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, . . .~- ~~Q! ..~
REFLEXTONS
.
.
. IMPORT-ANTES
S

L' É T A T

\!

R

•

.

PRÉ SEN T ,
DES

C 0 M MUN A .U TÉS.
DE CAMPAGNE
,

EN

PROVENCE.
.,

Et intereffantes' pour les autres Provinces•

. o('---:=~~=
PRE M1 E R E

')0

PAR Tl E.

' «,~--=--&gt;)o

r.~ '

, ,i

"

Chez TOUSSAINT D OMERGUE&gt; Imprimeur.
Libraire&gt; près le C~llege.
«,=~~~
M. DCC. L X XII.

&gt;)0

Arec Permiffion des Supérieurs.

\

�A U X AME S DR OIT' ES.
1

O

Vous ! qui cOIIJel'Ver feulcs 11/1 droit
. lég itime à toute f orte de biens, Ames
droites. c'eJl à VOIlS que je m'adreJJe. A,de:r- moi fi ce que je dis eJl bO/l ; mais
'VOLIS ne m'aidere1. Jas toutes. VOltS éus
fur Utl plan incline &amp; dan s une vie d 'épreuves continuelles : c'en f era une p our
vous que d 'avoir à ·parle,. de moi: prenet - y garde. Colltrarier le bien J c'cft
faire le mal. Combien rie gens avec un
fOllds excellent de bOllne volonte blamellt
trop Legeremen t ; alors ils s'aba4Jèllt fl'. ;p
ellx·mêmes • Cil eflima1l1 que lt;llrs pll -", /:11
font de peu de COllféquence, Dl, lis s' "Na l'cnt Cil comptant pour rien ceux 'lu i Les
éCOILlent. Ayer toujours préJc:1lt à l'ejprit
que ce Iont les voix particldieres combinées 1ui vOUt former la VO LX générale.
C'efl a VOllS feules à me juger, mais après
avoir médité mes f enfles : . pour lors fi
vous me condamnes, j'auraz tort.
QrulTlt .aux ...;1n~es 1ui ont . ljuitt.é l~O.S
f entzers ) Je n'al nen a Leur dzre : JI.! JUIS
p auvre vis -à -vis d'eLl~s. Jt1 ne p0.D~de a Lt ~
cwze monnaie dont j~ puiffè af.: /z.:it! r leurs
fujJi'agc:s : qui pourrait les a.Dàrwir ? L l.1urs
d éfirs fans ce..Ue criminels env.trs leurs Ji,périeurs COmme à l'égard de le urs illjë-

�rieurs . leur tendent inrupP01·table la plac,
qu'elles ocwpent queUe quelle JOLI. Leu:
vœu confiant efl de monte~ , ou d e Y~zr
d eJcendre les autres. tandIS que, le ""en
el! de voir chacun contenu dans jon pofle.
&amp; les rangs gardés. Je ne pellx dQnc 'lu ..
leur déplaire.

~

~~.2===~

A VA N T

P R O P 0 S.

N 1:. Olme bien faite dcore le bonheur d'autru i , clic aime l'ordre, elle s'en occupe.
Il fcro it bon qu'il}' cu t Ull moye n pour dif_
t inguer , au premier coup d'œ il , les projets formés par un cœur pur l de ccux qu 'enfantent les
panions &amp;. les in tért!ts : ce moyen n'a pas tiré.
trouvé, vraiCemblablemcll[ il nc Ce tropvera jamais .
Uu bon proje t pou r le bonhe ur des })c\lp lcs cll.
orclillairemel1t le fru it d'une IO llglle médItation ;
Sc. Ulle lougue méditation n'en permlÎe q ll '~ ceux ·
qui ont du loilir.
Un homme en place qu i journellement -pouffe
à la roU ~ dn char de l' E rin 1 Il 'a p.1S le tC~
de s'arréter à bC31lCOUp confidé rer ce qui ne le
piq ue p~s : les am cs im éreffee s piqu ent avec
prudcnce , &amp;. perfévérance ceux dont elles ont'
b e{oin ; elles (çiwcnt s'en faire écouter &amp; les
féduire ) au contra ire de ccnx qui ne parlent que
pour l' inrérêt gcnér:! ) q ui ront de marbre) rous
ronds ) &amp;. n'accrochent perfonne.
11 nous dt rare d'agréer les idées deS" ,:nItres
{am vouloir les mêlanger avec les nônes , parce
que nous n' aimons que nous, &amp;. que nous ne-..!
fu pportons les autres que par rapport à n OllS.
Le grand art de pcrCuader a deux principaleS'
bl&lt;1I1 Chcs 1 la prcmie re en d ~ intê reffer ceux à qui
on pôlrle ; c'eft la plus forte , parce que l'interêt
dl le plus gran&lt;\ mobile parmi les humilins: la
{econde &amp; de f,lire plus penfcr les autres que de.. '
paroÎlre pen(er foi-m ême; c'dt la plus délic&lt;:!te
parce que chacun a une grande.. dore d'amour
propre; c'efl la plus rarc , parce qu'alors il Saut _
aux dép~ns. de fon amo ur .. propre ménager ,~juù

U

1\'3,

\

�~es

7

autrot : facrifice coutoux . {ur·tout dans le

uccle de l'Egoïfme.
'
Un bon projet concernant l'état a des racines
profondes ; le vulgai re fe fatigue &amp;: s'aITourdir
en ,les recherchant; il s'en dépite en l'appellant
folle.
Cc qui n'ell ~?n à chacun qUI parce qu'il e(tbOl,' à touS il bdOill d'un cœUf génereux pour voi
le Jour, d'nne ame fupéricure pour ê tre goû té r

d:un grand gén~e pour être mis cn œuvre j c;
D dt pas afic z ; . JI faut encore que fes prorellems
:c trouvent aVOlr de la pUÎCfance . Combien doit
c:tre fOIre cette combinaifon.
Tout cela rai t , qu' il faut plu s de talent &amp;.
enc~re plus de bonheur pOlir faire paffcr un hon
p(Olet 'iU'UU médiocre.

~~~:~:~~:~~}'.!i

~ '~t ~~* .$:{}!~ ~* ~~

*

}t:@:~::@::~:@::=®=~~

RÉFLEXIONS
IMPORTANTES
SUR l'ùat préjènt des Commu/lawès d e
Campagne en Provence.

~'t:~."~E Ro yaume ef!: une Monarchie ;
Ml ,IR la Provlllce une e{p ece d'Arlf!:o'fff L cratie, &amp;.les diver{es CommuifI~=€l=~ nautéS qui com po[ent la Province [ont des e{peces de Républiques confedérées.
Ces C ommunautés font de deux {ortes.
Celles des villes qui forment, pour ainli
dire , un ordre à part par la richeITe &amp;.
par tes lumieres de leurs citoyeus, par
leur nomb re &amp;. par tOllt ce qui fuit naturellement de pareils avantages , comme '
facilité dans le choix de bons magif!:rats ,
àéfintéreITement , {enlibi lité de lem part·
à tout ce qui peut intéreITer leur honneur
&amp;. leur réputation &amp;.c; mai, il ne s'agit
iCi que des Communautés de cam pagne'
qui ne {ont pas à beaucoup près aufiL

m

hemeu{es~

�R~{lexions

8

Importante!;

,

~=:=~"'~
''tc~ -=~

CHA P IT RE PRE MIER.
NE
'd Communau t e' d'
Olt-e1le même d'
Cl er de ce qui reg d
"nement i ntérieur à P-éga; e on ~Ol~v~r.
communs de li
b rd des Jl1tercts
.. '
es IDem Tes
{; .
.
maires
, • foit de c 0111mo d'lte" foOlt
't clpeouagreillent. fau f le dr ' d '. 1 e pur
probation de ceux
Olt u l1ers &amp;" l'al"
1er fur elle.
qlU out drOit de veil·

~

U

. ~es h abitants s'aiTemblent
hte des voix décide d
.' &amp; la plura-·
lever les impoGtiolls d': la mamere de
une réparatIOn a
faire • d'un embelliiT;
ment. &amp;c. Elle illlpofe elle- mêmrées • elle dét~r~,~~~ les dép e?[es délibé.
feront levées en
que les lillpofition s,
c~r~enf p~r le moyen
d'lin Cadallre
terrier

qui

co~tienet ~~ ~ dire. dJl1~

li vre

chaque poiTelli
e ellmlatlOU de
f .
Ion en particuli
rUllS , par

le mo

d'

er; ou en

tes les produai(}~:ncl ~ne taxe fur tou·
par un droit pris fu/l of' t errOir ; ou
s'appelle piquet ou a anne. ce qui
ar~ent '. ce qlli r~iTelll~:r, cap age '. foit co
fa it en, dJournées de t raVala l"nececapitatiOn,
., .
va ut a

es corvées. .

,

qUI

equl,.

Ceue fort~
à l'elide .gouve
cl rnement fe préfente
d'abord
,
.
la mamere
.
1a plus .
tlsfatfante • l'nt
&amp;'11en'ell
.
fa
pas permis de
domer q~I'el1e Jl'lÜ! de !;,!auds
avautag:i ,

'~

p"\li(que tout le moude s'y trouve plus
heureuX qu'ailleurs.
Ce feotim ent Y dl: trop général pour
n'être pas fondé [ur des vérités ; ce qui
ne [croit qu'illnfion ne peut fi bien 8{ fi
long _ tems tromper les yeux non feulement de toutes perfon nes intéreffées •
mais aulli ceux des [péculateurs attentifs
n reliCe
8{ appliqués. Qu'o n liCe 8{ qu'o
ce qllÎ regarde les états provinciaux dans
un ouvrage de l'ami des hommes .
Mais fi un bon efprit obfervateur elt
content en général de ce gouvernement,
il l' dt bien peu en entrant dans le détail
de toutes les imperfeaio ns 8{ de toUS les
abus qui s'y trouvent . 8{ qui dimiUllent
bien les avantages que l'on a droit de
s'en promettre.
. La malice des hommes {ait de partout
li n cercle pour arriver à fcs fins; il n'y
a rien de bon dont elle ne fe [erve pour
tout corrompre. Celt à l'autorité [upétieure à la Cuivre dans Ces Mtours 8{ à la
contenir ; mais comme un coup porté
d' un côté , quand ceUl{ fur leCqu els il
doit fr ap per n'y Cont plus pour avoir
ch~ngé de place, clt un coup vain; l'autorité doit varier fes loi x quand les mœurs
de ceux qu'etles doivent diriger • ont
a
changé.
Si la maxime de n'innover dans tégifl ;
tion que le moins poffible • elt vraie. celle
d'innover à propos pour ré medie r à des
abus qui prennent trOp d'empire, ne l'e-ft

�Réflexions
moins. Cell: dalls cet à propos qu'elt
la {ouveraille {ciellce de l'a rt de gouverner·: ou l 'on change trop , tout elt en
confufiOIl ; ou l'on Ile change l'as alTez ,
tout elt engourdi, excepté les méchant.
qlli ont {ç u {e faire des routes a(furée~
Four faire le ma!..
JO

pilS

.....

_ ._."""""'~ '-~
~~-'-'~='===~I'I

".,.,

CHA PIT R E · l 1.
s Communautés don~ il dt ici quef.
L. ~tIan,
Ol)t dans leu r petite {phere tom
les défauts de la démocratie, {ans avoir

de quoI .les compell{er : cJl~s Il 'Ollt pas

le l'ou vou de faIre l a guerre l'épée li la
main , ni de répandre du fang, ni d'or ..
d~nner ',In breuvage de cigue , ni d~ ban.
DIT

un C)toyen deveClII trop puiffant . mais'

elles peuvent !11ultiplier Jes l'raCes', les '
.hames ; eH es peuvellt bannir tous les
felltiments bonnêtes , ce' qui eit Un e forte
de guerre pre{que aua; fata le à la Culture
des terres &amp; il la populatiol! &amp; plus.
pernicieu{e à toutes les vertus, qlle celle
que les natlOns {e font entr'elles par des
BataiHes.
Lor{qu'elles {on t dans cette f.cheu{e
lituation , le. mal elt d'autant plus grand.
q,ue les particul,ers qui les cOOiPOrent ,
ne peu ve nt pre{que pas édter le cu lme
funelte &amp; trompeur de la fauife co n{cienc•.
Sous prétexte qu'ils ont à oplUer bien .

Impo,·tantes,
fur ce qui touche à leur propre
-rnoll1
, Ir le pell. é ' t que {ur ce qUI.,mtereue
~eil; fe croient difpenfés de toute mo·
Pd "
de toute tempérallce,
eratlon,
.
Ii
1er q ue
Sous prétexte qU'Ils. n'ollt " pa: ,
'1
des affaires publiques d mteret , 1 s
~~'fe croient point gênés pa~ l'a{pea des
n.
.fuites funenes
que ces affalfes p euvent
&amp; 1
- 9

IIi:

a\'o ir -en

corrompant les

~œl~rs

es

mœllrs , en troublant la [ocléte par tous
les vices qui [uivent la dl{corde.
,
S uS prétexte qu'ils ne dOIvent pas etre
, °éreu x du bien d'autrui, ils. étouffent
gen
d &amp; d
~
en eux les {entiments de grawu e.
biell{éance qui leur {erolent parllcu!.ers ,
&amp; par principe ils s'habit uent. à foule~
aux pl'eds toutes les vertus
. {oclales &amp;' a
[age de tous les vIces contralfes.
f· .
alfe
u
. t ou t d'un
Comme
ils ne peuvent b anlllr
coup la pudeur du fonds de leuy co!'fcience, mais {eulement p,ar de,~res " II~
s'accoutument à la fauffete, qUlls decorent du nom d'habileté. La plus gran,de
menees
. de leurs défirs &amp;fi de.,leurs
parue
d
b
relte cachée dans l'ob cunte u nom r~
des délibérants fous la 'prétendue, volonte
d'un peuple difficile, dlfent.lls, a perfuader &amp; à contemr.
Comme les grandes républiques , le
peuple de fes Communautés a (es Orateurs &amp; fes fl atteurs d'autant plus dangereux ) qu'il ne peut ~voir., comm,e elle.,
des mouvements d'indlgnauon qu on aH
à redouter, &amp; qu'il n'a pas dans fa co-

�«.z

Réflexion!

lere le ponvoir de punir pour contenir
fes chefs par des exemples.
Difons plus, s'il n'a pas de quoi {e
faire refpeaer, il a moins encore de quoi
mériter de l'être. Il n'a aucun moyen
pour ,'inllruire des affaires, quoiqu'il {oit
intJrefl"é à la chofe publique; il ne {çait
rien, quoiqu'il {oit cenfé décider de tO\lt ,
ce qui le rend néceiTairement le jouet ,
&amp; {auvent la proie du plus rufé.
Qu'on jette un coup d'œil \In peu réfléchi &amp; impartial fur la maniere dont
une Communauté de campagne elt compo[ée , &amp; l'on verra des payf.ns de la
plus grande ignorance, de petits négociants &amp; des arti{alls qui n'en fç avent
guere plus, les uns &amp; les autres aiTervis
aux travaux de lem profetlïon ; des
Bourgeois, les uns pauvres &amp; fort emb arraiTés de leur fubfiltance; d'alltres avec
une certaine aifance, mais en petit nomhre ; ennn d'autres plus riches, mais pour

la plupart habit allS des villes , &amp; pom
lors al'pelIé, forains.
Les trois claiTes de payfans ,d'artifalls
&amp; de négocialJS ne donnent leurs fuffrages dans les aiTemblées de Ville, que {ur
la fOI de quelqu'un qui a fçu s'attirer leur
confiance &amp; leur amitié, Dieu fçait corn·
ment; ou plus furement fur la foi qu'ils
"eulent prendre en celui dont ils efpérent
dans leurs. affaires particulieres , (ecoufs
&amp; proteébon , &amp; dont ils redoutent la
Jllalfaifallce ) &amp; la pui/T'Ince de Iluire. Ce
{oul

Importantes.

l,3

fo?t des. gens qu'on app e ll~ homme de
p aIlle ,!lll ne font &amp; ne difent que ce que
!eur fal! faue &amp; di re celui qu'il y a fub Jugué , &amp; Ils ne peuvent être autre chofe.
Les Bourgeois qui ont une certaine ai{ance a1me~t, n~tl!:ell cme nt leur repos : un
peu de vanHe mfeparable de l'aifanee leur
fal! d,firer beaucoup de liberté dans leur
g enre de vie, ce qui les éloigne des affimes , &amp; les y reod timides . ou de la
confiilération (ans beaucoup de peine ,
ce ql1l les engage à Ce faire avocats &amp; à
remplIT . les p laces, d~s Juges. Oh voit que
ceux ~I ODt ordlllal ;emc nt l'e{prit plus
modere &amp; 'par. eonfequent un efprit de
paIx &amp; de )ult lce , Ils ne {e mêlent aJTez
fan vent des affaires que pour les faire fintr aentablement , ou pour les juger &amp;
ils évitent de fe trouver dans les or~ges
qu'elles occafionnent.
Les forain s en général par Jeur éloignement d'hab itation prennent peu ou
point de part aux affaires des Com munautés

j

ceux qui y p aroiffcnt , fiers d'être

gens de ville portent ordinairement au
village un efprit de dedain de hauteur
. dépend anee qui ne peut
"
&amp; d'm
avo ir que
clemauvai, effets; à moin s que par leurs
nalJTanees vraies, la bonté de leurs éducatians, leurs opulences, leurs charges, ils ne
fe trouvent fupérieurs à de petits intérêts
dont les petites ames font trop de cas
pour n'être pas in)' ultes &amp; malfaifantes •
Il.
'
ce qUI• el&lt;
extrêmement rare.

J. Partie.

B

�14

Réfi ei'W/1J

.

Il ne relle donc pre(que to uJours p our
diriger les affaires des C~mlUullfl uté~ que
des Bourgcow pat,lvres, &amp; ell)b,araiTes dç
leurs fubfillaoce, ou qu i par [,abitude Cn
auro nt con!ervé les defallts malgré J'ac'
croilfement de leurs fortulle.
Q ue peut- on efpérer d'çll~ ? Il Y a des
regles fondées [m la . connOllfance d" ~~
na tu re hurtldllle , qm peuvent en ~artl ­
cul ier aI'oir il fouffrir quelques ~Kcept~on s,
mais qui (o nt infaimbles en ,général.
Qui dit un BourgeoIs, d ~t U l' h omme
qui déda igne les t rava ux penibles &amp; pla·
miels ; ordi naire ment dans i ~~ v Ii l~ges ,
p allvre &amp; p,arel!'e ux il Ile devlerl! J1l,mar.
chand ni negonant : , s Il çil [ans biens,
comment peut - il vivre ? L e , voici ; il
achete , s'il le peut , 1,In office ' de notai·
re pour lequel illle faut aujo urd'hu i qu' un
examen qui cil une derifiou ; il fait 110
p eu d'effort pour pouvoir être qllelque
tems dans une ville à étu dier chez u~
proc ureur l'arr des proced ures: après uu
an ou deux il revient chez lui , il s'y
établi t donneur de con{eil s au civil &amp; au
crimi nel, {oit qu'il foit notaire o u non,

il cil cc qu'on ap pelle procure ur.
P ourroit-il vivre de cette profd lion s'il
n'y avoit ni troubles ni dilTentions ? N',
t- il pas lin intérêt é vident à en faire naitre parmi tous {cs concitoyelJs 1 Sa {ub'fi!!a nce ne lui en donne t-elle pas un trés
p relraut de (oufler. la di(cord e ? La loi
qu'il reçoit de, la, néceffité dans laq'lellc

.

'1

l

~

-

[mportttn(es"
15
1 fe trouve ne forelle ' t-elle pas en Jui
une h abitude, de faire le mal , qui va enfIute au de-la de cette néceffité ' Et ne
doit-il pas pour avoir plus d'ai{ance
contin uer d'e faire ' ce' qui lu i à li bie~
réuffi pour , avoir fa (ubfillance ? peut-on
ne pas crOire qu'i l y aura mê me des gens
d .. rlat ure cupJde qlli de prime abord tr-a.
vzul1erent amfI pour s'enrichir?
N 'cil-il pa.s é'v ideu! que tout l'art de
. gagner par cette voie , au de-là de ce que
p crmet la fi mple bienFai{ance qui veu t
qu'ou aille au {ecours de l'opprimé, &amp;
q u'on faiTe part de {es lumi eres à l'igno- .
T{ln t , ne peut p lus être qu'un l ifTu de
mcnfonges , de faulTes efpérances , de
tromperies , de fl atteries
de co n{eils
empoi(onnés , de trahi(ôns 'de barbaries
'
cl e nOlrccuf'S
? N'elt-il pas" certain que
toutes "Ces manŒuvres fOn! d'autant plus
pernicieufes -qu'elles {oht compo(ées d'ac.
tes verbaux inevitab!ement im punis ,
parce q ue ils 'échapent -il la loi &amp; aux
magiŒrats ? Leur ravJgc n'eft· il pas d'a utant p ltts terrible ql1e ceux qui (ont defti.
n é~ à en être les viétimes d ' ont rien qui
p udfe Jes en garantir ?
O r Je pe uple des campagnes ig nore
t Olt t , (es befoins conti nuels lui donnent
une cupid ité conti nuelle, en forte que de
quelque maniere qu'o n fl atte cette cllpidité , on eft pre (que alIuré d'en fa ire ce
quo l'o n veut .
Q li'un p ay{an [oit flaté p ar un hOl11l11e

1

132

�16
Reflexions
u'il croit habile , d'éviter à l'aide de'
art uu pavemene qu' il fçait devoir
faire, il ne refille guere à la tentation ;
voilà une viétime d'autant plus docIle ,
Que ce paylan connoitra des gens qui
âuront ainli évité de payer leurs dettes
les plus légitimes.
Auffi l'eRpérience de tous les jours
prouve qU'il n'y a rien d'égal à la mal!·
vaife foi qui cil établie parmi le peuple.
Le mal augmente bien lorfque la cole.
re &amp; l'amour de la vengeance s'en melent. Ils s'en meleront toujours lorfque
ceux qui confeillent diront un mot pour
les exciter , &amp; ce mot de leur p art ne
manquera pre(que jamais ,
lorfqu' il
procurera infailliblement à celui qui le
prononcera ) de quoi vivre des femaines &amp; des mois entiers. Il faudrait être
bien aveugle pour ne pas voir que des

ton

D10t S

toujours impunis , toujours

l uc-

ratifs ,prefque a{furés dans leurs effets
feront des mots quotidiens. Je dis ,
a{furés dans leurs effets , pui(que le
peuple de la campag ne n'a rien qui
pui{fe en repou{fer l'inll uence; fa nature
corromp ue Comme celle de tous les homo
mes, l'entrai ne vers le mal, il a le germe
de toutes les paffions i il n'a pour fe gar antir de leur fougue, ancune infirueétiou aUCune éducation qui ait adouci
les mœurs , aucuns bons exemples 'de 1.
p art de ceux avec qui il vit: il a oublié
le peu de cathe,hifme qu'il a fçu : les
1

Importantes;

'7

feules loix qui orllonnent des [ul'pl ices
pour les crimes majeurs , voilà le [eul
frei n qu 'i l connoi{fe ; &amp; tOll! ce que les
[ upe rbes légi ll atiops des pays prétendus
pobcés ont fait ponr lui, il été de faire
pendre &amp; rouer pour lu i [ervir d' exem pie, des gens qui ne fe [ont porté, il de
gra.l1d~ ~ri.ll1es que parce qu'ils n'ont jamaIS ete Co ntenus dans les peti ts.

Ce peuple donc en provence efi livré
{ans défenfe â l'avidité des procure urs qui
ne VIvent que des confcils g ui donnent;
pIns ces procureurs ont l'art de les multiplie r , plus leur pro fit cCl grand' cette
multi pli catiou efi depe ndante de c~ll e des
trouble,s &amp; des h aines: elle pellt - être
procll~ee p ar ,tolites, fortes de moyens &amp;
avec ImpunIle. VoIla dOllc les procurenrs'
du Vi llage , inév itablement Jes êtres Jes
plus malfai(ants qni puiiTenr c"ilter. Ir yen a (ans ~ ollte qui o nt (çu
garant ir de
la ContaglOn , &amp; tout le monde en can-

le

noit quelq ues lins j mais ce [ont aUtant
de mira~le,s de la grace qlli ne pellvent
être 'Ine ra,Tes , parce qll'cu général les
Jlommrs [lllv ent leur pente au mal &amp; à ta

cl1 pidi té qu and ils n'on! pas à réd omer la.
vigueur des loix .
. Le plus g rand' àvantagc d'un prOCl11'ellr'
de campdgne cil cclII i d'être le plus craint
&amp; le l'fus redouté ; chaCll!1 alors cherch",
li J'avoi r pour foi, on vien t en foule Ce'
mettre {ous fa proleétion. Ma is on nC' ,
li ob tient pas [ans l ui fdire. des. fil cr ifices;

E3

�t8'

R éflexions

de toute eCpece. Quand il el! [ans r,ival,
à peine fait-il un uane qU'lI ell obel; u
l'on alfemble le confeil de la Communau.
té ce fera pour le moment, qU'il y au~a
choiu, il Y regnera {ans meme y parOlIre ' toutes les délibérations qu'on y pren·
dra' viendront de lui {ans qu'il les écrive
ni qu'il les (igne , P ar lUI mot il {u{citer a vingt procès au nom '. de {es ,oll ents
co ntre ceux qlli le contranerout; Il {çaura les faire pour{uivre pOlir le payement
des tailles &amp; des capitations; il fera tré.
{orier Oll maitre ab{olu du tré{ori er pour
le devenir du fort de chaque famille; il
!çaura faire adj u~er en {aililfant le défaut
des loi x , une ferme de la Communauté
à Pierre ou à Jaques; il faira u le juge
bon , in{erer dans l'aEle de b ail qnelque
nulli té pour s'en {ervir au be{oin ; il fai.
ra donn er des entrepri!es de chem ins &amp;
autres ouvrages à ceux qu'il favori{era ;
il faira faire des ellim ations à {on gré,
b aut &amp; bas ; enfin il elt i mpo llibl e de
parcomir en détail tous les moyens qu'il
aUra &amp; qu 'il prend ra pour dominer.
Si ce Pro cureur {e trouve avoir quelque antagon iR" qui veuille lui tenir tête,
chacun d'eux aura les clients, le tro uble
augmentera , l' c{p ri t de parti s'en me lera; &amp; le mal deviendra pl us grand parce
que rien n'cl! plus terrible qu'une g uerre
civ ile &amp; q ue de ux ti rans qui {e di liHtt f' t
le rang CUl' rêmc {O nt bi"n p lus d'dlruétifs
qu' un {eul qui cil aiTou" i. A"lIi l'expé-

Importanres.
19.
f,en ce prouve que jamais une Com mu nallté n'ell plus heurcu{e que quand Ull!
feul y do mine {"liS contrariété; elle prou.
ve enCOre que de quelques moyens dont
celui là {e {oit {ervi pour acquerir la tou.
te puilfance , dès qu'i l el! parvenu à en
jouir funs di{pute il deviellt plus ou moins
{enlible au plailir de faire quelquefois le
bien &amp; de fe faire une meilleure rép utation, ce qui lni donne en général plus de
modération , fa it tomefois fon intérêt
particulier &amp; le mailltien de {on crédit.
Voilà le meilleur état poffible pOUf les
Communautés de campagne aEluelles ;
mais l'on voit que par là le gouvernement
eu el! totalement changé; la volonté d'un
{eul y décidera de tout {ans qu'elle {e faC{e peut-être apperccvoir; Ull de{pote caché dans le fonds de {o n p"lais f"it tout
mouvoir de même, mais une révolution

~"it ou le trouver : ici Je dc{pote ell

à
l'abri de tous les orages; la volo nté n'el!
p as {eu lement comme celle des monarques , ccniée être la volonté réu nie de
tous, mais elle l'ell en elfet parce qu 'il
fait vouloir ce qu&gt;il veut, quoique natu.
tellement on eut vou lu le contraire; pri-

vilege dont aucun prince , I égi ~ime ne peut.
jouir {ur la terre, malS {eulement les
grands {éduEleurs comme , &amp;c. .

•

�R éflexions

20

~!===!!"~"~-

CHAPITRE

""~

III.

LE

gouvernerr;ent à éra?li des regles
pour que tOlIt Ce palle avec o rdre
dans les Communautés il y a d~s perColl'
nes char~ées"d'y veiller.; , lellrs dépenCes.
ont beColll d etre authonfees : il cft des
cas même ou les Mag iftrars &amp; les déli bé·
rants .... peuve n.t être condamnés en l~ lIr

propre ; QlalS t Otlt cela quoique d'une
certalOe utilité elt biell inflllîfallt,
UDe Communallté Ile pe ut commence"r

un l'racés (ails. l'avis cie deux avoc as.
t .
(u1tation doit être pré~e ll t' ,
1,'eu r COll
d'
ee a
l tnt Ctl .a:lt à &lt;J'lIl on dema nde permillion'
de plaIde r; l'Ill tendant demande l'avis de ..
procllreu.~s cil!. pays; apres l'avoir reçu
(elon qu Il, le Juge bon • . il p ermet ou r:fufe. Valla q\ll p araIt b Ien géllant pour
les gens mal-ll1 tentionnés.
M ais on il quand on le veut l' avis favo rable de deux avocars ; mais on e x ore
faux pour parvenir a être au tho rir.e' .\ Pl .
d
f: f'
.
' pal'
~ r " au. a V O I r. D ans le cours d u ra c es cl1 affalr. cha nue
de face ,' m aIS
. Pl "In~
tJ
te n .alt! ne peut fi". le CeuL e"pofû d'ulle
p artie aor?lte devlOer les rauons qu'ou
pourra avoir à lui oppofer .' les procur cllCS d U pays ont a cet égard b '
.
da;
'
len mO Ins
1, :i~ ources que lui pour s'en iuftru ire'
. " eur chargé du couraut des ajfair~

Importante!.
2r
publiques à-peu de tems pour ap profond.r touJonrs ce pourquoi ail ne lui demande qu'une opinion de formalité ; en·
core moins d'cn inftruire (es collegues au
no m de qui cependant il prononce. D 'ail.
lellTs l'intendant &amp; les Procureurs du pays
(ça vent qtt'tls ne (ont po in t ju ges en ces
cas. mais feulement modérateurs , que
l'on eft prêt à crier à la tyrannie li l'on
trouve en eux une grande réliftance ,
parce que chacun croit d'avoir droit d'aller aux tribunaux réglés dont les jugel)1ens rendus contradiétoirement obligent
les deux parties. Ils ont vu plufieurs fois
qu'on [çait commencer Ult pro cés contre
leur a vis &amp; Cans leur aurhorifation, ce
qui compromet leur dignité.
P ar tant cela. les permillions de plaider
ne peuvent qu'être preCque toujours dounées un peu plus tô: ou un peu plus tard;
enfuite les mobiles d'une Communauté.
en ne (ortant point mal- ad roitement de
quelques regles générales • font tGut ce
qu'ils veulent,
. Les cas ou les délibérants font en leur
prop.e condamnés aux dépens fOllt fort
. r ares ; les Ju ges trou ve nt cette prouonciation du re: on ne

v eut pas que des

gens de bonne foi qui fc trom pe nt, aient
à courir des grauds dangers . Cette conlidération ne pet'lt que (au ve r beaucoup de
ceux de mauva i(c foi qui veu lent tromper
les antres. C omme c'eft (0 us le nom du
public qu,' on a combatu. c.'eft le public

�:'2

Réflexion!

que J'ail condamne , ccla parait Je p a;ti
le plus limple • le plus court, le plur fur.

CHA PIT RE 1 V.

l

E cours nanire] des chofes établies,
veut donc qu'mle COInmunauré puilTe
être facilement cnrt , Înéc dans des procès ; or l~s procè~ contre les feign eurs
De peuvent que faire les délices de ceux
qui cherchent j eu éle&lt;' er ; ce [ont les
plus éte ndus par le nombre des matleres,
&amp; des pdtentions réciproques • les plus
difptndienx, ( les arcJiives &amp; la poulliere
des notaires d...1MS toute la province cn
foot [ermés ; ) les plus longs . parce que
l'indigence n'y abrége p as. les défenfes ,
&amp; que l'ardeur des conrendallts les multiplie ; les pIns faciles à faire naître, p arce
que les droirs exclulifs des Seig neurs les
expofent à la jaloulie , à l'e nvie. à faire
des mécontens.. Dans une Communauté
entrainée p ar un efprit de difcorde • l'c[prit de corps fait que chacun de [es
membres par lin nous = nous g aGnerons,
1l0US aurons J on nOliS devra
on nous
retien t, &amp;c. POlir !ln fo l ci 'int'érêt, le
mê me zèle qu'il aurait {i la [om me ' tola le
des avantages q u'il efpér e. devait lui
appartenir en entier, comme les fol dats
qui di[ent. !lO US battimes les A!lglois à
F ontenoy, nous primes tOlll uay.

Importdllte!.

2;]

;Après ce t,ableau f.idéle des Com,m unamés que deVIendra ce que nOlis pre[en.
toit de ' fi [édui[ant une [péclllati on {up er 6cielle ? Rien, qu'une illufion d~n,t
b eauco ll p des gens [ont rempIt s. Valla
Lill grand mal; d'autant plu s g rdnd que fi
à cep x - là on joint ccux qU1. prennen~
in térêt à ce qu'il dure, encore ceux qUI
n'ont qu'infouci à cet égard , }?lus ccux
qui ne [e croient pas ,airez hab tles pour
o[er pen fer ni fentir; com,bl;''' p eu en
reftera-t-il de capables d'en delirer le reme&amp;l '
,
On ne doit p as s'é,tonne:.lor[qu·on Vlent
à appercevoir qu'il [e faIt clans ces Communalltés beal\coup de ,ma l &amp;, peu de
bIen : ceux qui y domlO~nt., 19no,rent
entié rement les grands pnn,"pes d lin;
bonne pol itique ; to ut ce qlll peut en ge-

néral favo ri(eI l'agrIculture, le. co m~e r­
ce
les bo nnes mœurs J les lOlx qlll-. en
cO I:tcoant chaque indi vidu font le bIen
g énéral de t ous • celles qu i ne peu~ ent
être jugées bonnes qlt'en remontant a la
n ature d es chofes ; t o ut cela cft a u de{fus
de lem pon ée &amp; de. celle de tous leurs
concitoy ens, I ls ne ;Olent lam~lS que leurs
petits intérê ts Hnmedlats J Ils s abbreuvent
de t OUS les filets d'eau qu'ils trouvent
d ans leurs champs. quelq,ucs troubles
q u' ils ' [oi eot. m ais ils foot Incapables de
vouloir faire quelques efforts PQur ameller de loin au milieu d'eux une [ourçe
d 'eau vive &amp; pure.

•

�%4
Ref1~"ionJ
,
Si même par ha~ard le plus accrédité
dans la R épublique pl'opofoit quelque
chofe de bon &amp; grand, fo n crédit feroit
en danoer j bientôt il fe tairait , parce
qu'il D~ parleroit que p our le bien public q ui n',"fi: pretque jam~is fol!icité que
par un zele faci lement emou{fe, tandis

que les fers dont te fervent les intérêts
p articuliers fODt d'une trempe à toute
épreuve &amp; pe rcent tout,
Si les principaux infpirateurs de l a
Comm una uté ont des champs &amp; des bleds
à faire farcler , on ne voudra pas qu'il
s'élabliffe dans le lieu des filawres de laine ou de cotton, parce que , dit·oll ,
. l es farcleu fes encheriroient ; s'ils ont des
cham ps foul agés par le cadafi:re d'une
p artie de leur taille légitime, on éternifera la durée de cette méthode , &amp; on
repouffera confi:amment toute p ropoliti on
d'i mpofer en fmits , &amp;c,
Pour bien juger de la vé rité de cc qui
vient d'être dit , il faut avoir habité la
campagne. avoi r vu de prés ce qui s' y
p affe • il faut y avoir po rté une infi:ruction . pl us relevée que celle qu'on y a o r·
dmalrem ent • &amp; un grand des ·intéreffement qUI ai t laitTé au cœur la liberté de
[entir ce que l'équité &amp; la comm ifération
difent à tous les hommes quand les paflions ne les font pas tai re; mais m al heu·
re ufe,~ " nt les ,habitans des grandes villes
ne VOient ceCI que d'une maniere fufpecte Celon leurs ami tiés , &amp; fort imparfaitement,

Impo"taltteI,
25
tement, Les habitans de la campagne
membres de ces mêmes CommuualttéS' font
p arties par leurs petits inté rêts &amp; n'ont
d 'ailleurs que des vues courbes &amp; rampantes, La COUT efi: bien élevée, Con regard plonge de trop haut , &amp; voit trop
de chofes à la fOlS pour tout difi:ingu er
par le menu, D'adleurs la cour efi: néceifalrement entr a i~ée pa: de plus g rands
f~lIl s ,; Il en quali ImpolTlble qu 'elle s'arrete a exammer, (Ii un tableau fini du
m al ,&amp; du bien à faire, ne lui efi: pré[ente y~r quelqu'un 'lui ai t fa confiance)
ce qlll le paife dans la fo ciété de ce qu'on
appel1e les derniers des hommes ; nOIn
qu'on leurs donne avec aifés de rairon , ne
fut-c e que par l'abandon ou on les lai{Te,
A qUI donc parler pour eux? N'importe;
que de Prophêtes avoient inut ilement
crié, lorfque Jonas cria fans efpérance '
Jonas fut écouté, Que fçait- on,
'

CHA PIT R E V.

L Es

hOI1]mes ont la mémo ire bonne
s'ils fe fOllviennent encore que les Sei·
gneurs fiers de leur; droits faifo ient t re mbler cellx '1111 leurs etolent fournis; la plu,
part de ceux qui font femblan t de s'en
fouvenir , &amp; de les voir encore le ba ton
h aut prêt à frapper, Ollt bien de la
pelOe à déchiffrer les anciens afres , par
le[quels ,?O voÎl que par des procés COll-

1. l'artle'

C

�26

,

Réflexions

tiouels , les ,'affaux n'ont celTé d'en Db.
teoir d~s réuonciations à leurs droits .
S'il [e trDUve encore quelque Seignwr
ui faiT" à tort le mêchan t , ~c n:elt pas
qualité de Sei~neur qll1 11I1 pren: des
rces'
fo
, il en ferDlt autant .fous toute [or.r
te de vête n e nt. Au contraue cette qU J 1té lui nuit , en rendant plus eflicace la
pillme du plus vil fllppôt de la chicane
qui voudra s'exercer cOll~re lm , &amp;. ql1l
fans cette Dccalioll n'aurolt peut-être pas
fait une [eule bDnne aaioll,
Il y a long temps que la hauteur d ~s
SeIgneurs de fi ef à été heureufemcnt reprimée par l'alltorité royal~ , &amp; qu e les
arrêts des tribunaux l' ont contenue j malS
peut-être moins h eureu[ement elle à été
depuis anéantie : de telle (orte qlle , qUOI'
que delîinés par la nat ure. des cha [cs à

fi

cÔopeTl.' f etncac ell lent an

bien publIc,

on

leur à ôté non (eulement le pDlIvDir d 'y
CODcourir ; mais l'auéamifTemcnt de leurs
droits &amp; p ridlégcs , de lellr conodératiDn perlo nnelle , &amp; de" celle de Ic.ursy'rid iaions elt devenu un mobde nrel lftible dans un liede DU l' on ne refpi re
que l'égalité des conditions , pour foulev cr contre ellx les défirs, &amp; pOlir 01' ''' er
dau s cette forte d'ivrelTe le mal tant que
1'0" pcut.

L uuthorité très éclairée dans le principe , ma is u ès endormie dans ~ es canCé ..

qll ences fuccefliv es aya nt placé la romine.,
Ol! .. lo it été la [cience ) fe tro U\ e avait
f",'oriié d e~ e"cès &amp; ne parait pas s'ap~
p" ~eroir enCore du mal.

' Imp rx-tar.,te!:

27

L authWlté royale dOIt feule tout diriger J tout éclairer ) tout contenir. SOliS
fOIl aile tous les citoyens de quelques
rangs qu'ils [oient, doivent jouir de 1" liber té fclon les loix ; ils ne doivent aVDir
aucuue force pour Ce nuire réciproquement, avec injuliice, &amp; ils doivent avoi(
tDUs, la pl liS grande faciJii té poilible d..
recourir ;\ l'unique allthorité qui {oit légitime , l'Dur repoulTer la pills légoire 01'preflïon comme la plus forte,
Mais l'authorite royale ne pem répandre le J;,ieu dont elle ell: la fOPlce que
parles canaux que la nature des cho{es
&amp; celle de fou gouve rnement lui ont
préparés ; li cll" elt la premiere à obll:ruer
ces can aux, ou li elle permet à t,Oll S ceux
qui veuleot remuer des bourbiers, de les
engorger, elle contrariera elle - méme fan
propre ouvrage ; &amp; [on iu tére t en fouffrira tDut antan t que [a gloire.
D ans le de[potÎ[me to u t doit être con·
!Cntl par une Crainte cOIuil}uelle. La.
promp titude des punitions en elt pour
a iuli dire l'ame, Comme le P rince ne
peut, d'ou il ell:, vedler &amp; ordonne,
alTez diligemment daus tDut [on ét at, il
ell: obligé de . donner à ceux qu'il envoit
d ans fes provinces tout fan pouvoir, /){
CCLIx-ci à d'autres; ,lès-lors une multitu de d'injultices &amp; de vexati ons font iné·
vitablem ent faites au t)om de ce Prince
fans qu'il en fait inll:ruit,
Mais dans une Monarchie il y a des
tribunaux pour juger [el on des loix COll-

C

2

�18

Réfteoions

nues toutes les aétions dont les citoyens
{e plaignent , &amp; une noblefTe qui va &amp;
viell t librement du thrône jufques au plus
bas peuple, &amp; du peuple au Roi en
p afTant devant tous ceux à qui le
Prince à confié une portion cie fon authorité.
L es tribunaux font corps intermédiaires entre le Prince &amp; le l'euple , lorfque
pour n'opérer le bien public qu'après le
plus mur examen le légillateur leur dem ancie avis &amp; confeil fur les loix qu 'il
veut donner. Ils font encore corps int er.
m édiaires en ce qu'ils perpétuent &amp; éten.
dent à tOtlS les fujets les vo lontés fe rmes,
authentiques , publiées &amp; connu es du
rouv erain en jugeant fclon les loix.
M ais les tribunaux a{heints à cles formes co mmandées ne jugen t que ce qu'on
leur préfente à décider , neutres entre
les p arties ifs altendent les plaintes : il
faut qu 'on aille il eux, &amp; c'ell: ce que
font les gens du Roi au nom cie la {ociété {ou/frante , lorfqu'aucun particulier
n'éléve {a voix , ou lorfq ue l'intérêt ,
ou les o rdres du prince l'exigent.
Pour être promptement iofiruit de ce
qui {e pafTe dans fes états , le monarque
s'efi pour aioli clire , fo rmé des ye ux
qu'il "repand us dans (es Provinces; les
gouverneurs &amp;: commandants ) les in tend ants font chargés de l' infiruire de ' tout
cc qui . intérefTe les peuples de leur diftrIct : Ils ont chacun d'eux

un certain

pouvoir dans les affaires qlli dem andellt

zmporta lltes.
:1.9
célérit é , &amp; clans cd ks dont il a juge a
p ropos de leur att ribue r la cOl1n oiJTauce.
Ce ne fo nt pas des corps intermédiai res
m ais ,des p t.!rfonnes intcrJ11é~iaircs pa;
co mm tfion. Comme elles 1I01ffll nt à la
fo néti ail de veiller, la puiiTallce de cléc i-

cler , il dl: néceiTaire '1"'elles foient vei llées elles- mêmes &amp; 'I" e les pld intes qu'on
peut avoir à faire c Olll r'cllcs [oiem t:n"'ud ues.
La nobleiTe ell: le corps inte rméd iaire
n atllrel à la mOllarc hi e : M . de M onte{quicu à dit ...... P o int de nob leiTc, point
de m o!~ ar qll~; mais on à

Ull

defpote .. ... ,

Il a bleu da, on ne peut {épi.re r cesdeux cho{es.
Si la ll.uerre rient, le R oi efi la tête ,.
les G elluis-holllllles font les bras ql&lt;'il ·
difiri blle pour mener les T roll pes au
Co mbat ; ce qu'ils fo nt avec d'allt antt
pills d'ardeur q ue le R o i les cOJ\llOit. L e
R o t les con ll Olt parce q ue dans l'mt ervalle des c&amp;mpag nes , &amp; en tems de paix, ils fo rment {a ( a m : co mme le
Roi, les co unoi t ) ils coo'1oiffellt au Œ le
Roi &amp; lor{qu'alla nt à lell!'s "/faires clome{.tiqu es ils {c répalldclH dans tou t le R oyau •.
me , ils cloiv "n t y répandre al111i le noru.
du Roi, fes vert us, {cs bOlls exemples••
Les loi x &amp; les t ribll113 11X doivelH y faire
refp eé1:er &amp; cr aindre f.1 julhce. La nolii efTe doit y fa ire ai n,er {a per{ollne &amp;
ln; attacher les cœurs , [urtOllt en pro,tegeant &amp; . {ecollrant Erès fo " auto rité:
tous"les. miÙhe ur e ~K.

�3U

Réfléxiol!s

D éfendre l'état au prix de fan fang ;
form er la Cour d" Prince , répa ndre
l'éclat de [cs bOlllles qualités jufcjues dans
les coins les plus cach és, le faire aimer
du l110indr de fes fuj ets ,être près
de 1ui &amp; de fes Miniftres la voix des
miférables qui ont befoiu de l'roteétioll ,
voilà les vérita bles fouétions de la N 0bleffe , trop belles, ttop Nobles, trop
nécelTaires pOlir nJê rre pas rot/tenues par
une fupériorité de Rang &amp; de Conlidératioll.
Cette [orte de récomp enfe cft d'autant
p lus du e à ces fo,tes de fonétions, qu'elle eft la feule qu'elles puiiTent recevoir ,
puifqu'il n'yen a pas une d'elles qui n'exclue tout ar t de s'enrichir; enforte que
ou n'eft pas le défintéreffel11ent , n'ell
pas la vraie no bleffe. On peut" la leur
accorder avec d'autant moins de danger
qu'elles n'ont point en elles une puif:Gmce fonciere qui par to ut ou elle fe
trouve, s'établis une Empire inevîtabJc , .
de maniere que li cette recompenfe ,,' cft
p as donnée à la noble1fe , celle-ci n'a au.
cune force pour la prendre. Rendons mOIl
idée plus cl airement . Tout ceux à qui
le Prince à confié une portion de fon
autorité regnent en quelque fo rte ,
ils ont des fujets &amp; même des efd'aves:
lin M agiftrat qui a jugé &amp; que l'on fçait devo ir juge r encore ; un Miniftre qui réRand les graces &amp; les difgraces , forcent
aeux qui' fo nt fous leurs mai", à une con.
fidérauol1. cn. leur, faveur , ,. qlt' on' Ile- Rellt:

importantes.

3i!

reur refufer. Que leur donner de cette ef.
p eee ? ils en prennent tout ce qu'ils pellvent en avoir; mais monter à l'alTaut ;
J'ublier des traits de bonté, de grandeur '
(je vertu; avoi r la peine d ' être importun
auprès des puiffants en faveur des miférables; dépenCer fac ilement en dédaig nan t prefque touts les moyens d'acquérir ; font tout autan t d ' aétions par lefquelles on n'acquiert aucune puiffance
p our rien exiger de [es concitoyens; la
récompenfe ne peut jamais en etTe priCem ais toujours dOllnée , ce qui fait qu'elle eft fans danger . Elle n'cft point onéreufe p uifque celui qui De reçoi t pas la
loi de fes paffions paye aifément ce qu'il
doi t aIL rang fans rie n débourfer. Une

premiere vifi re,

une tournure d-ans le

difcours , une contenance plus réfléchie
comporent cette fumée qui fait toute la
dépeufe exigée; ce qui ne gêne en rien
les fentimens particuliers &amp; ne porte que
fur la maniere de les exprimer, tou jours
au fO il d fort indifférente.
L 'ambition que la nobleffe à pour les
prééminences, &amp; pour les diftinétions
q ui lui font dûes lui eft donc naturelle : &amp; cela eft bon dan1 des bornes rarfon nableS' , &amp; fallf le d ro it du ti ers.
1l feroit donc mauvais que cette nobleffe honorée, conlidérée dans un en-

droit

J

fut nég ligée

J

humiliée dans un

autre j qu'exaltée dall~ les armées ellc futavilié fur [es foyers.
Les: iiefOè loDt donc EQllr. e)\; , RlI!~e;.'

�31.

R efléxions

, c'efi dans cette feule efpece de pa~·
que
'
. &amp; .qu ' e 1trÎmo ine qu'elle refte d'n.
llllflg~ee
le pellt en remplilfant fes fonéhons fUlvre fa
namre.
, ., d
Dans [011 fief per[o llt1e n'eil: a cote u
S ~ icrneur
il a (cul le droit de faIre rendrtla pr~miere jullice, que îappellerol~
volontiers la jufiice fans dépla cer, Le RO I
;'ême dans les fiefs ou nul n'ell: entre le
peuple &amp; lui.' a,vant que d'y ê tre fouverain connne Il 1 efi daus tollt fO Il Royau.
me , ne veut y être que comme ~.OUi les

Gentilshommes (ont dans ceUK qu ds l'of[édent, Cefi un trait de vi ve lumiere qui
porta un gr,and Prince à ne , jllrer., que
foi de Gentilhomme : [ans s abballfer Il
élevoit bien des ames.

C"fi dans les fiefs ou le re(reél: dû

au feigneur,

co~me a~fli

une plus. gran ..

de aifa nce, une educatIOn plus fOlgnée •
d es connoilfdl1ces plus étendues, des rél ations plus rélevées &amp; la préfe nce de
nombre de malheure ux indige l1s ,&amp; vexés
qui (ans lui (eroient oubliés de la nature
ellticre , le mettent a portée d)exercer
toutes les vertus.

L es établilTemens hum ains [ont mêlés
de biens &amp; de maux : ils ont deux faces, Autrefois 011 app ro uva les Gefs , on
en établi t parto ut , On les voyait fous
une face, O n les voit aujo urd'hui fous
lIne autre , on lés dé(approlrve , on
delire qu'ils (oient détr ui t.; on y travaille.
Un grand légiUateur v i e/ld,,~ pcut-êt.li e
.'JiI1. !es Jailfe,a fubJill .r en les !l.crfe~

ÎnlpOrrt1tUe!.

3j

tIant , parCe qu'if anra pezé lié l' enfem~
ble avant que de parler, &amp; il (era le premier légiilateur de fan e(pece parmi nous
qui n'avons que des loix de pieces &amp; de
morceaux.
Dans fan fief un Seignem doit avoir
les mains liées , les yeux ouverts &amp; la
lang ue libre : fa voix doit être entendu e des tribunaux &amp; du Trône ~ fes revenus doivent êne liés &amp; dépendant de
fa profpérité publique [ ans pouvoir la'
troubler, afin que fan intérêt comme foohonneur l'attachent a cette profpérité.
J'ai dit, cela doit êt re; &amp; je n'ai pas
dit , cela elt, ni cela a été, Je parle fe loll
la nature des chofes , &amp; non pas feloll'
la décompofition qu'en a faite la fatalité
per(écurrice des humains, c'elt.a-dire leur

111éc hanceté, lenr ignorance i au moinsle"rs diltraél:ions.
Quandl la nature d'une chofe elt bonne,c'elt en elle établie dans tous fe s droits
qne Ce trouve toujours le bien à faire.
C'elt en confidérant la noblelfe fous'
cct afpea que je dis qu'elle' efi corps i/l-termédiaire non feulement naturel &amp; né-·
celfaire à la mouarchie, mais le plus fiml'le de tons &amp; le moins fuj et à abus,
lor(qu'on fi xera fan état (elon fa natllre,
&amp; la natUre du go uverneme nt. Il ell: effel1tiellement en nOli S , de nous attacher
a ceux avec quÏ nous vivons le plus, à ceu~
qni paroilTent aimer nos perfonrres) qUI

cherohe nt à nOLIs plaire; d' autant plus
qu'ils auront moins l'air de funger' il leurs

�14
Réjb-iolls
intérêts. Il cil&gt; en nous d'aimer ceux 'lUt
au moindre mot de notre part expo[ent
leurs vie [ans p.aroitre en faire cas, &amp; de
préférer tou~ faux Hl à ceux 'lue not:s co':noi{folls mOltls, qUi nous font maJUS Utiles, 011 qui noUS [ont de moindres {acri.lices. A cet égard les {ollverai ns [Oilt &amp;
De p euvent être que comme tOtlS les
hommes.
II el! naturel que les Princes falfeut
palfer cette préférence, des peres aux enfans, &amp; partant que les enfans dans les
occafions tacheJ)t de ne pas laiffer ouhlier
celles 'I"e lel,lrs peres 91)t r~çlls. Ce [ou'l'enir ei! un aiguillon qui les porte à tacher d'en 9Qtenir de [emblables ou de
plus grandes. ~a vanité des ancêtres ef!:
naturelle; &amp; modérée eUe doit avoir de
bOllS effets.
Comme la paillon dominante amorit
le6 moindres ;. le c;Ié{Ir des. dil1inétions
qll'on pent appeUer de patrimoine, vit
aux dépens du défir des richclfes , de l'at·
tachement aux petits intérêts &amp; d'ull
trop grand amour du repos: il éleve l'ame au deffus de la maniere de pen[er comn, une; il produit une plus grande [enfibilité allx eftéts qU'Oilt toutes les aaions
de la vie. Cel! délà que n'ait l'honneur
ce tréCor fi nécelT"ire au monarque &amp;
la monarchie, comme l'a dit Monfieur
de. Monte~quicu , qui au {urptLlS me parait bIen etOonant qu aud il ajollle ......... .
que l'h onn eur faux ci! atdTi L1tile au pubile que le vraz le [eroit aux particuliers •.

à

Impor/ml/es.
3S
quand je lis ce-cy , je ne [çais ce qlli lui
arrive.
Ce qlli el! faux, el! erreur; erreur ei!
nn m 1. L'être {uprême à circon{cript la
!j, hêre de notre libre arbitre trop porté a
opérer [ail vent le déCordre ; il à bien voulu

pOl!r

not re confervation que des biens

n aquiiTent [ollvent des maux que nOliS
faifo ns ; mais cette ŒlIvre
ftlpérieure
à l'hom me; elle dépend du miracle cou·
tinllel de la conCervation généra le, elle
ne peut appartenir qu 'à celui qui · tient
les combi nai[ons de toutes les choCes en
[a main. L'ho mme ne pellt qu'accepter
(cs bienfaits &amp; fe prêter à [es delfeins &amp;
non pas p ré tendre les diriger ; ce qui
[eroit au1li criminel qll'infenCé.
L'homme doit donc tOlljours retranc her
un mal quand il le p eut; &amp; le Prince
ne [çallroit trop s'emprelfer de le détrui·
re quan d il le voit: il doit donc s'effoTcer d'éclairer [es fnj ets en leur inCpirant
un houneuf vrai. Il ne doit point comp"
ter [ur de bons effets qui na,lfent quelquefois d'un honneur faux ; pré[ens très
incertains de la miféricorde divine) voilà dans [a marche, qui châtie {ollvent
d'une maniere imprevue , &amp; c;uelquefois
d'autant plus rigoureufement qtJ'clle aura
p arll [ouffrir plus patiemment nos illufions. Combien de fois Ull avantage ree/lement obtenu par un 1110yen illicité at-ilnni p ar percer le cœur de {ail auteur?
J,zfques à quand les hommes voudront

ea

�36

Réf/exions
ils être plus b abiles que la juftice tx.

la

vérité même?

J e ne peux me refufer à une petite dif.
grellion qui m'dl in{pirée parce que je
viens de dire : on pourra fi l'on veut) ne
pas la lire.

Importantes.
37
ne foi a/Toupli!Tent leurs langues &amp; leurs
oreilles , des idées miles ne puilTellt fe
tran(mettre des lins aux autres.

Si l'on conlidére la beauté des a8:ion.
{clan l'opinion deI hommCI , la fenlibilité
qu'on éprouvera

réputation

1

amOll T

donnera .amour

de la

de la [jlozre , honneur.

Si l'opinio n des llOmmes qui fait la ba{e
de ce calcul ell fau!Te , le produit en fera

CHA PIT R E V 1.

L

1

faux; p arce que dans l 'arithmétiqlle uni-

Es a8:ions

peuvent être conlidérées
. de bien des manieres. On peut, par
exem ple, en conlidérer la beauté, ou la
bonté relativement à telle ou telle autr e
chofe.
L a [cnlibilité que l'on'; {ous ces clivers
points de vue donne à l'ame des plis aif.
férens &amp; des qualités différentes.
Cell: là une partie métaphylique dont
l'efprit IlU mai n ne p eut failir le détail;
tout s'y fubdivife par e{peces &amp; dégrés
divers: les diétio nnaires ne peuvent être

que fo rt COUrts à cet égard ; même les
mots qu 'ils nous donnent {ur cette ma-

tiere abll:raite , {ail! etendus &amp; appliquées
Ji diver{emcnt , qu'il n'ell: p.as étonnant
qU 'lIs occalionnent clans toutes les nations
des difpl\tes {ans fin , entre gens qui
croyans s'entendre , ne s'entendent pas;

ou qui avec l'air de vouloir s'entendre,
ne le veulent pa, .
Cep endant la même providence qui rabbatll l'orgueil humain à la Tour cie Ba.
bel , n'a pas permis qu'entre gens de bon_

ne

ver {elle , faux donne faux .
Si l'o n conlidére la beaI/té des a8:ions
{elon la raifon , Je produit que trouvera
la {enlibilité fera des qualité, dont les
noms ne feront pas comme les précé-

dents , rélatifs aux autres hommes. Ce
élévation , grandeur 1 nobleJJe d'ame. II ne faut pas perdre de vue que li la
rai fan , bafe ici du calcul , cil: corrompue
obfcurcie , enlin fau!Te ; le prodUi t en fera faux.
Si l'o n ne conliclére pas tant la beauté
que la bonté des a8:ions fel~n I ~ rai {on.•
la fenlibilité aura a ll produit des [ent1~
ments qui tiendront à la bonté, à la drolture d'ame J d e carartere J à la vertu hU4
maine' &amp; ces fentiments {eront bons fi
la raifo'n qui a fervi au calcul a été droi.
te &amp; éclai rée.
Comme toute vérité vient du créateur
&amp; retourne au créateur qui en cil: le pri n.
cipe &amp; la lin ; comme la créature n:a rien
qui n'exill:e avec un rapport elTenlIel &amp;
néce!Taire avec lui : on p eut conlidérer la
bome des a8:ions fous ce r apport de la
fera

I, Partie

D

�31f

Réflexions

..

créature au créaleur: or alors la fenfib.l.té calculant par la droite raifon fufli[amment inlhuite , trouvera an proùult I ~s
vertus qui nai{fent de l'amolli' de la. v e.. fi les pallI ons
rl.(e. , ~Do.. d&gt;~, la réliuioll
...
.
prennent à ce caleur la p!ac; ,de la o rOl.te
rai[on elle, donneront 1 herefie. l~ faDatifm~
enfin des vices méthod.ques
marchan:s en ordre de bataille.
Il dl évident que le point de vue des
aél:io.\s [don le rapport de la créature au
créateur ell le plus étendu, p"ifqu 'il ell1braf:
{ç tout, l'avenir comme le pré[ent ; ce qUI
ell pllblic comme ce quc les hOI1lI1~es al"
pellent caché; &amp;. que l'on volt ' C1 l ne
J'être jamais; les peu[ées comme les œ l~­
v,es. On ne peut douter que les fentlmens qui cn viendront ne foient d'u~e
nature fu[ceplible d'une l'lus grande VIvacité • parce qu'ils fe repo[e~t fur l'être
fi.pr ême ~ qui l'on [çait devolt une confi ance fans borlles. Il ell donc évide nt
auffi 'lue les ie.nti ments b o ns &amp;. julles' qu~
nous donnera IC' le calcul fait par la drol·
te rai [on , feront fupéri eurs à t ous les au·
tres qui même ne pourront être bOIl~ que
qu and ils feront d 'accord avec ellx ; cOJume aulli les mauvais que donnera ce calclll fait par les palIions p rena nts la place de
la droite rai [on feront les plus dangereux,
p arce qu'ils auront la même vivacité que
les bo ns , &amp;. qù'ils fe repofent avec la même
confia nce qu'eux [m l'être fupr ême.
Par ces fortes d'opérations , la production en [entiments fera d'autant plus forre

Impoflttnre!,
39
que la fen~bilité qui aura [ervi au calcul
" p l liS grande; comme une {om-'
aura ete
m~ multipliée par un pIns graud mult ipl.cateur donne un plus g rano p roduit •
Par une augm elllion de {enfibilité g é nérale tout le bien qui vient des calculs jll [_
tes &amp; vrais augmt!Lltcra ; comme al\(Jt le
mal qui vie nt des calculs faux aug me ntera de même.
Ces fentimens • biens Oll maUl{ , (ont (lIpéricurs les uns aux autres) en proportion de la fllp ério rité de ce qlli les a produit. tant de ce qui a calculé, que de ce
qui a été calclllé. Qui pellt les mefurer , que

celui qui

cOl'lllOit

tes cŒurs? qui

peut

en

connoître tous les effets , que cclui qui
les aura me(uré 011 pe[é ? cc ne (e ra pas
l 'homme qui ne connoÎt la profond ellt de
rien , qui ne COn/lOÎt pas même fOIl ig norance, qui ne COll na ît aux chares que
quelques qualités qui [ont le plu s il fa portée &amp;. qni eft forcé d'en rec onlloitre dans
toutes. d'inaccellib les à [on eutendemcnt: ce
ne fera pas l'homme enfin, qui ne fçait jamais dequoi quelque chofe eft compofée.
Par expérience, On voit difrinétc!nent
que pllls les fentimens font d'lin ra rrg
fupéricur, moins il y a d'hommes qui
[emblent en faire ufage. La foule ne
craint que les peines &amp;. les punitions;
lin certain nombre craint le blâme l le
qu'en dira-t'on ; ici commence l'ho nneur : il y en a , mais moins, qui font
le bien par rai[on al! par inclin ation: ici
commence la venu, Il y en a , mais , ut:im

D2

�Importantes.
'40
Réjl.exiollS
encore qui agiITent par un grand attache~
ment pour le bien , &amp; pour la vérité;
enfin il y en a fort l' u qui [oient l11ltS
l'ar l'amour de Dieu avec per[évérance &gt;
ce qui fait la [aiuteté.
Revelions [ur nos pas. L 'honneur faux
contient un mal; l'honneur vrai eft

lIll

vrai bien; les prétendues vertus produites par Perreur, contiennen t des maux:

les vertus fOlldées fur la vérité [ont de
vrais biens; les prétendues vertus priees
de la réligion par l'erreur, [ont des
maux terribles parce qu'ils font aaifs &amp;
corrolifs , les vertus venants de la reli.
gion [e1on la vérité, [ont des biens inef·
fables, a{[urés , pour tous les temps,
pour tous les lieux.
Lor(qu'o n a entendu des gens qui
avaient de grandes cOlll1oi1Tances &amp; beaucoup d'intelligence, parler autrement des
vertus fondées [ur la religiou, il eH: arri·
vé de deux chofes l'une; il Y a eu erreur ou dans leurs yeux, ou dans l'o bjet qu'ils examinaient; ils ont toujours eu
tort. O:tns le premier cas , lelu jugement
a été e{[entiellemellt &amp; dircacment injuft e. Dans le [econd cas, ils fe trollvent
avoir conda mné la faulIe vertu [o.us le
nom de la véritable.
J'ai été lo ng. temps étonn é de voir tant
de gens d'c[prit fublime tomber dans l' ir·
réligio n. Je ne voyois pas alors qu' il ell:
difficile d'avoir de l'efprit fans avoir de
l'
ueiJ. Beaucoup d'cfprit , beaucoup
d'orgueil; plus. çelui-ci augmente, moius

41

O~' . veut tenir des aut;e s : on finit par.
D al/ner que .ce qUI cil a {a'. Tout Cl' qn 1
eH: bon .i déjà été fai t li&lt; don né: on ne
po urraÎt que le recevoi r, ou lt: rejette.
On s'a pprùpr i~ plus volont iers ce que l'on
pille avec lib,rté. Qu'avons nous qui {oit
véritdblemellt a nOLIs ? l ' ~nvie de n'être
p oi nt humil ié ni cOtltrd rié. Avec beaucoup d'orgueil on s'en tient Id ; ce fen ~
timent devient le princip e de toutes les
penfées , de tou tes les .frions , &amp; il eH:
précifément l'oppofé de la réligio n : dalle
b eaucoup de çe lls d'u n efpr it {ublime tomberont dans l'Irrélig ion ; mais leurs efforts[eront vains, ils ne fe ront pas chanacr de
place" nn fetu an de-là de cette fphe~ circonfcripte, dans laquelle eil: renfermée l'activité de no: re li bre arbitre , &amp;. ils ne
fçauroient empêcher que des bjens. ne
naiffen-t des maux mêmes que nous raifans, Revenons à notre luiet , il en, d i
temps.

CHA PIT RE. V I,l'.
A no blelTe eil: nn corps Ïnterm édîaÏ.
re, non fe "leme nt nat urel &amp; néce{[aire
la monarc hit &gt; mais le plllS omplede tous &amp;. le moins {uj et à abus. lorfqu'on fixera CO.n état [olo.n fa nature. OC
celle dll gouvernemen t.
CelE un. carl''' difpe rfé Mnt fes' metn.
ne: l'e.Lweat. lè: ioindre que 'Luand. le

Là

w:es

D 3. .

�4:t
Réflèxionf;'.
Prince le vent, C elt. Oloins un corp~
, qu'un ordre clans l'état, qui n'elt fujet à
allClln efprit de corps , fo rte d'épide mie
prefque toujours plus for te que la raifon
&amp; la lI ature. C'eft lIne maniere d'cxilter
avec une fdtÏ sfaétion qui n'elt fondée fur
aucnne puitTance réelle, par con féquen t·
incapable de contrarier à certain point la
puitTance étabJie,
Celt un corps dont ceuX' qui le compofent font facilement &amp; n aturellement
mlÎs par l' honneur, principe aél if &amp;
pTompt des p lus belles aétions &amp; des plus.
utiles à la patrie, que le P rince eft' toujours le maître de diriger &amp; de vivifier,
fur-tout qlland Ja vérité brillera fur fou
bouclier. Ce.ft un corps dan! chaque individll mû par ce fentiment d' honneur,
dans prefque tontes les aétions de la vie
privée ou publique, remplit le vœu de
la loi , la prévient , l a perfcétionne , &amp;
regarderoit fouvent Je malheur d'être
foupçonné , avec autant de douJeur qu'un
autre en refTentiroit d'être convaincu.

Celt un corps enfin où. Je déuntéretrement dl fi néceffaire , qtl'On ne peut trouv er en l ui qll une diminution bien grande aux maux que l'avidité ordinaire aux.

hu l1ain s occafi ollne dans Je moude,
POlir fentir mieux que t elle ferait l a\
nobletre dans fa nature, il fau t faire lin
ma rnent de réflex ion fllr lin fait qui repara ît tous les jours à nos ye ux.
On ne yellt difconven ir, que ceJte no1ile1Te. ne. ii:mble. ig)lO.rer auj,ourd!hui cct~

Tmpottarltes.

43'.

te' fienne nature , &amp; que les gouvcrnemen ' a8.:ucls de l'E lIrope Ile p aroitre nt
a ufTj l'avo ir oubliée, E lle ve ut des préférences par faveur, des h onneurs fans les
méri ter , des gratificatiQns ) des pen{ions

d es appoi nte mells, cles fill~ s rich es&gt; des
p arts dans les ferilles , des ét rennes ou po ts

de vi n dignes de valets infidélcs, en vend ant fan crédit&gt; fa p ro:eéti on &gt; c'clt-àdire en ve ndant fa foi, Cepen dant clans
la p ourlil ite de prefque toutes les I?rétentions portées en jultice reglée , tondée.
ou non , cie la par t des no bles véri tables , on trou ve une modératio n , une

crainte d'aller trop Join , une forte de'
r épug nance pour la ch icane qui ne peut
venir que d' une pudeur nature lle à cet te
nouletre , que le. mœurs du tem ps &amp; Jes
circonLtances établies , n'ont pu v aincre

encore tout- à-fait,
faire

defcendre

au

Si on continue à la
niveeJu

commu n à

t ous , le foyer de ce rell:e de pudeur s'ét eindra : ce fera véritablement alors que
la conltitution de l'état changeroit.
J e n'ai point entrepris de parler des
moyens gé néraux qu'on pourrait em' l'loyer pour détourner ce malhe ur, le tra·
l'ail en feroit bien au detTus de mes for-·
ces; mais je crois qu'e n faifa nt le bien.
du pen l'le de nos villages ?n pro~ellce "
il' ferait h eureux de pouvoIr fervlT une.
caufe générale fi intéréJrante à la patrie, .
Celt ce double avantage qu'on obrlen.
droit , fi on établilfoit le. Seigneurs da,:s,
lellrs, leues" d~ la, mamc(e 'l.ll'ille. faudr.ollt

�44

Reflexions

pour qu'ils Y' filTeur le bien , {ans pOlTvoi,
y faire de mal , &amp; je crois le véritab le
intérêt d'un Seigneur, &amp; celu i de {es
h abita ns , très, liés &amp; dépendans l'un de
l 'au tre,
Pour améliorer l'état d es p euples rie la
campagne, on peut employer cioq moye ns
principaux,
1 0, Il faut tellement fi xer les polTe{fions du public qu 'on ne pu ilTc l're{que
jam ais être dans le cas de plaider pour
la défonCe des droits commUIlS,
,0. Que l'adminilhatioll pub lique {oit
fimplifiée , &amp; {lir-to Ul veillée &amp; illfpectée par quelqu'un qui ait un intérêt nota·
ble à la plus grande profpérité du peuple.
3°. Eloigner des peuples tout efprit de
chicane &amp; de mauvaife foi , afin que
chacun puilTe jo uir plus tranquillement &amp;
fans diltraaion du fruit de {es travaux .
4°. Leur donner une jultice éclairée,
mais courte &amp; qui les inltruife.
5°. L eur donner une Poli ce corrcaion·
nelIe qui établi fTe &amp; maintienne parmi eux
de bonnes mœurs.
Ces moyens dé;&gt;enden t dès ce moment
de la volonté du gouvernement qui pour,
rOll dans la flUte des temps, à ces bienfa its en ajouter d'alltres felon les circonf1ances favorables '" cc&gt;mme le ferait une
efpece de college d'agriculture &amp;c.

Importantes-.
~-

.~ .-----",""
""~'---""''''

CHAPITRE

VIII.

N 155 6 • Le Roi trOllva bau de bar,
ner en Provence la plus grande quan.
tité de biens nobles exempts de tailles,
que les Seigneurs de t erre pourraient
avoir ; il ordonna que cc qu'ils acquerraient à j'avenir an de-là de ce qu'ils
polTédoient alors noblement, payerait tailla.
I! ordonna enfuite que s'ils venaient à
groffir le nombre des biens t aillables,
ce qui s'appelle g roffir le cadaftre, par
quelque alienation de leurs biens nobles,
ce qui (ur le champ les (oumet à l'impofit ion , ils pulTeu t en achetant de noUveaux biens, affranchir ceux-ci des t aill es par compenfatio n , jufques à la con·
currence de la valeur d es biens nobles
qu'ils auraient aliené mais fotls certaines conditions, reftriruo Lls &amp; avec cert aines formalités.
.
Soit que ces loix ?i ent été mal faites
ou mal ent emlues , fait par la fallle dei
interprêtes ou par celle des parties , il
s'eft p alIé un t emps confi dé:able où les
démarches &amp; les accords falls fur cette
matiere or;t été tellement infeaés par des
v ices de nullité qu e des procès à milliers
fe: fon t élevés, &amp; les ont preCque touts
renverfés . Cemblables à une fu ite de trem,
b lement de t erre qui éprouvent &amp; détruifellt t outes les mai (ons , que ~bonnes gens

E

1

�46

Importanter.

R éfle:dollS

n'ont pas bati alTez [o li dement, p our avoir
jgnoré les ob[cm ités de la p hy liqu e.
Une Com munauté d'habita Ils ne paye
[ a part des im politio ns levées généralem ent dans la provin ce , [elon l'état appelJ é
affoll agemcllt) qu 'en raira n des biens ta it~

Idbles qui [ont dans [on terroir. Si le nombre de ceux -ci augmente par l'a néant ilTem ent de l'exemption qu'avaient les biens
~u Sei!;n: llT ; l'a; un no uvel affo uagement
1 un po(lllon generale de la C omm unauté
fera a l!gme n t ~ e en proportion de l'augme ntall on qu Il y aura eu à [on terroir
contribuable, De- hl il fuit que li on affouageai t de nOLI vea U1011S les ans , les Communautés fero ie nt {ans intérê t dans les

quellions où il ,s'agirait de l'exemption
d es bIens du SeIg neur. M ais co mme les
affouage ments ne {e font que t a u s les tre nte
ans 1\{ plus , li une Communauté a plaidé
&amp; obtenu un arr êt qui [o umetle à la taille quelqu e bi en qui. ne la payoit pas ;
atte nd u que [a co ntribution générale n' en
fera pas aug mentée ju[ques il lin nou vel
affouagem ent , il arri ve que ju{ques à ce
nou vel alfoll agement pl us ou moins éla igné , la nouvelle taille [oulage d'aura ut les
autres taill ab les.
Cet intérêt en fave ur des Communautés
à ,paru trop petit , [oi t en lui- même,
{Ol! par [on peu de du rée pour s'a1Tmer
de leur per[évé rance à {apper par ' to us
m0 J.'e~ s les exemptIOns de taille ; ou l'a
forti fie p ar d'alllres .
Sur quelque bonDe foi qu' ait été fondé

41

un accord Cil maticre de taille; quelque
inév itable que {oit la perte que par le
laps de t ems , le Seig ne ur qu i l'a parTé
.pu iffe épro u ver, en ne p o uv ant repren-

d re ce qu'il avai t donné d ans un côté de
b ala llce pour b franchi{e de ta ille q u'o n
lui donnoit dans l'autre , 1\{ q u'on rép reud

fa

c o mme n'ayallt jam ais pti ê tre do nné e;

un arrêt qui déclare nu l cet accord pour
J'ave uir, le déclare aufTi nu l pou r le paf{é 1\{ co ndamne le Seigneu r à pay er des
arrerages de t aille p our trente ans.
V oilà, don c un bien qu'on av a it Cnt
fr anc de t aille , 1\{ q u'o n déclare avoi r
d Ct y être [ou mis. O n ne l'avait point
compris dans l'éta t des biens taillables
qui a {ervi à faire l'affouagcment {elon
Icquel la Province à levé les impo li tions.
Les arFérages de {es tailles don t le pay em ellt à été ordo nné par l'arrêt appa rt ienn ent étroiteme nt à la Provin ce &amp; non pas
à la E:om munauté, lVl ais co mme c'cft la
C o mmunauté J qui afolltenu le procès , la
Province les lui abando nne. Ce qui lui
f orme un {ec ond intérêt à élever des {elllblables procès &amp; ce qui a ani mé {auvent
des C om munautés , d' autant mieux qu'Il

( ufri t qu 'il y ait dans les acco rds ou dans
l es

compenfatio ns , le moindr e m anque-

m ent aux formalités pOllr qu'e lles obtiennent Ull jn gement do nt voici l'analy[e_
D eux ho mmes [e rendent coupables de
d é{obéirTance pour avoir ignoré ou n&lt;gligé le co mmandement . On dira à l'ull ;
p'ayés l'amej1de à votre '?ll1plice 1 E t

�l4li'

Réflexions

Importantes.

par-hl on récompeofe le [econd de la
même faLlte dont on punit le premier.
Je [çais qLl ' on difplltera , qLl 'o n diltinguera le peuple de fes adminiltrateurs ;
mais la fubt ilité ne changera rien:à 1. jultice
fonciere des chofes.
L es moulins &amp; les bannalités vendus

49

]a moitié de ce 'ln 'il leur fallait p ayer
auparavant.

Le prix que les acqnereurs de ces mou·
lins &amp; de ces bannalüés donnerent fut {pé.
cilié en argent, tandis que leur produit
annuel était e11 denrées: &amp; voici ce qui
eft arrivé.
011 peut dire que la malTe générale de
l'araent dans le monde ayallt toujours
aug~nenté , il a fallu toujours plus d'argent
pour repréfenter, acheter ou payer uue
même chofe fans que cette chofe augmenotâ.t en valeur rélativement avec les autTl" :

aux Seigneurs par les Communautés ont

été ou (out fort ordi nai rement entr'eux
un (ujer de guerre.

Des Communautés chargèes de dettes!
hé pourquoi! ont voulu fe libérer d'autant plus volon tiers ', que lorfque le corps
débiteur principal n'a pas de quoi payer,
les biens des particuliers qui compofent
ce Corps répondent &amp; peuvent être faifis
par les créanciers. O n p er mit à ces com·

on peut dire encore qu'une même quan-

s'empre{[eren t à les acquerÎr bannaux aux

tité d'argent, comme feroit le ,~arc, a porté
divers noms en langage numéraIre. le!queJ.
progrétTivement fODt toujours devenus pl,!,
forts
c'ell:-à·dire, qu'une malTe d'argent,
qui jadis fut dite valoir 1 0 francs, enfuite
trente, après 40, elt dite aujourd'hui en
valoir 50 ; d'où il fuit qn'ull homme a
plt avoir en yaletH numéraire Je double
de reveuu que fan prédécelTeur, fans ell
êne plus riche; parCe ~u'il n'a vo ~t que

encheres. Ils les payerent plus que d'antres n'allroient fai t, &amp; d'antan t pins qu'ils
f urent vendus en fra nchife de taille. Ce
fut llO ap pas qLl e la fuite a fait voir tram·
peLlr , &amp; qui a fervi à tirer d'eux Un pllls
haut prix.
Alors les CommunaLltés [e troLlverent
libérées d'intérêts à p ayer an 5 ' ou 6.
pOLIr cent &amp; plus, p ar le moyen d'lIne
contribution prefque imperceptible en den·
~ées • ce qlli n'alloit guere en valeur qu'à

fes dépenf"s en denrées étaient les mêmes,
quoique tout cela éval~é ell argent parut ;
avoir doublé.
.
Vil moulin vendu, il ya nO,l'lbre d'an"
nées, à LUi prix qui , ne fouiIre aucune
vari~tion dans le nom. qU'lI porte fom- T
me de 30, 40 , 50 m\lk fra ncs &amp;c. , fe ,
trouvant aujourd'hlli ne rendre en denrées
que ce qu'il rend~it lors de. la vente, ~
l'ar conféquent n ayant pOlllt augmente

In un autés de vendre les biens Commu-

naux, les mouli ns qu'elles fe trouv,?ient
avo ir, de s'yfoumettre à des ballnalit'és, &amp;c.
Co mme les moulins font une forte de
biens plus à la bienféance des Seigneurs
de terres qu'a celle de tout autre , ils

,1"

•

l e même revenu en denrees, que lUi , que

!. Parlie.

E

�50

Reflexions

de valeur réelle , peut donc fe trouver
Talair • en s'eX~ r i l11êl nt cu arg.ent , lIn p rix

double de cehu pour lequel Il a é té acquis; mais ces deux prix fi différents en
apparence ne font en , réalité que de même
valeur , pJrce qu'Ils etOl ~ nt, ou (o nt chacun dans fa n tems , ce qU ' lI faut pour pay er
une mê me q uantité de denrées.
La multit ud e peu În {lrll lte connait peu
llhe parei lle vé rité &amp;: ne s'.en Dccupe,.pas;
mais Je gouvernem ent qUI ne pe l\ ~ lI gna ..
fer, a cependant autorifé les Co mmullau
4

tês , â rac heter. une bannalité impoféc à
pri x d'argent , en Ile rendant que l a même
fomme qu 'elle en avoit . ancienueme nt re-

çue , qu oi que cet te .fomm e ne va ille plus
-aujo urd'hui que la moitié de ce qu'elle
va lo it alors,
Q uan t à ce qui regarde les moulins;
le~ ~ Comllllln él utés ont été enC or e ·3\1 tOtirées il (c jouer d'un patte .lTcntie! qui
ledr en avoit f"it obt enir un plus g rand
pri" , &amp; à do nner l'OptiOll au Seig neur
a equereur d'un moulin , Ou d'on p ay er
hr- t~iUe ; ce qui fe trouve une fm ex action- de prix J ou d'en recevoir l'ancie n
p riX" ej! ' lui ê ta nt le · m011Iin' ; ce qui dl: .
ne lui reudre que beauc oup moins, que
ce qil'il en avoit donué, ' 1
!
Il 'féroit difficile de trouver dahs aucun
p ays policé ub · exemple auflî ' tllar~ue '
d'th)e i-nj uffice •ainli rédui te en fyftême •
&amp; ordonnée pàr la 19i, A Di eu ne plaife
qu'on penfe jamais que l'injull ice fenrie !
ait 1€té en : uclIn ,cas otdonnée par le plus ;

5.!

r Importa ntes.

julle des gouvernements; celle-êi D'a pu
de,' oir le jour qu'à quelque illufion dont
les plu s fages des ho mmes ne peuvent pas
toujo urs fe garantir, Combien de gens de
bonn e foi délirent l'égalité des cOtlditi ons
&amp; s'iotérclTent à fOt,mettr e tout au /ifc
avec égalité? Ils p euv ent (e tromper fans
être coup ables, Inj uft ice dans u oe loi rte
fait p as toujou" i njulli ce ddns le lég ilIat eur; &amp; un magiftrat qui juge r. lo n la
loi • mais ne juge pas la loi, peut pro.
noncer une injulhce fans être injulle. Or
l 'éloign ement q ue la plupart des hommes
Ont pour ce qui s'appelle priviléges ,exemptio ns ,
Co uvent une c[p ece de paCTion (;
&amp;: alors il eft vraifembbble qu'il a dù
porter plus d'ull e perfon ne d'autorité à
faire d . s fautes en bonne politiq ue, s'il
cft vrai qU'i1 y ai t des privdéges nécclT"ires dans les M onarchies .
Re venons e nco rt:' ua mo ment fur l'in ...
juftice , dont il cfl ici queftio n, pour prou.
ver toujours p lus qu' elle exlllc. Sllpp OfOOi
qu'une Co mmu nauté ai t \ ellctu un mou-

ea

lin avec baui! alitc , q u'ell e e n ait em ployé
le prix à ache te r un bien ) fo nds de terre ,

&amp; qlle le mo ulin &amp; le bien fon ns ay ant
même val eur, rend ent éga leme nt en denrées; ftlpp ofo ns f:ncare qu'un bo n nOInbre d'a nn ées (e foit écoulé , les denrées
ont augment é de prix prog reffiv ement ;

,,"ffi

fuppofo ns
qu'o o foit ;trrivé au
terme où elles fon t di tes avoir d oublé, ou
cc qu i é tai t dit autrefois va loir c~ nt ,
eft dit valo ir deu x cents, Le moulut &amp;
E~

�'5~

Réflexioll!
Je bien fonds rendant également en d'enrées, rendront auffi également en argent ,
&lt;;uoique en argent ils rendent au double

de ce qu'ils rendaient autrefois.

Si alors la Communauté vend le bien
fon ds , elle en aura en argent un prix double de celui qu'clle en av ait donné pour
l'acquerir. Autant en arriverait-il au propriétaire du moulin s'il le vendait; mais
G la Communauté, du prix qu'elle retire
en vendaut le bien fonds , prend la
moiùé pOUf la . porter, au propriétaire du
moulin pour rembour[ement de l'ancien
prix qu'il en avait donné, &amp; par-là eft
autoriCée à lui ôter le moulin: elle [e trouve·
r a avoir [on moulin, &amp; de plus, la moitié
du pJix qu'elle aura retiré de la vente du
bien food s , en pur prolit; tandis que
l'acqu_reur du moulin en Cera dépouillé,
en

ne recevant que l'ancien prix qu'il

en avait donné, lequel eft réduit à la
moitié de fa valeur ancienne. Il n'allrait

p as elToyé cette perte, li au lien d'ac heter le moulin , il avait achefé un bien
fond s.
L'équité veut que dans un marché, lor[que les deux parties ont mis également
dans la bal aoce , fi le marché efi anllullé , chaclln retrouve le poids de ce qu'el.
le avolt donné; ici la loi vellt au con.
'
tralre ) que l'une perde moitié , &amp; que
l'autre gagne moitié, ce qui fait entr'elles la différence d'un tout. L'iujufiice
peut-elle être plus grande ? He contre
1

Impo/' tante!.
53
qui 1 C o ntre qUdqU'llll de la ' C'onnance
dllquel on a tiré la p lu s gran de milité
qui s'il u'était rcpoulTé par la l1la uvai(~
foi &amp; Pd' l'illg ratitude , elt à po;tée plus
que per(onne de venir ail recours du pen.
pIe, que la nature a établi pOUT en être
le pe re'. C ette loi eft d'alitant pl llS linguliere , q.u'il éta it nattlrcJ, en voulant
conferv er aux Comm un autés le droit de
}'cprcndre [cs alienations ) d'ordonner
qu'en les repre nant, ell es en payeraient

la valeur .• auelle '. ou dll moins qu'elles
refiltuerolent le pnx qu'ellcs en ont reçu, 1101t pas Cil nu méraire , mais en
véritable valeu r .auelle de l'argent, ré-la tlvcment au

p rIX

des denrées.

11 y a plu s long-tems que les inj uftices [ont fou ffert es &amp;

même autOI i[ées

contre les Seigneurs des terres. En voici

une que la preCcription a cent fois couverte, tellement que cel ui ql1 i IMrleroit
pour la faire celTer ,feroit pris pour un.
fol.
Les SeigneltT' ont ancienn ement di/hlbué leurs biens fonds à des cultivateurs
p our qu'ils les milTcn t en valeur. Ces
ho mmes de travail n'ayant qu e lwrs
bras ne purent

en donner au.cnn prix.

lis (c (ollm ire nt à donner aux propriétaires de ces biens une partie d ... s fruits'
qu 'ils en rét ireroient

tOli S

les ans, pour

prix de ra cc/Tion nu fonds qui leur était
farte. P ar-là ces S~igncurs àevinrent- eu
quelque forte les bienfai teurs de l 'hn ma.
nité ;, eo: faiFdfit leur •bien) ils
lirent œ1uil
&lt;•

..... ",

�Reflexion s'

Importt17ltes.

de l'état. Qu' cft-il arrivé ? les uns tlxerent les redevances qu'ils Ce rcfervoiellt ,
eu argent , l~s autres en denrées. Lefquels

parmi CU" turent les plus dou x, les plus
confiants , les plus bienfaifanls ? Sans,
contredit ce furent ccu x qui ll'exigercl1t

que de l'a/gen t , puifqu'ils clonuerent
o.u~ clùtivatcuTs le rems d-e faIre lcnr.
récolte à leur fantaifie, &amp; de vendre enfuite leurs grains le mieux. qu'ils p~ur­
raient· Eh bien ! ce font les pills b,enfai{ants dont contre toute équité 1 on a
lailTé. op'ércr la ruine par le propre fail
de lem biellf.ifanee trompée. L a valeur
m.unérairc à tellemen t changé, qu'uu ancien denier Ile peut être repréfcllté que

]Yar Ull.franc ~'alljourd'hui. Les tribunaul&lt;
qui mepnfent fi fOllvent la lett re l'our
chercher l'efprit, ont ici décidé que la
kltre faifoit tout, qu'une redevance d'un
denier fcroit éternellement d'uu denier.

Ces [ortes de. redevances ont été fouvent oubliées &amp; perdùes, parce qu'elles
lie valaient plus l a peine qu'on y fongeât tandis q lle celles qui fnrent fixées
èJl g;ains ont confervé taute leur va leur.
Qu'on ne dife pas que les tribu naux
D'ont pas [elUi l'équité il cet égard ; CM
il Y a des redevances é1nCielll1l;!mcnt fixées
en efpece de monnaies différentes de la
monnoie commune, qui ont été. conrervécs
clans lellr valeur réelle par ces mêmes
tribun-allx qui ont ordonné qll'i1 ferOoit
fuit de terlls en tems une évaluation de
Ql!lle.. 3nClellne monnaie. avec. celle d'au-

53 .

i"urd'hui. Il ferait difficile , peut-être
impollible de connoitre la fource de cette bizarrerie. Il cft vraiCem l,ldble qU'lin
Seigneur faible reçut lin arrêt CO'lITe fes.
fols tournois Ot! pari fis , &amp; qU 'lIll plus
puiffant en oblint un favorable à fes
écus d'or , [01 ou coronats. Voilà lIlle jurifprudellce qui plllt ; il fut fai, aux Sei.
gneurs peu de bien 1'&lt; beallcollp de lIlal ;
les coronats étant rares &amp; les autres fré.
quents.
Faut-il jo inclre ici lin exemple, pour
démontrer que quelqllefois les plus habi.
les gens) (ans s'en douter peu t- être , don~
nent COUtS à la mauvaife foi? Qu'en' bon.
ne politique alitant que par devoir, tOllt

gOllvernement doit tacher de prevenir: le
VO ICI.

-,

Les Seigneurs ont un droit cie lods
pour les ventes des bieus qui [e font dan.
Ia mouvance de leurs direaes. Avec
quelle [ubtili,é d'efj&gt;rit qu'on veuille rC'chercher l'origine cie ce cirait , on fera
forcé cI'avouer qu'eUe ne pellt [e t&lt;DUver que dans quelque marché condi,ic.nel. De qu elque déteftation qu'on [oit
prevenu contre cc qui vient du gouvernement féoda l ) on ne pourra nier que
dans un marché condition.c1, les conditionS' qui n'ont rien de vicieux) n'cn

doivent être obfervées, [urtout fi l 'on
confidére que dans ce marché eUes ont
eu leur prix ,_ou leur équivalent.
L a jurifprudence a établi qu e ce !l'était
llo.llU à.l'acheteur foumis à. payer le loru ,

�!iS

R éflexionS'

, cl nner cOllnDi{fance de {ont achat au
a a
"
S.
Seigneur ; mais que cJe,tOit au elgne.ur
à le déviner ; que con{equemment les 10,térêts de: ce lods ne comm eo~erOletlt a
courir que du jour que le Seigneur en
fcroit iudiciairemeot la demande, 1':&lt; que
fi le Seigneu r ignorait la vente p el~dan t
30 ans, le la os {ero~t per dl:. pour hll . I~
faut ohfrrver q ue c dl: à 1ll1fl'u du Sel
gne ur qu 'on p aITe les contrats de vente;
que de droit commun on pellt pe{fer un
pa,ei l contrat à l' autre bout du Royaume ; qu e fi aujonrd'hlll les rogtl!:rcs du contr ôle , &amp; rlcs infinllatlOnS otl~rcnt quel'lues moyens de plus auX Selgnell rs des
terres pOlir découvru dl!s aétes de ven·
t e , cette re{fource eft imparfa,ite 1':&lt; ne
leur eft donnée que par de, edits burfa ux qui {ont étrangers au fo nd de la
légillation &amp; p eu digne: d'elle.
.
Pour conno itre le vemable e{pnt de
]a loi qui de\'To it, en ce cas régler les
parties , il faut le chercher ,hll1s la nature du contrat originaire , cond' t ~o~el
en rre le Seignenr oÏTea &amp; {on emphllcote. On y ve rra que le droit oe l'relatio n
&amp; celui de retrait font un e"fomble avec
celui de lods, qtle les deux premiers ne
fon t autre que ce lui de di re à l' acquéreur fans faire tort iH l vellct cuf , « le
); va'us préfére un autre 1 Ol! je me préf~:
» re moi-mê me. Il Cet enf"l11 blc~lttrop he
à lIne propriété prim o rdiale pour n'être
pa, facré . M anquer
cet ellfemblc, c'elt
s'approprier llll.bieu.fans voulO'lf en payer;
1

a

Importaffte!.

57

nne partie clu prix. Comment ces droits
pouTront.ils être exercés, li l'olt igno re le
tra n{por t de propriété p ar lequel ,ils pellven t receVOir leur application?
. Je {çais q u'en ap profondi{fant cette m ...
tlere , bIen des geus entreraient da ns de
g rands détails pour prouv er que les Seigneurs ont des moyens pour fa ire p unir
ceux qui fraudent ' Jeurs dro its. On iroit
m ême jufqu 'à vouloir p rouver lIu'il leur
el!:. q uelquefois avanrage ux d' En t rouver
q UI le fa{fent; ( ca r qu'y a-t·il que quel.
qu'un ne préten de prouver) mais cc n' ell:
l'as ici 'le li eu de s'étendre fur cc fuj et :
11 me fuffi t de faire voir que l'envi e de
frauder les droits du lods eft plus que tolérée , &amp; par c onféquent la mau vaife foi;
car il y eIT a' toujours à tacher par m fe o u
par myftere , d'éviter le p ayement d'une
d ette réelle &amp; légit ime.
Pourquoi le légiOateur ne dit-il pas clans
ce cas-ci, comme dans les autres) qu e les
candirions préalables p 3{fent a-;ant la prife
de po{felTio n : qu i pourra it {e plailtd re \
qu 'il eut ainli p arlé?
Il n'y a point pe dro its des Seigneurs
enve rs leurs va{feaux, fur le{quels le gou.
vernement n'ait laiffé à. ces derniers liberté d 'attaqu e &amp; e{poir de la viaoire, el1, autarifant les tribuna ux à fai re dépendre leur
jll gements d 'anciens ufages fouven t difficiles à pro uver au milieu d'un p eu ple de
parties intére{fées : peuple ai{ément féduit &amp;
enivré; :\ admettre trop {auve nt des loi"
particulieres dans chaque coin du monde;

�'SI?

Réftexionl. ,
à fe faire ulle !'urifprudenee parheuher?

auai , IX qui plIS eft, à en cha ll~er ; a
faire des arrêts de réglemcnts revetus, Il
eft vrai, de toute apparence de fagefTe IX
de juftice , mais dont les conféquences ~or.
tent au lo in 'IX opérent peu-à-peu fur 10;'
ère général , des changements eonliderables,
,
Ceft ainli que font de ve nu s fort frequents les procés entre les vafTaux IX leurs
Seigneurs: c'eft ainli qu' on 's'eft accoutumé
à ne voir ceux-ci que comme les ennemIS
naturels de lellrs habitants, toujours prêts
à s'avantager fur eux: c'eft ainli que l'efprit de tous ceux à qui le gou~e~em~u.~
a confié une portion de [on 311tonte, a ete
de former celui du gonvernement même , ~
que l'on a crû devoir éloigner les Se.'~
gneuIs de toute iufluence dans l'adnllmf.
lration publique de lems villages, que,l.
que intérefTés qu'ils {oient à la profpe.
r i té publique par les liens les plu s natu·
rels IX les plus forts, Pour peu q u'o n ré.tléchiiTe, 011 verra que dès lors Ils ont
dlÎ paraît re incorrmodcs dans leurs pra t eétions , IX qu'on a du préferer de ue les
voir qu'en quali té de f"ppli ants.
.
Mais la chofe publi q ue ell a fouffer t ;
&amp; dans ·l a nature des chofes l'ordre a été
interl'eni.
O n a voulu dél ivrer le peuple de la
tyrannie des Sei g neurs qui le dominoie nt :
fyrannie facile à appercevoir IX depuIS des
liecJes &gt; faci le ;i réprimer pa r U l1 fcul mot,
IX on l'a livré il la tyrannie {ourde de {cs

,

~mporlt1nt.e!"

5!;

men;bres qt~ ~n tl .pperçolt , nz ne réprime;
0111 a. lIV re a la barbarie de l'abondance
des 10 lx , de leurs illterprétations inlinies
des jugements dont les motifs (ont ignoré;
à celle des formalit és multipliées, fi tranch autes. de uullités , que tous lcs fonds
fOl1t miS en lambeaux par la forme.
P ar-là , la fimplicité natu relle de ce
peuple a été anéanti e ; il a été forcé de
nager au milieu d'une mer cIe rn auvaife
foi. do nt il ne. pellt qu e s'abreuver à longs
traits . Il a perdu l a proteét iOIl nat urelle
quo l a coufiitution de ' l'état lui donJloit
en l a per{onn,; . de fOll Seiglleur de fief.
p evenu eoneml de fO Il am i il eft to u10urs trabi par ceux il qui il fe conlie
&amp; dépouillé par ccux qui prennen t foi,:
do !tH,
1

~ 'eut- il pas été mieux de fi xerl,-les
d roll S d es Seig neu rs par des loi x claires !
d e} eur en donner deJ )lus géneral :s , alin
qll ds en alent moins e particll.lieres ? en.
fin comme j'ai dit plus haut, de leur lier
l es

ITI &lt;I lnS)

mais de leu r donner un libre

uf"go des yeux IX de la bngue? l'autorité fouv~raine Il'au.'oit. elle pas touj ours
eu la ptllfTanee entlere d'ordonner furtou't puifqu'il feroit éiabli, que fa,;s elle
0.11 ne pourrQit riell-j lIger J rien changer,

nen frat uer.?

1

, ~0urq.tloi cette idée fimpl., Il'a·t·ellc pa,
cte ftllv,e? Et pourquoi au contraire a.
t·on anéanti l' i~lfluenee utile, avantage\ ••
fe-an hlen publtc , que la con&lt;litioll ds l'é. J
lat

donnait naturellement à la noblj1T~ ..

�60

Imp01·tantes,

Réflexions

po/Tédant J;~f, fur le peuple des campa"Iles? VOICI ce qUi me parait de plus vralfemblaole à cet égard.
II fut un temps odieux où les Seigneurs
dans leurs terres avaient une puiifance

d'excès, que la foibleITe de l'autorité royale
ne pouvait réprimer. Selon la politique
la plus fage , cette puilTance d'excès fut
fapée peu-ù-peu par la puiITance fauve·
raine. Il fallut pom y parvenir que l'efIHit du gouvernement palTât dans touS
ceux qui par leurs emplois coopéraient
à la direaion de la chofe publique; /\(
il fllt établi que daus tOtlS les cas qu'on
pGurroit foutenir douteux , la liberté pu.
bliqne devait toujours être préférée aux
droits des fiefs: cette maxime forma l'efp rit

des lég iilateurs .... comme

~ernement e nt ramc

celui des

clination; il fallt un génie neuf /\( fort
rare pour s'arrêter dans tin certain train;

en attendant que le trop paroilTe par
mille endroits, on paITe les bornes fans s'en
appcrcevoir , &amp; on peut [e trouver avoir ruiné ., ce qu'oll ne devait que corriger Ol!
qlle perfeaionner.
On n'a quafi jamais vu mettre une main
ferme à la correaion des abus, que quand
leurs excès font devenlls iofupportables ;
jttlques là , pareITe ou corruption s'accoutument à rouler avec eux.
Il,,,'eft ici queftion que d' un défordre;
dont les mauvais effets divifés /\( fubdi)ifés ne peuvent fe faire fentir au gou-

l'ernement

par les affa Ires 01a-

Jeures &amp; plus proch es , ail négligé cette
parue-cl, &amp; l'ait, pOlir ain {j dire , Jai/Té
flotter au hala rd ; d'a utan t mieux qu'en
beaucoup de Provlllces, les droits des
SeIgneurs ne donnent pas llcu , comme
cn Provence, à des guerres inteftiJles·
que où les ha?itans, Ile font pas corp~
de Communaures Il n y a pas cOl1lme dans
cette Province, des vers rongeurs qui y
t~ouvent tant de moyens autorifés pour
l'Ivre dn malheur d'autrui , de h aines
/\( de querelles,

Maglftrats ; d'abord cfprit de devoir ,
en{uite efprit de routine J de gOlît , d'in-

G,

vernement que de ~o rt loin , &amp; par tlne
mais , dont
fenfanon prefque Jllfenfible
la !otalité mérite hien atten:ion; car la
paillOn excell,ve des communes fai[ant
nléconnoÎtre leurs véritables intérêts ne
[ouliut jamais un trô"e, Il Ile 'doit
pas paraître éWlll~ant, que l'œi,l d u go u-

J

...

Ce qu i vient d'ê tre dit, pourrait in-

dui re quelqu'un à erreur, en lui faifant
pEllfer que les maux contre krquels on
s'élé\"e ici, n'ont lieu qu'e n Pro vence.
Qlian d cela feroit , la Provence n a_t_
d Ie pas droit d'attendre de fan Prince
des loi x pour fan pl liS grand bonhellt ?
~es ,a?lll il1iftratell~s peuvent-ils être tro p
ecIalres [ur cet obJet? Lem del'o i.. n'eft- il
l'as de de matlder les meilleures loix l'of.
fibles ? TOllt citoyen ne paye-t-il pas une
dett: légitime en faifant part il fes cam·
pa:notes de ce qu'il croit leur être utile?
Mais la Provence en particulier doit fa
,maniere d'exifter au cOncours de nombre
1

l, P ar/ics.

F

�6%

Rtifiexi07ls

,

de caufes générales : ces caufes genérales
ont des effets qui ne ilu [ont pas tellement particul iers qu'Ils n'aIent auf!i l!el~
plus ou moins dans

d'autres ProvInces.

Aior. , p arler pour elle, c'ell par!er plus ?"
moins pour tout le Royaume. C cil en[lllte
à l'abeille à Ile prendre [ur les plantes que
ce qu'il lui faut &amp; à l'e mployer à propos
fous l'autorité de [on chef. Revenons lans
contrainte à

110 S

réflexions.

-

Le mal vient faus qu'on y penCe. Un
efprit généralement r&lt;paod u pourrolt dor·
mir tan dis que d'une m 3mere occul te Il
agi t " il forc e

1

finItivement : apparemment, afin. que cha-

cun [oit plus dépendan t de lUI. en ch aque occalion ; mais cette polittque ~Il­
elle bon ne? D ans chaque difpute ,Il s en
trouve un de mécontent. D' ailleurs parlà , le Prince ne pré vien t pas une infi.nité
d'altérations; o n peut dIre Je contraire j
en effet nOlis vo y o ns que

l.e. nombre. e.1l

ell infini, ent re les co rps Clvlls &amp; mllLt ai res
entre les per[on nes eo place ,
po ur les rangs , les dillin B:io lls , les
p ré rogat ives , pour les manteres de [e

parler

J

,

il détrllit. L 'eau ,dormante

d'lm étang opéte [ans qu' on fon~e a elle, une
infinité de di{folu!Îons; ceCI peut av oir
fOl! vent une julle application dans la con·
duite que tiennent .les gouvc:nements :
par exemple on di t que celut de Fr~n ce eft en C~l1tllme de décider fllr bleu
des chofes plutôt pro vifo i,ement que dé·

rie s) écri re.

Par-t o ~lt

on trouve

des prétentions, des réclamations , du dou-

Importantef.
61
En cela chacun cil en l'ai r clans un
e~at de bou!l'ffure .' d'humi li ation, ou
d a parte, c cll-à -dlre, dans Un état cie
,~,ald.cll; qUI ôte au malade une partie de
1 t~tdlte. clon,~ Il pourroit être : cela va
m eme )I1[qu a établir des in imitiés [ecretes, dont l'ét3t peut quelquefois d'autant
plus {oulfm
. , que la caufe n'en el! nt.
avau ée 111 connlle, &amp; que le mal relie
fans remede.
On fait UII Conte des Huilliers du Roi
q \1l [e batto,ient avec Ceu x du P arlemen;
ou .le ROI etoit ; &amp; l 'o n prétend que la
R eIne, mere fort en colere de ce manque
d e refpcB: , s'appaifa quand M. cie Saintot
l'etÎt a{furée que c'étoit l'ufage, &amp; qu 'alors eUe clit , qU' ils [e battent donc.
:e.

Quand on TIt de cette hiltoriette , ne

f~nt-on. pas au fond de l'ame une forte
-4

d Impatience ? ot! fera J'orclre clans un
Royaume , s'il n'ye n a p as autour du
Trô ne?
Les ~ommes [ont ~ien brebis, &amp; par.
{';Ilt vo •.olltle~s p~r ou ,l es autres ont paf.
fe, ma~s q ,ll o,n 1cxamlll': ; ce p' ca que
quand t! s aga ci e ne p as faire le bien .
car quand il ~Il qu ellion cie f"ire le mal:
Ils {ç.avent bien {e tou rm enter &amp; tourm en.
ter les autres p our s'o llvrir mille rotltes
. Cette cligrelli on n'ell pas inu tile en:
tl.erement à no tre [uj et. Q uelles opin.IOll s 'lue les hommes veuillent [o utelUT ,
Ils auront beau faire , la v érité
ne changera .l'as . L'ordr", la difcipJine'
la fubordtnanOll [ont nécelf4ires dans I"io-

�64
R éfl e:cÏo n!
térieur d'uu état: Ulle ville, un village,
un hameau en Ollt autant de befoin qu'un
régim eut , parce qu' il n'y a qu'eux qui
puiffent donner de la folidité au .bien
commun, appellé bien public, La foule
demande de l'égalité dans les couditians , elle s'autorife de notre naiffance,
commu n~ en Adam, (n Noé; mais la raifou &amp;. la réligiou s'unifIent pour lui répondre , que fan défir p rend , il eft
vra i , Ca nai{fance daus un fentimeut na~ '
tu rcl &amp;. jufie, mais qu'elle en fait uue ,
mauvaife application : que ce ne doit
être

que dans une v ie immutable)

d~où

1 s écarts &amp;. les erreurs feront baunis ,
&amp;. pour laquelle noUS [ommes toUS créés ;
que les Grands &amp;. les Rois feront conf ondus avec tous

j

mais que dans cette

l'ie paffagere où l'efp rit de defordre à
t ant d'em pire , &amp;. de fi cruels effets;..
toUS les hommes doivent avo ir des fonc tions diver[es , des rangs

marq\lé~ , &amp;:

doivent être par échellons les uus flir les
au tres. Si l'orgueil ne peut fo uffrir cette
vérité , l'amour pour le bieu ne peut la
méco nnoître.

CHA PIT REl X.

U

N e des plus gra ndes caufes de divi-

fion entre les Seig neurs de terr es &amp;.
leurs babitants fe trouve dans l'exemption des tailles. Ce u'e ft pas fans rai[on

_
lmportantes.
5
que bLeU des gens penfent
6
le moyen
1le plus comt &amp;. le l'IlIS rquel
aCI e d" br
a paix, en cette partie fc ' ue eta Ir
ordonna t , que les bien; n~~;~s '1r le Roi
tOl'JOU rs francs d
'11
rtlerolen t
m ains qu' ils pafTâ[e n~~1 cs en que lques
cl .
Al ors , fi un Scig
rein noble
'1 neur ven Olt un ter,i
en rétireroit
grand
prix 1
qu'il ne le peut allJourd'hui
. lin plus
a
r,cc
que
'acheteur
lui
paj'ero
it
'
Peu eme [lt le t
·
.
fi ï '
errelll,
malS
auffi le non. ...
VI ege d'être exemp t dc taille
pnect excéde nt de
. fc - .
vcndem un e efi e
cil' " X , ero lt pour lec
de l'al"
.
dl' ce e declol1111lagemcnt
IcnatIOIl
e fon pril'ï
cl

c~e,~
1

p ou rrait faire un em loi

1

l

on t il

rait dans l'infiant
l' fi . q UI lLll portepré(ent
'ï
pr o lt) au h eu qu'à
d ' _ qu 1 ~le peclt t ranfmetre fon droit
dr :xel~ptl0n a l'ach.ereu r , il a un !Doio-

, p"x de ce qu 'il vend
&amp;. 1 rIVI
•.
lege qu i lui efi rèfervé rel!'
.e Pd .
. fc
e valll
ans
malUS, . Jl1 qucs à ce quil ait ach ,t'
~uelque n?u veau bie n fur 'equel il _.[e
léte br
en demande
d
r l 'app .l1" catlon par lapUI
la.-

{es

a te

es. compen(ano ns.

t . ~e tte 101 des compenfations a des reÎ"cuons ellc a donné l'
' 1
qu'u n même b"
' tell a a maxime
fois de
. ren ~le peut l'as fervi r deuxmatle re a eO!Tlpenf&lt;l:tio
d"
efi venue la 'ifi' ét·
. n,
&amp; d b'
a ln IOn de blon, nobles
e . Icns !irnplemcat fralles de taill par compenfatio'n
l'extillétio~ .ei rc ahenés ,fan9 elltr.1Ïner
e; ellr, pnvilege d'exem\!-:-

oll

~:l~~~:t a~ranc,his

tien.

~,~

Id

F 3,

�66
R éflexions
If arrive de-là, que par les ven tes que

,

Jes Seiunenrs
eu font peu-à-peu , les biens
b
oobles diminue nt , &amp; que d'un antre
côté les Seigneurs font fort jaloux de
conferver la polfelTion de ces fortes de
bi ens; ce qu'il fait qu'ils ne font point
dans le commerce, qu'ils relèent réunis,

au détriment de l'état, dans ks mains
Jes, moins propres ,\ les améliorer. De
quelle util ité ne ferait pas Hn moyen, par
lequel les granns l'offeiTenrs de terres fe-·
raient invités à divifer ces terres entre

les mains de petits cultivateurs qu i en
doubleraient &amp; quadrupleraient le produit?
Le proj et ci - deiTus pour établir Ja
paix, l'réfente de grands avantages, &amp;
ell: capable n'obtenir la préférellCe dans
J'efprit de nombre cle gens raifonnables;
mais les réflé'\ioos [uÎvantes qui rcmblent
tn faire délirer Ull autre, méritent attentIon.
Si une pareille loi était donnée, il ell
trop vraifemblable qu'on laiiTeroit fubfifter les ancicnnes fm lefquelles on clifp"te fouvent pOlir réconnoitre la juRe application ne la franchife de taille fur
certains biens , &amp; alors la fource cie clif.
corde aurait [on cours j 011 pourrait
plaider avec les partictdit!rs acquéreurs,
CO~11110 on le fait avec les Soigneurs pof.

felf.ours .
.
Lorfqu'il y allro it des imp ofitions en
fruits) les propriétaires ou ferillicrs de ces
bi..:n5. francs pourroieot frauder l'iml'0fi~

. rmpol'tantes.

67

tlOn ,. en falfan~ paiTer des prodllB:ions
d e lellrs allt res biens clans cellx-ci . ce
qll i pOllfroit être cI 'alltant plus abllrif,' que
ces biens fero ient pills divifés elltre eux.
Aujourd hui leremecle , à cos abus, fe trouve en ce que vo lontiers les Seigneurs
payent en argent leurs tailles , an prorata
d e ce que les alltres payent en fruits ;
ce qui fait qu ' il n'y a plus d'impolitions
à lever fur toutes lellrs polreffions, n'y
de raifon de cliftingne r les prod uB:ions
des nobles ou des roturi('r~; mais ce
remede ne pourroit ê" employé vis-àv;s de beauc ou p de pe tits particuliers.
Bien des gens ne pourront fe confoler ;
fi on adopte un proj et par leq uel la perpétuité d'exemptions {ur certains biens
fera aiTurée ; d'alltres qui lui font contraires aujourd'hui, fe
-J

raccomoderoient

avec elle, s'ils voy oient jour à pouvoir en
jouir eux-mêmes ; mais, peut-être avec
beaucoup de raifon ,y atlroit -il des Seigneurs de terres qui répugneraient à per-

dre un privilége per[onne! à l'appas de
quelque argent_
fi cft certain que par cette loi , la
franchife de taille feroit aux antipodes
de Con origine: livrée au prcrni~ r venu,
elle ceITeroit d'être uoe diftinB:ion ; ce
q ui fet.l peut l'avoir fondée &amp; rendue
r aifonnabk: elle déviendroit tm fujet de
commerce, fans lItilité j deux qualités
diamétralement opporées à celles que
d oivent avoir les priviléges,
Si 'lllelqU'ull pellfoit que ce feroit. là.

�Importantes.

{jg

Réflexions

lln petit nlal, il te tromperait bien ;
parce qu'il y en a toujours un vérit,able
à déCo rclonuer les efpnts : ce qlll ne

o

ea

peut manquer d'arrl\'e r toutes les fois
qu'o n tolérera que l'inférieur puilTe 1 fan s

être éxhaufTé , le revélIr des c1épouilles dl!
fupérieur, Alors il s'en fuivra de la confufion , du déplacement dans les efprits
&amp; dans les cœurs, de l'infubordination ,
de l'ivreffe.
Tout le monde ne fentira p as égalen1ent cette vérité

j

pent- être mê me peu

de go ns la (e"tiront ; car il faut l'avouer,
l'eCprit du fi . c1e s'occupe plus du co rps
des hommes, que

des

hommes

même.

On parle beaucoup pour les mieux nOurrir l pour les enrichir 1 pOli T leur liberté.
On ne fait gl1ere qu'en parler) on vellt ,

à ce qu'on dit 1 les rendre heureux;
m "is que fait-on dans le fait? On les
remplit d'illllfion. qui les pouffent vers
le mal hem , &amp; on oubli e , ou l'on veut
oublier, que c'eft clans leurs amcs que
font les {euls refforts cap ables de les
conduire au bonh ellr.

L égi/l ateurs ! allez

au fonds de ce.

ames , &amp; là commencez vos effort s 1 [or~
licitez 1 induirez 1 pouffez , entraine z ,

pour que chacun veuil le refier a {on
poae , &amp; vous a menerés l'o rdre, Tout
autre moyen vous Cera plu s pénible, 011
dangereux, ou inurih:. La fo rce peut
contenir .- ma is elle peut rév ol te r, Elle
p eLlt {ufpendre le mal, mais elle ne Je
g,uérit l'refque iamais. Le chirurgiell.ha.·

,

,

r

6&lt;j

bile porte {a principale attention all fonds
de la plaie.
vous ! qui ne {çavez que commander &amp; punir , rémarq uez que plus un
boulet de canon
lancé avec violence ,
plus les cailloux fur lefquds il exerce
fOll courroux , s'é carte nt ; alors qu'ont
donné ceux qu ']·1 a re' d·
tllts en pon dre 1.
Pourrait-on b âtir un mur à COLlpS de
canon ' Non [ans cloute , P om Y p arvenir , que fa i ~-~)ll ? O~l arrach e 11!0 lllS
qu'on ne folllclle les pIerres d~ foru r du
fein cie la terre ; on emplOIe le plus
d'adrelfe &amp; le moi ns de fo rce qu'on ,l' out
pour l eur conferver une fo rm e utlle ,
&amp; une grandeur r ai[o nnab le. O ~ leur
affign e un r~l1 ~ à tOlltP..: , Ql~ le.; he avec
un mortier falt avec attentIOn , on ~es
place de façon que par leur propre pOIds
elles réfiaent à ce qui peut faire effort
pour les déplacer.,
•
Légiflateurs! faltes-~n de. meme &amp; ne
croyez pas que rien [Olt pe llt, Tous les
membres d'un état fe touchent les uns
les autres ; 1 ils Ce fortifient, ou Ils fe co·,
ro mpent; il n'y a pain! de I,mlteu. ~e
fon ger qu' à régler leur exténeur, ~ eil:
les ollblier, C ' ea cie l'efprtt des partlCUliers que Ce forme l'eCprit général; h[prit gêné l'.l ea llIl torrent auql~el n en
ne réfiae, Négliger le pre,nler , c ca pervertir le Cecond, Il n'y a donc nen de li
p etit que de fe croire fupérieur auX petites chofes.
Tomes les réfléxions contenues dans,

�70

Réflexion!.

Importante!.

les précédens Chdpitres m'ont porté il
penfer, qu'il était bon &amp; mile que la
nobldTe troUl'. des dil!inétions dans les
fiefs : elles me portent aulli à ne pas approlll'er un projet, par lequel un privilége
d'ex emption de taille {eroit fixé, lion en
fa ve ur des perfonnes, mais en faveur ..de
certains bi.:us

1

maître dans

en quelques mains qu'ils

R

1

le Roi devrait Com -

mencer par faire examiner rlans [on Con.

fei l, &amp; méditer en {oo cœur , s'il doit
ré voquer le privil ege de la nobl Ife all
nljet des tailles, ou le confirmer.
S'il prenoit le parti de le révoquer ,
tout Lèroit dit; il {eroit inutil e de vou loir régler ce qui celferoit d'exil!er ; mais
on ne peut s'empêcher d'ob{erver, que
dans ce cas, le moyen le plus naturel
d'opérer l'extillétion d'un droit , jugé
t"op onéreux ou abufif, elt de l'ordonn,r pllrement &amp; limplement; c'elt .ufli
le {eul digne que le PriDce puilfe cm-

pOlir

n'avoi r

D 'a illeurs en foumettant leurs biens à
l'infrar etes autres, à tout genre d'im ...
pofitions , Ile pourroit·on pas tacher de
les con{oler par quelque uouveau droit ,
quelq ue

X.

donner une bonne régIe à ce

dont il s'agit

royaunlf")

qu elques clameurs vailles.

"""""""'====·~.w
"'~
""~· -- -----=:3··;O:::=;=:_n~

P Ou

(Oll

pas befoin de ru{es &amp; de finelfcs politiques, dans Ulle occ.fion aulli f1 éx ible
que celle· ci ; où il Ile s'agit que d'un
petit !lOIlJbre de nobles que le très.gra nd
nombre de roturiers [cra tOlljours bit n
aife de voir dépouiller. D'autre part ces
nobles pallionés pour 1ell! :;oi , &amp; trèsimpuiffclllS jetteroiefl t à pt'ÎJh:: un moment

fe tr onl'â trent. Le projet qui fuit me pa.
raÎtrait Tèltlplir mieux les vlIes d'une
faine politique , quoiqu'il n'eut pas
moins que le premier de puitrans ennemis,. au contraire : n'importe : il ne
peut y avoir de mal , à ce qu'il voie
le jour.

CHAPI T RE

71

ployer. Le Roi cl! al!;'z aimé &amp; afTez

, 1 •

nouvelle

prérogative purement

honorable , qu'on pourroit appeller d.
la fumée, mais qui n'en feroient pas
moins lIne pâttlfe, dont il elt de la nature de la nobiell" de fe répaitre? Ne pour.
,r"oit-on pas combiner ces nOllveaux pri-

viléges avec \a {ubordination &amp; l'ordre
néceifaires pour améliorer le bien publiC
dans les terres {ei gncuri ales ?
Si au contraire , le Roi trouve qu'il elt
de fa jultice &amp; de
{a~c ~e de cou{e:ver en Provence les privlleg es des Seigneurs de terres, &amp; qu'il prenne le parti de vouloir connoÎtre &amp; fixer la portion de lell rs biens qui jouira de l'exen;'
tion de tnilles, il ne peut que voulOir
-que cette exemption ait lieu fous {on au.
torité , fans qu'elle apporte aucun trouble , &amp; fans qu'elle !lui{e à la marche
Bénérale pe toutes les pié,es qui compq,

ta

�Impor,tilnteS.

1~
R éflexions
{el!! la machine politiqlle

il anéantira
les droitS injuO:es • mais il fera le cou·
{erv;ltem de ceux qu'il jugera convenables ; il trouvera indigne de lu i de tolérer que ceux-ci fo ient fappés fOllTdement . encore moins qu'ils le [oien t par
la difcorde,
Dans cette hypothéfe , la décifion du
Ro i devra être connue de tous , &amp; [es
motifs, La raifon , la iuitice , la vérité
ont, par la confciellce que chacun porte
en Co i-même, un emp ire i mma nquab le fur

l'efpri t des hommes; qu oiqu'en particu,
lier on les méca nnoiiTe tr Op fau vent ;

quoique fréquemment, en détai l , chaque
homme les outrage par (a conclu ite; il
n'en eO: pas moins vrai que la rai{on , la
jultice , la vérité expofées aux regards
Imblics ue [oient un des plus puilTans reCforts qu'il y ait pOlIT porter les hommes
à une légitime ob éilfance , à l'aide de la •
confiance qu'elles fçavent infpire r , Lorf·
que la puilfance ne veut que le bicu , l'i,
gnorance des peuples devient dircétement
cont ~ai re ù une bonne politique) &amp; l'illftruEbon de ces mêmes peuples elt le ma·
yeu le pllls efficace pour les porter il
coopé rer eux-mêmes à ce bit..n.
11 eO: d'une vérit é certaine qllc les monarchies n C peuvent {e difpcu{cr d'accorder d"s priviléges, Ce font eux qui di{tlllguent les rangs, qui excitent l'émulation , qui attachent par un intérêt parti.
culier ccux qui ont des fonEtions publio
quçs ail fort général de l'état 1 dans leguel

,

..

73

quel lellr exiaence devient agréable. "
Mais il eO: auffi vrai , qu'il y a un'poiht
J
all de -là duquel les p~iviléges devicn
draient autant nuifibles , qu'en deç~·' ils
ont l'ft être u tiles. Ce point fe 'troll vè
là, où ils ont eu l'effet qu'on a dît s'en
pr om ettre : plus loin , ils enivreroien,
les un s , &amp; déc ourageroient lès 'alitr'es:
C elt ici où le légi/lateur ne peut' être
t rop attentif, ahl' qu'avec un cœur' droit.
&amp; défi ntorelfé, il ne falfe rien 'qh'en ayant
~ fOlls [a vue la totalité" nu champ qu'il
d.omine , pour fervir tout &amp; ne nuire à
neI1.

Les pl'iviléges [ont de trois ,fortes, Le,
un s [ont dépendants d'aétes libres &amp; conditio nnels , &amp; ont leurs racines dans la
jultice du droit des gens. Cette matiere
nous elt tout-à-fait étrangere dans cet ouvrage, D'autres appartiennent à des corps,
.. ou à un o rdre de ge ns: &amp;. ce font ceux
dont il elt ici queO:ion, Il Y en a d'une
troifieme efpece qui font accordés partiliérement à des perfonoes en vue de leurs'
[ervices ou de leurs fonEtion s.
1
Quand on confi dérera to Us les l'ri vileges anciens de la {econde d alTe , lorfq{,e
la callgrene des abus n'aura pas corrom~

pl i la malfe de lenr {ubfrance , on troU-Vera qu'en les épurait! , ce font eux
qu'on doit préférer à toUS àutreS par delll!:
rairons principales : 1 0 , ils alti éte éprouvés ;, qu'il me fait permis de dire qu:i1s
ont 1etté tout leur feu; une longue expérience, apprend qu'on peut rouler aVJ3
J, Partie.
G

,/

�74

Reflexion!

eux [ans crainte. 1·. L'habitude ail [ont
les uns d'éD jouir, &amp; les alltres de les
Cupporter , doit les reudre refpeéhblos.
On ne peut mettre à leur place quel.
que -nouveauté {ans crainte, parce que
tolite nOuveauté a [es dangers. J'appelle
Douvealllé , une [ubltitution en [ublt ance
d ' une chaCe ,i une autre. C ar polir, perfe~lOon~r une choCe ancienne, n'ell: pas
, faire cette chefe nouvelle. II me femble
qu'u,ne nOllVealIté., dans le [e11S que je don.
ne a cc mot, ne.' doit quart jamais ê tre
placée par une bonJ;le légiaatioll, que là
où Il s'agit d'arracher Ull mal a,'ec [a raciu~ ; elle préfere alors de courir 'lu elque danger , pour [e délivrer d'un mal
réel ; c'elt aino que malgré les méprifes
trop répétées des gens de l'art, on
prepd Ulle médecine pour [e délivrçr de
la lievre.
.
Qu'on [e rappelle ce qui a été préee_
demment dit fur la nobleife , [ur [es fonctIans, {ur fan lItilité dans une Mon archie. Que l'on y joigne l'antiquité de
[on exemptiou au fifc dont on ne peut
voir le commencement , on ne pourra
'{ue tTOuver, [on privilége fupportable:
il on examme eniulte à quoi il a été rédl~it, combien !ous le~ étays ont été [appes; en[orte qu au momdre [ouille le peu
qui en elt refié di[paroitra ; on ne fera
plus tenté d'en être jaloux,
Que le Roi veuille bien confidérer
d ' une part, à combien peut être évaluée
cette exemption de taille de la nOhleiTe '
/&lt;1

"

Importantes.
75 '
&amp;: de l'autre, combien plus grandes [ont
les dépen[es d'un inutile éclat arrachées
de [a l'lITe bOllté , ou par importunité
[a uvent eo fav eur d ' une partie de [a 110blelTe , qui en fait un m auvais &amp; vil u[age , [auvent en fav eur de la partie de
la noblelTe la plus corrompue; &amp; il trollvera [ans doute qu'il elt également de [a
[agelTe &amp; de [a génerofité , de préférer
le privi tége de [a nobl,ife en général •
. . d'autant plus que oe pri~li Jége a toujours
été un des relTorts employé, à la machine de l'état, 8{ relTort utile ; relTort qui
par fan utilité a/lllre que cette exemption
confidérée comme dépen[e faite par l'état,
porte compenfation envers les au tres
membres de la Monarchie; ce qui ne
peut être attribué aux dépen[es de pure
générofité &amp; de pure bonté.

CHAPITRE

J

XI.

E [uppofe que je ne me (ois p.s égaré
dans mes penfées , &amp; qu'elles aient été
approuvées par Ilotre Prince, Ilotre légiflateur ) notre juge, notre pere, &amp; par
ceux ~ qui il donne fa cOllfiance; je dis
qu'au R oi feul appartient de fixer le privilegc d'exemption de tailles dont doit
jouir la llobleife.
Qu'il n'y a per[onne que lui qui ait lin
véritable droit de s'en prétendre lezé ,
parce que dans cc qui intérelTe tout l'é-

Gl

�1
76

Réfle:tÎons

tat • etans ce qui veut être combiné av~c
tOil! l'état, le Monarque elt le feul cenré
être la volonté réunie de tous.
Que lorfque l'imp ofitioll de la taille . où
toute autre elt ordonnée. elle elt fixée en
proportion du tableau des contribuables.
Qu'un de ceux-ci en particulier elt fans
intérêt admiffible , &amp;. doit être fans aél ion
pour faire perdre à [on voifin fon exemption autrement que par dénonciation ;

parce qu'en bonne reg le • fi le tableall ,
des contribuables augmente, l'impofitioll
doit augmenter auŒ; qU'u ne Province
( combinairon faite de fa valeur rélative
dans l'état ) au lieu d'être la centiéme
p artie du royaume , comme par le paiIé ,
vînt à multiplier lè s riehdres jufques à
en devenir la cinquaDti~m e ; ne fero it-il
pas évidemment iull:e qu'elle fut impofée
plus qu'elle ne l'étoit, &amp;. 'iu'on lui fit •
porter une plus g rande parue du fardeau
général ?
Donc les attaques qu'ont a foutenir
pour leurs privileges d ' exemption les Sei.
gneurs de terres en Provence , par tOllS
autres que par le Roi, ne viennent point

d 'une ath on réelfe &amp;. direéle dans laquel·
le quelqu'nn puilre fe plaindre d'avoir
é pr.ouvé aucun to rt , auCUne ir.juilice ,

malS d'une aaion d ont le motif ne peut
étre. que de g agner aux dépens d'autrui ;
nl~tlf qu'on verrait nécetTairement ne pou-

VOir naître que de la eonvoitife , de
l'envie, de la vengeance; enfin de tO'Ite. les paffions les plus cundam nables v

Impo,·talltes.
77
fi on ne le cacholt pas au jourd'hui d ans
J:ombre ,d :s pelites efpeces d'intérêts que
] on a crees, &amp; donn es aux Com mun autés
d'I~abitans pOlU les anjmer a u comba t :

q n on fe r"ppelle qu'un nouvel alfouagemcnt effac,e tous les .ava ntages qu'une
Commun aute p eut aVO Ir eu pelldant un

p.en de temps , eu ayan t fait comprendre dans le tablean des contribnab les à
la.. t aill e des biens qu'on éroit accoum'm é d 'en voir exe mpts : il ne r.ll:e do nc
plus alors qu e le plaiGr d'avoi r fait d ~
m al à fon Seigneur .
Ce défordre qu i pren d la fource dans'
res p allions malfaifantes doit tollement:
être retranché à can,e de fes funelles fu it es , que plutôt q ne de le lailrer f,ib fille.r • .fame ~'au.tres mo)'e" .. '. il valldrOI t moeU l&lt; alleant tr un flil et qUI lùi fert:
trop {ollvent de prétc&gt;.te, qlleJqne'linno ...
cent qu 'il en puilTe être

1

en ordonna nt ·

que tO llS les biens fans dillinaion feroient
Illis à la taille.
n paroî t donc qoe , fclon la drOite ralfon, le Roi cil fcu l en Groi t de réclamer
&lt;!~ ns les cas

particlll icrs , comme en gé-

ne rai , contre de trop grandes exten(;ons
données au priv ikge de ta ' noblelfe .
~omme.il cil: ce rtain qne c'o ll. à li,i feui
a IU.1 pr efcme. des bornes &amp;. :i reg 1er la
manI e r~ don t il devra être 'cxcrcê.
Il ell: évid ent, qu'autre cllor. furoi t fi"
un noble .1?ré!eRdo it faire. jouir de l'exen~p.
r:on de t aille un biCn qUI anIOIt fa it parne. du. tableau " en · V·lle duquel J'illlP.ofloo-

G· 3&gt;

.

.

�7~
Reflexions
tian aurait été lixée, c'efr-à-dire , s'ill
voulait ce«er de payer la taille pour uu
bien qui la payait; alors la Communauté qui attaquerait cette prétendue exemp·
tian, &amp; qui s'y oppoferoi t , ferait dans
le cas d'une légitime défenfe : elle Combattrait pour un intérêt d irea p our ne
pas e«uyer llIl dommag e.
Voilà quelqlles idées qui pourront fer·ir de répol1fes , ou préviendront quelques objeaions qu'on pourrai: faire aux
projets préfentés ci-après.
~--._.~""'---._""""""",,

.....

~

--.-- . =;::v.,.~---.--~1!3

CHAPITRE

XII.

.pOur terminer en Provencc tom procès fur la fr anc hife de taille , pOlir
. déterminer celle dont y jouiront les SeigneurJ de terres ) &amp; pour prévenir tont
'Ibus ; on pourrait employer les moyens
qui fuivent.
Le Roi établira une commilTion de fept
Juges, dont lix. {eront demandés alternativement par la noblelTe &amp; par la Province ; le feptie me , convenu entre lcs ~
parties, ott choifi par les lix nommés ,
ou en cas de partage, nommé par ' le
Ro i.
Si un d'eux meurt , ou [e retiTe ;, ,
dans quinze jours ceux qui l'auront préfenté ,en propo[eront un autre pour le
:remplacer.
Si. deux p'roEofés f~ rcfufent 1 011 fonr

Iinportanter.

79

réfùfés , on en propoCera deux fois d' autreS ; apres les trois préfentions vaines ,
le Roi nommera.
La noblelfe &amp; la Province fe donne-·
ront. reclproquement cOl1lloirrance dC'!""
Juges qu'ils voudront demander, afi n que
réci proquement ils puilfent IHop ofer les
moyens de CuCpicion qu'ils pourraient
avoir, &amp; le Roi en déc'dcra .
Le Roi attribuera à cette commiŒon
el&lt;cluliv"m~Dt à tout autre tribunal la
conn6ÎtTance de toutes conteftations en
fait' d'arrérages de tailles, de toutes
prétentions politives ou négatives au [uiet de la franchiCe de tailles, de toutes
m atieres de compcnCations faites ou demandées dans le moment dauel; &amp; fur
.ce , les jugemens de la commitlîon feront fondés fur les loix aauelles , feront
fans appel &amp; dehnitifs , &amp; leurs effets
feront perpétuels , fau f l'effet des nouvel-·
les loil&lt; que le Roi fera pour les te mS
fubféquents.
Cette commilTion jugera encore des
mati eres dont la connoilTance lui fera
attribuée par les articl es ci- après.
On ne pourra, all plus 1 préfenter Cd
plaidant devant la commilTion qlle trois
mémoires intruél:ifs fotis quelque forme
qu'ils [ oient, requê te , faaums. &amp;c.
Entre un memoire &amp; celui qui le corn_ ·
batra ,. enli n d'lI ne Teplique à l'au tre! il
ne pourra y avo ir plus de deux tl101S :
palTé de ce deIai l'affaire fera jugée en ,
rétat, à. moins q~le la commillion ROllr,:

�go.

, Reflexions

Importantes.

de ,delal , q~1 ne pourra excéder deux
mOIs &amp; qm ne pourra être accordée
qu'une feule fo is à chacune des parties

qu'il Ce pourra , no amment ceux dont
on jonira en franchife de taille , l' ar no· '
bletTe , par compenfation, où fur lef..
quels il y ama à ce [ujet des contella-

bonn~s :alfon~ , n'accorde une ampliation

~ans

lin

même

procès: cette amplia ...

tl~n fera acc~&gt;rdl!~ {ur ulle requ ête l11otive~ &amp; menuo n ~e~ an bas d'icelle pour

'Il! elle folt figmfiee à la p artie dans hui.
tam".
Des experts mi·partis nommés par la
no~le!Te &amp;, par la Province, accom pagnes des geometres néceiTaires cho ifis de

même, prélidés par une perfonne c onven.ue entr'ell es , linon choilie par le
R~I, à la pluralité des voix , cell~ du
prelident prépondérante fairont pOlir affouagement &amp; aillorinement une jult.e
ellune des biens oobles, francs de taille
&amp; rOtlltlers , avec même poids &amp; même
mefilre.
Il y aura autan t de {emblables commlilions dans la Province que les deuK
corps le Jugeront convenable &amp; en cas
de .l'artage &amp; défaccord, aut~nt que le
ROI le voudra.
Ces experts récevront tous les Gompa·
rents qm leur feront préfent és faits dou-

b1es l,a l'effet qu 'ils

t~_n retiennent un

figne de la partie, &amp; qu'ils eu remettent un ligu~ d'eux ~ la partie; &amp; ces
co mparcnts

( ron t in{crits

tOUt

aU long

d ans leur rapporrs.
.
Ces ex perts fairont un rapport géné",!
de to u t~s les efhmes qu'il s f. irollt de cha.
'Lues, blens. 'LU! ii:ront. diftingués le. 1/1115,

t ians, ou des prétentions

8'1

j

afin

ql1~ s'il

y a lieu on puifTe fans nouveaux frais
avoir reCours à leur rapport, comme s'il
av oit été fait à la réquilition des particuliers intüetfés : ils dillinglieront auili
les cens fur des biens nobl~s , &amp; les fu rcens fur des biens roturiers.

Ces r apports feront rendus' publics le
plutôt poilible , t ant aux oreffes des corn,..
mUllau tés , qu'au bureau

de

la Province;

&amp;. chaqu e particulier aura droit de demander des extraits qui lui feront délivrés au moyen d'ulle légere rétri blltion ,
tant feulement fuflifante pour la peine de
cel'ui qui k s d61ivrcra : ce qUI fera fixé.·
T out le monde aura un an à compter du jour de la publication d' un rapp.ort pour s'en l'laindre &amp; pour eu recounr.

Ce fera par devant la commiflion que
ces recours feront portés par le moyen
d'une requête qlli conti endra les griefs &amp;
les motifs de la partie recourante ,', ou
qui da ns le mois ail plus. tard de fa l'ré.
tention fera [uivie d'un mémoire infiruc··

tif à cet égard.
Defdites requêtes &amp; mémoires, il en
fera, remis u ne copie au bureau de la
Province , où fcra cenfé être le domicile
des experts qui auront fait le rapport ;
~ le greffier de la Province fera. tenu

�'th

Réflexions

d'en donner lUI reçu copié, ce qui val"
dra (igni!icatio~ au." e"per~s, {ans préi".
dlce de celle a falfe à d alltres p arties
intére1Tées , s'il y en a.
,Les experts auront fix mois pour [e
rle ~eud r.. ; &amp; leu: rapport, pa1Tés le{quds ,
q u Ils 1 aient fait ou DOU , la commiilion
prononcera [ans égard.
Quan t aux plaintes, la commiilion en
jugera Celon les loi" établies qui devrollt
en décider ; quant allx recours [elon
l 'équité &amp; la cou[ciencc des Juge; elle
les rejettera ou les a dmettra.
'
TOll s ces jugemens {eront prononcés
dans l'aunée qui Cuivra celle ou les reCours {eront permis,
A la fin de ces te mps, lin Evêque , nn
po1Tedant !ief , lin Pro.:ureur du l'aïs
Ilommé par le Clerga , la noblelTe &amp;.
la Province , atliltés par des e,,~erts
c~oi(is de même , accompagnés de leurs
geometres s'a1Tembleront en grande COmmillion , pour procéder comme nou veaux

experts , aller
. (ur les lieux ,

J'U bOCT

les

reco urs a d r!/lS par la comm iffiO I1) &amp; fi-

n alement en dre1Ter un rapport cré néral
qUI opérera la fixation délinitive. En cas
de partage entre les (i" experts l'Evêque aUra voix prépondérante.
'
On corrigera en{uite le jJremier rapport de la premlere commlilio n par le
fe~ond rapP?rt fait par la grande COI11m~ili ~n : &amp; Il en naî tra lin qui (ervira de
101 generale en cette matiere.
Par le dépouillement qu ' on en fera Cil

Importante!:

81

feparant par terroirs différents, les cenfes nobles , les biens nobles , ceux francs
de taiUe , &amp; les roturiers, on aUra la proportion qui fe trouvera entre eux.

~""~===-:L!~~===~

C fI API T B. E

XII I.

Au

~omme(.lcem e.l1t de toutes ces opé.
ratIOns, le ROl aura rendu une dé . .
cJara lion ou arrêt ,de fan Con{eil par le- '
qlIe) Il a/lra donne aux Seigneurs de ter.
tes en Pro vence, deux ou troi s ans pour .
rechercher ies alienatio tls qu'eux ou leurs
pIédéce1Teurs auront fai tes de l eurs biens
noble, , &amp; qui aux ~~ rm es des loix actuelles leur donneroient lieu de faire des
C!)mpeofations , s'ils acqueroient des biens
pour en porter l'applicat ion: p a1Té lequel
délai, nul ne fera reçu à en demauder
s'i l ne l'obtient par grace particuliere d~
Roi.
Les Seigneurs allTont été amorifés à
faire, à cet .effet, des recherches chez touS
les Notaires &amp; autres qui {e trou vera ient
avoir en leurs mains des régÎtres publics
{~us un l'alaire lixé par le ;Roi, pOlir ban:
Da toutes prétentions arbitraires .
. Et il a.ura été établi une peine contre
las N otalfes &amp; autres qui auront caché
de.s aétes ou régîtres aux Seigneurs qui .
fair ont conltater les demandes qu'ils leur
fero~lI par un exploit; &amp; cette peine au-

~a hen contre les coupa~les l !e~~ ,b.érl;

�84

iml'0rltlntçs.

Reflexions

tiers &amp;: ayant caufe en quelque t ems de
J'avenir que leur faute vienne à être con·
nue, parce que ce reculement ,ue pourrai t avoir été fait que par malice.
Ces pretentions &amp;: droits de compenfatioos [eront .préfentés par devant la
commiffion ap rèsLavoir été lignifiées aU.Je
Confuls &amp;: Commu nautés dans le t errOIr
defquelles les biens ferout litués, &amp;: auX
Procureurs du p aïs , pour être par euX
contredits &amp;: débattus , s'il y a lieu, dans
le terme de lix mois; palTé lequel délai ,
la commiffion définitivement les admettra ou rejettera.

~!!:"'''='==:

CHAPITRE

E t ableau mis [ous les yeux du Roi
dans fan confeil .doit donner lieu à
lIU nouvel examen , dont voici ) à ce
qu'il me [emble , les principaux maté·

C

rIaux.

•

. '

De ces droits ' de compenfallons à faire , admis par la commiffiol1, il en fera fait un tdbleau ajouté au rappor t générai des experts.
Ce rapport général achevé, fera ligné
triple par les experts &amp;: aPt' rouvé par l~s
Juges de la commiffion , un pour le ROI,
un pour la noblelTe, un pour la proVIDee.

Toutes lefquelles chofes faites, le Roi
aura un tableau complet des biens roturiers, des biens nohles, de ceux qui ne
font que francs de taille &amp;: lie peuvent
être aliénés , fans perte , du p rivilége
d'exemption; enfin de tous les droits
qu'on aura pour en exempter ; &amp;: alors
il pourra les apprêtier , &amp;: en ordonner
avec connoiffance de caufe,

CHAPITRE;

XI V.

r

..

La noblelTe doit être maintenue . dans
quelque privilége, Celui d'une exemptioll de taille ell de toute antiquité.
L'expérience démolltre qu'il n'efi pas
dangére ul{ ; les e[prilS y [ont accou·
tumés , il a été fort réduit de ce qu'il
était jadis : par [a fixation il ne n;l'and
plus d'incertitude [ur les revenus du Roi,
,&amp;: n'occalione nul embarras dans leur pero
ception.
Il a [on origine dans la franchi[e de
impôt, qu 'avaient dans Its premicrs
temps de la monarchie touS les hommes
libres. Les changemens de circonfiances
&amp; de lUŒltrS ont amenés de nouvelles néceffités , &amp;: ont &lt;lbligé l'état à refirain·
dre ce' 'privilége à moins de gens. Il l'a
été cn Provence aux [euls Seigneur.
ayant jurifdi8:ion.
La Jageife des Princes l'a borné ; il
n'dl plus aujourd'hui dans la balance gé·
nérale que le prix d 'un e utilité particuliere accordé li la nature de la nobleffc •
à [es fon8:ions, au rang qu'elle doit tcni r,
Il doit être coufidéré , plut ôt comme
tOtit

',Partie.

II

�86

ReflexÎollS

dépen Ce ut ile à l'état , qu e c~mm e Inega lité eutre Ces membres ; Imll S dépclIre
co nfac réc par une prefcription fi ancieu ne,
qu'il ell diffiè iJ e de ne pas la VOir fous
la for me d'un dro it d ont le retranchement
femb leroit affetter la iutl ice.
Si par le re tranchement de ce privi lége
le nombre des biens fou mis ù la taille
était aug men té, la t ai lle feroi t aug ment ée au1Ti : alors qu'auraient gagné les autres citoye ns à vo ir la noblelfe plus charg ée? q u'auraient gagné les Comm unall...

t és à vo ir leurs Seign eurs p aye r d'av antage? Rieu , à vrai dire; que le p lairtr de
voir détrn ire q uelque ch ofe qu i tend ù
i nrpire r de la fub o rdination. Mais cette
joie blelfe l'état. Q u'y gag nerait le R o i?
llOe legé re aug mentati on de fi nance qui
fe fondrait bientô t dans la grande mer
&amp; do nne roit lieu à une augmenta tio n invilible de aépenfes qui. ne fero ient jamais
aulTi utiles que celle qu'on abo liroit. N e
faire face à une ch ofe lIIi le qu'aux dépens d'un e cho fe plus utile , ce feroi t
f';}ire lin cercl e bien vicieux . Rie n n)ell:
aulli d angéreux que l' air féd uifant qu' à
le mo t , augmentatiou de rich d Tes , cellesci ne fo nt bonn es que pour les dép enfer
il propos . Si l'é tat n'av ai t pas dans fes
revenus de quo i fai re jou ir la noblefTe de
{on privilége d'exemp tion L1geme nt r édu it
&amp; bo rné , il faudroit tac her de les augme nter p our remplir cet obje t. 11 fe ra it
douc mal d'y toucher.
C arrer un des anciens rerrorts de la rno ~

Importantes.

87

. narchie , en fave ur d'une idée vague de
nou vea ux befoins fuj ets à tous veuts cl'opi nions , &amp; dont l'e[pr it ne po urra jama.is
[uivre les vlcIllittl des , [ur-tout ~ell detruifant de plus en plus une fubordination qui à u n beCoih u rgen t d'être ran imé

1

{eroit ulle matlvai[c operation.
L'efprit de fubtilité fur des m i nut ie~
qui ne fut j. mais efp rit d'é tat '. &amp; qUI
cherc he à pélletrer p fl:tOll~, doit et:c ban,ni du coufeil des ROIs ; Il cil vral : malS
un e{prit de détail qu i ne néglige p as c e
qui par0 it perit , !l'en . eil: pas

mOll,ls , 111-

difp enfable ment neeeifaITe à ceux qUI Ilen·
nent la main au go uvernaIl.
Il cft naturel qu'on fe demande pOl\rquo i laille r jonir les feuls SeJg neurs cl,:"
fie f en P rovence
d' une exemptlon q lU
daus un teml's at;cien étoit le pri vi:ége
des nobles.
L a réponfe do it être, ù ce qu 'il me
femble celle-ci. E n refpettant les cho(es anciennes on nc b\effc per[onne :; on
cil fur cle ne ' faire aucune injutlice ; &amp;
l'objet ici n'cil p as arrez im portant p our
qu'oll doive cOIffcn tir à courir le ~ a nge r
de trop accorder a fon opinion . D 'aIlleurs
fi le R o i exemptai t deux ch arrues entre
les mai ns de cbaque noble en P ro vence,
comm e il le f. it dans d'aut res P rovinces .
y ga g n ~ oi t - il daus l lll ,r aïs où d y
a beau co up de Iloblerre ? Il Y perdrolt- I!
p as au contra ire? il n'y a rI en de Facre
&amp; de tlab le pour qui fia la malad Ie de
mettre à contributio n les Vielles chronL--

Hl.

�88

8.9

I lIlpOl'tdtltes,

Réfle:cion,

'lues en fal'eur de fon penchant : ot! ytrou ve tout cc qu'on veut y trouver &amp;
flU'to ut le défordre, L e Roi le fçait bie11 ,
&amp; le [age part de la rai fan aallell~, ,
En examinant la matH~r e don t Il s agIt,
il femblera d'abord qu'il y a une différence à faire entre un bien noble, dont la
l'cote Cuivie d)une ;compenfation exempte
lln nou veau bien à 4a place, &amp; par ~Oll ­
féqu ent n'ajoute rien à la mafTe d es b,ens
taillables , /)( un bIen affranchI par campenCatioll dont la ve nte entraîne l'e;&lt;t inctia n de Con droit d'exemptIOn_ Le ROI peut
les faire peCer différemment dans la bala~ce
mais leur différence peut être plus ou moms
effacée par cette contidératio n ci, Sous peIne d'anéam ir leur privilége , lalpofTetTion de.
b iens de la Ccconde eCpece doit tellement tenir au cœur des Seigneurs qu'ils ne doiven~
les vendre que par pme nécetTité ; ce qUI
met ces biens hGrs du commerce, &amp; les
laiffe en' des mains ordinaire ment peu propres à les porter à, un grand produit, Je
fçai que par des c"conil:aoces partlculIeres , par le voifinage des grandes villes ,
d e quelques lieux fort peuplés où il s'eft
trol\vé des paï[ans qui avaient gagné fo rt
empre!fés d'acquérir quelque fond de terre : il y a eu des Seigneurs invités à aliéner de leurs bieus nobles , à la vue d'un
grand profit; ce qui à d'autant grofli le
cadail: re des biens taillables ; maIs on
peut dire 'lu'à cet égard tout ce qui a
pu fe fair e s'eil: fait , &amp; qù'à peu de chofes près, ce qui ne s'cft pas fait, ne [e
1

,,

fe ra que par nécetTilé ou ditTi pation à la
ruine du vendeur, O r fi le R o i con[ervoit à ces S~igneurs l'ava ntage de la va ·
leur aallelle de lcur franclliCe de taille,
&amp; faiCoit en fortc que déformais leurs
bicns fonds de terre acquifTent la l'lus
grande liberté pour pafTer en toute lorte de mains
ces biens doubleraient ,
tripleraient; il y el1 aurait qui décu pl eroi.nt par une plus grande cultur,e' Les
cadkfhes en feroi ent fort aug me ntes alll~
que les produa ions dans. l'état; ce qm
fcrviroit bien la populatIOn. Le .moyen
d ' obtenir ces effets fera propoCe cl-apres.
Il paroitra une aut re différe nce à faire'
en tre le droit dc fr" Dchife de taIlle dont on
jouit dans le moment l'réCent.' &amp;celui d o!&gt;t'
011 pourra feuleme nt lomf a . l' ~\'e.pl r I!~r
compeofa tion ) fi

'J

on ven o n a ac qu~rlr

des bi"ns , que l 'on Il'~ 1;"S encore. L ,un
dira qu'on aurott néallge cc drOI t j lin
ant re qu'o ll n'e n aurait fait u[tigc d~ IOll.g

temps) Ull troifie me ) qu'on l'aurO\t m~s.
en vale ur dan 3 peu : tont ce qll'~n dt&gt;lt

dire à cet éga&lt;d, cil: que le ROJ , eil: le
mait re d'apprécier cc cirait CCllL Il a p.as
enCore reçu d ' ap'pJicat~o n J plus ou mO inS
[e1o n qu' il vo udra !ratter fa n oble~e plus
ou moins favorablement; malS qu Il y a
apparence qu'il ne voudra pas pr clIcl-re
avec elle \ I n ton ri goureux pOUf un ~
mince ohj et ' d'au tant mieu)! qu &lt; les Setgnènrs qui I;'ont p~s fai t ufage d~ l:nrs
d roits " ont par - ,la faI t du. b,en ~ L urshabitants Ik méritent. molOS q;\ allcuns

H3

�90

Réflexions

de les voir tétrancher ou dimil1l1c r~
Il y a un alltre article qui mér ite artenti"n. Il ell: nécelTaire de co nu oitre l'effet que peuvent avoir les cenfes que les
Seigneurs ont clans leurs terres" à l'égard
des projets qui peuvent être propofés.
Il y a des cenfes improprellrt:rrt d ites , .
qu'on appelle plus ex.étemellt des fu rcens : ce font des redevances impofées
fur des biens foumis à la t aille , il laqueIJe elles ne peuvent Dccanonner auCl:unl change ment; elles ne font régardéos
que comme des rentes ordin ai res, &amp; il
cft. inutile de s'cn occuper icj.
Les véritables cenfe. font établies· lirr
des biens exempts. de taill e ; ces bieos
ne peuvent être encada {hés qtl'aprés qu'on
a. prélevé de leur vale~1r entiérc, la partre de cette valeur qUI avec jufiice doit
faire fa ce à la cenfe; en forte 'f ue fi la
Genfe e/l: alTez forte pour que le bien De
l'mITe nen payer au de-là, 12 taille doit
être nulle &amp; fe ul eme nt pour la forme.
Si au contraire, ce bien p a r l e labeur &amp;
l'brdufiric clu cenfier vaut deux foi s· la
val~1lt de ce qu 'i l en faut p ou r fllire fa ce a la ccnfe j alors une moitié de fa v.a.
leur cCl fran che Ir cau fe de la cenf~ &amp;.
l :autre moitié el/:. {ou mife à la taille . ~oilà les reg les établies.
'
Si 1111t: comrmlilall té avojt toujours un
cadalhe en r ég ~\! , &amp; .IevOl t to ujoll il par
{on J1"Ioyco"les unpofitrons en argent celle-ci qui cft roumis au, payement d'ul1 f:
c;.eIOfe. noble , ÇOllilOitJ'oÎt toujours la p'ar~

Iinportttlitc s.

9'''1

tian de la va leur de fan b ien qui ell:
e"cmpte, &amp; celle qui doit être impofé c:
l a proportion cles payements &amp; des valeurs qui y font fomniCes etant publique ,
il Cçauroi t .toujours ce qu'il doit donne.r
pOlir aCCflutter {a tallle.
Mais il y a de la difficulte lorfqu'une
Communaute- veut lever 1. t aille par le
moyen d'une imp oRtion en frlli ts. ~a v artie exempte du bien d'un cenlier n cft pas
fur le terrein diClillguée Ge la partie tailla
hIe. O n ne [çauroit p ar conféqllent difiinguer les produ étions de l 'tHle ou de l'autr • .
Cette diffi ~ u!té pourrc&gt;it être levée visà-vis d'un cenrier par le même moyen
qu'on emploie {auvent vis-a-v IS des S.igneurs qui fe trouven1 avo.ir des biens
nobles, &amp; d'autres roturiers fort mêlés
enfemble. Mais il faut pour cela que bi en
que gené ralement on leve la t ai lle par une
impolition en fruit il y ait tOHjours un cadaltre ell régie. Commi.! on co nnait la praportion qUI efi entre la levee en argent que
Yon aurait dtt faire l'dt le moyen du cad afire , &amp; la levée en fruit qu' on a [ubilitue a fa place, on lai(fe payer le Seigneur
en argent {Ul le pied du cadaClre quoique les autre ~ p aye nt en denr ées . A~ors
les fermiers de l'un pofiuon eo frLllts Il ont
plus rien à exiger des ~errcs roturieres du
Seigneur, &amp; cela p.révre nt cles abus &amp; des
plaintes, qu,;, la facrhté,. que des fenme.rs
de bieus. melangés aurOlent de faite paf
fer les produétions taillables dans les.par-,
4

'

4

ties de, ,biens exelUl'tes

1

ocCafiOnil&lt;:IOJJ~

�92

Réflexio71r

Autre chofe fera, li par un long ura~e
d'impofer cu fruits dans une Communaute ,.
lm cadallre viellt ;\ veillir , Ou à périr ,
la difficulté lévée par le moyen q\li vient
d'étre dit, reprend rait tolite fa force .
Il ell vraifemblable que ce cas n'a pas
été prevIt L'ufage général &amp; ancien el!
de faire p ar-ta lit des cadaitres ; p ar des
circon/lances nou velles, ils fon~ quelquefois devenus fâcheux; les com m'lIl autés
obérées ont cu récours à des impo fi rions

en fruit s dant les expérie nces répétées o nt
démontré la b onté; mais cet ufag e qu'on
peut appeller nouveau, nla p3i enco re re-

çu toutes les loix dont il a befoi n. Il arrivera de deux ch o[es l'un e ; 'fi le Roi
d 'auto rité- n'en o rd onne une

troifit!me.

On continuera à faire des cadallres dans
Une Communauté, quoiqu'il y ait L1ne impotition en fruits: alors le reno uvellement

de cadallre ell pr fque en pure perte,
pui{qu'i l ne dev ra {ervir de régie que
p OUI une fort pe tite pa n ie

ou

terroir ,

c'ell-à-dire , pOlir les maifo ns , jardin s ,
bois J &amp; ceux qui fe tro uvent au cas ci.
de/lilS: or , ell ce cas, il cil à ob{ervtr qu e
les frai, d'lin nouveau cadalhe [ont chers ; ,
qu e Fouvent les re~ou r s dont ils fo ntfll ~vis
fon t très· chers enco re , &amp; ,quelquefois

exce/Tif, &amp; train"nts la
eHX ;

qu'u n

canaltre

di(cordo "près

qu i Ut! [eroit fa it

généra l que po ur la forrre , rInis qui
n 'a llroit {o n elfet que pOlir pcu de monde ferait peUl-être plus {uj et à être mal
!aU &amp;. ini llite qU:lIo autre, parce que la,

Importanter.

,.'

"J

valeur des biens qn'on étaoltro;t pour

. . ces de comparaifon , pOllrrolt et re ,ou-

f:~e

, fans que le propriétaire de ce' b,l~n~
qui fçauroit ne, dépend re , dans la ver~~e
ql le de l' impofillon ell fnllt s, (e fo ucla~
de faire corn "cr des erreurs à un cadaf.
tre qui pour b lui n'ell qu' un femblant ,
&amp;c,
'
b . cl
Ou bien 011 pl aidera pOllr . a temr e'S
tribunaux , des d éc\fi,~ns 'lUI pourront .~
fe contredire

J

qm n et abhr ont une

}Url,

rudence qu'a la l ongue ; &amp; ccla ap',es
ious les troubles qU' occafionellt les l'races.
Il parait bien utile de les prévemr , IX
c'ell ce qn'on efTayera de faire dans le
projet qui fuit.
On ne polltra croire qu'avec peme

que dans une Province) où de tout ~ems

les Communautés ont exercé le d rOIt de
lever à leur gré les i mpoli tians , on
m anque non feulement de régl e~ , mais
de connoifTances pOlit fe condlllre d~ns
des cas limples 1\{ fréquents , lor[qu on
veut faire u[age de la mal1le~e de !ev'lr
les iml' ofitio ns , qUi Y el!, ep;ouve e a
plus fahllaire : maiS Jo , fa it n cr: p~ro~t
as mo ins vra i. On y cmbarrafierolt e

~Ius habile homme, cnlui demandant ce-

que les régIes établ ies da ilS le pays p~ef_ cri vent dans les cas fuiv an ts. Ils v~nt e~re·
mis jci par demandes Il'. par ~epon",s
pour mieux ell faire fCllllr les dl,fficultéspar les efforts q u' o n tentera de faire pour
les lever,
. '
fi
D emande, Si une Communaute Imp.G e:

�94 ..
Réf/exions
la dIXleme partIe des fruits de tout fon
te~r01r.' que {aira·t-elle vis-à-vis de celUI qUI eft chargé de payer une cenfe
noble?
Reponfe· Ou mettra d'abord à côté le
,montant de la cenfe, &amp; l'on cl/mera le
refte de la recolte.
D. Ne {eroit-ce pas faire une inju/lice ma1l1fe/le , li on ne préleve que la
cen{e &amp; non pas 5 ou 6 fois la cenfe ? Tout le '?'l0nd.e fçait que pom qu 'uu
cu!tll'atellT pudfe payer IIne charge de
ble de cenfe ,I I faut que .le bien lui en
ren~e 5 , ou 6, a/in qu'il trollve en le
euillvant , de quoi vine lui &amp; {a famille : cette con{idération n'échappe pas à
&lt;les experts chargés de faire des cada{tres.
R. Cela eft vrai. Eh bien : alors. il
faudra que la Comm unauté falfe prélever [ur la récolte , pour lin de ceu{e •
S, ou 6, de procluétioDs qui ferent lai Cfés francs, &amp; elle ne levera l'impofitÎon
que {ur le lilrplus.
D. Mais fi la récolte eil mauvaife
une certaine année, &amp; ne donne
{eulemenr ce qu 'il faut pour la cel/fe &amp; la
{ubliilance du cenf;er; que faira la Communauté?
R. Elle renoncera cette anuée-Ià à rien
lever fur les fruits du cenlier.
D. Voilà incertitude dans la levée _
emb~rras entre la Communamé &amp; {a;
fermJCr. PalTons; mai~ un culti"ateur doit
trouver daos de bonnes années de quoi

pa;

9S

Importanter.

l'indemnifer de ce qu'il ne recueille pas
dans les- manvaifes; c'eil l a feule reffource de tous ceux do {on efpece . N'y
aurait - il pas injuJlice &amp; barbarie il fe
contenter de ne lui riell prendre lor['lu'il u'a rien, pour lui prendre I ~ plus
qu'on pourra , lorfqu'il aura quelque
choIe.
R. Je !&gt;'imagine pas comment la Cam.
111l1llauté pOllrrait parer à cet illcollv enient, à moins que par une cfpéce d'aponement ,on n'accorda aux cenfi ers une

franchire un peu plus graude , telle que
l'autorité du Ro i la 6 xero it.
D. Suppofolls cda fait &amp; cette diffi&lt;:ulté vaincue. Il cil fort ordinaire qu'un
homme fait chargé d'ulle cenfe Cil bled,
m ais qu'il ait ,cn améliorant

[011

champ,

planté des vignes, des oliviers, fait des
près &amp;c.; &amp; qu'enfin, il ne puilfe payer
la cenfe qu'en achetau t la denrée qu'il
lui l,IUt do liner , par le moyell du prix
qu'il obtient de celles qu'il recueille. En
ce cas comment la Communauté faira-t.
elle , p Olir fçavoir combien de diverfes
{or tes de denrées il faudr a en prélever &amp;
Iailfer franc pour la cenfe &amp; le cenfier 3,' ant que de lever l'impofitio n ?
Quel embarras n'y aurait-il pas? Cam;
bien le cap rice, la di ve rfité d'opinions
n'auraient-ils pas jieu ? Si tous les ans,
à chaque efpece de récolte , il chaque
qualité. meilleure ou moin~re de~ denrées, &amp; à chaque cenfier , Il fall.oll fixer
~e rappoa jtUle 'lui fe trouvero~' ~/1Irc

�96

Reflexions

les dil'erfes denrées , &amp; le bled réfervé
pO~Ir la cenfe &amp; le cenlier qu 'elles répre[cnterolent. Ne fer.oit-ce p as une chaCe
impratiquable ? .
R . Cela ef! e ncore vra i. Il faudrait en
ce cas que la lcIt n' lWat te optâ t de ne
p as lever l'impofition fur le cenfier ou
de payer elle-même il fa décharge l;cen.
~ ; &amp; alo rs elle leveroit l'impoli tian fUI
t outes fcs produél:ions.
D. Mais Li la Communauté était maitretTe de faire ce cho ix chaque année ,
manquerait-clic de choilir d'u ne maniere
clans les Daunes , &amp; d'une au tre dans les
111au~ai[e s ? Nous venons de voir qu 'il y
aurait en cela de l'injL:l1ice.
R. Il faudroit que le choix de la COll!mllnallté dura pendant trois ans &amp; même
pendant lix; temps dans lequel il dl vrai{emblable que les bonnes &amp; mal!vaifes
années feront compen[ées_
D. Voi là donc deux difficultés qu'ou
peut e(p . . rcr de vaincre; foit. Mais com~

ln;

les folutions qui viennent d'être don-

JlefS ne font pas connues) encore moins

:reçues; que fairoit une COr;'munauté qui
les Ig no re , li elle Irn p ofo lt fan terroir
eu fruIts, &amp; li généralement tous les bicns
y étaient fournis à des cenfes, comme
cela elt en bIen des endroits J
R. Elle leveroit l'imp oiiùon comme s'il
n'y avait uulle cenfe à payer, en fe fonda~t Fur ce que, la charge étant générale
dOlt-etre ~éga rdee comme commune.
!!. l\'1ijlS ~ç. ~r~Çs quoique générales
p'on!
.

Importames.
. 97'
n'ont pas tOlites 1.. mêmes proportIOns ;
c'elt toujours avec inéga lité que l es bIens
en [ont chargés. Inévitablement Il Y a cu
inégalité dans les nou veaux beaux quI les
ont établies , &amp; par la fuite , il s'dl formé llécdTairement de plus grandes lOcga·
lités encore) par di verfes circonfianc~s
&amp;. par les amé lio rations qui ont été fai-

tes en divers dégrés à ces biens: d'où il
fuit que les faire contribuer toUS égale111Cnt , ce [eroit commettre de grandes m ..

jullices.
R. On dirait que c'elt là le cas où le
fort r articulier doit plier fous le for. généra : ou bien on rejetterait l'il1.1pofition
en fruÎts , [clon que ceux qui [e~oie nt
êlccrédités dans

cette Communaute au-

raie nt leur intérêt tourné d'un côté ou
d'un autre.

D. De granrles injullices: tyrannie /le
ab us du crédit , moyen falutaire réjetté ,
1\{ le malhem p"blic confirmé. Celle réponfe prouve combien il fe rait bon qu.e
l e gouvernement s'en occupât &amp; y nHt
ordre : mais dans ce m ême cas, en !uppo-

{ant qlle le public vienne à jouer airez
hemeufement pour que le Con!eil de ville
veuille l'impolition en fruits; qu e l'omrait-o n faire de mieux à l' égard des cenfi ers l
R. Que la Communauté en corps Ce
c hargeât dl! paye(Ilen t de .leurs cen!,,, .~
JIu'alors elle levât l'unpofitloll avec egaille
fur tOllS. Comme les in égalités rélatives
d ans la IitUation de chaque cenlier , k

, ,. Parti"

1

�98

Réflexion!

{eules qui doivent être con odérées ICI
ne viennent que de la quotité des ct!n:
[es j la Communau té s'en chargeant les
mettra tous de niveau. En prenant (ur

elle toutes ces inégalités, elle ferait d'une
maniere {impIe &amp; fans frais ce qu'il ferait fans ce moyen, indifpenfablc de fai.
re par un cadafire, par des e"perts tOll·
jours chers, toujours fautifs, &amp; même

.dangéreux.
D. Si l'équité peut trouver du l'l ai or
·à cette réponfe , il n'eu faut pas moins
avouer que l'efpri t ne p eut encore être
fatisfait. Ne fera - il pas fort déplaifant
qu 'une Communau té , pOlif vouloir une
jmpo~tion cn fruits , {e trollve obligée
de faIre l'avantage de [on Seigneur. Si on
adoptoit ce qui vient d'être ind iqué , [es
centes en fer oient mieux payées, elles
, deviendroi~nt comparables à lIne p en fion
féodal e, Q r , bien des gens veulent l'enfer
' qlfe di" charges de bled en p enlio n féodale en valent quinz e en cenres éparfes.
Dans combien de traofaltiolls ll'a- t-on
pas vendu la paix, ou {on ombre' il d es
' Seigneurs de terres en les faifant conlên.
tir à une diminution de leurs révenus
par cette conodération ; &amp; ici les Seigneurs fe trouveraient payés par le corps
de ce que les membres leur doivent fép aré ment ; cela {eroit ilJ{uppo rtabJe.
R. Ce di/cours (croit de mauvaife foi.ou du moius plein d~ mauvaifts prétentIOIlS. JO. Une impofition eu fruits toujours fenfée palfagére , lX, en elfet d\lue

Importantes,

9&lt;)

.'

, •ncertaine ,ne ch,ugerolt nen à la
duree 1 d
r S lO Si des Seigneurs
ture es ce Ole •
•
.
,
na

Centi de ne recevOIr qu une par-

~nt dconnlOntant de leur s ceufes fous l a

tle u
f eO
' d a1e , .0\ l Ils
f orme d'une !&gt;en(ion
, é '
ls ont
.. méconnu leur lnt tet, ou 1 1

6n~11u acheter la paix, qu'on D'ac tete
va.
d
S'Il efi vrai que leur revenu
P omt eux. fe'odale \Jfend quelque c h a fte
en pen fi1011
'
.
ï
d
lus fixe &amp; da plus fobde , 1 ne
,e 11 l' s moins qU'èll cenfes éparfes étaI en po
,
1 e fi pltls
blies depuis un cert310 tem ps,. 1
.
•
, ble pour eux &amp; pltls felgnelln41 ,
~~~~~ qu'alors -,Is ti ennent p"I'-là ! à un
~ ortai n point, la mam [ur les p,a rtlcuhers
~, compo[ent la C ommun au te; an con..
qll1.
1 onqu
r
"1l s n 'ont
de ce qUI"
arnvc
traire
fé d 1
0
L Commun'nne pcnfion
o.a e . 3.'
a
'.
q te' n'efi que l 'ulllverfahté de [es habl
nW
.
00
tans. Que ceUX-Cl payent en corps ,
ji' a élr ent
s' ils ne payent que la me me
e~oée -ils n~ feront l,as lézés: or Ils n" '
~ayeront pas un grain de bled de plus,
&amp;. le Seiglleur ne ,eccvra pas un gra. n
de bled de plus d'une malllere ~ue de
l'autre. Efi-il permiS, quand ond~ y per~
.
de s'atRige r de l'anntage
autrUI.
nen ,
.
r
de
Et plmôt que de hn en procure ,
préférer d'être injufie envers [es propr~
'être daus le trouble
melll b res , &amp; d
cl
la
d ans le malheur. Concluons que ans. r
crainte trop fondée q lie ce fentunent am" l
que toUS cellx qui [ont aufii peu, h01ll~ei
t es &amp; ancr, nuilibles que 1l\1 '. n arfieta fent le précieux cours des 1111pO moUS

l

~

�100

tOl
l nJportalltes '"
,
d'une puilfall~ e, 'IU .1 n'a pas dépneel de lui de repnlller ? Il e, l! vrai
l' Cil' li
Ir
le déguerpinemen
t, ,.r. 1 a n Ile

R éflexiotl!

"n fruits; Cc Corps de la Province devroit
t,icher par tous moyens pollibles d'en
r endre J'u{age général, fauf les except ions raifonnables, s'il y en a, &amp; fauf de
çorriger les défau ts qu'elles peuvent avoir.
D. Il faut prévoir plus. Si une Com munauté établitroit une impolition en
fruits cn fe chargeant d'acquitter en corps
l es confes , les Seigneurs n'auroient _ ils
rien il craiodre ? n'auraient-ils jamais des

que

à former?
R. Je croiro is bien qu'oui. L 'é tabliiTe_

ment d'une cenfe noble emporte de droit

fruirs toujours précaire venant à ceffeT ,
Ou même p endant fa durée , le cenlier
déguerpira, &amp; le Seigneur n'aura plus
qu'un bieu ancic&lt;UHi.'-"sWa caure en avoit
été une cé~ÇÇ I trtop' ifgri , il {eroit jul!e
qu 'JI e pi&gt;Jrtâ~
pe.i.BcZ~;"JI1Âis doit _ il
perdre 0 bicuifa,r,
èùè~ ou le ca-

Ir

is

./'l''-~-

!lll'JAN E"

Il

0

d1une

quantité de produétions dans le bien qui y
el! {oumis afin que le cultivateur puiiTe en
ré,irer le produi t néceiTai re aux befoins
indi{penfables, &amp; puiiTe même améliorer
fon fonds. Si p ar l'arrangement ci-deiTtlS,
la Communauté {ans gêne met Un e impolition très-forte taut, pour le Prince ,
t ant pour les deniers du pay s, tant pour
{es propres deites, fuite d'une m auvaife
ad minil!ration , il pout arriver que le
e enlier [oit tellement mis mal à fon aife ,
qu 'il perde 'oute force &amp; tout courage
pour e ntreteui r {on bi en. Al ors ce bien
fe détériorera p eu-il-peu, L'impoli ,io n en

Se gneu r un nouveau cenfier,

0

plaintes

Une certaine exemption en faveur

p~r

fourlllt au
•
à ~
fi f .
'1 "lÎt le bien nob lement · on e ,
l
re
. 11tout le monde perel a' l'abandon malS
d' n bien la Communauté , le
Is~e.gneur
cment &amp;" l' -'\t ,a, 'Il Ceroit fâc heuxf fi;que
des laidoye rs pour &amp; contre , li ~n t
f °ts ~cva nt des JlIges &amp; que ceUX-CI ,
lea. ma l n ' ayan , p as élé prévtÎ,
Il fn'euiTent
"
loi pour en décider,
aut IC . "
aucune
d'autres , cas s'e n rcpofcr
Sc
comme en
cl
r.
en la [age prévoyance u gO llelperer
l ,qu "11 n.'e.1 fall, t'
ment: en voilà plIS
verne
trer qlI' il y a. des d,meultes;
~
,
P OUf mon
.
&amp; qui ménten t d'etre pre,non prevues

..

venCues,
t '1 el! néceiTaire
epen d an.
,
, de faire
C " exfi;

ention des articles qUl VO~lt lUvre_

prep e m 'en .' r to ute di[,pute Ii (embl",
our prev
1 d ' .
1 Roi auroi, à déclarer que es ro.tSi
qsu."
e 'at.x
attend• u leur name.gncufl
. cero'l!
l'
1
• l'
lus eiTentielle parite du prlV' e1
re, d'exemption
a p
SeJgnel1
'
&amp; que'
des
rs,
.
gl'eef!'une qtle les experts
en amont fa.t e'l'
,
faiCant l e cadallre general ne pourra entrer en l ,'gne de compte av
" cc celles
. faite",
' fède tous les biens d'un terrOIr,

1)

yetre ml

.

avec elles dans la balance,
, "
'ellé a",oit à régler alllft ce 'lUt
S
a fil 1les banna l"Ites J &amp; ce qtlef les
oncerne
'
C
dt
cadal!re
général
devro
nt
alfe'
experts
1
r
d
.
, cl. Cè~ · article mente ,s reà leut egar. "
u~ le Roi. IS:
flexions ~ilrUc~Jieres. Rour q l '
'
0

\3.

�101.

Imp0l'tantes.

R éflexion!

.

I O~

fan conCeil puilTent en d écider avec con.
1I0ilTance de caufe, Certain ement il s ne fe
dép~rtiront l' amais de la plus CX &lt;i ttc juf.
tce : m ais '011 pem d ir,. que le grand

Seigneur &amp; enf;' itc ac h etée p ar lui ou
par les {uccelTours , il cfi év iden t q ue les
J,.bitallts n'en o u! pas (o nffert &amp; q ue la
"atme de cette b allnalit é n'eft pOilH alte-

clans la jufii.

rée pour être rétournéc aux mains de fOll
premier auteur .
.

hlen fe tro,uycra

ICI, mOllIS

cc de la decofi on qu e d alls la clarté &amp; le
tranch a,'~t de cette dé cifi,on : le p rincipal
but qu li fdut atteIndre etant d e prévenir
les contellations,
Il cil vraifern blabl e qu 'anciennement lln
Seigneur en di/hibua nt d es terres à cul river, &amp; en fe réfervant fur elles des cenfives, des droits de lods &amp; de prélatioll
en cas de vente, a exigé de [es nOllveaux
h a bitans qll'ils feroient (oumis à cuire à
fan four &amp; a moudre à fon moulin s'il
en avoit 110. Cela parait avoir eu lien' fort
généralement.

Si une ban oali cé parait être de toute
~nci e nn e té entre les m ~ ins du Seigneur
011 peut dire qu'elle relTemble foTt à 1lI;
dr_oit [eigneurial ! c'ell-à-dire , qll' cIle a
f all lIne des condlllOns d e 1 habi ta tion .

Une ancie nne ban nali ré peut al'oÏr été

n égligée, aba ndonn ée pendan t plus ou
mOILlS de tems :

fi

enfu ,t c on la trOllve

rétablie , il [c mble qu 'on doit penfer
qu'elle équiva ur,à l'ancienn e qu ' elle répréfent 7 , pa rce qu li ne fe pcut que fOlL rét abhiTement n'aIt été l 'ouvrage de l' équit é " al;torcfé, ou ,~ , donll é pa r la ju l!ice ,
foru fie par 1 ad he!con des p ar ' ies intéreffées ou mê me par leurs avantages réciproques.
Si llJl.e bannalité a été allenée par le

'

Lorfqu'une b a nnalité a éte établre à
priK d'argent, ell e a été pefée &amp; payée ;
Les ordonnances rie nos Rois o nt ordonne
qu'elle feroit rachetable; m ais la fuprême
équité veut par la 101 natmelle , [npéneure
Il toutes les légillations humaInes, que I~
rembourfement

comme nons l'avons dit

plus haut, en c~s femblable , en foit réd
&amp; no,n pas illu[oire,
,
Enfin lor[q u'une b annalité a été établie ,
non pour une Com me que la, nécdlité peut
avoir trop fait défirer, malS éVldem'!'ent
pour l'avantage _ré~iproque. des pames J
lorfque des h abllans ont dIt à lem Sei-

g neur ,. VOli S êtes en état de fairel' des
avances
fai tes 110\1 5 bât ir des mOll lns ,.
chargez-~ou~ de l e,,: entretien,' afi~l qu'à
lem égard aUClIn det all ne pl!l~e, ette fu·
nefte Il la probité de noS admllllftratems
&amp;. à la bourfe commune ; qu e nOliS
ayons che'Z nouS

ce qu e no,us Commes

obligés d'aller chercher a u

10111 ,

&amp; nou~

nous fOl1m et trol1s à une moutu re fixe qUl
VOlI S g arantira de perdre J en nous éta.nt

lltile ; il eft évident qu'une t en e bannahté:
doit être plus refp "ttée qu'aucune.
.
La plus ancienne de toutes. ayant fa ~t
partie d es conditions ne l'h abItatIOn , d01t
!'être faus ,ontredit par la lulhee qlll eft

�Réflexioll S

r04
oue

é111

Seigneur qui la polT'ede ; mais

]'atl rre doit l 'être au llom de Cètte même
j ~fiice ; de plu s au nom de celle due il cha-

que habitaut ; cufin an nOIll du biEn public.
Ces principes claï vent avoir été bien
mécounus , s'il di: vra i , comme je l 'ai
oui dire, qu'une [èmblable bau ualité ait
été anéantie daus tin lieu riche pOlir avoir
été {uivie dan~ (ou établilfement d'bu
quittes mi{érable de la part du Seigneur
de 60 , ou 80 fra ncs , ')u'on prétend it
fai re palfe r pOlir le prix de cette banua.
l ité, cn chargeant d'injures atroces ) les
manes des meilleurs Seigneurs qui furént
Jamais.
Il y a beaucou p à méditer (ur la diffé.
rence qui fe trOll ve cntre moulin &amp; moul in; entre ceux qui {on t néceŒaires pour

.v

mettre en u[age les d \! tlr ~ es d ~ premic;'re

néccfTité , &amp; ceux qui [" rvans plus l'indufirie appart iennent d'avantage au génie
du commer~e , qui donne aux choCes nn '
nouveau prJK .
Les te rrcs à bled payent l'impôt; ce
Ile peut-êt re qu' un Ii'ppo{a nt que ce bled
a L1ne valeur ; il ne peut

avoir de 'va-

leur qu',wtant q ll'OU peut en faire llfage;
on ne pem g~né r al e ' ent en fdire u(age
qu'en le faifii.llt mO I dre à lIlt n~ollI in ;

. donc le mOlilin dt elf, ntidloment Ct'ppo(é
pOli r que l'impôt puilfc ê tre jllfi&lt;ment
lel,é {lIT les terres à j.Jcd, l mpofer ce
moulin ap rès avoir imp ofé les terres qui
p' odllifellt le grain qll'Oll y fait moud re .
, paroit un dOllble eWEloi ; fi on iIl1EO[oj~

Importatttts.
10~'
enc6re le four nécelfaire 'pour .me~t re !a
farine en pain , l'em pl?1 paroltrol! trIple ' car le même gram avant que d."
ferv.i~ de nourriture à fon maître, payerolt
troi s fois un impôt.
. ",.
Il elt vrai qu'aux bannalltes d éjà et~­
hlies ces divers imp ôts ne (ont p~s payes
p ar les mêmes per{onnes ; qU 'II , Importe
peu à l' habita nt .que le proprietaire dl~
moulin ballnal [Qlt fortement ~ ax é ~c .•
mais quoique les intérêts fe [oient ~epa~
rés , la iufiice du fonds efi la tl;eme.
oici comment on peut l'appercevoIr. .
Si l'o n était encore au tems ou le graIn
[e pilait entre de u.x pie~res, par ~h~c~n
de ceux qui voulolent s en ~ournr, s II
s'agiffoit d'établir de. moulins l'our l.a
commodité publique, on convlen~To~t
d'une mouture avec celui qui COUl!rUiTOlt
à [es frai~ un mouli~ bannaI: E!" préva:
yant les Impô ts avenIr, cehu CI ~e ~e
vroit-il pa, Ilipuler que pI~s les Impots
fur {on moulin augmenteraient, p!us la
mouture augmenterait auffi pour hu ,don~
ner de quoi les payer? P~rfonne n a elt
cett e p révoya nce, n'y a t-ll pas ~me for~
te d'iuj ufii ce " en profiter pour unpo{er
fortem ent les bannali téS ? 0" peut Hl dire
autant des moulins à huile, &amp;c. .
Quoique cette m a ni e~e de Talfo~ner
puiffe en quelqu e forte , erre elll~loyee à
l' ég ard des autres moulllls &amp;. engllls quelconques qui fervent à mettre en œ uvre
ou à re nd re p rofitables qu elqu es produc.
tians de la natu re , alltres que ceIles de pre-

l
j
1

�ro~

Réflexions

miere nécellit.é dont. nous venons de par~
Jer, on fentlra tOll)OllrS que ces derniers
difrérent beatlC~lI,p dos premiers, &amp; peu-

Importantes;
~=_

vent ne pas menter comme eux une fr a n~

chife d'impôts, ou dn moins beaucoup
d 'adoucilTement dans les taxes. Un moUlin à foie ell: une machine indull:rieufe
'lui fait profpérer, l'in~ull:rie de ceux qui
elevent des vers a fOI e , de ceux ql1i tireut ,la [ole des cocons, de ccu x qui la
dévmdent, comme celle de ceux qui après
qu'elle a été ouvrée au mOlllin en font
des étolFes &amp;c. II a fallu il cil: :rai des

f~tül1es

d.e ITIu rÎ,ers po ur' qu e tOlite; ces

dlver[es ltldultnes pulTent avoir lieu .
mais l 'impôt que ces feuilles ont payé
cil: () petit en comparaifon du pront que
porte ou qu' o cca fionne le moulin à foie
qu' on voit une efpece de jull:ice à ne pa;
le regarder comme lIne raifon d'.alFranehir de .'out impôt les diver[es inclufrrie&amp;
qu'on Vient de citér.
Cell: à
[agelTe du Roi à ordonner'
fur q~le! p ied les ex perts pour le cada[.
fre ~ellCral dOivent ell:imer les diverfes

ra

fortes de moulins &amp;: engins, en m ettant

au . furplus dans la balance ce qu'il e11
coute aux propriétaires pour les entretemf ..-

...

:iil]iè:~=

1 °7

~

CHA PIT REX V.
I le confei l du Roi approuvoit les ré-

S

fl exions précédentes, il po urroit faire
dreller un t ableau qui fixeroit l'exemptioli de taille dont chaq ue Seigneur de
terre en Provence jouirait en proportion

rélativemellt à la valeur to tale du t erroir.. Par exemple le Seigneur de ., . . •
jouira de la fra nchiCc de la 50 me. partie
du terroir, celui de .. la 5,l mc. I\{c. , ainfi

1\{

.des autres.

Les châteaux aél:ueIs 1\{ mai fans Seigneuriales feront a{franchis de t aille, 1\{

leur exemption bornée aux bâtiments ,
terraffes, co urs enfermés clans leur vé ...

ritable ence inte.
Comme les jardins, enclos , parcs , potagers etaien t fou mis de tout te ms à la
taille, ou que s'il étaient no bles , leur

privilége ama été mis en compte pour
fo rmer la totalité de francbifc app ellée
rra/aille, felon qn'il Cera d it ci-après, ils
doivent rell:er fou mis comme les autre.
biens à tou s genres d'imp olit ions.
Seille ment li lin Seigneur veut à l'ave,nir bâtir t11lr château, Olt uue Ul aifoll {elgneuriale dans urt emplacement nouveau,

le Roi Ce réCerv era fur Ca demande d' affranc hir cet emplacement" en diminuant

d'autant le droit général d'exemption
9,ll' auroit ce Seigneur. La valeur de cet

�1 °9
Importantes.
levées indill:inélement [ur ;ous ,les biens
d t erroir mettant pour 1 avetut à néant
t~lutCS diai;léliolls de b iens nobles,' francs
de taille &amp;. toutes 1&lt;:&gt; compcn[anons Cl~
nevant etablies à lellr égar d.
Qltarrieme Article. .
"
Lorfque le t'réforier, ou feumer des Impoutions devra en fa,re_ l; s 'payements ' .
il lera felon iceux obhge d en faire a ll
S~igneur au prorata e,n lui c?mptant le
del)ier de l'augmentatton, qUI à [a conJidération a été faite dans la lellée •
c'ell:-à-dire, que fi elle a été ,du C tn qt~an­
tiéme , il 1'l1 i comptera le clflq~Jant~eme ,
clenier du payeme nt qu'il aura a faire ,
ainu fuccefli vementJ jufques li la fin; &amp;.
ce denier s'appellera prora:!le.
Cihquiéme ArtrcleS'il y a un cadall:re dont on fe ferve
pour p-. yer la ~aill ~ -, les cenuer~ chargés d'une cenfe noMo' ellvers le S~lgneur.
payeront leur t aille à l'accoutumee fur le
pied de leur encadall:rement; maIS U l~
taille fe leve en fruits, la Communaute
allra le choix ou de ne,· lever aucune
produélion fur le bien cen~taire ' , ou. de
payer elle-même la cenfe a j la dech~rge
d u cenuer; &amp;. ell ce cas e!le lever a ltmp ohtion fur le bien cenuralre COl;,me [ur
les biens qui n' Qnt a4 Ctl ll e cenfe a payer.

R ifle:cionJ
emplacement fer oit coonue p ar le cad a r~
Ire. Oll par des experts nommés par le

Xos

Roi)

Dl!

par la Communauté d'une part ,

&amp;: par le Seigneur de l'a litre aux frais du
demandeur, Par-là le Roi llli donoera un
ag rémen t qui ne lui cOlÎtera rien, ui à la
Communauté.
SaLIs la forme que fa majeaé trouvera
la plus convenable . elle ordonnera: '
Premier Article,
Que da ilS chaque terroir des C o rnmtlo au~
tés de Provence. l'exemptÎon de taille
&amp;: des aut res iJllj?outions auxqu elles les
Seigneurs de terres étoient à raifon de
le urs biens nobles J autorifés à ne pas
contribuer J demeurera fi xée à perpétu ité
felon l'état Il&lt; ralle arrêté en fan Confeil,
&amp;: annexé aux préfent es,

Second A rtiele.
Les imp ofitions vis-à-v is lefquelles les
exemptions avaient lieu J feron t d'ors-en ..
avant par chaque Com mun auté , avant

l a levée. augmentées de toute la propor~
lion qu ' aura la fix ation de l'exemption
"vec tout le terroir; c'ell:-à-dire, que Ji
cetre exemption a été fi "ée à la dnquanI~me p artie du terroir, alors toutes les
fois qu'on aura daos l'impolition demandée 49, on l 'aug me ntera d'un ; en fo rte
'que Ji dans cette impoli tian ,il Y a 30
fOlS 1" nombre de 49, &amp;: un quart de
fois , l'augmentation à faire fera de 30
&amp;: uo quart, ai nU dans tOtlS les cas.
Troifi ém. At/de.
~es impolitious augmentées aiuli feront

-

-

- -

levée\

Si:cieme Artlcle:-

)

Le choix qui vient d'être \ailTé à la
C o mmu n'atlté tle pourra durer pl\l~ de
fix am , n'y moins de trois , Sa dure e ne
pourra varier entre ces deux termes que:
- [, Pdrtie.
K

�no

-

Réflexion!
par le motif &amp; eu faveur d'un
1
1
t d b '1
renouve emen
e al à ferme des im olit'
eu Eu't
'
"
pIlons
r , 1 S, qUI aurait heu après les trois
ans revolus; &amp; avant l a fiD d e fi d
la durée dud.i t choix, afin que ce Icl1Oi :
n~ pOllvallt etre abfolument trop 1011
trop
puilfe être pltts
illt en meme te ms que les impofitions
f~rollt affermées ' hors ce cas le l '
de la C
' ,
, c lOIX

c~urt,

F,

.

fotlv~l1;

ommunaute envers le cenlier fera

touJ~lJrs

cenfé fait pour le terme de fi
annees
T ~lIS ~ccor d s &amp; engagements
lX
•
•
,lU pourrOlept etre faits à ce contral're
leront nuls.
Septiéme Article.
'
Comme la franchife de taille de tOItS
!es biens que les Seignems de fief &amp; d
n[d,alOn
poO;~' dent f rancs, leur ferae
djU'I
i'
e ormaiS cOmptee pat la frotaille ' ils
h~ pourront déformais aliener de leurs
f:~~s en le~ donnant à cenfe noble; mai.
Le [,m~UI a fur~ens ~tI rente perpétuelle.
, ,eu prlvtlege , a cet égard, dont ils
~oUlront excl,tlGvement à tous antres fera
t e pOllV?" etablir le[dits [urcens o~ ren·
es wextlngmbles,
~===~.!!-.@""'-=~

CHA PIT REX V 1.

U

N

ï

'

.

fliParel réglement allroit de grands
Illl;na: t;:s ,/es uns favorables allx Compar confé' es all~r~s aux Seigneurs, &amp;
quenl Ieclproqllement contrai~

1,

lmportafLtU.
1 II
,es : m atS comme il [eroit ava\ltageUlc
direaement &amp; par fes fuites à l'état &amp;
au bon ordre général, chacun d'eux y
gagneroit c onlidérablem er.t.
,
Les Seigneurs aurOient le def"grément
d~ voir tOU S leurs biens fOUIllis cHIN exacteurs des impofit ioils &amp; allx délibérations
de lem s CornTTluna~ttés; mais ils le font
déjà pour leurs biens ro turiers ; ils &lt;:Il
poffédent prefq lle tOllS; ils y fOl1t aceollttlmés avec le défagrément d'être légalemeltl établis fllfpeas à la maifo,n de vi,\le i ce \lIÜ fait que, pour t es bi ens t~II­
lables ils, Oilt lUoi\1S d 'avanta~e s ~u e ·Ie
moindre de lCIU' habit"l1tS qU I peut paroît re il ce co nfei l , y p arl er , y répréfeltter, y opin er, Si par le réglement
propofé , on retranche une des caufes
priucipales de leur (lIfpi cio n , l'our peu
qu'on faire , éilcore pour les rétrancher
,toutes, ils 1'0 \JtT 0 nt être établis envers
le corifei). dç vill e felon leur véritable
J

nature, c'efr-à-dire, comme plus inté-

-relIés que perfonile au bi-en public. D 'ail·
leurs leur privi lége fou s la form e dura·
ble des protailles leur fera lIue forte d'a·
vautag e qui fait bi eu compenfatlon &amp;
qui mérite bien d'être acheté par quelque facrifice : il faira leur bien préfent,
ce)ui de leur poltériré i il ne fera dé.pe;ldaut ui de la chicane ni de formafités ,é piaelUes, ni de l'envie i, &amp; le bien
de la paix en {eroit une futte liIévttable.
Les Communautés perdront l'efpérance
K~

�n.r

f mpol'ttl11tes:
II1..

, •

Réflexiom

d e VOir le pnvilége des Seigneurs

il e l1 .

'

11 '

,

.

'

~

Qorrt

.11 JCl queluon , aneantl peu-à. eu ..
m alS nous avons VIÎ ci-devant
qu'une Cam.
p ,
'
l llun
, dantré ne pert
" neo a' ce n' r U • une partI e e 100 terrOIr fait aftranchie

' Il
,11'
li'
' p arce'Ill
&gt; •
': n elI, 1I11pO ee qu'à
raifon de cel·
h:: qUl ne} e~ pas; nous avons vil qn 'en

ferme, t elle vi gne &amp;c. D ès ce mome nt
_ ils dévie nd rol1t plus fen Gbles à l a pci n~
de les voir en mauv ais ét~t l, qu'a\l pl aifir
d ' cn être pofTcff-cnr s, A la mo ind re occaGon ils les alien ero nt ; en les aliel\ant ,
ils chercheront à amcliorcr la mouvance
de leur direfre , c'èlt.à-di re , qu' en les
alienant , ils les d iviCerollt en l'luG eurs

t ~ rdaDt, llDteret momentané dont 011 lui
~lt prefent aujourd'hui , quand elle olrt~ent, de faIre encadaltrer un bien qui ne

mains ; &amp;. bientôt

~~t~;t pas , elle oe perdra ric n du fi cn .
~u eUIS c'eft: une perte léO'ere qll'U~

me terroir Cera au g menté de lix fo is cette même valeur: &amp; pac où? P ar ces mê.
Illes bienslqui autrefois dép laifoient fi fort à;

nunce foulagement p affage r , q ui prefque
touJours ne fe rend feu li ble qu'a l ' ~ ,
&amp;
à J'aifance pub lique e;
contraHe des frais de procès que cet a .
pas occafione fouvent , &amp; qui péfentl'à
tout le monde, parce qu'on fent plus uo
deDIer de fur charge que deux de foulag~ment. Au, furpl~1S , ce ne fera jamais des
hInuues peCUlllaues qui fair ont le hon.eur ,du ,~euple , mais une admi niR ra.
non ecl
c ' aHee &amp;' pure '' or li le r ég 1ement
propole condmt à la rendre telle 1
Ie d es C ommun autes
'
' e peud'un co' te'
'.
P d
ra
'
)
, n an·
e mOll1s que des riens &amp; des p h
tômes " &amp; de l'autre a ura de p lus ~';~
'
b lens rcels.
ta2 èsd qne I ~ privilége de l'exemption' de
e es elgneurs leur fera affuré fd llS
lbie
a f orme" de p rotaI'Ile'111 d epend
'
ante des
, ns ~UI lUI ont donné aifance il déVient a cet é:gard ln
' d lrrerent
' J"I
à 'ccs Sei
'
g neurs ,d e po {f.eder
dans leurs terres plusOll mOllls de ,biens fonds, comme telle

nu~lement

s

p~~

on v erra qu e pou r

a voir accordé all Seigneur l'exe mption de
l a trentie(11e partie du terroir

renvie, lorfqu'ils éta ient

J

ce mê-·

e ntre les m,ains .

des Seigneur. jalou x d e les co nfer ver.
• Plus les Seig neurs alieneront des biensfonds dans leurs terres , &amp;. phls ce qui'
leur retl:era d'int érêt à l'égard de leurs;
habitants fer a , pour ainli dire, épmé vis- à.vis de la profpérité publique : plus les'
-biens d~ t erroir ferollt cultivés, &amp; plus leS'
lods leur rendront, &amp; plus les mO\lli~,
ro"udro nt ; car la population ne l'eut
qu'y aug mente r; fll rtOllt li d'ail!~urs l'a droiniltration , la jnltice &amp; la po lice y fo;qt:
perfefrionnées.
Il fa"t obfcrver qu'en tout cela" I.e s'
. Seignelftrs anro nt encore

à gagner par

ull·

a utre endro it.. La portion d' exem ptiQll&gt;
dont ils jouiront comme l a

cinquantiel1)e~

ou c cntieme p artie de l a valeur d.u teryoir qui leurs fourn ira la proltlille, augmentera ou dilnÎllu era en proportion que:
le terLoU-'- fera. alUelior.é. ou· dé!eu oré • ~e

K.J

�rr4
Réflexiom
fe;a .t.if pas fort heureux, que le pllls éle•.
ve, le plus ill/huIt, le plus riche foit fi ,
bie~ lié au b~nheur d es autres , &amp;: eu {oit
fi de~encla nt. Ne fera-t-il pas rai{o nnahle'
de lUI don ne r en un julle dégré, fa co nfiance plu tôt qu'à c eux dont les- inté rêt~
f?nt ~out- à~fai t ~ifférell s- , qui ne g agne.lt
ne", a la feIrclte des alllres , &amp;: qui même' ne font [ollvént nourris chauffés &amp;:
éclairés que par la·di {corde, '
,
. Que,ls ch ange~ne.ns ne verrait· on pas',
fi, ce regle~ent . etol~ adopté &amp;: étayé p ar
dautres ql1J !tu re/Jembleroient
{ur l es
dIvers objets qui intére fTen~ di/eaement
le' bonheur ou le malheur dtl pepplè des
campagne~ ? Tâc!, ~ ns do nc d'all er l'hl&lt;
~OlO:, apres ,avolT ete au de vant d'une obJealO n, ql11 ne manqueroit p as de féduir e' quelqU'lin.
Demande. Qtlelle jiillice y auroi t-il que
le SeIgneur VIt augmenter [a pro taille par
1,:. feul labeur de [es h abi tants &amp;: fi,"s y
tien mettre du fi en.
Réponfe, La même qu'il y il , à ce que
fa dlreae &amp;: {es lods augmenteut, lorfqlle
par le fcu l labetlr de [es h .bitan ts , leu rs
blCns' {ont po rtés à une plus gra nde valem. L a même qui fait que fes. moulins
p ro fi~ent d'une plus grande population:
la, me me . qUI faIt qu'il n.'allra nul dro it
1

d e fe pl alll dre ,

.ri

{&lt;.:s revenus diminu ent

parcequc (es habltans feront appauv ris &amp;
l eurs. btens mal cultivés: la même q .
,'
Q.
UI
"e~' t que l etat Ç&lt;. le Roi acquiérent de la
l!lIIJTauc.e ), li Rom être phls, hellrell)!; oUJ

Impo,'tantcI.

JI).

"ient ell fo ule Ce {ou mettre il leurs IOl x ,
&amp;: fi par elles les citoyeus {ont {ans trouble attachés à leurs p r&lt;&gt;fdlions : là même
enhn qui fait qu e l'on gagne à avo tr ,d~
bons voi(ins, &amp; a vivre dans \lne [o.cletc
d 'honnêtes gens,

~--~!!!!!==-~

CHA PIT REX V Il. '

I

L paroit pa, quelqu es nouveau~ aaes

de 1", volonté du SouveraIn dans quel.
quès Pro vinces du R oyau me, &amp;: par, des
ouvrages donnés depnis peu al.1 pubhc •
qu'on co mme nce à s'appercevOlr qlle d:s
biens pofTédés. e l~ COml11 l~n , ne produLfent point ce qU'Ils d evroletlt, La cOllfulion des droits de 10mfTdnce eft pour le
moins anffi deftruétive en Pro.v ence , que
par tout ailleurs,
L es biens pofféclé~ en comml~'L var une
Communa uté- d'habltans appartiennent de
droit à la volonté combinée d' une ~tltŒ­
titude qui ne' cOlmoit prefquc ramais fes
vé ritables intérêts , &amp;: dont on Ce loue:
ils appartiennent de fait à un crédl.t [~urd
qui (acritie tout il des intérêt.s part.lçuhers.
]JIs -donnent lieu à une' admtnlftratloll chargée de [oins qui ouvrent la po~te à ) des
abus.: par-là, la gcftlOn des affal~es ~­
bliqlles d.evient un oblct d.e cllp.ldiIe • c.eft
la boëte de Pandore..
. '
~, Lor{qu'ils y a de ces bi ens dont on IQl~lt:

~ c.Qmmun:" ils éE rouvent tOllt ce qlte I}",

�'n6 .

Impo,·ttll!tcI.
n archle &amp;. le defpotifme
(; bl
plus mauvais' chacun ~e en el11 e ont de-

6e qu'il peut) s'eu: a

ro ut. en e?leve!"tout
l' Il fçalt que

Ile qlùll aifTera, . fer~te;,;:er
autre. il détruit fans
o t a pr oie d'un
II
remor ds. Atre d
nu e part p our voler d f '
, Il -on
acquis leur parfaite ma~:ri;~';tÈq U' Ils aient
t"on pas pour les a '
t ne cafTe-·
branche Oll 1'0 0 nt!' VOIT enC~Te verts une
Il faut d
r p eut atteIndre?
ans ces IOrtes de b' ns
à des réparations à d
renoncer
public eft natureIieme~l~ ame, lorauons. Le
rai . il aime à poff' J
cup,de; en gén é• b
ue er . en pa t ' l'
.
s em arrafTe
peu
co
'
, l' ' !Ii'
. 'cucl ter Ii
,
mment II
ce pOInt il femble mêm
" a . e e; et1
fufioD' Peut-être q
1 e preferer la convantager fur les a ute à po/libilité cie s'al1 Tes Cil cas
•
vou I ut prendre la peine'
qu ?n e,n
le tenter a pour b
,ne dut o n JamaIS
.d h '
eaucoup de
.
1
. e cyarmes qu 'une parr. /li
,gens p. us
mfuffifan te ou petite
e ,IOn reelle , mais
op
à celle des alltres' q " ,!,a"s,t
f~mQJable
certain que le pubr 10 lqu 1 en {Olt. il eft

,r

lontiers m';'me 0 l e ne renonce à rien VD - ·
&amp; qu'il 'r -' fi-fte toP ur fOllylus grand bien
"
lIJours
fi'
, '.
des avances.
ln mment à faire

On a établi des lo ix
.
abns ; mais à l'égard d~u I condamnent les
le monde à droir de' 1111 b,en do nt tout
le de lés , faire e ' JOUl' , _q lll allra le 7.é1a c1lOfe publiqne
xecviuta
-à po,ur fia , part dans
coupahles d- J
s - VIS lIn e nllmllté de
proteéteurs ~ Q~~erls cO'hn phces &amp;. de leu"
'fi'
que l'"' rune y
Vlcnme :

-i!att au

voih'L

t Ol lt

gâtea~ UIl li'
•

&lt;.. 1

t l ouve, une

la CUll vortdta {a'

al! -I!ro verb ~,dit; '!.lIe:

rmportqntes.

Il

i

ce qui cil: à tout le monde. n'eft à perfon-

ne, Alo rs les abus deviennent des ufages
pills fort~ que les loix,
La maniere de jouir en commun eft celle de l'état de pure nature, Celon lequel
il faudrait ta lit Ud païs pour une fellie famille. fi contraire à la profpérité des fociétés &amp;.à la propagation du genre harnain.
L es mœurs plus groffieres. plus rudes, mais
plus droites qu'on avait du temps de noS
p eres , la rendaie nt moins abufive ; les
circonftances qui avaient alors lieu , fai~
foie nt encore cet effet : il y avait plllS de
bois. &amp;. de paturages qu'on en pouvoSt
confommer ; on était pills voifin du bienfait pa, lequel les pro priétaires des bois
en donuant à des gens laborieux des ter.res à cultiver • l eur avaient clO I\llé des
droits de patllrages • hucherages &amp;.c. : 011
abufoït moins. Mais les mœurs ont chan.gé ainfi' &lt;Lue ks cÏrconfrarrces. Après la ré-'
connoifTance. ont fuivi l'ingr atitude , l'ou"
bli : on a g u erroyé- Te' b~nfai1'''1\r d" foa
propre bienfait : la perfé vérance de tattaque a prcCque partout été pills grande que
ce\le de la déffenfe; plus la fonle à augmenté lès droits, plus eUe s'eft enyvr~e ' :
l a foule abufe toujou" .

Ce mal, en a fai t naître un autre. Les

propriétaires des bois qu'on dégradait .
ont cnî qu'il leur feroit avantage ux. de les
donner à défricher ; le profit . préfent leur
a fait oubher le fo in de l'avenlr. Le peuple en a été enchanté &amp;. la fureur des défriçhemens s'eft répandue partout, &amp;. ' a

�JI g ,

Réflexionl

Importantes,
1 II)
de ces maîtres qui [croient dillipateurs , il

tou: devalié. On fentit le mal
'
ma .. vamement
l'arrêt'
d'
on
VOllrnt
,
,
'
.r par es 10' .
en li t ,·
'
d excellives
·
' de n,al a d
rOltes
•IX• , 011
ant
muules.
On
/it
l
'
&lt;"t
d
a ors ce 'l ' parf '
encore trop fou vent aujourd:h' li on aIt
manda, on ' menaça &amp;
Ul , oz: CO mCUne mefure pOlir êtr~ ob ,~Il
prit au~/l: venu; fiecle vraiment ~I~ l'e~tJ·.e fiec!e
e ; malheureufement 0
lmt raplProvence avec 1
n a confondu la
es alltres p rOVlnces
'
du
'
R. oyaume ' quoique
par li n ' dO
.
lIer. Sous l'omb
. d e If partlcu.
Te va m e e
1
c autIOns on y a
. , 1 qu e 'lues pré,
eXcite
d
'f
'
h
auffi les mont
es e ne emens:

l'effet qui ne puurent détruire par l'yv reif",
d'un moment les générations futures; de
fou mettre aulli les biens cultivés &amp; ceux
qui exigent continuellement des foins &amp;:
des dépenfes , &amp;: qui font entre les mains
de trop d'alTociés, à de véritables prop riétaires qlli aient un intérêt direa à leur

{!/

confervation ~ enfin de réduire co mme on

le fait en algebre, à la plus fimpl e expref. fion , l~s calculs des Comm~tnaut~s pour
.é pure r leur adminill:ration .
Qu'on examine fous toutes les face s ima""
ginables, s' il l'eut être bon qu'une ComJlluoauté pomde des biens cultivés ; 011
t rouvera toujours que nou. Affouagée ~ prol'0rtion de fes revenus comme â propor-

mais traitéesc;:;:: :,s;l y ~Ol~t autant qlle iacomme les b
~ es p aIDes j leurs bois
ruyeres' let
.
'
dans les fonds par d ' . Ir terrem ch oit
l'emportent à la es raO ns , dont les caux
terres en [urface :;:er. ? a beaucoup de
JeS' fai~e produi:e .a~ pomt d 'engrais pour
pen de fubti'"
,eaucoup de peille &amp;:
,.. ance par
fi'
bras. Voilà l"t ' a Con eqllent peLrde
cft -n parti~ atd~ , u~~ de la Provencé ,
JOU!S ; mais III,,'lIt av~J eloq~ence d!, p os
cé Il y a long.temps. er 'lU 11 a Com",enA des mœurs &amp;: d
.
velles, il faut des ~s cIrcon/l:ances nou-

tion des lévées des deniers ou en fruits
qU'clic pe~lt faire , fi ce qu'elle poJféde en
1

propre hu paye IIne rente, elle n'eu tire
aucune taill e; (itôt qll'elle ce([era de le

!l

pofféder J en ceiTant d'en avoir une rente,
elle commencera rLe.al-- .'!lMOir une. taille 8(

elle aura de plus l'intérêt de l'argent qt;'el.
le en aura reçu qu'elle peut d'ailleurs employer mile ment. Cette taille par le travail du nouveau poJfeifeur pourra parvemr a égaler ce qu'étoit la rente : fi cela arrivait; le gain de la CoulIll uoauté feroit
prodigie\ lx ; elle g_gneroit à plein, le prix
qu'elle en atlroit reçu: clle épargnerait les
fiais d'entretien, &amp; ceux de mauvai[e où·
coupable ad min ilirati on , elle ne courroit
plus de dangers vis-à· vis de [es fermiers ~
9,uelquefois inColvablcs. Dans tauS les

une négligence t re~lcnlens nouveaux '
rendre le bdoin r~~s on~t1e , ne fait 'lU;
de la g roifeur d' p ryreifant. Une herbe
.
, .
lin JetU a a c '
.
'lm merlte attent '
Il
qlllS lin prIX
(ollmettre les t IOn -. el! donc temps cle
propriété perfol1~~I~s Incultes all droit de
feul maitre capable ~,qll1 ,leur attachera un
rue pour JOUIr à p ro ame~lOdrer ~ d'attenpos , e gener ceux

"OIS.

\

�Réflexion!
ces derniers articles lui feroient lin profit

Importantes.
~lI
dans !erque!s les Communautés ont des

afillré..

droits, font aux Seigneurs,

, 20

Il lui en arrivera à peu-près autant fi elle ceiTe de poiTéder même des fOllTs , qui,
de tous les effets qu'elle peut avoir, font
ceux qui paroilTent avoir pour elle le moius
d'inconvéoiens 1 quoiqu'îl y en ait ; mais
fuxement elle gagnera beaucoup, fi elle
a liéne des moulins fortS fujet&gt; à des dépeu fes de détail.
Elle trouvera encore plm dava ntage à
rénoncer à la poiTeilion abuli ve des bois &amp;
paturages, &amp;c. déva{lés &amp; ruinés dans fa
main; fauf les ju{les exceptions que des
circon{lan,es parti ulieres peuvent deman·
der.
Quant à ces paturages qui n'auraient
plus qu'uu maitre au lieu de mille, dès

qu'il n'y aura s'il le fau t que les troupeaux
du terroir pour les confoll1mer , il importe peu à la Communauté en général, qui
de fes h abitans y envoyera ou non. 11 s'établira eutre le befoin de vendre d'une
part J &amp; cellll d'acheter t de l 'autre une ,
balance équitable qui déterminera les prix:
il y aura dans le terroir amant de belli.ux,
qlt'On y en pomra no urrir , &amp; autant de
paturages qu'il devra y en avoir en propor tion du fol. Si on y défriche , attendu
les bons réglemens qu'on (uppo(e qtl'on y
aura fait, ce fera pour améliorer, &amp; alors
l'avantage du public s'y trpuvera comme
ceh,i du particulier.
Je crois qu'on peut dire Cans craindre de
(i: tromper ~e beallcoup , que tous les bois

d"IIJ,

oU

viennent

d'eux, Il faut en di/lin guer la propriété d.e
J'ufage , même dans la perfonne des Seigneurs qui peuvent réunir les deux qua-

lités en[emble de propriétaires &amp; d'ufagers.
Quant à la propriété , elle peut avoir
été conCervé , en entier au Seigneur; elle
peut avoir été plus ou moins renoue com-

mune entre lui &amp; [es habit ans : enfin elle
peut avoir été cédée &amp; abandonnée entierement à ceux-ci.
L'ordonnance des eaux &amp; forêts dit:
« que lorfque des bois ont été gratuite-

» ment donnés aux h abitants par leur Sei» gncur , celui-ci pourra en demander le
» partage, &amp; s'en fai,. réparer pour lui
feul lin tiers &amp;c. Voilà déjà que le légifiat eur a apprécié ce que le Seigneur (on-

ferveroit encore de propriété fur la matier.
de fan bienfait. JI ne [cra donc pas étrange de .lui demander ici de fixer encore
celle que confervera celui qui u'a abandonné que des u[ages.
Quand on a lIne bolance &amp; un poids connu. on peut [e faire d'autres pOids pour
tout pefer.
Le Roi peut donc dire: J'ordonne que
la [eule propriété d'un bois clont toUS les
ufages ont été abandonn és au public, vaille dans un partage à celui qlli l'a,co~fer­
"ée , telle portion de ce bOIS en lotu(fance exclufivc ; &amp; les autres portions appar.
tiendront fonds &amp; fruits aux ufagers en
comprenant parmi eux le propriétaire du

J, Partie

L

�1H
R éflexions
b ois en qualité d'ufagers, s' ill'cll , &amp; felon
fes tit res à cet égard; le tour nonobllant
to us arrêt s, trantaa-lOlls 1 aétes contra ires
déclarés nuls quant à l'avenir: conféquefilment, que lorfque les portions échues
aux ufagers feront ve ndues, le prix en fer a partagé entre la communallté &amp; le Seigneur qui aurait des droits d' ufage dans
ces bai; indépendans des fonds de terre
qu'il po{féde : car il cil: ,\ onfer ver que
qnaud à CCUK qui dépendent des fc:nds de

terre, te llement qu'ils n'altrOle lH pu aV OIr
lieu 1 li CI.:!S derniers avaien t été alién és ,

co mme défor mais par le moyen de la
protmlle , tous les biens nobles &amp; roturiers
fero nt confondns ; o n doit confondre aulli
lems droits d'ulage d ans les bois avec
tou s CCliX du terro ir, &amp; le p rix qui en
préviendra doit être employé utilement al!
profit de tous les po{fédans biens du terlOir indifiinétement.
Ces prin cipes po[és po ur le partage en
favem de la feu le proprié té , la Majell:é
délns les cas particulie-rs aura égard anx
abbandons mo indres que les propriétaire.
des bois at:roient faits; de Corre que eelu~
qui n'aurait don né qu' un limple parmage: pour {jx mois de l' année, aurait uue
plu s fo rte réferve que celui qui aurait de
plus abandonné le g landage &amp; ' le bu chcrage po ur tollte l'année : ainli [clan la
di l'edité des cas qui fe pré[e", eront,
Si le Ro i ap prouve ce q ui vient d'être
di t , il lui fera aifé , en fe faifan t repréfen t er daus [on Confeil le cadallre général '

Importantes.
12J
qu i comiendra une ell:i mation des bois &amp;
lerres ga1l:es , les décl arations faites par
les Communautés des bi ens &amp; droits qu'el l es po{fédent , les oppofitions &amp; réclamat ions, fa ites contr'elles , les avis d" rIllt endance &amp; de la Procuration du païs,
l es mémoires addreiles aux MiniJhes par
les p arties inté,.{fées , il fera alors airé ,
dis-je, à [a Ma jl 1l:é de faire dreir" un
t ablea u qui fi xera que t el Seignem aura
la moitié de f0 11 bois !e u jOlli{fance cx c1u/ïve , t el autre le quart d u li en, aiDIi
de t ous : &amp; ce tableau fera la loi des
parties, &amp; fera mis à exécu tion par le
moyen des exp er ts qui faifant les partages , fairon t une opération qu i n'aura ja ..

mais à être rénouvellée.
Sa M ajell:é faira un femblable t ableall'
p ou r ce qui regarde les droits de coo1pafcuité d'un terroir à l'autre en y fi xa nt
par p artage du prix, ou du terrein , por
échanges, co mpenfations , équivalants ,
Comme elle le tro uvera bon , les droits
des part ies à l'effet qu'elles foiem déformais réparées.
Dans la plupart des C o mm una utés, dès
que les récoltes [o nt faites, chacuu a le
droit d'aller manger les terres des autres.
Q uelle confulio n ! quel défagrément •
quelle gêne pour les propriétaires ? D 'aill eurs l'hab itude de manger l'herbe d'au ~rlli
amene celle d'en manger les fruits, Aulli
gén éralement en Provence on ne pe ut
avoir aucun fruit dans les champ s , ex-

cepté daus quelques terroirs où ils fOllt

L2

�124

Rti.flexionJ

lin ohjet li important &amp;. où . d'ailleurs il
y en a tant que la dépenfe de les garder
n'cft rien auprès du profit de les récell1l.
1ir • &amp;. que les vo leurs ne p euvent en
prendre qu'ils n'en laifrent beaucoup plus.
Si ch acun étoit maitre de fes herhes , y
en aura it-il moins? y au \ oit-il moins ~e
iJeftiallx ? moins d'engrais? non certaln ement; ma is il y auroi t p lus d'ordre.
Tant que cela ne fera p as, il Y aura de
l'injullice à ce fujet. Il yen a ,que des p au·
vres qui n'ont point de bien ou fort peu,
puiffent avo ir du betail nourri aux dépel, S
d'autrui. Il y en a une véntablern ent revolta nte à ce qu'un riche voi/in achete dans
un terro ir un pet it bien) pour avoir le
d roit d'y faire dépaitre, &amp;. que n'y ayant
de l' her be que pour dix moutons, il Y en
envoye milles; &amp;. c'eft ce qui arrive tous les
jours. Quelquefois ap rès de l'humeur, des
m énaces, de la colere. on demande dans
UD e Communauté que chacun n'ait du bét ail qu'en proportion de fes poffeiTions dans
Je terroir, c'eft ce qu'on appelle Fro modo jugerllm. Alors on change d'iajullice.
On conferve au p au vre qui a peu de
bien, un droit fi petit qu'il cft nul dans
Ja pratique; il n'a pills de bétail; tandis
que le droit de faire dép aitre les u ns chez
les autres fubfille toujours , le riche qui
a des troupeaux fait manger l' herbe du
pauvre qui ne peut la fair e confommer.
Si les riches excé dent d ans le nombre de
bêtes qu'ils ont, qui ofera les rappeller à
la régie? S'il Y a des places vacautes •

us

Importdntes.

qui 1 a qui ? Comment le. do nner? D 'ailleurs un Fro modo jugerunt do nn e lit.lll à
cles op inions , des e/li mat ion s fauffes des
f ave urs , des fra is , de. di[p\ltts du .Ie
'
f oible il tou jours tOI t.
Que chacu n foit maî tre chez fo i , &amp; que
les étrongers ne pU lfren t faIre dépaitre le ms
tro u peaux da ns un terroir d'o ù ils [cron t
h annis par la lo i) tous ces inconvé niens
celTer ont : qtl i ne pourra fi:l irc con[ommer
[es yrQpres he rbages , les velldra à UII alltre •.
Ce fer olt I:"e ,b Ie n fOl ble objetlion que
de dIre q ue 1 aneautdTement des d roils de:
b uch erago en faveIlr clu pCll p le ôteroi t.
aux pauvres un moyen de fub/iftance. Les.
'ptillv res ne do ivem po illt !être nourris 'de'
ce qu'ils prennent, . mais de cc qll'on leur
·do nne &amp;. d e -cc qU"lls gagnent. C elui 'I";;
v a au bO IS avec [a femm e &amp;. [011 â ne dépe nfe la 'journée qu'i l ~u""it dû . gagner
·s ,lIems : 'le boIS qu'"l y fait J [dUvent ne ."ut;
p as~a nt , tandis que Id p eine qu'il prend dau?Ce la ~ort à des a.rb!es qu'il coupe mol , :&amp;'
qu ~ s ,\ travalllolt a la t erre , il 1,1 prt1&gt;are~olt a rcu~re dIX pour 'lin. Ulle 'jou rnée.
,Itltd e vaut ,mieux qu 'nne d(!itr ua ive.
Il- y a .d eux ma nieres de traiter les pau~
. vres , 'qUI leur lQ nt fllll ~Jl:es : leur réfllferl enrs b efoins , " ou fa Vorlfer leur &lt;!Ioiglle111entl pour r 1&lt;\ IJl:ine : mais 11 dl -cneere
pis de leur abband,,"er deqll"i abu{er_
Qu'ulle C om muml1lté veiUe:&amp; dépen fe
pOlir 'lue fes pa uvres ·alellt du "travail'
.Lans ,les te l.'p s' dÙ le fMid · eogourditrou~
te.la nature l, ( "&amp; ~a. ei/l pGflihre,. }

Lj,

�n6

elle fera h abile &amp; chanta bIc tOllt enfemble: llI ais en général , c'ea trop attendre
d 'une a{[emblée popul aIre fi le gouvernement n'eo rél.ve le fentiment. Il fuffi t de
faire en trevoi r ici qu'il fe pe ut qu'o n n'ait

point encore approfondi l'art de fécourir les hommes indigens. On a c ru bien
faire en multiplian t partout les h ôpitaux;
on a voulu fuppléer à la provid ence; le
Dombre des pauvres a augmeoté, &amp; la

charite à diminué dans les

cœUfS .

~--Q~=~~

CHAPITRE

XVlII.

Outes les réflexions du chapitre précédent Cemblent prouve r qu'il Ceroit
avantageux que le Roi ordonnat ce qui Cuit.,

T

12 7

Ces déclarations feron t dépofées aux.

régîtres des Communautés , affich~cs am{

H ô tel-de-ville afin que chacu lt puifTe ê tre
inftruit faci lement des drois que les coml11U·
Il au tés s'y attrib ueront , &amp; Y former oppofition s'ns le jugent convenablo à leur intérêt
fai tes" en forme triple,

\lnf

fera remife à

l'Int e;,dance, une autre à la procuration clu
p aïs ,

&amp;00

en recevra une reconno dfance.

Article Troifiéme.
La Province établira ulle commillion
pour examiner lefdites déclar ~tions , &amp;.
oppofitions qu'o n pourra hn fi gmfier ,
ai nfi qu'à l'Intendance qui fera de fon côté un fembl able examen. L'un &amp; l'autre
prendront tou s les éclaircilTemens qu'ils
pourront fe procurer, &amp; feront toutes les
démarches

Article Premier.

néce{faires pour

améner les

feront tenu es dans le terme de fix .mois ,.

parties à uoe conciliation; .ils env.o~e r0nt
enfuite à la Cour leurs "VIS moti ves fur

cie faire felJn le modele qui leur en fe-

ce qu' ils croiron! bon que les C ommu-

Toutes les Com munautés de Provence

.

... ra euvoyé 1 Hoe déclaration des fou rs"
moulins J engins .1 maiJons J prêts, bois

t erres cultes &amp; JOc ultes qu'elles polTédcllt
feules, ou en fociété ; des droits de panIrage, glandage,bucherage,&amp;c,qu'elles ont
fu r dt::s terreillS apparteuants à -d'autres ;
des clroits de compafuciré 'lu'elles ont

..J .

Importantes.
Second Article.

Réflexions

fur le terroir d'aHtres Communautés, ou

que celles-c.i ont [ur le leu r, des eaux ,
fOlltaines , puirs qui font à leurs ufages &amp;
à celui du p\lblic , &amp; des foTte&gt;; d'e ntretie lts alLxqurls elles Ce trouv~nt [oulI'j[es.
par rapport à. ce. obi.ets~

nautés

continuent de pofféder ; fur ce

qu'il conviendrait qu'elles aliénalTet't pour
remplir le vœu des réfl éxions précédentes ~
&amp;. fur les contentions élevées "u fujet des
déclarations données par les Communautés•.

Article Quatrieme.
Le Roi ap rès l' exa men qu'il' aura fait
faire en [on confeil de ces avîs ) renvoye.
r a les cau frs contenticuf« à ju ger par devam la commillion du cadalt re génêral, ou.
autre [emblab le qu' il établira pour elles.

Artiale Cinq"i.!",e.
Tous les jugemens prononcés par cet·
te. .ommilliolt dil~ IIU temps- fixé ,~ le.

�Hg

R éfl_xion!
Roi en ayant été informé . fa Majeilé or,do nnera qu'après des a!lichcs répandues
dans la Province. les bl' liS que les Communautés po ffédent &amp;. qui li, trOll veront
illfcris dans l'état &amp; rôle qu'clic Cil aura
fait arrêter dans Ion Con fe il • LI ont par elles Communautés mis (lUX enchercs, à co mnlellcer un tel jour, pour être après 1111
tel délai adjugés all plus olfra nt; ccpendant fous le bon plaifir cie [a M ajcilé qu i fe
ré[ervc.ra d'o rdo 1111er des contiIluations cl ' cucheres. jufques à ce qu'elle en aitv ar un arrêt cle fOIl Con fe il approuvé la déli vrance.
Article Sixiéme,
Quant aux droits d'u[age dans les bois
ap partenants à d'autres qu'aux Com munUlttés dans le ter&lt;oir defqu dlcs ils [ont
fit,ués

J

(ur les

mémoi res des partics

.'

avis des Sr, Intendant &amp;. Pro cureur du
pays, déclaration des Communalltés &amp;.
oppofitioJls contre elles faites. le Roi
ju!(eant " décidé , 6n ~avenr des p ropr iétal(es defdtts bOIS qu Il leur en roileroit
IIn e porti on en jouiffance exclufi ve [clan
l'état &amp;. rôle que fa Majeilé en a f&lt;lit
tarrêrer dans fon con[l: il : ordonnan t que

'.ladite 1 portion mife li part de's "~ perts
conve l,Hls) fi l}OI~ J lUO!nIHés d'office p a r la
~omm lllion, f'lfdlle • le [urplus defdits bois
k it v t.'il du aux e ncheres comm e en l'ar-

ticle précédent en faveur des ufagers.
Article S .l'ttéme,
Semblable état &amp;. rôle arrêté par le
confCIl du Rùi fixe ra à jamais le [art
des Communautés qui ont des paturages
CQlOlllUIlS

llIl.ue eUes J

~

fute!a .i çha-1

Importantel,
.
Il9
cune d'elles la part ou porlloll • ou
équivalent qu'elles auront pour, l.fd,ts
paturages &amp;. droits d'li Cage qUI [eront
vend us comm e aux articles précédents.

Article Huitiéme,
L 'argent que les Communautés auront à recevoi r pour p rix des aliénations fufdites fera par ..Iles employé à
des objets mil es à tous les p oŒeffeurs
des b iens de fan terroir fou s l'approbation de fes fup ér ienrs • fi non • .l'lacé
[ur la Province aux trois &amp;. demI. ou
quatre pour cent • &amp;. à cet effet. les
Procureurs du pays en rembour~eroot
des créauciers de la Pro vince qUl font
à un denier plus fort. Cauf par la Cilite à permettre aux Communautés d'ea
recevoir le rembourfement pour les uCages miles qu'on pourrait avait à en faire';
ordonnés ou approuvés. "
Article Neuy zeme,
Avant les euchéres [u[dites le; Corn'"
munautés affembleront leur confeil géné.
r aI pour délibérer en combien de diver{es parties elles défir ero nt que les bIen..
{oi ent èli vifés pour être velldus chaque
p artie féparément . afin que les Sr. Intendan t &amp;. Procureur du pays fe cancertans 1 in{hll its par ces délib ér a ti~ns ~ui
l e ur feront envoyées

1

par d e~ m,emo,u es

des C ommunautés &amp;. des partlcuhers a ce
{ujet, puiflènt en d écider,
,
On voit que par-là les ,\raIts de chacuu fera ient diflinéb. [éparés. fixés &amp; connus, &amp;. quelle viéloire la paix gagnero.lt !
mais elle [eroit pIns précie u[e &amp;. plus eten

�t30
Réflexions
due (j à ces loi" , le Roi ell ajoutoit
uue autre trop nécelf, ire à la perfeél:ion
du bienfait pOliT paraître étrangcre ici.
~"
r

,-~, -- - ,, ~~
nl',J
,--~-&lt;I'=
- ,

CHA PIT REX 1 X.
A loi qui veut qu'uue [ervitude devienne droit , ici par tU1e prefcnption de di" ans , là par une de 30 ou

L

40 ; enfin qu'une jouifTance ôbu{ive,
parce qu'elle aura été [oulfert~ pa~ )0011té, négligence , crainte Olt unpudlance
devien ne à jamais onéreuCc ) outragean ..
te, in[upportable quelquefois, mais toujours contraire au véritabte intérêt de l 'état , eft uue étrange loi .
n cft vra i que la l oi de la pre[criptiou , odieufe fous l'afpea où on lui
voit mettre le [çeau d'une éternelle durée à l'injullice , paraît fous Un autre fi
re[peél:able par [on évidente nécellité •
par le be[oin indifpenfable que les hommes en ont, qu'elle doit peut-être tenir
le premier rang p arm i les loix ; mais elle
De doit avoir d 'applica tion que quand
elle eft oécelfaire , Q ue lle nécellité qu'un
homme p a r l'ufage puilfe acquérir le droit
de gê ner , de morguer [on voilin ?
Le légiilateur a fouvent reconnu luimême qu'elle ne devait pas t oujo u rs être
applicable ; il a admis bien des titres
pour en faire celfer l'clfet ou pour l'éloigner; &amp; cependant il a p ermis ' qu'elle ettt li eu en faveu r des [ervitudes qui
affeaent , qui dégradeut des bienS , qui

ImpDrtantes,

J

3~

en dégotltent le maîlfe, N'cft-ce p as a
co qu 'il [e mble , fai,e tout l'oppofé de
ce qu'il a ptt avoir ell vu e en l'étab lif[an t ? C a r ell e n'a pîl êlfe faite qu'en
faveur de la p ropr iété , afi n que ch"clm
pu i/re p o/rédfr fan bi~ n "vec tranquilité ,
&amp; faire le bien de l'éta t en le m ettant en
va leur. Il dl: naturel , &amp; l'on p ell t dire
dedroit Ilaturelquequand on n e po/réde p as
pa r le moy"n d 'u n tit re ro u mis à des
co ndi tions , on [oit libre d ans fa poOc{{jOli: i ci fan s le fçal'oir , fans le vouloir,
[ans conditions réciproques un bien p erd
fa liberté "at urelle,
La réligion, la p hi lofop hie, la moraIe, le bo n fens , l'int érêt dans tou s

les p ays du monde p rêc h ent aux na tions
que les hommes doi ve nt s'o bliger mutu ellemen t, fe rend re [er vice , (e fupporter , ne pas uCer rigoureufement de leurs
d roits, &amp; qu'en agifElOt a inli , ils ne doivent pas avoÎr à s'en ré pemir. En France

ce n ' ~ p as cela : la loi y dit : li de '
p auv res gens traverfen t vo tre champ plu.
lieurs fo is;

fi c'ell même votre ami,

dé~

1I0lice z-le il la iull:ice de p eur qu'il ne
fe fa !Te un titre coi1tre vous. Si 011 p re lld
de j'eau il v o tre PII ;ts , à votre font aine,
déno ncés . Si VOli s ave z lin ruifTeau, un
Llvoi r fait il vos dép ens , &amp; que vos '
C0 tn p:n riotes manquent d'ea u , dénollcez~
les vÎte : ils préte ndron t Ibientôt , ou leursmagiftnHs ) en avoir l'tlfage malgré vous-

L e droit q ue vous avez de détotlrner ces.
eaux partout votre terrein cédera au non·
,veau droit qll' ils Ce feront à 1111 feul eno;

�13 L
Reflexions
droit. Se form er tout ["ul titi droit fur le
bien d' autri 1\{ malgré lui? Qu elle idée:
1\{ cette idée " lieli ta LIS les jours , 1\{
elle Ce réali[e à tout inftant dans quelque
F,rt du Royaume. N 'dl-ce pas- là être
dans un bois peu pl'; de [auvages malfaifants

RÉFLEX IONS
IMPORTANTES
SUR

L'ÉTAT

à' autant plus dangéreux qu'on les croit po-

licés. Cen eft affez ; il n'eft pzs bien de
s'indigner trOp contre les loix de fan pays .
Mais ce [croit un grand bien li le Roi
ordonnait .
Que dé[o rll1ais ( fauf les droits généraux

ou particuliers mais conditionds

PRÉSENT.
DES

COMMUNAUTÉS
DE CAMPAGNE

EN

PROVENCE

Et interefantes pour les autres Provinces.

auxquels l a polTelTion des biens eft foumire foit par titres COnJ1US ou préCumés
antérieurS à l'acquifi tion defdits biens)
tout bien [eroit cenCé franc de fervit\ ldc •
à l'effet qu'aucun uCage ni tolé rance •
quelques anciens qu'ils puitTcnt de ve nir,
ne pui ffe nt en établi r aucune; en forte

que toute Lrvitude à l' al'enir ne puilfe
avoir lieu que par lin t itre form el de la
durée duquel elle dé p .ndra.
Que to uS ceux qui ju[ques ici ont ac ..

qllis , o u font par les loi x aauelles ceufés . avo ir acquis des droits de paffage •
de ]oUl ffance commune, d'appui, ou autres femb lab les daus les bi ens ou daus les
maifons d'autrui Ceront tenus de Ce faire
concéder aaes deCdites facultés devenus
droits , par les parties inté reffée s ou de
les faire conftater par jugement.
P affons à de nouveaux moyens de rem·
phr notre objet.

Fin d, la Pr,mi,r, Parti"

A

AVIGNON,

Chez TO USSAINT D OMERGUE , Imprimeur.
Lib raire, près le College.
0«

=m~~==)"
M. 0 C C. 1. X X l l.

Avec P mniffion des Supéri,urs.

�~rnportalltes [w' ,l'état prirent des Communautes de campagne .

CHA P 1 l' REX X_
~~~

que tout ce qui dans
S
IR les Chapitres précédents a été dit
1\'1'
mbou à faire, ai t été adopté &amp;exé

Ml

UpPO SONS

!%3§!::~ cuté; alors on pourra dire que Il

premier, des moyens propofés " la fin du Sixiéme pour améliorer l'état des peuples de
la campagne aura été employé j car toutes
les po{feffions du public dans chaque ComInu nauté &amp; dans chaque terroir ) après avoir
été contredites &amp; accordées, fe ront enfin
fi .-ées &amp; p ubliées par le Prince dans un édit,
enrégi 1l:rées dans les Greffes du Parlemen t ,
de la Chambre des Comptes, &amp;c, Dè s lors

"

n ulles prétentions ne pourront leur nuire , nul

,
. l

'

ufage les détruire , l'infidélité ou la négligence -des Officiers municipaux ne pourront
rien contre elles.
Il nouS re1l:e à améliorer l'admini1l:ration
de ces Communautés de campagne , à la faire veiller, &amp; à la fair~ iafpetter par quel-

A2

�4,

" Reflexioll!

qn LIll qUI aIt lIll intérêt
gnltIde pro(périté d
I " otable à la plus
L " bl'(J'
u peup e
,
eta, ement des C ~,
JI elt ét3bli dans 1 fi OtHU S elt ancien'
,
es e Imts q
l
"
tovell doJt il (a
'
ue claque Ctpeines &amp; d li' patrie une contrib ution de
.
e 01115; comme a ffi
qne cttoyen doit à lion tour part'c'
u , que cha101Ulellrs
de
la
...
'Il.
1 Iper aux
1Ies qua l'Ites
,
m.gmrature
10 li "j
reqlli[c~
, . r qU I a
ce, Ne changeon; pou~ remplJr ulle plal'ordre (nivi L"
qu~, e mOtllS poOîb le
'
,
'
&lt;tnpan:me l
mieux de s'attacher a 'e r .1lJmanlté fai t
prétendre à l, d
P riCét,on ner que de
cl' autan t mieux
," angereu(e
'
d e L:reer
,' .
LI
1
glOITe
l~urs habitude~ q e ",es hommes tiennent ~
li
' 'lu 1 s on t po
"
ont accoutumés d"
ur cc qu ds
foncier qui peut
~V~l~" un attachemen t
,
fl
par lOIS etre écr fi'
Cf.Jl~l CJ,l rarement détruit. &amp; '1 Ip C , mais
~1 ~tre occupés de tro )ci qUI S repug nent
fOI S , quoiqu'il fo't , 1', e changement il la
l '
'raici quo. . des 110tlVeau~s a'1 a fuite lesl unc
v~nt l'avantape de 1 s jes autres aient [ou,,
p
eur p all'C
1
'lu etant vanations e11 l ,'par cc a (eul
jllll d'ulle exil1enc t'
~s. cs, tlrcnt de l'enL'imp erfeét' e ,,;-op umformc,
, "
IOn acruelle de l
'
Inulllcl~ale {e trouve e
~ . a magdhature
te de [ujets capables d' n tar "Je dans la di(etp artie dans les régI y atre le bien, &amp; en
{Qun))fe: ces réal ~men ts auxquels on l'a
aPus pc d~lails" en.ents en \'ue d'éviter dei
grand de tou; e:, ont d en g,ros établi le plu s
pacit': dans le; M re~ ant lIlévitable J'illcaE fli'
agurrats,
l'
n e el Jls exi.,.
Vue telle profefÎi "ellt, un Candidat 1 0
IOn} celle c;!e ne rien fair;
C

I mpM/all/es,
5
donMnt le pas [ur toutes les autres, !cs
bourgeois ayant le premier chaperon, les
artifans le [econd, &amp; les ménagers le troiliéme , 10 , Une telle quantité do bien appa,
rente fur le ca,lafhe, N' importe la maniere
dont ce bien efi gouverné , &amp; les dettes
cio nt il efi chargé, 30', Qu'il n'ait pas depu~s
peu rempli une charl'Je dans la Comtntmanté , quelque bien 'lu' il ait pu f~ire, quelque
appla uclilTemen t qu'il ait ,eçu en l'occupant,
40, Qu' illl'ait pas eu afTcz d'e[prit , de talents ou de probite pour que le [eigueur de
l'endroi t ne fe le foit point attache par
quelque emploi, 5°' Ces fortes de magiUrats
doivent changer touS les ans ..
Le premier de ces articles [emble établir
un- ordre fort natllrel ; mais il efi funefie
dans les villages, Un bourgeois obere y dom ine par (a qualité de bourgeois, celni ,qui
à (on aife dans (on état [ait mettre la malll à
l a chame , &amp; cel ui qui indufirieux [ait faire
uu négoce, Au/Ti la Provence efi-e1I~ rem,
pll e de cens qui veulent étre bourgeo\s,: on
c0l1fent"ponr [e dire tel " mOll rir de fa,m,
Le fecon,l article ne porte pas bien haut
la quantite de biens qu'il faut avoir pour
être conful : c'cfi-à-dire que pour pouvOIr
trouver dans un village un certain nombre
de gPls l'om occuper le confulat ,.on a
contenti à ne pas exiger creux une atfance
relatiVe à leur état, qui puifTe les rendre
plus fnfc eptibles de définterefTement,
Par le troiiiéme 1 on a voulu é\'iter qu'un
homme fe perpétUat daus l'adminiltrati=

A3 -

�R JI .
dc la chaCe publi t~e eXlOns,
11) avait rien d; li ;ar~ l 1,n a oublié qu'il
6

"Illages , que

1 :

' urtout dans Jes
T
qlll Y fut propre
L1J~ lomme accoutumé

&amp; qu'cn ce "en;~le qu

bien faire ~J1
'
r
a"
1
II un trelor
'
tIOp conferver.
qu on ne {aurait

Le quatriéme prend Ii G
vention qu'on a fait .. /, Ource dans Ja {ub.
du Seigneur &amp; d: Ce ~gard de la réJatio n
t ous moyens rend
5 1a~ltaJlS; 011 &lt;l par
va'

A '

li

ennemIS C

lent etre llltimément

.

.

.

eux qUI

de-

Le c'
'é
uni S,
mqlll me eil un ii'
crre~l.rs précédentes. e \!lte de toutes les
LJllllpéritiede&lt;l\4
'"
a rel',
I es force 'de ,a"mrats
do J! t On vlentdc
'
Iain1
P
les il queJqu' un
"
er 1 empire des alfai.
qLII n a alleu
.
' .
qui eil J ' 1
n tJtrc pour Je
d mger
l '
ega ement ho d
'
s
pour es erreurs dans JeG
rs , e pn{e tant
fOur, celles qu'il inii ireq uelles Il tombe que
ait d autrui ces ma P.
,en{orte que par le
lI
quefois en d~nger deg[o~~s {e trouvent quel&amp; dans leurs per{o
n r dans leurs biens
l'adminiil:ration à
nnes, lor{qu'on prend
vent que les gens J'ea ~t;e' AulTi arri ve,t·il {ou.
ces, tachent de ne J ens ~edoutent ces pla ..
les ne Je [ont que :: pas occuper, &amp; qu'el.
leur accrédité &amp;.p des e{c1aves d u ~ir
U ne maxime I?~on~u la loi. '
/' ecn
pretleUie d
emcnt ell que cel '
, ans tout gouver
l'autorité doit être III q UI. dans le fa it exeTc~
l'u{a"
'
. de
Ii
,ge qu Il en fai t,connu
fc b ' pOUTTepondre
~ VJe doivent être fa es ~en5, fon 110nneur
lens
CautIOnl' &amp; non pas les'
. ' 1'110nneur &amp; la'
laIent trop ai{ément Ii Vlfi ,d un autre qlli Ce.
acn es dans l'occafioll.

a

h

Inrporttfnles.

'7

Qu'on l' exalllinc ? Les injufiices &amp; les déprédations politiques font prefquè toujours
l'ce uvre des confeillers privés &amp; fec rets qui
n'ont d'au tres titres pour parler que Ja foibleITe ou l'ignorance de cellx qlli Jes écoutent.

Ce ferait donc faire un grand bien, que
d'engager ces confeils de Communautés inconnus à la loi &amp; à !cs interprêtes de paraît re &amp; de répo ndre elix-mêmes de leurs pro·
pres p aroles &amp; aélions.
Ce ne ferait point innover, que de leur
conlier la direaion des ,a ffaires, p"ifqu'ils
l'ont tOlite aujo urd'hui.
,
Ce ne feroit rien Jeur donner qu'ils n'aient
â éjà, ni rien ôter à perfonne, que de les
é tablir, pendal1t plufieurs al1nées, dircéleurs
àes affaires COlnmunes.
Mais ce ferait faire chofe utile &amp; julte ,
q ue de les obliger à rendre compte de leur
conduite, non comme fe renden t aélnelle·
ment les comptes des Communautés par de,.
vant des audi teurs, pris prefque tOUS parmi
les pIns ignorants , mais p ar devant des gens

éclairés ) fupéricurs &lt;1 l1tant qu'il fe pourra à
leur vengeance &amp; à leur féduélion, &amp; qui
feront avertis IX inil:ruits par tOUS ceux qUI
prendront intérêt il ce que l'adminiil:ration
{oi t [crutée.
n eil: bon aulTi 'lne celui qui meut &amp; di rige les affaires l1e fait pas maître de la bourfe
commune; qu'autres [eTOtent ceux qUl gardent cette bourfe, autres ccnx 'lui en délient
Jes cordons, &amp;. autres CC\lX qui reçoi,'ent les
deniers qui en fa rtent.
A 4

�8

R e'flexwns
.

~'"

~

Importantes.

'-~~

:

.~:

CHAPITRE

XXI.

'
It, on propore
"VIent
CT onsOnréqnemment
les li" aIls d ce lqlll
d

"

,,,~

a ce qui

.

d"
etre

{Ult :

" a n s Cl aque C omm uoall_
te• 1'1 rera alfemblé
lequel on élira, à baf' grand conreil , dans
nome 2"énéral

o tes (ecretes , lin éco

, v
, pour que pe d
]'1 d'mge
les a/foi
n ant ces li" ansgles qui auront é~:s ,~ohl~nllnes ) [clon les TEn fera attribué
pour cette place.
Communauté des a
' laque économe de
IlII tenir lieu d rPIPOllltements 6xes p o
e la aires &amp;
nr
ment des frais qu 'il ~
d'
pour abollne_
Co~ptes , états &amp; r:ra ans [es écritures
qu Il aura à faire [( ales, dans les courre;
a ux terroi rs l' , ' laIt dans le terroir fi V'
IInltrop le /l'
, Ol t
Ignierie, {oit en6n s, Ol t a~1 chef-lieu de
du reiTort &amp; 1
;\ cehl1 ou fera le r '
de 1 C '
cs avocats coo/l '1
. lege .

e; crs

a

el S onilila ires

ommullali té.

D ans tous autres cas

.

en députation réglée &amp;' Il pourra être payé
CHIe/fus ' s'il eIl fOrcé
r
'
meme
dans d es cas
1
" biient plus de
, par es affaires ri "
te'n
1
qu atre Jours
etre
, ~s (U chemin al or 1 fi Y compris le
pa[~ .comllle dépu ;é
s e urpl,!s lui fera
econome fera fi' é .
la iilite de toutes 1 p ffila lem ent chargé cl
le con{eil de vill e es a ,aIres délibérée~ dan~
gratleu res (oit d.' drOIt Contentieures r '
dTb ' "
orre dl"
,101t
e 1 eratJOns quelco
) e exectltion des
OUvrages, &amp;c,
lIques pour dépeJues ,

.

Ç&gt;

Il fa ra auOi [pécialemcnt chargé de veiller
il ce que dans toutes fortes d'occafions les
régIes [oient ob[ervées , d'en l'edamer au be·
foin l'exécution, &amp; de veiller aufli à ce que
l'intérêt de la Communauté ne fait pas négligé ; il en répondra en [on propre &amp; privé
nom de la maniere qu'il [~ra dit ci-après.
Conféquemmcnt, il aura le droit de clec mander la convocation du confci l particulier
ou géoéral, &amp; elle ne pourra !L1i être rcfufée.
11 pourra dans ces con [cils faire telles re-_ pré[en.tations &amp; propofitions qn'i 1 voudra ,.
&amp; faire des oppo!itions aux délibérationsqu'on y prendra contre fon avis j mais en ce:
cas ) il fera tenu d'écrire ou faire écrire par

le [ecretaire du con[eil [on oppofitioll, dans Je;
regître ) en y dé clui[ant [es motifs f eH alti
moins en [e re[ervant de les dire à Mr.l'Iutendant &amp; à Mrs, les Procureurs du pays"
D ans ce cas d'oppofition de [a part à une'
delibération , il fera fur le champ nommé de:
celle des délibérants un député pour Ce. ren~
àre dans trois jours., aintl que l'économe ,"
près de l'Intendant &amp; cles Procureurs du'
pays pour les inllruire de leur différeot, &amp;..
de leurs rairons récipr0ques.
Ces M.eflieurs [e concerteront pour' déCIder fi la délibération dont il s'agira fera exé~·
cutée fans retardement, ou s'il

y aura mu

[ur[eoit à [on exécution , lequel oe ]2 0 UHaI
être de plus de deux mois.
P endant le délai qu'ils ,auront ordonné' ~
ils prendront des in{(roé1:iolls da Seigneur dU'
lieu ou de [on prépafé, ailill que de ccux dCi;

A.s,

�Il

10

Réflexio1fs

h abitants qu'ils jugeront à propos, &amp; linale.
ment ils ferout ailembler un con[eil général
de la Communa uté pour qu'on y délibére fi
la premiere délibération tiendra, ou fi elle
fera rejettée. Il y aura lieu d'e{pérer que la.
détermination qu'on y prendra fera bonne,
les membres du con{ei l ayaut été avertis &amp;
;llitruits par des lumieres [upérieures &amp; dél intérelrées
Si la premiere délib ération ell: rejettée,
l'In tendant aura le droit de faire [upporter
les frais de la dép utation faite pour combat.
tre les raifons de l'économe a ux délibérants,
&amp; en CJo; contraire à l'économe; fi non ils
feront il la charge de la Communauté, dont
les contendants auront de bonne foi, &amp; llOn
par humeur ni malice, recherché l'avantage.
I.e tout [ans préjudice des droits &amp; attribut ions appartenants aux tribunaux &amp; il l'intendance.
"
Lor[qu'une dépen[e délibérée par le Confeil de ,·ille aura [ubi la forma lité des enche.
res , J'économe aura le droit de déclarer
qu'il {e charge de faire faire J'ouvrage par
économie; il tiendra de la dépen[e un comp.
te de clerc à maître, &amp; il pourra dépen{er
quelque cho{e au de-là de l'offre du dernier
encherilfeur, Cette augmentation de frais fera
bornée par un réglement général, comme à
à lin /ixiéme 0 11 à un {eptieme de plllS, &amp; ne

fera payée que lilT le compte 'lue produira
J'économe,affirmé par {on ferment. Cet article
a l'Pur objet de cou{en'er laméthode desen.
cheres indi[penfables pour prévenir les abus

Impottflntes.. . &amp; d'au.
.
p arbitraire,

d'une admini!trat\?:~;~~wC1lient q~l'elles" ont.,
"
'l,li Jl ont nen a
e art de parer
tr P
à d onvners"
fi
eil aJTmant
es "1 auquel les bons e gar·
"
erdle, nu traVal cr , trop bas pnx.
l'dent bIen
" (\e sel
'lga D ernua pendant fan ad!nlte "
1 de fes operaL'e' con orne fera
.
n )ourna
.
ni!tration de temr fur le[que!s elles ont ;t:;
"
. 1"1 Ilren, ob!Jge a
tlons
, &amp;. des motl
l osi s mOlS
tr
. s'y trOlll"era conf 01Idées. Tons " esde
ce 'lUI
à
faire trois copIes &amp; d'cn faite tenir une

f'

cern:J.nt ce temps,

1

e ,\ la procuratIon ~ll

, greffe cl e 1a Jil n{l'Intendance, unefi autr ail
pays, &amp;. la tr~1 ;,e:feront chacune lignée.
d "laion dn !Jen , e'1 .c1laque r"lture &amp;. rem'O.l ,
il cha'lne page, 'bas dll nombre des p,ages.
avec nlentlOll a~l
de l'économat, lIntenAu bont de !lx ans . dn pays amont [ons
~~ les Procureurs d" de l'économe. Il
d an t 0&gt;.
1 con mte
r "
leurs yen". tonte a e le compte lem en 10It
I l fort ellenttcl qn r'
~' tems
,
ell
" bmees "
' . l,our tems
.
rendu en partt~s
dIt" fans ccl.a un econocomme nous, 1avo~l;[, ri; &amp;. pluheu,rs annees
me qtll aU'?lt de 1 /aiBcurs il'(trnü par les
r [c preparer,
" or' lle'll fan e un 10pou
urr01t allel 1
ui
événements 'Y~ "fi Ol't de rcs fontes , Oll q
" 1 Jtlltl er
. ".
an qm e
eft mente.
.
ml " 'audroit un e.ucens P les cop ies dll Jour·
Ill'
.
" !tnlulè.,ar
cr:
L e Seigneur 111. . ,.\ fon oreue , ou en
e rernl es a
()
d' "
nal de l'éconolll ~ o[é, fera tenu em or
brencc [011 l'rel'
"011 [m la condUl10 n a l'
ro 1 01'1111
,
l'Intendant
l'
1
1"
cervir fenlelll ent
Yer a l'économe, pour Ul l'
d
tej'" e!trualOll
" lec
r rete
".
d trois cho fes l' un e ,
( lCela fait, il amvera e
A cJ
4

�J2
Reflexions
l'Intendan t &amp; les Procureurs d" pays [e cO't_
cenants pOUT examiner la conduite de l'éco~

Home.

Cct adll1ini lhateur fera-t-il troll1&gt;é digne_
d'approbatioll &amp; de recompen re ? U lui fera
déli,rré lin certificat honorable qui pourra
être in[crit dans le, régitres publics; il porrrra même lui être dOllllé,dans {a paroifTe, h
préfé:U1ce ftl! ceux qui n'auront pas un titre

pllls fort, pllls ancien, &amp; autres avantages
litr lui.
Sera-t-il trouvé digne Je p unitioll 1 L'Iu-ttlldant pourr" déployer Contre lui [011 poul"oir, les Procureurs du pays, la COlTIIlW-

nauté , &amp;c. pourrollt recourir aux loix &amp; les
recIamer pOlir Je f.ûre punir.

Ne {era- t·i l trouvé que r-epréhenlible "{
alors {elon le degré où l'on voudra porter la
torreétion , les Procureurs du pays pourront
Je mander, l'admOlleter ; ils po urrout même
fdiTe enrégÎtrcr leur blamc dans les réaîtres.

de là Commllnauté ; ils porrrront le m~ndet
pour comparoître a l'afTell1blée générale des
Communautés pour y être ltlâmé , &amp; ce blâ.
me pourra être in{crit dans le cahier de cetteafTemblée.
Si tôt 'lu'on aura prononcé {ur la condllite.
d'ull économe, on procéc!eT:1 à une llo.J.lvclle
éleétion. Celui qui ;; lIra été loué &amp; récoml'enré pOurra être de nouveau élu" la pluralité des voix. Celui qui aura été limplemellt
approuvé, pourra l'ptrc ;:lIIffi; mais il luÎ
f,ntd", obtenir les deux tiers des Ii.ffrû"es.
Cclui qui aura été bHrné par les Procur.?urs

Imt0/"ta"t~s.

.

l

~

, ,
d ays Oll par l, lltendant , ne fera éltg.ble
u l' , l' _ _
Celui qui l'aura etc pa r
u'aprcs IX ans.
'
le fera
q l1i blée des Communautes, ne
rr:
•
l'a cm, 1
. &amp; celui qui aura elluye
qu'apres (oudze) .
de fa gelhon de la
&lt;
. '
qUe1que con ;lm).1aUon
d"
ne
pourra
Jama.s
.
cres
or
maIres,
.
.
d
part
es
IUt&gt;,
. ol,tenu du R OI le reta.
"
qu'apres aVOIT
.
1bliITement
etre ,
d e Ion
r
eT19l'bilité pour ne pouvOIr
.
.
'. 's douze ans.
lUI f~n' rr qu apr bourfe commune reltera
L argent de a nains des tréfOflers ou des
toujours
entre les ~lI uons.
.
Les mandats
'.
. fisront
ferrmers des IInpo 1 C r 1- ma.s al l'ont
ll S ,
.
f • par es l'O~ll
t Ollj ours alLS . ~,
~co nome pOUf aVOl f
bcfùiu c1'être vlfe.s par. [eron t toujours déliJeu!" elfet. Les dep[".~s d ville &amp; autorifées
bérées p" le con eConfuls auront toujour!
r '1 &amp; d'y faire
l' 'or 1 Intondant.
. d·;r Les
b!cr le comel
le drolt "l,cm
[;
Jréjudic.e de celles
des propofluons) an~ Ir.
"
y vo udra la lre.
que 1 econome. .
lOmmer aux char-Tous les confetls pour '. d s balotes [eges l'roc éd eron t I,ar dla vOIereilse fe tiendront
fortes e COI'"
'r
&amp;
erctes)
CC~
. 1 fi le SeiO"ncur prelel~t
au chateau [el~ne\lna 'd ce ll xboù l'on 0pJ.
'1 d fférence e
n-

l

l'exige J a a l .
I&gt;ourront être 3ucrnrnera to ut h~lUt qUI I:C

blés qu'à l'hôtel-de.~,lIe.. a·l •• lique s'en fuit.
. aUlcrutll1
On proce' d Cla
~
un économe) 1es
"I
'
t
de
nommer
. r
•
S 1 S ag'
[, î fi artacreroHt arnu qu~
membres du con CIl e l' d'ehux fe réunira au
r 1
&amp; ,c 1acnn
· on trOIS
. C1a f les COIllU
5 ,
C deux
.
h
d [, ent es
chaperon e

011,.

,

.

luralité des voix, c a-

fes uomm~ront, ~~~sJldé ntés fe joindront eo,
cline lin depute.
l'

�14
R eflexions
fuite aux Conlt\ls avec lefquel s en commité
ils conviendront d'un rôle de fi'jets éligibles
qui ne pourra aller au de-Iii du nombre de
quatre. Ce rôle fait fera préfell'té par les
Confuls au Seigneur, s'il eR préfent, &amp; 'le
Seigneur aura alors le droit de régler le rang
dans lequel les fujets compris dans le rôle fer ont propofés. Il aura de plus, li les premiers
propofés fOllt rejettés par le confeil, 1e droit
de donner l'exclulioll au dernier. Ce cas arrivant, o n recommencera le (cnain comme
detrus_ Le fujet exclus ne pourra plus étre
propofé; mais à ce fecon d [crutin le Seigneur n'aura plus droit de donner lllle excJulion.
Si le Seigneur n'eR pas préfent au confeil
le rang des filjets " propofer fera dans l'ordr~
que le rôle des Confuls &amp; députes leur au ra
donné ; le prépofé du Seigneur, lorfqu'on
voudra aller au fcrurin pour un candidat
pourra lui donner l'exclu lion comme l e Sei~
gneur l'eut fait lui-même s'il eut été préfent
pourru qu'il montre de fa part un ordre d~
le falredan slequelle{ujet exclusfoit nommé.
Les filjets propo[és devront être capables
felon les loix &amp; les réglements , &amp; ne pourTont être cll.tr'eux , pere, fils, petit-fils nI

freres, mars devront étre de familles féparées les unes des autres; &amp; conféq uemment
le rôl,cqui en fera fait fera nnl , tan t que les
condItions cl-delftlS n 'y auront pas été fide llemem obfervées.
Lorfqu 'il s'agira de nommer des Confills
chacun dzs anciens [e 1l0ll;lmera troi s fuccef:

Jlnp ortantes.

1-

IS

balotera , comme 1ï a été (It&amp; CI1feurs 'I" on J' éleaion d'un économe,
e
delfus pOlir
, ofé en fan nom &amp; par
Seigneur 011 [on l'deI' r IIne exclll!lOIl pOlir
fon ordre pourra onne
tout le confulat.
d'
'Ir des en cheres
'1 "
Qtlvr
\ Lor[qu l S a~l,ra e Communauté, on en
un fli hes répand Iles dans
Pour les fermes
. ar des a c
, d
donnera avIS l'
ar lefquell es apres eux
tout le canton) p . d' é un e qUlllzame,
mois de delal , il fera ln d'~:,i faire des offres
.
qll l pr é ten r
.'
ou touS ceux
cl' 1 rer leurs lI1telltlOnS
fe préfellte ront pOIl~ :~ ferollt par le mil~if­
&amp; leurs calltlOnS , 1 ~
t IIne déclaranon
'1 . Il- r ou ,ergen
cr: d 1
the de 1 1&lt;11 le,
dé ofée ail grene e a
aux Confuls qUI fel'a l', ï Y aura encore
'après
Communaute
'.
, qUOI 1our que les h ab'11111 débi de qUInze, ~":S ~~i/Tent prendre des
tallts &amp; lellrs Mag l ra sft- ltS &amp; leurs cau,
fur les a rai
"
1
informatwns. .
de cette qumzallle : ~
tians. Le dermer J O u~ ï de ville, on y delIfera a/Temblé lin COll el
rejet des offrants
b érera fllr l'acceptatlo&amp; o~n ne recevra l~s
'te' approuve.s.
&amp; de leurs caut lOll S ).
' qUI allrOll t e
h
offres que d e ceux
nceront à jour&amp; euLes enchaes comme - ~ qlle s'en fUIt.
océdera all1I1
1 L'
re fixes, on Y.l;r eront le J lige 011 e ,Ieuré dll Seigneur, un
Dans IIne pICCO f
t enant de Jllge, 1: r~;odll Coufeil, &amp; le
tc
Conful , deux De
s IIne 011 pllllieurs auConfllls &amp; allG reffier écnvant. an
~
t les alltres
d' f
tres p,éces, ' e:o~", COllfeil qll'il y ,aura, fe~
tant de D epll;e: Offrants ferollt ~epares "ec
frants. TOlls e
.
h acun d ellx a
malS C
11115 des autres ,
o

p'
b

�IG
R ej'eXlOnr
:11 .
.
fies
anm.
Il
fera
déf
' allx Offi ·
. 1,'
enou
dc "0
l''''
rants
. del entr eux
. , a' qllOI"'11
l'el C
l
1&lt;
tes u COl1fei l On c
ron t es Dépul
"
lera entrer l O lr
es UliS apres les autres
. cs
IlTall [S
f res où fera le G'"
pOIl,r faIre leurs ofrelller Apres ' l
tOtlS enteildus 1 on pubiic 1- qu.oll cs allra
d erallt tous les œ.· ra d Illedlellre o ili-e
d'lleure pend ant leq
our,mts
AI' .' 11 11 quart
1 • Iles
r '
ue
un
C laC
Ierera avec
les {I"ens, on les &lt;D lin d'eux COll ,
li ns apres les autre
. Cc
Cfa rcntrer les
.
5 ou era le G "-'
r ece"ol, les offres d'au
. l'Ciller palU'
raIent être fa ites A ,gm entotlO n qui pOIlrd
- pres les a," .
" U', On publiera ]cfdi tes ffires air tous enten_
Ju[ques il l'adjudicat' °U , all1l! de fuite
les délais.
1011 ,
n fabIJer régler~
, Par ce mo)'en il
"1c~ que les olti-al;ts :u~{fe~r~us de dilliculté.
C les entre cux au d ' t .
aIre des mar·
br
e rIment d l
l r
Ique. Il fera efTentiel de
e a c 10lC p uCC ~IX dOla on pu~j"l' _ l
ne pOlllt nommer
r
'
l..i
CJ3 es offie'"
&amp;
cceVOIT toutes avan t
. ,r J ,
de les.
i!/in que .l es offrants
~;Iefid eJ1l'ublier une
de quelle part elJe ,:ie~l:_ / pc,ut, ignoreô~
VIendra pas tOIlS les abus ar-la On ne préquelque cho[e.
' maIS on gagnera
Les comptes tréforaires d
&amp; ceux de leurs fermie s cl es Communautés
l'ont chaque année ex: , e; Impofitions [etellr~ il l'accoutum '
ml.lles par les audio
celU ,que
I
l e Selgneur
· ee,étmaIS
A
J l' cn 1"
. e' fi~n Ce de"
pres leur clôtllre l d' a) Ira l'our y affifler
. .
, e lt pl"
Cc' d
•
eCflbra au bas [on ,'erbal d' po ~ u Seigneut
1':0 atlOu ou défaprab . OplllIOn l'our l'adIt corn!'te &amp; fi l atIOn des articles &lt;luI l e SelgneLtr eft filIr l es

.

1I11pOl'ta71 te! ,

17

lieux , Il aura dro it après la clôture du
compte de s'en LIire donner une copie &amp; de
l'exam mer pendant huitaine, à la fin de laquelle Il fera tenu de faire in{crire au bas de
l'original [o n verbal d'opinion ou celui de
fon prép oCé pour [ervir d'inlh ué.tion aux jnges du compte,

•

~....===",,~...==~

CHAPITR E XXII.

A maniere de lever les impofitions eft de
la derniere con[équence pour le bien
des peuples. La Cour cft éloignée des chaumleres ) elle eft environnée de gens affamés
&amp; cupides qui ne donne aucun relache aux
efforts qu'ils font pour la tro mper ; qui
prennent à [es yeux tQutes [ortes de formes
pour attirer fa confiance dans la [eule inten ' tian d'eu abu[er , &amp; qui ne ce{[ent , fo us les
apparences du bien public ou des avantages
du trône, de lui préfenter des monopoles B&lt;des injuftices.
Il eft connu de tous que les penpl es s'efti-

L

ment heureux , lorfquc leur Prince, qui a

l' inté rêt le plus grand à ne pas les furcharger , les taxe cu général &amp; leur lai fle le foin
de faire lever eux-mêmes les deniers dont il
a be[pin pour les dépcnfes de l' état; par-là
le Prince préfere [es peuples il un e foule de
nlercenaires ) qui au lieu de travailler utile·
ment daus l'état , viveut défordonn ément il
[es dépens,

�18

ea

Reflexions

Mais s'il
bon que la maniere de lever
Jes impôts foit lailrée aux peuples qui y fOllt
direaement intéretrés; il
bo n aulli qu'elle
ne foit pas entierement eutre les mains de
ceux qui parmi ces peuples font les moins
capables d'en décider, encore moins de CCliX
qu'on a les plus fortes raifons dc fufpcacr,
Or, la Provillcc fait, des impots qui lui

ca

fout demandés en général, une repartitio{!
par communautés) &amp; chaque communauté

ca en pollellioll d'être la maÎtrefTe

de lever
ce qui lui ell: demandé ou ordonné d'impo,
fer de la maniere qu'eUe le l 'C ut, On a l'n
comment les villages étoient compofés,com.
ment l'étoient leurs confeils de ville; qui
pourra apres avoir lu ce qui en a été dit dans
les précédents Chapitres, douter des divers
motifs qui peuvent y déterminer tan rot une
forte d'impo fitions , tantôt une autre?
JI n'el! pas vrai que les délibérations p rifes à ce fujet dans les Communamés l'réfent ent toujours le ,'éritable défir de leur peul'le, il ne l'elt pas que leur peuple [acl, e ce
de fan véritab le intérêt de délirer,
qu'il
&amp; il el! encore moins que ces délibéra tions
contieruJent la volonté de cette partie du
peuple éclairée, à qui fe ule [es fou l'crains
ont pu vo uloir confier 13 liberté du choix.
Cela el! prouvé par ce qu'il el! évident que
ce choix a été donné aux peuples pou r leur
l eur plus 9rand bien, &amp; lion pas po ur que
des illitéres &amp; des ignorants [oient la vi aime
de quelques gens obfcurs plus fins &amp; plus
adroits qu'eux,

ca

Importantes,
.r 9
'b
que chaque confeil de v. lle
on
l
' e de
Il ell: tres.
dTb ' re fur a mamer
dan les vlllage~ . e. dans fou tcrroir, feuleve les Ilnpo 1II0n\e connaître le defir gé.
lement pour tachle r ( 1 differentes opinions
lant es
'1
né ra 1 , en recue.
.
. '1 a abus "
ê\ ce qu l
&amp; leurs moufs ; malS • y &lt; l'alTemblée gé.
'd [. 1 &amp; non pas
, .
en déCI e eu ,
'Ji fcule a venta I d ' communautes q.
1
le
lIera e es
' 1 reprefenter e peul'
blement le dro.t ce,
polTefTeur c\esynv.leges . lTemblée générale
a
De-là il [u.t q;lC cettfa Pr"v ince, qui a
des Commun~ute~ ~;tre incomplette, cloit
peut.être le defa"'ohli er toutes les CotUmu·
g ,iere d'impofer, li
avolt le clro.t d
, d iUlvre une mal
.
nautes e
'f~rabl e aux autres.
t ouve une pre"
"
1 &amp;
elle en r
.
\J'elle trO llVerolt utl e
fauf les excepuons~ alors les abus révoltants
jull:e d'admettre,
les petits lieux ne
d'un crédit fourd d~'fouvent qu'ils le font
l'
1
r teroit pas au •
...furev
emlPo " n' table intérêt du peup e.
~!'=
~ = :'

--~,,~~~
_ ""-oF

CH -APITRE

X X III.

.
" ofer pour les charges
A malllere d .mp réfente le plus naturel·
pub!tques 9" 1 fi t Il dont on fe [ervOlt
lement à l'efpnt ,e ce e fellement en P ro.
temS unlver
~ ,
il Y a peu de .
lieu a(fez genera·
UI Y a encore
q
&amp;
vence)
.
l ement.
.
ntenant une ell:imatlOn
Un livre terner co r r d'un terroir, encle chaque bien partIcn .e

L

�•
20

R lflexions

fi,i te lIne taxation proportionelle pour le
p ayement des impofit ions qu'oll veut lever

par ce moyen. Ce livre s'appelle cadalhe,

&amp; y inférer l'eJ1imation d'lin bicn , s'appelle

encadoJ1rer.
Ces eltimations font faites par des experts
110mmes faillibles &amp; qui fe font payer le plus
qll'ils peuvent; chacun peut cn cas de l ' lio u
recourir de leur " ' l'port, &amp; demander de
IlOllveallX exp erts; la faillibilité des premiers
elt Cui\'ie de celle des feconds ; l'une &amp; l'alltre dOll nent fOll\'ent lieu à des procès &amp; à
des frd is prodigieux, qlloiqu'il )' ait commu.
n ément des gens fans force , fans moyens)

f.lns confeil qlli {upportent,fans o[er {oumer,
les injllJ/ices qui lellr [Ont faites par des erreurs ùlvo lon taires Ol! no Il. Les ri ches ne
[ont pas li patients, on les ménage 011 on les
comba t; l e pallvre elt écrafé.
A ntrefois les impolitiol1s étoient pl liS lég .....
Tes , chacuB en payoit fa quotte-part avec
t allt de facilité qu'il y avait peu de pl ai ntes.
Que fai t-on fi par vani té il u'y avoit p as des
gens empre/Tés d'être taxés un l'Cil pllls que
[euTs voifins ? QuoÎqu'il en [oit, la moilldre
erre ur aujou rd'h ui amcn c tl ne \'érirable fur-

charge. L 'expérience a montré p artO ll tbeaN .
co up de tailles nOn acq uittées, &amp; qll e l es frais
fàitspar CC LI X qui en exigeaien t le payement,
que les hllilliers, les faiiies, les intéréts qui cou.
rent contre les dé biteurs, l es mettaient rtans
lin trollble dont ils ne 1'011 l'oien t pl lls forrir
que par leur ruine ; que par l'ttCc lI Inlllél tion
des intérêts lellr ruine étoit d'auram plus; IT., .

I mpol'tàl1tèS.

II

d long&amp;
,
e les tre'{"oners avoient eu plus
rce , qu
,. r d la conde[cen ance
"OlS pour eux 1 "'d e 1 ra',fies les de nrées
.. ,
q ,e an, es"
r ffi
dela pitie; t
. ' t . res rcde va bles Il' _
enlevées au propne .. _ l es frais de la fai.
,
e pour payer
"
rOlent a pem

~.

fie &amp;. quelque ~a~ t,e

des intérêts ancrages, '

f /Tent plus al'ances
,lans que les deb,teurs
u
.
'fo ur leur lib ératIOn . f '

o', r que cettema.

r
,.
core al t v
L'expcnence a en. r
" tabi ie à un cer"
tag,em e qu e
ladie etOlt COll
,
l"t rOll venin autou r

.
Ile repane 01
r
d
tain po,.nt , e
'à la vue du trifte lort e
1
tailles exatted'ell e; ,1 femble qu
.
yent pas eurs
ceux ql1l ne pa
d ro ient être plus emment, tOllS les autr~s e~ ais le fait eft COllà p~yer l,es eurs, 'en pourra gue res en
Preffés
.
,
t ,dee · on 11
.
_
traire .a cet e
, d
les effets nuneux
fe que ans
,
.
I
trou ver a cau.
1. lorfqu'elle s emp" e
qui Cuivent la d,[core e 'r rdement l'aiCaace
-'
lle mille 10 U
fi
nes e!pnts , e
.'
beaucoup de gens e
publique '. &amp; yeu a r,~~reurs de la miCere; Ce
trouven t lt vres aux
d articuliers qu uue
n' cft q ue par des reme es Per de ce fâche ux
,
ut re tir
il
Communaute pc ' "fi 'cs à ce mal Cil ce
état Un des plus [pe~,. qt eu fruits; l'ufag e
.
Il l'impOlltlon
e
qu'on appe e .
d'avantage, parce 'lu
s'en répand tOt'l 0urs Communautés [e urer
l{)n a \'u nomb~e t.~ t le l'lus fâc heux. On
P ar fan moyen e eta emedes que l'art c1~

.

peut la cornp arer aux r'ment; une me'decIuérir emplOle commu~~ irritation, elle atta-

~e

dégoutante purge l' 1 e du velouté de
' que les folides, elle en ev al qu'elle fai t n' eft
. le petit m
.
l'enomach, ma,~
d bien qu'elle procure .
rie,} ep comparalfon u
.'

�Réfiexio1l1

22

les humeurs
1 r par" rOll mo}'en preunellt lin l 1'b re
CO~lrs, a ' "nte &amp; la gaieté l à [uiveut D

rnerne la mJmer: d1impofer en fruits eit ré~
voltante
a[pett ,elle
"JIIJu
. Ile
&amp;
( . au premIer
d'
p a rOlt
II alte pour, ecourager Je cultivateur; elle c employe~ ? on en éprouve le bieuf"it ,
Je
calm el filccede , chacun en 1"11'
,. a
~
,.,
l' 1us d e
or~e , p LI S de courage; on travaiJle on
lltlve , On aug mente fon bien &amp; chacUl; vît ..
e COI~tente.l11~l1t les fuit donc tOlites l e~
de ux, a la ddfe ren ce que l'llra"e f "
d l'
fi'
'
"b
requeut
e nu ne deTO 't auffi pernicieux que l'u faae
cou ant c l'autre [eroit [alutaire.
b

r

~---~""'== -"""~
CHAPITRE XXI V.

C

Ette méthode mérite d'être biel1 co
&amp;
r'
nnue
par Coulequent d'être exam · ,
pofer en fruits c'ell [0
' J Inee. lm.'
eT
'
umcttre es bIens Ù
p ilY tous les ans IIne certaine quotl't ' d
j eurs produébo
.
e e
p àrtie ou la d' Il;, co;me [croit la h uitiéme
0ntr
der
7 'elle
..
Je IOn. Il y a des biens d . 1
dlllt en denrées
peut e' tre 1e meme
• onma
t e' pro..
.
lle d eVTOlen t pas être' l
, IS qU1
contribller
ega ement chargés de
, parce que le
J
entretien {on t d'un rix ~Ir Cu tu~e &amp; Jeur
lin bien près du vilJli &amp;en dlfrerem. Soi t
de lui, que le pr e . e} . un autre fort loin
r
mler wlt tOllt plat &amp;
1e ,econd roi t formé
d
,que
Ilues par des m
d par es terraiTes {ou teproduiCent tOIlS J~~sdeeu l' dlerres {eches; qu 'i ls
x IX Cllarges de bled;

03~~n:~I'~i~:roiffe~~fo~~~~.

ImporttllJtes,
23
fera l'rai que pour aller cultiver le bien
!;" ,n n,p, les p ay[an s emploieront une panie
1de leur&gt; journées en chemin pour l'aller &amp;
pour le retour; au lieu que dans celu i pres
du village, l'heure [on m ut ils {ont à l'ou vra·
ge : il faudra donc payer pour l'un plus de
journëes que pour l'J utre. Le tran{port des
denrées , celu i des fumiers fera bien plus
coutcux pour l'tin que pour l'autre; donc !es

&amp;épell{es pr ' levées i'lf la recolte, le produit
net du Fecond {era au deiTous dn produit
uet du premier. Don c il y aura inj ull icc à les
faire contribuer également. Cette injullice
fera .d'autan t plus gra nde qu'a ce bien éloigllé &amp; [ou tenu par des murs, iJ faudra {ans
. celle les relever après des écroulemellts fréquents, ce qui donne lieu à des frais d'entre·
tien que n'a point l'autre bien.
1 1. O bjeétion, Il ell reconnu par tout le
monde qu'i l {eroit bon &amp; [;Ige de donner des
encouragemen ts à

CC LIX

qui veulent donner

line plus grande culture à leurs biens, Lor[que l'oh vit [ous la loi d'un cadallre, un homo
me qui veut amélio rer {on biell, yemploiera
le montallt'de {es épargnes ou celui d'ulliegs
à lui fait, ou celui d'ull capital qu'on lui rem·
bourrera parce qu'il {çait que le plus grand
produit qu'il obtiendra de {on champ lui re[·
tera en entier jufques à ce qu'un nOllveau ca-

dallre faiTe une nouvelle ellimation, Si ail
contraire 011 vit fou s la loi d' une impofitiOll
ell fruits, il {era aiTure que {cs dépeu{es 11e
[auroient lui produire la moindre choCe que
clans l'iultant on ue lui en enleve \Ille partie.

�25

Importante!:

24

Reflexion!

_ _

ce qui doit Illi in[pirer du dégotlt &amp; le porter

à faire de [on argent to ut autre emploi COmme d'en faire un capital &amp;c. ,&amp; il rellon ce·
r a à augmenter la valeur de [on bien.
III. Objeétion. Une impolitio n fe leve
p ar le moyen d'un fermi.er qui s'en charge
aux en cheres. Quelque chaleur qu'il yait
d ans celles- ci, il elt plus que vraifemblable
que ceux qui ont fait des offres àcette ferme,
o nt calculé en leur faveur les prob abilités de
perte &amp; de gain , &amp; que nul d'entr'eux n'a
confenti à courir un trop grand danl7cr : il
elt donc plus que vraifemblable que ~elui à
qlli la ferme a été adj ugée y gagnera. Par le
moyen d'un cadaltre chacun payant en argent, ne paye que ce qu'il faut, la fomme
de toutes les contrib utions fait julte celle de
rimpo~tion générale ; au lieu que par une

lmpolitJon en fr uits, le peuple payera nOn
feulement le montant de l'impo(jtion, mais
aufli le proh t que fera le fermier: or ce pro.
fit devient une furcharge [ur le peuple.
l V. Objeétion. Par le moyen d'un cadaItre chacun doit payer [a taxe en argent, qu'il
Cllltlye iOn champ ou non, q u'il le cultive
m al ou bIen. Par une impofitio ll en fruits on
n e p aye q u'en proportion de ce que l'on re.
cueille ., &amp; fI l'on ne recueille rien , 011 ne
p ay~ nen. Alors le diflipateur , le débauché,
le neghgent n'ayant point il craindre qu'on
lUI demande quelque chofe s'il n'a ricn elt
d 'autant plus porté à ne ronger qu'à [on plai.
fi r, &amp; ;\ lallTer fon bien en friche, tandis que
la non-valeur q u'il occaliol1ne elt injulteme~lt
{"l'portee

fupport~e par les autres, ce qui elt pour eux
une lurcharge.
.
f .
V. Objeétion. Si les impoliuons en nllts
avaient lieu par-to~t: les produétJOns d~
tOutes les terres cu ltl vees ferOt ~nt connues,
1 Roi elt entouré de gens qUI par des vues
C~crettes d'intérêt ou d'ambition ,'eulent ~alTe
leur cour aux dépens du peuple; ce,UX-CI hne
manqueraient d'aucu,ne oc~a(jO!l d arra~ er
de lui des augmentatiOnS d IInpot, en hll Ja.
hant combien la culture &amp; l'entretien es
~erres en Provence font .coutcux , en campa·
•C
de pref,que tout le relte du royaume,
,
rano n
d'd'où il arriveroit q"e Cous pre.texte . Impo.
1er cette Province , en proportlonddesdadutres,
.
Celon de beaux papiers
c ouverts
.
. 'a tuons
bien faites, on l 'impoCerOlt, reellement au
doubled'elles,fautes d'aVaIT mis fl~rces bcaux
.
1 coultraétions les plus legl/lmes.
paplers es"

~"'-

""~==~

CHAPITRE

XXV.

V ant que de parler de ce qU'OI~p:ut rt·
ondre à ces objeébons ,11 e ,. on (e
rendrihommage aux avantages de 11l11poli-

A

tion el~ fr~Jitlsl· · elt établie on elt alTuré d'être
Lonqu e e
, d
1 iflier
'l' .' l'éaard de la taille, e tout lU
d e Ivre a b
'
de tOllS,
de toutes [ai(res , de touS arrerages, à
_
, faire de toute qlllttan ce gar
a
comptes
,
"
cl
de toute vieille pretention.
,
ebn ell: alfuré ql\e tQutes les clellf~S qu on

II. p Ilrll~,

�26 r '
R eJ,exzons
111 '
a emermees dans [;
'r.
gagements, 011 p:U~~1 011 fo,t libres d'ellvoudra pour profite d'!s gar er tallt qU'ail
ble de les vendre au rme;;ïeeu~cca~on
favora,
nx
T OIIS les h abitants d'
'p ,
ment en ordre le . • un lIeu [ont égale,genereux co
l'
me, le pauvre Comm l '
mme écollom ent dans lequel on :Il: nc?e. U~l feulmoe
qlle recolte une portl'o dorcd de ceder à cl,an e enrée
, Il:
e pas encor e '
s qu ' 011 ne

F

s

\

entlerement

.

procure a tous la tranqu'll' ' 1 appropnées ,
Pal' le moyen d' 1 dite a plus parfaite
..
un ca
•
!tes fOlcllt bonnes
all:re , que les re'
oU mauvat,
r;'e e II es [oIent nlllles il
1 es, que méegalement. Par l"
'li _faut touJours payer

~

g,aye qu'en

propol~~~ ~lOn

en frllits, on ne

~ fi la b"rêle' a tout d e!nut
' e, ce qu 011 recneille
a
'
omme l.es CC r't
n ne paye rien

'lC '
'1' 1 S ne s' occupent plusd• Huiliers, de faifies d
&amp;
du
dé{ordre
',es demandes en inté.
t
qUIpretO
{~nvent ces. fléaux- , l'Is
cquieren t uu cal me
ent les to urne ve d lelL" qlll naturelle
t
rs es ob'
age ux à la {ociété ' il fc
Jets plus avallde leur {art, ils [on; s .ont gaIS, contellts
cllviell~ c1u bonheur :r~II1S ) al?tlx, moins
compaufTants &amp; d ' 1 utnll, Ils [Ont plus
d' eux· mêmes ,que de
es- ors 1l s s' occupent plus
' nliuivent &amp;s clantres'
mœ urs se
l ' d e mel'II eures
res clans les biens,
e l' ilS grandes cllhu-

r

Impo/'tantes.

~---~~-

17

~

CHAPITRE XXVI.
Ela dit &amp; avoué, 011 peut répondre à
la premiere objeé.tiol1 faite contre l'impo Cition en fruits, Que rien n'eH parfait dans
ce monde, que les erreurs &amp; illt'galités d'un
cadaHre [ont des injull:ices aulli fortes au
moins que la trop grande égalité de l'impoCition ell fruits fur des biens inégaux
par les depenfes néceffaircs à leurs produétions, Que cette derniere forte d'injuHice, li cette forte d'impolitioll devait durer, s'effaceroit peu : à peu au poillt de [e
dilliper tout à fait, parce que les biens par
des ventes changent de mains, &amp; que l'acqnéreur d' U!l champ impofé en fruits eu donne Ull prix moindre li les cultures en font
cheres,qu'il n'en aurait donné li elles avaient
dû étre à bon marché, d'où il arrivera que
dès que l'acheteur fera maître du bien, il ne
fera plus trop impofé eu égard au prix que
ce bien lui aura coûté d'achat. Par là on voit
que cette efpece d'injull:ice ne peut cauler de
la perte qu'au polTeffeur qui aura été impofé
en fruits le premier, parce qu'il [emble qu'il

C

tirera un moindre prix en vendant fa terre,

mais cette diminution de pri x d'une part fera
compenfée de l' autre par une augmentation
de prix en faveur du bien-être général qtÙ
fuit l'impoCition en fru its qni eH tel qu'on ne
balancera pas à donner à égalit" de biens lIn
{ixiéme de pllls de celui qui fera litué dans

,

B~

�18

R éflexions '

Où ell e aura lie u.
On peut répondre à la {econde objeétior1 ,

un terroir

qu'iL y a daus la {péculation, des calculs dont
on ne peut nier la juil:clTe, mais qui n'ont
prefque jama is de l'utilité dans la pratique:
qu'il n'y a rien de fi rare que de voir quel'1 u 'un qui délire d'a ugmenter la ,-aleur de fan
bien , calcu ler avec une certaine précifioll ,
qu 'il fuit preCque toujours fa pente naturelle ,
{on goû t, ce 'lue lui diétent fes illté.êts p our
l a maniere de faire emploi de {on argent &amp;c,
Enforte qu'il n'arrivera prefque jamais que
celui q ui aurai t augmenté {on bien fous la
loi d'un cadail:re, s'y refufe fous cell e de
J'impofition en fruits, mais que le contraire
arrivera [ollvent , comm 'o11 en voit des preu.
\'es dans plulieurs terroirs p ar les g rands
avantages qu'elle procure d'aille urs, Il n'y a
qu'a relire ce qu'on vient d'en dire un pen
plu s haut, &amp; l'on penfera faus doute que la
p alTion de la grande Culture ne peut fe rép andre que là , où fera établie la tr anquillité
d 'efprit 'fui en ell: véritablement l'ame, &amp;
fans laquelle elle ne peut avoir lieu.
Quant il la troiliéme Objeétion , la répon.
{e p arait devoir être celle. ci. P ar la chale ur
des en cheres on doit être afll" é que le profit
d es fermi ers de l 'impoli tian ne {aurai t être
porté il un point ab ufiE; il eil: vrai que Ce
vr~lit {omble être I;'ris ,au dépens d u peuple,
maIs Il ell: vraI aulIl qUII eil: compellfé parce
que le.!'euple n'aura plus ri en il payer pour
les hUllTicrs, pour les faifies , intérêts acc umulés &amp;c, En{orte q\le bien loin que le l'Cil'

'9

Importante!,

pIe paye plus par cette méthode .que ~ar cel·
le d'un cadaltre, il p ayera mom. damant
mieux qu'il aura à épargner li" les fraIS de
la form atiou d'un cadaltre &amp; {ur les recours
auxquels il donne lieu,
La quatriéme Objeétion femble plus forte
que celles qui la précédent. Il y a lUI m,"1
réel, à ce qu\m m a ~ais fuj e.t, d éb~a.lI c !le. ,
dillipateu r ou {ans aétlOn , fait pour amil d~.
re incité à abandonne r {ail bIen par la tole·

ra~ce qu10n aura en l'exemptant . de payer la

contrib ution aux charges publIques , p arce
qu'illu-! aura plu . de lai ~èr fa n bIen en ,fnche' mai s ce {eul InConl'elllen t ne peut etre
alfe~ for t pour faire rejetter ulle méthode
qui procure tant cie biells ; il clt blell l'lus
raifonnaqle d'établir quel que pUUItIOII pou r
cellx qui abandonnent leurs terres, PourquoI
le Seigneur &amp; la Commu na uté ue rei·Olen t.Ils
pas autorifés à faire au. proprIetaIres des
biens trop négligés, cles O1OIllI,ons 1. Pourquoi après un delai fixé de pas les faITe l'e~­
dre aux eucheres pour le payement des creanciers, s'il y en a ? Si 110n , pourquoI ne pas
les faire juridiquemen t ?fferm.er p o u~ le produit du bail ~ tre deltll1c &amp; dIltnb ue pour la
fubiiltance &amp; l'éducatio n c1es enfants des ~ro .
propri étaires négl'gents &amp; le fUl plus erre
mis en réparations dans ces blens.
La cinquiéme Objeétion ne recev ra pas
ici de répoufe per{lIali ~ e~ o ur ~out le mOlf.de~
Il s'agit de parler en general &amp; no~ l'as eu
lemen t de notre Roi Clont on conn?lt la, ?on&amp; qui eft telle qu'elle doit excIter 1 emu,

le

,

B3

�30

Réflexions , .

3t

Importanter.

.

Iation de tous les ROIs &amp; qll on lm dOit tonte
confiance; il fallt ici rai[onner pour tous les
hommes &amp; pour tollS l ~s temps.
Une vérité certaine dans une Monarchie
héréditaire comme la n0tre, elt que l'ai[ance
du peuple fait la richelTè du Pri"ce , que le
Monarque ne peut qU''llmer [es peuples par
inclination &amp; par intérêt, que ce ne fera pas
de lui que l'idée de les [urcharger viendra;
que {eulement entraîné par la voix prelTante _
des be[oins aauels, il pourra deven.ir [u[cepti.
ble d'être trompé par les calculs qu'on lui
pré [entera en lui propo{ant des moyens pour
remplir ces be[oins. Les fai{eurs de [emblables
projets animés par l'efpoir des profits &amp; des
r écompen{es , ou tyranniCés par leur ambition ne manquent pas ordinairement de faire
tous leurs efforts pour écarter des yeux du
Prince tout ce qui peut blelTer {on cœur. Ils
n 'ont jamais plus beau jeu que lor{qu'ils di[courent {tir une matiere que des nuages enveloppen t , &amp; lor[qu'il s'agira des biens d'un
peuple dont la valeur {era inconnue, manqueron t.ils alors de manieres {pécieu[es de
calculer pour faire l'enfer que ces biens {ont
d'une plus grande valeur qu'ils 11e le font réellement.
. Le peuple qui veut que 1'011 ignore {a vém able fi tuation ne peut qu'y perdre. Le Prin.
ce qtll {ait très-bien qu 'il fait effort pour n'ê·
tre pas connu, {e lailTe facilement per[uader
par une arithmétique {éduifante, qui lui elt
fans celTe repré{entée, du contraire de ce qui
iirriyeIoit, s'il étoit affuré qu'il cOllnoit la

l'éritable valeur des po{fc!1ions de [cs peu'l'les, autant que le plus habile financier: il
auroit alors horreur de ceux qlU hu propo{e.
roient de palTer dans les impofitions les bornes que le fimple bon Cens connoitroi t. Le
Prince &amp; Ce s Miniltres n'ignoreront jamais
que le {ol de cette Province eft montueux;
que {on terrein elt prefque partout {outenu
par des murs de pierres [eches, toujours tom·
bauts &amp; toujours à rétablir, que [on climat
eft {ujet à des {écherelTes terribles &amp; tout
d'un coup à des déluges; que {es terres y {ont
lavées par des eallx qui Ce précipitent dans
les fond s &amp; les ravins, en entralnan t des en·
grais déjit trop rares.; qlle la ~harrue y eft
{ollvent hors de {ervlce &amp; neceITalrement
{uppléée par le nombre &amp; par la for cc des
bras; que des palTages {libits du chaud an
fro id y anéanti{fent. d~n s une mll1 l1 ~e .une Tecoite : le Prince, di s, Je , ne {alirOit Ignorer
qu e par toutes ces circonltances.' la clilture
en provence eft le double, le tnple , le qua.
druple &amp; même plus que celle gé l~ érale~e nt
connue dans le Roya ume. Le Pnnce Il a~lra
garde d'oublier qu'à ce peuple, un [eul 111[..
tal~t de [urcharg~ peut cauCer des maux ~l\e
dix ans de {oulagement ~e rep a.r~rOicnt pas r
parce que fi des ré parations à falTe après un
orage doivent en{emble couter diX m1l1e
francs, de[quelles ne {eront pas faite,~ [ur . le
champ feulement après un mO Is cl lIlaalOtr
par un '{econd orage, elles {eront port~es II:
cent mille écus.
Non un Prince envers qui {es peuples.

,

B4

�3'
R éflexion!
marqueroient airez de confiance p our mettre
avec naïveté tOll t leur avoir fous [es yeux &amp;..
dans fil n'tain) &amp; qui pourrait dire toujours
à {es fl ateu rs corrompus ,j'ail a pre uve que vos
calculs font faux &amp; que volls cherchés à me
t romper, ne feroit jamais airez ennemi de luimême pour vou loir anéantir fo n propre héritage , cn tariJTant la fource de [es revenus

encore moins en perdant nombre de fes fu~
jets pour le bien defquels D ieu l ni a donné
fa puiflànce.
_Un Monarque comme le n6tre n'a de patrimOllle que fes fujet s : {ont - ils riches? il
l'ell:. Sont-ils pauvres? il r el!. Sont-ils he uils heureu x' il el! p uilrant. Son t-ils malneur eux l ilel! affoibli. Sont-i ls plus malheureux
encore 1 Ii el! fans force. Tout Prince connoit &amp; croit ces maximes: n1ais fi on lui
p arle avec emphafe de la pauvreté des p euples, de leurs fou tfran ces , fans l ni prou ver
ce qu'on avance par un langage qui écarte
t oute mal igne &amp; faulre interprétation &amp;
cela tandis que l'on fai t que tolites les C~urs
fourmillen t inévi tablement de gens qui mettel~: tout- en œ uvre pour per{uader le P rince
q~ ,j a Immenfement de quoi donner [ans
fa Ire mal aux p euples; il ne faut pas s'étonn~r s'JI regarde quelquefois les plain tes qu'on
h~, porte comme de liile &amp; d' ufage, &amp; fi
d autre part on fe cache felon l'infpi ration
de la terreur 'Il!! ne raifonne jamais pour
foutfnr _ de plus grands maux que fi on [e
montrolt a découvert à fon Prince , à fon
pere ; par notre b onne foi , m ettons - le,

I mpor/all /e! .
33
dans le cas dè ne pouvoir être t rompé.
Qu'on remarque ce qu'on gagne par la
conduite qu'on tie nt ordinairemen t ? rieu.
L'u[age eft qu'oll demande pOlIT le Prince
pins qu'il ne l'eut , qu'on fupplie po ur éloi gner la demande, que les befains de l'éta t
s'oppo[en t à ce qu' on (oit en tierement exa ucé ,
qu'o n obtient une dimi nution) &amp; qu'on fini t
par payer ce dont le Ro i a véritablement befo in. L e Fran çois paye avec amOllT ce qu'on
doi t payer par devoir ,&amp; ce que l'on payero it
par crainte li o n oubliait amour &amp; devoir.
La feule façon de mon trer au Roi quel d t
le véritable état de fes peuples quant aUK
prop Ii.!t"s terriennes , en impofant /ilcnce
auprès de lui à tons les trompeurs , c'elt
d'impofer en fr uits.

~

..

"

~---

~

C H A PITRE XXV II.
On opini on paroÎtl'a folle aux n os , té·

M

l mé raire à d'autres , fotte à beaucoup ,

je le fai ; mais elle me paroit la fc ule bonne,
parce que je fuis perfuadé que /i un Pr ince
connoiŒoit il. n'cn pouvoir douter, la valeur
des biens de (es [ujets dans une M o narch ie
hé réc\i taire , il couper oit dans le vif pour
trou ver des moyens de les fo ulager, 10rJqu'il
vcrroit q u'ils ont be[oin de l'être Je crois
qu'il le feroit par bonté d'a me , par .rai/o n ;
que li ce n'étoit par ces deux motifs, li aurolt
également à le bü:e par intérêt) par a,:arice
m ême, Ear orgueil. Enfin tous les ~c~tlInens

�34

R éflexions

-

dans tin Monarque héréditaire concourent a,
lui demander le bien de {es peuples.
Sila méthode de l'impofition en fru its était
établie généralement en Pravence, par la
chaleur des encheres,. le Roi {eroit alruré d'a.
voir dans la per{onne des ellcheri{feurs des
minill:res fidéles qui lui diraient toujours la.
vérité. Ce {eroit des gens qui ne Coil{ultants
que leurs llltérêts particuli ers s'oppo{eraient
efficacement a ce que d'autre.s gagnaflent
tro!:" c'ell:-a-d ire, il ce qu'ils donna{fent à
~rolfe &lt;tue les peuples (ont plus pauvres qu'Ils ne le font; mais qui voulan t ê tre fermiers
pOUT gagner un peu ) fero iellt connaître par
c~ qu'ils donneraient de la ferme, ce que
veritablement les peuples polfédent.
Par là les adminill:rateurs de la Province'
connoitroient après le cours de quelques fermes la véritable portion de la contribution.
générale que chaque Communauté doit {jlP_
porter, parce qu'ils {aura ient ce qu'une égale
levée de fruits produiroit dans chaque ter-

TOI r ; connoilTants d'ailleurs les autres revc-

!lus des Communa utés ainfi que leurs charges
Jls auraient le plu s facilement du monde lin
affouagemen t ,parfait. L es exemptions de tailJ~s des Seigneurs étant fi xées comme il a été
dit cI-devant, tous les biens {ans dill:raétions
{ubi(Jallts le même {art, il arrivera it &lt;tue
tout ce que les affouagements , les afflorinenements ,les encadall:rements ont de plus dif'
/iede, de pl us inexaét &amp; de plus couteux
'
di{paroitroi t.
Gell: fil r des connoi/lànces certaines que

Importantes.

35

(ette opération donnerait, que la Cour fixerait {es demandes a la Province; que les peuples {e rall;trent ; la Cour fait que l'état du
cultivateur, c'e/l:-à-dire d'agriculteur , ce
qni comprend Ie.proprietaire comme le fermier, y ell: On état pénible, dégo utant, précaire, que les encouragements hu {Ollt plus
nécelraires qu'à aucun autre. E lle ne voudra.
jamais faire de la Provence un défert.
Je crois donc que l'adnll111ll:rauon du p~ys .
de Provence doit défirer qoe la méùlOde de
l'impofition cn fru its {oit établi e générale-.
ment, qu'elle &amp; l'afi'ombl ée des Commllnau~
tés doivent être autorifés à fo rcer toutes les
Communautés à l'adopter, fauf les esceptians qu'on pourrait leur demal,l de: de faite
en {e fondant [ur des ralfons legltlmes: Par:
là la Provence profitera de. {e.' pnl'tlége~:
. pour donner un exemple dell:llle )'eut-ètre a
être [ui"i généralement,. &amp; à faire le ho~-;
heur du Prince &amp; des [ujets; Il cil: vrai qn II
ya IOIJg-temps qu'on a écrir en faveur d&gt;u~
{emblable établilrement , qu'on en a pari",
fouvent , qu'il y a même lieu de croire, que
la Cour en différens temps en a o~donne des
eITais &amp; que les ,comptes qu',ol~!tll en a ren-'
dus Il 'ont pas ete favorab les a 1&lt;:tabItITement.
dont il s'agit ici. M ais ce n'était j10m! une'
Pro vince entierc qui a fal t [es efTals ; O~l ne!
l'eut pas dire que véritablement la ~ratl4ju.e .
fa it venue aider la théone. O n ne 1 a eon ft -:deré que purement pour ce 'lui regarde la ";'
nance &amp;. on n'a peut-être pas alfez coni pre:
'lue celle·ci cft augmentée par le bonheur cl .
.
B~
' 110 yens•.
J

�\

36
R éflexIon!
. Par l'impolition en fruits , nombre de
Communautés écrafées fe font relevées , par
elle la IituatlOn de toutes les Communautés
fera améliorée: ce qui fera le bonheur d'une
P rovince fera le bonheur de toutes, &amp; la
pu itrance du Monarque qui regne {ur des fujets heureux, dl: à [on comble.
Toutes fortes de bien ne peuvent être af{u jettis à l'impolition en fruits; il faut un ca.
dall:re pour les maifons , les enclos, les jardins &amp; les bois; mais ce cadall:re, pour les
faire contribuer cn argent, elt petit, peu
COlltCllX , en camparaifon de cchu qui Com ~
prend tout un terroir, &amp; c'ell: un mal [ans
remede.

~""

~'==--~

CHAPITRE

L

XXVIII.

Or[qu'il arrive quelque [ujet de di[pute
entre des hommes, la premierc cho[e
que la nature infp ire aux autres c'ell: de
s'entremettre de leurs différents , d~ leur de.
mander à chac un leurs rauons, &amp; de tacher
de~leur ,per[uader ce 'lue, de plus de Cens
frOId qu eux, on CTOlt la vérité. Si on ne
;réuflÎt I:as , la feconde chofe que la nature
111[plre i o '~te avec la raifon , c'e11: de les faire
Convenir d arbitre; totlt le temps qu'il faut
p our 11111:nnre ceux-cI.. force l'cfprit des Con.
tendants de fe refroidir; la réflexion prend
fur eux des moments, &amp; leur efprit s'éclai re
par le combat des raitonements pour &amp; con.
tre, alllii que par l'opinion des gens neutres

Importantes.
37
(,{ délintérefI'és. L a troilieme cho[e en cas
d'entêtement, ell: qu'ils reco urent à des Juges
qui aicnt reçu de la plli{[anc~. p~l blrqlle le
droit de faire exécuter leurs dec,lions.: alors
la partie condamn ée ell: obligée de ceOer tou·
tepourfuite à des prétentions :eprouvées, toute bonne légiOation doit fun're cet ordre:
nous en feroas tout à l'heure l'applreatlOn.
Pour terminer foit amiab lement, fott en
j.tll:ice. rigonreu[e toutes fOf:es de conte~a­
tions Il ell: efrentte l de eonnOl tre autant qu 011
le po'urra, la véritable li tuation des conteftell:ants leurs véritables drOtts reelproques ,
la véritJ ou la faufleté des faits qu'ils allégllent ch acun en leur faveur.

,

La raifon&amp; l'eltpérience de tous les liedes
nous ont appris que plus on donne de t,e~ps
aux gens malicieux &amp;. trompeurs de medlter
leurs ru[es , &amp; plllS la vérité qu'on chercl,\e
[e trouve par eux obfcurele &amp; en danger d e·
tre méconnue. Elles nous apprennent encore

que dans les hommes les plus ' méchants,
il [e trouve attachée à la nature huma',ne
une telle pe:lte pour la vérité, que 10r[ql~lls
[ont obli gés de répondre promp;ement à ~s
qu ell:ions imprevues &amp; multtplrees, fans s
être préparés par des ré flexion; , 11 leur e
qU J!i impollible de ne pas. ~eco,:,vnr ~~i~
quelque endroi t, leur mauvade fot &amp; q é
ne faut que la pointe d'une [cule de I~urs r .
, ponr deeoneer·
ponfes retournees contre eux .
d'
ter le tifru de men[onges le mieux our 1.
I! ell: donc très-efrentie1 que dans toutes.ll~s
. r
1 premier
affa i~es contenttetlleS, e
. Juge
d l'Ut Ille
chercher la "érité à la fource me me ont e e

h

�3g

Réflexionr

doit venir; c'elt là qu'elle fera le moins ohCcurcie, ou que fi la mauvai{e foi la cache el!&gt;
entier, on pourra de plus, e{pérer d'emhar_
rafler cette fienne ennemie &amp; de la forcer
il lui faire jour, Comme il n'yaqll'un certain
nombre de gens dévoués aux détours du pa,
l ais, les hommes en général en (ont peu on
point inltruits ) ils ont plus d'envie de mentir

qu'ils ne {avent le faire; il elt donc e(femiel
pour la déco uverte de la vérité de les faire
parler eux-même" &amp; de ne pas leur laiiTer
emprunter l'organe de ceux qui Ont fait
lin art du men{ouge,
Cette maxime a été reconnue bonne &amp;
reçue dans le code criminel qui décide de la
vie &amp; des {lIpplices ; On n'en fait point u{age
dans les affàires civiles

1

ou les m auvais Con-

{eils &amp; la maul'ai{e foi défolent les familles,
ruinent les citoyens, &amp; pervertiiTent' les
mŒurs : on a {ans dO ll te pen{é en fait de
crime, que la 0" il Y avoit un corps de délit,
les faits les plus fimples étallt les {euls qn'il
faille connoitre , tOllt le monde étoit en état
de les dévoiler &amp; de les attelt.". ; mais qu'en
ce qui regarde les loix civiles &amp; les formalités extraord,inairement compliquées, les gens
o rdmalTes s y trou VOIent dans un labyrinthe,
&amp; ne pou voient s'en tirer [ans le {ecours de
gells infirl1its. On ne peut nier que tout ce~
la ne foit vrai, fauf bien des réfle, ' ions qu'oll
pourroit faire à ce (ujet, mais qui [eroient ici
hors d'œuvre.
Voilà d~nc des rairons pour que dans les
affaires cm]es ) les parties intéroffées parlent

Importantes.
'r 39' r r &amp; des rallons
li Iles pour leur d eleme,
el

l 'eJles foient défendues par gens

pour ItS
~I qu ' e II es, Ayant
'a
, égard à toutes
li ' r
plus III ru 'a ce chacun parlera pour 01,

î

n
en premlere,;n
n prendra un rléfenfeur.
I&gt;t en [econ e c ,a;:u 'es foyers s'adreffero it à
AI s ch acunlur"
,
, or,
1 erfonne d'un juge de paIx,
Ja Jualce , en a Pr. ' 1 d'éclairer les pardont la fonthon erOl~~~~~ne il faudroit que
ties, que de les luger,;s clair poffible dans les
ce Juge y
~ p r,,{enteroit, il faudrolt
affaIres qu on 'u, p c' deflîlls qu'il n'eut
, r I l s maxImes 1,
1
au fi 1 H~ on e
, . ~ ue dans la [ource a
Ir chercher la v~2t
n'eut point à {ollteDlOlIlS trouble,
q d s e' trangers aux cau·
, tous 1es e/fiorts .que e . ,
r
ntr
r
Il
1 aurolt a pro Iloncer , le ..
Ces fur lelqtle es 1 l'
gler fi on leur pcr-

:vit

lI,j

rOtH toujours pour

aveu

,

met de paroître,
, f -t de {on mieux
r
Juge aurolt al
&amp;
Lonque ce
bouche des contendants
pour {avorr de la é 't qu'ils lui aurOlent
,
IVes par cn
h bée alors (ans sen
par l es pre, ,"
remifes , la vent,e C ererecip' roques, ni auX
, ' 1
eflperances
'1 '
tem! a eurs
r
f,0urrOlent Ul
&amp; défellles
qu "ls
1
d
deman es
ncerol' t a [entence,d' en
'd
' il prono
avorr
Ol1ne,
_
,
1 eft à l'égard \lO I
diCant : » Je croIS qu un te
, d &amp;c
,
» tel en drOIt e
"bien moins Ull JugeCette {entence fero,t,
'I S arbitral; par
,
fell 'lU un av
"
ment qu un con. '. 1
doit [erolt mOl11S
"
1 l 'IUl a ren r ,
conféqucnt ce

li

,

it de ce mot, qu am1

'JlWC dans le fen s elrO ,
arbitre avocat
",
-uge de paIx ,
' hl
commun, J
1 arties enfem e.
00niu1tant de tolites es P e nouS venOllS de
Rappellons-uolls ce qu

�40

Réflexio ns

dire, qu'il étoit nat&gt;Jrel que 10rCq u'il arrive
,!uelq!-,eJque .diCpute entre des hommes, des
Uers tanent J'office d'amis communs pour tacher deleur perCuader cc: gue, cle plus de
feus frolCl qu eux, Ils crOIent étre la vérité
Eh bien! ce premier juge , jug e de pai~
exercera cette fonthon. NOli S avons dit encore que Je [econd mouvement n aturel &amp; rai~onn 2b Je , (Je premier ét?nt . [ans [ ucces )
etolt de les faITe convelllrd arbitres. E hbien !
ce premier jnge,juge de pai x fera cet arbitre.
Comme les t iers que le h afard rait trouver
allpresde ceux entre qui s'éleve un diiTérent
fon t fujets à mal Cuivre leurs d evoirs en pa:
Tet! cas, ou .n'ont a U ~llne qualité pour per{ua der ; la 101 fera tOlilours ce tiers bienfai[ant &amp; accrédité qui cil fi utile en pareilles
0 scurren 7es , &amp;_pa ~ elle les partics feront obligees de s adreller a , ceJui qui fera établi pour
faITe Jes fonéllOns d a mi Commun &amp; cl'arbitre.
. Il dt bIen plus ciTentiel gue cet a rbitre [oit
,n/lnHt de la véri ~é , gu'il n e l'cil gue de va nt
lUI, Jes partIes [oIent défendues felon to utes
les r~~les de ,l'ar t, parce que clans ce clemier
ca~. s Il a e~~e ~a ~s 1?(entence ) on peut dire
qu il ne l'r&lt;J udl cle a perfonne, attendu que
les 'partIes co nferven t en entier to us leurs
drOits '. &amp; qu 'elles appellent de lui, p a r cela
feul qu elles le veulent, il un tribun al [upéTleur . deva nt lequel elles pelUront pren dre
tel defeufelll; (l'~' d leur plaira; a u li eu que
lor[q ue Ja Vente ",ent à être ob[curcie par
un ar t .ries-[ubti l , dans Je commencement
des affalTcs , eJle rell toujours d 'avantage dans

Importantes..

4!

le milieu de leur cours, &amp; fi a la fin .elle
vient" paroître , ce n'eft que par des pemes
infinies; tandis qu'au contraIre celle qUi paroit des le commencement, quelque combat
qu'on lui livre, conferve tOlljoursde l:er;nplr~.
Par tout cela on voit deux véntes , 1 •
Qu'en matiere c'ivile '. tout pr:mier trib u nal
doit n'être qu'un arbItrage qUi ne !te l'a~ le_s
• parties. , · . Que de cet arbitrage on dOIt e!OIgner tOlite perfonne étrangere à la . cau~e ,
fi lr tout les procureurs dont I~ metter n ell
pas de chercher la v érité, maIS de trouver
des raifons [pécieufes en fave ur de leurs
clients.
L es loix aélueUes eu France ont reconn~
la premiere de ces vérités. Les juges des Se,gneurs ,juges en prem.lere I11tl~nce, t~e[ont à
vrai dire, que des arbItres , pUlfque 1 on peut
appeller deleurs [entences fans e n donne; aucune raifon. M ais la feconde ell fort mecolInue, je ne dis pas que. ce [oit de !a l'art de la
loi qui peu t-être ne fatt q ue la ue,ghger , car
MT. cle Montvallon , dalls fa n PrecIS des Ordonnances , dit : les P rocureurs .ne Jon ,t pOltlt
néeejJaires dans les jujliecs fetgn eunal;s ;
mais dans le fai t , il Y en a 'par tout qtll ?nt
U II mal affreux. Ce [eroit ICI q~e qu clqu Ull
l ' d'érudition citer oit des natlOnS anClen;'e~l'k modernes, où dès 'lu.'1 s'éleve quel~
que d ifférent, chacun va plaIder [a caufe lut
même. O n pourroit b alancerfavaml11ent ~
pour &amp; le contre de la Juftlce turque qUI
donne lieu à des juger:'e')t~. dIgnes de Salomon, &amp;. à d'autres plellls d 111Juftlces &amp;. ache-

.

�4l

Réflexion!
tés à beanx deniers comptants. M ais ceqn'on
propo{era tout il l'heure , pour n'al'oir lieu
que daJlS lIne cfpece de tribunal de pur con{eil &amp; {ans pu ilfance , fans al'Olr trait à ceux
qui en ont, ne doit être montré qu'avec la
même fimplicité que doit avoir la vérité évi.
dente qu'on [e flatte d'y repréfenter.
Encore un peu d'attention, &amp; l'on verra
que de cet établilfement naîtroien t de grands
biens; que les ab us dont alors on auroit il {e
garantir , feroient bien moindres que ceux
qu'on auroit déracinés, &amp; qu'il {eroit fort ai.
{é de les prévenir ou de les punir.
Lorfque quelqu'un peu in lhuit des loix ,
lor{qu 'un illitéré croit avoir droit de [e plain.
dre d'un autre, ou de lui demander un bien,
llne {omme , un compte, &amp;c. il va trouver
lln homme fai{ant fonélion de Procureur; ce.
lui ci fai t des quelhons au plaignant, lui de.
mande s'il a des témoins qui pudlènt affirmer
(es alfertions, ou s'il a des attes , des piéces
par écrit qui les cOl1fl:atent; il examine en ..
fuite ces preuves, &amp; part de·là pour guider
cet homme dans les rOll tes périllell[es.&amp;
t énébrell[es du palais. Nous l'avons dit
plus haut, ce con{eil a un intérêt manifelte àmultiplier le s affaires bonnes ou ll1auvai[es,
à les embro!liller, il les faire durer. Chargé
de la défen[e d'un feul , il combattra indifli!.
Temment tout cc qui lui fera oppofé , l'érité
Ou erreur; il n'en rougira pas; il elt reçu que
c'elt-là le rôle qu'il doit jouer. Celui qui ell:
atta'lué prend un pareil défen[eur, &amp; dès
lors il [e trouve que ceux qui out affaire en-

Importante;.
,
4~
le celfent de pen{er, de fentlr par euxlIer.nll . ils mettent leur tête dans un fac,
:~:1~t;r bon fens, leur rai {on , leur. co~:
.
&amp; r ent ce fac à des gens qlll n ·
Clence ,
I~r t &amp; qui n'ont d'autre defir
font aucun eta

J

,

de vivre à leur depens.
b'
qui, . Icre de paix, l'ami ~ommun , l'ar Itr~
e l[elon ce qui a été dit ct.delftlS, la lOI
eut aullî bien que les Procureurs
l1~t'lD"lrv",
p
"
leur demander
quels
qlle1t:roller les 1'11'IteTes)
..
1.'
I l 'éces quels témoins Ils pour, qude es ~1 '1 p~urra tout al1Di bien que
ail t pro l11re. l
, 1 . raIt
r.
f "{ir les raifons ql11 UI 1er 1 .
les Plocureurs al
les Proctlfeurs &amp; lm
ables . mais entre
. l '
f
avor
, dlr'
ce bien décihve: e luge
il y aura un,: 1 [ceren &amp; de préfenter dans
obligé defalTe l~;u;aifons reciproques des
tout leur J.ourr,' !: é de les balancer,&amp;dès
deux parues er? orc arler tif faire celfer
lors Il fera force depp 1re;:: elt derriere {011
le combat. Chaque rOCI
&amp; lui
' ha Iffer {on courage,
client pour ec t ais leJ' uge fera au milieu
ôter toute crainte, m,
&amp; nepour.
b
[ous leurs yeux,
des C0'j' attan;,
l'a Itre s'entende blâ.
ra louer l'un l allS que. , 11
de maux éVlles .
,
mer. Que.
" 1-fi .t nécelfaire cle preveIl elt vrai 'lu 1 !fi ero trop de partialité de
nir les mauvaIS e e~i s tes moyens en paro!fm , lIiurant que nulle plall1la part du Juge,
r
C'I S • 1 0 en s a ,
1
,ent la Cl e . . '
. tée ni changee par e
te ne pourra etre rejet 1 Juge &amp; Je Greffier
.
0 En oblIgeant
e
n. d
Ju ~e. 2 . •
"
le journal e"aCI e
d'ecrire dans un reg~r~e toutes leurs fuites,
toutes les. affarr~s , d' t &amp; fait 'par les parues,
tant ce 'll11 aura ete 1

d

�'44

Réfle&gt;.ioN!

[oit entr'ell~s , [oit ,vis.à-vis du juge, que de
la part du Juge meme. 3°. En obligeant le
J,uge de douner aux parties IIne demande pa r
eCnt de tout ce qu'il exigera d'elles comm
.
d fi'
,
e
c ?mpar lltl.~n ) pro ucnon &amp; communication
d nétes , pleces, &amp;c. afin qu'il puille devant
l es trwunaux.fupérieurs , être convaincu par

[on propre [emg, en cas de trop d'exigence
ou de négligence de fa part. 4°. Enfi n en l'Qi
bhg.ean~ ~e mot,iver [es ~entences apres y
aVOir fait 1 expofe des que!hons &amp; le plaidoyer fommalTe pour &amp; contre.
Il cil: vraifemblable qu'à cet endroit-ci les
Leé}el~rs fe ::ecne TOnt : ils diront) Comment
1
[era-Hl poalble 'I&lt;:..trouver. ~es juges li habi.
les pour tousIes villages? mais il s l'e{pére_
rOut , quand ils feront attention que dès que
les Procurell~s de. Village feront éteints, il Y
aura moulS d affalTes ; celles qu'il y aura ferO,nt plus limples &amp; beaucoup pJutôt finies. '
D adleurs les profits qu 'ils fontJoit à décou.
vert (Olt occulteI?ent ) leur étant retranchés,
Te!!erOnt en partIe entre les mains des p laideurs , mais en partie de vront aller "u juge
lirolTirJes liens, {elon la taxe qui devra ell
errefalte. Par·là l'état de juge {era plus lu cratif &amp; plus recherché, &amp; le peuple y agnera encore. Il y aura d'autant pl lls de g~lIs
qUi voud ront embraiTer cet état qu'on lu i ac.
cordera des honneurs raifonables &amp;
'
1 1 . !li
.
, q u on
"es LU ,a ~Ir~ra .de rnalllere qu'ils ne puiffeu t
Jetre ?eghges ni combattus:il deviendra po ur
ors 1 objet du defir de tous les bourgeois ri J:hes '1111 ne cherch~t que de la conlidératiou,

Importantes.

45

Obligés de rendre compte des motifs de
jugements, &amp; d'étaler l eur capacité
de leurs {upérieurs,ces juges feront ·
de faire de bonnes études pour (e ren·
d'exercer honorablement les
qu'ils fe chargeront de rempl ir.
conduite &amp; leur fcience toujou rs à dé lm,,, ,,,''', les expofant en cas de ta ute ou de
igcnce de leur part" être blâmés, dépla.
ou punis, leur ctonnerOient des [oms con-

tinuels. Il s'é tablirait entr'eux pour leur réputation ) u~e émul~ ti on ql~i ferviroit gran,dement le bien publiC. Car il ell: à noter qu .
Uil juge de paix qui prononcera {ans aception
de pereonnc dans {on dill:riét, pourra hors de
ron dill:riét con{ulter &amp; diriger dans leurs affal'
res ceux qui auront confiance en lui; &amp;celui
qui en acquerra une grande dans fon. canton

jDuera un rôle flatteur: ces confultatlons &amp;
ces direétiol1s fcront de nature différente que
celles des Procureurs aétucls. Elles ne [auroient diminuer le bienfait de l'établillemen t
par lequel chacu ll en premiere in!!ance [eroit
obligé de plaider la caulé lui-même.
Il ell: vrai qu'il faudrait du temps po ur que
ces juges deviniTent tels ~ qu'infailliblement
ils [eroient un jour ; malS en. attendant ,ce
jour , leurs [entences ne, va~l drOlcn.t pas moU1S

qu 'elles valent aujourd hUl , tandIS que chaque moment les rendrait meilleures . Il n'y
aurait donc à cet égard nen à perdre, mais
heaucoup à gagner.
, .
Arrêtons-no us un moment pour medaer

les changements que cellli de la juilice amej

�4tj
Réflexions
neroit dans les v illa~es. Moins de haines Ile
de divifions, plus d'equité , plus de bonne foi
&amp; de [ociabi lité. Moins d'argent répandu ali
p alais, en voyages , plus de defir d'unebonne
r éputation, plus de confiance mutuelle, plus
de [ervices réciproques, plus de culture
aux terres; car un homme polfedé de [es
procès , voyage ou [e promene les bras croi"
rés. Enfin les mœurs y feraient cent fois
meilleures &amp; plus honnétes ,la parole de
Dieu, celle des gens de bien, celle des gells
r aifonnable s , les bons exemples , toute bail.
ne [émence y pourra germer, parce que la
terre du champ y fera douce &amp; bonne, eUe
aura moins de [el âcre &amp; corrofif, de cette
{écherelTe inflammable que répanl! par tOlit
aujourd'hui la chicane.
~ '"
~====!'!!"!:'i&lt;:lW~!!!!"=&lt;====~
CHA PIT REX XIX. '

·A Bltraétion
faite de la puilTance de la
grace; les hom mes font ce que natu.
la
re, leurs habitudes &amp; leur volonté les fOllt
ê tre.

Ces trois mobiles s'accordent quelquefois
enfemble ; quelquefois ils [e dé[unilTent dans
l eurs e/forts. Les aétions auxquell es ils donnent lIeU font prendr~ a u ~ ames qui les font,
de bons .ou de mauvaIS phs, par le[ql1els elles acqulerent de la facilité pour fe mouvoir
encor.e d~ méme; alors pour les y détermin~r , Il n elt ylus l1écelfaire d'une volonté ni
~.tleçhie 111 ferme; IIne feule velléité fuffit.

Importante!.

47

Cette combinaifon des penchants naturels
8{ acq uIs, ces habitudes bonnes ou mallvai[es , plus 011 moins fonifiées, une volonté
pins ou mOinS acco utumée à être [oumi[e à
la ~al[on , ou alfervie aux pa(Jions , donnent
a1homme une m a ni er~ d'exilter avec plus
?U !"0IllS de fufceptlbd lté, ou de réfiltance
~It~nettre pour le bien 011 pour le mal,
qu on appelle mœurs.
, On apperçoit ici 'Ill cercle. Les habitudes
[ervent de caufes aux aétions , &amp; les aétions
en fortifiant les habitlldes leur [ervent de cau[es à leur tOi!r ; donc tout ce qlli fupprime
certall1es aétlOns, comme ce qlli en occafionne d'autres, fai t qu elque changement aux
habitudes, par conféquent aux mœurs: cornme ce qui fait un changement dans les mœurs
en fait un dans les aétions qui [ui vent_
Il n'y a nulles mœurs fi dépravées qu'elles
[oient, que celui qui les a ne puille faire de
bonnes aétio ns : il n'y en a nulles de fi bonnes , que celui qui les a ne puille faire des actions mauvalfes : donc tout ce qui contraint
&amp; gêne les hommes dans le ma l , tout ce
qui, les porte vers le bien &amp; les y [outi"nt ,
opere un changement dans les mœurs &amp;
dans les aétions : en cela quelque chofe fait
toujours quelque chofe , &amp; rien n'y cil à
négliger_
L a [cience du gouvernement interieur des
etats n'elt autre que l'art de diriger les ac, tians des hommes. &amp; conCéquemment de
former les mœurs. Les principaux outils de
m art font les loix ~c.

�4%

RéfiexionI

Les loi" [Ollt des regles de conduite préfcrites aux hommes. Lorfqu'clles font inexécu·
tées&amp;fans vigueur, elles deviennent poiron,
p arce q u'elles leur font prendre gOlît à l'indépendance &amp; à l'impunité: lor[qu'au COntraire la puilTance les fai t regner, elles déterminent en faveur du bien ces hommes à
faire ou à ne pas faire, fait qu'clles contraignent, engagent ou [olliciteut, Donc lorfqu':
elles font bonnes &amp; exécutées, elles opérent-.
un chanBement en bien, dan s les aétions &amp;
par conléqucnt dans les mŒurs.
Il cft évident que les l oix écrites ne Cauraient en détail &amp; direétement prefcrire tout
ce qui eft à défirer , dans toutes les aétions
des hommes &amp; felo n toutes Cortes de circonf.
t ances; elles ne peuvent parler fpécialemcnt
que des cas principaux &amp; généralement. En
cela eft la lettre de la loi, mais [on efprit
s'étend au de·là. Cet efprit fe répand à l'aide
des autres outils dont le gouvernement [e
fert, c'eft-à-dire, par le s autres moyens qu'il
emploie pour diriger les aétions des hommes
&amp; partant pour' former les mœurs) car l'une
ne va jama is fans l'autre. Ces moyens font
les difgraces &amp; \es faveurs, le s promelles &amp;
les récompenfes, les bons exemples &amp; les
inftruétions &amp;c. En cela le gouvernement
par Ca prudence ne peut trop prévoir, p ar [a
vigilance ne 'peut trop voir, &amp; avec per[éverance, trop [e mouvoir.
On vient de voir l'influence des loix fur
les mœurs: voici encore un cercle. Les mŒurs
inflllent fur les 10i2\, parce que les loi x ne
peuvent

Importanw.

49

peUVel\t exifter &amp; avoir lieu que IorCqu e des
hommes les imaginent, les donnent, les acceptent, les font exécuter, les exécutent. Or
tout ce q ue fon t les hommes dépend de leurs
mœurs. Là où il faut le concours de plufieurs
volontés, elles combattront fous les divers
étendarts de leurs di verCes mœ urs , &amp; la qua.
lité des loi ,!, qui s'enfuivront, dépendra du
traité de pacification qui [e fera entrel les.
II eft donc ponible que fe lon la différence
des mœurs, telle chaCe fait fa ignée par l a
l égiOation &amp; par le gouvernement dans. l~n
endroi t , dans lll1 temps, &amp; fOlt néglrgee
dans un autre; regardée comme bonne ,
comme excellente quelque part ; comme
inutile même comme abCurde ailleurs.
Ceft de ce~i que les petits aénies , que l es
efprits lâches ou co;~ompus a'b u:ent étrange.
ment, en voulaut s etayer du celebre Montefq uieu, qui a fenti q:, e,les mœurs &amp; les
loi" Ce reOentent de la d,flerence des cl ,mats
&amp;. des circonftances. Ils Ce c;OIent par lUI au·
tarifé s à donner une forte d apl'robatton g,énéra le &amp; preCq ue indéfinie à la dive~ hté
étran"e qui fe trouve entre celles qUI reglr.
fent l~ monde connu : ils s'applaudllTcn t de
la lilpériorité de !curs lumieres dans un aae
de leur extinétion &amp;. de la force de leurs
ames dans LI ,! aéte'de leur défaillance.
La vérité dl:. une, le fonds de 1,1Otre com1nune natu re
le même, nous ~1 ~lVons tous
qu'un feu l but prin cipal -à: attellldre ; donc
les loi" qui nouS diri g~ n t d? ' Veht t? utes aV?lr
les mêmes bafes , &amp;. etablir les mel11es pnn-

ea

IL. P art;c.

C

�Sc.

R éflexions
cipes. Lorfqu'en cela plufieurs loix différent
entr'elles , il ne peut y en avoir qu'une de
b onne) les autres (ont néceildirement mau-

vaifes.
Comme les ci rconlbnces dans lefquelles
les hommes fe trom'ent fo us divers cl imats ,
en divers lieux, eil différents temps varient)
les moyens que les loix emploient ont &lt;\ varier aum. L es loix ont un efprit &amp; des bras;
celles qui font bonnes peuvent par fois faire
agir leurs bras avec quelque différence, mais
par tout ICllr efprit eit le même,
L es divcr~moyens dont elles fe ferven t,
ne doivent jJ.mJis contrarier leurs principes ,
parce que ceux·ci {Ollt tirés du droit. naturel
&amp; divin; ils ne doivent par con{équent jamais les éloigner du but principal vers lequel il s'agit de les porter. Ainfi qu and je
.vois qu 'une loi laille en un poin t la carriere
ouverte à la mauvai{e foi, je commence par
examiner fi elle avait quelque moyen de la
fermer : li je n'en imagine aucun , je dois au
moins fupp ofer que ce défam de la loi vient
de l'imperfeébon attachée à l'erpéce humaine ; m~is li je crois voir que le légifiateur
aurait eu un moyen fimple &amp; facile de guer.
royer la mauvaire foi, &amp; de faire mieux qu'il
n'a fait, je iilis en droit de foupçonner la loi
d'être mauvai{e cn tel poiut, &amp; de le dire,
non al'ec cette maligniré que l'orgue il ne
donne qu e trop (auvent quand il s'occupe à
détraéter autrui, mais avec un libre refpeét
q\li n'a que le bien en vue. Si ce que je dis
' omre llue loi eft vrai, il eft dll devoir dll

Importantes.
fi SI
. dans des circon 2nces
premier léginateur, qUI l avoir le pouvoir,
favorables fe tro uverla el cc point car les
en
)
d"
de changer VI"' te l a I 0 1 bonnes
mœurs,
ou
bonnes loix formen~ es
Cuivent les bonnes ~ 101y1S~ns principaux d'inLes loix ont trOlS ma
..
la correcflu e r fur 1e.s m. a!llrs .) la punitiOn,
t ion l' inCitation.
d ' -lieur il a fallu
'
.'
'tant env
J
li . .
La pUll l tiOn e d l" o~etlce une in l1lte
.
f eur e mn
.
li
établIr en av
cie forma lités , ql11 ne pe .
cie précautions &amp; . à b' n des coupables.
r
la Vie
le
1
vent que lauver (

d apparences , que ques

1.0rfqu'il n'y a que etorfque lespreuves con.
fortes qu'elles fO lent,
as comp lettes, la luf.
t re un criminel ne fou; p &amp; fe repofe fur la
s'a rr ete 1
•
,
tice des hon:mes . ne lui imputera pas a ne·
jll{tice de Dieu, ~l;' [aura bien être prudence:
gligence, ce qu~ lorfque les crunes dev len
Autre chofe e
e ue les moyens de les
nent communs ) parc ~l1rrllivre, fo~t ~lS
connol tre &amp; de les
'ce de prévancatiOll
hors d'ufage, Cette e pe énérales que de la
. nt autaut des mœurs
g
Vie
.
•
ualité de ces cnmes.
Iles contre les cnq Les loix font prefque;u laifir parce que
mes fondés fur.l'am~~r [é~l~re &amp; 'de co rr.omleur fune{te eI,et efi &amp; d'écarter par-la, les .
re leurs vlIlnnes, . ces laintes font d au·
l'plaintes particu,\lereslelon l~s mœurs établIeds
'
tant pI us ra res Il que l te
à en porter, quall
il y Cauroit de la hO~,iter le foupço n de com~
t
1ême on pOUtfOl e\ ., cet égard il Y au r,Ol
11 licité. Il [emble qu a le minillère publtc ;
~uelque rerroure e danS
C L

f

�5~ .
Réflexio1ls
malS cette refTource ' ft
r
p arce q u'eu fait d
n ~. l'rel qu e rien
0ur li l'rer quel ~ p U?'tl,on de crimes
.
qu li n a a ri
d
Ol , le mini/tere p ubl'
, gueur e la
lC n eft pas
.
.obI'"
~ge q u uu autre à
d'
~ InOLns
Jud,ciaires &amp; cl
' pro lure des preures
publique meut
eCs t,mOlllS q ui aŒrmen t
, e mal par ' t d '
p l us défefpéré
d
01
autant
nition n'ayant ' r~';; ue es exemples de pu·
les crimes le PI q
Jamats l,cu pOur
des hommes ~'!ccus communs, la phîpar t
plaifanterie, &amp; c'~t't,~men t ù le traite r de
q ue Jes autres en
.a lll ultltude; t'llId is
dent d'en parlGr &amp;pet~t non"bre fe déRèn.
ors nulle d,' lIe
ml eme d y penCer , dès
~
lie ln eft
(,'
r avages rOnt Jn6nis Cei/: 0ppo,ee ; res
fou vent ceux qui
'
par lU! que fi
de la na ture Ol~llt, taut reçu de Dieu &amp;
t oures occafiols d e,tre bons citoy~ns eo
mauvais maris ' e\ le~nent ma uvaiS fils
.
, mauvaIS peres
.'
a mIS
,ma uvais
.'
, mauvaIS
t
maltres
mau ' l ' .
eUTS J mauvais li'
' . ValS lcn'll e nombre in6 . uJdets, maUV3lS patriotes'
r
11l
e ces
,
'"
'
l orme
en gén"l
gens
era 1es m " malll'aues
'1'
,
d une nation
.
fT
c..uvallCS Ir.œurs
.u, On a' l 'autre.,qlU
d'u. ne gene
" ra_
Il fap aHent
'
ou r n'en étre pa u: etre bleu end urci
,
s penetré de d 1
ue de creatures d'un "
,
o u euro
[ ont perd ues 1 Q d' cùraaere chann,," t
;'llloCelltes au'J'o 'd";b ames délicieu{es (ont
hl e lommcil
r
deurl' I II J. q UI' jJar 1c CO upa_

&amp;.

f,

~

1

tre demain 1 E t ' fi uton te ce5 eront de l'ê.
am 1 tOllS les j Ollrs.

Importtlnles,

53

~=~Q~=

CHAPI T RE

A

u défa ut d'une punition
à

~'ltQ

XXIX.
trop difficile,

amen~r en juftice rigou:cu(e) on a

. lm peu, mais fo rt peu rongé à Id correél ion.
Ce qu'on appelle là police a quelquefois agit
pour arrêter l e défordre en cette partie;
mais cette forte de tribunal ell [ans force,
fans autori té &amp; [ans aélivité dans tout le royaume, ho rs dans la capitale où [on extrê me
nécefTité l'a rendue admi r3b le il certains
égards; mais l'attention 'I"e cette police y a
q uelquefois fait à la corruption des ,rocurs ,
n'a permis à fa [agelTe que des coup trop rai.,s ou fo urds , don t le bon eitè t ne pellt être
que fo rt circonfcrit &amp; de peu de durée,
En tou t cela, c'ell: la légiOa tion qui a tort ;
ell e a rongé à ordonner des punitions; foi t ;
mais a·t- elle fongé aux moyens les plus prop res pour découuvrir les crimes, à l'e~e t
qu'ils fulTe nt puuis? ElIea[ongé à la pUllltlO?des crimes, mais a;t.el!e alTez ,rongé à la pUIll.
tlOn des fautes, c efi-a-dtre a la correéliOn.
Pour celle-ci , il fallai t des loix &amp; des regles partic ulieres, d es moyens l'articuliers, des
miniftres différens pour en élOigner toute al'·
parence de f1étriffure, Le. Pnncc &amp; les Ju&amp;es
doivent déshonorer le cnnunel l'om renctre
le crime odieux' mais le pere &amp; les [urveillants qu'il établi; , ne veulent que chatier ~
humilier celui qui a failli pour le cornge~.
Les genres de punition ufités pour les cn·

e3

�Importanta.

54

Réflexion!

minels, [onl en France: la roue, la potence;
Jes galeres, le fouët par la main du bourreau,
le banniJTement , le carcan, &amp;c. Quels genres de punition y a-t-il po ur les ... Je m'arrête pour obferver qu'i/n'y a point dans notre
lang ue de véritable terme qui fait en ufage ,
pour nomme r ceux qu i on t fait des fa lites ;
comme nous avons celui de crirpinels pour
ceux qui ont commis des crimes. Chacun
peut faire de cette obfervation ce q ue bon lui

femblera : reprenons notre difco urs. Quels
genres de punition y a- t-il pour ceux qui ont
fait de ces fautes, qu'on n'appelle point crimes, que cependant on pourfilit criminelle_
ment ou civilemen t Comme l'on veu t ; des

fautes qui bleJTent l'ordre public, fans bleJTer
aJTez quelqu\tn en particulier pour le porter
à pourfuivre vengeance. Il femble q u'on ne
connoiJTe que la prifon &amp; J'amende. En ré~ JchiJTant filr ces deux genres de punition
II paraît clairement que la correltion dl for~
négligée: je ne parle pas du cheval de bois,
dont on fe fert pour les coureufes de rues.
qu'on ne corrige point &amp; qui recommencen;
leur vie parce qu'on les laiJTe mo urir de faim:
IIi des enfants q u'on fait promener par la
m ai n du bourrea u qui leur ôtant to ut honneur, leur ôte toute honte, en déifechant
leurs ames. Une loi q ui aggraverai t les peines
des criminels qui rendraient des enfants l eurs
complices, ferait-elle injufie&amp; déraifonable?
~a prifon efi une privation de la liberté,
qUI la pltîpart du temps efi une précaution
nécea.ire, à laquelle [ont également [ou mis

S5
. ' f"

.'
"s des crimes,cehllql1l ~ ait
accufe oU
celuI "'u
-,- a comml
&amp; l'"
cent qUI" cil.
Il'
des faute s.'
I~~ao donc en elle-même rien
•
'elle renferme.
foupçonne. Elle 1
" Il.: n"f
our ceux qu
"
d'
de dllUnClI l' lier doit-étre nourn aux e·
Comme un pn~ol
fanf fan reconrs fur fes
quelqu un ,
1 e les dom ers du
P ens de '"1
onnec,arg
"r
biens,

S l

en ~ ,

eue de ceux

qUl

tOnt

1
"
rs" les antres
R oi on des Seigneurs,
~,
irr es ma)eu,

détenns pour d es cr " des ,arties léfées &lt;"doivent l'être auX fraiS
1 les coupables
Prefque touS
{
"
pourflllvantes. d familles indigentes, pre f011 t e b d &amp; pauvres ; ceux
P rifoniers
,
"
aga on s
que tOl1)oms
d
l'eux no peuvent qu a-

r

qui ont à fe p am rC (

ant contr'eux de

jouter à lenr perte, en e'.'~~~ltepourfuite COllla rigueur : ils renoncent pins grand nombr~
'eux ". &amp; il ,s'enfUIt
que
e"
refie impuni
tr
.
à cornger
l
a
ens
de cesg . punlro~l Un pauvre craint peu
&amp;. deyient IllCOrrIg l e." Cos travailler; malS
où il efi nourrI a ". &amp; avec des en1a l' r "lron
l'
1
e mane
" {
'1 "plus: un 10mm
1" r rubfiantOit a
1 y "
, "1 lourna le l'
bl
f ItS par fan tral al
"~ l le CoUP" e Y
Efi-il miS on pr~ on "nf"lnts innocents
falm"llle
a·
d' tle les e ,
ell: no urri; tfa~ IS ~lT-tout li leur lT~erNe ,c~­
meurent de alm.' fi en rifon auOI. " e -ce
r e de fan man e
~ ' tre humaJn hors
l' IC " li qne l'am vOlllol&amp;r e lIon ne veut
ft in"Jufte crne"" ,
is'
pas alll ,
dropas on e
e qlll na COlnm "
e pf " e f;apl,er un ho mn,
c'eft par hupas air
""
r étell d que
e des fautes; on 'p fi' pas une PlllU llonqu
Igefaveur d LI b"len pu-.
Inanité qu ' on 11 e Illl ln. en
'elle mais courte q11l
me imlmni, &amp; qlll
re
, "fi"
cet 1lom
"Il
ur
blic ne [alliera pas
en de traval er po
ne lui ôtera pas le mOy
C 4-

r

�S6
R III
•
filbf!an
eJ ,eXI01!J
.
ter &amp; [a per[onne &amp; d
.,
. es gens l'Ieux .
1I15rmes &amp; des enfa
mille.
li ts q1lJ compo[ent [a '[a~
Le moyen d'inflig
.
nelle par des amen;;s u~e peme correélio_
bon envers ceux qu i onfd ClIlllalrer' ef! fan
ma is il ef! éviden t
.. e ~uo~ es payer;
ceux qlli n'ont rien
I~ef! mutIle vis-à-I'is
ont lep/lis {ollvent i,e[~inod~. ~es geus-là qui '
' e re reprllnandés
&amp; Conten us' &amp; c'ef!
de correélio~ le lu con:r eux qlle le moyen
force. AulIi le d' Pc s ordmalre perd tolite (a
.
Ifcours Comm
d
e f!:11: 'lue me fera-t.on 1 S. lin es p auvres
pn{on) on m'y Ilourrir~. 1 On lne met en
1 Pa~ ce qui vient d'être dit il {embl
a prtlon ne peut être (j
'. .
e que
les mains de la police fine 'pUnItIon, qu'elltre
ce, {oit en correélio 'tenellre ou du Prinde peines' mal' 1 n, 01 t en commutation
·
, s a ors Ce {ont d
1lers 011 la {agelTe de l'
"
es cas panites les circonf!anc
autonte combme toune doit être
, es aux yellx de la loi ' eHe
' IIi '
qn un moyen d
quelqU'lin pour 1 .
e saurer de
L
.
e juger.

t

. ,es.pemes pécuniaires

'

Vls·a-vlS une partI' cl . ,moyen tres-bail
e e CHoyen
1
avantage d'étre [u[ce libl
s , ont e g rand
pOrtions plus ou f&gt; Des de tOlites les pro·
plus pou~ des r é ':d,?ms ortes (elon le s cas
.
CIl \Tes que
d
'
nlleres fau tes Il r . d
p Olir es pre.L
f!·
.
,eraH
one
bo
d
1
filw ltuer une autre . , .
11
e eur en
les ne [amoient avoi;l~. a-vlS/eux filr qui elelTemiel au bon ordre e pn e, ,&amp; a qui il cf!
dOli ne p as l'im u . , ' q.ue 1lndlg ence ne
PU! l ui faire fi .P "~e, qUl fut telle qu 'on
lIIvre les proportions.

Importalltes,

57

La rai[on n'a-I·elle pas toujolIrs dit il tom
le monde, que ceux qu i n'OIH pas de quoi
payer de leurs biens doivent payer de ku rs
per[onnes. Pour gêner les be[oins les plus
indifpellfables &amp; les pl liS naturels, cela fe
tro uve écrit

à tous les murs des maifons prin.

cipales, &amp; cette maxime répugnerait lor[qu'i l s'agira de fen'; ; elTentiellemcnt la [0cicté ? Oa ne doi t le pen[er.
Il s'agit ici des gens qu'il fallt l ailTer à la
[acieté , à qu i il faut lailTer le maye!) &amp; la liberté de gagner leur vie) mais a qui il faut
infl iger des peines en dil'crfes proportions.
Qu'on cherche tant qu'on voudra, on ne
tr~u vera rien autre que de frapper leur corps
a{le" rudement pour qll' ils en craignent la
rép étitio n.
Oh! j'entends la multitude,s'écrier, quele
François fe tient déshonoré par le bâton, qne
l'emplQyer avec lui, c'cf! avilir [ou ame.
que c'ef! ainfi qU'ail traite des efcla,'es , &amp;c.
Je crois que dans ces cris il y aura peu de
véritable &amp; bonne l'hilof9phie, Qu'on fe refufe à admettre la b"f!onade fi lI/itée parmi
les tro is quarts des nations; foit. Ces nations

font al'pell ées barbares. Qlr'on ne veuille pas
de ce '1"'011 appelle fur les ga leres, des coups
de cercle; palTe: quoique aes gens libres ,,-ppellés de leur confclltt;mcn t mariniers ou

bannevoglics en foicnt frappés; on.en frappe aulIi les forçats, M 1is on peUl fans peine
adopter généralement la I"Dltion u/i!ée pour
les 1ll"telOtS dans l a mdri ne de France ;
on amarre un homme [ur un canon, &amp; on le
Cs

�58

R éflexions
f rappe
avec u ne cor d e g audronnée 0
'
rde
' ,
, n ne
cl Olt pas re".
trifTante
t
r cette plllli tlOn CQwme fJé-, 1 aux yeux de la 'fi
bâton même em"l ' ,
r~ 1 on ~ celle du
Dle, ne doit pas h~;~~ par 1 autonté légitiIl y a 101lC1-temp
l'
'
le crime fai~ la h s qu~ on a di t "vec vérité
mi e forte de
ante
non pas l'échafallt :
pUllltlOn n'cft
'
h
'
onteufe
par elle même ,eIl ene 1e d ev'pOlllt
t
e Il e dl: la fuite &amp; 1 li
d len que quand
Où
le Frall '
e Igne, e ctlmes honteux
,
OiS nend.
l1(le pnni60lÇ, d ' 'hl
-Hl que le bâton cft
es onorante ~ L' .
par
. . ' tl.! qUi
punit
1 rlle
'
, fon moyen ,allC Ull cnme
lS
que
fLlr
la
{lIrface
d
qUI
e
101t,
tand
toutes les nations l'
e la terre, pre[q ue
quelqli'nn [ans le fi ;mp lolent pour corriger
dam le plus fàr~ dceyl," , ta?:dis ,q~le lll i',même
a eu fes plus vaillant~n tr~Jugf a ce~ egard ,
canne de leur M''' ' a ats rappes par la
bil~té du Frallço(t r , Je fal '}.ue c~tte {enli-,
gnees de fes {'
pour es pl1lltlons éloi•
li ages par
'
r ellfement interprété d un ~odt trop ngouM, le Marécha~de M a ange ~I ch~grin il
Comte de S
L " ,,, e meme a M, le
'
' , , , lelltenant ' ' 1
,
e
M,lrécn
al
de
B
' genera; malS
M 1
g lleurs qui d;rcl'll ' "" etab llt des {chela·
"
, Il ) lJ1eren t fi
'
' ,
on armee;
on llli
cl It que le Fra nçolS
eto'
r
genre de punition N ~ a , trop IClllible à ce
ge[fe &amp; notamme~t d~1 uHl p~s plein de {apond)t: tJnt miellx '1luma,n a e , IJrfqu'il répas; mais j'aime n ~ 1 nr s y, e,' pofera donc
voir été pU 'li q dll~uX e VOlr honteux d'a·
&amp; le bon o'rdr ur, ,e, e perdre, Il ti nt ferme
donnée en {on :e UII'a, Cette anecdote a été
mps pour vraie: liellel'eft ,
p

Importantes,
S?
qn'aura,t.on à oppofer à une li belle expérience ? Tout ce qui ell: opinion faulle &amp; de
caprice doit à la longue céder à la rai[on, &amp;
peut changer plus fac ilement qU'ail ne le
croit, lor[qu'onle voudra bien.
Il n'cil: donc pa! vrai que le bâton {oit déshonorant par Ini-même, il ne le fera pas
lor[que la loi établira qu'il ne fera employé'
que pour des fautes, à la correEtion de(qud.·
Jes ell~veut éviter toute e{péc,e d'ignominie,
lor[qu Il ne fera à cet effet qu entre les mains
de minill:res de la loi dont la {enle pTé{ence:
élo ignera toute idée de crime,
Si d'antre part la loi établit qu'lm homme
ne pourra être frappé que quand il ne payera'
pas l'amende à laquelle il aura été condam né ,
on pourra dire que cet homme aura le choi,/
ce droit de choi{ir écartera toute idée d'e[clavage , &amp; toute dill:inélioll révoltante d'u·
ne claffe de citoyens à une autre, La fixation
Gue fera la loi de la valeur repré[entative de
chaque coup comme de dix ou de vingt (ols,
arrêtera &amp; fixera l'opinion des hommes,
tandis qu'elle fer a par-là à portée de Cuivre
vis-à-vis des citoyens indigents la même pro·
portion dans les chati meuts , que vis-à-vis
ceux qui ont du bien,
Nous avons vu qu' il y a des crimes prefque inévitablement impunis [elon les loix &amp; ,
p ar les tribunaux ordinaires, Les mœurs cles
villes ont paffé s dans les vIllages, En cela, .
tous les jours [ont marqués par cles accroî[fe" \
ments, On a beau con fuIter pour Y mettre'
ordre : la voil&lt; l!ublique , l'indignation géné---

Ç6

�60

R éflexionJ

raIe, le [candale le plus r épandu ne liJ/l1[ent
pas: il fa ut des procédures , par conféquent
des frais, des form alités &amp; des nullités prefque inévitables , des pri[ons. Qui y nourrira
ceux ou celles qui y feront détenus? L es filles ne [ont point à lem mere, &amp; quelqu efois
y [ont trop; les femmes engagent ou forcent
1 m s m aris à [upporter lem inconduite ; les
maris préférent une étrangere. L'enfance a
tout à craindre &amp; n'a aucune proteélion à efp érer ici b as; c'elt la providence à tout
fai re. Quant aux hommes , ils voient tout le
mondc entrer en foule dans Babilone de gré
ou de force, ils reltent tous les bras croiRs,
rien Ile les emeut, &amp; ces nommes on t
une profeŒon qu'ils dirent chrétienne, &amp;
qu i plus elt , cathnlique. On voit en Allema_
goe de petites villes &amp; même des villa cres
proteltants , 01; {ans remiJlion un adnltere"elt
promené honteu[emenr.&amp; roumis à une p énitence publJque ; on VOlt tout récemment le
D Jllnemark inl'oquer les loix anciennes &amp;
nouvelles en fave ur des mœurs; en France
tout elt toléré. L es climats du nord [ont cep endant moins empelt.!s que ceux du midi,
autre fois notre p auvre nation {embloit êtr~
originaire des prem iers ; aujourd'Jllli elle
c herch e toujours plus {es mocléles dans les
[eco nds.

a

D ans ce moment je jette un coup d'œ il {ur
Ouvrage intitul~: L es intérêts de la Fran_
ce mal enU."1du s . 1. tom. in II () . paoe 4. ~5 Ce
qu'il dit d es mœ urs &amp; de leur ra~porr al'ec
la p opulatlOB m e p aroît devoir érre lu tous
Un

Impol'ttlnteJ.
6r .
les jours par les gel' s en place, par ceux qUI
ont quelque pouvoir, ainfi que par tOllS ceux
qui veulent s'éloigner de b c?rrup.tJ~ n . Cet
auteur abrége mon tra va il , Je n Ira! pOll1t

dire ma l, ce qu'il dit fi bien.
.
Il {eroit fort à défi rer qu'une bonne polIce
établie dans tout le Royaume, à laquell; 11
n'y eur pre[que pe rfon~e qui ne ~ut obhge de
répond re , put y filppleer. Peu t·etre ~en(er~­
t·on qu 'il y auroit du danger de 1autonrer il faire en cette matlere le plus grand bI en
pollible, parce qu'elk pourrolt deventr t~op
arbitraire. On pourrolt b orner [on pO,m OlT
&amp; lui do nner des coopérateurs dans. 1obJet
tt€ Contenir les mœ urs &amp; de les am; l lOrer ,
des cen(e1lrs : ceux-ci pourrOlent etr~ une
rorte de M agiltrats formants un confel!
cret, obligés de l'être lnvlOl~blement en~r­
eux; ils Ile parler?ient &amp; ~ ag lrOJ~nt ,q u e~
Commun' ils aurOlent des lOix partl cuhe~es J
ils auroie~t le pouvoir de dénoncer &amp; cl accufer les coupables en certallls cas, &amp; dans
d'autres, celui de les mortt/ier &amp; . de le~ huml'1'1er pa r des moyens qlll feroJent mIS en
leur pon\'oir.
.
. .
O n pourroi t aulllpar une attn butlOn p ar. l'
' tend re quelques tins de ces
tlCU lere e
{li drOIts
bl '
de cenfenrs, aux Sy ndics .&amp; aux a en; ~~.s
des corp s des arts &amp; métIers: on en eta 1roit pour 101 profelTi ons qu i n'en ont pas ; ~.t\
antlfe qu'à L yon , les SJvoyarcls qw y lla lIent ont tille pol ice int~n eure dans leur pen:
r
. ' t.&lt; p ar laquelle celni d'entre ux qUI
te lOC I, - ' .
Ir ' d 1·
ill IX ne
fait une friponene di challe e a v e

[c;-

�•
6&gt;

R Jflexionr

était d'une telle

(ocle te , Ol!

Importante!.

.'

peut y entrer. Cela fait voir qu:on pourrait,
après "voir dilhibué tous les Citoyens en dlvers corps, donner à ces coT}~ s lII!e émulation de bonnes mœurs &amp; un pomt cl honneur.
Par esemple en in!l:nufant le public par le
moyen de gazettes &amp; petites affiches authentiques , qu'un te) c~~l~ a mné pour .te,1 ~nm~ ,
en

aVOl t

ete raye r

avait été refufé par telle autre, &amp;c.
Toutes ce s idées jettées au h afard mériteraient d'être travai ll ées par quelqu'un de
très.habile 8{ de zélé pour l'anntage de l:efpece humaine, &amp; pour celtu de fa y atne, j
mais malheureurement on dIra,

VOIla

les re-

,'es d' un homme de bien j parce que Mr. de
Voltaire l'a di t dos ouvrages de l'Abbé de
St. Pierre, &amp; parce que Mr. de Voltaire a
ri , on rira. Avec les graces les pl us aim ables
MT. de Volt,ire a les plus grdnds talents;
celui qui dans [es mains a eu le fuccès le
plus étendu, a été de métamorpho[er les
ho mmes en linges.
Renfermons-nous dans notre fujet , &amp; ne
demandons qu'une certaine amélioration dans
l'état des peuples de la campagn e en Prov.ence. Il faut l'avouer, li le bienfait qu'on
délire ici ne s'entend pas jufques aux villes,
nos payfans pourraient bien nous quitter
p.OllT aller vivre fous l'empire [éduifant de la
l icence; mais ils ne nous quitteront pas

t Otl S,

les plus honnêtes gens nous re!l:eront , les
places vu ides feront bientôt rem plies par
leurs enfants; 8{ par tOtiS les réglemens Il{
chan~emeuts prop ofés, les enfants de boas

63

peres feront bons. D 'ailleurs leur limatlOll
devenue plus dou ce à une infinité d 'égard~
les attachera à leurs foyers; Il leur fera alre
d'éviter des peines de correEtions , qlll cen
ront de les regarder dès que leur c?nd L1lte
fera bon ne , Il{ ils en viendront blentot à al"
plaudir eux·mêmes à ~e s p U lliti~l1S qui alTureront leur tranqUllhte Il{ Id )OllllTallce pail(.
ble de leurs fru its : ils fe p: Iliouerollt pour
.Ble patrie où ils trouveront plus de vrais
biens que par tout ailleurs.

~\'---

~~=~

CHA PIT REX X X.
Ous avons dit qu'il ferait elTentiei que
les min iftres de rigueur fulTent différens
de ceux de u:nple correttion. Les J uges d~
Seigneurs , juges de paix qui ne peuvent f",·
ré exé cuter leurs (entences, dont les ]ug.emens ne [ont qu'une opin~ol1 fans ::ll1tr.c CUlte
que celle d'aider l'in!l.ruEtlOn de: véntables
juges, n'out rien [clan les prmc lpes que
nouS avolls é,ablis, d'lllcompatl?l e avec J e~
fO llEtions de juges de pohce clont Ils [ont de)a
ëhargés. La difficulté dc tro u v e~ dans to us
les villages, des gens capab les d exercer, de
Vareil s emplOiS ne pe ut donc nous arreter
ici, d'autant mlcux que [don ce qlll a été
propofé '. les ju~ es des Selgl1e~rs devlendrdient bien fUR enems It ce qu Ils [ont aujg urd'hui. Un homme ~ap.ab le de motlver
[gll opinion fur les l'races Civ ils l ~s l'lus di fficiles ) fllr les l'rocès au grand cnmlllel dont

N

�64

Reflexion s .

nOlis nous fommes interdit de ~lrc u~ mo~ J
attendu l'importance ~'Ul~e n::ltlere au la VIe

des hommes peut être lIlterdlee, fera plus que
capable de décerner équitablement des 'pel.
nes pécuniai res d,ms les maueres de l'0 ltce.:
ce ne fera point véritablcIl1:n t par 1111, l~als
de droit &amp; en force de la 101 que ces pelues
e n défaut de payement, feront comm uées e~l
U ll certain nombre de coups, Celon le tanf
qu'clle portera.
. .
Comme il ne s'agit pas ICI d'augmen ter la
pnÎ{fance des premiers juges J comm e on peu~
appeUe r aujonrd'hui de leurs {ente~ces q~ 1
condamnen t à des amendes ; comme Il paroIt
{age q ue l'exé cution de tOlite peine.{oit entr,:
les mains d u P ri nce &amp; des M ag ilhats qUI
tiennent de lui direttement leur autorité , il
feroit bon que du Juge feigne ur!al de police,
on put appell er à un Juge o u a lin Tn bunal royal de police.
.
M ais co mme il el! elf~ntie1 qu'en ceCI' la
jull;ce [oit prompte &amp; co urte , &amp;. d'éviter
Jes longueu rs , l'érineux des formallte S &amp; les

frais de pTocéenTe , tran{m ~ rchc.ments J &amp;c.

L e Roi pourroi t ét: blir des Trd. II11'.UX . r~~
y aux de pol'ce "" ec des corrtét, tir; &amp; mllllftres infér:curs dans (11 :'3 lie cantoll où le~
parties apl,cUantes de la ' 1 olice le:g ncurialO
pufient érr . . . Cn un j.. UT J cu , LI l lu. enc!(.1!X' ,
men ées ) c:~ t~ nè il ':-~ , t tn :cs G li rcnv oy ~es ,. II
y:J. peu de C ~lnf ')n S u l~ '; 1 P'y ait LlnC Jufi 'ce
r oy. le, C1n' (' ·'al,l ' pCll r cc L , &amp; :l yen acrJit peu o ù le R~i f llt 0 i ' g~ tl ~ t ,blir LI J t. lbUll..! l roy ..,l cl(' policc, dans un ii .. u de h! JU·
rifcliét!un d' un Seig neur.

Imporltlnter.

65

SOllS tro is conditions la loi pourrait encore
permettre l'appel de cette {econde p olice
allx juges de la h aute pol ice. Ces tro is Con"
diti ons [eroient : ID. QlIe l'appeUant compte.
rait [ans efpoir de répétition une Comme
fixée qui (eroi t donné e à la partie pou rfuivante h lr l'ap pel, pour les fra is des voyages
&amp; féjours q u'elle feroit obligée de faire vers
les Juges du g ran d tri bunal.
2°, Que J'amende pro non cée fe roit ca no.
gnée &amp; dépofée pour être donnée à qui de
aroit fans retour après trois mo is) fi da ns ce
tem ps l'ap pel n'ell pas fuivi pres la haute po.
lice.
3 D • Q u'en cas de confirmation de la [onten.
ce , la peine portée par ell e contre ]';~ppd­
lant fer oit de droit doublée fans remllJîon,
fait en ar~ent, [oit en coups à recevoir.
Il {erol'! cependan t utile que 1,; premier
Juge de poli ce eut le drOIt de faire payer
fans appel les am endes n'excédan t 3 1. ou
feulement 30 r. !x: que le défaut de paye ment
en ce cas donnat lieu a un e plus forte amende (o umire alors aux regle s ci.d eifus; parce
qu'il el! certain que de très'p ett tes )'u1l!tlons
ordonnées avec vigi lance &amp; fubles hl r le
champ ferviroi ent plus à contenir le peupl e que' les p lus grandes peines tardives. Ce·
la aUToi t encore un très -g rand avantage) cc:lui de prevenir les occa ~ons où il faudro l!
prononcer de plu s grolJ~s ame nd es " ~ue
no mbre de gens ne payerOlent l'as , &amp; d eVI·
1er par là de l es frappe.r. Ce rer?l~ un l'rClllIer
dogre de corr~éllOn neceifalre a etabltr pour

�66
R éfte:cio1u
.
conferver l es 'l'roF ort ions da?s les c~all­
ments ; ce ferOlt pl us une menace qu une
peme.

~---~~==~~

CHA PI T RE

XXX I.

A loi qui ordonneroi t tout ce qui ,concer.
ne la pol ice ne faurol t entrer elanement
dans un trop grand dét?il , fur tout ;e 'llil
concerne les mœurs: c c/1: de fa per,eého n
en ce point que dép endra le bon ordre. Il
fa ut que celui qui péel:e contre les ,regles
pui/l'e cOIl no;tre fa f" ute, &amp;, r ar cc n feq t,I~11I
l a Févoir. Elle doit contolllr Jes gcns d age
fai t mais elle do it protéger J'éducatlon des
,
r
'
"l
de
enfants
1 l'x: s'aFFoler a cc q~ 1 ~ 5 FTCUllcnt
m auvaifes hablt,des, Les "el:les gen s FCul'ent étre contcEuS, rr~ is on re les...çorrige
~ueres : m ais on peut &amp; ell &lt;'oi,t fonT'cr les
Jeunes; ce n c/1: cue F~ r eux 'lu on tcut efJ
p érer &amp; opérer d u ch apgcment. Ils .iont 2 UX
yeux d'un go urcn;cmem fabe &amp; prevoya nt,
Ja partie Ja pJus préticnfe de Ja nation" &amp;
parmi eux ceux qui méritent le plus fes fOIl~.S,
ce font les enfants d u pcuple , t arce GU Ils
wntplus nombreux &amp; qu'ils n'ont à attendre
aucllns fecours que de fa part.
Ne vo uloi r p u nir les jeux d u hafard, que
lorfqu'on furprend les jou eurs fnr Je f,ut,
c'e/1: pre[que les autorifer. Toute fo rte d'cnquête formant une efpéce de notoric té, devrait fuflîre pour punir de fcmbl abJes f;; utes
commifes depuis dix ans .. L es jeux de bou-

L

Importantes.
()7
autres permis , doiven t être Înterciits
de travail dans les heures de leur
, comme pendant les Offices divins,
deu x témoins doivent [uflire pour donne r
à J·amende. On doi t même défendre
IpellCl&lt;lJ1t cc temps il ces g ens là d'être oifi fs
les rues &amp; places pu bliques, Les peres
les meres doivent être obligés il tenir Jeurs
Im!'ants renfermés chez eux 1 o u à les avoir
eux aux cham ps. Si on permet il certaihe ures que les enfants jouent dans ulte
e publique ; qu'ils [oient enfemble, &amp;
les ye ux de quelque parent qUI )' lIlife
fur eux &amp; rendre témoignage de Jeur
lconduite. Si l'on en trou ve hors de chez eux ,
fans raifon Jépitime, &amp;: [mtout lan uit ,
[oient fotiettes par les ordres de la l'amenés à leurs parents, ceux-ci reprirm'H1'CleS pour la premiere fois, amendés il la
&amp; toujours notés {ur les rég Îtres de
pol' c~. Il e/1: inconcevable qu'on tolére
to~ les enfants d'un village, aIllent aux
[e coucher dans la paille, &amp; parten t de
!Ir pou r aller ravager !a ca ~pag ne. Quelle
éducation ! Que le mattre d ~cQ l e ra/l'emble
fes d ifci ples, &amp; les mene il l'egIcfe les D una nches &amp; fêtes, &amp; que ceux qUI ne feroltt
poi nt alors avec lui ni avec Jeurs parents
foient ppnis.
,
Lorfqu'il y aura des ~ I [p u tes, le J uge de
police fera ;1I1e. en q~~te fommalre , e~
manda nt les temolllS qu tI vOlldra &amp; les obIc·
geant fo us ferm~nt il dépofer l a vérité. S'il
a lie li il portel' 1 a ifalre au g rand cnmUle! , 11

r

�Importante!.
69
68
R éfiexiol l f .
'.
le bien &amp; à Commettre le mal. A Paris
le fera : li elle doit étre all petrt cru~,"el ; ~ g:uùlg IJet'es rOn t Ull objet de fin ance: plus
il continuera l'information; li non, Il propen 'enit, plus ou travaille ~ s'abbrutir;
noncera en petite police, Lorfque par l'enon con[omme ries denrées qui paren t des
quête les temoins pour &amp; co!'tre obfcurclTont
d'e ntrée, M ais 'lu'elles raifon ya- t.i l
l a vérité, ou qu'en la devOI lant le Juge ver- les autorifer dans les "ill ages ? R orement
r a que les torts [ont rec'l&gt;roq ues, Il pourra
dom iciliée eft obl ig ée d'y allcr
amender les de ux p arties Celon le cas. Un~
[a nourriture, On l'c ut que quelregle générale devroit être, que celle ,qlll
puiIre vcndre {ail vin le plu s qu';1 p our.
[eule a di t des inJures, fu.t feule amendee &lt; faut.il qu'il le p uiIre aux d"pcns de ce
que li toutes deux en ont d it, elles le fU,Irent 1 y a de plus facré ? Sera-ce lui faire tort
toutes les deux: que li une feule ~ don ne des de lu i lailler la libcrt~ de le " cnd re Comcoups, feule elle le fut; que li le,' eot~ps
le monde vend le li en? Il fallt des
ont été reciproques, fa ns ,que pa,' 1 en'1lle~e
. ot! les étraugers , les voy"geurs ,
il Y en eut une de tout à fait en legItlln~ cl,.les gens du lieu en quelques ocfenfe, elles le fuirent toutes les deux, 1a·
pu iiJènt tro uver !curs fil è lillances !
mende pour les coups étant p llls forte. ~ue doute, M ais tout cela peut a"oir l iell
pour les injures :, ~auf plus ((rande l'UOltlO,", alltori[er le premier venu
lever un
fi on le ménte, J al vu la paix parfaite ar: 'où les mœurs vont [e perdre; où
ver après le plus grand troub l~ , l;'ar le
t l'obf' ur ité que les brig31!c!s fe promoyen d'une femblable lOI , executee une
entr 'eux ; ou s'allnéan tit en pure perfeule fois, Les querelles du peuple, ne méfilbliftance de nombre de fe mmes &amp;
r itent pas , la phîpart du tems , les formall , al nli que la force &amp; le bon fens
tés néceIraires aux grandes caufes; ~omme
&amp; du fil s de famille.
{OUV~1t elles finiIrent le verre à la mam , elfoit défen du à toute Hotellerie étales ne [ont pas dignes du férieux de I? gran:
ur les voyageurs de donner i, manger
ire aux gens du peuple pay[ans &amp;
de légill atio n ; mais comme les fUJ ets qUI
les aménent, fe prélenten t fréquemmen t , &amp;
, à all tres heures qu'à celle du diner ,
chacun d'eux n'y ~pu i Ire rcfter plus
'lue d'ailleurs elles finiilent quelquefoIS tragi qu ement , Il cft IndlfJ,en[able de tâcher de heure, Qu'il ne pu iIre y avoi r qU'U1W,
l es étollffer dès leur commen cement,
~dvernc 0 11 gargo te da"s UII village ou
L es Cabarets où l'on vend dll vin à pot &amp;
à qu i il foit permis de donner à bOl;J pinte &amp; à tOlites les hell;es , font des mauX
manger à tOlites fortes de gens &amp; â
incroyables : ce [on t des ecoles pour :?"tes
he ures 1 toujo urs en exceptant cel:,
fortes de crimes , où J'on n'apprend '1" a ou1

a

�o

R éflexions

. .

l mportt!11Ies.

7

(es du [ervice divin &amp; celles de la mut, que dans les champs Ou dans les chemins {ur.toutI
le droit de tenir ce cabaret fott mIs auX en- vers l ~ nlllt, fu r le moindre foupçon {oient
cheres, &amp; que le prix qUfd.t:b prov
mandes par la P altce; que s'i ls ne peuvent
rendre u!! comp te vrai·[emblable ou {ulll[ant
fait mis au greffe de la lun 1 on : que
0
dn {uJet de leur cour{e, la police, les amen .
rix [oit employé 1 • A donner. des
~ents à des gardes pour"la poltce, dont, de {ans ~ppel , c'ei!·à·dire , petitement, mais
fe ra établi fou s l'autorité du fr oc,ureur
{~ns prejudIce de pl us grande jJunition , s'ils
riCdiétionel de pol ice pour être
vIennent à être accu{"s d'avoir fait tOrt
&amp; [pecialement chargé de 'e,:ecutlon
qu elqu'un.
re ulements da ns le cabaret &amp; ,que
.Toutes les amendes payées à la police
gr~ndes peines Ca per[onne [Olt rellpeéléel Selgne,urlales feront employées pour fil ma.
&amp; q u'il en Coitcruà Con fermen t
nutentlOn, de la mllliere di te ci-derrus po ur
fait de chalTe , l' ordonne pour
le pnx provenant du droit de tenir cabaret
chalTe l'ordonnance des eaux &amp;
&amp; aux mêmes conditions. Celles payées à la
ei! en vigueur dans preCque toute la
PolIce R oyale appartiend ront moitié à l'u.
n ell: merveilleux qu'en
ne &amp; moitié à l'autre Police; les frais de
voy~ge pour les p erConnes nécélTaires , pré.
le peuple Anglais , &amp; la grande
des loix, un Ceul homme Cu!fiCe 'pour
leves.
tenir l'ordre dans lin Vau xhal~ ou ~l ya
le : on le fuit dans la priCon des qu t! le
~~
-~~ ....==~
mande. 2 0 • Que le finpl u, du pnx
donnera pour avoir le d:otl de temr
CHA PI T REX X XII.
r et , s'il y en a après aVOIr payé les
RÉe API T U LAT ION.
fait employé en faveur du publIC
ordres du Seigneur du Iteu &amp; en
L a lin dll 7e. Chap itre nou s avons dit
par ceux du Juge; mais que le ,
que pour améliorer l'état des peup les
en [oit envoy~ par le 9~elller de la 1 . Ife de la campagne en Pro ve nce , on pouvait
tian après qUll aura ete mfcnt au gre lennpl 01'er cinq moye&gt;!s principJUli.
•
M. le Procureur général du Parlement
fa llait tellement lixer les polTeC.
que par,là l'autorité &amp; le peu~l e [oIent
du public qu'on ne put prerque j amai~
lement in{lm its de l'u[age qUI en aura
dans le ca, de plaider pour les droit~
fait.
d 1
commllns. Cet objet Cera rempl i li les cam·
.P our remedier aux ravages e . ~
mllnalltés donnen t des déclarations de to ut
gne, que tous ceult qui auront ete
ce qu'elles po ll~ dent &amp; de tous les droiti

a

A

�7~

R éflexion!
qu'elles Ollt, ell Corte qu'après avoir été dé·
battues &amp; conteaées s'il y a li eu, pour la
derniere foi s de vant des Juges d'a ttribution
ad hoc, elles obtiennentle CceauduPrince &amp;
l'autenticiré la plus grande &amp; la plus dura·
ble : alors leurs pofleffions fero nt à l'abri de
tous les accideuts qui lIaiffent de la malice ou
de la négligence des hommes, &amp; acquerront, pour ainli dire, l'immortalité.
2' . Que l'adminiaration publi':ue y devo i t ~
être limplifiee, &amp; fur·tout veill ée &amp; infpec.
t ée par quelqu'un qu i eut un intérêt notable

à la plus grande proCpérité du peuple. Cet
objet fera encore rempli li le R oi exige que
les communautés n'ayent des poffe(Jions que
celles qui leur feront véritablement nécéffaires ; &amp; s'il repou tfe du milieu d'ell es la
tentation de pofféder ce qui ne fera pas en
leurs main, le bien public, Coit à l'égard de
leurs, vill ages foitù l'égard de l'état en générai: li l'adminiarat!on en ea confi ée à quel.
qu'un qui ait un intérêt réel il la fuivre &amp; à
être en état d'en rendre compte; &amp; li elle
elt veill ée par les gens les.plus prop res il le
faire lincérement , c'elt·à-dire , par leurs
Seigneurs, après qu'on les aura établis , de
',tlaniere qu'ils ne puif1'eut fe procurer au·
Cuns avantages fur leurs vafJ'aux; lnais au

contraire que tous leurs intérêts fo ient dé·
pendants de la proCpérité publique, '
Par ce qui a été propofé ci-devant, les
Seigneurs ne pourraient pas plus que d'autres, s'approprier des poffeffiolls&amp; des droits
~e leurs conunWlautés ; leurs eAernptions de
taille

"

73

Imp07'tantes.

taille .etant abolIes, Il n'y aurait pill s de ConteltatIon &amp; de divilioll il ce liljet; mais la
protadle, qUi les remplacerait, dépendrait
de la. n~heIre dn terrOIr, c'elt-à-dire de la
pr?fpenre publIque, Les Seigneurs ne pourro~ent qu)y prendre.intérêt foit par nature,
fait par hOl)llem , fOlt p ar avarice. Ils n'an~Olellt a llc~m pouvoir de faire le mal, mai9
Jls pourraIent parler pour obtenir le bien.
3°. Nous avons dit qu'il fallait élo igner
des peuples tout efprit de chicane &amp; de
m auvaife foi, afin que chac un puiIre jouir
plus tranquillement du fruit de fes travallx.
Celt ce qu'on obtiendra, autant qu'il elt
poffible ,par l'abolition des Procureurs de
~Illages , quoique ce ne fait là qu'une 0pOtlOn fort bornée; en attendant que le gouvernement puiffe perfe8:ionlll~r en général
l'art de rendre la jultice.
4°, N ous avons dit qu'il fallait leur don.
ner . tille j.ufrice éclai~ée, m.ais courte &amp; qui
!es mltnnfe : cela arn vera l, ce qui elt prop~fé ell adopté. Les ~Tn ollllnellts rIes Vre •

mlers Juges , augmentes , &amp; leurs préroga.
tives feraient rechercher ces places par tous
~eux qui ont de l'ailance &amp; qui ont reçu une
educatIOn plus fOl gnée : les fentences motiyées qu'on exigerait d'eux les obligeraient à
acquérir plus (le fcience: J'obligation où ils
feroient de difcuter le pour &amp; le contre dans
les aftàires , fans être altreints à la préven.
tian &amp; aux fauffe s idées des parties, mais
feulement à leur véritable rélation entr'elles, leur ôteroit tom pouvoir de fouffier la

II, Partie.

D.

�74

Réjlexi?N!

,

èlifcorde , leur condlllte ecrlte dans leurs re,
gi tres , &amp; entre les mains des pârties , inévi.
t ablement ' con nue de leurs fup é rieurs Comme
u public, les conti endroit également par
Je motif de leur propre intérét &amp; par celui
de leur honneur. Conféquemment les Confultation s qu'ils donneroient dans leur canton , à autres qu'à leurs jufiiciables , feroient
le langage de leur équité. On en [eroit d'au.
t ant plus a{Juré qu'ils n'auroientrienà gagller,
ruais feulem ent à perdre en en donnant de
mauvaifes qui les difcréditeroient.
5°. Le dern ier moyen demandé a été de
l eur donner une police correélionnelle.
On croit avoir rempli cet objet en féparan t
entierement ce qui appartient à la limplecor.
r célion des fau tes , &amp; ce qui concerne la p u.
ùition des crimes. Minifires différents ,
moyens différents, châtiments différents, les
peines p écun iaires font le châtiment le plus
propre obferver toutes les gradationsqueles
cas peuvent el&lt;iger ~ mais elles ne peuvent
avoir }iI.:U '{U' CllVC1 ,) ccux clui ont dcquoi les
payer. En leur [ubfiituant envers les indigents
une autre peine, on a eu foin d'en cJloifir une
qu'on n'employe jamais pour punir les crimes, dont l'exécution fut courte, afin que
ceux qui la [ubiroient ne fuJTe\lt point détour.
n és de leurs obligations &amp; de leurs travaux ;
enfin de nature à Ce préter à toutes les proportions des peines pécuniaires, &amp; à dépendre d'elles, on a écarté de l'application de
J'une &amp; de l'autre de ces peines, toute difJinéliOll de la part de la loi ou du M agiJtral

a

7'1

Importllnte!.

pntre les perfonnes , .l es profellion~ ",les
états les clalfes de citoyens ; qUOlqU tl y
en ai~ quelques u n~s d'inévitables dans le
fait la condamnatlon portera toujours la
pei;e pécllnaire ~ fI on la paye to ut, efi fini;
li on réfuCe cette peme , on Cublra 1 alltre.
Il y aura des peines li petites' qu'elles fe·
ront plutôt une .r~pTlmat~~e, lIll aver~dr~­
ment qu'une pUllltl On, A 1 eg~rd decel~e -Cl ,
le Juge aura plus de ltberte ; le frequent
uCage qu'il en fera, contiendra les hommes
dans les petites chofes " &amp; c'eit par ~e la \':gilance contre les pemes fau tes 5lu o~ prcvient les "randes : le bien en fera mhlll , fans
qu' on p LI ~re craindre ~Ies w us de la par! du
J u ~e puifqu'une petite amende qw {~ra re:
fu fée 'ne donnera liell qu'" Lille plus forte qUi
dépendra d' un Juge Cupérieur.
On le répéte , ce, moyel!S dépendent cl s
ce moment de la volonté du gûuverne~1ent.
R ien ne s'oppore à ce ,!,,'ils laient ~ I S en
Œu vre. La J ufiice gratu.tc que le ROI vle~t
d'établir, donne aux JU'4es fouverams le !l'~­
me délir qu'à touS les cite yens de VOlT dlmlnner le nombre des procès &amp; leur 10n1. ueur•
Qu'une bonne tête foit chargée de onner
à tout ce qui a été dit dans cet ollvra~e, unfi
form e convenable après en aVOir bien fat 1
la fubitance; qu'enf1l1te un homme , drOIt .
feul &amp; li bre d'autre [OlllS , fOlt ,charge par, le
Roi &amp; fo us les yeux de fes Mlmitres , d,en
pou ï fuivre l'exécution; trOIs . mOls aP ft~s,

le bienfait de la Police &amp; celt" de!a Ju !Ce
de paix fe feront fentir. Dans trOI S Oll 'lua.

D2

�Importante!.
',6

Réflexions,

tre ans, les Communautés feront impertflr.
bablement trauqu illes , &amp; les Seigneurs de
terres feront bienfaifants. Dans fix ans, l'amélioration des terroirs fera vifible; dans
dix ils produiront un fixieme &amp; d'avantage, plus qu'ilsnefollt. Eh ! qui pourra camp·
ter combien alors il y aura plus d'honnêtes
gens.
~

~

_

.....niJ

CHA PIT REX X XII I.
L y aurait bien des chofes excellentes à
faire, dont l'idée dt donnée à tous 1110·
mens clans les converfations , mais qui ont le
malheur de n'être pas méditées, &amp;de ne fair e corps fous la main cle perfonne.
Il en elt une femblable dont je n'ai pu
m 'empêcher cle dire un mot. Un college d'a·
gritulture. L'éducation d'une nombreufe portion de la nation, de la plus nécéJTaire, &amp; de
celle qui à cet égard a le moins de reJTourcc, eft entierement abbandonnée.
'
Il Y a grande quantité d'hopitaux dont
les .[ervi ~es ne peuvent être que rcfpeétés,
maIs qUI ont eu l'effet de réfroidir la chari té générale, &amp; d'a ugmenter le nombre des
pauvres J peut-être des malades, peut-être
aulTi des morts. On a voulu par eu x {oulagc: d~s hommes, on s'dt arireflè à ceux qui
hnrfro iellt leur courfe ; ne [eroit-ce pas
aulTi. foulager des hommes ,qu de s'ad·
dreller à ceux qui commencent la leur.
II faudrait fans contredit, trou ver, fi ce-

I

77

la ef1:pollible, le moyen de {écourir tOllS ceux
qui ontbefoin de l'être; mais 10rf&lt;;u'ol1 {i ra
dans le cas d'opter entr'ell x , un e inclina tion réflechie &amp; rai[onnab le l'am les uns,
n'eit point cruauté en\'ers les autres.
Qu'on Cc repréfente un Hôpital pour les
malades, Ll ne œu vre pour les pauvres Itécer.
fiteux, &amp; un college d'agriculture pour les
en fans de pauvres qui n'al\! que leurs bras
pour faire vivre leurs familles; 'lU'OIl ftli ve ces trois établifïements dans leurs effets,
on choifira pour lors euu'eux.
Dans U1' Hôpital , les medecins guéri{fent
des malades , mais peuvent-ils fui,'re exaéte·
ment les maladies' de tant de gens ralTemblés
fu r le rapport inexaét de quelques perfonnes
qui les foignent tous enfemble? L eurs erreurs
n e [ont-elles jamais fatales! L'obliga!1on où
ils [ont de [oigner ~gale me n~. tous c~u x 0.ont
la vie Jeur eft confiee, par I lmpo{hblltt~ de
(uffire à tous , ne peut elle p" être nutflble
à tous l l'air chargé de toutes les cxh:ù"t!oD5
qui s'élevent de t ant de co.rps a/feétés de dIfférentes maladies , ne faIt-Il . pas une ,nou·
velle maladie pour ceux qu~ entrent a cet
Hôpital l N 'y a-t'i! pas parmI el!x des m ala' des qui au roient recouvré la iJ n.t~ atlleurs
fait p ar l'aide de la [eule nature, {Olt par les
foins de Jeùr famille, [oit p,.r lacbrité d'"u, trui l Combien n'yen a-t·il pas p,; nni ~e u;
qüi font airez heureux pour fortlf de 1 [-la·
pital qui reftent infirmes &amp; q U I n'ollt plus a
tnélle'r qu'tue vie Ltnguifl:mtc à charge à la
foci&lt;t~ l Le fecours alors qu'il&gt; en ont reç u
1

,

D3

�Reflexion!

Importantes.

ell de valeur bien réduite, à n'env;fager que
le {uccès. Ils y reçoivent, il ell vrai, les fe.
cours fpirituels , mais les minillres de l'égli.
fe, partout ailleurs, manquent.ils aux mala·
des quand on les avertit?
Ob{ervons que depuis qu'il ya de fembla·
bles Hôpitaux, les gens riches ont terriblement pri s l'habitude de condamner les pau·
vres a y être portés. Combien de domclliques {ans cette e{pece de re{fources auroient
été bien traités daus leurs maladies par des
foin s particuliers, qui y 6nt été portés inhumainemen t pour prix de leurs fcrvices?
Combien de gens prononcent le mot Hôpi-

78

l'efprit ne pellt y ap percevo ir avec une cer·
taine clarté, rien pOUf l'accroî1Temellt de la
fortune publique.
D aus 1111 college d'ag ri culture, la charité

tal au lieu d'un écu qu'ils auroient donné?
Quant aux: Œuvres en faveur de la pau-

vreté; (ans parler des dillributions mal pl a.
cé~s, des préférences injultes, &amp; contre l'~f­
pnt des fondateurs, on y verra encore l'elfet
de réfroidir la charité de ceux qui doivent
donner &amp; d'exciter dans ceux qui doivent
recevoir, une conhance imprudente &amp; cou- pable qui fomente lapareffe &amp; augmente le
nombre des' miférables.
'
Qu'on le remarque? A la vue de ru ne &amp;
de l'autre de ces Œuvres, l'a me fent beau.
coup de cettef~tisfaélion, qui naît de la pitié
&amp; de la chante; malS C ell une fatlsfaél/on
aV~lIg1e) imp arfaite en ce que l'utilité qU'Qu

d ollre, elt plus e[perée que connue. Le doute
du lùccès particulier &amp; général , ne pcut que
l'accompagner touj ou rs.
.on tâche d'y con[erVer la partie la plus
fOlble, la plus débile des citoyens; mais

79

trouveroit les mêmes objets de contente-

ment; car le malade qu'on laiffe chez lui cil
{oulagé par les [oins qu'on prend de [on enfant : mais il la vue de con[équenccs plus
étendues, d'un fuccès plus certain, le zèle
patriotique il dequai s'ellflamer.

Suppo[ons feulement [oixante enfans clans
un cantou de trente villages qui en ont
fou rni deux chacun; établis dans une mai-

[on clont dépendent quelques terrains de di·
verfe n ature; du bois, des rochers, des vi-

gnes, des tcrres à {emer, d'autres arro[a. bles, un petit Jardin. Ils feron t réparés par
clalles Celon leurs âges , [oignés par de vieilles femmes bien choi lies , &amp; commandés par
des gens de mérite comme de 40. à 60. ans.
Ollieur douneroit une connoi{[ancefagemcnt

proportionnée à leur état, des principes de
la religion, ,ma is tlne ~onllo~!Tance é~lairé~,
rai[onnée qUI leur ferolt {entlr &amp; gouter 1 Il[age des "ertus morales que l'on tadleroit, de
leur m{p,rer dans le plus grand dctat!. Cel/:
Satan qui a confondu la belle fimplicité
de la foi du charbomer avec la volont",re
ou l11alfaifante ignorance clu bieu &amp; du mal.
L 'état [oullre de cette confufion autant que
les per[onnes ; elle préfide ,1 pre[quc to utes
les éd ucations publiques &amp; partlculteres.
Ce qu'on y apprend le moins, c'ell de devenir vertueux : le maître Jette Couvent ce

�80

Réflexion!

nlot :lllX enfants, le rama1Te qui 'voudra.

, I ci -les ~œurs feront le premier objct;
1 art de culm'er la terre le [econd. On n'aura
p oint de thèmes à fai re, mais on travaillera
CIl commun. On ferd Ull

foiTé , u ne muraille'

on [cmera Celon l'ancienne &amp; la nou vell~
m éthode j on connaîtra toutes les charrues
&amp; les Cemoirs ; on apprendra à les faire'
on pl antera j on provig nera; on taillera;
on obCe,,'era les poulTes &amp; les racines ; on
arrachera de') pterres par tous moy ens con.
nus , &amp; on les tr" nCportera ; 011 calc ulera
l'effet cl'une brouette, d'une hotte, d'un charriot. Tout cela fe fera en riant , en callCan t
en moralj[al.1t ) av e~ gaieté: le juge ne con~
d am nera 'lU en motivant fOI1 opinion; car il
voudra éclairer pour mieux corriger. Là on
s'accoutumera à, ai~er l'ordre, l'arrangement, la proprete; 1 ame fe formera au bien
&amp; l'ef\, rit fera pénetré par l'intelligen ce.
'
A "lI1gt ans on en Comra tout différent de
ce qu'on auroit été Cans le co llé "e ; On y Cera
r
b
remp 1ace· par d' autres qUi'en
lortiront
à leur
tou r.
N 'cft-i l pas évide nt Clue ceux qui auront
été "in li élevés répandr~nt autour d'eux les
lum ieres qu'ils auront reçues ? Que leu!' penchant vour les b onnes aétions, comme auffi
leur [~Ienc e Ce, co mmu nI queront pI ns ou

mO ll1S a leurs vo:fins? Que lor[qu'ils [e ma.
&amp; leurs cnfa-nts en
p roliteront? Tous les ans il lortira "uel e u'un
de .ce college , &amp; le bie nfa it de l'éd u~~tion
qu on y recevra , travaillera toujours d 'avan·
n ~rOl1t , leurs ternmes

Importanw.
~I
lage à C1)anger en bien les mœurs du peuple.
Si l'on portoit une-marque dillinétive qui
annonçat les leçons que l'on a reçues, &amp;
qu'on eut à craindre de Ce la voir enlever par
une mauvaife conduite, il ell à croire que
l'émulation Ceroit grande. Une bonne politi.
que voudroit 'que de parei ls di Cci l'les ne fu[Cent pas roumis à la milice, &amp; rellâ(fent tant
qu'ils Ceroieut avoués p ar le collcge Cur leurs
foyers pour y [ervir de modéles aux autres.
On ne peut imag iner la promptItude de ce
changement, li cette idée étoitportée ju[ques
où elle peut aller; &amp; mi Ce à exécution. II
[eroit facile de faire des fonds pour commen·
cer Cans charger les p euples .' ni din;lÎnuer les
fin ances du Roi. Il ne faudrOlt que Call'e chan·
ger de dellination à quel qne ar~e.nt qU'Oll
t rouveroit encore mIeux employe ICI qne là
où on ve ut le faire aller. On lèroit fans doute aid é par nos Evê')ues ')ui dillribuent les
aumônes &amp; relbtutlons ll1Cert311leS ; par le
P arlement qu i peut quelq uefois condamner à
de grolTes amendes ; par le F~,)1 'lUt en fera
p ayer en commutation de peme , ~ qUI a ce
t itre donnera cles lettres de grace, s JI le faut,
&amp; 10rC,!ue Ca CagelTe &amp; Ca l'rudcnce le permettront; enfin par la tarcllve ou ViVe chan..t é des tellateurs. Comment ne Cc trouve-Hl
pas un célibata ir~ riche &amp; Cans proches pare nts qui par deltce veJl1lle form;r au tour
de lui une jeune colome pour en etre le pcltriarche &amp; en faire Lille mauufaéture de bOlls
fujets? .

�h

ReflexiollJ

~_. ~~==~"'~. ~""===---~

CHAPITRE XXX IV.

lJ Ne

autre idée enCore moin s n:éd itée
que la précédente, ell: celle-cl. Les
gazett~s vieunent ~e faire, ";ention que l'Imp ératnce dans [es etats heredItalres a ordonn é qu'i l y eut des régîtres où les hypothe.
ques accordées à des créauciers fuirent in[cri tes , il l'effet que dans un coup d'œi l, un
prêteur put voir s'il court quelque danger en
prêtant, Elles m'ont fai t pen[er que dans nos
villages il pourroit étre fort utile qu'il ne
p ut y avoi r aucune hypotheque g enérale ,
mais feulement de particulieres attachées à
u ne telle terre , à une telle ,oigne, On éviter ait peut.être par-là l'inconvénient des diCcutions de biens, qui durent un temps infini,

p endant l e&lt;;ucl les biens-dépériilent; qu 'on
ne peut abrég.er aujourd'hui, attendu la diffi.
cuité extréme d'accorder nombre de créanciers qui [ont forcés de dépeudre des P rocur eurs, Peut-être cette idée a-t·elle quelq ue
ch aCe d'app licab le en général aux hénéfices
d'inventaire

1

fur-tput en Provellce , pendant

l e[quels qua ncl- .J.es bieus di,,,uté, ne rende nt
que le trois ou quatre pour cent , il cil: accordé aux créances dont ils [ont chargés des
intérêts au cinq pour cent.
Encore une idée. Ne [eroit·i1 pas aullî utile que hllmain , que fa ns {aire tert "u contrô·

le des aél:es, le peuple des villages put faire

ImporttlrtteJ,

83

dans Ull régîtrc "cl hoc, toutes les
conventions entre un mén3ger &amp; 1111
charrue &amp; llll heraer ; tous les petits
"nrêt,~s de compte de fo':lTniture s de pain.
payem'!l1t de g;ges &amp; autres mi[e:es rem.
fur lerquelles Ilaît une m~ltltud e de
"',--, . " "

interminables

tout Y etaut vcr-

&amp; qu'avec de lég~rcs, rétrib llti~l1s aca celui qui écrirOlt, la paix &amp; 1;
foi fulTent amenées dans des matlere10 11l"" "" on ne pa[ era jamais d'aétes à

Arrêtons, En voilà déjà beaucoup trop
ofer efpérer de réullîr en tout,

Fin de la feconde &amp; derniere Partie.

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                <text>Ouvrages imprimés édités au cours des 16e-20e siècles et conservés dans les bibliothèques de l'université et d'autres partenaires du projet (bibliothèques municipales, archives et chambre de commerce)</text>
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              <text>Reflexions importantes sur l’état présent des communautés de campagne en Provence</text>
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              <text>Oeuvres des juristes provençaux avant 1789</text>
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              <text>Provence. 17..</text>
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          <name>Provenance</name>
          <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
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              <text>Constat de la vie assez miséreuse dans les campagnes de Provence au 18ème siècle.</text>
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          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
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              <text>Bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence), cote In 8 7796</text>
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              <text>Toussaint Domergue (Avignon)</text>
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          <name>Relation</name>
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              <text>Notice du catalogue : http://www.sudoc.fr/201647842</text>
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              <text>Vignette : https://odyssee.univ-amu.fr/files/vignette/Mejanes_8-7796_Reflexions-Miollis_vignette.jpg</text>
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          <name>Abstract</name>
          <description>A summary of the resource.</description>
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              <text>Honoré de Miollis (1743-1809), conseiller à la Cour des Comptes d’Aix, comme l’avait été son père auparavant, est l’auteur de ces Réflexions importantes sur l’état présent des communautés de campagne en Provence. Il fut également l’auteur d’un mémoire sur les enfants trouvés (disponible à la bibliothèque Méjanes), dans lequel transparaissent ses « visées utilitaristes ».&#13;
Dans ses Réflexions importantes, Miollis dresse un constat de la vie dans les campagnes de Provence - relativement miséreuses. Il y fait plusieurs propositions qui permettraient, selon lui, d’ « améliorer l’état des peuples de la campagne », et s’attend à ce qu’elles soient étudiées au sein du conseil du roi.&#13;
Sources : Encyclopédie départementale : dictionnaire biographique des origines à 1800. Première partie, des origines à 1789 (04, II), dir. P. Masson, Marseille-Paris, 1931, p. 339;&#13;
La langue française en Provence de Louis XIV au Félibrige, A. Brun, Marseille, Institut Historique de Provence, 1927, p. 80-81.&#13;
Internat et internement sous l’Ancien Régime, M. Capul, Paris, CTNERHI, 1983-1984, t. 2, p.114</text>
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          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
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              <text>https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/85</text>
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