Titre

Fragment de graduel manuscrit

Description

Fragment de graduel manuscrit sur parchemin du XIVe ou XVe siècle, ayant servi de reliure à une édition lyonnaise de 1546 d’un commentaire du Code Justinien de Balde

Source

Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence), cote RES 806

Droits

domaine public
public domain

Relation

Notice du catalogue : http://www.sudoc.fr/190075716
Vignette : https://odyssee.univ-amu.fr/files/vignette/RES-806_Fragment-chant-gregorien_vignette.jpg
pas de notice calames

Format

application/pdf
1 vol.
1 feuille ; notes grégoriennes (neumes), en notation carrée sur portées à quatre lignes
cm

Langue

Type

text
manuscrit
manuscript
musique manuscrite
manuscript music

Identifiant

https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/657

Résumé

Témoin de l’histoire musicale, religieuse et culturelle de la fin du Moyen Age, ce fragment manuscrit des chants de la semaine sainte, sur parchemin, a servi à confectionner la reliure d’un in folio de droit du XVIe (commentaire de Balde : cf https://tresoramu.hypotheses.org/103).

Selon Yves Le Sage de La Haye, « deux siècles, au minimum, séparent la transcription du manuscrit de sa première utilisation comme reliure (…) ce sont d'authentiques reliques de bibliothèques canoniales ou monastiques disparues » (cf. Répertoire numérique de la série I : feuillets et fragments de livres manuscrits avec et sans notation musicale (IXe-XVIe siècles), Tours, 2000, page 6, en ligne http://archives.cg37.fr/UploadFile/GED/Archives1790/1178519699.pdf).

Le manuscrit d’origine a été en effet « rendu désuet » au XVIe siècle « par l'abandon de l'écriture gothique et par l'impression typographique » des livres liturgiques, et « n'attirait pas l'attention d'érudits et de collectionneurs déjà séduits par des manuscrits plus soignés » (Yves Le Sage de La Haye, ibid., p. 8 et 156).

Il s’agit donc du plus ancien document du SCD d’Aix-Marseille, seul fragment connu (à ce jour) de manuscrit médiéval du SCD (d’autres fragments sont certainement à découvrir dans d’autres reliures : Il est déjà probable que la reliure des autres volumes du commentaire de Balde sont des réemplois de du même manuscrit).

Ce fragment a été découvert lors de la restauration de l’ouvrage de droit en 1990.

« De tels fragments présentent de l'intérêt, tant du point de vue paléographique que textuel; ils peuvent, en effet, témoigner de l'activité d'un scriptorium et donner de très utiles indications sur la tradition directe ou indirecte du texte » (Jean Dufour, maître de conférences à la IVe Section de l'École pratique des Hautes Études, cité par Yves Le Sage de La Haye, "Plaidoyer pour les manuscrits liturgiques conservés dans les services d'archives", dans Cahiers de civilisation médiévale 35 (1992), p. 154-159, ici note 7 p. 157, en ligne :  https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1992_num_35_138_2528).

Livre liturgique musical, le graduel contient les chants utilisés durant la messe. Son nom vient du chant de méditation prononcé en répons à la première lecture. Ce fragment comporte les chants avec les notes grégoriennes (neumes), en notation carrée sur portées à quatre lignes rouges. L’écriture est une calligraphie gothique dite rotunda ou lettre de somme et comporte quelques initiales rouges, dont deux filigranées en bleu.

Les chants de la messe du Jeudi saint en constituent le cœur (avec notamment le rite du lavement des pieds des apôtres par le Christ lors de la Cène et l’éloge de l’obéissance du Christ jusqu’à la mort de la Croix) ainsi que les chants de la nuit de Pâques.

Voici la transcription latine avec la traduction française de l’Académie de Chant grégorien (Gerald Messiaen), Namur, Belgique (https://gregorien.info/) :

Chant de communion du mercredi saint (texte tiré du Psaume 101, 10-14)

Potum meum cum fletu temperabam :
quia elevans allisisti me :
et ego sicut fenum arui :
tu autem, Domine, in aeternum permanes :
tu exsurgens misereberis Sion,
quia venit tempus miserendi eius.

Ma boisson, c'est avec mes larmes que je l'allongeais :
car en m’élevant vous m’avez brisé :
et moi, comme du foin je me suis desséché :
mais vous, Seigneur, vous demeurez éternellement :
vous vous lèverez, vous aurez pitié de Sion,
car le moment est venu d’avoir pitié d’elle.


Chants de la messe du Jeudi saint ou commémoration de la Cène du Seigneur (cf. la rubrique feria quinta in Cena Domini) :

- les premiers mots (incipit) du chant d’entrée (introït, avec initiale N rouge, filigranée en bleu), déjà chanté le mardi saint (texte tiré de l’
Épître de Saint Paul aux Galates, 6, 14)

Nos autem gloriari [oportet
in cruce Domini nostri Iesu Christi,
in quo est salus, vita, et resurrectio nostra, per quem salvati et liberati sumus.]

Que notre gloire [soit la croix
de notre Seigneur Jésus Christ ;
en lui, nous avons le salut, la vie et la résurrection ; par lui nous sommes sauvés et libérés.]


- sur la page de gauche, en marge gauche, sont indiqués les incipits de la collecte (prière clôturant les chants d’entrée : Deus, a quo et Iudas…) et de l'Epître aux Corinhtiens I, 11-20-32 (Convenientibus…).

- le graduel (chant situé entre la lecture de l’épître et celle de l’Evangile) (texte tiré de l’Épître de Saint Paul aux Philippiens2, 8-9)

Christus factus est pro nobis
oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis.

Propter quod et Deus exaltavit illum
et dedit illi nomen,
quod est super omne nomen

 Le Christ s'est fait pour nous
obéissant jusqu'à la mort,
et la mort de la croix.

 C'est pourquoi aussi Dieu l'a exalté
et lui a donné le nom
qui est au-dessus de tout nom.

Christus factus est
Extrait provenant du site Corpus Christi Watershed
- Les premiers mots du chant d’offertoire (Psaume 117, 16-17) : chant repris à d’autres moments de l’année liturgique (cf. 3e Dimanche après l’Epiphanie)

Dextera Domini …. [fecit virtutem,
dextera Domini exaltavit me…]

La droite du Seigneur [a déployé sa puissance :
la droite du Seigneur m’a exalté…]

 

- Le début du chant de communion, repris de la cérémonie du lavement des pieds des Apôtres par le Christ, la veille de sa mort, lors de la Cène commémorée le Jeudi saint (évangile selon Saint Jean 13, 12-15)

Dominus Iesus, postquam cenavit cum discipulis suis,
lavit pedes eorum, et ait illis :
scitis quid fecerim vobis,
ego Dominus [et magister?
exemplum dedi vobis, ut et vos ita faciatis]

Le Seigneur Jésus, après avoir dîné avec ses disciples
lava leurs pieds et leur dit :
«Savez-vous ce que je vous ai fait,
moi, le Seigneur [et le maître ?
Je vous ai donné l'exemple pour que vous aussi, vous fassiez de même. »]

 

Chants de la Vigile pascale 

- Vinea facta est (cantique situé entre les lectures, tiré d’Isaïe 5, 1-2)

Vinea facta est dilecto, in cornu, in loco uberi.

Et maceriam circumdedit et circumfodit
et plantavit vineam Sorec
et aedificavit turrim in medio eius.

Et torcular fodit in ea: vinea enim Domini Sabaoth, domus Israel est.

Une vigne a été aménagée pour le bien-aimé sur un lopin de terre, en un lieu fertile.

Et il l’entoura d’une clôture, et d’un fossé :
et il y planta une vigne de Sorec,
et il bâtit une tour en son milieu.

Et il y creusa un pressoir :
c’est en effet la vigne du Seigneur de l’univers, la maison d’Israël.

 

- 2e partie du Sicut cervus (Psaume 41, 2-4), cantique chanté après les baptêmes de la nuit de Pâques

[Sicut cervus desiderat ad fontes aquarum] ita desiderat anima mea ad te, Deus.

Sitivit anima mea ad Deum vivum: quando veniam et apparebo ante faciem Dei mei.

Fuerunt mihi lacrimae meae panes die ac nocte…

[Comme le cerf languit après les sources d’eaux], ainsi languit mon âme après vous, mon Dieu

Mon âme a soif de Dieu vivant :
quand viendrai-je,
et paraîtrai-je devant la face de mon Dieu ?

Mes larmes ont été mon pain jour et nuit…


Remerciements au Pr. Philippe Bernard, directeur d'études à l'EPHE (chaire de Liturgies chrétiennes en Occident, de l’Antiquité tardive à l’époque moderne) et professeur d'histoire médiévale à AMU, pour les références bibliographiques et la relecture.

Pour aller plus loin :

Christian Meyer (CNRS), Catalogue des manuscrits notés du Moyen-Âge conservés dans les Bibliothèques publiques de France, Brepols, Turnhout, 6 vol. parus de 2006 à 2019.

Eduardo Henrik Aubert, « Cantus Burgundiensis. Les fragments de livres de chant grégorien dans les fonds des archives départementales de Bourgogne », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre, BUCEMA, 15, 2011, en ligne : http://journals.openedition.org/cem/12006

Projet interrégional Institut de recherche et d’histoire des textes : Remembratio codicorum – Reconstruction de livres manuscrits médiévaux (chant liturgique, musique) sur un corpus interrégional

Résumé et analyse, Rémy Burget (2020)

Provenance

Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence)
Fichiers
RES-806_Fragment-chant-gregorien.pdf
RES-806_Autres-fragments-reliure.pdf
RES-806_Baldus-de-Ubaldis.pdf

Collection

Citer ce document

“Fragment de graduel manuscrit,” Bibliothèque numérique patrimoniale, consulté le 23 septembre 2020, https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/657.

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