontre du but poursuivi, puis­
qu’ils en trav en t le développem ent du commerce
extérieur des colonies qui les subissent.
P e n d a n t que nous faisions ailleu rs la dure
expérience de tous les systèm es fiscaux, l’heu­
reuse Afrique Occidentale se développait tous
les jo u rs sous le régim e des droits d’im portation
différentiels ■ 5 /o su r les m arch an d ises fra n ­
çaises ; 7 % su r les m archandises étrangères.
Pourquoi ne pas profiter cres leçons d’u n e .h e u ­
reuse expérience, qui s’est faite a'ssez involon­
tairem en t de notre p a rt et qui nous a prouvé
l’extrêm e souplesse de ce régime.
Il est évident, M essieurs, que c’est à ce sys­
tèm e q u ’il y a lieu de s’arrêter.
Je ne dem ande pas qu’on établisse p a rto u t des
taxes ad valorem, qui ne sont pas seules en
usage en Afrique Occidentale ; je ne dem ande
pas que le tau x soit conforme à celui de nos
possessions africain es et que l’écart préféren­
tiel ne soit pas plus accusé ; au contraire, je
dem ande avec ie Congrès de M arseille que cha­
que colonie soit adm ise à revendiquer les taxes
les plus conform es à ses besoins, et plus elles
.seront diverses, plus les expériences faites se­
ro n t concluantes. Avec des dates d’échéances
p our tous les accords, on a beaucoup de ch an ­
ces, de révisions en révisions, pour atteindre
au ssi p rès que possible de la perfection.
Que les droits soient spécifiques ou ad valorem, ils doivent ne pas dépasser un quantum
raiso n n ab le de la v aleu r du p ro d u it im porté ;
il fa u t que la différence entre le droit fra p p a n t
le p ro d u it étra n g e r et le p ro d u it n atio n al, ne
soit pas telle qu’elle livre le consom m ateur co­
lonial pieds et poings liés à l’a rb itra ire du
fo u rn isseu r natio n al. Il fa u t que ce dernier
jouisse d’une préférence’, m a is, d’une p ré ­
férence raisonnable. Les raiso n s de cherté
de la m ain-d’œ uvre ou de la m atière p re­
m ière en F ran ce sont* p lu s spécieuses que
fondées : on p eu t en ju g e r ju sq u ’à l’évi­
dence p a r les exigences d’un a u tre facteur du
commerce colonial, le tra n sp o rte u r français.
Les m otifs de h ausse des frets sont nom breux
et en apparence concluants : cherté du c h a r­
bon, sa laires élevés de l’équipage, incidence
des lois sociales, etc, : m ais to u t cela n ’empêche
pas que si une destination étran g ère existe sur
le prolongem ent de la ligne où se trouvent les
colonies, le fret p our cette destination étrangère
ne soit m eilleur m arché que p our les d estin a­
tions coloniales. Le ch arbon change-t-il de v a­
leur, les sa laires se réduisent-ils, les lois socia­
les ne trouvent-elles pas leu r effet lorsqu’on
dessert des d estinations fran çaises et étran g è­
res au cours d’un même voyage ? Non, les ven­
deurs, soit de fret, soit de m arch an dises ont
raiso n de chercher à -obtenir les plus h au ts
prix possibles des services qu’ils rendent, et le
législateur a le devoir de ne te n ir qu’un compte
raisonnable de la préférence due au fo urnisseur
national. Il ne doit pas adm ettre a priori l’in­

capacité de concurrence dans laquelle se décla­
re n t être les fournisseurs natio n au x p a r ra p ­
port à ceux de l’étran g er et, p a rta n t du p rin ci­
pe que le développem ent du trafic réd u it le coût
de tous les élém ents du revient, il doit réduire
considérablem ent l’écart préférentiel qui a pour
conséquence, dans toutes les colonies, de di­
m inuer la consom m ation. ky
P o u r la durée des accords, il fa u t te n ir
compte de deux nécessités essentielles : la sta ­
bilité p erm ettan t de tire r tout le p a rti possible
du systèm e établi dans la colonie, et la possi­
bilité de revenir sans trop atten d re su r les
défectuosités que com portent m alheureusem ent
toutes les com binaisons hum aines.
Je nie perm ets à titre purem ent personnel de
suggérer pour les accords u n m inim um de
douze ans et un m axim um de quinze années de
durée. Voici pourquoi : les com binaisons com ­
m erciales ne vivent vraim ent pas plus de dix
ans à l’heure qu’il est ; en dix années, les décou­
vertes nouvelles, les applications im prévues de
forces an térieurem ent inutilisées bouleversent
les données su r lesquelles on s’est basé pour
toute entreprise. Il fa u t donc tab ler su r cette
durée, m ais comme on ne voit pas du prem ier
coup tout ce qu’on peut tire r d’un régim e,
comme les com binaisons désuètes et les combi­
naisons nouvelles n ’exigent pas nécessairem ent,
les unes pour d isp araître, les au tres pour éclore,
un changem ent de régim e, il faut fixer à douze
années le m inim um de durée d’un régim e doua­
nier spécial, et l’on peut à mon sens fixer à
quinze années l’échéance de la révision, quitte
à continuer p a r tacite reconduction, si le rég i­
me établi donne satisfaction à tous les intérêts
en jeu, soit coloniaux, soit m étropolitains. Ces
baux à relativem ent court term e perm ettraien t
de s’engager plus volontiers, puisqu’on le ferait
pour une période restreinte.
Croyez, M essieurs, que les intérêts m étropo­
litain s me sont aussi sacrés que les intérêts
coloniaux, et que c’est aux prem iers que j ’es­
père d o n n er'satisfaction, quand je répète que le
principe dom inant d an s chaque accord doit
être le développem ent de la prospérité de la
colonie en cause.
Vous n ’obtiendrez cet avantage m étropolitain
que p a r la diversité des accords, car une m esure
qui est favorable su r un point devient défavo­
rable su r un autre, si elle y est appliquée telle
quelle et sans les m odifications qu’exige la
situ atio n géographique de ce point ou l’hégé­
m onie économique ré su lta n t du voisinage. Je
ne veux to u jo u rs pas e n tre r dans le détail, m ais
je ne veux pas non plus me priver d’un exemple
typique. Rappelons-nous que c’est dans un but
protecteur que nous avons appliqué à la M arti­
nique et à la G uadeloupe le ta rif général. Il
a cependant rem placé dans ces colonies p a r un
droit de six fran'cs l’ancienne taxe de quarantecinq francs qui y fra p p a it les huiles de coton
am éricaines et ces m archés en sont devenus
com plètem ent trib u taires. Voilà ce que produit
un régim e qui ne tien t pas compte des diffé­
rences de situation. Méfions-nous des régim es
u n ita ire s en m atière coloniale.
La question de la détaxe des produits colo­
niaux se ra it beaucoup plus facilem ent résolue
après la constitution des colonies en person­
n alités douanières indépendantes les unes des
autres. Nos possessions nous disent avec raiso n
à l’heure qu’il est : « Nous recevons vos pro-

�L’EXPANSION COLONIALE
« duits sans droits, vous devez recevoir les
« n ô tres en franchise com plète», et ce ra iso n ­
nem ent est si fort qu’il a triom phé de toutes les
résistances de principe.
Il est, chaque année, plus adm is p a r les com­
m issions du budget et des douanes et p a r les
rap p o rteu rs coloniaux. Le M inistre des F in a n ­
ces seul se refuse à abandonner une recette, et
le fa it sans au cu n motif plausible, car cette
perception de seize cent m ille fran cs p a r an ne
représente guère plus que là m oyenne annuelle
de l’augm entation des charges coloniales ré su l­
ta n t des décisions du P arlem en t, qui, à chaque
exercice, réd u it les subventions aux colonies et
augm ente leu r contribution aux dépenses de
souveraineté incom bant à la Métropole.
La loi du plus fort éclate là dans toute sa
h id e u r et révolte tous les bons esprits ; n iais la
situ atio n se ra to u t au tre q u an d des accords
spéciaux interviendront. Les colonies réclam e­
ront la franchise, la M étropole d ira à cruelles
conditions elle la m et et l’on s’entendra. Tenez
pour certain, que jam ais les colonies ne subi­
ro n t un régim e plus d u r que le régim e actuel,
qui n ’est pas seulem ent dur, m ais qui est inco­
h éren t et qui les ru in e sans profit.
L’incohérence — à certain s m om ents trè s bien
portée — peut trouver sa place en m atière poli­
tique : elle ne sa u ra it caractériser avantageuse­
m ent aucune m odalité économique, et cepen- *
d an t l’incohérence m arque actuellem ent d’un
stigm ate pénible notre régim e colonial.
Depuis quelques années, le P arlem en t, sans
doute p a r bonté d’âme, car il considère faire
œ uvre utile et dès lors il veut en généraliser le
plus possible la portée, a p ris l’habitude d’ajo u ­
ter aux g randes lois satisfaisan t plus ou moins
des revendications anciennes, un article final
qui n ’a ja m a is les h o n n eu rs de la discussion,
qu’on accepte comme une clause de style et qui
est ainsi conçu ou à peu près : « la présente loi
se ra appliquée à l’A lgérie et aux colonies. »
Le P arlem en t, en ag issan t ainsi, est exacte­
m ent dans la situ atio n d’un m édecin qui, après
avoir exam iné avec soin un m alade dans un
hôpital et avoir p rescrit p our lui une m édica­
tion appropriée, a jo u te ra it à l’ordonnance : ce
traitement sera appliqué à tous les malades
actuellement soignés à Vhôpital.
Je vous assu re que les répercussions aux
colonies des lois étudiées p our la M étropole ne
sont pas plus inatten d u es que celles d’u n régim e
appliqué in d istinctem ent à des aném iques et à
des pléthoriques ; et je vais vous le prouver p a r
un exemple choisi entre mille.
Depuis le 1er ao û t 1905, le saindoux est en
F rance de la pure g raisse de porc, et p a r suite
de l'application m étropolitaine de la loi des
frau d es aux expéditions vers les colonies, il ne
peut so rtir de F ran ce à destination de la G ua­
deloupe,sous le nom de saindoux,avec les a v an ­
tages ta rifa ire s de cette dénom ination,que de la
puçe g ra isse de porc ; m ais comme les lois ne
sont applicables aux colonies qu’après y avoir été
prom ulguées, et que celle-ci ne l’est pas encore,
après q u atre ans, il est p a r contre loisible aux
A m éricains d’in tro d u ire à la Guadeloupe, sous
le nom de saindoux, une g raisse qui, d’après
d’anciens usages très justifiés dans les deux pays
co n tractan ts, est un m élange de g raisse de porc,
d’une q u an tité indéterm inée d’huile végétale et
d’une proportion m inim e de suif. Voilà bien
l’effet, protecteu r d’une loi générale fran çaise

371

appliquée aux colonies ; c’est comme si la loi
av ait dit : « la consom m ation de la Guadeloupe
« en graisse sera désorm ais réservée au produc« teu r am éricain » ; et encore, si elle av ait dit
cela au m oins saurait-on à quoi s’en tenir, m ais
le trouble des idées a passé dans la rédaction
des actes officiels et, d’un avis ém an an t de
l’A dm inistration- inséré au Journal Officiel de
la Guadeloupe du 1er avril 1909, il résulte que la
proportion de suif adm ise dans le saindoux est
de 10 %, que la définition d’après laquelle le
saindoux peu t com prendre une certaine propor­
tion d’huile végétale est confirmée, et que cepen­
dant le saindoux doit être de la graisse pure de
porc ! Après une explication comme celle-là, si
les com m erçants avec la G uadeloupe qui vou­
laien t être rensëignés ne sont pas satisfaits,
c’est qu’ils sont bien difficiles ! Il n ’y a que
l’A m éricain réclam an t en cas de vexation p a r
la voie diplom atique qui puisse affronter les
risques d’un régim e aussi m al défini.
Je vous ai dit, M essieurs, que je vivais, et
que mes am is vivaient le régim e douanier colo­
nial ; vous venez de vous en apercevoir, et, bien
qu’il m’en coûtât de vous p a rle r de graisse après
un excellent déjeuner, je n ’ai pas hésité à saisir
— je le répète — entre .mille, cette incohérence
qui. si elle n ’était pas m ise en lum ière, ne fra p ­
p erait que les intéressés directs.
M. Messimy constate à m aintes reprises dans
son rapport, et même trois fois en deux pages
(14 et 15), que le M inistre des Colonies n ’est
jam ais consulté pour les lois applicables aux
colonies. A prem ière vue, on ne s’explique pas
que le M inistre des Colonies, lorsqu’il n ’est pas
consulté po u r ce qui doit se passer dans son
dom aine, ne revendique pas im périeusem ent le
droit de donner son opinion ; m ais peut-il avoir
une opinion su r des m atières aussi contin­
gentes, dont l’effet sera différent su iv an t le
parallèle su r lequel se tro u v era la colonie où
n a îtra la difficulté d’application (et nous en
avons sous toutes les latitudes) et su iv an t les
coutum es de populations qui, très différentes les
unes des autres, ont chacune leurs habitudes ?
Le M inistre des Colonies pense sans doute
dans ces, circonstances que le silence est d’or,
m ais c’est du P arlem en t qu’il devrait réclam er
le silence dans une m atière que nos Assemblées
n ’ont pas étudiée, et que personne ne peut con­
n aître av an t l’expérience.
P lu s j’exam ine les accords spéciaux, colonie
p ar colonie, plus je les vois répondre à tous les
desiderata.
Les protectionnistes y trouveront leur compte
et les libres-échangistes purs, à qui la porte
ouverte est nécessaire et suffit, ne doivent pas
être autrement choqués de tractations spéciales.
Il est évident que des pays enfants comme les
colonies, qui passent de l’âge de la cueillette à
l’âge de Ta culture, de l’âge du troc à celui de
l’exploitation industrielle, réclament une cer­
taine protection ménageant les transitions.
C’est to ujours du point de v u e.d e la colonie
que je vois les choses, car nous ne sau rio n s trop
répéter que le v rai point de vue m étropolitain
est celui des m esures a ssu ra n t la prospérité des
colonies ; m ais enfin je sais bien qu’av an t d’en
a rriv e r à ce stade, l’opinion publique française
conservera longtem ps encore son désir de ré p ri­
m er toutes les tentatives de concurrences colo­
niales, dût cette répression n u ire à l’in té rê t de
la colonie. Eh bien, cet é ta t d’esprit, fâcheux,

�372

L’EXPANSION COLONIALE

m ais incontestable, peut lui-m êm e trouver satis­
faction dans des accords p artiels relatifs à une
colonie p urem ent agricole, p our une période
donnée et m oyennant des com pensations, tandis
que le systèm e ù n ita ire actuel ne peut en ten ir
au cu n compte.
Il est, disons le mot, m onstrueux de c o n tra­
diction de vouloir à la fois im poser à une colo­
nie des taxes qui l’obligent à su rp ay er des pro­
duits et lui in terd ire la fab ric a tio n de ces pro­
duits. Le protectionism e qui est p a r essence un
systèm e Robinsonnien, où chacun, sous le pré­
texte de se réserv er son m arché, tâche de tout
faire p our ne rien p erdre des facultés d’absorp­
tion de ce m arché, a v raim en t m auvaise grâce
à in terd ire aux colonies de se réserver à ellesm êm es leu r propre m arché. Un systèm e pré­
férentiel vis-à-vis de l’é tra n g e r est adm issible
dans une certaine m esure, m ais u n système
p référentiel en faveur de la Métropole vis-à-vis
du Colonial lui-même, à qui l’on in terd it de
satisfaire à ses propres besoins p a r ses propres
moyens, dépasse to u t ce que l’on peut im aginer
en m atière d’a rb itra ire d ans la volonté qui
dirige, et d ans les m oyens d’exécution ; m ais
enfin, si l’on se sent le triste courage de p o u r­
suivre la m ise en œ uvre d’une doctrine aussi
exorbitante, les tra c ta tio n s isolées, colonie p a r
colonie, peuvent seules le perm ettre à la faveur
de circonstances spéciales.
Je n ’ignore rien des paten tes d’équivalences
proposées, m ais je sais aussi q u ’elles ne sont
que de la spoliation déguisée, car l’équivalence
n a ît toute seule de l’obligation pour u n in dus­
triel colonial de prendre son m atériel en Europe,
d’en faire venir ses conducteurs de m achines et
son personnel dirigeant, d’avoir ce personnel en
double à cause-des congés et des m aladies et
de n ’obtenir de la m ain-d’œ uvre indigène q u ’u n
rendem ent en rapport, avec ses faibles salaires.
Il est évident que le consom m ateur est sur
place, m ais l’in d u striel m étropolitain ne doit pas
p erdre de vue que cet av antage n ’est que la
contre-partie et la rançon du désavantage d’être
placé si loin en cas d’approvisionnem ent dans
la Métropole, et je ne conçois p as l’effroi des
in d u striels m étropolitains à la pensée d’une
Concurrence. Quelle idée se font-ils de l’étro i­
tesse de l’univers et de l’uniform ité des besoins,
p o u r ne pas adm ettre qu’il y a it place dans le
m onde p o u r toutes les fabricatio n s ? Que ne
réclam ent-ils en F rance un régim e plus libéral
pour être à même de conquérir tous les m a r­
chés, y com pris les m archés coloniaux. L’in dus­
trie de l’autom obile craint-elle les.concurrences
coloniales ?.
J ’ai l’air, M essieurs, de p ro férer un paradoxe
en d isan t que la liberté com m erciale est favo­
rable à l’ind u strie et je ne v oudrais pas prolon­
ger,en développant cette idée,une causerie déjà
longue, m ais sous réserve de développer ailleurs
m on idée, à l’appui de laquelle je puis
fo u rn ir des preuves m atérielles, je tiens
'■à ne pas la passer sous silence parce
qu’elle est 'n écessaire à mon raisonnem ent.
Oui, M essieurs, l’ind u strie de l’antomobile,
postérieure au ta rif de 1892, s’est dévelop­
pée sans l’aide d’au cu n ta rif, et ne se se rait pas
développée si elle avait été protégée, et à M ar­
seille, ville devenue au jo u rd ’hui très indus­
trielle, pas une industrie, pas une à laquelle la
protection puisse profiter ne s’est créée depuis
le Régime de 1892. Cela a été révélé p a r l’enquête

industrielle de 190G, faite p a r la Cham bre de
Commerce de M arseille qui, en faisa n t connaî­
tre que la production annuelle m an u factu rière
de M arseille atte ig n a it le m illiard, a en même
tem ps prouvé que. pas une des in d u stries com­
posant ce m agnifique faisceau ne devaient quoi
que ce fût à la protection.
Je vous le répète, M essieurs, je me contente
de citer ce fait et ses deux preuves m atérielles,
san s procéder à aucune au tre dém onstration, et
je souhaite que l'in d u strie française tout
entière se rende compte que sa vie est plus assu ­
rée p a r des doctrines libérales que p ar de la
restriction. A défaut de l’industrie, d’au tres in ­
térêts fran çais, quand ce ne serait que ceux des
capitalistes, ont avantage à ce que tous les
développem ents soient possibles pour nos colo­
nies, où leurs disponibilités tro u v eraien t en
pareil cas des emplois rém u n érateu rs, m ais s’il
n ’en est pas ainsi et si l’industrie persiste à
vouloir obtenir que certaines colonies soient fer­
mées au tra v a il m an u factu rier, ce n ’est que p ar
des accords spéciaux, stip u lan t de légitim es
et réciproques com pensations, que cela se fera
d’une m anière équitable, et, grâce à la durée
des accords, on v e rra à l’échéance les résu ltats
de ces stipulations.
Je p o u rrais m ontrer encore beaucoup d’av an ­
tages des tractatio n s isolées ; m ais je me lim ite­
ra i à deux que je considéré comme d’im portance
capitale, et je passerai ensuite rapidem ent à
de brèves conclusions, que j’ai trop fait pressen­
tir au cours de cette causerie, pour qu’il me soit
nécessaire de les développer beaucoup.
Les tra c ta tio n s coloniales, p erm ettan t à nos
possessions de s’orienter vers leu r véritable ave­
n ir économique, accentueraient les tra its dis­
tinctifs de leur physionom ie particulière, leur
créeraien t une vie propre et p erm ettraien t au
M inistère des Colonies de dégager rapidem ent
ce qui leur conviendrait en toute m atière. La
question de l’entrepôt que réclam e vainem ent
Saint-Pierre-et-M iquelon, pour ra v ita ille r une
flottille de pêche qui a toute faculté de s’ap pro­
visionner en m archandises exemptes de droits,
même dans nos ports, et qui ne peut rien prerï*
dre qu’à l’acquitté de douane à Saint-Pierre-etMiquelon, ne se poserait même pas pour une
colonie dont les besoins seraien t étudiés à part.
Il est désolant de constater que les sta tisti­
ques concernant les pays soum is au ta rif géné­
ral sont d’une indigence absolue, ce qui ne faci­
lite pas l’exode des capitaux oui aim ent à voir
la voie éclairée devant eux.
C’est à son autonom ie douanière que l’A fri­
que Occidentale F ran çaise a dû de pouvoir
s’orienter dans le sens des voies de pénétration
vers l’h in terlan d com m un des provinces dont
elle se compose, et dans le sens des voies de
com m unication entre les fleuves. La perso n n a­
lité douanière do n n erait p ar su rcroît aux colo­
nies l’individualité économique, la spécialisa­
tion dans l’exploitation et en définitive la pros­
périté, actuellem ent entravée p a r un régim e qui
vise à être u n ita ire et qui n ’est que tra c a ssie r et
p araly sateu r.
Le d ern ier avan tag e que je voudrais vous
soum ettre des accords isolés serait de dévelop­
per les relatio n s intercoloniales, qui n ’existent
qu’à l’état ru d im en taire et comme exploitation
de différences accidentelles et involontaires de
tarification. Si le régim e qui fonctionne en A fri­
que Occidentale existait dans toutes nos colci-

�L’EXPANSION COLONIALE
nies, personne ne tro u v erait m auvais que les
provenances françaises m étropolitaines ou
coloniales y p ayassen t le droit réd u it d’im por­
tation, et les provenances étran g ères le droit le
plus élevé, et cette différence profiterait énormé^
m ent à l’Indo-Chine p o u r ses riz.
L’Indo-Chine, m algré une production s u ra ­
bondante qui lui a perm is en 1907 d’exporter
1.4-28.000 tonnes de riz, n ’a rriv a it pas ju sq u â
ces tem ps d erniers à p roduire le riz ballam ,
que réclam aien t les A siatiques de nos colonies
et qu’il fa lla it ju sq u ’à ce jo u r prendre dans
l’Inde Anglaise. Depuis peu la province de
B ai-xau p ro d u it un riz d’assez gros g rain , dur,
n o u rri, to u t à fait sem blable au n u g ra avec
lequel l’Inde fa it son ballam , et les colonies
anglaises l’im portent p a r grosses quan tités en
rem placem ent des v rais ballam s, dont la fam ine
a élevé dém esurém ent les cours dans l’Inde. Si
ce m ouvem ent continue, les riz de l’Indo-Chine,
tro u v a n t plus d’am ateurs, ren ch ériro n t ■; les riz
de l’Inde baisseront au contraire, ce qui perm et­
tr a à l’ancien co u ran t com m ercial de reprendre,
su rto u t si une récolte déficitaire se p ro d u isait
en Indo-Chine ; tan d is que si, à la fav eu r du
régim e de l’Afrique Occidentale F ran çaise, les
riz de l’Indo-Chine jo u issaien t d’u n tra ite m e n t
préférentiel dans nos colonies, le m ouvem ent
actuel de p én étratio n de nos possessions p a r
l’Indo-Chine ir a it to u jo u rs croissant, avec tous
les avan tag es d’in tern av ig atio n q u ’il comporte.
J’ai tenu, M essieurs, au risque de lasser votré
attention, à vous citer quelques exemples, car
j’estim e qu’ils illu stre n t gran d em en t les théories
en une m atière où to u t est cas d’espèce, m ais .
je n ’ira i p as plus loin et je concluerai.
L a révision est à l’ordre du jo u r, m ais elle
constitue une grosse besogne et j ’ai g ran d peur
que nos p arlem en taires n ’accueillent volontiers,
à la fin de leu r tra v a il de révision douanière, les
propositions d’ajo u rn em en t qui ne m anqueront
pas de se prod u ire p our le régim e d ouanier
colonial.
C’est d’ailleu rs la tactique habituelle des p ro­
tectionnistes, que d’a jo u rn e r tout débat qui les
inquiète, tém oin ce qui se passe p our les zones
franches, qui a tten d en t depuis environ dix ans
d’affronter le g ran d jo u r de la discussion à
la Cham bre des Députés.
D ans tous les cas, et même si on aborde la
discussion, la solution si volontiers préconisée
p a r les hom m es sages toutes les fois que deux
p a rtis en présence proposent des décisions con­
trad icto ires : le m ain tien du statu quo, ne m an ­
qu era pas de se produire, et nous savons com­
bien les assem blées acceptent avec em presse­
m ent cette tra n sa c tio n qui n ’engage p as leur
responsabilité et ne dem ande p as u n grand
effort de trav ail.
M ettons en garde le P a rle m e n t et les colo­
niaux contre cet écueil. Nous révisons en ce
m om ent l’intég ralité de notre régim e douanier,
et il est n a tu re l de ne pas perdre cette occasion
de reviser le régim e dou an ier colonial, qui
l’exige plu# que nos ta rifs in tern atio n au x . Il
fa u t un certain en traîn em en t et des études dans
les Cham bres et dans le pays, pour procéder à
une révision douanière : profitons au point de
vue colonial de celles- qui sont faites.
P o u r aucune p artie de notre régim e la rév i­
sion ne s’impose davantage.
Celui que nous avons est a n té rie u r à la c ré a ­
tio n de notre dom aine colonial actuel, et n ’y

373

répond pas. Il a été voté, p a r une représentation
p arlem en taire qui n ’est plus en ra p p o rt avec
l’étendue de nos possessions. La conquête de
M adagascar est de 1895 ; l’Union Indo-Chinoise
date de 1897 et la constitution du Gouverne­
m ent général de l’Afrique occidentale de 1903,
ce qui est postérieur de 2, 5 et 11 ans à notre loi
de douane.
Il n ’est à peu près nulle p a rt en vigueur dans
son in tégralité ; or son seul but, j’allais dire
sa seule excuse était un b u t d’unification. Dans
nos anciennes colonies, soq application donne
lieu à de telles incohérences qu’il peut se pro­
duire des exportations à la G uadeloupe de bis­
cuits am éricains faits à la M artinique avec des
farines des Etats-U nis y e n tra n t en franchise ;
à M adagascar et en Indo-Chine, il est aggravé,
contrairem ent à ce que réclam ent ces deux pos­
sessions, la dernière su rto u t ; en Afrique Occi­
dentale, il n ’existe pas heureusem ent.
Il a été fait pour augm enter nos exportations
dans nos colonies, et il les a réduites dans tous
les pays qui existaient à l’état adulte av ant
son application. On peut être certain, p a r les
réclam ations des pays pour lesquels les points
de com paraison m anquent, que son influence y
est la même.
Nous devons aux conclusions de M. Milhe-Poutingon une enquête qui a révélé la décadence
des colonies à régim e douanier m étropolitain,
et l’h o rre u r pour ce régim e qu’éprouvent les
pays qui n ’en sont pas dotés.
Les réponses de l’Afrique Occidentale, échap­
p an t au ta rif général, nous p erm ettent de cons­
ta te r que cette région po u rsu it sa glorieuse et
prospère carrière, et augm ente chaque année
en proportion et en valeu r absolue ses im p o rta­
tions de produits français.
Les Cham bres de Commerce de Rufisque, de
Saint-Louis et de Conakry expliquent très clai­
rem ent que cette prospérité est liée au régim e
de liberté dont elles jouissent et dont elles de­
m andent expressém ent le m aintien.
S'il suffisait d’être su r la côte d’Afrique pour
prospérer, le Gabon, qui est situé dans la même
région, a u ra it prospéré lui aussi, m ais il a été
soum is au ta rif général et, d’une pétition d a­
ta n t de 1895, que j ’ai sous les yeux, il résulte
que vingt m aisons su r vingt-huit ont dû ab an ­
donner la place et qu’on ne voit de salu t que
dans la suppression du régim e de 1892.
L’urgence de reviser le régim e colonial est
extrême, et le tra v a il relativem ent facile.
La personnalité douanière, avec la faculté de
tra ite r, donnée à chaque colonie, n ’exige du
P arlem en t qu’un vote de principe. La condition
de fixer p a r u n décret, en forme de règlement,
d’ad m inistration publique, les accords à in te r­
venir entre le Pouvoir et les colonies, et la
durée assignée aux ententes sauvegardent tous
les intérêts, que leurs rep résen tan ts p o u rro n t
Caire valoir au m om ent des négociations et
lors du renouvellem ent des accords. Le P a rle ­
m ent n ’a qu’un effort à faire : b riser une velléité
d’unité que les événem ents ont dém ontrée irré a ­
lisable et qui ne fait qu’accuser les incohérences.
Révisons donc et révisons prom ptem ent dans le
sens de la personnalité douanière, gage de pro s­
périté et sauvegarde de tous les légitim es
intérêts.

�374

L’EXPANSION COLONIALE

INSTITUT COLONIAL MARSEILLA IS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX

Un a rrê t a eu lieu dans les Docks, pour la visite
du steam er allem and W orm s, en décharge­
m ent d’une cargaison de coprah, et M. Aicard,
sous-directeur de la Compagnie des Docks, y
a fa it les honneurs des installations. Une au tre
station a été faite au bassin de Radoub, po u r
visiter le g ra n d paquebot Venczia, de la Com­
pagnie Cyprien F abre, en cale sèche pour la
rép aratio n des avaries causées p ar son récent
échouem ent à R atonneau.
M. Sagols, cap itaine d u bassin de Radoub, en
a fa it les honneurs, et cette visite a beaucoup
intéressé les excursionnistes. Au passage, on a
pu voir égalem ent les paquebots Ville-Alger et
Orléanais, dont on se rap p elle la collision, et
Le Jules-Henry, th éâtre de la funeste explosion
que l’on sait.
Le v a p e u r de prom enade a ensuite ram ené
ses passagers au Port-Vieux en p re n a n t le
large hors de la jetée, et l’état de la m er a
n aturellem ent causé quelques indispositions
gaiem ent supportées. Les touristes de l’In stitu t
colonial n ’en ont pas m oins été enchantés de
le u r instructive journée m aritim e.
L’excursion a d’ailleurs été des m ieux con­
duites. A bord se tro u v aien t notam m ent MM.
A rtaud, président et Fouque, secrétaire du
conseil d’ad m in istratio n de l’In stitu t colonial,
et M. Gravier, vice-président du S yndicat d 'in i­
tiative, qui ont reçu les vifs rem erciem ents de
leurs hôtes, p arm i lesquels se trouvaient de
nom breuses dames.

Séance du Bureau du 6 m ai 1909
Au cours de cette séance, sous la présidence
de M. A rtaud, il est décidé que la rem ise de
l’œ uvre d’a r t du sculpteur D elanglade offerte à
M. Desbief, p résident hono raire, p a r l’In stitu t
Colonial, a u ra lieu dans la grande salle de
l’im m euble, en présence du Conseil d’adm inis­
tration.
Il est ensuite entendu que le Congrès des An­
ciennes colonies, à P a ris, dont M. A rtaud p ré­
side une des sections,-sera appuyé à M arseille
p a r u n comité de p ro p ag an d e ain si composé :
P résid en t d 'h o n n eu r : Le P résid en t, de la
C ham bre de Commerce.
P ré sid e n t : M. A rtaud, p résid en t de l’I. C. M.
V ice-Présidents : MM. A. Armand," vice-prési­
dent délégué de la Cham bre de Commerce, M.
R astoin, P résid en t de la Société pour la Défen­
se du Commerce, M. Bohn, P ré sid e n t du Syn­
dicat des E x portateurs, le Dr Heckel, P résident
de la Société de G éographie.
S ecrétaire général : M. M oriceaü. secrétaire
gén éral de l’I. C. M.
On adopte à l’u n an im ité le p ro jet de
règlem ent de l’Exposition de caoutchouc o rg a ­
nisée p our les vacances à l’In stitu t Colonial
M arseillais et dont la Présidence d’honneur est
offerte au P résid en t de la C ham bre de Com­
merce.
• 1° Diverses personnes ont dem andé des- ren ­
Il est décidé d’ad resser une le ttre aux Gou­ seignem ents su r les avantages des m achines
v ern eu rs des Colonies p o u r les m ettre au cou­ frigorifiques pour l’expédition e n . F ran ce de
r a n t des ré su lta ts de l’In stitu t Colonial M ar­ fruits, viandes, volailles des colonies.
seillais et leu r m o n tre r l'ü tilité qu’il y a u ra it
La question de la conservation p a r le froid
p o u r eux à en trer plus directem ent en rap p o rt
de toutes sortes de produits est au jo u rd ’hui
avec lui et à le subventionner.
parfaitem en t résolue en A ngleterre et aux E tats
On discute ensuite un p ro jet d’établissem ent
Unis. Une flotte de plus de 300 nav ires est ex­
d 'un ciném atographe d ans le sous-sol, grâce
clusivem ent consacrée au tran sp o rt des fru its
auquel on p o u rra it accroître le nom bre des
et bananes de l’Amérique centrale en Angle­
v isiteurs du Musée Commercial. Ce ciném ato­ terre et 60.000 w agons frigorifiques sont en c ir­
graphe se ra it consacré aux vues coloniales et
culation s u r le réseau Nord-Américain.
m aritim es et serait cédé à u n entrepreneur.
On semble avoir renoncé à la congélation des
Enfin compte ren d u est donné des résu ltats
viandes, c’esf-à-dire à leu r réfrig ératio n de
financiers des Journées m aritim es, qui en ont
—10° à — 20° ; on se contente au jo u rd ’h u 1 de les
couvert les frais.
réfrig érer à + 2° o u + 3°, car on a reconnu que
p a r cette tem p ératu re il s’accom plissait su r les
viandes un véritable tra v a il de m a tu ra tio n
qui en augm ente la valeur, tan d is que le froid
trop vif fait perdre à la viande sa fraîch eu r, son
goût e t ses qualités nutritives.
L a troisièm e Journée m aritim e (.te l’In stitu t
colonial, organisée de concert avec le « Syndi­
La construction d’établissem ents frigorifiques
cat, d’in itia tiv e », devait être consacrée le sam e­ à M arseille est sérieusem ent à l’étude ; il fau t
di 1er m ai après-m idi, à une in téressan te visite
espérer qu’elle se réalisera prochainem ent, car
des établissem ents sa n ita ire s des Iles du Frioul.
ce n ’est que lorsque les produits frigorifiés
M alheureusem ent le m istra l soufflait avec trop
p o u rro n t être reçus et em m agasinés à M arseille
de force p our que cette excursion dans la rade
av an t leur distribution dans l’in térieu r, que
pût être agréable aux p a rtic ip a n ts, et on dut
l’on p o u rra songer à expédier dans n o tre .port
m odifier le program m e de la prom enade m a riti­ des p ro duits coloniaux réfrigérés.
me, qui n ’e n ,a pas m oins offert un vif intérêt.
2° P lu sieu rs personnes ont dem andé des indi­
Après uné visite des deux Musées com m ercial
cations su r l’élevage des a u tru c h e ^ e n Algérie.
et colonial dans l’hôtel i.e l’In stitu t, sous la
Cet oiseau y é ta n t indigène, il semble que son
direction de M. M oriceaü, secrétaire général,
élevage doit pouvoir donner de bons résultats.
les nom breux adh éren ts de la journée m aritim e
Il semble aussi que le clim at de certain es p a r ­
se sont re n d u s au quai Saint-Jean, pour s'y
ties du m idi dre la F ra n c e lui serait propice.
em barquer en v isitan t les richesses artistiques
L 'exportation des autru ch es vivantes étan t
du Musée de la Santé.
à peu près interdite au Cap, il n ’est possible de
Le v ap eu r a p a rc o u ru les différents bassins
s’en p rocurer actuellem ent qu’à la ferm e d’éle­
du p o rt p erm ettan t d’en ad m irer l’outillage et
vage établie au Caire.
aussi les nom breux paquebots en opération.
Il y a u ra it lieu toutefois de s’in sp irer des ex-

BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

TROISIÈME JOURNÉE MARITIME

�L’EXPANSION COLONIALE
cellentes m éthodes en usage dans la Colonie du
Cap, où les résu lta ts obtenus au point de vue
de la qualité des plum es sont to u t à fait re­
m arquables ainsi que le constate un rap p o rt
très docum enté de M. Cochelet inséré dans le
« Moniteur officiel du Commerce ».
3° M. A... a dem andé les sortes de tissu s les
plus dem andées 4 la Côte d’ivoire.
Cette Colonie reçoit des tissus fran çais, a n ­
glais, belges ; ils com prennent de nom breuses
variétés, depuis les tissu s à gros fil m ulticolo­
res ju sq u ’aux im itations de soie de fabrication
lyonnaise.
Les couleurs et dessins v a rie n t à l’infini ; les
pièces de coton notam m ent p résen ten t le b a rio ­
lage le plus baroque, soit p a r l’étrangeté aes
dessins, soit p a r l’assem blage des couleurs.
Récem m ent des pièces ornées des têtes rouge
sa n g d u roi et de la reine d’A ngleterre eurent
le plus g ran d succès.
Les prix de ces étoffes sont natu rellem en t très
différents ; ils oscillent entre 0,50 (prix le plus
bas) et 3 fran cs le m ètre. Les dim ensions des
pièces, les plis doivent être conform es au goût
des indigènes ; il fau t te n ir com pte de leu r h a ­
bitude d’acheter à la y ard de 0 m. 91. Les n oirs
tien n en t beaucoup à la solidité de la teinture.
Les pièces de cotonnade sont en général de 6 à
12 y ard s et m esu ren t 43 centim ètres de large.
4° M. de B. a désiré con n aître les rendem ents
que l’on p eut espérer de la culture de la ra ­
mie dans nos Colonies.
Le "Journal d'Agriculture tropicale” publie
d ans son num éro du 30 avril 1909, s u r cette
intéressan te question, un article très docum en­
té de M. F. M ain, ingénieur agronome.
D’après M. Main, la seule donnée su r laquelle
on soit à peu, près d’accord, c’est qu’il est pos­
sible de faire 4 coupes p a r an ; le poids de la
fibre sèche peut v a rie r entre 1.200 kilQs et 3.000
kilos à l’hectare.
On cite des cultures faites dans le su lta n at
de Jahore qui ont donné de 3.800 à 4.500 kilos
p a r hectare.
On n ’est pas encore d'accord su r le nom bre
des p lan ts à m ettre à l’hectare ni su r leur
disposition.
La décortication de la ram ie p a r les m achi­
nes a fa it un g ra n d pas, m ais il n ’y a pas enco­
re de m achine p arfaite ; celle de M. F a u re don­
ne des ré su lta ts satisfaisan ts.
Le p ro d u it donné p a r la m achine F a u re con­
tien t encore de 25 à 30 % de gomme. Le pro­
d u cteu r paie donc du fret pour 30 % de m atière
actuellem ent inutile, m ais le consom m ateur
préfère 'dégommer la fibre lui-même p our être
c e rta in du procédé de dégom m age, qui, s’il
dim inue la résistance des fibres, la dim inue
tou jo u rs dans les m êm es proportions et ne l’ex­
pose p as à posséder des lots de résistance va­
riable, su iv an t que les pro d u cteu rs a u ro n t em ­
ployé tel ou tel procédé de dégoinmage.
On a dit que la ram ie dégommée v a u d rait
1.250 fr. la tonne, en m oyenne, m ais il ne p a­
ra ît pas du to u t certain q u ’on o b tien d rait ce
prix en m ettan t su r le m arché de la fibre dé­
gommée. Au prix de 600 fran cs la tonne de
C hina grass, la cu ltu re de la ram ie n ’est v ra i­
m ent av antageuse que dans les pays où la
m ain-d’œ uvre est très bon m arché et on peut se
dem ander si à ce prix, il ne se ra it pas p référa­
ble de cultiver des agaves dont la culture est
plus élém entaire. Il a été im porté récem m ent,

375

en H ollande, des lanières de ram ie qui ont été
vendues 175 fran cs la tonne.

EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
Dahom ey. — M aïs

M. Germain Crespin, avocat défenseur à Iïotonou, à M. le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
J ’attire votre attention su r le développement
de la production du m aïs dans notre colonie.
L’ex trait su iv an t du Bulletin de la Cham bre de
Commerce contient des indications à cet égard :
M. Liengm e donne lecture à l’assem blée de
l’extrait su iv an t du jo u rn a l The Africain Mail,
du 13 novem bre 1908 :
Une année de succès pour le Dahomey. —
Une bonne saison de pluies l'année dernière a
eu un excellent ré su lta t p o u r le commerce de
cette dépendance fran çaise ! L’augm entation de
l’exportation du m aïs est réellem ent re m a r­
quable, les chiffres pour les q u atre dernières
années sont les su ivants :
E n 1904 .......................................
207 tonnes
En 1905 ....................................... 2.059
—
En 1906 ....................................... 7.282
—
En 1907 ....................................... 7.839
—
« Ceci prouve, ajoute M. Liengme, que le
m arché an g lais s’intéresse à la production de
notre colonie ; aussi j’estime qu’il im porte que
la Cham bre se préoccupe des m oyens à appor­
ter à l’am élioration de la qualité de ces pro­
duits, principalem ent en ce qui concerne le
m aïs. Vous n ’ignorez pas que le m aïs du D aho­
mey est to ujours m oins coté su r les m archés
anglais et allem ands que celui en provenance
du Togo et du N atal, quoique cependant nous
ayons eu la satisfaction de constater que la q u a­
lité récoltée au D ahom ey est encore préférable
à celle du Lagos.
» Si su r ces deux points la qualité de ce p ro ­
duit est supérieure à celle récoltée dans notre
région, la raiso n en est bien sim ple : au Togo
comme au N atal le Gouvernem ent, représenté
par son service d’A griculture, s’occupe de l’en­
sem encem ent de cette gram inée en enseignant
aux indigènes à faire un choix judicieux de la
g raine à semer.
« Je proposerai donc à la Cham bre d'ém ettre
le vœu que le G ouvernem ent charge le service
d’A griculture de donner les indications néces­
saires à nos indigènes, persuadé que le résu l­
ta t ne sa u ra it ta rd e r à devenir ap p arent, p lu ­
sieurs voyageurs ven an t du Togo a y a n t été
frappés p a r 'la bonne disposition de nos p la n ta ­
tions qu’ils n ’ont pas hésité à reconnaître supé­
rieures à celles de notre voisine.
« A la sollicitation de cette m esure, M essieurs,
nos efforts ne doivent pas s’a rrêter, car il con­
vient de reconnaître que les acheteurs se sont
îfiontrés quelque.peu im prudents en se re n d a n t
souvent acquéreurs de ce produit, quoiqu’il
fut présenté bien m al conditionné.
« Nous ne devons pas oublier que nous nous
trouvons en présence d’une production nouvel­
le, appelée à un g rand avenir, qu’il nous a p p a r­
tient de ne pas encourager le producteur à
négliger le bon conditionnem ent des récoltes
en en fav o risan t l’écoulem ent quel qu’en soit
l’état. Il va de l’in térêt de tous que nous n ’expor­
tions que du m aïs récolté m û r et sec, en é ta t de
p arv en ir dans nos ports d’Europe dans d’aussi
bonnes conditions que possible.

�376

L’EXPANSION COLONIALE

« A cet effet je vous propose d’adopter une
m esure sem blable à celle dont le Comité des ex­
p o rtateu rs de Porto-Novo n ’a eu qu’à se louer
en ce qui concerne les am andes de palm e, c’està-dire d’o rg an iser un service d’inspection ay an t
p our base une taxe de 0 fr. 50 ou de 1 franc
p a r tonne exportée et de nom m er une commis­
sion chargée de p résen ter nos d esid erata à M.
le L ieutenant-G ouverneur et d’obtenir que nos
inspecteurs •asserm entés puissen t dresser pro­
cès-verbal, sa isir tous lots p ré se n ta n t un carac­
tère de fraude indiscutable et p o ursuivre devant
les trib u n a u x de sim ple police les contre­
venants. »
L’Assemblée se ra n g e a n t à l'avis de M. Liengme et ap p ro u v an t sa proposition, décide de
s’ad resser au Service de l’A griculture.
C o c h in c h in e . — C a o u tc h o u c

De M. Uaffher,
chef du service de l'agriculture.
Il n ’existe pas de région caoutchoutifère en
Cochinchine. On rencontre le P a ra m e ria barb ata (Pierre, p a r groupem ent très clair dans
toutes les forêts de la Cochinchine
Les essais de culture de l’Hevea b rasiliensis
et du Ficus elastica rem o n ten t à une dizaine
d’années seulem ent, ils ont été com m encés au
cham p d’essais de On^iêm en 1898, les résu ltats
obtenus d ans dette statio n ont attiré l’atten tion
de quelques personnes su r cette plante, et a u ­
jo u rd ’hui il existe p lu sieu rs sociétés de p la n ta ­
tions d’heveas presque toutes installées dans
l’Est de la colonie, une seule se trouve à l’Ouest
dans l’île de Pliu-quôc. Ces p la n ta tio n s n ’exis­
tent. que depuis trois ans, sauf celle de G iadinh,
a p p a rte n a n t à M. Belland, laquelle est âgée de
sept an s environ et commence à produire.
Guyane.

’

Cayennp, 22 février 1909,
Nous attiro n s votre atten tio n su r certains
a rrê té s a y a n t une très g ran d e im portance : ce­
lui du 28 novem bre p ro m u lg u an t le décret du
28 août 1908 p o rta n t réglem entation du droit de
circulation su r l’or natif, arrê té p o rta n t régle­
m en tatio n de la législation m inière à la G uya­
ne. En ces m atières to u t était illégal et livré
au bon p la isir de certain s fonctionnaires ; la
perception m êm e du droit de sortie, dans l’in té­
rie u r des rivières était, sans conteste possible,
illégale ; ce d roit de sortie a été transform é
en un droit de circulation et l’A dm inistration
p o u rsu it une refonte absolue de 'ses services
qui, avec quelques m odifications encore a r r i­
veront à fonctionner p arfaitem en t ; ainsi, eu
ce m om ent, il a p p a ra ît que, aux term es de la
loi, le m in eu r n ’a. pas le droit de disposer du
p ro d u it de son ex ploration' ce qui est, en
fait, adm is et sera probablem ent sous peu
régularisé. En résum é, les gouvernem ents
précédents, se sont, en queque sorte in­
géniés à créer au m ineur dés ennuis, des
com plications de toute sorte qui l’in citaien t à
la contrebande, sa n s p a rle r des saisies d’or
illégales qui étaien t à l’ordre du jo u r ; le n o u ­
veau gouverneur cherche au contraire à sim ­
plifier, à faire re n a ître la confiance en l’esprit
du m in eu r ; et l’on peut co nstater que les recet­
tes de douane s’en ressentent dans un sens

heureux pour le budget de la colonie.— A rrêté du
2b décembre su p p rim an t le budget de la colo­
nisation ; ce service a coûté plus de deux m il­
lions depuis cm’il existe et n ’a absolument rien
produit : il servait uniquem ent à entreten ir
quelques gros fonctionnaires. — 16 janvier,déci_
sion o rd onnant le paiem ent de sommes dues
p ar la com m une de Cayenne. Enfin divers a rrê ­
tés et diverses décisions ram en an t en de justes
lim ites des soldes ou rem ises exagérées, de
sorte que le budget de 1909 a pu être doté au
plan de campagne de 323.000 francs au lieu de
I4H l'année précédente, et ce, avec un budget
sincère.
Le Conseil général s’est réuni et, sauf de très
légères m odifications a voté.le budget du gou­
vernem ent ; nous vous avons déjà fait, re m a r­
quer que ce budget com portait de sensibles
économies ; il n ’a pas été possible de rép arer
d’un coup le gaspillage dés deniers publics,
m ais il est à espérer que ce m ouvem ent se con­
tin u e ra et que les pouvoirs publics, ém us à bon
droit et secondés p a r la m ajorité actuelle du
Conseil général, continueront leur œuvre d’a s­
sainissem ent et que l’on p o u rra enfin trouver
quelqu’argent pour f a ir e ’es trav au x nécessaire^
au pays, trav au x que com porte la richesse du
pays. Que dire de plus éloquent que de m ontrer
:':e su r un budget de 3.500.000 francs pour une
population de. 24.000 h ab itan ts, on n ’a rriv a it
même pas à pouvoir entreten ir les ra re s trav au x
existants, que tout était gaspillé et que l’on était
encore obligé de puiser a la caisse de réserve !
On com prendra aisém ent combien les déten­
teu rs d’une pareille assiette a u beurre ont dé­
fendu leurs dernières élections ; la population
indifférente était bien paisible et on a essayé
vainem ent de provoquer l’agitatio n et de faire
croire en France qu’il en existait. Un docteur,
conseiller privé, que ses fonctions devaient ce&gt;ondant te n ir hors de l’arène politique, s’est
fait p articulièrem ent rem arq u er et s’est am usé
à tire r du revolver su r des pauvres gens qui
n ’av aien t d’au tre to rt que de s’être attroupés
devant la m airie où ils voulaient voir ce qui se
passait, la m aison com m une éta n t encore vive­
m ent éclairée à une heure avancée de la soirée,
contre l’usage. Ce docteur est m ain ten an t
devant la Cour d’assises.
C’est que, à ce m om ent, on tra v a illa it ferme,
à la m airie, et pour cause : à la suite de l’in s­
pection, des m alversations si graves ont été
relevées que l’on a dû a rrê te r le m aire, son p re­
m ier adjoint, le chef du service des trav au x ,
le m agasinier, le com m issaire-priseur, juge de
paix suppléant complice du m aire ; d’ailleurs
la gestion des affaires de la m unicipalité était
telle, av ant l’inspection, que le gouverneur avait
dû prendre la m esure grave de dissoudre la
m unicipalité et la rem placer p a r une com m is­
sion m unicipale : de nouvelles' élections au ro n t
lieu, dans les délais im p artis p a r la loi.
Une boue infecte se rem ue en ce m om ent : on
ne voit qu’avoués coupables de détournem ents,
fonctionnaires concussionnaires sans p a rle r de
tous ceux su r le collet desquels la m ain du
gendarm e ne peut s’ap p esantir, m ais qui ont
notoirem ent abusé de le u r fonction ou de leu r
m an d at soit pour louer à l’A dm inistration des
im m eubles inutiles à des prix élevés soit pour
créer de grasses prébendes, au profit de frères
et am is, soit pour te rro rise r une p a rtie de la
population au profit d’une politique qui leur

�L’EXPANSION COLONIALE
a ssu ra it la co ntinuation d’un état de choses
qui leu r é ta it avantageux, m ais qui conduisait
la pauvre ru in e qu’est devenue cete belle colo­
nie, à une faillite certaine, et à la lin de son
commerce, sans possibilitéde relèvem ent. Les
écuries d’A ugias sont bien longues à nettoyer ;
il y a au ssi-to u t à c ra in d re des h asard s du suf­
frage universel, m ais il nous a p p a ra ît que la
population se ressaisit et que toute entière
elle serait disposée à s’u n ir sous l’égide d’un
nom lui offrant les garanti-es voulues de sécu­
rité, a u ta n t que possible a y a n t vécu loin de
l’odieuse politique de personnalité de ce pays.
Nous espérons qu’elle sera sage ju sq u ’au bout ;
c’est notre seule chance de relèvem ent possible
Clanis et T anon .

Coups

C o lo n ia u x

NÉCROLOGIE
L a m ort ap p esan tit lourdem ent sa m ain sur
le personnel si dévoué dès Cours coloniaux de
l’In stitu t Colonial. A près celui de M. Claverie,
nous subissons un nouveau deuil p a r le décès
de M. le professeur H enry Babled.
Le 21 m ai ont eu lieu à Aix ses obsèques.
M. Babled é ta n t professeur de législation colo­
niale à l’Ecole S upérieure de Commerce de M ar­
seille et à l’In stitu t Colonial M arseillais et
professeur d’Ecorïomie politique à la F aculté
de d ro it de l’U niversité d’Aix-M arseille, un
g ran d nom bre de collègues, d’am is et d'élèves
accom pagnait la dépouille m ortelle, de la m a i­
son m o rtu aire à l’Eglise, puis à la gare. Avant
la séparation, divers discours ont été pronon­
cés p ar'M . Payot, recteu r de l’Académie d’Aix ;
p a r M. B ry, doyen de la F aculté de droit, am i
personnel du défunt ; p a r un avocat à la Cour
d’Appel ; enfin p a r u n étu d ian t en droit. Les
orateu rs ont été unan im es à m ettre en lum ière
les ém inentes qualités de l’hom m e de bien et de
tra v a il qu’était M. Babled, p rém atu rém en t en­
levé à l ’âge de 47 an s à l’affection des siens et
à la science juridique.
L’In s titu t Colonial joint ses reg rets à ceux
de tous les am is que com ptait M. Babled. et
ils étaien t nom breux. P a r son am énité et p a r
ses qualités de cœur, a u ta n t que p a r sa m odes­
tie, il av a it conquis des am is p a rm i tous ceux
qui avaient la bonne fo rtu n e de l’approcher.
Depuis p lu sieu rs années, M. Babled donnait
à l’In stitu t Colonial M arseillais et à la Cham bre
de Commerce le concours de sa profonde et
solide érudition. P ro fesseu r de nos Cours colo­
niaux, il co n trib u ait à form er solidem ent l’es­
p rit de p lu sieu rs génératio n s d’élèves appelés
aux c a rrières lointaines ; collab o rateu r de l'Ex­
pansion Coloniale, il s’y fa isa it re m a rq u e r p a r
la justesse et la sûreté de sa docum entation,
a u ta n t que p a r la profondeur de ses connais­
sances en droit colonial et en économie p o liti­
que. M ais le tra it dom inant de son caractère
était le dévouem ent qu’il a p p o rta it à rem plir
ses fonctions professorales. Nul n ’accorda
jam ais plus de sollicitude éclairée p our m ettre
sa science au service des élèves. C’était le m aî­
tre clair, précis, élégant et sach an t non pas
s'im poser à son auditoire, m ais se fa ire désirer
p a r tous ceux qu’a ttira it sa parole à la fois
éloquente et persuasive. Il avait le don de re n ­

377

dre attrayants les développements les plus abs­
traits de son enseignement. L’Institut Colonial
M arseillais perd en sa personne un ami dévoué,
un collaborateur zélé et un conseil éclairé, dont
la mémoire vivra toujours au milieu de ceux
qui l’ont connu et apprécié.
PROGRAMME DES COURS
Voici le p ro g ra m m e des co u rs d ’en se i­
g n e m e n t co lo n ial q u i o n t été p ro fessés d u
19 a v ril a u 29 m ai à l ’In s titu t C olonial :
L undi 19 avril, à 3 h. 3/4 soir, M. Masson :
Le Cambodge. — A 5 h. soir, Dr J. de Cordemoy:
Les abeilles, espèces exotiques et coloniales,
migl et cire.
M ardi 20 avril, à 3h. 1/2 du soir, Dr R eynaud :
Le B éribéri (Epidémies). — A 5 h. soir. M.
M asson : G éographie coloniale.
M ercredi 21 avril, à 3 h. 3/4 soir, M. Babled :
Les em prunts coloniaux. — A 5 h. soir, M.
Jum elle : P ro d u its végétaux coloniaux.
Jeudi 22 avril, à 8 h. 1/2 m atin (au P a rc
Borélv), M. Davin : C ultures coloniales (Canne
à sucre).
V endredi 23 avril, à 5 h. soir, M. L au ren t :
Géologie coloniale.
Sam edi 24 avril, à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud :
L’eau de boisson.
L undi 26 avril, M. M asson : G éographie colo­
niale. — Dr J. de Cordemoy : Les abeilles exo­
tiques et coloniales, miel et cire.
M ardi 27 avril, Dr R eynaud : Police san i­
taire in tern atio n ale et coloniale. — M. M asson':
G éographie coloniale.
M ercredi 28 avril, M. Babled : Les em prunts
coloniaux. — M. Jum elle : B eurre de coco et
sous produits, le palm iste.
Jeudi 29 avril, M. Davin : C ulture de la canne
à sucre.
Vendredi 30 avril, M. L au ren t : Les puits,
ariésiens dans le Sud algérien.
Sam edi l or m ai, D1' R eynaud : E p u ratio n de
l’eau de boisson.
L undi 3 m ai, M. M asson ; Indo-Chine (Géné­
ralités). — Dr J. île Cordemoy : Miel et cire ;
production coloniale.
M ardi 4 mai, Dr R eynaud : Police san itaire
in tern atio n ale et coloniale (Suite). — M. M as­
son C olonisation anglaise au xv n e siècle.
M ercredi 5 m ai, M. Jum elle : Le Palm iste.
Jeudi 6 m ai, .VI. Davin : Visite de la raffinerie
de sucre de la M éditerranée.
V endredi 7 m ai, VI. L au ren t : Les Volcans.
Sam edi 8 m ai, Dr R eynaud : Les procédés
pratiq u es d’ép u ratio n de l’eau de boisson.
L undi m m ai, M. M asson : Kouang-Tchéou,
Nouvelles-Hébrides. — Dr J. dei Cordemoy :
Gomme laque.
M ardi 11 m ai, Dé R eynaud : D ésinfection à
bord des navires. — M. M asson : Débuts de la
colonisation française au xv n e siècle.
M ercredi 12 m ai, M. Jum elle : Le Ricin.
Jeudi 13 m ai, M. D avin : Le café et sa culture.
V endredi 14 m ai, M. L au ren t : Les trem ble­
m ents de terre.
Sam edi 15 m ai, Dr R eynaud : F iltra tio n de
l’eau.
L undi 17 m ai, M. M asson : Nouvelle-Calédo­
nie. — Dr J. de Cordemoy : Gomme laque
(suite). •
M ardi 18 m ai, D1' R eynaud : Les clim ats de

�378

L’EXPANSION COLONIALE

rindo-C hine. — M. M asson : R ichelieu et la
colonisation française.
Mercredi 19 mai, M. Jumelle : Les plantes
textiles ; le coton.
Vendredi 21 mai, M. Laurent : Etude des
principaux terrains.
Samedi 22 mai, Dr Reynaud : Traitement des
ordures et des matières excrémentielles dans
les villes coloniales.
Lundi
mai,M. Masson : Nouvelle-Calédonie
(suite). — Ij ‘ J. de Cordemoy : Gomme laque
de Madagascar ; Cochenille du Nopal.
Mardi 25 mai, Dr Reynaud : Les climats de
l’Indo-Chine et l’hygiène des villes. — M. Mas­
son : Colbert et le premier empire colonial
français.
Mercredi 26 mai, M. Jumelle : Les textiles ;
le coton (suite).
Jeudi 27 mai, M. Davin : Cultures coloniales.
Vendrdi 28 mai, M. Laurent : Etude, des prin­
cipaux terrai.ns (suite).
Samedi 29 mai, Dr Reynaud : Organisation
sanitaire des .villes coloniales.

INSTITUTIONS CONNEXES
SO CIÉTÉ DE G É O G R A P H IE
L a Société de G éographie a donné le vendredi
30 avril, dans l’a m p h ith éâtre de la F aculté des
sciences, u n e b rilla n te conférence qui a été faite
avec g ran d succès, su r la « T ripolitaine, » p a r
M. M éhier ue M athuisieulx, l’ém inent explora­
teu r chargé de m issions p a r le m in istère de
l'In stru ctio n publique et l’In stitu t de France.
Un nom breux public d’élite a ssista it à cette in ­
téressan te séance, sous la présidence de M. le
professeur docteur Heckel, P résid en t de la
Société de Géographie.
Le distingué o rateu r, qui est le seul explora­
te u r fran çais de la T ripolitaine, resté le d er­
n ie r pays m éd iterran éen ferm é à la civilisation,
sous la dom ination turque, a fa it une conférence
dies p lu s a ttra y a n te s, docum entée et spirituelle,
su r cette contrée africain e et ses farouches
h ab itan ts. Il a décrit le désert trip o lita in ac­
tuel, de la zone sablom ieuse du litto ra l au p la ­
teau sauvage de l’in térieu r, avec les quelques
oasis qui p a rsè m e n t le pays.M . de M athuisieulx
a donné des détails p articu lièrem en t in téres­
san ts su r ses nom breuses découvertes archéolo­
giques, d ém o n tran t l’im portance de la coloni­
sation ro m ain e dans l’antiq u ité p a r l’u tilisa ­
tion de la n ap p e d’eau souterraine.
La rem arqu ab le conférence de M. de M athui­
sieulx, complétée p a r m aintes projections pho­
tographiques, a été ch aleureusem ent applaudie.
D’a u tre p art, une délégation du R ureau de
la Société a souhaité la bienvenue, à son reto u r
en F ran ce p a r M arseille, à M. le G ouverneur
colonial R ichaud, chef de la m ission de. délim i­
tatio n franco-libérienne, qui vient de tern rin er
heureusem ent ses tra v a u x dans l’Afrique
Occidentale.

SY N D IC A T D ES E X P O R T A T E U R S
Le « S yndicat des E x p o rtateu rs » de M ar­
seille a tenu son Assemblée générale annuelle
le 29 avril, dans son local de la ru e Noailles.

De nom breux m em bres y assistaient, sous la
présidence de M. A drien A rtaud, président du
Syndicat, assisté de MM. M artin-L aval et Ytier,
vice-présidents, et de M. Fouque, secrétaire gé­
néral. Dans l’im p o rtan t discours qu’il a pro­
noncé, le président A rtaud, re n d a n t compte des
trav au x de l’année écoulée, a constaté la p ro s­
périté du syndicat, qui compte 525 m em bres et
possède une réserve de 10.U00 francs. Il a re ­
mercié ses dévoués collaborateurs de la Cham ­
bre Syndicale, puis a présenté u n exposé détail­
lé su r les questions économiques à l’ordre du
jour.
Ce rem arquable ra p p o rt de M. A rtaud a été
vivem ent applaudi. M. Fouque a fait approuver
les rap p o rts su r le fonctionnem ent du secré­
ta ria t et l’exercice des finances : des rem ercie­
m ents lu i o n t été adressés. Il a été procédé en­
suite à la réélection de MM. Y tier, Guis, Fouque
et Velten d a n s ja Chambre Syndicale et à l’élec­
tion de deux nouveaux m em bres, MM. E. Gros
et P. Cassoute.
La Cham bre Syndicale du Syndicat des Ex­
p o rtateu rs a procédé à des élections au sein de
son b u re a u le 21 m ai, sous la présidence de M.
M alien, vice-président. Ont été élus à l’u n a n i­
m ité : P résid en t M. Frédéric Rohn, M embre
de la Cham bre de Commerce, vice-président de
l’In stitu t colonial ; V ice-Président, M. A. F ou­
que ; S ecrétaire G énéral, M. A. Rourdillon. M.
Adrien A rtau d a été acclam é P résid en t
honoraire.

A v is d’A d ju d ic a t io n
Le public est prévenu qu’il sera procédé dans
la salle des séances de la Commission p erm a­
nente des m archés, à P a ris, salle des Commis­
sions de l’Office Colonial (G aleries d’O rléans,
P alais Royal) à trois heures du soir,
Le 8 ju in 1909,
A l’adjudication p a r voie de soum ission
cachetée, des fo u rn itu res ci-après désignées :
1° Charpentes métalliques.
2° Essieux et essieux montés destinés aux
chem ins de fer de la Côte d’Ivoirfe et de Kayes
au Niger.
3° Moustiquaires pour troupes indigènes,
nécessaires aux m agasins du Congo et du
Ilaut-Sénégal-N iger.
Le 22 juin
A l’adjudication p a r voie de soum ission
cachetée des fo u rn itu res ci-après :
1° T u y a u x en fonte et pièces accessoires pour
conduites d’eau destinés au service des trav au x
publics de la Guyane.
2° Mille trois cent qua'nrze (1314) tonnes de
chaux hyd rau liq u e destinées au service de l’ad ­
m in istratio n péniten tiaire de la Guyane.
Les personnes qui a u ro n t l’in ten tio n de con­
co u rir p o u rro n t prendre connaissance des
cahiers des charges : au S ecrétariat G énéral de
l’In stitu t Colonial M arseillais, 5, rue Noailles,
au 3me étage.

�379

L’EXPANSION COLONIALE

MARGHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
IM /s u i-s e ille
T E X TILE S
les 100
Raphias de Madagascar. — Tamatave
l re q u alité.................................................... F.
Majunga b lan c..............................................
Analalave b lan c............................................
Tare d'usage,escom pte 8 o/o comptant,
m archandise prise à quai ou m agasin
Marseille.
Fibres d’Aloës. — Bourbon l &lt;'r choix__
Bourbon ord in aire...................................... 40 à
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar........... ...........
De
» De
De
De

ESSENCES
Géranium Bourbonbien ten u e..........
Vètyver B ourbon .................................
Lemon-Grass (Verveine).....................
Ylang-Ylang..........................................

*
V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Entrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k i l o ........................................
Vanilles ordinaires sa in e s...........................
»
inférieures
» ............................
»
Tahiti l re q u alité............................

k.
50
62
56

55
50

G IR O F L E S do Sainte-Marie (Madagas­
car)............................................ les 100 k. 170 #
Escompte 2 o/o, payable comptant à tout
entrepôt.
O RSE1LLE Madagascar
30 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat)CA F É S
Guadeloupe bonifleur— . . . les 50 k.
Guadeloupe h a b ita n t.... .....................
N oum éa.............................. .......................
Bourbon pointu............... ............. .........
N ouvelles-H ébrides......... .......................
Libéria de M adagascar..........................
M archandises à l’entrepôt, comptant
(Gaillard et
escompte 2 o/o.

130 à 135
118
122
85 110
120 130
85
95
75
85
Blanc.)

80

le kilo.
20
26
10
300/400

25/30
19 20
16/17
11

CUIRS DE M A D A G A SCA R
les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s..................................... 118/120
Tam atave » »
105/106
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
l°r choix.......................................... 10. » à 10.25
M adagascar lom biri.......................
9.25
9.50
Tam atave Guidroa 1er choix ........
7.25
7.50
Majunga 1er choix...........................
7.75
8 —
N ossi-B è............................................
4.75
5.25
Diégo-Suarez 1" choix...................
9. »
9.25
T ulléar.................................. .............
4. »
7.50
Tonkin rouges l°r choix................. 10.50
10.75
»
n o ir s .....................................
9. »
9.25
»
lanières................................ 11. »
»
plaq u es......................... ..
7.25
7.50
Nouméa, bon co u ran t.....................
9.50 10 »
Niggers Soudan ro u g e s................. 10.25
10 30
Soudan-N iggers blancs ...............
9.15
9.20
Sénégal-Gam bie A .........................
8.35
8 50
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.

L e

H a v re

CAOUTCHOUC M adagascar.
Tamatave Pinky I...................
»
Pinky I I .................
M aju n g a.......................................
K arafangana...........................
M ananzary...................................
Tonkin..........................................
Congo Haut-Oubanghi ............
N'Djôlé..........................................
(Le tout au kilog, Le Havre.)
T E X T I L E S . — Sisal Afrique. . . .
Aloès Réunion............... ............. . . .
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)

.8 » à 9 »
7 »
8.50
7 »
6.50
4.50
6.50
9 »
6.75
6 » 11 »
11. » 11.40
6.50
6. »
70 » à 73 »
42 » 45 »

BOIS acajou Gabon................... . . . 10 » à 14 »
7 »
8 »
»
»
Okoumé............... . . .
» ébène G abon................... . . 18 » 35 ))
»
» M adagascar. ... .. . 15 » 30 ))
(Le tout aux 100 kilos.)
le kilo.
3 20
CIRES M adagascar................... . . . V 77
les 100 k.
50 à 100
GOMME Copale A frique.........
100 400
»
M adagascar........... •
(Vaquin et Schweitzer.)

B o r d e a u x

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N ig g ers............. .............. 10.70 ii 10.80
10 50
Soudan Niggers ro uges.. ............. « 10.25
9.50
9.10
Soudan N iggers b lancs.. ..............
9.75
9 »
Lahou N ig g e rs ...... ........ ............
8. »
7.90
Gambie A ........................... ..............
7. »
6 90
Gambie A M ....................... ..............
5.90
6. »
Gambie B ........................... ..............
»
4.80
Bassani L um ps................. .............
(R. Henry.)

C I R E S D ’A B E I L L E S
M ad ag ascar.......................................
325
A lg érie ................................................
330à 335 »
RHUMS
Tonkin.................................................
325330 »
S én é g a l....................................
325330»M artinique ordinaire.....................
Ces prix s'entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
G uadeloupe.....................................
R uênion............................................
payable com ptant à tout entrepôt.

45
44
41

« à 49 »
»
45 »
»
44 »

�380

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d'émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ..................... ...................
450 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
431 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
500 —
87 — Prot. Annam-Tonkin. obi. 2 1/2
( g a r .) ..............................
80
50
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2(g a r.)..
81 —
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
91 —
450 — Indo-Chine, chem. de fer obi:
3 1/2 o/o, 1899-1905v.....
480
—
-------—
obi. 3 o/o 1902.....................
412 —
480 — E m prunt Algérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
445 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897..................................
970
—
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
971 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3'1/2 o/o 1898..................
456
—
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 ..........................
464 —
492 50 Col. de la M artinique..............
457 —
470 — Afrique Occident., 3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g a r.).................
452 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
527 —
B A N Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cie A lgérienne, act. de 500 t. p. 1017 —
500 — Crèd. Fonc. et A gric. d 'A lg .. 487 —
—
—
—
lib. 500 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ....................... • ........... 1482 —
500 — Banque de la Guadeloupe, acl.
de 500 t. p. (n.).................
355 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)......................
1100 —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) ..................................
720 —
500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n )................... • . . .
350 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .) ............. 1420 —
500 — Banque de l'A frique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
625 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1200 —
500 — Crédit Foncier Colonial, -act.
de 500 t. p ...............................
74 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ...................................
174 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 359............... ...................
157 —
CH E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T COLONIAUX
682 —
500 — Cic Bône-Guelma, a. r. à 600..
433 50
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
500 — Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
700 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 433 —
661 50
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
—
obi. 3 o/o r. à 500 430 —
Divors
—
Aïn Thizv-M ascara, obi. 3 o/o
430 —
rem . à 500.................................

340 — Mécheria-A'ïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
430 —
-------Mouzbab-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
433 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
426 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Cbine
et du Yunnan , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650................. 1100 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. 500 396 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.....................
432 —
V A L E U R S M IN IÈ R E S
-------Cliarb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............................................ 1550 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500......... ....................
498 50
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ................................
465 —
477 50 A lgérie-Tunisie ( Omn. ), obi.
4 1/2 o/o rem. à 500...............
465 —;
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ..............
485 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t p. 1625 —
500 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ...................................... 1585 —
Divers
Le
Nickel, act. de 250t. p ... .650 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem . à 500.
507 —
-------Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
55 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .....................................
78 —
454 50 Pho phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.................................
481 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3790 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ... ' 3565 —
V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale..................(actions anciennes).
3200 Compagnie française de l’Afrique Occi­
2620 —
dentale. ____ . . . (actions nouvelles).
485 —
Ciu M arseillaise de M adagascar ............
100 —
A im a..............................................................
150 —
Alimaïenne....................................................
150 Congo occidental........................................
440 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
133 —
Haute Sangha..............................................
550 —
H aut-O gôoué................................................
518 —
La Kolto.................................. ..................
214 —
M essageries Fluviales du Congo...........
840
Sultanats du H aut-O ubangui...................
100 —
Compagnie minière de Guinée: act........
110 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
Compagnie de l’Ouest africain français,
581 —
a c t...............................................................

Le Président de l'Institut, Gérant :

A drien ARTAUD.
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d ’Alger, d’Oranri
de C onstanline
d’Alger . . . ,

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d’O ran.............

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de Constanline

T u n i s ie .
In d o - C h i n e ,
A f r i q u e O c c id e n t a le
F r a n ç a is e

D jib o u ti, M a d a g a s c a r ,
R é u n io n e t M a u r i c e
D jib o u ti, M a j u n g a . . . . j

Inde F r a n ç a i s e ............
G u a d e lo u p e
et M a rtin iq u e

\
j

Guyane F ra n ç a is e .. .j
T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

j

j

ou Naples ..

24 de chaque m ois. 6 h 35soir.

Lundi, Jeudi »t Vendredi.........

M ercredi...................
S a m e d i....................
Un dim . sur déni à p. c’u 3 jinv.
Vendredi ap. d. de Marseille . .

10 h. 30 ni.
6 h. 35 soir.
10 h. m al.
10 h. m at.
mat. ou soir
10 h. mat

DÉPA RTS
DES

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1 h, s o i r ..
6 li. s o i r ..
m idi.........
5 h . s o i r ..
5 h . s o i r ..
m idi.........
5 l i . s o ir..
m id i..........
midi .......
m id i.........
1 h. s o i r ..
m id i....
11 li. m at...
—
—

m id i.........
—

11 h. mat..
11 h. mat..
—

11 h. mat..

J paq. Anglais. Chaque Vendredi . 10 h. soir. 11 h. 3 0 s.
,C ie des M. M. l’n Mercredi sur 4 à p. du 13 janv. 10 h. mat. 11 h . m a t.
, paq. Anglais. Vendredi api.-m idi. 10 h. soir. 11 h. 3 0 s .
—
, CfG'c Trans. 9 de chaque m ois. Pavanl-veille soir.
,

»

, paq. Anglais.
, O G" T rans.
, paq. N è e rl..
, paq. Anglais.

26
»
la veille au soir.
LeM ercr., 1.1. J 4 j. à p .d u fi janv. Pav. veille malin.
9 de chaque m o is .. l'avant-veille soir.
Yeudr , 1 . 1 . -i {jours à p.du 8 janv. la veille au soi'.-.
Le M errr.,1. ' . t t j. à p. du 6 janv. l’av.-veille malin.

—
—
—
—
—

el Cherbourg
v-York

A lg er................................
C onstanline p ar Pliilippeville et B ô n e............
O ra n .................................

Lundi, Mercredi, Vendredi, Samedi .

T u n i s i e ............................

M erci'., V end., Dim.
Ligne de l'Indo-Chine,
tous les 14 jo u rs.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
Tous les 28 jo u rs.
Chaque Samedi.

Voie de B rin d is i..........

11 li. m at.
3 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
3 h. 20 soir.
3 h. 20 soir.
10 h 30 m
3 li 20soir
10 h. 30 m .
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. m at.
10 h. 30 m.
10 h. mat
10 h. soir.

, Cio (1rs Cliarg. Itéun.

A lg é rie :

N o u v e ll e - C a lé d o n i e ..

B O IT E

Mercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Jeudi cl Sam edi. . . .
M ardi.........................
M ardi.........................
M ardi.........................
S am ed i.....................
J e u d i.......................

A rriv ées

I n d o - C h i n e ....................

LA

jT ransp. Mar.
Cic T o u ach e.
Ci" Oie Trans.
T ransp.M ar.
Gir Gio Trans.
»
))
0 ic Touache.
C‘°Gl1' Trans.
Cic Touache.
D
C’c des M. M.
, paq. Anglais.

, T ransp.M ar. 10, 20 cl JO do c h a p e m o is..
, C1" des M. M. I.i! Jeudi, 1.1.11 j. à p. du 1r-r janv.
,
»
10 de chaque mois
))
25
»
O Ilavraise V e r s l e 2 0 de chaque m ois.
, C'0 des M. M. Bu dim. sur quatre à p. du 17 jane.

S é n é g a l ....................

N o u v e ll e - C a lé d o n i e \
e t N o u v e ll e s - H é b r id e s /

Mardi, Mercredi, Vendredi, Di­
manche ............................

DE

I,midi, M ardi, Jeudi, Sam edi. . . .
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

à M arseille
R é u n i o n , Madagas­
c a r e t D jib o u ti . ..

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
que, G u y a n e :

Voie de Saint-Nazaire
Voie de B ordeaux........
Voie d’A ngleterre .. .

Le 26 de chaque mois
Le 17 de charpie mois
Le Vendr. n u s 1rs 11 jours.

A f r i q u e O c c i d e n t a le :

Voie de Bordeaux . . . .
Voie de L ivcrpool.......

Tous les 14 jours.
Environ loutrs tes ? semaines.

L ’E X P A N S I O N C O L O N I A L E e s t en l e c t u r e s u r les p a q u e b o ts -p o s te .

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U a r l a t ie r

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M a r s e il l e

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES

Art. 2.
Cette association a p our but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
n er et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économique qui lui p a ­
ra îtr a it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
Art . 3.
L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de membres.
L a prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d roit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fondateu rs et dona­
teu rs sont ceux qui d an s le but de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont, agréés p a r le Con-

S e r v i e e s d e l'I n s t i t u t :

Dez-de-Chaussêe : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
•1er étage : Musée Colonial.
3me étage : S e c ré ta riat général et B ureaux de
l’In stitu t, B ureau de Renseignem ents.
Rédaction de 1’ « E xpansion Coloniale ».
C o u r s c o lo n ia u x

Directeur M. lé Dr Heckel.
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. Jumelle.
P ro d u its anim aux et p arasitologie des plan tes
et des anim aux.
M. Jacob de Cordemoï.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. Laurent.

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soit
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n atu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’In stitu t.
Art. 4.
Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p en d an t
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er •
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre do n ateu r il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une Cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. M asson .
Législation et Economie Coloniales.
M. H. B a b l e d .
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr Reynaud.
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. Davin.
M. le Dr Heckel publie Chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».
I n s titu tio n s c o n n e x e s :

2m" étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance F rançaise.
3me étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de « l'Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Ytier , Vice-Président : Jacques Léotard , Secrétaire ; Paul Masson , Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. E. Moriceau, Secrétaire général de l’Institut.—
M. Auguste Giry , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

■M a rse ille . - - Im p rim e rie d u

-Sémaphore.

B a r l a t ie r , rtfé V erdure, 17-19

��&lt;A °i ^}'

■-

/p ^ ^ \

3ra0 Année. — N» 20

Le Num éro : SO centim es

(*? BU \ m

i&lt;r Juillet 1909

L’EXPANSION COLONIALE
B X J L L E T I3 S T

ID E

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
PARAISSANT

LE

1 er

S O M

M

381

E x traits des procès-verbaux..............................
Q uatrièm e Journée m a ritim e .............................
B ureau de R enseignem ents...............................
E x traits de la C o rre s p o n d a n c e .......................
Cours coloniaux
.............................................
Musée com m ercial : E xposition de caoutchouc.

383
385
386
387
389
389

R ue

N o a ille s ,

M O IS

A I R E
Le Régime douanier colonial. . . .
Actes coloniaux officiels ..................
Institutions connexes..........................
Avis d'adjudication ...........................
Marché des produits coloniaux. . .
Marché des valeurs coloniales .
Services postaux Marseille Colonies.

C o l o n ie s , 6

et

CHAQUE

PAGES

Quelques productions minérales intéressantes de
l’Algérie, p a r M. L. L a u r e n t ....................................
Institut colonial marseillais.

ABONNEMENT : F r a n c e

DE

5

—

fr a n c s

T é lé p h o n e

MARSEILLE

; É tranger, 8

3 6 -9 0

fr a n c s.

391
393
394
394
395
396

�IN STITU T

COLONIAL, M A R S E I L L A I S

Fondé sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
P r é s i d e n t s d ’h o n n e u r :

MM.

MM.

Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le R ésident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d ’armée.
M em b res

MM.

Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — B ergassè . H. et C \ — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — CharlesRoux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­
mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Le
Le
Le
Le

P réfet des Bouches-du-Rhône.
Maire de Marseille.
P résident du Conseil général.
R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de

Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

la
de

fondateurs :

Desbiee , Paul, Président de la Chambre de Com
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C". — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (D'),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

M em bres d o n a t e u r s :

MM.
J. -B. et A. Artaud Frères. - Barlatier , Paul. Berger , C. — Chabrières , Morel et C“. — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Doclis
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraissinet &amp; C"). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien F abre &amp; C'\ — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, MemCONSEIL

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l'A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C1’. — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. P avin de L afarge. — R astit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de La Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
U s s l a u b , Léonce. — V elte n , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropui.o et
7.ARIFI.

D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.
M. E strine , Lucien, Président de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
Président : M. Artaud, Adrien, Membre-Secrétaire
Sémaphore ; F oüque, Adolphe, Président hono­
de la Chambre de Commerce.
raire du Syndicat d ’initiative de Provence.
Vice-Présidents : MM. le D' H eckel , DirecteurF.ndateur du Musée Colonial, Président
Trésorier : M. Allemand, L, Membre de la Cham­
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
bre de Commerce.
Chef du Service Colonial : le CM Armand,
Trésorier-Adjoint : M. L aplane, J.. DirecteurAlbert, premier Vice-Président de la Chambre
Adjoint du Comptoir National d’Escompte de
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
Paris à Marseille.
lais de la Marine M archande: Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
M em b re s :

MM.

Allest , J. (D’), Administrateur-Délégué de la Com­

pagnie Générale Transatlantique.
Arnaud Lucien, Minotier.
Bergasse, Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie Marseil­
laise de Madagascar.
Blanc, E.. Directeur de l’Exploitation de la Com­
pagnie des Messageries Maritimes.
Bourbillon, A., Armateur.
Bry, G.. Do-ven de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufay, H., Ancien Vice-Président de ia Ch de Com.
Dufour , Antonin. Négoc., Juge au Trib. de C.omm.
Dufour , .T.,Présid. du Svndicat des Cuirs et Peaux.
E stier . Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociants en cafés.
.Toannon. A., Avocat. Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
J ourdan. Félix. Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.
Léotard, Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géogranhie.
L ombard. Emile, Vice-Président de la Ch.de Com-

MM.

Martin -Laval, F., Vice-Président du Svndicat des

Exportateurs.
Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­
titut colonial.
R astit , Henri. Industriel.
R astoin , Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
R odrigues-E ly, Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux. François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub , T.éonce, Négociant.
Velten , Edouard. Ancien Membre de la Cham­
bre de Commerce.
Ytier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Za rifi . Périclès, Banquier.
Lévy, Clément, 1" Adjoint au Maire de Marseille.
Deltbes. J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément. Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire Général : E. Moriceau, Administrateur
en chef des Colonies en retraite.

�IN ST IT U T CO LO NIAL M A R SE IL L A IS

L’INSTITUT COLONI 4L MARSEILLAIS,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront„
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3mc étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
1ÏNSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

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fra n ç a is e s p o u r l'E x p o rta tio n , g a ra n tie exem p te
d’a n tis e p tiq u e s, d'une c o n s e rv a tio n e t d’une lim ­
p id ité p a rfa ite s . F a b riq u é e S A N S A D D I T I O N
D’A LCO O L avec des ea u x s té rilis é e s p a r l’ozone,
e lle ré s is te à tous les c lim a ts . T rè s re c o m ­
m andée dans les pays chauds, e lle est to n iq u e,
ra fra îc h is s a n te e t fo r tifia n te .

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Ansalcii, l\. 11, Place St-Ferréol, Achats et Ventes
d’articles Exotiques et Coloniaux.
Artaud, frères (J.-B et AJ, rue Plumier-Prolongée,
Produits d'Alimentation, Vins, Spiritueux, etc.
Augusto cadet, 15, rue du Terras, Chaussures.
Banque de VAfrique Occidentale, 78, rue de
Provence, (Paris), Banque Coloniale.
Baron. F. et Ch., 386, Boulevard National, Huiles
Minérales.
Beltje.ns et Guenebaud,84, rue Grignan, Miroiterie.
Bictron, E., 9, rue de l’Arc, Fromages, Beurres,
Salaisons.
Bigourdan, frères, Luchon (Haute-Garonne) Cons.
Alimentaires.
Boissonnas et Détaillé, 21, rue Noailles, Photo,
graphies.
Bouchard, fils ainé., 19, rue S'-Sépüicre, Conserves.
Carret, J. et ses fils, 6, Quai de la Tourette, Pâtes
Alimentaires.
Cartonneie St-Charles, 9, rue Guérin, Boîtes et
Articles divers.
Cauvet, Lambert et Cie, 20, rue de la Conception,
Capsules métalliques et Etains en feuilles.
Cassoute, P., 16, rue Friedland, Dattes, Alimen­
tation.
fChazy, Mulzant et Cie (VilUefranche-s-ur-Saône),
Pansements et Cotons.
|
Carnaud, J., 36, rue de Village, Boîtes métalliques..
Coda, J., 4, rue d’Arcole, Meubles de Style.
Cie Française de l’Afrique Occidentale, 46, rue
Breteuii, Commerce Colonial.
CiB Générale des Pétroles, 2, rue Fongate, Huile de
Pétrole et Dérivés.
Cl0 du Gaz et de l’Electricité, rue Montgrand.
C‘" des Messageries Maritimes, Place SadbCarnot,
Compagnie de Navigation.
Ci0 N. Paquet et CIe, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
gnie de Navigation.
C'° de Produits Fixator, rue de Mondovi Paris .
Lait, Chocolat.
De Queylar et fils, 18, rue des Princes, Verreries.
Ecole de Provey.ce, 15, rue des Princes, Ensei­
gnement.
Empereur, A., 4, rue des Récolettes, Quincaillerie
générale.
Eugster, A., rue Nicolas, 24, Perles, produits divers
pour l’exportation.
Estrangin, 42, rue Montgrand, Eau de Pioule.
Estrine et C‘8, 18, rue Colbert, Compagnie de
Navigation Péninsulaire et Orientale.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, Peinture.
Fiehet, 19, Allées de Meilhan, Coffres-forts.
Fougeret, A., 2,5, rue de la Palud, Entreprise de
nettoyage.
Fougue, A., 1, Allées de Meilhan, Tuileries,
Etablissements P. Sacoman,
Get. frères, Revel (Haute-Garonne), Pippermint
.Get. ■
Got et David, 3 et 5, Quai de la Fraternité,
Restaurant Basso.
Gros, E., 196, rue Paradis, Minoterie.
Guiraud et C'e, 7, Quai du Canal, Imprimerie.
Heudebert, Ch., 85, Boulevard Saint Germain
(Nanterre), Produits Alimentaires de Régime.

Honnoral, !... 30, rue du Baignoir, Verrerie.
Karsenty fils et C’i0, 137, rue de Rome, Tabacs.
LaffUt\ J. .Y., 22, rue Cannebière, Chaussures.
Lairille, J., fils, Bordeaux, Vins de Bordeaux.
Lejeune frères (Vinh, Annam), chez MM. Dufny,
31, rue Saint Jacques, Produits d ’Indo-Chine,
Caoutchouc, etc.
Lombard, E., 12, rue Breteuii. Produits Chimiques.
Magnan frères, 19, rue Paradis, Gooose.'
Mallet, }., Boulevard d ’Accès, Matériel d ’Entrepreneur.
Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Sakakini.
Massai (veuve), 50, rue de Rome, Graines et
Semences.
Monnier, M., SG/ikie de Rome, Corsets.
Montel et Cie, 94, Avenue du Prado, Modèles de
Voitures ou Auto.
Mossè, A., 2, rue -Cannebière, Optique.
Mouriès frères, 15, rue Breteuii, Lièges et Caout­
choucs.
Mutuelle de France et des Colonies, 1. rue Stella,
1 (Lyon).
Yel, Fortune, 27, rue de la Darse. Appareils
sanitaires.
Nuque, M., 14, rue d’Italie, Glaces et verres.
Pascal et Baldy, 21, rue Grignan, Casques
insolaires &amp; chapellerie.
Pascro, H. et Cie, 18, Avenue de la Capelette,
Graisses, Huiles et Saindoux.
Pellegrin, Sablette-les-Bains, Casino et Hôtel.
Pellcn, J.-B., 1, Place oAix, Quincaillerie
PUt, F.. 50, rue Saint.-Ferréol, Fourrures.
Pons, J.-B. et Cie, 2, rue Jemmapes, Appareils
Sanitaires.
Radius, G., 3G, Place Vendôme (Paris), Essence
de Romarin, Produits Agricoles.
llastil. H., 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
des Corps Gras, etc.
Rocca, lassy et. de Roux, 26, rue Montgrand,
Graines Oléagineuses et Dérivés.
Rode! et fils frères, rue du Jardin Public,
(Bordeaux), Conserves Alimentaires.
Rouquette, L., 20, rpe de la Darse, Biscuits pour
la Marine.
Rousseau, J. M., 83, rue de la Darse, Broderie et
-Lingerie confectionnées, de Madère.
Société Anonyme des Chaux et Ciments RomainRoyer, 5, rue Cannebière.
Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue
de )a République, Compagnie de Navigation.
Société Générale des Peintures Sous Mannes,
2, rue Corneille.
Société Nouvelle des Raffineries Saint-Louis, 3, rue
République, Sucre.
Syndical de Garantie, des Industriels Français,
(Girard, 167, rue de Rome), Assurances, Acci­
dents.
Spanjaard, A„ 7, Place Saint-Ferréol, Linoléum,
I oiles Cirées, etc.
Serène el Cie, 45, rue Saint-Bazile, Liqueurs et
Spiritueux.
■Silvan, ainé, 30, Boulevard de la Paix, Courroies,
Cuirs.
Yinatié, 102, rue d’Italie, Boîtes métalliques.
Virgitti, 14, rue Paradis, Vins de Champagne.
Ylier. L. et Cie, 27, rue Pavillon, Assurances
Maritimes.

�Troisième Année.

1er Juillet 1909.

N° 20

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
QUELQUES

Productions Minérales intéressantes
D E

T i ’j b J J L . G - 'É y &amp; T E i

L’Algérie,1prolongement de la Métropole
vers le Sud, a vu, grâce aux nombreuses
explorations dont son sol a été l’objet, s’ac­
croître dans de larges proportions, ses gîtes
de produits minéraux. Malgré l’essor donné
aux recherches géologiques, par le Gouver­
nement général et par la direction des Tra­
vaux publics et des Mines, les résultats de
l’extraction minérale, en Algérie, ne sont que
peu en rapport avec la très longue liste des
gisements divers que l’on peut citer. Leur
nombre en effet, est très considérable, et on
compte près de 800 gisements divers signalés.
Bien que le nombre des concessions en ac­
tivité soit relativement très faible, puisqu’on
n’en comptait en 1907 que 42, il est à noter
que l’exploitation des minerais métalliques
tend à se développer en Algérie, car en 1906,
on ne comptait que 36 concessions ayant
donné des preuves de leur vitalité.
D’une manière générale, sans entrer dans
le détail de l’énumération des différents gî­
tes de chacune des trois provinces, on peut
dire que la richesse minérale de notre grande
Colonie de l’Afrique septentrionale va en
croissant, d’une manière très sensible, de
l’Ouest vers l’Est ; la province d’Oran étant
la moins riche, tandis qu’on compte quatre
fois plus de gîtes dans la province de Constantine. C’est aussi dans la province de Constantine, que les gisements sont le plus acti­
vement exploités. Il faut pourtant faire une
mention spéciale pour les minerais de fer de
Beni-Saf, dans la province d’Oran, qui don­
nent lieu à une exploitation très considé­
rable.
Du reste, le fer et le phosphate sont les
deux produits qui donnent le plus fort ton­
nage. Quant aux résultats de l’extraction
minérale, d’une manière générale, si on
excepte les deux produits mentionnés ci-

dessus, ils sont peu en rapport, à l’heure ac­
tuelle du moins, comme nous l’avons déjà
dit, avec la très longue liste des gisements
divers que l’on trouve dans les statistiques
des travaux publics et des mines de cette
grande colonie.
Il y avait en 1905, en Algérie, indépendam­
ment d’exploitations portant sur le fer, 29
concessions de minerais métallifères en ex­
ploitation, savoir :
26 minerais complexes (surtout du zinc),
2 cuivre, 1 mercure.
D’autre part, notre Colonie, qui, en 1904,
avait extrait du sol 53.000 tonnes de minerais
divers (à l’exception du fer), ayant ensemble
une valeur de 4.132.000 francs, a vu en 1905,
son extraction s’élever à 79.100 tonnes, va­
lant 8.243.000 francs, à 88.000 tonnes en 1906
et à 104.000 tonnes en 1907.
1907

1905

Plomb .................... 15.300 ton. 7.500 ton
Zinc ....................... 71.000 »
68.000 »
Cuivre .................... 16.300 »
1.700 »
Plomb et galène-cinabrifère ..............
600 »
1.900 »
Bien que ces différents minerais représen­
tent déjà une valeur commerciale importan­
te, à cause du prix du zinc, qui entre dans
le total pour la plus grande part, l’on peut
dire que le fer est le principal minerai mé­
tallifère que produit et exporte l’Algérie. En
1907, la Colonie a produit, tant en minerai
de fer provenant des mines, qu’en minerai
provenant des minières, 973.000 tonnes et en
a exporté une quantité un peu inférieure.
Ces différences proviennent du stock flottant,
restant sur le carreau de la mine, et de la
production du minerai extrait par les tra­
vaux de recherches.
L’exportation du minerai de fer en 1907,
s’est répartie de la manière suivante :
Angleterre ............................ 395.000 tonnes
Pays-Bas et Allemagne....... 328.000 »
France ...................................
63.000 »
Allemagne (directement) ... 46.000 »
Autres p ays...........................
87.000 »

�382

L’EXPANSION COLONIALE

Les courants divers qui caractérisent l’ex­
portation des minerais métalliques autres
que le fer se répartissent de la manière sui
vante :
Plomb :
France .........................
Belgique .......................
Allemagne ...................

6.315tonnes
9.255 «
4.520 »

20.090 tonnes
Zinc :
France ............. ...... 12.031 tonnes
))
Belgique .......... ...... 50.807
»
Angleterre ......... ...... 10.382
»
6.704
Allemagne ....... ......
»
611
Italie ................. ......
80.535 tonnes

France ...
Etats-Unis
Belgique
Angleterre
Divers ....

Cuivre :
...........
337 tonnes
............... g.300 »
...........
1.402
....... .
1.240
...........
1.638
6.917 tonnes

Antimoine :
Belgique ...................... 706 tonnes
Angleterre
............... 200
»
906 tonnes
Les chiffres de production et d’exporta­
tion présentent toujours des différences no­
tables, provenant du stock flottant qui de­
meure sur le carreau des mines.
Enfin, l’Algérie ne présente pas seulement
une production importante en ce qui con­
cerne les minerais métallifères ; la produc­
tion des carrières entre pour une notable part
dans le commerce de notre Colonie. Il nous
suffira de citer le phosphate de chaux qui
figure pour près de 400.000 tonnes et qui, si
les conditions économiques deviennent plus
favorable^, ne peut manquer de prendre un
essor encore plus considérable. Ajoutons à
cela que l’industrie des chaux et ciments
constitue, pour certaines régions, une source
importante de bénéfices et que le commerce
des marbres, bien qu’en partie abandonné,
donne lieu dans les provinces d’Oran et de

Constantine à une active exploitation. On ac­
quiert dès lors, la conviction que notre Co­
lonie, déjà prospère en ce qui concerne cette
branche de commerce, ne peut que l’accroître
dans de notables proportions, sous l’influen­
ce do conditions favorables et d’une sage
administration.
La production des carrières algériennes,
en 1907, peut se résumer dans le tableau sui­
vant :
30.505 tonnes
Pierre de ta ille......
)&gt;
Chaux grasse .......
22.230
»)
39.900
Chaux hydraulique
))
17.640
Ciment ....'.............
))
26.400
Plâtre .....................
))
Argile ..................... 130.450
»
Phosphate .............. 373.763
))
Marbre ..................
355
))
Onyx .....................
328
»
20.000
Sel ..........................
Les principales matières minérales qui re­
tiendront notre attention, sont le zinc et le
fer, en ce qui concerne les mines et minières;
le phosphate de chaux, en ce qui concerne
les carrières ; nous consacrerons un para­
graphe à l’étude des combustibles minéraux
pétrole et houille ; la présence de ce dernier
corps semble scientifiquement démontrée à
l’heure actuelle, si elle ne l’est pas encore
industriellement.
Par suite de la constitution des filons mé­
tallifères en Algérie, l’on peut dire que le
zinc ne se trouve jamais seul ; il est toujours
accompagné d’une certaine quantité de
plomb et de cuivre, d’où il résulte que la plu­
part des mines, où l’on exploite actuelle­
ment la Calamine (Silico-Carbonate de zinc),
donnent également une certaine quantité de
galène ou sulfure de plomb, dans laquelle
l’on rencontre , le plus souvent, une petite
propoi’tion d’argent. D’après la notice du ser­
vice des mines, on peut distinguer en Algé­
rie deux groupes, dans cinq gisements zincifères. Dans le premier groupe, c’est la blende
(sulfure) qui constitue le minéral principal ;
elle s’y trouve en lentilles massives, tantôt
sensiblement pure, tantôt mêlée à une cer­
taine quantité de plomb, sous forme de ga­
lène (sulfure).
Dans le deuxième groupe, il faut classer
les amas calaminaires, associés aux calcai­
res d’âges divers, depuis le lias. Cette catégo-

�L’EXPANSION COLONIALE

383

rie de gisements a donné de bons résultats minerai, assez variable,*- atteint une dizaine
et des produits appréciés, particulièrement de mille tonnes par an.
recherchés dans la province de Constantine.
[A suivre)
Louis L a u r e n t .
Dans certains endroits, la calamine peut
Docteur ès sciences
être associée à la galène, d’une manière as­
Professeur à l’Institut Colonial.
sez irrégulière. En profondeur, elle passe à
la blende ; c’est ce que l’on constate notam­
ment dans le gisement de Maaziz. Au Djebel
Masser, on n’a rencontré que de la calamine;
ces deux gisements sont à peu près les
EX TRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
seuls qu’on exploite dans la province d’Oran.
(2.687 tonnes en 1907).
Séance du Conseil d'Administration
Les gisements de la province d’Alger sont
du n juin 1909
plus nombreux, mais les exploitations sont
Le Conseil d’Administration de l’Institut
assez irrégulières, suivant que les circonstan­ Colonial Marseillais s’est réuni le 17 juin,
ces se montrent favorables ou non ; telle ex­ sous la présidence de M. Adrien Artaud, son
ploitation voit interrompre ses travaux pen­ président.
L’Assemblée était fort nombreuse, car la
dant un certain temps ; ils sont repris, par remise
du souvenir que le Conseil avait dé­
la-suite, quand le courant commercial est fa­ cidé d'offrir à M. Paul Desbief, président
vorable et permet de couvrir les frais, tou7 honoraire fondateur de D’Institut, devait
jours élevés, de la main-d’œuvre et des trans­ avoir lieu au cours de la seance et les mem­
ports. Parmi les gîtes de la province d’Alger, bres du Conseil avaient tenu à lui donner
témoignage de leur vive sympathie.
un des groupes les plus intéressants à con­ le Etaient
présents :
sidérer est celui de l’Ouarsenis, situé à peu
MM.
P.
Desbief,
président honoraire.
près à une quarantaine de kilomètres au sudA. Artaud, président.
est de la localité d’Orléansville. Ces gîtes
E. Heckel, vice-président.
sont constitués par des calamines, affleurant
A. Ponsinet
»
A. Armand
»
dans des îlots de calcaire basique,associées
P. Bohn.
»
sur quelques points à de la galène et à de la
A. Fouque, secrétaire.
barytine, et sur d’autres à du fer : tous ces
MM.
Arnaud, Bry, Bourdillon, Dufay,
minéraux accessoires, qui constituent la gan­
Gaffarel,
Joannon, Masson, Martin-Laval,
gue, sont séparés du minerai par triage.
&lt;Jaequemet, Léotard, Rastit, Velten, Ytier,
C’est la province de Constantine qui ren­ Zarifi.
S’étaient fait excuser MM. d’Allest, Blanc,
ferme les plus beaux gisements calaminaires. L’étude des principaux gîtes sortirait Estier.
Le souvenir consiste en une réduction en
certainement du cadre de cet article, nous ci­
argent du bas-relief que l’habile sculpteur
terons seulement les concessions de Ham­ marseillais M. Delanglade avait fait pour
mam N’Bails, de Bou Taleb et celle de la l’Exposition Coloniale de 1906 et qui orne
aujourd’hui la salle des cours coloniaux de
compagnie de 1 ’Ouasta et Mesloula.
La concession de Hammam N’Bails, située l’Institut.
M. Artaud fait la remise de ce souvenir
au sud-est de Guelma, contient des calami­ et, dans une allocution chaleureuse, évo­
nes en amas et interstratifiées, dans des cou­ que les éminents services rendus par M. P.
ches géologiques d’âge mal connu ; elles sont Desbief à la Chambre de Commerce de Mar­
associées à des espèces rares de plomb (Na- seille et à l’Institut Colonial Marseillais. Il
rappelle la genèse de l’Institut, d’abord
dorite et Mimétèse).
créé .par M. le docteur Heckel en 1893, en­
Les deux principales mines que la Société suite doté par la Chambre de Commerce de
des mines de Bou Thaleb exploite, dans la Marseille de cours en 1899 et 1900, enfin
province de Constantine, -sont celles du définitivement organisé en 1906. M. Artaud
la pensée de tous en regrettant que
Djebel Soubella et du Djebel-Sfa. On y accè­ exprime
M. Desbief ait quitté trop tôt la présidence
de en suivant la route de Sétif à Colbert et de l'œuvre qu’il avait créée et à laquelle son
prolongement de la ligne aux exploitations ; nom demeurera attaché.
la Société a elle-même ouvert une route car­
M. P. Desbief lui répond qu’il est extrê­
rossable de 20 kilomètres. L’extraction du mement touché de la délicate pensée du

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

j

�384

L’EXPANSION COLONIALE

Conseil qui, après lui avoir donné la pré­
sidence honoraire de l’Institut, le comble
aujourd’hui en lui offrant un souvenir
qui lui est d’autant plus précieux qu’il
est l’œuvre d’un sculpteur marseillais
et qu’il lui rappellera l’époque inoubliable
de l’Exposition Coloniale de 1906. Il dit que
l’idée de réunir dans un même local tout ce
qui touche aux sciences coloniales et géo­
graphiques n’eut pu être réalisée s’il n’avait
pas compté sur le dévouement et les émi­
nentes qualités de ses collaborateurs. Ses re­
grets de ne plus participer directement aux
travaux de l’Institut sont atténués par le
fait que l’Institut est entre de bonnes mains
et que son avenir est assuré par la haute com­
pétence et l’inlassable activité de son prési­
dent actuel, qui a donné partout là preuve
éclatante de ses grandes qualités. En termi­
nant, M. Desb'ief remercie encore le Conseil
de la touchante manifestation dont il est l’ob­
jet et dont le souvenir restera l’un des plus
précieux de sa vie.
M. Artaud renarde vivement M. Desbief
des éloges qu’il a bien voulu lui adresser.
M. le président Artaud rend compte de son
voyage à Paris, principalement entrepris
pour répondre à l’invitation de l’Union co­
loniale française, qui lui avait demandé d’ex­
poser à son déjeuner du 22 mai la question
du Régime Douanier des Colonies. La confé­
rence ayant été publiée dans l'Expansion
Coloniale du 1er juin, il serait obligé au
Conseil de lui signaler les points de son dis­
cours qui pourraient être sujets à critique.
M. P. Desbief répond à M. Artaud qu’il a.
reproduit de la façon la plus exacte et la
plus heureuse les opinions du commerce
tout entier de Marseille.
M. Artaud fait connaître que l’Union co­
loniale lui a demandé de faire à Marseille
de la propagande pour amener des adhérents
au Congrès des anciennes colonies qui doit
avoir lieu à Paris, en octobre prochain. Un
comité a été formé à Marseille et il y a lieu
d’espérer que de nombreuses adhésions se­
ront recueillies parmi les commerçants in­
téressés aux affaires dans nos colonies des
Antilles, de la Réunion, de la Nouvelle-Ca­
lédonie, etc... Le public a été avisé de la te­
nue du Congrès par une inscription placée
sur la façade et M. Moriceau se propose de
faire des visites individuelles aux personnes
susceptibles de participer au Congrès.
M. le Président expose la situation finan­
cière, qui -est conforme aux prévisions du
budget. Il rend compte de la diminution pro­
bable de la subvention de la ville de Marseil­
le, exprimant le regret que la ville et le
département n’apprécient pas, comme ils le
devraient, l ’importance d’une œuvre qui n’a
d’autre but que de développer la prospérité
économique de notre région et de fournir

ainsi à tous les travailleurs les moyens d’a­
méliorer leur existence..
Il fait connaître que l’Algérie va donner
à l’Institut une subvention de 1.000 francs
pour 1909, qu’une demande de concours
vient d’être adressée à M. le Résident géné­
ral de France à Tunis, enfin que des deman­
des de subventions ont été faites à toutes nos
colonies.
M. le Président soumet au Conseil l’accep­
tation de nouvelles adhésions', celles de :
MM. le docteur Serge Rabmovitch.
Charles Beaumond.
Arroyo aîné.
Imbert Louis
J.-B Rubaudo et Cie.
comme membres adhérents de l’Institut ;
celles de :
1
\
MM. Pascal et Baldy.
Latrille. fils.
J. M. Rousseau.
Ecole de Provence.
Mouriès frères.
Société d’EjWgne des Retraites.
Mathieu et Malaspina.
D. Bensimon.
comme exposants au Musée Commercial ;
celles de :
MM. Biétron.
Picon et Cie.
O. Gaffié.
M. Blanc.
Vve Bouchard.
Raffineries Saint-Louis.
D. Blanc et Cie.
Société Générale.
comme adhérents à la publicité de l'Ex
pansion Coloniale, qui sont agréées à l’una­
nimité.
Il indique le résultat des Journées Mari­
times, qui ont été de véritables succès, et
remercie le Syndicat Marseillais de la ma­
rine marchande d’avoir bien voulu allouer
une somme de 100 francs pour l’organisation
de ces Journées.
M. le Président fait connaître le chiffre
des correspondances reçues et expédiées, qui
se monte à 167 pour les premières et 331 pour
Les secondes.
Il sourhet à l’approbation du Conseil le
bail de location d’un appartement au 4mu éta­
ge ; le Conseil approuve. Il rend compte des
mesures prises pour l’organisation de l’Ex­
position des caoutchoucs et guttas de nos
colonies.
Les échantillons que l’Institut possède dé­
jà et ceux que diverses colonies ont expé­
diés, cèux que plusieurs grandes maisons de
Marseille doivent exposer sont suffisants
pour assurer le succès de l’Exposition, en
tant que matières premières. M. Artaud sai­
sit cette occasion de remercier M.le Présideni
de la Chambre de Commerce de Marseille
d’avoir bien voulu accepter la présidence
(

�L’EXPANSION COLONIALE

d’honneur de cette exposition, ainsi que
MM. Bohn, Besson; Rathery pour leur con­
cours. Il adresse tous ses remerciements aux
Gouverneurs Généraux de l’Afrique Occi­
dentale, de l’Indo-Chine pour les échantil­
lons qu’ils ont envoyés à l’Exposition de
l’Institut.
M. le Président exprime tous les regrets
de l’Institut à l’occasion du décès de M- Babled, professeur de législation coloniale aux
Cours Coloniaux. L’excellent enseignement
qu’il donnait à ses auditeurs a fourni les
meilleurs résultats et sa mort est une perte
que l’Institut a très vivement ressentie.
D’après l’article 9 des Statuts, il appartient
au corps enseignant de l’Institut de dresser
une liste de trois candidats parmi lesquels
le Conseil devra choisir le titulaire du cours
de législation coloniale. M. Artaud prie M.
le docteur Heckel de préparer cette liste.
M. le docteur Heckel répond qu’il fera pro­
chainement des propositions et demande que
la prise de service du titulaire n’ait lieu
qu’au moment de la rentrée des cours.
M. le Président dofine la parole à M. Fouque pour exposer au Conseil un projet d’éta­
blissement d’un cinématographe dans le
sous-sol.
M. Fouque fait connaître qu’une Société
particulière serait disposée à établir dans le
sous-sol de l’Institut, qu’elle aménagerait
dans ce but. des dioramas et, si possible, un
cinématographe colonial.
Un échange de vues a lieu sur ce sujet,
pour lequel aucun projet ferme n’a encore
été soumis au Bureau.
Divers membres insistent pour que le ci­
nématographe conserve un caractère sérieux
d’enseignement colonial et de vulgarisation
des choses coloniales maritimes et indus­
trielles, tout en sauvegardant lés intérêts de
l’Institut qui devra être dégagé de toute res­
ponsabilité financière.
M. le docteur Heckel appuie l’opinion qui
vient d’être émise.et propose, dans le but de
donner une sanction à l’enseignement colo­
nial donné à l’Institut, de délivrer des certi­
ficats d’étude à la fin des cours.
M. Desbief se demande si une Société
privée, quelle que soit l’autorité dérivant de
son origine et de la valeur de son corps en­
seignant, peut délivrer des diplômes.
Une discussion s’engage à ce propos entre
divers membres et le Président propose de
nomlner une Commission composée de MM.
Ponsinet. Brv, Gaffarel. Masson, qui étu­
dierait la question, sous la présidence de M.
le docteur Heckel. et proposerait en même
temps, les moyens d’obtenir pour l’Institut
la reconnaissance d’utilité publique
Plus rien n’étant à délibérer, la séance est
levée à 4 heures et demie.
A l’issue de la séance,M. le Président fé­

385

licite et remercie M. Delanglacte, qui avait
bien voulu répondre à l’invitation qui lui
avait été adressée ,d’assister à la réunion
suivant la séance, d’avoir si bien traduit
les sentiments du Conseil dans l’œuvre d’ari
qui vient d’être offerteà M. Desbief, à titre
de souvenir. Une coupe de champagne esi
offerte à MM.Desbief et Delanglade et plu­
sieurs toasts sont portés par divers orateur^
en particulier par M. Dufay, ex-vice-prési;
dent de l’Institut .Colonial, ayant pris l’ini­
tiative de cette manifestation. Une allocu­
tion éloquente de M. Ponsinet, au nom du
ministère des colonies, termine cette fête de
famille dont tous les membres présents con­
serveront précieusement le souvenir.

QUATRIÈME JOURNÉE M ARITIM E
La 4ms journée maritime de l’Institut Co­
lonial Marseillais, - rganisée le samedi 5 juin
après-midi, de concert avec le Comité locan
de la Ligue maritime, a obtenu le succès que
méritait son intéressant programme. Plus de
150 personnes, comprenant maintes notabili­
tés de notre ville et de nombreuses dames, ont
pris passage à la consigne de la santé au
quai Saint-Jean sur le vapeur Seynois, de la
Société côtière, pour la visite projetée au
port du Frioul. et à ses établissements sani­
taires maritimes.
L’excursion était dirigée par M. Artaud,
président de l’Institut colonial, membre-se­
crétaire de la Chambre de Commerce, et par
M. Ytier, membre du Conseil de l’Institut
et de celui de la Ligue maritime. Elle avait
été précédée par une visite des musées com­
mercial et colonial de la rue Noailles.
Le temps variable du début de la prome­
nade fit bientôt place à un ciel radieux avec
mer calme, qui permirent à la visite du
Frioul d’avoir tout son exceptionnel attrait.
L’accès du Lazaret et des îles se trouve en
effet interdit au public, et c’est grâce aux
autorisations gracieusement accordées par
M. le docteur Torel. directeur de la Santé, ei
par M. le général Pambet, gouverneur mili­
taire de Marseille, que cette intéressante ex­
cursion a été possible.
Reçus au débarcadère par le gardien en
chef du Lazaret, qui les a obligeamment gui­
dés, les visiteurs ont pu parcourir les impor­
tantes installations du port quarantenaine :
pavillon administratif, corps de logis, hôpi­
tal. bâtiment de désinfection, etc. Après cette
instructive visite, une agréable promenade
par la route militaire de Pomègue.a fait juger
du pittoresque des îles'du Frioul. Au retour,
le vapeur a en outre permis d’admirer les
calanques de Ratonneau dominées par
l’ancien hôpital du Lazaret.
Les curieux paysages des îles, avec leurs
collines abruptes couronnées de batteries,
leurs baies rocheuses et découpées, ont été
une révélation pour la plupart des prome-

�386

L’EXPANSION COLONIALE

neurs de la journée maritime, qui en ont vi­
vement félicité les organisateurs.
On sait que la date choisie par l’Institut
colonial est le 1er samedi de chaque mois :
la 5mo journée aura lieu le 3 juillet. Consa­
crée à l'ilot et au Phare de Planier, elle
sera particulièrement intéressante.

BUREAU DE RENSEIGNEM ENTS
1° Mme C..., dont le mari se propose d’obte­
nir une situation industrielle en Indo-Chine,
est venue demander des renseignemnts sur
le mode d’existence et les conditions d’accli­
matement dans les colonies. Elle a été mise
au courant de tout ce qui pouvait l’intéresser
à ce sujet ; de plus, elle s’est vu mettre les
choses au point en ce qui concerne les situa­
tions que l’on peut occuper là-bas, et que la
plupart des personnes appelées à partir ne
voudraient d’abord accepter qu’avec des
avantages pécuniaires exceptionnels. Le dé­
légué de l’Indo-Chine à l’Institut lui a fait
observer qu’il ne fallait pas songer à se ren­
dre/ en' Extrême-Orient avec l’idée que le
seul fait d’y arriver doive être largement ré­
compensé par une fortune subite. Les con­
ditions de la vie sont peu différentes d’ici
et il faut cesser de considérer les pays colo­
niaux comme un champ d’exploitation ra­
pide et égoïste.
De plus, sur une question concernant la
domesticité annamite et les rapports du Fran­
çais avec l’indigène M. Meynard a mis Mme
C... en garde contre le préjugé qui fait que
tout nouvel arrivé en Indo-Chine se plaît à
se croire en contact avec un peuple de boys,
c’est-à-dire de grooms indigènes. De là nais­
sent bien des malentendus et des ennuis. En
gardant dans nos contacts ayec l’Annamite, la
mesure de la justice et de la différence des
classes, en refrénant un peu un naturel qui
est tôt porté là-bas à devenir excessif, en ne
s’imaginant pas enfin, à priori, que l’Anna­
mite est un être inférieur et notre ennemi
par définition on pourra entretenir avec
lui des relations qui ne seront ni à notre dé­
savantage ni au sien.
2° M. S., directeur d’une importante fa­
brication de meules, a demandé s’il serait
possible de trouver dans les colonies fran­
çaises, des corindons et de l’émeri.
Les premiers proviennent des Etats-Unis,
et en raison de l’extension de leur utilisa­
tion en Amérique même, deviennent de plus
en plus difficiles à se procurer : le second se
trouve en grandes quantités à l ’île de Naxos,
dans l’archipel grec, où il est exploité par
le gouvernement hellénique.
Aucune recherche sérieuse de ce minerai
n’a encore été entreprise dans nos colonies ;
il est possible que l ’on trouve à Madagascar
des corindons utilisables pour la fabrication

des meules. Il serait à désirer que les admi­
nistrations locales s’occupent de la recherche
de minéraux qui sont très demandés en Fran­
ce et en Allemagne.
3° M. Charles Legros, membre adhérent de
l’Institut à la Grande-Comore. a demandé des
bulbilles de sizal, qui lui ont été fournis avec
la plus grande complaisance par le jardin
colonial du Parc Borély. M. Davin, le distin
gué professeur de cultures coloniales à l’Ins­
titut, lui a également donné quelques boutu­
res du Sansevéria Cylindrica, indigène dans
l’Afrique orientale allemande, et qui four­
nit une fibre très remarquable. M. Legros
tiendra l’Institut au courant du résultat des
essais de plantation de ces textiles.
4° M. Lefeuvre-Méaulle. attaché commer­
cial de France en Orient, a rendu visite à
l’Institut avant de rejoindre son poste à Cons­
tantinople ; il a confirmé son intention d’ap­
peler l’attention des négociants français,
établis en Orient, sur plusieurs productions
des colonies françaises ,notamment le riz de
la Cochinchjne, les poivres et épices, girofles,
les soieries indo-cehinoàses, les raphias de
Madagascar, les rotins, etc., etc... Il est per­
suadé qu’un courant d’affaires, facilité d’ail­
leurs par les services de navigation français,
d’Alexandrie dans les ports du Levant, peut
s’établir entre l’Orient et les colonies, au
grandavantage de ces dernières.
5° M. F. M. a demandé quels pourraient
être les sous-produits de la banane, car à
certaines époques de l’année, de juillet à
octobre notamment, alors que les fruits d’Eu­
rope sont abondants, il n’y a presque pas
avantage à les exporter.
Tout d’abord, on tire de la banane une
farine qui, à la vérité, ainsi que l’a fait con­
naître l’excellent Journal d'Agriculture Tro­
picale, « ne plaît pas au public », et cepen­
dant sa valeur alimentaire, sa grande di­
gestibilité, sont incontestables.
Les qsines établies à Java, à la Jamaïque,
à Gosta-Rica, pour la fabrication de la farine
de bananes, ont dû cesser leur production.
Sur les indications de M. René Guérin, in­
génieur chimiste, récemment, des essais en­
trepris par M. d’Hérelle chef de la station
expérimentale du Yucatan à Mérida,-au su­
jet de la fabrication de l’alcool, ont donné
de très bons résultats. Il a obtenu une sorte
de whisky serapprochant beaucoup du « Canadian Club », et qui a l’avantage d’être un
produit pur. tandis que les autres whiskies
américains ne sont que des'alcools de grains,
rectifiés et parfumés avec diverses essences.
Le prix du whisky de bananes, obtenu par
la fermentation des jus dans des conditions
spéciales, avec des levures pures prises sur
le fruit même, est moins élevé que celui du
whisky ordinaire. Le rendement peut s’éle­
ver à quatre litres 1/2 par régime ; le prix
de revient maximum serait de 7 à 8 franc-!

�L’EXPANSION COLONIALE

387

la caisse, pour un produit supérieur comme ceux qui ay an t à point nommé, des unités dis­
qualité aux whiskies vendus couramment en ponibles, seraien t disposés à le faire, n ’y con­
sen tiraien t sans doute, qu’à des conditions
gros 22 francs, 50 à New-York.
onéreuses pour les chargeurs.
Nos colonies productrices de bananes au­
La seconde solution a p p a ra ît donc à beau­
raient tout intérêt à s’occuper de cette fabri­ coup comme préférable à 1a. prem ière et d’une
cation, qui rémunérerait largement les capi­ réalisation plus aisée. La suspension m om enta­
taux employés et utiliserait des déchets qui née du privilège des inscrits m aritim es (dont les
mêmes dem andent la suppression p u re et simple)
ont une valeur considérable.
semble de n a tu re à perm ettre de p a re r au plus
6° Les élèves de l’école supérieure de com­ pressé
en cas de grève car, et quoique en di­
merce de Rome sont venus, le 23 juin, visiter sent certains, nos a rm ateu rs français trouve­
l’Institut coolnial marseillais, sous la direc­ raien t vraisem blablem ent et en dehors des in s­
tion d’un de leurs distingués professeurs, crits, des élém ents suffisants pour a rm er le
m inim um d’unités indispensables pour assu rer
M. Jaja.
Après avoir parcouru le Musée commer­ tout au m oins les relations les plus urgentes
cial, dont ils ont reconnu le parfait agence­ entre l’Algérie et la France.
serait donc désirable de voir cette derniè­
ment, et la salle des Cours coloniaux, ils ont re Ilsolution
tout au m oins étudiée de près p ar
visité le Musée colonial dirigé par le docteur les
personnalités compétentes qui ont à cœ ur
Heckel et les admirables collections de toutes de veiller su r nos in térêts coloniaux si grave­
sortes de produits coloniaux, qui les ont très m ent com prom is depuis quelque temps.
vivement intéressés.
T...
Ils sont allés ensuite à la Société de Géo­
graphie, dont M. Léotard, secrétaire-général,
M a d a g a s c a r . — R é g im e d o u a n ie r .
leur a fait les honneurs, et se sont retirés en­ De M. le P résident de la Chambre consultative
chantés de leur visite.
de Commerce et d'industrie de M ajunga.

EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
A lg é r ie . — G r è v e m a r itim e .

De notre Correspondant à Bougie à M. le Pré­
sident de l'In stitu t colonial.
Bougie, 19 ju in 1909.
J’ai l’hon n eu r de vous accuser réception de
votre lettre du 14 co u ran t v isan t les conséquen­
ces de la. nouvelle grève des In scrits M aritim es
M arseillais qui, depuis le 23 m ai dernier, cause
à notre belle colonie algérienne, privée de ses
relatio n s régulières avec la m étropole, le plus
grave préjudice.
P a rm i les d esiderata exprim és p a r les p rin ­
cipaux groupem ents de notre région, Cham bres
de Commerce, Comices Agricoles, Syndicats
d’in itiativ e, p articu lièrem en t qualifiés p our se
préoccuper de cette situ atio n v raim en t lam en­
table, il en est deux qui re tie n n e n t p rin cip ale­
m ent l’attention de ces m an d a ta ire s du com­
m erce, de l’ag ricu ltu re et de l’industrie, et
que présente régulièrem ent le compte rendu
de leurs délibérations.
Je me b o rn erai à les sim plem ent indiquer
n a y a n t p as la prétention de vouloir les tra ite r
ici. Ce sont la suspension m om entanée, en
tem ps de grève, du monopole du Pavillon et,
comme corollaire de cette m esure, la suspen­
sion, p en d an t la môme période, du privilège
de l’inscription m aritim e.
Des esprits très sérieux, très renseignés sur
la prem ière de ces deux questions estim ent, non
sans raiso n , que c’est su rto u t l’arm em ent fra n ­
çais, déjà si éprouvé, qui se ra it su rto u t atteint
p a r la prem ière m esure indiquée et cela, sans
g ran d profit p our ceux en faveur desquels son
application . est dem andée. Il serait, en effet,
un peu puéril de croire que du jo u r au lende­
m ain les a rm a te u rs é tran g ers con sen tiraient à
interro m p re leurs services même irrég u liers
ou bien l’exécution des tra n sp o rts dont ils vi­
vent d’o rd in aire pour m ettre leu rs v ap eu rs au
service des relatio n s franco-algériennes. E t

La Cham bre consultative de M ajunga a exa­
miné avec le plus g ran d soin la circulaire que
vous lui avez envoyée en m ars dernier.
Elle vous adresse toutes ses félicitations pour
votre initiative h ardie a u ta n t qu’heureuse et
pour votre dévouem ent à la cause de nos colo
nies.
Elle est comme vous pénétrée des graves in ­
c o n v é n ie n t qu’il y a à appliquer in té g ra le ­
m ent à toutes les colonies le régim e douanier
m étropolitain et, sans oser espérer des m odi­
fications radicales qui seraien t cependant le
salu t et l’avenir de nos régions, elle vous sou­
m et les d esiderata qui ont fa it l’objet d’une
intéressante discussion en sa séance du 7 m ai
dernier :
E larg ir nos ta rifs protecteurs, ouvrir notre
colonie au commerce du monde, qui, nous con­
n a issa n t mieux, n 'h ésitera plus à nous envoyer
les b ras et les capitaux qui nous m anquent —
voilà le but auquel nous devons viser.
Sans doute nous devons à la m étropole de la
reconnaissance po u r tous les sacrifices qu’elle
s’est imposés pour nous, n ’y avons-nous pas
répondu p ar tous les sacrifices, même celui
de la vie pour la faire g ran d e et prospère, et
ces sacrifices m utuels doivent-ils sim plem ent
servir à en rich ir quelques privilégiés du com­
merce et de l’industrie, à ferm er notre belle
colonie à toutes les espérances et la voir un
jo u r m o u rir de son bel isolem ent ? N’est-ce pas
le cas de Saigon ?
N’avons-nous pas entendu le chef le plus a u ­
torisé des protectionnistes déclarer, que le jour
où nos m aniocs en treraien t en F rance à l’état
de fécule ils seraien t frappés d’un droit de
pénétration pour ne pas p o rter om brage aux
féculeries m étropolitaines ?
N'en est-il pas de même des farin es de b a ­
nanes ! E t qui ne se souvient de cette véhém en­
te apostrophe d’un m em bre écouté du P a rle ­
m ent français réclam an t la prohibition des
vignes françaises à M adagascar parce qu’un
colon p atien t et tenace av ait réussi à re tire r
de sa vigne quelques pièces de vin ! Nous som ­
mes condam nés au piétinem ent su r place donc

�388

L’EXPANSION COLONIALE

à la ré tro g ra d a tio n — toute in d u strie nous est
défendue p a r *a m étropole qui, en nous m en a­
çan t de droits prohibitifs, voit une concurrence
là où il n ’y a qu’un effort plus p u issan t vers
le m ieux profitable a u ta n t à elle-même qu’à la
colonie.
N’est-il pas déplorable de constater que, plus
favorisés à l’étra n g e r que uans la m ère-patrie,
nos pro d u its jouissent à H am bourg et à Lon­
dres de conditions bien m eilleures q u ’au H a­
vre et à B ordeaux ?
Aussi nous considérons que, p rotecteurs des
pro d u its m étropolitains, nous devons, p a r une
ju ste réciprocité, être protégés p a r la m étro­
pole.
Tels sont les desid erata que nous avons l’hon­
n e u r de vous présenter, reco n n aissan ts et trop
heureux si, p a r votre intervention, nous pou­
vons obtenir des pouvoirs publics satisfaction
et protection.
Le Président.
A. H ern ell .
N o u v e lle s - H é b r id e s . — S o u f r iè r e s .

De M. le Com m issaire R ésident de France
aux N ouvelles Hébrides.
P o rt Vila, le 13 février 1909.
J ’a i l ’h o n n e u r de vous accuser réception de
votre lettre du 16 novem bre 1908 p arvenue à
Port-V ila, le 30 ja n v ie r d ern ier seulem ent, p a r
laquelle vous voulez bien me p rie r de vous fai­
re co nnaître l ’im portance et la possibilité d’ex­
plo itatio n des soufrières de l’île de T anna.
Je me suis adressé, à cet effet, à M. G iraud,
géom ètre de la Société F ran çaise des Nouvel­
les H ébrides qui, à l’ap p u i des explications
résum ées ci-dessous, a établi le croquis sché­
m atique ci-joint.
L a Société F ran çaise a succédé aux droits de
l'U nion Calédonienne qui s’était elle-même
substituée à ceux de M. P etersen, su jet fra n ­
çais, l’acq u éreu r prim itif en vertu de contrats
passés avec les indigènes de File. E n 1887, l’U­
nion calédonienne avait organ isé une m ission
pour exam iner su r place les possibilités d’ex­
plo itation de ces soufrières. En fa isa ie n t p a r­
tie, MM. Im haus, Adam de Villiers, P étersen,
G iraud, géom ètre et G aspard, cap itain e au
long cours, etc... Ces deux d erniers sont encore
a u service de la Société française. C’est à cette
circonstance que je dois de pouvoir répondre
avec une certain e précision à vos dem andes,
M. G aspard m ’a y a n t confirm é les renseigne­
m ents fou rn is p a r M. G iraud, auxquels je me
réfère plus particu lièrem en t. En 1887, le P o rt
Résolution, situé au pied du volcan é ta it l’un
des plus beaux et des plus sû rs des H ébrides,
pouvant ad m ettre les n av ires du plus fo rt ton­
nage. L’Union calédonienne av a it d’a u tre p a rt
complété ses ach ats su r l’île en s’a s s u ra n t de la
possession d’un te rra in en b o rdure du P o rt et
un droit d’accès aux soufrières p a r u n chem in
de 20 m ètres de la rg e u r avec faculté d’en choi­
sir le tracé à son gré. L a m ission séjo u rn a
p en d an t q u atre jo u rs à T an n a ; elle constata
l’existence de deux gisem ents de soufre d’assez
belle qualité, orientés de façon à en ren d re
l’exploitation possible p a r suite de leu r posi­
tion au vent du cratère. Toutefois M. G aspard

m’a déclaré que la chaleur du sous-sol serait
sans doute une cause de difficulté à l’exploita­
tion en profondeur.
Quoi qu’il en soit, lorsque leé indigènes eu­
ren t pénétré les intentions de la m ission, ils
se m o n trèren t très m enaçants, déclaran t qu’ils
n ’av aien t pas vendu le droit d’em porter la te r­
re de leu r m ontagne, et devant leur attitude
et leur nom bre, celle-ci dut se re tire r avec une
certaine précipitation. La situation in tern atio ­
nale des Hébrides ne p erm ettait p as à cette
époque à l’Union calédonienne de pouvoir
com pter su r une protection quelconque à l’é­
gard des Canaques de T an n a qui passaient
pour les plus féroces de l’Archipel. C’est la
principale raiso n pour laquelle, ab an d onnant
tout espoir d’être en 'm esure, av an t l’établisse­
m ent d’un nouvel ordre politique, de tire r p a r­
ti des soufrières de T anna, la Société S’était
ra b a ttu e su r celles de V anua Lava, a p p a rte ­
n a n t au groupe Banks, situé dans le Nord de
l'Archipel. L’exploitation de ces soufrières a
été abandonnée. Elle s’était, en effet, heurtée
à un ennem i invisible, m ais infinim ent plus
dangereux que la sauvagerie des h a b itan ts de
T an n a : une extrêm e insalubrité. T a n n a jo u it
d'un clim at qui se rapproche au contraire,
comme les au tres îles du Sud, de celui des
Loyalty et de la Nouvelle-Calédonie. C’est dire
qu’une in stallatio n industrielle se tro u v e ra it
,uu point de vue de la santé et du rendem ent
de son personnel san s p a rle r des plus grandes
facilités de recrutem ent qu’elle ren co ntrerait,
dans des conditions très favorables. M alheu­
reusem ent, l’éruption de 1893 a été suivie de
bouleversem ents qui ont ferm é l’accès du
Fort-R ésolution, à la navigation. Celui-ci
n ’est plus p raticable que pour des chalands ou
des chaloupes à vapeur ' d’un faible tira n t
d’eau.
Le m ouillage forain à l’entrée de l’ancien
p o rt n ’est pas p raticab le lorsque les brises
régnantes (S.-E.) sont fraîches, et celui de la
Baie du Soufre est encore plus incertain, ce qui
ne laisse pas que d’être regrettable p a r suite
de la proxim ité du gisem ent dont l’exploita­
tion p o u rra it être facilem ent assurée, p araîtil, p a r u n va et vient.
J ’ajoute q u e,siales titres de la Société fran çaisè reçoivent l’hom ologation du T ribunal
mixte, dont l’installatio n est prochaine, l’or­
ganisation ad m in istrativ e actuelle des Nouvel­
les-H ébrides p e rm e ttra it facilem ent de venir à
bout des résistances que lés indigènes a u ra ie n t
peut-être encore même a u jo u rd ’hui, la velléité
d’opposer à une tentative d’exploitation des
soufrières. C’est dire que la difficulté qui
av ait p a ru insurm ontable en 1887 ne doit ptus
en tre r en ligne de compte. Je ne veux pas te r­
m iner sans vous donner le conseil de vous
m ettre en ra p p o rt avec la Société française
des Nouvelles-Hébridps, 3, ru e Rossini, P a ris,
qui, je n ’en doute pas, au moyen de ses a rc h i­
ves, sera en 'm esure de vous fo u rn ir des in d ica­
tions plus complètes que ces notes, forcém ent
som m aires, tout en vous fa isa n t connaître les
conditions dans lesquelles elle e n ten d rait fa i­
re valoir ses droits.
N oufflard .

/

�L’EXPANSION COLONIALE
N o u v e lle s - C a lé d o n ie . — F ib r e s .

De l'In stitu t Colonial M arseillais à MM. A .B a rrau et Cie, à N oum éa.
Noua a v jn s l’h o n n m r de vous accuser récep­
tion de votre lettre du 23. décem bre accom pa­
g n an t un échantillon de fibres de sida retu sa
(herbe à balais).
Nous l’avons soum is à plu sieu rs personnes
et nous venons seulem ent de recevoir u n avis
ferm e d’une im portante m aison de filature.
Elle nous inform e que ces fibres p a ra isse n t
pouvoir être utilisées p a r tous les filateurs de
chanvre qui font les n° 2.000 et au-dessous p a r
bilog, m ais qu’il n ’était pas possible d’être ab­
solum ent affirm atif avec u n essai tenté su r une
aussi petite q u an tité et q u ’il se ra it nécessaire
d’opérer su r une centaine de kilos p o u r être
fixé su r la v aleu r indu strielle de cette fibre.
Il vous a p p p a rtie n t donc de voir si vous dési­
rez nous ad resser la q u an tité dem andée ; nous
la ferons p a rv e n ir à la filature en question et
et nous vous enverrons le ré su lta t de son es­
sai dès que nous l’au ro n s reçu.

C

o u p s

C o lo n ia u x

L’Académie des sciences, lettres et arts de
Marseille a reçu le 6 juin, en séance publi­
que, en qualité de nouveau membre, un des
plus distingués professeurs des Cours colo­
niaux de notre Institut, M. L. Laurent, doc­
teur ès sciences, chargé d’un cours de Paléo­
botanique à la Faculté des sciences. Le nou­
vel académicien a d’ailleurs été admis dans
la docte assemblée sous la présidence de M.
le Dr Heckel, vice-président de l’Institut co­
lonial. Nous adressons à notre savant collè­
gue et collaborateur, M. Laurent, nos bien
sincères félicitations.

389

Sam edi 12 juin, Dr R eynaud : O rganisation
san itaire des villes coloniales : M aladies
transm issibles, vaccination, désinfection et
isolement.
L undi 14 juin, M. M asson : L a Guyane. —•
Dr J. de Cordemoy : Les plum es de p a ru re et
de fourrures.
M ardi 15 juin, Dir R eynaud : La fièvre jau n e
à la M artinique et l’assainissem ent p a r la m is­
sion du Dr Simond. — M. M asson : Colbert et
le 1er em pire colonial fran çais (fin).
M ercredi 16 juin, M. Jum elle : Aloès, ra p h ia ,
alfa et crin végétal.
Jeudi 17 juin, M. Davin : Le thé.
Sam edi 19 juin, à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud :
La désinfection p en d an t et après la m aladie
dans les différentes m aladies transm issibles.
L undi 21 juin, M. Masson : S aint-P ierre et
Miquelon. — Dr J. de Cordemoy : Production
africaine des plum es d’autruche.
M ardi 22 juin, Dr R eynaud : Origines du P a lu ­
disme aux Iles de la R éunion et M aurice.
M ercredi 23 juin, M. Jum elle : Coir, piassavas, rotins et paille de P an am a.
V endredi 25 juin, M. L au ren t : E tude des
principaux terrain s.
Sam edi 26 juin, Dr R eynaud : H ôpitaux et
san a to ria dans les colonies.

M usée C o m m e rc ia l
EXPOSITION DE CAOUTCHOUC

L’Exposition des caoutchoucs et guttas des
colonies françaises organisée par l'Institut
colonial marseillais, sera ouverte au public
le jeudi 15 juillet dans la salle des cours co­
loniaux. A cette occasion une conférence
publique sera faite par M. H. Jumelle, pro
fesseur de botanique à la Faculté des sciences
et à l’Institut colonial, sur la question des
Voici le programme des Cours d’Enseigne- caoutchoucs dans les colonies françaises.
ment Colonial qui ont été professés à l’Ins­
Les nombreux échantillons de caoutchouc
titut Colonial du 1er au 26 juin, date de la brut qui y seront exposés présenteront un
clôture annuelle :
très vif intérêt pour toutes les personnes
M ardi l or ju in à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud : s'ocupant. du commerce ou de l’industrie de
M aladies endém iques et épidém iques en Indocet article.
Chiné — S an ato ria.
Les visiteurs se rendront compte de la
M ercredi 2 ju in à 5 h. soir, M. Jum elle : Le
grande importance de nos colonies, au point
coton ; la ram ie.
de vue de la production d’une matière pre­
Jeudi 3 ju in à 8 h. 1/2 m atin (au P a rc Borély),
mière qui a reçu une foule d’applications ex­
M. Davin, cu ltu res coloniales : Le tabac.
V endredi 4 ju in à 5 h. soir, M. L a u re n t : E tu ­ trêmement utiles.
de des p rin cip au x te rra in s.
En outre, quelques échantillons de caout­
Sam edi 5 ju in à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud : choucs de plantation attireront l’attention
O rganisation sa n ita ire des villes coloniales.
L undi 7 ju in à 3 h. 3/4 soir, M. M asson : Les des capitalistes sur les excellents résultats
Antilles. — à 5 h. soir, Dr J. de Cordemoy : obtenus dans plusieurs de nos colonies.
Le bureau de renseignements de l’Institut
L’ivoire.
M ardi 8 ju in à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud : sera à la disposition des personnes désireu­
Le béribéri. — A 5 h. soir, M. M asson : Colbert ses de connaître les provenances et condi­
et le prem ier em pire colonial français.
tions d’expédition des caoutchoucs coloniaux.
M ercredi 9 ju in , M. Jum elle : Jute, P h o r­
La préparation de l’Exposition de caout­
m ium , Abaca.
choucs a valu à l’Institut colonial, en mê­
Jeudi 10 juin, M. D avin : Le café et sa culture.
me temps que de précieuses approbations, de
V endredi 11 juin, M. L au ren t : E tude des
très intéressantes correspondances, dont nous
prin cip au x te rra in s.

I

�390

L’EXPANSION COLONIALE

extrayons pour nos lecteurs les premiers do­
cuments suivants :
MADAGASCAR
Diego-Suarez. — Note transmise par la
Chambre consultative de Commerce.
Diégo-Suarez, le 8 m a rs 1909.
En accu san t réception de la lettre de M. le
P résid en t de l’In s titu t Colonial M arseillais, que
vous avez bien voulu m e fa ire parv en ir, j ’ai
le reg ret de vous faire con n aître qu’il n ’est pas
possible, en cette saison, de répondre d’une fa ­
çon satisfaisan te à p lu sieu rs des dem andes
contenues d an s cette lettre, p o u r les raisons
su ivantes
L a récolte du caoutchouc (alors qu’elle avait
lieu) se fa isa it de ju in à octobre, c’est-à-dire
p en d an t la saison com plètem ent sèche ; pen­
d a n t les pluies la m an ip u latio n du latex ne
d o n n erait que de m auvais résultats.
P o u r les g raphiques in d iq u an t le développe­
m ent de la production et de l’exportation : les
relevés de douane, ci-joints, sont suffisamment,
éloquents p our expliquer leu r absence cette
année.
E n ce qui concerne les reproductions pho­
tographiques des diverses espèces de plantes
caoutchoutifères, il nous se ra facile et ag réa­
ble de les faire p a rv e n ir à l’In stitu t m ais dans
quelques mois seulem ent, to u jo u rs à cause des
g ran d es pluies actuelles. P o u r les frau d es dans
la confection des boules de caoutchouc notre
province, sous ce rapport, a été favorisée car,
il n ’y a jam ais eu de contestation ou réclam a­
tion à ce sujet. Cela tient, à notre avis, à ce que
la récolte se com posait, p o u r la plus grande
p artie, de lom biry lequel se coagule à l’a ir
p a r trè s petites quantités, fo rm an t lam elles, sans
aucun au x iliaire q u ’exigent les a u tre s latex.
Q uant aux essais de cultu res (excepté M.
Jeanson qui a fa it u n essai de P a ra , qui semble
avoir bien réussi), tous les efforts des p la n ­
te u rs se sont portés su r le lom biry, p lante du
pays (ou plutôt du Nord de l’îlej, qui p laisait
p a r sa rusticité et l’engouem ent dont son pro­
d u it fu t l’objet p en d an t p lu sieu rs années sur
les m archés d’Europe où il obtint ju sq u ’à qua­
torze fran cs le kilog.
Il serait de plus profitable que nous sachions
la cause exacte du changem ent survenu dans
les cours de ce caoutchouc si prisé, qui devint
d’un placem ent des plus difficiles, p our ne pas
dire nul, et fu t la cause de pertes im p o rtantes
p o u r p lu sieu rs m aisons ne notre place, ainsi
que p our tous les p lan teu rs qui s’é ta n t résolu­
m ent mis à l’œ uvre av aien t d éjà créé des p la n ­
tatio n s fo rm an t ensem ble plus de deux m illions
de pieds.
S ur ce chapitre, l’expérience perm et de p ré­
senter des données à peu près justes.
Un lom biry à l’àge de q u atre ans, peut ra p ­
porter en m oyenne 60 gram m es de caoutchouc
sec p a r année, m oyennant deux ou tro is sa i­
gnées dans l’année.
La récolte, facile dans une p la n ta tio n bien
comprise, a u ra it été des plus rén u m ératrices
pour le p lan teu r, si la dem ande s’é ta it m ain te­
nue, même au cours de h u it fra n c s le kilo,
l’arbuste ne souffrant n i des m auvais tem ps,
n i des sauterelles, n i aes voisinages des an i­
m aux sauvages ou domestiques.
1

A ujourd’hui, les p lan teu rs découragés ont
presque abandonné les p lantations et se deman"
dent s’ils ne doivent pas les abandonner com­
plètem ent.
Il serait donc urg en t de reconnaître la cause
de cette dépréciation.
En résum é, comme vous le voyez, il ne nous
est pas possible de satisfaire d’une façon pré­
cise aux dem andes de l’In stitu t Colonial, avant
trois mois.
PlERRON.

Relevé des Douanes concernant l’exportation
du caoutchouc sorti par le port de DiégoSuarez :
1906 ....................................................... 158 t. 660
1907 .......................................................
39 t. 412
1908 .......................................................
1 t. 730
1909 ...................................................... Néant.
Direction prise : H am bourg et principale­
m ent Anvers.
NOTE REM ISE PAR LA RESIDENCE
L a province de Diégo-Suarez ne s’est jam ais
donnée aux cultures riches ; à peine de tim i­
des essais du icafé ou de vanille ont-ils été ten ­
tés san s donner le m oindre résu ltat heureux.
Seule la cu ltu re in dustrielle du caoutchouc
a fait l'objet de quelques expériences intéres­
santes a y a n t porté uniquem ent su r le lom biry,
liane existant déjà en assez g rande quantité,
à l’état sauvage d an s nos régions.
E n 1905 et 1906, le p ro d u it p a ra issa n t avoir
su r les m archés d’E urope u n écoulem ent assu ­
ré, quelques colons de la Province MM. Durbec,
P ie rro n et Zotier p la n tè re n t près ou plus de 2
m illions de pieds de lom biry. E t su r ces p la n ta ­
tions l’on fo ndait les plus g ran d es espérances.
’ H élas ! Ces espérances fu ren t prom ptem ent
déçues. Ce sont des déboires qui fu rent
constatés.
Le lom biry n ’eut en E urope qu’une faveur
très passagère. P lu s que tous les a u tre s caout­
choucs qui, vers cette époque, eu ren t à tra v e r­
ser une crise pénible, le lom biry fu t prom pte­
ment. déprécié et ne tro u v a pas acquéreur.
On reconnut bien vite a.u reste que les sai­
gnées successives opérées su r les m êmes pieds
pro d u isaien t u n caoutchouc dont les qualités
et quan tités allaien t en dim inuant, — que d’a u ­
tre p a rt les fra is d’entretien des p lan tatio n s
po u r com battre l’envahissem ent des herbes et
les feux de brousse étaien t des plus onéreux.
Et le caoutchouc lom biry com m ença d’être dé­
laissé. La culture n ’en a pas été reprise depuis.
Les anciennes p lan tatio n s ont été abandonnées
et du gros effort tenté, il ne reste p lu s rien. —
D em eurent p o u rta n t to u jours des cham ps en­
tiers et im m enses de lom biry p o u ssan t à l’état
sauvage dans la presq u ’île de Babaom by, dans
les régions d’A m b a ra ra tra et d’A ndranom aïm bé.
CERCLE DE MORONDAVA
Si nous com parons les E ta ts récap itu latifs
des sorties de caoutchouc p a r le p o rt de Morondava pour les années 1907 et 1908, ce qui frappe
le plus, c'est l’énorm e déficit en ce qui concerne
l’année qui vient de s’écouler.
Ci-après, ces états récap itu latifs des sorties

�391

L’EXPANSION COLONIALE
directes pour l’exportation ou le cabotage’ du
r a n t ces deux années.
i

POIDS

VALEUR
-1 9 0 7

Direct...........

Francs
203,883

Kilos
28.247,500

Cabotage__

151.340

23.553 »

Totaux. ..

355.223

51.800,500

celle de la réalisatio n des p roduits en Europe.
Récem m ent encore, certains M algaches ajo u ­
ta ie n t au latex, des m atières étrangères, terre,
cailloux, etc.
Des ordres sévères ay an t été donnés pour
éviter cette fraude, cette m anière de fa ire a
disparu pour ainsi dire com plètem ent, de
plus, les acheteurs véfifient, les lots avec le
plus g ran d soin.
Les cours sem blant vouloir se rafferm ir en
Europe, il y a lieu d’espérer une prom pte re ­
prise de cet article.
Nous joignons au présent ra p p o rt deux cartes
de la région caoutchoutifère, ain si que les ta ­
bleaux des sorties p a r le p o rt de M orondava.

Le Régime douanier colonial

-1 9 0 8
20.062

3.721

Cabotage. . . .

20.320

4.779

T otaux__

40.382

8.500

Différence en moins en 1908 :
Valeur. .. ...................

F.

314.841

P oids....... ...................

K.

43.300

Cette dim inution provient de différentes
causes.
1° L’a rrê té du 13 février 1907, ta x a n t les
caoutchoucs d’u n d ro it de sortie de O fr. 40 p ar
kilog.
Lors de la m ise en vig u eu r de cet arrêté, les
caoutchoucs en m ag asin ain si que ceux en tre­
posés et p rêts à être em barqués p o u r l’Europe,
ont été exonérés des nouveaux droits, ce qui
fa it que les exportations n ’ont ra le n ti que
dans le co u ran t du deuxièm e sem estre de 1907.
2° L’abaissem ent des cours su r les p rin ci­
paux m archés d’Europe.
L a région de M orondava p ro d u it du caout­
chouc en assez g ran d e q u an tité et de qualité
supérieure.
L a liane « Lom biro » vient adm irablem ent,
a in si que d’a u tre s qu alités, comme le « rehabo » et « réhé ».
M alheureusem ent, les procédés prim itifs
avec lesquels opèrent les indigènes, n u ise n t au
point de vue qualité et rendem ent.
M algré les nom breuses conférences et théo­
ries faites p a r les chefs de secteurs, les M alga­
ches, p a r économie, se refu sen t à em ployer les
sels ou acides sulfuriques et u tilisen t les p ro­
duits du pays, fru its du ta m a rin ie r ou du
citro n n ier .
Selon les qualités, le caoutchouc est payé
su r place, de 2 fr. 30 à 4 fra n c s le kilog ; m ais
il y a lieu d’ajo u te r de nom breux fra is de tra n s ­
port, em ballage, droits de sortie, fret, etc.,
ain si que la différence énorm e ré su lta n t de la
perte a u poids, en tre l’époque de l’a c h a t et

Il est une considération, enfin, qui re n d ra it
encore plus grave l’application du ta rif m étro­
politain à l’Afrique, occidentale française. —
On sait en effet que les Colonies de la Côte
d’ivoire et du D ahom ey ne peuvent m ettre de
droits de Douane su r les im portations é tra n ­
gères en vertu de la convention franco-anglaise
de 1898. — Les, m archandises de toute prove­
nance y sont traitées su r le pied d’égalité, les
droits d’im portations ne pouvant dépasser 10 %
de la valeur. L’extension à ces deux Colonies
du ta rif hnétropolitain est donc impossible. —
P a r suite, appliquée -à la Guinée, qui confine
p a r son h in terlan d à la Côte d’ivoire, la ta rifi­
cation m étropolitaine se ra it la ru in e de notre
Colonie, étan t donné l’im possibilité d’exercer
une surveillance efficace Sur une frontière d’un
m illier de kilom ètres.
L 'im portation française occupe une place
très honorable dans les entrées de toutes sortes
en Guinée française : ain si qu’il ressort du ta ­
bleau suivant, elle se m ain tien t aux environs
de 40 % du to tal :
ANNÉES

Direct...........

CHAMBRE DE COMMERCE DE LA
GUINÉE FRANÇAISE
(Suite et fin)

1900

TOTAL
TOTAL
des
des
importations importations
étrangères
françaises

TOTAUX

Pourcentage
de

l'importation
française

Francs

Francs

Francs

4.338 026

9.937.426

14.275.452

30,38 %
41,12 »

1901

3.185.083

4.559.494

7.744.587

1902

6.007.838

6.633.396

12 611.234

47,52 »

1903

5.974.078

11.968.896

17.942.974

33,29 »

1904

4.784.066

10.017.997

14.802.063

32,32 »

1905

7.657.162

11.267.652

16.924.814

40,46 »

1906

5.450.756

10.686.119

10 136.875

33,77 »

1907

6.322.590

10.021.625

16.344.215

38,68 »

�392

L’EXPANSION COLONIALE

Il y a lieu de considérer q u ’u n certain nom bre
d’objets et de m atières que la F ran ce se tro u ­
ve dans l’im possibilité m atérielle de produire,
en tren t dans les chiffres précités de l’im p o rta­
tion étrangère.
Ce sont : (a) pétrole, café, pim ent, bois de
construction (pitchpin), tab ac en feuilles, huile
de palm e, sel gemme, colas, calebasses.
Si des chiffres de la 3me colonne du tab leau
précédent l’on déduit le m o n ta n t des dits objets
ou m atières, la proportion d’im portation fra n ­
çaise s’en accroît d’a u ta n t :
/
IMPORTATION ÉTRANGÈRE
ANNÉES

POCRCERTAGE
de
l’importât,
française
par rapport
au tolal
des
colonnes
2 et 3

l’importation

-

TOTAL

2
Francs

Francs

1900

4.338.026

9.191 118

746.308

31,33 %

1901

3.185.083

3.728.256

831 238

46,07 »

1902

6.007.838

4.837.484

1.795.912

55,39 »

1903

5.974.078

10.316.441

1.652.455

36,67 »

1904

4.784.066

8.508 794

1.509.203

35,97 »

1905

7.657.162

8.429.322

2.838.330

47,60 »

1906

5.450.756

9.897.055

789.064

35,51 »

1907

6.322.590

8.280.387

1.741.238

43,29 »

de
française

OBJETS on ma­ OBJETS ou ma­
tières suscep­ tières non 'ustibles d’ètre ceplibles d’ètre
fournis par la fouillis par la
producl. fran­ product. fran­
çaise.
çaise (a).
3

4
Francs

5

N. B. — D ans la colonne 4 ne figurent que
les articles dénom m és plus h au t, sous la lettre
a. — Nous n ’y avons pas fa it figurer Tes m a r­
chandises non produites p a r la F rance, m ais
qui, comme le riz de l’Inde, sont francisées en
tra n s ita n t en F ran ce et voyageant sous p a s­
savant.
E n ce qui concerne les tissus de coton im ­
portés, nous faisons l’agréable constatation
d’un progrès continu et constant depuis sept
années dans les p ro d u its français.

ANNÉES

IMPORTATIONS IMPORTATIONS POURCENTAGE
de
de
de
tissus de coton
tissus de coton
l’importation
français
étrangers
française
Francs

Francs

1900

307.115

5.417.635

1901

298.507

1.842.927

13,94

»

5,36 %

1902

221.720

3.385.593

6,14

»

1903

707.551

7.041.333

9,13

»

1904

626.123

5 159 010

10,82

»

1905

760.308

5.398.634

12,34

»

1906

1.079 551

6.937.619

13,4(5 »

1907

1.336.662

5.248.876

20,29

»’

Lè régim e actuel n ’a donc p a s été p réju d i­
ciable aux filateurs fran çais dont les représen­
ta n ts se placent au prem ier ra n g des protago­
nistes du protectionnism e. Nous souhaitons
d’ailleurs, à titre de nationaux, que cette m a r­
che ascendante continue victorieusem ent.
Cependant, à l’appel désespéré de la Cham ­
bre de Commerce de Lille qui vient, en expri­
m ant sous form e de vœu, les doléances de ses
m andants, d’affirm er solennellem ent que le seul
but de toute colonisation est de perm ettre aux
in dustriels fran çais de faire fortune à l’ab ri
de toute concurrence, qu’il nous soit perm is de
répondre, qu’à notre avis, il y a plus et m ieux
à faire en Afrique, et qu’en a rra c h a n t à la m i­
sère, à l’esclavage des m illions d’individus, la
F rance a entendu poursuivre un but plus élevé,
plus généreux que celui-là.
Le g ran d Colbert, dont on agite le spectre
à nos yeux, a écrit, nous rappellent nos ad v er­
saires, s u r la nécessité prim ordiale de favoriser
le commerce et d’im prim er une vigoureuse im ­
pulsion à l’in dustrie du pays, des lignes que
nous relisons avec intérêt. Cette nécessité n ’est
pas côntestée : c’est le choix des m oyens à em­
ployer qui nous divise...... Que nos in dustriels
se g ard en t de s’endorm ir à l’ab ri des b arrières
protectionnistes. C’est ce même g ra n d Colbert,
dont nous pouvons bien à notre to u r invoquer
l’autorité en la m atière, qui a écrit :
« Les m arch an d s n ’asp iren t jam ais à surm on­
ter, p a r leu r propre industrie, les difficultés
qu’ils ren co n tren t dans le commerce, ta n t
qu’ils espèrent trouver des m oyens plus faciles
p ar l’autorité du roi. »
E t ces sim ples m ots sont bien la condam na­
tion du systèm e...
Souhaitons dans l’intérêt bien com pris de la
prospérité nationale, l’accaparem ent des m a r­
chés coloniaux p a r nos fab rican ts, m ais que
cela soit p ar l’am élioration de leur outillage, de
leurs procédés de fab ricatio n et de vente, et
su rto u t p ar leur attachem ent à satisfaire les
besoins, à prévenir les goûts de leu rs clients.
Que l’on n ’oublie pas que la fortune d’un in­
dustriel, c’est la fortune üe sa clientèle, que l’on
m édite enfin cette parole plus m oderne : « Le
g rand ressort m oral des peuples civilisés est la
concurrence économique. »
Ces quelques réflexions suffiront, pensonsnous, pour perm ettre à la Cham bre de se pro­
noncer. Que l’on nous pardonne ces considéra­
tions qui dépassent un peu le cadre étroit que
nous nous sommes tracés. Il ne nous a p p a r­
tien t pas de faire le procès du protectionnism e.
Aussi bien, c’est là chose faite. L a cause est
entendue. Les rem arquables trav au x des Con­
grès de B ordeaux et de M arseille ont épuisé la
question. 11 n ’est rien à ajo u ter à des argum ents
présentés avec une telle au torité san s s’exposer
à des redites. Nous faisons sim plem ent nôtres
les conclusions posées à l’issue de ces reten tis­
sants débats.
Le rapporteur
H. de L ahitolle .
La Cham bre de Commerce, après exam en de
cette question (et dans sa séance du 5 avril
1008) adopte à l’un an im ité les term es et les
conclusions de ce rap p o rt, les transform e en
délibération et ém et le vœ u su iv an t proposé
p a r M. de Lahitolle à la suite de son ra p p o rt :

�393

L’EXPANSION COLONIALE
VŒU :
L a Cham bre de Commerce de Conakry,
E stim an t que l’in térêt de la m étropole est fonc­
tion de la prospérité économique de ses colo­
nies,
C onsidérant que p a rm i ses colonies, celles du
groupe de l’A frique occidentale fran çaise et
notam m ent la Guinée française, ont dû en p a r­
tie leu r rem arq u ab le développem ent, au cours
de ces dernières années, à l’heureuse disposi­
tion de l’article 2 de la loi du 11 ja n v ie r 1892,
les excluant du tableau E., en vertu de quoi
elles ont p u adopter le régim e d ouanier le plus
convenable à leu rs intérêts.
T enant compte de la situ atio n m atérielle, du
stade de développem ent économ ique et m oral
de leu rs h ab itan ts, comme aussi de la position
géographique des Colonies de l’Afrique occiden­
tale française, de la nécessité d’a ssu re r les
recettes douanières indispensables à la ré a li­
sation du p lan adopté de l’outillage économique
du groupe.
P o u r ces motifs, ém et le vœu :
« Que le ta rif m étropolitain ne soit p as éten­
du à l’Afrique occidentale fran çaise et que no­
tam m ent la Guinée fran çaise conserve le régi­
me d ouanier ré su lta n t de l’application du
décret du 14 av ril 1905.»

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
Métropole
Gouverneurs. —- P a r décret présidentiel, le
docteur C ureau, a d m in istra te u r en chef des co­
lonies au Congo, est nom m é g o u v ern eu r des
colonies et m ain ten u au poste c réé de lieute­
nan t-gouverneur du Moyen-Congo.
M. Bonhoure, g ouverneur des E tablissem ents
fra n ç a is de l’Inde, est chargé des fonctions in ­
térim aires de gouverneur de la, Nouvelle-Calé­
donie, en rem placem ent de M. R ichard, re n ­
tr a n t en F rance, et M. Levecque, gouverneur
des colonies, est nom m é gouverneur de l’Inde
française.
Algérie. — Des décrets du 31 m a rs et du 7
m a i d éclarent d’u tilité publique des trav au x
d’am élioration et construction dans les ports
d’Alger (1.750.000 fr.) et de Collo (900.000 fr.) —
Un décret au to rise la C ham bre de Commerce
d’O ran à em p ru n ter une somme de 80.000 fr.
destinée à l’établissem ent d’un circu it télépho­
nique d’O ran à Tlemcen.
Un décret du 25 m a rs réglem ente l’im p o rta­
tion en A lgérie des végétaux a u tres que la vi­
gne, en vue de la protection des orangeries
contre les insectes nuisibles. — Un arrê té du
M inistre de l’A griculture adm et à la libre p ra ­
tique en F ran ce les bêtes bovines p ro v en an t de
l’Algérie.
Tunisie. — Un décret du 26 m a rs auto rise le
gouvernem ent tun isien ' à réaliser, p a r voie
d ’em prunt, le solde de la somme de 75 m illions
prévue p a r la loi du 10 jan v ier 1907, soit 35
m illions, à affecter, savoir : A des trav au x de
chem ins de fer p o u r 28.300.000 francs, à des
trav au x de route p o u r 6.700.000 fran cs. — Un

décret du 4 ju in fixe ainsi qu’il suit les q u an ti­
tés de produits ci-après dénommés, d’origine
et de provenance tunisiennes, qui p o u rro n t être
adm ises en franchise à leur entrée en F rance
du 1er ju in 1909 au 31 m ai 1910, dans les con­
ditions de la loi :
Fèves, 80.000 quintaux ; chevaux, 1.500 têtes ;
ânes et m ulets, 1.300 têtes ; bœufs, 25.000 têtes ;
m outons, 100.000 têtes ; chèvres, 1.000 têtes ;
porcs 1.000 têtes ; gibier v ivant ou m ort (san­
gliers, tortues, etc.),1.500 kilo s; volailles, 8.000
kilos.
E st fixée à la somme de six m illions de francs
la valeur des quan tités de produits d’origine et
de provenance tunisiennes, non dénommées
dans les articles 1 et 2 de la loi susvisée, qui,
dans les conditions de cette _Ioi, pourront, du
1er ju in 1909 au 31 m ai 1910, 'être adm ises en
p a y a n t en F ran ce les droits les plus favorables
perçus su r les produits sim ilaires étrangers.
Côte des Som alis. — Une loi du 3 avril, re la ­
tive à l’achèvem ent et à l’exploitation du che­
m in de fer de D jibouti à Addis-Abeba, ap p ro u ­
ve la convention conclue le 8 m ars 1909, entre
les M inistres des colonies, des F inances et des
affaires étrangères et la Cie du chem in de fer
franco-éthiopien de D jibouti à Addis-Abeba,
et la tran sactio n intervenue le 6 m a rs 1909 en­
tre la Colonie et l’E tat, d’une p a rt et la Com­
pagnie im périale des chem ins de fer d’E thio­
pie en liquidation, d’au tre p art. — Un décret
du 1er m ars porte organisation de la propriété
foncière dans la colonie.
Un décret du 1er m ai porte approbation des
deux arran g em en ts concernant, l’un l’Abyssi­
nie et l’a u tre le commerce des arm es su r la Cô­
te des Som alis, signés à Londres, le 13 décem­
bre 1906, entre la F rance, la G rande B retagne
et l’Italie.
M adagascar. — Un décret autorise l’ouver­
tu re des trav au x de censtru ctio n de la gare de
T an an ariv e, et un a u tre décret fixe le régim e
com m ercial de l’opium dans la colonie.
Indo-Chine. — Une loi du 3 av ril porte ap ­
probation d’un avenant à la convention du 15
ju in 1901, conclu, le 23 m ars 1909, entre le Mi­
n istre des colonies et Ja Com pagnie française
des chem ins de fer de Tindo-Chine et du
Y unnan. — Un décret en date du 19 m ai rend
applicables en Indo-Chine : la loi du 28 ju illet
1824, relative aux altératio n s et suppositions
de nom s su r les produits fabriqués ; les lois des
23 ju in 1857 et 3 m ai 1890 su r les m arques de
fabrique et de commerce, ainsi que le décret du
27 février 1891, p o rta n t règlem ent d’a d m in istra ­
tion publique pour l’exécution desdites lois.
Tahiti. — Un décret ordonne le rétab lisse­
m ent du T rib u n al de Commerce de Papeete.

Colonies
Tunisie. — Un décret beylical approuve une
convention de l’Office postal avec la Com pagnie
de N avigation Mixte, relative à l’exploitation
d’un service m aritim e côtier entre T unis, Sfax,
D jerba, Zarzis et El-Biban. — Un a rrêté au to ­
rise l’exercice de la pêche dans le lac de
Bizerte.
D ahom ey. — Un arrêté du G ouverneur p ro ­
nonce la réception définitive des tra v a u x de

�394

L’EXPANSION COLONIALE

su p erstru ctu re exécutés p a r la Com pagnie des
chem ins de fe r du D ahom ey entre P ao u ig n an
et Agouagoii;

Madagascar. — Un a rrê té du G ouverneur
général porte création de prim es d’encoura­
gem ent à la sériciculture.
tndo-Chine. — U n a rrê té du G ouverneur
général autorise l’exécution en régie p a r les
soins de l'a d m in istra tio n des tra v a u x publics,
des tra v a u x d’in fra stu c tu re des sections de
chem in de fer de P h a n -ra n g à B angoi et de
B angoi à N liatrang. Des a rrê té s m etten t à la
disposition d’agents dés tra v a u x publics, des
avances renouvelables, p our l’étude et les tr a ­
vaux d’am élioration de la navigabilité du
I-Iaut-Mékong. — 'U h arrêté accorde la conces­
sion définitive à la Société lyonnaise de Colo­
nisatio n èh Iiido-Chine dé 3 lots de te rra in s do­
m an iau x situés dans la province de NinH-Binh
(Tonkin). — Un a rrêté porte réglem entation de
la m ain-d’œ uvre indigène en service dans les
exploitations agricoles de la Cochinchine.

iiouang-Tchéou-Ouan. — Des a rrê té s fixent
les droits sa n ita ire s et les droits de p h a re et
d’an crage su r le territo ire.
Guyane. —- Un a rrê té fixe lés redevances dues
p a r les concessionnaires de te rra in s exploitant
du Caoutchouc et des p ro d u its sim ilaires, no­
tam m en t de la gomme de b a lâ ta , ou exploitant
dés bois.
Saint-P ierre et M iquelon. — Un a rrê té
ré d u it à 25 fran cs le droit de n av ig atio n a u ­
quel sont a stre in ts les bâtim ents de 15 à 25
tonneaux m ou illan t dans les eaux de la
colonie.
,
J. L.

INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE
L a Société vient de décider la form ation dans
son sein d’ü n « Comité des voyages », destiné
à o rg a n ise r p o u r les m em bres de la Société et
leu rs fam illes des voyages collectifs in téres­
sants, généralem ent hors de F rance, dans les
m eilleures conditions possibles.
Au récent Congrès des Sociétés sav an tes de
Provence à Arles, la Société a v a it délégué M. J.
F ou rn ier, l’un de ses secrétaires, archiviste
h o n o raire du départem ent, et u n im p o rtan t
Mémoire h istorique a été présenté au nom de
M. P. Gaffarel, professeur à la F acu lté des
lettres, vice-président de la Société.
Cette année comme les précédentes la Société
de G éographie va d istrib u er à ses la u ré a ts des
lycées et écoles de M arseille et de la région
60 livres de prix ; la p lu p a rt de ces beaux ou­
vrages sont consacrés aux colonies françaises.
ALLIANCE FRANÇAISE
L’« Alliance F ran çaise pour la propagation
de la langue n atio n ale dans les colonies à

l’étran g er »/a tenu la réunion annuelle de son
comité de Dames le 16 ju in après- m idi, dans
les salons de la P réfecture, sous la présidence
de Mme M astier. M. A. A rtaud, m em bre secré­
ta ire de la Cham bre de Commerce, président
du Comité m arseillais, a rendu compte des tr a ­
vaux de l’année dans u n discours applaudi,
rap p elan t que dix écoles françaises sont su b ­
ventionnées p a r notre ville au Maroc, en Egypte
et en Syrie. Une intéressante conférence a été
faite ensuite p ar M. le docteur Chopard, ancien
médecin de- la Com pagnie du Chem in de fer du
Y unnam , su r « La femme au pays chinois. »
Aux applaudissem ents de la nom breuse et élé­
gante assistance, la m édaille d’arg en t de l’Al­
liance F rançaise a été décernée à Mme M astier,
présidente du Comité de Dames, au nom du
conseil d’ad m in istratio n de P a ris. Une au tre
m édaille a été attribuée à M .L .B ortoli,trésorier
du Comité.
SYNDICAT DES EXPORTATEURS
Dans sa séance du 25 juin, sous la présidence
de M. F. Bohn, m em bre de la Cham bre de
Commerce, le syndicat a émis le vœu suivant
a u sujet de la grève m aritim e :
C onsidérant les graves dom m ages économi­
ques causés p a r la grève m aritim e actuelle,
ta n t à M arseille que d an s notre Afrique du
Nord,
Le Syndicat des E xportateurs de M arseille
émet le vœu que le P a rle m e n t adopte d’urgence
le projet de loi ten d an t à la suspension du m ono­
pole du P avillon pour la navigation entre la
France, F Algérie-Tunisie et la Corse, en cas
d’in terru p tio n des com m unications p a r suite de
grève.

A v is d ’A d ju d ic a tio n
Le 6 juillet 1909, il sera procédé à P a ris, salle
des séances de la Commission des m archés, à
l’office colonial, à l’ad ju d icatio n de la fo u rn i­
tu re d'huiles m inérales am éricaines pour grais­
sage, destinées au service de l’ad m in istratio n
p én iten tiaire de la G uyane.
E t le 3 août, à l’ad judication des fo u rn itu res
et tra v a u x concernant l'adduction d'eau de
Chandernagor (E tablissem ents fran çais de
l’Inde).
Les personnes désireuses de p rendre p a rt à
ces adjudications p o u rro n t en consulter les
cahiers des charges dans les bureau x du secré­
ta ria t de l’In stitu t colonial, 5, ru e Noailles.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
ü Æ a irs e ille
T E X T IL E S
les 100 k.
Raphias do Madagascar. — Tam atave
l ro q u alité.................................................... F. 50
Majunga b lan c....................... *....................
62
Analalave b lan c............................................
56
Tare d’usage,escom pte 11 o/o comptant,
m archandise prise à quai ou m agasin
Marseille. — Article ferme.
Fibres d’Aloës. — Bourbon 1er c h o ix ....
55
Bourbon ordinaire..................... .
40 à 50
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava M adagascar..............................
80
De
Do
De
De

ESSEN C ES
le kilo.
Géranium Bourbonbien ten u e..........
21
Vétyver B ourbon.................................
26
Lemon-Grass (Verveine).....................
10
Ÿlang-Y lang.......................................... 300/400

V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar, Tète
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Entrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le kilo ........................................
Vanilles ordinaires sa in e s....................... ..
»
inférieures
» ..................... ..
»
T ahiti l ,e q u alité................... . . .

25/30
19 20
16/17
Il

CU IRS DE M AD AG ASC AR
les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s............... '.................... 118/120
Tamatave » » ................... .............. 105/106
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
l ' r choix. — Pinky n° 1 .............. 10.50 à 10.75
M adagascar lom biri.......................
9.25
9.50
Tam atave Guidroa l or choix..........
7.75
8 .—
Majunga 1er choix...........................
8.25
8 50
NosSi-Bè............................................
5.75
6.25
Diègo-Suarez 1" choix...................
9.75
10.—
T ullèar................................................
4. »
7.50
Tonkin rouges 1er c h o i x . , 10.50
10.75
»
n o i r s ................... , ...............
9.75
10.—
»
lanières___.......................... 11. »
»
plaq u es.................................
8.25
8.50
Nouméa, bon co u ran t..................... 10.— 10 50
Niggers Soudan rouges . . . . . . . . . . 10.50 10 75
Soudan-N iggers blancs ...............
9.50
9.70
Sénégal-Gam bie A .........................
8.35
8.50
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.
C IR E S D ’A B E IL L E S
M adag ascar.......................................
325
A lg é rie ...,.........................................
330 à 340»
Tonkin................................................
325 330 »
S én ég al...............................................
325 330 »
Ces prix s ’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable com ptant à tout entrepôt.

395

G IR O F LE S de Sainte-M arie (Madagas­
car/.......... ................................. les 100 k. 170 #
Escompte 2 o/o, payable comptant- à tout
entrepôt.
O R SE IL L E Madagascar
30 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat)C AFÉS
Guadeloupe bonifleur....... .. les 50 k,
Guadeloupe habitant......... .....................
N o u m é a ............... „.......... .............
Rourbon pointu.............................. .........
N ouvelles-H ébrides.......... .....................
Libéria de M adagascar...,.....................
Marchandises à l’entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et
L e

130 à 135
118 122
85 u n
120 130
95
85
85
75
Blanc.)

H a v re

CAOUTCHOUC M adagascar. —
Tamatave Pinky I .........................F. 8 » à 10 »
»
Pinky I I , ................... ..
7 »
8.50
M ajunga............................................
6 50
8 »
F arafan g an a.....................................
4,50
6.50
M ananzary........................................
6.75
9 »
Tonkin......................... ......................
6 »
11 »
Congo Haut-Oubanghi . . . . . . . . . . 11 40 11.80
N’Djolé..........................................
6. »
6.50
(Le tout au kilog, Le HaVre.)

TEXTILES. — Sisal A friq u e.. . .
Aloès Réunion....................
(Le tout . aux 100 kilogs, Le
Havre.)

70
42

BOIS acajou Gabon.........................

10 » à 14 »
7 »
8 »
15 » 30 »
15 » 30 »

»
»
Okoumé.....................
» ébène G abon.........................
»
# M adagascar................
(Le tout aux 100 kilos.)

C IRES M adagascar.................................

» à 73 »
» 45 »

le kilo.
3.30

les 100 k.
50 à 100
M adagascar............................ ,100 400
(Vaquin et Schweitzer.)

GOMME Copale A frique.......................
»

IB o r d e a u x
CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N ig g ers............................. 10.80 à 11.95
Soudan Niggers ro u g e s,____10.75
11 —
Soudan N iggers blancs............&gt; ..'
9.85
10.50
Lahou N iggers . . . . •........................ 10 » : 10.50
Gambie A ..............................
8 25 8 40
Gambie A M ................. 1...................
7 25
7.40
Gambie B . . . , .
......................
6.25
6.40
Bassam L um ps................
5.65
»
(R. Henry.)
RHUM S
Martinique ordinaire........................
45 »à 49 »
G uadeloupe........................................
44 » 45 »
R uénion.................................. . . . .
41 » 44 »

�L’EXPANSION COLONIALE

1
co
-*r

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ........................................
458 Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
428 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
500 —
87 Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r . ) . . . / .................................
80 —
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 ( g a r .) ..
80 —
90 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
94 —
450 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o, 1899-1905 ............;.
467 —
408 —
—
obi. 3 o/o 1902..........
480 E m prunt Algérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
446 —
1000 —
Dèp. Constantine, obi. 3 1/2 o/o
1 897..........................................
955 —
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
975 —
1895............................................
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
456 —
3 1/2 o/o 1898...........................
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
464
492 50 Col. de la M artinique.............
463
470 — A friqueO ecident.,3 o/o 1903-07,
451
obi. rem. 500 (g ar.)...............
642 50 Maroc 5.o/o 1904, rem. à 500..
526
B A N Q U E S C O LO N IALES
E T E T A B L IS S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cie Algérienne, act. de 500 t. p. 1044 —
500 — Créd. Fonc. et A gric. d ’A lg ..
498 —
—
—
—
lib.
510 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ....................... ■........... 1570 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.).....................
355 —
500 Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).............................................. 1100 —
500 Banque de la Martinique, 500
t. p . (n.) .................................
720 —
500 — Banque de la Bèunion, act. de
350 —
500 t. p. (n )................... • . . .
Divers Banque de l’Indo -Chine, act.
de 500 (125 p n o m .)............
1455 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
635 500 Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1200 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p . ...........................
70 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
171 5 o/o 420 ...................................
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
141
5 o/o 350.............................
C H EM IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T CO LO NIAU X
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
677 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
432 500 702 —
Est A lgérien, act. r. à 600___
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 434' 500 -L Ouest Algérien, act. r. à 600..
667 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 429 -- -- Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500................................
430 -

340 — M éeheria-Aïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
— -- Mouzbah-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
427 330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
424 500 - Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500 —
500 Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650................. 1180 —
417 — Chem, de fer garant, des colonies franç , obi 3 o/o r. à 500 390 Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o garantie par l’E ta t.....................
433 -

1

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES

CO
GO

396

V A L E U R S M IN IÈ R E S

_ _ Charb. du Tonkin, act. de 250
430 500 —
477 50
—
500 —
500 Divers
445 —
—

100 —
454 50
500 —

t- p ............................................
Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500...............................
Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ................................
A lgérie-Tunisie (O m ni), obi.
4 1/2 o/o rem. à 500...............
Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .....................................
Mokta el Hadid, act. 500 t. p.
—
act. 500 (400
P-» n . ) ......................................
Le Nickel, act. de 250 t. p .......
—
obi. 4 o/o rem. à 500.
Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .....................................
Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem , à 500.................................
Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p .......................
Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ...

1545 —
498 —
465 467 —
544 —
1674 —
1628
684
500
59

—

87 —
485 3950 3640 -

V A L E U R S CO LO NIALES F R A N Ç A ISE S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale..................(actions anciennes).
3200 Compagnie française de l’Afrique Occi­
2618 —
d e n tale ............... (actions nouvelles).
490 —
Cie M arseillaise de M adagascar ............
100 —
A iim a..............................................................
150 —
Alimaïenne....................................................
150 —
Congo occidental........................................
450 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
165 —
Haute S angha..............................................
550 —
H aut-O gôoué....................... .....................
518 —
La Kolto.......................................................
248 —
M essageries Fluviales du Congo...........
840 —
Sultanats du H aut-O ubangui..... .............
132 Compagnie minière de Guinée: act........
132 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
Compagnie de l’Ouest africain français,
604 —
a c t........................................... ....................
231 —
Société cotonnière de l’Indo-Chine ........
Le Président de l'Institut, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Im prim erie du “ S ém ap h o re” B a r l a t i e i î . — M arseille.
17-19, ru e V enture.

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D é p a rts

de M a rs e ille
[DATES DES D E P A R TS
D E M A B S E IL L E

A lg é r ie

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rifi'irimtnts d ’Alger, d’Oranet Voie de Marseille _
rr.
Mardi, Mercredi, Vendredi, lli(."’O11’ Trans
de Constantine
et d A lg e r...)
m a n c lie ............................ 11 h. m at.
»
d’Alger . . .
Voie deMarseille, T ransp. Mar. Mercredi et Samedi. 3 h. 20 soir.
))
J)
....................................
»
CioT o u ach e. J e u d i......................... 10 h. 30 m .
))
1)
d’O ran.................
3 h. 20soir.
O G,eTrans. Jeudi et Samedi
*
))
...............
»
T ransp. Mar. M ardi......................... 3 h. 20 soir.
»
))
Cie G1" Trans. M ardi......................... 10 h. 30 m
de C o n sta n tin e ..
»
))
»
M ardi......................... 3 h. 20 soir.
"
)&gt;
..
))
»
S am ed i..................... 10 h. 30 m .
#
)&gt;
»
Oic Touache. J e u d i....................... 10 h. 30 m.
»
CicG'e Trans. Lundi, Jeudi et Vendredi......... 10 h. 30 m.
T u n i s i e ................
»
C'1' Touache. M ercredi................... 11 h. m at.
))
9
S am ed i................... 10 h. 30 m.
yA
»
C'e des M. M. Un dim . su r déni à p. du il janr. 10 h. m at.
I n d o - C h in e .................
Voie de Brindisi , paq. Anglais. Vendredi a p . d. de Marseille . . 10 h. soir.
t
A f r iq u e O c c id e n t a le
Voie deBordeaux, O des Charg. Iléun. 24 de chaque mois. 6 h. 35 soir.
F r a n ç a is e
i

Voie de M arseille,T ransp. Mar, 10, MO el 30 de rliaipio m o i s . .
Voiedellnrdeaut àLisbonne, G'1" des M. M. Le Jeudi, 1.1. H j. à p. du-Ie r janv.
D jib o u ti, M adag ascar,^ Voie de.Marseille,
»
10 de chaque mois
R é u n io n e t M a u r ic e \
»
»
25
»
D jib o u ti, M a j u n g a . . . .
»
Ci" Havraise Vers le 2 0 de chaque mois.
Voie de M arseille, Cic des M. M. Un dim. su r quatre à p. d u t ? janv.
N o u v e lle - C a lé d o n ie J
Voie de Brindisi i
, . .
,
paq. Anglais, Chaque Vendredi .
e t N o u v e lle s - H é b r id e s )
ou Naples .. \ 1 1
°
Voie deMarseille, Cie des M. M. Un Mercredi sur 4 à p. du 13 janr.
Inde F r a n ç a i s e .........
Voie de B rindisi, paq. Anglais. Vendredi ap .-m id i.
Voie de St-Nazaire, Ci'G1" Trans. 9 de chaque m o is ..
G u a d e lo u p e
l
VoiedeBordeaux,
»
26
»
et M a r t in iq u e
j
Voie de C herbourg, paq. Anglais. L eH erer., 1 . 1 . 1 4 j. à p . du ü ja n r.
Aoie de St-Nazaire, D 'G 1' Trans. 9 de chaque m o is ..
G u y a n e F r a n ç a is e . . Voie d'Amsterdam, paq. N é c rl.. Vernir., 1 . 1 . 14 jours à p.du 8 janr.
Voie de C herbourg,paq. Anglais. Le Jlercr., 1.1.14 j. à p. du 6 janv.
S é n é g a l ...........................j

J

T a h it i

|

S t - P ie r r e - M iq u e lo n

)

A lg é r ie :
Lundi. Mercredi, Vendredi, S a m e d i.
lundi, Mardi, Jeudi, Sam edi. . . .
Lundi. Mercredi, Jeudi, Samedi.

M ercr., V end., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jo u rs.
( n d o - C h in e ................
| V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
N o u v e lle - C a lé d o n ie ..
Tous les 28 jo u rs.
Voie de B r in d is i.......... Chaque Samedi.

T u n i s i e ......................

1 h. soir
6 h. soir
m idi---5 h . soir
5 h . soir
m id i.. . .
5 h . soir
m id i__
midi ...
m id i.. . .
I h. soir
m id i__
II h. mat.

m idi.
11 h. mat..
11 h. mat..
11 h. mat..

10 h. soir. 11 h. 30 s.
10 h. m at. 11 h . m at.
10 h. soir, 11 h. 30 s.
l’a ia n t-re ille soir,
la veille au s o i r . .
P a r . - Teille malin,
l'avant-ieille soir,
la veille an s o i '. ,
l'a i.-re ille malin.

Voie Le Havre et C herbourg
par New-York

A rriv é e s
A lg er............. ...................
C onstantine par Philippeville et B ô n e............
O ra n .................................

10 h. 30 m.
6h.35 soir.
10 h. m at.
10 h. mat.
mat. onsoir
10 h. mat

j D E S BATEAU X

à

M a rs e ille
R é u n i o n , M adagas­
c a r et D jib o u t i. .

, Vers les 14 et 25 de
' chaque mois.

G u a d e lo u p e , M a r t in i­
que, G u y a n e :

Voie de Saint-Nazaire
Voie de Bordeaux. . . .
Voie d’A ngleterre . . .

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les tt juins.

A f r iq u e O c c id e n t a le :

Voie de Bordeaux . . . .
Voie de Liverpool........

Tous les 14 jo u rs.
Environ toutes les M semaines.

L ’E X P A N S I O N C O L O N I A L E e s t en le c t u r e s u r le s p a q u e b o ts -p o s te .

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En rel.a ions directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
i Correspondants sur les principales Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l’Orient et de-l’Extrême-Orient,
La S O C IÉ T É G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° Son s ervice é tra n g e r qui achète et vend des monnaies ou billets de tous pays;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2" S es s ervices de Banque qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de fonds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
îl" S es s ervices de T itr e s et Coupons qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
4° Son s erv ic e spécial des C o ffre s -F o rts lui permettant de mettre à la
disposition de sa elienlète, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
5° Son service c o m m e rc ia l traitant toutes opérations sur marchandises,
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B A R L A T IE R -

M A R S E IL L E

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES S T A T U T S

A r t . 2.

Cette association a p our but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économique qui lui p a ­
ra îtr a it de n a tu re à favoriser les in térêts que
mettent, en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d ro it ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres do n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et d ona­
teu rs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con-

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, son
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n atu re
à seconder l’œuvre coloniale de l’Institu t.
A r t . i.

Toute personne qui voudra faire p a rtie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute démission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p en d an t
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er •
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre do n ateu r il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

S e rv ic e s de l’Institut :

H istoire et G éographie Coloniales.

licz-dc-Chansséc : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux. Ier étage : Musée Colonial.
3me étage : S e c ré ta riat général et B ureaux de
l’In stitu t. B ureau de Renseignem ents.
Rédaction de 1’ « E xpansion Coloniale ».

Législation et Economie Coloniales.

M. P . M asson .
M. II. B abled .

Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud.
C ultures coloniales. - Ja rd in colonial.
M. V. D avin .

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux. les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».

Cours colon iau x •

D irecteur : M. le Dr H eckel .
P ro d u its v ég é ta u x co loniaux.
M. IL J um elle .
P ro d u its anim aux et parasitologie des plantes
et des anim aux.
M. Jacob DE CORDEMOY.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .

In stitu tion s c o n n e x e s :

2me étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’A lliance F rançaise.
3™ étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de « l'Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Yt ier . Vice-Président : Jacques L éotard , Secrétaire ; Paul Masson , Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. E. Moriceau, Secrétaire général de l’Institut.—
M. Auguste C.mv, ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

M a r .- e ill è .

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Août 19011

cen tim es

L'EXPANSION COLONIALE
B

U

L L E

T I N

ID E

L’INSTITDT COLONIAL MARSEILLAIS
P A R A IS S A N T

L E

1 er

D E

C H A Q U E

M O IS

S O M M A IR E
pag e

La Question du Caoutchouc dans les colonies
françaises, par M. H. Jumelle .......................
Institut colonial marseillais :
Inauguration de l’Exposition des Caout­
choucs et Guttas......................................
Extraits des procès-verbaux........................
Visite à l’Institut C o lo n ia l.........................
Bureau de Renseignements i ..............* . .
Extraits de la C orresp on d an ce.................

ABONNEMENT

:

Rue

F

r a n c e

e t

N oa i l les ,

Conférence de M. L. L a u r e n t.....................
N écrologie.......................................................

397

Quelques productions minérales intéressantes de
l'Algérie, par M. L. L a u r e n t ..........................
Le Régime douanier colonial ...............................
Congrès et T o u r is m e . ..........................................
Marché des valeurs coloniales ..................................
Services postaux Marseille-Colonies.

402
403
404
404
405

C

o l o n ie s

5

—

,

6

f r a n c s

Téléphone

M ARSEILLE

;

É

t r a n g e r

36-90

,

8

f r a n c s

.

407
407

407
409
411

412

:

�IN S T IT U T

C O L O N IA L,

M A R S E IL L A IS

Fondé sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
Présidents d’honneur :
MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Maire de Marseille.
Le Gouverneur général de l'Afrique Occidentale
Le P résident du Conseil général.
Française.
Le Recteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Le Gouverneur général de Madagascar,
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
l.e Résident général de la République Française
Féraud, Augustin, Président honoraire de la
à Tunis.
Chambre de Commerce.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.
d’armée.
MM.

Membres fondateurs :
Desbief, Paul, Président de la Chambre de Com
merce. — Dufay, Henri, ancien Vice-Président de
A rmand , Albert, Membre de la Chambre de Com­
la Chambre de Commerce. — Dufay , Gigandet
merce. — Bergassè. H. et C". — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles- et C". — Gavoty , Charles. — Heckel, Edouard (D),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Roux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — So­
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de Saintmins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
Louis. — Société Générale des Transports Mari­
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — com­ times à vapeur. — Société Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­ Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.
nais . — Compagnif des Messageries Maritimes, -r
MM.

M e m b re s

MM.
J.-B. et A. A rtaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger, C. — Chabrières , Morel et C". — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraissinet &amp; C"). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien Fabp.f. &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils — Estrine , Lucien;
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem-

bre de la Chambre de Commerce. — Mailh at , H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon , Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. P avin de L afarge. — Ra s tit , Henri. —
R occa, T âssy et De Roux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — Rodrigues-Ely , Amédée. — Société « la
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — V eltf.n , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropui .o et
Za r if i .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :
Président honoraire fondateur : M. Desbief, Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.
M. Estrine , Lucien, Président de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
Président : M. A rtaud , Adrien, Membre-Secrétaire
Sémaphore ; F ouqije, Adolphe, Président hono­
de la Chambre de Commerce.
raire du Syndicat d’initiative de Provence.
Vice-Présidents : MM. le D' Heckel , DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président
Trèsprier
: M. A llemand , I,, Membre de la Cham­
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
bre de Commerce.
Chef du Service Colonial : le C” A rmand ,
Trésorier-Adjoint : M. L aplane , J., DirecteurAlbert, premier Vice-Président de la Chambré
Adjoint du Comptoir National d’Escompte de
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
Paris à Marseille.
lais de la Marine Marchande ; Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admir
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Membres :
MM.
MM.
A llest , J. (D’). Administrateur-Délégué de la Com­
Martin -Laval , F., Vice-Président du Syndicat des
pagnie Générale Transatlantique.
Exportateurs.
A rnaud . Lucien, Minotier.
Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­
Bergasse, Alexandre, Négociant.
titut colonial.
R a stit , Henri. Industriel.
Besson, L., Directeur de la Compagnie Marseil­
R astoin , Président de la Société pour la Défense
laise de Madagascar.
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
Blanc, E.. Directeur de l’Exploitation de la Com­
R odrigijes-Ely , Amédée, Ancien Membre de la
pagnie des Messageries Maritimes.
Bourbillon, A., Armateur.
Chambre de Commerce.
Bny, G.. Doven de la Faculté de Droit d’Aix.
Roux. François (De), Ju^e au Tribunal de Com­
merce.
Dufay , H., Ancien Vice-Président de ia Ch-de ComDufour, Antonin, Négoc., Juge nu Trib. de Comm.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Estter, Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
Usslaub, Léonce, Négociant.
V elten , Edouard, Ancien Membre de la Cham­
ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
bre de Commerce.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commercé.
Y tier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Jacquemet, Louis, Président du Syndicat des
Exportateurs.
Négociants en cafés.
Za r if i , Périclès, Ranimer.
Joannon, A., Avocat, Président de l’Association
L évy , Clément, f Adjoint au Maire de Marseille.
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­ Delibes , J., Délégué du Conseil Municipal.
merce.
Rossi, Clément. Délégué du Conseil Municin.il.
Jourdan. Félix. Juge au Tribunal de Commerce.
Maurel , Agricol, Délégué du Conseil Général.
K ahn , Membre de la Chambre de Commerce.
T alon, Bug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
L éotard, Jacques. Secrétaire général de la So­
ciété de Géovranhie.'
Secrétaire général : E. Moriceau, Administrateur
L ombard. Emile, Vice-Président de la Ch de Com
en chef des Colonies en retraite.

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

AVIS
L ’IN S T IT U T C O LO N IA L M A R S E IL L A IS ,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3me étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’IN S T IT U T C O LO N IAL M A R S E IL L A IS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

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f r a n ç a is e s p o u r l’E x p o r t a t io n , g a r a n t ie e x e m p te
d ’a n tis e p tiq u e s , d 'u n e c o n s e r v a tio n e t d ’u n e lim ­
p id ité p a r f a it e s . F a b r iq u é e S A N S A D D I T I O N
D’A L C O O L a v e c d e s e a u x s t é r ilis é e s p a r l'o zo n e ,
e lle

r é s is te

à

to u s

le s

c lim a t s . T r è s r e c o m ­

m a n d é e d a n s le s p a y s c h a u d s , e lle e s t to n iq u e ,
r a f r a îc h is s a n t e e t f o r t i f i a n t e .

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d’articles Exotiques et Coloniaux.
Artaud, frères (J.-B et AJ, rue Plumier-Prolongée,
Produits d’Alimentation, Vins, Spiritueux, etc.
Augusto cadet, 15, rue du Terras, Chaussures.
Banque de l'Afrique Occidentale, 78, rue de
Provence, (Paris), Banque Coloniale.
Baron, F. et Ch., 386, Boulevard National, Huiles
Minérales.
Beltjens et Guenebaud,8i, rue Orignan, Miroiterie.
Biélron, E., 9, rue de l’Arc, Fromages, Beurres,
Salaisons.
Bigourdan, frères, Luchon (Haute-Garonne) Cons.
Alimentaires.
Boissonnas et Détaillé, 21, rue Noailles, Photo­
graphies.
Bouchard, fils aîné, 19, rue S'-Séipulcre, Conserves.
Carret, J. et ses fils, 6, Quai de la Tourette, Pâtes
Alimentaires.
Cartonneie St-Charles, 9, rue Guérin, Boîtes et
Articles divers.
Cauvet, Lambert et Cic, 20, rue de la Conception,
Capsules métalliques et Etains en feuilles.
Cassoute, P., 16, rue Friedland, Dattes, Alimen­
tation.
Chazy, Mulzant et 0 e (Vilkefranche-sur-Saône),
Pansements et Cotons.
Carnaud, J., 30, rue de Village, Boîtes métalliques.
Coda, J., 4, rue d’Arcole, Meubles de Style.
Cle Française de l'Afrique Occidentale, 46, rue
Breteuil, Commerce Colonial.
Ci0 Générale des Pétroles, 2, rue Fongate, Huile de
Pétrole et Dérivés.
Cle du Gaz et de l'Electricité, rue Montgrand.
C‘” des Messageries Maritimes, Place Sadi-Carnot,
Compagnie de Navigation.
Cie N. Paquet et Cle, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
gnie de Navigation.
C10 de Produits Fixator, rue de Mondovi (Paris),
Lait, Chocolat.
De Queylar et fils, 18, rue des Princes, Verreries.
Ecole de Provence, 15, rue des Princes, Ensei­
gnement.
Empereur, A., 4, rue des Récolettes, Quincaillerie
générale.
Eugster, A., rue Nicolas, 24, Perles, produits divers
pour l'exportation.
Estrangin, 42, rue Montgrand, Eau de Pioule.
Estrine et Cie, 18, rue Colbert, Compagnie de
Navigation Péninsulaire et Orientale.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, Peinture.
Fichet, 19, Allées de Meilhan, Coffres-forts.
Fougeret, A., 25, rue de la Palud, Entreprise de
nettoyage.
Fou que, A., 1, Allées de Meilhan, Tuileries,
Etablissements P. Sacoman.
Get, frères, Revel (Haute-Garonne), Pippermint
Get.
Got et David, 3 et 5, Quai de la Fraternité,
Restaurant Basso.
Gros, E., 196, rue Paradis, Minoterie.
Guiraud et C10, 7, Quai du Canal, Imprimerie.
Heudebert, Ch., 85, Boulevard Saint Germain
(Nanterre), Produits Alimentaires de Régime.

Honnoral, L., 30, rue du Baignoir, Verrerie.
Karsenty fils et Cie, 137, rue de Rome, Tabacs.
Laffite^ ]. N., 22, rue Cannebière, Chaussures.Latrille, J., fils, Bordeaux, Vins de Bordeaux.
Lejeune frères (Vinh, Annam), chez MM. Dufay,
31, rue Saint Jacques, Produits d’Indo-Chine,
Caoutchouc, etc.
Lombard., E., 12, rue Breteuil. Produits Chimiques.
Magnan frères, 19, rue Paradis, Cocose.
Mallet, J., Boulevard d’Aceès, Matériel d’Entrepreneur.
Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Saka.kini.
Massai (veuve), 50, rue de Rome, Graines et
Semences.
Monnler, M., 36, rue de Rome, Corsets.
Montel et Cle, 94, Avenue du Prado, Modèles de
Voitures ou Auto.
Mossé, A., 2, rue Cannebière, Optique.
M ourlés frères, 15, rue Breteuil, Lièges et Caout­
choucs.
Mutuelle de France et des Colonies, 1, rue Stella,
(Lyon).
Nel, Fortuné, 27, rue de la Darse, Appareils
sanitaires.
Nugue, M., 14, rue d’Italie, Glaces et verres.
Pascal et Baldy, 21, rue Grignan, Casques
insolaires &amp; chapellerie.
Pasero, H. et C10, 13, Avenue de Ta Capelette,
Graisses, Huiles et Saindoux.
Pellegrin, Sablette-les-Bains, Casino et Hôtel.
Pellen, J.-B., 1, Place aAix, Quincaillerie
Pilt, F., 56, rue Saint-Ferréol, Fourrures.
Pons, J.-B. et Cle, 2, rue Jemmapes, Appareils
Sanitaires.
Radius, G., 26, Place Vendôme (Paris), Essence
de Romarin, Produits Agricoles.
Raslit, H., 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
des Corps Gras, etc.
Rocca, Tassy et de Roux, 26, rue Montgrand,
Graines Oléagineuses et Dérivés.
Râdel et fils frères, rue du Jardin Public,
(Bordeaux), Conserves Alimentaires.
Rouquette, L., 20, rue de la Darse, Biscuits pour
la Marine.
Rousseau, J. M., 83, rue de la Darse, Broderie et
Lingerie confectionnées, de Madère.
Société Anonyme des Chaux et Ciments RomainBoyer, 5, rue Cannebière.
Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue
de la République, Compagnie de Navigation.
Société Générale des Peintures Sous Mannes,
2, rue Corneille.
Société Nouvelle des Raffineries Saint-Louis, 3, rue
République, Sucre.
Syndical de Garantie des Industriels Français,
(Girard, 167, rue de Rome), Assurances, Acci­
dents.
Spanjaard, A., 7, Place Saint-Ferréol, Linoléum,
Toiles Cirées, etc.
Serène et 'Ci0, 45, rue Saint-Bazile, Liqueurs et
Spiritueux.
Silvan, aîné, 30, Boulevard de la Paix, Courroies,
Cuirs.
VinatiP, 102, rue d'Ualie* Boîtes métalliques.
Virgitti, 14, rue Paradis, Vins de Champagne.
Ytier. L. et 0 e, 27, rue Pavillon, Assurances
Maritimes.

�Troisième Année.

N° 21

1er Août 1909.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
LA QUESTION DU CAOUTCHOUC
Dans les Colonies françaises
Résumé de la Conférence faite par M. H. Jumelle
le Ia juillet 1909, à la séance d'inauguration
de l'Exposition des caoutchoucs et ç/uttas des
colonies françaises, organisée par l'Institut
colonial marseillais.
Nos connaissances un peu précises sur les ori­
gines botaniques des caoutchoucs des colonies
françaises ne datent pas, en somme, de plus de
quinze ans. Avant ces quinze dernières années,
nos renseignements étaient très vagues, et la
plupart de ceux que nous croyions posséder
étaient erronés.
Pour la côte occidentale d’Afrique, on admet­
tait, que c’étaient diverses espèces de lianes du
genre Landolphia, telles que le Landolphia
senegalensis, le Landolphia florida, le Landol­
phia Heudelotii, le Landolphia owariensis, etc.,
qui étaient exploitées par les noirs au Sénégal,
au Soudan, en Guinée française, à la Côte
d’ivoire ; et ç’auraient été quelques-unes, au
moins, de ces espèces, en même temps que d’au­
tres, complètement indéterminées, qu’on au­
rait retrouvées au Congo français.
On sait aujourd’hui que, en réalité, au Séné­
gal, dans le Haut-Sénégal et Niger et en Guinée
française, un seul Landolphia est caoutchoutifère : c’est le Landolphia Heudelotii, qui est le
tool du Sénégal et le gohine du Soudan. Le
Landolphia senegalensis et le Landolphia flo­
rida sont sans aucun intérêt pratique : ils ne
donnent que des produits non élastiques, dépour­
vus de toute valeur.
Lorsque, descendant sur la côte, on atteint le
10e degré environ de latitude, le Landolphia
Heudelotii devient très rare ; il est remplacé
par deux autres plantes productrices, dont l ’une
est encore une liane, mais l’autre est un arbre.
La liane est le Landolphia owariensis ; l’ar­
bre est le Funtumia elastica.
A la Côte d’ivoire, les caoutchoucs sont, par
suite, des caoutchoucs de ce Landolphia oiuariensisipu du Funtumia elastica.
Nous retrouvons les deux mêmes espèces au
Congo français, mais de nouveaux Landolphia,
en outre, apparaissent : le Landolphia Iilainei,
qui est une liane de forêt, et le Landolphia Thollonii, qui est une herbe rliizomateuse des Sava­
nes. Dans la région de Brazzaville, ce Landol­
phia Thotlonii donne le caoutchouc dit « caout­
chouc des herbes » ou « caoutchouc des racines.»
Dans les autres régions du Congo français,
les deux autres Landolphia et le Funtumia elas­
tica ne sont pas, du reste, mélangés. Le Landol­
phia Klainei, à fruits volumineux, croit Sur­
tout dans la zone forestière du Gabon et du

sud-ouest du Moyen-Congo ; le Funtumia elas­
tica est principalement l’essence, également sylvicole, du nord du Moyen-Congo. Au-delà, dans
l’Oubangui-Chari, en zones guinéenne et soudanienne, c’est essentiellement le Landolphia
owariensis.
Du continent africain, passons maintenant à
Madagascar.
Il y a quinze ans, on croyait que dans l'iie
qui est devenue notre belle colonie de l'Océan
Indien, tous les caoutchoucs provenaient d’une
seule liane, le Landolphia madagascariensis.
Il est à peu près établi aujourd’hui que le
Landolphia madagascariensis serait, au con­
traire, une des rares espèces du genre qui, dans
l’île, ne donneraient pas de caoutchouc. Les
caoutchoucs rouges ou rosés de l’ouest et de
l’est seraient bien fournis par les Landolphia,
mais qui sont principalement : dans le Ménabé,
l’Ambongo et le Boina, le Landolphia Perrieri
(rehea, voahaina, piraiahy) et le Landolphia
spherocarpa (ariabo et reiabo) ; dans l ’Analalava, le Landolphia crassipes, le Landolphia
Fingimcna, le Landolphia Perrieri var. ambatensis ; et sur la côte 'orientale, le Landolidiia
hispidula, le Landolphia Mandi ïanambo et le.
Landolphia Dubardi.
Les caoutchoucs noirs malgaches seraient sur­
tout donnés par des arbres du genre Mascarenhasia. Le Mascarcnhasia arborescens est, avec
1e rMascarenhasia lisianthiflora, le guidroa de
l’Ambongo et du Boina ; et c’est encore, avec
le Mascarenhasia lanceolata et le Mascarenha■
sia angustifolia, le b.arabania de l’Analalava.
Dans l’est, on exploite diverses autres espèces,
telles que le Mascarcnhasia speciosa. Dans le
sud-ouest, le terme de Guidroa s’appliquerait
au Mascarenhasia lisianthiflora et à d’autres
représentants du genre.
Le caoutchouc de lombiro, qui fut très de­
mandé, il y a trois ans, à Hambourg, est récolté
dans tout l'ouest de Madagascar ; mais, de Diégo-Suaroz à Tuléar, l'espèce productrice est le
Cnjplostegia madagascariensis, alors que, de
Tuléar à Tsivory, c’est, le Cruptosteg.ia grandifiora. Dans le sud-ouest, le caoutchouc blanc
est donné par une euphorbe aujourd’hui bien
connue, VËuphorbia Intisy.
Sçnt encore des plantes à caoutchouc, dans
notre grande île, le Mar sdénia verrucosa, ou
bokabé,YEuphorbia Pirahazo, le Secamonopsis
madagascariensis,ou vahimainty ou angolora,
le Gonocrypta Grevei, ou Kompitso, le Plectaneia elastica, ou piravaovao ou vahyvanda, le
Pentopelia elastica, etc.
Plus nos connaissances s’étendent, et plus
s’accentue, on le voit, l’étonnante diversité des
espèces caoutchoutifères de notre colonie de
l’Océan Indien.
Même fait se produit pour lTndo-Chine.
Il y a dix ans, nos possessions d’ExtrêmeOrient n’exportaient pas de caoutchouc ; et la
seule liane, qu’on citait comme susceptible de

�398

L ’EXPANSION COLONIALE

fournir, cette substance était le Parameria glandulifera.
Il reste exact que ce Parameria est caoutchoutifère, mais ceci importe, à l ’heure actuelle,
assez peu, puisque fa rareté de la plante et son
faible rendement n’en permettent guère l’exploi­
tation. En fait, le Parameria est spécial g la
Coehinchine et au Cambodge, deux régions qui
précisément n’exportent pas le caoutchouc. Et
en Annarn, au Laos, au Tonkin, qui sont les
seuls pays producteurs, les espèces qu’on ex­
ploite, et dont la découverte est toute récente,
sont tout autres : ce sont le Xylinabaria Reynaudi, le Parabarium Tournieri, le Micrechites
napeensis, sans oublier cet arbre dernièrement
signalé au Tonkin, et dont l ’intérêt paraît très
grand, le Bleekrodea tonltinensis.
Nos deux dernières colonies à caoutchouc sont,
ou plutôt, pourraient être la Guyane et la Nou­
velle-Calédonie.
Nous passerons sous silence la Guyane...
En Nouvelle-Calédonie, les exportations de
1906 ont été de 36.000 kilog. de la substance qui
nous intéresse ici. Ces exportations vraisembla­
blement, dans la suite, diminueront plutôt
qu'elles n’augmenteront, étant donné les gens
qui se livrent, d’ordinaire, à la récolte, et leurs
modes de récolté. Cette diminution est d’autant
plus à prévoir que 1a. seule espèce à caoutchouc
de l’île, que l’on fait disparaître un peu plus
tous les jours, est à croissance lente et à ren­
dement tardif : les arbres abattus ou tués ne
seront donc pas rapidement remplacés. Ces ar­
bres ne sont pas d’ailleurs, comme on le croyait
encore en 1903, des Ficus prôlixa ; ce sont des
Ficus ,SchlecKteri.
Voilà donc comparativement le passé — un
passé récent — et le présent, en ce qui concerne
nos connaissances botaniques sur les plantes à
caoutchouc de nos colonies.
Et c’est, grâce à ces données nouvelles — prou­
vant que nous savons bien aujourd’hui quels
arbres ou quelles lianes sont ces plantes — que
nous pouvons depuis quelque temps entrevoir,
pour l’avenir, une exploitation de plus en plus
rationnelle des caoutchoutiers:
Il ne peut, en effet, y avoir de précision sur
la valeur d’une sorte déterminée de caoutchouc,
sur ses procédés convenables d’obtention et sur
l ’importance que cette sorte peut avoir dans
les exportations, qu’à une condition : c’est que
la plante qui la fournit soit connue autrement
que sous un simple terme indigène, car ces
dénominations s’appliquent bien souvent à
plusieurs espèces dans une même région et in­
versement varient d’une région à l ’autre pour
une même espèce.
Ce n’est que lorsque les noms scientifiques
ont été établis qu’on est en état de tracer la
répartition et d’indiquer l ’extension plus’ ou
moins grande de chaque espèce et, par consé­
quent, de dire exactement où il est possible de
se procurer les caoutchoucs qui, chacun avec
ses propriétés spéciales, correspondent à au­
tant d’espèces différentes.
Le terme de lombiro, par exemple, ne laisse
pas soupçonner que le caoutchouc ainsi désigné,
dans le sud-ouest, peut n’être pas iden­
tique à celui qui porte le même nom
dans le nord-ouest. On n’a cette indication que
lorsqu’on sait que le lombiro du nord-ouest est
le Cryptostegia madayascaricnsis, et celui du
sud-ouest le Cryptostegia grandiflora. En appre­

nant, d’autre part, que le lombiro du sud-ouest
est ce Cryptostegia grandiflora, on est tout de
suite, par là même, muni d’un certain nombre
de renseignements sur le végétal et sur son pro­
duit, puisque l ’un et l ’autre sont déjà connus et
ont déjà été étudiés dans l’Inde anglaise.
Les déterminations botaniques ont ainsi un
intérêt non-seulement théorique, mais pratique,
trop souvent injustement méconnu.
Est-ce que pourtant, hélas, les efforts faits
dans ce sens depuis quinze ans risqueraient de
devenir inutiles, au moins pratiquement, au
moment même où ils viennent d’aboutir ? Telle
est 1a, question qui se pose à l ’heure présente, et
à laquelle nous serions bien forcés de répondre
affirmativement si, au moment précis où toutes
ces plantes à caoutchouc de nos colonies sont
déterminées, et où, dès lors, leur exploitation
peut devenir plus méthodique, la plupart ces• saient d’être exploitées.
On sait ce qui justifie cette inquiétude et à
quelle éventualité possible nous faisons allusion.
Après une période inévitable de tâtonnements,
où quelques échecs avaient pu faire douter tout
d’aborcl du succès final de l ’entreprise, les plan­
teurs de Ceylan et de la péninsule malaise ont
réussi à acclimater en Asie méridionale
VJîcvea du Brésil. Et, en 1903, Ceylan expor­
tait, pour la première fois, sur les marchés
anglais 19.000 kilos de «caoutchouc de P a r a »
provenant de plantations. Puis ces exporta­
tions étaient de 148.000 kilos en 1906 et de 252.000
kilos en 1Q07.
En cette même année 1907, les Etats fédérés
malais, qui n’exportaient pas encore de caout­
chouc en 1903, en expédiaient 1.017.000 kilos.
Nous répéterons le calcul déjà fait ailleurs.
Les exportations 1907 de Ceylan correspon­
dent aux plantations de 1901, puisque c’est au
bout de six ans qu’un caoutchoutier de Para
commence à rapporter. Dans six ans, en 1913,
les exportations de l’île correspondront donc
aux plantations de 1907. Or, ces plantations
étant vingt fois plus étendues que celles de 1901,
les exportations de 1913 devront, mathématique­
ment, être elles-mêmes vingt foismlus fortes au
moins que celles de 1907, c’est-à-dire s’élever à
5 millions de kilos environ.
En péninsule malaise, d’autre part, les plan­
tations de 1907 sont vingt fois à peu près plus
étendues que celles de 1902 ; les exportations de
1913 devront, dès lors, être dix-sept fois plus
importantes que celles de 1907, et représenter,
par conséquent, approximativement 20 millions
de kilos.
Et les surfaces de culture s’accroissent tou­
jours !
En continuant les calculs précédents, on en est
arrivé à conclure que, en 1920, ce seraient 65
millions de kilos de caoutchouc que produi­
raient des pays qui, il y a cinq ans, ne figu­
raient pas sur la liste des contrées caoutchoutières.
Est-il besoin de dire que le Brésil, pays d’ori­
gine des Hevea, ne désarme pas, dans cette
lutte qui s’engage entre le caoutchouc de plan­
tation et le caoutchouc de cueillette ? Or l'Am a­
zonie exporte actuellement 39 millions de kilos
environ de ce caoutchouc de cueillette, alors
qu’elle n’ en exportait que 30 millions en 1903,
34 millions en 1905.
En 1920 — et encore en admettant qu’il y ait
arrêt dans cette marche ascendante des exporI

�L ’EXPANSION COLONIALE
tâtions brésiliennes — l’Amazonie, Çeylan et la
Malaisie fourniraient ainsi annuellement aux
marchés d’Europe et des Etats-Unis 104 millions
de kilos de gomme élastique.
Et la consommation actuelle totale de cette
matière première n’est que de 70 millions de
kilos !
Il n’est pas à prévoir que, en 1920, elle soit
supérieure à 100 millions.
Que doivent devenir, dans ces conditions, les
caoutchoucs de cueillette de nos colonies de
l’Ouest-Africain, de Madagascar et de l ’IndoCliine ?
On peut être aujourd’hui d’autant plus em­
barrassé pour le dire que nous pouvons redou­
ter d’être vaincus par la qualité en même
temps que par la quantité.
Car c ’est encore là une conséquence inévita­
ble de l’apparition du caoutchouc de plantation.
Préparé en pleins centres civilisés, par des Eu­
ropéens, dans des usines à proximité des cul­
tures, et avec toutes les méthodes antiseptiques
désirables, le produit doit évidemment sur­
passer, par l’aspect et la valeur réelle, les
boules obtenues en forêt, pa.r des récolteurs
demi-sauvages. Et si cette remarque s’applique
déjà à la borracha des seringueiros de l’Ama­
zonie qui cependant opèrent suivant certaines '
traditions, constituant déjà une première ga­
rantie, combien est-elle plus de mise encore
pour les caoutchoucs qu’apportent à nos comp­
toirs les noirs d’Afrique, ou les indigènes de.
Madagascar ou d’Indo-Chine !
Est-ce donc à dire qu’il faille désespérer et
que nos caoutchoucs tôt ou tard disparaîtront
des marchés ?
Si nous le pensions, nous l ’avouerions, n’é­
tant pas de ceux qui sont d’avis qu’on doit
cacher le mal, jocur ne pas effrayer. Ce n’est
pas en niant un péril qu’on l ’écarte ; bien au
contraire.
Sans doute, il y a pour l’avenir un peu d’in­
certitude ; mais la réalité, selon nous, c’est que
lorsque nous disions plus haut qu’il n’y aurait
peut-être plus, dans quelques années, d’intérêt
pratique à connaître toutes les plantes à caout­
chouc de nos colonies, exception doit être faite
pour certaines.
L ’intérêt deviendrait purement théorique
pour les espèces qu’on pourrait dire de second
rang', soit par la valeur médiocre de leur caout­
chouc, soit par leur faible rendement, soit par
leur plus ou moins grande rareté. Mais nous
devons être, par contre, d’autant plus heureux
de bien connaître botaniquement les espèces à
rendement plus élevé et à très bon produit
qu’il nous faut, sans retard, les cultiver.
N ’est-ce pas là, en effet, le seul remède pro­
pre à conjurer le péril actuel ? Aux cultures qui
nous menacent, il faut répondre par des cultu­
res. Avec quelles espèces toutefois établir ces
plantations ? Ici renaît, pour le moment, l ’em­
barras. Si YHcvea ' était d’ acclimatation plus
facile, aucùne hésitation ne serait évidem­
ment possible ; par son rendement, par la
valeur de son produit, le caoutchoutier de Para
devrait être préféré à tous les autres. Mais il
reste bien à craindre que ce ne soit que par un
heureux hasard exceptionnel que l’arbre de
l’Amazonie ait réussi dans la péninsule malaise
et à Ceylan ; et ce ne serait, en tout cas, qu’en
quelques régions de la Cocliinchine, du Cam­
bodge et de l’Annam que nous pourrions espé­

399

rer des résultats analogues. Souhaitons que les
plantations déjà tentées dans l’oüest de la
Cocliinchine, ainsi que dans l’île de Phu-Quoc,
et aussi dans la province de Khan-Iïoa, en
Annam, deviennent prospères. Mais comme ce
n’est pas, en tout cas, ce succès qui consolerait
de la perte d’une de leurs principales ressources
végétales nos possessions de l’Ouest-AfriCain
et Madagascar, c’est pour ces autres colonies
qu’il importe de continuer à porter notre atten­
tion sur les espèces indigènes.
Nous nous empressons, au surplus, de dire
que. c’est ce qui a déjà été fait ; nous regrettons
seulement d’être obligé de remarquer aussi
qu’il n’a pas toujours été procédé, en la circons­
tance, avec toute la méthode désirable, c’està-dire en s’enquérant au préalable, autant qu’il
eût été nécessaire, soit des conditions de végé­
tation des plantes qu’on a songé à cultiver, soit
des qualités exactes de leurs produits.
Madagascar, d’une part, et le Congo'français
de l’autre, nous fournissent deux exemples
typiques à cet égard.
Pour Madagascar, c’est de la plus fraîche
actualité, puisque c’est dans le dernier Bulletin
de l’Institut colonial marseillais qu’on signa­
lait le découragement que manifestent à DiégoSuarez les planteurs de lombiro.
Alléchés par le prix que, ainsi que ■ nous
l’ avons dit déjà, a atteint, il y a trois ou quatre
ans, à Hambourg le caoutchouc de ce lombiro,
les colons, dans le nord de Madagascar, se sont
adonnés à la culture du Cryptostegia madagascariensis. Et voilà que aujourd’hui le même
caoutchouc ne trouve plus acheteur !
Il semblerait bien pourtant que les prix de
jadis justifiaient l’engouement de nos colons.
Nous sommes à notre aise pour le contester,
car c’est on 1903 que, dans notre volume sur
Les Plantes A caoutchouc et à gutta, nous écri­
vions : «L e caoutchouc du Cryptostegia madag.ascariensis est, en définitive, inférieur aux
caoutchoucs de Landolphia et même de Mascarenhasia de la même région. »
&gt;
Assurément, après nous être ainsi exprimé,
nous pouvions être surpris des prix auxquels
la sorte était vendue peu après en Allemagne.
Nous l’expliquions en pensant-' q-u’elle était
recherchée par certaines industries spéciales,
telles que celle de l’ébonite.
Or cette explication pourrait-elle être un en­
couragement pour la culture de la plante ? In­
contestablement non, car lorsqu’un produit,
qui, somme toute, n’est pas spécial et n'est
qu’une sorte à côté de beaucoup d’autres, n’est
demandé que par une seule industrie, il est
toujours à craindre que, brusquement, ce pro­
duit soit remplacé par un autre plus ou moins
voisin ; et voilà une culture qui n’a plus de
débouché. C’est vraisemblablement ce qui se
produit pour le lombiro.
Puis les planteurs auraient bien dû songer
aussi au faible rendement de la plante, qui ne
donne pas plus d’une centaine de grammes de
caoutchouc par an. Et encore ne les donne-t-elle
que dans certaines conditions que, d’après les
observations, sur place, de M. Perrier de la
Bathie, nous précisions ainsi, dans la Notice
que nous publiions à l’occasion de l’Exposition
coloniale de Marseille : « A l’inverse des Lavdolpliia, le Cryptostegia ne donne de bon caout­
chouc que dans ses parties inférieures ; il n’est,
par suite, exploitable que sous sa forme liane.

�400

L ’EXPANSION

Les seuls endroits qui lui conviennent sont donc
les forêts humides ; et ce n’est que là qu’il fau­
drait entreprendre des plantations. En terrain
découvert, où les Landolphia prennent la forme
de buisson, il ne faut pas songer à la culture du
lombiro. »
Et, en développant cette même idée, en sep­
tembre dernier., à Londres, dans, une confé­
rence sur les plantes à caoutchouc de Mada­
gascar, nous ajoutions : « A n ’envisager que
les diverses entreprises de culture que, en ces
dernières années, on a faites du lombiro à
Madagascar, il est tout naturel de penser que,
pour qu’on se soit mis ainsi à cultiver le Cryptostcçiia, c’est qu’il s’agit d’une plante vérita­
blement intéressante.
Ce n’est pas cela exactement.
La vérité est qu’on a cultivé le lombiro de
préférence à d’autres lianes, simplement pour
ce motif... que cette culture est très facile.
Le lombiro se reproduit par boutures beau­
coup plus aisément que les Landolphia et les
Marcarenhasia. Et c’est cette facilité qui, étant
donné d’autre part les demandes qui ont eu
lieu d’Allemagne, a provoqué l ’enthousiasme
des planteurs. Ces planteurs ne se sont pas, en
même temps, demandé suffisamment si cette
culture, facile serait rémunératrice dans la
suite. .Ils se sont tournés vers la plante avec
laquelle ils obtenaient, au moment de la plan­
tation, les meilleurs résultats, sans penser aux
autres ' résultats qui sont pourtant, les plus im­
portants, -ceux qui concernent la récolte.
Il y aura probablement, le jour venu de cette
récolte, des désillusions ; il est urgent de pré­
venir le plus tôt possible les colons.»
Il semble bien que ce jour soit arrivé. Mais
les planteurs, sur place, ne pouvaient-ils savoir,
mieux que nous encore, ce que nous n’igno­
rions pas ? Ils ne doivent, dans ces conditions,
s’en prendre qu’à eux-m,mes de leur décon­
venue actuelle. 11 n’en est pas moins vrai qu'il
en résulte un découragement d’autant plus fâ­
cheux que ces planteurs vont sans doute aban­
donner non pas seulement la culture du lom­
biro, mais celle de toute plante à caoutchouc,
quelle qu’elle soit.
Pour des raisons différentes, le même fait se
produira peut-être demain au Congo. La plante
dont la culture a été entreprise dans le MoyenCongo est le Funtumïa elastica. On a eu raison,
puisque l’espèce est un bel arbre qui donne en
assez grande quantité un bon caoutchouc. Mais
le tort a été de ne pas réfléchir que ce Funtumia,
à l’état sauvage, est sylvestre, et, par consé­
quent, au moins pendant les premières années
de sa végétation, doit se plaire à l’ombre. Or,
sur1des terrains absolument dénudés après que
la forêt a été complètement abattue, on a fait
des plantations exclusives do Funtumia. N ’estce pas à ces conditions anormales, dans les­
quelles ont été placés soudainement des arbres
qui héréditairement n’y ont pas été habitués,
qu’il faut attribuer l’état languissant sous le­
quel se présenteraient déjà, si nos renseigne­
ments sont exacts, certaines de ces.plantations ?
Si, définitivement., il y a- échec, non-seule­
ment des efforts, louables en eux-mêmes, au­
ront été perdus dans le passé, mais l’avenir
sera compromis parce que ces efforts ont été
mal dirigés. On ira répétant que la culture des
caoutclioutiers au Congo ne peut pas aboutir,

COLONIALE

alors que, exactement, elle n’aura pas réussi
parce qu’elle a été mal conduite.
Il importe vivement de ne pas continuer à
agir ainsi à la légère ; et il est nécessaire que,
par des études préalables sérieuses, on établisse
quelles sont, pour chaque contrée, les espèces
indigènes ou étrangères, et, sans doute, de pré­
férence indigènes, qu’il peut y avoir avantage
à cultiver à un quadruple point de vue : valeur
du caoutchouc, abondance de la récolte, rapi­
dité de croissance, et aussi durée de la vie de la
plante.
Il faudra surtout ne pas trop vite désespérer
si, comme c’est probable, les tâtonnements du
début s'accompagnent de quelques insuccès.
Nous avons déjà rappelé que les premières plan­
tations de Ceylan ne donnèrent pas des résul­
tats très encourageants ; la colonie néanmoins
persévéra, recommença et est en droit de s’en
féliciter aujourd’hui.
On comprend d’ailleurs que des sociétés pri­
vées et à petits capitaux hésitent souvent à
courir les risques pécuniaires de ces expé­
riences aléatoires; mais jamais l’Administra­
tion d’une colonie ne trouvera une meilleure
occasion de prouver efficacement, en entrepre­
nant officiellement ces essais, l’intérêt qu’elle
porte au développement agricole et commercial
de notre domaine tropical.
A priori, l’espèce qui, dès maintenant, peut
paraître intéressante pour notre Afrique occi­
dentale est le Funtumia elastica, à côté duquel
on pourrait chercher à cultiver, en terrain
découvert, et sous la forme buissonnante, cer­
taines espèces (non pas toutes indistinctement)
de Landolphia.
A Madagascar, cette même culture des Lan­
dolphia dû pays peut être tentée (dans des con­
ditions que nous avons indiquées ailleurs),
ainsi que celle des Mascarenhasia.
En Indo-Chine, au Tonkin, il y a lieu d’expé­
rimenter avec ce grand et bel arbre récemment
découvert, le Bleekrodea■tonkinensis.
Tout ceci, bien entendu, ne doit empêcher
qùe, en Afrique comme en Asie, on tente, en
certains endroits paraissant privilégiés par leur
climat ou leur sol, l ’acclimatation des espèces
étrangères, Ilevea ou Castilloa.
A Madagascar, par exemple, il se pourrait
que, dans la vallée du Sambirano, le caoutchoutier de Para réussît.
Au moment d’entreprendre ces cultures, une
objection se présente bien, il est vrai, à l’es­
prit ; et elle découle des chiffres précédemment
cités, d’après lesquels, en 1920, Ceylan, la
Malaisie et le Brésil pourraient suffire à toutes
les demandes de caoutchouc des marchés. Estce que nous ne sommes pas, par conséquent,
sous la menace d’une surproduction prochaine,
et est-ce qu'il est raisonnable .et logique d’éta­
blir -des plantations alors que cette surproduc-'
tion, qui peut avilir les prix de la matière, est
à craindre ?
A cela nous répondrons.
Il n’est pas absolument sûr, tout d’abord,
que les calculs faits à Ceylan et en Malaisie
ne soient pas, à un moment donné, faussés par
l’apparition d’un nouveau facteur, qui, com­
mence même à ne plus être tout à fait- imprévu :
les maladies.
L'Hevea introduit en Asie méridionale n’a
peut-être pas conservé, en s’acclimatant, la
force de résistance qu’il oppose dans l’Amazo-

�L ’EXPANSION
nie à l’invasion des insectes et des cryptogames.
Sans doute les planteurs anglais lutteront...
et luttent déjà, et il faut souhaiter qu’ils soient
victorieux. Il n’en est pas moins vrai que, mê­
me réduits, les dégâts causés par les parasites
pourront abaisser pendant un temps plus ou
moins long les rendements prévus, et aussi
ralentir l’élan des premières années pour l’ins­
tallation de nouvelles plantations.
En ce cas, la concurrence s’établira plutôt au
point de vue de la qualité qu’au point de vue
de la quantité ; et nous la soutiendrons si nous

COLONIALE

401

que nous tremblons d’être ainsi à la merci de
l’Amérique du Nord pour un produit de pre­
mière nécessité, qu’on pourra vouloir ne plus
nous fournir demain qu’à l’état manufacturé.
Dans vingt ou trente ans, Ceylan et la pénin­
sule malaise pourront être, pour le caoutchouc,
les, maîtres du marché, comme les Etats-Unis
le sont actuellement pour le coton. Nous crain­
drons alors, de même, d’être contraints de
n’acheter la substance que manufacturée... et,
nous créerons des « Associations cooptchoutières coloniales. »

EXPOSITION nES CAOUTCHOUCS ET GUTTAS

Cliché Boissonnas et D cîaillc

Eh bien, puisque nous regrettons vivement
nous y sommes préparés en nous adonnant, I
aujourd’hui de ne pas avoir fondé trente ms
nous aussi, à la culture) qui nous permettra
plus tôt nos « Associations cotonnières colo­
d’améliorer nos récoltes.
niales », n’attendons pas trente ans pour fonder
Mais, en second lieu, admettons même que
ces « Associations caoutcboutières coloniales »,
la production anglaise devienne considérable.
lorsqu’il sera trop tard.
Est-ce qu’il n’y a pas, actuellement, d’autres
Faisons mentir ce colon français de Singaproduits pour lesquels nous pourrions être suffi­
samment approvisionnés par la culture étran­ pore, qui, en 1903, nous écrivait, à propos des
plantations de la péninsule malaise : « Déjà
gère ? L ’Amérique, par exemple, peut exporter
deux grandes sociétés anglaises de Londres se
à nos chocolateries tous les cacaos nécessaires.
sont fondées, depuis le commencement de cette
Nous n’en cherchons pas moins, ainsi que les
année, pour la culture en grand de VHevea en
Anglais, à étendre la culture du cacaoyer en
Malaisie. Il serait à souhaiter que nos manuAfrique occidentale, parce qu’il y a toujours
chent pas les yeux et ne se laissent pas trop
certains avantages à s’approvisionner chez soi
devancer ! Mais, pour qui connaît nos compa­
plutôt que chez les autres et qu’il n’est pas bon
triotes, il est probable qu’il en sera de cette
qu’un pays ait le monopole plus ou moins
nouvelle industrie comme des autres ; ils se
exclusif d’ une matière première importante.
mettront à la remorque. »
Cela est si vrai que, malgré l’énorme produc­
facturiers et financiers français ne se boution cotonnière des Etats-Unis, des associations
Nous ne pouvons plus certes, dès aujourd’hui,
se sont fondées chez nous pour répandre la
que nous mettre à la remorque, puisque les
culture des cotonniers dans nos colonies, parce{

�402

L’EXPANSION COLONIALE

plantations de l’Asie méridionale sont dès
maintenant en plein rapport; du moins, ne
tardons pas davantage à nous y mettre. Nous
avons, pour agir, les raisons et l’intérêt que
nous venons d’indiquer.
Il faudrait que l’Exposition de caoutchouc
que l’Institut colonial marseillais inaugure au­
jourd’hui, et dans laquelle tous les échantil­
lons exposés sont des caoutchoucs de cueillette,
ne fût, en quelque sorte, qu’urf point de départ,
un terme de comparaison pour l’avenir. Nous
voyons aujourd’hui ce qu’on peut obtenir avec
les méthodes actuelles d’exploitation des plan­
tes sauvages ; mais exprimons l’espoir que,
dans les expositions analogues qui, dans la
suite, et à des dates-plus ou moins rapprochées
seront organisées encore par l’Institut, ce caout­
chouc de cueillette cède de plus en plus la place
au caoutchouc de plantation. Ces expositions
futures devront marquer autant de progrès
nouveaux, autant de pas en avant dans l’exploi­
tation culturale rationnelle et méthodique des
plantes à caoutchouc dans nos possessions
d’outre-mer.

Marseille n’a reçu en 19Ü7 que 327 tonnes de ce
produit, contre 1.100 à Bordeaux et 3.500 au
Havre ; or tous les caoutchoucs de Madagascar,
de i’Indo-Chine, de la Nouvelle-Calédonie, une
partie de ceux de l ’Afrique Occidentale fran­
çaise, pour ne citer que ceux de nos colonies,
traversent Marseille et il semble qu’un marché
important pourrait être établi dans notre ville.
M. Artaud, après avoir Mentionné la difficul­
té de réunir toutes les qualités de caoutchouc
récolté dans nos icolonies et de présenter les
collections sous une foi'iue attrayante et ins­
tructive, a rendu hommage au personnel de
l’Institut qui a préparé l’Exposition ; il a remer­
cié les Administrations coloniales du concours
qu’elles ont donné, notamment MM. les Gou­
verneurs généraux de l ’Indo-Chine et de l'A fri­
que Occidentale, le Résident supérieur du Cam­
bodge, les Gouverneurs de la Côte d’ivoire, de
la Guinée française, du Dahomey, qui ont four­
ni de nombreux documents et échantillons ; il
a remercié également M. le docteur Heckel,
dont la haute science est universellement ap­
préciée, et M. Davin, professeur de cultures colH. Jum elle .
loniales à l ’Institut, d’avoir prêté des plantes
Professeur à la Faculté des Sciences
vivantes caoutchoutifères et fourni aussi un
et à l’Institut colonial.
moyen précieux de documentation. Puis M.
Artaud a remercié les Agents des Messageries
Maritimes à Madagascar, M. Langlois notam­
ment, qui a donné une collection très intéres­
sante dès caoutchoucs de la Côte Ouest ; et les
maisons de Marseille qui ont exposé de remar­
quables échantillons : la Compagnie fran­
çaise de l ’Afrique Occidentale, la Compagnie
Marseillaise de Madagascar, la Compagnie
Marseillaise du Soudan, MM. Dufay et GiganInauguration de la 2e Exposition annuelle
det, ainsi que M. l’Administrateur des colonies
Baudon, qui a prêté une très intéressante
collection de caoutchoucs du Congo, enfin les
CAOUTCHOUCS ET GUTTAS
maisons Bergougnan et Ci0, Grammont et
Hardouin, qui ont exposé les excellents pro­
Le 15 juillet après midi, la deuxième Exposi­
duits de leur industrie.
M. Artaud, avant de donner la parole à M.
tion annuelle de l ’Institut Colonial Marseil­
H. Jumelle, a présenté le savant professeur à
lais, consacrée aux caoutchoucs et guttas bruts
l ’auditoire ; il lui a adressé ses plus chaleureux
des colonies françaises, et à leurs applications
remerciements pour la part qu’a a prise à l’or­
industrielles, a été ouverte solennellement par
M. A. Artaud, président de l’Institut, assisté de
ganisation de l ’Exposition ; il a rendu compte de
MM. le docteur Heckel, Ponsinet et Bohn,
ses remarquables travaux sur les caoutchoucs
qui font de lui un expert universellement ap­
vice-présidents, en présence de M. Charve,
doyen de la Faculté des Sciences, de M. Lom­ précié et connu, dont la conférence à l’Expo­
bard, vice-président de la Chambre de Commer­ sition Franco-Britannique de Londres a obtenu
ce et de nombreuses notabilités du Commerce
un très grand et légitime succès.
de Marseille.
M. Jumelle, professeur à la Faculté des
M. le Préfet s’était fait représenter par M. le
Sciences et à l’Institut colonial, a fait ensuite
Conseiller de préfecture Fournier. M. le géné­ une remarquable conférence dont on a pu lire
ci-dessus- l’intéressant résumé.
ral commandant en chef avait exprimé, ainsi
que M. le maire de Marseille, M. J.-Charles
Cette savante conférence a été vivement
Roux et M. Augustin Féraud, président hono­ applaudie. Il est à souhaiter que l’idée émise
raire de la Chqmbre de Commerce, leurs re­ par M. Jumelle de créer en France à l’instar de
grets de ne pouvoir assister à cette cérémonie.
l ’Association cotonnière coloniale, une Associa­
M. le Président Artaud, en ouvrant !a séance,
tion pour la culture du caoutchouc dans nos
rappela que la première Exposition de l’Insti­ colonies se réalise rapidement, que cette Asso­
tut avait été consacrée aux corps gras pour
ciation s’occupe principalement de la culture
lesquels Marseille est le plus important mar­
des espèces indigènes, qui ont fait leurs preuves
ché d’Europe.
comme rendement et comme qualité ; enfin, que
L’Exposition actuelle est consacrée à un pro­ Marseille métropole coloniale, prenne l’initia­
duit que Marseille semble avoir négligé jusqu’à
tive de cette création et devienne un marché de
ce jour' ; il était nécessaire de montrer l ’im­ ce produit, ce qui nécessiterait l’installation
portance de la production coloniale française
dans notre ville d’un expert technique. En
et d’attiror l ’attention des- commerçants et in­
attendant, l’Institut colonial fidèle^à sa mission
dustriels de notre ville sur la faible position de
de propagande coloniale est à la disposition des
Marseille par rapport aux autres ports de Fran­ intéressés pour recueillir et transmettre tous
ce, en ce qui concerne les caoutchoucs ; ainsi
renseignements et aboucher entre elles les

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

Musée Commercial

�L ’EXPANSION COLONIALE

403

Ponsinet, vice-président ; Fouque, secrétaire ;
Allemand, trésorier ; Arnaud ; Jacquemet ;
Joannon ; Léotard ; Lombard : Masson ; Rastit.
Excusés : MM. Blanc, Bry.
M. le Président fait connaître que le Prési­
dent de 1a, Chambre de Commerce de Marseille,
sur sa proposition et celle do M. Bohn, a deman­
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
dé à M. le Ministre des Colonies, de vouloir bien
s’arrêter une journée à Marseille, lors de son
passage dans notre ville pour se rendre en
Réunion du Bureau du Ier juillet 1909.
Indo-Chine, afin de lui faire visiter l ’Institut co­
Le bureau du Conseil d’Administration de
lonial, placé sous son haut patronage, et que
l'Institut s’est réuni le 1er juillet, à 3 heures,
jusqu’ici, aucune réponse n’est encore parvenue.
sous la présidence de M. A. Artaud, président
M. Ponsinet indique la date du 1er août, com­
de l’Institut colonial marseillais.
me celle très probable du départ de 1VI. MillièsM. le Président expose que M. le Ministre des
Lacroix pour l’Indo-Chine.
Colonies devant passer prochainement à Mar­
M. Artaud, rappelant le précédent passage
seille pour se rendre en Indo-Chine, il y a lieu
du Ministre à Bordeaux, dit qu’il est possible
de préparer d’urgence l’Exposition de caout­ qu’il ne puisse s’arrêter à Marseillle en se ren­
chouc projetée depuis l’année dernière, afin
dant en Indo-Chine, mais qu’au retour, il se­
qu’il puisse la visiter. La Chambre de Commer­ rait peut-être plus libre de son temps ; il ne '
ce désirera sans doute le recevoir.
reste actuellement qu’à attendre la décision de
M. Ponsinet estime qu’il .serait utile d’adres­ M. Milliès-Lacroix.
ser le plus tôt possible 'une invitation à M. MilM. le Président rend compte des correspon­
liôs-nacroix. M. le Président verra à ce propos
dances reçues, soit 35, et de celles expédiées,
M. le Président de la Chambre do Commerce.
soit 65. Il donne lecture d’une lettre très docu­
M. le Président donne connaissance d’un pro­ mentée du Gouverneur général de l’Afrique Oc­
jet de contrat entre les actionnaires du cinéma­ cidentale, en répons^ à une demande sur l’im­
tographe à placer dans le sous-sol, ainsi que
portance du chalandage dans la rade de Dakar;
d’un projet do contrat entre le Musée dioramiil prescrit de remercier M. Merleaud-Ponty de
que et l ’Institut.
ces très intéressants renseignements.
Des observations sont présentées par MM.
M. le Président signale les adhésions reçues
Heckel et Ponsinet, et le Président estime qu’il
pour le Congrès des anciennes colonies ; les
y a lieu de les formuler dans un contre-projet
démarches se continuent en vue d’attirer l'at­
à soumettre à la Société du Musée dioratnique;
tention des négociants marseillais sur cette
la réponse de la Société sera examinée à la
utile réunion.
r
prochaine séance du Bureau, avant d’être pré­
M. le Président soumet au Conseil les adhé­
sentée au Conseil, qui sera appelé à statuer dé­ sions suivantes à’ l’Institut :
finitivement sur la proposition faite.
MM. Malacrida ; Conza ; Bergougnan et Cie ;
M. le Président rend compte des mesures pri­ Grammont ; qui sont agréées à l’unanimité.
ses pour assurer la propagande à faire au Con­
M. .le Président fait connaître les adhésions
grès des anciennes Colonies à Paris.
et renouvellements d’exposants au Musée com­
M. le Président expose qu’il est nécessaire
mercial, obtenus dans l ’intervalle des deux
de remplir la vacance du poste de M. Babled.
Conseils.
M. le docteur Heckel présentera des candi­
Il rend compte de la situation financière, qui
dats pour le prochain Conseil. Un échange de
est conforme aux prévisions du budget arrêté
vues a lieu entre lés Membres au sujet de nou­
en Conseil.
veaux cours à créer.
Il propose d’allouer une gratification de 1UU
M. le Président propose la nomination de M.
francs à M. Vallon, en récompense des soins
Rouët, comme membre correspondant de l’Ins­ qu’il vient de donner à l’installation matérielle
titut à Tourane. Le bureau l’approuve et décide
de l’Exposition de caoutchouc, et qui ont per­
de soumettre la nomination de M. Rouët, au
mis de la préparer très économiquement et
prochain Conseil.
d’une façon très satisfaisante. Le Conseil ap­
M. le Président demande la création d’une
prouve.
omraission administrative, qui pourrait se
M. le Président soumet au Conseil la nomi­
unir les semaines où il n’y a ni bureau, ni
nation de M. Rouët, comme Membre correspon­
nseil. Elle comprendrait les Membres du Budant de l’Institut à Tourane. Cette candidature
m, auxquels serait adjoint le Comité de ré­
a été agréée par le Bureau après examen : le
gion de •&lt;( l'Expansion Coloniale », c’est-àConseil approuve à l’unanimité.
e MM. Ytier, Léotard et Masson qui s’occuM. le Président donne la parole à M. lé doc­
It du journal et du Musée commercial réclateur Heckel pour la proposition de nomination
ht des soins constants. Cette proposition est
d’un professeur de législation coloniale, en
a'ouvée.
remplacement de M. Babled, décédé.
séance est levée à i heures 1/4.
M. le docteur Heckel donne lecture du procèsverbal d’une réunion du corps enseignant de
l’Institut, au cours de laquelle diverses can­
Séance du Conseil d’administration
didatures ont été examinées ■; trois d’entre
du 15 juillet
elles ont été retenues.
Conseil d’Administration de l’Institut CoLe Conseil vote au scrutin secret, et M.
l(ulmarseillais s’est réuni le 15 juillet à 3 Raynaud, professeur agrégé à la Faculté de
heL sous la présidence de M. a . Artaud,
droit d’Aix, ayant obtenu l ’unanimité des suf­
Pr^'.it de l ’Institut.
frages, est nommé professeur de législation
E\t présents : M. A. Artaud, président ; coloniale à l’Institut colonial marseillais. Avis
Bollice-président ; Heckel, vice-président ; lui sera donné de sa nomination.
personnes qui se préoccupent, soit de la pro­
duction, soit de l ’utilisation des caoutchoucs.
Ajoutons qu’un catalogue détaillé des échan­
tillons et produits exposés se trouve sous presse
et sera incessamment publié.

�404

L ’EXPANSION

M. lo. docteur îleckcl fait connaître qu’ il ré­
sulte „des renseignements qu’ il S’est procurés,
qu’ il est impossible à l’Institut de délivrer des
diplômes, mais qu’il peut donner des certifi­
cats d’études.

il est indiqué que la. Journée maritime men­
suelle du samedi 3 juillet n'ayant pu avoir lieu
à cause du mauvais temps, l’excursion au Pha­
re de Plaider se trouve ajournée au 7 août.
Plus rien n’étant à délibérer, la séance est
levée à 1- heures.

VISITES A L ’INSTITUT

COLONIALE
un enseignement pratique et complet de toutes
les sciences qui leur sont utiles.

BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
1° M. R., de Marseille, a demandé des ren­
seignements sur la valeur des - ois de palé­
tuvier.
Le palétuvier (chysophora mangle), extrême­
ment abondant sur la côte d’Afrique et à Mada­
gascar, fournit un bois de chauffage excellent ;
le charbon de bois de palétuvier est un des
meilleurs qui existent. On trouve peu de grands
arbres et on emploie les palétuviers de belle
taille comme poteaux du télégraphe ; ils durent
un peu plus longtemps que les bois ordinaires
des colonies. Ôn les utilise en Nouvelle-Calédo­
nie comme poteaux de mine ; l ’incorruptibilité,
très relative d’ailleurs, de ces bois en permet­
trait l’emploi comme traverses pour les che­
mins de fer;.o n l’utilise quelquefois pour la
construction des paillotes ; il donne de bons
chevrons, mais l’exiguïté de sa taille ne per­
met pas de songer à l’exporter en France.
2° M. E., de Marseille, s’est enquis de la va­
leur des cires de rafla.
L'Expansion coloniale a publié des rensei­
gnements très précis sur cette cire, qui devrait
être un article important d’exportation à

Par le dernier courrier d’Indo-Chine, des Mes­
sageries maritimes, sont arrivés à Marseille
le plus jeune des fils de S. M. Sisowath, et les
fils de quelques princes du sang et ministres
du Palais du roi du Cambodge, envoyés en
France pour les initier à la civilisation euro­
péenne. Ces personnages extrême-orientaux,
sous la conduite de M. Benoît, inspecteur des
services, civils de l ’Indo-Chme, l’un des direc­
teurs de la Mission permanente indo-chinoise
en Franco ,se sont rendus le 6 juillet aprèsmidi, à l’Institut Colonial. M. Artaud, prési­
dent, retenu par le Congrès des Imprimeurs,
ayant dû s’excuser, les jeunes princes cambod­
giens furent reçus par M. Fouque, membresecrétaire de l’Institut, et M. Meynard, délé­ M q rjq 0**1CPO"I*
3° MM. À. C. et E. C., de Sisteron, ont de­
gué de l’Indô-Chine. Après que ces messieurs
leur eurent montré le fonctionnement dès di­ mandé les conditions dans lesquelles ils pour­
raient obtenir une concession de terre à Vic­
vers services de l’Institut, et qu’on eut visité
tor-Hugo, nouveau centre dans la province
lo Musée colonial et la Société de géographiè,
d’Oran.
une coupe de champagne fut offerte à M. Be­
. Les renseignements nécessaires leur ont été
noît et à ses'royaux élèves oui se déclarèrent
donnés. Ces cultivateurs mariés ayant l’un 4
enchantés de ce premier contact avec les orga­
et l'autre 3 enfants, ont décidé de s’établir en
nisations coloniales de la métropole'. M. Fouque
Algérie et d’y créer une propriété de culture et
porta à S. M. Sisowath un toast auquel répon­
d’élevage. Leurs ressources sont suffisantes
dit en français le jeune prince Tioun, fils du
peur réussir dans leur projet.
ministre du Palais, qu’un séjour précédent en
4° MM. C. et T., de Cette, ont demandé des
France a déjà familiarisé avec notre langue.
La mission cambodgienne est partie pour Pa­ renseignements sur la distillation du Manioc
et des bananes.
ris, où elle a été reçue par le Ministre dès
L'Expansion coloniale a déjà traité ces ques­
colonies.
tions, qui seraient des plus intéressantes pour
— Le 17 juijlet, M.le sénateur Saint-Germain,
nos colonies, si le fisc n’ûpposait pas des obs­
de passage à Marseille, accompagné de M. le
tacles presqiLinfranchissables à la production
docteur Vidal, d’Alger, est venu visiter l’Exposi­
des a.lcools industriels.
tion de caoutchouc organisée par l’Institut.
L ’eau-de-vie de bananes est un produit très
Reçu par M. Moriceau, secrétaire général,
fin, bien supérieur à tous les alcools de grain ;
l’éminent sénateur a été très vivement intéressé
le rendement des bananes est très rémunéra­
par les explications qui lui ont été fournies
teur et lorsque nos colons des Antilles, de lo
sur les collections exposées et qui comprennent
Guinée française, etc... se seront mis à plan'
tous les échantillons des diverses qualités de
ter en grand des bananes pour l ’exportation de
caoutchouc recueillies dans nos colonies. Les
fruits, ils seront obligés pour tirer parti de
travaux de M. H. Jumelle sur les divers modes
déchets et de la mévente des bananes à certai
de coagulation des latex ont attiré son attention,
lies époques de l’année, d’envisager la disti
car ils devraient servir de base aux efforts
lotion des fruits trop mûrs pour être exporté
tentés par les Administrations coloniales, pour
La Jamaïque et les Antilles anglaises se so
améliorer les produits préparés par les indi­
lancées dans cette voie et y trouvent de bea
gènes, ■
bénéfices.
5° M. A., ingénieur des mines, a désiré c:
M. A. Artaud, président de l’Institut colonial,
naître la législation minière en vigueur à 1
prévenu de l ’arrivée de M. Saint-Germain, s’est
rendu à l’Institut pour l'entretenir de diverses
dagascar.
questions concernant la société, dont les travaux
. Les décrets et arrêtés sur cette question1
méritent d’être encouragés et soutenus par le
ont été communiqués et il a pu constater t((fi
Gouvernement et par nos Colonies. M. Saint.
les difficultés que rencontrent les exploit8
Germain et le docteur Vidal se sont retirés
dans notre grande colonie de l’Océan indieî11
enchantés de leur visite et promettant de faire
fait d’une réglementation excessive daifs
moindres détails et d’une majoration des'e"
connaître en haut lieu les efforts considérables
laits par l’Institut pour assurer le développe­
vances minières hors de proportion av.,es
ment des affaires coloniales et pour fournir I résultats à espérer d’une exploitation.

�L ’EXPANSION

COLONIALE

405

ciété possède six chalands en fer et bois et fait,
6" M. G..., négociant en Abyssinie, a demandé
de lui indiquer les meilleures machines à décor­ en outre, usage d’une flottille de côtres (dix en­
tiquer le café.
viron) d’une jauge dé dix à vingt tonneaux.
Ainsi qu’on le constate malheureusement
Il n’est compris dans cette énumération que
pour de nombreuses machines agricoles colo­ les embarcations servant à la manutention des
niales, l’étranger est à peu près seul à s’être
marchandises, le matériel nour le transport du
occupé des machines à décortiquer le café.
charbon et de l’eau étant beaucoup plus impor­
Des modèles variés, basés sur le même prin­ tant et appartenant exclusivement à la Compa­
cipe, ont été construits en Angleterre et en Amé­ gnie française des charbonnages de Dakar et à
rique ; depuis quelque temps, l’Allemagne s’e.st la Compagnie des Messageries maritimes.
également lancée dans la fabrication de ces
2° Le nombre des chalands à vapeur, remor­
appareils, qu’elle peut livrer à bon marché.
queurs, baleinières, canots, etc... employés au
On trouve en France plusieurs représentants
transport des passagers.
des principales usines de fabrication de ces déLe transport des passagers et de leurs baga­
cortiqueuses ; à Marseille même, la maison
ges est effectué par deux grands remorqueurs et
Degrémont (5, cours du Chapitre) est en mesure
une dizaine de côtres. Le nombre de ces embar­
de fournir les meilleurs modèles.
cations dbcible pendant l’hivernage, en raison
7“ M. C..., fabricant de caoutchoucs, à Pavildu ralentissement de la navigation au bornage
lon-sous-Bois (Seine), après avoir visité l’Expo­ et au petit cabotage. Enfin on compte quelques
sition actuellement ouverte dans la salle des
chaloupes à vapeur appartenant aux Services
Cours coloniaux, a exprimé au Bureau de ren­ publics : marine nationale, artillerie ; mais peu
seignements sa surprise de voir la grande quan­ \de canots à rames.
tité de caoutchoucs qui provient de nos colo­
3° Augmentation qu’il paraîtrait utile d’ap.pornies et qui passent dans le commerce pour être
ter au matériel actuellement en service pour
de toutes autres provenances. Il a demandé à
assurer dans, les meilleures conditions la chaentrer en relation avec les maisons de Marseille
landage et le batelage du oort.
établies dans nos colonies et qui s’occupent de
U me paraît qu’une seule branche de cette
l’importation de cet article : les renseignements
entreprise pourrait encore laisser place à quel­
nécessaires lui ont été fournis. Il y_a tout lieu
ques bénéfices, je veux parler du transport des
d’espérer que des transactions fructueuses s’éta­ passagers et de leurs bagages. Des vedettes lé­
bliront directement entre Marseille et les fabri­ gères, spécialement aménagées pour ce service,
cants de l ’intérieur, lorsqu’on connaîtra mieux
comme il en existe par exemple à Las-Palmas,
en France les provenances des caoutchoucs, et
assurant un mouvement de va-et-vient conti­
que les industriels sauront qu’ils peuvent faci­ nuel entre le quai et le navire, recueilleraient
lement se procurer chez nos négociants les qua­ la majeure partie des passagers, qui, à l’heure
lités qu’ils recherchent. A ce titre seulement,
actuelle, sont contraints pour se rendre à terre,
l’Exposition de l ’Institut colonial répondra à
de s'embarquer sur des côtres qui ne sont pas
une réelle, nécessité.
armés pour ce service et sont toujours d’une
saleté repoussante. Il n’est donc pas douteux
qu’un service bien organisé de vedettes légères,
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
judicieusement aménagées, réussirait à s’assu­
rer le transport de tous les passagers. Mais
j ’ignore quels seraient les frais d’amortissement
Le Gouverneur général de l’Afrique occidentale
et d’entretien qu’aurait à supporter leur arma­
française à Monsieur le Président de l’Institut
teur et je fais, par suite, toute réserve sur la
Colonial Marseillais.
possibilité de l’entreprise au point de vue finan­
Dakar, le 25 juin 1909.
cier.
Monsieur le Président,
Tels sont les renseignements qu’il m’a été
possible de recueillir sur les questions précises
Par lettre du, 30 avril dernier, vous m’avez
fait savoir que l’un de vos adhérents avait ma­ que vous avez émises. Je crois utile, mainte­
nifesté, près de vous, l’intention d’étudier un nant, d’exposer quelques considérations d’ordre
plus général, notamment sur le trafic du port
projet de constitution d’une société de batelage
de Dakar, les travaux de déchargement en ra­
à Dakar, et que vous seriez désireux d’avoir,
de. l ’emploi de la batellerie et le matériel exis­
pour les lui communiquer, des renseignements
précis sur cette industrie telle rru’elle existe ac­ tant.
En premier lieu, et 'malgré l ’importance du
tuellement dans ce port.
trafic par le port de Dakar, les entreprises de
J’ai l’honneur de vous fournir ci-dessous les
renseignements qu’il m’a été nossible de recueil­ débarquement et d’embarquement en rade prélir. Pour plus de précision je suivrai l’ordre que ’ sentent beaucoup moins d’importance que l’on
serait tenté de le croire de prime-abord. En
vous avez vous-même adopté dans votre lettre
effet, le transport des marchandises s’effectue
sus-visée.
presque entièrement au moyen de vapeurs ap­
1° Nombre et tonnage des chalands, allèges,
partenant aux maisons de commerce de la pla­
etc... employés au mouvement des marchandises
ce, affrétés par elles ou faisant partie d’une li­
de Dakar.
gne régulière desservant le nort. mais d’un ton­
L ’entreprise des chargements, déchargements
et transport en rade, des marchandises est à nage moyen, avec un tirant d’eau égal ou infé­
peu près exclusivement effectuée par deux mai­ rieur à 6 m. 50,' permettant un accostage immé­
sons. Elles possèdent, chacune, deux remor­ diat au môle.
Lorsque ce tirant d'eau est dépassé, un allè­
queurs, dont l’un a une puissance de près de
deux cents chevaux. Des chalands leur servent
gement se fait en rade et nécessite alors l’em­
au transport des marchandises. L'une d’elle
ploi de chalands et remorqueurs. Mais le cas
dispose de chalands en fer d’une jauge, en
est relativement rare et le deviendra plus encore
lourd, de cinquante tonnes environ. L'autre so­ dès la livraison du môle n“ 2. Les navires de

�406

L ’EXPANSION COLONIALE

fort tonnage accosteront alors facilement au
quai.
Ii ne restera donc, ainsi que je l ’ai indiqué
plus haut, que le transpoi't des passagers, de
leurs bagages et des marchandises venues sur
paquebots à grande vitesse'qui ne voudront ou
ne pourront prendre le temps d'aborder ce quai.
Jusqu’ici, pour assurer le débarquement des
fonctionnaires, une maison concessionnaire de
ce service, uispose d’un grand remorqueur et
d’une petite vedette. Il va sans dire, que les
autres passagers peuvent, moyennant paiement
accéder à ces vapeurs, mais, comme ceux-ci
n’assurent pas un service continuel de va-etvient, les personnes désireuses de venir à terre
s’embarquent sur les cotres. Le prix de passage
uniforme, par vapeur ou par cotre ” , est de 1
franc par personne et 0 fr. 50 oar colis.
Reste encore le débarquement des navires
charbonniers. Deux sociétés ayant des dépôts
de charbon à Dakar, disposent d’une flottille
importante. L ’une la Compagnie Française des
Charbonnages de Dakar a continuellement, sur
chalands à flot, un stock considérable de charlion, cinquante à deux cents tonnes, de façon à
parer à toute éventualité. Elle effectue par ses
propres moyens le chargement en rade de ses
vapeurs affrétés pour le transport de la houille.
L ’autre, la Compagnie des Mesageries Mariti­
mes, mettant généralement à terre ses stocks
de charbon, décharge le long de la petite jetée
Nord, à proximité de ses hangars.
En résumé, il ressort des considérations que
je viens d’exposer, que, pour le moment, l’ex­
ploitation d’une entreprise de batelage et de
chalandage, en rade de DaT
ne paraît pas
assurée de trouver un trafic lui permettant de
compter sur des bénéfices certains. Il y a lieu
toutefois de faire une exception pour le service
des passagers et de leurs bagages .nar vedettes
légères ,sous la réserve plus haut stipulée.
J’ajoute que la Société Hersent, qui avait
entrepris la construction du nort de guerre, a
laissé sur place, à des prix modérés, un lot de
chalands encore utilisables qui n’ont trouvé
aucun acheteur. Les remorqueurs de cette socié­
té ont été vendus et dispersés dans les colonies
voisines. C’est là une preuve manifeste que le
remorquage actuellement existant à Dakar est
largement suffisant.
Enfin je crois devoir déclarer qu’aucune entre­
prise de ce genre ne saurait être envisagée,
par les personnes qui désirent la créer, sans
qu’elles se soient rendu compte, sur place, par
une étude sérieuse, des chances de succès et
des conditions dans lesquelles l’exploitation
pourrait être organisée.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’as­
surance de ma considération la plus distinguée.
W. P O N T Y .
T u n i s ie . — G r è v e m a r i t i m e .

De notre correspondant à Bizerte à M. le Pré­
sident de l'Institut Colonial Marseillais.
Bizerte, 23 juin 1909.
Nous avons l ’honneur de vous accuser récep­
tion de votre lettre du 14 courant, par laquelle
vous nous demandez de vous faire connaître les
revendications des Maisons de notre Port à
la suite de la grève des Inscrits maritimes que
nous subissons depuis environ un mois.

Nous croyons comme vous que les conséquen­
ces de cette grève sont plus préjudiciables en­
core pour le Commerce de la Tunisie que pour
l’Armement Marseillais et vos Maisons travail­
lant avec l ’Afrique du Nord, car nos commer­
çants et industriels, tant que. va durer pareil
état de choses, n’ont p'as les moyens suffisants
pour se ravitailler tant en produits alimen­
taires qu’en matériaux de toutes sortes, néces­
saires pour assurer la bonne marchei de leurs
affaires.
Pour certains, c’est leur commerce arrêté ou
devenu très difficile. Pour quelques-uns c’est
peut-être la faillite, car la marchandise cpii
voyage aux risques et périls du destinataire, va
arriver avec un tel retard ou dans de si mau­
vaises conditions qu'il en résultera pour le com­
merçant les conséquences les plus graves.
La grève actuelle, se produisant à cette épo­
que, a encore d’autres conséquences malheu­
reuses : c'est qu’elle met nos négociants en cé­
réales dans l’impossibilité d’embarquer aux
époques prévues par contrats, les céréales et
autres produits achetés depuis un mois et qui
sont livrables, soit le 25, soit fin courant, d’où
procès à prévoir, mévente, etc... toutes consé­
quences ruineuses pour nos colons.
Pareille grève est donc la mort de notre com­
merce et de nos industries, sans parler de tous
les autres ennuis qui en ont été la suite : pas­
sagers en panne, correspondances devenues
irrégulières, affaires manquées, etc...
Telles sont les plaintes des commerçants et co­
lons de notre région et nous ne saurions qu’être
reconnaissants à votre Institut de mettre son
influence au service de notre Colonie pour cher­
cher à remédier à notre situation devenue in­
tolérable. (1)
X.
G u y a n e . — P â t e à p a p ie r.

M.le Président de l'Institut Colonial Marseillais,
Mana, 10 mai 1909.
Je serai très heureux dans mon propre in­
térêt de continuer avec vous une correspondan­
ce relative aux affaires de la Guyane et j ’en
profite dès aujourd’hui pour attirer votre at­
tention sur une industrie que je m’étonne de
n’avoir pas vu exploitée ici, celle de la pâte ou
pulpe de bois pour la fabrication du papier.
En dehors du Moucou moucou, très abon­
dant sur toutes les berges des rivières et cri­
ques, nous avons des arbres très propres à fai­
re d’excellente pâte à papier. Je connais des
régions où ils sont en famille, basses terres
inondées une partie de Tannée, partant très ac­
cessibles et où il serait si c’est nécessaire facile
d’installer un moulin à eau.
Je vous serai très reconnaissant, si vous pou­
viez me documenter sur cette question, m’indi­
quer quelques ouvrages relatifs à cette fabrica­
tion, ainsi que les fabricants de l ’outillage «a d
hoc », me faire connaître les cours, les débou­
chés.
La période sèche, qui est 1a, saison morte poul­
ie balata, conviendrait parfaitement pour cette
industrie et j ’aurais une organisation déjà prê­
te, partie d’outillage, de matériel, canots, etc.,
(1) On sait que la grève étant terminée, le
Parlement vient de voter une loi suspendant
en cas de grève le monopole du pavillon natio­
nal entre la France et l’Algérie-Tunisie.

�L’EXPANSION COLONIALE

407

artistique séduisaient tous ceux qui l ’appro­
et ce qui est le plus précieux, un personnel dé­
chaient, en même temps que la dignité de -sa
jà en mains.
vie, entièrement consacrée au travail et au bien,
.le ne saurais trop vous remercier de vous oc­
cuper de ce que je vous demande et de me ré­ ''lu i attirait leur respect.
L ’Institut colonial avait trouvé auprès du
pondre dès qu'il vous sera possible.
président des filatures et tissages de Marseille,
L acroix .
dont la compétence économique était des plus
étendues, le concours le plus .empressé pour
CONFÉRENCE DE M. LAURENT
l’étude des fibres indigènes provenant de nos
colonies et pouvant remplacer celles que nous
Le très distingué professeur de géologie colo­
achetons à grands frais à l'étranger. M. Guil­
niale à l'Institut, M. Laurent, a bien voulu
land s’était attaché à cette question si impor­
faire le 2 juillet, à 5 heures de l ’après-midi, une
tante pour l’avenir de nos colonies et avait
conférence sur «le s mouvements sismiques et
fourni les renseignements les plus précis sur
leurs conséquences. »
un certain nombre de filmes utilisables.
Dès 4 heures, la salle des cours coloniaux,
L ’Institut, qui lui réservait un siège dans son
trop petite dans la circonstance, était déjà plei­
Conseil d’administration au premier renouvel­
ne d’auditeurs et c’est devant une assistance
lement, garde à M. Guilland une bien vive
très nombreuse que le conférencier a développé
gratitude de son concours et ne saurait oublier
son sujet avec une précision, une compétence,
la complaisance extrême qu’il lui avait montrée
une éloquence aussi, qui ont vivement inté­
en ajoutant à ses multiples occupations, une
ressé l’auditoire.
étud &gt;aussi difficile.
Après avoir rappelé les formes ordinaires des
Les membres de l’Institut colonial marseillais
mouvements sismiques,les causes diverses qui
souhaitent que les témoignages unanimes de
les occasionnent, les ravages qu’ils produisent,
sympathie qui ont accompagné de toutes parts
M. Laurent a indiqué les grandes lignes des
le défunt à sa dernière demeure, adoucissent
fractures de l ’écorce terrestre, sur lesquelles
l’immense douleur de sa, famille, à laquelle ils
ces phénomènes se constatent le plus habituelle­
adressent l ’hommage de leurs bien sincères
ment, Il a exposé d’une façon magistrale, la
condoléances.
théorie du tétraèdre terrestre, dont des projec­
------ f---------------♦ - ----------------------tions ont permis de comprendre facilement les
dispositions : d’autres projections de quelaues
QUELQUES
grands désastues historiques, des impressions
de sismographe, notamment de cciui de Mes­
sine, ont très vivement frappé les auditeurs.
Passant ensuite au tremblement de terre qui
vient d’éprouver d’une façon si cruelle les
I D I E L ’A L G É R I E
régions provençales de Lambesc, Rognes, Salon,
(Suite et fin)
etc..., M Laurent a montré d’abord que cette
région se trouve près d’ une des grandes fractu­
res du globe et dans une partie déjà atteinte,
Gomme on a pu le voir au commencement
mais qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer outie
de cette étude, le minerai de fer donne lieu
mesure, notre région ayant, depuis très long­
temps, pris sa forme à peu près définitive.
en Algérie à un très gros trafic. L ’exploita­
Le conférencier montra des projections de
tion la plus importante est située dans la
vues qu’il avait prises sur les lieux de la catas­
province d’Oran, où la Société de Mokta el
trophe et tout le monde put apprécier les dégâts
considérables causés par le phénomène du 11 Hadid exploite deux gîtes considérables,
juin. M. Laurent fut très vivement applaudi à
celui de Dar-Rih, et celui de Bar-el- Barond,
la fin de sa conférence et .sincèrement félicité
connu aussi sous le nom de Beni-Saf, petit
par ses nombreux amis.
Une collecte qui produisit 102 fr. 75 fut faite
port où se fait l’embarquement du minerai.
à l ’issue de In conférence, au bénéfice des sinis­
Ce port, construit et entretenu par les soins
trés des Bouches-du-Rhône ; Je montant en a
de la Compagnie, est ouvert au trafic géné­
été remis à AL le président de la Chambre de
Commerce, qui a bien voulu en faire la réparti­ ral, mais la Compagnie s’est réservée, pour
tion.

Productions Minérales intéressantes

NÉCROLOGIE
L ’Institut, colonial marseillais s’associe de
tout cœur à la grande perte que vient d’éprou­
ver le monde du commerce et de l’industrie de
Marseille, en la personne de Al. Michel Giiilland, président honoraire de la Société pour la
défensé du commerce; président du Conseil d’ad­
ministration des filatures et tissages de Alarseille, administrateur de plusieurs sociétés in­
dustrielles et commerciales de notre ville, mem­
bre de la Chambre de Commerce et de l’Institut
colonial.
AI. Guilland ne comptait que des aniis ; son
exquise urbanité, le charme de son esprit, la
distinction de ses manières, sa belle nature

son usage exclusif, la principale jetée.'
La propriété du gisement remonte à 1879.
Le gîte est constitué par de l ’hématite, d’une
teneur de 58 % environ de fer, à l’état sec.
L ’exploitation s’y fait à ciel ouvert, après
abatage des schistes et des calcaires stériles
qui recouvrent le minerai. L ’embarquement
des minerais se fait par vagonnets, venant
au moyen d’un culbuteur se déverser direc­
tement dans les navires. Grâce à se moyen
rapide, qui peut donner à un navire plu­
sieurs milliers de tonnes journellement, on
parvient à réaliser une notable économie

�408

L’EXPANSION COLONIALE

sur le fret. Le gisement de Beni-Saf donne
lieu à une production moyenne annuelle de
400.000 tonnes environ.
Le gisement de Dar-Rih, qui se trouve éga­
lement à l’ouest d’Aïn-Témouchen, a une
forme allongée et étroite ; il est exploité souterrainement, au lieu de l’être à ciel ouvert,
et sa production est environ dix fois plus
faible que celle du gisement de Beni-Saf.
Le département d’Alger renferme égale­
ment des gîtes de fer assez importants, mais
par suite des conditions d’extraction et sur­
tout aussi à cause des voies d’accès, qui ren­
dent l ’écoulement des produits difficile, ces
gisements ont interrompu, puis repris le
travail, à diverses époques ; il va sans dire
que les quantités de minerais extraits ne
sont pas comparables à celles que l ’on retire
de la province d’Oran. Un gisement inté­
ressant, parce qu’il contient, en même temps
que du fer, sous forme d’hématites rouges
et brunes, une grande quantité de pyrites
de cuivre, est le gisement de Mpuzaïa. Mal­
heureusement, les voies d’accès sont tout à
fait rudimentaires et insuffisantes pour
l ’heure ; elles demanderaient des travaux
d’art considérables, si l ’on voulait créer une
voie ferrée, seul moyen pratique de trans­
port, bien que dispendieux, en ce qui con­
cerne les minerais de cette nature.
La plus grande partie des gîtes de fer ex­
ploités dans la province de Constantine, ap­
partiennent à la Compagnie de Mokta-elHadid, qui a, pendant de longues années,
extrait des quantités considérables de fer de
sa mine d’Aïn-Mokra, qui paraît à l ’heure
actuelle presque complètement épuisée. Cet­
te puissante Compagnie qui personnifie pour
ainsi dire le commerce du fer algérien, a ex­
ploité en Algérie, pendant 40 ans, trois con­
cessions de mines de fer dans la province de
Constantine, mais à l ’heure actuelle, la plus
grande partie du minerai extrait des con­
cessions de la Compagnie provient de la pro­
vince d’Oran.
Enfin, on ne peut ne pas citer les gîtes de
l'Ouenza, autour desquels-se sont élevés,
pendant ces dernières années, de vives polé­
miques administratives et juridiques. Ce
sont des gîtes remarquables, dont le tonnage
considérable est évalué à plus de 40 millions
de tonnes.
Les carrières de phosphate de chaux et de

marbres nous retiendront quelques instants.
La découverte du phosphate de chaux en
Algérie est de date récente, et bien qu’on
l'ait tout d’abord signalé dans la province
d’Oran, ce sont, à l'heure actuelle, unique­
ment les gisements de la province de Cons­
tantine qui sont exploités.
Les premiers gisements qui furent exploi­
tés n’avaient qu’une. faible teneur
aussi,
quand sévit la crise phosphatière, amenée
par la découverte et la mise en exploitation
des riches gisements américains, on a dû
cesser leur exploitation ; mais l’élan était
donné, et l’activité des explorateurs se porta
surtout au Sud, du côté de Tébessa, où l’on
devait découvrir des gîtes aussi riches par
leur teneur que par leur étendue. Toutefois,
il faut bien remarquer que, si au point de
vue géologique les gisements présentent
une remarquable continuité, il suffit que
les conditions aient varié extrêmement peu
pour que la teneur baisse de quelques unités
ou devienne irrégulière, ce qui change tota­
lement les conditions économiques du gise­
ment.
Les gisements de la province de Constan­
tine qui sont exploités se trouvent situés
dans la région de Tébessa, sur la frontière
Tunisienne ; ils passent en Tunisie, et cons­
tituent les gîtes phosphatiers du centre de
la Régence, dont un certain nombre ont été
concédés aux Compagnies qui actuellement
exploitent les phosphates dans la région de
Tébessa.
Ces gisements, d’une teneur assez considé­
rable (55 à 73 %), se trouvent dans une situa­
tion particulière, en ce qui concerne les
moyens de transport, et il semble bien que
ces conditions défavorables pèsent sur ces
produits, qui présentent de si grands avan­
tages à tous autres égards.
La production totale de l’Algérie a été, en
1907, de 373.000 tonnes, dont 208.000 tonnes
proviennent des gisements du K ou if.
La production se maintient sensiblement
la même, avec un faible accroissement, de­
puis 1902.
Nous mentionnerons enfin, les carrières
de marbre, très'nombreuses, mais peu ex­
ploitées, car elles se trouvent en butte à des
difficultés considérables, en ce qui concerne
les débouchés et les moyens de transport ;
toutefois, certaines carrières de la province
d’Oran, dans les environs de Nemours, et

�409

L’EXPANSION COLONIALE
celles d'Aïn-Smara, dans la province
Constantine, donnent, grâce à l ’activité
ployée par les exploitants, des résultats
cessivement satisfaisants et des produits
plus bel effet décoratif.

de
dé­
ex­
du

La question des combustibles en Algérie
a été très controversée. Le service des mi­
nes donnait comme très problématiques les
espérances que l ’on pouvait fonder de ce
côté. D’après les découvertes récentes, faites
par M. Flamand, dans le Sud Oranais,
dans les environs de Béchar, on a acquis la
conviction que la présence du terrain houiller était certaine, dans le sud de la province;
en effet, les Lcpidodcndron, Stigmaria, IJnopteris, et Neoropteris, qu’on y a découverts
ne laissent aucun doute à ce sujet : le terrain
Westphalien y est parfaitement représenté ;
mais si on peut scientifiquement affirmer sa
présence, des explorations économiques se­
ront nécessaires pour fixer définitivement
l’opinion, en ce qui concerne la présence de
la houille exploitable dans cette région.
Un combustible qui mérite de fixer l ’atten­
tion des explorateurs est le pétrole. On a re­
tiré déjà, de la région d’Aïn-Zeft, à 60 kilo­
mètres à l ’est de Mostaganem, des quantités
suffisantes du précieux liquide pour qu’on
puisse fonder, sur ces régions, des espéranrles solides. L ’extraction en 1907 a été de
135.500 litres.
Nous n’avons pû, dans les lignes qui pré­
cédent, que donner un aperçu bien faible
des essences minérales que renferme le sol
de notre France d’Afrique ; elles sont aussi
riches que variées. Certainement, les difficul­
tés que rencontrent les exploitations, dans le
manque de voies de pénétration, doivent être
mises en première ligne, en ce qui concerne
l’arrêt de beaucoup d’entre elles.
En matière de productions minérales, les
données économiques sont très complexes,
c’est surtout d’elles qu’il faut se préoccuper,
une fois qu’on a acquis la certitude de la pré­
sence d’un minerai riche et abondant.
Un grand nombre d’endroits du sol Algé­
rien sont à ce point de vue richement dotés,
il n’est pas douteux que les efforts de l ’ad­
ministration ne tendent à permettre aux
Compagnies de les mettre en pleine valeur,
et de donner ainsi une extension de plus en
plus grande au commerce et à l’industrie

minérale, dans notre colonie de l’Afrique du
Nord.

Louis

L

au rent.

Docteur ès sciences
Professeur à l’Institut Colonial.

--------------------------------------------------

Le Régime douanier colonial
A N T IL L E S -G U Y A N E

Plus que jamais, à la veillé du Congrès
des anciennes colonies et du travail de dé­
pouillement des doléances coloniales par la
Commission ministérielle du Pavillon de
Flore (qui ne compte pas un commerçant},
nous avons à maintenir notre rubrique du
Régime Douanier, à laquelle nous devons
d’avoir fait connaître à nos lecteurs la pres­
que totalité des réponses de nos possessions
à l’interrogatoire ministériel du 18 janvier
1908.
Voici des extraits des procès-verbaux des
séances de la Chambre de Commerce cln la
Martinique, appelée les 11 et 13 mars 1908
à délibérer sur la question.
« Avant d’ouvrir la discussion, M. le Prési« dent tient à affirmer l’attachement complet
« de la colonie à la Métropole, au succès de son
« commerce et de son industrie, mais il ajoute
« qu’il serait à désirer que de son côté la« Métropole accorde une protection efficace à
« la Martinique, et qu’à l’instar de certains
« animaux, elle ne dévore pas ses enfants pour
&lt;c leur prouver son affection. En effet, la circu« laire ministérielle semble laisser prévoir un
&lt;( danger menaçant pour l ’avenir.
« La Martinique est placée trop loin de la
« France pour pouvoir être régie par les mè« mes lois. Cependant il croit que l'autonomie
« en matière de douanes, offrirait de graves in« convénients, il estime que le tarif douanier
« appliqué par la Métropole serait préférable,
« sous réserve de certaines exceptions.
« M. le Président est persuadé qu’il se trou« vera des personnes pour défendre nos inté« rèts et ne point nous obliger, par exemple, à
« acheter le pétrole à la France qui n ’en pro« duit pas. Il recommande cependant de ne pas
« exagérer les demandes d’exceptions, de façon
« à ne pas faire repouser nos demandes en
« bloc.
« Il propose de passer à une première étude
« du tarif d’exception qu’il faudrait borner sur&lt;c tout, dit-il, aux objets servant à l’alimenta« tion, car il pense qu’il ne saurait être sollicité
« aucune exemption pour les produits manu« facturés, tels que tissus, nouveautés, quincail« lerie, etei, ètc..., que la Métropole peut four« nir à la Martinique.

�410

L ’EXPANSION

« M. Erimée propose de demander l’exemp« tion dn droit pour les huiles et les saindoux
&lt;( qui servent d’alimentation aux malheureux.
&lt;( M. le Président fait remarquer que les pro« doits qui entrent à la colonie comme sain« doux et nous viennent de l’étranger, sont en« tièrement frelatés et ne contiennent même
« pas trace de graisse de porc.
« M. le Président propose de faire appeler
« M. Meyer, négociant à Fort-de-France, qui
« pourra donner à ce sujet des renseignements
« intéressants. M. Meyer arrive quelques ins« tants après et sur la demande du Président
« donne le résultat de l’analyse des saindoux
» américains, marque «B o g ert», qui lui a été
« fournie par le représentant de l’Américan
« Trading Cle.
« Huile de coton .............................. 55 %
« Eau ............................................... 15 ‘/o
« Stéarine de bœuf ........................... 30 %
c&lt; M. Meyer ajoute que si le saindoux pur
« américain arrive ici à meilleur marché, c'est
&lt;c qu’il renferme une grande quantité d’eau que
« ne contient pas le saindoux français, parce
« que les lois interdisent aux fabricants d’in« corporer de l’eau dans cette matière.
» M. Rimbaud fait, connaître qu’il cicsu-e voir
« maintenir l’exemption accordée aux saindoux,
« mais, sous la réserve que seul le saindoux
« véritable puisse être déclaré et classé comme
« saindoux, et que les mélanges, quels qu’ils
« soient, restent classés et imposés d’après leur
q catégorie.
« La proposition de M. Rimbaud est appuyée
ic par tous les membres de la Chambre.
« M. Blondet serait d’avis de supprimer
« l’exemption dont jouissent les maïs afin de
« favoriser T agriculture locale qui depuis quel« que temps cherche à produire le maïs à la
« colopie.
« M. Marsan craint que cete mesure soit préci maturée.
« M. Landa ajoute que la culture n’est pas
« assez active. .
« M. Blondet fait remarquer que le tarif
« douanier, qui sera voté, engagera l'avenir
« pour une période de douze années et que, par
« conséquent, la colonie aura tout le temps
« voulu pour s’organiser et produire le maïs
« nécessaire.
« M. Bernard demande s’il sera possible
« d’avoir du maïs toute l ’ année, le maïs pro« venant de France étant de mauvaise conser« vation.
« M Blondet répond que le maïs peut être pro« duit presque toute l’année à la colonie.
« La suppression du maïs, au tarif d’excep« tion, mise aux voix, et repoussée à la majo« rité...
« XXX. Ouvrages en bois.
u Futailles vides en état de servir, futailles
« vides, non étanches, dites Boucaut.
« Le maintien de l’exemption mis aux voix,
« est adopté à l’unanimité.

COLONIALE
« M. le Président propose d’ajouter à cet
article les sacs de jute, vieux ou neufs, introduits pour emballages â la colonie. Il fait ressortir pour légitimer cette proposition que
l ’exemption des droits de douanes sur cet
article a été accordé aux colonies suivantes :
Madagascar, Réunion, Mayotte, Comores,
Indo-Chine, Nouvelle-Calédonie et dépendances, Etablissements français d’Océanie.
u Les fabricants de sucre de la colonie ten« dent à substituer ce mode (l'emballage aux
i&lt; futailles vides, non étanches, dites boucauts
» qui, elles-mêmes, sont exemptes de tout
u droit.
« Cette proposition, mise aux voix, est adop&lt;i tée à l’unanimité.
« M. le Président présente un vœu pour
« l ’admission en franchise de tous les produits
« coloniaux à leur entrée en France.
u M. Duplan dit que cete meéure ne serait
« que justice. Chaque jour la Métropole deman« de à la colonie de nouveaux sacrifices, il sem« ble naturel que de sa part, il y ait réciprocité.
« M. le Président ajoute que la France tend
« de plus en plus à une assimilation douanière
« complète, sauf de rares exceptions.
« Dans cés conditions, il y aurait aussi lieu
« de nous traiter en vrais Français.
il M. Bernard fait observer que la Métropole
u ne vient plus aujourd’hui en aide au budget
« de la colonie et que ce fait devrait être pris
« en considération.
« Mis aux voix, le vœu tendant à l ’admission
« en franchise de tous les produits coloniaux,
« à leur entrée en France, est adopté à l ’una« nimité.
«
&lt;i
«
«
«
«
«
«

Les délibérations entières de la Chambre
de Commerce de la Martinique sont à notre
Bureau de renseignements à la disposition
des intéressés ; nous n’avons pu, faute de
place, n’en donner que la physionomie par
principaux articles.
La discussion a atteint à la Guyane et à la
Guadeloupe une ampleur dont il y a lieu de
vivement se féliciter. Nous publierons les
rapports de M. J. R. Saint-Philippe à la
Chambre de Commerce de la Guyane et celui
de M. le gouverneur Ballot pour la Guade­
loupe.
Voici la lettre par laquelle l'honorable
M. E. Antier, président de la Chambre de
Commerce de la Guyane, a bien voulu nous
adresser les procès-verbaux dont nous extrayerons ces remarquables rapports :
Monsieur le Président,
’ J’ai l’honneur de vous accuser réception de
votre lettre du 13 ma.rs 1909.
Je ne puis que vous remercier de vouloir
prendre en mains les intérêts de notre colonie,
et d’appuyer auprès de la Commissi m des
douanes les modifications réclamées par m

�L’EXPANSION COLONIALE
Chambre de Commerce de Cayenne au tarif
douanier de 1892.
Il serait à souhaiter que l’on comprît que la
prospérité de la Métropole est intimement liée
au développement de la richesse de son domaine
extérieur, et que l’unification n’est pas admis­
sible pour les colonies, sans tenir compte de la
situation particulière de chacune d’elles.
Pour vous permettre, Monsieur le Président,
de mener à bien votre» belle entreprise, et de
mieux soutenir les revendications de notre Com­
pagnie, je vous envoie in-extenso le rapport
présenté à la Chambre de Commerce de Cayenne
dans sa séance du 20 juillet 1908, par M. J. R.
Saint-Philippe, vice-président, au nom de la
Commission chargée de l’étude du projet ue
révision du tarif douanier applicable aux colo­
nies.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’as­
surance de ma considération très distinguée
et de mes sentiments dévoués.
Signé : E. A n t ie r .

CONGRÈS

ET

T O U R IS M E

Congrès des anciennes colonies. — Le Comité
d’Organisation du Congrès des Anciennes
Colonies s’est réuni, le mardi 7 juillet, au siège
de l ’ Union coloniale française, à Paris, sous
la présidence de M. Paul Deschanel, député,
ancien président de la Chambre.
Il a pris connaissance du travail réalisé pour
la préparation du Congrès et des résultats obte­
nus. L’appel adressé par le Comité d’Organi­
sation en faveur de l’œuvre qu’il poursuit a été
entendu : les hautes compétences dont le con­
cours est acquis au Congrès, la participation
morale et l’assistance financière des adminis­
trations locales, l’aide effective et dévouée
apportée par les Comités régionaux fondés dans
les principaux ports : Marseille, Bordeaux, Nan­
tes, etc. ; enfin le nombre des adhésions recueil­
lies garantissent dès à présent le succès du
Congrès des Anciennes Colonies,
Rappelons que le Congrès se tiendra à Paris
du 11 au 16 octobre prochain et que les ins­
criptions sont reçues au secrétariat général, 14,
Cliaussée-dLAntin à Paris, et au Comité mar­
seillais à l’Institut colonial.
Les réductions consenties par les Compagnies
de navigation aux Congressistes des Colonies
dont s’occupera le Congrès sur la présentation
de leur carte de Congressistes sont les sui­
vantes :
,
Compagnie Générale Transatlantique fl igné
des Antilles et de la Guyane) : 5Ü % dans le
sens Amérique-Europe et 35 % dans le sens
Europe-Amérique ;
Compagnie des Messageries Maritimes : 30 %
sur le prix brut des billets simples. Ces réduc­

411

tions sont valables respectivement jusqu’aux
26 et 31 janvier 1910.
Les Compagnies françaises de chemins de fer
accordent, d’autre part, une réduction de 50 %
sur le prix du parcours effectué sur leurs
réseaux.

Tourisme colonial. — L ’Association des An­
ciens Elèves de l’enseignement colonial de la
Chambre de Commerce de Lyon, 8, rue SainteCatherine, organise du 11 au 26 septembre, le
deuxième de ses voyages de vacances. But :
Algérie-Tunisie ; Etapes : Alger, sous ses aspects
anciens et modernes ; le Gorges de la Cliiffa,
abruptes et sauvages ; Timgad, la Pompéi afri­
caine ; la délicieuse oasis d’El-Kantara ; Biskra,
aux sources jaillissantes ; Constantine, aux sou­
venirs glorieux ; enfin, Tunis, capitale indi­
gène du Maghreb, vivante évocation de l’an­
cienne civilisation musulmane et digne abou­
tissement d’un voyage à la fois d’agrément et
d’études.
Pour tous renseignements, s’adresser à Lyon
au siège de l’Association, 8, rue Sainte-Cathe­
rine ; à Marseille, à l’Institut colonial, 5, rue
Noailles.

On sait qu’une croisière pour visiter l ’île de
Madagascar et se rendre compte de ses ressour­
ces s’organise, sous le patronage du Comité de
Madagascar, avec le concours du Gouvernement
général et de la Compagnie des Messageries
Maritimes, dont les services ÿéguliers desser­
vent la grande île et. •qui a consenti des rabais
inconnus sur ses prix habituels de passage, ce
qui a permis d’établir les prix suivants : 2.0UU
francs en première et 1.800 francs en deuxième,
aller et retour, frais de séjour et d’excursions
compris.
Départ de Marseille le 10 août ; arrivée à
Tamatave le 5 septembre. Jusqu’au mercredi
6 octobre, séjour dans l’île : montée à Tananarive par le canal des Pangalanes et le nouveau
chemin de fer ; excursions autour de Tananarive, visite au lac Itasy, descente de la Botsiboca en cannonière jusqu’à Majunga, etc.
Enfin, départ de Diégo-Suarez le 6 octobre, pour
le retour à Marseille, le 26, par la voie mracte
des Seychelles et Aden.
Pour tous renseignements et inscriptions,
s'adresser à l’Office colonial (ministère des colo­
nies) Palais Royal (Ior), et au Comité de Mada­
gascar, 44, rue de la Chaussée-d ^ntm, Paris.
Les touristes faisant partie de la croisière
pourront obtenir des billets d’une gare quelcon­
que de France à Marseille, aller et retour avec
une réduction de 50 % en première et deuxième
classe.

�L’ËXPANSION COLONIALE

412

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d'émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
(g a r .)..................................
457 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 fr ..........
437 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500........
500 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
(g a r .)..................................
80 —
90 50 Madagascar, obi. 2 1/2 (gar.)..
80 —
94 —
—
Em. 3 o/o 1903 (gar.)
91 —
450 — Indo-Chine, cbem. de fer obi-.
3 1/2o/o,1899-1905 .............
468 —
------ obi. 3 o/o 1902.........
416 —
480 — Emprunt Algérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p .. ..............
442 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897.....................................
970 987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895........
966 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2o/ol898i.....................
465 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .....................
461 —
492 50 Col. de la Martinique..........
467 —
470 — AfriqueOccident.,.7 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (gar.).............
451 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500.. 516 —
BANQUES COLONIALES
E T E T A B L IS S E M E N T S FIN AN C IERS
Divers Cic Algérienne, act. de 500 t. p. 1041 —
500 — Créd. Fonc. d'Alger et Tunis..
486 —
lib.
498 Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p .....................•......... 1029 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.)..................
375 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)...................................... 1100 —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n .)............................
720 500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n ) ................ •...
350 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. nom .).......... 1460 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
638 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1200 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ..........................
66 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 .............................
154 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350................................
130—
CHEMINS D E F E R AL G É R IE N S
E T CO LONIAUX
500 Cio Bùne-Guelma, a. r. à 600..
677
Divers
—
obi. 3 o/o r. 500.
439
500 Est Algérien, act. r. à 600....
700
Divers
—
obi. 3 o|o r. à 500 428
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
651
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 435
-- -- Aïn Thizy-Mascara, obi. 3 o/o
rem. à 500...........................
424

—
—
—
—
-

340 —
— —
330 —
500 —
500 —
417 —
443 —

Mécheria-Aïn-Sefi'a. obi. 3 o/o
rem. à 500...........................
427 —
Mouzbab-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500.........................
425 —
Mostaganem-Tiaret, obi. 3 ô'o
rem. à 500.................
426
—
Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan, act. 500,
250 fr. nom .........................
500 —
Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650.............. 1145 —
Chem, de fer garant, des colo­
nies franç., obi. 3 o/o r. à 500 392 —
Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’Etat.........
424
—
V ALE URS M IN IÈ R E S

------Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ..................................... 1500 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem. à 500...........................
500 —
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p...........................
460 —
477 50 Algérie-Tunisie (Omn.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500.............
465 —
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ...............................
509 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1650 —
500 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ................................ 1585 —
Divers
Le Nickel, act.de 250 t. p......
679 —
445 —
—
obi. 4o/orem. à 500.
501 —
------Saint-Elie, act. de 500, t. p ...
59 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p ..............................
81 —
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500...........................
481 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ...........
3795 —
------Phosp. et Ch. de Gafsa, parts... 3400 —
V ALE URS COLONIALES FRANÇAISES
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale...............(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale............. (actions nouvelles).. 2520 —
Cie Marseillaise de Madagascar.....
495
—
Alim a,.....................................
100 —
Alimaïenne.....................................
150
—
Congo occidental..................
150 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
450—
Haute Sangha.....................
169 —
Haut-Ogôoué..................................
550
—
La Kolto.............................................. ‘ MS —
Messageries Fluviales du Congo.......'..
2t55—
Sultanats du Haut-Oubangui................
880 —
Compagnie minière deGuinée: act......
147 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
148—
Compagnie de l’Ouest africain français,
act.............
621 —
Société cotonnière de l’Indo-Chine.......
230 —

■Le Président de l’Institut, Gérant :

Adrien ARTAUD.
Im prim erie du “ Sém aphore” Barlatier .— Marseille.
17-19, rue Venture.

�SERV ICES POSTAUX MARSEILLE-COLONIES
D é p a rts de M a rs e ille
DATES DES DEPARTS DERNIÈRE LEVÉE
DE MARSEILLE

A lg é rie
Départements

»
»
»
»

d’Alger, d’Oran cl Voie deMarseille
„
.
,,
C'eG^Trans
de Constantine
et d A lger...)
d’Alger ...
Voie deMarseille, Transp. Mar.
»
Ci0Touache.
o
d’Oran.........
»
CicGleTrans.
ï
......
»
Transp.Mar.
»
Q!e Trans.
de Constantine

Indo-Chlin e .
A f r i q u e O c c id e n t a le
F r a n ç a is e

manche . . : ..................

11 li. mat.
3 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
3 h.20 soir.
3 h. 20 soir.
10 h .30 m
3 h 20 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
10 h . 30 m.
11 li. mat.
10 h. 30 m.
10 h. mat.
10 li. soir.

1 li. soir
6 h. soir
m idi....
5 h. soir
5 h . soir
midi___
5 h . soir
m idi___
midi ...
m idi... •
I h. soir
m id i....
II h. mat

Voie de Bordeaux, C‘ e des Cliarq. tlcun. 24 de chaque mois. 6 h. 35 soir.

S é n é g a l ............................j
D jib o u ti, M a d a g a s c a r,!
R é u n io n e t M a u r i c e I
D jib o u t i, M a j u n g a . . . .
N o u v e ll e - C a lé d o n i e
e t N o u v e lle s -H é b r id e s !
In d e F r a n ç a i s e ............
G u a d e lo u p e
et M a rtin iq u e

DEPARTS
DES BATEAUX

Hardi, Mercredi, Vendredi, Di­

Mercredi et Samedi.
Jeudi.....................
Jeudi et Samedi....
Mardi....................
Mardi.....................
Mardi.................
Samedi..................
»
Cie Touaclie. Jeudi.....................
»
C'*G,&lt;’Trans. Lundi, Jeudi et Vendredi........
»
C'c Touaclie. Mercredi................
Samedi..................
»
»
»
Cie des M. M. Un dim. sur déni à p. dn 3 janr.
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi ap. d. de Marseille . .

T u n is ie .

DE LA BOITE

1

G u y a n e F r a n ç a is e ..

Voie de Marseille, Transp. Mar. 10, 20 el 30 de cliaque mois..
Yoicde Dorileaus à Lisbonne, C ' 0 des M. M. Le Jeudi, l . l . l i j . à p. du l or janr.
10 de chaque mois
Voie deMarseille,
»
»
»
»
, 25
»
Cie Havraise Vers le 2 0 de chaque mois.
Voie deMarseille, Ci&lt;’ des M. M. Un dim. sur quaire à p. du 17 janv.
Voie de Brindisi
! paq. Anglais. Chaque Vendredi ..
ou Naples..
Voie de Marseille, Cie des M. M. Un Mercredi sur 1 à p. du 13 jani.
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi ap.-midi.
Voie de St-Nazaire, CiPGle Trans. 9 de chaque m ois..
26
»
Voie de Bordeaux,
»
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. LeSlercr., 1.1.14 j. àp. du 6 janr.
Voie de St-Nazaire, CipGlc Trans. 9 de chaque m ois..
Voie d’Amsterdam, paq. N ée rl.. Veadr.,1.1. U jours à p.du 8 janv.
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le llercr., 1.1.44 j. à p. du 6 janv.

10 h. 30 m.
6 li. 35 soir.
10 h. mat.
10 li. mat.
mat. ousoir.
10 h. mat.

midi.
11 h. mat..
11 h. mat..
11 11. mat..

10 h. soir. 11 h. 30 s.
10 h. mat. 11 h. mat.
10 h. soir. 11 h. 30 s.
l’avant-ieillc soir,
la icille au s o ir..
l’ai.-Teille malin,
l'avanl-ieille soir,
la icille au soir.,
l'a i. -Teille malin.

T a h iti
j Voie Le Havre et Cherbourg
par New-York
S t-P ie rre -M iq u e lo n |

A rriv é e s à M a rs e ille
A lg é rie :

A lger...........................
Constantine par Philippeville et Bône....... .
Oran...........................

Lundi, Mercredi, Vendredi, Samedi .

T u n i s i e ............................

Mercr., Vend., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jours.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 semaines.
Tous les 28 jours.
Chaque Samedi.

In d o -C h ine
N o u v e ll e - C a lé d o n i e .

Voie de B rindisi......

Lundi, Mardi, Jeudi, Samedi. . . .
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

R é u n io n , Madagas­
c a r et Dj ib o u ti. .

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
que, G u y a n e :

Voie de Saint-Nazaire.
Voie de Bordeaux......
Voie d’Angleterre

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les 11 jouis.

A f r i q u e O c c i d e n t a le :

Voie de Bordeaux.
Voie de Liverpool......

Tous les 14 jours.
Emiron toutes les 2 semaine*.

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Ville, à proximité de la Cannebière, de la Bourse et des grands hôtels, se charge de toutes
opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
En relations directes et continues avec l ’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur les principales Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l ’Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C I É T É G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° S o n s e r v i c e é t r a n g e r qui achète et vend des monnaies ou billets de tous pays ;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2° S e s s e r v i c e s d e B a n q u e qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de tonds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commercé.
3° S e s s e r v i c e s d e T i t r e s e t C o u p o n s qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
4° S o n s e r v i c e s p é c i a l d e s C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la

disposition de sa clientèle, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
5" S o n s e r v i c e c o m m e r c i a l traitant toutes opérations
et sur documents, consignations, etc., etc.

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ja r d in e s , Thon, Poissons)

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R

u e

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et de la haute Société Française et Étrangère
IM P . DU bE M A P H O H E -

U A H L A T IE H -

M A K » b lt.k fc

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES

A rt . 2.
Cette association a pour but l’étude, la dé­
fense et le développement des intérêts généraux
de la colonisation française et spécialement
l'extension des rapports de la région marseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notamment de re­
cueillir et de centraliser tous documents et ren­
seignements utiles, de rechercher les principes
à observer, les méthodes à appliquer, d’exami­
ner et de provoquer toute mesure d’ordre légis­
latif, administratif ou économique qui lui pa­
raîtrait de nature à favoriser les intérêts que
mettent en jeu les rapports de la métropole avec
les colonies.
,
A r t . 3.
L ’Institut colonial Marseillais
comprend
deux catégories de membres.
La première catégorie est celle des membres
titulaires et comprend :
Les membres de droit ;
Les membres sociétaires fondateurs ;
Les membres donateurs ;
Les membres adhérents.
Les membres de droit sont les délégués de la
Chambre de Commerce de Marseille, dont le
nombre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les membres sociétaires fondateurs et dona­
teurs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œuvre de l’Institut colonial,
lui donnent un concours financier important.
La deuxième catégorie est celle des membres
correspondants ; ceux-ci sont agréés par le Con-

Services de l’Institut :
Tiez-de-Chaussèe : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
1er étage : Musée Colonial.
,?me étage : Secrétariat général et Bureaux de
l’Institut, Bureau de Renseignements.
Rédaction de 1’ « Expansion Coloniale ».
Cours coloniaux •
Directeur : M. le Dr H eckel.
Produits végétaux coloniaux.
M. H. Jumelle .
Produits animaux et parasitologie des plantes
et des animaux.
M. Jacob DE CORDEMOY.
Minéralogie et Géologie coloniales.
M. Lr L aurent .

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontanément, soit
sur sa demande, tous renseignements de nature
à seconder l’œuvre coloniale de l’Institut.
A r t . 4.
Toute personne qui voudra faire partie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa demande au Président.
La demande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le Pre­
sident soumet la demande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a­
vance et acquises à la Société, en cas de démis­
sion en cours d’exercice.
Toute démission devra être adressée au Pré­
sident par écrit.
Le non paiement de la cotisation, pendant
deux années consécutives, entraîne de droit la
radiation.
Pour être membre sociétaire fondateur, il
faut payer :
1° Un droit d’admission de 1.000 francs au
minimum ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
minimum.
Pour être membre donateur il faut payer :
1° Un droit d’admission de 500 francs au mi­
nimum ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
minimum.
Pour être membre adhérent, il faut payer une
cotisation annuelle de 30 francs au minimum.

Histoire et Géographie Coloniales.
M. P. M asson .
Législation et Economie Coloniales.
M. H. Babled.
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynauil
Cultures coloniales. — Jardin colonial.
M. V. Davin .
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’Institut Colonial de
Marseille ».
Institutions connexes :
2me étage : Société de Géographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance Française.
3me étage : Syndicat des Exportateurs.

Comité de rédaction de « l’Expansion Coloniale »
MM. Ad. F o uqu e , P résid en t de la Com m ission du Musée C om m ercial et du Bureau de R ensei­
gnem ents ; Lou is Y t i e r , V ice-Présiden t : Jacques L é o t a r d , Secrétaire ; P a u l M a s s o n , P r o ­
fesseur à l ’Institut, M em bre du Conseil. — M, E. M o r ic e a u , S ecrétaire g én éra l de l ’Institut.—
M. Auguste Gi r y , ancien D irecteu r-A djoin t dé l ’E xposition colon iale.

Marseille. — Imprimerie du Sémaphore.

B a r l a t ie k .

rue Tenture. 17-19

�SAVON
de la

BONNE MÈRE

lm p. du Sémaphore - B arlat/e r - Marseille

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3mo Année. — N11 22

Le Numéro : 50 centim

1er Septem bre 1909

L’EXPANSION COLONIALE
B

U

L

L

E

T

I N

D E

L’INSTITUT COLONIAL MARSEIL
PA R A IS S A N T

LE

1 er

DE

C H A Q U E

MOIS

S O M M A I R E
P AG E S

L’Industrie Frigorifique a u x colonies, p a r M.
M o r ic e a ü ...................................................
413
In stitu t colonial m arseillais
B ureau de R enseignem ents...........
415
C inquièm e jo u rn ée m a r i t i m e ......
416
Comité m arseillais des congrès coloniaux .
Musée com m ercial: E xposition de caoutchouc.

ABONNEMENT

416
416

La Tunisie agricole, par M. A. R ouquerol . . .
Le Régim e douanier colonial..................................
Actes coloniaux officiels ..........................................
A vis d 'a d ju d ic a tio n ..................................................
Marché des produits c o lo n ia u x ..............................
Marché des valeurs c o lo n ia le s...............................
Services p o sta u x Marseille-Colonies.

: F r a n c e e t C o l o n ie s ,

Rue

N o a ille s ,

5

—

6

fr a n c s

T é lé p h o n e

MARSEILLE

; É tranger,

3 6 -9 0

8

francs.

420
422
426
426
427
428

�IN ST IT Ü T

C O LO NIAL

M A R SE IL L A IS

Fondé sons le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
P résid en ts d’h on n eu r :

MM.
Le Gouverneur
Le Gouverneur
Le Gouverneur

Française.

MM.
général de l’Algérie.
général de l ’Indo-Chine.
général de l’Afrique Occidentale

Le Gouverneur général de M adagascar.
Le Résident général de la République Française

à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée.

Le
Le
Le
Le
Le

P réfet des Bouches-du-Rhône.
Maire de Marseille.
P résident du Conseil général.
R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de

l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

M em bres fo n d a teu rs :

MM.

Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Bergassè . H. et C”. — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — CharlesRoux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie, des Che­

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.

— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C”. — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (Dr),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

M embres d o n a teu rs :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Bercer , C. — Chabrières , Morel et C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraipsinet &amp; C"). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien F abre &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
féraud , Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. P avin de I. afarge. — Rastit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odiugues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Ussi .aub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Za rifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.
M. E strine , Lucien, Président de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
Président : M. Artaud, Adrien, Membre-Secrétaire
Sémaphore ; F ouque, Adolphe, Président hono­
de la Chambre de Commerce.
raire du Syndicat d ’initiative de Provence.
Vice-Présidents : MM. le D’ FIeckel , DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président
Trésorier : M. Allemand, I., Membre de la Cham­
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
bre de Commerce.
Chef d u Service Colonial ; le C” Armand,
Trésorier-Adjoint : M. Laplane , J.. DirecteurAlbert, premier Vice-Président de la Chambre
Adjoint du Comptoir National d’Eseompte de
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
Paris à Marseille.
lais de la Marine Marchande ; B ohn, Frédéric,
Membre de' la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie F ran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
M em bres :

MM.

Allest , J. (D’), Administrateur-Délégué de la Com­

pagnie Générale Transatlantique.

Arnaud. Lucien, Minotier.
Bergasse , Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie Marseil­

laise de Madagascar.

B lanc, E.. Directeur de l’Exploitation de la Com­

pagnie des Messageries Maritimes.

Bourdillon, A., Arm ateur.

Rry, G., Doven de la Faculté de Droit d ’Aix.
Dufay, H., Ancien Vice-Président de la Ch-de CornDufour, Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, J .Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E s t i e r , Nicolas, ancien Président du Conseil g én é­
ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
Girauq , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet. Jtouis, Président du Syndicat des
Négociants en cafés.
J oannon. A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
J ourdan. Félix, Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.
Léotard. Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géotrrauhie.
L ombard. Emile, Vice-Président de la Ch.de Corn-

MM.

Martin -Laval, F., Vice-Président du Syndicat des

Exportateurs.
Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­
titut colonial.
R astit , Henri. Industriel.
R astoin , Président de la Société, p o u r la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
R odrigues-E ly, Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux. François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub, Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, Ancien Membre de la Cham­
bre de Commerce.
Ytier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Zarifi , Périclès, Banquier.

Lévy, Clément. 1" Adjoint au Maire de Marseille.
Delibes , .T., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi. Clément. Délégué du Conseil Municinnl.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire général : E. Moriceau, Administrateur
en chef des Colonies en retraite.

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désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
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présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3me étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
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met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
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Artaud, frères (J.-B et A.J, rue Plumier-Prolongée,
Produits d’Alimentation, Vins, Spiritueux, etc.
Augusto cadet, 15, rue du Terras, Chaussures.
Banque de l’Afrique Occidentale, 78, rue de
Provence, (Paris), Banque Coloniale.
Baron, E. et Ch., 386, Boulevard National, Huiles
Minérales.
Belljens et Guenebaud,8i, rue Grignan, Miroiterie.
Biétron, E., 9, rue de l’Arc, Fromages, Beurres,
Salaisons.
Biqourdan, frères, Luchon (Haute-Garonne) Cons.
Alimentaires.
Boissonnas et Détaillé, 21, rue Noailles, Photo­
graphies.
Bouchard, fils aîné, 19, rue S‘-Sépulcre, Conserves.
Carrct, J. et ses fils, 6, Quai de la Tourette, Pâtes
Alimentaires.
Cartonneie St-Charles, 9, rue Guérin, Boîtes et
Articles divers.
Cauvet, Lambert et Ci0, 20, rue de la Conception,
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Cassoule, P., 16, rue Friedland, Dattes, Alimen­
tation.
Chazy, Mulzant et 0° (Vilkefranche-sur-Saône),
Pansements et Cotons.
Carnaud, J., 36, rue de Village, Boîtes métalliques.
Coda, J., 4, rue d’Arcole, Meubles de Style.
G'le Française de l’Afrique Occidentale, 46, rue
Breteuil, Commerce Colonial.
C10 Générale des Pétroles, 2, rue Fongate, Huile de
Pétrole et Dérivés.
C'° du Gaz et de l’Electricité, rue Montgrand.
Cie des Messageries Maritimes, Place Sadi-Carnot,
Compagnie de Navigation.
Cle N. Paquet et Cie, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
gnie de Navigation.
Ci0 de Produits Fixator, rue de Mondovi (Paris),
Lait, Chocolat.
De Queylar et fils, 18, rue des Princes, Verreries.
Ecole de Provence, 15, rue des Princes, Ensei­
gnement.
Empereur, A., 4, rue des Récolettes, Quincaillerie
générale.
Eugster, A., rue Nicolas, 24, Perles, produits divers
pour l’exportation.
Estrangin, 42, rue Montgrand, Eau de Pioule.
Estrine et C'e, 18, rue Colbert, Compagnie de
Navigation Péninsulaire et Orientale.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, Peinture.
Fichet, 19, Allées de Meilhan, Coffres-forts.
Fougeret, A., 25, rue de la Palud, Entreprise de
nettoyage.
Fouque, A., 1, Allées de Meilhan, Tuileries,
Etablissements P. Sacoman,.
Get, frères, Bevel (Haute-Garonne), Pipperm int
Get.
Got et David, 3 et 5, Quai de la Fraternité,
Restaurant Basso.
Gros, E., 196, rue Paradis, Minoterie.
Guiraud et Cie, 7, Quai du Canal, Imprimerie.
Heudebert, Ch., 85, Boulevard Saint Germain
(Nanterre), Produits Alimentaires de Régime.

Honnoral, L., 30, rue du Baignoir, Verrerie.
Karsenty fils et 0°, 137, rue de Rome, Tabacs.
Laffite, J. N., 22, rue Cannebière, Chaussures.
Lalrille, J., fils, Bordeaux, Vins de Bordeaux.
Lejeune frères (Vinh, Annam), chez MM. Dufay,
31, rue Saint Jacques, Produits d ’Indo-Chine,
Caoutchouc, etc.
Lombard, E., 12, rue Breteuil. Produits Chimiques.
Magnan frères, 19, rue Paradis, Cocose.
Mallet, L, Boulevard d ’Accès, Matériel d ’Entrepreneur.
Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Sakakini.
Massai (veuve), 50, rue de Rome, Graines et
Semences.
Monnier, Ai., 36, rue de Rome, Corsets.
Montel et Cie, 94, Avenue du Prado, Modèles de
Voitures ou Auto.
Mossc, A., 2, rue Cannebière, Optique.
Mouriès frères, 15, rue Breteuil, Lièges et Caout­
choucs.
Mutuelle de France et des Colonies, 1, rue Stella,
(Lyon).
Nel, Fortuné, 27, rue de la Darse, Appareils
sanitaires.
Nugue, M., 14, rue d’Italie, Glaces et verres.
Pascal et Baldy, 21, rue Grignan, Casques
insolaires &amp; chapellerie.
Pasero, H. et C'°, 18, Avenue de la Capelette,
Graisses, Huiles et Saindoux.
Pellegrin, SaMette-les-Bains, Casino et Hôtel.
Pellen, J.-B., 1, Place aA ix, Quincaillerie
Pitt, F., 56, rue Saint-Ferréol, Fourrures.
Pàns, J.-B. et Cie, 2, rue Jemmapes, Appareils
Sanitaires.
Radius, G., 26, Place Vendôme (Paris), Essence
de Romarin, Produits Agricoles.
Bastit, H., 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
des Corps Gras, etc.
Rocca, Tassy et de Roux, 26, rue Montgrand,
Graines Oléagineuses et Dérivés.
Rôdel et fils frères, rue du Jardin Public,
(Bordeaux), Conserves Alimentaires.
Rouquette, L., 20, rue de la Darse, Biscuits pour
la Marine.
Rousseau, J. M., 83, rue de la Darse, Broderie et
Lingerie confectionnées, de Madère.
Société Anonyme des Chaux et Ciments RomainBoyer, 5, rue Cannebière.
Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue
de la République, Compagnie de Navigation.
Société Générale des Peintures Sous Marines,
2, rue Corneille.
Société Nouvelle des Raffineries Saint-Louis, 3, rue
République, Sucre.
Syndical de Garantie des Industriels Français,
(Girard, 167, rue de Rome), Assurances, Acci­
dents.
Spanjaard, A., 7, Place Saint-Ferréol, Linoléum,
Toiles Cirées, etc.
Serène et Cic, 45, rue Saint-Bazile, Liqueurs et
Spiritueux.
Silvan, aîné, 30, Boulevard de la Paix, Courroies,
Cuirs.
Yinatié, 102; rue d’Italie, Boîtes métalliques.
Virgitti, 14, rue Paradis, Vins de Champagne.
Ytier, L. et Cie, 27, rue Pavillon, Assurances
Maritimes.

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Troisième Année.

N° 22

1er Septembre 1900.

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

L'INDUSTRIE FRIGORIFIQUE
A U X C O L O N IE S
Les merveilleux résultats obtenus dans les
colonies australasiennes, en Argentine,aux
Antilles anglaises, aux Etats-Unis, etc., par
l’emploi des frigorifiques pour le transport
des denrées périssables, sont de nature à ap­
peler sérieusement l’attention du public en
France et dans nos colonies sur cette très in­
téressante question.
Tout le monde sait que c’est à un Français
M. Tellier, qu’est due la première expérien­
ce du transport des viandes congelées de
l’Argentine au Havre. Depuis, les autres na­
tions nous ont considérablement devancés
dans la voie que nous avions ouverte. Com­
me d’habitude, nous sommes restés fidèles
à la devise : sic vos, non vobis...
Le renouvellement prochain des contrats
de navigation entre la France et la plupart
de.ses colonies arrive à point pour faire profi­
ter ces dernières des procédés pratiques, et
peu coûteux en somme, au moyen desquels il
est actuellement possible de transporter des
produits très abondants chez elles et dont la
consommation en France serait d’un grand
secours pour améliorer l’alimentation de nos
compatriotes peu aisés.
Il faut espérer que l’installation de frigo­
rifiques, sur les navires qui seront affectés
aux communications entre la métropole et
ses colonies, sera réclamée dans les nou­
veaux cahiers des charges et que M. le
Ministre des Colonies sera consulté sur les
obligations que devront remplir les adjudi­
cataires, en ce qui concerne le commerce
avec les colonies.
Il est singulier, en effet, que le départe­
ment des colonies ait été jusqu’ici tenu
à l’écart de la préparation des cahiers des
charges qui semblent d’ailleurs uniquement
destinés à prévoir le transport des courriers
et des fonctionnaires.
Le commerce métropolitain, ainsi que le
commerce colonial ont tout à gagner à don­
ner leur avis sur les conditions du transport
des marchandises, ainsi que cela se pratique
pour les Compagnies de chemins de fer ;
c’est surtout dans le but de développer le
commerce que la nation subventionne les
Compagnies de navigation ; le transport des
courriers, celui des fonctionnaires ont, cer­
tes, leur importance, mais de ce qu’un wa­

gon-poste est attelé à un train même rapide
de, voyageurs, il n’en résulte pas que ceux-ci
constituent une quantité négligeable.
Quoiqu’il en soit, il est utile d’indiquer
brièvement les avantages considérables que
la métropole aussi bien que les colonies doi­
vent tirer de l’installation de frigorifiques à
bord ne nos paquebots.
Lofs du Congrès international du froid,
qui a été tenu à Paris, en octobre 1908, M.
Grfuvel, maître de conférences à la Faculté
des Sciences de Bordeaux et le promoteur
des pêcheries de Mauritanie, a fait ressortir
que les denrées conservées par le froid n’oc­
cupent en France qu’une place très restrein­
te, alors que l’Angleterre a reçu en 1907 pour
plus d’un milliard de francs de denrées fri­
gorifiées, venues d’Australie, de la NouvelleZélande, de l’Argentine, des Antilles an­
glaises et des Etats-Unis.
La consommation de ces denrées frigori­
fiées ne remonte chez nos voisins qu’à un
très petit nombre d’années ; elle s’est déve­
loppée, en ce qui concerne les viandes de
bœuf, sans causer ie moindre préjudice à
l’élevage de la Grande-Bretagne, parce que
ces.denrées sont surtout achetées par les clas­
ses peu aisées qui étaient privées, jusqu’à
l’arrivée des viandes congelées, d’un aliment
que son prix mettait hors de la portée des
bourses peu garnies.
Il en sera évidemment de même en France
et le jour où l’ouvrier, le petit employé
pourront acheter à bon compte les excellen­
tes viandes de bœuf que l’on peut trouver en
Afrique occidentale, à Madagascar, les
viandes de porc que l’Indo-Chine peut four­
nir en abondance, les moutons d’Algérie et
de Tunisie, les poissons et crustacés de la cô­
te Occidentale d’Afrique, de Madagascar, des
côtes de l’Algérie et de la Tunisie, etc..., il
n’y a point de doute que la consommation de
ces denrées se développera dans de très
grandes proportions, et il n’y a pas à crain­
dre aucune diminution dans l’élevage'natio­
nal, puisqu’aujourd’hui les petites bourses
no lui demandent presque rien, à cause de
la cherté de ses produits.
Los fruits tropicaux dont la consomma­
tion augmente constamment : bananes, ana­
nas, citrons, etc., seront encore l’objet d’u­
ne sérieuse consommation.
Le commerce français trouvera son avan­
tage à expédier aux colonies en frigorifiques
des quantités de marchandises qui n’y par­
viennent que sous forme de conserves ou
même pas du tout, les beurres, les fromages,

�414

L’EXPANSION COLONIALE

le lait, les fruits d’Europe, les huîtres, les les barbadines et tant d’autres sont d’une
légumes, les gibiers, les vins de faible te­ qualité exceptionnelle ; d’autre part, ces co­
neur en alcool, la bière en fûts, les pommes lonies sont un important débouché pour le
de terre, les cidres, poirés, etc. Combien de lait, le beurre, les fromages, etc., surtout
produits sont gâtés en cours de route par les pour les morues'dont l’importation en frigo­
attaques des insectes : le blé, le riz, l’orge, le rifique éviterait les nombreux risques rie
maïs sont attaqués par les charançons, qui putréfaction qui élèvent le prix de revient
causent ainsi clés pertes immenses au com­ d’une'marchandise de grande consommation.
merce et à l’administration. La chaleur des
L’Indo-Chine importerait des viandes de
cales en favorise le pullulement ; or, ces bes­ veau, de mouton et d’agneau, des légumes,
tioles ne peuvent vivre dans les cales réfri­ de la bière en fût, du beurre, des fromages,
gérées.
des grains alimentaires, des farines Telle ex­
Mais il ne suffit pas d’avoir des bateaux fri­ porterait sur Manille et les colonies étran­
gorifiques, il faut que des entrepôts- frigo­ gères voisines des viandes de boucherie, et
rifiques soient établis dans les principaux sur la France, des viandes de porc, des vo­
ports d’escale de nos colonies. Ces entrepôts lailles, des œufs, rlu' gibier, de l’albumine,
devront répondre à deux buts. Assurer la des poissons frais, de nombreux fruits.
conservation des denrées venues d’Europe,
L’Algérie et la Tunisie auraient tout inté­
en attendant leur vente, et d’autre part, per­ rêt à envoyer en France les bœufs et mou­
mettre la conservation des denrées de la co­ tons abattus, la valeur de leur viande serait
lonie, destinées à l’Europe, en attendant le augmentée de tout ce que les voyages, le sé­
passage des navires frigorifiques. Il faut jour à bord, etc., leur fait perdre en poids et
aussi que des moyens appropriés assurent en qualité.
dans de bonnes conditions, le transport des
Pour ce qui est du caoutchouc dans nos
denrées de terre à bord et vice versa. Enfin, grandes colonies, ne peut-on prévoir un jour
il faut que ces denrées trouvent à l’arrivée à expédier en France, en frigorifique, des la­
Marseille ou dans les ports de destination tex, où on les traiterait industriellement ; le
des entrepôts frigorifiques pour les recevoir froid retardant leur coagulation permettrait
et des wagons frigorifique? pour les appor­ un traitement scientifique qui fournirait des
ter sur les lieux de consommation.
produits de première qualité.
La collaboration des pouvoirs publics, des
Le problème, si complexe qu’il paraisse
au premier abord, a été résolu victorieuse­ colons, des industriels, des commerçants,
ment aux Etats-Unis, qui sont à la tête des des Compagnies de navigation est nécessaire
industries frigorifiques, en Angleterre, en pour doter la France et ses colonies des ins­
Allemagne, en Argentine, au Danemark, en tallations frigorifiques indispensables, à une
Hollande, etc., et l’on ne voit pas la raison époque où les préoccupations de l’hygiène et
pour laquelle, il n’en serait pas de même de l’amélioration du sort du plus grand
nombre sont au premier rang chez les na­
dans notre pays.
Quelques chiffres ne sont pas inutiles pour tions civilisées.
Le froid, en supprimant les antiseptiques,
donner une idée de l’importance que peut
atteindre le commerce .des denrées frigori­ constitue un moyen hygiénique de premier
ordre pour la conservation des denrées ali­
fiées entre les Colonies et la France.
L’Afrique occidentale demande en France mentaires dont il n’altère ni les goûts ni les
pour 1 million et demi de denrées alimen­ qualités. De l’application rationnelle du
taires en conserves ; elle peut exporter des froid aux moyens de transport dépend cer­
ananas, des bananes, des poissons et crus­ tainement un trafic considérable nouveau en­
tacés, sans compter les maïs, les huiles de tre la métropole et ses possessions, portant
palme qui resteraient solides dans les cales principalement pour ces dernières sur la
frigorifiées ; elle pourrait exporter tous les viande et les fruits recherchés en terre loin­
ans, la viande de 30 à 35.000 têtes de gros taine par les Européens.
L’exemple des nations qui se livrent à ces
bétail représentant un fret de 6 à 7.000 ton­
transports est probant ; il prouve à l’évidence
nes.
A Madagascar, le chiffre des bêtes à cor­ les immenses avantages qui découlent des
nes s’élève à près de 4 millions de tètes, sur industries frigorifiques : les énumérer tous
lesquelles la viande de 50 à 60 mille têtes serait dépasser le cadre de cet article.
Le Français en général se nourrit mal ; il
au moins pourrait très facilement être ex­
portée tous les ans, cela représenterait un fret ne consomme que 35 kilog. de viande pal­
de 10 à 12000 tonnes environ ; le gibier d’eau an, alors que l’Anglais en mange 51 k. 235, le
abonde dans la grande île ainsi que les pois­ Danois 52 k. 500, le Prussien 46 k. 500, l’A­
sons de mer et d’eau douce, les tortues, etc., méricain 40 k. ;&lt;chez nous le prix de la vian­
les bananes constitueraient aussi un très sé­ de s’élève constamment, la consommation
rieux élément de commerce.
de chaquG Français ne peut donc que dimi­
A la Réunion, aux Antilles, les fruits des nuer encore.
tropiques sont particulièrement savoureux
M. de Loverdo a très bien fait ressortir
et abondants ; les bananes, les mangues, les au Congrès du froid, que l’élevage national
oranges, les citrons, les pommes cannelles, est à la merci des intermédiaires ; comme au

�L’EXPANSION COLONIALE

415

Aux Etats-Unis, la menthe est cultivée
moyen âge, les transactions sont encore ba­
sées sur les animaux vivants, de sorte que la dans les Etats de New-York et d’Indiana,
viande, aliment indispensable pour le main­ principalement dans le Michigan. Elle se
tien de l’énergie de la nation et de l’armée, plaît dans les anciens terrains marécageux,
tend de plus en plus à devenir une denrée de mais pousse bien aussi dans les terres éle­
luxe. Les viandes frigorifiées, soit dans les vées.
1.000 k. de feuilles sèches donnent 3 k.
abattoirs de France, soit importées de nos
colonies ou de l’étranger, sont seules capa­ 250 gr. d’huile brute d’une valeur variant
bles d’apporter un remède à un état de cho­ entre 7 fr. 80. et 11 fr. 25 le kilo, suivant
qualités ; la production par hectare peut va­
ses déplorable.
11 appartient à notre grand port de Mar­ rier entre 13 k. 600 et 56 k. 750.
On extrait de cette huile le menthol, dont
seille de s’intéresser à une industrie nouvel­
le dont il tirera lui-même le plus grand pro­ Tusagc est assez répandu et le prix assez éle­
fit ; ses relations avec les colonies lui en vé. Il serait intéressant d’étudier la culture
font un devoir et nous souhaitons bien vive­ de. cette plante sur quelques points de l’Al­
ment qu’il apporte à la solution de cette gérie. Le Japon a exporté, en 1904, 86 tonnes
question vitale l’énergie et l’intelligence ; d’huile pour une valeur de 4.300.000 francs.
En 1906, les Etats-Unis ont exporté 66 ton­
dont il a donné tant de preuves.
nes pour une valeur de 2.500.000 fr.
E. M oriceau.
Ce n’est donc pas une culture à dédaigner,
car la France consomme une importante
quantité d’huile de menthe et de menthol.
3. — M. Boisset, agent consulaire de Fran­
ce
à El Ksar el Kébir (Maroc), a demandé à
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
être mis en relation avec une maison de
Marseille s’occupant de l’importation des
1. — M. S..., a demandé des renseigne­ œufs, dont la région qu’il habite produit des
ments sur la valeur de quelques fibres colo­ quantités très importantes. Les renseigne­
niales, dont il désirerait entreprendre la cul­ ments nécessaires lui ont été fournis.
ture aux Comores.
4. •—• M. H..., de Marseille, a désiré con­
Déjà des plantations de chanvre de Mau­
la manière de fabriquer l’albumine
rice (fourcroya gigantea) ont été entreprises naître
des
œufs.
Il croit qu’une usine établie dans
à Anjouan et donnent dé bons résultats. La la région de
ferait d’excellentes af­
préparation des fibres de fourcroya est assez faires, car le Bagdad
pays produit une très grande
délicate et demande à être surveillée de près, quantité d’œufs,
la distance d’un port et
car les fibres mal préparées sont également l’insuffisance des que
moyens
de transport 11e
mal payées.
pas d'exporter.
La culture des plantes à fibre se répand de permettent
séparation des jaunes et des blancs,
'plus en plus dans les colonies Allemandes et lesAprès
premiers sont salés, les seconds sont sou­
Anglaises ; il faut espérer que les résultats mis
à la cuisson pour en enlever l’eau,et l’on
qu’elle y donne encourageront nos colons à obtient
des galettes qui constituent l’albu­
développer leurs plantations de textiles. Les
prix du sizal, du sanseveria, des agaves, se mine 'du commerce.
5. — M. S..., très important propriétaire
maintiennent à un taux élevé, car la consom­
mation de leurs fibres s’étend aujourd’hui à Diégo-Suarez (Madagascar), et possédant
de gros intérêls dans les mines d’or voisines
dans de nombreuses industries.
Des quantités de fibres indigènes, telles des fameux gisements Mortage et Grignon,
que l’hafotra de Madagascar, le sida r.etusa a donné à l’Institut Colonial des échantillons
de la Nouvelle-Calédonie, etc., pourraient de sulfate de baryte au’il croit aurifères.
La baryte forme, dan:-; la région des mines
aussi trouver des acheteurs ; nous avons ap­
pelé sur elles l’attention des colons et serions d’or, des amas très considérables, partout où
très heureux si nos efforts pour faire appré­ on constate sa présence, les quartz sont auri­
cier leur valeur étaient couronnés de succès. fères.
L’analyse de ces minerais a été confiée a
2. — M. B... a désiré connaître si la cul­
ture de la menthe serait possible dans nos M. Berg, le très distingué professeur de Chi­
mie à la Faculté des Sciences, qui les étudie­
colonies.
Les pays producteurs d’huile de menthe ra également au point de vue de la présence
sont les Etats-Unis, le Japon, la France, la possible de minéraux radioactifs.
6. — Nous apprenons que M. Cavle, mem­
Grande-Bretagne et, dans des proportions
moindres, l’Allemagne et l’Italie : les Etats- bre correspondant de l’Institut à TanaUnis et le Japon étant de beaucoup les plus narive, vient d’organiser un service rapide
grands fournisseurs.
par vapeur et par automobile entre Maju.nD’après une étude insérée dans le n° 2 du ga et Tananarive. Nous tenons les tarifs à
vol. VII du Bulletin de l’impérial Institute, la disposition des personnes qui auraient à
le froid, l’humidité, les périodes de longue utiliser ce moyen de communication entre
sécheresse sont préjudiciables aux récoltes. la côte Ouest et la capitale de Madagascar.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

�410

L’EXPANSION COLONIALE

CINQUIÈME JOURNÉE MARITIME
C’est par un temps radieux que s’est effec­
tuée le samedi 7 août après-midi la 5me
.journée maritime mensuelle organisée par
l’Institut colonial ; de très nombreux visi­
teurs, près de 250, ont pris place à bord du
Cannois, tout pimpant et pavoisé, dont le dé­
part pour Planier a eu lieu à 2 h. 1/2 du
quai Sainte-Anne. A la sortie du Vieux-Port,
le vapeur s’est dirigé sur les îles du Frioul,
dont il a longé la côte Ouest, puis sur l’îlot
de Planier, où l’accostage facile permit aux
excursionnistes de débarquer sans encom­
bre.
La visite du phare fut aussitôt commencée
et les dames ne furent pas les moins 'intré­
pides à grimper les 311 marches du remar­
quable escalier qui conuit à la lanterne,
dont l’ingénieux système d’éclairage a très
vivement intéressé les visiteurs. On sait que
le phare actuel, construit en 1881 et haut de
de 65 mètres, est un des plus puissants du
monde, avec son feu électrique à éclats, de
3, millions de carcels.
M.le sous-ingénieur Milloz, que M BatardRazelière, ingénieur en chef du service ma­
ritime, avait bien voulu déléguer pour don­
ner les explications nécessaires, s’est acquit­
té de sa tâche avec une compétence et une
complaisance dont tout le monde lui sût
le meilleur gré. A un moment, un beugle­
ment formidable se fait entendre : c’est la
sirène des temps de brume qui entre en ac­
tion ; ses appels ont lieu à intervalles régu­
liers et avertissent au loin les navires que
les brouillards empêchent de distinguer le
phare qui signale les écueils. On visite l’an­
cienne tour, les bâtiments des machines, les
logements des gardiens, qui sont tous là en
famille, on remarque la bonne santé des
enfants et de tout le personnel ; l’Adminis­
tration des Ponts et Chaussées se montre
d’ailleurs pleine de sollicitude à son égard.
Mais on constate aussi, que ce grand pha­
re n’a aucune communication télégraphique,
téléphonique ou même optique avec la terre.
Il ne communique avec elle que par mer et,
en cas d’accident ou de naufrage, le person­
nel ainsi isolé est tout à fait incapable d’avi­
ser qui que se soit. Quand on pense que,
cette année, aucune communication n’a été
possible avec Marseille du 11 février au 1er
mars ; que les mauvais temps de l’hiver
rendent très fréquente l’impossibilité de met­
tre à l’eau la petite embarcation que possè­
de le "ersonnel, on ne peuts’empêcher d’é­
mettre le vœu que celte lacune soit prochai­
nement comblée.
A 5 h. 1/4, le Cannois appareille, se di­
rigeant sur la rade d’Endoume ; il longe la
terre au grand plaisirdesvisiteurs, qui admi­
rent du bord le merveilleux panorama de
la Corniche, splendidement éclairé par le
soleil couchant, et à 6 h. 1/2 le Cannois

s’amarre à son quai. Tout le monde se retire
enchanté de cette belle journée qui a été
parfaitement réussie.
L’Institut colonial était représenté à cette
intéressante excursion, à laquelle prit part
un public d’élite, par MM. Ponsinet, viceprésident ; Laplane, trésorier ; Moriceau,
secrétaire général, et Léotard, secrétaire de
la commission administrative, délégué aus­
si par le Syndicat de la presse marseillaise,
sous le patronage duquel était placée cette
5me journée maritime.

COMITÉ MARSEILLAIS
DU CONGRÈS COLONIAL
Nous rappelons à nos collègues et lecteurs,
que le Congrès quinquennal, organisé par
l’Union coloniale française, se tiendra à Pa­
ris du 11 au 16 octobre 1009 et s’occupera
des anciennes colonies :Réunion, Martini­
que, Guadeloupe, Guyane, Nouvelle-Calédo­
nie, Tahiti, Saint-Pierre et Miquelon, Etablisements de l’Inde.
Les négociants marseillais en relation d’af­
faires avec ces colonies, les personnes que
les questions coloniales préoccupent à des
titres divers, ont tout intérêt à adhérer à
cet important congrès, qui 'aura à étudier les
causes d’un malaise économique indiscuta­
ble, et d’antagonisme préjudiciables à notre
commerce ; il aura aussi à rechercher les
moyens d’y porter remèdeLe Comité marseillais du Congrès, sié­
geant à l’Institut colonial (5, rue Noailles),
fait un pressant appel à nos concitoyens et
les prie de ne pas négliger une occasion de
reprendre avec ces belles colonies les fruc­
tueuses relations d’autrefois.
On sait que les congressistes bénéficieront
du demi-tarif sur les lignes de chemins de
fer.

Musée Commercial
EXPOSITION DE CAOUTCHOUCS
L’Exposition de caoutchoucs de l’Institut
Colonial a reçu à la date du 30 septembre,
17.250 visiteurs, parmi lesquels nous signale­
rons M.le général Galliéni, qui a tenu à l’exa­
miner en détail et a été vivement frappé de
l’importance de la production du caoutchouc
dans nos colonies. L’ensemble de nos pos­
sessions vient, en effet, au troisième rang des
pays producteurs, après le Brésil et le Con­
go belge, dont nous nous rapprochons très
sensiblement.
Un visiteur étranger, M. C. J. Schirmer,

�L’EXPANSION COLONIALE

417

INDO-CHINE
manager Peneiro Planting Syndicate Cocob,
Etat de Johore, l’une des plus importantes La guila au Cambodge. — Note cle M. Georges
Sociétés de plantation de l’Extrême-Orient,
Duraigne, chef du service de VAgriculture.
a exprimé sa surprise en constatant l’excel­
L a g u tta (Dicliopsis) est non seulem ent ré ­
lente qualité de nos caoutchoucs coloniaux. pandue
dans les régions de P u rs a t et de KfrniNous exposons des sortes qui, si elles pong-Speu, m ais c’est su rto u t la province cle
étaient mieux préparées et surtout d’une fa­ K am pot qui est son p rin cip al h abitat. Il n ’est
çon plus égale, vaudraient les plus renom­ guère possible de donner, même ap p roxim ati­
mées. Le Gouvernement de l’A. O. F. fait vem ent, la quantité q u ’on p o u rra it exporter de
les plus louables efforts pour enseigner aux ces différentes régions,* les arb res étan t assez
dissém ines et au cun a ch at sérieux n ’a y a n t été
indigènes de bonnes méthodes de coagula­ lait,
qui puisse engager les indigènes à donner
tion, mais ce n’est que par la plantation des de l’extension
à cette exploitation.
meilleures espèces indigènes que l’on pourra
P o u r le prix, to u t ce que nous savons, c’est
obtenir des qualités toujours égales ; car on qu’il y a une tre n ta in e d ’années, des Chinois
pourra alors traiter scientifiquement de gran­ ont acheté, dans la région de Kampot, 5 picuis
des quantités de latex et par suite fournir de g u tta à raison de 0 $ 30 et 0 $ 40 le cân (1).
P lu s récem m ent, des Chinois eu o n t encore
un produit parfait.
à raiso n de 35$ le pi-cul.
Les essais de plantations de Hevéa en In- acheté
Le latex rg^olté et analysé au lab o rato ire des
do-Chine ont également attiré l’attention de Postes
Télégraphes à P a ris, a donné les ré ­
ce spécialiste. L’échantillon envoyé par le sultats et
suivants :
service de l’agriculure de cette colonie, est
Gomme ................................... 2G à 27 %
de première qualité ; il est très nerveux et
Résine .................................... 73 à 74 %
vaut le Para ordinaire. Les caoutchoucs de
Au laboratoire de Saigon on a trouvé :
plantation de Madagascar, lombiry et céaGomme ............................................ 22 %
ra, ne peuvent être évidemment compa­
Résine ............................................... 55 %
rés aux excellentes sortes fournies par les
Im puretés ...................................
23 %
landolphias, les mascarenhasias et l’intisy
On concluait en d isan t que cette g u tta était
indigènes. Ces dernières espèces cultivées inutilisable pour l’ind u strie électrique, la p ro ­
fourniraient des produits de tout premier portion de résine éta n t trop considérable.
L a g u tta de Kam pot fu t alors traitée p a r M.
ordre et il est fort à souhaiter que les colons
les choisissent de préférence aux espèces Lefeuvre, chim iste, p a r l’éther sulfurique et les
échantillons ain si obtenus étaient trè s ré sis­
étrangères pour leurs plantations.
ts et nerveux.
M. Schirmer a signalé la dépréciation que ta nOn
envoya à l’A dm inistration des P ostes à
subissent sur les marchés d’Europe les caout­ P a ris : 1° Un éch an tillo n tra ité p a r l ’éther
choucs trop colorés ; ceux-ci sont toujours sulfurique ; 2° Un échantillon a y a n t subi un
payés un prix un peu inférieur à celui des au tre traitem en t. Les résu lta ts ont été :
caoutchoucs clairs, à qualité équivalente. La
Echantillon N° 2
Echantillon N° 1
coloration est dûe à des oxydases qui dispa­
/o
/o
..............................
1,3
____
3
raissent par l’ébulition en vase clos. C’est F, an
par ce procédé peu coûteux que l’on préna- Im puretés ........... 5,9 .............................. 4,1
re les belles galettes dans les plantations ; Substances analoà la gutta. 43,8 .............................. 81,9
le latex est versé avec de l’acide citrique logues
dans des marmites autoclaves ; il est sou­ Résine .................. 47,3 ............................... 12.7
Le bulletin jo in t à ces an alyses d isait :
mis à une température de 120°, à laquelle
On peut conclure de ces chiffres que ces
toutes les oxydases sont détruites : le pro­ « «échantillons
sont bien su p érieu rs à tous
duit obtenu est d’un jaune très clair et est « ceux que vous avez bien voulu me transm ettoujours payé le prix maximum.
« tre ju sq u ’à ce jour. L’échantillon N° 2 est en
M. H. Jumelle, professeur à l’Institut, a « p articu lier tout à fa it rem arq u ab le et il y
fait d’ailleurs sur les divers modes de coagu­ &lt;( a u ra it intérêt à l ’utiliser pour en recouvrir
conducteur de m anière à constituer une
lation de très intéressants travaux dont les «-( un
âme de câble sous-m arin d ’u n kilom ètre de
résultats sont présentés à l’Exposition au- longueur
».
dessous du tableau statistique de la produc­
E n effet, la com position de la v ra i gutta,
tion coloniale ; et nous ne saurions trop en­ d’après P ayen, est :
gager les visiteurs à les bien examiner et
G utta ..................................... 75 à 82 %
à se rendre compte de leur importance.
Albane .................................. 19 à 14 résines
F luavile ..............................
6 à 4
»
On trouvera d’autre part en vente, à l’Ex­
position, un Catalogue illustré et fort com­
Les essais, au point de vue physique, n ’ont
plet des 414 échantillons ou objets exhibés, pas été continués.
Un des colons du Cambodge, M. Vandelet,
renfermant en outre le texte de la remar­
quable conférence inaugurale de M.Jumelle. après avoir essayé le commerce de cette g u tta
su r les m archés de Londres, d ’Anvers et près
Nous reproduisons ci-dessous la suite des de l’A dm iifistration des Postes, ab an d o n n a
intéressantes correspondances reçues à l’oc­
casion de l’organisation de notre Exposition
(1). La piastre v au t en m oyenne 2 fr, 50 et le
(voir n° 20)
cân équivaut à 750 gram m es,

�418

L’EXPANSION COLONIALE

to u t espoir de faire du négoce avec cette m a­
tière.
Le seul moyen qui nous .paraît praticable
ici, serait d’acheter la m atière b ru te aux
Cam bodgiens, le tra ite m e n t chim ique serait
p ratiq u é en F ra n c e ; m ais encore, p o u r ce
foire, faut-il que nous sachions à quel prix
nous trouverions p ren eu r de cette g u tta brute
et quels seraien t les débouchés p o u r l’avenir.
.Note du P résilient dp la Chambre consultative
de Commerce de Pnom-Penh
Vous nous dem andez de vous p ro cu rer des
échantillons de caoutchouc. Le Cambodge n'en
p ro d u it pas un kilo p a r an. Le Laos en expédie
quelques tonnes p a r le Tonkin.
Nous n ’avons ici que des essais de culture
de F icus élastica. et d’Hévéas, les Ficus ont un
an et les Hévéas ont été m is en place cette
année. C’est la m aison V apdelet cFFdJ*aut qui
a entrep ris cette p lan tatio n près de Pnom Penh. Ce serait très dispendieux de vous en­
voyer do p areils spécim ens qui a rriv e ra ie n t en
piteux état, tan d is que vous trouverez tout ce
qu’il vous fa u d ra au ja rd in colonial de Nogent. Nous ne pouvons donc vous envoyer ni
cartes, ni graphiques, n i relevé de douane, ni
photo, ni m onographies.
P a r contre nous avons u n article des plus
in téressan ts c’est la G utta p roduite p a r le Palaquium Gutta. Elle ne sc récolte que dans les
forêts qui avoisinent la résidence de Kampôt,
su r le bord de la m er dans la direction du gol­
fe de Siam.
La G utta est vendue exclusivem ent à Singapore où elle doit être m élangée à la fam euse
G utta anglaise qui fa it prim e su r le m arché
m ondial à tel poin t que même l’ad m in istration
fran çaise n ’en accepte pas d’autre.
L a m aison V andelet et F a r a u t a fait a n aly ­
ser cette G utta p a r le service des P ostes et
T élégraphes à P a ris, qui a constaté, q u ’à l’a ­
nalyse chim ique elle était l’égale des prem ières
m arques.
Ces M essieurs ont dem andé qu’elle fu t accep­
tée dans les m archés avec l'ad m in istratio n : on
leu r a répondu, « c’est im possible, une G utta
peut chim iquem ent être équivalente à la pre­
m ière m arq u e et ne pas donner à la m er les
mêmes résu ltats. » On a ajouté « si vous pouvez
nous p ro c u re r cent kilos de cette m archandise,
l'A dm inistration fera les fra is d’éta b lir par
exemple, u n kilom ètre de fil protégé p a r cette
G utta ; elle l’im m ergera, et ce ne se ra que après
un an ou deux qu’elle p o u rra seprononeer uti­
lem ent. »
L’affairo en re sta là, la q u an tité produite
n ’est pas grande, peut-être,' 4 à 5 ton n es p ar
an.
On ne peut obtenir d’échantillons que juste
au m om ent de la récolte,, p arce que les indi­
gènes vendent aussitô t sec, souvent ils ont reçu
des avances sans lesquelles ils ne se décideraient
p a s à aller recu eillir u n p ro d u it qu’ils n ’ont que
cependant la peine de ram asser. Les arb res
poussent spontaném ent dans les forêts. Ce com­
merce est entre les m ain s des chinois. La
m aison précitée a essayé de passer des contrats
avec MM. R attier et M enier de P a ris ; im possi­
ble d’obtenir une offre.

Elle a alors rem is les blocs (gros pain s de
m unitions) qu’elle possédait à la m aison Op­
penheim er. ru e de Cléry, 21, à P a ris, qui elle
non plus n ’a ja m a is pu en placer un kilo.
S u r notre dem ande, MM. Vandelet et F a ra u t
veulent bien les céder g ratu item en t à notre
Cham bre qui vous les offre au même titre.
Plantations de caoutchouc (Hcvea Br.)
en Cothinclüne
L a C ham bre de Commerce de Saigon me
com m unique une note d ’après laquelle l’In sti­
tu t Colonial de M arseille a u ra it décidé de fa i­
re, pour av ril prochain, une Exposition concer­
n a n t principalem ent la culture des p lan tes à
caoutchouc. Ceci m ’intéresse d ’a u ta n t plus crue
je suis venu moi-même en Coehinchine pour
étudier, de plus près, ce genre de culture. De­
puis trois mois que j ’étudie, s u r place et en
détail, cette question, elle me p a ra ît des plus
intéressantes, étan t donné su rto u t les résu ltats
très satisfaisan ts obtenus ju sq u ’à présent ;
j ’avoue même être très su rp ris que la culture
de l’Hevea B rasiliensis n ’ait pas plus d ’exten­
sion dans la colonie. Car, à tout bien considé­
rer, il n ’existe ici que deux entreprises sérieu­
ses qui ont m is à profit les expériences faites,
depuis nom bre d ’années, dans les différents
cham ps d ’essais a u service de l’ag ricu ltu re de
Coehinchine ; ce sont : la Société des P la n ta ­
tions d’FIevea de D a-Yrach et la Société A gri­
cole de Lüzam ahi ; lesquelles, bien que n ’ayant
pas encore commencé à produire, sont en p a r­
fait état de prospérité.
lin e troisièm e p la n tatio n assez restreinte,
pu isq u ’elle ne contient que 15.000 arbres, et
ap p a rte n a n t à M. Belland, est en plein rende­
m ent.
P o u r m a p a rt, je me propose d ’o rg aniser
une entreprise de ce genre et dans ce but, je
dem ande au gouvernem ent de la colonie une
concession de 200 à 250 hectares.
Je rédige actuellem ent une étude su r « l ’Hevea B., son avenir, .sa culture et son exploita­
tion en Coehinchine » ; étude dont je me ferai
un p la isir de vous ad resser quelques exem plai­
res aussitôt achevée.
E n ce qui concerné votre Exposition, j’avais
songé tout d ’abord à vous envoyer des a g ra n ­
dissem ents de photographies prises p a r moimême dans les p lan tatio n s citées plus h au t,
m alheureusem ent les photographes saïgonnais
ne disposent p as du m atériel voulu p o u r l’exé­
c u tio n 'd e ce genre de trav au x ; d ’au tre p art,
peut-être v audrait-il mieux que je vous adresse
directem ent les clichés dont je dispose, ce qui
vous perm ettrait, de faire exécuter des a g ra n ­
dissem ents rép o n d an t à la superficie de m u­
raille dont vous disposez.
E n outre, je me propose de dresser une
carte des p lan tatio n s actuelles que je jo in d rai
à mon envoi de clichés.
P. L e d r e u f ,
Ancien agent principal de la
Société Agricole et Commer­
ciale de l'Alima (Congo F.).

�L'EXPANSION COLONIALE
Note du Sous-Directeur de l'Agriculture
et du Commerce de l'Indo-Chine
Comme suite à votre le ttre du 27 avril der­
nier, p a r laquelle vous nous accusez bonne ré ­
ception des envois d’échantillons de caout­
choucs et. de g u tta p ercha de la colonie pour
votre exposition spéciale, j’ai l’h o n n eu r de
vous faire conn aître qu’en ce qui concerne la
production et le com m erce du caoutchouc dans
la colonie, vous pourrez trouver dans le Bulle­
tin économique de l'Indo-Chine une série de
renseignem ents qui ne m an q u eraien t pas d’in­
téresser les personnes qui vou d raien t s’occuper
de la question. Cette publication ém ane de la
direction de l’A griculturè, des F orêts et du
Commerce.
De plus, d ans le b u t de se docum enter sur
les prin cip au x caoutchoutifères de la colonie, le
G ouvernem ent général de l’Indo-Chine avait
confié en 1903 à M. le Dr Spire une m ission d ’é­
tudes et de reconnaissance de ces végétaux. P a r
la suite M. Spire a fa it éditer p a r la m aison
C halldm el sous le titre Le Caoutchouc en IndoChiné un volum e tr a ita n t la question au point
de vue botanique (nom breuses planches dans
le texte) in d u striel et com m ercial.
Le Musée agricole, com m ercial et industriel
de H anoi, condense dans- son catalogue ra iso n ­
né des p ro d u its de la colonie tous les ren sei­
gnem ents su r les caoutchoucs et g u tta de la
colonie ; au ssitô t que ce trav ail sera term iné
je m ’em presserai do vous faire l’envoi de ce
résum é.

419

1° D'ne notice de renseignem ents su r ces
caoutchoucs ;
2° Un graphique m o n tran t le développem ent
de la production et de l ’exportation de cette
gomme ;
3° Un relevé de douane in d iq u an t les direc­
tions prises p a r ce produit.
E n ce qui concerne les ouvrages et les m o­
nographies reiatifs aux caoutchoucs de M ada­
gascar, je vous prie de vous rep o rter au Bulle­
tin économique de la colonie (1er sem estre
1909) dans lequel vous trouverez le relevé de
toutes les études publiées dans cette revue sur
cette question.
Je vous serais reco n n aissan t de vouloir bien
me te n ir au co u ran t de l’appréciation com m er­
ciale de ces produits.
Veuillez agréer, M onsieur le Président, l ’ex­
pression de mes sentim ents les plus distingués.
Victor A ugagnkur .

Notice de renseignements sur les caoutchoucs
de Madagascar
Des q u atre régions n atu relles de M adagas­
car, une seule, la région centrale, est dépour­
vue com plètem ent d ’essences à caoutchouc.
P a r contre, les zones côtières et le sud de l’île
abondent en lianes et arbres caoutchoutifères.
Quoique tous ces végétaux n ’aien t pas encore
fait, à l’heure actuelle, l’objet d ’une déterm i­
n atio n scientifique précise, on peut essayer
d ’en esquisser la rép artitio n .
1° Côte Ouest. — La flore caoutchoutifère de
H. B r e n ie r .
la côte Ouest com prend des rep résen tan ts de
la fam ille des Apocynées, des Asclépiadées, et
des Euphorbiacées. Les Apocynées ont donné
ANNAM (Province de Binh-Dinh)
les genres L andolphia et M ascaren h asia qui
Q uinhon est une escale purem ent postale, où com prennent eux-mêmes de très nom breuses
les élém ents de frets fontdéfaut. La province de
espèces. Ce sont d’abord le Landolphia sphocB inhdinh serait assez riche ; m ais le m anque
rocarpa, ou réabo, et le Landolphia Perrieri,
absolu de voies de com m unications, aussi bien
qui est le p ira la h y ou v ah ealah y des indigènes.
te rre stre s que fluviales, obligeant les prod uits
Le L an d o lp h ia P e rrie ri, à fru its ovoïdes, se
indigènes à descendre à dos d’hom m es, en m a­ trouve dans toutes les forêts du Boina, à Majo re tellem ent le p rix de revient, q u ’on n ’q
ju n g a, à A ndriba, dans les vallées de l’Ikopa
pu ju sq u ’à p résent en tire r u n p a rti a v a n ta ­ et de la Betsiboka. C’est l’espèce des sols un
geux.
peu secs, soit qu’il pousse d an s les bois ou les
Le caoutchouc a été com plètem ent aban don­ bosquets, soit q u ’il croisse même à l ’état d ’a r­
né, c a r outre du p rix qui, p our les raiso n s ci­ buste su r les collines dénudées.
tées plus h aut, devenait très élevé, il d a llait
Le L andolphia sphoerocarpa, à feuilles briè­
déduire du poids acheté environ 50 % consti­
tu é p a r des cailloux, des m orceaux de bois, et vem ent petiolées et à fru its u n peu ovoïdes
av an t la m atu rité, est la liane des alluviono
su rto u t p a r une gomme qui a y a n t l’aspect du
des bords des cours d ’eau ; on la rencontre
caoutchouc n ’en av ait aucune des qualités.
su rto u t dans la région de M aevatanana, et
Le seul com m erce de Q uinhon se fait avec
Saigon, Hong-Kong et S ingapore et est entière­ dans les bassins de. la Sofia et du Bem arivo.
Ces deux genres donnent un caoutchouc rose
m ent entre les m ain s des Chinois.
dont la couleur ne s ’altère que très peu au
Agence des Messageries Maritimes.
contact de l’air.
L a v aleu r économique de ces deux Landolphiées est trè s g ran d e en ce sens q u ’elles don­
MADAGASCAR
nent, toutes deux, un latex abondant, riche en
Le Gouverneur Général de Madagascar et principe coagulables, et q u ’elles sont suscepti­
Dépendances, à M. le Président de VInsti­ bles d’être soum ises aux procédés m écaniques
d ’extraction préconisés en ces d ern ières’ a n ­
tut Colonial Marseillais.
nées (procédé Deïs ; procédé A rnaud et Gode­
T an an ariv e, le 31 ju illet 1903.
froy ; Lebœuf).
J ’ai l’h o n n eu r de vous faire p arv en ir, d ’a u ­
Les M ascarenhasia com prennent les trois
tre p art, un colis postal co n ten an t des échan­ genres : Mascarenhasia lisianthiflora, anceps
tillons de caoutchouc récolté su r divers végé­ et làngifolia. Ce sont des arb res de tailles di­
taux (arbres ou lianes) de la Colonie et qui
verses, assez inégalem ent ré p a rtis dans cette
sont destinés à l ’exposition organisée p a r vos
région. Le M ascarenhasia lisian th iflo ra (guisoins à M arseille.
droa) est plu tô t l ’éspèce de l ’in té rie u r où elle
se p la ît su r les collines sèches, elle est de plus
Vous trouverez, ci-inclus :

�420

t

L’EXPANSION COLONIALE

on plus ra re et rabougrie à m esure q u ’on se
rapproche de la cote, où elle est à peu près
rem placée p a r le M ascaren h asia anceps et le
M ascaren h asia longifolia.
Assez différent des plan tes précédentes' est
le Cryptostcgia madagascariensis ou lombiro,
qui est une Asclépiadée.
L’espèce h abite p rin cip alem en t les te rra in s
calcaires, su r lesquels, comme toutes les autres
lianes, eile est à l’occasion u n arb u ste buissonant. Le caoutchouc q u ’elle donne, lo rsq u ’il
est bien p rép aré, a une assez g ran d e v aleu r et
est recherché p o u r certaines in d u stries. Cette
essence est spontanée et trè s abondante dans
tout le h aut bassin de la M ahavavy, comme
dans ceux de ta P.etsiboka et de la M ahajam ba;
un la rencontre, égalem ent en abondar^ce,
dans les régions de Piégo-Suàrez et de NossiBé.
La fam ille des A sclépiadées est encore re ­
présentée p a r deux a u tre s lianes, m ais de
m oins g ran d e v aleu r que le lom biro : ce sont le
Marsdcnia verrucosa ou bokabé des indigènes,
qui donne un caoutchouc noir, assez peu prisé,
et le Sccamone ou V ahim ainty, dont le caout­
chouc, sans v aloir ceux des L andolphia, est
bien su p érieu r à celui de M arsdenia verrucosa.
Enfin, oh rencontre, su r la côte Ouest, une
E uphorbiacée, YEuphorbia piraliazo. C’est un
gran d arb re qui p o u rra it atteindre, au dire des
Sakalaves, ju sq u ’à tren te m ètres de h au teu r.
Le caoutchouc q u ’il perm et de recueillir, sans
être très nerveux, est cependant coté comme
une assez bonne sorte.
2° Région du Sud-Ouest. — D ans la région
du Sud-Ouest, on rencontre le Tsivongo chez
les M asikoro, et le Berabohy chez les M ahafaly. On trouve encore, d an s cette dernière
région; le Kompitso, le F i l m et le Famatra.
Ces deux d ernières espèces sont encore indé­
term inées. Le K om pitso est une Asclépiadée
dénom m ée dernièrem ent Kompitso clastica. La
zone d’h a b ita t du K om pitso n ’est pas lim itée
au cercle des M ahafaly, m ais elle s’étend dans
le N ord-O uest du cercle de Fort-D auphin, dans
la région de Tsivorv. Là poussent encore deux
au tre s plan tes à caoutchouc : VAngalaro et le
Kakcmbo.
Enfin, dans le Sud-Ouest, on exploite YEu­
phorbia intisy, caractéristiq u e de cette p artie
de l'île, et deux a u tre s espèces : le Valiivanda
et le Kidroa. Le V aliivanda se ra p p ro c h e rait
du Plectomeria clastica, qui a été récem m ent
découvert p a r M. P e rrie r de la B athie dans le
B oina et déterm iné p a r M. Jum elle. Q uant au
K idroa, ce n ’est a u tre chose q u e le G uidroa du
Nord-Ouest (M ascarenhasia lisianthiflora).
3° Côte Est. — S u r la côte Est,, ré a p p a ra is­
sent, comme espèce caoutchoutifères, les M as­
ca ren h asia et des lianes.
P a rm i les M ascarenhasia, on doit citer le
.Mascarenhasia spéciosa (appelé hazondrano),
le Barabanja, qui est exploité d an s la baie
d ’Antongil et chez les B etsim isaraka, VHcrolra.
Il existe encore d 'a u tre s espèces de M asca­
ren h asia non dncore déterm inées.
Les lianes a p p a rtie n n e n t toutes à la fam ille
des L andolphia, ce sont : le Landolphia m a d a ­
gascariensis (Vohema et R avinengitra), le Finuolra qui est est une variété à petites feuilles
de L andolphia m ad ag ascarien sis, le Landol­
phia Dubardii ou fingobafry, le Landolphia
M andnanxm bo, le L. Mamolava (ces dejix der­

nières exploitées près de Fort-D aüphin), le L.
Madagascariensis, le L. Hispidula ou Fingim ainty, le L. Richardiana ou Talancloka.
P arm i toutes ces espèces, ce sont : le « L an­
dolphia H ispidula », le « L andolphia M andrianam bo » et le « L andolphia D ubardii » qui pré­
sentent la plus grande valeur économique, les
au tres sont beaucoup m oins intéressantes.

L a T u n isie a g r ic o le 0
Lors de l’occupation de la Tunisie, les pre­
miers émigrants n’ont eu en vue que sa pro­
duction agricole. Tous avaient entendu par­
ler du « grenier de Rome » et aucun d’eux
ne songeait aux richesses minières qui, de­
puis, ont pris le premier rang ; mais ce n’est
pas une raison pour dédaigner l’Agriculture
en ce pays, qui renferme vraiment des élé­
ments de succès pour les Colons laborieux et
intelligents.
Malheureusement, on a d’abord cru en
France que l’on pouvait trop facilement re­
cueillir, ici, de larges profits, et alors liien
des gens ont envahi le pays, n’ayant que
trop peu de capitaux, des connaissances'à
peine rudimentaires, un médiocre désir de
travailler et une /volonté bien hésitante de
résider 'dans le domaine qu’ils venaient ac­
quérir, préférant ne pas s’éloigner trop des
cafés et des cercles de Tunis.
Quoi d’étonnant qu’ils n’aient pas réussi;
leur amour-propre ne leur permettant pas
de confesser que lqur insuccès est leur œu­
vre, ils accusent le pays et, brûlant ce qu’ils
ont adoré, ils discréditent aujourd’hui, au
point de vue agricole, cette pauvre Tunisie,
alors qu’ils devraient reconnaître que toute
entreprise mérite un apprentissage, et que
l’on ne s’improvise pas plus colon que marin
ou général.
Beaucoup d’entre eux ne connaissaient
même rien du pays dans lequel ils voulaient
s’établir : aussi; dans le but d’éviter de pa­
reils déboires à leurs successeurs, vais-je
essayer de leur donner qeulques renseigne­
ments rudimentaires, sauf à eux à les com­
pléter, de manière à ce qu’ils soient sur leurs
gardes et ne s’aventurent pas en aveugles,
comme tant d’autres l’ont fait.
(1) Au m om ent do publier cet in téressan t a r ti­
cle l’In stitu t Colonial M arseillais reçoit avec pei­
ne la fâcheuse nouvelle du décès de son au teu r,
M. le docteur A. Rouquerol, m em bre corres­
pondant de l’In stitu t, décédé à T unis le 23 ju il­
let 1909. M. le docteur R ouquerol h a b ita it la
Tunisie depuis de longues années, et n ’y comp­
ta it que des am is, séduits p a r la loyauté et la
franchise de son caractère. Nos lecteurs ont
apprécié les excellentes études qu’il nous avait
déjà adressées sur les m ines Tunisiennes. Nous
exprim ons à la fam ille de M. R ouquerol nos
bien sincères condoléances et souhaitons que
les regrets un an im es de ses nom breux am is

adoucissent sa douleur,

�L’EXPANSION COLONIALE

421

La Tunisie a approximativement une sur­
face de 13 millions d’hectares, ainsi répar­
tis :
Terres rocheuses, 4 millions ; terres légè­
res, 3 millions ; mélange d’argile et de sable,
1 million ; terres compactes argileuses, 2
millions ; dunes, lacs, routes, marais sa­
lants, 3 millions.
Au point de vue climatérique, on peut la
diviser en quatre parties
La partie Nord comprenant la région de
Bizerte et des Mogods. la Kroumirie le Cap
Bon, l’immense plaine de la Dakla, Dminja,
Zaghouan, le Sahel jusqu’à Sousse. Elle est
bornée au Sud nar une ligne allant de Sous­
se à Fériana près de la frontière algérienne.
La partie méridionale, limitée au Nord
par la précédente, est bornée au Sud par les
Chotts, dont M. de Lesseps eut, un instant,
la pensés de faire une mer intérieure. Elle
comprend la plaine de Kairouan, celle d’El
Djem et la.région phosphatée, s? heureuse­
ment exploitée par la Compagnie dont le
chef-lieu est à Gafsa.
La région désertique, au Sud de la précé­
dente, est limitée à l’Est par la frontière de
Tripolitaine, au Sud par la grande vallée de
l’Ouni, que traverse la ligne de partage des
eaux entre Douiret et Dehibat.
Enfin, au Sud de cette ligne de partage des
eaux elle-même, apparaissent les premières
dunes Sahariennes. C’est quelques heures
plus loin que commence l’effrayante mer de
sable appelée « le Dahar » et aussi par les
Sahariens, le pays de la soif et de la peur,
où se, sont brisées tant de vies et tant d’é­
nergies.
A la partie Nord conviennent presque
toutes les cultures de la Provence, y compris
le chêne liège, qui. dans la merveilleuse fo­
rêt de la Kroumirie, atteint des proportions
énormes ; dans les parties chaudes et abri­
tées, il faut y ajouter le bananier.
L’olivier domine dans la partie méridiona­
le, et le dattier à l’extrémité de cette région
sur les bords des Chotts.
Dans la région désertique, on ne rencon­
tre aujourd’hui que le dattier et le grenadier,
mais il y eut autrefois beaucoup d’oliviers.
Enfin-, au milieu des sables sahariens, on
ne voit que quelques fougères et, de loin en
loin, une plante ligneuse appelée par les Ara­
bes « Belbal » ou « baguel » dont la présen­
ce. dénote l’existence de l’eau à une faible
profondeur.
Il est évident que les agriculteurs qui
n’ont pas approprié leurs plantations au cli­
mat et à la nature du sol, n’ont pu éprouver
que des déceptions ; mais d’une manière gé­
nérale, on peut dire que la production
moyenne des terres bien soignées est supé­
rieure à celle de France ; il faut prendre aus­
si, au point de vue du revenu, en sérieuse
considération ce fait, que le prix de la terre

France, et enfin que les indigènes n’ayant
pas, jusqu’à ce jour, employé les engrais
chimiques, le sol est épuisé par la reproduc­
tion constante des mêmes cultures, mais
pourra donner et donne déjà des récoltes
bien plus rémunératrices aux propriétaires
qui, abandonnant les méthodes surannées,
font appel aux ressources de la chimie pour
féconder leurs propriétés.
Le rendement moyen obtenu dans la fer­
me Homberger au Cap Bon (Ouled el Abid)
est de :
Avoine 1&amp; pour un ; blé dur 12 pour un ;
La ferme Camand a obtenu, sensiblement
les mêmes résultats.
La ferme le Hucher, près de Soliman, a
donné : Avoine 15 ; blé 12.
A Zaghouan, dans la plaine de Bir Halima,
les quarante petites, fermes italiennes qui
sont établies donnent des résultats très satis­
faisants ; dans cette même région, M. Ducroquet, ancien directeur général des finan­
ces, qui apporte à l’exploitation de sa fer­
me, l’activité et l’intelligence dont il a si
souvent donné des preuves, a, en 1906, obte­
nu ce résultat extraordinaire de récolter 30
pour un. en orge.
Dans les plaines de la Medjerdah, les ré­
coltes ont été maigres depuis quelque
temps ; toutefois, on cite de grands domaines
près de Souk el Kmis, qui ont, à cet égard,
donné des satisfactions à leurs propriétaires.
Le Caïd de la Dakla a commencé à prati­
quer la culture européenne dans ses champs
immenses, ensemencés en orge et en blé ; il
a adopté la charrue française et pratique
l’emploi des superphosphates : on peut donc
entrevoir, à bref délai, d’importantes récol­
tes dans ce grand domaine.
Quand il s’agit de céréales surtout, l’eau
joue un très grand rôle; c’est pourquoi les co­
lons français se sont portés en masse à Béja,
qui bénéficie du voisinage de la Kroumirie :
ils y ont installé plus de cent fermes. Mateur aussi et toute la région des Mogods est
en faveur, car les pluies y manquent rare­
ment, tandis qu’au Sud de la ligne du che­
min de fer Tunis-Bône, où les pluies sont
moins régulières, on voit quelquefois l’agri­
culteur récolter à peine sa semence : c’est ce
qui s’est passé cette année (1908). Aussi voiton dans le sud de Gabès, de longues théo­
ries de bédouins hâves et décharnés qui
viennent mendier du pain. Quant à leur
malheureux bétail, amaigri par le manque
d’herbes, il meurt dans les champs, et sur le
bord des chemins on rencontre les cadavres
desséchés des bestiaux.
Si l’on n’y prend garde, on se trouvera au
printemps en face d’une terrible famine,
Oranais.
Ges phénomènes économiques ne doivent
cependant pas éloigner de la Tunisie ; ils
disparaîtront quand la rapidité des commu­
nications et l’activité commerciale permet­

est encore très inférieur à celui des terres de

tront de porter rapidement, dans les régions

�422

L’EXPANSION COLONIALE

où la disette se fait sentir, le surplus de la
production des autres contrées ; il en fut de
même au moyen âge, en Europe, et cepen­
dant la majeure partie de l’Europe est ferti­
le ; aujourd’hui les famines y sont incon­
nues. Il .en sera de même en Tunisie, dans
quelques années.
Le rendement de la vigne ne dépasse pas
45 hecto à l’hectare, sauf dans deux ou trois
fermes privilégiées, celle de M. de Cai’nières, à Fondouk Djedidi, par exemple, dont
les produits sont excellents. Le vin est d’un
goût agréable, coloré ; il titre suivant la ré­
gion de 10 à 12 degrés d’alcoolSa vente est depuis quelques années diffi­
cile ; cependant, depuis peu de mois, le?
prix, sâns être encore rémunérateurs, sont
plus fermes. On cite deux domaines qui, à
cet égard, sont des modèles pour la culture
de la vigne et la fabrication du vin : celui de
la Marsa, organisé par le cardinal Lavigerie, et celui de Saint-Joseph de Thibar,
exploité par les Pères Blancs des Missions
d’Afrique. Ce dernier domaine surtout ne
laisse rien à désirer, et son vin trouve tou­
jours preneur avec une- grosse -majoration
sur les cours.
L’olivier a été pendant longtemps, pour
la Régence, un élément de richesse considé­
rable ; aussi le cultive-t-on avec soin, je di­
rai presque avec respect, jusqu’aux confins
du désert. La législation le protège; aussi l’ar­
bre le plus rabougri ne peut-il être abattu
sans autorisation spéciale de « la Gahba »,
administration indigène qui fait elle-même
cultiver les oliviers négligés par leurs pro­
priétaires. réalise la récolte et tient, sous dé­
duction de frais, le produit net à la disposi­
tion des intéressés.
On trouve à 200 kilomètres au Sud de Gabès, quantité de meules, d’anciens moulins
à huile dans des régions absolument dépeu­
plées et incultes, ce qui indique que lors de
l’occupation romaine toute cette région, au­
jourd’hui abandonnée, était habitée et cou­
verte d’oliviers. L’existence des grandes fo­
rêts d’oliviers de Sousse et de Kairouan a en­
traîné un grand nombre de Français, habi­
tant en général Paris, à acquérir dans le Sud
des terres dénommées « terres scialines »,
où des oliviers ont été plantés en grand nom­
bre. Cette culture paraît devoir donner de
bons résultats, mais il faut pouvoir atten­
dre ceux-ci pendant longtemps. Parmi les
propriétaires importants de terres scialines,
on cite : M. Mougeot M. Cochery, anciens
ministres, et plusieurs autres. Les oliviers ne
donnent pas régulièrement des récoltes et
celles-ci ne sont pas annuelles ; le manque
de pluies les affecte. Ainsi cette année 1908,
la récolte a été si peu abondante que le prix
do l’huile a presque doublé.
A. R ouquerol .

Le Régime douanier colonial
(suite)
ALGERIE
Le Président de la Chambre de Commerce
d'Alger à M. le Président de l'Institut Colo­
nial Marseillais.
.l'ai l’h o nneur de vous accuser réception de
la lettre p a r laquelle vous avez bien voulu, à
l’occasion de la révision du ta rif des Douanes,
me dem ander de vous faire c o n n aître les mo­
difications qu’il serait utile d’apporter au ré ­
gime douanier actuel en ce qui concerne spé­
cialem ent le commerce et l’in d u strie de l’Al­
gérie.
Notre Com pagnie apprécie h autem ent les ef­
forts que se propose de faire l’Institut, colonial
m arseillais pour so u ten ir au p rès de la Com­
m ission des Douanes les d esiderata coloniaux.
P o u r notre p art, nous au rions accepté avec em­
pressem ent le concours que vous nous offrez si
nous nous «trouvions dans la sitq atio n de la
p lu p art des colonies ; m ais nous sommes p la ­
cés sous le régim e de l’assim ilation étroite
avec la m étropole sous le rap p o rt des douanes
et de la navigation. De cette assim ilation, il
résulte que nous ne pouvons guère envisager
la révision du ta rif des D ouanes qu’au point
de vue des intérêts généraux de la France
dans ses relations com m erciales avec l’E tra n ­
ger. C’est d’ailleu rs dans ce sens que nous
avons déjà exam iné la question.
Nous ne vous sommes pas m oins reconnais­
sants d’avoir bien voulu nous proposer d’ap ­
puyer nos revendications et nous vous en re ­
m ercions vivement.
CHAMBRE DE COMMERCE
DE CONSTANTINE
Séance du 27 av ril 1909
Révision du tarif douanier de 1892
Le Président. — J ’ai reçu de M. le P résid en t
de l’In stitu t colonial de M arseille une dem an­
de ten d an t à lui faire connaître les modifica­
tions qu'elle c ro irait utile d’apporter au régim e
douanier actuel, surto u t en ce qui concerne les
colonies.^
Cette question présente évidem m ent un in té­
rê t m a je u r po u r le com m erce d ’exportation
m arseillais. P eut-être en présente-t-il m oins
pour l’Algérie. En effet, si l’on en excepte la
T unisie, l’exportation d’Algérie pour les colo­
nies est peu im portante.
Ce sont les cigares et les cigarettes qui en
form ent la presque totalité. V iennent ensuite
les vins et un certain nom bre de bêtes de som­
me, généralem ent po u r l’armée.
Les im portations sont presque nulles. Elles
consistent en quelques m illiers de fran cs de
poivre, sucre b ru t, cacao, et une certaine q u a n ­
tité de café de l’Indb française.
Il semble que le ta rif douanier, du reste très
réduit, n ’est pas la cause de cette absence d’af­
faires. Elle tièn t plutôt au m anque de com m u­
nications directes entre l’Algérie et nos colo­
nies. S’il en existait, l’Algérie p o u rra it au g ­
m enter ses débouchés en tabacs, vins, eaux-de

�L’EXPANSION COLONIALE
M. Vinlla. — C ertainem ent. C’est la question
dos tra n sp o rts qui est su rto u t im portante en
Algérie.
La C ham bre de Commerce s’associe à ces ob-&lt;
servations et charge .son président de les tra n s ­
m ettre au p résiden t do l’In stitu t colonial m a r­
seillais.
TU N ISIE
Chambre mixte de Commerce et d'Agriculture
du Centre, à Sousse
e x tra it du procès-verbal de la séance du 27
mars 1909. Objet de la délibération : Nou­
veaux tarifs douaniers.
Présidence de M. G üillem ard, président. —
secrétaire : M. Canton.
M. le P résid en t a ttire l’atten tio n de ses colbien n ’a p p o rte r dans les nouveaux ta rifs
douaniers actuellem ent soum is à l’exam en do
la Commission des D ouanes ; les tarifs propo­
sés é ta n t de n a tu re à p a ra ly se r l’essor de l’ag ri­
culture et du commerce de la Régence, il de­
m ande à la Cham bre d’adopter le vœu su iv an t :
L a Cham bre m ixte du Centre,-vivem ent émue
de la situation que les nouveaux ta rifs doua­
niers proposés p o u rra ie n t faire à la Tunisie,
ém et le vœu : que le G ouvernem ent veuille
bien n’-apporter dans les nouveaux ta rifs
douaniers, en ce qui concerne les pro d u its tu ­
nisiens, aucune au g m en tatio n qui p o u rra it
m ettre entrave au développem ent de l’ag ricu l­
tu re, et du com m erce de la Régence ;
Elle ém et le vœu que les prim eurs de la Tu­
nisie soient adm is au régim e de faveur dont
jo u issen t certain s a u tres p ro d u its de même
provenance ;
Elle ém et égalem ent le vœu, en vue de fa ­
voriser l’entrée des huiles tun isien n es en F ra n ­
ce, que les g ra in e s oléagineuses soient frappées
d’un d ro it d’entrée et que le droit auquel sont
assu jetties les huiles d’olives étrangères soit
relevé.
(Adopté à l’unanim ité).
SENEGAL
M. le Président de la Chambre de Commerce de
Saint-Louis à M. le Président de. l'Institut
Colonial Marseillais.
J’ai l’honn eu r de vous accuser réception de
votre lettre du 12 m a rs 1909. Le ta rif général
m étro p o litain n ’est p as applicable au Sénégal,
fo rt heureu sem en t p our notre colonie. Il est
fort à désirer que le régim e d o u an ier actuelle­
m ent en v ig u eu r dans notre colonie soit m ain ­
tenu.
Ce régim e com porte des droits ad valorem
po u r la grosse m ajorité des m arch an d ises d’im ­
portation, et des droits spécifiques p our quel­
ques m arch an d ises bien déterm inées.
Notre Com pagnie a eu l’occasion à p lusieurs
reprises, et notam m ent lors du passage de M.le
M inistre des Colonies à Saint-Louis, de récla­
m er le m ain tien du sta tu quo et de s’élever
avec énergie contre le p ro jet d ’ap p liq u er le
règlem ent gén éral m étropolitain aux colonies
de l’A. O. F.

423

LA REUNION
Chambre de Commerce
Procès-verbal de la séance du 13 mars 1908.—
Le président expose que le b u t principal de
la réunion de ce jo u r est une dem ande de con­
sultation de M. le M inistre des Colonies au
sujet d’une révision éventuelle du régim e doua­
n ier édicté p a r la loi dn 11 jan v ier 1892. Il
donne, en conséquence, lecture de la dépêche
m inistérielle du 18 jan v ier dernier qui lui a
été transm ise p ar M. le G ouverneur p a r lettre
en date du 11 courant.
Après un échange de vues entre les m em bres,
la .délibération suivante est prise à l’u n an im i­
té :
R endre la F ran ce m aîtresse exclusive de ses
m archés coloniaux et y faciliter l’écoulem ent
des p ro duits français, tel a été le but poursuivi
p a r la loi du 11 jan v ier 1892, dont le Conseil
général de la Réunion, renonçant à la fra n c h i­
se douanière qu’elle ten ait des Senatus Consul­
te, a p ar un sentim ent de patriotism e, accepté,
san s protestation, la prom ulgation.
Ce but a été largem ent a tte in t en ce qui con­
cerne l’ile ; sa consom m ation, en effet, en p ré­
sence des droits très lourds qui frappaient, dé­
sorm ais, les m archandises de provenances
étrangères, s’est rejetée, tout entière — sauf
de très ra re s exceptions - - su r les denrées ori­
gin aires de F rance, qui ne sont soum ise ,à leur
entrée, qu’à la seule taxe locale d’« Octroi de
mer. »
E t encore convient-il de faire observer que la
p lu p art des ra re s m archandises étran g ères
qui nous arriv en t encore — notam m ent les
tissus — sont nationalisées à leur passage on
France, et que le Trésor m étropolitain bénéfi­
cie, seul, des droits perçus à cet effet.
L’application de ce nouveau régim e a été
loin d’être favorable à la colonie. Ainsi qu’il
a été dit plus h au t, les produits étran g ers dont
le revient était, pour la p lu p art, m oins élevé
que ceux des sim ilaires fian çais, ne pouvant
plus lu tter contre eux à arm es égales, ont dé­
serté notre m arché. Il en est résulté, ipso facto,
inr surenchérissem ent notable de tontes les
denrées, généralem ent quelconques, nécessai­
res aux besoins de l’ilp, surenchérissem ent qui,
coïncidant avec la baisse progressive du sucre,
notre principale ressource, n ’a p as peu co n tri­
bué à la crise économ ique que nous traversons.
Avec l’appauvrissem ent g én éral,la puissance
de consom m ation de F île a décru dans de très
notables proportions, ainsi qu’en font foi les
statistiques douanières et ce triste é ta t de cho­
ses n ’a pas été sans avoir une répercussion
sérieuse su r le commerce fran çais de l’île ;
beaucoup de m aisons, en effet, su rto u t les pe­
tites, n ’a y a n t pas de capitaux suffisants pour
faire lêtc au m arasm e des affaires, ont dû fer­
m er leurs portes. De telle sorte que notre m a r­
ché s’est trouvé graduellem ent envahi p a r l’é­
lém ent A siatique, auquel la sordidité de son
existence perm et de se contenter de bénéfices
très légers.
Si l’on .envisage, m ain ten an t, la com pensa­
tion que la loi du 11 ja n v ie r 1892, nous a accor­
dée on échange des obligations très lourdes
nu’elle nous im posait,, nous voyons que cette
com pensation se résum e à un dégrèvem ent de
50 % su r nos p roduits secondaires, cafés, va­
nilles, girofles, etc., com pensation bien m aigre,

�424

L’EXPANSION COLONIALE

puisque la v aleu r totale de ces divers produits
do-Chine n ’en p eu t produire, que cette viande
représente, à peine, le dixième de la valeur
est nécessaire po u r v arier notre alim entation
de l’exportation de l’île, son p rin cip al effort et que la F rance est dans l’im possibilité m a ­
agricole se tro u v a n t dirigé su r la canne à su­ té rie lle de nous en fournir!
cre.
4° Qu’il jo in t aux vœux déjà exprim és « v in g t
Comme conclusion, la C ham bre de Commer­ fois » p a r toutes les Cham bres de Commerce
ce, avec les tendances protectionnistes qui ré­ et d’A griculture de l’Indo-Chine celui de voir
gnent en France, ne s a u ra it songer à dem an­ 'la suppression totale à l’entrée en France, de
der le re tra it de la loi du 11 ja n v ie r 1892, et le tous droits su r nos cafés, thés, poivres, pi­
reto u r à l’autonom ie douanière d’a n ta n ; m ais
m ents, cannelles, cardam ones, vanilles.
co nsidérant que les forces contributives de ce
(Adopté à l’unanim ité).
pays sont rédu ites à sa d ernière expression,
109e Réunion. — M. Vandelet fait connaître
elle a p our devoir de s’élever avec énergie con­ à ses collègues que la Cham bre en 1907, a en­
tre toute m a jo ra tio n du ta rif actuel, qui a u ra it
voyé au Comité du commerce et de l’industrie
p o u r effet d’agg rav er notre triste situ atio n , et
de l’Indo-Chine à P a ris ses desiderata re la ­
ce sans u tilité p our les indu striels français,
tifs à la révision des tarifs douaniers de 1892,
puisque ledit ta rif protège plus que suffisam­ elle n ’a qu’à adresser les mêmes vœux en y
m ent, su r notre m arché, leurs p roduits -contre
a jo u ta n t que nous trouvons exagéré, le droit de
la concurrence étrangère.
sortie de vingt francs imposé p a r chaque tê­
En term in an t, la Cham bre saisit l’occasion
te de buffles tandis qu’a u p a ra v a n t la taxe de
qui lui est offerte p a r cette consultation de M.le sortie était de cinq francs.
M inistre des Colonies p our renouveler le vœu
ém is p a r elle, à plu sieu rs reprises, au sujet
CHAMBRE DE COMMERCE DE HAIPFIONG
d’un dégrèvem ent complet de droits de douane
R apport sur le régime douanier applicable en
p o u r nos denrées secondaires, cafés, vanilles,
Indo-Chine.
cacao, etc., sans sim ilaires en la m étropole, à
Depuis l’application de la loi douanière du
leu r entrée en F rance, p a r une juste récipro­
11 ja n v ie r 1892, l’Indo-Chine a subi une évo­
cité, de l’adm ission en fran ch ise dans l’île des
lution économique et industrielle nécessitant
p ro d u its français.
A ce vœu si légitim e, la Cham bre jo in t ce­ au jo u rd ’hui une complète révision de cet acte
lui d’une m ajo ratio n suffisante des droits de p arlem en taire qui, souvent, est une entrave au
douane fra p p a n t les huiles essentielles é tra n ­ développement, des relations en tre notre Colo­
nie, la M étropole et les pays de l’Extrêmegères, G éranium -R osat, Vétiver, Ylang-Ylang,
Citronnelle, etc., à leu r entrée en F rance, do fa ­ Orient.
La loi du 11 jan v ier 1892, av ait été votée, p ar
çon à perm ettre à nos p ro d u its sim ilaires de
lu tte r contre la concurrence que leu r font ces les Cham bres, avec l’idée de subordonner étro i­
tem ent les intérêts des Colonies et P a y s de pro­
p ro d u its su r le m arché m étropolitain ; ces
tectorat aux in térêts de la Métropole. Nos lé­
pays se trouvent favorisés p a r un change très
g islateu rs considérèrent les Colonies comme
élevé et une m ain d’œ uvre abondante à bon
un débouché seul réservé aux producteurs de
m arché.
Ces diverses m esures, en d o n n an t plus d’ex­ la M ère-Patrie.
Il est certain que la conquête de l’Indo-Chine
tension à ces cu ltu res qui sont à la portée de
a coûté.de grosses sommes que l’on voulait ré ­
tous les petits ag ricu lteu rs, p erm ettraien t' à la
cupérer sous form e de produits m an ufacturés
colonie, p a r les ressources .nouvelles créées de
ce chef, de résister à la crise qulelle trav erse et dans la Métropole. Les sommes dépensées pour
la conquête n ’étaient considérées que comme
à laquelle la loi du 11 ja n v ie r 1892 n ’est pas
une avance. Chacun se rappelle que l’abandon
peu étran g ère p a r l’ag g rav atio n des charges
du Tonkin fut à deux doigts d’être voté p a r les
qu’elle a entraînées avec elle.
Cham bres, m al éclairées su r les richesses de
notre nouvelle colonie, et les crédits nécessai­
CAMBODGE
res au m aintien de notre occupation ne fu ren t
Chambre consultative m ixte de Commerce et
accordés, qu’en pro m ettan t à de p u issan ts in ­
d'Agriculture.
térêts de p ro ducteurs de leu r réserver le TonExtrait des procès-verbaux
kin po u r l’écoulem ent de leu rs p roduits fa b ri­
88e Réunion. — M. V andelet expose qu’il re ­ qués.
C’était le protectionism e à outrance que l’on
nouvelle le vœ u q u ’il a déjà déposé à notre
Cham bre de voir su p p rim er la double percep­ voulait imposer.
L a Cham bre de Commerce de H aïphong,dans
tio n de droits appliquée aux p ro d u its de Chine
et du Japon qui p aien t le dçoit plein à leu r en­ ses séances du 3 août 1891, s’était occupée de
l’application au Tonkin, du ta rif général m é­
trée en Indo-Chine et doivent les payer une
deuxième fois en F ran ce quand nous les y in­ tropolitain, et elle a v a it’ présenté ses observa­
tions m otivées s u r ce ta rif dans ses séances des
troduisons, qu’il s’agisse de thés, soies et tous
29, 30 octobre et. 5 novem bre 1891, et les a v a n ta ­
bibelots chinois ou japonais.
ges que notre Com pagnie d em andait il y a
2° Qu’il semble indispensable de sup p rim er
quinze ans po u r le commerce et l’ind u strie
l’interdiction de l’exportation des chevaux quel
n aissan te au Tonkin à cette époque so n t to u ­
que soit leu r âge, comme des bœufs et vaches,
bufles et huflesses.
jo u rs les mêmes.
E n ce m om ent le régim e d o uanier auquel
En a rrê ta n t l’exportation on a tué la p roduc­
tion.
nous sommes soum is, peut se résum er de la.
(Les éleveurs ont dû renoncer com plètem ent m anière suivante :
1° Les p roduits étran g ers im portés en Indoà l’élevage des bovins qui n ’avaient que le dé­
bouché su r Manille).
Chine sont soum is aux m êmes droits que s ’ils
pén étraien t en F rance, à l’exception de cer­
3° Que les droits d’entrée su r les m outons
v ivants d evraient être supprim és puisque l’In- tains articles qui n’ont pas de similaires dans

�L’EXPANSION COLONIALE
la Métropole, et qui p a r u n décret du 29 no­
vem bre 1892, jo u issen t d ’u n régim e de faveur ;
2' Les p ro d u its m étropolitains et les produits
des colonies fran çaises im portés en Indo-Chine
ne p ay en t au cu n droit de douane.
Q uant aux produits exportés de notre colo­
nie su r la F rance, ils ont fa it l’objet d’un ta rif
spécial (Tarif E) ; certain s d’entre eux, dits
« D enrées Coloniales » tels que le thé, le café,
le poivre jouissent d’une réduction de 50 %,
et pour le poivre Indo-Chinois, la q u an tité ad­
m ise à bénéficier de cette détaxe est lim itée
chaque année p a r décret. Les a u tres articles
im portés de la colonie en F ra n c e : caoutchouc,
riz, m aïs, peaux, badiane, etc., y re n tre n t en
franchise.
Il fa u t reco n n aître que depuis l’application
de la loi de 1892, le com m erce du Tonkin avec
la F ran ce a suivi une m arche ascendante, qui
cependant s’est ralen tie depuis 1904. Cela n ’est
que fictif, car p en d an t quelques années les chif­
fres d’exportations ont été augm entés du
tra n sp o rt de to u t le m atériel m étallique desti­
né à la construction et à l’exploitation des che­
m ins dé fer.
M algré les ta rifs protecteurs, on est obligé
de co n stater la m arche ascendante des p ro­
duits d’im portation étrangère.
Cela tie n t à deux causes :
L a prem ière, c’est la tra n sfo rm a tio n complè­
te de l’outillage des m an u factu res en Allem a­
gne, en Suisse, en Belgique, en A ngleterre, qui
a m is ces pays à mêm e de fab riq u er plus vite
et à m eilleur m arché que nous.
L a deuxième, c’est la rou tin e dans laquelle,
sau f quelques exceptions, se com ptait notre in ­
dustrie nationale, qui, se cro y an t abritée p a r
les ta rifs protecteurs, ne songeait pas, comme
l’a si bien dit M. le directeur général des doua­
nes B oundal, à la concurrence étrangère, et
n ’ a p as cherché à fab riq u er les articles d’ex­
portation, d o n n an t satisfaction aux goûts et
aux habitudes de la clientèle coloniale.
Afin de pouvoir lu tte r contre le prix élevé des
pro d u its fra n ç a is protégés p a r les droits de
douanes contre ceux de l’étran g er, des capi­
ta u x fra n ç a is se sont groupés, afin de créer
des in d u strie s locales, facilitées p a r la m aind’œ uvre à bon m arché, et les gisem ents iné­
puisables de houille signalés dans toute la ré ­
gion Nord du Tonkin.
C’est ain si que les filatures de coton de H a­
noï, H aïphong, Nam -Dinh, se sont créées ; que
des fabriques d’allum ettes, que des scieries de
bois, etc. sont organisées, que des brasseries,
cim enteries, usines à p ap ier ont p ris n a issa n ­
ce. L ’étude, de jo u r en jo u r plus complète, du
sol et du sous-sol Tonkinois, jo in te aux facili­
tés de com m unications données p a r le réseau
ferré, ne feront cju’accroître cette évoluiton de
la colonie vers une vie in d u strielle intensive.
M ais cette évolution n e se fait p as sa n s soule­
ver des p ro testatio n s dans le p a rti protectioniste que l’on rencontre au sein du P arlem ent.
Nous savons qu'il est to u jo u rs question de pro­
poser l’établissem ent d’une p aten te coloniale
spéciale, qui serait une taxe de com pensation
destinée à a rrê te r l ’essor des in d u stries n a is­
san tes de la colonie.
Cette tax e se ra it calculée de m an ière à p la­
cer l’in d u strie coloniale dans les mêmes condi­
tions, au poin t de vue des prix de revient, que
les pro d u its sim ilaires français. P a r cette taxe
d isp a ra îtra ie n t les avantages qu’offre aux cou­

425

rageux industriels qui se sont expatriés, les fa­
cilités de m ain-d’œ uvre qu’ils trouvent en IndoChine.
Il n e faut pas se dissim uler que si ce système
était adopté il serait la ruine des in d u stries lo­
cales. Le devoir de la Cham bre de Commerce
est de protester contre toutes les tentatives de
son établissem ent.
D’ailleurs, la Métropole s'exagère le bas prix
de la m ain-d’œuvre indigène, car son rende­
m ent est m oindre que celui obtenu en France
avec les ouvriers, et les appointem ents du per­
sonnel Européen,' dans la colonie, sont de beau­
coup su p érieu rs à ceux qu’il a u ra it dans la
Métropole.
v .
Il est de n o tre devoir de protéger les industries
que de h a rd is et courageux colons so n t venus
créer avec l’aide des capitaux français. Nous
devons encourager l’exportation de leu rs pro­
duits vers les m archés de la Chine, du Japon,
du Siam , de la M alaisie.
Mais, nous nous heurtons à ce m om ent à
une question très im portante po u r l’av enir de
ces industries, c’est celle des droits de sortie
établis en Indo-Chine p a r le décret du 29 dé­
cembre 1898.
Ainsi que nous l’avons déjà exposé, les pro­
duits Indo-Chinois exportés su r F ran ce et les »
coionies françaises sont exem pts de droit ; il
n ’en est pas de même pour ceux exportés à l’é­
tran g er, et leu r fiscalité ne peut que n u ire au
développem ent agricole et in d u striel du Ton­
kin.
C’est ainsi que nous constatons avec reg ret
la nullité des tran sactio n s entre n o tre colonie
et le territo ire de K ouang-Tchéou-W an, fa i­
sant p artie in tég ran te cependant du Gouverne­
m ent général de l'Indo-Chine. Cela tie n t à ce
que des droits de sortie frap p en t toutes les
m archandises tra n s ita n t de H aïphong à
Kouang-Tchéou-W an, tan d is que Hong-Kong
im porte tous ses pro d u its en absolue franchise
dans ce territo ire que M. le gouverneur géné­
ra l Doumer av ait représenté à notre Compa­
gnie, comme devant être un cham p d’exporta­
tion p o u r le Tonkin et les produits français.
Les relatio n s directes sous pavillon fran çais
entre K ouang-Tchéou-W an et H aïphong de­
v raien t être exemptes de tous droits de sortie,
et la Cham bre de Commerce doit renouveler
les vœux qu’elle a émis à ce sujet à plusieurs
reprises.
,
Les droits perçus, en ce m om ent, à l’entrée
au Tonkin, su r les m archandises étrangères,
sont-ils équitables et protecteurs ? P a s toujours,
et leur application a pour effet direct d’aug­
m enter le prix de la vie et de certaines denrées.
Certes, les exigences budgétaires sont à con­
sidérer, lorsqu’on songe aux ressources que
l’on doit trouver po u r faire face aux in térêts
des em prunts dont la colonie est grevée po u r de
longues années, et nous ne pouvons dem ander
la suppression complète de tous les droits de
sortie pas plus que ceux d’entrée.
Ce qu’il est nécessaire de m ettre en ap p li­
cation, c’est u n régim e adapté à la situ atio n
actuelle de la colonie, do n n an t satisfaction a u ­
tan t que possible, aux in térêts m étropolitains
engagés dans la colonie et à ceux des p o p u la­
tions indigènes que nous gouvernons.
Quel s e ra it le m eilleur régim e douanier à
appliquer en Indo-Chine ?
Le rêve, serait l’autonom ie complète. II fa u ­
d ra it étab lir à H aïphong une zone franche, or-

�426

L’EXPANSION COLONIALE

«anisée su r les bases de celles de Gènes, H am ­
bourg, Anvei's .serv an t d'entrepôt à tous les
pro d u its de l’export et de l’im port, et doter la
colonie d’un régim e d ouanier, bien étudié, pour
les droits d’entrée et de sortie, p a r une Assem­
blée composée d'hom m es ne con sid éran t dans
leurs trav au x que l’in térêt général, et laissan t
do côté les in térêts des particu liers.
Avec les idées qui rég n en t actuellem ent dans
la Métropole, il est peu probable que d’ici do
longues années, le Tonkin puisse jo u ir de son
indépendance financière comme les colonies
anglaises qui sont près de nous.
Il serait nécessaire, dans la nouvelle orga­
n isatio n douanière, de conserver la franchise
p our tous les pro d u its fran çais intro d u its dans
la colonie, et p a r réciprocité, la m êm e franchi­
se devrait être accordée à tous les produits ex­
portés en F ra n c e ou dans les a u tre s colonies ;
le café, thé,poivre devraient subir une détaxe
com plète à leu r débarquem ent dans les ports,
pourvu qu'ils y soient tra n sp o rté s en droiture,
et qu'ils y justifient pleinem ent de leu r origine
Indo-Chinoise.
II n ’est p as douteux que ce régim e favorise­
r a it le développem ent de l’ag ricu ltu re et ce
que le T résor p e rd ra it à l’entrée, il le retrouve­
r a it p a r l’accroissem ent des relatio n s m a riti­
mes.

(A suivre.)
Les Membres de la Commission,
B rousm ich e , F lambeau

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M é tro p o le
Gouverneurs. — P a r décret présidentiel,
M. le g ouverneur S am ary a été rappelé à l'ac­
tivité et chargé de l’Intérim du G ouvernem ent
de la Guyane.
Services postaux. — Un -décret du 16 juin
1909, relatif aux relations postales entre la
F rance, l’Algérie, les colonies françaises et les
b u reau x de poste fran çais du M aroc et de T ri­
poli réglem ente les m an d ats et recouvrem ents.
Une loi du 23 ju ille t porte ap p ro b atio n de
la Convention conclue, le 24 décem bre 1908, en­
tre l’E tat, la Cie g énérale T ra n sa tla n tiq u e, la
Cie de N avigation Mixte et la Société générale
de T ran sp o rts M aritim es, p o u r la prorogation
p en d an t deux an s de l’exécution des services
m aritim es postaux en tre la F rance, l’Algérie, la
Tunisie, la T rip o litain e et le Maroc.
Algérie. — Une loi du 22 ju illet au to rise le
G ouvernem ent à suspendre en cas de grève
le monopole du pavillon fra n ç a is dans la n av i­
gation entre la F ra n c e et l ’Algérie.
Un décret du 4 ju illet auto rise les trav au x à
exécuter dans la d arse du port de Philippeviile.
Tunisie. — Un décret du 10 août fixe à 200.000
hectolitres la q u an tité de vin de ra isin s frais,
d’origine et de provenance tunisiennes, qui
p o u rra être adm ise en F rance, du 1er août 1909
au 31 juillet 1910, sous le bénéfice de lu loi du
19 ju illet 1890.
Congo. — lin e loi du 12 ju ille t au to rise lo
G ouvernem ent général de cette colonie à em­
p ru n te r 21 m illions pour des tra v a u x publics.

Indo-Chinc. — Un décret du 7 ju illet décide
que les produits étran g ers im portés à Pnom Pcnli, B attalnhang et Vinh peuvent être adm is
an bénéfice de l’entrepôt fictif dans les locaux
agréés p a r l’ad m in istratio n dos douanes.
Nouvelle-Calédonie.
Un décret du 7 avril
autorise l’ouverture des trav au x à exécuter
pour lo raccordem ent p a r voie ferrée de la gare
au qu ai de Nouméa.

C o lo n ie s
Algérie. — Un arrêté du gouverneur général
du 3 août 1909 modifie les dispositions re la ti­
ves à l’attrib u tio n des perm is de recherches
m inières. Un arrêté porte o rganisation du ser­
vice des trav au x de colonisation.
Afrique occidentale. — Un arrêté du 27 juin
porte réglem entation du régim e des patentes et
licences, dans les colonies du gouvernem ent gé­
néral.
Guinée. — Un arrêté réglem ente à nouveau
le régim e des concessions territoriales.
Côte d'ivoire. — Un arrêté in stitue un régi­
me spécial p o u r les terres destinées aux p lan ­
tations de cacaoyers. — Un arrêté décide que
le chem in de fer est ouvert à l’exploitation ré ­
gulière, depuis le 1er juin, ju sq u ’à la gare pro­
visoire du N’Zi (rive gauche, kilom ètre 181).
Dahomey.— Un arrêté réglem ente à nouveau
l’aliénation des terres dom aniales.
Madagascar. — Des arrêtés in terd isen t fe x ­
ploitation des p roduits forestiers de l’ile de
Sainte-M arie et constituent des réserves fores­
tières dans les provinces de T an anarive, Andovorante et Tam atave.
lndo-Chine. — Un arrêté autorise l’exécution
des trav au x d’approfondissem ent de la passe
du Cua-N am -Trieu, en vue d ’o u v rir un chenal
d’accès au p o rt de H aïphong à 5 m. 50 de p ro ­
fondeur. — Un a rrêté crée deux régions fores­
tières de 5.000 hectares et 1.600 hectares dans
les provinces de Tuyen-Q uang et Vinh-Yên.—
Un arrêté réglem ente l'im pôt des p atentes au
Laos.
J. L.

Avis d3Adjudication
Le 7 septem bre 1909, il sera procédé, dans la
salle des séances de la Commission p erm a­
nente des m archés, à P a ris, à l’Office colonial
(Galerie d’O rléans, P a la is Royal) à trois heures
du sojr, à l’ad judication su r concours pour la
fo u rn itu re et la construction de trois réser­
voirs aériens destinés aux adductions d’eau
de P ondichéry et de C handernagor ; et à l’ad ­
judication de : 1“ T raverses m étalliques ; 2°
R ails ; 3° Boulons d’éclisses et boulons de c ra ­
pauds ; 4° crap au d s ; 5° éclisses ; 6° rondelles
grow er, destinés à la ligne ferrée de SaïgonK hanhoa (lndo-Chine) ; le 14 septem bre, à l’ad­
judication de coffres-forts dém ontables et in ­
com bustibles destinés à divers postes du H autSénégal-Niger.
On peut consulter le c a h ie r des charges au
se c ré ta riat de l'In stitu t, rue Nouilles, 5.

�427

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS CQLOHIAUX
TVCa.i'seille

TEX TILE S
les 100
Raphias do Madagascar. — Tain ata vo
l rc qu alité.................................................... F.
Majunga b lan c..............................................
A nalalave b la n c .......................................
Tare d ’usage,escom pte Ho/o comptant,
m archandise prise ;4 quai ou m agasin
Marseille. — Article ferme.
Fibres d ’Aloës. — Bourbon l ' r choix___ 55 à
Bourbon o r d in a ir e ................................... 45 à
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar...............................
De
Do
De
Do

ESSENCES
Géranium-Bourbon bien ten u e..........
Vètyoar B ourbon.................................
Lemon-Grass (Verveine).....................
Ylang-Ylanq............................

V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tète
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Énlrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k i l o .........................................
Vanilles ordinaires sa in e s...........................
»
inferieures
» ............................
»
Tahiti l ro q u alité............................

k.
55
60
5H

57
50
80

le kilo.
21
20
10
300/400

G IR O F L E S de Sainte-Mario (Madagas­
car)............................................ les 100 k. 1G0 »
Escompte 2 o/o, payable com p'ant
tout
entrepôt.
O R S E IL L E Madagascar
32 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat)CA F É S
Guadeloupe bonifieur....... .. les 50 k.
Guadeloupe h a b ita n t.... .....................
N o u m éa.............................. ...................
Bourbon pointu................. ........... .........
Nouvelles H ébrides.......... .....................
Libéria de M adagascar... .....................
M archandises à l'entrepôt, com ptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

CUIRS DE M A D A G A SC A R
les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s..................................... 125/130
Tam atave » » ..................................... 110/115
(J.-B. Tomei et Vallet.)
‘ CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
Pr choix. — Pinky n° 1 .............. 10.50
— —
M adagascar lom biri.......................
9.25 à 10.75
Tam atave Guidroa 1er choix..........
7.75
8 .—
Majunga 1er choix......................
8.25
8 50
N ossi-B è........................................
5.75
6.25
Diègo-Sparez 1" choix...................
9.75
10 —
T u lléar.......................................... —
4. »
7.50
Tonkin rouges 1er choix................. 1.0.50
10.75
»
n o i r s .....................................
9.75
10.—
»
lanières............. ................... 11. »
»
p laq u es..........................
8.25
8.50
Nouméa, bon co u ran t..................... 10.— 10 50
Niggers Soudan ro u g e s ................. 11.— 11 25
Soudan-N iggers b la n c s...... ........... 10.— 10.25
Sénégal-G am bie A .........................
8.35
8.50
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.

Blanc.)

G RA IX E S OL ÉAGI N E U SES
Sésames d’A frique................... les 100 k.
32.—•
Arachides décortiquées d’A frique.........
33.25
»
en coques
»
..........
25.—
(Fraissinet, Stamos et Scaram anga.)
Le

30/32
20
16/17
1150

130 à 135
118
122
110
85
120 130
85
95
72
82

H avre

CAOUTCHOUC M adagascar. —
Tamatave Pinky I......................... F. 9 » i1 10 50
9 »
8 »
»
Pinky I I ......................
7 »
9.50
M aju n g a............................................
7 »
5 »
F a ra fa n g a n a ........................... . . . .
9 »
G..75
M ananzary........................................
8 » 11 50
T o n k in ...............................................
Congo Haut-Oubanghi ................. 13 » 13 50
Y.25
7.65
N’Djolô................................................
(Le tout au kilog, Le Havre.)
T E X T I L E S . - Sisal A friq u e.. . . 75 » à 80 »
Aloès Réunion.................................. 50 » 55 »
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)
BOIS acajou G abon......................... 10 » à 16 »
9 »
8 D
»
»
Okoumé.....................
» ébène G abon ......................... 15 » 30 ))
»
» M adagascar................ 15 )) 30 ))
(Le tout aux 100 kilos.)
le ld Io.
. . . 3.20 à 3 30
CIRES M adagascar.,
les 100 k.
GOMME Copale A frique.......................
50 à 100
»
M adagascar................... • • • 100 400
(Taquin et Schweitzer.)
B ord ea u x

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N ig g ers............................. 12.75 à 13.25
Soudan Niggers ro u g es.,............... 11 50
H 60
C I R E S D 'A B E I L L E S
Soudan N iggers blan cs.................. 10.50 11.—
a h50o u N ig g e rs ___• ......................... 10 » 10.75
M adagascar.......................................
315
fiL
317
9 —
»
Algérie................................................
330 340 » Gambie X ) .........................................
8 —
»
Tonkin.................................................
325 330 » Gambie A M .......................................
7 .—
»
S é n é g a l...............................................
325 330 » Gambie B ...........................................
Bassam L u m p s.................................
5.75
6 »
Ces prix s'entendent aux 100 kilos, esco m p te! o/o,
(R. H enry.)
payable com ptant à tout entrepôt.

�428

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux

d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) .........................................
4G0 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
432 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500.........
503 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) .........................................
79 —
90 50 M adagascar, obi. 21/2 (g a r.).. . 80 —
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
92 —
450 — Indo-Cbine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o, 1899-1905 ...............
476 -------—
obi. 3 o/o 1902......................
418 —
480 — E m prunt Algérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p .. .................
446 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 31/2o/o
1897..................................
900
—
987 50 Aille de Constantine, 3.30 o/o
1 8 9 5 ...............................
970
—
492 50 Col. de la G uadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898.................
469
—
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 4901 .........................
470 —
492 50 Col. de la M artin iq u e..
467
—
470 — A friquoO ecident.,3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g a r.).....
452
—
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
516 —
B A N Q U E S C O LO NIALES
E T É T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers C'“ A lgérienne, act. de 500 t. p. 1075 —
500 — Créd. Fonc. d'A lger etT unis..
485 —
—
—
—
lib.
499 —
Divers Banque de l'A lgérie, act. de
500 t. p .........................• ........... 1690 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 I. p. (n.)___.'.............
400 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n-).............................................. 1100 —
500 — Banque de la M artinique, 500
720 t- P- (n.) .................................
500 — Banque de la Béunion, act. de
500 t. p. (n ) ...................
350 Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .).............. 1495 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
640 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1200 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
76 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ......................... \ . ..
156 —
350 — Crédit P’oncier Colonial, obi.
5 o/o 350...................................
133 CH EM INS D E F E R A L G É R I E N S
E T CO LO NIAU X
500 — Ci0 Bône-Guelma, a. r . A 600..
681 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
430 500 Est A lgérien, act. r. à 600___
701 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 428 500 — Ouest A lgérien, act. r. à 600..
655 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 43S —
-- -- Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500............... ..............
430 —

340 -

M ècheria-Aïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
430 —
Mouzbah-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500..............................
425 _
330 M ostaganem-Tiare't, obi. 3 o'o
rom. à 500...............................
430 —
500 - Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n a n , act. 500,
250 fr. n o m .. .........................
500 _
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650................. 1160 _
417 Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi. 3 o/o r. à 500 396 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Béunion. obi. 500 3 o/o ga*
rantie par l’E ta t.....................
426 —
V A L E U R S M IN IÈRES

430 500 —
477 50

500 —
500 Divers
445 —
100 —
454 50
500 —

Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............. .............................
Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem. à 500.................................
Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ................................
A lgérie-Tunisie ( Omn. ), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500...............
Kanguet (S. m in. du), act. de
500 t. p .....................................
Mokta el Hadid, act. 500 t. p.
—
'a c t. 500 (400
P-, n . ) ......................................
Le Nickel, act. do 250 t. p .......
—
obi. 4 o/o rem . à 500.
Saint-Elie, act. de 500, t. p . . .
Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .....................................
Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 5 0 0 ...,..................... ’. .
Phosphates et Ch. de Gafsa,
aet. de 500 t, p .......................
Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ...

1575 —
503
469 —
468 —
520 —
1665 —
1585
672
509
59

—
—
—
—

80 —
485 —
3730 —
3400 —

V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Com pagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale............... . (actions anciennes). 3200
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d e n ta le ................ (actions nouvelles).. 2596
Cio M arseillaise de M adagascar..............
525
A lim a..............................................................
100
Alim aïenne........................................
150
Congo occidental........................................
150
Haut-Congo (Compagnie française du)..
450
Haute S angha...............................................
193
H aut-O gôouè................................................
550
La Kolto........................................................
518
M essageries Fluviales du Congo............
292
Sultanats du H aut-O ubangui...................
880
Compagnie m inière de G uinée: act........
118
Compagnie des mines de Siguiri : act.
148
Compagnie de l’Ouest africain français,
a c t..............................................
636
Société cotonnière de l’Indo-Chine..........
230

—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—

Le President de l'Institut, Gérant :
A d r ie n A R T A U D .
Im p rim erie du “ S ém ap h o re” B a r l a t ie r . — M arseille.
17-19, ru e V enture.

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SERV ICES POSTAUX MARSEILLE-COLONIES
D é p a rts

de M a rs e ille

A lg é rie

d’Alger, d’Orailcl Voie de Marseille
Gil'G 1" T rails
de Constantine
et d’A lg e r...
»
d’Alger . . . .
Voie de Marseille, T ransp. Mar.
»
Ci0T o uaclie.
»
d’Oran.
O GleT rans.
»
T ransp. Mar.
))
de Consiantinc
C&gt;1'G '1-Trans.
))
»
))
)&gt;
»
Oic Touache.
))
CieGlc Trans.
))
T u n is ie .
Cic Touaclie.
0
))
))
Ciu des M. M.
In d o - C h i în e ..................... '
Voie de B rindisi, paq. Anglais.

J

Départements

A f r i q u e O c c id e n t a le
F r a n ç a is e

V o ie

S é n é g a l ............................j
D jib o u ti, M a d a g a s c a r ,
R é u n io n e t M a u r i c e
D jib o u t i, M a j u n g a . . . . |
N o u v e ll e - C a lé d o n i e \
e t N o u v e ll e s - H é b r id e s /
In d e F r a n ç a i s e

..........

G u a d e lo u p e
et M a rtin iq u e
Guyane F ra n ç a is e ...
T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

deB

o rd e a u x ,

DATES DES DEPARTS

DERNIÈRE LEVÉE

DEPARTS

D E M A R S E IL L E

D E LA D O ITE

D E S BATEA U X

Hardi, Mercredi, Vendredi, Di­
manche ............................

Mercredi et Samedi.
J e u d i.....................
Jeudi et S a m e d i.. . .
M ardi.........................
M ardi.........................
M ardi.........................
S am ed i.....................
J e u d i.........................
Lundi, Jeudi i l Vendredi.........

M ercredi...................
S a m e d i...................
Un dim. su r déni à p. du 11 jin r .
Vendredi a p . d. de Marseille . .

11 h. m at.
3 h. 20 soir.
10h . 30m .
3 h .20 soir.
3 Ii.20 soir.
10 il. 30 m
3 h. 20 soir.
10 h . 30 m .
10 Ii. 30 m.
10 h . 30 m .
11 h. m at.
10 li. 30 m.
10 h. mat
10 h. soir.

1 h. soir
6 h. soir
m id i.. . .
5 h. soir
5 li. soir
midi. ..
5 il. soir
m id i... .
midi ...
m id i....
I h. soir
m id i... .
II h. mat

Ciu des Cliarg. Itéiin. 24 de chaque mois. 6 li 35 soir.

Voie doM arseille, T ransp. Mar.
VoiedeItonleaiixàLisbonne, Ci&lt;’ des M. M.
Voie deMarseille,
»
»
»
»
O H avraisc
Voie de M arseille, C‘r desM . M.
Voie de Brindisi )
. , .
,
paq. Anglais,
ou Naples .. \ 1 1
°
Voie dcMarseillé, C'e des M. M.
Voie deB rindisi,patp Anglais.
Voie de St-Nnzaire, D 'G 1' Trans.
Voicde Bordeaux,
»
Voie de C herbourg, paq."Anglais.
Voie de St-Nazaire, C'1'Glc T rans.
Voie d'Amsterdam, paq. N é e rl..
Voie de C herbourg, paq. Anglais.

10 h. 30 ni.
6 li.35 soir.
10 de chaque mois 10 h. m al.
25
»
10 h. mat.
Vers l e 2 0 de chaque mois. mat. ousoir
Un dim. su r quatre à p. du 17 janv. 10 II. m at
10, 20 et 30 de cliaipns m o i s . .
l.cJendi, 1.1.4 i j. à p. du 4 ’' r janr.

midi.
11 h. mat..
11 h. mat..
11 h. mat..

Chaque Vendredi . 10 h. so ir. 11 h. 30 s.
10 h. mat. 11 h . m al.
Vendredi ap .-m id i. 10 h. soir. 11 h. 30 s.
9 de chaque m ois. . l’aiant-ieille soir,
Un Mercredi sur d à p. du 13 janr.

26
»
la veille au soir..
L e M ercr.,1 .1 . I l j. à p . du l î j a m . l’a i.- Teille malin,

9 de chaque m o is ..

raiant-veille soir,

V endr., 1 . 1 . 44 jours à p .du 8 janr. la reille an soir.,
Le ll e r r r ., 1.1.4 • j. à p. du 6 janv. l’ai.-icille malin.

j Voie Le H avre et C herbourg
p ar New-York
i

A r riv é e s à M a rs e ille
A lg é rie :

A lg er................................ Lundi, Mercredi, Vendredi, Samedi .
Conslanline p ar Pliilip| Lundi, Mardi, Jeudi, S am ed i. . . .
pevillc et B ô n c............
O ra n ................................. Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.
T u n i s i e ............................ M erci'., V end., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
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In d o - C h i n e .
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Tous les 1-8 jo u rs.
N o u v e ll e - C a lé d o n i e ,.
Voie de B rin d is i.......... Chaque Samedi.

R é u n io n , M adagas­
c a r e t D j ib outi . .

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
que, G u y a n e :

Voie de Saint-Nazaire
Voie de B ordeaux........
Voie d’A ngleterre .. .

Le 26 de chaque m ois
Le 17 de chaque m ois
Le Vendr. bus 1rs f i jouis.

A f r i q u e O c c i d e n t a le :

Voie de B ordeaux........
Voie de Liverpool........

Tous les 14 jo u rs.
Environ"Iniilrs l e s ? s r m a in » .

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Photographie des Célébrités contemporaines
et de la haute Société Française et Etrangère
IM P . D U S E M A P H O R E -

B A R L A T IE R -

M A R S E IC u E

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES S T A T U T S

Art . 2.
Cette association a p o u r but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économique qui lu i p a ­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.

Art . 3.
L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d ro it ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et d ona­
teurs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con-

S e r v ic e s d e l'I n s titu t :

Ttez-de-Chaussée : Musée Commercial.
• Salle des Cours Coloniaux.
fer étage : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat général et B ureaux de
l’In stitu t, B ureau de Renseignem ents.
Rédaction de 1’ « E xpansion Coloniale ».

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, sot»,
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n atu r*
à seconder l’œ uvre coloniale de l’In stitu t.

Art . 4.
Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p en d an t
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fo ndateur, il
faut p ay er ■
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o n ateu r il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t pay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

H istoire et G éographie Coloniales.

M. P. Masson .

Législation et Économie Coloniales.

M. R aynaud.

Hygiène Coloniale et Epidémiologie.

M. le Dr R eynaud.

C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.

M. V. Davin.

Directeur : M. le Dr H eckel .
P ro d u its végétaux coloniaux.

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».

P ro d u its anim aux et p arasitologie des p lan tes
et des anim aux.
M. Jacob DE CORDEMOY.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. !.. L aurent .

2mo étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance F ran çaise.
3me étage : S yndicat des E xportateurs.

Co u ps c o lo n ia u x

M. H. J umelle.

I n s tit u tio n s c o n n e x e s :

Com ité de r é d a c tio n d e « l'E x p a n sio n C o lo n ia le »
MM. Ad. F ouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Yt ier , Vice-Président : Jacques Léotard , Secrétaire ; Paul Masson, Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. E. M oriceau, Secrétaire général de l’Institut.—
M. Auguste Giry , ancien Directeur-Adjoint dé l’Exposition coloniale.

Marseille. — Im p rim e r ie fin Sém aphore, B a r l a t i e r , m e

Venture, 17-19

�SAVON
de la

BONNE MÈRE

lm p. du Sémaphore - B a rla tie r • Marseille

�r
3 mr

Année. — N" 23

Octobre 1909

Le Numéro : S O centimes

L'EXPANSION COLONIALE
B I T L I iE T I I T

ID E

S O M M A I R E
P A G ES

Le Commerce colonial en 1908, p a r M. Paul
M asson
.........................................
In stitu t colonial m arseillais
E x traits des p ro c è s -v e rb a u x ..............................
B ureau de R enseignem ents.................................
Sixième jo u rn ée m a r it im e ..................................
Musée com m ercial: E xposition de caoutchouc
E x traits de la C orrespondance...........................

ABONNEMENT : F rance
Rue

Le Commerce de Madagascar en 1908, p a r M. G.
429
432
433
435
436
439

Cavle .............................................

Le Régime douanier colonial..................................
Actes coloniaux o ffic ie ls ......................................
In stitu tio n s connexes.................................................
A vis d ’a d ju d ic a tio n .................................................
Marché des produits c o lo n ia u x ..............................
Marché des valeurs c o lo n ia le s...............................
Services p o sta u x Marseille Colonies.

Colonies , 6

et

N o a ille s ,

5

—

440

francs

T é lé p h o n e

MARSEILLE

; É tranger , S
3 6 -9 0

francs .

441
442
442
442
443
444

�IN STITU T

CO LO N IA L

M A R SEILLA IS

Fonde sons le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
P résid en ts d'honneur :

MM.

MM.

Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV’ Corps
d’armée.

Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le Recteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de

la
Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

M embres fon d ateu rs :

i Desbief , Paul, Président de la Chambre de Corn
merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C". — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (D ),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale puur favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.
M embres donateurs :
MM.
bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.,
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. — Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
Berger , C. — Chabrières , Morel et C‘\ — Cham
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks dentale. — Noilly P rat &amp; C”. — N. P aquet &amp; C". —
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise J. et A. P avin de Lafarge. — Rastit , Henri. —
de Navigation (Fraipsinet &amp; C"). — Compagnie de R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­ R olland, Alex., membre de La Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien - Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
F abre &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­ de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
rie. — Dufour Marius et Fils — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. — Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropui.o et
Féraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem- Za rifi.
MM.

Armand. Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Bergassè. H. et C1'. — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — CharlesRoux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­
mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais. — Compagnie des Messageries Maritimes. —

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.

M. E strine , Lucien, Président ’i la Chambre de Commerce.
. Président : M. Artaud, Adrien, Membre-Secrétaire Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
de la Chambre de Commerce.
Sémaphore ; F ouque, Adolphe, Président hono­
raire du Syndicat d ’initiative de Provence.
Vice-Présidents : MM. le D’ H eckel , DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président Trésorier : M. Allemand, I., Membre de la Cham­
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
bre de Commerce.
Chef du Service Colonial ; le C” Armand,
Trésorier-Adjoint : M. Laplane , J., Directeur
Albert, premier Vice-Président de la Chambre
Adjoint du Comptoir National d’Escompte de
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
Paris à Marseille.
lais de la Marine Marchande ; Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
MM.

MM.

Allest , J. (D’). Administrateur-Délégué de la Com­

Martin -Laval, F., Vice-Président du Syndicat des

Arnaud Lucien, Minotier.
Bergasse, Alexandre, Négociant.
Besson . L., Directeur de la Compagnie Marseil­

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

pagnie Générale Transatlantique.
laise de Madagascar.

B lanc, E.. Directeur de l’Exploitation de la Com­

pagnie des Messageries Maritimes.
Bourdillon, A., Armateur.
Bry, G., Doven de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufay, H., Ancien Vice-Président de la Ch-de CornDufour , Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E sttf.r , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud. Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Svndicat des
Négociants en cafés.
J oannon, A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
J ourdan. Félix, Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.
Léotard, Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géograuhie.
Lombard. Emile, Vice-Président de la Ch . de Corn

Exportateurs.

titut colonial.

Rastit , Henri. Industriel.
R astoin , Président de la Société pour la Défense

du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux. François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub , Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, Ancien Membre de la Cham­
bre de Commerce.
Ytier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
R odrigues-E ly,

Za r ifi , Périclès, Banquier.

Lévy, Clément, 1' Adjoint au Maire de Marseille.
Delibes , J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément. Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil,
Secrétaire aénéral : E. Moricf.au, Administrateur
en chef des Colonies en retraite.

�IN S T IT U T C O L O N I A L M A R S E I L L A I S

A V I S
L INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3me étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

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99

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I N A L T É R A B L E a u x in te m p é rie s et a u x v a p e u rs s u lfu re u s e s
I M I T A T I O N p a rfa ite de to u s m a rb re s p e rm e tta n t les a p p li­

Hôpitaux.
Taverne du Moulin Rouge.

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d’an tisep tiq u es, d’une con servation et d’une lim ­
pidité p arfaites. F ab riq u ée S A N S A D D I T I O N
D’AL CO O L a v ec d es eaux sté r ilisé e s par l’ozone,
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SEMAPHORE

LITHOGRAPHIE

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Karsenty pis et Cie, 137, rue de Rome, Tabacs.
Amaldi, V.. 11, Place St-Ferréol, Achats et Ventes Lalptc,t, J. N., 22, rue Cannebière, Chaussures.
d’articles Exotiques et Coloniaux.
Lalrille, J., ftls, Bordeaux, Vins de Bordeaux.
Artaud, frères (J.-B et AJ, rue Plumier-Projongée, Lejeune frères (Vinh, Anriam), chez MM. Dufay,

Produits d’Alimentation, Vins, Spiritueùx,-etc.

Auguslo cadet, 15, rue du Terras, Chaussures.
Banque de l’Afrique Occidentale, 78, rue

de
Provence, (Paris), Banque Coloniale.
Baron, F. et Ch., 386, Boulevard National, Huiles
Minérales.
Belljcns et GucnebaudM, rue Grignan, Miroiterie.
Biètron, E., 9, rue de l’Arc, Fromages, Beurres,
Salaisons.
Bigourdan, frères, Luchon (Haute-Garonne) Cons.
Alimentaires.
Boissonnas et Détaillé, 21, rue Noailles, Photo­
graphies.
Bouchard, fils aîné, 19, rue S'-Sépulcre, Conserves.
Carret, J. et scs fils, 6, Quai de la Tourette, Pâtes
Alimentaires.
Cartcinneie St-Charles, 9, rue Guérin, Boîtes et
Articles divers.
Cauvet, Lambert et C’°, 20, rue de la Conception,
Capsules métalliques et Etains en feuilles.
Cassoutc, P., 16, rue Friedland, Dattes, Alimen­
tation.
Chazy, Mulzant et C*° (Vill'efranche-sur-Saône),
Pansements et Cotons.
Carnaud, J., 36, rue de Village, Boîtes métalliques.
Coda, J., 4, rue d’Arcole, Meubles de Style.
Cle Française de l'Afrique Occidentale, 46, rue
Breteuil, Commerce Colonial.
C‘° Générale des Pétroles, 2, rue Fongate, Huile de
Pétrole et Dérivés.
C'° du Gaz et de l'Electricité, rue Montgrand.
G-10 des Messageries Maritimes, Place Sadi-Carnot,
Compagnie de Navigation.
Ci0 N. Paquet et C'le, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
gnie de Navigation. •
C'Q de Produits Fixator, rue de Mondovi (Paris),
Lait, Chocolat.
De Queylar et /Us, 18, rue des Princes, Verreries.
Ecole de Provence, 15, rue des Princes, Ensei­
gnement.
Empereur, A., 4, rue des Récolettes, Quincaillerie
générale.
Eugster, A., rue Nicolas, 24, Perles, produits divers
pour l’exportation.
Estrangin, 42, rue Montgrand, Eau de Pioule.
Eslrine et Cie, 18, rue Colbert, Compagnie de
Navigation Péninsulaire et Orientale.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, Peinture.
Fichct, 19, Allées de Meilhan, Coffres-torts.
Fougeret, A., 25, rue de la Palud, Entreprise de
nettoyage.
F nuque, A., 1, Allées de ' Meilhan, Tuileries,
Etablissements P. Sacoman.
Gel, frères, Ilevel (Haute-Garonne), Pippermint
Get.
Gol et David, 3 et 5, Quai de la Fraternité,
Restaurant Basso.
Gros, E., 196, rue Paradis, Minoterie.
Guiraud et G’i0, 7, Quai du Canal, Imprimerie.
Hcud.ebcrt, Cli., 85, Boulevard Saint Germain
(Nanterre), Produits Alimentaires de Régime.

31, rue Saint Jacques, Produits d’Indo-Chine,
Caoutchouc, etc.
Lombard, E., 12, rue Breteuil. Produits Chimiques.
Magnan frères, 19, rue Paradis, . Cocose.
Mallet, J., Boulevard d’Accès, Matériel d’Entrepreneur.
Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Sakakini.
Massai (veuve), 50, rue de Rome, Graines et
Semences.
Monnier, M., 36, rue de Rome, Corsets.
Montel et C,e, 94, Avenue du Prado, Modèles de
Voitures ou Auto.
Mossé, A., 2, rue Cannebière, Optique.
Mouriès frères, 15, rue Breteuil, Lièges et Caout­
choucs.
Mutuelle de France et des Colonies, 1, rue Stella,
(Lyon).
Nel, Fortuné, 27, rue de la Darse, Appareils
sanitaires.
Nugue, M., 14, rue d’Italie, Glaces et verres.
Pascal et Baldy, 21, rue Grignan, Casques
insolaires &amp; chapellerie.
Pascro, U. et Cie, 18, Avenue de la Capelette,
Graisses, Huiles et Saindoux.
Pellegrin, Sablette-les-Bains, Casino et Hôtel.
Pellen, f.-B., 1, Place a Aix, Quincaillerie
Pitt, F., 56, rue Saint-Ferréol, Fourrures.
Pons, J.-B. et Cie, 2, rue Jemmapes, Appareils
Sanitaires.
Radius, G., 26, Place Vendôme (Paris), Essence
de Romarin, Produits Agricoles.
Bastit, IL, 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
des Corps Gras, etc.
Rocca, Tassy et de Roux, 26, rue Montgrand,
Graines Oléagineuses et Dérivés.
Bôdel et fils frères, rue du Jardin Public,
(Bordeaux), Conserves Alimentaires.
Rouquette, L., 20, rue de la Darse, Biscuits pour
la Marine.
Rousseau, J. M., 83, rue de la Darse, Broderie et
Lingerie confectionnées, de Madère.Société Anonyme des Chaux et Ciments RomainBoyer, 5, rue Cannebière.
Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue

de la République, Compagnie de Navigation.

Société Générale des Peintures

2, rue Corneille.

Sous Marines,

Société Nouvelle des Raffineries Saint-Louis, 3, rue

République, Sucre.

Syndicat de Garantie des Industriels Français,

(Girard, 167, rue de Rome), Assurances, Acci­
dents.
Spanjaard, A., 7, Place Saint-Ferréol, Linoléum,
Toiles Cirées, etc.
Serène et Ci0, 45, rue Saint-Bazile, Liqueurs et
Spiritueux.
Silvan, aîné, 30, Boulevard de la Paix, Courroies,
Cuirs.
Vinatiê, 102, rue d’Italie, Boîtes métalliques.
Yirqitti, 14, rue Paradis, Vins de Champagne.
Yticr, L. et C*8, 27, nie Pavillon, Assurances
Maritimes.

\

�Troisième Année.

N° 23

1“ Octobre 1909.

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

LeCommerce colonial en1908

d’une différence capitale autant que de l’or­
ganisation administrative actuelle. Au point
de vue économique l’Algérie et la Tunisie se
placent à un degré supérieur. Elles vivent et
commercent davantage des produits de cul­
ture ; dans les autres l’exploitation de ceux
do la cueillette tient plus de place, surtout
en Afrique occidentale, au Congo, à Mada­
gascar, même en Indo-Chine. Les chiffres
des exportations y ont donc une autre signi­
fication et, dans les deux groupes, les ha­
sards des saisons et des récoltes n’ont pas la
même influence. Or, voici comment se dé­
composent les chiffres :

Le mouvement commercial n’est pas un
critérium suffisant pour juger la situation
économique d’un pays. D’autre part les com­
paraisons d’une année à l’autre risquent d’ê­
tre fort boiteuses à cause des influences con­
tradictoires de circonstances fortuites ; des
périodes décennales ou quinquennales of­
frent à l’étude des bases beaucoup plus sé­
rieuses. Enfin, malgré l’époque déjà avancée
de l’année,les résultats commerciaux de 1908
sont encore imparfaitement connus. Les
Comneece de l'A leérie- Tunisie
chiffres fournis par les publications officiel­
(m illions de francs .
les des colonies et par l'Office colonial du
ministère sont encore provisoires ; les sta­
lm p.
Kxp.
Total
tistiques ne sont pas suffisamment détaillés ;
1907...............
564
4G2
1.026
même, pour des raisons diverses, publica­
420
1908...............
584
1.004
tions tardives ou pas encore parvenues, on
ne possède pas toutes les statistiques dres­
Commerce des aulres Colonies
sées. Ces réserves faites il peut être instruc­
Total
lm p . Exp.
tif de présenter des observations sommaires
1907...............
529
513
1 042
sur les résultats connus de l’année dernière
1.032
1908...............
529
503
et de les comparer à ceux de la précédente.
Le chiffre de deux milliards semblait n’a­
Il y a donc eu diminution de 22 millions
voir été dépassé en 1907 que par suite d’un pour le premier groupe, de 10 seulement
concours de circonstances exceptionnelle­ pour le second. Malheureusement, des deux
ment favorables. Il était prudent de penser côtés, cette diminution porte exclusivement
que ce chiffre pourrait n’être même plus at­ sur les exportations ; les importations, en
teint d’ici quelques années.En effet,les résul­ effet, ont encore augmenté de 20 millions
tats de 1908 sont inférieurs à ceux de l’année pour l’Algérie-Tunisie ; elles n’ont pas varié
précédente, mais la différence n’atteint que pour nos autres possessions. Pour les ventes
32 millions et les deux milliards restent en­ aux colonies l’année 1908 représente donc un
core bien dépassés : 1907 = 2.068 millions, maximum. Il en résulte que la diminution
1908 = 2.036 millions. Si le recul semble des exportations, a atteint 42 millions pour
tout de même sensible et regrettable, il ne l’Afrique du Nord, 10 millions pour le reste
faut pas oublier qu’en 1907 le gain avait été du domaine colonial. Les producteurs des
tout d’un coup de 165 millions. L’année 1908 colonies n’ont donc pas lieu d’être aussi sa­
reste donc encore très supérieure à toutes les tisfaits de la dernière année que les indus­
précédentes.
triels et les négociants de la métropole. Fau­
Dans le chiffre global une première dis­ drait-il pronostiquer un ralentissement fâ­
tinction s’impose : d’un côté l’Afrique du cheux de l’activité économique de nos sujets
Nord, de l’autre nos possessions dépendant ou colons ? Heureusement non. L’examen
du ministère des colonies. C’est tenir compte détaillé des chiffres révèle les causes pure-

�430

L’EXPANSION COLONIALE

ment accidentelles de la dépression des ex­
portations coloniales.

CO

En Tunisie l’augmentation du chiffre total
n’est pas satisfaisante car elle provient d’un
accroissement de 20 millions dans les impor­
Commerce des Colonies françaises
tations, rendu nécessaire en partie par l’in­
par ordre d'importance.
suffisance des récoltes et les besoins de l’ali­
m illions de francs il).
mentation du pays. En effet, l’année 1908 a
été franchement mauvaise pour l’agriculture
1907
1908
tunisienne : il y a eu fléchissement impor­
lmp. Ex?. Total
Imp. £xp. Total
tant dans la production, et dans les ventes
787
461 326
820
461 359
1 A lgérie.........
de
céréales, d’huiles d’olive, de bétail.Dans
526
212
548
284
295
253
2 Indo-C hine..
son ensemble la production agricole a fourni
94
217
123
103 103
206
3 T u n is ie ........
89
200
175
111
95
80
4 Afr. Occid ..
25 millions de moins à l’exportation. Mais
22
52
30
28
53
25
5 M adagascar .
notons une curieuse particularité : les huiles
33
13
20
23
39
6 S om alis.......
10
figurent en augmentation pour plus de 4
27
10
17
36
16
20
7 C ongo...........
millions
lorsqu’en réalité la quantité vendue
21
36
19
15
16
35
8 M artinique..
27
36
9
a
diminué
de deux millions de litres (14 au
'33
17
20
.9 I n d e .............
17
32
15
30
14
16
10 Guadeloupe..
lieu de 16). C’est que l’administration des
15
27
12
15
29
14
11 R éunion.......
douanes a cru devoir relever le prix du kilo
13
25
12
12
26
12 G u v an e........
14
dans
ses évaluations (1 fr. au lieu de 0.62), à
9
10
19
9,5
13 Calédonie . . .
8,
cause
de la hausse des huiles tunisiennes due
5
7
12
12
7
5
14 S ain t-P ierre.
7
3
7
4
aux progrès de leur fabrication. C’est pour
3
4
15 O céanie........
?
9
?
1,5
0,5
1
16 M ayotte. . . .
la même raison que les minerais figurent
avec une plus-value exagérée de 3.600.000
1.093 975 2.068 1 113 923 2.036
Totaux.
francs, l’évaluation du quintal ayant été
Pour l’Algérie, le déficit des exportations très relevée pour les minerais de zinc et de
serait de 33 millions en 1908, d’après ce ta­ plomb.Nouvel exemple de la perfidie des sta­
bleau où les chiffres provisoires de 1908 sont tistiques ; pour la Tunisie la comparaison
en regard des chiffres de même nature de brutale des chiffres n’est plus possible entre
1907. Dans l’examen publié par YOffice du les années antérieures à 1908 et celles qui
gouvernement général (Bulletin du 1er fév. suivront. La vente des phosphates ayant aus­
1909), ce déficit atténué tombe à 13 millions, si augmenté de plus de 5 millions,il en résul­
parce que les chiffres provisoires de 1908 te que l’activité minière a partiellement atté­
■sont comparés aux résultats, définitifs de nué les pertes agricoles (.1).
1907 et des années précédentes. Voilà un
L’Afrique occidentale est la seule de nos
exemple de la prudence avec laquelle il faut grandes colonies pour laquelle les résultats
manier l’arme dangereuse des statistiques. soient encore plus satisfaisants qu’en 1907
En tout cas il est certain que 1908 a été moins avec un progrès de 25 millions. La hausse de
bon pour les Algériens que 1907. Mais le neuf millions sur les exportations est d’au­
Bulletin algérien ne l’explique pas claire­ tant plus remarquable qu’elle vient après
ment. D’après lui l’exportation des céréales une série de trois années déjà très bonnes.
aurait fléchi d’un peu plus de 40 millions, De plus elle coïncide avec la crise la plus
mais les vins auraient gagné 17 millions, les intense que la colonie ait traversée depuis
animaux vivants 12, les huiles d’olive, très longtemps par suite de la baisse énorme des
en progrès, 8 ; la vente des minerais n’aurait cours sur deux de ses grands produits d’ex­
pas fléchi ; les primeurs et autres cultures portation, les caoutchoucs qui représentent
secondaires auraient donné dos résultats sa­ 35 % des ventes totales, les huiles et aman­
tisfaisants. Sur quels autres produits porte des de palme qui compte pour 15 %. Aussi
donc le déficit ?
la situation des diverses colonies du grou­
pe n’est-elle pas la même comme l’indique
(1) Chiffres de 1907 d’après YExvansion coloniale le tableau suivant :
du 1" août 1908. Chiffres de 1908 d’après le Bulle­
tin de l'Office colonial, août 1909, les Bulletins de

l’Office du gouvernement général de l’Algérie et
du gouvernement tunisien. Ces derniers chiffres
sont provisoires pour l’Algérie, l’Afrique occiden­
tale. Madagascar et le Congo.

(1) L’absence de documents ne permet malheu­
reusement pas de préciser la situation commercia­
le do l’Indo-Chine où les achats et les ventes sont
également en diminution de 11 millions.

�L’EXPANSION COLONIALE
Commerce des Colonies de VA. O. F.
(m illions de francs).
1907

lmp.

Sénégal...............j 55
H' Sénégal-Niger.
»
Guinée....................
16
Côte d’ivoire......
14
Dahomey...............
12

1908

Exp.

Total

lmp.

Exp.

Tota

44
»
16
11
10

99
r,
32
25
22

67
5
14
14
11

49
4
13
11
12

HG
9
27
25
23

(Journal Officiel du Dahomey, 15 avril 1909)

C’est la Guinée qui a le plus souffert de
la baisse des deux produits ; la Côte d’ivoire
et le Dahomey l’ont compensée par une forte
augmentation d’exportation de palmistes ;
cette dernière colonie en triplant aussi ses
ventes de maïs, produit devenu en quelques
années l’un de ses plus importants. Le pro­
grès de l’A.O.P.n’est donc dû, en définitive,
qu’au seul Sénégal qui a bénéficié d’une re­
marquable récolte d’arachides. Pour cette
colonie l’année 1908 marque le maximum
d’activité commerciale avec une avance con­
sidérable, puisque le chiffre de 90 millions
n’avait été atteint qu’une fois, exceptionnel­
lement, en 1903.
La dépression des cours du caoutchouc a
pesé lourdement aussi sur le trafic du Congo
qui baisse de neuf millions,c’est-à-dire exac­
tement d’un quart. A quand l’essor définitif
de cette malchanceuse colonie ?
♦ Pour Madagascar il faut retenir la même
explication. La diminution totale des ventes
est inférieure à six millions : les caoutchoucs
comptent pour près de 4, les peaux brutes
près de 2 1/2. Le déficit total attendrait plus
de 7 sans les progrès de l’exploitation auri­
fère qui dépasse 4.000 kilogrammes, soit une
plus-value de près de 1 million 1/2 par rap­
port à 1907. Notons aussi, parmi des plusvalues secondaires portant sur de nombreux
articles, cire, raphia, légumes secs, cha­
peaux de paille, bois d’ébénisterie, etc., celle
du riz qui, pour une quantité presque dou­
blée, atteint près d’un demi-million. La sta­
tistique de Madagascar est vraiment encou­
rageante. Sans la crise persistante de l’éle­
vage et celle du caoutchouc,l’année 1908 au­
rait pu être marquée d’une pierre blanche.
En Nouvelle Calédonie l’année n’est ni
plus mauvaise ni sensiblement meilleure
que les précédentes : les importations ont
encore un peu baissé,les exportations se sont
quelque peu relevées.Les plus-values de mi­
nerais auraient même été plus importantes

431

sans la baisse des cours du nickel et du co­
balt. D’autres augmentations intéressantes
sont à remarquer sur le café, le coprah, les
essences de parfumerie. Comme en Afrique
occidentale le caoutchouc donne un déchet.
En somme la crise pénible qui sévit sur no­
tre belle possession océanique depuis 1904
ne cesse pas encore.
A la Côte des Scmalis il y a baisse de six
millions répartie également entre les impor­
tations et les exportations. Pour celles-ci
elle provient surtout d’une diminution de
plus d’un million sur les ventes de café ; la
récolte a été mauvaise au Harrar ; de plus,
malgré le chemin de fer, le port anglais de
Zeila a fait concurrence à Djibouti. Les
peaux brutes, l’autre principal article de
vente d’Abyssinie, ont subi aussi une moinsvalue de près d’un demi-million.
Nos vieilles colonies n’ont pas eu à se
plaindre de la dernière campagne. Les quan­
tités exportées ont diminué mais la hausse
des produits, particulièrement celle du su­
cre, a permis à la Martinique et à la Guade­
loupe d’augmenter la valeur de leurs ventes.
Pour la Guadeloupe l’année aurait été vrai­
ment satisfaisante si le cyclone du 25 sep­
tembre 1908 ne l’avait empêché de recueillir
les premières récoltes de nombreuses plan­
tations de denrées dites secondaires faites les
années dernières. L’exportation de vanille
avait doublé en quantité ; le cyclone a dé­
truit toutes les vanilleries.
A La Réunion les chiffres sont plus satis­
faisants qu’ils ne paraissent à première
vue. S’il y a baisse de deux millions au total
par suite de la diminution des importations,
régulière depuis 1904, le chiffre des expor­
tations est de beaucoup le plus élevé de la
dernière période quinquennale. Le progrès
est dû partiellement aux sorties de sucre,
mais le bénéfice existe aussi pour les fécu­
les, les cafés, les essences et autres produits
d’importance secondaire dans l’agriculture
de la colonie. Comme les planteurs de la
Guadeloupe,ceux de la Réunion ont compris
le danger de la monoculture sucrière et font
des- efforts heureux pour y échapper. Tan­
dis que l’importation des cafés étrangers a
presque cessé, l’exportation a passé de 50
tonnes à 122 ; la forte baisse des prix rend
le progrès moins sensible dans la statistique
des valeurs.

�432

L’EXPANSION COLONIALE

A la Guyane et dans l’Inde aucun fait in­
téressant ne mérite d’être signalé. SaintPierre et Miquelon souffrent toujours de la
même crise ; le mouvement d’affaires reste
stationnaire et aussi insignifiant dans nos
établissements lointains d’Océanie.
En définitive, si l’année i908 a été moins
bonne que la précédente, l’examen des sta­
tistiques montre bien que des circonstances
fâcheuses telles que les mauvaises récoltes
de l’Afrique du Nord, la baisse de prix du
caoutchouc et d’autres produits ont été les
seules causes de la diminution de 52 millions
dans les exportations des colonies. Que le
déficit n’ait pas été plus important,c’est une
preuve que l’activité économique des indi­
gènes et des colons a pu compenser en partie
les pertes causées par les hasards défavora­
bles. En tenant compte de cette observation,
l’année 1908, qui se classe d’ailleurs immé­
diatement après 1907, doit être considérée
comme très bonne. Elle fortifie l’optimisme
que justifiaient les si beaux résultats de
celle qui l’avait précédée.
Paul M asson .
Professeur à la Faculté des Lettres
et à l’Institut colonial.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX

Conseil d'administrai ion du 16 septembre
1909.
Le Bureau de l’Institut colonial marseil­
lais s’est réuni le 2 septembre, et a étudié,
en vue de les soumettre au Conseil, les di­
verses questions administratives qui ont fait
l’objet des délibérations du Conseil suivant
procès-verbal ci-dessous.
Le Conseil d’Administration de l’Institut
colonial marseillais s’est réuni le 16 septem­
bre, à 3 heures, sous la présidence de M. A.
Artaud, président de l'Institut.
Etaient présents : MM. A. Artaud, prési­
dent ; Fcuque, secrétaire ; Dufour ; Jacquemet ; Joannon : Léotard ; Martin-Laval ; Raslit Rastoin ; Rossi ; Teisseire ; Ytier.
Excusés : MM. Armand, d’Allest, Blanc,
Bohn, Bcurdillon. Absents de Marseille :
MM. Heckel et Ponsinet.
M. le Président rend compte des corres­
pondances expédiées et reçues qui compren­
nent : 86 lettres reçues et 102 expédiées.
Il donne lecture de diverses lettres reçues
des gouverneurs de la Côte des Scmalis, de
la Réunion, de la Guadeloupe, de la Guya­
ne, qui regrettent de ne pouvoir donner cet­

te année de subventions à l’Institut ; du
gouverneur de la Martinique, qui accorde
pour 1909 une subvention de 500 francs ; du
Gouverneur général de Madagascar qui,
après avoir fait un envoi intéressant de
caoutchoucs, annonce l’envoi d’échantillons
de plantes tinctoriales indigènes qui lui ont
été demandées.
M. le Président propose au Conseil, qui
l’accepte à l’unanimité, l’adhésion de M.
Caujolle, propriétaire ep Nouvelle-Calédonie.
Il expose la situation financière qui est
conforme aux prévisions du budget et donne
des renseignements sur la situation du Mu­
sée Commercial.
Il rend compte du résultat des Journées
maritimes des 7 août et 4 septembre, et féli­
cite MM,. Ytier et Léotard qui en furent les
commissaires, du succès de ces très intéres­
santes journées, qui semblent prendre de
plus en plus d’importance.
Il soumet au Conseil, qui l’accepte, la pro­
position de location faite par M. Boissier,
architecte, des parties disponibles des cin­
quième et sixième étages de l’immeuble,
moyennant un loyer de 1.400 francs, toutes
les dépenses de réparation, d’aménagement,
etc. restant à la charge du preneur.
M. Artaud expose au Conseil un projet de
développement du service de la propagande;
il fait ressortir les grands services qu’a dé­
jà rendus et que peut rendre le Musée com­
mercial, et la nécessité d’appeler l’attention
des négociants de la région de Marseille et,
même de l’Algérie, sur les avantages qu’ils
retireront de la location de vitrines et de
panneaux. Ce résultat ne peut être atteint
que par des visites fréquentes chez les com­
merçants et industriels intéressés au com­
merce extérieur et des sollicitations pressan­
tes faites au nom de l’Institut, par une per­
sonne dûment autorisée portant un titre
officiel qui donnera plus de poids à ses dé­
marches.
Le Conseil est unanime à reconnaître le
bien-fondé des observations du Président et,
après un échange de vues entre plusieurs
Membres, il est décidé que le Président au­
ra toute latitude pour faire l’essai pendant
six mois ou un an, d’une combinaison dans
ce sens, permettant une propagande plus ac­
tive.
M. le Président informe le Conseil que la
Chambre de Commerce, toujours soucieuse
de développer l’enseignement colonial, fait
part à l’Institut des dispositions prises par
elle, en vue de créer une nouvelle chaire à
la rentrée. En raison de l’article 9 des Sta­
tuts, ces dispositions ne pourront avoir leur
plein effet que le mois prochain.
M. Artaud fait connaître que la Chambre
de Commerce a également proposé de faire
donner par M. Léopold Dor, dans la salle des
cours coloniaux, des conférences sur le com­
merce d'exportation. Ces conférences, n’é-

�L’EXPANSION COLONIALE
tant pas rattachées à l’enseignement colo­
nial, seraient faites à des jours et heures à
déterminer.
Le Conseil remrcie la Chambre de Com­
merce de sa sollicitude et de sa générosité.
M. le Président rend compte des résultats
de l’Exposition de caoutchoucs, qui attire
beaucoup l’attention des spécialistes. L’Ex­
position a reçu à ce jour 19.047 visiteurs,
parmi lesquels de nombreux étrangers, qui
sont tous frappés de l’importance de la pn&gt;
duction coloniale française et de la qualité
de ses produits. Tous les experts qui sont ve­
nus ont été unanimes à prédire le succès des
plantations de nos espèces indigènes qui,
bien cultivées et ayant leurs latex traités par
les moyens scientifiques qu’emploient les
plantations de la Malaisie et de Ceylan, four­
niraient des produits de premier ordre.
M. le Président propose la nomination
d’un Jury, qui décernerait à la fin de l’Expo­
sition des récompenses aux meilleurs pro­
duits et soumet au Conseil la composition
suivante de ce Jury :
Président d’Henncur : M. le Président de
la Chambre de Commerce.
Président : M. E. Lombard, vice-président de
la Chambre de Commerce, désigné par
cette Compagnie.
Vice-Présidents : MM. Bohn, Heckel, Ponsinet, Jumelle, ce dernier désigné par la
Chambre de Commerce.
Membres : MM. Besson, Dufay, Rathery,
Croze-Magnan, Bergougnan, Grammont,
Hardouin, Reynaud, Mathon, Honnorat
Baudon, Masson.
Secrétaire : M. Moriceau.
Le Conseil approuve ces prooositions.
M. le Président rend compte des démar­
ches faites pour attirer des adhésions au
Congrès des anciennes colonies à Paris, et
des communications adressées, ainsi que de
celles reçues de MM. Desbief et Boyer, en
réponse ^ une proposition du Comité de
Nantes relative aux cassonnades et à la Con­
vention de Bruxelles.
M. le Président propose la nomination de
M. Baudon, administrateur-adjoint des Colo­
nies, comme membre correspondant de l’Ins­
titut au Congo. M. Baudon a prêté un con­
cours précieux à l'organisation de notre Ex­
position de caoutchoucs, et il est un des meil­
leurs serviteurs de la cause coloniale, à la­
quelle il s’est profondément dévoué. Le Con­
seil est unanime à agréer cette proposition.
Plus rien n’étant à délibérer, la séance est
levée à 4 heures 45 minutes.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

1° M. H. D..., de Dax, a demandé des ren­
seignements sur l’importance du commerce
entre le Maroc et l’Egypte.

m

Ce commerce est assez important et s’est
élevé en 1907 à la somme de 851.420 francs,
dont 834.753 francs à l’exportation du Maroc
en Egypte, soit 2.51 % des exportations to­
tales. Il comporte presqu’exclusivement la
vente des babouches dont l’Egypte a acheté
pour 655.031 francs et des tissus de fabrica­
tion locale, haïks, etc.
2° M. F..., de Marseille, a désiré connaître
les prévisions prochaines des récoltes de su­
cre à la Réunion.
D’après le Bulletin Commercial de l’ile de
la Réunion, la prochaine campagne promet­
trait d’être très satisfaisante, les usines ont
commencé depuis près de deux mois leur
fabrication. Au 30 juin 1909, les expéditions
de sucre avaient atteint le chiffre de
38.998.176 kilogr., contre 38.851.668 kilogr.
à la même date en 1908 et 36.799.093 kilogr.
en 1907. Il a demandé également le chiffre
de l’exportation des cafés qui s’est élevé à
136.460 kilogr. au 31 mai 1909, contre 92.576
kilogr. à la même époque de l’année der­
nière.
Enfin il s’est renseigné sur la production
et le prix des fécules et tapiocas. Les usines
paient le manioc 20 francs les 1000 kilogr.,
rendus à l’usine ou à la gare la plus voisine ;
les tapiocas granulés valent sur place 60
francs les 100 kilogr. et les fécules 30 francs
les 100 kilogr.
L’exportation à fin juin s’élevait à 269.460
kilogr., dont : fécule, 14.580 kilogr. et ta­
pioca 254.880 kilogr.
Le retard des courriers, par suite de la grè­
ve des inscrits maritimes de Marseille, a
causé une légère hausse sur certains articles.
3° M. A..., d’Alger, a désiré connaître où
en était actuellement la question si intéres­
sante des frigorifiques en France.
Il faut reconnaître que nous sommes.bien
en arrière de l’Amérique, de l’Angleterre,
mais cependant l’attention publique com­
mence à se porter vers les applications ra­
tionnelles du froid.
Le premier congrès français du froid se
réunira du 1er au 3 octobre prochain à Lyon,
sous le haut patronage du Ministre de l’Agri­
culture, la présidence d’honneur de M. Chéron. sous-secrétaire d’Etat à la marine, 'et la
présidence effective de M. Herriot, maire de
Lyon.
.
De nombreuses questions seront traitées
à ce congrès., notamment : Etablissement à
l’usage des détaillants de chambres frigori­
fiques de capacité maxima pour le plus petit
modèle de machines couramment établies ;
Création de stations centrales en vue de la
distribution du froid à domicile ; Agence­
ment des wagons pour la production du
froid en emurs de route ; Pratique de l’isola­
tion ; Conservation du poisson ; Emploi des
chambres froides par le petit commerce ; Le
froid dans l’alimentation de l’armée ; Tech­
nique de la réfrigération dans les abattoirs

�434

L’EXPANSION COLONIALE

agricoles et les marchés centraux ; Conser­
vation des graines et des produits horticoles;
Création d’entrepôts frigorifiques ; Interven­
tion des Chambres de Commerce dans l’édi­
fication des entrepôts frigorifiques ; Encou­
ragement à accorder aux sociétés privées,
pour l’aménagement ou la construction de
wagons frigorifiques ; Réfrigération des ca­
les de navires ; Dénaturation du sel marin
destiné aux saumures frigorifiques, etc., etc.
Une très intéressante exposition d’appa­
reils frigorifiques aura lieu pendant le con­
grès et il faut vivement souhaiter que l'ap­
plication du froid, qui rend tant de services
aux Etats-Unis et dans d’autres pays, entre
enfin, au grand bénéfice de nos colonies, de
notre agriculture, de notre élevage, dans la
voie des réalisations pratiques.
4° MM. M. B. ont demandé des renseigne­
ments sur les résultats obtenus dans les jar­
dins d’essai de l’Afrique occidentale françai­
se, en, ce qui concerne les plantations d’espéces caoutchoutifères indigènes.
L’Administration de l’Afrique occidentale
porte depuis longtemps toute son attention
sur la culture des niantes à caoutchouc ; de
très importants essais ont été faits sur plu­
sieurs points de notre grande colonie et tout
récemment, le Journal Officiel de la Côte
d’ivoire publiait une étude très documentée
de M. Aug. Chevalier, docteur ès-sciénces,
chef de mission en Afrique occidentale, sur
le Funtumia élastica. Stapf.
M. Chevalier pense que la culture des lia­
nes et des landolphias à rhizomes doit être
écartée, comme n’étant nas suffisamment ré­
munératrice et considère les arbres à caout­
chouc comme seuls susceptibles de donner
des rendements avantageux. Il cite notam­
ment le Funtumia élastica comme méritant
surtout de fixer l’attention. M. Chevalier a
séjourné pendant un an dans les forêts de la
Côte d’ivoire, où cette espèce abonde et il en
a examiné des cultures à la Gold-Coast, à La
gos, à la Sud-Nigeria, au Cameroun, à -SanThomé. Le funtumia réussit très bien en cul­
ture ; mais il se propage surtout très rapide­
ment dans les terrains forestiers déboisés,
par exemple, sur l’emplacement des ancien­
nes cultures, les graines munies d’aigrettes
étant très facilement transportées par le vent.
La seule cause qui empêche ces arbres de
pulluler autour des villages est l’abondance
des jeunes Mussangas, Eriodendron, Myrianthus, qui croissent plus rapidement et finis­
sent par étouffer la plupart des jeunes fun­
tumia. En supprimant ces essences, et en ré­
pandant les graines de funtumia là où il
n’en existe pas, on arriverait à faire, dans la
forêt, des boisements constitués en grande
partie par cet arbre à caoutchouc. Dans la
dixième année, le funtumia peut produire
environ 500 grammes de caoi tchouc de gran­
de valeur. En coagulant le latex par la cha­
leur, on obtient 34 à 36 % de produit s^-c,

dont la qualité est tout à fait comparable à
celle de la gomme d’Hevea, le plus apprécié
de tous les caoutchoucs.
Ce caoutchouc de funtumia, comme l’a re­
connu M. Gerber, directeur du laboratoire
d’essai de la maison Michelin, accroît ses
qualités en vieillissant. Malheureusement,
les funtumia cicatrisent difficilement les
blessures causées par les incisions ; peu d’ar­
bres résistent à la deuxième saignée faite
par les indigènes. Mais il sera peut-être pos­
sible soit de retirer une quantité de caout­
chouc suffisamment rémunératrice en abat­
tant les arbres vers la dixième ou la quin­
zième année, soit de les inciser sans compro­
mettre leur vie. en faisant des blessures
moins profondes. En tous cas, les facilités
que présentent ces arbres, pour faire des
peuplements forestiers, méritent de fixer
l’attention des futurs planteurs de caout­
choucs en Afrique occidentale.
5° M. B..., de Marseille, a demandé quelles
étaient les prévisions de la récolte pendante
des girofles à Sainte-Marie de Madagascar
et à Zanzibar.
La maladie, qui avait atteint, un grand
nombre de girofliers à Sainte-Marie, semble
avoir été enrayée, grâce aux mesures ordon­
nées par l’administration, et il est probable
que la récolte donnera environ les mêmes ré­
sultats que l’année dernière. La production
de Sainte-Marie est importante : cette île a
exporté en 1908 : 158.752 kilogr. de girofles,
pour une valeur de 201.769 francs ; la pro­
duction en 1907 n’avait été que de 69.799 ki­
logr. pour une valeur de 102.841 francs.
On s’attend à Zanzibar à ce que la récolte
de 1909-1910 soit considérablement inférieu­
re à celle de la campagne précédente, disait
la Gazette de Zanzibar du 30 juin 1909. Ce­
pendant des pluies abondantes 'sont tombées
pendant tout le mois de juillet et la récolte
s’annonce comme devant être meilleure
qu’on ne pouvait le prévoir à la fin de juin.
Les prix restent bas, en raison du gros
stock provenant de la dernière récolte. Les
prix du girofle de Temba sont légèrement
plus élevés que ceux du girofle de Zanzibar.
6° MM. T...., de Marseille, ont demandé le
chiffre de la production du cristal de roche
à Madagascar.
L’exploitation des quartz hyalins prend
de plus en plus d’importance dans la grande
île. On en a exporté en 1907, 26.362 kilogr.,
pour une valeur de 36.740 francs, et en 1908.
66.924 kilogr., pour une valeur de 36.200
francs. Il faut croire que le triage a été dé­
fectueux, puisque pour une production pres­
que double, la valeur totale est inférieure de
540 francs.
Madagascar renferme de remarquables gi­
sements de cristal de roche ; il n’est pas de
musée géologique qui n’en contienne des
échantillons quelquefois très volumineux et
très bien cristallisés. La province de Vohé-

�L’EXPANSION COLONIALE
mar, notamment, en a fourni de très grandes
quantités. Les exploitations sont limitées au­
jourd’hui aux provinces du centre, où ce mi­
néral abonde. Il serait à souhaiter que des re­
cherches fussent entreprises dans les provin­
ces de Vohémar et de Nossi-Bé. Le grand
massif qui divise ces deux provinces est re­
marquablement riche en quartz hyalin.
7° M. S... a demandé quels étaient les
moyens de communication entre la France
et les Antilles françaises.
Deux lignes mensuelles appartenant à la
Compagnie générale Transatlantique assu­
rent le service entre la France et les Antilles.
Ce sont : 1° la ligne Saint-Nazaire-AntillesColon ; 2° la ligne Havre -Bordeaux-A n till «v
Ccion.
Aucune ligne régulière française ne relie
malheureusement Marseille à nos colonies
américaines. Six navires : Guadeloupe, Pé­
rou, Normandie, Versailles et France, sont
affectés à ce service. Le Guadeloupe et le
Pérou, qui ont commencé leur service en
1907, sont de très beaux navires ayant 136'”93
de longueur, 15m86 de largeur, 10m50 de
creux, d’une jauge brute de 7.166 tonnes et
d’une puissance de 6.600 chevaux. La traver­
sée de Bordeaux à la Guadeloupe ne dure
que neuf jours, au lieu de seize que l’on met­
tait autrefois. Un service de cargos a été créé
l’année dernière et plus particulièrement af­
fecté au transport des sucres et rhums sur
Bordeaux. Une compagnie autrichienne fait
également le transport de ces matières sur
Marseille. Les cargos de la Compagnie Tran­
satlantique sont au nombre de six et repré­
sentent un tonnage de 20.500 tonnes.
8° M. H. S., représentant d’un groupe belge
pour l’achat de minerais, a demandé les
noms des principales mines algériennes .et
tunisiennes. L’Annuaire général de l’Algérie
et de la Tunisie, qui contient ces renseigne­
ments', a été mis à sa disposition.
9° MM. D. et H. ont demandé les condi­
tions de vente des terres domaniales en Algé­
rie. Les renseignements nécessaires leurs ont
été fournis.
10° M. D., négociant, a demandé dans quel­
les conditions il pouvait se procurer des liè­
ges d’Algérie.
Nous avons, grâce aux renseignements
publiés par le Bulletin de l’Office du gouver­
nement général de l’Algérie à Paris, satis­
fait à sa demande, en lui indiquant le pro­
duit approximatif de la récolte dans les dé­
partements d’Alger et de Constantine.
Le Service forestier de l’Algérie a, en effet,
procédé au mois de juillet dernier à la ré­
colte des lièges dans les forêts domaniales.
Les quantités de lièges récoltées, tant dans le
département d’Alger que dans celui de Cons­
tantine,-s’élèvent à environ 18.000 quintaux.
La vente de ces lièges aura lieu par adju­
dication, courant septembre ou octobre, et
les intéressés désireux de prendre part à ces

435

adjudications pourront s’adresser aux con­
servations d’Alger et de Constantine.
L’Institut colonial marseillais se tient éga­
lement à leur disposition pour leur fournir
tous renseignements nécessaires.
11° M. S., nous a demandé quelle était la
production des céréales dans la province
d’Oran.
Le rendement a été généralement bon pour
l’ensemble de ce département ; seule la pro­
duction de quelques arrondissements, ceux
d’Oran, de Mostaganem et de Nemours a
laissé à désirer.
Les prix sont, rémunérateurs et il a été
vendu approximativement : blés, 23 et 25 fr.
les 100 kgs. ; orges, 14 et 15 fr. les 100 kgs ;.
avoines, 16 et 17 fr. les 100 kgs.
D’ailleurs, dans toute l’Algérie, le rende­
ment de la récolte en céréales a été au-dessus
de la moyenne et la campagne 1908-1909 au­
ra donné aux agriculteurs d’excellents résul­
tats.
12° M. B., mous a demandé le chiffre du
dividende de la banque de la Martinique
pour l’exercice 1908-1909.
Ce dividende a été fixé à 60 francs par ac­
tion. La situation commerciale de la Marti­
nique se relève ; ainsi, le mouvement géné­
ral des opérations de la banque pendant la
période précitée a été de 144.436.144 fr. 38 c.;
ses frais généraux sont très restreints et
n’ont pas dépassé 98.636 fr. 69.
SIXIÈME JOURNÉE MARITIME

La sixième journée maritime de l’Institut
Colonial a eu lieu le 4 septembre, organisée
de concert avec le Syndicat d’initiative de
Provence, et a obtenu son succès habituel.
Un intéressant récit de cette promenade en
mer ayant été publié par le Soleil du, Midi,
que nous remercions de sa bienveillance,
nous nous faisons un plaisir de le reproduire
ci-dessous, comme compte rendu de la
Journée.
* LES CALANQUES
Tous le s'p re m ie rs sam edis de chaque mois,
très ponctuellem ent, l’In stitu t colonial M arseil­
lais organise une prom enade m aritim e, dans
le but louable de m ieux faire connaître, soit
l’org an isatio n de nos ports, soit le pittoresque
de nos côtes. C’est ainsi qu’avant-hier, nous
étions invités à excursionner ju sq u ’à Cassis, en
co n to u rn an t les calanques.
Après avoir visité le m usée de l’In stitu t co­
lonial, nous nous som m es donc rendus, à deux
heures et demie, au ponton de la Com pagnie
Côtière, quai des A ugustins, près duquel, p a ­
voisé, le Cannois se b alan çait rhytm iquem ent, à
peiné. Toutes les banquettes en étaien t déjà
occupées.
Bientôt le sifflet aigu du d ép art cingla l’air.
Les am arres fu re n t détachées et, d an s la lu ­
m ière, dans les reflets m ulticolores du Vieux»
P o rt, le v apeur glissa, entre deux raies d’écu­
me, vers l’échafaudage m étallique du tran sb o r-

�436

L’EXPANSION COLONIALE

deur, coupant l’horizon de ses arêtes brusques.
Le m am elon gazonné du P h a ro est contourné
rapidem ent, puis, la issa n t d errière nous, d ’un
côté la ram p e grise de la Jetée par-dessus la ­
quelle s’enchevêtrent les m âtu res, d’u n au tre
les ja rd in s verdoyants, les pinèdes som bres et
les m aisons blanches, ja u n e s ou tern es des p a ­
rag es d’Endoum e, nous nous trouvons au la r ­
ge avec un p etit vent frisq u et qui soulève les
vagues.
Nous com m ençons à ta n g u e r de façon plus
sensible, lorsque, les sinuosités de la Corniche
s’éta n t déroulées comme une bande ciném a­
tographique, nous arriv o n s près de la M ad ra­
gue de M ontredon.
L’île M aire dresse devant nous ses pointes de
rocs, ses pontes stériles, sans broussailles. Ces
m asses dénudées doivent refléter, au plein so­
leil, to u t l’éclat du ciel et de la m er ; a u jo u r­
d’hui, quelques n uages co u rren t et l’île n ’a que
de vagues reflets éteints, atténués, presque
m auves. E ngagés dans l’étroite passe, nous n ’en
sortons que pour su b ir un coup de vent qui
généreusem ent — trop généreusem ent p our
quelques-uns — fa it claquer à l’a rriè re les plis
du d rap eau m inuscule, flottant si fièrem ent que
le nom bre s’accentue de ceux qui envient... sa
fierté.
Voici les P h ario n s, ém ergeant comme deux
tètes gigantesques, les P h a rio n s entre lesquels
s’engloutit le Liban, le 7 ju in 1903.
Nous relevons les yeux, et c’est le m assif de
M arseille-Veyre, m ajestueux dans son aridité,
qui, form idable, dom ine les anses jolies dont
se festonne sa base.
Les pêcheurs m arseillais, tra v a ille u rs ou em­
ployés, qui; le dim anche, sont h eureux d ’échap­
p er à l’atelier ou au b u reau , connaissent bien
ces anses de M ounine, P odestat et Lescut, où
il fa it bon, la canne b ran d ie du h a u t d’u n ro­
cher, re sp ire r à pleins poum ons l’a ir iodé du
large.
Au ronflem ent de la m achine activée aux
trép id atio n s de l’hélice qui va plus vite, très
vite, nous passons rap id em en t devant l’ouver­
tu re de Cortiou qui déverse les eaux putréfiées
du g ran d égout collecteur. L es'poissons y sont
a ttiré s p a r cette proie servie à pleins flots et
a ttire n t à le u r to u r les m ouettes qui, nom breu­
ses, y rassem blent en troupe leurs flocons ailés.
M ais le vapeur to u rn e son av an t vers la côte,
vers cette côte ab ru p te que des buissons ra b o u ­
g ris et des p in s to rd u s com m encent m a in te n a n t
à tacheter. Il rase un rocher m onstrueux. On
d ira it q u ’il va p la n te r son étrave d an s la fa ­
laise. Il avance encore, légèrem ent. E t u n p ay­
sage rav issan t, austère comme un coin d’herm itage, délicieux comme une féerie, a p p a ra ît
au détour de la colline. Nous som m es à Sormiou. Un bouquet de pins aux aig rettes to u r­
m entées p a r la brise, m et sa teinte assom brie
au fond de ce couloir calcaire, au bout de cette*
étroite étendue d’eau, calm e comme une lagune.
Nous restons là, quelques m inutes, et nous
repartons, p o u r a d m ire r le même spectacle
sauvage, em poignant et beau, à chaque calan- '
que entrevue : Morgiou, En-Vau, P ort-P in.
C’est une suite pareille, et non p as monotone,
de h au tes falaises, do rocs déchiquetés, de va­
gues écrasées en un râle de tourbillons blancs...
Nous arrivons, enfin, en vue de Cassis qui
tasse les form es géom étriques de ses m aisons,
au milieu' de la courbe élégante de la baie. Par-

derrière, s’éloigne la perspective des m am elons.
Le cap Canaille coupe, à droite, l’azur pâle du
ciel, de son im posante silhouette rousse.
Nous retournons, cinglant vers M arseille.
Alors seulem ent nous visitons là calanque de
Port-M iou, la plus im portante, la plus poétique.
Sinueuse, elle présente l’aspect d’un fiord de
Norvège...
Le tem ps de reg retter qu’une carrière, avec
ses appareils, détruise l’harm onie de ce pays
charm eur, et nous étions en route de retour.
Le vent soufflait rageusem ent et la m er m ou­
ton n ait à l’infini, ju sq u ’à la ligne m ince et
plate de l’horizon, em pourpré de crépuscule...
Nous étions, à 6 h. 1/2, dans le Vieux-Port et,
se rra n t la m ain à MM. Léotard, secrétaire gé­
n éral de la Société de Géographie, directeur de
la prom enade : Vallon, secrétaire adjoint de
l’In stitu t colonial, etGirard!, agent com m ercial
du Musée de l’In stitu t, nous les félicitons sin ­
cèrem ent de cette excursion qui fut on ne peut
plus intéressante.

Léopold Laurens.

-------------------------&lt;►--------------------------

Musée Commercial
EXPOSITION DE CAOUTCHOUCS

Cette Exposition continue à attirer l’atten­
tion des spécialistes : plusieurs d’entre eux,
notamment M. F. Kaye, propriétaire dans
l’Ouganda, l'ont visitée en détail, s’attachant
surtout à l’examen "des espèces africaines.
Tous expriment leur surprise de la quan­
tité et de la qualité des produits fournis par
nos colonies ; offerts sur les marchés sous
des noms anglais', ils semblent ne pas avoir
d’autre origine que les colonies anglaises et
cependant nos colonies fournissent 12 % de
la production mondiale.
Les beaux travaux de coagulation des la­
tex q,u’a exposés M. Jumelle, professeur à
l’Institut colonial, intéressent beaucoup les
spécialistes ; ils fournissent, en effet, plu­
sieurs solutions très pratiques à cette opéra­
tion délicate de la coagulation. Les caout­
choucs de Madagascar, les résultats obtenus
dans la plantation des Heveas en Indo-Chiné
sont également l’objet de l’intérêt des visi­
teurs.
Le jury des récompenses qui seront des­
cernées par l’Institut Colonial à la fin de
l’Exposition va fonctionner incessamment et
nous rappelons aux personnes qui ne l’ont
pas encore visitée, que l’Exposition de cou'tchoucs sera close avant un mois environ,
qu’elle constitue une excellente leçon de
choses et qu’elle fournit de très utiles rensei­
gnements sur une production coloniale qui
se chiffre par un commerce annuel de 40
millions environ.
Le nombre des visiteurs au 30 septembre
s’est élevé à 21.000.
Voici une liste complémentaire d’échantil­
lons reçus depuis l’impression du catalogue
de l’Exposition ;

�L’EXPANSION COLONIALE
Envoi de M. 1,'Administrateur
de la Casamance
(Afrique occidentale)
N° 150
))
))
))
))
))
))
))
))
))
))
))
))
))
))

A. - Caoutchouc D iola l ro qualité
))
B.
» 2°
»
»
)&gt; 3°
»
C.
))
D.
m andingue l ro qualité
))
E.
»
2“
»
))
F.
»
falsifié avec
du sable.
C aoutchouc
G.
»
bouilli
))
H.
»
fumé
))
I.
» récolté directem ent sans p réparation.
J.
Caoutchouc Twist
))
K.
P eulh de l ro qualité
»
L.
»
» 2e
»
))
M.
B alante
))
N.
»
fraudé
»
0.
M anjacque p rép aré à
l'eau salée.

Envoi de M. le Gouverneur Général
de Madacjascar.
N° 247 A. — Caoutchouc de Castilloa
» B.
»
de F icus Vogslii
» C.
»
de F in g ib ary
» D.
Tronc de liane F in g ib ary
Envoi de M. le Gouverneur de la Guyane
N° 335 A .— Q uatre planches b a la ta provenant
des E tablissem ents p én iten tiaires
de la Guyane.

L'INTRODUCTION DU CAOUTCHOUC
A CEYLAN
On sait quel magnifique développement
les plantations de caoutchouc ont pris à
Ceylan, mais ce que l’on ignore certaine­
ment ce sont les conditions originales dans
lesquelles la précieuse plante a été intro­
duite dans l’île anglaise. La Revue de Paris
vient précisément de publier une remarqua­
ble étude sur les plantations de caoutchouc,
due au regretté Bonaparte Wyse, qui était
grand propriétaire aux Indes et bien rensei­
gné sur la question ; nous y trouvons le cu­
rieux historique suivant de l’importation du
caoutchouc à Ceylan : c’est une page typique
de l’histoire anecdotique de la colonisation
britannique.
Il y a une tre n ta in e d’années, un Anglais
établi au B résil, FI. W ickham , frappé des m au ­
vaises conditions dans lesquelles se faisait
alors la récolte du caoutchouc dans les forêts
de l’Amazone, av a it à p lu sieu rs rep rises envoyé
au Ja rd in B otanique de Kew (près de Londres)
des ra p p o rts trè s circonstanciés, où il préconi­
sait la cu ltu re dans certaines colonies a n g la i­
ses de l’H evea B rasilien sis, l’arb re dont on ex­
tra it la qualité de caoutchouc dite du P a ra . Il
av ait fini p a r in téresser le directeur des j a r ­
dins de Kew, sir Joseph Hooker ; m ais leùrs
efforts com binés se h e u rtè re n t longtem ps aux
idées de h a u ts fo nctionnaires an g lais : o n-ne
cro y a it p a s pouvoir cultiv er de façon rém u n é­
ra tric e un arb re qui pou ssait seulem ent à l’état
sauvage en p leine forêt vierge. P o u rta n t le

437

G ouvernem ent an g lais songeait à de grands tr a ­
vaux de reboisem ent dans ses colonies a sia ti­
ques : l’In d ia Office se décida enfin à confier à
W ickham la m ission d’in tro d u ire aux Indes
l’arbre d’Am érique p ro d u isan t le v rai caout­
chouc du » P a r a ».
W ickham ne reçut pas d’au tres instructions
su r les voies et m oyens, pas plus du reste que
la m oindre avance de fonds. Il devait in tro ­
duire cet arbre en Asie ; s’il réu ssissait, il se­
ra it récom pensé. Il était alors installé avec une
poignée d’Européens su r le plateau de Tapajoz,
le long de l’Amazone, et venait de com m encer
des tra v a u x de p lan tatio n pour son propre
compte. Sa vie rude et presque solitaire fut un
soir interrom pue p ar la su rp ren an te a p p a ri­
tion du prem ier bateau à vapeur qui rem onta
le g ran d fleuve brésilien.
Une com pagnie de navigation venait de se
form er pour un service direct entre Liverpool
et le Flaut-Amazdne ; le nav ire ay an t stoppé
pour la n u it non loin des habitatio n s de W ic­
kham et de ses collègues, u n dîner avait été
offert aux p lan teu rs européens p ar les re p ré ­
sen tan ts de la. com pagnie de navigation, deux
aim ables et. joyeux com pagnons, qui avaient
charge directe de toutes les m archandises. Ils devaient rem onter l’Amazone ju sq u ’à M anaos,
le g ran d centre de production de caoutchouc,
et, là, échanger ces m archandises contre un
chargem ent de la précieuse gomme. Après une
soirée des plus gaies, le navire re p rit sa m a r­
che vers l’in térieu r, et l’on fut longtem ps sans
en entendre parler.
W ickham voyait avec peine arriv e r l’époque
où les g rain es d’Hevea seraient m ûres pour la
récolte. Il n ’av ait pas d’argent ; isolé, sans
m oyen de tra n sp o rt d’aucune sorte, il ne savait
com m ent s’acquitter de la m ission qui lui avait
été confiée, quand lui p arv in t la nouvelle de la
d isparition totale de ses aim ables am phitryons
du bateau. A ussitôt arrivés à M anaos, ils
av aien t fa it débarquer toutes les m archandises
et avaient inform é le com m andant q u ’ils le p ré­
v ien d raien t lorsqu’ils a u ra ie n t recueilli une
q u an tité de caoutchouc suffisante. Au bout de
quelques sem aines, las d’attendre, le com m an­
dan t avait fait une enquête et av ait bientôt ap ­
pris que les m archandises s’étaien t très bien
vendues, m ais que le.s deux rep résen tan ts de la
com pagnie av aien t d isp aru avec l’argent.
W ickham eut alors l’idée d’affréter le navire
au nom du G ouvernem ent de l’Inde : il ordonna
au com m andant de se tro u v er à un c ertain
point de l’Amazone à une date assez rapprochée.
Le m arin , abandonné à un m illier de milles
dans l’in té rie u r des terres, au m ilieu d'une po­
pulation étrangère qui n ’av a it jam ais vu de
bateaux à vapeur, av a it perdu tout le bénéfice
de son chargem ent d’aller ; il était m enacé de
&gt; re n tre r ses cales vides p ç u r le reto u r ; l’audace
un peu irréfléchie de W ickham lui im posa, et
au jo u r dit, il fut au rendez-vous.
W ickham n ’avait pas perdu son tem ps. T ra ­
v ersan t l’Amazone, su r un frêle can o t, il s’était
dirigé avec quelques Indiens vers le « Monte
Alto » à l’in térieu r de la forêt vierge, où il s a ­
vait devoir tro u v er les plus beaux spécim ens
d’Hevea. Il av ait récolté a u ta n t de graines que
ses com pagnons et lui en p u ren t tra n sp o rte r et,
a y a n t pris la précaution de bien faire sécher à
l’om bre ces graines très oléagineuses, dont le
tra n sp o rt est p a r cela même délicat, il les av ait
em paquetées avec de ten d res soins dans de

�438

L’EXPANSION COLONIALE

g ran d es feuilles de b an an ier, puis placées dans
des p a n ie rs à claire-voie que les h a b ita n ts d’un
village voisin lui av aien t rap id em en t confec­
tionnés. S u r le vapeur, le to u t fu t vivem ent
em barqué, et caché à fond de cale, c a r si les
autorité.s de la ville de P a r a (située à l’em bou­
chure de l’Amazone), devant lesquelles on de­
v ait se présenter, avaient soupçonné la présen­
ce de ces g rain es à bord, elles a u ra ie n t certai­
nem ent reten u le navire ju sq u ’à l’arrivée d’ins­
tru ctio n s dem andées à Rio, — un délai de quel­
ques sem aines — p e n d a n t lesquelles les g raines
se se ra ie n t gâtées ; peut-être même toute p a­
tente aurait-elle été refusée .
A P a ra , l’intervention du Consul anglais fut
d ’un g ran d secours p our obtenir rapidem ent la
libre p ratiq u e : W ickham fu t censé tra n s p o r­
ter au Jard in botanique de Kevv quelques spé­
cim ens de p lan tes délicates du Brésil,, et le n a ­
vire p u t g a g n e r l’Océan avec son chargem ent de
quelques m illiers de g raines. A Ivew, la su rprise
fu t grande, en ju in 1876, q uand à l’arrivée ino­
pinée de W ickham , l’ordre fu t donné de débar­
ra s s e r toutes les serres de leu rs orchidées et
plan tes ra re s p o u r faire place aux graines
d ’Hevea.
Ce fu t heureusem ent u n succès; environ 70.000
g e rm è re n t &gt;Mais le p rem ier enthousiasm e p as­
sé qu’allait-on faire des p la n te s ? Les envoyer
en B irm anie, et en couvrir le pays ? C ela né­
cessitait de gros crédits et la baisse de la rou­
pie d’arg en t encourageait peu le G ouvernem ent
à o u v rir ses coffres. On se décida à les envoyer
au Ja rd in botanique de Kand.y, à Ceylan, et
bien que d’infinies p récautions fussen t prises,
3 % seulem ent des plantes s’y acclim atèrent,
presque à l’antipode de leu r lieu de naissance.
Le G ouvernem ent avait dépensé 40.000 francs
pour obtenir ce ré su lta t .

EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
M a d a g a s c a r . — T e i n t u r e des ra b a n e s

Le Gouverneur Général de Madagascar et Dé­
pendances, à Monsieur le Président de l'Ins­
titut colonial Marseillais.
T anan ariv e, le 5 août 1909.
M onsieur le P résident,
En réponse à votre lettre , du 24 m ai dernier,
j ’ai l’h o n n eu r de vous adresser, sous ce pli,
une notice su r les procédés em ployés p a r les
M algaches p our tein d re les rab an es en noir.
Les prod u its em ployés p a r les indigènes sont :
l’indigotier (ingitsy), les feuilles de m anguier,
de v o atro tro k a (gesneriacée herbacée très ré p a n ­
due au bord des m arais), de m arefolena, le
bois do cam pèche et du jam bosa.
Je vous ferai p a rv e n ir ultérieu rem en t, dès
qu’ils seront préparés, des échantillons bota­
niques de ces dernières plantes qui ne sont pas
connues, afin de vous p erm ettre de les étudier.
\e u ille z ag réer . M onsieur le P résid en t, l’ex­
pression de mes sentim ents les plus distingués.
Victor A ugagneur .
NOTICE*SUR LA TEIN TU RE DES RABANES
EN NOIR
Renseignements extraits du livre «Le Rafla »,
par Deslandes, sous-inspecleur d'Agriculture.
Dans l'eau, on fait boujllir du bois de cam-

pêche, du m arefolena et du jam bosa, puis on
in tro d u it les écheveaux qui trem pent 24 heu­
res. Ce procédé diffère peu de celui qui donne
la teinte noire p a r la boue.
P o u r la teinture, les indigènes em ploient :
po u r tein d re en bleu gris clair ou bleu g ris fon­
cé « l’Ing itsy » (Indigo) ; la tein tu re est toujours
faite après- que le rafla, a été divisé en fines
lan ières et les bouts réu n is p a r des noeuds
plats ; cette opération dem ande six à h u it jo u rs
de tra v a il suivi : le rafla est roulé en écheveau ;
ensuite il est placé dans une m arm ite avec suf­
fisam m ent d’eau po u r qu’il trem pe, et u n peu
de cendre ; l’eau est chauffée ju sq u ’à l’ébulli­
tion et retirée du feu ; après douze heures de
repos, on enlève le rafla qui est lavé, puis m is
à sécher.
L orsqu’il est sec, l’ingitsy est m ise à bouil­
lir d an s une m arm ite avec suffisam m ent d’eau
pour que les feuilles baignent ; après une ébul­
lition très courte le produit est retiré (s’il y a
eu assez de feuilles l’eau est d’un bleu n o irâ ­
tre très foncé) ; lorsque l’eati obtenue est encore
tiède, on la verse su r le ra fla placé dans un
récipient quelconque, et on rem ue pendant u n
q u a rt d’heure environ, puis on le retire ; l’opé­
ra tio n doit être renouvelée plus ou m oins sou­
vent, selon qu’on veut obtenir une teinte Plus
ou m oins foncée ; généralem ent les indigènes
la renouvellent trois fois sans laisser sécher,
puis lavé ; il est p rêt po u r le tissage.
P o u r teindre en noir, le rafia subit l’opéra­
tion précédente, puis il est plongé dans de l’eau
où on a fait bouillir des feuilles de m an g u ier
et de v o atro tro k a (gesnériacée herbacée très
com m une su rto u t au bord des m arais) ; cette
eau refroidie est m élangée à de la boue de m a­
rais, puis le rafia y est trem pé p en d an t u n cer­
ta in temps, ju sq u ’à ce qu’il soit bien noir, ou
encore les feuilles précédentes sont bouillies
dans juste assez d’eau pour qu’elles trem p en t ;
lorsque le liquide est froid, on frotte le rafia
avec la boue de m a ra is recueillie la veille, et
on trem pe dans le liquide. D ans les deux m é­
thodes, on fait sécher ensuite, et on lave.
Il est à rem a rq u e r que les indigènes font to u ­
jo u rs bouillir le rafia avec certain s produits
av an t de le teindre. Ces p ro duits fixent la tein ­
ture. Les cendres sont de préférence employées,
m ais le ra n g o to ra et le s a ra n g o tra (parties des
tiges de riz coupées au m om ent de la récolte)
servent égalem ent.
N o u v e ll e - C a lé d o n i e . — F i b r e s
de S id a r e t u s a

L ’In stitu t colonial av ait reçu de M. B arrau ,
négociant à Nouméa, des tiges de sid a re tu sa
(herbe à balai), plante très abondante en Nou­
velle-Calédonie et qui fo u rn it une fibre estimée.
La C ham bre de Commerce de R oubaix a bien
voulu en faire l’essai et nos lecteurs ne peuvent
m anquer d’être intéressés p a r les résu ltats ob­
tenus, qui sont consignés dans la lettre ci-des­
sous :
CHAMBRE DE COMMERCE DE ROUBAIX
Roubaix, le 9 août 1909.
M onsieur le P résident,
Comme suite à m a lettre du 15 m ars dernier,
j’ai l’h o n n eu r de vous inform er que les essais

�439

L’EXPANSION COLONIALE
faits en filature, des fibres de provenance de
la Nouvelle-Calédonie, que vous m ’avez com­
m uniquées avec votre lettre du 23 février précé­
dent, ont donné u n fil n° 3 kilogram m étrique ;
ce fil ne p a ra ît p as pouvoir être obtenu plus
fin avantageusem ent.
L a fibre élém entaire é ta n t trop grosse, la p ré­
p ara tio n doit être très soignée. Cette p rép a­
ratio n , comme la filatu re du reste, peut être
faite su r le m atériel chanvre et s u r le m atériel
jute. Les fab rican ts de cordes et de ficelles et les
fab rican ts de tap is p o u rraien t, semble-t-il, en
trouve)1 l’emploi, si le prix de la m atière le leur
permet.
Je vous indique ci-après, à titre de simple
renseignem ent, des adresses auxquelles vous
pourriez pren d re des inform ations plus p ré­
cises......
P a r ce même courrier, je vous adresse un
échantillon de fil qui a été obtenu aux essais.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, l’ex­
pression de mes sentim ents trè s distingués
Le Président : R oussel .
Comme suite, les m aisons A udibert et BenetDuboul de M arseille, auxquels les ré su lta ts obte­
nu s à R oubaix ont été présentés, sont disposées
à s’in téresser à cet article.
Nous rem ercions bien vivem ent la Cham bre
de Commerce de Roubaix de son obligeance et
sou h ait ms que cette fibre puisse devenir un
im p o rtan t article d’exportation et contribue à
augm enter les affaires de notre colonie du P a ­
cifique.

Le Commerce à Madagascar
E P sT

1 9 0 8

L a Colonie vient de faire pub lier le relevé de
la statistiq u e douanière. Il en résulte que le
com m erce général, ta n t au point de vue expor­
tatio n qu’à celui im p o rtatio n , comme on p o u r­
r a s’en ren d re compte p a r le tab leau ci-dessous, a subi une au g m en tatio n globale de
664,377 francs.
En 1907 le ch ap itre Im p o rtatio n
s ’élevait à ..................................... F. 25.323.258
L ’E xportation s'élevait è ...... .
27.280.124
Au to tal ............................ F. 52.593.382
En 1908 : Im p o rtatio n 30.166.843 ) 53.257.759
«
E xportation 23.090.916 i
Il convient d ’exam iner d’abord quelle est la
source de cette au gm entation, et l’on constate
san s peine que le ré su lta t n ’est pas si b rillan t
q u ’il le p a ra ît. E n effet, si les p ro d u its im por­
tés sont en au g m en tatio n de ...... F. 4.843.585
F exportation m ontre une différen­
ce en m oins p our 1908 de ..............
4.179.208
d ’où l’au g m en tatio n de ..................
664.377
Importation
D ans les p ro d u its im portés la houille vient
to u jo u rs en prém ière ligne, 20.094.110 kilos en
au g m en tatio n de 100.000 fran cs su r 1907. Les
ouvrages en m étaux sont et cela s ’explique p a r
le développem ent de l’in d u strie et su rto u t p a r

les ouvrages d ’a rt (nécesités pas les voies n o u ­
velles en construction) en augm entation de
plus d ’un demi m illion su r l’année précédente.
Les cotonnades atteignent près de 2.000.000 en
plus su r 1907. Les au tres principaux produits
dont le chiffre d ’im portation a augm enté dans
des proportions v a ria n t entre 150 et 300.000
sont : la farin e, les eaux-de-vie, les produits
chim iques, le bois é q u arri ou scié, le café, les
ouvrages en peau ou cuir, les m arb res ou p ier­
res. Si l ’on divise la m asse de p roduits im por­
tés en qu atre catégories, voici quelles sont p a r
ra p p o rt à 1907 les situations de chaque catégo­
rie en 1908 :
1907

M atières anim ales ...
»
végétales ...
» " m inérales .
Objets fabriqués ......

1908

877.397
5.976.267
2.110.222
16.359.372

984.587
6.579.242
2.834.292
19.778.722

25.323.258

30.166.8 i3

Exportation
En prem ière ligne des produits exportés
vient la poudre d ’or en augm entation de
1.464.647 fran cs su r 1907, le total pour 1908
a ttein t 9.446.715.
Les au tres produits en augm entation véri­
table sont le riz qui attein t une hausse de près
d ’un demi m illion su r 1907 et la cire animaPe *
dont le m o n tan t exporté attein t en 1908 :
1.248.822 francs.
Les peaux au contraire qui en 1907 attei­
g n aien t le chiffre de : 5.709.971 descendent à
3.2C3.0Ô7. Le caoutchouc dont les p ay s m étro­
politains, font p o u rta n t une énorm e consom ­
m ation fait lui-mêîne une chute de 3.981.911
francs.
Les écorces à tan et les bovidés baissent éga­
lem ent les u n s de 419.000, les au tres de 428.000
francs.
Les p ierres gemmes (brutes ou taillées) m al­
gré un excédent de poids de 250 kilos baissent
de 53.428 francs.
Les au tres articles se m ain tien n en t et l ’as­
pect général est le su iv an t :
M atières anim ales ......
»
vég'étales ...»
»
m inérales ....
Objets de fabrication .

1 907

1908

8.205.105
10.299.978
8.184.188
580.853

5.618.415
8.115.038
9.625.521
731.942

27.270.124
23.090.916
en m oins 4.179.208
Voici m ain ten an t quels sont les pays qui se
sont p artag és l’im portation et l’exportation :
Importations

F rance ............................ 27.176.250
1.730.395
A ngleterre ....................
316.788
Allem agne .....................
205.150
Côte d’Afrique ..............
738.250
A utres pays ..................
))
Colonies A nglaises .......
»
» F ran çaises ......

Exportations

16.877.130
670.425
3.360.289
250.144
127.436
915.450
889.842

�440

L’EXPANSION COLONIALE

L a F ran ce continue à prog resser dans l’en­
semble, m ais F A llem agne perd d ’une façon
notable p lu s d’un m illion et demi.
On re m a rq u e ra san s peine que la production
a u rifère a augm enté d’une façon sensible, il ne
fa u d ra it pas en a u g u re r que tous les prospec­
te u rs s’enrichissent à M adagascar : si l’on ne fai­
sait e n tre r en ligne la production de MAL M ort ages et G rignon l’on co n staterait au co n traire un
déchet. Ce déchet se p o rte ra it n atu rellem en t
su r l’ensem ble des petits p rospecteurs qui ten­
dent tous de plus en plus à com prendre que
seule l ’exploitation ind u strielle peut a rriv e r à
m ettre les placers en valeur.
P o u r te rm in e r constatons avec satisfaction
que les prod u its de culture indigène p rogres­
sant, ce qui prouve que les colons continuent
avec persévérance le u r œuvre.

G. Cavle.
Membre correspondant de l'Institut co'oniai
à Tanaoarive.

Le Régime douanier colonial
CHAMBRE I)E COMMERCE DE HAIPHONG
Rapport sur le régime douanier applicable en
I ndo-Chinc.
(suite)
Les droits de sortieià l’E tra n g e r doivent-ils
être supprim és ?
Nous estim ons que oui, to u t au m oins pour
les p roduits m an u factu rés au Tonkin. Cela
leu r p e rm e ttra it d’e n tre r en lu tte av an tag euse­
m ent avec les p ro d u its sim ilaires an g lais et
allem an d s su r les m arch és de l’Extrêm e-O rient,
et la p ro d u ctio n de nos usines su b ira it rap id e­
m ent une m arch e ascendante.
Les droits d’entrée, qu’ils soient ad valorem,
ou conform es à ceux du tarif g én éral m étropo­
litain , d evraient faire l’objet d’une étude très
approfondie. Ils d evraient être établis, non en
F rance, m ais directem ent dans lu colonie, où
nous sommes plus à même qu’à P a ris de nous
ren d re com pte des m esures à p ren d re pour
nous protéger contre l’introduction des pro­
duits étran g ers.
Une com m ission,dite des v aleu rs ad valorem,
devrait être instituée, et c’est elle qui propose­
r a it les droits à étab lir ou à m odifier, su ivant
la situ atio n économ ique du pays. Elle propo­
se ra it au G ouvernem ent général les tarifs, et
celui-ci devrait avoir les pouvoirs nécessaires
p our passer avec les E tats voisins des conven­
tions com m erciales.
Depuis l’o uverture des chem ins de fer de Haïphong à Lao-Kay et au Y unnam , un tra n sit
assez considérable se fa it su r cette ligne. Les
m arch an d ises tra n s ita n t acq u itten t un droit de
20 % sur ce qu’elles devraien t p ay er si elles
étaien t intro du ites pour la consom m ation au
Tonkin. M algré cela elles ne peuvent être dé­
trônées p ar les m arch an d ises françaises.
A ugm enter ce d roit de tra n s it se ra it peutêtre l’a rrê te r et ne plus alim en ter le tralic de
la Compagnie des chem ins de fer ; le rem p la­
cer sim plem ent p a r une taxe de passage serait

préférable, c a r la perception des droits de
tra n s it est longue, coûteuse, souvent vexatoire,
et souvent difficile à établir avec équité.
C’est à nos usines locales de bien se rendre
compte des besoins des populations du Y un­
nam et du Schetchuen et à a rriv e r à fabriquer
ce qui le u r convient et non à vouloir leur im ­
poser des articles qu’ils ne savent ou ne peu­
vent employer.
L’avenir économique du Tonkin et de toute
l’Indo-Chine est lié avec l’application du régi­
me d o u anier dont sera doté la colonie. Il lui
fa u t des ta rifs spéciaux, appropriés à son com­
merce et à son industrie.
Nous exprim ons le vœu que le G ouvernem ent
général tienne compte de nos observations, et
que les nouveaux ta rifs donnent satisfaction à
tous ceux qui n ’ont qu’un b u t : celui de contrib u er» au développem ent in d u striel et agricole
du Tonkin, où ils sont venus apporter leur
énergie, leur trav ail et leu rs capitaux.
Les Membres de la Commission,
B

r o u s m ic h e ,

F

lam beau

CHAMBRE DE COMMERCE DE CAYENNE
R A P P O R T présenté par M. J. R. SAINTPHIL1PPE, au nom de la Commission char­
gée de l'étude du projet de révision du Tarif
douanier applicable aux colonies (1).
20 juillet 1908.
M essieurs et Chers Collègues,
D ans sa circulaire du 18 janvier, tran sm ise
par lettre du 25 m ars, de M. le Gouverneur, M.
le M inistre des Colonies nous inform e que l’As­
sociation de l’in d ustrie et de l’ag ricu ltu re fra n ­
çaise se considérant comme insuffisam m ent
protégée sur le m arché in té rie u r contre l’envahisem ent des produits étrangers, réclam ait la
révision du T arif général des douanes et que
la Commission des douanes de la Cham bre des
Députés, saisie de la question, av ait ouvert une
enquête et rédigé un questionnaire auquel il
nous é tait dem andé de répondre.
Cette sorte de Commission rogatoire, à ne
considérer que le texte seul, semble ne s’ad res­
ser qu'aux lacunes et aux im perfections du ré­
gime établi p a r la loi du 11 jan v ier 1892, et
n ’avoir d’au tre but que de con n aître notre avis
sur les résu lta ts de son application et su r les
m odifications à app o rter dans sa nom enclature
d’in d u stries nouvelles.
M ais ne nous le dissim ulons pas, M essieurs,
sous une form e to u t anodine, nous nous tro u ­
vons en présence d’une véritable cam pagne p ré­
parée depuis de longues années p a r certain s
groupem ents in d u striels qui déclarent insuffi­
sante la protection accordée à leu rs p ro duits
su r les m archés coloniaux et qui ne dem andent
rien m oins que la révision entière, complète du
T arif Général.
Il ne fa u t donc pas nous im aginer que cette
révision com porte d’une façon exclusive une
sim ple rem ise au point, le redressem ent des
lacunes du ta rif douanier. Elle renferm e, ex­
prim ée ou non, des m esures, des dispositions
telles que c’est bien l’ensem ble de tout notre
régime com m ercial qui est rem is en discussion.
(1) Annoncé dans l'Expansion Coloniale du
1er août 19H9,

�L’EXPANSION COLONIALE

441

E t ce n ’est pas la liberté com m erciale de la
obligent à en treten ir des rap p o rts suivis d’a f­
F ran ce qui se trouve le plus engagée en cette
faires ne profitent pas en G uyane du ta rif m i­
affaire, c’est une véritable m ain-m ise p lutôt
nim um p as plus que les pro d u its de leu r m é­
projetée su r l’organism e com m ercial des colo­ tropole tran sités p a r leur territoire.
Il ne fa u t pas oublier en outre que les n é­
nies, que nous avons l’im périeux devoir de dé­
noncer, de com battre à outrance, nous les colo­ cessités de notre commerce avec les pays é tra n ­
niau x h a b ita n t les colonies, y fa isa n t des af­ gers voisins, notam m ent avec les E tats-U nis,
ne sont pas lim itées aux seuls articles qui ont
faires et a p p o rta n t à leu r prospérité une large
p a rt contributive. Et c’est au m om ent où nous, bénéficié de l’exem ption complète ou d ’une
reprochons le plus am èrem ent au régim e doua­ m odération de tarif.
Bien d ’au tres, dont le sim ilaire en France,
nier, ré su lta n t de la loi de 1892, ses inconsé­
quences étran g es dans l’application, ses diffi­ n ’existe pas, tom bent sous les droits du ta rif
cultés d’exécution p o u r notre colonie, les c h a r­ général.
Or, q u ’on veuille bien considérer que la
ges excessives qu’il nous impose et les diffi­
cultés qu’il présente à notre développem ent éco­ G uyane, aussi bien que les Antilles, dans leurs
relations avec les E tats-U nis, dont elles tiren t
nom ique que le p a rti protectionniste dem ande
la p lu p a rt des produits de g ran d e consom m a­
à surélever la b a rriè re édifiée en 1892 à la
h a u te u r qu’il juge indispensable à la sau v eg ar­ tion, n ’au ro n t pas la ressource d ’appliquer le
ta rif m inim um .
de de ses seuls in térêts en F ran ce et su rto u t
E tan t donnée la politique économique des
aux colonies, à l’ég ard desquelles il semble
E tats-U nis, il n ’est pas probable en effet, que,
vouloir ré ta b lir l’apophtegm e tout de la Métro­
dans l’avenir pas plus q u ’à présent, la F rance
pole, A la Métropole, et par la Métropole qui
ne lui accorde les adoucissem ents qu’elle p res­
syn th étisait le régim e d ouanier de l’ancien
crit dans son tarif. Le ta rif m axim um lui re &gt;
pacte colonial resté en vigueur ju sq u ’en 1861.
te ra applicable aussi bien en F rance que dans
Mais, h eu reu sem en t pour le sort des colonies,
les Colonies, et ce sera la guerre entre deux
que les idées se sont modifiées, qu’u n co u ran t
com battants ce dont l’un la G rande-République
d’opinion s’est ferm em ent établi, que le protectionism e ne consiste plus à exploiter les colo­ du Nord est un colosse, et la F rance un pyg­
mée », dont la défaite e n tra în e ra plus de p e r­
nies à son seul profit, pas plus que les colonies
tes chez nous que chez elle.
ne sont créées p o u r acheter les p roduits de la
« Le ta rif général, dont l ’état actuel avec le
Métropole, rien que les produits de la M étro­
« ta rif m inim um est présentem ent dérisoire,
pole, et p o u r vendre les leurs rien qu’à elle.
« doit être relevé systém atiquem ent, en vue
S ’il est v rai qu’à certain s points de vue les
« d’en fa ire un in stru m en t utile et solide po u r ia
colonies peuvent être considérées comme le
« défense de nos intérêts économiques au cours
prolongem ent de la M étropole, à au cu n prix
« des négociations qui p o u rra ie n t être plus
cela ne doit être au préjudice de leu r progrès,
« ta rd engagées avec des nations étrangères »,
de leu r développem ent. Ce qu’elles ra p p o rte n t
écrivait M. Klotz, l ’un des cham pions des plus
doit serv ir à elles-mêmes et à leu rs h ab itan ts
et non exclusivem ent à une catégorie de p riv i­ convaincus et les plus distingués de la cause
protectionniste.
légiés m étro p o litain s en quête des plus g ran d s
Voilà, on ne peu t m ieux décorée la gaine
bénéfices.
c o n te n a n t l’arm e dangereuse dont le protec­
M ais n ’anticipons p as su r l’ordre des ques­ tionnism e entend frap p er nos libertés com m er­
tions posées dans la circu laire de M. le M inis­ ciales.
tre des colonies et essayons d’y répondre au
De quoi s ’agit-il en effet ?
m ieux su iv an t leu r présentation.
De p o rter à 50 % l’écart actuel entre les deux
1° Le ta rif général ne devrait-il p as être re­
ta rifs qui n ’est que de 30 % environ.
levé p a r ra p p o rt au ta rif m inim um ?
* Voilà, ce que dans leu rs intentions, les ré­
En G uvane, le ta rif gén éral et le ta rif m ini­
visionnistes appellent une surélévation im per­
m um m étro p o litain s sont appliqués et il exis­
ceptible de la m u raille dont ils av aien t obtenu
te en outre, à l ’im portation, s u r certain s a r ­
l’édification en 1892 pour la défense de leurs
ticles é tra n g e rs u n au tre ta rif ré d u it dit : T a­
intérêts.
rif spécial à la G uyane.
Ce relèvem ent de 20 % est exorbitant, ic a r si
La loi de 1892 a y a n t établi le principe de l'u ­
nous considérons que le ta rif m inim um re p ré ­
nion douanière entre la F ran ce et la plus g ra n ­
sente déjà un tau x de protection de 30 à 40 %
de p a rtie de ses possessions, les p ro d u its é tra n ­
et parfois davantage le relèvem ent projeté de
gers sont sous l’em pire de ces deux tarifs
l’écart des deux ta rifs atte in d ra facilem ent de
soum is aux m êm es droits que s’ils étaien t im ­
80 à 90 %. Une bagatelle comme vous voyez
portés en F rance.
que l ’on décore de l ’euphém ism e heureux (di­
sait un a rd en t défenseur de la cause coloniale),
M ais s ’il est v ra i que le ta rif m inim um m é­
« corriger les anom alies du tarif d o uanier »,
tro p o litain est égalem ent appliqué à la G uyane
m ais dont tout le poids retom bera directem ent
aux im p o rtatio n s étran g ères conform ém ent aux
sur les colonies soum ises au régim e du ta rif
dispositions de l’article 2 de la loi du 29 décem­
m étropolitain.
bre 1891, c'est-à-dire en fav eu r seulem ent des
Du chef de ce relèvem ent, nous nous tro u ­
natio n s qui accordent à la F ran ce un régim e
verons en présence de droits presque p ro h ib i­
p articu lièrem en t favorable, il est in téressan t
tifs qui en nous im posant des charges exces­
de rem arq u er, à propos de ce ta rif m inim um ,
sives, au-dessus de nos forces, ren ch ériro n t auque les colonies et possessions des pays é tra n ­
delà de la m esure le prix de l ’existence de la
gers adm is au bénéfice de ce régim e de faveur
plus g ran d e p artie de notre population.
ne sont pas ipso facto adm ises au même béné­
P o u r ces raiso n s d ’o rd re différent et aussv
fice.
im portantes les unes que les autres, nous ne
■ C’est ain si que les colonies anglaises, dont
pouvons nous ra llie r au principe du relèvem ent
nous som m es environnés, et avec lesquelles no­
projeté.
(A suivre).
tre position géographique, nos besoins nous

�L’EXPANSION COLONIALE

442

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M étro p o le
Gouverneurs. — P a r décrets présidentiels,
sont désignés : M. Sam ary, précédem m ent des­
tiné à la G uyane, p our p ren d re le gouvernem ent
in térim aire de la M artinique ; M. G autrét, gou­
v ern eu r des colonies en disponibilité, pour exer­
cer l’intérim du gouvernem ent de la Guade­
loupe ; M. Jullien, rappelé à l’activité, pour
pren d re le gouvernem ent in térim aire de la
G uyane.
Algérie. — Un décret du 19 août 19Ü9 autorise
la C ham bre de Commerce de P hilippeville à
a ttrib u e r au G ouvernem ent général de l’Algé­
rie un subside de 580.000 fran cs pour les tr a ­
vaux du port.
Afrique Occidentale. — Des décrets du 10 sep­
tem bre p o rten t : 1° exem ption de droit à l’en­
trée en F rance su r les bœufs originaires dît Sé­
négal et du H aut-Sénégal et N iger ; et 2° détaxe
à i’entrée en F ran ce su r 1.500 bœufs originai­
res des territoires du Sénégal et du H aut-Séné­
gal et Niger.
Congo. — Un décret du 20 août auto rise le
G ouverneur général du Congo fra n ç a is à éri­
g er en com m unes m ixtes les p rincipaux centres
de la colonie. — Un décret du 20 septem bre a u ­
torise le G ouvernem ent gén éral du Congo à ré a ­
liser, p a r voie d’em prunt, une somme de 15 m il­
lions, à v alo ir su r la somme de 21 m illions p ré­
vue p a r la loi du 12 ju illet pour les trav au x
publics.
Indo-Chine. — Un décret présidentiel rend
applicable en Indo-Chine la loi relative aux al­
té ra tio n s et suppositions de nom s su r les pro­
duits fabriqués, et les lois s u r les m arques de
fabrique et de commerce.

IN S T IT U T IO N S CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE

L ’im portante bibliothèque de la Société de
G éographie et d’études coloniales vient de ro u ­
v rir ses p ortes a u public le 1er septem bre, de
2 h eu res à 6 h.eures tous les jours, après le
m ois de ferm etu re des vacances. Cette bibliothè­
que, la plus riche de son genre en province,
possède 10.000 volum es, 3.000 cartes, 100 atlas
et les collections de 250 périodiques du
m onde entier. D u ra n t l’été écoulé, la Bibliothè­
que de la Société de G éographie s ’est encore
augm entée de nom breux ouvrages nouveaux,
p arm i lesquels on peut citer, au point de vue
colonial :
De la C olonisation chez les P euples m oder­
nes, 6e édition, p a r P a u l L eroy-B eaulieu ; La
F ra n c e et ses colonies, p a r Fallex et M airey ;
L a p lu s G rande F ran ce : B ilan de la F rance
coloniale, p a r H enri V ast ; Les colonies fra n ­
çaises à l’Exposition franco -b ritan n iq u e de Lon­
dres 19U8, p a r J. L. B ru n et ; S tatistique de la

P opulation dans les colonies fran çaises en 1906,
publiée p a r l’Office Colonial ; E ssai d’une des­
cription géologique de la Tunisie, p a r Philippe
Thom as ; La découverte des G randes Sources
du centre de l’Afrique, p a r le C om m andant
L enfant ; S a h a ra Soudanais, p a r R. C hudeau ;
Les Sociétés concessionnaires du Congo fra n ­
çais depuis 1905, ra p p o rt de l’U nion congolaise ;
Le Congo français, la question intern atio n ale
du Congo, p a r Félicien Challaye ; R apport de
la Mission d’étude de la M aladie du Sommeil
au Congo fran çais, p a r les docteurs Louis
M artin, Lebœuf et R oubaud ; Etude s u r le
Tchad et le B assin du C hari, p a r le C apitaine
FI. Freydenberg ; E thnographie de M adagascar,
p a r Alfred G ran d id ier ; Le Tonkin du Sud, p a r
C. M adrolle ; Les G randes Antilles, p a r D.
Bellet ; Les P etites Antilles, p a r Chemin-Dupontès ; Le Congo belge, p a r J. B ertran d ;
Notre colonie du Congo belge, p a r A. de Boeck.
D ans les au tres sections de la Bibliothèque
sont égalem ent entrées de nom breuses nou­
veautés, dont les livres suivants :
G éographie sociale : la m er, p a r C. V allaux ;
La H ongrie au XXe siècle, p a r René G onnard ;
La Révolution tu rq u e, p ar Victor B érard ;
L’Allem agne au trav ail, p a r V. Cambon ; Le
to u r de l’E spagne en autom obile, p a r P ierre
M arge ; Le Rtrwenzori, p a r le duc des Abruzzes ; Mission en Ethiopie de Jean DuchesneF ournet, avec A tlas ; R ésultats scientifiques
des voyages en Afrique- d’E douard Foâ, p a r le
Muséum n atio n al ; Cinq mois de trian g u la tio n
au Maroc, p a r R. de Flotte-de-Roquevaire ; En
face du Soleil L evant (Japon), p a r Avèsnes ;
Le Japon m oderne, p a r Ludovic N audeau ; Le
B résil au XX0 siècle, par P ie rre Denis ; La
Perse d’au jo u rd ’hui, p a r Eugène Aubin ; Dans
les M arches Tibétaines, p a r J. Bacot ; Croi­
sière océanographique d an s la m er du Groënland, résu lta ts scientifiques, p a r le Duc
d'O rléans.

A v is d’Adjudication
Le public est prévenu que ,1e 19 octobre 191)9,
il sera procédé dans la salle des séances de la
Commission perm anente des m archés à P a ris,
salle- des Com m issions de l’Office colonial (Ga­
lerie d’O rléans, P a la is Royal), à trois heures
du soir, à l’adjudication, p a r voies de soum is­
sions cachetées, des fo u rn itu res ci-après dési­
gnées, savoir :
1° W agons destinés au chemin de fer de R a­
yes au Niger.
Les personnes qui a u ra ie n t l'intention de con­
co u rir p o u rro n t p ren d re connaissance du cahier
des charges au se c ré ta riat g énéral de l’In stitu t
colonial m arseillais, rue Noailles, 5.

�443

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
IMIa,:rseille

TEX TILE S
les 100
Raphias do Madagascar. — Tamatave
l re q u alité.................................................... F .
Majunga b lan c..............................................
Analalave b lan c...................................... ..
Tare d ’usage,escom pte 3 o/o comptant,
m archandise prise à quai ou m agasin
Marseille. — A rticle ferm e.
Fibres d ’Aloës. — Bourbon 1er c h o ix .... 55 à
Bourbon o rdinaire....................................... 45 à
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar...............................
De
De
De
De

ESSENCES
Géranium Bourbonbien ten u e..........
Vétyver B ourbon.................................
Lemon-Grass (Verveine).....................
Ylang-Ylang..........................................

V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Èntrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le kilo .........................................
Vanilles ordinaires sa in e s...............
»
inférieures »
»
Tahiti T'0 qualité...........................

k.
60
05
55

60
50
80

le kilo.
21
26
10
300/400

O RSE1LLE Madagascar
32 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat)CAFÉS
Guadeloupe bonifleur....... .. les 50 k.
Guadeloupe h a b ita n t.... .....................
N oum éa............................... .....................
Bourbon pointu.............................. .........
N ouvelles-H ébrides.......... .....................
Libéria de M adagascar...,.....................
M archandises à l'entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

35
20/22
16/17
11 50

les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s............ ...................... 125/130
Tam atave » »
110/115
(J.-B. Tomei et Vallet.)

1 1 .— 11 25
10.— à 11. —
8.50
8.60
8.75
9 —
6.50
6.75
10.25
10 50
5. »
7.50
11.25
11.50
10.— 10.50
Tl. 50 11.75
9.25
9.50
10.50
11 —
11.50
Tl 75
10.50
10.75
9.25
9 50

130 t1 135
122
118
110
85
120 130
95
85
82
72
Blanc.)

G R A IN E S O L É A G IN E U S E S
Sésames d’A frique................... les 100 k.
32.—
A rachides décortiquées d ’A frique..........
33.—
»
en coques
»
..........
25.—
(Fraissinet, Stamos et Scaram anga.)
L e

CUIRS DE M A D A G A SC A R

CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
l°r choix. — Pinky n° 1 ..............
M adagascar lo m b iri.......................
Tam atave Gluidroa. 1er choix..........
Majunga 1er choix...........................
N ossi-B è............................................
Diègo-Suarez 1" choix...................
T u lléar.......................................... .....
Tonkin rouges 1er choix.................
»
n o i r s .....................................
#
lanières.................................
»
p laq u es.................................
Nouméa, bon co u ran t.....................
Niggers Soudan ro u g e s .................
Soudan-N iggers b la n c s.................
Sénégal-G am bie A .........................
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.

G IR O F L E S de Sainte-Marie (Madagas­
car)............................................ les 100 k. 165 »
. Escompte 2 o/o, payable com ptant à tout
entrepôt.

H a v re

CAOUTCHOUC M adagascar. —
Tamatave Pinky I.........................F . 9 » à Tl —
»
Pinky I I .......................
8 »
9 »
M aju n g a................... .........................
7 » 10 »
F a ra fa n g a n a .....................................
5 »
7 »
M ananzary............................... ......
7 »
9 »
T o n k in .............................................
8 » 12 »
Congo H aut-O ubanghi................... 13 » 14 »
N’Djolé................................................
8 .—
» .—
(Le tout au kilog, Le Havre.)
T E X T I L E S . — Sisal A friq u e .. . , 75» à 80
»
Aloès Réunion................
50 » 55 »
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)
BOIS acajou G abon.................
»
»
Okoumé.....................
» ébène G abon.........................
»
» M adagascar. ............
(Le tout aux 100 kilos.)

10
8
15
15

» à 16
»
9
» 30
» 30

»
»
»
»

le kilo.
CIRES M adagascar............................... 3.20 à 3 30
les 100 k.
GOMME Copale A frique...... ...... . . .
50 à 100
»
M adagascar............................. 100 400
(Vaquin et Sehweitzer.)
IBorrcle a,-mise

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N ig g ers..................... . . . . 13.30 ;i 13.,50
12. ;o
Soudan Niggers rouges.......... . . . . 1 2 . C I R E S D ’A B E I L L E S
11..50
Soudan N iggers blan cs.......... . . . . 1 1 . M ad ag ascar.......................................
315
àLahou
31750 N iggers . . . . • ............... . . . . 10 50 10,.25
))
9 50
Algérie................................................
330 340 » Gambie A ................................... . . . .
))
8 50
Tonkin.................................................
325 330 » Gambie A M ............................... . . . .
))
7.50
S én é g a l...............................................
325 330 » Gambie B ........ ....................... . . . .
7 »
Bassam L um ps......................... . . . .
6.50
Ces prix s’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
(R. H enry.)
payable com ptant à tout entrepôt.

�444

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d'émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) .........................
462 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
427 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
490 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) ........................................._
79 —
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
81 —
94 —
— ' Em. 3 o/o 1903 (gar.)
91 —
450 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o, 1899-1905 ...............
479 —
-------—
obi. 3 o/o 1902......................
420 —
480 — E m prunt A lgérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
440 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897............................................
969 —
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
966 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898...........................
475 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901......................... • 470 —
492 50 Col. de la M artin iq u e............
468 —
470 — A friqueO ccident.,3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g a r.)...............
454 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500.. 519 —
B A R Q U E S C O LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Ci0 Algérienne, act. de 500 t. p. 1071 —
500 — Créd. P’onc. d'A lger. et Tunis.
490 —
—
—
—
lib.
507 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ......................... • ........... 1695 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.)......................
400 —
500 — Banque de la Guvane/ 500 t. p.
(n.).....................'........................ 1100 —
500 — Banque de la M artinique, 500
t. p. (n.) .................................
720 —
500 — Banque de la Bèunion, act. de
500 t. p. (n )................... ' . . .
350 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .).............. 1505 —
600 — Banque de l'A frique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
635 —
590 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1200 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
77 —
420 — Crédit Foncier Colonial, old.
5 o/o 420 ...................................
166 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350...................................
13\ —
CH E M IN S D E F E R A L G É R I E N S
E T CO LO NIA U X
500 — Cic BOnc-Guelma, a. r. à 600..
689 —
Divers
— obi. 3 o/o r.à 5 0 0 .
435 —
500 — Est A lgérien, act. r. 5 6 0 0 ....
720 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 429 —
500 — Ouest Algérien, act-. r. à 600..
651 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 42S —
-------Ain Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
430 —

340 — M ècheria-Ain-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 5 0 0 ... .........................
428
-------Mouzbah-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
425
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
433
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n a n , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650................. 1151
417 — Chem, de fer garant, des cçlonies franç , obi. 3 o/o r. à 500 392
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t..............
428

—
—
—
—
—
—
—

V A LE U R S M IN IÈ R E S
------ Cbarb. du Tonkin, act. de 250
t. p .................................... 1570
—
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500.........................
504
—
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ................................
495 —
477 50 A lgérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500...............
468 —
-------Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .....................................
539 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p.
1676 —500 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ............................... 1585
—
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p .........
665 —
445 ——
obi. 4 o/o rem. â 500.
504 —
Compagnie Minière du C o n g o .......... 1998
—
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .............................
81
—
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.................................
485 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3870 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts... 3495 —
V A L E U R S CO LO NIALES F R A N Ç A IS E S
Com pagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale..................(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d e n ta le ............... (actions nouvelles).. 2815 —
Cie M arseillaise de M adagascar ............
520 —
A lim aïenne....................................................
150 —
Congo occidental........................................
150 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
475—
H aute S angha...............................................
185 —
H aut-O gôoué................................................
550 —
La K olto.......................................................
500 —
M’Poko............................................................
153 —
M essageries Fluviales du Congo...........
294 —
S ultanats du H aut-O ubangui...................
905 —
Compagnie minière de G uinée: act........
114 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
148 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
a c t................................................................
633 —
Société cotonnière de PIndo-Chine ........
298 —
Cic du Maroc et des Colonies africaines..
240 —
Le Président de l'Institut, Gerant :
A d r ie n A R T A U D .

Imprimerie du “ Sémaphore” B a r l a t i e r .— Marseille.
17-19, rue Venture.

-

11

�SERVICES POSTAUX MARSEILLE-COLONIES
D éparts

A lg é rie

de

M arseille
DATES DES DEFAUTS DERNIÈRE LEVÉE

/

DE MARSEILLE

Hardi, Mercredi, Vendredi, Did ’Alger, d’Oran et Voie deMarseille „■
_
■ C"’GieTrans
1 manche ............................
de Constanline
et d A lger...)
»
d’Alger
Voie de M arseille,Transp. Mar. Mercredi et Samedi.
»
C ^T ounclie. J e u d i.........................
»
»
»
O GleTrnns. Jeudi et S am ed i.. . .
»
d’Oran.
il
T ransp.M ar. M ardi........................
»
C''1G,|&gt;Trans. Mardi
de Constanline
»
»
.M a r d i ........................
»
»
.S a m e d i......................
»
(T&lt;r T ouache.| J e u d i.........................
»
CicGl1'T ra n s. Lundi, Jeudi rt Vendredi.........
»
Cic T ouache. IMercredi....................
T u n i s ie .
»
»
. jS am edi...................
»
C&gt;° des M. M. !lin d;m. sur déni à p. du 3 janv.
Indo-Chlin e ,
Voie deB rindisi, paq. Anglais. Vendredi ap. d. de Marseille . .

D E LA B O IT E

DEPARTS
DES

BATEAUX

Départements

A f r i q u e O c c i d e n t a le
F r a n ç a is e

D jib o u ti, M a d a g a s c a r , (
R é u n io n e t M a u r i c e (
D jib o u t i, M a j u n g a . . . . |
N o u v e ll e - C a lé d o n i e j
e t N o u v e ll e s -H é b r id e s /
In d e F r a n ç a i s e ............
\

G u y a n e F r a n ç a i s e ...j
T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

Voie de M arseille, T ransp. Mar.
Voie deBiirdeaux àLisbonne, C'" des M. M/
Voie de Marseille,
»
»
»
»
C“ Havraise
Voie de M arseille, Cip desM. M.
Voie de B rindisi )
. , .
x, .
paq. Anglais,
ou Naples .. \ 1
Voie deMarseille, Ci&lt;! des M. M.
Voie deB rindisi,paq. Anglais.
Voie, de St-N azairc,CiPGleTrans.
Voie de Bordeaux,
»
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
Voie de St-Nazaire, C''-Gtp Trans.
Voie d’A m sterdam , paq. N é e rl..
Voie de C herbourg, paq. Anglais.

A lg é rie :

A lger............... ..............
C onslantinc p ar Philippeville et B ô n e .. . . .
O ra n .................................

I n d o - C h i n e ...................
N o u v e ll e - C a lé d o n i e ..

Voie de B rin d is i..........

10 h 30 m .
6 h. 35 soir.
10 de chaque mois 10 h. m at.
25
»
10 h. mat.
Vers l e 2 0 de cliSgie mois. mat. ousoir
Un d im .su r quatre à p. du 17 janv. 10 h. mat
10, 20 el 30 de chaque m o i s . .
Le Jeudi, 1 .1.1 i j . à p. du t p r jaur.

m id i.
11 h. mat..
11 h. mal..
11 h. m at..

Chaque Vendredi . 10 h. soir. 11 h. 30 s.
10 li. m at. 11 li. m at.
Vendredi a p .-m id i. 10 ii. soir, 11 h. 30 s.
9 de chaque m o is .. l’avant—Teille soir,
la veille au s o ir..
26
»
lin Mercredi sur i à p. du 13 jani.

L ellercr., 1 . L I S j . à p . d u f i j a n i .

l’a i.- veille malin,

9 de chaque m o is ..

l’avant-veille soir,

V eudr., 1 . 1 . 1 1 jours à p.ilu 8 janv.
Le U e r c r ., 1 .1 . 1 ( j. à p. du G janv.

la veille au soi-..
l'ai.-Veille malin.

j Voie Le Havre et Cherbourg
p a r New-York
'/

A rriv ées

T u n i s i e ............................

I h. soir.
6 h. soir.
m idi........
5 li. soir.
5 h . soir,
midi. . . .
5 li. soir.
m id i.......
midi ... .
m id i.......
i li. soir,
m id i....
II h. mat..

Voie deBordeaux, ci» des Cliarg. Iléun. 24 de chaque mois. 6 h 35soir.

S é n é g a l ........................... j

G u a d e lo u p e
e t M a rtin iq u e

11 h. m at.
3 h. 20 soir.
10 h. 30 m .
3 h .20soir.
3 h. 20 soir.
10 h . 30 m
3 h 20 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
10 h . 30 m .
11 h. m at.
10 h. 30 m.
10 h. mat
10 h. soir.

Lundi, Mercredi, Vendredi, S a m e d i.
Lundi, Mardi, Jeudi, Sam edi.
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

M ercr., V end., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jo u rs.
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de 2 en 2 sem aines.
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Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque m ois
Le Vendr. P u s les H jouis.

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2° S es services de Banque qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de tonds, de l’escompte et de rencaissement des effets de
commerce.
3° Ses services de T i t r e s et Coupons qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
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�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES

Art . 2.
Cette association a p our but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économ ique qui lu i p a ­
ra îtr a it de n a tu re à fav o riser les intérêts que
mettent, en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
Art . 3.
L’In s titu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de membres.
L a prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de droit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et d ona­
teurs sont ceux qui d an s le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
corresp o n d an ts ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

Services de l ’In s titu t :

Ilez-dfi-Chaiissée : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
fer étage : Musée Colonial.
3m# étage : S e c ré ta riat gén éral et B ureaux de
l’In stitu t, B ureau de Renseignem ents.
Rédaction de T « E xpansion Coloniale ».
Cours coloniaux

Directeur : M. le Dr H eckel.
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle .
P ro d u its anim aux et p arasitologie des p lan tes
et des anim aux.
M. Jacob de Cordemoy.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, so»«
su r sa dem ande, tous renseignem ents de natu r*
à seconder l’œ uvre coloniale de l’In stitu t.
Art . 4.
Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p endant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er •
1° Un droit d’adm ission de 1.000 francs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o n ateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au mi
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson .
L égislation et Économie Coloniales.
M. R aynaud.
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud.
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. Davin.
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».
Institutions connexes :

2mo étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’A lliance F rançaise.
3me étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de « l’Expansion Coloniale »
MM.

Ad. F o u q u e , Président de l a Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Y t i e r , Vice-Président : Jacques L é o t a r d , Secrétaire ; Paul M a s s o n , Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. E. M o r t c e a u , Secrétaire général de l’Institut.—
M. Auguste G i r y , ancien Directeur-Adjoint dé l’Exposition coloniale.

M arseille.

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“B O N N E M È R E ”

lm p. du Sémaphore - B ar/af/er - Marseille

�3mn Année. — N» 24

Le Numéro : 5 0 centimes

T r Novembre 1909

L'EXPANSION COLONIALE
BULLETIN DE

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
PA R A ISSA N T

LE

1 er

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MOIS

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Le Congres des anciennes colonies, p a r
A h t a u d ..................................
institut colonial marseillais :

M. A drien
445

E x p o sitio n de cao u tc h o u cs : R éco m pen ses . .
E x tra its des p ro cès-v erb au x . . . . . . . . .
B u reau de R e n s e ig n e m e n ts ..................
451
S eptièm e jo u rn é e m a ritim e , p a r M. A. F ouquk .
E x tra it de la c o r r e s p o n d a n c e ..............
454
ABONNEM ENT

447
450
452

N écrologie ............................................
C ours colo niaux .................................................
Choses de Tunisie, par M. A D u v a ij ..............
Le Régime douanier colonial ........................................
Avis d’a d ju d ica tion ..........................................................
Marché des produits c o lo n ia u x : ...............................
Marché des valeurs coloniales ....................................
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460

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M A R SE ILLA IS

Fonde sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
Présidents d’honneur :

MM.
Le Gouverneur
Le Gouverneur
Le Gouverneur
Française.
Le Gouverneur

MiM.
général de l’Algérie.
général de l’Indo-Chine.
général de l'Afrique Occidentale
général

de Madagascar.

Le Résident général de la République Français»

à Tunis.

Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée.
M em b re s

MM.

A rmand , Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Bergassè. H. et C”. — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Roux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le Recteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
Féraud, Augustin, Président honoraire de

Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

la
de

fondateurs :

Desbief, Paul, Président de la Chambre de Com
merce. — Dufay , Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay , Gigandet
et, C". — Gavoty , Charles. — Heckel, Edouard (D'),

Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — So­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — Société Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — Société Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — Société
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

M em b re s donateurs :

MM.
J.-B. et A. A rtaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger, C. — Ciiabrières , M orel et C". — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraipsinet &amp; C"). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa ­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien Fabp.f. &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
r'ÉRAUD, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem-

bre de la Chambre de Commerce. — M ailh at , H..
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon , Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. P avin de L afarge. — Ra stit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de La Chambre de Com­
merce. — Rodrigues-Ely , Amédée. — Société « la
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Za r if i .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief, Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.
M. Estrine , Lucien, Président de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
Président : M. A rtaud , Adrien, Membre-Secrétaire
Sémaphore ; F ouque, Adolphe, Président hono­
de la Chambre de Commerce.
raire du Syndicat d’initiative de Provence.
Vice-Présidents : MM. le D’ H eckel, DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président
Trésorier : M. A llemand , I., Membre de la Cham
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
bre de Commerce.
Chef du Service Colonial : le C“ A rmand ,
Trésorier-Adjoint
: M. L aplane , J., DirecteurAlbert, premier Vice-Président de la Chambre
Adjoint du Comptoir National d’Escompte de
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
Paris à Marseille.
lais de la Marine Marchande ; Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Membres

MM.

t

MM.

A llest , J. (D’), Administrateur-Délégué de la Com­

Martin -Laval , F., Vice-Président du Syndicat des

Arnaud . Lucien, Minotier.
Bergasse, Alexandre, Négociant.
Besson, L., Directeur de la Compagnie Marseil­

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

pagnie Générale Transatlantique.

laise de Madagascar.

Blanc, E., Directeur de l’Exploitation de la Com­

pagnie des Messageries Maritimes.

Bourdili.on, A., Armateur.
Bry , G.. Doyen de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufay , H., Ancien Vice-Président de ia Ch-de ComDufour, Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
Estter, Nicolas, ancien Président du Conseil géné­

ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffarel , PauJ, Professeur à l’Université.
Giraud, Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
Jacquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociants en cafés.
Joannon, A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
Jourdan. Félix, Juge au Tribunal de Commence.
Kahn , Membre de la Chambre de Commerce.
Léotard , Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géogranhie.
L omrard. Emile, Vice-Président de la Ch.de Com-

Exportateurs.

titut colonial.
R a stit , Henri. Industriel.
R astoin , Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
R odrigues-Ely , Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux. François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub, Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, Ancien Membre de la Cham­

bre de Commerce.
Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Za r if i , Périclès, Banquier.
L évy , Clément, t" Adjoint au Maire de Marseille.
Deltbes, J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément. Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire général : E. M oriceau , Administrateur
en chef des Colonies en retraite.
Y tier ,

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désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3me étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
----------------------------- À
\

Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
i’IN S T IT U T C O L O N IA L M A R S E IL L A IS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

�les pères chartreux

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de leurs anciennes marques vendues aux enchères

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d ’a n tis e p tiq u e s , d ’une c o n s e rv a tio n e t d'une lim ­
p id ité p a rfa ite s . F a b riq u é e SANS ADDITION
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e lle ré s is te à tous les c lim a ts . T r è s re c o m ­
m an dée dans les pays chauds, elle e s t to n iq u e,
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U s in e a V a p e u r : B O U LE V A R D DE L A M É D ITE R R A N É E , 10-12-14

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HORS CONCOURS, MEMBRE DU JU R Y

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M ARSEI LLE 1906

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de l ’Exposition Coloniale

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�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

EXPOSANTS DU MUSÉE COMMERCIAL
Anastay, H., 3, rue de l’Arbre, Produits Pharma­
ceutiques pour Colonies.
Ansaldi, V.. 11, Place St-Ferréol, Achats et Ventes
d’articles Exotiques et Coloniaux.
Artaud, frères (J.-B et AJ, rue Plumier-Prolongée,
Produits d’Alimentation, Vins, Spiritueux, etc.
Banque de l'Afrique Occidentale, . 78, rue de
Provence, (Paris), Banque Coloniale.
Beltjens et Guenebaud,84, rüe Grignan, Miroiterie.
Beneteau et C'\ 5, rue des Princes, Hôtel Meublé,
Maison de famille.
Biétron, E., 9, rue de l’Arc, Fromages, Beurres,
Salaisons.
Bigourdan, frères, Luchon (Haute-Garonne) Cons.
-Alimentaires.
Bouchard, fils aîné, 19, rue S'-Sépulcre, Conserves.
Brézun, Durand &lt;£• C", 10, cours Pierre-Puget,
Chartreuse la Tarragône.
Carret, J. et ses fils, 6, Quai de la Tourette, Pâtes
Alimentaires.
Cartonneie St-Charles, 9, rue Guérin, Boîtes et
Articles divers.
Cauvet, Lambert et Cie, 20, rue de la Conception,
Capsules métalliques et Etains en feuilles.
Cassante, P., 16, rue Friedland, Dattes, Alimen­
tation.
Carnaud, J., 36, rue de Village, Boîtes métalliques.
Compagnie de Navigation Mixte, 54, rue Cannebière
Cie Française de l'Afrique Occidentale, 46, rue
Breteuil, Commerce Colonial.
Cie Générale des Pétroles, 2, rue Fongate, Huile de
Pétrole et Dérivés.
Cie du Gaz et de l’Electricité, rue Montgrand. .
Ci0 des Messageries Maritimes, Place Sadi-Carnot,
Compagnie de Navigation.
Cie N. Paquet et CIe, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
gnie de Navigation.
Ci0 de Produits Fixator, rue de Mondovi (Paris),
Lait, -Chocolat.
David Bensimon, 50, rue du Coq, Farine, Semoules,
Dattes.
Delzonglc et Cauvin, 5, rue de Crimée, Conserves.
De Queylar et fils, 18, rue des Princes, Verreries.
M. Dufour et fils, 69, rue d'Italie, Drogueries,
Couleurs.
Ecole de Provence, 15, rue des Princes, Ensei­
gnement.
Empereur, A., 4, rue des Récolettes, Quincaillerie
générale.
Eugster, A., rue Nicolas, 24, Perles, produits divers
pour l’exjportation.
Estrine et CIe, 18, rue Colbert, Compagnie de
Navigation Péninsulaire et Orientale.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, Peinture.
Fichet, 19, Allées de Meilhan, Coffres-forts.
Fougeret, A., 25, rue de la Palud, Entreprise de
nettoyage.
Fouque, A., 1, Allées de Meilhan, Tuileries,
Etablissements P. Sacoman.
Get, frères, Revel (Haute-Garonne), Pippermint
Get.
Got et David, 3 et 5, Quai de la Fraternité,
Restaurant Basso.

J. Grouvelle, H. Arquernbourg et C", 46 rue Paradis
Chauffage, représentés par M. Dor.
Honnoral, L., 30, rue du Baignoir, Verrerie.
Karsenty fils et Ci0, 137, rue de Rome, Tabacs.
Laffitei, J. N., 22, rue Cannefbière, Chaussures. .
Lalrille, J., fils, Bordeaux, Vins de Bordeaux.
Magnan ' frères, 19, rue Paradis, Cocose.
Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Sakakini.
Marie Moreau et C 42a, rue Sainte, Transports.
Massai (veuve), 50, rue de Rome, Graines et
Semences.
Mathieu et Malaspina, 40-42, rue Thubaneau,
Bonneterie et Chaussures.
Meynadier et Cie, 39, rue de la République, Denréeis
coloniales, Rhum.
Monnier, M., 36, rue de Rome, Corsets.
Montel et Cle, 94, Avenue du Prado, Modèles de
Voitures ou Auto.
Mouriès frères, 15, rue Breteuil, Lièges et Caout­
choucs.
Mutuelle de France et des Colonies, 1, rue Stella,
(Lyon).
Nel, Fortuné, 27, rue de la Darse, Appareils
sanitaires.
Nngue, M., 14, rue d’Italie, Glaces et verres.
Pascal et Baldy, 21, rue Grignan, Casques
insolaires &amp; chapellerie.
Pitt, F., 56, rue Saint-Ferréol, Fourrures.
Pons, J.-B. et Cle, 2, rue Jemmapes, Appareils
Sanitaires.
Radius, G., 2i6, Place Vendôme (Paris), Essence
de Romarin, Produits Agricoles.
Rastit, H., 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
des Corps Gras, etc.
Rocca, Tcissy et de Roux, 26, rue Montgrand,
Graines Oléagineuses et Dérivés.
____
Rôdel et fils frères, rue du Jardin Public,
(Bordeaux), Conserves Alimentaires.
Rouquette, L., 20, rue de la Darse, Biscuits pour
la Marine.
Rousseau, J. M., 83, rue de la Darse, Broderie et
Lingerie confectionnées, de Madère.
Serène et C‘°, 45, rue Saint-Bazile, Liqueurs et
Spiritueux.
Silvan, aîné, 30, Boulevard de la Paix, Courroies,
Cuirs.
Société Anonyme des Chaux et Ciments RomainBoyer, 5, rue Cannebière.
' Société d’Epargne des Retraites, 11, Allées des
'Capucines, Constructions à bon marché.
Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue
de la Bépublique, Compagnie de Navigation.
Société Générale des Peintures Sous Marines,
2, rue Corneille.
Société Nouvelle des Raffineries Saint-Louis, 3, rue
République, Sucre.
Syndicat de Garantie des Industriels Français,
(Girard, 167, rue de Rome), Assurances, Acci­
dents.
Vinatié-, 102, rue d’Italie, Boîtes métalliques.
Ytier, L. et Cie, 27, rue Pavillon, Assurances
Maritimes.

�Troisième Année.

N° 24

‘'M

1er Novembre 1909.

L'EXPANSION COCONIALE

---------------------------------------------------------

Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
LE

l’obligeait à beaucoup de réserve, n’en a pas
moins fait le procès du régime de 1892 sur­
tout au point de vue colonial. Il a montré
nos possessions, diverses dans leurs besoins,
comme dans leurs ressources, et si cruelle­
Ce Congrès s'est tenu du 11 au 16 octobre,
ment desservies par le régime unitaire qui
à Paris, dans le local de l’Ecole des Sciences
politiques, 27, rue Saint-Guillaume, sur l’i­ leur a été infligé. Quelle folie, par exemple,
nitiative et sous les auspices de l ’Union colo­ que de soumettre au tarif général les îles
niale, vaillamment secondée dans la circons­ Saint-Pierre et Miquelon (placées à proxim i­
tance par les Comités de Propagande des té de Terre-Neuve, colonie anglaise, du Cana­
rda eüdasi.Ëtats-Unis),.rochers sur lesquels!
ports de Nantes, de Bordeaux, du Havre et
rien ne pousse, et uniquement propres au ra­
de Marseille.
Les colonies Cendrillon ne s’étaient pas en­ vitaillement- d’une flottille de pêche qui, mê­
core vues à pareille fête. Leur Congrès a été ' me au départ de France, prend ses approvi­
sionnements à l’entrepôt de la Douane ! No­
ouvert par un discours magistral de M. Paul
tre député s’est "souvenu du projet de port
Deschanel, et les débats de ces réunions ont
franc qui a été sa première proposition légis­
été sanctionnés par un banquet auquel M.
lative et il a rappelé au Ministre, pour en
Trouillot, ministre récidiviste des colonies,
étendre le bienfait- à Saint-Pierre et Mique­
a eu d’autant plus de mérite à venir que,
lon, qu’un projet de loi, portant sa signatu­
pris jusqu’à 9 heures et demie du soir, il n’a
re comme Ministre du Commerce, est tou­
pu arriver qu’au moment des toasts et des
jours
sur le Bureau du Parlement.
revendications.
M.
Trouillot a répondu en ministre, qui
Ces revendications ont été formulées avec
ne
peut
pas accorder à ses interlocuteurs
autant de tact-que d’énergie par MM. Chailtout
ce
que
ceux-ci lui demandent, mais qui
ley, directeur général de l ’Union coloniale,
mettra
la
plus
grande bonne volonté à faire
vice-président du Congrès ; Siegfried, prési­
aboutir
les
améliorations
arrivées au point
dent de la 3e,section : Agriculture, Mines,
de
maturité.
Crédit ; et Thierry, président de la 2e section:
*
* ■*
/ Régime douanier.
La première section du Congrès a délibé­
M. Chailley a rappelé le cycle quinquen­
ré sur un point vital, la Constitution politi­
nal que parcourt l ’Union coloniale et qui doit
ques des Colonies. M. Arthur Girault, pro­
ramener à chaque échéance de cinq années
les mêmes questions, ce qui permettra de me­ fesseur à la Faculté de Poitiers, avait prépa­
ré sur ce sujet un travail d’ordonnance juri­
surer les résultats obtenus et de présenter
des doléances d’autant plus pressantes qu’el­ dique parfaite, à déductions admirablement
logiques, mais hélas ! répondant aux besoins
les auront moins obtenu satisfaction dans un
délai moral permettant l ’intervention de so­ coloniaux comme un superbe bâtiment de
pierre à une nature volcanique et trépidante.
lutions.
La bataille s’est engagée sur tout ce qui de
M. Siegfried ne pouvait détailler les 61
près ou de loin (et même de très loin) mena­
rapports de sa section, mais il a indiqué ce
chiffre probant des besoins coloniaux aux di­ çait la représentation parlementaire des colo­
nies, et la courtoisie qui s’iifiposait clans un
vers points de vue : Agriculture, Commerce,
congrès présidé par des députés vis-à-vis de
Industrie, Mines et organisation du Crédit.
Notre éminent député M. Thierry, rappe­ collègues dont l’existence parlementaire
lant qu’il était le rapporteur du régime doua­ était mise en question, a rendu ce débat très
peu concluant.
nier à la Commission des Douanes, ce qui

Congrès des Anciennes Colonies

�44

L ’EXPANSION

COLONIALE

II n’y a eu sous ce rapport de décisif que
ce qu’on ne disait pas : soit que.des colonies
comme les Antilles, ayant tout pour elles, la
proximité de la Métropole, une nature luxu­
riante, un mouvement commercial et mariti­
me considérable, passaient inaperçues dans
le groupe colonial français parce que, absor­
bées dans leurs luttes politiques stériles
elles vivaient repliées sur elles-mêmes, sans
travaux publics, sans progrès et sans même
de programme précis d’amélioration.

redevances minières ; étude des améliora­
tions réclamées nar le statut des banques co­
loniales, dont le privilège vient à échéance
le 13 décembre 1911 ; fusion des banques ou
maintien de leur autonomie ; suppression de
l’Agence centrale ; faculté pour ces établisse­
ments de se choisir un correspondant en
France ; extension des opérations des ban­
ques de façon à permettre l’ouverture de cré­
dits confirmés ; passation de contrats de
change ; négociation du papier extérieur,etc.

La personnalité des représentants actuels
des colonies n’a rien à voir dans ce débat,
qui ne devrait porter que sur le remplace­
ment des députés et sénateurs actuels en
cas d’extinction, mais la question en ellemême est jugée. La politique n’est pas un
article colonial. Plût à Dieu que cela cessât
d’être un article métropolitain !

A la variété des sujets relevant de la troi­
sième section s’opposait la magnifique unité
des questions soumises à la deuxième sec­
tion. Il a été très agréable aux délégués mar­
seillais de voir le distingué rapporteur de la
deuxième section, M. Harmand, ambassa­
deur honoraire, s’inspirer des travaux des
Congrès de Marseille et de Bordeaux dans
un rapport dont les conclusions ont été vo­
tées à l’unanimité par une réunion plénière,
comprenant la presque totalité de la repré­
sentation parlementaire coloniale, et d’enten­
dre M. Sevère, député de la Martinique, de­
mander après le vote des conclusions du rap­
port de M. Harmand qu’on rappelât expli­
citement et mot à mot celles du Congrès de
Marseille, dont il aurait voulu voir le texte
strictement respecté.
Les délégués des ports ont cependant de­
mandé que la Métropole, dans l’examen au
point de vue de ses intérêts des revendica­
tions coloniales, nrît l’avis des Chambres de
Commerce des ports et tout le monde s’est
rallié en assemblée plénière à cette revendi­
cation, que la magnifique représentation
dés ports au Congrès justifiait autant que
l’importance des intérêts dont ils étaient les
défenseurs.
Adrien A r t a u d .

Le projet de constitution de M. Girault
trahissait aussi sur certains points spéciaux
la candeur du jurisconsulte qui croit que la
vie coloniale s’emprisonne dans des formules
et qui a pensé, par exemple, rendre service
à nos possessions insulaires en leur donnant
notre monnaie métropolitaine. Au moindre
accident de récolte, nos pièces de cent sous
feraient un voyage de retour et si l ’on per­
sistait dans leur renvoi, on ferait à la loi du
change une violence dont le pays en cause
pâtirait. Le change, rétablisseur automati­
que de l’équilibre entre les importations et
les exportations, constitue un des phénomè­
nes économiques naturels les plus utiles et ce
n’est pas impunément qu’on met obstacle à
son fonctionnement normal.
L ’hygiène occupait la quatrième section et
a donné lieu à de très intéressantes proposi­
tions.
Rien de plus varié que ce qui a occupé la
troisième section : questions soulevées par la
culture du sucre (détaxe de distance, dont on
a demandé la mise en harmonie avec les
frais et déchets entraînés par le transport
des points de production en France ; appel­
lation cassonnade à réserver aux sucres co­
loniaux non raffinés ; respect de la Conven­
tion de Bruxelles, dont on a demandé une
toujours plus stricte observation ; abolition
du privilège des bouilleurs de cru, nuisible
à la consommation du tafia ; mesures de
sauvegarde pour ce produit) ; questions re­
latives à la vanille, au cacao, au girofle :

Voici le texte des vœux adoptés par le con­
grès, à la suite du rapport de M. Harmand,
sur la révision du régime douanier colonial :
Le Congrès :
1° Désapprouve l’application aux colonies de
la loi du 11 janvier 1892, comme inutile et com­
me nuisible aux intérêts solidaires de la métro­
pole et de ses possessions ;
2° Apprécie,- au point de vue de l ’admission
en franchise partielle ou totale, des produits
coloniaux en France que la conséquence logique
de la loi du 11 janvier 1892 établissant une
union douanière entre la France et ses colonies
devrait être la franchise totale, c’est-à-dire

�L’EXPANSION COLONIALE
l’échange sans droits de leurs produits entre les
colonies et la métropole ;
3° Emet le vœu qu’il soit reconnu à chaque
établissement et à chaque groupe d’établisse­
ments la l'acuité et qu’il leur soit donné les
moyens de discuter leurs tarifs de douane avec
la métropole ;
4° Emet le vœu que les- tarifs douaniers spé­
ciaux à chaque colonie, après leur ratification
par le gouvernement de la République, soient
établis pour une durée d’au moins douze
années ;
5° Rappelle formellement les vœux adoptés
aux Congrès de Marseille en 1906 et de Cor­
deaux en 1907 et en renouvelle l’expression. '
Vœux du Congrès de Marseille
Le Congrès Colonial de Marseille déclare que
le meilleur régime douanier à adopter serait
celui qui :
1° Renoncera à toute unification et centralisa
tion systématiques, que l’expérience de l’ appli­
cation de la loi du 11 janvier 1892 a démontrées
irréalisables ;
2!* Abandonnera définitivement le principe
faux de la subordination économique des colo­
nies à la métropole, en reconnaissant que le
véritable intérêt de la métropole réside dans la
prospérité des colonies ;
3° Décrétera l’autonomie de chaque colonie ou
■groupe de colonies au point de vue économique
et réglera le régime douanier de ch aque colo­
nie ou groupe de colonies, au mieux de leurs
intérêts, en tenant compte des formes et condi­
tions essentielles ci-après :
a) Revendication par la colonie des mesures
et taxes qu’elle juge les plus favorables au déve­
loppement de sa richesse ;
b) Octroi de ces mesures par la métropole,
sous réserve de ses intérêts généraux, par un
décret rendu dans la forme des règlements
d’administration publique ;
c) Fixation d’une durée convenable poür le
régime ainsi établi, de façon à permettre aux
mesures prises de sortir pleinement à effet, et
aux intéressés d’en tirer le meilleur parti ;
Vœux du Congrès de Bordeaux
En politique coloniale : 1° le premier, le véri­
table intérêt, matériel et moral, de la métropole
réside dans la prospérité de ses colonies ;
2° Chaque colonie ou groupe de colonies doit
pouvoir formuler et adopter, en toiite liberté, le
régime douanier qui convient le mieux à ses
intérêts ; 3° Il convient d’empêcher toute mseure
fiscale qui soit de nature à diminuer les res­
sources des indigènes, à les appauvrir, à res­
treindre la population, à porter atteinte au
crédit financier des colonies et, par voie de
conséquence, à entraver l’exécution des travaux
publics, et nécessiter le recours au Trésor mé­
tropolitain, soit pour fournir les arrérages( des
emprunts garantis, soit pour parfaire l’insuffi­
sance des budgets locaux ;
6° Désireux de mieux grouper les efforts iso­
lés, approuve la proposition d’une « Union
Intercoloniale » ; émet le vœu que l'Union Colo­
niale Française prenne l’initiative d’un grou­
pement des diverses associations coloniales de
la Métropole et des Colonies, ainsi que les diffé­
rents corps constitués en vue de la représenta­
tion et de la défense des intérêts économiques
des colonies, qui aura pour objectif de pour­
suivre auprès des pouvoirs pubiies la révision

447

du régime douanier colonial actuel, d’après les
vues exposées dans le vœu qui précède et les
vœux concordants adoptés au Congrès de Mar­
seille de 1906 et au Congrès de Bordeaux de 1907.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXPOSITION DE CAOUTCHOUCS

J U R Y DES RÉCOMPENSES
Le Jury de l’Exposition des caoutchoucs
à l’Institut colonial, s’est réuni le 22 octo­
bre à, trois heures de l’après-midi, sous la
présidence de M. Lombard, vice-président de
la Chambre de Commerce.
Etaient présents : MM. Lombard, prési­
dent ; Heckel, vice-président ; Ponsinet, v i­
ce-président ; Jumelle, vice-président.
MM. Dufay, Rastit, Honnorat, Croze-Magnan. Mathon, Hardouin, Rollin, directeur
de la succursale des établissements Bergougnan et Cie ; et M. le Représentant de la maisort Grammont ; M. Moriceau, secrétaire.
Après avoir présenté les excuses de M.
Estrine, président de la Chambre de Com­
merce de Marseille, qui regrette de ne pou­
voir assister à la séance ; de M. Artaud, pré­
sident de l’Institut Colonial Marseillais, qui
doit présider une réunion très importante de
négociants en vins ; et de M. Bohn, M. le
Président donne lecture du rapport suivant,
rédigé par le Secrétaire du Jury, sur l’Expo­
sition des caoutchoucs :
L ’Exposition des caoutchoucs et guttas bruts
provenant des- colonies françaises, organisée
par l’Institut Colonial Marseillais, a été ouverte
le 15 juillet, et close le 23 octobre ; elle a été pla­
cée sous le haut patronage de M. le Président de
la Chambre de Commerce de Marseille, et a re­
çu 28.923 visiteurs.
Elle avait un double but : 1° Faire connaître
la grandie importance de la production du caout­
chouc dans nos colonies, production qui atteint
12 % de la production-mondiale, et faire appré­
cier par le commerce et l’industrie de Marseille
les qualités de cette production ;
2° Montrer à nos colonies combien nous nous
attachons à répandre la connaissance de leurs
ressources et leur nrouver notre souci d’en faire
apprécier la valeur par le plus grand nombre
possible de personnes.
La question du caoutchouc est pour nos pos­
sessions d’une importance considérable ; la ré­
colte de ce produit intéresse particulièrement
les indigènes, qui en retirent des sommes très
élevées : son commerce, qui atteint près de 40
millions de francs, alimente pour une bonne
part les transactions des factoreries ; enfin son
transport est un élément sérieux de fret pour
les navires qui desservent nos colonies.
Cette Exposition répondait donc en tous points
au but que ne cesse de poursuivre l’Institut, et
il.est heureux de constater que son succès a
pleinement répondu à ses efforts. Organisée par
le personnel de l’Institut, qui a été guidé dans
la. classification des produits par Le docteur
Heckel, et par le professeur Jumelle, dont les

I

�448

L ’EXPANSION

beaux travaux sont universellement connus,
cette Exposition a également fait apprécier de
nombreux produits de l’industrie française, que
les Maisons : Bergougnan, Grammont et Hardouin avaient placés à côté des caoutchoucs
bruts.
L ’Institut adresse ses plus chaleureux remer­
ciements aux Gouvernements coloniaux, aux
planteurs, aux négociants, aux services de l’A­
griculture coloniale en Afrique Occidentale, en
Indo-Chine et à la Guyane, aux Résidents, Chefs
de Province ou de Cercle, aux collectivités in­
digènes, villages, écoles, etc..., et en particulier
aux Compagnies françaises de l’Afrique Occi­
dentale, Marseillaise du Soudan, Marseillaise
de Madagascar, à MM. Jumelle, Dufay, Baudon,
; au Musée colonial de Marseille, etc..., qui ont
'envoyé des échantillons de leurs produits, et
remercie également les exposants de produits
manufacturés, ainsi que tous ceux qui ont per­
mis de donner dans la salle des Cours coloniaux
,une idée précise de l’une des plus intéressantes
productions de nos colonies.
De nombreux étrangers sont venus visiter
l’Exposition ; plusieurs d’entre eux ont demandé
au Secrétariat général des renseignements très
détaillés sur la production et les modes de pré­
paration des caoutchoucs de nos colonies : ils
n’ont pas caché leur surprise de constater les
bonnes qualités de cei’taines de nos espèces in­
digènes; et ont reconnu crue si elles étaient plan­
tées convenablement, si les latex qu’elles four­
nissent étaient traités d’une façon rationnelle,
la France trouverait dans ses possessions pres­
que toute la quantité de caoutchouc nécessaire
à son industrie. Ils ajoutaient qu’avec les essais
de plantation d’Hévea en Cbchinchine, dont
l’Exposition contient des échantillons très re­
marquables, nos colonies peuvent à la fois four­
nir l’espèce idéale, le Para, et en outre de nom­
breuses qualités, qui toutes trouveraient leur
utilisation dans les multiples applications de la
grande industrie des caoutchoucs.
Il importe de donner satisfaction aux person­
nes qui ont participé à notre Exposition, et l’Ins­
titut a créé, dans la dernière réunion du Con­
seil d’Administration, un Jury des récompenses,
dont M. le Président de la Chambre de Commer­
ce a été prié de désigner le président, et l’un
des membres.
Son choix s’est porté pour la présidence, sur
M. Lombard, vice-président de la Chambre de
Commerce, et sur le professeur Jumelle ; il ne
pouvait désigner deux personnes à la fois plus
compétentes et plus sympathiques.
Le Jury sertrouve donc ainsi-constitué :
Président d'honneur : M. le Président de la
Chambre de Commerce.
Président : M. Lombard, vice-président de la
Chambre de Coipmerce.
Vice-Présidents : MM. Bohn, Heckel, Ponsinet,
Jumelle.
*
Membres : MM. Besson, Dufay, Rathery, CrozeMagnan. Bergougnan, Grammont, Hardouin,
Reynaud, Mathon, IJonnorat, Baudon, Masson.
Secrétaire : M. Moriceau.

M. le Président propose ensuite au Jury
l’attribution des récompenses suivantes :
Hors concours et membres du jury :
Compagnie Française de l ’Afrique Occi­
dentale.

COLONIALE
Compagnie Marseillaise du Soudan.
Compagnie Marseillaise de Madagascar.
MM. Dufay, Gigandet et Cle.
Jumelle.
Musée Colonial de Marseille.
MM. Croze-Magnan.
Bergougnan.
Grammont.
Hardouin.
Reynaud.
Baudon.
AFRIQUE OCCIDENTALE
Grands P rix
MM. le Gouverneur général de l’Afrique
Occidentale. (Collection d’échantillons
de caoutchoucs de l’Afrique Occiden­
tale).
le Lieutenant-Gouverneur de la Côte d’i ­
voire. (Collection d’échantillons de
caoutchoucs de la Côte d’ivoire).
le Lieutenant-Gouverneur de la Guinée
française. (Collection d’échantillons de
^caoutchoucs de la Guinée française).
le Lieutenant-Gouverneur du Haut-Séné­
gal et Niger. (Collection d’échantil­
lons de caoutchouc du Haut-Sénégal,
et Niger).
l’Administrateur de la Casamance. (Col­
lection d’échantillons de caoutchouc
de Diola première qualité, Diola
deuxième qualité, Diola troisième
qualité. Mandingue première qualité,
Mandingue deuxième qualité. Man­
dingue falsifié avec du sable, Mandin­
gue bouilli. Mandingue fumé, mandin­
gue récolté directement sans prépa­
ration, caoutchouc Twist, caoutchouc
Peulh de première qualité, de deuxiè­
me qualité, caoutchouc balante, caout­
chouc fraudé, caoutchouc manjacque
préparé à l’eau, salée.
César Farrenc. chef de l’Agriculture au
Dahomey. (Echantillons de caoutchouc
de Funtumia élastica).
Grands Prix. (Guinée).
Jardin d’essai de Camayenne. (Echantillons
de Landolnhia heudelotii).
Ecole professionnelle
d’Exploitation de
caoutchouc de Dalaba. (Echantillons de
Landolphia heudelotii)'.
Ecole professionnelle
d’Exploitation de
caoutchouc de Kankan. (Echantillons de
Landolphia heudelotii).
Diplômes de médailles d'or. (Côte d’ivoire) :
Cercle de Korhogo. (Echantillons de landol­
phia heudelotii).
Cercle de Mankono. (Echantillons de Landol­
phia heudelotii).
Cercle de Kong. (Echantillons de Landolphia
heudelotii).
Cercle de Baoulé-Sud. (Echantillons de Lan­
dolphia heudelotii, Landolphia owariensié,
Funtumia élastica).

�L ’EXPANSION
Cercle des Lagunes. (Echantillons de Landolphia heudelotii, Funtumia élastica ).
Cercle de Baoulé-Nord. (Echantillons de Landolphia heudelotii, Funtumia élastica).
Cercle de Touba. (Echantillons de Landolphia heudelotii).
Cercle de Grand-Bassam. (Echantillons de
Céara).
Cercle du Bas-Sassandra. (Echantillons de
Landolphia sphérocarpa).
Cercle de Lahou. (Echantillons de Landol­
phia owariensis, Funtumia élastica).
Cercle de Bondoukou. (Echantillons de Lan­
dolphia heudelotii, Funtumia élastica).
Cercle de l ’Indénié. (Echantillons de Funtu­
mia élastica).
Cercle du Haut Sassandra. (Echantillons de
Funtumia élastica).
Poste de Dabou. (Echantillons de Funtumia
élastica).
Village des Abidji-Binao. (Echantillons de
Funtumia élastica).
Diplômes de médailles d'or. (Haut Sénégal
et Niger).
Cercle de Bougoni. (Echantillons de Landol­
phia heudelotii).
Diplômes de médailles d'argent.
Cercle de Bobo-Dioulasso. (Echantillons de
Landolphia heudelotii. Céara sept échan­
tillons).
Cercle de Bougoni-Gouanan. (Echantillons
de Landolphia heudelotii).
Moniteur de l ’Ecole de Sakala (Cercle de
Kong). (Echantillons de Landolphia heu­
delotii).
M ADAGASCAR
Grands P rix
MM. le Gouverneur général de Madagascar
(Echantillons de caoutchouc de Castilloa, de Ficus Vogelli, de Fingibary et
tronc de liane Fingibary).
Langlois, agent de la Compagnie des
Messageries Maritimes h Diégo-Suarez. (Echantillons de caoutchouc de
Landolphia sphérocarpa, Crystotégia
Madagascariensis, Scamonopsis (Ju­
melle), Mascarenhasia arborescens,
Marsdenia Verrucosa, Landolphia Perrierii).
Périer de la Bathie. (Notice sur le caout­
chouc de Céara et nombreux travaux
scientifiques).
Diplômes de médailles d'or
Président de la Chambre de Commerce de
Majunga. (Echantillons de caoutchouc de
Céara, et notice sur ce caoutchouc).
M. Sluzanski à Sainte-Marie de Marovoay.
(Echantillons de caoutchouc de Céara).
M. Pierron, négociant à Diégo-Suaréz.
Chambre Consultative de Diégo-Suarez.
(Echantillons de caoutchouc de la région).
M. l’Agent de la Compagnie des Messageries
Maritimes à Morundava. (Cartes des ré­

449

COLONIALE

gions caoutchoutifbres de la région de.
Morundava).
Cercle de Morundava. (Echantillons de Sca­
monopsis (Jumelle).
Province de. Diégo-Suarez. (Echantillons de
caoutchouc de Crypstotégia Madagasca­
riensis). ;
Province de Fort-Dauphin. (Echantillons de
caoutchouc de Landolphia sphérocarpa).
Province de Tuléar. ( Echantillons de caout­
chouc de Landolphia sphérocarpa).
Province de Vohémar. (Echantillons de
caoutchouc de Mascarenhasia sphérocar­
pa, Landolphia sphérocarpa).'
Province de Manan.jary. (Echantillons de
caoutchouc de Mascarenhasia Arbores­
cens, Landolphia Perrierii, Mascarenha­
sia sphérocarpa).
Province de Sainte-Marie. (Echantillons de
caoutchouc de Landolphia sphérocarpa).
Province de Nossi-Bé. (Echantillons de caout­
chouc de Mascarenhasia sphérocarpa, Makcarenhasia arborescens, Landolphia Perrierrii).
'
Province de Farafangana. (Echantillons de
caoutchouc de la région).
Province de Ananalave. (Echantillons de
caoutchouc de Landolphia sphérocarpa).
Cercle de Metsirana. (Echantillons de caout­
chouc de la région).
M. Duchêne, agent de culture à Marovoay.
INDO-CHINE
Grands P rix .
M. le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
(Exposition de caoutchouc de Xylinabaria Reynaudi, de caoutchouc fraudé mis
en vente*sur les marchés de Su Yut et Cho
Bo. Caoutchouc extrait du tronc de l’espè­
ce dite « Cay tun ». Caoutchouc provenant
de la liane » gian guit », caoutchouc des ra­
cines de l ’espèce dite « Ré Tim ». Caout­
chouc en boudins.
Service de l’Agriculture de la Cochinchine.
(Echantillons *de caoutchouc Hévea Brasiliensis, Ficus élastica).
Service de l’Agriculture du Cambodge.
(Echantillons de Palaquim Krantziana)
(gutta percha).
M. le Résident supérieur au Cambodge.
M. le Résident supérieur au »jaos.
M. le Résident supérieur au Tonkin.
M. le Gouverneur de la Cochinchine.
Diplômes de médailles d'or :
Province de
Hoa-Binh (Cochinchine).
(Echantillons de caoutchouc de la région
expédiés par le Gouverneur général).
Province de Kampot (Cambodge). Echantil­
lons de Palaquim. Krantziamun).
M. Tinnel. (Echantillons de caoutchouc de
Laos).

�L ’EXPANSION

450
CONGO
Grands P rix .

M. le Gouverneur général du Congo.
M. Baudon, administrateur des Colonies.
(CoïljeCïion d’échantillons botaniques de
plantes à caoutchouc). (Collection d’é­
chantillons de caoutchouc de diverses es­
pèces : Landolphia, Funtumia, Carpodinus, etc.)
NOUVELLE-CALEDONIE
Grands P rix.
Colonie de la Nouvelle-Calédonie. (Echantil­
lons de Ficus-Schlechterii).
GUYANE
Grands P rix .
M. le Gouverneur de la Guyane.
Administration Pénitentiaire de la Guyane.
(plaques de gutta balata).
M. Lacroix, négociant à Cayenne. (Echan­
tillons de gutta balata).
EXPOSITIONS PARTICULIERES
Diplômes de médailles d'or
Journal « le Caoutchouc et là Gutta Percha ».
Exposition de trois ouvrages :
1° Collection du Journal (n° 1 à 4).
2° Annuaire Universel du ' caoutchouc et de
la gutta percha.
3° Le Grypstotégia grandiflora dans le SudOuest de Madagascar, par M. H. Jumelle.
Revue des Industries du Caoutchouc. Cel­
luloïd, Liège et Amiante.
Les Membres du Jury acceptent à l’unani­
mité les propositions de récompenses formu­
lées par le Président.
Un échange de vues a lieu au sujet de la
forme à donner au diplôme qui sera délivré
à chacun des titulaires de récompenses,- et
il est décidé que le Président aura toute li­
berté de choisir la forme de diplôme's qui lui
conviendra le mieux.
M. Lombard ajoute que la Chambre de
Commerce de Marseille serait disposée à don­
née son concours à l ’Institut, pour les dépen­
ses d’impression, et le Jury prie M. Lombard
d’être son interprète auprès de la Chambre
de Commerce- pour lui exprimer sa bien sin­
cère gratitude pour sa générosité.
,

EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
Commission Administrative
La Commission, administrative, constituée
par l’adjonction au Bureau de l’Institut, du
Bureau de la Commission du Musée Com­
mercial et du Comité de rédaction de 1’ «E x ­
pansion Coloniale », s’est réunie le 7 octobre,

COLONIALE
sous la présidence de M. A. Artaud, prési­
dent de l’Institut.
M. le Président explique la création de la
Commission administrative, qui pourra se
réunir deux fois par mois, dans l’intervalle
des séances du Bureau et du Conseil.
11 rond compte de la situation, du Musée
Commercial, et donne lecture des correspon­
dances reçues et envoyées.
M. Artaud propose de donner plus d’exten­
sion au service de la propagande, et de faire
exécuter quelques voyages dans l’intérieur
de la France, pour rechercher des exposants
au Musée Commercial et des adhérents à
l’Institut.
M. le Président soumet des propositions
du Musée Commercial de Trieste, qui de­
mande à l’Institut de participer à son Exposi­
tion des produits coloniaux en 1910 et lu.i as­
sure la gratuité de cette participation. La
proposition est acceptée.
Il est rendu compte de l’Exposition de
caoutchoucs, qui continue à attirer vivement
l’attention et qui doit être close le 23 octobre.
Le Jury doit se réunir très prochainement, et
distribuera des récompenses aux exposants.
M. Artaud fait part de la demande de la
Société Académique de Comptabilité, de don­
ner des cours du soir dans la salle des Cours
coloniaux de l’Institut. La proposition est
agréée, moyennant le paiement des frais ma­
tériels.
M. le Président exprime les regrets de
l’Institut à l’occasion de la mort de M. Auricoste, directeur de l’Office Colonial de Paris
et prescrit d’écrire au Ministre pour lui ex­
primer toutes les condoléances de l’Institut.
Conseil d'Administration
Le Conseil d’Administration de l’Institut
Colonial s’est réuni le 21 octobre, sous la
présidence de M. A. Artaud, président de
l’Institut. L ’Assemblée était- particulièrement
nombreuse.
M. le Président donne lecture du procèsverbal de la réunion du corps enseignant de
l’Institut, qui a désigné M. Foucart, profes­
seur à la Faculté des Lettres, pour la chaire
nouvelle de Mœurs et Religions des peuples
coloniaux. Cette nomination est votée à l’u­
nanimité.
M. le Président expose la situation finan­
cière de l’Institut, qui est conforme au point
de vue des dépenses aux prévisions du bud­
get. et remercie M. Rossi d’avoir bien voulu
insister au soin du Conseil Municipal pour
l’octroi d’une subvention à l’Institut.
Il est également heureux d’annoncer que le
Conseil général a bien voulu sur son budget
de 191C, allouer à l’Institut Colonial une sub­
vention de deux mille francs, et il remercie
tous ceux dont les efforts ont abouti à cet
heureux résultat et en particulier M. Kohn,
qui avait tout spécialement pris à cœur notre
cause.

�L’EXPANSION COLONIALE
Deux nouveaux Membres sont admis.
M. le Président remercie M. Eugène Blanc,
directeur des Messageries Maritimes, pour
le généreux concours qu’il a bien voulu don­
ner à la 7me Journée Maritime, à bord du
Tonkin, et félicite M. Fouque de l ’organisa­
tion de cette journée.
M. Blanc assure que sa Compagnie est prê­
te à renouveler son concours à l ’occasion, et
cette déclaration est accuellie par de' vifs ap­
plaudissements.
M. le Président rend compte du récent
Congrès des Anciennes Colonies, à Paris, où
les Marseillais ont été très bien représentés,
spécialement l’Institut Colonial.
Il parle notamment : 1° du rapport, de M.
Girault, de la Faculté de Poitiers, sur un pro­
jet de constitution coloniale ;
2° Du rapport de M. Harmand, sur la
question douanière, et 'de l ’adhésion unani­
me du Congrès de Paris aux vœux exprimés
en 1906 au Congrès de Marseille ;
3P Des travaux de la troisième section pré­
sidée par M. Siegfried, qui a eu à examiner
soixante et un rapports très intéressants.
M. le Président fait connaître que l ’Expo­
sition de caoutchoucs sera close le 23 octobre
et qu’elle a reçu 28.923 visiteurs, parmi lesquel§ de nombreuses personnalités françai­
ses et étrangères, qui ont été frappées de la
qualité et de la quantité des caoutchoucs de
nos colonies.
Le Jury de l ’Exposition doit se réunir le 22
octobre, sous la présidence de M. Emile Lom­
bard, vice-président de la Chambre de Com­
merce,et décerner des prix aux principaux
exposants. 1
M. le Président déclare que l ’Institut re­
nouvelle ses remerciements à tous ceux qui
ont contribué au succès de cette Exposition.

BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
Le Bureau a eu à répondre dans le courant
du mois d’octobre à de très nombreuses de­
mandes, parmi lesquelles il convient de si­
gnaler les suivantes :
i 5MM. F. L., de Milan (Italie), ont deman­
dé des renseignements sur le raphia, dont
la consommation en Italie est assez grande.
Lé raphia est en ce moment en bonne de­
mande, en raison du manque de marchandi­
se, surtout du défaut des offres en livrable ;
la préparation de ce produit est, du reste, de
plus en plus soignée, grâce aux efforts cons­
tants de l’Administration. La cote de l’épo­
que a été donnée.
2° M. E. M. a demandé des renseignements
sur les recherches du pétrole à Madagascar.
Une grande Société anglaise, la M. O. D.
C° Ltd, au capital de 1.250.000 francs,
s’occupe de l ’étude des terrains bitumineux
et pétrolifères de la région Ouest- de Mada­
gascar.
La Société a été crée sur les rapports de

451

M. Burls, ingénieur, envoyé en mission à Ma­
dagascar, et dont le rapport concluait que
“ les terrains visités offrent un champ favora­
ble aux expériences nécessaires pour déter­
miner l ’existence du pétrole, et il est tout à
fait probable que si l’on faisait des puits jus­
qu’à une profondeur de 300 mètres, on trou­
verait du pétrole inaltéré, se présentant, non
plus comme bitume, mais bien comme hui­
le naturelle ».
M. Mac Clelland Henderson s’exprimait
ainsi dans un rapport qu’il a adressé à l’Ankavandra Oil G° Ltd : « Je considère
qu’il est de toute évidence que ces terrains
offrent les perspectives de l’existence d’un
pétrole d’une nature très riche, que le carac­
tère pétrolifère de ces lits mésozoïques jus­
tifie anfplement l’emploi d’un capital pour
prouver le caractère exploitable de l’étendue
pétrolifère. »
Enfin, Sir Beverton Redwood, dont l’au­
torité pétrolifère est universellement connue,
donnait à cette Société l’avis suivant :
" Après examen des échantillons de bitume
de Mad_agascar, j ’ai affirmé que l’occurence
de dépôts de cette substance indique la pos­
sibilité de trouver du pétrole en faisant -des
sondages dans cette région.
« Il ne me reste plus rien à ajouter, sinon
que les renseignements fournis par mon col­
lègue expérimenté &gt;et digne de confiance, M.
Burls, confirment pleinement que les pers­
pectives d’abondance de pétrole sur ces ter­
rains, sont identiques à celles fournies à pa­
reille époque de recherches par d’autres ter­
rains pétrolifères dont l’exploitation a pro­
duit d’excellents résultats. »
C’est sur ces trois rapports que la Société
a été constituée, avec des capitaux provenant
un tiers de France, un tiers d’Angleterre, un
tiers du Sud-Afrique.
Nous saurons sous peu si les prévisions de
ces ingénieurs sont exactes, et il y a tout lieu
d’espérer que leur expérience ne les a pas
trompés en cette circonstance.
Le transport d’un matériel de sondage est
toujours très difficile, surtout dans un pays
dépourvu de moyens de communication et
il est probable ■que les résultats ne seront
connus qu’en fin décembre.
En attendant, des piquets sont plantés
dans toute la région pétrolifère, et on a bon
espoir que les recherches seront couronnées
de succès.
3° M. E. P., de Paris, a demandé des ren­
seignements sur le commerce des cornes de
buffle en Indo-Chine.
L ’exportation de ces cornes atteint 250.000
kilogrammes, pour une valeur de 151.000
francs.
4° M. E. a demandé si le projet d’expor­
tation des bœufs vivants de Madagascar al­
lait bientôt se réaliser.
Ce projet, qui intéresse vivement l ’expor­
tation de Madagascar, a été étudié par M.
Rey, qui doit par le prochain paquebot de la

�452

L’EXPANSION COLONIALE

Compagnie Havraise amener en France un
échantillon de 80 bœufs. .
Ces bœufs, que depuis de longs mois il
nourrissait exclusivement au maïs, sont su­
perbes, et les gens sceptiques au début sur le
succès de cette entreprise, le sont moins
maintenant.
D’autre part, la « Revue de Madagascar »
a publié une étude dans laquelle toutes les
faces de la question ont été étudiées, et dont
la conclusion est que l’exportation des bœufs
vivants de Madagascar en France est réali­
sable pour une personne disposant des capi­
taux suffisants.
Le premier convoi préparé par M. Rey a
été formé d’animaux vivants dans le sudouest de l ’île. Pendant le voyage jusqu’à Tananarive, ces animaux iront nullement souf­
fert. Il faut espérer pour l ’avenir de la gran­
de île que cette tentative réussira pleine­
ment.
D’autre part, un essai très intéressant
d’envoi de viande congelée est sur le point
d’être tenté par un négociant de Majunga,
M. P. Le paquebot YÀdour, des Messageries
Maritimes, apportera très probablement, le
14 décembre, 4 bœufs conservés dans la gla­
cière du bord.
Ces bœufs seront dès leur arrivée, remis
à des commissionnaires en bétail, et l ’on sau­
ra la valeur qu’ils pourront atteindre.
Il ne faut pas oublier qu’il y a à Mada­
gascar, quatre millions d’animaux de race
bovine au moins, et qu’il serait très facile,
si les essais ci-dessus réussissaient, de dis­
poser de 100 à 125.000 têtes pour l ’exporta­
tion en Europe.
Au Congrès du froid, tenu à Lyon récem­
ment, M. le Vétérinaire en chef de Madagas­
car a appelé l ’attention sur cette question.
5° M. F., a demandé des renseignements
sur la situation agricole en Tunisie.
La récolte des céréales a donné cette an­
née des résultats très irréguliers ; les vignes
ont un peu souffert de la sécheresse, et le
bilan de l ’année 1908-1909 est inférieur aux
précédents.
Néanmoins, la persévérance est la qualité
maîtresse des colons tunisiens, et partout
l’on se remet très énergiquement au travail.
La situation du bétail est satisfaisante.
L ’administration pousse le colon à produi­
re de plus en plus les fourrages artificiels.
Cette année, les colons ont employé des quan­
tités importantes de superphosphate, qui
leur est particulièrement recommandé pour
les cultures de fourrage et légumineuses.
Les problèmes du Crédit Agricole et de la
Coopération d’achat sont aujourd’hui réso­
lus en Tunisie ; les colons songent à en abor­
der un troisième, celui de l ’amélioration des
rendements agricoles.
Le journal « Le Temps » du 21 septembre
a publié à cet égard un article très remarqué,
clans lequel il fait ressortir l’importance des
questions que le colon qui s’installe en Tu­

nisie doit résoudre : variétés des céréales les
plus productives, engrais chimiques, quan­
tités de semences à l’hectare, variétés d’ani­
maux. façons culturales, etc. Or, à tou­
tes ces questions il ne trouve pas de réponses.
Le Résident général et le Directeur de l’A ­
griculture sont des. esprits très ouverts ; il
n’est pas douteux qu’ils apporteront toute
leur sollicitude dans cette troisième étape
d’une organisation économique qui est un
véritable modèle, car jusqu’ici, tous ces
rouages tendent à réduire les frais au m ini­
mum, et à porter au maximum les bénéfices.

SEPTIÈME JOURNÉE MARITIME
L ’heureuse idée qui présida à la création
des excursions maritimes de l’Institut Colo­
nial marseillais ne pouvait faire espérer suc­
cès plus grand que celui obtenu par la T
expérience. Ce fut une véritable initiation à
la vie maritime, un incontestable entraîne­
ment au voyage en mer pour les profanes,
formant le plus grand nombre des excursion­
nistes réunis à bord du Tonkin, splendide
paquebot des Messageries Maritimes, le sa­
medi, 2 octobre.
Il appartenait à cette puissante compagnie
de donner cet exemple d’intérêt à notre œu­
vre : elle l’a fait avec une amabilité et une
générosité dont nous sommes heureux de la
remercier en lui exprimant ici la sincère re­
connaissance de l’Institut, qui voit ainsi sa
pensée faire son chemin, avec la collabora­
tion des grandes Compagnies de navigation
marseillaises. Celles-ci comprennent l’inté­
rêt supérieur qui s’attache à de semblables
manifestations, vulgarisant la traversée en
mer, accoutumant des milliers de person­
nes à des déplacements réputés jusqu’ici dan­
gereux ou pénibles, acceptant gaiement sous
l’égide de l’Institut de connaître roulis, tan­
gage, maux de cœur, etc., toutes choses dont
on s’éloignait la veille avec une crainte, mê­
me une répulsion injustifiées. Attirer le senti­
ment public et l ’intérêt des masses vers la cir­
culation sur l’élément liquide par des moyens
agréables et peu coûteux, et cela malgré
quelques menus inconvénients, faire pren­
dre passage à bord des « Cannois » ou “ Bo's
Sacré » pour des croisières telles que Planier
ou les Calanques, c’était déjà un résultat,
mais donner la sensation du véritable voyage
en mer sur un grand paquebot, dans son
cadre habituel, c’est exalter l’esprit de nos
concitoyens vers les choses de la mer,' c’est
leur faiœ aimer cette industrie maritime
dont s’enrichit notre cité, c’est rapprocher les
colonies de la métropole, raccourcir les dis­
tances, entraîner les gens vers l’activité co­
loniale. Ce but est aujourd’hui compris et
nous en augurons un avenir toujours plus
brillant et plus influent des journées mariti­
mes, avec le concours généreux et désinté­
ressé de ceux qui les premiers sont appelés

�L ’EXPANSION

COLONIALE

453

à bénéficier de cet état moral de sympathie,
nourris, et les regrets furent unanimes de
puisque comme transporteurs, ils sont le fil
ne pas voir se continuer la croisière du Ton­
qui relie sur l ’eau Marseille aux terres fran­ kin jusqu’aux Antipodes...
çaises d’au delà..
L ’entrée au port de La Ciotat, difficultueuse
pour un navire de semblable dimension, s’efLa Compagnie des Messageries Maritimes,
fectuà avec la maîtrise habituelle aux offi­
mit donc à notre disposition une de ses plus
belles et plus modernes unités, le Tonkin, ciers de la Compagnie, malgré l’exiguïté de
la passe ; il est à souhaiter, pour l’avenir de
pour son voyage à La Ciotat, où la visite des
cette jolie petite ville, que les Ponts-et-Chausateliers compléta la journée.
L ’heure matinale du départ : 8 heures, ne sées maritimes corrigent cette imperfection,
permit pas à beaucoup de prendre part à cet­ qui mettrait la Compagnie dans l’impossi­
bilité de suivre les progrès des constructions
te excursion : leurs regrets ne sauraient nous
empêcher d’y reconnaître un bien, car le suc­ navales modernes.
Au débarcadère, M. Adrien Artaud, prési­
cès trop grand eut constitué un envahisse­
ment préjudiciable au bon ordre de la Jour­ dent de l’Institut colonial, exprima en termes
émus, la reconnaissance de tous à MM.
née. Plus de 300 personnes, appartenant au
meilleur monde marseillais, répondirent à Etienne et Charbonnel. capitaine d’armement
de la Compagnie et commandant du Tonkin,
l’appel et furent reçues à la coupée par M.
pour la généreuse hospitalité reçue et l’a­
Blanc, l ’aimable directeur de la Compagnie,
membre du Conseil d’administration de l’Ins­ mabilité de tout le personnel du bord.
A quai, M. Raymond, ingénieur en chef
titut. De nombreuses dames, et certes des
directeur, reçut la caravane et fit diriger la
moins aguerries, participaient au voyage,
visite des ateliers par ses ingénieurs. Grues
malgré les menaces du baromètre et la pluie
roulantes, formes nouvellement butâllées',
de la nuit précédente. Le ciel cependant ba­
salle de générateurs à gaz pauvre, chambre
layé à l ’heure du départ, le Tonkin larguait
ses amarres sous un soleil brillant et majes­ des moteurs, salles de mécanique, atelier de
chaudronnerie, furent successivement pas­
tueux, traversait le bassin de la Joliette et
l’avant-port et gagnait la haute mer par la sés en revue et expliqués par les érudits ci­
traversée des îles, saluant au passage les na­ cérones. Tout fonctionnait électriquement et
vires qui rentraient au port. Un mistral plu­ c’était miracle de voir ces masses de fer et de
fonte aller, venir, monter, descendre, tour­
tôt frais obligeait les touristes à gagner les
ner, frapper sans qu’un enchaînement visi­
abris de bâbord, où le spectacle de la côte
ble permit de discerner la main directrice, la
retenait l ’attention de tous : c’était merveille
continuité de tous ces mouvements.
de voir les visages ravis et les exclamations
Un peu de tristesse s’imprégnait pourtant
joyeuses, d’entendre les descriptions sortant
à l ’esprit de voir un aussi puissant organis­
de bouches autorisées, signalant au passage
me sans action véritable, sans travail effectif,
les îles, les rocs de Marseille-Veyre, Cannelongue, Sormiou. Riou, l ’île Plane, les Calan­ avec un nombre d’ouvriers aussi restreint,
sans l’ombre d’une puissante forme de navi­
ques devinées à la ligne d’ombre dans le roc
re en construction. Un regret s’exprimait, à
blanc ; puis Cassis, paresseusement endormi
au fond du golfe, au pied de ses monts ver­ voir cet outillage si perfectionné et cet étatdoyants; le cap Canaille et, déjà dessiné dans major si entraîné, que l’industrie privée et
la marine marchande ne viennent pas frap­
le levant, le Bec de l ’Aigle — masquant le but
per à cette porte, en attendant que de nou­
du voyage, avec ses roches déjà transformées
veaux contrats avec l’Etat permettent de re­
et colorées de rouge, coiffées de verdure —
qui marque la limite de notre Provence blan­ donner la vie intense d’autrefois aux ateliers
de la Compagnie, pour la subsistance et l’en­
chie et calcinée particulière au golfe de Lion.
Nous n’étions pas au bout des agréables
tretien de cette population et de ses chefs.
A midi, tout était terminé, et les restaurants
surprises ménagées par la Compagnie. La
vaste salle à manger s’était pendant ce temps
de La Ciotat, quoique prévenus, pris d’as­
transformée pour un lunch de circonstance, saut, arrivèrent bien juste à satisfaire les
gracieusement offert par elle. Rien ne creu­ centaines d’estomacs affamés ; c’était une au­
se comme le grand air salin : aussi biscuits,
baine inespérée pour eux, car ils avaient per­
petits fours et autres gourmandises, arrosés
du l’habitude des foules envahissant la jo­
de vins généreux, vinrent donner du cœur
lie cité les jours de lancement.
aux plus faibles et couleur et gaieté aux da­
Les voyageurs ne manquèrent pas de com­
mes impressionnées par la traversée.
pléter leur journée par une visite rapide
Cet aimable entr’acte favorisa une visite
du pays.
La Ciotat, sommeillant au
générale du merveilleux aménagement inté­ soleil, environnée de collines qui la met­
rieur du navire : Salons luxueux de musique
tent à l’abri des vents du Nord, est une des
et de lecture ; fumoir élégant, cabines bril­ perles de la Côte d’Azur, ainsi qu’en justifie
lantes et confortables, machinerie admira­ la floraison coloniale de son jardin public,
blement tenue, tout donnait l’impression d’un digne d’une grande cité, et les nombreuses
confort qui fit oublier aux touristes les his­ villas, riantes et fastueuses, dont les terras­
toires de catastrophes ou même de désagré­ ses bordent son golfe aux eaux toujours
ments dont ils s’étaient jusqu’à ce jour trop
transparentes.

�L’EXPANSION COLONIALE

454

Le retour s’effectua par les trains dédoublés
sans difficultés, grâce aux sages mesures et
à l’amabilité de la Compagnie P.-L.-M. et de
la direction locale des Chemins de fer régio­
naux, auxquelles nous adressons nos remer­
ciements.
Ad. F o u q u e .

EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
R a p h ia e t N ia o u li

De M. le Directeur de l'Office Colonial à
M. le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
Paris le 4 Octobre 1909.
Monsieur le Président,
Vous avez bien voulu, à la date du 24 septem­
bre dernier, me demander de vous communi­
quer les noms de quelques industriels ou com­
merçants pouvant s’intéresser à la cire de ra­
phia et à l’essence de niaouli.
En ce qui concerne le premier de ces produits,
vous n’ignorez pas qu’il ne peut encore avoir
un marché très étendu : à quels usages sert-il
et comment l’industrie peut-elle l’utiliser ?
Voilà autant de points non encore parfaitement
élucidés. D’une manière générale, il semble que
les fabricants de cire pourraient s’y intéresser,
notamment ceux qui s’occupent de la cire de
camanba, dont la cire de raphia a toute l ’appa­
rence extérieure, sans en avoir les qualités. Une
démarche de vos correspondants auprès des
maisons ci-après produirait peut-être quelques
résultats. (Consulter la liste à l’Institut Colo­
nial).
Je crois savoir, en tous cas, qu’un représen­
tant de la place de Paris, M. Louis Gabriel
(4, rue Richer), a réussi à placer, il y a quel­
ques mois, de la cire de raphia. Il serait, je
crois, en mesure de s’en occuper à nouveau.
Quant à l’essence de niaouli, elle ne peut
guère être utilisée que par les fabricants de
parfumerie, mais c’est un produit peu recher­
ché, et dont la vente n’est pas très aisée. Voici
quelques noms de maisons à'solliciter. (Consul­
ter la liste à l’Institut Colonial).
C ô te des S o m a lis

De M. le Directeur de l'Office Colonial à
M. le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
Paris, le 8 Octobre 1909.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous faire parvenir ci-joint
copie de la lettre adressée au Département par
le Gouverneur de la Côte française des Somalis au sujet de l’Exposition de caoutchoucs et de
guttas organisée par l’Institut Colonial Mar­
seillais.
Peut-être cette communication arrive-t-elle
un peu tard. Je crois néanmoins devoir vous la
transmettre à toutes fins utiles.
Le Gouverneur de la Côte française des
Somalis à M. le Ministre des Colonies,
à Paris.
Djibouti, le 2 septembre 1909.
Par dépêche du 21 avril dernier, n° 9, vous

avez bien voulu m’informer que l’Institut Colo­
nial Marseillais avait l ’intention d’organiser,
avec le concours de la Côte française des Soma­
lis, une exposition de caoutchoucs et guttas
provenant des colonies françaises. A cet effet,
vous avez attiré mon attention sur l'intérêt qu’il
y aurait pour la colonie à seconder les efforts
de l’Institut Colonial Marseillais en cette cir­
constance et à participer, dans la limite des
crédits disponibles, à cette manifestation.
J’ai l’honneur de vous faire connaître que j’ai
communiqué votre dépêche à la Chambre de
Commerce de Djibouti, en la priant de me faire
connaître si elle était dans l’intention de pren­
dre part à cette Exposition. Par lettre du 26
août dernier, M. le Président de cette Compa­
gnie m’a informé qu’il n’y avait pas dans la
Colonie de personnes susceptibles d’exposer des
échantillons de caoutchoucs ou guttas prove­
nant de la Côte française des Somalis ; toute­
fois il m’a fait part du désir exprimé par M.
Vorpérian, négociant à Djibouti, qui désirerait
exposer quelques échantillons des caoutchoucs
abyssins qu’il expédie sur le marché de Lon­
dres. Quoique d’origine étrangère, ce caout­
chouc, exposé à Marseille, serait susceptible de
favoriser l’exportation de ce produit au profit
de la Métropole.
Je regrette vivement de ne pouvoir, en cette
circonstance, apporter à l’Institut Colonial Mar­
seillais un appui plus efficace pour seconder
l’œuvre, si intéressante qu’ il a entrepris. D’au­
tre part, il m’eût été impossible, par suite du
fléchissement de nos .recettes, d’accorder un
appui pécuniaire, aussi minime fût-il, à l’Ins­
titut Colonial Marseillais, la participation de
la Colonie à l’Exposition Internationale de
Bruxelles ne lui permettant pas de disposer de
crédits pour dépenses de même nature.
Signé : P ascal .
A lg é r ie

De M. Sartor, agent de la Compagnie
Générale Transatlantique, à Arzew, à
M. le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
Arzew, le 1er Octobre 1909.
Monsieur le Président,
Les diverses expériences faites en Algérie
pour traiter l’alfa et obtenir une pâte à papier,
n’auraient pas jusqu’à ces derniers temps,
donné de résultats bien significatifs en raison
de la grande quantité d’eau consommé et diffi­
cile à obtenir en Algérie. Aussi, M. Dubrot, in­
génieur électricien, nous paraît avoir résolu le
problème par ses procédés électro-chimiques et
électrolytiques qui emploient indistinctement
de l’eau douce ou de l'eau de mer. Les échan­
tillons que nous vous adressons par colis-postal
ont été soumis à l’appréciation de diverses
fabriques de papier de France et de l’étranger.
La plupart paraissent vouloir s’intéresser à
cette fabrication de demi-pâte, qu’elles traite­
raient en pâte, au fur et à mesure des besoins,
ayant ainsi une pâte toujours fraîche, tout en
évitant le boutonnage de la pâte si l’emploi est
plus ou moins retardé.
Une Société serait sur le point de se constituer
à Paris, une usine s’élèverait à Arzew. On ne
pourrait faire un meilleur choix, car Arzew,
principal centre alfatier de l’Algérie, est relié

�L ’EXPANSION COLONIALE
pa.r voie ferrée à l’Extrême-Sud Oranais, c’est
de plus un port excellent qui possède de vastes
emplacements.
En outre des échantillons de demi-pâte d’alfa,
nous vous adressons, Monsieur le Président,
une filasse d’alfa non peigné pouvant être utili­
sée à divers usages domestiques, de l’alfa dé­
cortiqué et peigné pour cordages et obtenus par
M. Dubrot d’après ses procédés électro-chimi­
ques. Nous croyons, Monsieur le Président, que
ces renseignements pourront intéresser nos
fabricants de France et nous ne manquerons
pas de vous donner des renseignements complé­
mentaires le cas échéant.

N É C R O L O G IE
L ’Institut Colonial a appris avec peine la
mort de M. Auricoste, directeur de l’Office
Colonial à Paris.
M. Auricoste dirigeait cet important éta­
blissement depuis sa fondation et en avait
considérablement développé les attributions
et les services annexes. Il a contribué dans la
plus large mesure à répandre des connais­
sances exactes sur la valeur de nos posses­
sions d’Outre-Mer. D’un caractère très bien­
veillant, M. Auricoste s’était attiré l ’affec­
tion de tout le monde colonial, dont il em­
porte les regrets unanimes T
L ’Institut conservera précieusement le sou­
venir des excellentes relations qu’il entre­
tenait avec M. Auricoste, qui portait à no­
tre Institut le plus vif intérêt. A cette occa­
sion, M. le Président a écrit à M. le Minis­
tre des colonies la lettre suivante :
Monsieur le Ministre des
lon des F lore, Paris.

Colonies, P a vil­

« Monsieur le Ministre,
« J’ai l ’honneur de vous adresser les bien
sincères condoléances de l ’Institut Colonial
Marseillais, à l ’occasion de la perte de M.
Auricoste, directeur de l’Office Colonial.
“ Nous lavions dèpuis notre fondation en­
tretenu avec lui les meilleures relations, et
nous étions heureux de nous prêter un mu­
tuel appui, pour atteindre le but. patriotique
que nous poursuivions tous deux, de dévelop­
per la mise en valeur de nos Colonies.
« Sa grande bienveillance, l’aménité de
son caractère, la sûreté de ses sentiments lui
attiraient l ’amitié de tous ceux qui le con­
naissaient, et nous conserverons de lui le
plus précieux souvenir.
« Nous vous serions reconnaissants, M. le
Ministre, de bien vouloir être notre interprè­
te auprès du Conseil d’Administration de
l ’Office Colonial et de lui faire' connaître la
part bien vive que nous prenons à ses regrets.
« Veuillez'-.agréer, M. le Ministre, l ’expres­
sion de mon profond respect.
A. A r t a u d .

€2o i x f s

455

C o lo n ia u x

Les Cours coloniaux créés par la Chambre
de Commerce à l’Institut Colonial, ont repris
le mercredi 27 octobre 1909, rue Noailles, 5,
dans l’ordre suivant :
Mercredi 27 octobre, à 3 h. 3/4 soir, M. Ray­
naud : Législation coloniale. — Cours d’ouver­
ture.
Jeudi 28 octobre, à 8 h. 1/2 matin (au Parc
Borély), M. Davin : Cultures coloniales.
Vendredi 29 octobre, à 5 heures soir, M. Lau­
rent : Considérations générales sur les produits
minéraux des colonies.
Samedi 30 octobre, à 3 h. 1/2 soir, M. le
docteur Reynaud : Utilité de l’hygiène aux
colonies.
Mercredi 3 novembre, à 3 h. 3/4 soir, M. Ray­
naud : Formation de notre empire colonial.
Jeudi 4 novembre, à 8 1/2 matin, M. Davin :
Cultures coloniales.
Vendredi 5 novembre, à 5 heures soir, M. Lau­
rent : Géologie et productions minérales de
l’Algérie.
Samedi 6 novembre, à 3 h. 1/2 soir, M. le
docteur Reynaud : Climats chauds.
Reprendront la semaine suivante : les cours
de MM. Masson (Géographie et histoire colo­
niales), le lundi à 3 h. 3/4 et le mardi à 5 heures;
J. de Cordemoy (Produits animaux des colo­
nies), le lundi à 5 heures ; Jumelle (Produits
végétaux), le mercredi à 5 heures.

Ukases de Tunisie
RAPPORT ÉCQNOmQUE
Céréales
La récolte des céréales a. été bonne cette année
d’une façon générale, en blé et en orge princi­
palement. Il n’y a eu de mécomptes que pour
les avoines.
Vins
La vendange est terminée partout. Malgré
l’oïdium et le siroco, elle a été abondante, en
légère diminution peut-être sur la quantité ré­
coltée en 1908. La vinification a été conduite
dans d’excellentes conditions. Les vins titrent
généralement 11° à 12° et sont de bonne qualité.
Huiles
La récolte des olives promet d’être des plus
abondantes dans les régions de Sfax, de Sousse
et de Tebourba. Il en est résulté une baisse sen­
sible sur les huiles. A la suite des sirocos du
mois de juillet, la mouche de l’olivier, le « dacus
oleœ », a complètement disparu.
Olives
Une industrie d’olives de table vient de se
créer à Tebourba. Les produits, qui sont de
choix et d’un goût parfait, peuvent rivaliser
avantageusement avec ceux d’Espagne.
Mines
Un projet de nouvelle réglementation sur les
mines, préparé par le Gouvernement, doit être
soumis à l’examen de la prochaine Conférence

�456

L ’EXPANSION

consultative. L ’esprit.de ce projet est de facili­
ter la délivrance des permis de recherches et
de favoriser les droits des inventeurs..
Liège
Une vente de 23 lots de liège de reproduction,
récoltés en 19C9 par le Service des Forêts, et qui
n’avaient pas été achetés à l’adjudication du
27 août dernier, vient d’avoir lieu à des prix
très bas, — ce qui a permis à quelques spécu­
lateurs de réaliser de gros bénéflceg.
Il y aurait intérêt pour les Maisons de liège
de la Métropole à se mettre au courant des ad­
judications auxquelles l’Administration fait
procéder chaque année.
Pêche
L ’organisation de notre batellerie de pêche ne
répond pas au développement que pourrait re­
cevoir cette industrie. En adoptant les progrès
de la science moderne, en installant par exem­
ple, sur chaque bateau de pêche un moteur à
pétrole, sans abandonner pour cela l’aide de
la voilure, l’on pourrait exploiter d’une façon ré­
gulière nos côtes, depuis Tabarka jusqu’à la
Tripolitaine, dont les eaux sont riches en pois­
sons de toutes sortes, et aussi étendre le rayon
d’action en mer.
Le concours d’un moteur aurait un autre
avantage très appréciable, c’est qu’en opérant
au large, hors des eaux territoriales, on échap­
perait au règlement de l’Administration inter­
disant la pêche du l°-r juin au 1er septembre.
Importations
Un rapport du Consul général d’AutricheHongrie à Tunis, étudiant les rapports commer­
ciaux entre ce pays et la Tunisie, notamment
en ce qui concerne les meubles, la batterie de
cuisine et les lampes, renferme quelques .ensei­
gnements dont nos fabricants de la Métropole
pourront tirer profit :
« Les meubles courbés peuvent être vivement
poussés. On en importe actuellement dans la
Régence pour 132,300 francs. L ’Autriche en
vend pour 43.000 francs, l’Italie pour 41.000 fr.,
la France pour 41.000 francs. Les quatre cinquiè­
mes sont des sièges. En réalité l’Autriche im­
porte pour près de 90.000 francs de ces meubles,
car les marchandises dites françaises viennent
de Marseille, où une fabrique autrichienne a un
dépôt. Pour les autres catégories de meubles,
la part de la France est plus considérable :
78.000 francs, sur 153.000 francs, mais on com­
mence à acheter beaucoup en Italie et en Au­
triche.
« La Batterie de cuisine émaillée vient en ma­
jeure partie de France (762.000 francs sur 944
mille francs) ; mais une partie importante de
ces marchandises transite simplement par la
France.
Il en est de même pour les lampes, dont une
partie, soi-disant de provenance de France, est
en réalité fabriquée en Autriche ».
Savons
Un arrêté est en préparation pour favoriser
l’industrie du savon dans la Régence..
Les droits frappant les huiles végétales des­
tinées à cette fabrication subiront une impor­
tante diminution : au lieu de 35 francs par 100 k.
ils ne seront plus à l’avenir que de 3 francs.
Les dénaturants suivants seront) autorisés
dans certaines proportions : pétrole lampant,
10 pour cent ; nitrobenzine et essence de miba-

COLONIALE
ne, 1 pour mille ; huile de romarin, 1 pour deux
mille. .
Dattes
A la rentrée des Chambres, M. le député Combrouze doit déposer un vœu demandant que le
droit d’entrée en France sur les dattes tuni­
siennes soit sensiblement réduit, en faisant va­
loir que ces fruits doivent être considérés com­
me fruits frais et soumis par conséquent aux
droits y afférents.
*
* *
La Chambre mixte de commerce et d’agricul­
ture du Sud, à Sfax, vient de tenir une impor­
tante session. Le président de cette Chambre,
en ouvrant la séance, s’élève contre le retard
apporté dans l’exécution de quelques travaux
qui auraient permis à la région sfaxienne d’en­
trer’ dans une ère nouvelle de développement.
Il rappelle que 5 millions de francs avaient été
votés par la Conférence Consultative pour la
construction de la ligne Sfax à Bou-Thadi, et
que dans un nouveau vote, émis en novembre
1908, la Conférence avait décidé d’employer ces
5 millions à construire la ligne Nebeur-Tabarka.
Le Président rappelle, en outre, qu’une som­
me importante devait être consacrée à l’agran­
dissement définitif du port de Sfax ; qu’une
partie de cette somme avait été utilisée dans
ce but, mais que son reliquat avait été employé
ailleurs.
Le Sud Tunisien, ajoute-t-il, est depuis quel­
que temps délaissé ; c’est d'autant plus regret­
table que sous peu cette région sera devenue
riche et produira, comme huiles et comme au­
tres produits des plantations créées depuis bien­
tôt vingt ans. des revenus importants dont une
partie entrera dans les caisses de l’Etat.
Après ce discours d’ouverture, la Chambre
aborde les questions inscrites à son ordre du
jour.
Service oléicole. — La Chambre émet le vœu
qu’un service oléicole, semblable à celui qui
fonctionne à Marseille, soit créé à Sfax. M.
l’Inspecteur de l’Agriculture serait mis à la tête
de ce service et tous les moyens d’études : labo­
ratoires, appareils, champs d’expériences, se­
raient mis à sa disposition.
Entrée des dattes en France. — Reprenant la
campagne soutenue par M. Combrouze, député
de la Gironde, la Chambre émet le vœu que nos
dattes soient assimilées à celles de l’Algérie en
ce qui concerne leur entrée en France.
Huiles dénaturées. — Sur cette question, la
Chambre émet le vœu que les huiles de graines
destinées à la fabrication du savon soient dé­
grevées du droit de 35 francs par quintal qu’elles
paient actuellement, mais à condition qu’elles
soient dénaturées à leur entrée en Tunisie pour
éviter la fraude.
Sucres et cacaos. — La Chambre demande
que les sucres et les cacaos destinés à la fabri­
cation du chocolat soient dégrevés de tout droit
d’entrée en Tunisie et que. des droits ne soient
perçus que sur les produits consommés dans
le pays, en accordant, comme dans la métro­
pole, la franchise absolue sur les marchandises
exportées.
Hennés. — La Chambre demande que les
hennés tripolitains soient grevés d’un droit à
leur entrée en Tunisie.

�L ’EXPANSION COLONIALE
Gabès. — Les représentants de Gabès signa­
lent la situation désastreuse faite au commerce
ga.bésien par le manque de moyens pratiques
de débarquement et d’embarquement de leurs
marchandises. Les Compagnies d’assurances
refusent d’assurer les marchandises à destina­
tion de Gabès.
La Chambre, prenant en considération les
desiderata de la population gabésienne, décide
d’attirer de nouveau l’attention du Gouverne­
ment sur la triste situation du commerce gabésien, n’ayant aucun moyen .pratique de commu­
niquer avec les vapeurs mouillés dans la rade
de Gabès.
Travaux publics. — Certains membres de la
Chambre protestent contre la lenteur apportée
dans l’exécution des travaux de construction
de la ligne de Sousse à Sfax, dont les rails ne
sont pas encore achetés. Le huitième lot n’est
pas encore adjugé et l’emplacement de la gare
du B. G. à Sfax pas encore arrêté.
La Chambre émet un vœu en faveur de la
construction de la gare du B. G. sur l’emplace­
ment de l’hôpital militaire, qui pourrait être
reconstruit sur la hauteur où se trouve Le parc
à fournages, ou bien aux buttes Mezrani, ou
sur la route de Gabès.
La Chambre se plaint de ce que les 300.000
francs prévus au budget de l’Etat pour la
construction de bâtiments nouveaux (prison
civile, bâtiments des travaux publics) n’aient
pas encore été utilisés. Cette somme ne doit pas
être reportée au budget de 1911 ; elle doit être
dépensée cette année, surtout qu’il s’agit de
constructions _ reconnues urgentes et d’une
nécessité absolue.
En présence des grands travaux qui sont
projetés pour la ville de Sfax, nous appelons
l’attention des capitalistes sur les bénéfices
importants qu’ils pourraient tirer de l’exploita­
tion de carrières de pierres tendres existant
dans cette région, anciennes carrières romaine®
abandonnées depuis des siècles.
Des essais de cette pierre, comme taille, ont
été faits il y a plusieurs années par le service
des Ponts et Chaussées ; ces essais ont donné
d’excellents résultats.
D’après un devis qui vient de nous être remis
et que nous communiquerons aux personnes
qui le désireront, les frais d’exploitation se­
raient minimes et les bénéfices assurés.
A. D u v a u ,
Directeur de l'Office de colonisation
de la Tunisie.

Le Régime douanier colonial
CHAMBRE DE COMMERCE DE CAYENNE
R A PPO R T présenté par M. J. R. SAINTP H IL IP P E , au nom de la Commission char­
gée de l'étude du projet de révision du Tarif
douanier applicable aux colonies.
(Suite)
2° Ne conviendrait-il pas d’introduire au tarif
des Douanes les industries nouvelles créées de­
puis 1892, et qui sont restées depuis lors sans
défense contre la concurrence étrangère ?

457

Il s'agit ici de compléter la nomenclature des
droits d’entrée par l’inscription nominative pu­
re et simple des articles nouveaux introduits
depuis 1892, dans le commerce international
sous l’influence des découvertes scientifiques ou
des progrès de l’agriculture et du commerce.
C’est le fait nouveau d’ordre scientifique invo­
qué par le protectionnisme comme autre motif
à la révision du tarif général.
Les découvertes ont modifié les conditions de
la production, il faut instruire et frapper les
produits nouveaux même quand ils représen­
tent un progrès qui apporte une modification,
une amélioration heureuse à notre existence.
A agir ainsi à une époque où la science fran­
çaise réalise tant de découvertes, ne risquonsnous pas de voir nos voisins user de représail­
les, fermer leurs portes, et refuser systémati­
quement chez eux les produits industriels ou
agricoles de ces progrès ?
Ce système de défense est déjà institué à l’é­
tranger, il ne manquera pas de s’affirmer de­
vant les rigueurs des nouveaux tarifs.
3° N’y aurait-il pas lieu de spécialiser les ta­
rifs de façon à rendre plus effective la pro­
tection dont jouissent les produits métropoli­
tains ?
Cette méthode consisterait à subdiviser cer­
taines classifications du tarif de façon à ce que
la subdivision ne s’applique qu’aux produits
d’un seul pays. Cette subdivision sera alors
taxée spécialement à un taux plus élevé ou
plus bas que le reste de la classe, suivant qu’on
aura l’intention de favoriser ou non les pro­
duits provenant d’un pays particulier.
Le remède proposé ne serait-il pas pire que
le mal, puisqu’il s’agit, en la ciraonstance, de
répondre aux tarifs restrictifs établis par cer­
tains voisins contre lesquels on prétend se dé­
fendre ?
Poser la question est la résoudre, ce nous
semble, à considérer seulement ce qui s’est pro­
duit pour les nations qui ont appliqué l’un ou
l’autre des deux Principes si opposés : libreéchange sans restriction ou protectionnisme
à outrance.
D’un côté, nous constatons, comme en An­
gleterre, 1e bien-être, la prospérité ; d’un au­
tre, comme en Russie, nous apercevons la mi­
sère, la ruine, malgré tous les capitaux étran­
gers qui y sont versés.
Mais laissons à d’autres plus qualifiés que
nous le soin de combattre cette théorie qui con­
sisterait à fermer notre commerce extérieur par
des barrières infranchissables sous le falla­
cieux prétexte cpie la prospérité de la France,
son avenir sont compromis.
4° Les relèvements qui pourraient être adop­
tés ultérieurement ne devraient-ils pas être éten­
dus non-seulement aux colonies soumises au
tarif de la métropole, mais encore à toutes les
autres colonies exclues du régime du tableau E,
annexé à la loi du 11 janvier 1892.
Cette quatrième question vise d’une façon spé­
ciale les colonies qui n’ont pas été frappées par
la loi douanière de 1892, notamment celles de
l’Afrique Occidentale.
Les conditions géographiques, les raisons di­
plomatiques, les considérations d’ordre écono­
mique qui ont empêché l’assimilation douaniè­
re de ces colonies n’ont rien perdu de leur va­
leur.
Bien au contraire, elles semblent s’imposer
avec plus de force que jamais, aujourd’hui où

�458

L'EXPANSIO N

leur développement marche de front avec celui
des diverses possessions étrangères dans les­
quelles elles se trouvent enclavées.
Que le tarif général y soit appliqué, nous ver­
rons immédiatement le trafic du Sénégal, de la
Guinée française prendre la route de la Gambie
anglaise et de la Guinée portugaise.
Les plus hautes notabilités coloniales s’occu­
pent du sort de ces colonies contre les projets
des protectionnistes, et si nous nous sommes
permis d’émettre sur la question notre avis, mê­
me le plus bref, c’est que nous estimons que
leur cause est la nôtre, et qu’en la défendant,
nous faisons œuvre cle solidarité dans l’ensem­
ble de la cause.
Quant à la Guyane, frappée déjà par la loi
de 1892, considérée comme l’une des colonies
trop largement ouvertes aux importations étran­
gères (Rapport de M. E. Bourdillon au Congrès
colonial de Marseille), nous ne pouvons guère
espérer, malgré toutes nos protestations, sinon
échapper au principe de l’assimilation, mais
même ne pas subir tous les relèvements qui en­
treront dans le cadre de la révision projetée.
5° Quels sont les résultats de l’application
aux colonies du régime institué par la loi de
1892, et quels sont les bases du régime douanier
le plus favorable au développement économique
de nos possessions d’outre-mer ?
Voilà bien. Messieurs et chers collègues, les
deux questions les plus graves, les plus impor­
tantes que comporte l’enquête à laquelle nous
avons à répondre.
Leur étude, l’ Union coloniale française l’a­
vait proposée comme programme à l’une des
sections du Congrès colonial, qu’elle a organisé
et qui s’est tenu 1à Marseille au rhois de sep­
tembre 1906.
Nous la trouvons développée d’une façon ma­
gistrale, complète, avec une abondance de do­
cumentation et une force d’argumentation aux:
quelles nous ne pouvons rien ajouter qui n’ait
été dit et mieux dit par d’autres. Cependant
pouvons-nous ne pas dire notre mot, ne pas in­
sister sur ces objections en ce qui concerne no­
tre Guyane ?
Sans reprendre tout l’historique de la loi
douanière de 1892, nous rappellerons qu’aux
règles prohibitives du pacte colonial qui dirigè­
rent notre législation douanière jusqu’en 1866,
avait succédé à cette époque une conception
tout à fait opposée qui n’avait pas manqué
d’établir une sorte d’antagonisme entre la Mé­
tropole et ses Colonies.
Pendant plus de vingt années, les colonies
conservèrent leur indépendance douanière et
toutes les tentatives contre leur liberté restè­
rent infructueuses. Il ne faut pas oublier qu’en­
tre temps elles avaient consenti un régime de
faveur aux produits de la Métropole et frappé
de droits différentiels les importations étran­
gères.
Mais les protectionnistes s’agitaient, les sa­
tisfactions qui leur avaient été accordées étaient
insuffisantes, l’« Association pour l’industrie et
l’agriculture française », était fondée, et sous le
couvert des expressions les plus persuasives de
■protection, de droits compensateurs, de ré­
forme qui ne devait, en principe, sauvegarder
que les intérêts du commerce et de l’industrie,

COLONIALE
un assaut sérieux, décisif était donné à la li­
berté commerciale des colonies.
Le système comportait un ensemble de mesu­
res qui frappait de droits élevés et souvent pro­
hibitifs toutes les marchandises étrangères,
surtout les objets de consommation les plus né­
cessaires à l’existence.
C’était une perturbation immense à jeter dans
les conditions d’existence de la Métropole, peu
importait. L ’Association de l’industrie et de l’a­
griculture française avait fait le premier pas,
la Commission des Douanes franchit le second,
et quelles que devaient être les conséquences
d’une telle législation brusquement introduite
dans la vie économique des possessions colonia­
les de la France, l’incorporation de la loi de
douane de 1892, fut demandée dans la régle­
mentation du système douanier des colonies.
■On en fit un article d’exportation sous la rai­
son que tout établissement colonial étant de dé­
velopper entre la Colonie et la Métropole des
relations commerciales, il fallait les traiter sur
le pied d’égalité entière.
Si cet axiome est vrai, au point de vue de l’u­
nion politique d’une même nation, on se de­
mande s’il peut être admis et appliqué d’une
façon rigoureuse au point de vue économique.
Il est vrai, en effet, que le principe de l’égalité
de tous les citoyens devant l’impôt soit le plus
juste, mais il s’agit de savoir si dans l’applica­
tion, les citoyens, en supportant les même$
charges bénéficient aussi des mêmes avantages
sociaux.
Or, non seulement les citoyens français rési­
dant aux Colonies acquittent des taxes plus
élevées que les métropolitains, mais encore dans
des conditions pénibles d’existence qui établis­
sent des différences sensibles entre les uns et
les autres.

(A suivre)

Avis ^Adjudication
Le public est prévenu que le 9 novembre 1909
il sera procédé, dans la salle des séances de la
Commission permanente des Marchés, à Paris,
salle des Commissions de l’Office Colonial (Gale­
rie d’Orléans, Palais Royal), à 3 heures du soir,
à l’adjudication; par voie de soumissions cache­
tées, de la fourniture ci-après désignée, savoir :
Tôles cTacier noires destinées au Chemin de
Fer et au Port de la Réunion.
A l’adjudication de :
1° Matériel roulant pour voie de 0.60.
2° Portes-grilles-Linteaux pour prison cellu­
laire, destinés au service de l’Administration
Pénitentiaire de la Guyane.
Et à l ’adjudication de :
1° Wagons destinés au Chemin de fer de Tananarive à la côte Est-Madagascar.
2° Branchements de voie en trois lots, desti­
nés à la ligne de Saïgon-Khanhoa (Indo-Chine).
Les personnes qui auront l’intention de con­
courir pourront prendre connaissance des
cahiers des charges au Secrétariat général de
l’Institut Colonial, 5, rue Noailles.

�L ’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ OES PRODUITS COLONIAUX
LÆsurseille

T E X T IL E S

les 100 k.

Raphias Ho Madagascar. — Tamatave
l re qualité............................................ F. 60
Majunga blanc.....................................
65
Analalave blanc..............
57
Tare d’usage,escompte 3 o/o comptant,
marchandise prise à quai ou magasin
Marseille. — Article ferme.
Fibres d’Aloës. — Bourbon 1er choix.... 55 à 65
Bourbon ordinaire................................ 50 à 55
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar..........................
80
De
Do
De
De

E SS E N C ES
Géranium Bourbonbien tenue........
Vétyver Bourbon...........................
Lemon-Grass (Verveine).................
Yiang-Ylang.........................

le kilo.
21
26
10
300/400

V A N ILLE S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Entrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k ilo ..................................
Vanilles ordinaires saines.......................
»
inférieures
» .......................
»
Tahiti l ve qualité......................

10.75.
10.— à
8.40
8.75
6.50
10.50
5. »
11.50
10.—
11.50
9.75
10.50
11.50
10.50
9.25

G IR O FLE S de Sainte-Marie ( Madagas­
car) .................. ................. les 100 k. 165 »
Escompte 2 o/o, payable comptant à tout
entrepôt.
ORSE1LLE Madagascar
28 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat).
CAFÉS
Guadeloupe bonifieur...... .. les 50 k.
Guadeloupe habitant___ ..................
Nouméa......................... ..................
Bourbon pointu............... ......... ........
Nouvelles-Hébrides........ .................
Libéria de Madagascar... .................
Marchandises à l’entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

35/38
20/22
16/17
11 50

11 —
11.—
8.50
9—
6.75
10 65
7.50
12.—
10.50
11.75
10.—
11 —
11 75
10.75
9 50

132 à 134
120
125
110
86
125 130
85
93
74
84
Blanc.)

G R A INES O LÉA G IN E U SE S
Sésames d’Afrique................ les 100 k.
32.—
Arachides décortiquées d’Afrique........
33.—
»
en coques
»
........
25.—
(Fraissinet, Stamos et Scaramanga.)
Le

CUIRS DE MADAGASCAR
.
les 100 k.
Majunga 8/10 kilos............................... 125/130
Tamatave »
» ............................... 110/115
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tamatave rosé,
1er choix. — Pinky n° 1 ...........
Madagascar lombiri...................
Tamatave Guidroa 1er choix........
'Majunga 1er choix......................
Nossi-Bè...................................
Diégo-Suarez 1”' choix................
Tulléar........................................
Tonkin rouges l°r choix..............
»
n oirs...............................
»
lanières............................
»
plaques.......................
Nouméa, bon courant..................
Niggers Soudan rouges........ .
Soudan-Niggers blancs..............
Sénégal-Gambie A .....................
Ces prix s'entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable comptant
consommation.

459-

Ha-v-ve

CAOUTCHOUC Madagascar. —
Tamatave Pinky I ......... ........... F. 9 » à 11 —
»
Pinky I I ...................
8 »
10 »
Majunga......................
8 »
10 »
Farafangana........................
5 »
7 »
Mananzary..................................
7 »
9 #
Tonkin........................................
8 »
12 »
Congo Haut-Oubanghi............
13 50
14 »
N’Djolé........................................
7.50
(Le tout au kilog, Le Havre.)
T E X T IL E S . — Sisal A friqu e....
Aloès Réunion. ...........
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)

75
50

» à 80 »
»
55 »

BOIS acajou Gabon.....................
»
»
Okoumé........ ......
»
ébène Gabon.....................
»
» Madagascar.............
(Le tout aux 100 kilos.)

10 » à 16 »
9 »
10 »
15 »
30 »
15 »
30 »

le kilo.
CIRES Madagascar.......................... 3.15 à 3 20
les 100 k.
GOMM E Copale Afrique............. ...
50 à 100
»
Madagascar........................ 100 400
(Vaquin et Schweitzer.)
B o rd eau x

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N iggers................ ...... 13. — à 13.,50
C IR E S D ’A B E ILLE S
))
Soudan Niggers rouges...... ......
12. —
11,.50
Soudan Niggers blancs...... ....... 11.,-Madagascar...............................
315â» »
»
Lahou Niggers...... -............ ....... 10 50
A l g é r i e . . . ....................................
320330 »
))
9 50
Tonkin................................
320325»Gambie A ........ ................... .......
))
8 50
Gambie A M ........................ ......
Sénégal........................................
325330 »
))
Gambie B ........................... .......
7..50
Ces prix s’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
7 ))
Bassam Lumps...... ............ .......
6.50
payable comptant à tout entrepôt.

�460

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEU RS

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
(g a r .)..................................
457 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 fr ..........
427 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500........
490 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
(g a r.)..................................
79 —
90 50 Madagascar, obi. 2 1/2 (gar.)..
82 —
94 —
—
Em. 3 o/o 1903 (gar.)
92 —
450 — Indo-Ohine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o, 1899-1905 .............
478 —
------—
obi. 3 o/o 1902......
420 —
480 — Emprunt Algérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p...................
447 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897.....................................
957 —
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895.....................................
962 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898.......................
480 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .....................
470 —
492 50 Col. de la Martinique...........
475 —
470 — AfriqueOccident.,3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (gar.).............
450 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
522 —
BANQUES CO LONIALES
E T E T A B L IS S E M E N T S FIN A N C IE R S
Divers
Cic Algérienne, act. de 500 t. p. 1076 —
500 — Créd. Fonc. d’Algér. et Tunis.
505 —
—
—
—
lib.
523 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p .....................•......... 1715 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n .);................
410 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)........................................ 1100500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n .) ...................................
720 —
500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n ) ................ ' . . .
350 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. nom .)............ 1505—
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
645 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1226 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ..........................
78 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 .............................
165 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350....................
137
—
CHEM INS D E F E R A LG É R IE N S
E T C O LO N IA U X
500 —
Cic Bône-Guelma, a. r. à 600..
686 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500.
434 —
500 — Est Algérien, act. r. à 600____
715 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
432 —
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
657 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 430 —
------Aïn Thizy-Maseara, obi. 3 o/o
rem. à 500..................
434
—

340 —

Mécheria-Aïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500...........................
426 —
------Mouzbah-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500.........................
432 —
330 — Mostaganem-Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500..........................
427 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan, act. 500,
250 fr. nom..........................
500 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650..............
1245 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç., obi. 3 o/o r. à 500 383 —
443 — Cherrj,. de fer et Port de la
Béunion. obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’Etat............. •...
430 —
V A LE U R S M IN IÈ R E S
------Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ..................................... 1570 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500...........................
493 —
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p...........................
560 —
477 50 Algérie-Tunisie ( Omn. ), obi.
4 1/2 o/o rem. à 500.............
470 —
------Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ...............................
564 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1744 —
500 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ................................ 1585 —
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p......
674 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem. à 500.
506 —
375 — Compagnie Minière du Congo.. 1998 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p ..............................
84 —
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500...........................
485 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ................... 3849 —
------Phosp. et Ch. de Gafsa, parts... 3485 —
V A LE U R S COLONIALES FRAN ÇAISES
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale...............(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale............. (actions nouvelles).. 2784 —
Cio Marseillaise de Madagascar.....
540
—
Alimaïenne.....................................
150
—
Congo occidental...........................
150
—
Haut-Congo (Compagnie française du)..
460 —
Haute Sangha...............................
190
—
Haut-Ogôoué..................................
550
—
La Kolto........................................
550
—
M’Poko...........................................
162
—
Messageries Fluviales du Congo........
294 —
Sultanats du Haut-Oubangui..........
920
—
Compagnie minière de Guinée : act......
117 —
Compagnie des mines de Siguiri : act. 137 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
act...............................................
636
—
Société cotonnière de l’Indo-Chine.......
220 —
Cie du Maroc et des Colonies africaines..
240 —
Le Président de l'Institut, Gérant :

Adrien ARTAUD.

Im p rim e rie d u

“

S é m a p h o re ” B a r l a t i e r . — M arseille.
17-19, ru e V en tu re.

�SER VICES POSTAUX MARSEILLE-COLONIES
D é p a rts de M a rs e ille
DATES DES DÉPARTS DERNIÈRELEVÉE DÉPARTS
DE MARSEILLE

A lg é r ie

DES BATEAUX

DE LA BOITE

Mardi, Mercredi, Vendredi, Di­
Départements d’Alger, d’Oranel Voie deMarseille
,
C"’ Glc Trans
manche .............................. 11 h. mat. 1 li. so ir..
de Constantine.
et d A lger...)
»
))

»
»

»

Mercredi et Samedi.
Jeudi.....................
Jeudi et Samedi....
Mardi....................
Mardi.....................
»
»
Mardi.....................
»
»
Samedi..................
»
Cic Touache. Jeudi.....................
»
C'^G1' Trans. Lundi, Jeudi tt Vendredi......
»
Cie Touache. Mercredi................
))
»
Samedi.................
»
Cie des M. M. Un dim. sur déni à p. du 3 jani.
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi ap. d. de Marseille . .

d’Alger ........... Voie deMarseille, Transp. Mar.
Û
.............
»
CicTouache.
»
Ci&lt;’ GleTrans.
d’Oran..............
))
.............
»
Transp. Mar.
»
Cio G,eTrans.
de Constantine..

D

))

)&gt;

))

T u n is ie ........................
In d o -C h jin e .................
A fr iq u e O c c id e n ta le
F ra n ç a is e

Voie deBordeaux, C'O des Charg.

3 h. 20 soir.
10 h . 30 m .
3 h. 20 soir.
3 h. 20 soir.
10 h .30 m
3 h. 20 soir.
10 h. 30 m .
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. mat.
10 h . 30 m.
10 h. mat.
10 h. soir.

h. so ir..
midi........
5 h. so ir..
5 h. so ir..
midi........
5 h. so ir..
m idi........
midi ......
midi........
1 h . s o ir..
m idi........
llli. mat...
—
6

Kéun. 24 de chaque mois. 6 h . 35 soir.

—

Voie de Marseille, Transp. Mar. 10, 20 et 30 de chaque mois.. 10 h. 30 m. midi........
—
Voie deBordoauiàLisbonne, C&gt;° des M. M. LeJeudi, l.l.llj. à p.du-lerjanv. 6 h . 35 soir.
10 de chaque mois 10 h. mat. 11 h. mat..
D jib o u ti, M a d a g a s c a r, Voie deMarseille,
»
,,
25
»
R é u n io n e t M a u r ic e
10 h. mat. 11 h . mat..
»
Cic Havraise. Vers le 20 de chaque mois. mat. ousoir.
—
D jib o u ti, M a j u n g a .. ..
Voie de Marseille, Cic des M. M. On dim. sur quatre à p. dn 47 jani. 10 h . mat. 11 h. mat..
N o u v e lle -C a lé d o n ie
Voie de Brindisi )
.
.
e t N o u v e lle s -H é b r id e s
.. ,
paq. Anglais, Chaque Vendredi .. 10 h . soir. 11 h . 30 s.
ou Naples .. ) 1 1
Voie deMarseille, Cie des M. M. On Mercredi sur 4 à p. du 13 jam. 10 h . mat. 11 h. mat.
In d e F r a n ç a is e .........
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi ap.-midi. 10 h . soir. 11 h . 30 s.
—
Voie de St-Nazaire, CieGle Trans. 9 de chaque m ois.. l’aiant-Teille soir.
G u a d e lo u p e
_
26
»
la
veille
au
soir.
.
Voie deBordeaux,
»
e t M a r tin iq u e
—
Voie deCherbourg, paq. Anglais. Le Mercr., 1.1.44 j. àp.du6jani. Par.-Teille malin.
—
Voie de St-Nazaire, C ioG lc Trans. 9 de chaque m ois.. l’avant-veille soir.
—
Voied’Amsterdam, paq. N ée rl.. Vendr.,1.1. 44 jours à p.du 8 janr. la veille au soir..
G u y a n e F r a n ç a is e ..
—
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le Mercr.,1.1.44 j. à p. du 6 janv. l'av.-veille matin.
S é n é g a l .. ..................

T a h iti
S t-P ie r r e - M iq u e lo n

Voie Le Havre et Cherbourg
par New-York

A rriv é e s à M a rs e ille
A lg é r ie :

A lger...........................
Constantine par Philippeville et Bône..........
Oran...........................
T u n i s i e .........................
I n d o - C h i n e ...................
N o u v e lle -C a lé d o n ie ..

Voie de B rindisi........

Lundi, Mercredi, Vendredi, Samedi.

R é u n io n , M adagas­
c a r e t D j ib o u t i. .

Lundi, Mardi, Jeudi, Samedi. . . .
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

G u a d e lo u p e , M a r t in i­
q u e, G u y a n e :

Mercr., Vend., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jours.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 semaines.
Tous les 28 jours.
Chaque Samedi.

Voie de Saint-Nazaire.
Voie de Bordeaux......
Voie d’Angleterre......

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. ions les 11 jouis.

A fr iq u e O c c id e n ta le :

Voie de Bordeaux......
Voie de Liverpool......

Tous les 14 jours.

Environ toutes les S semaines.

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opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
En relations directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur les principales Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C I É T É G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° S o n s e r v ic e é t r a n g e r qui achète et vend des monnaies ou billets de tous pays;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2° S e s s e r v ic e s de R a u q u e qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de londs, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
3° S e s s e r v i c e s de T i t r e s e t C o u p o n s qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
4" S o n s e r v ic e sp é c ia l des C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clientèle, pour n’importe quelle durée et aux prix, les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et'd’incendie.
5° S o n s e r v ic e c o m m e r c i a l traitant toutes opérations sur marchandises,
et sur documents, consignations, etc., etc.

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DES

A r t . 2.

Cette association a pour but l’étude, la dé­
fense et le développement des intérêts généraux
de la colonisation française et spécialement
l'extension des rapports de la région marseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notamment de re­
cueillir et de centraliser tous documents et ren­
seignements utiles, de rechercher les principes
à observer, les méthodes à appliquer, d’exami­
ner et de provoquer toute mesure d’ordre légis­
latif, administratif ou économique qui lui pa­
raîtrait de nature à favoriser les intérêts que
mettent en jeu les rapports de la métropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L ’Institut colonial Marseillais
comprend
deux catégories de membres.
La première catégorie est celle des membres
titulaires et comprend :
Les membres de droit ;
Les membres sociétaires fondateurs ;
Les membres donateurs ;
Les membres adhérents.
Les membres de droit sont les délégués de la
Chambre de Commerce de Marseille, dont le
nombre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les membres sociétaires fondateurs et dona­
teurs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œuvre de l’Institut colonial,
lui donnent un concours financier important.
I.a deuxième catégorie est celle des membres
correspondants ; ceux-ci sont agréés par le Con­

Services de l’Institut :

Tlez-de-Chaussée : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
Ier étage : Musée Colonial.
Sme étage : Secrétariat général et Bureaux de
l’Institut, Bureau de Renseignements.
Rédaction de T « Expansion Coloniale ».
Cours coloniaux :

Directeur : M. le Dr H eckel .
Produits végétaux coloniaux.
M. H. Ju m elle .

Produits animaux et parasitologie des plantes
et des animaux.
M. Jacob de Cordemoy .
Minéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L a u r e n t .

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontanément, soi»
sur sa demande, tous renseignements de natur»
à seconder l’œuvre coloniale de l’Institut.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire partie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa demande au Président.
La demande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le Pre­
sident soumet la demande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a­
vance et acquises à la Société, en cas de démis­
sion en cours d’exercice.
Toute démission devra être adressée au Pré­
sident par écrit.
Le non paiement de la cotisation, pendant
deux années consécutives, entraîne de droit la
radiation.
Pour être membre sociétaire fondateur, il
faut payer :
1° Un droit d’admission de 1.000 francs au
minimum ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
minimum.
Pour être membre donateur il faut payer :
1° Un droit d’admission de 500 francs au mi
nimum ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
minimum.
Pour être membre adhérait, il faut payer une
cotisation annuelle de 30 francs au minimum.

Histoire et Géographie Coloniales.
M. P. M asson .
Législation et Economie Coloniales.
M. R aynau d .

Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud .
Cultures coloniales. — Jardin colonial.
M. V. D a v in .

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’Institut Colonial de
Marseille ».
Institutions connexes :

2mo étage : Société de Géographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance Française.
3me étage : Syndicat des Exportateurs.

Comité de rédaction de « l’Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Y tier , Vice-Président : Jacques L éotard , Secrétaire ; Paul M asson , Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. E. M oriceau, Secrétaire général de l’Institut.—
M. Auguste Gir y , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

Marseille. — Imprimerie du Sémaphore, Ba r l a t ie r , rue Vemture, 17-19

�)H )P . DU S E M A P H O R B - B A R L A T I£ R - M A R S E IL L E

�Année. — N« 25

Le Numéro : 5 0 centim

1 Décembre 19U9

L’EXPANSION COLONIALE
B U L L E T I N

IDE

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
PARAISSANT

LE

1 er

DE

CHAQUE

S O M M A I R E
Chalutiers et Pêcheries coloniales,

p a r M . J acob
DE CORDEMOY .........................................................

461

E x traits des p ro c è s -v e rb a u x ..............................
H uitièm e jo u rn ée m a r i t i m e ...............................
B ureau de R enseignem ents.................................
N écro lo g ie................................................................
E x traits de la corresp o n d an ce...........................
Cours c o lo n ia u x ....................................................

463
463
464
464
465
468

Institut colonial marseillais :

ABONNEMENT

La Colonisation algérienne ......................................
Statut néo-calédonien. — E. M ..............................
Le Régime douanier colonial....................................
Actes coloniaux officiels. . . .
Avis d'adjudication . . .
Marché des produits coloniaux ................................
Marché des valeurs coloniales ........................
Services postaux Marseille Colonies.

: F r a n c e e t C o l o n ie s ,

Rue

Noailles,

5

—

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fr a n c s

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M A R SEILLE

; É tranger,

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fr a n c s.

469
469
471
473
474
475
476

�INSTITUT

CO LO NIAL

M A R SEILLA IS

Fondé sons le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
P résidents d ’h o n n eu r :

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le R ésident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée.

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.

Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de

la
Chambre de Commerce.
Commissaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

Charles -Roux, Jules,

Membres fondateurs :
Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­ merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
merce. — B ergassè. H. et C". — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles- et. C'6. — Gavoty, Charles. — H ecicel, Edouard (D'),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Roux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­ Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­

MM.

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.

— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’industrie en France.

ciété

Membres d o n ateu rs :

MM.
J. -B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Ciiabrikres , Morel et C'\ — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fiiaipsinet &amp; C1'). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyphien F abp.e &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraud , Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C\ — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. P avin de L afarge. — R astit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de La Chambre de Com­
merce. — R odiugues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
L'sslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropui.o et
Zarifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :
Président honoraire fondateur : M, Desbief , Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.
M. E strine , Lucien, Président de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Pau], Directeur du
Président : M. Artaud, Adrien, Membre-Secrétaire
Sémaphore ; F ouque, Adolphe, Président hono­
de la Chambre de Commerce.
raire du Syndicat d’initiative de Provence.
Vice-Présidents : MM. le D’ H eckel , DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président
: M. Allemand, I., Membre de la Cham­
de la Société de Géographie ; P onsinet, A., Trésorier
bre de Commerce.
Chef d u Service Colonial ; le C“ Armand,
Albert, premier Vice-Président de la Chambre Trésorier-Adjoint : M. Laplane, J., Directeur-

de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
lais de la Marine Marchande ; B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.

Adjoint du Comptoir National d’Escompte de
Paris à Marseille.

Membres :

MM.

MM.

Allest , J. (D’). Administrateur-Délégué de la Com­

Martin -Laval, F., Vice-Président du Syndicat des

Arnaud. Lucien, Minotier.
B ergasse, Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie Marseil­

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

pagnie Générale Transatlantique.

laise de Madagascar.

B lanc, E., Directeur de l’Exploitation de la Com­

pagnie des Messageries Maritimes.

Bourdillon, A., Armateur.
Bry, G.. Doven de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufay, H., Ancien Vice-Président de ia Ch-de Corn
Dufour, Antonin, Négoe., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stter, Nicolas, ancien Président du Conseil géné­

ral des Bouches-du-Rhône.

Oaffarel , Paul, Professeur à l’Université.

Giraud, Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociants en cafés.
J oannon, A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
J ourdan. Félix. Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.
Léotard, Jacques, Secrétaire général de ia So­
ldé! e de Géosrnnhie.
Lombard. Emile, Vice-Président de la Ch .de Corn

Exportateurs.

titut colonial.
R astit , Henri. Industriel.
R astoin , Président de la Société pour la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
I îodrigues -E ly, Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux. François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub, Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, Ancien Membre de la Cham­
bre de Commerce.
Ytier , Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Za rifi , Périclès, Banquier.
Lévy, Clément, 1" Adjoint au Maire de Marseille.
Delibes , J., Délégué du Conseil Municipal.
Bossi, Clément. Délévué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil,
Secrétaire qcnéral : E. Moriceau, Administrateur
en chef des Colonies en retraite.

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

Ü

1

T 3 S

L ’IN ST IT U T COLONIAL M A R SE IL LA IS,
désireux d’offrir à M essieurs les Coloniaux de
passage à M arseille, un cen tre de réunion
p résen tan t tous les avantages d ’une m aison
com m une, les informe q u ’ils peuvent y faire
ad resser leurs correspondances et m êm e des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leu r disposition ou leur seront réex­
pédiés, su r leurs indications.
Il a installé, au 3me étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lectu re et de
correspondance, dans laquelle ils tro u v ero n t
les jo urnaux d’outre-m er et des publications
m étropolitaines susceptibles de les in téresser,
Dans le double b u t de faciliter à M essieurs
les Coloniaux de passage les ac h a ts q u ’ils
au raien t à faire, ou leu r installation dans
notre ville et dans la région, et de faire m ieux
connaître aux négociants m arseillais, ad h é­
re n ts à l’In stitu t, les articles plus p articu liè­
rem en t dem andés p a r les clients coloniaux,
l’IN ST IT U T COLONIAL M A R SE IL L A IS se
m et à leu r disposition pour leu r fournir g ra ­
tuitem ent tous les renseignem ents dont ils
au raien t besoin.

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fra n ç a is e s p o u r l’E x p o rta tio n , g a r a n tie exem p te
d ’a n tis e p tiq u e s , d ’une c o n s e rv a tio n e t d’une lim ­
p id ité p a rfa ite s . F a b riq u é e SA N S ADDITION
D’ALCOOL a vec des e au x s té rilis é e s p a r l’ozone,
e lle ré s is te à tous les c lim a ts . T r è s re c o m ­
m andée dans les pays chauds, elle e s t ton iqu e,
ra fra îc h is s a n te e t fo r tifia n te .

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M ém orandum s, C arnets à souche
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Banque de l'Afrique Occidentale, 78, rue de
Provence, (Paris), Banque Coloniale.Beltjens et Guengbaud,84, rue Grignan, Miroiterie.
Beneteau et C“. 5, rue des Princes, Hôtel Meublé,
Maison de famille.
Biétron, E., 9, rue de l’Arc, Fromages, Beurres,
Salaisons.
Bigourdan, frères, Luchon (Haute-Garonne) Cons.
Alimentaires.
Bouchard, fils aîné, 19, rue S‘-Sépulcre, Conserves.
Brézun, Durand &lt;fc C", 10, - cours Pierre-Puget,
Chartreuse la Tarràgone.
Carret, J. et ses fils, 6, Quai de la Tourette, Pâtes
Alimentaires.
Cartonneie St-Cliarles, 9, rue Guérin, Boîtes et
Articles divers.
Cauvet, Lambert et Cie, 20, rue de la Conception,
Capsules métalliques et Etains en feuilles.
Cassoute, P., 16, rue Friedland, Dattes, Alimen­
tation.
Carnaud, J., 36, rue de Village, Boîtes métalliques.
Compagnie de Navigation Mixte, 54, rue Cannebière
Cie Française de l'Afrique Occidentale, 46, rue
Breteuil, Commerce Colonial.
Cie Générale des Pétroles, 2, rue Fongate, Huile de
Pétrole et Dérivés.
Ci0 du Gaz et de l’Electricité, rue Montgrand..
Cie des Messageries Maritimes, Place Sadi-Carnot,
Compagnie do Navigation.
Cle N. Paquet et C‘°, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
gnie de Navigation.
Cie de Produits Fixator, rue de Mondovi (Paris),
Lait, Chocolat.
David Bensimon, 52, rue du Coq, Farine, Semoules,
Dattes.
Delzongle et Cauvin, 5,. rue de Crimée, Conserves.
De Queylar et fils, 18, rue des Princes, Verreries.
M. Dufour et fils, 69, rue d’Italie, Drogueries,
Couleurs.
Ecole de Provence, 15, rue des Princes, Ensei­
gnement.
Empereur, A., 4, rue des Récolettes, Quincaillerie
générale.
Eugster, A., rue Nicolas, 24, Perles, produits divers
pour l’exportation.
Estrine et Cie, 18, rue Colbert, Compagnie de
Navigation Péninsulaire et Orientale.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, Peinture.
Fichet, 19, Allées de Meilhan, Coffres-forts.
Fougeret, A., 25, rue de la Palud, Entreprise de
nettoyage.
F ouque. A., 1, Allées de Meilhan, Tuileries,
Etablissements P. Sacoman,.
Get, frères, Revel (Haute-Garonne), Pipparmint
Get.
Got et David, 3 et 5, Quai de la Fraternité,
Restaurant Basso.

Grouvellc, II. Arquembourg ci C , 46 rue Paradis

Chauffage, représentés par M. Dor.

Honnoral, L., 30, rue du Baignoir, Verrerie.
Karsenty fils et Cic, 137, rue de Rome, Tabacs.
Laffite, J. N., 22, rue Cannebière, Chaussures.
Latrille, J., fils, Bordeaux, Vins de Bordeaux.
Magnan frères, 19, rue Paradis, Cocose.
Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Sakakini.
Marie Moreau et C" 4îa, rue Sainte, Transports.
Massai (veuve), 50, rue de Rome, Graines et

Semences.

4(L42, rue Thubaneau,
Bonneterie et Chaussures.
Meynadier et Cie, 39, rue de la République, Denrées
coloniales, Rhum.
Monnier, M., 36, rue de Rome, Corsets.
Montel et Cie, 94, Avenue du Prado, Modèles de
Voitures ou Auto.
Mouriès frères, 15, rue Breteuil, Lièges et Caout­
choucs.
Mutuelle de France et des Colonies, 1, rue Stella,
(Lyon).
Nel, Fortuné, 27, rue de la Darse, Appareils
sanitaires.
Nugue, M., 14, rue d’Italie, Glaces et verres.
Pascal et Baldy, 21, rue Grignan, Casques
insolaires &amp; chapellerie.
Pitt, F., 56, rue Saint-Ferréol, Fourrures.
Pons, J.-B. et Cie, 2, rue Jemmapes, Appareils
Sanitaires.
Ra,dius, G., 26, Place Vendôme (Paris), Essence
de Romarin, Produits Agricoles.
Bastit, H., 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
des Corps Gras, etc.
Rocca, Tassy et de Roux, 26, rue Montgrand,
Graines Oléagineuses et Dérivés.
Rôdel et fils frères, rue du Jardin Public,
(Bordeaux), Conserves Alimentaires.
Rouquette, L., 20, rue de la Darse, Biscuits pour
la Marine.
Rousseau, J. M., 83, rue de la Darse, Broderie et
Lingerie confectionnées, de Madère.
Serène et Cie, 45, rue Saint-Bazile, Liqueurs et
Spiritueux.
Silvan, aîné, 30, Boulevard de la Paix, Courroies,
Cuirs.
Mathieu et Malaspina,

Société Anonyme des Chaux et Ciments RomainBoyer, 5, rue Cannebière.
Société d’Epargne des Retraites. 11, Allées des

Capucines, Constructions à bon marché.

Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue

de la République, Compagnie de Navigation.

Société Générale des Peintures Sous Marines,

2, rue Corneille.

Société Nouvelle des Raffineries Saint-Louis, 3, rue

République, Sucre.

Syndicat de Garantie des Industriels Français,

(Girard, 167, rue de Rome), Assurances, Acci­
dents.
Vinalié, 102, rue d’Italie, Boîtes métalliques.
Ytier. L. et Cie, 27, rue Pavillon, Assurances
Maritimes.

�Troisième Année.

N° 25

er Décembre 1909.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

Chalutiers et Pêcheries coloniales
C’est un fait digne d’intérêt que l’interven­
tion récente des grands chalutiers à vapeur,
provenant de l’armement métropolitain, dans
l’exploitation de ces pêcheries lointaines, qui
sont de véritables dépendances de quelquesunes de nos possessions d’outre-mer. L’em­
ploi de ces chalutiers dans la grande pêche
française n’est certes pas chose nouvelle ; de­
puis 1903, ceux de Boulogne se rendent, nul
ne l’ignore, en nombre rapidement croissant
chaque année, dans les mers d’Islande. Mais,
tout récemment, le champ d’action de ces
petits bâtiments, dont certains sont mainte­
nant pourvus d’installations frigorifiques spé­
ciales, s’est élargi ; il s’étend actuellement
aux Bancs de Terre-Neuve et aux pêcheries
de la Mauritanie, situées, comme on sait,
dans les parages du Banc d’Arguin, et dont
l’organisation et le développement sont l’ob­
jet de la juste sollicitude du Gouvernement
de notre Afrique occidentale. Constatons
donc les faits acquis et marquons, en quelque
sorte, la première étape accomplie, dans cette
voie. Tout en rendant un légitime hommage
aux initiatives hardies qui ont réalisé ce pro­
grès, il faut reconnaître cependant qu’elles
y ont été tout naturellement amenées, grâce
à des données scientifiques nouvelles ou plus
précises, et, comme conséquence de celles-ci,
grâce aux perfectionnements incessants de
l’outillage industriel.
L’apparition des premiers chalutiers à va­
peur sur les Bancs de Terre-Neuve fut signa­
lée en 1906 ; ils venaient du port de Boulogne
et appartenaient à la flottille d’Islande. Il ne
s’agissait, du reste,selon toute apparence,que
d’une tentative assez timide en vue d’effec­
tuer la pêche de la morue sur les Bancs, com­
me elle se pratiquait déjà en Islande, à l’ai­
de du chalut à panneaux ou à planches [otter
trawl). Pendant la campagne de l’année sui­
vante, en 1907, les mêmes essais furent re­

nouvelés par plusieurs chalutiers, dont le
nombre exact demeura toutefois inconnu.
Mais quatre d’entre eux ayant touché à SaintPierre, on put savoir que les résultats de leur
pêche étaient, dans l’ensemble, satisfaisants.
Ils le furent d une manière positive, sans
doute, car, durant l’été de 1908, on releva la
présence sur les Bancs de douze à quatorze
chalutiers à vapeur, ayant pour la plupart,
comme ports d’attache, Boulogne et Fécamp;
un seul venait d’Arcachon. Ce dernier était
occupé, pendant l’hiver, dans les eaux de l’A­
frique occidentale ; ceux des ports du Nord
avaient pris part à la pêche de printemps en
Islande, puis avaient gagné, pour terminer la
.saison, les parages terre-neuviens. Malgré les
tâtonnements inévitables sur des fonds de
nature inconnue ou mal définie par des car­
tes insuffisantes au point de vue bathymétrique et surtout lithologique, malgré aussi cer­
tains détails d’armement encore imparfaite­
ment adaptés à des conditions de travail nou­
velles pour les équipages, les résultats géné­
raux obtenus par les chalutiers, pendant la
campagne de l’an dernier, ont été estimés' « su­
périeurs à ce que l’on pouvait raisonnable­
ment espérer ». La moyenne de la pêche de
ces bateaux dépassa 100 quintaux de morue
par jour, moyenne très supérieure, au dire
de certains capitaines, à celle généralement
atteinte dans les mers d’Islande. Encore ce
rendement était-il imposé par la faiblesse nu­
mérique des équipages qui n’auraient pu as­
surer la préparation d’une plus grande quan­
tité de poisson. D’où l’obligation de limiter les
traits de chalut, et, par suite, les captures
quotidiennes.
Mais il fut, dès lors, aisé de prévoir qu’avec
des bateaux plus grands, plus robustes,mieux
aménagés, mieux adaptés surtout au service
qu’on leur demande, et avec, d’autre part,
un personnel plus nombreux, convenable­
ment traité, intéressé d’une manière effective
et suffisante dans les résultats de la pêche,
collaborant, pour ainsi dire, à l’œuvre com­
mune, il fut aisé de prévoir que le succès des

�462

L’EXPANSION COLONIALE

chalutiers était assuré ; avec un excellent
rendement, leur emploi promettait une ré­
munération raisonnable des capitaux enga­
gés, en même temps que se trouvaient amé
liorées les conditions d’existence et singuliè­
rement augmentée la sécurité des équipages.
Bref, de par l’expérience si encourageante
de l’an dernier, l’avenir sur les Bancs pour­
rait bien appartenir aux chalutiers. On les
verra sans doute remplacer progressivement
les flottilles des traditionnels voiliers, tandis
que le chalut se substituera à l’antique ligne
de fond. Bien des difficultés toujours inquié­
tantes seront ainsi résolues. Cependant une
question se présente naturellement à l’esprit:
quelle sera la répercussion de cette innova­
tion sur la vie économique de notre colonie
de Saint-Pierre-et-Miquelon, qui repose pres­
que tout entière sur cette industrie de la pê­
che à la morue ? Les essais que nous avons
relatés sont évidemment trop récents et trop
restreints pour qu’on puisse même entrevoir
la suite des évènements. Déjà on paraît re­
douter la production surabondante du pois­
son, qui sera la conséquence du chalutage, et,
par suite, on craint l’avilissement des prix de
la morue, ce qui compromettrait des intérêts
fort respectables, notamment ceux des petits
pêcheurs qui vivent du produit des eaux de
la colonie et de la pêche sur le Treaty-Shore.
où se rendent encore, au début de la saison,
quelques-uns d’entre eux. L’armement colo­
nial lui-même, tel qu’il existe, paraît menacé
Mais, d’autre part, les chalutiers qui opére­
ront sur les Bancs seront probablement forcés
de faire des relâches fréquentes à Saint-Pier­
re, soit pour charbonner, soit pour renouveler
leurs vivres et approvisionnements divers, et
pour livrer le poisson encombrant leurs ca­
les ; les armateurs, d’un autre côté, seront
sans doute obligés tôt ou tard d’avoir dans la
colonie des installations .particulières pour
préparer et emmagasiner leur produit. N’y
a-t-il pas là, par compensation, les éléments
probables d’une plus grande activité écono­
mique pour Saint-Pierre ?
Tous ces bateaux qui, dans ces dernières
années, ont traîné le chalut sur les Bancs de
Terre-Neuve, possèdent seulement des cales
pour l’arrimage de la morue préparée et sa­
lée par le procédé ordinaire et bien connu.
Mais récemment, la Société des Pêcheries du
golfe de Gascogne, dont le siège est à Arcachon, a armé pour la pêche sur-les côtes de la

Mauritanie, dans les parages du Banc d’Arguin, des chalutiers à vapeur pourvus à la
fois de cales- destinées au poisson salé et de
chambres frigorifiques pour la conservation
du poisson à l’état frais. Ce n’est pas le lieu
de décrire les dispositions spéciales ainsi
réalisées sur ces bâtiments ; notons seulement
qu’on a été amené, pour des raisons particu­
lières, à adopter, en vue de cette conservation
par le froid, un procédé mixte qui consiste
à associer l’action de la glace pilée à celle d’u­
ne machine frigorifique à ammoniaque, avec
circulation de saumure refroidie à la tempé­
rature voulue. Je me bornerai donc à des
considérations -d’un ordre plus général, qui
ne manquent assurément pas d’intérêt pra­
tique. Il est admis que la conservation frigo­
rifique du poisson est obtenue dans les meil­
leures conditions si la température se main­
tient entre 0 et — 3 degrés.C’est là une lormule, utile évidemment ; mais, en réalité, la so­
lution du problème n’est pas aussi simple.
M. Anderson, à Aberdeen, a institué, en ef­
fet, des recherches minutieuses qui montrent
que le succès de la conservation par le froid
dépend, en ce qui concerne le poisson, d’un
assez grand nombre de facteurs, et qu’il va­
rie suivant les espèces elles-mêmes et les
conditions physiologiques, relatives au frai
notamment, dans lesquelles elles se trouvent
au moment de leur capture, suivant la saison,
les manipulations auxquelles est soumis le
produit, etc. Cela revient à dire, pratique­
ment, que pour une région donnée, le suc­
cès n’est obtenu qu’après une expérience suf­
fisamment prolongée, même avec une instal­
lation frigorifique excellente.
D’autre part, il ne serait pas exact de pen­
ser que les poissons comestibles d’origine
exotique, de provenance coloniale, sont tous
susceptibles d’être avantageusement frigori­
fiés et proposés à la consommation sur les
marchés d’Europe. Le problème n’est pas,
ici encore, aussi simple. Considérons, par
exemple, ce qui a lieu pour les pêcheries de
l’Afrique occidentale. On a dit et répété que
les parages du Banc d’Arguin sont extrême­
ment poissonneux et que c’est par centaines
de tonnes que se chiffrait, par mois, le ren­
dement d’un chalut. Mais quelle est la va­
leur réelle de tout ce produit. En laissant de
côté tout le lot des poissons destinés à être
salés et séchés, on y trouve des espèces bien
connues, la sole, le rouget, le grondin, la

�L’EXPANSION COLONIALE
daurade, etc., qui, conservées par procédé fri­
gorifique à l’état frais, sur les chalutiers, sont
de vente facile sur nos marchés. Par contre,
combien d’autres espèces, parfaitement co­
mestibles et même de qualité très fine, qui
actuellement ne sont pas retenues, car elles
ne trouveraient pas d’acquéreurs sur ces mê­
mes marchés, et cela tout simplement parce
que ce sont des formes avec lesquelles le con­
sommateur n’est pas familiarisé. Il faudri
du temps pour qu’elles soient acceptées et
appréciées.
Il est certain que des difficultés de cet ordre
n’existeraient pas pour l’Algérie, par exem­
ple, les espèces de poissons qui peuplent les
eaux de cette colonie étant -sensiblement les
mêmes que celles de nos côtes méditerra­
néennes. Conservés à l’état frais par les bons
procédés frigorifiques, ces produits seraient
à peu près tous de consommation courante et
de vente aisée sur les marchés d’Europe. Aus­
si est-il déplorable que l’industrie de la pê­
che en Algérie s’immobilise dans son état
presque primitif actuel, et demeure étroite­
ment côtière et pauvrement outillée, laissant
inexploitées de vastes étendues. Il est hors de
doute que les grands chalutiers à frigorifi­
ques feraient merveille -sur ces fonds du
large, encore inexplorés, faute d’un outillage
assez puissant, et où gisent, sans profit pour
personne, d’importantes ressources natu­
relles.
Dr H. Jacob de Cordemoy.
Professeur à l'Institut colonial.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
Commission Administrative
du 11 novembre 1909.
La Commission Administrative s’est réunie
le 11 novembre, à 3 heures,sous la présidence
de M. Adrien Artaud, Président de l’Insti­
tut.
Etaient présents : MM. Artaud, Heckel,
Fouqùe, Allemand, Ytier. Excusés : MM.
Ponsinet, le Comte Armand, Bohn et Léo­
tard.
Après lecture et approbation du Procèsverbal, M. le Président fait connaître que le
service colonial de Marseille l’a avisé de l’ar­
rivée d’un mandat de 500 francs du Gouver­
neur de la MartiniqueIl rend compte de l’état financier et expo­
se la situation du Musée commercial ; il si­
gnale à la Commision l’adhésion à. l’Institut

463

de M- Lucien Bernhein, directeur de la So­
ciété « le Chrome » à Paris, ainsi que celle
de la « Société Méridionale de caoutchouc ».
Il est décidé à l’unanimité que ces deux
adhésions seront proposées, conformément
aux statuts à la ratification du prochain
Conseil.
Une discussion s’engage entre les mem­
bres, au sujet des mesures tendant à la
création d’un marché de caoutchouc à Mar­
seille.
M. le Président rend compte des corres­
pondances repues et expédiées, et soumet
à l'approbation de la Commission, un con­
trat de publicité à passer avec M. Girard.
M. Fouque fournit quelques explications au
sujet de ce contrat, qui aurait son effet à
partir du 1er novembre.
Plus rien n’étant à délibérer, la séance est
levée à 4 heures 1/2.

HUITIÈME JOURNÉE MARITIME
La huitième Journée Maritime de l’Institut
Colonial Marseillais a été favorisée par un
temps radieux, le samedi 6 novembre.
Après la visite des Musées commercial et
colonial, dont le Secrétaire général de l’Ins­
titut avait indiqué les richesses et le but,
nos visiteurs se sont dirigés vers le Bois
Sacré, amarré au quai des Augustins, et, à
2 heures 30, ce vapeur lâchant ses amarres,
sortait du Vieux-Port.
La traversée des ports fut des plus intéres­
santes, comme d’habitude, et les mouve­
ments des navires accostés aux quais, faisant
leurs opérations ,frappa vivement les passa­
gers.
Le vapeur se dirigea sur le beau paquebotyacht lie de France, dont les honneurs fu­
rent faits par M. Daher, administrateur de
la Société générale des Transports Mariti­
mes à vapeur, et par M- Bretault, secrétaire
général de la section marseillaise de la Ligue
Maritime, sous l’égide de laquelle était orga­
nisée cette journée maritime. M. Daher vou­
lut bien expliquer le but des voyages de ce
paquebot, qui vient de faire dans la Mer
Noire une croisière des plus heureuses. Il
est spécialement aménagé comme paquebot
de passagers, n’ayant ni treuils, ni mâts- de
charge, ni cales ; toute l’organisation vise au
confort et à l’agrément du voyageur. L’ora­
teur fit apprécier les remarquables aména­
gements qui attendaient les voyageurs, les
cabines très confortables à 1, 2 et 3 couchet­
tes, répondant à tous les besoins avec cabines
de bains, salons, fumoirs, etc. ; la salle à
manger, spacieuse et luxueuse pouvant
contenir 280 convives. M. Daher exprima le
regret,, très justifié d’ailleurs, que les Mar­
seillais restent à peu près indifférents aux
voyages touristiques organisés sur ce beau
navire.

�464

L’EXPANSION COLONIALE

Le paquebot lie de France possède une7
installation de télégraphie sans fil, très bien
aménagée, qui constitue pour les touristes
une sécurité presque complète et un agré­
ment ap'préciable, les passagers pouvant
rester ainsi en communication constante avec
leurs parents et amis.
Après la visite de 17Ze de France, le Dois
Sacré se dirigea sur le paquebot Plata, de la
même Compagnie qui venait d’arriver de
Buenos-Ayres, et qui était en train de déchar­
ger les marchandises qu’il avait embarquées
dans ce port. Tout le monde put remarquer
la puissance de l’outillage de notre port, qui
permet de décharger avec une très grande
rapidité les navires accostant aux quais. Les
grues hydrauliques fonctionnent avec une
régularité remarquable. Au moment de notre
visite à bord, on déchargeait du maïs et
c’était merveille de voir avec quelle rapidité
les grues enlévaient 10 sacs à la fois, et les
déversaient sous les hangars.
Le paquebot Plata spécialement aménagé
pour le transport des émigrants, possède aus­
si des salons et des cabines de ire et de 2e
classe. Ce vapeur construit, en Angleterre,
est très fin de lignes, d’une solidité à toute
épreuve et ses machines lui donnent une
très bonne vitesse.
Après la visite de la Plata, on embarqua
à nouveau, pour se diriger par la passe Nord
vers la nouvelle jetée du canal du Rhône qui
fut longée extérieurement jusqu’à l’extrémi­
té des travaux de la digue. La mer était par­
faite, pas un souffle ne ridait sa surface, et
ce fut un véritable enchantement que la vue
de Marseille au soleil couchant, les derniers
rayons de l’astre du iour donnant à la ville
des teintes merveilleuses ; de temps en temps
quelques vitres réfléchissaient brillamment
les rayons du soleil, et l’on ne pouvait se
lasser d’admirer ce scintillant tableau, pré­
sentant toutes les lignes des quais et des mo­
numents, avec les collines du dernier plan
déjà estompées des brumes crépusculaires.
Rentré dans le Vieux-Port à 5 heures, le
bateau s’amarra à son poste habituel, et tout
le monde se retira enchanté d’un voyage qui
avait été de tous points réussi. Des remer­
ciements chaleureux furent adressés aux re­
présentants de l’Institut Colonial Marseil­
lais, et rendez-vous fut pris pour la neuviè­
me journée, le samedi 4 décembre-

BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
1° M. M., a demandé quel était le nombre
des animaux vivants dans la République
Argentine. Le recensement fait à la fin de
1908 a donné les résultats suivants :
Bœufs : 29.116.625.
Moutons : 67.211.754.
Chevaux : 7, 531.376.
Chèvres : 3.945.086.
Cochons : 1.403.591.

La race bovine dominante est la Durham
à cornes courtes qui comprend : 7.385.880
sujets ; on compte 18.307.216 moutons Lin­
coln et 8.961.260 Rambouillet.
L’accroissement de la valeur des animaux
vivants dans la République Argentine de­
puis 1895 est estimé à 1.362.500.000 francs.
Ajoutons que, d’après un dénombrement
récent, le chiffre actuel du troupeau d’autru­
ches s’est élevé à 422.000 oiseaux, dont 13.000
seulement appartiennent à la variété africai­
ne, et le reste à l’espèce indigène « Rhea
Américana » ou Nandou.
Les plumes de l’autruche indigène sont
utilisées sur place pour la fabrication de
balayettes ; on en a exporté en 1907 : 37.607
kilos, et 27.431 en 1908.
L’élevage de l’autruche est appelé à une
assez grande importance dans la République
Argentine, car il y a dans ce pays de larges
espaces où cette industrie pourrait être prati­
quée avec succès et sans difficulté.
2° M. Bartholomé, le très distingué direc­
teur de l’Agriculture, du Commerce et de la
Colonisation en Tunisie, est venu visiter
l’Institut ; il a été frappé de l’excellent agen­
cement du Musée Commercial et de l’impor­
tance des services de notre Société, et nous
espérons qu’il voudra bien communiquer à
M. le Résident général de la Tunisie, l’excel­
lente impression qu’il a éprouvée.
Il a reconnu que la Tunisie aurait tout in­
térêt à exposer des échantillons de ses pro­
duits dans une des vitrines du Musée Com­
mercial de l’Institut, et que les colons tuni­
siens auraient également avantage à faire
connaître aux nombreux visiteurs de notre
Musée leurs excellents produits.
3° M. Albert Ballagi délégué commercial
du Gouvernement Hongrois pour le Midi
de la France, a demandé les noms des Mai­
sons de Marseille important des bois exoti­
ques.
Les renseignements nécessaires lui ont été
fournis.
4° M. F. a demandé quelle était l’importan­
ce de l’industrie du coton au Tonkin. Cette
industrie emploie 62.000 broches, et donne
du travail à 1.800 ouvriers. Le coton provient
en grande partie de l’étranger ; les Indes An­
glaises fournissent 3.000 tonnes de coton filé.
Il a demandé également quelle était la va­
leur du tabac importé en Indo-Chine. On y
reçoit peu de tabacs de la régie, en raison de
leurs prix élevés ; mais l’Algérie -envoie en
Indo-Chine 363 tonnes de tabac, pour une
valeur de 1.840.000 francs.
Enfin, il a désiré connaître l’importance du
commerce des porcelaines et de l’or battu en
feuilles. L’indo-Chine importe pour 334.000
francs de porcelaines d’origine européenne,
et pour 2.200.000 francs de porcelaines d’ori­
gine chinoise. On reçoit 1.845 kilos d’or battu
en feuilles provenant de Hongkong ; cet or
est employé dans la fabrication des objets du
culte, et il y aurait certes avantage pour le

�L’EXPANSION COLONIALE
commerce français à ne pas négliger un pro­
duit aussi important.
5° M. L. a présenté des graines venant du
Congo.
Ces graines proviennent du « Tieghemella
Africana » et contiennent environ 50 % d’hui­
le ; en raison de la présence d’un principe
toxique, le tourteau est inemployable comme
aliment, mais il est très riche comme engrais.
M. le docteur Heckel a fait de cette graine
une étude très complète.
6° M. P., de Grenoble, a désiré savoir si
le bambou était déj,à-employé dans la fabri­
cation du papier.
Des essais très importants ont été faits ré­
cemment, par une Compagnie française avec
des bambous du Tonkin et ont donné d’ex­
cellents résultats ; l'on étudie en ce moment
en Angleterre la création d’une manufacture
de papier et de pâtes à papier en Birmanie.
D’après les études faites par les soins de
l’Institut Impérial de Londres, si les tiges de
bambou sont coupées tous les trois ans, la
croissance est permanente : on peut obtenir
un rendement de 15 tonnes nar acre, ou une
moyenne annuelle de 5 tonnes, soit 37 tonnes
1/2 à l’hectare tous les trois ans, ou 12 ton­
nes 1/2 tous les ans. Les tiges donnent 45 %
de pâte desséchée soit 5 tonnes 625 à l’hectare.
D’après ces calculs, pour satisfaire aux be­
soins d’un moulin fabricant 300 tonnes de
pâte par semaine, la superficie nécessaire se­
rait de 5.600 hectares. Le prix des bambous
séchés, serait sur la place de 15 fr. 30 par
tonne. Le prix de la matière première néces­
saire pour obtenir une tonne de pulpes serait
de 35 fr. 60.
Un moulin établi à une distance raisonable de la forêt de bambous produirait une
tonne de pâte à ^apier au prix de 137 fr. 50,
ce qui laisserait une très belle marge de pro­
fits.
Le bambou fournit un excellent papier,
très solide qui est particulièrement apprécié
dans les travaux lithographiques. On a cal­
culé qu’une usine pouvant produire 200 ton­
nes de pâte par semaine coûterait environ
900.000 francs.
7° M. B. a demandé des renseignements
sur les nouvelles découvertes de chromes, que
l’on vient de faire au Transvaal.
Gn y a, en effet, découvert des gisements
très importants dans les environs de Yachtlust. La teneur en sesquioxyde de chrome
varie entre 38 et 47 pour cent. Elle est infé­
rieure à celle des chromes de la Nouvelle-Ca­
lédonie.
8° M. T., de Marseille, a désiré connaître
l’importance de la production des « soja hispida &gt;&gt;en Mandchourie.
L’Institut Colonial s’est déjà occupé de cet­
te graine, dont le commerce prend des pro­
portions considérables.
Le haricot soja est. ainsi que nous l’avons
déjà dit, une plante légumineuse très abon­
dante en Chine, où elle forme un important

465

article d’alimentation très hautement ap­
précié à cause de ses qualités nutritives.
Pendant l’occupation du Nord de la Mand­
chourie par les troupes russes, lors de la
guerre Russo-Japonaise, la culture de ce pro­
duit a pris une extension considérable ; mais
après la guerre et la rentrée des troupes, la
demande a décliné à tel point qu’il a été né­
cessaire de trouver un débouché sur les mar­
chés étrangers.
De 1906 à 1908, presque toute la production
de la Mandchourie s’est dirigée par Vladivostock sur le Japon, mais en 1908, ce commerce
souffrit de la dépression des affaires et c’est
depuis cette époque que de grandes quanti­
tés de haricots de soja sont importées en An­
gleterre et sur le Continent européen.
La première cargaison importante consi­
gnée à l’Angleterre est arrivée à Huit le 2
mars 1909 ; elle était de 5.200 tonnes et, au
mois de juin, des contrats ont été passés
pour la fourniture de 200.000 tonnes. Ces ha­
ricots sont arrivés en parfait état malgré la
longueur de la traversée.On lés a classifiés,en
trois qualités. La première, provenant de Dalny. a une valeur de 160 francs par tonne,
caf., port européen.
La deuxième a été embarquée à Vladivostock, et la troisième à Hankow. Ces deux
dernières qualités sont estimées à 157 fr. 50.
La presque totalité des haricots importés a
été achetée par des huileries, qui obtiennent
un rendement régulier d’environ 10 % du
poids de la graine et un tourteau, qui a été re­
connu comme un excellent aliment pour le
bétail.
Depuis quelques années, des plantations
très importantes ont été faites en Amérique,
et il n’est pas douteux qu’en Algérie et que
dans la plunart de nos Colonies ce haricot
ne donne d’excellents profits. L’huile de so­
ja possède un goût et une odeur très agréa­
bles : elle appartient à la classe des huiles
semi 'siccatives; elle consiste principalement
en glycérides, acides palmitiques, oleïques et linoliques. Elle est très employée
dans la fabrication des savons, dans laquelle
elle donne d’excellents résultats.
On cotait en septembre 1909, à Londres,
l’huile de soja 531 fr. 25 la tonne, alors que
l’huile de coton était cotée 575 francs. La
composition des tourteaux est la suivante :
Albuminoïdes ........................... &amp;1 %
Huile ............................................
6 %
Carbohydrates ............................. 30 %
Humidité ..................................... 12 %
Matières fibreuses ......................
5 %
Matières m inérales....................... 6 %
Des essais faits au Collège Royal d’Agriculture à Cirencester ont prouvé : 1° que les
vaches nourries avec le tourteau de soja
donnaient un peu plus de lait que lorsqu’el­
les étaient nourries avec les tourteaux du
coton ; 2° que pendant qu’elles avaient, été
nourries exclusivement avec les tourteaux du

�466

L’EXPANSION COLONIALE

soja le poids de ces vaches avait légèrement
augmenté.
On a remarqué cependant que l’emploi des
tourteaux de soja provoque chez les bestiaux
des effets très légèrement laxatifs. Mais il y
a tout lieu de croire que ces symptômes ont
été causés surtout par une alimentation mal
dosée en raison de la grande richesse du tour­
teau en albuminoïdes. Il y aurait avantage
à mélanger ces tourteaux, soit avec du maïs,
soit avec de la farine d’avoine.
9° M. M. a demandé des renseignements
sur les emplois de l’essence de niaouli. Le
niaouli (melaleuca viridiflora) est un arbre
très abondant en Nouvelle-Calédonie ; il ap­
partient à la famille des malvacées ; son bois
est utilisé dans la charronnerie et ses feuilles
fournissent à la distillation une essence d’un
parfum très pénétrant, qui a donné dans le
traitement des rhumes, des bronchites, etc.,
de bons résultats. La maison Prevet, 48,rue
des Petites-Ecuries, à Paris, qui avait une
très importante usine de conserves de vian­
de à Gomea a lancé ce produit sous le nom
de gomenol, nom sous lequel cette essence
est surtout connue. On l’emploie également
en parfumerie.
On a attribué avec raison à la présence du
niaouli la grande salubrité de la NouvelleCalédonie. Dans les marécages voisins de la
mer, cet arbre pousse avec une très grande
vigueur et le parfum que répandent les feuil­
les semble avoir de réelles propriétés anti­
septiques.
L’essence de niaouli est analogue à celle
de cajeput, qui provient des Indes néerlan­
daises et qui est extraite des feuilles d’une
malvacée assez répandue dans les coteaux de
l’intérieur des îles de l’archipel de la Sonde.
L’essence de cajeput comme celle de nia­
ouli d ’ailleurs, est employée dans le traite­
ment des douleurs rhumatismales, où elle
produit de bons effets ; enfin l’essence de
niaouli a été préconisée pour le traitement
d’une maladie spéciale, fort répandue où
son emploi sous forme d’injection a réelle­
ment amené de nombreuses guérisons.
L’infusion des jeunes feuilles séchées don­
ne une boisson excellente et remarquable­
ment digestive ; elle peut avantageusement
remplacer le thé, bien que le parfum du nia­
ouli soit moins délicat.
Le rendement des feuilles en essence est
d’environ 1 % ; à la fin de la distillation, on
obtient une matière solide, très semblable
au camphre. Cette dernière pourrait bien
être la cause des propriétés antiseptiques des
feuilles.
L’essence brûle en répandant un parfum
délicieux ; elle a été quelquefois brûlée dans
des lampes placées dans des chambres de ma­
lades et semble avoir contribué à assurer
un sommeil réparateur aux patients.

N É C R O L O G IE
L’Institut Colonial Marseillais a appris
avec une douloureuse émotion la mort de
M. Nicolas Paquet, membre donateur, beaupère de M. Hubert Giraud, membre du
Conseil d’Administration, décédé à Marseille,
le 12 novembre, à l’âge de 79 ans.
M. Nicolas Paquet, chef d’une très impor­
tante Compagnie de navigation de Marsèille,
était vice-président honoraire de la Chambre
de Commerce et officier de la Légion d’hon­
neur. Il avait rendu les plus grands services
à la cause du commerce français à l’étran­
ger, particulièrement au Maroc.
M. Estrine, président de la Chambre de
Commerce de Marseille, a prononcé sur la
tombe du défunt un discours dans lequel il
a fait ressortir les admirables qualités de tra­
vail et d’énergie, d’expérience ét de bonté
que possédait au plus haut degré M. Nicolas
Paquet.
L”Institut Colonial Marseillais s’associe de
tout cœur à la douleur de sa famille, et
souhaite que les regrets unanimes de la po­
pulation marseillaise soient une consolation
à son chagrin.

EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
Algérie. — Le P o rt de Collo
M. Gilly, agent de la Compagnie générale
Transatlantique, à M. le Président de l'Insti­
tut Colonial Marseillais.
Collo, 18 octobre 1909.
L a ville de Collo est située su r le bord de la
mer, au pied d’une presqu’île appelée D jerba,
au sud de laquelle se trouve la baie servant de
port à Collo. Ce port n atu rel est très sû r et les
nav ires y trouvent, sous le cap B ougaroni, un
excellent m ouillage, à l’ab ri des vents d’Ouest
et du Nord. Collo (Chullu chez les Romains) fut
un m arché m aritim e très fréquenté p en d an t le
moyen âge.
Aucun fa it p articu lier n ’est à sig n aler dans
l’histoire de la ville ju sq u ’à son occupation p a r
les F ra n ç a is en 1853 ; sa population, d’après le
recensem ent de 1907 s’élève à 3.430 h ab itan ts,
dont 861 E uropéens et 2.569 indigènes.
L a rade de Collo est exposée seulem ent aux
vents d’E st et de Nord-Est qui soufflent très r a ­
rem ent p endant la saison d’hiver; elle est si­
gnalée aux n av ig ateu rs p a r le p h are to u rn a n t
du cap D jerda, à 3 kilom ètres N. E.
Une jetée de 80 m ètres a été construite,
il y a une.vingtaine d’années,' à l’effet de proté­
ger la petite surface de quai existant, d’une la r ­
g eu r de 30 m ètres su r environ 100 m ètres de
longueur.
Les balancelles, voiliers et tous les bateaux de
faible tonnage peuvent seuls accoster le quai
p a r suite du peu de profondeur ; ce quai est très
souvent insuffisant pour déposer toutes les
m archandises qui y tran siten t.
Les vapeurs de la Com pagnie G énérale T ra n ­
satlantique (service postal), quelques vapeurs
côtiers attachés au p o rt d ’Alger et les vap eu rs
étrangers, fréq u en tan t le p o rt de Collo m ouil­
lent à une distance de 100 à 300 m ètres du quai,

�L’EXPANSION COLONIALE
p a r des fonds de 8 à 15 m ètres de p a rfa ite tenue
et effectuent leu rs opérations au m oyen d’allè­
ges.
Des tra v a u x d’am élioration consistant en
l’édification d’une nouvelle jetée de 130 m ètres
et à ré la rg isse m e n t des quais actuels, doivent
être p rochainem ent m is en adjudication. L a je ­
tée et les quais actuels se tro u v ero n t englobés
dans les nouveaux ouvrages, dont la surface et
le développem ent doivent q u ad ru p ler l’im por­
tance des em m énagem ents existant ; la dépense
prévue est évaluée à 900.000 francs.
P o u r faire face aux dépenses de construction
de ladite jetée et de l’ag ran d issem en t du quai,
la com m une de Collo doit contracter u n em­
p ru n t de 450.000 fran cs s u r les 900.000 fran cs
nécessaires à ces tra v a u x et p our a rriv e r au
paiem ent des intérêts et am ortissem ents de la
somme en p ru n té, le régim e fiscal de notre p o rt a
dû être modifié depuis le 15 ju in dernier, p a r
l’application de taxes de péage su r les navires,
m arch an d ises 'et p assag ers à l’entrée et à la
sortie.
Toute la région dont les pro d u its s’écoulent
p a r le p o rt de Collo est essentiellem ent fores­
tière, c’est-à-dire que les prod u its forestiers
(lièges, écorces à ta n de chênes-lièges, racines
de bruyères), sont p our ainsi dire seuls ap p ré­
ciables.
Les essences forestières se com posent p rin c i­
palem ent de chênes-lièges, qui sont dans une
très grande p roportion su r la totalité, et les
pins m aritim es, em ployés p o u r les lignes télé­
graphiques. Il fa u t au ssi com pter, dans notre
région absolum ent m ontagneuse, une grande
surface où il n ’existe que de la broussaille, no­
tam m en t les bruyères, qui sont en trè s grande
quantité.
Les céréales sont négligeables ; la région ne
se p rê ta n t ~uère à cette culture, n ’en produit
qu’une trè s faible quantité, qui ne suffit pas à
la consom m ation des h ab itan ts-d e la région.
Chaque année on est obligé d’im porter une cer­
tain e q u an tité de g ra in s (orges principalem ent)
pour p a rfa ire la différence à consom m er.
Les vins sont aussi en assez faibles quantités,
m ais ce liquide n ’éta n t consom m é su r place
'que p a r les E uropéens, c’est-à-dire en faible
quantité, p a r suite du nom bre re stre in t d’h ab i­
tan ts de cette origine, on exporte to u t le s u r­
plus, qui ne form e quand même qu’un chiffre
peu im portant.
Les forêts de chênes-lièges de la région, soit
les forêts particu lières, soit celles a p p a rte n a n t
à l’E tat, peuvent p ro d u ire annuellem ent, cent
m ille quin tau x de liège en planches, dont une
p artie est préparée, c’est-à-dire bouillie et dé­
b arrassée de la p artie boiseuse, m ise en balles
ensuite, p our être expédiée soit en Algérie, en
F ran ce et à l’étran g er, notam m en t p a r la g ra n ­
de usine de B essom bourg (Société des lièges de
la petite Kabylie), à 14 kilom ètres de Collo, en
plein centre ïorestier. L’au tre p a rtie est expé­
diée au ssi en balles m ais sans p rép aratio n , c’est
à-dire b ru t san s être bouillie n i d ébarrassée de
la p artie ligneuse.
Notre région trè s accidentée, et ne possédant
que de faibles p arties en plaine, ne se prête
guère, comme je l’ai déjà dit, à la culture des
céréales, n i à l’élevage du bétail, n i à la colo­
nisatio n en général p a r la création de centres
européens.
U n seul village européen, C heraïa, situé à
7 kilom ètres de Collo, à m oitié rou te du p etit

467

centre de Bessombourg, dont il est parlé plus
h au t, est le seul point de la contrée où la vigne
soit cultivée ; ce centre en possède environ 80
hectares.
La quantité d’écorces à ta n de chênes-lièges
récoltée p en d an t l’année courante (1909) peut
être évaluée à tren te m ille q u intaux m étriques;
cette m archandise est expédiée exclusivem ent
èn Italie p a r des voiliers de cette n ationalité,
qui viennent charger à Collo ce genre de pro­
duit.
Une au tre in dustrie très im portante po u r la
confection des ébauchons de pipes avec les sou­
ches de bruyères a été installée depuis p lusieurs
années dans notre région ; il existe actuelle­
m ent ti*ois scieries dont une à Collo même ;
une deuxième à T am alous à 27 kilom ètres de
Collo (route de Collo à Kobertville), et une tro i­
sième dans les forêts de la P etite Kabylie, à
25 kilom ètres de Collo.
Cette industrie,dirigée p a r M M .Vassas et Cle,
qui possèdent plus de 40 fabriques, soit en
France, en Algérie et en Italie, p a ra ît être très
florissante, fo u rn it chaque année des m illions
d’ébauchons et fa it vivre une très g ran d e q u an ­
tité d’ouvriers, depuis les ex tracteurs de sou­
ches en forêt, les tran sp o rteu rs, les trie u rs ju s­
qu’aux scieurs. D’au tres m aisons s ’occupent
aussi de l ’extraction et de l’a ch at des souches
de bruyères dans notre contrée, m ais n ’y o n t
pas encore établi de scierie.
Il existe égalem ent à Collo une industrie
qui, su iv an t l’abondance de la pêche, chaque
année , est plus ou m oins im p o rtan te ; il s’agit
de la p rép aratio n des sardines, anchois, m a­
quereaux salés à 1a. saum ure ou m is en boîtes,
préparés à l’huile. D ans les bonnes années de
pêche, cette in dustrie occupe p en d an t q u atre
à cinq m ois de l’année u n personnel assez nom ­
breux et, comme la fab ricatio n des ébauchons
et la p rép aratio n des lièges, etc., constitue une
des principales ressources du pays.
Les relations de Collo avec l’in té rie u r du dé­
partem ent sont assurées p a r tro is routes, qui
le relien t à la région de Philippeville, El M ilia,
D jidjelli, Bougie, G onstantine, Bône.
Gilly .

C ro isière en Egypte
Du Directeur de Va Compagnie des Messageries
Maritimes, service commercial :
M arseille, 4 novem bre 1909.
M onsieur le P résident,
J’ai l’h o nneur de vous inform er que notre
Compagnie a organisé, à bord du « Portugal »,
pour le 16 décembre, u n voyage d’excursion en
Egypte, réservé aux m em bres du Touring-Club
de France.
Je vous adresse u n c ertain nom bre d’exem■lires du prospectus ci-joint, do n n an t tous
les renseignem ents su r cette croisière, et vous
serais très obligé de vouloir bien les rép an d re
parm i votre clientèle, au m ieux de nos intérêts.
— La croisière projetée p a rtira de notre port,
su r le g ran d paquebot « P ortugal » le 16 dé­
cembre, et le reto u r du 1er groupe s’effectuera
le 29 décembre, après visite d’A lexandrie, du
Caire, et des environs ; le prix est de 600 francs
en l ro classe et de 500 fran cs en deuxième, tous
frais com pris. Un second groupe, qui ne re n tre ­
r a à M arseille que le 5 jan v ier, rem o n tera le Nil

�468

L’EXPANSION COLONIALE

en v isita n t A ssouan, Philœ , Esneh, Louqsor,
Ka-rnak et Thèbes : le supplém ent p our ce g ro u ­
pe se ra de 400 francs. S’ad resser a u TouringClub de F ran ce, avenue de la G rande-A rm ée,65,
à P a ris ou aux M essageries M aritim es, place
Sadi-C arnot, 2, à M arseille.

C o u rs C o lo n ia u x
Voici la liste des Cours coloniaux publics,
professés pendant le mois de novembre à,
l’Institut Colonial :

M ercredi 3 novembre, à 3 h. 3/4 soir, M. R ay­
n a u d : F orm ation de notre em pire colonial.
Jeudi 4 novem bre à 8 h. 1/2 m atin (au P a rc
Borély), M. Davin : C ultures coloniales.
V endredi 5 novembre, à 5 heures soir, M. L au­
ren t : Géologie et productions m inérales de
l’Algérie.
M onsieur le P résident,
Sam edi 6 novem bre, à 3 h. 1/2 soir, M. le
docteur R eynaud : Clim ats chauds.
C oncernant les faits économ iques in téressants
Lundi 8 novembre, à 3 h. 3/4 soir, M. M asson :
de Ceylan, le commerce fran çais, im portation
G éographie de l ’Algérie. — A 5 heures soir :
et exportation, est peu im portant. Les affaires
Dr J. de Cordemoy : P ro d u its anim aux.
se font p rin cip alem en t avec l’A ngleterre.
M ardi 9 novem bre, à 3 h. 1/2 soir, Dr Rey­
Ceylan reste av an t to u t un p ays de produc­
nau d : Vers in testinaux et m aladies dans les
tio n et d’exportation de thé. M ais, depuis trois
P ay s chauds. — A 5 heures soir, M. M asson :
ans, et c’est là le seul fa it qui m érite -de vous
Les luttes coloniales du xvm e siècle.
être signalé, l ’exploitation de diverses especes
M ercredi 10 novem bre, à 3 h. 3/4 soir, M.
d’a rb re s à caoutchouc a p ris une g ran d e exten­
R aynaud : Notre dom aine colonial actuel. —
sion. Voici, d’ailleurs, quelques chiffres qui
A 5 heures soir, M. Jum elle : Le caoutchouc ;
vous ren seig nero n t :
Acres plan tés en caoutchouc, en 1904, 25.000 ; sa découverte, ses applications.
Jeudi 11 novem bre, à 8 h. 1/2 m atin (au P a rc
acres en rap p o rt, 600. Tonnes exportées : 35.
Acres p lan tés en caoutchouc, en 1908, 180.000 : Borély), M. Davin : C ultures coloniales.
Vendredi 12 novem bre, à 5 h. soir, M. L au ­
acres en rap p o rt, 3.500. Tonnes exportées : 350.
ren t : Géologie et productions m inérales de la
On escompte que, p our 1914, année où toutes
Tunisie.
les p la n ta tio n s actuellem ent existantes seront
Sam edi 13 novembre, à 3 h. 1/2 soir, Dr Rey­
en ra p p o rt, les chiffres seront les suivants :
nau d : A cclim atation dans les pays chauds.
Acres plan tés en caoutchouc 215.000 ; acres
L undi 15 novem bre, M. M asson : Le sol algé­
en ra p p o rt, 150.000. T onnes exportées : 10.000.
rien. — Dr J. de Cordemoy : Pêcheries de l’Al­
C’est à Londres, où il est très estimé, que
gérie et leurs produits.
s ’expédie le caoutchouc de Ceylan. Il a atteint
M ardi 16 novem bre, Dr R eynaud : Rôle des
ju sq u ’à sept shillings la livre anglaise de poids.
Je vous sig n a le ra i m a in te ra n t une publica­ p arasites in testinaux et des insectes dans la
transm ission des m aladies. — M. M asson : La
tio n le « Ceylon Handbook &amp; D irectory », qui
colonisation an g laisé au x v m ' siècle.
contient des renseignem ents com m erciaux très
Mercredi 17 novem bre, M. R aynaud : Le do­
in téressan ts. On p eut se la p ro cu rer ici ou à
m aine oublie aux colonies. — M. Jum elle : Les
L ondres, chez M aclaren &amp; Sons, 37-38 Shoe Lane
procédés de récolte et d ’obtention des caout­
London E. C
choucs bruts.
Jeudi 18 novem bre, M. Davin : C ulture de la
vanille.
M adagascar. — Le Caoutchouc
V endredi 19 novem bre, M. L au ren t : Géolo­
gie et productions m inérales de M adagascar.
De M. Cavle, m em bre correspondant de l'Institut
Sam edi 20 novem bre, Dr R eynaud : Les m i­
colonial :
crobes et les m aladies des pays chauds.
L undi 22 novembre. Di J. de Cordemoy : P ê ­
T an an ariv e, le 26 septem bre 1909.
cheries de l’Algérie (fin).
M ardi 23 novem bre, Dr R eynaud : M aladies
Au su jet des caoutchoucs de p lan tatio n à
tran sm ises p a r les insectes et p a r l’eau.
M adagascar, je vous d ira i fran ch em en t que
M ercredi 24 novembre, M. R aynaud : les con­
l’affaire est excessivem ent in téressan te, m ais
cessions de te rre aux colonies. — M. Jum elle :
il fa u t des cap itau x et u n service com pétent, si
l ’a d m in istra tio n s’en occupe,pour d irig er les in ­ Les arb res à caoutchouc du Brésil.
Jeudi 25 novem bre, M. D avin : Culture du
digènes. Du côté de M aju.nga, MM. Lam bert,
P e irie r de la B athie et p lu sieu rs a u tres s’occu­ m aïs dans les pays chauds. — Jeudi (à 4 h. s.),
p ent activem ent de la question et m ontent ac­ M. F o u cart : H istoire des religions dans les
peuples indigènes des colonies françaises.
tuellem ent diverses affaires ou p lan tatio n s de
V endredi 26 novem bre, M. L au ren t : Géolo­
caoutchouc. M ais je crois q u ’il n ’y a rien à
esp érer du côté F a n ja k a n a . Voyez les p iètres ré ­ gie et productions m inérales de M adagascar.
Sam edi 27 novembre, Dr R eynaud : Epoque
su ltats obtenus avec les m u raies des Fokoloon a ; ce serait probablem ent la même chose, m ê­ du d épart p o u r les colonies. — A ptitudes p h y ­
siques nécessaires.
me pire, vu que l’indigène des régions caoutL undi 29 novem bre, Dr J. de Cordemoy, P ê ­
chouctières est de beaucoup p lu s paresseux que
cheries coloniales
ceux des H auts-P lateaux, où poussent les m û­
M ardi 30 novem bre, Dr R eynaud : M aladies
riers.
coloniales.

Ceylan. — Le Caoutchouc.
De l’A gent général des Messageries Maritimes
à Colombo :
Colombo le 21 octobre 1909.

Le cours de M. Foucart, professeur à la

�L’EXPANSION COLONIALE

469

------ 7--------------------------- ;---------------------------------'

Faculté des lettres, nouvellement créé à
l’Institut Colonial, sur l’histoire des religions
dans nos colonies, a été inauguré le jeudi
25 novembre, à 4 heures du soir, avec un
grand succès Un public très nombreux y
assistait et l’Institut Colonial était particuliè­
rement représenté, par M. le docteur Heckel, vice-président, directeur des cours colo­
niaux. Ce cours se continuera tous les quin­
ze jours.
D’autre part, M. le professeur Masson,
étant malade son cours se trouve suspendu
provisoirement.

propriété varie, suivant les lieux, entre 40
et 80 hectares et même au-dessus, lorsque
cela est reconnu nécessaire.
Les concessions peuvent être attribuées
gratuitement sous certaines conditions. D’au­
tre part, le Gouvernement général tient à
la disposition des Frapçais, qui possèdent
quelques capitaux, des terres particulière­
ment riches ou dépendant de régions déjà
colonisées. Ces terres sont alloties en domai­
nes d’étendue variable, proportionnée aux
moyens financiers des demandeurs, mais
suffisant pour assurer, après mise en valeur,
un bon revenu annuel. Elles sont mises en
vente à bureau ouvert, à des prix avanta­
LA COLONISATION EN ALGÉRIE geux, mais avec quelques obligations. Les
propriétés non aliénées au cours de la vente,
L’Algérie est en état de recevoir encore de qui dure ordinairement six mois, peuvent
nombreuses familles de la Métropole. Les ensuite être vendues de gré à gré à des Al­
Français, travailleurs et actifs, peuvent gériens ou à des Métropolitains indistinc­
tement.
avoir un sérieux intérêt à s’y installer.
Dans les centres de colonisation, il existe
Toutes les bonnes volontés trouvent des
chances utiles d’établissement en Algérie, aussi des groupes industriels, comprenant un
sauf cependant : 1° Les simples travailleurs lot urbain et un lot de jardin ou de petite
manuels sans compétence spéciale qui seront culture dont la superficie varie entre quel­
concurrencés par les manœuvres indigènes ques ares et deux hectares. Ces groupes, sont
ou étrangers, fournissant un rendement à en général, vendus de gré à gré avec obli­
peu près égal, et se contentant de salaires gation de construire.
Enfin, il a été réservé, dans les villages
insuffisants pour des Français ; 2° Les com­
mis, comptables, secrétaires, employés infé­ construits au bord de la mer ou dans des
rieurs de magasin ou d’administration, qui, régions montagneuses et boisées particuliè­
à moins de relations personnelles, trouveront rement, pittoresques, des lots d’estiveurs qui
en général, les places qu’ils désirent, occu­ sont vendus à des conditions particulièresLes personnes désireuses d’avoir des ren­
pées par des jeunes gens du pays , en qua­
seignements plus complets, soit sur ces pro­
lité souvent supérieure aux offres.
priétés ou concessions, soit sur les groupes
L’Algérie est plus particulièrement indi­ industriels et lots d’estiveurs mis en vente,
quée pour des agriculteurs de la Métropole, peuvent s’adresser au Gouvernement général
à l’étroit sur des terres insuffisantes. Ils peu­ de l’Algérie (direction de l’Agriculture, du
vent pour la même somme d’argent et d’ef­ Commerce et de la colonisation, 26, boule­
forts obtenir en Algérie des propriétés beau­ vard Carnot, Alger) ou à l’Office de l’Algérie
coup plus importantes, destinées à des plus- (Galerie d’Orléans, Palais Royal, Paris, 1er).
values de capital croissantes et rapportant,
Colonial Marseillais, rue Noailsi on les exploite avec compétence, de réels les,L’Institut
5, est également en mesure de fournir
bénéfices.
les renseignements utiles sur les terres de
En dehors des territoires cultivés par des colonisation, les conditions et formalités à
indigènes, des régions assez étendues et as­ remplir pour jouir des avantages accordés
sez riches, pour faire vivre et prospérer des par l’administration algérienne.
Européens, sont ouvertes ou vont s’ouvrir
à l’activité des cultivateurs.
Dans le but de compléter le peuplement de PROJET DE STATUT NÉO-CALÉDONIEN
la colonie par l’élément français, le Gouver­
nement général de l’Algérie choisit, chaque
ern ier co u rrier nous a apporté u n p ro jet
année, divers territoires qu’il relie par des deLeS tadtu
t présenté p a r le Comité de défense des
routes aux centres voisins. Il y amène l’eau intérêts calédoniens, composé de 1.591 adhé­
indispensable aux besoins des habitants et ren ts de la race blanche et de condition libre
à l’irrigation. Il y construit les bâtiments « non-fonctionnaires », à MM. les M embres de
publics nécessaires pour constituer un vil­ la Cham bre des Députés. La « Q uinzaine colo­
lage et il y assure les services administratifs, niale » a étudié avec soin ce projet, et nous ne
sau rio n s mieux faire que de le com m enter avec
scolaires et médicaux.
des ex traits de l ’article q u ’elle a publié dans le
Le territoire est divisé en un certain nom­ N° du 10 novem bre 1909.
bre de propriétés, qui comprennent un lot
Ce docum ent m érite de re te n ir l’attention des
à bâtir dans l’intérieur du village et un ou pouvoirs publics, et particu lièrem en t du P a rle ­
plusieurs lots appropriés aux genres de cul­ m ent, auquel il a été adressé sous form e de pé­
ture de la région. La superficie totale de la tition. La crise grave que traverse la Nouvelle-

�470

L’EXPANSION COLONIALE
\

Calédonie depuis dix ans, réclam e u n remède
p ro m p t et énergique. Les causes de cette crise
sont de deux ordres : d’ordre économique, et
d’ordre politique. L a Colonie souffre du régim e
d ouanier que la M étropole lui a imposé, et qui
a p our conséquences de lui ferm er les
m archés voisins, ses débouchés n a tu rels
et de l’obliger to u t à la fois à acheter cher
et à vendre bon m arché, sans même lui assurer,
à titre de réciprocité, le bénéfice de l’entrée en
franchise p o u r ses pro d u its dans la Métropole-.
De plus, la Colonie garde à sa charge toutes
les dépenses civiles, v com pris celles de la gen­
darm erie, et des fra is de justice qui lu i sont im ­
posées p a r la présence dé la population pénale,
que la loi de 1854 oblige à vivre et à m o u rir sur
son sol.
L a M étropole fa it observer que la population
pénale de tran sp o rtés, de relégués et de libérés
constitue u n alim ent très im p o rtan t p our le
com m erce local. E n effet il se ra it excessif de
contester q u ’une certaine p artie du commerce
de l ’île s’est enrichie avec cette clientèle, m ais
il est ju ste de dire que si la pop u latio n pénale
av a it rem pli l’office que la loi lui assi­
g n ait, c’est-à-dire l’exécution des g ran d s
tra v a u x publics, nécessaires au développem ent
de la colonisation, le bénéfice que la Colonie
a u ra it retiré du bagne a u ra it été plus égalem ent
ré p a rti.
Le Comité trace u n tab leau trè s exact des in­
convénients du régim e de cen tralisatio n outra n c iè re auquel la colonie est soum ise : abus
du fonctionnarism e, exagération des dépenses
q u ’il en traîn e, im position d ’office de sommes
indues, entraves apportées à la solution de tou­
tes les affaires, etc.
Ce tab le a u est d ’une vérité m alheureusem ent
tro p criante. Le Comité est logiquem ent conduit
à faire de l’autonom ie ad m in istrativ e et finan­
cière, la base même de son p ro jet de con stitu­
tion. Encore autonom ie n ’est-ce pas assez dire.
L a constitution proposée se rapproche en effet
dav an tag e du régim e des Colonies anglaises de
« Self G overnm ent », que de celui des Colonies
anglaises de la Couronne. Ici, le pouvoir réside
d an s la rep résen tatio n élue de la Colonie, et la
M étropole n ’in terv ien t que p a r la désignation
du G ouverneur et du Chef du service ju d i­
ciaire, les a u tres fonctionnaires, y com pris les
chefs de service é ta n t constitués en cadre local.
C’est la rep résen tatio n élue,qui,sous le nom du
Conseil général, exerce le pouvoir législatif et
vote définitivem ent le budget, et les em prunts.
C’est un systèm e to u t nouveau, et qui p a r sa
nouveauté même, est fa it p our su rp ren d re
l’opinion d an s u n pays comme le nôtre, où de
to u t tem ps l ’E ta t s’est m o n tré .hostile à l’é­
g ard des fran ch ises locales, et où sa tendance
a été constam m ent de considérer les citoyens
comme des m in e u rs incapables de faire leu rs
affaires eux-mêmes ; à plus forte raison alors
q u ’il s’agit de régler la n a tu re des ra p p o rts de
la M étropole avec une de ses Colonies et de
su b stitu er à la tutelle étroite d an s laquelle
celle-ci a été jtisq u ’ici m ain ten u e p a r celle-là,
u n régim e dont la caractéristiq u e est précisé­
m ent la suppression de cette tutelle, en ce
qui touche l’ad m in istratio n in térieu re de la
Colonie.
Cette nouveauté n ’est p as p our effrayer les
personnes réellem ent soucieuses du dévelop­
pem ent de nos Colonies, et l’o n ne voit aucune
raiso n valable p o u r refu ser à la Nouvelle-

Calédonie les avantages d’u n régim e auquel
la seule objection qu’on puisse faire est qu’il
heurte nos habitudes d’esprit.
A utant pour des raisons qui s’indiquent d’el­
les-mêmes, on peut être opposé à l’introduc­
tion du Self-Government dans une colonie de
dom ination proprem ent dite, comme l’IndoChine, M adagascar ou l’Afrique Occidentale,
a u ta n t il p a ra ît être à sa place dans une pos­
session comme la Nouvelle-Calédonie où la
population indigène, politiquem ent p arlan t,
ne compte p o u r ainsi dire pas.
Nous avons à faire en Calédonie à une
colonie de peuplem ent où l’Européen peut faire
souche, et où s’est constituée une com m unauté
française très im portante, capable de tirer de
son sein tous les élém ents d’une o rg anisation
ad m in istrativ e complète.
Le pro jet du Comité a su avec une grande
habileté m a in te n ir au point de vue oolitique
l’étroite dépendance de la Colonie à l’égard de
la Métropole, et ce projet de sta tu t présente un
ensemble de g a ra n tie s dont personne ne sa u ra it
contester la v aleur : l’a ttrib u tio n au Gouver­
neur,nom m é p a r l’autorité m étropolitaine,et ne
relevant que d’elle, de l’in tég ralité du pouvoir
exécutif avec le droit de nom ination à tous les
em plois publics, celui de dissolution des
Assemblées locales, et celui de veto su r toutes
les lois votées p a r le Conseil général, consti­
tue une b a rriè re suffisam m ent ' efficace aux
em piètem ents que la Colonie p o u rra it être
tentée de com m ettre su r le dom aine réservé à
la souveraineté nationale.
Le procédé im aginé p a r les réd acteu rs du
projet pour tra n c h e r les conflits qui peuvent
s’élever entre le Conseil général, ou pour
mieux dire entre l’Assemblée législative et le
Pouvoir exécutif local, tém oigne p articu lière­
m ent du désir de m ain te n ir dans leu r in té g ra ­
lité les droits de cette souveraineté. C’est en
effet le Conseil d’E tat qui est constitué l’arb itre
de ces conflits, de sorte cru’en tout état de cau ­
se le d ern ier m ot revient à la Métropole. On
ne s a u ra it donc concevoir un Self-Government
plus atténué et entouré de g ara n tie s m ieux
faites pour ra ssu re r les esprits que h an te la
crainte du séparatism e.
Cette meme sagesse se retrouve dans l’article
6 ainsi conçu : « Les h ab ita n ts de la NouvelleCalédonie renoncent à toute revendication
relative à toute particip atio n quelconque
dans l’élaboration des lois nationales, et no­
tam m ent à toute velléité de rep résentation dans
le P a rle m e n t m étropolitain ». Ici, ce n ’est pas
seulem ent leur esp rit politique qu’il fa u t louer,
c’est aussi leur sens logique • il y a en effet
incom patibilité entre le régim e de l ’autonom ie
et l’idée de la représentation au Pardem ent ,et
si celle-ci peut se concevoir théoriquem ent dans
le systèm e de l’assim ilation, elle est en an tin o ­
mie absolue, radicale, avec un régim e dont le
principe est d’a ssu re r à la Colonie la libre di­
rection de ses affaires in térieu res à l’exclusion
de la Métropole, ce qui im plique nécessaire­
m ent pour elle p ar voix de réciprocité, l’in te r­
diction de s’im m iscer dans les affaires de la
Métropole.
C ependant, su r u n point, le p ro jet de statu t
néo-calédonien semble n ’être pas tout à fa it
d’accord avec l’idée m aîtresse qui l’a inspiré.
Ici, la contradiction est toute à l’avantage de
la Métropole. L a Colonie accepte en effet d’être
soum ise à la législation douanière m étropoli-

�L’EXPANSION COLONIALE
tain e sous la seule condition que ses p roduits
en trero n t en franchise dans la Métropole. Cet­
te concession ressem ble à une ran ço n de l’a u ­
tonom ie réclam ée, et il eut été préférable que
la Nouvelle-Calédonie s’en tin t, en cette m a­
tière, au vœu général form ulé p a r le Congrès
de M arseille de 1906, renouvelé depuis p a r le
Congrès de Bordeaux, et to u t récem m ent enco­
re p a r celui des A nciennes Colonies.
Ce p ro jet de s ta tu t se recom m ande donc à
l ’atten tio n de l’opinion et des Pouvoirs publics
m étropolitains. Il fa it le p lu s g ran d honneur
à l’esp rit politique de cette Colonie si m alh eu ­
reusem en t éprouvée, et qui' se relèv erait très
rapid em en t de sa situ atio n précaire, si on lui
d o n n ait la liberté qu’elle réclam e de faire ses
affaires elle-même.
Déjà d a n s u n article du 12 novem bre 1908,
nous ayons préconisé l’autonom ie financière
pour la Nouvelle-Calédonie, et l’In s titu t Colo­
nial M arseillais souhaite bien viyem ent que
les d esid erata de notre colonie du Pacifique
reçoivent des pouvoirs publics l’accueil qu’ils
m ériten t à tous égards.
E. M.

Le Régime douanier colonial
CHAMBRE DE COMMERCE DE CAYENNE
R A P P O R T présenté par M. J. R. SAINTP H ILIP P E , au nom de la Commission char­
gée de l’étude du projet de révision du Tarif
douanier applicable aux colonies.
(Fin)
Nos revendications u n an im em en t exprim ées
p a r tous les conseils locaux, m ais m alh eu reu se­
m ent insuffisam m ent soutenues en F ran ce p a r
la rep résen tatio n coloniale de l’époque, ne fu­
re n t écoutées qu’à moitié, et d’une façon tout
à fait som m aire : le sort des colonies était
tranché.
P a r décret sous form e de réglem entation d’ad­
m in istra tio n publique, des réductions, des
exem ptions fu re n t accordées à chacune d’elles,
su iv an t sa situ atio n et ses besoins, qui rep résen ­
ta ie n t les atté n u a tio n s accordées à la rig u eu r
du principe.
Le tab leau A, ann.exé au décret du 29 novem ­
bre 1892, donne p our la G uyane la nom encla­
tu re des produits exemptés ou bénéficiant d’une
réduction de tarif.
Ils sont tous de prem ière nécessité dans la vie
économ ique de la Guyane, et il n ’est p as exact
d’écrire comme nous l’avons lu d ans l’u n des
rap p o rts présentés au Congrès colonial de M ar­
seille, que c’é ta it « en obéissant à des intérêts
p articu liers, en p e rd a n t de vue le devoir que
les Colonies av aien t de favoriser av an t to u t
l’im portation des p ro d u its n atio n au x sim ilai­
res » qu’elles av aien t sollicité des im m unités ou
des réductions de droits.
E n tous cas, ce reproche ne peut s’ad resser à
nous, qui constatons que les exem ptions accor­
dées sont, à trè s peu de chose près, exactem ent
celles que nous avions dem andées.
Si on considère le tab leau du commerce gé­
n éral de la Guyane, on constate que son m ou­
vem ent, en 1892, c’est-à-dire la dernière année
de fonctionnem ent du régim e d ouanier de

471

1866, é^ait au to tal de : 15,237,010 et la v aleu r
était :
A l’im portation : 10,253,365
A l’exportation : 4,983,645
La p a rt de la F ran ce dans le m ouvem ent
général : 11.141.807 fr. dont à l’im portation :
6.545.032 fr. ; à l’exportation : 4.596.775 fr. R epré­
sen tan t 73 % du com m erce to tal ; 64 % à l’im ­
p o rtation ; 92 % à l’exportation. Alors que les
échanges avec les pays étran g ers s’étaient éle­
vés à 3.941.084 fr.
A l’im portation : 3.637.054 fr.
A l’exportation : 304.030 fr.
R eprésentant 25,86 % du commerce général,
35 % à l’im portation et pas même 1 % à
l’exportation.
E n 1902, dix an s plus ta rd , le' commerce de
la Guyane subit un bond considérable et se tr a ­
duit p ar les chiffres ci-après :
Commerce général 21.168.221 francs.
A l’im portation : 9.184.015 fr.
A l’exportation : 11.984.206 fr.
P a rt de la France, commerce général 16.997.095
francs,
dont à l’im portation : 5.636.371 fr.
dont à l’exportation : 11.360.724 fr.
P a rt de l’étran g er au to tal 3.653.201 francs.
A l’im portation : 3.175.056 fr.
A l’exportation : 478.145 fr.
R eprésentant pour la F rance : 80 % du com­
merce général ; 62 % de l’im portation ; 95 % de
l’exportation. P o u r l’étran g er : 17 % environ du
commerce général : 35 % environ à l’im p o rta­
tion ; 4 % environ à l’exportation.
Tout récem m ent, en 1907, les résu lta ts sui­
vants ont été publiés p a r l’Office colonial :
Commerce général, 26.344.780 fr. qui représente
une au g m entation de 3.767.833 fr., su r la
m oyenne décennale de 1896 à 1906, et les v a­
leurs ont a ttein t :
A l’im portation : 14.013.078 fr.
A Im p o rta tio n : 12.321.702 fr.
La p a rt de la F rance dans ce m ouvem ent
com m ercial a été de : 19.710.735 fr.
dont à l’im portation : 10.044.688 fr.
dont à l’exportation : 9.666.047 fr.
R eprésentant : 75 1 % du commerce général ;
71 6 % de l’im portation ; 78 5 % de l’expor­
tation.
Les échanges avec les pays étran g ers se sont
élevés à 6.290.353 fr.
dont à l’im portation : 3.661.879 fr.
dont à l’exportation : 2.628.474 fr.
Soit 23 6 % du commerce général, 26 % de
l’im portation, 21 3 % de l ’exportation.
Voilà les chiffres qui, dans leu r aridité,
sont d’une incontestable éloquence. Ils révèlent,
san s aucune discussion possible, que dans
notre commerce général, im portation ou expor­
tation, la F rance a to u jours bénéficié de la
plus grosse part. Son quantum dans le com­
m erce général s ’est m ain ten u à 75 % à l ’im ­
portation à 70 %.
Et si nous jetons un coup d’œil rétrospectif
su r le tableau de notre m ouvem ent com m er­
cial dans la période décennale qui a précédé .
l’application du ta rif général, nous constatons
que la préférence dan s nos im portations a to u ­
jours été en fav eu r du commerce national.
Il reçoit en outre, presque la totalité de no­
tre exportation, car il n ’y a pas lieu de rete-

�472

L’EXPANSION COLONIALE

n ir le pourcentage de la portion qui va à l’é tra n ­
ger. Cette exportation est cependant constituée
p a r u n produit, le seul d’ailleu rs que nous
extrayons de notre sol, l’or, dont l’expédition
vers les pays étran g ers avec lesquels nous som ­
mes en relations, ne tro u v e ra it pas pour nos re­
m ises, des cours m oins avantageux qu’en
France.
Ce n ’est donc p as à l’application de la loi de
1892 q u ’il fa u t a ttrib u e r les ré su lta ts que nous
constatons, atten d u que nous bénéficions de
ta rifs spéciaux su r u n certain nom bre d’a rti­
cles et que p a r ailleurs nos com m unications
avec les colonies voisines comme avec les EtatsU nis so n t au jo u rd ’h u i nom breuses et rapides.
C’est encore m oins dans la population flot­
tan te de la colonie q u ’il fa u t en rech erch er les
causes. C o m o sée, en effet, de l’im m igration a n ­
glaise dont les sujets resten t tou jo u rs fidèles
d an s leu r alim entation aux p roduits nationaux,
il sem blerait que l’im portation des articles
é tra n g e rs eut dû s’au gm enter en proportion
directe de l’accroissem ent de la population. ;
Les raiso n s de cette plus-value en faveur de
l’im portation fran çaise p roviennent p lu tôt du
goût p articu lier, de la préférence to u jo u rs m a r­
quée de notre population en faveur de l’article
n a tio n a l dans lequel il a plus de confiance, su r­
to u t quand il s’av it de prod u its fabriqués, d’ob­
jets dé valeu r et de luxe.
E t si m algré les droits considérables qui fra p ­
p ent certain s p ro d u its de consom m ation cou­
ra n te , la préférence est accordée à l’article
étran g er, c’est que la production n atio n ale ne
nous les offre pas ou bien que le prix auquel elle
nous les offre est trop élevé.
Il e st à craindre, en présence des hausses
sensibles qui se sont produites ces tem ps der­
niers,pa.r suite d’évènem ents que nous ne pou­
vons que déplorer, sans en d iscuter les causes,
que l’in d u strie fran çaise ne puisse, de long­
tem ps encore, nous offrir ces articles qui lui
a ssu ra ie n t tous nos achats.
C’est donc to u jo u rs à l’é tra n g e r que nous
devrons nous adresser pour les articles que la
M étropole ne n ro d u it p as ou dont la production
est insuffisante pour approvisionner notre co­
lonie, ou trop élevée p a r ra p p o rt à la situation
p écuniaire de notre population.
...F erm er la porte de notre colonie aux pays
étran g ers, défendre l’entrée des p roduits que
la M étropole est incapable de nous fo u rn ir à
des conditions égales, c’est la vouer à la m isè­
re, à la ruine.
Nous ne pouvons donc adm ettre à aucun
prix, à défaut de l’autonom ie douanière que
nous souhaiterio n s voir appliquer à notre colo­
nie, qu’une parcelle quelconque des im m unités
dont nous jouissons nous soient enlevée dans
ce p ro jet de révision.
P o u r nous en p riv er il fa u d ra it que les a u ­
te u rs des récentes propositions viennent p ro u ­
ver que la G uyane peut se p asser de certain s
p ro d u its am éricains, tels que la farine, les
bois de construction, le pétrole, le tabac, les
viandes salées, etc., ou que le com m erce fra n ­
çais, ce qui p a ra ît peu probable, puisse fou rn ir
ces articles à des prix sa tisfa isa n ts p our le
consom m ateur.
Si ces im m unités, ou les m odérations de ta rif
dont nous bénéficions déjà, ne nous étaient
renouvelées, quelle gêne n ’apporterait-o n pas
dans l’existence même de la colonie ?
E t qu’a rriv erait-il q u an d le m a lh e u r des évè­

nem ents v ien d rait à ralen tir, ou même à faire
cesser p endant rruelque tem ps (la période d’une
guerre p a r exemple) les arriv ag es de France,
comme le cas s’est d éjà Présenté ? Des protes­
tations déchirantes se p ro d u iraien t certes, m ais
il serait trop ta rd ; m ieux vau t donc prévoir
et prévenir de tels m alh eu rs quand il est tem ps
encore.
Au nom bre des articles inscrits au tableau
A annexé à la loi du 11 jan v ier 1892, votre com­
m ission vous propose d ’inscrire ceux ci-après
en faveur desquels l’exemption complète est
dem andée :
Le from ent en grains.
L a m oussache (am idon brut) ;
La fonte ;
Le fer b ru t en barre, en plaque ou étiré de
toutes sortes ;
L’acier en barre, en plaque ou étiré
Le cuivre p u r ou allié, en plaque ou étiré ;
Le plomb en m asse brute, b arres ou plaques ;
Le zinc en saum on, plaque ou b a r r e ;
Le café ;
H arengs fum és et en sau m u re ;
Les m aquereaux saum ure ;
Les m achines à v ap eu r fixes et demi-fixes ou
mobiles de toutes sortes ;
Les pièces détachées et organes de ces m a­
chines (même im portés isolém ent)..
Les m achines et m écaniques (industrielles ou
agricoles).
Les chaudières à v apeur ;
Le gros outillage pour l’ag ricu ltu re et
l’industrie ;
Les coques de navires à v apeur ;
Les coffres à glace et tous m eubles destinés
à la conservation de la glace ;
E t les ci-après pour une m odération de
droits :
B acaliau (poisson sec. salé ou fumé) ;
B eurres salés de toutes sortes ;
Tabac en feuilles ;
Fils et tissu s de toutes sortes.
... La loi douanière de 1892 ' a-t-elle a ttein t
pour notre Colonie le b u t qu’elle se proposait ?
Notre réponse est dans les chiffres m êmes que
nous avons cités plus h au t, le commerce fra n ­
çais, av an t comme après son application, s’est
m ain ten u à 75 % dans la v aleu r des im por­
tations.
P a r contre, elle a créé des charges au-dessus
de nos forces ou tout au m oins que nous ne
supportons qu’au prix d’un renchérissem ent
avéré de la vie m atérielle et au détrim ent du
bien-être public.
Nous ne pouvons trouver une plus probante
justification de cette situation que dans le m a­
laise général qui règne dans la colonie, alors
que chaque année des sommes considérables
sont versées à la caisse de réserve, qui pro­
viennent. des excédents des recettes des
Douanes.
D’au tre part., l’application de cette loi dont
les anom alies sont si profondes suivant qu’elle
est faite dans telle ou telle colonie, n ’est-elle
pas la faillite d’une form ule dém ontrée irré a li­
sable : Funification et la centralisation sys­
tématiques ?
Les atténuations, les corrections qui v ont été
introduites, et qui ne satisfont pas en tièrem ent

�L’EXPANSION COLONIALE
aux in térêts qu’elles touchent, p rouvent que le
rêve de notre A dm inistration n ’a p a s été réalisé.
... L’expérience est faite et au jo u rd ’h u i il
nous .est dem andé de dire notre opinion su r le
m eilleur régim e douan ier à appliquer dans les
Colonies.
Votre com m ission vous propose les deux p ro ­
jets de délibération ci-après :
1° C onsidérant que la com m ission des d oua­
nes de la Cham bre, saisie d’un p ro jet de renia
niem ent du ta rif d o u a n ie r,a o u v ert une enquê­
te à l’effet de déterm iner s’il convenait de rele­
ver le ta rif général des douanes m étropo­
litain es ;
C onsidérant qu’à cette occasion il a été de­
m andé que le ta rif général ain si modifié soit
étendu à toutes les colonies fran çaises ;
C onsidérant que su r les questions ainsi
posées au ssi bien que su r les conséquences à
n o tre égard du régim e in stitu é p a r la loi du 11
jan v ie r comme su r les bases du régim e doua­
n ier qui se ra it le p lu s favorable au développe­
m ent économ ique de la colonie, notre avis a
été dem andé.
L a Cham bre de Commerce de Cayenne émet
le vœ u :
1° Que le systèm e de l’unification et de la.
cen tralisatio n économ iques des colonies à la
Métropole soit abandonné ;
2° Que l’autonom ie économ ique soit décrétée
à la Guyane et q u ’elle soit appelée à form uler
et à adopter en toute liberté le régim e douanier
qui convient le m ieux aux besoins de ses h ab i­
ta n ts et à la prospérité de son commerce, tout
en sa u v e g a rd a n t les in térêts su p érieu rs de la
M étropole ;
3° F ixation d’une durée suffisante p our p er­
m ettre au nouveau régim e de p roduire les ré ­
su lta ts les p lu s complets.
4° D ans le cas où le systèm e de la décentrali­
sation des douanes coloniales n ’a u ra it pas p ré­
valu a u p rès de l a Commission des douanes de
la C ham bre, nous vous proposons cette seconde
délibération :
C onsidérant que la Commission des douanes
de la Cham bre a ouvert une enquête à l’effet de
savoir s ’il ne convenait pas :
1° De relever le ta rif général des douanes p a r
ra p p o rt au ta rif m inim um ;
2° S’il ne convenait p as d’in tro d u ire au ta rif
douan ier les in d u stries nouvelles créées depuis
1892;
39 De spécialiser les ta rifs de façon à rendre
plus effective la protection dont jouissent les
p ro d u its m étropolitains;
4° D’étendre à toutes les colonies les relève­
m ents qui p o u rra ie n t être ain si adoptés, etc.
E m et le vœ u :
l 5 Que tous les relèvem ents qui seraien t
adoptés dans la révision du ta rif douan ier mé­
tro p o litain ,n e soient appliqués à la G uyane que
sous le bénéfice des im m unités, et m odérations
de droits p our les articles énum érés ;
2Q Que les em ballages des pro d u its de p re­
m ière nécessité exemptés, comme la farin e, le
pétrole en caisse soient égalem ent exem pts des
dro its de douane ;
3° Que les m atières prem ières p rovenant
d’adm ission tem poraire et e n tra n t d ans la
fabrication, en France, de pro d u its exemptés
à leu r entrée d an s .la colonie, soient égalem ent
exem ptés des droits de douane (Adopté).

J.-R. Saint-Philippe.

473

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M étrop ole
Gouverneurs. — P a r décrets présidentiels du
9 novem bre 1909, M. Jullien, gouverneur de
1ère classe des colonies en disponibilité, est
rappelé à l’activité et chargé de l’intérim du
gouvernem ent de la R éunion ; M. Thérond,
gouverneuf de 3e classe des colonies, est élevé
à la 2e classe et chargé de l’intérim du gouver­
nem ent de la Guyane ; M. Richaud, gouver­
neur dé 3e classe des colonies, chargé d’une
m ission spéciale en Afrique Occidentale fra n ­
çaise est chargé de l’intérim du gouvernem ent
du Gabon.
En outre, M. Picquié, inspecteur général,
directeur du contrôle du M inistère des Colonies,
est désigné pour faire l’intérim du gouverne­
m ent général de l’Indo-Chine, et M. G arbit,
secrétaire général des colonies, pour faire l’in ­
térim du gouvernem ent général de M adagascar.
Loi. — Une loi du 17 novem bre porte exten­
sion de la ju ridiction consulaire aux resso rtis­
san ts et aux protégés fran çais en Ethiopie:
Tunisie. — Un décret du 31 octobre fixe à 20
m illions de kilogram m es la quantité d’huile
d’olive et de grignons d’origine et de provenan­
ce tunisiennes qui p o u rra être adm ise en
F rance du 1er novem bre 1909 au 31 octobre 1910.
Afrique Occidentale. — Un décret du 20 sep­
tem bre fixe au 1er octobre 1909 l’origine de la
validité des perm is d ’exploration octroyés dans
la région m inière du Lobi an térieu rem en t à
cette date. — Un décret approuve la convention
du 24 septem bre 1909, relative à la concession
du chem in de fer du Dahomey et à la reprise
de l’exploitation du w h arf de Cotonou p a r la
Com pagnie F ran çaise de Chemins de fer au
Dahomey.
Madagascar. — Un décret du 4 octobre ré ­
glem ente la fabrication, la vente et le tra n s ­
port de la betsabetsa, p ro d u it de la ferm en ta­
tion du ju s de canne à sucre.
Cochincliine. — Un décret reporte à 6 kilom è­
tres en aval la lim ite nord du p o rt de Saigon.
— Un décret approuve la révision des p a te n ­
tes en Cochinchine.
Guyane. — Un décret rend applicable à la
Guyane la loi du 15 février 1902 su r la protec­
tion de la santé publique.
Nouvelles Hébrides. — P a r décret, les q u an ­
tités de m aïs orig in aires des exploitations
fran çaises des Nouvelleg-Hébrides, qui p o u r­
ro n t être adm ises en franchise de droit en
Nouvelle-Calédonie du 1er ju illet 1909 au 30
ju in 1910, sont fixées à 3.500.000 kilogram m es.
Sont fixées, oomme su it les q u antités de pro­
duits o rig in a ire s des exploitations françaises-

�L’EXPANSION COLONIALE

474

des N ouvelles-Hébrides qui p o u rro n t être adm i­
ses en franchise de droit dans les colonies fra n ­
çaises a u tre s que la Nouvelle-Calédonie, du 1er
ju ille t 1909 au 30 ju in 1910 : Café, 50.000 kilogr. ;
cacao, 2.000 kilogr. ; vanille, 1.000 kilogr.
Sont fixées comme su it les q u an tités de pro­
duits o rig in aires des exploitations françaises
des N ouvelles-Hébrides qui p o u rro n t être adm i­
ses en F ran ce et en Nouvelle-Calédonie du 1er
ju illet 1909 a u 30 ju in 1910, dans les conditions
établies p a r le décret du 12 novem bre 1901 :
Café, 350.000 kilogr. ; cacao, 25.000 kilogr. ; va­
nille, 50 kilogr.

C olonies
Algérie. — Un a rrêté du M inistre des T ra­
vaux publics rend exécutoires en Algérie les
lois relatives aux d istrib u tio n s d’énergie élec­
triq u e. — Un a rrêté du 10 novem bre du Gou­
v e rn e u r général déclare d’u tilité publique
les tra v a u x de dessèchem ent du lac de
Télam ine et prononce l’expropriation des te r­
ra in s nécessaires à l’exécution de ces tra v au x .
Tunisie. — Un arrê té auto rise la m ise en ex­
p lo itatio n de la ligne de chem in de fer vers les
m ines d’Aïn-M oularès, de Sbeitla à F eriana.
Afrique Occidentale. — Un a rrêté du Gouver­
n e u r gén éral du 13 septem bre, réglem ente le
régim e des concessions u rb ain es en M auritanie
— Un a rrêté crée des postes douaniers su r les
fro n tières de la Côte d’ivoire. — U n arrêté
réglem ente l’exploitation et les ta rifs du w harf
de G rand-B assam . — Un a rrê té approuve les
cahiers des charges et conditions auxquelles il
sera procédé à la vente des lots de terres dom a­
n iales a p p a rte n a n t à l’E tat, situés dans les
diverses localités av o isin an t le chem in de fer de
D ak ar à Saint-L ouis et de Thiès à Kay.es. — Un
a rrê té charge M. Yves H enry,inspecteur d 'a g ri­
cu ltu re, M. A m m ann, in g én ieu r agronom e et
M. G iraud, g arde-général des E aux et Forêts,
d’une m ission à la Côte d’ivoire et d a n s, les
colonies étra n g è res voisines p our étudier la
questions relatives aux cultu res industrielles
et au régim e forestier de ces colonies.
Congo. — Des a rrê té s du G ouverneur géné­
r a l du 27 septem bre délim itent des réserves
dom aniales d ans la colonie de l’Oubanghi-Chari. —&gt; Des a rrê té s fixent les ta rifs des licences
dues p a r les négociants v en d an t des boissons
alcooliques ,et in terd isen t la vente aux indigè­
nes des boissons alcooliques p e sa n t p lu s de 60°.
— Des a rrê té s fixent le tau x et le mode de p e r­
ception de la taxe de récolte du caoutchouc
d ans les te rra in s non concédés, et la taxe de
p roduction de l’ivoire.
Madagascar. ■
— Un a rrê té réglem ente la po­
lice et la sûreté de l’exploitation du chem in de
fer de T a n a n a riv e à la Côte E st .— Un arrêté
déclare ouverte à la circu latio n des véhicules
la route de l’Ouest, de T an an ariv e à M aevatan a n a ; la ro u te du Sud, de T an an ariv e à Antsirab a, et la rou te de T a n a n a riv e à M iarinarivo.

Indo-Chine. •— Des arrêtés du G ouverneur
général décident que le co n trat po u r la vente
des alcools indigènes et vins de Chine, a u Tonkin et dans le Nord-Annam , cessera le 1er ja n ­
vier 1911, et que le co n trat po u r la vente du sel
y p re n d ra fin le 28 décembre 1911. — Un arrêté
réglem ente le mode de recrutem ent de la m aind ’œuvre étran g ère pour être employée dans les
exploitations agricoles ou m inières de l’IndoChine. — Un a rrêté fixe les droits san itaires à
percevoir dans les ports d ’A nnam . — Un a rrê ­
té crée sept réserves forestières, rep résen tan t
20.000 hectares, dans l ’A nnam . — Un arrêté
in terd it l’exportation du riz du Tonkin pour
toutes les destinations, sauf pour les q u an ­
tités em m agasinées et prêtes à être c h a r­
gées ou sauf ju stificatio n de passatio n de con­
tra ts de vente à term e. — Un a rrêté réglem ente
les ferm es de la vente du soufre, du salpêtre et
du poisson salé sur le te rrito ire de QuangTchéou-W an.
Inde. —-, Un arrêté réglem ente l’im portation,
la fabrication, le commerce et le po rt des a r ­
mes et m unitions.
Océanie. — Un a rrêté réorganise la Caisse
agricole des E tablissem ents fran çais de l’Océa­
nie.
J. L.

A v is

d ’A d j u d i c a t i o n

Le public est prévenu que le 7 décembre 1909,
il sera procédé d an s la salle des séances de la
Commission perm anente des m archés, à P a ris,
à l’office colonial (P alais Royal, galerie d’Or­
léans) à 3 heures du soir, à l’adjudication, p a r
voie de soum issions cachetées, de la fo u rn itu ­
re de combustibles à effectuer au p o rt de la
P ointe des Galets (Réunion) pour le service du
Chemin de fer et du po rt de la R éunion, pen­
d an t les années 1910, 1911 et 1912.
Le 14 décembre 1909,il sera procédé égalem ent,
à P a ris, à 3 heures du soir, et à B asse-Terre,
au cabinet du secrétaire général, à 11 heures
du m atin, à l’adjudication, p a r voie de sou­
m issions cachetées, de l ’entreprise du service
postal et des voyageurs par automobiles, entre
Basse-Terre et P ointe-à-P itre (Guadeloupe) et
vice-versa.
Le public est prévenu que le 21 décembre
1909, il sera procédé, dans la salle des séances
de la Commission perm anente des m archés, à
P a ris, à l’Office Colonial (P alais Royal, galerie
d’Orléans) à trois heures du soir, à l’ad ju d ica­
tion, p a r voie de soum m issions cachetées, de la
fo u rn itu re : 1° de rails, 2° de branchements de
voie et pièces de rechange, destinés au Chemin
de fer et port de La Réunion.
Les personnes qui a u ra ie n t l’intention de
concourir p o u rro n t p rendre connaissance du
C ahier des charges au S ecrétariat général de
C ahier des charges au S ecrétariat gééral de
l ’In stitu t Colonial, 5, ru e Noailles.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
Marseille

TE X TILE S
les 100
Raphias de Madagascar. — Tamatave
l r» qu alité................................................ .
F.
Majunga b lan c..............................................
A nalalave b la n c . .....................................
Tare d'usage, escompte II o/o comptant,
m archandise prise â quai ou m agasin
M arseille. — Article ferme.
Fibres d ’Aloës. — Bourbon 1er c h o ix .... 55 à
Bourbon o rdinaire....................................... 50 à
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar...............................
De
De
De
De

ESSENCES
Géranium Bourbonbien tenue..........
Vèiyver B ourbon .................................
Lemon-Grass (Verveine).....................
Ylang-Ylang..........................................

V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Ëntrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k i l o ...................................
Vanilles ordinaires sa in e s.....................
»
inférieures
» .....................
»
Tahiti l re q u alité...................

k60
G5
57

65
55
80

le kilo.
21
26
10
300/400

G IR O F L E S de Sainte-Marie (Madagas­
car)............................................ les 100 k. 165 »
Escompte 2 o/o, payable comptant à tout
entrepôt.
ORSE1LLE Madagascar
28 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Hgnnorat).
CAFÉS
Guadeloupe bonifleur....... .. les 50 k.
Guadeloupe habitant......... .....................
N o u m éa... ........................ .....................
Bourbon pointu.............................. .........
N ouvelles-H ébrides.......... .....................
Libéria de M adagascar... ......................
M archandises à l’entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

35/38
20/22

16/17
Il 50

les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s..................................... 125/130
Tamatave » » ..................................... 110/115
(J.-B. Tomei et Vallet.)

10. 75 11 —
10. _ ■'t 11.,-8.A0 C 8. 50
8,.75
9 —
6..50
6. 75
10.,50 10 65
5.. »
7 . ,50
11.,50
12.,—
10. — 10..50
H ..50 11..75
9 .75
10,,—
10 .50 11., —
11 .50
11 75
10 .50 10..75
9 .25
9 50

C I R E S D ’A B E IL L E S
M ad ag ascar..................... ..........
315 à )) ))
320 330 ))
Algérie........................... ..........
320 325 ))
Tonkin............................... ..........
325
S é n é g a l............................. ...........
330 »
Ces prix s’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable com ptant à tout entrepôt.

134 à 136
124
126
88 110
120 130
86
94
86
76
Blanc.)

G R A IN E S O L É A G IN E U S E S
Sésames d’A frique................... les 100 k.
32.—
Arachides décortiquées d’A frique.........
33.—
»
en coques
»
..........
25.—
(Fraissinet, Stamos et Scaram anga.)
Le

CUIRS DE M A D A G A SC A R

CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
l*r choix. — Pinky n° 1 ..............
M adagascar lom biri.......................
Tam atave Guidroa 1er choix ........
Majunga 1er choix...........................
N ossi-B è............................................
Diégo-Suarez 1" choix...................
T u lléar................................................
Tonkin rouges 1er choix.................
»
n o ir s .....................................
»- lanières................................
»
plaq u es.................................
Nouméa, bon co u ran t.....................
N iggers Soudan ro u g e s.................
Soudan-N iggers blancs ...............
Sénégal-Gam bie A .........................
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.

475

Havre

CAOUTCHOUC M adagascar. —
Tamatave Pinky I.........................F. 9 » à
»
Pinky I I .......................
8 »
M ajunga............................................
8 »
F arafan g an a .....................................
5 »
M ananzary........................................
7 »
Tonkin...................
8 »
Congo H aut-O ubanghi................... 13 50
N’Djolè................................................
7.50
(Le tout au kilog, Le Havre.)
T E X T I L E S . — Sisal A friq u e .... 75
Aloès Réunion................
50
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)
BOIS acajou Gabon.........................
»
»
Okoumé.................
» ébène G abon.........................
»
» M ad ag ascar.-............
(Le tout aux 100 kilos.)

11
10 »
10 »
7 »
9 »
12 »
14 »
» .—

» à 80 »
» 55 »

10 » à 16 »
9 » 10 »
15 » 30 »
15 » 30 »

le kilo.
CIRES M adagascar............................... 3.15 à 3 20
les 100 k.
GOMME Copale A frique.......................
50 à 100
»
M adagascar........... .............. 100 400
(Vaquin et Schweitzer.)
Bordeaux

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N ig g ers............................. 13.— à 13.50
Soudan Niggers rouges................. 12.—
»
Soudan Niggers blan cs................. 11.— 11.50
L ah o u N ig g ers....... •........................ 10 50 à 13.Gambie A ..........................................
9 50
»
Gambie A M ......................................
8.50
»
Gambie B ..........................................
7.50
»
Bassam L u m p s..........................
6.50
»

�476

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S CO LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ........................................
464 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
429 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
496 —
87 — Prot. Annam-Tonkin obi. 2 1/2
( g a r .) .........................................
79 —
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
81 —
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
93 —
450 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o, 1899-1905 ................
473 -------—
obi. 3 o/o 1902.....................
416 —
480 — E m prunt Algérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
459 —
1000 — Dèp. Coristantine, obi. 3 l/2 o /o
1897............................................
965 987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
960 492 50 Col. de la G uadeloupe, obi.
3 1 / 2 o / o l 8 9 8 ........................
467 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
473 —
492 50 Col. de la M artinique............
475 —
470 — A friqueO ccident.,3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g a r.)...............
452 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
532 —
B A N Q U E S C O LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S FINANCIERST
Divers C'* Algérienne, act. de 500 t. p. 1095 —
500 — Créd. Fonc. d'A lgèr. et Tunis.
515 —
—
lib.
536 Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ....................... • ........... 1715 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.).....................
410 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).............................................. 1100 —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) .................................
720 —
500 — Banque de la .Réunion, act. de
500 t. p. (n )................... • . . .
350 —
Divers Banque de l’Indo-Cbine, act.
de 500 (125 p n o m .)............. 1515 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
654 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1240 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ....... .......................
88 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi. •
5 o/o 420 ...................................
177 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350...................................
152 —
CH E M IN S D E F E R A L G É R I E N S
E T C O LO NIAU X
500 — Cis Bône-Guelma, a. r. à 600..
680 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
437 —
500 — Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 . . .
694 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 439 —
500 — Ouest A lgérien, act. r. à 6 0 0 ..
664 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 436 —
-------Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem . à 500.................................
426 —

340 — M ècheria-Aïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
428
-------Mouzbah-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500.......................
432
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500.......................
430
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n a n , act. 500,
250 fr. nom .......................
500
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650... .......... 1195
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500 386
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t..............
435

—
—
—
—
—
—
—

V ALEU RS M IN IÈ R E S
-------Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............................................ 1562 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500...............................
500 —
500 — Algérie Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ................................
622 —
477 50 A lgérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. à 500................
477 —
------ Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .....................................
524 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t p.
1713 —
500 —
—
act. 500 (400
p., n . ) ...................................... 1585 —
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p ........
680 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem . à 500.
508 —
375 — Compagnie Minière du C ongo.. 1925 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .....................................
84 —
454 50 Pho- phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.................................
485 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3775 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa,p a rts ... 3385
—
V A L E U R S CO LO NIALES F R A N Ç A IS E S
Com pagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale..................(actions anciennes). 3200 —
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d e n tale................ (actions nouvelles).
2887 —
Cie M arseillaise de M adagascar ............
528 —
Alim aïenne............. ; .....................................
150 —
Congo occidental........................................
150 —
H aut Congo (Compagnie française du)..
499 —
H aute S angha..............................................
184 —
H aut-O gôoué.......................
610 —
La K otto.......................................................
550 —
M’Poko...........................................................
135 —
M essageries Fluviales du Congo...........
300 —
Sultanats du H aut-O ubangui...................
878 —
Compagnie m inière de Guinée: act.........
123 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
181 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
a c t...............................................................
635 —
Société cotonnière de l’In d o -C h in e ___
236 —
Cie du Maroc et des Colonies africaines..
240 — "
Le Président de l’Institut, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Imprimerie du “ Sémaphore” B a r l a t i e r . — Marseille.
17-19, rue Venture.

».U
\&lt;â&gt; $i a»* *1/1
V »eev' '

�SERVICES POSTAUX MARSEILLE-COLONIES
D é p a rts

de M a rs e ille
DATES

A lgérie
Départements

»

DES

DÉPARTS

DE MARSEILLE

d’Alger, d’Oran cl Voie de Marseille)
, ,,,,
O G ieT ran s
de Constanline
et d A lg e r...)
d’Alger . . . ,
Voie deMarseille, T ransp. Mar.
»
CicT o u ach e.
d’O ran.............
»
G'" GleTrans.
» .......
»
T ransp. Mar.
de Constanline
»
O G*0Trans.
»
»
»

Mardi, Mercredi, Vendredi, Di­
manche .......................
Mercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Jeudi cl S am ed i.. . .
M ardi.........................
M ardi.........................
Mardi.........................
»
»
S am ed i.....................
»
GicTouaclie. J e u d i.......................
»
CicG|e Trans. Lundi, Jeudi «t Vendredi.......
»
Cic Touaclie. M ercredi............... ...
))
9
S am ed i...................
»
Cit! des M. M. Un dim . sur déni à p. du 3 janv.
Voie deB rindisi,paq. Anglais. Vendredi ap. d. de Marseille . .

»

»

Tunisie.
Indo-Chline ...
A frique Occidentale
Française

V o i e de B o r d e a u x , Cic des Charg. Iléun.

Voie de Marseille, T ransp. Mar. 10, 20 M 30 de chaque m o is..
1oie de Bordeaux àLisbonne, Cift des M. M. Le Jeudi, 1.1.1 {j. à p. d a t e r jan».
Djibouti, Madagascar, Voie deMarseillc,
»
10 de chaque mois
))
))
25
»
Réunion et M aurice
Djibouti, M aju n g a__ |
»
C'e Havraise. Vers le 2 0 lie cliaqcc mois.
Voie de M arseille, Cic des M. M. Un dim. sur quatre à p. d u ! 7 jan r.
Nouvelle-Calédonie j
Voie de Brindisi )
. , .
et Nouvelles-Hébrides/
ou N aples.. ^ P ^ q . Anglais. Chaque Vendredi .
Voie deMarseille, Cie des M. M.
Voie de Brindisi, paq. Anglais.
Voie de St-N azaire,CieGleTrans.
Guadeloupe
\
VoiedeBordeaux,
»
et M artinique
)
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
Voie de St-Nazaire, CioG,e Trans.
Guyane Française ...| Voie d’Am sterdam , paq. N é e rl..
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
Tah iti
S t-P ierre-M iq u elo n

j
j

DÉPARTS

DE LA BOITE

DES BATEAUX

11 h. m a t.
3 h. 20 soir.
10 h . 30 m .
3 h. 20 soir.
3 h 20 soir.
10 li 30 m
3 h 20 soir.
10 li. 30 m .
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. m at.
10 h. 30 m.
10 h. m at.
10 h. soir.

1 h. s o i r ..
6 h. s o i r ..
m idi.........
5 h. s o i r ..
5 h . s o i r ..
m id i.........
5 h . s o ir ..
m id i.........
midi .......
m id i.........
1 h. s o ir..
m i d i ....
11 h. m at...
—

24 de chaque mois. Gh . 35 soir.

S é n é g a l...............

Inde Française ..

DERNIÈRE LEVÉE

10 h. 30 m,
6 h. 35 soir.
10 h. m at.
10 h. m at.
mat. ousoir
10 h. mat

—

m id i.........
—

11 h. mat..
11 h. m at..
—

11 h. m at..

10 h. soir. 11 h. 3 0 s.

10 h. m at. 11 h. m at.
Vendredi ap .-m id i. 10 h. soir. 11 h. 30 s.
—
9 de chaque m o is .. l’avant-veille soir.
—
la veille au s o i r . .
26
»
LcM crcr., 1.1. -H j. à p . du fi janv. l’a v .- veille m atin.
—
—
9 de chaque m o is .. l’avant-reille soir.
V endr., 1 .1 .1 4 jours à p.d u janv. la veille au so’r . .
—
—
Le I té re r.,1 .1.14 j. à p .d u 6 janv. Tav.-veille m alin.
Cn Mercredi sur i à p. du 13 jan t.

Voie Le H avre et C herbourg
p ar New-York

A rriv é e s à M a rs e ille
A lgérie :
A lg er................................
C onstantine par Philippeville et B ô n e .. . . .
O ra n .................................
T u n is ie ........................
In d o -C h in e .................
N ouvelle-C alédonie..
Voie de B rin d is i..........

Lundi, Mercredi, Vendredi, Sam edi.
Lundi, Mardi, Jeudi, Sam edi. . . .
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

M erci'., V end., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jo u rs.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
Tous les 28 jou rs.
Chaque Samedi.

R é u n i o n , Madagas­ j Vers les 14 et 25 de
chaque mois.
car et Dj ib o u ti. .
Guadeloupe, M a rtin i­
que, Guyane :
Voie de Saint-Nazaire
Voie de B ordeaux........
Voie d’A ngleterre . . .

Le 20 de chaque mois
Lé 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les 11 jouis.

Afrique Occidentale :
Voie de B ordeaux........
Voie de L iverpool........

Tous les 14 jours.
Environ toutes les S semaines.

L ’E X P A N S IO N C O L O N IA L E est en lecture sur les paquebots-poste.

�61 .'Ru e S t F é r r é o l . 6 V
&amp; 6 &amp; 8, R u p

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opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
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Correspondants sur les principales Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
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1° S o n s e rv ic e é t r a n g e r qui achète et vend des monnaies ou billets de tous pays;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2 S e s s e rv ic e s de B a n q u e qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de fonds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
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3° S e s s e rv ic e s de T it r e s e t C oupons qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
4° S o n s e r v ic e s p é c ia l des C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clienlète, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-loris F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.

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a) p a r les Trains ex tra-rap id es 17 et 18 ( l re classe, V.-L., L.-S. et salon à
deux lits com plets V.-R. au départ de P aris. Paris-Nice en 15 heures.
b) p a r le Train de L uxe (L. 21-L. 22) «CALAIS MÉDITERRANÉE » (V.-L.-R.)
Paris-N ice en 15 heures. — L ondres-N ice en 25 heures.

Nombre de places limité. — P o u r les horaires, les jo u rs de mise en
consulter les affiches spéciales.
IM P. DU S É M A P H O R E -

B A R L A T IE R -

M A R S E IL L E

m arche, etc.,

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES S T A T U T S

------------- »-*-&lt;-------------

Art . 2.
Cette association a p our but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économ ique qui lu i p a ­
ra îtr a it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les rap p o rts de la m étropole avec
les colonies.
Art . 3.
L ’In stitu t colonial M arseillais com prend
deux catégories de membres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s .et com prend :
Les m em bres de d roit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d onateurs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teu rs sont ceux qui d ans le but de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In s titu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
L a deuxièm e catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con-

S erv iees de l'Institut :
Ticz-de-Chaussêe : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
1er étage : Musée Colonial.
3me étage : S e c ré ta riat g én éral et B ureaux de
l’In stitu t, B ureau de Renseignem ents.
Rédaction de 1’ « E xpansion Coloniale ».
Cours coloniaux :
Directeur : M. le Dr Heckel.
P rod u its végétaux coloniaux.

M. H. Jumelle.

P ro d u its an im au x et p arasitologie des plan tes
et des an im au x des colonies.
M. Jacob DE Cordemoy.
M inéralogie et Géologie coloniales.

M. L Laurent.

H istoire et G éographie Coloniales.

M. P. Masson .

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, sois
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n a tu ra
à seconder l’œuvre coloniale de l’In stitu t.
Ar t . 4.
Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, pendant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 francs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o nateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t payer une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

L égislation et Econom ie Coloniales.

M. Raynaud.

Hygiène Coloniale et Epidém iologie.
M. le Dr Reynaud.
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.

M. V. Davin.

H istoire des R eligions dans les peuples indigè­
nes des colonies.

M. G. Foucart.

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».
____________
Institutions con n exes :
2me étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance F rançaise.
3me étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de « l'Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Yt ier , Vice-Président : Jacques Léotard , Secrétaire ; Paul M asson, Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. L. M oriceau, Secrétaire général de l’Institut.—
M. Auguste Giry , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

M arseille. — Im p rim e rie d u Sémaphore, Iîa r l a t ie r , ru e V enture, 17-19.

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                <elementText elementTextId="11748">
                  <text>l |&gt;r Janvier 1910

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Extraits des procès-verbaux..........................
9° Journée maritime, A. F ..............................
Bureau de Renseignements............................
Extraits de la correspondance......................
Cours colon iau x.............................................
Choses de Tunisie, par M. A. Du v a u ................

5
6
7
8
9
9

ABONNEMENT

: F rance

Rue

et

N o a ille s ,

Chronique du mois, J. L ...................................
Le Régime douanier colonial.............................
Actes coloniaux officiels.....................................
Institutions connexes..........................................
Avis d’adjudication..........................................
Marché des produits coloniaux.........................
Marché des valeurs coloniales..........................
Services postaux Marseille-Colonies.

C o l o n ie s ,

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francs

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M
ARSEILLE

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8

francs.

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12
13
13
14
15
16

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4""' Année. — N"

L’EXPANSION COLONIALE
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CHAQUE

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Climats chauds et acclimatement, par M. Dr G.

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..................................................

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Institut colonial marseillais :
Extraits des procès-verbaux..........................
9° Journée maritime, A. F ..............................
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Cours colon iau x.............................................
Choses de Tunisie, par M. A. Du v a u ................

5
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N o a ille s ,

Chronique du mois, J. L ...................................
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C o l o n ie s ,

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6

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T é lé p h o n e

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ARSEILLE

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10
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13
13
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�IN ST IT U T

C O LO N IA L

M A R SE ILLA IS

Fondé sous le html patronage de M. le Ministre des Colonies
Présidents d’honneur :

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l'Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le Résident général de la République Française

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le Recteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
Féraud, Augustin, Président honoraire de

Chambre de Commerce.
à Tunis.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
i
l'Exposition Coloniale de Marseille 1906.
d’armée.

la
de

Membres fondateurs :

MM.

A rmand . Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Bergassè. H. et C1’. — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Roux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.

— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon ­
n ais .

— Com pagnif des Messageries Maritimes. —

Desbief, Paul, Président de la Chambre de Com
merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay , Gigandet
et C1'. — Gavoty , Charles. — Heckel, Edouard (D’&gt;,
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — So­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — Société Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — Société Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — Société
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

Membres donateurs :

MM.
J.-R. et A. A rtaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger, C. — Chabrières , Morel et C". — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnii Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation T r a i =si .net &amp; C"). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touachel — Compa ­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien Fabp.e &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils — Estrine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraud , Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­
CONSEIL

bre de la Chambre de Commerce. — Ma ilh at , H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon , Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C”. —
J. et A. P a vin de L afarge. — Ra s tit , Henri. —
Rocca, T assy et De Roux. - E. üodocanachi. —
Rolland, Alex., membre de La Gluinb.e de Com­
merce. — Rodrigues-Ely , Amédée. — société « la
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropui.o et
7.ARIFI.

D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Pai , Président honoraire de la Chambre de Commerce,
M. Estrine , Lucien, Président e la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
Président .- M. A rtaud , Adrien, Membre-Secrétaire
Sémaphore ; Fouqüe, Adolphe, Président hono­
de la Chambre de Commerce.
raire du Syndicat d’initiative de Provence.
Vice-Présidents : MM. le D' Heckel , DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président
Trésorier : M. A llemand , I., Membre de la Cham­
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
bre de Commerce.
Chef du Service Colonial ; le C” A rmand ,
Trésorier-Adjoint : M. Laplane , J.. Directeur
Albert, premier Vice-Président de la Chambre
Adjoint du Comptoir National d’Escompte de
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
Paris à Marseille.
lais de la Marine Marchande ; Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Mem

MM.
Allest, J. (D’). Administrateur-Délégué de la Com­
pagnie Générale Transatlantique.
A rnaud Lucien, Minotier.
Bergasse, Alexandre, Négociant.
Besson, L., Directeur de la Compagnie Marseil­
laise de Madagascar.
Blanc , E.. Directeur de l’Exploitation de la Com
pagnie des Messageries Maritimes.
Bourdillon, A., Armateur.
Bry , G.. Doven de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufay , H., Ancien Vice-Président de la Ch-de Com
Dufour, Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
Estier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhone.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
Jacquemet, Louis, Président du Svndicat des
Négociants en cafés.
Joannon, A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
Jourdan. Félix. Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn , Membre de la Chambre de Commerce.
L éotard, Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géoeranhie.
L ombard . Emile, Vice-Président de la Ch de Com

MM.

Martin -Laval , F., Vice-Président du Svndicat des

Exportateurs.

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

titut colonial.

Ra stit , Henri. Industriel.
R astoin , Président de la Société pour la Défense

du Commerce et de l'Industrie de Marseille.
Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux. François (Del. Juee au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
T eisseire , Raymond. Avoué.
Usslaub, Léonce, Négociant.
Velten , Edouard. Ancien Membre de la Cham­
bre de Commerce.
Y tter, Louis, Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
/a r if i . Périclès, Rnneuier.
L évy , Clément, 1” Adjoint au Maire de Marseille.
Delibes, J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément. Délégué du Conseil Municirvnl.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon , Eug.. Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire général : E. Moriceau, Administrateur
en chef des Colonies en retraite.
Rodrigues-Ely , Amédée,

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

A

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L ’IN S T IT U T C O L O N IA L M A R S E IL L A IS ,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3me étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser.
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’IN S T IT U T C O L O N IA L M A R S E IL L A IS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

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p id ité p a rfà ité s i F a b riq u é e S A N S A D D I T I O N
D’ALCO O L a vec des e au x s té rilis é e s p a r l’ozone,
e lle ré s is te à tous les c lim a ts . T r è s re c o m ­
m andée dans les pays chauds, e lle e s t to n iq u e,
ra fra îc h is s a n te e t fo r tifia n te .

�CONSERVES

A LIM E N T A IR E S

BOUCHARD

SU PE R IE U R E S

F il s A î n é

Hors-Concours, MEMBRE DU JURY, Exposition Coloniale Marseille 1906
PAINS DE GRAISSE — BEURRE ARABE PURE GRAISSE DE MOUTON
F f O

d u i t s

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U s in e , a V a p e u r ': B O U LE V A R D DE L A M É D ITE R R A N É E ,: 10-12-14 .
' a c A a R a s x x . x . s ...............

IMPRIMERIE

HORS CONCOURS, MEMBRE DU JURY
A L’EXPOSITION COLONIALE

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MARSEILLE 1906

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EXPOSANTS DU MUSÉE COMMERCIAL
Anastay, H., 3, rue de l’Arbre, Produits Pharma­
ceutiques pour Colonies.
Amaldi, V.. 11, Place St-Ferréol, Achats et Ventes
d’articles Exotiques et Coloniaux.
Artaud, frères (J.-B et A.), rue Plumier-Prolongée,
Produits d’Alimentation, Vins, Spiritueux, etc.
Banque de l’Afrique Occidentale, 78, rue de
Provence, (Paris), Banque Coloniale.
Beltjens et GuenebaudM, rue Grignan, Miroiterie.
Beneteau et C". 5, rue des Princes, Hôtel Meublé,
Maison de famille.
Biétron, E., 9, rue de l’Arc, Fromages, Beurres,
Salaisons.
Bigourdan, frères, Luchon (Haute-Garonne) Cons.
Alimentaires.
Bouchard, fils aîné, 19, rue S'-Sépulcre, Conserves.
Brèzun, Durand &lt;£• C", 10, cours Pierre-Puget,
Chartreuse la Tarragone.
Carret, J. et ses fils, 6, Quai de la Tourette, Pâtes
Alimentaires.
Cartonneie St-Charles, 9, rue Guérin, Boîtes et
Articles divers.
Cauvet, Lambert et Cie, 20, rue de la Conception,
Capsules métalliques et Etains en feuilles.
Cassoute, P., 16, rue Friedland, Dattes, Alimen­
tation.
Carnaud, J., 36, rue de Village, Boîtes métallique®.
Compagnie de Navigation Mixte, 54, rue Cannebière
C1* Française de l'Afrique Occidentale, 46, rue
Breteuil, Commerce Colonial.
&amp;*'Génêralè des Pétroles, Z, rue Fongate, Huile de
Pétrole et Dérivés.
Cie du Gaz et de l’Electricité, rue Montgrand.
C1* des Messageries Maritimes, Place Sadi-Carnot,
Compagnie, de Navigation.
C1* N. Paquet et Cle, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
gnie de Navigation.
Cie de Produits Fixator, rue de Mondovi (Paris),
Lait, Chocolat.
David Bensimon, 52, rue du Coq, Farine, Semoules,
Dattes.
Delzongle et Cauvin, 5, rue de Crimée, Conserves.
De Queylar et fils, 18, rue des Princes, Verreries.
M. Dufour et fils, 69, rue d’Italie, Drogueries,
Couleurs.
Ecole de Provence, 15, rue des Princes, Ensei­
gnement.
Empereur, A., 4, rue des Récolettes, Quincaillerie
générale.
Eugster, A., rue Nicolas, 24, Perles, produits divers
pour l’exportation.
Estrine et ClB, 18, rue Colbert, Compagnie de
Navigation Péninsulaire et Orientale.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, Peinture.
Fichet, 19, Allées de Meilhan, Coffres-forts.
Fougeret, A., 25, rue de la Palud, Entreprise de
nettoyage.
Fougue, A., 1, Allées de Meilhan, Tuileries,
Etablissements P. Sacoman.
Get, frères, Ftevel (Haute-Garonne), Pippermint
Get.
Got et David, 3 et 5, Quai de la Fraternité,
Restaurant Basso.

J. Grouvelle, H. Arquembourg et C", 46 rue Paradis
Chauffage, représentés par M. Dor.
Honnoral, L., 30, rue du Baignoir, Verrerie.
Karsenty fils et C1', 137, rue de Rome, Tabacs.
Laffita, /. N., 22, rue Cannebière, Chaussures.
Latrille, /., fils, Bordeaux, Vins de Bordeaux.
Magnan frères, 19, rue Paradis, Cocose.
Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Sakakini.
Marie Moreau et C’ 42a, rue Sainte, Transports.
Massai (veuve), 50, rue de Rome, Graines et
Semences.
Mathieu et Malaspina, 40-42, rue Thubaneau,
Bonneterie et Chaussures.
Meynadier et 0,39, rue de la République, Denrées
coloniales, Rhum.
Monnier, M., 36, rue de Rome, Corsets.
Montel et C1*, 94, Avenue du Prado, Modèles de
Voitures ou Auto.
Mouriès frères, 15, rue Breteuil, Lièges et Caout­
choucs.
Mutuelle de France et des Colonies, 1, rue Stella,
(Lyon).
Nel, Fortuné, 27, rue de la Darse, Appareils
sanitaires.
Nugue, M., 14, rue d’Italie, Glaces et verres.
Pascal et Baldy, 21, rue Grignan, Casques
ihsolaires &amp; chapellerie.
Pitt, F., 56, rue Sâint-Ferréol, Fourrures.
Pons, J.-B. et Cie, 2, rue Jemmapes, Appareils
Sanitaires.
Radius, G., 26, Place Vendôme (Paris), Essence
de Romarin, Produits Agricoles.
Rastit, H., 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
des Corps Gras, etc.
Rocca, Tassy et de Roux, 26, rue Montgrand,
Graines Oléagineuses et Dérivés.
Rôdel et fils frères, rue du Jardin Public,
(Bordeaux), Conserves Alimentaires.
Rouquette, L., 20, rue de la Darse, Biscuits pour
la Marine.
Rousseau, J. M., 83, rue de la Darse, Broderie et
(Lingerie confectionnées, de Madère.
Serène et Cie, 45, rue Saint-Bazile, Liqueurs et
Spiritueux.
Silvan, aîné, 30, Boulevard de la Paix, Courroies,
Cuirs.
Société Anonyme des Chaux et Ciments RomainBoyer, 5, rue Cannebière.
Société d’Epargne des Retraites, 11, Allées des
Capucines, Constructions à bon marché.
Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue
de la République, Compagnie de Navigation.
Société Générale des Peintures Sous Marines,
2, rue Corneille.
Société Nouvelle des Raffineries Saint-Louis, 3, rue
République, Sucre.
Syndicat de Garantie des Industriels Français,
(Girard, 167, rue de Rome), Assurances, Acci­
dents.
Vinatié, 102, rue d’Italie, Boites métalliques.
Ytier, L. et C1*, 2f7, rue Pavillon, Assurances
Maritimes.

�Quatrième Année.

N° 26

1er Janvier 1Ü10.

L’EXPANSION COLONIA
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
C lim a ts c h a u d s
et A c c lim a te m e n t
Les Européens peuvent-ils s’acclimater aux
climats chauds et y implanter leur race ? Tel­
le est la question préjudicielle qui se pose
à l ’origine de toute colonisation.
La réponse n’est pas une. Il y a une ques­
tion d’espèces, la solution différante suivant
les pays chauds que l’on considère : 'pays
chauds salubres à climat modéré, où l ’accli­
matement de l’individu et de la race est pos­
sible ; pays chauds salubres mais excessifs,
où l ’adaptation individuelle est encore possi­
ble, l ’implantation de la race ne pouvant être
espérée qu’après des siècles d’adaptation in­
dividuelle ; pays chauds insalubres où l’ac­
climatement ne peut être envisagé qu’après la
suppression préalable de l’insalubrité.
Il y a en effet climats chauds et climats
chauds : équatoriaux, tropicaux, prétropi­
caux ; et dans chaque subdivision il existe
une infinie variété que commandent les con­
tingences locales, voisinage de la mer, vents
locaux ou généraux, courants marins, topo­
graphie, hydrographie, etc., etc.
Les pays chauds, considérés en général,
sont délimités au Nord par le 36° de latitude
et au Sud par le 32°, moins étendus au Sud
en raison des vastes surfaces océaniques de
cet hémisphère et de l ’accélération de la mar­
che apparente du,soleil au voisinage du tro­
pique Sud. Dans le mouvement pendulaire
qu’il accomplit entre les tropiques, suivi
de l’anneau nuageux que pressent au Nord et
au Sud, en sens inverse, les vents Alizés, le
soleil distribue les saisons sur cette vaste zo­
ne, déversant la pluie et la clialeur sur les
terres au-dessus desquelles il passe, tandis
que la sécheresse et la fraîcheur régnent là
où il est déjà passé et là où il va passer.
Dans les régions équatoriales (étendues ap­
proximativement du 10° lat. S. au 12° lat. N.),
il y a deux saisons chaudes et pluvieuses (une
0

grande et une petite) et deux saisons sèches
(une grande et une petite). La grande saison
des pluies a lieu quand le soleil vient du Sud,
suivi d’un anneau nuageux qui,s’est chargé
d’eau, au-dessus des vastes océans de l’hé­
misphère austral. La petite saison des pluies
se produit à son retour du Nord au Sud. En­
tre les saisons des pluies s’intercale une pe­
tite saison sèche. La grande saison sèche a
lieu quand le soleil est au-dessus de l’hémis­
phère opposé au lieu que l’on considère.
Dans les régions tropicales, comprises en­
tre les tropiques et les confins de la zone
équatoriale, il n’y a en réalité que deux gran­
des saisons ; une grande saison sèche et
fraîche quand le soleil est en marche vers
l’hémisphère opposé ; une grande saison des
pluies quand le soleil est au-dessus de la ré­
gion considérée ; les deux passages se succé­
dant à époques rapprochées, se fusionnent et
confondent leurs effets.
Quant aux régions prétropicales (étendues
du 32° S- au 36” N. jusqu’au voisinage des
tropiques), elles jouissent de quatre saisons
qui rappellent l’hiver, le printemps, l’été,
l’automne des pays tempérés. La saison des
pluies coïncide ici avec le froid.
Les pluies sont inégalement déversées sur
les zones climatériques qui s’étagent du Sud
au Nord : plus abondantes dans les zones
équatoriales, très rares dans les zones prétro­
picales, plus abondantes au Nord et dans les
climats insulaires. Tandis qu’il tombe près de
quatre mètres d’eau à la Guyane, à GrandBassarn, à Bornéo, il en tombe à peine un
peu plus d’un mètre à La Réunion et en
Nouvelle-Calédonie, moins d’un mètre à Diégo-Suarez et 100 millimètres seulement à
Port-Saïd.
L ’anneau nuageux, qui accompagne le so­
leil, ne s’élève pas jusqu’aux régions pré­
tropicales. Il s’arrête à la limite des deux
bandes désertiques, sèches et chaudes qui,
au Nord-et au Sud, séparent les terres tro­
picales des terres prétropicales (Sahara,
Egypte,-Arabie, Iran,-Tartarie, Gobi au

�2

L ’EXPANSION

Nord ; — Kalahari, Victoria ; — Gibson et
Great-Sandy, Grand-Chaco, au Sud).
Les facteurs principaux et constants de ces
climats chauds sont la température élevée
et l'hum idité sous forte tension. Les moyen­
nes annuelles de température (28° régions
équatoriales ; — 23° régions tropicales ; —
20° régions prétropicales) n’ont pas de valeur
absolue. Il faut considérer la constance en
toutes saisons et à toute heure de jour et de
nuit (variations saisonnières de 5° à 6° et diur­
nes de 2° à 5°) dans la zone équatoriale ; il
faut considérer les grandes amplitudes thermométriques (variations saisonnières de 9°,
diurnes de 20°) en saisons fraîches et les
températures très élevées en saison chaude,
supérieures mêmes à celles des régions équa­
toriales, dans la zone tropicale ; il faut con­
sidérer enfin les amplitudes saisonnières con­
sidérables des régions prétropicales très sem­
blables à celles des régions tempérées. Les
vents et l ’altitude des lieux apportent des
tempéraments à la chaleur (1° pour 150 mè­
tres d’altitude en moyenne).
L ’autre facteur, l'hum idité, rarement audessous .de 60 centièmes et souvent au-dessus
de 85, joue un rôle capital sur l ’organisme
du transplanté en raison de sa haute tension
habituelle (22 millim. à la Guyane, à la Gua­
deloupe, 18 au Congo, 8 à Bruxelles) dont le
maximum se produit précisément aux épo­
ques où la chaleur est plus forte, c’est-à-dire
au moment où l’organisme humain ne lutte
contre la température extérieure très élevée
que par une évaporation cutanée abondante
que l ’humidité vient, entraver.
Les autres agents climatériques, lum ino­
sité, tension électrique, pression barométri­
que n’ont qu’une action relativement secon­
daire.
En dehors des agents climatériques, il est
dans chaque climat partiel ûn facteur de sa­
lubrité dont l ’influence est capitale dans la
colonisation : c’est la nature du sol. Les ter­
res basses, humides, argileuses, coupées de
cours d’eau débordants ou de flaques d’eau
stagnantes, incultes et très boisées, riches en
matières organiques.sont impropres à la colo­
nisation tant que la main de l’homme ne les a
pas transformées : elles sont les foyers or­
dinaires des maladies endémiques : dysen­
terie, paludisme, fièvre jaune, maladie du
sommeil, fibriose, etc. Au contraire les sols

COLONIALE
à pente régulière ou perméables, faits de
sable ou de gravier, les terres hautes sans
eaux stagnantes, sont généralement plus hos­
pitalières pour les transplantés : l’air qui
baigne les vastes étendues sablonneuses de
l’Egypte est pur de germes (28 germes non
pathogènes pour 100 litres d'air, dans le dis­
trict d’Helouan, Egypte, d’après Engel) et ne
peut être comparé qu’à l ’air recueilli en plei­
ne mer.
La valeur sanitaire d’un pays est donc
étroitement liée à la nature du sol plus qu’à
la puissance des. agents météoriques. L ’insa­
lubrité n’est pas fonction du climat chaud.
Lorsqu’il s’agit d’apprécier la possibilité pour
les races blanches de s’implanter dans la
zone chaude, il faut examiner séparément
les agents climatériques purs, dégagés de
toutes contingences, et les agents telluriques
ou biologiques liés à l’état du sol. Si cette dis­
tinction primordiale est faite, on aperçoit que
dans la zone chaude, là où les agents météo­
riques sont seuls agissants, sont les pays
salubres ; les pays insalubres sont là où à
l’influence météorique viennent s’ajouter les
contingences représentées par les agents tel­
luriques ou biologiques.
Là première catégorie, pays salubres, peut
être subdivisée en climats chauds modérés
où l’acclimatement de l’Européen et de sa
race est possible (Nouvelle-Calédonie, Tahiti,
Saint-Barthélemy, etc.), et en climats chauds
excessifs où l’acclimatement individuel est
seul possible à des conditions qu’il faut pré­
ciser ; quant à l'acclimatement de la race
il ne sera possible qu’après des siècles d’a­
daptation individuelle et de sélection.
La deuxième catégorie, pays insalubres,
comporte la même subdivision : mais dans
l’un et dans l’autre, qu’il .s’agisse de l’adap­
tation individuelle ou de l’implantation de la
race, les contingences telluriques et biolo­
giques devront être supprimées pour que la
colonisation soit possible : alors, en effet,
le transplanté sera soumis aux seules in­
fluences climatériques, et se trouvera dans
les conditions de la première catégorie. Jus­
que-là il n’y a pas d’acclimatement possible
dans les pays insalubres : contre les mala­
dies endémiques, il n’y a pas d’accoutuman­
ce ; il n’y a d’efficace que la prophylaxie et
la vaccination.

�L ’EXPANSION
Si l’on considère les phénomènes d’adap­
tation au milieu nouveau qui s’accomplis­
sent dans l’organisme, de l’Européen trans­
planté dans les pays chauds salubres et qui
constituent les opérations de l’acclimate­
ment, on se rend compte de l ’impuissance
des agents météoriques à créer d e ' toutes
pièces des maladies dites endémiques, et on
mesure, d’autre, part, le rôle que l’hygiène
est appelée à remplir dans cette période de
transformation, qui aboutira à un nouvel
équilibre physiologique, pour prévenir l ’ex­
cès des réactions. Le système nerveux, après
une excitation passagère et dangereuse au
début, est déprimé et un alanguissement gé­
néral s’empare du transplanté qui doit régler
désormais tous ses efforts physiques ou intel­
lectuels. La respiration s’accélère pour com­
penser le déficit d’oxygène raréfié dans l ’at­
mosphère chaude et humide. La pression du .
sang, appelé à la périphérie, est diminuée.
Chez la femme la menstruation est suracti­
vée et la lactation diminuée. La fonction di­
gestive est entravée par la diminution de l ’a­
cide chlorhydrique normal dans l’estomac,
mais elle est surtout menacée par les excès
alimentaires, les abus de boissons provoqués
par la chaleur chez le nouvel arrivant ;
ainsi les sucs digestifs sont dilués, les ma­
tières alimentaires sont mal élaborées et vont
irriter l ’intestin et le foie, d’où diarrhées al­
ternant avec la constipation, congestion de
foie, sécrétion exagérée de la bile, diminution
du rôle anti-microbien, anti-toxique, régula­
teur des fermentations intestinales que rem­
plit le foie. L ’excrétion des urines est dimi­
nuée et, par contre, les fonctions de la peau
sont suractivées. Elle est pigmentée par la
mélaïne, protôctrice contre les rayons calori­
fiques. Les matières sébacées sont secrétées
en plus grande abondance et forment un en­
duit protecteur contre les irritations extérieu­
res qui, en exaspérant la fonction des cen­
tres de thermogénèse, exagèrent la produc­
tion de chaleur animale et de sueur. La pro­
duction augmentée de sueur et son évapora­
tion à la surface de la peau sont des phéno­
mènes providentiels, régulateurs de la cha­
leur corporelle qui tend à s’accumuler et à
devenir excessive narce que les pertes de ca­
lorique par rayonnement et conductibilité,
qui s’élèvent à 2.000 calories environ sur les
2.700 produites par le corps, sont supprimées

COLONIALE

il

dans les pays chauds où toute l’ambiance est
à une température élevée voisine de celle du
corps- C’est par l’évaporation cutanée prin­
cipalement que l ’organisme rétablira l’équi­
libre thermique menacé. C’est elle que l’hygicne doit favoriser par les soins de la peau,
par le choix du costume, de l’habitation et
des aliments peu calorigènes, par la régle­
mentation du travail. Cet équilibre thermi­
que sera plus instable dans les pays chauds
humides où l’évaporation cutanée est entra­
vée par les hautes tensions de la vapeur d’eau
atmosphérique, A défaut des soins hygié­
niques qui compensent partiellement l’élimi­
nation insuffisante, la peau fonctionne mal,
est irritée, se couvre d’éruptions diverses
(bourbouilles, eczémas, furoncles, etc. ), le
calorique s’accumule et alors se produisent
les insolations ou plus souvent le coup de
chaleur, accidents qui, pour n’être pas spé­
ciaux aux pays chauds, y acquièrent une fré­
quence et une gravité exceptionnelles.
Dans cette période de transformation, dite
d’acclimatement, au cours de laquelle-le mi­
lieu intérieur de l’organisme du transplanté
tend à se mettre en équilibre chimique, phy­
sique, thërmique avec le milieu extérieur, il
importe que l’effort d’adaptation soit toujours
proportionné à la faculté de résistance de l ’in­
dividu et qu'il soit maintenu dans la limite
des variations modérées- par une nouvelle
règle de vie.
A défaut se produisent ces maladies si
fréquentes chez les nouveaux-venus qu’on
a cru autrefois qu’elles n’étaient que des ma­
ladies d’acclimatement : diarhées et fièvres
saisonnières, anémie. Loin de préparer ou de
favoriser l’adaptation, ces maladies ouvrent
la voie-aux maladies sporadiques infectieuses
dans les pays sans endémicité et aux mala­
dies endémiques dans ies autres. Elles doi­
vent être évitées par l'observation des prin­
cipes d’hygiène pendant la traversée et dès
l’arrivée.
Cependant l’anémie, dite des pays chauds,
peut se produire fatalement dans bon nom­
bre de pays chauds salubres à climat exces­
sif. Elle n’est pas un phénomène providentiel
qu’on recherchait autrefois et qu’on hâtait
par les saignées (! !)'''pour arriver plutôt à
l’indigénisation. Elle est un état morbide qui
ouvre la porte à toutes les autres maladies,
surtout les maladies infectieuses. ’ Mais l’a-

�4

L'EXPANSION

némie essentielle due au seul climat est
moins fréquente qu’on ne le croit générale­
ment, si on fait abstraction des états anémi­
ques dus aux parasites intestinaux (tricocéphales, ankylostomes, lombrics, tœnias), aux
parasites du sang (hématozoaires du palu­
disme, filaires, trypanosomes), aux troubles
digestifs répétés engendrés par les excès alilimentaires, les excès de boissons, les refroi­
dissements nocturnes ; aux toxémies alimen­
taires, aux toxémies consécutives, aux lésions
des reins et du foie, aux intoxications
par les gaz délétères (oxyde de carbone), en­
fin à la claustration des femmes et des hom­
mes à vie sédentaire trop longtemps et trop
complètement soustraits à l’action vivifiante
de la lumière solaire.
Ainsi, même pour cette maladie, qui pa­
raît être fonction nécessaire du climat pur, il
y a possibilité d’en diminuer le nombre et
la gravité par l ’éloignement de contingences
qui créent des états anémiques confondus
avec l ’anémie essentielle et que l ’hygiène
peut efficacement combattre.

COLONIALE

créera le type nouveau apte par ses qualités
transmises héréditairement à constituer une
race nouvelle diversifiée par le climat.
Les procédés artificiels d’adaptation favo­
risent et accélèrent ainsi la colonisation qui
peut s’accomplir avec succès par les seules
forces naturelles, ainsi qu’en témoignent les
colonisations de S. Léopoldo, par les A lle­
mands (120 familles créant, en 45 ans une
agglomération de 120.000 individus), celle de
Saint-Barthélemy, aux Antilles françaises
(moyenne annuelle des décès 17.91 pour 1000
habitants ; moyenne des enfants : 5 par mé­
nage ; 442 naissances pour 210 décès de tout
âge ; 7.91 pour cent des individus comptant
plus de 60 ans !).
*
**
L ’acclimatement ainsi acquis est-il capa­
ble de préserver des maladies endémiques,
ou endémo-épidémiques ? — Non. — Con­
tre ces maladies il n’y a qu’une protection
véritablement efficace, c’est la prophylaxie
scientifique, méthodique, constante : tant que
les agents spécifiques (ordinairement conta­
Telle est en définitive toute l ’action nocive. ges animés) de ces maladies ne sont pas sup­
du climat chaud, si l ’on tient compte de la
primés, tant que leurs foyers ou leurs réser­
seule puissance des agents météoriques, si
voirs n’ont pas été transformés ou détruits,
on en dégage les contingences telluriques ou
il faut se garder contre l’introduction possi­
biologiques dont les effets, souvent surajou­ ble de ces germes, générateurs de maladies.
tés, troublent l’équilibre d’adaptation. Ces
Il faut s’en garder en élevant des barrières
contingences ne sont pas inséparables du cli­
(moustiquaires, filtres, etc...) entre ces ger­
mat chaud : elles n’en sont pas fonction né­ mes ou leurs véhicules (eau, hommes, insec­
cessaire.
tes) et les organismes sains ; il faut s’en gar­
Il apparaît que dans cette perturbation
der aussi par une hygiène générale bien com­
physiologique qui signale l ’effort d’adapta­ prise, appliquée avec discernement, appor­
tion du milieu intérieur du transplanté avec
tant moins d’entraves que les soins de toi­
le milieu extérieur nouveau une sélection na­ lette habituels, qui rendra l’organisme fort,
turelle s’opérera qui éliminera les faibles, les
résistant, réfractaire à l’ensemencement des
tarés, offrant des lésions préalables qui dis­ germes de maladie. L ’adaptation naturelle
posent aux accidents signalés plus haut (ain­ contribue à assurer cet état réfractaire. Au
si l ’arthritisme qui prédispose à la congestion
contraire les perturbations physiologiques du
du foie ou du cerveau, le mauvais état de
début et les troubles morbides qui en mar­
la dentition qui dispose aux troubles diges­ quent les excès, mettent l’organisme du
tifs, les lésions du cœur, des reins et du
transplanté en état de réceptivité. C’est dans
foie qui disposent aux coups de chaleur, l’al­ ce sens et dans cette mesure qu’il faut com­
coolisme qui dispose aux congestions, etc.).
prendre le rôle joué par le climat dans le
Pour atténuer les rigueurs de la sélection na­ développement des maladies endémiques
turelle, il est bon de procéder avant le départ
qu’il ne peut créer de toutes pièces. Il pré­
pour les colonies à une sélection artificielle
pare le terrain. L ’hygiène générale, en faci­
qui éliminera les faibles et les tarés et ren­ litant l’adaptation, en conservant les forces
dra moins onéreuse 'et moins dangereuse la
de résistance, en réglementant la nouvelle
transformation opérée par le climat, action
existence dans le nouveau milieu, donne l’é­
lente, constante, que l ’hygiène modère et qui
tat réfractaire.

�L ’EXPANSION
Ainsi compris l ’acclimatement n’est plus
un acte fatal s’acomplissant au gré des am­
biances, mais représente une lutte entre le
milieu intérieur et le milieu extérieur dans
laquelle la volonté et la science de l ’homme
peuvent et doivent intervenir efficacement
pour modérer les réactions ,pour les propor­
tionner aux facultés de résistance par le choix
du lieu, du temps, par la:transformation des
habitudes, la réglementation du travail et
de l ’alimentation, par l ’amélioration du sol.
A l’effort naturel d’adaptation viennent en
aide les procédés artificiels que la science
moderne rend chaque jour plus précis, plus
pratiques, plus efficaces. Si les influences
météoriques sont au-dessus de la puissance
de l’homme, celui-ci peut en atténuer les
effets ; il dépend de lui surtout d’aménager
le sol sur lequel il va vivre, d’y supprimer les
agents biologiques dangereux qui aggravent
l’action climatérique et la compliquent. Ain­
si l’homme ne subit pas seulement l ’adapta­
tion au climat chaud : il la dirige en partie.
Il doit y faire preuve de science et de vo­
lonté autant que de force.
Dr G. R e y n a u d .
Médecin en chef du Corps de santé des Colonies
en retraite,
Professeur^» l’École de Médecine
et à l'Institut colonial.

IHST1TUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
Commission Administrative
Du 2 décembre 1909
La Commission Administrative de l’Insti­
tut Colonial Marseillais s’est réunie le 2 dé­
cembre, à i l heures du matin, sous la pré­
sidence de M. A, Artaud, président de
l’Institut.
Etaient présents :
MM. A. Artaud, président ; A. Armand,
Bohn, Heckel, Ponsinet, vice-présidents ;
Fouque, secrétaire ; Ytier, Léotard.
Le procès-verbal de la dernière réunion
est lu et approuvé.
M. le Président met ses collègues au cou­
rant des détails de la vie intérieure de l ’Ins­
titut et de l ’ordre du jour à préparer pour la
prochaine réunion du Conseil d’admi­
nistration.
Après un échange de vues entre les mem­
bres du Bureau, la séance est levée à midi.

COLONIALE

5

. CONSEIL D’A D M IN IS TR A TIO N
Séance du 18 décembre 1999.
La séance est ouverte à 2 h. 1/2, sous la
présidence de M. Artaud, président .
Etaient présents :
MM. Heckel. Bohn, Armand, Ponsinet,
Allemand, Fouque, Barlatier, Ytier,Joannon,
Bourbillon, Jacquemet, . Léotard, Estier,
Blanc, Rastit, Martin-Laval, de Roux.
Se sont fait excuser : MM. Lévy, VeTten,
Dufour, Gaffarel, Bry, d’Allest, Rastoin.
Lecture est donnée du procès-verbal de la
dernière séance par M. Fouque, secrétaire.
Il est adopté.
Le Président félicite M. Martin-Laval de
sa nomination de Juge au Tribunal de Com­
merce au nom du Conseil, dont les membres
applaudissent ses paroles.
Il expose les raisons qui ont empêché la
réunion du Conseil en novembre : sa démis­
sion et celle de M. Allemand, trésorier, dé­
terminées par la situation financière de l’Ins­
titut, tous deux ayant préféré soutenir les
besoins du budget comme simples membres
de la Chambre de Commerce, pour laisser
à celle-ci toute l’indépendance d’une, résolu­
tion nécessaire à la sauvegarde de l’existen­
ce même de sa filiale. Le Président déclare
qu’ils obtinrent ainsi grâce au concours de
MM. Bohn et Armand, une subvention sup­
plémentaire de 20.000 francs pour 1909, et
une de 15.000 pour 1910, ce qui permettra la
remise en état des réserves statutaires et lais­
sera une somme pour imprévu. Sa démission
avait aussi d’autres causes, notamment une
raison de santé, et aurait été maintenue sans
la démarche des membres du Bureau auprès
du Président de la Chambre de Commerce;
le priant d’intervenir auprès de lui polir la
faire retirer ; cette instance, doublée de l’af­
firmation d’un concours effectif de ses colla-borateurs immédiats, le décida à reprendre
la présidence, en regrettant que M. A lle­
mand ne veuille pas céder aux mêmes solli­
citations, et maintienne sa retraite.
Le Président rappelle qu’il demanda, lors
de la précédente réunion du Bureau, l’as­
sentiment de ses collègues, pour proposer
au Conseil l’adjonction d’un collaborateur
au Secrétariat, afin de mettre en ordre les ar­
chives de l’Institut, et surtout pour établir
une correspondance suivie avec les membres
correspondants de l’Institut, dont les com­
munications étaient devenues trop rares. Le
Président fut conduit sur les observations de
ses collègues à déclarer que le travail du
secrétariat était insuffisant. Cette déclaration
lui amena une lettre de M. Moriceau, don­
nant sa démission de Secrétaire général à
présenter au Conseil de ce jour.
Le Président soumet la question, et ouvre
la discussion à ce sujet.
M. Ponsinet déclare regretter cette démis­
sion, M. Moriceau étant un colonial expé­
rimenté, d’une honorabilité incontestable,

�6

L ’EXPANSION

ayant toujours rempli ses fonctions à la sa­
tisfaction de tous, et passé à la retraite à la
limite d’âge ; il serait peiné de lui voir rési­
lier ses fonctions définitivement, et attribue
l ’insuffisance du travail du Secrétariat à la
confusion des services rendus par son Secré­
taire-adjoint au Syndicat des Exportateurs
conjointement avec son service à l’Institut;
il craint que cette organisation ne porte at­
teinte en définitive à l ’autorité et à l ’influence
de l ’Institut.
M. Bohn répond que c’est la première fois
qu’il entend incriminer le Syndicat des Ex­
portateurs, qu’il préside, et affirme que l’Ins­
titut n’a rien à craindre de ce côté, toute con­
fusion devant être supprimée si elle se pro­
duisait.
M. Heckel déplore le départ de, M. Mori­
ceau, qu’il regrette à cause de ses connais­
sances coloniales étendues et demande que
son remplaçant soit choisi parmi les colo­
niaux compétents.
M. Armand met les choses au point, en
déclarant que l ’honorabilité de M. Moriceau
ne peut être contestée par personne, et que
les défectuosités constatées proviennent du
système de travail trop administratif pour
des marchands comme les membres de l’Ins­
titut, qui ont l’habitude 'd’un travail plus
actif et plus efficace.
Le Président résume la discussion en dé­
clarant qu’il ne croit pas un débat possible
sur une question aussi délicate qu’une ques­
tion de personne, mais constate la parfaite
honorabilité de M. Moriceau qui est hors
de cause. Il explique- l’intervention du Syn­
dicat des Exportateurs nar un appointement
supplémentaire à un employé que le budget
ne permet pas de rémunérer suffisamment
et le peu de temps pris pour ce travail. Il
met aux voix la démission de M. Moriceau
qui -est acceptée.
Le vote acquis, M. Armand demande qu’il
soit offert une place, au Conseil à M. Mori­
ceau, pour bien marquer l ’estime en laquelle
il est tenu. M. le Président veut bien se char­
ger de préparer cette solution en vue du pro­
chain renouvellement du Conseil.
Par suite de la démission de M. Allemand,
-trésorier, regrettée par tous les membres du
Conseil, qui avaient'remarqué sa sollicitude
financière, le Président propose la nomina­
tion, à ce poste de M. Ytier, qui accepte,
après- avoir vu MM. Laplane et Allemand,
renonçant définitivement.
M. Ytier est élu trésorier, à l ’unanimité.
L ’ordre du jour appelle la question du Mu­
sée commercial. Le Président de l ’Institut
l’expose brièvement et donne la parole à
M. Fouque. président, pour '■'résenter un rap­
port sur ce sujet, au nom de la Commission
du Musée commercial. Ce rapport conclut
qn-e l ’idée première d’un Musée commercial
d’Enspiamement, montrant les applications
industrielles et commerciales des produits
coloniaux, n’ayant pu être réalisé, un Mu­

COLONIALE
sée où domine la publicité n’offre pas un in­
térêt suffisant étant donnée la diminution de
recettes ; il y a lieu en conséquence d’exa­
miner les offres de sous-location du local ac­
tuel-du Musée commercial, occupant le de­
vant du rez-de-chaussée de l’Institut.
Après discussion, le Président met aux
voix les conclusions du rapport de M. Fouque
qui sont adoptées à l’unanimité.
M. le Président, soumet au Conseil, les
adhésions de MM. :
Société le Nickel. Paris.
Piaffineries
Internationales de Soufre,
Marseille.
Cie du Borar, Marseille, qui sont adoptées.
Les démissions de MM.
Le Sérurier et Barjavel, sont-enregistrées.
Lé Président donne connaissance de la
correspondance reçue, notamment d’une
subvention de 500 francs de la Chambre d’a­
griculture de la Réunion, et des remercie­
ments du Gouvernement d’Indo-Chine. sur le
débouché des meubles en rotin signalé par
notre service.
Plus rien n’étant à l’ordre du jour, la séan­
ce est levée à 4 heures 1/2.

NEUVIÈME JOURNÉE MARITIME
Un C oups

s u r la M a r i n e

m archande

Favorisée le samedi 4 décembre par un
temps inespéré, la 8e journée maritime, réu­
nissant une centaine de touristes, put malgré
une houle prononcée exécuter son program­
me à l’extérieur des Ports. La jeunesse de nos
Ecoles spéciales y était représentée brillam­
ment par des délégations d’Elèves de l’Ecole
supérieure.de Commerce., de l’Ecole d’ingé­
nieurs et de l’Ecole pratique d’industrie ;
c’est pour l’Institut une grande satisfaction
de voir son idée d’enseignement maritime
suivie des écoles avec intérêt. L ’examen de
nos Ports de leur outillage,de leur actif trafic,
du constant mouvement de ses paquebots, des
remorqueurs, mahonnes -et chalands, vu du
bord d’un bateau de promenade traversant
les bassins, présente une image autrement
vivante, impressionnante, que celle trop res­
treinte des quais de rive, toujours -encombrés
de wagons, camions ët marchandises.
Profitant, de l’état favorable de la mer, le
Bois-Sacré, après avoir contourné les quais
jusqu’à la grande grue de 120 tonnes, dont
on a renvoyé la visite à une date ultérieure,
prit le large et cingla vers l’Estaque en lon­
geant la jetée du canal de Marseille au Rhône
en cours de construction, laissant espérer à
son abri la conquête prochaine d’un rivage
étendu, sur lequel viendront' s’installer de
nouveaux entrepôts, docks et manufactures.
La direction suivie par la jetée se fait jour
sur presque tout le parcours, et l’œil peut

�L ’EXPANSION COLONIALE
raccorder la ligne entre les émergences de
l’Estaque et le Cap Janet ; on put ainsi se ren­
dre. compte de l’aménagement futur du riva­
ge en surface remblayée, qui nécessitera
certainement plus de deux millions de mè­
tres cubes, laissant un espace considérable
aplani entre le rivage actuel et le bord du
canal, où pourraient s’installer à leur a-se
les fameuses zones franches si désirées, in­
dispensables au développement du commer­
ce marseillais.
Le Port de la Lave s’aménage peu ;i peu';
les touristes furent impressionnés par le tra­
fic intense de l ’entreprise Vaccaro, dent le
matériel en mouvement encombrait le bas­
sin. Il vint à la pensée de tous qu’au début
de cette installation, les dimensions de ” e
Port n’avaient pas été prévues assez spacieu­
ses. Ce coin abrité des vents du Nord, qui sert
d’antichambre aux navires entrant aux p ris
Nord pour éviter le dangereux mistral,— de
là son nom de « l’Estaque » pour « estacade »,
— aurait dû être aménagé pour le débarque­
ment des passagers en cas de mauvais temps;
cette absence d’organisation fait perdre quel­
quefois un ou deux jours aux voyageurs des
lorigs-courriers, à cause du fléau provençal.
Le tunnel du canal n’est pas encore amor­
cé, quoique la date du premier coup de mine,
dont la Journée Maritime eut l ’honneur, soit
déjà vieille. La déviation de la route du Pove
suit son cours, mais de ce côté les transfor­
mations sont lentes, et il est à craindre que
beaucoup de ceux qui s’occupent actuellement
des travaux du canal de jonction n’en voient
pas la terminaison : c’était le sentiment gégéral des touristes de la Journée Maritime,
déplorant les retards de ces travaux. Ils Si uhaitèrent que la prochaine autonomie des
ports permette plus d’activité dans l’exécu­
tion de ce programme si intéressant pour
l’avenir de Marseille.
Le jour trop court ramena le Bois-Sacré à
son point d’amarrage au quai de la Fraterni­
té. au moment où les feux multicolores de la
Cité, et ceux du ciel dans le crépuscule finis­
sant, s’allumaient de toutes parts en un
scintillement d’illumination et de fête, lais
sant-à tous la satisfaction d’une journée bien
remplie.
*
» *
Nous sommes heureux d’annoncer à nos
lecteurs une nouvelle initiative, à côté de no­
tre entreprise d’enseignement des choses de
la mer. M. Georges Ripert, le distingué pro­
fesseur agrégé à la Faculté de Droit d’Aix,
à eu l’heureuse idée, pour le cours public
qu’il professe à la Faculté des Sciences de
notre ville, de prendre pour sujet la Marine
marchande française, les causes de sa déca­
dence et les remèdes possibles. Tous nos coneitovens-seront intéressés par de semblables
conférences, qui touchent à l’existence mê­
me de Marseille premier port de France ;

7

nous les signalons aux Marseillais soucieux
de l’avenir de notre activité et de la fortune
publique. C’est un effort à encourager, à
propager autour de nous ; le relèvement de
notre Marine est un thème très grave, quand
on considère notre subordination commer­
ciale au Pavillon étranger, pour près des 3/4
de notre trafic, et les nombreux millions que
nous payons chaque année pour frêt aux Ma­
rines étrangères.
L ’opinion est un facteur indispensable en
cette matière, pour appliquer les remèdes
que le professeur Ripert saura bien indiquer,
et nous lui devons tous le plus large
concours.
A. F.

BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
1° M. L..., de passage à Marseille, désireux
d’aller s’installer au Maroc,, est venu deman­
der au Secrétariat de l’Institut, les conditions
dans lesquelles il pourrait acquérir aux en­
virons de Tanger, des terrains destinés à la
construction.
A la suite de la conférence d’Algésiras, un
groupe de spéculateurs a accaparé la pres­
que totalité des terrains à bâtir de Tanger et
de sa banlieue. A l’heure actuelle, ces ter­
rains constituent une Surface qui serait suf­
fisante pour construire une ville qui serait
plus grande qu’Alger. Les prix d’achat sont
exorbitants, et en raison même de la situa­
tion de Tanger, qui est celle d’une ville nais­
sante. on pourrait dire qu’ils sont inaborda­
bles. Les loyers sont fort chers à Tanger, et
hors de proportion avec la mauvaise cons­
truction et l’aménagement défectueux des
immeubles. Il conviendrait donc, à l’heure
actuelle, de n’envisager que la construction
de maisons et de villas d’un prix de revient
modique, pour abaisser le prix des loyers ;
mais ceci ne pourrait actuellement se réali­
ser que dans des terrains assez éloignés de
la ville. Les terrains placés près de la villa
Harris, soit à la « Montagne » ont une situa­
tion avantageuse à tous les points de vue,et
leurs prix sont encore accessibles, mais le
manque de moyens de communications pra­
tiques empêche d’y aborder commodément.
11 faudrait des routes et des rues. Provisoi­
rement la spéculation sur les terrains à bâ­
tir et sur les bâtisses à Tanger manque
d’intérêt.
'L ’accroissement de la population européen­
ne à Casablanca met cette ville dans une si­
tuation tout autre. Les terrains y sont déjà
chers, mais l’obligation dans laquelle se trou­
ve la ville de s’étendre peut permettre la
construction de maisons d’habitation dans
la banlieue actuelle.
Les logements bien aménagés manquent
totalement à Casablanca et une affaire qui
paraît excellente à tenter, serait celle qui
consisterait à construire au-dessus des ma­
gasins à rez-de-chaussée existant déjà, des

�8

L'EXPANSION

logements bien aménagés. La location en se­
rait presque assurée, et les personnes inté­
ressées aux affaires immobilières pourraient
trouver à Casablanca matière à spéculations
fructueuses.
2” M. E. M..., pharmacien, serait désireux
de trouver une situation, à ce titre, dans nos
Colonies. Les renseignements utiles lui ont
été fournis.
3° M. H. V..., sur le point de partir pour
Madagascar, emportant avec lui une impor­
tante quantité d’articles de soierie et d’arti­
cles de mode, nous a demandé quelles se­
raient, à notre avis, les chances de réussite
d’une telle entreprise.
En .raison du développement économique
de la grande île, des rapports fréquents qu’el­
le a avec la métropole, nous avons indiqué à
M. V.., que tous les articles de mode, suscep­
tibles de modifications fréquentes, étaient im­
portés par quantités assez limitées et que les
achats se faisaient pour la plupart directe­
ment aux maisons parisiennes.
La population européenne de Madagascar
n’offrirait donc à ce point de vue, en temps
aue clients, qu’un intérêt relatif. Nous avons
^ Iga gé notre visiteur à n’emporter avec lui
que des articles de vente courante, à bon
marché, et plus spécialement destinés aux
Indigènes. La facilité des moyens de trans­
port à l ’intérieur de la grande île, lui per­
mettrait de colporter de centre en centre
ses articles, et dans l’intérieur, il aurait des
chances de réussite.
4° M. M..., devant partir incessamment
pour le Dahomey, a tenu à se renseigner sur
les conditions climatériques de cette région.
— Les renseignements utiles lui ont été
fournis.
5° M. R. N., nous a demandé des renseigne­
ments sur le Gamellia à l ’huile. Cette plante,
en provenance de la Cochinchine. du Tonkin et de l ’Annanl, fournit une huile alimen­
taire de très belle apparence, et d’une inocuité établie par plusieurs analyses.
L ’importation de ce produit pourrait don­
ner d’excellents résultats, et nous avons en­
gagé M. R. N... à se mettre en relations avec
divers importateurs de notre ville, s’occu­
pant des huiles d’Abrasia (en provenance
des mêmes régions), et qui dans une certaine
mesure pourraient, à divers points de vue,
être assimilées aux huiles de Camellia.
6° M. O. J..., ingénieur russe, de passage
à Marseille, a signalé l ’intérêt q’auraient nos
exportateurs de caoutchouc à faire des offres
aux industriels russes de Pétersbourg et de
Moscou. L ’industrie du caoutchouc en Rus­
sie, de même qu’en Hongrie, d’ailleurs,
prend une importance considérable et les
caoutchoucs des Colonies françaises, dont on
a pu apprécier la bonne préparation lors de
notre dernière exposition, trouveraient vers
ces pays un écoulement avantageux.
Cet article pourrait être dirigé sur Fiume
ou sur Odessa, et dégrevé ainsi d’une partie

COLONIALE
des frais de transport ; il pourrait lutter avan­
tageusement à tous les points de vue ,avec les
caoutchoucs divers jetés sur le marché euro­
péen par les ports d’Hambourg, d’Anvers et
de Liverpool.
De nombreuses demandes d’emploi aux
Colonies, de renseignements statistiques et
de communications de documents ont été
adressées au Secrétariat général. Il a été ré­
pondu à toutes, ces demandes.

EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
L a R é u n io n . — N o t e s c o m m e r c i a le s .

De M. l'Agent des Messageries M ariti­
mes à la Réunion.
La Réunion, 31 octobre 1909.
Sucres. — Le prix de 26 francs a été dépassé
ces jours derniers et les ventes sont très actives,
les producteurs vendant au fur et à mesure de
la fabrication. La coupe qui sera terminée un
peu partout vers la fin de l ’année permet dès
maintenant de prévoir que la, récolte ne pro­
duira pas plus de 40.000 tonnes, plutôt un peu
moins que plus et la sécheresse persistante dans
la partie sous le vent de l ’Ile cause quelques
inquiétudes pour la prochaine campagne. Les
exportations à ce jour se sont élevées à 9.000
tonnes.
Vanilles. — Divers lots de 17 à 18 cent, de
longueur avec une proportion de 50 % de pre­
mière qualité ont été vendus, à livrer, à 35 et
36 francs le kilo, les inférieures ont été deman­
dées à 24 fr. 50. Le paquebot Melbourne, des
Messageries Maritimes, a emporté les premiers
lots de la campagne, soit environ 700 kilos.
Cafés. — Peu de ventes à 105 francs les Le
Roy et 92 fr. 50 les Pays.
Essences de géranium. — En reprise très
sensible. Le prix de 20 francs est refusé au­
jourd’hui après diverses ventes à fr. 19.25,
19.50 et 19.75. Le Natal, paquebot des Message­
ries Maritimes, emporte environ 2.200 kilos de
ce produit. La récolte de géranium, très réduite
à la. Réunion, fera que les cours ne pourront
que monter s’il se confirme, comme il a été dit,
que la récolte de l’Algérie est mauvaise.
Féculeries. — Malgré les prix plus réduits
cotés en Europe, la production du manioc et
la fabrication du tapioca sont en augmenta­
tion.
Change. — 1 % à 90 jours et 2 % à vue, avec
tendance à la baisse. La monnaie française se
vend avec une prime de 1/2 %.
Dumonteil -L aühèze.
S a in t-P ie rre -e t-M iq u e lo n
D r o i t s de n a v ig a tio n

De M. Alcide Delmont, secrétaire géné­
ra l du Comité de Défense des Intérêts
de§ lies Saint-Pierre et Miquelon.
Paris, 28 octobre 1909.
... Nous demandons, en conséquence, avec la
plus vive instance, au Sénat et à la Chambre,
de vouloir bien accorder à la Colonie une sub-

�L ’EXPANSION
vention de 60.000 francs, dans le vote du
budget de 1910 en indiquant que cette somme,
jointe aux '20.000 francs d’augmentation de
recettes déjà prévue, sera affectée à la réduc­
tion des droits de navigation.
Il y a quelques jours l’important Congrès
des Anciennes Colonies adoptait un vœu mo­
tivé signalant l ’urgence de cette mesure.
Que le Parlement entende notre appel et
celui du Congrès et donne à notre malheu­
reuse Colonie cette marque, impatiemment
attendue, de sa sollicitude.
Ce sera le premier pas fait dans l ’œuvre du
relèvement économique de Saint-Pierre et Mi­
quelon, œuvre dont nous n ’avons pas besoin
de souligner l’importance au point de vue
national- et dont dépend, en outre, le sort de
notre industrie de la pêche à Terre-Neuve, des
dix mille marins pêcheurs métropolitains qui
en vivent avec leurs familles, et de tout le
mouvement commercial qui s’y rattache.
Le sacrifice demandé est bien léger en re­
gard d’u.o tel but à atteindre. Le Parlement ne
voudra pas, en le refusant, abandonner défini­
tivement dans son lointain isolement et dans
sa détresse notre vieille colonie de l’Amérique
du Nord.
Alcide Delmont.

C O U R S C O L O N IA U X
Voici le programme des Cours coloniaux
publics qui ont été professés à l’Institut colo­
nial pendant le mois de décembre 1909 :
Mercredi 1er décembre, à 3 h. 3/4 soir, M. Ray­
naud : La pratique des concessions coloniales.
— A 5 heures soir, M. Jumelle : L’exploitation
et le commerce du caoutchouc dans l ’Amérique
du Sud.
Jeudi 2 décembre, à 8 h. 1/2 matin (au Parc
Borély), M. Davin : Culture du maïs dans les
pays chauds.
Vendredi 3 décembre, à 5 heures soir, M.
Laurent : Géologie et richesses minérales de
rindo-Chine.
Samedi 4 décembre, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud : Hygiène du passager à bord.
Lundi 6 décembre, à 5 heures soir, Dr J. de
Cordemoy : Industrie des thonaires en Tunisie.
Mardi 7 décembre, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reyriaud : Epuration de l’ eau par l’ozone et par
les filtres.
Mercredi 8 décembre, à 3 h. 3/4 soir, M. Ray­
naud : Les grandes concessions du Congo
français. — A 5 heures soir, M. Jumelle : Les
caoutchoucs du Brésil et du Centre Amérique.
Jeudi 9 décembre, à 8 h. 1/2 matin, M-. Davin :
Culture des patates douces et manioc. — A
4 heures, M. Foucart : Histoire des religions.
Vendredi 10 décembre, à 5 heures soi)', M.
T aurent j Géologie et richesses minérales de
l’Indo-Chine.
Samedi 11 décembre, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud : La maison coloniale ; son emplacement.
Lundi 13 décembre, à 5 heures soir, Dr J. de
Cordemoy : Les pêcheries indigènes et les lacs
de Tunisie.
Mardi 14 décembre, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud : Procédé de filtration des eaux.
Mercredi 15 décembre, à 3 h. 3/4 soir, M.
Raynaud : Liquidation foncière ; Tact Tor-

COLONIALE

9

rens. — A 5 heures soir, M. Jumelle : Mangabeira et Guayule ; les plantations de Malaisie.
Jeudi 16 décembre, à 8 h. 1/2 matin, (au Parc
Borély), M. Davin : Cultures des patates dou­
ces et manioc. — A 4 heures soir, M. Foucart :
Histoire des religions.
Vendredi 17 décembre, à 5 heures soir, M.
Laurent : Géologie et richesses minérales de
la Nouvelle-Calédonie.
Samedi 18 décembre, à 3 h. 1/2 soir, D1' Reynaud : Types et construction de la maison
coloniale.
Ensuite, vacances de Noël.

Les cours de géographie et histoire colo­
niales de M. Masson sont suspendus pour
raison de santé.

Choses de Tunisie
MINES
Le rapport de la Commission nommée pour
élaborer un projet de nouvelle législation mi­
nière en Tunisie vient d’être soumis à la
discussion de la Conférence consultative. Voici
les conclusions principales de ce rapport :
1° Adoption cl'une législation plus rationnelle
et plus complète, tout en iespectanl les situa­
tions déjà existantes et en se mettant en har­
monie avec les conditions économiques du
pays ;
2° Nouvelles garanties pour les prospecteurs
et facilités pour les chercheurs d'acquérir les
mines qu'ils ont découvertes ;
3° Suppression d'un grand nombre de forma­
lités imposées aux concessionnaires ainsi que
de l'immatriculation ;
4° Quverture d'un crédit minier, les redevan­
ces étant basées seulement sur les produits
nets des exploitations et diminution des‘peines
en cas d'infraction aux règlements.
On vient de découvrir plusieurs gisements
pétrolifères en Tunisie. La chose n’a rien
d’extraordinaire, puisque le pétrole a été mis
au jour et exploité en Algérie et en Egypte.
M. Henry Neuburger, secrétaire du Congrès
international du Pétrole, s’appuyant sur des
données scientifiques, a montré comme normale
la présence du pétrole dans ce pays.
La géologie de la Tunisie correspond à celle
de la Roumanie, où les résultats obtenus ont
dépassé toutes les espérances.
INDUSTRIE
Il est question de créer une usine de super­
phosphates en Tunisie.
On annonce également la création de deux
fabriques nouvelles, l’une de dentelles de Malte,
l’autre de crin végétal. Pour cette dernière
industrie, des essais concluants ont été faits, il
y a quelques années à Gabès.
On étudie en ce moment la question de la
fabrication de la pâle cl’alfa, en employant
l’eau de mer déchlorurée par un procédé très
simple.
Pour favoriser l ’industrie de la chocolaterie,
le gouvernement se propose d’autoriser l ’ad­
mission temporaire en franchise des cacaos et
des sucres nécessaires à la fabrication du cho­
colat. (Les droits de douane et de" consomma-

�10

L ’EXPANSION

tion sur ces denrées sont actuellement les sui­
vants : pour les sucres raffinés, 10 francs par
100 kilos à titre de droit de consommation, s’ils
sont emportés de France ou d’Algérie ; à ce
droit se superpose un droit de douane de
6 francs pour les sucres importés de l’étranger ;
pour les cacaos, 50 francs par 100 kilos).
TRAVAUX PUBLICS
Dans quelques semaines, le dernier tronçon
de la ligne de chemin de fer de Feriana à
l’enchir Souatir sera terminé, et la Compagnie
Bône-Guelma reliera ses voies à celle du SfaxGa.fsa, à l’embranchement de Tabeditt, ce qui
permettra d’arriver par chemin de fer jusqu’au
Redeyeff.
Le Directeur des travaux de la ville de Tunis
étudie en ce moment un projet de refoulement
des eaux d’égout à la Charkia, sur la route de
la Goulette.' L ’administration aurait l’intention
de faire construire une conduite en ciment
armé sur un parcours de 5 kilomètres.
HUILE D’OLIVE
La production annuelle de l ’huile d’olive
tunisienne est extrêmement variable ; elle oscil­
le normalement entre 250.000 et 400.000 hecto­
litres, mais peut être réduite considérablement,
par suite de conditions météorologiques défa­
vorables ou des ravages des insectes et des
maladies.
La presque totalité de la production, 95 %
environ, est de l’huile d’olive comestible ;
l ’huile industrielle comprend les huiles rési­
duaires obtenues en cours de fabrication, les
huiles de pulpe et les huiles de grignon extrai­
tes au sulfure de carbone.
C’est 1a. France qui. jusqu’ à présent, absorbe
1a. majeure partie de la récclte tunisienne, tant
pour l’huile comestible que pour l’huile indus­
trielle. En 1907, la France en a consommé
11.937. tonnes sur un total de 12.461 tonnes pro­
duites ; ces chiffres comprennent 2.290 tonnes
d’huile dite de grignon importées en France,
sur un iota.l de 2.517 tonnes exportées de
Tunisie.
La production correspond à un peuplement
d’environ 10 millions d’arbrés, auxquels il y
a lieu d’ajouter les jeunes plantations encore
improductives, soit au total environ 12 mil­
lions de pieds, chiffre qui est loin de représen­
ter la limite que peut atteindre la culture de
l ’olivier en Tunisie.
Les forêts d’oliviers du Cap Bon, de Tunis,
de Tebourba, de Bizerte ont très belle appa­
rence et font espérer de forts rendements. Les
vastes oliveraies des contrôles de Sfax, de
Sousse, de Mahdia, de Monastir sont remarqua­
bles cette année par la qualité des fruits.
EPONGES
Grâce au laboratoire de biologie qui a été
institué à Sfax, il y a. cinq ans, sous la haute
et savante direction de M. Raphaël Dubois,
professeur à la Faculté de Lyon, et qui est
arrivé- à des résultats concluants, la culture
de l’éponge va bientôt entrer dans le domaine
de l’industrie.
AGRICULTURE
Un mouvement plus important de colonisa­
tion commence' à se produire vers la Tunisie.
Les terres 'acquises en 1908 par le gouverne­

COLONIALE
ment pour leur rétrocession à la colonisation
représentent une superficie de 10.832 hectares.
A. Duvau,
Directeur de l'office de colonisation
de la Tunisie.

CHRONIQUE DU MOIS
L e B u d g e t des C o lo n ie s p o u r 191 0

Cette année encore c’est M. Messimy, dont
les deux précédents rapports avaient été par­
ticulièrement remarqués, qui s’est trouvé
chargé par la commission du budget de la
Chambre des Députés du rapport sur le bud­
get des colonies ’xmr 1910. L ’honorable dé­
puté a réussi à formuler à nouveau d’excel­
lentes observations sur notre domaine colo­
nial, d’après un plan différent de ceux adop­
tés auparavant, Cette fois M. Messimy a
voulu développer surtout l’examen, des bud­
gets locaux des colonies, qui s’élèvent au to­
tal à près de 300 millions, afin d’inaugurer
un simple contrôle de la Chambre sur la si­
tuation financière de nos grandes posses­
sions.
Cette importante question n’a pas empêché
M. Messimy de présenter des considérations
générales hautement judicieuses. Dans son
intéressant rapport, un véritable ouvrage
très documenté, il réclame tout d’abord le
rattachement de l’Algérie et de la Tunisie
au ministère des colonies. Puis M. Messimy
constate que l’importation des produits co­
loniaux dans la métropole a presque dou­
blé depuis dix ans, en atteignant 200 millions
de francs. Néanmoins ce chiffre ne représente
guère que le douzième des importations mé­
tropolitaines de produits similaires ce qui
démontre que notre production coloniale est
encore loin d’occuper sur le marché français
la place qui devrait logiquement lui apparte­
nir. Cette infériorité tient à la timidité des
capitaux de la métropole, aux habitudes rou­
tinières des commerçants et consommateurs
français,' à l’insuffisance de notre agriculture
coloniale, et aussi à notre régime douanier,
qui devrait accorder la. franchise intégrale
aux produits coloniaux.
Le distingué rapporteur étudie en détail les
dépenses civiles de nos colonies, inférieures
à dix millions et par conséquent en diminu­
tion, et le budget des services pénitentiaires,
soit 7 millions et. demi, — les dépenses m ili­
taires, qui prédominent, faisant l’objet d’un
rapport spécial. Il examine ensuite les bud­
gets locaux des quatre grandes colonies à
gouvernements Généraux, et complète par
des annexes abondantes les renseignements
fournis. Nous aurons d’ailleurs à revenir sur
le travail considérable dû à M. Messimy et
duquel on peut tirer de précieux enseigne­
ments, mais nous tenions dès aujourd’hui à

1

�L ’EXPANSION
enregistrer la valeur considérable du nou­
veau rapport sur le budget colonial.
L e s bénéfices des In d ig è n e s en A l g é r i e

C’est, un lieu commun des adversaires de
l’expansion coloniale de parler de l’exploi­
tation des indigènes par les colons, en ou­
bliant naturellement les énormes bénéfices
que les populations autochtones tirent die no­
tre active occupation. Aussi est-il intéressant
de signaler à ce sujet, une statistique origi­
nale dressée par M. Paysant, préfet honorai­
re et ancien trésorier-payeur général de l ’A l­
gérie, vice-président de la Société de Géogra­
phie d’Alger. Dans une récente conférence,
cet éminent orateur a constaté que le. nombre
des ouvriers agricoles indigènes utilisés par
les Européens en Algérie s’élève à 384.000, ce
qui représente plus, d’un tiers des hommes
adultes ; les salaires annuels qui leur sont
payés atteignent 42 millions de francs,
tandis que ceux versés à la main-d’œuvre
européenne n’égalent que 25 millions.
D’autre part, les indigènes tirent de nc-us de
multiples avantages économiques, doublant
au moins le chiffre précédent. Les soldes m ili­
taires et emplois divers, les transactions com­
merciales, les travaux publics s’ajoutent au
total évalué, A oui l ’indigène vendrait-il
sans nous ses moutons, ses huiles, ses dat­
tes, son charbon, etc. ? Et tous les jours les
Kabyles achètent des terres, qui grossissent
leur patrimoine désormais assuré, en même
temps que les caisses de prévoyance fondées
par nous permettent de remédier aux consé­
quences fâcheuses des mauvaises récoltes.
Il y a des avantages d’un ordre plus im­
médiat encore que les indigènes tirent de no­
tre protection : ce. sont ceux que leur octroie
généreusement l ’assistance médicale gratuite,
dont la portée colonisatrice est immense. Un
médecin du gouvernement général de l ’Algé­
rie, le docteur Prengrueber, établi depuis
trente ans à Palestro, publie dans le Bulletin
médical de l’Algérie une remarquable étude
à ce propos, et nous ne résistons pas au plai­
sir de reproduire l ’extrait suivant du rapport
de ce dévoué praticien.
« Les différents modes d’assistance médicale
gratuite rendent tous les jours d’appréciables
services aux indigènes qui viennent en grand
nombre réclamer les soins du « toubib » fran­
çais ou solliciter leur admission à l’infirmerie.
Grâce aux intructions très détaillées de M. Jonnai't gouverneur général de l ’Algérie, les ma­
lades y sont installés dans les meilleures con­
ditions d’hygiène, tout en se rapprochant de
leurs conditions d’existence habituelle.
« Ainsi j’ai pu constater que les méfiances et
les inquiétudes des premiers jours avaient été
peu à peu remplacées par la confiance la plus
absolue ; la famille indigène s’est ouverte au
médecin ; les femmes se sont habituées à récla­
mer ses soins*; dans l’infirmerie, beaucoup
d’entre elles n’hésitent pas à venir se faire
traiter.

11

COLONIALE

« C’est ainsi que les mœurs des indigènes
peuvent se modifier insensiblement et progres­
sivement et qu’elles verseront vers le progrès
moderne en matière d’habitation, de vêtements,
d’alimentation. Cette évolution sera la consé­
quence obligée de leur changement d’hygiène,
changement qui sera aussi provoqué par les or­
dres, les conseils de l’administration. Une fois
■entré dans cette voie, le rapprochement le plus
immédiat se fera entre les indigènes et les Eu­
ropéens ; ce rapprochement, ce contact plus in­
time les entraîneront, je puis le dire, à leur
insu, dans un grand mouvement vers notre civi­
lisation et vers les obligations qui en découlent.»

***
T o u r i s t e s fr a n ç a is e t é t r a n g e r s
en' T u n i s ie

On vient de publier une statistique du tou­
risme européen en Tunisie, et les chiffres n’en
paraissent pas flatteurs pour la France, dont
les intérêts sont cependant primordiaux dans
ce beau pays. En effet, le nombre des touris­
tes qui visitent annuellement la Régence
peut être évalué à douze mille, dont trois
mille environ viennent en « caravanes » ou
voyages collectifs. Les quart des touristes dé­
barqués à Tunis visitent l’intérieur (Dougga,
Bizerte, Kairouan et le Sud).
Le plus important est qu’on répartit com­
me suit, par nationalité, les touristes qui
viennent en Tunisie ; Allemands et Autri­
chiens, 60 % ; Anglais, 20 % ; Français, 10 % ;
autres nationalités, 10 %. Il semble que le
nombre des Français devrait être beaucoup
plus élevé. Quant à celui des Anglais, il s’ac­
croîtrait notablement s’il était possible d’ob­
tenir l’escale à Bizerte des grands paquebots
qui transportent des touristes en Egypte.
L ’A d m i n i s t r a t i o n f r a n ç a i s e
e t !a la n g u e a n n a m it e

Notre situation n’est pas excellente en Indo­
chine, où bien des fautes diverses ont été
commises, mais il ne faudrait point cepen­
dant exagérer de simples perturbations lo­
cales, comme le font certains journaux, pour
en tirer des conclusions trop pessimistes sur
notre avenir colonial dans la péninsule asia­
tique. Le gouverneur général M. Klobukow’ i, qui est sur le point de rentrer en France,
a d’ailleurs pris quelques heureuses mesures
pour améliorer les rapports franco-annami­
tes e.t ramener partout le bon ordre. Mais il
est évident que la France ne pourra faire
œuvre durable en Indo-Chine sans se rap­
procher davantage des indigènes, qui appar­
tiennent càune antique civilisation,et qu’après
avoir donné aux Annamites l’instruction né­
cessaire, nous devrons leur abandonner pro­
gressivement l’administration, en gardant un
simple contrôle supérieur.On doit se prépa­
rer sans retard à une telle évolution.
En attendant il ne faut pas continuer à mé­
priser l’indis-ène parce qu’on l’ignore, ce qui
se conçoit tout naturellement puisque nous

/*

�12

L’EXPANSION COLONIALE

supportons le fait scandaleux que sur 4.500
fonctionnaires français en Indo-Chine, il n’y
en a pas encore dix qui sachent bien la lan­
gue annamite,., cela sans compter quelques
officiers. Comment admettre plus longtemps
que le corps des interprètes soit composé de
gens appartenant à la race conquise, qui se
trouvent ainsi les maîtres de toutes nos re­
lations avec leurs frères dominés par nos ar­
mes !
La plupart de nos difficultés en Indo-Chine
n’ont en réalité point d’autre origine : il n’y
a pas de politique de collaboration ou d’association possible dans des conditions pareil­
les. Que l’on regarde les excellents résultats
obtenus par nous en Algérie et dans d’au­
tres colonies avec la connaissance des langues
indigènes : c’est alors que le génie colonial
et civilisateur du Français intervient,le mêle
aux populations et le fait estimer des peuples
soumis. Il n’y a rien à. espérer de solide pour
nous en Indo-Chine sans cette réforme pri­
mordiale, que la plupart des Français de la
métropole croient certainement réalisée de­
puis longtemps.
J. L.

Le Régime douanier colonial
R A PPO R T sur le régime douanier applicable
à la Guadeloupe, présenté au Conseil géné­
ral par M. le Gouverneur BALLOT, le 10
mars 1908.
La révision du tarif des douanes faite ré­
cemment en Allemagne a causé une vive émo­
tion dans le monde de l’industrie et du com­
merce français. Les intéressés se sont plaints
que le tarif annexé à la loi de douane du 11
janvier 1892 ne les protégeait plus suffisam­
ment contre l’envahissement des produits
étrangers. Il devenait, dès lors, nécessaire de
procéder, en France, à une refonte de. la légis­
lation douanière.
La Chambre des Députés sera prochaine­
ment appelée à se prononcer sur la matière et
sa Commission des douanes se livre, en ce mo­
ment, à une étude sur cette importante ques­
tion.
Les colonies soumises au régime douanier
de la métropole sont trop directement intéres­
sées dans cette affaire pour ne pas fournir
leur part de renseignements dans l ’enquête que
poursuit en ce moment la Commission des
douanes et pour ne pas essayer de faire intro­
duire dans la nouvelle loi de douanes les mo­
difications relatives aux colonies, qu’une expé­
rience de plus de dix années a permis de re­
connaître nécessaires.
Ces considérations n’ont pas échappé à
l’attention de M. le Ministre des Colonies, dont
la sollicitude est toujours en éveil lorsqu'il
s’agit de réformes de nature à exercer une
répercussion heure ise sur le sort des colonies.
C’est pourquoi M. Milliès-Lacroix a prescrit :
1° De rechercher les résultats de l ’applica­
tion à la colonie de la Guadeloupe du régime
institué par la loi du 11 janvier 1892 ;

2° De déterminer les hases du régime doua­
nier qui serait le plus favorable au développe­
ment économique de la colonie.
Les indications demandées sont fournies ciaprès dans l’ordre indiqué.
I. Résultats de l'application à la Guadeloupe
du régime institué par la loi du 11 jan­
vier 1892.
Ces résultats peuvent être examinés à un dou­
ble point de vue :
1° Avantages ou inconvénients pour la colo­
nie ;
2° Avantages ou inconvénients pour la Mé­
tropole.
Pour que ces recherches soient complètes, il
paraît nécessaire d’exposer tout d’abord l’état
de la législation douanière dans l ’île.
La Guadeloupe est une colonie assimilée, au
point de vue douanier, à la métropole.
La loi du 11 janvier 1892 y fut appliquée le
10 janvier 1893 en même temps que le décret,
du 29 novembre 1892 qui déterminait provisoi­
rement les exceptions au tarif des douanes de
la Métropole prévues par les articles 3 et 4
de la loi précitée. Le décret du 29 novembre
1892 fut complété par celui du 3 juin 1893,
fixant définitivement la nomenclature des mar­
chandises étrangères devam bénéficier d’ une
tarification spéciale. Ce décret a été successi­
vement modifié par ceux du 6 septembre 1895,
du 18 août 1898, du 24 janvier 1899, du 12 jan­
vier 1900. du 3 septembre 1903 et du 13 juin 1906.
Ces différents textes établissent un tarif spé­
cial pour un très petit, nombre d’articles (38),
savoir : les animaux vivants (9 articles), les
produits et dépouilles d’animaux (5 articles),
les pêches (1 article), les farineux alimentaires
(5 articles), les denrées coloniales de consom­
mation (tabacs), les bois (3 articles), les mar­
bres, pierres, terres et combustibles minéraux
(3 articles), les produits chimiques pour l’agri­
culture et le sel marin, deux espèces d’ouvra­
ges en métaux, les futailles vides, les allumet­
tes et produits chimiques pour allumettes. Pour
cas rares marchandises d’alimentation et do
consommation courantes, les qualités è appli­
quer dans la colonie sont un peu moins élevées
que celles du tarif douanier métropolitain.
Tel est l’état de la législation douanière
applicable à la Guadeloupe aux marchandises
d’ importation.
Puisque fies atténuations ont été apportées,
grâce à un tarif spécial, aux rigueurs de la loi
de douanes, on peut penser que la colonie n’a
pas eu à souffrir du régime nouveau.
Il est facile de se convaincre du contraire.
La différence de traitement au profit des
marchandises nationales a eu, en effet, pour
résultat de supprimer ou de diminuer la con­
currence et d’élever ainsi le prix de presque
tous les articles. C’est à deux millions environ
qu’il faut évaluer la charge nouvelle que la
Guadeloupe supporte, chaque année, de ce
chef, au profit de l’agriculture, de l’industrie
et du commerce de la Métropole.
L ’allègement apporté, en effet, au tarif doua­
nier par la création d’un tarif spécial, a été
absolument insuffisant, le Conseil d’Etat, ap­
pelé à statuer sur la matière qn vertu de l ’ar­
ticle 4 de la loi de 1892, n’ayant approuvé
qu’une partie des délibérations du Conseil
général relatives aux dérogations à introduire

�L ’EXPANSION
dans le tarif. L a haute assemblée a ainsi
rejeté l ’inscription au tarif spécial de plusieurs
articles de consommation importante, tels que
les tissus, pour lesquels une réduction de 25 %
était demandée, les mouchoirs de l'Inde, Ma­
dras, Madàpolam, etc., et a frappé la morue
d’un droit de 45 francs, resté prohibitif, bien
qu’il ait été réduit depuis à 30 francs, au lieu
d’accorder a cet article l ’exemption de droits
proposée par l’assemblée locale.
Ainsi, et en ne considérant en ce moment que
les importations, les résultats du régime ac­
tuel devant être examinés plus loin pour les
exportations, une surcharge de deux millions
imposée à la population a été le résultat le plus
immédiat de l’application de la loi de 1892.
La répercussion que doit exercer ce fait sur
la vie économique de l’île est logiquement la
suivante : le consommateur local, obligé de
payer trois ou quatre fois plus cher la même
quantité de marchandise, est contraint de ré­
duire l’importance de ses approvisionnements.
L ’évènement est, il faut le reconnaître, en
absolue concordance avec cette déduction. En
effet, les importations des cinq années, qui ont
immédiatement précédé celle où a eu lieu l ’ap­
plication du tarif, se sont élevées respective­
ment aux chiffres suivants :
1888 .............................. F. 24.333.319
1889 ..............................
» 24.691.620
1890 ..............................
» 23.218.990
1891 ................................. »
20.455.880
1892 ...................
..21.066.283
Autotal ....................
Soit,en moyenne ....

F.
»

113.796.092
22.759.218

Les importations des cinq dernières années
ont atteint les sommes de :
1903
1904
1905
1906
1907

............................
............................
............................
............................
............................

F.
»
»
»
»

16.359.061
13.260.380
13.438.419
12.867.069
13.626.855

Au total ..................

F.

69.551.783

dont la moyenne est de 13.910.857, soit une
diminution de 49 % du commerce d’importation
de la colonie, depuis 1893.
(A suivre)

. —---- ------------- -&lt;&amp;•---------------------

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M é tro p o le
Gouverneur. — Par décret présidentiel, M.
Cor, gouverneur de la Guadeloupe, en congé,
a été chargé de l ’intérim du gouvernement
général de Madagascar.
Guinée. ■
— Un décret fixe ainsi qu’il suit les
quantités de produits originaires de cette colo­
nie qui pourront être admises en France du
1er juillet 1909 au 30 juin 1910 dans les condi­
tions de franchise des décrets des 30 juin 1892,
22 août 1896 et 25 août 1900 : café, 3.000 kilo­
grammes; bananes, un million de kilogrammes.
Conç/o. — Un décret promulgue la conven­
tion signée à Lisbonne, le 11 juillet 1908, entre

COLONIALE

13

la France et le Portugal, en vue de faciliter les
relations télégraphiques entre le Congo fran­
çais et le Congo portugais.
Inclo-Chine. — Un décret rend applicables
aux relations entre la France, l’Algérie et
l ’Indo-Chine, les dispositions du décret du 16
octobre 1907 portant organisation d’un sei-vice
d’échange de mandats télégraphiques entre la
France et l’Algérie, d'une part, et les Colonies
françaises, d’autre part. — Un décret suppri­
me la direction générale des travaux publics,
par mesure de décentralisation, et remplace le
directeur général par un ingénieur-inspecteur.

C olonies
Tunisie. — Un arrêté réglemente les extrac­
tions de sable et de matériaux sur le domaine
public maritime et dans les oueds. — Un arrêté
décide qu’à partir du 1er janvier 1910, la pêche
sera interdite dans toute l’étendue du lac de
Bizerte et du Goulet.
Dahomey. — Un arrêté prononce la réception
définitive des travaux de ballastage exécutés
par la Compagnie des Chemins de fer du
Dahomey entre Paouignan et Agouagon .
Congo. — Un arrêté porte suppression de la
région de la Haute-Sangha et création provi­
soire de circonscriptions administratives.
Indo-Chine. — Des arrêtés promulguent les
décrets portant suppression de la direction gé­
nérale de l’agriculture et du commerce et de
celle de l ’instruction publique, et réorganisent
le fonctionnement de ces services en les décen­
tralisant. — Un arrêté déclare la société des
mines d’étain du Haut-Tonkin propriétaire de
la mine dite Saint-Galmier, sise à Caobang. —
Des arrêtés fixent à 1.120.000 francs le montant
des dépenses autorisées pour l ’exécution des
travaux d’infrastructure de la section de la
ligne ferrée Saïgon-Khanhoa au Lang-Bian,
comprise entre Phan-rang et Ban-goi, et à
780.000 francs le montant de celles de la ligne
entre Ban-goi et Nha-trang.

INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GEOGRAPHIE
La «Société de Géographie» a tenu le jeudi
9 décembre après-midi, dans sa grande salle
de la rue Noailles, son Assemblée générale de
fin d’année, sous la présidence de M. le Dr E.
Heckel, président de la Société et vice-prési­
dent de l ’Institut colonial, assisté de M. le pro­
fesseur Gaffarel, vice-président.
Lecture a été donnée du 34e rapport annuel
sur les travaux de la société, par M. Jacques
Léotard, secrétaire général, constatant son ac­
tivité et sa prospérité.
11 a été procédé au renouvellement du quart
sortant de la Commission administrative. Ont
été réélus à l’unanimité : MM. P. Masson, pré­
sident de. la section coloniale; .1. Léotard, se­
crétaire général de la Société ; II. Bardon, se­
crétaire ; L. Bortoli, commissaire des comptes ;
F. Barthélemy, L. Berthe, A. Delibes. P. Des­
bief, A. Féraud, J. Charles-Boux. Deux mem­
bres nouveaux'proposés, MM. J. Repelin, char­
gé de cours de géographie physique à la Fa-

�14

L ’EXPANSION

• culté des Sciences, et A. Combes, directeur des
l’Ecole Supérieure de Commerce, ont été élus
à runanimité.
M. J. Fournier, secrétaire-rapporteur, a don­
né lecture des nouveaux statuts proposés pour
permettre de demander la déclaration d’utilité
publique de la Société. Ils ont été adoptés par
l’Assemblée.
La conférence nériodique sur les Livrés de
l'année a été faite ensuite et cette intéressante
esquisse bibliographique d’ouvrages remar­
quables parus en 1909, en a été présentée par
MM. J. Léotard, secrétaire général (Généralités,
France, Pôles) ; J. Repelin, bibliothécaire de
la Société (Europe) ; L. Laurent, secrétaire de
la société (Afrique française, Asie), et H. Barré,
bibliothécaire de la Société (Afrique étrangère,
Amérique).
Voici la liste des o u vrée s récemment parus
commentés par les distingués orateurs' et ap­
partenant à la riche bibliothèque de la Société
de Géographie, qui est ouverte tous les jours de
2 heures à G heures au public :
Généralités : La Terre et l’homme par Elisée
Reclus ; Traité de Géographie Physique, par
E. de Maldonne ; La Mer (Géographie Sociale),
par Vallaux ; Le Monde Actuel, par Driault ;
Colonisation et Colonies, par Aubry. France ;
La plus grande France, par Vast ; Nos Fils et
nos filles en voyage, par Leroy; Voyage en
France (Côte d’Azur), par Ardouin-Dumazet ;
Avignon, par Hallays ; Marseille, Son vieux
Port, par Elzéard Rougier et Détaillé ; Pôles :
La Revanche de la Banquise, par le Duc d’Or­
léans ; Plus près du Pôle, par Peary ; Au cœur
de TAntarctique, par Shackleton.
Europe : L ’Allemagne au travail, par Cambon ; Berlin, par J. Huret ; Dictionnaire illustré
de la Suisse ; Bâle, Berne et Genève, par SainteMarie-Perrin ; La Terre tremblante, par Car­
rère ; la Grèce du soleil et des paysages, par
Bertrand ; La Hongrie rurale, politique et so­
ciale, par de Mailash ; La rénovation de l’Em­
pire ottoman, par Imbert.
Asie : La situation de l’Indo-Chine de 1902 à
1907, par M. P. Beau ; Les destinées de l’IndoCliine, par Ajalbert : La Chine nouvelle, par
Rodes ; le Japon moderne, par L. Naudeau ;
La Perse d’aujourd’hui, par Aubin.
Afrique Française. — L ’Algérie et la Tunisie,
par Cochery ; l’Algérie et la Tunisie, par O. Re­
clus ; Sahara algérien, par Gautier ; Sahara
soudanais, par Chudeau ; Aux grandes sources
de l’Afrique centrale, par Lenfant.
Afrique étrangère. — Au Maroc avec le Gé­
néral d’Amade, par Rankin ; MissionDuchesneFournet en Éthiopie ; Résultats scientifiques
des voyages d’Edouard Foà.
Amérique. — Le Canada économique, par
Dewarin ; le Mexique moderne, par Bigot ; Les
Grandes. Antilles, par Bellet ; les Petites An­
tilles, par Chemin-Dupontes ; le Brésil au XXe
siècle, par Denis.
D’autre part la section cartographique de la
Bibliothèque de la Société de Géographie s’est
notamment enrichie en 1909, comme Atlas ou
grandes cartes, des documents suivants : An­
née cartographique, Carte générale des Océans
(en 26 feuilles), Album graphique de la statis­
tique générale de la France, carte géologique
de la France au millionième, Atlas de la Suisse,
Atlas de la Finlande, cartes des voies de com­
munication de l’Algérie, Atlas du fleuve Séné­
gal, carte de l’Afrique occidentale au 1.500.000e

COLONIALE
(en 4 feuilles) du service géographique de la
colonies, carte de la Mauritanie du service géo­
graphique des colonies, cartes de reconnais­
sance du Maroc du capitaine Larras, Atlas
d’Ethiopie, cartes de l’Indo-Chine au millio­
nième (en 9 feuilles) et au 500.000 (en 24 feuilles)
du service géographique de la colonie.

ALLIANCE FRANÇAISE
Le Comité marseillais de 1’ « Alliance Fran­
çaise pour la propagation de la langue natio­
nale à l’étranger et dans les colonies » a donné
le dimanche 19 décembre après-midi, dans la
grande salle de la Société de Géographie, rue
Noailies, une matinée artistique, qui a obtenu
le plus p-rand succès auprès d’une nombreuse
assistance d’élite. Après une brillante allocu­
tion de M. A. Artaud, président du Comité et
de l ’Institut colonial, sur l’œuvre de « l’Alliance
Française », un concert vocal et instrumental
des mieux organisés a eu lieu,avec le gracieux
concours d’artistes et de professeurs de talent,
parmi lesquels : Mmes Hardouin et Marx, Mlles
Larmand, Bore], Kiefer, Calas ; MM. Malka,
Espiau, Lachesnez, Rosenfeld, Béranger. Une
charmante comédie, « Mariage à Londres », a
terminé agréablement cette fête, due à l’initia­
tive du Comité des Dames de « l’Alliance
Française ».

SYNDICAT LES EXPORTATEURS
Le Syndicat des Exportateurs sous la prési­
dence de M. Bohn, membre de la Chambre de
Commerce et vice-président de l’Institut colo­
nial, continue à répondre à une quantité de
demande de renseignements commerciaux, pro­
venant surtout de l’étranger. Il a eu la satisfac­
tion d’enregistrer, aux élections consulaires de
décembre, la nomination de son viée-président,
M. F. Martin-Laval, aux fonctions de juge-sup­
pléant au Tribunal de Commerce. Le syndicat
tient à la disposition du public un important
document, communiqué par M. le Ministre du
Commerce sur le prochain relèvement des droits
de Douane en Chine.

—--------------- --------------------

Airis d’A d ju d ic a tio n
Le public est prévenu que le 18 janvier 1910
il sera prqcédé dans la salle des séances de la
Commission permanente des marchés, à Paris,
à l’Office Colonial (Palais Royal, Galerie d’Or­
léans), à 3 heures du soir, à l ’adjudication,
par voie de soumissions cachetées cle la four­
niture de :
Consoles destinées au service des postes et
télégraphes de Vlndo-Chine.
Et que le 2 février 1910, il sera procédé dans
les mêmes conditions, à l’adjudication des tra­
vaux d'infrastructure et bâtiments, ballastage
et pose de voie, de la ligne de Nouméa à Bonrail (section de la Dumbéa à Païta).
Les personnes qui auraient l ’intention de
concourir pourront prendre connaissance du
cahier des charges au Secrétariat cle l ’Institut
Colonial Marseillais, 5, rue Noailies, au 3me
étage.

�15

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
I h Æ a . i 's e i l l e
T E X T IL E S

les 100 k

Raphias de Madagascar. — ïamatave
l 1'0qualité........ ................................ F. 60
Majunga blanc......................................
65
Anatalave blanc.............................. ...
57
Tare d'usage,escompte 3 o/o comptant,
marchandise prise à quai ou magasin
Marseille. — Article ferme.
Fibres d'Alnës. — Bourbon 1er choix.... 55 à 65
Bourbon ordinaire..............................
50 à 55
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar..........................
80
De
De
De
De

E SS E N C E S
le kilo'
Géranium Bourbon bien tenue......
27
Vètyner B ou rbon ..........................
30
Lemon-Grass (Verveine)........... ...........
10
Ylang-Ylang..........................
300/400

V A N ILLE S
Bourbon, Comores nu Madagascar. Tète
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Ënlrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k ilo ..................................
Vanilles ordinaires saines.......................
»
inférieures
» .......................
»
Tahiti 1" qualité.......................

O R S E ILLE Madagascar
28 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat).
CAFÉS
Guadeloupe bonifieur......... les 50 k.
Guadeloupe habitant.........................
Nouméa......................................
Bourbon pointu...................
Nouvelles-Hébrides.......................
Lib ria de Madagascar......... ...............
Marchandises à l'entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

38/42
27/28
22/24
1150

les 100 k.
Majunga 8/10 kilos.......... .................. 135/150
Tamatave »
»
125/135
(J.-B. Tomei et Vallet.)

10.35
10 40
0.— à 10.—
8.35
8.50
8.75
9—
6.50
6.75
10.—
10 25
5. »
7.50
12.—
12.50
10.—
10.25
11.50
12.—
9 75 10 —
10.50
11 —
11.25
11 50
10.25
10.50
9,25
9 50

C IR E S D ’A B E ILLE S
Madagascar................................
317à320 »
Algérie........................................
320330 »
Tonkin........................................
320325 »
Sénégal.......................................
325330 »
Ces prix s’entendent aux 100kilos, escompte 4 o/o,
payable comptant à tout entrepôt.

134 à 136
124 126
88110
120 130
8694
78à 86
Blanc.)

G R A INES O LÉA G INEUSES
Sésames d’Afrique.............. les 100 k.
32.—
•Arachides décortiquées d’Afrique........
33.—
»
en coques
»
........
25.—
(Fraissinet, Stamos et Scaramanga.)
ULe

CUIRS DE MADAGASCAR

CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tamatave rosé,
l*r choix. — Pinky n° 1 ...........
Madagascar lom biri...................
Tamatave Guidroa 1er choix.......
Majunga 1er choix......................
Nossi-Bè.....................................
Diégo-Suarez 1" choix................
T u lléa r......................................
Tonkin rouges l°r choix..............
»
n oirs..............................
»
lanières.......................
»
plaques........................ .
Nouméa, bon courant..................
NiggerS Soudan rouges..............
Soudan-Niggers blancs ...... .'...
Sénégal-Gambie A . . ..................
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable comptant
consommation.

G IR O FLE S de Sainte-Marie ( Madagas­
carJ.............. ......... .
les 100 k. 490 à 200 »
Escompte 2 o/o, payable comptant à tout
entrepôt.

H a v re

CAOUTCHOUC Madagascar. —
Tamatave Pinky I .................... F. 9 » à 10 50
»
Pinky II ................
8 »
9 »
Majunga... ..............................
8 »
10 »
Farat'angana.............................
5 #
7 »
Mananzary...........................
7 »
9»
Tonkin........................................
8 » 11 50
Congo Haut-Oubanghi ...... ....... 14.— 14 50
N’ Djolé.......................................
7.50
8.50
(Le tout au kilog, Le Havre.)
T E X T IL E S . — Sisal A friqu e....
Aloès Réunion.............................
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)

76
53

» à 80 »
»
58 »

BOIS acajou Gabon.....................
»
»
Okoumé..................
»
ébène Gabon.....................
»
o Madagascar.............
(Le tout aux 100 kilos.)

10 » à 16 »
9 »
10 »
15 »
30 »
15 »
30 »

le kilo.
3 15
les 100 k.
GOMM E Copale Afrique...................
50 à 100
»
Madagascar........................ 100 400
(Vaquin et Schweitzer.)
CIRES Madagascar..........................

B o rd e an x ;
CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
13.— à 13.50
Conakry N iggers........
12 »
Soudan Niggers rouges
11.—
11.50
Soudan Niggers blancs
10 50 à 13.Lahou N ig g e rs ...........
9 50
»
Gambie A .................
8 50
»
Gambie AM ..............
7.50
»
Gambie B...................
6.50
»
Bassam Lumps...........

�L’EXPANSION COLONIALE

16

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
(g a r .)..................................
468 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 fr ..........
432 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500........
505 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
(g a r .)........................... . •
80 —
90 50 Madagascar, obi. 2 1/2 (gar.)..
81 —
94 —
—
Em. 3 o/o 1903 (gar.)
95 —
450 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o, 1899-1905 .............
473 —
— —
—
obi. 3 o/o 1902........
416 —
480 — Emprunt Algérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p...................
454 — '
1000 — Dép. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897.....................................
975 —
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895.....................................
975 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2o/ol898.......................
468 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .....................
467 —
492 50 Col. de la Martinique...........
475 —
470 — AfriqueOccident.,8 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (gar.).............
454 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
528 —
BANQUES COLONIALES
E T E T A B L IS S E M E N T S FIN A N C IE R S
Divers Cic Algérienne, act. de 500 t. p. 1122 —
500 — Créd. Fonc. d’Alger, et Tunis.
513 —
—
—
—
lib.
534 —
Divers Banque de 'l’Algérie, act. de
500 t. p ................... •......... 1604 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.)..................
420 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)...................... ............... 1100 —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) ...........................
720 —
500 — Banque de la Réunion, act. de
500 p. (n ) ................ "...
350 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. nom .)........... 1590 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
680 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1265 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ..........................
88 — •
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 .............................
177 —
350 — Crédit F’oncier Colonial, obi.
5 o/o 350.............................
150 —
CHEMINS D E FE R A LG É R IE N S
E T C O LO N IA U X
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
683 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500. 410 —
500 — Est Algérien, act. r. à 600.. . 697 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
439 —
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
666 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
436 —
------Aïn Thizy-Mascara, obi. 3 o/o
rem. à 500......... .................
435 —

310 —

Mécheria-Aïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500...........................
432 —
------Mouzbah-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500.........................
434 —
330 — Mostaganem-Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500..........................
438 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Cbine
et du Yunnan, act. 500,
250 fr. nom..........................
500 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650............... 1185 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500 382 —
443 — Chem, de 1er et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’Etat..................
437 —
V A LE U R S M IN IÈ R E S
------Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ..................................... 1615 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500........... ..........
503 —
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p...........................
705 —
477 50 Algérie-Tunisie ( Omn. ), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500.............
488 —
------Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ...............................
510 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1682 —
500 —
—
act. 500 (400

P-, n . ) ...................................... .................

Divers Le Nickel, act. de 250 t. p......
680 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem. à 500.
502 —
375 — Compagnie Minière du Congo.. 1300 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p...............................
78 —
454 50 Pho-phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500...........................
485 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ................... 3730 —
------Phosp. et Ch. de Gafsa, parts... 3330 —
V A LE U R S COLONIALES FRANÇAISES
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale...............(actions anciennes).
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale............. (actions nouvelles)..
Cie Marseillaise de Madagascar ............
Alimaïenne..............................................
Congo occidental.................................
Haut-Congo (Compagnie française du)..
Haute Sangha............. ................. . ..
Ilaut-Ogôoué...........................................
La Kolto................................................
M’Poko.................................................
Messageries Fluviales du Congo..........
Sultanats du Haut-Oubangui..................
Compagnie minière de Guinée : act.......
Compagnie des mines de Siguiri : act.
Compagnie de l’Ouest africain français,
act........................................................
Société cotonnière de l’Indo-Chine........
Cic du Maroc et des Colonies africaines..

— —
2855 —
530—
150—
150 —
499 —
158 —
615—
550—
143 —
328 —
873—9S —
159 —
635—
236 —
240 —

Le Président de l'Institut, Gérant :
Adrien A R T A U D .
Imprimerie du “ Sémaphore” B a r l a t i e r . —
17-19, rue Venture.

�SERVICES POSTAUX MARSEILLE-COLONIES
D é p a rts de M a rs e ille
DATES DES DÉPARTS DERNIÈRE LEVÉE DÉPARTS
D E M A R S E IL L E

A lg é r ie
Départeaents d’Alger, d’Oranet Voie doMarseille

de Constantine
d’Alger ...
»

.....

d’Oran. ....
de Constantine

T u n is ie .
in d o -C h d n e .
A fr iq u e O c c id e n ta le
F ra n ç a is e

_
,
C,0GIeTrans
et d A lger...)
Voiede Marseille,Transp. Mar.
»
CieTouache.
»
Cie GleTrans.
)&gt;
Transp. Mar.
b
C'" G1" Trans.
»
»
))
»
»
Oir Touache.
»
CieGl&lt;‘ Trans.
»
C‘* Touache.
»
»
»
Cie des M. M.
Voie de Brindisi, paq. Anglais.

Mardi, Mercredi, Vendredi, Dimanche ................... 11 h. mat.
Mercredi et Samedi. 3 h. 20 soir.
Jeudi..................... 10 h. 30 m.
Jeudi et Samedi.... 3 h. 20 soir.
Mardi.................... 3 h. 20 soir.
Mardi..................... 10 h. 30 m
Mardi..................... 3 h. 20 soir.
Samedi.................. 10 h. 30 m.
Jeudi..................... 10 h. 30 m.
Lundi, Jeudi et Vendredi...... 10 h. 30 m.
Mercredi................ 11 h. mat.
Samedi................ . 10 h. 30 m.
Dn dim. sur déni à p. do 3janr. 10 h. mat.
Vendredi ip. d. de larseille . . 10 h. soir.

DES B ATEA U X

1 h. so ir..
6 h. so ir..
midi........
5 h. so ir..
5 h. s o ir..
midi........
5 h. so ir..
m idi........
midi ......
m id i..., . .
1 h. so ir..
m idi......
llh . mat...
—

Voie deBordeaux, Cie lies Charg. Rdnn. 24 de chaque mois. 6 h. 35 soir.

Voie deMarseille, Transp. Mar. 10, 10 et 30 de chaque m oi*..
VoiedeBordeauilLisbonne, C'" des M. M. Le Jeadi, 1.1.14 j . à p. du 4 «r janr.
»
10 de chaque mois
D jib o u ti, M a d a g a s c a r,! Voie doMarseille,
S
»
25
»
R é u n io n e t M a u r ic e
D jib o u ti, M a ju n g a . . ..
»
C'" Havraise Vers le 2 0 de chaque mois.
Voie de Marseille, C'" des M. M. Du dim. sur quatre à p. dut? janr.
N o u v e lle -C a lé d o n ie
Voie de Brindisi )
. . .
e t N o u v e lle s -H é b rid e s )
ou Naples.. |Pa(l-Anëlals- Chaque Vendredi .
Voie deMarseille, C1' des M. M. Dn Mercredi sur i à p. du 13 janr.
In d e F r a n ç a is e . . .
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi ap.-midi.
Voie de St-Nazaire,C i ' G 1' Trans. 9 de chaque m ois..
G u a d e lo u p e
1Voie de Bordeaux,
,»
26
»
e t M a r tin iq u e
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le Mercr., t. M i j. àp. dn6jant.
Voie de St-Nazaire, CicG!' Trans. 9 de chaque m ois..
Voie d’Amsterdam, paq. N éerl.. Vendr., 1 .1.4-1 jours à p.du 8 janr.
G u y a n e F r a n ç a is e ..
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le M e r c r .,t.l.tjj.à p .d u 6 ja n r .
S é n é g a l....................

T a h iti
S t- P ie r r e - M iq u e lo n

D E L A B O IT E

10 h. 30 m.
6 h. 35 soir.
10 h. mat.
10 h. mat.
mat.ousoir10 h. mat.

—
midi........
—

11 h. mat..
11 h. mat..
—
11 h. mat..

10 h. soir. 11 h. 30 s.
10 h. mat. 11 h. mat.
10 h. soir. 11 h. 30 s.
—
l’arant-reille soir.
—
ia Teille ao s o ir ..
—
l’a i.-T e ille matin.
—
Paiant-ieille soir.
—
la veille au suir..
l’av.-veille malin.

Voie Le Havre et Cherbourg
par New-York

A rriv é e s à M a rs e ille
A lg é r ie :

A lger.................... ......
Constantine par Philippeville et B ône.. . . .
Oran...........................
T u n i s i e ............................
In d o -C h in e .
N o u v e lle -C a lé d o n ie .

Voie de B rindisi......

Lundi, Mercredi, Vendredi, Samedi .
Lundi, Hardi, Jeudi, Samedi. . . .
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

Mercr., Vend., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jours.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 semaines.
Tous les 28 jours.
Chaque Samedi.

R é u n io n , M adagas­
c a r e t D jib o u t i. ..

Vers les 14 et 25 dfe
chaque mois.

G u a d e lo u p e , M a r t in i­
que, G uyane :

Voie de Saint-Nazaire .
Voie de Bordeaux.......
Voie d’Angleterre ___

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tnus le» ti jouis.

A fr iq u e O c c id e n ta le :

Voie de Bordeaux......
Voie de Liverpool......

Tous les 14 jours.
Environ tontes los ! semaines.

L'EXPANSION CO LO NIALE est en lecture sur les paquebots-poste.

�6 1 .'R u e S t F é .r ç é ô ï , ,4 â f
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opérations de Banque, de. Bourse, soit en France, soit à l’étrangèr.
En relations directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur les principales Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l ’Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C IÉ T É G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Marseille par:;
•.
• - .. &amp;
3
1° S o n s e rv ic e é t r a n g e r qui' achète et vend dés monnaies ou billets dé tous pays ;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2° S e s s e rv ic e s de B a n q u e qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de tonds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
- ■ ■■ '
-/ - :
3° S e s s e rv ic e s de T it r e s e t C ou p o n s qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
4° S o n s e r v ic e s p é c ia l des C o ffre s - F o rts lui permettant de mettre à la
disposition de sa clientèle, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.

5° S o n s e rv ic e c o m m e r c ia l traitant toutes opérations sur marchandises,
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Paris-Nice en 13 heures 50.
a) par les Trains extra-rapides 17 et 18 (Ire classe, V.-L., L.-S. et salon à
deux lits complets V.-R. au départ de Paris. Paris-Nice en 15 heures.
b) parle Train de Luxe (L. 21-L. 22) «CALAIS MÉDITERRANÉE» (V.-L.-R.)
Paris-Nice en 15 heures. — Londres-Nice en 25 heures.

NOTA. — Nombre do places limité. — P ou r les horaires, les jou rs de mise en marcha, etc.,
consulter les affiches spéciales.
4MP. DU S ÉM APH O R E -

B A R L A T IE R -

M A R S E ILLE

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES S T A T U T S

A r t . 2.

Cette association a pour but l’étude, la dé­
fense et le développement des intérêts généraux
de la colonisation française et spécialement
l'extension des rapports de la région marseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notamment de re­
cueillir et de centraliser tous documents et ren­
seignements utiles, de rechercher les principes
à observer, les méthodes à appliquer, d’exami­
ner et de provoquer toute mesure d’ordre légis­
latif, administratif ou économique qui lui pa­
raîtrait de nature à favoriser les intérêts que
mettent en jeu les rapports de la métropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L ’Institut colonial Marseillais
comprend
deux catégories de membres.
La première catégorie est celle des membres
titulaires et comprend :
Les membres de droit ;
Les membres sociétaires fondateurs ;
Les membres donateurs ;
Les membres adhérents.
Les membres de droit sont les délégués de la
Chambre de Commerce de Marseille, dont le
nombre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les membres sociétaires fondateurs et dona­
teurs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œuvre de l’Institut colonial,
lui donnent un concours financier important.
La deuxième catégorie est celle des membres
correspondants ; ceux-ci sont agréés par le Con­

Services de l'Institut :
V,ez-de-Chaussêe : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
Ier étage : Musée Colonial.
3mo étage : Secrétariat général et Bureaux de
l’Institut, Bureau de Renseignements.
Rédaction de T « Expansion Coloniale ».

Cours coloniaux
Directeur : M. le Dr H eckel.
Produits végétaux coloniaux.
M. H. Jumelle .
Produits animaux et parasitologie des plantes
et des animaux des colonies.
M. Jacob DE CORDEMOY.

Minéralogie et Géologie coloniales.
M. I,. L aurent .
Histoire et Géographie Coloniales.
M. P. M asson .

seil et lui fournissent, soit spontanément, so.«
sur sa demande, tous renseignements de naturà seconder l’œuvre coloniale de l'Institut.
A r t . 4.

toute personne qui voudra faire partie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa demande au Président.
La demande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le Pre­
sident soumet la demande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a­
vance et acquises à la Société, en cas de démis­
sion en cours d’exercice.
Toute démission devra être adressée au Pré­
sident par écrit.
Le non paiement de la cotisation, pendant
deux années consécutives, entraîne de droit la
radiation.
Pour être membre sociétaire fondateur, il
faut payer •
1° Un droit d’admission de 1.000 francs au
minimum ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
minimum.
Pour être membre donateur il faut payer :
1° Un droit d’admission de 500 francs au mi
nimum ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
minimum.
Pour être membre adhérait, il faut payer une
cotisation annuelle de 30 francs au minimum.

Législation et Economie Coloniales.
M. R aynaud .
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud .
Cultures coloniales. — Jardin colonial.
M. V. Davin .
Histoire des Religions dans les peuples indigè­
nes des colonies.
M. G. F oucart.
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’Institut Colonial de
Marseille »
. ____________

Institutions connexes :
2mo étage : Société de Géographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance Française.
' 3me étage : Syndicat des Exportateurs.

Comité de rédaction de « l'Expansion Coloniale »
MM. Ad. Fouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Ytier , Vice-Président : Jacques L éotard, Secrétaire ; Paul Masson, Pro­
fesseur à l’Tnstitut, Membre du Conseil. — M. E. M oricead, Secrétaire général de l’Institut.—
M. Auguste Giry , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

Marseille.

Im prim erie du Sémaphore, B à r l a t t e r . m e Vemtnre, 17-19

�SAVON
de la

BONNE MÈRE

�£o-4 $ ç — p % S i_
4""’ Année. — N» 27

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Le Num éro : 50 c e n tijije s^ ^

J* J
_________ l |,r F évrier 1910

L’EXPANSION COLONIALE
B U L L E T I N

IDE

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

S O M M A I R E
PAG ES

Les produits d’exportation du Dahomey, par
M. Emile B a i l l a u d .......................................... .... . .
Institut colonial marseillais :
Extrait des p ro cès-v erb au x .............................
10“ Journée maritime, A. F .............................
Bureau de R enseignem ents.............................
Extraits de la correspondance.........................
Cours coloniaux........................
..............
Renseignements généraux sur la situation de
l’Inde française, par J. V i r i e u x ............................

ABONNEMENT : F r a n c e

17
19
19

20
21
22

23

Chronique du mois, J . L ..................
I.e Congrès de l’Afrique orientale .
Le Régime douanier colonial . . .
Actes coloniaux officiels.....................
Institutions connexes
..................
Avis.........................................................
Marché des produits coloniaux. . .
Marché des valeurs coloniales.
Services postaux Marseille-Colonies.

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31
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�IN STITU T

C O LO N IAL

M A R S E ILLA IS

F ondé sons le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
P r é s i d e n t s d ’h o n n e u r :

MM.
Ce Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale.
Française.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général C om m andant en chef le XV’ Corps
d ’arm ée.

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le Recteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, P résident honoraire de la
Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Com m issaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

M e m b re s :

MM.

Armand. Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — B ergassè, H. et C". — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Houx, Jules, Com m issaire généra] de l’Exposition
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
m ins de fer de P aris à Lyon et à la M éditerranée.
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
pagnie M arseillaise de M adagascar. — Comptoir
National d’Escompte de P aris. — Crédit Lyon­
nais. — Compagnif des M essageries M aritimes. —

Desbief , Paul, P résident de la Chambre de Com­
merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C". — Gavoty, Charles. — H eckel, E douard (D'),
P rofesseur à la Faculté des Sciences, D irecteur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des T ransports M ari­
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Com mercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développem ent du
Commerce et de -l'Industrie en France.

M em b res d o n a t e u r s :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Chabriëres , Morel et C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docts
et Entrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
de N avigation (Fraissinet &amp; C1’). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache) — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale F rançaise de Tram w ays. — Cyprien F abre &amp; C”. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour M arius et Fils — E stri .ne, Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — Lombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.,
Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
ral de la Com pagnie F rançaise de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; G”. — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. PAviN de Lafarge. — Bastit , Henri. —
Hocca, T assy et De Houx. — E. R odocanachi. —
Holland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odiugues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Za rifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Pa . P résident honoraire de la Chambre de Commerce,
M. Estrine , Lucien, P résident e la Chambre de Commerce.
Président : M. Artaud, Adrien, M embre-Secrétaire
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, D irecteur du
de la Chambre de Commerce.
Sémaphore ; F ouque, Adolphe, P résident hono­
raire du S yndicat d ’in itiativ e de Provence.
Vice-Présidents : MM. le D' H eckel , DirecteurF ondateur du Musée Colonial, P résident
Trésorier
: M. Ytier .L., Vice-Président du Syndical
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
des E xportateurs.
Chef d u Service Colonial ; le C” Armand,
Trésorier-Adjoint : M. Laplane, J., D irecteur
Albert, prem ier Vice-Président de la Chambre
Adjoint d u Comptoir National d’Escompte de
de Commerce, P résident du Syndicat M arseil­
P aris à Marseille.
lais de la M arine M archande : B ohn, Frédéric,
Membre de la Cham bre de Commerce, Admi­
nistrateur-D irecteur de la Compagnie F ra n ­
çaise de l’Afrique Occidentale.
res :

MM.

Allemand, J. Membre de la Chambre de Commerce,
Allest , J. (D’). A dm inistrateur-D élégué de la Com­
pagnie Générale T ransatlantique.
Arnaud Lucien, Minotier.
Bkugass-e , Alexandre, Négociant.
Besson. L.. D irecteur de la Com pagnie M arseil­
laise de M adagascar.
B lanc, E.. D irecteur de l’Exploitation de la Com­
pagnie des Messageries Maritimes.
Boubdillon, A., Arm ateur.
Bry, CT.. Doven de la Faculté de Droit d ’Aix.
Dufay, H., Ancien Vice-Président de in Ch de ComDnioun. Antonin. Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stier . Nicolas, ancien P résident du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Hhône.
G a f f a r e l , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud, Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
Jacquemet, Louis, P résident du Svndicat des
Négociants en cafés.
J oannon. A., Avocat, P résident de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
J o u r d a n . Félix. Juge au T ribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.
L éotard. Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.

MM.
Lombard. Emile, Vice-Président de la C h.de CornMartin -Laval. F., Vice-Président du S vndicat des
E xportateurs.
Masson, Paul, P rofesseur à l’U niversité et à l’Ins­
titut colonial.
Bastit , Henri. Industriel.
Rastoin , P résident de la Société p o u r la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
R odrigues-E ly, Amédée, Ancien Membre de la
Cham bre de Commerce.
Roux. François (De), Jucre au T rib u n al de Com­
merce.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
IT. i s s e i r k . Raymond, Avoué.
Usslaub , Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, Ancien Membre de la Cham ­
bre de Commerce.
Zarifi, Périclès. Ranouier.
Lévy, Clément, l ” Adjoint au Maire de M arseille.
D é l i r e s , J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément, Délésué du Conseil Municinnl.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire de l’Institut colonial : Emile Ba iu .aud,
licencdI en droit, ancien ch arg é de M issions
coloniales.

�IN S T IT U T C O L O N IA L M A R S E ILLA IS

AVIS
L’INSTITUT COLONI4L MARSEILLAIS,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant lous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
ad fesser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus a leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3n,c étage de son hOtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignement s dont ils
auraient besoin.

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Banque de l'Afrique Occidentale, 78, rue de
Provence, (Parts), Banque Coloniale.
Beltjens et Gu en chaud,84, rue G rignan, M iroiterie.
Beneteau et C". 5, rue des Princes, Hôtel Meublé,
M aison de famille.
Biétron, B., 9, rue de l’Arc, From ages, Beurres,
Salaisons.
Bigourdan,.frères, Luchon (Haute-Garonne) Cons.
Alim entaires.
Bouchard, fils aîné, 19, rue S’-Sêpulcre, Conserves.
Brèzun, Durand &lt;0 C", 10, cours P in rre-l’uget,
Chartreuse la Tarragone.
Carret, J. et ses fils, 6, Quai de la Tourette, P âtes
A lim entaires.
Cartonneie St-Charles, 9, rue Guérin, Boîtes et
Articles divers.
Cauvet, Lambert et C‘e, 20, rue de la Conception,
Capsules m étalliques et E tains en feuilles.
Cassoute, P., 16, rue F riedland, Dattes, Alimen­
tation.
Carnaud, J., 36, rue de Village, Boîtes m étalliques.
Compagnie de Navigation Mixte, 54, rue Cannebière
Cie Française de l'Afrique Occidentale, 46, rue
Breteuil, Commerce Colonial.
Ci0 Générale des Pétroles, 2, rue Fongate, Huile de
P étrole et Dérivés.
Ci0 du Gaz et de l'Electricité, rue M ontgrand.
C110 des Messageries Maritimes, Place Sadi-Carnot,.
Compagnie de Navigation.
G’ie N. Paquet et Cie, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
gnie de Navigation.
G’i0 de Produits Fixator, rue de Mondovi (Paris),
Lait, Chocolat.
David Bensimon, 53, rue du Coq, Farine, Semoules,
D attes.'
Delzongle et Cauvin, 5, rue de Crimée, Conserves.
De Queylar et fils, 18, ru e des P rinces, V erreries.
M. Dufour et fils, 69, rue d’Italie, Drogueries,
Couleurs.
Ecole de Provence, 15, rue des Princes, E nsei­
gnem ent.
Empereur, A., 4, rue des Récolettes, Q uincaillerie
générale.
Eugster, A., rue Nicolas, 24, Perles, produits divers
p o u r l’exportation.
Estrine et Cie, 18, rue Colbert, Compagnie de
Navigation P én in su laire et O rientale.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, P einture.
Fichet, 19, Allées de M eilhan, Coffres-forts.
Fougeret, A., 25, rue de la P alud, E ntreprise de
nettoyage.
Fouque, A., 1, Allées de M eilhan, Tuileries,
É tablissem ents P. Sacoman.
Gel, frères, Revel (Haute-Garonne), P ipperm in t
Get.
Got et David, 3 et 5, Quai de la Fraternité,
R estaurant Basso.
J. Grouvelle, H. Arquembourg et C", 4G rue P aradis
Chauffage, représentés p a r M. Dor.
Honnoral, L., 30, rue du Baignoir, Verrerie.

J Honnoral, Trqpiner et C», 9 a, rue Dragon, Aviation
et Automobiles.
Karse.nty fUs et C'e, 137, rue de Rome, Tabacs.
I Ladite, L N., 22, rue Cannebière, Chaussures.
Latrille, J., fils, Bordeaux, Vins de Bordeaux.
Magnan frères, 19, rue P arad is, Cocose.
Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Sakakini.
Marie Moreau et C" 42a, rue Sainte, T ransports.
Massai (veuve), 50, rue de Rome, G raines et
Semences.
Mathieu et Malaspina, 40-42, ru e Thubaneau,
Bonneterie et Chaussures.
Meynadier et Clc, 39, rue de la République, Denrées
coloniales, lîhum .
;
M hunier, M., 36, rue de Rome, Corsets.
Montel et Cle, 94, Avenue du Prado, Modèles de
Voitures ou Auto.
Mouriès frères_ 15, rue Breteuil, Lièges et Caout­
choucs.
Mutuelle de France et des Colonies, 1, rue Stella,
(Lyon).
Ncl, Fortuné, 27, rue de la Darse, Appareils
sanitaires.
Xugue, M., 14, rue d’Italie, Glaces et verres.
Pascal et Baldy, 21, rue Grignan, Casques
insolaires &amp; chapellerie.
Pusi'io et
i.s, Avenue de la Capêlette, Graisses
A limentaires.
Pllt, F., 56, rue Saint,-Ferréol, Fourrures.
Pons, J.-B. et Cie, 2, rue .lemmapes, Appareils
Sanitaires.
Badius, G., 26, Place Vendôme (Paris), Essence
de Rom arin, P roduits Agricoles.
Bastit, H., 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
des Corps Gras, etc.
Rocca, Tassy et de Roux, 26, rue M ontgrand,
Graines Oléagineuses et Dérivés.
Rôdel et fils frères, rue du Jard in Public,
(Bordeaux), Conserves Alim entaires.
Rouquette, L., 20, rue de la Darse, Biscuits pour
la Marine.
Rousseau, J. M., 33, rue de la Darse, Broderie et
Lingerie confectionnées, de Madère.
Serène et Cie, 45, rue Suint-Bazile, Liqueurs et
Spiritueux.
S il van, aîné, 30, Boulevard de la Paix, Courroies,
Cuirs.
Société Anonym e des Chaux et Ciments' RomainBoyer, 5, rue Cannebière.
Société d'Epargne des Retraites, 11, Allées des
Capucines, Constructions à bon m arché.
Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue
de la République, Com pagnie de Navigation.
Société Générale des Peintures Sous Marines,
2, rue Corneille.
Société Nouvelle des Raffineries Saint-Louis, 3, rue
République, Sucre.
Syndicat de Garantie des Industriels Français,
(Girard, 167, rue de Rome), A ssurances, Acci­
dents.
Titus rie ta Rue cl C1", 2, rue d’Hautevilie, (Paris),
Porte-P lum es « Onoto ».
Vinatic, 102, rue d’Italie, Boîtes m étalliques.
Ytier, L. et Cie, 27, rue Pavillon, A ssurances
M aritimes.

�Quatrième Année.

N° 27

1er Février 1910.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
LES

PRODUITS D EXPORTATION
D U

D A H O M E Y

Lorsqu'on examine la situation économique
d’un pays neuf, on doit s’attacher presqu’uniquement à l’étude du développement pris par
son exportation et, suivant que cèlle-ci paraît
devenir plus ou moins importante, on a lieu
de se féliciter plus ou moins de cette situa­
tion.
Il est cependant quelquefois difficile d’être
renseigné exactement sur la nature de ce dé­
veloppement, faute de statistiques précises
datant de l’époque qui a précédé l’établisse­
ment du pouvoir colonisateur ou les débuts
de son occupation.
C’est ainsi que l’on arrive à des conclusions
toutes différentes, suivant que l’on compare
la situation de la production du Dahomey
pendant ces trois dernières années par exem­
ple, ou suivant que l’on recherche dans quelle
mesure elle a progressé depuis que nous l’ad­
ministronsEn nous servant de documents douaniers
inédits, consultés sur place, nous voyons
qu’en 1894 l’exportation des huiles de palme
était de 8.318 tonnes, en 1895 de 12.438 ton­
nes ; elle descendait à 4.077 tonnes en 1897,
était de 12.675 tonnes en 1902, de 6.963 tonrtes
en 1903 et de 8.368 tonnes en 1904. En 1905
elle descendait à 5.637 tonnes, était dé 6.378
tonnes en 1906, de 7.835 en 1907 et de 9.544
tonnes en 1908.
Les amandes subissaient les mêmes fluc­
tuations. Leur exportation était de 24.963 ton­
nes en 1894, de 12.875 en 1897, de 22-035 ton­
nes en 1902, pour se maintenir à 18.834 et
18.810 tonnes en 1906 et en 1907 et se relever
à 23.035 tonnes en 1908.
La production des années qui se sont écou­
lées de 1890 à 1894 a été plus faible que celle
des années qui ont suivi, mais c’est pen­
dant cette période que s’est- produite notre

occupation et l’état de guerre où était le pays
suffit à expliquer amplement ce fait. Nous
ne possédons pas de renseignements exacts
sur l’importance de la production des années
qui ont- précédé notre établissement au Daho­
mey, mais nous savons que dans les pays
voisins, Lagos et Gold Coast, elle équivalait
à la production des- années qui ont suivi 1894.
Il est bien probable qu’il en a été de même
au Dahomey.
L’exportation des produits du palmier à
huile n’a donc pas été plus importante en
1908 qu’en 1894 et l’on est justifié à dire que
depuis vingt ans elle n’a progressé en aucune
manière.
Bien que cette constatation puisse paraître
fâcheuse, elle dénote un état de choses qui est
très naturel.
Nos commerçants étaient établis au Daho­
mey bien avant notre gouvernement. Les in­
digènes se sont consacrés à l’exploitation des
seuls produits qui étaient demandés par ces
négociants -et ils se sont livrés à cette exploi­
tation d’une façon intense. Si le fait d’avoir
substitué notre administration à celle de leurs
chefs n’a pas augmenté leur production, cela
prouve que leur ancien état social, quelqu’imparfait qu’il ait pu nous paraître,.correspon­
dait aux conditions de mise en valeur de leur
pays, conditions que nous devons modifier,
si nous voulons rendre possible un accroisse­
ment de cette production.
La création d’une voie ferrée est parmi les
mesures dont on doit attendre les meilleurs
résultats, mais il est curieux de constater que
l’ouverture de la voie Cotonou Paouignan
n’a pas eu jusqu’ici d’influence sur l’exporta­
tion des produits du palmier à huile, mais
bien sur un produit nouveau dans le commer­
ce Dahoméen, le maïs.
Et cela a eu lieu de la manière la plus ca­
ractéristique.L’impulsion -est- venue de Lagos.
Alors que la campagne menée par la « British Cotton Growing Association » paraissait
devoir absorber toutes les initiatives, quel­
ques négociants y eurent l’idée d’exporter à

�18

L’EXPANSION COLONIALE

la Gold Coast, où il y avait un débouché tout
trouvé dans les chantiers des mines d’or, du
maïs qui forme la base de l’alimentation des
Yorubas.
Il apparut qu’il était facile de s’en procu­
rer auprès des indigènes, et l’on commença
à en envoyer en Europe.
Le gouvernement anglais fit expérimenter
toute une série d’égreneuses.On en donna aux
chefs en cadeaux et ce fut à peu près tout.
Il fut pris à vrai dire une autre mesure
très importante. Le chemin de fer de Lagos,
qui appartient et est exploité par la Colonie,ne
fit payer que la moitié du coût du transport.
Du 31 mars 1904 au 1er avril 1905, il transpor­
tait 1.523 tonnes ; en 1905, 2.501 tonnes.
Au Dahomey, les Compagnies du chemin
de fer et celle du warf maintinrent tout d’a­
bord leurs tarifs, qui étaient prohibitifs. Le
résultat fut qu’il ne sortît, au début, de
notre colonie que du maïs provenant des ré­
gions voisines des lagunes.
Alors l’exportation totale du Lagos
était en 1904 de 4.688 tonnes et en 1905 de
9.384 tonnes, et celle du Togo de 8.707 tonnes
en 1904 et de 9.366 en 1905, elle n’était que
de 200 tonnes en 1904 du Dahomey et de 2.000
en 1905, dont 500 tonnes passaient par Lagos.
En 1906, un progrès sérieux fut accompli ;
les exportations atteignirent 7.000 tonnes.En
1907, une saison pluvieuse prématurée dé­
truisit la première récolte et l’exportation se
maintint à 7.000 tonnes.
En 1906, alors qu’il sortait par Porto-Novo
4.089 tonnes et 1.327 de Grand Popo, il n’en
sortait que 726 de Ouidah et 1.136 de Cotonou,
qui sont, cependant les deux ports du chemin
de fer, qui aurait dû drainer le maïs de l’in­
térieur.
La raison en était que, alors que le cours
du maïs récolté aux environs de Porto-Novo
était de 60 francs en 1906, il n’était possible,
par suite des tarifs du Chemin de fer et du
warf, d’offrir aux indigènes dans la région
d’Abomey que de 24 à 25 francs, alors qu’ils
en demandaient 40.
Le 28 août 1908 un abaissement de tarif
fut enfin consenti (0.10 la tonne du kilomè­
tre 0 au kilomètre 100, warf compris, 0.09
du kilomètre 100 au kilomètre 200 et 0.06
au-dessus du kilomètre 200, warf 6 francs
sous palan) et le résultat immédiat fut que
l’exportation par Cotonou passait do 492 ton­

nes pendant le premier semestre à 4.540 ton­
nes pendant le second, c’est-à-dire décuplait,
tandis que celle de Porto-Novo,ne passait que
de 2.812 à 6.284 tonnes. L’exportation totale
passait de 7.000 tonnes en 1907 à 20.000 ton­
nes en 1908. Ces résultats sont très remar­
quables.
Cette exportation du maïs est mal­
heureusement fort gênée par la manière dont
les charançons infestent les cargaisons pro­
venant de l’Afrique occidentale et les dépré­
cient considérablement.
Une étude des plus intéressante, publiée,
par Vlrn-perial Institute (Bulletin VI, 3, 1908),
indique les précautions qu’il conviendrait de
prendre pour combattre ces parasites.
Les procédés préconisés sont de deux sor­
tes : traitement au bisulfure de carbone ou
simplement par l’air chaud.
On peut se servir du bisulfure de carbo­
ne soit en le vaporisant, soit en le répandant
sur les grains, mais c’est là une opération
dangereuse. Le plus simple est de mettre le
bisulfure dans des plats peu profonds pla­
cés sur le maïs, contenu dans des sortes de
réservoirs en fer que l’on ferme herméti­
quement, ou plus simplement en recouvrant
les tas avec des toiles à voiles. Une livre pour
1.000 boisseaux de grains suffit, avec un trai­
tement de vingt-quatre à quarante-huit heu­
res.
Il convient également de désinfecter les
locaux destinés à servir de magasins. Une
livre de liquide suffit pour 1.000 pieds cubes,
en le mettant dans des vases placés dans
line position élevée de manière que les va­
peurs opèrent en descendant vers le sol.
F. V. Théobald a trouvé .qu’une tempéra­
ture de 60° C. suffisait peur détruire les larves
et les chrysalides des charançons. Pour de
grandes quantités de grains à traiter, il con­
viendrait de maintenir 65° pendant une
heure.
En partant de ce principe, des construc­
teurs ont établi des machines pour lutter
contre les charançons, mais d’après les ren­
seignements que nous avons pu avoir, une
des difficultés de leur emploi consiste en ce
que le grain prend souvent un aspect ridé
après le traitement.
Il y.a là en tout cas une question qui doit
attirer au plus haut point l’attention de nos
négociants du Dahomey.

�L’EXPANSION COLONIALE

19

Le maïs de ce pays a tout d’abord été di­
INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
rigé sur Hambourg, mais en raison du droit
de 1 mark 60 qu’il paie à l’entrée en Allema­
EXTRAIT DES PR O CÈS-VERBAUX
gne par 100 kilos, il est de plus en plus di­
Par
en date du 20 janvier
rigé sur Liverpool, où il entre en franchise. 1910, ledélibération
Conseil d’administration, réuni sous
Et I on ne peut que regretter que notre droit la présidence de M. A. Artaud, a nommé
de 3 francs par 100 kilos prive notre industrie M. Emile Baillaud secrétaire de l’Institut
Colonial Marseillais, en remplacement de
de ce produit de notre colonie.
Sur une valeur totale de 12.179.530 francs M. E- Moriceau, démissionnaire.
M. Emile Baillaud est licencié en droit et
de produits indigènes exportés en 1908 du diplômé de l’Ecole des sciences politiques,Dahomey, les amandes de palme figuraient dont l’Association des anciens élèves lui a
pour 5-557.658 francs, les huiles de palme décerné sa grande médaille. 11 a rempli .Je
pour 4.595.926 francs et le maïs pour 1.198.435 1898 à 1906, plusieurs missions économiques
Ministère des Colonies et du Gouverne­
francs, soit plus de 11 millions. Il était dirigé du
ment Général dans l’Afrique Occidentale
sur Lagos 138.845 francs d’animaux vivants, Française et Anglaise, et ses explorations lui
237.834 francs de poissons secs ou fumés et ont valu la médaille d’or de la Société de Géo­
environ 250.000 francs d’autres produits de graphie de Paris-M..Baillaud a publié plu­
ouvrages, notamment les "Routes du
consommation indigène, ne laissant guère sieurs
Soudan”, la ’’ Situation économique et finan­
comme produits autres que ceux du palmier cière de l’Afrique Occidentale Française et
à huile et du maïs, que 68.000 francs de co­ Anglaise”.et la "Royal Niger C°”.I1 est lauréat
ton et 80.000 francs de coprah, ce dernier de l’Institut de France (Académie des scien­
provenant pour la plus grande partie de la ces morales et politiques). M. Baillaud, qui
a fait de nombreux voyages d’affaires ou d’é­
plantation des Pères du Saint-Esprit à Bada- tudes en Angleterre, Allemagne, Belgique et
gry (Lagos).
Hollande .appartenait en dernier lieu à une
Malgré les efforts de l’Association Cotonniè­ grande maison industrielle française.
re et de son si dévoué agent M. Poisson, l’ex­
ploitation du coton est bien loin d’avoir don­
DIXIÈM E JOURNÉE M A R IT IM E
né dans notre colonie les résultats encoura­
Il faut marquer d’une pierre blanche cette
geants de Lagos, bien que ce ne soit pas en dernière manifestation de l’Institut Colonial,
quelques années que l’on puisse espérer avoir grâce au concours de la Société Nautique,
qui en avait pris le patronage et qui organisa
dans ce pays des résultats définitifs.
course de canots-automobiles constituant
On leur a parlé coton, les indigènes ont ré­ une
l’attrait de la dixième Journée maritime, le
pondu maïs ; il n’y a donc pas trop lieu de se samedi 8 janvier. Plus de 100 personnes
plaindre, mais il semble que c’est surtout s’embarquèrent sur le ”Seynois", quai des
dans une exploitation plus scientifique et plus Augustins, à 2 heures 1/2, au moment où la
de Commerce recevait le Ministre
rationnelle des palmiers à huile, qui sont la Chambre
des Travaux Publics, au ponton de la Socié­
vraie richesse de ces pays de la région du té Nautique, pour la visite des Ports et des
Bas-Niger, qu’il y aurait lieu de porter le travaux du canal de jonction au Rhône.
Le vieux Lacydon,sillonné par une vingtai­
plus d’effortsM. Poisson, dont nous venons de rappeler ne de canots automobiles de toutes tailles,
depuis le racer de 30 chevaux jusqu’au
le nom, poursuit justement des essais très in­ yacht élégant à marche plus confortable,
téressants d’extraction sur place de l’huile par présentait, un spectacle nouveau, bien fait
des procédés moins primitifs que ceux qu’em­ pour montrer les avantages de l’application
ploient les indigènes, et il le fait en suivant maritime du moteur à explosion, tournant
dans un cercle étroit, virant avec une facilité
l’impulsion de négociants et d’industriels étonnante,
parcourant le bassin avec une
marseillais. Il y a là une tentative du plus vélocité surprenante. La flottille, encadrant
haut intérêt -et que l’on ne peut que souhaiter les deux bateaux de promenade, se dirigea
vers les avant-ports où le vapeur ministériel,
de voir réussir.
suivant le programme officiel, se sépara de
Emile B a i l l a u d
celui de la journée maritime.
Secrétaire de l’Institut Colonial.
A bord du ”Seynois” la Commission Nau­
tique donna les instructions utiles pour le
départ, de la bouée du phare Sainte-Marie,
et au coup de sirène les vingt racers fendant
les flots, s’élancèrent à la conquête des nom-

�20

L'EXPANSION COLONIALE

breux prix affectés à ces modernes régatiers;
l’un d’eux se détacha immédiatement du
groupe des compétiteurs, croisant en grande
avance la balise du Sourdaras, doubla ses
concurrents, et fit son deuxième tour aux ap­
plaudissements des excursionnistes enthou­
siasmés d’un semblable et si facile triomphe :
le ”Moumour”, appartenant à M. Court, ga­
gnait le 1er prix.
Voici l’ordre de classement des canots au­
tomobiles qui ont gagné les prix et médailles
annoncés, parmi lesquels 100 francs étaient
distribués par l’Institut Colonial : 1er Mou­
mour■, à. M. Court ; 2e Ipéca, à M. Baudouin;
3e Gavotte, à M. Groignard ; 4e Stayer, à M.
Cornet; 5e Massilia, à M. Malan ; 6e Paulet­
te, à M. Pavin de Lafarge ; 7e Sabine, à M.le
D1' Daniel ; 8e Galinelte, à M. Chaniel.
Le temps particulièrement favorable avait
aidé la course : un calme plat sur l’eau, un
soleil radieux au ciel, rendaient ce spectacle
d’une animation intense absolument impres­
sionnant. De nombreuses barques s’étaient
jointes au cortège.fait par les bateaux auto­
mobiles au "Seynois", lequel à l’issue de la
course reprit sa route au large vers l’extré­
mité de la jetée Nord. Suivant le but de vul­
garisation et d’éducation maritimes, il croi­
sait devant les prolongements de la digue du
futur canal pour revenir par les ports, les re­
présentants de l’Institut Colonial fournis­
sant les renseignements utiles au fur et à me­
sure de l’examen des navires et des môles
par les touristes. C’est, ainsi que l’on put s’ex­
pliquer les étranges formes d’un navire grec,
renflé au-dessous de la flottaison et construit
spécialement pour la traversée du canal de
Suez ,dont on évite ainsi le droit élevé du
tonnage, sorte de contrebande commerciale
que la baisse des tarifs ne rend plus rému­
nératrice.
Le bateau ministériel rencontré amena
l’excursion dans l’avant-port nord vers l’Estaque, où fut renversé en son honneur un
chaland de blocs du Canal, spectacle tou­
jours intéressant. Les quais aux charbons
étrangers, qui étaient bondés, attirèrent l’at­
tention, mais quelques emplacements vides
aux môles, attendant les longs courriers, in­
quiétèrent les excursionnistes peu initiés aux
nécessités des emplacements particuliers des
Compagnies de Navigation. Le travail des
grues électriques, aux mouvements si variés,
aux articulations bizarres, les fait ressembler
à d’étranges animaux dont les membres gi­
gantesques, en se détachant sur un coucher
de soleil embrasé, rendaient la comparaison
encore plus saisissante : les bennes courant
sur leurs cables, descendant à vide et remon­
tant automatiquement remplies, firent aussi
l’admiration de tous. Ajoutez à cela ranima­
tion, les cris, les hourras de l’armée de tra­
vailleurs et de curieux sur les môles ou ju­
chés aux sabords et bordant les plats-bords
des navires, les charriots roulant sur les

quais ou arrêtés au passage des ponts tour­
nants, avec toute une agglomération de ma­
rins, .de promeneurs, de dockers, de ca­
mions, etc., et vous aurez une vague idée du
spectacle attrayant et instructif offert par nos
bassins, vus d’un bateau de promenade.
Le retour à l’appontement eu lieu sans in ­
cident, quoiqu’au milieû d’un encombre­
ment considérable de chalands, de remor­
queurs, de navires en partance, et d’une ani­
mation générale difficile à décrire, qui est
de bon augure pour l’intérêt du commère
marseillais. Les participants enchantés con­
fondirent leurs remerciements à la Société
Nautique et à l’Institut Colonial et se donnè­
rent rendez-vous pour la lie journée mariti­
mes le 1er samedi de février.
A. F.
BUREAU DE REN SEIG N EM EN TS
M. G... de Noves, ancien colon à Madagas­
car, est venu entretenir l’Institut d’un projet
d’importation de bétail de Madagascar. Il
y a fort peu de temps, un essai d’importation
à Marseille de boeufs malgaches a été tenté :
malgré des avis très optimistes, nous som­
mes en mesure d’indiquer que les résultats
espérés n’ont pas été entièrement atteints.
En -effet, les bœufs exportés de Madagascar
sont arrivés à destination en parfait état,
mais auraient dû être abattus dès leur'arri­
vée. Les animaux qui n’ont pu trouver un
écoulement immédiat sur le marché, et qui
ont été mis au pâturage, ont dépéri à vue
d’œil, et peu de jours après leur arrivée ne
constituaient plus qu’un bétail de qualité
plutôt défectueuse. L’importation rationnelle
devrait porter non point sur du bétail vivant,
mais sur de la viande frigorifiée : à cet égard,
les essais tentés ont été concluants. Dans cet
ordre d’idées, une société à capital assez li­
mité serait presque assurée de la réussite.
Son programme consisterait, après étude
des quantités pouvant être facilement écou­
lées sur le marché français, à abattre des
animaux clans un local aménagé dans ce but,
et le plus près possible d’un embarcadère.
Les viandes seraient immédiatement mises
en chambre froide, et débitées dès leur arri­
vée dans la métropole. Les viandes frigori­
fiées arrivées à Marseille par un des derniers
courriers, et examinées par des experts ont
été reconnues de première qualité ; elles
peuvent, de plus, être livrées à. des prix bien
inférieurs à ceux pratiqués actuellement par
les viandes de boucherie. Nous avons engagé
M. G. à examiner la question à ce point de
vue.
2° M. le R. P. B..., de passage dans notre
ville partant prochainement pour le Congo,
est venu se documenter sur les divers modes
de préparation du caoutchouc dans les Colpnios françaises.
Nous lui avons communiqué notamment
l’intéressante publication de M. Yves Henry ;

�21

T/EXPANSION
c o l o n ia le
I
« Le Caoutchouc dans l’Afrique occidentale
française ».
Le R.P.B., compte lorsqu’il sera, au Con­
go enseigner aux Indigènes les modes de pré­
paration donnant les résultats les plus satis­
faisants.
3" MM. J. et S., de Lyon, dont l’un est
ingénieur-chimiste, ont découvert un procé­
dé qui permet de débarrasser les bouïres de
soie de toutes matières étrangères qui a’y
trouvent mêlées, en particulier les cheveux.
Les bourres de soie constituent à l’heure
actuelle un déchet, dont l’utilisation entraî­
ne une main-d’œuvre considérable ; il faut,
en effet, que des femmes ou des enfants, avec
un soin méticuleux, les trient, de façon à les
débarrasser de tous corps étrangers, et leur
permettre ainsi d’entrer dans l’industrie tex­
tile. Par le procédé trouvé, toute cette maind’œuvre est évitée, et les bourres de soie se
trouven, après un bain spécial, transformées
en une soie qui ne le cède en rien, comme
qualité, aux soies supérieure.
Ces Messieurs seraient, désireux d'entrer
en relations avec des filateùrs indo-chinois,
en mesure d’utiliser pratiquement leur dé­
couverte, qui est, à leur avis, appelée à don­
ner de gros bénéfices supplémentaires, à
ceux qui voudront bien l’exploiter.
Nous avons communiqué à ces Messieurs
les adresses des principaux filateùrs indochinois, en les engageant à entrer directe­
ment en relations avec eux.
4° M. M..., administrateur des Colonies,
est venu nous demander quelques renseigne­
ments sur la culture de la badiane, qu’il
compte entreprendre dans les îles Comores.
La badiane appelée vulgairement « anis
étoilé », est une plante essentiellement chi­
noise, dont la culture commence à être en­
treprise au Tonkin. On en extrait une bonne
huile commerciale, dont le principal usage
en Europe se trouve dans la fabrication des
produits liquoreux : c’est avec elle qu’on
fait la liqueur dite « Anisette » ; elle entre
dans la fabrication d’un grand nombre d’ab­
sinthes ; on l’emploie aussi dans la confise­
rie. Ses propriétés stimulantes et stomachi­
ques lui ont valu une certaine place dans la
médecine européenne ; mais ses usages médi­
caux sont surtout en vigueur en Chine, où
l’on considère que non seulement, l’huile de
badiane, mais encore plusieurs parties du
badanier possèdent la propriété de combattre
l’effet d’un grand nombre de poisons. Les '
Chinois emploient l’huile pour falsifier cer­
taines liqueurs d’origine occidentale- Elle
ocupe une place très importante dans leur
cuisine, où quantité de plats sont parfumés
avec elle.
L’exploitation du badanier peut donner des
résultats fort intéressants. En effet, l’huile
de badanier trouve acheteurs sur les marchés
d’Europe à raison de 14 à 15 francs le kilo,
et se livre sur les marchés indigènes à en­

viron 10 francs le kilo. Etant donné qu'un
arbre fournit en moyenne 45 kilos de fruits
à partir de 20 ans, une plantation de 100.000
pieds donnerait par conséquent 4 millions et
demi de kilos de fruits, soit : 70.000 kilos
d’huile ; en exagérant et en estimant que les
frais d’exploitation et d’expédition se mon­
tent à deux francs par kilo d’huile, il reste­
rait encore un bénéfice minimum de 3 francs
net par kilo, soit 200.000 francs.
Indépendamment de ces questions spécia­
les, nous avons eu à répondre à de nombreu­
ses demandes d’emploi aux Colonies, et de
nombreux documents statistiques ont été
consultés au Secrétariat.
EXTRAITS DE L A CORRESPONDANCE
C o n g o fr a n ç a is

M. A. lia u d m i, a d m in is t r a te u r des Colonies, à
M. le P ré s id e n t de l'In stitu t Colonial M a r ­
seillais.

Brazzaville, 25 décembre 1909.
j'a i reçu au cours d'un tournée la lettre p a r
laquelle vous m ’annoncez que .j'ai été nommé
p a r le Conseil d’A dm inistration de l'In stitu t Co­
lonial M arseillais, m em bre correspondant de
l ’In stitu t et je vous prie de m ’excuser du re ta rd
que j'a i mis à vous en accuser réception, re ta rd
qui est dû à m on éloignem ent m om entané du
chef-lieu.
Je tiens à vous rem ercier d’une façon toute
p articulière d:e l’h o n n eu r qui m ’est ta it et à
vous a ssu re r que je suis trè s sensible à la m a r­
que de confiance qui m ’est donnée.
Vous pouvez être assuré, M. le P résid en t que
je m 'efforcerai d’être utile à l’In stitu t et a u com­
merce de la Métropole, en vous te n a n t au cou­
ra n t de tout ce qui se p a sse ra ici pouvant vous
intéresser. Vous n ’ignorez pas que le Congo en­
tre d an s une ère nouvelle et que de gran d s tr a ­
vaux vont être en trep ris po u r a ssu re r sa mise
en valeur. Cela va créer u n m ouvem ent com­
m ercial entre la M étropole e t la Colonie, p ar
suite des nom breux m atériau x qu’il fa u d ra fa i­
re v enir et il est regrettable que l’absence de
com m unications entre M arseille et le Congo, ne
lui perm ette pas d’en profiter.
P a r p ro chain courrier, je compte vous a d re s­
ser po u r « l’E xpansion Coloniale » u n article
su r « Les mineg de cuivre a u Congo » et ensui­
te d’au tres su r diverses questions locales.
Veuillez agréer, etc.
A. B audon
De L a Com pagnie M arseillaise de N a v ig a tio n
à V apeur (C om pagnie Fraissinet).

M arseille, le 22 ja n v ie r 1910.
M onsieur le P résident.
P a r votre lettre du 18 courant, vous voulez
bien nous in form er que les m em bres correspon­
dants de votre In stitu t au Congo vous ont sig n a­
lé l’in térêt q u ’il y a u ra it à ré ta b lir les relations
qui existaient autrefois entre M arseille et notre
g ran d e colonie africaine.
Il s’agit là d’une question que nous connais­
sons très bien, c a r nous avons été concession-

�22

L’EXPANSION COLONIALE

n aires du service postal s u r le Congo pen d an t
18 ans et nous faisons co n tin u er encore nos c a r­
gos su r cette Colonie deux fois p a r an p o u r y
p ren d re des chargem ents de 'bois. — Nous n ’a­
vons pas voulu cependant soum issionner, lors
de la réadjudication de ce service, à cause die,s
obligations que co m portait le nouveau cahier
des charges. —• Ces obligations ont arrêté éga­
lem ent les a u tres a rm a te u rs, puisque personne
ne s'est présenté à l’adjudication.
Nous ne m éconnaissons pas que le rétab lis­
sem ent des anciennes relations se ra it trè s favo­
rable à, la fois au Commerce fran çais et au dé­
veloppem ent des exportations de la Colonie, et
si les Corps constitués (Cham bre de Commerce,
Société de la Défense du Commerce, In stitu t
Colonial), a in s i que les R eprésentants de la Co­
lonie, m anifestaient le d ésir de voir ré ta b lir
l’ancien service, nous ne nous refuserions pas
à exam iner la question à nouveau avec le Gou­
vernem ent.
Veuillez agréer, etc.
F ra issin et et C‘e
De la Com pagnie Française de N a v igation A
V a p e u r (C yprien F a b re et Cie.)

M arsaille, le 25 ja n v ie r 1910.
M onsieur le P résident.
Nous avons l’h o n n eu r de répondue à votre
lettre du 18 janvier, p a r laquelle vous voulez
bien a ttire r notre atten tio n su r l’in té rê t qu’au ­
ra ie n t les Com pagnies de N avigation de notre
ville à créer, ou à rétab lir, des relatio n s avec
le Congo.
Comme vous ne l’ignorez vraisem blablem ent
pas, nous desservons actuellem ent le Congo,
M. F ra issin e t et nous-mêmes, et allons tous
les trois mois ju sq u ’à Libreville, et Cap-Lopez.
M alheureusem ent, la fréq u en tatio n de ces
points est loin de donner les résu ltats sa tisfa i­
san ts que nous espérions. A la sortie de M ar­
seille, il n ’y a presque aucune m archandise à
expédier a u Congo, et le m axim um que nous
puissions récolte)', p our nos vapeurs, est une
vingtaine de tonnes to u s les tro is mois. Nous
savons q u ’en effet il va y .avoir, d ’ici quelque
tem ps, quelques tra n sp o rts de m atériau x dans
certain s points du Congo ; m ais il s’agit au
m axim um de 50 à 80 tonnes, qui ne p erm ettent
pas de serv ir de b ase de chargem ent à une li­
gne régulière.
Si m a in te n a n t nous considérons les m a rc h a n ­
dises de retour, nous sommes au Congo extrê­
m em ent concurrencés p a r des voiliers qui ac­
ceptent des chargem ents de bois à u n prix extrê­
mement. ré d u it ; nous avons, nous-m êm es, p ris
quelques chargem ents à des p rix aussi lias que
nous le p erm ettait l’exploitation de n avires à
vapeur, m ais les ch arg eu rs tro u v en t encore ces
prix tro p élevés, et affirm ent qu’ils ne p o u rro n t
continuer à nous réserver leu rs bois. D ans ces
conditions, nous m aintenons, san s g ra n d e n ­
thousiasm e, les escales que nous faisons actu el­
lem ent ; m ais il n ’est pas possible d’en augm en­
te r la. fréquence, à m oins que la situation ne se
modifie d’une façon sensible.
Si dans cet ordre d’idée, votre In stitu t av ait
quelques renseignem ents que nous ne co n n aî­
trio n s pas, nous vous serions très obligés de
nous les com m uniquer, et serions trè s heureux
de pouvoir m odifier l’im pression que nous

avions su r l’av enir des rap p o rts du Congo, avec
notre port.
Veuillez agréer, etc.
Le D irecteur de l'Exploitation
Jules G ijëz
L a R é u n io n . — N o te s c o m m e r c ia le s

La Réunion, le 21 décembre 1909.
Sur l’initiative de la Cham bre d’agricu ltu re
une exposition coloniale, s’o u v rira à Saint-De­
nis le 15 août 1910. Cette exposition com pren­
d ra q u atre sections : Œ uvres d’art, élevage, cul­
ture, industrie.
Sucres. — La m an ip u latio n est term inée et
su iv an t certaines évaluations la production
pour cette cam pagne s’élèvera à environ 40.000
tonnes. Il a été chargé à ce jo u r 22.100 tonnes
contre à pareille époque l’année dernière 24.500.
tonnes. Les cristallisés de cargaison ont, été
cotés ces jo u rs derniers : fr. 30 les 100 kgs. Les
détenteurs escom ptent une hausse prochaine.
Vanilles. — Les o rd in aires se vendent de 15
à 25 francs le kg. suivant qualité, m ais les
tran sactio n s sont peu nom breuses en raison
d’une hausse égalem ent escomptée su r ce pro­
duit.
Cafés. —» Tendance bonne m ais sans v a ria ­
tion des cours depuis quelques sem aines. Les
P ointus à 110 fran cs les 50 kg. Les Ronds à
100 francs. Les L ibéria à 80 francs.
E ssence de g éra n iu m . — Quelques ventes
effectuées à 24 francs le kilo. Le S yndicat dont
le stock n ’est plus que de 3.600 kgs, escom ptant
une nouvelle hausse, n'est pas vendeur.
Fibres d'aloès. — Production presque com ­
plètem ent arrêtée par suite de la baisse sig n a­
lée de l’E xtérieur su r ce produit.
Paille de choichou. — En baisse, quelques
ventes à 5 francs le kilo et au-clessous ay an t été
enregistrées.
Sacs de vacoas. — T oujours très dem andés à
fr. 18,25 et 18,50 les 100 sacs non pressés en dé­
pôt dans les m arines.
R h u m s . — Peu d’affaires. Le S yndicat m ain ­
tien t ses prix à 29 fran cs l’hectolitre à 54°
franco bord.
Tapiocas et Fécules. — Cours sans change­
m ent, cam pagne term inée.
' Change. — En baisse su r le m ois dernier.
La B anque de la R éunion cote 1 % à vue et la
Société B ourbonnaise de Crédit 1,1 %. La m on­
naie française s’échange au p a ir à la B anque
de la R éunion et en ville avec une prim e de
1/4. % .

D um onteil -L agrèze

C O U R S C O L O N IA U X

Voici le programme des Cours Coloniaux
publics qui ont été professés à l’Institut Co­
lonial pendant le mois de janvier 1910 :
L undi 3 jan v ier à 5 h. soir, D1’ J. de Cordemoy : Pêcheries fran çaises de Terre-Neuve.
M ardi 4 jan v ier à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud :
Le Choléra,
M ercredi 5 jan v ier 3 h. 3/4 soir, M. R aynaud :
L’Act. T orrens dans les colonies françaises. —
A 5 h. soir, M. Jum elle : Les caoutchoucs d’Océa­
nie et d’Asie ; le Ficus elastica.

�L’EXPANSION COLONIALE
Jeudi 6 ja n v ie r à 8 h. 1/2 m atin, (au p arc
B-orély), M. Davin : C ultures coloniales.
Vendredi 7 ja n v ie r à 5 h. soir, M. L au ren t :
L’indu strie du sel m a rin aux colonies.
Sam edi 8 jan v ier à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud :
A m énagem ents et annexes de la m aison colo­
niale.
L undi 10 janvier, Dr J. de Cordemoy : Pêche­
ries de Terre-Neuve et le u r exploitation.
M ardi 11 janvier, l)r R eynaud : Le choléra
(suite).
Mercredi 12 jan v ier, M. R ay n au d : Mines et
forêts aux colonies françaises.
M. Jum elle :
Le caoutchouc.
Jeudi 13 janvier, M. Davin : Les arb res à
fru its exotiques. — 4 h. soir, M. F o u c a rt : Les
fétiches et les féticheurs.
V endredi 14 jan v ier, M. L a u re n t : Le sel aux
colonies.
Sam edi 15 jan v ier, D1' R eynaud : Les costu­
mes de l’Européen.
L undi 17 jan v ier, Dr J. de Cordemoy : Les P ê ­
cheries de Terre-Neuve (suite).
M ardi 18 jan v ier, D1' R eynaud : Le choléra
(suite).
M ercredi 19 jan v ier, M. R ay n au d : Maind'œ uvre indigène. — M. Jum elle : Caoutchouc
du Congo.
Jeudi 20 janvier, M. Davin : C ulture du M an­
guier.
Vendredi 21 janvier, M. L a u re n t : Le soufre.
Sam edi 22 janvier, D1' R eynaud : Hygiène des
trav a ille u rs dans les pays chauds.
L undi 24 janvier, Dr J. de Cordemoy : Les P ê ­
cheries de l’Afrique occidentale.
M ardi 25 janvier, Dr R eynaud : L a défense
contre le choléra -et les dysenteries épidé­
miques.
M ercredi 26 jan v ier, M. R ay n au d : La m ai no
d’œ uvre étran g ère et l'im m igration réglem en­
tée. — M* J umelle : Caoutchoucs de M adagas­
car ; plan tes à gutta-perclia.
Jeudi 27 janvier^ M. Davin : C ultures des
colonies. — A 4 h. soir, M. F o u cart : Les féti­
ches d’exécration, l’envoûtem ent.
Vendredi 28 jan v ier, M. L aurent : Les n itr a ­
tes, le u r utilisation.
Sam edi 29 janvier, Dr R eynaud : L ’hygiène
des tra v a ille u rs de la te rre dans les tropiques.
L undi 31 jan v ier, Dr J. de Cordemoy : Les P ê ­
cheries de la M auritanie.

Nous avons appris avec une vive satisfac­
tion la promotion cle M. Vincent Davin, chef
d-e culture au Jardin botanique, professeur
aux cours coloniaux de l’Institut, au grade
d’Officier du Mérite agricole. Nous lui ex­
primons les plus sincères félicitations pour
cette distinction méritée.
C o u rs s u r l’E x p o rta tio n de M a r s e ille

L a C ham bre d-e Commerce de M arseille a dé­
cidé la création d’un cours « s u r l’Ex-portation
de M arseille et de la Provence » et elle a chargé
M. Léopold Dor de le professer. Il a u ra lieu à
l ’In stitu t Colonial M arseillais, (salle des cours
coloniaux), chaque quinzaine, le vendredi, à
3 heures 1/2 d-e l'après-m idi. Le co-urs d’ouver­
tu re est fixé au vendredi 4 février, à 3 heures
Va, sous la présidence de M. A drien A rtaud, p ré­
sident de l'In s titu t Coloni-al, m em bre-secrétaire
de la Cham bre de Commerce, et de MAF. Bohn,

2,‘ i

président du Syndicat des exportateurs, mem ­
bre de la Cham bre de Commerce.

RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
SUR LA

SITUATION DE L’ INDE FRANÇAISE
Exportation. — La ville de P ondichéry peut
être considérée comme le seul m arché com m er­
cial avec l’Europe d-e nos possessions fra n ç a i­
ses, dans l'Inde. Elle est située su r la côte de
Corom andel et est le chef-lieu des E tablisse­
m ents fran çais dans l ’Inde.
Il existe dans cette ville un g ran d nom bre de
m aisons de commerce tenues p a r des Européens
ta n t F ran çais q u ’E trangers,. et. surtout, p a r des
Indigènes.
Chaque année des spéculateurs indigènes
éprouvent des m écomptes su r le commerce des
arachides et sont obligés de se retirer. Mais, il
-en surgit d’autres, à côté, que le s rem placent.
Sous le rap p o rt de l’in dustrie en dehors des
trois filatures il a été fondé une usine de pou­
dre d’os, qui est vendue et expédiée -comme en­
g ra is ; une huilerie qui après avoir fonctionné
à P ondichéry a été tran sp o rté sur le territo ire
anglais ; une -glacière, et enfin une forge et fon­
derie.
I! av ait été question d’étab lir une filature de
jute, m ais en n ’en parle plus, pour le m om ent
du moins.
L a g raine d ’arachide qui s’em barque depuis
de nom breuses -années, est le p rin cip al p ro d u it
d’exportation.
La culture de cette g raine, depuis que l’on a
in tro d u it comme sem ence l’arach id e de Zanzi­
b a r dem ande beaucoup m oins de soins et est
d ’un ra p p o rt plus rég u lier et plus sûr.
G énéralem ent le tra n sp o rt de cette m arch an ­
dise est confié aux vap eu rs de natio n alité a n ­
glaise.
C’est surto u t à la m aison Best et Cie et à MM.
Gordon-W oodroof q-ue sont consignés les v a ­
peurs em b arq u an t des arachides à destination
de M arseille, le H avre, D unkerque, Londres,
H am bourg et Anvers.
L ’exportation de cette g raine dans le principe
rep résen tait p a r année une m oyenne de 900.00®
sacs et elle est actuellem ent de 1600.000 à
1800.0U0 sacs, en dehors de la quantité conver­
tie en huile et de celle consom m ée su r place- p a r
les h abitants.
L 'exportation des principaux produits de
commerce se résum e comme suit po u r 1908 :
20.433 balles de toiles bleues et écrues et fil tis­
sées' p a r les trois filatures S avana, Gaebelé etÀnglo-French Textile, et em barquées po u r M ar­
seille-, Bordeaux, H am bourg, Liverpool, Lon­
dres, .M adagascar, la Réunion, l'Indochine et
la Chine.
1.301 B arriques d ’huile pro v en an t des p res­
ses indiennes et expédiées à Calcutta, Colombo
et M aurice.
152 sacs de café récolté en territo ire an glais
et envoyés à M arseille.
16.829 sacs de cocos récoltés en territo ire fra n ­
çais et expédiés à Bombay, R angoon et Moulmein.
104 caisses d ’indigo pour M arseille, B ordeaux
et le Havre.

�24

L’EXPANSION COLONIALE

948 caisses de m antègue, d ’huile et de cocotine de fab ricatio n fran çaise envoyées à M auri­
ce, C alcutta, R angoon et Singapore.
15.920 sacs d ’oignons em barqués p our Pen a n g et Singapore.
3.678 sacs de poissons secs ou salés p our Co­
lombo, P e n a n g et Singapore.
376 balles de peaux tan n ées à P ondichéry, et
chargées p our M arseille, le H avre et M aurice.
335 ballots de ta m a rin p o u r S ingapore et Tenang.
72.496 sacs de to u rteau x de fabrique fra n çai­
se expédiés à H am bourg, Londres, Colombo,
S ingapore (ce commerce a considé ralliem ent
baissé, le m arché de Rangoon p ro d u isan t de
l’huile en q u an tité assez grande).
2.207 sacs de poudre d’os provenant d’une m a­
n u factu re fran çaise établie su r le te rrito ire de
P ondichéry expédiés prin cip alem en t, à Colom­
bo.
Il existe une taxe de 5 % imposée p a r le Gou­
vernem ent anglais qui est perçue à la sortie où
à l ’arrivée su iv an t que les m archandises, p ren ­
n ent la voie de te rre ou sont expédiées p a r mer.
Cette taxe a presque annihilé le commerce de
P o n d ich éry avec M aurice, P en an g , Rangoon
et Calcutta.
Importation. — Les p rin cip au x pro d u its ve­
n a n t de F ran ce consistent p rincipalem ent en li­
quides et conserves.
Les rizs et les g rain es diverses proviennent
de C alcutta ou de Cocanada, le blé de C alcutta
et de Bombay, et la noix d’a rec de Colombo et
de P enang.
Voici, ci-après les articles im portés à P o n d i­
chéry provenant de M arseille : absinthe, alcool,
am idon, am er Picon, bière, bougies, biscuits,
bouchons, cham pagne, chocolat, conserves, ci­
m ent, coffre-fort, confiserie, cognac, eau de Co­
logne, from age, fils d ’or, huile d’olive, liqueurs,
papeterie, parfu m erie, p ro d u its p h a rm a c e u ti­
ques, rh u m , savon, tabac, tissus, verm outh,
vins vinaigre, sucre, sirop, pâtes alim entaires,
légum es secs,, èau m inérale, tapioca, quincaille­
rie, soufre, pom m es de terre.
De Londres, Liverpool, R otterdam et An­
vers : Chaux, gin, m achines ,papeterie, tissus,
huiles, whisky.
De Colombo et Galles et S ingapore : Noix
d’arec, b a rriq u e s vides.
, De P e n a n g et S ingapore : rotin , sucre, poivre.
De Qocanada, C alcutta, et Bom bay : g rain s
divers, gunnis, fer, m arbre, coton.
De New-York : pétrole.
Un droit de consom m ation établi depuis ja n ­
vier 1903 su r les vins, spiritueux, alcools, li­
q ueurs et boissons ferm entées n ’a porté a u cu ­
nem ent attein te à l ’im p o rtatio n de ces articles.
D ans une circu laire com m erciale que je vous
adresse, annexe n° 3, vous trouverez égalem ent
les taxes perçues : droits de pont, de quai
et de débarcadère ; T arif de fran ch e visite d’a ­
m irau té ; D roits perçus p a r la douane an g laise
à la sortie de P ondichéry : M onnaies, poids et
m esures ; T arif des fra is et com m issions, frais
d'em ballage, d'em barquem ent, fra is de m agasi­
nage p a r mois.
P ondichéry possède une rad e foraine, la m eil­
leure de la côte Coromandel. ERe a u n pier ou
pont débarcadère qui facilite les opérations
d ’em barquem ents et de débarquem ents. Ce dé­
barcad ère ren d principalem ent de g ran d s ser­
vices p a r m ousson du Nord-Est, alors que le

débarquem ent ou R em barquem ent devient dif­
ficile, sinon im possible p a r la plage.
L ’outillage dont il est doté date de la cons­
tru ctio n du p ier (1864) et laisse fo rt à désirer
et n ’est plus en ra p p o rt avec les besoins du
commerce qui se sont largem ent développés.
Ce w harf en fer qui était de 269 m ètres de
long, vient d ’être prolongé de 80 m ètres. Il seL
r a doté prochainem ent de grues m obiles et fixes
en rap p o rt avec les besoins du service.
Les com m unications avec le bord se font p a r
des bâteaux à fond p lat désignés sous le nom
de « chelingue », m ontés p a r des bateliers appe­
lés « ma,conas ».
Le voyage ord in aire d'u n e chelingue chargée
du w harf, revient à 1 il. 15 et de la plage 1 fr. 9.
Le voyage du rad eau coûte de 2 fr. à 8 fr.
Le ta rif p a r voyage d ’une chelingue à p as­
sagers est de 2 fr, 3.
Il peut être débarqué ou em barqué p a r jo u r
de 800 à 1.000 tonnes avec beau tem ps, et s’il s’a ­
git de sacs d ’arachides. Il ne peut en être de
même avec des balles de toiles de g rain es et
des colis divers.
P ondichéry est en ra p p o rt avec l ’in térieu r de
la P éninsule p a r différentes voies ferrées. P a r
des services com binés le voyageur est tra n sp o r­
té à Colombo p a r T uticorin en 38 heures ; à Cal­
cu tta en 47 heures, et à Bombay en 2 jours.
Il a été question de la construction d ’un che­
m in de fer entre P ondichéry e t Tupapoliom ,
centre du m arché des arachides ; m ais cet a r­
gent sera attrib u é à des trav au x d ’irrigation.
Des m agasins généraux dont la Cham bre de
Commerce a fait l ’acquisition à la B anque de
l ’Indo-chine seront dotés prochainem ent de
m oyens de tractio n qui p erm ettro n t d ’activer
l’em barquem ent des m archandises.
P ondichéry a été doté dernièrem ent de la lu ­
m ière électrique, l ’in au g u ratio n de la station
centrale a eu lieu le 14 juillet 1909. Des trav au x
de can alisatio n d ’eau potable se fait actuelle­
m ent et seront term inés prochainem ent.
Jules V iiueux
Agent des M essageries M aritim es
à P ondichéry

CHRONIQUE DU MOIS
L e s C o lo n ie s fr a n ç a is e s
à l’E x p o s itio n de B r u x e lle s

L’Exposition universelle internationale
qui va avoir lieu à Bruxelles, en 1910, pro­
met d’être des plus importantes, tant par son
étendue que par le nombre et l’ampleur des
participations étrangères. Parmi celles-ci,
la France occupera une des places les plus
brillantes. La direction de la section fran­
çaise a été confiée à M. F. Chapsal, conseil­
ler d’Etat, directeur au ministère du com­
merce, en qualité de commissaire général,
et à M- A. Pinard, président de la Section
française, avec le concours du Comité fran­
çais des Expositions à l'étranger, que pré­
side M. Emile Dupont, sénateur. L’Etat-major de la Section française, est donc le mê­
me qu’à l’Exposition de Liège en 1905, où la
France remporta un si grand succès.

�L’EXPANSION COLONIALE

25

La participation française offre cette fois bénéfices matériels croissants, qui méritent
une particularité toute spéciale, par le carac­ d’être mis en face des charges sans cesse re­
tère autonome de son Exposition Coloniale. prochées par les adversaires de notre erfjoanLe groupement des Colonies représentées sion extérieure. Il est vrai qu’on manque
n’a jamais été aussi complet dans aucune au­ jusqu’ici d’idées précises sur le produit finan­
tre exposition à l’étranger ; en effet, à part cier de l’œuvre coloniale et le rapport entre
l’Algérie et la Tunisie qui auront leurs pavil­ le passif et l’actif qui en résulte pour la
lons spéciaux, l’Afrique Occidentale, l'Indo­ métropole.
chine, Madagascar, la Réunion, Saint-Pier­
Un bilan fort intéressant vient précisé­
re et Miquelon, la Guyane ont consacré sur ment d’être dressé à ce sujet par un collabo­
leurs budgets locaux des subventions par­ rateur de la Dépêche Coloniale, M. Pelleray,
fois notables, suivant les disponibilités bud­ et nous tenons à en signaler les conclusions
judicieuses, qui sont des plus rassurantes.
gétaires.
Mais si l’on parvient à faire une Section Après avoir évalué le passif colonial annuel
coloniale relativement importante avec des à 145 millions de francs, l’auteur de ce tra­
sommes néanmoins restreintes, le résultat en vail établit l’actif avec les éléments suivants :
sera surtout dû à la collaboration de l’initia­ contribution des colonies aux dépenses mi­
tive privée en matière de participation offi­ litaires et d’ordre, droits de douane à l’entrée
cielle, inaugurée par le Comité National des en France, subvention à des établissements
Expositions Coloniales, fondé et présidé par métropolitains, intérêts des emprunts colo­
M. Marcel Saint-Germain, sénateur. Ce co­ niaux, soldes des fonctionnaires et officiers
mité. de formation récente, complément et dépensées en France, apports ou envois des
collaborateur du Comité Français des Expo­ colons ou des agents de la vie économique
sitions à l’Etranger, a donné toute sa mesu­ coloniale, bénéfices nationaux du commerce
re à l’occasion de l’Exposition franco-britan­ extérieur des colonies et des entreprises de
nique de Londres, en 1908 ; il espère mieux colonisation, bénéfices des banques et de
l’armement.
réussir encore cette année à Bruxelles.
M. Pelleray arrive ainsi à un total de 166
L’Exposition Coloniale de la Section fran­
çaise est placée sous la direction du chef d’u­ millions. Il ne s’agit évidemment que d’éva­
ne de nos plus importantes maisons colonia­ luations très approximatives, mais elles suf­
les, M. Georges Schwob, membre du Con­ fisent à démontrer que les recettes dépassent
seil supérieur des colonies, vice-président du largement les dépenses. Et la balance en fa­
Cbmité National des Expositions Coloniales, veur de l’actif se trouverait bien autrement
en qualité de commissaire des colonies fran­ forte, si l’on faisait entrer en ligne l’Algérie
çaises. M. J.-L. Brunet est le collaborateur et la Tunisie, qui ne figurent pas dans les
de MM. G. Schwob et Saint-Germain, en estimations précédentes. Les colonies fran­
qualité de secrétaire général du Comité d’or­ çaises forment donc bien aujourd’hui un
élément essentiel de la richesse nationale et
ganisation de la Section coloniale.
Les bâtiments de l’Exposition Coloniale de il convient d’apporter à leur développement
la Section française occuperont environ la plus grande sollicitude.
10.000 mètres et ne comprendront pas moins
— ta —
de dix pavillons, dont les principaux sont
L e G o u v e rn e m e n t g é n é ra l
ceux de l’Algérie, de la Tunisie, de TAfriuue
de l’A fr iq u e é q u a to r ia le fra n ç a is e
Occidentale, de l’Indochine, les Souks et le
Palais des Colonies, où seront groupés les
la date du 15 janvier 1910, le Ministre
Expositions des services du ministère des desA colonies
vient de faire signer par le Pré­
colonies et les exposants exportateurs .-t sident de la République
des décrets portant
importateurs.
réorganisation
du
gouvernement
général du
En ce qui concerne Marseille, un Comité Congo français, en créant un gouvernement
local que préside M- Estrine, président de la général de l’Afrique Equatoriale française.
Chambre de Commerce, assurera la par­
Déjà, en donnant en 1908. au commissaire
ticipation de notre grand port, avec le con­ général
des possessions du Congo français
cours de l’Institut colonial marseillais.
et dépendances le titre de Gouverneur géné­
—12—
ral, la métropole avait manifesté son inten­
tion de faire, dans cette vaste partie de son
L e s b én é fic e s de la c o lo n is a tio n
domaine d’outre-mer, une nouvelle applica­
L’action coloniale de la 3e République tion de l’heureuse politique des gouverne­
n’aurait-elle que déveloopé les initiatives et ments généraux.
l’esprit d’entreprise,redonné à la nation quel­
Il résulte aujourd’hui de la nouvelle déno­
que confiance en elle-même, relevé son pres­ mination appliquée à nos possessions dites
tige au dehors et augmenté sa puissance jusqu’ici congolaises, que le gouvernement
mondiale tout en répandant la civilisation général du Congo et Dépendances a désor­
européenne, qu’elle aurait déjà rendu de re­ mais vécu. Il fait place au gouvernement gé­
marquables services au pays. Mais ces avan­ néral de « l’Afrique Equatoriale française »,
tages moraux se doublent maintenant de appellation mieux appropriée au point de

�26

L’EXPANSION COLONIALE

vue géographique et qui présente, en outre,
l’avantage d’établir entre nos possessions et
le Congo belge voisin une distinction néces­
saire pour prévenir les confusions de l'opi­
nion publique,tant à l’étranger qu'en France.
L’excellente réorganisation qui vient d’être
consacrée tend à affirmer d’une façon plus
pratique l’union des divers territoires grou­
pés sous l’autorité du gouverneur général.
Elle précise notamment ses pouvoirs politi­
ques et administratifs, fixe ses attributions
pour l'établissement des taxes locales et or­
ganise sur des bases plus rationnelles le bud­
get général applicable à l’ensemble des trois
colonies. Enfin, par voie de conséquence, el­
le comporte des modifications dans la compo­
sition et les attributions du conseil de gouver­
nement et des conseils d’administration. D’u­
ne manière générale,cette réorganisation peut
être considérée comme le terme d’une poli­
tique de décentralisation, dont l’expérience
a été tentée successivement et avec succès
dans la constitution des gouvernements gé­
néraux de l’Indochine, de Madagascar et de
l’Afrique occidentale française.
D’ailleurs, en examinant les caractéristi­
ques principales de la réforme qui vient d’ê­
tre réalisée dans l’organisation du gouver­
nement général de l’Afrique Equatoriale, on
constate qu’elle constitue moins une innova­
tion que le couronnement d’une évolution
poursuivie depuis plusieurs années, et qu’el­
le ne contient rien qui n’ait été sanctionné
par l’expérience- Aussi cet instrument admi­
nistratif paraît-il maintenant tout à fait au
point. Comme il est en très bonnes mains, en
la personne de M. le Gouverneur général
Merlin, il semble qu’on puisse compter avec
certitude sur lui pour assurer le développe­
ment méthodique régulier de notre Afrique
Equatoriale et la porter au degré de prospé­
rité où, grâce à des institutions analogues,
est si rapidement parvenue l’Afrique Occi­
dentale française.
J. L.

LE CONGRÈS HE L’AFRIQUE ORIENTALE
Poursuivant l’œuvre des Congrès spéciaux,
inaugurée en 1908 par le congrès de l’Afri­
que du Nord et continuée cette année par
celui des Anciennes Colonies, l'Union Colo­
niale Française, après s’être entendue à cet
effet avec le Comité de Madagascar, a dé­
cidé que le Congrès de 1910 serait consacré
à l'étude des questions qui intéressent l’Afri­
que Orientale, c’est à dire, d’une part, Ma­
dagascar et ses dépendances, de l’autre, la
Côte des .Somalis.
Ce Congrès se tiendra à Paris, du lundi
10 au samedi 15 octobre 1910. Nous n’avons
pas besoin d’insister sur son utilité. Le but
que se proposent ses .organisateurs est de
procéder, sous les auspices de deux associa­

tions coloniales dont le dévouement aux in­
térêts coloniaux est connu et qui jouissent
tant aupi’ès de l’opinion que des pouvoirs
publics métropolitains, d’une légitime auto­
rité, à une enquête détaillée, destinée’à ren­
seigner ceux-ci et celle-là sur la situation,
les besoins et les aspirations des Colonies
envisagées.
Le succès du Congrès de l’Afrique du
Nord et de celui des Anciennes Colonies, le
retentissements qu’ils ont eu, les résultats
pratiques qui en ont sanctionné les travaux
ont suffisamment démontré l’intérêt de cette
mise en commun de toutes les lumières et,
de toutes les bonnes volontés pour l’établis­
sement de ce qu’on pourrait appeler les
« cahier des vœux de nos possessions d'ou­
tre mer, »
Elle ne peut qu’être avantageuse égale­
ment pour Madagascar et ses dépendances
ainsi que pour la Côte des Somalis.
Les hauts patronages acquis au Congrès
projeté, les noms des notabilités qui ont
accepté de collaborer à la direction de ses
travaux, ceux des rapporteurs qui ont bien
voulu se charger de lui présenter l’exposé
des questions portées au programme, vien­
nent encore souligner l’importance de cette
manifestation et accroître l’intérêt de cette
étude.
Le Comité fait appel à tous ceux qui, soit
en France, soit à Madagascar ou à Djibouti,
s’intéressent à ces deux colonies et leuir de­
mande de participer à son œuvre non seu­
lement en lui envoyant leur adhésion, mais
aussi en apportant leur contribution à ses
travaux sous forme de communicationsisoit
écrites soit verbales sur les questions ins­
crites au programmme du Congrès.
Adhésions. — Les adhésions sont reçues
au Secrétariat Général du Comité, 44,
Chaussée d’Antin, Paris. Le montant de la
cotisation a été fixé à 12 francs.
Communications. — Les adhérents sont
priés de faire parvenir au Secrétariat Géné­
ral du Comité, aussitôt que possible, le ti­
tre des communications écrites qu’ils se pro­
posent de présenter au Congrès. Le texte de
ces communications — écrit, autant que
possible, sur un seul côté du feuillet — de­
vra, pour faciliter la tâche des rapporteurs
qui auront à les analyser et à les apprécier,
parvenir au Secrétariat Général du Comité
fin avril 1910 au plus tard.
Si un adhérent désire traiter plusieurs des
questions inscrites au programme, il devra
leur consacrer autant de communications
distinctes qu’il y aura de questions traitées
et chacune de ces communications devra
porter, comme titre général, l’indication de
la question à laquelle elle se réfère : com­
merce, industrie minière, enseignement, etc.
Les auteurs de communications qui dési­
reraient que leur nom ne soit pas livré à la
publicité sont priés d’en donner avis au Se­
crétaire Général du Comité.

�L’EXPANSION COLONIALE
AVANTAGES CONSENTIS AU MEMBRES DU CONGRÈS
PAR LES COMPAGNIES DE TRANSPORTS
1° C o m p a g n i e s d e s M e s s a g e r i e s M a r i t i m e s

L a Com pagnie des M essageries M aritim es
déliv rera aux Membres du Congrès provenant
des colonies intéressées (M adagascar, M ayot­
te et Comores, côte des Som alis), des billets
d’a lle r et reto u r com portant une réduction de
30 % su r le m o n ta n t dre deux passages simples
a u ’prix plein du ta rif général.
Ces biïlets, valables six m ois seulem ent, se­
ront délivrés aux Congressistes (à l’exclusion
de leu r fam ille), su r présentation de leurs c a r­
tes de M embres du Congrès, du 1er m ai au 15
septem bre 1910.
2° C o m p a g n i e H a v r a i s e P é n i n s u l a i r e
de n av ig atio n à v a p e u r

Les m em bres du Congrès, p o rteu rs de leurs
carte, bénéficieront personnellem ent d’une ré­
duction de 25 % su r les prix des passages de
la Compagnie H avraise.
11 sera délivré aux M embres du Congrès p re­
n an t passage su r les v apeurs de cette Compa­
gnie p o u r se ren d re en F rance, en même tem ps
que le u r billet « aller », une reconnaissance
qui leu r p e rm e ttra cl’obtenir, dans u n délai de
six mois, un billet de reto u r aux mêmes condi­
tions qu’à l'aller, c’est-à-dire aux prix du ta ­
rif dim inués de 25 %.

27

à M adagascar ; le général L yautey ; le géné­
ra l Metzinger.
MM. Edm ond P errier, m em bre de l'In stitu t,
directeur du M uséeum d’H istoire N aturelle ;
S tanislas Simon, directeur de la banque de
TIndOi-Chine ; le général de Torcy ; Vusselle,
directeur au M inistère des Colonies ; le général
Voyron, ancien com m andant en chef du c-orps
d’occupation de M adagascar, m em bre du Con­
seil sup érieu r de ta Guerre ; les présidents des
Cham bres de Commerce de P a ris, Bordeaux,
Dunkerque, La Rochelle, Lyon, Le H avre, M ar­
seille, N antes, Rouen : les présidents des In s­
titu ts coloniaux de Bordeaux, M arseille et
Nancy.
MM. le président de la Cham bre d ’Agricul
tu re 4 s M adagascar ; P ey tral. délégué de
Mayotte au Conseil su périeur des Colonies ;
F rag er, délégué de M adagascar au Comité con­
sultatif des Colonies ; T rouillet, délégué de
M ayotte a u Comité consultatif des Colonies ;
H am elin, délégué de la Côte des Som alis av
Comité consultatif des Colonies.

COM ITÉ D 'O R G A N IS A T IO N
P ré s id e n t : M. le docteur Emile Chautem ps,

sénateur, ancien m inistre des colonies.
Vic e-président : M. J. Chailley, député, di­
recteur général de -V U nion Coloniale, vice-pré­
sident du Comité de M adagascar.
Secrétaires G énéraux : MM. Ch. Depincé,
3° C o m p a g n i e s d e c h e m i n s d e f e r
chef des services de l’Asie, de l’Océanie et de
Les C ongressistes bénéficieront su r les cinq • M adagascar à VUnion Coloniale, m em bre du
1g ran d s réseau x fran çais d-’une réduction de
Conseil su p érieu r des colonies ; L. S andrin,
50 % su r le prix des billets sim ples, du lieu de
officier dém issionnaire, secrétaire général du
leur résidence à P a ris et retour. A cet effet, ii
Comité de M adagascar.
le u r sera délivré dies bons de réduction qui se­
M em b res : MM. B arthélem y, ad m in istrateu r
ro n t valables du 7 au 18 octobre 1910. Il est in ­ délégué du Comptoir de Djibouti ; Besselièvrc,
dispensable que les intéressés fassent connaî­ président du Comptoir R ouennais de M adagas­
tre au S ecrétariat G énéral du Congrès, au plus
car ; Besson, a d m in istra te u r délégué de la
tard , le 10 septem bre 1910 leu r g are de départ
Compagnie
M arseillaise de M adagascar ;
et leu r itin é ra ire et, s’ils em p ru n ten t p lusieurs
Bouin, p la n te u r aux Comores ; B oussand, p r é ­
réseaux, les g ares de jonction.
sident du Syndicat Lyonnais de M adagascar ;
P. B uhan, président de la Société « La G ran ­
de île » ; B rally. directeur de la Compagnie
C O M I T É D ’H O N N E U R
des C hargeurs R éunis ; Canavy, Lyon ; 15.
C arnot, ancien député, a d m in istra te u r de la
Président : M. le M inistre des Colonies.
Vice-présidents : MM. A ugagneur, Gouver­ Compagnie des M essageries M ariitim es ; Cnn e u r g én éral de M ad ag ascar et dépendances ; toine, ad m in istra te u r délégué des « G rands
B azars du Betsiléo » ; Antoine Chiris, de la
.1.-Charles-Roux, ancien député, P résid en t de
M aison Chiris, P aris.
l'Union Coloniale Française et du Comité de
MM. Conty, m inistre plénipotentiaire, sousMadagascar ; le Général G allieni, ancien gou­
v ern eu r général die M adagascar et dépendan­ directeur d’Europe, d’Afrique et d’Océanie au
M inistère des Affaires étrangères ; Daléas, ad­
ces, m em bre -du Conseil S u p érieu r de la Guerre
m in istra te u r de la Compagnie Coloniale de
Membres : MM. le P rin ce d’A renberg, m em bre
M adagascar ; Clément Delhorbe, ancien chargé
de l’In stitu t, P résid en t du Comité de l’Afrique
F ran çaise, p résid en t de la Compagnie u n iv er­ de Mission à M adagascar, m em bre du Conseil
selle du C anal de Suez ; B om pard, am b assa­ su p érieu r des colonies, vice-président du Co­
deur de F rance, ancien résid en t gén éral à M a­ mité de M adagascar ; L. Delhorbe, ancien di­
d ag a sc a r ; le général D uchesne, ancien com­ recteur des Agences du Comptoir N ational d’Esm an d a n t du corps expéditionnaire ; le gouver­ compte à M adagascar ; D iam anti, m em bre du
Conseil du Comité d.e M adagascar ; F erro u illat,
n e u r de la Côte des Som alis ; E tienne, député,
ancien m in istre ; Grall, inspecteur général du
présid en t de la Com pagnie Foncière et M iniè­
Conseil su p érieu r de santé des Colonies.
re de M adagascar ; Gabet, agent de -change ho­
MM. A. G randidier, m em bre de l’In stitu t, p ré ­ no raire, président de la Société des Etablisse­
siden t d’h o n n e u r du Comité de Madagascar ; m ents Frager.
G. H anotaux, m em bre de l’Académie F ran çaise,
MM. G randidier, explorateur ; E. G rosclaulo
ancien m inistre des Affaires étran g ères ; Harpubliciste ; Ju illard -H artm an n , p ré sid e n t du
m and, am b assad eu r de F ran ce h o n o raire ; De
Syndicat Cotonnier de l’Est ; K rantz, député,
L anessan, député, ancien m in istre ; Hippolyte
ancien M inistre ; Lacaze, sous-directeur do la
Laroche, député, ancien résident général à
Banque de l’Indo-Chine ; de la Motte SaintM ad ag ascar ; Le Myre de Vilers, am b assadeur
P ierre, colon à Hell-Ville : Lebon, ancien M i­
de F ran ce honoraire, ancien résident général
nistre, président d.e la Com pagnie des Messa-

�L’EXPANSION COLONIALE

2,S

geries M aritim es ; H enri M ager, publiciste,
m em bre du Conseil su p érieu r des colonies ;
M agnan, ancien président du T rib u n al de Com­
merce de M arseille ; F ra n c is M ury, m em bre du
Conseil su p érieu r des colonies ; Nouvion, di­
recteu r de la B anque de l’Afrique Occidentale.
MM. E. P erier, banquier, président du Con­
seil d’ad m in istratio n de la Com pagnie H avraise
P én in su la ire de navig atio n à vap eu r ; Ed. Prenat, ancien député, président d ela Compagnie
L yonnaise de M ad ag ascar ; Régoin, p lan teu r
aux Comores ; R igaud, président du Syndicat
F ranco-H ova ; Siegfried, ancien m inistre, dé­
puté ; M aurice Simon, négociant (plantations à
M ayotte) ; com m andant Thirion, directeur de
la Société F ran çaise de Commerce et de N aviga­
tion à M ad ag ascar ; T rolard, chef du B ureau
de M adagascar au M inistère des Colonies ; M.
Vigne, ancien directeur de la Com pagnie M ar­
seillaise de M adagascar ; Wolf, banquier, ad­
m in istra te u r de la Compagnie Lyonnaise de
M adagascar.

PROGRAMME

DU

CONGRÈS

PR EM IER E SECTION
P rés id en t : M. M essimy, député.
V ice-présidents : MM. le docteur Louis Bes­

son, a d m in istra te u r en chef des colonies en
re tra ite ; le lieutenant-colonel Debon, adm inis­
trateur-délégué de la Com pagnie agricole, in ­
dustrielle et m inière de M adagascar ; Lepreux,
G ouverneur général h onoraire des colonies ;
C harles Michel-Côte, a d m in istra te u r de la Com­
p agnie du chemin de fer F ranco-E thiopien de
D jibouti à Addis-Abeba et de la Compagnie
L yonnaise de M adagascar ; André You, direc­
te u r au M inistère des colonies.
POLITIQUE INDIGENE
I.— E n se ig n e m e n t

S o n état actuel ; les ré su lta ts à en atten­
dre ; les réform es à y apporter.
R a p p o r te u r : M. Georges P illias, réd acteur

au M inistère des colonies, ancien a d m in istra ­
te u r de l re classe à M adagascar.
II — Q u e s t i o n s d é m o g r a p h i q u e s
A ssistan ce m éd icale

QUESTIONS ÉCONOMIQUES
I.— C o m m erce et In d u s trie . — T ra n s p o r ts
M aritim es

Les moyens de les développer.
Leur état actuel ; les améliorations à y apporter
Rapporteur : M. H enri M ager, publiciste,
m em bre du Conseil sup érieu r des Colonies.
I L — L a Q u e sti'in m o n é ta ir e .— L e C ré d it.—
La Banque

Rapporteur : M. Charles M artin, inspecteur
principal des agences coloniales et étran g ères
du Comptoir N ational d’Escompte de P aris.
III.— A g ric u ltu re

Son étal actuel ; m oyens à employer et m e su ­
res à prendre pour, assurer son avenir
Rapporteur : M. LI. Jum elle, professeur à la
Faculté des Sciences de M arseille. _
IV. — F o r ê t s

Leur mise en valeur.
Rapporteur : M. B o u rd ariat, ingénieur, di­
recteur à M adagascar de la Com pagnie Colo­
niale de M adagascar.
V - In d u s trie m in iè re

Les moyens de la développer
Rapporteur : M. Albert Lebrun, député, in ­
génieur des mines.
VI — T r a n s p o r t s t e r r e s t r e s

Leur état actuel ; les améliorations à
y apporter.
Rapporteur : M. D iam anti, m em bre du con­
seil du Comité de M adagascar.
V II.— M a i n - d ’œ u v r e

Son régime actuel.
Les modifications
à y apporter.
Rapporteur : M. Georges R ichard, publiciste,
ancien avocat à la Cour de T ananarive.
VIII.— D j i b o u t i

Sa situation présente, son avenir.
Rapporteur : M. V igneras, sous-chef de bu­
reau au M inistère des colonies.

Le Régime douanier colonial

R a p p o r te u r : M. le docteur Clarac, directeur

de l ’Ecole d’A pplication du service de santé des
troupes coloniales, M arseille.
III,— L e t r a v a i l i n d i g è n e
I n d u s tr i e s lo cales

R a p p o r te u r : M. H ugues B erthier, adm inis­
tra te u r en chef des colonies, chargé de cours
à l’Ecole Coloniale.
DEUXIEM E SECTION
P ré s id e n t : M. Alexis R ostand, p résid en t du
Conseil d’A d m inistration du Com ptoir N atio­
n al d’Escompte de P a ris.
V ice-présidents : MM. André Grosos, direc­
te u r général de la Com pagnie H avraise P én in ­
su laire de navig atio n à vap eu r ; Honoré, adm i­
n istra te u r délégué de la Société des G rands
M agasins du Louvre ; A. Lignon, m em bre de la
Cham bre de Commerce de Lyon, vice-président
du Comité de M ad ag ascar ; Théodore Mante,
président du Conseil d’ad m in istratio n de la
Compagnie coloniale de M adagascar ; le doc­
te u r P échadre, député.

R A P P O R T sur le régime douanier applicable
à la Guadeloupe, présenté au Conseil géné­
ral par M. le Gouverneur BALLOT, le iO
m ars 1908.
(Suite)
Ces chiffres m o ntrent ju sq u ’à l’évidence que
la .capacité d ’ach at de la G uadeloupe a consi­
dérablem ent dinnnné depuis l'ap p licatio n du
ta rif douanier.
F au t-il conclure de cette constatation, com­
me d’aucuns l’ont fait, qoe cet app au v risse­
m ent est dû exclusivem ent au régim e institué
p a r la loi du II jan v ier 1892 ?
Cette opinion ne serait pas conform e à la
réalité. L a crise sucrière, dont les effets désas­
treu x ont été s’accen tu an t depuis 1884 et qui
touche à l’ind u strie principale de la colonie, a
certes exercé une g ran d e influence su r cette
m odification dans la situ atio n com m erciale de
la G uadeloupe. Mais, ce q u ’il serait injuste de
ne pas reconnaître, c ’est que le ta rif douanier

�L’EXPANSION COLONIALE
de 1892 a été l ’un des p rin cip au x facteu rs de
cet éta t de choses.
La. Métropole a-t-elle, p a r contre, obtenu un
plus g ra n d écoulem ent des prod u its fran çais
dans l’île ap rès l’application du ta rif d ouanier ?
En d ’a u tres term es, le commerce de l’étran g er
avec la G uadeloupe a-t-il dim inué depuis l ’ap­
plication du régim e dou an ier actuel ?
Voici les 1 ésu ltats de la -comparaison, sous
ce ra p p o rt spécial, des cinq années im m édia­
tem ent an térieu res à l ’application du ta rif de
1892 avec les cinq dernières années.
I m p o r ta tio n de m a rc h a n d is e s étrangères :

1° A vant l'ap p licatio n de la loi du 11 ja n ­
vier 1892 :
1888 ........................ .......... F. 12.597.012
12.580.881
1889 ........................
1890 ........................ .......... )) 12.456.772
1891 ........................ .......... )) 11.717.639
1892 ........................ .......... &gt;)) 12.342.738
Total .................. ..........

F.

61.695.042

M oyenne ........... ..........

F.

12.339.008

2° P e n d a n t les cinq dernières années :
7.148.404
1903 ........................ .......... F.
6.470.612
1904 ........................ .......... ))
6.204.151
1905 ........................ .......... ))
1906 ........................ .......... )&gt; 4.592.937
5.072.847
1907 ........................ .......... ))
Total .................. ..........

F.

29.488.951

5.897.790
Moyenne ........... .......... F.
Il resso rt de cette com paraison que le com ­
merce avec l’étra n g e r a dim inué de 52 pour
cent depuis le régim e in stitu é p a r la loi de 1892.
Il ne fa u d ra it pas croire que le commerce de
la F ra n c e avec la colonie a augm enté dans la
même proportion ; la s itu a tio n économique de
l’île n ’est, en effèt, plus la même en ce m o­
m ent, comme il a été dit p lu s h au t. Le calcul
donne 49 (voir précédem m ent) comme chiffre
de pourcentage de la dim inution des im p o rta­
tions en général, d’où il résulte que l ’augm en­
tatio n des seules im portations de m arch an d ises
françaises est proportionnellem ent d ’environ
3 pour cent.
L ’in d u strie fran çaise à-t-elle, de son côté, fa it
quelques efforts p our fav o riser ce développe­
m ent de son com m erce ?
L’exam en des statistiq u es douanières perm et
de rem a rq u e r que les in d u striels m étropolitains
ont essayé,'depuis 1893, de se conform er au goût
de la clientèle coloniale, pour les tissu s et les ou­
vrages en m étaux notam m ent, qui, autrefois,
étaien t presque exclusivem ent fournis p a r
l’étranger.
En envisageant m a in te n a n t les ré su lta ts de
l’applicatio n de la loi de douane au poin t de
vue du commerce local d’exportation, on re ­
m arque tout d’abord que si la législation doua­
nière de 1892 n 'a p as théoriquem ent ferm é le
m arché é tra n g e r aux prod u its coloniaux, du
m oins ceux-ci ne peuvent, en fait, être expé­
diés au jo u rd ’h u i dans les pays étrangers. Ils
sont exportés en totalité à destination de la
m étropole -mur la double raiso n qu’ils y jouis­
sent d’un tra ite m e n t de faveur, dem i-détaxe de
droits dé douane, d’ailleu rs insuffisant comme

29

il sera indiqué plus loin, et qu’à l’étran g er ils
seraien t frappés, p a r réciprocité, de droits de
douane élevés.
Les exportations de la colonie sont donc to u ­
tes dirigées vers le m arché français. L’état ac­
tuel de ces exportations est loin d’être m auvais
et c’est une co nstatation a u ’il est im p o rtan t de
faire, alors que l’on s’accorde généralem ent à
re g a rd e r la G uadeloupe comme une colonie si
vieille qu’elle serait presque épuisée.
En ce qui concerne le sucre, p rin cip al ali­
m ent du commerce d’exportation, la production
de cette denrée est restée à peu près statio n n ai­
re. Elle a oscillé entre 29 m illions e t 43 m illions
de kilogram m es.
L’exportation des années antérieu res à 1893
était, san s doute, u n peu supérieure, m ais la
dim inution actuelle n ’est p as une conséquence
du régim e douanier de la colonie, elle tien t p lu ­
tôt a u régim e économique général de l’indus­
trie su crière et à sa législation spéciale.
M ais il n ’e n a pas été de même des rh u m s et
tafias et des denrées dites secondaires : le café,
le cacao et la vanille principalem ent.
Ici. l’on constate une augm entation de plus
du simple au- double. L’exportation du rh u m a
passé de 3.659.763 litres en 1893 à 7.958.352 litres
en 1907. De même, l’exportation du café av ait
été en 1891 de 417.616 kilogram m es. Elle s’est
élevée, en 1907, à 1.047.583 kilogram m es. Cette
exportation est la plus forte que la colonie a it
eu à en reg istrer depuis soixante-dix-sept ans.
C’est, e n effet, à 1830 qu’on doit rem onter pour
trouver une expédition de p lu s d’u n m illion de
kilogram m es de cette denrée.
P o u r le cacao, on rem arque le même m ouve­
m ent ascensionnel. E n 1892, l’exportation avait
été de 304.656 kilogram m es. En 1907 elle a a t­
tein t 779.636 kilogram m es.
La q u an tité de vanille expédiée en 1893 était
1.488 kilogram m es ; l’exportation de ce p ro d u it
a été de 15.631 kg. en 1907.
La cause de ce développement des cultures
secondaires doit-elle être attribuée au régim e
de la loi de 1892 ?
Peut-on dire que le dem i-dégrèvem ent des
droits de douane accordé p a r cette loi aux p ro ­
duits coloniaux en com pensation des su rtaxes
du ta rif général, est la raiso n de l’extension de
ce commerce spécial ?
Sans doute, il en est ainsi pour une grande
part. M ais il fa u t ten ir compte égalem ent des
prim es locales qui ont été accordées aux culti­
vateurs et-dont l’allocation a coïncidé avec l’ap ­
plication du régim e de 1892.
Il n ’est pas douteux que la demi-détaxe et les
encouragem ents donnés à l’ag ricu ltu re au
moyen des prim es ont déterm iné le g ran d essor
ris p a r la production des denrées secondaires.
En résum é et pour conclure su r le prem ier
point, les résu ltats de l’application, à la G uade­
loupe, du régim e institué p a r la loi de 1892 ont
été :
1° Le développement du commerce de la m é­
tropole avec la colonie ;
2° Une augm entation considérable de charges
pour la Guadeloupe, se tra d u is a n t p a r u n re n ­
chérissem ent de l’existence et une dim inution
du m ouvem ent com m ercial d’im portation ;
3° Une faible com pensation dont le développe­
m ent des cultures secondaires a été la
conséquence.
(A suivre).

�L'EXPANSION COLONIALE

30

ACTES COLONIAUX OFFICIELS

Indochine. — Un arrêté du G ouverneur gé­
nérai porte réo rganisation des cham bres d’ag ri­
culture de la colonie.

Métropole

IN S T IT U T IO N S CONNEXES

Algérie. — Une loi du 31 décembre 1909, cons­
titu e en U niversité les écoles d’enseignem ent
su p érieu r d’Alger érigées en F acultés.
M adagascar. — Un décret décide que le caout­
chouc récolté à M adagascar et d a n s ses dépen­
dances est soum is, à la sortie de la colonie, à
un droit de 49 centim es p a r kilogram m e net,
ju sq u ’au 31 décembre 1914. — Un décret décide
q u ’il se ra p erçu ju sq u ’au 31 décembre 1914, à
la sortie de la colonie, u n d roit de 2 fr. 50 p a r
tête s u r les bovidés exportés hors d e-la colonie
de M adagascar et dépendances.
Inde. — Un décret porte suppression des droits
d’introduction, de fabrication et de vente su r
les tab acs dans les E tablissem ents fran çais
dans l’Inde, à p a r tir du 1er ja n v ie r 1910. — Un
décret porte relèvem ent du p rix de vente de
l'ar.rack (spiritueux à form e indigène), de la
taxe des cocotiers exploités en callou et des
droits su r les spiritueux à form e européenne.
Indochine. —: P a r décret du 31 décembre, les
q u an tités de poivre o rig in aire des colonies et
pays de p ro tecto rat ci-dessous désignée pou­
v a n t être adm is annuellem ent en F ran ce au bé­
néfice de la détaxe coloniale sont fixées comme
su it p o u r les années11910, 1911 et 1912, non com ­
p ris les stocks ex istan t dans les entrepôts fra n ­
çais à la date du 1er ja n v ie r 1910 : Cochinchine,
500 tonnes : Cambodge, 2.000 tonnes.
Nouvelle-Calédonie. — Un décret du 3 jan v ier
1910 vient dlau to riser l’o u verture des trav aux
à exécuter p o u r le prolongem ent du chem in de
fer de N oum éa vers B o u rail, entre la Dum béa
et P aïta.

C o lo n ies
Tunisie. — Un décret toeylical ajo u rn e au 1er
m a rs 1910 l’ap p licatio n du décret du 31 décem­
bre 1909 s u r la su rtax e d’exportation des huiles
d’olives. — Un décret réd u it à 3 fr. le q u intal
le droit de douane s u r les huiles d énaturées
im portées p our la fab ricatio n du savon.
A friq u e occidentale. — Un arrêté du Gouver­
n e u r général prom ulgue le décret fixant les
droits com pensateurs exigibles en F rance, Al­
gérie et Colonies, en vertu de la convention de
Bruxelles, s u r les su cres p ro v en an t des pays qui
accordent des prim es à la production ou à l'ex­
portatio n des sucres. — Un arrê té du 15 novem ­
bre confie à M. M eniaud (Jacques)/ chargé de
la direction des affaires économ iques d:e la co­
lonie du H aut-Sénégal Niger, lia double m ission
d’étu d ier les questions m inières et de p rép arer
le program m e d’o rg an isatio n de la production
lain ière d ans cette colonie.

SOCIÉTÉ DE GEOGRAPHIE
La Société de géographie de M arseille, en
créant, récem m ent, un Comité de3 voyages, a
tenu à in a u g u re r son action p ar une Croisière
a u Maroc, afin de concourir dans notre grand
port à l’éducation nationale au sujet de l’empire
chérifien.
Cette in téressante croisière vient d’être orga­
nisée pour Pâques, avec le concours des au to ­
rités françaises au M aroc et die la Compagnie
P aq u et ; elle d u re ra dix-sept jours, du 25 m ars
au 11 avril prochain, et ne coûtera que 400
francs, tous frais compris, en Ire classe. L ’iti­
n éraire com prendra G ibraltar, T anger, C asa­
blan ca et la Chaouïa, où les to u riste s séjourne­
ro n t une sem aine. Le voyage dans le bled per­
m ettan t de p a rc o u rir une des régions les plus
fertiles du Maroc et le th éâtre de la récente ex­
pédition française, d u re ra cinq jours.
Le Comité du M aroc à P a ris a tenu à donner
son p atronage à cette cioisière m arseillaise et,
sous la présidence de M. G uillain, député et
ancien m inistre, qui préside le comité du M a­
roc, M. A ugustin B ernard, l’ém inent professeur
de la Sorbonne, viendra faire prochainem ent,
à la Société de Géographie, une conférence sur
le Maroc et les intérêts français, qui s’annonce
comme une im portante solennité.

SYNDICAT DES EXPORTATEURS
D ans s a séance du 24 janvier, tenue sous la
présidence de M. F. Bohn, président, la C ham ­
bre syndicale a donné son approbation au vœu
suivant :
« C onsidérant que le service de navigation
subventionné entre M arseille et le Congo a pris
fin à cause des obligations trop lourdes du ca­
hier des charges, et que ces obligations exces­
sives p o u rra ie n t être atténuées, afin de perm et­
tre la reprise de ce service, nos ports de l’A tlan­
tique étan t seuls en com m unication avec le
Congo ;
« C onsidérant que le Congo est relié à la
F ran ce p a r des services m aritim es anglais, a l­
lem ands et belges, et qu’il est g randem ent re ­
grettable de co n stater l’insuffisance des re la ­
tions m aritim es fran çaises au m om ent où cette
g ran d e colonie va p rendre u n nouvel essor,
sous le nom d’Afrique E quatoriale française ;
&lt;( Le S yndicat des E x p o rtateu rs die M arseille
émet le vœu que le gouvernem ent reprenne les
p o u rp arlers avec les Compagnies de navigation,
en vue d 'a ssu re r des com m unications m a riti­
mes régulières entre M arseille et l’Afrique
E quatoriale française. »

A V I S
Plantation de caoutchouc en Nord-Annam
à céder.
Pour tous renseignements, s’adresser au se­
crétariat de l’Institut Colonial Marseillais.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
IM Ia r -seille
T E X TILE S
les 100 k.
Raphias de Madagascar. — Tamatave
l n! q u alité................................................... F . 00
Majunga b la n c ..............................................
05
Analalave b lan c...................
57
Tare d'usage,escom pte 3 o/o comptant,
m archandise prise à quai ou m agasin
Marseille. — A rticle ferm e.
Fibres d ’Alors. — Bourbon 1er c h o ix .... 55 à 05
Bourbon ord in aire....................................... 50 à 55
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar...............................
80
De
De
De
De

ESSENCES
le kilo.
Géranium Bourbonbien ten u e..........
27
Vètyver B o urbon .................................
30
Lemon-Grass (Verveine).....................
10
Ylang-Ylang.......................................... 300/400

V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Éntrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k i l o .........................................
Vanilles ordinaires sa in e s...........................
»
inférieures
» ...........................
»
Tahiti l ro qualité...........................

G IR O F L E S de Sainte-Marie (Madagas­
car)................................... les 100 k. î 90 à 200 »
Escompte 2 o/o, payable comptant à tout
entrepôt.
O RSE1LLE Madagascar
30 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat).
CA F É S
Guadeloupe boniûeur....... .. les 50 k.
...................
Guadeloupe habitant__
N o u m éa.............................. ...................
Bourbon pointu................. _________
Nouvel les-H ébrides.......... .....................
Libéria de M adagascar... ...................
M archandises à l’entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

38/12
27/28
22/24
11 50

les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s............ ..................... 135/150
Tam atave » » .................... .............. 125/135
(J.-B. Tomei et Vallet.)

11.— 11 25
8 .— à 11.—
8.75
8.S0
9.25
9.50
6.75
8 .—
10.50
10 75
5. »
7.50
12.50
13.—
10.— 10.25
11.75
12.25
9.50
9.75
10.50 11 50
11.75 12 —
10.75
11.—
9.50
10 50

C I R E S D ’A B E IL L E S
M adagascar.......................................
317à 320 »
A lgérie................................................
320 330 »
Tonkin.................................................
320 325 »
S é n é g a l.......... ....................................
325 330 »
Ces prix s’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable com ptant à tout entrepôt.

132 i 140
122
130
90
100
135
125
92
85
75 à 85
Blanc.)

G R A IN E S O L É A G IN E U SE S
Sésames d’A frique................... les 100 k .
32.—
Arachides décortiquées d ’A frique.........
33.—
»
en coques
»
..........
25.—
(Fraissinet, Stamos et Scaram anga.)
L e

CUIRS DE M A D A G A SC A R

CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
l*r choix. — Pinky n° 1 ..............
M adagascar lom biri.......................
Tam atave Guidroa 1er choix..........
Majunga 1er choix...........................
N ossi-B è............................................
Diégo-Suarez 1" choix...................
T ulléar................................................
Tonkin rouges 1er choix..................
» n o ir s .....................................
» lan ières.................................
» plaq u es..................................
Nouméa, bon co u ran t.....................
Niggers Soudan ro u g e s .................
Soudan-N iggers b la n c s............... ;
Sénégal-G am bie A .........................
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.

31

l E i a .'v ï 'e

CAOUTCHOUC M adagascar. —
Tamatave Pinky I ......... ............F. 9 » à
»
Pinky I I .......................
8 »
M aju n g a............................................
8 »
F a ra fa n g a n a .....................................
5 »
M ananzary...................................... .
7 »
Tonkin................................................
8 »
Congo Ilaut-O ubanghi ................. 13.20
N’Djolé................................................
7.50
(Le tout au kilog, Le Havre.)

10 50
9 »
10 »
7 »
9 »
11 50
13 60
8.50

T E X T I L E S . — Sisal A friq u e.. . . 77 50 à 82 50
Aloès Réunion.................................. 53 » 58 »
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)
BOIS acajou Gabon.........................
»
»
Okoumé.....................
» ébène G abon.........................
»
» M adagascar................
(Le tout aux 100 kilos.)

10 »à 16 »
9 » 10 »
15 » 30 »
15 » 30 »

le kilo.
3.20
les 100 k.
G O M M E Copale A frique.. . : . . . . . . . .
50 à 100
»
M adagascar............................. 100 400
(Vaquin et Sehweitzer.)
CIRES M adagascar...............................

B ordeaux
CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N ig g ers............................................ 13.—
Soudan Niggers rouges................................. 12.—
Soudan N iggers blan cs................................. 11.—
Lahou N iggers . . . . • ....................................... 10 50
Gambie A ..........................................................
9.50
Gambie A M ....................................
8.50
Gambie B ..........................................................
7.50
Bassam L um ps................................................
6.50

�L'EXPANSION COLONIALE

32

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
(gar.) .........................................
469 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
438 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 5 0 0 ......
505 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) .............................
82
—
90 50M adagascar, obi. 2 1/2(g a r.)..
82 —
94 —
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
96 —
450 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2o/o,1899-1905 ...............
474 —
----------------obi. 3 o/o 1902..........- 420 —
480 — E m prunt A lgérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
449 —
1000 — Dép. Constantine, obi. 3 l/2 o /o
1897............................................
962 —
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
930 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1 /2 o /o l8 9 S ...........................
468 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
475 —
492 50 Col. de la M artinique.............
476 —
470 — A friqueO ccident.,3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g a r.)...............
460 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500.. 522 —
B A N Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers CiBAlgérienne, act. de 500 t. p. 1135 —
500 — Créd. Fonc. d ’Alger, et Tunis.
535 —
—
—
—
lit).
555 —
Divers Banque de l’Algérie, aet. de
500 t. p .........................• ........... 1670 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p . (n.)......................
430 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).....................'. ...................... 1100 —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) .................................
720 —
500 — B anque-dela Réunion, act. de
500 t. p. (n )................... ’ . . .
350 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p n o m .)............. 1590 —
500 — Banque de l'Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
680 —
500 — Crédit A lgérien, a. de 500 t. p. 1266 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
97 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ...................................
182 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350............................... ..
154 —
C H EM INS D E F E R A L G É R I E N S
E T CO LO NIAU X
500 — CiB Bône-Guelma, a. r. à 600..
695 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
447 —
500 — Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
715 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
435 —
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
656 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 443 —
-------Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem . à 500..................... ...........
438 —

340 -

M écheria-A ïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
-- -- Mouzbah-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
330 M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
500 - Cliern. de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n an , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500 Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650.................
417 — Chem, de fer garant, des colonies franç , obi 3 o/o r. à 500
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o garantie par l’E ta t.....................

436 —
440 439 500 —
1185 386 441 —

VA LE U R S M IN IÈRES
_ _
430 500 —
477 50
-- -500 500 —
Divers
445 —
375 —
100 —
454 50
500 —

Cliarb. du Tonkin, act. de 250
t- p ............................................ 1614 Cliarb. du Tonkin, obi. 5 o/o
504 —
rem à 500.................................
Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 5U0 t. p ................................
906 A lgérie-Tunisie (O m n.), obi.
494 —
4 1/2 o/o rem. ii 500...............
Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .....................................
550 —
Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1689 —
—
act. 500 (400
-- -P , n . ) ......................................
Le Nickel, act. de 250 t. p .......
729 —
505 —
—
obi. 4 o/o rem . à 500.
Com ragnie Minière du C ongo.. 1200 —
Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p ................... .................
79 —
PliO'phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500................................
485 Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3745 Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ... 3360 -

V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale..................(actions a n c i e n n e s ) . -------Compagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale............... (actions nouvelles).. 2895 —
C'° M arseillaise de M adagascar ............
540 —
Alim aïenne....................................................
85 —
Congo o c c id e n ta l.....................................
150 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
450 —
H aute S angha..............................................
195 —
H aut-O gôouè................................................
615 —
La Kotto.................
550 —
M'Poko...........................................................
165 —
M essageries Fluviales du Congo............
330 —
Sultanats du H aut-O ubangui...................
925 —
Compagnie m inière de Guinée : act........
93 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
128 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
a c t...................
604 —
Société cotonnière de l’Indo-C hine..........
238 —
CiBdu Maroc et des Colonies africaines..
240 —
Le Président de l’Institut, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Im primerie du “ Sém aphore” B à r l a t ie r . — Marseille.
17-19, rue Venture.

�SERVICES POSTAUX MARSEILLE-COLONIES
D é p a rt s de M ars e ille
dates

nr.s

D E M A P .S E 1 L I.P .

A lg é r ie

DERNIÈRE LEVÉE
DIS LA BOITE

Déparlrmcnls &lt;l'A]gcr, d’Oranfl Voie «teMarseille) ...
(Mardi, Mercmli. Vrwlrcdi, lliîle Constantine
et d A lg e r...)
( m.ancbt........................
»
d'Alger ...........
Voie te Marseillc,Transp. M ar. 1Mercredi et Samedi.
»
»
B
..........
C ^T ou aeh c. J e u d i.........................
8
b
d'O ran...............
O Gl8Trnns. Jeudi et S a m e d i....
»
8
...........
Transj) Mar. M a rd i.........................
»
de Constantine
Ci» G1■Trnns. M ard i.........................
»
»
»
. M a rd i........................
»
»
»
.S a m e d i......................
0 '» Touache. !J e u d i.. .................
C'^G1» Trans. hindi, Ji'inli II timilri'di........
T u n is ie .
C'1’ Touache. Mercredi...................
»
. S am ed i....................
ln d o -C h )in e ,
A fr iq u e O c c id e n ta le
F ra n ç a is e

11 h. mat.
3 h .2 0 soir.
10h . 30 m.
3 li.20soir.
3 h 20 soir.
10 h. 30 m
3 li 20 soir.
10 h. 30 m .
10 b. 30 m.
10 l i . 30 ni.
11 li. mat.
10 li. 30 ni.
(',!«•' d e s M . M.lCuilim. sur ilion ;i p. ilu .1 juin. lü h. mat.
Voie deBrindisi, paq. Anglais. !Vemireili ap. d. de Marseille . 10 h. soir.

1 li. s o ir ..
6 h. s o ir ..
m id i..........
5 h . s o ir ..
5 h . s o ir ..
m id i..........
5 h. s o ir ..
m id i.........
midi .......
m id i..........
1 li. s o ir ..
m id i....
i l h. m at...
—

Voie deBordeaux, C'» îles Cliarg.llcun. 24 de chaque mois. 6 h 35 soir.

—

J Vojeite Marseille, Transj). Mar. 110, ÎO ef 30 de lüiaquo mois..
”
[ VoindellordeaiuàLisbonne, C«» des M. M. jLJi'iiiliJ.1.1îj. àp.dut»rjanv.
D jib o u ti, M a d a g a s c a r,) Voie doMarseille,
»
. 10 de chaque mois
R é u n io n e t M a u r ic e \
»
»
. 25
»
D jib o u ti, M a j u n g a . . . . |
»
C'» Ilavraise Vers le 20 dutluque mois.
1
Voie deMarseille, C'» des VI. AI. T)nd'm.sur ijiialrèà p. duJ7janv.
N o u v e lle -C a lé d o n ie
Voie de Brindisi )
,
,,
,
..
e t N o u v e lle s -H é b rid e s
ou Nai)lcs
) 1)£UI- Anglais. .Chaque Vendredi .
„ .

.

In d e F r a n ç a is e ............
G u a d e lo u p e
e t M a r tin iq u e
G u y a n e F ra n ç a is e . . .
T a h iti
S t- P ie r r e - M iq u e lo n

i
DEPARTS 1
DES BATEAIX

10 h 30 ni.
6 li. 35 soir.
10 h. m al.
10 h. mat.
mat.ou soir
10 h. mal

m id i..........
—
11 h. mat..
11 h. mat..
—
11 h. m al.. I

10 h. soir. 11 h. 30 s'.

Voie deMarseille, G«» des M. M.jl'n Mcrercjll fur Dp.du t:i janv. 10 h. mat. 11 h. mat.
Voie de Brindisi, paq. Anglais. 'Vendredi ap. - m idi. 10 h. soir. 11 h. 30 s.
Téillcsoir.
—
Voie de St-Nazaire, Ci»G'» Trans. |9 de chaque m o is .. l’avanl—
Voie deBordeaux,
»
. 26
»
la u’illc au soir..
—
Voie deCherbourg, paq. Anglais. ;LtMcrcr,,1. 1. 11j. ap, duiijanr. l’av. Tciïlemalin.
—
Voie de St-Nazaire, C'» G^Trans. ;S) de chaque m o is.. l’avanl-veille soir.
—
Voie d’Amsterdam, paq. N éerl. . Vernir , 1. 1. -I tjoursàp.'(In8janr. la mille au soi'..
—
Voie de Cherbourg, paq. Anglais, te Itérer.,1. 1.11 j, àp.do0jan». ITav.-reille malin.
Voie Le Havre et Cherbourg
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O ra n ..................................
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In d o - C h i n e ...................
N o u v e lle -C a lé d o n ie ..
Voie de B rin d is i..........

Lundi, Mercredi, Vendredi, Samedi .
Lundi, Mardi, Jeudi, Sanieii. . . .
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Tous les 18 jours.
Chaque Samedi.

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c a r e t D jib o u ti . .
chaque mois.
G u a d e lo u p e , M a r t in i­
que, G u y a n e :
Voie de Saint-Nazaire .
Voie de .Bordeaux........
Voie d’Angleterre . . . .

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendit. Inus les \ \ joins.

A fr iq u e O c c id e n ta le :
Voie de Bordeaux........
Voie, do TJverpoof..

Tous les 14 jours.
Eu'iron toutes les 2 semaines.

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Ville, à proximité de la Cannebière, de la Bourse et des grands hôtels, se charge de toutes
opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
En rela'ions directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur les principales Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
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Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2° S es s ervices de Banque qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de fonds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
3° S es s ervices de T itre s et Coupons qtii reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
4° Son s erv ice spécial des C o ffre s -F o rts lui permettant de mettre à la
disposition de sa clienlète, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
5° Son s ervice c o m m e rc ia l traitant toutes opérations sur marchandises,
et sur documents, consignations, etc., etc.

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deux lilsc o m p le ts '&gt; .-11. au d épart de P aris. Paris-Nice en 15 heures.
............................ j b) p a r le Train de L uxe (L. 21-L. 22) «CALAIS MÉDITERRANÉE» (V.-II-R.)
Paris-Nice en 15 heures. — L ondres-N iee en 25 heures.

DE JOLT. .

N O T A . — N o m b re d a

p la c e s lim it é . — P o u r le s h o r a ir e s , le s jo u r s
c o n s u lte r les a f f ic h e s s p é c ia le s .
IM P . DU S É M A P H O R E -

K a i IL A T IE R -

ftlA H S E IL L E

de m is e en

m a r c h e , e tc ,

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
E X T R A IT S

DES

Ar t . 2.

Cette association a p o u r but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et ren ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
n er et de provoquer toute m esure d’o rdre légis­
latif, a d m in istra tif ou économique qui lui p a ­
r a îtra it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In stitu t -colonial M arseillais
com prend
deux catégories de membres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de droit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de d roit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teu rs sont ceux qui dans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
co rrespondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con-

S erv iees de l'Institut :
Tlez-de-Chaussée : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
Ier étage : Musée Colonial.
3mc étage : S ecrétariat de l’In stitu t, B u reau de
R enseignera ents.
R édaction de 1’ « E xpansion Coloniale ».
Cours coloniaux
Directeur : M. le Dr H eckel.
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle .
P ro d u its an im au x et parasitologie des plantes
et des an im aux des colonies.
M. Jacob DE Cordemoy.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M.

l

7 L aurent .

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. M asson .

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, so&lt;&gt;
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n a tu i»
à seconder l’œ uvre coloniale de l’In stitu t.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, pendant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o n ateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre a d h é ru it, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

Législation et Economie Coloniales.
M. R aynaud.
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud .
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. Davin .

H istoire des R eligions dans les peuples indigè­
nes des colonies.
M. G. F oucart .

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration dps professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».
____________
Institutions con n exes :
2me étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance F rançaise.
,9me étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de « l’Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque, P résident de la Commission du Musée Com m ercial et du B ureau de Rensei­
gnem ents ; Louis Ytier , Vice-Président : Jacques L éotard , S ecrétaire ; P a u l Masson, P ro ­
fesseur à l’Institut, -Membre du Conseil. — M. Em ile Raillaüd, Secrétaire de l’In stitu t colo­
nial. — M. Auguste Giry , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

.Marseille. — Imprimerie

du

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l rr Mars 1910

L’EXPANSION COLONIALE
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L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
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DE

CHAQUE

MOIS

P I»

S O M M A IR E
PAGfcS

Le Régim e douanier colonial, p ar M. Adrien
A r t a ü d ..............................................................................

33

In stitu t colonial m arseillais :
E x traits des p rocès-v erb au x ...............................
11” Journée m aritim e, A. F ...............................
B ureau de R e n se ig n e m e n ts...............................
E x traits de la correspondance..........................
Cours co lo n iau x ....................................................

36
37
38
39
42

ABONNEMENT : F r a n c e

et

Chronique du mois, J . L .........................................
Le change à la Guadeloupe, E . B.......................
Régim e douanier c o lo n ia l.....................................
Actes coloniaux officiels..........................................
Institutions connexes
..........................................
Marché des produits c o lo n ia u x............................
Marché des valeurs coloniales...............................
Services p o sta u x Marseille Colonies.

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C O LO N IA L

M A R SEILLA IS

Fondé sons le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
P ré s id e n ts d ’h o n n e u r :

MM.

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le R ésident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée.

Le
Le
Le
Le
Le

P réfet des Bouches-du-Rhône.
Maire de Marseille.
P résident du Conseil général.
R ecteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Doyen de la L’acuité des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de

Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

la
de

M e m b re s ■

MM.

Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Berçasse . H. et C". — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — CharlesRoux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.

— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C”. — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (Or),

Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. —■« Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

M em b res d o n a te u . s :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Baiîlatier , Paul. —
Bercer , C. — Chap. riéres , Morel et C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraipsinet &amp; C1'). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien F abp.e &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
i'É raud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.,
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P bat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
.1. et A. P avin de Lafarge. — Rastit , Henri. —
R occa, T assy et De Roux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Arnédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambrp de Commerce. —
Usslaub , Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropui.o et
7.AR1FI.

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul,

M. E strine , Lucien, P résident
Président : M. Artaud, Adrien, Membre-Secrétaire

de la Chambre de Commerce.
Vice-Présidents : MM. le D' H eckel , DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président
de la Société de Géographie : P onsinet, A.,
Chef du Service Colonial ; le C" Armand,
Albert, premier Vice-Président de la Chambre
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
lais de la Marine Marchande ; B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie F ran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
MM.

Président honoraire de la Chambre de Commerce.
i la Chambre de G Minière.
Secrétaires : MM. Barlatikr. Paul, Directeur du
Sémaphore ; F ouque, Adolphe, Président hono­
raire du Syndicat d ’initiative de Provence.
Trésorier : M. Ytier .L., Vice-Président clu Syndical
des Exportateurs.
Trésorier-Adjoint : M. L aplane, J.. DirecteurAdjoint du Comptoir National d’Escompte de
Paris à Marseille.

MM.

Allemand, J. Membre de la Chambre de Commerce,
Allest , J. (D’), Administrateur-Délégué de la Com­

Lombard. Emile, Vice-Président de la Ch.de ComMartin -Laval. F., Vice-Président du Syndicat des

Arnaud. Lucien, Minotier.
B ergasse, Alexandre, Négociant.
Besson , I,:, Directeur de la Compagnie Marseil­

Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

pagnie Générale Transatlantique.
laise de Madagascar.

Blanc, E., Directeur de l’Exploitation de la Com­

pagnie des Messageries Maritimes.

Boijrdillon, A., Armateur.

Rry, G.. Doven de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufay, H., Ancien Vice-Président de ia Ch-de ComDufour, Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stter, Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud, Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociants en cafés.
J oannon, A., Avocat, Président de l'Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
J ourdan. Félix. Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.
L é o t a r d , Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.

Exportateurs.

titut colonial.
Rastit , Henri. Industriel.
R astoin , Président de la Société p o u r la Défense
du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
R odrigijes-E ly, Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux. François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
T eisseire , Raymond, Avoué.'
Usslaub , Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, Ancien Membre de la Cham­
bre de Commerce.
Zarifi, Périclès, Banquier.
Lévy, Clément, 1" Adjoint au Maire de Marseille.
Delibes , J., Délégué du Conseil Municipal.
R ossi, Clément. Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué d u Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire de l'Institut colonial : Emile B aillaud,
diplômé cle l’Ecole des sciences politiques, an­
cien chargé des Missions coloniales.

�IN S T IT U T C O L O N I A L M A R S E I L L A I S

L’INSTITUT COLONI AL MARSEILLAIS,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3mc étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

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pères c h ar tr eu x

e x p u l s é s d e la G r a n d e C h a r t r e u s e e t d é p o s s é d é s
d e l e u r s a n c i e n n e s m a r q u e s v e n d u e s aux e n c h è r e s

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Breteuil, Commerce Colonial.
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Pétrole et Dérivés.
C,e du Gaz et de l’Electricité, rue Montgrand.
Cie des Messageries Maritimes, Place Sadi-Carnot,
Compagnie de Navigation.
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gnie de Navigation.
C'° de Produits Fixator, rue de Mondovi (Paris),
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David Bensimon, 5®, rue du Coq, Farine, Semoules,
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üelzongle et Cauyin, 5, rue de Crimée, Conserves.
De Queylar et fils, 18, rue des Princes, Verreries.
M. Dufour et fils, 69, rue d’Italie, Drogueries,
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Ecole de Provence, 15, rue des Princes, Ensei­
gnement.
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générale.
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Gel. frères, Revel (Haute-Garonne), Pippermint
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Magnan frères, 19, rue Paradis, Cocose.
Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Sakakini.
Marie Moreau et C" 42a, rue Sainte, Transports.
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L

l.lll..

Il

_____

�Quatrième Année.

N° 28

Mars 1910.

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

Le Régime douanier colonial
La séance de la Chambre des Députés du
mardi 22 février marquera dans les fastes de
la question du Régime douanier colonial.
Sur une interpellation de M. Gérault-Richard, député de la Guadeloupe, MM. Jean
Morel, rapporteur général de la Commis­
sion des douanes de la Chambre des Députés,
J. Thierry, rapporteur du Régime douanier
colonial, et Trouillot, ministre des Colonies
ont fait connaître à la tribune la situation
économique dans laquelle se trouveront nos
possessions, après le vote et la promulgation
de la loi douanière actuellement soumise au
Sénat, et expliqué leurs intentions relative­
ment au Régime douanier colonial, pour le
moment où on procédera enfin à la discus­
sion de cette question, aussi intéressante
pour les intérêts métropolitains engagés aux
colonies que pour les intérêts exclusivement
• coloniaux.
Il résulte des explications données par ces
orateurs particulièrement qualifiés que, les
tarifs de la Métropole étant de plein droit
applicables aux colonies assimilées, en rai­
son des articles 3 à 7 de la loi du 11 janvier
1892, nos possessions du premier groupe de­
vront, en principe, percevoir, sur les pro­
duits étrangers importés sur leur territoire,
après promulgation de la loi, les taxes nou­
velles (généralement majorées) qu’elle com­
porte.
Cependant un avis du Conseil d’Etat du
28 juin 1898 donnant six mois au Gouverne­
ment pour mettre en application aux colo­
nies un tarif métropolitain, et le paragraphe
4 de l’article 3 de la loi du 11 janvier 1892
autorisant le ministre des Colonies à exoné­
rer, par voie de décrets rendus en la forme
de règlements d’administration publique,
chacune de nos colonies des droits contre
lesquels elle réclamerait, le représentant
des intérêts coloniaux au sein du Gouver­
nement pourra prendre en temps voulu les
mesures utiles, pour éviter à nos possessions
les rigueurs des nouveaux tarifs.
M. le Ministre des Colonies a déclaré être
décidé à user de cette faculté et c’est très
heureux pour le cas où. un amendement
présenté au Sénat par MM. Milliès-Lacroix,
ancien ministre des Colonies, Adolphe Ci­
céron, Crépin et Etienne Flandin tendant à
maintenir le statu quo, sauf en ce qui concer­

ne les dégrèvements, jusqu’au jour où « des
actes nouveaux » auront « fixé le Régime
douanier des Colonies et pays de protecto­
rat », .ne serait pas adopté par la haute
assemblée.
Il est donc entendu que nos possessions
jouiront du statu quo, c’est-à-dire éviteront
toute aggravation d’une situation qui paraît
avoir atteint son maximum d’acuité, jusqu’à
ce que leur Régime douanier ait été fixé par
des actes nouveaux ; et que ce statu quo leur
sera obtenu soit par une modification de la
loi douanière, soit par l’intervention active
du ministre des Colonies leur protecteur-né.
D’autres déclarations ont été faites au cours
de cette discussion que nous enregistrons
avec joie. M. Jean Morel a rappelé' que son
premier rapport général, déposé le i l juillet
1998, disait « Nous allons sérier nos travaux ;
nous ne nous occuperons tout d’abord que
du tarif métropolitain, nous verrons à revi­
ser les tarifs coloniaux ; puis enfin nous exa­
minerons l’ensemble de la loi douanière ».
Il est regrettable que la question douanière
coloniale ne soit pas venue en discussion
à la date fixée par cette déclaration, c’est-àdire avant l’examen de l’ensemble de la loi
douanière ; car en pareil cas ce serait chose
faite, mais au moins pouvons-nous conclure
du rappel de ces indications que la révision
du Régime douanier colonial aura son heu­
re et que cette heure est aujourd’hui assez
proche.
M. Jean Morel a ajouté que si le Gouver­
nement, à qui il appartient de faire ces pro­
positions, demandait à la Commission des
douanes de supprimer les droits qui sont
perçus à l’entrée en France sur certains pro­
duits coloniaux comme le café, le cacao et
autres articles de consommation générale
sans similaire en France, il ne ferait, en
ce qui le concerne, aucune opposition "à ce
qu’il soit donné satisfaction à cette demande.
M. Gécault-Richard a déclaré enregistrer
cette déclaration que les colonies recueille­
ront comme lui avec la plus légitime satis­
faction, en raison de l’autorité particulière
et très justifiée dont jouit son auteur.
M. J. Thierry, notre éminent député, s’as­
sociant à ce qui venait d’être dit, a assuré
aux coloniaux qu’ils pouvaient compter sur
deux voix au sein de la Commission des
douanes en faveur de cette réforme. Ces
deux voix-là, surtout d’accord, ont l’habi­
tude de rallier la majorité et il faut bien
espérer que leur appel aux sentiments de

�34

L’EXPANSION COLONIALE

justice de la Commission des douanes sera
écouté et suivi.
M. J. Thierry a eu l’occasion de nous dire
qu’il était « assez absurde d’appliquer un
« régime unique, uniforme, à des colonies
« placées sous d’autres latitudes et condam« nées non seulement par leurs conditions
« climatériques, mais encore par leur posi« tion géographique, à commercer avec
« d’autres que nous » et d’obliger nos pos­
sessions à endosser un vêtement douanier
qu'on venait de confectionner pour la métro­
pole.
Nous sommes heureux de voir l’idée maî­
tresse des Congrès de Marseille 1906, Botdeaux 1907 et Paris 1909, adoptée par M.
Thierry qui saura la faire accepter par le
Parlement.
Notre éloquent député a ajouté que si le
Gouvernement a la prévoyance de déposer
dans les mains de la Commission des doua­
nes l’ensemble des propositions et des con­
clusions qu’il lui doit, que seul il peut lui
fournir sur la question coloniale, la Chambre
aura pris une décision avant qu’il ^oit ques­
tion pour les colonies d’être assujetties au
régime métropolitain, c’est-à-dire avant le
terme de six mois résultant de l’avis déjà
cité du Conseil d’Etat. M. Thierry estime
d’ailleurs que si, au bout de ce délai, la
Chambre n’était pas prête, elle devrait ajour­
ner législativement à la fin de ses travaux
l’application des tarifs aux colonies qui n’en
pourraient mais. Enfin, précisant les décla­
rations de M:. Jean Morel, M. Thierry a par­
lé de l’esprit préférentiel dans lequel la Com­
mission entend aborder plus tard les tarifs
coloniaux notamment, comme le disait M. le
Rapporteur général de la Commission des
douanes, pour tous ceux de leurs produits
qui n’ont pas de similaires en France.
« Il n’y a aucun doute à ce sujet, a-t-il
ajouté, et je ne trahis aucun secret en disant
que telles sont les dispositions de la Commis­
sion des douanes où j’ai l’honneur de siéger
depuis douze ans, dont j’ai vécu toutes les
heures de travail et que je connais parfai­
tement ».
Complétons ces indications par les assu­
rances formelles données par M. Trouillot,
ministre des Colonies, qui nous a dit :
« Au Sénat, un amendement a été déposé
par M. Milliès-Lacroix et un certain nombre
de ses collègues, tendant au même but que
le paragraphe additionnel que j’avais soumis
à la Commission des douanes. Qu’arriverat-il ? De deux choses l’une : ou bien les deux
Chambres seront d’accord, excepté en ce qui
concerne les dégrèvements, pour admettre
cette addition, c’est-à-dire pour rendre le
nouveau tarif inapplicable aussi bien aux
produits étrangers entrant dans les colonies
qu'aux produits coloniaux entrant dans la
métropole, et dans ce cas il n’y aura qu’à
attendre et à hâter le vote du Régime doua­

nier spécial aux Colonies, ou bien, au con­
traire, le texte de la Commission des doua­
nes sera maintenu et. dans ce cas j'intervien­
drai par voie de décrets rendus en la forme
de règlements d'administration publique
pour sauvegarder les intérêts coloniaux ».
Cet engagement sans restriction est de
nature à nous tranquilliser, mais il y a lieu
d’avouer que nous désirions vivement les
précisions apportées au cours de cette séan­
ce par les leaders de la question. Tous se
sont plus ou moins plaints de l’insistance de
la presse à exprimer des craintes qui étaient
cependant celles du monde colonial tout en­
tier. Après explications, la situation appa­
raît parfaitement claire ; mais avant les ex­
plications nous sommes fondés à croire
qu’elle ne l’était pour personne, témoin l’a­
mendement déposé au Sénat, les lettres de
M. Gérault-Richard et les articles de M.
François Deloncle.
Le monde colonial, c’est-à-dire surtout le
monde métropolitain dont les intérêts maté­
riels, de famille et d’avenir sont engagés aux
colonies, avait besoin d’être fixé sur une
question vitale pour lui et sur laquelle il
n’avait que de vagues données l’autorisant a
tout craindre.
Et il faut bien reconnaître que si, sur le
point précis en discussion, ses appréhen­
sions sont dissipées, il est par contre assez
fondé à se demander comment se fait l’ins­
truction de la révision du Régime douanier
à la Chambre lorsqu’il apprend de la bou­
che même de M. Jean Morel, rapporteur gé­
néral de la Commission des douanes, que
celui-ci n’a à l’heure qu’il est dans son dos­
sier que la circulaire de M. le Ministre des
Colonies du 18 janvier 1908 demandant aux
Conseils coloniaux de lui faire part de leurs
observations relativement à la révision doua­
nière en préparation, c’est-à-dire uné lettre
datant de deux ans ; et lorsqu’il entend M.
Thierry dire à son tour « les tarifs coloniaux
sont encore réservés pour diverses causes et
notamment leur étude n’a pas pu être pous­
sée plus loin jusqu’à ce jour faute de docu­
mentation suffisante. Sans doute l’honorable
M. Lemaire m’a remis des délibérations ve­
nues des Indes ; tel autre collègue m’a appor­
té des délibérations de telle ou telle Chambre
de-commerce de Nouméa ou d’ailleurs ; M.
François Deloncle m’a remis le rapport d’en­
quête du Comité du commerce et de l’indus­
trie de l’Indo-Chine, mais je ne considère pas
que ce soit ainsi qu’une Commission de
l’importance de la Commission des douanes
doive élaborer ses travaux ».
Comment se fait-il que les réponses préci­
ses, documentées des colonies clamant leur
misère, déclarant toutes qu’elle est la con­
séquence du Régime douanier qui leur a
été imposé, et le prouvant par des chiffres
précis, n’aient pas été transmises à la Com­
mission des douanes avec l’avis du Gou­
vernement ?

�L’EXPANSION COLONIALE
Une Commission a été constituée au Mi­
nistère des Colonies au début de l’année der­
nière pour étudier les réponse des colonies
et en dégager le sens. Elle se compose de :
MM. Jagerschmidt, conseiller d’Etat, prési­
dent ; Vasselle, directeur des affaires politi­
ques et administratives du Ministère des Co­
lonies et à son défaut M. Schmidt, sous-,
directeur ; Picquié, conseiller d’Etat, direc­
teur du contrôle au Ministère des Colonies ;
Coutard, inspecteur des finances, directeur
de la comptabilité au Ministère des Colonies ;
Tirard, chef de cabinet du Ministre des Colo­
nies ; Maljean, administrateur des douanes,
au Ministère des Finances ; Chapsal, con­
seiller d’Etat, directeur des affaires commer­
ciales et industrielles au Ministère du Com­
merce et à son défaut, M: Drouets, chef de
bureau au Ministère du Commerce ; Vassilière, directeur de l’agriculture, au Ministère
de l’Agriculture ; Roume, gouverneur géné­
ral honoraire des Colonies ; Michel Tardit,
maître des requêtes au Conseil d’Etat ; Rousselier, auditeur au Conseil d’Etat ; Weber,
sous-chef de bureau, au Ministère des Colo­
nies, membres ; Michel, rédacteur au Minis­
tère des Colonies, secrétaire ; Cachelot, ré­
dacteur au Ministère des Colonies, secrétai­
re-adjoint.
Que font ces honorables fonctionnaires ou
plutôt comment s’étonner que ces -commis­
saires, ayant chacun de leur côté les fonctions
les plus absorbantes, laissent passer le temps
sans formuler un avis ?
Lorsqu’ils ont été nommés, tout le Com­
merce s’est plaint de voir ses représentants
exclus de cette Commission. La Chambre de
Commercé de Marseille a exprimé une pro­
testation motivée dans ce sens. L’Institut Co­
lonial a fait entendre le même langage et
leurs regrets ont eu de nombreux échos. Pas
d'intérêt, pas d'action dit un aphorisme de
droit. Il est évident que si des coloniaux pra­
tiquants, dont les intérêts pouvaient être sau­
vegardés ou sacrifiés suivant la décision qui
interviendrait et suivant qu’on agirait ou
qu’on temporiserait, avaient fait partie de la
Commission, ils eussent stimulé son zèle et
mis en lumière ce qu’il est difficile de ne
pas. voir.
Les coloniaux ont affirmé sur cette ques­
tion des vues assez unanimes, assez souvent
répétées depuis 1906 et même assez modé­
rées malgré l’acuité du mal dont ils souf­
fraient, pour qu’on ne soit pas embarrassé
de produire leurs arguments.
Il est évident que l’application du tarif gé­
néral aux colonies y a supprimé l’importa­
tion étrangère, 'partant les perceptions de
droits de douane ; il faut cependant bien fai­
re face aux dépenses et pour cela on a créé
des impôts directs, des taxes de consomma­
tion, desjnonopoles qui vexent nos nouveaux
sujets ou dépassent leurs facultés de contribu­
tion. La conséquence a été une réduction

35

de leur pouvoir d’achat et une diminution
des importations telles que les articles mé­
tropolitains, malgré les obligations où étaient
nos possessions de les consommer, s’y sont
importés en quantités moindres qu’avant la
mise en vigueur de la loi du 11 janvier 1892.
Il ne nous appartient pas de rappeler les
conclusions du Congrès de Marseille 1906,
de Bordeaux 1907 et de Paris (anciennes co­
lonies 1909) ; nous devons cependant dire que
des conclusions votées la première fois à
l’unanimité sous la présidence autorisée de
M. de Lanessan et maintenues pendant qua­
tre années dans un esprit uniforme méritent
quelque considération !
L'Expansion Coloniale a publié les répon­
ses des Chambres de Commerce de la Gua­
deloupe, de Nouméa, de Tahiti, de SaintPierre et Miquelon, de Rufisque, de SaintLouis (Sénégal), de la Guinée française, de
la Martinique, de la Guyane, de la Réunion,
de Saigon, de Haïphong, de la Chambre con­
sultative mixte de Commerce et d’Agricul­
ture du Cambodge. Que veut-on de plus ?
Chacune donne des précisions. Saint-Pierre
et Miquelon déclarent qu’à côté de l’appli­
cation du tarif général, le vote du bail bïll
n’est que médiocrement néfaste, et cette co­
lonie prouve que si, sous l’empire de ce ré­
gime, les importations étrangères sont tom­
bées de six millions à trois millions et demi
de francs, les importations françaises qui se
chiffraient en moyenne en 1891 et 1892 par
4 millions de francs se sont immédiatement
réduites à 2.500.000 francs. La Guadeloupe
montre que, malgré un développement de
sa production, ses facultés d’achat ont bais­
sé de 40 %. E!n 1892, elle importait pour
21.066.285 francs dont 8.723.545 francs en
articles français' et 12.742.738 francs en ar­
ticles étrangers. En 1904, l’importation to­
tale tombe à 13.438.419 francs dont 6.204.161
francs d’articles étrangers et 6.418.096 francs
d'articles français. En Nouvelle-Calédonie,
en 1892, il est importé pour 14.266.654 francs
de produits dont 5.754.619 francs d'origine
française et 8.512.619 francs d’origine étran­
gère. En 1907, l’importation tombe à 9.410.938
francs dont 5.253.547 francs de marchandi­
ses métropolitaines et 4.156.938 francs de
marchandises étrangères.
De tout ce qui est dit dans ces dépositions
ressort ce que nous avons proclamé. Un ré­
gime unique ne saurait convenir à nos colo­
nies et il est impossible aux Chambres tou­
tes pénétrées d’intérêts métropolitains de
donner à chaque colonie le régime qu’exige
sa situation et ses besoins spéciaux. La loi
de 1892 a fait tomber de 178 millions en 1887
à 150 millions en 1907 le commerce des co­
lonies soumises au tarif général.
Une loi de principe à dispositions larges
est tout ce que le Parlement doit et peut pro­
duire en cette circonstance.
L’intérêt des colonies c’est-à-dire des pays

�36

L’EXPANSION COLONIALE

qui ont accepté ou auxquels nous avons im­
posé notre tutelle constitue le principe do­
minant, car l’intérêt métropolitain, bien en­
tendu, consiste à avoir des colonies à tout
le moins solvables et, si possible, prospères
et à pouvoir d’achat étendu.
Un droit d’entrée doit exister dans chaque
colonie pour faire face aux dépenses néces­
sitées par l’existence normale de la colonie
et par son développement. Ce droit doit être
plus fort sur les marchandises étrangères
que sur les marchandises nationales. Il doit
varier de quotité suivant les pays, car tout
article est sur un point de première nécessité
et accessoire sur un autre.
Il appartient aux colonies de demander les
mesures douanières les plus favorables au
développement de leur richesse.il appartient
à la métropole de leur accorder le régime ré­
sultant de ces mesures, par un décret en for­
me de règlement d’administration publique,
c’est-à-dire par un acte lui permettant de
sauvegarder ses intérêts généraux et aussi
ses intérêts spéciaux vis-à-vis de la colonie
en cause.
Chaque combinaison une fois arrêtée doit
avoir une durée de douze années minimum
de manière à permettre aux intéressés d’en
tirer tout le parti possible et aussi de comp­
ter sur une échéance de révision pour modi­
fier ce qui, à l’application, se montrerait dé­
fectueux.
Si la Commission d’étude des revendica­
tions coloniales, les Commissions des doua­
nes parlementaires, le Ministre des Colonies,
le Parlement ne se préoccupent pas de ces
revendications étudiées, soumises depuis
quatre années à des discussions nombreuses
et qui sont sorties de chaque épreuve avec
plus de force, on n’arrivera à rien ; notre
régime douanier colonial restera provisoire,
fixé par des lois incidentes faites pour la
métropole, et tout ce qu’on pourra faire sera
l’effort négatif de leur en éviter les plus fâ­
cheux effets, mais il faudra désespérer du
développement de la plus grande France et
nous aurons fait pour rien les efforts et les
sacrifices nécessités par l’acquisition de
notre domaine colonial.
A

d r ie n

A

r t a u d

P résident

de l’Institut colonial marseillais.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX

Réunion du Bureau du 8 janvier 1910
La séance est ouverte à 2 heures et demie,
sous la présidence de M. Adrien Artaud, pré­
sident.
Etaient présents : MM. Armand, Bohn,
Heckel, Ponsinet, Fouque et Ytier.
M. Fouque, membre-secrétaire, donne lec­

ture du procès-verbal de la précédente séan­
ce, qui est adopté.
M. Ponsinet exprime le désir que la publi­
cation des procès-verbaux n’ait lieu qu'après
leur adoption à la séance suivante.— Adopté.
Une discussion s'engage sur le choix du
nouveau secrétaire de l’Institut et, après exa­
men des titres des divers candidats, il est
décidé de surseoir aux présentations à faire
par le bureau jusqu’à la prochaine réunion
du Conseil.
Le Président rend compte des pourparlers
concernant la location du rez-de-chaussée.
Plus rien n’étant à l’ordre du jour, la séan­
ce est levée à 4 heures et demie.
Réunion du Bureau du 20 janvier
La séance est ouverte à 2 heures et demie,
sous la présidence de M. A. Artaud, prési­
dent.
Etaient présents : MM. Armand, Bohn,
Heckel, Ponsinet, Barlatier, Fouque, Ytier:
Lecture est donnée du procès-verbal de la
précédente séance. Il est adopté.
M. Ponsinet appuie la candidature de M.
Lemaire, qu’il a eu sous ses ordres au Mi­
nistère des Colonies et dont il a eu l’occasion
d’apprécier les mérites, aussi bien que la
droiture de caractère et le dévouement.
Un échange de vues a lieu sur les qua­
lités qu’exige le secrétariat de l’Institut co­
lonial et sur les avantages que peuvent pré­
senter à ce point de vue les travaux anté­
rieurs des candidats.
Le Président demande de passer au vote.
Il y est procédé au bulletin secret et les ré­
sultats du scrutin sont favorables à M. Baillaud.
Les membres du Bureau décident de faire
connaître au Conseil les résultats de ce scru­
tin.
La séance est levée à 3 heures et quart.
Séance du Conseil d'Administration
20 janvier 1910
La séance est ouverte à 3 heures et quart,
sous la présidence de M. A. Artaud, pré­
sident.
Etaient présents : MM. Armand, Bohn,
Heckel, Ponsinet, Fouque, Barlatier, Ytier,
Arnaud, Bourdillon, Dufour, Gaffarel, Jacquemet, .Toannon, Léotard, Martin-Laval,
Rastit, de Roux, Rastoin, Teisseire.
Lecture est donnée du procès-verbal de la
précédente séance, qui est adopté.
Le Président entretient l’Assemblée des
candidatures qui lui sont parvenues pour le
poste de secrétaire de l’Institut et indique la
décision du bureau de présenter au Conseil
la candidature de M. Baillaud, en raison du
nombre de voix obtenu par lui.
Un échange de vues a lieu entre les mem­
bres du Conseil sur les aptitudes des divers

�L’EXPANSION COLONIALE
candidats telles qu’elles se dégagent de
leurs travaux antérieurs.
Il est procédé au vote sur les candidatures,
au scrutin secret, et M. Baillaud obtient 15
voix sur 19 suffrages exprimés.
En conséquence, M. Baillaud est nommé
secrétaire de l’Institut Colonial Marseillais.
M. le Président rend compte des pourpar­
lers engagés pour la location du rez-dechaussée. L’Assemblée donne à l’unanimité
au Président et au Bureau pouvoir de
conclure et de signer si c’est nécessaire.
Plus "rien n’étant-à l’ordre du jour, la
séance est levée à 4 heures 1/2.
N É C R O L O G IE
C’est avec de profonds regrets, qui ont été
unanimes dans la société marseillaise, que
nous enregistrons le décès le 2 février, après
une longue maladie, de Mme la comtesse
Albert Armand. Cette perte douloureuse a
frappé.dans ses plus chères affections le com­
te Albert Armand, vice-président de la
Chambre de Commerce et de l’Institut colo­
nial marseillais, auquel nous adressons l’ex­
pression de nos sincères condoléances. La
comtesse Albert Armand, qui tenait une
grande place dans le monde marseillais,
était vice-présidente de l’œuvre de SaintVincent-de-Paul, et son inépuisable charité
en faisait la discrète providence des déshéri­
tés de la fortune.
ONZIÈME JOURNÉE MARITIME

Malgré le temps peu favorable, dont l’in­
clémence fit renoncer à la visite du Château
d’If, la onzième journée maritime de l’Ins­
titut colonial avait attiré, le samedi 5 février,
un nombre d’adhésions important et près de
cent personnes prenaient passage à bord du
vapeur « Bois Sacré », que la Cie Côtière
met obligeamment à la disposition de l’Ins­
titut chaque mois,, pour l’exécution de son
progfamme d’enseignement, moyennant une
modique rémunération de ses frais. Les sinis­
tres évènements de ces derniers jours ne doi­
vent pas décourager les néophytes surtout
des voyages anodins sur notre rade, et l’Ins­
titut poursuivra l’œuvre malgré vents et ma­
rées, avec le concours désintéressé des entre­
prises de promenades maritimes comme la
Cie Côtière.
Le Bois-Sacré, orné du grand pavois, lar­
guait ses amarres à 2 heures 1/2, traversait
le Port-Vieux, subissait roulis et tangage par
le travers du Fort Saint-Jean, pénétrait dans
le bassin de la Joliette encombré de navires,
se frayait un difficile passage entre les gros­
ses unités des Cies marseillaises, évitait un
chaland de charbon remorqué, frôlait une
tartane de tuiles, accrochait l’amarre d’une
barque et, réussissant à traverser la passe du
Lazaret sans dommage, s’amarrait bord à
bord d’un chaland chargé de balles de coton,
qu’il fallut traverser en débarquant pour

37

gravir le quai très élevé sur ce point ; les
dames nombreuses, comme d’habitude, trou­
vèrent des cavaliers empressés dans nos jeu­
nes étudiants pour les aider à sauter un pas
aussi dangereux que difficile. Un des fer­
vents de ces excursions, muni d’un appareil
avec un talent photographique indiscutable,
notait au passage sur ses plaques les instan­
tanés les plus gracieux ; nous en possédons
aux archives de nombreux spécimens, que
le généreux amateur offrit à l’Institut. Il
possède, paraît-il, plus de 3.000 clichés de
nos Ports et des navires qui le fréquentent.
Au quai du Lazaret, nous attendait M.
Donaudy, ingénieur en chef de la, Cie des
Docks, qui nous réservait ce jour-là une
visite des plus intéressantes : le décharge­
ment des grains par les appareils spéciaux
appartenant en propre à la Cie et permettant
d’extraire des cales d’un navire jusqu’à 2.000
tonnes de marchandises en une journée de
travail. C’est merveille de voir s’agiter au­
tour des engins de pesage et d’ensassage les
nombreux ouvriers chargés d’enlever les
sacs remplis d’avoine, de blé, de maïs, dont
la charge uniforme, régulière à 25 grammes
près est réglée par un système de bascule
automatique à laquelle est suspendu le sac.
Le glissement du grain se fait d’abord en
masse, puis s’arrête pour ne laisser filtrer
qu’une infime quantité, ainsi que le fait l’é­
picier complétant à la main une pesée sur
le plateau de sa balance. Le poids exact at­
teint, un deuxième déclanchement se pro­
duit et la chute est arrêtée : l’ouvrier débou­
cle le sac, le ferme, l’enlève, le roule au han­
gar, au wagon ou à la charrette voisine. Pen­
dant ce temps, l’élévateur continue d’aspirer
dans la cale du navire, tout cela sans inter­
vention humaine, sans employé aux écritu­
res ; les appareils enregistrent les sorties par
sac, sans bruit et sans à-coup, avec une céléri­
té de bonne augure pour les larges payes que
l’ingénieux mécanisme assure aux ouvriers
assidus autour des machines. L’intérêt pris
à cette visite fut incontestable et nous de­
vons une bonne leçon de choses à la Cie des
Docks, toujours à la tête de tous les perfec­
tionnements de manutention. On lui doit en
grande partie les succès et la marche ascen­
dante du trafic du Port de Marseille. Quels
efforts et quels sacrifices se sont imposés les
administrateurs de cette courageuse compa­
gnie, et combien regrettables les lois doua­
nières qui depuis 1892 ont arrêté son déve­
loppement ! On cultive beaucoup de grains
en France aujourd’hui, et notre pays se suf­
fit presque à lui-même, mais les entrepôts et
les magasins sont vides, les navires ne vien­
nent plus et c’est sur d’autres marchés que
vont les réserves de la mer Noire et de l’Inde.
Nos minoteries se ressentent de ce trafic res­
treint et la réexportation est de plus en plus
gênée, tout cela pour aboutir en somme...
au pain cher.

�38

L’EXPANSION COLONIALE

La promenade fut complétée fort agréable­
ment par la visite de la plus belle unité de
la Cie Péninsulaire et Orientale, le Moréa,
mis gracieusement à notre disposition par le
distingué Président de la Chambre de Com­
merce qui en est l’agent général. Pilotée par
son représentant, la caravane marcha sur ce
paquebot anglais de merveille en merveille,
au milieu du luxe des cabines, des installa­
tions hygiéniques, des salons de musique et
de lecture, des fumoirs, des salles à manger
pouvant recevoir plus de 350 convives, des
galeries de circulation, où les bois sculptés
alternent avec des vitraux artistiques et des
peintures de maîtres; une machinerie bril­
lamment. entretenue, tout fut examiné et ad­
miré, laissant à chacun une impression de
confort, de sécurité et d’agrément bien fai­
te pour donner au plus timide le goût.de la
mer.
La rentrée eut lieu sans encombre, sous la
direction de M. Baillaud, le nouveau secré­
taire de l’Institut, qui faisait ses premières
armes dans ce milieu entre tous sympathi­
que, composé de" représentants de toute l’ac­
tivité marseillaise, cherchant sous notre
égide sa voie vers l’au-delà des mers.
A. F.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Bois pour cannes. — M. J., un des princi­
paux fabricants de cannes et de manches de
parapluies et d’ombrelles de Paris, nous a
demandé s’il ne serait pas possible de se pro­
curer dans nos colonies la série des bois qui
sont employés dans son industrie et qui sont
connus sous les noms de cochenille, amou­
rette, cornouiller en bûches d’Asie et d’Amé­
rique, piments, macassar et palissandre.
Ce visiteur nous a particulièrement inté­
ressé en ce sens que, contrairement à la plu­
part des négociants en bois, il nous a paru
vivement désireux de pouvoir se procurer
des bois .durs, qu’ils soient connus ou non.
Une des principales difficultés que l’on
éprouve en effet, lorsque l’on s’occupe de
trouver des débouchés aux bois de nos Colo­
nies, provient de ce que les spécialistes hési­
tent à se rendre acquéreurs de bois qui ne
sont pas connus sur n marché et dont les
qualités n’ont pas été éprouvées par un long
usage. En outre, M. J... désire pouvoir rece­
voir des arrivages réguliers et importants.
L’industrie dont nous a entretenu notre
visiteur, tout en pouvant présenter des dé­
bauchés relativement très importants (puis­
que pour sa propre consommation M. J...
peut acheter les macassars par 10.000 kilos
et les piments par 50.000 kilos) offre cela de
particulier qu’elle s’intéresse non seulement
aux bois présentant les mêmes caractéristi­
ques, mais encore à tous autres bois, quel­
ques petites que soient les quantités obtenables, qui présentent les qualités exigées pour
la fabrication des cannes. Ils peuvent être

achetés en bûches d’au moins 25 à 35 milli­
mètres de diamètre, saines et dépourvues de
nœuds ou tout au moins dont les nœuds ne
seraient pas cassants.
Bois aromatiques. — MM. J. F. et Cie, in­
dustriels à Cannes, ayant lu dans l'Expan­
sion Coloniale que des voiliers exportent des
chargements de bois venant du Congo, nous
demandent s’il s’agit de bois d’ébénisterie et
jugent probable qu’avec ces bois on pourrait
exploiter des bois aromatiques, qui intéres­
sent l’industrie de la parfumerie. Ils nous
ont prié d’informer les exportateurs de ces
bois qu’ils se mettent à leur disposition pour
étudier les bois aromatiques dont ils juge­
raient l’exploitation possible. Ils pourraient
par la suite leur assurer une grande consom­
mation, étant la seule maison en France
puissamment outillée pour le traitement de
bois aromatiques.
L’Institut colonial ouvre une enquête à ce
sujet dans nos différentes possessions fores­
tières.
Pailles à balais. — M. Fr. V., fabricant de
balais à Bédarrides (Vaucluse), est venu nous
entretenir de la situation du marché du sor­
gho à balais.
Cet article a subi une hausse considérable
du fait de fortes demandes assez inattendues
des Etats-Unis. C’est ainsi que les cours ac­
tuels atteignent à Marseille 35 à 45 francs les
100 kilos et qu’ils se maintiendront probable­
ment à ce taux jusqu’à la prochaine récolte,
c’est-à-dire jusqu’à fin septembre, tandis que
les années précédentes le cours du sorgho
était de 25 à 30 francs les 100 kilos. Le prix
des balais, valant en moyenne 70 francs le
cent, a monté ainsi de 15 francs par cent, ce
qui est considérable et les fabricants de Vau­
cluse éprouvent une réelle difficulté à se pro­
curer la matière première. D’après les négo­
ciants de notre place que nous avons consul­
tés, cette situation est d’autant plus intéres­
sante à-signaler que les importations de cet
article que nous recevions d’Algérie il y a
quelques années auraient cessé. Lies prix ac­
tuels pourraient encourager une reprise et
nous avons saisi de cette question les gou­
vernements algérien et tunisien, ainsi que
les Chambres d’Agriculture intéressées.
Notre correspondant nous a demandé éga­
lement s’il ne serait pas possible de trouver
dans la riche série des bailles coloniales un
succédané au sorgho. Nous avons ouvert, une
enquête sur la question et nous serions heu­
reux de recevoir de nos correspondants des
échantillons de plantes qui pourraient leur
paraître intéressantes à ce point de vue.
Arrow-root. — Un de nos plus importants
fabricants de papier nous demande de lui fai­
re connaître un importateur d’arrow-root et
désire recevoir les prix et échantillons.
La fabrication de cet amidon est à peu
près complètement abandonnée dans nos an-

�L’EXPANSION COLONIALE

ciennes colonies, qui ont eu le grand tort de
s’adonner de plus en plus à la monoculture.
Nous.mettons notre correspondant en rela­
tions avec les maisons de notre place qui
traitent avec Sainte-Lucie, la possession an­
glaise qui s’est spécialisée dans la prépara­
tion de cet article.
Etant donné l’importance que peut présen­
ter le débouché de cet article, nous en avi­
sons nos correspondants de la Réunion et des
Antilles, particulièrement intéressés.
Matières grasses. — La maison P. et de G.,
de notre ville, a mis aimablement ses servi­
ces à la disposition de l’Institut colonial mar­
seillais pour toutes informations concernant
les graines oléagineuses, huiles et dérivés.El­
le se met également à la disposition des co­
lons et planteurs pour les tenir régulière­
ment renseignés sur les fluctuations et condi­
tions de ventes, etc., des huiles de palmes,
palmistes, coprah, etc.
Nous lui transmettrons les demandes d’in­
formations qui nous parviendront.
Demandes d'emplois aux Colonies. — M..L.,
de Marseille, diplômé de l’Ecole supérieure
de Commerce, bachelier ès-lettres, officier de
réserve, qui a été attaché à une de nos gran­
des banques, lit l’anglais et l’espagnol, de­
mande place dans u.ne maison de commerce
ou dans une banque aux colonies.
M. F. P., Alais (Gard), 26 ans, ayant fait
des études secondaires, demande place dans
le commerce aux colonies.
M. de B., pouvant disposer de 10.000 à
15.000 francs comme caution, désirerait
voyager comme représentant d’une maison
de commerce ; parle l’anglais, l’allemand et
l’italien.
M. P. C., ancien chef mécanicien à la Daïra-Sanieh (Egypte) pendant six ans, deman­
de une situation analogue. Spécialités : Su­
crerie, raffinerie, décortication du coton.
Parle couramment l’arabe.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
A friq u e é q u a to ria le fran ç ais e

Le Président de l’Institut colonial marseillais,
à M. le Gouverneur général de l’Afrique équa­
toriale française.
M arseille 17 fév rier 1910.
L ’In s titu t colonial m arseillais a été heureux
d’ap p ren d re que s u r votre proposition, la région
si intéressan te du Congo, Gabon et Tchad a été
constituée en G ouvernem ent général de l’Afri­
que équatoriale fran çaise établi su r le modèle
de celui, de l ’Afrique occidentale, au dévelop­
pem ent duquel vous avez p ris une si grande
p a rt ; il a su rto u t ap p lau d i à la décision du Mi­
nistre des Colonies qui vous a confié ce Gouver­
nem ent général et le b u re a u de notre In stitu t
nous a donné m a n d a t de vous p résen ter à cet
égard toutes ses félicitations.

39

Cette m esure, qui doit m arq u er une ère nou­
velle dans la mise en v aleu r de ces pays, in té­
resse d 'a u ta n t plus M arseille, Métropole colo­
niale, cpi’ils échappent actuellem ent presque
com plètem ent à notre influence et à notre ac­
tion économique, p a r suite de l ’a rrê t des re la ­
tions m aritim es entre notre centre et le Congo.
L a Com pagnie F raissinet, qui p en d an t dixh u it années a desservi ce pay s,n ’a pas cru devoir
ad h érer au nouveau cahier des charges pas plus
qu’aucun de nos a rm ateu rs m arseillais ; si
bien que depuis plusieurs années, les rap p o rts
entre M arseille et les ports du Gabon et du
Congo n ’ont été que tout à fa it occasionnels.
P e n d a n t ce temps, Boulogne profite du ser­
vice de la. Com pagnie W oerm ann ; la P alisse de
celui de la Com pagnie Belge M aritim e du Con­
go ; D unkerque, le H avre, Bordeaux, de celui
des C hargeurs Réunis. Nous nous réjouissons
de voir les diverses régions françaises dévelop­
per leurs relations avec le Congo, m ais au
point de vue m arseillais, nous sommes désolés
de n o tre quasi-abstention et il ne peut être que
très fâcheux pour l’in térêt général de la Métro­
pole et de la Colonie, que le prem ier P o rt de
France soif aussi dépourvu de m oyens réguliers
de com m unication avec le Congo.
C’est d ’a u ta n t plus reg rettable en ce m om ent
que l ’Afrique équatoriale française va, p a r une
série de gran d s trav au x , e n tre r dans une phase
d’exploitation qui peut aid er à la reprise des
services m aritim es. N otre In s titu t et-le Syndi­
cat des exportateurs de notre ville, ém us de cet­
te situation, ont dem andé à la Cham bre de Com­
merce d’ag ir au près des départem ents intéres­
sés pour que les clauses du cahier des C harges
co ncernant les services entre M arseille et le
Congo soient revues et modifiées, de m anière à
perm ettre le rétablissem ent de ces services.
Nous prenons la liberté de soum ettre cette
question à votre sollicitude. Il vous a p p a ra îtra
certainem ent que, dans l’in térêt de la m ise en
v aleu r du groupe colonial que vous adm inis­
trez, il est to u t à fait désirable que le P o rt de
M arseille puisse y prendre une p a rt plus active
que p a r le passé, ce qui ne p o u rra avoir lieu
qu’à la condition qu’il soit relié à l’Afrique
équatoriale fran çaise p a r une ligne de n av ig a­
tion à départs réguliers et fréquents. C’est
pourquoi nous vous dem andons instam m ent de
nous aid er de votre précieux concours pour ob­
te n ir la reprise de ces relations.
Nous croyons devoir laisser à l’A dm inistra­
tion e t aux Compagnies intéressées le soin de
s’entreten ir directem ent de la m anière dont la
question qui nous occupe p o u rra it se solution­
ner.
Nous profitons de cette occasion, M onsieur le
G ouverneur général, pour vous renouveler l ’as­
surance que vous trouverez dans notre In stitu t
un organism e to u t à fa it dévoué à l’œuvre que
vous poursuivez. Vous aurez en lui, chaque fois
que vous voudrez bien faire appel à son con­
cours, l’interm édiaire le plus soucieux des in té­
rêts de votre Colonie au près du Commerce et
de l ’In d u strie de notre région m arseillaise, si
attachée à tout ce qui touche nos possessions
d ’Outre-Mer.
Veuillez agréer, M onsieur le G ouverneur gé­
néral, l’assurance de notre h au te considéra­
tion.
Le Président,
A. Artaud .

�40

L’EXPANSION COLONIALE
A friq u e o ccidentale. — K a rité .

La Chambre de Commerce de Marseille a
bien voulu transmettre à l’Institut Colonial
une lettre de M. D., négociant au Soudan,
dont nous extrayons les passages suivants :
Tours, 23 janvier 1910.
J’arriv e du Soudan, où j’a i p rép aré suivant
un procédé personnel 60.665 k. ‘ d’am andes de
K arité, qui ont été vendus en A ngleterre de
281,25 à 300 fr. .0/00 kilog. Il se ra it facile de tr a i­
te r une q u an tité p lu s . considérable dans un
pays où les K arités couvrent une superficie
d’u n m illion de kilom ètres carrés. M ais mon
b u t ne fu t que de prouver la bonne arrivée en
Europe des am andes p réparées p a r mes soins
et leu r écoulem ent rém u n érateu r, b u t que j ’ai
atteint.
D ans une lettre il ne m ’est p as possible de
vous p a rle r des différentes applications de ces
am andes. Je vous prie donc de consulter le n u ­
m éro de 1a, Revue de l’In stitu t colonial m arseil­
lais du 1er février 1908, où, sous la sig n atu re de
M. Yves H enry, vous trouverez u n article con­
te n a n t des renseignem ents plus précis s u r le
K arité.
Soit dans la savonnerie, soit dans l’a lim en ta­
tion, c’est un p ro d u it dont l’a v en ir est assuré.
De plus c’est u n p ro d u it n a tu re l ne dem an d an t
aucun tra v a il aux noirs, u n p ro d u it bon m a r­
ché, puisque j’ai payé 0,05 les 4 kilos de noix
vertes, donnant un kilo d’am andes préparées.
La cam pagne com m ençant en ju in est term inée
fin septem bre, et l’on peut com pter s u r l’appui
de M. Ponty, que je connais p articu lièrem en t et
qui me té lé g ra p h ia it à K ita : « ai appelé bien­
veillante atten tio n G ouvernem ent su r nouvelle
indu strie. »
J ’ai cru devoir vous écrire pour vous dem an­
der s ’il ne me serait p as possible de tro u v er à
M arseille le placem ent de ces am andes, en m ê­
me tem ps que des capitaux.
Je vous serais très reco n n aissan t de bien
vouloir m ’a id e r de vos conseils et mêm e de vo­
tre bienveillant appui. .Je puis vous fo u rn ir des
renseignem ents précis su r les ré su lta ts de l’es­
sai que je viens de faire et vous envoyer un
échantillon d’am andes préparées.

Notre Institut colonial n’a cessé de surveil­
ler de très près les conditions d’exploitation
de cet intéressant produit, que notre derniè­
re Exposition des corpv gras a une fois de
plus fait connaître à nos industriels. La let­
tre que nous reproduisons ci-dessus ne peut
manquer d’avoir toute notre attention et
nous l’avons soumise à ceux de nos négo­
ciants qui sont particulièrement bien placés
pour avoir une opinion sur la question.
De cette première enquête il résulte que la
plus grande difficulté à surmonter pour l’ex­
portation du karité du Soudan reste tou­
jours celle du transport. Les graines de ka­
rité n'arrivent en effet à maturité qu’au mo­
ment des basses-eaux du Sénégal ; il y a donc
lieu d’attendre que le chemin de fer de Thiès
à Kayes soit terminé pour pouvoir exporter
normalement le karité de la partie Ouest du
bassin du Niger.
Le prolongement du chemin de fer de la
Côte d’ivoire permettra d’atteindre le centre

de la Boucle, mais il semble que ce sont les
karités de la Northern-Nigeria anglaise qui
seront le plus tôt exploités. L’œuvre considé­
rable qu’est le chemin de fer de Lagos à Kano est' en effet bien près de se terminer et dé­
jà la Cie du Niger a fait oar le fleuve des ex­
portations importantes d’amandes et de
beurre de karité. Nous croyons savoir qu’el­
les ont été réservées à une maison belge.
M ad ag ascar. — E x p o rta tio n .

De M. P. Benoist, agent des M essageries Ma­
ritim es à M ajunga, correspondant de l’In sti­
tu t colonial m arseillais :
M ajunga, le 5 jan v ier 1910,
L ’exportation totale de M ajunga pour l’E u­
rope a été de décembre 1908 à décembre 1909 de
7.299 tonnes contre 2.887 en 1907.
Cet excédent de 4.412 tonnes m ontre l’im ­
portance des affaires traitées en 1909 p a r M ajun­
ga, affaires qui portent po u r la plus grande
p artie su r les écorces de palétuviers.
L’exporta.tion se compose comme suit : En
1907- 1908 : cuirs 446 tonnes ; ra p h ia 698 tonnes ;
cires 46 tonnes ; caoutchoucs 71 tonnes ; bois
717 tonnes ; écorces de palétuviers 778 tonnes ;
divers 131 tonnes ; total 2.887 tonnes.
En 1908-1909 : cuirs 514 tonnes ; ra p h ia 1.200
tonnes ; cires 38 tonnes ; caoutchoucs 184 to n ­
nes ; bois 593 tonnes ; écorces de palétuviers
4.344 tonnes ; divers 426 tonnes ; total 7.299
tonnes.
L’im portation totale a été à M ajunga en
1908- 1909 de 8.793 tonnes contre 7.833 tonnes,
soit un excédent de 960 tonnes en 1908-1909.

Le fait le plus remarquable dans les chif­
fres que nous signale notre correspondant
est, indépendamment de l’augmentation de
l’exportation du raphia, l’importance prise
par l’exploitation des écorces de palétuviers.
Cette exportation a été malheureusement
faite à destination de Hambourg et non point
de nos ports.
L’exploitation des palétuviers étant une
question de première importance pour nos
Colonies et se présentant sous des formes
nouvelles, nous constituons un dossier à ce
sujet dont nous donnerons ici prochainement
les éléments.
En outre, il y a tout lieu de se féliciter de
l’augmentation de l’exportation du raphia,
mais il est arrivé, par suite de la plus grande
demande qu’elle indique, que les indigènes
ont été amenés à moins bien traiter la prépa­
ration de cette fibre, et il vient d’être pris une
très sage mesure à cet égard.
Les maisons Garnier, Compagnie Marseil­
laise, Etablissements Frager, Vuillerme,
Oswald et Deutsche Ostafrikanische Gesellsschaft ont passé entre, elles l’accord suivant,
en janvier dernier :
« En raison de l’augmentation croissante
« des mauvaises qualités de raphia dans les
« arrivages actuels et de la proportion tou« jours croissante des têtes, il ne sera plus
« acheté de raphias par ces maisons et ce, à

�L’EXPANSION COLONIALE

«
«
«
«
«
«
«

partir du 1er février 1910, sans que les
têtes soient complètement éliminées et le
triage des raphias avariés opéré avant tout
pesage. Ces opérations seront faites, au
besoin, sur les lieux d’achat, c’est-à-dire
en dehors des établissements des acheteurs. »
Ces maisons ont, en outre, prié l’Adminis­
tration de faire son possible pour engager
les indigènes à améliorer leur production.
L’Administrateur de Majunga a donné les
instructions les plus strictes dans ce sens aux
chefs de districts placés sous ses ordres.

S a in t-P ie r r e e t M iq u elo n . — La S itu a tio n

De M. A. Letouzé, agent de la Société ”La
M orue F ra n ç a ise ”, à M. le P résid en t de l’In s­
titu t colonial m arseillais.
S ain t-P ierre M iquelon, le 28 ja n v ie r 1910.
L a colonie a arm é en 1909, 44 goélettes seu­
lem ent ; le ré su lta t a été bon, la m oyenne a été
de 2.591 q u in tau x de 55 kilos. Le p rix de la
m orue a été d ’environ 18 fran cs le quintal. Sous
ce ra p p o rt il n ’y a p as à se p laindre. P a r con
't r e , la petite pêche ou pêche côtière, pratiquée
p a r des em barcations m ontées chacune p ar
deux hom m es, a été très m auvaise, et les petits
pêcheurs, p a r suite de la forte pèche du banc,
n ’ont pas même pu obtenir un prix en ra p p o rt
avec la ra re té de leu r poisson.
D ans ces conditions 2 ou 300 personnes ont
encore quitté la colonie à l ’autom ne pour se
ren d re au C anada. Il en rev ien d ra fort peu,
car la p lu p a rt tro u v en t à se caser convenable­
m ent et se soucient peu de co u rir de nouveau
les aléas de la pêche. D’un au tre côté, les re ­
cettes fiscales d im in u an t en raiso n de la stag ­
n a tio n d es'affaires, il n ’y a pas d ’a rg en t p our
en treten ir les édifices publics. Les cales et quais
qui servent au commerce s’effondrent sans
qu’on puisse y ap p o rter aucun rem ède, et la
digue en p ierres sèches, qui av ait été term inée
i l 'y a quelques années au prix du plus g ran d
sacrifice pécuniaire, m enace ruine.
Cette digue ab rite notre p o rt de la m er du
large on voit d’ici son im portance. Le gouver­
nem ent ne semble pas te n ir compte des solli­
citations des corps élus et de notre délégué
au Conseil su p érieu r des colonies. Aucune des
réform es financières dem andées depuis de lon­
gues années n ’arriv e à aboutir.
Cette année la colonie a rm e ra environ 50
goélettes : c’est peu. Telle est la situation ac­
tuelle. Comme vous le voyez, elle n ’est p as b ril­
lante. Que fau d rait-il cependant p our ren d re à
ce p ay s une p a rtie de son ancienne prospérité ?
Il fa u d ra it :
1° Abolir le ta rif général des douanes et le
rem p lacer p a r un ta rif ad valorem peu élevé.
Cette m esure a u ra it pour effet de p erm ettre à
l ’arm em ent local et au commerce de rep ren d re
l’essor, de lu tte r dans des conditions favorables
avec l ’arm em en t m étropolitain pêcheur.
2° D im inuer les d ro itsu le navigation des n a ­
vires à l ’entrée, afin de p erm ettre aux étran g ers
de venir com m ercer dans notre p o rt comme
autrefo is,san s être im posés de frais exorbitants.
3° Que la m étropole prenne à sa charge cer­
tain es dépenses qui écrasen t le budget et qui

41

l’intéressent plus que nous, notam m ent la sub­
vention postale, 100.000 francs, et l’entretien
des phares, 50.000 francs.
Avec quelques au tres réform es secondaires
notre pay s a u ra it dés chances de se relever,
La F rance voudra-t-elle enfin nous v enir én
aide ? Ii est perm is d’en douter et c’est dou­
loureux à avouer. C ependant nous ne cessons
de faire entendre nos revendications.
Vous nous dem andez quelques inform ations
au sujet de la pêche aux chalutiers. En 1909,
environ 25 de ces vapeurs ont fréquenté les
bancs. A quelques exceptions près le ré su lta t
de le u r pêche a été plutôt médiocre ; ils n ’ont
fréquenté q u ’un seul banc, le banquereau. Nous
croyons savoir que m algré cela il y en a u ra à
peu p rès a u ta n t à v enir su r les bancs en 1910.
Lorsque ce nouveau mode de pêche a com­
mencé, on a exprim é de grandes craintes au
sujet de l ’influence q u ’il pouvait avoir su r la
pêche à la ligne de fonds pratiquée p a r des
navires à voile.
Ainsi que nous le disions to u t à l’heure, les
chalutiers ont presque exclusivem ent fréquenté
le banquereau en 1909 et beaucoup de voiliers
aussi. Les Voiliers ne sem blent pas avoir m oins
péché p a r suite de la présence des chalutiers.
Des gens d’expérience préten d en t que les ch a­
luts, en rem u an t constam m ent le fond des
bancs, détruisent la végétation sous-m arine
qu’aime à fréquenter la m orue et où elle tro u ­
ve sa n o u rritu re. Il peut y avoir du v rai dans
ce dire, m ais il fa u d ra quelques années po u r
qu’on puisse s’en apercevoir.
On objecte que les ch alu tiers détruisent des
q u antités considérables de m orues trop petites
pour être utilisables et qui néanm oins se tro u ­
vent être perdues, étan t rejetées à la mer. Le
fait est exact, m ais peut-il avoir p o u r résu ltat
une dim inution dans les quantités de poisson ?
C’est très difficile à établir. La m orue est u n
poisson très prolifique. P o u r le m om ent, le plus
g ran d danger que courent les voiliers m ouillés
c’est le risq u e d’être abordés et coulés en tem ps
de brum e, ou tout au m oins de perdre leurs
engins de pêche. De nom breux bateaux ont eu
à se p laindre des ravages causés p a r les cha­
lu tiers en 1909 ; de nom breuses plaintes ont
éfé portées.
Il serait à désirer qu’une réglem entation in ­
ternationale puisse être établie à ce sujet et que
les ch alu tiers ne puissent pas im puném ent
d rag u er trop près des voiliers, leu r enlevant
ainsi leurs engins, sous le prétexte que la m er
a p p a rtie n t à tout le monde, — comme certains
capitaines chalutiers ont répondu aux cap itai­
nes de voiliers qui leu r faisaien t p a rt de leurs
pertes.
De cette façon, lorsqu’il y a u ra it des délits
bien établis, les sanctions p o u rra ie n t avoir lieu
aussi bien au point de vue pénal qu’au point
de vue des dom m ages occasionnés.
C ontrairem ent à l’habitude, l’hiver est très
doux en ce m om ent et depuis h u it jo u rs il pleut
et fait du b ro u illard constam m ent ; la terre
n ’est pas gelée et n ’est pas recouverte d’une
seule parcelle de neige. L a tem p ératu re est
douce.
Le v ap eu r qui porte les m arin s destinés à
l’arm em ent des goélettes locales p a rtira de
Saint-M alo comme d’habitude vers le 15 m ars.
A. L etouzé .

t

�42

L’EXPANSION COLONIALE
N ouvelles-C alédonie. — C u ltu re s .

De M. L. C olardeau, avocat, p résid en t du
Conseil général, à M. le Dr Heckel, vice-prési­
dent de l’In stitu t colonial, directeur du Musée
colonial.
Noum éa, 6 ja n v ie r 1910.
Depuis deux ans, je m’occupe d’élevage et de
culture de coton en Nouvelle-Calédonie et de
cultu res tropicales à Port-V ila (Nouvelles Hé­
brides), où j’ai une p lan tatio n extrêm em ent in ­
téressante, et Tomo (Nouvelle Calédonie). En
dehors de l’élevage des races bovines et che­
valines, et en dehors du coton, (qui fe ra la
fortune de la Nouvelle-Calédonie) j ’étudie tout
ce qui est intéressan t, même les plantes p ota­
gères, et je compte pro d u ire tous les citrus,
dont le considérable m arché au stra lie n est si
fria n d et qui s’approvisionne à San-Francisco
et même à Naples et en Sicile p o u r les citrons.
A Port-V ila, j’ai une p la n ta tio n de 70.000 coco­
tiers, 25.000 cacaoyers et 50.000 caféiers. J’étu­
die en ce m om ent la question du caoutchouc.
P o u r moi rien n ’est in té re ssa n t comme les
études agricoles et je serais rav i d’être en cor­
respondance suivie avec vous e t.d e vous en­
voyer to u t ce qui p o u rra it vous être utile ou
agréable de Calédonie ou des H ébrides (le
cham p est très vaste en ce qui concerne ces
dernières îles). De m on cô té,'je vous dem ande­
r a i la perm ission de solliciter de vous des
conseils et des renseignem ents. P o u r l’in stan t
je réponds au b u t précis de votre lettre. Je con­
n ais p arfaitem en t le petit m aïs que vous m’a ­
vez envoyé et qui est p arv en u en p a rfa it état ;
m ais j’ig n o rais que vous en fussiez le père. Je
l’ai rencontré chez u n p la n te u r voisin, il y a
quelques années, en même tem ps q u ’u n m aïs
sem blable en tout, sauf que le g rain é ta it lie
de vin (suite possible d’une hybridation). Je
pense que cette semence n ’existe plus en Nou­
velle-Calédonie. Il est donc fort h eureux que
vous m ’ayez fa it ce p etit envoi, et je ferai, se­
lon votre pensée, profiter le plus de m onde pos­
sible du p etit cad eau que, p a r mes soins, vous
faites à la collectivité calédonienne. Votre
g ra in bien rond, bien jaune, me semble plus
p u r que celui que j ’avais v u -à l’époque; il est
v rai que le m aïs s’hybride si facilem ent ! II est
excellent p o u r la volaille ; m ais je crois que
p our les chevaux et au tres gros anim aux, les
gros m aïs tard ifs, m ais à g ran d rendem ent va­
lent mieux, d’a u ta n t qu’il est facile de les fa i­
re p asser au concasseur.
En ce qui concerne les haricots-dragées, je ne
les connaissais pas. Il en est arriv é quelques
fèves en bon état, le reste av a it ferm enté. Je
vais les p la n te r incessam m ent et vous ferai
p a rt, scrupuleusem ent, du résu ltat.
Mais, m on cher M aître, si je suis trè s loin
d’être indifférent aux plantes de ja rd in qui ont,
certes, leu r intérêt, m es préférences vont à la
gran d e culture, la seule qui, conduite ra tio n ­
nellem ent, p eut am ener des réu ssites colonia­
les. C’est pour cela que je trouve si in téressan tes
les cultu res de citru s et coton en Nouvelle-Ca­
lédonie, de pro d u its dits coloniaux (café, ca­
caos, cocos) aux Nouvelles-Hébrides. M. le
G ouverneur Noufflard, qui veut bien me comp­
te r p arm i ses am is et qui ren tre des H ébrides
p a r ce courrier, se propose d’aller vous voir, à
son passage à M arseille ; il vous d ira certaine­
m ent des choses trè s intéressantes. En p a rta n t

de Port-V ila, il a eu la bonne idée de prendre,
à votre intention, quelques fèves de cacao (trop
peu à m on gré) su r m a plantation. Il vous ap­
p o rtera de N oum éa un échantillon de coton
que je préconise p o u r la Nouvelle-Calédonie à
cause de sa rusticité et su rto u t de la fixité de
son type. Ce coton est presque identique au
P éru v ian Kidney.
L. Colardeau .

C O U R S C O L O N IA U X

Voici le programme des Cours coloniaux
publics qui ont été professés à l’Institut colo­
nial pendant le mois de février 1910 :
M ardi 1er février, à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud :
L a peste (Epidémies).
M ercredi 2 février, à 3 h. 3/4 soir, M. R ay­
n au d : La m ain-d’œ uvre pénale. — A 5 h. soir,
M. Jum elle : Les plantes à g u tta ; récolte et cul­
ture en M alaisie.
Jeudi 3 février, à 2 h. 1/2 soir (au parc Borély), M. Davin : C ultures coloniales. —• A 4 h.
soir, M. F o u cart : Les prem ières idoles.
V endredi 4 février, à 5 h. soir, M. L au ren t :
Les n itra te s et leu r utilisation.
Sam edi 5 février, à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud
Les expéditions dan s les pays chauds.
V endredi 11 février. M. L au ren t : Les phos­
phates de chaux.
Sam edi 12 février, Dr R eynaud : Les profes­
sions et les exercices physiques dans les pays
chauds.
L undi 14 février, à 5 h. soir, Dr J. de Cordemoy : Les pêcheries sah arien n es .
M ardi 15 février. Dr R eynaud : La peste, les
modes de propagation et les m oyens de dé­
fense.
M ercredi 16 février, M. R ay n au d : Les m on­
naies coloniales. — M. Jum elle : Lé b a la ta au
Vénézuéla et aux Guyanes. Les p lantes à
fécules.
Jeudi 17 février, M. D avin : C ultures des
orangers, citronniers, m a n d a rin ie rs dans les
pays chauds. — M. F o u cart : Les ancêtres (lre
partie).
Vendredi 18 février, M. L a u re n t : Le phos­
phaté de chaux en Tunisie.Samedi 19 février, Dr R eynaud : P rincipes de
l’alim entation dans les pays chauds.
L undi 21 février, Dr J. de Cordemoy : Les pê­
cheries du Sénégal.
M ercredi 23 février, M. R ay n au d : Le pro­
blème m onétaire en Indo-Chine. — M. Jum el­
le : Ignam es, patates, p lantes à arrow -root.
Jeudi 24 février, M. D avin : C ultures colo­
niales.
V endredi 25 février, M. L au ren t : L’a n ti­
moine.
Sam edi 26 février, Dr R eynaud : Q ualités des
alim ents.
L undi 28 février, Dr J. de Cordemoy : Pêche­
ries de l’A frique occidentale.
Coups s u r l’E x p o rta tio n de M a rs e ille .

V endredi 4 février, à 3 h. 1/2, a eu lieu, à
l’In stitu t colonial, l’ouverture du cours créé
'p a r la C ham bre de Commerce su r « L ’expor­
tatio n de M arseille et de la Provence » et p ro ­
fessé p a r M. Léopold Dor. M. A drien A rtaud,

�L’EXPANSION COLONIALE
m em bre-secrétaire de la Cham bre de Commer­
ce, président de l’In stitu t colonial, et M. F.
Bohn-, président du Syndicat des exportateurs,
m em bre de la Cham bre de Commerce, p rési­
daient cette réunion, à laquelle avaient tenu à
assister de nom breux négociants de notre vil­
le. M. A rtaud, dans u n chaleureux discours, a
m ontré quel é ta it le but de ce nouveau cours.
M. Dor a exposé' ensuite l’in térêt p ratiq u e que
nos com m erçants pouvaient re tire r de cet en­
seignem ent et a exposé,'avec une gran d e n et­
teté et une connaissance approfondie de la
question, le program m e q u ’il développerait
dans les leçons suivantes. Le cours a lieu tous
les quinze jo u rs, le vendredi à 3 heu res et
demie.

CHRONIQUE DU MOIS
M a u rita n ie e t O u a d a ï

L’immense empire Africain de la France
s’est encore agrandi en 1909 de deux vastes ré­
gions, qui se trouvaient d’ailleurs dans la
sphère d’influence reconnue à notre pays par
les traités, mais qui n’avaient pas-encore été
l’objet d’une occupation effective. Ce sont,
aux deux extrémités du Sahara, la Maurita­
nie, au nord du Sénégal, et l’Ouadaï, à l’Est
du Tchad. Derniers centres du trafic des es­
claves et refuges suprêmes des pillards no­
mades, ces contrées (malheureusement plu­
tôt désertiques) ne pouvaient rester davan­
tage dans leur état d’anarchie, privées de
toute action civilisatrice, car les tribus voi­
sines, déjà soumises à la France, en éprou­
vaient de graves dommages. Le colonel Gou­
raud, qui captura jadis Samory, a, en consé­
quence, vaillamment conquis les territoires
de la Mauritanie et vient de rentrer en France
après une glorieuse campagne, laissant dans
ce pays un calme qu’il n’avait jamais connu.
De l’autre côté du Soudan l’héroïque poi­
gnée de nos troupes du Ghari, qui s’était em­
parée sans coup férir d’Abecher, la mysté­
rieuse capitale de Ouadaï, vient, par mal­
heur, d’éprouver un de ces désastres dont
l’histoire de notre expansion Africaine comp­
te déjà hélas ! de trop nombreux exemples.
Le capitaine Fiegenschuh, deux lieutenants,
deux sous-officiers et toute une compagnie de
tirailleurs sénégalais ont été massacrés dans
une embuscade à Bir-Touil le 4 janvier, au
cours d’une reconnaissance, à trois jours au
Sud-Est d’Abecher. Les infortunées victimes
de ce guet-apens vont être rapidement ven­
gées par le colonel Moll, commandant du
territoire militaire du Tchad, mais cette fâ­
cheuse perte de vaillants soldats démontre
à nouveau une double vérité déjà souvent
proclamée. D’une part, c’est que nous vou­
lons trop fréquemment occuper des régions
africaines grandes comme la France avec de
si petits détachements de troupes, qu’ils s’y
trouvent presque toujours à la merci d’un
ennemi rusé ou courageux. D’autre part,c’est

43

que la merveilleuse, intrépidité de nos offi­
ciers coloniaux confine facilement à la témé­
rité et qu’ils s’habituent à cotoyer le danger
au point d’oublier parfois la prudence né­
cessaire au milieu des embûches du centre
Africain. Souhaitons donc que la brusque
disparition du regretté capitaine Fiegenschuh et de ses compagnons soit enfin la der­
nière de ee genre dans notre occupation du
continent noir.
—ia—
L ’escale de D a k a r

Selon les prévisions de MM. les Gouver­
neurs Roupie et Ponty, Dakar peut et doit
devenir un grand port mondial. Tou les .co­
loniaux sont d’accord avec eux sur l’impor­
tance économique qu’il prendra, avec l’in­
tensité de la pénétration ferrée en Afrique
occidentale française, comme entrepôt du
grand commerce de l’Ouest-Africain et com­
me' port charbonnier et de ravitaillement
de l’Atlantique équatorial.
Le port de Las Palmas des Canaries jouit
sans doute, à cet égard, d’avantages acquis
auprès d’une clientèle déjà ancienne, et
Saint-Vincent des îles du Cap-Vert, placé sur
la ligne droite des routes maritimes de l’Eu­
rope à l’Atlantique Sud, a des commodités
appréciables pour les charbonnages. Le
mouvement maritime annuel de Saint-Vin­
cent, presque exclusivement en houille, est
de 450.000 tonnes environ, et 5.600.000 ton­
nes de jauge de vapeurs passent dans ses
eaux ; mais sa situation insulaire comme
celle de Las Palmas, a les vices de ces avan­
tages. Ni l’un ni l’autre de ces deux ports
n’est, par lui-même, expansif.
Dakar Allongerait bien la route de l’Amé­
rique méridionale de 50 milles marins, mais
plus moderne en son excellent outillage que
ses concurrents, largement extensible en
fret et en passagers avec le développement de
l’Afrique Occidentale, il doit infailliblement
tôt ou tard séduire les grandes compagnies
étrangères de navigation passant d’Europe
dans le Sud-Atlantique.
La lutte économique actuelle de Dakar vise
surtout son concurrent le plus rapproché,
Saint-Vincent, et il y a lieu d’enregistrer un
premier et imnortant succès dans ce sens.
Grâce à l’initiative du chef d’une des plus an­
ciennes maisons du Sénégal, M.Philippe Del­
mas, de Bordeaux, à partir de mai prochain,
huit paquebots italiens, de 8.000 tonnes (par
mois, soit quatre dans chaque sens), aban­
donnant Saint-Vincent, viendront faire es­
cale à Dakar et s’y approvisionner de char­
bon, conformément à des contrats à long
terme passés avec la Compagnie d’approvi­
sionnement le « Sénégal ».
Au cours de l’année 1910, la fourniture de
charbon qui leur sera faite atteindra au
moins 50.000 tonnes ; déjà en 1911, elle pas­
sera à environ 100.000 tonnes, le quart des
fournitures actuellement faites par Saint-

�vr
L’ËXPANSION COLONIALE

44

Vincent, diminuées d’autant, et une jauge de
1 million en navires se trouvera ainsi détour­
née des îles du Cap-Vert au profit de l’Afri­
que Occidentale française. D’autre lignes
étrangères, éclairées par les avantages que
réaliseront les entreprises italiennes, pour­
ront les imiter bientôt et on conçoit quels im­
portants bénéfices divers en résulteront pour
notre port de Dakar.
—ia—
D eux Expositions

Le gouvernement du nrotectorat de la Tu­
nisie, désireux de faire profiter la culture de
l'olivier et l’industrie oléicole des progrès
scientifiques et techniques les plus récents,
a décidé qu’un Congrès général des oléicul­
teurs et des oléifacteurs aura lieu-à Sousse
du 13 au 18 avril 1910. En même temps que
ce Congrès, se tiendront dans la même ville
un concours agricole et oléicole et une expo­
sition industrielle.
Cette manifestation économique, qui réser­
ve une part très importante à l’industrie oléi­
cole, ne peut manquer de présenter un très
grand intérêt pour tous les pays producteurs
d’huile d’olive ; elle fournira également aux
constructeurs de matériel agricole et oléico­
le l’occasion de faire connaître leurs appa­
reils dans un pays qui est déjà et est appelé
à devenir davantage encore un débouché im­
portant pour leur industrie. De nombreux
prix et médailles seront décernés aux lau­
réats des différents spécialités à ce concours,
organisé par la direction de FAgriculture, du
Commerce et de la colonisation de la Ré­
gence.
D’autre'part, le Consul général de S. M.
Britannique à Marseille annonce qu’une ex­
position agricole sera tenue à Lagos, capita­
le de la Nigeria du Sud, pendant la première
semaine de décembre 1910. Une des plus im­
portantes sections de cette exposition sera
consacrée aux outils et aux machines agrico­
les propres à la culture des produits tropi­
caux et à la préparation de ces produits, soit
pour l’exportation, soit pour la consomma­
tion locale. Les autorités coloniales invitent
les industriels étrangers, qui voudraient ex­
poser des outils ou des machines simples
propres à travailler les produits agricoles ;
mais les exposants doivent se rendre compte
que, jusqu’ici, il n’y a pas de bêtes de trait
dans les fermes et les plantations. Pour tous
les renseignements concernant cette exposi­
tion, on peut s’adresser au Commercial in­
telligence office de Lagos, qui se fera un plai­
sir de fournir une liste de maisons européen­
nes à Lagos, au cas où les exposants vou­
draient établir sur place une agence pour la
vente de leurs articles.

LE CHANGE A LA GUADELOUPE
Le Conseil d’A dm inistrâtion de la Banque de
la G uadeloupe vient de décider q u ’à p a rtir du
20 jan v ier les prix de négociations de tra ite s
à ses guichets seraien t les suivants, contre de la
m onnaie locale :
P ap ier à vue et à 3 jours de vue, billets de la
B anque de F rance, or et arg en t français,
au p a ir Fr. 100
P ap ier de 3 à 15 jo u rs de vue
99,75
»
de 15 à 30 .....................
99,50
..
de 30 à 45 .....................
99,35
»
de 45à 60 ....................
99,25
»
de 60à 75 .....................
99,10
»
de 75 à 90 ....................
99,00
Les m an d ats à vue et à tro is jo u rs de vue,
les billets de la banque de France, l’or et l’a r­
gent fran çais seront vendus à 101 francs.
P ap iers à 10 jo u rs à Fr. 100,90 ; à 30 jo u rs à
F r. 100,75 ; à 60 jo u rs à F r. 100,50 ; à 90 jo u rs à
Fr. 100,25.
Cette décision qui ram ène à la G uadeloupe
le change au pair, la prim e de 1 % dem andée
pour le p ap ier à vue ne rep résen tan t que le
coût du tra n sp o rt et l’assu ran ce des espèces,
p a ra ît être l’évènem ent économique le plus
im p o rtan t du mois de janvier.
Le taux du change est, en effet, le m eilleur
des barêm es de la prospérité économique des
pays qui vivent su rto u t de leu rs relatio n s avec
l ’extérieur et l’on est heureux de pouvoir cons­
tater que la situation d’une de nos vieilles colo­
nies s’est ainsi améliorée.
La note de la Banque concernant ce change
s’exprim e de la m anière suivante :
« Il y a lieu de prévoir que les exportations
« de la Colonie atteindront cette année une va« leur de 19 à 20 millions, déduction faite des
« dépenses de fret, de douane et de réalisatio n
« en France.
« En regard, la v aleur m oyenne des impor« tâtions, calculée su r les entrées des quatre
« dernières années, et augm entée d u 10 % pour
« com m ission et tra n sp o rt arriv e à un chiffre
« in férieu r à 15 m illions de francs.
« La loi économique générale de l’offre et de
« la dem ande, la seule qui p a rto u t régisse les
« fluctuations du change, ne perm et pas que,
» dans ces conditions, la B anque puisse im po­
li ser plus longtem ps aux im portations, une
« perte su p érieure à la com m ission de virecc m ent de fonds. »
La B anque m ontre com m ent la Colonie consi­
dérée en tem ps que consom m ateur a consenti
en 1896, p a r l’entrem ise des com m erçants, sous
le nom de change, u n im pôt énorm e destiné à
donner une prim e aux p lan teu rs ou aux ex­
p o rtateu rs et p articulièrem ent aux fab rican ts
de sucre, qui devaient en profiter pour am élio­
rer leu rs m oyens de production, de m anière à
pouvoir lu tte r contre la concurrence.
Les usines qui étaient viables ou sagem ent
adm inistrées ont, grâce à cette aide, surm onté
la crise et il p a ra it, leur existence sem blant
assurée p a r leurs propres ressources, que la
situ atio n anorm ale des prim es peut p ren d re fin.
La B anque déclare qu’il fa u t cependant s’en
ten ir là po u r le m om ent et que la série des a u ­
tres am éliorations pouvant en résu lter, comme

�L’EXPANSION COLONIALE
celle des salaires, ne doit se faire q u ’avec une
extrêm e réserve.
E n particu lier, il ne semble p as qu’il faille
reprocher au commerce de n ’avoir p as dim inué
le prix des m arch an d ises concurrem m ent à l’a ­
baissem ent du change.
Les p ro d u its im portés dans la Colonie n ’ont
pas échappé à la h ausse qui, depuis quelques
années, a affecté, en F ran ce et à l ’étran g er, les
objets de consom m ation ou m anufacturés. Si
le commerce local, qui a payé plus cher, n ’a
pas encore été obligé de m a jo re r les prix de ven­
te, c’est que l’ab aissem ent du change, qui se
p ro d u isa it ju ste en même tem ps à la G uade­
loupe, a établi une com pensation.
E. B.

Régime douanier colonial
U n io n

in t e r c o lo n ia le

Une excellente' initiative vient d’être prise
à Paris par les chefs autorisés du parti colo­
nial. MM. Eugène Etienne, président de la
Ligue' Coloniale : P. Deschanel, président du
Congrès des anciennes Colonies, et J. Chailley, directeur général de l’Union Coloniale,
ont lancé un appel, qui sera certainement
entendu, dans le but de constituer une
« Union intercoloniale », qui fédérerait pour
une aotion commune, les nombreuses asso­
ciations coloniales déjà existantes dans la
métropole et dans nos possessions, et qui,
sans empiéter sur leur domaine ni restrein­
dre leur indépendance, aurait pour unique
objectif de concentrer et de coordonner les
efforts'en vue de poursuivre auprès des pou­
voirs publics la réforme du régime douanier
colonial, conformément aux vœux des Con­
grès de Marseille, de Bordeaux et des An­
ciennes Colonies. Ce puissant groupement se
dresserait en face des protectionnistes de la
métropole, afin de garantir aux colonies des
conditions d’existence assurant leur prospé­
rité économique. A cet effet, une réunion a
été convoquée le 25 février à Paris, au siège
de 1’ « Union coloniale française », et les
nombreuses adhésions obtenues font espérer
un résultat fécond. Notre Institut Colonial
était représenté à cette réunion intercoloniale
par M. Lecesne, administrateur délégué de
la Cie Française de l’Afrique Occidentale.
R A P P O R T sur le régime douanier applicable
à la Guadeloupe, présenté au Conseil géné­
ral par M. le Gouverneur BALLOT, le 10
m ars 1908.
(Suite)
2° Bases du régime douanier qui serait le plus
favorable au développement économique de la
Guadeloupe.
Si, en ce qui concerne les denrées secondai­
res, les ré su lta ts du régim e actuel ont été quel­
que peu sa tisfaisan ts, il n ’en est p a s m oins
v ra i que cet av an tag e n ’a p as compensé la lo u r­
de charge que la colonie a supportée du fa it du
ta rif douanier.

45

Il ne s a u ra it donc être plus question de s’en
ten ir au systèm e actuel, condam né p a r l ’expé­
rience. Ce systèm e serait d ’a u ta n t m oins ac­
ceptable que les droits du ta rif général vont être
surélevés.
F au t-il envisager le term e opposé de la ques­
tion et soliciter pour la G uadeloupe la liberté
com m erciale ?
Certes, l ’idée est bien faite pour tenter, su r­
tout si l ’on se rappelle la g ran d e prospérité
qui fut la conséquence du régim e établi p a r le
Sénatus-consulte de 1866, do n n an t à la colonie
la liberté complète du commerce et de la n av i­
gation, non sans des avantages en arg en t très
appréciables pour la m étropole : suppression
des détaxes accordées au sucre et aux au tres
denrées coloniales et a ttrib u tio n au budget lo­
cal de certaines dépenses ju sq u ’alo rs payées
p a r l ’E ta t au to tal 1.765.300 francs.
Il n ’est d ’ailleu rs p as sans in térêt de noter
ici que chacun des avantages concédés aux co­
lonies p a r la F rance, en m atière com m erciale,
a été la cause d’une dem ande de sacrifices beau­
coup plus lourds à supporter p a r celles-ci au
profit de la m étropole.
Mais cette solution ne semble pas d ’une ré a ­
lisation possible. 11 ne fa u t pas oublier, en effet,
q u ’à l ’époque envisagée, les Conseils, généraux
des trois vieilles colonies, m aîtres des tarifs,
su p p rim èren t ou réd u isiren t considérablem ent
les droits de douane et que cette conduite soule­
va les plus vives protestations, d’ailleu rs sans
effet, du M inistère du Commerce.
Il ne fa u t pas oublier non plus que, à la suite
de ces m esures, le m ouvem ent général des
échanges aux colonies a y a n t augm enté, et la
quantité des m archandises im portées de la m é­
tropole a y a n t dim inué, le Gouvernem ent, ta n t
p a r des prom esses (traitem ent de faveur pour
les sucres), que p a r des avertissem ents com m i­
n atoires (application du régim e douanier de
la Métropole et suppression des subventions al­
louées p a r la F ran ce pour les trav au x publics
aux Colonies, proposition Penveley), le Gouver­
nem ent obtint le rétablissem ent des droits de
douane à la G uadeloupe (décret du 16 novem ­
bre 1884).
M algré cette orientation p o u rta n t bien accu­
sée vers l’assim .ilation douanière, l’in dustrie
m étropolitaine continua à se p lain d re de la
p a rt plus g ran d e rev en an t à l ’étran g er dans les
affaires faites p a r les Colonies.
On avait vu l’application en Algérie du ré­
gime d o uanier de la Métropole (loi de finances
du 29 décembre 1884, art. 10) produire d’heu­
reux résu ltats dus exclusivem ent à la proxi­
mité des deux pays. Ce fu t un arg u m en t en fa­
veur de l ’assim ilation douanière des colonies
et on voulut ag ir de même pour l’Indochine.
L ’in dustrie rouennaise, au m oyen d ’un am en­
dem ent des députés protectionnistes de la Sei­
ne-Inférieure, fit décider, p a r la Cham bre, dans
la loi de finances du 26 février 1887, article 49,
que les produits étran g ers im portés en Cochinchine, au Cambodge, en A nnan et au Tonkin,
seraient passibles des droits de douane en vi­
g u eur en F ran ce.
L ’application de cette m esure eut des ré su l­
ta ts très m auvais.
Le chiffre du m ouvem ent com m ercial de la
Cochinchine subit, en 1888, une dim inution de
plus de dix-huit m illions et les faillites devin­
re n t cinq fois plus nom breuses. Les unanim es
protestations des colons ab o u tiren t au décret du

�46

L’EXPANSION COLONIALE

9 m ai 1889, qui abrogea en p a rtie celui du 18
septem bre 1887, p ris en conform ité de la loi c-e
finances précitée. Ce d ern ier texte exem pta de
droits de douane tous les produits n 'a y a n t pas
de similaires en France.
L ’expérience était concluante. L ’éloignem ent
de la Colonie ne p erm ettait p as l ’assim ilation
douanière.
(A Suivre).

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
. Métropole

«

S é n é g a l.—■Une loi autorise le G ouvernem ent
général de l’Afrique occidentale fran çaise à
co n tracter u n em p ru n t de 14 m illions pour la
continuation du chem in de fer de T hiès à
K ay es.
Comores. — Un décret présidentiel décide que
le tra v a il est libre dans la colonie de M ayotte
et dépendances et que les décrets relatifs à la
création de Conseils d’a rb itra g e du tra v a il in­
digène à M ad ag ascar sont applicables à la co­
lonie de M ayotte et dépendances.
Indo-Chine. — Un arrêté du m in istre des
Colonies approuve la décision prise le 12 ja n ­
vier 1910 p a r l’assem blée générale ex traordi­
n aire des actio n n aires de la B anque de l’IndoChine en vue de p o rter de 36 à 48 m illions de
fran cs le capital social de cet établissem ent
de crédit.
Police sanitaire. — Un décret présidentiel
réglem ente la police sa n ita ire aux colonies.

Colonies
Sénégal. — Un arrêté autorise la Compagnie
sénégalaise des voies économ iques à utiliser,
p our une période de dix années, les voies p u ­
bliques des escales de Louga, Khombole,
M’Bambey, N’Diourbel, p our l ’établissem ent de
voies ferrées dites économ iques destinées .à la
m an u ten tio n des m arch an d ises d ans ces
escales.
Gabon. — Un a rrê té prom ulgue des décrets
relatifs au régim e d o u an ier applicable au
Gabon.
Madagascar. — Un arrêté ouvre le circuit
téléphonique T anan ariv e-T am atav e à l’exploi­
tation publique. — Un a rrêté décide qu’un ser­
vice de co u rriers p a r voitures autom obiles est
créé entre T an an ariv e et M iarinarivo et vice
versa. — Un a rrê té auto rise à com pter du 16
jan v ier 1910, l’achem inem ent de T am atave su r
T an an ariv e, a v a n t paiem ent des droits, des
m arch an d ises passibles de droits de douane ou
de taxes de consom m ation. — Un a rrê té régle­
m ente la police du port et de la rade de
T am atave.
Indo-Chine. - - Un a rrêté décide que la section
de Song-Dinh à P han -tliiet de la ligne ferrée
de Saïgon-K hanhoa-L angbian est ouverte à
l’exploitation p o u r le service des voyageurs et
des m arch an d ises à p a rtir du 24 décembre. Un arrêté crée trois réserves forestières dans la
province de Thu-D aüm ôt, en Cochinchine.

----------- -♦-----------

I NSTI TUTI ONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GEOGRAPHIE
'M . F. G uillain, ancien m inistre des Colonies,
député de D unkerque, est venu p résid er le 25
février, en sa qualité de p résid en t du « Comité
du M aroc », une conférence solennelle de la
Société de Géographie, faite p a r M. A ugustin
B ern ard , professeur à la Sorbonne, qui a rem ­
pli p lusieurs m issions officielles a u Maroc. Le
Conseil d’adm inistration de la Société de Géo­
grap h ie a offert un dé]'euner à MM. G uillain et
B ern ard , au R e stau ran t de l’U nivers, sous la
présidence de M. le docteur Heckel, son p rési­
dent. Ces m essieurs ont visité ensuite l ’hôtel
de la Société de G éographie et de l’In stitu t co­
lonial, rue Noailles 5. La conférence de M. A.
B ernard, su r le « M aroc et les in térêts fra n ­
çais », a eu lieu avec g ran d succès le soir, dans
les salons M assilia, avec projections lu m ineu­
ses, devant une trè s nom breuse assistance. M.
G uillain était assisté de M. F. Bohn, 1er Viceprésident de la Société de Géographie, m em bre
de la Cham bre de Commerce, et on rem arq u ait
la présence de M. le G énéral en chef Andry.
D ans sa dernière séance, la Commission adm i­
nistrativ e de la Société a élu T résorier M. Louis
Bortoli, négociant, en rem placem ent de M. A.
F raissinet, nom m é T résorier honoraire.
ALLIANCE FRANÇAISE
Le Comité M arseillais de l’« Alliance F ra n ­
çaise pour la propagation de la langue n atio ­
nale dans les colonies et à l ’é tra n g e r» a tenu
à la Société de G éographie son Assemblée géné­
rale. M. Adrien A rtaud, m em bre-secrétaire de
la Cham bre de Commerce, président du 'Comité,
a présenté un b rillan t exposé des trav au x de
l’année écoulée, et M. L. Bortoli, trésorier, a
fait approuver le compte ren d u financier. S u r
rap p o rt du .secrétaire général, M. Jacques Léo­
tard , des subventions ont été allouées en p rin ­
cipe, pour 1910, à douze écoles françaises
d’Egypte, de Syrie et du Maroc. Il a été procédé
au renouvellem ent des pouvoirs du b ureau, a u ­
quel a été adjoint en qualité de vice-président
M. Hav.ard, inspecteur d ’Académie. Le Colonel
F aure-D urif est conjointem ent vice-président du
Comité. Q uant au Comité de Dames, il a pour
présidente d ’honneur Mme la G énérale Andry,
pour présidente Mme Lam oureux et pour viceprésidente Mme Vayssière.
SYNDICAT DES EXPORTATEURS
L ’édition de 1910 de VAnnuaire du syndicat
vient de p a ra ître et on re m a rq u e ra le dévelop­
pem ent p ris p a r cette in téressante publication
qui a ttein t sa 10e année. L ’A nnuaire renferm e :
1° le nom de tous les m em bres du Syndicat
classés p a r ordre alphabétique avec le u r ad res­
se et la n a tu re de leu r commerce ou de leur
in d u strie ; 2° Tous les Commerces et Industries
représentés dans le S yndicat et le nom des
m em bres exerçant ces com m erces ou industries;
3° Une liste des nom breuses villes du m onde
entier dans lesquelles le S yndicat possède des
correspondants. Cet an n u aire est. adressé g ra ­
tuitem ent à tous les m em bres du S yndicat et
à la p lu p a rt des groupem ents com m erciaux de
F ran ce et de l ’E tran g er.

�47

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
IEÆa,3? s e i l l e

TEX TILE S
les 100 k.
• Raphias de Madagascar. — Tamatave
l re q u alité.................................................... F. 60
Majunga b lan c..............................................
65
Analalave b lan c............................................
57
Tare d'usage,escom pte 11 o/o comptant,
m archandise prise à quai ou m agasin
Marseille. — Article ferm e.
Fibres d’Aloës. — Bourbon 1er choix__ 60 à 65
Bourbon o rdinaire....................................... 50 à 55
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar...............................
80
De
De
De
De

ESSENCES
le kilo.
Géranium Bourbon bien ten u e........
27
Vètyver B ourbon .................................
30
Lemon-Grass (Verveine).....................
12
Ylang-Ylang... . . ............................. 300/400

V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Ëntrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k i l o ........................................
Vanilles ordinaires sa in e s...........................
»
inférieures
»
»
Tahiti l re qualité................... . . .

O RSE1LLE Madagascar
30 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat).
CAFÉS
Guadeloupe bonifieur........... les 50 k.
Guadeloupe habitant..............................
N oum éa..............................
Bourbon pointu................................
N ouvelles-H ébrides......................
Libéria de M adagascar...........................
M archandises à l’entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

38/42
27/28
22/24
11 50

les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s..................................... 135/150
Tamatave » »
125/135
(J.-B. Tomei et Vallet.)

12.— 12 25
8.50 à 12.—
9.50
9.75
10.25 10 25
7.50
8.50
11.50 1 2 .—
5. »
6.50
13.— 13.50
10.50
11.—
12.50
13.—
10.— 11.25
11.50 12 —
12.50 12 75
11.50 11.75
10.50 10 75

\

132 à 140
122
130
90
100
125 135
85
92
75 à 85
Blanc.)

G R A IN E S O L É A G IN E U SE S
Sésames d’A frique................... les 100 k.
32.—
A rachides décortiquées d’A frique.........
31.—
»
en coques
»
..........
29.—
(Fraissinet, Stamos et Scaram anga.)
X je

CUIRS DE M A D A G A SC A R

CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
l*r choix. — Pinky n° 1 . . . . - ___
M adagascar lom biri.......................
Tam atave Guidroa 1er choix...........
Majunga 1er choix...........................
N ossi-B ê............................................
Diégo-Suarez 1" choix...................
T ulléar................................................
Tonkin rouges 1er choix..................
» n o ir s .....................................
» lanières.................................
» plaq u es.................................
Nouméa, bon co u ran t.....................
Niggers Soudan ro u g e s.................
Soudan-N iggers blancs ...............
Sénégal-G am bie A .........................
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.

G IR O F L E S de Sainte-Marie (Madagas­
car) ............ ...................... les 100 k. 215 à 220 »
Escompte 2 o/o, payable comptant à tout
entrepôt.

Z E ïa r v r e

CAOUTCHOUC M adagascar. —
Tamatave Pinky I .........................F . 9 50 à
»
Pinky I I . . . . . ..............
9 »
M ajunga............................................
8 »
F a rafan g an a. ..................................
5 »
M ananzary........................................
7 »
Tonkin................................................
8 »
Congo H aut-O ubanghi................... 13.80
N’Djolé................................................
7.30
(Le tout au kilog, Le Havre.)

11 »
10 »
10 »
7 »
9 »
11 50
14 30
9. »

T E X T I L E S . - Sisal A friq u e.. . . 72 50 à 80 »
Aloès Réunion................
53 » 58 »
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)
BOIS acajou Gabon............... . . . .
»
»
Okoumé.....................
» ébène G abon.........................
»
» M adagascar................
(Le tout aux 100 kilos.)

10 » à
9 »
15 »
15 »

16
10
30
30

»
»
»
»

le kilo.
3.25
les 100 k.
GOMME Copale A frique.......................
50 à 100
»
M adagascar............................. 100 400
(Vaquin et Schweitzer.)
CIRES M adagascar...... ........................

B o rd e a u x

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N ig g ers................... ....................... 15.—
C I R E S D ’A B E IL L E S
Soudan Niggers ro u g e s............................... 14.—
M adagascar.......................................
330à 332» Soudan N iggers b lan cs............................... 13.—
Algérie................................................
330 335 » Lahou Niggers . . . . • ...................................... 13 —
Tonkin.................................................
330 335 » Gambie A .......................................................... 11 —
S én é g a l.........................................
335340# Gambie AM ........................................ ........ 10 —
Gambie B ..............................
9 .—
Ces prix s’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable com ptant à tout entrepôt.
Bassam L u m p s .. .... ........................................
7 .—

�L’EXPANSION COLONIALE

48

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ........................................
470 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
431 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
499 —
87 — Prot. Annam-Tonkin. obi. 2 1/2
( g a r . ) . . . . : ....................
80
—
90 50 M adagascar, ôbl. 2 1/2(g a r.)..
82 —
94 —
— Em. 3 o/o 1903
(gar.)
95 —
450 — Indo-Chine, cliem. de fer obi.
3 1/2 o/o. 1899-1905 ................
474 —
-----------------obi. 3 o/o 1902..........' 419 —
480 — E m prunt Algérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
449 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897.................................
953
—
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895......................................
938
—
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898.....................
470
—
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
467 —
492 50 Col. de la M artinique........
476
—
470 — Afrique Occident., 3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g a r.).........
463
—
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
523 —
B A N Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cie Algérienne, act. de 500 t. p. 1175 —
500 — Créd. Fonc. d’Algér. et Tunis.
570 —
—
—
—
lib.
590 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ....................... • ........... 1675 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p . (n.)......................
430 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).............................................. 1100 —
500 — Banque de la M artinique, 500
t. p. (n.) ................................
720 —
500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n )................... ' . . .
350 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .)............. 1500 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
690 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1291 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
90 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ...................................
166 —
330 — Crédit P’oncier Colonial, obi.
5 o/o 350......................................
143—
CH E M IN S D E F E R A L G É R I E N S
E T C O LO NIAU X
500 Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
698 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
440 500 Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
712 Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
435 —
500 — Ouest A lgérien, act. r. à 600..
654 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 441 —
-- -- Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem . à 500.................................
438 —

340 — M écheria-Aïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
436
-------Mouzbah-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
440
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
440
500 — Cliem. de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n an , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 6 5 0 . . . . . . . . . . 1171
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi. 3 o/o r. à 500 386
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t..............
442

—
—
—
—
—
—
—

V ALEU RS M IN IÈ R E S
-------Cliarb. du Tonkin, act. de 250
t. p .................................... 1690
430 — Cliarb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem. à 500.........................
502
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p .........................
835
477 50 A lgérie-Tunisie .( Omn. ), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500...............
------ Kanguet (S. m in. du), act. de
500 t. p ..............................
539
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p.
-------Cie nantaise des mines de
M adagascar......................
307
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p ......
445 —
—
obi. 4 o/o rem . à 500.
375 — Compagnie Minière du C ongo..
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .............................
85
454 50 Pho-phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.........................
485
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ................ 3690
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ...

—
—
—
495 —
—
1675 —
—
724 —
502 —
1200 —
—
—
—
3285 —

V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale..................(actions a n c i e n n e s ) . -------Compagnie française de l’Afrique Occi­
d e n tale ............... (actions nouvelles).. 3000 —
Cie M arseillaise de M adagascar ............
558 —
Alimaïenne..................................
85 —
Congo occidental........................................
150 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
490 —
Haute Sangha..............................................
189 —&lt;
Haut-Ogôoué..............................................
620 —
La Kolto.................................................. *.
550 —
M’Poko...........................................................
168 —
M essageries Fluviales du Congo............
341 —
Sultanats du H aut-O ubangui...................
900 —
Compagnie minière de Guinée: act........
91 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
135 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
a c t...............................................................
443 —
Société cotonnière de l’Indo-Chine..........
250 —
Cie du Maroc et des Colonies africaines..
240 —
Le Président de l’Institut, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Imprimerie du “ Sémaphore" B a r l a t ie r . —
17-19, rue Venture.

�SERVICES POSTAUX MARSEILLE-COLONIES
D é p a rts

de

M a rs e ille
D A T E S D E S D É P A R T S DERNIÈRE LEVÉE
D E M A R S E IL L E

A lg é r ie
Départements d ’Alger, d’Oranet Voie de Marseille) „.
„ ,,
C"’Gl”l r a n s
et d A lger...)
de Constantine.
»
d’Alger ............. Voie de Marseille, Transp. Mar.
»
CieT o u a c h e .
»
Cii- G'*Trans.
»
d*Oran.................
»
Transp.Mar.
»
O G'11Trans.
»
de C onstantine..
0

))
))
»

»

))

T u n i s i e ...................................
In d o -C h t in e .....................
A f r i q u e O c c id e n t a le
F r a n ç a is e

Mardi, Mercredi, Vendredi, D m a n c h e ............ ................

Mercredi et Samedi.
J e u d i .........................
Jeudi et Sam edi. . . .
Mardi.........................
Mardi.........................
))
».
Mardi..’. ...................
))
))
S a m e d i.....................
»
CicTouache. J e u d i .......................
»
CieGlr Trans. Lundi, Jeudi fl Vendredi.........
»
Cil!Touache. Mercredi...................
S a m e d i...................
»
o
1»
O des M. M. Un dim. sur déni à p. du 3 janv.
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi ap. d. de Marseille . .

D E LA B O IT E

11 h. mat.
J h. 20 soir.
10 h . 30 m .
3 h . 20 soir.
3 h 20 soir.
iO h . 30 m
3 h 20 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
10-h. 30 m.
11 h. mat.
10 h. 30 m.
10 h. mat.
10 h. soir.

..

T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

A lg é rie :

A lger............... .................
Constantine par Philippeville et B ône............
O r a n .................................
T u n i s i e ............................

N o u v e ll e -C a lé d o n i e ,

Voie de B r in d is i___

Lundi, Mercredi, Vendredi, Samedi'.
Lundi, Mardi, Jeudi, Samedi. . . .
lundi. Mercredi, Jeudi, Samedi.

Mercr., Vend., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jours.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 semaines.
Tous les ‘.'8 jours.
Chaque Samedi.

1 h. s o i r . .
h. s o i r . .
midi.........
5 l i . so ir..
5 h . so ir..
m id i. .......
5 h . so ir..
m id i.........
midi .......
m idi ........... j
1 li. s o i r . .
m id i. . . .
11 h. mat...
—
6

—
m idi ...........
11 h. mat..
11 h. mat..
__

11 h. mat..
11 l i . 30 s.
11 h. mat.
11 h. 30 s.
—
.

—
—

à M a rs e ille
R é u n i o n , M a d a g a s - i Vers les 14 et 25 de
chaque mois.
c a r e t D j ib outi . .
G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
que, G u y a n e :

Voie de Saint-Nazaire
Voie de Bordeaux........
Voie d’Angleterre .. .

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous lus t i juins.

A f r i q u e O c c i d e n t a le :

Voie de B ordeaux........
Voie de Liverpool........

1
1

BATEAUX

Voie Le Havre et Cherbourg
par New-York

A rriv é e s

In d o - C h i n e

DES

Voie deBordeaux, Cie des Cluirg. Réun. 24 de chaque mois. 6 h 35 soir.

Voie de Marseille, Transp. Mar. 10, 20 cl S0 île cliai]UR m o is .. 10 li 30 m.
\ oie de Rordeauj àLisbonne, C'0 des M. M. Le Jenili, 1.1.11 j . à p. d u t e r jam . 6 h . 35 soir.
10 de chaque mois 10 li. mat.
D jib o u ti, M a d a g a s c a r , Voie de Marseille,
»
25
»
R é u n io n e t M a u r i c e (
»
»
10 h. mat.
»
CiP liavraise V e r s l e 2 0 de chaque mois. mat. ousoir
D jib o u ti, M a j u n g a . . . .
Voie de Marseille, C ’° desM. M. lin dim. sur quatre à p. du IT^janv. 10 h. mat
N o u v e ll e - C a lé d o n i e
Voie dé Brindisi 1
.
, .
v ,
paq. Anglais, Chaque Vendredi . 10 li.- soir.
e t N o u v e ll e s - H é b r id e s
ou Naples . . \ 1 1
°
Voie de Marseille, Cic des M. M. Cn Mercredi sur 4 à p. do dil jam . 10 h. m a l .
In d e F r a n ç a i s e ..............
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi ap.-m idi. 10 h. soir.
Voie de St-Nazaire, CiPGle Trans. 9 de chaque mois. . l’avanl-veille soir,
G u a d e lo u p e
la veille au soir.
26
»
1 Voiede Bordeaux,
»
et M a rtin iq u e
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le Mercr., 1 . 1. d i j. à p . du Ojanr. Par. • veille malin.
Voie de St-Nazaire, C^G10Trans. 9 de chaque m o i s . . l’«vanl-Teille soir.
G u y a n e F r a n ç a is e . . . Voie d’Amsterdam, paq. N é e r l. . Vendr., 1 .1 .1 5 jnurs à p.du 8 janr. la veille au soif..
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le M ercr.,t. ! . t t j. à p. du 6 jour. Ta s.-te ille malin.
S é n é g a l ..................... .. ..

DEPARTS

Tous les 14 jours.
Environ toutes les 2 semaines.

L ’E X P A N S IO N C O L O N IA L E est en le c tu re s u r les paquebots-poste.

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La S O C I É T É G É N É R A L E , Agence de Wî arseille, située au centre de la
Ville, à proximité de la Cannebière, de la Bourse et des grands hôtels, se charge de toutes
opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
En rela'ions directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur les principales Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C I É T É G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° Son service é tr a n g e r qui achète et vend des monnaies ou billets de tous pays ;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2° S es services de Banque qui se chargent de tonies opérations de verse­
ments, réception et transport de l’onds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
3° Ses services de T itr e s et Coupons qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
4° Son service spécial des C o f fr e s -F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clientèle, pour n ’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
5° Son service c o m m e rc ia l traitant toutes opérations sur marchandises,
eL sur documents, consignations, etc., etc.

EXPl « ™ Z ^ ; cL Y ™v1894
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P E N IN SU LA R AND O RIEN TAL — W H IT E ST A R L IN E — A L L A N L IN E
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VILLEHEUVE-SUR-LOT

(Légumes)

S Â I N Ï - Y R I E I X (Légumes, Cèpes)
| ÂRCACHOR, COHCÂRMEAU, ETEL &amp; QUIBERGN (Sardines, Thon, Poissons)
D EPO T : 8, R u e d e s B e a u x -A r t s , 8. M A R S E IL L E
_______________ ___________ ______________________

Chemins de Fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée
^ H IV E R 1 9 0 9 - 1 9 1 0 |
RELATIONS RAPIDES

entre

PA R IS

DE JOUR . . .

DE NUIT . . .
NOTA. —

et

LA

COTE R’A ZU R

P a r l e «COTE D’AZUR RAPIDE» (trains 15 et 16), Le classe, L.-S., V.-R.
Paris-N ice en 13 heures 50.
a) p ar les T rains ex tra-rap id es 17 et 18 (P'« classe, V.-L., L.-S. et salon à
deux lits com plets V.-R.. au départ de P aris. Paris-Nice en 15 heures.
b) p a r le Train de Luxe (L. 21-L. 22) «CALAIS MÉDITERRANÉE» (V.-L.-R.)
Paris-N ice en 15 heures. — L ondres-N ice en 25 heures.

N o m b r e d e p l a c e s lim it é . — P o u r le s h o r a i r e s , le s j o u r s
c o n s u l t e r le s a f f i c h e s s p é c ia le s .
1.«1P. OU S E M A P H O R E -

tiA H L A T IE P . -

l.l

d e m is e e n

m a rc h e ,

e tc ,

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES

Art . 2.
Cette association a p o u r but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économ ique qui lui p a ­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
Ar t . 3.
L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d roit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teu rs sont ceux qui dans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxième catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con-

S erv iees de l’Institut :
Ilez-de-Chaiissêe : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
fer étage : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat de l’In stitu t, B u reau de
Renseignem ents.
Rédaction de 1’ « E xpansion Coloniale ».
Cours coloniaux - Directeur : M. le Dr H eckel .
P rod u its végétaux coloniaux.
M. IL J umelle .
P ro d u its anim aux et p arasitologie des p lan tes
et des anim aux des colonies.
M. Jacob ue Cordemoy.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .
H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson .

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, sou
su r sa dem ande, tous renseignem ents de natu r»
à seconder l’œ uvre coloniale de l’In stitu t.
Ar t . 4.
Toute personne qui voudra faire p artie de
l’A ssociation devra être présentée et ad resser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p endant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o n ateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre a d h é ra it, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 francs au m inim um .

Législation et Economie Coloniales.
" M. R aynaud.
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud .
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. Davin.
H istoire des Religions dan s les peuples indigè­
nes des colonies.
M. G. F oucart.
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».
____________
Institutions con n exes :
2rae étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance F rançaise.
3me étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de « l’Expansion Coloniale »
MM Ad F oüque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Ytier , Vice-Président : Jacques Léotard , Secrétaire ; Paul Masson, Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. Emile Baillaud, Secrétaire de l’Institut colo­
nial. — M. Auguste Giry, ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

Marseille. — I m p rim e r ie d u Sémaphore, Ua h l a t ic iî . ru e V tn tu re, 17-19

�de la

BONNE MÈRE
PndRütt

Production

50.000

50.000

kilos

kilos

par jour

par jour

�r
4 mc A n n é e . — N» 29

Le N um éro .

50 c e n t i m e s / »
\&gt; *

L'EXPANSION
B U L L E T I IT

»1
.v /

1 " A v r i l 1910

*SE\V

ID E

S O M M A I R E
Assemblée générale de l'Instiliil colonial mar­
seillais, le 17 Mars 1910 :
Rapport du Secrétaire de l’Institut...............
Compte rendu annuel de M. A. Artaud,
président ................................................
Exposé de M. le Dr Heckf.l.........................
Institut colonial marseillais :
Extraits des procès-verbaux..........................
12“ Journée m aritim e,................................
Visites à l’Institut.........................................
Bureau de Renseignements..........................
Extraits de la correspondance......................
Cours coloniaux............................................

ABONNEMENT : F rance
Rue

49
50
57
58
59
59
59
60
62

L'Industrie minière au CohgO français, par
M, A. B a u d o n . . . .......................................
Le Régime douanier colonial..........................
Actes coloniaux officiels...................................
Exposition coloniale à Saint - Denis de la
Réunion................................................
ADis d’adjudication . . , ................................
Marché des produits coloniaux........... ... . ,
Marché des valeurs coloniales.
Services postaux Marseille Colonies.

Colonies , 6

et

N o a ille s ,

5

—

francs

T é lé p h o n e

MARSEI LLE

; É tranger , 8
3 6 -9 0

francs .

PAGtlS

62
04
65
66
60
67
68

�IN S T IT U T

C O L O N IA L

M A R S E IL L A IS

Fondé sons le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
Présidents d’honneur :

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de rindo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le R ésident général de la République Française

à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
d’armée.

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.

Le P résident du Conseil général.
Le R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.

Féraud, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

Membres fondateurs :
Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­ merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
merce. — Bergassê, H. et C". — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles- et C". — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (Dr),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Roux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­ Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­

MM.

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.

ciété

Nouvelle des Raffineries de Sucre de Saint-

Louis. — S ociété Générale des Transports Mari­
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­ times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon­ Générale pour favoriser le développement du
Commerce
et de l’Industrie en France.
nais. — Compagnie des Messageries Maritimes. —
Membres donateurs :
bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.
MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — B arlatier , Paul. — Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
Berger , C. — Chabrières , Morel et C". — Cham­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie. Algérienne. — Compagnie des Docks dentale. — Noilly7 P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
et Entrepôts de Marseille.— C ompagnie Marseillaise J . et A. P avin d e L afarge. — I ïastit , Henri. —
de Navigation (Fraissinet &amp; C”). — Compagnie de R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­ R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odiiigues-Ely, Amédée. — Société « la
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien - Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Mpmbre
F abre &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­ de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
rie. — Dufour Marius et Fils. — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. — Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Féraud , Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­ Zarifi.
CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire de la Chambre de Commerce,
Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul,
M. E strine , Lucien, Président de la Chambre de Commerce.
Président : M. Artaud, Adrien, Membre-Secrétaire Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
Sémaphore ; F ouque, Adolphe, Président hono­
de la Chambre de Commerce.
raire du Syndicat d’initiative de Provence.
Vice-Présidents : MM. le D’ H eckel , DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président
: M. Ytier .L., Vice-Président du Syndical
de la Société de Géographie ; P onsinet, A., Trésorier
des Exportateurs.
Chef du Service Colonial
le C” Armand,
Trésorier-Adjoint : M. Laplane, J.. DirecteurAlbert, premier Vice-Président de la Chambre
Adjoint du Comptoir National d’Escompte de
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
Paris à Marseille.
lais de la Marine Marchande ; B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Membres :

MM.

MM.

Allemand, J. Membre de la Chambre de Commerce,
Allest , J. (D’j. Administrateur-Délégué de la Com­

Lombard. Emile, Vice-Président de la Ch .de CornMartin -Laval, E., Vice-Président du Syndicat des

Arnaud. Lucien, Minotier.
Bf.rgasse , Alexandre, Négociant.
Besson , L., Directeur de la Compagnie Marseil­

.M asson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­

Blanc, E., Directeur de l’Exploitation de la Com­

du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
Amédée, Ancien Membre de la
Chambre de Commerce.
Roux, François (De), Juee au Tribunal de Comm 6r C’G.
T urcat, H., Membre de la Chambre de Commerce.
T eisseire , Raymond, Avoué.
Usslaub , Léonce, Négociant.
Velten , Edouard, Ancien Membre de la Cham­
bre de Commerce.
Za rifi , Périclès, Banquier.
Lévy, Clément, V’ Adjoint au Maire de Marseille.
Delibes , .1., Délégué du Conseil Municipal.
R ossi, Clément. Délévué du Conseil Municipal.
Maurel, Agrlcol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire de l'Institut colonial : Emile B aillaud,
diplômé de l’Ecole des sciences politiques, an­
cien chargé de Missions coloniales.

pagnie Générale Transatlantique.

laise de Madagascar.

pagnie des Messageries Maritimes.
Bourdillon, A., Armateur.
Bry, G.. Doven de la Faculté de Droit d’Aix.
Dufay, H., Ancien Vice-Président de la Ch-de ComP u F o u n , Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E rtif.r , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociants en cafés.
J oannon, A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole de Com­
merce.
.Tourdan. Félix, Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.

Léotard, Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.

Exportateurs.

titut colonial.

R astit , Henri, Industriel.
R astoin , Président de la Société pour la Défense
R odrigtjes-E ly,

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344^

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Beneteau et C", 5, rue des Princes, Hôtel Meublé, Massai (veuve), 50, rue de Rome, Graines et
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Alimentaires.
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Bouchard, fils aîné, 19, rue S’-Sépülcre, Conserves. Monnier, M., 36, rue de Rome, Corsets.
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Cie du Gaz et de l'Electricité, rue Montgrand.
Radius, G., 20, Place Vendôme (Paris), Essence
Cie des Messageries Maritimes, Place Sadi-Carnot,
de Romarin, Produits Agricoles.
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Bastit. H., 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
Ci0 N. Paquet et Cle, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
des Corps Gras, etc.
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Bôdel et fils frères, rue du Jardin Public,
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Rousseau, J. M., 83, rue de la Darse, Broderie et
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Ecole de Provence, 15, rue des Princes, Ensei­
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Estrine et Cle, 18, rue Colbert, Compagnie de
Capucines, Constructions à bon marché.
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Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue
de la République, Compagnie de Navigation.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, Peinture.
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Société Générale des Peintures Sous Marines,
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Société Nouvelle des Raffineries Saint-Louis, 3, rue
Fauque. A., 1, Allées de Meilhan, Tuileries,
République, Sucre.
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Get, frères, Revel (Haute-Garonne), Pippermint
(Girard, 167, rue de Rome), Assurances, Acci­
Get.
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Gol et David, 3 et 5, Quai de la Fraternité, | Thon de la Rue et C", 2' rue d'Hauteville, (Paris),
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�Quatrième Année.

N° 29

L'EXPANSION COLO
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais-'
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DE

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
17 M ars 1 9 1 0

L’Assemblée générale statutaire des Membres
de l ’In stitut colonial m arseillais s’est réunie
le 17 m ars, à 3 heures de l ’après-midi, dans la
salle du Conseil d’Administration, sous la pré­
sidence de M. Adrien Artaud, président de l’Ins­
titu t colonial m arseillais, assisté de MM. le doc­
teur Ileckel, vice-président ; Fouque, membresecrétaire ; Ytier, trésorier ; et en présence de
nombreux membres.
Excusés, MM. Armand, Bohn, Ponsinet,.
vice-présidents.
M. le Président annonce qu’il a reçu 94 pou­
voirs et constate que l ’Assemblée est ainsi en
nombre pour délibérer valablement.
Le procès-verbal de la dernière Assemblée
générale, inséré dans « l’Expansion coloniale »
du 1er m ai dernier, est approuvé.
Le Président donne la parole à M. Emile Baillaud, secrétaire de l ’Institut, pour la lecture
de son rapport sur les travaux de l’Institut :

Rapport du Secrétaire de l’Institut
Messieurs,
Le nombre des membres de l’Institut, co­
lonial marseillais est à ce jour de :
21 membres fondateurs,
30 membres donateurs,
273 membres adhérents.
Soit au total 324 membres.
La vie de l’Institut s’est continuée d’une
manière normale pendant l’exercice qui
vient de finir.
Nos négociants, nos industriels, tous ceux
qui s’intéressent à la mise en valeur de nos
colonies ont appris de plus en plus à s’a­
dresser à nos services et cette activité s’est
traduite par 497 lettres que nous.avons re­
çues et qui avaient pour objet des demandes
de renseignements. Pendant la même pério­
de 523 personnes sont venues se documenter
directement dans nos bureaux et cela a sus­
cité de notre part l’envoi de 1640 lettres.
Nos membres-correspondants nous ont
fourni la plus précieuse des documentations
et nous sommes heureux de rendre ici hom­
mage à leur activité et à la manière dévouée
dont ils veulent bien nous donner leur colla­
boration.
Les questions que nous avons ainsi exami­
nées et au sujet desquelles nous sommes in­

»

tervenus sont les plus diverses et l’on peut
dire qu’il n’est pas de produits coloniaux
dont nous n’ayons eu à nous occuper.
Notre exposition annuelle a eu pour objet
en 1909, l’étude des caoutchoucs de nos co­
lonies et vous savez le grand succès qu’elle
a eu, qui s’est traduit par la visite de 28.927
I personnes. Cette exposition comprenait 377
échantillons, dont nous avons publié le
catalogue.
Elle présentait le. tableau le plus complet
de la production de nos colonies en caout­
chouc, mais elle ne constituait qu’une pre­
mière étape et nous ne pouvons mieux fai­
re ici que de reproduire la conclusion de la
magistrale conférence inaugurale de M. le
professeur Jumelle :
« Il faudrait que l’Exposition de Caout­
choucs que l'Institut inaugure aujourd’hui
et dans laquelle tous les échantillons exposés
sont des caoutchoucs de cueillette ne fût en
quelque sorte qu’un point de départ, un ter­
me de comparaison pour l’avenir. Nous
voyons aujourd’hui ce que l’on peut obtenir
avec les méthodes actuelles d’exploitation des
plantes sauvages, mais nous exprimons l’es­
poir que dans les expositions analogues qui
dans la suite seront organisées encore par
l’Institut ce caoutchouc de cueillette cède de
plus en plus la place au caoutchouc de plan­
tation. Ces expositions futures devront mar­
quer autant de progrès nouveaux, autant de
pas en avant dans l’exploitation rationnelle
et méthodique des plantes à caoutchouc dans
nos possessions d’outre-mer. »
Cette année notre intention est de faire
porter notre exposition sur les céréales. Nos
possessions méditerranéennes n’ont pas en­
core participé à nos expositions spéciales
et il y aura là matière pour nous à étudier
un de leurs principaux produits, le blé, dont
l’industrie de notre ville fait un si grand
usage.
Nous voudrions de plus en plus faire
de nos expositions annuelles non point seu­
lement des sortes de musées servant à réunir
des échantillons des variétés d’une de nos
denrées coloniales considérées d’une manière
générale, mais aussi un tableau exact de
cette production elle-même, représentée par
des types qui soient de véritables « stan­
dard » des denrées que notre commerce ou
notre industrie peuvent trouver dans nos
colonies.
C’est ainsi que l’exposition des blés que »
nous préparons portera sur la moisson mê-

�50

L’EXPANSION COLONIALE

me qui viendra de se terminer et ce que nous même marché à grands pas dans la voie du
nous efforcerons de soumettre à nos mino­ fonctionnement régulier.
Commençons par examiner la question fi­
tiers et à nos semouliers, ce seront les échan­
tillons mêmes des grains qui seront l’objet nancière de laquelle dépendent, hélas ! toutes
de la prochaine campagne, au sujet des­ les autres.
L’année 1908 s’était achevée avec un défi­
quels nous ferons notre possible pour réunir
les renseignements les plus précis sur les cit représenté par des dépenses extraordinai­
quantités produites, points d’approvisionne­ res s’élevant à 13.498 fr. 10 et nous vous
ment et autres données qui forment la base présentions, pour l’année 1909, un budget
qui paraissait devoir donner un excédent de
du commerce même des blés.
Cette étude des blés est particulièrement 941 fr. 65 de recettes sur les dépenses.
Les réductions de recettes n’ont pas man­
importante pour nos possessions méditerra­
néennes en raison de l’énorme quantité qu’en qué puisque la ville de Marseille ne nous a
versé que 2.000 francs de subvention sur
absorbe notre place.
Un des points les plus intéressants de l’his­ 5.000 accordés antérieurement et par suite
toire du blé est le développement pris par la prévus à notre budget ; et les augmentations
consommation des blés durs employés dans imprévues de dépenses se sont, elles aussi
la semoulerie et la fabrication des pâtes ali­ présentées, quand ce ne serait que sous la
forme d’une augmentation d’impositions de
mentaires.
Grâce aux efforts de-nos colons, les blés de 600 francs, que nous a réclamée de plus
durs algériens rivalisent parfaitement avec l’Etat l’an dernier. Nous espérions lui voir
les blés russes, mais l’insuffisance de leur manifester tout autrement l’intérêt qu’il
production a permis aux importations amé­ prend à notre œuvre d’enseignement, mais
ricaines de prendre une place de plus en il n’y avait pas à discuter ; l’impôt a augmen­
plus considérable sur notre place. Le Gou­ té pour nous comme pour tout le. monde et
vernement indien, de son côté, se préoccupe il a fallu combler les trous ainsi creusés dans
de perfectionner la culture des blés durs de notre budget.
Nous y sommes arrivés, au point que l’ex­
ses territoires. Nous nous efforcerons de re­
fléter dans notre exposition les efforts qui cédent des recettes sur les dépenses pour
sont faits ainsi de tous côtés et de la critique l’exercice 1909, s’est élevé, au 31 décembre
desquels cultivateurs, industriels et commer­ 1909, à 1.580 fr. 08.
Pour atteindre ce résultat nous avons loué
çants ne pourront manquer de tirer le plus
les étages encore vacants de notre local et
grand profit.
Nous tiendrons à jour la documentation nous avons obtenu du Gouvernement général
que nous aurons ainsi constituée et nos ex­ de l’Algérie et du Gouvernement de la Mar­
positions annuelles contribueront à nous tinique, que nous remercions sincèrement à
fournir les éléments de travail grâce aux­ cet égard, 1.000 francs et 500 francs de sub­
quels notre Institut pourra remplir pleine­ ventions.
Vous verrez dans le compte de gestion dé­
ment son but.
Messieurs, il reste à votre Secrétaire un taillé que vous donnera notre dévoué tréso­
devoir à remplir qui est de profiter de cette rier, M. Ytier, toutes les recettes qu’il nous
circonstance, où il prend pour la première a réussi de faire et toutes les dépenses évi­
fois la parole devant vous,' pour remercier tées ; mais je vous indique le résultat global
l’Institut colonial marseillais de la confiance pour vous montrer tout de suite que, si satis­
qu’il a bien voulu lui témoigner en le choi­ faisant qu’il fut au point dé vue d’un exercice
sissant pour remplir cette importante situa­ isolé, ce résultat rendait nécessaire une me­
tion et vc)us assurer du profond intérêt qu’il sure extraordinaire de liquidation, car ce
y apportera et de l’entier dévouement avec ■ n’est pas avec dés excédents aussi précaires
lequel il s’efforcera de vous témoigner sa de recettes que nous pouvions amortir un
reconnaissance. (Applaudissements).
déficit ancien de 13.498 fr. 10 que le dernier
M. le Président prend ensuite la parole pour terme de l’ascenseur allait porter à 17.500
rendre compte de la situation matérielle et mo­ francs environ et doter, en outre, largement
les services vitaux de l’Institut, jusqu’à ce
rale de l’In stitu t pendant l ’exercice statutaire
jour très maigrement pourvus.
écoulé :
Je vous disais l’an dernier « qu’il était
Compte Rendu annuel
strictement
nécessaire que nos ressources
de M. Adrien A R T A UH, président
courantes annuelles s’augmentassent de
Messieurs,
20.000 francs »,aussi notre recours à la Cham­
Je vous disais l’an dernier que nous venions bre de Commerce qui a marqué la fin de 1909
de clôturer la période de fondation et que était-il prévu.
nous allions inaugurer celle du fonctionne­
La Chambre de Commerce de Marseille,
ment normal. C’est du premier exercice de avec une générosité à laquelle nous devons
cette nouvelle période que j’ai à vous rendre tous rendre hommage, nous a accordé une
compte, et vous verrez que, si nous nous som­ subvention extraordinaire de 20.000 fr.,pour
mes encore un peu ressentis de ce qui est l’exercice 1909, et une subvention de 15.000
inhérent à la fondation, nous avons tout de francs ayant le même caractère, c’est-à-dire

�L’EXPANSION COLONIALE
s’additionnant à la subvention ordinaire,
pour 1910.
Les circonstances nous permettent de mon­
trer à la Chambre de Commerce et à vous
d’une manière plus saisissante le besoin que
nous avions de son secours et l’usage que
nous, en avons fait ; car cette subvention nous
étant rentrée le 31 janvier seulement, nous
vous présentons un compte de gestion au 31
décembre et un compte supplémentaire de
gestion allant du 1er au 31 janvier dernier.
Ce compte supplémentaire de gestion est
plutôt un compte de liquidation, car il ne
comprend aucune des dépenses ordinaires de
1910 qui figureront au budget, mais il addi­
tionne aux 1.580 fr. 08, excédent de 1909, les
20.000 fr. de la Chambre de Commerce, et
éteignant le solde débiteur de l’exercice 1908,
les créances échues et à échoir pour l’ascen­
seur et la valeur active de notre mobilier audessus de 1 franc, ainsi que quelques dépen­
ses accidentelles et d’ailleurs survenues après
la clôture de l’exercice, il montre que le solde
disponible est de 1.747 fr. 13 que nous vous
proposerons de porter à la réserve.
De cette façon notre réserve ancienne
de ............................................... F 14.814 80
que nous étions obligés de placer
l’an dernier dans notre budget
en face des dépenses extraordi­
naires non soldées, reste libre et
s’accroît de ............................... F 1.747 13
ce qui la porte à..................... F 16.561. 93
Ce résultat, qui est dû non seulement à la
générosité de la Chambre de Commerce,
mais aux efforts tenaces de votre Conseil
d’Administration, est tout à son honneur,
mais il est surtout dû à MM. Irénée Alle­
mand et Ytier qui se sont succédé cette an­
née au poste de la Trésorerie. Cette indica­
tion est significative, Messieurs, un poste qui
fait une grande consommation d’hommes est
un poste de combat et en priant mes collè­
gues MM. Allemand et Ytier d’accepter nos
plus sincères remerciements, je les félicite
tous deux de la victoire.
Grâce à cette liquidation, nous allons vous
présenter, pour 1910, le budget isolé des pré­
cédents, que nous souhaitions l’an dernier
et que la situation de notre caisse nous dé­
fendait encore d’établir.
M. Ytier vous le soumettra en détail, mais
je tiens à. vous en donner les traits caracté­
ristiques. Nous prévoyons pour les subven­
tions le même chiffre que l’an dernier parce
que nous avons obtenu, au cours de l’exer­
cice 1909, l’inscription au budget de 1910 de
2.000 francs pour le Conseil général des Bou­
ches-du-Rhône et de 500 francs pour la rési­
dence générale de Tunisie. Ces chiffres joints
à ceux déjà réalisés aux exercices précédents
et qui ne paraissent pas menacés nous per­
mettent d’envisager comme recettes prove­
nant de subventions 31.500 francs ; cepen­

51

dant, instruits par le passé, nous n’en por­
tons au budget que 30.000.
Nous agissons de même ■pour les cotisa­
tions. Nous réduisons les locations au M-usée
Commercial au chiffre le plus bas et nous
obtenons ainsi 61.300 francs de recettes.
Pour les dépenses, nous restons dans les
errements anciens, en augmentant un peu
cependant les frais de propagande sans les­
quels notre action resterait inefficace,et nous
arrivons à un chiffre total de 73.300 francs,
inférieur de 12.000 francs aux recettes et
rendant par suite nécessaire la subvention
extraordinaire votée par la Chambre de Com­
merce, pour cet exercice 1910, de 15.000
francs.
Nous avons tenu à n’en faire état que de
cette façon pour montrer que, sans cette sub­
vention, le déficit eût été important ; mais
nous nous hâtons de vous dire que, si nos
dispositions sont prises pour nous passer
dans l’avenir de pareil secours, nous ne som­
mes pas le moins du monde embarrassés
pour accepter celui qui nous est donné cette
année et qui se trouve pleinement justifié.
Je vous l’ai dit l’an dernier et je vous le
répète : la Chambre de Commerce quand elle
nous donne seulement 15.000 francs, ne nous
donne rien du tout, puisque en contre-valeur
de sa subvention elle absorbe l’usage d’une
salle au rez-de-chaussé_e dont il nous a été
offert 5.000 francs de loyer. Il reste à notre
charge les différences de loyer entraînées par
les combinaisons de co-habitation des insti­
tutions connexes décidées par la Chambre de
Commerce — et elles sont lourdes — et tous
les frais généraux des Cours pour éclairage
et chauffage, nettoiement, assurances, con­
tributions, téléphone, concierge et gardien.
Il est donc facile de voir que le jour où
l’Institut colonial se contentera d’une sub­
vention de 15.000 francs, il pourra se consi­
dérer comme le créancier de la Chambre de
Commerce puisqu’il réalisera,pour une som­
me à forfait très inférieure à la réalité, un
service important, que la Chambre de Com­
merce ne saurait assurer pour une aussi fai­
ble somme si elle le faisait par ses propres
moyens. Cela a été le cas de trois exercices
sur cinq en y comprenant l’actuel et c’est
pour cela, Messieurs, que je vous disais que
tout en étant très reconnaissants à la Cham­
bre de Commerce de sa générosité nous ne
devions ressentir aucune espèce d’embarras
pour accepter sa contribution à des dépenses
que nous avons fait nôtres et qui sans cela
seraient siennes.
La Chambre de Commerce sent d’ailleurs
si vivement l’intérêt qu’il y a pour elle à
assurer le bon fonctionnement de son œuvre
d’enseignement, qu’elle la développe et que
nous pouvons enregistrer cette année la créa­
tion de deux cours. L’un,celui de M.Foucart,
sur « l’Histoire des religions dans les peuples
indigènes dés colonies », relève essentielle-

�52

L’EXPANSION COLONIALE

ment de l’enseignement colonial et est placé
sous la savante direction de M. le docteur
Heckel, à qui je laisse le plaisir de vous en
entretenir tout en félicitant l’Institut colo­
nial de cette heureuse création ; l’autre, pro­
fessé par M. Léopold Dor, a trait à l’expor­
tation en Angleterre et dans le Levant et
constitue une véritable innovation.
Il vise le Commerce extérieur ; et l’Institut
colonial, qui s’est fondé avec la collabora­
tion active du Syndicat des Exportateurs,
qui considère ce groupement comme une
institution connexe, ne pouvait pas se dé­
sintéresser d’un cours d’exportation. La co­
lonisation nous impose de tous autres devoirs
que la simple exploitation mercantile et
l’Institut colonial serait bien inférieur à sa
tâche s’il ne se proposait pour but que de
faciliter l’exploitation économique des colo­
nies ; mais enfin il faut, au fond du senti­
ment, apercevoir la réalité. Nos possessions
constituent une partie de notre richesse ;
leur mouvement commercial relève du com­
merce extérieur et le commerce extérieur
est lié au mouvement colonial par tant d’at­
taches que nous n’atteindrons notre plein
développement que le jour où nous serons
un Institut « Colonial et du Commerce Exté­
rieur ». Mais en attendant cette époque loin­
taine, qui n’est pas encore à envisager pra­
tiquement, il est très intéressant pour l'Ins­
titut d’accueillir un cours qui a pour but dé
rendre pour ainsi dire permanente à Mar­
seille la présence de nos attachés commer­
ciaux. L’attaché commercial, vous le savez,
Messieurs, parcourt une partie de l’année la
région, généralement très étendue, soumise
à son action et une autre partie de l’année
la France où il entre en contact avec les ex­
portateurs, pour leur expliquer les motifs de
leur succès ou de leurs échecs et ce que ses
voyages sur les lieux de consommation lui
ont révélé être les meilleures conditions de
développement de leurs affaires dans le pays
où il réside.
La France produit tant de choses, et l’Angleter.re, le Levant sont de si considérables
débouchés qu’un 'centre qui veut prendre
une large part de cette action doit s’outiller
pour la seconder. C’est ce qu’a voulu faire
la Chambre de Commerce de Marseille pour
notre ville et la Provence ; M. Dor se tient en
correspondance avec nos attachés commer­
ciaux, et dit aux divers industriels et expor­
tateurs de Provence ce qui lui paraît être
conforme aux meilleures méthodes d’exploi­
tation générale, de voyages, d’expéditions,
d’emballage, de représentation sur place,
etc..., et cela se fera successivement pour cha­
que produit de Provence.
L’Institut colonial est heureux d'avoir vu
placer sous son égide une innovation d’aussi
grand avenir.
Ce n’est pourtant pas que le domaine co­
lonial soit insuffisant pour répondre à sa

féconde activité. Voilà aujourd’hui l’Afrique
équatoriale érigée en gouvernemënt général,
et notre premier acte, après avoir salué le
nouveau Gouverneur général dans ses hau­
tes fonctions et l’avoir félicité de l’heureuse
initiative à laquelle nous devons à côté de
l’Afrique occidentale une immense région
organisée d’après les mêmes principes, a été
de lui demander de reprendre la question
d’un service direct de navigation entre Mar­
seille et le Congo.
Cette question n’aboutira que difficilement
car les obstacles sont nombreux du côté de
l’Administration et aussi du côté des Com­
pagnies de navigation marseillaises, médio­
crement tentées par les résultats infructueux
de longs et patients efforts antérieurs, mais
nous ne la perdons pas de vue ; car Marseille
dont les rapports sont si fréquents et si im­
portants avec l’Afrique du Nord et avec
l’Afrique orientale se doit à elle-même de se
saisir toujours davantage de ce continent si
rapproché de nous et si plein de promesses,
qui peut offrir à notre armement dans sa
partie occidentale et dans sa partie équato­
riale autant d’avantages que dans ses autres
régions.
L’Afrique est à l’ordre du jour...M. René
Millet, ancien résident général en Tunisie,
qui a bien voulu dernièrement choisir Mar­
seille comme point de départ de son si utile
apostolat en faveur du Maroc, nous a montré
que la Tunisie, l’Algérie et le Maroc se com­
plétaient ; que cette île berbère délimitée par
la Méditerranée, lac latin, et par le Sahara,
océan de sable français, devait être traversée
de la mer à l’océan par une ligne de chemin
de fer français ; et après une visite à l’InstiLut colonial, faite en compagnie de notre
député M. J. Thierry, l’ardent conférencier
et le noble patriote qu’est M. René Millet
exprimait le désir que le Comité du Maroc à
Paris eut à Marseille, au sein de l’Institut co­
lonial et- des œuvres connexes, un Comité
local à grande initiative, qui soit pour le
Comité de Paris, ce que, grâce surtout à la
Compagnie Paquet, a été Marseille pour la
France, au point de vue de la pénétration
au Maroc.
Le Congrès colonial de 1910 sera consacré
à l’Afrique orientale, c’est-à-dire à la Côte
des Somalis et à Madagascar et dépendances.
L’institution des Congrès coloniaux an­
nuels, partageant notre domaine en qinq
régions qui viennent à tour de rôle expri­
mer leurs desiderata, prend de plus en plus
le caractère d’une institution définitive.
Déjà, le Congrès de l’Afrique du Nord en
1908 avait été très remarquable par l’impor­
tance des sujets traités. En 1909, venait le
tour des Anciennes Colonies. Il semblait,
étant donné l’injuste défaveur que subissent
nos vieilles possessions, malheureuses par

�L’EXPANSION COLONIALE

i-

53

suite de notre indifférence économique, de donner maintenant quelques fruits à ceux
notre concurrence industrielle,de notre égoïs­ qui ont été les semeurs de la première heure
me protectionniste et de notre manie d’uni­ et qui attendent toujours que vienne la mois­
tarisme et de symétrie dans la matière qui son. Il y aura vraiment avantage à ce que
en comporte le moins ; il semblait que ce les intéressés réunis apprécient les résultats
Congrès devait être peu suivi, peu abondant de deux gouvernements qui se sont succédé
en questions et en manifestations éclatantes! et dont la forte autonomie n’est pas contesta­
C’est le contraire qui a eu lieu. D’abord le ble et à ce que, comparant les méthodes adop­
Comité d’organisation a été présidé par tées aux bénéfices qu’elles ont donnés, ils
M.Paul Deschanel, dont on connaît la grande précisent ce qu’ils attendent d’une nouvelle
et légitime influence à la Chambre ; les ques­ direction donnée à ce grand pays et indi­
tions sont survenues si nombreuses, si pres­ quent quelle orientation ils voudraient lui
santes que la semaine accordée aux discus­ voir prendre.
sions n’a pas permis de les étudier toutes
Il ne faut pas se contenter d’attendre et de
comme elles le méritaient ; cè'rtaines, comme critiquer, il faut concevoir et dire hardiment
le renouvellement du privilège des banques es qu’on estime nécessaire. C’est dans cette
coloniales venant à échéance en 1911, com­ pensée que, pour le Congrès de l’Afrique
me la constitution à donner à nos colonies et orientale comme pour le Congrès des ancien­
enfin comme le Régime douanier n’ont pu nes colonies, notre Institut a constitué un Co­
être qu’indiquées, mais elles l’ont été de fa­ mité d’organisation- marseillais qui fait appel
çon magistrale ; et enfin M. Trouillot, le à toutes les adhésions.
ministre actuel des colonies, est venu à l’is­
sue du Congrès assister au banquet final et
y a affirmé que toute sa sollicitude était ac­
Je n’ai fait qu’une allusion tantôt au Ré­
quise, non seulement' à nos vieilles posses­ gime douanier qui a été la question maîtresse
sions mais encore aux Congrès coloniaux an­ du Congrès des anciennes colonies, car nos
nuels. M. J. Chailley, qui est l’âme de ces lois douanières conçues pour de tous autres
réunions, en a bien nettement souligné la besoins, d’ailleurs très discutables, oppri­
signification et la portée en faisant remarquer ment d’une façon révoltante nos vieilles co­
au ministre que chaque cinq années le même lonies qui ont fait entendre à cet égard les
groupe colonial reviendrait lui porter ses protestations les plus véhémentes et les plus
vœux et constaterait le plus ou moins de documentées. Cette question chemine lente­
réalisation qui leur aurait été donné. Il est ment mais elle avance. Un moment nous
évident qu’en procédant avec cette suite dans avions cru au printemps que la Révision
les idées, avec cette logique, avec cette téna­ douanière fournirait une occasion de la dis­
cité et cette fréquence de manifestations, les cuter et l’Union coloniale, qui est toujours
Congrès coloniaux doivent faire sensiblement prête à prendre l’initiative des mesures uti­
avancer les questions à l’étude.
les, a fait à votre Président le très grand
Rien ne prouve mieux l’utilité de l’action honneur de lui demander de traiter cette
permanente : locale, régionale, coloniale -et question à un déjeuner de l’Union. Je n’ai
administrative des Instituts coloniaux que de. dû qu’au renom de l’Institut l’attention et les
pareils Congrès. Ce sont les Comités du Ha­ égards dont j’ai été l’objet, mais je suis d’au­
vre, de Bordeaux, de Nantes et de^Marseille tant plus heureux de vous les faire connaître.
qui ont préparé la session par les études préa­ Notre éminent concitoyen, M. J. Ch.-Roux
lables des questions et le recrutement des avait tenu à présider en personne ce banquet
Congressistes. Le résultat des discussions et j’avais à ma droite M. Messimv qui s’est
vaut ce que valent les études préalables des révélé dans ces dernières années le rappor­
questions et la patiente élaboration des rap- teur idéal du budget des colonies ; à gauche
-ports.et s’il est nécessaire à un moment don­ de M. J. Charles-Roux était M. Chautemps,
né d’établir le contact entre les coloniaux qui ancien ministre des Colonies : à la droite de
s’ignorent, le Parlement qui en méconnaît M. Messimy, M. Chailley et ainsi de suite.
la valeur et l’Union coloniale qui se récon­ Il’auditoire était troublant autant que flat­
forte toujours plus de leur ardeur, il est non teur ! Il a été cependant d’une indulgence et
moins utile que chaque groupe rentre ensui­ d’une sympathie qui ont singulièrement fa­
te chez lui pour se concentrer, agir sur place cilité ma tâche. L’Union coloniale a tenu à
et travailler de toutes ses forces à la solution faire imprimer ma conférence, adoptant les
vues exprimées en votre nom et elle attend
des questions étudiées en Congrès.
Nous préparons maintenant le Congrès de le moment propice pour faire à ces idées
l’Afrique orientale et je me permets. Mes­ communes à tout le monde colonial, la pro­
sieurs et chers Collègues, de vous en signaler pagande dont elles ont besoin pour pénétrer
le monde parlementaire si fermé, dans sa
tout le grand intérêt.
La Côte des Somalis et Djibouti sont les majorité, à ces sortes de considérations.
points de pénétration dans l’Empire Abyssin
Un très prochain péril d’aggravation d’un
et Madagascar s’est trop recueilli dans ces régime déjà intolérable s’étant manifesté ces
dernières années pour n’être pas au point de jours-ci, l’Union coloniale après avoir signa-

�54

L’EXPANSION COLONIALE

lé le danger, a senti que le moment d’agir
était venu et elle a convoqué à Paris, con­
formément à un des vœux du Congrès des
anciennes colonies, toutes les organisations
coloniales, pour créer entre elles une Fédé-,
ration intercoloniale, dont le but sera de
faire aboutir la question de la révision du
Régime douanier colonial.
M. Lecesne, administrateur-délégué à Pa­
ris de la Compagnie Française de l’Afrique
occidentale et à ce titre membre-fondateur de
notre Institut, a bien voulu y représenter
notre groupe. La Fédération a été créée, son
objet nettement délimité et nous espérons
de cette action concentrée un succès plus
rapide et plus complet.
La législature actuelle va finir mais nous
retrouverons à la prochaine notre éminent
et sympathique député, M. J. Thierry, qui
restera certainement chargé par la Commis­
sion des Douanes du rapport sur le Régime
douanier colonial et tout sera prêt d’ici quel­
ques mois pour donner un vigoureux assaut
à un régime qui aura alors dix-huit années
,de durée et qui a prouvé depuis le début que
la prospérité de nos possessions est inconci­
liable avec son maintien.
D’ailleurs l’action aboutit toujours et en
attendant une révision complète nous ve­
nons d’enregistrer les plus consolantes et les
plus réconfortantes déclarations au sujet de
la réforme de l’iniquité qui, imposant nos
produits en franchise aux colonies n’entr’ouvre qu’à demi la porte d’entrée'pour les leurs,
sur le marché métropolitain. Espérons que
le premier acte de la nouvelle Commission
des Douanes sera la proposition de la fran­
chise complète pour les produits coloniaux
n’ayant pas de similaires en France, si cette
proposition n’émane pas du gouvernement,
à qui il appartient et même à qui il incombe
de la formuler.
Il est nécessaire d’aborder ces grands su­
jets qui prouvent au public et s’il était be­
soin à nous-mêmes l’importance de notre
action, mais il n’est pas moins utile de rame­
ner notre regard vers l’intérieur de notre
Institut.
Nous avons tiré au sort l’an dernier au
cours de la séance du 18 février, pour déter­
miner la durée des mandats et nous avons
cette année une première série sortante. Nous
sommes désolés de perdre des collègues qui
ont fondé l’Institut et aussi vous représen­
tons-nous tous ceux à qui leurs occupations
permettent de nous continuer leur concours.
C’est une prérogative qui appartient aux
membres-fondateurs et qui, vous le voyez,
n’empêche pas de fonctionner la loi du re­
nouvellement, vitale pour les Sociétés.
MM. Périclès Zarifi, Rodrigues-Ely, Bry,
doyen de la Faculté de droit d’Àix ; L.Besson,
Usslaub, Jh. Laplane, nous quittent défini­
tivement. Je vous demande, Messieurs, de
conférer l’honorariat à ces créateurs de notre

œuvre, qui ont assuré ses premiers pas et
couru les risques d’une entreprise qui ne
fut pas sans dangers pour les fondateurs.
C’est à eux que nous devons notre organisa­
tion, notre installation, les fonds qui nous
ont permis d’aménager ce local et l’honorariat doit • appartenir à tous les membresfondateurs de notre Conseil d’Administration
sortant de charge après une période de col­
laboration d’au moins quatre ans et qui sera
pour certains, suivant la décision du sort, de
six et de huit ans maximum. M,. J. Laplane,
bien que désigné pour sortir seulement en
1914, nous a demandé de ne pas insister
pour le retenir et nous avons dû nous con­
former à son désir motivé par ses occupa­
tions. Nous lui restons très reconnaissants
d’avoir- bien voulu accepter dès la fondation
de l’Institut le poste de trésorier-adjoint et
personnellement je lui sais le plus grand gré
d’avoir accepté de rester un an de plus, mal­
gré sa décision prise depuis la fin de l’exer­
cice écoulé.
Par contre, nous aurons à vous représen­
ter MM. Fouque et Ytier, membres de notre
Bureau ; Masson, Blanc, directeur des Mes­
sageries Maritimes Gaffarel, Teisseire, Velten, dont je n’ai pas à faire l’éloge, et nous
avons obtenu le concours de M. Gharve, le
respecté et savant doyen de notre Faculté des
Sciences, qui vient de créer le laboratoire
le plus utile et le mieux outillé et qui le
met à l’entière disposition de nos chercheurs,
explorateurs ou industriels ; de M&gt; Emile
Malien, ancien membre de la Chambre de
Commerce de Marseille, et enfin, de M.
Edouard Moriceau qui, après avoir, en qua­
lité de secrétaire général, prouvé à l’Institut
colonial son très grand dévouement, appor­
tera au Conseil l’appui de sa. grande expé­
rience des colonies.
Le concours de tous nous aidera à mener à
bien notre tâche. Nous laissons quelques pla­
ces vacantes conformément à l’esprit de nos
statuts et pour parer à des besoins qui peu­
vent, en se produisant inopinément, nous
obliger à faire appel à un spécialiste pour
une question nouvelle à traiter.
*
*¥
Il ne me reste plus à vous entretenir que
d’une question, mais elle est très importan­
te. Votre Conseil d’Administration a décidé
d’accueillir des propositions de location pour
la sal]e du rez-de-chaussée dans de certaines
conditions de prix et de future exploitation
et les motifs de cette décision et ses consé­
quences ont besoin d’être bien clairement
élucidés pour éviter toute fausse interpréta­
tion.
Les raisons de notre décision sont pombreuses. La première est d’ordre financier.
Nous ne pouvons pas toujours faire appel
à la Chambre de Commerce (bien que, ainsi
que nous l’avons vu plus haut, son concours

�L’EXPANSION COLONIALE

53

à l’Institut colonial lui permette plutôt de sommes pas dissimulés que ce rendement
réaliser à bon marché son œuvre d’ensei­ était précaire. De là les nombreuses étu­
gnement, colonial), et il est nécessaire d’allé­ des que nous avons faites en vue de l’avenir.
ger nos charges si nous voulons éviter de Il fallait du nouveau pour attirer le public.
recourir de nouveau à la Chambre de Com­ Nous avons pensé à des représentations ci­
merce. La salle du devant du rez-de-chaus­ nématographiques dans le sous-sol avec en­
sée représente la moitié, de notre loyer total. trée ou sortie par le Musée commercial, et
Nous pouvons, en 1a, louant, conserver in­ l’insütution de nos Journées Maritimes, qui
tacte la salle des Cours sur la rue de l’Arbre, a d’ailleurs parfaitement réussi, participait
le premier étage avec son Musée colonial, de cette idée. Nous avions la pensée de. faire
la Société de Géographie au second et avoir cinématographier ce que nous allions voir :
sur le même palier, au troisième, tous les travail des docks ou des hangars de la Cham­
services de l’Institut, le Secrétariat, le bu­ bre de Commerce, radoub de navires, chute
reau de renseignements, la salle du Conseil de blocs à la mer et d’organiser dans notre
d’Administration et, sans grandes modifica­ sous-sol,dans l’intervalle de deux sorties,des
tions, une salle de Musée commercial, égale représentations cinématographiques où l’on
en rendement mural à celle du rez-de-chaus­ aurait exclusivement montré des scènes ma­
sée.
ritimes, coloniales et aussi industrielles ;
Il doit être bien entendu, Messieurs, que car la transformation de la matière première
nous n’abandonnons pas notre création d’un coloniale en produit fabriqué donne lieu à
Musée commercial, je dirai même au con­ des manipulations très intéressantes à sui­
traire, car notre pensée est de séparer doré­ vre.
navant, pour le plus grand profit de nos
Nul doute que notre enseignement et no­
adhérents et de nos visiteurs, deux choses tre propagande n’eussent beaucoup gagné à
que nous avions confondues autrefois sans la réussite de cette combinaison car, de Mar­
inconvénient et même avec un certain avan­ seille et avec l’estampille de l’Institut colo­
tage de publicité pour l’idée : le rendement nial, nos films auraient fait le tour de la
et l’enseignement.
France et initié dans les bourgades les plus
Un Musée commercial doit servir à mettre reculées nos populations à ce qui concerne
sous les yeux des coloniaux les produits mé­ la vie maritime, industrielle marseillaise et
tropolitains les intéressant et sous les yeux la vie coloniale.
des métropolitains les articles coloniaux sus­
Malheureusement c’était toute une orga­
ceptibles d’alimenter leurs opérations. Il nisation commerciale et nous avons reculé
doit, à côté du produit national, mettre le devant l’entreprise, qui demandait pour la
produit étranger pour signaler la concur­ mener à bien un temps et une liberté d’es­
rence dont il faut tenir compte, le perfec­ prit dont personne ne disposait parmi nous.
tionnement à réaliser, l’économie à obtenir, Confier cette affaire à un imprésario était
l’écueil dans certains cas à éviter. Mais peut- plus que risqué au point de vue du carac­
on opérer de cette façon et compter sur le tère à lui conserver.
rendement de grosses locations ? Cela est
D’ailleurs si nous n’avions pas hésité en
assez difficile à admettre. L’exposant indus­ présence d’aussi redoutables appréhensions
triel qui paie son emplacement et qui le paie et si nous avions réussi, c’était la continua­
largement, commence par demander à être tion de l’ancien succès du Musée commercial
le seul de son industrie figurant dans le avec ses inconvénients de publicité, de choix
Musée ; ensuite il désire que le hall soit capricieux des objets exposés, de monopole
aménagé de la façon la plus attrayante pour ou à peu près pour l’industriel exposant, et
le public car il veut récupérer en publicité nous ne franchissions pas la seconde étape,
les frais auxquels il s’astreint. Lorsque nous celle du Musée commercial indépendant de
avons ouvert un Institut colonial nous subs­ toute préoccupation mercantile de rendement
tituions à un établissement de plaisir ou et de publicité ; et c’est le désir de perfec­
tout au moins de distraction, un vaste tionner ce service qui nous a surtout déci­
hall, peint de couleurs claires, où vi­ dés à rechercher dans une location les som­
trines et panneaux se succédant offrent mes que nous donnaient autrefois notre Mu­
une intéressante indication de tous les sée commercial, de façon à pouvoir ensuite
produits et de toutes les combinaisons nous appliquer sans arrière-pensée et avec
d’affaires. Le public, séduit par la nouveauté, des ressources suffisantes à organiser au
a largement fréquenté le Musée commercial troisième étage un nouveau Musée commer­
et les exposants se sont disputés toutes les cial affranchi de toute préoccupation mer­
places disponibles. Le rendement a été en cantile et rendu aussi complet que possible.
1908 de 31.000 francs environ. Nous nous
Nous espérions vous soumettre le bail re­
sommes applaudis de ce résultat autant au latif à cette location car ce ne sont pas les
point de vue de l’utile appoint qu’il donnait propositions qui nous ont manqué, mais nous
à-notre budget qu’à celui de la diffusion de sommes difficiles, difficiles pour le prix
notre idée et qu’au point de vue général de car nous détenons un local unique par ses
la propagande coloniale, mais nous ne nous dimensions et son emplacement, difficiles

�56

L’EXPANSION COLONIALE

pour l’industrie à exploiter qui ne doit en
aucun cas nuire au but que nous poursuivons
et tout cela ne nous permet pas de nous dé­
cider très promptement. D’ailleurs rien ne
presse, il est évident que le commencement
et la fin des combinaisons de publicité sont
les moments les plus intéressants et le der­
nier exercice pendant lequel notre Musée
conserve sa forme actuelle peut devenir très
brillant comme rendement. Nous aurons le
regret de vous déranger une fois de plus
pour vous soumettre le bail, ce que nous au­
rions voulu éviter, mais nous y gagnerons
une occasion de contact de plus et le bien
dépassera sensiblement le mal.
Nous n’allons pas nous lancer dans l’in­
connu avec notre nouvelle combinaison de
Musée commercial, nous ferons simplement
d’une façon permanente et en tous produits,
avec moins de détails pour chacun, ce que
nous faisons depuis 1908 chaque année au
cours des vacances pour un produit colonial
spécial.
Quand nous avons exposé les Corps gras
coloniaux nous n’avons recherché aucun bé­
néfice d’argent, nous ne nous sommes préoc­
cupés que d’enseignement. Au cours de
l’exercice 1909 nous avons fait encore un pas
dans cette voie. Les caoutchoucs de nos pos­
sessions ont été montrés, inventoriés, cata­
logués, nous avons exposé à côté de la ma­
tière brute le produit fabriqué, toujours sans
redevance de la part des exposants ; nous
avons fait paraître un catalogue détaillé qui
restera comme un véritable inventaire de ce
que peut donner la cueillette pour le caout­
chouc, enfin nous avons soumis les produits
exposés à un jury auquel notre Chambre de
Commerce, qui avait accepté le patronage
de l’exposition, a donné un président en la
personne de M. Emile Lombard, membre de
notre Conseil d’Administration, adhérent de
la première heure, vice-président de la Cham­
bre de Commerce de Marseille. On sait avec
quelle autorité M. Lombard a exercé ses
fonctions et ceux de nos exposants qui ont
été récompensés se sont montrés fort sen­
sibles à cette sanction de leurs efforts.
Nous allons cette année consacrer aux cé­
réales en général et aux blés en particulier
notre exposition d’été. Nous allons être à
même de comparer les productions tunisien­
nes, algériennes, marocaines, aux produc­
tions étrangères et nous soumettrons le tout
à notre si importante industrie de la mino­
terie et de la semoulerie. M. L. Arnaud, de
notre Conseil, a bien voulu accepter de s’oc­
cuper particulièrement de cette question et
nous l’en remercions. Ces produits de l’Afri­
que du Nord alimentent l’industrie qui reste,
malgré les atteintes dont elle a été l’objet,
la plus importante de Marseille, aussi
intéresseront-ils tout particulièrement notre
public et notre commerce et nous en espé­
rons une extension d’activité dans les rela­

tions de notre port avec nos belles posses­
sions d’outre-Méditerranée.
Plus qu’un mot, Messieurs, pour remercier
en votre nom votre Conseil et particulière­
ment les membres du bureau de leur bon
concours de toute l’année. Je tiens à remer­
cier d’une façon particulière le Comité de
rédaction de l'Expansion Coloniale, prési­
dé par M. Fouque, notre dévoué secrétaire,
et composé de MM, Ytier, Masson et Léo­
tard. Notre Bulletin vous tient au courant
de tout ce que fait d’important l’Institut
dans ses séances de Conseil et de Bureau, des
renseignements qu’il donne et qui doivent
profiter à tous nos adhérents, des avis de
nos membres-correspondants, qui présen­
tent sous un jour particulièrement intéres­
sant la vie coloniale de nos possessions, et
des doléances coloniales concernant le régi­
me douanier. Notre organe est très suivi par
les adhérents de l’Institut, mais il l’est en­
core plus au dehors car ses articles, spécia­
lement ceux que nous devons à MM. les Pro­
fesseurs des Cours coloniaux, sont repro­
duits et commentés et une vente appréciable
au numéro se fait dans les gares de .chemins
de fer par les soins de la maison Hachette.
M. Léotard s’occupe particulièrement de la
réalisation du numéro avec sa compétence
spéciale et nous devons à la Commission et
à lui une revue qui compte parmi les orga­
nes coloniaux.
Le Comité de rédaction a assumé, en outre
de la préparation de l ’Expansion Coloniale,
la tâche d’organiser les Journées Maritimes
de concert avec la Ligue Maritime, le Syn­
dicat d’initiative et la Société Nautique, et
telles de ces journées ont été de véritables
succès qui ont considérablement développé
l’atmosphère de sympathie dans laquelle il
est agréable à l’Institut de se mouvoir. Ces
journées assurent à nos Musées une visite
collective mensuelle très intéressante et le
Comité auquel nous devons un travail aussi
assidu et aussi productif a droit de notre part
à une reconnaissance spéciale que je suis
heureux de lui manifester en votre nom.
Les applaudissem ents de l ’Assemblée salu en t
ce discours et l ’h o n o ra ria t proposé p a r M. le
P résid en t pour MM. Zarifi, Rodrigues, Bry,
Besson, U sslaub, L aplane, m em bres fondateurs
so rta n t de charge du Conseil d ’A dm inistration,
est voté à l’unanim ité.
M. le P résid en t donne ensuite la parole à M.
Ytier, tréso rier, pour com m uniquer à l’Assem­
blée le Compte rendu financier.
Le bilan com ptable et le compte de gestion
sont lus p a r M. Y tier qui signale la concor­
dance existant entre le solde de profits et p er­
tes de fr. 6.397 13, du bilan com ptable et l’excé­
dent des recettes su r les dépenses du compte
de gestion au 31 décembre 1909.
M. Y tier lit ensuite le compte de gestion su p ­
plém entaire du 31 décem bre a u 31 janvier,
a y a n t po u r b u t de liq u id er l ’exercice 1909 qui se
solde p a r fr. 1.747 13, que M. Y tier propose de

\

j

�L’EXPANSION COLONIALE
p o rter à la réserve qui est d éjà de 14.814 80 et
qui, p a r cette adjonction, s’élèverait à fran cs
16.651 93.
M. R am pai dem ande qu’on lui rappelle le
chiffre approxim atif auquel s’est élevé la v a­
leu r du m obilier estim ée d an s le bilan à un
franc.
M. le T résorier répond que ce m obilier a
coûté fr. 1.990 et fa it re m a rq u e r que les dépen­
ses d ’am énagem ent de l ’Im m euble et l ’établis­
sem ent d ’u n ascenseur ont été de fr. 105.000.
C’est l ’ensemble de ces fra is que représente la
somme de fr. 1 conservée au bilan.
M. Delibes dem ande pourquoi, en présence
d ’une situ atio n financière telle q u ’elle est in ­
diquée, on pense q u ’il convient de louer une
p artie du rez-de-chaussée.
M. le P résid en t rappelle (pie l’exercice bud­
gétaire n ’a été assuré en 1909 q u ’au m oyen de
la subvention supplém entaire de la Cham bre
de Commerce, qu’il en se ra de même pour
l ’exercice 1910, qui escompte une subvention
ex trao rd in aire de fr. 15.000, et qu’il convient
que l’In stitu t puisse vivre dès l’exercice en
cours su r les recettes norm ales.
Les com ptes m is aux voix sont adoptés à l’u­
nan im ité et les plus vifs rem erciem ents sont
adressés à M. Ytier p our la m anière dont il a
rem pli son m andat.
M. le T résorier donne lecture d ’un p ro jet de
budget qui repose su r des recettes s’élevant à.
fr. 76.000, y com pris la subvention ex trao rd i­
n a ire de la Cham bre de Commerce de fr. 15.000
et des dépenses s’élevant à fr. 73.000, la issa n t
un excédent de recettes de fr. 3.000.
Ce p ro jet est soum is aux délibérations de
l ’Assemblée générale ; personne ne d em andant
la parole, il est adopté à l ’unanim ité.
M. le P résid en t prie alors M. le docteur Heckel, vice-président, de fo u rn ir le com pte rendu
hab itu el des Cours coloniaux professés en 1909
et du service du Musée Colonial, dont il a la
direction. M. le docteur Heckel prononce l’a l­
locution suivante :

Exposé de M. le B x HECKEL
sur le Musée colonial et l’Enseignement colonial
de l’Institut
En ce qui touche à l’enseignement colonial,
les cours se sont poursuivis en 1909, avec
leur régularité et leur périodicité normales.
Nous n’avons eu qu’à enregistrer doulou­
reusement la suspension momentanée en­
traînée dans l’enseignement de la législation
coloniale, par la maladie et la mort de l’un
de nos plus anciens et plus remarquables
professeurs : M. Babled, enlevé prématuré­
ment à la science et à l’affection de ses amis.
L'Expansion Coloniale a déjà rendu hom­
mage, dans un article nécrologique, à la
mémoire de ce travailleurs infatigable, de ce
savant érudit, de ce professeur disert et
consciencieux que fut M. Babled. Mais il
m’appartenait de redire ici tous les regrets
que nous inspire cette perte et le souvenir
fidèle que l’Institut colonial garde à la mé­
moire de ce professeur. Si ces regrets pou­
vaient être tempérés,. ce serait assurément
par cette considération que M. Raynaud,
professeur agrégé à la Faculté de droit d’Aix,

57

son successeur dans la chaire, nous apporte
l’appoint de sa spécialisation, d’une érudi­
tion profonde et d’une haute valeur unani­
mement reconnue et consacrée par une si­
tuation acquise dans l’enseignement supé­
rieur. M. Raynaud nous a donné à cette
heure plus que des espérances : le succès de
son enseignement,est aujourd’hui assuré et
consacré par l’assiduité d’un nombreux audi­
toire.
Toutes les chaires sont actuellement pour­
vues de leurs titulaires et ceux-ci ont
remis un programme détaillé de la matière
de leur cours. Cet ensemble aurait intérêt à
être publié en une notice à l’occasion de
l’Exposition internationale (section colonia­
le) de Bruxelles et il y aurait lieu de prévoir
pour cet objet un crédit pour la publication
de cette brochure, qui mériterait d’être ré­
pandue le plus possible. Déjà l’Allemagne
a envoyé officiellement un médecin de son
armée pour suivre les cours de ' l’Ecole
militaire coloniale du Service de Santé du
Pharo, et celui-ci suit à titre bénévole les
cours de notre Enseignement de l’Institut.
En outre, toute une collectivité de savants
allemands, anglais et suisses vient d’arriver
aujourd’hui même à Marseille et a visité en
détail les spécimens de tout ordre exposés
au Musée colonial : ils ont paru y prendre
un très vif intérêt si on en juge par la de­
mande très copieuse de concession de doubles
qu’ils ont laissée à leur départ. Ce fait indi­
que que nos collections sont beaucoup plus
riches que celles de l’étranger dans l’ordre
colonial, bien que Hambourg possède, dit-on,
des spécimens nombreux des richesses de
l’Empire allemand colonial. Dans la mesure
du possible, il sera donné satisfaction à ces
demandes, mais à titre de réciprocité.
A la brochure projetée sera joint le pro­
gramme détaillé, leçon par leçon, de tous les
cours coloniaux.Ces cours se sont augmentés
cette année d’une création, dûe à l’initiative
éclairée de la Chambre de Commerce. Cette
chaire a été confiée à M. le professeur Foucarfi de la Faculté des Lettres d’Aix. L’his­
toire des religions dans les colonies françai­
ses, y est enseignée avec une telle maîtrise
que l’on peut sans hésitation affirmer que
c’est à cette heure l’enseignement qui attire
le plus nombreux auditoire. Il a fallu pour
satisfaire à ses exigences augmenter le nom­
bre des sièges dans la salle des cours. .En
dehors de l’attrait, particulier que cet ensei­
gnement doit à la haute compétence et au
talent oratoire consacré du professeur Foucart, on conçoit de quel haut intérêt est pour
les futurs coloniaux, colons et fonctionnaires,
la matière qui en fait l’objet. Les Instituts
étrangers, notamment celui de Hambourg,
sont pourvus de ce cours et on comprend la
part importante que doit jouer dans le man­
dat colonisateur la profonde connaissance de
la mentalité morale et religieuse des indigè-

�58

L’EXPANSION COLONIALE

nés. C’est q u e lq u e fo is p o u r a v o ir m é c o n n u
le fond de la c ro y an ce d es a u to c h to n e s, les
so u rces de ces cro y a n c e s et le u rs m a n ife s ta ­
tio n s e n tiè re s q u e des p o p u la tio n s n o n se u ­
le m e n t se so n t re fu sé e s à e n tr e r en re la tio n s
a \e c les colons m a is, se s e n te n t o u tra g é e s
d a n s le u rs p ra tiq u e s les p lu s in tim e s , a r r i­
v e n t ju s q u ’à la ré b e llio n .

Cette lacune ainsi comblée, l’enseignement
se trouve aussi complet qu’il est désirable
dans le milieu si bien préparé qu’est Mar­
seille pour en profiter. Il faut donc féliciter
doublement la Chambre de Commerce et de
son heureuse initiative et du choix du pro­
fesseur qu’elle a chargé de la réaliser.
Les maîtres ne se sont pas bornés à fai­
re face à leur enseignement : ils ont parfait
leur tâche en se livrant sur la matière colo­
niale à des recherches dont témoignent des
publications nombreuses sur les parties inhé­
rentes à leur enseignement et en particulier
celles qui viennent de paraître dans le volume
XVII des Annales du Musée Colonial de
Marseille, 1909. Cette publication, qui date
de 1893, est aujourd’hui répandue dans le
monde entier tant savant que colonial, et il
convient de relever que les divers correspon­
dants de notre Institut considèrent comme
un honneur d’y faire paraître des travaux de
longue haleine. La preuve de ce fait (et il
faut l’enregistrer avec quelque satisfaction),
se trouve dans l’insertion d’un beau et grand
mémoire sur « Les plantes de grande culture
industrielle ou vivrière » de M. de Wildeman, de Bruxelles, notre correspondant. C’est
un véritable monument élevé à l’art cul­
tural dans les colonies. Des savants natio­
naux appartenant à d’autres universités que
celle de Marseille, sollicitent aussi l’avantage
de recevoir des matériaux de recherches du
Musée colonial et nous donnent en retour
des travaux de haute importance, comme
celui des professeurs Planchon et Juillet,
de Montpellier, qui vient compléter si har­
monieusement celui de M. le professeur
Decroek, de Marseille, sur les « Fécules des
colonies françaises ». Il n’est pas permis de
passer sous silence un travail posthume,
inspiré par le savant professeur de notre Ins­
titut, M. Jumelle, sur les « Textiles jusqu’ici
inconnus des colonies françaises et ies plan­
tes qui les produisent. » Ce mémoire est dû
à un de nos jeunes collaborateurs enlevé pré­
maturément à la science qu’il honorait et
à nos travaux ; j’ai nommé Pascal Claverie, décédé l’an dernier.
Les fonctionnaires coloniaux eux-mêmes
savent trouver, au milieu de leurs préoccu­
pations administratives, des loisirs qu’ils
consacrent à l’étude des richesses naturelles
du pays placé sous leur juridiction. De là le
beau mémoire de M. Baudon, sur les plantes
économiques du Congo français. Ce travail,
d’une haute portée utilitaire, fait le plus
grand honneur à son auteur.

T o utes nos co llectio n s se so n t .e n ric h ie s
d ’u n e façon sen sib le, et, de n o u v e a u x sp éci­
m en s d u p lu s h a u t in té rê t p o u r les v isite u rs
et les a u d ite u rs de nos co u rs so n t v en u s s ’a ­
jo u te r à ceu x q u e n o u s p o sséd io n s d é jà .
M a lh e u re u se m e n t, l ’espace lim ité q u i nous
est d é p a rti a u M usée m e ttra b ie n tô t u n te r ­
m e à cette ex ten sio n c e p e n d a n t si d é sira b le .
M. le P résident se fait l ’in terprète de l ’Assem­
blée pour rem ercier M. Heckel et en sa person­
ne le corps enseignant tout en tier de l ’In stitu t
pour la m anière dont leu r sav an te collabora­
tion contribue à la réalisatio n du b u t p o u rsu i­
vi p a r la Cham bre de Commerce.
Il est procédé ensuite au renouvellem ent sta ­
tu ta ire du Conseil. A l’unanim ité, les m an d ats
de MM. Blanc, Fouque, Gaffarel, M asson, Teisseire, Velten, Y tier sont - renouvelés ju sq u ’en
1916, et MM. Charve, président d ’h o nneur en
sa qualité de doyen de la F aculté des Sciences,
Malien et M oriceau sont nom m és ad m in istra ­
teu rs pour six ans. à la place de MM. Bry, Usslaub et Zarifï.
P lu s rien n ’étan t à l'o rd re dujour, la séance
est levée à 4 heures 45.

INSTITUT C O LO N IA L M A R S EILLA IS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX

Séance du Bureau du 3 février 1910
L a séance est ouverte à 3 heures, sous la
présidence de M. A. A rtaud, président.
P résents : MM. Bohn, vice-président ; Ytier,
trésorier ; Fouque, secrétaire.
Excusés : MM. Heckel, Ponsinet.
Lecture est donnée du procès-verbal de la
dernière séance, qui est adopté.
M. A rtaud fait p a rt au B ureau du décès de
Mmo la Comtesse A rm and, épouse de M. le Com­
te A rm and, vice-président de l’In stitu t colonial
m arseillais. Il croit être l'in terp rète de la
pensée générale en d isan t que le B ureau tout
entier prend la plus grande p a rt à la douleur
de M. A rm and, et répondre a u sentim ent r^.mm un en proposant de lui m anifester i;i vive
sym pathie de ses collègues dans le m alheur qui
le frappe p a r l’envoi d ’u n ex trait du procèsverbal. (Adopté).
M. le P résid en t com m unique au Conseil une
dem ande qui lui a été adressée p a r quelquesuns de ses collègues, au sujet d ’un complém ent
de rém u n ératio n à donner à M. M oriceau pour
sa collaboration passée. M. Bohn appuie cette
proposition en faisan t rem arq u er que ce serait
une m anière de m o n trer l’estim e dans laquelle
le Conseil tien t M. M oriceau et apprécie les ser­
vices q u ’il a ren d u s depuis la fondation.
Une somme de 1.500 francs est votée dans ce
but. M. le T résorier dem ande qu’elle soit im pu­
tée su r le budget de 1909. Il rend compte de la
situation financière.
M. A rtaud propose la date du 17 m ars pour
l’Assemblée générale. (Adopté).
M. le P résid en t rend com pte de l’é ta t des
p o u rp arlers engagés au su jet de la location du
rez-de-chaussée de l ’im m euble de l’In stitut.
M. Bohn dem ande que dans l'Expansion co-

�L’EXPANSION COLONIALE
loniale, on indique dans la mesure du possible
les programmes des cours qui auront lieu le
mois suivant. Il signale l’intérêt que l’Institut
au rait à être en rapports réguliers avec les
Chambres de Commerce des colonies et à rece­
voir leurs publications. Il demande que le Con­
seil adresse ses félicitations à M. le Gouverneur
général Merlin pour l ’initiative qu’il a prise en
provoquant le décret qui a tranform é le Con­
go en un Gouvernement général établi sur le
modèle de celui de l’Afrique Occidentale fran­
çaise. En même temps on pourrait appeler son
attention sur la situation désastreuse qui est
faite au commerce et à l’industrie m arseillais
par suite de l’absence de communications m ari­
times régulières avec les ports du Congo. Ces
ports sont reliés à Boulogne par la Ci6 Woermann, à La Palice par la Cle Belge et à Bor­
deaux par la Ci6 des Chargeurs Réunis. La Cie
Fraissinet, qui a desservi pendant 18 années
le Congo, serait disposée à reprendre ce servi­
ce si la situation le lui perm ettait et, sur l’ini­
tiative de l’Institut et du Syndicat des Expor­
tateurs, la Chambre de Commerce a porté sur
cette question sa plus bienveillante attention ;
elle a été également soumise à la Société de la
Défense du Commerce.
M. le Président entretient le Bureau du nou­
veau fonctionnement des services du Secréta­
riat.
Plus rien n ’étant à l’ordre du jour, la séance
est levée à 4 heures et quart de l ’après-midi.

59

VISITES A L ’INSTITUT

L’Institut colonial a eu le plaisir de rece­
voir durant le mois écoulé la visite de plu­
sieurs notabilités, auxquelles ont été faits
les honneurs des musées et locaux de notre
hôtel. C’est ainsi que M. C. Guy, gouver­
neur de La Réunion et ancien gouverneur
du Sénégal, et M. Noufflard, gouverneur des
colonies, résident de France aux NouvellesHébrides, rentrant à Paris, ont visité l’Ins­
titut colonial et nous ont fourni de précieux
renseignements sur leurs colonies respec­
tives.
M. R. Millet, ambassadeur de France et
ancien résident général en Tunisie, venu
faire une conférence sur le Maroc à la Cham­
bre de Commerce, a été reçu à l’Institut co­
lonial avec M. Thierry, député, par les mem­
bres du Bureau, et un vin d’honneur lui a
été offert, à l’occasion duquel des toasts cor­
diaux ont été échangés entre MM. Artaud,
Millet et Thierry.
L’Institut colonial a été également honoré
de la présence de M. F. Guillain, député et
ancien ministre des colonies, président du
Comité du Maroc, venu à Marseille pour pré­
sider une conférence sur ce pays africain à
la Société de Géographie, qui a été également
visitée par MM. Guy, Noufflard et Millet.

DOUZIÈME JOURNÉE MARITIME
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

La 12° journée maritime mensuelle de
l’Institut colonial a eu lieu par un temps in­
certain et finalement beau, le samedi 5 mars
après-midi, avec le succès accoutumé. L’ins­
tructive traversée des ports a été suivie de la
visite des installations maritimes de la
Chambre de Commerce dans les bassins
nord. M. Poucel, directeur des hangars de
la Chambre de Commerce, et M. Henricy,
chef du service technique, ont fait aimable­
ment aux excursionnistes les honneurs de
la bigue de 120 tonnes et de l’usine de dis­
tribution de la force hydraulique pour l’ou­
tillage des quais, ainsi que des hangars à
étage du nouveau môle E, de la vaste plate­
forme desquels on jouit d’une vue magnifi­
que sur les ports et la rade.
Le vapeur Bois-Sacré a pris ensuite la mer
^pour la promenade annoncée au château d’If,
en suivant à l’extérieur la grande jetée. Par­
venu à la célèbre petite île, il a débarqué
ses passagers pour une rapide visite du vieux
château, d’où le panorama de Marseille et
de la côte se déroule si pittoresquement. Le
retour s’est enfin effectué au Port-Vieux, à
6 heures, après cette intéressante promena­
de à travers notre golfe.
La journée maritime suivante, le samedi 2
avril, doit être consacrée aux Ports et aux
îles du Frioul.

Manioc sec et farine de manioc. — Nous
avons reçu clans ces derniers temps un grand
nombre de demandes de renseignements con­
cernant les produits du manioc : manioc
découpé et séché, farine et fécule de manioc.
Notamment un négociant de notre place et
une distillerie du Nord de la France nous
ont demandé les moyens de se procurer des
maniocs de Madagascar ou d’autre prove­
nance. Nous avons reçu la même requête
d’une distillerie de Brindisi, et le Musée com­
mercial de Milan, qui joue auprès de la
Chambre de Commerce de cette ville le mê­
me rôle que notre Institut colonial auprès
de la Chambre de Commerce de Marseille,
nous a écrit pour avoir des indications sur
l’exportation du manioc. D’un autre côté,
des planteurs et des industriels coloniaux
nous demandent de les aider à écouler leur
production.
Nous avons mis ces diverses personnes en
rapport, mais nous serions très reconnais­
sants à ceux de nos adhérents ou de nos lec­
teurs que cette question intéresse de nous
saisir des difficultés qu’ils éprouvent, soit à
s’approvisionner en manioc, soit à écouler
celui qu’ils produisent.
C’est surtout pour les produits nouveaux
que notre Institut peut intervenir utilement.
Le manioc est un des produits coloniaux qui,
du fait des nouveaux débouchés qui se pré-

�60

L’EXPANSION COLONIALE

sentent à lui, paraît appelé au plus grand
Borao. — Une demande a été faite d’échan­
avenir. Le Journal d'Agriculture tropicale, tillons de fibre de borao par un filateur.
qui est toujours si bien renseigné, écrit dans
Pâte à papier. — Un colon algérien de­
son dernier numéro :
mande un fabricant de papier s’intéressant
« Racine de manioc Tonkin-Indo-Chine. — à une nouvelle matière première qu’il pour­
L’article est ferme et les offres sont loin rait lui soumettre.
' de satisfaire à la demande de nos industriels
Des adhérents de l’Institut colonial de­
qui ordonnent mais vainement. » « Racine
de manioc Réunion-Madagascar. — Cette mandent : 1° un bon courtier en cafés (mokas)
provenance décortiquée et séchée est à pré­ sur les places de Rouen et du Havre ; 2° pour
sent aussi appréciée que les Tonkin. On a une affaire anglaise, des terrains convenables
traité ces jours-ci quelques petits lots flottant pour plantations de caoutchouc ou une
à 18 francs et pour les autres époques on plantation déjà constituée, le pays ou se
paierait les mêmes prix que pour les Ton­ trouveraient ces terrains important peu ;
kin. On estime que les autres époques seront 3" des acheteurs de feuilles de lataniers,tenues
plus importantes comme superficie en pers­ à la disposition des personnes que cela pour­
rait intéresser, pour utilisation dans la cha­
pective de l’exportation.»
Si l’on pense qu’il y a à peine .plus d’-un pellerie.
an que les racines de manioc n’obtenaient
D e m a n d e s d ’E m p lo i a u x C o lo n ie s
pas plus de 12 à 13 francs les 100 ki 1., on voit
N° 506. — Un coiffeur dem ande à être, employé
combien ce produit a fait des progrès, et
son m étier aux colonies. Sa femme po u r­
cette hausse transforme complètement la pour
trav ailler comme modiste.
question au point de vue du planteur qui, ra it
N° 521. — Employé dans une Com pagnie d ’as­
il y a quelques années, ne pouvait songer à surance
à Tunis, 28 ans, dem ande une situation
entreprendre cette culture qu’avec l’espoir a.ux colonies comme employé de commerce.
de rendements à l’hectare très élevés, ren­
N” 523. — Ancien employé du Comptoir d’Esdements toujours très problématiques. L’u­ compte à Londres, actuellem ent voyageur de
tilisation par la distillerie a été un des élé- commerce, 27 ans, p a rla n t allem and, anglais et
rrtents de la hausse et voilà que l’agricul­ espagnol, dem ande situ atio n d ’avenir dans co­
ture à son tour s’intéresse à cet article sous lonie saine
N° 527. — A nglo-Français, 29 ans, spécialisé
forme de farine pour l’alimentation des dans
les affaires de tran sp o rts, p a rla n t fra n ­
veaux de boucherie.
çais, an glais et allem and, dem ande situation
Nous reviendrons sur la question, mais il en ra p p o rt avec ses aptitudes.
semble qu’au point de vue agricole le prix
N° 535. — N égociant en beurre et from age,
actuel ne puisse guère être dépassé, car il y disposerait de 5.000 francs, m arié san s enfant.,
aurait avantage à se servir d’autres pro­ d ésirerait se fixer aux colonies ; ferait un mé­
tier m anuel quelconque av an t de s’établir.
duits meilleur marché.
N° 537. — Comptable, bachelier, p arle et écrit
Rabanes. — M. R..., représentant d’un couram ent l ’italien, 27 ans, dem ande A en trer
grand magasin de Paris, nous a informé dans une m aison de commerce aux colonies.
qu’il est acheteur de rabanes et autres tis­
sus indigènes coloniaux employés par la
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
chapellerie et la bimbeloterie. Il se plaint
de la hausse et aurait acheté l’an dernier
les rabanes de Madagascar à 1 fr. 50 ; on L&gt; Directeur de VAgriculture, du Commerce cl
demande actuellement 3 fr. 50, ce qui a ferde la colonisation de la Tunisie à M. le Pré­
* mé les débouchés.
sident de l'Institut colonial marseillais.
Caoutchoucs. — Le Musée .commercial
Tunis, 15 m ars 1910.
de Trieste a demandé à entrer en relations
M onsieur le Président,
avec des négociants qui s’occupent de l’im­
J ’ai l’h o n n eu r de répondre ci-dessous aux
portation directe des caoutchoucs des co­ diverses
questions contenues dans la lettre que
lonies françaises et qui seraient disposés vous avez adressée le 1er m a rs à M. le R ésident
contre remboursement des frais à en four­ général.
nir des échantillons, avec indication des dé­
L ’exportation de l ’alfa s’effectue à peu près
nominations, des provenances et des prix res­ uniquem ent p a r les ports de Sousse, Sfax, la
Skira, Gabès, G ourm e et Zarzis, à l’exclusion
pectifs de chaque qualité.
de Bizerte et de.T unis, centres très éloignés des
Denrées coloniales. — M. G..., négociant régions alfatières et où le p ro d u it dont il S’agit
à Marseille, demande à être mis en relation serait inutilem ent grevé de fra is de tra n sp o rt
avec des expéditeurs directs de benjoin, gi­ élevés. Le po rt de Sousse, p a ra ît, au contraire,
rofles, canelle, piments et toutes épices co­ devoir em prunter en l’espèce une particulière
im portance à l ’ouverture de 1a, nouvelle ligne
loniales, destinées à la Grèce.
de chem in de fe r d’Aïn-M oularès qui traverse
Une maison parisienne a demandé à être les
ents d’alfa les plus denses et les
mise en rapports avec des producteurs des plus peuplem
étendus de la Tunisie.
colonies françaises de tapioca, café, thé, riz,
Quoiqu’il en soit le prix actuel de la tonne
miel.
d'alfa est de :

�61

L’EXPANSION COLONIALE
28 à 40 fr. (suivant la qualité), q uai Gabès.
57 » à la Skira.
64 » quai Sfax.
55 » q u ai Sousse.
L’écart existant entre certain s de ces chiffres
tien t à ce fait que la qualité de l’alfa varie, sui­
v a n t les régions, dans d’assez sensibles p ropor­
tions. C’est ain si que les alfas de F e ria n a , ré ­
coltés p a r les F raichiche, sont très estim és à
cause de la longueur de leu rs b rin s et se ven­
dent su r la place de Sfax beaucoup p lu s cher
que les alfas d’au tre provenance.
L a Tunisie, où les peuplem ents ^ alfatiers oc­
cupent une superficie d’environ 1.500.000 h ecta­
res, n ’exporte guère que de l ’alfa b ru t, soit,
en m oyenne, 30.000 tonnes p a r an, à peu près le
dixième de sa production.
Le G ouvernem ent tu n isie n s’est imposé la rè ­
gle, qui ne souffre p as d ’exception, de n ’accor­
der aucune concession de te rra in s ail'atiers.
En vue d ’éviter qu’une exploitation abusive
n ’en traîn e la destruction de l’alfa, un décret du
19 septem bre 1904 in terdit, d’au tre p a rt, pen­
dan t q u atre mois, la cueillette de cette plante
et toutes les opérations corrélatives (I). Sous
cette réserve, la cueillette die l’alfa est absolu­
m ent libre dans la Régence. Les indigènes qui
s ’y ad o n n en t en ap p o rten t le p ro d u it su r des
m archés spéciaux où les exploitants constituent
leurs approvisionnem ents.
Ces m archés (2), s u r lesquels l’alfa est soum is
à u n e taxe de statio n n em en t de 0 fr. 05 p a r
q u in ta l m étrique, sont situés à proxim ité de
ch an tiers alfatiers, au trem en t dits de lotisse­
m ents constitués p a r l’E ta t en vue de perm et­
tre aux - ach eteu rs d ’entreposer leu r alfa et
de lui faire su b ir les diverses m anip u latio n s
q u ’il nécessite a v a n t d’être exporté.
L’a lfa exporté ne paye au c u n d roit de sortie.
Toutefois ce p ro d u it est frappé, en Tunisie, d’un
droit in té rie u r de fr. 0,50 p a r quintal.
L’ex portation est subordonnée au paiem ent
de ce droit.
L ’alfa brut, en balles ou en torsades, n ’est
soum is d ans la m étropole, quelle que soit sa
provenance, à aucun d ro it d’entrée. Il peut, en
conséquence, et non o b stan t la loi du 19 juillet
1890/ so rtir de la Régence p a r n ’im porte quel
port, ne s ’accom pagner d ’au cu n certificat d ’o­
rigine et voyager de T unisie en F ran ce sous
pavillon étranger. Mais cette franchise ne s’é­
tend p a s à la pâte d’alfa, même grossière. Cel­
le-ci est assim ilée aux pâtes de cellulose et p as­
sible, su iv a n t les cas, des droits de douane cidessous énum érés :
(1) Il est v ra i que le tra n s p o rt p a r voie ferrée
et l’em barquem ent de l’alfa récolté an té rie u re ­
m ent à ladite période annuelle d’interdiction
dem eurent autorisés.
(2) K airo u an , Hadjeb-el-Aïoun, Sbeitla, Gafsa-gare, Sened-gare, G raïba-M aknassy, L a Ski­
ra, Gabès, Mad-jen-ben-Abbès, Djilm a, Kasserine.

T A R IF GÉNÉRAL

TA RIF
MINIMUM

Produit importé directement
d’un pays hors d’Europe
(100 kilos)
Ue

t

m écanique

( Sèche ........
j H u m id e

( chim ique...........................

100 kilos
F. 1 50
0 70
2 50

î
»
0 50
2 »

Il est encore à rem arq u er "ue ladite loi du 19
ju illet 1890 entre dès lors en jeu et que cette p â ­
te ne sa u ra it être soum ise a u bénéfice du tarif
m inim um qu’à la condition d ’avoir été expédiée
de l’un des onze ports suivants : Tunis, la
Goulette, Bizerte, Sousse, Souïssa, M onastir,
M alidia, Sfax, Gabès, D jerba et T abarka, de
voyager sous pavillon fran çais et de rem p lir les
au tres conditions spécifiées p a r le texte susvisé
(certificat d’origine, im portation en droiture).
Les eaux à T unis et à Bizerte ne sont pas fer­
rugineuses. Il serait d’ailleu rs très difficile de
trouver dans ces deux centres des quantités
im portantes d’eau douce po u r usage industriel.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, les
assu ran ces de m a considération très distinguée.

Le Directeur de VAgriculture, du
Commerce et de la Colonisation,
Signé : B artholomé .
A friq u e é q u a to ria le française
R e la tio n s m a r i t i m e s

Le Gouverneur général de l'Afrique Equatoria­
le française à M. le Président de l'Institut co­
lonial marseillais. '
P a ris, 18 m a rs 1910.
M onsieur le Président,
J ’ai été très sensible aux félicitations que
vous m ’avez adressées au su jet de m a prise du
service du G ouvernem ent g énéral de l’Afrique
E q u ato riale française, ta n t en votre nom per­
sonnel qu’au nom des m em bres de votre B ureau,
et je vous prie d’agréer, po u r vous et po u r eux,
m es plus sincères rem erciem ents.
Votre lettre du 17 février dernier m ’exposait
égalem ent combien il vous p a ra ît regrettable
que le p o rt de M arseille ne soit plus relié à notre
colonie équ ato riale p a r une ligne de navigation
à itin éraires réguliers. Je p arta g e sur- cette
question votre opinion, qui est au ssi celle du
Syndicat des E xportateurs et de la Cham bre de
Commerce de votre ville ; m ais m on adm inis­
tra tio n n ’a pas la possibilité de provoquer la
création d’une ligne nouvelle. Nos budgets ne
possèdent p as des ressources suffisantes pour
que l’on puisse le u r im poser la charge d ’une
subvention et, devant l’échec des adjudications
de 1907 po u r le service postai Loango-M arseille,
on a cessé d’inscrire au budget m étropolitain
la subvention de 175.0U0 fran cs qui y était
affectée.
Il ne serait san s doute pas im possible de faire
revenir les départem ents intéressés su r cette dé­
cision, si l’initiative privée o rg an isait u n ser­
vice régulier p a rta n t de M arseille, service qui
a u ra it la certitude de trouver un fret im p o rtan t
entre M arseille et M atadi, à l’aller p a r le m a té ­
riel considérable dont les tra v a u x projetés vont
nécessiter l’emploi, et au re to u r p a r les bois et
les palm istes que le commerce local a u ra it
avantage à expédier su r la M éditerranée.
Je serai heureux d’accueillir toutes les pro­
positions qui seraien t form ulées p a r les Gompa-

�L’EXPANSION COLONIALE

62

gnies de n av ig atio n m arseillaises et les exam i­
n e ra i avec la plus g ran d e bienveillance.
Veuillez agréer, M onsieur, le P résident, les
assu ran ces de m a h au te considération.
M e r l in .
B o is a r o m a t i q u e s

Le Gouverneur général de l'Afrique Equatoria­
le française à M. le Président de l'Institut co­
lonial marseillais.
P a ris, 18 m a rs 1910.
M onsieur le P résident,
Vous m ’avez, p a r lettre du 18 février dernier,
fa it savoir que l’u n des m em bres de votre So­
ciété, qui dirige une in d u strie u tilisa n t des bois
arom atiques, serait disposé à essayer l’emploi
des essences de la forêt gabonaise et vous expri­
miez le désir de recevoir des échantillons desti­
nés à une expérience pratique.
.T’ai le re g re t de vous faire co nnaître que les
bois o d o ran ts ne sont ju sq u ’ici n i exploités ni
même connus au Gabon. Il est possible que
p a rm i les nom breuses espèces de la forêt équa­
toriale, il existe des arb res possédant des q ua­
lités analogues à celles du san tal, du bois de
rose, etc. ; m ais nous n ’avons aucune certitude
à cet égard.
.Te fais procéder actuellem ent à u n inventaire
scientifique et com m ercial des p ro d u its n a tu re ls
du Gabon, et to u t spécialem ent des bois qui
so n t la p rin cip ale richesse de la p a rtie m aritim e
de la colonie. Si au cours de ce trav ail, la p ré­
sence d’arb res d’essences o doriférantes est
constatée, je ne m a n q u e ra i pas de vous le faire
savoir.
M a ro c . — Im m ig ra tio n .

De M. R. Leclerc, délégué général du Gomité
du Maroc, correspondant de l'Institut colo­
nial.
T anger, le 18 m ars 1910.
M onsieur le P résident,
J ’ai bien reçu votre lettre du 11 courant, au
su jet des dem andes d’em ploi p ro v en an t d ’ou­
v riers qui d ésireraien t s’engag er comme m a­
nœ uvres ou comme ouvriers agricoles au
Maroc.
A T anger, les m anœ uvres et m açons peuvent
s’adresser à M. Liorel, en tre p re n eu r ; à la So­
ciété d'Etudes et de Commerce, ou à M. Porchê,
ingénieur en chef des T rav au x publics. (Il n ’y
a pas d ’en trep rises agricoles à Tanger.
A C asablanca, les m anœ uvres et m açons
p o u rra ie n t se m ettre en ra p p o rts avec la Société
d’E tudes et de Commerce, M. B usset et la Com­
pagnie M arocaine ; les ouv riers agricoles avec
la Société d’E tudes et de Commerce, la Compa­
gnie M arocaine et M. Amieux. A vant de se re n ­
dre au Maroc, ils p o u rra ie n t p ren d re des re n ­
seignem ents à M arseille, à la Société d’Etudes
et de Commerce, 2, q u ai de la Joliette.
Actuellem ent, il n ’y a nas beaucoup de places
à prendre, m ais lorsque la réalisatio n de l’Em ­
p ru n t de liquidation a u ra am ené des capitaux
au Maroc, la bâtisse p re n d ra u n nouvel essor
et à ce m om ent, il est probable que l’on d em an­
dera de bons ouvriers.
René L eclerc .

C O U R S C O L O N IA U X

Voici le programme des cours coloniaux
publics qui ont été professés à l’Institut co­
lonial pendant le mois de mars 1910 :
M ardi 1er m ars, à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud :
La défense contre la peste et épidém ie de fièvre
jaune.
M ercredi 2 m ars, à 5 heures soir, M. Jum elle :
P ro d u its végétaux des colonies.
Jeudi 3 m ars, â 4 heures soir, M. F o u cart :
Les ancêtres. Les dieux de la n ature.
Sam edi 5 m ars, à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud :
Q ualité des alim ents de n a tu re végétale. Les
conserves. P ré p a ra tio n des alim ents.
L undi 7 m ars, à 5 heures soir, Dr J. de Cordemoy : Les pêcheries sénégaliennes.
M ardi 8 m ars, à 3 h. 1/2, Dr R eynaud : La
fièvre jaune.
M ercredi 9 m ars, à 3 h. 3/4 soir, M. R ay n au d :
Les banques coloniales. — A 5 h eures soir,
M. Jum elle : Les dérivés du m anioc ; couac,
cassave, fécule et tapioca.
Jeudi 10 m ars, à 8 1/2 m atin (au P a rc Borély),
M. Davin : Différents m odes de reproduction
chez les végétaux.
V endredi 11 m ars, à 5 h eures soir, M. L au ­
ren t : La silice et ses composés ; les argiles.
Sam edi 12 m ars, à 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud :
Les boissons alcooliques.
L undi 14 m ars, Dr J. de Cordemoy : Pêcheries
des colonies de l’Océan Indien.
M ardi 15 m ars, Dr R eynaud : L a défense con­
tre la fièvre jau n e ; le béribéri.
M ercredi 16 m ars, M. R ay n au d : Les banques
coloniales (suite). — M. Jum elle : P ro d u its vé­
gétaux.
Jeudi 17 m ars, M. Davin : R eproduction des
végétaux. — M. F o u cart : H istoire des religions.
Sam edi 19 m ars, Dr R eynaud : L ’alcoolisme
aux colonies ; ses m éfaits.

(Vacances de Pâques).

L’INDUSTRIE MINIÈRE
AU CONGrO FRANÇAIS
Jusqu’à ce jour notre vaste colonie du
Congo Français a envoyé seulement aux
marchés métropolitains de l’ivoire, des
caoutchoucs et des bois, et l’on ne croyait
généralement pas qu’elle soit susceptible de
fournir autre chose que des produits végé­
taux. Un grand changement est pourtant
sur le point de s’accomplir et bientôt elle
enverra des minerais en quantité importan­
te qui seront un appoint précieux pour son
commerce d’exportation.
Depuis une trentaine d’années les mines
de cuivre de la vallée du Niari ont été décri­
tes par Thollon, Jacob, Cornille, etc., alors
qu’elles étaient encore exploitées par les in­
digènes. Ce ne sont pas en effet nos explo-

�L’EXPANSION COLONIALE
rateurs qui découvrirent le cuivre au- Congo,
car il était connu depuis longtemps des indi­
gènes, qui l’exploitaient avec des moyens très
primitifs. Le minerai recueilli, après un
traitement sommaire, était coulé en petites
barrettes qui servaient de monnaie dans les
pays Batéké et Bacongo et même au-delà.
A la suite de l’importation par les. Euro­
péens de fil et autres articles en cuivre et de
numéraire, l’extraction et la métallurgie
furent abandonnées par les indigènes, qui
trouvèrent plus simple d’acheter que de fa­
briquer les objets dont ils avaient besoin.
Aussi lorsque la compagnie minière du Con­
go Français et les missions Levât et Bel pas­
sèrent récemment pour prospecter, elles
trouvèrent les puits abandonnés et presque
comblés.
Les gisements miniers se répartissent au­
tour de deux centres, Mboko-Songho et Mindouli, tous les deux importants et également
connus à l’heure actuelle, mais dont le der­
nier seul est en exploitation.
Depuis 1902, avec, une rare ténacité, un
groupe lyonnais, qui depuis a constitué la
Compagnie Minière du Congo Français, a
fait dans toute la région de Mindouli des re­
cherches et des prospections qui ont donné
d’excellents résultats. Maintenant l’on est
fixé sur la position des gisements et sur leur
richesse en certains points, ce qui a permis
d’entreprendre à Mindouli même l’exploita­
tion d’un gisement de chalcosine d’une rare
richesse métallique ; déjà plus d’un millier
de tonnes est sur le carreau, prêt à être
exporté.
Le gisement qui rayonne autour de Min­
douli est à 125 kilomètres dans l’Ouest de
Brazzaville, à proximité du sentier que l’on
nomme route des caravanes, lequel relie
Brazzaville au port de Loango et il est sur un
des contreforts du mont Gampika.
Après une série de recherches dans la ré­
gion minière comprise entre Mindouli et
Mboko-Songho, la compagnie minière a en­
trepris, ainsi que nous l’avons dit, l’exploita­
tion en règle du gisement de Mindouli. Jus­
qu’à présent les difficultés des transports,
qui doivent se faire à dos d’hommes de Braz­
zaville à la mine, n’ont permis que de faire
des installations provisoires, qui seront
transformées dans un temps très court. Dès
le début, on s’était rendu compte de la ri­

63

chesse des mines de la vallée du Niari, mais
ce qui avait arrêté les premiers prospec­
teurs c’était la question exportation, car il ne
suffisait pas d’extraire des minerais, il fal­
lait pouvoir les transporter à la côte et l’on
n’en voyait guère alors la possibilité. Aussi
la Compagnie Minière du Congo Français,
en même temps qu’elle commençait l’exploi­
tation du minerai à Mindouli, se préoccu­
pait-elle de l’établissement d’une voie ferrée.
Les frais de construction d’une ligne Mindouli-Loango ou Pointe-Noire étant trop éle­
vés, ce fut vers Brazzaville qu’elle se retour­
na. Mais au préalable, par une entente avec
la Compagnie du Chemin de fer du Congo
Belge, qui s’engageait à effectuer ses trans­
ports de Kinshassa à Matadi à un tarif ex­
ceptionnellement bas (ce qui lui était rela­
tivement facile, les chargements à la descen­
te étant toujours minimes), elle s’assurait la
possibilité d’exporter ses minerais dans de
bonnes conditions par cette voie.
La nouvelle ligne Brazzaville-Mindouli,
qui est en construction, est du type Decauville de 60 c/m d’écartement. La pose de la
voie est achevée sur plus de 40 kilomètres et
la plate-forme qui a 150 kilomètres, est ter­
minée à l’heure actuelle. Le seul obstacle
sérieux qu’elle rencontre sur son parcours
est la traversée de la rivière Djoué, large de
60 mètres environ, profonde et au courant
rapide, sur laquelle un pont sera établi. Par
ailleurs, elle suit les dénivellations du ter­
rain pour éviter les montées et ne traverse
que peu de rivières, toutes sans importance.
On compte que ce chemin de fer sera termi­
né à la saison sèche, c’est-à-dire vers juillet
et aussitôt les exportations commenceront,
car après cette longue période d’attente et
de préparation, les intéressés ont hâte de
voir leur entreprise rapporter. Aussi l’on
peut prévoir dès maintenant que le premier
chargement arrivera en Europe en septem­
bre prochain.
Les minerais extraits à Mindouli sont :
la chalcosine ou sulfure de cuivre (77 à 78 %
de cuivre), des malachites à 57 %, des tetraédites et parmi d’autres minerais l’on trouve
des sillons de cuprite à 88 %.
L’exploitation se fait en galerie pénétrant
dans la montagne à flanc de coteau, et plu­
sieurs centaines de mètres de galeries exis­
tent déjà. Le travail s’effectue par des équi-

�64

L’EXPANSION COLONIALE

pes indigènes sous la surveillance d’Euro­
péens et le rendement de cette main-d’œuvre,
dont le recrutement sur place est assez faci­
le, est satisfaisant.
L’exploitation de Mindouli n’est que le
début d’une série d’autres, qui s’ouvriront
peu à peu dans la vallée du Niari en se diri­
geant dans l’Ouest, vers Mboko-Songho.
Tout d’abord l’on exportera les minerais les
plus riches, conservant les autres, pour les
enrichir avant l’envoi, car on peut pour cela
disposer d’une force de plusieurs milliers de
chevaux par l’utilisation des chutes des
rivières voisines.
Dans cette région, si pauvre au point de
vue des ressources végétales, l’on' trouve,
outre le cuivre, du fer, du plomb argentifè­
re, du zinc et aussi de l’étain, c’est-à-dire de
quoi fournir à la métropole des quantités im­
portantes de minerais.
Le seul inconvénient, bien sérieux, il est
vrai, de cette région minière, est son éloigne­
ment de la côte ; aussi la création de la voie
ferrée qui doit relier par notre colonie le
Congo à l’Atlantique s’impose-t-elle plus
que jamais. La solution d’expédier les mine­
rais par la voie du Congo Belge n’est pas
admissible longtemps, et il semble que par­
mi les grands travaux que l’on va entrepren­
dre au Congo Français devrait figurer la
construction du chemin de fer Brazzaville à
Pointe-Noire dont le succès serait assuré.
Outre qu’il aurait un trafic certain par le
développement de l’exploitation des mines,
il pourrait aussi servir à celle de la forêt
du Mayombe, qui elle aussi renferme des ri­
chesses dont on ne s’est pas encore occupé.
La région minière Mindouli-Mboko-Songho ne semble pas être la seule du Congo
Français ; .en effet de nombreux prospec­
teurs parcourent les monts de Cristal dans
le Haut-Como (Gabon), et il n’y aurait rien
d’étonnant que bientôt l’on apprenne que ce
pays est riche en gîtes métallifères dont l’ex­
ploitation donnerait un nouvel essor aux
exportations des colonies du groupe du
Congo.
A. B a u d o n ,
Correspondant de l’Institut
Colonial Marseillais
à Brazzaville

Régime douanier colonial
L’appel de MM. E. Etienne, P. Deschanel
et J. Chailley pour la réforme du Régime
douanier des colonies a obtenu de nombreu­
ses adhésions à la création de la Fédération
projetée. L’Institut colonial marseillais s’est
fait représenter à Paris à ce sujet par M. Le
Cesne, administrateur-délégué de la Compa­
gnie Française de l’Afrique occidentale.
Voici le texte de la résolution votée :
« Les Associations coloniales réunies à
Paris, au siège de YUnion Coloniale Fran­
çaise, 44, chaussée d’Antin, le 25 février
1910 ;
Renouvellent à l’unanimité les vœux
émis par les Congrès de Bordeaux et de Mar­
seille et par le Congrès des Anciennes Co­
lonies en faveur d’une réforme du régime
douanier colonial ;
« Décident de constituer sous le titre de
« Fédération Intercoloniale », une associa­
tion qui aura pour but exclusif de poursui­
vre cette réforme auprès des pouvoirs pu­
blics, et adoptent les statuts de l’Associa­
tion ;
« Acclament le ministre des colonies, M.
Eugène Etienne et M. Paul Doumer, comme
présidents d’honneur de la Fédération ;
« Protestent contre l’application qui se­
rait faite dans les colonies des relèvements
de droits apportés aux tarifs de douane ,
métropolitains, en vertu des dispositions
combinées de l’article 8 du projet de loi
récemment voté par la Chambre, et de la
loi du i l janvier 1892 ;
« Remercient les membres du Sénat qui
ont pris l’initiative d’un amendement à ce
projet de loi repoussant toute aggravation
des tarifs actuellement en vigueur dans les
colonies ;
« Emettent le vœu que le. ministre des co­
lonies intervienne pour soutenir cet amen­
dement dans la discussion du projet de loi
devant le Sénat ;
« Invitent le Bureau de la Fédération à
porter les résolutions et vœux qui précèdent
à la connaissance de M. le Ministre des Co­
lonies et de M. le Président du Conseil des
ministres. »
Dans une seconde réunion générale sous
la présidence de M. P. Deschanel, député,
la Fédération intercoloniale a ensuite termi­
né le vote de ses statuts. Elle a approuvé les
propositions de son bureau provisoire, ten­
dant à fixer à quarante le nombre des mem­
bres du Conseil, dont dix-huit élus par l’as­
semblée générale elle-même et le surplus
formé des présidents et de délégués des sec­
tions.
L’assemblée a, en outre, décidé que le
I nombre des sections serait fixé à huit, sa-

'

J»

�L’EXPANSION COLONIALE
voir : 1° Afrique Septentrionale ; 2° Afrique
Occidentale ; 3° Afrique Equatoriale ; 4°
Madagascar et Afrique Orientale ; 5° Asie ;
6° Antilles, Guyane et Réunion ; 7° Océanie ;
8° Saint-Pierre et Miquelon. En outre de ces
sections géographiques, la Fédération com­
prendra un Comité d’initiative parlemen­
taire et un Comité de jurisconsultes.
L’assemblée a procédé à la désignation des
dix-huit membres du Conseil dont le choix
lui est dévolu et qui formeront, à titre pro­
visoire, le bureau de la Fédération, jusqu’à
ce que les sections, s’étant constituées, aient
pu désigner leurs présidents et leurs délé­
gués. M. A. Artaud, président de notre Ins­
titut colonial, a été élu membre du Conseil
de la Fédération.
Enfin l’assemblée a désigné, par acclama­
tions, comme présidents d’honneur, conjoin­
tement avec le Ministre des Colonies, MM.
Eugène Etienne et Paul Doumer, M. Charles
Roux, président de l'Union Coloniale Fran­
çaise, et M. Saint-Germain, président du
groupe colonial du Sénat.
D’autre part, la note suivante a été com­
muniquée par le Gouvernement au sujet du
Régime douanier colonial :
« Le Ministre des Colonies a exposé au
Conseil des Ministres la situation faite aux
colonies par la prochaine application du nou­
veau Tarif douanier qui, aux termes de l’ar­
ticle 8, va atteindre les produits étrangers à
l’entrée dans les colonies, avant toute dis­
cussion du régime spécial, dont la détermina­
tion avait été réservée pour un débat ulté­
rieur.
« Après explications des ministres des fi­
nances et du commerce et en raison de la
possibilité d’excepter par voie de décret de
l’application du tarif nouveau, des articles
limités intéressant les colonies, le Conseil
a décidé que le gouvernement ne pourrait
s’associer aux propositions qui tendent à
une exception plus générale, l’administra­
tion des douanes se déclarant impuissante
en ce cas à empêcher le transit par les co­
lonies de produits étrangers qui seraient
ainsi soustraits à l’application du tarif
métropolitain. »
Il faut voir dans cette décision l’interven
tion de la Commission des Douanes de la
Chambre et une nouvelle démonstration de
la nécessité d’une Fédération puissante pour
la défense des intérêts coloniaux.

ACTES COLOHIAUX O FFIC IELS
Métropole
Gouverneurs. — P a r décrets présidentiels :
M. D ufrenil (Paul), inspecteur des services ci­

65

vils de l’Indochine, a été nommé gouverneur
de 3e classe des colonies et placé h o rs cadres
comme a d m in istrateu r en chef du territo ire de
Kouang-Tchéou-W an, puis adm is à faire valoir
ses droits à une pension de re tra ite ; M. Morel
(Louis), résident sup érieu r en Indochine, a été
adm is à faire valoir ses droits à une pension
de re tra ite ; M. Gourbeil (M aurice), gouverneur
de 2° classe des colonies, lieutenant-gouverneur
de la Cochinchine, a été élevé à la prem ière
classe de son emploi ; M. O utrey (Ernest), in s­
pecteur des services civils de l’Indochine, a été
nommé résident su p érieu r a u Laos en Indochi­
ne, en rem placem nt de M. Morel (Louis), adm is
à la retraite.

Fonctionnaires coloniaux. — Un décret du 2
m a rs porte révision des règlem ents relatifs à la
solde et aux accessoires du personnel des ser­
vices civils coloniaux ou locaux de nos pos­
sessions d’o u tre m er.
Taxes postales. — P a r décret, à p a r tir du
1er avril 1910, les taxes et au tres conditions du
régim e in té rie u r fran çais concernant les échan­
tillons, les papiers d’affaires et les im prim és
périodiques sont applicables aux objets de mê­
m e n a tu re o rd in aires ou recom m andés qui sont
échangés entre la F rance, la Corse, l’Algérie,
ia Tunisie, les bureaux fran çais de Tripoli de
B arb arie et du M aroc, d’une p a rt et les colonies
ou établissem ent fran çais d’a u tre part.
Algérie. — Une loi du 1er m a rs 1910, déclare
d’utilité publique l’établissem ent d’un chem in
de fer de B erro u ag h ia à Djelfa, et deux lois du
8 m ars déclarent d’utilité publique l’établisse­
m ent de chem ins de fer de Tizi à Uzès-le-Duc
et de Sidi-bel-Abbès à Tizi.
Afrique occidentale. — P a r décret, est ap ­
prouvée la convention passée les 23-27 décembre
1909, entre le G ouverneur g énéral de l’Afrique
Occidentale fran çaise et M. Eugène Lagache,
président du Conseil d’ad m in istratio n de la So­
ciété m inière du Soudan français. — U n dé­
cret étab lit pour- le po rt de commerce de D akar
un budget annexe au budget général de l’A fri­
que Occidentale française. — P a r décrets, est
fixée à 60.000 kilog. la q u an tité de café origi­
n aire de la Côte d ’ivoire qui p o u rra être adm i­
se en France, p en d an t l’année 1910, dans les
conditions de détaxe prévues, p a r les décrets
des 30 ju in 1892 et 25 août 1900 ; est fixée à
10.000 kilog. la quantité de cacao en fèves et en
pellicules originaire du Dahomey qui p o u rra
être adm ise en France, p en d an t l’année 1910,
dans les conditions de détaxes prévues p a r le
décret du 17 août 1907.
Afrique Equatoriale. — P a r décret, est au to ­
risée l’ouverture des trav au x à exécuter su r
fonds d ’em prunt, conform ém ent au pro jet p ré­
senté p a r le G ouverneur général, pour la cons­
truction de lignes télégraphiques. (Dépense,
1.430.000 francs). — P a r décret, sont fixées a in ­
si qu’il suit les quan tités de café et de cacaos
en fèves orig in aires du Congo fran çais (bas­
sin conventionnel) qui p o u rro n t être adm ises
en France, p en d an t l’année 1910, dans les con­
ditions de détaxe prévues p a r le décret du 22
avril 1899 : Café 50.000 kilogram m es, Cacaos
25.000 kilogram m es.

�L’EXPANSION COLONIALE

66

Ports et fleuves. — Un décret du 18 m ars 1910
autorise : 1. ju sq u ’à concurrence d’une dépense
m axim um de 450.000 fran cs, les études et am é­
nagem ents de p o rts m aritim es en Afrique équa­
to riale française, su iv an t le program m e ciaprès :
a) E tudes p our le choix d ’u n p o rt dans l’es­
tu a ire du Gabon et p ré p a ra tio n d ’u n avantp ro jet de ce p o rt ;
b) E tudes et am énagem ents du p o rt actuel
de ca.p Lopez ;
c) E tudes p our le choix d ’un port dans les
baies de Pointe-N oire ou P ointe-Indienne et
p ré p a ra tio n d ’un avan t-p ro jet de ce p o rt ;
2. Sont autorisées, ju sq u ’à concurrence des
dépenses m axim a indiquées p our chaque a rti­
cle, les études et am énagem ents de cours d’eau
en Afrique éq u ato riale française, su iv an t le
pro g ram m e ci-après :
a) E tudes et p rem iers am énagem ents des
po rts fluviaux de B razzaville, B angui, Ouesso,
M akoua et N ’Djolé, dépense m axim um 370.000
fraircs ;
b) E tudes h y d ro g rap h iq u es du fleuve Congo,
dans le S tanley-Pool fran çais, de la S angha,
entre Ouesso et B ay a n g a ; de l’O ubangui, entre
Zinga et B angui, et études des conditions
d’am élioration du seuil de Z inga ; a c h a t ou
location de b ateau x et de m atériel, dépense
m axim um 370.000 fran cs ;
c) E tudes d ’am élioration et nettoyage des
rivières de rav itaillem en t Kémo et Tomi, Kou­
dou et Sembé, dépense m axim um 60.000 francs.
Chem ins de fer. — Un décret du 18 m ars a u ­
torise : 1. Ju sq u ’à concurrence d ’une dépense
m axim um de 800.000 fran cs les études d’un che­
m in de fer à voie de u n m ètre, p a rta n t d ’un
point de l ’estu aire du Gabon, et ab o u tissant
soit à Ouesso su r la Sangha, soit à N ’Goïla sur
le N ’Goko ; 2. Ju sq u ’à concurrence d ’une dé­
pense m axim um de 500.000 fran cs, les études
d ’un chem in de fer à voie de u n m ètre, p a rta n t
d ’un point de la côte à déterm in er dans le voi­
sinage de Pointe-N oire et ab o u tissan t à B raz­
zaville.

l’étendue de la colonie, pour éviter la d isp ari­
tion de cet oiseau. — Un arrêté local établit
le tau x des patentes et licences au Dahomey.

Indochine. —■P a r décret, est assim ilé a u dé­
lit d’abus de confiance le fait, p a r les indigè­
nes em ployés su r les exploitations européen­
nes à titre d ’engagés ou de m étayers, de dé­
to u rn e r ou de dissiper les avances à eux faites
en espèces ou en n atu re.

Le 5 avril, il sera procédé à P a ris, salle des
séances de la Commission des m archés, Office
Colonial, à l ’ad ju d icatio n de Ta fo u rn itu re :
1° De tôles noires galvanisées nécessaires au
service du chem in de fër et du P o rt de la R éu­
nion ;
2° De changem ents de voies et d’un tenider, des­
tinés au chem in de fer de K ayes a u N iger ;
3° De p apier bande destiné au service des pos­
tes et télégraphes de l ’Indo-Chine.

Océanie. — Un décret fixe à 20.000 kilogram ­
mes la q u an tité de vanilles o rig in aires des E ta ­
blissem ent fra n ç a is de l’Océanie qui p o u rro n t
être adm ises en F ran ce du 1er ju ille t 1909 au
30 ju in 1910 d ans les conditions de détaxe éta­
blies p a r le décret du 30 ju in 1892.

Colonies
Tunisie. — U n décret beylical approuve la
convention passée entre le d irecteu r général
des trav au x publics et la Société anonym e des
salines de Tunisie p our la concession de la cons­
tru ctio n et de l'exploitation d’un port à l’oued
M im un (Kerkennah).

Afrique occidentale. — Un arrêté du lieute­
nant-gouverneur du Haut-Sénégal et Niger in­
terdit formellement la récolte, la circulation et
le commerce des œufs d’autruche dans toute

Madagascar. — Un a rrêté réglem ente l’ex­
ploitation des tourbières. — Un a rrêté autorise
l'établissem ent de pêcheries su r le litto ral de
l ’île E uropa. — Un a rrêté ouvre le b u reau des
Comores à l’échange des télégram m es de toutes
catégories.
Indochine. — U n a rrêté autorise la location
d’un te rra in du dom aine colonial po u r l’exploi­
ta tio n d ’un dock flottant et de ses annexes à
H aïphong. -— Un a rrêté autorise la m odification
du projet des trav au x d’adduction d’eau de la
Ville de Hué et fixe le m o n tan t de la dépense
à 1.254.000 francs.
J. L.

Exposition coloniale lie Saint-Denis de la Réunion
La Cham bre d'A griculture de La Réunion,
dont l ’activité est si rem arquable et qui fait
les efforts les plus dignes d ’éloge pour la mise
en v aleur de n o tre belle colonie de l ’Océan in ­
dien, organise une Exposition artistique, -agri­
cole et industrielle qui doit avoir lieu du 15 au
25 août prochain à Saint-Denis.
Les E xposants n ’a u ro n t à p ay er au cun droit
d ’entrée. Les intéressés p o u rro n t trouver dans
les bureaux de l ’In stitu t colonial m arseillais
tous renseignem ents u tiles et nous ne saurions
trop recom m ander à nos am is de sa isir cette
occasion de faire connaître leu rs p roduits à La
Réunion, qui entre du fait de la rep rise des
affaires de sucre dans une nouvelle ère de pros­
périté.

A v is

d ’A d j u d i c a t i o n

Le 6 avril, à Bordeaux, ad judication de la
fo u rn itu re de conserves de bœuf nécessaires aux
services m ilitaires du Congo français.
Le 18 avril, à B ordeaux, ad ju d icatio n de la
fo u rn itu re de 7.000 kilog., de café vert po u r le
H aut-Sénégal et Niger.
Les personnes désireuses de prendre p a rt à
ces ad ju d ications p o u rro n t en consulter les c a ­
hier des charges dan s les B ureaux du Secréta­
ria t de l’In stitu t colonial, 5, ru e Noailles, M ar­
seille.

�67

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
M a rs e ille

T E X T IL E S
les 100 k.
Raphias do Madagascar. — Tamatave
l r« q u alité.................................................... F . 60
Majunga b lan c..............................................
65
Analalave b lanc...................................... ..
57
Tare d ’usage,escom pte 3 o/o comptant,
m archandise prise à quai ou m agasin
M arseille. — Article ferme.
Fibres d’Aloës. — Bourbon 1er c h o ix .... 60 à 65
Bourbon o rdinaire....................................... 50 à 55
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
P iassava M adagascar...............................
80
ESSEN C ES
le kilo.
G éranium Bourbonbien tenue..........
27
Vétyver B ou rb o n.................................
30
Lemon-Grass (Verveine).....................
12
Y la n g -Y la n g ... . ................................. 300/400
V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Ëntrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k i l o ........................................ 38/42
Vanilles ordinaires sa in e s........................... 27/28
»
inférieures
» ........................... 22/24
»
T ah iti 1« qualité........................... 11 50
CU IRS DE M A D A G A SC A R
les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s..................................... 135/150
Tam alave » » ..................................... 125/135
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
l ' r choix. — Pinky n" 1 .............. 14.50
14 75
M adagascar lo m b iri....................... 11. — à 14.50
Tam atave Guidroa 1er choix.......... 11.50
12.—
Majunga 1er choix........................... 1 0 .12.—
N ossi-B è............................................
8.50
9.50
Diègo-Suarez 1" choix................... 14.50
14.75
T ullèar........... ....................................
7. »
9.50
Tonkin rouges 1er choix............... ’. 14.50
15 .—
» n o ir s ..................................... 12.50
13.—
» lanières................................. 14.— 14.25
» plaques................................. 12.— 12.25
Nouméa, bon courant..................... 12.50 13 —
Niggers Soudan ro u g e s................. 15.25
15 50
Soudan-N iggers blancs ................ 14.25
14.50
Sénégal-Gam bie A ......................... 11.50 11.75
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.
C IR E S D ’A B E IL L E S
M adagascar.................................
335 à 340 »
Algérie..........................................
330 335 »
Tonkin...........................................
330 335 »
S é n é g a l.........................................
335 340 »
Ces prix s’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable com ptant à tout entrepôt.
G IR O F L E S de Sainte-M arie (Madagas­
car)................................... les 100 k, 225 à 230 »
Escompte 2 o/o, payable com ptant à tout
entrepôt.
De
De
De
Do

O R S E IL L E Madagascar
30 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat).
CAFÉS
Guadeloupe bonifleur....... .. les 50 k.
Guadeloupe habitant__ .....................
N oum éa.............................. ......................
Bourbon pointu.............................. .........
N ouvelles-H ébrides.......... .....................
Libéria de M adagascar... .....................
M archandises à l’entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

132 à 140
122
130
90 100
125 135
85
92
75
85
Blanc.)

G R A IN E S O LÉ A G IN E U SE S
Coprahs.— Ferm e. Qualité « Sèles 100 kil.
chés au Soleil »..................... F. 68 — ------« Loyale et M archande . . . . . . .
60 — ------Arachides A frique décort. disp.
37— à 38 —
Palmistes. — Bas de côte...........
39 — 41 —
»
G uinée...................
42 — 44 —
Huile de palme. — Ferm e.
D ah o m ey .................
74 — 75 —
G ran d -B assam ...........................
71 — 72 —
L ahou............................................
70 — 71 —
(Pichot et De Gasquet.)
Le

H a v re

CAOUTCHOUC M adagascar. —
Tam atave Pinky I ....................... F. 10 » à 12 »
»
Pinky I I .......................
9 50 11 »
M aju n g a............................................
9 » 11 »
F a ra fa n g a n a ............................ . . . .
6 »
8 »
M ananzary........................................
7 50
9 50
Tonkin................................................
9 » 12 »
Congo H aut-O ubanghi..........: ___ 15 50 16 »
N’Djolé................................................
9 » 11 25
(Le tout au kilog, Le Havre.)
T E X T IL E S . — Sisal A friq u e .. . .
Aloès Réunion..................................
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)

72 50 à 77 »
54 » 60 »

BO IS acajou Gabon.........................
»
#
Okoumé.......... ........
» ébène G abon.........................
»
» M adagascar................
(Le tout aux 100 kilos.)

10 » à 16 »
9 » 10 »
15 » 30 »
15 » 30 »

le kilo.
3.25
les 100 k.
GOMME Copale A frique............... . . .
50 à 100
»
M adagascar............................. 100 400
(Vaquin et Schweitzer.)
C IRES M adagascar...............................

B o rd e a u x

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N ig g ers............................. ............... 14.—
Soudan'N iggers rouges................................. 13.50
Soudan N iggers blan cs................................. 12.50
L ah o u N ig g ers....... • ........................................ 12 —
Gambie A .......................................................... 10.—
Gambie A M .....................................................
9. —
Gambie B ........ ...............................................
8 .—
Bassam L um ps................................................
7 .—

�L’EXPANSION COLONIALE

68

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) .........................................
472 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ...........
433 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
499 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) ........................................
80 —
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
83 —
94 —
,—
Em. 3 o/o 1903 (gar.)
93 —
450 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o, 1899-1905 ...............
480 —
-------—
obi. 3 o/o 1902...........
421 —
480 — E m prunt Algérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p .......................
452 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897....................
956 —
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
960 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898...........................
470 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
460 —
492 50 Col. de la M artin iq u e..............
480 —
470 — A friqueO ccident.,3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g a r.)...............
464 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
521 —
B A N Q U E S C O LO N IALES
E T E T A B L IS S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cie Algérienne, act. de 500 t. p. 1180 —
500 — Créd. Fonc. d ’Algér. et Tunis.
575 —
—
—
—
îib.
594 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p .........................• ........... 1687 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p . (n.).....................
430 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).............................................. 1100 500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) .................................
720 —
500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n ) ................... ' . . .
350 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p n o m .)............. 1498 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
690 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1260 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
92 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o. 420 ...................................
171 —
350 —

C r é d it F o n c i e r C o l o n i a l , o b i .

5 o/o 350......................................
147—
C H EM IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T C O LO N IAU X
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
690 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
436 —
500 — Est A lgérien, act. r. 4 6 0 0 ....
709 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
437 —
500 — Ouest Algérien, act. r. 4 600..
656 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. 4 500 434 —
-------Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500........................ .
438 —

340 — M écheria-Aïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. 4 500.. ...... ..................
443 —
-------Mouzbab-Mèeheria, obi. 3 o/o
rem. 4 500...............................
441 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. 4 500...............................
437 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n a n , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500 —
500 — Dakar 4 Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. 4 650................. 1180 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç., obi. 3 o/o r. 4 500 389 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.....................
441 —
V A L E U R S M IN IÈ R E S
— — Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ................................. 1780
—
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem 4 500......................
510
—
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ......................
884
—
477 50 A lgérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. 4 500...............
494 —
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ...........................
515
—
500 —
Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1630 —
------ Cie nantaise des mines de
M adagascar...................
307
—
Divers
Le Nickel, act. de 250 t. p . . . .
720 —
445 — —
obi. 4 o/o rem. 4 500.
505 —
375 — Compagnie Minière du C ongo.. 1425 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p ..........................
80
—
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500......................
485
—
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ............. 3670
—
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts... 3249 —
V A L E U R S CO LO NIALES F R A N Ç A ISE S

Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale.................(actions anciennes).
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale............... (actions nouvelles)..
Cie M arseillaise de M adagascar ............
Alimaïenne....................................................
Congo occidental........................................
Haut-Congo (Compagnie française du)..
Haute S angha..............................................
H aut-O gôoué................................................
La K otto.....................
M’Poko.............................................
M essageries Fluviales du Congo............
Sultanats du H aut-O ubangui...................
Compagnie minière de Guinée: act........
Compagnie des mines de Siguiri : act.
Compagnie de l’Ouest africain français,
a c t...............................................................
Société'botonnière de l’Indo-Chine . . . . .
Cie du Maroc et des Colonies africaines..

—
3054 —
629 —
85 —
150 —
465 —
216 —
700 —
500 —
199 —
349 —
1155 —
130 —
134 —
407 —
275 —
240 —

Le Président de l’Institut, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Im p rim erie du “ S ém ap h o re” Barlatier .- • M arseille.
17-19, ru e V enture.

�SE R V IC E S P O ST A U X M A R SEILLE-C O LO N IES
D é p a rts

de M a rs e ille
HATES DES DÉPARTS DERNIÈRE LEVÉE

Départements d ’A l g e r , d ' O r n n
»

».

de- C o n s t a n t i n e
d ’A ’g e r . . .

d ’O r n n ................

de C o n sta n tin e

T u n i s ie .
I n d o - C h u n e ...................
A f r i q u e O c c id e n t a le
F r a n ç a is e
S é n é g a l ...........................
D jib o u ti, M a d a g a s c a r ,
R é u n io n e t M a u r i c e
D j ibouti, M a j u n g a

V o ie
,
et
V oie

de M a r s e i l l e )
^
„
( J G 10 T r a n s
d A lg e r...)
de M a r s e i l l e , T r a n s p . M a r.
»
C ,e T o u a c l i c .
o
C'c G leT r a n s .
»
T r a n s p M ar.
»
C ‘° G*0 T r a n s
»
»
»
»

G u a d e lo u p e
et M a rtin iq u e
G u y a n e F r a n ç a is e ..
T a hiti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

M e rcred i et S am edi.
J e u d i ..............................
Je u d i et S a m e d i. . . .
Marc! i ..............................
M a r d i ..............................
M a r d i ..............................
S a m e d i ..........................
»
C'° T o u a c h e . J e u t l i ............................
»
C ^ G 1» T r a n s .
»
O T o u a c h e . M e r c r e d i .......................
))
t&gt;
S a m e d i ........................
»
C'c d e s M. M. Gn dim. sur déni à p. du 3 janv.
V oie d e B r i n d i s i . p a q . A n g l a i s . Vendredi ap. d. de Marseille . .

V o ie de M a r s e i l l e , T r a n s p . M a r . 10, 20 et-30 de chaque mois..
Voiede Bordeaux à Lishonne, C'*' d e s M. M. 1eJeudi, 1.1. i { j. à p. du lor janv.
10 d e c h a q u e m o i s
V o i e d c M a rs eille ,
»
))
))
25
»
»
O I l a v r a i s e V e r s le 20 de cliaqce mois.
V o i e i l e M a r s e i l l e , C ' ^ d e s M . M. Un dim.sur quatre à p. du 17 janv.

I n d o - C h i n e ...................
N o u v e ll e -C a lé d o n i e ..
V o ie d e B r i n d i s i . . . . . .

1 h. s o i r . .
6 h. s o i r . .
m i d i ...........
5 il. s o i r . .
5 li. s o i r ..
m i d i ............
5 h. s o ir..
m i d i ...........
m i d i .........
m i d i ............
1 h. s o i r . .
m id i....
11 h . m a t . . .
—

10 h 30 m .
6 h . 35 s o i r .
10 h . m a t .
10 h . m a t .
m a t . ou s o i r
10 h . m a t

—
m i d i ............
—
11 h . m a t . .
11 h . m a t . .
—
11 h . m a t . .

. 10 h . s o i r . 11 h . 30 s.

V o ie de M a r s e i l l e , C 'p d e s M. M. Cn Mercredi sur 1à p. du 13 jani. 10 h . m a t . 11 h . m a t .
V o i e d e B r i n d i s i , p a q . A n g l a i s . V e n d r e d i a p . - n t i d i . 10 h . s o i r . 11 h . 30 s.
—
Voie île S t - N a z a i r e , C ^ G 1' T r a n s . 9 d e c h a q u e m o i s . . l’avanl-Teille soir.
—
la veille au soir.
Voiede B o r d e a u x ,
»
26
»
—
Voie de C h e r b o u r g , p a q . A n g l a i s . LeMercr., 1.3.1 î j. àp. du fi janv. l'ai, mille malin.
—
Voie de S l - N a z n i r e , C i , G l1’ T r a n s . 9 d e c h a q u e m o i s . . rivant-veille soir.
Voie d’A m s t e r d a m , p a q . N é e r l . . Vendr , 1.1. \ \ jnurs à p.du 8 janv. la veille au soi ..
—
Voie de C h e r b o u r g , p a q . A n g l a i s . Le Merrr.,l.‘.d4 j. à p.du 6 janv. l’av.-veille malin.
V o i e L e H a v r e et C h e r b o u r g
p a r N ew -Y ork

A lg é rie :

T u n i s i e . .......................

11 h . m a t .
h. 20 s o i r .
10 h . 30 m .
3 h. 20 s o i r .
3 h 20 s o i r .
10 h 30 ni
3 h 20 s o i r .
10 h . 30 m .
10 h . 30 m .
10 h . 30 m .
Il h. m a t.
10 h . 30 m .
iO h . m a t .
10 h. s o i r .

V o ie de B o r d e a u x , Ci» des Clwrg. Iléun. 24 d e c h a q u e m o i s . 6 h 35 s o i r .

A r riv é e s
A l g e r .......................................
C o n s ta n tin e p a r P h ilip p ev ille et B ô n e . . . . .
O r a n ........................................

DÉPARTS
DES BATEAUX

'
Hardi, Mercredi, Vendredi, D-

N o u v e ll e - C a lé d o n i e j
V o i e de B r i n d i s i )
et N o u v e lle s -H é b r id e s j
,
p a q . A n g lais, C h a q u e V e n d r e d i
ou N aples .. ) 1 1
Inde F r a n ç a i s e ..........

DE LA BOITE

DE MARSEILLE

A lg é rie

Lundi, Mercredi, Vendreli, Samedi .
Lundi, Mardi, Jeudi, Samedi. . . .
Lundi. Mercredi, Jeudi, Samedi.
M e r c i -., V e n d . , D i m .
L i g n e dt l ' I n d o - C h i n c ,
t o u s l e s 14 j o u r s .
\ . de B rin d isi : Sam .
de 2 en 2 sem aines.
T o u s l e s 28 j o u r s .
C h a q u e Sam edi.

à

M a rs e ille
R é u n i o n , Madagasc a r e t D jib o u ti . ..

V e r s l e s 14 e t 25 d e
c h a q u e m o is.

G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
que, G u y a n e :
V o ie d e S a i n t - N a z a i r e
N’o ie d e B o r d e a u x .........
V o ie d ' A n g l e t e r r e . . .

L e 2G d e c h a q u e m o i s
L e 17 d e c h a q u e m o i s
L e V e n d r . tous les 1! jouis.

A f r i q u e O c c id e n t a le :
V oie d e B o r d e a u x . . . .
V o i e d e L i v e r p o o l .........

T o u s l e s 14 j o u r s .
Environ toutes les 5 semaines.

L ’E X P A N S I O N C O L O N I A L E est en le c t u r e s u r les p a q u e b o ts -p o s te .

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La SOCIÉTÉ GÉNÉRALE, Agence de Marseille, située au centre de la
Ville, à proximité de la Cannebière, de la Bourse et des grands hôtels, se charge de toutes
opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
En relations directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur les principales.Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
La SOCIÉTÉ GÉNÉRALE se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° S o n s e r v i c e é t r a n g e r qui achète et vend des monnaies ou billets de tous pays;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2° S e s s e r v i c e s de Banque qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de tonds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
3° S e s s e r v i c e s de Titres et Coupons qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
f Son s er v ic e spécial des C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clienlète, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
5° Son servi ce comm erc ial traitant toutes opérations sur marchandises,
et sur documents, consignations, etc., etc.

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b) p a r l e Train de Luxe ( L . 21-L . 22) «CALAIS MÉDITERRANÉE» ( V . - L . - R .)
Paris-Nice e n 15 h e u r e s . — L ondres-N ice e n 25 h e u r e s .

P a rle

. — N o m b r e da

p la c e s lim it é . — P o u r le s h o r a ir e s , le s j o u r s
c o n s u lte r le s a ffic h e s s p é c ia le s .
IM P . DU S É M A P H O R E -

B A R L A T IE R -

M A R S E IL L E

d e m is e

en

m a r c h e , e tc .,

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES S T A T U T S

Ar t . 2.
Cette association a p our but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’o rdre légis­
latif, a d m in istra tif ou économ ique qui lui p a ­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
Art . 3.
L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de membres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
t.es m em bres de d ro it;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Los m em bres sociétaires fo n d ateu rs et d ona­
teurs sont ceux qui dans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxième catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soi*
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n a tu re
à seconder l’œ uvre coloniale de l’In stitu t.

S ervices de l’Institut :
Dcz-de-Chaussèc : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
1er étage : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat de l’In stitu t, B u reau de
Renseignem ents.
Rédaction de 1’ « E xpansion Coloniale ».

Législation et Economie Coloniales.
" M. R aynaud.
Hygiène Coloniale et Epidém iologie.
M. le Dr R eynaud.
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. Davin.
H istoire des Religions dans les peuples indigè­
nes des colonies.
M. G. F oucart.

Cours coloniaux :
Directeur : M. le Dr H eckel .
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle.
P ro d u its anim aux et p arasitologie des p lan tes
et des anim aux des colonies.
M. Jacob d e Cordemoy.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. LT L aurent.
H istoire et Géographie Coloniales.
1
M. P. Masson .

Ar t . 4.
Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute démission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, pendant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o nateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t payer une
cotisation annuelle de 30 francs au m inim um .

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».
____________
Institutions con n exes :
2me étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance F ran çaise.
3™ étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de « l’Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Yt ier , Vice-Président ; Jacques Léotard , Secrétaire ; Paul Masson , Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. Emile Baillaud, Secrétaire de l’Institut colo­
nial. — M. Auguste Giry , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

.M arseille. — Im p r im e r ie d u S é m a p h o r e ,

B a r l a t ie r , ru e V enture, 17-19.

�SAVON
de la

“B O N N E M È R E ”

�S O

M

Les Produits coloniaux et le Marché français,
par M. 13. R a y n a u d ................................
Institut colonial marseillais :
Extraits des procès-verbaux........................
Nécrologie. . . .
113° Journée maritime................................
Bureau de Renseignements........................
Extraits de la correspondance....................

M
69

70
70
71
7]
73

A I R

E

Cours coloniaux.........................................
Musée commercial : Exposition des Blés . .
Chronique du mois, J. L................................
Le Service de la navigation côtière à la
Guyane, E. B............................................
Le Régime douanier colonial . .....................
Institutions connexes .................................
Actes coloniaux officiels.................................

------------ *-*&lt;-♦-----------

ABONNEMENT : F r a n c e

Rue

et

N oailles,

C o l o n ie s , 6 f r a n c s ; É t r a n g e r , 8 f r a n c s .

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MARSEILLE

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PAO F. S

75
76
77

78
79
81
82

�IN STITU T

C O LO N IAL

M AR SE ILLA IS

Fondé sous le html )xüron(tt;e de M. le Minisire tics Colonies
Présidents d'honneur :
MM.
MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
l,e Gouverneur général de l’Algérie.
Le Maire de Marseille.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le P résident du Conseil général.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Le R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Française.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Féraud, Augustin, Président honoraire de la
I.e Résident général de la République Français»
Chambre de Commerce.
à Tunis.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de
Le Général Commandant en chef le XV’ Corps
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.
d’année.
M em b res

MM.

A rmand . Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Berçasse. H. et G1’. — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — CharlesRoux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — .Compagnie des Che­
mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Co m p a g n ie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique.. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit L yon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —1

fondateurs :

Desbief, Paul, Président de la Chambre de Corn
merce. — Oufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay , Gigandet
et C”. — Gavoty , Charles. — Heckel, Edouard (Dr),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — So­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — Société Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — Société Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — Société
Générale puur favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

M em b re s donateurs :

MM.
J.-B. et A. A rtaud Frères. — Bari.atier , Paul. —
Berger, C. — Chabrikres, Morel et C”. — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de .Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation ;Fr a i =sinet &amp; C’"). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa ­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien Fabp.e &amp; C”. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
pÉRAtm, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem-

bre de la Chambre de Commerce. — Ma ii .iia t , H.
Sous-directeur de la Compagnie Française de l'A­
frique Occidentale. — Mathon , Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C”. — N. P aquet &amp; C”. —
J. et A. P avin de L afarge . — Ra s tit , Henri. —
Rocca, T assy et De Roux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odrigues-El y , Amédée. — Société « la
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — Sube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — V elten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Za rifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief, Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.
M. Estrine , Lucien, Président de la Chambre de Commérer.

Président : M. A rtaud , Adrien, Membre-Secrétaire de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
Vice-Présidents : MM. le D' Heckel , DirecteurSémaphore ; F ouque, Adolphe, Président hono­
Fondateur du Musée Colonial, Président
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
Chef du Service Colonial : le C” A rmand ,
Albert, premier Vice-Président de la Chambre
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
lais de la Marine Marchande ; Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.

MM.
A llemand , J. Membre de la Chambre de Commerce,
A llest , J. (D’1. Administrateur-Délégué de la Com­
pagnie Générale Transatlantique.
A rnaud
Lucien, Minotier.
Bergasse, Alexandre, Négociant.
Bourbillon , A., Armateur.
Charve, L., Doyen de la Faculté des Sciences.
Dufay , H., Ancien Vice-Président de la Ch-de ComDufour, Antonin, Négoc., Juge au Trib. de Comm.
Dufour, .T.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
Estier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud , Hubert, Membre de la Ch. de Commerce.
Jacquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociants en cafés.
Joannon, A., Avocat, Président de l'Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole Supérieure
de Commerce.
Jourdan, Félix, Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn , Membre d.e la Chambre de Commerce.
Léotard, Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.
L ombard, Emile, Vice-Président de la Chambre
de Commerce.

raire du Syndicat d'initiative de Provence.

Trésorier: M. Y tier , Assureur, Vice-Président du
Syndicat des Exportateurs.

Trésorier-Adjoint : T eisseire, Raymond, Avoué,
Secrétaire de la Société de Géographie.

MM.
Mallen , E., Armateur.
Martin -Laval , F., Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­
titut colonial.
Moriceau, E., Administrateur en chef des Colonies,
en retraite.
R a stit , Henri. Industriel.
R astoin , E., Président de la Société pour la Dé­
fense du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
Roux. François (De), Juve au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre d» ta Chambre de Commerce.
V elten , Edouard, Ii-ipstriel, Ancien Membre-Se­
crétaire de la Chambre de Commerce.
L évy , Clément, 1" Adjoint au Maire de Marseille.
Delibes, J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément. Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.

Secrétaire de l’Institut colonial : Emile Baillaud ,

diplômé de l’Ecole des sciences politiques, an­
cien chargé de Missions coloniales.

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

L ’IN S T IT U T C 0 L 0 N I4 L M A R S E IL L A IS ,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3mc étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
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met à leur disposition pour leur fournir gra­
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Produits d’Alimentation, Vins, Spiritueux, etc.
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Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Sakakini.
Provence, (Paris), Banque Coloniale.
Beltjéns et GuenebaudM, rue Grignan, Miroiterie. Marie Moreau et C" 42a, rue Sainte, Transports.
Beneteau et C". 5, rue des Princes, Hôtel Meublé, Massai (veuve), 50, rue de Rome, Graines et
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Biêtron, E„ 9, rue de l’Arc, Fromages, Beurres, Mathieu et Malaspina,
Salaisons.

Bigourdan, frères, Luchon (Haute-Garonne) Cons.
Alimentaires.

Bouchard, fils aîné, 19, rue S'-Sépulcre, Conserves.
Brêzun, Durand &lt;£• C". 10, cours Pierre-Puget,
Liqueur des Pères Ghartreux (Tarragone).

Carret, J. et ses fils, 6, Quai de la Tourette, Pâtes
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Articles divers.

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Cassoute, P., 16, rue Friedland, Dattes, Alimen­
tation.

Carnaud, J., 36, rue de Village, Boîtes métalliques.
Compagnie de Navigation Mixte, 54, rue Cannebière
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Breteuil, Commerce Colonial.
Cl« Générale des Pétroles, 2, rue Fongate, Huile de
Pétrole et Dérivés.
C1' du Gaz et de l'Electricité, rue Montgrand.
Ci0 des Messageries Maritimes, Place Sadi-Carnot,
Compagnie de Navigation.
C10 N. Paquet et Cle, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
gnie de Navigation.
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Delzongle et Cauvin. 5, rue de Crimée, Conserves.
De Queylar et fils, 18, rue des Princes, Verreries.
M. Dufour et fils, 69, rue d’Italie, Drogueries,
Couleurs.
Ecole de Provence, 15, rue des Princes, Ensei­
gnement.
Empereur, A., 4, rue des Récolettes, Quincaillerie
générale.
Eugster, A., rue Nicolas, 24, Perles, produits divers
pour l’exiportation.
Estrine et Cie, 18, rue Colbert, Compagnie de
Navigation Péninsulaire et Orientale.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, Peinture.
Fichet, 19, Allées de Meilhan, Coffres-forts.
Fougeret, A., 25, rue de la Palud, Entreprise de
nettoyage.
Fouque, A., 1, Allées de Meilhan, Tuileries,
Etablissements P. Sacoman.
Get, frères, Revel (Haute^Garonne),- Pipparmint
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Got et David, 3 et 5, Quai de la Fraternité,
Restaurant Basso.
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Pilt, F., 56, rue Saint-Ferréol, Fourrures.
Pons, J.-B. et Cie, 2, rue Jemmapes, Appareils
Sanitaires.
Radius, G., 26, Place Vendôme (Paris), Essence
de Romarin, Produits Agricoles.
Rastit, H., 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
des Corps Gras, etc.
Rocca, Tassy et de Roux, 26, rue Montgrand,
Graines Oléagineuses et Dérivés.
Rôdel et fils frères, rue du Jardin Public,
(Bordeaux), Conserves Alimentaires.
Rouquette, L., 20, rue de la Darse, Biscuits pour
la Marine.
Rousseau, J. M., 83, rue de la Darse, Broderie et
Lingerie confectionnées, de Madère.
Serène et Cie, 45, rue Saint-Bazile, Liqueurs et
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Cuirs.

Société Anonyme des Chaux et Ciments RomainBoyer, 5, rue Cannebière.
Société d'Epargnc des Retraites, 11, Allées des
Capucines, Constructions à bon marché.

Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue
de la République, Compagnie de Navigation.

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République, Sucre.

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�Quatrième Année.

N° 30

1er M ai 1 9 1 0 /

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
Les Produits Coloniaux
et le Marché français
Nos colonies françaises sont en constant
développement depuis ces dix dernières an­
nées. Malheureusement de ce progrès crois­
sant de la production et du commerce de nos
divers établissements, la métropole est loin
de tirer tout le profit et toute l ’utilité qu’elle
devrait. Les statistiques sont sur ce point sin­
gulièrement concluantes.
Sur l’ensemble des exportations de nos co­
lonies, qui figure en 1908 pour une valeur
globale de 501.136.834 francs (1), la part de la
France n’est que de 200.205.501 francs, soit
39,9 % seulement, tandis que le total des im ­
portations en France de tous les pays du
monde se chiffre par la somme de 6.090.842
mille francs. Le rapport de l’importation des
colonies françaises, par rapport à l’im­
portation totale, est donc de l'30 environ, ce
qui est une part singulièrement minime ré­
servée aux produits coloniaux sur le marché
métropolitain.
S’agit-il maintenant des principaux pro­
duits coloniaux, du café, du thé, du cacao,
des fruits exotiques, du coton, du caoutchouc,
des graineis oléagineuses, du bois d’ébénisterie, etc., on peut pour chacun d’eux faire une
constatation aussi intéressante. Quelques
exemples suffiront à l’établir.
Pour le café, par exemple, sur 1.007.716
quintaux métriques importés en 1908, nos
colonies ne figurent que pour 19,903 quintaux
métriques soit 2 %. Le Brésil et Java nous
alimentent, alors que .certaines de nos colo­
nies, comme la Nouvelle-Calédonie et les
Nouvelles-Hébrides, pourraient nous fournir
bien davantage.
Nous avons consommé en 1908 pour 39.503
quintaux métriques de bananes provenant de
pays étrangers et seulement 1.003 quintaux
métriques provenant de nos colonies. Les co(1) Algérie et Tunisie non comprises.

lonies Anglaises approvisionnent notre mar­
ché, tandis que la Guinée Française et les
Antilles ont à cet égard des possibilités indé­
finies.
Le cacao de nos Colonies entre en France en
1908 pour 13.169 quintaux métriques, tandis
que les pays étrangers nous en fournissent
191.352. Le Gabon et la Côte d’ivoire, la Gua­
deloupe nous envoient quelques milliers de
kilos, mais n’arrivent pas à dépasser 6% de la
consommation totale.
Le coton ênfin figure en 1908 comme pro­
venance de nos colonies pour 4.148 quintaux
métriques, contre 2.802,104 q. m. de prove­
nance de pays étrangers.
Ces exemples, qu’on pourrait sans peine
multiplier, montrent toute l’exactitude de
la situation signalée : les produits des colo­
nies Françaises n’ont pas la place à laquelle
ils peuvent légitimement prétendre sur le
marché Français.
Comment remédier à cette bizarre anoma­
lie ?
D’abord par un accroissement de la. pro­
duction coloniale : il est certain que plus cette
production sera développée, plus la France
aura chance d’en voir écouler la plus large
part. Les, récents efforts tentés par plusieurs
de nos colonies en ce qui concerne le coton,
par exemple, indiquent la voie à suivre.
Ensuite, par un remaniement dans notre
législation douanière ; déjà, avec la législa­
tion actuelle les produits coloniaux français
profitant de certaines détaxes, jouissent sur
le marché Français de certaines faveurs, qui,
dans l’ensemble, leur permet d’acquitter des
droits environ moitié moindres que les pro­
duits étrangers. Ce n’est peut-être pas assez
et- il faudra sans doute, lors de la prochaine
révision douanière pour nos colonies, concé­
der de nouvelles faveurs, allant peut-être jus­
qu'à la franchise complète pour les produits
coloniaux n’ayant pas leurs similaires en
France.
Enfin, il faudrait un énergique effort de
nos commerçants, soutenus par l’opinion pu-

�•7 0

L’EXPANSION COLONIALE

bliquej qui ont fort à faire pour' secouer les
habitudes routinières du consommateur fran­
çais.IÆnstitut Colonial,par les remarquables
efforts qu’il prodigue pour faire connaître au
public nos produits coloniaux français, peut
beaucoup aussi pour aider ce mouvement.
A ce travail de conquête du marché Fran­
çais par les produits de nos colonies, tous
trouveront leur compte : nos industriels et
nos commerçants, qui pourront réaliser de
beaux bénéfices ; nos coloniaux et nos plan­
teurs d’outre-mer, qui en recevront un puis­
sant encouragement ; les consommateurs en­
fin, qui auront des produits dans de meilleu­
res conditions.
Mais tout ceci n’est pas affaire de senti­
ment ou de nationalisme économique : les
produits coloniaux français conquerront no­
tre marché français le jour où à qualité égale
ils pourront l ’aborder à de meilleures condi­
tions. Il est seulement permis de chercher à
hâter ce jour par un sérieux et inlassable
effort.
B. R a y n a u d ,
Professeur à l’Institut colonial.

IHSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
Séance du Conseil d'Administration
du i l février 1910
Présents : MM. Artaud, président ; Bohn,
Heckel, vice-présidents ; Fouque, secrétaire ;
Ytier, trésorier ; Arnaud, Léotard, Rastit,
membres.
Excusés : MM. Armand, Ponsinet, Barlatier, Blanc, Bry, de Roux, Rastoin, MartinLaval, Zarifi.
Le procès-verbal de la dernière séance est
lu et approuvé.
Le Président donne communication des
principales lettres reçues et de la correspon­
dance échangée, notamment en ce qui con­
cerne la reprise d’un service régulier de na­
vigation avec le Congo.
Il fait part au Conseil de la convocation
émanant de l ’Union coloniale pour une réu­
nion qu’elle organise pour le 25 février, à
Paris ,et qui doit avoir pour but «d e jeter
les bases d’une fédération inter-coloniale, des­
tinée à concentrer et coordonner les efforts
des diverses institutions coloniales en vue de
poursuivre auprès des Pouvoirs Publics la
réforme du régime douanier colonial, confor­
mément aux vœux des Congrès de Marseille,
Bordeaux et des anciennes colonies. »

Aucun des membres présents ne pouvant
y assister, Mi. Bohn propose à l’Institut de se
faire représenter par M. Le Cesnè, adminis­
trateur-délégué de la Compagnie Française
de l’Afrique occidentale. Adopté avec remer­
ciements à l’adresse de MM. Bohn et Le
Cesne.
M. le Président demande, comme se ratta­
chant à cette question, qu’il soit donné man­
dat au Bureau de protester contre l’article 8
du projet ffe la nouvelle loi douanière si les
débats parlementaires ultérieurs l’exigent. —
Adopté.
Il propose comme date de l’Assemblée gé­
nérale ordinaire annuelle le 17 mars. —
Adopté.
M. le Trésorier rend compte de la situation
financière en fin d’exercice 1909.
M. le Président entretient le Conseil de
l’état des pourparlers au sujet de la location
du rez-de-chaussée de l’immeuble de l’Ins­
titut.
Plus rien n’étant à l’ordre du jour, la séan­
ce est levée à 4 heures de l’après-midi.
Séance du Bureau du 3 mars 1910.
Présents : MM. Artaud, président ; Barlatier, Fouque, secrétaires ; Ytier, trésorier.
Excusés : MM. Armand, Heckel, Ponsinet,
Bohn.
Lecture est donnée du procès-verbal de la
précédente séance, qui est adopté.
M. le. Président donne lecture des lettres
qu’il a reçues des membres sortants du Con­
seil d’administration.
M. le Président entretient le Bureau de
l’état des pourparlers pour la location du rezde-chaussée de l’immeuble.
M. le Trésorier donne lecture du bilan de
l’Institut à proposer à l’Assemblée générale
et du projet de budget.
M. le Président expose au Bureau le fonc­
tionnement des services de l’Institut.
Plus rien n’étant à l’ordre du jour, la
séance est levée à 4 heures et demie.

N E C R O L O G IE
Nous avons appris avec une stupeur dou­
loureuse, partagée dans tous les milieux ma­
ritimes et commerciaux de Marseille, le
brusque décès, le 15 avril, à l’âge de 55 ans,
après quelques jours seulement de maladie,
de M. Eugène Blanc, directeur de l’Exploi­
tation de la Compagnie des Messageries Ma­
ritimes, membre du Conseil d’administra­
tion de l’Institut colonial.
Une aimable bienveillance et une parfaite
droiture s’alliaient à un haut degré chez le
regretté défunt à une exceptionnelle compé­
tence administrative et commerciale, et ses
qualités de cœur l ’avaient rendu universelle-,
ment sympathique à tous ceux qui le con­

naissaient. Le nombreux personnel de Ta

�L’EXPANSION COLONIALE
grande Compagnie, que dirigeait M. Blanc
depuis 1903, l ’entourait d’une véritable affec­
tion et le Conseil d’administration de le Com­
pagnie appréciait également ses précieux
mérites. Le Gouvernement avait récompensé
en 1908 ses services publics par la croix de
la Légion d’honneur. Né à Marseille, M.
Eugène Blanc était entré à l ’âge 20 ans dans
les bureaux de la Compagnie, en qualité de
commis, et il était parti dès l ’année suivante
dans les Agences de l ’Extrême-Orient, où il
a fait la plus grande partie de sa laborieuse
carrière ; il avait 35'ans de brillants servi­
ces dans la Compagnie.
Les obsèques de M. Blanc ont réuni tout
ce que notre ville compte de notabilités ad­
ministratives, maritimes et commerciales, et
notre institut colonial, auquel le regretté
défunt avait prodigué les marques de bien­
veillant intérêt, était représenté par une dé­
légation, ayant à sa tête M. F. Bohn, viceprésident. Au cimetière, plusieurs discours
ont été prononcés au milieu de l ’émotion
générale. MM. Lebon, ancien ministre, pré­
sident du Conseil d’administration de la
Compagnie des Messageries Maritimes ; de
•Tuilly, secrétaire général à Paris, et Dé­
chaud, sous-directeur à Marseille, ont re­
tracé, en termes touchants, la vie si active
du regretté défunt et les qualités d’intelli­
gence et de cœur qu’il avait déployées au
cours de sa trop brève carrière. En cette
cruelle circonstance, nous tenons à. expri­
mer à la famille éplorée de M. Blanc et à la
Compagnie des Messageries Maritimes, nos
vifs sentiments de sincères condoléances.
Ajoutons que M. Charles Déchaud, le sym­
pathique sous-directeur commercial, vient
d’être nommé, par le Conseil d’administra­
tion de la Compagnie des Messageries M ari­
times, directeur de l ’Exploitation à Marseille
en remplacement du regretté M. Eugène
Blanc. On ne peut qu’applaudir dans le
monde maritime et commercial à cet heu­
reux choix.

TREIZIÈME JOURNÉE MARITIME
L ’hiver se sera terminé sans, que le mau­
vais temps ait en rien gêné les Journées Ma­
ritimes de l ’Institut colonial et les personnes
qui y ont participé n’auront eu qu’à s’en
féliciter, car elles s’y seront non seulement
instruites mais encore auront fait de char­
mantes promenades.
Le programme de la treizième Journée
Maritime comprenait, le samedi 2 avril, la v i­
site des installations quarantenaires du La­
zaret du Frioul et les excursionnistes ont
pu en admirer les puissants moyens de dé­
sinfection, grâce auquels Marseille est proté­
gé contre les maladies épidémiques qui ten­
tent d’y pénétrer par la voie maritime.
Les quarantaines ne sont point des inci­

71

dents do voyage agréables, mais il faut re­
connaître qu’il ne manque -que des arbres
aux îles du Frioul pour qu’elles abritent le
plus parfait des lazarets.
Le Bois Sacré est revenu au Port-Vieux en
longeant la Corniche depuis l’anse du Pro­
phète, pour le plus grand charme de ses pas­
sagers.

BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
Le riz de Madagascar. — On sait toute l’im­
portance qu’attachent,à juste titre,les Colons
et le Gouvernement de Madagascar au déve­
loppement pris par l ’exploitation du riz dans
cette île. La culture de cette céréale peut de­
venir un des principaux éléments de richesse
de notre Colonie, pour ne pas dire peut être
le plus important.
Un essor tout particulier a été donné l’an­
née dernière à la culture du riz à Madagas­
car, par les prix élevés auxquels ils ont trou­
vé preneur, en particulier sur notre place. Il
arrive que cette année, il en est tout autre­
ment et que c’est avec la plus grande difficul­
té qu’ils sont écoulés à Marseille.
Devant l’impossibilité absolue à laquelle se
sont heurtés quelques-uns de nos adhérents
de vendre des quantités assez importantes de
paddy qu’ils venaient de recevoir de Mada­
gascar et à la suite de leur demande d’inter­
vention de notre part, il nous a paru utile
d’ouvrir une enquête à ce sujet, et les rensei­
gnements que nous avons recueillis auprès
des principales rizeries de notre place nous
paraissent dénoter un état de choses assez
grave pour qu’il mérite de retenir toute l’at­
tention du Gouvernement de Madagascar et
de nos Colons.
Les moyens de décortication du riz utilisa­
bles dans l’île étant encore insuffisants, c’est
à l’état de paddy qu’il arrive dans notre port.
L ’année dernière, où ces importations ont
commencé à être importantes, le cours des
riz était très élevé, et la belle apparence des
paddys de Madagascar a fait qu’ils ont été
payés aux environs de 15 fr. par 100 kilos
rendu Marseille.
Nos- industriels se plaignent d’en avoir
éprouvé de gros déboires, les paddys de Ma­
dagascar ayant actuellement trois graves
défauts.; ils arrivent très charançonnés, sont
très cassants et ont une très forte proportion
de grains « jaunes ». Les deux premiers de
ces défauts ont pour conséquence que le pour­
centage en riz décortiqué net ne dépasse pas
35 %, alors que le Saigon ordinaire rend du
70 %. Le troisième est cause que malgré sa
belle apparence, ce riz ne peut obtenir à la
vente à l’épicerie de meilleur prix que le- riz
de Saigon.
La question du charançonnage est une de
celles qui doivent retenir le plus l’attention
des personnes qui s’intéressent au dévelop-

�72

L’EXPANSION COLONIALE

peinent de nos possessions africaines. Les
pertes que subissent de ce chef les exporta­
tions des maïs du Dahomey et des pays du
Bas Niger sont considérables. Le commerce
des riz de la vallée du Niger dans les pays
soudanais en est fortement gêné et voici que
les charançons sont un des gros obstacles
qu’éprouve l ’exportation des riz de Mada­
gascar.
Le traitement sur place des paddys diihinue
bien les dégâts de ces insectes, mais les usi­
nes de Madagascar sont actuellement insuffi­
santes pour satisfaire aux possibilités de l ’ex­
portation. Il serait donc bon d’étudier la créa­
tion de points de désinfection des paddys
dans l’île.
Les deux autres défauts dont nous avons
parlé, le caractère cassant du grain et la pré­
sence des grains jaunes, proviennent de dé­
fauts de culture, en particulier du manque de
soins au moment de la récolte, et des mau­
vaises conditions dans lesquelles s’effectuent
les transports à bord des vapeurs. Les grains
laissés sur place trop longtemps s’échauffent
et deviennent, cassants par suite de leur.ex­
position au soleil. Une fois moissonné, s’il sé­
journe sur le sol humide, 1e. grain s’altère
et se colore en jaune, ce qui constitue une
cause de dépréciation très sérieuse. Enfin, si
les cales des bateaux qui transportent le riz
ne' sont ,pas soigneusement ventilées, il s’é­
chauffe et la quantité de déchets, à la décorti­
cation s’accentue.
Il se pourrait également que les colorations
fussent dues à des variétés différentes, con­
nues .du reste,.et dont le grain -est jaune ou
rouge, comme le Varilavasofina, et le Varirojosorohambi (rouges) et le Varijovolobona
(jaune). Il y aurait certainement avantage en
tout cas à pratiquer une sélection sérieuse
des graines.
En fait, ces défauts sont en grande partie
ceux que l’on reproche également aux riz de
Saigon, mais ils sont plus sensibles pour les
acheteurs de notre place parce que ceux-ci
ont à supporter la perte à la décortication
lorsqu’ils traitent des riz de Madagascar
qu’ils reçoivent en paddy, alors qu’ils àchètent à Saigon du riz décortiqué.
Et en l ’état actuel des choses, nos indus­
triels disent: «Tout se ramène à une question
de prix. Les planteurs et négociant^ de Mada­
gascar demandent 15 fr. de leur paddy, on
ne peut leur en donner que 11. En d’autres
termes,il ne faut, pas pour que nous puissions
le consommer que le riz de Madagascar nous
revienne plus cher que celui de Saigon. »
En somme, pour que le riz de Madagascar
puisse toucher les prix auxquels il peut pré­
tendre, il importe de porter remède par une
culture soignée et un traitement approprié
aux défauts qu’on lui reproche. Plus immé­
diatement, il est nécessaire pour qu’il puisse
trouver acheteur sur notre place que son prix
de revient soit diminué et pour cela principa­
lement que les prix de transport, à Madagas­

car, et en mer, soient abaissés d’une manière
assez considérable.
Rotins. — Un fabricant de vannerie de no­
tre place nous a demandé s’il ne lui serait pas
possible de se procurer directement des rotins
de qualité inférieure. Le commerce des rotins
est presque entièrement centralisé en France
par les maisons de Paris et notre adhérent est
obligé de faire venir ceux dont il a besoin du
Havre. C’est là un exemple de plus de la si­
tuation défavorable où se trouvent quelques
industries de notre Pout, par suite de l’absen­
ce à Marseille de marchés de certaines den­
rées coloniales qui y transitent cependant.
La demande de rotins de qualité inférieure
nous a paru particulièrement intéressante,
étant donné le manque de débouchés qu’é­
prouvent les rotins de certaines de nos Colo­
nies, comme ceux de l’Afrique Occidentale
et Equatoriale, par suite des qualités irrégu­
lières de certaines variétés notamment au
point de vue du vernis superficiel.
Kolas. — Un pharmacien de la région nous
a demandé de le mettre en rapport avec des
importateurs de kola fraiche. Nous l’avons
fait, tout en recevant de ceux-ci une fois de
plus leurs observations sur la difficulté que
rencontraient les importations de kola à l’é­
tat frais, par suite de la nécessité d’un écou­
lement immédiat, nos pharmaciens n’étant
pas encore habitués à recevoir des approvi­
sionnements réguliers.
Plantations de caoiitchouc. — Nous avons
reçu plusieurs demandes d’achat de planta­
tions de caoutchouc provoquées certainement
par le « boom &gt;&gt; actuel sur les plantations de
caoutchouc (le Para est à 30 fr., l’hévéa de
plantation à 31 fr. 50). Nous les tenons à la
disposition de ceux de nos adhérents qu’elles
peuvent intéresser.
Questions diverses. — Nous avons répondu
à toute une série de demandes sur la culture
du coton, l ’exploitation de la soie à Madagas­
car, le climat de points coloniaux déterminés,
les formalités d’obtention de concessions, etc.
D e m a n d e s d ’E m p lo i a u x C o lo n ie s

M. P.-C., 26 ans, Français,né pn Russie (sé­
jour pendant quinze ans), ayant habité l’Alle­
magne et les Etats-Unis et parlant les lan­
gues de ces pays, disposant de quelques capi­
taux, demande emploi dans maison de com­
merce aux colonies.
M. P.-D., conducteur de travau xpublics,
demande emploi analogue au Maroc ou à
Madagascar.
M. A.,, ingénieur A. M., 28 ans, spécialisé
dans les affaires de ciments et les construc­
tions en ciment armé, ayant été en Tunisie
à la tête d’une entreprise importante, deman­
de situation en rapport avec ces capacités aux
colonies.
M. A. C., s©«ond-maître mécanicien théori-

�L ’EXPANSION COLONIALE
que, libérable en septembre, demande place
de mécanicien aux colonies.
M. A.-B., ingénieur agricole, pouvant dis­
poser d’environ 25.000 fr., recherche associa­
tion pour culture ou élevage au Maroc.

EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
A lg é rie . — L e s P in s d ’A le p

L ’impulsion nouvelle donnée à l ’exploita­
tion de la résine dans les forêts algériennes
nous a paru particulièrement intéressante
pour notre commerce et notre industrie mar­
seillaise, tributaires de la région des Landes.
Nous avons prié M. le Gouverneur Général
de l ’Algérie d’avoir l’obligeance de nous tenir
au courant des initiatives prises par son ad­
ministration dans cet ordre d’idées et il a
bien voulu nous répondre par la lettre sui­
vante de M. le Directeur de l ’Agriculture et
du Commerce :
Alger, le 21 mars 1910.
Monsieur le Président,
En réponse à votre lettre du 11 mars courant,
j ’ai l’honneur de vous l'aire connaître que je
donne les instructions nécessaires pour que les
cahiers des charges, les avis de lotissement et
d’adjudication relatifs aux exploitations de ré­
sinage qui pourront être pratiquées dans les
forêts domaniales de l’Algérie vous soient
adressés par les conservateurs des Eaux et
Forêts à Alger, Oran et Constantine.
Ces chefs de service se tiendront à votre dis­
position pour vous fournir tous renseignements
complémentaires sur ces exploitations dans leur
circonscription. Quant aux règlements destinés
à fixer la marche des coupes dans chaque forêt,
ils constituent des documents d’ordre purement
administratif qui n’offriraient pour vos corres­
pondants aucun intérêt.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assu­
rance de ma considération très distinguée.
Le Directeur de VAgriculture
D e Sa in t -Ge rm a in .

A la suite de cette lettre, nous avons reçu
un certain nombre de cahiers des charges des
ventes de- coupes avec extraction de résine,
que nous tenons à la disposition des intéres­
sés. Les principales dispositions techniques
sont- les suivantes :
Toutes les coupes seront adjugées en bloc
et sans garantie de contenance, de nombre
d’arbres, de quantités de résine, de volume,
d’âge et de qualité. Les arbres à gemmer à
mort seront abandonnés à l ’adjudicataire.
L ’exploitation de la résine est seule mise en
vente pour les arbres gemmés à vie. Les pins
à gemmer à vie -et ceux à gemmer à mort se­
ront désignés dans chaque coupe. Les années
d’exnloitation, la durée des gemmages et le
nombre d’annuités à payer par les adjudica­
taires seront indiqués à l ’affiche et au procèsverbal d’adjudication.
Le service des Eaux et Forêts du Gouverne­
ment Général de l’Algérie nous a adressé éga­

73

lement les intéressants renseignements que
nous reproduisons ci-dessous sur l’exploita­
tion industrielle des pins d’Alep de la
Colonie :
L -Administration algérienne s’est préoccupée,
depuis quelques années, d’étendre au pin d’Alep
les méthodes d’exploitation appliquées en
France aux forêts de pin maritime.
Dans les départements de la Gironde et des
Landes, on retire en effet de cette dernière
essence la résine ou gemme qui constitue la
matière première de produits industriels re­
cherchés (térébenthine, lirais, colophanes) qui
viennent s’.aj|outer au .revenu fourni- par la
vente des bois.
.Une première .série d’expériences a été entre­
prise en 1907 dans les forêts domaniales voisi­
nes du centre de Magenta où la « Société fran­
çaise d’exploitations forestières » a fondé une
usine de distillation pour la résine et une scie­
rie pour le bois de pin d’Alep.
Cette Société a mis en œuvre son entreprise
grâce à deux concessions successives portant
sur 900.000 arbres, sur lesquels 875.000 devaient
simplement être résinés à vie et 25.00Q aban­
donnés en toute propriété pour résinage à mort
et exploitation des bois.
Elle avait, en outre, acheté un certain nom­
bre d’arbres situés sur des propriétés particu­
lières de la région.
Le Service des Eaux et ^Forêts a suivi atten­
tivement cette exploitation dont les résultats,
malgré les difficultés inhérentes à la mise en
train d’une affaire aussi complexe, ont été, en
définitive, encourageants.
Comme il ne pouvait être question d’étendre
le régime des concessions, il a été préparé un
cahier des charges destiné à régler, à l ’avenir,
les conditions de la cession des coupes de pin
d’Alep avec résinage préalable à mort et rési­
nage à vie, pendant une période déterminée
sur les peuplements n’ayant pas encore atteint
l’âge d’exploitabilité.
En même temps, il était procédé à l’élabora­
tion de règlements destinés à fixer la marche
des coupes dans les forêts domaniales des chef­
feries de Sidi-Bel-Abbès et du Télagh (départe­
ment d’Oran).
Plusieurs lots ont été mis en adjudication à
Oran, dans le courant de 1909.
Par ailleurs, un recensement général des fo­
rêts de pin d’Alep était opéré dans les dépar­
tements d’Alger et de Constantine, pour recon­
naître les régions dans lesquelles la consis­
tance des massifs de pin d’Alep permettrait de
pratiquer des exploitations similaires.
Les résultats de ces études ne sont pas encore
centralisés et, d’ailleurs, il importe de ne pas
généraliser ces coupes avant d’avoir assuré la
régénération des parties de forêts déjà exploi­
tées.
Il est à prévoir, toutefois, que l’Administra­
tion livrera au commerce en 1910 ou 1911, une
ou plusieurs séries de coupes qui permettront
l’installation de nouvelles usines-.
M a r o c . — L e C o m m e r c e des B o y a u x

Un important négociant de notre- place nous
a demandé si nous pensions qu’il était possi­
ble de se procurer au Maroc des boyaux, spé­
cialement des boyaux de mouton, Cet article

�L’EXPANSION COLONIALE

74

' est très recherché actuellement et d’une ma­
nière toute particulière par les Allemands,
qui font les plus grands efforts pour s’assurer
le monopole des achats de cette denrée.
M René Leclerc, notre correspondant à
Tanger, a bien voulu nous donner à ce sujet
les indications suivantes :
Tanger, 11 mars 1910.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous accuser réception de
votre lettre du £4 février, au sujet de rensei­
gnements concernant l’achat ah Maroc des
boyaux et plus spécialement des boyaux de.
moutons.
L ’exportation des boyaux frais et secs a été
la suivante en 1909, pour la France, l’Allema­
gne et l’Espagne et pour les trois premiers tri­
mestres :
France

Allemagne)

Espagn®

•J^er Trimestre... .. F. 4,503
))
13.869
2°
))
12.4112
8°

25.91(8
9.237
27.804

13.612
2.369
542

F. 30.784

62.949

16.523

En 1908, le chiffre total pour ces trois pays,
était Te suivant:
F.rfl0.745
116.912
13.621
C’est donc l’Allemagne qui tient la tête pour
ces deux dernières ' années.
Les Allemands exportent surtout les boyaux
par les ports de Casablanca et de Mazagan.
En ce qui concerne le îymibre de bêtes de
boucherie abattues par jour dans les villes du
Maroc, ces statistiques n’existent pas, mais la
consommation est importante et il ne s’exporte
certainement pas le quart des boyaux corres­
pondant à la quantité de bêtes abattues.
Il y aurait donc, je crois, quelque chose à
fairej et l’on pourrait arriver à des résultats
intéressants.
Un voyage d’études serait à tous points de
vue très profitable et permettrait à une per­
sonne susceptible de s’intéresser- à cette affaire,
de juger de visu de l’opportunité de cette entre­
prise.
Le délégué général du Comité du Maroc,
R. L eclerc .
•

M a r o c . — L a C o lo n is a tio n .

Le nombre des jeunes gens qui disposent de
capitaux et qui pourraient les utiliser avan­
tageusement aux Colonies ou à l ’étranger est
certainement considérable, mais lorsqu’ils
ont l ’esprit d’initiative qui les pousserait à
faire fructifier eux-mêmes les ressources
dont ils disposent, ils n’ont souvent pas assez
de capitaux pour créer entièrement par euxmêmes une entreprise nouvelle dans un pays
neuf.
Ayant reçu des demandes qui s’appli­
quaient au Maroc et qui dénotaient cet état
d’esprit, nous les avons transmises à M. René
Leclerc, membre correspondant de l ’Institut
au Maroc, qui nous donne les précieuses in­
dications suivantes :

Tanger, le 12 mars 1910.
Monsieur le Président,
Il serait difficile de se placer dans une mai­
son au Maroc uniquement pour y faire son
apprentissage et ensuite pour s’en retirer. Une
maison de banque ou une grosse maison de
commerce de notre pays tient surtout à édu­
quer un personnel de loneue haleine, et, si elle
s’aperçoit qu’elle a affaire . a quelqu’un qui
vient, en passant, apprendre le métier, elle se
montre réfractaire et n’aide pas le nouveau
venu.
Une excellente combinaison serait, je crois,
l’association avec un Français jeune, actif, sé­
rieux, connaissant bien le pays, la langue, les
indigènes, les coutumes locales, mais ne dis­
posant malheureusement pas suffisamment de
capitaux.
Je connais personnellement des jeunes gens
très honorables qui sont dans ce cas et qui, j’en
suis persuadé, seraient très bien placés pour
faire fructifier les apports d’un capitaliste au­
quel ils s'associeraient sous une forme quel­
conque — la plus large part dans l’affaire res­
tant naturellement au capitaliste —■ et auquel
ils enseigneraient le pays. Les combinaisons
pourraient même être multiples en mettant par
exemple 10.000 francs dans une affaire, 20.000
dans une autre, 30,000 dans une troisième, etc.
Parmi ces jeunes gens sérieux et sur lesquels
il est facile de prendre des renseignements, je
citerai: M. N..., agent commercial à Rabat;
M. R..., commerçant (et ayant un petit moulin
à moteur), à Settat ; M. K..., négociant-expor­
tateur à Mogador; MM. E... et B..., à Tanger
(très connaisseurs en matières de peaux et de
tannerie, qui voudraient monter une tannerie
à Tanger, mais qui ne disposent pas du capital
nécessaire); M. L. B..., agent consulaire à ElKsar, éleveur et exportateur. M. B... dispose
déjà d’un certain capital qui est presque tout
eu troupeaux de bœufs et de moutons ; il me
disait dernièrement qu’il s’occuperait davan­
tage d’exportations s’il avait un fond liquide
de roulement à sa disposition.
On me signale, d’autre part, qu’il y aurait
une intéressante maison française à créer à
Tétouan (il n’y a pas de maison française dans
cette ville). Il y aurait de l ’intérêt, paraît-il, à
y avoir un entrepôt pour s’occuper d’exporta­
tion et d'importation en y annexant un petit
moulin à céréales, un mouJin à huile, une ma­
chine à crin végétal, une_petite fabrique d’eaux
gazeuses (dont les Marocains sont friands), un
centre d’expédition d’oranges, d’écorce à tan
et même de liège. Tout cela, m’assure-t-on, au­
rait de fortes chances de réussir et constitue­
rait un noyau d’affaires intéressantes réunies
dans les mêmes mains. Il y aurait cette petite
difficulté qu’il n’y a pas à Tétouan un de ces
jeunes Français dont je vous ai parlé plus
haut, mais si, après avoir visité les lieux, cette
affaire plaisait au jeune homme en question, il
pourrait peut-être faire des offres à un des
Français que je vous ai signalés (par exemple,
M. N..., de Rabat, ou M. K..., de Mogador),
pour qu’il vienne s’installer à Tétouan.
Telles sont les idées que. je vous soumets. Je
souhaite que les intéressés puissent en tirer
parti, viennent s’installer au Maroc et y lancer
une affaire prospère,qui contribuera à l’expan­
sion économique de la France en ce pays.

René

L ec le rc .

�75

L’EXPANSION COLONIALE
In d o -C h in e . — E x p o rta tio n du R iz
au Ja p o n .

Le Japon offre un débouché important aux
riz de notre Indo-Chine et il nous a paru in­
téressant de demander à notre correspondant
de Yokohama, M. de Champmorin, agent
principal des Messageries maritimes, de vou­
loir bien nous indiquer la situation actuelle
de ce marché. Il nous a envoyé les intéres­
sants renseignements suivants, en appelant
notre attention sur les préjudices graves que
pourrait éprouver notlre commercé,du fait du
nouveau projet de tarif douanier au Japon.
Monsieur le Président,
J’ai eu l’honneur de recevoir vos lettres du
19 janvier et du 7 février.
Voici les quelques renseignements que je puis
vous fournir sur les chiffres des récoltes de 1909:
Le chiffre des récoltes de riz connu actuelle­
ment pour 1909, quoique au-dessous d’un peu
plus de 4 % des prévisions, constitue pour l’an­
née dernière un record par rapport à ces dix
dernières années.
Cette déception des prévisions provient de ce
que les plants de riz une fois piqués, des pluies
abondantes et une température assez basse ont
arrêté leur pousse normale. Heureusement que
vers la mi-juillet, la température en s’élevant,
a rétabli bien à propos le climat propice à la
culture du riz.
On estime la récolte à 52.433.979 koku,
Soit 13 % de plus que les années moyennes,
et 500.000 koku de plus qu’en 1908, année où la
récolte avait été considérée comme fort belle.
Le « koku » vaut 180 litres 390.
Voici, du reste, les chiffres des récoltes depuis
1900:
1900 .................................. koku 41.466.422
1901 ..................................
46.914.434
1902 ..................................
36.932.266
1903 ....................................
46.473.298
1904 ............ :....................
51.430.221
1905 ...................................
38.172.560
1906 ...... .*...........................
46.302.530
1907 ..................................
49.052.065
1908 ..................................
51.932.831
1909 ..................................
52.423.979
Le ciiiffre de l’année moyenne 'ù été calculé
à: 46.286.135 « koku », ne faisant pas entrer en
ligne de compte les deux années des récoltes
les plus riches et les plus pauvres.
Quant au prix moyen de vente, il a baissé
en 1909.
Le tableau suivant donne le prix moyen par
« koku » par mois pour 1908 et 1909 :
1909
1908
Mois
—

J--

Janvier ......... .... Yen 14.80 Yen
15.50
Février ..........
15.80
Mars ..............
16.30
Avril .............
16.20
Mai ...............
17.10
Juin ..............
16.90
Juillet ........... ..........
17 »
Août ...............
15.70
Septembre .....
15.70
Octobre .........
12.70
Novembre .....
12.70
Décembre ......

—

13.90
13.80
13.50
14.50
14.10
13.90
13.40
14 »
12.40
11.10
11.30
11.30

Soit en moyenne 15.50 environ par « koku »
pour 1908 et 13 environ par « koku » pour 1909.
Maintenant, je dois vous signaler que le nou­
veau tarif de douane actuellement en discus­
sion et (fui doit être mis en vigueur en 1911,
impose lourdement les céréales importées au
Japon, Il existe bien une vive opposition qui
a traité en pleine Chambre ce projet de fou et
d’incompréhensible, mais on pense que, néan­
moins, il sera passé outre à cette opposition.
Le nouveau tarif a pour principe. de taxer
en outre très lourdement les produits facturés
ou à demi-facturés pour dégrevèr entièrement
toutes les matières premières.
Cette protection à outrance pourrait déter­
miner de la part des Etats lésés une réciprocité
qui pourrait atteindre les exportations du
Japon qui ont leur importance.
Le nouveau tarif en question fera certaine­
ment un grand tort à nos riz de Cochinchine,
qui s’importent actuellement pour la nour­
riture de la basse classe, à cause de leur prix
meilleur marché que celui du Japon.
D e Ch a m pm o r in .

C O U R S C O L O N IA U X
Voici le programme des cours coloniaux
publics qui ont été professés à l’Institut colo­
nial pendant le mois d’avril 1910 :
Mardi 5 avril, à 3 h. 1/2, docteur Reynaud :
Béribéri et Ankylostomiase.
Mercredi 6 avril, à 3 h. 3/4, M. Raynaud : Les
Chemins de fer aux colonies. ^ A 5 heures,
M. Jumelle : Le Riz.
Jeudi 7 avril, à 8 h. 1/2, au Parc Borély, M.
Davin : Cultures coloniales. — A 4 heures, M.
Foucart : Rites et cérémonies funèbres de la
vie familiale.
Samedi'9 avril, à 3 h. 1/2, docteur Reynaud :
L ’Eau de boisson.
Lundi 11 avril, à 3 h. 3/4, M. Masson : Le
Sénégal.— A 5 heures, docteur J. de Cordemoy :
Pêcheries en Indo-Chine.
Mardi 12 avril, à 3 h. 1/2, docteur Reynaud :
Maladie du sommeil. •— A 5 heures, M. Masson:
Histoire de la colonisation en Algérie.
Mercredi 13 avril, M. Raynaud : Chemins de
fer coloniaux (suite).— M. Jumelle : Le Travail
du riz après la moisson.
Jeudi 14 avril, M. Davin : Culture des pri­
meurs en Algérie-Tunisie.
Vendredi 15 avril, à 5 heures, M. Laurent :
Minéraux des colonies.
Samedi 16 avril, docteur Reynaud : Epura­
tion de l’eau de boisson.
Lundi 18 avril, à 3 h. 3/4, M. Masson : Le Sé­
négal (fin). — Docteur .T. de Cordemoy : Pêche­
ries des colonies d’Océanie ; espèces à nacre et
à perles.
Mardi 19 avril, docteur Reynaud : Maladie
du sommeil (suite). — M. Masson : La Coloni­
sation de l’Algérie depuis 1860.
Mercredi 20 avril, M. Raynaud : Le dévelop­
pement économique ; Cultures coloniales ; le
Problème de l’industrie coloniale. — M. Ju­
melle : Culture, récolte et préparation des riz.
Jeudi 21 avril, M. Davin : Culture des pri­
meurs en Algérie-Tunisie (suite). — M. Fou­
cart : Religions des colonies.
Vendredi 22 avril, M. Laurent : Industrie des
argiles.

�76

L’EXPANSION COLONIALE

Samedi 23 avril, docteur Reynaud: Epura­
tion des eaux.
Lundi 25 avril, M. Masson : Guinée française.
— Docteur J. de Cordemoy : Nacre et jierles.
Mardi 26 avril, docteur Reynaud : "Le Palu­
disme (épidémies). — M. Masson : Colonisation
du second Empire ; Madagascar, Indu-Chine,
Calédonie.
Mercredi 27 avril, M. Raynaud : Régime
commercial des colonies françaises; Histori­
que, période antérieure à 1892. — M. Jumelle :
Les Riz de montagne ; la Canne à sucre.
Jeudi 28 avril, M. Davin : Culture des pri­
meurs en Algérie-Tunisie (suite).
Vendredi 29 avril, M. Laurent : Industrie de
l’argile aux colonies (suite).
Samedi 30 avril, docteur Reynaud : La Voi­
rie des villes coloniales (élimination des matiè­
res usées).

Musée Commercial
EXPOSITION DES BLÉS
Ainsi que nos lecteurs l’ont appris par le
procès-verbal de l ’Assemblée Générale du 17
mars dernier, l’Exposition spéciale de l’Insti­
tut Colonial Marseillais portera cette année
sur'les Blés.
La Meunerie Française, le Syndicat des mi­
notiers ©t fabricants de semoule et le Syndi­
cat -des importateurs de grains de Marseille
ont bien voulu nous assurer de leur précieux
concours et nous avons demandé par la lettre
suivante aux Sociétés et Syndicats agricoles
de l ’Algérie et de la. Tunisie, die vouloir bien
nous servir d’intermédiaires auprès des agri­
culteurs de ces Colonies :
Monsieur le Président,
Notre Institut organise tous les ans, en août
et en septembre, une Exposition qui a pour but
de faire connaître l’état de la production de
nos produits coloniaux, chaque Exposition por­
tant sur des produits différents, l’an dernier,
par exemple, sur les caoutchoucs, et il y a
deux ans, sur les corps gras.
Ces deux dernières Expositions ont attiré
65.000 visiteurs et ont eu un grand retentisse­
ment dans le monde industriel auquel elles
s'adressaient spécialement.
Notre intention est de faire porter cette année
notre Exposition sur les blés, et, à ce titre, elle
intéressera plus particulièrement nos posses­
sions méditerranéennes, en raison de l’énorme
quantité qu’ en absorbe notre place et de la
concurrence que font aux blés algériens et tuni­
siens les blés américains et russes.
Nous avons estimé qu’il y aurait le plus grand
intérêt à réunir de la manière la plus complète

possible.les types des blés d’Algérie et de Tuni­
sie et de ceux qui sont consommés sur notre
place, et à provoquer une sorte de: vaste consul­
tation sur leurs mérites respectifs et leurs
caractéristiques culturales. Nos colons sauront
ainsi d’uné manière précise quelles .sont les
qualités industrielles qui font préférer telle ou
toile variété, et ils verront de quelle manière
ils pourront les concilier avec les nécessités de
la culture.
Nous désirons que l’Exposition que nous pré­
parons porte sur la moisson même qui viendra
de se terminer, et ce que nous nous efforcerons
de soumettre à nos minotiers, ce seront les
échantillons même des graines qui seront l’ob­
jet de la prochaine campagne au sujet desquels
nous ferons notre possible pour réunir les ren­
seignements les plus précis ,sur les quantités
produites, points d’approvisionnements et au­
tres données, qui forment la base même du
commerce des céréales.
Nous tâcherons ensuite de tenir à jour en ce
qui concerne nos possessions méditerranéen­
nes, la documentation constituée de la sorte,
ét nous aurons ainsi d’une manière permanente
tous les éléments nécessaires pour renseigner
agriculteurs et industriels.
C’est là une œuvre difficile, et nous avons
pensé que pour 1a. mener à bien du côté de la
production, nous ne pouvions mieux faire que
de nous adresser aux groupements profession­
nels qui sont appelés à jouer un rôle de plus
en plus important dans l’organisation commer­
ciale de l’agriculture, et c’est à ce titre que
nous venons vous demander d’examiner dans
quelle mesure vous pourrez nous servir d’inter­
médiaire auprès de vos adhérents, pour consti­
tuer des collections et recueillir 1-es renseigne­
ments les plus complets possibles sur leur pro­
duction.
L ’Exposition s’ouvrira le 15 juillet, mais d’ici
là il sera nécessaire d’avoir constitué toute
l ’organisation qui permettra de recueillir chez
les intéressés, au moment de la moisson, les
types qui nous seront envoyés et d’âvoir établi
le mode suivant lequel nous resterons en rap­
ports avec eux. C’est vous dire l’urgence qu’il
y a do so mettre à l’œuvre dès maintenant.
Espérant que vous voudrez bien nous confir­
mer sans retard que nous pouvons compter sur
votre bon concours; je vous prie d’agréer, Mon­
sieur le Président, l’assurance de mes senti­
ments très distingués et dévoués.
Le Président
de l'Institut Colonial Marseillais,
A. A rtau d .

�L’EXPANSION COLONIALE

CHRONIQUE DU MOIS
L ’O ffic e c o lo n ia l de P a r is

Un décret présidentiel du 16 mars vient de
réorganiser l ’Office colonial de Paris, sur un
rapport de M. Trouillot, ministre des Colo­
nies. Ce rapport constate les grands progrès
de la mise en valeur de notre domaine colo­
nial depuis la fondation de l'Office en 1899,
et la nécessité qui en résulte d’une meilleure
organisation du service chargé de renseigner
le public sur les conditions dans lesquelles
il est possible d’engager ou de poursuivre
aux colonies des entreprises industrielles,
agricoles ou commerciales.
Afin d’adapter l’Office colonial de la Gale­
rie d’Orléans aux exigences de la situation
économique nouvelle créée par la progression
constante des échanges, le décret susdit éta­
blit la charte de cette institution sous la for­
me d’un règlement d’administration publi­
que, relatif à l ’organisation die l’adminis­
tration et au régime financier de l ’Office.
Toutefois, la réglementation nouvelle plus
précise ne modifie pas grand chose, en réa­
lité, dans le fonctionnement de cet orga­
nisme un peu trop administratif, qui gagne­
rait à se rapprocher des méthodes de l ’Office
national du commerce extérieur. Malheu­
reusement, les ressources insuffisantes de
l’Offilce colonial ne lui permettent pas de
rendre tous les services dont il est suscep­
tible. Mais M. Saint-Germain, l’honorable
sénateur d’Oran, demeure président du Con­
seil d’administration et ne peut manquer de
tirer bon parti de l ’amélioration apportée
au régime de cette institution.
D’autre part, un décret de même date a
désigné comme nouveau directeur de l ’Office
colonial, M. Duprat, directeur du cabinet du
ministre, qui est nommé à cette, occasion
gouverneur des colonies hors cadre. Cette
nomination a été accueillie avec faveur dans
le monde colonial, où M. Duprat s’est attiré
au cabinet du ministre la sympathie géné­
rale. L ’intelligente activité du nouveau di­
recteur donnera certainement un plus grand
développement à l'Office colonial. Notre Ins­
titut, qui est en quelque sorte le correspon­
dant de l ’Office à Marseille, et qui avait
trouvé le plus bienveillant appui auprès du
regretté M. Auricoste, compte aussi sur le
concours précieux de son distingué succes­
seur, auquel il tient à orésenter ses sincèi’es
félicitations.
La G rève

des In s c rits

m a ritim e s

La grève actuelle des marins du port de
Marseille qui se mettent à la remorque des
révolutionnaires de leur Syndicat, n’a heu­
reusement pas causé de très graves domma­
ges fi l’Algérie-Tunisie, dont les relations

77

maritimes avec la métropole étaient parti­
culièrement menacées. L'énergie du Gouver­
nement a permis en effet d’assurer assez ra­
pidement les services réguliers de naviga­
tion, grâce à l’armement de paquebots avec
des marins de l’Etat.
Néanmoins, ce nouveau chômage des ins­
crits et les fâcheux incidents qui l’ont, pré­
cédé, démontrent l’inéluctable nécessité
d’une réforme profonde, permettant de ga­
rantir d’une façon durable à notre Afrique
du Nord ses communications avec la France.
Une situation aussi préjudiciable aux inté­
rêts économiques et moraux du pays ne peut
se prolonger au gré d’une poignée d’agita­
teurs irresponsables, qui ont semé l’indis­
cipline dans notre flotte commerciale.
Il semble que le meilleur remède pour per­
mettre à notre marine marchande un fonc­
tionnement normal, soit désormais dans la
suppression du privilège de l’inscription
maritime et la liberté consécutive du recru­
tement des équipages, ainsi que cela existe
dans les principales marines concurrentes.
La suspension du monopole du pavillon,
déjà prévue par une loi, porterait une trop
grave atteinte aux intérêts nationaux. C’est
d’ailleurs dans ce sens que plusieurs assem­
blées et Congrès algériens viennent de se
prononcer. La Société d’études coloniales et
maritimes de Paris vient même d’émettre
un vœu motivé, déclarant « qu’en présence
du renouvellement possible des faits de
grève ou d’indiscipline chez les inscrits ma­
ritimes, il y a lieu d’envisager, dans la pro­
portion des nécessités éventuelles, l’augmen­
tation sur les navires de commerce du nom­
bre des marins indigènes d’Algérie-Tunisie,
dits « Baharias », et de tous indigènes de nos
colonies, sujets français ».
Et dire que c’est sous le prétexte de chas­
ser une cinquantaine seulement de Somalis
des vapeurs de la Méditerranée que la grève
actuelle a été déchaînée !
L e s P r o g r è s de l’A f r i q u e O c c i d e n t a l e

Notre Ouest-Africain offre l’exemple d’un
magnifique développement et il est déjà pos­
sible de donner un aperçu de l’importance,
toujours croissante, des échanges de l’A fri­
que Occidentale Française avec l’extérieur
pendant l’année 1909. L ’ensemble du com­
merce général s’est élevé à 228.400.114
francs, dont 118.567.943 francs, à l’impor­
tation et 109.832.171 francs à l’exportation,
soit une augmentation de 35.308.700 francs
sur l'année 1908. Cette dernière somme se
décompose ainsi : importations : 9.977.475
francs ; exportations, 25.331.225 francs.
Favorisé par les efforts de l’administra­
tion pour mettre en valeur nos possessions
ouest-africaines et les doter de l'outillage
économique nécessaire, le commerce de l’A ­
frique Occidentale française a progressé pen-

�78

L’EXPANSION COLONIALE

dant les cinq dernières années de 75 mil­
lions, soit 15 millions par an en moyenne.
1907 fut une année de prospérité ; mais en
1908 la crise universelle a lourdement pesé
sur les transactions. Néanmoins on peut dire
qu’au cours de cette crise, l ’Afrique Occiden­
tale française a montré une vitalité du meil­
leur augure.
Les cours de certains articles d’exporta­
tion se sont relevés en 1909 pour atteindre
des taux jusqu’ici inconnus et se maintenir
à des prix rémunérateurs ; ce sont les caout­
choucs, les huiles et les amandes de palme,
les bois et les arachides. Or, ces produits re­
présentent en valeur, pour 1909, les 87 cen­
tièmes des exportations totales, d’où l ’aug­
mentation si considérable de la valeur des
sorties. L ’accroissement moindre des impor­
tations est dû à ce que la plus grande partie
du programme d’outillage économique basé
sur les emprunts de 1903 et de 1907 a été
exécutée, et à ce que les facultés d’achat des
indigènes s’étaient trouvées réduites en 1908
par l’avilissement des prix de 'Certains pro­
duits de cueillette.
L ’année 1909 a donc été prospère pour lfAfrique Occidentale, et cette ère de prospérité
paraît devoir se continuer en 1910, car les
exportations promettent d’atteindre un chif­
fre imposant. Active est la campagne de trai­
te sur les arachides, au Sénégal, sur les
amandes et les huiles de palme au Dahomey,
sur les caoutchoucs dans toutes les colonies ;
la récolte a été abondante et elle s’écoule à
de bons prix.
J. L.

Le Service de la Navigation Côtière à la Guyane
Cette question, qui intéresse au plus haut
point les intérêts généraux de notre Colonie
américaine, est restée en suspens depuis fort
longtemps. Au moment où elle paraît enfin en
voie de solution, il est bon de retracer les vi­
cissitudes qu’elles a traversées.
Dès 1883 on a examiné la nécessité de créer
un service régulier de bateaux à vapeur entre
les différents points de la Côte de la Guyane,
mais il ne fut rien fait jusqu’en 1902, où devant
l’échec de nombreux essais d’adjudication qui
avaient été tentés par l’Administration, essais
restés infructueux personne n’ayant voulu sou­
missionner, le Conseil général décida à l’unani­
mité de demander au «Gouvernement de passer
un marché de gré à gré.
De nouvelles tentatives d’adjudication n’en
furent pas moins faites, mais sans succès. En­
fin une nouvelle adjudication eut lieu le 18 juin
1907, ayant pour objet l’exécution :
1° D’un service régulier de transports de la
Correspondance, des passagers, des animaux
entre Cayenne et divers points de la colonie ;

-2° D’un service de transports du personnel ré­
légué, condamné, ou libéré de l’Aduninistration
Pénitentiaire ;
3° D’un service postal destiné à relier
Cayenne à Georges-Town ou Paramaribo.
La Cie « Nord-Amazone », qui avait fait l’of­
fre la plus avantageuse (45 % de rabais sur les
prix de base), avait été déclarée adjudicataire
définitive par le Gouverneur dans la séance du
Conseil Privé du 5 août 1907.
Aux termes du contrat passé avec cette Com­
pagnie, les trois services devaient commencer à
fonctionner dans un délai d’une année, à comp­
ter de la notification à l’entrepreneur de l’ap­
probation définitive de sa soumission, c’est-àdire le 10 août 1908, sous peine d'une amende
de 50 francs par joui et par bateam En outre, il
était spécifié que le marché pourrait être résilié
avec saisie totale ou partielle des cautionne­
ments, si le retard se prolongeait au delà de
quatre mois pour l’un ou l’autre des navires
exigés par le contrat.
A l’expiration du délai précité, non seulement
aucun des trois navires n’était complètement
construit, mais encore la Cie ne possédait au­
cun matériel en Guyane, aucune installation
pour les recevoir ; elle n’y avait pas d’atelier
de réparation, pas de charbon dans un pays
Où il n’existe aucun stock commercial de ce com­
bustible, pas de gabarres ni même de hangar.
Déjà le Conseil général, ému de cette situa­
tion, avait demandé, dans sa session ordinaire
de 1908, la résiliation de ce contrat dont aucune
des conditions n’étaient exécutées, mais l’Admi­
nistration tenant compte des intérêts en jeu, ne
voulut pas résilier le marché à la date du 10
décembre 1908, ainsi qu’ il est spécifié à l’article
41 des cahiers des charges, et elle préféra pour
donner plus de marge à la Compagnie « NordAmazone » appliquer les pénalités prévues et,
pour ne pas priver la Guyane de toute commu­
nication, passer un marché provisoire avec la
maison Clanis, Tanon et Cie, en vue d’assurer
le service côtier.
Cette situation étant inchangée en avril 1909,
l’Administration invita la Compagnie « NordAmazone » à verser au Trésor le montant des
ordres de recettes émis contre elle, soit : 35.000
francs pour pénalités encourues, faute par elle
de voir résilier son contrat.
Cette mise en demeure réitérée à plusieurs
reprises étant restée sans résultat,, le Gouver­
neur Rodier prononçait la résiliation du mar­
ché « Nord-Amazone » avec saisie totale du mon­
tant de ses cautionnements.
A la suite de toutes ces difficultés, il a paru
clairement démontré que le système d’adjudi­
cation ne pouvait donner aucun bon résultat
et le même Gouverneur proposa, dans la séance

�L’EXPANSION COLONIALE
du 25 mai 1909, d’approuver un projet de con­
trat de gré à gré qu’il avait passé avec MM. Clanis, Tanon et Cie, moyennant le paiement par
le service local,' indépendamment des subven­
tions à payer par l’Etat pour l’Administration
Pénitentiaire et le service postal, d’une sub­
vention annuelle de 80.000 francs, chiffre qui
avait servi de base à la première adjudication.
Les clauses et conditions sont les mêrfies que
celles Contenues dans le contrat « Nord-Ama­
zone », avec une légère différence cependant
dans l’itinéraire. Cette différence est tout à l’a­
vantage du public. La ligne Sous-le-Vent a été,
en effet, scindée afin de permettre des voyages
plus rapides. C’est ainsi que d’après l’ancien
marché, il fallait quatre ou cinq jours pour se
rendre de Cayenne à Mana, principal centre
minier de la Guyane, tandis qu’avec le projet
actuel le même voyage s’effectuera en vingtquatre heures.
De plus le tarif des prix de passage a été lé­
gèrement modifié et mis en harmonie avec le
tarif actuel exigé par la maison Clanis et Ta­
non. Aucune autre modification importante n’a
été apportée au service du Courrier Anglais,
qui aura lieu par la voie de Demerara. La Co­
lonie continuera comme par le passé à recevoir
les courriers hollandais par la voie d'Albina.
Le Secrétaire général de la Colonie appuya
ce projet en faisant valoir que bien que le sys­
tème d’adjudication fût le principe, la colonie
était parfaitement justifiée à passer un mar­
ché, les Conseils généraux étant autorisés par
le décret du 18 novembre 1882 à statuer sur les
concessions à des particuliers des travaux d’in­
térêt colonial. Par suite de la disparition des
voiliers, aucun autre moyen de communica­
tions n’existant en dehors de ceux qui étaient
assurés par la Compagnie Clanis et Tanon,
il était incontestable que l’organisation de la
navigation constituait pour la Guyane un ob­
jet d’intérêt colonial.
Le Conseil accepta le principe de traité de
gré à gré et se prononça pour la concession de
l’entreprise à MM. Clanis et Tanon.
On aurait pu croire que les difficultés étaient
terminées, mais il n’en a pas été ainsi ;
l’Administration centrale ayant eu des scrupu­
les sur la validité des votes du Conseil général,
a retardé jusqü’à ce jour l’approbation d’un
marché de gré à gré.
Depuis cette époque, le service de la naviga­
tion côtière ne fut donc assuré que par l’exécu­
tion du contrat provisoire qui avait été passé
par l’Administration avec MM. Clanis et Ta­
non.
Nous avons été heureux d’apprendre que l’on
avait enfin décidé d’approuver la convention
passée par le Gouvernement de la Guyane et

79

de lui permettre d’assurer le service qu’il sol­
licitait depuis 1883.
Notre Ministre des Colonies actuel a fait oeu­
vre méritoire et dq bonne administration en do­
tant enfin la colonie de moyens de communica­
tion, en s’adressant pour cela à une maison
sérieuse choisie par les autorités et le Conseil
général, maison ayant d’ailleurs fait ses preu­
ves utiles. S’il avait voulu mettre en adjudica­
tion, il exposait la colonie à un gros procès et
mettait en péril l’existence même des divers
pénitenciers, séparés les uns des autres et sans
moyen de communication. Il était plus que
temps d’en finir et la population de la Guyane
tout entière lui sera reconnaissante, d’autant
qu’elle a pu apprécier déjà les bienfaits du ser­
vice provisoire qu’ assurent MM. Clanis et Ta­
non depuis plus d’un an, à la satisfaction de
tous.

E. B.

Régime douanier colonial
R A PPO R T sur le régime douanier applicable
à la Guadeloupe, présenté au Conseil géné­
ral par M. le Gouverneur BALLOT, le 10
mars 1908.
(Suite)
On aurait pu penser que cet exemple aurait
arrêté le courant protectionniste pour les au­
tres Colonies.
Il n’en fut rien, puisque le législateur du 11
janvier 1892 assimila purement et simplement
la Guadeloupe à la Métropole au point de vue
douanier.
Ce court exposé montre que la demande de la
liberté corhmerciale pour la Guadeloupe n’au­
rait aucune chance d’être accueillie par les pou­
voirs publics. Si un tel régime n’a pu être tolé­
ré par la Métropole à un moment où celle-ci ne
savait pas les avantages qu’elle aurait tirés de
l’assimilation douanière, à bien plus forte rai­
son, ne le sera-t-il pas aujourd’hui qu’on a pu
constater l’augmentation du commerce de la
France avec la colonie, augmentation résultant
du système actuel.
D’ailleurs, les bénéfices que la Guadeloupe
aurait obtenus au moyen de ce régime peuvent,
en partie, être acquis grâce aux modifications
proposées ci-après. Celles-ci découleront logi­
quement de l ’appréciation critique de la légis­
lation en vigueur.
La seule pensée qui a préoccupé le législateur
de 1892 a été l ’intérêt de l ’industrie métropoli­
taine. Cet intérêt semblait en péril aux Colo­
nies : il fallait obtenir une diminution du com­
merce avec l ’étranger et une augmentation cor­
rélative du trafic avec la France. C’était une
assimilation douanière, mais faite au profit
presqu’exclusif de la Métropole.
11 y avait loin de cette conception purement
utilitaire à l’aspiration élevée de la Convention
qui, en proclamant, elle aussi l’union douaniè­
re de la France avec les colonies, « voulait que
« la fraternité qui doit unir tous les Français
« fut plus forte que la distance, et, dans ce but,

�80

L’EXPANSION COLONIALE

« fâisait tomber les barrières, véritables doua­
it nés intérieures, qui gênaient le commerce de
« la Métropole a.vec les colonies et établissait
«Ma liberté absolue des échanges entre toutes
« les parties du .territoire ».
Les auteurs de la loi de 1892 n'ont pas tenu
compte de la situation géographique des Colo­
nies, de la distance qui les sépare de la Métro­
pole. Si cette considération avait retenu leur
attention, ils auraient reconnu qu’une lutte
contre les courarits*naturels du commerce n’est
pas toujours sans dangers.
Sans doute, dans la Métropole, le tarif doua­
nier oblige le consommateur à s’approvisionner
sur place, à demander au commerce français
les produits dont il a besoin et la conséquence
en est la substitution du marché le plus rappro­
ché au marché le plus éloigné ; « ce rapproche­
ment du lieu de production et du lieu de con­
sommation évite des transports inutiles qui
constil uent une véritable perle de temps et de
travail » ; il a pour conséquence le développe­
ment de l’industrie nationale.
Mais combien différente est la situation d’une
île, comme la Guadeloupe, dont la production
se limite à quelques denrées, qui est obligée de
demander à l’extérieur tous les objets de con­
sommation, qui est éloignée de la Métropole et
placée près d’un immense marché étranger ?
Èst-il logique d’obliger les habitants de cette
colonie à faire venir d’un pays éloigné, et, par
suite, à grands frais, des marchandises four­
nies à bon compte par une nation voisine ?
Certes, si le législateur avait constaté dans
le commerce de la Colonie, des tendances à de­
mander ses marchandises aux autres nations
européennes, comme l’Angleterre ou l’Allema­
gne, aussi éloignées de la Guadeloupe que la
France, il aurait été fondé à protéger l’indus­
trie nationale. Mais tel n’est point le cas pour
la Guadeloupe. Les statistiques montrent, en
effet, que la part de beaucoup la plus importan­
te des importations étrangères provient des
Etats-Unis d’Amérique.
Ce principe général n’a pas été suivi loirs de
l’établissement du système actuel : il n’était pas
sans intérêt de le faire remarquer à la veille
d’une refonte de la législation douanière.
Du moins, tel qu’il était établi par la loi de
1892, le régime douanier n’aurait pas dû prê­
ter aux deux grosses critiques qu’on est fondé
à lu’ adresser.
Il était facile, en effet, de diminuer considéra­
blement les inconvénients du tarif général de
1892, en faisant aux Colonies une application
large dès articles 3 et 4 de la loi, en acceptant
les modérations de droits proposées par le
Conseil général. C’est d’ailleurs ainsi que l’ap­
plication de loi avait été généralement com­
prise.
...C'est pourquoi il paraît indispensable de
rechercher le moyen d’éviter, au moment où les
bases du nouveau régime douanier vont être
jetées, le retour de semblables mécomptes.
Il semble qu’on pourrait trouver ce moyen :
1° En exemptant ou en taxant très faiblement
les marchandises que la Métropole ne produit
pas ou ne peut pas fournir à la Guadeloupe
(pétrole, engrais naturels, houille, farine de
froment, riz, saindoux, futailles, produits chi­
miques pour l’agriculture, etc.).
2° En décidant que les stipulations légales à
intervenir tiendront le plus grand compte des

délibérations prises par les Conseils généraux
et les Conseils d’administration des colonies
pour demander des exemptions au tarif de la
Métropole. Ces assemblées locales sont, en
effet, mieux placées que toùt autre pour connaî­
tre les besoins des populations et défendre les
intérêts de leur commerce et de leur industrie.
L ’énumération des marchandises qui de­
vraient bénéficier des exemptions ou des modé­
rations de droits n’entre pas dans le cadre de
cette étude.
*
D’ailleurs, c’est seulement après le vote de
la loi que cette recherche pourrait être utile­
ment faite. Il n’a pas été procédé autrement
en 1892.
Au surplus, on pourrait rappeler, à titre
d’exemple probant les efforts faits à maintes
reprises par le Conseil général en vue d’obte­
nir un abaissement plus complet du droit de
douane qui frappe la morue ; le droit est resté
prohibitif, malgré les efforts de l’assemblée
locale.
La seconde critique- à laquelle donne lieu le
régime douanier actuel, et non la moindre, est
relative au traitement imposé aux produits
exportés des colonies assimilées à leur entrée
en France.
En effet, la réciprocité de traitement est la
règle qui préside à toute convention de com­
merce.
Or, notre système douanier actuel oblige la
Guadeloupe à recevoir en franchise les mar­
chandises nationales, de quelque nature qu’el­
les soient ; tandis que les produits des colonies,
à l’exception du sucre traité comme produit
indigène et des denrées peu importantes qui
sont exemptes de droits, doivent acquitter, à
leur entrée en France, des droits de douane
élevés : 58 francs par 100 kilogrammes pour les
cafés, 52 francs pour les cacaos, 208 francs
pour la vanille, etc. D’où un impôt de quelques
millions de francs payé chaque année à la
Métropole par l’ensemble des colonies et dans
lequel la contribution de la Guadeloupe est de
plus de 800.000 francs.
On a essayé de justifier ce traitement en
disant, que ics droits auxquels sont soumises
en France les denrées coloniales ne sont pas
de véritables droits de douane, bien qu’ils
soient repris au tarif des douanes,, mais sim­
plement des taxes fiscales ou de consommation.
D’après cette théorie, les cafés, cacaos, etc.,
n’ayant pas de similaires dans la Métropole,
les droits dont il s’agit n’ont pas le caractère
protecteur des droits de douane.
Cette argumentation peut être réfutée. Si la
colonie, se fondant sur la distinction qui vient
d’être établie, demandait l’introduction à son
tarif spécial de droits élevés sur les principaux
produits français, les vins et les tissus, par
exemple, pourrait-on valablement soutenir que
ce seraient là des .taxes fiscales contre lesquelles
la métropole n’aurait pas à protester, par la
raison que la Guadeloupe ne produit ni vins,
ni tissus ?
Dans le même ordre d’idées, on a prétendu
que l’admission en franchise dans la Métropole
des denrées des colonies donnerait lieu à des
réclamations de la part des pays étrangers, du
Brésil, notamment. On invoque à l’appui de
cette thèse, la réduction simultanée de 20 fr.
sur le tarif minimum (136 francs au lieu de
156 francs) et sur le tarif appliqué aux colonies
(58 francs au lieu de 78 francs) par suite de

�L’EXPANSION COLONIALE
l ’accord intervenu avec le Brésil en 1900.
Il est facile de répondre que l ’étranger n’a
pas à s’immiscer dans un règlement de tarif
de douane entre la France et ses colonies.
Quant à la réduction de 20 francs signalée, elle
a été demandée par le Brésil et la France ne
pouvait faire autrement pour ne pas traiter
les cafés coloniaux plus défavorablement, par
rapport aux similaires étrangers, qu’ils ne
l’étaient, auparavant que de leur accorder une
réduction d’égale valeur.
La réciproque n’est pas exacte.
Une diminution des droits payés par les colo­
nies ne saurait en entraîner une autre au profit
des pays ayant droit au tarif minimum, ceux-ci
ne pouvant invoquer dans l’espèce la clause de
la nation la plus favorisée.
On peut ajouter,' très subsidiairement d’aih
leurs, que toute modération de droits sur les
cafés du Brésil, par exemple, a pour consé­
quence une augmentation considérable de l’im­
portation de ce pays en France (41.705 ton­
neaux en 1900, 115.804 tonneaux en 1901). La
production du Brésil ne comprend pas seule­
ment, en effet, les expéditions faites à destina­
tion de la France,mais encore d’énormes quan­
tités exportées en d’autres pays, et que le Bré­
sil aurait intérêt à diriger plutôt sur 1a. France
au cas d’une modération du tarif actuel. Les'
colonies, au contraire, envoient déjà en France
la totalité de leurs cafés ; elles ne pourraient
donc, si les droits sont diminués, exporter une
tonne de plus, si ce n’est après plusieurs an­
nées, lorsque la hausse des prix aurait donné
lieu à une augmentation de la production.
Cette augmentation ne peut être qu’insigni­
fiante par rapport au commerce total, les pays
étrangers important en France 166.000 tonnes
de café en moyenne, contre 1.650 tonnes impor­
tées par toutes les colonies françaises.
M. Dubief, dans son rapport sur le projet de
budget du ministère des Colonies pour 1904,
s’élevait contre le traitement fait en France
aux produits coloniaux. Quelque temps après,
il formulait dans la presse, en des termes très
vifs, son sentiment à ce sujet. « Quand dans
l’avenir, disait-il en substance, le chercheur
consultera les annalçs de la France pour sa­
voir quelle part a été faite aux colonies par la
législation douanière de 1892, il s’arrêtera
étonné. Quand il aura lu et relu, il se deman­
dera comment il a pu se faire que la noble et
généreuse France de l’histoire, la France de la
Révolution ait imposé à ses enfants d’outre­
mer un contrat où elle prenait tout pour elle,
et ne leur laissait que la misère. »
Et M. Dubief concluait : « Qu’il s’agisse d’ex­
portations ou, d’importations, la loi du 11 jan­
vier 1892 est mauvaise, parce qu’elle est une loi
d’égoïsme métropolitain. »
On ne saurait, être plus catégorique, et les
revendications coloniales ne pourraient être
plus nettement formulées.
Toutefois, M. Dubief aurait pu ajouter : Cette
loi n’est pas mauvaise seulement parce qu’elle
lèse les Colonies ; elle l’est encore parce qu’elle
lèse les intérêts bien entendu de la métropole.
En pratiquant envers ses colonies lu politique
qui prend pour devise : « chacun ,pou.r soi », au
lieu de celle ayant pour devise « chacun pour
tous, tous pour chacun », la France se prive
d’ime source de revenus appréciables.
En effet, dans le seul but de ne pas priver un
budget de près de quatre milliards de francs

81

d’une recette insignifiante de quelques millions,
le législateur de 1892 a consacré une injustice,
en refusant aux Colonies l’application complè­
te de l’assimilation douanière, dont la consé­
quence logique aurait été le même traitement
pour les produits coloniaux en France que pour
le® marchandises françaises aux Colonies, c’est
à-dire l’admission en franchise de droits de
douane.
L ’entrée en franchise de droits de douane
dans la Métropole die tous les produits des co­
lonies devra donc être aussi une des bases du
régime douanier à établir.
Mais les modifications énumérées ci-dessus
et relatives tant aux importations de France
aux colonies qu’aux exportations des colonies
en France ne sont pas les seules réformes qu’il
y aurait, lieu d’introduire dans le régime pro­
jeté, pour aider au développement économique
de la Guadeloupe.
Dans cet ordre d’idées, il est nécessaire d’exa­
miner le traitement à faire à la principale des
denrées- coloniales, au sucre et à ses dérivés,
la régime des autres produits coloniaux ayant
déjà été envisagé.
L ’industrie sucrière de la colonie a, au cours
de ces vingt-cinq dernières années, subi des
épreuves qui auraient pu être meurtrières. Grâ­
ce à l’énergie de ses représentants, grâce aus­
si au concours des pouvoirs locaux, elle est
encore vivante. Il est peu probable que les cri­
ses à venir mettent son existence en péril d’une
façon plus grave. Du moins, faut-il pour cela
qu’aucune des protections légitimes auxquel­
les elle a droit ne lui soit contestée.
Or, la législation sucrière actuelle, qui éta­
blit le principe de l’équivalence de traitement
entre les sucres de la métropole et les sucres
des colonies n’est pas appliquée pour ces der­
niers. Le fait est établi avec la plus grande
clarté par l’honorable M. Dubief, dans son rap­
port. précité...
L ’application complète des principes géné­
raux de la législation sucrière serait un acte
de justice. Les dérivés du sucre, rhum et mélas­
se de canne, pourraient être également l ’objet
de dispositions spéciales dans le nouveau régi­
me douanier.
Une mesure avantageuse pour le premier de
ces articles serait l’égalité de traitement de ce
produit avec les eaux-de-vie de vin. En ce qui
concerne la mélasse de canne destinée à un
autre usage que la distillation, il y aurait quel­
que chose de plus à faire pour favoriser, l’expor­
tation de ce produit dans la métropole.
Enfin, il pourrait être prévu, dans la nouvel­
le législation douanière que les traités de
commerce à intervenir entre la, France et les
autres nations contiendraient des Stipulations
de faveur pour les denrées des colonies.
(A suivre).

IN S TITU TIO N S CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GEOGRAPHIE
La douzième conférence annuelle de MM. les
secrétaires de la Société de Géographie de Mar­
seille, sur les « Evènements géographiques et
coloniaux de 1909 », a eu lieu avec son succès
habituel, le 14 avril, rue Noailles, devant un
nombreux auditoire d’élite, sous .la présidence
de M. Charles Vincens, membre de la Commis-

�82

L’EXPANSION COLONIALE

sion administrative de la Société. Cet exposé
des actualités de l’année écoulée a été présenté
de façon attrayante et documentée, successi­
vement par M. Joseph Fournier, pour les « Co­
lonies françaises » (occupation de la Maurita­
nie et du Ouadaï, inauguration du chemin de
fer de la côte orientale de Madagascar à Tananarive et du chemin de fer de Saïgon à Phantiet, insurrection du Détham au Tonkin, arbi­
trage franco-mexicain pour l’île Clipperton) ;
par M. Raymond Teisseire, pour la « Poli­
tique étrangère » (Accord austro-turc et enten­
tes relatives aux Balkans, accord franco-alle­
mand du Maroc, campagne des Espagnols dans
le Rif, union de l’Afrique du Sud ; choix de la
capitale fédérale de l’Australie ; traité anglosiamois, arrangement sino-japonais, première
réunion des assemblées provinciales en Chine) ;
et par M. Jacques Léotard, pour les « Explo­
rations » (Péa/ry, au Pôle Nord ; Shackleton,
au Pôle Sud, et Charcot, dans l’Antarctique ;
record de l’altitude du duc des Abruzzes dans
l’Himalaya, Pelliot et le docteur Stein dans
l’Asie centrale ; traversées africaines de l’in­
génieur de Gironcourt, du docteur Kumm, du
lieutenant Graëtz et du prince Albert de Bel­
gique).De grandes cartes murales augmentaient
l’intérêt de cette instructive conférence de vul­
garisation, qui a été complétée par de nom­
breuses projections lumineuses, dont la présen­
tation était faite par le secrétaire général de la
Société, M. Léotard.
En outre, de brillantes conférences ont été
faites, sous le patronage de la Société de Géo­
graphie, par M. le commandant d’Ollone, sur
sa mission en Chine, et M. le commandant de
Lacoste, sur sa mission en Mongolie, et par
M. A. Bertrand, de Genève, sur l’Afrique Aus­
trale. Ajoutons que les membres de la « Croi­
sière au Maroc » de la Société de Géographie,
sont rentrés à Marseille le 11 avril, après un
excellent voyage.

ALLIANCE FRANÇAISE
Le Comité marseillais de « l’Alliance Fran­
çaise pour la propagation de la langue natio­
nale dans les colonies et à l ’étranger », a tenu,
le 21 avril, dans la grande salle de la Société de
Géographie, rue Noailles, une intéressante
séance, sous la présidence de M. Havard, ins­
pecteur d’Académie, vice-président du Comité,
qui a prononcé un brillant discours, assisté
de Mme Lamoureux, présidente du Comité de
Dames, et de M. Jacques Léotard, secrétaire
général. Deux remarquables conférences ont
été faites à l’auditoire d’élite de l’Alliance
Française. M, le commandant A. Boucherie,
de l’artillerie coloniale en retraite, a pris_ le
premier la parole, sur « l’Origine et l’Evolution
de la langue française ». C’est ensuite M. S.
Jolly, professeur au Lycée, secrétaire, du Co­
mité de l’Alliance Française, qui a prononcé
une allocution sur « l’Influence universelle de
la littérature française ».

SYNDICAT DES EXPORTATEURS
Le Syndicat des Exportateurs de Marseille
a tenu, le 25 avril, dans son local de la rue
Nouilles, son Assemblée générale annuelle,sous
la présidence de M. F, Bohn, son président,

membre de la Chambre de Commerce. Au bu­

reau, avaient également pris place, MM. A.
Artaud, président honoraire ; Martin-Laval, A.
Fouque et L. Ytier, vice-présidents ; A. Bourdillon, secrétaire général. M. le président Bohn
a fait un intéressant compte rendu des travaux
de l’année 1909, constatant la prospérité et l’ac­
tivité du Syndicat, qui compte plus de 500 mem­
bres et fournit au commerce un grand nombre
de renseignements précieux. Il a rappelé les
principales questions d’intérêt général sur les­
quelles le Syndicat avait délibéré durant l’exer­
cice écoulé, et a exprimé l ’unanime satisfac­
tion du commerce marseillais devant la bril­
lante réélection de M. Thierry au Parlement.
Après ce discours applaudi de M. Bohn, M.
Fouque a présenté le rapport annuel sur les
opérations du secrétariat, puis le compte rendu
financier démontrant l’excellente situation du
Syndicat. L ’assemblée générale a donné son
approbation à l’unanimité.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
Métropole
Algérie. — Des lois d’avril 1910 déclarent
d’utilité publique l’établissement de chemins
de fer d’intérêt général entre Aïn-Beïda et Tébessa, avec embranchement de la Meskiana à
Mor-sott, et entre Biskra et Touggourt (dépar­
tement de Constantine) ; entre Bouïra et Anmale et entre Tènes et Orléansville (Alger) ; en­
tre Relizane et Prévost-Paradol par Montgolfier (Oran).
Un décret rend applicable à l’Algérie la loi
du 17 avril 1907, sur la sécurité de la naviga­
tion maritime et la réglementation du travail
à bord des navires de commerce.
Indo-Chine. — Un décret réglemente le com­
merce des armes et munitions dans les pays de
protectorat de Tlndo-Chine.
Colonies. — Un décret du 4 avril rend les
droits de douanes inscrits au tarif minimum
applicables à l’importation, dans les colonies
et possessions françaises soumises au tarif mé­
tropolitain, aux produits et marchandises ori­
ginaires des Etats-Unis de l’Amérique du Nord
et de l’île de Porto-Rico.

Colonies
Côte-d'Ivoire. — Un arrêté réglemente l’ex­
ploitation des espèces’ forestières de la colonie.
Dahomey. — Un arrêté porte prélèvement
d’une somme de un million de francs sur la
caisse de réserve du budget général, pour l’exé­
cution des travaux de prolongement du tram­
way de Porto-Novo à Sakété vers Adja-Ouéré
et Kétou.
Nouvelle-Calédonie. — Un arrêté réglemente
l’exploitation des arbres à caoutchouc à latex,
la circulation et la vente du caoutchouc.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX

83

O R S E ILLE Madagascar
30 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat).

n V H a i- s e ille

CAFÉS
T E X T IL E S
les 100 k.
Raphias de Madagascar. — Tamatave
l re qualité.................................. ,........ F. 56
Majunga blanc.......................................
60
Analalave blanc.....................................
50
Tare d’usage, escompte Ho/o comptant,
marchandise prise à quai ou magasin
Marseille. — Article ferme.
Fibres d’Aloës. — Bourbon 1” choix___ 60 à 65
Bourbon ordinaire................................ 50 â 55
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar. . . ......................
8q
E SS E N C E S
le kilo-H
Géranium Bourbon bien tenue......
2
Vètyver Bourbon...........................
3Û
Lemon-Grass (Verveine).................
1-2
Ylang-Ylang...................................
300/400
V A N ILLE S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Entrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k ilo .............. .................. 38/42
Vanilles ordinaires saines., . .................. 27/28
»
inférieures
» . . . , ................. 22/24
»
Tahiti l r« qualité-,ku................ 1150
CUIRS DE MADAGASCAR
les 100 k
Majunga 8/10 kilos............................... 135/15
Tamatave »
» ............................... 125/13
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tamatave rosé,
l*r choix. — Pinky n° 1 ........... 16.75
17.—
Madagascar lombiri.................... 16.— à 16.50
Tamatave Guidroa 1er choix........ 12.75
13.—
Majunga 1er c h o ix .................... 13.50 14.—
Nossi-Bè............
10.— 12.—
Diégo-Suarez 1" choix.................. 16.50 17.25
Tullèar.....................................
6.» 10.—
Tonkin rouges I e'c h o ix ............... 20.—
—. —
»
n oirs................................ 15.50
16.—
»
lanières............................ 17.75
18.25
»
plaques............................ 14.—
14.50
Nouméa, bon courant.................. 15.50
16.—
Niggers Soudan rouges............... 20.—
— .—
Soudan-Niggers blancs ............... 17.75 18.—
Sénégal-Gambie A ....................... 12.50 13.—
Ces prix s’entendent au. kilog,
escompte 3 o/o, payable comptant
consommation.
C IR E S D 'A B E IL LE S
Madagascar...........................
375 à 337 50
Algérie.............. ........... . .
330 340 »
Tonkin....................................
330 340 »
Sénégal........................
340 345 »
Ces prix s’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable comptant à tout entrepôt.
G IR O F L E S de Sainte-Marie (Madagas­
ca r)............................. les 100 k. 220 à 225 »
Escompte 2 o/o, payable comptant à tout
entrepôt.
De
De
De
De

Guadeloupe bonifieur........ . les 50 k. 132 ii 140
Guadeloupe habitant........ ................ 122 130
Nouméa........... ; .'.‘.Y:-.. ................
90 100
Bourbon pointu................ .................- 125
135
Nouvelles-Hébrides.......... ................
85
92
Libéria de Madagascar___ ................
75
85
Marchandises à l’entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et Blanc.)
G R A INES O LÉA G INE USE S
Coprahs.— Ferme. Qualité « Sèles 100 kil.
chés au Soleil » ........... . . F. 72 —
-----a Loyale et Marchande » ........
64 — — —
Arachides Afrique dècort. disp.
38— à 40 —
Palmistes. — Bas de côte..........
41 —
42 —
»
Guinée................
42 —
45 —
Huile de palme. — Ferme.
Dahomey...............................
80 — 81 —
Grand-Bassam......................
77 — 78 —
Lahou.....................................
76 — 77 —
(Pichot et De Gasquet.)
L e

H a v r e

CAOUTCHOUC Madagascar. —
Tamatave Pinky I ................ .. F. 12
»
Pinky I I .............. ... 11
Majunga................................ ... 11
Farafangana.......................... ...
8
Mananzary............................. ...
9
Tonkin................ .................. ... 12
Congo Haut-Oubanghi........... ... 19
N’Djolé................................... ... Il
(Le tout au kilog, Le Havre.)

)) à 14 »
50 13 »
))
13 »
»
10 »
50 11 50
»
17 »
—
-- »
))
13 »

T E X T IL E S . - Sisal Afrique. ...
Aloès Réunion....................... ...
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)

73 — à 77 »
60 »
54 ))

BOIS acajou Gabon................
»
»
Okoumé........ .
»
ébène Gabon................
»
» Madagascar........
(Le tout aux 100 kilos.)

10
8
15
15

...
...
...
...

)) à 16 *
»
10 »
»
30 »
30 »
))

le kilo.
3.30
les 100 k.
GOMM E Copale Afrique........
50 à 100
100 400
»
Madagascar............
(Vaquin et Schweitzer.)
CIRES Madagascar................

ZBor-cLea/ixac

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N iggers..................................... 22.—
Soudan Niggers rouges........................... 20.—
Soudan Niggers blancs........................... 19.—
Lahou Niggers...... ■................................. 18 —
Gambie A ................................................ 16.—
Gambie A M ............................................. 15.—
Gambie B ................................................ 14.—
Bassam Lumps........................................ 13.—

�L’EXPANSION COLONIALE

84

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

Fr.
E M P R U N T S C O LO N IA U X
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
464 —
(g a r .)..................................
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 fr ..........
433 —
490 Gouvernement Tunisien, obi.
495 —
3 1/2 o/o 1903, r. à 500........
87 Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
80 —
(g a r .)..................................
90 50 Madagascar, obi. 2 1/2 (g a r .)..
83 —
94 —
—
Em. 3 o/o 1903 (gar.)
93 —
450 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o, 1899-1905 .............
479 422 _
-- -—
obi. 3 o/o 1902........
480 Emprunt Algérien, 3 o,o 1902,.
obi. r. à 500 t. p...................
448 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
958 1897...................... ..............
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895.....................................
965 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
470 —
3 1/2 o/o 1898.......................
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .....................
460 —
492 50 Col. de la Martinique...........
480 470 — Afrique Occident., 3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (gar.).............
458 642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500.-.
527 BANQUES CO LONIALES
E T E T A B L IS S E M E N T S FIN A N C IE R S
Divers
Cie Algérienne, act. de 500 t. p. 1165 —
574 —
500 — Créd. Fonc. d'Algér. et Tunis.
—
—
—
iib.
590 Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p .....................•......... 1693 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.)..................
430 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)................. '................... 1100 —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) ...........................
720 —
500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n ) ........... 350 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p nom .)........... 1524 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
742 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1260 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
'de 500 t. p ..........................
96 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 .............................
472 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350.............................
148 —
CHEMINS D E F E R A L G É R IE N S
E T C O LO N IA U X
500 Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
705 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
43S 500 Est Algérien, act. r. à 600___
727 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 439 500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
662 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 437 —
Aïn Thizy-Mascara, obi. 3 o/o
rem. à 500...........................
438 -

340 —

Mècheria-Aïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500...........................
443
------Mouzbab-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............
440
330 — Mostaganem-Tiaret, obi. 3 o'o
rem..à 500.........................
422
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan, act. 500,
250 fr. nom.. .....................
503
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650... .......... 1172
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç., obi. 3 o/o r. à 500 392
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’Etat............
438

—
—
—
—
—
—
—

V A LE U R S M IN IÈ R E S
------ Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............................... 1730
—
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem. à 500.....................
496
—
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p.....................
832
—
477 50 Algérie-Tunisie ( Omn. ), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500.............
481 —
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .........................
519
—
500 — Mokta el Fladid, act. 500 t. p. 1625 —
------Cie nantaise des mines de
Madagascar..................
307
—
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p......
725 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem. à 500.
508 —
375 — Compagnie Minière duCongo..
1400 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p ........................
80
—
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.....................
485
—
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ............. 3710
—
------Phosp. et Ch. de Gafsa, parts...
3320 —
V A LE U R S COLONIALES FRANÇAISES
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale...............(actions anciennes).
—
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale.............(actions nouvelles).. 2990 —
Cio Marseillaise de Madagascar...........
602 —
Alimaïenne...........................................
30 —
Congo occidental.................................
150 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
490 —
Haute Sangha..... ............................ ..
215 —
HauLOgôoué........................................
720 —
La Kolto..............................................
580 —
M’Poko....................................
205 —
Messageries Fluviales du Congo..........
316 —
Sultanats du Haut-Oubangui................ 1106 —
Compagnie minière de Guinée: act.......
105 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
123 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
act.....................................................
379 —
Société cotonnière de l’Indo-Chine........
325 —
Cic du Maroc et des Colonies africaines..
240 —
Le Président de l’Institut, Gérant :

Adrien ARTAUD.
Imprimerie du “ Sémaphore” B a r l a t i e r . — Marseille.
17-19, rue Venture.

�SERVICES POSTAUX MARSEILLE-COLONIES
D é p a rts de M a rs e ille
DATES DES DEFAUTS DERNIÈRE LEVÉE
DE M ARSEILLE

A lg é r ie

DE LA BOITE

DEPAUTS
DES BATEAUX

Hardi, Mercredi, Vendredi, Di^parlements d’Alger, d’Oran el Voie deMarseille „.
,
C'^G^Trans
' manche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 h. mat. 1 h. soir
de Constantine
et d A lger...)

»

».

d’Alger ...

d’Oran...........

de Constantine

T u n is ie .
In d o -C h u n e ...................
A fr iq u e O c c id e n ta le
F r a n ç a is e

Mercredi et .Samedi.
Jeudi.....................
Jeudi et Samedi....
Mardi....................
Mardi.....................
Mardi.....................
Samedi.................
»
OicTouache. Jeudi.. . . .............
»
C‘*G1&lt;'Trans. lundi, Jeudi et Vendredi. . . . . . .
»
Ci0Touache. Mercredi........ ........
»
»
Samedi................
»
C&gt;« des M. M. On dim. sur déni à p. du 3 jant.
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi ap. d. de Marseille . .
Voie deMarseille, Transp. Mar.
»
CieTouache.
»
C&gt;« GleTrans.
• »
Transp.Mar.
»
C'e G,&lt;‘Trans.

6 11. soir
m idi....
5 h. soir
5 h . soir
m idi....
5 h . soir
m idi....
midi ...
midi___
I h. soir
m idi__
II h. mat

Voie de Bordeaux, Cio des Charg. Itcun, 24 de chaque mois. 6 h. 35 soir.

Voie de Marseille, Transp. Mar.
VoiedeBordeaux àLisbonoc, C'c des M. M.
D jib o u ti, M a d a g a s c a r, Voie deMarseille,
»
R é u n io n e t M a u r ic e
»
»
D jib o u ti, M a j u n g a .. ..
»
Ci? Havraise
Voie deMarseille, Cindes M. M.
N o u v e lle -C a lé d o n ie j
Voie de Brindisi )
e t N o u v e lle s -H é b rid e s )
•paq. Anglais.
ou Naples
Voie deMarseille, Cie des M. M.
In d e F ra n ç a is e
Voie de Brindisi, paq. Anglais.
Voie de St-Nazaire,CieGlc Trans.
G u a d e lo u p e
1
Voie deBordeaux,
#
e t M a r tin iq u e
Voie (le Cherbourg, paq. Anglais.
Voie de St-Nazaire, Ci(,Gle Trans.
G u y a n e F ra n ç a is e . . . Voie d’Amsterdam, paq. N éerl..
I Voie de Cherbourg, paq. Anglais.
S é n é g a l............................

T a h iti
S t-P ie r r e - M iq u e lo n

3h. 20 soir.
10 h. 30m.
3 h. 20 soir.
3 h. 20 soir.
10 h.30 m
3 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. mat.
10 h. 30 m.
10 h. mat.
10 h. soir.

10, 20 et 30 de chaque m ois.. 10 h. 30 m. midi.
Le Jeudi, l.l. f i j. à p. du 1” janr. 6 h.35soir.

10 de chaque mois 10 h. mat. 11 h. mat..
25
»
10 h. mat. 11 h. mat..
Vers le 2 0 de chaque mois. mat. ousoir.
On dim. sur quatre à p. du 47 janr. 10 h. mat. 11 h. mat..
Chaque Vendredi .. 10 h. soir. 11 h. 30 s.
Cn Mercredi sur i à p. du 13 janr. 10 h. mat. 11 h. mat.
Vendredi ap.-midi. 10 h. soir, 11 h. 30 s.
9 de chaque m ois.. l’aiant-ieille soir,
2G
»
ia veille an s o ir ..
Le Itérer., 1 .1.14 j. àp. du 6 janr. l’ ar.-Teille malin,
9 de chaque m ois.. l’avant-reille soir,
Ternir., 1 .1 .14 jours à p . da 8 jant. la Teille an s oi'.,
Le Mercr., 1.1.14 j. à p. du 6 janv. l’ai.-raille malin.

Voie Le Havre et Cherbourg
par New-York

A rriv é e s à M a rs e ille
A lg é r ie :

A lger...........................
Constantine par Pliilippeville el Bône..........
Oran...........................
T u n i s i e ...........................
In d o - C h i n e ...................
N o u v e lle -C a lé d o n ie ..

Voie de B rindisi........

Lundi, Mercredi, Vendredi, Samedi .
Lundi, Mardi, Jeudi, Samedi. . . .
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

Mercr., Vend., Dim.
Ligne de l'Indo-Chine,
tous les 14 jours.
V. de Brindisi : Sam.
de 2 en 2 semaines.
Tous les 28 jours.
Chaque Samedi.

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c a r e t D jib o u t i. .

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

G u a d e lo u p e , M a r t in i­
q u e, G u y a n e :

Voie de Saint-Nazaire .
Voie de Bordeaux......
Voie d’Angleterre .. ..

Le 20 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tons les 11 jouis.

A fr iq u e O c c id e n ta le :

Voie de Bordeaux......
Voie de Liverpool......

Tous les 14 jours.
Environ tonies les 2 semaines.

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opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
En relations directes et continues avec l ’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur les principales Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C I É T É G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° S o n s e r v i c e é t r a n g e r qui achète et vend des monnaies ou billets de tous pays ;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2° S e s s e r v i c e s de B a n q u e qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de tonds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
3° S e s s e r v i c e s d e T i t r e s e t C o u p o n s qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
4° S o n s e r v i c e s p é c i a l d e s C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clienlète, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
5° S o n s e r v i c e c o m m e r c i a l traitant toutes opérations sur marchandises,
et sur documents, consignations, etc., etc.

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■ ' b) parle Train de Luxe (L. 21-L. 22) «CALAIS MÉDITERRANÉE» (V.-L.-R.)
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N O T A . — N om b re d e p laces lim ité. — P o u r les h o raires, les jo u rs de m ise en
con su lter les a ffic h e s spéciales.
IM P. DU S E M A P H O R E -

B A R L A T IE R - M A R S E IL L E

m a rch e, etc.,

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES S T A T U T S

A rt . 2.
Cette association a pour but l’étude, la dé­
fense et le développement des intérêts généraux
de la colonisation française et spécialement
l'extension des rapports de la région marseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notamment de re­
cueillir et de centraliser tous documents et ren­
seignements utiles, de rechercher les principes
à observer, les méthodes à appliquer, d’exami­
ner et de provoquer toute mesure d’ordre légis­
latif, administratif ou économique qui lui pa­
raîtrait de nature à favoriser les intérêts que
mettent en jeu les rapports de la métropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L ’Institut colonial Marseillais
comprend
deux catégories de membres.
La première catégorie est celle des membres
titulaires et comprend :
Les membres de droit ;
Les membres sociétaires fondateurs ;
Les membres donateurs ;
Les membres adhérents.
Les membres de droit sont les délégués de la
Chambre de Commerce de Marseille, dont le
nombre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les membres sociétaires fondateurs et dona­
teurs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œuvre de l’Institut colonial,
lui donnent un concours financier important.
La deuxième catégorie est celle des membres
correspondants ; ceux-ci sont agréés par le Con-

Services de l’Institut :
Ilez-de-Chaussée : Musée Commercial.
Salie des Cours Coloniaux.
1°T étage : Musée Colonial.
3me étage .- Secrétariat de l’Institut, Bureau de
Renseignements.
Rédaction de 1’ « Expansion Coloniale ».
Cours coloniaux :
Directeur : M. le Dr H eckel.
Produits végétaux coloniaux.
M. H. Jumelle .
Produits animaux et parasitologie des plantes
et des animaux des colonies.
M. Jacob DE CORDEMOY.
Minéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .
Histoire et Géographie Coloniales.
M. P. M asson .

seil et lui fournissent, soit spontanément, son
sur sa demande, tous renseignements de natuir»
à seconder l’œuvre coloniale de l'Institui.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire partie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa demande au Président.
La demande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le Pre­
sident soumet la demande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a­
vance et acquises à la Société, en cas de démis­
sion en cours d’exercice.
Toute démission devra être adressée au Pré­
sident par écrit.
Le non paiement de la cotisation, pendant
deux années consécutives, entraîne de droit la
radiation.
Pour être membre sociétaire fondateur, il
faut payer :
1° Un droit d’admission de 1.000 francs au
minimum ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
minimum.
Pour être membre donateur il faut payer :
1° Un droit d’admission de 500 francs au mi
nimum ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
minimum.
Pour être membre adhérent, il faut payer une
cotisation annuelle de 30 francs au minimum.

Législation et Economie Coloniales.
M. R aynaud .
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud .
Cultures coloniales. ■
— Jardin colonial.
M. V. Davin .
Histoire des Religions dans les peuples indigè­
nes des colonies.
M. G. F oucart.
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’Institut Colonial de
Marseille ».
____________
Institutions connexes :
2™° étage : Société de Géographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance Française.
3me étage : Syndicat des Exportateurs.

Comité de rédaction de « l’Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Y tier , Vice-Président : Jacques L éotard , Secrétaire ; Paul M asson, Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. Emile Baillaud , Secrétaire de l’Institut colo­
nial. — M. Auguste Gir y , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

Marseille. — Imprimerie du Sémaphore, Ba r l a t ie r , me Venture, 17-19.

��4
4"10 Année. — Nu 31

-—
eA
Le Numéro :

50

centimes

ltr Juin 1910

L'EXPANSION COLONIALE
B U L L E T I N

ID BU

L’INSTITDT COLONIAL MARSEILLAIS
PARAISSANT

LE

1 er

DE

C H AQ UE

MOIS

S O M M A I R E
La question m onétaire en A frique Occidentale,
p a r M. Em ile B a i l l a u d ......................................
In stitu t colonial m arseillais :
E x traits des procès-verbaux...............................
D épart de M. K lobuko w sk i..............................
14” Journée m aritim e. A. F ...............................
B ureau de R enseignem ents . . . .
.
.
E xtraits de la correspondance..........................
Cours co lo n iau x ..........................
Musée com m ercial : Exposition des Blés . .

ABONNEMENT

85
89
90
91
92
94
97
97

L’Im portation des B œ ufs de Madagascar, p ar
M. P. R ieu (avec planche h o rs texte). . . .
Chronique du m ois, J. L.........................................
L a S ituation économique de La Réunion. E. B.
Le Régime douanier c o lo n ia l ...................................
Actes coloniaux officiels. J. L......................................
In stitu tio n s c o n n e x e s ...............................................
Marché des produits co lo n ia u x .................................
Marché des valeurs coloniales ....................................
Services p o sta u x Marseille Colonies.

: F r a n c e e t C o l o n ie s ,

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lo i

102
102
103
104

�IN STIT U T

C O LO NIAL

M A R SE IL L A IS

Fondé sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
P r é s i d e n t s d ’h o n n e u r :

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.

MM.
Le Gouverneur général .de l’Algérie.
Le Gouverneur général ‘de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l'Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le Résident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV’ Corps
d’armée.
M em bres

Le P résident du Conseil général.
Le R ecteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la L’acuité des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de

Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Iules, Commissaire général
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

la
de

fo n d a te u rs :

MM.

Armand. Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Berçasse . H. et C". — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Houx, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.

— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.

— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Fseompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais. —■Compagnie des .Messageries Maritimes. —

Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — Dui'ay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C1'. — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (D ),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis.. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

M e m b r e s d o n a te u r s :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Chabrières , Morel et C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
- Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Eifaissinet &amp; C”). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien F abre &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils — E strini:, Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
féraud , Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, MemCONSEIL

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, II.
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. P avin de Lafarge. — Rastit , Henri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de La Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub , Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifl

D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.
M. Estrine , Lucien, Président de la Chambre de Commerce.
Président : M. Artaud, Adrien, Membre-Secrétaire de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Pau], Directeur du
Vice-Présidents : MM. le D' H eckel , DirecteurSémaphore ; F ouque, Adolphe, Président hono­
Fondateur du Musée Colonial, Président
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
raire du Syndicat d ’initiative de Provence.
Chef du Service Colonial : le C“ Armand,
Trésorier : M. Ytier , L., Assureur, Vice-Président
Albert, premier Vice-Président de la Chambre
du Syndicat des Exportateurs.
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
Trésorier-Adjoint: T eisseire , Raymond, Avoué,
lais de la Marine Marchande ; B ohn, Frédéric,
Secrétaire de la Société de Géographie.
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie F ran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
M em bres :

MM.

Allemand, J., Membre de la Chambre de Commerce,
Allest , .1. (D’), Administrateur-Délégué de la Com­

pagnie Générale Transatlantique.

Arnaud. Lucien, Minotier.
B erçasse , Alexandre, Négociant.
Bourdillon, A., Armateur.
Charve, L., Doyen de la Faculté des Sciences.
Dufay, H., Ancien Vice-Président de la Chambre de

Commerce.

D ufour, Antonin, luge du Tribunal de Commerce.
Dufour, .L.Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
E stter, Nicolas, ancien Président du Conseil géné­

ral des Bouches-du-Rhône.

Gaffarel . Paul, Professeur à l’Université.
Giraud, Hubert, Armateur, Membre de la Chambre

de Commerce.
Louis, Président du Syndicat, des
Négociants en cafés.
J oannon. A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l'Ecole Supérieure
de Commerce.
J ourdan. Félix, Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.
1 éotard, Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.

Jacquem et,

MM.

Lombard, Emile, Vice-Président de la Chambre

de Commerce.
Mallen, E., Armateur.
Martin -Laval, F., Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­
titut colonial.
Moriceau, E., Administrateur en chef des Colonies,
en retraite.
R astit , Henri. Industriel.
R astoin , E., Président de la Société pour la Dé­
fense du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
Roux. François (De), Juce au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre
la Chambre de Commerce.
Vkt.ten , Edouard, Initistriel, Ancien Membre-Se­
crétaire de la Chambre de Commerce.
L évy, Clément, 1" Adjoint au Maire de Marseille.
Df.i.ibes , J., Délégué du Conseil Municipal.
liossi, Clément, Délégué du Conseil Municin.nl.
Maurel, Agricoi, Délégué du Conseil Général.
T alon. Eug.. Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire de VInstitut colonial : Emile B aillaud,
diplômé de l’Ecole des sciences politiques, an­
cien chargé de Missions coloniales.

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

il.17X S
L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications.
Il a installé, au 3me étage de son hôtel (ascen­
seur), une salle de réunion, de lecture et de
correspondance, dans laquelle ils trouveront
les journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,
Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

�Les PÈRES CHARTREUX

e xc pp uu ll s éè s d e la G r a n d e C h a r t r e u s e e t d é p o s s é d é s
d e l e u r s a n c i e n n e s m a r q u e s v e n d u e s aux e n c h è r e s

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M a iso n f o n d é e e n 1S67

11, F tu e d e l ’A .rc . M A .F I S E I I j L ,E
HORS-CONCOURS EXPOSITION COLONIALE M A R S EILLE 1906

Ils f a b r i q u e n t à T a r r a g r o n e . E x ig e z c e t t e n o u v e lle
B o u t e i l l e s dem andantlaL iQ U E U R d t S ‘ PÈHESCHARTREUX'’
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L a plus p u re e t la m e ille u r e des b iè re s
fra n ç a is e s p o u r l’E x p o rta tio n , g a r a n tie exe m p te
d ’a n tis e p tiq u e s , d ’une c o n s e rv a tio n e t d’une lim ­
p id ité p a rfa ite s . F a b riq u é e S A N S A D D I T I O N
D’A LCO O L avec des e au x s té rilis é e s p a r l’ozone,
elle ré s is te à tou s les c lim a ts . T r è s re c o m ­
m andée dans les pays chau ds, e lle e s t to n iq u e,
ra fra îc h is s a n te e t fo r tifia n te .

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R É U N IO N

Privilégiée par les lois des 11 Juillet 1851 ; 24 Juin 1874 el 13 Décembre 1901
SAINT - U
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3
N
T
X
J
S-r
S
.^
3
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X
3
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T
X
0
3
X
r
A g e n c e à S A I N T - P I E R R E . — A g e n c e C e n t r a l e à PA RIS, 5 4 , R u e B l a n c h e , 5 4
C A P I T A L S O C IA L : 3 . 0 0 0 . 0 0 0 d e f r a n c s — R É S E R V E S : 1 . 7 5 0 0 0 0 f r a n c s

Ém ission de billets au p o rte u r — Escom pte — Achat et vente de tra ite s ou m andats — P rêts su r
m archandises, récoltes, titres et m atières d’or et d'arg en t — R ecouvrem ents — Dépôts en com ptes-courants
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S tatuts : F abrique de Registres.
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LITHOGRAPHIE

SÉMAPHORE
B a r l a t ie r

G ravure, Taille-doTice, Chromos ; F actures, Mandats,
Têtes de lettres ; Program m es et Menus illu strés ;
M ém orandum s, C arnets à souche ; L ettres de
Mariage et de Naissance.

17-19,

R u e V e n tu re

AFFICHES d e t o u s f o r m a t s

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Affiches illustrées et en couleurs.

Edi t e ur des Publications et Notices
de l ’Exposition Coloniale

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75 , Rue Saint-Ferréoi. M A R S E ILLE

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

EXPOSANTS DD

MUSÉE COMMERCIAL

Anastay, H., 3, rue de l’Arbre, Produits Pharm a­
ceutiques pour Colonies.
Ansaldi, V.. 11, Place St-Ferréol, Achats et Ventes
d’articles Exotiques et Coloniaux.
Artaud, frères (J.-B et AJ, rue Plumier-Prolongée,
Produits d’Alimentation, Vins, Spiritueux, etc.
Banque de l'Afrique Occidentale, 78, rue de
Provence, (Paris), Banque Coloniale.
Beltjens et Guenebaud,8i, rue Grignan, Miroiterie.
Beneteau et C", 5, rue des Princes, Hôtel Meublé,
Maison de fam ille..
Biétron, E„ 9, rue de l’Arc, Fromages, Beurres,
Salaisons.
Bigourdan, frères, Huchon (Haute-Garonne) Cons.
Alimentaires.
Bouchard, fils aîné, 19, rue S‘-Sépulcre, Conserves.
Brézun, Durand &amp; C", 10, cours Pierre-Puget,
Liqueur des Pères Chartreux (Tarragone).
Carret, J. et ses fils, 6, Quai de la Tourette, Pâtes
Alimentaires.
Cartonneie St-Charles, 9, rue Guérin, Boîtes et
Articles divers.
Cauvet, Lambert et Cie, 20, rue de la Conception,
Capsules métalliques et Etains en feuilles.
Cassoute, P., 16, rue Friedland, Dattes, Alimen­
tation.
v
Carnaud, /., 36, rue de Village, Boîtes métalliques.
Compagnie de Navigation Mixte, 54, rue Cannebière
C‘e Française• de l'Afrique Occidentale, 46, rue
Breteuil, Commerce Colonial.
C10 Générale des Pétroles, 2, rue Fongate, Huile de
Pétrole et Dérivés.
Cie du Gaz et de l’Electricité, rue Montgrand.
C1* des Messageries Maritimes, Place Sadi-Carnot,
Compagnie de Navigation.
Cle N. Paquet et C18, 4, Place Sadi-Carnot, Compa­
gnie de Navigation.
Compagnie des Brevets Fixator, ” Lait Mondia ”,
8, Cité du Hetiro et 30, rue du Faubourg SaintHonoré, (Paris). — Agence Générale, 33, rue de
la République (Marseille).
David Bensimon, 5(2, rue du Coq, Farine, Semoules,
Dattes.
Delzongle et Cauvin, 5, rue de Crimée, Conserves.
De Queylar et fils, 18, rue des Princes, Verreries.
M. Dufour et füs, 69, rue d’Italie, Drogueries,
Couleurs.
Ecole de Provence, 15, rue des Princes, Ensei­
gnement.
Empereur, A., 4, rue des Récolettes, Quincaillerie
générale.
Eugster, A., rue Nicolas, 24, Perles, produits divers
pour l’exiportation.
Estrine et Cie, 18, rue Colbert, Compagnie de
Navigation Péninsulaire et Orientale.
Fenouil et fils, 21,rue Sainte, Peinture.
Fichet, 19, Allées de Meilhan, Coffres-forts.
Fougeret, A., 25, rue de la Palud, Entreprise de
nettoyage.
Fouque, A., 1, Allées de Meilhan, Tuileries,
Etablissements P. Sacoman.
Get, frères, Revel (Haute-Garonne), Pip&gt;permint
Get.
Got et David, 3 et 5, Quai de la Fraternité,
R estaurant Basso.
J. Grouvelle, H. Arquembourg et C", 46 rue Paradis
Chauffage, représentés par M. Dor.
Honnorat, L., 30, rue du Baignoir, Verrerie.

Honnorat, Trappier et Cie, 9 a, rue Dragon, Aviation
et Automobiles.
Karsenty fils et Cie, 137, rue de Rome, Tabacs.
Ld/JUa, J. N., 22, rue Cannebière, Chaussures.
Latrille, J., fils, Bordeaux, Vins de Bordeaux.
Magnan frères, 19, rue Paradis, Cocose.
Marbrerie Nouvelle du Midi, 3, Boulevard Sakakini.
Marie Moreau et C” 42a, rue Sainte, Transports.
Massai (veuve), 50, rue de Rome, Graines et
Semences.
Mathieu et Malaspina, 40-42, rue Thubaneau,
Bonneterie et Chaussures.
Meynadier et Ci0, 39, rue de la République, Denrées
coloniales, Rhum.
Monnier, M., 36, rue de Rome, Corsets.
Monlcl et Cie, 94, Avenue du Prado, Modèles de
Voitures ou Auto.
Mouriès frères, 15, rue Breteuil, Lièges et Caout­
choucs.
Mutuelle de France et des Colonies, 1, rue Stella,
(Lyon).
Nel, Fortuné, 27, rue de la Darse, Appareils
sanitaires.
Nugue, il/., 14, rue d’Italie, Glaces et verres.
Pascal et Baldy, 21, rue Grignan, Casques
insolaires &amp; chapellerie.
Pasero et Cle, 13, Avenue de la Capelette, Graisses
Alimentaires.
Pitt, F., 56, rue Saint-Ferréol, Fourrures.
Pons, J.-B. et Cle, 2, rue Jemmapes, Appareils
Sanitaires.
Radius, G., 26, Place Vendôme (Paris), ’ Essence
de Romarin, Produits Agricoles.
Rastit, H., 38, rue Nicolas, Raffinerie Générale
des Corps Gras, etc.
Rocca, Tassy et de Roux, 26, rue Montgrand,
Graines Oléagineuses et Dérivés.
Rôdel et fils frères, rue du Jardin Public,
(Bordeaux), Conserves Alimentaires.
Rouquette, L., 20, rue de la Darse, Biscuits pour
la Marine.
Rousseau, J. M., 83, rue de la Darse, Broderie et
Lingerie confectionnées, de Madère.
Scrène et Cie, 45, rue Saint-Bazile, Liqueurs et
Spiritueux.
Silvan, aîné, 30, Boulevard de la Paix, Courroies,
Cuirs.
Société Anonyme des Chaux et Ciments RomainBoyer, 5, rue Cannebière.
Société d’Epargne des Retraites, 11, Allées des
Capucines, Constructions à bon marché.
Société Générale des Transports Maritimes, 70, rue
de la République, Compagnie de'Navigation.
Société Générale des Peintures Sous Marines,
2, rue Corneille.
Société Nouvelle des Raffineries Saint-Louis, 3, rue
République, Sucre.
Syndicat de Garantie des Industriels Français,
(Girard, 167, rue de Rome), Assurances, Acci­
dents.
Tlios de la/ Rue et. C”, 2, rue d'Hauteville, (Paris),
Porte-Plumes « Onolo ».
Vinatiè, 102, rue d’Italie, Boîtes métalliques.
Ytier, L. et C10, 27, rue Pavillon, Assurances
Maritimes.

�Q u atrièm e A nnée.

N° 31

1er Juin 1910.

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial M arseillais
La Question monétaire
en Afrique Occidentale
Nos colonies de l’Afrique Occidentale man­
quent de monnaie divisionnaire. Au Sénégal
et au Dahomey, les transactions subissent une
gêne considérable de ce fait.
Aux demandes qui lui ont été maintes fois
adressées à ce sujet, M. le Ministre des Fi­
nances a fini par répondre dernièrement que
« le jeu de la convention monétaire du 4 no­
vembre 1908 devant mettre en 1910 à la dis­
position du trésor une quantité assez considé­
rable de monnaie divisionnaire, il lui serait
permis de satisfaire à toutes les demandes
de pièces d’argent qui lui seraient adressées
mais, qu’en ce qui concernait les monnaies
de billon, étant donné les projets de substi­
tution de pièces d’aluminium aux pièces de
bronze les besoins des colonies du groupe ne
pourraient être complètement satisfaits qu’après la réalisation de la réforme monétaire
à l’étude. »
Il est évident que cette attente est inadmis­
sible en ce qui concerne, la monhaie de bil­
lon, mais il nous semble que jusqu’ici l’at­
tention n’a été retenue que sur cette question
de la monnaie divisionnaire et qu’il y en a
une autrement grave qui se pose : je veux
parler du système même sur lequel repose
la circulation monétaire en Afrique Occiden­
tale.
II n’y a actuellement, en Afrique Occiden­
tale, que deux sortes de monnaies, la mon­
naie d’argent française et la monnaie d’ar­
gent anglaise. II n’y a presque point d’or,
parce que ni les commerçants ni les Gouver­
nements n’en importent, les indigènes ne leur
en demandant pas, et que le peu qui est im­
porté par les particuliers est réexporté par
ces mêmes particuliers ou transformé en bi­
joux. Les commerçants assurent que les in­
digènes trouvent que l’or a une trop grande
valeur sous un trop petit volume : ils ont
peur de perdre ces petites pièces et ne veulent
pas les accepter en paiement. Quoiqu’il en
soit, il peut en résulter de graves inconvé­
nients et les principaux sont ceux qui peu­
vent provenir du change.
Tant que la pièce de 5 francs aura son ca­
ractère actuel (assimilation légale à l’or), il
n’existera pas d’autre change entre la France
et ses colonies africaines que celui qui pro­
vient des frais de transport des fonds. Pour

la 'monnaie anglaise, au contraire, bien
qu’il doive s’écouler un long temps avant que
l'es quantités)d^ï shillings anglais.qui devront
être réexportés d’Afrique pour les règlements
de compte soient assez importantes pour ren­
dre impossible l’échange au pair de ces shil­
lings contre des souverains d’or, il n’en est
pas moins incontestable que c’est le monométalisme argent qui règne dans les colonies
anglaises de l’Afrique Occidentale, quelque
mitigé qu’il soit du fait de la compensation
qui peut être exercée par la Métropole.
Cet état de choses doit d’autant plus appe­
ler l’attention que l’Angleterre fait de plus
grands efforts pour établir l’étalon d’or dans
ses autres possessions et que, quelque étran­
ge que cela puisse paraître, cette monnaiedivisionnaire métropolitaine pourrait être dé­
préciée en Afrique Occidentale bien qu’elle
ait gardé toute sa valeur en Angleterre.
On ne songe point assez à cette question du
change en Afrique Occidentale parce qu’elle
ne se réalise pas tout à fait, je le crois, de la
même façon que dans les pays qui ont une
vie économique développée. La quantité des
importations qui devront être soldées par une
exportation de numéraire restera en effet
très limitée pendant un assez long temps.
Les relations de l’Afrique Occidentale avec
le reste du monde sont très faciles à analy­
ser comme le sont celles de tous les pays
neufs- Les importations y sont de trois espè­
ces : celles qui sont destinées à la consom­
mation indigène, à savoir les marchandises
de traite proprement dites, celles qui sont
destinées à la consommation des blancs, et
celles que l’on peut appeler d’immobilisation,
destinées à constituer l’outillage économique
de la colonie.
La consommation des produits de traite est
limitée à la faculté d’achat des indigènes.
Celte faculté d’achat se mesure par la valeur
des produits d’exportation qu’ils peuvent ap­
porter aux factoreries. Bien que, comme nous
venons de l’expliquer, la simple traite tende
à disparaître et que la monnaie intervienne
de plus en plus comme intermédiaire, la
monnaie ne constitue pas cependant, encore
en Afrique Occidentale, un instrument
d’épargne. Il est à noter cependant à ce
point de vue que depuis qu’ils ont de la mon­
naie à leur disposition les indigènes peuvent
répartir leurs achats sur toute l’année, et que
les anciens prêts sur gages si en honneur
autrefois ont disparu.
D’une manière générale, les exportations

�86

L’EXPANSION COLONIALE

correspondent, à un moment donné, aux im­
portations de traite faites au même moment.
Le règlement de ces opérations se fait donc
tout naturellement par compensation.
Les importations qui servent à créer l’ou­
tillage économique ’dont je viens de parler,
qu’elles soient le fait des gouvernements ou
des particuliers, sont payées par l’Europe et
ne doivent pas, avoir pour le, moment d’in­
fluence sur le change, quelque élevée que soit
leur valeur. La deuxième catégorie d’impor­
tations peut donc seule avoir pour conséquen­
ce une exportation du numéraire puisqu’elles
sont payées contre espèces, mais ces impor­
tations sont très peu importantes. Lorsque
l’on examine cependant de près les statisti­
ques commerciales de ces pays, il semble que
cet équilibre entre les importations et les
exportations n’existe pas. On constate'en effet
que la valeur des marchandises dites de trai­
te est supérieure à celle des produits exportés.
Cela vient, d’abord, de la manière dont les
statistiques sont établies. La valeur donnée
aux produits importés est celle de leur vente
sur place ; les droits de douane sont générament compris dans cette valeur, de sorte que
le chiffre relevé est bien celui payé par les in­
digènes. Pour les exportations,c’est le prix d’a­
chat sur place qui est indiqué et, s’il y a des
droits d’exportation, ces droits n’entrent pas
en compte. Pour faire la balance, il faut donc
ajouter aux prix indiqués comme représen­
tant la valeur des exportations, la différence
entre ces,prix et les prix de vente en Europe.
On constate alors que l’équilibre est rétabli.
S’il reste encore quelque différence, elle pro­
vient des sommes d’argent dépensées par le
Gouvernement dans la Colonie, sommes qui
viennent s’ajouter aux produits indigènes
pour rendre possible l’achat des marchandi­
ses importées. Cet argent dépensé par le Gou­
vernement ne ressort pas, pour le moment,
du fait du Gouvernement, les-dépenses à ac­
quitter en Europe étant réglées soit par des
emprunts, 'soit par des opérations de tréso­
rerie.
Dans ces'conditions, les espèces monnayées
ne jouent qu’un rôle tout à fait intérieur- Leur
nature n’a pas d’influence sur les relations
extérieures et leur valeur n’est pas modifiée
du fait de ces relations.
Pour le moment, la question du système
monétaire^ne se pose donc pas en ce qui con­
cerne le commerce extérieur de l’Afrique Oc­
cidentale. Cependant, je crois que l’on aurait
tort de ne pas s’en préoccuper ; car les mê­
mes phénomènes qui se produisent ailleurs
se produiront fatalement dans ces pays s’ils
se développent normalement. Le stock de nu­
méraire devenant plus abondant qu’il n’est
strictement nécessaire pour le règlement d’o­
pérations d’échange intérieur, ce numéraire
servira d’instrument d’épargne.
Cette importation supplémentaire sera le
fait des Gouvernements soit que la colonie,

ne pouvant alimenter à qlle seule son budget
reçoive des subventions de la Métropole, soit
surtout que cet argent soit introduit pour
payer une partie de ces dépenses d’immobi­
lisation dont j’ai parlé. Le jour où ce stock
sera ainsi constitué, les exportations de nu­
méraire tendront à devenir plus fréquentes.
Actuellement, en effet, lorsque les importa­
tions ont été trop fortes par rapport à la va­
leur des produits exportés, que ce soit le ré­
sultat d’une mauvaise récolte ou d’une mau­
vaise spéculation, les commerçants n’ont
d’autre ressource que de garder leurs mar­
chandises en magasin jusqu’au jour où les
produits indigènes seront devenus assez
abondants pour que l’échange soit possible.
Lorsque les indigènes auront en réserve une
certaine quantité de monnaie, lorsqu’ils man­
queront de produits, ils achèteront, à l’aide
de cette monnaie qui devra alors être réex­
portée, les marchandises importées. Enfin,
quel que soit le crédit que l’on accorde à une
colonie, une partie des importations faites
pour constituer l’outillage économique de cet­
te colonie, créer des chemins de fer, des ports,
devront un jour être représentées par des ex­
portations compensatrices. Evidemment cet
outillage permettant un accroissement de la
production, un surplus de produits servira
au règlement de compte ; mais il n’en est pas
moins vrai que ce surplus pourrait manquer
à certains moments et que les dépenses de­
vront cependant être acquittées à là date fixe
comme quand elles résulteront d’emprunts.
Des exportations de numéraire seront alors
nécessaires.
Si c’est une monnaie purement fiduciaire
qui devra être exportée, comme .c’est le cas
pour la monnaie actuellement en usage en
Afrique Occidentale, une perte au change en
résultera fatalement.
Il semble bien, avons-nous dit, qu’il y en
ait pour quelque temps avant que cette éven­
tualité se produise pour la monnaie d’argent
anglaise. De son côté, notre monnaie d’argent
ne sera pas dépréciée tant que notre circula­
tion nationale l’estera saine.
Le système monétaire actuel de l’Afrique
Occidentale n’en présente pas moins de réels
inconvénients au point de vue de la circula­
tion intérieure elle-même. Les puissances eu­
ropéennes ont eu beau diviser l’Afrique Oc­
cidentale en une série de colonies distinctes,
elles n’ont pu supprimer les relations cons­
tantes qui depuis des siècles existent entre
les diverses parties de cet immense pays qui
tient du Niger son caractère d’unité. Les es­
pèces monnayées ne jouent pour le moment,
dans ces relations qu’un rôle secondaire. Ce­
la tient d’abord à ce que ces monnaies sont
très peu répandues dans l’intérieur. Elles
y sont importées par les soins du Gouverne­
ment pour payer les dépenses locales, et elles
sont tout aussitôt réexportées. (J’ai essayé ail-

�L’EXPANSION COLONIALE
leurs d’expliquer le mécanisme par lequel
les marchandises européennes parviennent,
à l’aide de toute une série d’échanges, jus­
que dans les marchés de l’intérieur et com­
ment l’opération était définitivement soldée
par l’exportation de ce numéraire). .Toute­
fois, à mesure que ces pays de l’intérieur de­
viennent plus accessibles du fait de l’amélio­
ration ou d’une meilleure utilisation des voies
fluviales et de la construction des chemins
de fer, toute une série de produits qui ne
pouvaient alimenter que le commerce indi­
gène ont pris une valeur d’achat vis-à-vis de
nos produits manufacturés, non point qu’il
soit encore possible de les exporter en Euro­
pe, mais parce qu’ils ont pu parvenir dans
des régions qui produisent des denrées d’ex­
portation où ils sont absorbés par le commer­
ce local.
Les indigènes, producteurs des denrées ex­
portables, peuvent acheter ces denrées de l’in­
térieur de trois manières, ou bien à l’aide
des denrées qu’ils produisent eux-mêmes et
qui peuvent avoir de la valeur pour les peu­
ples de l’intérieur, ou bien à l’aide des mar­
chandises européennes qu’ils ont pu acqué­
rir grâce à leurs produits d’exportation, ou
bien à l’aide de monnaie. En fait, la mon­
naie ne sert que très rarement à solder ces
opérations : les traitants de l’intérieur ont
tout avantage à échanger leurs produits con­
tre des marchandises qui acquièrent d’autant
plus de valeur qu’ils les transportent dans
des pays plus éloignés de la côte. Cependant,
la monnaie est appelée à jouer, de plus en
plus, dans ces opérations, le rôle d’un inter­
médiaire momentané, et une certaine quan­
tité devra être importée dans l’intérieur de ce
fait. Il faudrait donc que cette monnaie en
usage à la côte ait cours dans les pays de l’in­
térieur, qu’ils soient français ou anglais. Il
devrait en être de même dans les relations
de colonies à colonies voisines. Les commer­
çants çle Sierra-Leone qui vont, par exemple,
apporter du riz du Sherbro en Guinée fran' çaise peuvent échanger ce riz contre des
bœufs du Fouta. De même les pêcheurs du
Dahomey vont échanger leurs poissons fu­
més contre de la potasse ou du manioc. Il
peut arriver cependant que l’échange de ces
produits ne soit pas avantageux momentané­
ment e t, qu’il vaille mieux attendre quel­
que temps pour réaliser l’opération- Il peut
se faire aussi qu’il n’y ait pas de produits
d’échange, comme cela se passe par exemple
pour les kolas de Sierra-Leone qui sont im­
portées au Sénégal.
Ce commerce entre pays voisins ne se fait
guère que par l’intermédiaire des indigènes
eux-mêmes, les maisons de commerce n’ayant
en général pas intérêt à se livrer à ce trafic
de détail. (Les Syriens sont venus cependant
apporter un nouvel élément dont dans une
étude complète il y aurait lieu de tenir comp­
te). Il ne peut donc être question d’opérations

87

de comptes courants, et, toutes les fois qu’il
n’y a pas échange de produits, il doit y avoir échange de numéraire. 11 arrive aussi, lors­
que les tarifs douaniers ne s’y opposent pas,
que les commerçants indigènes ont intérêt
à aller acheter, dans la colonie voisine, des
marchandises européennes qu’ils y trouvent
à des conditions avantageuses de prix ou de
crédit. Une partie de ces achats peut être
payée à l’aide de monnaie locale que*ces com­
merçants étrangers se procurent en vendant
contre espèces ces produits dont je viens de
parler : mais il se peut aussi que cette im­
portation de produits indigènes ne soit pas
avantageuse et qu’il soit plus simple de pro­
céder par voie d’importation de numéraire.
Dans les pays où l’outillage économique
est un peu plus perfectionné, ces importa­
tions ou exportations du numéraire ne se font
que dans clés cas spéciaux, et les opérations
se règlent par l’intermédiaire des banques,
ou des commerçants. Les banques sont de
création récente en Afrique Occidentale et
les indigènes ne sauront s’en servir couram­
ment que dans de longues années. Du reste,
le propre de ce commerce est de se faire par
quantités infimes. La valeur totale des
échanges peut atteindre des millions : mais
chacun ne dépasse pas quelques francs. Les
achats ne peuvent donc dans ces conditions
se payer que de la main à la main- Exception
doit être faite à ce point de vue cependant
pour les affaires des gros traitants indigènes
du Sénégal, de la Gambie et de Sierra-Leone
qui ont l’habitude de se servir des traites des
maisons de commerce. Mais ce n’est qu’une
faible partie du mouvement auquêl je fais
allusion.
Le système monétaire actuel de l’Afrique
Occidentale ne se prête point, comme il le
faudrait, à la réalisation de ces diverses opé­
rations. Il semble, au premier abord, que les
difficultés proviennent uniquement, en la
matière, de la coexistence des monnaies an­
glaises et françaises. En allant au fond des
choses, on s’aperçoit que c’est le monométalisme argent qui règne en Afrique Occiden­
tale qui est la véritable source des complica­
tions. Il est incontestable que, si une seule
monnaie avait cours, il n’y aurait pas d’ici
longtemps de troubles dans la circulation in­
térieure, mais ce serait uniquement parce
que les inconvénients de ce monométallis­
me argent n’apparaîtraient pas.
Les rapports qu’il y a dans ce pays entre
les monnaies des diverses nationalités ne sont
pas, du fait des usages indigènes et de la lé­
gislation locale, les mêmes qu’en Europe. De
même que, jusque dans ces dix dernières an­
nées, la langue commerciale a été la langue
anglaise, de même la monnaie et les poids et
mesures anglais étaient presque uniquement
usités, le Sénégal mis à part. Il nous parut
indispensable de modifier cette situation de

�88

l

’E x p a n s i o n

fait en ce qui concernait nos colonies, lors­
qu’elles furent définitivement organisées. Il
fut assez facile d’y arriver pour les poids et
mesures, pour la monnaie la chose fut plus
délicate.
On ne pouvait sagement toucher au début
qu’à sa valeur légale. La seule mesure prati­
que et efficace était de n’admettre dans les
caisses publiques que les seules pièces fran­
çaise, mais encore ne pouvait-on procéder
que progressivement, autrement le recouvre­
ment de l’impôt eût été au début presqu’impossible. Le plus facile fut d’exiger le paiement
des droits de douane en espèces françaises
que les commerçants importèrent dans ce
but. Les indigènes à leur tour pour éviter
toute difficulté avec le trésor exigèrent des
commerçants des pièces ayant cours légal
et peu à peu la monnaie nationale pris la pre­
mière place.
C’est ce qui se passa pour la Guinée fran­
çaise où il ne fut pas besoin d’autres prescrip­
tions. Il n’en fut pas de même au Dahomey
par suite des relations intenses avec Lagos.
On fut obligé de frapper d’un droit de 5 % de
leur valeur nominale les monnaies étrangè­
res à leur entrée au Dahomey, droit que l’on
dût porter ensuite' à 25 %.
La place me manque pour insister ici com­
me il le conviendrait sur les phases de cette
lutte contre la monnaie anglaise. Je dirai
simplement que la conséquence des diverses
mesures qui furent prises a été que la mon­
naie française, ne pouvant aller dans les colo­
nies anglaises que par voie d’échange con­
tre des marchandises et de la monnaie an­
glaise, et celle-ci étant refusée dans nos colot
nies, cette monnaie française a été à son tour
refusée par les acheteurs dans les pays an­
glais. De ce fait les transactions indigènes
entre pays de nationalité différente ont subi
une gêne considérable. Les règlements en
espèces sont devenus presqu’impossible et
c’est pourquoi j’ai dit que le système moné­
taire actuel de l’Afrique Occidentale ne ren­
dait pas les services que l’on était en droit
d’attendre de lui. J’ai dit aussi que la faute en
était à ce monométallisme argent sur lequel
ce système reposait, surtout en ce qui con­
cerne les colonies anglaises. C’est en effet ce
monométallisme qui a rendu nécessaire, sans
qu’on s’en rendît bien compte peut-être, les
mesures de rigueur que l’on a dû prendre. Il
eût été dangereux de laisser se continuer l’i­
nondation de nos colonies par l’argent an­
glais qui doit être considéré comme consti­
tuant, une monnaie qui sort de son rôle, du
moment où il prétend être autre chose qu’une
simple monnaie divisionnaire.
Il me souvient qu’au moment où le Daho­
mey prenait les mesures dont je viens de par­
ler, l’homme qui a eu les intérêts les plus
considérables en Afrique Occidentale et qui,
en dehors de ces dernières années où une
véritable manie des grandeurs avait faussé

c o l o n ia l e

son rôle, a eu l’action la plus efficace sur la
mise en valeur de l’Afrique Occidentale, Sir
Alfred Jones, président de la Chambre de
Commerce de Liverpool, me disait combien
il était fâcheux qu’il n’y eut pas de monnaie
internationale en Afrique Occidentale et que
cette monnaie devait être le Shilling. Sir Al­
fred était entre autre chose président de la
” West African Bank ” et il était orfèvre en
la matière. Il eut bien reconnu sans cela que
la seule monnaie internationale était la mon­
naie d’or, quelle qu’en soit la frappe et ce
n’est- que dans l’introducton de cette monnaie
d’or que l’on trouvera une solution à la situa­
tion présente.
Nous avons dit comment les gouvernements
locaux et les négociants de nos colonies d’A­
frique Occidentale.avaient déjà des difficultés
très sérieuses pour se procurer ces espèces
qui doivent être prises sur le stock de la Mé­
tropole, stock qui lui est d’autant plus né­
cessaire qu’il est limité par les conventions
de l’Union latine. L’Angleterre de son côté
ne peut continuer à frapper sans limite des
shillings pour l’Afrique Occidentale, car elle
s’exposerait, le jour où le change de ses co­
lonies deviendraient défavorable, à voir dé­
précier sa propre circulation.
Il est à noter que la question s’aggrave de’
ce que dans le reste de l’Afrique noire les
espèces monétaires ne sont encore presque
pas employées mais que leur usage se géné­
ralise de plus en plus. Avec le système ac­
tuel c’est donc une quantité dejrlus en plus
grande de francs et de shillings argent qui
devront entrer dans la circulation ; avec ceci
de fâcheux pour nous que le Congo Belge ab­
sorbera une partie de notre monnaie, et vien­
dra par conséquent augmenter la quantité
que nous devrons émettre.
Point besoin d’insister davantage sur les
dangers de cet état de choses. Ce sont ceux
du monométallisme argent compliqué de ce
fait qu’ils n’apparaîtront que le jour où ils
auront compromis notre propre situation mo­
nétaire métropolitaine.
Le seul remède, alors qu’il en est encore
temps, est de renoncer à ce monométallisme
argent qui s’est établi d’autant plus facile­
ment qu’il satisfait les intérêts immédiats
dès gouvernements émetteurs.
Le malheur est que la chose n’est incontes­
tablement pas simple. Il est bien certain que
c’est la monnaie d’argent qui sera pendant
bien longtemps encore la seule monnaie
adoptée par les indigènes pour leurs tran­
sactions, mais il n’y a pas de raison pour que
l’or ne devienne pas leur instrument d’épar­
gne et cela suffira pour qu’il joue le rôle ré­
gulateur qui lui est dévolu. On dira que les
indigènes sont incapables d’épargner mais
c’est faux, de la même manière qu’il est faux
de dire qu’ils sont incapables de travailler.
Si l’or n’est pas introduit par les particu­
liers, il devra l’être par les soins du gouver-

�L’EXPANSION COLONIALE

89

nement et cela lui est facile au moment des
grandes dépenses de travaux publics qu’il
fait actuellement et il pourra alors,sans avoir
d’inquiétudes sur la base même rlu système
appliqué, prendre les mesures nécessaires
pour introduire des quantités suffisantes de
monnaie divisionnaire, indispensable aux
échanges.
Il ne faut pas qu’il y ait en Afrique une
question de la piastre ou de la roupie.
Emile B a i l l a u d ,
Secrétaire de l'Institut Colonial.

sujet de la création de cette section du Comi­
té du Maroc. Or la même lettre de M. Guillain a été-adressée à la Chambre de Commer­
ce, à la Société de Géographie et à l’Institut
Colonial.
M. le docteur Heckcl fait remarquer qu’en
ce qui concerne la Société de Géographie il
craint que la constitution de ce comité dans
son sein n’amène une division des efforts,
étant donné que la Société de Géographie a
à s’occuper du Maroc au même titre que des
autres pays.
M. Bohn fait remarquer que la Société de
Géographie est une institution scientifique
et ses travaux no revêtent pas un caractère
IBSTITUÏ COLONIAL MARSEILLAIS essentiellement économique. Or le Comité
que l’on se propose de créer aura pour but
de s’occuper des intérêts économiques, finan­
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
ciers et commerciaux de la région du Maroc.
Séance du Bureau du 11 avril 1910.
Il n’y a donc là. rien qui puisse porter attein­
Présents : MM. A. Artaud, président ; Hec­ te au rôle de la Société (M Géographie. Il se
kel, Bohn, vice-présidents ; Ytier, trésorier ; demande si le Comité Marseillais du Maroc
ne pourrait pas être créé dans le sein de l’Ins­
Fouque, secrétaire.
titut
Colonial, sous une forme rappelant les
Le procès-verbal de la dernière séance est
sections de l’Union Coloniale.
lu et approuvé.
M. Artaud pense que le mieux est de pro­
M. le Président propose au bureau de de­
voquer
une réunion -des personnes intéres­
mander au conseil la nomination d’un tréso­
rier adjoint, ce poste étant vacant. (Adopté). sées, au cours de laquelle on examinera ce
Il donne communication au bureau des de­ qu'il conviendra de faire (Approuvé).
mandes d’adhésions à soumettre au conseil.
Exposition de Bruxelles. — M. A. Artaud
Subventions. — M. le Président rend annonce que le Commissariat des Colonies
compte qu’il a été avisé de l’ordonnance­ Françaises à l’Exposition de Bruxelles met
à la disposition de l’Institut un
ment de la subvention du Conseil Général, gratuitement
emplacement
de 1 m. 60 sur 1 m. 20, cela
qui s’élève à 2.500 francs.
indépendamment de l’emplacement que la
M. le docteur Heckel fait remarquer qu’on Chambre de Commerce a bien voulu réser­
l’a informé à la préfecture que ce chiffre ver à. l’Institut dans son stand. Il propose
comprenait les 2.000 francs prévus pour l’In's- crue l’on fasse faire, pour en profiter, des ta­
titut et 500 francs pour le Musée colonial, bleaux analogues à. ceux qu’exposent les di­
(subvention aux .Annales). Si cependant les vers établissements similaires de Marseille
500 francs ne sont pas absorbés par les be-' et que l’on publié une brochure sur les di­
soins de la publication, il les laissera avec vers services de l’Institut.
grand plaisir dans le Budget proprement dit
La dépensç d’une somme de 1.000 francs
de l’Institut. M. le Président lui en adresse sera proposée au Conseil sur la demande de
tous ses remerciements.
M. le docteur Heckel, pour l’impression d’u­
M. Artaud rend compte cle l’état des pour­ ne brochure de propagande.
parlers relatifs à la location du rez-de-chaus-’
Plus rien n’étant à l’ordre du jour, la séan­
sée.
ce est levée à 4 heures 1/4.
Il annonce que M. L. Arnaud a bien vou­
lu se charger comme membre du conseil de
CONSEIL D’ADMINISTRATION
s’occuper de l’organisation de l’Exposition
des blés.
Séance du 9.1 avril 1910.
Comité du Maroc. — M. le Président rap­
Présents : MM. Artaud, président ; Hec­
pelle que lors de sa visite à l’Institut Colo­ kel, Bc-hh, Ponsinet, vice-présidents ; Founial, M. René Millet a demandé qu’il soit crue, secrétaire ; Ytier, trésorier ; Arnaud,
créé à l’Institut une section du comité du Ma­ Bourdillon, Léotard. Malien, Moriceau, Rasroc de Paris. M. Desbief a insisté alors pour tit. Rastoin, Rossi, Velten, membres.
que cette création ait lieu immédiatement et
Lecture est donnée du procès-verbal de la
que M. Artaud en accepte la présidence, tan­ dernière sésLnce, qui est adopté.
dis qu’il lui promettait son plus entier'con­
M. le Président exprime tous ses regrets
cours.
de n’avoir pu, par suite d’une absence, se
De retour à Paris M. René Millet lui a écrit joindre au Conseil, que M. Bohn avait en son
pour lui renouveler sa demande. D’un autre lieu et place, convoqué, pour assister aux ob­
côté M. Desbief l’a informé dernièrement sèques de M. E. Blanc. Il fait l’éloge de M.

qu’il avait reçu de M. Guillain une lettre au

E. Blanc, rappelle la place tenue par lui dans

�5)0

L’EXPANSION COLONIALE

le commerce marseillais comme directeur de
l’Exploitation de la Compagnie des Messa­
geries Maritimes. Il propose qu’un extrait
du procès-verbal soit envoyé à Mme E. Blanc
et à ses enfants pour leur témoigner la part
que l’Institut prend à leur douleur. (Adopté).
M. le Pi'ésident souhaite la bienvenue aux
nouveaux membres du Conseil d’Àdministration, dont la collaboration sera précieuse
pour l’Institut.
M. Moriceau répond que l’on peut consi­
dérer comme fait d’avance tout ce qu’il pour­
ra faire pour être utile à l’Institut.
M. le Président le remercie et fait remar­
quer que le bureau est incomplet par suite
du départ de M. Laplane. Il propose que l’on
nomme trésorier-adjoint à la place de celuici M. Teisseire, qui a déjà rendu .de très
grands services à l’Institut par sa compéten­
ce spéciale en matière juridique et dont les
avis seront nécessaires au bureau. M. Heckel vice-président, se déclare, très heureux
du choix de M. Teisseire, dont la nomination
mise aux voix est faite à l’unanimité.
Adhésions. — M. le Président propose l’ap­
probation des adhésions suivantes, qui sont
acceptées :
Membres adhérents :
MM. Ernest Batferham, Londres.
Dadabhoy et Cie, Londres.
H. Maroni, Marseille.
Hugues et Pivot, Marseille.
et comme membres correspondants :
MM. Carlo de Mello Geraldes, professeur
à la section Coloniale de l’Institut
Agronomique de Lisbonne.
L. Colardeau, planteur président du
Conseil Général de la NouvelleCalédonie.
Comme adhésions au Musée Commercial :
Marie Fémina, 42, rue de la République,
Marseille (Kolas) 100 francs.
Rey de Bellonet, rue des Phocéens, 29, Mar­
seille (Champagnes) 300 francs.
Adopté, avec réserves quant à la location
du rez-de-chaussée et pour. trois mois seu­
lement.
Subventions. — M. le Président donne
communications des nouvelles subventions
reçues : Congo 600 francs, Chambre d’Agri­
culture de la Réunion 500 francs, Gouvernenem-ent Tunisien 500 francs.
M. Clément Rossi à ce sujet donne l’assu­
rance qu’il fera son possible auprès du Con­
seil Municipal de Marseille pour que la sub­
vention votée par le Conseil Municipal soit
non seulement maintenue mais encore aug­
mentée. — M. le Président l’en remercie au
nom du Conseil.
M. le Trésorier rend compte de la situation
financière au 31 mars qui est conforme au
budget. Il va négocier avec le fournisseur de
l’ascenseur le paiement sous escompte de la

dernière annuité et il propose l’achat de qua­
tre fusions P.-L.-M- pour l’emploi statutaire
du solde du dernier exercice.
Bail. ■
— M. le Président annonce que les
pourparlers pour la location du rez-de-chaus­
sée ont abouti à la signature d’un projet de
bail par la Société Vve Léon Bokanowski et
Cie.
Il donne lecture du projet, qui est adopté
après discussion et modifications, sous réser­
ve de l'approbation statutaire de l’Assemblée
générale.
Musée commercial. — M. le Président de­
mande cà. la Commission du Musée commer­
cial d’établir un projet pour la reconstitu­
tion du musée commercial au 3e étage, indé­
pendamment de toute idée de publicité, vi­
sant exclusivement à l’enseignement et don­
nant à l’importation une place égale à celle
réservée à l’exportation. (Adopté).La sécurité aux Antilles. — M. le Président
soumet au conseil un vœu de la Chambre de
Commerce de la Martinique tendant au ré­
tablissement à Port-de-Prance de l’ancien ef­
fectif militaire de 1906.
Le conseil décide de soutenir auprès des
pouvoirs publics le vœu de la Chambre de
Commerce de la Martinique et d’assurer cette
Compagnie de son dévouement.
Exposition clés blés. — M. Lucien Arnaud
qui a bien voulu se charger spécialement de
l’exposition des blés est heureux d’annoncer
au Conseil qu’à la suite de ses démarches
l’Association Nationale de la Meunerie fran­
çaise, la Chambre Syndicale des minotiers et
fabricants de semoule de Marseille, et le Syn­
dicat des importateurs de grains de Marseille
ont promis non seulement leur patronage à
l’exposition, mais encore leur concours le
plus efficace par l’envoi de leurs collections.
Etant donnée l’importance de ces participa­
tions, ainsi que l’intérêt qui s’attache pour
notre place à une étude approfondie des blés,
ildeman.de que l’exposition soit réservée uni­
quement aux blés. (Adopté).
M. le Président remercie M. Lucien Ar­
naud des résultats auxquels il est si rapide­
ment parvenu et qui font bien augurer de l’a­
venir. '
La séance_______
est ensuite
levée à 4 heures
__________
— 1/4.

DÉPART DE M. KL0BDK0WSKI
L’Institut Colonial Marseillais, qui avait
enregistré avec le plus grand plaisir iles
déclarations nettes et précises de M. Klobukowski lors d.e son premier départ, et qui a
suivi avec le plus grand intérêt sa politique
de réalisation dans notre belle colonie d’Ex­
trême-Orient, a tenu à saluer M. le Gouver­
neur général au moment où il s’apprêtait,
après un contact réconfortant avec le pouvoir
central, à aller poursuivre en Indochine son

�L’EXPANSION COLONIALE

91

visiter en détail l’importante organisation nir utilement par la détermination de la va­
œuvre et la parachever. La délégation de leur commerciale ou industrielle des pro­
l’Institut Colonial était composée de MM. duits obtenus. Pour servir de base à cette
Adrien Artaud, membre-secrétaire de la étude, l’Insfitut Colonial se propose de réu­
Chambre de Commerce, président de l’Ins­ nir la collection la plus complète possible
titut Colonial ; le docteur E. Heckel, fonda­ des différentes variétés cultivées, d’en déter­
teur du Musée Colonial et Vice-Président de miner les caractéristiques et d’en faire l’ob­
l’Institut Colonial, de MM. Adolphe Fouque jet d’une de ses prochaines: expositions an­
et Raymond Teisseire, membres du bureau ; nuelles.
de M. Emile Baillaud, Secrétaire de l’Insti­
M. Klobukowski a répondu qu’il attachait
tut Colonial. Elle s’est rendue à bord du Ton- le plus grand prix au concours que voulait
kin, des Messageries Maritimes, le 22 mai. bien lui prêter l’Institut Colonial, notam­
M. Artaud a appelé d’une façon toute spé­ ment dans cette importante question du riz
ciale l’attention de M. Klobukowski sur la et qu’il donnerait des instructions précises
question très actuelle du régime douanier co­ pour que ses services de l’Agriculture l’utili­
lonial, plus intéressante peut-être pour l’In­ sent et envoient à l’Institut Colonial Marseil­
dochine que pour aucune autre de nos pos­ lais les éléments permettant de constituer
sessions, car seules les recettes douanières une collection qui aurait le plus ’ grand in­
permettraient à nôtre colonie Indochinoise térêt.
de se passer de ressources financières qui lui
viennent de monopoles odieux et vexatoires.
QUATORZIÈME JOURNÉE MARITIME
Les grandes lignes de la doctrine de l’Institut
Colonial Marseillais, proclamées à l’occasion
du Congrès Colonial de 1906 sont aujourd’hui
Ün important contingent de participants
devenus l’Evangile du monde colonial, et M. à la
14rao journée maritime remplissait le va­
A. Artaud a remis à' M. Klobukowski un peur
« le Seynois » le samedi 7 mai ; la pro­
exemplaire de la conférence qu’il a été char­ menade
s’annonçait brillante, avec le con­
gé de faire à ce sujet l’an dernier par l’Union cours de nombreuses
dames et d’élèves de nos
Coloniale, sous la présidence de M. J. Char­ écoles spéciales. Le programme
était, en efles Roux, dont tout le monde connaît la com­ cj&gt;fet, des plus intéressants, cette journée
étant
pétence en matière coloniale.
consacrée à la visite de la côte nord du golfe,
Les principes de la réforme sont : diversi­ où s’exécutent les travaux du canal de jonc­
té des régimes douaniers suivant les régions tion au Rhône et de la nouvelle voie ferrée de
auxquelles ils doivent s’appliquer ; critérium : Marseille à Port-de-Bouc et Miramas ; cette
la richesse de la colonie en cause, car la mé­ perspective n’avaii pas peu contribué au
tropole n’a d’intérêt à avoir des colonies que grand nombre des adhésions reçues.
si elles sont riches et prospères ; mode d’é­
Malheureusement la mer, trompant toutes
tablissement : revendication pour la colonie les apparences de calme que l’état du ciel fai­
des mesures qu’elle considère comme les sait augurer au départ, surprit tout le mon­
plus propices au développement de sa pros­ de à la sertie de la grande jetée : une houle
périté et octroi de ces mesures par la métro­ de fond remua le petit navire de si dure fa­
pole dans des conditions sauvegardant ses çon qu’il fallut renoncer à pousser plus loin.
intérêts essentiels.
L’Institut colonial n’ayant pas dans son pro­
Ces principes ne pouvaient qu’être con­ gramme d’entraînement maritime à indis­
formes aux vues de M. le Gouverneur gé­ poser ses adhérents jusques et y compris le
néral de l’Indochine, qui a d’ailleurs décla­ mal de mer, cela aurait par trop dépassé le
ré qu’il venait de causer de cette question but qu’il s’était proposé.... Ce fut donc par­
avec notre éminent député, M. J. Thierry, tie remise, et le bateau dut rebrousser che­
rapporteur du régime douanier à la .Cham­ min, jusqu’au môle des bestiaux, où se dé­
bre, et qu’il était en pleine conformité- de roulait tVla même heure un débarquement
vues avec lui, ce qui ne pouvait manquer de important de moutons algériens, maintenus
donner toute satisfaction à l’Institut Colo­ avec peine par des gardiens fort occupés à
nial.
éviter les fuites et les écarts bien légitimes
M. le Docteur Heckel a rappelé ensuite à de la gent moutonnière, trop heureuse de re­
M. le Gouverneur général comment les servi­ trouver le -plancher des vaches ; la dextérité
ces de l’Institut étaient entièrement à la dis­ do ces conducteurs pour trier dans les laby­
position de l’Indochine pour l’étude des di­ rinthes du parc-entrepôt les diverses catégo­
verses questions se rattachant à l’exploita­ ries était merveilleuse à observer, chaque né­
tion de ses ressources. Le riz, en particulier, gociant commissionnaire devant recevoir son
appelle actuellement l’attention de toutes les lot de quadrupèdes à sa marque particu­
personnes intéressées au développement du lière.
Poussant plus loin pédestrement leurs in­
pays et les tentatives d’introduction de cul­
ture mécanique ou d’amélioration des rende­ vestigations, les excursionnistes gagnèrent les
ments sont liées aux'sélections des varié­ nouveaux Abattoirs, où M. Huon, vétérinaire
tés, au sujet desquelles l’Institut peut interve­ en chef, les reçut et leur fît obligeamment

�92

L’EXPANSION COLONIALE

tre Musée colonial et qui l’ont vivement in­
téressé.
Farine et alcool de banane. — Cette ques­
tion de l’utilisation des bananiers autrement
que comme producteurs de fruits de table
est une de celles qui ont attiré le plus l’at­
tention des planteurs.
M. N., planteur à Mayotte, est venu nous
demander de quelle manière il pourrait uti­
liser les fruits de bananiers qui poussent
en grand nombre naturellement sur sa pro­
priété.
On a beaucoup parlé de la farine de ba­
nane, mais jusqu’ici la principale difficulté
à laquelle se sont heurtés les producteurs a
été l’absence de débouchés. Les spécialistes
s’accordent à reconnaître que cette farine
offre de précieuses qualités pour l’alimenta­
tion des nourrissons ou des malades, mais les
diverses spécialités qui ont pu être lancées
n’ont point encore suffi à absorber de gran­
des quantités de ce produit. Des usines ins­
tallées à Java et aux Indes n’ont pu conti­
nuer leur production et une fabrique ins­
tallée au Costa-Rica et deux à la Jamaïque
ont eu le même sert.
En outre, il faut considérer que seuls les
plantains donnent une farine de bonne qua­
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS
lité et on ne peut fabriquer de la farine avec
bananes trop mûres pour être expédiées
Fibres de bananiers cultivés. — Le cor­ ^Hcs
ou
refusées
à l'embarquement, par suite de
respondant d’une maison Espagnole est venu la diastase qui
s’est opéré du fait de la matu­
nous demander notre avis sur la possibilité rité. D’une manière
générale donc, partout
d’exploiter les fibres des variétés de bana­ où on cultive les bananiers mour l’exportation
niers cultivées pour leurs fruits. Les essais des fruits, en ne peut songer à la fabrication
qu’il aurait faits aux Canaries lui auraient de la farine parce qu’elle serait moins avan­
fourni un produit dont il a découvert une tageuse que l’exportation des fruits.
application nouvelle (sur laquelle il ne nous
est probable cependant, que l’on arrive­
a pas donné d’explications) et qui permettrait ra Ilà obtenir
des débouchés suffisants pour la
d’employer ces fibres comme succédanées farine de plantains
et on pourra alors culti­
d’un produit de très grande valeur. Nous l’a­ ver ces plantes spécialement
ce but,
vons mis au courant des différents essais qui dans les régions d’où il n’est dans
pas
possible
avaient été faits à ce point de. vue, notam­
fruits.
ment à Java, en Indochine et en Afrique oc­ d’exporteries
En revanche on pourrait obtenir de l’al­
cidentale, et qui jusqu’ici montrent que l’ex­ cool
des bananes mûres. M. René Guérin,
ploitation des bananiers à fruits pour leurs le distingué
du Guatémala, est ar­
fibres ne donnait pas de résultats satisfai­ rivé à obtenirchimiste
avec
le
concours
de M. d’Hérelsants, en raison du faible pourcentage des le, chef de la station expérimentale
Yucafibres'Obtenus. M. Léon Hautefeuille n’a pas tan, une au-de-vie de très bonne duqualité,
obtenu plus de 0 kil. 300 par 100 kit. de-ma­ très semblable au whisky, qui a obtenu une
tière brute pour les bananiers sauvées et un
d’or à l’exposition de Saint-Louis.
pourcentage analogue pour les bananiers médaille
Le
rendement
être calculé à raison de
cultivés du Tonkin. (Journal Agriculture Tro­ quatre litres et peut
demi
par régime de banane.
picale nos 82 et 83). M. Duchemin a bien an­
Guérin a établi à ce sujet un devis d’ex­
noncé qu’avec l’aide d’appareils de son inven­ M.
que nous pourrons communiquer
tion, il obtenait 10 %, mais nous ne savons ploitation
intéressés et d’après lequel le prix de re­
pas qu’une exploitation commerciale ait aux
serait de 7 à 8 francs la caisse, pour
vérifié ce chiffre dans la pratique. M. Bre- vient
un
produit
supérieur comme qualité à ceux
nier de son côté indiquant 1 k. 500, (Bulletin qui sont vendus
couramment en gros à NewEconom. de l'Indochine, mars 1901) le pro­ York
22
fr.
50.
duit obtenu ne paierait pas la main-d'œuvre
employée. Nous avons engagé notre visiteur
Le Manioc. — Nous avons reçu des décla­
à voir si les fibres d’abbaca (Musa Tcxtilis) rations très intéressantes d’un des -nneipaux
ne lui conviendraient pas aussi bien et lui fabricants de tapioca de la Réunion. M. G.
avons montré toute la série très complète des G..., qui est venu nous-faire visite, sur les

qu’il surveille salle d’abattage des boeufs,
moutons et porcs ; installation spéciale pour
la destruction des viandes malades par l’aci­
de sulfurique, et enfin revue coloniale des
bœufs de Madagascar. On trouvera d’autre
part le compte rendu des pérégrinations de
ces bœufs depuis la grande île ; porteurs de
cornes démesurées, munis d’u.ne bosse de
graisse, réserve des mauvais jours, ces ani­
maux, quoique nantis d’un mauvais carac­
tère, sont destinés paraît-il à rendre de si­
gnalés services aux négociants-commission­
naires, bouchers et consommateurs de notre
ville, par leurs qualités supérieures : ossatu­
re très réduite, chair très fine (persillée, dit
le cieerene !) Tout le monde trouvera donc
son compte à l’extension d’un commerce qui
n’en est qu’à ses timides débuts.
Satisfaits de cet à-peu-près maritime, les
excursionnistes de retour à quai rejoigni­
rent en bateau le Port-Vieux, heureux d’a­
voir évité un naufrage imaginaire, et se don­
nèrent rendez-vous à la prochaine sortie men­
suelle, que le beau temps enfin revenu nous
ménage certainement favorable.
A. F. .

fibres de bananiers qui se trouvent dans no­

avantages qu'il peut y avoir à exploiter le

�L’EXPANSION COLONIALE
manioc sous forme de manioc sec ou de ta­
pioca.
Par chaque courrier, nous a-t-il dit, il re­
cevait un grand nombre de demandes d’achat
de manioc sec ou de fécule de manioc, mais
pour pouvoir y répondre il faudrait faire des
installations nouvelles ou diminuer la fabri­
cation du tapioca. Les usines qui traitent le
manioc ne peuvent en effet fonctionner utile­
ment que si elles se trouvent au milieu d’une
étendue assez considérable de terrains où la
culture du manioc est possible, car il est ab­
solument nécessaire en l’espèce de dimi­
nuer les frais de transport. Les usines à ta­
pioca de la Réunion sont dans ce cas et elles
hésitent à changer leur fabrication en raison
des aléas qu’offrent les débouchés nouveaux.
Le plus simple serait donc une entente entre
les industriels métropolitains qui désirent se
procurer du manioc et les usiniers des colo­
nies, qui passeraient des marchés fermes
pour un certain nombre d’années ou pren­
draient un intérêt dans les installations nou­
velles à créer. Il est à noter que ces hésita­
tions des colons sont la contrepartie de celles
qu’ont éprouvées les industriels oui se sont
occupés pour la première fois, il y a une di­
zaine d’années, du manioc, et qui, avant de
faire les installations nécessaires, auraient
voulu avoir des garanties de la part de la
plantation.
Il est bien certain en tous cas que, comme
pour tous les produits nouveaux, les indus­
triels métropolitains ont le plus grand inté­
rêt à,entrer en relations avec les producteurs
pour les guider et préciser avec eux les con­
ditions dans lesquelles ils doivent conduire
leur exploitation. Cette mise en rapport est
un des buts principaux de notre Institut et
nous sommes entièrement à la disposition de
nos adhérents à ce point de vue.
Faute de cette entente, on est exposé à voir
se réduire au lieu de se développer les débou­
chés de ces denrées au sujet desquelles les
producteurs ne connaissent pas bien encore
les exigences des acheteurs. C’est ainsi qu’un
des principaux importateurs de manioc du
Nord de la France nous écrit :
« Permettez-moi de vous prier de faire à
vos adhérents cette recommandation essen­
tielle, s’ils désirent voir leurs produits pren­
dre leur place dans la consommation : c’est
de ne féculer que des racines à l’état de com­
plète maturité, afin d’éviter aux consomma­
teurs des ennuis de fabrication, ennuis as­
sez sérieux pour faire renoncer à l’emploi
des fécules de manioc. »
Nous avons soumis cette recommandation
à M. G. C..., dont nous venons de parler, et
il nous a dit que ce défaut que l’on reprochait
aux fécules de manioc était inhérent aux
conditions mêmes de fabrication. Pour que
l’on puisse traiter les racines de maniocs
seulement à leur point absolument convena­
ble de maturité, il faudrait que les quanti­

93

tés, à traiter ne soient pas plus considérables
que la capacité de l’usine ou les possibilités
de main-d’œuvre. On est amené à commencer
la saison de fabrication le plus tôt possible et
à la terminer le plus tard possible, pour pou­
voir traiter plus de racines ; pour cela on les
récolte au début pas assez mûres et à la fin
trop mûres. La conséquence en est au début
et à la fin une proportion de cellulose trop
grande et des défectuosités dans la fécule qui
en altèrent la blancheur.
Nous ne sommes pas convaincu qu’il n’y
a rien à faire à ce sujet, même au point de
vue du tapioca ; c’est bien probablement là
une des causes qui déprécient le tapioca
Réunion, par rapport au Rio par exemple. Il
ne serait probablement pas bien difficile au
moins de ne pas mélanger les fabrications
du début et de la fin de la saison avec celle
de la bonne période.
Parmi les autres points sur lesquels no­
tre attention a été appelée en ce qui concerne
le manioc, un des plus importants est ce­
lui du séchage dans la préparation du ma­
nioc sec. La principale difficulté de cette opé^
ration consiste en ce que les morceaux sè­
chent rapidement à la périphérie et que la
croûte d’amidon formée empêche le séchage
de l’intérieur. On a ainsi un produit qui s’a­
varie et qui peut même prendre feu par sui­
te de fermentation. On nous a signalé de
grosses pertes éprouvées pour cette cause par
un colon de Madagascar.
Les machines à sécher actuelles ne fonc­
tionnent généralement bien que pour de
petites quantités. Nous appelons l’attention
des constructeurs sur l’a ntérêt qu’ils auraient
à établir des étuves spéciales pour ce produit.
Les différentes questions qui ont trait au
manioc viennent de faire l’objet d’un nou­
veau livre de MM. Hubert et Dupré, dans la
« Bibliothèque nratique du colon »&gt; (1) ; cet
ouvrage est particulièrement complet en ce
qui concerne la préparation du tapioca et de
l’alcool de manioc. La partie mécanique est
spécialement étendue, et sera des plus utiles
aux planteurs qui désirent se consacrer à cet­
te industrie, ainsi que celle qui concerne la
fabrication de l’alcool de'manioc, due à l’in­
génieur Blaret-, qui a installé et dirigé la
grande distillerie centrale de Madagascar.
Cristal de roche de Madagascar. — Le Mu­
sée Commercial de Milan nous a demandé
pour une maison italienne des renseigne­
ments sur la possibilité de trouver à Mada­
gascar du cristal de roche propre à la lunet­
terie. Nous nous sommes mis en rapport à
ce sujet avec la Chambre des mines de Ma­
dagascar, mais en attendant nous avons pu
informer notre correspondant que le quartz
hyalin a été exploité tout récemment dans le
Vakinankaratra (Imérina).
(1) Le Manioc, Paul Hubert et Emile Dupré. 1 vol.
H. Dunod éditeur, Paris 1910.

�94

L’EXPANSION COLONIALE

Il existe également d’autres gisements très
importants de cristal de roche dans la grande
île, à Béforono et dans la province de Vohémar. C’est de ces derniers que provien­
nent les beaux échantillons que possèdent les
Musées d’Europe. Un bloc de 40 k. qui figu­
rait à l’Exposition de 1900 avait été trouvé
par un Indien de Vohémar, M. Carim, qui
avait pendant plusieurs années exporté sur
Bombay d’assez grandes quantités de cris­
taux. Ce bloc a été vendu à Paris 3 fr. 75 le
kilo ; il était, assez pur bien que légèrement
coloré en bleu, comme d’ailleurs tous les
quartz hyalins de Madagascar, ce qui dimi­
nue un peu leur valeur. Les cristaux du
Saint-Gothard et du Tyrol sont au contraire
d’une limpidité parfaite et obtiennent un
prix Assez élevé. Ils sont paraît-il moins fa­
ciles à travailler que ceux de Madagascar
et n’atteignent jamais les dimensions des
cristaux de nos colonies.
Bois aromatiques. —■Comme suite à l’en­
quête que nous avons ouverte sur la possi­
bilité de trouyer dans nos colonies de nou­
veaux bois aromatiques, nous avons encore
reçu plusieurs lettres.
M. le Gouverneur général de l’Afrique
Occidentale nous informe qu’il a fait de­
mander aux Lieutenants-gouverneurs de ses
Colonies de faire réunir et d’adresser direc­
tement à l’Institut Colonial Marseillais des
échantillons des différents bois aromatiques
exploités dans leurs Colonies.
M. le Gouverneur général de Madagascar
nous écrit qu’il a fait part au président de la
Chambre d’Agriculture et aux Comices Agri­
coles de l’île de notre demande, et qu’il fait
publier, en outre, au « Journal Officiel » et
au « Bulletin Economique &gt;&gt;de sa colonie,
un avis priant les personnes que les débou­
chés de ces bois intéresseraient de s’adresser
directement à l’Institut Colonial Marseillais.
M. le Président de la Chambre de Com­
merce d’Hanoï nous avise qu’il a porté à la
connaissance du public, par la voie du « Bul­
letin « quotidien de la Chambre, la commu­
nication que nous lui avons faite.
M. le Président de la Chambre consultati­
ve mixte du Commerce et de l’Agriculture
de l’Annam nous remercie d’avoir bien vou­
lu lui signaler des débouchés nouveaux pour
ces bois et nous demande de lui adresser des
échantillons d’essences recherchées.
Caoutchouc. — Un de nos adhérents de la
Nouvelle-Calédonie nous a écrit pour nous
demander de lui indiquer s’il existait une
édition française du livre de W right sur la
culture de l’Hévea et quels étaient les livres
qu’il pouvait consulter sur cette question. Le
livre de Wright n’a pas été publié en fran­
çais, pas plus que le livre de Johnson, qui
étant de 1909 est plus récent et très recom­
mandable. En français, il n’existe de spécial
sur l’Hévéa cultivé que le travail de Ma­
thieu, mais il a déjà trois ans. En cette ma­

tière où tout est si nouveau et où l’on ne sait
guère que ce que révèlent les expériences
journalières, le mieux est certainement de se
rapporter aux articles des revues spéciales
et certainement les études de M. Labroy dans
le Journal d’Agriculture tropicale, qui résu­
ment tous les mois l’état de la question,
constituent le guide actuel le plus précieux
pour le planteur.
D e m a n d e s d ’E m p lo i a u x C o lo n ie s

M. D., capitaine au long cours, demande
emploi aux Colonies, en attendant de faire
son service militaire.
M. L., représentant de maisons de moteurs,
désirerait s’établir au Maroc. Il dispose d’une
dizaine de mille francs. Son contremaître se
placerait comme mécanicien.M. L. C., courtier en huiles, parle et écrit,
espagnol, italien et un peu arabe, désire un
emploi dans le bassin méditerranéen.
M. A. B., irait au Maroc dans une exploi­
tation agricole. A fait un stage dans exploi­
tation agricole en France et en Tunisie.
M. A. F., ancien élève de l’Institut Agrico­
le de Fribourg, demande à entrer au pair
dans une exploitation agricole en attendant
de faire son service militaire.
M. J. N., parle et écrit anglais, allemand,
hollandais, français, russe, désire emploi cor­
respondant.
M. H. R ., chef monteur, ancien élève de
l’Institut technique de Bourgdorff, âgé de 25
ans, au courant de la conduite de toutes ma­
chines, mécanicien, électricien, parle alle­
mand, italien, français, un peu l’anglais,
demande place aux colonies en rapport avec
ses aptitudes.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
A lg é r ie . — C o lo n is a tio n .

Le Directeur de l'Office de l'Algérie à M. le
Président de l'Institut Colonial Marseillais.
P a ris, 22 av ril 1910.
M. le G ouverneur général de l’Algérie a pris
connaissance, avec g ra n d intérêt, de l’offre que
vous avez bien voulu lui faire, p a r votre lettre
du 19 février dernier, de p rê te r le concouurs de
votre association à la propagande organisée en
fav eu r des choses d’Algérie.
Il vous rem ercie de votre intention, et me
charge de me m ettre en ra p p o rt avec vous pour
vous in d iq u er les conditions d an s lesquelles
peut se pro d u ire votre intervention, afin d’en
obtenir, avec l ’org an isatio n ad m in istrativ e ac­
tuelle, le m axim um d ’effet utile.
Tout ce qui concerne la pro p ag an d e com m er­
ciale et économique, le recru tem en t des colons,
les renseignem ents s u r toutes les questions al­
gériennes, est actuellem ent centralisé p a r l’Of­
fice de l’Algérie à P a ris.
L’Office est chargé à. la fois d’un service de
docum entation officielle et. absolum ent gén éra­
le, et encore de l’in stru ctio n des dem andes d’im ­
m igration dans les conditions tracées p a r la
législation spéciale de la Colonie. Il a, en ou-

�L’EXPANSION COLONIALE

95

M a d a g a s c a r . — C h a p e a u x de paille.
tre, m ission d’étendre les relatio n s de l ’Algérie
avec toutes les places de F ran ce et de l’E tra n ­ Le Gouverneur Général de Madagascar et Dé­
ger.
pendances, à M. le Président de l'Institut Co­
A tous ces titre s, il est en ra p p o rt constant,
lonial Marseillais.
n on seulem ent avec nos ag en ts diplom atiques
T ananarive, le 18 av ril 1910.
et consulaires à l’étran g er, m ais encore a.vec
En réponse à vos lettres des 25 février et 3
les groupem ents officiels ou a u tre s de toutes
m ars derniers, j’ai l ’h o n n eu r de vous faire con­
sortes qui, dans la m étropole, ont en trep ris de
v u lg a rise r les choses coloniales, et le u r conci­ n a ître que j ’ai fa it p a r t aux p résidents des
lier l’esp rit public et d’aider, à leu r profit, à l’é­ Cham bres consultatives de Commerce et d ’i n ­
dustrie de l’île, du désir exprim é p a r u n négo­
m ig ratio n des capitaux et des énergies.
cian t en chapeaux de paille, d’en trer en re la ­
D ans cet ordre d’idées, je ne m an q u e ra i pas
tions avec des com m erçants ou des colons ca­
de te n ir rég u lièrem en t à votre disposition tous
pables de lui fo u rn ir des tresses de chapellerie,
les renseignem ents dont je dispose, soit su r la
co n stitu tio n ou l’ag ran d issem en t des périm è­ conform es au modèle que vous m ’avez fa it p a r­
tres de colonisation, soit s u r la vente de pro­ venir.
Je vais faire publier, en outre, au Jo u rn a l Of­
priétés ou toute au tre question.
M. le G ouverneur général sera heureux de re ­ ficiel et au B ulletin Econom ique de la Colonie
cevoir toutes les dem andes d’acquisition ou de u n avis dans le même sens.
Les personnes que cette offre in téresserait se­
concession de terres que. vous voudrez bien lui
ro n t priées d’ad resser directem ent à l’In stitu t
soum ettre p a r l’in term éd iaire de l’office, à qui
Colonial des échantillons, avec indications des
incombe l’exam en rég lem entaire de ces requêtes.
prix et q u antités à livrer, soit de tresses, soit
J ’ajoute que, su iv a n t les in stru ctio n s que j’ai
reçues, j ’ap p u ierai de to u t m on pouvoir l’ac­ de m atières prem ières.
E n ce qui concerne la fab rication des tresses,
tion si in téressan te que vous voulez bien en tre­
p ren d re en fa v e u r de l ’A lgérie et que je m ’ap­ je vous serais reco n n aissan t de vouloir bien me
faire p arv e n ir les prix et devis de m achines à
p liq u erai to u t p articu lièrem en t à vous fournir,
tresser, afin de renseigner, le cas échéant, les
s u r les choses de la Colonie, les in form ations
colons qui v o udraient s’occuper de cette in dus­
rép o n d an t le m ieux à l’o rientation que vous
trie.
vous proposez de donner aux efforts de votre
Veuillez agréer, etc..........
In stitu t.
Dès a u jo u rd ’hui,1 sous u n pli spécial, je vous
ad resse :
A n t ill e s . — L a s é c u r it é p u b liq u e
1° Douze exem plaires du n° du B ulletin de
A
la
suite des regrettables incidents des An­
l’Office du 1er av ril co u ran t, co n ten an t la liste
nous avons échangé avec M. le P résid en t
des p ropriétés de colonisation n ’a y a n t p as tro u ­ tilles,
la C ham bre de Commerce de la M artinique
vé d’acq u éreu rs au cours des opérations a n té­ de
et M. le M inistre des Colonies la correspondance
rie u re s et qui re ste n t à vendre de gré à gré.
suivante :
Des notices spéciales av aien t été établies pour
chacun des centres où des p ropriétés étaien t of­
Le Président de la Chambre de Commerce
fertes a u public. Le tira g e de presque toutes ces
de la Martinique à M. le Président de
notices est épuisé, m ais je vous rem ets quelques
l'Institut colonial marseillais.
exem plaires de celles que je possède encore.
F o rt de F rance, le 7 m ars 1910.
2° Douze exem plaires de l’é ta t des propriétés,
J ’ai l’h o nneur de vous adresser, ci-joint, un
a p p a rte n a n t à des p articu liers; à vendre ou à
louer.
ex trait des délibérations de la Cham bre de Com­
3° Douze exem plaires du liv ret de colonisa­ m erce de la M artinique, en date du 28 février,
ren ferm an t u n vœ u de n o tre Com pagnie, ten ­
tion in d iq u a n t les conditions et form alités
d a n t a u rétablissem ent, à F o rt de F rance, de
à rem p lir p our obtenir une concession g ratu ite,
ain si que celles rég issan t la vente des p ro p rié­ l ’ancien effectif des troupes de 1906.
tés dom aniales.
Si vous partagez nos vues, su r ce point, je
vous serais obligé de leu r donner l ’appui de
Enfin, je vous signale q u ’une septièm e vente,
votre h au te influence.
à b u reau ouvert, s’o u v rira probablem ent au
mois de ju in prochain.
Veuillez agréer, etc...
Signé : B l o n d e t .
Les im m eubles qui sero n t m is en vente sont
situ és dans les centres de F rom entin, Moudjebeur. Victor-Hugo, H ardy, N elsonbourg (dépar­ CHAMBRE DE COMMERCE DE LA MARTINIQUE
tem en t d’Alger), B erthelot et Oued Lili (départe­
EX T R A IT D E S PR O C È S-V E R B A D X
m ent d’O ran), Saint-D onat, B ir K asdali, AtalD E S D É L IB É R A T IO N S
teine, Foum el Gueiss (départem ent de C onstan­
tin e).
Séance du 28 février 1910
J ’a u ra i soin de vous tra n sm e ttre , dès qu’elles
M. le P résid en t propose d ’ém ettre le vœ u su i­
p a ra îtro n t, u n certain nom bre de collections des v ant, qui, comme les précédents ,sera tra n sm is
notices co n cern an t cette proch ain e vente.
à M. le M inistre des Colonies, aux présidents
Veuillez agréer, etc..........
des principales C ham bres de Commerce de
Signé : G é r a r d .
F ran ce et aux groupem ents qui peuvent s’y in­
téresser :
Les docum ents auxquels fa it allusion M. le
La Cham bre de Commerce de la M artinique,
D irecteur de l’Office de l’A lgérie d ans la lettre
C onsidérant les troubles actuels de la G ua­
ci-dessus peuvent être consultés p a r les in té­
deloupe qui m etten t en péril les personnes et
ressés dans les b u reau x de l’In stitu t Colonial,
les biens, fet com prom ettent la situ atio n écono­
où ils trou v ero n t tous renseignem ents su r les
m ique de la colonie ;
ventes de te rra in s de colonisation, propriétés
C onsidérant que l ’insuffisance des troupes n ’a
privées, lotissem ents, etc.'

�96

L’EXPANSION COLONIALE

p a s perm is de m a in te n ir l ’ordre et d ’éviter les
dom m ages considérables causés ;
C onsidérant la nécessité d’en treten ir les tr a ­
vaux de fortifications et de défense de la M ar­
tin iq u e qui ont coûté p lu s de quinze m illions,
à peine de les voir tom ber en ruines;
C onsidérant q u ’il im porte au p restige de la
F rance, et à l ’affirm ation de sa puissance, d ’être
représentée d an s les A ntilles p a r u n effectif sé­
rieux de ses tro u p es coloniales.
Vu l ’existence de .grandes et belles casernes,
de logem ents neufs et en bon éta t ;
Vu l ’in stallatio n d ’u n service de prophylaxie
qui doit p réserver la colonie de toute épidé­
mie, e t prom et aux troupes toutes g a ra n tie s au
poin t de vue san itaire.
E m et le vœ u que les effectifs anciens de 1906
soient rétab lis, et voire mêm e augm entés a u ta n t
q u ’il s e ra possible.
Le Président de l'Institut colonial m a r­
seillais à M. le Ministre des Colonies,
Paris.
M arseille, 7 .m ai 1910.
La Cham bre de Commerce de la M artinique
nous a tra n sm is le vœu ci-joint q u ’elle nous a
dem andé d ’ap p u y er au p rès de vous et qui tend
au rétab lissem en t à F ort-de-F rance de l ’ancien
effectif de tro u pes de 1906.
Les d ern iers événem ents ont ûiontré com m ent
cette m esure é tait m alh eu reu sem en t nécessaire
p our a ssu re r la sécurité publique et, a u m om ent
où la situ atio n écoiîomique de nos colonies des
A ntilles, et plus p articu lièrem en t de la G uade­
loupe, s ’am éliore d ’une m an ière to u t à fa it re­
m arquable, p o u r que des élém ents de trouble ne
p u issen t a rrê te r ce nouvel effort et décourager
d’une m anière peut-être définitive la p a rtie acti­
ve et laborieuse de la population ain si que dé­
to u rn e r de ces pays les cap itau x dont ils o n t ta n t
besoin p o u r le u r m ise en valeur.
E sp é ra n t que vous pourrez ap p u y er de votre
h a u te influence le vœu que nous vous tra n s ­
m ettons et q u ’il vous se ra possible d ’y faire
donner satisfaction, je vous prie d ’agréer, etc.
A. A rtaud .

Le Président de -l'Institut colonial m a r­
seillais à M. le Président de la Chambre
de Commerce de la Martinique.
7 m a i 1910.
J ’ai l ’h o n n eu r de vous accuser réception de
votre lettre du 7 m a rs d ern ier p a r laquelle vous
nous dem andiez d ’a p p u y er u n vœu de votre
Com pagnie te n d a n t au rétab lissem en t à Fortde-France de l ’ancien effectif des tro u p es de
1906.
Le Conseil d ’A dm inistration de notre In stitu t
l ’a approuvé entièrem ent et a décidé d ’ap puyer
au p rès de M. le M inistre des Colonies votre de­
m ande, qui n ’est m alh eu reu sem en t que trop ju s­
tifiée p a r les circonstances.
' E sp é ra n t que notre dém arche p o u rra être de
quelque poids et am ener la solution que toutes
les personnes intéressées au m ain tien de la
paix publique aux Antilles désirent avec nous,
je vous prie, M. le P résid en t, de nous croire, etc.
A. A rtaud .

A rro w -R o o t

Le Gouverneur général de Madagascar
et dépendances, à M. le Président de
l'Institut colonial marseillais.
T an anarive, le 16 av ril 1910.
E n réponse à votre lettre du 21 février der­
nier, j ’ai l ’h o n n eu r de vous faire co n naître que
j ’ai fa it p a rt aux présidents de la Cham bre
d ’A griculture et des Comices agricoles de l ’île,
du désir exprim é p a r un fab rican t de p apier
d ’en trer en relatio n s avec des colons capables
de lu i fo u rn ir de l’arrow -root.
Je vais faire publier, en outre, au Journal
Officiel et au B ulletin Economique de la Colo­
nie un avis dans le même sens.
Les personnes que cette offre in téresserait se­
ro n t priées d ’ad resser directem ent à l ’In stitu t
colonial m arseillais, des échantillons et prixcourant.
Veuillez agréer, M onsieur le P résid en t, etc..&gt;
Le Gouverneur de la Martinique, à M. le
Président de l'Institut colonial m a r ­
seillais.
Fort-de-France, le 27 avril 1910.
P a r lettre en date du 21 février 1910, vousm ’avez dem andé de vous renseigner su r la pos­
sibilité de m ettre u n de vos correspondants en
com m unication avec des p la n te u rs de la M arti­
nique pouvant fo u rn ir des prix et des échantil­
lons d ’Arrow-root.
Cette p lan te est peu c u ltiv é ^ d a n s n o tre Co­
lonie, et seulem ent en cultu re aérobée à l ’occa­
sion des p lan tatio n s de cacaoyers et de caféiers.
Le p ro d u it de ces ra re s cultures est vendu su r
place pour la consom m ation locale, à raison de
0 fr. 30 le litre en m oyenne, ce qui est un prix
plutôt élevé si on le rapproche du p rix réalisé
dans les Colonies anglaises, exportatrices d ’a r ­
row-root, où cette fécule se vend de 35 à 40 fran cs
les 100 kilos, préparée pour l ’exportation, c’està-dij’e au point de dessiccation voulu.
Je joins à cette lettre u n échantillon de fécule
d ’arrow -root, telle q u ’on la trouve ici, prove­
n a n t du C anna édulis, celle p ro v en an t du Mav a n ta a ra n d in a est encore plus ra re à trouver.
Agréez, M onsieur le P résid en t, etc..;
M. Frédéric Dor et Cie, à M. le P résident
de l'Institut colonial marseillais.
Saint-Denis, le 16 avril 1910.
Vous avez écrit à M. le G ouverneur de la R éu­
nion po u r lui dem ander de vous m ettre en ra p ­
p o rt avec des m aisons qui p o u rra ie n t fou rn ir
de la fécule d ’arrow -root actuellem ent employée
d an s la fab ricatio n du papier.
Votre lettre a été tran sm ise à la Cham bre de
Commerce dont notre sieu r Dor est le président,
et ce d ernier nous l ’a com m uniquée.
Nous vous adressons p a r la poste un sachet
de cette fécule avec prière de la faire voir à ceux
qui en o n t l ’emploi. Il serait possible d ’en fo u r­
n ir $ux environs de 95 à 100 fran cs les 100 ki­
los, prem ier coût, et les fra is ju sq u ’à M arseille
seraien t d ’environ fr. 9 à 8 p a r 100 kilos.
Si vous vouliez bien nous donner des nom s de
pap etiers en a y a n t l’emploi, nous pourrions
nous m ettre directem ent en ra p p o rt avec euxVeuillez agréer, etc.

�LES BŒUFS DE MADAGASCAR

L 'E x p a n s io n C oloniale/

BU

SwSSSP
LK T R O U P E A U AV AN T SON E M B A R Q U E M E N T

L E S B Œ U F S A B O R D DU V A P E U R “ I L E - D F . - L A - R É U M O N

��97

L’EXPANSION COLONIALE
C O U R S C O L O N IA U X

Voici le programme des cours coloniaux
publics, professés à l’Institut colonial pen­
dant le mois de mai 1910.
L undi 2 m ai, à 3 h. 3.'4 soir. M. M asson : Gui­
née F rançaise. — à 5 h. soir, Dr J. de Cordemoy :
Pêcheries de n acre de l’Océanie française.
M ardi 3 m ai, cà 3 h. 1/2 soir, Dr R eynaud : Le
paludism e. — à 5 h. soir : M. M asson ; Coloni­
sation anglaise (1850-1880).
M ercredi 4 m ai, à 3 h. 3/4 soir, M. R ay n au d :
Le régim e dou an ier actuel des colonies fra n ­
çaises. — à 5 h. soir, M. Jum elle : L a canne à
sucre.
V endredi 6 m ai, à 5 h. soir, M. L au ren t : P ie r­
res précieuses.
Sam edi 7 m ai, à 3 h. 1/2 soir, Dr G. R eynaud:
Lu. voirie des villes coloniales.
L u n d i 9 m ai, M. M asson : Côte d’ivoire. .
M ardi 10 m ai, à 3 h. 1/2, D1' R eynaud : La lu t­
te contre le paludism e. — à 5 h. soir, M. M as­
son : L’expansion coloniale française.
Jeudi 12 m ai, à 8 h. 1/2 m atin (au p arc Borély), M. Davin : C ultures coloniales. — 4 h. soir,
M. Fouicart. H istoire rdes religions d an s les
Colonies.
M ercredi, 18 m ai, M. R aynaud: Les résu ltats
du régim e forestier actuel des colonies fra n ­
çaises. — M. Jum elle : Le Café.
Jeudi, 19 m ai, M .D avin : C ultures coloniales.
Vendredi, 20 m ai, M. L a u re n t : Le diam ant.
Sam edi, 21 m ai, Dr R eynaud : O rganisation
sa n ita ire des villes coloniales..
Lundi, 23 m ai, M. M asson : Dahomey. — Dr J.
de Cordemoy : Pêcheries de n acre et de perles.
M ardi, 24 niai, Dr R eynaud : Les clim ats de
l’Indo-Ghine. — M. M asson : E xpansion colonia­
le de la F ra n c e (1880-1900).
M ercredi, 25 m ai, M. R ay n au d : Le régim e
d o u a n ie r de l’Algérie et de la T unisie (législa­
tion et résultat). — M. Jum elle : P ré p a ra tio n du
café vert.
Jeudi 26 m ai, M. D avin : C ultures coloniales.
— M. F o u c a rt : Les Ordalies.
V endredi 27 m ai, M. L a u re n t : Le diam ant.
Sam edi 28 m ai, Dr R eynaud : Les hôpitaux
et les Sanatoiria dans les colonies.
L undi 30 mai,M. M asson : A frique Occidentale.
Dr J. de Cordemoy : Pêcheries coloniales.
M ardi,31 m ai, Dr R eynaud, Clim ats coloniaux.
— M. M asson : E xpansion coloniale.

■
-------------------

---------------------

M usé© C o m m e r c ia l
EXPOSITION DES BLÉS

L’annonce de notre exposition a été accueil­
lie avec le plus grand intérêt et dès mainte­
nant nous avons l’assurance que nous pour­
rons réunir une série des plus complètes des
principales variétés de blés cultivés.
Nous aurons bien entendu pour objet prin­
cipal l’étude des blés de nos possessions mé­
diterranéennes, mais il nous a paru indis­
pensable de réunir les principales variétés

étrangères qui leur font concurrence sur no­
tre marché, (Je manière qu’une leçon plus

complète puisse se dégager de cette impor­
tante manifestation.
Nous recevons à ce sujet de M. A. Poindron, le distingué agent commercial du Gou­
vernement Canadien en France, la réponse
suivante à la demande de participation que
nous lui avions adressée.
Paris, le 17 m ai 1910.
■ M onsieur le P résident,
J’ai l’h o nneur d’accuser iréS’e ption de votre
très in téressante lettre du 13 courant.
P a r ce même courrier, j ’ai saisi mon Gouver­
nem ent d ’une copie intégrale et, égalem ent,
d’une trad u ctio n intégrale, en anglais, que j ’ai
fait établir dans m es bureaux. J ’ai, d’ailleurs,
p ris la liberté d’app u y er votre dem ande que je
trouve, moi aussi, très intéressante p o u r nous,
et je m ’em presserai, dès q u ’elle me p arviendra,
do p o rter à votre connaissance la réponse que
mon G ouvernem ent v o u d rait bien m ’adresser.
Vouillez .agréer, etc.
Le Délégué Commercial du
Gouvernement Canadien en France,
Anatole P oindron .

De son côté M. le directeur de l’Agricul­
ture, du Commerce et de la Colonisation de
la Tunisie a bien voulu nous faire part de la
participation et de la collaboration du Gou­
vernement Tunisien par la lettre suivante :
Tunis, le 11 m ai 1910.
M onsieur le P résident,
En réponse à votre lettre du 27 avril dernier,
adressée à M. le R ésident général, j'a i l ’hon­
n e u r de vous faire connaître q u ’ap p récian t l’in ­
térêt de la m anifestation économique .projetée
p ar l’In stitu t Colonial M arseillais, j ’ai décidé
que les fra is d’ach at et de tra n sp o rt des échan­
tillons de blé de Tunisie seront p ris en charge
p a r F A dm inistration du P rotectorat.
■Cette Direction vous ad ressera directem ent les
échantillons qu’il lui sera possible de se p ro ­
cure:!’ dans les régions o ù la colonisation est
peu développée encore, ain si .que les échantil­
lons que l’Association Agricole du N ord de la
Régence lui re m e ttra au nom de ses adhérents.
Veuillez agréer, etc.
Le Directeur de l'Agriculture, du Commerce
et de la Colonisation.
B artholomé .

L’important Syndicat agricole et viticole
de Constantine nous écrit :
« Notre concours le plus entier vous est ac« quis. Nous allons envoyer copie de votre
« lettre à tous nos adhérents, à tous les syn« dicats agricoles du département, à nos cais« ses agricoles affiliées et à la caisse régio« nale de Constantine. Nous réclamerons
« aussi le concours de la Presse. »
Le Syndicat de Mostaganem nous répond
également :
« Je me suis empressé d’annoncer votre ex­
position de blés aux intéressés et vous pou­
vez compter sur mon concours pour seconder
vos efforts et vous permettre de mieux fajre

connaître nos produits algériens. «
\

�L’EXP-'.NSION COLONIALE

98

L’IMPORTATION DES BŒUFS
DE

MADAGASCAR

Depuis quelques années le commerce de la
boucherie souffre considérablement des prix
élevés du bétail, qui proviennent de sa pé­
nurie.
Les importateurs et les bouchers ont re­
cherché s’il ne serait pas possible de trouver
dans nos colonies le remède à cette situation
désastreuse, et le Syndicat de la boucherie
Marseillaise demanda au gouvernement l’en­
trée en franchise des bœufs du Soudan et du
Sénégal. 11 obtint satisfation, mais l’importa­
tion de bœufs qui eut lieu à la suite de cette
mesure ne donna pas de résultats favorables,
par suite du haut prix des transports et du
mauvais état dans lequel parvint le bétail.
Vers le mois de novembre 1909, un convoi
de cinquante-neuf bœufs de Madagascar ar­
riva à Marseille. Ces bœufs étaient en parfait
état. Ils furent consommés en partie à Mar­
seille, en partie à Paris, où ils furent très ap­
préciés et obtinrent un vrai succès de curio­
sité. La viande était belle et le consommateur
ne üt aucune différence avec celle des bœufs
de pays.
Le 10 décembre dernier, « YAdam » ame­
nait de Madagascar quatre bœufs congelés
dans un frigorifique. Ces bœufs furent ven­
dus par M. Rien, boucher, 4, rue Magenta
Prolongée, président du Syndicat des bou­
chers de Marseille. Divers médecins et de
hautes personnalités scientifiques et commer­
ciales de notre ville goûtèrent cette viande
qui fut de l’avis unanime déclarée excellente.
Puisque Madagascar avait (le si beaux
bœufs et que ce pays pouvait en fournir des
quantités, il n’y avait plus qu’à essayer d’en
approvisionner le marché de Marseille. C’est
ce que pensèrent un groupe de bouchers dé­
taillants qui se réunirent au siège du Syn­
dicat de la boucherie et versèrent l’argent
nécessaire à deux essais. Deux délégués du
groupe partirent pour Madagascar par l’A­
dam, le 25 décembre 1909.
Un premier convoi résultant de leurs
achats arriva dans notre port, mais les bêtes,
embarquées très belles, avaient énormément
souffert pendant la traversée et on dût les
mettre à l’engrais. En outre, sur soixantedouze têtes embarquées, il n’en arriva que
cinquante-quatre à Marseille. Après six se­
maines de soins délicats, une partie de l’en­
voi fut abattue le 2 mai ; il fournit de très
belle viande.
Le deuxième convoi est arrivé le 27 avril,
par l’lie de la Réunion, avec cinquante-trois
bœufs, dans de meilleures conditions que le
premier. Quelques jours de repos et de soins
ont mis ces animaux en état de figurer avan­
tageusement dans nos salles d’abattage.
La conclusion de ces divers essais est que

les bœufs de Madagascar sont de bonne qua­
lité "et peuvent fournir une très bonne vian­
de.
Le nombre des bœufs existant dans notre
colonie étant d’après les statistiques officiel­
les de 2.500.000, nous avons là une réserve
qui peut largement suppléer à l’insuffisance
du troupeau français, mais de quelle maniè­
re faut-il les importer en France ?
Le frigorifique bien appliqué nous paraît
être la meilleure méthode. Avec, lui point
de déperdition de qualité et diminution des
frais de transports, abattage des bœufs dans
les meilleures conditions possibles et régula­
rité des livraisons à la consommation.
Mais il y a à lutter avec la routine ! Si Ma­
dagascar appartenait à l’Angleterre, il y au­
rait au moins dix ans que les frigorifiques
seraient installés et que l’importation du
bétail aurait fait la fortune de la Colonie et
l’aisance de la Métropole.
Nos Compagnies de navigation, qui se plai­
gnent que les affaires ne vont nas, n’ont au­
cune installation frigorifique à bord ; à peine
quelques bateaux en possèdent-ils une pour
leur usage personnel, alors que les Anglais
transportent ainsi des milliers de tonnes de
viande d’Australie ou de l’Amérique du Sud.
Les transports d’animaux vivants sont bien
difficiles et très délicats ; il faudrait là sur­
tout pouvoir compter sur toute la bienveil­
lance des compagnies, qui ne paraissent point
assez imbues de l’intérêt général et qui du
même coup négligent le leur.
Si. par exemple, les importateurs qui ont
fait cet essai sur les bœufs de Madagascar
se rebutent, à la suite des difficultés qu’ils
ont éprouvées, ce sera une perte pour les
Compagnies de navigation, qui n’auront pas
à effectuer ce transport, une perte pour la
colonie, qui ne saura où écouler son bétail,
et une perte pour le commerce de l’alimen­
tation de la métropole et les consommateurs
eux-mêmes.
Dès que les résultats définitifs de cette ten­
tative seront connus, je serai très heureux de
les communiquer à l'Expansion Coloniale,
étant donné surtout le caractère spécial de
cet essai, qui est le résultat d’efforts de syn­
dicalistes imbus des intérêts généraux de leur
corporation et de leur clientèle.
Ph. R i e u .
P résid en t de la F édération des Syndicats patronaux,
des Bouches-du-Rhône.

C H R O N I Q U E DU MOIS
U n e x e m p le in d u s tr ie l à s u iv r e

Dans les colonies françaises, l’industrie
des conserves de fruits tropicaux est loin
d’avoir atteint la prospérité à laquelle elle
pourrait prétendre en raison de ses brillantes

�L’EXPANSION COLONIALE

*

perspectives. Dans presque toutes les colo­ missions, la colonne s!est rendue par gr&lt;ra e l§ \&gt; /
nies étrangères, au contraire, dans les pos­ au col d’Anoual, dans l’Atlas. L’attaque d’un
sessions anglaises des Détroits, aux îles Ha­ détachement français, en décembre 1908, a
waï, aux Antilles, l’exportation des fruits *pu être vengée par la prise du ksar d’Ouedconservés a pris depuis quelques années Keddou ; le général Alix est ensuite parvenu
une importance justifiée par l’abondance à Bel-Riada, d’où les troupes vont gagner
croissante des demandes européennes.
Bou-Denib puis rejoindre le chemin de fer du
Prenons pour exemple l’Ananas. Tandis Sud-Oranais. Le général Lyautey, comman­
que nos colonies des Antilles, d’où étaient dant la division, a inspecté la colonne à
parties, il y a trente ans, les premières con­ Anoual et s’est déclaré très satisfait de sa
serves, ne pouvaient, faute de capitaux et vaillante marche à travers des régions aussi
d’organisation rationnelle, donner à cette in­ montagneuses et désertes.
dustrie naissante l’impulsion nécessaire, les
Cette tournée de police, exécutée en vertu
Anglais à Singapore s’outillaient pour ré­ de nos traités spéciaux avec le Maroc, assu­
pondre aux demandes croissantes de la con­ re définitivement la sécurité des confins de
sommation.
l’Algérie vers l’Ouest et le développement
En 1880-, l’exportation est déjà de 600.000 des marchés libres franco-marocainsi Dans
boîtes d’ananas. En 1908, elle atteint 14 mil­ le Sud, la région du Tafilet reste seule un
lions 583.000 boîtes.
peu menaçante, pour notre zone saharienne,
Quelques années après, les Etats-Unis en
mais au Nord, nos postes d’Oudjda et des Betrent en ligne et Baltimore produit 14.400.000 ni-Snassen garantissent la paix jusqu’à la
boîtes, indépendamment d’un million de cais­ mer à l’Est de la Moulouya. Le chemin de fer
ses expédiées de la Havane comme fruits de Tlemcen à Lallâ-Marnia vient, d’ailleurs,
frais.
d’être mis en service et atteindra bientôt la
Enfin, plus récemment, les îles Hawaï, pro­ frontière, ici déterminée, vers Oudjda. Notre
fitant des nouveaux débouchés qui leur sont situation dans la zone algéro-marocaine pa­
ouverts par leur annexion aux Etats-Unis, se raît donc excellente, et nos forces militaires
mettent résolument à l’œuvre. Voici les ré­ viennent encore d’v être fortifiées par l’in­
sultats vraiment prodigieux obtenus :
telligente installation, dans le Sud-Oranais,
En 1903 l’exportation se chiffre ^ar boîtes, d’un premier bataillon de troupes sénéga­
72.000 ; en 1905, 960.000 ; en 1907, 4.334.000 : laises.
en 1909, 16.800.000.
***
L’éloquence de pareils chiffres se passe de
Le chem in de fe r d’Haïphong
commentaire, et ce qui est remarquable, c’est
que ces 50 millions de boîtes d’ananas, sans
à Yunnan-Fou
compter les fruits de Californie, du Cap et
Le 31 mars dernier a été solennellement
d’Australie, sont absorbés facilement chaque inauguré la grande ligne de chemin de fer
année.
qui relie désormais notre port tonkinois
Pendant ce temps, alors que notre marché d’Haïphong à la capitale chinoise du Yunmétropolitain commence à consommer un nan, distante de 868 kilomètres, soit Marseil­
million de boîtes, la production de nos An­ le-Paris. C’est là un fait mémorable dans les
tilles oscille seulement entre 150.000 et annales indochinoises et son importance a
200-000 boîtes, quoique protégée par le droit été relevée dans les discours prononcés au
de douane sur l’ananas étranger. Aussi avons- banquet de Yunnan-Fou par M. Getten. di­
nous plaisir à apprendre qu’une Compagnie recteur général de la Compagnie, le vice-roi
antillaise vient de se constituer pour déve­ Li-Kin-Tchi et M. Bourgeois, consul général
lopper dans nos îles cette production de de France.
grand avenir.
Ce chemin de fer, après avoir d’abord re­
monté la vallée du Fleuve-Rouge à travers
***
le Tonkin depuis la mer jusqu’à la frontière
S u r les confins m a ro ca in s de l’A lg é rie
chinoise, s’élève ensuite sur les plateaux du
Une importante opération de police vient Yunnan de l’altitude de 90 mètres à celle
d’être effectuée, sans bruit, par nos troupes de 1896 mètres avec un parcours de 469 kilo­
algériennes, dans une vaste région marocai­ mètres. C’est une œuvre vraiment gigantes­
ne, s’étendant de la zone occupée en perma­ que et les nombreux travaux d’art qu’elle a
nence jusqu’à la vallée moyenne de la Mou- nécessités, la rendent unique/ dans tout l’Ex­
louya dans l'Ouest. Cette tournée, dirigée au trême-Orient. Cette ligne. ' construite en
cours du mois de mai, par le général Alix moins de dix ans. malgré des difficultés de.
à la tête de 2.000 hommes, a consacré notre toutes sortes, fait le plus grand honneur à la
contrôle sur les tribus nomades nui peuplent France et constitue, désormais, pour nous,
le pays limitrophe de l’Algérie, spécialement le meilleur outil de pénétration pacifique et
les Boni-Guil. de Berguent et Debdou au commerciale dans le Sud du Céleste-Empire.
nord, aux postes du Haut Guir et de la région Les trains sont d’ores et déjà bondés de voya­
de Figuig dans le Sud. De Métarka sur geurs et dès le 2 avril, au lendemain de la
l’Oued Charef, en obtenant de nouvelles sou- mise en exploitation, le principal banquier

�100

L’EXPANSION COLONIALE

chinois de Yunnan-Fou, voulait jouir de la
facilité extraordinaire de ne plus se trouver
dans cette lointaine cité qu’à deux jours de
l’Océan, commandait un train spécial pour
aller à Haïphong, fantaisie cjui ne lui coûta
pas moins de 2.200 piastres.
J. L.

La Situation économique de la Réunion
Nos anciennes colonies se relèvent de la crise
q u ’elles ont traversées et voici que La R éunion
retrèu v e peu à peu la prospérité passée.
M .M agnan,agent p a r in térim de la Compagnie
des, M essageries M aritim es dans cette colonie,
nous adresse, à titre de m em bre correspondant,
les renseignem ents suiv an ts à-ce su jet :
« Les chiffres su r la situ a tio n économique de
La R éunion en 1909 se tro u v en t au com plet dans
le Bulletin Commercial de l’ile du mois de m ars.
A titre com plém entaire j ’ajo u te ra i q u ’on es­
compte p our 1910 une cam pagne sup érieu re à
celle de 1909, si au cun cyclone ou coup de vent
ne vient saccager les p lantations.
« Le commerce général en 1909 a été satis­
fa isa n t et le p ays est en bonne reprise ta n t au
point de vue agricole q u ’au poin t de vue com­
m ercial p roprem ent dit. Le m eilleur indice de
p ro sp érité est le tau x de change de la m onnaie
locale qui, de 15 et 20 % il y a quelques années,
est tom bé successivem ent ju sq u ’à 4 % en 1908
et au p a ir (dans le commerce) à fin 1909. 11 est
ju ste de dire que cet abaissem ent du change a
été g ran d em en t facilité p a r la banque de la
R éunion. M ais il n ’en reste pas m oins u n in d i­
ce indiscutable du relèvem ent de la Colonie.
« Q uant aux ad ju d icatio n s de m atériel pour
chem in de fer qui ont eu lieu à P a ris d ernière­
m ent, elles ne concernent que du m atériel des­
tiné à l’en tretien et à l ’am élioration des t r a ­
vaux existant, ta n t p our la voie ferrée que pour
le p o rt de la Pointe-des-G alets. On trav aille
progressivem ent à l ’ag ran d issem en t de ce port,
m ais su r u n program m e de toute petite enver­
gure ne la issa n t p as espérer de grosses a d ju ­
dications. L a question du prolongem ent de la
voie ferrée de S ain t-P ierre à S aint-Joseph (10
à 15 kil. de voie) a bien été adoptée, m ais il est
très probable que, pour des raiso n s financières,
elle re ste ra longtem ps sans solution.
« L a question de J ’i m m ig r a ti o n _q u i, comme
vous le dites, est intim em ent liée au dévelop­
pem ent agricole de la Colonie, est m alh eu reu ­
sem ent difficile à résoudre. On a tenté succes­
sivem ent l’in troduction de tra v a ille u rs chinois,
tonkinois, arab es et como. Aucun de ces re c ru ­
tem ents n ’a donné de bons ré su lta ts et l’on a
reconnu que le seul tra v a ille u r p o u v an t ren dre
des services é ta it l’Indien. M alheureusem ent
nous nous trouvons à ce point de vue trib u ta ire s
de l'A ngleterre qui, a y a n t elle-même à fo u rn ir
des tra v a ille u rs à plu sieu rs de ses Colonies, no­
tam m en t l’ile voisine de M aurice,
empêche
l’ém igration de ses sujets de l'In d e à destina­
tion de Colonies françaises. Or, l’im m igration
indienne est la seule qui puisse donner des
fru its, et l ’on espère, entente cordiale aidant,

arriver à ce sujet à un accord avec le gouverne­

m ent britannique. Souhaitons-le pour le plus
g ran d bien de l ’agricu ltu re locale.
« Au sujet de la Banque de la Réunion, je ne
puis que vous indiquer que son privilège arrive
à l’oxpiration et qu&gt;e la question de renouvelle­
m ent doit être réglée cette année à P aris.
« Cet établissem ent, sous l ’im pulsion bien­
faisan te de son directeur actuel, M. Mas, ancien
député de l ’H érault, a pris un essor considéra­
ble et rend d ’ém inents services au commerce
et à l ’agriculture. Le renouvellem ent de son
privilège se tro u v e ra it donc largem ent justifié.))
Le Bulletin Economique, publié p a r la Cham ­
bre de Commerce, auquel fa it allusion notre
correspondant, dorme, dans son num éro
de
m ars, le tab leau du com m erce général en 1909.
Nous y relevons les chiffres su ivants pour les
principaux produits exportés :
.
Kil* s

Frimes

Sucres cristallisés ............ 39.369.133 9.285.948
Vanille .................................
82.GG6 1.258.896
P ro d u its du m anioc :
Tapioca ................................ 3.522.480 1.118.364
M anioc desséché ..............
550.000
77.000
Fécule de m anioc ..............
438.016
65.702
Essences de. géranium ...
59.788 1.081.731
»
yiang-ylang
1.849
629.850
Rhum ............................... lit. 3.861.015
757.666
Tabac ....................................
82.062
368.032
Café .......................
242.670
447.808
P aille de chouchou ..........
90.813
551.183
Total des denrées du cru .................. 16.054 173
Ces chiffres m o ntrent com m ent la canne à
sucre n ’est pas la seule ressource de la Réunion.
De ces exportations, 15.362.306 francs vont su r
la Métropole, 257.421 francs à M adagascar,
30.307 francs aux au tres colonies françaises,
354.216 fran cs à M aurice et 49.923 francs vers
des pays étran g ers divers. E n somme, 97.48 %
de nos p roduits sont à destination de pays fra n ­
çais. N ’était une fo u rn itu re de tabac s ’élevant
à 331.911 francs, File-Sœ ur elle-même ne comp­
te ra it plus comme cliente. Q uant à M adagas­
car La R éunion lui a envoyé 76.165 fran cs de
rhum , 64.282 francs de sucre, 45.320 fran cs de
café, 31.356 fran cs de tabac ,12.719 fran cs de
légum es frais, 9.810 fran cs de pom m es de terre,
8.050 francs de légum es secs, etc .C’est peu de
chose.
Les im portations se sont élevées à 13.233.443
francs, savoir :
4.323.619 fr. pour l ’alim entation,
)) les boissons,
969.609
)) le vêtem ent
3.285.121
de m atières anim ales,
556.976
))
»
végétales,
229.629
))
»
m inérales,
908.973
)) m étaux,
205.399
)) p roduits fabriqués.
2.753.967
D ans le chiffre global des achats à l’extérieur,
la p a rt des p ay s fran çais est de 86.59 %. Celle
de l’étran g er était, av an t 1893 et pour la pério­
de com prise entre 1878 et 1893, de 64.03 % en
m oyenne. Elle est tombée successivem ent
à 46.29 % de 1893 à 1897,
à 31.29 — de 1898 à 1902,
à 28.06 — de 1903 à 1907,
et à 13.41 — en 1909.
La R éunion n ’a, en effet, acheté, l'an n ée der­

nière, que 1,774,171 francs de marchandises

�ioi

L’EXPANSION COLONIALE
étrangères, dont 439.803 fran cs ont passé p a r la
Métropole. Elle a reçu d ’A ngleterre, 632.792
fran cs de houille, d’A ustralie, 238.801 fran cs de
farin e, de Russie et d ’Am érique, 161.606 fran cs
de pétrole, de Norvège et de Singapore, 70.970
francs de bois, des Seychelles, 23.644 fran cs
d ’huile de coco, de M aurice, 55.865 fran cs de
poissons secs, 30.448 fran cs de gram , 21.385
fran cs de pièces de m achines, des huîtres; quel­
ques légum es secs, u n peu de farine, etc. De­
puis que la peste est à M aurice, La R éunion n ’a
plus avec cette île que des relatio n s in te rm it­
tentes.
11 est enfin in té re ssa n t de rem a rq u e r que
79.66 % de ces denrées nous sont arriv és sous
pavillon n atio n al, 18.60 % p a r b ateaux anglais,
1.22 % p a r bateaux allem ands et 0.52 % p a r
nav ire norvégien. Le ton n ag e b ritan n iq u e est
constitué su rto u t p a r les riz de Saigon et les
bœufs de M adagascar. Il devrait être facile à
notre m arin e m arch an d e d ’accap arer ce fret.
Les exportations de sucre de la cam pagne
1909-1910 s ’élevaient a u 31 m a rs à 36.067.883
kilog. Il devait re ste r cinq à six m ille tonnes
à expédier, de sorte que la cam pagne d o n n erait
environ 42.000 tonnes, contre 39.020 tonnes pour
1908- 1909. A cette date il n ’y av ait plus de dis­
ponible.
Les expéditions de vanille de la cam pagne
1909- 1910 s’élevaient au 31 m a rs à 33.759 kilog. et
celles du tapioca à 5.149.959 kilog. L’exporta­
tion des rh u m s s ’élevait au 31 m a rs à 1.089.156
litres, contre 890.466 à la mêm e époque de l ’a n ­
née dernière.
Le Bulletin Commercial m ontre com m ent les
exportations, qui étaien t de 17.4615882 fran cs en
1900 et qui étaien t tom bées à 9.795.542, dépas­
sent 16 m illions en 1909. L eur m oyenne p our la
période décennale, qui s ’étend de 1900 à 1901,
est- de 14.825.298 francs, ta n d is que celle des
im p o rtatio n s représente 17.360.810 francs, en
excédent de 2.435,582 francs.
En co m p aran t les m êm es m oyennes p o u r les
cinquante années qui précèdent 1900, on re ­
trouve cet excédent de deux m illions et demi.
M oyenne des im p o rtatio n s de 1850
à 1899 ......................................'........... 28.557.000
M oyenne d es exportations de 1850
à 1899 .................................................... 26.128.000
Différence ..............................................
2.-429.000
Le B ulletin fa it suivre cette constatation de
cette rem arq u e : Il n ’est p as douteux que ce
su rp lu s de nos im portations ne soit consommé
reproductivement, c a r sans cela notre capital
a u ra it été d éjà consommé ce qui n ’est évidem­
m ent pas, puisque chez nous l’in d u strie et ses
in stru m en ts sont en m ajeu re p a rtie sinon en
to talité libres d ’engagem ents vis-à-vis de l’ex­
térieu r.
Nous ne com prenons pas trè s bien ce que
veut dire « consom m é reproductivem ent », et il
p a ra ît bien que p our l ’expliquer il fau t, comme
pour toutes nos a u tres colonies, te n ir compte
de la m anière dont les statistiques sont établies
et aussi de ce fa it q u ’une p a rtie de la différence
provient de la p a rt contributive de la m étropo­
le dans le budget local.
Il n ’en est p as m oins v ra i que ju sq u ’à ces
dernières années on av ait pris l’h abitude de
dépenser plus que l ’on ne g a g n a it et c’était là
po u r beaucoup dans la crise dont souffrait la
R éunion, et il est à n o ter que si la prospérité

est revenue, c’est justem ent parce que cette
situ atio n a changé.
Le tab leau ci-dessous m ontre comment, alors
que de 1900 à 1905, la valeur des im portations
dépasse celle d?s exportations, il n ’en est plus
de même de 1905 à 1909 :
Années

Importations

1900 ............... F r. 22.029.364 F r.
1901 ......................
23.669.697
1902 ...............'
17.639.034
1903 ......................
21.508.588
1904 ......................
19.305.870
1905 ......................
18.184.824
1906 ......................
11.683.665
1907 ...................
14.490.988
1908 ......................
11.812.627
1909 ......................
13.233.443
M oyenne ...
17.360.810

Exportations

17.46l.282
18.200,522
12.039.431
19.191.900
13.582.683
9.705.542
12.545.099
13.976.891
15.197.074
16.351.853
14.825.228

Le Bulletin ajoute les réflexions suivantes :
« Nous devons ce ré su lta t à la sagesse de nos
consom m ateurs qui, ,pôur la prem ière fois peutêtre, ont su régler leurs dépenses su r les moyens
im m édiats dont ils disposaient. Ils sont arrivés
ainsi à com bler les déficits p a r voie d ’économie,
ce qui est encore la m eilleure m éthode.
« Cette m éthode, il fa u t l’avouer, é tait incon­
nue à La R éunion où sous l ’influence d’une n a ­
tu re idéale on av ait contracté l ’habitude d ’es­
com pter l’avenir, lo rsq u ’à la suite de désastres
quelconques le présent ne fo u rn issait plus les
ressources nécessaires à la vie large q u ’on p ré ­
ten d ait to u jo u rs m ener. S ur ce point,- il y a cer­
tainem ent quelque chose de changé, il est m ê­
me assez probable q u ’aprês la fructueuse expé­
rience des cinq dernières, années, on continuera
prudem m ent à p ra tiq u e r de prévoyantes éco­
nomies. Ce se ra it l’ère du bas de laine qui s ’ou­
v rira it pour nous. Le commerce en éprouvera
natu rellem en t quelques troubles, tout d ’abord,
m ais il s a u ra se m ettre bientôt à l’unisson de
sa clientèle. Nos im p ortations dépendront alors
de nos exportations et de la. rég ularité des af­
faires so rtira la prospérité réelle de la Colonie.»
M. le gouverneur Guy, lors de sa récente vi­
site à l’In stitu t colonial m arseillais, nous av ait
signalé cet heureux état d’esprit de nos colons
de La R éunion ; on ne peut que se réjo u ir de
ce reto u r à la sagesse et so u h aiter que les nou­
velles habitudes que dénote la prospérité ac­
tuelle et dont elle est la conséquence devien­
nent perm anentes, comme cette prospérité ellemême.
E. B.

Régime douanier colonial
L’Article 7 de la Loi douanière
A titre docum entaire et afin de com pléter nos
renseignem ents su r la défense des intérêts co­
loniaux au P arlem en t et la création de la F é­
dération intercoloniale pour la réform e du ré ­
gime douanier, nous reproduisons ci-dessous la
disposition additionnelle à l’article 7 de la n o u ­
velle loi douanière votée p a r le Sénat av an t de se
séparer :
« Les ta rifs fa isa n t l’objet de la présente loi
ne seront exécutoires, en ce qui concerne les
im portations de pro d u its étran g ers dans les
colonies, les possessions fran çaises et les pays

�L’EXPANSION COLONIALE

10 2

de p ro tecto rat de l’Indochine, qu’ap rès que des
décrets, en form e de règlem ent d ’a d m in is tra ­
tion publique, ren d u s su r le ra p p o rt du m inis­
tre des colonies, du m in istre du commerce et
de l ’in d u strie et du m in istre des finances, et
après les avis des conseils généraux ou conseils
d’ad m in istratio n des colonies, au ro n t déterm iné
les p ro d u its qui, p a r exception au § 3 de l ’article
3 de la loi du 11 ja n v ie r 1892, feront l’objet
d ’une tarificatio n spéciale. L ’effet de cette dis­
position ne p o u rra excéder le délai d ’un an. »
Ainsi, grâce à l’interv en tio n aussi habile
qu’énergique des défenseurs de nos colonies au
Sénat, le danger qui m en açait nos colonies a
été conjuré : les. m odifications au ta rif m étro­
politain appliquées en F rance ne sont pas
étendues aux colonies av an t que celles-ci n ’aient
p u se défendre. Le g ran d débat su r le régime
douan ier colonial ,qui ne p eut m an q u er d ’éclai­
re r définitivem ent le P a rle m e n t su r les ru i­
nes causées p a r l’application aux colonies de
la loi de 1892, p o u rra avoir lieu d an s l’année
im p artie p a r l’am endem ent adopté.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M é tr o p o le
Santé publique. — P a r décret présidentiel du
25 avril, les G ouverneurs généraux de l’Afri­
que Occidentale fran çaise et de l’A frique E q u a­
to riale française, et les gouverneurs de la M ar­
tinique, de la G uadeloupe, de la G uyane, des
établissem ents fra n ç a is de l'Inde et de la R éu­
nion sont autorisés à prendre, chacun en ce qui
le concerne, p a r voie d’arrêtés, toutes les m e­
su res propres à assu rer, d an s l’in té rie u r de la
colonie, la vente et la distribution des sels de
quinine d ans les conditions les plus a v a n ta ­
geuses p our la population.
Afriaue équatoriale. — Des décrets a u to ri­
sent : 1" l’ouverture des trav au x de construc­
tion de la' route de F ort-S ibut à F ort-C ram pel,
non com pris les ponts m étalliques (dépense
2.700.000 francs) ; 2° l’o u verture des tra v a u x à
exécuter p our la construction de postes d’oc­
cupation, de form ations sa n ita ire s et in stitu ts
vaccinogènes, d’écoles prim âm es et profession­
nelles et d’u n hôpital à B razzaville (dépense,
1.950.000 francs.)
Indochine. — Un décret approuve : 1° l’arrêté
de 1901 du g ouverneur général de l ’Indochine
qui a organisé la C ham bre de commerce ; 2°
le mode d’assiette et de perception des taxes de
tonnage et de péage à Haïphong..
C o lo n ie s
Algérie. — U n a rrê té du G ouverneur général
décide que des prim és seront accordées à l’in­
troduction dans la colonie de g én iteu rs des r a ­
ces bovine, ovine, chevaline et asine destinés
au croisem ent avec les races indigènes.
Tunisie. — Un décret beylical proroge au 31
m a rs 1911 le délai accordé à la C ham bre de
Commerce de Bizerte pour pourvoir à l’ouver­
tu re e t à l’exploitation de m ag asin s généraux
dans cette ville. — Un au tre décret décide que
la section fran çaise et la section indigène de la
Conférence C onsultative délibéreront séparé­
ment,

Afrique Occidentale. — Un arrêté du G ouver­
neur générai -organise une Mission dans le
but d’effectuer l’étude de la H aute-Gam bie, en
vue de l’am élioration de la navigation, de cette
rivière.
Indochine. — Un arrêté du G ouverneur gé­
n éral rend applicables à l ’ensemble du réseau du
chem in de fer de H aïphong à Y unnan-Fou les
ta rifs de la Compagnie, à dater du 1er avril. —
Un arrêté autorise l’exécution des trav au x de
creusem ent du can al de H àm -luong au Co-chien
(Coehinchine). — Un a rrê té crée des réserves
forestières dans les provinces de Bac-Kan et
H ai-ninh (Tonkih). — Un arrêté modifie ceux
de 1909 relatifs à l ’emploi de la m ain-d’œuvre
étrangère en Indochine.
J. L.

I NSTI TUTI ONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GEOGRAPHIE
La Société de G éographie a donné, avec suc­
cès, le 12 m ai, une double conférence dans sa
g rande salle de la rue N oailles : l ’une de
M. Jean Siépi, m em bre de la Société, su r « Un
séjour chez les anthropophages de l’OubanguiC hari », et l ’au tre de M. Jacques Léotard, se­
crétaire général, su r le « Problèm e de la Fin du
monde, d ’après la géologie et l’astronom ie »,
avec projections lum ineuses
Egalem ent sous la présidence de M. le Dr
Hcckel, président de la Société, le 19 m ai, pour
la clôture V e la session, une b rilla n te conférene a été faite p a r M. B ardon, secrétaire de la
Société et président de son com ité des voyages,
intitulée : « Notre croisière au M aroc : T anger,
C asablanca, la C haouïa », avec de nom breuses
projections lum ineuses.
A la suite d ’un don généreux, la Société va
ou v rir un concours doté d ’un prix de mille
francs pour une géographie élém entaire de
l ’A frique du N-ord : Algérie, Tunisie, Maroc.
D’au tre p a rt, la Société va organiser pour le
mois d ’qoût prochain un voyage ,aux gran d s
ports du Nord : Copenhague-IJam bourg-B rêm e,
avec reto u r facu ltatif p a r R otterdam et Anvers.

ALLIANCE FRANÇAISE
L a Commission ad m in istrativ e du Comité
m arseillais de « l ’Alliance fran çaise pour la
pro p ag atio n de la langue n atio n ale dans les
colonies et à l’étran g er » a ten u le 20 m ai une
séance présidée p a r M. A. A rtaud, son pré­
sident, assisté du colonel F au re-D urif,' viceprésident, et de Mme L am oureux, présidente du
Comité de dam es. Après l’exam en des questions
à l’ordre du jo u r et la présentation de let­
tres reçues des écoles patronnées p a r le Comi­
té, une in téressan te com m unication su r les éco­
les fr-ançahjes du M aroc a été faite p a r M. H.
B ardon, 'm em bre du Conseil, qui dirigea la
croisière de la Société de G éographie au Maroc.

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHE DES PRODUITS COLONIAUX
I V C a r s e ille
T E X TILE S
les 100 le.
Raphias do Madagascar. — Tamatave
l req u alitè....................................................... F. 58
Majunga b l a n c ............................................
62
Analalave b lanc.............................................
55
Tare d'usage,escom pte 8 o/o com ptant,
m archandise prise à quai ou m agasin
Marseille. — Article ferm e.
Fibres d'Aines. — Bourbon Ll-r c h o ix .... 60 à 05
Bourbon ordin aire....................................... 50 à 55
Toutes conditions de place, soit lare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Riassava Madagascar...............................
80

ESSENCES
le kilo.
Géranium Bourbonbien ten u e..........
28
Vètyvor B ourbon .................................
30
Lemon-Grass (Verveine)-.................
12
Y l a n g - Y l a n g . ................................... 300/400
V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar, Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Ëntrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k i l o ..............................
38/42
Vanilles ordinaires s a in e s ........................... 27/28
»
inferieures
» ............................ 22/24
»
Tahiti 1'= q u alité............................. Il 50
CUIRS DE M A D A G A SC A R les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s ............................. . . . 135/150
Tamatave » »
125/135
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
l*r choix. — Pinky n" 1 . . . . . . . . 14.50 14.75
M adagascar lombiro ...................... 16. — à 16.50
Tam atave Guidroa f er choix ........ 12.50 12.75
Majunga 1er c h o ix .......................... 14.25 14 50
N ossi-B è............... ; ..........................
7.50 12.50
Diégo-Suarez 1" choix................... 15.50 16 —
Tulléar . .. .....................................
5. » 10.50
Tonkin rouges l°r choix.................. 19.— 2 0 .—
» n o ir s ...................................... 15.50 16.—
» la n iè r e s ............................... 19.50 20.—
» plaq u es.................................. 14.— 15 —
Nouméa, bon co u ran t..................... 16.50 17 —
Niggers Soudan ro u g e s ................. 13.50 19 —
Soudan-N iggers blancs . .......... 16.50 17.—
Sénégal-G am bie A ......................... 14.50 15 —
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable comptant
consommation.
C I R E S D ’A B E IL L E S
M ad ag ascar..........................
375 â 337 50
A lgérie........................
330 340 »
Tonkin.......................
330 340 »
S én é g a l.........................................
340 345 »
Ces prix s'entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable com ptant à tout entrepôt.
G IR O F L E S de Sainte-Marie (Madagas­
car)................................... les 100 k. 220 à 225 »
Escom pte 2 o/o, payable com ptant à tout
entrepôt.
De
Do
De
De

103

O RSE1LLE Madagascar
30 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat).'
CA F É S
Guadeloupe bonifieur.......
.
Guadeloupe h a b ita n t....
N oum éa..............................
Bourbon p o in tu ...............
,
N ouvelles-H ébrides..........
Libéria de M adagascar..
.
M archandises à l’enlrepot, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

132 à 140
122 130
90 100
125
135
85
92
75
85
Blanc.)

G R A IN E S O LÉ A G IN E U SE S
Coprahs.— Qualité « Séchés au
les 100 kil.
Soleil »................... ................F. 67 —
—. —
«Loyale et M archande.»........... 59 — — - Arachides Afrique, dèco rt........... 41 —à 42 •—
Palmiitus. — Bas de côte, Côte
d’ivoire.............
43 — -----»
G uinèê................ .
41 — — —
Huile de palme. — D a h o m e y ...
75 — 76 —
G rand-B nssam ..................
72
— 73 —
L ahou...................................
71
— 72 —
(Pichot et De Gasquet.)

Le

LEa.'vc'e

CAOUTCHOUC
Tam atave Pinky. I ....................... F. 12
»
Pinky I I ....................... 11
M aju n g a ............................................ 11
F a ra fa n g a n a .....................................
8
M a n an zart Lom biro......................
9
T o n k i n ............................................ 12
Congo Haut-Oubanghi ................. 23
N’Djolé.................................... ‘.......... 15
(Le tout au kilog, Le Havre.)

» à 14
50 13
» 13
» 10
50 11
» 17
— —
» —

»
»
»
»
50
»
»
»

T E X T I L E S . - Sisal A friq u e .. . . 73 - à 77 »
Aloès Réunion................................... 55 » 61 »
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)
BOIS acajou Gabon.........................
»
»
Okoumé.....................
» ébène G abon.........................
»
» M adagascar................
(Le tout aux 100 kilos.)

12 » à 20 »
8 » 10 »
15 » 30 »
15 » 30 »

le kilo.
3.45
les 100 k.
GO MME Copale A frique......................
50 à 100
»
M adagascar............................ 100 » 400
(Vaquin et Schweitzer.)
CIRES M adagascar...............................

B o rd e a u x

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N ig g e rs........................................... 19.50
Soudan Niggers ro u g es................................. 18 50
Soudan N iggers b lan cs................................. 17.—
Lahou N ig g ers....... • . . . . ; .............................. 16 50
Gambie A ..................................... ................... 15 —
Gambie AM ................................. ................ 13 50
Gambie B .......................................................... 12.50
Bassâm L u m p s................................................ 13.—

�104

L’EXPANSION COLONIALË

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’cmission

V ALE U R S

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ......................................... . 457 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
475 —
3 o/o 1902, r. à 500 f r ...........
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
495 —
3 1/2 o/o 1903, r. à 500........,.
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2.1/â
78 —
( g a r .) ........................................
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
78 —
91 —
'94 —
— Km. 3 o/o 1903 (gar.)
450 — Indo-Chine, cliem. de fer obi.
400 3 1/2 o/o, 1899-1905 ................
-------—
obi. 3 o/o 1902..................... - 407 —
480 — E m prunt A lgérien, 3 o,o 1902,
453 —
obi. r. à 500 t. p .......................
1000 — Dép. Constantine, obi. 3 1/2o/o
970 —
1897............................................
987 50 V ille de Constantine, 3.30 o/o
970 1895............................................
492’50 Col. de la Guadeloupe, obi.
465 —
3 1/2 o/o 1898......................... ..
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
472 —
3 1/2 o/o 1901.......................v
480 492 50 Col. de la M artin iq u e..............
470 — A friqueO ccident.,3 o/o 1903-07,
452 obi. rem. 500 (g a r.)...............
523 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 5.00..
B A NQ U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F I N A N C IE R S
Divers Ci0 Algérienne, act. de 500 t. p. 1208 —
500 — Créd. Fonc-. d'A lgér. et Tunis.
570 —
—
—
—
lib.
584 —
Divers Banque do l'A lgérie, act. de
500 t. p ....................... - ........... 167 0 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.)......................
425 —
500 =— Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).....................'. ...................... 1100 —
500 — Banque de la M artinique, 500
t. p. (n.) ................... ’............
720 —
500 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n )................... • . . .
350 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .).............. 1519 —
500 — Banque de l'A frique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
820 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1260 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ....................... .......
92 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ...................................
165
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 359...................................
144 —
C H EM INS D E F E R A L G É R IE N S
E T CO LO NIAU X
500 — Cie Bônc-Guelma, a. r. à 600..
080 —
Divers
— obi.‘ 3 o/o r. à 500.
427 —
500 — Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
700 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à. 500
429 —
500 — Ouest A lgérien, act. r. à 600..
650 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 428 —
-------Aïn Tbizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
420 —

340 — M écheria-Aïn S efra, obi . 3 o/o
rem. à 500.................................
422 —
— — Mouzbah-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
420 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
422 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. fi 650... ............ 1192 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. ;\ 500 375 —
413 — Chem, de fi r et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.....................
436 —
V A LE U R S M IN IÈRES
— — Cbarb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............................................
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem. à 500.................................
500 — Algérie-Tunisie ( Oran. ), act.
de 500 t. p ................................
477 50 A lgérie-Tunisie ( Omn. ), obi.
4 1/2 o/o rem. ft 500................
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .....................................
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p.
-------Cie nantaise des mines de
M adagascar.............................
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p . . . . .
445 —
—
obi. 4 o/o rem. à 500.
375 — Corn; agnie Minière du C ongo..
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .....................................
454 50 Pho-phato du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.................................
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p .....................
— — Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ...

1680 —
419 —
865 —
480 —
535 —
1597 —
307
711
509
1395

—
—
—
—

87 —
485 —
3660 —
3230 —

V A L E U R S COLONIALES F R A N Ç A IS E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale ............... (actions nouvelles).. 3237 —
C‘“ M arseillaise de M a d a g a s c a r..........
625 —
Congo occidental..................................
150—
H aut Congo (Compagnie française du)..
475—
Haute S angha...........................................
209—
Ekela Kadeï Sangha...........................
203
—
bl’goko S a n g h a .....................................
275
—
Haut O gôouô.........................................
755
—
La K olto................................................
580
—
M’Poko....................................................
Î1S
—
M essageries Fluviales du Congo..........
315 —
Sultanats du H aut-O ubangui............ 1145
—
Compagnie m inière de Guinée : act.......
103 —
Compagnie des mines de Siguiri : act. 119 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
a c t.........................................................
413
—
Société cotonnière de l’Indo-C hine.........
344 —
Cic du Maroc et des Colonies africaines..
240 —
Le Président de l'Institut, Gérant :
A d rien A R T A U D .
Im p rim erie du “ S ém ap h o re” B a h l a t ie h . — M arseille.
17-19, rue V enture.

-

�S E R V IC E S P O S T A U X M A R S E IL L E -C O L O N IE S
D éparts

de

M arseille
DATES DES D É P A R T S
DE MARSEILLE

A lg é rie

DERNIÈRE LEVÉE
DE LA BOITE

DÉPARTS
DES BATEAUX

Cie des M. M.
In d o -C h i in e ..................... '
Voie de B rindisi,paq. Anglais.

Mardi, Mercredi, Vendredi, Dimanche ....................... 11 h. m at.
Mercredi el Samedi. 3 li. 20 soir.
J e u d i......................... 10 h . 30 m .
Jeudi et Sam edi___ 3 h .20soir.
M ardi......................... 3 Ii.20 soir.
M ardi......................... 10 h 30 m
M ardi......................... 3 II 20 soir.
S am ed i..................... 10 h . 30 n i.
J e u d i....................... 10 h. 30 ni.
Lundi, Jeudi et Vendredi....... 10 h . 30 m .
M ercredi................... Il h. m at.
S a m e d i................... 10 h. 30 m.
Dn dira, sur déni à p. du 3 jnni. 10 h. mat
Vendredi ap. d. de Marseille . . 10 h. soir.

1 h. s o i r ..
G h. s o i r ..
m id i.........
o h . s o i r ..
5 h . s o i r ..
m idi.........
5 h . s o i r ..
m id i.........
midi .......
m id i..........
1 h. s o i r ..
m id i__
11 h. m at...

A f r i q u e O c c id e n t a le
F r a n ç a is e

24 d e chaque m ois. 6 h 35 soir.

—

Départements

»
»

»
»

(l’Alger, d’Orail el Voie deMarseille
,
C1" G1" T fans
et (i A lger. . . )
du Conslantine
d’Alger . . .
Voie de Marseille, T ransp. Mar.
»
CieT ouache.
»
....
o
( &gt; G lBTrans.
d’O ran.........
»
T ran sp Mar.
»
O" G1" Trans.
de C onslantine
))

»
»
»

T u n i s ie .

»

0 ie Touache.
C'"G1" Trans.
Ci" Touache.

»

o

»

V o i e de B o r d e a u x , Ci® des Cdiarg. Iléun.

Voie dnMarseille, Transp. Mar. 10, 20 et 30 de chaque m o is .. 10 h. 30 m.
Voie de Durdcaox à Lisbonne, Cic des M. M. L c J e u d i J . l . l i j . à p. du 1e r janv. 6 h. 35 soir.
10 de chaque mois 10 h. m at.
D jib o u ti, Madagascar-,I Voie deMarseille,
»
»
) ) .
25
»
R é u n io n e t M a u r i c e
10 h. m at.
»
Cir H avraise Vers le 2 0 de chaque mois. mat. ousoir
D jib o u ti, M a j u n g a . . .
Voie deM arseille, C'" desM . M. Un dim.sur quatre à p. dut? janv. 10 li. mat
N o u v e ll e -C a lé d o n i e
Voie de Brindisi )
. , .
,
paq. Anglais, Chaque Vendredi .. 10 h. so ir.
e t N o u v e lle s -H é b r id e s )
ou Naples .. ) 1 1
Voie deMarseille, Cio des M. M. Un Mercredi sur 4 à p. du 4:1 janr. 10 h. m at.
In d e F r a n ç a i s e ..........
Voie de B rindisi, paq. Anglais. Vendredi ap .-m id i. 10 h. soir.
Voie de St-Nazaire, C i " G le Trans. 9 de chaque mois. . l’avaiit-Teille soir.
G u a d e lo u p e
la veille au soir.
26
»
Voicdc Bordeaux,
»
e t M a rtin iq u e
Voie de C herbourg, paq. Anglais. LeMercr., 1.1. -U j. à p . du fi janr. Par. - veille malin.
Voie de Sl-Nazaire, C'" G,c Trans. 9 de chaque m o is .. Pavant-veille soir.
Voie d’Am sterdam , paq. N é e rl.. Vendr., 1 .1 .1 4 jours à p.du 8 janv. la veille au soir..
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Voie de C herbourg, paq. Anglais. Le Slercr., t . l . - H j. à p.du 6 janv. l’a r . -reille matin.
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11 h. m at.
11 h. 3 0 s.
11

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—
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Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les H joins.

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Tous les 14 jo u rs.
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ments, réception et transport de tonds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
3° S es s ervices de T itre s et Coupons qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
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M A R S E IL L E

m a rch e, etc.j

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRA ITS

DES

A r t . 2.

Cette association a p o u r but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et ren ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économique qui lui p a ­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de membres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d ro it;
Les m em bres sociétaires fondateurs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de d roit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et d ona­
teurs sont ceux qui d ans le but de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent un concours financier im portant.
La deuxième catégorie est celle des m em bres
co rrespondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con-

S erv iees de l’Institut :
I!ez-de-Chaasséc : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
Ier étage : Musée Colonial.
3mc étage : S ecrétariat de l’In stitu t, B u reau de
R enseignem ents.
R édaction de 1’ « E xpansion Coloniale ».
C o u p s coloniaux :
Directeur : M. le D r H e c k e l .
P roduits végétaux coloniaux.
M . H . Ju m e l l e .

P ro d u its anim aux et p arasitologie des p lan tes
et des anim aux des colonies.
M. Jacob d e C o r d f . m o y .
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L a u r e n t.

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. M a s s o n .

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, sor«
su r sa dem ande, tous renseignem ents de natu r*
à seconder l’œuvre coloniale de l’In stitu t.
Art.

i.

Toute personne qui voudra faire p a rtie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, pendant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er •
T Un droit d’adm ission de 1.000 francs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o n ateur il fa u t pay er :
T Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

Législation et Economie Coloniales.
~ M. R aynaud .
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M . le D r R e y n a u d .

C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. D a v i n .
H istoire des Religions dans les peuples indigè­
nes des colonies.
M . G. F o u c a r t .
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».
____________
Institutions con n exes :
2mo étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance F rançaise.
3me étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de « l’Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque , Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Yt ie r , Vice-Président ; Jacques L éo tard , Secrétaire ; Paul Masson , P ro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. Emile R aillaud , Secrétaire de l’Institut colo­
nial. — M. Auguste Gir y , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

M arseille. — Im prim erie du S é m a p h o r e ,

B a rla tier ,

n ie Veoture, 17-19

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de la

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�S O

M

M

A I R

E

PAGES

Le Régime douanier : Lettre à \1. Klobukowski,
par M. A. A iiT A U D ..........................................
Institut colonial marseillais :
Extraits des procès-verbaux..........................
Bureau de renseignements..........................
Extraits de la coi'respondance......................
Cours coloniaux......................
Musée commercial : Exposition des Blés . .

105
107
109
110
113
113

Chronique du mois, J. L .................................
Vie économique, E. B........................................
Le Régime douanier c o lo n ia l.........................
Actes coloniaux officiels....................................
Institutions connexes......................................
Marché des produits coloniaux........................
Marché des valeurs coloniales..........................
Services postaux Marseille-Colonies.

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115
ll(j
117
118
118
119
120

�IN S T IT U T

C O L O N IA L

M A R S E IL L A IS

Fondé soiis le haut patronage de M. le Ministre des Colonies
Présidents d’honneur :
MM.
MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Maire de Marseille.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le P résident du Conseil général.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Le R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.
Française.
Le DOYEN.de la Faculté des Sciences.
Le Gouverneur général de Madagascar.
1-éraud, Augustin, Président honoraire de la
Le Résident général de la République Français»
Chambre de Commerce.
à Tunis.
Charles -Roux, Jules, Commissaire général de
Le Général Commandant en chef le XV' Corps
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.
d’armée.
Membres
MM.

A rmand , Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Berçasse, H. et C”. — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Roux, Jules, Commissaire générai de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­
mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com• p a g n i e Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Escompte de Paris. — Crédit Lyon ­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Desbief, Paul, Président de la Chambre de Com­
merce. — Dufay, Henri-, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay , Gigandet
et. C". — Gavoty , Charles. — Heckel, Edouard (Dr),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — Société Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — Société Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — Société
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

Membres donateurs :
bre de la Chambre de Commerce. — Mailh at , H.
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
J.-B. et A. A rtaud Frères. — Barlatier , Paul. —
frique Occidentale. — Mathon , Eug., Agent géné­
Berger, C. — Chabrières , Morel et C”. — Cham ­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
dentale. — Noilly" P rat &amp; C”. — N. P aquet &amp; C”: —
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
J. et A. P avin de I.afarge. — Ra s tit , Henri. —
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
R occa, T assy et De Roux. — E. R odocanachi. —
de Navigation (Fraissinet &amp; C"). — Compagnie de
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa ­
merce.
— R odiugues-El y , Amédée. — Société « la
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
Générale Française de Tramways. — Cyprien de la Chambre de Commerce. — Sube, Ludovic,
Fabp.e &amp; C”. — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
rie. — Dufour Marius et Fils — E strine , Lucien,
Usslaub, Léonce. — V elten , Edouard, Membre de
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Féraijd, Augustin, Président honoraire de la
Z arifi .
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem­
MM.

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur-: M. Desbief, Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.
M. Estrine , Lucien, Président de la Chambre de Commerce.

Président : M. A rtaud , Adrien, Membre-Secrétaire de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
Vice-Présidents : MM. le D’ Heckel, DirecteurSémaphore ; F ouque, Adolphe, Président hono­
Fondateur du Musée Colonial, Président

raire du Syndicat d’initiative de Provence.
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
Chef du Service Colonial : le C” A rmand ,
Trésorier : M. Y tie r , L., Assureur, Vice-Président
Albert, premier Vice-Président de la Chambre
du Syndicat des Exportateurs.
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
Trésorier-Adjoint: T eisseire , Raymond, Avoué,
lais de la Marine Marchande ; Bohn, Frédéric,
Secrétaire de la Société cre Géographie.
Membre dé la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.
Membres :
MM.
MM.
L ombard, Emile, Vice-Président de la Chambre
A llemand, J., Membre de la Chambre de Commerce,
âllest , J. (D!). Administrateur-Délégué de la Com­
rie Commerce.
Mallen , E., Armateur.
pagnie Générale Transatlantique.
Martin -Laval , F., Vice-Président du Syndicat des
A r n a u d Lucien, Minotier.
Exportateurs.
Bergasse, Alexandre, Négociant.
Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­
Bourdillon, A., Armateur.
titut colonial.
Citarve, L., Doyen de la Faculté des Sciences.
Moriceau, E:, Administrateur en chef des Colonies
Dufay, H., Ancien Vice-Président de la Chambre de
en retraite..
Commerce.
Ra s tit , Henri. Industriel.
Dufour, Antonin, Juge du Tribunal de Commerce.
R astoin , E., Président de la Société pour la Dé­
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
fense du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
Estier , Nicolas, ancien Président du Conseil.géné­
Ro” x, François (De), Ju,re au Tribunal de Com­
ral des Bouches-du-Rhône.
merce.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’ Université.
T urcat, H., Membre d» la Chambre de Commerce.
Giraud , Hubert, Armateur, Membre de la Chambre
de Commerce.
V elten , Edouard. In ii’ striel, Ancien Membre-Se­
crétaire de la Chamh’ e de Commerce.
Jacquemet, Louis, Président, du Svndicat des
L évy , Clément, 1" Adjoint au Maire de Marseille.
Négociants en cafés.
Joannon. A., Avocat, Président de l’Association
Delibes, J., Délégué du Conseil Municipal.
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole Supérieure
Rossi, Clément. Délégué du Conseil Municinal.
de Commerce.
M aurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
Jourdan. Félix, Juge au Tribunal de Commerce.
T alon. Eug.. Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
K ahn, Membre de la Chambre de Commerce.
Secrétaire de VInstüut colonial : Emile Baillaitd,
1éotard . Jacques, Secrétaire général de la So­
diplômé de l’Ecole des sciences politiques, an­
ciété de Géographie.
cien chargé de Missions coloniales.

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AVIS
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désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications. Il a installé dans
son hôtel (ascenseur), des salles de réunion,
lecture et correspondance, où ils trouveront
des journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,

Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’IN S T IT U T C O LO N IAL M A R S E IL L A IS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

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de leurs anciennes marques v e n d u e s aux en ch ères

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fra n ç a is e s p o u r l’E x p o rta tio n , g a r a n tie exem p te
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p id ité p a rfa ite s . F a b riq u é e SANS ADDITION
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�Quatrième. Année.

N° 32

1er Juillet 1910.

L’EXPANSION COLONIAL
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

Le Régim e douanier
LETTRE A M.KLOBUKOWSKI
Le Président de l'Institut Colonial M ar­
seillais à M. Klobukowski, Gouverneur
général de l'Indochine.
Marseille, le B juin 1910.
Monsieur le Gouverneur général,
Je viens vous remercier du très bienveil­
lant accueil que vous avez fait au Bureau de
notre Institut qui a tenu à vous dire, au mo­
ment de votre départ, combien il se félicitait
de vous voir reprendre la direction effective
de votre gouvernement général, car il se
rappelle vos déclarations si nettes, si positi­
ves, lors de votre premier départ, et votre
politique de réalisation pendant la période
.où il vous a été donné d’agir.
Nous tenions à vous saluer, Monsieur le
Gouverneur général, mais aussi, et bien que
vos instants fussent a ce moment rigoureuse­
ment comptés, à appeler d’une façon toute
particulière votre attention sur une ques­
tion dont l ’urgence est extrême pour tout no­
tre domaine colonial et plus encore pour
l’Indochine que pour nos autres posses­
sions. Nous voulons parler du Régime doua­
nier colonial que le Parlement a eu la sa­
gesse de ne pas fixer en même temps qu’il
opérait la révision douanière, mais dont la
discussion doit avoir lieu d’ici dix mois, d’a­
près l ’article 7 de la loi récemment votée.
La détermination du Régime douanier co­
lonial décide la prospérité ou la misère de
nos possessions. Elles viennent de faire, pen­
dant dix-huit années, la triste expérience des
maux que peut leur infliger un régime uni­
taire supprimant les perceptions, et il est
absolument urgent de saisir l ’occasion qui se
présente pour les délivrer de cette tunique
de Nessus qui entrave leur développement et
les étouffe.
Le principe dominant de la législation
douanière coloniale de 1892 est l ’immunité
aux colonies pour les produits métropoli­
tains et la stipulation de droits élevés sur les
marchandises étrangères, de façon à empê­
cher autant que possible leur entrée dans
nos possessions.
Ce système a eu, un peu partout, pour con­
séquence d’élever le prix des objets à des taux
qui dépassaient les facultés d’achat de nos

I f Voua ^

sujets, et comme lorsque l’on n’achète pas
on n’est guère amené à produire, la seconde
conséquence a été d’enrayer l’essor économi­
que de nos possessions. Ce régime a suppri­
mé les recettes douanières et a obligé à re­
courir pour alimenter les budgets coloniaux
à des combinaisons plus ou moins désastreu­
ses ; capitations hors de proportion avec ce
que les indigènes peuvent payer, droits d’oc­
troi de mer ou de tonnage qui ont encore
renchéri les marchandises importées et di­
minué la consommation, c’est-à-dire les af­
faires, droits de sortie paralysant l’exporta­
tion et enfin monopoles odieux et vexatoires.
La métropole, qui avait considéré que ses
sacrifices de conquête ou de mise en valeur
méritaient une compensation, qui avait édic­
té en 1892 une loi douanière coloniale basée
sur cette considération et qu’elle croyait
tout à son avantage, s’est aperçue depuis
que son intérêt réside exclusivement dans la
prospérité de ses colonies. Dans nos pos­
sessions à régime douanier résultant de la
loi de 1892, nos importations ont faiblement
haussé comme proportion dans les impor­
tations générales et baissé comme chiffre
absolu et cette baisse a atteint sur certains
points des proportions effrayantes.
Pendant ce temps-là un seul groupe de
colonies développait ses importations de
marchandises métropolitaines au point d’en
augmenter le pourcentage dans ses achats,
et d’en doubler, d’en tripler, d’en quintupler
la valeur absolue. Ce groupe de nos colo­
nies était le seul qui échappât à notre régime
douanier, le seul qui pût se constituer des
recettes par des perceptions sur les marchan­
dises françaises aussi bien que sur les mar­
chandises étrangères, tout en laissant dans
ses tarifs une marge préférentielle donnant
à la métropole une satisfaction que les faits
ont prouvé être effective.
Les instants que vous avez pu nous accor­
der étaient trop précieux et trop limités pour
que nous ayons pu insister longuement sur
ce sujet, mais au moment où vous allez re­
prendre les rênes d’un Gouvernement qui a
déjà eu de si heureux résultats, nous tien­
drions à préciser, comme vous nous avez
engagés à le faire, notre doctrine qui ressort
des enseignements résultant des faits.
Cette doctrine est celle qu’ont soutenue les
négociants et industriels qui ont pris l’ini­
tiative d’où est sortie l ’Exposition coloniale
de Marseille, et qui ont ensuite fondé notre
Institut. Elle a été adoptée par le Congrès de

�106

L ’EXPANSION COLONIALE

1906. Elle a été confirmée à Bordea \x on
1907 .et son adoption a été la conclusion du
Congrès des Anciennes colonies. Récemment
c’est pour la faire prévaloir que s’est consti­
tuée la Fédération intercolomale.
On peut clone dire qu’elle est celle du mon­
de colonial français tout entier.
Elle peut s’exprimer ainsi :
Autonomie douanière, ou plus exactement
personnalité douanière de chaque colonie
ou groupe de colonies, revendiquant de la
métropole les taxes qui paraissent les plus
avantageuses au développement de la riches­
se de la colonie. Au lieu d’un régime uni­
que, c’est donc la diversité que nous deman­
dons suivant les régions auxquelles ces régi­
mes doivent s’appliquer, les nécessités n o ­
tant pas les mêmes, pas plus que les comp­
tions d’applicationOctroi de ce régime par la métropole qui
tient compte dans Vétablissement des taxes
de ses intérêts généraux, mais surtout des
intérêts de la colonie à laquelle son propre
intérêt est lié. La préoccupation primordia­
le dans la détermination de ce régime doit
être la richesse à développer dans la colonie
en cause, car la métropole n’a d’intérêt à
avoir des colonies que si ces colonies sont ri­
ches et prospères, ce qui particulièrement
étencl leur pouvoir d’achat.
Fixation d'une durée aux accords de fa­
çon à permettre aux intéressés de s'en préva­
loir et à en faciliter la révision à l'échéance.
Des combinaisons de commerce extérieur ne
peuvent donner des résultats profitables que
si elles ont du temps pour se développer et,
comme elles exigent des voyages et des étu­
des, il faut un délai pour amortir leur coût.
Comme- il n’y a pas aujourd’hui de combi­
naison commerciale pouvant durer
en
moyenne plus de douze années, il est bon
qu’un terme de révision soit fixé à. l’avance,
quitte à ne pas s’en prévaloir et à ne fai­
re à l’échéance aucune modification si des
modifications ne paraissent pas nécessaires;
mais l ’expérience seule peut montrer les mo­
difications utiles et il faut qu’une échéance
soit fixée pour l’intervention de ces modifi­
cations en cas de besoin.
Il semble qu’une durée de- douze années
pour les conventions à établir soit tout à
fait en rapport avec l’évolution des combinai­
sons commerciales, et cela n’empêcherait
pas de continuer par tacite reconduction ce
qui existerait si le régime douanier établi
donnait entière satisfaction à tous les inté­
rêts en jeu, soit coloniaux, soit métropoli­
tains.
Nous avons eu la grande satisfaction. Mon­
sieur le Gouverneur général, de vous enten­
dre dire que nos principes étaient les vôtres.
Ce sont ceux que soutient au Parlement avec
tant de compétence et tant de talent, M.
Thierry qui est justement le député de notre
région marseillaise, et vous avez bien voulu

nous faire savoir que vous étiez d’accord avec
lui sur ces points.
Je me permets cependant d’attirer spécia­
lement votre attention sur un des avan­
tages particuliers du système dont nous de­
mandons l’application ; non seulement il
règle de la manière qui paraît la plus adé­
quate aux besoins coloniaux et métropoli­
tains les rapports de l’industrie, -du commer­
ce et de la consommation, mais seul il per­
met l ’établissement d’une saine politique fi­
nancière intérieure des colonies auxquelles
il s'applique.
Etant donné son élasticité, il permet l’éta­
blissement de taxes qui ne viennent pas ar­
rêter l ’essor de ces pays neufs, parce que les
droits d’entrée sont exactement proportion­
nés aux facultés productives et d’échange des
colonies qui les proposent. On aurait tort
d’être choqué d’un droit d ’entrée sur les mar­
chandises françaises, car dans les pays où ils
ont été supprimés à la faveur du régime de
1892, on a établi pour les remplacer des taxes
d’octroi de mer jouant de la même façon
mais d’une quotité exorbitante par suite du
chiffre global qu’elles devaient fournir.
Nous proposons donc de remplacer des droits
supprimant la consommation par des taxes
modérées lui permettant dé se développer
et, somme toute, d’après l’expérience faite
en Afrique Occidentale, démontrer tout à
l’avantage de la métropole par la différence
des taux frappant l’importation métropoli­
taine, et ceux frapnant l’importation étran­
gère.
Les taxes! de capitation pourraient dispa­
raître ou se réduire à la portion pour laquel­
le elles peuvent et doivent jouer. Les mono­
poles odieux et vexato-ires perdraient toute
justification et deviendraient inutiles comme
ils sont impolitiques et antiéconomiques.
L ’exemple- de l’Afrique Occidentale françai­
se, auquel il nous faut toujours revenir puis­
que les colonies de. l’Afrique Occidentale
française sont les seules qui aient échappé
aux effets meurtriers du régime douanier
colonial instauré en 1892, est là pour montrer
tout ce que l’on peut attendre des combinai­
sons douanières et fiscales que nous préconi­
sons.
De tout cela, Monsieur le Gouverneur gé­
néral, vous êtes intimement persuadé, mais
nous avons vu si justifiée dans toutes les
parties si diverses de notre- empire colonial
la force de ces considérations formulées dans
trois -congrès successifs tenus à quatre an­
nées d’intervalle, qu’il nous semble nécessai­
re d’insister un peu. Il est absurde, a dit M.
J. Thierry, de faire endosser à des colonies
hyperboréenne-s et à des colonies tropicales
le même vêtement douanier, et il a eu pleine­
ment raison, mais M. Thierry se plaignait
en même temps de n’être saisi d’aucune pro­
position venant des colonies.
Il est évident que la métropole ne peut
imaginer qu’un régime unitaire, celui que

�L ’EXPANSION COLONIALE
lui suggèrent ses désirs, et il est le même
pour toutes les colonies : obtenir pour ses
produits une préférence qu’elle croit avanta­
geux de poursuivre jusqu’à l’exclusion de
la concurrence, sans se rendre compte des
conditions de voisinage et de races qui s’op­
posent à la satisfaction absolue de ce desi­
deratum. Les colonies seules peuvent indi­
quer quelles sont les mesures spéciales qui
leur permettront de vivre d’abord et ensuite
. de consacrer leur existence à prouver à la
métropole leur gratitude par une préféren­
ce efficace. Telle colonie, chemin de commu­
nication vers une grande région, comme le
Tonkin pour la Chine, a besoin de facilités
de transit pour développer sa prospérité gé­
nérale qui se traduira en achats de marchan­
dises ^métropolitaines ; telle de nos posses­
sions ne peut pas se passer d’un régime m i­
nier favorable et doit préparer nar ses tarifs
la mise en valeur de son sous-sol.
L ’Indochine est une colonie agricole et
s’il y a lieu de développer sa production c’est
l’intérêt colonial et c’est l ’intérêt métropoli­
tain car cette production augmente son pou­
voir d’achat : mais il peut se faire que cette
augmentation de production soit liée à des
facilités d’importation de machines agricoles
américaines que la métropole ne produit pas,
pour la culture du riz par exemple, et une
modération de droits d’entrée sur ces ma­
chines ne peut être demandée que par la
colonie avec les raisons à l’appui.
Chaque pays a beaucoup de peine à dis­
cerner ce dont il a besoin et ce n’est qu’à l’u­
sage qu’on aperçoit les défectuosités des sti­
pulations sous l ’empire desquelles on est
placé. Il faut donc que l ’initiative des pro­
positions soit prise par vous et votre bonne
entente des intérêts de votre gouvernement,
votre clairvoyance et votre activité vous ren­
dront facile cette tâche tutélaire.
Les corps locaux en Indochine sont.suffi­
samment bien choisis et éclairés pour don­
ner sur vos nropositions de bons avis dans
lesquels vous distinguerez ce nu’il y a lieu
d’accueillir et ce qu’il faudra repousser.
L ’essentiel est que des propositions éma­
nant
du Gouvernement
général soient
promptement faites chez vous, qu’on les exa­
mine en Indochine et qu’on en prépare l ’é­
tude-en France au point de vue des intérêts
méti’opolitains.
A ce moment, nous aurons largement à in­
tervenir vis-à-vis de l’opinion publique, car
malheureusement le groupe de métropoli­
tains travaillant avec les colonies et par sui­
te au fait de leurs besoin est très restreint,
et les questions coloniales sont surtout jugées
par des majorités étrangères au commerce
colonial, à l ’exploitation coloniale. Il fau­
dra beaucoup de temps, ' de diplomatie et
d’insistance aux métropolitains travaillant
avec les colonies nour qu’ils arrivent à éclai­
rer leurs concitoyens et, en vous offrant à cet
égard tout notre concours, nous avons à

107

vous demander de nous mettre à même de
préparer le succès de votre œuvre en nous
renseignant sur ce que vous aurez à deman­
der et les motifs à faire valoir pour ces re­
vendications.
Permettez-nous de vous remettre, en termi­
nant, Monsieur le Gouverneur général,
trois exemplaires de la brochure éditée par
l’Union coloniale de l’exposé de la doctrine
du monde colonial sur cette question du Ré­
gime douanier. C’est à notre Président que
la puissante Association parisienne a fait
l’honneur de demander cet exposé.
Vous verrez dans ce travail, avec chiffres
à l’appui, combien l’armature douanière ac­
tuelle étouffe nos colonies, et quelle prospé­
rité pourrait développer un régime libéral.
L ’Institut colonial, qui s’est fait une spécia­
lité de ces questions douanières coloniales,
serait heureux et fier de travailler à collabo­
rer avec vous à obtenir à l’Indochine les me­
sures les plus favorables au développement
de sa prospérité, et c’est en vous réitérant
ces offres, de concours dévoué et désintéres­
sé, qu’il vous renouvelle ses remerciements
■?r votre excellent accueil et qu’il vous prie
d’agréer, Monsieur le Gouverneur général,
l’expression de ses sentiments de haute con­
sidération.
Signé : Le Président,
Adrien A r t a u d .

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
Réunion du Bureau du 12 mai 1910.
Etaient présents :
MM. Artaud, président ; Heckel, vice-pré­
sident ; Fouque, secrétaire ; Ytier, trésorier;
Teisseire, trésorier-adjoint.
Excusé : M. Bohn, vice-président.
Le procès-verbal de la dernière séance est
lu et adopté. M'. le Président souhaite la
bienvenue dans le Bureau à M. Teisseire que
le Conseil d’Administration a nommé tréso­
rier-adjoint, et dit combien il a été heureux
de cette circonstance qui permettra à l’Ins­
titut de profiter encore plus que par le pas­
sé du bon concours de M. Teisseire et de sa
grande expérience juridique. Il rappelle les
précieux services -que M. Teisseire a déjà
rendus à l’Institut et dit le prix qu’il attache
à une collaboration qui devient ainsi de
plus en plus complète.
M. Teisseire remercie M. Artaud des paro­
les qu’il vient de prononcer à son égard et
l ’assure de son entier dévouement à l ’Insti­
tut colonial, à la disposition duquel il est
dans toute la mesure où il pourra lui être
utile.
M. Heckel fait l ’éloge de l’esprit de conci-

�108

L ’EXPANSION

liation et de l ’étendu© des connaissances de
M. Teisseire, qui rendant son concours si
précieux et le remercie de vouloir bien en
faire profiter l ’Institut.
M. le Trésorier expose la situation finan­
cière. Aux recettes du mois figurent la deu­
xième portion de la subvention de 30.000
francs de la Chambre de Commerce et la sub­
vention du Gouvernement général de l ’A fri­
que Occidentale de 5.000 francs- Les dépenses
sont conformes aux prévisions budgétaires.
M. le Président rend compte des démar­
ches faites en ce qui concerne les subven­
tions de la Municipalité et du Conseil Géné­
ral.
Le Bureau examine les diverses questions
qui se rattachent au transfert du Musée com­
mercial au 3e étage de l’immeuble de l’Ins­
titut.
Plus rien n'étant à l’ordre du jour, la
séance est levée à 4 h. 1/4.
Séance du .Conseil à' Administration
du 17 mai 1910.
Etaient présents : MM. A. Artaud, prési­
dent ; Heckel, Bohn, Ponsinet, vice-prési­
dents ; Fouque, secrétaire ; Ytier, trésorier ,
Gaffarel, Joannon, .Léotard, Martin-Laval,
Rastit, membres.
Le procès-verbal de la dernière séance est
lu et adopté.
M. le Président donne lecture d’une lettre
par laquelle Mme E. Blanc remercie le Con­
seil de la part qu’il a prise à son deuil.
M. Artaud pense qu’il est tout naturel de
combler le vide que la mort de M. E. Blanc
a crée dans le sein du Conseil, en deman­
dant à M. Déchaud, son successeur à la direc­
tion de la Compagnie des Messageries M ari­
times, de prendre la place qu’il occupait à
ÏTngtitut colonial, autant en raison de ses
fonctions que de ses titres personnels. L ’Ins­
titut ne peut retirer que les plus grands
avantages de cette collaboration.
M. Déchaud est élu à l ’unanimité membre
du Conseil.
Adhésions. — M. le Président soumet au
Conseil l ’adhésion suivante : Allar Clamens,
Fourneron Bey, entrepreneurs de travaux
publics, 16, rue du Chapitre, Marseille. Ap­
prouvé.
Musée commercial. — M. le docteur Hec­
kel demande ce qui a été fait vis-à-vis des
exposants du Musée commercial.
M. le Président répond qu’un arrangement
a été passé avec M. Girard, agent de publi­
cité de l ’Institut, pour qu’il informe les ex­
posants de la transformation du Musée
commercial et leur demande de reporter sur
la publicité cl© l’« Expansion » la contribu­
tion à l ’Institut qu’ils donnaient sous forme
d’adhésion au Musée commercial.
. M. Fouque, président de la Commission du
Musée commercial, expose le projet de la

COLONIALE
Commission, qui consisterait à transformer
la salle actuelle du Conseil et celle appelée
des archives en une vaste salle identique
à celle de la Société de Géographie.
L ’entrée de l’immeuble serait modifiée de
manière à lui donner plus d’importance et
à attirer l’attention du public.
M. le docteur Heckel demande que l’on pro
fi te du déplacement du Musée pour renou­
veler les.collections et réunir des quantités
assez grandes des divers produits d’impor­
tation, pour qu’il soit possible de les étu­
dier et d’en donner des échantillons aux
intéressés. Ce musée devra contenir unique­
ment les grands produits d’importation et
d’exportation et ne pas être un musée d’étu­
desAu sujet de la transformation du rez-dechaussée, il manifeste la crainte que l’entrée
et la sortie des cours ne soient difficiles.
M. le Président répond qu’il a demandé à
l’architecte de l’Institut, M. Huot, d’étudier
un projet de modification de l’entrée, qui doit
avoir pour but de remédier aux difficultés
que signale M. le docteur Heckel, projet qui
sera soumis au Conseil ou tout au moins au
Bureau, avant exécution.
Comité du Maroc. — M. Artaud rend
compte qu’à la suite de la réunion qu’il avait
provoquée et à laquelle assistaient MM. F.
Bohn, Gabriel Boyer, Paul Desbief, Jules Deville, Paul Paquet, Henri Preyre et lui mê­
me, la création d’un Comité régional du
Maroc avait ôté décidée. L ’Institut lui prête­
rait son concours pour l’organisation.
Exposition des blés.-— M. Arnaud rend
compte des démarches faites par lui pour
l’Exposition des Blés de l’Institut auprès de
la Chambre Syndicale des Minotiers et Fa­
bricants de Semoules de Marseille et de
l’Association nationale de la Meunerie fran­
çaise.
Délégation auprès du Gouverneur géné­
ral de l'Indochine. — M. le Président fait
décider qu’une délégation se rendra à bord
du paquebot sur lequel doit s’embarquer M.
Klobukowski pour le saluer.
M. Heckel demande si on ne pourrait pas
l’entretenir d’une exposition qu’il convien­
drait de faire le plus tôt possible, l’année
prochaine, par exemple, et qui serait celle
des riz.
M. Arnaud, demande s’il n’y aurait pas
des produits plus intéressants pour Marseil­
le, les coprahs par exemple.
M. Bohn dit qu’au point de vue colonial
les riz sont très intéressants.
M. Ponsinet estime qu’il y aurait notam­
ment- lieu d’attirer l’attention des gouver­
neurs sur les défauts des riz de leur colonie,
défauts qui en rendent l’importation difficile
à Marseille.
M. Artaud répond que l’on étudiera cette
question de la future exposition, mais signa­
le que justement le Secrétariat s’est occupé

�L ’EXPANSION
de cette question des défectuosités des riz,
qu’une enquête a été faite à ce sujet et une
lettre écrite à M le Gouverneur général de
Madagascar.
Correspondance. — M. le Président don­
ne communication des principales lettres re­
çues ou écrites.
M. Heckel propose comme membre cor­
respondant : M. Victor Autran, administra­
teur au Congo, dont l ’activité est bien con­
nue et qui avait été l ’organisateur de l ’Ex­
position du Congo, à l’Exposition de Mar­
seille . (Adopté).
Plus rien n’étant à l’ordre du jour, la séan­
ce est levée à 4 heures.

BUREAU BE RENSEIGNEMENTS
Les Transports à Madagascar. — M. G. Cavle, membre correspondant de l’Institut Co­
lonial Marseillais à Tananarive, nous adres­
se les nouveaux tarifs de la ligne de trans­
port qu’il a organisée, entre Tananarive, Fianarantsoa, Mananjary. Le trajet TananariveFianarantsoa s’effectue pour les voyageurs
en automobile jusqu’à Antsirabé (168 kilo­
mètres), Ire journée ; Antsirabé-Haka, 2me
journée (52 kilomètres), et ensuite en poussepousse ; 3me journée- (60 kilomètres) HakaAmbalamanakana, 4me journée (64 kilomè­
tres) Ambalamanakana-Ambohimasoa. 5mo
journée (52 kilomètres) Ambohimasoa-Fianarantsoa.
Le prix pour un voyageur est de 60 francs
de Tananarive à Fiaranantsoa et de 95 francs
de Tananarive à Mananjary. Les marchan­
dises paient 350 francs la tonne par grande
vitesse (10 jours) de Tananarive à Fianarantsoa et 100 francs en petite vitesse (19 jours) ;
450 francs en grande vitesse de Tananarive à
Mananjary et 175 francs en petite vitesse.
Pour l ’encombrement le mètre cube est cal­
culé sur 500 kilos.
Plantations de caoutchouc de l'indochijie.
— Nous avons reçu de nombreuses demandes
de renseignements sur l ’état des plantations
de caoutchouc existant actuellement en In­
dochine. Il nous paraît utile à ce sujet de re­
produire ici la liste qu’en donne M. Paris,
président de la Chambre d’Agriculture de la
Corhjnchine, dans un rapport qu’il a adressé
à M. le Lieutenant-Gouverneur de la Cochinchine :
Bclland, province de Giadinh 30.000 arbres
Etievant,province de Giadinh 23.000
&gt;&gt;
Soc. de Suzannah, province
de Bienhoa ..................
150.000
»
Soc. Do-nai, province de
Bienhoa ............................ 45.000
»
Soc. Xa-Trach, province de
Thudaumot ....................... 200.000
»
Soc. Phu-quoc, province de
Hatien
80.000 •»

109

COLONIALE
Paris et Guéry, province de
Giadinh ............................
Deleurance et Jousset, pro­
vince de Tayninh ............
Ferrière,province de Giadinh
Girad à Anloc, province de
Bienhoa ............................
Canavaggio, province de Gia­
dinh .....................................
Bussy, province de Giadinh.
Vallon et Coquerel, province
de Bienhoa .................
Veillet, province de Baria ....
Lachènal,province de Bienhoa
Plantations diverses, de fai­
ble étendue, ou d’essais :
Josselme, Duchesne, OngYêm, etc.............................

53.000 arbres
30.000
10.000

«
»

10.000

&gt;&gt;

5.000 »
4.000 »
3.000
4.000

4.000»
»
»

Mémoire

650.000 arbres
« M. Paris ajoute : A part celles de MM.
Belland, Etievant et de la Société de XaTrach, toutes ces exploitations possèdent des
pépinières préparées en 1909 et destinées à
augmenter considérablement lé chiffre des ar­
bres des. mêmes exploitations en 1910. Cette
augmentation sera pour la société Suzan­
nah, 50.000 ; Deleurance et Jousset 80.000 ;
Paris et Guéry 60.000 ; Vallon et Coquerel
30.000 ; Lachènal 10.000 ; Société de Phuquoc 70.000 • Veillet 50.000. Soit un total
pour ces" sept plantations de 350.000 arbres,
ce qui portera en 1910 à un minimum de un
million le nombre d’arbres des plantations
existantes... Je dis minimum, parce que je
ne cite pas les plantations Girard, Bussy. Fer­
rière, du Douai, etc., qui augmenteront éga­
lement, mais dans des proportions moindres
ou qui ne sont pas connues.
« Mais là ne s’arrête pas le mouvement
donné à l’extension de la culture de l’Hévea
en Cochinchine. D’autres particuliers ou 'so^ciétés ont déjà jeté les bases et même exécu­
té les premiers travaux de nouvelles entre­
prises. Je citerai une société au capital de
90.000 piastres pour l’exploitation d’une con­
cession à Bienhoa. une ou deux autres socié­
tés à Baria, MM. Mottet et Cie à Longthang ;
MM. Crémazy et Baudet à Xuanloc ; puis
dans les provinces de Giadinh, Thudaumot :
MM. Bec et Muet, Guyonnet, Matard, Lecœur, Blot, Chaptal, Potteaux, et quelques
concessionnaires n’ayant en vue que des ex­
ploitations de 10 hectares. Enfin de nouvelles
et importantes affaires sont actuellement en­
core à l’étude. &gt;&gt;
Machines coloniales. — Désireux de pos­
séder la documentation la plus complète sur
les machines et appareils qui peuvent conve­
nir à l’exploitation des différents produits co­
loniaux, nous avons demandé aux princi­
paux constructeurs français et étrangers de
nous adresser toutes les indications qui leur
paraîtraient utiles sur leurs spécialités, cata­
logues, prix courants, etc. Un grand nombre

�110

L ’EXPANSION COLONIALE

nous ont été adressés et nous nous efforcerons
d’en compléter la collection. Nous les tenons
à la disposition de nos adhérents.
La Douane et sa classification. — Un véri­
ficateur des douanes est venu nous soumet­
tre des graines de baobab de'Madagascar en
nous demandant si c’étaient des fruits ou sim­
plement des graines. Nous l ’avons édifié en
lui montrant des échantillons de notre Mu­
sée Colonial, mais il nous a dit que puisque
c’étaient des graines il serait nécessaire d’en
référer à Paris pour la classification.
Le cas nous a paru typique et digne de re­
tenir l ’attention. On sait que lorsque il s’agit
de produits non dénommés dans le tarif, une
décision doit être prise pour dire s’ils doivent
être assimilés à un des produits dénommés
ou dans quelle catégorie de produits non dé­
nommés ils doivent entrer. Or, jusqu’ici la
classification des douanes parle seulement
des fruits du baobab, qui seraient exempts,
mais non des graines.
Bien que la substance féculente qui entoure
les graines soit un article de grande consom­
mation en Afrique et à Madagascar, la grai­
ne seule a actuellement un intérêt pour notre
industrie. L ’huile que l ’on en extrait a des
applications multiples et MM. Deiss et Ju­
melle, pour ne parler que d’eux, ont publié
des études très complètes sur ce sujet. Les
importateurs sont en bon droit de pônser que
n’étant pas dénommées ces graines peuvent
entrer en franchise, les graines non dénom­
mées étant exemptes. Mais ce n’est pas évi­
dent, car les « graines à ensemencer » paient
3 francs les 100 kilos au tarif minimum.
Comme il n’y a pas de raison pour ne pas
baptiser n’importe quelles graines « graines
à ensemencer », il se pourrait fort bien que
nos graines de boabab soient taxées à ce titre.
Il ne sera pas difficile de dire que les bao­
babs ne poussant pas sous nos climats, leurs
graines, qui n’ont d’intérêt qu’au point de vue
de l ’huilerie, ne doivent être considérées que
comme graines oléagineuses non dénom­
mées et par conséquent, être exemptes, mais
ce qui est arrivé pour la soja est là pour nous
rendre défiants. Sous l ’ancien tarif, les grai­
nes de Soja n’étaient, elles aussi, pas dénom­
mées ; elles auraient donc dû entrer en fran­
chise comme graines oléagineuses ; mais les
premiers importateurs les avaient importées
sous leur nom anglais : Soja beau, et la doua­
ne a traduit « beau » par « haricot » et les ha­
ricots étant taxés, le résultat fut que les im­
portations de soja furent impossibles. Lors­
que le nouveau tarif fut établi, la commis­
sion des douanes retrouva aux sojas ce ca­
ractère d’oléagineux qu’elle avait refusé de
leur reconnaître alors que cela les aurait fait
exempter de droits, et voilà qu’ils sont taxés
maintenant au tarif maximum à 2 fr. 50. Et
les soja continuent à être inutilisables pour
notre industrie, alors qu’ils sont l ’origine

d’un mouvement colossal d’affaires en Angle­
terre et en Allemagne.
Surveillons donc avec soin la classifica­
tion !

EXTRAITS DE

LA

CORRESPONDANCE

In d o c h in e . — N o u v e a u t a r i f d o u a n ie r
du Japon.

De M. F. cle Champmorin, agent
des Messageries Maritimes, mem­
bre correspondant de l'Institut
Col onia 1 Marseillais.
I
Yokohama, le 3 juin 1910.
Monsieur le Président,
J’ai l ’honneur de vous envoyer par la poste
en un colis recommandé, un ouvrage qui vous
intéressera, j ’en suis sûr, et qui pourra vous
être de quelque utilité pour fournir, le cas
échéant, des renseignements sur le commerce
du Japon au cours de ces dernières années. Cet
ouvrage est le recueil des statistiques des mar­
chandises importées ou exportées, par nature
de marchandises et par provenances ou desti­
nations, puis pour l ’ensemble global.
Je vous rappelle en passant que le kih vaut
environ 600 grammes, le sho équivaut à un peu
plus de 2 litres, le picul vaut 60 kilos, le yard
mesure un peu plus de 90 centimètres, et la
valeur du yen est d’environ fr. 2.56.
Les nouveaux tarifs qui ont été votés, mais
qui seront mis en application on ne sait encore
quand, continuent à soulever des protestations
en Angleterre. Ci-joint des coupures de jour­
naux à ce sujet qui pourront peut-être vous
intéresser.
J’ai entendu dire que le Japon serait sur le
point de concéder à la France un tarif conven­
tionnel pour ses vins en particulier. Une com­
mission japonaise serait nommée pour étudier
en France cette question de concert avec une
commission française ; dans cette dernière, il
serait désirable de voir figurer M. Pila, consul
de première classe, actuellement détaché au
Japon, en mission pour étudier les diverses
questions commerciales, et qui, entre temps,
s’est beaucoup occupé de ces questions de tarifs
douaniers.
Pour en revenir à l’ouvrage que je vous en­
voie, et à ce que je vous avais écrit précédem­
ment au sujet des riz de Cochinchine, et des
vins de France, vous trouverez des chiffres
intéressants à ce sujet aux pages 623 et 624 de
l’ouvrage en question. Enfin, à la page 403,
vous trouverez tous les chiffres des importa­
tions de l ’Indochine sur le Japon, etc.
Veuillez agréer, etc.,.
II
Yokohama, le 6 juin 1910.
Monsieur le Président,
Pour compléter ma lettre du 3 courant, je
tiens à vous informer que ce n’est pas une
commission japonaise qui doit étudier en
France la question des nouveaux tarifs, mais
l ’ambassade du Japon à Paris avec une com­
mission française nommée dans ce but. Les
Japonais n ’ont pas, je crois, l ’intention de faire
du protectionnisme à outrance et quoiqu’il ar­
rive, mais ils ont affirmé leur intention de faire

�L ’EXPANSION COLONIALE
des concessions aux puissances avec lesquelles
ils rencontreront une réciprocité et un intérêt
dans ce sens.
C’est ainsi qu’ils trouvent les prétentions des
Anglais plutôt exagérées ; je ne crois pas que
ceux-ci obtiennent gain de cause, malgré tout
le bruit que leur presse fait en ce moment au­
tour de cette question. Il en est tout autrement
pour la France vers laquelle le Japon fait une
exportation si intéressante de soies grèges,
déchets de soies et « habutae », constituant sa
principale richesse d’exportation. Ce pays a
donc plus d’intérêt à ne pas nous amener à
user de représailles à l ’égard de ces produits.
Il y a tout lieu de penser qu’un accord se fera
à la suite de l ’étude faite par l ’ambassade
japonaise à Paris et la commission nommée à
cet effet.
Il n’y a rien à espérer au sujet du tarif sur
les riz ; mais je ne crois pas que cela fasse
grand tort à la Cochinchine qui ne trouve un
écoulement important vers le Japon qu’en
temps de mauvaises récoltes ici, et comme le
Gouvernement japonais se réserve le droit de
réduire les tarifs le jour où il le juge bon, il
ne faut donc pas, jusqu’à nouvelle occasion,
augurer trop mal de cette augmentation.
Les tarifs les plus importants sur lesquels
nous aurons à obtenir des concessions, seront
ceux concernant les vins en fûts, les laines
filées du Nord de la France qui vont sur Osaka,
la parfumerie, etc. Ces concessions seront faci­
lement obtenues, je l ’espère, contre un tarif
minimum consenti sur les « habutae », mar­
chandises sur lesquelles nous avons élevé ré­
cemment les droits d’entrée au désappointe­
ment des producteurs japonais. En somme, le
nouveau tarif ne doit pas être considéré pour
nous comme si effrayant qu’il le paraissait au
premier moment, par suite de l’esprit suivant
lequel le Gouvernement japonais semble vou­
loir l ’appliquer.
L ’ouvrage que je vous ai envoyé vous docu­
mentera d’une façon complète, ce que je ne puis
faire ici, sur les articles principaux d’importa­
tion et d’exportation de ce pays.
Veuillez agréer, etc...
F. de Ch a m pm o r in .

Le volume annuel de statistiqjuès du com­
merce étranger de l ’Empire du Japon que
nous adresse notre dévoué correspondant est
publié par le Département des finances. Nous
y relevons en ce qui concerne les relations du
Japon avec notre Indochine, qui est le point
qui nous intéresse plus particulièrement, que
les importations d’Indochine au Japon ont
été en 1909 de 6.372.448 yen (2 fr. 56) et les
exportations du Japon
en Indochine de
439.796 yen, soit d’un total de 6.812.244 yen.
On voit donc que les importations de- notre
colonie asiatique au Japon dépassent de beau­
coup la valeur de ce qu’elle reçoit du Japon
et que par conséquent nous sommes assez
mal armés au point de vue commercial pure­
ment ind©chinois pour lutter contre le nou­
veau tarif douanier.
Ces importations de l ’Indochine au Japon
comprennent un grand nombre de produits,
mais l’article le plus important est le riz
dont nous avons exporté au Japon en 1909

111

1.244.840 picul (60 kilos) pour une valeur de
5.245.369 yen. Il est à noter d’ailleurs que le
Japon importe de moins en moins du riz de
l’étranger. En 1907 1-es importations totales
des riz étaient de 6.770.264 picul et en 1909
elles ne sont plus que de 3.313.107 picul. Il est
vrai que notre Indochine est de tous les pays
étrangers celui qui a été le moins affecté par
cette diminution et il reste actuellement le
principal importateur de riz au Japon. En
1907 il a été importé 1.794.014 picul de riz
Indochinois, en 1908 1.565.487 picul et en
1909 1.224.840 picul, alors que l ’importation
provenant des Indes anglaises qui étaient Le
principal importeur en 1907 (2.773.420 picul)
est tombée à 384-457 picul en 1909 et celle
de Corée de 1.530.664 à 998.040 picul.
Les principaux autres produits indochinois
importés au Japon ont été en 1909 par ordre
d’importance le coton décortiqué (28.222 pi­
cul) pour 665.904 yen et le coton en graines,
35.287 picul pour 240.343 yen. Les peaux pour
46.000 yen, le zinc pour 51.000 yen, le char­
bon pour 17.000 yen, et les bois pour 20.000
yen. Quant au Japon, il a envoyé dans notre
Indochine principalement du charbon 166.
000 yen (22.000 tonnes), des poissons secs
ou dérivés 70.000 yen, pommes de terre
16.000 yen, champignons secs 16.000 yen, por­
celaines 31.000 yen.
In d o c h in e . — G r a n i t

Saigon (Khanh-Hoi), lè 22 mai 1910.
A Monsieur le Président de l'Institut
Colonial Marseillais.
En réponse à votre honorée du 21 mars, j ’ai
l ’honneur de vous faire connaître que parmi
les carrières du Tonkin, il ne se trouve pas de
granit, mais de beau calcaire et du marbre qui
vaut environ 60 francs le mètre cube taillé,
mais non poli, les moellons de calcaire 4 fr. 50
environ le mètre cube ; il faut ajouter à cela
les frais de transport et d’embarquement.
Ici en Cochinchine il se trouve du granit
légèrement bleuté mais qui se vend assez cher,
de 200 à 220 francs le mètre cube taillé, mais
assez grossièrement ; en moellon, il vaut envi­
ron de 9 à 10 francs le m. c. ; il faut ajouter à
cela les frais de transport et d’embarquement.
A votre entière disposition pour de plus am­
ples renseignements si ceo articles vous inté­
ressent, Recevez, etc...
F. Canqtje,
Huilerie et savonnerie indochinoise.
In d e. — S i t u a t i o n é c o n o m iq u e

De M. Eugène Aubert, membre
correspondant de l ’Institut Co­
lonial Marseillais.
Cuddalore, 17 mai 1910.
Monsieur le Président,
Votre lettre du 14 avril me demande un rap­
port sur l ’absence des produits français à Pon­
dichéry. Je pense qu’il n’est point nécessaire
de vous en dire bien long pour le moment, me
mettant.pourtant à votre disposition si dans

�112

L ’EXPANSION COLONIALE

l ’avenir vous désirez de plus amples renseigne­
ments.
Quelques Européens ont des magasins de
gros et agissent plutôt en représentants qu’en
détaillants et un seul magasin faisant le détail
est tenu par une Européenne. Ceux-ci ont tous
des produits d’alimentation français, mais en
petite quantité parce que l ’on a pris l’habitude
de s’adresser à, Madras, où de nombreuses mai­
sons fort bien assorties et faisant une grande
réclame réussissent à merveille. En dehors des
produits d’alimentation, il n’y a rien.
En dehors de ces maisons, il y a d’assez
nombreux bazars tenus par des Hindous, et
c’est là que l ’on ne trouve partout que des pro­
duits faits à l’étranger.
Je vous envoie par même courrier le catalo­
gue d’une des principales maisons de Madras
et vous pourrez vous rendre compte des sacri­
fices que font les Hindous pour se faire connaî­
tre. Ils sont en plus très corrects, très_ complai­
sants dans leurs rapports et s’imposent alors,
malgré les prix élevés qu’ils tiennent, et si ce
qu’ils offrent sur le papier est beau, en réalité
c’est tout à fait ordinaire.
Le seul moyen susceptible de réussir serait
d’organiser à Pondichéry un bazar dans le
genre des Nouvelles Galeries avec à la tête un
garçon intelligent, habitué à ce genre de mé­
tier, capable de faire de la réclame dans les
Indes entières.
Ce bazar, créé par un consortium de fabri­
cants français, aurait toutes chances, j ’en suis
convaincu, de réussir. Il est complètement inu­
tile de songer à faire autrement, avec quelque
espoir de réussite.
Arachides. — Cette culture n’a pas été beau­
coup plus abondante que celle des années pré­
cédentes, mais comme depuis le mois d’août il
n’est pas tombé une goutte d’eau, on a pu
ramasser toute la récolte en une seule fois et
l ’on en avait jamais vu autant, jamais pareil
encombrement ne s’était produit ; mais jamais
l ’on n’avait vu ce que l’on voit à présent, des
journées entières sans voir arriver une seule
charrette d’arachides. En 1909, au mois d’avril,
il était rentré à Pondichéry 90.000 balles : cette
année 22.592 seulement. Cette première quin­
zaine de mai avait vu rentrer 31.241 balles en
1909 et cette année 3.952. Vous voyez la diffé­
rence. Le mois prochain la nouvelle récolte
commencera et fort probablement elle ne sera
pas bien importante, car nous continuons à
être sans eau.
Les huileries de Pondichéry s’installent par
force en territoire anglais car. écoulant leurs
produits surtout aux populations anglaises,
elles se mettent ainsi à l ’abri du droit de 5 %
frappant tout produit français ou provenant
du territoire de Pondichéry. Aucun avantage
pour les huileries de rester en territoire fran­
çais puisque si nous arrivions à pouvoir expé­
dier à Marseille, nos huiles sont frappées de
6 francs de droit par 100 kilos.
L ’huilerie dans les Indes pourra réussir,
mais éprouvera de grandes difficultés, ce pays
ne possédant aucun moyen de satisfaire aux
exigences mécaniques des installations moder­
nes soit pour le personnel mécanicien, soit
pour les fournitures mécaniques faisant défaut,
puis le manque de port rendant les embar­
quements dispendieux. Par dessus tout, il y a
la grosse nonchalance de la population qui se
contente de fort peu et après déüx jours de

travail abandonne son poste, trouvant qu’ elle
a assez fait, et là où dix hommes en France
suffisent, cinquante ici sont nécessaires. Les
prix de revient sont donc aussi élevés qu’en
France à quelque chose près.
Entièrement à votre disposition, je vous prie
d’agréer ,etc...
Eugène A ubert .
L a R é u n io n . — A r r o w - r o o t

Le Directeur du Jardin Botanique
de la Réunion, secrétaire de la
Chambre d’Agriculture, à M. le
Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
Saint-Denis, 16 mai 1910.
Monsieur le Président,
J’ai l ’honneur de vous adresser par le cour­
rier du 17 mai, un colis postal de 10 kilos de
fécule d’arrow-root que je vous prie de présen­
ter aux consommateurs de ce produit. Vous
serez bien aimable de me faire savoir quel prix
on en offre et quelle peut être l ’importance du
marché. La Réunion peut en fournir beaucoup,
si les prix sont suffisamment avantageux. M. le
Président de la Chambre d’Agriculture m’a
prié de répondre à votre lettre du 24 mars au
sujet du manioc, je lé ferai très volontiers par
le prochain courrier lorsque j ’aurai pu réunir
tous les documents utiles pour la réponse. Je
suis déjà depuis deux mois en relations suivies
avec la maison S., que cette question semble
beaucoup intéresser. Il y a, à mon avis, beau­
coup à faire dans le sens que vous indiquez car
la Réunion peut produire une quantité énorme
de manioc et de produits féculents divers.
Recevez, etc...
Léon Ch atel .
T u n i s ie . — E c o le c o lo n ia le d 'a g r i c u l t u r e .

Le Directeur de l'Ecole Coloniale
d'Atjriculture de Tunis à M. le
Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
J’ai l’honneur de vous adresser le nouveau
programme de l ’Ecole Coloniale d’Agriculture
de Tunis (Renseignements et conditions d’ad­
mission) et deux affiches concernant cet établis­
sement.
Au moment où le nombre toujours croissant
des candidats rend si difficile l’accès des di­
verses carrières, je crois devoir appeler votre
attention sur les besoins auxquels répond l ’ins­
titution originale que constitue cette école, les
débouchés et avantages divers qu’elle offre à
ses élèves, les facilités très notables dont béné­
ficient, pour l’admission, les jeunes gens pour­
vus de diplômes ou certificats.
J’ajoute que, grâce aux dispositions prises
par l ’administration pour la rentrée prochaine,
des places d’internes pourront vraisemblable­
ment être attribuées à la presque totalité des
élèves.
Je serais heureux que vous vouliez bien si­
gnaler notre Ecole autour de vous ; vous ap­
porterez de la sorte vôtre concours à la. mise en
valeur de nos colonies tout en obligeant nombre
de familles que préoccupe à bon droit l’avenir
de leurs enfants.
Je reste à votre disposition pour vous fournir

�L ’EXPANSION COLONIALE
tous renseignements complémentaires que vous
désireriez.
Veuillez agréer, etc...
Le Directeur,
P. Ch e r v in .
L ib e r i a . — L e s G r e b o s , l ’O r

Le D'' Jour(Iran,médecin principal des
troupes coloniales, inspecteur géné­
ral de l’hygiène de la République
de Libéria, à M. le Dv Heckel, pré­
sident de la Société de Géographie
et vice-président de l’Institut Colo­
nial.
Monrovia (République de Libéria), 16 mai 1910.
Très honoré Maître,
Vous savez sans doute, par la voie de la
presse, que le Libéria est en pleine effervescen­
ce et que la guerre avec les Grebos dure depuis
six mois. Je repars pour la seconde fois à Cap
Palnias. Le 1er et 5e régiment de l’armée libé­
rienne ont été mobilisés. Les Grebos, depuis
plus de vingt-cinq ans, ont poussé le cri de
guerre : « Non serviam » contre les AmericoLiberiens, qui n’ont, affirment-ils, pas plus de
droit qu’eux sur la terre. D’autre part, les
Americo-Liberiens venus vers 1828 sur ce petit
coin de l ’Afrique où, selon la flère devise de
leur blason, l ’amour de la liberté les a conduits,
sont décidés plus que jamais à s’unir pour faire
flotter leur drapeau sur tous les coins de la
République' :
United we w ill stand,
Divided we [allen.
La bataille sera décisive. L ’ennemi est forte­
ment retranché à Hoffmann Station, Newduké,
Priduké et surtout Big-Town, où près de 1.500
Grebos attendent, derrière les barricades, l ’arri­
vée de l ’envahisseur.
Il- paraît qu’ils sont décidés à manger leurs
prisonniers ; d’autre part, les Libériens qui
ont toujours souffert de leurs voisins insoumis
et remuants, exigeront, s’ils sont victorieux,
une forte indemnité et n’hésiteront pas à leur
donner une sévère leçon par quelques exécu­
tions. Leur pays vaut cet effort. Ils ont eu de
la peine à le conquérir ; ils n’y ont maintenu
leur République que par une lutte constante.
Au point de vue économique, rien de bien
sérieux n’y a été tenté. Et cependant voilà
qu’un mouvement minier se dessine. M. Ellis,
chargé d’affaires du Gouvernement américain,
écrit que l’or a été découvert à 30 milles de
la côte, près de deux centres de colonisation.
L ’auteur de la, découverte montra au consulat
américain une quantité de métal qu’il avait
obtenu nrès des établissements précités. L ’au­
teur a été engagé pour passer quelques mois à
prospecter et. laver de. l’or dans le comté de
Montserrado, à environ 50 miles de Monrovia.
L ’or a été trqfivé dans le lit d’un petit ruisseau;
en treize jours pour une dépense d’environ
15 dollars il se procura pour 57 dollars d’or.
Je traduis simplement la communication de
M. Ellis. Cette assertion n’a pas lieu de sur­
prendre et certainement le Libéria a des riches­
ses insoupçonnées dans les trois règnes.
Recevez, etc...
Dr Jourdran .

113

COURS COLONIAUX
Voici le programme des cours coloniaux
publics qui ont été professés à l’Institut colo­
nial pendant le mois de juin 1910 :
Mercredi 1er juin, à 3 h. 3/4 soir, M. Ray­
naud : Le régime douanier actuel (suite) :
Critiques et réformes.— A 5 h. soir, M. Jumelle:
Cafés et cacaos.
Jeudi 2 juin, à 8 h. 1/2 matin, au Parc Borély,
M. Davin : Cultures coloniales.
Samedi 4 juin, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud :
La pratique de la désinfection dans les colo­
nies.
Lundi 6 juin, à 3 h. 3/4 soir, M. Masson :
Afrique occidentale : Mauritanie ; généralités.
— A 5 h. soir, Dr J. de Cordemoy : Les éponges;
pêcheries de la Méditerranée.
: .
Mardi 7 juin, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud :
Climats de Madagascar. — A 5 h. soir, M. Mas­
son : Expansion coloniale française (1880-1900).
Mercredi 8 juin, M. Raynaud : La colonisa­
tion par l ’Etat ; l ’expérience hollandaise. —
M. Jumelle : Le cacaoyer ; préparation des
cacaos.
Jeudi 9 juin, M. Davin : Cultures coloniales.
— A 4 h. soir, M. Foueart : Les ordalies (suite).
Vendredi 10 juin, à 5 h. soir, M. Laurent :
Les combustibles minéraux.
Samedi 11 juin, Dr Reynaud : Sanatoria dans
les colonies françaises.
Lundi 13 juin, M. Masson : Afrique Equato­
riale Française. — Dr J. de Cordemoy : Pêche­
ries d’éponges (fini.
Mardi 14 juin, Dr Reynaud : Climats parti­
culiers de Madagascar. — M. Masson : Expan­
sion coloniale anglaise. (1880-1900).
Mercredi 15 juin, M. Raynaud : La colonisa­
tion par l ’Etat, l’expérience hollandaise. —
M. Jumelle : La préparation des cacaos. Le thé.
Jeudi 16 juin, M. Davin : Cultures coloniales.
Vendredi 17 juin, M. Laurent : Combustibles
minéraux.
Samedi 18 juin, D1' Reynaud-: Mœurs, supers­
titions et pratiques médicales des Indigènes
dans les colonies.
Lundi 20 juin, à 3 h. 3/4 soir, D1' J. de Cordemov : Le corail.
Mardi 21 juin, Dr Reynaud : Climats parti­
culiers de Madagascar. — M. Masson : Les
nouvelles puissances coloniales : Allemagne,
Italie, Belgique.
Mercredi 22 juin, M. Jumelle : Le thé.
Jeudi 23 juin, M. Davin : Cultures coloniales.
— M. Foueart : Histoire des religions.
Vendredi 24 juin, M. Laurent : Le pétrole.
Samedi 25 juin, Dr Reynaud : Pratiques mé­
dicales des Indigènes : les accouchements.
Jeudi 30 juin, M. Foueart : Morale chez les
peuples noirs.
VACANCES

Musée Commercial
EXPOSITION DES BLÉS
Les adhésions des groupements agricoles
de l’Algérie et de la Tunisie nous arrivent de
plus en plus nombreuses pour notre prochai­
ne Exposition des Blés,

�114

L ’EXPANSION COLONIALE

et une identique nous être adressée séparé­
ment. Ces mêmes étiquettes seront finalement
placées au-dessus de l ’échantillon exposé.
J’en tiens du reste un plus grand nombre à
votre disposition, si cela vous est nécessaire.
La quantité de grains à nous envoyer a été
fixée à trois kilos environ par échantillon.
Il serait bon de nous envoyer également des
Le Président du Syndicat Agricole
gerbes des principales variétés, mais nous lais­
de Liébert à M. le Président de
sons leurs dimensions à la volonté des partici­
l’Institut Colonial Marseillais.
pants. La bonne installation nécessitant un
Liébert, le 16 juin 1910.
certain temps, les envois devront nous parvenir
En réponse à votre honorée du 7 juin, je
le plus tôt possible.
tiens à vous faire connaître que notre Syndicat,
Comme nous désirons avoir les produits de
tout comme notre centre, est de nouvelle créa­ la récolte actuelle, nous recevrons cependant
tion.
les échantillons au fur et à mesure des battages,
Ses membres sont encore peu nombreux, la
si ceux-ci ne sont pas terminés dans votre ré­
quantité de blé dur produite peut s’évaluer à
gion d’ici fin juillet (date de l ’ouverture de
5 ou 6 mille quintaux annuellement. Ce type de
l ’Exposition).
blé', d’espèce à peu près unique dans notre
Nous recevrons avec plaisir tous les docu­
région, mérite peut-être d’être exposé.
ments que vos adhérents voudront bien nous
Notre Syndicat ne demande qu’ à continuer
envoyer et qui se rapporteront à la culture des
le développement de son essor, c’est pourquoi
blés : photographies, tableaux, statistiques,
j ’adhère à votre désir et j ’attends de votre part
ouvrages, etc...
une réponse pour savoir quelle façon régulière
Cette participation ne vous entraînera à au­
il convient d’adopter dans les rapports entre
cun autre frais que ceux d’envois franco de vos
votre Institut et notre Syndicat.
-échantillons, l’Institut se chargeant entière­
Recevez, Monsieur le Président, l’assurance
ment des autres dépenses d’installation.
de ma considération distinguée.
Des diplômes de grand prix, de médaille d’or
et de médaille d’ argent seront décernés par un
Le Président,
jury composé des personnes les plus compéten­
A rigou .
tes* en la matière, et dont le Président sera
M. le Président du Syndicat A gri­
désigné par la Chambre de Commerce de Mar­
cole de Voltaire à M. le Président
seille.
de l’Institut Colonial Marseillais.
Je suis heureux de vous informer que l ’As­
sociation Nationale de la Meunerie Française,
Voltaire, le 20 juin 1910.
la Chambre Syndicale des Minotiers et Fabri­
Je suis heureux de vous assurer de tout mon
cants de semoules de Marseille et le Syndicat
concours à l ’Exposition par laquelle vous voulez
des Importateurs de céréales de Marseille ont
faire connaître les blés durs de notre région,
bien voulu nous promettre leur participation la
qui sont cotés comme des meilleurs, car chaque
plus entière. Notre Exposition sera donc une
année une grande quantité en est vendue pour
excellente occasion pour vos adhérents de faire
semences, et malgré cela nous n’arrivons pas
connaître leurs produits à nos négociants et à
à vendre à de bons prix.
nos industriels.
C’est avec plaisir que le Syndicat de Voltaire
Nous serons très heureux de recevoir à cette
fournira des échantillons et des renseignements
occasion la visite de vos agriculteurs, et ils
pour votre Exposition.
tireront certainement le plus grand profit de
Vous voudrez bien me dire si je dois réunir
l’examen des différentes variétés de blé dont
les échantillons de chaque adhérent en un seul
nous nous efforcerons de réunir les principales
groupe ou si vous voulez entrer en relations
de la manière la plus complète.
avec chacun d’eux en particulier.
Je vous serais reconnaissant de me faire
Veuillez me donner la marche à suivre.
connaître le plus tôt qu’il vous sera possible la
En attendant, recevez, Monsieur le Président,
quantité d’échantillons que vous pourrez m’a­
mes sincères salutations.
dresser, de manière que nous puissions déter­
Le Président,
miner la place que nous devons réserver à votre
I card .
Association.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, avec
nos remerciements anticipés, l ’expression de
Nous avons adressé aux Présidents des Syn­ mes sentiments très distingués et dévoués.
dicats agricoles de l’Algérie et de la Tunisie
Le Président,

Les deux lettres suivantes, prises parmi
toutes celles que nous recevons, montrent
combien nos colons sont heureux de Saisir
cette occasion de faire connaître et apprécier
leurs produits qu’ils s’efforcent d’améliorer
continuellement :

la circulaire suivante sur le mode d’envoi des
échantillons :
Marseille, le 21 juin 1910.
Monsieur le Président,
En suite à la lettre par laquelle je vous ai
demandé le concours de votre Association pour
la prochaine Exposition des blés, j ’ai l’honneur
de vous adresser sous pli séparé un certain
nombre de formules d’étiquettes qui devront
accompagner les échantillons que vous voudrez
bien me faire parvenir.
Une de ces étiquettes devra être placée dans
le sac de F échantillon auquel elle se rapportera

A. A rta u d .

De son côté l’importante Union des Syn­
dicats Agricoles du Département de Constantine a bien voulu envoyer à ses membres
la circulaire suivante :
Constantine, le l or juin 1910.
Monsieur et cher Collègue,
Je me fais un plaisir de porter à votre con­
naissance les deux lettres suivantes que j ’ai
reçues de l ’Institut Colonial Marseillais.
L ’importance d’une Exposition permanente
de ce genre ne vous échappera et il est de toute

�L ’EXPANSION COLONIALE
nécessité que nous y prenions une très large
part.
Nous nous mettons dès maintenant à votre
disposition pour recevoir les échantillons de
blés durs que vous nous enverrez, nous les
transmettrons à nos frais à l ’Institut Colonial
Marseillais.
Sur chaque échantillon, vous voudrez bien
inscrire le nom de votre Syndicat, le nom de
l’exposant, son domicile et la variété du blé
(chaque échantillon de trois kilos au moins).
Nous les placerons dans des sacs uniformes qui
porteront vos mêmes indications et les ferons
suivre à Marseille de toute urgence classés par
régions.
Etant donné la date très rapprochée de l’ou­
verture de l’Exposition, je vous prie de m’en­
voyer vos échantillons dès les battages.
Je vous prie d’agréer, Monsieur et cher Col­
lègue, mes bien cordiales salutations.
Le Président de l'Union
des Syndicats Agricoles,
J. P astor .

CHRONIQUE DU MOIS
L ’e t h n o g r a p h ie c o m m e r c ia le .
M. Lucien Hubert, député, président de la
Commission instituée au ministère des Colonies
pour 1a. protection et la sauvegarde des indi­
gènes, à. 1a. suite de ses missions spéciales à
l ’étranger, vient d’adresser à M. le Ministre
des Colonies une lettre attirant son attention
sur l ’importance croissante, en matière de poli­
tique coloniale, tant nationale qu’internationa­
le, de l ’étude des mœurs et coutumes des indi­
gènes. Cette importance a été reconnue déjà
par toutes les autres nations colonisatrices,
qui consacrent actuellement aux recherches
ethnographiques sur la vie des indigènes des
sommes considérables.
Précisément en France, observe M. Hubert,
chez la nation dont l ’effort colonial a peut-être
été le plus admirable, il n’existe aucun organis­
me analogue aux bureaux d’ethnographie de
l ’étranger. L ’honorable député estime qu’il
vient de se produire une occasion favorable (la
désignation au poste de directeur de l'Office
Colonial réorganisé, d’un homme jeune et actif)
pour jeter les bases d’un organisme très mo­
deste, qui, sous le nom de Bureau d'ethnogra­
phie commerciale, centraliserait les renseigne­
ments essentiels utiles à une colonisation pra­
tique basée sur la connaissance approfondie de
la société indigène.
Nos commerçants seraient ainsi mis à même
de connaître avec exactitude et en détail les
besoins économiques des indigènes, leurs ma­
nières de se vêtir, les ornements qu’ils préfè­
rent, les objets qu’ils emploient comme mon­
naie d’échange, les superstitions qui empêchent
l'écoulement parmi eux de certaines marchan­
dises européennes, etc. Il semble en effet que,
réalisé pratiquement, ce bureau serait suscep­
tible de rendre d’utiles services au commerce.
■**■*■

U n d is c o u r s de M . i o n n a r t .
Le Conseil supérieur de l ’Algérie vient de
tenir sa session ordinaire et le Gouverneur gé­

115

néral, M. Jonnart, a prononcé à la séance
d’ouverture, sur la situation prospère de l ’A l­
gérie, un de ces remarquables discours dont il
est coutumier.
Parlant du projet de budget de 1911, il a
déclaré que pour les travaux publics, pour les
forêts, pour les postes et télégraphes et télé­
phones, pour l ’instruction publique, les dota­
tions du budget ordinaire ont pu être notable­
ment accrues, et grâce à l’emploi judicieux du
fonds réservé et du fonds d’emprunt, la colo­
nisation a pris un admirable essor. La majeure
partie des fonds d’emprunt sont destinés à la
construction de nouveaux chemins de fer d’in­
térêt général ; l ’exécution d’un millier de kilo­
mètres nouveaux va être entreprise incessam­
ment. En même temps, l’exploitation des lignes
existantes se trouve très améliorée par l’exécu­
tion d’importants travaux complémentaires et
la réforme des tarifs. Cette réforme, qui était
particulièrement laborieuse, est maintenant
terminée.
Après avoir insisté sur les progrès matériels
importants qui ont été accomplis, le Gouver­
neur général a fait ressortir les progrès intel­
lectuels et moraux dus au nouveau régime. La
décentralisation de l ’université d’Alger a été
récemment créée suivant une conception origi­
nale, qui l ’associera plus étroitement au mou­
vement économique et social de l ’Algérie. La
nouvelle Université sera vraiment un foyer
rayonnant de haute culture française et un des
instruments les plus efficaces de l’influence
nationale dans l ’Afrique du Nord.
M. Jonnart a signalé ensuite le développe­
ment de l’enseignement secondaire des garçons
et des filles, et les sacrifices considérables
consentis en faveur de l ’enseignement primaire
des Européens et des Indigènes. Dans aucun
pays, dans un laps de temps aussi court, un
aussi grand nombre de classes nouvelles n’a
été construit. De plus, grâce aux écoles profes­
sionnelles indigènes, des idées de mutualité et
de solidarité sociales rayonnent maintenant
sur tout le territoire ; c’est une vraie floraison :
caisses, crédits agricoles, associations coopé­
ratives agricoles et sociétés d’assurances mu­
tuelles contre la grêle et la mortalité du bétail.
Les Indigènes qui, d’abord, s’étaient montrés
réfractaires à l ’assurance du crédit agricole,
commencent à en apprécier les bienfaits.
En terminant, M. Jonnart a rappelé les
vicissitudes de notre politique marocaine et
saharienne. Cette politique, dit-il, n’a jamais
visé autre chose que la sécurité de l ’Algérie.
En dix années, le Sahara a été conquis et paci­
fié : nos possessions du Nord de l ’Afrique sont
reliées avec celles de l ’Afrique Occidentale. Les
caravanes peuvent traverser les immensités
désertiques en toute sécurité ; le mouvement
commercial avec le Soudan se développe. Dans
les confins marocains, au milieu de difficultés
sans nombre, malgré les complications de la
situation marocaine et internationale, les nou­
velles méthodes inaugurées il y a sept ans par
le général Lyautey, ont ramené la sécurité,
assuré le respect de nos droits et de notre
drapeau de l’ autre côté de notre frontière,
jusqu’à la rive droite de la Moulouya et du
Haut-Guir, et apprivoisé peu à peu ïes tribus
marocaines, jusque-là livrées à l ’anarchie vio­
lente et fermées à la civilisation. Aussi l ’armée

�116

L ’EXPANSION COLONIALE

d’Afrique mérite-t-elle l ’admiration et la re­
connaissance de la patrie.
* **■

L a population de M a d a g a s c a r .
L ’accroissement général de la population de
nos colonies est line des meilleures preuves des
bienfaits de notre domination. C’est ainsi que,
même pour de courtes périodes, on peut voir
telle de nos jeunes colonies progresser nota­
blement à ce point de vue. A Madagascar, le
recensement de 1906, le premier un peu précis,
avait donné un total de 2.701.081 habitants,
dont 9.694 Européens. Celui de 1909, qui vient
d’être publié, porte sur 2.965.508 habitants, soit
une augmentation de 264.427 en trois ans seule­
ment, résultat auquel il convient d’annlaudir,
même si une partie n’est due qu’à un meilleur
dénombrement des indigènes, il est certain que
l’amélioration de la sécurité, du bien-être et de
la santé publique qu’apporte avec elle la civi­
lisation française est l’origine essentielle de cet
heureux accroissement. La place ne manque pas
d’ailleurs à Madagascar, où trois millions d’ha­
bitants sont peu de chose pour une grande île
dont la superficie égale celle de la France et
des Pays-Bas réunis. Ajoutons que le dernier
recensement indique 15.118 Européens dom
11.837 Français (comprenant 2.694 militaires).
918.606 Hovas, principal peuple indigène, 1.567
métis français et 540 Chinois.

VIE ÉCONOMIQUE
L a culture mécanique du Riz et
l’Association Rizicole indochinoise
Nos possessions indochinoises sont un
dos principaux centres de production du riz
du monde entier, mais bien que leur expor­
tation soit considérable, tout le monde s’ac­
corde à dire que la culture du riz n’y a point
pris le développement dont elle serait sus­
ceptible et ce qui est peut-être plus grave,
ce sont ces riz qui obtiennent les prix les plus
bas parmi tous nos autres concurrents. Riz de
« Saigon » est une dénomination que dans le
commerce d ’alimentation on a nris l ’habitu­
de de donner à tout riz de qualité inférieure,
et s’il y a là quelque chose d’humiliant pour
nos cultivateurs de Cochinchine, c’est aussi
la preuve que des améliorations dans leur
culture sont nécessaires pour qu’ils obtien­
nent un prix plus rémunérateur de leurs
effortsOn sait comment un groupe de planteurs
et de négociants indochinois se sont préoccu­
pés de cette grave question et ont fondé der­
nièrement une Association qui a pour but de
rechercher de quelle manière il pourrait
être apporté remède à cette situation.
Dans sa déclaration, le. comité 'd’initiative
de cette Association a montré comment dans
la Cochinchine seule, à côté des 1.200.000
hectares de rizières actuellement exploitées,

2.000.000 d’hectares de terre propres à la cul­
ture des riz sont actuellement incultes et me­
nacent de le rester encore pendant de longues
années. Avec les procédés de culture actuels,
en effe.t, et par la seule augmentation de la
population indigène, il faudrait- environ un
siècle avant que ces vastes surfaces soient
entièrement mises en valeur.
L ’application des moyens de culture per­
fectionnés en usage dans les autres pays
pourra seule permettre d’obtenir une mise en
valeur rapide et rationnelle des rizières d’In­
dochine. C’est à l’étude des moyens d’ap­
plication de ces procédés dans nos posses­
sions indochinoises que se consacrera l’As­
sociation Rizicole et cette œuvre est d’une
assez haute importance pour que l’on doive
engager tous ceux qui sont intéressés à la
fortune de nos possessions à lui prêter leur
concours. Les conclusions qu’on pourra ti­
rer de ces travaux ne seront point seulement
précieuses pour notre Cochinchine, mais en­
core pour toutes nos autres Colonies produc­
trices de riz, comme Madagascar -et l’A fri­
que Occidentale. Le Gouvernement Général
de l’Indochine a du reste déjà fait faire des
essais qui montrent dans quel sens l’Asso­
ciation doit poursuivre ses efforts.
M. Saint-Chaffray, administrateur de Cantho, donne dans son rapport économique tri­
mestriel la conclusion qu’il lui paraît résul­
ter des expériences que, dans l’exploitation
mécanique toutes les phases de la culture
sont solidaires les unes des autres. Pour
obtenir un sol suffisamment sec, il est néces­
saire d’être maître du niveau des eaux et pour
cela on doit disposer de pompes pour les éva­
cuer. Pour que le terrain soit humide il est
indispensable qu’il ait été labouré et hersé,
mais comme l’élevage des buffles parait très
difficile dans ces régions, c’est le labourage
mécanique qu’il faudra introduire ; enfin,
par l’usage des moissonneuses, les épis étant
mélangés le battage à la main pratiqué par
les Annamites devient impraticable. En ou­
tre dans l’Ouest de la Cochinchine,il faudrait
procéder progressivement en raison de la te­
nue des terres en alun : la surface du sol, qui
est seule utilisée actuellement,a été lavée par
les pluies et les inondations, mais si on la­
boure, les terres profondes ramenées à la
surface seront chargées d’alun et auront be­
soin d’être lavées par les eaux courantes pen­
dant trois ou quatre ans. A vouloir procéder
trop vite on risque de voir le nan si tenace de
la Plaine des joncs s’installer dans les ter­
res où l’eau ne se renouvellera nas : c’est ce
qui est arrivé à MM. Michel Villaz et C"
dans leur propriété. Ce ne serait donc, pen­
se M. Saint-Chaffray,qu’après quatre ou cinq
ans de travaux préparatoires qu’un colon
pourrait se livrer à l ’exploitation mécanique.
On voit que l’amélioration des procédés
d’exploitation de la culture du. riz en Indo­
chine comporte un programme à longue

�L ’EXPANSION COLONIALE
échéance et il faut se féliciter qu’il ait été
entrepris par l ’Association Pùzicole Indochi­
noise, à laquelle nous souhaitons le plus en­
tier succèsL 'Œ u vre d ’Eugène Poisson en Afrique
Occidentale.
Nous ne saurions mieux montrer l ’éten­
due de la perte que nos colonies viennent
de faire, par la mort d’Eugène Poisson
qu’en disant combien_jl est nécessaire qu’il
ne résulte de sa disparition aucun arrêt pour
tout ce qu’il avait entrepris. On sait comment
c’est grâce à lui que l ’Association Cotonière
Coloniale, dont il était l ’agent au Dahomey,
était arrivée à obtenir dans ce pays les meil­
leurs résultats. Les cent tonnes qu’il avait
pu expédier l’an dernier ont été le fruit de
longs efforts dont seuls peuvent apprécier
l’intensité ceux qui l ’ont vu à l ’œuvre ou ont
entrepris dee tâches analogues. Peu à peu,
sans aide, il installait les usines de Cotonou,
de Pahou, d’Allada, d’Abomey et de Savalou.
Il devait en même temps se préoccuper de la
sélection des semences, de la surveillance des
cultures, de l ’achat, de l ’expédition à la Côte
du coton récolté et préparé. Il arrivait cepen­
dant à des résultats tels qu’ils étaient ceux
qui donnaient le plus d’espoir à l ’Association
Cotonière et qu’il venait d’être nommé di­
recteur d’une filiale qu’elle a fondée pour les
exploiter commercialement : « La Compa­
gnie.Française du Coton Colonial. »
En même temps, comme si ce labeur n’a
vait pas été suffisant, il s’acharnait à la réa­
lisation de ce problème qui pour quelques
uns d’entre nous, paraît le plus important de
tous ceux qui s-e posent en Afrique Occiden­
tale : une meilleure exploitation des palmiers
à huile, et c’est avec la collaboration de mai­
sons marseillaises qu’il poursuivait ses tra­
vaux dans ce sens.
A la suite de ses premiers voyages botani­
ques au Brésil, aux Antilles et en Amérique
centrale, MM. Mante et Borelli le chargèrent
de délimiter au Dahomey la concession
qu’ils avaient obtenue le long de la voie fer­
rée qu’ils devaient construire et d’étudier sa
mise en valeur ; il s’attacha surtout à exami­
ner quelle était la manière rationnelle de tirer
parti des palmiers à huile qui peuplaient la
concession. On sait comment celle-ci ne fut
finalement pas accordée. C’est alors que Pois­
son entra, sur la recommandation de M. le
Gouverneur Liotard qui l ’appréciait beau­
coup, au service de l’Association cotonière,
mais il n’abandonna pas les projets qu’il
avait, conçus. Il sut y intéresser un petit
groupe de négociants et d’industriels marseil­
lais qui s’occupaient plus particulièrement
des produits du palmier à huile et, en même
temps qu’il poussait la question coton, il
installait une usine, la première de ce genre,
pour l ’exploitation mécanique de l ’huile de
palme et des palmistes à l ’aide d’un concas­

117

seur, qu'il avait imaginé et construit en colla­
boration avec l’ingénieur agronome spécia­
liste Main, et d’un extracteur d’huile dû aux
ingénieurs de la maison Félix Fournier, ex­
tracteur qui avait été exposé à l’Exposition
de Marseille 'de 1906.
Ses essais ont été si satisfaisants que notre
ami A. Chevalier nous écrit que M. Jurgens,
le grand margarinier de Hambourg, et le
Docteur Suskin, qui viennent dernièrement
de les étudier sur place et qu’il a rencontrés
à Cotonou, montent une installation sembla­
ble au Cameroun.
Quoique bien des points restent encore à
préciser, il est évidemment inadmissible
que la mort d’Eugène Poisson soit la fin
de ce qu’il avait entrepris, et que nous lais­
sions aux étrangers le soin de donner une
conclusion à ses travaux et de réaliser ce
qu’il avait entrevu.
E. B.

Régime douanier colonial
R A P P O R T sur le régime douanier applicable
à la Guadeloupe, présenté au Conseil géné­
ral par M. le Gouverneur BALLOT, le 10
mars 1908.
(Suite et Fin.)
La prochaine modification de la législation
douanière aura, en effet, pour conséquence,
l’ouverture de négociations avec les diverses
puissances. II est à souhaiter que les produits
coloniaux fassent l’objet de dispositions spé­
ciales, prises en vue de favoriser leur exporta­
tion à l’étranger.
Des conventions commerciales ont été récem­
ment conclues entre le Canada et les EtatsUnis d’Amérique d’une part, et la France de
l’autre.
On conçoit facilement l’avantage qui résul­
terait pour la Guadeloupe de la possibilité de
faire parvenir, sans droits de douane ou avec
dos droits très faibles, sur ces errands marchés
situés non loin d’elle, ses fruits qui arrive­
raient en .parfait état de conservation et dont
le commerce pourrait ainsi prendre une grande
extension, ses rhums et ses autres produits.
De même un courant commercial important
pourrait être créé pour l’exportation des
rhums entre la Colonie et les pays du Nord de
l’Europe.
Telles sont les modifications qu’il paraît
nécessaire d’introduire dans la nouvelle régle­
mentation douanière, pour que celle-ci non
seulement ne constitue pas une entrave au dé­
veloppement économique de la colonie, mais
encore favorise l’accroissement de la richesse
publique dans l’île.
Si ces légitimes .revendications étaient sanc­
tionnées, la Guadeloupe, pays essentiellement
agricole, pourrait retrouver un peu de sa pros­
périté d’autrefois.
On a pour gage de la réalisation de cet es­
poir l’état actuel de ses productions, qui est
très satisfaisant. Celles-ci seraient certaine­
ment appelées à un avenir plus brillant, si le

�118

L ’EXPANSION COLONIALE

régime nouveau était plus équitable que celui
qu’elles subissent aujourd’hui.
D’ailleurs, la France elle-même trouverait
des avantages à cette situation. Lorsque l’ap­
plication du système douanier modifié selon
les vues exposées ci-dessus aurait, après quel­
ques années, produit les heureux résultats
qu’on est en droit d’en attendre, la métropole
pourrait se décharger de l’aide financière qu’el­
le consent chaque année à la colonie sous for­
me de subvention.
Espérons que les modifications au régime
douanier actuel, demandées dans cette étude,
et qui ont été conçues dans un espi'it de modé­
ration évident et basées sur des principes de
justice et d’équité, seront accordées sans dif­
ficulté par la France pour le plus grand bien
de sa colonie et aussi pour l’avantage de la
métropole.
Victor B a llo t .

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M é tro p o le
Gouverneurs. — Par décret en date du 3 juin
1910, M. Cureau Adolphe-Louis, gouverneur de
3e classe des colonies, lieutenant-gouverneur du
Moyen-Congo, a été admis, pour ancienneté de
services, à faire valoir ses droits à la retraite ;
M. Richaud, Léon-Félix, gouverneur de 3e classe
des colonies chargé de l ’intérim du gouverne­
ment du Gabon, a été nommé lieutenant-gouver­
neur du Moyen-Congo ; M. François, JosephPascal, gouverneur de 3e classe des colonies,
gouverneur des établissements de l’Océanie et
dépendances, a été promu à la 2e classe de son
emploi, et chargé en cette qualité, du gouverne­
ment du Gabon ; M. Bonhoure, Adrien-Jules,
gouverneur de 2e classe des colonies, gouver­
neur intérimaire de la Nouvelle-Calédonie, a
été nommé gouverneur des établissements fran­
çais de l ’Océanie et dépendances ; M. Martineau
Alfred-Albert, gouverneur du Gabon, a été
chargé de l ’intérim du gouvernement des éta­
blissements français dans l ’Inde.
Algérie. — Un décret décide qu’à partir du
1er janvier 1910 la surtaxe de 0 fr. 10 ajoutée au
droit de consommation perçu sur les alcools
dans les territoires du sud Algérien, est élevée
à un franc par hectolitre d’alcool pur.
Sénégal, Haut-Sénégal et Niger. — Un décret
relève, en ce qui concerne les bovidés d’origine
étrangère importés dans les colonies du Séné­
gal et du Haut-Sénégal et (Niger, le tarif doua­
nier édicté par les décrets des 14 avril 1905, 10
mars, 2 mai 1906 et 31 janvier 1907. — Un décret
autorise le gouvernement général de l ’Afrique
Occidentale française à réaliser, par voie d’em­
prunt, une somme de 7 millions de francs, à va­
loir sur la somme de 14 millions prévue uar la
loi du 18 février 1910, pour la continuation des
travaux de construction du chemin de fer de
Thièsù Kayes.
Afrique Equatoriale. — Un décret autorise,
sur les fonds d’emprunt, les travaux relatifs aux
essais de télégraphie sans fil (200.000 francs).

C olon ies
Afrique Occidentale. — Un arrêté interdit
dans les territoires et colonies du gouvernement

général de l’Afrique occidentale française l’im ­
portation, la vente et la circulation de toutes
piastres ainsi que de tous lingotins d’argent, au­
tres que ceux en forme de barrette.
Sénégal. — Un arrêté porte que les disposi­
tions de l’arrêté du 9 octobre 1909, concernant
l ’aliénation à titre onéreux et par voie d’adju­
dication publique des lots de terrains urbains
dans les escales situées sur les voies ferrées,
sont étendues à toutes les terres domaniales si­
tuées dans les villes et leurs faubourgs, dans les
villages et escales du fleuve Sénégal.
Indochine. — Des arrêtés promulguent 1° le
décret du 19 mars 1852 concernant le rôle d’é ­
quipage et les indications des bâtiments et em­
barcations exerçant une navigation mariti­
me ; 2° les articles 1, 2, 3 et 5 du décret du 9 dé­
cembre 1873 relatif aux dispenses de rôle d’équi­
page et aux permis de navigation. — Un arrêté
autorise la Compagnie de commerce et de navi­
gation d’Extrême-Orient à se substituer à la
Compagnie française de cabotage des mers de
Chine dans l’exécution du service de cabotage
entre les ports de l’Indochine et les pays situés
dans la zone dite d’Extrême-Orient. — Des arrê­
tés portent répartition pour 1910 entre les pro­
ducteurs en Cochinchine et au Cambodge, des
quantités de poivre à admettre en France au
bénéfice de la détaxe coloniale.
J.L.

INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GEOGRAPHIE
La Société de Géographie de Marseille, à la
suite d’un don généreux avec affectation spé­
ciale, ouvre un concours public destiné à ré­
compenser le meilleur ouvrage scolaire inédit
de « Géographie élémentaire de l’Afrique du
Nord : Algérie, Tunisie, Maroc ». Un prix de
mille francs et une médaille de la société seront
attribués au lauréat du concours. Les manus­
crits devront être adressés à M. le président de
la Société, avant le 1er février 1911. Pour les
programme et règlement du concours, écrire à
la Société de géographie.
Le Comité des voyages de la Société de Géo:
graphie de Marseille, encouragé nar le succès
de sa croisière de Pâques au Maroc, organise
actuellement un intéressant voyage d’études
aux grands ports du Nord : Brême, Hambourg,
Copenhague. Il aura lieu du 7 au 22 août pro­
chain, durera 15 jours, et coûtera 500 francs.
L ’itinéraire passera par Cologne à l’aller et
Francfort au retour, et comprendra Lubeck et
Kiel. Pour tous renseignements, s’adresser à la
Société de géographie, rue Noailles, 5, de 2 heu­
res à 6 heures.

ALLIANCE FRANÇAISE
Une caravane de vingt touristes russes, visi­
tant la France sous la conduite de notre compa­
triote le professeur Tournier, président de
l ’Alliance Française à Moscou, vient de se
trouver de passage à Marseille. Le Comité de
F Alliance Française a organisé cette visite de
nos hôtes russes, qui se sont déclarés enchantés
de leur séjour dans notre ville.

�119

L ’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
H VH airseille
T E X T IL E S
les 100
Raphias cia Madagascar. — Tamatave
l rc qualité............................................ F.
Majunga blanc................
Analalave blanc.....................................
Tare d’usage,escompte 3 o/o comptant,
marchandise prise à quai ou magasin
Marseille. — Article ferme.
Fibres d’Aloës. — Bourbon l« r choix.... 60 à
Bourbon ordinaire................................ 50 à
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar..........................

O R S E ILLE Madagascar
30 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat).
CAFÉS

k.
58
62
55

65
55
80

ESSE N C ES
le kilo
De Géranium Bourbon bien tenue........
28
Do Vètyver Bourbon...........................
30
De Lemon-Grass (Verveine).................
12
De Ylang- Ylang... . .......................... 300/400
V AN ILLES
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’ Entrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k ilo .................................. 38/42
Vanilles ordinaires saines....................... 27/28
»
inférieures
» .................. .
22/24
»
Tahiti l re qualité.......................
1150
CUIRS D E MADAGASCAR
les 100 kMajunga 8/10 kilos............................... 135/150
Tamatave »
» ................ ............ 125/135
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tamatave rosé,
l*r choix. — Pinky n" 1 ........... 14.25
14.50
Madagascar lom birô.................. 15.— à 15.25
Tamatave Guidroa 1er choix........ 12.—
12.—
Majunga 1er choix...................... 13.25 13.50
Nossi-Bé.....................................
7.50 12.—
Diégo-Suarez 1" choix................ 14.—
14.25
Tullèar........................................
5. » 8.50
Tonkin rouges 1er choix............
17.—
18.—
»
n oirs............................... 14.50
14.75
»
lanières........................... 17.—
18.—
»
plaques............................ 13.—
13.50
Nouméa, bon courant.................. 15.50 16.—
Niggers Soudan rouges.............. 16.50 17 —
Soudan-Niggers blancs . . . . . ___ 14.—
14.25
Sénégal-Gambie A ..................... 14.50 15 —
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable comptant
consommation.
C IR E S D ’A B E ILLE S
Madagascar...........................
315 à 317 50
Algérie...................................
320 325 »
Tonkin....................................
320 325 »
Sénégal..................................
330 332 50
Ces prix s’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable comptant à tout entrepôt.
G IR O F L E S de Sainte-Marie (Madagas­
car)............................. les 100 k. 220 à 225 »
Escompte 2 o/o, payable comptant à tout
entrepôt.

Guadeloupe bonifieur...... .. les 50 k.
Guadeloupe habitant___ .................
Nouméa... .................... .................
Bourbon pointu.............. .......... ........
Nouvelles-Hébrides........ .................
Libéria de Madagascar__ .................
Marchandises à l’entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

132 à 140
122
130
90 100
125 135
85
92
75
85
Blanc.)

G R A INE S OLÉA G INE USE S
Coprahs.— Qualité «Séchés au
les 100 kil.
Soleil » ................................F. 63 —
------« Loyale et Marchande » ........
54 —
-----Arachides Afrique, décort........
40 — à 41 —
Palmistes. — Bas de côte, Côte
d’ivoire...........
41 — ----»
Guinée............. ,
39 —
——
Huila de palme. —Dahom ey...
71 — 76 —
Grand-Bassam................ ...
68 — 69 —
Lahou.............................
67
— 68 —
(Pichot et De Gasquet.)

Le

H avre

CAOUTCHOUC
Tamatave Pinky I ................... F. 11
»
Pinky I I ................... 10
Majunga..................................... 10
Farafangana...............................
9
Mananzary, Lombiro...................
9
Tonkin........................................ 12
Congo Haut-Oubanghi................ 20
N’Djolé.............................
12
(Le tout au kilog, Le Havre.)

» à
»
»
50
50
»
—
50

12 50
11 »
12 50
11 50
11 50
17 »
20 50
— »

T E X T IL E S . — Sisal A friqu e....
Aloès Réunion..............
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)

73— à 77
55 » 61

»
»

BOIS acajou Gabon.....................
»
»
Okoumé..................
»
ébène Gabon.....................
»
» Madagascar.............
(Le tout aux 100 kilos.)

12 » à 20
9 50
10
15 » 30
15 »
30

»
»
»
»

le kilo.
3.40
les 100 k.
GOM M E Copale Afrique...................
50 à 100
»
Madagascar........................ 100 » 400
(Vaquin et Schweitzer.)
CIRES Madagascar..........................

B o rd eau x
CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N iggers..................................... 19.—
Soudan Niggers rouges......................... 18. —
Soudan Niggers blancs......................... 17.—
Lahou Niggers . . . . . . . ............................. 16.—
Gambie A .................................
14.—
Gambie AM ........................................... 13 —
Gambie B....... ....................................... 12.—
Bassam Lumps..........................
13.—

�120

L ’EXPANSION

MARCHÉ DES VALEURS GOLOHIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S C O LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
(g a r .).......................
462
—
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 fr..........
430 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500........
495 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
(g a r .)...................... ; . . . .
78 —
90 50 Madagascar, obi. 2 1/2(gar.)..
79 —
94 — —
Em. 3 o/o 1903 (gar.)
91 —
450 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2o/o,1899-1905 .............
463 —
---------------obi. 3 o/o 1902.. ....
406 —
480 — Emprunt Algérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p...................
452 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 l/2o/o
1897.....................................
976 —
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895.....................................
960 —
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898............
405
—
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .....................
472 —
492 50 Col. de la Martinique...........
480 —
470 — AfriqueOccident.,3 o/ô 1903-07,
obi. rem. 500 (gar.)...... .
450 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500.. ,525 —
BARQUES COLONIALES
E T E TA B L IS S E M E N TS FIN A N C IE R S
Divers Cic Algérienne, act. de 500 t. p. 1170 —
500 — Créd. Fonc. d'Alger, et Tunis.
572 —
—
—
lib.
583 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p .....................•......... 1648 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p. (n.)..................
430 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n .)..(.................................. H O O —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) ......... : ................
720 —
500 — Banque de la Béunion, act. de
500 t. p. (n ) ................ ’ ...
355 —
Divers Banque de l’Indo-Cbine, act.
de 500 (125 p. nom .)........... 1475 —
500 — Banque de l'Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
845 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1260 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ..........................
88 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 .............................
160 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350.............................
136 —
CHEM INS D E FER A LG É R IE N S
E T C O LO N IAU X
669 —
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500.
426 500 — Est Algérien, act. r. à. 600___
700 —
—
obi. 3 o/o r. à 500 428 Divers
Ouest Algérien, act. r. â 600..
500 655 •—
—
obi. 3 o/o r. à 500 424 —
Divers
-- -- Aïn Thizy-Mascara, obi. 3 o/o
420 —
rem. à 500......................

COLONIALE
340 —

Méeheria-AïnSefra. obi. 3 o/o
rem. à 500........... ...............
421 —
------Mouzbah-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500.........................
420 —
330 — Mostaganem-Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500..........................
420 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan, act. 500,
250 fr. nom .. .....................
500 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650............... 1225 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç., obi. 3 o/o r. ;4 500 376 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Béunion. obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’Etat..................
435 —
V A LE U R S M IN IÈ R E S
— —

Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ..................................... 1680 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500......................
500
—
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p............ ..............
862 —
477 50 Algérie-Tunisie (Omn.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500.............
485 —
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ..........................
540
—
500 — Mokta el Hadid. act. 500 t.p.
1590 —
— — Cie nantaise des mines de
Madagascar...................
307
—
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p......
682 —
445 — —
obi. 4 o/o rem. à
500.
496 —
375 — Compagnie Minière duCongo..
1300 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p.........................
82
—
454 50 Pho phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500......................
485
—
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p .............. 3520
—
------Phosp. et Ch. de Gafsa, parts... 3090 —
VALEURS COLONIALES FRANÇAISES
Compagnie française de l’Afrique Occi­
dentale.............(actions nouvelles).. 3405 —
Cic Marseillaise de Madagascar ..........
620 —
Congo occidental............
150 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
475 —
Haute Sangha......................
207 —
Ekela Kadeï Sangha............
200 —
N’goko Sangha.....................................
275 —
Haut-Ogôoué.........................
755 —
La Kolto...................
550 —
M’Poko.................................................
208 —
Messageries Fluviales du Congo..........
305 —
Sultanats du Haut-Oubangui................ 1119 —
Compagnie minière deGuinèe: act.......
90 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
117 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
act........................................
364 —
Société cotonnière de l’Indo-Chine ......
340 —
Cio du Maroc et des Colonies africaines..
240 —
Le Président de l'Institut, Gérant :

Adrien A R T A U D .
Imprimerie du “ Sémaphore” B a r l a t ie r . — Marseille.
17-19, rue Venture.

�SERVICES POSTAUX MARSEILLE-COLONIES
D é p a rts

de M a rs e ille

A lg é rie

DATES DES DEPARTS

D E R N IÈ R E L E V É E

DEPARTS

D E M A R S E IL L E

D E L A B O IT E

DES B A T E A U X

d’Alger, d’Oran cl Voie deMarseille)
1 Mardi, Mercredi, Vendredi,
DiO G loTrans
j manche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
le Constantine
et d’A lger...
»
d’Alger ...
Voie deMarseille, Transp. Mar. !Mercredi et Samedi.
»
Cil' Touache. IJeudi*. .............. .
«
Cic GleTrans. 1Jeudi et Samedi....
d’Oran...........
»
»
Transp. Mar. Mardi....................
»
C&gt;'’ GlcTrans. Mardi............ ........
de Constantine
Mardi.....................
Samedi..................
»
0 ie Touache. Jeudi.....................
»
CicG''' Trans. Lun di, Jeudi el Vendredi. . . . . . .
T u n i s ie .
»
Cic Touache. Mercredi................
Samedi.............
»
»
»
Ciü des M. M. Un d im . su r déni à p . du 3 janr.
I n d o - C h i n e .....................
Voie de Brindisi, paq. Anglais. Vendredi a p . d . de Marseille . .
»
Départements

.

A f r i q u e O c c id e n t a le
F r a n ç a is e

V o i e de B o r d e a u x , C&gt;c des Cliarg. Iléon.

1 li. soir
6 h. soir
m idi....
5 h . soir
5 h . soir
m idi....
5 h . soir
m idi___
midi ...
midi___
I h. soir
m idi__
II h. mat

24 de chaque mois. 6 h 35 soir.

Voie deMarseille, Transp. Mar. 10, 21) el 30 de chaque m o i s . .
Voie de ltordeani à Lisbonne, C &gt; ° des M . M. Le Jeudi, l . l . l i j . à p. du t,&lt;'r janr.
10 de chaque mois
D jib o u ti, M a d a g a s c a r , Voie dcMarseille,
»
»
»
25
»
R é u n io n e t M a u r i c e
D jib o u ti, M a j u n g a . . . . |
»
0 Havraise V e r s l e 2 0 de chaque m ois.
Voie deMarseille, Cic desM. M. Un dim. sur quatre à p . d u 47 janv.
N o u v e ll e - C a lé d o n i e i
Voie deBrindisi
e t N o u v e ll e s - H é b r id e s
paq. Anglais. Chaque Vendredi ..
ou Naples..
Voie de Marseille, Cin des M. M. Un Mercredi s o r t à p. du 13 jnni.
In d e F r a n ç a i s e ............
Voie de Bri ndisi, paq. Anglais. Vendredi ap.-midi.
Voie de St-Nazaire, CieGle Trans. 9 de chaque m ois..
G u a d e lo u p e
I
26
»
Voiede Bordeaux,
»
et M a rtin iq u e
Voie deCherbourg, paq. Anglais. LeJlercr., 1 . 1 . 4 4 j. à p . du Ojans.
Voie de St-Nazaire, CicGle Trans. 9 de chaque m ois..
G u y a n e F r a n ç a is e . . . . Voie d’Amsterdam, paq. N éerl.. V e u d r . , 1 . 1 . 4 ! jours à p. du 8 janv.
Voie de Cherbourg, paq. Anglais. Le lle rc r., 1.1 .1 4 j. à p. du 6 janv.
S é n é g a l ...........................

T ahiti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

11 h. mat.
3 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
3 h. 20 soir.
3 h. 20 soir.
10 h .30 m
3 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. mat.
10 h. 30 m.
10 h. mat.
10 h. soir.

10 h 30 m.
6 h. 35 soir.
10 h. mat.
10 h. mat.
mat. ousoir
10 h. mat.

midi........
11 h. mat..
11 h. mat..
11 h. mat..

10 h. soir. 11 h, 30 s.
10 h. mat. 11 h. mat.
10 h.'soir. 11 h. 30 s.
l’avant—Teille soir,
la veille au s o i r . .
l’a i . - v e i l l e malin,
l’avant-veille soir,
la veille au so ir.,
l ’a v .-veille malin.

Voie Le Havre et Cherbourg
par New-York

A rriv é e s à M a rs e ille
A lg é rie :

A lger...........................
Constantine par Philippeyille et Bône..........
Oran...........................
T u n i s i e ...........................
I n d o - C h i n e ...................
N o u v e l l e - C a l é d o n i e ..

Voie de B rindisi........

Lundi, Mercredi, Vendredi, Samedi .
Lundi, M ardi, Jeudi, S a m e d i. . . .
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

Merci'., Vend., Dim.
Ligne de l’Indo-Chine,
tous les 14 jours.
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de 2 en 2 semaines.
Tous les 28 jours.
Chaque Samedi.

R é u n i o n , Madagas­
c ar et D jib o u ti.

Vers les 14 el 25 de
chaque mois.

G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
que, G u y a n e :

Voie de Saint-Nazaire .
Voie de Bordeaux......
Voie d’Angleterre ....

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les t i jouis.

A f r i q u e - O c c id e n t a le :

Voie de Bordeaux......
Voie de Liverpool......

Tous les 14 jours.
Environ toutes les 2 semaines.

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T é lé p h o n e

3 -0 5

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES

A rt . 2.
Cette association a pour but l’étude, la dé­
fense et le développement des intérêts généraux
de la colonisation française et spécialement
l'extension des rapports de la région marseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notamment de re­
cueillir et de centraliser tous documents et ren­
seignements utiles, de rechercher les principes
à observer, les méthodes à appliquer, d’exami­
ner et de provoquer toute mesure d’ordre légis­
latif, administratif ou économique qui lui pa­
raîtrait de nature à favoriser les intérêts que
mettent en jeu les rapports de la métropole avec
les colonies.
A r t . 3.
L ’Institut colonial Marseillais
comprend
deux catégories de membres.
La première catégorie est celle des membres
titulaires et comprend :
Les membres de droit ;
Les membres sociétaires fondateurs ;
Les membres donateurs ;
Les membres adhérents.
Les membres de droit sont les délégués de la
Chambre de Commerce de Marseille, dont le
nombre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les membres sociétaires fondateurs et dona­
teurs sont ceux qui dans le but de seconder,
plus efficacement, l’œuvre de l’Institut colonial,
lui donnent un concours financier important.
La deuxième catégorie est celle des membres
correspondants ; ceux-ci sont agréés par le Con­ I

Services de l'Institut :
Iiez-de-Chaussée : Musée Commercial.
Salle des Cours Coloniaux.
Ier étage : Musée Colonial.
3mc étage : Secrétariat de l’Institut, Bureau de
Renseignements.
Rédaction de T « Expansion Coloniale ».

Cours coloniaux :

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontanément, soi»
sur sa demande, tous renseignements de natui»
à seconder l’œuvre coloniale de l’Institut.
A r t . 4.
Toute personne qui voudra faire partie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa demande au Président.
La demande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le Pre­
sident soumet la demande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a­
vance et acquises à la Société, en cas de démis­
sion en cours d’exercice.
Toute démission devra être adressée au Pré­
sident par écrit.
Le non paiement de la cotisation, pendant
deux années consécutives, entraîne de droit la
radiation.
Pour être membre sociétaire fondateur, il
faut payer :
1° Un droit d’admission de 1.000 francs au
minimum ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
minimum.
Pour être membre donateur il faut payer :
1° Un droit d’admission de 500 francs au mi­
nimum ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
minimum.
Pour être membre adhérent, il faut payer une
cotisation annuelle de 30 francs au minimum.

Législation et Economie Coloniales.
~ M. R aynaud .
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud .
Cultures coloniales. — Jardin colonial.
M. V. DAVtN.
Histoire des Religions dans les peuples indigè­
nes des colonies.
M. G. F oucart.

Directeur : M. le Dr H eckel.
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
Produits végétaux coloniaux.
collaboration des professeurs des Cours Colo­
M. H. Jumelle .
niaux, les &lt;( Annales de l’Institut Colonial de
Produits animaux et parasitologie des plantes
Marseille »
. ____________
et des animaux des colonies.
Institutions connexes :
M. Jacob DE CORDEMOY.
2m8 étage : Société de Géographie (Bibliothèque
Minéralogie et Géologie coloniales.
Publique).
M. Lr L aurent .
,
Comité de l’Alliance Française.
Histoire et Géographie Coloniales.
M. P. M asson .
3me étage : Syndicat des Exportateurs.

Comité de rédaction de « l'Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements : Louis Y tier , Vice-Président : Jacques L éotard , Secrétaire ; Paul M asson, Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. Emile Baillaud , Secrétaire de l’Institut colo- .
niai. — M. Auguste Gir y , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.

Marseille.

Im prim erie du Sém aphore, B a r l a t ie r . m e Venture, 17-19

�Imprimerie
du “ Sémaphore"
Barlatier
17-19, rue V enture
Marseille

�4'"' A nnée. — N° 33

Le N u m éro : 50 cen tim es

l or A oût 1910

L’EXPANSION COL
B U L L E T IN

DE

SO M M AIRE
Les produits de l'Afrique équatoriale dans les
grands ports de l’Europe du Nord, par M. Fa-

121

m e c h o n .....................................................................................

Institut colonial marseillais :
Extraits des procès-verbaux.............................
Bureau de renseignem ents.............................
Extraits de la correspondance..............
. .
Musée commercial : Exposition des Blés . .

ABONNEMENT

: F rance

Rue

et

Noailles,

125
125
127
129

L’exploitation des écorces de palétuviers, par
M. E. BAiLLAun..................................................
Chronique du mois, J. L......................................
La récolte de la Gomme en Mauritanie . . . .
Actes coloniaux officiels........................................
Avis d ’adjudication...............................................
Marché des produits coloniaux...........................
Marché des valeurs coloniales.............................
Services postaux Marseille Colonies..................

C o l o n ie s ,

5

—

6

fr a n c s

Téléphone

M A R S E I L L E

; É tranger,

36-90

8

francs.

131
134
136
137
137
138
139
140

�IN ST IT U T

C O LO NIAL

M A R SE IL L A IS

Fondé sous le lianl patronage de M. le Ministre des Colonies
Présidents d ’h onneur :

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le R ésident général de la République F rançaise
à Tunis.
Le Général C om m andant en chef le XV' Corps
d ’armée.

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le R ecteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Le D oyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, A ugustin, P résident h onoraire de ia
Chambre de Commerce,
Charles -Roux, Jules, Com missaire g énéral de
l’Exposition Coloniale de M arseille 1906.

Membres 1

MM.

Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
merce. — Bergassè . H. et C". — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Roux, Jules, Com m issaire général de l’Exposition
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
m ins de fer de P aris à Lyon et à la M éditerranée.
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
pagnie M arseillaise de M adagascar. —- Comptoir
National d’Escompte de P aris. —- Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des M essageries M aritimes. —
Membres

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Chabrières , Morel êt C". — Cham­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et E ntrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
de Navigation (Fraissinet &amp; C1'). — Compagnie de
N avigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs d é c h a rg é F rançais. — Compagnie
Générale F rançaise de Tram w ays. — Cyprien F abp.e &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour M arius et Fils — E strine , Lucien,
V ice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraud, Augustin, P résident honoraire de la
Cham bre de Commerce. — L ombard, Emile, Mem-

Desbief , Paul, P résident de la Cham bre de Com­
merce. — D ueay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C'\ — Gavoty, Charles. — H eckel, E douard (Dr),
P rofesseur à la Faculté des Sciences, D irecteur du
Musée Colonial. —■« Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des T ran sp o rts M ari­
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Com mercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développem ent du
Commerce et de l’Industrie en France.
d o n ateu rs :
bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat , H.
Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie F rançaise de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. P avin de Lafarge. — Rastit , H enri. —
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., m em bre de la Chambre de Com­
merce. — R odkigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue F rançaise ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Cham bre de Commerce. —
Usslaub , Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Za rifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul, P résident h o n o raire de la Chambre de Commerce.
M. Estrine , Lucien, Président de la Chambre de Commerce.

Président : M. Artaud, Adrien, M embre-Secrétaire de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier , Paul, D irecteur du
Vice-Présidents : MM. le D’ H eckel , DirecteurFondateur du Musée Colonial, P résident
Sémaphore ; F ouque, Adolphe, P résident hono­
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
Chef d u Service Colonial : le C” Armand,
Albert, prem ier Vice-Président de la Chambre
de Commerce, P résident du. Syndicat M arseil­
lais de la M arine M archande ; B ohn, Frédéric,
Membre de la Cham bre de Commerce, Admi­
nistrateur-D irecteur de la . Compagnie F ra n ­
çaise de l’Afrique Occidentale.

raire d u S yndicat d ’in itiativ e de Provence.
Trésorier : M. Yt ier , L., A ssureur, V ice-Président
du Syndicat des E xportateurs.
Trésorier-Adjoint: T eisseire , Raym ond, Avoué,
Secrétaire de la Société de : Géographie.

Membres :

MM.

Allemand, J., Membre de la Chambre de Commerce,
Allest , J. (D’). A dm inistrateur-D élégué de la Com­
pagnie Générale T ransatlantique.
Arnaud Lucien, Minotier.
Bf. rgasse, Alexandre, Négociant.
Bourdili.on, A., A rm ateur.
Charve, L., Doyen de la Faculté des Sciences.
Déchaud, D irecteur des M essageries M aritimes.
Dufay, H., Ane. Vice-Prés, de la Chamb. de Comm.
Dufour, Antonin, Juge du T ribunal de Commerce.
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
Estier , Nicolas, ancien P résident du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffarel, Paul, P rofesseur à l’Université.
Giraud, Hubert, A rm ateur, Membre de la Chambre
de Commerce.
Jacquemet, Louis, P résident du Syndicat des
Négociants en cafés.
J oannon, A., Avocat, P résident de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole Supérieure
de Commerce.
J ourdan. Félix, Juge au T ribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Cham bre de Commerce.
I é o t a r d , Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.

MM.
L ombard, Emile, Vice-Président de la Chambre
de Commerce.
Mallen, E., Arm ateur.
Martin -Laval, F., Vice-Président du Syndicat des
E xportateurs.
Masson, Paul, P rofesseur à l’U niversité et à l’Ins­
titut colonial.
Moriceau, E., A dm inistrateur en chef des Colonies
en retraite.
R astit , Henri, Industriel.
R astoim, E., P résident de la Société pour la Dé­
fense du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
Roux. François (De), Ju "e au T ribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre d° la Chambre de Commerce.
Velten , Edouard, Ir.Ji'striel, Ancien Membre-Se­
crétaire de la Cham bie de Commerce.
Lévy, Clément, 1" Adjoint au M aire de Marseille.
Delibes , J., Délégué d u Conseil M unicipal.
Rossi, Clément. Délégué d u Conseil M unicipal.
Maurel, Agricol, Délégué d u Conseil Général.
T alon. Eug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire de l’Institut colonial : Emile Baillaud,
diplôm é de l’Ecole des sciences politiques, an ­
cien chargé de Missions coloniales.

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

ü .l l ’I S
L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant (ous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications. Il a installé dans
son hôtel (ascenseur), des salles de réunion,
lecture et correspondance, où ils trouveront
des journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,

Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’INSTITUT. COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

�les

pèr es

c h a r tr eu x

e x p u l s é s d e la G r a n d e C h a r t r e u s e e t d é p o s s é d é s
d e l e u r s a n c i e n n e s m a r q u e s v e n d u e s aux e n c h è r e s

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M A N C H E S T E R e t L IV E R P O O L

PRINCIPAUX COMPTOIRS A LA COTE OCCIDENTALE D’AFRIQUE :

S a in t-L o u is , B a m a k o , D a k a r, R u fisq u e , F o u n d io u g n e , G am bie, C a sa m a n c e
B is s a o , C o n a k r y , S ie r r a -L e o n e , G ran d -L ah ou , G ra n d -B a ssa m
A s s in ie , A b o is s o ,

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pidité parfaites. Fabriquée S A N S A D D I T I O N
D’A L CO O L a vec des eaux s t é r ilisé e s par l’ozone,
elle résiste à tous les climats. T r è s recom ­
mandée dans les pays chauds, elle e st tonique,
rafraîch issan te et fortifiante.

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U nion Wlarine, Insurance C° L td ..........................................................................................
»
M annheim (et Cie Filiale), assurances-transport...............................................................
)&gt;
Relianoe M arine, Insurance (&gt; L td ....................... ........... ...........................................
))
G énérale de D resd e (et Cies Filiales), assurances-transport.........................................
))
P r . N ationale, assurances-transport...................................................................................
))
Su isse, assurances générales.................................. ..............................,
..........................
»
Savoia (et O Filiale), assurances-transport....................... .................................... .........
))
Assurances générales de Magdebourg, “ W ilhelm a ” ........................................................
))
A grippine, assurances-transport...................................... ................................... ............
»
Lloyd de Cologne, assurances-transport...........................................................................
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F o rtu n a, assurances générales........................................... ................. . . . ...........................
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H ansa, assurances générales de Stockholm.................................. ...................................
7r.
Total................................

p ris e s )
37 .500.000
17 .500.000
12 .500.000
12 .375.000
11 .000.000
5..000.000
5,.000.000
3 .750.000
3. 750.000
3..750.000
1..875.000
3 000.000
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C o m ptoir de Vente : SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES TUILERIES DE MARSEILLE k C*

��Quatrième Année.

Nü 33

*

1er Août 1910.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin 4e l’Institut Colonial Marseillais

Les F r o iM l'Mrip Eptorlale
iaos les grands Forts le l’Europe iu Sorû
M. le Gouverneur général Merlin a eu l’heu­
reuse initiative de prier M. Famechon, chef
des affaires économiques de l’Afrique Equa­
toriale française, d’employer son congé ad­
ministratif à parcourir les principaux ports
de l’Europe du Nord où s’opèrent les tran­
sactions commerciales relatives aux pro­
duits naturels exploitables ou exploités de
l’A. E. F. Il devait noter les usages commer­
ciaux pratiqués dans ces différentes villes,
recueillir tous les renseignements commer­
ciaux de nature à éclairer les commerçants
africains sur les modes de procéder pouvant
faciliter leurs opérations et augmenter leurs
affaires, en s ’attachant tout spécialement
aux questions se rapportant au commerce
des bois.
On sait de quelle manière remarquable
M. Famechon s’est consacré au dévelopement
des colonies de FAfrique Occidentale, aux­
quelles il a été attaché comme chef de service
des douanes, et comment la Guinée française
notamment lui doit la renommée de ses
caoutchoucs Nous sommes heureux de pou­
voir reproduire ci-dessous les résultats de
l’enquête dont il a été chargé par M. Merlin
et dont îi a bien voulu adresser à l’Institut
Colonial un résumé. Ges conclusions sont
d’autant plus intéressantes qu’elles nous font
mesurer la situation déplorable créée à notre
port par l’absence de communications régu­
lières avec nos possessions de l’Afrique
Equatoriale.
HAMBOURG
Le marché de Hambourg tend de plus en
plus'à devenir le point où s’opèrent toutes
les transactions de gros de la Baltique au
Pas-de-Calais.
Okoumé. — J’ai eu l’occasion de m’entre­
tenir avec les directeurs de Fune des plus
importantes maisons de commission en bois,
et de visiter les dépôts qu’ils possèdent dans
le port franc, dépôts qui sont probablement
les plus importants de toute l’Allemagne pour
les bois exotiques. Ils ont mis la plus grande
complaisance à répondre à mes questions, et

je dois ajouter, qu’après m’être renseigné à
d’autres sources, j’ai pu constater que leurs
appréciations étaient justes sur tous les
points. Ges messieurs sont les plus forts mar­
chands d’okoumé du monde entier et les con­
currents qu’ils avaient à Brême semblent re­
noncer à ce genre de commerce. Mieux que
personne, ils pouvaient me renseigner sur
les causes de la crise que subissent les ven­
tes de nos bois. Or, ils estiment qu’il n’y a
jamais eu de crise sur l’okoumé. Ce bois est
utilisé à Hambourg, ou du moins a été utilisé
jusqu’ici, presque exclusivement par dérou­
lage pour la fabrication de planches minces
employées quelque peu pour les intérieurs
de meubles, et surtout pour la confection des
boites à cigares. Etant donné la consomma­
tion formidable de cigares que l’on fait en
Allemagne, ce n’est pas là un débouché insi­
gnifiant, car on évalue à 50.000 tonnes par
an le bois employé à cet usage.
Le peuplier d’Amérique et l’aulne de Rus­
sie y ont servi presque exclusivement jusqu’à
ces dernières années, puis des essais satis­
faisants ont été faits avec de l’okoumé et,
petit à petit, depuis environ dix ans, à mesu­
re de l’augmentation de prix des bois russes
et américains, les usines allemandes en ont
demandé des quantités croissantes.
Mais en 1906, à la suite de grèves d’ouvriers
forestiers en Amérique, de troubles politiques
en Russie, l’exploitation du peuplier et de
l’aulne fut suspendue. Faute d’autres ma­
tériaux, les fabricants de boîtes à cigares
enlevèrent tout l’okoumé existant sur les mar­
chés et firent en Afrique d’importantes com­
mandes. Les négociants gabonais crurent que
la consommation normale de ce bois avait
décuplé brusquement, alors qu’il ne s’agis­
sait que d’un état de chose temporaire. Ils
continuèrent leurs expéditions après que tous
les contrats furent expirés. Les bois, que le
marché allemand n’était pas préparé à ab­
sorber, restèrent en souffrance et les billes
sous l’effet des intempéries, ne tardèrent pas .
à se fendre et à perdre la plus grande partie
de leur valeur.
Pressés par le besoin d’argent, les proprié­
taires fiçent passer sans succès leurs lots dé­
préciés du Havre à Anvers, d’Anvers à HamiDourg, et ne réussirent qu’à jeter le discrédit
sur les produits du Congo en offrant des
marchandises en mauvais état. Ainsi s’expli­
quent les ventes conclues en fin 1908 à 40
francs la tonne.
Depuis, l’importation s’est ralentie en mê-

�12 2

L’EXPANSION COLONIALE

me temps que là consommation continuait sa mais il estime comme nous qu’une réglemen­
progression lente mais régulière, et, la qua­ tation énergique aura un succès presque im­
lité des bois frais étant satisfaisante, les médiat. La mauvaise qualité des produits ga­
cours se sont stabilisés à environ 80 francs la bonais tient, d’après lui, non à la nature du
tonne en grume et 90 francs en billes équar- latex des plantes, mais au mode détestable
ries. Ce prix est rémunérateur pour les mai­ de coagulation employé par les noirs. On en
sons du Gabon et on peut considérer la crise trouve la preuve dans ce fait que, lorsque
comme terminée.
les agents d’une société en prennent la peine,
Autres bois. — MM'. Müller, de Hambourg, presque immédiatement la qualité de leurs
ont attiré mon attention sur le parti que le envois s’améliore. C’est ainsi que le 20 octo­
commerce pourrait tirer du fromager. Déjà bre, ce courtier venait de faire acheter au
employé pour la fabrication des caisses d’em­ Havre un lot de plusieurs tonnes de caout­
ballage, il semble devoir donner de bons ré­ chouc provenant d’une société gabonaise et
sultats pour la confection des intérieurs de composé de grosses boules percées d’un trou
meubles par suite de sa légèreté, de la rapi­ au milieu. Ce lot avait été payé 8 francs le
dité avec laquelle il sèche et de sa propriété kilo tandis que d’autres lots provenant des
mêmes régions n’étaient cotés que 6 fr. 50.
de ne pas se fendre on séchant.
A Hambourg on apprécie de la façon sui­
A mon retour à Paris, j’ai reçu une lettre
de ces négociants qui me faisaient Savoir vante l’avenir commercial de nos caout­
qu’ils pourraient écouler 5.000 tonnes'de bois choucs :
de fromager chaque année, à un prix équi­
Certes, les caoutchoucs de plantations qui
valent sinon supérieur à celui de l’okoumé. proviennent principalement de Ceylan et des
Ils hésitaient à prendre aucun engagement Straits Settlements, constituent nar le soin
avant de savoir si le Gabon pourrait fournir apporté à leur préparation, un produit de
cette quantité. J’ai répondu à MM. Müller choix, et ils peuvent être employés par l’in­
que la colonie était assez riche en fromager dustrie presque sans épuration, mais les
pour alimenter une exportation considérable caoutchoucs « sauvages » ont sur ceux-ci une
et j’ai fait part de leur demande par circu­ énorme supériorité : ils sont plus élastiques,
laire à celles des maisons gabonaises dont plus vivants, si cette expression peut être em­
l’adresse du comptoir central m’était connue. ployée. Ils seront donc préférés, malgré une
Je suppose qu’elles ne négligeront pas cette préparation moins bonne, pour tous les usa­
nouvelle branche d’affaires. Deux mois plus ges où un produit fort et résistant est néces­
tard un avis concernant Yéponge, arbre ori­ saire.
ginaire du Cameroun allemand, qui existe
Il convient de noter que les qualités qui
très vraisemblablement au Gabon, a reçu
font
rechercher la gomme sauvage n’exis­
une suite identique.
Parmi les bois d’ébénisterie proprement tent plus du tout dans les produits secondai­
dits, l’ébène et le bois rouge sont connus, res et impurs, et que ceux-ci, déjà moins de­
mais relativement peu employés. Le chêne mandés, ne seront plus acceptés, quel qu’en
(Kambala) est très apprécié parce qu’il a été soit le prix, dès que la production des plan­
présenté par l’Union commerciale en belles tations aura augmenté. Si donc l’administra­
française arrive à obliger les indigènes
billes, droites et saines, qui permettront d’en tion
préparer un produit d’aussi bonne qualité
tirer de beaux panneaux de meubles. On peut àque
qui provient de Conakry, elle peut
prévoir des demandes importantes pour cette être celui
assurée que son caoutchouc sera de bon­
essence.
Les frais que subissent les bois vendus sur ne vente pendant an moins dix années en­
la place de Hambourg sont de 2 1/2 % de core.
Cet avis semble juste et logique.
commission et 1 % d’escompte, pour l’okoumé
seulement. Pour les autres essences, ils sont
Huiles et graines grasses.— Le Gabon et le
environ de 4 à 5 marks la tonne de 1.000 ki­ Moyen-Congo sont couverts de forêts dans
los, commission non comprise.
lesquelles les arbres à graines grasses abon­
Caoutchouc. — L’un des principaux cour­ dent. Plusieurs tentatives d’exploitation, in­
tiers en caoutchouc,, auquel j ’exposais som­ suffisamment préparées, et qui avaient pour
mairement le but que comptait atteindre le objet l’owala, le beurre de Dilca, etc., ont
Gouvernement général de l’Afrique Equato­ échoué, mais le commerce des huiles et
riale française en prescrivant un contrôle très amandes de palme, bien que presque arrêté
strict à la sortie de la qualité des caoutchoucs depuis que les comptoirs anglais ont dû fer­
exportés,, de manière à en obtenir le relève­ mer leurs opérations, a eu autrefois une ac­
ment comme cela a été fait naguère dans les tivité assez grande, et il n’est pas douteux
colonies de l’Afrique Occidentale et notam­ qu’il doive redevenir une des principales
ment en Guinée, se montra fort intéressé par sources de richesse du pays.
ce projet.
Je jugeai donc utile de demander à l’un des
Il a vendu jusqu’à ces dernières années de principaux courtiers en matières grasses au­
fortes quantités de caoutchouc gabonais, et quel j’avais été recommandé, ce qu’il pensait
mieux que personne il en connaît les défauts, de l’organisation d’une exportation directe de

�L’EXPANSION COLONIALE
graines oléagineuses du Gabon sur Ham­
bourg.
La réponse qui me fut faite n’est pas de
nature à nous faire escompter un trafic im­
posant. Les courtiers en matières grasses
sont les intermédiaires entre les importa­
teurs et les consommateurs en gros, mais
n’entendant pas se substituer aux premiers.
Or, à l’exception de là màison Woerman, les
importateurs sont presque en totalité des
maisons anglaises dont lé siège est à Liverpool, qui font diriger sur ce port leurs arri­
vages d’Afrique et réexpédient de là, suivant
les besoins de l’industrie, ou les Cours plus
avantageux, les quantités qui sont deman­
dées à Rotterdam ou à Hambourg.
Comme je m’étonnais que les courtiers de
Hambourg ne fissent pas des efforts plus ac­
tifs pour attirer chez eux les produits afri­
cains, je reçus l’explication suivante :
Dans le gros commerce, chacun â sa spé­
cialité, et il est sage de s’y tenir sans empiéter
sur les affaires du voisin si l’on veut éviter
des représailles. Liverpool s’est fait une spé­
cialité de l’importation directe des palmis­
tes ; laissons-la lui, et il ne sera pas tenté de
nous enlever d’autres affaires. D’ailleurs, les
achats de produits réexpédiés de la côte an­
glaise ne sont pas moins profitables que les
autres.
ANVEïRS ■
Dans l’état actuel du commerce, le marché
d’Artvers ne peut être intéressant pour nos
exportateurs qu’en ce qui concerne les bois
et les caoutchoucs.
Bois. — J’eus la bonne fortune de trouver
immédiatement un courtier jeune et intelli­
gent qui se montra fort disposé à nous secon­
der, et, peu après, un second courtier, qui
me fut adressé par notre Consul général, en­
treprit à son tour une propagande active au­
près des industriels qui sont ses clients. Des
échantillons de bois qui leur furent adressés
ont sans doute été appréciés, car j’ai dû ré­
pondre à plusieurs demandes complémentai­
res, et inviter les chefs des maisons gabo­
naises à adresser à ces courtiers des offres
fermes de vente pour lesquelles je ne pouvais
servir que d’intermédiaire, mais qui concer­
naient des lots importants.
J’ignore quelle suite à été donnée à ces
propositions, car certaines maisons sont liées
par contrats avec des courtiers, qui d’ailleurs
ne font nul effort pour accroître l’emploi de
nos bois, ou bien ont essuyé naguère sur le
marché belge des insuccès qui les rendent
sceptiques sur le résultat de notre campagne.
J’espère cependant que celle-ci ne restera pas
stérile par suite de la négligence de nos né­
gociants à accueillir les propositions d’achat
que nous leur amenons.
De son côté, M. Crozier m’a offert de faire
procéder par des industriels avec lesquels il
entretient des relations personnelles, à des

123

expériences de fabrication de bois d’allu­
mettes.
Ces expériences n’ont pu avoir lieu jus­
qu’ici, car les quelques rondins d’okoumé
indispensables pour^cela ne m’ont été offerts
que récemment.
Caoutchouc. —- Il paraît que les courtiers
du port d’Anvers ne tiennent nullement à
attirer les caoutchoucs du Congo français sur
leur place. Le marché du caoutchouc du Ha­
vre a été créé sur la demande du Gouverne­
ment français avec le concours des négo­
ciants anversois, et, par esprit de bon voisi­
nage, ceüx-ci ne cherchent pas à enlever la
clientèle d’une organisation commerciale
dont ils se considèrent comme les parrains.
D’ailleurs, les courtiers du Havre ont con­
servé avec leurs collègues d’Anvers les meil­
leures relations. Ces relations se maintien­
dront, car le Havre, qui gardera la clientèle
des sociétés concessionnaires françaises, ne
peut concurrencer Anvers, au cas où il vou­
drait détourner lé mouvement particulier
à ce port. La différence des salaires d’ouvriers
et des frais de port permet en effet aux cour­
tiers belges de gréver le caoutchouc de frais
inférieurs de trois centimes par kilo à ceux
pratiqués au Havre, et cette différence est
suffisante pour rendre la concurrence
impossible.
DUNKERQUE
Bois. — Certains producteurs de bois ga­
bonais s’étaient déjà adressés à des courtiers
de Dunkerque, mais je crains que la manière
dont ils s’y sont pris ait été pour beaucoup
dans l’insuccès de leurs démarches.
On désire faire ici des opérations considé­
rables, de préférence sur des matières pre­
mières demandées par la grande industrie :
minerais, bois, laines, cotons, féculents.
Les industriels passent à ^.étranger des
contrats à livrer à trois ans avec ou sans le
concours des Courtiers, et ces derniers sont
chargés de recevoir les navires et d’approvi­
sionner les usines. De préférence on opère les
importations au moyen de cargoboats affré­
tés à plein chargement au moins une fois
tous les trois mois et l’on obtient ainsi des
frets de 50 % inférieurs à ceux des Compa­
gnies à itinéraires réguliers, telles que les
Chargeurs Réunis.
Pour que les produits du Gabon puissent
se vendre à Dunkerque, il faut donc d’abord
que, la qualité en ayant été appréciée sut
échantillons, ils donnent satisfaction aux in­
dustriels ; puis que la quantité que l’on peut
obtenir soit suffisante pour charger des na­
vires, et que le négociant africain s’engage à
fournir une quantité déterminée, à des prix
acceptés d’avance, pendant une période de
trois ans. Ce mode de procéder empêche par­
fois le vendeur de profiter d’une hausse, mais
il lui garantit l’inestimable avantage de n’ê-

�124

L’EXPANSION COLONIALE

tre plus à la merci d’une crise et stabilise
les affaires.
Manioc■— Les féculeries et amidonneries
du Nord consomment des quantités formida­
bles de cette racine qui concurrence la pom­
me de terre dans ses emplois industriels.
En prévision de l’application du droit, éta­
bli en 1908, les industriels avaient constitué
de grands approvisionnements qui commen­
cent à s’épuiser, et le cours du manioc a pas­
sé de 13 francs à 14 francs (1). La demande
est telle que l’on a pu me dire : « Trouvezmoi un fournisseur qui dispose de manioc,
et je ne demande pas 24 heures pour passer
une contrat de livraison de 50.000 tonnes par
an à 140 francs la tonne. »
Je signalerai enfin que les racines impor­
tées à Dunkerque jusqu’ici sont moins belles
que celles de l’Afrique Equatoriale -et parais­
sent plus ligneuses et moins riches en fécule.
Elles sont simplement coupées par tronçons
de vingt centimètres environ, lavées pour
être débarrassées de la terre, mais non écorcées, fendues en quatre dans le sens de la
longueur et séchées au soleil. Il importe seu­
lement d’éviter la moisissure.
Graines grasses. — Jusqu’ici les usines de
la région n’ont traité, pour la fabrication des
huiles, que des graines de colza, d’œillette
et de sésames. Ce sont surtout des huiles à
manger qu’elles ont livré au commerce, en
conservant pour la fabrication du savon noir
à la potasse, d’usage général dans le Nord,
les huiles de quatrième pression obtenues à
chaud. Mais on construit actuellement une
usine de capacité formidable dans la ban­
lieue de Dunkerque, et pour l’approvision­
ner, il ne faudra pas moins de 250 tonnes
de graines par jour. Les machines seront
construites" de manière à pouvoir traiter les
palmistes. Le commerce d’exportation des
palmistes ne pouvant manquer de se créer à
brève échéance dans le Moyen-Congo, les
négociants de cette colonie pourront peutêtre trouver là le moyen de conclure des mar­
chés à livrer dans de bonnes conditions, et
leur permettant de fixer leurs prix d’achats
sans craindre les conséquences d’une baisse
toujours possible', el redoutable pour des
maisons qui ne peuvent vendre leurs produits
que trois mois au moins après l’achat sur
place, ce délai étant nécessaire pour le trans­
port de Brazzaville en Europe.
LE HAVRE
Dois. — Parmi les négociants chez lesquels
je cherchai à obtenir des renseignements
précis, il en est un qui consentit à me répon­
dre avec une franchise brutale, mais très cor­
diale, dont je lui sais le plus grand gré.
(1) Ou cote en effet actuellem ent de fr. 17,50 à
19,50, flottant à décembre caf. ports de France, les
racines m anioc Tonkin décortiquées.

« Le commerce du bois, me dit-il, nous le
pratiquons depuis que des bateaux vont au
Congo, et nul mieux que nous ne le connaît.
Si nous n’en vendons pas plus, c’est' qu’il
n’y a pas moyen d’en écouler des quantités
supérieures à celles que vous voyez figurer
aux statistiques et parce que vos bois gabo­
nais laissent beaucoup à désirer.
« Enfin, si vous voulez que je vous dise
toute ma pensée, j’ajouterai que le pire enne­
mi des colons c’est eux-mêmes.. Eux qui n’ont
su organiser leur production, qui ont expé­
dié en Europe des chargements entiers de
navires, et qui ont fait tomber les cours par
cet afflux dépassant les besoins de notre ré­
gion. Il leur fallait une leçon : ils l’ont eue
et j’espère qu’elle leur sera profitable. Nous
autres courtiers du Havre n’y avons pas été
étrangers. On avait envoyé en 1907 un stock
de plusieurs centaines de tonnes d’okoumé
pour lequel il n’y avait pas de demande, nous
nous sommes abstenus de rechercher des
amateurs. L-e bois fut laissé en dépôt pendant
plus d’un an, exposé aux intempéries, et suloissant la charge du magasinage. Cependant,
le fret n’était pas payé, et les Chargeurs
Réunis, las d’attendre, exigèrent la mise en
vente aux enchères publiques. L’adjudica­
taire du lot l’obtint pour un prix insignifiant
qui ne couvrait pas même le fret. L’expédi­
teur ne recommencera certainement pas d’o­
pérations analogues.
« Le cours de l’okoumé en billes est de
90 francs les .1.000 kilos, soit 50 francs le
mètre cube. C’est un prix satisfaisant (1), et
nous désirons vivement que l’importation
n’augmente pas afin. qu’il se maintienne. »
L’opinion ainsi exprimée paraît être par­
tagée pour les autres marchandises par les
divers courtiers de la place. L’intervention
utile de l’administration désireuse d’aider les
efforts des particuliers pour donner une im­
pulsion plus vive aux affaires en est rendue
fort difficile. Quant aux crises commerciales
présentes ou à venir, on paraît n’y voir
qu’un seul remède : restreindre la production
pour diminuer l’offre des produits et provo­
quer un relèvement des cours. A mon sens, il
est au contraire logique de combattre la mé­
vente par l’ouverture de nouveaux débouchés
augmentant la demande des consommateurs.
F am echon,

Chef du service des Affaires économiques
de l'Afrique Equatoriale française.
(1) A ctuellem ent (juin 1910) le cours de l’okou­
mé au H avre a ttein t 100 fran cs et Le stock est
épuisé. Q uant à l’acajou, coté 150 à. 160 francs
il n ’en existe plus une seule bille disponible.

�L’EXPANSION COLONIALE

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX

Réunion du Bureau du 2 juin 1910.
Présents : MM. Artaud, président ; Heckel,
vice-président ; Fouque, secrétaire ; Ytier,
trésorier ; Teisseire, trésorier adjoint.
Excusés : MM. Bohn, Ponsinet.
Le procès-verbal de la dernière séance est
lu et approuvé. M. le Trésorier rend compte
de la situation financière, qui n’appelle pas
d’observation.
M. Artaud donne communication d’une
lettre de M. Déchaud, directeur de l’Exploi­
tation de la Compagnie des Messageries Ma­
ritimes, par laquelle celui-ci remercie les
membres du Conseil d’Administration de
l’Institut de l’avoir appelé au milieu d’eux.
Départ de M. Klobukoioski. — M. le Pré­
sident rend compte du bon accueil qu’a fait
M. le Gouverneur général de l’Indochine à
la délégation du Conseil d’Administration
qui a été le saluer à son départ et l’entretenir
de l’intérêt que présentaient les propositions
à faire pour le régime douanier de cette,
colonie.
Exposition de Bruxelles.— M. le Président
communique les lettres d’invitation qu’il a
reçues des divers commissaires français à
l’Exposition de Bruxelles pour l’inaugura­
tion de la section française et informe le
Bureau qu’il a prié M. le comte Armand,
vice-président de l’Institut, de le représenter
à cette solennité.
Exposition des- blés. — M. le Président
entretient le bureau des différentes questions
se rattachant à la prochaine Exposition des
blés.
Correspondance. — M. le Président donne
communication des principales lettres reçues
et échangées (Association rizicole de l’Indo­
chine, demandant le concours de l’Institut ;
Ecole d’Agriculture de Tunis, demandant la
publicité de YExpansion ; MM. Jeancart et
Ci3, demandant l’intervention de l’Institut
auprès du Gouvernement de Madagascar au
sujet des droits mis sur l’exportation des
bois), etc.
Plus rien n’étant à l’ordre du jour, la séan­
ce est levée à 4 heures.
Assemblée générale du 12 juillet 1910.
La séance est ouverte sous la présidence
de M. Artaud, assisté de MM. le Dr Heckel,
Bohn, vice-présidents ; Ytier, trésorier ; A.
Fouque, secrétaire.
Nombre des membres ayant signé la feuille
d’émargement, 21 ; pouvoirs, 102.
Le procès-verbal de la séance de l’Assem­
blée générale du 17 mars 1910, inséré dans
YExpansion Coloniale du 1er avril, est adop­
té sans observations.

125

M. le Président indique que l’Assemblée
générale a été convoquée pour approuver,
conformément à l’article 14 des statuts, un
projet de bail passé avec la Société Anonyme
des Etablissements Bokanowski et Clû, pour
la location de la partie du rez-de-chaussée de
l’immeuble de l’Institut, occupée actuelle­
ment par le Musée Commercial.
Il rappelle les raisons qui ont poussé le
Conseil à envisager cette location, raisons
qu’il a exposées à la précédente assemblée
dans le compte rendu matériel et moral qui
a été publié in extenso dans le numéro du
1er avril 1910 de YExpansion Coloniale.
Cette location, tout en facilitant l’existence
financière de l’Institut, servira de point de
départ à une transformation du Musée Com­
mercial, qui sera transporté au 3mo étage et
qui sera combiné de façon à faire une part
égale aux produits d’importation et à ceux
d’exportation, et à renseigner importateurs
et exportateurs sans aucune préoccupation
de rendement et de publicité.
Lecture est donnée du projet de bail signé
par la Société des Etablissements Boka­
nowski.
Personne ne faisant d’observation, le bail
est adopté à l’unanimité.
La séance est levée à 3 h. 1/4.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Colonisation en Algérie. — Un groupe de
cultivateurs de Saint-Zacharie (Var) nous
ayant demandé de leur faire parvenir les
notices concernant les propriétés sises à Vic­
tor-Hugo et à Hardy qui seront comprises
dans la prochaine vente à bureau ouvert,
ainsi que la liste des centres de la région du
Sers ou où des concessions gratuites pour­
raient se trouver disponibles, M. le Directeur
de l’Office de l’Algérie nous a avisés que ces
futurs colons auraient intérêt afin de gagner
du temps, cà formuler dès à présent leurs
demandes, qui seraient soumises à l’instruc­
tion réglementaire. Chaque requérant doit
formuler une demande spéciale conformé­
ment aux indications contenues dans le livret
de colonisation.
Huiles d'olive de Tunisie. — Nous avons
reçu pendant le mois deux visites qui prou­
vent tout l’intérêt que les produits tunisiens
suscitent à l’étranger et la nécessité pour nos
cultivateurs et agriculteurs de la Régence de
suivre de très près les débouchés qui s’offrent
à eux.
M. S..., de la maison A. S... et C°, viceprésident de la puissante « Grocist Associa­
tion », qui est l’union des négociants en épi­
cerie anglais, est venu nous demander de le
mettre en rapport avec des fabriques tuni­
siennes d’huile d’olive pure.
La consommation de l’huile d’olive aug­
mente de plus en plus sur le marché anglais
[ qui, il ne faut pas l’oublier, est le principal

�126

L’EXPANSION COLONIALE

marché de réexportation du monde entier.
La hausse de ces dernières années a donné
une importance toute particulière à la pro­
duction tunisienne et les huiles non fruitées
pouvant'se vendre un prix légèrement infé­
rieur à celui des huiles de Provence de même
qualité peuvent être assurées d’y trouver
une vente facile.
Comme il s’agit d’une provenance nouvel­
le, il sera nécessaire cependant de procéder
d’une manière réellement commerciale et de
ne point faire comme certaines de nos coopé­
ratives provençales qui, malgré tous les
efforts faits par M. Jean Périer pour les aider
à faire connaître leur marque sur le marché
anglais, lui ont opposé la plus désespérante
inertie (correspondance de l’agent laissées
sans réponse, refus d’envois d’échantillons,
variations continuelles des prix, etc.).
Nous avons transmis le désir deM . S... à
la Chambre mixte de Commerce et d’Agriculture du Centre à Sousse, qui l’a mis en
rapport avec des maisons tunisiennes, et il
y a tout lieu d’espérer qu’il en résultera des
affaires intéressantes.
— M. D..., de la maison J. E... de Bruxel­
les, qu’il représente, nous a fait part de la
constitution d’un consortium des principales
maisons d’huile de Belgique qui se sont en­
tendues pour faire en commun leurs appro­
visionnements d’huiles.
Dans ce but, le consortium s’est rendu
acquéreur, en Tunisie, du domaine de la
Société Belgo-Tunisienne à la Houdja et de
l’huilerie de El Aleh, où il produira les hui­
les d’olive qui lui sont nécessaires.
M- D... nous a demandé, en outre, de le
mettre en rapport avec les fabricants de
Marseille produisant les huiles de bouche de
graines (arachides, sésames) dont le consor­
tium fera également une consommation
importante-.
Il nous a signalé l’intérêt qu’il y aurait
pour les fabricants de savons marseillais de
produire les petits pains longs, genre Sun­
light, qui supplantent de plus en plus en Bel­
gique le savon de Marseille parce qu’on les
trouve plus commodes que les grosses formes
de Marseille.
M. D... est intéressé également par les
figues d’Algérie, mais il nous a dit qu’il était
nécessaire de les importer en Belgique avec
le même emballage que celui qui sert pour
les figues de Bari en Italie (paniers en bois
tranché ou refendu). Cet emballage ne serait
pas employé actuellement en Algérie. Pour
ie cas où il lui serait impossible de le faire
fabriquer sur place, M. D... nous a demandé
de lui indiquer un fabricant d’emballage de
Provence qui puisse lui livrer cet article.
Nous ouvrons une enquête et recevrons avec
plaisir, pour les lui transmettre, les propo­
sitions qui nous seront faites.
Karité. — Le développement pris par la
fabrication des beurres végétaux, qui est

devenu considérable au point de presque
faire doubler le prix des matières premières
utilisées, attire de plus en plus l’attention
des industriels sur le beurre de Karité.
Malheureusement l’exportation de cet inté­
ressant produit n’a pas encore commencé
d’une manière intense par suite de l’insuffi­
sance actuelle des moyens de transports.
Nous avons cependant reproduit dans notre
numéro du 1er mars dernier un intéressant
projet que nous communiquait un négociant
du Soudan, M. D..., qui s’est consacré d’une
manière toute particulière à l’étude de l’ex­
ploitation de cette denrée et qui a trouvé un
moyen pour un meilleur mode de prépara­
tion que celui adopté par les indigènes. Nous
l’avons mis en rapport avec les personnes
que ces projets pouvaient intéresser, en par­
ticulier avec une maison française de Lon­
dres qui était venue nous consulter à ce sujet.
Nous sommes heureux de publier dans les
extraits de notre correspondance deux
lettres de MM. D... et M. &amp; C° qui nous
laissent espérer qu’il résultera de notre in­
tervention une affaire intéressante. Nous re­
cevons egalement de MM. J- P. et Ci0 et de
M. C. W. des demandes d’échantillons et
d’adresse de fournisseurs de beurre de Karité
que nous tenons à la disposition des impor­
tateurs de cet article.
•
Le qranit en Indochine. — Un de nos adhé­
rents nous avait demandé de lui donner tou­
tes indications utiles sur les conditions d’ex­
ploitation des granits d’Indochine et leur
importation en France qu’il croyait possible.
Nous avons publié dans notre numéro du
l or juillet une lettre de M. F. Canque, disant
que l’on trouvait en Cochinchine du granit
bleuté se vendant de 200 à 220 francs le mè­
tre cube taillé ; en moellon, il vaut de 9 à
10 francs.
La Compagnie des Messageries Maritimes,
à qui nous nous étions adressé également,
nous transmet une lettre de son agent d’Haïphong qui lui écrit que les montagnes du
Haut-Tonkin sont composées presque exclu­
sivement de .granit, mais que les frais de
transport très élevés en rendent l’extraction
presque impossible. C’est ainsi que les quel­
ques morceaux de granit employés à Hanoï
et Haïphong sont importés de Hongkong, où
cette pierre se trouve en abondance à proxi­
mité de la ville. MM. Dupont, Bron et Grégori, de Saigon, l’informent qu’ils ne sont
pas en mesure d’expédier sur l’Europe des
blocs de granit bruts taillés, leurs carrières
n’ayant pas de blocs homogènes ; ils ne con­
naissent d’ailleurs aucune carrière en Co­
chinchine susceptible de fournir des blocs
ayant une valeur.
II semble donc bien que, pour le moment
tout au moins, il n’y ait pas grande perspec­
tive pour l’exploitation du granit en Indo­
chine, contrairement à ce qu’avait pensé no­
tre adhérent.

�L’EXPANSION COLONIALE
M. P. Briffaud, le grand entrepreneur du
Tonkin, nous confirme la chose, mais il tient
des échantillons de calcaires à la disposition
des personnes qu’ils pourraient intéresser.
Cristal de roche de Madagascar, — A la
suite d’une demande qui nous avait été
adressée par le Musée Commercial de Milan,
nous avons donné dans notre numéro de juin
dernier les renseignements que nous possé­
dions sur l’exploitation du cristal de roche
de Madagascar. La Chambre des Mines de
Madagascar, à qui nous nous étions adressé
pour les compléter, nous informe que cette
exploitation est principalement entre les
mains de la Société la M..., qui fait chaque
mois d’assez importants envois et a réussi
à concurrencer le Brésil pour la fourniture
du cristal' de roche nécessaire à l’optique.
Cette Société nous écrit de son côté qu’elle
peut revendiquer l’honneur d’avoir intro­
duit le cristal de roche français pour l’opti­
que en Europe, qui s’était adressé en effet
exclusivement jusqu’en 1904 au Brésil. Les
dernières statistiques annuelles qui viennent
de paraître nous apprennent que l’exporta­
tion de ce produit est passée de 66.924 kilos,
estimés 36.200 francs, en 1908, à 107.330 ki­
los, estimés 95.852 francs, en 1909. Cette ex­
ploitation commence donc à avoir une réelle
importance et elle est d’autant plus intéres­
sante que les emplois du cristal de roche
tendent à devenir de plus en plus nombreux,
notamment pour l’examen des corps à haute
température.
Bois aromatiques. — Comme suite à l’en­
quête que nous avons ouverte sur les bois
aromatiques de nos colonies (voir numéros
28, 29, 31), la Chambre de Commerce de la
Guyane française nous indique comme sus­
ceptibles d’exporter des bois aromatiques,
les maisons de MM. C. et T., B. et B. Nos
adhérents, MM. C. et T. ont l’amabilité de
leur côté de nous annoncer l’envoi pour nos
musées des différents bois aromatiques qu’ils
exportent de la Guyane et notamment du bois
de rose, dont ils ont une fabrique d’extrait.
Farine de bananes ; manioc sec. — La mai­
son W. J., de Hambourg, nous a priés de la
mettre en rapport avec les diverses personnes
dont nous avons signalé les demandes dans
les'numéros 29 et 31 de l'Expansion, au sujet
de débouchés pour la farine de banane et le
manioc sec, pour lesquels ils ont de nom­
breux acheteürs. Elle nous informe gu’elle
peut fourir des appareils de. séchage pour
ces produits et propose une machine à râper
nouvellement essayée, dont le gouvernement
portugais a déjà commandé une douzaine.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
Soudan, — Le K a rité

MM. A. M. et C° à M. le Président de VInstitut
Colonial Marseillais.
Londres, 1er ju illet 1910.
Nous recevons votre lettre juste a u m om ent

127

où nous allions vous écrire pour vous rem er­
cier clés bons renseignem ents que vous nous
avez donnés a u su jet des beurres de K arité, et
su rto u t de nous avoir m is en relation avec M.
D., de Tours, avec qui nous correspondons en
ce moment.
Notre sieur A. E. C., notre D irecteur, que
vous avez vu à M arseille, va p a r tir ce soir pour
Tours, spécialem ent p o u r aller faire la connais­
sance de M. D. et pour étudier la possibilité de
fonder une affaire pour les b eurres de K arité.
Nous sommes à peu près assurés que quelque
chose de bon so rtira de cette entrevue.
Nous sommes m ieux placés que toute au tre
m aison po u r la vente des K arités à Londres, soit
en beurre, soit en am andes. Si nous pouvions
avoir la m archandise, nous avons l’écoulem ent
de grosses q u antités à de bons prix, paiem ent
au com ptant à la reconnaissance de la m a r­
chandise.
Veuillez tro u v er n o tre bulletin d’adhésion cijoint, signé p a r nos D irecteurs.
M. A. E. C. est m em bre de la Cham bre de
Commerce fran çaise à Londres.
Nous ne sau rio n s vous rem ercier assez pour
tout ce que vous avez fait pour nous et croyez
bien que nous ne sommes p as gens à oublier les
services que l’on nous rend.
Nous nous ferons u n p la isir de vous te n ir au
co u ran t de nos p o u rp arlers avec M. D.
En attendant, veuillez agréer, etc...
M. D. à M. le Président de l’In stitu t Colonial
Marseillais.
Tours, 2 ju illet 1910.
J’ai bien reçu votre lettre du 26 ju in dernier,
m ’in fo rm an t que vous aviez donné mon ad res­
se à MM. M. et Cie. de Londres. Je vous rem ercia
trè s vivem ent de l’intérêt que vous me portez et
je vous prie de croire à m a sincère reconnais­
sance.
Le D irecteur sera à T ours lu ndi prochain
et je dois l’accom pagner à Londres pour discu­
te r avec un groupe d’industriels : je me ferai
u n devoir de vous ten ir au co u ran t du ré su lta t
de mes négociations.
Je ne q u itterai pas la F ran ce sans venir vous
rem ercier et vous dire mes espérances su r l’a ­
venir du K arité eue je crois im m édiat.
Je vous prie d ’agréer, etc...
A f r i q u e E q u a t o r i a l e — L e s R e la ti o n s
avec M a rs e ille .

M. A. Boudon, membre-correspondant, à M.
le Président de l'Institut Colonial Marseil­
lais.
Im pfondo, le 8 ju in 1910.
Je vous rem ercie d ’avoir bien voulu in sérer
dans l'Expansion Coloniale, mon article su r le
Congo et ce sera p o u r moi un p la isir et un
h o nneur de vous en adresser d’autres.
C’est avec beaucoup d ’intérêt, que tout, le m on­
de a ap p ris la dém arche que vous avez faite a u ­
près de M. le G ouverneur général M erlin
pour essayer d’obtenir la reprise des relations
entre M arseille et le Congo nue l’on attend de­
puis longtem ps.
L a création d’u n nouveau service entre M ar­
seille et le Gabon p erm ettrait, j’en suis p e rsu a ­
dé, de créer de nouveaux débouchés aux p ro ­
duits de cette colonie. A. l’heure actuelle ses
p rincipales exportations sont les bois d’Okou-

�L’EXPANSION COLONIALE

128

mé, d’acajou, etc. ; elle est p o u rta n t riche en
g rain es oléagineuses qui p o u rrissen t dans la
forêt au pied des arbres. Les essais qui ont été
fa ’ts p o u r en exnorter n ’ont p as réussi, cela
p o u r diverses raiso n s ; des colons cherchent
m a in te n a n t u n débouché p o u r ces p roduits et
M arseille me p a ra ît to u t désigné p our cela ;
au ssi vais-je vous envoyer u n article su r ce su­
jet, esp éran t q u ’il p e rm e ttra à des relatio n s de
se créer entre les acheteurs m a rse illa is et les
exportateurs gabonais.
L’exécution des tra v a u x siir les fonds d ’em­
p ru n t v a au g m en ter d an s une larg e m esure,
m ais cela ne p eu t vous intéresser, les ad ju d ica­
tions de m a té ria u x se fa isa n t su r place ; to u ­
tefois la création d’u n service M arseille-M atadi
p e rm e ttra it à la maison française de B razza­
ville d’y faire peut-être quelques achats.
Veuillez agréer, etc...
Signé : A. B audon .

Tout porte à penser qu’il en sera de même en
1910.
La production de sucre p a ra ît devoir attein ­
dre 40.000 tonnes, les vanilles donneront 40.000
kilos, le tapioca dépassera 3.000 tonnes, les es­
sences diverses ÿlang-ylang, géranium , etc...
seront probablem ent au dessus de la m oyenne
des années précédentes.
A raiso n des prix qui p a ra isse n t devoir être
pratiqués, la valeur des produits exportés sera
certainem ent supérieure à celle de l’année 1909.
Aussi le change, qui était autrefois su jet à
des fluctuations constantes, grâce à ces bonnes
récoltes et à l’action soutenue que la Banque
a exercée, est-il passé de 20 à 25 % en 1906 à
1 % depuis le prem ier jan v ier dernier. Il est
perm is d’espérer que sauf événem ents u ltra
calam iteux, le change restera longtem ps à ce
taux.
Veuillez agréer, etc...
Signé : A. M as.

L a R é u n io n . — B a n q u e

Le Directeur de la Banque de la Réunion à
M. le Président de l'Institut Colonial Mar­
seillais.
Saint-D enis, le 16 ju in 1910.
J’ai l’h o n n eu r de vous rem ettre la copie d’un
vœu exprim é p a r une très nom breuse réunion
com p ren an t l’élite du m onde com m ercial, a g ri­
cole e t in d u striel de la colonie, qui s’est tenue à
l’hôtel de ville de Saint-D enis le 8 ju in courant,
a u su jet de la p rochaine expiration du p riv ilè­
ge des B anques coloniales. Je vous s e ra i recon­
n aissan t, à raiso n du caractère d ’in térêt géné­
ra l que présente ce vœu, de le publier dans u n
des p rochains num éros de « l’E xpansion Colo­
niale ».
Je p re n d s la liberté de vous ad resser la der­
n ière situ atio n de la B anque de la R éunion a r ­
rêtée au 13 ju in ; à ce sulet perm ettsz-m oi de
vous faire rem a rq u e r que son cap ital de
3.000.000 est divisé en 8.000 actions de 375
fran cs et que ces actions sont actuellem ent co­
tées dans la colonie 535 francs, ain si qu’il res­
sort des d ern iers tra n sfe rts opérés. A l’arrêté
sem estriel des comptes du 30 .juin, il sera pro­
posé de d istrib u er aux actio n n aires u n divi­
dende de 22.50 n et d ’im pôts p a r action de 375
francs, soit 12 % du capital.
P uisq u e l’occasion m ’est donnée de vous, écvi
re, laissez m oi vous donner quelques re n se i­
gnem ents que vous trouverez peut-être in téres­
sants.
L a colonie de la R éunion v a u t beaucoup plus
que la ré p u ta tio n qui lui est faite et son état
économique a tendance à s’am éliorer de plus
en plus. Il y a to u t u n m onde de tra v a ille u rs
que les calam ités des tem ps ont fortem ent a ssa­
gi. D’une m anière générale on devient plus éco­
nome et plus soucieux de l’av en ir qu’autrefois.
On trav aille m ieux et d’une m anière plus in tel­
ligente et on s’efforce de com penser la p én u ­
rie de b ras p a r u n e m eilleure cu ltu re et l’am é­
lio ratio n des usines.
Aussi les exportations ont tendance m a n ifes­
te à augm enter alors que les im portations ne
s’accroissent pas dans les mêmes proportions.
En 1909 les exportations ont attein t 16.351.853
et les im portations
13.233.443
Différence en plus

3.118.410

Délibération
en faveur du m aintien de la
Banque de la Réunion
Le 8 ju in 1910, les Cham bres de Commerce et
d’A griculture, la Cham bre Syndicale des Agents
de Change, des rep résen tan ts de Corps E lus et
des Caisses Agricoles de la colonie, et de nom ­
breux citoyens, réu n is en assem blée générale,
à l ’Hôtel de Ville de Saint-Denis, à l’occasion
de la prochaine expiration du privilège de la
Banque ■de la R éunion, après discussion, ont
pris, à l ’unanim ité, la délibération suivante :
C onsidérant que la B anque privilégiée de la
Réunion, fondée p a r les lois des 30 avril. 1849,
1er ju illet 1851, 24 ju in 1874 et 13 décembre 1901,
fonctionne depuis près de 60 ans.
Que, p endant cette longue existence, elle a été
associée à la bonne comme à la m auvaise fo r­
tune de la colonie, et qu’il est perm is de dire
qu’en toutes circonstances, elle a rendu, à
tous : ag riculteurs, com m erçants et industriels,
tous les .services qu’on pouvait atten d re d’elle,
quelquefois même au détrim ent de ses propres
intérêts.
Que, pour q u ’il continue à en être ainsi, il est
indispensable q u ’elle conserve son existence
propre et autonom e.
C onsidérant, en. effet, qu’une g rande banque
centrale dès colonies, représentée à la R éunion
p a r un sim ple agent, à pouvoirs lim ités, ne
p o u rra it rendre les m êm es services qu’une b a n ­
que locale, dont le D irecteur, assisté de son
Conseil d’A dm inistration, peut donner satisfac­
tion im m édiate à toutes les dem andes légiti­
mes oui lui sont adressées.
C onsidérant qu’il est nécessaire que les colo­
nies éloignées de la m étropole, et su rto u t les a n ­
ciennes colonies, qui ne vivent que de l’ag ri­
culture, aien t à leur disposition un établisse­
m ent de crédit, essentiellem ent local, connais­
san t bien le pays, la capacité professionnelle
aussi bien que l'honorabilité de ses clients, et,
p a r conséquent, susceptible de s ’in téresser à
toutes leu rs affaires, quelle qu’eu soit l’im por­
tance.
Qu’il est certain que l ’aide judicieuse, prêtée
p a r la B anque locale, dans ces dernières a n ­
nées, à de nom breuses entreprises agricoles et
industrielles, dont l'existence était m enacée, a
contribué à am ener leur prospérité actuelle et

�L'EXPANSION COLONIALE
facilité le relèvem ent économique de la colonie.
C onsidérant qu’une gran d e banque ne p o u r­
r a it rendre les mêmes services aux entreprises
agricoles, qui sont la base de la richesse du
p ay s ; que cela est tellem ent vrai, que les B a n ­
ques de rindo-C hïne e t de l'A frique Occidentale,
n ’usent ja m a is ou presque jam ais de cette fa ­
culté.
C onsidérant que la situ atio n de la B anque de
la R éunion est, a u jo u rd ’hui, devenue excellente,
et qu’il se ra it profondém ent in ju ste d’en ordon­
n e r la liquidation, et de priv er a in si les actio n ­
n a ire s des revenus rég u liers q u ’elle le u r procu­
re, alors que, p en d an t de longues années, ils
ont été privés de tout dividende, à la suite des
crises économ iques qui ont affligé la colonie.
En conséquence, l'Assemblée,
Confiante dans le G ouvernem ent de la, Bépuplique p our sau v e g a rd e r les intérêts de la colo­
nie,
Em et le vœu que le privilège de la B anque de
la R éunion soit renouvelé, pour une nouvelle
période de 20 ans, à com pter du 1er jan v ier 1912.
Décide qu’une copie de cette résolution sera
adressée à tous les corps élus de la colonie,
avec p rière de pren d re des délibérations con­
form es,
Et, vu l'urgence, à raison de la connaissance
qu'elle a des projets d-e g ra n d s établissem ents
financiers, qui am bitionnent la faveur de se
su b stitu e r à la b a n q u e locale :
Décide q u 'u n câblogram m e sera inim édinte­
rne ni, adressé à MM. B riand, p résident du Con
seil des M inistres, Cochery, m in istre des F in a n ­
ces et Trouillot, m in istre des Colonies, sollici­
ta n t au nom de la population, le m ain tien de
la B anque de la R éunion, comme indispensable
à la vie économique de la colonie.

de 600 à 1.000 tonnes p a r mois dans leurs ins­
tallatio n s frigorifiques suivant le procédé Lui­
ley, ou si ces am énagem ents sont prévus dans
le nouveau cah ier des charges.
On peut évaluer à 10.000 têtes la production
annuelle de la colonie pouvant être exportée,
re p résen tan t à raiso n de 250 kilos p a r tête (vian­
de nette) 2.500 tonnes.
Il im p o rterait d'avoir chaque trim estre un p a ­
quebot a y a n t un m agasin frigorifique suivant
le procédé Luiley utilisé à B risbane, pouvant
em barquer de 5 à 600 tonnes. Ce procédé est
m entionné dans la Revue. Scientifique du 30
av ril dernier.
L a colonie a donc tout intérêt à abandonner
la fabrication des conserves. Elle peut produire
en outre, a u ta n t de b an an es po u r l’exportation
que les Antilles anglaises, dont Le chiffre s’élè­
ve à près de 20 m illions p a r an.
Veuillez a g ré e r, etc...
Signé : Caujdlle .
On connaît la situation lam entable qui av a it
été créée à la Nouvelle-Calédonie p a r la déci­
sion du M inistère de la G uerre refu san t au x fa ­
b ricants de conserves calédoniennes le droit de
particip er à ses adjudications. Cette décision a
été rapportée, m ais l’initiative de notre adhé­
ren t reste des plus intéressantes, en ta n t qu’elle
p e rm e ttra it une m eilleure u tilisatio n du bé­
tail. Le distingué D irecteur de l’exploitation des
M essageries M aritim es, M. Déchaud, m em bre
de n o tre Conseil d’ad m in istratio n , à qui nous
avons soum is ce projet, a donné l’assu ran ce a
M. Caujolie que sa Com pagnie ex am in erait avec
le plus g ran d soin les propositions de tra n sp o rt
de viandes qui lui seraient faites.

M usée
N o u v e ll e - C a lé d o n i e . — L 'É le v a g e
e t les F r i g o r i f i q u e s .

M. Caujollc à M. le Président de FInstitut
colonial marseillais.
Nice, le 15 m ai 1910.
Veuillez p erm ettre à une victim e de l’affaire
des conserves calédoniennes, dont vous devez
av o ir entendu p arler, à' la veille de re to u rn e r
d a n s sa colonie pour rep ren d re cette in dustrie,
de so lliciter quelques renseignem ents relatifs
au x paquebots des M essageries M aritim es qui
nous desservent.
E n raiso n du développem ent de l'in d u strie du
froid , la Nouvelle-Calédonie rfe st plus dans
l ’obligation de fab riq u er des conserves pour
u tilise r son élevage et avec le procédé Luiley,
que f’on emploie de B risbane à Londres, nous
au ro n s u n certain av antage entre N oum éa et
M arseille, le tra je t é ta n t m oindre, p our envoyer
la viande frigorifiée.
P a r suite de la suppression de l’A dm inistra­
tio n P én iten tiaire, p lu sieu rs b âtim en ts à Nou­
m éa et dans l’in térie u r peuvent être affectés à
ces in stallatio n s réalisab les à bref délai. A cet
effet, je viens d’ad resser les docum ents voulus
à M. Oulès, p résid en t du Conseil général, qui
d irig e a it la défunte coopérative.
Votre compétence com m erciale me dispense
de vous expliquer l ’in térêt que M arseille a a
recevoir notre viande saine, la fièvre aphteuse
et les tiques n’ex istan t p as dans la colonie.
Je vous serais infinim ent obligé de me faire
con n aître si les paquebots p o u rra ie n t prendre

129

Commercial

EXPOSITION DES BLÉS
La Chambre de Commerce de Marseille 'a
bien voulu témoigner tout l’intérêt qu’elle
prenait à la manifestation que nous prépa­
rons en acceptant le haut patronage de l’Ex­
position des blés par la lettre suivante :
M arseille, le 29 ju in 1910.
Le Président de la Chambre de Commerce de
Marseille à M. le Président de l'Institut.
Colonial Marseillais.
M onsieur le P résident,
P a r votre lettre du 14 juin co u ran t vous avez
dem andé à n o tr e ' Cham bre d’accorder son p a ­
tronage à l’Exposition des Blés que vous o rg a­
nisez à l’In stitu t Colonial, p o u r les mois d’août
et septem bre prochains, et de désigner le P ré ­
sident et un Membre du Jury.
J’ai l ’honneur de vous faire connaître qu’après avoir pris connaissance de cette com m u­
nication dans sa dernière séance notre Cham ­
bre m’a chargé de vous féliciter de votre excel­
lente initiative. Elle a décidé en outre d’accor­
der son p atronage à l’Exposition dont il s’agit,
et a désigné deux de ses M embres, MM. Théodo­
re Àgelasto et Em ile Gros pour faire p artie du
Ju ry en question.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, l’a s­
surance de m a considération très distinguée.
L. E strxne.

�130

L’EXPANSION COLONIALE

Les retards subis par la moisson en Algérie
et en Tunisie ont pour résultat de nous obli­
ger à reculer légèrement la date d’ouverture
de notre exposition. Celle-ci devant rester
ouverte jusqu’à la reprise des. cours colo­
niaux, en fin octobre, nous avons pensé que,
pour nous en tenir à notre programme, qui
est de présenter de la manière la plus exacte
possible un tableau de la récolte actuelle, il
valait mieux ne fixer qu’au 10 août cette
ouverture et recevoir au fur et à mesure des
battages les blés qui nous seraient adressés.
Nous recevons à ce sujet les lettres suivantes :
M. le Directeur de l'Agriculture, du Commer­
ce et de la Colonisation à M. le Président de
l’Institut Colonial Marseillais.
Tunis, 6 ju illet 1910.
J’ai l’h o n n eu r de vous accuser réception des
im prim és dont votre lettre du 22 ju in dernier
m ’an n o n çait re n v o i
Cette direction se préoccupe actuellem ent de
ré u n ir des échantillons des diverses v ariétés de
blés tun isien s, l’expédition à M arseille p o urra
être faite très vraisem blablem ent d an s les p re­
m iers jo u rs du mois d’août.
Vous avez bien voulu me fa ire p a r t de votre
intention de vous adresser égalem ent aux gro u ­
pem ents tels que les Cham bres d’A griculture,
ain si q u ’à c e rta in s g ra n d s dom aines tunisiens
en vue d’obtenir le u r p articip atio n à l’Exposi­
tion de blés de M arseille. Cette p ropagande ne
s a u ra it m an q u er de donner de bons résu ltats
et je pense que vous pourriez vous m ettre en
ra p p o rt u tilem ent avec la Cham bre d ’Agricultu re de T unis et la Cham bre M ixte de Commer­
ce. et d’A griculture de Sousse.
Veuillez agréer, M onsieur le P résid en t, les
a ssu ra n c e s de m a considération très distinguée.
Bartholomé .

Le Président de la Chambre de Commerce do
Bougie à M. le Président de l'Institut Colo­
nial Marseillais.
Bougie, le 16 ju in 1910.
J'a i l ’h o n n eu r de vous accuser réception de
votre lettre du 7 ju in co u ran t p a r laquelle vous
voulez bien app eler l’atten tio n de notre Cham ­
bre su r l’in térêt q u ’offrira la prochaine exposi­
tion des blés organisée p a r l’In s titu t colonial
m arseillais.
Je m ’em presse de fa ire p a rt de votre com m u­
nication aux p rin cip au x négociants expor­
teu rs de notre région en les in v itan t à faciliter
la tâche si in téressan te poursuivie p a r votre
association.
Ces négociants ex p o rtateu rs dont ci-dessous
les noms, h ab iten t tous la place de Sétif. Je
tran sm ets à chacun d’eux une copie de la circu­
laire que vous m ’avez envoyée et vous pourriez
vous m ettre directem ent en ra p p o rt avec eux
en leu r rap p elan t toute l’im portance que la
Cham bre de Commerce de Bougie attache à
leu r p articip atio n à l’exposition que vous orga­
nisez.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, l’a s­
surance de m es sentim ents bien distingués.
Le Président,
C azaubon.

Le Président de la Chambre de Commerce
d'Oran à M. le Président die l'Institut Colo­
nial Marseillais.
Orari, le 28 ju in 1910.
E n réponse à votre lettre en date du 21 ju in
co u ran t j ’ai l’h o n neur de vous faire co n naître
que je ferai de mon mieux pour app o rter une
utile collaboration à l’exposition que vous avez
organisée. Je fais un p ressan t appel aux pro­
ducteurs et aux ex p o rtateu rs et j ’espère que ce
ne sera pas en vain.
Je vous ferai connaître en tem ps utile les ré ­
su ltats que j’a u ra i obtenus. Je dois ajo u ter que
la récolte a subi un gros re ta rd et qu’il nous se­
ra difficile d ’a rriv e r à la date fixée po u r l’ou­
verture de l’exposition.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, l’as­
su ran ce de m a considération très distinguée.
Le President de ta Chambre,
B EAUpu Y.
Le Président de la Chambre de Commerce
d'Alger à M. le Président de l'Institut Colo, niai Marseillais.
Alger, le 18 ju illet 1910.
Je m ’em presse de répondre au d ésir que vous
m’avez exprimé p a r votre lettre du 13 ju illet
courant, en vous envoyant p a r ce co u rrier quel­
ques exem plaires des dernières publications de
notre Compagnie, savoir :
Deux exem plaires de l’Exposé des T ravaux
1908 et 1909 ;
Cinq exem plaires des Docum ents statistiq u es
su r le p o rt d ’A lger 1908 ;
Une collection reliée de notre bulletin m en­
suel 1909 ;
L a collection des bulletins p a ru s cette année.
Je com m unique à la presse un avis a y a n t
p o u r objet de faire connaître aux producteurs
et exportateurs de n o tre circonscription qu’en
raison du re ta rd de la récolte, leu rs envois
d’échantillons p o u rro n t être échelonnés, ainsi
que vous voulez bien m’en inform er. Ces envois
vous seront faits directem ent p a r les intéressés,
à la disposition desquels nous tenons tous ren ­
seignem ents utiles ainsi que les étiquettes qui
doivent accom pagner les échantillons.
Veuillez agréer, etc...
Le Président,
B illiard .

Le Président du Syndicat Agricole et V iti­
cole de Constantine à M. le Président de
V Institut Colonial Marseillais.
Constantine. le 19 juillet 1910.
J'a i l’h o n neur de vous accuser réception de
votre lettre du 16 courant. T rès bonne note en
est prise.
F in de cette sem aine nous vous ferons u n
p rem ier envoi de gerbes et des échantillons re­
çus. La m oisson b a t son plein et les battag es ne
sont pas commencés. Ainsi que vous le dites,
ce n ’est q u ’en août et septem bre que nouis p o u r­
rons term in er les envois qui vous seront faits
p a r nos Sociétaires.
Veuillez agréer, etc...
Le Président.
Le B ulletin du S yndicat agricole et viticole
de C onstantine de ju in 1910 publie la note su i­
van te :

�L’EXPANSION COLONIALE
Nous avons adressé, le 1er juin, à tous nos
adhérents, une invitation à nous envoyer des
échantillons de blés durs destinés à l’Exposttion permanente qu’organise l’Institut Colo­
nial Marseillais. Il est nécessaire que cette
exposition soit aussi complète que possible,
car nos produits ont besoin d’être connus
mieux qu’ils ne le sont. Ainsi que nous l’é­
crivions le 1er juin, nous ferons parvenir à
nos frais à l’Institut Colonial, les échantillons
qui nous parviendront.
Nous insistons tout particulièrement près
de nos amis, pour qu’il nous soit envoyé de
nombreux et beaux échantillons. Nous avons
la conviction que notre région pourrait tirer
un grand profit de cette exposition à laquelle
prennent part nos colonies, ainsi que l’Asso­
ciation nationale de la Meunerie française,
la Chambre Syndicale des Importateurs de
céréales de Marseille.
C’est une occasion unique et inespérée de
faire connaître nos produits aux négociants
et industriels français et étrangers.

L ’Exploitation des écorces
DE

PALÉTUVIERS

L’exploitation de l’écorce des palétuviers
fait partie certainement, avec la culture des
plantes à caoutchouc et l’utilisation du ma­
nioc sec par l’amidonnerie, la distillerie et
l’élevage, des trois plus importants nouveaux
éléments de la mise en valeur des pays tro­
picaux.
On sait, en effet, quelle est la surface im­
mense des peuplements de palétuvier et aus­
si comment, jusqu’ici, il avait été impossible
d’utiliser ces arbres en raison du faible dia­
mètre et surtout de la dureté de leur bois.
Bien que la richesse en tanin de leurs écor­
ces, qui est pour les bonnes espèces d’environ
50 %, ait été connue depuis longtemps, il faut
reconnaître aux Allemands l’honneur de s’ê­
tre acharnés à la détermination de leur va­
leur et à la recherche des moyens de remé­
dier aux défauts qu’elles présentaient.
L’école de tannerie de Fribourg en Saxe
s’est particulièrement attachée à cette ques­
tion. En 1899, elle publiait, dans son on­
zième rapport annuel, les résultats d’analy­
ses exécutées sous la direction de M. Th.
Kœner pour le compte du Gouvernement de
l’Est africain allemand1 et ses conclusions
n’étaient guère en faveur des palétuviers (1) :
« Les écorces de mangliers ne sont pas ab­
solument sans intérêt pour la tannerie mé­
tropolitaine. Sous certains rapports, elles
répondent même très bien à la tendance
actuelle qui exige des matières tannantes très
riches et à tanin facilement soluble. Mais les
principes tannants de ces écorces sont en
'!) Voir Journal d,'A (inculture tropicale, avril 19*H

131

même temps des colorants rouges, et cette
circonstance interdit jusqu’à nouvel ordre —
du moins en Europe — leur emploi exclusif :
elles ne peuvent être utilisées que dans une
certaine proportion en combinaison a v e c
d’autres matières tannantes n’ayant pas ce
défaut.
« D’autre part, la pratique industrielle n’a
révélé jusqu’ici aucune propriété particu­
lière qui puisse constituer aux écorces de
palétuviers une supériorité quelconque sur
les matières tannantes d’usage courant ac­
tuel ; à moins que l’on ne doive considérer
comme tel la très grande solubilité de leur
tanin. Dans ces conditions, pour que les
importateurs d’écorces de palétuviers trou­
vent des débouchés sérieux, il faut de toute
nécessité qu’ils puissent offrir l’unité de ta­
nin à un prix inférieur à celui auquel elle
revient dans les matières courantes. »
Vilbouchevitch en publiant cette note,
ajoutait, avec cette vision très nette qu’il avait
des choses : « Une chance pourrait survenir
un jour, c’est que la mode vienne à changer
en Europe et que les cuirs tirant sur le rouge
cessent de rencontrer la réprobation dont ils
souffrent maintenant. »
Cette couleur rouge a été en effet le grand
obstacle qu’ont rencontré tous ceux qui, les
premiers, ont essayé de vendre des écorces de
palétuviers à nos tanneurs ou à nos fabri­
cants d’extraits. Pendant un certain temps
on a espéré pouvoir arriver à éliminer les
principes colorants qu’elles contiennent et à
obtenir des extraits concentrés incolores,
mais les analyses de Fribourg montrèrent,
que les écorces de palétuviers ne contenaient
qu’une quantité infime de tanin incolore,
peut-être même pas du tout. (Il est vrai que
la variété des arbres désignés sous le nom
générique de palétuviers, mangroves ou
mangliers est très grande et que cela ne
s’applique peut-être pas à tous).
L’augmentation de la consommation des
cuirs amenant une hausse des matières pre­
mières et, justement aussi, la faveur dont
jouissent, en Europe centrale et en Améri­
que, les chaussures de couleur ont attiré
l’attention des fabricants sur ces écorces dont
ils ne voulaient au début à aucun prix. Il
faut ajouter que nos industriels français sont
restés étrangers à ce mouvement et qu’ils
commencent seulement avec un gros retard
sur les Allemands et les Américains à s’inté­
resser à la question.
Parmi nos colonies c’est Madagascar qui,
seule jusqu’ici, a exporté d’une manière no­
table ce produit. Elle l’exploite actuellement,
il est vrai, d’une manière remarquable.
L’exportation est passée de 3.754 tonnes va­
lant 239.453 francs en 1908, à 22.105 tonnes
estimées 1.703.629 francs en 1909.
L’Institut colonial marseillais vient de re­
cevoir de M. Frénaud, de Majunga, les inté­
ressants détails suivants à ce sujet :

�132

L’EXPANSION COLONIALE

« L a récolte de l’écorce se fa it p a r l ’enlève­
m ent à m arée basse et lorsque les troncs d’a r­
bre sont à sec sans a b a ttre ces arbres. Cette
opération exécutée p a r les indigènes, soit pour
leu r compte, soit p our le compte d ’em ployeurs,
donne lieu à la délivrance d ’une p atente de
5 fran cs p a r trim estre p o u r chaque homme
se liv ra n t à ce travail.
« C’est en effet exclusivem ent d an s le dom ai­
ne de la colonie que se tro u v en t les palétuviers
puisque ces arb res ne p oussent que d ans les
te ira in s inondés p a r la m er et, qu’aux term es du
régim e foncier de M adagascar, tous les te rra in s
inondés p a r la m er font p artie du dom aine
public de la colonie. Le p o rt le p lu s im p o rtan t
p our l’exportation est celui de Nossi-Bé.
« Q uant à celui de M ajunga qui vient en se­
conde ligne, su r la côte Ouest to u t au m oins,
il a exporté d an s les p rem iers m ois de l ’année
1910, h u it cents tonnes d ’écorces.
« T u léar et d ’a u tres points de la Côte su r la ­
quelle sont établis des entrepôts de g randes
m aisons de commerce .chargent aussi directe­
m ent p our l ’Europe.
« Ces exportations se font principalem ent sur
les n av ires allem ands de la Deutsch Ostafrikanisehe Linie p o u r A nvers,R otterdam et H am ­
bourg. Le prix m oyen du fre t est de 40 francs
les 1.000 kilos.
« Le prix m oyen d ’ach at des écorces est de
55 à 60 fran cs la tonne, l ’em ballage en sus re ­
vient à environ 7 fr. 50 la tonne, re m b a rq u e­
ment. et a u tre s m an ip u latio n s à une somme
égalé, en sorte q u ’on p eu t considérer le prix des
écorces comme étan t de 70 à 75 fran cs environ
rendu à bord.
« Ce commerce se fait p o u r M ajunga p a r les
g ran d es m aisons fran çaises et étran g ères du
pays, n o tam m en t p a r la Com pagnie allem ande
Deutsch O stafrikanische G esselschaft de B er­
lin, Osw.ald de H am bourg, la Com pagnie M ar­
seillaise de M adagascar, la m aison G arnier et
la m aison Vuillerm e, quelques Indiens. »

Comme le fait remarquer le correspondant
de l’Institut colonial, presque toutes ces écor­
ces vont en Allemagne et, il faut ajouter, sur
des vapeurs allemands.
Notre port de Marseille n’en reçoit point
pour la raison qu’il n’y a pas d’industriels
dans la région qui s’v intéressent et aussi
parce que les Compagnies de navigation
françaises demandent 65 francs la tonne de
Madagascar à Marseille, alors que les Alle­
mands se contentent de 40 francs de Majun­
ga à Hambourg !
On commence cependant à faire des impor­
tations par le Havre et une des plus impor­
tantes fabriques d’extraits de France a de­
mandé à l’Institut colonial marseillais une
étude sur cette question.
Une grande partie des écorces qui vont à
Hambourg ne font qu’y transiter pour les
Etats-Unis. Il est bien évident que ce transit
devrait se faire par Marseille, n’était cette
même question de fret.
Les Etats-Unis reçoivent du reste de très
grandes quantités d’extrait qui leur provien­
nent de Bornéo où sont installées trois gran­

des fabriques et les Phillipines ne tarderont
pas également à leur en envoyer.
L’exploitation se fait à Madagascar sim­
plement par achats aux indigènes à qui on
paye les écorces, comme le dit notre corres­
pondant de 5 fr. 50 à 6 francs les 100 kilos.
C’est là un prix qui doit rémunérer large­
ment les indigènes.
Nos colonies d’Afrique occidentale, sans
compter celles d’Indochine, devraient parti­
ciper à ce mouvement, maintenant que la
grosse difficulté de la vente est résolue.
Cette exploitation devra se faire très pro­
bablement par achats aux indigènes mais,
comme dans certaines régions à palétuviers,
en Guinée française, par exemple, la popu­
lation est très peu dense, il se peut qu’il y ait
intérêt à essayer ce que peut donner l’exploi­
tation directe.
A ce point de vue, je crois intéressant de
reproduire ici les résultats d’essais que j’ai
conduits personnellement en Guinée françai­
se en 1902 et auxquels je n’ai pu donner suite
uniquement à cause de l’impossibilité à cette
époque de vendre les écorces obtenues.
Les chiffres qui les résument ont été cri­
tiqués avec le plus grand soin et n’ont rien
de théorique (1).
Le mode d’opération que j’ai appliqué,
consiste à écorcer les arbres sur pied. Tant
que l’on ne trouvera pas à utiliser le bois,
il serait en effet trop coûteux d’abattre les
arbres pour les écorcer ensuite.
Le travail d’écorçage est très pénible, sur­
tout par ce fait qu’il faut être constamment
dans une vase qui a une action irritante sur
la peau ; il est impossible d’y employer des
hommes à salaire fixe ; c’est une de ces beso­
gnes pour lesquelles le paiement à la tâche
s’impose. Ce paiement à la tâche présente
quelques difficultés, mais elles ne sont pas
insurmontables.
Pour ma part, je suis arrivé à obtenir un
assez bon rendement de la main-d’œuvre que
j’ai employée à ce travail, mais cela n’a pas
été sans tâtonnement.
En payant à la tâche cinq centimes les qua­
tre kilos d’écorces fraîches — chaque ouvrier
subissant une retenue de seize kilos (20 cen­
times), pour sa ration de riz — je finis, mal­
gré un outillage absolument insuffisant, par
avoir des journées de 110, 120 et même 150
kilos d’écorces fraîches par homme. Les ou­
vriers arrivaient ainsi à un gain qui, à cette
époque, était considéré par eux comme lar­
gement rémunérateur ; et mon prix de re­
vient restait inférieur à 25 francs la tonne
d’écorces sèches, même en ne comptant
qu’une cueillette moyenne de 100 kilos par
homme et par jour, répondant à 50 kilos
d’écorces sèches.
(1) Voir pour plus de détails 'Journal cVAgricul­
ture Tropicale, nos 37 et 4G.

�L’EXPANSION COLONIALE

133

On peut procéder de deux manières. L’une pulvérisage complet soit impossible, par sui­
d’elles, — celle que j’ai employée, — peut te de la répugnance qu’ont les courtiers en
consister en ce que les manœuvres apportent matières tannantes à les acheter en poudre ;
eux-mêmes, chaque jour, leur récolte au lieu ils craignent la fraude. Peut-être aussi la
de séchage. Le plus simple dans ce cas est poudre s’altérerait-elle plus facilement pen­
de se servir comme moyen de transport des dant le transport. On pourrait tout au moins
pirogues indigènes. En Guinée française, on concasser suffisamment pour réduire le plus
peut admettre que les pirogues de grandeur possible le volume (1).
moyenne peuvent contenir une vingtaine
Les sacs à palmistes contiennent à peu près
d’hommes, leur récolte de la journée, 100 ki­ 56 kilos d’écorces concassées en morceaux
los d’écorces humides, remplissant un sac d’environ cinq centimètres de côté. Je pense
à palmiste.
que l’on pourrait réduire encore ce volume
Ce procédé n’est avantageux que pour l’ex­ avec des machines spéciales, tout en laissant
ploitation des palétuviers voisins du lieu de aux écorces une apparence qui permette aux
séchage, car pour les points éloignés le temps acheteurs un échantillonage facile.
perdu par le va-et-vient des manœuvres est
En me basant sur mes essais de 1902, j’ai
considérable, étant donné surtout qu’ils voulu calculer à combien reviendrait actuel­
doivent tenir compte des heures de marée.
lement, en Guinée française, la tonne d’écor­
Un autre procédé consisterait à avoir des ces sèches, en supposant une. entreprise
pirogues pour le transport des hommes et montée spécialement et exclusivement à cet
des chalands qui iraient sur les sentiers cher­ effet. Je prends pour base les chiffres sui­
cher les écorces. Une bascule serait installée vants :
Journées effectives de 5 à 8 heures suivant
sur chaque chaland. On pèserait les écorces
à mesure que les hommes les apporteraient les conditions' de marée, les distances, etc.,
au chaland où on les chargeraient en vrac. devant rapporter aux noirs, à la tâche, au
Les chalands reviendraient seuls au lieu de moins 1 fr. 75 ; car les salaires ont presque
séchage, les hommes allant prendre leurs doublés en Guinée depuis l’époque où j’y fai­
repas et coucher dans les villages lès plus sais l’expérience précitée. A 100 kilos d’écor­
ces fraîches par homme et par jour (soit 50
voisins des chantiers.
Le séchage peut se faire en plein air pen­ kilos d’écorces sèches) cela met la tonne sè­
dant la saison sèche. Il nécessite, en général, che à 3 francs. Saison de récolte de sept mois
deux jours. Pour effectuer ce séchage en du commencement d’octobre à la fin avril ;
plein air, il faut maintenir les écorces sur soit, dimanche déduit, 180 jours de travail
une très mince épaisseur et les remuer sou­ effectif. Avec 200 récolteurs en permanence
vent. Il est absolument nécessaire d’isoler les on aurait 1.800 tonnes d’écorces sèches par
écorces du sol pour éviter les impuretés et campagne. Le séchage artificiel au commen­
c’est une aire en ciment qui paraît offrir le cement et à la fin de la saison des pluies,
plus d’avantages, à ce point de vue ; mais permet seul de travailler pendant une pério­
c’est là une installation très coûteuse, à cause de annuelle aussi longue. Deux agents blancs
à 16.000 francs les deux par an. Lorsque l’on
de la grande surface nécessaire.
Une fois récoltées, il faut prendre garde compte moins pour la surveillance euro­
que les écorces ne soient pas Lavées par l’eau péenne, on se leurre, on a de mauvais agents,
de pluies, parce que leur teneur en tanin ou bien toutes les prévisions se trouvent bou­
s’abaisserait. En Guinée, on ne peut guère leversées dès qu’un agent tombe malade et
compter sur une absence totale de pluies est obligé de rentrer'en Europe précipitam­
que de fin novembre au commencement ment. (D’ailleurs, en Guinée, les maçons et
de mars, et ce n’est que pendant cette les mécaniciens employés dans les travaux
période que l’on pourrait pratiquer en grand oublies, gagnent 6 à 7.000 francs par an).
le séchage à l’air. Si, au contraire, on se Warfs, bâtiments pour les agents, hangars,
servait d’un séchoir mécanique, il n’y aurait etc., en matériaux du pays, 50.000 francs.
guère que pendant les mois de pluie conti­ Les autres chapitres de dépense sont indi­
nue de mai à fin septembre que l’on serait qués clans le tableau qui suit. En calculant
tout à la tonne d’écorces sèches, j’arrive au
obligé d’arrêter les opérations.
Le séchage doit être opéré au fur et à me­ romnte que voici, la production annuelle
sure de la récolte, de façon à éviter la fer­ étant sunposée de 1.800 tonnes.
mentation qui se produirait très rapidement Frais d’écorçage, par tonne ......... F. 35.00
Transoort en rivière : trois cha­
si on laissait en tas les écorces humides.
lands à 10.000 francs. Amortis­
Une fois sèches, il semble bien que le mieux
sement en 5 ans, par tonne 3.33
serait d’exécuter sur place un premier concas­
Dix
pirogues à 500 francs amorties
sage des écorces, pour diminuer l’encombre­
en deux ans, par tonne, 1.38
ment. Non concassées, elles ne pèsent en effet
5.00
pas plus de 250 kilos le mètre cube. Il serait Soit en chiffres ronds ..................
très onéreux de les transporter dans cet état,
Ce ©onoas&amp;apje n’est pas actuellement pratiqué
car les Compagnies de transport les taxe­ à (1)
Madagascar, m ais nous pensons qu’il pourrait
raient à l’encombrement. Il se pourrait qu’un l’être avec avantage .

�134

L’EXPANSION COLONIALE

Frais de séchage et de broyage,
nos jours, sur tous lesi points du globe, ainsi
amortissement d’un matériel de
que sur le territoire envahi, l’héroïsme des
10.000 francs en cinq ans et bois
troupes coloniales a fourni des pages impé­
de chauffage, par tonne
..........
5.00rissables à notre glorieuse histoire mili­
Manutention : chargement, dé­
taire. »
chargement, broyage, séchage,
Cette marque éclatante de justice et de
mise en sac, par tonne .............
10.00 reconnaissance, qui a été cette année le clou
Sacs ou autre emballage, par t.
10.00 de la revue du 14 juillet, était bien due aux
Deux Européens à 16.000 francs
vaillants soldats qui ont conquis à la France
par tonne ........................................
8.80notre immense empire colonial- Ainsi que
Transport de l’usine jusqu’en Eu­
l’a rappelé le général Brun, ministre de la
rope, commission, assurance,etc ' 30.00 Guerre, dans son rapport au Président de la
Construction, petit outillage, etc.
République, tendant à conférer les insignes
de'la Légion d’honneur aux troupes colonia­
50.000 francs, amorti en cinq
ans, par tonne ................................
5.50les : « Depuis l’époque éloignée où le pre­
Intérêt à 5 % d’un capital de
mier noyau des « troupes de la marine »,
350.000 francs, par tonne
..........
9.70connues aujourd’hui sous le nom de troupes
Imprévus 10.000 francs par an,
coloniales, guerroyait au Canada, aux An­
par tonne .....................................
5.50
tilles et aux Indes, ces troupes ont pris part
à des expéditions nombreuses et y ont tou­
Total ........................ F. 124.50 jours fait preuve, sans défaillance, de cou­
rage et d’abnégation. Tahiti, Maroc, Calé­
C’est là une somme beaucoup plus élevée donie, Cochinchine et Tonkin, Dahomey,
que le prix auquel on pouvait, avec beaucoup Madagascar, Sénégal et Soudan, Côte d’ivoi­
de difficultés, vendre ces écorces à l’époque re et Congo, partout où flotte notre drapeau
où j’ai fait ces essais et j’ai dû les aban­ hors d’Europe, partout ont combattu pour
donner.
lui nos soldats coloniaux. »
La hausse est venue depuis et au cours
De plus, en 1813, en 1870, l’artillerie et
actuel de 140 et 150 francs les 1000 kilos rien l’infanterie de marine ont montré pour la
ne paraît plus devoir empêcher les négo­ défense du territoire de la patrie une grande
ciants de la Guinée française de suivre bravoure et un admirable dévouement.
l’exemple de ceux de Madagascar, soit qu’ils Aussi comprend-on le légitime orgueil avec
se livrent à l’exploitation directe, soit si c’est lequel le général Archinard, commandant
possible, ce qui. serait probablement plus le corps d’armée des troupes coloniales, leur
économique, qu’ils achètent simplement les a communiqué, par la voie de l’ordre du
écorces aux indigènes comme ils le font pour jour, l’heureuse nouvelle de cette suprême
les autres produits.
récompense, « non seulement à ceux qui sont
Les prix élevés actuels du caoutchouc et actuellement dans les rangs et y servent avec
la construction du chemin de fer seront honneur, mais aussi à leurs devanciers qui,
probablement un obstacle momentané à comme eux, ont été à la peine et se retrou­
cette dernière manière de procéder, les indi­ veraient à leurs côtés au jour du danger. »
gènes trouvant peut-être plus d’avantages à Et le valeureux conquérant du Soudan a eu
l’exploitation du latex ou à travailler dans raison d’ajouter : « Gloire à ceux qui sont
les chantiers de travaux publics, mais un tombés en combattant pour la patrie : les
effort dans ce sens me paraît mériter d’être croix attachées à nos" drapeaux honorent
tenté.
Emile Baillaud,
leur mémoire. »
*
Secrétaire de l'Institut Colonial.

C H R O N IQ U E

D U M O IS

H o n n e u r à l’A r m é e coloniale.

Le 14 juillet dernier, à l’occasion de la fête
nationale, le Président de la république a
solennellement décerné, pendant la revue de
Longchamp, la croix de la Légion d’honneur
au drapeau du 1er régiment d’infanterie et
à l’étendard du 1er régiment d’artillerie colo­
niales. Cet hommage public, rendu à l’armée
coloniale tout entière, a été ratifié par l’una­
nimité du pays et nous sommes heureux d’y
applaudir à notre tour.
Comme l’a excellemment dit M. Fallières,
en présence du nouveau roi des Belges,
« Depuis les temps les plus reculés jusqu’à

Le peuplem ent fra n ç a is en Tunisie.

M. Jules Saurin est connu de tous ceux
qui s'intéressent à la colonisation française
dans l’Afrique du Nord et spécialement en
Tunisie, où il a réalisé lui-même une œuvre
méritoire. Ancien professeur au Lycée de
Tunis, devenu colon entreprenant,M. Saurin
s’est dévoué avec ardeur à notre expansion
nationale dans la Régence. D’abord simple
propriétaire, son expérience pratique l’a
amené, par la suite, à- se faire l’actif prota­
goniste du peuplement français.
Aidé par quelques capitalistes, M. Saurin
a fondé, en 1898, la Société des Fermes Fran­
çaises de Tunisie,, qui est aujourd’hui pro­
priétaire de 11.000 hectares de terres labou­
rables, dont 3.500 dans le nord de la Régen-

�L’EXPANSION COLONIALE
ce, et d’une trentaine de fermes, occupées
presque toutes par des cultivateurs français;
il en est le directeur-gérant et la Société,
conduite dans un esprit pratique, sans per­
dre de vue son objet politique, présente une
situation financière des plus honorables.
M. Saurin, qui a déjà introduit plus de
soixante familles françaises en Tunisie, ne
s’arrêtera d’ailleurs pas là, car il a l’ambi­
tion louable d’arriver à en installer une
centaine.
Réunissant une série d’études antérieure­
ment publiées et les complétant par quel­
ques chapitres nouveaux, M. Saurin vient
de faire paraître en volume chez l’éditeur
Challamel, sous le titre du présent article,
le récit de ses expériences, auxquelles il est
plus dévoué que jamais : c’est à la fois le
livre d’un apôtre et d’un praticien, plein de
détails vécus et persuasifs, où il expose clai­
rement une vérité féconde.
En faveur du peuplement français, M.
Saurin n’a cessé de joindre l’exemple au
précepte. Il estime avec juste raison qu’il y
a danger, pour notre avenir en Tunisie, à
ne point atténuer par une immigration fran­
çaise le progrès trop exclusif de l’immigra­
tion italienne. Les Italiens, d’après les cal­
culs les plus autorisés, sont présentement
105.000 en Tunisie, contre seulement 35.000
Français ; beaucoup de ceux-ci habitent les
villes, tandis que la population rurale euro­
péenne se compose surtout d’Italiens. Il y a
là un péril de toute évidence, malgré la supé­
riorité matérielle et intellectuelle des Fran­
çais.
Les faits ont établi qu’un paysan moyen
de nos régions, s’il n’est pas trop routinier et
veut profiter des leçons acquises, a les plus
grandes chances de s’élever, en Tunisie, à
l’aisance et à la propriété. D’où la conclu­
sion de M. Saurin : facilitez au paysan fran­
çais la période d’apprentissage, et la Tunisie
recevra de la métropole les immigrants qu’il
lui faut.
Un moyen très simple, entre quelques
autres que cite M. Saurin, serait de franci­
ser tout le petit personnel des travaux pu­
blics, cantonniers sur les routes, poseurs de
la voie sur les chemins de fer. En admettant
que le protectorat assume pour indemniser
dans ce but les employeurs, la totalité des
charges supplémentaires, l’argent ainsi dé­
pensé (un demi-million par an) ne serait nas
perdu : tous ces modestes travailleurs se­
raient, en effet, des candidats à la propriété
rurale, dont il serait aisé de leur faciliter
l’accès. En tout cas, il y a lieu pour le Gou­
vernement de la Régence, qui a eu déjà tant
d’initiatives heureuses, de faciliter davan­
tage, par tous les moyens, le peuplement
français de la Tunisie.

135

Un discours de M. W . Ponty.

L’éminent Gouverneur général de l’Afri­
que Occidentale Française, M. W. Ponty,
vient de prononcer à l’ouverture du Conseil
de gouvernement de ce groupe important de
colonies, à Dakar, un remarquable discours,
qui constitue un véritable exposé d’ensemble
de la situation générale de notre Ouest-Afri­
cain. Aussi tenons-nous à reproduire ici les
principaux passages de l’allocution de M.
Ponty, en ce qui concerne les progrès écono­
miques et les travaux publics.
Le Gouverneur général constate qu’à une
condition politique excellente doit corres­
pondre, dans l’état actuel du marché mon­
dial. une situation économique non moins
bonne- Et c’est bien le cas de notre Afrique
Occidentale dont les échanges, en 1909, se
sont élevés à 228.500.000 francs, ainsi que
nous l’avons déjà signalé. Le progrès des
exportations est surtout considérable. En
premier lieu les caoutchoucs accusent une
plus-value de 13 millions de francs, s’éten­
dant à toutes les colonies, mais qui marque
son maximum d’intensité en Guinée françai­
se où,sur une exportation totale de 19.368.641
francs,le caoutchouc prend 15.834.745 francs.
Les arachides sont en augmentation de
11.192.000 francs, correspondant à un ac­
croissement en poids de 83.000 tonnes. Le
Sénégal a fourni à lui seul un excédent de
80.000
tonnes de cette graine, grâce à une
récolte exceptionnelle et à l’extension des
superficies cultivées aux abords du tronçon
du Thiès-Kayes ouvert à l’exploitation. Les
amandes et les huiles de palmes sont en aug­
mentation les unes de 2.594.000 francs, les
autres de 1-658.000 francs. Les palmeraies
de la Côte d’ivoire et surtout celles du Daho­
mey, favorisées par les conditions climaté­
riques, ont donné une récolte dont l’abon­
dance a dépassé celle des meilleures années
connues.
M. Ponty ajoute que ce remarquable essor
commercial ne semble pas devoir s’arrêter.
Les résultats du premier trimestre de l’an­
née courante se sont traduits par un accrois­
sement de 20.850.000 francs dans les transac­
tions, dont 8.550.000 francs pour les impor­
tations et 12.300.000 francs aux exportations.
C’est que cet essor n’a pas seulement sa
source dans les hauts prix récemment at­
teints par le caoutchouc ; il procède égale­
ment du développement incontestable des
cultures, encouragées par la paix générale
et l’extension de nos voies ferrées. Partout,
mais surtout au Sénégal, l’arachide couvre
de plus vastes superficies. Au Dahomey, les
indigènes apportent de plus en plus de soins
à l’exploitation de leurs palmiers à huile, en
même temps que l’administration locale et
les particuliers européens cherchent à vul­
gariser l’emploi de machines a concasser les
amandes.

�136

L’EXPANSION COLONIALE

La production du riz a augmenté dans la
vallée du Niger ; elle a doublé en Casamance;
en Guinée, les importations de céréales ont
diminué de 282 tonnes, grâce à l’extension
des superficies ensemencées. A la Côte d’ivoi­
re et au Dahomey des efforts sont tentés
pour introduire et développer la culture du
cocotier. Au Dahomey, on rencontre de nou­
velles plantations de cotoniers dans les cer­
cles d’Abomey, de Savalou, de Savé. La pro­
duction de ce textile y a atteint 130 tonnes en
1909 contre 69 en 1908- Dans le cercle de
Koutiala, du Haut-Sénégal et Niger, les indi­
gènes ont livré l’année dernière à l'Associa­
tion Cotonnière Coloniale 146 tonnes de coton
égrené.
Enfin, au point de vue minier, l’A. O. F.
n’est pas encore dans la période de produc­
tion ; elle reste, en général, dans celle des
études. Mais on entrevoit le succès &lt;jes en­
treprises forestières projetées à la Côte d’i­
voire. Quant aux produits de la pêche, ils
ont attiré de nouvelles initiatives désireuses
d’en tirer parti. L’amélioration des condi­
tions de la production animale se poursuit
normalement.
Passant aux Travaux publics, le gouver­
neur général déclare que la construction
des voies ferrées a été activement poursui­
vie pendant d’année écoulée et depuis la
1er janvier dernier. En Guinée, tous les tra­
vaux de terrassements étaient achevés au 31
décembre jusqu’à Kouroussa, sur le Niger, et
la voie était posée jusqu’au kilomètre 432. Le
rail a atteint, à la fin du mois de mai, le kilo­
mètre 530 et on peut espérer que la ligne en­
tière, comportant 589 kilomètres, sera livrée
à l’exploitation vers le 1“' janvier 1911. Elle
sera ensuite prolongée jusqu’à Kankan au
moyen des économies réalisées sur sa cons­
truction et de l’aide du budget général.
Le chemin de fer de la Côte d’ivoire a
progressé de 19 kilomètres, arrivant ainsi
au N’Zi où un viaduc de 250 kilomètres de
longueur est actuellement en voie d’achè­
vement.
Les travaux d’infrastructure de la premiè­
re section du chemin de fer de Thiès vers
Kayes sont terminés. La voie est posée sur
134 kilomètres. Elle sera continuée jusqu’au
kilomètre 240 avec les fonds du récent em­
prunt de 14 millions autorisé dans ce but.
La section de 43 kilomètres allant de Kayes
à Ambidédi a été livrée à l’exploitation au
mois de juillet dernier.
Au total, les voies ferrées de l’Afrique
Occidentale française se sont allongées de
184 kilomètres en 1909. Au 1er janvier 1910,
elles atteignaient donc la longueur totale
de 1.9Ô5 kilomètres, dont 1.725 en exploita­
tion. Pendant l’année courante 250 nouveaux
kilomètres environ seront construits. Les bé­
néfices produits par l’exploitation de ces voies
ferrées se sont notablement accrus pendant
l’année 1909.

D’autre part, les travaux qui constituaient
le gros œuvre du port de commerce de Da­
kar ont été terminés en 1909. A Conakry, le
chenal d’accès a été dragué. Les wharfs de
Grand-Bassam et de Cotonou ont reçu d’im­
portantes réfections.
Enfin, notre réseau télégraphique s’est
accru de 1.490 kilomètres en 1909, tandis que
les postes de télégraphie sans fil de Rufisque
et, de. Port-Etienne se faisaient entendre à
Oran et Bizerte. Cette année on construira
des postes identiques à Conakry et à Mon­
rovia.
L’Afrique Occidentale française peut don­
ner un pareil effort grâce à l’excellent état
de ses finances, et, conclut M. Ponty, à ce
point de vue encore, l’année 1909 jaisse loin
derrière elle ses devancières. Nous pouvons
ajouter que l’heureuse impulsion du gouver­
neur général et de ses principaux collabo­
rateurs joue aussi un rôle capital dans cette
brillante prospérité.

Récolte de la Gomme en Mauritanie
M. le Lieutenant-Colonel Patey, commis­
saire du Gouvernement Général en Maurita­
nie, a adressé à M. le Président de la Cham­
bre de Commerce de Saint-Louis une intéres­
sante lettre sur les modifications cru’il y au­
rait lieu d’apporter au mode actuel d’exploi­
tation de la gomme.
Depuis quelques années les Maures se
sont mis à pratiquer la saignée des arbres
pour augmenter leur production. La coutu­
me voulant que la gomme appartienne à tout
le monde, et les Maures qui avaient saigné
les arbres prétendant empêcher les autres
indigènes de récolter leur gomme, il en est
résulté des conflits qui amenèrent le Colonel
Gouraud à interdire la saignée. Cette prati­
que fut cependant reprise parce que. bien
que la gomme ainsi produite fut moins lour­
de que l’autre à volume égal et au’elle con­
tienne plus d’impuretés à la récolte, l’abon­
dance est telle qu’il y a bénéfice de poids
pour la production annuelle, et si l’on cesse
de saigner un arbre il reste un, deux ou
trois ans sans donner de gomme.
Les saignées mal faites pouvant amener la
mort des gommiers, M. Patey a envisagé
les différentes solutions possibles :
1° L’interdiction absolue de la saignée est
le moyen le plus efficace pour la conserva­
tion des arbre? et le plus facile à faire obser­
ver ; mais il aura l’inconvénient de dimi­
nuer pendant un an ou deux la production
de la quantité correspondante à tous les ar­
bres saignés actuellement.
2° L’autorisation de saigner en toute liber­
té augmentera la production pendant quel-

�137

L’EXPANSION COLONIALE
ques années, mais risque d’amener la perte
des gommiers, et, par suite, de tarir pendant
longtemps une source de commerce notable.
3° L’autorisation de saigner suivant un
mode rationnel serait, semble-t-il, la solution
désirable, mais nécessiterait une éducation
sérieuse des Maures, qu’il n’est pas possible
d’effectuer avant un laps de temps d’une an­
née ou deux au moins.
Désirant prendre une solution à cet égard,
M. Patey a demandé l’avis de la Chambre de
Commerce de Saint-Louis, qui après discus­
sion a conclu que la meilleure solution pa­
raissait être le moyen que préconisait M.
Patey : autorisation de saigner suivant un
mode rationnel, celui des Haratines des Smarides par exemple, (ceux-ci pratiquent une
légère coupure dans l’écorce qu’ils saisissent
par un des bords de l’entaille et enlèvent
ainsi une lanière avec la main ; ils font le
tour de l’arbre en trois ou quatre ans, pen­
dant lesquels l’écorce à le temps de se recons­
tituer dans la partie découverte de la pre­
mière année, ce qui permet de récolter sans
discontinuer), et faire l’éducation sérieuse
des Maures récolteurs. Il serait bon de ré­
glementer la propriété de la gomme pour
éviter des conflits, mais il faut le faire en
établissant des sanctions aux infractions
constatées dans le traitement des gommiers.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M é tro p o le
Gouverneurs. — Des décrets p résidentiels du
16 ju illet, nom m ent G ouverneur général de M a­
dagascar, M. Picquié, inspecteur gén éral des
colonies e'n re tra ite ; adm ettent à la re tra ite M.
François, lieuten an t-g o u v ern eu r du Gabon, tt.
M. L iotard, lieuten an t-g o u v ern eu r de la Gui­
née ; nom m ent M. C ureau, rappelé à l’activité,
lieu tenant-gouverneur du Gabon, en rem place­
m ent de M. F ran ço is ; M. Guy, gouverneur de
la R éunion, comme lieu tenant-gouverneur de
la Guinée, en rem placem ent de M. L io tard ; M.
R adier, gouverneur de la G uyane, comme gou­
v ern eu r de la R éunion ; M. S am ary, gouver­
n eu r p a r in térim de la M artinique, comme gou­
v ern eu r de la Guyane.
Tunisie. — P a r décret, sont fixées ain si qu’il
su it les q u an tités de prod u its ci-après dénom ­
m és,' d’origine et de provenance tunisiennes,
qui p o u rro n t être adm ises en fran ch ise à leur
entrée en F rance, du l or ju in 1910 au 31 m ai
1911, dans les conditions de la loi spéciale :
Fèves, 80.000 q u in tau x ; chevaux, 1.300 têtes ;
ânes et m ulets, 1.300 têtes ; bœ ufs, 25.000 têtes ;
m outons, 100.000 têtes; chèvres, 1.000 têtes; pores
1.000 têtes ; gibier v ivant ou m ort (sangliers,
tortues, etc.) 1.500 kilog. ; volailles, 8.000 kilog.
E st fixée à la somme de 6 m illions de fran cs la
v aleu r des q u an tités de p ro d u its d’origine et de
provenance tunisiennes, non dénommées dans
les articles 1er et 2 de la loi susvisée qui, dans
les conditions de cette loi, po u rro n t, du 1er ju in
1910 au 31 m a i 1911, être adm ises en p a y a n t en
F ran ce les droits les plus favorables perçus su r
les p roduits sim ilaires étrangers. — U n décret

autorise le régim e de l'adm ission tem poraire
pour les m in erais de plomb.
Afrique occidentale. — Un décret porte à 6
m illions die fran cs le capital social de la B an ­
que de l’Afrique occidentale. — Un décret au to ­
rise la détaxe douanière à Rentrée en F ran ce de
1.500 bœ ufs orig in aires du Sénégal ou du H autSénégal et Niger.
Afrique équatoriale. — Des décrets approu­
vent de nouvelles conventions passées avec onze
sociétés concessionnaires du Congo, dans la
région de la Sangha. et qui réalisen t des am é­
liorations appréciables au triple point de vue
de la liberté du commerce, des in térêts géné­
ra u x de la colonie et de la condition des indi­
gènes.
Nouv'elles-Hébricles. •— Un décret décide que
les q u antités de cafés o riginaires des exploita­
tions fran çaises des Nouvelles-Hébrides à ad ­
m ettre en F rance et en Nouvelle-Calédonie du
1er juillet 19Ü9 au 30 ju in 1910 fixées p a r le dé­
cret du 4 novem bre 1909 à 350.000 kilogram m es,
sont augm entées de 100.000 kilogram m es.

C olonies
Algérie. — Un arrêté du G ouverneur général
porte expropriation, pour cause d’utilité p u bli­
que,. des te rra in s nécessaires a u nrolongem ent
de la ligne de chem in de fer d’Alger à Coléa.
Tunisie. — Un décret beylical exproprie pour
couse d’utilité publique les im m eubles nécessai­
res à l ’agrandissem ent de la gare et à l’éta ­
blissem ent d’un port de commerce dan s la baie
de Sebra, à Bizerte.
Indochine. — Des arrêtés m odifient le régim e
-de l’al-cool dans la colonie à p a rtir du 1er ja n ­
vier 1911.
Martinique. — Un arrêté crée un In stitu t
d ’hygiène et de microbiologie.
Saint-Pierre-et-Miquelon. — Un a rrê té ab a is­
se la quotité des taxes de navigation à percevoir
dans la colonie.
J. L.

Avis dJAdjudication
Le 9 ao û t 1910, il sera procédé au m inistère
des Colonies, à 3 heures de l’après-m idi, à l’ad ­
ju d icatio n d-’articles de corderie nécessaires
p en d an t une année aux différents services des
colonies.
Le 12 septem bre 1910, à 9 heures du m atin,
il sera procédé à T ananarive, à l ’ad judication
de la fo u rn itu re d ’un ro u leau com presseur a u ­
tomobile.
Le 1er octobre 1910, à 3 heures de l ’aprèsmidi, il sera procédé à T an anarive, M ajunga,
T am atave et Diégo-Suarez, à l ’adjudication des
tra n sp o rts p a r voie fluviale, entre M ajunga et
M aevatanana, dn personnel et m atériel rele­
v an t des services civils et m ilitaires de la Co­
lonie de M adagascar.
Le 20 octobre, à 5 h eures du soir, ad judication
à T an an ariv e de onze ponts pour voie ferrée.
Un concours est ouvert pour la construction
des appontem ents de la gare m aritim e et d ’un
nouvel appontem ent rive droite à Saint-Louis
(m axim um de la dépense à prévoir : 700.000 fr.).
Les personnes désireuses de p ren d re p a rt à
ces ad ju d icatio n s et concours, p o u rro n t en con­
sulter les cahiers des charges a u se c ré ta riat
de l ’In s titu t Colonial, 5, ru e Noailles, M arseille.

�138

L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
IV C arseille

TE X TILE S
les 100 k.
Raphias de Madagascar. — Tam atave
l r° q u alité.................................................... F. GO/62
Majunga b lan c....................... .......................
65/68
A naialave b l a n c . - . . . . . . .
58
Tare d'usage,escom pte 8 o/o comptant,
m archandise prise à quai ou m agasin
M arseille. — Article ferm e.
Fibres d ’Aloës. — Bourbon 1er c h o ix .... 60 à 65
Bourbon o rdinaire....................................... 50 â 55
. Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar...............................
80
ESSENCES
le kilo
Géranium Bourbonbien te n u e ......
28
Vàtyver B ourbon .................................
30
Lemon-Grass (Vevveme).....................
12
Ylang-Ylang..........................................
300/400
V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté' d’Éntrepôt, escompte 3 ô/o
comptant, le k i l o ......................................... 38/42
Vanilles ordinaires s a in e s........................... 27/28
»
inférieures
»
22/24
»
Tahiti l ’e q u a lité ..................... ... 11 50
CUIRS DE M A D A G A SC A R
les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s. .
^
. , .......... 135/150
Tam atave » »
125/135
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
1*» c h o ix .— Pinky n° 1 , .............. 13.25 13.50
M adagascar lo m b iro ..................... 13.5Ù à 13.75
Tam atave Guidroa 1er choix.......... 11.— 11.25
M ajunga 1er choix........................... 11.50
12.—
N o s s i- B è ........................ ; ......... ..
7 ,—
9 .—
Diégo-Suarez 1" choix.......... ■ .... 13.— 13 25
T u lléar.................................................
5.» 8.50
Tonkin rouges I e' choix.................. 15.— 16. —
» n o ir s ..................................... 13.— 13.25
» lanières...................................... 15.— 15.50
» plaques................................. 10.— 10.50
Nouméa, bon co u ran t..................... 13.50
14 —
N iggers Soudan ro u g e s ............! .. 16.—
16 25
Soudan-N iggers blancs .................. 14.50 14.75
Sénégal-Gam bie A ............................ 13.50 13 75
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.
C IR E S D ’A B E I L L E S
M adagascar...............
320 â 322 50
Algérie..........................................
320 325 »
Tonkin...........................................
320
325 »
S én ég al..............................
330
332 50
Ces prix s’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable com ptant à tout entrepôt.
G IR O F LE S de Sainte-Marie (Madagas­
c a r ) .................................. les 100 k. 220 à 225 »
Escompte 2 o/o, payable com ptant à tout
entrepôt.
De
De
De
De

O RSE1LLE Madagascar
30 fr. les 100 kil. escompte 3 o/o franchisé 6 o/o
pour corps étrangers.
(0.- Hônhoràt),
CAFÉS
Guadeloupe boriifieur....... .. les 50 k.
Guadeloupe habitant— ......................
N o u m éa... ....................... ...................
Bourbon pointu................. _____ ____
N ouvellés-H ébrides.......... . . . . . . . . .
Libéria de M adagascar... .....................
M archandises à l’entrepôt, comptant
escompte 2 ô/o.
(Gaillard et

132 l1 140
122 130
90
100
125 135
85
92
75
85
Blanc.)

G R A IN E S O L É A G IN E U S E S
Coprahs.— Qualité «Séchés au
les 100 kil.
Soleil » . . . .............................F . 64
— ——
« Loyale et Marchande » .....
57
— ——
Arachides Afrique, décor t . .. ..
38 — — —
Palmistes. — Bas de côte, Côte
d’iv o ire .. . ........
41 — -----»
G uinée....................
39 — — —
Huile de palme. — D a h o m e y ...
71 — 72 —
G ran d -B assam ......................
68
— 69 —
L âlio u .i. . . . . . s ......................
67
— 68 —
(Pichot et De Gasquet.)
Le

H a v re

CAOUTCHOUC
Tamatave Pinky I....................... F.
»
Pinky I I .......................
Majunga .............................................
F a ra fa n g a n a ............ ............
Mananzarv, L o m b ir o ...,...............
Tonkin................................................
Congo Haut-Oubanghi
N’D jolé..................... .................
(Le tout au kilog, Le Havre.)

10 » â 12 —
9 » 10 »
8 50
11 50
7 50
9 50
8 50 10 50
10 » 16 »
18 — 18 50
1 0 — 10 50

T E X T I L E S . — Sisal A friq u e .... 68— à
Aloès Rêüniôn.................................. 55 »
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)
BOIS acajou G a b o n .....................
»
»
Okoumé.....................
» ébène G abon ............
»
» M adagascar................
(Le tout aux 100 kilos.)

12 »à
9 50
15 »
15 »

70 »
60 &gt;&gt;

20
10
30
30

»
»
»
»

le kilo.
3 35
les 100 k.
GOMME Copale A friq u e .,...................
50 à 100
»
M adagascar......... .................. 100 » 400
(Vaquin et Schweitzer.)
CIRËS M adagascar............... ........ .

B o rd e a u x

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N ig g ers. . . ............................... 18 à 19.—
Soudan'N iggers rouges........................
18.—
Soudan N iggers blan cs........... ............. 16 à 17.—
Lahou N ig g ers....... • ................., .................... 16.—
Gambie A ....................................... ................. 14 —
Gambie A M ..................................... ............... 12 50
Gambie B ................ ......... ............................... 11.50

Bassam Lumps.

...... .............

11.50

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S 'C O L O N I A U X
Fr.
Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ......................................... . 462 —
Divers
Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, t. à 500 f r ............ , 428 —
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 19Q3, r. à 500...........
471 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) ........................................
78 —
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
78 —
94 — .
— Em. 3 o/o 1903 (gar.)
91 —
450 — Îndo-Clilne, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o. 1899-1905 ...............
463 —
-------—
obi. 3 o/o 1902.. ...406 —
480 — E m prunt A lgérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p . . .................
442 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
jggy......................... _................
955 _
987 50 V ille dé Constantine, 3.30 O/o
■jggj
,
_
953 _
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898...........................
465 —
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
456 —
492 50 Col. de la M artin iq u e..............
480 —
470 — A friqueO ccident.,3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g a r.)..............
451 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904, rem. à 500..
510 —
B A N Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C I E R S
Divers Ci&lt;f Algérienne, act. de 500 t. p. 1170 —
500 — Créd. Fonc. d ’A lgèr. et Tunis.
572 —
—
—
—
lit».
572 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ......................... • ........... 1657 —
500 — Banque de la Guadeloupe, acl.
de 500 t. p. (n.)......................
420 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).............................................. 1100 —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p, (n.) .................................
720 —
375 — Banque de la Réunion, act. de
500 t. p. (n ). ...■............• . . .
355 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .)............. 1475 —
500
Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
844 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1260 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...........................89 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5,o/o 420 ............................. .
168 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350..................................
147 —
CH E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T COLONIAUX
500 — Cie Bône-Guelma, a. r . à 600..
670 —
Divers
— obi. 3 -o /o r. à 500.
429 —
500 — Est A lgérien, act. r. à 600___
691 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
419 —
500 — Ouest A lgérien, act. r. à 600..
637 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
426 —
-------Aïn Thizy-M aseara, obi. 3 o/o
rem . à 500............... . . . . . . . .
421 —
476 25

139

340 — M écheria-Aïn-Sefra, obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
420 —
-------Mouzbdb-Mèeheria, obi. 3 o/o
rem. à 500..................... ..
420 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
421 —
500 — Chem, de fer de Plndo-Chine
et du Yunna n, act. 500,
250 fr. nom ..................... ........
500 —
500 — Dakar à Sàint-Loüis, ch. de
fer, act. rem. à 6 5 0 . . . . . . . . . 1185 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç., obi 3 o'/o r. à 500 368 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.....................
426 —
VA LE U R S M IN IÈRES
-------Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............; .............................. 1605 430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem. à 500.................................
497 —
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ................................
830 —
477 50 A lgérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500..............
485 —
— —‘ Kanguet (S. min. du), act. de
. 500 t. p .............. ................
627 —
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p. 1585 —
-------Cie nantaise des mines de
M adagascar.............................
307 —
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p ......
665 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem . à 500.
494 —
375 — Compagnie Minière du C ongo.. 1250 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p ............... ............... ; ..
80 —
454 50 Phosphate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.................................
485 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3470 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ... 2980 —
Compagnie m inière de G uinée: act........
50 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
117 —
V A L E U R S COLONIALES D I V E R S E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d en tale ............... (actions nouvelles).. 3625 —
Cie M arseillaise de M adagascar ...............
620—
Congo o c c id e n ta l........................................
150—
Haut-Congo (Compagnie française du)..
484 —
Haute S angha..................................................
198—
Ekela Kadeï Sangha......................................
198—
N’goko S an g h a...............................................
275—
H aut-O gôoué..............................................
710—
La K otto..........................................................
550—
M’Poko..............................................................
193—
M essageries. Fluviales du Congo............
300 —
Sultanats du H aut-O ubangui................... 1109 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
a c t.............................................
Société cotonnière de Plndo-C hine..........
340 —
Cic du Maroc et des Colonies africaines..
240 —
Le Président de l’Institut, Gérant :

Adrien ARTAUD.
Im primerie du ‘^Sémaphore” Barlatier. — Marseille.
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d’Alger .......
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Ci0T o u ach e.
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» ........
D
Cic G10Trans.
d’O ran.............
))
T ransp. Mar.
»
.........................
))
Cic G'° Trans.
de Constantine
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Oio Touache.
ÇieG'o Trans.
))
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C'0 Touache.
T u n is ie .
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Cio des M. M.
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Départements

A f r i q u e O c c id e n t a le
F ra n ç a is e

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Hardi, Mercredi, Vendredi, Di­
manche ............................

M ercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Jeudi et S a m e d i.. . .
M ardi.........................
M ardi.........................
M ardi.........................
S am ed i.....................
J e u d i.........................
lu n d i, Jeudi et Vendredi.........

M ercredi...................
S a m e d i.....................
O ndim . sur déni à p . du 3 janr.
Vendredi ap. d. de Marseille . .

D jib o u ti, M a d a g a s c a r ,
R é u n io n e t M a u r i c e
D jib o u t i, M a j u n g a ___

11 h. m at.
3 h. 20 soir.
10 h . 30 m .
3 h. 20 soir.
3 h. 20 soir.
10 h . 30 m
3 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. mat
10 h. 30 m.
10 h. m at.
10 h. soir.

DES BATEAUX

1 h. soir
6 h. soir
m id i---5 h . soir
5 h . soir
m id i___
5 h . soir
m id i__
midi ...
m id i__
I h. soir
m id i__
II h. mat..

24 de chaque m ois. 6 h. 35 soir.

Voie de Marseille, T ransp. Mar. 10, 20 et 30 de chaque m o is..
Voie de Bordeaux àLisbonne, Cio des M. M. Le Jeudi, 1 .1.41 j. à p. du 1e r janv.
10 de chaque mois
Voie de Marseille,
»
»
D
25
»
»
Cie H avraise. Vers le 2 0 de chaque m ois.
Voie de M arseille, Cic desM . M. Du dim. sur quatre à p . du 17 janr.

S é n é g a l ............................

D E LA BOITE

10 h. 30 m.
6 h. 35 soir.
10 h. m at.
10 h. m at.
mat. ousoir
10 h. m at.

m idi.
11 h. mat..
11 h. m at..
11 h. m at..

N o u v e ll e - C a lé d o n i e (
Voie de Brindisi
! paq. Anglais. Chaque V endredi .. 10 h. soir. 11 h. 30 s.
e t N o u v e lle s -H é b r id e s )

ou N a p le s..
Voie dcMarseille, C'1' des M. M.
In d e F r a n ç a i s e
Voie deB rin d isi,paq. Anglais.
Voie de St-Nazaire, C»°Glc T rans.
G u a d e lo u p e
Voiede Bordeaux,
»
et M a rtin iq u e
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
Voie de St-N azaire, O Gle T rans.
G u y a n e F r a n ç a i s e . . . Voie d’A m sterdam , paq. N é e rl..
Voie de C herbourg, paq. Anglais.
T a h iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

j

Cn Mercredi s u r i à p. du 13 jan r. 10 h. m at. 11 h m at.
V endredi ap .-m id i. 10 h. soir, 11 h. 30 s.
9 de chaque m o is.. l’avan t-icille soir,
la veille au s o i r ..
26
»
lc M c rc r.,1 .1 .1 1 j. à p .d u G janr. l'a r.-v e ille m alin,

9 de chaque m o is.. l’avant-veillo soir,
Y ondr., 1 .1 .14 jours àp .d u 8 jant la veille au so ir.,
Le M e rc r.,1 .1.1 I j . à p . d u 6 janr. l'av.-veille matin.

Voie Le H avre et C herbourg
p a r N ew -Y ork

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A lg é rie :

A lg er................................
C onstantine p ar Philippeville et B ô n e........ .
O ra n .................................
T u n i s i e ............................
In d o - C h i n e
N o u v e l l e - C a l é d o n i e ..

Voie de B rin d is i..........

lu n d i, Mercredi, Vendredi, Sam edi.
lu n d i, M ardi, Jeudi, Sam edi. . . .
lu n d i, Mercredi, Jeudi, Samedi.

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Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

G u a d e lo u p e , M a r t i n i ­
que, G u y a n e :

Voie de Saint-Nazaire .
Voie de B ordeaux........
Voie d’A n g le te rre ........

Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. tous les 11 jouis.

A f r i q u e O c c i d e n t a le :

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Tous les 14 jo u rs.
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opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
En relations directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur les principales Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
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seille par :
1° Son service é tr a n g e r qui achète et vend des monnaies ou billets de tous pays ;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2° S es services de Banque qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de l'ouds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
3° Ses services de T i t r e s et Coupons qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
4° Son s ervice spécial des C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clientèle, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
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T é lé p h o n e

3 -0 5

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRA ITS

DES

Art . 2.

Cette association a p o u r but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des rap p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économique qui lui p a ­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A rt . 3.

L’In s titu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend
Les m em bres de droit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d on ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nombre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et d ona­
teurs sont ceux qui d ans le but de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In s titu t colonial,
lui donnent un concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soi»
su r sa dem ande, tous renseignem ents de natur»
à seconder l’œ uvre coloniale de l’In stitu t.
A rt . 4.

Toute personne qui vo u d ra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p endant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o n ateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

Législation et Economie Coloniales.

Services de l’Institut :

Rez-de-chaussée : Salle des Cours Coloniaux.
fer étage : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat de l’In stitu t, B u reau de
Renseignem ents.
Musée Commercial.
Rédaction de T « E xpansion Coloniale ».
Cours coloniaux •

Directeur : M. le Dr H eckel.
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. Jumelle.
P ro d u its anim aux et p arasitologie des p lan tes
et des anim aux des colonies.
M. Jacob de Cordemoy.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .
H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson .

~ M. R aynaud .

Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
M. le Dr R eynaud .
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. D avin .
H istoire des Religions dans les peuples indigè­
nes des colonies.
M. G. F oucart .
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille» .
____________
Institutions connexes :

2me étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance F rançaise.
3me étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de « l’Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque, P résident de la Commission du Musée Com mercial et du B ureau de Rensei­
gnem ents ; Louis Ytier , Vice-Président : Jacques L éotard, S ecrétaire ; P au l Masson, P ro ­
fesseur à l’Institut, M embre du Conseil. — M. Emile Baillaud, Secrétaire de l’In stitu t colo­
nial. — M. Auguste Giry , ancien D irecteur-Adjoint de l’Exposition coloniale.
Marseille. — Imprimerie

du

Sémaphore, B a r l a t ie r ,

rue Venture,

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Marseille

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La colonisation algérienne, p a r M. v a n E yll .
In s titu t colonial m arseillais :
Musée comm ercial.................................................
Exposition de Bruxelles......................................
Bureau de r e n s e i g n e m e n t s ..............................
Extraits de la correspondance..........................
Inauguration de VExposilion des Blés...............

ABONNEMENT

241
245
246
246
247
249

Le Régime douanier colonial : Enquête minis­
térielle ....................................................................
Chronique d u m ois, J. 1.........................................
Actes coloniaux officiels..........................................
In stitu tio n s connexes...............................................
Avis d ’a d ju d ica tio n..................................................
Marché des produits co lo n ia u x............................
Marché des valeurs coloniales..............................
Services p o sta u x Marseille-Colonies . . . . . .

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256
257
257
257
258
259
260

�IN STIT U T

C O LO NIAL

M A R SE IL L A IS

Fonde sous le haut patronage de M. le Ministre des Colonies

MM.

i.e Gouverneur
l.e Gouverneur
Le Gouverneur

P r é s i d e n t s d 'h o n n e u r :
MM.
général de l'Algérie,
uénéral de l'Indo-Chine.
général de l ’A frique O ccidentale

F rançaise.
Le Gouverneur général de M ad agascar,
l.e R ésident général d e la R épublique Français*
à Tunis.
Le Général C o m m a n d a n t en chef le X V Corps
d 'arm ée.

Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le R ecteur de l'U niversité d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la F acu lté des Sciences.
F éraui ), A ugustin, P r é s id e n t h o n o ra ire de
C ham b re de Commerce.
Charles -Roux, Jules, C om m issaire général
l'Exposition Coloniale de Marseille 1906.

la
de

M em b res f o n d a t e u r s :
j Desbief , P au l, P ré s id e n t de la C ham b re de C.om
Armand. Albert, Mem bre de la C h am b re de Com­
mnree. — D ufay, Fleuri, an cie n Vice-Président de
merce. — R ergassë . H. et C1'. — Bohn, Frédéric,
la C ham b re de Commerce. — Dufay, gigandet
Membre d e la C h am b re de Commerce. — Charles et C". — Gavoty, Charles. — H eckel , E d o u a rd (D’),
Roux, Jules, C om m issaire g én éral de l’Exposition
P ro fesseu r à la F aculté des Sciences, D irecteur du
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de Saintm ins de fer de P a r i s à Lyon et à la M éditerranée.
Louis. — S ociété Générale: des T ra n s p o r ts M ari­
— Compagnie F r a n ç a is e dé l’Afrique Occidentale.
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
— Compagnie Générale T ra n s a tla n tiq u e . — (.omInd ustriel et C o m m ercial et de Dépôts. — S ociété
pagnue M arseillaise de M ad agascar. — Comptoir
Générale p o u r favoriser le d évelop pe m en t du
National d ’Lscompte de P aris. — Crédit L yon­
Comm erce et de l'In d u strie en F rance
nais . — Compagnie des M essageries Maritimes. —
MM.

M em bres d o n ateu rs :
MM.
I bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.
.l.-ü. et A. Artaud Frères. — Barlatieiî , P aul. - 1 S o us-d irecteur de la C om pagnie F ra n ç a ise de l’A­
Berger , C. — Cuarrikres , Morel et C". — Cham
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent g é n é ­
rre de Commerce de N oum éa (Nouvelle-Calédonie).
ral de la C om pagnie F ra n ç a is e de l’Afrique Occi­
dentale. — N o i l i . y P rat &amp; C1'. — N. P aquet &amp; C". —
— Compagnie A lgérienne. — Compagnie des D ec’ s
J. et A. P avin de Lafarge . — Rastit , H enri. —
et E n trep ô ts de M arseille.— Compagnie: M arseillaise
de N avigation (I-raissinet &amp; C"). — Compagnie &lt;.e
Rocca, T assy et De R oux. — E. R odocanachi . —
Rolland, Alex., m em b re de la C h am b re de Com­
Navigation Mixte C o m p ag n ie T ouache) — Compa­
mercé. — Rodiugues-Ely, Amédée. — S ociété « la
gnie des V apeurs de C h arg e F ran çais. — Compagnie
Morue F ra n ç a ise ». —• S tapfer , Daniel, Mem bre
Générale F ra n ç a ise de T r a m w a y s . — Cyprien de la C h am b re de Commerce. — S ube, Ludovic,
F arre &amp; C". — Crédit F o ncier et Agricole d’Algé­
Vice-Président de la C ham b re de Commerce. —
rie. — Dufour M ariu s et Fils -- E sthine , Lucien,
Usslaub, Léonce. — Velten , E do u ard , Mem bre de
Vice-Président d e la C ham bre de C ommerce. —
i é r a u d , A ugustin,
P ré s id e n t h o n o ra ire de la
la C h am b re de Commerce. — Zafiropulo et
Zarifi .
C ham bre de Commerce. — Lomrard, Emile. Mem-

CONSEIL D’ADMINISTRATION :
P résident honoraire fo n d a te u r : M. Desbief , P a u l, P ré s id e n t h o n o ra ire de la C ham bre de Commerce.
M. E strine , Lucien, P rés id en t de la C h am b re de Commerce.
P résid en t : M. Artaud, Adrien, M em bre-S ecrétaire de la C ham b re de Commerce.
Secréta ires : MM. Barlatikr. P au l, D irecteur du
V ice-P résidents : MM. le D' H eckel , DirecteurF o n d a te u r du Musée Colonial,
P rés id en t
S ém a p h o re ; I' ouque, Adolphe, P ré s id e n t h o n o ­
de la Société de G éographie ; P onsinet , A.,
ra ire d u S y n d ic a t d ’in itia tiv e de Provence.
Chef d u Service Colonial : le C" Armand,
T réso rier : M. Ytie r , L., A ssureur, Vice-Président
Albert, p re m ie r Vice-Président de la C h am bre
du S y n d icat des E x p o rtateu rs .
de Commerce, P ré s id e n t du S y n d ic a t M arseil­
T réso rier-A d jo in t : T eisseire , R ay m o n d , Avoué,
lais de la M arin e M a rch an d e ; Bohn, F rédéric,
S ecrétaire de Ja Société de Géographie.
Mem bre de la C h am b re de Commerce, A dm i­
n is tra te u r-D ire c te u r de l a ' C o m p a g n i e F r a n ­
çaise de l’A frique Occidentale.
MM.

Allemand, J., Membre de la C h am b re de Commerce,
Ali.est , J. (IV). A dm in istrateu r-D élégu é de la Com­
pag nie G énérale T ran satlantiq u e.
Arnaud Lucien, Minotier.
Berçasse , A lexandre, Négociant.
Rou r Di i.eon, A.,. A rm ateur.
Charve, L., Doyen de la F acu lté des Sciences.
DÉCHAtin, D irecteu r d i s M essageries M aritim es.
Dufay, H., Ane. Vice-Prés, de la C ham b. de Comm.
Dufour, A ntonin, Juge du T r ib u n a l de Commerce.
Dufour, J.,Présicl. du S y n d ic a t des Cuirs et P eau x.
F.st ' f.r . Nicolas, ancien P ré s id e n t du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffarel , Paul, P ro fesseu r à l’Université.
Giraud, H ubert, A rm ateu r, M em bre de la C h am bre
de Commerce.
J acquemet. Louis, P ré s id e n t du S y n d ic a t des
Négociants en cafés.
J oannon. A., Avocat, P ré s id e n t de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole S u p érieu re
de Commerce.
Jo u r d a n . Félix. Juge au T rib u n a l de Commerce.
Kahn, Membre de la C ham bre de Commerce.
L éotard , Jacques, Secrétaire g é n é r a l d e la So­
ciété de Géographie.

MM.

Lombard, Emile, V ice-Président de la C ham b re
de Commerce.

Mallen, E., A rm ateu r.
Martin -Laval, F., V ice-Président du S y n d ic a t des
E xp o rtateu rs.

Masson, P au l, P ro f e s s e u r à l’Université et à l’Ins­
titu t colonial.

Moriceau, E., A d m in i s t ra te u r en chef des Colonies,
en retraite.

R astit , Henri. Industriel.
R astoin, E., P ré s id e n t de la Société p o u r la Dé­
fense du C om m erce et de l’In d u s trie de Marseille.
Roux. F ran ço is (De), J u ,re au T r ib u n a l de Com­
merce.
T urcat, H., M em bre d e l a C h am b re de C ommerce.
Velten , E do u ard , Ii.ip s trie l, Ancien M embre-Se­
cré ta ire de la C ham b re de Commerce.
L évy , Clément, 1" A djoint au M aire de Marseille.
Deltbes, J., Délégué d u Conseil Municipal.
Rossi, Clément. Délévué d u Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, D éléaué du Conseil Général.
T alon. Eug.. Ancien bâtonn ier. Avocat-Conseil.
S ecréta ire de l'In s titu t colonial : Emile B aillaud,
dip lô m é de l’Ecole des sciences politiques, a n ­
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�Quatrième Année.

N° 34

%

^)

1er Septembre 1910.

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

COLONISATIoV eI AL6ERIE
Aussi bien le jeune homme riche que celui
qui veut le devenir peut et, dans bien des cas,
devrait faire un colon. Bien entendu c’est aux
jeunes gens actifs, intelligents et vigoureux
que je m’adresse ; à ceux-là seuls la vie in­
tense, souvent dure et pénible, qui est celle
du colon, saurait convenir. C’est à tous ceux
qui ne craignent ni leur peine ni les difficul­
tés, à tous ceux qui ont rêvé d’une vie active
et saine que je puis dire sans crainte : «Fai­
tes-vous colons ! »
Mieux que toute auti’e colonie, l’Algérie
s’offre à ceux qui désirent ainsi faire quelque
chose ; sa proximité en fait une seconde
France, son climat en général très sain ne
peut inspirer aucune crainte, et la vie active
que doit y mener un jeune colon développe
les qualités physiques et morales qui font les
hommes, ne laissant pas de temps aux plai­
sirs et aux habitudes de désœuvrement qui
font les efféminés et les neurasthéniques.
Bien souvent dans une installation de colon
il faut tout créer, car tout est à faire ; mais
n’est-ce pas le plaisir en pays neuf de trans­
former, d’amener le mouvement et la vie là
où rien n’existe que la solitudè et la brousse ?
Depuis une trentaine d’années, en Algérie,
la propriété a pris une plus-value considé­
rable ; des terrains sans valeur il y a quel­
ques années, mis depuis en état de culture,
trouvent maintenant preneur à 400 et 500 fr.
l’hectare ; d’autres ont atteint un chiffre
beaucoup plus élevé, et les propriétés les
moins favorisées doublent facilement de
valeur tous les cinq ou six ans.
' La rapidité de la plus-value dépend cer­
tainement de la qualité des terres, mais aussi
et surtout des moyens d’accès qui s’établis­
sent dans la région. Si l’on achète des ter­
rains en Algérie, il faut donc envisager
tant le revenu que l’on peut en tirer en y fai­
sant de la culture ou de l’élevage, que la
plus-value plus ou moins rapide mais cer­
taine que prendront ces terrains.
Les bénéfices de la culture et de l’élevage
sont excessivement variables ; donner de
faux espoirs, faire naître des illusions n’est
pas mon but ; au contraire, je veux plutôt
mettre en évidence les difficultés et les dé­
boires qui attendent le colon. Dans bien
des parties de l’Algérie on peut faire la cul­
ture des céréales en même temps que l’éle­

vage; la culture y est rémunératrice, quoi­
que beaucoup plus incertaine qu’en France ;
elle doit y subir les attaques de quantité d’en­
nemis dont le principal est le temps. Ense­
mencements trop secs ou trop humides sont
également à craindre ; manque d’eau l’hiver
ou excès au printemps sont également nui­
sibles, car alors c’est la verse, la rouille ou
le charbon qui détruisent une partie de la
récolte ; coups de siroco ou de grêle peuvent
en peu de temps détruire les plus belles
espérances. Il faut encore compter avec les
fourmis et les sauterelles, qui sont de vrais
fléaux et peuvent causer, ces dernières sur­
tout, des ravages épouvantables dans les
céréales.
L’élevage, plus encore que la culture, peut
donner de gros déboires ; les années où tout
va bien, où il n’y ni épidémie ni morta­
lité, l’élevage peut rapporter 20, 30 et même
40 pour cent du capital engagé ; mais à côté
de ces années heureuses, d’autres viennent
qui ne laissent aucun bénéfice et quelquefois
même de grosses pertes. Epidémies, hiver
rigoureux, sécheresse, manque de nourriture
avec effondrement des cours sont autant de
causes de mortalités nombreuses et de mau­
vaises années. Malgré ces risques et ces dé­
ceptions possibles, des troupeaux composés
de mères et de jeunes bêtes ne peuvent pas
perdre, à moins d’épidémies ou de déveine
persistante ; des troupeaux bien constitués
doivent comprendre deux tiers en mères re­
productrices,vaches ou brebis, et un tiers en
bouvillons ou agneaux ; il est à recommander
de ne conserver aucune vieille bête et de
n’introduire au troupeau une fois constitué
que le moins possible d’animaux étrangers,
qui risquent toujours d’y apporter des ger­
mes d’épidémies.
La culture comme l’élevage ne sont donc
pas sans risques ; mais malgré ces risques de
mauvaises années, le colon actif, disposant
de bons terrains, sachant commander son
personnel, s’occupant sérieusement par luimême et ayant de l’ordre et de l’économie,
doit espérer de jolis bénéfices.
Les rendements en céréales de l’Algérie
sembleront bien médiocres aux cultivateurs
du Nord, de la Beauce, du Berry ou de la
Limagne, et cependant ils se rendront compte
qu’avec ces rendements médiocres on peut
réaliser de gros bénéfices et que la produc­
tion de l’Algérie lui a jadis valu à juste
titre le surnom de grenier de Rome. Il faut
considérer que les moindres fermes ensemen­
cent chaque année 200 ou 300 hectares, que

�242

L’EXPANSION COLONIALE

beaucoup sèment de 1.000 à 1.500 hectares,
et que les colons qui livrent pour 80 à 100
mille francs de grains ne sont pas rares.
Pour des contrées de qualité moyenne et
dans des régions où il est encore possible à
un jeune colon de venir s’installer, le rende­
ment, compté sur un certain nombre d’an­
nées, ressort à environ 10 quintaux à l’hec­
tare, en blé dur ou blé tendre. En très bonne
culture les terres destinées à recevoir une
semence de blé restent au repos un an sur
deux ; entre le moment où elles sont débar­
rassées de leur récolte et le moment où elles
reçoivent une semence nouvelle, on leur
donne deux ou trois labours, qui contribuent
tant à la destruction des mauvaises herbes
poussant sur ces terres qu’à l’absorption des
pluies tombées dans tout le courant de la
saison. On estime, et le compte en est facile
à faire, qu’un hectare de céréales, tous frais
compris (labours, semence, moisson, char­
riage et dépiquage de la récolte), revient à
100 francs ; or, dix quintaux de blé dur ou de
blé tendre trouvent toujours preneur entre
180 et 220 francs, ce qui laisse encore une
moyenne de cent francs à l’hectare comme
bénéfice net. L’orge, l’avoine et le seigle se
vendent en moyenne une douzaine de francs
le quintal ; leur produit à l’hectare est sen­
siblement le même que pour le blé, le ren­
dement de ces sortes de grains atteignant
facilement comme moyenne 15. quintaux à
l’hectare. Si donc la culture s’étend sur plu­
sieurs centaines d’hectares, il est facile de
comprendre que malgré le petit rendement
les bénéfices peuvent s’élever à un chiffre
important.
Ceux qui ne connaissent pas l’Algérie di­
ront : « Et les engrais ? » car enfin pour ré­
colter du blé il faut des engrais, fumier ou
engrais chimiques! C’est là justement ce
qui constitue l’avantage de la culture en Al­
gérie ; une terre de moyenne qualité, bien
préparée par de bons labours et ensemencée
une année sur deux, peut produire des ré­
coltes..... indéfiniment! Les-analyses des
terres mises en culture depuis déjà de lon­
gues années indiquent que ces terres se sont
enrichies en azote et en potasse (grâce aux
incinérations des chaumes) ; elles indiquent
aussi que les terres cultivées aussi bien que
les terres vierges sont riches en calcaire, en
humus, mais pauvres en général en acide
phosphorique, et c’est pourquoi j’ajoute :
« Si les engrais chimiques ne sont pas indispensabïes pour récolter, ne craignez pas
d’employer des superphosphates ; c’est une
dépense importante, il est vrai, n’en met­
triez-vous que 250 kilogs à l’hectare, ce qui
est un minimum ; mais cette dépense à coup
sûr vous ne la regretterez pas, quand' vous
constaterez l’effet incroyable que la végéta­
tion et le rendement en ressentiront. «
Au colon qui voudra venir s’installer en
Algérie, je ne conseillerai pas de chercher
des terrains à proximité d’une ville, d’un

chemin de fer ou même d’une route ; il
pourra trouver des propriétés bien situées
sous ces rapports, qui suivant la région et
la qualité vaudront de 400 à 1.000 francs
l’hectare ; leur situation il est vrai permettra
au jeune colon de se créer des relations de
voisinage, mais il ne devra pas espérer que
ses terrains prendront une plus grande va­
leur d’ici à longtemps. Le colon qui veut
mériter ce nom, qui réellement veut faire
une affaire, doit au contraire chercher une
région éloignée de tout, aussi bien de voi­
sins que de routes ou de villes ; toutefois
qu’il ne choisisse pas une trop petite vallée,
dont le manque d’importance risquerait de
le faire laisser en dehors de toute améliora­
tion des voies d’accès. Qu’il s’établisse tran­
quillement, en cherchant le plus possible à
se créer de bonnes relations avec les Arabes
ses voisins. Dans ces conditions, il trouvera
encore des terrains aux environs de cent
francs l’hectare, et malgré l’éloignement des
routes et des chemins de fer, il viendra tou­
jours à bout de sortir ses produits, que ce
soit à dos de mulets ou de chameaux pour
le cas où les charrettes ne pourraient être
utilisées. Par mulets ou par chameaux des
transports de grains peuvent se faire à raison
de 0 fr. 05 le kilomètre par quintal, ce qui
pour des distances de 30 ou 40 kilomètres
fait encore un prix raisonnable et aborda­
ble, lorsqu’il s’agit surtout d’un produit plu­
tôt cher comme le blé.
Conseiller à un futur colon une partie
quelconque de l’Algérie plutôt que telle ou
telle autre me semblerait une faute. Celui
qui veut s’établir doit être capable de choisir
lui-même, suivant ses goûts, suivant ce qu’il
veut faire et en jugeant l’affaire personnelle­
ment; mais il est impossible à qui que ce soit
de venir actuellement s’installer de cette fa­
çon du jour au lendemain, comme beaucoup
l’ont fait il y a 20 ou 30 ans. Il faut chercher
avant de trouver une région favorable, et
pour cela on doit prendre son temps, circuler
un peu, faire un ou plusieurs stages dans
des fermes déjà en exploitation et le plus
possible à proximité de la région dans la­
quelle on désire se fixer. En plus, il y a une
étude de langue, de mœurs, de coutumes
absolument indispensable ; tout cela de­
mande au minimum un an de travail et
d’étude. Un capital assez important est in­
dispensable pour réussir, car pour acheter
à des Arabes, non seulement il ne faut pas
espérer obtenir à crédit, mais au contraire
il faut pouvoir leur faire des avances, au
risque de perdre bien souvent tout ou partie
des sommes ainsi avancées, ou d’être roulé
par quelque malin (et ils ne sont pas rares),
qui vous vend comme seul propriétaire un
terrain sur lequel il a droit à un vingtième,
quand ce n’est pas même un centième, ce
dont vous vous apercevez dès l’instant où
vous avez eu l’imprudence de lui remettre
le montant du prix de vente.

�L’EXPANSION COLONIALE
Prétendre acheter dans une région et d’un
seul coup une grande surface de terrains est
chose impossible ; beaucoup de douars sont
très attachés à leur bled et souvent il faut
saisir l’occasion d’une mauvaise année ou
d’un besoin d’argent de l’un des ayantdroits pour pouvoir acheter quelques hec­
tares ou des parts indivises. Du jour où l’on
a un pied dans une région, il n’y a plus qu’à
attendre ; les propriétaires les uns après les
autres viendront offrir soit à vendre soit à
hypothéquer leurs terrains, et si le colon est
adroit, s’il sait acheter à mesure que l’occas’en présente, il arrive rapidement à devenir
propriétaire de tout ce qu’il désire.
Aux ouvriers français et à tous ceux qui
ne disposent pas d’un certain capital, je ne
conseille guère d’aller chercher fortune dans
ces conditions ; il faut faire une affaire assez
importante pour pouvoir en espérer des
bénéfices ; une affaire de quelques hectares
ne nourrira pas son homme et non seulement
il faut pouvoir acheter et payer au comptant
plusieurs centaines d’hectares, mais on doit
aussi, pendant au moins un an. payer dans
les mêmes conditions les fournisseurs de
toutes sortes, se monter en cheptel, en ma­
tériel, construire, défricher, etc... Il faut.
encore qu’il reste quelques capitaux dispo­
nibles pour acheter au fur et à mesure que
l’occasion s’en présente, ou nour pouvoir
faire quelques prêts en argent aux Arabes du
voisinage, sur lesquels on ne neut compter
qu’autant qu’on les tient un peu. Si la ré­
gion choisie est très boisée, s’il ne se trouve
que peu ou pas de parties pouvant être en­
semencées , avant de s’y installer le colon
fera bien de faire défricher au minimun une
cinquantaine d’hectares, qui lui donneront
dès son entrée en jouissance de nuoi occuper
quatre ou six bêt-es et qui lui fourniront
pour l’année suivante sa semence et la nour­
riture de ses animaux. Dans les boisements
de lentisques et de chênes verts, la vente du
charbon constitue une importante diminu­
tion des frais de défrichement. Dans certains
cas la vente du charbon et de l’écorce peut
même payer le défrichement ; mais c’est une
chose qu’il ne faut pas espérer, car pour des
terrains éloignés des routes ou des chemins
de fer le transport sera toujours onéreux et
augmentera sensiblement le prix de revient
des produits. Les boisements de jeunes pins
donnent moins de travail, mais il n’y a au­
cun parti à en tirer et on s’en débarrasse en
y mettant le feu et en faisant couper à la
sape ce que le feu a épargné. Soit Marocains,
soit Espagnols, soit Maltais ou Siciliens en­
treprennent des défrichements à forfait à
l’hectare, ou à raison de deux francs le mètre
cube de souches arrachées ; en général, la
main-d’œuvre ne manque pas ; les Marocains
et les Espagnols, aussi bien que les autres
étrangers qui viennent en Algérie, n’ont
qu’un but, celui de gagner de l’argent.Aussi
ceux que l’on y rencontre sont des ouvriers

243

remarquables ; ils se constituent en équipes
plus ou moins nombreuses et se choisissent
un chef, qui fait le prix et les conventions
avec les colons et auquel ils obéissent d’une
façon parfaite. Ils yont de région en région,
changeant d’ouvrage suivant les saisons,
l’hiver défricheurs ou terrassiers, l’été fai­
sant les moissons ; d’une sobriété étonnante,
ils dépensent neu et envoient régulièrement
chez eux l’argent économisé.
Les lentisques et les chênes verts ne sont
pas les seules plantes à arracher ; ordinaire­
ment il y a encore des diss, des alfas, des
palmiers nains, quelques gros pins ou des
tuyas ; enfin quand tout bien compté, l’hec­
tare défriché ne revient qu’à une cinquan­
taine de francs de frais, déduction faite du
prix de vente des sous-produits, il faut s’es­
timer très heureux. Le colon qui fait défri­
cher a tout avantage à le faire dès octobre ou
novembre, car cela lui permet de donner à
ses terres un premier labour même avant
que le charbon soit terminé ; une terre ayant
ainsi reçu un premier coup de charrue avant
fin avril peut être recroisée dans le courant
de mai et se trouve en bonne condition pour
être ensemencée en octobre-novembre. Tou­
tefois il arrive bien que des défrichements
faits en fin de saison ne peuvent se labou­
rer la même année ; il faut alors attendre
l’automne, voire même l’hiver et la saison des
pluies pour pouvoir y mettre la charrue ; de
toute façon il est toujours préférable de re­
tarder la mise en rapport d’un an plutôt que
de semer dans de mauvaises conditions et
sur des terrains mal préparés. Dans les dé­
frichements, les herses et les rouleaux font
bon effet, et rien ne prépare mieux une terre
déjà labourée qu’un bon coup de herse avant
d’ensemencer, suivi d’un second coup de
herse et d’un coup de rouleau Krosokill, qui
fait l’effet de brise-mottes, une fois la graine
répandue sur le sol.
En terrains neufs les frais de culture sont
forcément plus élevés, mais les rendements
sont aussi meilleurs en général que dans les
terrains cultivés depuis longtemps, et l’on
peut dire que sauf siroco ou sauterelles une
terre neuve et bien préparée donnera à coup
sûr de 10 à 15 quintaux à l’hectare, que ce
soit en seigle, orge, avoine ou blé dur ; ce
sont les sortes de grains qui viennent le
mieux en terrains neufs.
Au début d’une installation les bâtiments
doivent être aussi réduits et aussi simples
que possible et faits de façon à pouvoir être
augmentés par la suite. Tous les frais doi­
vent du resta être réduits au strict néces­
saire ; tant comme matériel que comme
bêtes de culture, le colon ne doit avoir que
l'indispensable.
L’état des pistes ou des chemins ne nermet
pas toujours d’utiliser les appareils de bat­
tage et l’importance des premières récoltes
n’est pas toujours assez considérable. pour
décider un entrepreneur de battage à venir

�244

L’EXPANSION COLONIALE

sur place, d’autant plus que la plupart des
matériels de battage employés en Algérie
sont des matériels lourds, d’un transport dif­
ficile et coûteux et tout à fait impossible sur
bien des chemins. On remédie à ces diffi­
cultés en employant le vieux système arabe,
qui consiste à dépiquer aux pieds des bêtes ;
quatre ou cinq chevaux ou mulets tournent
en manège sur les grains disposés par cou­
ches de 20 à 30 centimètres d’épaisseur,éten­
dues sur un sol dur et bien nettoyé ; on ar­
rive de la sorte, sinon rapidement tout au
moins assez économiquement, à dépiquer sa
récolte ; c’est toutefois un procédé auquel il
ne faut avoir recours que faute de mieux.
Combien de colons ont cependant dépiqué
de cette façon et pendant nombre d’années
des récoltes variant entre mille et quinze
cents quintaux, et c’est du reste le seul
moyen à employer dans un pays où le man­
che du vieux fléau français des batteurs à
la grange serait trouvé bien dur à la main.
La conservation des grains destinés aux
semences se fait facilement en sacs ou en
vrac, dans les bâtiments ; toutefois, pour les
grains qui doivent être conservés tout l’hiver
et vendus aux Arabes, rien ne vaut le silo,
sorte de puits que l’on creuse dans une partie
saine et tufeuse et dans lequel le grain se
conserve assez bien,tout en prenant une odeur
et un goût particuliers, dus à une légère fer­
mentation très appréciée du reste par les
Arabes. C’est en plus' le magasin économi­
que par excellence.
L’alfa et l’écorce prise sur la racine du
chêne kermès, dite garouille, sont des pro­
duits très exploités dans certaines régions.
L’exploitation de l’alfa, qui a été longtemps
très rémunératrice au point qu’il s’est cons­
titué des fortunes considérables rien qu’avec
ce produit,n’offre plus aucun intérêt en rai­
son du bas prix auquel cette marchandise
est tombée. La garouille est plus intéres­
sante ; employée en petites quantités dans
un grand nombre de tanneries et pour des
cuirs de qualité spéciale, elle peut atteindre
un prix variant entre 12 et 15 francs le
quintal, rendu sur wagon, et laisser un
bénéfice de 2 à 3 francs par quintal, ce qui
diminue d’autant les frais des défrichements.
L’administration forestière adjuge chaque
année des lots de forêt à exploiter pour y
prendre la garouille et ce moyennant une
redevance variant, suivant la situation des
forêts et les facilités de transport, de 1 à
2 fr. 50, ce qui représente presque la totalité
de la différence entre le prix de vente et le
prix de revient. Avec la vente, des lièges des
forêts de chênes-liège, cela constitue les deux
meilleures sources de revenus des forêts en
Algérie. Les palmiers nains, lorsqu’ils sont
très abondants, font aussi l’objet d’une ex­
ploitation et d’une industrie importante ; les
feuilles déchiquetées, effilochées pourraiton dire, par des' machines spéciales mais
bien primitives, constituent le crin végétal

•si employé actuellement et dont tant de per­
sonnes ignorent la provenance.Les gros pins,
les genévriers s’utilisent aussi pour la fabri­
cation du goudron et vont fortifier les bron­
ches sensibles de bien des gens qui croient
devoir en être reconnaissants à la Suède ou
à la Norvège.
Beaucoup de gens ayant visité l’Algérie,
voire même y ayant vécu, ont dit : « Ce n’est
pas le rêve. » Evidemment ce n’est pas le
rêve du fainéant, qui souhaite un pays où
tout .arrive sans aucune peine ; mais malgré
les inconvénients, les difficultés et les dé­
boires que l’on y peut avoir, comme beau­
coup aussi qui connaissent l’Algérie, je re­
grette que l’esprit français ne soit pas plus
colonisateur et que tant de jeunes gens qui
n’ont rien à faire n’aillent pas dans ce pays,
chercher une occupation à leur désœuvre­
ment et un meilleur emploi à leurs capitaux.
A qui la faute si tant de belles propriétés, si
des villages entiers et quelquefois des éten­
dues immenses sont entre les mains d’étran­
gers? Que n’a-t-oir fait et combien n’a-t-on
pas dépensé pour attirer en Algérie des co­
lons français? Quel a été le résultat de tant
d’efforts et d’argent dépensés ? Hélas ! mé­
diocre... Sur dix colons des villages créés
officiellement, la moitié au moins n’ont pas
réussi et sur les cinq qui ont résisté, trois au
moins se sont empressés de vendre leurs con­
cessions du jour où ils en ont été les proprié­
taires, pour rentrer en France et y vivre
avec le produit de la vente des terrains qui
leur avaient été donnés. N’est-ce pas une
utopie que de vouloir continuer ce mode de
colonisation ? Les Siciliens, les Italiens, les
Maltais, les Espagnols viennent en Algérie
parce qu’ils ne trouvent pas chez eux le tra­
vail et l’argent nécessaires à les faire vivre ;
mais le petit propriétaire, qui en France a
sa maison et son champ, n’abandonne pas
facilement l’un et l’autre pour se risquer
dans un pays qu’il ne connaît pas, où il se
trouvera sans amis, sans personne de con­
naissance.
Sur qui faut-il donc compter pour faire des
colons? Sur les fainéants, qui croient trou­
ver en Algérie le pays où il est possible de
bien vivre et de ne rien faire ? Sur les habi­
tants des parties pauvres de la France, qui
arrivent pleins de courage et de bonne vo­
lonté, mais qui n’ont en poche que quelques
maigres économies qui passeront à bref dé­
lai sur le zinc des cantines ou dans la caisse
des usuriers ? Sur les petits propriétaires
des régions plus favorisées qui pourraient
venir s’installer avec leur famille et appor­
ter avec eux dix à quinze mille francs, c’està-dire de quoi s’établir dans des conditions
permettant d’obtenir un bon résultat ? Non,
les uns y trouveront bientôt la misère ; les
autres, malgré leur bonne volonté et leur
courage, n’arriveront à rien ; quant à ceux
qui en France ont leur champ, "leur maison,
voire même quelques billets de mille francs

�L’EXPANSION COLONIALE
dans leur armoire, ceux-là ignorent bien sou­
vent qu’à tel ou tel endroit on crée un village
en Algérie, et le sauraient-ils qu’ils ne se
décideraient pas à vendre ce qu’ils ont en
France pour aller s’établir dans un pays
qu’ils ne connaissent point, au milieu de
gens qui leur sont inconnus.
Faut-il donc renoncer à attirer des colons
en Algérie et désespérer de l’avenir? Non,
bien certainement. Le système des ventes à
bureau ouvert a déjà produit de bons résul­
tats,en attirant des gens d’une certaine situa­
tion pécuniaire et mieux armés pour sup­
porter les premiers frais et les premières
difficultés, qui sont la conséquence obligée
de toute création de propriété ; mais surtout
et par dessus tout, ce qui amène le dévelop­
pement et la mise en valeur d’un pays neuf,
ce sont les voies d’accès. Je ne crois pas
possible de mettre en parallèle l’esprit an­
glais, éminement colonisateur et l’esprit
français particulièrement casanier; mais, ne
doit-on pas remarquer que chez les Anglais
toutes les fois qu’il s’agit de coloniser un
pays, avant que les colons soient arrivés,
avant que le pays soit mis en valeur, on fait
des routes, on construit des chemins de fer.
Il semble souvent ridicule et inutile de créer
une route ou un chemin de fer dans une
région peu cultivée et peu habitée, et cepen­
dant, c’est le plus sûr moyen d’amener des
colons dans la région. La route ou le chemin
de fer n’est pas plutôt décidé, que, telles des
champignons, de toutes parts les fermes sor­
tent de terre, et avant que la route soit ter­
minée, à droite et à gauche sur tout son
parcours, les terrains sont mis en culture.
Que de centaines de kilomètres de routes
aurait-on fait avec l’argent englouti en créa­
tions de villages de colonisation et que de
fermes auraient poussé le long de ces rou­
tes !
Qu’aux Français déjà établis on réserve
des encouragements de toutes sortes, que
les dépenses à faire soient faites en leur
faveur et à leur avantage, et lorsqu’ils au­
ront réussi ou qu’ils auront la certitude de
voir leur situation s’améliorer rapidement,
mieux que ne peuvent le faire les affiches et
les journaux, ils sauront décider des parents
ou des amis à venir s’établir dans un pays
dont eux-mêmes auront reconnu les avan­
tages. Rétablir rengagement de résidence
pour les jeunes gens habitant l’Algérie
avant leur service militaire, en les faisant
bénéficier d’une réduction de temps de ser­
vice ; mettre à la disposition des colons rive­
rains et à bon compte les terrains forestiers
pouvant se mettre en culture ; faciliter aux
arrivants les achats de terrains indigènes,
leur éviter le plus possible les ennuis des
procès et les difficultés qui résultent de l’in­
division des terres indigènes, établir le plus
possible, et partout où il y a des terrains à
mettre en valeur, des routes et des chemins
de fer, et grâce à ces moyens, rapidement et

245

d’elle-même, la colonie se peuplera de Fran
çais.
A. van E y l l ,
Propriétaire-Agriculteur
à Fenouane (Département d'Oran).

INSTITUT COLOIIIAL MARSEILLAIS
MUSÉE COMMERCIAL

Il y a quatre ans, le M'usée Commercial de
l’Institut colonial dotait notre ville d’un
organisme dont le besoin se faisait sentir
depuis longtemps. Les musées commer­
ciaux fonctionnent à l’étranger avec le plus
grand succès: L’acheteur qui trouve dans un
musée local des spécimens de tout ce dont
il a besoin, et dont, l’achat lui est ainsi
suggéré, fait sur une place plus d’opérations
qu’il n’en aurait effectué sans ces indica­
tions. Les ressources d’un centre industriel
comme Marseille ont. grand intérêt à se faire
connaître, et c’est à la Bourse même si on y
disposait de la place nécessaire crue devraient
exister, comme complément des graphiques
indiquant la production industrielle mar­
seillaise, des spécimens de tous les articles
que lui doit le commerce.
Le Musée Commercial de l’Institut colo­
nial comblait donc une lacune et les fonda­
teurs de l’Institut n’avaient pas hésité à l’ou­
vrir en plein centre d’activité de la rue
Noailles, où passent annuellement plus d’un
million d’étrangers à la ville et au pays.
L’Institut comptait à ce moment que son
initiative serait secondée par les pouvoirs
publics, par le Ministère des colonies, sous
le patronage duquel il est placé, par les co­
lonies et par les pouvoirs locaux, son budget
de prévision comportant de larges subven­
tions, qui lui ont été accordées par la Cham­
bre de Commerce, par certaines colonies en
première ligne desquelles figure l’Afrique
Occidentale et au début .par les pouvoirs
locaux. Mais ces dernières subventions ont
été intermittentes et réduites. Celle de l’Etat
est toujours à venir et celles des colonies
n’ont, en dehors de celles de l’Afrique Occi­
dentale, aucune fixité. Dans ces conditions,
il a bien fallu demander des ressources au
Musée Commercial, qui est devenu une ins­
titution purement payante pour ses adhé­
rents.
Les résultats ont été très satisfaisants au
début et les exposants ont répondu à l’appel
de l’Institut colonial en payant 31.000 francs
les emplacements mis à leur disposition.
Malheureusement les combinaisons de publi­
cité ne durent pas. car le maximum de leur
effet utile se produit au début et elles ont
un défaut essentiel en matière d’intérêt gé­
néral : celui qui paie sa publicité entend s’en
réserver uniquement les bénéfices et pose
comme première condition qu’il sera seul de
sa spécialité à exposer. De plus, un musée

�24(5

L’EXPANSION COLONIALE

commercial doit mettre sous les yeux des
industriels français les articles étrangers qui
leur font concurrence aux colonies et les ar­
ticles importés ; un musée payant n’a guère
de place pour ces derniers produits et pas
du tout pour les premiers.
Ce sont toutes ces considérations qui ont
amené l’Institut colonial à transformer son
Musée. Les pouvoirs publics restant sourds
à son appel dans la proportion qui lui au­
rait permis la continuation de telles dépen­
ses, il a demandé à, la location d’une partie
de son rez-de-chaussée de lui fournir les
moyens d’équilibrer son budget sans recou­
rir constamment à la générosité de la Cham­
bre de Commerce qui, l’an dernier, n’a pas
hésité, pour soutenir son utile création, à lui
voter une large subvention sir olémentaire
de 20.000 francs.
Une fois tranquillisé de ce côté, l’Institut
a organisé à son troisième étage, où un as­
censeur permet de monter commodément,
dans une salle égale en superficie à celle
autrefois ouverte sur la rue Noailles, un nou­
veau Musée commercial public, qui fera une
part égale à l’importation et à l’exportation,
où on pourra manipuler à pleine main les
articles coloniaux, riz arachides, cafés, etc.,
et qui placera à côté des spécimens de l’in­
dustrie, française et surtout marseillaise, les
produits étrangers dont il faut s’inspirer
dans leurs caractères distinctifs quand ils
sont appréciés par la clientèle.
La transformation est la loi de l’existence
et l’Institut colonial tient à attester une fois
de plus sa vitalité par d’utiles initiatives.
Les travaux d’installation du Musée com­
mercial sont activement poussés et font pré­
voir sa prochaine ouverture.
EXPOSITION PE BRUXELLES

Par une lettre du 10 août, émanant du
Ministère des colonies, M. le Commissaire
des colonies françaises à l ’Exposition de
Bruxelles a bien voulu informer l’Institut
colonial marseillais que le Jury internatio­
nal lui avait décerné un Diplôme d’honneur
pour sa participation, sous réserve de la
ratification du Jury supérieur. Nous som­
mes heureux d’enregistrer la nouvelle de
cette récompense ; notre Institut a envoyé,
en effet, à l’Exposition de Bruxelles deux
tableaux, exposant l’organisation de. ses ser­
vices et des cours, ainsi que la collection de
l’« Expansion Coloniale ».
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Le Riz de Madagascar. — A la suite de de­
mandes d’intervention de plusieurs de nos
adhérents, nous avons recherché les motifs
de l'impossibilité absolue dans laquelle ils
se trouvaient de vendre des quantités assez

importantes de paddy provenant de Mada­
gascar et nous avons publié dans notre nu­
méro du 1er mai 1910 les résultats de cette
enquête.
Nous avons dit que nos industriels se plai­
gnaient d’avoir éprouvé de gros déboires'en
traitant des paddys de Madagascar qui leur
avaient paru superbes sur échantillon ; ils
leur reprochaient trois graves défauts : ils
arrivaient très charançonnés, étaient très
cassants et avaient une très forte proportion
de grains jaunes. Les deux premiers de ces
défauts avaient pour résultat un faible pour­
centage en riz décortiqué et le troisième em­
pêchait d’obtenir à la vente de meilleurs
prix que le riz de Saigon.
Cette opinion n’a pas été acceptée par tous
à Madagascar et après avoir reproduit notre
note, le Phare de Majunga du 25 juin, l’a
fait suivre des observations suivantes :
« Tout ce qui précède est. fortement exa« géré et très certainement il ne peut s’être
« agi en l’espèce que de paddys partis ava« ries de la colonie. Nos riz en paille ont
« toujours donné de 55 à, 63 pour cent à la
« décortication, alors qu’il est accusé 35 pour
« cent seulement à Marseille.
« Nous pouvons affirmer que des expé« ditions parties de la Côte Est ont comporté
« des paddys qui avaient été mouillés, et
« qui par conséquent devaient renfermer la
« forte quantité de grains jaunes dont il est
« parlé plus haut.
« Que nos exportateurs ne se découragent
« pas et confient leurs envois à des maisons
« sérieuses, le prix de l i francs les 100 kilos
« indiqué comme conclusion sera évidem« ment dépassé, mais que pour cela ils n’ex« pédient que des riz blancs et non des rou« ges. Ce n’est pas la première fois que nos
- produits sont décriés ; les importateurs en
« France ont l’habitude, pour nous forcer
« à des rabais, de clamer que notre mar« chandise ne vaut que tant, qu’elle a tels
« défauts, celle des voisins par contre a tou« jours toutes les qualités.
« Ici, à Madagascar, nos riz en paille se
« conservent- plusieurs mois en magasin ; à
« la décortication, ils sortent aussi frais que
« le jour où ils ont été stockés et ils ne sont
« pas plus ve-ntillés dans les locaux que nous
« connaissons que dans les cales des bateaux
« les transportant vers la Cannebière.
« Alors qu’on les consomme ici ou qu’on
« les vende au Sud-Afrique.— G. G. »
L’auteur de cet article attribue en somme
la situation que nous avons signalée à des
envois de paddys avariés et surtout à des
procédés commerciaux peu recommanda­
bles.
Les plaintes que nous avons accueillies
sont trop unanimes pour que, indépendam­
ment de la personnalité des industriels qui
nous les ont transmises, elles puissent être
attribuées à cette dernière explication et

�L’EXPANSION COLONIALE

247

---------------------------------------------------

nous souhaiterions fort que tout se résume tantes de ce produit. Les différents palmiers
en une mauvaise impression produite par des dont la graine est susceptible d’être utilisée
expéditions défectueuses et qui serait facile comme succédané de l’ivoire végétal sont
à dissiper.
susceptibles de pousser dans un certain
Cela ne contredit pas malheureusement ce nombre de nos colonies et l’exploitation
que nous avons dit au sujet du charançon- continue à paraître intéressante, quels que
nage, auquel il faut attribuer certainement soient les progrès faits par l’utilisation de
en grande partie les différences de rende­ la caséine pour les mêmes usages.
ment à la décorticaion sur place et dans nos
DEMA NDES D'EMPLOIS
usines métropolitaines.
La bonne foi des propriétaires de rizeries
M. R...., âgé de 25 ans, agriculteur, pou­
françaises que nous avions interrogés ést vant disposer d’une vingtaine de mille
bien évidente a ce sujet, puisqu’ils conseil­ francs, s'intéresserait à affaire de bétail (éle­
lent la décortication sur place en vue juste­ vage ou commerce) en Algérie ou Tunisie.
ment de diminuer cette perte oar les cha­
M. E. B., ingénieur, ayant dirigé l’exploi­
rançons.
tation de plusieurs mines importantes, cher­
En ce qui concerne les grains jaunes,nous che emploi analogue ou de prospecteur aux
avons pu vérifier nous-mêmes leur présence colonies.
dans des échantillons qui se rapportaient
Un horticulteur de profession, marié,
évidemment à des lots qui n’étaient pas ava­ cherche
riés, et les procédés de culture paraissent gascar. place de chef de culture à Mada­
bien en être la cause, comme nous l’avions
Une famille, composée du père, de la
pensé. Quels que soient les soins que les in­
mère
et de six enfants, désirerait emploi
digènes de Madagascar apportent à leurs
cultures, il n’est pas étonnant qu’ils ne dans une ferme en Algérie.
M. P.-L. T., constructeur mécanicien ex­
soient pas encore arrivés au degré de perfec­
tion des pays producteurs des premières périmenté, encore jeune et de robuste santé,
qualités de riz et ce n’est qu’au nrix d’efforts désirerait s’employer à des travaux de mi­
constants et considérables que l’Italie, le nes, de chemins de fer ou d’hydraulique aux
Siam, et la Birmanie sont arrivés aux résul­ colonies.
tats actuels. Il est intéressant de noter à ce
point de vue que les mêmes difficultés aux­
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
quelles se heurtent nos colons de Madagas­
car sont éprouvées actuellement par les cul­
A lgérie. — Ventes de t e r r e s
tivateurs de la Camargue, qui n’ont pu arri­
M. le Directeur de l’Office de l'Algérie à Paris,
ver eux aussi à vendre les riz dont ils vien­
à M. le Président de l'Institut colonial mar­
nent de tenter la culture, pour la simple rai­
seillais.
son qu’ils n’avaient pas apporté les soins né­
P a ris, 15 août 1910.
cessaires au moment de la récolte et du
M onsieur le P résident,
battage.
Madagascar produit des riz de toute pre­
J ’ai l ’h o n neur de vous accuser réception de
mière qualité, mais il est essentiel que le votre lettre du 2 ao û t co u ran t et de vous faire
nécessaire soit fait pour que rien ne vienne connaître que la septièm e vente de te rre s de
colonisation s ’ou v rira vraisem blablem ent dans
diminuer leur valeur.
co u ran t du mois d ’octobre prochain. La liste
Farine de Bananes. — Les indications le
définitive des propriétés qui seront com prises
que nous avons données dans nos précédents dans cette vente est la suivante :
bulletins sur l’exploitation de la farine de
Département d’Alger :
bananes nous ont valu l’échange de corres­
N
elsonbourg
.................... 20propriétés
pondances des plus intéressantes et la visite
H ardy ................................ 21
»
de plusieurs personnes qui sont acheteurs de
Victor-Hugo .....................
6
»
cet article.
F rom entin .........................
1
»
Le développement pris pour l’alimentation
M oudjebeur .....................
1
»
paraît-constituer un débouché de plus en
B ourbaki ..........................
1
»
plus important pour la farine de bananes, et
Département d'Oran :
les prix que l’on offre semblent désormais
Oued Lili ......................... 24propriétés
assez rémunérateurs our que la fabrication
O uarizane ......................... 26
»
de la farine devienne avantageuse. Ce ne
Les Abdellys ...................
2
»
sont plus les débouchés qui manquent,mais
Département de Constantine :
bien la production qui est insuffisante.
Foum
el G ueiss .............. 12propriétés
Nous nous tenons à la disposition des plan­
Saint-D onat ......................
4
»
teurs qui désireraient avoir des indications
B ir K asdali .....................
2
»
plus précises à ce sujet.
A talteine ............................
1
»
Seddeuk .............................
1
»
Cor07,0. — A la suite d’une enquête que
B ekkaria ........................... 2
»
nous avons faite pour un de nos adhérents
auprès des personnes qui utilisent les coroComme je vous l’ai précédem m ent fa it con­
zos, nous avons reçu des demandes impor­ n aître, je m ’em presserai de vous faire p arv en ir

�248

L’EXPANSION COLONIALE

u n certain nom bre de collections des notices
co ncernant ces propriétés dès q u ’elles seront
m ises en distribution.
D’a u tre p a rt, je vous signale que M. le Gou­
v ern eu r général vient de décider que le peuple­
m ent, p a r voie de concessions g ra tu ite s des
tro is centres ci-après indiqués, va être réalisé
à bref délai :
T ao u g rit (25 concessions) dans la commune
m ixte de Ténès (départem ent d ’Alger).
B erthelot (40 concessions) dans la commune
m ixte du Télégh (départem ent d ’Oran).
B ek k aria (37 concessions) dans la commune
mixte de M orsott (départem ent de C onstantine).
Les cu ltiv ateu rs de Saint-Z acharie, dont vojis
avez bien voulu me fa ire co nnaître F intention
de se fixer en Algérie, a u ra ie n t donc to u t inté­
rêt, s’ils veulent p o rter leu r choix su r u n de ces
centres, à form uler leurs dem andes dans le plus
bref délai, afin q u ’elles soient soum ises im m é­
diatem en t à F in stru ctio n rég lem entaire et que
les dossiers soient com plets lorsque le m om ent
d ’a ttrib u e r les concessions se ra venu. .Je vous
serais très obligé de vouloir bien leu r faire p a rt
de cette situation.
Sous p li spécial, je vous adresse douze exem­
p laires de l’éta t des p ro p riétés a p p a rte n a n t à
des p articu liers, à vendre ou à louer en Algérie
(troisièm e trim estre 1910).
Veuillez agréer, M onsieur le P résid en t, l’as­
surance de m a co nsidération la plus distinguée.
Le Directeur cle l'Office,
Gérard .
La Réunion. — T e x tile s

A M. le Président de l'Institut colonial
marseillais.
St-Louis (île de la Réunion), le 1er ju ille t 1910.
Veuillez m ’excuser de la liberté que je prends
en me p e rm e tta n t de m ’ad resser à votre h aute
bienveillance et de solliciter de vos collabora­
te u rs com pétents quelques renseignem ents.
A l ’affût de toute p lan te économique d ’usage
in d u striel susceptible p a r sa cu ltu re et son
exploitation de contribuer à la richesse publi­
que de notre colonie de la R éunion, il m ’est
arriv é de lire dernièrem ent, dans une revue
financière d ’u n jo u rn a l m étro p o litain trè s sé­
rieux, q u ’on cu ltiv ait depuis ’ quelque tem ps
une p lante textile d o n n an t une fibre dite « fibre
P é rin i », très recherchée (cultivée en Am érique
C entrale), et dont le p rix su r le m arché de Bel­
fa st serait de m ille fran cs la tonne, de plus
l ’écorce de cette p lan te se rv a n t à la fabrication
d ’un excellent papier, écorce dont le prix m in i­
m um se ra it de cent soixante-dix francs. Le
jo u rn a l ajoute qu’au m ois de ju in d e rn ie r les
ra p p o rts consulaires an n o n çaien t que plus de
2.000 hectares av aien t été d éjà p lan tés a u B ré­
sil, où l’on devait faire la cu ltu re en g ran d.
Il m ’a été donné de c o n stater p lu sieu rs fois
que les jo u rn au x , mêm e scientifiques, don­
n aien t des inform atio n s fan taisistes et ceux qui
font commerce de plantes exotiques ne sont pas
trè s scrupuleux dans les renseignem ents qui
leu r sont dem andés. Je sais que vous étudiez
très sérieusem ent toutes les questions ay an t
tr a it aux niantes des colonies, et je vous serais
très obligé si vous vouliez bien me faire savoir
ce q u ’il y a de v ra i dans les inform ations re la ­
tives à la fibre P é rin i ; si c’est une p lan te v ra i­
m ent in téressan te et susceptible de donner de

bons pro d u its in d u striels, m ’indiquer dans
quelle publication je p o u rrais avoir une notice
docum entée su r cette plante, si elle se produit
de grains, d’éclats, de racines ou de boutures,
où l’on p o u rra it s ’en p rocurer d’authentiques.
Je réitère à nouveau mes excuses à propos de
mon im portunité en la circonstance, je vous
rem ercie infinim ent et vous prie d ’ag réer l ’ex­
pression de mes sentim ents les plus respec­
tueux.
Jérôm e N o ë l .
N ous m a n q u o n s d e re n se ig n e m e n ts p récis
s u r c e tte q u e stio n e t n o u s faiso n s des re c h e r­
ches à ce su je t. N ous re c e v ro n s d o n c avec
p la is ir les in d ic a tio n s q u e nos a d h é re n ts
p o u rra ie n t n o u s tra n s m e ttre .
A n tilles et R éunion. — F a rin e s

M. le Président du Syndicat des Exporta­
teurs nous communique la très intéressante
lettre ci-dessous, en appelant notre attention
sur la question qu’elle soulève. Nous nous
bornons aujourd’hui à reproduire ce docu­
ment, la situation à laquelle il fait allusion
faisant partie de toute la série des anomalies
qui rendent nécessaire une transformation
complète de notre régime douanier colonial,
transformation dont l’Institut colonial mar­
seillais se préoccupe depuis longtemps déjà
et à la réalisation de laquelle vont tendre
plus particulièrement tous ses efforts au
moment où un nouveau régime doit être
définitivement étudié.
M arseille, le 26 ao û t 1910.
M onsieur le Président,
Nous avons l’h o nneur de venir vous exposer
la situ atio n anorm ale qui est faite dans certai­
nes colonies fran çaises à une m archandise de
prem ière consom m ation, in téressan t au plus
h a u t point l’in dustrie et le commerce m arseil­
lais.
Nous voulons p a rle r de la concurrence qui
est faite à la farin e fran çaise à la M artinique,
G uadeloupe et en G uyane p a r les farin es am é­
ricaines et à la R éunion p a r les farin es a u s tra ­
liennes.
A la M artinique, su r une im p ortation a n ­
nuelle totale de 45.000 sacs ou b arils, il n ’est
expédié de F ran ce que 11.000 sacs, soit à peine
le q u a rt environ. A la G uadeloupe, su r une
q u an tité à peu près identique, l’exportation
fran çaise en expédie u n peu plus, soit 15.000.
Q uant à la R éunion, où la consom m ation a n ­
nuelle n ’ost plus que de 10/15.000 balles, nous
n 'a rriv o n s à peine q u ’à 2/3.000.
Cet état de chose provient du régim e doua­
n ier qui rég it ces p ay s où les farin es étran g è­
res en tren t en franchise à la M artinique et en
G uyane, ne p aien t que 4 fr. 55 p a r 100 kilos de
droits à la G uadeloupe, 5 fr. 50 à la Réunion.
Les farin es am éricaines et australien n es
étan t de p a r leu r qualité plus appréciées que
les nôtres, nous nous trouvons p a r suite de ce
m anque suffisant de protection nettem ent en
état d ’infériorité, car on fa it to u jo u rs une diffé­
rence dans les prix do vente.
Nous nous perm ettons de vous faire re m a r­
quer que c ’est su rto u t grâce à l’insistance des

�L’EXPANSION COLONIALE
ex p o rtateu rs m arseillais, tra v a illa n t avec ces
colonies, que le p ro d u it fran çais a p u prendre
place p a rm i les q u an tités consommées, alors
q u ’il y a quelques années seulem ent, les expé­
ditions étaien t ra re s et espacées.
Ajoutez à cette absence de droits de douane,
que les fra is qui grèvent le p ro d u it am éricain
et au stralien , sont in férieu rs à ceux de F rance;
en prem ière ligne, le fret de New-York aux
A ntilles et d ’A ustralie à la R éunion est m oin­
dre que celui que nous payons de M arseille à
ces diverses destinations.
Cette triste situ atio n a été créée p a r les
Conseils généraux de ces colonies qui ont usé
à l'excès de le u rs p rérogatives en d em an d an t la
détaxe complète des droits ou en les réd u isan t,
a lo rs q u ’ils n ’a u ra ie n t pas dû p erdre de vue
que la farin e est u n des prin cip au x articles de
l’exportation française.
Nous pensons que l’exposé de ces faits, que
nous p o u rro n s com pléter p ar les renseigne­
m ents que vous pourrez désirer, vous suffira
p o u r p ren d re position d an s une question qui
intéresse le commerce de l’exportation qui a
d é jà ta n t de peine à se défendre. Vous secon­
derez ain si notre cause qui p eut p rétendre dans
les pays fran çais à une protection contre
l’é tra n g e r à la faveur des lois existantes.
P a r suite de la nouvelle loi douanière, les
Conseils généraux a lla n t être appelés à délibé­
re r à nouveau su r les exem ptions qu’ils dési­
ren t voir ap p o rter au régim e douanier, le mo­
m ent nous semble venu pour dem ander que le
d ro it de douane qui frappe l'im portation é tra n ­
gère en F ran ce, soit, sinon m ain ten u entière­
m ent dans les pays précités, m ais to u t au
m oins appliqué d an s une assez forte proportion.
Une intercession de votre p a rt au p rès de
M. le M inistre des Colonies, des Cham bres de
commerce et des Conseils généraux de ces colo­
nies dans le sens que nous vous indiquons, au ­
ra it, à notre avis, to u te chance d ’aboutir, c ar
votre action syndicale sera plus efficace que la
n ô tre et votre dem ande se ra écoutée puisque
vous représentez les in térêts vitaux du com­
m erce m arseillais.
Nous écrivons dans le mêm e sens à M. le
P ré sid e n t de la Cham bre de Commerce de M ar­
seille, ainsi q u ’à M. le P résid en t du Syndicat
des M inotiers de M arseille, p o u r coordonner
les m êm es efforts vers le même but.
Nous vous présentons. M onsieur le P résident,
l ’assu ran ce de notre p a rfa ite considération.
. Ricoux e t C'6.

Inauguration de l’Exposition des Blés
L’Exposition publique des blés d’AlgérieTunisie organisée par 1’ « Institut Colonial
Marseillais », a été inaugurée le lundi
29 août, dans la salle des cours de l’Institut
colonial. Cette cérémonie intime était prési
dée par M. Adrien Artaud, président de l’Ins­
titut colonial, membre-secrétaire de la
Chambre de Commerce, assisté de MM. Agelasto, président du Syndicat des Minotiers
de Marseille ; Fouque, membre-secrétaire de

249

l’Institut colonial, et Rastit, vice-président
de la Société pour la Défense du Commerce.
On remarquait parmi les notabilités présen­
tes M. le général Andry, commandant du
XVe corps d’armée.
La salle et ses abords avaient été élégam­
ment décorés et les nombreux échantillons
de blés reçus par l’Institut colonial étaient
disposés avec art dans un ordre méthodique.
En ouvrant cette intéressante Exposition
M. Adrien Artaud a prononcé l’allocution
suivante :
Messieurs,
« Nous inaugurons aujourd’hui la troisiè­
me Exposition spéciale de l’Institut Colonial.
Les deux précédentes ont porté d’abord
sur les corps gras, puis sur les caoutchoucs.
Notre première exposition des corps gras
fut plutôt une manifestation timide de notre
désir d’aider au développement des affaires
coloniales en corps gras et cependant grâce
au concours de tous ce fut un grand succès
qui obtint la visite de plus de 40.000 visiteurs.
L’an dernier le caractère de notre action se
précisa. La Chambre de Commerce de Mar­
seille voulut bien nous donner son patronage
et un jury fût nommé dont la Chambre de
Commerce désigna le président. Un catalogue
fut dressé et on peut dire que, grâce aux par­
ticipations coloniales nombreuses et à la
savante et active collaboration de M. Jumelle,
professeur de notre Institut et le spécialiste
des caoutchoucs le plus apprécié d’Europe,
nous avons fait faire un pas en avant à ce
qui concerne cet article si utile à l’industrie
française et si rémunérateur pour nos colo­
nies.
Il fut établi à cette occasion que nos colo­
nies participaient dans la proportion de
12 % environ aux quantités absorbées par le
monde entier, que l’ère de la cueillette du
caoutchouc paraissait à la veille de se clore
et qu’il fallait que nos colonies productrices
de la précieuse gomme entrassent résolument
dans la voie de la culture de leurs variétés
les plus intéressantes, à l’exemple de Ceylan
dont la production paraît devoir dans quel­
ques années suffire aux besoins si ceux-ci
n’augmentent pas et si des évènements im­
prévus ne modifient pas la progression géo­
métrique entrevue pour la production cingalaise.
Cette année-ci, c’est à une exposition des
blés que nous convions le public marseillais.
C’est sous la forme du pain, l’aliment le plus
essentiel de la race latine et particulièrement
de notre pays ; mais le blé ne sert pas qu’à
la panification ; ses dérivés vont dans le com­
merce et la semoulerie utilise certaines de ses
variétés.
La minoterie est la première industrie mar­
seillaise, comme la production du blé est le
*

�250

L’ËXPANSÎON COLONIALE

plus important travail agricole de nôtre pays
et de nos colonies d’Afrique du Nord. II est
donc tout naturel que nous ayons pensé à
cet article. Nous voulions étendre notre expo­
sition à toutes les céréales, mais il eut fallu
pour cela une place plus grande que celle
dont nous disposions et plus de temps pour
la préparation. Nous n’avons même pu attein­
dre notre but que grâce au concours puissant
et assidu qu'a bien voulu nous donner l’im­
portante Association de la Meunerie fran­
çaise auprès des producteurs français.
La Tunisie et l’Algérie se sont non seule­
ment intéressées par leurs envois à notre Ex­
position,mais l’Ecole coloniale d’agriculture
de Tunis et les groupements agricoles du
département de Constantine se sont remar­
quablement associés à notre œuvre grâce au
concours de M. Bartholomé, pour la Tunisie,
et de M. Gérard, directeur de l’Office de l’Al­
gérie à Paris, pour l’Algérie. Les produc­
teurs de l’Algérie et de l’Oranie nous ont
envoyé leurs produits, quand ils ne nous les
ont pas apportés eux-mêmes comme M. Van
Eyll, que je suis heureux de remercier à cette
occasion de la brillante et consciencieuse
étude que vous trouverez en tête de la
prochaine livraison de l'Expansion coloniale.
Notre bulletin rendra mieux hommage que
je ne saurais le faire en ces quelques mots à
tous ceux qui ont participé à notre exposi­
tion, mais qu’il me soit permis de remercier
particulièrement :
La Chambre Syndicale des Minotiers et Fa­
bricants de semoule de Marseille, et particu­
lièrement son distingué et dévoué président,
M. Théodore Agelasto, mon collègue à la
Chambre de Commerce, que cette Compagnie
a bien voulu charger de la présidence du
jury en donnant également sa délégation à
M. Emile Gros, vice-président du Syndicat
des Minotiers et notre collègue à tous deux ;
le Syndicat des Importateurs de céréales, à
qui nous devons toutes les variétés exotiques
que nous sommes à même de.montrer à nos
colons pour leur faire connaître l’ensemble
des sortes intéressantes pour la minoterie et
la semoularie marseillaises ; M. Schribau,
l’éminent directeur de la Station d’essai des
semences du Ministère de l’Agriculture, qui
a bien voulu nous promettre une étude sur
la sélection des blés ; M. Lucien Arnaud,
membre du Conseil d’Administration de
l’Institut Colonial, qui a bien voulu nous
prêter le concours de sa remarquable com­
pétence technique et à qui nous devons plus
particulièrement la collaboration de la Meu­
nerie Française et de ses collègues minotiers
ou. négociants en blé ; enfin, l’active Commis­
sion du Musée Commercial de notre Institut,
présidée par M. A. Fouque, qui a dès le dé­
but pris en main la préparation de notre
Exposition et qui est arrivée, malgré l’exiguité des crédits mis à sa disposition, au
remarquable résultat que nous vous sou­

mettons, et M. Émile Baillaud, secrétaire de
notre Institut, qui s’est dévoué à la réalisa­
tion de ce projet à l’inspiration duquel il n’a
pas été étranger en raison de ses occupations
antérieures,
Notre but, Messieurs, est de mieux faire
connaître aux producteurs coloniaux ce que
réclame l’industrie marseillaise et ce que lui
fournissent la Russie et l’Amérique,de façon
à toujours développer le débouché que notre
place offre à nos possessions méditerranéen­
nes.
Nous leur soumettons pour cela les types
étrangers et des graphiques montrant les
effets réflexes des récoltes, des taxes et des
prix.
Il nous reste à vous présenter quelques ex
cuses sur la date un peu tardive d’ouverture
dt l’exposition; elle provient de l’inclémence
du temps qui a retardé la récolte et par con­
séquent les battages.
Gomme la plus belle fille du monde,
nous ne pouvons donner que ce que
nous avons, mais c’est à cela, à l’effort indi­
viduel de chacun poussé jusqu’aux limites
de son énergie, que se borne le devoir des
groupements comme des individus, et l’ac­
complissement de ce devoir aide à la pros­
périté de tout ce qu’il envisage. C’est en l’hon­
neur de l’Afrique française du Nord et des
industries marseillaises du blé que je lève
mon verre, en vous conviant à boire à leur
prospérité toujours grandissante. »
Cet intéressant discours présidentiel a été
vivement applaudi et un lunch des mieux
ordonnés a été ensuite servi aux invités.
L’Exposition des blés se trouve désormais
ouverte au public avec les nombreux échan­
tillons et documents qu’elle renferme,
*
* *
La participation officielle du Gouverne­
ment tunisien à notre Exposition a été assu­
rée d’une manière tout à fait remarquable
par l’Ecole Coloniale d’Agriculture de Tunis.
Celle-ci, dont on ne saurait trop rappeler
les services inappréciables qu’elle rend à la
colonisation en donnant à nos futurs colons
une instruction technique qu’ils trouveraient
difficilement ailleurs, s’est attachée à mettre
sous les yeux de ses élèves des travaux d’une
haute portée scientifique tout en conservant
un caractère essentiellement pratique.
C’est ainsi que l’amélioration des céréales
cultivées en Tunisie lui a paru devoir retenir
tout particulièrement son attention.
Des centaines de variétés indigènes ou
étrangères y sont actuellement cultivées et,
en 1909-1910, les variétés les plus intéressan­
tes ont été mises à l’épreuve dans quinze
champs d’expérience répartis dans toute la
région. Le résultat visé est de déterminer
pour chaque région un petit nombre de sor­
tes pures susceptibles de donner les meil­
leurs rendements.

�L’EXPÂNSION COLONIALE
L’Ecole nous a adressé un grand nombre
de ces variétés pures en grains et en gerbes.
A côté des blés durs dont les plus répandus
et les plus remarquables sont :
Le Mahmoudi, l’Hamira, l’Àgini, le Souri,
i’Azizi, l’Agili et le Dur de Médéah et en­
suite l’Ali Mire, le Souedà-Hebdeb, le Bibi,
le Genah-el-Khetifa. le Sbaï et le Réalforte,
l’Ecole nous a donné également des blés ten­
dres comme :
flichelle hâtive, Cornebach-Wheat, blé de
Mahone,Tuzelle Allara, Tuzelle de Provence
qui montrent qu’il est possible d’obtenir en
Tunisie des blés tendres intéressants,surtout
des tuzelies.
La colonisation privée tunisienne est di­
gnement représentée par les blés de MM.
Wartelle, propriétaire à Aïn-Rhélal (Mah­
moudi) ; Rostan de Roux, propriétaire à
Fondouk-Djedid (noir de Médéah) ; Loyer,
propriétaire à Mateur (Réalforte et Mahmou­
di) ; Billy, propriétaire à la Manouba (blé' de
Médéah) ; Perriquet et Nancy, propriétaires
au Krib (Biskri, Bibi, Mahmoudi, Réalforte;
tuzelle barbue de Sidi-Bel-Abbès); Bailleau,
propriétaire à Smindja, et Husson, proprié­
taire à Grombalia, tous faisant partie. du
groupement puissant de l’Association agri­
cole tunisienne.
Une série des blés cultivés suivant les ins­
tructions de M. Bœuf, G h e f de la station
expérimentale de l’Ecole d’Agriculture de
Tunis, nous est également présentée d’une
manière des plus remarquables par la très
belle collection de M. Boutet (épis et grfiins)
qui remplissent deux grandes vitrines.
En Algérie, ce sont les groupements agri­
coles du département de Constantine qui
ont pris la plus grande part à notre exposi­
tion, sous l’impulsion si méthodique et si
bienfaisante de l’Union des Syndicafs agri­
coles du département qui s’est chargée de
nous faire parvenir à ses frais tous les en­
vois de ses adhérents.
Le Syndicat de Constantine nous a adressé
les blés de MM. Mingre, Batcharzi, Chazot,
Massaoud, Kientzler, Ruche, Abdallah,
Isaao. Batcharzi, qui nous ont envoyé
des blés durs (Adjini, Mahmoudi et Bellioni).
Le Syndicat agricole de Borj-bou-Arréridj
de Miliana nous a fait parvenir les blés durs
à barbes noires de MM, Anadou et Moatti,
Bourgoin, Martin,Pontas, Gex, tout en nous
écrivant : « Cette année a été bien mauvaise
« dans notre région au point de vue agrico­
le le ; presque tous nos sociétaires, ils sont
« plus de quatre cents, n’ont pas voulu expo« ser leurs produits, les jugeant de qualités
« trop inférieures, ce qui fait que pour une
« région ordinairement grosse productrice
« de blé dur, nous ne vous adressons que
« quelques échantillons qui ne présentent
« même pas la qualité moyenne d’une année
« normale, »

Kl

Le Syndicat agricole de Borj-bou-Arrédidj
expose les blés durs de MM. Louis Cullet,
Arnuze, Dufour, Porcher, Spielann, Domas,
Sud, Jaubertie.
La production de Sétif est représentée par
la Compagnie genevoise des colonies suissés
de Sétif, qui, depuis de longues années, s’est
attachée par la sélection continue de ses se1
mences à constituer un type de blés durs
dont l’homogénéité est si bien connue qu ;1
est désigné simplement sur le marché sous
le nom de blé. de la Compagnie genevoise.
Cet ensemble représente de la manière la
plus complète la production du département
de Constantine et prouve les beaux ré­
sultats auxquels sont arrivés nos colons dans
cette région.
Tandis que cette partie de notre exposition
montre les ressources que nos possessions de
l’Afrique du Nord peuvent fournir à notre
semoulerie, on y voit également comment les
blés tendres cultivés par les producteurs de
l’Oranie forment un appoint précieux pour
l’alimentation de nos minoteries.
Un premier envoi nous a été fait par le
Syndicat professionnel agricole de Sidi-BelAbbès qui nous a adressé les tuzelies de
MM. Caizergues, Alexandre, Brisson, Aguilar, Juan, Carrasco, Gérardin, Barret, Guin,
Vaugoyeau, Pittaluga, et par le Syndicat de
Boukhellil-Attafs.
M. Van Eyll, qui a bien voulu rédiger pour
nous la remarquable étude qui figure en
tête de ce bulletin sur la colonisation en
Algérie, nous a apporté lui-même un échan­
tillon du blé tendre de Médéah qu’il obtient
dans sa grande propriété de Fenouane, près
Saïda.
Le Comice agricole de Marengo nous a
adresse les blés durs chalvin de MM.Wegler,
Laderrière, Renout, Campunaud, Muller,
Orien, Yiorra, Paccau.d, Moatti. Les blés ten­
dres mahon de MM, Laderrière, Perre ni,
Yiorra, Mestirier, Wegler, Paccaud, la se­
mence Pélissier de M. Perraud et le blé ten­
dre indigène de Tipaza de M. Bachelier.
L’école d’agriculture de Maison-Cirrce
nous fait parvenir de son côté de beaux
types de blés sélectionnés par elle et qui ont
fait l’objet d’une étude très approfondie de
M. Dueellier.
En consacrant cette année notre exposition
spéciale aux blés, nous avons eu principale­
ment comme but d’étudier les blés de nos
possessions méditerranéennes qui sont 1rs
seules parmi nos colonies à produire en qua­
lité appréciable cette céréale ; mais nous
avons pensé qu’il convenait de montrera côté
des grains tunisiens et algériens les princi­
paux types de blé qui leur font concurrence
sur notre marché de Marseille ainsi que les
meilleures variétés qui sont cultivées en
France. De la sorte nos colons pourront se
faire une idée très nette des désirs de nos
minotiers et de nos semouliers et, pour la cub

�252

L’EXPANSION COLONIALE

ture des blés tendres,trouveront dans notre
exposition des exemples précieux sur oe qui
a été fait par la métropole.
La Chambre Syndicale des Minotiers et
Fabricants de semoules de Marseille ainsi que
le Syndicat des Importateurs de céréales de
notre ville ont bien voulu nous prêter le plus
précieux concours pour la réunion des prin­
cipales variétés des blés étrangers traités sur
notre place.
C’est ainsi que grâce à leur collaboration
nos visiteurs pourront examiner en particu­
lier la série des blés russes auxquels nos blés
durs algériens et tunisiens ont à disputer la
réputation d’être les meilleurs semouliers du
monde.
De la même manière ils pourront se rendre
compte de la nature de ces blés « Macaroni »
que les Américains du Nord se sont efforcés
à produire comme blés durs et dont notre
marché est heureux de pouvoir s’appro­
visionner dans les moments de récolte défici­
taire russe ou algérienne.
L’Association Nationale de la Meunerie
Française a voulu témoigner tout l’intérêt
qu’elle prenait à notre initiative en mettant
généreusement à notre disposition son maté­
riel d’exposition. Elle a tenu également à
nous envoyer son inspecteur, M. Jolly, que
nous sommes heureux de remercier ici, et
qui nous a guidé de ses conseils expérimentés
pour notre installation matérielle.
En outre, elle a demandé à ses adhérents
de nous envoyer les principaux échantillons
des blés qu’ils produisaient ou qu’ils trai­
taient dans leur usine.
Malheureusement les conditions atmosphé­
riques déplorables qui ont si gravement com­
promis nos récoltes métropolitaines ont, non
seulement diminué les quantités produites,
mais encore ont eu pour résultat d’altérer la
belle qualité des céréales et nos cultivateurs,
qui sont à juste titre si fiers des beaux pro­
duits qu’ils obtiennent, ont hésité à exposer
les grains récoltés cette année.
Nous avçtns pu néanmoins réunir une col­
lection des plus intéressantes des blés pro­
duits dans les diverses régions de la France
dont une partie nous est déjà parvenue et
dont le reste nous sera adressé à mesure que
les battages seront exécutés.
Nous allons recevoir également une série de
blés sélectionnés par les différents spécialis­
tes dont les travaux ont eu une si grande
influence sur l’augmentation des rendements
de nos champs.
—si—
Nous avons pensé qu’il y avait lieu de com­
pléter cet ensemble en retraçant en quelque
sorte de la manière la plus détaillée possible
l’histoire de la production des blés en Algérie
et en Tunisie. Nous avons dressé dans ce but
une série de graphiques dans lesquels nous
avons relevé depuis 1892 pour la Tunisie et
pour l’Algérie les fluctuations des surfaces

cultivées et des rendements obtenus ainsi que
celles des exportations, en distinguant la pro­
duction indigène de la production euro­
péenne, et la culture des blés durs de celle
des blés tendres. Nous avons fait tous ces
graphiques à la même échelle pour la Tunisie
et pour chacun des départements algériens,
de manière à ce qu’il soit possible d’un sim­
ple coup d’œil de se rendre compte de l’im­
portance relative du développement pris pai
l’exploitation du blé dans ces différentes
régions et des résultats obtenus.
En Tunisie nous avons pu, en outre, grâce
à l’impôt achour, dont sont dégrevés les agri­
culteurs qui n’ont pas obtenu de récolte par
suite de sécheresse, sauterelles, ou pour tout
autre cause, représenter les surfaces qui, bien
qu’emblavées, n’ont finalement pas donné de
récoltes.
Grâce aux chiffres que nous a communi­
qués la Chambre Syndicale des Minotiers et
Fabricants de semoules de Marseille, nous
avons établi un tableau qui montre l’impor­
tance des importations par mer à Marseille
des blés tendres et durs pendant ces dernières
années. Nous avons résumé ces chiffres dans
un diagramme qui indique l’importance re­
lative des pays principaux producteurs de
blé comme fournisseurs de notre place, ainsi
crue les quantités respectives des blés durs et
des blés tendres qu’elle absorbe.
La Chambre Syndicale des Minotiers non -,
a fourni également les éléments d’un graphi­
que montrant les fluctuations des cours des
principales variétés du blé consommé sur
notre place.
Les travaux remarquables de M. Daniel
Zolla, l’éminent professeur de l’Ecole des
sciences politiques et de l’Ecole de Grignon,
nous ont permis de montrer à nos visiteurs
de quelle manière se posaient les principales
questions relatives au commerce du blé. Dans
une série de diagrammes, que nous avons
fait suivre d’un petit commentaire tiré de
l’ouvrage de M. Zolla « le Blé et les Céréales »,
nous avons montré comment les variations
des cours étaient intimément liées aux fluc­
tuations des récoltes annuelles, quelles
étaient les variations simultanées des récol
tes, des importations et des cours du. froment
et comment la concurrence étrangère n’avait
pas sur ces variations l’influence qu’on vou­
lait lui attribuer. Nous avons exposé égale­
ment le rôle joué par les droits de douane
sur les prix de notre marché et comment ces
droits ne fixaient nullement l’écart qu’il y a
entre les prix du blé en France et à l’Etran­
ger. Enfin, il nous a paru intéressant de noter
quelles sont les variations simultanées
qu’ont subi en France les prix de la farine
depuis vingt ans et comment, contrairement
à ce que l’on pouvait croire, leur écart n’est,
pas constant, le prix du pain n’augmentant
pas dans de si fortes proportions que celui
de la farine dans les périodes de hausse.

�L’EXPANSION COLONIALE
« C’est à concilier les intérêts en présence,
« ceux du producteur et du consommateur
Cette documentation est complétée par une
très belle série de photographies des moulins
de la région marseillaise faite par les soins
delà Chambre Syndicale des Minotiers et par
les dessins originaux de la collection des
moulins de France de la Meunerie française.

«
«
«
«
«
«
«

253

visant les grosses récoltes plutôt que la
qualité de la marchandise.
qu’il faut tendre. Votre exposition actuelle
me paraît une occasion excellente de poursuivre ce résultat, occasion que l’Institut
colonial, j’en suis persuadé, ne laissera
certainement pas échapper ».
A l’encontre de tous les autres producteurs,
— E l—
Nos expositions annuelles n’ont pas sim­ il semble que le seul souci des agriculteurs
plement pour but de réunir la documentation a jusqu’ici été d’obtenir de la terre les meil­
la plus précise possible sur l’état de l’exploi­ leurs résultats possibles. Une fois la récolte
tation d’un produit colonial déterminé ; elles terminée, sa tâche lui paraît accomplie et la
doivent être pour nous le point de départ de réalisation du bénéfice de son travail se fait
l’étude de tout ce qui se rattache à cette ex­ depuis des siècles de la même manière rudi­
ploitation et des améliorations qu’elle peut mentaire.
Il n’est po.int besoin cependant de rappeler
subir, et nous permettre de seconder, dans la
mesure de nos moyens, les planteurs, négo­ comment l’organisation commerciale de l’a­
ciants et industriels collaborant avec nous griculture constitue de plus en plus les fon­
dements même de la vie sociale de certains
dans ce but.
Pour les blés l’objet constant des soins de pays du Nord de l’Europe et surtout des co­
nos colons doit être de cultiver les variétés lonies anglaises de l’hémisphère sud.
Nos possessions méditerranéennes parais­
qui peuvent leur donner les meilleurs pro­
duits, mais le côté agricole n’est pas seul en sent bien susceptibles d’envisager à leur tour
question : indépendamment de l’amélioration les graves et difficiles problèmes qui se rat­
des rendements qui ne peuvent être les plus tachent à ces questions, et dès maintenant
élevés possible qu’à la condition que les se­ on peut signaler une série de tentatives des
mences soient sélectionnées dans ce but pour plus intéressantes faites dans ce sens.
En ce qui concerne le blé les groupements
un terrain déterminé, il reste à rechercher
quelles sont parmi ces variétés celles qui agricoles qui ont répondu à notre appel ont
conviennent le mieux à la fabrication de la pour ainsi dire tous considéré leur partici­
farine et de la semoule et de leurs produits pation à notre exposition comme un moyen
de faire connaître directement les produits à
dérivés.
C’est à ce titre que nous soumettrons les ceux qui les utilisent.
Ce n’est point cependant la vente directe
sélections de nos cultivateurs algériens et tu­
à
nos
minotiers et semouliers qui paraît les
nisiens à nos industriels.
Nous sommes heureux de voir partager préoccuper, mais bien la constitution d’orga­
nos vues à ce sujet par le savant directeur de nismes à l’aide desquels ils pourront écou­
la Station d’essai des semences du Ministère ler leur production.
C’eat ainsi que l'œuvre entreprise par
de l’Agriculture, M. Schribau, à qui nous
l’Ecole
coloniale d’agriculture de Tunis au
avions demandé de nous donner, à propos de
notre exposition, son avis sur les méthodes point de vue de la sélection des céréales doit
de sélection de blé et sur l’intérêt qu’elles avoir pour complément la possibilité de cons­
peuvent présenter pour les cultivateurs et tituer pour le commerce des lots très unifor­
mes. L’Association agricole de la Tunisie,
les industriels.
dont on sait toute l’action féconde en heureux
« Je me chargerai très volontiers de ce tra­ résultats,a l’intention de seconder cette tâche
ie vail, nous écrit-il, mais, à mon sens, il de ses adhérents en organisant la vente en
« devra être le complément et le commentaire commun par lots de même nature.
« d’une étude parallèle émanant de spéciaLe Comice agricole de Sétif de son côté
« listes, minotiers, fabricants de pâtes, bou- voudrait arriver à la constitution de greniers
« langers, importateurs traitant de la valeur communs qui poursuivraient un but analo­
« industrielle,et plus spécialement de la va- gue.
« leur boulangère de chacune des variétés
Si la suppression des intermédiaires est un
« exposées.
sujet de controverses presque infini, il ne
« Vous possédez à Marseille des compéten- peut y avoir aucune objection à formuler
« ces qu’il serait difficile de rencontrer ail- contre les tentatives de ce genre et il semble
« leurs :avec leur concours, avec le concours bien que leur réalisation est un des meilleurs
« de tous ceux qui ont fourni des blés à l’Ins- moyens pour arriver non seulement à l’ob­
« titut colonial, il me semble qu’il serait assez tention des meilleurs prix, mais encore des
« facile de mener à bien cette étude. Faute meilleurs produits.
« d’être édifié d’une manière précise sur la
Leur examen sera la meilleure des conclu­
« valeur industrielle des variétés existantes, sions, de l’Exposition des blés de l’Institut
« le sélectionneur de blé manquant de fil con- Colonial Marseillais.
« ducteur s’est orienté jusqu’alors vers la
E. B,
« création de variétés de hautes productions,
-------- — ♦ ------------

�254

L’EXPANSION COLONIALE

Le Régime
ENQUÊTE

douanier colonial
M IN IS T É R IE L L E

L’Institut Colonial Marseillais vient de
recevoir la lettre et le document ci-après de
M. le Ministre dès Colonies :
Paris, 8 août 1910.
Monsieur le Président,
La Commission interministérielle nommée
par décision de mon prédécesseur, en date
du 28 janvier 1909, pour l’étude du régime
douanier colonial, a élaboré un question­
naire portant sur les modifications qu’il
pourrait sembler utile d’apporter, en ce qui
concerne nos possessions d’outre-mer, au
régijne de 1892.
J’ai l’honneur de vous transmettre ci-joint
trois exemplaires du document en cause, en
vous priant de vouloir bien me faire con­
naître d’urgence et sous le présent timbre,
les observations que l’étude des divers points
ainsi soulevés vous aura suggérées, afin de
me permettre de les soumettre à la Commis­
sion du régime douanier dès le mois
d’octobre prochain.
Recevez, Monsieur le Président, les assu­
rances de ma considération la plus distin­
guée.
Pour le Ministre et par ordre, le Directeur
des Affaires politiques et administratives,
V asselle.

QUESTIONNAIRE
I. — Principes de la loi du 11 janvier 1892
Y a-t-il lieu de m a in te n ir les principes géné­
rau x posés p a r la loi du 11 ja n v ie r 1892 en ce
qui concerne les colonies, à savoir :
a) A pplication des ta rifs m étropolitains aux
im portations étran g ères d ans nos colonies, sous
la double réserve : 1° q u ’u n certain nom bre de
te rrito ire s dem eureront exceptés de ce régim e ;
2" que, p a r exception, certain s articles p o u rro n t
être l ’objet de tarifications spéciales dans les
colonies soum ises au régim e de l’assim ilation
douanière ;
b) Concession corrélative d ’u n tra ite m en t
spécialem ent favorisé aux im p o rtatio n s dés
colonies dans la m étropole.
S’il p a ra issa it désirable de renoncer à ce sys­
tème, quel régim e conviendrait-il d ’y su bsti­
tu e r ?
D ans le cas co n traire, y a u ra it-il lieu d ’y
ap p o rter des modifications^ et lesquelles ?
II
Est-il nécessaire de m ain ten ir la rép artitio n
des colonies en deux groupes : colonies assim i­
lées à la m étropole et colonies non assim ilées ?
Conviendrait-il, au con traire, de les différen­
cier en u n plus g ra n d nom bre de catégories,
en déterm inant le sta tu t de chaque catégorie,
ou d ’assigner un régim e spécial à chaque
colonie ?

Si la ré p a rtitio n en deux groupes p a ra ît sa tis­
faisante, fau d rait-il conserver le classem ent
actuel des diverses colonies, ou serait-il oppor­
tu n de le modifier et su r quels points ?
III
Le m ode actuel de déterm ination des excep:
tions au ta rif général, en ce qui concerne les
colonies douanièrem ent assim ilées à la m étro­
pole, paraît-il devoir être changé ?
Quelle devrait être l ’au to rité com pétente pour
fixer ces exceptions ?
Y au rait-il in térêt à constituer un Comité
spécial dans lequel seraien t représentés les in ­
térêts m étropolitains et coloniaux, pour don­
n er un avis préalable su r ces exceptions ?
Quelles devraient être la com position et les
attrib u tio n s de ce Comité ?
IV. — Situation des colonies au point de vue
des relations commerciales internationales
Quelles dispositions p a ra îtra it-il nécessaire
de prendre pour a ssu re r la défense des intérêts
des colonies au point de vue des relatio n s com­
m erciales in tern atio n ales ?
Conviendrait-il que, même pour les articles
soum is à un régim e d ’exception, les colonies
fussent pourvues d 'u n double tarif, général et
m inim um ?
Y a-t-il lieu de décider que les conventions
com m erciales ne doivent pas s ’appliquer ipso
facto aux colonies et q u ’il sera pourvu à la
défense de leu rs in térêts p a r des arran g em en ts
spéciaux, distincts de ces tra ité s ?
V. — Im portation dans la métropole des denrées
coloniales dites secondaires
C onviendrait-il d’augm enter les faveurs ac­
cordées p a r le tab leau E aux p ro duits de nos
colonies im portés dans la m étropole ?
Serait-il utile notam m ent d’accorder la fra n ­
chise complète aux denrées coloniales dites
« secondaires » (cafés, cacaos, vanilles, poivres,
thés, etc.) de nos colonies, to u t en m ain ten an t
les tarifications actuelles su r les sim ilaires
étran g ers ?
VI. — Importations de colonie à colonie
Convient-il de m ain ten ir le régim e de fra n ­
chise réciproque pour les im portations faites
de colonie èi colonie ?
Convient-il, au contraire, de les m odifier en
tra ita n t différem m ent ces im portations suivant
le groupe auquel ap p artien n en t, d ’une p a rt, la
colonie im portatrice, d’a u tre p a rt, la colonie
exportatrice ?
VII. — Transport en droiture
Y a-t-il lieu d ’app o rter soit d ’une m anière
générale, soit en ce qui concerne plus spéciale­
m ent telle ou telle colonie, des m odifications
aux règles qui subordonnent l ’allocation de
to u t régim e de faveur à l’obligation du tra n s ­
p o rt en d roiture du p o rt d ’expédition au port
d ’im portation ?
VIII. — Exportations métropolitaines
aux colonies
D ans quelles colonies s'exportent vos p ro ­
duits ?
De quels pays étran g ers proviennent les sim i­
laires contre la concurrence desquels vous avez
à lu tte r ?

�L’EXPANSION COLONIALE
Quelle est l ’im portance de vos exportations
dans chaque colonie : 1° p a r ra p p o rt à la con­
som m ation totale de chacu n e des possessions
intéressées : 2° p a r ra p p o rt à votre production
totale ?
Quelles sont, à votre connaissance, les condi­
tions du m arché local ?
Quelles sont les m esures de détail, et n o tam ­
ment, les m odifications du ta rif général ou des
ta rifs d’exception, qui vous p a ra îtra ie n t de
n a tu re à favoriser l’extension de vos exporta­
tions ?
IX. —■ Importations des colonies
dans la métropole
Recevez-vous des colonies des p ro d u its indis­
pensables à votre commerce ou à votre in d u s­
trie et lesquels ?
De quels pays é tra n g e rs proviennent les sim i­
laires susceptibles de concurrencer l ’im p o rta­
tion coloniale ?
Quelle est l ’im portance dé l ’im po rtatio n colo­
niale d ans vos im po rtatio n s ou votre consom ­
m ation totale ?
Quelles sont les conditions spéciales du m a r­
ché ?
Quelles m esures vous p a ra îtra it-il désirable
de pren d re p our développer le commerce des
colonies avec la m étropole ?

Nous ne dissimulerons pas, la pénible im­
pression que nous a produite la lecture de ces
documents et nos lecteurs partageront notre
sentiment s’ils veulent bien se rappeler les
faits auxquels cette nouvelle et surabondante
enquête se rapporte.
Le Congrès colonial de 1906 a proclamé à
l’unanimité les néfastes effets du régime
douanier colonial résultant de la loi du 11
janvier 1892 et condamné ses principes di­
recteurs. Le Congrès colonial tenu à Bor­
deaux l’année suivante a donné son entière
adhésion aux conclusions de Marseille et
déclaré que nous avions, vis-à-vis des peupla­
des dont nous avions assumé la tutelle par
la colonisation, des devoirs moraux ,qui de­
vaient inspirer nos stipulations douanières.
Prenant texte de l’opinion des métropoli­
tains coloniaux exprimée avec unanimité
dans les deux Congrès successifs qui ve­
naient d'être tenus, le Congrès de Bordeaux
a suggéré l’idée de consulter les colonies de
façon que tout le monde colonial, formé des
métropolitains travaillant avec les colonies
et des coloniaux eux-mêmes, fît connaître
son sentiment.
Le Ministre des Colonies a bien voulu dé­
férer à ce désir et a consulté les colonies, qui
toutes ont répondu en donnant une pleine
adhésion aux conclusions des Congrès de
Marseille et de Bordeaux et en ajoutant à
cette vue d’ensemble des suggestions de
détail, prouvant combien les Congrès de
de Marseille et de Bordeaux avaient eu rai­
son de condamner des stipulations unifor­
mes appliquées à des possessions variant
comme position géographique, voisinage,
production, densité de population, etc...
Ces réponses ont été insérées intégrale­

255

ment ou en extraits dans l'Expansion colo­
niale et leur sens était on ne peut plus facile
à saisir. Il ne s’agissait, après les avoir re­
çues, que de constater le parfait accord exis­
tant entre les métropolitains et les coloniaux
•et à \consacrer par un texte législatif ces
légitimes desider'ata.
On a préféré nommer une Commission
interministérielle pour étudier, ces réponses
et on a rigoureusement banni de cette Com­
mission tout élément commercial.
Nous avons protesté contre cette élimina­
tion de tous ceux qui vivent le régime doua­
nier, colonial, d’une Commission chargée de
l’étudier ; mais nous étions loin de nous
attendre à un avortement aussi complet que
celui qui s’est produit.
Après un nombre respectable de mois con­
sacrés à l’étude d’une question archi-simple,
cette Commission conclut à une nouvelle
enquête-. 11 était naturel que les métropoli­
tains demandassent, après avoir exprimé
leur avis, à avoir celui des coloniaux pour
savoir si l’accord serait complet ou s’il y
aurait des divergences ; mais il l’est moins
maintenant de revenir au point de départ et
de redemander aux métropolitains ce qu’ils
pensent sur une question au sujet de laquel­
le ils ont déjà donné leur opinion de la
façon la plus claire et la plus complète, non
seulement en 1906 et en 1907 mais encore
en 1909, au Congrès des Anciennes Colonies,
dont le banquet de clôture a eu lieu sous la
présidence du Ministre actuel des Colonies
et dont le vœu pratique a été, après le re­
nouvellement d’une adhésion complète aux
conclusions de 1906 et 1907, la constitution
d’une Fédération intercoloniale pour faire
aboutir ces revendications.
Quels avis veulent donc provoquer les ho­
norables commissaires ? Nous craignons
bien que ce soit celui des incompétents, et
aussi que ce ne soit un appel à la cupidité de
certains métropolitains qui sans connaître
les. colonies, sans aucun désir de les satisfai­
re veulent les violenter, au besoin par la
famine, pour leur imposer l’achat à prix d’or
d’objets ne répondant pas à leurs besoins.
Nous craignons que l’on ne poursuive ainsi
à tout prix la continuation d’une politique
qui a nui à tout notre domaine et qui a déjà
mis à deux doigts de leur perte Saint-Pierre
et Miquelon et la Nouvelle-Calédonie, d'urne
politique qui souffle le séparatisme à nos
colonies plus maltraitées par la métropole
qu’elles ne sauraient l’être par l’étranger, et
notre sentiment pénible est ainsi pleinement
justifié.
Nous préparons notre réponse à ce ques­
tionnaire, car l’Institut colonial a toujours
pris un intérêt particulier à la question vita­
le pour les colonies du régime douanier et
nous tâcherons de la rendre aussi complète
et aussi probante que possible.

�256

L’EXPANSION COLONIALE

CHRONIQUE DU MOIS
L e C o m m e rc e des Colonies
fra n ç a is e s en 1 9 0 9

Il résulte des statistiques préliminaires
sur le commerce colonial extérieur pendant
le dernier exercice, sans compter l’AlgérieTunisie, que l’année 1909 a été pour les colo­
nies françaises particulièrement bonne au
point de vue commercial. Jamais un résul­
tat aussi élevé n’avait été atteint et le mou­
vement total avec 1.088.540.347 francs, dé­
passe de 56 millions 1e- chiffre de l’année
précédente et de 15 millions la valeur
moyenne des cinq années 1904-1908.
Les importations se sont élevées à
513.156.245 fr., en diminution de 12 millions
sur 1908 et en progrès de 26 millions- sur la
moyenne de la dernière période quinquen­
nale. C’est presque exclusivement à un res­
serrement. des achats de l’industrie qu’est
due la diminution constatée.
Quant aux exportations, elles se sont éle­
vées à 575.384.102 francs, en progrès de
63 millions sur 1908 et de 128 millions sur la
moyenne des cinq dernières années. C’est là
le plus important des résultats de 1909, car
il montre la valeur croissante de la force
productive de nos possessions. Il convient
aussi de remarquer que. pour 1a. 'première
fo is , la valeur des exportations a été supé­
rieure et de beaucoup à celle des importa­
tions, la différence entre les deux chiffres
s’élevant à 62 millions en faveur des colonies.
Presque toutes les colonies ont participé i
cette progression, mais c’est surtout en
Afrique Occidentale qu’elle s’est manifestée
avec une plus-value de 10 millions aux en­
trées et de 25 millions aux sorties.

lis, la Réunion, Saint-Pierre et Miquelon,
sont groupés dans un pavillon spécial. Do­
minant le tout, s’élève le palais consacré au
ministère des colonies et aux expositions
particulières des importateurs et exporta-,
leurs en relations d’affaires avec les colonies,
tandis qu’un coquet pavillon, voisinant avec
celui où sont installés les services du com­
missariat, est réservé à la presse coloniale.
Dans' chacun des édifices les échantillons
sont présentés au public suivant une clas­
sification uniforme qui permet d’établir
facilement des comparaisons entre les pro­
duits similaires des différentes colonies. Ce
sont les caoutchoucs, les bois, les gommes,
les textiles, les riz, etc... Ces exhibitions un
peu arides sont égayées par de nombreuses
vues photographiques représentant les sites
pittoresques de nos colonies, leurs princi­
pales villes et leurs établissements indus­
triels et agricoles.
Dans le Palais du ministère des colonies
ont été placées les riches collections du
service géographique, du service des tra­
vaux publics, du service de santé, de l’Ecole
coloniale, enfin de l’Office colonial et du
Jardin colonial.
Quant aux Expositions particulières réseivées au commerce d’importation et d’ex­
portation, leur installation fait grand hon­
neur au Comité National des Expositions
Coloniales, qui a déjà rendu d’éminents ser­
vices, notamment aux organisateurs des Ex­
positions de Londres, de Bordeaux et de
Nogent.
Notre excellent confrère la Dépêche colo­
niale illustrée a d’ailleurs consacré deux de
ses numéros à la section coloniale de l’Ex­
position de Bruxelles et on les consultera
avec agréement.
Le T o u ris m e dans l’A friq u e du N ord

Les C olonies à l’Exposition
de B ru x e lle s

Ainsi que M. le Ministre des Colonies l’a
déclaré, la Section coloniale française de
l’Exposition universelle de Bruxelles consti­
tue la plus importante manifestation qui
ait jamais été organisée par les colonies
françaises à l’étranger, et on doit en remer­
cier en premier lieu M. G. Schwob, leur
commissaire spécial à cette Exposition, au
grand succès de laquelle notre pays a si
brillamment participé.
En dehors de l’Algérie et de la Tunisie,
qui sont- autonomes et ont chacune un palais
spécial, la Section coloniale comprend trois
grands palais et quatre pavillons. Un de ces
édifices est affecté à chacune des grandes
colonies de l’Afrique Occidentale, de l’Indo­
chine et de Madagascar. Les produits des
autres colonies participant à l’Exposition, la
Martinique, la Guyane, la Côte des Soma-

Sous le patronage du Touring-Club de
France, un Comité algéro-tunisien, groupant
les Compagnies de transport, les établisse­
ments de crédit, les sociétés industrielles et
toutes les personnalités grandement intéres­
sées à la prospérité de l’Algérie et de la Tu­
nisie, vient de se constituer à Paris dans le
but de réunir les ressources nécessaires à la
propagande qui devra être faite pour attirer
les étrangers, étudier et provoquer la réali­
sation de toutes les améliorations propres à
rendre agréables et aisés les voyages en
Algérie et en Tunisie, le séjour dans les
hôtels, l’accès et la visite des monuments et
des ruines artistiques, ainsi que des régions
si variées et si curieuses qu’on y rencontre.
MM. Jonnart, Gouverneur Général de l’Al­
gérie, et Alapetite, Résident Général à Tunis,
ont bien voulu accepter la présidence d’hon­
neur de ce Comité. Les souscriptions recueil­
lies par le Comité atteignent déjà un total
de 30.000 francs. Le tourisme va donc s’éten-

�L’ËXPANSlON c o l o n ia le
dre davantage à travers notre belle Afrique
du- Nord et tout le monde y trouvera sûre­
ment profit.
J. L.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M étro p o le
Afrique Occidentale. — Un décret p résiden­
tiel au to rise la réalisatio n d ’une troisièm e et
d ernière tran ch e de 30 m illions de l ’em p runt
de 100 m illions des tra v a u x publics. — Un dé­
cret fixe comme su it les q u an tités de p ro d u its
o rig in aires de la Guinée fran çaise qui p o u r­
ro n t être adm ises en F ran ce du 1er ju illet 1910
au 30 ju in 1911 avec la détaxe d ouanière : café,
3.000 kilogram m es ; b ananes, 1 m illion de kilo­
gram m es.
Madagascar. — Un décret réglem ente à nou­
veau les tax es de consom m ation à percevoir à
M adagascar et dépendances. — Un décret ap ­
prouve des encouragem ents spéciaux à donner
à la filature de la soie à M adagascar.
Nouvelle-Calédonie. — Un décret porte m odi­
fication des droits de p h a re et de balisage et
des taxes sa n ita ire s en Nouvelle-Calédonie.

INSTITUTIONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GEOGRAPHIE
L a Bibliothèque de la Société de G éographie
(rue Noailles, 5), la plus riche de province en
ouvrages, périodiques et cartes géographiques
et coloniaux, sera de nouveau ouverte au p u ­
blic, après la ferm eture d’août, à p a rtir du
jeudi 1er septem bre, de 2 à 6 heures.
D u ran t Tété écoulé, la Bibliothèque de la
Société s ’est encore augm entée de nom breux
ouvrages nouveaux, p a rm i lesquels on peut
citer, au point de vue colonial :
Notre Œ uvre coloniale, p a r A. M essimy ;
Notre E m pire colonial, p a r Busson, Fèvre et
H auser ; Les B lancs d ’Afrique, p a r le Dr W eisgerber ; L’Algérie nouvelle, p a r Hess ; Le P eu ­
plem ent fran çais en Tunisie, p a r S au rin ;
P rom enades en Tunisie, p a r H éudebert ; A
T ravers l ’Afrique, p a r le colonel B a ra tie r ; Les
Questions actuelles de politique étrangère, en
Asie, conférences ; L ’Indochine française, p ar
le capitaine M agnabal ; Le Tonkin de 1872 à
1886, p a r Dupuis.
R appelons en outre que la Société de G éogra­
phie a ouvert u n concours public, doté d ’un
prix de m ille francs, pour une « G éographie
élém entaire de l ’Afrique du N ord ». Les m an u s­
crits seront reçus ju sq u ’au 1er février 1911.

----------------------- ♦

CoBonïes
Algérie. — Un a rrê té d u G ouverneur général
prononce l ’expropriation des te rra in s nécessai­
res à la construction du chem in de fer de Bisk ra à Touggourt.

257

-----------------------

Avis d 3Adjudication

Tunisie. — Des décrets beylicaux réglem en­
te n t le tra v a il d an s les établissem ents in d u s­
triels et com m erciaux, et le p aiem ent des sa la i­
res aux ouvriers et employés. — Un décret
hom ologue les ta rifs des droits à percevoir dans
les p o rts de T unis, Sousse et Sfax.

Le 20 septem bre 1910, à 3 heures de l’aprèsmidi, il se ra procédé à P a ris, a u m inistère des
Colonies, à l’ad judication :
1° Chariot transbordeur à niveau, destiné au
chemin de fer de la Guinée ;
2° Eclisses plates et éclisses cornières ;
3° Boulons d ’éclisses et boulons de crapauds,
destinés au Dahomey.

Afrique Occidentale. — Un a rrê té porte régle­
m en tatio n de l ’exploitation des ca rriè res au
Sénégal. — Un a rrê té ra tta c h e la région m ili­
ta ire de Tom bouctou aux te rrito ire s civils et
réo rg an ise le te rrito ire m ilita ire du Niger, avec
chef-lieu à Z inder, à d ater d u 1er jan v ier 1911.

Le 27 septem bre 1910, il sera procédé à P aris,
au m inistère des Colonies, à 3 heures dé l ’aprèsm idi, à l ’ad ju d icatio n de la fo u rn itu re de :
Toitures à voyageurs de 4e classe destinées
au chemin de fer de Saïgon-Iihanhoa.

Madagascar. — U n a rrê té accorde le m ono­
pole de la pèche des éponges su r la côte de
M ad ag ascar entre l’em bouchure du M angoky
et le cap Sainte-M arie.
!
Indochine. — U n a rrê té fixe l’im pôt des p ro­
priétés im m obilières a p p a rte n a n t à des E u ro ­
péens ou à des A siatiques étran g ers situées en
dehors des centres u rb a in s de l ’A nnam . — Un
a rrê té fixe les conditions dans lesquelles les
fru its e t g ra in s d'hevca peuvent être in tro d uits
d a n s la colonie.
—

H

—

Un concours est ouvert pour l ’in stallatio n
d ’usines à m oteurs électriques, à H an n et à
M’ Boa (Sénégal).
Les personnes désireuses de p rendre p a rt à
ces ad ju d ications et concours p o u rro n t en
co n su lter les cahiers des charges dans les b u ­
reaux du S ecrétariat de l’In stitu t colonial
m arseillais.

�L’EXPANSION COLONIALE

158

MARCHE^ DES PRODUITS COLONIAUX
I V I a .i's e i l l e

O R S E IL L E Madagascar
30 fr. les 100 kil..escom pte 3 o/o franchise 0 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat).

CAFÉS
TEX TILE S
les 100 k.
Raphias do Madagascar. — Tamatave
l r" q u alité.................................................... F. GO/62
Majunga b l a n c ................................
65/68
A nalalave b lan c.............................................
58
Tare d ’usage,escom pte S o/o com ptant,
m archandise prise ;l quai ou m agasin
Marseille. — Article fenno.
Fibres d ’Alocs. — Bourbon l l'r choix.. ..
60
Bourbon ord in aire.................................... .. 50 à 55
Toutes conditions de place, soit lare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava M adagascar.. . ..........................
80
ESSENCES
le kilo
Géranium Bourbon bien ten u e.........
30
Vètyver B ourbon .................................
32
Lemon-Grass (Verveine) . . . .........
12
Ylang-Ylang.......................................... " 300/400
V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Éntrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k ilo ......................................... 38/42
Vanilles ordinaires s a in e s........................... 27/28
»
inférieures
» ............................ 22/24
»
Tahiti l ro q u alité............................. 1150
CUIRS DE M A D A G A SCA R
les 100 k.
M ajunga 8/10 k ilo s.........................
135/150
Tam atave » »
125/135
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
l ”r choix. — Pinky n° 1 .............. 12.— 12.25
M adagascar lo m b iro ..................... 12.— à 12.25
Tam atave Guidroa 1er choix ........
9.25
9.50
Majunga 1er choix........................... 10.50 10 75
N ossi-B é........................................ .
6 .—
S .—
Diègo-Suarez 1er choix................... 12.— 12 25
T ulléar.................................... ...........
4. »
7 .—
Tonkin rouges 1er choix.................. 14.— 14.50
»
n o ir s ...............
11.— 11.50
»
lanières................................. 14.— 14.25
»
plaques.................................
9 —
9 50
Nouméa, bon co u ran t..................... 12.— 12 50
Niggers Soudan rouges . . . ............ 14.50 15.—
Soudan-N iggers blancs ................ 13.— 13.25
Sénégal-G am bie A ......................... 12.50 12 75
Ces prix s'entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.
C I R E S D ’A B E I L L E S
M adagascar.................................
315 à 317 »
Algérie......... .............................
320 325 »
Tonkin.........................................
320 325 »
S én ég al.........................................
330 332 50
Ces prix s'entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable com ptant à tout entrepôt.
G IR O F L E S de Sainte-Marie (Madagas­
car)................................... les 100 k. 220 à 225 »
Escompte 2 o/o, payable comptant à tout
entrepôt.
De
Do
De
Do

Guadeloupe bonifieur........... les 50 k.
Guadeloupe habitant..............................
N oum éa.....................................................
Bourbon pointu........................... . . . . . .
N ouvelles-H ébrides.................................
Libéria de M adagascar...........................
M archandises è l'entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

130 fi 134
125 130
90 100
125 135
88
95
80
90
Blanc.)

G R A IN E S O L É A G IN E U SE S
Coprahs.— Qualité « Séchés au
les 100 kil.
Soleil »......................................F. 06 —
— —
« Loyale et Marchande » ..........
60 — — —
Arachides Afrique, d è c o 't..........
40 — — —
Palmistes. — Bas de côte, Côte
d’ivoire.............
42 — -----»
G uinée...................
40 — — —
Huile de palme — Dahomey ..
72 — — —
G ran d -B assam ...........................
69 — — —
L ahou............................................
68 — — —
(Pichot et De Gasquet.)
L e

H a v re

CAOUTCHOUC
Tam atave Pinky L . ................... F. 9
»
Pinky II ...................
8
M aju n g a.............................: .............
8
F a ra fa n g a n a .....................................
7
Mananzary, Lombiro......................
8
Tonkin.........................................
9
Congo Haut-Oubanghi ................. 17
N’Djolé................................................
9
(Le tout au kilog, Le Havre.)

» à 14 »
» 10 »
» H »
»
9 »
» 10 »
» 14 »
— 17 50
9 50

T E X T I L E S . — Sisal A friq u e ....
Aloès Réunion..................................
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)

69— à 70
»
55 » 70 »

BOIS acajou Gabon....................
»
»
Okoumé...............
» ébène G ab o n .........................
»
» M adagascar...............
(Le tout aux 100 kilos )

12 » à
9 50
15 »
15 »

20
10
30
30

»
»
»
»

le kilo.
3 35
les 100 k.
GOMME Copale A frique.......................
50 à 100
»
M adagascar............................. 100 » 400
(Vaquin et Schweitzer.)
CIRES M adagascar...............................

B o rd e a u x
CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N ig g ers................. ................ 18 à 19.—
Soudan Niggers rouges.........................
18 —
Soudan N iggers blancs......... .............. 16 â 17.—
Lahou N ig g e rs ---- • ......... .........................
16.—
Gamble A .......................................................... 14 —
Gambie A M ...................................................... 12 —
Gambie B .......................................................... 11.—
Bassam L um ps............................................... 10.—

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
T aux
d ’é m is s io n

476 25
Divers
490 —
87 —
90 50
94 —
450 —
465 —
500 —
480 —
1000 —
987 50
492 50
488 50
492 50
470 —
500 —
642 50

VA LEU RS

E M P R U N T S CO LO N IA U X
Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ........................................
Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) ........................................
M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
—
Em. 3 o/o 1903-05 (gar.)
Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o. 1899-1905 ...............
—
obi. 3 o/o 1902...........
—
—
1909...........
E m prunt Algérien, 3 o,o 1902,
Obi. r. à 500 t. p . . ..................
Dép. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897........................
Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1 /2 o /o l8 9 8 ...........................
Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
Col. de la M artin iq u e.............
A frique Occident., 3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g a r.)...............
Congo français, 3 o/o 1909__
Maroc 5 o/o 1904-10, rem. à 500

D e r n ie r s
c o u rs

Fr.
453 —
427 —
499 —
78 —
78 50
92 50
471 —
412 —
452 —
456 —
955 —
960 —
460 —
456 —
480 —
452 —
453 —
521 —

B A N Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cie Algérienne, act. de 500 t. p. 1200 —
500 — Créd. Fonc. d'A lgér. et Tunis.
560 —
—
—
—
üb.
57 i —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ......................... • ........... 1730 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p . (n.)......................
400 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.)................................................ 1100—
500 — Banque de là M artinique, 500
t. p. (n.) .................................
720 —
375 — Banque de la Bèunion, act. de
375 t. p. (n )................... ’ . . .
355 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p, n o m .).............. 1480 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
860 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1260 —
500 — ..Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
94 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ...................................
179 350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350......................................
151—
CH E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T COLONIAUX
500 — C^ Bône-Guelma, a. r. à 600..
667 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
429 —
500 — Est A lgérien, act. r. à 600___
692 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 424 —
500 — Ouest A lgérien, act. r. à 600..
631 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 428 —

159

— — Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500................................
340 — M écheria-Aïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500................................
-------Mouzbab-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem . à 500...............................
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. â 650.................
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies fraoç , obi. 3 o/o r. à 500
413 — Chem, de fer et Port de la
Kéunion. obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.........................

421 _
422 _
421 426 —
500 —
1170 —
368 —
430

V A LE U R S M IN IÈRES
— — Cliarb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............................................ 1658 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500...................................
501
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ....................................
815
477 50 A lgérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500...............
493 —
------ Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p ........................................
630
500 — Mokla el Hadid. act. 500 t p. 1600 —
-------C'= nantaise des mines" de
M adagascar.............................
307 —
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p ... .
709 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem. â 500.
499 —
375 — Compagnie Minière du C ongo.. 1200 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .....................................
75 —
454 50 Pho-phate du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, â 500.................................
485 —
500 — Phosphates et Ch. de Gafsa,
act. de 500 t, p ....................... 3450 —
------ Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ... 2910 —
Compagnie m inière de G uinée: act........
57 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
73 —
V A L E U R S CO LO NIALES D I V E R S E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d e n tale ............... (actions nouvelles).
3938 —
Cie M arseillaise de M a d a g a s c a r............
623 —
Congo occidental.................................... .-.
150 ^—
H aut Congo (Compagnie française du)..
496 —
Haute S angha..............................................
219 —
Ekela Kadeï Sangha................................
212—
N’goko S an g h a ...............................................
275—
H aut-O gôoué................................................
710 —
La K olto.......................................................
550 —
M’Poko..............................................................
205—
M essageries Fluviales du Congo...........
294 —
Sultanats du H aut-O ubangui................... 1090 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
a c t...................................................................
378—
D istilleries de l’Indochine, act....................
750—
Société cotonnière de l’Indochine ............
280—
Cio du Maroc et des Colonies africaines..
240 —

Le Président de l’Institut, Gérant :
Adrien ARTAUD.
Imprimerie du “ Sémaphore” B arlatier . — Marseille,
17-19, rue Venture.

—

________
—

—

�SERVICES POSTAUX MARSEILLE-COLO
D é p a rts

de M a rs e ille
DATES DES DEPARTS DERNIÈRE LEVÉE
D E M A R S E IL L E

Algérie
Départements

»
B
b

d ’Alger, d’Oran el Voie de Marseille „•
...
.
C '^ G ^ lra n s
de C onstantine
et d A lg e r...)
Voie de Marseille, T ransp. Mar.
d’Alger .......
»
C i&lt;! T ouache.
»
............
»
C&lt;« GleTrans.
d’O ran..........
»
T ransp.M ar.
b
C'1' G,r Trans.
de Constantine

Tunisie.
Indo-Chune.
Afrique Occidentale
Française

Mardi, Mercredi, Vendredi, Di­
manche ............................

M ercredi et Samedi.
J e u d i.........................
Jeudi et Sam edi___
M ardi.........................
M ardi.........................
B
»
M ardi.........................
))
))
S am ed i.....................
»
Oic Touache. J e u d i.........................
»
CieGl0 Trans. Lundi, Jeudi it Vendredi.........
b
C&gt;° Touache. M ercredi...................
S a m e d i.....................
»
»
»
C'« des M. M. Dn dim . sur déni à p . du 3 jan r.
Voie de B rindisi, paq. Anglais. Vendredi ap. d. de M arseille. .

11 h. m at.
3 h. 20 soir.
10 h . 30 m .
3 h. 20 soir.
3 h .20 soir.
10 h 30 m
3 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. m at.
10 h. 30 m.
10 h. m at.
10 h. soir.

DEPARTS
D E S B A TEA U X

1 h. soir
6 h. soir
m idi---5 h . soir
5 h . soir
m id i.. . .
5 h . soir
m id i__
midi ...
m id i....
I h. soir
m i d i ....
II h. mat..

Voie deBordeaux, Cio des Charg. Itcuo. 24 de chaque m ois. 6 h. 35 soir.

Voie de M arseille, T ransp. Mar. 10, 20 et 30 de chaque m o is..
Voie de Dordcani à Lisbonne, C i ” des M. M. Le Jeudi, l . l . t i j. à p .d u t c r janT.
10 de chaque mois
Djibouti, Madagascar, Voie deMarseille,
»
25
»
»
B
Réunion et Maurice
»
Cil! H avraise Vers le 2 0 de chaque m ois.
Djibouti, M ajunga....
Voie deM arseille, Cio desM . M. Dn dim. sur quatre à p. du 17 jan r.
Nouvelle-Calédonie i
Voie de Brindisi
paq. Anglais. Chaque V endredi ..
et Nouvelles-Hébrides)
ou N a p le s..
Voie deMarseille, Cic des M. M. Du Mercredi sur d à p. du 13 jan r.
Inde Française
Voie de Brindisi, paq. Anglais. V endredi ap .-m id i.
Voie de St-Nazaire, Cic G10Trans. 9 de chaque m o is ..
Guadeloupe
I
20
b
Voie de B ordeaux,
b
et Martinique
Voie de C herbourg, paq. Anglais. Le Itérer., 1 .1 .1 1 j. à p . du 6 janr.
Voie de St-N azaire, CioG,c T rans. 9 de chaque m o is ..
Guyane Française ... Voie d’A m sterdam , paq. N é e rl.. V en de, 1 .1 .1 1 jours à p.du 8 janr.
Voie de C herbourg, paq. Anglais. Le M ercr., 1.1.1 4 j. à p. du 6 janr.

Sénégal....................... j

Tahiti
St-Pierre-M iquelon

D E LA B O IT E

10 h. 30 m.
6 h .35 soir.
10 h. m at.
10 h. m at.
mat. ousoir.
10 h. m at.

m idi.
11 h. mat..
11 h. m at..
11 h. m at..

10 h. so ir. 11 h. 30 s.
10 h. m at. 11 h m at.
10 h. soir, 11 h. 30 s.
l’a ran l-reillc soir,
la veille au s o i r ..
P a r.-v e ille m atin,
l’avanl-veille soir,
la veille au so ir..
Par.-veille matin.

Voie Le H avre et Cherbourg
p a r N ew-York

A rriv é e s à M a rs e ille
Algérie :
A lg er.................................
C onstantine p ar Philippeville et B ô n c........
O ra n ................. ...............

T u n is ie ........................
Indo-C hine................
Nouvelle-Calédonie..
Voie de B rin d is i..........

Lundi, Mercredi, Vendredi, Sam edi.
Lundi, M ardi, Jeudi, Sam edi. . . .
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

M ercr., V end., Dim.
Ligne de l’In do-Chine,
to u s les 14 jo u rs.
V. de B rindisi : Sam.
de 2 en 2 sem aines.
Tous les 28 jo urs.
Chaque Samedi.

R é u n io n , Madagas­
car et Djibouti

Vers les 14 et 25 de
chaque mois.

Guadeloupe, M artini­
que, Guyane :
Voie de S aint-N azaire.
Voie de B ordeaux........
Voie d’A n g le te rre ........

Le 26 de chaque m ois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. Ions les 41 jouis.

Afrique Occidentale :
Voie de B ordeaux ........
Voie de L iverpool........

Tous les 14 jo u rs.
Environ toutes les ! semaines.

L’EXPANSION CO LO NIALE est en lecture sur les paquebots-poste.

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La Compagnie signe des connaissements directs pour l’INDE, la CHINE, le JAPON
et l’AUSTRALIE.
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La Compagnie signe des connaissements directs pour BOSTON, PHILADELPHIE
et le CANADA.
Les navires de la Compagnie sont amarrés au môle C, côté Sud.
Téléphone : rue Colbert, n° 922 ; au môle C, n" 587.
S’adresser pour fret et passages à Marseille : à WIIW. E S T R IN E &amp; C'°, rue Colbert, 18

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Ville, à proximité de la Cannebière, de la Bourse et des grands hôtels, se charge de toutes
opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
En relations directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur les principales Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l'Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C IÉ T É G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° Son s erv ice é tra n g e r qui achète et vend des monnaies ou billets de tous pays;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2° S es s ervices de Banque qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de fonds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
3° S es s ervices de T itr e s et Coupons qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
4° Son s erv ice spécial des C o ffre s -F o rts lui permettant de mettre à la
disposition de sa clienlète, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.

5° Son s ervice c o m m e rc ia l traitant toutes opérations sur marchandises,
et sur documents, consignations, etc., etc.

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9

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industriels ; Thèses, Brochures, Rapports et
Statuts : F abrique de Registres.
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fl L’EXPOSITION COLONIALE

Q Q Q

MARSEILLE 1906

DU

SÉMAPHORE

LITHOGRAPHIE

B

Gravure, Taille-douce, Chromos ; Factures, Mandats,
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Mémorandums, Carnets à souche ; Lettres de
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�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
E X T R A IT S

DES

Art . 2.
Cette association a p our but l'étude, la dé­
fense et le développem ent des intérêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et ren ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d'exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économ ique qui lui p a ­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les intérêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la métropole av ec
les colonies.
Art . 3.
L 'In stitu t colonial M arseillais
com prend,
deux catégories de membres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d roit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teurs sont ceux qui d ans le but de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent u n concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
co rrespondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

STATUTS

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, son
su r sa dem ande, tous renseignem ents de natu r*
à seconder l'œ uvre coloniale de l’In stitu t.
Ar t . 4.
Toute personne qui voudra faire p a rtie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, pendant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er •
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o nateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 francs au mi
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t payer une
cotisation annuelle de 30 francs au m inim um .

Services de l’Institut :
j Législation et Economie Coloniales.
M. R aynaud.
Rez-de-chaussée : Salle des Cours Coloniaux.
Hygiène Coloniale et Epidémiologie.
1er étage : Musée Colonial.
M. le Dr R eynaud.
3mc étage : S ecrétariat de l’In stitu t, B ureau de i
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
Renseignem ents.
M. V. Davin.
Musée Commercial.
H istoire des Religions dans les peuples indigè­
Rédaction de T « E xpansion Coloniale ».
nes des colonies.
M. G. F oucart.
Cours coloniaux :

Directeur : M. le Dr H eckel.
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle.
P rodjiits anim aux et p arasitologie des plantes
et des anim aux des colonies.

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille »
. ____________
Institutions connexes :

M . J a C O b DE CORDEMOY.

2me étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance F ran çaise.
3me étage : S yndicat des E xportateurs.

M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent.
H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson .

Com ité de rédaction de

«

l’E xpansion C oloniale »

MM. Ad. F o u q u e , P ré s id e n t de la Comm ission d u Musée C om m ercial et d u B u re a u de R en sei­
g n em en ts ; Louis Y t i e r , V ice-P résid en t: Jacqu es L é o t a r d , S e c r é t a ir e ; P a u l M a s s o n , P r o ­
fesseu r à l’Institut, Membre du Conseil. — M. E m ile Baillaud, S ecrétaire de l’In stitut co lo­
nial. — M. Auguste Giry , an cien D irecteur-A djoint de l’E xp osition coloniale.
M arseille. — Im p rim e rie du S ém aphore, B a r l a t i e r . ru e V euture, 17-19

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n ier c o lo n ia l, Adrien A r t a u d .............................
In s titu t co lonial m a rse illa is :
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�IN ST IT U T

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M A R SE IL L A IS

Fonde sous le liant palronaije de M. le Ministre des Colonies
Présidents d’honneur :

MM.

MM.

.

Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l'Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de Madagascar.
Le R ésident général de la République Française
à Tunis.
Le Général Commandant en chef le XV’ Corps
d’armée.

Le
Le
Le
Le
Le

P réfet des Bouches-du-Rhône.
Maire de Marseille.
P résident du Conseil général.
R ecteur de l’Université d’Aix-Marseille.
D oyen de la Faculté des Sciences.
F éraud, Augustin, Président honoraire de

la
Chambre de Commerce.
Commissaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.

Charles -Roux, Jules,

Membres fondateurs :
Desbief , Paul, Président de la Chambre de Com
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­ merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
merce. — Bergassè . H. et C'\ — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles- et C”. — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (Dr),
Professeur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Roux, Jules, Commissaire général de l’Exposition
Coloniale de Marseille 1906. — Compagnie des Che­ Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­

MM.

mins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.

— Compagnie Française de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale Transatlantique. — Com­
pagnie Marseillaise de Madagascar. — Comptoir
National d’Eseompte de Paris. — Crédit Lyon­
nais . — Compagnie des Messageries Maritimes. —

Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des Transports Mari­
times à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
Industriel et Commercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développement du
Commerce et de l’Industrie en France.

ciété

Membres donateurs :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. —
Berger , C. — Chabrières , Morel et C1’. — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et Entrepôts de Marseille.— Compagnie Marseillaise
de Navigation (Fraissinet &amp; C”). — Compagnie de
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Générale Française de Tramways. — Cyprien F abre &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — Dufour Marius et Fils - E strine , Lucien,
^ice-Président de la Chambre de Commerce. —
Féraijd, Augustin, Président honoraire de la
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile. Mem-

bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.
Sous-directeur de la Compagnie Française de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie Française de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C". — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. P avin de Lafarge. — R astit , Henri. —
Rocca, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
R olland, Alex., membre de la Chambre de Com­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — Stapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube, Ludovic,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Za rifi .

CONSEIL D’ADMINISTRATION !
Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul, Président honoraire de la Chambre de Commerce.
M. E strine , Lucien, Président de la Chambre de Commerce.
Président : M. Artaud, Adrien, Membre-Secrétaire de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, Directeur du
Vice-Présidents : MM. le D’ H eckel , DirecteurFondateur du Musée Colonial, Président
Sémaphore ; F ouque, Adolphe, Président hono­
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
raire du Syndicat d’initiative de Provence.
Chef du Service Colonial ; le C" Armand, Trésorier : M. Ytier, L., Assureur, Vice-Président

Albert, premier Vice-Président de la Chambre
de Commerce, Président du Syndicat Marseil­
lais de la Marine Marchande ; B ohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce, Admi­
nistrateur-Directeur de la Compagnie Fran­
çaise de l’Afrique Occidentale.

du Syndicat des Exportateurs.

Trésorier-Adjoint: T eisseire , Raymond, Avoué,

Secrétaire de la Société de Géographie.

Membres :

MM.

Allemand, J., Membre de la Chambre de Commerce,
Allest , J. (D’)_ Administrateur-Délégué de la Com­

pagnie Générale Transatlantique.
Arnaud. Lucien, Minotier.
Bergasse, Alexandre, Négociant.
Bourdillon, A., Armateur.
Charve, L., Doyen de la Faculté des Sciences.
Déchaud, Directeur des Messageries Maritimes.
Dufay, H., Ane. Vice-Prés, de la Chamb. de Comm.
Dufour, Antonin, Juge du Tribunal de Commerce.
Dufour, J.,Présid. du Syndicat des Cuirs 'et Peaux.
E rtier , Nicolas, ancien Président du Conseil géné­
ral des Bouches-dü-Rhône.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
Giraud, Hubert, Armateur, Membre de la Chambre
de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du Syndicat des
Négociants en cafés.
J oannon, A., Avocat, Président de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole Supérieure
de Commerce.
J ourdan. Félix, Juge au Tribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.
L éo ta rd , Jacques, Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.

MM.

L ombard, Emile, Vice-Président de la Chambre

de Commerce.
Mallen. E., Armateur.
Martin -Laval, F., Vice-Président du Syndicat des
Exportateurs.
Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­
titut colonial.
Moriceau, E.. Administrateur en chef des Colonies
en retraite.
Rastit , Henri, Industriel.
R astoin , E., Président de la Société pour la Dé­
fense du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
Roux. François (De), Juge au Tribunal de Com­
merce.
T urcat, H., Membre d* la Chambre de Commerce.
Velten , Edouard, Ii.iiistriel, Ancien Membre-Se­
crétaire de la Chambre de Commerce.
Lévy, Clément, 1" Adjoint au Maire de Marseille.
Delibes , J., Délégué du Conseil Municipal.
Rossi, Clément. Délégué du Conseil Municipal.
Maurel. Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon. Eug.. Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire de l’Institut colonial : Emile B aillaud,
diplômé de l’Ecole des sciences politiques, an­
cien chargé de Missions coloniales.

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désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications. Il a installé dans
son hôtel (ascenseur), des salles de réunion,
lecture et correspondance, où ils trouveront
des journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,

Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’IN S ïIT U T C O LO N IAL M A R S E IL L A IS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

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p id ité p a rfa ite s . F a b riq u é e S A N S A D D I T I O N
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Quatrième Année.

N° S5

Lj

BU

A

^ ) l cr Octobre 1910.

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
Réponse au Questionnaire
s u r le

Régime douanier colonial
Président de VInstitut colonial marseillais
à M. le Ministre des Colonies :
Marseille, 30 septembre 1910Monsieur le Ministre,
La Commission interministérielle, nom­
mée par décision de M. Milliès-Lacroix, en
date du 28 janvier 1909, pour l’étude du Ré­
gime douanier colonial, a élaboré un ques­
tionnaire portant sur les modifications qu'il
pourrait sembler utile d'apporter, en ce qui
concerne nos possessions d’outre-mer, au ré­
gime de 1892 ; et vous avez bien voulu
m’envoyer trois exemplaires de ce document,
en me demandant de vous faire connaître
d’urgence et sous le timbre de votre lettre,
les observations que l’étude'des divers points
ainsi soulevés m’aura suggérées afin qu’el­
les soient soumises, dès le mois d’octobre
prochain, à la Commission du Régime doua­
nier colonial.
Permettez-moi, Monsieur le Ministre,
avant de répondre au questionnaire, article
par article, de m’appesantir un peu sur les
inconvénients de ce procédé d’investiga­
tions.
Un questionnaire localise toujours un peu
un sujet, et, lorsqu’il y a intérêt à le géné­
raliser ,les désavantages de ce système d’en­
quête sont assez évidents. Un questionnaire
s’adresse à des Corps ou à des personnes
isolées et prive les destinataires des éclair­
cissements qui résulteraient pour euxmêmes d’un échange de vues et de la discus­
sion en commun. Enfin, il suppose chez ceux
à qui il s’adresse une compétence égale. Or,
en matière coloniale et surtout en matière
douanière coloniale, il faut bien reconnaître
que les compétences impartiales sont rares.
Les principes dominants de cette question ex­
citent peu d’intérêt dans la grande masse en
France et d’autre part, les stipulations de dé­
tail du régime économique de nos possessions
sont susceptibles de comporter des avanta­
ges pécuniaires immédiats tels pour les inté­
ressés que les opinions de ces derniers méri­
tent sinon d’être récusées pour cause de sus­
picion légitime, du moins de ne pas être
aussi décisives que celles qui sont données
après discussion par des spécialistes.

Le

Les conclusions des Congrès sont bien
préférables comme expression des deside­
rata justifiés du monde colonial. Dans les
congrès se groupent tous ceux que ces ques­
tions intéressent et qui les ont étudiées. Des
travaux préparatoires élucidant les matières
soumises aux congrès sont présentés aux
réunions de groupe puis aux réunions plé­
nières, et il est bien rare qu’une session de
Congrès colonial ne fasse pas avancer les
questions dont elle a été saisie.
Les Congrès coloniaux ont peut-être eu la
bonne fortune de réussir dans ce sens d’a­
boutissement mieux que les autres Congrès.
C’est dans des congrès qu’a été formulée la
doctrine d’assimilation douanière, qui a ins­
piré la loi de 1892, et c’est dans des congrès
qu’ont été nettement précisées, depuis 1906,
les revendications coloniales en matière de
Régime économique.
En 1906, c’est à l’unanimité que furent vo­
i tées, par la section spéciale et par la réunion
plénière du Congrès de Marseille, les conclu­
sions relatives au régime douanier. En 1907,
le Congrès de Bordeaux donna sa pleine
adhésion à ces conclusions et y joignit une
revendication spéciale à laquelle il fut dé­
féré, puisque les congressistes exprimaient
le vœu que les colonies fussent consultées
au sujet des modifications à apporter à leur
régime douanier, et que c’est pour l’étude
des réponses des colonies, que fut nommée
la Commission qui a rédigé le questionnaire
auquel j’ai l’honneur de répondre.
Enfin, en 1909, le Congrès des anciennes
colonies, tenu à Paris du 11 au 16 octobre,
a très explicitement donné une adhésion
entière aux conclusions yotées dans les
précédents Congrès qu’il a tenu à reprodui­
re dans les siennes, et chaque fois ces déci­
sions ont été prises après mûres réflexions,
étude critique de travaux très complets et
discussion prolongée.
Ce dernier Congrès a pour ainsi dire prévu
les inconvénients d’une enquête individuelle
et cherché à y remédier par avance dans la
dernière de ses décisions qui visait la consti­
tution d’une Fédération intercoloniale, grou­
pant tous ceux qu’intéresse la question
douanière soit en France, soit aux colonies.
Je viens de rappeler, Monsieur le Minis­
tre. le vœu du Congrès de Bordeaux qui
pourrait être opposé, en faveur du question­
naire, à la thèse que je soutiens ; mais il
s’agissait alors d’une consultation qui n’avait
pas été faite. Les Congrès coloniaux sont sur1

�162

L’EXPANSION COLONIALE

tout des Congrès de métropolitains. Les co­
lonies sont loin de France et puis un peu
trop absorbées chacune dans les difficultés
économiques ou politiques de leur existence,
pour voir clair dans les questions embras­
sant l’intégralité de nos possessions. L’indi­
vidualisme règne beaucoup dans nos colo­
nies, ce qui est démontré par la difficulté qui
y existe à constituer des Chambres de Com­
merce ot d’Agrieulture, et il était nécessaire
de prendre l’avis de nos compatriotes d’ou­
tre-mer pour ainsi dire à domicile ; mais,
aujourd’hui que cela est fait, les deux points
de vue ont été successivement examinés et
il y aurait lieu de conclure, d’autant plus que
la concordance des opinions exprimées est
à peu près absolue.
Voilà plus de cinq ans que la question est
posée, dans cet intervalle celle bien plus dé­
licate qui concernait les rapports de notre
pays avec les autres nations est née et a été
solutionnée.Certaines colonies comme SaintPierre et Miquelon et la Nouvelle-Calédonie
sont descendues au dernier degré du maras­
me, par suite du régime de 1892 qu’elles
subissent. Toutes ont souffert de façqn qu’il
a pu être prouvé que le mouvement com­
mercial des colonies soumises au tarif doua­
nier a perdu en vingt années, de 1887 à 1907,
le 16 % de son chiffre total, lorsque l’ensem­
ble de nos possessions a bénéficié d’une aug­
mentation de 111 %, et il serait vraiment
temps de prendre une décision, sans la su­
bordonner à une nouvelle consultation sur
un sujet qu’on peut considérer comme
épuisé.
J’ai tenu, Monsieur le Ministre, à vous ex­
poser ces considérations générales parce que
je les crois nécessaires et aussi parce que
mes réponses au questionnaire se ressentent
forcément du point de vue auquel je suis
obligé de me placer et pour m’excuser par
avance de sortir un peu à l’occasion du ca­
dre étroit du questionnaire. C’est d’ailleurs
je pense le vœu de la Commission, puisque
vous voulez bien me demander les observa­
tions que m'aura suggérées l'étude des di­
vers points ainsi soulevés.
I. — Principes de la loi du 11 janvier 1892.
« Y a-t-il lieu de maintenir les' principes
généraux posés par la loi du 11 janvier 1892
en ce qui concerne les colonies, à savoir :
a) Application des tarifs métropolitains
aux importations étrangères dans nos colo­
nies, sous la double réserve : 1° qu’un cer­
tain nombre de territoires demeureront ex­
ceptés de ce régime ; 2° que, par exception,
certains articles pourront être l’objet- de ta­
rifications spéciales dans les colonies sou­
mises au régime de l’assimilation douanière ;
b) Concession corrélative d’un traitement
spécialement favorisé aux importations des
colonies dans la métropole.

S’il paraissait désirable de renoncer à ce
système, quel régime conviendrait-il d'y
substituer ?
Dans le cas contraire, y aurait-il lieu d’y
apporter des modifications, et lesquelles ? &gt;&gt;
Les principes généraux posés par la loi
du 11 janvier 1892 et surtout par les discus­
sions antérieures ne me semblent pas com­
plètement caractérisés par les deux para­
graphes a et b. L’application des tarifs mé­
tropolitains sous réserve de -certaines excep­
tions s’inspirait d’un désir d’unification
douanière entre la métropole et les colonies
qui n’a jamais été satisfait, car les exceptions
sont aussi nombreuses que les stipulations
et d’ailleurs, après dix-huit années d’appli­
cation du régime voulu par la loi, la
dispersion de notre domaine colonial dans le
monde, la diversité de -ses intérêts, l’inces­
sante gestation de son organisation adminis­
trative ne permettent pas la réalisation de
ce concept. Sans remonter jusqu’aux Gou­
vernements généraux de l’Afrique occiden­
tale, de l’Indo-Chine et de Madagascar, tous
créés postérieurement à la loi des douanes
du 11 janvier 1892, il suffira de rappeler
les très récentes et très justifiées modifica­
tions survenues dans l’organisation -admi­
nistrative de l’Afrique équatoriale, pour
prouver que des possessions placées à des
stades si divers d’organisation économique,
ne peuvent pas être unifiées entre elles com­
me régime économique et peuvent éncore
moins être unifiées avec la métropole.
Un autre desideratum du législateur de
1892 était de réserver à la Métropole les dé­
bouchés coloniaux que l’on considérait à ce
moment comme un peu trop ouverts au com­
merce étranger et insuffisamment disposés
à recevoir nos produits. Là encore l’expérien­
ce faite a prouvé que les faits ne répondaient
pas à la théorie. L’application des tarifs mé­
tropolitains aux importations étrangères dans
nos colonies a bien pu avoir pour conséquen­
ce d’y réduire les importations étrangères ;
mais, du même coup, elle a assez tari les
sources de la prospérité de la Colonie, pour
que cette réduction n’ait eu aucun contre­
coup sur nos importations au point de vue
de leur chiffre qui, dans l’ensemble, a baissé
ou ne s’est pas élevé.
Depuis, une autre conception s’est fait
jour, qui est l’intérêt métropolitain lié à la
prospérité coloniale. Toutes les mesures
métropolitaines doivent avoir pour effet de
développer la prospérité coloniale, non seu­
lement pour satisfaire pleinement au de­
voir de tutelle que nous avons assumé visà-vis de peuples qui sont souvent venus à
nous de leur plein gré, mais encore dans no­
tre propre intérêt, car des Colonies saines et
prospères sont des appuis pour la Métropole
et des Colonies malheureuses sont des cau­
ses d’inquiétude et des occasions de dépense
sans compensation. Des Colonies à l’état de

�L’EXPANSION COLONIALE

1(53

crise constituent une menace politique, car raliser l’expérience, en donnant à chaque
des tendances séparatistes ne peuvent man­ Colonie le régime qui lui convient le mieux
quer de s’y faire jour — on l’a trop vu — et et qui répond à son âge, à son niveau d’or­
cela n’est pas sans attirer l’attention de ganisation économique et politique, à ses
leurs voisins. Le budget de la Métropole ré­ voisinages et à sa configuration géographi­
duit d’année en année ses subventions colo­ que, au plus ou moins d’abondance de sa
niales, on peut même dire qu’il les supprime population, à la spécialisation de sa produc­
et met à la charge de nos possessions bien tion agricole, minière ou autre, enfin à
des dépenses de souveraineté. Cette politi­ tous ses caractères distinctifs, qui ne lui
que peut-elle s’appliquer à des pays dont le permettent pas de s’accomoder d’un régime
budget est en déficit ? Enfin, au simple adéquat à une Colonie placée dans de toutes
point de vue débouché, qui semble inspirer autres conditions ?
Un pareil système ne peut pas subir d’é­
primordialement le questionnaire auquel
j’ai l’honneur de répondre, plus une Colonie chec puisqu’il est varié et qu’il suffira, si
doit de prospérité au libéralisme de son l’on s’est trompé dans les stipulations inter­
régime douanier, plus ses importations de venues, de le remanier pour le mettre en
produits français augmentent et il est facile parfaite harmonie avec les besoins des pays
de s’en rendre compte : en comparant les pour lesquels il aura été établi. Il est même
importations des groupes composant l’Afri­ nécessaire de prévoir cette révision et de
que Occidentale pendant une période déter­ donner, au régime créé pour chaque colonie,
minée aux importations des anciennes Co­ une durée à la fois nécessaire et suffisante
lonies soumises au tarif général, on verra de douze années, pour permettre aux inté­
que, dans le premier cas, les importations ressés d’amortir le coût de leurs combinai­
de produits nationaux ont augmenté com­ sons et de tirer tout le parti possible du
me proportion et comme chiffre, et que, dans régime établi et en même temps pour fixer
le deuxième cas, elles ont pu augmenter par avance une échéance aux améliorations.
Un régime spécial à chaque Colonie ou
quelque peu comme proportion, mais que
groupe de colonies devrait prévoir :
leur chiffre s’est réduit.
a) Les droits qui seraient perçus dans la
C’est la condamnation la plus nette du
Régime douanier colonial de 1892 dans ses Colonie pour les importations étrangères ;
b) Les droits d’octroi de mer à percevoir
principes et aussi dans ses atténuations, car
si ces atténuations qui paraissent illimitées sur les importations métropolitaines, les­
dans leur simple énonciation avaient joué, quels doivent être fixés au moment même où
les résultats n’eussent pas été aussi déplora- s’établissent les droits de douane sur les
importations étrangères, car ils peuvent sans
blement concluants.
Et ici se place la réponse au 4“8 alinéa du cela neutraliser l’effet oréférentiel des pre­
1er paragraphe du questionnaire « S'il pa- miers et ils l’ont souvent fait ;
c) Le régime intercolonial qui devrait être
« raissait désirable de renoncer à ce sys« terne, quel régime conviendrait-il d'y à peu près celui des importations métro­
politaines et dont le questionnaire nous
« substituer ? »
amène à parler plus loin.
Nous répondons sans hésitation qu’il con­
d) Le traitement réservé aux produits colo­
viendrait de lui substituer le régime de 1a. niaux à leur entrée dans la métropole.
personnalité douanière concédée à chaque
Dans l’élaboration ' des trois premiers ta­
Colonie. Sous ce régime, chacune de nos rifs il faudrait tenir compte, en première
possessions revendiquerait les mesures ligne, des besoins fiscaux de la Colonie et
douanières qui lui paraîtraient les plus pro­ des nécessités diverses auxquelles son bud­
pices au développement de sa richesse et get devrait faire face, notamment pour les
la Métropole sanctionnerait ces revendica­ travaux publics ; car l’expérience a prouvé
tions par un décret en forme de règlement que les recettes douanières ou d’importation
d’administration publique lorsqu’elle esti­ constituent la meilleure ressource et la plus
merait que les revendications de la Colonie facile à percevoir pour les Colonies, et que
ne vont pas à l’encontre de ses intérêts l’absence de recettes douanières oblige à des
généraux.
taxes de capitation ou des monopoles, dont
L’Afrique occidentale, en raison de sa les résultats sont désastreux au point de
constitution géographique, a bénéficié d’un vue de l’assimilation politique des Colonies.
Comme dans le questionnaire, le dernier
régime spécial qui paraît bien répondre aux
exceptions de la loi de 1892, parce que ces alinéa du premier paragraphe est consacré
exceptions pouvaient tout embrasser, mais au régime actuel dont le maintien est visé
qui n’a aucunement été prévu par cette loi, parles mots «dans le cas contraire», la Com­
car le passage de chaque colonie de la mission me permettra de dire comme der­
deuxième catégorie dans la première était nière réponse à ce paragraphe qu'en aucun
au contraire fatal comme évènement dans cas on ne peut penser à maintenir un régi­
la pensée du législateur de 1892 bien que me dont les résultats sont les plus fâcheux
l’échéance en fût incertaine . Ce régime a à constater, qui a nui aux intérêts de ceuxparfaitement réussi ; pourquoi ne pas géné­ là même qui l’ont demandé et dont la sup-

�1(54

L’EXPANSION COLONIALE

pression est depuis cinq à six années l’uni­
que espoir des coloniaux, le mince rayon
de lumière qui les empêche de tomber au
découragement absolu. Décréter le maintien
du régime actuel serait décider du même
coup une issue fatale à la crise que subis­
sent certaines de nos possessions et la dé­
cadence pour toutes.

gner un régime spécial à chaque Colonie,
ou groupes de Colonies, si l’on trouve des
Colonies assez semblables pour former un
groupe à cet égard. A première vue nous ne
voyons dans ce cas que la Martinique et la
Guadeloupe et encore les différences sont
assez accentuées, même à l’heure qu’il est,
pour qu’une exception pour ces deux îles
au régime général de nos Colonies ne soit
pas entièrement justifiée.
II
Nous avons vu que les deux catégories
« Est-il nécessaire de maintenir la réparti­ créées par la loi du l i janvier 1892 avaient
tion des colonies en deux groupes : colonies en fait cessé d’exister ; par contre chaque
assimilées à la métropole et colonies non Colonie continue à être sid generis et si l’on
tenait à établir des catégories, on pourrait
assimilées ?
Conviendrait-il, au contraire, de les dif­ arriver à les varier à l’infini pour peu qu’on
férencier en un plus grand nombre de caté­ voulût tenir compte des caractères spéciaux
gories, en déterminant le statut de chaque de nature à influer sur la constitution du
catégorie, ou d’assigner un régime spécial à Régime Douanier. Il est évident que le ré­
gime douanier des Colonies insulaires
chaque Colonie ?
Si la répartition en deux groupes paraît n’exige pas les mêmes garanties que celui
satisfaisante, faudrait-il conserver le classe­ des colonies ayant des frontières ter­
ment actuel des diverses colonies, ou serait-il restre, à plus forte raison que celui des
opportun de le modifier et sur quels Colonies enclavées dans l’Inde anglaise
comme Pondichéry, que le régime douanier
points? »
de Colonies de ravitaillement comme SaintPour répondre aux trois alinéas de ce Pierre et Miquelon, de transit comme la
paragraphe, il faut se reporter à la défini­ Côte des Somalis n’est pas le même que ce­
tion des deux catégories créées par la loi du lui de pays limités à leur propre débouché ;
IL janvier 1892. Les Colonies de la première que le régime douanier de Colonies agricoles
catégorie étaient celles que la loi soumettait doit différer du régime douanier de Colonies
au tarif général et la deuxième catégorie à production minière, qu’une Colonie adon­
comprenait les colonies que leur état in­ née à l’élevage est dans d’autres conditions
complet d’assimilation ne permettait pas qu’un pays sec et inhabité ; que le voisinage
encore de soumettre au tarif général.
et l’hégémonie économique qui en résulte
Toutes les Colonies de la deuxième caté­ quand il s’agit de grandes puissances doi­
gorie sont passées dans la première, sauf la vent influer sur les stipulations ; que des
Côte des Somalis et l’Afrique Occidentale et Colonies uniquement peuplées d’Européens
il n’en a été ainsi que parce que la situation comme Saint-Pierre et Miquelon et la Nou­
géographique de ces deux possessions ne l’a velle-Calédonie sont dans d’autres condi­
pas permis. On a fait tout ce qu’on a pu tions que des colonies peuplées de races
pour appliquer le tarif général à l’Afrique autochtones ; que des colonies à popula­
Occidentale et l’on n’a échoué que devant un tion rare comme Madagascar ont d’autres
morcellement territorial et une facilité à conditions d’existence que des Colonies
l’exode qui rendaient inapplicable un tarif à population très dense comme l’Indo­
appelé à créer le désert partout où il serait chine ; que le plus ou moins de civi­
mis en vigueur. Ce système de « catégories » lisation du peuple occupant a aussi
n’a pas été respecté après 1892 et Madagas­ ses exigences et qu’enfin il peut se
car, dès son annexion, est devenue colonie de faire qu’une Colonie comme l’Indochine
la première catégorie ; il en a été de même soit à la fois une Colonie à population abon­
des provinces qui ont été jointes à la Cochin- dante et rare, civilisée et encore fruste, sui­
chine et au Tonkin pour constituer l’Indo­ vant qu’il s'agit du Delta du Tonkin ou du
chine et même ces pays n’ont jamais été ni Laos, à production agricole, à production
de la première ni de la deuxième catégorie, minière, à production industrielle, qui soit
puisque le tarif général y a été appliqué en même temps par le fleuve Rouge un
avec des aggravations.
chemin vers la Chine et que son régime
Ces faits prouvent que la répartition de douanier doive être adéquat à tous les be­
nos Colonies en deux groupes n’existe plus soins dérivant de cette situation spéciale.
depuis longtemps. Il ne peut donc s’agir de Une seule des caractéristiques de l’Indo­
la maintenir.
chine peut avoir bien des exigences, car au­
A la deuxième question : « Conviendrait-il, tres sont les stipulations qui répondent à la
au contraire, de les différencier en un plus production des poivres par exemple et au­
grand nombre de catégories, en déterminant tres celles qui répondent à la production du
le statut de chaque catégorie, ou d’assigner riz alimentant au grand avantage de notre
un régime spécial à chaque Colonie ? », nous Colonie tout l’Extrême-Orient.
répondons hardiment oui, il y a lieu d’assi­
Il faut pour répondre à ces besoins créer

�L'EXPANSION COLONIALE
autant de catégories qu’il existe de Colonies
et créer une catégorie comprenant des Colo­
nies ayant . plusieurs caractéristiques, sans
perdre de vue la catégorie ultime pour la
Colonie qui réunit tous ces caractères spé­
ciaux.
Il résulte de ce qui précède qu’à aucun
prix il ne faut conserver le classement ac­
tuel des diverses Colonies, qui n’en est pas
un et qui ne répond à rien et que, sans pen­
ser à. le modifier puisqu’il n’existe pas, il
faut que chaque Colonie ait son régime spé­
cial.
III
« Le mode actuel de détermination des
exceptions au tarif général, en ce qui con­
cerne les Colonies douanièrement assimilées
à la métropole, paraît-il devoir être changé ?
Quelle devrait être l’autorité compétente
pour fixer ces exceptions ?
Y àurait-ii intérêt à constituer un Comité
spécial dans lequel seraient représentés les
intérêts métropolitains et coloniaux, pour
donner un avis préalable sur ces exceptions ?
Quelles devraient être la composition et
les attributions de ce Comité ? »
Tout ce qui précède répond par avance
au premier alinéa : « Le mode actuel de dé« tcrmination des exceptions au tarif géné« ral, en ce qui concerne les Colonies cloua« nièrement assimilées à la Métropole, pa­
ie raît-il devoir être changé ? »
Ce mode actuel n’existe pas ou plutôt il
est dans la pratique parfaitement anarchi­
que, car, indépendamment d’exceptions infi­
nies et quelquefois irrationnelles, il dépend
de publications dans la Colonie qui sont
faites ou qui ne le sont pas et dans des dé­
lais dont les Gouverneurs ne tiennent aucun
compte s’ils le veulent bien. Le résultat est
qu’il y a autant de régimes que de Colonies,
mais au lieu que ces régimes soient fixés
après étude et en vue de la Colonie, ils sont
le plus souvent le résultat du hasard, car il
ne peut y avoir aucune bonne raison pour
que les tarifs de l’huile de coton et de la
farine et du vin varient, suivant qu’il s’agit
de la Martinique ou de la Guadeloupe.
L’autorité compétente pour fixer non pas
les exceptions, mais le régime, Colonie par
Colonie, est le Gouvernement agissant sur
l’initiative du Ministre des Colonies et fixant
par un décret rendu en forme de règlement
d’administration publique, c’est-à-dire par
l’acte qui est toujours intervenu sous tous les
régimes pour ces sortes de stipulations, les
tarifs à percevoir.
Il n’v aurait aucun intérêt à constituer un
comité spécial dans lequel seraient repré­
sentés les intérêts métropolitains et colo­
niaux.pour donner un avis préalable sur les
exceptions, puisqu’il n’y a aucune excep­
tion à faire, mais qu’il s’agit de créer un ré

165

gime spécial à chaque Colonie, et quant aux
stipulations spéciales du régime douanier de
chaque Colonie, elles doivent être étudiées
par les Corps délibérants des Colonies : Con­
seils généraux, Chambres de Commerce,
Conseils d’administration, présentées par les
Gouverneurs et soumises pour avis aux
Chambres de Commerce des ports de France.
II faudrait seulement que ces avis préala­
bles eussent un délai pour s’exprimer, faute
de quoi il serait passé outre, les propositions
seraient faites par les Gouverneurs et les dé­
cisions gouvernementales interviendraient
dans la métropole ; car au début il n’y a
pas grand’chose à attendre de ces études plu­
tôt théoriques. Si l’on tient compte de la con­
dition essentielle de la durée fixée à douze
années pour chaque régime créé et de la
date d’échéance qui en résulte, on voit que
les consultations seront incessantes ou plu­
tôt les doléances se produiront d’elles-mêmes,
si elles sont justifiées sans qu’il y ait be­
soin de les provoquer.
Il va de soi que si aucun comité n’est créé
ce comité inexistant ne peut avoir ni com­
position ni attributions.
IV. — Situation des colonies au -point de
vue des relations commerciales interna­
tionales.
« Quelles dispositions paraîtrait-il néces­
saire de prendre pour assurer la défense des
intérêts des Colonies au point de vue des
relations commerciales internationales?
Conviendrait-il que, même pour les arti­
cles soumis à un régime d’exception, les
colonies fussent pourvues d’un double tarif,
général et minimum ?
Y a-t-il lieu de décider que les conventions
commerciales ne doivent pas s’appliquer
ipso facto aux colonies et qu’il sera pourvu
à la défense de leurs intérêts par des arangements spéciaux, distincts de ces traités ? »
Ce paragraphe est très important et l’ordre
de choses qu’il vise suffirait seul à justifier
la personnalité douanière pour chaque colo­
nie, car chacune de nos possessions a une
façade sur l’Etranger, façade de pénétration
et façade d’expansion, exigeant des précau­
tions et des arrangements particuliers.
Certaines de nos Colonies comme l’îndochine, pour le riz, et l’Afrique Occidentale,
pour les corps gras, sont spécialisées dans
des productions qui dépassent et de beaucoup
pour ces articles la capacité d’absorption de
notre marché métropolitain et ne peuvent se
développer sans compter sur le débouché
étranger. Il y a un grand intérêt métropoli­
tain à ce qu’elles puissent ainsi augmenter
leurs exportations de produits sans similai­
res nationaux et conquérir des débouchés
toujours plus grands puisque la richesse que
cela leur assurera leur permettra des dépen­
ses dont la Métropole profitera en première

�166

L’EXPANSION COLONIALE

ligne, au moins par l’utilisation des hommes
et des capitaux. Il s’agit là de situations spé­
ciales à quelques Colonies et dont un régime
douanier spécial à ces possessions permet
seul de tenir compte.
L’importance de ce paragraphe rend utile
une réponse spéciale à chacun de ses alinéas.
Aucune disposition n’est à prendre, pour
assurer la défense économique des Colonies
au point de vue des relations commerciales
internationales, autre que de renoncer à un
régime unitaire et de demander à chaque
colonie de rechercher avec soin les mesures
les plus propres à développer sa richesse au
regard de son voisinage étranger comme à
tous les autres points de vue. Ce sera ensuite
à la Métropole à considérer les précautions
qu’elle a à prendre pour sauvegarder, au
point de vue international ses intérêts spé­
ciaux métropolitains concurrencés .par les
intérêts spéciaux étrangers,comme aussi ses
intérêts généraux de Métropole visant au dé­
veloppement de son expansion vers la Colo­
nie en cause, et à l’atténuation de la pénétra­
tion de cette Colonie par son voisin étranger.
Le double tarif général et minimum a pu
ou peut avoir sa raison d’être, dans un pays
qui tient à la fois à donner une satisfaction
à l’opinion publique de ses producteurs et à
établir par avance une base de négociations
avec des peuples étrangers, mai s cette combi­
naison n’est pas indiquée pour des colonies
qui savent par avance ce qu’elles ont inté­
rêt à prendre à l’Etranger et ce qu’elles ont
intérêt à ne pas lui prendre ; qui n’ont pas à
ménager chez elles des producteurs d’articles
similaires aux produits étrangers qu’elles
consomment et qui peuvent très rapidement
apprécier la différence de tarif,qui est à éta­
blir entre des articles nationaux et des ar­
ticles étrangers similaires.
Il peut se faire cependant qu’il y ait inté­
rêt,pour certaines colonies, à être en mesure
d’obtenir des traitements de faveur de la part
de leurs voisins étrangers, pour certaines
combinaisons spéciales d’émigration, de na­
vigation ou autres ; mais pour cela les
échéances des régimes fixés fourniraient le
moyen de modifier les stipulations faisant
obstacle aux désirs de la colonie et aux me­
sures intéressant le développement de sa
richesse. Il ne faut pas oublier, si on regret­
tait d’être obligé d’attendre une période do
douze années, que sur toute stipulation se
fondent des combinaisons commerciales ;
que ces combinaisons commerciales ont un
coût et qu’il faut leur laisser le temps de s’a­
mortir. La stabilité, même avec un régime
imparfait, est plus avantageuse que l’insta­
bilité pour l’ensemble des intérêts écono­
miques.
Il y a lieu de décider que les conventions
commerciales ne doivent pas s’appliquer
ipso facto aux colonies, mais que nos posses­
sions doivent toujours pouvoir en revendi­

quer le bénéfice, si ces conventions leur pa­
raissent de nature à seconder le développe­
ment de leur richesse.
Le principe est toujours,rappelons-le,l’inté­
rêt de la colonie en cause ; il est évident que
les avantages offerts par le commerce d’un
pays aussi important que la France peuvent
faire passer un pays contractant sur un
petit désavantage pour lui au point de vue
colonial, mais il est tout aussi évident que la
Métropole ne peut pas, dans ses conventions
commerciales, tenir compte des intérêts co­
loniaux, puisqu’il y a autant d’intérêts co­
loniaux divers que de combinaisons écono­
miques dans chaque colonie et que ces inté­
rêts peuvent être opposés d’u n e . colonie à
l’autre. La seule stipulation qui sauvegar­
derait l’intérêt colonial est l’admission de la
colonie à présenter ses objections contre
tout ce qui résulterait à son détriment d’une
convention commerciale avec la Métropole et
la possibilité d’exonérer la colonie du régime
résultant de cette convention s’il lui était oné­
reux. Il n’y a certainement là rien qui soit de
nature à faire obstacle aux Conventions com­
merciales que peut négocier la Métropole,
car jusqu’à ce jour l’application de la con­
vention aux colonies a été omise, si le négo­
ciateur n’y a pas pensé, ou accordée par des­
sus le marché sans étude spéciale,car il n’y a
aucune étude spéciale qui puisse être faite
par un négociateur sur les répercussions
dans chaque colonie, de tout ce que prescrit
la plus simple des conventions commer­
ciales.
V. — Importation dans la Métropole
des denrées coloniales dites secondaires
« Conviendrai-il d’augmenter les faveurs
accordées par le tableau E aux produits de
nos Colonies importés dans la Métropole ?
Serait-il utile notamment d’accorder la
franchise complète aux denrées coloniales
dites «secondaires» (cafés, cacaos, vanilles,
poivres, thés, etc.) de nos colonies, tout en
maintenant les tarifications actuelles sur les
similaires étrangers ? »
Où voit-on une faveur dans la franchise
accordée à certains produits et au demidroit imposé à d’autres ? Le principe de ia
loi douanière de 1892 est l’unification des
territoires métropolitains et coloniaux au
point de vue douanier et non seulement cette
loi décrète la franchise pour les produits
métropolitains exportés aux colonies,mais en­
core elle tend à mettre des droits prohibitifs
sur les similaires étrangers. Comment a-t-on
pu, en édictant une pareille loi, ne pas voir
que la conséquence logique, fatale était 1a
franchise accordée aux produits coloniaux
à leur entrée en France !
Les produits coloniaux ont été surtaxés
au lendemain de nos désastres de 1870, dans

�L’EXPANSION COLONIALE
une proportion de deux cents pour cent,
parce que l’opinion publique, alors peu fa­
vorable aux Colonies, leur reprochait de s’ê­
tre isolées économiquement de la métropole
pendant les dernières années de l’Empire.
Comment a-t-on pu, vingt ans après, lors­
qu’on les a soumises au tarif général, ne pas
revenir par le même acte, sur un traitement
draconien qu’expliquait sans le justifier une
organisation douanière toute différente ?
Le seul énoncé de la question en décide la
réponse en équité, indépendamment de toute
tractation :« Serait-il utile d’accorder la fran­
chise complète aux denrées coloniales dites
« secondaires », cafés, cacaos, vanilles, poi­
vres, thés, etc. ? » Pourquoi secondaires ?
Parce que la denrée principale est le sucre.
Le sucre paie-t-il le demi-droit des sucres
exotiques étrangers ? Non. Alors pourquoi
infliger à des denrées secondaires un traitetement différent de celui dont profite la den­
rée principale, au sujet de laquelle la ques­
tion de principe a été tranchée.
La raison que l’on donne est qu'il s’agit
là de droits de consommation analogues aux
taxes qui frappent l’alcool. En pareil cas, il
faut pour justifier l’imposition montrer l’im­
portance budgétaire de la rentrée. Or elle
est. nulle. Les droits payés par les denrées
coloniales secondaires (les poivres mis à
part) s’élèvent à peine à 1.600.000 francs par
an. Qu’est-ce que cette somme pour le Bud­
get de l’Etat ? Nous avons vu qu’il était es­
sentiel de ménager des recettes aux budgets
coloniaux, pour permettre aux colonies de
faire des travaux publics, de l’assainisse­
ment, de l’aménagement de l’outillage, des
voies de communication,etc...; mais cet argu­
ment qui vaut pour les colonies,au moment
où il s’agit de sav-oir si l’on établira ou non
des droits d’octroi de mer ou de douane,
vaut-il pour la Métropole lorsqu’il s’agit de
moins d’un 1/2 pour mille de son budget ?
Au surplus, depuis que cette question est
pendante, la Métropole a rayé de son budget
pour plus de 1.600,000 fr. par an de subven­
tions aux colonies et dès lors la raison n’est
pas valable, puisque la Métropole est d’a­
vance indemnisée de son sacrifice encore
éventuel.
Aussi tous les parlementaires qui se sont
occupés de la question, et en tête M. Mcssimy, dernier rapporteur du Budget des colo­
nies, se sont-ils tous prononcés pour la sup­
pression de cette anomalie, pour ne pas
dire de cette iniquité.
Avant de répondre à ce sujet au question­
naire dans l’esprit du régime que nous pré­
conisons, nous avons encore deux points
à examiner. Là encore il faut se méfier des
catégories et de l’esprit de système ; car ce
qui est juste pour le café, le cacao, la vanil­
le et le thé ne l’est pas pour le poivre, ou du
moins l’expérience a prouvé qu’il était fâ­
cheux de détaxer le poivre. Ce qui s'est
passé aujourd’hui pour le poivre peut de­

167

main se passer pour le thé et il faut exami­
ner article par article et colonie par colonie
pour ces denrées,comme pour toutes les au­
tres stipulations du régime douanier.
Enfin le paragraphe dit «tout en mainte­
nant les tarifications actuelles sur les simi­
laires étrangers.» Ici l’esprit de libéralisme
qui nous fait nous insurger lorsque les co­
lonies sont opprimées,nous fait protester con­
tre l’obligation que ce paragraphe implique­
rait pour la Métropole. On a voulu déduire
de la différence des droits frappant les den­
rées coloniales et leurs similaires étrangers
une protection dont les colonies seraient
privées le jour où les droits sur les denrées
similaires de provenance exotique seraient
réduits. C’est un abus, hélas justifié par tou­
tes les tendances de nos lois économiques,
mais condamnable tout de même. Le régime
douanier à établir doit s’inspirer de la ri­
chesse coloniale à développer, mais pas au
détriment de la Métropole et il n’y a aucune
bonne raison de condamner les consomma­
teurs métropolitains à payer à perpétuité
des droits qui ne se justifient à aucun point
de vue, pour réserver à nos colonies un dé­
bouché plus particulièrement privilégié.
D’ailleurs on doit toujours juger l’arbre à
ses fruits et une combinaison à ses résultats.
Qu’a donné au point de vue de l’extension de
la production coloniale des denrées dites
secondaires ce système qui existe et qui exis­
te à tel point que, lorsque les droits sur le
café ont été baissés de vingt francs, la dé­
taxe est resté de fr. 78 par cent kilogrammes,
c’est-à-dire de la moitié de l’ancien droit de
fr. 156 ? Le résultat a été néant. Cette pro­
duction ne s’est pas développée, par consé­
quent la protection qui en résulte n’a rien
protégé du tout ou du moins n’a rien déve­
loppé du tout. Il faut donc que la Métropole
reste maîtresse de ses tarifs pour les denrées
coloniales comme pour tout autre produit,
Ces considérations de détail abordées pour
répondre au mot de faveurs employé dans
le questionnaire, disons que cette question
irritante disparaîtrait complètement avec le
régime que nous proposons.
Il est évident que la Métropole, sollicitée
par chacune de nos Colonies de leur accorder
un régime spécial de nature à développer
leur richesse, réglementerait, du même coup
les droits à percevoir à l’entrée en France
sur les denrées dites secondaires de ces Colo­
nies. Cet accord résultant des revendications
do la Colonie et des concessions de la Métro­
pole comporterait toutes les compensations
équitables.
VI.— Importations de Colonie à Colonie
« Convient-il de maintenir le régime de
franchise réciproque pour les importations
faites de Colonie à Colonie?
Convient-il, au contraire, de le modifier
en traitant différemment ces importations

�108

L’EXPANSION COLONIALE

suivant le groupe auquel appartiennent,
d’une part, la colonie importatrice, d’autre
part, la colonie exportatrice ? »

vilèges accordés à l’armement national, car
il est inadmissible de priver nos Colonies
des avantages dont jouissent les ports étran­
gers situés dans les mêmes parages desser­
vis par les mêmes vapeurs. Ou le trafic est
impossible au-dessous des prix de fret
payés par la Colonie française et il ne faut
pas le faire pour les Etrangers, car en pareil
cas la perte résultant de ce service onéreux
est supportée ou par les Colonies françaises
payant pius cher, ou par le contribuable
français : ou bien le trafic est possible aux
prix de fret accordés aux ports étrangers et
les Colonies françaises doivent en jouir.
L’intérêt national à ce que des navires fran­
çais desservent nos Colonies doit mettre a
la charge du contribuable et non des char­
geurs métropolitains ou coloniaux, les sacri­
fices nécessaires au maintien des Compa­
gnies françaises sur ces lignes.

Il est évident que du moment que chaque
colonie aura son régime,les Colonies devront
en tenir compte dans le traitement qu’elles
doivent se réserver entre elles, mais cette
réserve de principe faite on est certain que
le régime douanier des Colonies variera très
peu de Colonie à Colonie. Il s’agira tout sim­
plement d’une différence de droits justifiée
par la proximité ou l’éloignement du pays
importateur et cette proximité ou cet éloi­
gnement n’existeront plus, lorsque les pro­
duits ayant donné lieu à une importation
étrangère aux Colonies alimenteront du
trafic inter colonial.
Autant l’équation du traitement dans les
Colonies à réserver aux produits des Colo­
nies à régimes différents serait difficile à
résoudre en théorie, autant ce traitement est
VIII. — Exportations métropolitaines
facile à trouver en pratique, car le trafic in­
aux colonies
tercolonial ne porte que sur peu de pro­
« Dans quelles Colonies s’exportent vos
duits et. la réexportation des produits étran­ produits
?
gers est tout ce qu’il y a de moins fréquent.
De quels pays étrangers proviennent les
Il en existe actuellement qui est créé par similaires
la concurrence desquels
les différences qui ressortent de notre régi­ vous avez àcontre
lutter?
me qu’on a voulu faire unitaire et qui ne
Quelle est l’importance de vos exporta­
l’est pas, mais cela n’aurait pas lieu avec un tions
dans chaque Colonie : 1° par rapport à
régime moins artificiel et, dans tous les cas, la consommation
totale de chacune des
c’est aux anomalies imprévues dans la régle­ possessions intéressées
; 2e par rapport a
mentation que répond l’échéance des douze
années au bout de laquelle intervient la ré­ votre production totale ?
Quelles sont, à votre connaissance, les
vision.
conditions du marché local ?
Quelles sont les mesures de détail, et no­
VIL — Transport en droiture.
tamment les modifications du tarif général
«Y a-t-il lieu d’apporter soit d’une manière ou des tarifs d’exception, qui vous paraî­
générale, soit en ce qui concerne plus spécia­ traient de nature à favoriser l’extension de
lement telle ou telle colonie, des modifica­ vos exportations ? »
tions aux règles qui subordonnent l’alloca­
Il est impossible à un Corps de répondre
tion de tout régime de faveur à l’obligation
du transport en droiture du port d’expédi­ à ces questions qui ne peuvent s’adresser
qu’à des individualités et ne provoquer que
tion au port d’importation ? »
des réponses spéciales à chaque Colonie pour
Le transport en droiture doit être recher­ chaque industrie.
Mais nous croyons devoir hautement pro­
ché mais non sans un correctif. Il arrive
dans le voisinage de toutes les Colonies tester contre cette partie du questionnaire.
D’abord parce qu’en localisant ainsi la
qu’un port étranger desservi par les mêmes
Compagnies de navigation bénéficie de frets question on lui enlève le caractère général
moins élevés que des ports des colonies fran­ qui seul permet de rester sur le terrain de
çaises voisines, même lorsque ce port étran­ l’équité, ensuite parce que ces questions
ger est situé sur le prolongement des lignes excitent des convoitises après la manifesta­
parcourues par les steamers français. En tion desquelles il sera très difficile de reve­
d'autres termes, une Colonie située à deux nir aux considérations sereines de droit et de
mille kilomètres de la Métropole paie plus justice.
On l’a vu lors de la révision douanière ; de
cher pour recevoir ses produits qu’un porc
étranger situé à deux mille deux cents kilo­ pareilles questions et leurs conséquences ont
mètres du port français par lequel passe le abouti à un relèvement général des tarifs,
trafic et cela pour deux transports faits par lorsqu’on avait annoncé une œuvre de sim­
les mêmes vapeurs et en même temps. 11 y ple péréquation et d’égalisation.
a là une preuve évidente du tort qu’on cause
Nous tenons cependant à bien faire res­
à tout' intérêt dans lequel on réduit ou on sortir que ce côté de la question du dévelop­
supprime la concurrence et toutes les fois pement de chaque industrie, dans le trafic
que ce fait se produit, la règle du transport colonial, n’est, pas laissé de côté par notre
en droiture doit fléchir comme tous les pri­ solution, au contraire.

�L’EXPANSION COLONIALE
Nous préconisons des taxes proposées par
la Colonie après étude par elle de ce qui
peut favoriser le développement de sa ri­
chesse et l’octroi d’un régime consacrant ces
taxes par la métropole, sous réserve des pré­
cautions à prendre par la Métropole pour la
sauvegarde de ses intérêts spéciaux,et nous
demandons que le régime ainsi établi ait
une durée de douze années, pour permettre
l’amortissement des combinaisons auxquel­
les il donne lieu et pour réviser ce qui dans
ce régime se montrerait à la pratique fâ­
cheux, soit pour les intérêts métropolitains
soit pour les intérêts coloniaux.
Rien n’est plus facile dans ces conditions
que de tenir compte de la « provenance des
similaires contre la concurrence desquels on ,
a à lutter », de l’importance à développer des
exportations dans chaque Colonie, « des con­
ditions du marché local » et « des mesures
de détail, et notamment des modifications de
tarif paraissant de nature à favoriser l’ex­
tension des exportations ».
Le régime que nous préconisons permet
tout cela. Aucun régime unitaire ne le per­
mettra et celui résultant de 1892 moins que
tout autre. C’est le régime unitaire qui a
substitué aux Antilles au droit de 45 francs
frappant les huiles de coton celui de 7 francs
établi dans la Métropole et qui a à peu près
enlevé à nos producteurs d’huile d’olive la
clientèle de nos Colonies, qu’elle a transférée
aux « milliners » ou aux « sellers » de NewYork, Cet exemple est typique, mais on
pourrait en citer autant qu’on voudrait pour
prouver qu’aucun régime unitaire n’est sus­
ceptible de procurer aux Colonies la protec­
tion qu’on a eu en vue quand on l’a établi.
Il se trouve que la solution proposée par
nous, parce que nous l’estimons la plus libé­
rale, est justement en raison de son libéra­
lisme, susceptible de prendre toutes les for­
mes protectionnistes sur les points où ces
tendances seraient d’accord avec l’intérêt
colonial. Nous le constatons à regret, car
nous savons que cela ne mène à rien, mais
au moins cet amorphisme de notre combi­
naison devrait-il lui concilier les suffrages
protectionnistes.
IX.— Importations des Colonies dans la
Métropole.
« Recevez-vous des colonies des produits
indispensables à votre commerce ou à votre
industrie et lesquels ?
De quels pays étrangers proviennent les
similaires susceptibles de concurrencer l’im­
portation coloniale ?
Quelle est l’importance de l’importation
coloniale dans vos importations ou votre
consommation totale?
Quelles sont les conditions spéciales du
marché ?
Quelles mesures vous paraîtrait-il désira­
ble de prendre pour développer le commerce
des colonies avec la Métropole ? »

169

Ces questions ont le même caractère que
celles du paragraphe VIII,mais elles s’adres­
sent plutôt aux négociants ou industriels des
Colonies, car c’est toujours le vendeur qui
vise à l’extinction des concurrences.
On nous permettra cependant de retenir
la dernière question : « Quelles mesures vous
paraîtrait-il désirable de prendre pour dé­
velopper le commerce des Colonies avec la
Métropole '/ »
Et d’y réoondre :
La mesure la plus urgente est la réforme
du régime douanier qui, si elle est bien faite
c’est-à-dire si elle dote chacune de nos pos­
sessions d’institutions douanières adéqua­
tes au développement de sa richesse, aug­
mentera la puissance d’achat de chaque
Colonie ; et, par l’aisance rétablie dans ses
finances et la possibilité de faire des travaux
publics, accroîtra sa puissance de produc­
tion.
Si nos Colonies sont riches nous serons
les premiers à profiter de leur richesse, d’a­
bord parce que l’exploitation coloniale est
une œuvre métropolitaine et que nos Colo­
nies constituent non seulement des débou­
chés de marchandises, mais des débouchés
d’hommes et de capitaux ; ensuite parce
que les Colonies, qui ont prouvé en toute
circonstances leur loyalisme, tiendront cer­
tainement à honneur de réserver à la Métro­
pole tout ce que leur mouvement d’affaires
sera susceptible de lui donner. Un seul
groupe de Colonies bénéficie actuellement
du régime que nous préconisons pour toutes
et il est celui dans lequel la progression du
commerce avec la Métropole est le plus
rapide et où le développement de nos opé­
rations a toujours été grandissant.
Ce régime nous le résumons ainsi :
Autonomie douanière ou plus exactement
personnalité douanière de chaque colonie ou
groupe de colonies, revendiquant de la Mé­
tropole les taxes qui paraissent les plus avan­
tageuses au développement de la richesse de
la colonie ;
Octroi de ces Régimes par la Métropole qui
tient compte dans Vétablissement des taxes
de scs intérêts généraux, et surtout des inté­
rêts de la colonie à laquelle son propre inté­
rêt est lié :
Fixation d'une durée aux accords de façon
à permettre aux intéressés de s'en prévaloir
et à en faciliter la révision a l'échéance.
Nous vous prions d’excuser, Monsieur le
Ministre, la liberté avec laquelle nous vous
avons soumis nos observations et la longueur
de ce travail, mais nous espérons que l’inté­
rêt de la question vous fera trouver justes les
développements que nous avons donnés à
notre pensée et nous vous prions d’agréer les
assurances les plus vives de notre respec­
tueux dévouement.
Le Président
de l’Institut Colonial Marseillais,
A d r ie n ARTAUD
2

�170

L’EXPANSION COLONIALE

La réponse ci-dessus à M. le Ministre des
Colonies a été convertie en délibération par
le Conseil de l’Institut Colonial Marseillais,
dans sa séance du 29 septembre. Le texte du
questionnaire a été inséré dans notre précé­
dent numéro.
Parmi les nombreuses lettres reçues à ce
sujet, nous reproduisons ci-dessous celle du
Syndicat des Négociants en cafés de Mar­
seille, que préside M. Jacquemot, membre
de notre Conseil d’Administration.
D’autre part, M. Klobukowski. Gouverneur
Général .de l’Indochine, a adressé sur cette
même question du régime colonial, une
réponse très intéressante à la lettre du Pré­
sident de l’Institut Colonial, en date du
8 juin. (Voir « Expansion Coloniale », n° 32).
Nous la donnons ci-dessous in-extenso après
la lettre du Syndicat des Négociants en cafés.
Le Président du Syndicat des Négociants en
cafés à M. le Président de l'Institut Colo­
nial Marseillais.
M arseille, 27 septem bre 1910.
J ’ai l’h o n n eur de vous accuser réception de
votre lettre du 16 co u ran t et j ’ai exam iné avec
soin le p ro jet de réponse que vous y avez joint.
C’est seulem ent su r le chapitre V que je puis
vous soum ettre les observations de notre Syn­
dicat.
« S erait-il utile d ’accorder la fran ch ise com­
plète aux denrées coloniales dites secondaires
de nos colonies ? »
N otre opinion su r cette question diffère de la
vôtre. Nous avons to u jo u rs estim é q u ’une dé­
tax e complète é ta it in utile : si on l’accordait,
elle devrait être générale et non p as applicable
p our un article et p as pour u n autre.
N ous croyons qu’une détaxe complète est in u ­
tile parce que p o u r le. café p a r exemple qui est
notre article spécial, la détaxe de 78 fran cs p a r
100 kilos est suffisam m ent im portante p our dé­
velopper une production si elle se trouve dans
de bonnes conditions pour prospérer.
N otre opinion est q u ’une détaxe plus forte
fa v o rise ra it exclusivem ent d ’une façon presque
exagérée les d étenteurs des p la n ta tio n s actuel­
les, m ais n ’am èn erait pas une notable aug m en­
tatio n dans les plantations.
Nous n ’avons aucun in té rê t dans la question
et nous apprécions la justesse de votre opinion
s u r le D roit des colonies à la fran ch ise com­
plète de le u r p ro d u its à leu r entrée en F rance.
M ais n o u s estim ons qu’une pareille m esure
devrait être générale ; et com prendre au ssi
bien les poivres que les a u tre s articles, ce que
vous considérez comme presque impossible.
Nous pensons que si l’on reco n n aît l’im pos­
sibilité de l’appliquer p our les poivres, il fa u t
adm ettre la même façon d.e voir p o u r le café
et les a u tre s denrées coloniales, p o u r les r a i­
sons exposées ci-dessus.
P o u r le poivre, que l'Indochine fran çaise
p ro d u it dans de bonnes conditions, la protec­
tio n du dem i-droit a développé à u n tel point
la production, que cette production a dépassé
de beaucoup la consom m ation totale française,
et que l’on a dem andé la lim itatio n des q u an ­
tités adm ises à bénéficier de la détaxe. Notre
S yndicat a accepté cette lim itation m ais à la
condition qu’elle fût favorable à la colonie et

en réclam an t des conditions de stabilité et de
préavis.
Les faits qui viennent de se passer nous pro u ­
vent que cette lim itation a profité su rto u t à un
groupe de spéculateurs q u i détenaient le gros
stock de poivres en France.
L a loi de lim itation a été faite à la hâte et
vous m ’excuserez si je sors presque du sujet
p o u r vous indiquer une au tre conséquence in ­
croyable de cette loi.
Cette loi a créé une nouvelle catégorie de
poivre Saigon qui n ’av ait pas droit à la dé­
taxe. M ais comme véritable poivre fran çais elle
devait être placée au m oins su r le même pied
que les poivres provenant des colonies é tra n ­
gères avec lesquelles nous avons des tra ité s de
commerce.
Il n ’en est rien. P a r une anom alie inexplica­
ble ces poivres sont les seuls poivres qui soient
passibles du Tarif général. De telle sorte que
ces poivres fran çais ne peuvent être consommés
en Algérie et en Tunisie parce que les poivres
an g lais de Singapore et de Tellicherry ne
paien t que le Tarif m inim um .
Depuis p lu sieurs m ois que nous avons signalé
ce fait, nous n ’avons pas pu a rriv e r à y m ettre
un term e.
Nous sommes heureux de profiter de cette
occasion pour appeler l’attention du Gouverne­
m ent sur la situ atio n absolum ent anorm ale
faite aux produits de nos colonies à le u r entrée
en Corse et en Algérie.
Ces produits coloniaux ne bénéficient en
effet d’aucune détaxe et se tro u v en t prohibés
p a r suite de la détaxe dont ils jouissent en
F rance, alors que certain s p roduits de l’Algé­
rie comme le tabac p a r exemple s’exportent la r ­
gem ent d an s nos colonies, notam m ent en Indo­
chine.
Sous les réserves de ces observations que
nous avons ten u à vous com m uniquer, nous
approuvons votre pro jet de réponse.
Nous avons l’honneur, M onsieur le P résident,
de vous p rie r d’ag réer l’expression de nos sen­
tim ents dévoués.
Signé : H. J acquemet .
Le Gouverneur général de l'Indochine à
M. le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
Saigon, le 15 août 1910.
J’ai l’honneur de vous accuser réception de
votre in téressante lettre du 8 ju in d ern ier p a r
laquelle vous avez bien voulu a ttire r m on a tte n ­
tion su r certain s points devant déterm iner le
p ro chain établissem ent du nouveau régim e
douanier colonial.
E n ce qui concerne l’Indochine, la discussion
relative aux m odifications à ap p o rter aux ta ­
rifs douaniers viendra devant le prochain Con­
seil su périeur qui se ré u n ira fin octobre à
H anoï. Je ferai alors p arv en ir au M inistre un
avis motivé et ne m an q u erai pas de vous ten ir
au co u ran t des vœux qui au ro n t été émis.
Toutefois, au nom bre des m esures su r les­
quelles vous insistez avec juste raison, je dois
vous rap p eler celles qui ont déjà été adoptées
p a r les Conseils su p érieu rs de 1908 et 1909 et
qui seront très vraisem blablem ent proposées de
façon définitive p a r celui de 1910.
1° Vœu dan s le sens d’une plus g ran d e liberté
douanière accordée d o rén av an t à l’Indochine:
2° Exem ption de droits pour toutes les m a r­
chandises provenant de la m étropole.
3° M aintien sans augm entation des droits à

�L’EXPANSION COLONIALE.
l'im portation su r les m arch an d ises de prove­
nance étrangère a y a n t des sim ilaires en
France.
4° Suppression ou trè s large réduction des
droits su r les m arch an d ises de provenance
étran g ère n ’a y a n t pas de sim ilaires dans la
métropole, un. ta rif spécial é ta n t à établir p our
ces m archandises en même tem ps que pouir Les
p ro d u its asiatiques qui bénéficient au jo u rd ’hui
du régim e atténué.
5° Suppression des droits de sortie su r les
m arch an d ises exportées de l’Indochine, à l’ex­
ception des droits su r les riz et paddy, la can ­
nelle et les soies et des droits su r le bétail,
l’exportation des jeunes anim aux ain si que des
femelles devant être interdite.
6° Modification possible des droits de tra n s it
su iv an t les besoins économ iques du pays, p a r
des arrêtés du G ouvernem ent local soum is à
l’approbation du M inistre.
79 M aintien des régim es de l’entrepôt et d e .
l’adm ission tem poraire.
8° Adm ission d an s la m étropole, en franchise
de to u t droit, à titre de réciprocité, des denrées
coloniales de consom m ation p rovenant de l’In ­
dochine.
Je vous rem ercie des observations que vous
voulez bien m e p résen ter et que je tran sm ets à
M. le D irecteur général des D ouanes p our être
annexées au dossier spécial ré u n i su r la ques­
tion douanière et co ntenant déjà les avis et
propositions de toutes les Cham bres de Com­
m erce de la colonie. Selon Les désirs que vous
m ’en exprim ez, je fais p ré p a re r à votre in ten ­
tion un ra p p o rt qui co ntiendra le résum é de
ces différents trav a u x rassem blés p a r la Direc­
tion générale des D ouanes en vue d’une m eil­
leure ad ap tatio n de notre régim e d o u an ier aux
besoins dé la colonie et aux revendications de
la m étropole. Une copie de ce ra p p o rt sera
envoyée à M. le député T hierry, qui a bien
Amulu me m anifester le désir d’être exactem ent
renseigné su r les besoins économ iques de la
colonie.
.Veuillez agréer, M onsieur le P résid en t, l’a s­
su ran ce de m a h au te considération.
Signé : K lobukow ski.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX

Séance du Conseil d'Administration
du 16 juin 1910
Présents : MM. Albert Armand, viceprésident, présidant la séance ; le docteur
Hteckel, vice-président ; Fouque. secrétaire ;
Ytier, trésorier ; Teisseire, trésorier-adjoint ;
Arnaud, Léotard, Lombard, Moriceau, Rastit, membres du Conseil. Excusés : MM. Ar­
taud, Bohn, Ponsinet, Charve, de Roux.
Lecture est donnée du procès-verbal de la
dernière séance, qui est approuvé.
M. Armand, président, donne communi­
cation d’une lettre de M. Déebaud, directeur
de l’Exploitation des Messageries Maritimes,
par laquelle celui-ci remercie les membres
du Conseil d’Administration de l’Institut de

171

l’avoir appelé au milieu d’eux. M. le Prési­
dent dit combien il se félicite que le Conseil
ait pu s’assurer le concours d’un collabora­
teur de la valeur de M. Déchaud.
M. le Trésorier rend compte de la situa­
tion financière, qui est conforme au budget.
M. le Président demande des explications
sur le contrat de publicité du Musée com­
mercial et de l’Expansion coloniale, expli­
cations qui lui sont données par M. Fouque,
président de la Commission du Musée com­
mercial.
Le Conseil examine le projet soumis par
l’architecte pour l’aménagement du nouveau
Musée commercial, projet qui est adopté
avec quelques modifications.
M. le Président entretient le Conseil de ’a
lettre écrite par M. Artaud à M. le Gouver­
neur général de l’Indochine sur le tarif
douanier
M. Arnaud rend compte des démarches
qu’il a faites auprès des Associations intéres­
sées pour notre Exposition des blés.
Plus rien n’étant à l’ordre du jour, la
séance est levée à 4 heures.
Séance du Bureau\ du 7 juillet 1910
Présents : MM. A. Artaud, président ;
docteur Heckel, F. Bohn, vice-présidents ;
A. Fouque, secrétaire.
Excusés : MM. Armand, Ponsinet, Ytier,
Teisseire.
Le procès-verbal de la dernière séance est
lu et approuvé.
M. le Président communique au bureau
les adhésions de MM. Martin et C° de Lon­
dres ; J. Boyer et fils, Marseille ; J. et E.
Karsenty fils et Cie, Marseille, qui seront
soumises au Conseil d’Administration.
En l’absence de M. le Trésorier, M. le
Président rend compte de la situation finan­
cière, qui est conforme aux prévisions bud­
gétaires.
M. Artaud rend compte des visites qu d
a faites lors d’un récent voyage à Paris à
M. Duprat, le nouveau directeur de l’Office
colonial, et à M. Gérard, directeur le
l’Office de l’Algérie à Paris.
M. Gérard a approuvé pleinement les pro­
jets de transformation du Musée Commer­
cial, dont il a laissé entendre que l’ancien
caractère n’avait pas toute son approbation.
Il appuiera la demande de subvention faite
par l’Institut et s’efforcera d’obtenir la col­
laboration du gouvernement de l’Algérie à
l’Exposition des blés, pour laquelle il de­
mande l’envoi d’un fonctionnaire algérien.
M. le Président communique la lettre par
laquelle le Président de la Chambre de Com­
merce de Marseille délègue deux, des mem­
bres de cette compagnie pour la représenter
dans le jury de l’Exposition des blés : M.
Agélasto, à titre de président du Jury; Gros,
à titre de membre du Jury.

�172

L’EXPANSION COLONIALE

La composition de ce Jury sera décidée de
concert avec M. Agelasto, président.
M. Artaud fait part des démarches qu,;l
a faites auprès des Compagnies de Naviga
tion algériennes et tunisiennes pour avenune réduction de transport pour les expo­
sants, démarches qui n’ont pas abouti, les
Compagnies ayant déclaré que la plus grande
partie des exposants jouissaient déjà de ré­
ductions sur leurs bateaux comme chargeurs,
et que la situation de l’armement ne leur
permettait pas de faire de nouvelles faveurs.
Plus rien n’étant- à l’ordre du jour, la séan­
ce est- levée à 3 heures 45.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

Karité. — La hausse des matières grasses
attire de plus en plus l’attention de nos indus­
triels sur l’utilisation des fruit-s dû karité.
On nous interroge très fréquemment sur la
manière de se procurer soit les fruits, soit le
beurre du karité, et les difficultés d’approvi­
sionnement paraissent bien être la seule cau­
se qui fait que le karité n’est pas entré d’une
manière courante dans le domaine indus­
triel.
La pénétration du chemin de fer dans la
zone soudanaise, habitat du karité, paraît
bien cependant sous peu devoir permettre
une exploitation rationnelle de cet arbre. Les
possibilités de, cette exploitation sont consi­
dérables, et nous ne saurions mieux les indi­
quer qu’en reproduisant un extrait d’une let­
tre écrite du Soudan par M. Auguste Cheva­
lier, lé savant explorateur botaniste de l’Afri­
que occidentale :
Je suis en ce m om ent très occupé p o u r l’étude
du k arité, l'a rb re à b eu rre de l’Afrique occi­
dentale. Cette essence couvre, en Afrique, une
aire im m ense, située pi*esque en totalité en
te rrito ire fran çais. En certain s endroits, la
brousse est su r des centaines de kilom ètres un
im m ense verger de k a rité s et je ne crain s pas
de dire que les indigènes n ’u tilisen t q u ’u n e infi­
m e p a rtie des fruits. Je ne crois p as exagérer
en d isan t que plus de 500.000 tonnes de noix
sèches de k a rité s p o u rro n t être exportées a n ­
n uellem ent des te rrito ire s fra n ç a is a fric a in s et,
comme elle v alent couram m ent 250 fran cs la
tonne à H am bourg, voyez ce que représente
cette richesse abandonnée.
M alheureusem ent les k arités croissent p a r­
to u t à p lu sieu rs centaines de kilom ètres de la
m er, aucu n chem in de fer ne pénètre encore
au cœ ur de la zone de production ; enfin, lo rs­
qu’ils y arriv ero n t, il ne se ra peut-être pas
possible d’ab aisser suffisam m ent les ta rifs pour
que cette denrée encom brante puisse supporter
le tran sp o rt. E n to u t cas, il existe là une denrée
très im portante et trè s abondante s u r laquelle
il fa u t a ttire r encore l’attention du commerce
m étropolitain.

M. A. Chevalier n’envisage que l’exporta­
tion des noix sèches, mais l’extraction sur
place du beurre de karité remédierait à cet

inconvénient de l’encombrement qu’il si­
gnale.
Textiles. — Nous avons reproduit dans
notre dernier numéro une lettre d’un de nos
adhérents demandant des indications sur;
une nouvelle plante à fibres tropicale.
M1-. le professeur Jumelle, de notre Institut
Colonial, a bien voulu nous envoyer à ce sujet
les précieux renseignements suivants :
L a fibre P érin i, ainsi appelée du nom de celui
qui l’a signalée il y a peu de tem ps, est une
filasse du B résil qui doit se rap p ro ch er du jute.
En to u t cas, elle est fournie p a r un Hibiscus,
que les publications du B résil nom m ent « Hi­
biscus unidens ». Je répète ici ce nom botanique
à tout h asard , car je suis absent de M arseille
et n ’ai aucun m oyen de contrôler si la dénom i­
n a tio n spécifique est exacte ou fan taisiste.
L ’H ibiscus en question pousse à l’état sau v a­
ge dan s la vallée de San-Francisco, où il est
p a r endroit assez abondant, et aussi dans les
E tats de M inas et de San-Paulo. P eu ram eux,
11 peut attein d re p araît-il trois à qu atre m ètres
de h au teu r. Les filam ents fibreux, qui seraien t
un peu m oins résistan ts que ceux d'Aramina
(U réna lobata), seraien t trois ou qu atre fois
plus longs que ceux du chanvre. On en a com­
mencé la culture dans l’E tat de Rio à Rodeio.
Cent hectares donneraient, en tro is coupes p a r
an, 380 tonnes de fibres de bonne qualité et
2.244 tonnes de seconde qualité. Les prix offerts
en Europe seraien t respectivem ent de 40 et de
12 livres sterlin g la tonne.
On dit aussi que des essais ont été faits au
Texas m ais sans que les résu ltats m ’en soient
encore connus.

Ricin. — M. E. G., désireux d’entreprendre
des plantations de ricin dans l’E-st-Africain
où il a des intérêts, nous a adressé un ques­
tionnaire sur les meilleurs moyens de culture
de cette plante.
Nous n’avons pu mieux faire que de le
renvoyer au livre de MM. M. Dubard et Ph.
Eberhardt, sur le Ricin (Challamel, 1902).
Nous avons cru cependant devoir lui signa­
ler les difficultés qu’il éprouverait à se pro­
curer de bonnes semences. Pour la constitu­
tion de plantations de ce genre, il serait
imprudent en effet de se contenter des graines
utilisées par les usines.
Il pousse du ricin dans presque tous les
pays du monde et il est incontestable qu’il y
a lieu de rechercher avec le plus grand soin
quelles sont les variétés qui donnent les meil­
leurs résultats en un point déterminé, d’au­
tant que les rendements varient considéra­
blement, suivant ses variétés et les climats
sous lesquels elles sont cultivées.
La question de la main-d’œuvre disponible
est aussi à considérer en raison du gros tra­
vail que donne la cueillette des graines, qui
ne peut se faire qu’à la main.
La consommation de l’huile de ricin aug­
mente de plus en plus, en particulier par
suite de son utilisation dans les moteurs à
explosion, et c’est une des plantes dont la
culture devrait être le plus encouragée.

�173

L'EXPANSION COLONIALE
Malheureusement, il semble que cette exploi­
tation soit jusqu’ici réservée à la culture indi­
gène, les plantations européennes n’ayant pas
à notre connaissance donné encore de résul­
tats définitifs.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
I n s t i t u t c o lo n ia l h o lla n d a is

M. J. Chailley, directeur général de l'Union
Coloniale française, à M. Adrien Artaud,
président de l'Institut colonial marseillais.
P a ris, 27 août 1910.
M onsieur le P résident,
M. A. C. J. H asselm an, un de m es collègues
ho llan d ais de l’In stitu t colonial in tern atio n al,
sa v a n t des plus distingués, d ésirerait se docu­
m enter su r l’o rg an isatio n des In stitu ts colo­
niau x qui existent, notam m ent en F rance, et
m ’a prié de lui indiquer à quelle source il
p o u rra it s’adresser. Je ne crois pouvoir m ieux
déférer à son désir q u ’en vous a d re ssa n t ciinclus une copie de sa lettre, et en sollicitant
les renseignem ents q u ’il y spécifie. Je vous se­
ra is tout à fa it recco n n àissan t s’il vous est pos­
sible et si vous avez l’am abilité de me les ad res­
ser. Il se ra it peut-être préférable que vous les
transm ettiez directem ent à M. H asselm an, ce
qui vous m e ttra it en relatio n s avec u n corres­
po n d an t qui, le cas échéant, se ra it en m esure et
se ferait, j ’en suis certain, u n p la isir de vous
rendre tous services analogues.
En vous rem ercian t d ’avance de ce que vous
voudrez bien faire p our lui être agréable, je
vous prie d ’agréer, M onsieur le P résid en t, l’ex­
pression de m es sentim ents dévoués.
Le Directeur général,
J. Chailley .
M. Joseph Chailley, dépiité, directeur de
l'Union Coloniale française, Paris.
M onsieur et trè s honoré Collègue,
Lecteur assid u de votre in té re ssa n t périodi­
qu e la Quinzaine Coloniale, j ’ai rencontré dans
le som m aire du 10 ao û t une Communication
su r l’Exposition des blés p rép arée p a r l'Insti­
tut colonial de M arseille.
Récem m ent, quelques H ollandais p u issan ts
ont conçu le p ro jet d ’exiger à A m sterdam un
Institut colonial, avec l’intention d ’y tra n s p o r­
ter les collections du Musée colonial de H a r­
lem, où l ’on m anque d ’espace, et d ’y établir
une o rg an isatio n com plète p our la prom otion
de nos in térêts coloniaux.
E ta n t assigné secrétaire du Comité qui p ré­
pare les fondations de notre Institut colonial,
je serais bien h eureux si je pouvais pren d re
connaissance de l ’o rg an isatio n des In stitu ts
coloniaux qui existent d ans nos pays voisins.
C’est p ourquoi je p rends la liberté de vous
p rie r de vouloir bien m ’indiquer les sources
de la litté ra tu re su r l ’organ isatio n , le but et la
m éthode d'actio n des In stitu ts 'coloniaux de
Marseille et de Bordeaux.
Je vous s e ra is trè s reco n n aissan t si vous
pouviez y ajo u ter quelque ra p p o rt an n u el qui
p o u rra it me fo u rn ir des détails su r les faits
et gestes de ces In stitu ts.

Je vous prie de bien vouloir accepter mes
excuses po u r la hardiesse de m a dem ande et
je signe votre to u t dévoué collègue.
C. J. H asselman

Membre associé
de l'Institut Colonial international
Konninginnegracht, 85,
Saint-Gravenhague
(Hollande).

Nous nous sommes naturellement empres­
sés de transmettre tous les documents utiles
à M. Hasselman en remerciant M. Chailley.
In d o c h in e . — C a o u t c h o u c s

Parmi les nombreuses lettres de remercie­
ments que nous avons reçues à la suite de
l’envoi des diplômes de notre Exposition de
caoutchouc, nous sommes heureux de repro­
duire la suivante :
Le Gouverneur général de l'Indochine à
M. le Président de l’In stitu t Colonial
marseillais.
Saigon, 18 ao û t 1910.
M onsieur le Président,
J ’ai l’honneur de vous accuser réception et de
vous rem ercier de l’envoi du Diplôme de G rand
P rix qu’a bien voulu décerner a u Gouvernem ent
général de l'Indochine le Ju ry de l’Exposition
de caoutchoucs et g uttas, organisée p a r votre
institut.
Les échantillons qui fig u raien t à votre Exposi­
tion ont perm is au public de se ren d re un comp­
te exact des possibilités de l’Indochine po u r une
in d u strie dont les besoins deviennent de jo u r en
jo u r plus grands. M ais il est juste de dire que
ces possibilités s’accroissent sans cesse et le cou­
ra n t des affaire!? co ncernant le caoutchouc
prend d’année en année su rto u t en Cochinchine
une extension p lu s considérable. C’est ain si que
depuis votre -exposition, p lu sieurs sociétés no u ­
velles se sont form ées p o u r la m ise en exploi­
tatio n de l’hévéa.
Je ne m an q u erai pas, M onsieur le P résident,
de vous faire te n ir au co u ran t de tout ce qui
p o u rra vous in téresser au sujet de cette in té­
ressante question.
Veuillez agréer. M onsieur le P résident, l’as­
surance de m a h au te considération.
K lobukow ski.
In d o c h in e . — F é c u l e n t s

Le Résident Supérieur p. i. au Tonkin à M.
le Président cle l’Institut Colonial Marseil­
lais.
H anoï, 5 août 1910
E n réponse à votre lettre du 1er av ril dernier,
j ’ai l’h o n neur de vous ad resser les renseigne­
m ents que j ’ai pu recueillir su r la cu ltu re du
m anioc a u Tonkin.
Ce produit, qui ju sq u ’à p résen t a été cultivé
uniquem ent p a r les indigènes, a donné lieu, de­
puis 1908, à un m ouvem ent d’exportation assez
im portant, presque exclusivem ent dirigé su r la
F rance (1.069 tonnes en 1909 et plus de 500 poul­
ie prem ier trim estre de 1910). L ’exportation a
lieu généralem ent sous form e de m inces ro n d el­
les séchées, la racine préalablem ent raclée plus
ou m oins parfaitem ent. Les expéditions de l’an-

�174

L’EXPANSION COLONIALE

née d ernière ont su rto u t été faites p a r les m ai­
sons Speidel et Cie (Hanoï et H aïphong) et la
Société B ordelaise indochinoise (Haïphong). Les
m aisons ci-après désignées exportent le m anioc
en cossettes au prix de 4.50 e t 5 les 100 kilogs,
sous p alan H aïphong :
C harrière et Cie
H anoï
Union Com m erciale indochinoise
id
H. Debeaux
id
D aurelle et Cie
id
D’une façon générale, il n ’y a pas d’approvi­
sionnem ents dans les docks ou m agasins du
P o rt de H aïphong, les expéditions étan t effec­
tuées au fu r et à m esure des arrivages.
Il existe à Lic-Nam une féculerie qui tra ite
le m anioc et dont les fécules de seconde qualité
sont probablem ent p ropres à l’alim en tatio n des
bestiaux, usage que vous indiquez dans votre
lettre. En dehors des q u an tités traitées p a r cet
établissem ent tout le m anioc disponible étant
expédié en F rance, sous les form es indiquées
plus h aut, c’est donc aux in d u striels de la Mé­
tropole qui tra ite n t ce p ro d u it qu’il y a u ra it lieu
de s’adresser p o u r se p ro cu rer les déchets ou
fécules grossières qui peuvent être utilisés p our
l’alim entation des bestiaux.
Agréez, M onsieur, l’assu ran ce de m a considé­
ratio n très distinguée.
P o u r le R é sid en t s u p é rie u r e t p a r délég atio n ,
l’A d m in is tra te u r en chef.

S ig n é : (Illisible).
Le Résident supérieur en A nnam à
Monsieur le Président de l'Institut
Colonial Marseillais.
Hué le 16 Août 1910
P a r lettre en date du 1er avril 1910, vous m 'a­
vez dem andé des renseignem ents su r les p ro­
duits du m anioc en A nnain.
J ’ai l’hon n eu r de vous faire parv en ir, sous ce
pli, copie de deux lettres qui m ’o n t été envoyées
p a r MM. les P résid en ts des Cham bres de Com­
merce de l’A nnam et de Hanoï. Ces docum ents,
ém an an t des rep résen tan ts autorisés des com­
m erçants intéressés, vous fourn iro n t, san s dou­
te, tous renseignem ents utiles su r la question
dont vous avez en trep ris l’étude.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, l’assu ­
rance de m a considération la plus distinguée.
Signé : (Illisible).
Le Président de la Chambre Consultative
Mixte de Commerce et d'Agriculture de
VAnnam à Monsieur le Résident Supé­
rieur en A nnam , à Hué.
T o u ran e le 8 août 1910
E n réponse à votre le ttre N° 592, du 22 juillet,
au sujet du m anioc, j ’ai l’h o n n e u r de vous in ­
form er que:
1° Que la cu ltu re de cette euphobiacée n ’étan t
guère entreprise, en A nnam , que d ans la lim ite
des besoins locaux, p our com pléter l ’a lim en ta­
tion des h a b ita n ts lorsque le riz est ra re , les
exportations de ce p ro d u it n ’ont, d’ap rès les
statistiques, été que de :
75 tonnes p o u r 1908
731 tonnes p o u r 1909
2° Toutes les m aisons de com m erce d’Annam
fa isa n t l’exportation s’occupent de ce p ro d u it au
même titre.
Veuillez bien agréer, M onsieur le R ésident
supérieur, l’assurance de mes sentim ents les
plus dévoués.
Glénadel

La Chambre de Commerce de Hanoï à M
le Résident Supérieur en A n n a m à Hué.
H anoï le 10 juillet 1910
Nous avons l’h o nneur de vous donner ci-après
les renseignem ents que nous avons pu nous p ro ­
cu rer su r l’im portance de la culture du m anioc,
au Tonkin, et dans les trois provinces du Nord
A nnam , sans qu’il nous soit possible de déter­
m iner la p a rt de ces provinces.
Ce produit, qui n ’av ait fait l’objet d’aucune
exportation ju sq u ’à fin 1908, a donné lieu de­
puis 1909 au m ouvem ent d’exportation ci-après :
1er trim estre 19G9
kilos
718.546
))
»
2”
82.513
id
))
»
3e
id
9.575
))
))
4e
258.388
id
soit po u r l’année 1909
1.068.822 kilos
P en d an t le 1er trim estre 1910, l’exportation
s'est élevée à 534.958 kilos. Ces exports o n t eu
lieu exclusivem ent su r la France.
La totalité du m anioc exporté provient,
croyons-nous, des p lan tatio n s indigènes ; la
Cham bre d’A griculture se ra it m ieux en m esure
que nous-m êm es de vous fixer à ce sujet.
Il existe au Tonkin une féculerie qui a p p a r­
tien t à M. Blot, entrep ren eu r à Hanoï.
iPour les exportations de m anioc en cossettes,
on p o u rra it s’adresser aux m aisons suivantes :
C h arrière et Cie — Hanoï
Union Commerciale Indochinoise à H anoï
H. Debeaux à H anoï
D aurelle et Cie à Hanoï.
Nous sommes persuadés que la cultu re du
man'ic p ren d ra dans les provinces du NordA nnam un g ran d développement, .si les prix
p ratiq u és dans la m étropole sont suffisam m ent
rém u n érateu rs po u r assu rer un débouché.
Le prix du m anioc en cossettes sous p alan
H aïphong, varie de $ 4,50 à 5.00 les lOOkilos.
Veuillez agréer, M onsieur le R ésident S u ­
périeur, les assu ran ces de notre considération
la plus distinguée.
P o u r le P résident
le Vice-Président,
Signé : (Illisible).
A M. le Président de l’Institut Colonial
Marseillais.
Hué le 12 août 1910
Je viens d’avoir en com m unication votre-lettre dn 21 février 1910 à M. le G ouverneur géné­
ra l concernant une dem ande d’échantillons de
fécule d’arrow -root.
J’ai expédié cette année 4.000 kilos de fécule
à deux m aisons de F ran ce e t ce, à titre d’essai.
Cette fécule n ’avait, je crois, jam ais été ex­
portée d’A nnam où elle n ’est extraite que pour
la consom m ation de l’indigène aisé, étan t don­
né son prix assez élevé.
Il ne s’en cultive que peu relativem ent, m ais
il est à croire que si u n débouché lui est ouvert,
l’indigène c u ltiv era en rap p o rt de la dem ande.
L a récolte a lieu de décembre en février,
époque où le canna armidinacea et le canna
indica donnent le m axim um d ’arrow -root.
P o u r les échantillons et afin de g ag n er du
temps, veuillez vous ad resser de m a p a r t à M.
P aul Gaver, industriel, rue IM ontplaisir Sud,
Valence (Drôme) qui est m on dépositaire.
Si cette affaire devait avoir une suite, les en­
vois seraien t faits directem ent s u r M arseille.

�IL’EXPANSION COLONIALE
Je dois vous dire que ancien fa b ric a n t de p a ­
p ie r moi-même j’ai employé l’arrow -root au col­
lage fin e t à la glaçu re a u lam in o ir à friction à
chaud, p o u r obtenir a n g en re de sim ili porce­
laine employé en cartonnage.
Je profite de cette lettre p o u r que vous ayez
l'obligeance de p o rte r à la connaissance du fa­
b ric a n t de p a p ie r qui a fa it la dem ande d’arrow root, que je me tiens à s a disposition p o u r l’en­
voi de divers échantillons de pâtes à p ap ier
bru tes ou dégrossies qui p o u rra ie n t l’in téresser
o u tous a u tre s renseignem ents.
Il serait in téressan t d’essayer la vente ici des
divers p ap iers actuellem ent fournis p a r les Chi­
nois, tels que p ap ier serpente de couleurs diver­
ses, pap ier corde blanchi co rrespondant au
carré de 2 kilos comme force, p ap iers couchés
en diverses couleurs et quelquefois m oirés,
couchés or (cuivre), couchés étain, etc.
Je tiens toutes ces sortes à disposition, comme
échantillons s u r dem ande avec tous renseigne­
m ents.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, mes
sa lu ta tio n s distinguées.
L. Chovet

175

L’Ecole d’Agriculture algérienne de Mai­
son-Carrée a complété son premier envoi de
blé sélectionné.
La collection de blé de pays dont l’Asso­
ciation nationale de la Meunerie s’est atta­
chée à procurer à l’Exposition les princi­
paux types a été augmentée par les envois
du Syndicat Agricole d’Anjou (blé Japhet,
Bon Fermier,Rouge inversabie de Bordeaux),
du Syndicat des Agriculteurs du Loir-etCher (Japhet, rouge de Bordeaux, et toute
une série de producteurs isolés).
Le Syndicat Central des Agriculteurs de
la Haute-Garonne et départements voisins
qui a entrepris, sous forme de « concours de
blés », une œuvre considérable d’améliora­
tion, nous a adressé une série des plus pré­
cieuses des principales variétés cultivées
dans la Haute-Garonne.
Les sélections poursuivies par nos agri­
culteurs métropolitains déjà représentées
d’une manière des plus intéressantes à l’Ex­
position, sont augmentées de la belle sélec­
Musée Commercial tion originale des blés Hybrides du Bon Fer­
mier de Mi. Léo Valleteau, du Gouziers, par
Vars (Charente) et de M. Henri Girard, fon­
EXPOSITION DES BLÉS
dateur du Syndicat Agricole Communal de
Montpezat (Gers).
La Maison Vilmorin, Andrieux et Ci0 a
Pendant le mois qui vient de s’écouler les
échantillons de blés en grains ét en gerbes prêté à l’Institut Colonial le concours le plus
ont continué à arriver à l’Institut Colonial précieux en mettant à sa disposition ses su­
et l’Exposition a pris actuellement son carac­ perbes séries de blé présentées avec l’art que
tère définitif. Elle présente incontestablement l’on a l’habitude de lui voir déployer dans
un des tableaux les plus complets qui aient toutes les expositions auxquelles elle parti­
été dressés de la production du blé et nous cipe. On sait le rôle considérable joué par
sommes heureux de voir l’intérêt avec lequel elle dans l’amélioration de la production de
elle est visitée par nos techniciens, agricul­ nos céréales et la comparaison de ses types
avec ceux obtenus par nos colons et nos
teurs, industriels et négociants.
Les envois de la Tunisie ont été complétés agriculteurs métropolitains est des plus ins­
par la belle collection de M. Paul Deligne,de tructives.
la vallée de la Medjerdah ; les envois de
Enfin, le Gouvernement du Canada nous a
MM. Perriquet et Nancy, propriétaires au adressé, grâce à la bienveillante intervention
Krib ; de M. René Husson, de Gromhalia ; de M. Poindron, son distingué délégué com­
Bailleau. à Smindja ; Loyer, à Mateur; Billy, mercial en France, un lot important de cha­
à la Manouba : Nallem, à Bizerte. La compa­ cun des trois types de bié Hard Manitoba
raison de ces blés ainsi que de ceux envoyés n" 1, Northern Manitoba n° 1, Alberta Red
antérieurement par d’autres particuliers Winter n" 1, qui forment la base de la pro­
avec les semences sélectionnées de l’Ecole duction canadienne qui est appelée bien
d’Agriculture de Tunis est des plus intéres­ probablement un jour à constituer la princi­
santes en ce qu’elle montre les différentes pale réserve mondiale du blé.
phases de l'amélioration des céréales en
Tunisie.
Nous avons voulu profiter de notre Exposi­
Les envois de l’Union des Syndicats agri­
pour demander à nos agriculteurs algé­
coles du département de Constantine for­ tion
riens et tunisiens des renseignements sur les
ment un ensemble tout à fait remarquable variétés
qu’ils produisaient et les raisons qui
grâce aux nouveaux apports du Syndicat
professionnel agricole de Sidi-Bel-Abbès les leur font préférer à d’autres.
Nous sommes heureux de publier ici quel­
{blés durs, blés tendres et tuzelles) provenant
des cultures de MM. Pittaluga, Guin. Gérar- ques-unes des lettres reçues, qui montrent
rîin, Barret, Vaugoyeau, Brisson, Aguilar, l’ardeur en même temps que l’esprit critique
Caizergues et du Syndicat Agricole de Cons­ qui anime nos colons et permet d’espérer de
tantine ; blés durs de MM. Aubrun, Sarrail- voir grâce à leurs efforts la production de
ler, Bani Mohamed, Deltout, Ningre, Peri- nos belles possessions méditerranéennes de­
venir de plus en plus importante.
gon, Ben Charif, Lassalle, Rey.

�17(5

L’EXPANSION COLONIALE

Monsieur le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
G rounibalia, le 23 septem bre 1910.
Je m’em presse de répondre à votre lettre du
10 courant.
In stallé depuis q u atre an s seulem ent à
G roum balia, m es renseignem ents seront un peu
brefs, les voici :
A yant cultivé u n blé m élangé la prem ière
année,, j ’ai été am ené p a r l’o b serv atio n à choi­
sir de préférence la variété M am oudhi dans
mes terres argile-calcaires, p o u r les m otifs sui­
vants :
Tallage. — Force de la tige. — B eauté de
Fépi, grosseur du g ra in , couleur.— Facilité de
dépiquage à la m achine. — Vente facile.
Depuis trois ans je sélectionne, en vue d’iso­
ler p arm i les sous-variétés u n type unique.,
Je crois le « M am oudhi » plus sensible que
toute a u tre variété à la bonne ou à la m auvaise
culture. D ans la région, les A rabes ne la
cultivent p our ain si dire pas, ils se sont ren d u s
compte q u ’il fau t une p rép aratio n sérieuse des
terres p o u r avo ir du rendem ent ; ils p réfèrent
le « H am ira ».
Encore d an s la période de la mise en valeur
de mes terres, j’a i cependant obtenu cette
année, m algré une sécheresse désastreuse, 6
q u in tau x à l’h ectare et 13 q u in tau x de paille,
alors que la m oyenne d an s la région é ta it de
1 à 3 q u in tau x en g ra in s et paille et p our les
indigènes 0 à 1 en g ra in s et paille.
Mes te rre s ont été défoncées a u p rem ier la ­
bour, la prem ière année à 25 centim ètres ; puis
les a u tre s années à 20 centim ètres, labours
exécutés p our fin avril si possible, hersés et
recoupés aux polysocs.
Les terres reçoivent 300 kilos superphosphate
16/18 au m om ent des sem ailles, lesquelles sont
recouvertes aux polysocs.
Veuillez agréer, M onsieur, l ’assu ran ce de
mes sentim ents les plus distingués.

H usson .

Monsieur le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
T unis, le 21 septem bre 1910.
Je me fais u n p la isir de répondre à votre
Lettre du 10 de ce mois.
Notes générales, superficie. — Le dom aine
de Sm idia, tra d u c tio n de l’arabe « dom aine de
la sem oude », a une superficie de 530 hectares,
tous cultivables.
L es te rre s argilo-calcaires et alluvions ont
donné à l’analyse :
Azote .................................
1.50
Acide phosphorique ......
1.20
Chaux .............................. 260.00
P otasse .............................
8.00
Le dom aine reçoit une m oyenne de 542 m illi­
m ètres d’eau. L ’année la m oins pluvieuse a été
1906-1907, avec 434 m illim ètres. Les plus plu­
vieuses : 1903-1904, avec 626 m illim ètres ; 19051906, avec 602 m illirpètres.
Le dom aine a donc de bonnes te rre s et assez
de pluies p our faire la culture des céréales.
C ependant la sécheresse habituelle de m arsavril et la chaleu r de avril-m ai n o u s ont poussé
à une cu ltu re d o n n an t des réserves d ’eau au sol
et à chercher des blés ré sista n t à la sécheresse
du printem ps et rép o n d an t aux m ouvem ents
de précocité de la région.

J ’a i souvent m oissonné mes orges et m es
avoines au 15 m ai et livré des blés nouveaux
prem iers jo u rs de juin.
Façons et culture. — Les blés sont cultivés
avec soin. Le labour p rép arato ire est fait aussi
profondém ent que possible, en hiver et au p rin ­
tem ps, avec de grosses ch arru es B rabant-F on­
deur, tirées p a r dix ou douze bœufs. Les terres
sont, p en d an t l’été, hersées et croisées une ou
deux fois a u polysocs. Les sem ailles se font en
octobre-novem bre avec des blés to u jours triés
avec soin au trie u r Marot.
Afin de pouvoir m ain ten ir la fécondité de la
erre,le dom aine en tretien t un tro u p eau de bovins
et ovins p erm ettan t de fum er annuellem ent 60
hectares au fum ier de ferme. Les engrais chi­
m iques em ployés n ’ont encore rien prouvé,
leu r emploi est continué su r les fo u rrag es
artificiels.
Sm idia voit Ses rendem ents de blé s ’un ifo r­
m iser et la qualité du g ra in s ’am éliorer. Le
rendem ent m oyen qui, en 1904, était de 6 à 9
quintaux, ost passé à 12-14 ; j-e dis rendem ent
m oyen car certain s cham ps ont souvent donné
ju sq u ’à 20 quintaux à l’hectare, j’espère a r r i­
ver à un rendem ent m oyen de 16 quintaux.
Les blés fa its après fo u rrag es sont générale­
m ent aussi beaux que ceux faits su r labdur
d’hiver.
Variétés produites. — Les six échantillons
que je vous ai envoyés rep résen ten t les blés
les plus cultivés et adoptés dans notre région.
Nous avons abandonné l’Agini qui préfère les
plateaux, I’H am ira parce q u ’il rouille, le Médéah parce qu’il ren d ait peu dans nos terres
fortes. Nous nous sommes arrêtés aux six blés
suivants (quatre durs, deux tendres) :
1° Au blé Mélangé, très acclim até à notre
plaine. Ce m élange, fait vers 1899 p a r un culti­
v ateu r ém érite de la plaine de Medjez, M. Raffin père, est la réunion de to u s les blés, hauts, et
courts de paille, cultivés depuis longtem ps p a r
les indigènes de la région. Le S ouri et le M a­
m oudhi y dom inent ; on y trouve de l’H am ira,
Agini, M édéah, etc., et même quelques g ra in s
de m auvais blé tendre indigène qui se retrouvent
dans toutes les cu ltures co urantes ; ce m élange,
de tem ps en tem ps, est ra je u n i avec des espèces
dures.
Ce m élange, su r bonne culture fran çaise peu t
rendre régulièrem ent 15 à 17 q u intaux à l’hec­
tare. Il y a un défaut : il fa it beaucoup de
petits g ra in s de déchets aux battages, 7 à 8 %.
M ais ces p etits g rain s, d an s une ferm e, tro u ­
vent to ujours leurs u tilisations dans l’en g rais­
sem ent des -bétails.
2° Blé Souri. — Ce blé est très apprécié dan s
notre région, où il est très cultivé. Il a peutêtre le défaut de s'em baller comme végétation,
m ais cela lui perm et m ieux de se défendre des
m auvaises herbes. Le Souri résiste bien aux
m aladies et donne un beau grain.
R endem ent de 12 à 15 q u intaux en belle cul­
ture.
Déchet m oyen que l’on peut facilem ent ré ­
duire au battage de 4 ou G %.
3° Blé M ahmoudi. —■ B eau blé, assez ap p ré­
cié, aim e la terre m oyenne, plus court de paille
que le Souri. Son g ra in est même plus beau
que 1&lt;? g ra in de blé Souri, m ais sa culture de­
m ande plus de soin que le Souri et le blé nié-

�L’EXPANSION COLONIALE
langé Raffi à Sm idia. Le M ahm oudi donne un
rendem ent m oyen de 11 quin tau x ; déchet, 4 à
6 % au plus.
4° Blé Reuttefa (1). — Ce blé à épi n o ir doit
avoir un a u tre nom. En 1903, u n négro m ’appor­
ta u n épi trouvé dans u n cham p, j ’ai semé les
grain es de cet épi et, en continuant, j’ai récolté
cette année 132 quintaux.
Ce blé donne u n beau g rain , cette espèce
semble ne pas crain d re les m aladies et ne pas
être trè s difficile au point de vue culture.
L’année dernière, u n sac m ’a v a it ren d u 23
quin tau x ; cette année je n ’ai eu qu’u n rende­
m ent de 11 quin tau x seulem ent à l’hectare (je

E x p o s i t io n

des

Blés

sème 100/110 à l’hectare et cela pour tous mes
blés). Ce blé fa it très peu de déchet.
Vous me ferez g ran d p laisir en me ren sei­
g n a n t s u r la v aleu r de ce blé R etteufa.
Blé tendre. — Après diverses expériences,
mes am is et m oi nous nous sommes arrê té s à la
Tuzelle Barbue, dite d’O ran, qui nous donne
un beau blé re n d a n t de 12 à 20 q uintaux à
l’hectare. Moyenne i i à -16 avec peu de déchets.
Nous ab an donnons les m élanges et aussi
l’Allorah, dont p o u rta n t je vous a i envoyé un
type parce que ce blé (Allorah) m û rit irrég u liè­
rem ent, dégrène facilem ent à la moisson.

(1) C’est le Genah-el-Khétifa (aile d’hirondelle)
dont il s’agit. M. Minangoin, dans sa brochure
sur les Céréales de la Tunisie, l'apprécie ainsi :
« Blé très peu répandu. Il a cependant de grandes
qualités, son grain est beau ; il est très précoce, et
résiste par conséquent au siroc.o ; il est pieu sujet
à la verse et à la rouille. (N. D. T,. R.l.

177

Les terres légères sont réservées
tendres.

aux

blés

Superficies cultivées. — Le dom aine de Sm idia
cultive en m oyenne 160 h ectares de blé, se
divisant :
10 hectares de blé dur R euttefa pur.
10
»
»
» Sourie pur.
10
»
»
»
M ahm oudi pur.
80
»
»
»
Mélangé.
50
»
»
tendre Tuzelle B arbue.
2
»
»
»
A llorah (Etude).
L’année dernière, M. Bœuf m ’a confié un de
ses cham ps d’expérience ; je continue les espè-

a l ’I n s t i t u t

C olonia l

ces in téressan t notre région et su rto u t le Derbcssi, qui p a ra ît devoir se bien ten ir dans notre
plaine.
Procédés de vente. — N’ay an t pas de m ag a­
sins pouvant contenir m es récoltes, blé, orges,
avoines, nous vendons généralem ent notre ré­
colte san s au tres conditions de poids ou q u an ­
tité vers avril-m ai quand u n prix nous con­
vient, nous réserv an t toutes quantités utiles
aux besoins de la ferme. Nos blés sont généra­
lem ent beaux et propres et nos acheteurs,
courtiers de Tunis, ne se plaig n en t pas souvent.
Des a rrh e s sont versées quand nous voulons.
P u issen t oes renseignem ents être utiles.
Veuillez agréer, M onsieur, les assu ran ces de
mes m eilleurs sentim ents.
P a u l D elig ne .

�178

L’EXPANSION COLONIALE

M. le Directeur de la Compagnie Genevoise
des colonies suisses de Sétif à M. le Prési­
dent de l'Institut Colonial Marseillais.
Sétif, le 30 août 1910.
N ous sommes en possession de votre honorée
du 20 co u ran t e t vous rem ercions de son conte­
nu ; nous sommes trè s h eureux que notre envoi
a it a ttiré votre -attention et nous espérons qu’il
en sera de même p o u r tous les visiteu rs de
votre in téressan te exposition.
Les gerbes de blé d u r que vous avez reçues
proviennent des m êm es te rre s où ont été récol­
tés les échantillons de blés en g ra in s qüi ont
suivi les gerbes.
L a qualité de ces blés porte ici le nom o rigi­
n a ire de « M ahm oudi », et est trè s renom m ée
dans notre région p a r ses rendem ents abon­
d an ts et p a r la supériorité de sa ten eu r en
gluten. T out d ’abord très m élangée avec d ’a u ­
tre s qualités m oins bonnes, n o u s sommes 'arri­
vés à obtenir une qualité à peu près homogène,
en tr ia n t chaque année les plus beaux blés et
même en fa isa n t choisir en m eules épi p a r épi
tous ceux qui nous p a ra isse n t bien être de la
qualité que nous vous avons adressée.
Nous continuons chaque année cette sélec­
tion, et nous espérons bien a rriv e r encore à un
ré su lta t m eilleur.
Ainsi que vous avez pu le constater, ce blé,
, d ’une couleur « jau n e or », est p articu lièrem ent
rem arquable p a r sa gro sseu r et sa longueur.
Il est très recherché p a r les m inotiers et pro­
d u it des sem oules de toute prem ière qualité.
Ses rendem ents sont égalem ent trè s rém uné­
ra te u rs ; de sorte que dans la région de Sétif
il a tte in t to u jo u rs des p rix plus élevés que tous
les autres,
N otre Com pagnie qui possède, aux environs
de Sétif, 15.000 h ectares de te rre s ensemence
chaque année environ 6.000 hectares de ce blé,
et lorsque le p rin tem p s est favorable, les rende­
m ents de 15 à 20 quin tau x à l’h ectare ne sont
p a s rares. Nous pouvons vous citer, cette année
exceptionnellem ent, u n rendem ent de 33 quin­
taux à l’hectare, sans p a rle r des lots assez
nom breux qui ont a tte in t 18 à 22 quintaux.
Nous ne pouvons cependant pas vous laisser
ignorer que ces ré su lta ts ne s’a tteig n en t que
su r les te rre s cultivées d ans d’excellentes con­
ditions et où des sim ples et des doubles lab ours
p rép arato ires de p rin tem p s ont été effectués.
Ces rendem ents ne s’o b tiennent égalem ent que
d an s les fortes terres, où la couche de terre
arab le est suffisam m ent profonde ; dans les
te rre s m oins fortes et m oins rich es en alluvion,
les rendem ents m oyens v a rie n t en tre 8 et 12
q u in tau x à l’hectare.
Les 6.000 h ectares ensem encées chaque année
su r nos terres le sont m oitié su r doubles labours
de printem ps et m oitié su r sim ples labours et
jachères mortes.
Les indigènes cultivent les deux tiers de ces
terres et les E uropéens l’a u tre tiers.
Les indigènes em ploient tous nos in s tru ­
m ents agricoles les plus perfectionnés tels que :
c h arru e française, sem oirs, m oissonneuses,
batteuses, etc., etc.
Ce ré su lta t est dû su rto u t à l’initiative d ’un
homme dont le nom m érite souvent d ’être
rappelé en m atière agricole : M. Ryf, ex-direc­
te u r de notre Compagnie, dont la m ort a été
pour notre région et p our l’ag ricu ltu re en géné­
ra l une véritable perte.

M ais M. Ryf a laissé ici des principes et une
m éthode que nous avons à h o n neur de conti­
n u e r et qui font de Sétif l’une des régions les
plus riches et les plus prospères de l’Algérie.
L’antique ch arru e arabe traîn ée p a r deux
bêtes, p a r une m auresque et u n âne, dit la
légende, a presque com plètem ent d isparu : il
fa u t a ller bien loin dans les terres po u r en dé­
couvrir quelques-unes bien rares, et c’est s u r­
to u t d an s les régions où la colonisation fra n ­
çaise n ’a p a s encore pénétré q u ’on les rencontre.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, l’as­
surance de notre considération très distinguée.
P r le Directeur absent,
u n fondé de pouvoirs :
Clément H ollet .
Monsieur le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
Rouffach, le 19 septem bre 1910.
Il m ’est bien difficile de répondre d’une façon
précise à vos diverses questions.
Je ferai de m on m ieux et vais les prendre
l ’une ap rès l’autre.
Superficies. — V arient suivant l’im portance
de la propriété et au ssi suivant que l’hiver est
plus ou m oins pluvieux. D ans les grosses te r­
res argileuses, une journée ou deux de pluie
en tra în e n t un a rrê t d’une h u itain e de jo u rs et
si les pluies surviennent dans la seconde quin­
zaine de jan v ier, c’est l’a rrê t fatal. P arfo is des
sem ailles de fin jan v ier et de février donnent
des résu ltats satisfaisan ts si le printem ps est
pluvieux et chaud, m ais c’est une exception.
J’ensemence depuis quelques années de 90 à
100 hectares, ta n t en blé qu’en avoine. C’est un
chiffre ; étan t donné la com pacité de nos terres
nous sommes obligés d’atteler sept ou h u it
bêtes p a r ch arru e po u r obtenir u n labour de
15 à 18 centim ètres.
Rendements. — En année m oyenne, les ren ­
dem ents sont de 10 quintaux à l’hectare, ra re s
sont les années où il y a plus. D ans nos grosses
terres où l’hum idité se m aintient, u n m ois sans
pluie n ’abaisse p as beaucoup la m oyenne,
m ais p ar contre le siroco, de m ai surtout,
l’abaisse considérablem ent, certaines années
on a pu l’évaluer à 30 %.
Il est bien ra re que dans ces fortes terres,
sur bons labours sans au tres événem ents cala­
m iteux que le siroco, les récoltes soient milles.
En résum é, si nos terres ne sont pas à g ran d s
rendem ents, elles nous donnent quelque peu en
m auvaise année, et nos blés sont appréciés p ar
la m eunerie.
Variétés cultivées. — Après essais de p lu ­
sieurs années, beaucoup de colons ont adopté
le blé dénommé « B éliouni », bon blé sem oulier,
résista n t à la chaleur, paille m oins cassante
que celle du « M ahm oudi », ce qui est un gros
avantage p o u r la m oisson et d’un bon rende­
m ent, m eilleur que 1’ « A djini » qui, po u rtan t,
est le blé sem oulier p a r excellence.
Procédés de vente. — La proxim ité des m ino­
teries du H am m a, à 17 kilom ètres (près Constantine), me fa it préférer p o rter m a récolte à la
m inoterie locale. La plus entière bonne foi exis­
ta n t entre vendeur e t acheteur, les tran sactio n s
sont des plus faciles et les relatio n s trè s a g ré a ­
bles.
Le g ra in livré m’est payé sur l ’heu re si je le
dem ande, au prix convenu, san s la m oindre
discussion.

�L’EXPANSION COLONIALE
Ces bonnes relations entre colons et m inotiers
sont générales, au ssi la m inoterie locale tro u ­
vera to u jo u rs su r place le choix de la produc­
tion de la région.
Veuillez agréer, M onsieur le P résid en t, mes
bien sincères salutations.
N in g re .

Monsieur le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
L aghouat, le 21 septem bre 1910.
J’a i l’h o n n eu r de vous in form er que j ’ai reçu
votre honorée a in si que le num éro de l’E xpan­
sion qui m ’a fa it u n vif plaisir.
Voici quelques indications qui vous p a ra î­
tro n t peut-être utiles su r m es cu ltu res de blé et
m es essais.
J ’ai ensem encé une superficie de 10 hectares.
R endem ent : 10, 8 et 12 p our un, ce qui fa it que
d’un h ectare de te rre resso rt 10, 8 et 12 q u in ­
taux, blé d u r ou blé tendre, selon la n a tu re du
sol.
Q uantités p roduites :
5 hectares blé tendre .........
60 q uintaux
3 hectares blé d u r .........
30
»
2 h ectares blé d u r ..............
16
»
10 hectares, ensemble .............. 106 q uintaux
Trois sortes de v ariétés cultivées :
1° Essence d u r bec de c a n a rd « H an fa »,
arabe. R endem ent à l’h ectare le 10 pour 1
(hectares, 3).
2° Essence dur. R endem ent 8 p our 1 (hecta­
res, 2).
3° Essence tendre. R endem ent 12 p o u r 1 (hec­
tares, 5).
Au m om ent de la récolte, la vente a été
faite su r les bases suiv an tes :
Blé n° 1. Bec de can ard , v a u t 6 fran cs le
double de 20 kilos.
Blé n° 2. Essence dur, v a u t 5 fr. 50 le double
de 20 kilos.
Blé n° 3. Essence tendre, v a u t 5 fran cs le
double de 20 kilos.
J’ai p ris en location u n te rra in dom anial de
100 h ectares pour neuf années, d an s lequel je
fais m es p ré p a ra tifs p our ensem encer cette
année s’il p la ît à Dieu. C’est u n e te rre vierge
et fertile ; égalem ent je possède en b o rdure su r
le te rra in de m anœ uvre une p ropriété su r
laquelle j ’opère tous mes essais de m achines
agricoles en présence des Indigènes, et je déve­
loppe chez ces d ern iers l’idée de tra v a ille r à la
ch a rru e fran çaise en ap p récian t les ré su lta ts
obtenus.
Car notre p ays à besoin de beaucoup d’in itia ­
tive au su jet des indigènes.
R elativem ent aux cultures, il y a u n e belle
étendue de tere fertile, m ais les indigènes ne
se servent p as des in stru m e n ts a ra to ire s qui
sont le poin t de d é p a rt de to u te la culture.
L’ag ric u ltu re se développant to u jo u rs de plus
en plus, il fa lla it une ch a rru e p o u v an t répon­
dre à ses besoins.
Les indigènes effectuaient m al leu rs labours
avec leu rs systèm es de c h a rru e s arab es qui
sont p o u r ain si dire u n râ te a u p o u r la terre.
Je suis arrivé avec le concours de M. le capi­
ta in e m a ire de notre ville, à p e rsu a d e r aux
Indigènes de lab o u rer avec la ch arru e fra n ç a i­
se fournie p a r la Société de P révoyance, ce qui
est d’a u ta n t plus in té re ssa n t que les cu ltiv a­

179

teu rs de la région p o u rra ie n t en tire r le plus
g ran d profit.
M alheureusem ent nous n ’avons p as de colons
fran çais qui puisse am éliorer notre p ay s ; car
dans le Tell où les colons sont installés, p a r
suite de leur bon trav ail, défrichem ent, labours
du printem ps, p a r l’usage de bons instru m en ts
aratoires, le pay s devient riche p a r la culture
du blé. Il n ’y a que l’ag ricu ltu re qui en richit u n
pays.
Si ja m a is les indigènes s’attelaien t sérieuse­
m ent à tra v a ille r le u r terre, L aghouat devien­
d ra it un pays im portant.
Recevez, M onsieur le P résident, l’expression
de mes sentim ents dévoués et distingués.
K akou Chloumou .

Monsieur le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
T abia (Oran), le 20 septem bre 1910.
J ’ai participé à votre Exposition p arce que
j ’y attache beaucoup d’im portance.
Q uant à m a culture de blé elle n ’est pas bien
im portante. Elle a été cette année de trente-cinq
hectares.
J’ai obtenu po u r cette année un rendem ent
moyen de 17 quintaux à l’hectare ; l’année der­
nière j ’avais obtenu le 23 en même variété.
Le blé ten d re que je vous ai envoyé comme
échantillon est m on préféré. Il est précoce su r­
tout en em ployant les superphosphates m iné­
raux à hau te dose d’acide.
Quand à la vente, nous sommes pour le mo­
m ent obligés de vendre aux négociants.
Il serait préférable d’o rganiser u n syndicat
de vente où certainem ent les producteurs tro u ­
veraient un gran d avantage.
Je suis de la Beauce où la culture est plus
intense qu’en Algérie et cependant les agricu l­
te u rs sont san s cesse à tâto n n er tout aussi bien
q u ’en Algérie.
Il n ’y a que depuis l’emploi des en g rais chi­
m iques que la culture a fa it un p as en avant.
C’est pourquoi j’em ploierai to u jo u rs les en­
grais.
Veuillez agréer, M onsieur, l’expression de
mes sentim ents distingués et dévoués.
A rm and Guin .
Monsieur le Président de l’Institut Colonial
Marseillais.
Tabia, le 22 septem bre 1910.
J ’ai l’h o n n eu r de vous accuser réception de
votre lettre du 10 septem bre dernier, et je puis
vous donner quelques indications su r n o tre
mode de culture.
Nous com m ençons les semences pour le blé à
p a rtir du 15 octobre et elles se continuent ju s ­
qu’en décem bre ; p o u r m on compte je sème une
cin q u antaine d’hectares, le rendem ent en
m oyenne quand il n ’y a pas de sécheresse ou
au tre intem périe quelconque est d u 15 a u 16 à
l’hectare, il arrive quelquefois que cela dépasse
le 20, m ais ce sont des années exceptionnelles.
Nous semons la tuzelle de préférence car c’est
elle qui vient le mieux.
Nous vendons notre g ra in à u n négociant de
la ville la plus proche, Bel-Abbés p a r exemple,
et de là il est dirigé su r O ran et ensuite à M ar­
seille o u su r u n e a u tre destination.
Recevez, M onsieur, mes sincères salu tatio n s.
J. B a r r et .

�180

L’EXPANSION COLONIALE

Monsieur le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
C arnot, le 9 août 1910.
En réponse à votre lettre du 2 août courant,
j’ai l’h o n n eu r de vous faire con n aître que notre
Syndicat de B oukhellil-A ttafs a été créé le 9
octobre 1909 et com prend vingt-cinq m em bres
qui cultivent un m illier d’hectares. L’unique
culture est le blé tendre. L’on cultive l’avoine
et l’orge p o u r les besoins du bétail. L a culture
de la vigne représentée p a r 250 hectares a été
abandonnée depuis la m évente des vins. Il est
probable que si la frau d e continue a été ré p ri­
mée, les colons se décideront à re p la n te r de la
vigne, 1a. région pouvant p ro d u ire des crus
estimés.
Veuillez agréei', M onsieur le P résid en t, l’ex­
pression de mes sentim ents les plus distingués.
Dr Roux,
Directeur du Syndicat agricole
de Boukhellil-Attafs.
Monsieur le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
R ouached (Constantine), le 22 septem bre 1910.
En réponse à votre honorée du 10 septem bre
dernier, j ’ai l’h o n n eu r de répondre à votre
q u estionnaire avec u n g ra n d plaisir.
L’Agini, que je cultive depuis cinq a n s ici,
est le blé d u r le plus dem andé p a r les m inotiers
parce qu’il est, avec le Bélioni, le plus semoulier des blés durs.
T oujours trè s propre et clair, ce blé donne
ici u n rendem ent de 15 à 20 q u in tau x à l’hec­
ta re (moyenne).
Je semence ici environ 100 h ectares p a r an.
Cette année je cultive la m oitié d’Agini et la
m oitié de Bélioni. Le Bélioni donne un rende­
m ent p lu s fort, m a is pèse m oins, de 20 à 23
q u in tau x à l’hectare.
L a paille de l’Agini est faible et souple, ta n ­
dis que celle du Bélioni est h au te et forte.
Je vends tous les an s m on blé aux m inotiers
de C onstantine à u n prix plus h a u t que les
autres.
J’ai vendu cette année à .23 fran cs les 100 kil.,
rendus C onstantine.
Je serais très désireux d’en trer en relatio n s
avec une bonne m aison de M arseille p our la
récolte prochaine, p o u v an t lui fo u rn ir de 2 à
3.000 q u in tau x de ce blé chez les colons.
J’ai la préférence de l’A gini comme semoulier. et le Bélioni comme rendem ent supérieur.
Prem ier_choix des types de blé de la province
p our les m inotiers-sem ouliers.
Je serais trè s heureux, M onsieur le P résident,
de vouloir bien me te n ir a u co u ran t des dires
du Ju ry , a in si que des a u tres types de blé supé­
rie u r comme sem oulier q u ’il peut y être p ré­
sentés, m on intention é ta n t de to u jo u rs m ieux
faire p o u r l’in d u strie et la culture algérienne,
que je dirige depuis v in g t an s d a n s la région.
T out en vous rem ercian t à l’avarice, M onsieur
le P résid en t, recevez de to u t votre dévoué l ’as­
surance de m a profonde considération.
Georges K ie n t z l e r .
Monsieur le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
B ou-Saâda, le 23 septem bre 1910.
J ’ai l’hon n eu r de vous donner ci-après les
indications que vous me demandez.

B ou-Saâda, comme son point l’indique sur
une carte géographique, est placée su r les
h a u ts plateaux. C’est une des principales oasis
du Sud qui vient après celles de B iskra et Laghouat. Les h a u ts plateaux du d épartem ent
d’Alger ne ressem blent pas à ceux du d ép arte­
m ent de C onstantine ; voici en quelques lignes
le p o rtra it de chacun :
H auts P lateau x du départem ent d ’Alger :
te rra in sablonneux to ujours avide d ’eau et
sec, c’est le désert. M ontagnes nues, éloignées
les unes des a u tre s avec des gorges très ouver­
tes la issa n t p asser les vents b rû lan ts du S ah a­
ra, de très gran d es étendues de sables, m an ­
que d’eau, pluies ra re s, oueds ou rivières à sec,
tem p ératu re très chaude en été, tem pérée en
hiver q u an d le vent du Nord ne souffle pas
parce qu’il est glacial et très rigoureux. L’a n ­
née com prend deux saisons : la saison pluvieu­
se et lq saison chaude. C’est le p a y s des nom a­
des ; il y a de trè s bons p âtu rag es n a tu re ls où
paissent u n nom bre infini de g ran d s troupeaux
de m outons v en an t de toutes les régions de l’Al­
gérie, p a r exemple de Sétif, Bordj-Bou-Arreridj, B oghar. En été, ils ém igrent vers le Tell
et l'hiver ils reviennent. B ou-Saâda est un
m arché très im p o rtan t po u r les m outons. Le
m outon est un anim al très précieux, c’est la
principale ressource du pays et il fait la richesse
des h ab itan ts. L’élevage en est peu coûteux et
dans de bonnes an nées on peut réaliser des for­
tu n es avec cela. M. F errero Denis, mon père,
peut vous donner des détails car il en fa it un
g ran d commerce.
H au ts plateaux du départem ent de C onstan­
tine : plaines fertiles irriguées p a r un g rand
nom bre de p u its artésiens et abritées p a r les
hau tes m ontagnes boisées du Djebel-Aures. Là
est le pays du blé, comme centre je peux vous
citer Batna. Dans le Tell, .Sétif, L akarbinais,
environs de B orj-Bou-A rreridj, O rléansville,
Vallée du Sig et du Chélif.
B ou-Saâda n ’est p as le pays du blé à cause
de la sécheresse et on ne peut pas dire que ce
n ’est pas le pays parce q u ’il y a quelque chose
de p artic u lie r et de très rem arquable, c’est que
quand il y a de bonnes années on le réu ssit fort
bien et il donne de très g ran d s rendem ents, ce
qui arriv e ra re m e n t ; voilà pourquoi tous les
cu ltiv ateu rs indigènes hésitent à sem er du blé
et parce qu’ils sont pauvres ; ils p réfèrent sem er
de l’orge parce qu’elle convient le m ieux à notre
pays, elle est p lu s précoce que le blé, ce qui
fait qu’il n ’y a p as à red o u ter le m anque d’eau,
la sécheresse ou le siroco qui sont tro is cala­
m ités fréquentes. La pluie tombe en abondance
de septem bre à novem bre, m om ent des sem ail­
les, e t cesse absolum ent en m ai à m oins d ’un
cas très heureux, c’est l ’époque des m oissons
d’orge tan d is que la m oisson du blé se fa it en
juin. D ans la région de B ou-Saâda on cultive
le blé dans les te rra in s irrigables, d an s les ja r ­
dins, au voisinage des rivières et des sources,
d an s les vallées profondes et hum ides. Aussi
d an s l ’oasis m êm e de B ou-Saâda, à l ’Oued
Chair, à Mgeddel ce sont les prin cip au x en­
droits cultivés en blé. M ain ten an t le blé que je
vous ai envoyé de B ou-Saâda provient de la
plaine du M aader ; jetez un coup d’œil su r la
carte de l’Algérie et voyez dans le dép artem en t
d’Alger entre B ou-Saâda et le Chott H odna, le
te rra in est entièrem ent sablonneux m ais cette
plaine est comme l’Egypte, u n don du Nil,
un don de l’oued Bou Saâda. E n tem ps ordi-

�L’EXPANSION COLONIALE
n aire , l’eau de l ’Oued arriv e to u t juste à suffi­
re a u besoin de l ’arro sag e des ja rd in s m ais cet
oued vient de loin et a u n g ra n d bassin ;
alors au m om ent des g ra n d s orages de septem ­
bre-octobre il grossit, l ’eau est rougeâtre,
il déborde q uand il inonde la p lain e et, en
se re tira n t, dépose su r le sol une couche de
lim on très fertile ; ce se ra it la fortune, cela
peut se pro d u ire u n e fois tous les tro is à cinq
et même dix ans. Encore à côté il y a ce fléau
terrib le et san s m erci : toujo u rs la sécheresse.
Cette année il n ’est pas tom bé une goutte d’eau
depuis avril à septem bre. S’il tom bait quelques
pluies tardives ce serait la plus riche région de
l’Algérie, je puis vous le certifier. Il y a une
quinzaine d’années le cas s’est p ro d u it pend an t
deux années de suite, il y a eu une m agnifique
récolte où l’orge v a la it 0 fr. 50 le double déca­
litre comble, c’est-à-dire les 14 à 15 kilos, e t le
blé 1 fran c le double décalitre comble, c’est-àdire les 18 à 21 kilos, en m oyenne 5 fran cs le
quintal, et encore on ne tro u v ait pas d ’acqué­
reurs. P e n d a n t la secondé année, les indigènes
ne se don n aien t mêm e p as la peine de m oisson­
ner. Le m arché av a it été arrêté. Tous étaient
riches. Chaque année j’ensemence de 100 à 200
hectares ; je jette u n q u in tal de g ra in s p a r
2 h ectares au risque. D ans de bonnes années
cela peut me ra p p o rte r du 50 pour un, m ais il
m’arriv e souvent de p erd re to talem ent m a se­
mence ou de la re tire r to u t juste. Il suffit d’une
bonne année p our to u t ra ttra p e r.
Je sème av a n t de lab o u rer à la ch arru e arabe
qui ne fa it que g ra tte r la couche de lim on et
c’est to u t sim plem ent p our reco u v rir les grain s,
c’est un principe des Egyptiens. Je ne sème que
du blé d u r à barbe noire, paille m oyenne et
robuste, c’est celui que je préfère à cause de
sa résistance. P e n d a n t les sécheresses les g rain s
sont petits et m aig res m ais il y a to u jo u rs quel­
que chose ; la paille robuste résiste au vent et
sa longueur m oyenne ne c ra in t pas de courber
sous les pluies torrentielles. Ici le blé tendre
ne'co n v ien t nullem ent. Je le fais m oissonner à
la faucille et dépiquer p a r le pied des bêtes. Il
est propre, p u r, déchets insignifiants, il n ’est
p as charbonné n i pointu comme beaucoup de
blé du Tell. C’est du blé de prem ière qualité,
sem oule et comme j ’ai une m inoterie je l’em­
ploie totalem ent à faire de la semoule que je
livre su r place. M ais la q u an tité de blé est
insuffisante et j ’en fais venir de L ak arb in ais
et n ’en ai jam ais assez.
L a plaine de M aader, à une époque trè s a rrié ­
rée, était sans doute plantée d’oliviers car on a
trouvé beaucoup de m oulins à huile rom ains.
La région de B ou-Saâda est privée de voies de
com m unication et n ’a que deux lignes d’accès
sur le Tell. Le poin t de la ligne de chem in de
fer lé p lu s rap p ro ch é, B ordj-B ou-A rreridj, setrouve à 130 kilom ètres de B ou-Saâda.
A l’em placem ent de B ir Aïssa, il y a une dou­
zaine d’années, u n nouveau village a été fondé
« Lakarbinais », situé entre Bordj-Bou-A rréridj
et Sétif. Au p rem ier abord, ces te rre s étaient
san s valeur, o n d o n n ait des concessions aux
colons qui v o u d raien t v e n ir de F ran ce à la
condition d’y re ste r dix ans ; beaucoup ont
hésité, a u jo u rd ’hui ce pays est entièrem ent
colonisé et les terre s augm entent de v aleur
chaque jour. Des te rra in s dont autrefois on ne
voulait p as p our rien v alent 500 à 600 fran cs
l’hectare, ils v a u d ro n t ju sq u ’à 1.000 francs.
C’est une te rre noire, grasse, argileuse, riche.

181

C’est le v ra i pays du blé m ais il y a à craindre
la grêle, la gelée, le siroco, le charbon, la
rouille ; l’hiver il tombe de la neige et il pleut
assez souvent ; on laboure deux ou trois fois
p a r an à la ch arru e fixe, de 30 à 35 centim ètres.
On herse, passe le rouleau, m oissonne à la
m oissonneuse, Bat à la batteuse, on emploie le
m atériel d’au jo u rd ’hui avec les procédés tout
récents. On sème 50 kilos à l’hectare et on peut
récolter 15 à 18 quintaux, déchets de 4 à 5 kilos
po u r 100 kilos. Le blé dur et le blé tendre sans
distinction y viennent très bien. Le village se
trouve situé à 4 kilom ètres de là gare. Les
concessions se com posent de 80 à 150 hectares.
Mon procédé est de sem er en décem bre-janvier
car pour les labours de printem ps il y a à
crain d re le m anque d’eau et le siroco parce que
les m oissons du blé se font juin-juillet-août. De
là je fais tra n sp o rte r le blé p a r cham eaux à!
Bou-Saâda.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, mes
salu tatio n s empressées.
A rm and F errero .
Monsieur le Président cle l’In stitu t Colonial
Marseillais.
Bel-Abbès, le 29 septem bre 1910.
E n réponse à votre lettre du 10 co u ran t je
réponds aux dem andes que vous me faites. Ma
propriété se trouve à 40 kilom ètres de Bel-Abbès
et sa. contenance est de 460 hectares. Je puis
vous dire que lorsque je l’ai achetée to u t le
te rra in était en forêts et c’est moi qui est to u t
défriché. Il y a treize ans que j ’ai acheté et
m on te rra in est com plètem ent défriché. P o u r
venir à m a ferme, j ’ai fa it une route c a r je suis
à 2 kilom ètres 500 de la voie ferrée ; à 100 m ètres
de la dite route passe une rivière que l’on
nomme l’O ued-Tralim et et j ’y ai con stru it u n
pont dans toutes les conditions voulues. J’ai
aussi fa it un p u its et j ’ai trouvé l’eau à 40 m è­
tres, de la trè s bonne eau. Je sème tous les ans
environ la m oitié du te rra in et je prép are le
reste ; la m oyenne du rendem ent est de 16 quin­
taux 1/2 à l’hectare, m ais je n ’épargne p as les
bons coups de ch arru e et su rto u t le fum ier.
Je sème une m oyenne de 180 hectares de
tuzelle, 35 hectares d’avoine et 15 d’orge. Je
sème la plus g rande quantité en tuzelle parce
que le te rra in a du calcaire et un peu de sable ;
cela est préférable po u r la tuzelle, qui donne
de plus g ran d s rendem ents que le blé d u r que
nous avons semé.
Nous vendons souvent après les dépiquages
pour ne pas faire les dépenses de m agasinage
de location de sacs et de m an ip u latio n ; nous
tra ito n s directem ent avec les m aisons.
Veuillez agréer, M onsieur, mes salutations.
B. PlTTALUGA.

CHRONIQUE DU MOIS
SNSotre c o m m e rc e c o lo n ia l en 1 9 0 9

Nous avons vu dans notre précédente
chronique mensuelle que le commerce exté­
rieur des colonies françaises s’était élevé en
1909 à 1.088 millions de francs, chiffre supé­
rieur de 61 millions à celui de 1908 et de
155 millions à la moyenne quinquennale

�182

L’EXPANSION COLONIALE

antérieure. Nous pouvons ajouter que la
part de la France dans ce mouvement
commercial s’est élevée à 478 millions, soit
44 %, avec une augmentation de 52 millions
sur l’exercice précédent.
Mais il convient d’ajouter à cette statis­
tique celle du commerce extérieur de l’Algé­
rie et de la Tunisie, pour avoir une idée
exacte du développement économique de
notre vaste empire d’outre-mer. En 1909, le
mouvement commercial de l’Algérie a été
de 784 millions et celui de la Tunisie de
224 millions, importation et exportation
réunies ; il y a un accroissement de 15 mil­
lions 1/2 pour l’Algérie et de 6 millions 1/2
pour la Tunisie sur 1908.
Au total, nous trouvons donc 2.096 mil­
lions de francs ; c’est la troisième année où
notre commerce colonial dépasse 2 milliards !
Sur ce chiffre formidable de transactions,
la France figure pour près de 1 milliard 1/2
et la part de Marseille dépasse la moitié de
cette dernière somme ; le trafic colonial de
notre port est ainsi de plus d’un quart de
son commerce extérieur et joue par consé­
quent un rôle considérable dans notre vie
économique.
A c h è v e m e n t du C h e m in de f e r
de la G u in é e

Le chemin de fer de pénétration de la côte
au Soudan à travers la Guinée française
vient d’atteindre le 15 septembre le Niger à
Kouroussa. C’est une nouvelle date mémora­
ble pour notre Afrique occidentale, déjà en
si bonne voie de prospérité, que celle de l’ar­
rivée du rail sur le haut fleuve, dont le cours
moyen est déjà rattaché au Sénégal par la
ligne ferrée de Kayes à Bamako.
Après dix ans de travail persévérant et
d’efforts remarquables, l’éminent promo­
teur et directeur du chemin de fer de la
Guinée, M. Salesses, voit son œuvre magni­
fique enfin achevée. En dépit des difficultés
de la traversée du massif du Fouta-Djallon,
la construction de cette ligne, longue de
589 kilomètres, ne revient guère qu’à 100.000
francs le kilomètre, et déjà les travaux sont
poussés au-delà du Niger jusqu’à l’important
marché de Kankan, sur 75 kilomètres.
Le chemin de fer fait d’ailleurs d’excellen­
tes affaires et à pu verser l’an dernier plus
d’un million de bénéfices à la caisse de ré­
serve de la colonie. Il va devenir l’artère
commerciale du Soudan avec la côte afri­
caine, et un mouvement de tourisme ne peut
manquer de se porter, grâce à lui, vers la
Guinée française, qui est une des contrées
les plus pittoresques du continent noir. Aus­
si le port de Gonakry, dont l’amélioration
se trouve en bonne voie, est-il appelé à deve­
nir bientôt une des principales escales de
l’Ouest-Africain, d’où en deux jours on

pourra confortablement se rendre en plein
cœur du continent noir; de bons hôtels vont
d’ailleurs être installés dans les principales
stations de la ligne.
Une inauguration solennelle du nouveau
chemin de fer se prépare, que présidera M.
Ponty, l’éminent gouverneur général de l’A­
frique occidentale, en présence du nouveau
gouverneur de la Guinée, le distingué M.
Guy. Il faut espérer que cet évènement colo­
nial ne passera pas inaperçu en France dans
le grand public, car il marque une étape
décisive de notre expansion dans l’Afrique
occidentale, actuellement dotée de 2.000 ki­
lomètres de chemins de fer.
La C o lo n is a tio n e u ro p é e n n e
en In d o c h in e

Le dernier Rapport d’ensemble du Gouver­
nement général sur la situation de l’Indo­
chine française renferme d’intéressants ren­
seignements sur l’état de la colonisation
européenne en Cochinchine, au Tonkin et
en Annam pendant l’année- écoulée. Nous
résumons ci-dessous ceux qui concernent
spécialement la Cochinchine.
Il faut considérer en premier lieu que la
mise en valeur des grandes concessions ne
progresse que lentement et que les résultats
acquis par les détenteurs sont peu importants;
cet état de choses tient surtout aux difficultés
de recrutement de la main-d’œuvre. D’autre
part, les colons européens qui consacrent
leurs efforts à la rizière, et ils sont la majo­
rité, çontinuent à supporter les conséquences
des inondations du Mékong, contre lesquelles
pourrait seule les protéger la création d’un
réseau de canaux à l’étude.
Les cultures diverses, qui retiennent de
plus en plus l’attention des colons européens
et dont la superficie s’accroît de jour en jour,
continuent à donner les plus belles espéran­
ces, mais aucune plantation de l’espèce n’est
encore entrée en plein rapport. Au premier
rang de ces cultures se place aujourd’hui celle
des arbres à caoutchouc ; la surface complantée en Hévéas et Ficus élastica s’élevait au
1er janvier 1909 à 564 hectares, appartenant
pour la majeure partie à des sociétés dispo­
sant. d’importants capitaux. La culture du
poivre, autrefois très florissante dans la pro­
vince d’Hatien et dont il existe également
une importante plantation dans la province
de Baria, est maintenant stationnaire, à
cause de la crise de surproduction.
L’élevage pourrait procurer de sérieux bé­
néfices aux colons européens ; la province de
Baria notamment se prêterait fort bien, par
les nombreuses prairies naturelles qui s’y
trouvent, à la création d’importants trou­
peaux de bœufs, de buffles, de moutons et
de chevaux.
L’administration se préoccupe sérieuse-

�L’EXPANSION COLONIALE
ment de venir en aide à la colonisation eu­
ropéenne en lui procurant la main-d’œuvre
nécessaire. Le Gouvernement général de
l’Indochine a ouvert à ce sujet des pourpar­
lers avec le Gouvernement des Indes néer­
landaises, et a réglementé à nouveau le recru­
tement de la main-d’œuvre indigène, pour
faciliter les entreprises agricoles.
J. L.
------------------------- ^ --------------------------

LA BANQUE DE LA RÉUNION
EN

1 9 0 9-19 10

Nous avons dans ces derniers temps appelé
à plusieurs reprises l’attention de nos lecteurs
sur l’amélioration profonde qui se faisait
sentir dans la situation économique de la
Réunion. Nous avons été heureux à ce sujet
de pouvoir .montrer la part prise par la Ban­
que de la Réunion dans ce mouvement et, au
moment où la question du renouvellement de
son privilège se pose, il nous paraît intéres­
sant de résumer rapidement ici les princi­
pales conclusions du compte rendu de ses
opérations pendant l’exercice 1909-1910, que
M. Alphonse Mas, son distingué directeur,
vient de nous adresser.
N ous avons v u com m ent il est perm is de dire
au jo u rd ’h u i que la crise économ ique occasion­
née p a r les d ésastreux cyclones de 1904 et 1905
et aggravée p a r l’avilissem ent du prix de nos
p rin cip au x prod u its, a p ris fin. Le relèvem ent
de la colonie s'affirm e de plus en plus, et il est
su rto u t dém ontré p a r le m ouvem ent des im por­
tatio n s et des exportations.
Les im p o rtatio n s sont passées de 11.812.627 fr.
en 1908 à 13.233.433. fr. en 1909, en augm entation
de 2.078.664 fr., et les exportations se sont éle­
vées de 15.197.074 fr. en 1908 à 16.351.833 fr. en
1909, en au g m en tatio n de 1.154.775 fr.
L’accroissem ent, de la fortune publique e t p a r
suite de la p uissance d’ach at de la population
a eu p our ré su lta t im m édiat d ’accroître l’im ­
portan ce des tra n sa c tio n s com m erciales et de
ren d re les affaires beaucoup plus sûres que p ré­
cédemment.
L a B anque ne po u v ait m an q u e r de ressen tir
les h eureux effets de cette rep rise des affaires,
qui a porté, d’une m an ière générale, su r toutes
les b ran ch es du commerce. Aussi l’ensem ble de
ses opérations de p rêts et d’escompte a au g ­
m enté de 2.715.838 fr. 12, p a s s a n t de 12.637.593 fr.
32 on 1908-1909 -à 15.353.432 fr. 04 en 1909-1910.
L’eseompte des effets de .place est en augm en­
ta tio n de 1.637.267 fr. 37 et la prudence avec
laquelle ces opérations o n t été conduites re sso rt
de ce fa it que les p a ssa tio n s p a r profits et p e r­
tes, nulles au cours d u deuxième sem estre, ne
se so n t élevées, a u 31 décembre d ern ier qu’à
2.300 fr. su r lesquels il a été recouvré au 30 ju in
1910 2100 fr.
Les p rêts à l’a g ric u ltu re ont attein t la somme
do 1.122.300 fr. et il ne reste dû au 30 juin, que
968.000 fr. constitués exclusivem ent p a r des
avances g a ra n tie s p a r les récoltes de 1910. Cette
année encore, la Banque n ’a eu à en reg istrer
aucu n e p erte s u r cette b ran ch e de ses opéra­
tions.

183

Les avances su r m archandises ont augm enté
de 1.085.614 fr. 40. Cette augm entation tie n t ex­
clusivem ent aux p rê ts su r m archandises d’ex­
p o rtation : les prêts sur m archandises d’im por­
tatio n sont en dim inution de 288.017 fr. La
rég u larité des em barquem ents a re n d u ces opé­
ratio n s u n p.eu m oins fructueuses qu’au cours
de l’exercice précédent. Les pertes éprouvées
tien n en t à des engagem ents anciens qui ont été
définitivem ent liquidés .par des réalisations,
sous form,e de ventes am iables ou aux enchères
publiques.
Los obligations su r actions de la Banque,
titres divers et m atières d’o r et d ’argent, p ré­
sentent, au 30 ju in , des soldes sensiblem ent
m oins élevés que ceux existants à la clôture du
précédent exercice.
La dim inution, qui n ’est pas m oindre de
60.458 fr. 05, indique nettem ent que l’accroissem ont des ressources de la population est bien
réel, puisqu’elle a eu m oins recours que p a r le
passé aux engagem ents de titres, bijoux et va­
leurs diverses.
Les recouvrem ents d’effets pour compte de
tiers pren n en t une im portance de plus en plus
considérable. L’augm entation, pour l ’exercice
écoulé, p a r ra p p o rt au précédent, s’élève à
801.008 fr. 65, et dénote que notre clientèle de
l’extérieur est satisfaite des soins que nous
donnons à toutes ses affaires.
J ’appelle plus spécialem ent votre attention
su r ie compte « C réanciers g a ra n tis p a r des
sûretés spéciales ». Ce poste qui com prend
exclusivem ent des valeurs anciennes et qui ne
laissait pas que d’in sp irer quelques in quiétu­
des, il y a peu de tem ps encore, est tombé au
cours de l’exercice de 856.966 fr. 58 à 422.696 fr. 58,
en dim inution de 434.270 fran cs su r le chiffre
existant a u 30 ju in 1909. Il est possible de dire
au jo u rd ’h u i que toutes les créances qui la com­
posent seront payées, sinon à le u r exacte
échéance, du m oins avec de très légers retard s.
La créance su r la Colonie continue à être
régulièrem ent rem boursée p a r des acom ptes
annuels de 100.000 francs.
Au cours de l’exercice, la B anque a versé au
trésor, en échange de ses billets, la somme de
2.458.000 fran cs en m onnaie nationale. M algré
l’im portance de ces rem boursem ents, le stock
de billets de la Banque, détenus p ar le Trésor
public, n ’a dim inué que de 544.720 francs. Cette
douloureuse constatation ne m an q u era pas
certainem ent d ’a ttire r l’attention du Gouverne­
m ent, et j’espère que sa sollicitude ne nous fera
pas défaut po u r rechercher, en vue d’y porter
rem ède ,les causes de cette accum ulation e x tra ­
o rdinaire de billets.
Les opérations de change o n t
donné des résu ltats satisfaisants,
Elles se sont élevées dans le u r
ensemble à ........................................ 11.022.382.18
au crédit de la banque au Comptoir
N ational d’Escompte de P a ris
et à ....................................................... 9.679.865.73
pour les sommes portées à son débit.
D’où résulte au c réd it de la b a n ­
que au 30 ju in un solde de ............. 1.342.516.45
P e n d a n t toute la. durée de l’exercice, grâce à
ces achats constants de traites, la B anque est
restée créancière de sommes considérables et
les intérêts, liquidés à son profit, se sont éle­
vés à 45.693 fr.66 qui ont été com pris dans les
bénéfices de ces opérations.

�184

L’EXPANSION COLONIALE

E nvisageant l’avenir, M. Mas s’exprim e de la
m anière suivante :
« Tout porte à penser que la cam pagne 19101911 sera bonne p our la colonie.

L a production du sucre atteindra sans doute
40.000 tonnes et la probabilité d'e prix rémuné­
rateurs constitue, pour nos planteurs et usi­
niers, un précieux encouragement à persévérer
dans les bonnes habitudes d’ordre et de travail,
qui se répandent de plus en plus, dans toutes les
classes de la population.
L a'récolte de vanilles sera sensiblem ent égale
à celle de la cam pagne précédente, et ce produit
a tte in d ra it certain em en t des cours plus élevés
que ceux actuellem ent p ratiqués, si les projets
de tax atio n de la vanille étaient rep ris et finis­
saien t p a r aboutir.
Les divers a u tre s p ro d u its coloniaux, ta p io ­
cas, m aniocs desséchés, cafés, tabacs, pailles
de chouchou, essences diverses, etc., sont en
h ausse m arquée, p our quelques uns d'entre eux ;
ils p a ra isse n t devoir donner, dans leu r ensem ­
ble, des ré su lta ts su p érieu rs à ceux de l’année
dernière.
En dorm ant son concours judicieux à la pre­
m ière entreprise créée dans la colonie, p our la
dessiccation du m anioc, et en lui p erm ettan t
ainsi de fonctionner norm alem ent, la banque a
certainem ent ren d u un réel service au pays, qui
p o u rra trouver d ans cette in d u strie u n e source
im p o rtan te de revenus.
Je vous disais, il y a u n an, que seul, le prix
des essences de g éran iu m é ta it avili et je n ’étais
pas éloigné, à ce m om ent, d’éprouver quelques
inquiétudes su r le rem boursem ent des avances
consenties p a r la b an q u e a u S yndicat de SaintP ie rre , p e n d a n t ces dernières années. H eu reu­
sem ent ces crain tes ne se sont pas réalisées. Sur
notre in itiativ e des m esures énergiques ont été
p rises et o n t fini p a r trio m p h er de la résistance
acharnée des b aissiers à outrance. En 18 mois
le p rix de cette essence est passé, dans la colo­
nie, de 16 fr. 50 et 17 fr. à 24 fr. cours actuel.
L’énorm e stock du syndicat qui pesait si lourde­
m ent su r les cours, a été entièrem ent liquidé.
Le ré su lta t de cette réalisatio n a été de perm et­
tre à la banque de récu p érer l’in tég ralité de ses
avances. Q uant à nos p lan teu rs, ils trouveront
d ans la h ausse qui s’est produite, la ju ste ré­
m u n ératio n de leurs peines et la récom pense
de leu rs efforts ; il ne reste plus m a in te n a n t qu’à
so u h a ite r p our la sauvegarde de leu r intérêts,
q u ’ils conservent les nouvelles habitudes, prises
dans ces d erniers tem ps : c’est à ce prix seule­
m ent qu’ils n ’a u ro n t plus à red o u ter le reto u r
de prix avilis.
Il reste encore bien des choses à faire dans
la colonie, p o u r accroître l’im portance de la
production : m ais chaque jo u r suffit à sa tâche
et je m e borne à c o n stater au jo u rd ’h u i que la
p lu p a rt des u sin iers en tren t résolum ent dans
la voie du perfectionnem ent de le u r outillage.
Bientôt, je l’espère, le rendem ent en sucres a t­
te in d ra p o u r tous 10 % du poids de la canne et
a rriv e ra à 11 % et même au-delà p our quelquesu ns plus favorisés p a r la n a tu re du sol ou m ieux
outillés, il se ra ainsi possible d ’au g m en ter la
p a rt des p la n te u rs : ce qui s e ra polir) eux une
nouvelle incitation à accroître l’étendue des su r­
faces cultivées et à am éliorer leu rs procédés de
culture, afin d’augm enter de plus en p lu s les
rendem ents et, p a r suite, leurs revenus.
Il me p a ra ît bon de dire que deux g randes
usines, destinées l’une, Rivière-du-M ât, à la fa ­

b ricatio n du sucre, l’autre, la Convenance, à la
p rép aratio n du tapioca sont actuellem ent édi­
fiées avec le concours de capitaux exclusive­
m ent locaux. Le capital engagé dans ces deux
entreprises ne sera pas m oindre de 650.000 fr. »

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
iV Ié S ^ o p o Ie
Gouverneurs. — P a r décrets présidentiels, M.
Adam, a d m in istra te u r en chef des colonies, a
été chargé des fonctions intérim aires de lieute­
nant-gouverneur de l’O ubangui-C hari-Tchad, et
M. Jullien, gouverneur des colonies, précédem ­
m ent chargé de l’intérim du gouvernem ent de
La R éunion, a été placé en disponibilité su r sa
demande:
Algérie. — Un décret homologue une décision
des Délégations financières algériennes relative
à la fixation des taxes san itaires su r les navires
en relâche.
Tunisie. — Un décret fixe à 200.000 hectolitres
les quan tités de vins de ra isin s fra is de prove­
nance et d ’origine tu n isien n es qui p o u rro n t être
adm ises en F ran ce du 1er août 1910 au 31 ju il­
let 1911, sous le bénéfice de la loi douanière du
19 ju illet 1910.
Sénégal. — Un décret autorise l’ouverture
des trav au x à exécuter p o u r la construction de
la section du chemin de fer de Thiès à Kayes
com prise entre les kilom ètres 140 et 212.
Madagascar. — Un décret organise les trib u ­
naux de la colonie en trib u n au x m ixtes de
commerce pour statu er en m atière com m er­
ciale.
Nouvelles-Hébrides. — Un décret fixe comme
suit les q u antités de produits o riginaires des
exploitations françaises des Nouvelles-Hébri­
des qui p o u rro n t être adm ises en F ran ce et en
Nouvelle-Calédonie du 1er ju illet 1910 au 30
juin 1911 dans les conditions de détaxe doua­
nière établies p a r le décret du 12 novem bre
1901 : Café, 500.000 ldi. ; cacao, 30.000 kil. ; Va­
nille, 50 kil.
Indochine. — Un décret relatif à l’o rg an isa­
tion du personnel des services civils de l’Indo­
chine édicte des dispositions a y a n t po u r b u t
d’obliger les a d m in istrateu rs appelés à servir
dans la colonie asiatique à justifier de la con­
naissance des langues indigènes.

C olo nies
Afrique occidentale. — Un a rrêté du Gouver­
n eu r général décide que les évaluations des
caoutchoucs aux m ercuriales officielles des co­
lonies et territo ires de l’A frique occidentale
française, c’est-à-dire devant serv ir de base à
la perception, p a r les services des douanes, des
droits à la sortie, seront désorm ais fixées pour
une période de douze mois, à com pter du 1er
octobre de chaque année. Un second arrêté fixe
les valeu rs en douane à a ttrib u e r aux caout­
choucs, po u r la période com prise entre le 1er
octobre 1910 et le 1er octobre 1911.
Côte d'ivoire. — Un a rrêté porte ouverture à
l’exploitation du chem in de fer de pénétration
ju sq u ’à Dimbokro, au kilom ètre 183.

�L’EXPANSION COLONIALE
Indochine. — U n a rrêté auto rise la création
à Cholon d’une C ham bre de Commerce chinoise
pour la protection des intérêts chinois du com­
merce de la colonie chinoise en Gochinchine.
— Un a rrê té auto rise l ’exécution des trav au x
d’am élioration de l’estu aire du rach Cai-Con et
du canal de Bassac-Longuy. — Un arrê té auto­
rise l’exécution en régie des tra v a u x de pose
de la voie ferrée su r la ligne de Saïgon-Khanhoa-L angbian du kilom ètre 320 à B angoï, en­
tre le kilom ètre 364 et K hanhoa (kil. 420), et
entre P h a n ra n g et Xomgon, soit 38 kilom ètres.

I NSTI TUTI ONS CONNEXES
C o m i t é M a r s e i l l a i s du M a r o c

C’est p a r M arseille que, dès une époque fo rt
reculée, .la F ran ce n o u a des relatio n s politiques
et économ iques avec le Maroc. Aussi, d éjà s u r­
nom m ée « P o rte de l ’O rient », notre ville a-t-elle
pu m ériter à non m oins de titres le su rn o m de
&lt;( P o rte d u M aroc ». Ce surnom n e se justifie
pas seulem ent p a r les fa its historiques ; il se
justifie m ieux encore, d’une façon plus tangible,
plus actuelle, p a r les ra p p o rts com m erciaux des
négociants m arseillais avec la région m aro ­
caine.
Ce:s ra p p o rts quotidiens sont néanm oins sus­
ceptibles d’am élioration. Le M aroc s’ouvre à
peine ; son outillage économ ique est à créer de
toutes pièces. C’est là une œ uvre de longue
haleine,' en vue de laquelle il est indispensable
d’accroître la connaissance encore im parfaite
que l’on a de ce vaste pays. Nos soldats y col­
lab o ren t p u issam m ent p a r d’héroïques efforts,
ten d a n t à im p lan ter en cet em pire si ferm é u n
peu plus de justice et de sécurité.
A M arseille même, d ’a u tre s efforts ont été
intelligem m ent com binés p our aid er à l’exten­
sion de la connaissance du p ay s m arocain. Et
ce qui ne les re n d pas m oins louables, c’est leu r
caractère privé. L a Société de G éographie de
M arseille o rg an isa n ag u ère u n e croisière à
T anger, à C asablanca et en Chaouïa. Dirigée
avec ta c t et compétence p a r M .H .B ardon, secré­
ta ire de la Société, cette croisière a donné les
plus in téressan ts ré su lta ts. Au printem ps p ro ­
chain, elle se ra suivie d’une a u tre a y a n t p-our
objectif Fez, la vieille capitale.
D ans l’o rg an isatio n de ce p rem ier voyage, la
Société de G éographie céd ait à u n co u ran t d’opi­
nion favorable à l ’étude des questions m a ro ­
caines. Ce c o u ra n t d’opinion e st dû, en très
g ran d e p artie, au Comité du Maroc, établi à
P a r is depuis 1904, présidé p a r M. G uillain,
ancien m in istre, et com ptant dans son sein les
prin cip ales notab ilités du m onde diplom atique,
économ ique et colonial. G râce à sa suggestion, le
« Comité M arseillais du M aroc » vient de se fon­
der. Tout en co n serv an t son autonom ie, le
comité local n ’en d em eu rera p a s m oins en cons­
tan tes re la tio n s avec le Comité de P a ris. Il n ’est
pas seulem ent en complète unité de vues avec
lui, m ais il désire encore seconder activem ent
ses efforts, s’y associer de la façon la p lu s utile
et la plus pratique.
Les bases de l’organ isatio n d u « Comité M ar­
seillais du M aroc » v iennent d’être jetées ; d’ores

185

et déjà, il im porte d’en faire connaître le b u t et
la composition. Le Comité se propose de con­
courir, avec celui de P aris, à l’œuvre nationale
de p én étratio n au Maroc et spécialem ent de
faciliter cette pén étratio n aux in térêts m arseil­
lais. 11 se tie n d ra en ra p p o rt avec ses délégués
au Maroc, étu d iera les questions se ra tta c h a n t
à l’exploitation m aritim e, industrielle, agricole,
im m obilière, m inière ou au tre du Maroc. P a r
voie de conséquence, il a u ra donc à se préoccu­
per aussi du développem ent de l’outillage et de
l ’am élioration des institution® économiques de
ce pays. Il va sans dire que, dans l ’étude de ces
questions, le Comité a u ra le souci co n stan t de
seconder les in térêts de M arseille, conform es de
tous points aux intérêts généraux.
Voici la com position du b u re a u et du conseil :
P résid en t : M. A drien A rtau d ; vice-président :
MM. F. Bohn et J. Deville ; secrétaires : MM.
H. B ardon et M alcor ; tré so rie r : M. P reyre ;
m em bres du Conseil : MM. G abriel Boyer, P a u l
D aher, P a u l Desbief, H. Dufa.y, Ad. Fo-uque,
P a u l F ournier, G iraud (des Fils de G iraud frè­
res), V alentin Gros, Th. M ante, A. Moullot, P a u l
P aquet, E. Vehen.
On a vu que l’objectif p rin cip al du Comité
M arseillais est l’extension des relations écono­
m iques avec le Maroc. P o u r y tra v a ille r effica­
cem ent il im porte de posséder un point de dé­
p a rt bien établi, de connaître exactem ent l’état
actuel de nos relatio n s com m erciales avec l ’em­
pire chérifien. Ce point de d ép art est p arfaite­
m ent établi dans le rem arquable exposé de la
Situation économique du Maroc en 1908-1909
que vient de p u b lier M. Ch. Piené-Leclerc, délé­
gué général du Comité du M aroc à Tanger.

A v i s d 5AdL j iid ic a tio n
A la diligence du C onservateur des E aux et
F orets d ’O ran, il sera procédé à Sidi-Bel-Abbès,
le jeudi 13 octobre 1910 et jo u rs suivants, s ’il
y a lieu, à 2 heures du soir, en la salle ordinaire
des adjudications publiques à la M airie, p a r
devant M. le P réfet du départem ent d ’Oran ou
son délégué, à l’intervention des E aux et Forêts,
en présence de M. le D irecteur des Domaines
ou son délégué, à l’adjudication des coupes de
bois avec extraction de résine, aux clauses et
conditions du Cahier des charges et du Cahier
de® clauses spéciales dont on p o u rra prendre
connaissance dans les bureaux des dits fonc­
tio n n aires et à l’In stitu t Colonial M arseillais.
Le lundi, 24 octobre 1910, à 9 heures du m atin,
il sera procédé à T ananarive, dans une salle
de la D irection des T ravaux publics, dans les
conditions fixées p a r la décision en date du 28
février 1907 et dans les form es réglem entaires, à
la réadjudication, .sur .concours, de la fo u r­
nitu re de 1.000 tonnes de charbon de terre
&lt;( tout-venant ou briquettes » Le C ahier des
charges p o u rra être consulté à l ’In stitu t Colo­
n ial M arseillais.
Le 27 octobre 1910, il sera procédé à P a ris,
au M inistère des Colonies, à l’ad judication de la
fourniture de wagons nécessaires au chem in de
fer de Saïgon-K anhoa-Langbian, Indochine.
C onsulter le C ahier des charges à l ’In stitu t Co­
lonial M arseillais.

�186

L’EXPANSION COLONIALÈ

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
3VLa, o s e i l l e
TEX TILE S
les
Raphias cia Madagascar. — Tamâtave
l ro q u alité.................................................... F.
Majunga b lan c..............................................
A nalalave b lan c............................................
Tare d’usage,escom pte H o/o comptant,
m archandise prise fl quai ou m agasin
Marseille. — Article ferm e.
Fibres d ’Alocs. — Bourbon I e1'c h o ix ....
Bourbon o rdinaire.......................................
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar...............................

100 k.
G'i/65
70/71
64

06
55/60
80

ESSENCES
le kilo
De Géranium Bourbon bien tenue...........
30
De Vètyver B ourbon...............................'.
32
De Lemon-Grass (V erveine)...................
12
De Ylang- Ylang.......................................... 300/400
V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tête
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Éntrepôt, escompte 3 o/o
comptant, le k i l o ...............................'.----- 35/38
Vanilles ordinaires sa in e s........................... 27/28
»
inférieures
»
22/24
»
Tahiti l ro q u a lité .......................... 12.—
CUIRS DE M AD AG ASCAR
les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s..................................... 135/150
Tamalave » » ..................................... 125/135
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tam atave rosé,
l ' r choix. — P in k y n° 1 ..............
9.50
10.—
M adagascar lo m b iro ..................... 10.— à 10.25
Tam atave Guidroa 1er choix..........
7 .—
7.25
M ajunga 1er choix...........................
9 .—
9.25
N ossi-B è........................................ .
4 .—
5 .—
Diégo-Suarez 1" choix...................
9.50 10.—
T ulléar................................................
3. »
5 .—
Tonkin rouges 1er choix.................. 12.— 12.25
» n o i r s .....................................
8.50
8.75
» lan ières................................. 10.— 10.25
» plaq u es..................................
7.50
7.75
Nouméa, bon co u ran t..................... 10.— 10 50
Niggers Soudan ro u g e s .................. 10.50
T l.—
Soudan-N iggers blancs ...............
9 .—
9.25
Sénégal-Gam bie A .........................
9.50
9 75
Ces prix s'entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.
C I R E S D ’A B E IL L E S
M adagascar.................................
315 à 317 »
A lgérie......... .............................
320 325 »
Tonkin...........................................
320 325 »
S én ég al.........................................
330 332 50
Ces prix s’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable com ptant à tout entrepôt.
G IR O F LE S de Sciintc-Marie (Madagas­
car)................................... les 100 k. 220 à 225 »
Escompte 2 o/o, payable com ptant à tout
entrepôt.

O RSE1LLE Madagascar
30 fr. les 100 lui. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(C. Honnorat).
CA F É S
Guadeloupe bonifieur....... .. les 50 k.
Guadeloupe habitant__ .....................
N oum éa............................ .....................
Bourbon pointu................. ......................
N ouvelles-H ébrides.____ .....................
Libéria do M adagascar__ ......................
M archandises à l'entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

130 à 134
130
125
100
90
125 135
97
90
90
98
Blanc.)

G R A IN E S O L É A G IN E U SE S
Coprahs.— Qualité «Séchés au
les 100 kil.
S o le il» ......................................F. 6 6 —
-----« Loyale et Marchande » ..........
60 — — —
Arachides Afrique, décor t ..........
41 — 43 —
Palmistes. — Bas de côte, Côte
d’ivoire.............
44 — -----»
G uinée...................
42 — ------Huila de palme — D a h o m e y ...
75 — — —
G ran d -B assam ...........................
72— -------L ahou............................................
71 — — —
(Picliot et De Gasquet.)
IL e

H a v re

CAOUTCHOUC
Tam atave Pinky I ....................... F. 8 » à 14 »
»
Pinky I I .......................
8 » 10 »
M ajunga............................................
8 » Tl »
F a ra fa n g a n a .....................................
7 »
9 »
Mananzary, Lom biro......................
8 » 10 »
Tonkin................................................
9 » 13 »
Congo Ilaut-O ubanghi ................. 16 — 16 50
N’Djolé............................................................. 8 50
(Le tout au kilog, Le Havre.)
T E X T I L E S . - Sisal A friq u e.. . .
Aloès Réunion..................................
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)

69 — à 70 »
50 » 66 »

BOIS acajou Gabon.........................
»
»
Okoumé.....................
» ébéne G abon.........................
»
» M adagascar................
(Le tout aux 100 kilos.)

12 » à 20 »
9 50 10 »
15 » 30 »
15 » 30 »

le kilo.
3 35
les 100 k.
GOMME Copale A frique.......................
50 à 100
»
M adagascar......... : ................. 100 » 400
(Vaquin et Schweilzer.)
CIRES M adagascar............... ............

B o rd e a u x
CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N iggers.................................... 1“ à 18.—
Soudan* N iggers r o u g e s .......................
16.—
Soudan Niggers b la n c s................................. 15.—
Lahou N ig g ers................................................ 14.—
Gambie A . . ...................................................... 12.—
Gambie A M ...................................................... Tl —
Gambie B ....................... ................................. 10.—
Bassam L um ps................................................
9 .—

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d'émission

V
A
L
E
U
R
S

E M P R U N T S CO LO N IA U X
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o .1892
( g a r .) .........................................
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ...........
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) ........................................
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
94 —
—
Em. 3 o/o 1903-05 (gar.)
450 — Indo-Chine, chem. de fer o b i.
3 1/2 o/o, 1899-1905 ...............
465 —
—
obi. 3 o/o 1902...........
500 —
—
—
1909...........
480 — E m prunt A lgérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p .............. ......
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1/2o/o
1897............................................
987 50 “Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1 /2 o /o l8 9 8 ...........................
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
492 50 Col. de la M artin iq u e..............
470 — A friqueO ccident.,3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g a r.)...............
500 — Congo français, 3 o/o 1 9 0 9 ....
642 50 Maroc 5 o/o 1904-10, rem. à 500

D erniers
cours

Fr.
457 427 —
499 —
78 —
80 —
91 —
475 —
415 —
456.—
4G1 —
955 —
970 —
461 —
456 —
480 —
456 —
456 —
520 —

B A R Q U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Cie Algérienne, a c t.d e 500 t. p. 1245 —
500 — Créd. Fonc. d ’A lgér. et Tunis.
586 —
—
—
—
lib.
590 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ......................... • ........... 1788 —
500 — Banque de la Guadeloupe, act.
de 500 t. p . (n.)......................
411 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).............................................. 1100 —
500 — Banque de la M artinique, 500
t. p. (n.) ................................. 1600 —
375 — Banque de la Réunion, act. de
375 t. p. (n )................... " ...
450 —
Divers Banque de l’Indo-Cliine, act.
de 500 (125 p. n o m .)............. 1480 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
855 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t. p. 1260 —
500
Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
117 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ..................................
202 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350...................................
172 —
CH E M IN S D E F E R A L G É R IE N S
E T COLONIAUX
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600.. 680 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
424 —
500 — Est A lgérien, act. r. à 600695 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500
422 —
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
637 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 425 —

18 7

------ Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
425 —
340 — M ècheria-Aïn-Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
427 —
-------Mouzbah-Mécheria, obi. 3 o/o .
rem. à 500..............................
425 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
422 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Y u n n an , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. do
fer, act. rem. à 650................. 1191 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500 384 —
413 — Chem, de fir et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.....................
431 —
V A L E U R S M IN IÈ R E S
— — Cliarb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............................................
430 — Cliarb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500...............................
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), aet.
de 500 t. p ................................
477 50 A lgérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. h 500...............
------ Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .....................................
500 — Mokta el Hadid, act. 500 t. p.
— — Cie nantaise des mines de
M adagascar.............................
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p ... .
445 —
—
obi. 4 o/o rem . à 500.
375 — Compagnie Minière du C ongo..
100 — Phosphates du Dyr, act. de
“100 t. p .....................................
454 50 Phosphates du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.........
500 — Phosphates et Ch. de fer de
Gafsa, act. de 500 t, p ..........
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ...
Compagnie m inière de Guinée : act........
Compagnie des mines de Siguiri : act.

1G78 —
504 —
835 —
496 —
612 —
1640 —
307
730
507
1250

—
—
—
—

83 —
485 —
3650
3024
49
65

—
—
—
—

V A L E U R S CO LO NIALES D I V E R S E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d e n tale................ (actions nouvelles).
3920 —
Cie M arseillaise de M adagascar ...............
625—
Congo occidental...........................................
150—
H aut-Congo (Compagnie française du)..
545 —
H aute S an g h a.......................................
212—
Ekela Kadeï Sangha.................................
193—
N’goko S a n g h a .................................. . ..
275 —
H aut-O gôoué...................................................
700—
La Kotto.............................................
500—
M’Poko..............................................................
199—
M essageries Fluviales du Congo. ...........
316—
Sultanats du H aut-O ubangui................... 1083 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
a c t...................................................................
378—
D istilleries de l’Indochine, a c t....................
695—
Société cotonnière de l’In d o ch in e...........
276 —
Cie du Maroc et des Colonies africaines.. 240 —
Le Président de l’Institut, Gérant :
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�SER VICES POSTAUX MARSEILLE-COLONIES
D é p a rts de M a rs e ille
DATES DES DEPARTS DERNIÈRE LEVÉE
D E M A R S E IL L E

A lg é rie
Départements

»

d’Alger, d’Oranct Voie de Marseille]
C 'eG ^Trans.
et d’A lg e r...
de C onstantine
Voie doMarseille, T ransp. Mar.
d’Alger . . . .
»
CicT ouache.
a
O G laTrans.
d’Oran. .
»
T ransp. Mar.
»
C'e G1'T ra n s.
de Conslanlinc

Mardi, Mercredi, Vendredi, Di­
manche .......... .. ................

Mercredi et Samedi.
J e u d i. . . . ’..................
Jeudi et S am ed i.. . .
M ardi..... ...................
M ardi.........................
M ardi.........................
S a m e d i.....................
Oic Touache. J e u d i.........................
CicGl0 Trans. Lundi, Jeudi el Vendredi.........
Cia Touaclie. M ercredi...................
S a m e d i.....................
»
Cie des M. M. (Jndim . sur déni à p. du 3 jan r.
Voie d eB rin d isi,p aq. Anglais. Vendredi ap. d. de Marseille . .

T u n i s ie .
I n d o - C h i in e .....................
A f r i q u e O c c id e n t a le
F r a n ç a is e

11 h. m at.
3 h. 20 soir.
10 h . 30 m .
3 h. 20 soir.
3 h. 20 soir.
10 h . 30 m
3 h. 20 soir.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
11 h. m at.
10 h. 30 m.
10 h. m at.
10 h. soir.

DEPARTS
D E S B A TEA U X

1 h. soir.
G h. soir
m id i.. . .
5 h . soir
5 h . soir
m id i.. . .
5 h . soir
m id i__
m id i__
m id i___
I h. soir
m i d i ....
II h. m at..

Voie de Bordeaux, Cio des Charg. ItéuD. 24 de chaque m ois. Gh. 35 soir,

Voie de M arseille, T ransp. Mar. 10, 20 el 30 lie chaque m o is..
Voie deBordeaux à Lisbonne, Ci" des M. M. Le Jeudi, l . l . 1 i j . à p . d u l e r janv.
10 de chaque mois
»
D jib o u ti, M a d a g a s c a r , Voie dcMarseille,
25
»
R é u n io n e t M a u r i c e
»
Cic Havraise. V e r s l e 2 0 de chaque mois.
D j ib o u ti, M a j u n g a ___
Voie de M arseille, Cio des M. M. Du dim. sur quatre à p. du 17 jauv
N o u v e ll e - C a lé d o n i e
Voie de Brindisi
paq. Anglais. Chaque Vendredi .,
e t N o u v e ll e s - H é b r id e s
ou N a p le s..
Voie de Marseille, Cic des M. M. On Mercredi sur 4 à p. du 13 janr.
In d e F r a n ç a is e
Voie d eB rin d isi,p aq. Anglais. Vendredi ap .-m id i.
Voie de St-Nazaire, Cio Glc T rans. 9 de chaque m o is ..
G u a d e lo u p e
^
20
»
Voie deBordeaux,
»
e t M a rtin iq u e
j
Voie de C herbourg, paq. Anglais. Le M crcr., 1 .1 .1 i j . à p . du C jan t.
Voie de St-N azaire, CicG,c T rans. 9 de chaque m o is ..
Voie d’A m sterdam , paq. N é e rl.. V endr., 1 .1. I t joursà p.du 8 janx.
Guyane F ra n ç a is e
Voie de C herbourg, paq. Anglais. Le M c rc r.,1 .1.44 j. à p. du 6 janr.
S é n é g a l ............................

...j

T ah iti
S t-P ie rre -M iq u e lo n

D E LA B O IT E

10 h. 30 m.
6 h .35 soir.
10 h. m at.
10 h. m at.
m at. onsoir.
10 h. m at.

m idi.
11 h. mat..
11 h. mat..
11 h. m at..

10 h. soir. 11 h. 30 s.
10 h. m at. 11 h m at.
10 h. soir, 11 h. 30 s.
l’axanl—xeillc soir,
la veille au s o ir .,
l’aT.-Tcille malin,
l’avant-ieille soir,
la veille au so ir.,
l’av.-veille malin.

j Voie Le H avre et C herbourg
p a r N ew-York
|

A rriv é e s à M a rs e ille
A lg é rie :

A lg er.................................
C onstantine par Pliilippeville et B ô n e .. . . . .
O ra n .................................
T u n i s i e ............................
In d o - C h i n e
N o u v e lle -C a lé d o n ie .

Voie de B r in d is i........

Lundi, M ercredi, Vendredi, Sam edi.
Lundi, M ardi, Jeudi, Sam edi. . . .
Lundi, Mercredi, Jeudi, Samedi.

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c a r e t D j i b o u t i . . . . j chaque mois.
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que, G u y a n e :

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Voie de B ordeaux........
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Le 26 de chaque mois
Le 17 de chaque mois
Le Vendr. ions les t! jouis.

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ments, réception et transport de fonds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
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compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.

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S ta tu ts : F a b riq u e de R eg istres.

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HORS CONCOURS, MEMBRE DU JURY
3

3

9

3

A L’EXPOSITION COLONIALE
3

3

MARSEILLE 1906

OU

SÉMAPHORE

LITHOGRAPHIE
G rav u re, T aille-douce, C hrom os ; F a c tu re s, M andats,
T êtes de le ttre s ; P ro g ra m m e s e t M enus illu s tré s ;
M ém o ran d u m s, C a rn ets à so u ch e ; L e ttre s de
M ariage e t de N aissance.

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b o n b o n n e s e t d a m e s-jea n n e s n u e s, clissées e t en p a n ie rs . — N ouveaux p ro c é d é s de fa b ric a tio n m é c a n iq u e .—
B revets fra n ç a is e t a lle m a n d s.

18,

r u e des P r i n c e s

—

M A R S E IL L E

IM P . DU S É M A I'H O R E -

B A R L A T IE R -

M A R S E IL L E

T é lé p h o n e

3 -0 5

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES S T A T U T S

Ar t . 2.

Cette association a p o u r b u t l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économique qui lui p a ­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In s titu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
L a prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de droit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à q u atre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et d ona­
teurs sont ceux qui dans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent un concours financier im portant.
La deuxième catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con-

S ervices de l'Institut :
Rez-de-chaussée : Salle des Cours Coloniaux.
Ier étage : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat de l’In stitu t, B ureau de
Renseignem ents.
Musée Commercial.
Rédaction de 1’ « E xpansion Coloniale ».
Cours coloniaux :
Directeur : M. le Dr H eckel .
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J um elle .
P ro d u its anim aux et p arasitologie des plan tes
et des anim aux des colonies.
M. Jacob de Cordemoy .
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .
H istoire et G éographie Coloniales.
M. P . M asson .

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soi»
su r sa dem ande, tous renseignem ents de natu r*
à seconder l’œuvre coloniale de l’In stitu t.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l’Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au Président.
La dem ande d’adhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
mine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, pendant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre do n ateu r il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

L égislation et Economie Coloniales.
M. Raynaud.
Hygiène Coloniale et Epidém iologie.
M. le Dr R eynaud .
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. Davin.
H istoire des R eligions dans les peuples indigè­
nes des colonies.
M. G. F oucart .
M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».
____________
Institutions con n exes :
2me étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’A lliance F ran çaise.
3m” étage : S yndicat des E xportateurs.

Com ité de rédaction de « l'E xpansion C oloniale »
MM. Ad. Fouque, Président de la Commission du Musée Commercial et du Bureau de Rensei­
gnements ; Louis Ytier, Vice-Président : Jacques Léotard, Secrétaire; Paul Masson, Pro­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. Emile B a il l a u d , Secrétaire de l’Institut colo­
nial. — M. Auguste G i r y , ancien Directeur-Adjoint de l’Exposition coloniale.
M arseille. — Im p rim e rie du S é m a p h o r e , B a r l a t ie r , ru e V enture, 17-19.

�Imprimerie
du “ Sém aphore**
B arlatier
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M arseille

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4mc A nnée. — N« 36

Le N um éro : 50 ce n tim es

l l-r N o v em b re 1910

LEXPAHSIOHGOLOHIALE
B U L L E T IN

IDE

L’INSTITUT COLONIAL M A R S E M S
PARAI SSANT

LE

1er

DE

CHAQUE

MOIS

S O M M A I R E
PAGES

Réception du Gouverneur général de Mada­
gascar....................................................................
Institut colonial marseillais :

189

Extraits des Procès-verbaux.............................
Bureau de renseignem ents.............................
Extraits de la correspondance.........................
Cours coloniaux.................................................
Musée commercial : Exposition des blés. . .

ABONNEM
ENT : F r a n c e

et

192
196
197
199
199

Le commerce des graines oléagineuses en Afrique
équatoriale française, p a r M. A. B a u d o n . . .
Régime douanier colonial....................................
Actes coloniaux officiels........................................
Institutions connexes.......................... ..................
Avis d'adjudication ...............................................
Marché des produits coloniaux ................
. .
Marché des valeurs coloniales.............................
Services postaux Marseille-Colonies..................

C o l o n ie s ,

R ue N o a ille s, 5

6

fra ncs;

É tranger,

— T élé p h o n e 3 6 - 9 0

M A R S E IL L E

S

francs.

PAGES

206
207
209
209
209
210

211
212

�IN ST IT U T

C O LO NIAL

M A R SE IL L A IS

Fonde sous le haut patronage de. M . le Ministre des Colonies
P résid en ts d’h o n n eu r :
MM.
MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Maire de Marseille.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Le P résident du Conseil général.
Française.
Le R ecteur de l’U niversité d ’Aix-Marseille.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
Le R ésident général de la République Française
F éraud, A ugustin, P résid en t hon o raire de la
à Tunis.
Chambre de Commerce.
Le Général C om m andant en chef le XV' Corps
Charles -Roux, Jules, Com m issaire f énéral de
l’Exposition Coloniale de M arseille 1906.
d ’armée.
M embres fo n d ate u rs :
Desbief , Paul, P résident de la Cham bre de Corn
merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
Armand, Albert, Membre de la Chambre de Com­
la Chambre de Commerce.- — Dufay, Gigandet
merce. — B ergassè, H. et C“. — Bohn, Frédéric,
et C". — Gavoty, Charles. — H eckel, E douard (Dr),
Membre de la Cham bre de Commerce. — CharlesP
rofesseur à la Faculté des Sciences, D irecteur du
Roux, Jules, Com m issaire général de l’Exposition
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de Saintm ins de fer de P a ris à Lyon et à la M éditerranée
Louis. — S ociété Générale des T ransports M ari­
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
Industriel et Com mercial et de Dépôts. — S ociété
pagnie M arseillaise de M adagascar. — Comptoir
Générale pour favoriser le développem ent du
National d’Escompte de P aris. — Crédit Lyon­
Commerce et de l’Industrie en France.
nais . — Compagnie des M essageries Maritimes. —
MM.

M embres d o n a te u rs :
bre de la Chambre de Commerce. — Mailhat, H.
MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Bari.atier , Paul. — Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
Bercer , C. — Chabrières , Morel et C“. — Cham­
ral de la Compagnie F rançaise de l’Afrique Occi­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
dentale. — Noilly P rat &amp; C‘\ — N. P aquet &amp; C". —
J. et A. P avin pe L afarge. — Rastit , H enri. —
et Entrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
R occa, T assy et De R oux. — E. R odocanachi. —
de N avigation (Fraissinet &amp; C"). — Compagnie de
R olland, Alex., membre de la Cham bre de Com­
Navigation Mixte Compagnie Touache). — Compa­
merce. — Rodiiigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
gnie des Vapeurs de Charge Français. — Compagnie
Morue F rançaise ». — S tapfer , Daniel, Membre
Générale F rançaise de T ram w ays. — Cyprien de la Cham bre de Commerce. — S ube, Ludovic,
F abp.e &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
V ice-Président de la Cham bre de Commerce. —
rie. — Dufour M arius et Fils — E strine , Lucien,
Vice-Président de la Chambre de Commerce. — Usslaub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropulo et
Féraud, A ugustin, P résident honoraire de la
Za rifi .
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile, MemCONSEIL D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul, P résid en t h onoraire de la Chambre de Commerce.
M. E strine , Lucien, P résident de ia Chambre de Commerce.

Président : M. Artaud, Adrien, M embre-Secrétaire de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Bari.atier . Pau), D irecteur du
Vice-Présidents : MM. le D' H eckel , DirecteurSémaphore ; F ouque, Adolphe, P résid en t hono­
Fondateur du Musée Colonial, P résident

de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
raire du S yndicat d ’in itiativ e de Provence.
Chef d u Service Colonial ; le C” Armand,
Trésorier : M. Yt ie R, L., A ssureur, Vice-Président
Albert, prem ier Vice-Président de la Chambre
du Syndicat des E xportateurs.
de Commerce, P résident du Syndicat M arseil­
Trésorier-Adjoint : T éisseire , R aym ond, Avoué,
lais de la M arine M archande ; B ohn, Frédéric,
S ecrétaire de la Société de Géographie.
Membre de la Cham bre de Commerce, Admi­
nistrateur-D irecteur de la Com pagnie F ra n ­
çaise de l’Afrique Occidentale.
M embres :
MM.
MM.
L ombard, Em ile, Vice-Président de la Chambre
Allemand, J., Membre de la Cham bre de Commerce,
de Commerce.
Allest , J. (D’), A dm inistrateur-D élégué de la Com­
Mallen, E., Arm ateur.
pagnie Générale T ransatlantique..
Martin -Laval, F., Vice-Président du Syndicat dès
Arnaud Lucien, Minotier.
E xportateurs.
Bergasse , Alexandre, Négociant.
Masson, Paul, P rofesseur à l’Ü niversité et à l’Ins­
Bourdillon, A., Arm ateur.
titu t colonial.
Charve, L., Doyen de la Faculté des Sciences.
Moriceau, E., A dm inistrateur en chef des Colonies
Déchaud, D irecteur des M essageries M aritimes.
en retraite.
Dufay, H., Ane. Vice-Prés, de la Chamb. de Comm.
R astit , Henri, Industriel.
Dufour, Antonin, Juge du T ribunal de Commerce.
R astoin , E., Président, de la Société pour la Dé­
Dufour , J.,Présid. du Syndicat des Cuirs et Peaux.
fense du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
E sttér, Nicolas, ancien P résident du Conseil géné­
Roux, François (De), Juge au T rib u n al de Com­
ral dès' Bouches-du-Rhône.
merce.
Gaffarel, Paul, Professeur à l’Université.
T urcat, H., Membre d» la Chambre de Commerce.
Giraud , Hubert, Arm ateur, Membre de la Chambre
Velten , Edouard, In Ju striel, Ancien Membre-Se­
de Commerce.
crétaire de la Chambre de Commerce.
J acquemet, Louis, Président du S yndicat des
L évy, Clément, t" A djoint au M aire de M arseille.
Négociants en cafés.
J oannon, A., Avocat, P résident de l’Association
Delibes , J., Délégué d u Conseil M unicipal.
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole Supérieure
R ossi, Clément. Délégué d u Conseil Municinal.
de Commerce.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
J ourdan. Félix, Juge au T ribunal de Commerce.
T alon, Eug.. Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.
Secrétaire de l'Institut colonial : Emile B aillaud,
L éotard, Jacques, Secrétaire général de la So­
diplôm é de l’Ecole des sciences politiques, an ­
ciété de Géographie.
cien chargé de Missions coloniales.

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désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications. Il a installé dans
son hôtel (ascenseur), des salles de réunion,
lecture et correspondance, où ils trouveront
des journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser.

Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

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�Quatrième Année.

N° 36

1er Novembre 1910.

L'EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais
--

—

-

R É C E P T IO N

du Gouverneur général de Madagascar
M. Picquié, inspecteur général des Colo­
nies en retraite, nommé gouverneur général
de Madagascar, est arrivé à Marseille le 8
octobre, pour s’embarquer à destination de
son nouveau poste. Il a été reçu dans l’a­
près-midi de ce jour au Palais de la Bourse,
par la Chambre de Commerce, sous la pré­
sidence de M. Estrine, et les desiderata mar­
seillais lui ont été exprimés, notamment par
notre président, M. Adrien Artaud, membresecrétaire de la Chambre de Commerce, au
nom de l’Institut colonial. L.e lendemain ma­
tin, M. le gouverneur général Picquié, après
avoir reçu à son hôtel la visite du Bureau de
l’Institut Colonial marseillais,représenté par
MM. A. Artaud, président ; Heckel et Bohn,
vice-présidents ; Fouque et Teisseire, a bien
voulu visiter rue Noailles les différents ser­
vices et musées de l’Institut Colonial, ainsi
que la Société de Géographie. Notre Exposi­
tion des blés l’a particulièrement intéressé,
en ce qu’elle lui a montré l’importance que
pouvait avoir pour Madagascar l’exposition
qui aura lieu l’an prochain et qui sera con­
sacrée aux riz. Il a admiré les collections du
Musée colonial et a été d’avis que le nouveau
Musée commercial, dont l’installation se ter­
mine, formerait un nouvel élément des plus
précieux à l’activité de l’Institut colonial. En
terminant sa visite, M. Picquié a manifesté
toute, son approbation pour l’œuvre entre­
prise, en assurant que l’appui du gouverne­
ment de Madagascar lui était entièrement
acquis. Le nouveau Gouverneur général est
parti le 10 octobre à bord du paquebot Oxus,
des Messageries Maritimes.
Voici le texte de la déclaration faite à
M. Picquié par notre président M. Adrien
Artaud :
Monsieur le Gouverneur général,
J’ai à vous soumettre des questions visant
deux ordres de faits. La première est relative

........................

........

............................

U V»-*

A

—

au Régime douanier de Madagascar, la.
deuxième a trait au Régime intérieur et
vise les boissons.
REGIME DOUANIER
La Chambre de Commerce de Marseille
n’a pas encore délibéré sur la question de la
Révision du Régime douanier et c’est pour
vous soumettre les desiderata de l’Institut
Colonial Marseillais (association filiale de la
Chambre de Commerce) que je prends ac­
tuellement 1a, parole. Veuillez me permettre
d’abord de vous présenter cette institution.
L’Institut Colonial a été créé en 1906 par
la Chambre de Commerce de Marseille pour
rendre permanents les bienfaits de notre
Exposition Coloniale en développant tou­
jours plus la vulgarisation des notions colo­
niales et en travaillant à. faciliter la péné­
tration mutuelle toujours plus grande des
Colonies et de la Métropole. Il donne un
enseignement colonial confié à 8 professeurs
émérites de l’Université d’Aix-Marseille et
dont les cours, portant sur les «produits végé­
taux coloniaux », les « produits animaux des
colonies », la « minéralogie et la géologie
coloniales'», i’« histoire et la géographie des
Colonies », leur « législation », l’« hygiène
coloniale », les « cultures des colonies » et
enfin l’histoire des « Religions des peuples
indigènes », sont particulièrement suivis,
Un jardin colonial et un musée de toutes les
substances susceptibles d’alimenter les af­
faires de la Métropole et des Colonies com­
plètent les cours. Cette partie savante de
l’Institut Colonial est placée sous la direc­
tion particulièrement autorisée de M- le doc­
teur Heckel, dont le nom est synonyme
d’apostolat scientifique colonial.
L’Institut comprend, en outre, à côté du
Musée colonial d’études, un Musée commer­
cial des produits donnant déjà lieu à des
échanges, avec parts égales faites à l’im ­
portation et à l’exportation. Dans ce Musée,
à côté du produit national exporté, doit figu­
rer pour l’édification de nos industriels le
produit -étranger similaire, faisant concur­
rence dans nos colonies au produit métro­
politain.
Un bureau de renseignements ouvert au
public permet de se procurer toutes informa­
tions coloniales et une revue « l’Expansion
Coloniale » reproduit Les renseignements
donnés lorsqu'ils sont d’ordre général et
tient le public au courant des travaux de
l’Association.
l

�15)0

L’EXPANSION COLONIALE

Cet Institut, auquel la Chambre de Com­
merce prouve sa sollicitude par la nomina­
tion du Président et de quatre membres du
Conseil et par des subventions importantes,
jouit également de la plus grande estime
auprès des corps constitués. Il est placé sous
le haut patronage de M. le Ministre des
Colonies, il jouit de subventions considéra­
bles de la part de la Municipalité marseil­
laise, du Conseil général du département
des Bouches-du-Rhône ; des Gouvernements
généraux de l’Algérie ; de l’Afrique Occiden­
tale française ; de l’Indo-Chine ; de la Ré­
gence de Tunis ; du Gouvernement de la
Martinique ; de Chambres de Commerce et
de Chambres d’Agriculture Coloniales et il
espère, M. le Gouverneur Général, collabo­
rer de son mieux auprès de nos importateurs
et de nos exportateurs à votre œuvre de dé­
veloppement de la prospérité de la grande
Ile. Déjà il s’est occupé du caoutchouc, de
la sélection des riz. de la production du cris­
tal de roche, de l’importation en France des
animaux de Madagascar sur pied et à l’état
de viande réfrigérée et sur tous sujets et en
tout temps son concours est à votre entière
disposition.
Depuis sa constitution l’Institut Colonial,
sans perdre de vue aucun des buts pour
lesquels il a été créé, s’est spécialisé dans
l’étude du Régime douanier colonial, consi­
dérant que le régime douanier d’un pays
peut considérablement aider à son dévelop­
pement ou enrayer une grande partie de ses
moyens d’action.
Il a commencé ses études en 1906, au
Congrès Colonial de l’Exposition où M. Paul
Desbief, alors Président de la Chambre de
Commerce et Président fondateur de l’Insti­
tut Colonial avait la présidence de la « Sec­
tion du Régime économique, et de l’organi­
sation commerciale des Colonies » et où ce­
lui qui a l’honneur de vous entretenir au­
jourd’hui était rapporteur général de la sec­
tion. Ces études sont allées se précisant au
cours de divers Congrès et à mesure que les
réponses des Colonies à la circulaire de M.
Milliès-Lacroix du 18 janvier 1908, donnant
satisfaction au vœu du Congrès colonial de
Bordeaux 1907, sont arrivées. De même
l’Institut a suivi ces réponses lorsqu’elles
ont été soumises à la Commission intermi­
nistérielle, nommée le 28 janvier 1909 pour
l’étude du Régime Douanier Colonial, et il
a répondu au questionnaire rédigé par cette
Commission et qui lui a été envoyé pour
avis par M. le Ministre des Colonies. Veuil­
lez me permettre de vous remettre un exem­
plaire de cette réponse.
La question du Régime Douanier Colonial
a revêtu, depuis le 30 mars dernier, un carac­
tère d’urgence ■tout particulier, puisque l’ar­
ticle 8 de la loi de Révision douanière a fixé
à un an le terme parlementaire de sa solu­
tion. Les Corps qui se préoccupent de cette

question doivent donc se hâter de soumettre
leurs conclusions.
Celles de l’Institut Colonial, M. le Gou­
verneur général, peuvent se résumer ainsi :
Le vice essentiel du Régime de 1892 est de
réduire et même de supprimer un peu par­
tout où il a été appliqué les recettes doua­
nières coloniales- Ses grandes lignes sont :
franchise pour les produits de la Métropole,
tarifs prohibitifs pour les produits étrangers
susceptibles de concurrence de la part de nos
industriels, immunité pour les produits
étrangers de première nécessité. Aussi toutes
nos colonies ont-elles plus ou moins ressenti
les conséquences de la pénurie de leurs res­
sources et ont-elles dû demander ce qui leur
était strictement nécessaire aux impôts de
capitation, aux monopoles et aux droits d’oc­
troi de mer.
Les impôts de capitation sont difficiles à
faire rentrer dans nos colonies et ils sont
vite comme taux hors de proportion avec
les facultés contributives des indigènes, qui
dans la brousse ne travaillent qu’un nombre
très restreint de journées par an et pour de
très-faibles salaires. En Afrique Occidentale
on estime qu’on a atteint la limite de ce que
peut donner l’impôt de capitation et cepen­
dant le chiffre varie suivant les régions en­
tre 3 et 5 francs.
Je n’ai pas à m’étendre auprès de vous
qui avez administré l’Indochine, M. ’e
Gouverneur général, sur les inconvénients
des monopoles aussi bien pour leur gestion
et leur rendement que pour les nécessités de
contrôle auprès des indigènes et pour les
questions qu’ils soulèvent.
Quant à l’octroi de mer, il a le désavantage
de se superposer à un renchérissement déjà
obtenu par les taxes douanières et il éloi­
gne le consommateur colonial du produit
métropolitain sur lequel il est assis.
Un exemple facilitera ma démonstration
à ce point de vue. Le décret du 31 mai 1898
a établi à Madagascar les droits sur les tissus
de coton à 45 % du prix de la marchandise
et cette augmentation a entièrement joué
puisqu’un droit de 35 %, établi l’année pré­
cédente, n’avait pas empêché une importa­
tion étrangère considérable en 1907. Il est
évident qu’une population qui paie un tribut
aussi formidable à l’industrie française a de
la peine à supporter, sans que sa consom­
mation se ralentisse, des droits d’importa­
tion ou d’octroi de mer destinés à subvenir
aux dépenses de la colonie.
Il faut cependant des resssources pour
l’Administration courante et il en faut pour
l’organisation de nos possessions, pour le
développement des communications : routes,
pistes, stations télégraphiques et postales,
services de navigation, et pour l’assainisse­
ment de nos possessions, pour renseigne­
ment, pour les travaux publics, aménage­
ment des ports, constructions de warfs, etc.

�L’EXPANSION COLONIALE
Le seul moyen de1ménager ces ressources
aux Colonies est de leur permettre d’adopter
le système qui a admirablement réussi à
l’Afrique Occidentale française et qui con­
siste à frapper d’une taxe modérée tout ce
qui s’importe dans les Colonies qu’elle qu’en
soit la provenance et d’ajouter à cet impôt
de base, à ce droit de consommation, une
surtaxe sur les produits étrangers, créant en
faveur de la Métropole la marge préféren­
tielle à laquelle on peut considérer qu’elle a
droit.
C’est par ce système que l’Afrique Occi­
dentale est à l’aise dans ses finances et
qu’elle progresse chaque année comme tra­
vaux publics et par suite comme production;
il peut s’appliquer partout avec les modali­
tés qu’exigent la situation géographique des
Colonies, leurs voisinages économiques, le
plus ou moins de densité de leur population,
leur configuration (insulaire ou à frontières
terrestres) et la nature de leur exploitation
minière, agricole, forestière, etc.
Nous proposons en raison de cet exemple
concluant qu’il soit permis à chaque Colonie
de revendiquer de la Métropole les taxes
douanières qui lui paraissent les plus pro­
pres au développement de sa richesse.
On peut dire que le régime unitaire de la
loi de 1892 n’a jamais fonctionné ; la seule
énumération des exceptions qu’il comporte
dépasserait les limites de ce travail et elles
n'ont donné satisfaction à aucune de nos
possessions. Il est impossible qu’un seul ta­
rif règle les rapports avec la Métropole,
avec l’étranger et entre celles de possessions
aussi diverses que les nôtres comme situa­
tion géographique, population et produc­
tions. Il faut donc que le Parlement se limite
à une loi de principe accordant à chacune
de nos colonies la personnalité douanière, en
leur reconnaissant le droit de demander les
taxes les plus favorables au développement
de leur richesse et en se réservant la conces­
sion plus ou moins complète de ces taxes
par des décrets en forme de règlements d’ad­
ministration publique, permettant de sauve­
garder tous les intérêts métropolitains en
j eu.
Nous désirons cependant que les pouvoirs
ne perdent pas de vue à ce moment que le
premier intérêt métropolitain réside dans, la
prospérité des Colonies. Des Colonies heu­
reuses constituent des débouchés de mar­
chandises, d’hommes et de capitaux et déve­
loppent toujours plus l’influence de la Mé­
tropole. Des Colonies à l’état de crise posent
les questions financières, diplomatiques et
sociales les plus embarrassantes pour la Mé­
tropole, à laquelle incombe .toujours en
définitive Je devoir de venir en aide à ses
possessions si celles-ci ne se suffisent pas.
L’Angleterre prospère par ses colonies,
l’Espagne leur a dû de subir une crise qui
de coloniale est devenue métropolitaine et
dont le souvenir est trop présent à tous les

191

esprits pour qu’il soit utile de le rappeler
ici.
Nous demandons enfin qu’une durée soit
assignée aux régimes résultant de décrets
à intervenir, pour permettre l’amortissement
des combinaisons commerciales basées sur
leurs stipulations et aussi pour permettre de
remédier aux défectuosités qu’ils pourraient
comporter, malgré toutes les précautions
prisesNous savons, M. le Gouverneur général,
que le régime douanier de Madagascar éta­
bli définitivement en 1898 est basé sur le ta­
rif général et que, quel que soit votre désir
de développer les affaires dans la grande Ile.
il vous faut tenir compte de cet état de cho­
ses, mais c’est justement un des avantages
de nos conclusions que de pouvoir s’adapter
à tous les âges économiques d’une colonie, à
tous ses besoins et à tout ce qui résulte des
précédentes stipulations. Si une Colonie
peut, par exception, se trouver bien du Ré­
gime de 1892, la personnalité douanière ac­
cordée à chacune de nos possessions peut
permettre à celle à qui il convient de le con­
server.
Nous vous demandons, M. le Gouverneur
général, d’être avec nous pour obtenir du
Parlement la. loi de principe qui seule peut
être prête à temps et qui seule sauvegardera
tous les intérêts légitimes.
REGIME DES BOISSONS
M. le Gouverneur général Augagneur a
pris, à la date du 14 mai .1907, un arrêté pu­
blié au Journal Officiel de la Colonie le 25
clu même mois (n° 1104) élevant la taxe des li­
cences pour les débitants de boissons et pro­
hibant l’ouverture de tout nouveau débit de
boissons dans les agglomérations dont la
population européenne n’atteint, pas 20 habi­
tants et dont la population globale n’atteint
pas le chiffre de 500 personnes et interdi­
sant la tenue d’un débit de boissons aux in­
digènes.
Ces mesures étaient prises dans le butlouable de réduire les progrès de l’alcoolis­
me; malheureusement d’après les renseigne­
ments que nous possédons, on a obtenu un
résultat absolument contraire : les boissons
alcooliques européennes importées ont été
durement frappées, mais ces produits con­
trôlés comme qualité, comme degré alcooli­
que, payant des droits au fisc ont été rem­
placés par la production et le commerce
clandestin de la Betsa-betsa, alcool on ne
peut plus nocif dans les conditions dans
lesquelles il est distillé.
En outre les boissons hygiéniques : le vin,
le cidre, la bière figurent dans cet arrêté,
parmi les spiritueux dont on réglementait
la vente.
M. le Gouvenrneur général Augagneur
s’est toujours défendu à la tribune du Par­
lement comme Commissaire du Gouverne­
ment, dans ses réponses aux Chambres de

�192

L’EXPANSION COLONIALE

Commerce, aux Syndicats et aux Sociétés
coloniales d’avoir voulu réduire la consom­
mation du vin à Madagascar et il est certain
que la France.qui donne du vin à ses troupes
quand elles sont aux colonies, n’a aucune
raison de désigner aux indigènes ce produit
comme malsain. Elle avait d’autant moins
de raison d’agir ainsi en 1907 que cette an­
née était une année de pleine production
vinico-le où la Métropole luttait contre la mé­
vente et où tous les débouchés si faibles
fussent-ils étaient bien accueillis de la pro­
duction.
Il n’est pas moins vrai que la consomma­
tion du vin à Madagascar a été on ne peut
plus atteinte.
Voici pour Marseille seulement les chif­
fres de l’exportation des vins à Madagascar
empruntés au compte-rendu de la situation
industrielle et commerciale de la Circons­
cription publié chaque année par la Cham­
bre de Commerce de Marseille.
Exportation des Vins à Madagascar
En 1906 ............. 23.956 hectolitres
En 1907 ............. 14.201
»
En 1908 ............. 11.726
»
soit une réduction de plus 50 % en trois
années.
Pendant ce temps la consommation clan­
destine des spiritueux a augmenté à Mada­
gascar. Il nous est impossible de le prouver
par des chiffres, puisqu’il s’agit d’opérations
clandestines ; mais nous le savons par tous
les rapports qui visent même en particulier
certaines difficultés à obtenir de la maind’œuvre parce que celle-ci est absorbée par
la fabrication clandestine des alcools.
Voilà donc le résultat obtenu : des eaux-devie anisées de 30 degrés expédiées en caisses
et dont la valeur comprend pour le 50 %
au moins de la main-d’œuvre'métropolitaine,
payant à la Colonie des droits de trois francs
par litre et par 100 degrés, sans compter une
taxe de fabrication en France, sont rempla­
cées à Madagascar par de la betsa-betsa qui
non seulement ne paie rien, mais dont la fa­
brication absorbe une main-d’œuvre qui fait
défaut pour les œuvres utiles à la colonisa­
tion !
Et la consommation de l’alcool se déve­
loppe au lieu de se réduire!
Les Chambres de commerce et les Cham­
bres consultatives sans l’avis desquelles l'ar­
rêté a été pris ont toujours été unanimes à
le déconseiller et cela se comprend, en raison
de l’organisation du commerce des boissons
à Madagascar éminement favorable à la pro­
pagation du vin chez les indigènes et rédui­
sant la consommation des alcools à leur mi­
nimum de nocivité.
Les maisons de commerce des provinces
confiaient une barrique à certains de leurs
employés indigènes qui écoulaient cette
quantité au détail pour le compte de leur

commettant, le boutiquier indigène était
également l’intermédiaire entre le vendeur
à la dame-jeanne et le vendeur à la très pe­
tite quantité, litre ou demi-litre, nécessaire
pour un repasLes centres malgaches où on compte plus
de vingt Européens ne sont pas nombreux
et jamais la vente du vin et des spiritueux
importés, même dans une agglomération de
500 personnes, ne permettra des bénéfices
suffisants pour nourrir un Européen, sur­
tout soumis à une licence de 600 francs en
dehors de ses frais généraux.
Il va de soi que les relations qui s’établis­
saient des maisons des ports de la côte aux
petits postes de la brousse et des postes à
l’habitant étaient éminemment favorables à
la pénétration toujours plus grande de Ma­
dagascar par nos produits qui suivent le vin
et les spiritueux ; et que l’arrêt de ce mou­
vement a été des plus funestes.
Après trois ans et demi d’application de
ce régime, il n’y a qu’une voix pour recon­
naître que le fait de comprendre les bois­
sons hygiéniques parmi les spiritueux est
une erreur et que l’arrêté tout entier est à
rapporter, car on ne suppprime pas du jour
au lendemain une consommation alcoolique.
Le seul service que l’on puisse rendre en
cette matière à la cause de la tempérance est
d’endiguer la consommation, de la limiter à
des produits contrôlés, de faire payer des
droits à ces produits et par suite de mesurer
avec exactitude les progrès ou les reculs de
la consommation.
Nous nous permettons donc de vous de­
mander, M. le Gouverneur général, au nom
de tout le commerce des boissons le retrait
de cet arrêté qui a nui à des intérêts très
respectables et n’a rendu que nous sachions
aucun service à la cause de la tempérance.

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX

Séance du Bureau du
Septembre 1910
Présents : MM. A. Artaud, président; Dr
Heckel, F. Bohn, Armand, vice-présidents ;
Fouque, secrétaire.
Le procès-verbal de la dernière séance est
lu et approuvé.
Exposition des Blés. — M. le Président
rend compte de l’inauguration de l’Exposi­
tion des blés, qui a eu lieu le 29 août. Il rend
hommage au dévouement avec lequel M. L.
Arnaud,délégué du Conseil d’Administration,
et M. Fouque, président de la Commission
du Musée Commercial, se sont occupés de
son organisation, ainsi qu’à la manière dont
le personnel de l’Institut a su réaliser son
installation.

�L’EXPANSION COLONIALE
Exposition de 1911. — M. Bohn demande
quel sera le sujet de l’Exposition de l’année
prochaine.
M. le Dr Heckel propose le riz. Il a eu l’oc­
casion de s’entretenir avec M. le Gouverneur
général Picquié, de l’intérêt qu’une sembla­
ble manifestation pourrait avoir pour Mada­
gascar et il pense qu’au moment où toutes
nos colonies se préoccupent de l’amélioration
de la culture de cette céréale, il est bon que
l’Institut en fasse l’objet d’une de ses mani­
festations annuelles.
M. Bohn approuve cette idée et demande
s’il ne conviendrait pas de joindre le maïs et
le sorgho. Ces propositions sont adoptées.

193

rences entre ses marchandises et celles de
l’étranger dans ses protectorats et colonies
de cette région. Elles sont toutes taxées éga­
lement. Dans quelques-unes de nos posses­
sions françaises en Afrique Occidentale, les
conventions internationales nous ont obligés
à appliquer aux marchandises métropolitai­
nes et étrangères le même régime d’égalité
do traitement. Dans les autres colonies du
groupe, le droit d’importation de 5 % (ou 6
1/4 en raison de la surtaxe de 25 %) est aug­
menté d’un droit de douane de 7 % (8 3/4 en
raison de la surtaxe) pour les marchandises
étrangères. Ce droit de douane constitue une
protection suffisante pour la plupart des
produits de l’industrie française que l’on
Correspondance. — M. le Président com­ peut appeler « de concurrence », à l’excep­
munique au bureau les principales lettres re­ tion cependant de certaines catégories de tis­
çues depuis la dernière séance, en particulier sus pour lesquelles nos industriels n’arrivent
celle de M. Hasselman, membre de l’Institut pas à concurrencer l’étranger, ne pouvant
Colonial International, qui annonce le trans­ pas fournir des articles d’aussi basse qualité
fert du Musée de Harlem à Amsterdam et de­ et des dessins aussi variés et aussi conformes
mande des renseignements sur le fonctionne­ aux goûts changeants des indigènes. Les
ment de l’Institut Colonial Marseillais dans droits d’importation ainsi recouvrés, sans
le but de servir de guide à la nouvelle orga­ qu’il en résulte un sensible dommage pour
nisation ; celles des différents lauréats de la notre industrie métropolitaine, alimentent
dernière* Exposition des caoutchoucs, qui re­ de la manière la plus facile et la plus ration­
mercient l’Institut pour les diplômes qui leur nelle les budgets des colonies qui les appli­
ont été envoyés et une lettre de M. le Gou­ quent. C’est ce système qu’il convient de gé­
verneur général Klobukowski, qui répond à néraliser. Il n’est pas de bonne politique
la lettre qui lui a été adressée par le Bureau financière de vouloir exempter les marchan­
de l’Institut au sujet du nouveau Bégime dises françaises de toute espèce de droits.
douanier.
Songe-t-on à exonérer des droits d’octroi ces
M. Bohn dit qu’il croit devoir faire, en se marchandises lorsqu’elles franchissent les
plaçant au point de vue financier, l’obser­ portes de nos villes métropolitaines et qu’el­
vation suivante, au sujet de cette dernière les y sont soumises ?
M. Armand se range à cette manière de
lettre :
M. le Gouverneur général rappelle les voir, à condition qu’il soit bien admis que
vœux qui ont été déjà adoptés par les Con­ pour les articles qui peuvent espérer pouvoir
seils supérieurs de 1908 et de 1909 et il ajoute faire normalement concurrence à ceux de
que ces vœux seront très vraisemblablement l’étranger, il y ait une marge raisonnable
proposés de façon définitive par celui de entre les droits respectivement appliqués de
191Ô. Il paraît à M. Bohn que parmi ces manière à faciliter cette concurrence.
M. le Président rappelle que ce sont ces
vœux, celui tendant à l’exemption de droits
pour toutes les marchandises provenant de principes qui ont été exposés à M. le Gou­
la Métropole constitue un véritable événe­ verneur général Klobukowski par la déléga­
ment. L’Indochine s’enlève ainsi la possi­ tion de l’Institut Colonial. En ne les obser­
bilité de se constituer des ressources qu’il vant pas, l’Indochine se prive par avance
lui sera difficile de se procurer autrement. de recettes qu’elle remplacera bien difficile­
On oublie trop généralement que les droits ment et cela sans avantage pour personne.
d’importation sont par essence des combi­
Passage à Marseille de M. Picquié. —- M.
naisons essentiellement financières.qui cons­ le Président annonce au bureau le prochain
tituent dans les pays neufs le meilleur des passage à Marseille de M. le Gouverneur gé­
impôts, le plus lucratif et celui que les Indi­ néral de Madagascar se rendant à son poste.
gènes supportent le plus facilement. Il pa­ La Chambre de Commerce le recevra en
raît d’autant plus naturel que l’Indochine séance et il semble qu’il restera peu de temps
fasse collaborer les produits français au ren­ disponible pour une réception à l’Institut
dement de cet impôt que cette colonie sup­ Colonial. Il sera examiné en temps oppor­
porte la plus grande partie des dépenses m i­ tun ce qu’il sera possible de faire.
litaires locales, qui ailleurs sont laissées à
Tarif Douanier Colonial. — M. le Prési­
la métropole. L’Afrique Occidentale offre un
exemple remarquable des ressources que l’on dent rappelle qu’il a adressé en projet aux
peut tirer d’un bon régime douanier : l’An­ membres du Bureau et du Conseil d’Admigleterre appliquant largement le système de nistration de l’Institut la réponse qu’il a rédi­
liberté des échanges n’a point fait de diffé­ gée au questionnaire adressé par la Commis-

�194

L’EXPANSION COLONIALE

sion Interministérielle sur le nouveau Régi­
me douanier colonial. Il demande l’avis des
membres du bureau sur ce projet qui repose
sur le principe suivant : Etablissement de la
personnalité douanière de chaque colonie et
régime spécial pour chacune, accordé sur sa
demande par la Métropole sous réserve des
mesures nécessaires à la sauvegarde de ses
intérêts généraux.
M. Bohn déclare qu’il a trouvé la réponse
de M. Artaud tout à fait remarquable. Elle
contient la véritable solution. Le Régime
qu’elle préconise est le seul qui, à son avis,
peut resserrer les liens de confiance et de
fidélité qui doivent rattacher les colonies à
la Métropole. Ces liens se relâchent d’autant
plus que les colonies ont la sensation que la
Métropole les exploite. Il faut bien se per­
suader que quelles que soient les apparen­
ces, ce danger est d’autant plus grand que la
plupart de nos colonies sont travaillées par
des émissaires qui profitent de toutes les cir­
constances favorables pour susciter des élé­
ments de discorde. Il est désirable que les
colonies donnent librement à la Métropole un
témoignage de leur attachement en favori­
sant ses importations au moyen d’un tarif
de douane modéré quand les circonstances le
permettent, mais il faut tenir compte d’un
facteur auquel on ne songe pas suffisam­
ment : celui de l’exportation de nos colonies.
Nous nous trouvons en présence d’un phéno­
mène très grave : grâce aux travaux publics
qui y sont entrepris, nos colonies sont en
voie de prospérité et leur faculté de produc­
tion augmente plus rapidement que la fa­
culté d’absorption de la Métropole. Il est donc
de toute nécessité qu’elles trouvent des dé­
bouchés de plus en plus considérables dans
le monde entier.
Si l’on établit des tarifs différentiels trop
élevés dans nos colonies, il faut s’attendre à
voir les étrangers mettre des entraves à l’im­
portation des produits de nos colonies chez
eux. Il convient donc de laisser aux colonies
la possibilité d’accorder des facilités de tarifs
lorsque tel sera leur intérêt.
M.. A. Armand fait observer que le point
délicat est l’établissement d’un mode de ta­
rification qui empêche les produits manu­
facturés dans nos colonies de faire concur­
rence à l’industrie métropolitaine. En outre,
il faut prendre garde au « filtrage » des pro­
duits étrangers rentrant en France comme
coloniaux.
M. le Président dit que c’est justement ce
qui exige un régime spécial par colonie.
M. le docteur Heckel remarque que du
reste la production industrielle coloniale est
bien faible et qu’elle n’a jusqu’à présent pour
but que les préparations qui permettent l’ex­
portation des matières premières.
M. Bohn pense qu’il ne faudrait pas insis­
ter pour demander l’entrée en franchise com­

plète dans la Métropole des produits colo­
niaux dits « riches » : il est tout à fait suffi­
sant qu’ils obtiennent dans certains cas un
tarif différentiel. Il appuie son opinion sur
ce qu’il a dit précédemment à propos de l’In­
dochine sur le caractère fiscal des droits
d’importation. Si l’on veut que la Métropole
reconnaisse aux Colonies le droit de taxer ses
propres produits à leur entrée chez elles, il
est évident que la réciproque doit être vraie
dans la mesure où cela n’arrête pas ces im­
portations.
M. le Président donne communication
d'une lettre de M. Jacquemet, qui lui écrit
en tant que membre du Conseil d’Administration de l’Institut Colonial et président du
Syndicat des négociants en cafés. Cette lettre
signale justement les anomalies du système
actuel, notamment au point de vue des poi­
vres.
M. Bohn insiste pour que l’on ne perde ja­
mais de vue le caractère de fiscalité des droits
d’importation et la nécessité d’éviter à l’é­
gard des étrangers les tarifs prohibitifs pou­
vant susciter des représailles et porter at­
teinte à l’exportation de nos colonies et par
suite à la production indigène.
Le projet de réponse rédigé par M. Artaud
est adopté.
Plus sien n’étant à l’ordre du jour, la
séance est levée à 4 heures 1/2.
Séance du Conseil cl'Administration
du 29 septembre 1910
Présents : MM. Artaud, président ; A. Ar­
mand, F. Bohn, vice-présidents ; Fouque,
membre-secrétaire ; Ytier, trésorier ; Teisseire, trésorier-adjoint; Arnaud, Bourdillon, Du­
four, Jacquemet, Léotard, Moriceau, Rastit,
membres.
Le procès-verbal de la dernière séance est
lu et approuvé.
Exposition des Blés. — M. le président
constate le grand succès de l’Exposition des
blés et remercie M. Arnaud, au nom du Con­
seil d’administration, de la manière dont il a
rempli la délégation qui lui avait été confiée
et dont il a fait de cette exposition une mani­
festation du plus haut intérêt. Grâce à son
intervention auprès des associations marseil­
laises et nationales qui sont spécialisées dans
le commerce ou l’industrie du blé, nos co­
lons algériens et tunisiens ont pu entrer en
contact direct par notre exposition avec les
industriels et négociants qui, en France,
achètent leurs grains. Le tableau de la pro­
duction du pays a été également des plus
complets et montre que nos agriculteurs sont,
tout disposés dès que l’on fait appel à eux à
seconder l’œuvre de l’Institut Colonial. M.
L. Arnaud a su grouper vers un même but
des intérêts si divers et on ne saurait trop l’en
remercier.

�L’EXPANSION COLONIALE

195

M. le Président pense que c’est là une
M. L. Arnaud remercie M. le Président des
paroles qu’il vient de prononcer et assure le excuse plausible, mais qui ne rend pas comp­
Conseil qu’il a été heureux d’avoir pu obte­ te de toutes les irrégularités, comme par
nir le résultat constaté. Il en attribue le mé­ exemple le refus de certains bateaux d’ac­
rite à tous ceux qui ont répondu à l’appel de cepter des connaissements directs sur Fortl’Institut Colonial et est heureux de rendre Dauphin, alors qu’ils sont admis par d’au­
hommage à la manière dont le personnel de tres à la même époque.
M. Moriceau pense qu’il y a lieu également
l’Institut Colonial l’a secondé.
de signaler au gouverneur général les ques­
Admissions. — M. le Président soumet au tions se rattachant à l’exploitation des mines,
Conseil les adhésions de MM. Martin et C°. du riz, du caoutchouc et du bétail. Il fau­
Londres ; J. Boyer et üls, Marseille; J. et B. drait obtenir le retrait de l’arrêté actuel sur
Karsenty fils et Cie, Marseille ; Lacroix, le régime minier, en vertu duquel un prélè­
Guyane, dont l’admission est prononcée.
vement de 7 % du produit brut est effectué ;
Il donne lecture des lettres de remercie­ ce prélèvement est exagéré et il faudrait re­
ments de MM. de Valières et Autran, au su­ venir à la loi de 1810 qui ne prévoit que 5 %.
jet de leur nomination de membre correspon­ Il serait nécessaire également d’obtenir l’in­
dant.
troduction à Madagascar de main-d’œuvre
étrangère, javanaise ou indienne.
S u b v e n tio n s . — M. le Président annonce
M. le Président fait remarquer que pour
le mandatement de la-subvention de 1.000 fr.
l’Inde la difficulté d'une entente avec l’An­
du Gouvernement général de l’Algérie.
gleterre provient de ce que celle-ci ne veut
Situation financière. — M. le Trésorier pas que les enfants de ses émigrants devien­
rend compte de la situation financière qui est nent Français, comme cela aurait lieu avec
les dispositions législatives actuelles.
satisfaisante.
M. Moriceau explique qu’en ce qui concer­
• Exposition annuelle. — M. le Président ne le riz, il faudrait signaler à M. Picquié
indique au Conseil que le bureau a pensé que l’intérêt qu’il y aurait à ce que les produc­
l'Exposition de 1911 pourrait avantageuse­ teurs s’attachent à sélectionner les variétés.
ment porter sur les riz, maïs et sorgho. •—
M. le Président fait remarquer qu’à la suite
Adopté.
d’une enquête poursuivie par l’Institut Colo­
Passage à Marseille de M. le Gouverneur nial à ce sujet, M. le Gouverneur général de
général Picquié .— M. le Président annonce Madagascar a déjà été saisi de la question.
M. Moriceau pense qu’il laudrait obtenir
que M. le Gouverneur général Picquié s’em­
barquera le 10 octobre, à Marseille, à destina­ line réglementation de l’exportation du caout­
tion de-Madagascar. Il y a lieu d’examiner chouc et des encouragements à l’exportation
quels sont les desiderata qui pourront lui du bétail. Il explique qu’il s’est entendu avec
être soumis au nom de l’Institut Colonial M. le Président de la Chambre de Commerce
Marseillais. A première vue, il lui paraît que pour lui remettre un mémoire sur ces diffé­
parmi ceux-ci doivent figurer en première rentes questions, mémoire qui sera transmis
ligne la révision du régime douanier colo­ à M. le Gouverneur général.
nial et du régime des boissons. — Adopté.
Régime Douanier. — M. le Président rap­
M. Bohn pense qu’il y aura lieu également pelle que le projet de réponse au question­
de se préoccuper des questions se rattachant naire de la Commission Interministérielle
aux services de navigation de Madagascar et qu’il a rédigé, a été adressé aux membres du
de la Métropole.
Conseil.
M. Armand dit que comme représentant de
Il a reçu d’un certain nombre d’entre eux
l’armement à la Chambre de Commerce, il des
lettres des plus intéressantes à ce sujet.
pourra se charger d’en parler au gouverneur
Parmi
celles-ci figure une note rédigée par
général. — Adopté.
M. Bohn signale l’intérêt qu’il y aurait à M. Jacquemet, en tant que président du Syn­
des négociants en cafés. Il cède la parole
voir installer à Madagascar un service de té­ dicat
Jacquemet qui en donne communication
légraphie sans fil analogue à celui qui fôn- àauM.Conseil.
tionne en Afrique Occidentale. Cette question
M. Artaud dit qu’on se trouve là en pré­
intéressant l’armement pourrait également
faire l’objet de l’intervention de M. Armand. sence de l’opinion d’un syndicat qu’il y a inté­
rêt à faire connaître, mais que l’Institut doit
■
— Adopté.
Un membre signale que, parmi les diver­ se placer au point de vue général. Il propose
ses questions concernant la navigation, il y de publier la lettre de M. Jacquemet, dans
aura peut-être lieu de s’occuper de la manière FExpansion Coloniale, de manière à appeler
une fois de plus l’attention sur les anomalies
irrégulière dont est desservie la Côte Est.
M. Moriceau fait remarquer que les dif­ du régime actuel. — Approuvé.
M. Rastit dit que personnellement il se
ficultés de la navigation sur cette côte font
qu’il paraît difficile d’obtenir un meilleur range aux conclusions de M. Artaud, mais il
se demande "s’il n’y a pas lieu de craindre
service.

�1%

L’EXPANSION COLONIALE

que l’on n’arrive pas à obtenir un change­
ment du système actuel, si l’on réclame une
législation qui paraisse trop compliquée.
M. le Président remercie M. Rastit et mon­
tre qu’il n’y a pas lieu de se préoccuper de
la complexité de législation que pourrait en­
traîner l’autonomie des colonies en matière
douanière, le Parlement n’ayant à rendre
qu’une loi de principe établissant cette auto­
nomie, et le régime particulier à chaque colo­
nie devant être établi comme cela a lieu pour
les exceptions actuelles par décret en forme
de règlement d’administration publique.
M. Rastit dit qu’en effet c’est ce qui paraît
le plus simple et qu’il donne son adhésion
entière à la réponse de M. Artaud.
M. le Président propose que le projet qu’il
a rédigé soit converti en délibération du Con­
seil d’Administration et adressé à M. le Mi­
nistre des Colonies et communiqué aux di­
vers corps intéressés : chambres de commer­
ce métropolitaines et coloniales, etc., ainsi
qu’aux députés et délégués coloniaux, aux
groupes coloniaux et parlementaires. —
Adopté.
Correspondance. — M. le Président com­
munique les principales lettres reçues et ex­
pédiées, le mouvement de la correspondance
ayant'donné lieu pendant les mois de juillet,
août et septembre à un échange de 367 lettres
reçues et 1915 expédiées.
Plus rien n’étant à l’ordre du jour, la séan­
ce est levée à 4 heures 1/2.
BUREAU DE RENSEIGNEMENTS

L'Importation des bœufs de Madagascar.
— Des demandes assez fréquentes continuent
à nous parvenir au sujet de la possibilité d’a­
limenter la boucherie française avec les
bœufs de Madagascar. L’exportation de la
viande frigorifiée ou refroidie nécessitant une
installation locale et des aménagements spé­
ciaux à bord des vapeurs, l’expédition du bé­
tail vivant attire tout d’abord l’attention de
la plupart des personnes qui s’intéressent à
cette question. Nous avons publié dans notre
numéro de juin de cette année l’avis de M.
Rieu président de la Fédération des Syndi­
cats patronaux des Bouches-du-Rhône, qui
avait présidé à une tentative syndicale d’im­
portation de bœufs vivants, mais, bien que
des tentatives assez nombreuses aient déjà
été faites, les opinions restent assez différen­
tes sur les bénéfices à réaliser en l’état actuel
des choses.
Aux devis optimistes qu’on avait présentés
tout d’abord, un colon d’Analalave répond
dans le « Diégo-Suarez » de septembre, pour
établir comme prix de revient à Marseille
334 francs par bœuf.
M. Gabeuriaut, qui a été employé aux

achats du Syndicat marseillais, répond par
les chiffres suivants :
Prix d’achat à Madagascar d’un bœuf de
450 kilogs, sur pied (poids moyen) donnant
de viande nette 200 kilogs environ (poids et
prix moyens de bœufs pesés à Tamatave et
après abattage à Marseille)............. 65 »
Embarquement .............
5 »
Vétérinaire et droits d’exportation
5 »
Transport ..................................... 100 »
Nourriture à bord ........................
25 »
Frais voyage et gages bouviers......
6 »
Débarquement et conduite au mar­
ché à Marseille..................................
5 »
Imprévus et mortalité....................
10 »
Total............. 221 »
En admettant qu’il faille garder les bœufs
à l’engrais à l’arrivée pendant deux mois,
comme cela a été le cas pour le syndicat
marseillais, M. Gabeuriaut estime la dépense
supplémentaire à 60 fr., soit en tout 281 »
A son tour, M. Veron, membre de la Fé­
dération de la boucherie française, établit
dans le « Diégo-Suarez » du 1er septembre le
devis ci-dessous, en admettant que l’on opè­
re sur 100 bœufs.
Prix du bœuf dans la brousse, 80 fr.; domestiquage et frais d’étable, 25 fr... 105 »
Embarquement, visite et douane... 10 »
Fret ................................................ 100 »
Nourriture et eau à bord............. 27 50
Frais de bouviers (voyage retour
payé) .................................................
15 »
Installations à bord.......................
7 50
Débarquement ..............................
5 »
Conduite et divers, avant la vente
5 »
Frais de voyage et séjour du chef
convoyeur .........................................
15 »
Ce qui donne un prix de revient
total de .............................................. 290 »
M. Veron admet comme prix moyen de
vente 1 fr. 35 le kilo, ce qui donnerait pour
250 kilos, dans le cas où l’on opérerait sur
des bœufs de 500 kilos, 337 fr. 50, soit un bé­
néfice de 47 fr. 50. Or, il semble que le nom
bre de bœufs de 500 kilos que l’on pourrait
so procurer soit assez limité et pour peu
qu’une légère hausse se fasse sentir sur le
prix d’achat et une baisse sur le prix de vente,
le bénéfice deviendra assez problématique.
Il est probable que les avis continueront
pendant quelque temps encore à différer
ainsi, mais il est bien certain que, la ques­
tion de mortalité à bord des vapeurs mise à
part, la situation changerait complètement
s’il était possible d’obtenir un prix de fret
inférieur à celui de 100 francs payé actuel­
lement.
L'Exploitation mécanique des produits du
palmier à huile. — M. R. C... nous a de­
mandé de lui indiquer l’état de la question

�197

L’EXPANSION COLONIALE
de l’exploitation des palmiers à huile. Nous
n’avons pu mieux faire que de le renvoyer
au remarquable ouvrage que vient de publier
M. A. Chevalier, l’éminent chargé de mis­
sions du gouvernement général de l’Afrique
Occidentale (Contribution à l’étude du pal­
mier à huile, 1 vol., Challamel, Paris) et au
nouveau volume que M. Paul Hubert vient
d’ajouter à sa précieuse collection, la biblio­
thèque pratique du colon (Le Palmier A
huile, 1 vol., Dunod et E. Pinat, Paris).
Nous avons déjà indiqué, à propos de la
mort d’Eugène Poisson, comment cet apôtre
des méthodes nouvelles de la mise en valeur
de l’Afrique Occidentale avait installé à Kotonou la première usine de traitement des
fruits du palmier à huile. Nous disions notre
inquiétude de voir les étrangers mettre à pro­
fit avant nous l’expérience de notre regretté
compatriote. Les événements viennent nous
donner raison : voici que l’on annonce comme
prochaine l’installation par MM. Lever Bro­
thers, Limited, les puissants propriétaires de
Port Sunlight, de trois fabriques d’huile à
Lagos, Old Calabar et Opobo. Les travaux
d’installation ont déjà été commencés, l’usine
de Lagos sera érigée sur le continent, du côté
d’Apape, et celle d’Otobo sera placée à
Egwanga. On pense que ces installations
fonctionneront dans peu de mois.
Il y a là probablement l’événement le plus
considérable qui s’est produit en Afrique
Occidentale au point de vue économique
après là création des voies ferrées. C’est dans
ce pays l’avènement de l’industrie, alors que
jusqu’ici on avait déclaré que son ère n’était
pas encore venue. Comme n’a cessé de le dire
M. A. Chevalier, le dépulpage mécanique
des fruits du palmier à huile et le concassage
des grains permettra seul d’accroître dans des
proportions considérables la production des
Elaeis et il va en résulter également un chan­
gement profond dans les habitudes commer­
ciales.
La tentative d’Eugène Poisson aura eu le
grand mérite d’avoir montré la voie à suivre,
mais il est incontestable que l’entrée en scè­
ne d’une entreprise aussi puissante que celle
de Port-Sunlight va très probablement trans­
former le commerce de l’huile et des aman­
des de palme tel qu’il était pratiqué en Afri­
que Occidentale. Si cet essai réussit, en effet,
il est bien évident qu’il ne se limitera pas à
la Nigéria du Sud et que les industriels fran­
çais, spécialement ceux de Marseille, ris­
quent fort, s’ils ne suivent pas l’exemple qui
leur est donné, de se voir privés d’une de
leurs principales matières premières. Nous
nous proposons du reste de revenir plus lon­
guement dans un de nos prochains bulletins
sur cette importante question et de montrer
comment on peut estimer qu’elle se pose ac­
tuellement.
Les stages agricoles en Tunisie. — Nous
constatons avec plaisir que nous recevons des

visites de plus en plus fréquentes de jeunes
gens qui désirent se consacrer à l’agriculture
dans nos possessions méditeranéennes. La
plupart d’entre eux désireraient ' avec juste
raison accomplir un stage dans une exploita­
tion agricole avant de s’établir définitivement
à leur compte.
Le nombre des exploitations agricoles qui
acceptent les stagiaires est assez restreint.
L’Office du Gouvernement tunisien donne à
ce sujet les précieuses indications suivantes :
Les agriculteurs qui acceptent le plus cou­
ramment des stagiaires sont M. J. Saurin,
directeur de la Société des fermes françaises,
16 bis, rue d’Autriche, à Tunis ; M. Grété à
Grétéville,les pères Blanc à St-Joseph-de-Thibar (par Souk-el-Khemis). De son côté l’Ecole
coloniale d’agriculture de Tunis a décidé de
recevoir elle-même quelques stagiaires et la
Direction de l’agriculture,du commerce et de
la colonisation a passé avec la Société Fran­
co-Africaine un contrat qui lui permet de
placer dix stagiaires sur le domaine de SidiTabet et cinq sur celui de l’Enfida.
Nous nous tenons à la disposition des per­
sonnes qui désireraient profiter de ces diver­
ses facilités pour leur procurer des rensei­
gnements complémentaires.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE
E c o le c o lo n ia le du H a v r e

M. le D irecteur de l'Ecole pratique coloniale
du Havre à M. le D irecteur de l ’E xpansion
Coloniale, Marseille.
Le H avre, 6 octobre 1910.
Dans l ’in téressan t B ulletin dont vous nous
faites si gracieusem ent l’envoi régulier, vous
avez bien voulu dès le début encourager nos
efforts pour la création d ’un enseignem ent co­
lonial au H avre.
Notre Ecole p ratiq u e coloniale est à présent
mise, à point, et je suis heureux de vous ad res­
ser sous pli séparé quelques docum ents y
relatifs :
1° Un program m e d ’études, ; 2° Un tableau
affiche ratifié p ar le M inistère du Commerce ;
3° Un article de la Dépêche coloniale.
Je profite de cette occasion p o u r vous réitérer
mes bien sincères rem erciem ents pour votre
précieux concours.
Je m ’estim erai heureux si je puis jam ais vous
être utile à m on tour, et vous prie d’agréer,
M onsieur le D irecteur, l’assu ran ce de mes m eil­
leurs sentim ents.
Ch. A. M arande .
In d o c h in e .

M. le Gouverneur général de l'Indochine à
M. le P résident de l'In stitu t Colonial m a r­
seillais :
B enseignem ents sur la situation économique
de l'A n n a m pendant le deuxièm e trim estre i910.
— M algré la sécheresse qui sévit dans les trois
provinces de Vinh, de T hanh-H oa et de DongIîoï, la situ atio n économ ique de l’Annam est

�198

L’EXPANSION COLONIALE

des plus satisfaisan tes. Il fautj sig n a le r e)n'
p articu lier, à côté de la cu ltu re du coton, à
laquelle u n bel avenir est réservé, l ’extension
p rise p a r la culture du m aïs. Au Quang-Nam
une seule m aison en fa it acheter pour 35.000
piastres. Au Q uang-N gaï la v aleu r de la récolte
su r une superficie de 2.146 m â u (le m âu vaut
3.600 mq.), est estim ée au prix de 27.000 piastres.
D ans le Bing-Dinh, la culture du m aïs donne
de si bons ré su lta ts que l ’on p o u rra it craindre
de la voir se su b stitu er p artiellem en t à la cul­
tu re du m û rie r et e n ray er ain si l ’in d u strie de
la soie. H eureusem ent la création de nouveaux
g ra in a g e s m écaniques et la m ise en œ uvre
scientifique de la fab ricatio n de la soie perm et­
tro n t aux indigènes d ’être g a ra n tis des aléas
que com porte l’élevage du ver à soie et les
encourageront à l’étendre.
L a canne à sucre continue à donner abon­
dam m ent, et m algré que la h ausse survenue sur
le sucre de betterave, a it eu sa répercussion
en A nnam , l ’exportation du sucre de canne sur
les ports de la Chine du Sud a été très forte.
Diverses huiles végétales (cocos, arachides), h u i­
le de bois p our la p ré p a ra tio n de certain s ver­
nis, sont m a in te n a n t exportées régulièrem ent
p a r des m aisons françaises.
Les d éclaratio n s des recherches de m ines en
p érim ètres réservés sont de plus en plus nom ­
breuses. B eaucoup p o rten t su r des gisem ents
anciennem ent exploités et délaissés. A Duc-Bo,
une m ine de zinc vient d ’être ouverte. L a mine
d’or de Bong-Mieu, où u n nouveau filon a été
m is à nu, vient d ’être pourvue d ’une usine
électrique p o u r le broyage et donne les m eil­
leurs ré su lta ts. L a houille p a ra ît trè s abondante
et est trè s sérieusem ent prospectée. P lu sieu rs
exploitations de ce m in erai sopt en activité.
L ’in d u strie salicole fo u rn it dans certaines
provinces des ré su lta ts que la sécheresse a favo­
risés. A H a-Tinh, la production a d éjà doublé
celle de la période correspondante de 1909.
En ce qui concerne les réalisatio n s totales des
prod u its des D ouanes et Régies, les prévisions
b udgétaires, p o u r les cinq prem iers m ois de
l’année, éta ie n t de 1.053.291. Les recettes effec­
tuées ont été de 1.064.657, ce qui constitue une
plus-value de 11.365 piastres.
Commerce de la Chine avec la France et
VIndochine. — Les échanges de la F ra n c e avec
la Chine accusent en 1909 une au gm entation
de 18 % su r 1908 : De 34.532.651 taëls ils passent
à 40.779.954. M ais cette avance ne porte que su r
les exportations chinoises, qui figurent d an s le
to tal de 1909 po u r 38.595.327 taëls. Alors que la
vente fran çaise n ’a tte in t que 2.181.627 taëls,
nous subissons une baisse de 8 % su r les ven­
tes de 1908 et de 50 % su r celles de 1906. Q uant
à l’Indochine, elle est arriv ée à dim in u er ses
achats de plus de 400.000 taëls. De 2.687.199 taëls
en 1908 ses échanges ont passé à 6.044.872. En
1909 la Chine a exporté en Indochine 64.308 taëls
de n u m éraire argent, alors que l’Indochine n ’en
a exporté en Chine que 11.108.
A f r i q u e O c c i d e n t a le

il/. Bardou, sous-inspecteur d'A griculture à
K a n ka n , à M. le P résident de l'In stitu t
colonial m arseillais :
K ankan, le 25 septem bre 1910.
Je vous p rié de bien vouloir accepter toutes

mes excuses si j ’ai ta n t tard é à vous accuser
réception du Diplôme de G rand P rix que vous
m ’avez adressé. Perm ettez-m oi en outre de vous
renouveler tous mes rem erciem ents pour l’hon­
n eu r que m ’a fait le ju ry de l’Exposition des
Caoutchoucs et G uttas de l ’In stitu t colonial
m arseillais.
Depuis près de six ans que je sers en Guinée,
j ’ai to u jo u rs occupé le poste de K ankan à qui
est dévolue toute la Haute-Guinée. Cette région
est celle de la colonie qui se prête le m oins à la
colonisation européenne.
Elle est m oins hum ide que la côte et la sai­
son sèche y est d ’une plus g ran d e durée. Sans
être beaucoup plus salubre elle a encore le dé­
savantage de n ’avoir que des te rra in s de m é­
diocre qualité.
Q uant aux plateaux du F outa, leu r altitude
les place d an s une situ atio n privilégiée au point
de vue sanitaire.
En H aute-G uinée il n ’y a qu’un avantage,
c’est que l’on, peut y recru ter une m ain-d’œ u­
vre assez abondante et d ’assez bonne qualité.
Il est v ra i que la p lu p a rt des tra v a ille u rs nous
viennent du Soudan et q u ’im m ig ran t ju sq u ’ici
on p o u rra it égalem ent les en g ager po u r le
F o u ta et même po u r la Basse-Guinée.
L’éloignem ent de la côte et les difficultés de
tra n sp o rt font qu’on ne peut exporter de HauteGuinée que des pro d u its a y a n t une g rande v a­
leur sous un petit volume. Via Bam ako, Kayes,
Saint-Louis, une to n n e de m archandises paye
environ 250 francs de tra n sp o rt.
Ju sq u ’à ce jo u r c’est généralem ent cette voie
que l’on a suivie, et à ce ta rif seul les caout­
choucs et les peaux étaien t exportés. P eu t-êtic
serà-t-il possible d ’exporter p a r le chem in de
fer de K onakry au Niger, des céréales et des
arachides, si les prix de tra n sp o rt le perm ettent.
K ankan a été un g ran d m arché de caout­
chouc et il y a été acheté ju sq u ’à près de 400
tonnes de gomme. Q uant à la dernière hausse,
le prix m oyen du kilo é ta it de 5 à 6 francs,
m ais il a a tte in t 15 fran cs il y a quelques mois.
A ce ta rif-là les indigènes ont in térêt à p ro ­
d u ire du caoutchouc et délaissent leurs cultu­
res, aussi voit-on le prix du riz s ’élever parfois
ju sq u ’à 1 fr. 50 le kilo.
N aturellem ent les lianes souffrent de cet état
de choses et on en trouve a y a n t été saignées
cinq et six fois la même année. L eur tronc n ’est
plus qu’un am as de cicatrices et leu rs racines
sont souvent m ises à nu p o u r être égalem ent
saignées.
Quelques lianes ne peuvent résister à ce tr a i­
tem ent et m eurent, m ais la p lu p a rt continuent
à végéter m isérablem ent et ne fo u rn iro n t dans
l ’avenir que des quan tités infimes de caout­
chouc. Toutes les lianes situées près des v illa­
ges sont dans cet é ta t et celles qui sont plus
éloignées ne ta rd e ro n t pas à être égalem ent
m utilées. Aussi faut-il com pter , sur une baisse
rapide dans la production du caoutchouc en
H aute-Guinée. Cette baisse commence déjà à
se faire sentir et d’ici peu l’on peut prévoir que
l’exportation de caoutchouc de K ankan ne dé­
p a sse ra p as 100 tonnes.
Les p lan tatio n s de lianes sont excellentes pour
les Indigènes, m ais les Européens tro u v eraien t
pour ces cultures des conditions plus favorables
en Basse-Guinée. Le L andolphia H eudelotiï est
" t-o plante très délicate quand elle est jeune
et ne peut être saignée av an t 12 ou 15 ans. Le

�L’EXPANSION COLONIALE
M anihot, in tro d u it depuis une dizaine d ’années,
ne donne p as de gomme, seul le C astilloa végète
bien et p a ra ît devoir fo u rn ir u n e assez grande
q u an tité de latex. C’est une p lan te a y a n t un
bel avenir, ru stiq u e et p o u v an t être saignée
en sa quinzièm e année. On p eut se procu rer
su r place une g ran d e q u an tité de semences
qui, m ises en pépinière, donnent des p lan ts
susceptibles d’être tra n sp la n té e s u n an après.
En place le castilloa doit être m is à la distance
de 5 m. x 4 m., ou 5 m. x 5 m.
Les p la n ta tio n s de lian es faites p a r les élèves
de l’Ecole p ratiq u e de caoutchouc com prennent
actuellem ent une centaine d ’hectares.
Si les m oyens de com m unication é ta it plus
faciles, la région com prenant les cercles de Kissidougou, de B eyla et les secteurs m ilitaires
offrirait de nom breuses ressources : c’est une
région, de forêts où pousse le .F o n tu m ia, le
C litandra, le K olatier, etc. ; si ces p ro d u its pou­
vaien t être évacués p a r le L ibéria, c’est certai­
nem ent cette région qui d ev ien d rait la plus
riche et la p lu s in téressan te de la colonie.
E n somme, la Guinée peut devenir u n pays
de cu ltu re du caoutchouc, de castilloa et acces­
soirem ent de lan d o lp h ia et les régions qui se
prêten t le m ieux à ces cultures sont la BasseGuinée, le F o u ta et le H aut-N iger.
Si les renseignem ents que je vous donne sont
insuffisants, je vous p rie de vouloir bien me le
faire con n aître et je serai to u jo u rs très heureux
de les com pléter.
.Te vous prie d’agréer, M onsieur le P résident,
l’assu ran ce de m on entier dévouement.
B ardou ,

Sous-Inspecteur d'A griculture,
à K ankan (Guinée).

C O U R S C O L O N IA U X

Les Cours coloniaux institués par la Cham­
bre de Commerce ont repris à l’Institut Colo­
nial (salle du rez-de-chaussée) le 26 octobre
et seront régulièrement continués dans l’or­
dre suivant pendant le mois de novembre,
dont nous indiquons la première semaine à
titre d’exemple :
M ercredi, 26 octobre, à 3 h. 3/4, M. R ay n au d :
La politique coloniale indigène. — A 5 h. soir,
M. Jum elje : Les plantes à g rain es grasses.
Jeudi, 27 octobre, à 8 h. 1/2 m atin (au P a rc
Borély), M. Davin : Visite su r place des cultures
coloniales. — Jeudi, à 4 h. soir, M. F o u c a rt :
H istoire des religions aux colonies françaises.
V endredi, 28 octobre, à 5 h. soir, M. L a u re n t :
Le sel (industrie et com m erce aux colonies).
Sam edi, 29 octobre, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reynaud : Peut-on vivre en bonne san té d ans les
pays chauds ?
je u d i, 3 novem bre, à 8 h. 1/2 m atin (air P a rc
Borély), M. D avin : Visite s u r place des cu ltu­
res coloniales.
V endredi, 4 novem bre, à 5 h. soir, M. L au ren t:
Le m arbre.
Sam edi, 5 novem bre, à 5 h. 1/2 soir, Dr Reyn a u d : Les clim ats des pays chauds.
Lundi, 7 novem bre, à 3 h. 3/4 soir, M. M as­
son : G éographie coloniale. — A 5 h. soir, Dr J.
de Cordemoy : P ro d u its anim aux des colonies.
M ardi, F novem bre, à 3 h. 1/2 soir : Dr Rev-

199

nau d : M aladies coloniales. — A 5 h. soir, M.
M asson : H istoire coloniale.

Nous sommes heureux d’enregistrer que
M. G. Foucart, le distingué professeur des
cours coloniaux, — où il obtient le plus
grand succès, — qui était chargé de cours à
la Faculté des lettres, vient d’être élevé par
le Ministre de l’Instruction publique au titre
de professeur titulaire d’histoire des reli­
gions. Nous lui adressons nos bien sincères
félicitations.

Musée Commercial
EXPOSITION DES BLÉS

L’Exposition des blés a été clôturée le
24 octobre par une brillante cérémonie, qui
a eu lieu dans la grande salle de la Société
de Géographie, trop petite pour recevoir le
très nombreux public ayant répondu à l’in­
vitation de l’Institut colonial et qui compre­
nait de nombreuses notabilités commercia­
les et industrielles de Marseille.
Le fauteuil de la présidence était occupé
par M. Adrien Artaud, président de l’Insti­
tut colonial, membre-secrétaire de la Cham­
bre de Commerce, assisté de MM. le comte
Armand et Ponsinet,vice-présidents; A. Fouque et Paul Barlatier, membres-secrétaires ;
Ytier, trésorier de l’Institut colonial ; L, Ar­
naud, ancien juge au Tribunal de Commer­
ce, membre du Conseil délégué à l’Exposition;
Baillaud, secrétaire de l’Institut colonial. On
remarquait également la présence de MM.
Pesch, intendant militaire ; Chapelle, direc­
teur de l’Oléiculture au Ministère de l’Agri­
culture ; Rastit, vice-président de la Société
pour la défense du commerce ; Cahier, sousdirecteur de la Compagnie des Docks; Boisset, président du Syndicat des patrons bou­
langers ; Marguery, ancien président de la
Société d’Etudes économiques, etc.
Après avoir remercié tous ceux qui ont
contribué au succès de l’Exposition, notam­
ment les gouvernements de l’Algérie et de la
Tunisie qui lui ont donné leur puissant
appui, l’Association de la Meunerie françai­
se, la Chambre Syndicale des minotiers et
fabricants de semoules de Marseille, le Syn­
dicat des importateurs de céréales de Mar­
seille dont la collaboration a été inappré­
ciable, les groupements agricoles algériens et
tunisiens, qui avaient été les intermédiaires
dévoués auprès de leurs adhérents, M. le
président Artaud a témoigné sa reconnais­
sance tà M. L. Arnaud, membre du Conseil
d’Administration, qui, comme délégué du
Conseil, a particulièrement dirigé l’organi­
sation de l’Exposition au succès de laquelle
il s’est consacré avec le plus grand dévoue­
ment.
Il a déclaré ensuite combien l’Institut co-

�200

L’EXPANSION COLONIALE

lonial avait été heureux de pouvoir contri­
buer à faire connaître les efforts de nos culti­
vateurs algériens et tunisiens pour obtenir
de blés de plus en plus beaux et accroître
la richesse de l’Afrique du Nord en augmen­
tant les rendements de sa récolte. M. le Pré­
sident a constaté qu’il restait à l’Institut colo­
nial une tâche importante à accomplir dans
cet ordre d’idées, en demeurant à la disposi­
tion de nos colons pour l’examen des variétés
dont la culture devait être recommandée au
point de vue industriel, ainsi qu’en secondant
leurs efforts pour la constitution de lots com­
merciaux uniformes qui faciliteraient l’ex­
portation de ces blés. L’Institut continuera
notamment à grouper, comme il a commencé
de le faire à propos de l’Exposition, les
échantillons des principaux types obtenus et
les tiendra à la disposition du commerce et
de l’industrie de notre ville.
A oe sujet, M. A. Artaud a donné lecture
d’une lettre écrite par M. Boutet, au nom de
l’Association Agricole de la Tunisie, lettre
que nous publions ci-dessous et qui montre
combien l’initiative de l’Institut colonial a
été appréciée par nos colons.
Après.avoir proclamé les récompenses,par­
mi lesquelles un grand Prix est attribué à
M. Daniel Zolla pour ses travaux sur le
commerce du blé, M. le Président a présenté
à l’Assemblée l’éminent professeur de l’Ecole
des Sciences politiques et de l’Ecole de Gri­
gnon, en le remerciant de l’intérêt qu’il avait
bien voulu témoigner à l’œuvre poursuivie
par l’Institut colonial en venant de Paris
pour entretenir ses adhérents de la « Situa­
tion actuelle du marché du blé ». M. le Pré­
sident a ajouté combien l’Institut colonial
avait été heureux de pouvoir ainsi donner
l’occasion aux commerçants et aux indus­
triels de notre ville, pour qui le blé est la plus
importante des matières premières, d’enten­
dre l’éminent économiste exposer son avis
sur cette question qui présente un intérêt ca­
pital, d’autant plus que M. Daniel Zolla est
certainement celui qui dans notre pays est le
mieux préparé par ses travaux si remarqua­
bles, à exposer, de la manière la plus précise
les délicats problèmes qui se rattachent à la
vente des produits agricoles.
M. Daniel Zolla a fait ensuite la remar­
quable conférence que l'Expansion Coloniale
publiera dans son numéro de décembre, en
même temps que la liste des récompenses
décernées par le jury et l’étude technique des
blés exposés.
M. le Président a clôturé la séance en re­
merciant chaleureusement M. D. Zolla de
ses lumineuses démonstrations au cours des­
quelles il avait exposé quelles étaient les
lois économiques qui régissent les marchés,
et d’avoir pris la défense du commerce si in­
justement attaqué à l’occasion de la hausse
de toutes choses.
Cette brillante cérémonie fut clôturée par

la visite de l’Exposition des blés, dont les
principaux éléments seront du reste conser­
vés dans le Musée Commercial.
Nous sommes heureux de pouvoir publier
les lettres suivantes par lesquelles nos expo­
sants ont répondu à l’enquête que nous avions
ouverte, ainsi que celles de Mi. le Gouverneur
général de l’Algérie et de M. le Résident gé­
néral à Tunis, qui veulent bien nous mani­
fester tout leur intérêt pour l’œuvre que nous
avons entreprise.
Le G ouverneur général de l'Algérie à M. le
Président de l'In stitu t Colonial M arseillais.
P a ris, le 22 octobre 1910.
Vous avez bien voulu me faire dem ander de
m ’a rrê te r à l’In stitu t Colonial, lors de mon
prochain passage à M arseille, po u r y visiter
l’Exposition des Blés, qui doit rester ouverte
ju sq u ’au 25 courant.
Je m ’em presse de vous adresser tous mes
rem erciem ents pour cette aim able dém arche ;
je crains m alheureusem ent d ’être retenu à
P a ris p en d an t quelque tem ps et je ne s ais
encore quand il me sera possible de me trouver
à M arseille.
Je tiens du m oins à vous exprim er dès à pré­
sent . toutes, mes. félicitations pour l’heureuse
initiative qu’a prise l’In stitu t Colonial M arseil­
lais en org an isan t cette in téressan te collection
d ’échantillons de blé. J ’ai pris connaissance des
inform ations et des lettres publiées à ce sujet
dans les num éros du B ulletin que vous m ’avez
com m uniqués, et je ne doute pas en effet que
nos colons ne re tire n t les plus utiles in d ica­
tions de cette com paraison de leu rs produits
avec ceux des ag ricu lteu rs de la Métropole et
de l’E tranger.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, l’as­
surance de m a considération la plus distinguée.
Le G ouverneur général de l'Algérie :
JONNART.

L é R ésident général de France A Tunis à
M.. le P résident de l'In stitu t colonial m a r­
seillais.
T unis, le 27 octobre 1910.
J ’ai l’h o nneur de vous accuser réception de
votre lettre du 15 octobre 1910 et des num éros
de votre B ulletin qui l’accom pagnaient. J’ai été
p articulièrem ent heureux de con stater le suc­
cès de votre Exposition des blés et l’in térêt
qu’elle a provoqué ta n t p arm i les colons tu n i­
siens que parm i les négociants et in d ustriels
m étropolitains, qui ont pu apprécier a in si les
efforts poursuivis en Tunisie dans la voie de
la sélection des céréales.
Je vous exprim e m es regrets de ce que le peu
de tem ps dont j ’ai pu disposer à mon passage
à M arseille ne m ’a it pas perm is de visiter votre
Exposition et de me rendre compte p a r moimême du précieux concours que vous avez
prêté à nos agriculteurs.
Agréez, M onsieur le P résident, l ’assu ran ce
de m a considération distinguée.
Le R ésident général de France,
A l a p e t it e .

�L’EXPANSION COLONIALE
L'Association Agricole de.la Tunisie à M. le
Président de l'Institut Colonial Marseillais.
T unis, le 20 octobre 1910.
J ’ai eu l’h o n n eu r d’exposer à l’Exposition des
Blés que vous avez eu l’heureuse idée d’o rg a­
niser, une collection de blés que j ’a i vue avec
p la isir figurer en bonne place au m ilieu de
l’im portante E xposition tunisienne.
Cette collection, que je n ’ai d’a u tre m érite
crue de cultiver chez m oi en vue d ’acclim ater
quelques v ariétés pures p roduites dans la ré ­
gion de Tunis, si différente de la n ô tre au
point de vue des clim ats et des terres, est in té­
ressan te à bien des points de vue. Elle ré u n it à
l’état de p u reté p a rfa ite — chaque variété pro­
ven an t d’un seul épi — les m eilleures v ariétés
indigènes ou d’im p o rtatio n (Sicile p o u r les blés
durs et Provence p our les blés tendres). Ce
trav a il d’analyse une fois fait, et il fa u t en féli­
citer h au tem en t son a u te u r M. Bœuf, com m ent
.en tire r p a rti ? Quelles variétés choisir dans
to u t cela ?
Vous avez com pris que la T unisie agricole
vous posait cette question-là en vous envoyant
ses blés, et vous avez voulu faire résoudre la
question p a r des spécialistes intéressés à la
solutionner p a r les m inotiers nos acheteurs.
Lors de m on trop cou rt séjour à M arseille —
une petite m atinée — j ’ai été fo rt aim ablem ent
reçu au S ecrétariat de votre In stitu t, où on m ’a
donné tous les renseignem ents désirables. Et
j ’avais dit que j ’é c rira i dès m a ren trée chez moi
pour soum ettre au J u ry u n e sorte de question­
n a ire su r nos blés dont la réponse e u t été pour
nous u n précieux enseignem ent.
Une double nécessité s ’im pose à nous : au g ­
m enter nos rendem ents et organ iser notre vente
d an s le sens de la vente directe collective p a r
échantillons. Comment y a rriv e r plus sûrem ent
qu’en d em an d an t à nos acheteurs ce qu’ils veu­
lent, quels blés ils désirent, quels défauts ils
trou v en t aux n ôtres et com m ent les corriger,
quelles q u alités et com m ent les développer, dans
quels sens enfin am éliorer la vente dont ils se
plaignent.
J ’allais essayer de form uler ce q uestionnaire
quand j'a i vu M. Bœuf, à qui j ’en ai parlé. Il
m ’a dit q u ’il é tait déjà en correspondance avec
vous p our ce même su jet ; je n ’ai, p a r suite, q u ’à
me ta ire devant l’au to rité de sa plum e. Il vous
a écrit ce que je pense et ce que pense l’ensem ­
ble des colons ,; vous répondrez donc à nous tous
en lu i répondant. J ’ai tenu cependant à vous
écrire pour que vous n ’attribuiez pas m on silen­
ce à l’oubli et à l’indifférence.
J ’ai, p o u r term in er, à rem p lir une m ission,
c’est d ’a ssu re r l ’In s titu t C olonial de la sym pa­
thie des colons tu n isien s qui, grâce à lui, ont pu
pren d re contact direct avec leurs vendeurs et
vont pouvoir e n tre r dans la voie féconde de
l’am élioration de leu rs ventes et aussi, plus
lentem ent san s doute, de leu r production.
L ouis B outet .
A Monsieur le Président de l'Institut
Colonial Marseillais.
T unis, le 22 septem bre 1910.
J ’ai l’h o n n eu r de vous accuser réception de
votre lettre du 17 cou ran t, ain si que du num éro
de FExpansion Coloniale, que vous avez bien
voulu me faire p arvenir. Je vous exprim e tous

201

mes rem erciem ents po u r la place que vous avez
bien voulu nous réserver dans votre in téres­
san t com pte-rendu.
A mon vif regret, je ne puis, pour le mom ent,
vous donner d’indications utiles au su jet des
échantillons exposés p a r l’Ecole. N otre station
expérim entale date de deux an s seulem ent, et,
bien que le tra v a il de sélection a it été en trep ris
av ant sa création, l’essai en g ran d des bonnes
variétés n ’a commencé que l ’année dernière.
Notre particip atio n à votre exposition av ait
su rto u t po u r b u t de m o n trer que des efforts
sont sérieusem ent tentés po u r am éliorer notre
production de céréales, m ais il serait .préma­
tu ré de p a rle r de résu ltats.
Vous trouverez ci-joint une brochure de
M. Bœuf, chef de la station expérim entale de
l’Ecole, où sont exposés le principe et les av an ­
tages de la méthode de sélection adoptée. Je
me ferai un g ran d p la isir de vous faire p arv e­
n ir en tem ps opportun les notes qui seront
p réparées sur la culture et l’am élioration des
céréales en Tunisie.
La station expérim entale de l’Ecole a essayé
p lusieurs m illiers de variétés de céréales, re ­
cueillies dans la Bégence ou im portées. Un
petit nom bre de sortes, m ultipliées p a r voie
pédigrée pour en conserver la pureté, ont été
retenues en raison de leu rs m érites. Elles ont
été m ises à l’épreuve en 1909-1910 dans quinze
cham ps d ’expérience ré p a rtis dans toute la
Tunisie. I»es m eilleures dans chaque localité
ont été conservées, sero n t m ultipliées en 19101911 et serviront de point de d épart à la culture
en grand.
P o u r conserver ces sortes à l’état p u r, la
station les cultive su r le dom aine de l’Ecole
(150 hectares) et les livre p a r petites quantités
(1 à 2 quintaux) à chaque colon qui en fa it la
dem ande. Dès l ’année 1911 on com m encera et, en
1912 ou 1913, la p lu p a rt des ag ricu lteu rs euro­
péens p o u rro n t sem er des variétés sélection­
nées et adoptées. Il re ste ra à étudier le m oyen
de les faire p én étrer chez les Indigènes, gros
producteurs de céréales.
C’est seulem ent à cette époque que l’étude de
la v aleu r industrielle p o u rra être entreprise. Il
fa u t donner en prem ier lieu des variétés à bon
rendem ent, constituer des lots hom ogènes pour
la vente en commun. L ’in d u strie n ’a u ra plus
qu’à m élanger les lots de com position forcé­
m ent différente, p o u r obtenir l’ensemble des
qualités désirées.
Cette vente en com m un se réalisera facile­
m ent en Tunisie, grâce à l’Association agricole
qui groupe à peu près tous les colons.
J ’ajoute p o u r votre inform ation, et à toutes
fins utiles que notre Ecole est au jo u rd ’h u i p a r­
faitem ent outillée, qu’en deux ans elle a vu le
nom bre de ses élèves passer de 28 à 75 et que
le G ouvernem ent vient de lui affecter, au cours
de cette seule année, un crédit de plus de
300.000 fran cs pour augm enter ses terrain s,
son outillage agricole et son m atériel d’ensei­
gnem ent. Lorsque j ’a u ra i réu ssi à y dévelop­
p er les études com m erciales (si im p ortantes
pour les colonies), elle ne la isse ra à peu près
rien à désirer et co n stitu era un établissem ent
unique p o u r la p rép aratio n des jeunes gens à
la colonisation.
Le Directeur de l'Ecole d'Agriculture
de Tunis : P. C h e r v in .

�202

L’EXPANSION COLONIALE

A Monsieur le Président de l'Institut
Colonial Marseillais.
2 octobre 1910.
A ctuellem ent en "voyage en F rance, je reçois
votre dem ande de renseignem ents su r les échan­
tillons de blé que j ’avais expédiés à votre expo­
sition.
Les propriétés sont situées dans la plaine du
Krib, région de Téboursouk. P etite vallée aux
te rre s de tou tes n a tu re s et toutes expositions.
A ltitude de 500 à 650 m ètres. — C lim at dur
l’hiver ; neige et vent ; h a u te u r d’eau 1909, 640
m illim ètres.
P lu ies p e n d a n t la d ernière récolte d’octobre
1909 à ju in 1910, 555 m illim ètres.
L a m oisson a lieu u n peu plus ta rd que sur
la côte.
Les céréales ont to u jo u rs été vendues à des
co urtiers de T u n is ; seul m oyen p ratiq u e ju s­
qu’ici.
Variétés de blé
Beskri. — Nom donné dans la région à ce blé
qui ressem ble beaucoup au Mahmoudi, dont il
doit être proche p aren t. Ce blé d u r est très
vigoureux. N ous avons, commencé à le cultiver
il y a q u atre ans, et, devant les ré su lta ts ac­
quis, sa cu ltu re s’est étendue chez nos voisins
qui en sont fo rt satisfaits, il donne en effet des
m eilleurs rendem ents que les blés précédem ­
m ent cultivés : A djini et Souri. L a p lan te est
forte et de belle venue, la couleuç d ’u n vert
tir a n t su r le bleu, et les feuilles trè s larges. Si
la p lan te n ’a p a s souffert de la m atu rité, les
barb es sont bien noires. Le g ra in est gros.
Il semble résister assez bien à la sécheresse
et à la herse.
Son rendem ent a varié cette année de 13 à 20
quin tau x à l’hectare.
Bihedi. —• Nom que les Indigènes donnent
égalem ent à cette variété qui provient de quel­
ques kilos de blés reçus, il y a quelques années,
d’u n colon des environs de Sétif. (Peut-être
c’est-il le Bidi dont il est p arlé dans le num éro
de l’organe de l ’In stitu t Colonial). A donné des
ré su lta ts su p érieu rs d ans les parcelles bien cul­
tivées, m ais le peu d’expérience que nous en
avons ne nous perm et p a s de donner su r son
compte des renseignem ents approfondis, m ais
il nous semble très intéressan t.
L a p lante qui est vigoureuse semble p lutôt se
p laire dans les coteaux élevés.
L a qualité du g ra in qui est trè s belle, nous
porte à croire que c’est la variété cultivée p a r la
Société Génevoise de Sétif.
Tuzelle. —- La tuzelle barbue d’O ran est culti­
vée chez nous depuis p lu sieu rs années, et elle
se contente de te rra in s m oins bon que les blés
et plus secs.
L a végétation est constante et sa n s arrêt,
m algré les froids de l ’hiver ; elle est donc très
précoce et a l'inconvénient de verser facilem ent;
il fa u d ra it peut-être la sem er à l’inverse de ce
que l’on fait d’habitude. Elle ne semble pas plus
spécialem ent sujette à souffrir du siroco. Som­
me toute, c’e st une p lante très appréciable à
notre altitude avec nos hivers.
R endem ents en 1909 de 15 qx à l ’hectare.
»
en 1910 de 19 qx
»
»
en — de 20 qx
»
Blés italiens, Réalforte, Bianculida. — E ssais

de cette année, m ais très encourageants à tous
les points de vue.
P. N ancy,
Propriétés d'Aïn Garca et de Gamondih
au Krib, Tunisie.
A M. le Président de l'Institut Colonial
Marseillais.
Dom aine d’A m ourah, Dollfusville,
11 octobre 1910.
J’ai reçu avec p la isir l’in téressante brochure
que vous m ’avez adressée. En raison de mes
déplacem ents, à cette époque, en F rance et à
l’étranger, je n ’ai pu vous répondre comme le
dem andait votre lettre du mois de septem bre
pour la fin de ce mois. D’ailleu rs mes renseigne­
m ents ne peuvent être d’un g ran d secours pour
l’étude que vous poursuivez. Ma propriété d’A­
m ourah éta n t autrefois viticole, ce n ’est que
depuis peu d’années que j’ai en trep ris la cultu­
re des céréales. Cette culture, que j’augm ente
et am éliore peu à peu, p ratiq u e encore beaucoup
de procédés extensifs.
La surface de blé, ju sq u ’ici supérieure à 100
hectares, ne ta rd e ra pas à les dépasser m ais
j ’augm ente lentem ent, p référan t tra v a ille r dans
de m eilleures conditions, c’est-à-dire après p lu ­
sieurs labours et engrais, et pour l ’avenir le blé
succédant à des cu ltures sarclées fumées.
C’est ce qui explique les rendem ents élevés
que je commence à obtenir, 18 et 26 q u intaux
m étriques l’an 1909, et 12 à 13 en m oyenne cette
année, qui a été généralem ent désastreuse sur
le Chélif.
Je fais presque exclusivem ent du blé dur,
dont le rendem ent, certaines années, est infé­
rieu r à celui de la Tuzelle, m ais est plus rég u ­
lier et convient m ieux à m es terres souvent
fortes. La variété préférée est celle à barbe noi­
re, dont provient l’échantillon que vous a rem is
le Comice de M iliana.
P o u r la vente, elle se fa it généralem ent sur
gare ou s u r place à des courtiers qui ray o n n en t
au to u r d’Affreville au m om ent des battages,
m ais vu m a faible quantité ju sq u ’ici (800 à
1.CO0 sacs), je l’ai consommée ces dernières
années en m outure pour le nom breux personnel
que j ’emploie, ou au double à ce même person­
nel indigène, g rand consom m ateur de blé dur
et qui le paie sans fra is de 4.25 à 5 fran cs le
double arabe, su iv an t époque et années, soit
23.25 à 27.50 les 100 kilos.
H eureux si ces quelques renseignem ents p er­
sonnels peuvent vous être de quelque utilité.
B. B ourgoin .

Je dois ajo u ter que le blé d u r à barbes de m a
région du h a u t Chélif, plus, proche de Médéah
que de la plaine du Chélif, est prisé po u r ses
qualités sem oulières. M édéah fabrique de belles
pâtes et de belles farines : le blé y v au t to u jours
un peu plus q u ’ailleurs.
A M. le Président de l'Institut Colonial
marseillais.
Goubet-Hallil, le 10 octobre 1910.
E n réponse à la lettre que vous avez bien
voulu m ’ad resser le 10 septem bre dernier, j’ai
l ’avantage de vous donner quelques renseigne­
m ents su r la culture des blés dans la région du
Chéliff et. de l ’arrondissem ent de M iliana.
La variété qui réu ssit le m ieux est une qualité

�L’EXPANSION COLONIAL:
de blé d u r à barbe noire, dite blé Chalvin en
raiso n du nom de son im p o rtateu r, et qui doit
être u n blé P élissier ; cette qualité résiste bien
à la sécheresse, ce qui est ici le p o in t capital.
D ans les p a rtie s à te rra in s ou tem p ératu re
relativem ent frais, on sèm e au ssi la tuzelle.
Le com m erce local (m inotier) vient en géné­
ra l acheter su r place, m ais il est certain q u ’une
g ran d e p a rtie de la récolte s ’écoule su r M ar­
seille p a r l ’in term éd iaire de rep résen tan ts et
cou rtiers d ’Alger. P o u r m a p a rt, j ’ensemence
annuellem ent environ 350 h ectares de blé dur.
Nous sommes à la recherche de m éthodes de
cultu re nous m e tta n t u n peu à l’ab ri de notre
prin cip al fléau, la sécheresse ; généralem ent,
p en d an t la floraison, deux à trois journées de
siroco v iennent dim in u er fo rt le rendem ent ;
nous espérons y rem édier p a r l ’irrig a tio n su r
les quelques points où elle deviendra possible,
p a r les lab o u rs p ré p a ra to ires d ’hiver et de
printem ps, les fum ures aux engrais chim iques,
les cultu res en lignes espacées brisées, le ro u ­
lage intensif des terres, etc...
En somme, nous sommes encore d an s la
t ériode des tâto n n em en ts au su jet des m eil­
leures .m éthodes locales à adopter, m ais com­
me qualité nos blés et su rto u t nos blés durs
o n t été to u jo u rs très appréciés.
M a rtin .

A M. le Président de l'Institut Colonial
marseillais.
Rouffach, le 9 octobre 1910.
Comme suite à votre honorée du 10 septem bre
dernier, que je trouve à m on re to u r d ’u n voya­
ge, j ’ai l’h o n n eu r de vous donner ci-après les
renseignem ents que vous me dem andez su r mes
cultu res de blé.
Après avoir essayé p e n d a n t p lu sieu rs années
les différentes v ariétés de blés d u rs cultivés dans
la région de C onstantine : A djini, M ahm oudi
et Béliouni, je me su is prononcé depuis sept
ou h u it ans p our la dernière, le B éliouni, comme
é ta n t celle qui donne dans nos te rre s argilocalcaires les m eilleurs ré su lta ts et qui présente
la plus g ra n d e résistance aux intem péries de
n o tre clim at (exposition N ord, altitu d e 500 mè­
tre s en m oyenne, distance de la m er 70 kilom.
environ à vol d’oiseau).
Mes em blavures de blé p o rte n t o rd in a ire ­
m ent su r une soixantaine d ’h ectares et les re n ­
dem ents v a rie n t su iv an t que les ensem ence­
m ents sont fa its su r labours d ’autom ne sim ­
ples, ou su r lab o u rs p ré p a ra to ires de printem ps,
faits à la c h arru e fran çaise (B rabant).
S ur les p rem iers, les rendem ents peuvent être
de 6 à 10 l'h ectare, su r les seconds de 10 à 15
u n ta u x , q u an d ces labours n ’ont p as été re p a s­
sés, et de 15 à 20 q u an d les labours de p rin ­
tem ps. ont été repassés à l’arrière-printem ps.
’ai p as encore eu recours à l’emploi des
en g rais chim iques. J ’arriv e ain si à pro d u ire
ann u ellem en t de 500 à 800 quin tau x de blé, qui
est vendu presque su r place aux m inoteries du
H am m a, lesquelles ne sont q u ’à 12 kilom ètres
de Rouffach et p a ie n t g énéralem net plus cher
que le commerce local.
L. F rey .
A Monsieur le Président de l'Institut
Colonial Marseillais.
C onstantine, le 28 septem bre 1910.
Je réponds u n peu tardivem ent à votre lettre

203

du 10 co u ran t me dem andant des renseigne­
m ents sur le blé que j’ai envoyé à votre expo­
sition.
Ce blé est de la variété dite A djini (ou H adjini). Il est considéré comme su p érieur à tous les
au tres blés durs au point de vue de la m inoterie,
car il ne donne, p araît-il, qu’une proportion
négligeable de son. Il est cultivé dan s notre fer­
m e depuis près de q u aran te ans. L a ferm e a
été, en effet, créée en 1873 p a r les p aren ts de
m a femme, obligés de q u itter l’Alsace après la
guerre.
Je vous serais très reconnaissants, M onsieur
le Président, de me donner des chiffres exacts
relatifs à la v aleu r de ce blé p a r com paraison
à d’au tres variétés algériennes ou étrangères.
D ans m a région, connue sous le nom de ré­
gion de Mila, ce blé donne u n rendem ent assez
régulier de 10 à 15 p o u r u n san s fum ure ni
engrais.
Je le vends régulièrem ent aux m inoteries de
C onstantine où on l’emploie po u r la fabrication
des semoules. D’ailleurs, presque tous les blés
de notre région ont le même débouché.
Le prix, assez rém u n érateu r, a été cette année
de 23 fran cs les cent kilos, rendu soit à Cons­
tan tin e, soit aux usines du Ham m a. Je vous cite
ce fa it pour vous faire rem arq u er que les usines
du pays nous donnent to u jours u n prix supé­
rie u r de 0 fr. 50 à 1 fran c p a r quin tal à ceux
que nous offrent les courtiers ou les acheteurs
des m aisons de M arseille.
Comme j’ai encore pas m al de te rre s occupées
p a r la vigne, je ne cultive chaque année que
100 à 120 hectares de céréales dont 50 à 80 en
blé d u r Adjini et le reste en blé tendre, avoine,
orge, vesces. Comme m algré sa supériorité le
Adjini n ’est guère payé davantage que d’au tres
variétés donnant, p araît-il, u n rendem ent supé­
rieu r, je vais me résoudre, to u t en conservant
cette variété, à en cultiver une a u tre variété, le
Béliouni, dont vous avez dû recevoir des échan­
tillons de divers producteurs.
Le procédé de vente est bien sim ple : on livre
au m inotier qui paye com ptant au fu r et à
m esure des livraisons.
Gustave I saac.
A Monsieur le Président de l'Institut
Colonial Marseillais.
C onstantine, le 28 septem bre 1910.
En réponse à votre honorée du 10 courant,
j ’ai l ’h o n n eu r de vous donner ci-après les ren ­
seignem ents que vous me dem andez et concer­
n a n t m a collaboration à votre exposition de blé.
Je pratiq u e les m êm es labours que les colons
européens, c’est-à-dire que je laboure avec la
charru e fixe en y faisan t des labours de p rin ­
tem ps et d’autom ne. Je fais mes semences avec
le sem oir en p a ssa n t les g ra in s à sem er dans du
sulfate de zinc ; puis après avoir passé la herse,
je fais p asser le rouleau. Au printem ps j ’enlève
les m auvaises herbes, telles que : chardons, etc.;
q u an t aux m oissons, je m oissonne avec la m ois­
sonneuse lieuse et je fais b attre avec la b a t­
teuse.
En ce qui concerne le rendem ent des années
précédentes, il a été de 22 à 25 qu in tau x à
l’hectare ; q u a n t à cette année, le rendem ent
étan t faible, il a été de 13 à 15 qu in tau x à
l’hectare.
J ’ai m unitieusem ent étudié votre bulletin

�204

L’EXPANSION COLONIALE

l'Expansion Coloniale et vous en rem ercie sincè­
rem ent. Je vous prom ets de m ’y intéresser.
B en Charif A bdel H amid ,

Membre du S yndicat Agricole de
C onstantine.
A Monsieur le Directeur de l’Institut
Colonial Marseillais.
Sm indja, le 23 septem bre 1910.
J’ai reçu votre lettre du 10 écoulé me dem an­
d a n t des renseignem ents com plém entaires sur
le blé que je cultive.
L’échantillon adressé à l’exposition é ta it du
blé d u r M ahm oudi que j’ai obtenu p a r sélection
d’épis opérée il y a tro is an s dans m on champ
de blé co ntenant alors des variétés mélangées.
Depuis tro is années, je cultive cette variété
réputée chez les arabes. Les rendem ents ont été
successivem ent de 12 quin tau x à l’h ectare en
1908 ; 21 quin tau x en 1909 ; 12,5 en 1910 su r une
surface de 14 hectares cette année. ' Le mois
d’octobre prochain je compte em blaver 35 hec­
ta re s de M ahm oudi m ais à côté je commence
cette année la culture de la variété Souri pour
com parer ces deux variétés entre elles.
Je ne p arle p as du blé ten d re que je cultive
cependant s u r une v ingtaine d’hectares, m ais
p our lequel je n ’a i encore fa it aucune étude sur
les variétés. R endem ent obtenu cette année pour
la tuzelle barb u e 16 q u in tau x à l’hectare.
Comme mode de vente, j ’ai vendu ju sq u 'à p ré­
sent la m ajeu re p artie de mes blés d u rs comme
semence à des voisins ou comme consom m ation
aux arab es de m a région ; m ais l’année p ro chai­
ne, la surface emblavée é ta n t plus que doublée,
j ’a u ra i une certaine q u an tité à vendre à l’exté­
rieu r. En ce qui concerne le blé tendre, je vends
aux négociants en g ra in s de la place de Tunis.
Je ne crois p a s devoir m ’étendre su r le mode
de cu ltu re approprié au blé dans ce pays-ci,
question su r laquelle vous êtes certainem ent
trè s docum enté. Je reste cep en d an t à votre dis­
position p our to u t renseignem ent que vous
pourriez avoir à me dem ander.

G.

B ailleau .

A Monsieur le Président de l'Institut
Colonial Marseillais.
C arnot, le 29 septem bre 1910.
P a r suite d’occupations exceptionnelles, il m’a
été im possible de vous a d re sse r plus tôt les ren ­
seignem ents que vous avez bien voulu me de­
m a n d e r p a r votre honorée du 10 cou ran t, au
su jet de la m éthode employée à C arnot p o u r la
culture des céréales, p rin cip alem en t du blé.
Après expériences les colons n ’ont pas trouvé
av an tag e à faire des blés d u rs auxquels les
h a u ts plateau x conviennent m ieux et se sont
livrés à peu près exclusivem ent à la culture du
blé ten d re d it « de Mahon » qui s’est trè s bien
approprié à notre clim at chaud et sec. Les ense­
m encem ents ne se font que su r lab o u rs dits de
printem ps que l’on commence dès que les se­
m ailles sont term inées. On les fa its au ssi pro­
fonds que possible avec une c h a rru e fixe attelée
de h u it ou dix bêtes, et, comme d an s ces labours
fa its de bonne h eure il pousse des herbes va­
riées, on p ratiq u e une deuxième façon avec les
polyssocs ou la sim ple c h arru e o rd in aire. L’on
emploie des superphosphates que l’on répand
soit en fa isa n t les labours p rép arato ires, soit
au m om ent des sem ailles. D’une m anière comme
de l’au tre, le ré su lta t est toujours sa tisfa isan t

et augm ente le rendem ent m oyen d’environ
2 q u intaux à l’hectare et pour nos te rre s qui
sont très fertiles, c’est suffisant. Ce qui m anque
le plus pour a ssu re r les récoltes, ce sont les
pluies d ’av ril et nous ne pouvons lu tte r a v a n ta ­
geusem ent pour com battre la sécheresse h ab i­
tuelle qu’au m oyen des labours p rép arato ires
profonds qui ont la propriété d’im m erger une
q u an tité d’eau suffisante pour perm ettre à la
plante de se développer ju sq u ’à sa complète
m aturité. L ’on sème les mêmes terres tous les
deux ans en général. Les rendem ents m oyens
sont de 13 à 14 q u intaux m étriques p a r hectare.
La quantité de semence employée est de 80 kilos
p a r hectare à la volée. L’on ne fait p a s encore
usage du sem oir m écanique à l’exception de
deux colons qui o n t commencé à l ’adopter. La
superficie ensemencée est d ’environ 1.500 h ecta­
res chaque année.
L’on ne fa it pas d’orge ni d’avoine en dehors
de ce qu’il fa u t pour la n o u rritu re des anim aux
de trav ail. L’orge est la culture de choix des
Indigènes qui en font la base de leur alim en ta­
tion ; comme elle est plus rustique elle se prête
m ieux aux m éthodes de culture ru d im en taires
employées p a r eux. Les années sèches le u r sont
désastreuses, en raiso n des rendem ents à peu
près nuis qu’ils obtiennent.
Les colons cultivent beaucoup m ieux et n ’ont
pas de tels déboires.
J ’espère que ces quelques renseignem ents
écrits à la hâte, vous suffiront po u r avoir une
idée de notre m anière de cultiver les céréales
dans notre région de C arnot qui fa it p artie du
m oyen Chéliff.
Les colons vendent leu rs blés aux m inotiers
qui viennent les acheter au m om ent du battage.
En général ils ne les re n tre n t pas chez eux, car
ils trouvent plus avantageux de les vendre à ce
m om ent e t de les p o rter en gare. S’il se présen­
ta it des acheteurs sérieux, les colons se groupe­
ra ie n t pour a ssu re r u n stock suivant les années
de 15 à 20.000 quintaux.

Dr Roux.

A Monsieur le Président de l'Institut
colonial marseillais.
La Lande C hevrier p a r Culan, Cher,
27 septem bre 1910.
C’est avec p laisir que je réponds à votre lettre
du 10 septem bre adressée à F enouane et qui
vient seulem ent de me parvenir.
Les sortes de blés tendres qui sem blent devoir
donner les m eilleurs ré su lta ts dans la région de
S aïda sont les Tuzelles de Provence et les Richelles de Naples. Les blés rouges de Bordeaux
s’y cultivent peu, et, bien que d o n n an t de très
bons rendem ents certaines années, ils sem blent
plus sensibles au froid et su rto u t au siroco.
L eur m atu rité est un peu plus tard iv e et c’est
là aussi un défaut im portant. L’essentiel, dans
une région où l’h iv er est souvent assez rigou­
reux, est d’avoir u n blé ré sista n t bien au froid,
ay an t une végétation rapide, de façon à ce qu’il
p arte vigoureusem ent aux prem iers jo u rs de
printem ps, et au ssi précoce que possible, ce
qui lui perm et d ’échapper aux coups de siroco
qui se produisent généralem ent aux prem iers
jo u rs de juillet.
Comme végétation, comme précocité, la Richelle est supérieure à la Tuzelle, m ais elle
semble m oins résistan te aux froids ; elle est
m oins riche aussi en gluten et c’est une chose

�L’EXPANSION COLONIALE
à considérer. Son rendem ent, en années favo­
rables, est sup érieu r à celui de la Tuzelle et
l’idéal se ra it de sem er ces deux sortes en m élan­
ge, m ais en raiso n de leu r différence d’époque
de m atu rité, la chose n ’est pas possible. Il sem­
ble donc que c’est à la Tuzelle que l’on doive
faire la m eilleure p a rt et cela ta n t à cause de
sa rég u larité de rendem ent que de sa résistance
au froid et au siroco, de sa précocité trè s suffi­
sante et de sa richesse en gluten.
S aïda est peu réputé p our ses blés tendres, les
m eilleurs sont livrés à Arzevv ou à O ran comme
provenance Bel-Abbès, m ais s’il y a quelques
années la culture y é ta it circonscrite à la région
des H auts P lateau x qui, en raiso n de le u r situ a­
tion, produisent de préférence l’orge et le blé
d u r dont l’écoulem ent est to u t indiqué vers le
Sud, actuellem ent la situ atio n n ’est plus la
même. D ans u n rayon de 30 à 40 kilom ètres de
S aïda, il ex istait des étendues considérables de
te rra in s vierges boisés pour la p lu p a rt et en
gran d e p artie entre les m ain s des Indigènes ;
en quelques années, la m ajeure p a rtie de ces
te rra in s ont été achetés p a r des Européens, les
ventes effectuées dans la région depuis cinq ans
sont form idables, le seul n o taire existant à
Saïda, m ieux que to u t au tre, en sa it quelque
chose ; les banques ont deviné u n pays d’avenir
qui a lla it se tra n sfo rm e r à brève échéance. En
plus des b an q u iers p articu liers, tous les établis­
sem ents de^ crédit ex istan t en Algérie se sont
em pressés 'd ’y étab lir des succursales et ne
craig n en t p as d’o u v rir de larg es crédits pour
faciliter la m ise en v aleu r de ces terrain s.
Dès m a in te n an t la production se chiffre p ar
centaines de m illiers de q u in tau x et elle dou­
blera et trip le ra à brève échéance. L a ligne
S aïd a-P errég au x est devenue insuffisante à
a ssu re r le trafic de la région et la Compagnie
elle-même a été la prem ière à favoriser le p ro­
je t de çréation d’une nouvelle ligne Saïda-BelAbbès qui desserv ira des régions trè s riches et
jusque là incultes en raiso n du m anque de voie
d’accès.
S aïd a est d éjà le point de d ép art de nom breu­
ses routes a lla n t dans toutes les directions. Son
réseau s’augm ente et se complète chaque année
davantage, grâce à l’activité et à la compétence
dç son a d m in istra te u r ; d ’ici peu. devenue tête
de ligne su r Bel-Abbès et su r ï i a r e t , Saïda
p re n d ra une im portance considérable et d raine­
ra tous les p ro d u its des riches régions qui
l’avoisinent.
Les rendem ents qui v a rie n t actuellem ent en­
tre h u it et dix quin tau x à l’h ectare s’accroîtront
considérablem ent p a r suite de l’emploi des
superphosphates.
Les années désastreuses qui se p roduisent de
tem ps en tem ps d an s Les régions basses du Tell
y sont inconnues en raison de l’altitude. Les
hivers y sont plus hum ides et chaque année, à
p lu sieu rs reprises, de bonnes couches de neige
recouvrent les récoltes et donnent au sol en fon­
d a n t la provision d’eau qui assure la bonne vé­
gétation au printem ps.
Je ne sais p as si vous ne me reprocherez pas
de vouloir faire de la réclam e à la région de
Saïda, en tous cas ce n ’est pas m on but et je ne
fais que co n stater ce que j ’ai sous les yeux.
A F enouane, les ensem encem ents, cette a n ­
née, s’éten d ro n t su r neuf cent cinquante à mille
h ectares dont h u it cents en Tuzelle et deux
cents environ en blé dur de M édéah, orge et
avoine. La proportion de Michelle est m inim e

205

et il me semble p ru d en t av an t d’accorder une
trop grande place à cette variété d’atten d re un
acclim atem ent plus complet. Les rendem ents en
blés tendres comme en blés durs v arien t entre
h u it et douze q u intaux en ta b la n t sur un cer­
ta in nom bre d’années.
Je suis heureux de profiter de la circonstance
pour vous adresser mes rem erciem ents pour
l ’envoi du bulletin crue vous m ’avaz adressé,
pour vous féliciter du succès de votre exposition
qui répond bien à un besoin actuel et dont tout
le m onde bénéficiera.
P o u r moi, personnellem ent, je ferai to u t mon
possible pour faire connaître la production de
ces régions encore neuves et p a rto u t peu con­
nues. Je me ferai u n p laisir de vous adresser
les g rain s dont vous aurez besoin pour vos
expériences de m euneries et j’espère, en bonnes
années su rto u t et grâce aux lots im portants qui
p o u rro n t se tra ite r dans la région, a ttire r si
non les consom m ateurs de nos produits, tout
au m oins leu rs rep résen tan ts et éviter ainsi
d’avoir recours aux in term édiaires en deuxième
ou troisièm e m ain.
Alfred V an E yll .
P ropriétaire-agriculteur
à Fenouane (Oran).
A M onsieur le P résident de l'In stitu t
Colonial M arseillais.
P a ris, le 16 septem bre 1910.
Comme suite à l’aim able lettre du 1er août du
docteur Heckel et à la vôtre du 6 courant, je
vous ai fait adresser, il y a quelques jours, un
exem plaire de la prem ière p artie du ra p p o rt de
notre D épartem ent du Commerce et de l’In d u s­
trie pour l'année fiscale term inée le 31 m ars
1908. qui contient de nom breuses statistiques de
grains.
J’y ai jo in t le seul exem plaire que je possède
d’u n « Spécial G rain R eport » de ce même
M inistère pour l’année 1909. P o u r ce même exer­
cice, le départem ent du Commerce a divisé en
sept p arties son R apport annuel et a spéciale­
m ent consacré la p artie 5 aux statistiq u es re la ­
tives aux g ra in s ; m alheureusem ent cette cin­
quième pdrtie est la seule qui ne soit pas encore
sortie de l’im prim erie ; m ais j’ai toutefois prié
mon m inistre à O ttaw a de h â te r l ’envoi, ne
fut-ce que d ’une épreuve, à l’intention de votre
Institut.
D’au tre part, je viens de recevoir de W innipeg l’estim ation, au 15 août, de la récolte 1910
pour les tro is provinces gran d es productrices :
M anitoba, Saskatchew an et Alberta, ainsi que
la situation, à la même date, en ce qui concerne
la récolte 1909. Je jo in s à la présente l’original
qui m ’est parvenu ainsi qu’une trad u ctio n fra n ­
çaise que j’ai fait effectuer dans mes bureaux.
J ’y jo in s égalem ent l’exem plaire que je viens
de recevoir d ’une carte des élévateurs et m ou­
lins existant, en 1910, d an s les tro is m êmes
provinces. J ’en ai im m édiatem ent dem andé
quelques au tres exem plaires à l’intention de
votre Exposition, ainsi que d’une au tre carte
dont je ne possède pas d’exem plaire, m ais qui
m on trera en couleur, pour 1909, les superficies
cultivées en chaque variété de g rain s dans cha­
cun des districts des tro is m êm es provinces.
Je crois que vos bureau x p o u rro n t puiser
dans les divers docum ents énum érés ci-dessus,
les renseignem ents de n a tu re à leu r perm ettre
l'établissem ent des tableaux extrêm em ent inté-

�20C,

L’EXPANSION COLONIALE

re ssa n ts et p ro b an ts que vous désirez faire
établir.
Le délégué com m ercial du G ouvernem ent
Canadien en France :
A. P oindron .

CANADA
ASSOCIATION DES NÉGOCIANTS EN GRAINS DU NORD-OUEST
Grains Exchange W innipeg

W innipeg (Man.), le 25 août 1910.
E stim ation des récoltes dcuis les provinces
de M anitoba, S askatchew an et Alberta
au 15 août 1910.
Acres

Bushels

B lé....... 8.15:1.200 üraison île 12,8 h usli.p ararr. 106.510.320
A voine. 4.217.400
» 20,5
»
111.983.000
O rg e .. . 1.022.000
a
19,1
»
19 520.000
L in ....
630.000 »
8,4
»
5.292.000
Situation de la récolte de 1909.
Blé inspecté à ce jo u r .................. 92.904.000
Avoine
»
»
32.706.000.
Orge
»
»
4.628.000
Lin
»
»
3.576.000
Blé re s ta n t entre les m ains des fe r­
m iers .....................................................
1.100.000
Avoines re s ta n t entre les m ain s des
-fe rm ie rs ................................................
1.972.000
F ra n k F ow ler ,

-----

---- «£»----

Secrétaire.

— ------

Le Commerce des Graines oléagineuses
en Afrique Equatoriale française
Chacune de nos colonies de la côte occiden­
tale d’Afrique voit figurer à ses exportations,
parmi un certain nombre de produits, un ou
deux dont l'importance dépasse de beaucoup
tous les autres réunis. Pour le Sénégal, par
exemple, ce sont les arachides, pour la Gui­
née le caoutchouc et les amandes de palme;
pour la Côte d’ivoire, les bois, enfin pour le
Dahomey, les amandes et l’huile de palme.
Si quittant l’Afrique Occidentale, l’on passe
en Afrique Equatoriale, on voit figurer aux
exportai ions le caoutchouc et les bois, le
premier pour l’intérieur de la colonie, les
seconds pour la Côte du Gabon, les autres
produits végétaux ne donnant lieu qu'à un
commerce insignifiant. Cela n’implique pas
pourtant que: les immenses territoires que
nous possédons dans ces parages soient inca­
pables de produire autre cb;-se. Leur é1oignement de la métropole, l’absence totale de
voies de communications à l'intérieur, le ré­
gime commercial tout à fait spécial auquel
les colonies de ce groupe sont soumises, la
paresse dos indigènes sont autant de causes
qui ont empêché les exportations de s’accro;
tre proportionnellement à la richesse du
pays.
Quoique jouissant de privilèges spéciaux
leur assurant le monopole du commerce, les
sociétés concessionnaires entre lesquelles le

Congo Français avait été partagé, ayant eu à
s’installer dans un pays à peu près inconnu
sans renseignements aucun pour les aider
dans leurs opérations, dépensèrent énormé­
ment en frais de premier établissement ;
aussi, et cela se comprend facilement, pour
rentrer dans ces frais n’exploitèrent-elles
d’abord que l’ivoire et le caoutchouc, pro­
duits de forte valeur. Dans la suite la maind’œuvre étant restée rare, les frais d’exploi­
tation et de transport toujours élevés, elles
se bornèrent à continuer ce commerce, le
seul donnant de gros bénéfices.
Si l’on peut admettre ces conditions parti­
culières pour l’intérieur de la Colonie, au
moins tant qu’une voie ferrée ne reliera pas
le Congo proprement dit avec la côte, il n’en
est pas de même en ce qui concerne le Gabon,
où les faciblés d’exploitation sont beaucoup
plus grandes. Outre les bois que celte colonie
expoite déjà en grandes quantités, on peut
considérer aussi les graines oléagineuses
comme appelées à y prendre une importance
primordiale, si exportateurs et importateurs
réussissent à se mettre d’accord, et le mo­
ment paraît particulièrement favorable pour
cela.
Depuis longtemps déjà des tentatives d’ex­
portations ont été faites, mais le mouvement
est resté stationnaire. Ainsi en 1896, on relève
déjà les exporlations sui\antes :
Noix de c o c o ... k.
Noix de p a l m e . . . .
O rv a la .....................
Fruits et graines
oléagineuses . . . .
Huile de p a lm e .. .

France

Co'onies frai çaiscs

Élianger

))
8 750
1,510

4.500
U
))

»
769.884
1)

130
1.094

»
»

.

»
104.205

Ces chiffres oscillent ensuite quelque peu,
mais après avoir atteint en 1899 :1.001.052 kg
pour les amandes de palme, 300.849 kg. pour
l’huile, chiffres maxima, ils descendent de
près de moitié et restent stationnaires. Il y a
lieu de remarquer que la plus grande partie
des exportations se fait vers l’étranger et
que la France n’y entre que pour une faible
part, bien qu’elle soit obligée de s’adresser
un peu partout pour se procurer les matières
grasses qui sont nécessaires à son industrie
Les causes de la diminution dans les expor­
tations de graines oléagineuses du Gabon
sont diverses. Ainsi que nous l’avons dit les
sociétés concessionnaires portent tous leurs
efforts vers l’exploitation du caoutchouc et
négligent les autres produits, mais il faut
reconnaître que l’indigène, très paresseux et
n.’ayant pas de besoins, ne se livre pas volon­
tiers à la récolte de graines dont il ne retire
que peu de choses, alors qu’il peut avoir les
quelques francs nécessaires pour acheter les
rares objets qui pourraient les tenter dans
les factoreries avec moins de peine en prépa­
rant quelques boules de caoutchouc. Mais
cette paresse très prononcée n’est pas telle
que l’on ne puisse la secouer, surtout si l’ad­
ministration, malgré que ce ne soit pas pré-

�L’EXPANSION COLONIALE
cisément son rôle, veut bien aider en la
circonstance les commerçants ; mais ce n’est
point là la seule cause de l’arrêt dans la ré­
colte des graines grasses.
Une autre cause et non des moins impor­
tantes de l’irrégularité et du peu d’importan­
ce de ces exportations, vient de la difficulté
qu’ont rencontrée les colons pour trouver
l'écoulement de leurs produits. Des envois,
de peu d’importance il est vrai, qui avaient
été faits en France à titre d’essai, ont été né­
gligés et ce n’est qu’à grand peine qu’ils ont
pu être vendus, avec perte pour l’expéditeur,
ce qui évidemment n’a pas encouragé à faire
des envois plus considérables. De plus ce
commerce tond à se faire avec l’étranger nu
détriment de la Métropole, ce qui s’explique
facilement,
Deux compagnies étrangères, l’une an
glaise, et l’autre allemande, fréquentent les
ports du Gabon et comme elles font un ser­
vice commercial, elles peuvent visiter tous
les ports et y rester le temps nécessaire pour
prendre un chargement, si peu important
soit-il. Si l’on ajoute à cela que toutes deux
font un service régulier, partant de ports
où se trouvent des marchés de produits colo­
niaux de première importance, que leurs
tarifs de fret sont moins élevés crue ceux des
compagnies françaises, que les bateaux
munis de chaloupes à vapeur prennent les
marchandises à terre, nue les capitaines en
vertu d’ordres spéciaux sont d’une grande
complaisance et possèdent une certaine liber­
té pour traiter les affaires, il leur est facile de
concurrencer avec succès la seule compagnie
française qui dessert à l’heure actuelle, l’A­
frique Equatoriale Française, laquelle assu­
rant un service postal, ne peut disposer que
de peu de temps et dont les tarifs sont con­
sidérés comme trop élevés.
Toutes ces causes réunies ont entravé dans
une large mesure le commerce des graines
grasses du Gabon, mais comme il est possible
■d’y remédier, il semble, nous le répétons, que
le moment soit venu de lui donner un nouvel
essor. On s’efforce en effet de renouer les re­
lations interrompues depuis quelques années
entre Marseille, Libreville. Loango, Matadi ;
i{ y a donc intérêt pour faciliter la reprise de
ce service à se préoccuper d’assurer un fret
de retour à la compagnie qui s’en chargera.
Le fret d’aller sera procuré pendant quelques
années par les matériaux qu’elle ne man­
quera pas de transporter pour les travaux
publics, qui vont être entrepris sur les fonds
de l’emprunt qui vient d’être accordé à ce
groupe de colonies, en plus des produits de
toute sorte en provenance de Marseille qui
sortent à l’heure actuelle par d’autres ports.
Le fret de retour doit être -fourni par le Ga­
bon, le Congo proprement dit qui n’exporte
que du caoutchouc, ne pouvant le donner, et
il doit se composer de bois et de graines oléa­
gineuses surtout, dont l’écoulement est as­
suré à Marseille.

207

Le Gabon est susceptible d’en fournir en
grande quantité le jour où l’on voudra s’en
donner la peine. Outre les amandes et l’huile
de palme, qui sont l’objet de transactions
actives un peu partout, il peut donner toute
une série de graines d’une réelle valeur, qui
sont bien connues depuis les travaux si com­
plets sur la matière qui ont été publiés il
y a quelques années par M. le Dr Heckel,
dont la haute compétence en la matière est
universellement reconnue.
Nous ne ferons pas ici l’énumération des
graines dont l’exportation est possible; elles
sont nombreuses et tes quantités que l’on
peut en recueillir considérables. La diminu­
tion des plantes caoutehoutifères exploitables
dans la région côtière et l’extension qu’a prise
en ces derniers temps la perception de l’im­
pôt chez les indigènes va les obliger à travail­
ler et,par suite, l’on peut escompter qu’ils re­
cueilleront des graines si on les y pousse,
cela d’autant plus facilement que ce travail
doit être fait par les femmes et les enfants.
Il serait désirable que, dès maintenant, les
acheteurs Marseillais et les colons de la côte
Gabonaise entrent en relations directes pour
s’entendre sur les conditions auxquelles ils
leurraient traiter des affaires, et il nous a
&gt;ru que l'Expansion Coloniale, par sa gran­
de publicité, pourrait provoquer ces rela­
tions, ce qui démontrerait une fois de plus sa
réelle utilité. Cette entente faciliterait de
plus dans une large mesure la création dési­
rée par tout le monde d’un nouveau service
de vapeurs Marseille-Congo.
A. B a u d o n ,
Correspondant de l'Institut
Colonial Marseillais.

Le Régime douanier colonial
A la suite de l’envoi aux représentants des
colonies au Parlement de la Réponse de
l’Institut colonial au Questionnaire sur le
Régime douanier, nous avons reçu les di­
verses lettres suivantes, que nous sommes
heureux de reproduire et qui démontrent
bien que notre doctrine est celle du parti co­
lonial tout entier :
P a ris, le 26 octobre 1910.
M onsieur le P résident,
Je reçois votre lettre avec réponse au ques­
tio n n aire su r le Régime douanier colonial. Je
viens vous dire bien vite que j’avais déjà lu
dans la Dépêche Coloniale le rem arquable et
suggestif rap p o rt que vous avez rédigé et dont
j’avais adm iré et la form e et le fond.
Perm ettez-m oi, M onsieur le Président, de vous
adresser toutes m es félicitations et de vous
dire que je ne serai p as le d ern ier à soutenir
avec énergie les saines doctrines que vous avez
développées avec un ta le n t auquel j ’ai un g ran d
p laisir à ren d re hom m age.

�208

L’EXPANSION COLONIALE

Veuillez agréer, M onsieur le P résident, mes
sentim ents distingués et dévoués.
E ugène E tien ne
Député d'Oran, ancien Ministre.
P a ris, le 27 octobre 1910.
Mon cher P résident,
Je reçois votre lettre du 8 co u ran t me tra n s­
m ettan t votre réponse au questio n n aire de la
Commission interm inistérielle du Régime doua­
n ier colonial.
Je vous en rem ercie et vous en félicite bien
chaleureusem ent, c ar c’est u n nouveau service
que vous rendez à la cause coloniale.
E spérons que de l’union de nos efforts sor­
tira le succès.
Veuillez agréer, m on cher P résid en t, l’expres­
sion de mes sentim ents dévoués.
J. Chailley ,

Député, directeur général de l’Union coloniale.
P a ris, 15 octobre 1910.
M onsieur le P résident,
Je m ’em presse de vous accuser réception de
votre lettre du 8 co u ran t, p a r laquelle vous avez
bien voulu m ’a d re s s e r'la réponse que vous avez
faite, au nom de l’In stitu t colonial m arseillais,
au q u estionnaire de la Commission in term in is­
térielle du Régim e dou an ier colonial.
Je vous rem ercie do cctie com m unication et
vous prie d’agréer mes bien sincères félicita­
tions pour votre rem arq u ab le étude, qui vient
fortifier de nouveau la doctrine dont vous avez,
avec ta n t d ’autorité, posé les bases d ans votre
ra p p o rt général su r le Régime douan ier colo­
nial, au Congrès de M arseille de 1906.
Comme vous le rappelez, c’est pour défendre
cette doctrine que la F éd ératio n intercoloniale
a été fondée et q u ’elle in terv ien d ra aup rès du
P a rle m e n t ; m ais p our ré u ssir dans cette entre­
prise, elle a besoin de pouvoir com pter su r des
concours comme celui que vous avez bien voulu
consentir à lui p rêter personnellem ent, en ac­
cep tan t de faire p artie du Conseil d ’adm inis­
tra tio n de la Fédération, ce dont je saisis l’oc­
casion de vous offrir mes plus sincères rerherciements.
Veuillez agréer, M onsieur le P résid en t, l'ex­
pression de mes sentim ents distingués et
dévoués.
Le Président
de la Fédération intercoloniale à Paris
P a u l D esch anel ,

député.
P a ris, le 11 octobre 1910.
M onsieur le P résid en t,
J ’ai l ’h o n n eu r de vous accuser réception de
votre lettre du 5 courant, co n ten an t u n exem­
p laire de la réponse faite p a r vous au ques­
tio n n aire rédigé p a r la Commission in te rm in is­
térielle nom m ée p our l’étude du Régime doua­
n ier colonial.
Je vous rem ercie de cette com m unication,
dont la lecture m ’a beaucoup intéressé : le
systèm e d’une sorte d ’autonom ie d ouanière que
vous réclam ez p our les colonies a d éjà été p ré ­
conisé p a r le Conseil su p érieu r d ’Indochine
dans sa session o rd in aire tenue à H anoï, fin
1908, si mes souvenirs sont fidèles.
Je vais m ’enquérir de l’éta t exact de la ques­
tion à une prochaine visite aux b u reaux du
M inistère, et ne m an q u erai p a s de dem ander

à être entendu p a r la Commission p arlem en taire
les douanes dès la rentrée.
Si vous aviez de nouveaux docum ents à me
com m uniquer su r la question, je les recevrais
avec plaisir.
Veuillez agréer, M onsieur, avec mes rem er­
ciem ents, l’assu ran ce de mes sentim ents dis­
tingués et dévoués.
P a b is ,

Député de la Cochinchinc.
P aris, le 10 octobre 1910.
M onsieur le P résident,
Je vous suis très reco n naissant d ’avoir bien
voulu me com m uniquer votre rem arquable ra p ­
po rt en réponse au questionnaire su r le Régi­
me douanier colonial.
E n complet accord avec vous su r la nécessi­
té d ’assu rer, sous les g ara n tie s que vous spéci­
fiez pour la Métropole, la personnalité doua­
nière de chaque colonie ou groupe des colonies,
je serais heureux de pouvoir contribuer à faire
prévaloir au P arlem en t les idées si justes que
vous émettez.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, avec
mes rem erciem ents, l’assurance de m a haute
considération.
E tienne F landin ,
Sénateur de l'Inde française.
P aris, le 8 octobre 1910.
M onsieur le P résident,
Je vous rem ercie de la lettre et de la com m u­
nication que vous avez bien voulu m ’adresser.
J ’ai p arco u ru votre m ém oire avec beaucoup
d’intérêt ; je ne m an q u erai pas de m ’en inspirer
dans la m esure que j ’estim erai utile, lorsque me
sera parvenue la consultation motivée que j ’ai
fait dem ander pour moi à la Cham bre de Com­
merce de P ondichéry et, d ’après la question,
je rég lerai mon intervention p arlem entaire.
Agréez mes sentim ents les plus distingués.
P a u l B luy ssen ,
Député de l'Inde.
Bourg-la-Reine, le 12 octobre 1910.
M onsieur le P résident,
Je vous rem ercie d ’avoir pensé à me com m u­
niquer la réponse faite p a r l’In stitu t colonial
m arseillais au questionnaire tran sm is p a r le
M inistre des Colonies, au sujet du Régime
douanier colonial.
J ’en accepte tous les principes. La p erso n n a­
lité douanière de chaque colonie me p a ra ît de
n a tu re à assu rer la prospérité économique et
financière de chaque colonie, et n ’offrir aucun
d an g er po u r la Métropole, puisqu’elle favori­
sera l’intervention du Conseil d ’état pour a u ­
to riser le fonctionnem ent du Régime qui a u ra
été choisi.
J ’ai l’espoir que votre très rem arq u ab le tr a ­
vail a u ra une influence décisive dans la ques­
tion, et fe ra so rtir les colonies du m arasm e
dans lequel les fait végéter le Régime douanier
que nous devons à la loi de 1892.
Veuillez agréer, M onsieur le P résident, l ’a s­
su ran ce de m a h au te considération.
F. Cr é p in ,

sénateur.
Dugny, 8 octobre 1910.
M onsieur le Président,
J ’ai bien reçu votre lettre du 5 octobre con­
te n a n t votre réponse au questionnaire su r le

�L’EXPANSION COLONIALE
Régime dou an ier colonial et m ’em presse de
vous en rem ercier.
Cette com m unication m ’intéresse d ’a u ta n t
plus que je compte bien, av an t le débat su r la
révision des ta rifs de 92, publier plu sieu rs a r ­
ticles dans le b u t d ’éclairer l’opinion su r la
nécessité d 'en finir avec l ’exploitation abusive
des colonies p a r la Métropole.
Veuillez agréer, M onsieur le P résid en t, l’ex­
pression très cordiale de mes sentim ents les
m eilleurs.
H u m bert ,

sénateur.
P a ris, le 13 octobre 1910.
M onsieur le P résid en t,
J’ai l’honn eu r de vous accuser réception de
votre lettre du 5 co u ran t et vous rem ercie d’avoir
bien voulu m ’envoyer votre p ro jet de réponse
au q u estionnaire su r le Régime douanier
colonial.
J ’ai lu cet im p o rta n t docum ent avec le plus
vif in té rê t et puisque j ’ai la bonne fortune d ’être
en absolue com m unauté de vue avec vous, je
ne m an q u erai p as de m ’in sp irer de votre étude
si approfondie de la question d an s la réponse
que je suis moi-même appelé à faire à ce ques­
tion n aire.
Veuillez agréer, M onsieur le P résid en t, avec
tous mes rem erciem ents, l’expression de mes
plus distingués sentim ents.
Guynet,

Délégué de l'A frique équatoriale française
au Conseil supérieur des Colonies.

ACTES COLONIAUX OFFICIELS
M é t r o p o le
A frique occidentale. — Un décret présidentiel
accorde divers avan tag es et prim es à l’exploi­
tatio n m étropolitaine des pêcheries de la M au­
rita n ie et du Sénégal.
Nouvelle-Calédonie. &gt;— Un d écret au to rise
l’acquisition d u m atériel com plém entaire n é­
cessaire à l’exploitation du chem in de fer de
Noum éa vers B ourail.
Nouvelles-H ébrides. — Un décret fixe à
3.500.000 kilogram m es les q u an tités de m aïs
o rig in aires des exploitations françaises des
Nouvelles-Hébrides qui p o u rro n t être adm ises
en franchise de d ro it en Nouvelle-Calédonie du
1er ju illet 1910 au 30 ju in 1911, et fixe, en outre,
comme su it les q u an tités de pro d u its o rig in ai­
res des exploitations fran çaises des NouvellesH ébrides qui p o u rro n t être adm ises en fra n c h i­
se de droit d ans les colonies fran çaises au tres
que la Nouvelle-Calédonie du 1er ju illet 1910 au
30 ju in 1911 : Café, 50.000 kilos ; cacao, 2.000 ki­
los ; vanille, 50 kilos.

C o lo n ie s
Tunisie. — Un décret réglem ente à nouveau
la, législation de la colonisation officielle.
Sénégal. — Un a rrê té fixe les ta rifs d ’exploi­
tatio n du p o rt de commerce de D akar à p a rtir
du 1er jan v ier 1911.
A frique équatoriale. — Un a rrêté porte créa­
tion d ’u n réseau téléphonique à Brazzaville.
Un a rrêté in te rd it l’exportation des caoutchoucs
frelatés et im purs.

209

Madagascar. — Un arrêté ouvre une enquête
de commodo et incom m odo su r le p ro jet de
construction du chem in de fer de Brickaville
à Tam atave. — Un arrêté autorise M. H erscher,
colon de Nossy-Bé, à exploiter les gisem ents de
guano des îles de la côte occidentale.
Tonkin. — Un a rrêté réglem ente la fab rica­
tion, la vente et le p o rt des arm es et m inutions.
Nouvelles-Hébrides. — Un arrêté du Gouver­
neur de la Nouvelle-Calédonie crée à Port-V ila
une com m ission consultative du commerce et
de l ’agriculture.
Guyane. — Un a rrêté charge M. R enard,
ingénieur des Ponts-et-Chaussées ,d ’une m ission
d’étude des trav au x d ’am élioration du port de
Cayenne.
J. L.

I N S T I T U T I ONS CONNEXES
SOCIÉTÉ DE GEOuRAPHIE
ALLIANCE FRANÇAISE

La réouverture des séances publiques de la
Société de G éographie a eu lieu le 30 octobre
avec g ran d succès, dan s l’am phithéâtre de la
Faculté des Sciences, p a r une b rillan te confé­
rence donnée de concert avec le Comité de
l’Alliance F rançaise, sous le titre : « Coup d’œil
su r la civilisation des E tats-U nis d’Am érique »,
p a r M. L. M abilleau, directeur du Musée Social
à P a ris, président de la F édération nationale
de la m utualité française, m em bre correspon­
d an t de l ’In stitu t de France. Le « B ulletin »
1 et 2 de 1910 de la Société de G éographie vient
de p a ra ître en un im p o rtan t fascicule de 164
pages ; on y trouve le compte rendu p ar
M. B ardon, secrétaire de la Société, de la Croi­
sière au M aroc q u ’il dirigea au printem ps der­
n ie r ; les résum és des conférences des com m an­
dants d’Ollone et de Lacoste et des a u tre s émi­
nents voyageurs reçus p a r la Société ; la Chro­
nique géographique et coloniale de 1909 sur
l’Afrique, p a r le secrétaire général, M. Jacques
Léotard, et une précieuse bibliographie des
récentes publications. Signalons, d’au tre p art,
que le Comité de l’A lliance F rançaise, réuni
sous la présidence de M. A drien A rtaud, le 27
octobre, a voté ses subventions annuelles à dix
écoles fran çaises de l’Egypte, de la Syrie et du
Maroc.

A v is

d ’A d j u d i c a t i o n

Le 15 novem bre, il sera procédé à l’ad ju d ica­
tion, au M inistère des Colonies, de la fo u rn i­
tu re en deux lots des articles de m ercerie :
agrafes, boucles et boutons en m étal, nécessai­
res p endant trois années aux différents servi­
ces des colonies.
Le 15 novem bre, adjudications sim ultanées
à P a ris, à B ordeaux et à M arseille, à l’Hôtel
du Service Colonial, en deux lots, des fo u rn i­
tu res de :
1° M édicam ents chim iques et p h a rm aceuti­
ques ;
2° Droguerie, herboristerie et articles divers ;
3° P roduits chim iques purs pour laboratoires;
4° P roduits chim iques industriels et désin­
fectants.
Consulter les cahiers des charges au Secré­
ta r ia t de l’In stitu t Colonial M arseillais.

�L’EXPANSION COLONIALE

210

MARCHÉ DES PRODUITS COLONIAUX
Is /T a x -s e ille
T E X TILE S
les 100 k.
Raphias du Madagascar. — Tarnatave
l r|J qu alité.................................................... F. 61/65
Majunga b lan c..............................................
72/74
Analalave b la n c ............................................
65
Tare d ’usage,escom pte :s o/o comptant,
m archandise prise
quai ou m agasin
M arseille. — Article ferme.
Fibres d ’Alors. — Bourbon l&lt;,rc h o ix ....
66
Bourbon ord in aire..............................
55/60
Toutes conditions de place, soit tare
2 o/o, escompte 3 o/o.
Piassava Madagascar......................
80
ESSENCES
le kilo
De Géranium Bmrbnn bien t e n u e ....:
30
De Vètyver B ourbon ...............................
De Lemon-Grass (V erveine)..................
De Ylang- Ylang.................................. 300/400
V A N IL L E S
Bourbon, Comores ou Madagascar. Tète
et queue, 65 o/o première, 35 o/o
queue, moyenne 16/16 1/2. Acquitté
faculté d’Èntrepôt, escompte 3 o/o
35/38
comptant, le k i l o ...................................
27/28
Vanilles ordinaires sa in e s.....................
»
inférieures
» .......................
22/24
12. »
Tahiti l ro q u a lité ...................
CUIRS DE M A D A G A SCA R
les 100 k.
Majunga 8/10 k ilo s..................................... 135/150
Tarnatave » » ..................................... 125/135
(J.-B. Tomei et Vallet.)
CAOUTCHOUCS
Madagascar. — Tarnatave rosé,
9 .50
10 -l ,r choix. — Pinky n° 1 ..............
M adagascar lo m b iro ..................... 10 .50 ;i 11
7 .50
7,. "l‘ô
Tarnatave Guidroa 1er choix ........
9
9 25
Majunga 1er choix...........................
4 -5, -N ossi-B ô...................................... . .
10 —
9 .50
Diégo-Suarez 1" choix...................
3. »
5, -T u lléar................................................
12.,25
Tonkin rouges l°r choix................. 12.
8. 50
8. 75
»
n o ir s .....................................
»
lanières................................ 10. 50 11. —
7 50
»
plaq u es.................................
7. 75
9. 50
10 —
Nouméa, bon courant.....................
Niggers Soudan ro u g e s............... .. 11. 50 12. —
10. 50
Soudan-N iggers blancs ................ 10. —
9. 50
Sénégal-G am bie A .........................
9 75
Ces prix s’entendent au kilog,
escompte 3 o/o, payable com ptant
consommation.
C I R E S D 'A B E IL L E S
M adagascar.................................
317 à 320 »
Algérie..........................................
320 325 »
Tonkin..........................................
320 325 »
S é n é g a l.......................
330 332 50
Ces prix s’entendent aux 100 kilos, escompte 4 o/o,
payable com ptant à tout entrepôt.
G IR O F LE S de Sainte-Marie (Madagas­
car)................................... les 100 k. 220 à 225 »
Escompte 2 o/o, payable comptant à tout
entrepôt.

.
. ,,

O R S E IL L E Madagascar
30 fr. tes 100 kil. escompte 3 o/o franchise 6 o/o
pour corps étrangers.
(0. Honnorat).
CAFES
Guadeloupe bonifieur....... .. les 50 k.
Guadeloupe habitant__ .....................
N oum éa.............................. ...................
Bourbon pointu........................................
N ouvelles-H ébrides.......... ........... .
Libéria de M adagascar.........................
M archandises 0 l’entrepôt, comptant
escompte 2 o/o.
(Gaillard et

130 à 134
130
125
90 100
125 135
97
90
98
90
Blanc.)

G R A IN E S O L É A G IN E U S E S
Coprahs.— Qualité « Séchés au
les 100 kil.
Soleil a...................................... F. 68 —
— —
« Loyale et M archande » ...........

62 —

Arachides Afrique, dèco r t ..........
Palmistes. — B as de côte, Côte

42 —

——
44 —

45 —
43 —

------

81 —

——
— —

d’ivoire. ..........

»
G uinée...................
Huile de palme — D ahom ey . .

——

75—
(Pichot et De Gasquet.)

G ra n d -B a s s a m .............................

L e

H a v re

CAOUTCHOUC
Tarnatave Pinky I.......................F . 9
»
Pinky I I .......................
8
M aju n g a............................................
8
F a ra fa n g a n a .......................
7
Mannnzary, Lom biro......................
8
Tonkin................................................
9
Congo Haut-Oubanghi ......................
N’Djolé....................................................
(Le tout au kilog, Le Havre.)

» à 14 »
» 10 »
»
11 »
»
9 »
»
10 »
»
14 »
17 —
9 —

T E X T I L E S . - Sisal A friq u e.. . .
Aloès Réunion................
(Le tout aux 100 kilogs, Le
Havre.)

69 — à 70 »
55 »
70 »

BOIS acajou Gabon.........................
»
»
Okoumé.......... ........
» ébène G abon .........................
»
» M adagascar................
(Le tout aux 100 kilos.)

12 » à 20
9 50
10
15 »
30
15 » 30

»
»
»
»

le kilo.
3 35
les 100 k.
GOMME Copale A frique.......................
50 à 100
»
M adagascar............................. 100 » 400
(Vaquin et Schweilzer.)
CIRES M adagascar...............................

B ordeaux

CAOUTCHOUCS. — Les différentes sortes sont
cotées :
Conakry N iggers.....................................
14.—
Soudan” Niggers r o u g e s .......................
12 —
Soudan Niggers b lan cs................................. 11.—
Lahou N ig g e rs...........................................
12.—
Gambie A .......................................................... 10.—
Gambie A M ....................... ..............................
9 —
Gambie B ...........................
8 .—
Bassam L um ps................................................
7 .—

�L’EXPANSION COLONIALE

MARCHÉ DES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

E M P R U N T S CO LO N IA U X
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) ...........................
Divers Gouvernement .Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
490 — Gouvernement Tunisien, obi.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500.........
87 — Prot. Annam-Tonkin. obi. 2 1/2
( g a r .) ........................................
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
94—
—
Em. 3 o/ô 1903-05 (gar.)
450 — Indo-Chiné, client, de 1er obi.
3 1/2 o/o, 1899-1905 ................
465 —
—
obi. 3 o/o 1902...........
500 —
—
—
1909..........
480 — E m prunt A lgérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p ............. ........
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1 /2 o/o
1897....................
987 50 Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895............................................
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898...........................
488 50 Col. do la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
492 50 Col. de la M artinique........... ..
470 — AfriqueOccident.,3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g ar.)................
500 — Congo français, 3 o/o 1909---642 50 Maroc 5 o/o 1904-10, rem. à 500

DdrnicrS
cours

Fr.
458 427 —
499 —
78 —
80 —
91 —
474 —
415 —
450 —
453 —
957 —
961 —
461 —
456 —
480 —
450 —
462 —
515 —

B A NQ U E S CO LO NIALES
E T E T A B L I S S E M E N T S F IN A N C IE R S
Divers Ci0 Algérienne, act. de 500 t. p. 1260 —
500 — Créd. Fonc. d'A lgèr. et Tunis.
605 —
—
—
—
lib.
605 —
Divers Banque de l'A lgérie, act. de
500 t. p .........................• ........... 1787 —
500 — Banque de la Guadeloupe, acl.
de 500 t. p. (n.)......................
409 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).............................................. 1100 —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) ................................. 1000 —
375 — Banque de la Réunion, act. de
375 t. p. (n )................... ' . . .
-450 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .)............. 1500 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
845 —
500 — Crédit Algérien, a. de 500 t p. 1260 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
101 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ............. ....................
194 —
350 — Crédit P’oncier Colonial, obi.
5 o/o 350......................................
167—
C H E M IN S D E E E R A L G É R IE N S
E T COLONIAUX
500 — Cio Bône-Guelma, a. r . à 600..
666 —
Divers
— obi. 3 o/o r. à 500.
422 —
500 — Est A lgérien, act. r. à 6 0 0 ....
699 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 422 —
500 — Ouest A lgérien, act. r. à 600..
640 —
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 424 —

211

— — Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rom. à 500 ........ .................
425 —
340 — M écheria-Aïn-Sefra obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
423 —
— — Mouzbah-Mècheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
425 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
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422 —
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1690 —
493 —
825 —
486 —
615 —
1625 —
307
730
505
1250

—
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—
—

81 —
485 —
3624 —
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V A L E U R S COLONIALES D I V E R S E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
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150
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538
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195
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a c t........— . ............................................
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272
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276
Ci&lt;! du Maroc et des Colonies africaines..
240

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10 h .30 m
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10 h. 30 m.
10 h. 30 m.
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11 li. m at.
10 h. 30 m.
10 h. m at.
10 h. soir.

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G h. soir
m id i.. . .
5 h . soir
5 h . soir
m id i.. . .
5 h . soir
m id i__
midi ...
m id i....
1 h. soir
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1 li. mat..

24 de chaque mois. 6 h. 35 soir.

10 li. 30 m.
6 h. 35 soir.
10 de chaque mois 10 h. m at.
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25
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10 h. mat.
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Voie de M arseille, C'1- desM . M. Du dim. sur quatre à p. du 17 jam . 10 h. m at.
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paq. Anglais. Chaque V endredi .. 10 h. soir.
ou N a p le s..
Voie deM arseille, Cic des M. M. Du Mercredi sur 1 à p. du 13 jam . 10 h. m at.
Voie de Brindisi, paq. Anglais. V endredi ap .-m id i. 10 h. soir,
Voie de St-Nazaire, CieGle T rans. 9 de chaque m o is .. l’avant-vrille soir,
la veille au soir,
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VoiedcBordeaux,
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Voie de C herbourg, paq. Anglais. L c lle r c r .,1 .1 .11 j. à p . du fija m . l’a r . - veille m atin,
Voie de Sl-Nazaire, C'"Glc T rans. 9 de chaque m o is .. l’avant-ieille soir,
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11 h. m at..
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11 li m at.
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�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

DES S T A T U T S

A r t . 2.

Cette association a p our but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économique qui lui p a ­
ra îtr a it de n a tu re à favoriser les in térêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A r t . 3.

L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de membres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu la ire s et com prend :
Les m em bres de d ro it;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d o n ateu rs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de-la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et dona­
teurs sont ceux qui d ans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In s titu t colonial,
lui donnent u n concours financier im p o rtan t.
L a deuxièm e catégorie est celle des m em bres
co rrespondants ; ceux-ci sont-agréés p a r le Con­

S e rv ic e s

de

l'In s t it u t :

Rez-de-chaussée : Salle des Cours Coloniaux.
fer étage : Musée Colonial.
3me étage : S ecrétariat de l’In stitu t, B u reau de
R enseignem ents.
Musée Commercial.
Rédaction de T et E xpansion Coloniale ».
C o u rs c o lo n ia u x

Directeur : M. le Dr H eckel .
P ro d u its v ég é ta u x coloniaux.
M. H. J um elle .

P ro d u its anim aux et p arasitologie des p lan tes
et des anim aux des colonies.
M. Jacob DE CORDEMOY.

M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .
H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. M asson .

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soi*
su r sa dem ande, tous renseignem ents de n a tu re
à seconder l’œuvre coloniale de l'In stitu t.
A r t . 4.

Toute personne qui voudra faire p a rtie de
l'Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite p ar
écrit et contenir l’adhésion aux Statuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et p rononce..
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p endant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o n ateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs au m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre ad h éren t, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

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- M. R aynaud .
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M. le Dr R eynaud .
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
M. V. D avin .
H istoire des R eligions dans les peuples indigè­
nes des colonies.
M. G. F oucart .
M. le Dr Heckel publie chaque anrtée, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille ».
__ _
In s titu tio n s

connexes :

2mo étage : Société de G éographie (B ibliothèqaerT ff^.
Pubiique).
^
Comité de l’Alliance F ran çaise. M
,
Comité du Maroc.
L**”" **
3me étage : S yndicat des E xportateurs.

Comité de rédaction de « l'Expansion Coloniale »
MM. Ad. F ouque, P résident de la Commission du Musée Com mercial et d u B ureau de Rensei­
gnem ents : Louis Ytier , Vice-Président : Jacques Léotard , S ecrétaire : P au l Masson, P ro ­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. Emile Baillaud, Secrétaire de l'In stitu t colo­
nial. — M. Auguste Giry , ancien Directeur-A djoint de l’Exposition coloniale.
M arseille.’— Imprimerie du Sémaphore,

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MOI S

S O M M A IR E
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La situation actuelle du m arché des Blés, Con­
férence de M. Daniel Z o l l a ....................... • • ■

4

213

Les Blés d’Algérie et de Tunisie, p a r M. É m ile
Baillaud (avec 3 g ra p h iq u e s)...........................
Catalogue de l'E xposition des Blés ........................
Liste des Récom penses.
. . . .............................
L’E xportation des farines françaises a u x Colonies, R a p p o r t de M. Sto rion Ê ............................

ABONNEMENT : F r a n c e
Rue

et

N oailles,

220
237
255
257

DES

In stitu t colonial m arseillais :
E x tr a i ts des Pro c è s-v erb a u x . .
E x tr a i ts de la c o r re sp o n d a n c e .
C ours c o l o n i a u x ............................

—

259
260
262
263
264

Régime douanier c o lo n ia l. .
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5

BLES

francs

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d e M. le M i n i s t r e d e s C o lo n ie s
P ré sid e n ts d 'h o n n e u r :

MM.
Le Gouverneur général de l’Algérie.
Le Gouverneur général de l’Indo-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale
Française.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le R ésident général de la République F rançaise
à Tunis.
Le Général C om m andant en chef le XV’ Corps
d’arm ée. •
M em bres

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le Recteur de l’Université d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
Féraud, A ugustin, P résident honoraire de la
Chambre de Commerce.
Charles -Roux, Jules, Com missaire général de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.
fo n d a te u rs :

MM.

Desbief , Paul, P résident de la Chambre de C.om
merce. — D üfay, Henri, ancien Vice-Président de
la Chambre de Commerce. — Dufay, Gigandet
et C". — Gavoty, Charles. — H eckel, Edouard (Dr),
P rofesseur à la Faculté des Sciences, D irecteur du
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — So­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de SaintLouis. — S ociété Générale des T ransports Mari­
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
industriel et Com mercial et de Dépôts. — S ociété
Générale pour favoriser le développem ent du
Commerce et de l’Industrie en France,
M e m b r e s d o n a te u rs :
MM.
bre de la Cham bre de Commerce. — Mailhat, H.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Barlatier , Paul. Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon, Eug., Agent géné­
Bercer , C. — Chabrières , Morel et C1’. — Cham ­
ral de la Compagnie F ran çaise de l’Afrique Occi­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
dentale. — Noilly P rat &amp; C". —- N. P aquet &amp; C". —
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
J. et A. P avin de L afarge. — R astit , Henri. —
et E ntrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
B occa, T assy et De Roux. — E. R odocanachi. —
de N avigation (Fraissinet &amp; C’’). — Compagnie de
R olland, Alex., m em bre de La Chambre de Com­
Navigation Mixte Com pagnie Touache). — Compa­
merce. — R odrigues-Ely, Amédée. — S ociété « la
gnie des V apeurs de C harge Français. — Compagnie
Morue F rançaise ». — S tapfer , Daniel, Membre
Générale F rançaise de T ram w ays. — Cyprien de la Chambre de Commerce. — S ijbe, Ludovic,
F abp.e &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
rie. — Dufour M arius et Fils — E sïthne , Lucien,
Ussi .aub, Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
Vice-Président de la Chambre de Commerce. —
la
Chambre de Commerce. — Zafiropulo ei
Féraud , Augustin, P résident honoraire de la
Z arifi.
Chambre de Commerce. — L ombard, Emile. Mem­

Armand, Albert, Membre de la Cham bre de Com­
merce. — Bergassè . H. et C". — Bohn, Frédéric,
Membre de la Chambre de Commerce. — Charles Roux, Jules, Com m issaire général de l’Exposit on
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
m ins de fer de P aris à Lyon et à la M éditerranée.
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
pagnie M arseillaise de M adagascar. — Comptoir
National d’Escompte de P aris. — Crédit Lyon­
nais. — Compagnie des M essageries M aritimes. —

CONSEIL

D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M. Desbief , Paul, P résident h onoraire de la Chambre de Commerce.
M. E strine , Lucien, P résident de la Chambre de Commerce.
Président : M. Artaud, Adrien, M embre-Secrétaire de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. Barlatier . Paul, D irecteur du
Vice-Présidents : MM. le D’ H eckel , DirecteurF ondateur du Musée Colonial, P résident
Sémaphore ; F ouqüe, Adolphe, Président hono­
de la Société de Géographie ; P onsinet, A.,
raire d u S yndicat d ’in itiative de Provence.
Chef d u Service Colonial ; le C" Armand,
Trésorier : M. Yt ie r , L., Assureur, Vice-Président
Albert, prem ier Vice-Président de la Chambre
du Syndicat des E xportateurs.
de Commerce, P résident du Syndicat M arseil­
Trésorier-Adjoint : T eisseire , Raymond, Avoué,
lais de la M arine M archande ; B ohn, Frédéric,
Secrétaire de la Société de Géographie.
Membre de la Cham bre de Commerce, Admi­
nistrateur-D irecteur de la Com pagnie F ra n ­
çaise de l’Afrique Occidentale.
M em bres :

MM.

Allemand, J., Membre de la Chambre de Commerce,
Allest , J. (D!). A dm inistrateur-D élégué de la Com­
pagnie Générale T ransatlantique.
Arnaud. Lucien, Minotier.
Bergasse , A lexandre, Négociant.'
Rourdillon, A., Arm ateur.
Charve, L., Doyen de la Faculté des Sciences.
Déchaud, D irecteur des M essageries M aritimes.
Dufay, H., Ane. Vice-Prés, de la Chamb. de Comm.
Dufour, Antonin, Juge du T rib u n al de Commerce.
Dufour, J.,P résid. du S yndicat des Cuirs et Peaux.
Estter, Nicolas, ancien P résident du Conseil géné­
ral des Bouches-du-Rhône.
Gaffarel , Paul, P rofesseur à l’Université.
Giraud , Hubert, A rm ateur, Membre de la Chambre
de Commerce.
J acquemet, Louis, P résident du S yndicat des
Négociants en cafés.
J oannon, A., Avocat, P résident de l’Association
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole Supérieure
de Commerce.
J ourdan. Félix, Juge au T ribunal de Commerce.
Kahn, Membre de la Chambre de Commerce.
L é o t a r d , Jacques,
Secrétaire général de la So­
ciété de Géographie.

MM.
I^ombard, Emile, Vice-Président de la Chambre
de Commerce.
Mallen, E., Arm ateur.
Martin -Laval, F., Vice-Président du Syndicat des
E xportateurs.
Masson, Paul, Professeur à l’Université et à l’Ins­
titu t colonial.
Moriceau, E., A dm inistrateur en chef des Colonies
en retraite.
Rastit, Henri. Industriel.
R astoin , E., P résident de la Société pour la Dé­
fense du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
Roux. François (De), Juge au T ribunal de Com­
merce.
T urcat, H.. Membre d&lt;&gt; la Chambre de Commerce.
Velten , Edouard. Inip striel, Ancien Membre-Se­
crétaire de la Chambre de Commerce.
Lévy, Clément, 1" Adjoint au Maire de M arseille.
De i .ibes , J., Délégué du Conseil M unicipal.
R ossi, Clément. Délégué du Conseil M unicipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
T alon. Bug., Ancien bâtonnier. Avocat-Conseil.
Secrétaire de l'Institut colonial : Emile Baillaud,
diplôm é de l’Ecole des sciences politiques, an ­
cien chargé de Missions coloniales.

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adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
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pédiés, sur leurs indications. Il a installé dans
son hôtel (ascenseur), des salles de réunion,
lecture et correspondance, où ils trouveront
des journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,

Dans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.
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B is s a o , C onakry, S ierra -L eo n e, G rand-Lahou, G rand-B assam
A ssin ie, A b o isso , C o o m a ssie, A ccra, C otonou, P o rto -N o v o e t L a g o s
La plus p u re et la m eilleure d es b ières
fra n ç a ise s p o u r l’E xportation, g a ra n tie exem pte
d’an tisep tiq u es, d’une co n servation e t d’une lim­
pidité p arfaites. F ab riq u ée SANS ADDITION
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» M a n n h e i m | et O Filiale), a s s u r a n c e s - t r a n s p o r t ........ '................................................................
» R e l i a n c e M a r i n e , I n s u r a n c e (&gt; L t d .....................................................................................................
» G én érele
d e D r e s d e (et Cics Filiales), a s s u r a n c e s - t r a n s p o r t ...........................................
» P r . N a t i o n a l e , a s s u r a n c e s - t r a n s p o r t .............. ..................................................................................
» S u i s s e , a s s u r a n c e s g é n é r a l e s ..............................................................................
» S a v o i a (et Cic Filiale), a s s u r a n c e s - t r a n s p o r t ..................
» A s su r a n c e s générales de M agdebourg, “ W i l h e l m a ” ..................................................................
» A g r i p p i n a , a s s u r a n c e s - t r a n s p o r t ........................................................... ............ ...............................
» L lo y d d e C o l o g n e , a s s u r a n c e s - t r a n s p o r t .............................................................................................
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�Quatrième Année.

N° 37

1er Décembre 1910.

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

EXPOSITION DES BLÉS
« C’est la spéculation, a-t-on dit, qui a pro­
voqué la montée des cours, et qui s’apprête à
profiter d’une panique pour réaliser, en quel­
ques semaines, des bénéfices aussi énormes
que scandaleux.
CONFÉRENCE DE M. DANIEL ZOLLA,
« Il faut poursuivre les accapareurs, dé­
P r o f e s s e u r à l ’É cole des Sciences politiq u es
jouer leurs complots, supprimer les droits
et à l ’École n a ti o n a le d ’A g ric u ltu re de G rignon,
de douane sur les froments étrangers, et im­
poser un prix maximum aux boulangers, les
Faite à l’In stitu t Colonial Marseillais
complices de l’agiotage ! »
le 24 octobre I9i0.
Ce sont là, Messieurs, des paroles de vio
lence et de haine.
Messieurs,
La droite raison et la connaissance des
En m’accueillant, et en me présentant à réalités nous permettent de formuler d’au­
vous avec autant de bienveillance, votre tres conclusions.
distingué Président explique en même temps
Il est tout d’abord inexact que la rapide
l’empressement avec lequel je me suis rendu montée des cours au mois de juillet ait sur­
à son appel. Je ne pouvais me dispenser de pris tout le monde. En fait, depuis le mois
répondre à son invitation qu’il avait su ren­ de janvier la cote du blé s’est élevée d’un
dre si flatteuse pour moi. Je tenais, en outre, mouvement graduel mie l’on peut noter ai­
à bien connaître l'Exposition des blés dont sément en relevant les cours officiels du fro­
l’Institut colonial, son Président, son bu­ ment sur le marché de Paris.
reau, et mon jeune ami E.. Baillaud, ont
Le quintal valait :
pris l’initiative. Son succès vient de répon­
23 fr. 35 en novembre 1909.
dre à leur attente.
23 fr. 71 en janvier 1910.
Cette question du blé, Messieurs, est pré­
24 fr. 32 en février.
cisément une de celles qui préoccupent à
24 fr- 50 en mars.
cette heure l’opinion publique. Je me pro­
24 fr. 75 en avril.
pose de vous en parler en étudiant avec vous
24 fr. 56 en mai.
la situation du marché et les variations des
24 fr. 40 en juin.
cours.
Nous connaissons parfaitement la cause
de ce mouvement ascensionnel et de cette
L a c r is e de 1 9 1 0
fermeté des cours. Tout le monde sait que
Brusquement, à la fin du mois de juillet le mauvais temps avait nui aux récoltes. On
dernier, le prix du blé a subi une hausse redoutait déjà, au printemps dernier, l’in­
rapide et considérable. Du 15 au 30 de ce fluence du froid et des pluies persistantes
mois, la cote a passé de 25 francs par quintal sur le développement des froments en terre.
à 28 francs, et elle s’est élevée un peu plus En juillet, ces craintes se précisent et l’alar­
me est plus chaude ; de tous côtés les mau­
haut.
Quelques jours après, la presse annonçait vaises nouvelles arrivent et elles détermi­
une hausse correspondante du prix du' pain- nent alors une hausse rapide. Ces prévisions
L’opinion publique s’est émue et l’on s’est pessimistes n’étaient pas sans fondement
écrié :« Le pauvre a faim ; la France a peur !» puisque le ministère de l’Agriculture vient
Il
fallait en même temps trouver une expli­ de nous fournir un chiffre précis qui les jus­
cation qui fût simple ; il fallait assigner à tifient.
La récolte de froment, en France, s’élevait
cette hausse des grains, de la farine, du
pain, une cause sensationnelle qui convain­ l’année dernière à .97 millions de quintaux ;
quît imédiatemment la foule éprise de elle tombe cette année à 72 millions. La
merveilleux, amoureuse — comme toujours diminution officiellement constatée serait
ainsi de 25 millions de quintaux.
— de scandale et de légendes.
A quoi bon dès lors parler d’accapareRien de plus simple.

Situation actuelle du Marché des Blés

l

�214

L’EXPANSION COLONIALE

ment, d’agiotage, de spéculation et de ma­
noeuvres de bourse lorsque le déficit avoué
et reconnu de la production atteint un pa­
reil chiffre ? Est-ce que toute denrée deve­
nue plus rare n’augmente pas de prix; est-ce
que les craintes inspirées par- mie mauvaise
récolte n’exercent pas toujours logiquement
et normalement une pareille influence ?
Je dirai plus.
Est-ce au moment où les réserves sont
'épuisées, est-ce au moment où la récolte de
1909 est presque entièrement consommée
que l’accaparement s’exercerait pour être
fructueux ?
A cette heure les cours restent élevés bien
qu’ils ne soient nullement inquiétants poul­
ie consommateur, mais ce n’est pas l’acca­
pareur qui profite aujourd’hui et bénéficiera
demain de cette plus-value. Le producteur
lui-même est appelé à réaliser un gain qui
est d’ailleurs justifié aussi bien qu’expliqué
par le déficit de la récolte. Malgré la hausse
actuelle l’agriculteur n’obtiendra pas une
recette totale supérieure à celle qu’il a effec­
tuée l’année dernière, car si la hausse des
prix s’élève à 4 francs environ par quintal en
comparaison avec les cours moyens de
1909 (1), les quantités récoltées ont subi une
diminution relativement plus forteLes prix ont monté de 16 %, mais, en re­
vanche, la production a baissé de 25 % !

imposent à leur clientèle parce qu'ils les su­
bissent eux-mêmes ?
Sans la perspective de profits légitimes
les boulangers ne prendraient pas la charge
d’alimenter la consommation. C’est l’espé­
rance d’un gain qui soutient et développe le
commerce ; c’est elle aussi qui assure l'ap­
provisionnement, nivelle et modère les prix,
en un mot fait les affaires de tout le monde
au meilleur marché possible. Au lieu de ra­
viver les préjugés du public contre le bou­
langer, au lieu d’attiser les vieilles haines
qui tiennent à l’ignorance autant qu’à la
passion, il me semble plus juste de rappeler
que la carrière de la boulangerie est ouverte
à toutes les ambitions et que le seul moyen
à la fois légitime et efficace de faire baisser
les bénéfices de ces industriels, aussi honora­
bles et aussi utiles que les marchands de blé,
c’est de laisser agir la concurrence et de ga­
rantir la liberté.
Des publicistes ne craignent pas de mettre
en péril la liberté de la boulangerie, en de­
mandant, au premier signe de cherté, le ré­
tablissement de la taxe. Nous croyons qu’il
serait opportun de profiter de la première
baisse de prix qui surviendra pour abolir
définitivement la loi de 1791 et pour enlever
enfin aux maires la faculté dont quelquesuns usent encore de taxer le pain. En ache­
tant bon marché pour revendre plus cher,
les boulangère sont à la fois dans leur droit
et- dans leur rôle.
L a S p é c u la tio n
Si vous avez bien voulu consulter les gra­
et
phiques exposés par l’Institut colonial, vous
la B o u la n g e r ie e t la M e u n e r ie
avez pu voir, Messieurs, que le prix du
pain ne s’élève pas aussitôt que le cours des
Vous admettrez sans doute comme moi farines
vient à augmenter. Le boulanger
que la crise de 1910 est très naturellement hésite avant
mécontenter ses clients en
expliquée par le déficit de la récolte de fro­ leur imposant de
une hausse. Il attend, il utilise
ment dans notre pays. Il n’est pas inutile, les farines achetées
en baisse et dont les
cependant, d’examiner les reproches faits à marchés à terme lui ont
assuré la livraison
la boulangerie et à la meunerie. Pour avoir régulière. Loin d’accaparer
de profiter
le droit d’être sévère, il faut commencer indûment d’une élévation desou
cours,
le bou­
par être juste.
langer
atténue
ces
variations
et
en
retarde
les
En dépit des préjugés qui régnent à cet
égard, je ne crains pas d’affirmer que le effets.
Le minotier n’agit pas autrementcours du blé règle celui de la farine. Si les
est clair que la valeur de sa farine suit
variations ne sont pas toujours exactement lesIlfluctuations
du grain d’où elle est tirée.
parallèles et identiques, elles se produisent
On
soutient,
il
est vrai, que le cours de 1a,
toujours dans le même sens.
augmente plus vite et est porté immé­
A la hausse récente du blé doit donc cor­ farine
diatement beaucoup plus haut que le cours
respondre et correspond, en fait, une hausse simultané
et correspondant du blé !
des farines.
Par exemple, quand le quintal de froment
Comment le boulanger ne serait-il pas vaut
la cote de la farine à 70 %
atteint par ces variations de cours ? Com­ s’élève23à francs,
31 francs et l’écart- entre les deux
ment vendrait-il son pain bon marché quand prix
n’atteint que 8 francs. Mais si le grain
la matière première de ce pain a augmenté se vend
26 francs et monte de 3 francs seu­
de prix? Et pourquoi dès lors s’étonnerait- lement, la
farine vaudra au moins 35 francs
on des répercussions inévitables d’une haus­ ou 36 francs.
La différence augmente entre
se des grains sur les cours que les boulangers le cours de 100
kilogs de blé et celui de
100
kilogs
de
farine
; elle dépasse alors
(1) Le cours m oyen du blé de prem ière q u a ­
4
francs
ou
4
fr.
50lité su r le m arché réglem enté de P a ris est de
Cette critique, Messieurs, ne porte pas ;
24 fr. 06 en 1909, et les prix oscillent de 27 à
elle ne prouve et n’atteste qu’une fâcheuse
28 fr. 50 depuis la fin de ju ille t 1910, su r le
même marché.
ignorance des réalités. Pour fabriquer

�L’EXPANSION COLONIALE
100 kilogs de farine à 70 % (1) il ne faut pas
employer seulement 100 kilogs de blé mais
bien 143 kilogs. Par suite la hausse du graiB
porte sur 143 kilogs et non pas seulement sur
100 kilogs. Il en résulte que pour une éléva­
tion de cours de 3 francs par quintal de blé,
on doit légitimement compter une plus-value
de 4 francs à 4 fr. 20 pour chaque quintal de
farine.
On reproche également au minotier de
faire du commerce et de la spéculation ;
d’acheter à terme, de vendre à terme, de tou­
cher des différences.

E x p o s it io n

d es

Blés

Le minotier comme tout autre négociant
achète au meilleur marché possible et re­
vend le plus cher qu’il peut. En cela, d’ail­
leurs, il agit au mieux de ses intérêts sans
sacrifier le moins du monde l’intérêt de la
société.
C’est le commerce qui en achetant le blé
dans les lieux où il abonde pour le transpor­
ter et le revendre dans les lieux où il fait dé­
faut, abrège la durée des crises de subsistan­
ces, en atténue les effets, soutient les prix et
proportionne partout avec une précision
rigoureuse les approvisionnements aux be­
soins de la consommation. Acheter au meil(1) C’est-à-dire avec u n ta u x d’extraction de
70 % ; 100 kilogs de blé d o n n an t seulem ent
70 kilos de farine.

215

Ce sont là des critiques sans valeur. Forcé
de vendre- à terme pour satisfaire des clients
qui veulent, à Yavance, assurer leur consom­
mation, le minotier est contraint d’acheter
dans les mêmes conditions pour se mettre
lui-même à l’abri des variations de cours
imprévues qui pourraient le ruiner- Loin de
spéculer ou de jouer, il s’assure contre les
risques de la spéculation et du jeu en fixant,
par un marché à terme, le prix de la ma­
tière première qu’il transforme pour faire
correspondre ce prix au cours de la farine
qu’il a vendue !

a l ’I n s t it u t

C o lo n ia l

leur marché et revendre le plus cher possi­
ble c’est tout le secret du commerce. Or il se
trouve que c’est là une mission sociale de
grande importance et qu’on pourrait quali­
fier justement d’ordre providentiel, puisque
les opérations du commerce, dont l’intérêt
personnel des commerçants est le plus puis­
sant mobile, tournent en dernière analysé au
bien général, et ne servent pas moins les in­
térêts de la consommation que ceux de l’agri­
culture.
En achetant dans le pays où la denrée
abonde, le commerçant y fait monter les
prix. En revendant ensuite sur un marché
où la denrée est rare, et où les prix sont né­
cessairement élevés, il fait la baisse. Cha­
cune de ces deux opérations est utile : l’achat
en désencombrant un marché trop plein et

�216

L’EXPANSION COLONIALE

en relevant les prix trop faibles,— la revente,
en approvisionnant un marché trop dégarni
et en abaissant les prix trop forts. Les prixextrêmes de l’abondance et de la disette sont
ainsi rapprochés et la provision disponible
des subsistances s’est mieux répartie.
Pour produire tous ses effets ou plutôt
tous ses bienfaits, il n’est pas nécessaire que
le commerce ait pris livraison du blé acheté
et qu’il l’ait transporté et revendu sur le
lieu de consommation : il suffit qu’aohat et
vente aient été effectués ou soient même sim­
plement possibles avant toute opération de
livraison ou de transport. Quand un com­
merçant spécule sur les grains ou sur la
farine à terme, il produit identiquement les
mêmes effets que s’il opérait au comptant
ou sur livraison : En prenant livraison des
grains, il équilibre les approvisionnements
et les prix d a n s l ’e s p a c e ; en opérant à ter­
me, il corrige les inégalités d'approvision­
nements et des prix d a n s l e t e m p s .
Sous ce rapport, le' spéculateur remplit un
rôle analogue, on peut le dire, à celui que
joue le volant en mécanique : il régularise
les approvisionnements et les prix sur un
marché en empêchant l’encombrement dans
une saison et le vide dans une autre. Les
marchands qui emmagasinent le blé dans les
périodes d’abondance et de bas prix pour
l’offrir à la consommation dans les époques
de disette et de cherté sont dans le même
cas et en produisent le même effet : ils repor­
tent le trop plein d’une époque à une autre
pour en combler le déficit. Les marchands de
blé, les spéculateurs sur le blé, ceux qu’on
appelait autrefois acco.pareurs, sont des
hommes utiles, peut-être faudrait-il dire les
plus utiles des commerçants.
C’est à leur intervention que nous devons
d’être aujourd’hui débarrassés de toute in­
quiétude légitime dans nos approvisionne­
ments, et même de toute appréhension rai­
sonnable sur l’intensité et la durée des crises
de subsistances.
Les faits que nous pouvons constater au­
jourd’hui démontrent l’exactitude de cette
affirmation. Malgré le déficit certain de notre
production de blé, les cours ont cessé de
monter et je ne crois pas, Messieurs, qu’ils
dépassent le chiffre de 30 francs par quintal
à moins que des circonstances atmosphéri­
ques impossibles à prévoir ne viennent com­
promettre visiblement, et à peu près certai­
nement, la future moisson celle de 1911.
Le commerce, en effet, ne se borne pas à
opérer sur notre marché, il agit aussi sur
tous les marchés de l’extérieur. Quand les
prix s’élèvent en France, les importations de­
viennent possibles et abondantes parce qu’el­
les sont lucratives. La denrée disponible
tend toujours vers les lieux où les prix sont
plus élevés. Dès que le déficit est soupçonné,
le commerce se préoccupe d’approvisionner
le marché. Or, cette année précisément, la
production du froment dans le monde dé­

passe celle que l’on avait constatée l’année
dernière. Elle atteint 991 millions de quin­
taux en 1910, contre 969 millions en 1909,
d’après les relevés et estimations du minis­
tère hongrois de l’Agriculture. Les renseigne­
ments fournis par l’Institut international
d’Agriculture à Rome m’autorisent à formu­
ler une conclusion semblable. Si la fermeté
des cours en France paraît certaine, en re­
vanche une nouvelle - hausse ne me semble
pas probable (1) parce que le Commerce amè­
nera le nivellement des prix en achetant à
l’Etranger où les cotes ne sont pas élevées.
Enfin, il faut tenir compte d’une certaine
élasticité dans la consommation du blé. Des
statistiques précises que j ’ai pu consulter
prouvent qu’à Paris même, c’est-à-dire dans
un centre d’une richesse exceptionnelle, la
consommation de farines diminue quand les
prix s’élèvent et augmentent quand les cours
diminuent (2).
Lorsque le blé renchérit, d’ailleurs, il est
très probable que le cultivateur, sa famille
et ses auxiliaires salariés en consomment
moins pour en porter davantage aux mar­
chés. Le seigle, le sarrasin, remplacent aussi
le froment.
Enfin, Messieurs, alors même que le cours
du blé varierait de .27 à 30 francs par quintal
pendant l’année agricole qui commence,
d’août 1910 à la fin de juillet 1911, il ne fau­
drait pas considérer une- pareille cote comme
une menace pour l’alimentation publique.
Cette moyenne a passé longtemps pour nornale. De 1850 à 1875, le cours du blé s’est
maintenu constamment à un pareil niveau.
Nous l’avons oublié parce que depuis tantôt
trente ans la moyenne des prix a constam­
ment diminué, mais il suffit de se reporter
aux anciennes mercuriales pour constater
l’exactitude de ce que j’avance.
A quelle condition, toutefois, 1e- commerce
pourra-t-il remplir sa fonction économique
et sociale qui consiste à assurer régulière­
ment l’approvisionnement et à niveler les
prix ? C’est à la condition de rester libre et
de ne pas être paralysé par la crainte d’une
brusque modification de notre système
douanier- Sans doute, le Gouvernement ne
peut pas prendre d’engagements fermes sans
tenir compte d’une crise nouvelle et d’une
hausse imprévue qui mettrait en péril l’ali­
mentation des classes pauvres. Mais, en ce
moment, il peut, et je me permets même de
dire qu’il doit révéler ses intentions pour
rendre plus faciles, plus amples et plus sûres
les opérations commerciales auxquelles le
port de Marseille prend une part si large (3).
(1) Sauf le cas — nous le répétons — où la
récolte de 1911 serait considérée comme com pro­
m ise d u ra n t les prem iers m ois de 1911.
(2) Voir n o tre ouvrage : Les Céréales, chez
Dam, éditeur, P a ris. C hapitre XIII.
(3j Depuis qu-e ces paroles o n t été prononcées
(24 octobre 1910). M. le M inistre du Commerce

�L’EXPANSION COLONIALE
L a h au s s e des P r ix
e t la q u es tio n m o n é ta ire

Je crois, Messieurs, avoir montré que la
spéculation n’avait pas exercé sur le cours
du blé l’influence exclusive qu’on lui attri­
bue trop volontiers. Les négociants ou les
industriels ne sont ni les artisans ni les com­
plices des prétendus accaparements et des
prétendus agiotages dont le public devien­
drait la victime.
La hausse rapide du froment depuis quel­
ques mois est due au déficit de notre pro­
duction. Cela est si vrai d’ailleurs que l’aug­
mentation des prix reste bien moins sensi­
ble pour le seigle, l’orge, l’avoine, dont la
récolte a été meilleure.
On observe, cependant, cela est incontes­
table, une tendance à la hausse qui se pré­
cise et s’accentue depuis une dizaine d’an­
nées. Ainsi, de 1897 à 1901, le prix moyen du
a fa it p a ra ître à l'Officiel la note su iv an te qui
rep ro d u it 1a, p lu p a rt des arg u m en ts dont nous
nous étions servi nous-m êm es :
« Le M inistre d u Commerce n ’a pas m anqué
de se préoccuper des conséquences que p o u rra it
exercer l ’infériorité de la récolte fran çaise de
from ent en 1910 su r les cours du blé, et par
suite su r les prix des fa rin e s et du pain.
« Or, les cours du blé sont dem eurés depuis
tro is m ois à peu près statio n n aires et n ’ont a t­
tein t que ra re m e n t le chiffre de 28 fr. 50 les 100
kilogr., qui est cependant encore bien inférieur
aux prix m oyens qui ont été souvent pratiqués
en F ran ce dans des périodes a n té rie u res où le
cours du blé d épassait généralem ent 30 fran cs
les 100 kilogr. A ctuellem ent même, le cours du
m arché de P a ris est de 27 fr. 50 à 28 fran cs et
il ne dépasse pas, p our les term es les plus éloi­
gnés, 27* fr. 75, ce qui correspond à un prix
m oyen de 40 centim es le kilogram m e de pain
de bonne qualité.
« D1’a u tre p a rt, si les évaluations de la récolte
fran çaise de blé accusent un déficit d’environ
20 m illions de quintaux, il résulte des ren sei­
gnem ents possédés su r l’im portance de la p ro­
duction m ondiale de blé en 1910 crue ce déficit
peut, sans difficulté, être comblé p a r des im por­
tatio n s de l’étran g er, les blés exotiques pouvant
à l’heure actuelle e n tre r dans la consom m ation,
frais de tra n sp o rt et droits de douane acquittés,
à des prix qui ne sont pas su p érieu rs à ceux des
blés indigènes.
« La réduction ou l a suppression des droits de
douane n ’a u ra ie n t pour effet que de perm ettre
l’in troduction su r le m arché fra n ç a is d ’une for­
te q u an tité de blés é tra n g e rs qui v iendraient
peser lourdem ent su r les cours des blés in d i­
gènes au d étrim ent des prod u cteu rs français,
sans profit réel pour le consom m ateur, ainsi que
le fa it s’est p ro d u it déjà en 1898 ap rès la sup­
pression des droits p a r le décret du 3 m ai 1898.
« Dans ces conditions, le ministère du Com­
merce, cl'accord avec le département de l'agri­
culture, a estimé, après, examen, que ni les
cours actuels du blé, ni la situation générale du
marché ne justifiaient quant à présent Voppor­
tunité d'une réduction ou d'une supression des
droits de douane sur les blés et les farines. »

217

quintal de blé sur le marché de Paris ne dé­
passait pas 21 fr. 25. Or de 1902 à 1907, il
s’élève, en moyenne, à 2°. fr. 60. Cependant,
dans le même intervalle, notre production
augmente au lieu de diminuer ; elle passe
de 57 millions de quintaux à 89 millions.
Depuis 1907, la récolte a encore augmenté et
les cours se sont élevés.
On peut se demander, il est vrai, si la pro­
duction du blé dans le monde n’a pas brus­
quement diminué ; mais cette hypothèse
n'est nullement confirmée par l’étude des
statistiques officielles ~u commerciales.
En comparant les moyennes 1901-1904 et
1905-1908 telles qu’elles résultent par exem­
ple, des informations recueillies et publiées
par le département de l’agriculture à Wa­
shington. on démontre aisément que la pro­
duction dans le monde s’est accrue au lien
de décroître durant la dernière période. Elle
équivalait à 3 milliards 115 millions de « bushels ». de 1901 à 1904. et passait à 3 mil­
liards 271 millions, de 1905 à 1908 !
La production du blé a augmenté dans le
Nord de l’Amérique, pays exportateur, et
dans l’Amérique du Sud où l’Argentine, no­
tamment, a développé tout à la fois la cul­
ture et l’exportation du blé. L’Europe ellemême, n’a pas souffert d’un déficit puisque
sa récolte moyenne passe de 1.716 à 1.742
millions de boisseaux- Enfin, les chiffres qui
se rapportent à la production mondiale révè­
lent une augmentation de 150 millions de
bushels, au moment même où la hausse des
prix s’accusait et persistait dans notre pays.
Cette hausse n’est pas, d’ailleurs, spéciale
au marché français. Dans le pays qui pro­
duit la plus grande quantité de froment, aux
Etats-Unis, les cours se sont graduellement
relevés à partir de 1904. A New-York, le bois­
seau (de 60 pounds de 453 grammes = 27 k.
180 grammes) valait 91 « cents » dans la pre­
mière période 1900-1904, et 105 « cents » dans
la série d’années 1905-1909. L’augmentation
de prix est exactement égale à celle que
nous avons constatée en France, et s’élève à
15 %.
La même cause générale, persistante, et
singulièrement puissante agit donc depuis
quelques années sur le cours du froment
dans le monde, et le maintient à un niveau
supérieur. Cette influence générale s’exerce
encore sur les prix des autres céréales et la
cote des marchés américains accuse notam­
ment ce mouvement ascensionnel. Les sta­
tisticiens du département de l’agriculture à
Washington ont calculé les moyennes qui se
rapportent aux deux périodes 1890-1899 et
1900-1907. La hausse observée atteint 20 %
pour le maïs, 20 % pour l’avoine, 6 % pour
l’orge, et 18 % pour le sarrasin : soit, en
moyenne, 18 %, augmentation très remar­
quable si l’on songe qu’elle a été réalisée dans
l’espace de quelques années. Il n’est pas jus­
qu’aux pommes de terre et aux foins qui

�218

L’EXPANSION COLONIALE

n’aient ressenti la même influence et subi
une hausse de 16 % à 25 % dans le même in­
tervalle, aux Etats-Unis.
J’en ai la conviction, la période de baisse
qui a caractérisé le dernier quart du XIX0
siècle (1875-1900) est désormais close ; à cette
période va succéder une série d’années qui
sera marquée par une hausse progressive
des denrées agricoles telles que le froment.
Je n’invente rien ici ; je ne suis ni l’au­
teur ni la dupe d’un système, d’une « théo­
rie » économique dont les esprits réfléchis et
les hommes d’affaires devraient se défier.
C’est l’étude de l’histoire économique de
la propiùété foncière et de l’agriculture qui
nous révèle la succession régulière des pé­
riodes de hauts et de bas prix au dix-sep­
tième, au dix-huitième, et au dix-neuvième
siècle.
Sans remonter bien haut dans le passé, il
est facile de citer un exemple frappant d’une
hausse générale des denrées agricoles, alors
que les lois sociales pas plus que la spécula­
tion d’ailleurs — n’exerçaient aucune action
sur les coursJ’ai relevé sur les registres de la comptabilité des hospices du Mans les prix des
denrées achetées pour la consommation du
personnel de 1760 à 1789. En comparant la
moyenne des prix durant les deux périodes
1766-1770 et 1786-1789,on constate une hausse
extraordinaire représentant :
Pour le bœuf sur p ie d ......... 82 %
Pour le veau sur pied ......... 66 %
Pour le mouton sur pied...... 63 %
Dans le même intervalle, le beurre avait
presque doublé de prix- Il se vendait 43 fr.
les 100 livres vers 1770, et il atteignait 78 à
80 fr. à la veille de la Révolution. La viande
de boucherie comptée deux sols neuf deniers
la livre, vers 1764, valait cinq sols dix ans
après.
Le blé, enfin, payé 2 fr. 40 par boisseau
au Mans, de 1766 à 1770, était vendu 3 fr. 60
de 1786 à 1789.
J’ai recueilli récemment des renseigne­
ments nouveaux et inédits au sujet de la
hausse du froment à la fin du dix-huitième
siècle, c’est-à-dire pendant une période de
hausse très remarquable.
A Chaumont, on peut trouver dans la bi­
bliothèque Barotte (n° 839) un précieux ca­
hier manuscrit qui renferme la série inin­
terrompue du prix des grains sur le marché
de Langres, depuis l’an 1650 jusqu’à 1810.
Or, le bichet de blé valait, en francs :
Chiffres re la tifs
100
De 1740 à 1749 ........... 3.01
95
De 1750 à 1759 .... .... 2.86
107
De 1760 à 1769 ..... .... 3.24
144
De 1770 à 1779 .... .... 4.37
De 1780 à 1789 .... .... 4.38
145
A partir de 1760, la hausse est manifeste
dans cette région comme dans le Maine-

A Soissons, durant la même période, les
cours variaient de la façon suivante :
1740-1749 .................... 100
1750-1759 .................... 111
1760-1769 .................... 114
1770-1779 .................... 144
A Grenoble, j’ai trouvé la série des mercu­
riales relatives aux grains de 1690 à 1782.
Le quartal de froment a valu sur cette place
de commerce : 35 fr. de 1740 à 1749 ; 42 fr.
de 1750 à 1759 ; 4i fr. de 1760 à 1769, et 53 fr.
de 1770 à 1779. De la première période à la
dernière, on constate une hausse de 51 %.
Les conséquences économiques et sociales
de cette hausse étaient celles que l’on cons­
tate aujourd’hui et que l’on a observées du­
rant une période analogue de hauts prix,
c’est-à-dire de 1850 à 1875. Les fermages
augmentaient, le prix des terres s’élevait
parce que les profits attachés à la culture
s’accroissaient en même temps que les re­
cettes brutes des cultivateurs, et plus rapi­
dement que les dépenses correspondantes. De
1774 à 1790, le total des fermages perçus par
les hospices du Mans avait augmenté de
63 % !
Dans d’autres régions de la France, dans
la Bresse, dans le Languedoc, par exemple,
à une même hausse des denrées agricoles
joorreapondajit une élévation analogue du;
revenu des biens fonds ruraux.
Ce ne sont pas là, Messieurs, des chimè­
res et des rêveries, des hypothèses ou des
systèmes ! Il est d’ailleurs inutile de remon­
ter aussi haut dans le passé pour trouver
un exemple frappant de hausse des prix en
ce qui touche les denrées alimentaires, et le
blé particulièrement.
Après une longue période de dépression
des cours entre 1820 et 1850, le cours du fro­
ment se rélève brusquement malgré la sup­
pression des droits de douane, et, après
1861. les cours restent plus élevés que sous
la Restauration et le Gouvernement de Juil­
let en dépit de la liberté commerciale qui
devait, -soi-disant, provoquer une baisse rui­
neuse.
Ainsi on a coté par hectolitre de blé :
19 fr. 04
de
1831à1841
19 fr. 74
de
1841à1851
22 fr. 10
de
1851à1861
21 fr. 45
de
1861à1871
23 fr- —
de
1871à1881
Cette hausse si remarquable n’était pas
spéciale au blé ; les autres graines et le bétail
lui-même augmentaient de prix au même
moment. C’est ce que l’on a déjà observé
depuis cinq à six ans. C’est ce que l’on va
constater bientôt, car déjà ce mouvement de
baisse si prononcé qui caractérise la marche
des prix de 1880 à 1900 semble complète­
ment arrêté.
Depuis trente ans cette baisse progressive
du cours des principales denrées alimen-

�L’EXPANSION COLONIALE

taires a été, chose curieuse, expliquée, jus­
tifiée, reconnue inévitable, en signalant le
développement de la culture dans les pays
neufs, l’abaissement des prix de transport
et l’augmentation rapide de la production
agricole dans les vieux pays qui ont assuré
le développement de leur agriculture par
l’application des découvertes scientifiques à
l’exploitation des terres !
Aucune des raisons alléguées avec raison
pour expliquer la baisse des prix ne peut
servir aujourd'hui à justifier la hausse. C'est
l'évidence même !
Aucune de ces causes n’a d’ailleurs cessé
d’exercer son influence dans le même sens.
On n’a pas vu augmenter les prix de trans­
port ; la culture des pays neufs loin de dé­
cliner est devenue au contraire plus produc­
tive ; les méthodes d’exploitation sont même
plus savantes, plus perfectionnées et plus
lucratives qu’il y a trente ans.
Et les prix des denrées agricoles, les cours
des grains, par exemple, s’élèvent au lieu de
s’abaisser !
Comment peut-on expliquer ces faits ?
A mesure que le mouvement des affaires
grandit, à mesure que le nombre des habi­
tants augmente, il faut de l’or pour assurer
la circulation énorme et sans cesse plus ac­
tive des marchandises ou des titres. Si la
production du métal jaune venait à décroître
tandis que les besoins de monnaie augmen­
tent, il se produirait une véritable révolution
économique et une crise grave. L’or, deve­
nant plus rare, serait plus recherché ; pour
acheter cent kilos de blé, de viande, de cuir,
de drap ou de fer,il faudrait donner de moins
en moins de cet or, devenu plus rare et plus
cher.
En un mot, les prix baisseraient. Nous sa­
vons tous quelle crise a produite, précisé­
ment depuis trente ans, dans l’agriculture
et l’industrie, la baisse des prix. Ce sont des
crises plus graves encore qui éclateraient.
Tous les débiteurs qui doivent verser des
sommes ou des intérêts fixes en or, depuis
l’Etat qui paie les coupons de sa dette, jus­
qu’aux particuliers qui doivent des rentes
ou des fermages, toutes ces personnes ver­
raient croître leurs charges !
Elles donneraient, il est vrai, la même
quantité de métal, mais ce métal vaudrait
plus, et il faudrait donner, pour se le pro­
curer, plus de travail, plus de blé, plus de
toile, plus de fer, plus de cuivre ou de drap.
C’est précisément pour maintenir l'équili­
bre et le niveau moyen des prix que les
Brands pays possèdent d’énormes stocks d’or:
les Etats-Unis plus de 5 milliards, la France
4 milliards, l’Allemagne 3 milliards 1/2,
l’Angleterre plus de 2 miliards 1/2, la Russie
près de 4 milliards. On compte, paraît-il, de
par le monde, plus de 25 milliards d’espèces
d’or qui circulent ou qui sont mises en ré-

219

, serve pour servir, dans des temps de crise,
à des paiements urgents en monnaie.
Voilà ce qu’il faut d’or pour assurer la vie
commerciale du monde.
Cela était vrai autrefois comme aujour­
d’hui, seulement au x v i i i 0 siècle, et de 1800
à 1871, l’argent était considéré lui aussi com­
me un métal monétaire.
A cette heure, l’or seul joue ce rôle !
Fort heureusement, loin de diminuer, la
récolte de l’or augmente avec une extraordi­
naire rapidité, depuis quelques années tout
au moins.
De 1850 à 1890, la production du métal
jaune n’a jamais dépassé 200.000 kilos par
an. Dès 1892, cette quantité s’élève à 220.000.
En 1895, elle atteint 300.000 kilos, puis :
355.000 kilos en 1897
431.000
—
1898
462.000
—
1899
384.000
—
1900
401.000
—
1901
446.000
—
1902
493.000
—
1903
522.000
—
1904
572.000
—
1905
604.000
—
1906
617.000
—
1907,
654.000
—
1908(1)
La valeur de l’or récolté annuellement
dans le monde a dépassé en 1908 : 3 milliards
500 millions de francs, alors qu’elle repré­
sentait à peine 1 milliard de 1875 à 1880, par
exemple !
De 1841 à 1850 ce chiffre s’abaissait à 188
millions et tombait à 70 millions (près de
dix fois moins !) de 1831 à 1840 !
La récolte a donc doublé et même quadru­
plé dans ces dernières années. Les quantités
d’or monnayé s’accroissent, bien entendu,
dans les mêmes proportions. Ces quantités
étaient tombées au-dessous de 500 millions de
francs de 1882 à 1887. Jusqu’en 1892, elles
varient de 600 à 800 millions par an. Mais à
partir de 1892, elles s’accroissent rapidement
et s’élèvent à peu près de 3 milliards chaque
année.
Cet afflux d’or va exercer très probable­
ment une action sur les prix. Ils vont mon­
ter comme ils l’ont fait après 1750 à la suite
d’un afflux considérable d'argent venu d’A­
mérique, comme ils Vont fait après 1850,
quand l'or de Californie a fait son appari­
tion. Nous assisterons alors aux mêmes phé­
nomènes économiques. La hausse des den­
rées agricoles se produira très probablement,
malgré la concurrence des pays neufs et
l’abaissement des frais de transports. On ver­
ra grossir, dès lors, les recettes des cultiva­
teurs, qui vendront plus cher leurs récoltes
et leur bétail. Les profits augmenteront et la
terre se louera plus cher, ce qui entraînera
(1) Voir les rapports annuels du directeur de
l’Administration de la monnaie à Paris.

�220

L’EXPANSION COLONIALE

inévitablement une hausse de son prix. La.
crise agricole, la crise des fermages et la
baisse de la valeur du sol seront progressi­
vement atténuées, puis oubliées.
Une dernière explication, Messieurs, est
ici nécessaire pour montrer que l’afflux d’or
correspond à une hausse des -prix.
Ceux-ci sont, en effet, évalués en or ; vous
savez que l’argent n’est plus qu’une manière
d’appoint. L’or plus abondant est déprécié,
absolument comme le vin — naguère —
était déprécié quand on le produisait en très
grande abondance. De même que le vin
abondant et déprécié ne pouvait — à poids
égal — s’échanger que contre moins de blé,
de farine, de fer ou de charbon ; de même,
l’or déprécié par son abondance achète moins
de marchandises. Il faut en donner plus
pour acquérir par conséquent la même
quantité de blé, de drap ou d’huile. Ainsi,
les prix s’élèvent, car le prix des objets ou
des services est précisément le poids d’or
qu’il faut habituellement donner pour ac­
quérir une marchandise ou disposer d’un
service.
Sans nul doute, tous les prix ne montent
pas avec une égale rapidité, car il faut tenir
compte en même temps, des quantités de
denrées récoltées ou produites ; il faut tenir
compte aussi des conditions de fabrication,
du coût de production, de l'intensité de la
demande, des crises commerciales et indus­
trielles...
Voilà pourquoi l’on constate des exceptions
à la règle que je signale. Mais la tendance
se manifeste, et autrefois, Messieurs, du­
rant ces époques que j’ai indiquées, à la fin
du x v i i i 0 siècle comme au milieu du xixe,
on a bien vu que l’afflux de métaux précieux
déterminait une hausse presque générale,
surtout en ce qui concernait les grands pro­
duits agricoles tels que le blé.
Voilà quelles sont les conséquences bien
curieuses de la récolte de l’or. Et, cependant,
si belle qu’elle paraisse, cette moisson qm
nous éblouit ne vaut pas même celle qu&gt;
vient de mûrir dans les champs de la Fran­
ce. Notre récolte annuelle de céréales vaut
près de deux milliards ; notre récolte de vin
en représente près d’un à elle seule.
L’ensemble de notre production agricole,
telle qu’elle est vendue sur nos marchés ou
consommée dans nos campagnes par les
agriculteurs vaut 10 à 12 milliards.
Et le monde entier ne produit annuelle­
ment que pour moins de trois milliards d’or!
Ce précieux métal joue, cependant, dans no­
tre vie sociale un rôle d’une étrange impor­
tance et voilà pourquoi il était bon de le si­
gnaler en passant. Les incrédules vont, peutêtre, m’accuser d’être visionnaire. Il n’en est
rien. Sur tous ces points, l’étude du passé
permet de prévoir l’avenir, et dans quelques
années,, si la récolte de l’or augmente ou se
maintient au niveau actuel, les faits vien­
dront confirmer nos conclusions de 1910.

Telles sont, Messieurs, les réflexions que
j’avais à vous soumettre. Plus j’ai abusé de
votre patience, plus j’ai de remerciements
à vous adresser, puisque vous avez bien vou­
lu m’accorder votre attention.
J’attache trop de prix à ce témoignage de
sympathie pour ne pas le mériter un peu.

Les Blés d’Algérie et de Tunisie
i
La P ro d u c tio n e t la S é le c tio n
Lorsque l ’In stitu t Colonial M arseillais a déci­
dé de consacrer, en 1910, son Exposition spéciale
annuelle au blé, il a envisagé su rto u t la
production algérienne et tunisienne et il a
pensé qu’il devait contribuer à la m ieux faire
connaître au commerce et à l’in d u strie m étro­
politaine sous son véritable caractère. La m a­
nière dont les cu ltiv ateu rs de nos possessions
m éditerranéennes ont répondu à son appel et
l’in té rê t avec lequel nos m eu n iers et nos négo­
ciants ont étudié les beaux p roduits que ceuxci ont envoyés ont entièrem ent justifié son
initiative. Il reste à dire rapidem ent ce que sont
ces blés qui nous ont été envoyés et quelle est
la leçon que l’on doit tire r de le u r examen.
Nous ne pouvons m ieux faire p o u r définir le
degré d’im portance de la production algérienne
que de reproduire les p rincipaux diagram m es
que nous avons dressés pour l’Exposition et
dans lesquels nous avons relevé, depuis 1892
pour la Tunisie et depuis 1863 pour l’Algérie,
les fluctuations des surfaces cultivées et des
rendem ents obtenus ainsi que celles des expor­
tations, en d istin g u an t la production indigène
de la production européenne et la culture des
blés d u rs de celle des blés tendres, de façon
qu’il soit possible de se rendre compte de l’im ­
portance relative du développem ent pris p a r
l’exploitation du blé d an s les différentes régions
et des résu ltats obtenus. P o u r la Tunisie, nous
avons pu en outre, grâce à l’im pôt ach o u r dont
sont dégrevés les ag ricu lteu rs qui n ’ont pas
obtenus de récolte p a r suite de sécheresse, sau ­
terelles, ou po u r toutes a u tre s causes, repré
senter les surfaces qui, bien qu’emblavées, n ’ont
finalem ent p a s donné de récolte. Nous avons
complété ces diagram m es p a r un tab leau qui
m ontre l’im portance relative des pay s p rin ci­
paux pro d u cteu rs de blé comme fo u rnisseurs
de la place de M arseille ain si que les quantités
respectives en quintaux m étriques de blés1durs
et de blés tendres que celle-ci absorbe, de m a ­
nière à m o n trer la place prise p a r la produc­
tion algérienne et tunisienne dans n o tre indus­
trie m étropolitaine.
Depuis que ces diagram m es ont été établis,
nous avons eu com m unication des derniers
chiffres des récoltes qui sont les su ivants :
TUNISIE
P o u r 1910, surfaces ensem encées : blé, 360.000
hectares ; orge, 405.000 hectares ; avoines,
62.000 hectares. R endem ents p a r h ectares en
hectolitres : blé, 4,17 ; orge, 8,58 ; avoine, 12,58.
P roduction totale en hectolitres : blé, 1.500.000 ;
orge, 1.450.000 ; avoine, 880.000. Ces chiffres sont
in férieu rs à ceux de l’année 1909 et cela, est

�L ’E X P A N SIO N

COLONIALE

22i

Production totale du blé en Algérie.
2

�222

L’EXPANSION COLONIALE

im putable à la sécheresse qui a sévi dans le
Sud au cours de l ’hiver dernier.
ALGERIE
Blé dur
Superficie em blavée 1909 : dép. d’Alger,
223.736 h. ; dép. d’O ran, 88.854 h. ; dép. de
C onstantine, 530.687 h. T otal : 843.277 h.
1910 : dép. d’Alger, 230.191 h. ; dép. d’Oran,
222.866 h. ; dép. de C onstantine, 620.490 h. To­
ta l : 1.073.547 h.
P roduction, 1909 : Alger, 1.394.362 q. ; Oran,
827.017 q. ; C onstantine, 4.841.038 q. T otal :
7.062.417 q.
1910 : Alger, 1.168.909 q. ; O ran, 1.866.639 q. ;
C onstantine, 4.836.409 q. T otal : 7.871.957 q.
Blé tendre
Superficie, 1909 : Alger, 66.839 h. ; Oran,
188.744 h.; C onstantine, 30.693 h.Total: 286.276 h.
1910 : Alger, 71.832 h. ; O ran, 193.103 h. ;
C onstantine, 38.933 h. Total : 303.868 h.
P roduction, 1909 : Alger, 492.101 q. ; Oran,
1.538.656 q. ; C onstantine, 325.661 q. T otal :
2.356.418 q.
1910 : Alger, 472.802 q. ; O ran, 1.852.729 q. ;
C onstantine, 464.978 q. Total : 2.790.508 q.
Superficie totale, 1909 : 1.129.553 h. ; 1910 :
1.377.415 h.
P ro d u ctio n totale, 1909 : 9.418.835 q. ; 1910 :
10.662.465 q.
L’exam en de ces chiffres e t des diagram m es
que nous avons tracés p erm et de se rendre
compte que les efforts fa its p a r les ag ricu lteurs
de nos possessions m éd iterran en n es p o u r obte­
n ir de leu rs cu ltu res des rendem ents de Plus
en plus avantageux ont déjà donné les m eil­
leurs résultats.
Les le ttre s que nous avons publiées dans
l'Expansion Coloniale m on tren t bien du reste
com m ent nos color s s’a ttach en t de plus en- plus
à am éliorer le u rs procédés de culture.
On doit n o ter avec la plus grande satisfac­
tion que leu r exemple com m ence à être suivi
p a r les indigènes, et nous avons été heureux
de constater que le plus bel échantillon de blé
que nous avons reçu nous av ait été envoyé p ar
l’un de ces derniers, M. Ben C harif Abdel
H am id, m em bre du S yndicat Agricole de Cons­
tantine.
Ces efforts p o rten t su r l ’emploi des engrais,
l’adoption de m éthodes nouvelles de cultures
appropriées au clim at et au sol du N ord de
l’Afrique et l’am élioration des v ariétés cultivées.
Nous n ’avons poin t à in sister ici su r l’exa­
m en qui est fa it actuellem ent en A lgérie et en
T unisie des possibilités d’application des sys­
tèm es qui, comme celui du « d ry farm in g », a
donné dans les p ays secs des ré su lta ts si éton­
nan ts, pas plus que su r les ré su lta ts obtenus
p a r les procédés de cultu res espacées ou au tres
systèm es et procédés grâce auxquels des pays,
ju sq u ’ici incultes, p o u rro n t être m is en v aleur
et des rendem ents plus ré m u n é ra teu rs p o u r­
ro n t être obtenus.
Nous devons, au contraire, p a rle r des efforts
faits p o u r l’am élioration des variétés cultivées
puisque c’est su r l’exam en de ces v ariétés qu’a
porté principalem ent notre Exposition.
S ans in sister su r les questions qui se présen­
ten t à ce point de vue, nous devons cependant
rap p eler que le problèm e de l’am élioration des
cultures p a r le choix des semences se pose en

quelque sorte à deux degrés. On s’est to u t d’a ­
bord rendu compte que des variétés très n ette­
m ent différentes les unes des au tres avaient des
exigences spéciales et donnaient des résu ltats
différents. C’est à la déterm ination de ces v a­
riétés et à l’étude de leu r caractéristique qu’ont
été consacrés les trav au x des sélectionneurs
qui, dès le m ilieu du siècle dernier, ont ta n t
contribué à la rénovation de l’agriculture.
On s’est aperçu ensuite qu’une p artie seule­
m ent du problèm e av ait été entrevue et qu’il
y av ait lieu de pousser bien plus loin les dis­
tinctions envisagées to u t d’abord et l’on a
en trepris la recherche du degré de « pureté »
ju sq u ’où devaient être poussées les sélections.
On connaît la portée des trav au x faits dans ce
sens p a r la S tation d’E ssais de Svalof, en
Suède, et des bons résu ltats pratiq u es obtenus
p a r l’application de ses m éthodes p a r l’active
Société pour l’am élioration des orges de b rasse­
ries, et ceux de la Station d’E ssais de Semences
du M inistère de l’A griculture, sous les savantes
directions de MM. les professeurs Schribaux et
Blaringhem .
Nous n o u s trouvons donc en présence de deux
degrés de sélection : l’un que nous pourrons
appeler général est celui dont, depuis de lon­
gues années, se so n t préoccupés nos cu ltiv a­
teu rs algériens et tunisiens et qui a donné n a is ­
sance aux variétés qu’ils connaissent et cu lti­
vent actuellem ent et dont ils nous o n t adressé
les principales ; l ’au tre qui ten d à o b ten ir des
types « p u rs » n ’est pratiq u é ju sq u ’ici, dans le
Nord de l’Afrique, que p a r les botanistes distin­
gués qui dirigent les Stations d’E ssais des gou­
vernem ents algérien et tunisien.
L’im portance qui s’attache à la création de
ces types p u rs n ’éta n t pas encore très connue,
nous pensons qu’il convient de rappeler ra p i­
dem ent les principes su r lesquels celle-ci repose
et les av antages qu’elle réalise. Nous le ferons
en résu m an t une note de M. F. Bœuf qui s ’est
appliqué, en Tunisie, à cette tâche avec ta n t
de succès et de dévouement. (Bulletin de la
Société B otanique de France, 1909).
La sélection ne doit pas tendre sim plem ent à
distinguer les différentes variétés entre elles,
telles qu’elles sont généralem ent connues, m ais
bien à la production de types purs, une variété
culturale actuelle n ’éta n t pas form ée de plantes
se ra p p o rta n t toutes au même type. C’est ainsi
que l’on peut isoler dans les cultures de blé
M ahm oudi des blés à épis glabres ou velus,
plats ou carrés, lâches ou denses, à paille pleine
ou creuse, à g rain s am brés ou roux.
Il fau t n o ter tout d’abord qu’une culture pure
présente une remarquable uniform ité de végé­
tation. La levée, l’épiage, la m atu rité ont lieu
avec la plus grande régularité. Les tiges sont
do la même h au teu r, ce qui donne à la récolte
le plus bel aspect et lui assure un rendem ent
élevé, les g rain s sont de même form e et de
même couleur. Les différences de précocité que
l ’on peut ainsi reconnaître entre les types p u rs
perm ettent de choisir celles qui conviennent le
m ieux au clim at dès pay s où elles doivent être
cultivées. C’est ainsi que l’on p o u rra tro u v er les
céréales hâtives qui échapperont à l’échaudage
p a r le siroco ou m û riro n t av an t les sécheresses
p rin tan ières, de mêm e certaines form es de blés
tendres sont suffisam m ent précoces po u r échap­
per com plètem ent à la rouille.
Un tijpe unique possède des exigences bien
définies, ce qui perm et de réaliser très complè-

�L’EXPANSION COLONIALE

223

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Production du blé dur en Algérie, département d’Alger.
ternent les m eilleures conditions de son déve­
loppem ent et de doter chaque localité des sortes
qui peuvent y donner le m eilleur résu ltat. De
ce fa it égalem ent on peut acclim ater avec ra p i­
dité, dans une région donnée, certaines sortes
provenant de contrées parfois fort éloignées.
La résistance aux maladies cryptogamiques
des diverses sortes de céréales est très diffé­
rente et il semble bien que le choix judicieux
des v ariétés constitue les m eilleurs m oyens de
lutte contre ces m aladies.
Les produits d'une culture pure ont des carac­

tères constants ou tout au m oins trè s peu v a ria ­
bles. Ils sont uniform es pour une situation
donnée et il est probable que les in d u striels ne
seront pas longs à com prendre les av antages
que leu r offrent les p ro duits p u rs et à leu r
accorder au m oins la préférence, sinon des prix
plus élevés.
Les cultures pures perm ettent seules une
interprétation exacte des procédés culturaux et
des méthodes d'amélioration : l’am élioration
directe des céréales p a r sélection des sem ences
ne peut présenter de certitude que si ce choix

�224

L’EXPANSION COLONIALE

s’exerce p a rm i des in dividus a p p a rte n a n t à un
seul type et la sép aratio n m éthodique des sor­
tes p ures fo u rn it les m oyens d’a rriv e r im m édia­
tem ent et d ’u n e m anière définitive sans risques
de reto u r en a rriè re à la c u ltu re des form es les
m eilleures.
Sous la féconde direction de M. Bœuf, la
S tation E xpérim entale de l’Ecole coloniale
d’A griculture de T unis a appliqué la co n stata­
tion des principes que nous venons de rap peler
à l ’essai de p lu sieu rs m illiers de v ariétés de
céréales recueillies dans la. Régence ou im por­
tées. U n petit nom bre de sortes m ultipliées p a r
voie pedrigree, p ouvant conserver la pureté ont
été retenues en raiso n de leurs m érites. Elles
o n t été m ises à l’épreuve en 1909-1910 dans
quinze cham ps d’expérience ré p a rtis dans toute
1a. Tunisie. Les m eilleurs, dans chaque localité,
ont été conservés, seront m ultipliés en 1910-1911
et serv iro n t de poin t de d ép art à la .c u ltu re en
g rand. Une très belle collection en gerbe et en
g ra in a v a it été envoyée à l’Exposition.
P o u r conserver ces sortes à l’éta t pu r, la S ta­
tion les cultive su r le dom aine de l’Ecole (150
hectares), et les liv re ra p a r petites quan tités
(1 ou 2 qx) à chaque colon qui en fera la dem an­
de. Dès l’année 1911, cette vente com m encera et
en 1912 ou 1913 la p lu p a rt des ag ric u lte u rs euro­
péens p o u rro n t sem er des variétés sélectionnées
et adaptées. Il re s te ra à étudier le m oyen de
les faire p én étrer chez les indigènes gros p ro ­
d ucteurs de céréales.
L’exemple de la S tation d’E ssais a été suivi
p a r quelques colons tu n isien s et c’est ain si que
M. B outet a envoyé à l’Exposition des blés une
série to u t à fa it rem arq u ab le de céréales pures
sélectionnée dans son dom aine d’Aïn ZebdaBéja.
É n Algérie l ’Ecole d ’A griculture de la M ai­
son-C arrée et la S tation botanique em ploient
les m êm es m éthodes (qui sont celles de Svalof)
à la recherche du même but et les conclusions
auxquelles elles sont d éjà arrivées sont des
plus im portantes.
M. Ducellier, p ré p a ra te u r du laboratoire
d ’ag ric u ltu re de l’école die 'M aison-Carrée, a
bien voulu nous donner les renseignem ents sui­
v an ts su r les résu ltats obtenus.
Les blés tendres qui se sont le m ieux com por­
tés à M aison-C arrée sont le blé de Mahon et la
tuzelle barbue. Des essais ont été faits avec
d ’au tres blés tendres de pays divers : Espagne,
Italie, F rance, m ais au cun d’eux n ’a donné des
ré su lta ts pratiq u es. P resque toutes ces variétés
étran g ères ont succombé aux attaq u es intenses
de rouille (Pucciana Graminis Persi) qui sévit
p articu lièrem en t su r le litto ra l d ’Alger. M algré
u n développem ent n o rm al p en d an t l ’hiver, quel­
quefois sem blable à celui des v ariétés africai­
nes, fa isa n t espérer la réu ssite de la récolte,
aucune des v ariétés in tro d u ites n ’a v alu le blé
de Mahon et la Tuzelle barbue. L eur culture
a été continuée en mêm e tem ps q u ’étaien t en­
trep rises l ’ép u ratio n et l’am élioration des m é­
langes cultivés h abituellem ent en Algérie, m é­
langes où ces deux v ariétés de blé prédom inent.
Q uant aux blés durs, les essais de cu ltu re ont
porté su r les nom breuses v ariétés qui sont ac­
tuellem ent cultivées dans le N ord de l’Afrique
(Tunisie, Maroc, Algérie) et dans les pays de
la région m éditerranéenne.
A M aison-Carrée, les variétés qui sem blent
les m ieux adaptées au clim at m aritim e a p p a r­
tien n en t au groupe de blé de Séville à barbes

noires. Cette variété résiste bien à l ’hum idité,
aux bro u illard s fréquents su r le litto ra l d ’Alger
et donne des g rain s rép o n d an t aux exigences
du commerce algérien qui préfère les blés durs
clairs am brés. Les observations faites à propos
des variétés de blé tendre au tres que les blés
de Mahon et Tuzelle, se rap p o rten t aux v arié­
tés de blé d u r ; cependant, l’on a constaté dan»
les cham ps d ’expérience de l’école à MaisonCarrée, que ces dernières étaien t beaucoup plus
résistan tes à la verse et à la rouille ainsi q u ’au
charbon.
Dans un au tre cham p d’expériences agricoles
récem m ent installé à l ’annexe que l ’Ecole pos­
sède dans les -terres à blé des H auts-P lateaux,
aux environs de Constantine, à Ain-M’lila, on
étudie particu lièrem en t les variétés de blé dur.
Les études entreprises dans ce cham p d ’expé­
riences ne sont pas encore assez avancées pour
qu’il soit possible de tire r des conclusions su r
la valeur de telle ou telle variété au ppint de
vue cultural. C ependant cette année tro is v a ­
riétés se sont bien com portées : ce sont le blé
Mahmoudi, le blé de Séville et le blé rouge de
Tlemcen (en p a rticu lier une sélection qui est en
étude depuis 1908 tirée de la variété précédente).
La question de la rouille était secondaire dans
ces cham ps, m ais l’action du clim at se faisait
sen tir fortem ent s u r le' g rain, p ro d u it final de
la végétation. A p a rt les trois variétés désignées
ci-dessus, aucune des autres, telles que Hached,
H avivai, Poulot, Médéah, etc, ne p résen tait un
g ra in norm alem ent développé.
On peut placer à la tête, pour la résistance,
le blé M ahm oudi qui s’est m ontré fréquem m ent
une variété avantageuse dans la p ratique a g ri­
cole des H auts-P lateaux de Sétif.
Les form es de blé algérien, soit dur, soit
tendre, sont fort nom breuses et d© v aleu r très
inégale pour l’ag ricu lteu r et le com m erçant.
Sauf la Tuzelle de Sidi Bel-Abbès ou blé d'Odes­
sa sans barbes, aucune de ces form es n ’est cul­
tivée à un degré de pureté suffisant et les cas
où le m élange des semences est composé des
deux variétés sont rares. On trouve fréquem ­
m ent cinq ou six variétés bien différentes com­
me végétation, production, qualité de g rain ,
en é tu d ian t les blés su r pied dans u n même
cham p.
C’est ainsi que l ’on a pu isoler d an s le blé
tendre colon, constitué p a r les Mahon et les
Tuzelles barbues, 109 sortes possédant des c a ­
ractères p articu liers. Ces sortes, semées dans
le cham p d’expérience de M aison-Carrée, ont
été suivies p en d an t les années 1907-1908-19091910 et appréciées différem m ent d ’après leurs
défauts et le u rs vqualités. T fès 'peu se sont
m aintenues ; les unes ont été élim inées à cause
de leu r végétation défectueuse, les au tres p a r
leur réceptivité à la rouille ou p a r un g rain
m al venu, etc. A ctuellem ent il reste une cin­
q u an tain e de sortes du début p arm i lesquelles
quelques-unes p a ra isse n t devoir répondre aux
d esiderata du sélectionneur.
Tous les ans depuis cette éçoque, des sortes
nouvelles sont soum ises à l’etude. Elles pro­
viennent des cultures de céréales faites à l’Eco­
le ou des régions réputées pour leurs belles
moissons.
Les mêmes recherches étaient faites en 1907
pour les blés du rs qui donnaient 537 sortes qui
se sont réduites à environ 200 sortes p a r suite
des nom breuses élim inations faites après les
observations com paratives.

�L'EXPANSION COLONIALE

S ans en a rriv e r ju sq u ’à l ’obtention de sem en­
ces pures, on p eu t dire que depuis très long­
tem ps en Algérie et en T unisie les prin cip au x
cu ltiv ateu rs se sont préoccupés de cette ques­
tion d ’am élioration des sem ences et c’est ainsi
que l’on a pu ad m irer à l’Exposition des blés
les trè s beaux blés de M. E. W artelle, le dévoué
vice-président de l’A ssociation agricole tu n i­
sienne et les collections de MM. P a u l Deligne,
P e rriq u e t et N ancy, et du Comice et Syndicat
agricoles de Sétif. On peut dire du reste que
tous les échantillons exposés p a r les ag ricu l­

225

teu rs algériens et tunisiens résu ltaien t de cette
sélection au prem ier degré dont nous venons
de p a rle r et dont ils se préoccupent au point
de vue de l’am élioration des rendem ents et des
conditions générales de la culture.
II

Les diverses variétés cultivées
Sans ré u n ir des types de toutes les variétés
connues en Algérie e t en Tunisie, l’In stitu t Co­
lonial avait groupé les p rincipales d’en tre elles

�L’EXPANSION COLONIALE

226

et le u r exam en doit donner une idée assez
exacte de la production en blé de nos colonies
de l’Afrique du Nord. E n essay an t de procéder
rapidem ent à cet exam en n o u s croyons oppor­
tu n de rap p eler 1a. description botanique des
variétés exposées ; nous la ferons suivre des
ap p réciatio n s des experts com posant le Ju ry
qui ont bien voulu nous p rê te r leu r précieux
concours, et n o u s résum erons ce que nous ont
dit su r ces v ariétés nos exposants1dans la con­
su ltatio n que nous avons ouverte aup rès d’eux.
Nous avons tiré des ouvrages suivants les
descriptions botaniques que nous donnons :
M. Ducellier, p ré p a ra te u r à l’Ecole d’Agricu ltu re de M aison-Carrée : « C ulture et vente
des céréales en A lgérie » (Bulletin de la Société
des A griculteurs d’Algérie du 31 et 15 août
1909).
M. M inangoin, inspecteur de l ’A griculture :
« Les cu ltu res de céréales en T unisie » (Bulle­
tin de la D irection de l’A griculture, du Com­
m erce et de la C olonisation, 1er trim estre 1908).
Cari. S. Scofield, botan iste du départem ent
de l’A griculture de W ashington : « The Algeriurn D ururn W heats ». (B ureau of p la n t Ind u stry ; b ulletin n° 7. W ashington, 1902).
Vilm orin, A ndrieux et Cle : « Les m eilleurs
blés » (Vilmorin, A ndrieux et Cle, P aris).
BLÉS DURS

Aclheba
V ariété d o m in an t dans le Sud de l’a rro n d is­
sem ent de Sétif ; v ient assez bien dans les te r­
res m aigres où il m û rit de bonne heure. Infé­
rie u r au M ahm oudi. a u M ohamed-el-Achir et
à l’A djini au point de vue sem oulier (Syndicat
Agricole de Sétii).
Adjini
Epi blanc, velu, com pact, court, large de 15
à 18 m/m, long de 5 à 6 centim ètres. R achis dé­
couvert d’u n côté.Epillets très serrés à 4 fleurs,
3 fertiles ; glum es fortes, longues : glum elles
inférieu res m unies d’une barbe noire. G rain
rougeâtre, gros, court, bossu, pesant. (Ducel­
lier).
Ce blé est réputé comme étant, le blé sem ou­
lier p a r excellence. Le ju ry l’a classé à la tête
des différentes variétés exposées.
M. Gustave Isaac-F riang, qui le cultive dans
sa ferm e, dans la région de M ila, des environs
de C onstantine, le considère com m e sup érieur
à tous les a u tres blés durs au point de vue de
la m inoterie, c a r il ne d o n n erait q u ’une p ro ­
portion négligeable de son. Ce blé lui donne
u n rendem ent assez rég u lier de 10 à 15 p our 1
sans engrais n i fum ure.
M. Georges Kientzler,, qui le cultive depuis
5 ans à Rouached, aux environs de C onstan­
tine, nous dit que tou jo u rs trè s pro p re et c lair
ce blé lui donne u n rendem ent m oyen de 15 à
20 q u in tau x à l’hectare.
MM. Ben C harif Abdel H am id a obtenu dans
les environs de C onstantine un rendem ent
moyen de 22 à 25 q u in tau x à l’hectare, m ais
étan t donné la sécheresse de cette année il n ’a
eu que de 13 à 15 quin tau x en 1910. L’échan­
tillon à M. Ben Charif a été estim é le plus
beau de tous les blés durs exposés.
Le Comice Agricole de Sétif l’apprécie ainsi :
« Moins rép an d u que le Mahmoudi et que le
Mohamcd-cl-Bachir se rapproche comme type
du Mahmoudi, le g ra in é ta n t m oins allongé et

l’épi plus court et recoquillé le rendem ent est
donc inférieur, m ais la valeur m archande est
à peu près la même au point de vue sem oulier
et m inotier. M aturité plus hâtive et m oins exi­
gean t p o u r la n atu re du sol. »
Il semble bien du reste que d’une m anière
•générale les rendem ents de cette variété soient
u n peu inférieure ; c’est ainsi que M. Isaac
nous dit que, m algré sa supériorité au point
de vue m eunier, elle n ’est guère payée dav an ­
tage que d’outres variétés donnant un- ren ­
dem ent su périeur et q u ’il va se décider tout en
la co n servant à cultiver en même tem ps le Béliouni. M. N ingre est du même avis à ce point
de vue du rendem ent.
Agili
Epi court à 4 rangs, glum es blanches, pres­
que glabres, barbes longues, noires, en fais­
ceau effilé. G rains de grosseur moyenne,
blond, ovale, légèrem ent bossu. P aille attei­
g n an t 1 m. 60, dan s les m eilleures conditions
(Minangoin).
Ce blé, qui résiste bien à la rouille, est le
plus rép an d u dans les environs de Sfax où il
donne un g ra in trè s estimé. L a Station E xpéri­
m entale de l’Ecole Coloniale d’A griculure de
T unis nous l’indique comme convenant aux
terres sablonneuses légères.
Azizi
Epi de sept à h u it centim ètres, glum es à peu
près glabres, d’un b ru n foncée rougeâtres p a r
place. B arbes brunes, longues, fo rm an t un
faisceau cylindrique. Son g ra in est très beau,
très recherché p a r la m eunerie. A le défaut de
rouiller. Il est cultivé dans le Nord. On le ren ­
contre principalem ent dans le Centre, de Sousse à K airouan. A M’Saken les indigènes le
vendent comme blé de semences après lui avoir
fait subir un triage à la m ain. (Minangoin).
D’après Scofield, cette variété serait origi­
n aire de Tunisie et bien qu’elle soit connue en
Algérie, elle n ’a pas p ris une g rande extension.
Nous n ’en avons eu à l’Exposition que comme
échantillon des semences sélectionnées de l’E ­
cole d’A griculture de T unis et de M. Boutet.
Beliouni
Epi rouge, lisse, long, de même larg eu r de
la base au sommet. Èpillets rapprochés, 5
fleurs, dont 3 ou 4 fertiles ; glum es et gluinelles fortes, barbes noires, très fortes, longues.
G rain glacé, jaune, gros (Ducellier).
Cette variété p a ra ît être celle qui est la plus
appréciée au point de vue de la rusticité et des
rendem ents.
D’après M. N ingre, après des essais de p lu ­
sieurs années, beaucoup de colons l’ont adopté
dans le départem ent de C onstantine comme
bon blé sem oulier, résista n t à la chaleur,
ay an t une paille m oins cassante que celle du
M ahmoudi, ce qui est gros avantage pour la
moisson, et un bon rendem ent, m eilleur que
VAdjini qui p o u rta n t est le blé sem oulier p ar
excellence.
M. L. Frey, placé dans la même région
(Rouffach) après avoir essayé longuem ent les
différentes variétés de blé dur cultivées dans
les environs de C onstantine : Adjini, M ahm ou­
di e t Béliouni, s’est prononcé depuis 7 ou 8 ans
pour le B éliouni comme étan t la variété qui
donne dans les terres argilo-calcaires de ce
pays les m eilleurs résu lta ts et qui présente la

�L’EXPANSION COLONIALE

plus g ran d e résistan ce aux intem péries de ce
clim at (exposition Nord, altitu d e 500 m ètres
en m oyenne, distance de la m er 70 kilom ètres
environ à 'vol d ’oiseau). Les rendem ents obte­
nus p a r M. F rey avec ce blé v arien t suivant
que les ensem encem ents sont faits su r labour
d'au to m n e sim ple ou su r des labours p ré p a ra ­
toires de printem ps faits à la B ra b a n t ; s u r les
prem iers les rendem ents peuvent être de 6 à
10 quin tau x à l'hectare, su r les seconds de

227

10 à 15 q u intaux quand ces labours n ’ont pas
été repassés et de 15 à 20 quand les labours
de printem ps ont été repassés à l’a rriè re p rin ­
temps.
M. K ientzler a cultivé cette année la m oitié
de sa propriété de Rouached (Constantine) en
Adjini et l’au tre m oitié en Béliouni. Il estim e
que le Béliouni donne un rendem ent plus fort,
m ais pèse m oins, de 20 à 23 qu in tau x à l’hec­
tare. Il donne la préférence à VAdjini comme

�228

L’EXPANSION COLONIALE

sem oulier e t au Béliouni comme rendem ent
supérieur. L a p aille de VAdjini est faible et
souple, tan d is que celle du Béliouni est hau te
et forte. N ous avons vu que cet avis est p a r­
tagé p a r M. Isaac.
Les blés de cette variété exposés, provenant
de C onstantine, ont été trouvés trè s beaux p a r
les experts qui ont dem andé que des essais
m euniers soient faits a v a n t de pouvoir se p ro­
noncer s u r la v a le u r relative d e . ce blé, du
M ahm oudi et de VAdjini.
Bidi ou Bihedi
Epi court (4 à 5 centim ètres), très tra p u , à
rach is app aren t, légèrem ent recourbé, glum es
blanches dentelées, glabres, barbes noires très
longues. G rain recourbé, gros, blond, clair.
P aille a tte ig n a n t 1 m. 75, à 2 m ètres d an s les
bonnes terres et les m eilleures conditions (Mi­
nangoin).
Ce blé o rig in aire de Sétif a, d’ap rès MM. P erriquet et Nancy, donné des ré su lta ts supé­
rie u rs dans les parcelles bien cultivées en T u­
nisie. L a p lante qui est vigoureuse semble plu­
tôt se p laire dans les coteaux élevés.
Biskri ou Beskri
Nom donné dans la région de Téboursouk à
u n blé qui ressem ble beaucoup au M ahm oudi.
D’après MM. P e rriq u e t et N ancy qui ont com­
mencé à le cultiver d an s la p lain e d u Krib, il
y a q u atre ans, ce blé est très vigoureux et,
d evant les ré su lta ts obtenus, sa culture s’est
étendue chez leurs voisins qui en sont fo rt sa­
tisfaits. Il d o n n erait en effet de m eilleurs ren ­
dem ents que VAdjini et le Souri précédem m ent
cultivés. L a p lan te est forte et de belle venue,
la couleur d ’u n v ert tir a n t su r le bleu et des
feuilles très larges. Si la p lan te n ’a p as souffert
dès la m a tu rité , les barbes sont bien noires. Le
g ra in est gros. Il semble résister assez bien à la
sécheresse et la verse. Son rend em en t a varié
cette année chez MM. P e rriq u e t et N ancy de
13 à 20 quin tau x l ’hectare.
Blé Chcdvin
Ce blé est u n blé P élissier que M. Chalvin
cultive à Vesoul-Beniam p our l ’obtention de
semences. Les colons de la région de B oufarik,
B lidah, ont adopté sous son nom la semence
q u ’ils lui dem andent. L a p lu p a rt des m em bres
du Comice agricole de M arengo nous ont en­
voyé des échantillons de ce blé .
M. M artin, cu ltiv ateu r à Goubet H allil, donne
comme raiso n de l ’adoption de ce blé q u ’il ré­
siste bien à la sécheresse.
Genah-el-Khetifa (aile d ’hirondelle)
E pis de 8 à 9 centim ètres, glum es et barbes
d ’u n beauvnoir, rach is teinté de n o ir avec un
a n n eau de même couleur à la naissan ce dé
l’épi (M inangoin).
M. P a u l Beligne a cultivé ce blé en p artan t,
d ’u n épi trouvé d an s un cham p en 1903 et il
est p arv en u à obtenir en .1910 132 q uintaux.
D’après lui cette espèce semble ne pas crain d re
les m aladies et ne p as être très difficile au
point de vue culture. L ’année dernière un sac
lui av ait ren d u 23 quintaux. Cette année il n ’a
eu qu’un rendem ent de 11 quin tau x à l ’h ectare
(il sème de 100 à 110 à l’hectare). Ce blé fait
très peii de déchets (4 %), poids à l'h ecto litre
83 kilos, paille dure et très rigide.
M. M inangoin p a rta g e cette bonne opinion.
D’ap rès lui. bien que ce blé soit très peu ré ­

pandu, il a cependant de gran d es qualités : son
g ra in est beau ; il est très précoce et résiste
p a r conséquent au siroco ; il est peu sujet à la
verse et à la rouille.
Les experts ont estim é que ce blé manquait,
un peu de finesse, m ais des essais de m outure
seront nécessaires pour apprécier ses qualités
sem oulières qui ne sont pas connues.
Hached ou Hechede
E pi blanc, quelquefois teinté de rose, lisse,
droit, court, 6 à 7 centim ètres de longueur,
E pillets peu serrés 3-4 fleurs dont 2-3 fertiles,
glum e forte à pointe u n peu arro n d ie ; glumelle
p o rta n t une barbe blanche, fine. G rain rouge,
petit, court. P aille fine, très blanche, peu s e n ­
sible aux m aladies (Ducellier).
M. D ucellier l ’indique comme peu sensible
aux m aladies. Cette variété rustique très ré ­
pandue dan s toute l’Algérie n ’est jam ais cultb
véc eh grand. On en rencontre quelque épis
à Tlemcen, M ascara, T iaret, Bordj-bou-Arrérid j, B atna, Sétif.
M. B ahni M ham et ben E m bark, cu ltiv ateu r
à Khenchela, départem ent de Constantine, qui
nous a envoyé deux échantillons provenant
d ’un te rra in argiloTsilieieux a obtenu un ren d e­
m ent de 12 q u intaux pour un poids à l ’hectoli­
tre de 80 kilos.
D’après Scofield, cette variété est une des plus
im portantes des ra re s variétés à g ra in s rouges
cultivées en Algérie où les blés à couleur d ’am ­
bre sont su rto u t produits. Il est cultivé p rin ­
cipalem ent dans les hautes terres du d éparte­
m ent de Constantine, m ais il n ’est pas assez
im p o rtan t pour être connu dans le commerce
sous son propre nom.
Le S yndicat agricole de Sétif qui nous en a
envoyé un échantillon l ’apprécie ainsi ;
Blé de la région de Sétif, m ais le plus infé­
rie u r de tous les blés du rs de cette région ; à
type assez m al défini. V ariété instable qui ne
p a ra ît être qu’u n blé dégénéré. Il dom ine dans
la culture arab e su rto u t vers le Sud. Résiste
assez bien à la sécheresse et en terres pauvres
et m al préparées. M aturité de prem ière époque.
Harnira
Epi carré à six ran g s de 7; à 9 centim ètres ; à
glum es brunes violacées, à barbes rouges de
longueur m oyenne et disposées en faisceau cy­
lindrique, le g ra in est gros, long, à sillon p ro ­
fond. La paille est courte (M inangoin).
Cette variété est cultivée p a r les A rabes de
préférence au M ahm oudi d an s le N ord de l’Al­
gérie parce qu’il est m oins exigeant que ce derïiier, m ais étan t très sujet à la rouille, il réussit
su rto u t dans les terres qui s’égouttent facile­
m ent.
M ahm oudi
Epi blanc, ap lati, large de 15 à 18 m illim ètres,
velu, long de 5 à 6 centim ètres. Epillets très
rapprochés, reco u v ran t très com plètem ent l’axe
de l ’épi, cinq fleurs dont quatre fertiles ; g lu ­
mes fortes de 14 à 15 m illim ètres, quelquefois
colorées en n o ir su r la carène ; glum elles infé­
rieures longues, prolongées p a r une forte barbe
noire très longue dépassan t le som m et de l ’épi
de 15 à 16 centim ètres. G rains allongés, très
gros, un peu caurbés, am brés, trè s bel aspect.
(Ducellier).
Cette variété p a ra ît être la p lu s appréciée
dans le départem ent de C onstantine où elle est

�L’EXPANSION COLONIALE

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L’EXPANSION COLONIALE

connue aussi sous les nom s de Nab-el-Bel,
Richi, et où elle est souvent cultivée en m élange
avec le Béliouni et VHamrai, dont les g rain s
sont de la m êm e couleur. Elle est adoptée éga­
lem ent en Tunisie et d an s l’E st du départe­
m ent d’Alger (Aïn-Bessem, Aumale, Tliiers et
Médéah).
Le type .le plus connu au poin t de vue com­
m ercial est celui obtenu p a r la Compagnie
Génevoise des colonies suisses de Sétif qui,
grâce à la m anière dont elle le sélectionne de­
puis de longues années, est arrivée à lui faire
faire prim e su r le m arché. Le D irecteur de cette
Com pagnie nous écrit à ce su jet : « Ce blé est
d’une couleur ja u n e d’or plus p articu lièrem ent
rem arq u ab le p a r sa gro sseu r et p a r sa lon­
gueur. Il est trè s recherché p a r les m inotiers
et p ro d u it des sem oules de toute prem ière q u a­
lité. Notre Compagnie, qui possède aux envi­
rons de Sétif 15.000 h ectares de terre, ensem en­
ce chaque année environ 6.000 hectares de ce
blé et lorsque le printem ps est favorable les
ren d em en ts de 15 à 20 q u in tau x à l’h ectare ne
sont p as ra re s. »
L a Com pagnie G énérale a même obtenu
cette année u n rendem ent de 33 quintaux, m ais
ces ré su lta ts exceptionnels ne s’a tteig n en t que
d ans les te rre s fortes trè s bien cultivées, suffi­
sam m ent profondes et où des lab o u rs p ré p a ra ­
to ires de p rin tem p s ont été effectués. D ans les
te rre s m oins fortes et m oins riches en alluvion,
les rendem ents m oyens v a rie n t à la Compagnie
Génevoise entre 8 et 12 q u in tau x à l’hectare.
L ’Exemple de la Com pagnie Génevoise a été
suivi d a n s la région de Sétif où le M ahmoudi
donne de très bons rendem ents d ans les terres
profondes et riches, m ais où les te rre s légères
lui conviennent moins. L’échantillon sélection­
né p a r le S yndicat Agricole de Sétif a été placé
en tête des blés de cette variété avec l’échantil­
lon de l’Ecole d’A griculture de T unis et celui
de M. W artelle.
M. P a u l Deligne, qui a obtenu de si beaux
ré su lta ts dans ses sélections, caractérise le
M ahm oudi ain si : « b eau blé, assez apprécié,
aim e la te rre m oyenne, plus cou rt de paille que
le Souri ; son g ra in est même plus beau que
le g ra in de blé Souri, m ais s'a cu ltu re dem ande
p lu s de soins que le Souri et le blé Raffi m élan­
gé à Smidia. Le M ahm oudi donne u n rende­
m ent m oyen de 11 q u in tau x ; déchet, 4 à 6 %
au plus ».
M. H usson n o u s d it q u ’api’ès avo ir cultivé à
G roum balia u n blé m élangé, il a été am ené à
choisir de préférence la variété M ahm oudi dans
ses terres argilo-calcaires, en raiso n de la force
de la tige, la beauté de l’épi et la gro sseur et
la couleur du g rain , la facilité de dépiquage à
la m achine et de ' la vente. Il estim e que le
M ahm oudi est plus sensible que toute au tre
variété à la bonne ou la m auvaise culture et .
que c’est la raiso n pour laquelle les A rabes ne
la cultivent p our ain si dire pas.
M. G. B ailleau est arrivé à S m in d ja à l a '
même conclusion. Il est à re m arq u er, du reste,
que ta n d is que M. H usson n ’a obtenu, cette
année, que 6 quin tau x à l ’hectare, M. B ailleau
a eu 12 q uintaux 5 su r une surface de 14 h ecta­
res en 1910, alors qu’il av ait eu, en 1908, 12 q u in ­
tau x et, en 1909, 21 quintaux à l ’hectare.
C’est au M ahmoudi que s’est a rrê té égalem ent
M. E. W artelle dans ses sélections de semences
de blé de son dom aine d’Aïn-Rhelal. A yant re ­
m arqué, nous écrit-il, chez l’un de ses voisins

un cham p de bel apparence, il lui ach eta sa
récolte qui se com posait de plusieurs variétés
de blé dont les principales étaient le Mahmoudi,
le Souri et VHamira, m ais la variété dom inante
était représentée p a r ' le Mahmoudi. Chaque
année il choisissait dans sa récolte la semence
qui lui était nécessaire, m ais il observa un
changem ent m arqué dans la proportion qui
existait au début entre les différentes variétés ;
tan d is que les épis de M ahm oudi devenaient
de plus en plus nom breux et plus développés,
ceux du Souri et d'H amira d isp araissaien t peu
à peu ; il se décida ainsi à sélectionner le
Mahmoudi en 1906 où, en tria n t avec soin les
plus beaux épis de cette variété, il obtint 137
kilos de grains, il sem a au sem oir en lignes es­
pacées de 0 m. 42, de m anière q u ’il fut possible
de donner des sarclages nécessaires et il obtint
55 q u intaux de blé à la récolte avec lesquels il
ensem ença to u t son sol, en 1907. Ces résu ltats
ont été obtenus su r des terres de plaines argilocalcaires et M. E. W artelle pense que su r des
terres de n a tu re différente, il a u ra it fallu avoir
recours à d’au tres variétés. Depuis tro is ans,
M. E. W artelle m et à la disposition des colons
toute sa production de blé de semence.
Nos experts ont trouvé ce blé to u t à fait
rem arquable.
Blé de Mahon
E pi blanc, lisse, long, 8. à 10 centim ètres, un
peu courbé à la m aturité. ’E pillets secs espacés
su r le rachis, 4 fleurs dont 2-3 fertiles ; glum es
p o rta n t une courte arête, carénées à la p artie
supérieur^ seulem ent, glum elles inférieures pro­
longées p a r une barbe blanche, écartée de l’axe
de l ’épi q u ’elle dépasse de 7 à 8 centim ètres,
les balles s’e n tr’ouvrent à la m atu rité et le g ra in
tombe au m oindre coup de vent. G rain jaune,
pâle, de bonne qualité su rto u t dans la plaine
du Chéliff. P a ille dem i-pleine, blanche, très
résistan te à la rouille (Ducellier).
L ’échantillon sélectionné p a r l ’Ecole d ’a g ri­
culture algérienne de M aison-Carrée provient
d ’un sol argilo-siliceux-calcaire et a donné un
rendem ent à l ’hectare de 14 q u intaux avec un
poids à l ’hectolitre de 80 kilos.
C’est la variété tendre adoptée p a r les m em ­
bres du Comice agricole de M arengo. Les ren ­
dem ents à l ’hectare qui nous sont signalés v a­
rien t de 12 à 20 quintaux. Le poids des déchets
est trè s faible, 2 1/2 %.
D’après M. le docteur Roux, présid en t du
S yndicat agricole de Carnot, le blé de Mahon
s’est très bien approprié au clim at chaud et sec
de cette région. Les rendem ents m oyens y sont
de 13 à 15 q u intaux p a r hectare pour une q u a n ­
tité de sem ences de 80 kilos sem és à la volée.
Dur de Médéah
Epi très coloré, rouge tira n t su r le noir, droit
un peu plus m ince au sommet. E pillets très
rapprochés, 5 fleurs, 3-4 fertiles enveloppées
p a r 2 glum es fortes, très carénées, glum elles
inférieures fortes prolongées p a r une arête noi­
re, cassante à la m atu rité, d ép assan t l’épi de
13 à 15 centim ètres. P aille blanche, forte, résis­
tan te à la verse e t aux m aladies (Ducellier).
G rain bossu, concave du côté du sillon, ra p ­
p elan t un peu celui de certain s poulards, riche
en gluten.
Ce blé est u n des blés d u rs que V ilm orin
cite dans son ouvrage : « Les m eilleurs blés »
comme susceptible d ’être cultivé en France.

�L’EXPANSION COLONIALE

D’ap rès lui le blé de Médéah est une form e tout
à fait m éridionale qui réu ssit su rto u t au sud
de la M éditerranée. Il y a une quinzaine d ’a n ­
nées environ que cette variété est cultivée en
Egypte, où elle est p articu lièrem en t estim ée à
cause de_ la richesse de son g ra in en gluten.
Cefte qualité est d ’a u ta n t plus appréciée que la
p lu p a rt des variétés indigènes égyptiennes ont
au c o n traire le d éfaut de donner une p âte cour­
te, fau te de contenir assez de gluten. Diverses
variétés ont été in tro d u ites d'E urope, de T u r­
quie et d’Algérie et essayées com parativem ent,
au Ja rd in d ’acclim atatio n du Caire, et parm i
toutes ces variétés, c’est le blé de Médéah qui a
donné les ré su lta ts les plus ’ sa tisfaisan ts, et
celui dont les qualités se sont le m ieux m ain ­
tenues après plu sieu rs années de culture. En
F rance, on ne peut cultiver le blé de Médéah
q u ’en le sem ant au p rintem ps, m ais dans les
pays très chauds comme l ’Egypte et l’Algérie
où la récolte se fa it a u m ois de m ai, le semis
doit se faire en autom ne ou au m oins en hiver.
O riginaire du d ép artem en t d ’A lger cette v a­
riété s’est rép an d u e d ans l’E st du d épartem ent

231

d’O ran (Tiaret). D’après Scofield, elle m û rit
dan s l’Ouest de la province d’O ran en viron deux
sem aines av an t les au tres variétés.
M. M inangoin le sig n ale comme difficile à
m oissonner à cause de la longueur de sa paille
et comme devant être semé en coteaux ou dans
des terres de fertilité moyenne.
MM. Van Eyll et J. Jaillet qui l’ont, adopté
pour leurs terres argilo-calcaires de F énouane
aux environs de S aïd a obtiennent des rende­
m ents v a ria n t actuellem ent entre 8 et 10 q u in ­
taux à l ’hectare; m ais dont ils prévoient l’ac­
croissem ent considérable p a r suite d ’un emploi
des superphosphates. Le poids à l’hectolitre
obtenu p a r eux est de 78 à 80 kilos.
Mohamed-el-Bachir
Ce blé sélectionné p a r le S yndicat agricole de
Sétif et rép an d u d an s la région Nord de Consta n tin e en terres riches et profondes, est u n peu
plus ta rd if que le Mahmoudi.
G rain clair, allongé, bon sem oulier.
Blé Pélissier
Très voisin du blé de Séville à barbes noires

�232

L’EXPANSION COLONIALE

dont il dérive p a r sélection, appelé encore Hebda. Bel épi carré, gros, long de 8 à 10 centi­
m ètres, de coloration variable, plus ou m oins
velu, Suivant les régions. S u r le litto ra l d’Alger,
l’épi devient com plètem ent, lisse et blanc, ainsi
que ses barbes. E pillets serrés, composés de 5
fleurs dont 4 fertiles ; glum es très fortes, noi­
râ tre s su r la carène ; glum elles inférieures
m unies d’une barbe forte et longue, ordinairem nt noire. G rain long, glacé, jaune, tira n t sur
le blanc, trè s estim é (Ducellier) .
Ce blé a p ris une g ran d e extension dans le
dép artem en t d ’O ran en raiso n de ses bons re n ­
dem ents. D ans le départem ent d ’Alger, il est
égalem ent cultivé depuis quelques années à la
suite des essais faits à la S tation botanique
de B ouïba où, après sélection, il a été classé
en prem ière ligne p a r ses rendem ents et la
qualité de son grain. L ’envoi du Comice a g ri­
cole de l ’arrondissem ent de M ilia n a 'à notre
Exposition était composé de blés de cette va­
riété. Les rendem ents indiqués ont été de 9 à
12 q u in tau x à l’h ectare avec u n poids moyen
à l ’hectolitre de 80 kilos.
Ce blé qui est probablem ent d ’origine espa­
gnole doit son nom à u n cu ltiv ateu r des envi­
rons de P o n t des Issers, dans la vallée de la
T afna, qui l ’a sélectionné.
Les échantillons envoyés à l ’Exposition ont
été estim és u n peu tern es p a r les experts.
Réalforte
Epi de 8 à 9 centim ètres absolum ent carré,
à six rangs. Glumes et b arb es d’u n beau jaune
doré. G rains gros, peu allongés. (Minangoin).
Ce blé, d’in tro d u ctio n récente dans le N ord de
l’Afrique, est originaire de Sicile. Cette variété,
semée en T unisie dans les environs de M ateur,
donne des ren d em en ts bien su p érieu rs à ceux
obtenus avec les a u tres variétés. C’est ainsi
que, m algré la '.sécheresse, elle a donnée chez
M. Loyer, à M ateur, u n rendem ent de 20 quin­
taux avec u n poids à l’hectolitre de 83 kilos, et
chez MM. P e rriq u e t et N ancy, dans le contrôle
de Téboursouk, 28 quintaux.
Blé rouge de Tlemcen
Epi rouge, lisse, allongé, atteig n an t d ans les
bonnes terres 11 à 12 cent,, o rd in a ire m e n t 8 à
9 ; aussi larg e à la base q u ’au sommet, Epillets
m oins rapprochés que dans les a u tres blés
d urs, à 3-4 fleurs dont 2-3 fertiles ; glum es for­
tes term inées p a r une pointe aigue, glum elles
inférieu res m unies d’une forte barbe noire,
très longue, d ép assan t le som m et de l’épi de
14 à 15 centim ètres. La couleur des barbes v a­
rie et devient quelquefois identique à celle des
balles. On trouve cette variété à Tlemcen, M er­
cier-La combe et d an s le N ord clu Sersou. Quoi­
que son épi so it très beau, elle n ’est p as très
cultivée, car elle c ra in t les coups de ch aleur
et son g rain est plus p etit que celui des blés
d u rs en général. Cette variété ressem ble b eau­
coup au blé P aro s, in tro d u it de Grèce il y a
quelques années (Ducellier).
G rain mince, pointu, am bré, de bonne q u a ­
lité.
Blé de Séville à barbes noires
Epi blanc, glabre, ou u n peu velu, teinté de
n oir su r les glum es, long de 5 à 6 centim ètres,
droit, u n peu effilé à la p artie supérieure. E pil­
lets trè s 'rapprochés, form és de 3 ou 4 fleurs
fertiles ; glum es prolongées p a r une pointe
courte de 2 ou 3 m illim ètres, glum elles infé­

rieures p o rta n t une barbe noire d ép assan t l ’épi
de 2 à 3 centim ètres, écarté de l’axe. G rain
allongé, glacé, jaune, blan ch âtre (Ducellier).
D’après M. Ducellier, -cette variété rustique
est cultivée dans l ’Ouest de l ’Algérie, seule ou
en mélange. Dans le départem ent d’O ran on la
trouve à Ain-Témouchent, dans la vallée de
la T afna, à Tlemcen où elle constitue à peu
près la m oitié des em blavures de blé d u r ; à
M ascara dans la. plaine des E ghrus, à Tiàret.
Elle est aussi cultivée dans le Sersou, à AïnBessem et Bordj-Bou-Arréridj où les indigènes
l’appellent Djoul à cause de sa bonne qualité.
Elle a été introduite d’Espagne depuis très
longtemps.
Les experts ont classé ce blé su r la même li­
gne que l ’A djini, en tête de toutes les variétés
exposées, bien que les échantillons envoyés
contiennent un peu de blé tendre, ils n ’ont con­
sidéré que les qualités des grain s durs.
Sbai ou Souaba-el-Aldjia
(doigt ou doigt de l ’Esclave)
Epi court, 4 à 5 centim ètres, glum es b la n ­
ches, légèrem ent velues, barbes noires, jau n e
doré à le u r extrém ité. G rain jau n e tra n sp a ­
rent, très gros et très allongé. Ne réu ssit que
dans le Nord et dans les terres très fertiles
(M inangoin).
La Station E xpérim entale de l’Ecole C. d'A.
de Tunis, indique comme lui convenant les
plaines à sol argileux frais.
Souri
Epi long, de 9 à 10 centim ètres, glum es jau n e
do-ré, glabres. B arbes trè s longues de même
couleur. Donne u n e paille blanche, longue,
plus estim ée que celle de M ahm oudi et de YHamira.
Ce blé est trè s cultivé dans le no rd de l’Algé­
rie su rto u t d an s les terres fraîches et riches,
il se sème souvent en m élange avec le M ah­
m oudi e t le Hamira.
D’après M. P. Deligne, il a peut-être le dé­
fau t d’être un peu exhubérant comme végéta­
tion, m ais cela lui perm et m ieux de se défen­
dre contre les m auvaises herbes, il résiste
bien aux m aladies e t donne un beau grain. Le
rendem ent est de 12 à 15 q u in tau x en belle
culture, comme déchets m oyens que l ’on peut
facilem ent réd u ire au battage, il donne de 4
à 6 %.
Tounsi
D’après le S yndicat Agricole de Sétif qui
nous en a -envoyé un échantillon sélectionné,
ce blé peu rép an d u d an s les cultures est infé­
rie u r aux au tres comme sem oulier et m inotier.
Il renferm e beaucoup de son. P eu exigeant
pour la n a tu re du sol, il résiste bien dans les
terres calcaires ou à sol tuffeux.il est précieux
à cet effet. M aturité de prem ière époque.
BLÉS

TENDRES

Allorah
Blé ten d re à épi rouge barbu, in tro d u it très
récem m ent dans la Vallée de la M edjerda.
D’après M. -Paul Deligne, ce blé aim e les te r­
res légères et pousse m al en terres fortes. Son
rendem ent à l’hectare est très irrég u lier et va­
ria n t de 4 à 17 quintaux. Il casse beaucoup au
battage et est très difficile à m oissonner. Il le
considère comme devant être encore à l’étude.

�L’EXPANSION COLONIALE

Blé de Bordeaux ou blé rouge inversablc.
Epi rouge b ru n , souvent courbé, ressem blant
à celui du blé rouge d’Ecosse, m a is p résen tan t
souvent su r l’axe et su r les glum es une teinte
glauque que n ’a ja m a is celui-ci. P aille m oyen­
ne, forte et souple, demi-pleine. G rain rouge,
gros, assez court, lourd et bien plein. (Vil­
morin).
Ce blé, qui ré u ssit bien dans les te rre s a rg i­
leuses et dans les terres franches, est assez
ru stiq u e et, d’ap rès V ilm orin, trè s productif,
peu exigeant su r la n a tu re du sol et ré sistan t
très bien à la verse.
Les blés rouges de B ordeaux ont été in tro d uits
d an s la région de S aïda m ais, d’ap rès M. Van
Eyll, ils s’y cultivent peu et, bien que d onnant
de trè s bons rendem ents certaines années, ils
sem blent plus sensibles au froid et su rto u t au
siroco que les Tuzelles de Provence ou les Richelles de Naples. L eur m a tu rité est un peu
plus tard iv e et c’est là aussi u n défaut im por­
ta n t d a n s une région où l’hiver est souvent
assez rigoureux.
Richelle blanche d'Alger.
Epi blanc, très long, 12 à 13 centim ètres, lisse,

233

b rillant, fa isa n t le cou d’oie à la m aturité. Ce
dernier caractère perm et de d istin g u er facile­
m ent Les cham ps de Richelle. E pillets bien sépa­
rés, régulièrem ent disposés, trois à quatre
fleurs, glum es et glum elles m unies d ’une courte
arête recourbée. (Ducellier).
G rain blanc, court, trè s farineux.
V ariété très productive, in tro d u ite p a r le
Service B otanique qui a obtenu p a r sélection la
variété désignée ci-dessus cultivée d an s la
M itidja, su r Le litto ral, dans la plaine des
E ghris, à M ascara.
Blé de Rieti.
Epi blanc, glabre, b rillant, courbé à la m a tu ­
rité. Epillets très éloignés les uns des au tres et
de plus en plus petits vers le som m et de l’épi,
q u atre fleurs dont trois fertiles, glum elles infé­
rieu res m unies d ’une barbe noire, disposée com­
me celle du blé de M ahon. G rain trè s coloré,
presque brun, peu apprécié en Algérie à cause
de sa couleur m algré sa richesse en gluten.
P aille creuse, faible, peu sensible à la rouille.
(Ducellier).
Cette variété, o rig in aire de l'Italie C entrale,
est cultivée su r le litto ra l de l’Algérie, m ais elle

�234

L’EXPANSION COLONIALE

est encore peu répandue et l ’Exposition des
blés n ’en a reçu q u ’en provenance de F ran ce
où elle n ’a p a s p ris n on plus u n très g ran d
développem ent, bien que d’ap rès V ilm orin on
lui reconnaisse des q u alités spéciales d’endu­
rance qui lui p erm etten t de d onner de bons
résu ltats d an s des te rre s m oyennes ou mêmes
m édiocres. Il est trè s h âtif, son g ra in est très
riche et recherché p a r la m eunerie en F rance.
M. D ucellier nous écrit que co n trairem en t à
ce qui se passe dans certain es régions où il est
particu lièrem en t ré sista n t à la rouille et bon
producteur, le R iéti c ra in t d avantage cette
m aladie dans la M itidja que le blé de Mahon
et la Tuzelle barbue. Celle-ci présente quelques
tach es de rouille su r-le s feuilles alors que le
Riéti se couvre entièrem ent de p ustules a rrê ­
ta n t, vers la fin de m ai, la sortie n orm ale des
épis, ces derniers contien n en t des grain® Mahm oudi très ridés, im propres à c o n stitu e rd e bon­
nes sem ences p our l’année suivante. Son g ra in
rouge devient encore plus foncé et superbe, et
il r.e convient plus au commerce algérien h a b i­
tué aux g ra in s b lancs de la Tuzelle de Sidi-BelAbbès ou ajux g ra in s ja u n e s clairs du blé de
Mahon et de la Tuzelle barbue.
Richelle blanche de Naples
ou Grano carosella
Epi blanc, assez effilé, dem i-long, souvent
courbé, trè s peu élargi, m uni de quelques a rê­
tes courtes vers le sommet. G rain blanc, beau
et gros, assez allongé, bien plein, de trè s belle
qualité. P aille très blanche, assez haute, abon­
dante. C’est une des v ariétés les plus faciles
à reconnaître. Il n ’en est à peu près aucune
dont l’épi se rappro ch e plus com plètem ent p ar
l’aspect de l ’épeau tre blanche sans barbe (Vil­
morin).
D’après V ilm orin cette Richelle convient à
toutes les bonnes terres m oyennes et p rin c ip a­
lem ent à celles où dom ine l ’élém ent calcaire.
Q uand il s ’est développé d an s des conditions
to u t à fa it favorables, le g ra in de la Richelle de
Naples est u n des plus beaux qui se puisse voir.
Cette variété est m alh eu reu sem en t u n peu sen­
sible a u froid.
M. Van Eyll, qui la cultive d an s son dom aine
de F enouane, au x environs de Saïda, trouve
que, comme précocité, la Richelle de Naples
est sup érieu re à la Tuzelle de Provence, m ais
elle semble m oins résistan te au froid. Elle est
égalem ent m oins riche en gluten. E n année
favorable, son rendem ent est su p érieu r à ce­
lu i de la Tuzelle et l’idéal se ra it de sem er ces
deux sortes en m élange, m ais en raiso n de leur
différence d ’époque de m atu rité, la chose n 'est
p as possible. Il lui semble p ru d e n t a v a n t d ’ac­
corder une trop g ra n d place à cette variété,
d’atten d re u n acclim atem ent plus complet.
Tuzelle de Bel-Abbès
ou d'Odessa
E p i rouge, irrég u lièrem en t coloré, lisse, b ril­
lant, long de 9 à 11 centim ètres, plus gros au
m ilieu q u 'au x extrém ités. Epillets allongés, ra p ­
prochés au centre de l’épi, avortés quelquefois
à la base, dirigés à droite et à gauche de l’axe
de l’épi. Ce c a ra c tè re perm et de d istin g u er
facilem ent cette variété, 6 fleurs, dont 4-5 ferti­
les, glum elles inférieures m unies a u som m et de
l’épi d ’une arête rouge de 2 ou 3 centim ètres.
G rain blanc, long, un peu corné, à la p ériphé­

rie. T rè s b o n n e q u a lité co m m erciale (D ucellier).

Cette variété est très répandue à Bel-Abbès,
M ereier-Lacombe, M ascara, Sersou, Tiaret,
Bordj-bou-A rréridj.
M. D ucellier nous écrit que cette variété, qui
réu ssit si bien dan s la plaine de Sidi Bel-Abbès,
dans le Sersou, aux environs de T iaret, et aussi
dans la région de Sétif où elle donne des blés
si rem arquables et si appréciés p a r le com m er­
ce, c ra in t s u r le litto ral d ’Alger la rouille et
les intem péries. Son g rain, au lieu d’être d ’un
blanc uniform e se parsèm e de graines foncées
qui le déprécie. Il n ’est donc plus cultivé dans
la M itidja po u r cette raison.
Tuzelle barbue ou barbue de Bel-Abbès
Epi rouge, long de 10 à 12 centim ètres, lisse.
E pillets à 4 fleurs, 3 fertiles ; glum es aristées,
glum elles inférieures m unies d’une barbe ro u ­
ge, écartée du rachis. G rain blanc, allongé,
de même qualité que le Mahon. P aille demipleine, blanche, résistan te à la rouille (Ducel­
lier).
Ce blé est su rto u t cultivé dans le d éparte­
m ent d’O ran à Bel-Abbès, M ascara, et dans le
Chéliff en m élange avec le blé de Mahon.
En Tunisie il est in tro d u it égalem ent depuis
quelques années où il p a ra ît préférable à la
Tuzelle de Provence (ou d ’Oran) comme étan t
plus ré sista n t aux m aladies, m oins sujet à la
verse, s ’ég ren an t m oins et don n an t de m eil­
leurs rendem ents (cette Tuzelle est appelée en
Tunisie égalem ent Tuzelle barbue d'Oran).
M. P a u l De-ligne nous dit qu’après diverses
expériences ses am is et lu i se sont arrêtés à ce
blé tendre qui lui donne u n beau g ra in re n ­
d an t 12 à 20 quintaux à l’hectare et comme
m oyenne 14 à 16 avec peu de déchets.
MM. P erriq u et et N ancy nous écrivent « La
Tuzelle barbue d'Oran est cultivée chez nous
depuis plusieurs années, et elle se contente de
te rra in s m oins bons que les blés et plus secs.
L a végétation est constante et sans arrêt, m al­
gré les froids de l ’hiver, elle est donc très p ré­
coce et a l’inconvénient de verger facilem ent :
il fa u d ra it peut-être la sem er à l’inverse de ce
que l’on fa it d’habitude. Elle ne semble pas
plus spécialem ent sujette à souffrir du siroco.
Somme toute, c’est une plante très appréciable
à n o tre altitude avec nos hivers. Rendem ents
en 1909 de 15 q u intaux à l’H. en 1910 de 19 q u in ­
tau x s u r une parcelle et de 20 su r une a u tre ».
Tuzelle rouge de Provence
Epi rouge, violacé, lisse, long de 9 à 10 cen­
tim ètres, grêle, effilé. E pillets régulièrem ent
disposés, à 3-4 fleurs ; glum es sans arête, g lu ­
melles sans barbe, sauf au som m et de l ’épi où
elles sont m unies d ’une arête de un ou deux
centim ètres. (Ducellier).
G rain rouge, un peu corné, de bonne q u a­
lité.
D’après V ilm orin, ce blé sans être difficile
pour la n a tu re du sol préfère les terres saines,
perm éables, et abondam m ent pourvues de cal­
caire. Quoique dépourvu de barbe, il a l’a v an ­
tage de ne pas s’égrener sous l’action du vent.
M. Van 'E vll estim e qu.e c ’est le blé tendre
qui convient le mieux à la région de Saïda,
ta n t à cause de sa régu larité de rendem ent que
de sa résistance au froid et au siroco, de sa
précocité très suffisante et de sa richesse en
gluten.

�L’EXPANSION COLONIALE
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�236

L’EXPANSION COLONIALE

III
L a S é le c tio n e t l’In d u s tr ie
La prem ière conclusion que le ju ry à tirée
de l’exam en des blés envoyés p a r l’Algérie et
la T unisie à l’Exposition, c’est que le m arché
de M arseille ne recevait ja m a is d ’au ssi beaux
blés, non seulem ent au poin t de vue de la pro­
preté des échantillons envoyés, propreté qui
p o u rra it p rovenir d ’u n nettoyage fait spéciale­
m ent p our l’ExpositiOh, m ais encore au point
de vue de l’homogénéité.
Ses m em bres ont fait rem arq u er égalem ent
que c’é ta it la prem ière fois q u ’ils av aien t l’oc­
casion d’exam iner les blés algériens ©t tu n i­
siens classés p a r variété botanique, les prove­
nances a y a n t été ju sq u ’ici le seul point su r le­
quel leu r atten tio n a it été attirée.
Enfin, constatatio n qui nous p a ra ît devoir
être tout p articu lièrem en t retenue, dans une
même variété, ils o n t trouvé des différences
im portantes entre les divers échantillons. Nous
ne p arlo n s pas de la propreté, to u s ces blés étant
m erveilleusem ent propres. Ces différences por­
te n t non seulem ent su r les différences de pureté
des échantillons (présence de g ra in s ten d res ou
m itadinées), m ais su rto u t, et c’est là le point,
su r les caractères même du g ra in : forme, clar­
té, couleur, glacé, etc.
Les experts ont du reste déclaré que les m oins
beaux de ces blés étaien t trè s supérieu rs aux
blés m a rc h a n d s q u ’ils recevaient o rd in aire­
ment.
Le ju ry a donc classé les échantillons de cha­
que variété en les co m p aran t les u n s avec les
classer les v ariétés entre elles q u ’en ten an t
com pte des plus beaux échantillons de chacune
d ’elles, cela p our celles qui com prenaient un
nom bre u n peu im p o rta n t d’échantillons.
Il a estim é que p our les variétés qui n ’étaient
représentées que p a r u n ou deux échantillons,
il devait réserver son avis (ce qui a été le cas
p our tous les blés tendres), cela en ra iso n des
différences constatées entre les échantillons
d ’une même variété.
E n te n a n t compte de ces .observations, il a
classé les p rin cip au x blés d u rs d ans l’ordre
su iv an t :
Adjini.
Mahmoudi.
Béliouni.
Blé de Bordj-Bou-Arréridj (non dénommé).
Saïda et s u r le même ra n g Bisltra.
Les experts ont te n u a rem arq u er, que le m é­
lange obtenu p a r M. P a u l Deligne leu r p a ra is­
sa it devoir être classé su r le mêm e ra n g que
les plus beaux M ahm oudi. Cette rem arq u e de­
v ait être faite pour m o n tre r que p our le mo­
m ent, en l’état des connaissances de l ’ind u strie
ils ne pouvaient se prononcer p o u r d onner la
préférence à un blé d ’une seule variété ou à
un blé. de m élanges p ré se n ta n t d ’au ssi belles
qualités d ’homogénéité.
La m eilleure m anière de p o rter le classem ent
fa it entre les échantillons à la connaissance
des intéressés nous p a ra ît être d ’envoyer une
collection de chacun des échantillons exam inés
à l’Ecole d’agricu ltu re de T unis ©t à celle de
M aison-Carrée en même tem ps que les résu ltats
de ces classem ents. Les intéressés po u rro n t, en
co m p aran t eux-mêmes les divers échantillons,
so ren d re compte des raiso n s qui les ont fait
préférer les uns aux autres.

Vu la très faible im portance des lots en­
voyés, ceux-ci n ’ont pu être exam inés qu’au
point de vue de l ’apparence et des essais in ­
dustriels p erm ettro n t seuls de. faire cette étude
com parative dont nous avons jeté les prem ières
bases.
Ju sq u ’ici les blés d ’Algérie et de Tunisie n ’ont
été distingués les uns des au tres à M arseille
q u ’en raiso n de leu r provenance et nos m eu­
niers savent sim plem ent p a r expérience que les
blés de Sétif et de C onstantine p a r exemple leur
donnent de m eilleurs résu lta ts que ceux de telle
a u tre région. P o u r la prem ière fois ils ont pu
se ren d re compte que les blés pouvaient être
distingués p ar variété tout en provenant d ’une
même région. Il est nécessaire que les essais
in d u striels viennent dire quelles sont les con­
clusions que l’on peut tire r de ce fait.
L ’exam en qui a été fait perm et cependant de
faire dès m a in te n a n t deux observations.
La prem ière c’est q u ’il existe en Tunisie des
blés to u t aussi beaux que les plus réputés
d ’Algérie.
C’est ensuite, et il nous p a ra ît que c’est une
conclusion très im p o rtan te de l ’exam en que
nous avons pratiqué, que les conditions de cul­
ture, de clim ats et de sol p araissen t avoir une
influence considérable su r les qualités des
g rain s obtenus p ar une même variété. C’est
ainsi qu’en ad m ettan t que chaque variété ait
des qualités industrielles différentes, si l’on ré u ­
n it tous lés blés de cette même variété provenant
à la fois de l’Algérie et de la Tunisie, il con­
vient de distinguer ces blés en des lots de q u a­
lité différente, ceci en ad m ettan t même que le
degré de propreté ou de g ra in d ’une au tre essen­
ce fût le même. Les échantillons d’Adjini p a r
exemple ou de M ahm oudi envoyés à l ’Exposi­
tion des différents points de l ’Algérie et de la
Tunisie, au nom bre de 15 à 20 po u r chacune de
ces variétés, ont pu être classés sans q u ’il y eut
contestation à leu r su jet entre les différents
experts qui les ont exam inés, les blés classés
au d ern ier ra n g étan t très inférieurs au plus
beau blé de telle au tre variété m oins réputée
que celle-ci.
Il nous p a ra ît donc que l ’étude industrielle
des blés algériens et tu n isien s à laquelle l ’In s­
titu t colonial m arseillais est heureux de p o u ­
voir prêter son concours doit être envisagée de
la m anière suivante :
L ’appréciation des qualités relatives des diffé­
ren ts blés ne p o u rra être réellem ent faite q u ’à
la suite d ’essais in d u striels (m outure, b o ulan­
gerie, biscuiterie, fab ricatio n de pâtes alim en­
ta ire s ,etc.). Ces essais n ’a u ro n t un sens q u ’à 1a,
condition de p o rter sur de véritables lots de
m eunerie et non point sim plem ent su r de petites
q u antités qui re n d ra ie n t im possible l ’obtention
de m oyennes seules intéressantes. Ces lots se­
ro n t form és de .grains d ’une même provenance
et p résen tan t le plus possible les m êmes ap p a­
rences. On sa u ra a in si si, d ’après ces a p p a ­
rences, il est possible de considérer comme
identiques des g ra in s d ’une même variété p:ovenant de cultures et de p ay s différents et l ’on
a rriv e ra à étab lir une échelle d ’appréciations
des g ra in s d ’une même variété, échelle qui p e r­
m e ttra la constitution de types com m erciaux.
Ces essais m on trero n t en même tem ps quelle
doit être l’u tilisatio n industrielle de ces diffé­
ren ts types.
Nous ne pouvons donc pour le m om ent que

�L'EXPANSION COLONIALE
conseiller à ceux qui, en Algérie et en Tunisie,
s ’intéressen t à ces diverses questions, de s’ef­
forcer, dès la saison prochaine, de constituer
des lots p a r variétés et provenances, lots que
nous serons to u t heureux de les aid er à faire
exam iner avec soin. En même tem ps se conti­
n u e ra l ’œ uvre de sélection et d ’am élioration
agricoles.
L ’In s titu t colonial m arseillais a eu la très
g ran d e satisfaction de voir son initiative ap p ré­
ciée à la fois p a r les cu ltiv ateu rs algériens et
tu n isien s et p a r les négociants et industriels
m étropolitains et même étrangers, comme le
m ontre le soin avec lequel la Cham bre de Com­
m erce de Genève et l’Union des im p o rtateu rs
h o llan d ais cle céréales ont suivi l’Exposition. I!
lui reste à exam iner de quelle m anière p ra u que le concours q u ’il , a été heureux de leur
p rê te r doit continuer à s’exercer. Il est p ro ba­
ble que .ee sera en se m ettan t à leu r disposition
p o u r provoquer les essais ind u striels nécessai­
res et en exam iner les conclusions, ainsi que
pour recevoir d’une m anière régulière et conti­
nue ces « S ta n d a rd s » qui seront la base d’un
systèm e ratio n n el d’exportation, tel qu’il est
p ratiq u é actuellem ent dans tous les pays g ran d s
expo rtateu rs de céréales et q u ’il tie n d ra à la
disposition des négociants et in d u striels inté­
ressés.
E m ile B aiixatjd .

Catalogue de l'Exposition des Blés
Emb. Date des emblavures.
Ep.
Description de l’épi.
Gl.
Proportion de gluten.
M.
Date de la moisson.
Ph.
Poids à l’hectolitre.
Rh. Rendement à l’hectolitrePd.
Pourcentage des déchets.
Les numéros qui séparent les échantillons
sont des numéros d’ordre du catalogue et
ceux qui se trouvent à la fin de chaque des­
cription sont des numéros de référence de
l’Exposition.
Le nom indiqué pour chaque échantillon
est celui donné par l’exposant.

T U N IS IE
ÉCOLE COLONIALE D’AGRICULTURE
DE

TUNIS

(STATION EXPÉRIM ENTALE)
1
SBEI. Dur. — (M ateur, région n o rd de la
Tunisie, contrôle de Bizerte).— Em b.: octobre à
décembre. — M. : ju in (fin). -— Sol : plaines à
sol argileux frais. — P aille : creuse. N° 1.
2

DERBESSI. Dur. — (K airouan, région cen­
tra le de la Tunisie, contrôle de K airouan). —
Emb. : octobre à janvier. — M. : juin. — Sol :
sabloneux très sec. — P aille : creuse. N° 2.

2:i7

3
BIDI. Dur. — (Sfax, sud de la Tunisie, con­
trôle de Sfax). — Emb. : octobre à janvier. —
M. : juin. — Sol : sables très m ouvants. —
P aille : pleine. N° 3.
4
AGINI. Dur. — (Téboursouk, région ouest de
la Tunisie). — Emb. : octobre à décembre. —
M. : ju illet.— Sol : plaines à sol assez compact.
— P aille : pleine. N° 4.
5
BISKRI (blé de Biskra). Dur. — (Région
nord de la Tunisie). — Emb. : octobre à décem­
bre. — M. : juin. — Sol : plaines à sol com pact
frais. — P aille : creuse. N° 5.
6
GENAH-KHETIFA (aile d’hirondelle). Dur.
- Medjez-el-Bab, Enfida, vallée de la Medjerdah, région est). — Emb. : octobre à décembre.
— M. : juin. — Sol : coteaux terres légères
rouges (terre H am ri). — P aille : pleine. N° 6.
7
AZIZI. D ur.— (Béja, région n o rd de la T uni­
sie, contrôle de Béja). — Emb. : octobre à
décem bre.— M. : ju illet.— Sol : terres fauchées
ou légères de cobeau. — P aille : pleine. N° 7.
8
MAHMOUDI. Dur. — (M ateur et toute la
région nord de la Tunisie). — Emb. : octobre
à décembre. — M. : juin. — Sol : p lain es à sol
profond argileux frais. — P aille : pleine ou
creuse, su iv an t variétés. N° 8.
HAMIRA. Dur. —
1a, Tunisie, contrôle
octobre à janvier. —
à sol profond un peu
creuse. N° 9.

9
(Naceur-Allah, centre de
de K airouan). — Emb. :
M. : juin. — Sol : plaines
arg ileu x frais. — P aille :

10
RICHELLE HATIVE. Tendre. -— (O riginaire
d’A ustralie). — Emb. : octobre à décembre. -—
M. : juin. — Sol : coteaux à terres légères. —
P aille : creuse. Très hâtif, réu ssit jusque dans
le sud, à p référer à l’a llo ra dans beaucoup de
cas, en raiso n de son g rain plus gros, de son
m eilleur rendem ent. N° 10.
11
RICHELLE. Tendre. — (T u n is; provient de
France). — Emb. : novembre. — M. : juin. —
Sol : coteaux à terres légères. — P aille : creuse.
N° 11.
12
CORNEBACK WHEAT. Tendre. — (Origi­
n aire d’A ustralie). — Emb. : octobre à décem­
bre.— M. : ju in .— Sol : terres légères, coteaux.
— P aille : creuse. H âtif, encore à l’essai. N° 12.
13
BLE DE MAHORE. Tendre. — (Vallée de la
M edjerdah et no rd de la Tunisie ; provient
d'Algérie). — Emb. : octobre à décembre. —
M. : ju in -ju illet. — Sol : terres fraîches des
plaines ou du bord des coteaux. -— P aille :
creuse. N° 13.
14
TUZELLE ALL.ARA. Tendre. — (Provient
4

�L’EXPANSION COLONIALE

238

d’A ustralie). — Emb. : octobre à décembre. —
M. : juin. — Sol : coteaux même secs, terres
sablonneuses du centre et du sud. — P aille :
creuse. Blé très h âtif, u n des ra re s blés tendres
qui p uissent ré u ssir dans le Sud. N° 14.
15
TUZELLE DE PROVENCE. Tendre. — (Ori­
g in aire de France). — Emb. : octobre à décem­
bre. — M. : ju in . — Sol : terres m oyennes fa u ­
chées. — P aille : creuse. Encore à l’essai,
ré su lta ts peu sa tisfaisan ts. N° 15.
16
AOUEDJ. Dur. — (Sfax, région du Sud). —
Emb. : octobre à janvier. — M. : ju in . — Sol :
sables, terres légères. *— P aille : pleine. —
E chantillon en gerbe. N° 139.
17
MEKKI. — (Ouest de la Tunisie). — Emb. :
octobre à décem bre.— M. : ju in .— Sol : plaines,
sol frais et argileux. —• P aille : creuse. —
E chantillon en gerbe. N° 140.
18
MËDËAH. Dur. — (Nord de la Tunisie). —
Emb. : octobre à décembre. — M. : juin. —
Sol : coteaux te rre s rouges. — P aille : pleine.
N° 141.
19
SOURI. Dur. — (M ateur, toute la région
n o rd de la Tunisie). — Emb. : octobre à décem­
bre. — M. : juin. — Sol : coteaux, terres rouges.
— P aille: pleine.— E chantillon en gerbe. N° 142.
20
AGILI. Dur. — (Sfa.x, région du Sud). —
Emb. : octobre à jan v ier. — M. : juin. — Sol :
te rre s sablonneuses légères. — P aille : pleine.
— E chantillon en gerbe. N° 143.

ASSOCIATION AGRICOLE
DE LA TUNISIE
E. WARTELLE
21

MAHMOUDI. D ur. — (Canton de Tébourba,
contrôle de Tunis). — Emb. : novem bre 1909. —
M. : ju in 1910. — Sol : argilo-calcaire. — Rh. :
20 à 24 qx. — P h. : 84 kil. — P aille : longue. —
Ep. : barbu. Cette variété a été sélectionnée p a r
l’exposant su r son dom aine d’A ïn-R heal et a
été livrée p our semence à u n c ertain nom bre de
colons de la Régence depuis deux ans. N° 16.
ROSTAN DE ROUX

22
BLÉ NOIR DE M ED EAH . D ur. — (F ondo u k
D éjidid, co n trô le de G rom b alia). — Em b. :
décem bre 1909.— M. : ju in 1910.— Sol : ca lc aire.
— Rh. : 10 qx. — P h . : 100 kil. — P a ille : lo n g u e
et trè s forte. — P d : 10 %. — E p. : allo n g é, trè s
b a rb u . N° 17.
P E R R IQ U E T et N ANCY, propriétaires, au Krib

23
BIDI (de Sétif). Dur. — (Le Krib, contrôle de
Téboursouk). — E m b..: novem bre 1909. — M. :
ju in 1910. — Sol : argilo-calcaire (tella). —
Rh. : 18 à 20 qx (battages non term inés). —

P aille : robuste et m oyenne. — Ep. : épi légè­
rem ent crochu. N° 48.
24
TUZELLE BARBUE DE SIDI BEL-ARBËS.
Ess. : tendre.— (Le Krib, contrôle Téboursouk).
— Emb. : novem bre 1909. — M. : ju in 1910. —
Sol : argilo-siliceux. — Rh. : 15 à 18 qx. N° 49.
25
REALFORTE (de Sicile). Dur. — (Le Krib,
contrôle de Téboursouk). — Emb. : octobre 1909.
— M. : ju in 1910. — Sol : argilo-calcaire. —
Rh. : 28 qx. N» 50.
26
BISKRI. Dur. — (Le Krib, contrôle de Té­
boursouk). — Emb. : novem bre 1909. -— M. :
ju in 1910. — Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 20 qx.
N° 51.
27
BIANCULLIDA (de Sicile). Dur. — (Le Krib,
contrôle de Téboursouk). — Emb. : novem bre
1909. — M. : ju in 1910. — Sol : argilo-calcaire.
— Rh. : quarante-cinq fois la semence, c’.ést-àdire 20 à 25 qx à l’hectare. N° 52.
R EN É HUSSON, propriétaire à Groumbalia

28
MAHMOUDI. Ess.: d u r.— (Contrôle de G roum ­
balia). — Emb. : novem bre 1909. •— M. : m ai
1910. — Sol : calcaire. — Rh. : 6 qx. — Ph. :
83 kil. 3. —- P aille : robuste et longue. N» 53.
B A iL L E A U , propriétaire à Smindja

29
MAHMOUDI. D ur. — (Contrôle de Tunis). —
Emb. : novem bre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol :
argilo-calcaire. Rh. : 12 qx 1/2. — P aille :
moyenne. B attu au pied de chevaux. N° 47.
LOYER, propriétaire-agriculteur
à Mateur (Tunisie)

30
REALFORTE (ou épi carré de Sicile). D ur.—
(Canton de M ateur, contrôle de Bizerte). —
Emb. : octobre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol :
alluvions, argilo-calcaires. — Rh. : 20 qx. —
P h. : 83 kil. — P aille : robuste, un peu courte.
— P d : un peu plus fort que le M ahmoudi. —
Ep. : carré. N° 68.
B IL L Y , à la Manouba (Tunisie)

31
DUR DE MEDEAH. — (Contrôle de Tunis).
— Emb. : novem bre 1909. — M. : ju in 1910. —
Sol : terre légère silico-argilo-calcaire. — Rh. :
1.800 kil.— P h. : 80 à 82 kil.— P aille : longue.—
Ep. : barbu, noir, violet. N° 69.
LOYER, propriétaire-agriculteur
à Mateur (Tunisie)

32
MAHMOUDI. Dur. — (M ateur, contrôle de
Bizerte). — Emb. : octobre 1909. —■ M. : ju in
1910. — Sol : alluvions argilo-calcaires. — Rh. :
18 qx à l’hectare. — P h. : 83 kil. — P aille :
robuste, longue. — P d : très peu de déchets. —
Ep. : allongé, bien fourni. N° 70.

�L’EXPANSION COLONIALE
LO U IS B O U TE T , propriétaire
Domaine d’Aïn Zebda-Béja (Tunisie)

C ulture de céréales sélectionnées 1909-1910
(C lassification de M. Bœuf),
(D ire c te u r de la S ta tio n E x p é rim e n ta le de T u n is.)

33
AZIZI. N° 158.
34
AZIZI. N° 159.
35
SOURI. N» 160.
36
SOURI. N» 161.
37
JEN A II KHETIFA. N» 162.
38
J EN AH KHETIFA. N» 163.
39
TAGANROCH. N» 164.
40
SOUEDJ. N° 165.
41
REALFORTE. N» 166.
42
TUZELLE BARBUE. N° 167.
43
TUZELLE BARBUE. N» 168.
44
RICHELLE. N» 169.
45
RICHELLE. N» 170.
46
RICH ELLE HATIVE. N° 171.
47
SONORA RICHELLE. N» 172.
48
BISK RI GLABRE. N» 173.
49
SBEI LISSE. N» 174.
50
SBEI VELU HAUT. N° 175.
51
ADJINI. N» 176.
52
MAHMOUDI. N° 177.
53
MAHMOUDI. N» 178.
54
DERBESSI. N° 179.
55
DERBESSI. N° 180.
56
HAMIRA. N° 181.
57
HAMIRA. N» 182.

239

58
MAHMOUDI GLABRE. N» 183.
59
ADJINI. N» 184.
60
CHEKKRI. N° 185.
61
MEDEAH POLONICIJM. N° 186.
3NDIGÈNES DE LA RÉGIO N DE K A IR O U A N

62
AGINI. D ur. — (Contrôle de K airouan). —
Emb. : 1909. — M. : 1910. — Blés dépiqués a u
pied des anim aux. N° 18.
63
AGINI. Dur. — (Contrôle de Sîax). -— Emb. :
1909. — M. : 1910. — Blés dépiqués au pied des
anim aux. N° 19.
64
AGINI. Dur. — (Contrôle de Sîax). — Emb. ;
1909. — M. : 1910. — Blés dépiqués au pied des
anim aux. N° 20.
ABD E R R A H M A N L A Z Z E U R , propriétaire
à Bizerte

65
AOUIDJA. Dur. — (T agerm an, contrôle de
Bizerte). — Emb. : novem bre 1909.—• M. : Juillet
1910. — Sol : argilo-silicetix. — Rh. : 12 qx. —
P aille : longue. N° 105.

ASSOCIATION
DE LA VALLÉE DE LA MEDJERDAH
PAUL DELIGNE, pro p riétaire à Medjez-el-Bab
66
SOURI. Dur. — (Medjez-el-Bab). — Emb. :
novem bre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol : argilocalcaire, bonne terre. — Rh. : (de 9 à 20 qx),
cette année 14 qx. — Ph. : to ujours supérieures
à 80 kil. à l’hectare. — P aille : rigide. — P d :
au battage de 6 à 8 po u r 100 sacs. — Ep. : long.
N° 99.
67
MAHMOUDI. Dur. — (Medjez-el-Bab). —
Emb. : novem bre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol :
argilo-calcaire. — Rh. : 12 qx. — P h. : 82 à 83
kil. — P aille : ferme. — Pd : 6 % a u battage
o rdinaire m écanique. — Ep. : beau et plein.
N» 100.
68
BLES MELANGES afin d’obtenir u n aussi
g ran d rendem ent m oyen que possible. (Mamoudhi 40, Souri 30, Agini 10, M édéah 10). Ess. dur,
quelques g rain s blé tendre arabe. — (Canton de
Medji-Cébale). — Emb. : novem bre 1909. —
M. : ju in 1910. — Sol : argilo-calcaire et légères
avec tuff. — Rh. : 16 qx. P h. : to u jo u rs supé­
rieure à 80 kil., régulier. — P aille : ferm e et
peu de verse, même ra re .— P d : 7 % au battage
ordinaire. (M atériel G àrret po u r tous m es blés).
N° 101.
69
ALLORAH. T endre.— Emb. : novem bre 1907.

�L’EXPANSION COLONIALE

240

M. : ju in 1910. Sol : aim e les terres légères,
pousse m al en te rre forte. — Rh. : très irré g u ­
lier de 4 à 17 qx. — P a ille : m oyenne. P d :
casse beaucoup aux b attages, très difficile à
m oissonner. N° 102.
70
KHETIFA. D ur, g ra in brun. — (Medjez-elBab). — Emb. : novem bre 1909. — M. : juin
1910.— Sol : argilo-calcaire.— Rh. : cette année
11 qx à l’hectare. — P h. : 83 kil. — P aille :
dure et trè s rigide.
P d : 4 %. — Ep. : très
n oir, barbes noires. N° 103.
71
TUZELLE A BARBES, dite d’O ran. Tendre.
— (Medjez-el-Bab). — Emb. : novem bre 1909. —
M. : ju in 1910. — Sol : calcaire, argile, bonne
te rre demi-légère. — Rh. : de 12 à 21 qx. —
Ph. : 80 à 82 kil. — P aille : verse quelquefois.—
P d : 6 à 8 % au b attag e o rdinaire. N° 104.
72
BLE TUZELLE A BARBES, qualité colon.
N° 129.
73
BLE MELANGE. N» 130.
74
ALLORAH. N° 131.
75
KH ETIFA , q u alité colon. N° 132.
76
SOURI, trié pour semences. N° 133.
77
SOURI, qualité colon. N° 134.
78
MAHMOUDI, qualité colon. N° 135.

ALGÉRIE
UNION DES SYNDICATS AGRICOLES
du département de Constantine

SYNDICAT AGRICOLE
DE CONSTANTINE
N IN G R E

79
A(iINI. Dur. — (Rouffach, canton de Milo,
dép. de C onstantine).— Em b.: décem bre 1909.—
M. : ju illet 1910. — Sol : argilo-calcaire. —
Rh. : 12 qx. — P h. : 85 kil. N° 21.
B A C H T A R Z I M O S T E F A BEN M O H A M E D

AGINI. Dur.
Smendou, dép.
cembre 1909. —
calcaire. — Rh.

80
— (Bizot, canton de Condéde Constantine). — Emb. : dé­
M. : ju illet 1910. — Sol : argilo: 12 qx. — Ph. : 25 kil. N° 22.

82
BELIOUNI. Dur. — (Bizot, canton de ContéSmendou, dép. de Constantine). — Emb. : dé­
cembre 1909. — M. : juillet 1910. — Sol : sable,
argile. — Rh. : 18 qx. — Pli. : 85 kil. N° 28.
B A C H T A R Z I M O H A M E D BEN HADJ A H M E D

83
BELIOUNI. Dur. — (Bizot, canton de ContéSmendou, dép. de C onstantine). — Emb. : no­
vem bre 1909. — M. : juillet 1910. — Sol : argile
et calcaire. — Rh. : 12 qx. — Ph. : 85 kil. N° 30.
MESSAOUD BEN BOUBAREK

84
AGINI. Dur. — (Bizot, canton de ContéSm endou, dép. de C onstantine). — Emb. : dé­
cembre 1909. — M. : juillet 1910. — Sol : argile
calcaire. — Rh. : 12 qx. N° 24.
GEORGES K IE N T Z L E R

85
AGINI. Dur. — (Rouached, canton de Milo,
dép. de C onstantine). — Emb. : décembre 1909.
— M. : juillet 1910. — Sol : sable calcaire. —
Rh. 12 qx. — P h. : 85 kil. N° 25.
FRANÇOIS RUCHE

86
MAHMOUDI. Dur. — (Aïn-Kerma, canton de
Milo, dép. de C onstantine). — Emb. : décembre
1909. — M. : juillet 1910. — Sol : argilo-calcaire.
Rh. : 12 qx. N° 26.
ABDALLAH

BEN BOUAOUM

87
MAHMOUDI. Dur. — (El G nerrah, canton
d’Ouled-Rham oun, dép. de C onstantine). —
Emb. : novem bre 1909. — M. : juillet 1910. —
Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 10 qx. N° 27.
G. 1SAAG

88
BELIOUNI. Dur. — (El M alah, canton de
Milo, dép. de C onstantine). — Emb. : novem bre
1909. — M. : juillet 1910. — Sol : argilo-calcaire.
— Rh. : 12 qx. N° 29.
AUBRUN

89
BLE DE SEVILLE. — (Condé Smendou, dép.
de Constantine). — Emb. : décembre 1909. —
M. : ju illet 1910. — Sol : argilo-calcaire. —
Rh. : 12 qx. — P h. : 80 kil. N» 128.
90
AGINI. Dur. — (Condé Sm endou, dép. de
C onstantine). — Emb. : décembre 1909. — M. :
juillet 1910. — Sol : argilo-calcaire. — Rh. :
10 qx. — P h. : 80 kil. N° 127.
91
MAHMOUDI. — (Condé Sm endou, dép. de
Constantine). — Emb. : décembre 1909. — M. :
juillet 1910. — Sol : argilo-calcaire. — Rh. :
10 qx. — P h. : 75 kil. N° 126.

CHAZOT Fils

FREY

81

92
BELIOUNI. D ur.— (Rouffak, canton de Mila,
dép. de Constantine). — Emb. : décembre 1909.
— M. : juillet 1910. — Sol : argilo-calcaire. —
Rh. : 12 qx. — P h. : 80 kil. N° 125.

AGINI. Dur. — (Bizot, canton de ContéSmendou, dép. de Constantine). — Emb. : dé­
cembre 1909. — M. : ju illet 1910. — Sol : sable
et calcaire. — Rh. : 15 qx. N° 23.

�241

L'EXPANSION COLONIALE
S A R R A IL L E R

93
(Khenchela, dép. de C onstantine). —• Emb. :
décem bre 1909. — M. : ju illet 1910. — Sol : sable
et argile. N° 118.
94
MAHMOUDI. — K henchla, dép. de Constantine). — Emb. : décembre 1909. — M. : ju illet
1910. — Sol : sable et argile. — Rh. : 10 qx. —
Ph. : 75 kil. N» 113.
95
AGINI. Dur. — (Khenchla, dép. de Constantine). — Emb. : décembre 1909. — M. : ju illet
1910. — Sol : sable et argile. — Rh. : 12 qx. —
Ph. : 80 kil. N° 115.
A U B RU N

96
AGINI. Dur. — (Condé Sm endou, dép. de
Constantine). — Emb. : novem bre 1909. — M. :
juillet 1910. — Sol : argilo-calcaire. — Rh. :
12 qx. — Ph. : 80 kil. N° 117.
97
MAHMOUDI. Dur. — (Condé-Smendou, dép.
de C onstantine). — Emb. : novem bre 1909. —
M. : ju illet 1910. — Sol : argilo-calcaire. —
Rh. : 10 qx. — Ph. : 75 kil. N° 111.
98
BLÉ DE SÉVILLE. D ur. — (Condé-Smendou,
dép. de C onstantine). — Emb. : novem bre 1909.
— M. : ju illet 1910. — Sol : arg ilo-calcaire./—
Rh. : 12 qx. — P h. : 85 kil. N» 112.
DELTOUR

99
BELIOUNI. Dur. — (Bizot, canton de CondéSmendou, dép. de Constantine). — Emb. : no­
vem bre 1909. — M. : ju illet 1910. — Sol : argilocalcaire. — Rh. : 12 qx. — P h. : 80 kil. N° 120.
100
AGINI. Dur. — (Bizot, canton de CondéSm endou, dép. de C onstantine). — Emb. no­
vembre 1909. — M. : ju ille t 1910. — Sol : argilocalcaire. — Rh. : 12 qx. — P h. : 80 kil. N° 119.
BANNI MOHAMED

BEN EMBARiC

101
HECHADI. Dur. — (Khenchela, dép. de Cons­
tantine). — Emb. : décem bre 1909. — M. : ju il­
let 1910. — Sol : sable et argile. — Rh, : 12 qx.
— Ph. : 80 kil. N» 114.
102
HECHADI. Dur. — (Khenchela, dép. de Cons­
tantine). — Emb. : décem bre 1909.— AL : ju illet
1910. — Sol : sable et argile. — 1,1)i. : 12 qx.
— Ph. : 80 kil. N» 116.
LASSALLE

103
BELIOUNI. Dur. — (H am m a, canton de Bi­
zot, dép. de C onstantine). — Emb. : novem bre
1909. — M. : ju illet 1910. — Sol : argileux. —
Rh. : 10 qx. — Ph. : 80 kil. N» 124.
BEN G H A R IF

104
AGINI. D ur.— (Kroubs, dép. de Constantine).
— Emb. décembre 1909. — M. : ju illet 1910. —

Sol : argilo-calcaire.— Rh. : 12 qx.— Ph. 80 kil.
N» 123.
P ER IG OU

105
BELIOUNI. Dur. — (H am m a, canton de Bi­
zot, dép. de Constantine). — Emb. décembre
1909. — M. : juillet 1910. — Sol : argilo-calcaire.
— Rh. : 12 qx. — Ph. : 80 kil. N° 122.
N IN G R E

106
BELIOUNI. Dur. — (Rouffach, canton de
Mila, dép. de C onstantine). — Emb. : décembre
1909. — M. : juillet 1910. — Sol : argilo-calcaire.
— Rh. : 12 qx. — Ph. 85 kil. N» 121.
FREY

107
BELIOUNI. Dur. — (Rouffach, canton de
Mila, dép. de Constantine). — Emb. : décembre
1909. — M. : juillet 1910. — Sol : argilo-calcaire.
— Rh. : 12 qx. — Ph. : 85 kil. N- 125.
B A G H T A R Z I M O STEFA BEN M O H A M E D

108
BELIOUNI et AGINI. Dur.
;(Bizot, canton
de Condé-Smendou, dép. de C onstantine). —
Emb. : décembre. — M. : juillet. — Sol : sable
et argile. — Rh. : 18 qx. — P h. : 85 kil. —
E chantillon en gerbe. N° 157.

SYNDICAT AGRICOLE
DE BORJ BOU ARRÉRIDJ
J A U B E R T IE E., propriétaire à El Achir

Commune m ixte des Bibans
109
Tendre. — (El Achir, canton de Bordj-bouA rréridj, dép. de C onstantine).— Emb. : novem ­
bre et décembre 1909. — M. : juillet 1910. N° 88.
110

Dur. — (El Achir, canton de-Bordj-bou-Arréridj, dép. de Constantine). — novem bre et
décembre 1909. — M. : juillet 1910. N° 89.
SUD A L E X IS , propriétaire à la Barbinais

Commune mixte des M aâdid
111
Dur. — (La B arbinais, canton de Bordj-bouA rréridj, dép. de C onstantine). — Emb. : no­
vem bre et décembre 1909. — M. : juillet 1910.
N° 90.
DAMAS C HA RLE S, propriétaire à La Medjana

Commune m ixte des B ibans (Algérie)
112
Dur. — (La M edjana, canton de Bordj-bouA rréridj, dép. de Constantine). — Emb. : no­
vembre et décembre 1909. — M. : ju illet 1910.
N° 91.
S P E L M A N N X A V IE R , propriétaire

113
Dur. — (Bou-Nechada, canton de Bordj-bouA rréridj, dép. de C onstantine).— Emb. : novem ­
bre et décembre 1909. — M. : ju illet 1910. N° 92.

�242

L’EXPANSION COLONIALE
PORCHER FRANÇOIS, propriétaire

114
Dur. — (Méhiris, canton de Bordj-bou-A rré­
rid j, dép. de Constantine). — M. : ju illet 1910.
N° '93.
115
Tendre. — (Méhiris, canton de Bordj-bouA rrérid j, dép. de C onstantine). — M. : juillet
1910. N° 94.
D UFO U R JEAN

116
Dur. — (Blondel, canton de Bordj-bou-Arrérid j, dép. de Constantine). — Emb. : novembre
et décembre 1909. — M. : ju illet 1910. N° 95.
ANDUZE Frères

117
Tendre. — (Bir K asdali, canton de Bordj-bouA rréridj, déP- de C onstantine).— Emb. : novem ­
bre et décem bre 1909. — M. : ju illet 1910. N° 96.
118
Dur. — (Bir K asdali, canton de Bordj-bouA rréridj, dép. de C onstantine).— Emb. : novem ­
bre et décem bre 1909. — INI. : ju illet 1910. N° 97.
LOUIS C U L L E T , propriétaire

119
Dur. — (Chénia, te rrito ire de Guem mour,
canton de B ordj-bou-A rréridj, dép. de C onstan­
tine). — Emb. : novem bre et décembre 1909. —
M. : ju illet 1910. N° 98.
J A U B E R T IE É L IE

120
Tendre. — (El Achir, canton de Bordj-bouA rréridj, dép. de C onstantine).— Emb.: novem ­
bre 1909. — M: : ju illet 1910. — Sol : argilocalcaire. N° 106.
121
Dur. — (El Achir, canton de Bordj-bôu-Arrérid j, dép. de C onstantine). — Emb. : novem bre
1909. — M. : ju illet 1910. — Sol : argilo-calcaire.
N° 107.
ASSIE JULES

122
Tendre. — (Cerez, canton de B ordj-bou-A rré­
ridj, dép. de C onstantine). — M. : ju illet 1910. —
Sol : argiïo m élangé de schiste. N° 108.
CQRBIE H E N R I

123
Tendre. — (La B arb in ais, canton de Bordjbou-A rréridj, dép. de C onstantine). — Emb. :
novem bre 1909. •— M. : ju ille t 1910. — Sol :
argilo-calcaire. N° 109.
D UFO U R JEAN

124
DUR D’ALGÉRIE. — (Blondel, canton de
Bordj-bou-A rréridj). — Emb. : novem bre. —
M. : juillet. — Sol : argilo-calcaire. — Rh. :
14 qx. — P h. : 84 à 85 kil. — P aille : robuste
et longue. — Ja u n e blanc. — E chantillon en
gerbes. N° 156.

COMICE AGRICOLE DE SÉTIF
Blés sélectionnés.
125
MAIIMOUDI.
125 a
MOHAMED EL BACIIIR.
125 b
ADJINL
125 c
ADHEBA.
125 d
TOUNSI.
125 e
HACHED.
Echantillons Commerciaux.
125/
SEMOULIER.
125 f/
MINOTIER.
125 h
MARCHAND.
C O M P A G N IE G E N EV O IS E
DES C OLONIES SUISSES DE S É T IF (Algérie)

125 j
MAHMOUDI. Dur. — (Sétif, dép. de C onstan­
tine). — Emb. : octobre et novem bre 1909, 1910.
— M. : ju illet 1910. — Sol : argilo-calcaire. —
Rh. : 12 à 14 qx. — Ph. : 83 kil. — P aille : longue
et robuste. N° 45.
126
MAHMOUDI. Dur. — (Sétif, dép. de C onstan­
tine). — Emb. : octobre et novem bre 1909, 1910.
— M. : ju illet 1910. — Sol : argilo-calcaire. —
Rh. : 12 à 14 qx. — Ph. : 83 kil. — P aille : longue
et robuste. N° 44.

ÉCOLE D’AGRICULTURE ALGÉRIENNE
DE MAISON-CARRÉE
127
MAHMOUDI. Dur. — (Ouled H am la, canton
d’Aïn M’ lila, dép. de C onstantine). — Emb. :
décembre 1909. — M. : juillet 1910. —• Sol :
argilo-sifeeux. — Rh. : 12 qx. — Ph. : 80 kil. —
P aille : robuste et longue. — Ep. : blanc, velu,
court, ap lati, larg e de 15 à 18 m illim ètres et
long de 5 à 6 centim ètres. N° 64.
128
BLÉ MAHON (sélectionné p a r l’Ecole n° 11).
— (M aison-Carrée, canton M aison-Carrée, dép.
d’Alger).— Em b.: décembre 1909.— M .: ju in 1910.
— Sol : silico-argileux-calcaire. — Rh. : 14 qx.
— Ph. :‘80 kil.— P aille : fine, assez robuste, lon­
g u eu r m oyenne 1 m ètre. — Ep. : barbu, blanc,
lisse, long de 8 à 10 centim ètres. N° 66.

�L’EXPANSION COLONIALE

COMICE AGRICOLE
de l’Arrondissement de Miliana
Siège à Affreville (départem ent d’Alger)
ANANOU ET MOATTI

129
BLÉ DUR A BARBES NOIRES (ou P É L IS ­
SIER). D ur. — (Affreville (plaine du Chétiff),
canton et arrondissem ent de M iliana, dép. d’Al­
ger). — Emb. : décembre 1909. — M. : ju illet
1910. — Sol : argilo-calcaire. —- Rh. : 10 qx. —
Ph. : 80 kil. 250. —• P aille : robuste. N° 39.
BOURGOIN RENÉ

130
BLÉ DUR A BARBES NOIRES (ou P É ­
LISSIER ). Dur. — (Dolîfusville (plaine du Ché­
tiff), canton et arro n d issem en t de M iliana, dép.
d’Alger). — Emb. : décembre 1909. — M. : ju illet
1910. — Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 10 qx. —
Ph. : 80 kil. 200. — P aille : robuste. N° 40.
MARTIN CASIMIR

131
BLÉ DUR A BARBES NOIRES (ou P É L IS ­
SIER). Dur. — (A ïn-Sultan (plaine de Ché­
tif), canton et arron d issem en t de M iliana, dép.
d’Alger). — Emb. : novem bre 1909. — M. : ju il­
let 1910. — Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 11 qx.
— Ph. : 80 kil. 300. — P aille : courte et robuste.
N» 41.
EUGÈNE FONTAA

132
BLÉ DUR A BARBES NOIRES (ou P É ­
LISSIER). D ur.— (Commune m ixte du Djendel,
canton et arro n d issem en t de M iliana, dép. d’Al­
ger). — Emb. : décem bre 1909. — M. : ju illet
1910. — Sol : argilo-silico-calcaire. —• Rh. : 9 qx.
— P h. : 79 kil. 800. — P aille : robuste. N° 42.
GEX P I E R R E

133
BLÉ DUR A BARBES NOIRES (ou P É ­
LISSIER). Dur. —• (C hangarnier, canton et
com m une m ixte des Braz, dép. d’Alger).— Emb.:
jan v ie r 1909. — M. : ju illet 1910. — Sol : argilocalcaire.— Rh. : 12 qx. — P h. : 80 kil. — P aille :
robuste et longue. N° 43.

COMICE AGRICOLE DE MARENGO

243

siliceux. — Rh. : 18 qx. — P aille : grosse. —
Ep. : long. N° 72.
YVORRA Frères, à M arengo
136
BLÉ DUR CHALVIN. Dur. — (M arengo, can ­
ton de M arengo, dép. d’Alger). — Emb. : décem­
bre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol : calcaire. -—
Rh. : 16 qx.— P aille : grosse.— Ep.: long. N°73.
137
BLÉ TENDRE MAHON. T endre.— (Marengo,
canton de M arengo, dép. d’Alger). — Emb. :
décembre 1909.— M. : ju in 1910.— Sol : calcaire.
— Rh. : 12 qx. — P aille : fine. — Ep:. : allongé.
N° 84.
PERRAUD, à Bourkika
138
BLÉ TENDRE MAHON. Tendre. — (Bour­
kika, canton de M arengo, dép. d’Alger).— Emb.:
décembre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol : argilocalcaire. — Rh. : 12 qx. — P aille : fine. — Ep. :
court. N° 85.
139
SEMENCE PÉ L ISSIE R . Dur. — (Bourkika,
canton de M arengo, dép. d’Alge'r). — Emb. :
décembre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol : argilocalcaire. — Rh. : 16 qx. — P aille : grosse. —
Ep. : long. N° 80.
PACCAUD Frères, à Bou-Yersen p ar M arengo
140
BLÉ TENDRE MAHON. Tendre. — (BouYersen, canton de M arengo, dép. d’Alger). —
Emb. : décembre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol :
argilo-siliceux. — Rh. : 20 qx. — P aille : fine. —
P d : 2 1/2 %. — Ep. : court. N° 81.
WEGLER FRANÇOIS, à Bou-Hardonn
par M arengo
141
BLÉ TENDRE MAHON. Tendre. — (BouH ardonn, canton de M arengo, dép. d’Alger). —
Emb. : décembre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol :
calcaire. — Rh. : 12 qx. — P aille : fine. — P d :
2 1/2 %. — Ep. : court. N° 82.
142
BLÉ DUR CHALVIN. Dur. — (Bou-H ardonn,
canton de M arengo, dép. d’Alger). — Emb. :
décembre 1909.— M. : ju in 1910.— Sol is calcaire.
— Rh. : 12 qx. — P aille : grosse. — Ep. : long.
N° 78.

M O A T T I E M IL E
Domaine du Tamelath par Marengo

QRIEN GEORGES, à M arengo

134
BEN ISMAEL (BLE DUR DE MEDEAH). Ess.
dur. — (P laine du Chétif (Affreville), canton de
M iliana, dép. d’Alger). — Emb. : décem bre 1909.
— M. : ju in 1910. — Sol : silico-argileux. —
Rh. : 10 qx. — P h. : 82 kil. — P aille : robuste.
— P d : 3 %. — EjL : allongé. N° 71.

143
BLÉ DUR CHALVIN. Dur. — (M arengo, ca n ­
ton de M arengo, dép. d’Alger). — Emb. : décem­
bre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol : calcaire. —
Rh. : 12 qx.— P aille : grosse.— Ep. : long. N° 74.

PÂCCAUD Frères, à Bou-Yersen par Marengo

135
BLÉ DUR CHALVIN. Dur. — (Bou-Yersen,
canton de M arengo, dép. d’Alger). — Emb. :
décembre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol : argilo-

MULLER JEAN-FRANÇOIS, à M arengo
144
BLÉ DUR CHALVIN. Dur. — (M arengo, can ­
ton de M arengo, dép. d’Alger). — Emb. : décem­
bre 1909.— M. : ju in 1910.— Sol : silico-argileux.
— Rh. : 18 qx. — P aille : grosse. — Ep. : long.
N° 75.

�L'EXPANSION COLONIALE

24L

M U L L E R l.-F.

GA M P U N A U D , à Fedjana par Marengo

,•

i
145
BLÉ DUR CHALVIN. Dur. — (F edjana, can­
ton de M arengo, dép. d’Alger).— Emb. : décem­
bre 1909.— M. : ju in 1910.—- Sol : argilo-calcaire.
— Rh. : 15 qx. — P aille : forte. — Ëp. : long.
N° 76.
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146
BLÉ DÙtl CHALVIN. Dur. — (Desaix, canton
de M arengo, dép. d’Alger). — Emb. : décembre
1909. — M. : ju in 1910.— Sol : argilo-calcaire.
— Rîï. : Ï6*qx. — P aille : grosse. — Ep. : long.
N° 77.
B A C H E L IE R NIC OLAS, à Tipaza

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1
4
7
BLÉ TENDRE INDIGENE DE TIPAZA. Ten­
dre. — (Tipaza, canton de M arengo, dép. d’Al­
ger). — Emb. : décembre 1909. — M. : ju in 1910.
— Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 12 qx. — P aille :
fine. — Ep. : fin et allongé. N° 79.
M E S T I V IE R LOUIS, à Marengo

,iev
148
BLÉ TENDRE MAHON. T endre.— (M arengo,
dép. d’Alger).
Emb. : décem bre 1909. — M. :
ju in 1910. — SfçL : calcaire. — Rh. : 18 qx. —
P aille : fine. — Ep. : allongé. N° 83.
DE L A D E R R IÈ R E , à Bou-Yersen par Marengo

149
BLE TENDRE MAHON. Tendre. — (Bou-Yer­
sen, canton de M arengo, dép. d’Alger).— Emb. :
décem bre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol : argilocalcaire. — Rh. : 12 qx. — P aille : fine. — Ep. :
court. N° 86. 'B
150
BLE DUR CHALVIN. Dur. — (Bou-Yersen,
canton de M arengo, dép. d’Alger). — Emb. :
décem bre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol : argilocalcaire. — Rh. : 14 qx. — P aille : grosse. —
Ep. : long. N° 87.
SAU VETON A M É D É E , à Marengo

151
BLE TENDRE MAHON. T endre.— (Marengo,
dép.!(d’Alger). — Emb. : décem bre 1909. •— M. :
ju in 1910.
Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 12 qx.
— Paille- : fine. — Ep. : long. N° 110.
152
INDIGENE. Dur. — M arengo. N° 145.
153
INDIGENE. D ur. — M arengo. N° 146.
D E X P A U X E R N E ST

154
INDIGENE. Dur. — M enrad. N° 147.
SAU VETON A M É DÉ E

155
INDIGENE. Tendre. — M arengo. N° 148.
156
INDIGENE. Tendre. — M arengo. N° 149.

MONMOT

.%
.
158
INDIGENE. Dur. — M arengo. N° 151.

.

R E N O U T Fils, à Desaix

M O A T T I E M IL E

157
INDIGENE. Dur. —- M arengo. N° 150.

F E R R E R B A P T IS T E

159
INDIGÈNE. Dur. — M arengo. N° 152.
M A R T IN

LÉON

160
INDIGENE. Dur. — M arengo. N° 153.
COX JOHN
161
INDIGÈNE. Dur. — M arengo. N° 154.
162
INDIGENE. Dur. — M arengo. N° 155.
STOTZ, p ro p riétaire à Tipaza
163
TUZELLE BARBUE. Tendre. — (Kouali (Ti­
paza), canton de M arengo, dép. d’Alger). —
Emb. : décembre 1909. — M. : ju in 1910. — Sol :
silico-argileux-calcaire. — Rh. : 14 qx. —- Ph. :
80 kil. — P aille : robuste de longueur m oyenne
(1 m. 10): — Ep. : b arbu, rouge, lisse, long de
10 à 12 centim ètres. N° 65.
KAKOU CHLOUMOU, p ro p riétaire-ag ricu lteu r
LagouHat (Algérie)
164
CITOYEN. Dur. — (L agouhat, dép. d’Alger).
— Emb. : le 22 octobre 1910. — M. : le 19 ju in
1910. — Sol : fertile. — Rh. : 8 pour 1, m anque
d’eau. — P aille : longue. N° 33.
165
HANFA (en arab e : bec de canard). — L a­
gouhat, dép. d’Alger). — Emb. : le 16 octobre
1910. — M. : le 24 ju in 1910.
Sol : fertile. —Rh. : le 10 pour 1. — P aille : faible. N° 32.
ROUX EUGÈNE
D irecteur du Syndicat Agricole
de Bourhellel-A ttafs, à Carnot
166
FARINA. Tendre. — (Carnot, canton d’Ouest
Folda, dép. d’Alger). — Emb. : décembre 1907.
— M. : ju in 1910. —- Sol : argilo-calcaire. —
Rh. : 10 qx m étriques. — Ph. : de 76 à 78 kil. —
P aille : longue et robuste. — Ep. : barb u et
allongé. N° 35.
FERRERO A., à Bou-Saâda (Algérie)
167
GUENH HAMRAI. Dur. — (Bou-Saâda, can­
ton d’Aumale, dép. d’Alger).— Emb.: septem bre
et octobre 1908. — M. : ju in 1909. — Sol : sablon­
neux. — Rh. : 12 qx. — Ph. : 100 kil. — P aille :
robuste, m oyenne. — Gl. : riche en gluten. —
P d : 3 kil. %. — Ep. : carré. N° 36.
|j
168
GUENNGOUM ELRAHMA EL KAHLAI. Dur.
— (Bir Aïssa (La B arbinais), canton de Sétif,
dép. de Constantine). — Emb. : décembre et
janvier. — M. : août. — Sol : argileux riche. —

�L’E&amp;PÀNSION COLONIALE
Rh. : 15 à 17 qx. — P h. : 100 à 105 kil. — Ep. :
carré. —• P aille : très longue, robuste, riche en
gluten. - - P d : 2 à 4
N° 136.
169 .
BEIDI. M itadin. — (Bou-Saâda-Aumale-Alger). — Emb. : septem bre et octobre, 1909. -—
M. : ju in et ju illet 1910. — Sol : sablonneux. —
Rh. : 12 qx. — Ph. : 105 kil. — Ep. : carré. —
P aille : longue.
P d : 4 %. N° 138.

SYNDICAT AGRICOLE D’ORAN

245

Télagli, dép. d’Oran). — Emb. : novem bre’ 1909.
— M. : juillet 1910. — Sol : calcaire pierreux,
léger. — Rh. : 18 qx. — P h. : 82 kil. — P aille :
robuste. — P d : 1/20 %■ — Ep. : allongé. N° 61.
GA IZ E R G U E S A L E X A N D R E

177
TUZELLE. Tendre. — (Palissy. canton de
Sidi-Bel-Abbès, dép. d’Oran). — Ëmb. : 15 octo­
bre 1909. — M. : prem ière quinzaine juillet 1910.
— Sol : calcaire. — Rh. : 13 qx. — Ph- : 80 kil.
— P aille : faible, longue. — P d : 2 %. — Ep. :
allongé. N° 63.
B A R R E T JEAN, propriétaire à Tabia

A. VAN EYLL ET J. JAILLET
170
BLÉ DUR DE MEDEAH. — (A rrondissem ent
de Bel-Abbès, dép. d’Oran). — Emb. : octobre.
— M. : juillet. — Sol : argilo-calcaire. — Rh. :
10 qx. — Ph. : 78 à 81 kil. — Ep. : carré, barbes
noires. N° 37.
171
TUZELLE ROUGE DE PROVENCE. — (Ar­
rondissem ent de Bel-Abbès, dép. d’Oran). —
Emb. : octobre. — M. : juillet. — Sol : argilocalcaire. — Rh. : 10 qx. — P h. : 78 à 81 kil. —
Ep. : a p la ti assez long. N° 38.

178
TUZELLE. Tendre. — (Tabia, canton de Boukanéfis, dép. d’Oran). — Emb. : novem bre 1909.
— M. : juillet 1910. — Sol : léger, calcaire. ■
—
Rh. : 13 qx. — P h. : 78 kil. — P a i l l é longue. —
P d : 2 %. —• Ep. : allongé. N° 58. un
V AU GO YE A U ADO LPH E;,

179
q-'t
TUZELLE. Tendre. — (Tabia, canton de Boukanéfis, dép. d’Oran). — Emb. : novem bre 1909.
— M. : juillet 1910. — Sol : léger, calcaire. —
Rh. : 13 qx. — Ph. : 78 kil. — P aille : longue. —
P d : 2 %. — Ep. : allongé. N° 59.
BRISSON A R T H U R

SYNDICAT PROFESSIONNEL
AGRICOLE
de Sidi-Bel-Abbès
P IT T A L U G A B A R T H É L E M Y

172
GUEME. Dur. — (Bou-Ali, canton de Télagli,
dép. d’Oran). — Emb. : novem bre 1909. — M. :
ju ille t 1910. — Sol : calcaire pierreux, léger. —
Rh. : 14 qx. — P h. : 82 kil. :— P aille : robuste.
— P d : 1/20 %. — Ep. : allongé. N° 54.
G U IN A R M A N D , propriétaire à Tabia

173
BLE DUR. Dur. — (Tabia, canton de Boukanifis, dép. d’Oran). — Emb. : novem bre 1909. —
M. : ju illet 1910. — Sol : léger, calcaire. — Rh. :
13 qx. — Ph. : 78 kil. — P aille : longue. — P d :
2 %. — Ep. : allongé. N° 55.
174
TUZ-ELLE. Tendre. — (Tabia, canton de Boukanifis, dép. d’Oran). — Emb. : novem bre 1909.
— M. : ju illet 1910. — Sol : léger, calcaire. —
Rh. : 13 qx.
Ph. : 78 kil. — P aitteuslongue.
— P d : 2 %. — Ep. : allongé. N- 57.
G É R A R D IN HONORÉ

175
BLÉ DUR. D ur. — (Tessalah, canton de SidiBel-Abbès). — Emb. : décem bre 1909. — M. :
prem ière quinzaine ju illet 1910. — Sol : argilocalcaire. — Rh. : 12 qx. — P h. : 80 kil. — P aille :
assez forte, 9 m ètres. — P d : 2 %. — Ep. : très
allongé, b arbu, noir. N° 56.
'{'/[?
P IT T A L U G A

BARTHÉLEMY

176
TUZELLE. Tendre. — (Bou-Ali, canton de

180
TENDRE BARBU. T endre, — (Sidi-BelAbbès, dép. d’Oran). — Emb. : novem bre 1909.
— M. : fin ju in 1910. — Sol : léger, calcaire. —
Rh. : 17 qx. — Ph. : 82 kil. 4 P aille : faible,
longue. — P d : 1 1/2 %. — Ep( : 7 à 8 centim è­
tres. N° 60.
.ri;
A G U IL A R JUAN TARRASCO

181
TUZELLE. Tendre. — (Tilmpuiri, canton de
Sidi-Bel-Abbès, dép. d’Oran). — Emb. : décem­
bre 1909. — M. : prem ière quinzaine ju illet 1910.
— Sol : calcaire pierreux. — Rh. : 15 qx. —
Ph. : 80 kil. — P aille : fine, longue. — P d : 2 %.
— Ep. : allongé. N° 62.
L. REY, propriétaire à Oran

182
COLON. Tendre. •— (Région de la M optagne
des Lions, com m une d’Arcole, canton d’O ran,
dép. d’Oran). — Emb. : novem bre 190.9. — M. :
ju in 1910. — Sol : sablonneux. — Rh. : 12 qx. —•
Ph. : 84 kil. — P aille : robuste. — Ep. : simple,
N° 67.
PASCALET, adjoint civil à Béni Ounif

183
BLÉ DE FIGUIG. N° 137.

SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS
D’ALGÉRIE
GIBOU É M IL E , propriétaire à Oum-Eb-Dhebad

Commune Mixte de S aïda
A rrondissem ent de M ascara (Algérie)
183 bis
BADRANI. Ess. dur. — (Algérie, canton de

�L’EXPANSION COLONIALE

246

S aïda, dép. d’Oran). — Emb. : novem bre 1909.
— M. : juillet-août. — Sol : silico-argileux. —
Rh. : cette année qui n ’a pas été trè s bonne il
n ’y a que le 10. — P h. :-81 kil. — Ep. : quatre
rangÿ, barbu. — P aille : fou rrag eu se longue et
robuste. — Rg. : 25 %. — P d : 2 %.
A L B E R T et GASTON Z E R M A T Î Frères
Agriculteurs-Eleveurs à Sétif

183 ter
BLÉ DUR.
184 bis
BLÉ TENDRE.

FRANCE

tauban. Ess. tendre. — (Canton Molières-Montpézat, dép. Tarn-et-G aronne). — Emb. : octobre
1908. •— M. : juillet 1910.— Sol : plutôt m arneux.
- Rh. 25 à 30 lil. — Ph. : 77, 79 à 81 kil. — Gl. :
en farine entière 70 à 73 %, du 24 au 30 %
gluten hum ide. P d : 1 kil. 5 à 2 kil. 5 %. —
Ep. : m oyennem ent long m ais robuste. N° 2.008.
189
BLÉ DES ENVIRONS DE MONTAUBAN,
plaine, mêlé du blé du R oussillon et de B or­
deaux. Tendre. — (M ontauban, dép. du Tarnet-Garonne). — Emb. : octobre 1908. — M. : ju il­
let 1909. — Rh. : 20 à 25 hl. — Ph. : 77, 79 à
80 kil. — Gl. : en farin e entière 70 à 72 %,
du 23 au 30 % gluten hum ide. — P d : de 1 kil. 5
à 2 kil. 5 %. — Ep. : plutôt long et barbu.
N° 2.009.
M E Y S E L L E H.

ASSOCIATION NATIONALE
DE LA MEUNERIE FRANÇAISE
6, place du Louvre, P a ris
A. GIRAULT-TOUCHELET, m inotier
à la T hibaudière
184
BLÉ ROULE DE BORDEAUX. Tendre. —
(Cigogné, canton de Bléré (arrondissem ent de
Tours), dép. d’Indre-et-Loire).— Emb. : fin octo­
bre 1908. — M. : fin ju illet 1910. — Sol : terre
légère.— Rh. : 24 hl.— Ph. : 78 kil. 200.— P aille :
robuste, pleine, de h a u te u r m oyenne. — Gl. : 26,
4 %. P d : de 2 à 3 %. — Ep. : allongé. N° 2.004.
185
ROUGE DE BORDEAUX. T endre.— (Cigogné,
canton de Bléré, dép. d’Indre-et-Loire).— Emb.:
fin octobre. — M. : fin ju illet 1909. — Sol :
argilo-calcaire. — Rh. : 27 hl.— P h. : 79 kil. 400.
— P aille : courte et robuste. — Gl. : 29, 6 %. —
P d : 2 %. N° 2.005.
186
JA PH ET BLANC. Tendre. — (Courçay-Cigogné, canton de Bléré (arrondissem ent de Tours),
dép. d’Indre-et-Loire).— Emb. : fin octobre 1908.
— M. : fin ju illet 1909. — Sol : argileux, terre
forte. — Rb. : 25 hl. 1/2. — Ph. : 78 kil. 875. —
P aille : longue et robuste. — Gl. : 28, 5 %. —
P d : 2 %. — Ep. : carré. N° 2.006.
L. BOYER Fils et BARDIN,
m inotiers à M ontauban
187
BLÉ DE CASTELNAU-MONTRATIER, récol­
té dans le H aut-Q uercy, lim ite du départem ent
du T arn-et-G aronne et du Lot. Ess. tendre. —
(Canton de C astelnau-M ontratier, dép. du Lot).
— Emb. : octobre 1908. — M. : ju ille t 1909. —
Sol : p lutôt m arneux. — Rh. : 25 à 30 hl. •—
Ph. : 77, 79 à 81 kil. — Gl. : en farin e entière
70 à 72 %, du 24 au 30 % gluten hum ide. —
P d : de 1 kil. 5 à 2 kil. 5 %. N° 2.007.
188
BLÉ DE MOLIÈRES MONTPEZAT, récolté
dans le « Quercy » ; ce sont des coteaux très
bien exposés qui donnent des blés d’excellentes
qualités et que généralem ent nous employons
p our notre fabricatio n ; les dits coteaux sont
dans, u n ray o n de 25 à 35 kilom ètres de Mon-

190
BLE BLEU. Demi-dur. — (Saint-Paulet-deCaisser, canton de P ont-S aint-E sprit, dép. du
Gard). — Emb. : fin septem bre 1909. — M. : fin
juillet 1910. — Sol : très souple et léger des m on­
tagnes. — Rh. : 24 hl. — Ph. : 78 kil. — P aille :
forte et longue. — Gl. : nulle. — P d : 1 %. —
Ep. : long su r six rangées. N° 2.010.
191
BLÉ BLANC, TUZELLE. Tendre. — (SaintPaulet-de-C aisser, canton de S aint-E sprit, dép.
du Gard). — Emb. : octobre 1909. — M. : ju in
1910. — Sol : terre souple légère de m ontagne.
— Rh. : 15 hl. — Ph. : 78 kil. — P aille : longue
et cassable.— Gl. : nulle. P d : 1 %. — Ep. :
long et sans barbe. N° 2.011.
192
BLÉ FIN , SEYMELTE. Demi-dur. — (SaintPaulet-de-Caisser, canton de Saint-E sprit, dép.
du Gard). — Emb. : octobre 1909. — M. : fin
ju in 1910. — Sol : léger et souple. — Rh. : 17 hl.
— Ph. : 80 kil. — P aille : longue et souple. —
Gl. : 25 %. — P d : 1 %. — Ep. : long. N° 2.012.
GH. G A U L T IE R
à Portrieux Saint-Guay (Côtes-du-Nord)

193
BLÉ ROUGE d’hiver des Côtes-du-Nord. •—
(Côtes-du-Nord, canton d’E tables-Plouga, Lauvallon). — Emb. : novem bre et décem bre 1909.
— M. : août 1909. — Sol : très sec, fonds de très
peu d’ar-gile. — Rh. : de 2.000 à 2.400 kil. —
P h. : 77 à 78 kil.— P aille : longue.— Gl. : faible,
farine très blanche. — P d : 1 à 1 1/2 %, fonds
gran itiq u e en général. — Ep. : long. N° 2.013.
A. D ID IO N

194
BLÉ DF. LORRAINE. Tendre. — (Nancy, dép.
de Meurthe-et-Moselle). — Emb. : novem bre
1908. — M. : août 1909. — Sol : terres légères.
•— Rh. : 19 qx. — Ph. : 76 kil. — P aille courte.
- Pd : 2 %. — Ep. : Long. N» 2.014.
B O N YS E R G EN T
Minoterie de Foveno
à Missiriac près Maiestroit (M orbihan)

195
P E T IT BARBU MÉLANGÉ. Tendre. — (Missiria, canton de M aiestroit, dép. du M orbihan).
— Emb. : novem bre 1908. — M. : août 1909. —

�L’EXPANSION COLONIALE
Sol : te rre s légères, défrichem ent de landes
après deux années de culture. — Rh. : 23 à 25
hl. — Ph. : 77 à 78 k il..— P aille : rouge et
courte, robuste. — P d : 3 % en g rain es diverses
et g ra in s embogués. — Ep. : allongé et pointu.
N° 2.015.
A U D IB E R T M.

196
BLÉ BLANC ou BLE TUZELLE. Tendre. —
(Saint-R om ain en Viennois, canton de Vaison,
dép. du Vaucluse). — Emb. : décembre 1908. —
M. : ju illet 1909. — Sol : argileux. — Rh. : de
22 à 25 hl. - P h. : de 79 à 80 kil. — P aille :
robuste et longue. — Gl. : de 25 à 26 %. — P d :
1/2 %. — Ep. : long. N° 2.016.
THOULQUZE

E.

197
TUZELLE BLANCHE. — (Saint-A ndré de
Cruzière, canton des Tans, dép. de l’Ardèche).
— Emb. : octobre 1908. — M. : com m encem ent
ju illet 1909. — Sol : te rra in calcaire. —• Rh. :
19 à 20 hl. — Ph. : 80 kil. — P aille : u n peu
mince. — P d : 3.500 p a r 100 kil. — Ep. : long,
g ra in serré. N° 2.017.
E. L E C H IF F L A R T

198
Cam brésis, Nord. N° 2.018.
199
Béthune, Nord. N° 2.019.
200
H a u t du N ord et Pas-de-C alais. N° 2.020.
LEPAGE F IL S

201
BLE BLANC JA PH ET. —• (Blois, canton de
Blois, dép. du Loir-et-Cher). — Emb. : octobre
1908. — M. : ju illet 1909. — Sol : sableux et
caillouteux. — Rh. : 20. — Ph. : 78. P aille :
grosse et courte. — P d : 1 %. — Ep. : long.
N° 2.021.
202
BLE ROUGE DE BORDEAUX. Tendre. —
.(Blois, canton de Blois, dép. du Loir-et-Cher).
— Emb. : novem bre 1908. — M. : ju ille t 1909. —
Sol : argileux. — Rh. : 25. — Ph. : 78. — P aille :
longue et robuste.— P d : 1 %. — Ep. : long.
N° 2.022.
P. LEPAGE Fils

203
BLE ROUGE ET BLEU DE BORDEAUX. —
(Beaugency, dép. du Loiret). — Emb. : novem ­
bre 1908. — M. : ju ille t 1909. — Sol : bon. —
Rh. : 35 hl. à l’hectare. — Ph. : 79 à 80 kil. —
P aille : courte et robuste.— Ep. : long. N° 2.023.
L. LOESGH

•204
BLE DE CHAMPAGNE, ray o n Reims. T en­
dre. — (Ligne de Reim s à Ch'âlons, dép. de la
M arne). — Emb. : octobre 1908. — M. : août
1909. — Sol : calcaire. — Rh. : 20 qx environ. —
Ph. : 76 kil. — P aille : blanche, fine et longue.
— Gl. : 20 %. — P d : 3 %. — Ep. : long. N» 2.024.
A. R A Y N A U D

205
TUZELLE BLANCHE DE PROVENCE. T en­

247

dre. — (Gréoux-les-Bains, canton de Valensole, dép. des Basses-Alpes). — Emb. : octobre
1909. — M. : prem ière sem aine de juillet 1910.
— Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 18 hl,. — Ph. :
80 kil. — P aille : blanche et souple. — Gl. : h u ­
mide 25 %. — P d : 1/2 %. — Ep. : allongé ordi­
naire. N° 2.025.
L. M A R T E L

206
BLÉ TUZELLE. Tendre. — (Alais, canton
d’Alais, dép. du Gard). — Emb. : octobre 1908.
— M. : juillet 1909. — Sol : argileux, un peu
sec, assez fertile. — Rh. : 26 hl. — P h . : 79 kil.
— P aille : d’une longueur m oyenne, un peu
faible. — Gl. : 34 %. — P d : 1/2 70. Cette variété
de blé est la plus cultivée ; elle résiste bien
dans les te rra in s pauvres ; le rendem ent à l’hec­
tare p o u rra it être plus élevé si la semence était
m ieux sélectionnée. La farin e obtenue avec ce
blé est très estimée. — Ep. : un peu allongé.
N» 2.026.
207
BLÉ DE BORDEAUX. Tendre. — (Alais, can­
ton d’Alais, dép. du Gard). — Emb. : 14 octobre
1909. — M. : 10 juillet 1910. — Sol : argileux,
un p e u sec, assez fertile. — Rh. : 20 hl. — P h. :
81 kil. — P aille : longue et robuste. — Gl. :
hum ide 28 %. — P d : 1/2 %. — Ep&gt; : long, rouge
brun. Ce blé ne versan t pas, on le cultive de
préférence dans de bonnes terres m ais crain t
un peu l’échaudage, son g ra in est de bonne
qualité et son rendem ent- - est assez élevé.
N» 2.027.
208
PËTANIELLE BLANCHE. M itadin. — (Alais,
canton d’Alais, dép. du Gard). — Emb. : 12
octobre 1908. — M. : 15 juillet 1909. — Sol : a rg i­
leux, un peu sec, assez fertile. — Rh. : 27 hl.
— Ph. : 77 kil. — P aille : demi-pleine, très ro ­
buste, ne verse pas. — Gl. : hum ide 16 %. —
P d : 1/2 30. — Ep. : carré. Ce blé est un blé
coulard, il est dem i-dur, on le cultive su rto u t
dans des te rra in s riches au bord des cours
d’eau, ne c ra in t pas les m aladies; son rende­
m ent a ttein t 40 su r 45 hectolitres à l’hectare.
N° 2.028.
209
BLE DE PARADIS BARBU. Tendre;— (Alais,
canton d’Alais, dép. du Gard). — Emb. 13 octo­
bre 1909. — M. : 6 juillet 1910. — Sol : argileux,
un peu sec, assez fertile. — Rh. : 26 hl. —
Ph. : 80 kil. — P aille : courte et un peu faible.
—• Gl. : hum ide 40 %. — P d ; 1 1/2 %. — Ep. :
long et barbu. Cette nouvelle variété a été obte­
nue en 1904 d’un croisem ent de la Tuzelle d’Al­
gérie et du blé de P ith iv iers ; l’épi est long et
barbu, le g ra in est m oyen ; il est très riche en
gluten. Dans quelques années nous serons défi­
nitivem ent fixés su r la valeu r réelle de cette
variété. N° 2.029.
210
BLE ROUGE PRO LIFIQ U E BARBU. Tendre.
— (Alais, canton d’Alais, dép. du Gard). —
Emb. ; 15 octobre 1909. — M. : 9 ju illet 1910. —
Sol ; argileux, un peu dur, assez fertile. -—
Rh. : 42 hl. — Ph. : 79 kil. — P aille : longue et
robuste. — Gl.: hum ide 29 %. — P d : 2 %. —
Ep. : long, rouge, b run, barbu. Ce blé a une
végétation vigoureuse, son rendem ent est très

�L’EXPANSION COLONIALE

248

élevé, son g ra in farin eu x est de qualité ordi­
n a ire ;,ce blé m érite d’être cultivé. N° 2.030.

talu s de Gironde argileux. — Rh. : 30 hl. — P h. :
79 kil. N° 2.037.

211

DU BON FERM IER. Tendre. — (Alais, can­
ton d’Alais, dép. du Gard). — Emb. : 14 octobre
1909. — M. : 6 ju illet 1910. — Rh. : 34 hl. —
P h. : 80 kil. 500. — P aille robuste, u n peu cour­
te. — Gl. : hum ide 32 %. — P d : 1/2 %. — Ep. :
allongé, blanc, laiteux. On peut obtenir un re n ­
dem ent considérable dans u n te rra in riche et
bien cultivé à sem er, u n peu dur, ne talle pas
beaucoup.-N ° 2.031.

BEOU
négociant en grains, à Savigny-en-Sancerre
212

ROUGE DE.BORDEAUX.— (Beery, canton de
Leré, dép. du Cher). — Emb. : octobre 1908. —
M. : août 19Ô9. — Sol : bouloise et caillouteuse.
— Rh. : 36 hl,. à l’hectare. — P h. : 82 kil. au
m om ent du battage. — P aille : blanche. —
Ep. : rond. .V 2.032.

SYNDICAT AGRICOLE
DE FRESNAY-SUR-SARTHE
POUPLIN E.
218
BLÉ SAINT L-AUD, g ra in rougeâtre, épi
long bien plein, paille blanche de h a u te u r
moyenne, assez hâtif, de faible tallage. — (Com­
m une de Saint-A ubin de Locquenay, canton de
F resnay-sur-S arthe, dép. de la S arthe).— Emb.:
15 au 20 octobre 1909. — M. : 10 au 20 août 1910.
— Sol : terre légère, sous-sol calcaire. — Rh. :
g ra in 1.800 kil. (paille 5.500 kil.). — Ph. : 80 kil.
— P aille : blanche, de h a u te u r m oyenne, assez
forte. — Gl. : 21 à 23 %. — P d : (par 100 kil. de
blé) farin e 74 kil., son 24 kil., déchets 2 kil. —
Ep. : p y ram idal. N° 2.038.

GARNEAU L.

SYNDICAT AGRICOLE D’ANJOU
DELEPINE
213
JA PH ET. M itadin. — (La Bohalle, canton de
Les P o n ts de Cë, dép. de M aine-et-Loire). —
Emb. : fin novem bre 1909. — M. : m i-août 1910.
— Sol : sablonneux. — Rh. : 20 à 25 hl. — P h. :
80 kil. — P a ille : 'm oyenne. — P d : 10 doubles
décalitres p o u r 100 doubles décalitres au triage.
— Ep. : presquevd&amp;rré. N° 2.033.
214
BON FER M IER . Dur. — La Bohalle, canton
de Les P o n ts de Cé, dép. de Maine-et-Loire). —
Emb. : fin novem bre 1909. — M. : m i-août 1910.
— Sol : sablonneux. — Rh. : 20 à 25 hl. — Ph. :
80 kil.— P aille : robuste. — P d : 10 doubles
décalitres p our 100 doubles décalitres au triage.
— Ep. : allongé. N° 2.034.

219
JAPHET. M itadin. — (M ontrieux, canton de
M euny-sur-Beuren, dép. du Loir-et-Cher). —
Emb.: prem ière quinzaine octobre 1909. — M. :
fin ju illet et août 1910. — Sol : silicieux. — Rh. :
22 hl. — Ph. : 79 kil. — P aille : robuste, assez
longue. — P d : 4.75 %. — Ep. : blanc, assez
allongé. N° 2.040.
220
MÉLANGE JA PH ET et de GROS BLEU.
Ess. M oladin. — (M ontreux, canton de Mémysur-B erron, dép. du Loir-et-Cher). — Emb. :
prem ière quinzaine d’octobre 1909. — M. : fin
juillet 1910. — Sol : silicieux. — Rh. : 24 hl. —
Ph. : 81 kil.— P aille : moyenne. — P d : 5 1/2 %.
N° 2.041.

SYNDICAT CENTRAL
DES AGRICULTEURS DE FRANCE

MICHAUD F.
J. PIQUET
215
221
BON FERM IER. M itadin. — (Avrillé, canton
BLÉ ROUGE DE BORDEAUX. — France,
d’Angers, dép. de M aine-et-Loire). — Emb. :
canton de Saint-A ignan, dép. du Loir-et-Cher).
dernière quinzaine novem bre 1909. — M. : août
1910. — Sol : te rre demi-forte. — Rh. : 160 dou­ — Emb. : octobre 1909. — M. : ao û t 1910. —
Sol : argilo-silicieux. - - Rh. : 22 hl. — P h. : 76
bles décalitres. — P h. : 80 kil. — P aille : longue
kil. — P aille : forte, pleine à sa hase. — Ep. :
à grosse tige. — P d : 1 double décalitre p o u r 100
assez long et très rouge. N° 2.042.
doubles décalitres. — Blé non passé au trieu r.
— Ep. : gros, blanc et carré. N° 2.035.
216
COMITÉ AGRICOLE DE BAZAS
ROUGE INVERSABLE DE BORDEAUX. Mi­
tadin. — (Avrillé, canton d’A ngers, dép. de
TURPAUD DE GARTETS
M aine-et-Loire). — Emb. : dernière quinzaine
de novem bre 1909. — M. : août 1910. — Sol :
222
te rre demi-forte. — Rh. : 150 doubles décalitres.
BLÉ DE LA REOLE A E P I BLANC. Ess.
— P h. : 80 kil. — P a ille : m oyenne, robuste. — tendre. — (Bassaim e, canton d’Auros, dép.
P d : 1 double décalitre p a r 100 doubles décali­
de la Gironde). — Emb. octobre 1909. — M. :
tres. —; Blé non passé au trie u r. N° 2.036.
ju illet 1910. — Sol : argileux. — Rh. : 25 hl.
— Ph. : 79 kil. N» 2.043.
TURPAUD

217
BLÉ ROUGE DE BORDEAUX INVERSA­
BLE. Tendre. — (Médou, dép. de la Gironde).—
Emb. : octobre 1909 — M. : ju illet 1910. — Sol :

&gt; ttr.

GASSEND G.
223
PONTUS. — (G aubert, canton de Digne,
dép. des Basses-Alpes). — Emb. : octobre 1909.

�L’EXPANSION COLONIALE
— M. : ju illet 1910. — Sol : calcaire. — Rh. :
20 hl. — Ph. : 81 kil. environ. N° 2.059.
D090N

224
DU PAYS. Ess. tendre. — E nviron de Dax,
canton de Dax, dép. des Landes). — Emb. :
8 novem bre 1909. — M. : 12 ju illet 1910. — Sol :
mixte. — Rh. : 12 hl. — P h. : 80 kil. — P aille :
longue. — P d : 2 %. — Ep. : court. N° 2.060.

SYNDICAT AGRICOLE DE VARS
(Charente)
L. VALLETEAU

225
BLE HYBRIDE DE BON FERM IER. —
(Couziers, canton de Var’s, dép. de la C harente).
— Emb. : octobre 1909. — M. : ju illet 1910. —
Sol : coteau calcaire pierreu x .— P aille : creuse,
longue et forte. — Ep. : allongé, lâche. N° 2.061.
226
BLE HYBRIDE DE BON FERM IER. —
(Couziers, canton de V ars, dép. de la Charente).
Emb. : octobre 1909. — M. : ju illet 1910. — Sol :
groie légère, calcaire ju rassiq u e en coteau. —
Rh. 30 hl. — P h. : 80 kil. — P aille : courte,
creuse, robuste. — Ep.: dem i-com pact et allon­
gé. N° 2.062.
MQREAU-MASQUET

227
BLE ROUGE INVERSABLE DE BORDEAUX.
Tendre. — (Vars, dép. de la Charente). —■Emb.:
octobre 1909. — M. : ju illet 1910. — Sol : argilocalcaire. — Rh. : 25 hl. — P h. : 78 kil. en 1910.
— P aille : dem i-pleine, souple, robuste. — Ep. :
allongé et recourbé. N° 2.063.
E. CQUSSAUD

228
BLE TERVESON. — (Pétouret, canton de
Vars, dép. de la Charente). — Emb. : octobre
1909. — M. : août 1910. — Sol : silico-argileux
frais. — Rh. : 27 hl. — Ph. : 81 kil. — P aille :
creuse, robuste.— Ep. : carré, com pact en m as­
sue. N° 2.064.
ACHARD ET V ÎG IE R
229
TUZELLE DE PROVENCE. Tendre. — (Puyloubier, canton de Trets, dép. des Bouches-duRhône). — Emb. : octobre 1909. — M. : ju illet
1910. — Sol : argileux. — Rh. : 81. — P aille :
faible et longue. — Gl. : 30 %. — P d : 1/2 %. —
Ep. : allongé. N° 2.065.
A. G l ü B E R T

230
TUZELLE. T endre.— (M ontpellier, canton de
M ontpellier, dép. de l’H érault). — Emb. : octo­
bre 1909. — M. : ju ille t 1910. — Sol : alluvion,
sablonneux. — Rh. : 20 hl. — P h. : 78 à 79 kil.
— P aille : longue et robuste. •— Ep. : long. —
Gl. : environ 30 % de gluten hum ide. — P d :
3 % à la dépiquaison, 1% à la m oulure. N° 2.000.

249

231
TUZELLE. Tendre. — (Teyran, canton de
Castries, dép. de l’H érault). — Emb. : octobre
1908. — M. : juillet 1910. — Sol : calcaire. —
Rh. : 25 hl. —1 Ph. : 78 à 79 kil. — P aille :
courte et robuste. — Gl. : 30 à 32 % en gluten
hum ide. — Ep. : long. N° 2.001.
A. BRUN

232
JAPHET. — (Isère, canton de Grenoble). —
Emb. : novem bre 1908.
M. : juillet 1910. —
Rh. : 27 hl. — P h. : 78 kil. — P aille : assez
forte. — Gl. : 28 %. N° 2.002.
233
JAPHET. — (Isère, canton de Grenoble). ■
—
Emb. : octobre 1908. — M. : juillet 1909. —
Rh. : 28 qx m étriques. — Ph. : 79 kil. — P aille :
assez forte. — Gl. : 28 % du gluten humide.
N» 2.003.
G5RÂRD HENRY, à Gensac M ontpézat (Gers)
234
TRIJQUET, MOUETTE LAUSANNE. Dur. —
(Dép. du Gers). — Emb. : fin octobre 1909. —
M. : fin jüillet 1910. — Sol : argilo-calcaire. —
Rh. : 32 hl. — P h. : 80 kil. — P aille : forte et
lo n g u e .— E.: carré, gros, roux, barbu. N °2.066.
235
BLÉ NOIR, GÉANT DU MILANAIS. Dur. —
(Dép. du Gers). — Emb. : fin octobre 1909. —
M. : fin juillet 1910. — Sol : argilo-calcaire. —
Rh. : 32.— P h. : 80 kil.— P aille longue, robuste.
— Ep.: long,carré, velu, d’un gris clair. N°2.C67.
236
BON FERM IER. Dur. — Dép. du Gers). —
Emb. : fin octobre 1909. — M. : fin juillet 1910.
— Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 33 hl. — Ph. :
79 kil. 500. — P aille .: courte, raide, robuste,
résistan t à la verse. — Gl. : 6.65. 1— Ep. : gros,
assez longs, épilés, serrés. N° 2.068.
237
GIRONDE. Tendre. — (Dép. du Gers). —
Emb. : fin octobre 1909. — M. : fin juillet 1910.
— Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 35 hl. — P h. :
78 kil. — P aille : longue, assez robuste. — Gl. :
6.85.-— Ep .: très longs, épilés, espacés. N° 2.069.
238
R IE T I. Tendre. — (Dép. dû Gers). — Emb. :
fin octobre 1909. — M. : juillet 1910. — Sol :
argilo-calcaire. — Rh. : 30 hl. — P h. : 80 kil.—
P aille : faible.— Gl. : 5.90.— Ep. : long. N °2.070.
239
BEYLAS. Tendre. — (Dép. du Gers). — Emb.:
fin octobre 1909. — M. : fin juillet 1910. — Sol :
argilo-calcaire., — Rh. : 32 hl. :— P h. : 70 kil.
— P aille : faible, longue. — Gl. : 6.89. — Ep. :
très longs, épilés, très écartés, barbus. N° 2.071.
240
ROUMËLIE. Dur. — (Dép. du Gers). -— Emb.:
fin octobre 1909. — M. : fin juillet 1910. — Soi :
argilo-calcaire. — Rh. : 26 hl. — P h. : 70 kil. —
P aille : assez haute, faible. — Ep. : allongés,
épilés, assez échelonnés, barbus. N° 2.072.
241
ROUGE DE BORDEAUX. Tendre. — (Dép. du
Gers). — Emb. : fin octobre 1909. — M. : fin

�250

L’EXPANSION COLONIALE

ju illet 1910. — Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 35
hl. — P h. : 81 kil. — P aille : longue, forte,
assez résistan te à la verse. — Gl. : 7.15. — Ep.:
long, épilé, plus serré que le P ith iv iers. N° 2.073.
242
PIT H IV IE R S. Tendre. — (Dép. du Gers). —
Emb. : fin octobre 1909. — M. : fin ju illet 1910.
— Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 28 hl. — Ph. :
80 kil. — P aille : longue, forte, ré sista n t à la
verse.— Ep.: longs, épilés, assez écartés. N° 2.074.
243
H A TIF INVERSABLE. Tendre. — (Dép. du
Gers). — Emb. : fin octobre 1909. — M. : fin
ju illet 1910. — Sol : argilo-calcaire. — Rh. :
40 hl. — Ph. : 75 kil. 500. — P aille : courte,
forte, ré sista n t à la verse. — Ep. : carrés, gros,
épilés, serrés. N° 2.075.
244
GROS BLEU. T endre.— (France, canton SudOuest, dép. du Gers). — Emb. : fin octobre 1909.
•— M. : fin ju illet 1910. — Sol : argilo-calcaire.
- Rh. : 28 hl. — Ph. : 80 kil. — P aille : b lan ­
che, creuse, forte, ré sista n t à la verse. — Gl. :
non recherchée. — Ep. : épais, carrés, épilés,
serrés. Moisson retard ée d’un mois p a r les
pluies p rin ta n iè re s et des p rem iers jo u rs d’été.
La m oisson se fa isa n t fin ju in et commence­
m ent juillet. N° 2.076.
245
PUYLAURENS. Tendre. — (Dép. du Gers).—
Emb. : fin octobre 1909. — M. : ju illet 1910. —
Sol : argilo-calcaire. — Rh. : 35 hl. — Ph. : 78
kil. — P aille : longue et serrée. — Gl. : 7.20. —
Ep. : m inces, allongés, serrés. Moisson retardée
d’u n mois p a r les pluies p rin ta n iè re s et des
p rem iers jo u rs d’été. L a m oisson se fa isa n t fin
ju in et com m encem ent juillet. N° 2.077.

SYNDICAT CENTRAL
des A griculteurs de la Haute-Garonne
et départem ents voisins
246
BLANCHE DE NËRAC. N» 2.046.
247
JA PH ET. N° 2.044.
248
ROUGE DE BORDEAUX. N° 2.045.
249
ROUMANIE. N° 2.056.
250
GIRONDE. N° 2.055.
251
GROS BLEU. N° 2.054.
252
HATIF INVERSABLE. N° 2.053.
253
BORDIER. N° 2.052.
254
PITH IV IER S. N° 2.051.

255
PUYLAURENS. N» 2.050.
256
ROUMËLIE. N» 2.049.
257
BON FERM IER. N» 2.048.
258
RIETI. N» 2.047.
259
NOE. K° 2.057.
260
BESPLAS. N» 2.058.

SYNDICAT DU COMICE AGRICOLE
DE SAINT-AMAND-MONT-ROND
A. VAN E Y L L

261
BLÉ ROUGE DE BORDEAUX. T endre.— (La
Lande, canton de C hâteaunneillan, dép. du
Cher). — Emb. : octobre. — M. : août. — Sol :
silicieux. — Rh. : 20 à 25. — Ph. : 77 à 80. —
Ep. : rouge brun, assez long. — P aille : raide,
ne cra ig n a n t pas la verse. N° 2.096.
262
HYBRIDE DE BON FERM IER. Tendre. —
(La Lande, canton de C hâteaunneillan, dép. du
Cher). — Emb. : octobre. — M. : août. — Sol :
siliceux. — Rh. : 20 à 25. — P h. : 77 à 80. —
Ep. : carré, assez allongé. — P aille : raide,
m oyenne, ne cra ig n a n t pas la verse. — Gl. :
très riche. N° 2.097.
263
CHATEAU DAUZAC ROUGE DE BOR­
DEAUX. — N° 2.098.
VILMORIN ANDRIEUX et Cte
M archands g rain iers
4, quai de la M égisserie, P aris.
264
BLÉ HYBRIDE BORDIER ; BLÉ PRINCE
ALBERT PAR NOE. Tendre. — (Verrières-leBuisson, canton de P alaiseau , dép. de Seineet-Oise). — Emb. : octobre 1909. — M. : août
1910. — Sol : argilo-siliceux. — Rh. : 3.500. —
Ph. : 81. — P aille : creuse. — P d : 4 %. — Ep. :
blanc, lâche. N° 2.078.
265
BLÉ HYBRIDE BRIQUET JAUNE : BLE
BORRICLE PAR CHIEDAM, d’aut. à épi blanc.
Tendre. — (Verrières-le-Buisson, canton de
P alaiseau , dép. de Seine-et-Oise). — Emb. :
octobre 1909. — M. : août 1910. — Sol : argilosiliceux. — Rh. : 4.400. — P aille : creuse. —
Pd. : 4 %. — Ep. : blanc, com pact. N° 2.079.
266
BLÉ HYBRIDE DE BON FER M IER : BLE
GROS BLEU POUR SEIGLE. Tendre. — (Verrières-le-Ruissor,. canton de P alaiseau , dép.
de Seine-et-Oise). — Emb. : octobre 1909. —
M. : août 1910. — Sol : argilo-siliceux. — Rh. :
8.500. — Ph. : 81 kil. 400. — Ep. : blanc, demicom pact.— P aille : creuse.— Pd. : 3 %. N° 2.080.

�L’EXPANSION COLONIALE
267
BLE HYBRIDE DU TRESOR : RLE A E P I
CARRE PAR GROS BLEU. Tendre. — (Verrières-le-Buisson, canton de P alaiseau , dép.
de Seine-et-Oise). — Emb. : octobre 1909. —
M. : août 1910. — Sol : argilo-siliceux. — Rh. :
4.100. — Ph. : 79.800. — P aille : creuse. — P d :
3 %. — Ep. : blanc, demi-compact. N° 2.081.
268
BLE HYBRIDE DE MASSY : BLE A E P I
CARRE PAR BORDEAUX. Tendre. — (Verrières-le-Buisson, canton de P ala ise a u , dép. de
Seine-et-Oise). — Emb. : octobre 1909. — M. :
août 1910. — Sol : argilo-siliceux. — Rh. : 4.400.
— Ph. : 80. — P aille : creuse. — Pd. : 3 %.
— Ep. : blanc, compact. N° 2.082.
269
BLE HYBRIDE LAMED : BLE PRINCE
ALBERT PAR NOE. Tendre. — (Verrières-leBuisson, canton de P alaiseau , dép. de Seineet-Oise). — Emb. : octobre 1909. — M. : août
1910. — Sol : argilo-siliceux. — Rh. : 3.000.
— Ph. : 78. — P aille creuse. — Pd : 5 %. •—
Ep. : lâche, rouge. N'° 2.083.
270
BLE HYBRIDE HATIF INVERSABLE :
BLE CHIDD, EPI BLANC PAR GROS BLEU.
Tendre. — (Verrières-le-Buisson, canton de
P alaiseau , dép. de Seine-et-Oise). — Emb.
octobre 1909. — M. : ju illet 1910. — Sol : argilosiliceux. — Rh. : 4.700. — P h. : 81.400.— P aille :
creuse. — Pci : 4 %. — Ep. : blanc, compact.
N° 2.084.
271
BLÉ HYBRIDE GROSSE TETE : BLE
BRORRICHE PAR CHID., d’aut, Tendre. —
(Verrières-le-Buisson, canton de P alaiseau ,
dép. de Seine-et-Oise). — Emb. : octobre 1909.
— M. : ju illet 1910. — Sol : argilo-siliceux. —
Rh. : 4.000. — P h. : 78. — P aille : creuse. —
Pd : 3 %. — Ep. : blanc, compact. N° 2.085.
272
BLE HYBRIDE DATTEL : BLE PRINCE
ALBERT PAR CHIDANN, d’aut. ; épi rouge.
Tendre. — (Verrières-le-Buisson, canton de
P ala ise a u , dép. de Seine-et-Oise). — Emb. :
octobre 1909. — M. : août 1910. — Sol : argilosiliceux. — Rh. : 3.500. — Ph. : 79. — P aille :
creuse. — P d : 3 %. — Ep. : rouge, demi-com­
pact. N° 2.086.
273
BLE HYBRIDE DE CHAMPLAN : BLE
CHILDD. D’AUT. E P I ROUGE PAR VICTORIA
BLANC. Tendre. — (Verrières-le-Buisson, can­
ton de P alaiseau , dép. de Seine-et-Oise). —
Emb. : octobre 1909. — M. : août 1910. —
Sol : argilo-siliceux. — Rh. : 3.500. — Ph. : 79.
— P aille : creuse. — P d : 4 %. — Ep. : blanc,
com pact. N° 2.087.
274
BLÉ RICHELLE BLANCHE DE NAPLES.
Tendre. — (V errières-le-Buisson, canton de
P ala ise a u , dép. de Seine-et-Oise). — Emb. :
octobre 1909. — M. : août 1910. — Sol : argilosiliceux. — Rh. : 3.000. — Ph. : 80. — P aille :
creuse. — P d : 4 %. — Ep. : blanc, demi-lâche.
N° 2.088.

251

275
BLÉ RICHELLE BLANCHE HATIVE. Ten­
dre. — (Verrières-le-Buisson, canton de P a ­
laiseau, dép. de Seine-et-Oise). — Emb. : octo­
bre 1909. — M. : août 1910. — Sol : argilo-silic c u x .— Rh. : 300. — Ph. : 80. — P aille : creuse.
— P d : 5 %. — Ep. : blanc, lâche. N° 2.089.
276
BLE TUZELLE ROUGE DE PROVENCE.
Tendre. — (Verrières-le-Buisson, canton de
P alaiseau , dép. de Seine-et-Oise). — Emb. :
octobre 1909. — M. : août 1910. — Sol : argilosiliceux. — Rh. : 3.000. — Ph. : 79. — P aille :
creusé. — P d .: 4 %. — Ep. : rouge, demi-com­
pact. N° 2.090.
277
BLÉ DE POLOGNE. Dur. — (Verrières-leBuisson, canton de P alaiseau , dép. de Seineet-Oise). — Emb. : octobre 1909. — M. : août
1910. — Sol : argilo-siliceux. — Rh. : 2.700. —
Ph. : 79. — P aille pleine. — P d : 5 %. ■
— Ep. :
blanc et lâche. N° 2.091.
278
BLÉ DE RIETI. Tendre. — (Verrières-le
Buisson, canton de Palaisea.u, dép. de Seine-etOise). — Emb. : octobre 1909. — M. : août 1910.
— Sol : argilo-siliceux. — Rh. : 3.700. — Ph. :
80. — P a ille : creuse. — P d : 5 %. — Ep. : lâche.
N» 2.092.
279
BLÉ BELT OULKA. Dur. — (Verrières-leBuisson, canton de P alaiseau , dép. de Seine-etOise). — Emb. : octobre 1909. — M. : août 1910.
— Sol : argilo-siliceux. — Rh. : 3.000. — P h. :
81. — P aille : pleine. — P d : 5 %. — Ep. : rosé
et compact. N° 2.093.
280
BLÉ D'ODESSA SANS BARBES. Tendre.
— (Verrières-le-Buisson, canton de P alaiseau ,
dép. de Seine-et-Oise). — Emb. : octobre 1909. —
M. : août 1910. — Sol : argilo-siliceux. — Rh. :
2.800. — Ph. : 79. — P aille : demi-pleine. —
P d : 5 %. — Ep. : compact. N° 2.094.
B A R L A T IE R

P AU L , propriétaire à Trets

281
TUZELLE DE PROVENCE ; FERM E DU
MOULIN. Tendre. — T rets, canton de Trets,
dép. des Bouches-du-Rhône). —1Emb. : mi-octo­
bre 1909. — M. : 10 juillet 1910. — Sol : argileux.
— Rh. : 35 hl. — Ph. : 80 kil. - - P aille : faible
et longue.— Ep. : allongé. N° 1.060.
282
TUZELLE DE PROVENCE ; FERM E DE
L’ANTIQUAILLE. Tendre. — (Trets, canton de
Trets, dép. des Bouches-du-Rhône). — Emb. :
mi-octobre 1909. — M. : 10 ju illet 1910. — Sol :
argileux. — Rh. : 35 hl. — Ph. : 80 kil. 800. —
P aille : faible et longue.— Ep.: allongé. N° 1.061.
283
TUZELLE DE PROVENCE ; FERM E DE
KIRBAN. Tendre. — (Trets, canton de T rets,
dép. des Bouches-du-Rhône). — Emb. : mi-octo­
bre 1909. — M. : 10 juillet 1910. — Sol : argileux.
— Rh. : 24 hl. — P h. : 82 kil. — P aille : faible et
courte. — Ep. : allongé. N° 1.062.

�L’EXPANSION COLONIALE

252

SYNDICAT DES MINOTIERS
DE VAUCLUSE
H. DUMAS

284
TUZELLE. Tendre. — (Lagnes, canton cle
l’Ile-sur-Sorgue, dép. de Vaucluse). — Emb. :
octobre 1909. — M. : ju illet 1910. — Sol : argilocalcaire. — Rh. : 30 hl. — Ph. : 79 kil. — P aille :
robuste et assez longue. — Gl. : 24 %. — Ep. :
allongé, sans barbe. N° 1.027.
285
S E IS E ÏT E . Tendre. — (Lagnes, canton de
l’IIe-sur-Sorgue, dép. de Vaucluse). — Emb. :
octobre 19,09. — M. : ju illet 1910. — Sol : argilocalcaire. — Rb. : 28 hi. — P h. : 80 kil. — P aille :
faible, assez longue. — Gl. : 28 %. — Ep. : très
long, avec barbe. N° 1.028.
286
AUBAINE. M itadin. — (Lagnes, canton de
n ie-su r-S o rg u e, dép. de V aucluse). — Emb. :
octobre 1909. — M. : ju illet 1910. — Sol : argilocalcaire. — Rb. : 32 hl. — Ph. : 79 kil. 500. —
P aille : robuste et longue. — Gl. : 23 %. — Ep. :
gros, carré, avec longue barbe. N° 1.029.
MS EU S T A N iL A S , Les Pennes-Mirabeau

287
MIRACLE. M itadin. — (Vitrolles, canton de
B erre, dép. des Bouches-du-Rhône). — Emb. :
octobre. — M. : juillet. — Sol : te rra in sableux.
— Rh. : 43. — Ph. : 80. — Ep. : double, barbu.
— P aille : épaisse, longue. — E chantillon en
gerbe. N° 1.063.

T Y P E S CQÈW3 V IE R C iA U X
CHAMBRE SYNDICALE
de

M inotiers et Fabricants de Semoules
de Marseille
RUSSIE

288
OULKA NICOLAIEFF. Tendre. — (Russie).
— Ph. : 78,5. — Gl. : 43 %. — N» 1.052. — (E.
A rnaud).
289
AZIMA BERDIANSKA. T endre.— (Russie).—
Rh. : 79,5. — N° 1.043. — (E. A rnaud).
290
AZIMA NICOLAIEFF. Tendre. — (Russie).
Ph. : 79,5. — N° 1.054. — (E. A rnaud).
291
AZIMA THÉODOS1E. Tendre. — (Russie). —
Ph. : 79,5. — N° 1.056. — (E. A rnaud).
292
BERDIANSKA. Tendre. — (Russie). — Ph. :
79. — Gl. : 46 % hum ide.— P d : 5 %.— N° 1.047.
— (E. A rnaud).

293
BERDIANSKA. Dur. — Ph. : 80,5. — N° 1.048.
— (E. A rnaud).
294
BERDIANSKA. — Ph. : 79. - - N° 1.023. —
(M. Storione).
295
BERDIANSKA. Dur. - M. : 1909. — N» 1.030.
— (Triossi et Costa).
296
OULKA NICOLAIEFF.— Ph. : 77. — N» 1.026.
— (M. Storione).
297
MARIANOPOLI. — Ph. : 77,5. — Gl. : 42 %
hum ide. — P d : 3 %. — N° 1.014. — (E. Arnaud).
298
MARIANOPOLI. — Ph. : 80 kil. — 79,5. —
N° 1.021. — (M. Storione).299
OULKA BERDIANSKA. Tendre. — Rh. : 79,5.
— Gl. : 45 %. — N° 1.055. — (E. A rnaud).
300
OULKA NICOLAIEFF. — Ph. : 77,5. N» 1.025.
— (M. Storione).
301
OULKA NICOLAIEFF. Tendre. — (Sud R us­
sie). —P h. : 77. — Gl. : 43 % hum ide. — P d :
5 %. — N» 1.018. — (E. A rnaud).
302
OULKA NICOLAIEFF. Tendre. — Rh. : 76,5.
Ph. : 76,5. — Gl. : 43 %. — N° 1.047. — (E.
A rnaud).
303
NOVOROSSISK. D ur.— M. : 1909. — N» 1.033.
— (Triossi et Costa).
304
OULKA CERSON. Tendre. — M. : 1909. —
Ph. : 77. — N° 1.010.
305
SANDOMIRKA. Tendre. — Ph. : 78. — Gl. :
35 % hum ide. — P d : 2
N» 1.013. — (E.
A rnaud).
306
TAGANROCK. — Ph. : 79 kil. — 79,5. —
N° 1.022. — (M. Storione).
307
TAGANROCK. — Gl. : 46 % hum ide. — P d :
5 %. — N° 1.016. — (E. Arnaud).
308
TAGANROCK. Dur. — Ph. : 80. — N» 1.045.
— (E. Arnaud).
309
TAGANROCK. Dur. - M. : 1909. — Ph. : 130
les 160 litres. — N° 1.031). — (Triossi et Costa).
310
TAGANROCK. — P h. : 79,5. — Gl. : 44 %. —
N° 1.042. (E. Ai’naud).
A L G É R IE - T U N I S I E

311
DUR. — (Aïn-Témouchent). — M. : 1910. —
N° 1.037. — (Botazzo et P ignatel).

�L’EXPANSION COLONIALE
312
DUR ALGER. Dur. — (Algérie). — Ph. : 80.
— N° 1.050. (E. A rnaud).
313
DUR. — (Région de Ténés). — M. : 1910. —
N° 1.038. — (Botazzo et P ignatel).
311
DUR. — (Tiaret). — M. : 1910. — N° 1.040). —
(Botazzo et Pignatel).
315
DUR ARABE. — (M ostaganem ). — M. : 1910.
— N° 1.041. — (Botazzo et P ignatel).
316
DUR ORAN. Dur. — (Algérie). — Ph. : 80. —
N° 1.046. — (E. A rnaud).
317
DUR. — (Bel-Abbès). — M. : 1910. — N° 1.036.
— (Botazzo et Pignatel).
318
TUZELLE. Tendre. — (M ostaganem ). — M. :
1910. — N° 1.039. — (Botazzo et P ignatel).
319
TUZELLE SIDI-BEL-ABBËS. — (Sidi-belAbbès, province d’Oran). — Gl. : 32
— Pd :
3 %. — N» 1.015. — (E. A rnaud).
320
DUR TENES. Dur. — Ph. : 80. — N» 1.044.
— (E. A rnaud).
321
TYPE MARCHAND SU PÉRIEU R. Dur. —
(Tunisie). — M. : 1910. — N° 1.035. — (Botazzo
et Pignatel).
322
DUR DE BONE. Dur. — (Algérie). — Ph. : 80.
— N° 1.053. — (E. Arnaud).
323
TUZELLE D’ALGER. Tendre. — (Algérie). —
Ph. : 79. — Gl. : 43. — N° 1.051. — (E. A rnaud).
PAYS D IV E R S

324
DANUBE. Tendre. — (Roum anie). — Ph. :
78,5- — N° 1.049. (E. A rnaud).
325
BLÉ KAVARNA. Dur. — (Danube). — M. :
1909. — N° 1.034. (Triossi et Costa).
326
MACARONI N° 1, su iv an t certificat. Dur. —
(Amérique). — M. : 1909. — N° 1.032. — (Triossi
et Costa).
327
BLE DE PAYS. — (Centre de la France). —
Gl. : 26 % hum ide. — P d : 2 %. N° 1.019. — (E.
A rnaud).
328
TUZELLE DE PAYS. — (France, canton
d’Arles, dép. des Bouches-du-Rhône). — Gl. :
32 % hum ide. — P d : 2 %. N° 1.020. — (E.
A rnaud).

253

SYNDICAT
des Importateurs de Céréales
de Marseille
329
BLE DE LA PLATA. Tendre. — N» 1.000.
330
SANDOMIRKA. Tendre blanc. — (Nicolaïeff,
Russie). — Nü 1.001.
331
NORTHERN SPRING MANITOBA. T endre.—
N° 1.002.
332
BLE DANUBE. Tendre. — N» 1.003.
333
AZIMA EUPATORIA. Tendre. — N° 1.004.
334
OULKA TAGANROCK. Tendre. — N» 1.005.
335
AUSTRALIE. Tendre blanc. — N° 1.006.
336
AZIMA ODESSA. — N» 1.007.
337
BLE DUR DE TAGANROCK. — N° 1.008.
338
OULKA NICOLAÏEFF. Tendre. — (Russie).—
N» 1.009.
339
AZIMA NICOLAÏEFF. Tendre. — N° 1.011.
340
OULKA ODESSA. — N» 1.012.
G O U V E R N E M E N T DU CANADA

341
ALBERTA RED W ÏNTER. — Nv 1.057.
342
NORTHERN MANITOBA. — N° 1.058.
343
HARD MANITOBA. — N° 1.059.

fôelevé par Variétés des échantillons exposés
(Les numéros se réfèrent aux numéros d'ordre
du catalogue).
Adheba, 125 o.
Agili, 20.
Agini, 4, 51, 59, 62, 63, 64, 71, 79, 80, 81, 84, 85, 90,
95, 90, 100, 104, 125 c.
A lberta Red W inter, 341.
Allorah, 69, 74.
Aouedj, 16.
Aouidja, 65.
Aubaine, 286.
A ustralie, 335.
Azima B erdianska, 289.
» E u p atoria, 333.
» Nicolaïeff, 290, 339.

�254

L'EXPANSION COLONIALE
K avarna, 325.
Khétiffa, 6, 37, 38, 70, 75.

Azim a Odessa, 336.
» Tliéodosie, 291.
Azizi, 7, 33, 34.

Lorraine, 194.

Raidi, 169.
Béliouni, 82, 83, 88, 92, 99, 103, 105, 106, 107.
Belt Oulka, 279.
Ben Ism aël, 134.
B erdianska, 292, 293, 294, 295.
Besplas, 260.
Béthum e, 179.
Beylas, 239.
B iancuillida, 27.
Bidi, 3, 23.
B iskri, 26, 48.
B iskri glabre, 48.
Blancs, 191, 196.
B lanc Japhet, 201.
Blanche de N érac, 246.
Bleu, 190.
Bon ferm ier, 211, 214, 215, 236, 257.
Bordeaux, 207.
B ordier, 253.

M acaroni, 326.
M ahm oudi, 8, 21, 28, 29, 32, 52, 53, 67, 78, 86, 87,
91, 94, 125, 125 j, 126, 127.
M ahm oudi glabre, 58.
M ahon, 128, 138, 140, 141, 148, 149, 151.
M ahore, 13.
M arianopoli, 297, 298.
M édéah, 18, 22, 31, 170.
»
Policum , 61.
Mekki, 17.
M iracle, 287.
Mohamed El B achir, 125 a.
M olières M ontpezat, 188.

Cam brésis, 198.
C astelnau M ontratier, 187.
,
Chalvin, 135, 136, 137. 142, 143, 144, 145, 146, 150.
Cham pagne, 204.
A, 60.
Citoyen, 164, 165.
Colon, 182.
Corneback W heat, 12.
D anube, 324, 332.
Derbessi, 54, 55.
D ur à barbes noires ou P élissier, 129, 130, 131,
132, 133.
D ur de M édéah, 135.
E nvirons de M ontauban, 189.
F a rin a , 166.
F erm e de l ’A ntiquaille, 282.
» du M oulin, 281.
.. do K irbah, 283.
Figuig, 183.
Fins, Seymelte, 192.
From , P étan ille blanche, 208.
Gironde, 237, 250.
Gros bleu, 244, 251.
Guème, 172.
Guen H an ral, 167.
G uenngoum E lra h m a El K ablai.

*

Noé, 259.
N orthern S pring M anitoba, 331.
»
M anitoba, 342.
Noir G éant du M ilanais, 235.
» de M édéah, 17.
Novorossisk, 303.
Odessa sans barbes, 280.
Oulka B erdianska, 299.
» Cherson, 304.
». Nicolaïeff, 288, 296, 300, 301, 302, 338.
» Odessa, 340.
» T aganrock, 334.
Pays, 224, 327.
a rad is b a rb u , 209.
Pélissier, 129, 130, 131, 132, 133, 139.
P etanielle blanche, 208.
P etit barbu m élangé, 195.
P ithiviers, 242, 254.
Pi ata, 329.
Pologne, 277.
Pontus, 223.
P u y lau ren s, 245, 255.
Réalforte, 25, 30, 41.
Réole à éoi blanc, 222.
Richelle, 11, 44, 45, 46, 47, 275.
»
blanche de Naples, 274.
»
blanche hâtive, 275.
»
hâtive, 10, 46.
Riéti, 238, 258, 278.
Rouge et bleu de Bordeaux, 203.
» de Bordeaux, 184, 185, 202, 212, 221, 227.
241, 248, 261, 263.
Rouge inversable de B ordeaux, 216, 217, 227.
» divers des Côtes du Nord, 193.
» • Prolifique b arbu, 210.
R oum anie, 249.
Roum élie, 240, 256.

H ached, 125 e.
H am ira, 9, 56, 57.
H a u t du Nord, 200.
H ard M anitoba, 343.
H âtif inversable, 243, 252, 266, 270.
H echadi, 101, 102.
Hybride B riquet jau n e, 265.
»
du Bon F erm ier, 225, 226, 262, 266.
«
B ordier, 264.
»
C ham plan, 173.
»
D attel, 272.
»
Grosse tête, 271.
»
Lam ed, 269.
»
de Massy, 268.

Saint-L aud, 218.
Sandom irka, 305, 330.
Sbeï, 1.
» lisse, 49.
» velu h au t, 50.
Seisette, 285.
Séville, 89, 98.
Sonora Richelle, 47.
Souedj, 40.
Souri, 19, 35, 36, 66, 76, 77.

Japhet, 213, 219, 220, 232, 233, 247.
Japhet blanc, 186, 201.
J en ah K hetifa, 37, 38.

T aganrock, 39, 306, 307, 308, 309, 310, 337.
Tendre b arbu, 180.
Tervesson, 228.

�255

L’EXPANSION COLONIALE
Tounsi, 125 d.
T ruquet, 234.
Tuzalle, 174, 176, 177, 178, 179, 181, 191, 2Ü6, 230,
231, 284, 318, 323, 328.
Tuzelle, A llara, 14.
».
barbue, 42, 43, 71, 72, 163, 180.
»
Bel-Abbès, 24, 319.
»
blanche, 197.
»
blanche de Provence, 205.
»
de Provence, 15, 229, 281, 282, 283.
»&gt;
rouge de Provence, 171, 276.
Tunisie type m arch an d su périeur, 321.
BLES NON DÉNOMMES
Durs,
121,
162,
315,

93, 110, 111, 112, 113, 114, 116, 118, 119,
124, 152, 153, 154, 157, 158, 159, 160, 161,
173, 175, 198, 199, 200, 311, 312, 313, 314,
316, 317, 320, 322.

M élanges, 68, 73, 108, 220.
Tendres, 109, 115, 117, 120, 122, 123, 155, 156.

LISTE DES RÉCOMPENSES
HORS CONCOURS, MEMBRES DU JURY
MM. Agelasto Th., m em bre de la Cham bre de
Commerce de M arseille, président de la
C ham bre Syndicale des M inotiers et
F a b ric a n ts de Semoules de M arseille.
Gros E., m em bre de la Cham bre de Com­
m erce de M arseille, m inotier.
Slorione M., vice-président de la Cham ­
bre Syndicale des M inotiers et F a b ri­
can ts de Sem oule de M arseille.
Maurel J., vice-président de la Cham bre
Syndicale des M inotiers et F a b ric a n ts
de Sem oules de M arseille.
Cosia A., secrétaire de la Cham bre Syn­
dicale des M inotiers et F ab rican ts de
Sem oules de M arseille.
Feuilléres J., conseiller de la Cham bre
Syndicale des M inotiers et F a b ric a n ts
de Sem oules de M arseille.
Albouy A., tré so rie r du Syndicat des Im ­
p o rta te u rs de C éréales de M arseille.
Brun F., secrétaire du S yndicat des Im ­
p o rta te u rs de Céréales de M arseille.
A rnaud L., m em bre du Conseil d’Admin istra tio n de l’In stitu t Colonial M ar­
seillais, m inotier.
GRANDS PR IX
Ecole Coloniale d'Agriculture de Tunis.
Association Agricole de la Tunisie.
Chambre d'Agriculture de la Tunisie.
M. Boutet Louis, p ro p riétaire au dom aine d'Aïn
Z ebda-B éja (Tunisie).
Association de la Vallée de la Medjerdah.
MM. Wartelle E., p ro p rié ta ire à T ébourba
(Tunisie).
Deligne Paul, p ro p riétaire à Medjez-elBab (Tunisie).
Union du Syndicat Agricole de Constantine.
Syndicat Agricole de Constantine.
Syndicat Agricole de Bordj-bou-Arréridj.
Comice Agricole de Sétif.
Compagnie Génevoise des Colonies Suisses de
Sétif.

Ecole d ’Agriculture Algérienne de MaisonCarrée.
Comice Agricole de l'arrondissement de Miliana.
Comice Agricole de Marengo.
Syndicat Professionnel Agricole de Sidi-BelAbbès.
M. Roux, Dr, président du S yndicat Agricole
de Boukbéllil Attaf.
Association Nationale de la Meunerie Française.
Syndicat Agricole d'Anjou.
Syndicat Agricole de Fresnay-sur-Sarthe.
Comité Agricole de Bazas.
Syndicat Agricole de la Haute-Garonne.
MM. Vilmorin, A ndrieux et Cie, 4, quai de la
M égisserie, P aris.
Syndicat des Im portateurs de Céréales de Mar­
seille, 20, rue Nicolas, M arseille.
Syndicat des Minotiers et Fabricants de Sem ou­
les de Marseille, 17, rue Pavé-d’Amour, M ar­
seille.
Gouvernement du Canada.
Chambre de Commerce d'Alger.
Chambre de Commerce d'Orav.
Chambre de Commerce de Constantine.
M. Zolla Daniel, 36, rue R enan, Issy-les-M ou­
lineaux.
Le Marché Français, 6, place du Louvre, P aris.
Moniteur de la Boulangerie, organe du S yndi­
cat des P a tro n s B oulangers, 3 a , q u ai du
Canal, M arseille.
Direction du Commerce, de l'Agriculture et de
l'Industrie du Gouvernement tunisien.
MM. B œ u f F., chef de la Station E xpérim en­
tale de l’Ecole d’A griculture à Tunis.
Duccllier L., p ré p a ra te u r à l’Ecole d’A gri­
culture de la M aison-Carrée.
DIPLOMES D’HONNEUR
MM. R ostan de Roux, p ro p riétaire à Fondouk
Déjidid (Tunisie).
Perriquet et Nancy, pro p riétaires au Krib
(Tunisie).
Kakou Chloumou, p ro p riétaire-agricul­
te u r à L aghouat (Algérie).
Fcrréro A., prop riétaire à B ou-Saâda
(Algérie).
Bencharif, p ro p riétaire à K roubs (Algé­
rie).
Van Eyll et Jaillet J., p ro p riétaires à Fénouane (Algérie).
Martel L., m inotier à A iais (Gard).
Boyer L. fils et Bardin, m inotiers à Montauban.
Valleteau L., secrétaire du S yndicat A gri­
cole de Vars.
Girard Henri, p ro p riétaire à GensacMontpézat.
Barlatier Paul, p ro p riétaire à Trets.
D um as IL, m inotier à Lagncs.
Mien. Stanislas, propriétaire, Les PennesM irabeau.
Bottazzo et Pignatel, m inotiers à M ar­
seille.
MÉDAILLES D'OIt
MM. Husson René, p ro p riétaire à G roum balia
(Tunisie).
Bailleau, pro p riétaire à S m indja (Tu­
nisie).
Loyer, p ro p riétaire-ag ricu lteu r à M ateur
(Tunisie).
Billy, p ro p riétaire à la M anouba (Tunisie)»

�25(5

L’EXPANSION COLONIALE

MM. Indigènes de la région de K airoüan
(Tunisie).
Indigènes de la région de Sfax (Tunisie).
Abderrahm an Lazzeur, p ro p riétaire à
Bizerte (Tunisie).
Ningre, p ro p riétaire à Rouffacli (Algérie).
Bachlarzi Mostepha B en Mohamed, pro­
p riétaire à Bizot (Algérie).
Chazot fils, p ro p riétaire à Bizot (Algérie).
Bachlarzi M ohamed Ben Hadj Ahmed,
p ro p riétaire à Bizot (Algérie).
Mèssaoud Ben Boubarek, p ro p riétaire à
Bizot (Algérie).
Iiientzler Georges, p ro p riétaire à Rouached (Algérie).
Ruche François, p ro p riétaire à Aïn-Kerm a (Algérie).
Abdallah Ben Bouaoum, p ro p riétaire à
E l-G ucrrah (Algérie).
Isaac G., p ro p riétaire à El-M alah (Algé­
rie).
A ubrun, p ro p riétaire à Condé-Smendou
(Algérie).
Frey, p ro p riétaire à Rouffach (Algérie).
Sarrailler, p ro p riétaire à K henchela (Al­
gérie). ■
Deltour, p ro p riétaire à Bizot (Algérie).
B anni Mohamed, ben Embark, proprié­
ta ire à K henchela (Algérie).
Lassalle, p ro p riétaire à H am m a (Algérie).
Perigou, p ro p riétaire à H am m a (Algérie).
Jaubertie E., p ro p riétaire à El-H achir
(Algérie).
Su d Alexis, p ro p riétaire à la B arbinais
(Algérie).
Bornas Charles, p ro p riétaire à la M edjana
(Algérie).
Spe lm ann Xavier, p ro p riétaire à BouN échada (Algérie).
Porcher François, p ro p riétaire à M ehiris
(Algérie).
Dufour Jean, p ro p riétaire à Blondel (Al­
gérie).
Anduze frères, p ro p riétaires à B ir-K asdali
(Algérie).
Cullet Marie-Joachim-Louis, propriétaireag ricu lteu r à l’a rrê t de C hénia (Algérie).
Assié Jules, p ro p rié ta ire à Cerez (Algérie).
Corbié Henri, p ro p riétaire à la B arbinais
(Algérie).
A nanou et Moatti, p ro p rié ta ire s à Affreville (Algérie).
Bourgoin René, p ro p riétaire à Dollfusville
(Algérie).
Martin Casimir, p ro p riétaire à Aïn-Sulta n (Algérie).
Fontaa Eugène, p ro p rié ta ire au Djindel
(Algérie).
Gex Pierre, p ro p riétaire à C han g arnier
(Algérie).
Moatti Emile, p ro p riétaire au T am elath
(Algérie).
Paccaud frères, p ro p riétaires à Bou-Hersen (Algérie).
Yvorra frères, p ro p rié ta ire s à M arengo
(Algérie).
P e n a u d , p ro p riétaire à B ourkika (Algé­
rie).
Wegler François, p ro p riétaire à BouH ard o n n (Algérie).
Orien Georges, p ro p riétaire à M arengo
(Algérie).
Muller Jean-François, p ro p riétaire à
M arengo (Algérie).

MM.

Campunaud, prop riétaire à F e d ja n a (Al­
gérie).
Renout fils, p ro p riétaire à Desaix (Al­
gérie).
Bachelier Nicolas, p ro p riétaire a T ipaza
(Algérie).
Mestivier Louis, prop riétaire à M arengo
(Algérie).
De Laderrière, p ro p riétaire à Bou-Yersen
(Algérie).
Sauveton Amédée, p ro p riétaire à M arengo
(Algérie).
B éxpaux Ernest, p ro p riétaire à M enrad
(Algérie).
Monmoi, prop riétaire à M arengo (Algérie)
Ferrer Baptiste, pro p riétaire à M arengo
(Algérie).
Martin Léon, p ro p riétaire à M arengo
(Algérie).
Cox John, pro p riétaire à M arengo (Al­
gérie).
Stolz, prop riétaire à T ipaza (Algérie).
Pittaluga Barthélemy, p ro p riétaire à
Bou-Ali (Algérie).
Guin A rm and, pro p riétaire à T abia (Al­
gérie).
Gérardin Honoré, p ro p riétaire à T essalah
(Algérie).
Caizergues Alexandre, p ro p riétaire à Palissy (Algérie).
Barret Jean, p ro p riétaire à T abia (Al­
gérie).
Vaugoyc.au Adolphe, p ro p riétaire à T abia
(Algérie).
Brisson Arthur, pro p riétaire à Sidi-belAbbès (Algérie).
Aguilar Juan Tarrasco, p ro p riétaire à
Tilm ouin (Algérie).
Rey L., p ro p riétaire à O ran (Algérie).
Pascalet, adjoint-civil à Beni-Ounif (Al­
gérie).
Girault-Touchelet /l.* m inotier à la Tliibaudière.
Meyselle H., à Saint-Paulet-de-C aisser.
Gaultier Ch., P ortrieux.
Bidion A., à Nancy.
Bonsergent, m inotier à M issiriac.
Audibert M., à Saint-Rom ain-en-Viennois.
Thouzouze È., à Saint-André-de-Cruzière.
Lechifflar E., à Lille. .
Lepage fils, négociant en g ra in s à Blois.
Lepage P aul fils, à Baugeney.
Loesch L., négociant en g ra in s et farin es
à Reims.
R a y n a u d Alfred, p ro p riétaire du dom ai­
ne de Pontoise.
Bedu, négociant en g ra in s à Savigny-enSancerre.
Delépine, négociant en g ra in s à la Gare
à la Bohalle.
Michaud F innin, cu ltivateur à la Veronnière-d’Avrillé.
Turpaud, à Castets-en-Dorthe.
Poupelin Eugène à la C lairsonnerie.
Garneau Louis, à M ontrieux.
Piquet Jean, à Saint-A ignan.
Gassend Gustave, à G aubert,
Dodon, m inotier à Saint-PaUl-les-Dax.
Moreau-Masquet, à Vars.
Coussaud Edouard, à P etouret.
A char d et Viguier, m inotiers à Puyloubier.
Guibert André, à M ontpellier.
B run Alphonse, à Grenoble.

�L’EXPANSION COLONIALE
MM.

Van Eyll, p ro p riétaire à la Lande (Cher).
Zerm ati Albert et Gaston frères, ag ricu l­
te u rs à Sétif (Algérie).
Gibou Emile, p ro p riétaire à Oum-ed-Dhébab (Algérie).
Bellenoux E.-S., ingénieur-chim iste et
agronom e, pour.son ouvrage « Soixante
quin tau x de blé ài l’hectare », 1 vol.
L ibrairie des Sciences Agricoles, 11, rue
de Mézières, P a ris.

L’Exportation des Farines françaises
aux Colonies
Rapport de M. Michel Storione, vice-président,
à la Chambre Syndicale des Minotiers et
Fabricants de semoules de Marseille.
M essieurs,
P a r le u r lettre en date du 26 août écoulé,
MM. Ricoux et Cie. a rm a te u rs de notre ville,
ont saisi notre Conseil d’A d m inistration de la
question de l ’exportation des farin es françaises
dans nos colonies.
Ces M essieurs ont, d’une façon très nette,
m is en relief la situ atio n fâGheuse faite à la
m inoterie fran çaise, dans beaucoup de nos
colonies ; ils ont cité des exemples frap p an ts
fa isa n t re sso rtir que, p a r la fau te de notre
législation douanière coloniale, nos produits
sont m is en échec p a r ceux des pays étrangers.
L’A ssociation N ationale de la M eunerie F ra n ­
çaise s’est déjà préoccupée de cette im portante
question et, au Congrès de 1909, elle a adopté,
à la suite d’u n trè s in té re ssa n t ra p p o rt de
M. Russo, m in o tier à F iers (Orne), u n vœu
pour que la situ atio n fâcheuse qui est faite à
notre in d u strie pren n e fin.
Le m om ent actuel semble donc to u t indiqué
pour rev en ir su r ce su jet afin d’a ttire r l’a tte n ­
tion de nos lég islateu rs qui vont avoir à s’occu­
per incessam m ent de la révision de notre régim e
dou an ier colonial.
On sait, en effet, que, fau te de docum ents
suffisants, la Commission des douanes de la
C ham bre ne s’est p a s trouvée en m esure, au
com m encem ent de l’année en cours, d’aborder
l’étude des ta rifs coloniaux et que d’accord
avec le gouvernem ent elle a renvoyé à une
époque u lté rie u re la discussion de là nouvelle
loi fixant notre régim e dou an ier colonial.
L a loi du 11 jan v ier 1892, qui règle notre
sta tu t d o u an ier avec les colonies, a fa it de
nom breux m écontents. On en trouve la preuve
dans la m an ifestatio n qui a donné naissance
à la Fédération Inter-Coloniale, groupem ent où
se tro u v en t représentés tous ceux qui ont le
souci de notre com m erce avec les colonies. La
Société pour la Défense du Commerce de M ar­
seille n ’est p as restée étran g ère à ce m ouve­
m ent et elle a envoyé à P a r is un de ses m em ­
bres, M. A lbert B ourdillon, p our la rep résen ter
à la réu n io n présidée p a r M. P a u l D eschanel,
député, qui a eu lieu en m ars dernier. M. B our­
dillon qui possède les connaissances de to u t ce
qui intéresse notre commerce avec les colonies
sau ra , avec sa compétence, défendre M arseille

257

au sein de ce groupem ent et auprès de nos
rep résen tan ts au Parlem ent.
Le cadre du trav ail que vous m’avez chargé
de faire est plus re stre in t puisqu’il se borne
exclusivem ent à m o ntrer à nos gouvernants
qu’il est souverainem ent injuste que nos colo­
nies, ou du m oins la p lu p a rt d’entre elles,
soient to u jours à l’heure qu’il est alim entées
p ar des farines étrangères.
• Le législateu r de 1861 av ait décidé que les
m archandises étran g ères seraien t assujetties à
leur im portation aux colonies aux mêmes droits
qu’en France. L’article 3, p arag rap h e 3, de la
loi du 11 ja n v ie r 1892 dit que : « Les produits
« étran g ers im portés d an s les colonies, les
« possessions fran çaises et les pays de protec« to ra t de l’Indochine, à l’exception des fe rri­
te toires énum érés au p a ra g ra p h e 2, sont sou­
ci mis aux mêmes droits que s’ils étaient im por­
te tés en France.
« Les territo ires visés p a r l’exception dont il
« est .question plus h a u t sont :
&lt;( Les territo ires fran çais de la Côte occiden« taie d’Afrique (sauf le Gabon).
a Les établissem ents fran çais de l ’Océanie.
« Les établissem ents fra n ç a js de l’Inde.
« Et la Côte française des Somalis.
« Ainsi donc la loi du 11 jan v ier 1892 divise
« les colonies françaises en deux groupes :
» Le prem ier com prenant : La M artinique,
« la Guadeloupe, la Guyane, Saint-Pierre-M i« quelon, le Gabon, la R éunion-M adagascar,
« M ayotte, l’Indochine et la Nouvelle-Calédonie,
« est soum is au ta rif d o u anier m étropolitain. »
Les fa rin e s étran g ères importées, dans les
colonies de ce groupe devraient donc acquitter
su iv an t les tau x de blutage les droits de 16
francs, 13 fr. 50 ou 11 francs p a r quintal.
Le deuxième groupe com prenant : « les terri« toires fran çais de la Côte occidentale d’Afritt que (sauf le Gabon), les établissem ents fran&lt;t çais de l’Océanie, Les établissem ents français
« de l’Inde et la Côte française des Somalis, est
« exclu de ce ta rif douanier m étropolitain. »
L’article 4 de cette même loi dit :
« Les Conseils généraux et les Conseils d’Adm in istratio n des colonies p o u rro n t aussi
prendre des délibérations pour dem ander des
exceptions au ta rif de la métropole. Ces délibérations seront soum ises au Conseil d 'E tat
et il sera statué su r elles dans la même forme
que les règlem ents d’ad m in istratio n publique
prévus d an s l’article précédent. »
Or. comme les Conseils généraux d’un grand
nom bre de colonies ont p ris des délibérations
tendancieuses d em andant pour la farin e des
exceptions au ta rif m étropolitain, il en résulte
que les droits acquittés p a r les farin es é tra n ­
gères e n tra n t d a n s nos colonies, sauf à M ada­
g ascar et en Indochine, v a rie n t su iv an t les
exceptions qu’ont fa it valoir les Conseils géné­
raux de ces colonies et sont, on peu-t-le dire, en
opposition form elle avec La volonté du législa­
te u r de 1892.
Le tab leau ci-après donnera une idée de la
diversité des d ro its perçus. On y v e rra figurer
égalem ent les droits d’octroi de m er et de sta ­
tistique que les farin es d’origine française
acquittent aux m êmes taux que celles d’origine
étrangère.
«
«
«
«
«
tt
«

�258

L’EXPANSION COLONIALE
01TR0I
de mer perçu
sur
douane sur les farines
les farines françaises
étrangères
et étrangères
DROITS

FRAIS
de statistiques perçus
sur
les farines françaises
et étrangères

POPULATION

Habitants
P R E M IE R
E x em p tes
100 k il.
4
E x em p tes
100 k il.
0
»
4
»
5
»
11
M adagascar et d é p en d a n ce s, s u iv a n t le
»
13
ta u x d ’e x tra c tio n .......................................
»
16
E x em p tes
M ayotte e t d é p e n d a n c e s .............. ................ '
100 k il. 11
'
In d o -C h in e , su iv a n t le ta u x d ’e x tra c tio n .
»
13
»
16
»
1
N ouvelle-C aléd o n ie.........................................
La M a r tin iq u e ..................................................
L a G u a d elo u p e .................................................
L a G u y a n e ..........................................................
S a in t-P ie rre -M iq u e lo n ...................................
L e G a b o n ...........................................................
L a R é u n io n ........................................................

DEUXIÈM E
A friq u e o c cid en ta le fra n ç a ise :
Le Sénégal, a d v a lo re m :
É tr a n g è r e s ...................................................
F r a n ç a i s e s ...................................................
Côte d ’iv o ire : fra n ç a ise s ou é tra n g ère s.
H a u t Sénégal e t N ig e r...................................
T e rrito ire civil de la M a u r ita n ie ............
G uinée f r a n ç a is e .............................................
D ah o m ey e t d é p e n d a n c e s .............. ........
Moyen Congo, a d v a lo re m ..........................
O u b a n g h i-C h ari, a d v a lo re m ......................
T e rrito ire d u T ch a d , a d v a lo re m ..............
É ta b lis s e m e n ts fran ç a is de l ’O c é a n ie . . .
É ta b lis se m e n ts fra n ç a is de l’I n d e ..........
C ôte de S o m a lis...............................................

G R O U PE

100 k il.

55
35
»
50
»
50
»
»
50
»
30

0 15
0 15
0 15
0 15

160.000
158.000
33.000
7.000
—
180 000
3.500.000

—

—

»

0 15

8.700

J—'

»

0 10

17.500.000

—

—

—
—

5 %
10 %
E x em p tes
))
))
))

10 %
6 %
6 %
2
E x em p tes
))

P a r colis
»
—
y
—
»

50.000

G R O U PE

12 %

100 k il.

6 10
»
1 »
b a ril de 90 k. 1 15
E x em p tes
E x em p tes
100 k il.
5 »

—

—

—

—

—

—

—

—

—

—
—

—
—

—

—

—

—

—

»

—

100 k il.

1 80

1.130.000
—
—

1.459.000
—
—
—

—

----- -

—

—

—

—

—

—

—

189.000

;

Les fa rin e s fra n ç a ise s n e p a ie n t a u c u n d ro it de d o u a n e ni d a n s les colonies d u p re m ie r g ro u p e , ni
d a n s celles d u d e u x iè m e .

L a législation douanière coloniale actuelle a
donc pu d onner n aissan ce à des p a rtic u la rités
qu’il est bon dé signaler.
P re n a n t p a r exemple deux colonies voisines
l’une de l ’au tre , la G uadeloupe et la M artin i­
que, on a vu que la G uadeloupe perçoit su r les
farin es é tran g ères u n droit de douane de 4 fr. 55
p a r quin tal, alors que sa voisine les adm et en
fran ch ise de droits ; on tro u v e ra peut-être dan s
des raiso n s d’ordre local l’explication de cette
différence, cependant il est bon de fa ire re m a r­
quer que le Conseil gén éral de la M artinique
a dem andé, en octobre 1906, que les farines
étrangères e n tra n t d a n s cette colonie soient
frappées d’un d roit de douane de 4 fran cs p a r
quintal. •
Cette dem ande, qui a été approuvée p a r le
Conseil privé de la colonie, a été tran sm ise au
gouvernem ent qui ne l’a ja m a is soum ise au
Conseil d’E tat. Une lettre du M inistère des
Colonies, en date du 17 jan v ier 1907, rép o n dant
à une dem ande de renseignem ents faite p a r

un intéressé su r la date à laquelle le droit de
douane su r les fa rin e s étrangères voté p a r le
Conseil général de la M artinique p o u rra it être
éventuellem ent m is en vigueur dans cette colo­
nie, dit entre a u tre s choses :
« A insi que vous le savez, les m odifications
» de ta rifs douaniers d’exceptions applicables
« dans les colonies soum ises au ta rif général
« ne peuvent être rendues exécutoires que p a r
« un décret ren d u dans la form e d’un règle« .ment d ’A dm inistration publique ap rès avis
« du M inistère du Commerce. Ce d ern ier dépar­
ie tem ent est actuellem ent saisi de la question.»
Cette question a dû. être enterrée pu isq u ’on
n ’en a jam ais plus entendu p a rle r et que la
délibération du Conseil g énéral de la M artin i­
que n ’a jam ais été prise en considération.
Les Conseils généraux qui ont dem andé des
exem ptions au ta rif général ont eu le souci des
in térêts du consom m ateur. Us ont estimé sans
doute que les fra is élevés du tra n sp o rt de la
farine française aux colonies ajoutés au prix

�L’EXPANSION COLONIALE
d’ach at de cette dernière, établi à la consom ­
m atio n de la Douane, co n stitu aien t un ensemble
d’une cherté nuisible à leurs ad m in istrés et ils
ont usé de l’article 4 de la loi du 11 jan v ier 1892
d an s un sens qui, s’il est profitable aux im por­
tate u rs étran g ers, est absolum ent p ré ju d ic ia ­
ble aux m euniers français.
Le m oyen de p erm ettre à la m inoterie fra n ­
çaise de devenir le fo u rn isseu r de nos colonies,
tout en conservant à la farin e un p rix réduit,
consiste à décider q u ’à l ’avenir les farin es
françaises im portées dans nos colonies le se­
ront, comme p a r le passé, en franchise de droits
m ais sous le régim e de l’Adm ission tem poraire;
qu’au su rp lu s u n droit de douane uniform e
soit appliqué aux farin es étran g ères im portées
dans les colonies, ce droit co n stitu era pour la
m inoterie fran çaise la protection qui lui est
accordée dans la « Métropole », ce qui sera
équitable.
Les m otifs qui ont décidé le lég islateu r de
1892 à au to rise r les exceptions n ’ont plus leu r
raiso n d’être pour la farin e en 1910. Des faci­
lités de com m unications qui n ’existaient pas
alors, se sont établies entre la m étropole et les
colonies. L a production des m oulins fran çais
excède les besoins de la consom m ation. Non
seulem ent nous exportons su r de nom breux
points, m ais nos usin es sont souvent en chô­
m age forcé faute de débouchés nouveaux, et
p en d an t ce tem ps, nos colonies sont en grande
p artie alim entées en farin es p a r les étrangers.
Or, comme ce ne sont pas ces d ern iers qui
paien t nos lourds im pôts, cet éta t de choses ne
sa u ra it d u re r plus longtem ps.
Je vous propose donc, comme conclusion,
d’adopter le vœu su iv an t et de le convertir en
délibération :
VŒU
L a Cham bre Syndicale des M inotiers et F a ­
b rican ts de sem oules de M arseille ém et le vœu :
1° Que les farin es fran çaises im portées dans
nos colonies co ntinuent à bénéficier de l’exem p­
tion des droits de douane ;
2° Que les m euniers fra n ç a is soient autorisés
à les expédier sous le régim e de l’A dm ission
tem poraire ;
3° Qu’un droit fixe de 6 fr. 50 p a r 100 kilos
soit appliqué au x fa rin e s de provenance é tra n ­
gère e n tra n t dans toutes nos colonies, ce droit
devant rep résen ter d’une p a rt la protection in ­
dustrielle qui est accordée aux im portations de
farin es dans la m étropole et devant com penser
d’au tre p a rt les avan tag es de fre t dont béné­
ficient nos concurrents étran g ers se tro u v a n t
plus rapprochés de nos colonies ;
4° Que les exceptions prévues à l’article 4 de
la loi du 11 jan v ier 1892 ne soient plus applica­
bles à la farin e, m ais que, dans le cas où elles
seraien t m aintenues, les délibérations des Con­
seils généraux des colonies soient désorm ais
soum ises aux C ham bres de Commerce de la
m étropole et aux intéressés av an t de faire sta ­
tu er su r elles p a r le Conseil d’E tat.
Le Conseil d’A dm inistration, d ans sa séance
du 14 octobre 1910, a adopté à l’u n an im ité les
term es de ce ra p p o rt et converti en délibération
le vœu ci-dessus, en vue de sa tran sm issio n aux
pouvoirs publics et à to u s les intéressés.
Le Vice-Président, Rapporteur :
M. S torio ne .
Le Président :
Th. A gelasto .

259

INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX

Séance du Conseil d'Administration
du 20 octobre 1910
Présents : MM. Artaud, président ; doc­
teur Heckel, Armand, vice-présidents ; Ytier,
trésorier ; Teisseire, trésorier-adjoint ; Fouque, Barlatier, secrétaires ; Arnaud, Bourdillon, Gharve, Gaffarel, Kahn, Léotard,
Masson, Rastit, membres.
Excusés ; MM. Bohn, Dufour, Jacquemot,
Martin-Laval.
Le procès-verbal de la dernière séance
(29 septembre) est lu et approuvé.
Visite de M. Picquié. — M. le Président
parle de la séance de la Chambre de Com­
merce à laquelle a bien voulu assister M. le
gouverneur général Picquié, lors de son pas­
sage à Marseille et rend compte de la visite
que celui-ci a bien voulu rendre à l’Institut
colonial. Il a pu ainsi apprécier l’importan­
ce des services ainsi que des institutions con­
nexes groupés dans son immeuble.
M. le Président signale qu’il a fait con­
naître à M. le gouverneur général Picquié
la forme d’association libre de l’Institut,
dont le budget est principalement alimenté
par les cotisations de ses membres, ce qui
justifie ses demandes de subventions aux
assemblées locales et aux gouvernements des
colonies. M. le Gouverneur général a bien
voulu accueillir avec bienveillance cette ou­
verture, que le président a transformée en
demande ferme expédiée à Madagascar par
le premier courrier.
M. le Président rend compte des questions
qu’il avait reçu mandat de traiter à la Cham­
bre de Commerce en présence de M. Picquié.
En ce qui concerne la situation créée par la
législation de la vente des boissons alcooli­
ques, il a été très frappé par la diminution
des exportations de vins de Marseille à des­
tination de Madagascar (50 % en trois ans)
et a promis de rechercher les causes de cette
diminution qui a pour conséquence de dé­
velopper la vente clandestine d’alcools dont
la consommation n’a pas à être encouragée.
Régime douanier. — M. le Président dit
qu’il a eu la grande satisfaction de voir la
réponse faite par l’Institut colonial au ques­
tionnaire de la Commission interministériel­
le du Régime douanier colonial approuvée
dans les termes les plus élogieux par les re­
présentants des colonies au Parlement et au
Conseil supérieur.
M. Rastit est heureux d’informer le Con­
seil que la Société pour la Défense du Com­
merce et de l’Industrie a décidé d’adopter en­
tièrement les vues de l’Institut colonial dans
la réponse qu’elle doit présenter au question­
naire de la Commission interministérielle.

�260

L’EXPANSION COLONIALE

M. le Président dit combien il est satis­
fait de ce nouveau témoignage de la commu­
nion d’idées qui existe entre l’Institut co­
lonial et la Société pour la Défense du Com­
merce et de l’Industrie, et estime que l’appui
que celle-ci veut bien donner aux doctrine
de l’Institut colonial est, parmi les plus effi­
caces de ceux qu’il pourrait recevoir.
Visites à MM. Duprat et Gérard. — Pen­
dant son récent voyage à Paris, M. Artaud
a tenu à rendre visite à M. le Directeur de
l’Office colonial, qu’il n’avait pu rencontrer
lors de son précédent voyage.
Celui-ci lui a fait le meilleur accueil et a
dit que l’Institut colonial pouvait compter
entièrement sur la collaboration de l’Office
colonial et comment il ne manquerait pas
de faire appel à ses services. 11 était'très heu­
reux en particulier de constater l’importance
de son intervention en toutes matières co­
loniales et notamment au point de vue du
Régime douanier colonial et demandait à
avoir communication de tous les documents
qui émaneraient de l’Institut.
En l’absence de M. Gérard, directeur de
de l’Office de l’Algérie à Paris, qui était au
Congrès international du froid de Vienne,
M. Artaud a vu son adjoint qui l’a accueilli
de la façon la plus aimable et qui lui a dit
combien l’Office avait suivi avec attention
l’importante Exposition des blés organisée
par l’Institut colonial et comment il trans­
mettait à M. le gouverneur général Jonnart
l’invitation que lui faisait M. Artaud, de la'
visiter lors de son passage à Marseille.
Situation financière. — M. le Président
rend compte de la situation financière qui est
normale.
Il propose l’ouverture d’un chapitre spé­
cial pour l’Exposition des blés (Adopté).
M. le Président dit que le Bureau s’est
demandé si l’on ne pourrait employer ’■*
somme de 20.000 francs qui paraissait dis­
ponible en achats d’obligations coloniales.
M. le coinie Armand fait remarquer que
les titres sur lesquels peut porter le choix de
l’Institut, doivent nettement se limiter à ceux
indiqués par les statuts.
Il est décidé que le Bureau fixera son choix
dans ces limites.
Propagande. — M. le Président demande
au Conseil s’il ne lui paraît pas que l’exis­
tence de l’Institut colonial étant signalée au
public d’une manière moins importante que
lorsque le Musée commercial prenait direc­
tement accès, sur la Gannebière, il y aurait
lieu de mettre des inscriptions sur les bal­
cons indiquant les différents services de
l’Institut.
M. Bastit propose de masquer le vide qui
dépare l’entrée au-dessus de la cage de l’as­
censeur par un tableau indicatif qui ren­
drait quelques-uns des services de publicité
que M. le Président voudrait obtenir.

M. le Président dit qu’il lui paraît que la
question doit être étudiée dans les détails de
manière à ce qu’un plan d’ensemble puisse
être soumis au Conseil (Adopté).
Admissions. — M. le Président présente la
candidature de M. Laubreau comme membre
correspondant de l’Institut à Nouméa. Il le
recommande personnellement ayant été à
même d’apprécier ses qualités- (Adopté).
Subventions. — M. le Président donna
communication d’une lettre de M. le gou­
verneur général de l’Arique occidentale,con­
çue en termes très élogieux pour l’Institut
et dans laquelle celui-ci annonce l’inscrip­
tion au budget de 1911 de la subvention or­
dinaire de 5.000 francs. Une lettre de re­
merciements sera adressée à M- Me-rlaudPonty, gouverneur général de l’Afrique occi­
dentale.
Exposition des blés. — M. le Président
annonce que le jury de l’Exposition des blés
commencera ses opérations le vendredi, 21
courant, et dit que la Commission du Musée
commercial a pensé qu’une séance de clôture
pourrait être faite le lundi 24, à laquelle
M. Daniel Zolla, professeur à l’Ecole des
Sciences politiques, a bien voulu accepter de
faire une conférence sur une des questions
pour lesquelles il possède une si haute com­
pétence. (Adopté).
Elections du Tribunal et de la Chambre de
Commerce. — M. le Président signale l’inté­
rêt qu’il y aurait à ce que l’Institut colonial
ne restât pas à l’écart des Commissions pré­
paratoires pour les élections -au Tribunal
et à la Chambre de Commerce et demande
à la Société pour la Défense du Commerce
de réserver un siège dans son Comité pour
un délégué de l’Institut colonial. (Adopté).
Il est désigné que le Bureau désignera les
délégués qui pourraient être nommés.
La séance est ensuite levée à 3 h. 3/4.
EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE

LTnstitu-t colonial Marseillais vient d’a­
dresser la lettre suivante aux Syndicats pro­
fessionnels de Marseille pour demander leur
concours en faveur de notre Musée commer­
cial.
M onsieur le P résident,
Nous avons décidé de supprim er le caractère
de publicité p ay an te qu’av ait notre Musée Com­
m ercial de façon à m ieux lui perm ettre de rem ­
p lir son rôle de v u lg arisatio n coloniale, faisan t
une p a rt égale aux produits provenant de nos
colonies et aux m archandises qui y sont ache­
tées p a r leu rs h ab itan ts.
Le b u t de notre groupem ent éta n t p rin cip a­
lem ent de n o u s préoccuper des in térêts de notre
région m arseillaise dans ses relatio n s avec nos
colonies, nous devons su rto u t nous attacher,
dans la constitution de ce nouveau Musée, à
l’étude des produits de nos colonies qui sont

�L’EXPANSION COLONIALE
plus spécialem ent tran sfo rm és p a r notre in d u s­
trie m arseillaise ou des m arch an d ises qu’elle
fabrique pour la consom m ation de nos posses­
sions d'outre-m er.
N ous avons pensé que la m eilleure m anière
d ’en avoir La collection se ra it de s’adresser aux
principaux groupem ents professionnels de n o ­
tre ville, et nous vous serions très reco n n ais­
sa n ts de vouloir bien n o u s accorder votre p ré­
cieuse collaboration à une œ uvre dont l’in térêt
ne vous éch ap p era pas.
Notre secrétaire, M. B aillaud, se tie n d ra du
reste to u t à votre disposition p our vous expli­
qu er plus com plètem ent nos vues su r cette
question et exam iner avec vous com m ent le but
que n o u s poursuivons p o u rra it être le plus
facilem ent atteint. Je vous serais trè s recon­
n a is s a n t de vouloir bien lui indiquer le m o­
m ent où vous pourriez le recevoir à ce sujet.
Veuillez agréer, M onsieur le P résid en t, avec
m es rem erciem ents anticipés, l’expression de
mes sentim ents distingués et dévoués.
Le Président :

201

torité supérieure, ne p ro d u irait du reste d’effet
que po u r les m archandises actuellem ent expé­
diées et même po u r celles-ci leu rs pro p riétaires
préféreront la destruction du p ro d u it à l’acquit­
tem ent de pareils droits, et dans l’avenir les
fab rican ts de boissons alcooliques n ’a u ra ie n t
qu’à donner à leurs p ro duits la force m axim um
d’alcool p o u r ram ener, ou à peu près à l’unité
d’alcool p u r, le droit que la D ouane de M ada­
gascar p a ra ît actuellem ent appliquer au vo­
lume.
Je me fais donc l’in terprète du commerce de
notre région pour joindre m es instances à cel­
les qui vous ont été adressées p a r les négociants
de votre colonie, et po u r vous dem ander de
vouloir bien faire revenir votre A dm inistration
des D ouanes su r l’erreu r signalée.
Veuillez agréer, M onsieur le G ouverneur gé­
néral, avec m es rem erciem ents anticipés, l’ex­
pression de m a h au te considération et de m es
sentim ents très distingués.
Le Président :
A. A rtaud .

A. A rtaud .

Le Président de l'Institut Colonial Marseillais
à Monsieur le Gouverneur général de M a­
dagascar.
M arseille, le 29 novem bre 1910.
Votre atten tio n a été certainem ent attirée
su r une in terp rétatio n to u t à fa it in atten d u e du
nouveau ta rif des taxes de consom m ation à
percevoir à M adagascar, établi p a r le décret
du 19 ju illet 1910.
Cette in terp rétatio n , erronée à notre sens,
porte su r l’article co ncernant l’absinthe et
boissons sim ilaires et étab lissan t u n droit de
300 fran cs p a r hectolitre. L a D ouane adm et
qu ’il fa u t entendre « p a r hectolitre de liquide ».
D’après l’ancien tarif, la taxe é ta it perçue
p a r hectolitre d ’alcool p u r, et l’observation 7
du nouveau ta rif indique bien que le droit doit
être calculé su r cette même base p o u r le ta rif
actuel p uisqu’elle prévoit u n m inim um de p er­
ception su r 30° d’alcool.
Il fa u t considérer, en outre, que l’ancien
dro it n ’é ta it que de 250 fran cs p a r hectolitre
d’alcool pur, ce qui, p our une boisson conte­
n a n t de l’alcool à 30° supposait une perception
de 75 fran cs p a r hectolitre de cette boisson,
tan d is que la Douane exige, en su iv an t son in ­
te rp ré ta tio n p a r application du ta rif actuel,
300 fran cs pour ce même hectolitre de boisson.
Il est im possible que l’on a it voulu établir
une .élévation de droit aussi considérable et
au ssi subite.
A ce taux, la taxe devient absolum ent p ro h i­
bitive et il a été certain em en t porté à votre
connaissance que les acheteurs se refu saien t à
p ren d re livraison des q u an tités expédiées. Je
me p erm ets de vous sig n aler la situ atio n déplo­
rable qui est faite au commerce de la M étro­
pole p a r l’incertitu d e qui règne s u r l ’in te rp ré­
tatio n définitive du ta rif qui se ra adoptée. Ne
pouvant faire les livraisons prévues p a r les
m archés en cours, nos négociants ont à suppor­
te r des fra is de m agasinage, de coulage et d’in­
térêts qui ag g rav en t encore la situ atio n qui
leu r est créée p a r l’im possibilité où ils sont de
faire exécuter les m archés en vue desquels ils
ont effectué des achats.
La p rétention de la Douane de M adagascar,
en a d m e tta n t qu’elle soit sanctionnée p a r l’a u ­

A Monsieur le Président de l'Institut
Colonial Marseillais.
Sétif, le 1er Octobre 1910.
J ’ai bien reçu votre lettre du 10 septem bre
écoulé ainsi que le num éro de 1’ « E xpansion
Coloniale » et vous en rem ercie.
Je vous ai fait adresser p a r le D irecteur de
notre Comice une caisse ren ferm an t :
1° Six échantillons de blés durs sélectionnés
pour lesquels vous trouverez sous ce pli une
notice ;
2° Trois échantillons de blés du rs correspon­
d an t aux trois types co u ran t de la production
de notre région : 1. Blé sem oulier ; 2. Blé m ino­
tier ; 3. Blé m archand.
Cet envoi n ’a pu vous être fait plus tôt car je
tenais à vous adresser des échantillons re p ré ­
sen tan t bien la m oyenne de notre production.
Nos ag ricu lteu rs s’efforcent de plus en plus
p ar la sélection des semences à faire d isp a ra î­
tre le blé m arch an d ord in aire et a rriv e r à ne
p roduire que des blés m inotiers et sem ouliers
véritablem ent supérieurs. De g ran d s progrès
ont été faits et nos blés sont en faveur sur
notre place ou bien sont cotés comme « Blé de
Sétif ». Nous espérons, je le répète, faire m ieux
encore et a rriv e r à ne p roduire que des blés
supérieurs.
Nos Comices et S yndicat agricoles groupent
ensemble 650 adhérents.
Vous me dem andez quelles seraien t les am é­
liorations à app o rter dans nos régions avec le
commerce m arseillais pour en accroître le dé­
veloppement.
J ’en vois trois :
1° P aiem ent com ptant. P a rto u t en Algérie les
paiem ents com ptants s’entendent p a r paiem ent
im m édiat, sans escompte, contre rem ise de
docum ents de livraisons tels que récépissés de
chemin de fer, connaissem ent, étc. A M arseille,
c’est paiement, à h u it jo u rs avec 1 % d’escompte.
P ourquoi ?
2° Pesage. Nos blés arriv en t en sacs. P o u rq u o i
obliger nos expéditeurs à un vidage, rem plis­
sage, pesage à nouveau ? L ’expérience p o u rra it
être faite su r les sacs de l’expéditeur.
3° Commissions. Vos courtiers tire n t trop la
couverture à eux et perçoivent des com m issions

�262

L’EXPANSION COLONIALE

énorm es auxquelles vient s’ajo u ter p arfois un
ducroire qui ne devrait p as exister, puisque les
paiem ents doivent être faits au com ptant. Il y
a beaucoup à faire de ce côté, car vos courtiers
g ag n en t souvent beaucoup plus que nos négo­
ciants.
Le Président du Comice Agricole de Sétif.
■A Monsieur le Président de l’Institut
Colonial Marseillais.
R otterdam , le 12 novem bre 1910.
En possession de votre honorée du 29 octobre,
je ne veux p as m an q u e r de vous exprim er mon
vif regnet de ce que la clôture, u n peu p rém a­
turée, de votre intéressan te Exposition m ’a
empêché de vous envoyer un délégué, ne fut-ce
que p our vous tém oigner l'expression du vif
in térêt que notre « Bond » p ren d à l’œ uvre de
votre In stitu t.
J’ai constaté avec le plus g ran d p laisir le beau
succès de votre Exposition et je souhaite, ce
dont je ne doute pas, que vous en obteniez la
satisfaction que vous avez recherchée, c’est-àdire d’avoir contribué à ren d re plus facile l’ex­
p o rtatio n des g ra in s des colonies françaises.
Il n ’est point nécessaire que je vous dise que
je serai trè s h eureux d.e pouvoir ap puyer vos
efforts et que j ’accepte avec le plus g ran d p lai­
sir votre offre aim able d ’envoyer à nôtre
« Bond » une collection 'des échantillons que
vous avez réu n is afin que je puisse m o n trer ces
échantillons à nos m em bres.
Comme les from ents dont il s’ag it ainsi que
les prix et les conditions de vente sont entière­
m ent inconnus ici, je me perm ets de vous de­
m an d er en outre quelques renseignem ents à
leu r sujet.
Pouvez-vous me donner les prix actuels des
from ents dont vous nous enverrez les échan­
tillons ?
Les expo rtateu rs de ces from ents, en expor­
ta n t d an s un pays non fran çais, reçoivent-ils
restitu tio n des droits d’exportation, de m anière
que l’exportation à u n pays non fra n ç a is soit
possible ?
L ’im portation de ces from ents en F rance
a-t-elle lieu san s paiem ent de dro its ou sous
déduction des d ro its d’exportation ?
P ourriez-vous me p ro cu rer u n c o n tra t de
vente ?
E n vous rem ercian t d’avance e t en a tte n d an t
le p laisir de vous lire, je vous prie, M onsieur le
P résident, d’agréer, l’a ssu ran ce de m a p arfaite
considération.
J. V . V a n R e d .

C O U R S C O L O N IA U X

Voici le programme des cours coloniaux
publics, qui ont été professés à l’Institut Co­
lonial pendant le mois de novembre 1910 :
Jeudi 3 novem bre, à 8 h. 1/2 m a tin (au P arc
Borély), M. Davin : V isite su r place des cultures
coloniales.
V endredi A novembre, à 5 h eures soir, M. L au­
re n t : Le m arb re.
Sam edi 5 novem bre, à 3 h. 1/2 soir, Dr Reyn a u d : Les clim ats des pays chauds.

L undi 7 novem bre, à 3 h. 3/4 soir, M. M asson :
G éographie coloniale. — A 5 heures soir, Dr J.
de Cordemoy : Les Bovidés.
M ardi 8 novembre, à 3 1/2 soir, Dr R eynaud :
Le choléra : Epidém ie actuelle et épidémies
anciennes. — A 5 heures soir, M. M asson :
H istoire coloniale.
M ercredi 9 novem bre, à 3 h. 3/4 soir, M. R ay­
nau d : La politique sociale indigène. — A 5 heu­
res soir, M. Jum elle : L ’arachide.
Jeudi 10 novembre, à 8 1/2 m atin, M. Davin :
E tude su r place des p lan tes économiques culti­
vées dans les serres du Ja rd in botanique colo­
nial. — A 4 heures soir, M. F o u cart : H istoire
des religions dans les colonies françaises.
V endredi 11 novem bre, à 5 heures soir, M.
L au ren t : M atériaux de construction.
Sam edi 12 novem bre, à 3 h. 1/2 soir, Dr Rey­
nau d : Action des clim ats chauds su r l’o rg an is­
me des européens. Acclim atation.
Lundi 14 novembre, M. M asson : M adagascar
(le sol). — A 5 heures soir, Dr J. de Cordemoy :
Bovins d’Algérie-Tunisie.
M ardi 15 novem bre, Dr R eynaud : Le choléra ;
causes, modes de p ro p agation et prophylaxie.
— M. M asson : Colonisation phénicienne.
M ercredi 16 novembre, M. Jum elle: Le sésame.
Jeudi 17 novem bre, M. F o u cart : A vant-projet
d’un questionnaire colonial (prem ière partie).
V endredi 18 novem bre, M. L au ren t : Chaux
et ciment.
Sam edi 19 novem bre, Dr R eynaud : Agents
m icrobiens des m aladies des pays chauds.
L undi 21 novem bre, M. M asson : Les popula­
tions de M adagascar. — Dr J. de Cordemoy :
Races bovines de l’Afrique occidentale.
M ardi 22 novem bre, Dr R eynaud : Comment
on se défend contre le choléra. — M. M asson :
La colonisation grecque.
M ercredi 23 novem bre, M. R ayn au d : L a con­
dition m orale, politique et ju ridique des In d i­
gènes. — M. Jum elle : Le sésam e, le coton et
le ricin.
Jeudi 24 novem bre, M. F o u cart : Rédaction
du questionnaire colonial, com paraison avec le
questionnaire belge.
V endredi 25 novem bre, M. L au ren t : Le P lâ ­
tre.
Sam edi 26 novem bre, Dr R eynaud : P a ra site s
in testinaux et insectes p ro p ag ateu rs des m a la ­
dies.
L undi 28 novem bre, Dr J. de Cordemoy :
Elevage bovin à M adagascar.
M ardi 29 novem bre, Dr R eynaud : Hygiène
coloniale. — M. M asson : T ableau de la colo­
nisation grecque.
M ercredi 30 novem bre, M. R ay n au d : Le régi­
me législatif ; du législateur colonial. — M. Ju ­
melle : Le ricin (suite).

�L’EXPANSION COLONIALE

Le Régime douanier colonial

263

cette réunion p a r une voix autorisée. Votre p ro ­
fonde expérience et votre haute compétence vous
désignent, M onsieur le P résident et cher Collè­
gue, av an t nul autre, pour tra ite r un pareil
su jet devant mes collègues du S énat et de la
Cham bre, et po u r les convaincre.
J ’ai donc l’h o n n eu r de- vous dem ander de vou­
loir bien donner à notre F éd ération une nou­
velle m arque de votre intérêt et une nouvelle
assistance en acceptant de venir exposer, à la
réunion constitutive du Comité d’initiative p a r­
lem entaire, les nécessités et les conditions de
la réform e du Régime douanier colonial.
Je n ’ignore pas que je réclam e ainsi de vous
un effort considérable ; m ais le passé m ’assure
qu’il n ’est pas au-dessus de votre dévouem ent
à la cause coloniale, qui vous est déjà redevable
de si ém inents services.
Si, comme j’aim e à l’espérer, vous consentez
à répondre à l’appel que je vous adresse au
nom de notre Fédération, il v a sans dire que la
date de la réunion du Comité d’initiative p arle­
m entaire ne serait arrêtée que d ’ap rès vos
convenances. Il y a u ra it toutefois avan tag e à
la fixer à un sam edi jo u r où les C ham bres ne
siègent pas, et d an s le cas où vous auriez l’in­
tention de v en ir assister à la réunion du Conseil
d’ad m in istratio n de la F édération qui a u ra lieu
le m ercredi 7 décembre, la date du sam edi 10 se
p résen terait natu rellem en t à l’esp rit afin de
vous ép arg n er un a u tre déplacem ent.
Veuillez agréer, M onsieur le P résid en t, et
cher Collègue, l’expresson de m es sentim ents
les plus distingués et dévoués.
Le P résdent :
P a u l DESCHANEL.

L’abondance des matières de ce numéro
spécial à notre Exposition des blés nous em­
pêche de faire connaître dans le détail les
approbations qu’a reçues la réponse faite par
l’Institut Colonial Marseillais au question­
naire de la Commission interministérielle
du Régime douanier colonial.
La plupart des grandes Chambres de Com­
merce : Marseille, Lyon, Bordeaux, etc., ont
donné un complet assentiment à notre ma­
nière de voir et le succès de notre doctrine
sera largement facilité par ces adhésions si
autorisées.
Nous consacrerons du reste notre prochain
bulletin plus spécialement à l’examen des
réponses qui ont été faites par les divers
corps consultés et chercherons quelles con­
clusions on peut tirer des opinions qui sont
émises.
Nous devons toutefois signaler que M. Paul
Deschanel, ancien président de la Chambre
des Députés, président de la Fédération in­
tercoloniale, constituée à Paris pour faire
aboutir les vœux des Congrès coloniaux de
Marseille 1906, Bordeaux 1907 et Paris 1909,
d’ailleurs identiques et toujours votés à l’u­
nanimité, vient d’adresser à M. Adrien Ar­
taud, membre-secrétaire de la Chambre de
Commerce de Marseille, président de l’Ins­
titut Colonial Marseillais, la lettre suivante :
M. Adrien Artaud ne pouvait manquer de
Paris, le 28 novembre 1910.
déférer à une aussi flatteuse invitation et le
Monsieur Adrien A rtaud, président de l'Ins­ 10 du courant aura lieu la séance annoncée
titut Colonial Marseillais, membre-secrétaire
dans la lettre de l’éminent parlementaire.
de la Chambre de Commerce de Marseille.
La Chambre de Commerce de Marseille vient
56, rue Paradis, Marseille.
justement d’exposer sa doctrine dans un rap­
M onsieur le P résid en t et cher Collègue,
port, dû à son membre-secrétaire, adopté le
L a F édération in tern atio n ale, à laquelle vous
15 novembre dernier et en cours d’impres­
avez bien voulu accorder votre concours en sion.
acceptant de faire p a rtie de notre Conseil d’adD’autre part, nous apprenons en dernière
m in istratio n , v ient solliciter de votre dévoue­ heure que la Commission des douanes s’est
m ent u n nouveau service. Vous n ’ignorez pas
réunie sous la présidence de M. J. Thierry,
que l’assem blée générale de la F édération a ex­
son
nouveau président, député de Marseille.
prim é 'le vœ u qu’u n Comité d’in itiativ e p arle­
Celui-ci a rendu compte de ses entrevues
m en taire soit constitué au p rès de n o tre Asso­
avec le ministre du Commerce et le ministre
ciation, en vue de créer au sein du P arlem en t
des Colonies, au sujet des questions qui occu­
un m ouvem ent d’opinion favorable à la réform e
pent son ordre du jour, en ce qui concerne
douanière, dont vous avez form ulé les principes
au Congrès de M arseille de 1906. Je me propose
les tarifs coloniaux. La Commission extrade ré u n ir p ro ch ain em en t d ans ce dessein les
parlementaire a achevé ses travaux et sera
m em bres du S én at et de la Cham bre qui y r e ­ prête au moment où M. Morel, ministre des
présentent nos colonies ou qui s’in téressen t aux
colonies, sera libéré de la préparation du
questions coloniales, et j ’espère avec leu r con­
budget.
A ce moment, la Commission pour­
cours, co n stitu e r u n g ro u p e 'de propagande?
ra avoir une entrevue utile avec le ministre
agissan te dans oes deux assem blées. M ais le
des colonies et être saisie par le gouverne­
problèm e du Régime d ouanier colonial é ta n t
à la fois trè s complexe et insuffisam m ent con­ ment des propositions fermes qu’elle attend
nu, ii s e ra it extrêm em ent désirable que son
depuis longtemps.

im portance et ses difficultés fussen t exposées à

�L’EXPANSION COLONIALE

•2(54

MARCHÉ OES VALEURS COLONIALES
Taux
d’émission

VALEURS

Derniers
cours

E M P R U N T S CO LO N IA U X
Fr.
476 25 Oblig. Tunisiennes, 3 o/o 1892
( g a r .) .............. ................ . . .
460 —
Divers Gouvernement Tunisien, obi.
3 o/o 1902, r. à 500 f r ............
428 —
490 — Gouvernement Tunisien, ob!.
3 1/2 o/o 1903, r. à 500..........
499 —
87 — Prot. Annam-Tonkin, obi. 2 1/2
( g a r .) .........................................
78 —
90 50 M adagascar, obi. 2 1/2 (g a r.)..
80 —
94 —
—
Em. 3 o/o 1903-05 (gar.)
91 —
450 — Indo-Chine, chem. de fer obi.
3 1/2 o/o, 1899-1905 ............'..
462 —
465 —
—
obi. 3 o/o 1902...........
407 —
500 —
—
—
1909...........
450 —
480 — E m prunt A lgérien, 3 o,o 1902,
obi. r. à 500 t. p ............... ..
453 —
1000 — Dèp. Constantine, obi. 3 1 /2 o/o
1897......................................
960
—
987 50 "Ville de Constantine, 3.30 o/o
1895......................................
950
—
492 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1898.....................
461
—
488 50 Col. de la Guadeloupe, obi.
3 1/2 o/o 1901 .........................
461 —
492 50 Col. de la M artin iq u e......
480
—
470 — Afrique Occident., 3 o/o 1903-07,
obi. rem. 500 (g ar.).........
451
—
500 — Congo français, 3 o/o 1 9 0 9 ....
456 —
642 50 Maroc 5 o/o 1904-10, rem. à 500 517 —
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640 —
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640 —
Divers Banque de l’Algérie, act. de
500 t. p ......................... • ........... 1750 —
500 — Banque de la Guadeloupe, acl.
de 500 t. p . (n.). ; ..................
400 —
500 — Banque de la Guyane, 500 t. p.
(n.).............................................. 1100 —
500 — Banque de la Martinique, 500
t. p. (n.) .................................
995 —
375 — Banque de la Réunion, act. de
375 t. p. (n ) ................... • . . .
450 —
Divers Banque de l’Indo-Chine, act.
de 500 (125 p. n o m .)............. 1495 —
500 — Banque de l’Afrique Occiden­
tale, act. de 500 (125 p. nom.).
880 —
500 — Crédit A lgérien,-a. de 500 t p. 1300 —
500 — Crédit Foncier Colonial, act.
de 500 t. p ...............................
96 —
420 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 420 ..................................
195 —
350 — Crédit Foncier Colonial, obi.
5 o/o 350......................................
167—
CH EM INS D E F E R A L G É R I E N S
E T CO LO NIAU X
661
500 — Cie Bône-Guelma, a. r. à 600..
423
— obi. 3 o/o r. à 500.
Divers
685
500 — Est A lgérien, act. r. à 600.. ..
—
obi. 3 o/o r. à 500 425
Divers
500 — Ouest Algérien, act. r. à 600..
640
Divers
—
obi. 3 o/o r. à 500 425

—
—
—
—
-

-------Aïn Thizy-M ascara, obi. 3 o/o
rem » 500.................................
420 —
340 — M ècheria-Aïn Sefra. obi. 3 o/o
rem. à 500.................................
421 —
-------Mouzbah-Mécheria, obi. 3 o/o
rem. à 500...............................
420 —
330 — M ostaganem -Tiaret, obi. 3 o'o
rem. à 500...............................
423 —
500 — Chem, de fer de l’Indo-Chine
et du Yunnan , act. 500,
250 fr. nom ...............................
500 —
500 — Dakar à Saint-Louis, ch. de
fer, act. rem. à 650... .......... 1208 —
417 — Chem, de fer garant, des colo­
nies franç , obi 3 o/o r. à 500 375 —
443 — Chem, de fer et Port de la
Réunion, obi. 500 3 o/o ga­
rantie par l’E ta t.....................
420 —
V ALEU RS M IN IÈRES
------ Charb. du Tonkin, act. de 250
t. p ............................................ 1685 —
430 — Charb. du Tonkin, obi. 5 o/o
rem à 500...............................
494 —
500 — Algérie-Tunisie ( Omn. ), act.
de 500 t. p ................................
870 —
477 50 A lgérie-Tunisie (O m n.), obi.
4 1/2 o/o rem. à 500................
487 —
— — Kanguet (S. min. du), act. de
500 t. p .....................................
606 —
500 — Mokta el Hadid. act. 500 t. p. 1572 —
— — Cie nantaise des mines de
M adagascar.............................
307 —
Divers Le Nickel, act. de 250 t. p .......
765 —
445 —
—
obi. 4 o/o rem. à 500.
505 —
375 — Compagnie Minière du C on g o .. 1280 —
100 — Phosphates du Dyr, act. de
100 t. p .....................................
80 —
454 50 Pho-pliâtes du Dyr, obi. 4 1/2,
rem, à 500.................................
485 —
500 — Phosphates et Ch. de fer de
Gafsa, act. de 500 t, p ........ 3525 —
-------Phosp. et Ch. de Gafsa, p a rts ...
2925 —
Compagnie des mines de Siguiri : act.
35 —
V A L E U R S CO LO NIALES D I V E R S E S
Compagnie française de l’Afrique Occi­
d e n ta le ............... (actions nouvelles).
3750 —
Cic M arseillaise de M adagascar ............
640 —
Congo occidental........................................
150 —
Haut-Congo (Compagnie française du)..
500 —
Haute S angha...............................................
200 —
Ekela Kadeï Sangha..........................
188 —
N’goko S an g h a ................................
275 —
Haut-Ogôouô................................................
710 —
La K otto.......................................................
545 —
M’Poko...........................................................
171 —
Sultanats du H aut-O ubangui.................
935 —
M essageries Fluviales du Congo...........
313 —
Compagnie de l’Ouest africain français,
a c t................................................................
378 —
M essageries tluviales de C ochinchine..
272 —
D istilleries de l’Indochine, a c t.................
695 —
Société cotonnière de l’Indochine ........
276 —
Ci0 du Maroc et des Colonies africaines..
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Le Président de l’Institut, Gérant :
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et le CANADA.
Les navires de la Compagnie sont amarrés au môle C, côté Sud.
Téléphone : rue Colbert, n° 922 ; au môle C, n° 587.
S’adresser pour fret et passages à Marseille :

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Ville, à proximité de la Cannebière, de la Bourse et des grands hôtels, se charge de toutes
opérations de Banque, de Bourse, soit en France, soit à l’étranger.
En rela'ions directes et continues avec l’Algérie et la Tunisie, possédant des
Correspondants sur les principales Places du Monde entier et en particulier sur celles
de l’Orient et de l’Extrême-Orient,
La S O C I É T É G É N É R A L E se recommande aux étrangers de passage à Mar­
seille par :
1° S o n s e rv ic e é t r a n g e r qui achète et vend des monnaies ou billets de tous pays ;
Emet et paie toutes lettres de crédit circulaires ;
Délivre immédiatement des chèques sur la France et l’étranger.
2° S e s s e r v ic e s de B a n q u e qui se chargent de toutes opérations de verse­
ments, réception et transport de fonds, de l’escompte et de l’encaissement des effets de
commerce.
3° S e s s e r v ic e s de T i t r e s e t C o u p o n s qui reçoivent tous ordres de Bourse,
toutes souscriptions aux émissions, paient les coupons français et étrangers.
4° S o n s e r v ic e sp écial des C o f f r e s - F o r t s lui permettant de mettre à la
disposition de sa clienlète, pour n’importe quelle durée et aux prix les plus réduits, des
compartiments de coffres-forts F ichet à l’abri des risques de vol et d’incendie.
5» S o n s e r v ic e c o m m e r c i a l traitant toutes opérations sur marchandises,
et sur documents, consignations, etc., etc.

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M A R S E IL L E

3 -0 5

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS
EXTRAITS

A

r t

DES S T A T U T S

. 2.

Cette association a p our but l’étude, la dé­
fense et le développem ent des in térêts généraux
de la colonisation fran çaise et spécialem ent
l'extension des ra p p o rts de la région m arseil­
laise avec nos colonies.
A cet effet, elle se propose notam m ent de re ­
cueillir et de cen traliser tous docum ents et re n ­
seignem ents utiles, de rech erch er les principes
à observer, les m éthodes à appliquer, d’exam i­
ner et de provoquer toute m esure d’ordre légis­
latif, a d m in istra tif ou économ ique qui lui p a ­
ra îtra it de n a tu re à favoriser les intérêts que
m ettent en jeu les ra p p o rts de la m étropole avec
les colonies.
A

r t

. 3.

L’In stitu t colonial M arseillais
com prend
deux catégories de m em bres.
La prem ière catégorie est celle des m em bres
titu laires et com prend :
Les m em bres de droit ;
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs ;
Les m em bres d onateurs ;
Les m em bres adhérents.
Les m em bres de droit sont les délégués de la
Cham bre de Commerce de M arseille, dont le
nom bre est fixé à quatre, et M. le Dr Heckel.
Les m em bres sociétaires fo n d ateu rs et d ona­
teurs sont ceux qui d ans le b u t de seconder,
plus efficacement, l’œ uvre de l’In stitu t colonial,
lui donnent un concours financier im portant.
La deuxièm e catégorie est celle des m em bres
correspondants ; ceux-ci sont agréés p a r le Con­

seil et lui fournissent, soit spontaném ent, soii
su r sa dem ande, tous renseignem ents de natu r*
à seconder l’œuvre coloniale de l’In stitu t.
A

r t

. 4.

Toute personne qui voudra faire p artie de
l'Association devra être présentée et adresser
sa dem ande au P résident.
La dem ande d’adhésion devra être faite par
écrit et contenir l’adhésion aux S tatuts. Le P re ­
sident soum et la dem ande au Conseil, qui l’exa­
m ine et prononce.
Les cotisations annuelles sont payables d’a ­
vance et acquises à la Société, en cas de dém is­
sion en cours d’exercice.
Toute dém ission devra être adressée au P ré ­
sident p a r écrit.
Le non paiem ent de la cotisation, p en dant
deux années consécutives, en traîn e de droit la
radiation.
P o u r être m em bre sociétaire fondateur, il
faut p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 1.000 fran cs au
m inim um ;
2° Une cotisation annuelle de 200 fran cs au
m inim um .
P o u r être m em bre d o n ateur il fa u t p ay er :
1° Un droit d’adm ission de 500 fran cs a u m i­
nim um ;
2° Une cotisation annuelle de 100 francs au
m inim um .
P o u r être m em bre adhérent, il fa u t p ay er une
cotisation annuelle de 30 fran cs au m inim um .

S ervices de l’Institut :
Législation et Economie Coloniales.
M. R aynaud .
Ilez-de-chaussée : Salle des Cours Coloniaux.
Hygiène Coloniale et Epidém iologie.
Ier étage : Musée Colonial.
M. le Dr R eynaud .
3me étage : S ecrétariat de l’In stitu t, B u reau de
C ultures coloniales. — Ja rd in colonial.
R enseignem ents.
M. V. D avin .
Musée Commercial.
| H istoire des Religions dans les peuples indigè­
Rédaction de T « E xpansion Coloniale ».
nes des colonies.

M. G. F oucart.

Cours coloniaux

Directeur : M. le Dr H eckel.
P ro d u its végétaux coloniaux.
M. H. J umelle.
P ro d u its an im au x et p arasitologie des plantes
et des an im au x des colonies.
M. Jacob de Cordemoy.
M inéralogie et Géologie coloniales.
M. L. L aurent .

H istoire et G éographie Coloniales.
M. P. Masson .

M. le Dr Heckel publie chaque année, avec la
collaboration des professeurs des Cours Colo­
niaux, les « Annales de l’In stitu t Colonial de
M arseille »
. ____________
Institutions con nexes :

2rae étage : Société de G éographie (Bibliothèque
Publique).
Comité de l’Alliance F rançaise,
Comité du Maroc.
•3me étage : S yndicat des E xportateurs.

Com ité de rédaction de « l’E xpansion C oloniale »
MM. Ad. F ouque, P résident de la Commission du Musée Com mercial et du B ureau de Rensei­
gnem ents ; Louis Yt ier . Vice-Président : Jacques Léotard , S ecrétaire ; P au l Masson, P ro ­
fesseur à l’Institut, Membre du Conseil. — M. Emile R aillaud, S ecrétaire de l’In stitu t colo­
nial. — M. Auguste Giry , ancien Directeur-A djoint de l’Exposition coloniale.
M arseille. — Im p rim e rie d u

S é m a p h o re .

B a r l a t ie r , r u e V enture, 17-19.

�Imprimerie
du “ Sémaphore”
Barlatier
17-19, rue Venture
Marseille

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L’INSTITDT COLONIAL MARSEILLAIS
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LE

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DE

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1911
S O M M A I R E
LE

RÉGIME

DOUANIER

COLONIAL

PAGES

Conférence de M. Adrien AHTAUD, sur le Régime
douanier colonial, faite à Paris, sous la prési­
dence de M. Paul DESCHANEL......................
Réponses des Chambres de Commerce métropo­
litaines et des Colonies au questionnaire de
la Commission interm inistérielle..................
Institut colonial marseillais :
Extraits des Procès-verbaux.............................

ABONNEMENT : F r a n c e
Rue

et

1
13
28
Co lo n ies ,

Noailles,

5

—

Extraits de la correspondance.........................
Musée commercial : Bureau de renseignemls.
»
»
Expositions annuelles. .
(lours coloniaux.................................................
Actes coloniaux officiels........................................
Institutions connexes.............................................
Marché des produits coloniaux...........................
Marché des valeurs coloniales.............................

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MARSEILLE

; É tranger,
36-90

15

francs.

31
31
33
3(;
;{(;
37
39
40

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L’INSTITDT COLONIAL MARSEILLAIS
PARAISSANT

LE

-1er

DE

CHAQUE

MOIS

S O M M A I R E
LE

RÉGIME

DOUANIER

COLONIAL

PAGES

Conférence de M. Adrien AHTAUD, sur le Régime
douanier colonial, faite à Paris, sous la prési­
dence de M. Paul DESCHANEL......................
Réponses des Chambres de Commerce métropo­
litaines et des Colonies au questionnaire de
la Commission interm inistérielle..................
Institut colonial marseillais :
Extraits des Procès-verbaux.............................

ABONNEMENT : F r a n c e
Rue

et

1
13
28
Co lo n ies ,

Noailles,

5

—

Extraits de la correspondance.........................
Musée commercial : Bureau de renseignemls.
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Expositions annuelles. .
(lours coloniaux.................................................
Actes coloniaux officiels........................................
Institutions connexes.............................................
Marché des produits coloniaux...........................
Marché des valeurs coloniales.............................

12

francs

Téléphone

MARSEILLE

; É tranger,
36-90

15

francs.

31
31
33
3(;
;{(;
37
39
40

�IN STITU T

C O LO N IA L

M A R SEILLA IS

F o n d é p a r l a C h a m b r e d e C o m m e r c e d e M a r s e ill e , p l a c é s o u s le h a u t p a t r o n a g e
d e M. le M i n i s t r e d e s C o lo n ie s
P r é s i d e n t s d’h o n n eu r ;

MM.
Le Gouverneur général de l'Algérie-,
Le Gouverneur général de l’irido-Chine.
Le Gouverneur général de l’Afrique Occidentale

fra n ça ise.
Le Gouverneur général de M adagascar.
Le Résident g é n é r a l de la République Française
à Tunis.
Le Général C om m andant en chef le XV’ Corps
d ’armée.

MM.
Le P réfet des Bouches-du-Rhône.
Le Maire de Marseille.
Le P résident du Conseil général.
Le Recteur de l'U niversité d ’Aix-Marseille.
Le Doyen de la Faculté des Sciences.
Féraud , A ugustin, P résident honoraire de

1a
Chambre de Commerce.
Jules, Com m issaire t-énéral de
l’Exposition Coloniale de Marseille 1906.
M e m b r e s fo n d ate u rs :
Desbief , Paul, P résident de la Chambre de Corn
MM.
merce. — D ufay, Henri, ancien Vice-Président de
Armand . Albert, Membre de la Cham bre de Com­
la
Chambre de Commerce. — D ufay, Gigandet
merce. — Rergassè . H. et C". — Rohn, Frédéric,
et. C1'. — Gavoty, Charles. — IIeckel, E douard (D ),
Membre de la Chambre de Commerce. — CharlesP rofesseur à la Faculté des Sciences, Directeur du
Roux, Jules, Com m issaire général de l’Exposition
Musée Colonial. — « Nouvelles Galeries ». — S o­
Coloniale de M arseille 1906. — Compagnie des Che­
ciété Nouvelle des Raffineries de Sucre de Saintmins de fer de P aris à Lyon et à la M éditérranée.
Louis. — S ociété Générale des T ransports M ari­
— Compagnie F rançaise de l’Afrique Occidentale.
tim es à vapeur. — S ociété Marseillaise de Crédit
— Compagnie Générale T ransatlantique. — Com­
Industriel
et Com mercial et de Dépôts. — S ociété
pagnie M arseillaise de M adagascar. — Comptoir
Générale pour favoriser le développem ent du
National d’Escompte de P aris. — Crédit Lyon­
Commerce et de l’Industrie en France
nais . — Compagnie des M essageries M aritimes. —
Charlçs-Roux,

M em bres d o n a te u rs :

MM.
J.-B. et A. Artaud Frères. — Bari.atier , Paul. Berger, C. — Chabrières , Morel et C". — Cham ­
bre de Commerce de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
— Compagnie Algérienne. — Compagnie des Docks
et E ntrepôts de M arseille.— Compagnie M arseillaise
de N avigation (Fraissinet &amp; C"). - - Compagnie de
Navigation Mixte Com pagnie Touache). — Compa­
gnie des V apeurs de Charge F rançais. — Compagnie
Générale Française de Tram w ays. — Cyprien Farp.e &amp; C". — Crédit Foncier et Agricole d’Algé­
rie. — D ufour M arius et Fils — E strine , I,ucien,
Uice-Président de la Chambre de Commerce. —
Béraud , A ugustin, P résident honoraire de la
Chambre de Commerce. — Lombard , Emile. MemCONSEIL

bre de la Chambre de Commerce. — Mailiiat, il.
Sous-directeur de la Compagnie F rançaise de l’A­
frique Occidentale. — Mathon , Eug., Agent géné­
ral de la Compagnie F rançaise de l’Afrique Occi­
dentale. — Noilly P rat &amp; C1’. — N. P aquet &amp; C1'. —
J. et A. P avin d e Lafakge. — Rastit , Henri. —
Rocca, T assy et D e R oux. — E. Rodocanachi. —
Rolland, Alex., m em bre de la Chambre de Com­
merce. — Roduigues-E ly, Amédée. — S ociété « la
Morue Française ». — S tapfer , Daniel, Membre
de la Chambre de Commerce. — S ube , Ludovic,
Vice-Président de la Cham bre de Commerce. —
Hsslaub , Léonce. — Velten , Edouard, Membre de
la Chambre de Commerce. — Zafiropui .o ei
Za b if i.

D’ADMINISTRATION :

Président honoraire fondateur : M D esdief , Paul, P résid en t honorairp de la Chambre de Commerce
’ I |f'ï iiinnr Lucien, Président de la Chambre de Commerce.
Président : M. Artaud, Adrien, Membre-fteerétei-re de la Chambre de Commerce.
Secrétaires : MM. B art.atifr . Paul, D irecteur du
Vice-Présidents : MM. le D' H eckel, DirecteurP résident
S ém a p h o re,- F ouque, Adolphe, P résident hono­
F ondateur du Musée Colonial
raire du S yndicat d ’in itiative de Provence.
de la Société de Géographie ; P onsinet , A.
Chef du Service Colonial : le C” Armand ,
Trésorier : M. Ytie R, L., A ssureur, Vice-Président
Albert, prem ier Vice-Président de In Chambre
du Syndicat des E xportateurs.
de Commerce, P résident du Syndicat M arseil­
Trésorier-Adjoint : T eisseire , Raymond, Avoué,
lais de la M arine M archande ; Rohn. Frédéric,
S ecrétaire de la Société de ""Géographie.
A dm inistrateur-D irecteur de 'TTTT.ompagnie
F rançaise de l’Afrique Occidentale, ancien
Membre de la Chambre de Commerce.
Membres
MM.
MM.
Lombard , Emile, Vice-Président de la Chambre
ArttrHiWANn, I., P résid en t du T ribun, de Commerce.
de Commerce.’
TTllést , J. (D’). A dm inistrateur-D élégué de la Com­
Mallen, E., Arm ateur.
pagnie G énérale T ransatlantique.
M
artin
-Laval, F., V ice-Président du Syndicat des
A rnaud Lucien, Minotier.
E xportateurs.
B f.rgasse , Alexandre, Négociant.
M ass o n , Paul, P rofesseur à l’Université et à l’Ins­
Iîoiirdillon, A., A rm ateur.
titut colonial.
_
Charve, L., Doyen de la Faculté des Sciences.
c M©ru ;e* w,-K.-7 •WBïtaistrateiïr'errTnM dl'STolon ies.
Déchaud, D irecteur des M essageries M aritimes.
D ufay, H., Ane. Vice-Prés, de la Chnmb. de Comni.
ea-reicaiiga, ,
D ufour, Antonin, Juge du T ribunal de Commerce. : Rastit . Henri. Industriel.
Rastoin , E., Président de la Société pour la Dé­
Dufour, J.,Présid. du S yndicat des Cuirs et Peaux.
fense du Commerce et de l’Industrie de Marseille.
F.st 'er . Nicolas, ancien P résident du Conseil géné­
-*Ronx. François (De), Ju"e au T ribunal de Com­
ral des Bouches-du-Rhône.
merce.
Gaffarel , Paul, Professeur à l’Université.
T urcat, H., Membre
la Chambre de Commerce.
Giraud , Hubert, Arm ateur, Membre de la Chambre
Velten , Edouard, Ir.ln striel, Ancien Membre-Se­
de Commerce.
crétaire
de
la
Ch
am
ble
de Commerce.
Jacquemet, Louis, P résident du S yndicat des
! Lévy , Clément, 1” Adjoint au Maire de Marseille.
Négociants en cafés.
Joannon. A., Avocat, P résident de l’Association ! D elibf.s . J.. Délégué du Conseil Municipal,
Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole Supérieure j Rossi, Clément. Délégué du Conseil Municipal.
Maurel, Agricol, Délégué du Conseil Général.
de Commerce.
J ourdan. Félix, Juge au T ribunal de Commerce.
T alon, Eug., Ancien bâtonnier Avocat-Conseil.
Kahn , Membre d,e la Chambre de Commerce.
I Secrétaire de. l'In stitu t colonial : Emile B aiixaud ,
Léotard, Jacques, Secrétaire général -d e la So­ i
diplôm é de l’Ecole des sciences politiques, anciété de Géographie.
1
rien chargé de M issions coloniales.

�INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS

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i

s

L’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS,
désireux d’offrir à Messieurs les Coloniaux de
passage à Marseille, un centre de réunion
présentant tous les avantages d’une maison
commune, les informe qu’ils peuvent y faire
adresser leurs correspondances et même des
échantillons de peu de volume, qui seront
tenus à leur disposition ou leur seront réex­
pédiés, sur leurs indications. Il a installé dans
son hôtel (ascenseur), des salles de réunion,
lecture et correspondance, où ils trouveront
des journaux d’outre-mer et des publications
métropolitaines susceptibles de les intéresser,

Bans le double but de faciliter à Messieurs
les Coloniaux de passage les achats qu’ils
auraient à faire, ou leur installation dans
notre ville et dans la région, et de faire mieux
connaître aux négociants marseillais, adhé­
rents à l’Institut, les articles plus particuliè­
rement demandés par les clients coloniaux,
l’INSTITUT COLONIAL MARSEILLAIS se
met à leur disposition pour leur fournir gra­
tuitement tous les renseignements dont ils
auraient besoin.

�Standard

F

R A FFIN ER IE

rançais
GÉNÉRALE

DE

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�Cinquième Annee.

1" Janvier 1911.

N° 38

L’EXPANSION COLONIALE
Bulletin de l’Institut Colonial Marseillais

--------

LE KÉGÜIE DOUANIER COLONIAL
Conlérence de M. Adrien

A rtaud

Président de l’Institut colonial marseillais
FAITE A LA FÉDÉRATION INTERCOLONIALE A PARIS
LE 10 DÉCEMBRE 1910

M. Paul Deschanel, ancien président de la
Chambre des députés, président de la Com­
mission des affaires extérieures et coloniales
de la Chambre et de la Fédération Intercolo­
niale, avait convoqué le samedi 10 décem­
bre, à 3 heures, dans le local de l’Union Colo­
niale, les députés et sénateurs qu’intéressent
particulièrement la prospérité et l’avenir de
nos possessions 'et spécialement les membres
de la Commission des douanes, à venir en­
tendre M. Adrien Artaud, président de l’Ins­
titut Colonial Marseillais, membre-secrétai­
re de la Chambre de Commerce de Marseille,
exposer le problème si complexe que pose
là révision projetée du régime douanier im­
posé à nos colonies par la loi du 11 janvier
1892.
La réunion était présidée par M. Paul Des­
chanel, assisté de M. Eugène Etienne, viceprésident de la Chambre des députés- On re­
marquait, dans l’assistance, la présence de
MM. Henri Brisson, président de la Cham­
bre ; Trouillot ancien ministre des colonies;
Saint-Germain, Flandin, sénateurs; J. Thier­
ry, président de la Commission des Doua­
nes, Lucien Hubert, Broussais, Loth, Malaviale, Paris, de Villebois-Mareuil,Toy-Riont,
députés, etc.
Au début de la réunion, M. Paul Descha­
nel a prononcé l’allocution suivante :
Allocution de M. Deschanel
Je souhaite au nom de la Fédération Inter­
coloniale, la bienvenue à nos honorables col­
lègues du Sénat et de la Chambre, dans cette
maison de l'Union Coloniale Française qui
est le centre le plus actif d’études et de pro­
pagande coloniales, et dans laquelle son di­
recteur général, notre collègue et ami M.
Chailley, accorde à notre association une si
large hospitalité. Je vous remercie d’avoir
répondu si nombreux à l’invitation qu’avec

MM. les sénateurs Saint-Germain et Flan­
din, notre collègue Eugène Etienne, le chef
respecté et aimé du parti colonial, et avec
mon ami Chailley, j’ai eu l’honneur de vous
adresser, au nom du bureau de la fédéra­
tion.
Vous savez dans quel dessein notre associa­
tion a été fondée : elle se propose d’appeler
l’attention du Parlement sur les effets du ré­
gime douanier appliqué depuis 1892 à notre
domaine colonial. Dix-huit années d’expé­
riences de ce régime ont prouvé que les co­
lonies qui ont été assimilées alors à la mé­
tropole (et c’est le plus grand nombre) et as­
sujetties au tarif général métropolitain, ont,
pour la plupart, beaucoup souffert de ce ré­
gime.
Les échos de leurs plaintes nous sont par­
venus de plus en plus intenses, dans les Con­
grès coloniaux qui se sont succédé depuis
quatre ans : celui de Marseille en 1906, celui
de Bordeaux en 1907 et celui des Anciennes
Colonies, à Paris, en 1909. Au cours de ce
dernier Congrès, que j’ai eu l’honneur de
présider, un des souvenirs les plus vifs que
m’aient laissé les correspondances et les com­
munications qui nous parvenaient sur cette
question du régime douanier, c’est l’impres­
sion de lassitude, de découragement qui s’en
dégageait ; elles laissaient entendre que le
Parlement est trop loin, qu’il est trop haut,
pour percevoir les doléances de nos vieil­
les colonies et que celles-ci se sentent com­
me condamnées à subir, sans espoir d’allè­
gement, des tarifs oppressifs, qui entravent
leur production, renchérissent la vie de leurs
habitants, et même, comme cela s’est produit
pour cette malheureuse et si intéressante co­
lonie de Saint-Pierre et Miquelon, les rui­
nent et les dépeuplent.
N’est-ce pas un spectacle attristant pour
un grand et généreux pays comme la France,
de constater que ces petites parcelles du ter­
ritoire national disséminées dans les mers
lointaines, que le loyalisme et l’héroïsme de
leurs populations ont jadis conservées à la
patrie française, succombent sous un régime
étroitement égoïste qui les réduit au dénue­
ment et y sème la désaffection ?
Ce spectacle, notre fédération est convain­
cue que le Parlement ne voudra pas le pro1

�2

L’EXPANSION COLONIALE

longer. Le Parlement mérite toute la con­
fiance des colonies qui s’adressent à lui. Il
sait pour quelle part elles comptent aujour­
d’hui dans le mouvement commercial de la
métropole ; il suit avec un intérêt croissant
l’essor admirable de quelques-unes de nos
grandes possessions (celles précisément qui
ont échappé à l’application du tarif métropo­
litain) ; il apportera dans l’examen du régime
douanier qui doit leur être appliqué le souci
d’assurer leur prospérité, qui est un des fac­
teurs -essentiels de la prospérité de la mé­
tropole, et le désir de soulager celles qui
souffrent d’une sujétion trop étroite, et de
conserver à celles qui jouissent d’un régime
libéral la prospérité qu’elles lui doivent.
C’est pour nous préparer au débat qui
doit bientôt s’ouvrir sur ce sujet au Parle­
ment, c’est pour nous éclairer le plus com­
plètement possible sur la situation économi­
que de nos diverses colonies et sur les amé­
liorations qu’il conviendrait d’apporter à
leurs tarifs de douanes, que nous vous avons
conviés à constituer auprès de la Fédération
Intercoloniale un groupe d’initiative parle­
mentaire, dont la réunion d’aujourd’hui
n’est, en quelque sorte que la préparation.
Ce n’est, en effet, dans notre pensée ni une
séance constitutive, ni une séance de contro­
verse. Comme préface à nos travaux, nous
avons demandé à un des hommes qui con­
naissent le mieux en France les questions
douanières intéressant les colonies de venir
nous exposer les conséquences qu’a eues pour
elles le régime institué par la loi de 1892, et
les réformes qu’il paraît utile d’y apporter.
M. Adrien Artaud, qui a bien voulu accep­
ter cette tâche, est depuis de longues années
à la tête d’une des plus importantes maisons
de commerce de Marseille, qui exporte les
produits du sol français dans toutes nos colo­
nies, et je pourrais même dire par tout le
globe ; M. Adrien Artaud a, depuis dix-huit
ans vécu pour ainsi dire jour par jour, com­
me il se plaît à le dire, le régime douanier
colonial. A cette expérience professionnelle
qu’il en a acquise et qui lui en a révélé les
vices, il joint de longues et patientes études
qui lui ont permis d’indiquer les remèdes.
11 a proposé, pour la première fois au Con­
grès Colonial de Marseille en 1906, la réfor­
me de la loi de 1892 et exposé les principes
de cette réforme dans un rapport qui fait de­
puis lors autorité, et dans des vœux, sanc­
tionnés d’abord par le Congrès de Marseille
et ensuite par les Congrès de Bordeaux et de
Paris. Plus récemment encore, dans deux
nouveaux rapports présentés au nom de l’Ins­
titut Colonial de Marseille, dont M. Artaud
est le président, et à la Chambre de Com­
merce de cette ville, à laquelle il appartient
depuis longtemps et dont il est, en même
temps que le secrétaire, l’un des membres
les plus écoutés, il a repris et développé la
même thèse.

On ne compte plus à Marseille les œuvres
d’intérêt général que M. Artaud y a fondées
ou au service desquelles il a mis une acti­
vité et un savoir inépuisables. Tel est l’hom­
me, aussi modeste qu’éminent, qui a bien
voulu répondre à l’appel de notre fédération.
En s’imposant la fatigue et la perte de temps
d’un déplacement et d’un séjour à Paris
dans la période la plus active des affaires
pour venir porter la bonne parole parmi
nous, M. Artaud donne une nouvelle preuve
de son dévouement à la cause coloniale dont
notre fédération lui est profondément recon­
naissante et dont je lui exprime en votre nom
tous nos vifs remerciements. Et pour ne pas
retarder davantage le plaisir et le profit que
nous aurons à l’entendre, je m’empresse de
lui donner la parole.
CONFÉBENCE DE M. ABTAUD

M essieurs,
Perm ettez-m oi de fa ire appel à votre plus
extrêm e indulgence. Les éloges que vient de
m ad resser M. le président Deschanel et dont
je lui suis profondém ent reconnaissant, car ils
sont un tém oignage de plus de la g rande b ien ­
veillance q u ’il veut bien me m aniiester, ne font
q u ’augm enter m on trouble à la pensée de l’a u ­
ditoire en présence duquel je me trouve et qui
compte les m aîtres incontestés de la trib u n e
française et des hom m es d ’E ta t dont la ré p u ta ­
tion est universelle.
Je ne suis qu’un professionnel vous appor­
ta n t les résu ltats d’une longue expérience des
difficultés douanières coloniales et de trav au x
poursuivis su rto u t s u r le te rra in pratique, et
j’ai g ran d peur que m on inexpérience oratoire
ne trah isse quelque peu m a bonne volonté. M al­
gré m on désir très vif de m ’exprim er avec toute
la m odération qui sieu aux nonnes causes, si
la chaleur de m a conviction 'm’em portait m al­
gré moi, à un m om ent donné, je vous supplie.
M essieurs, de considérer que je ne suis pas ici
en arbitre, m ais en défenseur convaincu d in­
térêts qui m ériten t toute votre sym pathie, car
ce sont ceux de la plus g ran d e France.
M essieurs, la question de la révision doua­
nière coloniale se présente pour le P arlem en t
comme le com plém ent de la révision douanière
générale. Je dois dire que po u r le m onde colo­
nial c’est une question indépendante, une ques­
tion an térieu re et une question po u r laquelle
la révision douanière générale est une occa­
sion de solution, m ais non p as une raiso n dé­
term inante.
Vous savez que le m onde colonial se réu n it
dans des congrès, congrès autrefois séparés de
cinq années, q u i au jo u rd ’h u i se répètent d’a n ­
née en année, m ais qui form ent to u t de même
un cycle quin q u en n al parce que l’abondance
des questions qu’on av ait à tra ite r quand on
s’occupait de to u t notre dom aine colonial était
telle qu’on a vu la nécessité de les sérier, pos­
session p a r possession.
Le Congrès de 1906, qui a u ra it dû avoir lieu
en 1905, m ais qui av ait été renvoyé à l’année
suivante pour coïncider avec l’Exposition colo­
niale de M arseille, fa isa it suite. au Congrès de
1900. C’était le prem ier qui p u t aborder la ques­
tion douanière, fin ce sen s que le régim e de

�L’EXPANSION COLONIALE
1892 n ’a y a n t p u être appliqué à nos possessions
q u ’en 1893, p u isq u ’il av a it une année à co u rir
pen d an t laquelle des m odifications pouvaient
se produire, il ne s’ag issait en 1900 que d’une
expérience de six .ou sept années a u plus. P a r
contre, en 1906, douze ou treize années s’étaient
écoulées, et vous savez, que c’est l’âge adulte
p our les com binaisons douanières. Nous avons
vu l’Allem agne chan g er de douze a n s en douze
an s ses différents systèm es et, vraim ent, au
bout d’une p ériode de douze années, u n sys­
tème douan ier quelconque a donné l’ensemble
de ses résu ltats. C’é ta it donc le m om ent de l’é­
tu d ie r à fond.
Je dois dire, bien que vous vous en doutiez
certainem ent, que les congrès coloniaux ne
sont pas de sim ples réunions d’am ateu rs discu­
ta n t des questions théoriques, c a r la colonisa­
tion est une création de m onde et il est néces­
saire que des échanges de vues et su rto u t des
indications de ré su lta ts précisent les voies à
suivre. Le Congrès de 1906, tenu sous la p ré si­
dence de M. Charles-Roux, et dont les réunions
plénières ont été présidées p a r des hommes
comme MM. Chailley, de L anessan, etc., ré u ­
n issa it tous ceux qui pouvaient exam iner avec
fru it les questions de colonisation.
Je vous dem ande la perm ission de vous in ­
diquer quel était le program m e des trav au x de
la troisièm e section, celle qui av a it à s’occuper
du régim e économique.
On nous d em an d ait d’exam iner l’influence du
régim e dou an ier ré su lta n t de la loi du 11 ja n ­
vier 1892 (c’est-à-dire du régim e actuel) aux di­
vers points de vue :
a) Des exportations de la m étropole ;
b) De la production d ans les colonies, de
l’exportation vers la m étropole, vers les colo­
nies et vers l’étra n g e r ;
c) Des conditions de la vie dans les colonies ;
cl) Des finances locales et p a r répercussion
des finances m étropolitaines ;
Ses conséquences au point de vue de l’ad m is­
sion en fran ch ise p artielle ou totale des p ro ­
duits coloniaux en F ran ce ;
L’influence des droits de sortie su r le déve­
loppem ent de l a production coloniale ;
Et quel é ta it le m eilleur régim e d ouanier à
adopter :
а) Au point de vue gépéral du développe­
m ent com m ercial et in d u striel de nos colonies ;
б) Au poin t de vue spécial du développe­
m ent des échanges avec la m étropole ;
c) Au point de vue fiscal p o u r la m étropole et
les colonies.
Vous voyez que l’ensem ble des préoccupations
é ta it trè s large, que l’on se p la ç a it a u ta n t au
poin t de vue m étropolitain qu’au point de vue
colonial, et qu’il s’ag issait d ’u n e étude et non
pas d’une condam nation a priori dans la pen­
sée de ceux q u i étu d iaien t le régim e en vigueur.
D’ailleurs, cette question é ta n t neuve, on la
considérait comme ne p ouvant p as faire l’objet
de tous les trav au x d’une section, et on avait
dem andé à la troisièm e section de s’occuper
aussi de l’o rganisation com m erciale.
On d e m a n d a it cru’elle é ta it l’o rg a n is a tio n
co m m erciale so u h a ita b le , a u p o in t de vue :

De l’outillage in térieu r: routes, ports, w harfs,
ch an tiers de construction, p arcs à charbon,
chem ins de fer, n av ig atio n fluviale et côtière,
télégraphie ;
Des com m unications avec la m étropole, les
a u tre s colonies et l’étra n g e r : services de tr a n s ­

B

port, subventions postales, paquebots et v a­
p eurs de charge, câbles télégraphiques ;
Au point de vue financier : constitution de
capitaux, em prunts, banques d’ém ission et de
crédit agricole, in d u striel et com m ercial.
Chaque groupé de colonies av ait été confié à
un ra p p o rte u r spécial : M. E. M athon, agent
général de la Compagnie, française de l’Afrique
occidentale, po u r l’A frique occidentale ;
M. A. G aism an, ad m in istrateu r de l”Union
com m erciale indochinoise, po u r l’Indochine et
les E tablissem ents fran çais de l’Inde ;
M. Jules Grosjean, avocat, chef du secrétariat
de la Société po u r la Défense du Commerce de
M arseille, pour l’Afrique du Nord ;
M. Albert Bourdillon, négociant à M arseille,
pour les Antilles, la G uyane, la R éunion ;
M. le com m andant Bourge, po u r la NouvelleCalédonie, les Nouvelles-Hébrides et les E ta ­
blissem ents fran çais de l’Océanie ;
M. Jully, com m issaire de M adagascar à l’E x­
position coloniale de M arseille, po u r M adagas­
car.
Le program m e é ta it chargé, et ce fut très
heureux, en ce sens que, à m esure que nous
avons avancé dans l’exam en du régim e doua­
nier, de ses conséquences et que nous avons
étudié l ’o rganisation com m erciale, nous avons
été am enés à considérer que l’o rganisation
com m erciale, la m ise en valeur, la création de
l’outillage des colonies, étaien t fonction de leur
régim e douanier. C’est ce qui fa it que dans nos
préoccupations le pas a été p ris p a r le régim e
d o u anier ; et les a u tre s congrès nous ont donné
raison, puisque cette question a été réservée à
des sections dont elle a form é l’unique objetJe vous dem ande la perm ission de vous lire
les conclusions du ra p p o rt général présentées
à l'assem blée plénière.
» L a troisièm e section appelée à étudier le ré­
gim e économique et l’o rganisation com m erciale
des colonies ;
Soum et à l’assem blée plénière ses co n stata­
tions et ses conclusions :
T ouchant le régim e économique, elle cons­
tate :
Que la loi du 11 jan v ier 1892 n ’a pas a ttein t
son b u t d'unification a u p o in t de vue douanier,
du territo ire m étropolitain et des territo ires co­
loniaux ;
Qu’elle a eu un effet trè s incom plet et très v a­
riable, de pays à pays, au reg ard du dévelop­
pem ent de nos exportations vers les colonies ;
Que, ta n t p o u r les indigènes que pour les E u ­
ropéens, elle a renchéri les conditions de la
vie dans nos possessions et, p a r suite, n u i à
leur production ;
Que la suppression des recettes de douane
aux colonies a nécessité, p o u r 1’équilibre des
budgets locaux, des relèvem ents de taxes d’oc­
troi de m er et rétablissem ent d’im pôts directs
ou de monopoles, qui ont profondém ent troublé
l’existence économique de nos possessions loin­
tain es ;
Elle apprécie, au p o in t de vue de l’adm ission
en fran ch ise partielle ou totale des pro d u its
coloniaux en F rance, que la conséquence logi­
que de la loi du 11 jan v ier 1892, étab lissan t l’as­
sim ilation douanière de la F ran ce et des colo­
nies, devrait être la fran ch ise totale, c’est-àdire l’échange san s droits, de leu rs produits,
entre les colonies et la m étropole ;
Elle déclare que les droits de sortie consti-

�4

L’EXPANSION COLONIALE

tu e n t une form e su ran n ée de perception fiscale
qui m et obstacle au développem ent de l’expor­
tation, c’est-à-dire à l’expansion et a u ra y o n ­
nem ent des p ay s soum is à ces droits.
Elle conclut que le m eilleur régim e douanier
à ad o p ter se ra celui qui :
1° R enoncera à toute unification e t cen trali­
sation systém atiques, que l ’expérience de l ’ap ­
plication de la loi du 11 ja n v ie r 1892 a dém on­
trées irréalisab les :
2° A bandonnera définitivem ent le principe
faux de la subo rd in atio n économ ique des colo­
nies à la m étropole, en reco n n aissan t que le
véritable in térêt de la m étropole réside dans la
prospérité des colonies ;
3° D écrétera l’autonom ie de chaque colonie
ou groupe de colonies, au p o in t de vue écono­
m ique, et ré g le ra le régim e douan ier de chaque
colonie ou groupe de colonies au m ieux de
leu rs intérêts, en te n a n t compte des form es et
conditions essentielles ci-après :
a) R evendication p a r la colonie des m esures
et taxes q u ’elle juge les plus favorables a u dé­
veloppem ent de sa richesse ;
b) Octroi de ces m esures p a r la m étropole,
sous réserve de ses in térêts généraux, p a r un
décret ren d u dans la form e des règlem ents d’a d ­
m in istratio n publique ;
c) F ix atio n d ’une durée convenable p e u r le
régim e, ain si établi de façon à p erm ettre aux
m esures prises de so rtir pleinem ent à effet, et
aux intéressés d ’en tire r le m eilleur p arti...
T ouchant l’org an isatio n com m erciale des colo­
nies elle apprécie que :
L’autonom ie économ ique des colonies est la
condition indispensable de leu r o rg an isation
com m erciale... »
Nous signalions, en outre, beaucoup de réfo r­
mes à accom plir au point de vue de l’o rg a n isa­
tion com m erciale, m ais je lis cettê p h rase parce
qu’elle exp rim ait une constatation trè s p ré ju ­
dicielle, qui s’é ta it imposée à n o u s et qui est
d’une im portance prim ordiale p our la question
. qui nous occupe.
Ces conclusions ont été ratifiées à l ’unaniîriité, à la réunion plénière du 7 septem bre,
tenue sous la présidence de M. de L anessan,
ancien m in istre de la m arin e, ancien gouver­
n eu r de l ’Indochine.
Q uatre années se sont écoulées ; depuis ont
eu lieu le Congrès de B ordeaux, le Congrès des
anciennes colonies, et chaque fois la question
a fa it un pas de plus.
Je vous dem ande la perm ission de Vous citer
le voeu du Congrès de B ordeaux p arce q u ’il
résum e sous une form e trè s laconique et très
complète la doctrine que j ’ai l’h o n n eu r de vous
exposer.
Le Congrès de B ordeaux d isait :
« En politique coloniale, le prem ier, le v éri­
table intérêt, m atériel et m oral de la m étropole
réside dans la prospérité de ses colonies ;
« Il convient d’em pêcher toute m esure fiscale
qui soit de n a tu re à dim in u er les ressources
des indigènes, à les ap p au v rir, à restrein d re
la population, à p o rter atteinte au crédit finan­
cier des colonies et, p a r voie de conséquence,
à en trav er l’exécution des trav au x publics et
nécessiter le recours au tréso r m étropolitain,
soit p o u r fo u rn ir les a rré ra g es des em prunts

g aran tis, soit pour p arfaire l’insuffisance des
budgets locaux. »
Enfin en 1909, su r un ra p p o rt très n o u rri et
très étudié de M. H arm and, ancien am bassa­
deur de F rance, le Congrès des Anciennes colo­
nies réu n i à P a ris soiis la présidence de M. P au l
Deschanel, ratifia it à l’unanim ité les conclu­
sions des Congrès de M arseille ’et de Bordeaux,
en ém ettant le vœu que toutes les forces colo­
niales s’unissent po u r faire triom pher ces légi­
tim es revendications.
Mais, M essieurs, il ne s ’ag issait pas là de
sim ples répétitions. Les quatre années écoulées
av aien t été employées à scru ter les statistiques,
à dem ander les avis des colonies, et nous som­
mes arriv és à entasser en faveur de notre thèse
des argum ents dont le seul défaut est d’être trop
nom breux, ce qui nous oblige à choisir.
Je vous disais, M essieurs, que nous avons
recueilli de nom breux avis des colonies. Sur
l ’initiative de M. M ilhe-Poutingon, le Congrès
de B ordeaux avait émis le vœ u que nos posses­
sions fussent consultées p a r le m in istre des colo­
nies sur l’opportunité d’une révision du régim e
douanier et su r le sens d an s lequel elle devait
être orientée. Le m inistre des colonies voulut
bien déférer à cette dem ande, et une enquête
fut faite dans chaque colonie. Les réponses sont
venues et une com m ission interm inistérielle est
chargée de les exam iner.
Vous avez certainem ent entendu dire que les
colonies sont dan s l ’ensem ble satisfaites du ré ­
gime auquel elles sont soum ises et que, sous ré ­
serve de certaines m odifications, elles exprim ent
en général le désir que le sta tu quo soit m ain ­
tenu.
Cela n ’est v ra i que si l ’on ajoute que ces
m odifications chan g eraien t du to u t a u to u t le
régim e actuel.
Il ne fa u t pas oublier q u ’on est en présence
de docum ents écrits et q u ’une ap p réciatio n
quelque peu tendancieuse ne s a u ra it prévaloir
contre leu r texte. Les colonies dem andent sou­
vent le m ain tien de com binaisons existantes,
il est évident q u ’on est to u jo u rs très désireux
de sauv eg ard er des in térêts qui se sont créés
p endant une période de dix-sept à dix-huit ans
d’application du régim e en cours — m ais toutes
dem andent en outre des m odifications, et c’est
souvent p a r l’organe de le u r gouverneur que
ces revendications sont présentées. Toutes in d i­
quent que l’application du régim e a com prom is
leu rs facultés de production, qu’elle a ap p au v ri
leur trésor, qu’elle a a rrêté les tra v a u x publics,
qu’elle a ren chéri l’existence, qu’elle leur a créé
des em b arras financiers. Toutes dem andent, des
m odifications, et des m odifications qui sont tel­
lem ent profondes, qu’à m on sens il est im possi­
ble de leu r donner satisfaction au trem en t qu’en
leu r accordant la personnalité douanière.
D’ailleurs, qu an d nous dem andons que la per­
sonnalité douanière soit accordée aux colonies,
quand nous dem andons que les colonies for­
m ulent elles-mêmes leu rs revendications, c’est
y com pris le m ain tien des in térêts qui se sont
créés p en d an t une période d ’application assez
longue : p a r conséquent, dans notre dem ande,
il n ’y a rien de rév o lutionnaire, et la seule cho­
se contre laquelle nous nous insurgeons, c’est
contre ce qui nous est dit lo rsqu’on nous affir­
me que les colonies sont satisfaites de leur
régime.

�L’EXPANSION COLONIALE

P en d an t que cette enquête se p o u rsu iv ait aux
colonies, nous en avons fa it une de n o tre côté,
et nous avons eu la bonne fortune de pouvoir
com parer deux groupes de colonies dont les
conditions économ iques d ’existence étaien t abso­
lum ent différentes.
La loi du 11 jan v ier 1892, je le rappelle, pré­
voyait l’existence de deux groupes de colonies :.
l re catégorie, soum ise au ta rif général, avec
quelques m odifications de droits ;
2e catégorie éch ap p an t entièrem ent à l ’appli­
cation du ta rif général.
D ans la pensée du lég islateur, certainem ent,
toutes les colonies de la deuxièm e catégorie
d evaient passer dans la prem ière, et c’est bien
ce qui a eu lieu p o u r une g ran d e p a rtie des
te rrito ire s ; m ais il est une de nos colonies,
celle de l’Afrique occidentale, qui n ’a jam ais
pu p asser dans la prem ière catégorie, p a r une
ra iso n tout à fa it déterm inante.
L ’Afrique occidentale, dont les différentes co­
lonies sont réunies p a r u n h in te rla n d commun,
form e d ans la p a rtie litto ra le des sortes de
b andes p arallèles, qui a p p a rtie n n e n t à la F r a n ­
ce, à l ’A ngleterre, à la F ran ce, au P o rtu g al, à
l’A ngleterre, à la F ran ce, à l’Allem agne, etc.
L a population éta n t constituée p a r des gens peu
sédentaires, p our peu q u ’il y a it su r u n point
quelconque un renchérissem ent de l’existence,
ceux-ci se déplacent et passent du Sénégal
dans la Gambie, d’un point su r u n autre,
créan t ain si le désert su r le poin t q u ’ils vien­
n en t de quitter. Il a donc été im possible d ’a p ­
pliquer le ta rif général.
D’a u tre p a rt, nous avons des conventions di­
plom atiques qui m ain tien n en t la porte ouverte
p e n d a n t u n tem ps déterm iné dans certain es
colonies, et il a fa llu que l ’A frique occidentale
conservât son régim e.
Grâce à cette situ atio n spéciale, nous pouvons
com parer ce qui s’est p ro d u it d ans ce groupe
de colonies et ce qui s’est p ro d u it d an s u n autre.
Il y a en A frique une colonie qui a été atteinte
p a r le ta rif général, c’est le Gabon, et elle nous
p erm et de répondre dans le cas où on nous
d ira it : m ais la com paraison que vous faites
pèche p a r la base, il ne s ’agit p as de savoir si
telle colonie a prospéré à cause de son régime
et si telle a u tre a périclité à cause du sien ; telle
colonie a prospéré p arce q u ’elle é tait en A fri­
que, et telle a u tre a souffert parce qu’elle était
située d a n s une région différente.
C’est une chance p our nous que le Gabon ait
été soum is au ta rif général. Il a souffert comme
tous les a u tre s pays, bien q u ’il fû t en Afrique,
de cette situ atio n d ouanière et c’est fo rt re g re t­
table p o u r lui, quoique notre thèse y gagne une
v aleu r dém onstrative que vous apprécierez.
M ais a v a n t d ’étu d ier p a r les chiffres les s itu a ­
tions de fait, abordons la situ atio n de droit, et
nous nous trouverons en présence des p a rtisa n s
de l ’unification qui nous disent : P o u rq u o i vou­
lez-vous changer? Vous vous trouvez en présence
d ’une loi qui vous perm et d ’avoir deux catégo­
ries de territo ires, et, en second lieu, d ’ap por­
te r toutes les m odifications que vous voudrez à
la situ atio n des p ays soum is au ta rif général.
Rien de plus facile, avec cette loi et u n peu de
bonne volonté, que de co n stitu er p o u r chaque
pays u n régim e dou an ier qui lui convienne.
Vous pouvez donc constituer votre perso n n alité

5

douanière san s avoir recours à u n e loi qui la
consacre.
Théoriquem ent, cela peu t être v rai, p ra tiq u e ­
m ent non. La loi a dix-huit années d ’applica­
tion ; perm ettez-m oi de dire que s’il se pouvait
que ce régim e d o n n ât toutes les satisfactions,
cela se sa u ra it, les colonies ne se p lain d raien t
pas d ’une situation qu’elles ont subie dans cet
intervalle, m algré leurs réclam ations réitérées.
Oui, des dérogations sont possibles, m ais elles
sont excessivem ent difficiles à obtenir. On veut
bien les prom ettre, m ais nous n ’avons pas foi
dans les prom esses et pour cause. Vous êtes
lég islateu rs r- je voudrais bien vous dem ander
d ’in stitu er un droit d ’enregistrem ent su r les
prom esses, certainem ent il y a u ra it de quoi équi­
lib rer le budget !
J ’étais président de la Société po u r la Défense
du commerce de M arseille, il y a plus de six
années, et je succédais à un président dont le
prédécesseur av ait reçu de M. Bouclier, m inis­
tre du commerce dan s le cabinet Méline, cette
affirm ation :
« Cessez de réclam er le libre-échange ; con­
tentez-vous de la situ atio n actuelle, nous som ­
mes disposés à vous donner p a r les zones fra n ­
ches tous les p alliatifs nécessaires. Demandez
des zones franches, nous serons avec vous. »
Nous n ’avons pas eu d ’ad versaires plus dé­
clarés que ceux qui nous avaient suggéré cette
idée. La dernière fois qu’on l’a fa it écarter p a r
le P arlem en t on nous a dit : Nous vous donne­
rons à la place une révision du régim e des en­
trepôts dan s le sens le plus libéral possible et
vous n ’y perdrez rien. P as plus ta rd que hier
m atin, i’ap p ren ais que la douane, qui depuis
quatre-vingt-douze ans ne se p rév au t ' pas de
quelque chose qui est passé dans la loi en 1818
et lui donne le droit de réclam er l’im pôt sur les
déchets, commence à exiger le droit su r les
m an q u an ts en entrepôt réel des huiles m iné­
rales. Nous pouvons nous dem ander où nous
irons de com pensation en com pensation, et il
ne fa u t pas tro u v er fâcheux que nous ne nous
contentions pas de prom esses de dérogations
q u ’on rem p lacera ensuite p a r des aggravations.
Que nous répondrait-on si à notre to u r nous
disions aux p a rtisa n s de l’unification : Si les
deux régim es sont identiques, quel inconvé­
nient voyez-vous à nous accorder le nôtre ?
Mais c’est là une arg u m entation à côté. Voyons
le fond.
Si le régim e de 1892 a été néfaste pour les
colonies com m ent ne le se ra it pas bien d av an ­
tage celui de 1910 ?
Ce n ’est pas à vous, M essieurs, q u ’il fa u t ra p ­
peler à quel tra v a il de géant il a fallu se livrer
pour m ettre su r ses pieds ce ta rif p o u r lequel
on s’est inspiré des besoins de l’in dustrie ou de
ceux de la concurrence voisine, en ta b la n t sur
les prix de tran sp o rt et su r m ille incidences
qui disp araissen t aux colonies.
Ce ta rif qui constitue une œ uvre considéra­
ble offre les plus gran d es difficultés d’apnlications et exige la coopération constante du labo­
rato ire et su rto u t de l’expert. Vous savez qu’il
a besoin d’être complété p a r ce que Ton a p ­
pelle le « Rénertoive du ta rif », ne com nrenant
pas m oins de 80.(100 désignations de m a rc h a n ­
dises. incom plètem ent m is à jo u r et que peu de
vérificateurs m étropolitains ont e n tre les
m ains. En cas de difficultés qui tra n c h e ra ?

�6

L’EXPANSION COLONIALE

F a u d ra it-il so um ettre le litige à P a ris, taire
voyager les objets, atten d re la solution ?
On vient d ’ap p liq u er à M ad ag ascar un nou­
veau ta rif d ’octroi de mer. Il y a été prévu pour
les boissons alcooliques u n droit de 3 francs
p a r hectolitre de liquide avec un m inim um de
perception basé s u r 30 degrés. S ur certains
points on a appliqué le d ro it de 3 fran cs com­
me si le liquide a v a it 100 degrés, s u r certains
a u tres on a exigé le d roit calculé su r une force
alcoolique de 65 degrés et s u r d’a u tre s on a ré ­
clam é la taxe en se b a sa n t su r 55 de,grés et cela
pour u n liquide de 30 degrés. E t chacune de ces
in te rp ré ta tio n s é ta it fondée. Voilà ce q u i se
p ro d u it toujo u rs en cas d’application aux colo­
nies de ta rifs rédigés dans la m étropole.
H u it ou dix articles, vingt a u plus in téres­
sent les colonies dans le ta rif général et p a r
contre que de pro d u its ignorés p a r le P a rle ­
m ent parce qu’ils e n tre n t à peine dans la con­
som m ation coloniale, sa n s com pter 'c e u x qui
n ’y en trero n t que dem ain et mêm e ap rès de­
m ain. S ur 7 m illions de kilom ètres carrés,
191.000 kilom ètres c a rré s de nos possessions
so n t seulem ent représentés au P arlem ent.
Avouez q u ’il y a de quoi p en ser que nos Cham ­
bres peuvent m an q u e r d ’indications concernant
les prod u its consom m és a u x colonies.
E t puis enfin que fa it ce systèm e des idées
m aîtresses que nous préconisons et su r lesquel­
les repose l’in té rê t bien com pris de la m étro­
pole ?
Nous avons indiqué que l’unification d oua­
nière de la F ran ce et des colonies é ta it im pos­
sible, q u ’elle était même nuisible à la m étro­
pole. Perm ettez-m oi de vous d o n n e r u n exem­
ple qui me p a ra ît typique. A vant 1892, les h u i­
les de coton é ta ie n t taxées aux A ntilles à r a i­
son de 45 fran cs les 100 kilogram m es. Le tarif
protectionniste de 1892 étab lit u n d ro it de 6
fran cs les 100 kilogram m es a u b ru t su r les h u i­
les de coton et de 7 fran cs au net. Ce ta rif fut
prom ulgué aux Antilles. L’incidence av ait été
calculée p o u r la m étropole et non p o u r les co­
lonies. M ais pourquoi le droit de 45 francs
avait-il été voté p a r les conseils généraux des
A ntilles ? P arce q u ’ils se sen taien t u n e respon­
sabilité douanière vis-à-vis de la colonie ; le
jo u r où ils n e l’ont p lu s eue, ils o n t écouté les
conseils de l’intérêt. Un certain p a rti a m é ri­
cain s ’est constitué, qui a voulu a id e r le plus
possible à la consom m ation des huiles de co­
ton ; et dans ce but on a dit que c’é tait la m a r­
chandise bon m arché p o u r la consom m ation
populaire, ta n d is oue l’huile d’olives é ta it un
p ro d u it cher n ’in té re ssa n t que la population
riche, q u ’il fa lla it é ta b lir u n droit de consom ­
m ation faible su r les huiles de coton et fort
su r les huiles d ’olives, et l’on a réd u it le droit
d’octroi de m er su r les huiles de coton à 6 fr.,
ce qui, avec les 7 fran cs de d roit de douane,
fa isa it 13 francs, e t l'on a établi à 13 fran cs le
d roit d’octroi de m er su r les huiles de la m é­
tropole. Il s'en est suivi que le d ro it de douane
a été com plètem ent annulé et la conséquence
a été le rem placem ent aux A ntilles des huiles
d’olives p a r les huiles de coton am éricaines.
Voilà u n effet de l’uniflcation. Vous voyez que
ce n ’est pas au poin t de vue colonial que je
me place, m ais a u poin t de vue m étropolitain /
Toutes les dérogations possibles ont été fa i­
tes. En 1902 a p a ru la dernière brochure de
l ’Office n atio n al du Commerce extérieur les en­

reg istrant, c’était la troisièm e de la série ; ces
brochures av aien t ensemble 245 pages. Depuis
cette époque où l’Office n atio n al s’est arrê té ,
nulle p a rt les dérogations ne sont codifiées.
Pensez-vous qu’il y a it possibilité de se re ­
connaître d an s ce chaos de règlem ents ? D’a il­
leurs, je vous dem ande la perm ission d’em ­
p ru n te r quelques argum ents à nos ad v ersai­
res, ou plutôt à nos contradicteurs.
Le Travail national du 6 novem bre disait,
dans un article in titulé : « Notre réponse au
questionnaire douanier colonial » :
« L a perception des droits des produits su« crés, de la bière, varie non seulement d'une
« colonie à l'autre, mais d'un port à l'autre
« dans une m êm e colonie. j&gt;
Et le 13 novembre, il consacrait au régime
des im portations aux colonies des produits
provenant d’adm ission tem poraire’, u n article
dans lequel il fa isa it resso rtir toutes les dis­
parités qui existent entre chacune de nos pos­
sessions. Dans une colonie la farin e est taxée,
dans l’au tre non ; il s ’ensuit que, p a r exemple
à la M artinique, on peu t recevoir de la farine
am éricaine, avec laquelle on fe ra des biscuits
que l’on im p o rtera en franchise à la G uadelou­
pe, où la farin e m atière prem ière de ce biscuit
se ra it taxée.
Ici je tiens à faire une réserve : si je me sers
des aveux du Travail national, je n ’accepte pas
toutes ses statistiques. Je me suis rig o u reu se­
m ent a stre in t à ne p ren d re des statistiques que
dans le ra p p o rt de M. M essimy su r le budget
des colonies de 1909 ; ce sont des chiffres con­
trôlés, étudiés ; je vous dem ande la perm ission
de m ’y ten ir et je vous supplie de ne pas dé­
duire d ’une indication prise dans un organe
que j'accepte to u t ce que contient cette publi­
cation.
Il n ’y a pas que des différences de droits, il
y a aussi l ’o rg an isatio n adm inistrative. Les
douanes coloniales ressortissent du m inistère
des colonies, m ais il y a u n lien entre l’adm i­
n istratio n douanière coloniale et l’a d m in istra ­
tion douanière m étropolitaine, relevant du m i­
nistère des finances, et certaines réclam ations
des colonies n ’aboutissent p as d ’une façon défi­
nitive, parce q u ’il y a à un m om ent donné un
sa u t à faire d ’un m inistère à l’a u tre et q u ’on ne
le fait pas. La preuve, c’est que certaines récla­
m ations, que vous trouverez d an s le rap p o rt
de la Cham bre de commerce de M arseille sur
la révision du régim e douanier, ont dem andé
des années po u r approcher de la solution, je
n ’ose dire pour y atteindre.
Il y a quelque chose de plus : les colonies ne
sont pas économ iquem ent, je devrais même dire
civilem ent, sous le même régim e que la France.
Ainsi, quand on a voulu appliquer certain s
articles relev an t de la loi des fraudes, on s’est
rendu compte, après cinq ans, que la loi de
1905 n ’é ta it pas prom ulguée aux colonies et que
même la loi de 1851 n ’av ait p as été prom ulguée
dans ces possessions-là. Avec cet enchevêtre­
m ent de difficultés, com m ent voulez-vous q u ’une
unification puisse se faire, et n ’est-il pas plus
sim ple de dem ander à chaque colonie de propo­
ser les taxes qui lui conviennent, d ’exam iner
ces taxes à notre point de vue et de p a rtir de
là po u r étab lir le régim e en découlant, lequel
a u ra it une échéance de révision, de façon que,
de période en période, on se rende compte des
inconvénients et q u ’on s ’achem ine to ujours da-

�L’EXPANSION COLONIALE

Enfin, M essieurs, il y a quelque chose qui
est encore plus im p o rtan t : Qu’est-il résulté,
au poin t de vue budgétaire, de la loi de 1892 ?
Elle a stipulé la franchise p our les p roduits
m étropolitains aux colonies, des droits p ro h i­
bitifs p our les p ro d u its é tra n g e rs (car les déro­
gations ne consistent p as seulem ent dans des
réductions de droits, m ais il y en a au ssi qui
stipulent des augm entations). L orsqu’u n droit
ne suffit p as à a rrê te r la m arch an d ise é tra n ­
gère, on l’élève et la prohibition est complète.
Enfin, il y a quelques articles é tran g ers qui,
aux colonies, sont de prem ière nécessité : les

huiles m inérales, la houille, le bois. P o u r ces
produits, l’im m unité a été réclam ée un peu
partout.
Il s’ensuit que les trésors coloniaux ne re ­
couvrent point de d roits su r les m archandises
françaises, point de droits su r les m arc h a n ­
dises soum ises à des ta rifs prohibitifs et point
de droits sur les m archandises étran g ères de
prem ière nécessité, p a r conséquent, pénurie !
Et cependant, il y a des am éliorations qu’il
fa u t faire : il fa u t penser à l’assainissem ent,
il fau t défendre le p ay s ; on voit une colonie
comme la Guadeloupe reg retter de ne pas
avoir de gendarm es, en réclam er, e t pour en
avoir il fa u t les payer ou être à même de le
faire. Il fa u t égalem ent penser aux chem ins
de fer, à l’assistance, à l ’instruction, aux com­
m unications.
J’ai fait le compte, to u jo u rs d’après le ra p ­
port de M. Messimy, des budgets coloniaux.
J’ai pris l’Afrique occidentale, l’Indochine, 1a.
R éunion’, la Guadeloupe et la M artinique, une
colonie à régim e libre, une grande colonie à
régim e restrictif et des colonies anciennes.
J’ai p ris le budget des recettes en 1895, en 1900
et en 1905.
B u dg ets c o lo n ia u x
RECETTES

Afrique occid.
Indochine.......
R éunion.........
G uadeloupe...
M artinique....

1895

1900

1905

10.513.490
58.061 029
5.887.776
6.334.048
5.597.587

21.491.065
94 855.246
6 176.207
5 958.211
6.594.000

51 806.077
103 080 254
4.887.253
4.862.211
4.850.273

DIFFÉRENCE
Progression

Afrique occidentale.............. .......
Indo ch in e............................... .......
R éunion................................
Guadeloupe.............................
Martinique..............................

410 %
47 %

Réduction

S sssi 1 |

van tag e vers la plénitude de fonctionnem ent
du systèm e le m oins im p a rfa it possible.
Encore u n au tre argum ent. Je disais tout à
l ’heure q u ’il ne nous é ta it peut-être p as perm is
de co njecturer ce que l’on proposera à la com­
m ission in term in istérielle. M ais il y a des
b ru its qui circulent et l’on peut dire que pour
S ain t-P ierre et M iquelon, p a r exemple, il se­
ra it question de proposer u n changem ent de
régim e. M ais ou l ’unification est intangible ou
elle ne l’est p as .E t si l ’on décide, après dixh u it ans d ’ap plication d ’un régim e, que l’une de
nos possessions ne re ste ra p as soum ise à ce
régim e, n ’est-ce p a s la preuve que ce régim e
ne répond p as à to u t ce qui concerne l’ensemble
de nos possessions ?
Il nous a p p a rtie n t d ’ajo u ter à cette occasion
q u ’il est fran ch em en t reg rettab le de n ’apporter
des rem èdes q u ’à des agonisants, et c’est le cas
de S ain t-P ierre et Miquelon. Il y a h u it ou dix
an s cme cette île tie n t le même langage et q u ’on
ne l'écoute pas, et chacune de nos colonies se
trouve d an s la mêm e situation, à des desrés
divers, et toutes réclam en t cette constitution
p a rtic u liè re qui se ra heureuse p our SaintP ie rre et M iquelon, qui serait heureuse pour
chacune et dont l’absence ne sert à rien p our la
m étropole.
P a rm i les idées m aîtresses auxquelles je
fa isa is ta n tô t allusion, il y en a une que nous
sommes heureux d’avoir fa it p én étrer dans
l’ensemble de l ’opinion publique et qui p eut se
form u ler ain si : Nous n ’avons aucu n in té rêt
à avoir des colonies rachitiques, nous n ’avons
aucun in té rê t à a.voir des colonies m ort-nées,
à régim e financier difficile, de façon que nous
sovons obligés d’in te rv e n ir pour p a re r à leu rs
difficultés ; nous n ’avons su rto u t aucune r a i­
son d’avoir des colonies qui souffrent de l’ap ­
plication qui leu r est faite des lois et qui, re ­
g a rd a n t vers les colonies voisines, constatent
qu’on est plus h eureux sous u n e a u tre dom ina­
tion que la nôtre.
Si nous devons avoir des colonies, l ’in térêt
m étropolitain est que ces colonies soient p ro s­
pères. P a r conséquent, ce qui doit nous guider,
c'est l’in té rê t de la colonie en cause.
Nous sommes arriv és à obten ir que cette
pensée fasse son chem in dans l’opinion pub li­
que.
Or l’unification consiste d ans l’application
aux colonies d’un régim e étudié p a r la m étro­
pole au poin t de vue des in térêts m étropoli­
tain s ; elle a pour principe d’incorporer le
territo ire colonial au te rrito ire dou an ier m é­
tro p o litain , et p a r conséquent de le soum ettre
au même régim e. Il est com plètem ent im pos­
sible q u ’on tienne compte, d ans ces conditions,
de l’in té rê t colonial.

7

Les recettes représen ten t pour l’Afrique occi­
dentale une progression de 410 % ; p o u r l ’In ­
dochine, qui n ’a cependant pas m anqué de tr a ­
vaux ni de com binaisons fiscales, une progres­
sion de 47 % ; tan d is que la R éunion, la
Guadeloupe et la. M artinique ont reculé respec­
tivem ent de 20 %, 30 % et 15 1/2 % d an s leu rs
receites budgétaires. Comment, dans ces con­
ditions, procéder à des trav au x publics, assu rer
des com m unications postales, étab lir des com­
m unications télégraphiques, p rendre des m e­
sures san itaires, organiser l’enseignem ent,
etc. ? Nous n ’avons nas fait figurer dans ce
tableau la Nouvelle-Calédonie et la Guyane,
dont les budgets ne sont pas pleinem ent in d ica­
tifs p a r suite des com binaisons pénitentiaires.
Je sais que po u r se p ro curer des ressources
il existe des taxes d.e capitation, des monopo­
les, des droits d’octroi de m er, m ais un coup
d’œil jeté su r ces systèm es nous p e rm ettra de
voir où s’arrête leur rendem ent. Rien de plus
b ru ta l que l’im pôt de capitation, avec lequel
on a ta n t de peine à attein d re l’indigène.
Lorsque nous disons 10 francs, 15 fran cs, cela
représente presque une année de tra v a il pour
certains indigènes. En Indochine, où nous
avons comme m onnaie officielle la piastre,
existe cependant une m onnaie indigène, la
sanèque. La p ia stre arg en t a une v aleu r in d é­
cise, et, il a fallu m ain ten ir la m onnaie in d i­
gène. On considère que la p iastre, qui v au t
de 2 à 3 francs, suivant, les m om ents, corres-

�8

L’EXPANSION COLONIALE

pond à 5 lig a tu re s de sapèques, et la lig atu re
de sapèques a 600 sapèques. A utrem ent dit, la
sapèque v a u t la tro is m illièm e p a rtie d ’une
piastre. Vous voyez d’ici ce que représente
cette m onnaie : un douzième ou u n q u a to r­
zième de centim e ! Comment voulez-vous p a r­
ler d’une taxe de cap itatio n de 3 francs, de
5 francs, de 6 fra n c s à des gens qui tra v aillen t
pour des sapèques et pour lesquels une piastre
c’est un tré so r !
En Afrique occidentale, on a voulu à un
m om ent donné, d an s certaines régions, passer
de 3 fran cs à 4 francs, comme taxe de c ap ita­
tion, et cet écart de vingt sous a provoqué
nom bre de difficultés.
P o u r les monopoles, la situ atio n de l’Indo­
chine nous perm et de ne pas nous y a rrê te r :
ou u n monopole ne ren d p as ou il spécule sur
un vice hum ain. C’est l’alcool, c’est l’opium
dont on constate avec satisfaction a u point de
vue b u dgétaire la vente croissante ; fran ch e­
m ent ces développem ents sont p lutôt pénibles
à con stater pour nous, et vous savez à quoi
vous èn te n ir su r les m oyens de contrôle des
m onopoles en Indochine. On a indisposé les
A nnam ites en v en an t fouiller dans leu r foyer
pour y chercher une bouteille d’alcool ! P a r
conséquent, on est à la lim ite de ce q u ’on peut
obtenir des m onopoles, si cette lim ite n ’est
pas larg em en t dépassée.
P o u r l ’octroi de m er, perm ettez-m oi de p ren ­
dre l ’exemple de M adagascar où, en 1897, on a
prom ulgué le ta rif douan ier général. On a éta­
bli u n droit re p ré se n ta n t une v aleu r de 35 %
p o u r les tissus, l’article le plus essentiel pour
la colonie. A la fin de l’année, il y av a it encore
6 m illions d’im portations é tra n g è res de tissus,
contre 600.000 fran cs d ’im portations françaises.
Le 31 m ai 1898. nouveau décret qui établissait
à 45 % le d ro it su r lès tissus. Cette fois, le résu l­
ta t a été a tte in t : l’im p o rtatio n étran g ère l ’a
été aussi.
Elle s ’est, arrêtée et l’im po rtatio n française
a em prunté exactem ent ses chiffres : les 6 m il­
lions ont été im portés p a r la F ran ce et depuis
nous avons le q u asi monopole de la fo u rn itu re
des tissu s à M adagascar.
L’année dernière, on a im porté p our 17 m il­
lions de tissus à M adagascar ; 45 % de 17
m illions rep résen ten t 7.650.000 francs. L’indigè­
ne a donc payé 7.650.000 fran cs de trib u t à notre
in d u strie fran çaise p our les cotonnades. Com­
m ent, après cela, peut-on lui d em ander un
droit d’octroi de m er ou de consom m ation su r
ce p ro d u it ?
C’est cep en d an t ce que l’on fait. Ou lui de­
m ande u n droit de 10 %, qui élève la su rcharge
à 55 %■ H eureusem ent que M adagascar est une
île, c a r si les M algaches de la frontière
voyaient de l ’a u tre côté du cordon d o u anier le
même objet coûter 50 ou 55 % de m oins, ils en
seraien t profondém ent peinés. D ans tous les cas,
cela ren d stag n an te la colonie, et vous voyez
que n i droit de capitation, ni monopole, ni
octroi de m er ne p erm ettent de rem p lir le trésor
des colonies.
Tl fa u t donc en ven ir à une au tre conception,
celle du droit d’im portation su r to u t produit et
de la taxe de douane perçue en même tem ps
p a r les mêmes m ovens su r la m archandise
étrangère.
Enfin, u n e a u tre idée m aîtresse que ne per­
m et pas de sauvegarder le systèm e de l’unifioation, c’est l’échéance de révision.

II y a deux raisons po u r avoir une échéance
de révision : Toute com binaison pour des o p éra­
tions lointaines, non seulem ent opérations in ­
dustrielles m ais même com m erciales, - qui exi­
g en t des voyages, des essais infructueux,
dem ande une période pour s’am ortir. Il v au t
donc m ieux un m auvais régim e à durée déter­
minée, qu’un régim e excellent, m ais qui peut
changer du jo u r au lendem ain. Il y a utilité à ce
qu’une échéance de révision soit fixée, et il y a
utilité à ce que cette révision intervienne, parce
qu’il n ’y a pas de com binaison hum aine parfaite.
M ais la com binaison hum aine fut-elle p arfaite,
quelle est la com binaison qui dure plus de dix
ans, au jo u rd ’hui, avec les découvertes, le résu l­
ta t des explorations, les tran sp o rts nouveaux ?
Comme il fa u t u n ce rta in tem ps po u r se préva­
loir d’une com binaison, douze ou treize ans sont
le délai m axim um po u r l’application et aussi
pour la caducité, et à ce m om ent la révision de­
vient nécessaire. A plus forte raison en est-il
ainsi dans les colonies, où nous nous trouvons
en présence de pays placés à des degrés trè s dif­
férents de civilisation qui sont fran ch is rap id e­
ment.
A chaque situ atio n spéciale correspond un
régim e spécial et l’échéance de révision, néces­
saire pour la stabilité, est nécessaire aussi pour
ren d re adéquate à la situ atio n m om entanée de
la colonie le régim e douanier qui lu i est conféré.
Le systèm e de F unification avec des déroga­
tions ne peut donc en aucune façon donner satis­
faction aux d esiderata coloniaux. Il v au t mieux
alors q u ’on nous dise franchem ent : Non, nous
ne voulons pas vous donner satisfaction en r a i­
son de nos in térêts ou de ce que nous considé­
rons comme nos intérêts. Nous serons alors su r
un te rra in p arfaitem en t déblayé, sur lequel
nous sommes po u r discuter extrêm em ent à notre
aise.
***
C onsidérons les intérêts et voyons les résu ltats
de dix-sept ou dix-huit années d’application de
tarifs.
J ’ai ici le tab leau des im portations m étropoli­
taines dans un certain nom bre de colonies. J ’ai
dû p rendre les colonies que l’application du ta ­
rif a trouvées, adultes et je me suis arrêté à la
Réunion, S ain t-P ierre et. M iquelon, la G uade­
loupe, la M artinique, la G uyane et la NouvelleCalédonie comme colonies soum ises au ta rif gé­
néral.
I m p o r t a t i o n s (en m illio n s de francs)
1877
1887
Métropole

Etranger

R é u n io n .......................
S t-P ie rre -M iq u e lo n .
G u a d e lo u p e ................
M a rtin iq u e ..................
G uyane . . . ............
N o uvelle-C alédonie .
T o ta u x ...

8.100 12.063
3.608
5.216
11.249 14.367
14.026 14 095
5.312
2 275
9.684
42.326 48.015
1897
Métropole

Étranger

R é u n io n .......................
S t-P ie rre -M iq u e lo n .
G u a d e lo u p e ................
M a rtin iq u e ...................
G uyane .....................
N o u v elle-C aléd o n ie..
T o t a u x . ..

10 694
4 009
8.207
9.501
5.978
4.396
42.785

6 597
4.-37
9.390
10.525
3.024
3.972
38.345

Métropole

Etranger

7.867
8.915
3 508 10.194
9.391
9 912
7.110 15.076
5 887
2.635
4.286
3.667
37.531 51.018
1907
Métropole
7 745
2.457
8.163
8.666
10 044
4.946
42 021

Etrange
1.928
2.508
5 072
6.670
3 667
4 156
24.061

�9

L’EXPANSION COLONIALE
Ce groupe de colonies constam m ent soumises,
depuis 1892, au ta rif général im p o rtait de la
métropole, en 1877, 42 m illions de fran cs ; il en
a im porté 37 en 1887, 42,7 en 1897, p our revenir,
en 1907, au même n iveau et même u n peu audessous. P a r contre, et c’est ici le point de vue
colonial qui est en jeu, l’im portation étrangère
du même groupe qui é ta it de 48 m illions en 1877
et de 51 en 1887, est tombée à 38 en 1897 et à 24
en 1907. Que conclure de cette com paraison de
chiffres ? Sinon que les m alheureuses colonies
en cause, épuisées p a r leu r effort pour se p o u r­
voir e n denrées rench éries de la m étropole, ont
dû se p riv er de beaucoup de choses.
Je crois que n o u s pouvons en tire r une au tre
conclusion, c’est que nous avons subi, comme
l’étran g er, le contre-coup de leu r m isère, car
raiso n n a n t su r des v aleu rs nous devons ap p ré­
cier que des chiffres identiques correspondent,
après renchérissem ent, à une réduction des
q u a n tité s qu’on p eut évaluer au m inim um à
25 %.
Que faisaien t les colonies à régim e libre dans
cet intervalle ? Je ne vous citerai pas les chif­
fres qui sont d ans le ra p p o rt de M. Messimy,
m ais je vous, citerai les ré su lta ts :
Au Sénégal, en dix ans, l’im portation m étro­
politaine passe de 14 m illions 5 à 30 m illions 8,
augm en tatio n 120 % ; si nous exam inons à p a rt
le reste du groupe, c’est-à-dire la Guinée, la
Côte d’ivoire et le Dahomey, nous voyons le
chiffre des im portations fran çaises passer en
dix années (de 1897 à 1907) de 4 m illions 8 à 13
m illions 1 (augm entation 175 %). D ans le même
intervalle, l’im portation étran g ère passe, au
Sénégal, de 12 m illions en 1897 à 20 en 1907
(augm entation 65 %) et d an s le reste du groupe
de 15 m illions 7, en 1897, à 28 m illions 5 en 1907
(augm entation 80 %).
Ces chiffres sont pleinem ent probants, l’au g ­
m entation des im p o rtatio n s prouve la prospérité
de ces colonies et la différence de progression
des im portations m étropolitaines et étran g ères
est on ne peut plus satisfaisante.
D’ailleu rs, ap rès la dém onstration, vient la
contre-épreuve, L’Indochine, où le régim e doua­
n ie r est des plus stricts et des plus lourds, est
bien passée entre 1897 et 1907, à la faveur d’im ­
m enses trav au x , de 37 m illions d’im portations
n a tio n ales à 101,6, m ais p en d an t ce tem ps son
im portation étran g ère p a ssa it de 52 m illions à
188 m illions. L a co m paraison de ces chiffres
n ’est pas favorable à l’application des ta rifs les
plus rigoureux, puisque l’im portation des p ro ­
duits m étro p o litain s a augm enté dans ce que
nous pouvons appeler les colonies libres dans
la proportion de 175 % contre une progression
de 80 % p our les pro d u its étran g ers, ta n d is
qu’en Indochine la p rogression de 185 % pour
les p ro d u its m étropolitains est inférieure à celle
de 269 % accusée p a r les pro d u its étrangers.
M ais il ne fa u t p as n o u s contenter de com pa­
raisons de p ays à pays, dont on peut contester
les conséquences, il fa u t m o n trer q u ’une seule
colonie de l’Afrique occidentale a été soumise
au régim e de 1892 et que, d ans ce lam beau du
territo ire africain , les ta rifs généraux o n t fa it
leu r œ uvre comme ailleurs.
Quel tém oignage p lu s autorisé invoquer su r
ce su jet que celui de M. M erlin, gouverneur
général de l’Afrique éq uatoriale ?
Voici, d 'ap rès la Dépêche coloniale, du 5 no­
vem bre 1910, ce que disait cet ém inent fonction­

n aire à l’ouverture de la dernière session o rd i­
n aire du Conseil de gouvernem ent :
» Bien que la colonie du Gabon soit la plus
anciennem ent occupée, bien que son voisinage
de l’océan eût dû être po u r elle un facteu r
p articu lier de rapide développement, elle semble
régresser au lieu de progresser. Chaque année
son m ouvem ent com m ercial dim inue, ses recet­
tes budgétaires fléchissent et les foyers d’effer­
vescence s’y m ultiplient. Des changem ents fré­
quents dans le h a u t personnel, une certaine
apathie chez les agents, conséquence d’un cli­
m at p articu lièrem en t pénible, m ais su rto u t un
régim e économique reg rettable imposé p a r la
m étropole à la colonie en 1892, 1893 et 1899, sont
les principales causes de cet état de choses. A
une colonie dont toute la frontière touche au
bassin conventionnel du Congo et dont une p a r­
tie même se trouve placée sous le régim e fiscal
de l’acte de Berlin, la m étropole n ’a cependant
pas hésité à appliquer le ta rif général des doua­
nes de 1892. »
Voyons de plus près le point de vue colonial.
Les colonies entièrem ent soum ises au ta rif
général et existant depuis vingt années au
m oins faisaient, en 1887, un trafic total de
178.804.077 fran cs et elles sont tombées, en 1907,
à 150.765.709 francs, ce qui représente une dim i­
nution de 16 %, m algré la suractivité des
tran sactio n s dues au développem ent en vingt
années des facilités de tran sp o rt.
Si nous pouvions com parer des q u antités au
lieu de com parer des valeurs, le déficit serait
bien plus g ran d parce que les chiffres de 1907
se ressen ten t des augm entations de prix dues à
l’application du ta rif général.
E t alors je vous dem ande : où est donc l’in ­
térêt m étropolitain des im p o rtateu rs et j’ajoute
où est l’intérêt m étropolitain des capitaux en­
gagés dans l’expansion des affaires coloniales ?
On nous a dit que nous voulions liv rer le
commerce des colonies à l’étranger. C’est une
accusation qui nous est p articulièrem ent péni­
ble et dont les chiffres que nous venons de citer
prouvent l’inexactitude. Nous pou rrio n s dire
avec plus de raiso n que le séparatism e étan t la
conséquence d’un m auvais régim e douanier, la
doctrine de nos co n trad icteu rs a comme consé­
quence, si l’on consulte l’histoire, le tra n sfe rt
des colonies à l’étranger.
Mais j ’abandonne rapidem ent ce p o in t de vue
pénible, en vous d isan t cependant qu’il fa u t
vivifier nos colonies et que cela exige la plus
grande souplesse de com binaisons. Ces colonies
sont d ’ailleurs dans des situations to u t à fait
spéciales.
Nos possessions sont avoisinées p a r de g ra n ­
des puissances : les E tats-U nis, le C anada, 1a,
Chine, l’A ustralie et subissent de leu r p a rt une
hégém onie économique dont il nous fa u t te n ir
compte, en raison des besoins que cela crée à
nos possessions et des tendances qui en sont le
résultat.
Nous avons des colonies entièrem ent peuplées
d’E uropéens comme S ain t-P ierre e t M iquelon ;
d’autres, comme l’Indochine, où la population
indigène a une telle im portance que la propor­
tion des colons est n u m ériquem ent insignifian­
te. A M adagascar, m algré la présence de p lu ­
sieurs races très différentes les unes des autres,
le nom bre des h a b ita n ts n ’est pas proportionné
à la superficie. L’A nnam ite d’Indochine se res2

�lü

L’EXPANSION COLONIALE

sent d’une civilisation ancienne et très affinée :
certaines peuplades africain es sont encore p lo n ­
gées dans la plus grossière b arb arie. Dans les
m êm es colonies s u iv a n t qu’il s’ag it du Hova
ou d u S akalave, de l’A nnam ite ou du Laotien,
du Sénégalais m usulm an ou de l’indigène féti­
chiste de la forêt dense de la Côte d’ivoire, nous
avons affaire à des sujets placés à des stades
très divers de civilisation, n ’offrant p a s'le s m ê­
mes ressources et ne fa isa n t pas c o u rir les
mêmes dangers. Enfin, nous avons des posses­
sions anciennes où le m élange des races a p ro ­
d u it ses effets.
C ertaines de nos colonies sont de p u res encla­
ves, comme P ondichéry, d’au tres, comme celles
de l’Afrique occidentale, enclavent des te rrito i­
res étran g ers en trè s g ra n d nom bre.
Nous avons des colonies relativem ent riches,
d’a u tres très obérées.
C ertaines ne produisent rien, comme SaintP ierre et Miquelon, d’a u tre s sont à-production
p o u r ain si dire illim itée comme l ’Indochine
p our les riz et l’A frique occidentale pour les
corps gras. La Nouvelle-Calédonie jo u it d'une
véritable spécialité p o u r le nickel. T out le café
ré u n i de nos colonies, qui figurent cependant
p a rm i les plus anciens p roducteurs, ne rep ré­
sente guère que le 1 1/2 % de la consom m ation
nationale, et p a r contre il se ra it im possible à
la F ran ce d’absorber ce que l’Afrique occiden­
tale p ro d u it et p ro d u ira bientôt d’arach ides et
ce que Saigon exporte de riz. Tout cela crée une
foule de questions diplom atiques, com m erciales,
politiques, sociales, ethnographiques, financiè­
res, qu’il ne nous e st p as loisible d’écarter, et
dont nous devons p a r suite te n ir le compte le
plus rigoureux d an s nos décisions concernant
notre dom aine d’outre-m er.
Le régim e d ouanier des colonies décide de
leu r prospérité ou de le u r m isère, de leur a tta ­
chem ent à la m étropole ou de le u r indifférence,
sinon de leu r hostilité à son égard, et, p ar
suite, il exerce une influence directe su r toutes
les questions se ra tta c h a n t à ces états si diffé­
re n ts p o u r les p ay s en cause et dont l’a lte rn a ­
tive est d’une extrêm e im portance p o u r la m é­
tropole.
C’est à propos d’u n ta rif douan ier concernant
les thés, que ses colonies am éricain es se sont
séparées de 1a. G rande-B retagne et o n t consti­
tué les Etats-U nis, et la dépendance douanière,
étroite, rigoureuse, d an s laquelle l’E spagne te­
n a it ses colonies a été la v raie cause de leur
sécession san g lan te de la m étropole. C’est, p a r
contre, le libéralism e de la G rande-B retagne,
revenue ap rès u n e expérience douloureuse de
ses prim itives erreu rs, qui explique l’a ttach e­
m ent à son égard du C anada, de l’A ustralie et
de la colonie récem m ent créée du Cap.
Il fa u t que nous donnions satisfaction à nos
colonies p our créer chez elles les sentim ents
d’attach em en t qui sont encore le m eilleur moyen
de les conserver, et certain em en t le plus écono­
mique.
D’ailleurs, il est très consolant de penser que
le libéralism e économique aux colonies ne n u it
pas à nos intérêts. Nous l’avons constaté tantôt.
Nous avons vu que l’Afrique occidentale avait
fa it une large p a rt à nos im portations, dont la
progression était de 175 % contre 80 % p our l’im ­
portatio n étrangère, et nous avons égalem ent
constaté que nos colonies soum ises au tarif
général souffraient ju sq u ’à l’épuisem ent d’être
obligées de se pourvoir à peu près exclusivem ent

po u r leurs besoins en m archandises françaises.
A prem ière vue, ces deux résu ltats ne sont pas
d’accord; ou nos colonies peuvent s’accom m oder
des produits de notre in dustrie ,ou elles ne le
peuvent pas. Si elles peuvent s en accommoder,
pourquoi les colonies soum ises au tarif général
souffrent-elles ta n t d ’y être astrein tes V Et, si
elles ne peuvent pas les consom m er sans perte
po u r eiles, pourquoi les colonies jo u issan t de la
liberté économique prennent-elles de si grandes
q u antités de nos p roduits ?
L a réponse à cette question, q u i n ’est em bar­
rassante qu’en apparence, p ro jettera un jo u r
considérable su r les véritables intérêts en jeu.
En réalité, tous nos p roduits m étropolitains,
sau f deux co n stitu an t une catégorie à p art, con­
viennent aux colonies ou peuvent leur convenir
avec u n peu d’effort de la p a rt des colonies, et
d ’ingéniosité de la p a rt des in d u striels ou des
com m issionnaires français. On peut dire que,
pour le commerce général de tous articles que
notre pays produit, sauf les deux dont nous
allons p arler, l’ind u strie m étropolitaine bénéfi­
cie de plus de 80 % de la consom m ation colonia­
le. Ce qui porte à de très gro s chiffres l’im p o rta­
tion coloniale en p roduits étran g ers, c’est su r­
tout ce que la m étropole ne p ro a u it pas: les bois,
la houille, les huiles m inérales, etc, ; à ce point
de vue, aucune difficulté. Les discussions qui
p o rten t su r le plus ou m oins de p a rt que l’indus­
trie française est en droit de revendiquer dans
l’exportation aux colonies, devraient donc se li­
m iter aux deux articles qu’il est m ain ten an t
tem ps de désigner nom inativem ent : les alcools
et les tissus.
La fo u rn itu re des deux articles alcools et tis­
sus provient pour certain es colonies en grande
p artie d,g l’étranger, bien qu’elle soit faite par
des pays différents, m ais ce qui est curieux,
c’est que l’ind u strie des alcools à bon m arché
ne se p la in t pas de l’éviction dont ses produits
sont très in ju stem en t l’objet, tan d is que les tex­
tiles, véritables in sp ira te u rs de l’état de choses
qui a produit cette éviction, considèrent que
toute l’ind u strie française est atteinte d an s leu r
article, si les colonies ne sont pas- obligées bon
gré m a l gré à renoncer pour les tissu s a u béné­
fice d’une certaine concurrence de la p a rt de
le u rs fournisseurs.
Les alcools et les tissu s'so n t les deux pierres
d’achoppem ent de la question du régim e doua­
n ie r colonial, et il fau t bien en exam iner l’im por­
tance en même tem ps que le caractère.
Alcools. — Une caisse de genièvre coûte à
R otterdam m eilleur m arché pleine que vide en
F rance, c’est-à-dire que le coût en F ran ce de la
caisse, des bouteilles, des étiquettes, des paillons
et du trav ail de l’em ballage dépasse le prix a u ­
quel on p eu t avoir à R otterdam la caisse pleine
de genièvre. Il en est de même de tous les mé­
langes alcooliques à H am bourg, su rto u t em bal­
lés sous verre.
Il y a à cela de très nom breuses raisons, et
nous ferions m ieux de les voir en face que de les
nier. Nous déclarons généralem ent que les m é­
langes de H am bourg sont innom ables et nous
croyons avoir résolu la question. Cela est abso­
lu m en t faux. A H am bourg, comme ailleurs, l’al­
cool est d 'a u ta n t m oins nocif q u ’il est p ro d u it à
un plus h a u t degré, et si l’on abaisse ce degré
avec de l’eau, que cette eau provienne de l’Elbe
ou d’un cours d’eau fran çais, le ré su lta t est le
même ; l’eau la plus polluée est très rapidem ent

�L’EXPANSION COLONIALE
stérilisée p a r la p roportion d ’alcool re s ta n t dans
le liquide. Que si l’on m et en cause les parfum s
qui donnent des goûts spéciaux aux m élanges
alcooliques, nous répondrons qu’il n ’y a rien de
plus facile que de réd u ire a u m inim um ces p a r­
fum s, c a r les acheteurs de ces prod u its recher­
chent su rto u t le degré d’alcool, et nous ajo u te­
rons que les p a r to n s les plus nocifs sont certai­
nem ent ceux obtenus n atu rellem en t et p our les
boissons les p lu s chères. Cela a été constaté, à
la grande stupéfaction des intéressés, p a r des
analyses faites officiellem ent s u r des éch antil­
lons de gran d e m arque prélevés à “P a ris avec
toutes les g a ra n tie s d’authenticité dans les res­
ta u ra n ts les plus chers et les m ieux achalandés,
et cela se com prend, cap le raffinem ent dans le
goût correspond directem ent à la m orbidité.
Donc, les p roduits alcooliques h ollandais et
allem ands sont au ssi sains que les n ôtres et ils
coûtent infinim ent m eilleur m arché, p arce que
le régim e économique de ces pays : libre-échan­
ge en H ollande et zone fran ch e à H am bourg,
perm et des réductions de revient dont nous n ’a ­
vons pas idée... Qu’on nous donne une zone
fran ch e et nous p ren d ro n s u n e larg e p a r t du
trafic colonial, parce que nous réu ssiro n s pour
les pro d u its alcooliques à bon m arché dans le
m onde en tier, ce qui — conséquence im prévue —
o u v rira it à nos pro d u its de m arque des voies
qui leu r so n t ferm ées ju sq u ’ici et qui leu r reste­
ro n t ferm ées, ta n t que le co u ran t ne sera pas
créé p a r les p ro d u its alcooliques fran çais à bon
m arché !
Tissus. — Nous venons de dire que, si pour
les m élanges alcooliques nous avions des faci­
lités de tra v a il en zone franche, nous ferions
pouir le m onde en tier ce que nous ne pouvons
pas, en ce m om ent, faire p our les colonies fra n ­
çaises aux prix que ces d ernières peuvent payer.
L ’in d u strie fran çaise des tissu s ne tra v a illa n t
p as p o u r la clientèle coloniale m ondiale qu’ap ­
p rovisionnent les m an u factu res de M anchester,
m ais rech erch an t une clientèle plus relevée, il
s’ensu it que les cotonnades d’excellente qualité
qu’elle m et à la disposition de l’ex p o rtateu r fra n ­
çais ne diffèrent p as sensiblem ent de prix avec
les qualités sim ilaires fou rn ies p a r l ’in d u strie
anglaise, ta n d is que la qualité la plus ord in aire
fabriquée s u r u n e faible échelle en F ran ce coûte
g énéralem ent beaucoup plus ch er que les basses
qualités prod uites en A ngleterre et qui sont
celles su r lesquelles la consom m ation de nos co­
lonies se porte d’une m an ière courante.
Nos in d u striels des Vosges et du N ord reg o r­
g ean t de com m andes à des prix élevés p our des
qualités supérieures, il s e ra it v raim en t fâcheux
p o u r eux d’ab an d o n n er une p a rtie de ce travail
p o u r consacrer leu rs efforts à riv a lise r avec
M anchester dans la p roduction des qualités de
cotonnades qui se vendent aux p rix les plus
réduits.
Si cep en d an t les tisseu rs et filateu rs fran çais
veulent a b o rd e r cette clientèle, q u ’ils fassent
p our le u r in d u strie ce que nous le u r dem andons
de la isse r faire p o u r les boissons alcooliques ;
q u ’ils se m etten t en m esure d’approvisionner le
m onde de ce p ro d u it à bon m arché, car notre
clientèle coloniale est, quoique im portante,
beaucoup trop infime p our ré m u n é re r l’énorm e
effort à faire. Mais, s ’ils ne veulent p as e n tre r
d ans cette voie, qu’ils cessent de p o rte r le tro u ­
ble p a r leu rs doléances d ans les affaires colo­
n iales et qu’ils se born en t à tire r to u t le profit
possible de le u r production à prix élevés. C’est

11

d ’ailleurs, ain si que nous allons le voir, le p a rti
qui p a ra ît le plus sage pour leur in d ustrie au
point de vue colonial.
Le tissu est le prem ier article à offrir à l’in d i­
gène qui c o u rt la brousse n u et sans besoins.
P o u r le ten ter il ta n t d’extrêm es bas prix. A
peine est-il disposé à acheter au début l’étroite
bande d ’étoffe qui doit couvrir ,sa n u dité ; cela
ne doit pas nous su rp ren d re, car de combien
d’objets nous passions-nous il y a tren te ans qui
nous so n t a u jo u rd ’hui nécessaires ? Il a fallu
divers appats p o u r nous les faire adopter et a u ­
jo u rd ’h u i nous souffririons d’en être dépourvus.
Il en est de m êm e po u r l’indigène ; le plus diffi­
cile est d’am orcer avec lui la consom m ation de
nos produits. De là, la nécessité de le ten ter p a r
l’extrêm e bon m arché.
La théorie du m oindre effort n ’est pas form u­
lée p a r l’indigène, m ais elle est largem ent p ra ti­
quée p a r lu i ; pourquoi voudrions-nous q u ’il
fît u n trav ail, ce qui lu i p ro c u re ra it une peine,
p o u r acquérir un p ro d u it dont il ne sen t pas en­
core le besoin ? Il n ’y a donc qu’u n objet corres­
p o n d an t po u r lui à trè s peu de tra v a il qui p o u r­
r a le décider, et c ’est difficile, car cet objet,
quel q u ’il soit, ren d u su r les lieux du troc y re ­
vien d ra toujours assez cher p a r le tra n sp o rt et
le concours h u m ain ajouté a u prem ier coût qui
doit être très faible.
Que ce soit de la m arch an d ise française ou de
la m archandise étran g ère qui serve d’a p p â t pour
am ener l’indigène à se vêtir, peu im porte ; l’a ­
vantageux, c’est qu’il se vête, p arce que la pro­
gression de son goût dans les questions de vête­
m ent se ra rapide. Des hiérarch ies s ’établissent
entre les indigènes vêtus, et, l’esprit d’im itation
et la vanité aid an t, ils passent beaucoup plus
vite du tissu grossier au tissu relativem ent fin
que de la nudité c.omplète au prem ier petit ta ­
blier, ou du vêtem ent in itial et ru d im en taire à la
cotonnade m oins chère. Or c’est le jo u r où il a r ­
rive au tissu fin qüe l’indigène est in téressan t
pour le m an u fa c tu rier fran çais,et il est désolant
de voir que toutes les m anœ uvres des fab rican ts
de textiles auprès de l’opinion publique et du
P arlem en t ont pour effet de re ta rd e r ce jo u r et
même d ’em pêcher son aube de luire. L’obliga­
tion pour l ’indigène de p ay er cher les plus b as­
ses qualités de cotonnades stérilise la colonisa­
tion, empêche le débouché de n a ître et s’oppose
à l’accession de l’indigène au prem ier degré de
la consom m ation, m ouvem ent sans lequel tout
le reste de l’ascension est com prom is. On peut
dire que le chem in de fer, dernier m ot de l’ex­
ploitation coloniale, est en puissance dans le
prem ier troc obtenu. M alheureusem ent le fa ­
b rican t de tissus fran çais b a rre la route à la co­
lonisation p a r ses exigences p a rto u t où il règne,
c’est-à-dire p a rto u t où il a obtenu que règne le
ta rif général, et cela seul rend compte de la
différence constatée entre la progression des
pays à régim e libre et celle des pays à concur­
rence.
Nous avons cité un chiffre d’affaires en tex ti­
les pour M adagascar. Décomposons-le, cela peut,
être vite fa it et cela m o n tre ra en raccourci les
conséquences des prétentions de l’ind u strie des
tissus.
Peut-on dire que l’in d u strie des tissu s a
gagné en 1909 les 7 m illions 650.100 fran cs que
la consom m ation m algache a payés comme tr i­
b u t pour les cotonnades à l’in d u strie française ?
C’est im possible à adm ettre, c a r nos in d u striels
sont aussi âpres à la concurrence q u ’à la con-

�12

L’EXPANSION COLONIALE

servation de leurs débouchés, et on p eut to ut au
p lu s croire que les fa b ric a n ts de tissu s ont
im posé à la colonie de M adagascar u n sacrifice
de plus de sept m illions p o u r en gagner ensem ­
ble un ou deux, c’est-à-dire de 6 à 10 %.
Cette co n statatio n devrait tra n c h e r la ques­
tion, c a r enfin personne ne doit être a stre in t à
p erdre sept p our fa ire g ag n er u n ou deux à qui
que ce soit ; m ais il y a plus. L a cherté des
cotonnades a certainem ent a rrê té dans une pro­
portion énorm e l’élan de la consom m ation, au
g ran d détrim ent du com m erce m étropolitain de
com m ission et du commerce colonial, qui n ’ont
pas fa it les affaires qu’a u ra it perm ises ce déve­
loppem ent. Il ne fa u t p as croire que l’écart seul
de cinq ou six m illions a it été com prom is. C’est
le double, le trip le qu’on a u ra it a tte in t si l’indi­
gène av a it été tenté p a r u n p ro d u it accessible
comme prix, et ce double ou ce trip le a u ra it été
acheté p a r des com m issionnaires fran çais, por­
té à M adagascar p a r des com pagnies de n av i­
gatio n françaises, vendu d ans l’île ' p a r des
com m erçants français. Les indigènes qui a u ­
ra ie n t acheté ces articles à leu r portée a u ra ie n t
produit, pouV les acquérir, des articles v alan t
dans l’ensemble une somme égale à celle de
l’im portation, et l’exportation de ces articles
se ra it passée au reto u r p a r les m êm es m ains
que l ’im p o rtatio n à l’aller. Les cotonnades
étran g ères im portées a u ra ie n t payé san s diffi­
culté un droit de douane de 8 ou 10 % ; la colo­
nie a y a n t encaissé cette somme a u ra it dégrevé
d’a u ta n t l’indigène ou en a u ra it employé la
contre-valeur en tra v a u x publics productifs.
Cela va à l’infini, et, en fin de compte, les tis­
seurs fra n ç a is a u ra ie n t bientôt trouvé, p a r le
raffinem ent du goût des indigènes am enés p a r
les p lu s v u lg aires cotonnades étran g ères à ache­
te r de m eilleurs produits, des clients leu r assu ­
ra n t u n bénéfice au m oins égal à celui obtenu
dans la fab ricatio n de cotonnades grossières
tenues à u n prix exorbitant.
N ous avons vu, p a r la progression de l’im por­
tation des p ro d u its fra n ç a is en Afrique occi­
dentale, que ce que nous venons de dire p our
M ad ag ascar n ’est p as une simple conjecture,
m ais bien l'an aly se d ans le détail de ce que les
faits ont prouvé, e t il est désolant de penser
qu’une seule in d u strie en F rance, gênée dans
l ’écoulem ent d’un seul de ses p roduits, fait
échec à des in térêts incom m ensurables p a r ra p ­
port aux siens.
J ’estim e que la grosse difficulté à p én étrer
d an s pas m al de pays provient du ren ch érisse­
m ent du prem ier p ro d u it qu’on va offrir à quel­
q u ’un qui n ’en éprouve aucu n besoin.
A l’ap p u i de ce que je vous dis, exam inez les
opinions qui vous sont données.
Rendez-vous compte d’où v ien n en t les avis
co n traires à notre dem ande de personnalité
douanière. Je ne v oudrais faire de peine à per­
sonne, m ais enfin !... La Cham bre de commerce
de Lyon donne u n avis favorable ; la Cham bre
de commerce de M arseille donne u n avis favo­
rable ; la Cham bre de commerce de Bordeaux
égalem ent et j’ai sous les yeux l ’avis d’une
Cham bre de commerce qui donne un avis défa­
vorable et qui, q uand elle arriv e à la réponse
au x .articles 8 et 9 du questionnaire, d it :
u II ne se fa it pas d’exportations directes de
notre p o rt pour les colonies, et nous ne rece­
vons pas davantage des produits coloniaux. »
Si nous n ou s trouvons en présence d’un

groupe qui ne fa it rien avec les colonies, il y
a des chances pour qu’il ne soit pas entièrem ent
çom pétent d an s l’avis à donner concernant leur
régim e douanier. Nous faisons à M arseille le
tiers du m ouvem ent com m ercial des colonies
avec la m étropole.
Le conflit n ’est pas, vous le voyez, entre in té­
rêts fran çais et in térêts étrangers, p as même
entre intérêts m étropolitains et coloniaux ; il y
a un sim ple m alentendu entre certains intérêts
m étropolitains — tissus — et tous les intérêts
m étropolitains de l’industrie, du commerce, de
la commission, des tran sp o rts, des capitaux.
M essieurs, l ’abondance des argum ents pèse
dans une discussion comme celle-là. J’au rais
voulu vous in d iq u er com m ent se com portent
nos capitaux dans les colonies, comment on fait
fortune en dix an s dan s certaines colonies et
com m ent on peine p endant cinquante ans pour
vivre difficilem ent dans certaines autres, j ’aim e
mieux laisser cela de côté faute de tem ps pour
en trer dans les détails.
J’avais à vous faire valoir l’urgence de la
révision douanière et à in d iq u er les conditions
de cette révision. J’ai fa it de m on mieux au
point de vue de l’urgence, arrivons aux condi­
tions, ce se ra rapide.
A aucun prix nous ne voulons sacrifier un
in térêt existant. Nous proposons une solution
que vous me perm ettrez d’appeler « am orphe ».
Nous dem andons la personnalité douanière
pour indiquer la possibilité de v ariatio n s dans
les m odalités. Les colonies qui se trouvent bien
de l’unification p o u rro n t la conserver ; le statu
quo sera certainem ent la prem ière dem ande
qui sera faite ; to u jo u rs on s’accommode de ce
qui existe, et p a r conséquent notre proposition
n ’a rien d’effrayant, rien de révolutionnaire.
M ais, me direz-vous, quel ré su lta t cela donne­
ra-t-il ? Quand même il n ’y en a u ra it pas d’a u ­
tre que de tra n sfé re r aux colonies les respon­
sabilités incom bant actuellem ent dan s l’élabo­
ratio n des ta rifs à la m étropole, qu’on peut
accuser d ’ab user de ses droits, ce ré su lta t ne
serait pas négligeable. Car les colonies, en
recevant de nouveaux droits, p ren d raien t
conscience des responsabilités attachées à
l’exercice de ces droits.
Encore une crainte. On a la pensée qu’il est
possible qu’on m ette des droits su r les m arch an ­
dises fran çaises p o u r favoriser les produits
étrangers. P ersonne de nous n ’a ja m a is parlé
de droits de douane su r les m archandises fra n ­
çaises aux colonies, et il n ’y a qu’à se rep o rter
au passé, à la période qui a précédé la loi de
1892 pour se rendre compte du loyalism e avec
lequel les colonies, qui av aien t alors la m aîtrise
de leu rs tarifs, ont été les prem ières à y ren o n ­
cer et à étab lir des droits préférentiels en fa ­
veur des p ro duits m étropolitains. D’ailleu rs
nous ne dem andons pas à revenir a u régim e de
1866, où les colonies votaient leurs tarifs, q u ’un
décret du gouvernem ent re n d a it exécutoires.
Nous dem andons que ce soit la m étropole qui
décrète, d’abord, p a r respect p o u r la souverai­
neté du P arlem ent, et en outre pour m ain ten ir
une certaine m éthode et certain s principes gé­
n érau x dans l’ensem ble de la nouvelle législa­
tion : notre objectif, je le déclare nettem ent,
serait d’ab o u tir à les doter progressivem ent, et
dans u n délai plus ou m oins rapproché, d’un

�13

L’EXPANSION COLONIALE
régim e se ra p p ro c h a n t de celui qui a perm is à
l’Afrique occidentale fran çaise de se créer l’ex­
cellente situ atio n financière dont elle jouit.
L’Afrique occidentale est à l ’aise dans ses finan­
ces parce qu’elle perçoit u n léger im pôt su r
to u t ce qui entre su r son sol ; d’a u tre p a rt, en
même tem ps et p a r les m êm es m oyens, c’est-àdire sans frais, elle perçoit su r les m arch an d ises
é tran g ères la différence entre le droit de con­
som m ation et le droit de douane. Il y a là quel­
que chose de très utile, une situ atio n à retenir,
parce que, p o u r l’in d u strie française, elle se
tra d u ira p a r u n dégrèvem ent.
A l’heure qu’il est, bien que les colonies soient
trè s m al à l’aise dans leurs finances, tout, ou à
peu près to u t ce q u ’elles encaissent provient des
dro its d’octroi de m er perçus su r les m a rc h an ­
dises fran çaises ; c’est p a r conséquent l’in d us­
trie fran çaise qui porte to u t le poids des finan­
ces coloniales et une com binaison comme celle
de l’Afrique fran çaise la dégrèverait certaine­
m ent. Je me dem ande com m ent on p eut voir
d ans le d ro it d’im portation une innovation et
su rto u t u n e innovation dangereuse.
Après ces considérations je me b o rn erai à
vous soum ettre respectueusem ent ce que nous
considérons comme des conditions essentielles :
P a s d’unificati