Titre

Programme des cours de la Faculté libre de droit de Marseille : 2 affiches imprimées en 1912 et 1913

Description

Dans les années 1880, Marseille réclame en vain le transfert des facultés aixoises dans la cité phocéenne. Lassée d'attendre, elle ouvre sa propre faculté de droit : rivalité locale ou contestation d'un modèle d'enseignement ?

Créateur

Faculté libre de droit de Marseille (1896-19..)

Source

Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence), cote RES 610/2-3

Éditeur

Imprimerie Moullot Fils Aîné (Marseille)

Date

Droits

domaine public
public domain

Relation

Notice du catalogue : http://www.sudoc.fr/262504952
Vignette : https://odyssee.univ-amu.fr/files/vignette/RES-610_Affiches-cours_Fac-libre_20e_vignette.jpg

Format

application/pdf
1 vol.
2 affiches
75 x 56 cm, 84 x 63,5

Langue

Type

text
document d'archives
archival material

Identifiant

https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/900

Couverture

Résumé

De nombreux documents montre qu'au cours du 19e siècle, la municipalité de Marseille a été active en matière d'enseignement supérieur et d'enseignement professionnel : elle organise des cours publics et gratuits de sciences et de langue arabe dans son école de musique au cours de la première moitié du 19e (1), elle obtient la création de la Faculté des sciences en 1854, et dès 1860, elle demande la transformation de son École de médecine et de pharmacie créée en 1808 en Faculté de médecine (qu'elle n'obtiendra qu'en 1930).

Ce que l'on sait moins c'est qu'à la fin du 19e siècle, elle se mit à contester la localisation historique des autres facultés dans l'ancienne capitale politique de la Provence et à réclamer leur transfert pur et simple dans ce qui est devenue la véritable capitale économique de la région.

La patience d'une cité, toute multimillénaire soit-elle, a ses limites, et profitant d'une loi instituant des universités régionales qu'Aix tardait à mettre en application, elle décide de créer en 1896 sa propre Faculté de droit qui sera appelée Faculté libre de droit de Marseille (par opposition à celle sous tutelle du rectorat). Cet enseignement local lui permettait non seulement d'attendre ce transfert mais aussi de démontrer son implication budgétaire et le bien-fondé de sa demande : "Depuis quatre ans, il s’est fondé à Marseille une Faculté libre de droit. On lui donne vulgairement le nom de « Faculté municipale » parce que la ville lui alloue annuellement une subvention de 45.000 francs. Cette Faculté est prospère et attire à elle, en dehors des contingents considérables que lui donne Marseille, de nombreux étudiants de Toulon et d'Aix . Elle n’a aucun caractère confessionnel, et est appelée à disparaître le jour où les Facultés de l’État, qui sont à Aix, seraient transférées" (2). Dans son rapport de 1897, Jourdan, professeur à la Faculté de droit d'Aix justifiait déjà ce transfert : cette année-là, il y avait eu autant d'inscriptions qu'en 1896 et elle méritait bien de devenir régionale puisqu'elle attirait des étudiants jusqu'à la frontière italienne (Nice).

Annonce des cours de la Faculté libre de droit de Marseille, 62 boulevard de la Corderie (1912-1913)

Quinze plus tard, nous avons la preuve que cette faculté, en principe provisoire, fonctionnait toujours : "Pendant l’année scolaire 1910-1911, la Faculté de Droit de l’Université d’Aix-Marseille a compté 592 élèves ayant fait acte de scolarité, parmi lesquels il faut distinguer 297 élèves qui ont pris des inscriptions et subi des examens et 150 étudiants de la Faculté libre de Marseille qui ont passé des examens sans prendre d’inscription" (3) et qu'elle est restée ouverte au moins jusqu'en 1914 comme l'attestent les deux affiches ici présentées.

Élément très important, elle reçoit dès le départ le soutien du Conseil général des Bouches-du-Rhône pour l'attribution de prix et des médailles d'or de la part de la Chambre de Commerce de Marseille. Dans son argumentaire, Jourdan précisait qu'Aix pourrait se consoler de la perte de ses étudiants avec ses projets de Thermes et de Casino et ajoutait malicieusement que cela rassurerait les familles des étudiants de savoir que "leurs enfants seront loin du cortège inévitable de la population interlope qu'on voit toujours accourir en foule dans les lieux de plaisir" ! Heureux d'apprendre que la population d'un grand port méditerranéen et cosmopolite est un modèle de vertu...

Mais la critique la plus forte vient probablement de la contestation d'un modèle élitiste : les facultés doivent devenir des universités populaires et ne pas rester enfermées dans un "dilettantisme d'érudition, constituée comme une caste d'aristocratie intellectuelle". L'implantation du siège de la nouvelle université unifiée au Pharo au début du 21e siècle récompensera plus d'un siècle d'obstination.

1.
2. La Faculté marseillaise libre de droit / discours de M. le doyen A. Aicard : Séance solennelle de rentrée du 8 novembre 1897 par Aicard. Auteur du texte - 1897 - Bibliothèque nationale de France, France - No Copyright - Other Known Legal Restrictions.
https://www.europeana.eu/fr/item/9200520/12148_bpt6k57853029
3. F. Larnaude. - L’université d'Aix-Marseille. La question du transfert - In : Revue internationale de l'enseignement Année 1900, 39, pp. 132-141. Bibliothèque historique de l'Éducation (Persée)
4. L’université d'Aix-Marseille pendant l’année scolaire-1910-1911. In: Revue internationale de l'enseignement, tome 64, Juillet-Décembre 1912. pp. 249-254
4.

Provenance

Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence)
Fichiers
RES-610_Affiches-cours_Fac-libre_20e.pdf

Citer ce document

Faculté libre de droit de Marseille (1896-19..), “Programme des cours de la Faculté libre de droit de Marseille : 2 affiches imprimées en 1912 et 1913,” Bibliothèque numérique patrimoniale, consulté le 2 juillet 2022, https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/900.

Formats de sortie

Position : 867 (175 vues)

Bibliographie

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