Titre

épigraphie funéraire chrétienne à Carthage (L')

Description

Ecrire à un mort paraît plutôt paradoxal : si on est bien sûr d'une chose, c'est que l'intéressé ne lira jamais l'épitaphe qui lui est adressée, et pour cause ! Un usage que l'on retrouve pourtant dans de nombreux de rituels funéraires.

Créateur

Delattre, Alfred Louis (1850-1932). Auteur

Source

Bibliothèque d'Antiquité d'Aix (BiAA - MMSH Aix-en-Provence), cote AF TP 123,17

Éditeur

J. Barlier (Tunis)

Date

Droits

domaine public
public domain

Relation

Notice du catalogue : https://www.sudoc.fr/065524748
Vignette : https://odyssee.univ-amu.fr/files/vignette/Epigrahie_funeraire_chrétienne_Carthage_vignette.jpg

Format

application/pdf
1 vol.
110 p.
25 cm

Langue

Type

text
monographie imprimée
printed monograph

Identifiant

https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/1004

Résumé

Pour beaucoup d'êtres humains, s'adresser à un mort a un sens et il existe bien des façons de le faire : parmi l'une des plus répandues, écrire quelques mots sur sa dernière demeure, en toute proximité, pour figer ce moment dans l'éternité est un rituel que partagent de nombreuses sociétés humaines. Le texte écrit en hommage au défunt s'adresse autant à la personne disparue qu'aux proches qui le pleurent. Mais rendre publique sa peine la plus intime (être lisible par tous est aussi une de ses fonctions) ne suffit pas : elle ne doit pas s'effacer avec le temps et doit perpétuer ce dialogue avec les générations suivantes. La graver dans la pierre est un gage tangible et rassurant d'éternité.

La mention "in pace" présente dans de nombreuses épitaphes  (Basilica majorum)

Domaine d'étude des épigraphistes, les inscriptions funéraires subissent souvent l'outrage des ans malgré la dureté des matériaux : partiellement effacées, parfois endommagées, quelques fois très fragmentaires, elles exigent un travail considérable de reconstitution et d'interprétation.

Le R.P. Alfred Louis Delattre (1850-1932)

Si les inscriptions trouvées à Carthage sont chrétiennes, c'est que l'archéologue qui les collecte et les étudie est aussi un ecclésiastique français, le R.P. Alfred Louis Delattre. Missionnaire en Algérie, il sera nommé aumônier de l'église Saint-Louis de Carthage et y deviendra un spécialiste de l'ancienne Église d'Afrique (1).

Une épitaphe avec croix et colombe, symboles chrétien et de l'innocence (jeune fille défunte ou pieuse ?)

Dans sa préface, Delattre rend hommage à ses prédécesseurs et à tous ses collègues qui l'ont aidé à mettre au jour les centaines d'inscriptions retrouvées dans les basiliques et les cimetières chrétiens. Dès cette époque, l'archéologie se constitue en travail d'équipe même si les longs chantiers de fouilles sont souvent menés par un seul et même archéologue et un responsable de chantier bien identifié auxquels les noms restent attachés.

épitaphe en l'honneur des martyrs chrétiens

Dans ce document, le R.P. Delattre nous présente un demi-siècle de fouilles à Carthage mais au lieu d'énumérer les centaines d'inscriptions dans leur ordre chronologique, il prend le parti de les regrouper en vingt-sept catégories qui les rendent plus intelligibles en fonction de ce qu'elles mettent en avant dans leur message : la paix éternelle, le témoignage religieux, la hiérarchie de l'Église, la valeur familiale, la profession du défunt, sa patrie de naissance, l'origine grecque ou latine de l'inscription...


Un groupe d'épitaphes retrouvées dans la Basilica majorum

Nommé Conservateur au Musée archéologique d'Alger, on lui doit la collection des Pères blancs (2). Une des caractéristique et aussi une énigme que posent ces milliers d'inscriptions et de leurs fragments, c'est qu'une seule est réellement datée, en dehors du sujet qu'il représente ou de tout autre indice lié à son contexte. On comprend mieux pourquoi leur présentation documentaire ne pouvait pas suivre l'ordre chronologique (nous sommes au milieu des années 1920).

épitaphe d'une jeune fille âgée de 17 ans, 4 mois et 23 jours,
sûrement chrétienne puisque qualifiée de Virgo Sancta (IIe siècle)

Depuis 1996, aucune commune française n'accorde de concessions perpétuelle (50 ans pour la plus longue durée), limitant l'entretien des monuments, et donc la préservation des inscriptions sur les pierres tombales, à la seule génération contemporaine au défunt. Sans autres actions ou archives volontaires (dans une démarche mémorielle, depuis quelques années, des bénévoles entretiennent des sépultures abandonnées de certains cimetières en France), quels matériaux restera-t-il aux épigraphistes du futur ?

Numérisation Michel Kébaïli (Centre Camille Jullian – MMSH, Aix-en-Provence)

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1. Alfred Louis Delattre. site consulté : Wikipédia
2. R. P. Delattre. - Description de l'Afrique du Nord. Musées et collections archéologiques de l'Algérie et de la Tunisie. 8, 3, Musée Lavigerie de Saint-Louis de Carthage : collection des Pères blancs formée par le R. P. Delattre,.... 3e série, Archéologie chrétienne - Site consulté Gallica

Provenance

Bibliothèque d'Antiquité d'Aix (MMSH, Aix-en-Provence)
Fichiers
Epigrahie_funéraire_chrétienne_Carthage.pdf

Citer ce document

Delattre, Alfred Louis (1850-1932). Auteur, “épigraphie funéraire chrétienne à Carthage (L'),” Bibliothèque numérique patrimoniale, consulté le 16 juin 2024, https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/1004.

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